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Les ours se suivent et ne se ressemblent pas ▬ Gareth

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Message Lun 19 Déc 2011 - 15:31

     Le chemin d'Alysane l'avait menée dans l'Ouest très récemment, elle comptait bien pousser jusqu'à Dorne afin de pouvoir enfin voir de ses propres yeux ces vastes étendues de sable dont la Dornienne rencontrée à Port-Réal, lui avait parlé. Seulement il semblait que quelqu'un, certainement les anciens dieux, ne souhaitait pas la voir parvenir jusqu'à son but étant donné le nombre d'obstacles qui se posaient entre elle et Dorne. Mais heureusement, la nature avait jugé bon de doter la demoiselle d'un tempérament explosif qui la poussait à s'obstiner dès que quelqu'un ou quelque chose osait essayer de l'empêcher d'atteindre son but. Ainsi donc, après être tombé sur un jeune chevalier qui s'était révélé être un lord et avoir manqué de se faire enfermer dans ses geôles, Alysane avait réussi à pousser son voyage jusqu'aux environs de Port-Lannis où lord Arthur souhaitait se rendre. La Nordienne l'avait remercié de sa bienveillance avant de s'en-aller de son côté, il était certain qu'elle n'était pas prête d'oublier cette rencontre, ce n'était pas tous les jours qu'un lord vous menaçait de vous faire sauter la tête ou de séjourner aux frais de la princesse dans ses geôles. Enfin lorsqu'on s'appelait Alysane, si, elle avait déjà manqué de terminer la tête au bout d'une pique plus d'une fois, à croire que quelque chose chez elle éveillait les instants primaires des gens ! Peut-être était-ce son caractère volcanique et le fait qu'elle ne sache pas garder sa langue dans sa poche ? Peu lui chalait, seul le résultat final comptait à ses yeux et à ce moment de ses pérégrinations, la brune était déjà bien engagée dans les terres des Lannister.

     La nuit tombait doucement alors que la demoiselle avait tiré son arc de son épaule pour essayer de trouver quelque chose à se mettre sous la dent. Elle avait passé pas mal de temps sur les routes et depuis le temps sa technique de chasse s'était grandement améliorée, cela dit elle ne serait jamais contre un petit coup de pouce. Récemment, la guerrière avait débusqué un furet sauvage qui était resté coincé dans un piège, tout d'abord la jeune femme avait envisagé de l'achever pour en faire son repas du soir, mais quelque chose l'en avait empêché. Alysane se souvenait encore d'un chasseur qui passait fréquemment sur l'île-aux-Ours et qui possédait une telle bête qu'il avait dressée à débusquer les lapins dans leurs terriers, la jeune femme vit donc l'occasion idéale de se procurer une telle aide et avait sorti l'animal du piège avant de le soigner comme elle pouvait. Désormais, après plusieurs journées au repos passées dans son sac de voyage, le furet semblait s'être pris d'affection pour elle et passait le plus clair de son temps à dormir dans les affaires de la guerrière. Il lui faudrait du temps pour dresser la bête, mais au moins avait-elle déjà l'animal à dresser, c'était un bon départ !

     Après avoir visé et tiré plusieurs fois sur des animaux qui se dressaient au loin, la Mormont revint malheureusement bredouille à l'endroit où elle avait posé ses affaires, la sécheresse rendait tout plus difficile et beaucoup d'animaux s'étaient enfoncés dans les terres où les points d'eau résistaient mieux, abrités du soleil brûlant de la journée. La jeune femme se laissa tomber à côté de son sac en soupirant d'agacement, elle allait encore devoir piocher dans ses réserves ce qui ne l'enchantait guère, au pire elle pourrait faire un détour par Port-Lannis pour y acheter de quoi manger ? Encore une fois l'idée ne l'enchantait guère, elle n'avait pas un pécule inépuisable, mais la nature semblait contre elle ! La brune tourna la tête vers sons ac et l'ouvrit rapidement pour en voir émerger une tête blanche dont le museau s'agitait. Visiblement le furet avait aussi faim et l'idée naquit dans son esprit alors qu'elle le contemplait sortir de ses affaires. Il pourrait débuter son entraînement ce soir non ? Peut-être avait-il déjà quelques bases et serait-elle agréable surprise ?

     ▬ Je crois que tu vas m'être utile ce soir mon cher. »

     Elle attrapa la bête en passant sa main autour de son ventre, il était plutôt beau pour un furet, le haut de la tête complètement blanc jusqu'aux pattes avant, puis un dégradé progressif partant du châtain clair jusqu'au brun très foncé au bout de sa queue. Le furet protesta pour la forme, certainement peu habitué à être manipulé de la sorte, puis la Nordienne se redressa histoire de retrouver le chemin du terrier de lapin qu'elle avait repéré quelques minutes plus tôt. Avant, la jeune femme prit toutefois la peine de charger toutes ses affaires sur son dos, fourrures d'ours qui ne servaient que pour dormir vu la chaleur du jour, nécessaire pour voyager et bien évidemment sa hache qui pendait toujours à sa ceinture. Arrivée devant l'ouverture du terrier, la brune se débrouilla pour repérer les deux autres avant de les boucher pour n'en laisser qu'une d'entrée et une de sortie, puis elle posa le furet devant le trou avant de le pousser pour qu'il y entre.

     ▬ Dépêche-toi de me débusquer un bon gros lapin mon mignon. »

     Mais le furet ne semblait pas de cet avis, il protesta avant de se détourner du terrier en humant l'air comme s'il sentait quelque chose de meilleur dans les environs. Avant qu'Alysane ne puisse réagir, l'animal s'enfuit en courant dans une autre direction et elle fut quitte pour lui courir après en hurlant d'agacement. Même cette bête semblait décidée à lui rendre la vie compliquée ! Serrant les dents alors que la nuit tombante rendait l'avancée plus difficile, elle suivait l'animal au bruit léger qu'il faisait avant de stopper quelques minutes plus tard. Elle l'avait perdu ! Une sensation de lassitude et de tristesse la submergea soudain, rapidement supplantée par une rage qui avait la dent dure. Il lui fallait quelques secondes pour percevoir des éclats de voix et encore quelques autres le temps qu'elle ne pose les yeux sur une lueur qui brillait au loin, certainement un feu de camp. La jeune femme s'en approcha en silence, chargée de ses affaires, puis essaya de guetter de loin pour repérer un éventuel danger. Avant qu'elle ne puisse faire quoi que ce soit, Alysane fut prise de court en entendant un homme se mettre à protester.

     ▬ Hey ! Un furet veut piquer notre graille ! »

     Le cœur de la jeune femme se mit à battre de joie, quel hasard pouvait-il y avoir ? C'était forcément le sien qui devait avoir senti la nourriture d'étrangers ! Mais au milieu des fougères, la guerrière vit l'homme qui avait râlé se redresser et chercher une arme autour de lui, il allait essayer de se débarrasser de son animal ! Un sentiment de colère lui broyait les tripes alors qu'elle s'élança sans réfléchir, elle était peut-être tombée sur une troupe de brigands qui allaient lui voler tout ce qu'elle avait, mais la brune était trop impulsive pour réfléchir longtemps lorsqu'on menaçait quelque chose lui appartenait. Comme un diable qui sortait de sa boîte, la jeune Nordienne déboucha de ses fourrés pour jaillir au milieu du campement en hurlant sur l'homme.

     ▬ Ne le touche pas ou je t'étripe ! »

     Histoire d'appuyer sa menace, elle glissa sa main vers son arme pour la décrocher rapidement, rassurée de sentir le manche de sa hache entre ses mains. C'est seulement après cette entrée fracassante qu'elle regarda autour d'elle, plusieurs hommes la dévisageaient d'un drôle d'air. En même temps il y avait de quoi, une femme qui ressemblait à une sauvageonne décoiffée et chargée de peaux d'ours qui se jetait au milieu de leur campement en hurlant avec une hache. Elle avait déjà fait meilleure impression. La jeune femme se redressa alors, affichant une expression très contrariée en désignant le furet qui fouinait dans leurs provisions de sa main libre.

     ▬ Rendez-le moi et je vous laisserai tranquilles. »

     Elle les contempla sans se départir de son agacement, bien que la situation n'était pas à son avantage encore une fois. A force, Alysane commençait à en avoir l'habitude.
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Message Mar 20 Déc 2011 - 14:00

Gareth avait retrouvé ses hommes dans une forêt à quelques centaines de lieux au Nord-Ouest de Port-Lannis, un peu plus de deux semaines après son entrevu avec le Lannister et la dame du Val. Son séjour en prison n'avait pas été particulièrement agréable, il était sortit des geôles fourbu et amaigri. S'il avait été heureux de revoir Bicéphale, son postérieur ne l'était pas lui. Chevauchant quasiment jours et nuits pour rejoindre au plus vite ses hommes, après que le tenancier du Cygne Railleur lui ait transmis le lieu exact où ils campaient, il les avait finalement rejoint. En effet, Rand avait bel et bien compris le sens de sa mystérieuse phrase, et il avait entreprit de racheter l'établissement au marin voyageur, que tous appelaient le Myrien. Ce dernier n'était pas un débutant en négociations, et soucieux de conclure l'échange de l'or contre le titre de propriété en toute discrétion, le reître avait mit le prix. Pas moins de 20 dragons d'or étaient passés d'une main à l'autre, une véritable fortune. Il faudrait du temps pour que l'établissement soit rentable, mais Gareth était au moins assuré d'avoir de quoi se sortir du pétrin, si pétrin il y avait.

Après moult accolades et plaisanteries au sujet de sa détention et d'autres choses, il avait repris des forces. Faisant honneur à son surnom, il avait engloutis quasiment un chevreuil entier en un jour, avant de s'écrouler de fatigue sur sa couche pour une bonne partie de la journée et de la nuit. Dans sa cellule étroite, il avait rarement pût dormir, et jamais aussi bien.
Cela faisait maintenant trois levés de soleil qu'il était de nouveau à la tête des compagnons, pour le plus grand plaisir de toute la bande. Enfin, il l'espérait.
Les journées étaient entrecoupés par des exercices à l'épée ou l'arc, la recherche de nourritures, et l'amélioration de leur campement. Situé au pied d'un énorme rocher, devant une grotte, ils avaient explorés et investis celle-ci, qui avait sans nul doute servit de refuge à un ours ou un prédateur du même acabit. Les rares peaux de bêtes qu'ils avaient leurs servaient de couche, n'ayant nul besoin de couvertures au vu de la chaleur accablante qui manquait de les faire fondre sur place.

En cette chaude soirée, alors que le soleil descendait peu à peu vers l'horizon, dix des hommes de la bande, Gareth compris, étaient nonchalamment assis près du feu. Ils attendaient le retour de Rand et des dix autres partis chasser. Son épée à la main, une pierre à aiguiser dans l'autre, le puis-né des Baratheon étaient étrangement silencieux, lançant parfois un regard amusé à l'auteur d'une plaisanterie moins grivoise que la moyenne, la bruit de la pierre contre l'acier accompagnant les hommes dans leur discussion.
Lorsque un furet entreprit de voler la nourriture de Erik, un des rares hommes d'armes de la bande, Nordien d'origine selon ses dires, ce fut éclats de rires et plaisanteries à tout vas. Comme la plupart des Nordiens, Erik avait peu d'humour, aussi la situation le lassa bien vite. Cherchant son épée, il entreprit de mettre fin aux jours de la bête, sans nul doute pour la manger. Ce fut pourtant Gerald qui fût le rapide. Il attrapa la bête par la peau du dos, l'éloignant des envies meurtrières du soldat. Cet ancien chasseur et braconnier était le plus ancien de la bande, et sans nul doute l'un des meilleurs capable de survivre en pleine nature.
Les réjouissances s'interrompirent quelques instants alors qu'une sauvageonne, vêtue de peaux de bêtes, une hache à la ceinture, se précipita au milieu du camp dans un état proche de la rage. Les hommes restèrent là quelques instants, incrédules, à la regarder et à l'écouter, avant de partir dans de grands éclats de rires. Gareth lui même ne pût s'empêcher de rigoler, et de lâcher sa pierre à aiguiser tant la situation était cocasse. Ce fut Gerald qui le premier osa parler à cette étrange femme, debout, le furet entre ses mains, lui caressant même le sommet du crâne.

- Vous le rendre ? Alors comme ça, il est a vous ? Dressé à voler la nourriture de braves soldats ? C'est du beau travail... En ce qui concerne Nera, mon chat sauvage, il n'est apte qu'a chasser les pigeons et les faisans, tout au plus. Je suis bien curieux de vous entendre nous parler de vos techniques de dressage si fabuleuses...

Gerald était un pince-sans-rire. Le Baratheon avait mit du temps à l'apprécier, ne sachant sur quel pied danser avec lui. Était-il sérieux ou entrain de plaisanter ? Il n'était jamais sûr. Le reste des compagnons eût un fou rire en l'écoutant ainsi répondre à la jeune sauvage. Sa répartie était semble-t-il sans limites, et son imagination sans bornes dans ce genre de situations. Ce fut alors au tour de Gareth de prendre la parole.

- Je ne crains, ma dame, que vous ne soyez en position de force. Si vous voulez bien vous asseoir autour de notre modeste feu, peut-être accepterons-nous de vous laisser ce monstre avide de sang et de poitrine de faisan.

Quelques sifflements d'admiration et de dédain fusèrent, ses frères d'armes n'ayant pas réellement l'habitude d l'entendre parler ainsi. A vrai dire ils n'avait pas réellement l'habitude d'avoir pour chef un individu poli et avenant. Mais il était pourtant fils de noble, et son éducation ne laissait pas à désirer, loin de là. Reprenant sa pierre à aiguiser, il reprit son activité, alors même que Rand et les autres revenaient au campement, lapins marcassins et même lièvres accrochés à leurs chevaux. Jetant des regards perplexes à la jeune femme, ils ne dirent pourtant mot, visiblement trop fatigué pour pouvoir parler. Un second petit feu, à moitié enterré pour qu'ils soient moins visible, était entrain d'être allumé à l'entrée de la grotte, quelques mètres au dessus du premier. Cette disposition leur permettait en théorie de parer à toutes éventualités, pour peu qu'ils n'aient pas trop bu. Tous les regards étaient désormais fixés sur la jeune femme, plutôt belle malgré son accoutrement, il fallait l'admettre.


Dernière édition par Gareth Baratheon le Mer 21 Déc 2011 - 18:00, édité 2 fois
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Message Mar 20 Déc 2011 - 18:51

     Les éclats de rire ne firent qu'attiser son énervement, sans compter que l'homme qui avait récupéré son furet se permettait de lui caresser la tête comme s'il lui appartenait ! Pour qui se prenait-il ? Alysane serra les dents en fronçant les sourcils, piquée au vif qu'il lui rétorque une telle chose au point de déclencher de nouveaux éclats de rire. Les hommes étaient tous des butors et des crétins, c'était une constatation que la Nordienne s'était faite depuis longtemps, mais il semblait qu'en plus lorsque les mâles étaient en troupeau ils régressaient encore plus. Elle l'avait constaté avec lord Arthur lorsque ses hommes s'étaient gaussés d'elle lorsque la jeune femme s'était présentée en tant qu'homme d'armes. Bande d'idiots, elle ne dissimula pas son irritation en décrochant un regard assassin à l'homme responsable de tout cela alors qu'il tripotait toujours son furet qui se laissait docilement faire. Sale traître, c'était bien un mâle celui-là ! Incapable d'être fidèle deux minutes ! Toutefois son attention fut attirée par un des autres individus qui fit preuve d'une politesse qu'on ne lui accordait généralement pas, lui offrant même son titre. Et bien, au milieu des brutes il existait peut-être des gens polis, dommage que la demoiselle ne soit pas sensible à ce genre d'attention, sans compter qu'il énonça l'évidence même, à savoir qu'ils étaient bien plus nombreux qu'elle. Les lèvres closes, Alysane le dévisagea sans parvenir à en apprendre plus, elle n'avait jamais été très physionomiste de toute manière, sans compter que d'autres hommes firent leur apparition alors que l'étranger reprenait son occupation. Ces hommes étaient tout simplement bizarres et elle regrettait presque d'avoir trouvé ce furet de malheur qui ne lui attirait que des ennuis. La Mormont soutint le regard des nouveaux arrivants qui la dévisageaient comme s'ils n'avaient jamais vu de femme en fourrures, puis elle glissa sa main vers sa ceinture pour y accrocher à nouveau sa hache, de manière toutefois à la décrocher rapidement en cas de besoin. Pourquoi ne pas rester un instant effectivement ? Mais pas sans son furet ! La jeune fille fit enfin quelques pas en direction de l'homme qui tenait toujours son furet et se planta devant lui d'un air toujours aussi peu avenant.

     ▬ Des soldats ? Me prenez-vous pour une idiote ? Je suis plus soldat que vous, ne me faites pas rire ! Mes techniques ne sont pas à la portée des hommes qui tripotent les animaux qui ne leur appartiennent pas, alors rendez-moi mon furet avant que je ne lui demande de vous arracher un doigt. Elle haussa les sourcils. Vous seriez étonné de ce que j'ai encore pu lui apprendre comme tour. »

     En fait elle ne lui avait strictement rien appris et c'était surtout une sale bête mal dressée, mais inutile d'avouer son ignorance à cet homme qui avait l'air de s'y connaître largement plus qu'elle. Alysane n'était pas la patience faite femme, bien au contraire, à peine avait-elle terminé se phrase qu'elle avança sa main vers le furet pour le récupérer. L'animal cria lorsque sa maîtresse essaya d'en attraper un bout tandis que l'autre homme le tenait encore, puis il fit mine de la mordre, mais elle retira ses doigts à temps pour les épargner. Sale bête, elle perdait son temps avec lui. La jeune fille fronça les sourcils avant de souffler d'agacement puis elle se détourna de lui en haussant les épaules.

     ▬ J'imagine qu'il est trop heureux d'avoir trouvé quelqu'un qui sentait aussi mauvais que lui, amusez-vous donc si cela vous fait plaisir. »

     Excellente idée que d'insulter un homme qui était au milieu de ses amis et qui pourrait le lui faire regretter sans aucune peine, disons simplement que l'humilité n'était pas l'une des qualités de la brune. Celle-ci regarda une fois de plus autour d'elle avant de repérer un coin où elle pouvait s'asseoir sans pour autant devoir traîner trop près de l'un des hommes. La jeune fille s'installa donc en prenant soin de poser sa hache à côté d'elle pour l'avoir à portée de main en cas de besoin, puis elle darda son regard sur l'homme qui avait fait preuve de politesse à son égard, le regardant aiguiser son arme quelques secondes avant de parler une fois de plus.

     ▬ Vous êtes bien étrange pour donner un titre à la première femme qui se présente dans votre campement, cela dit vu les dégaines que vous avez tous je considère que vous ne devez pas voir fréquemment des dames, ce qui expliquerait la méprise. »

     Oh certes, elle portait le titre de lady, mais ce n'était pas noté sur son front et le blason de l'ours qu'elle avait sur ses vêtements ne représentait pas grand-chose, elle aurait aussi bien pu être un simple homme d'armes ou une domestique d'une maison noble. Alysane ne se sentait pas franchement à son aise, elle n'avait qu'une envie c'est que cet homme lui rende son furet et qu'elle puisse dégager le terrain rapidement, seulement disons que sa manière de manifester son anxiété n'était pas la plus prudente. Elle avait la sale habitude de se montrer infecte – encore plus qu'à l'accoutumée tout du moins – et de se faire éjecter rapidement. Restait à espérer que ces hommes allaient réagir comme cela et ne pas décider de se débarrasser d'elle tout simplement. La Mormont détourna son regard de l'épée de l'homme pour le promener sur le campement qu'ils s'étaient fait, elle ne voyait absolument pas qui ils pouvaient être, peut-être des mercenaires ou quelque chose d'approchant, mais certainement pas des soldats. Quoique, vu les cas que certains étaient comme elle l'avait déjà constaté, ils pouvaient en être.... Ses yeux cherchaient un blason quelconque lui indiquant une appartenance à une maison, mais elle ne repéra rien. Un bref soupir traversa la barrière de ses lèvres gercées alors qu'elle regardait une fois de plus son furet d'un air amer. Saleté de bestiole, elle avait raison de les détester au final ! Un goût de défaite dans la bouche, la jeune femme reprit sans vraiment s'adresser à quelqu'un de précis.

     ▬ Et que dois-je faire pour que vous daignez me rendre mon animal ? Est-ce que vous allez exiger une rançon ? Si c'est le cas je suis navrée de vous annoncer que je n'ai pas un sou. »

     C'était faux, elle avait plusieurs pièces dignes d'intérêt et rien que sa hache taillée sur mesure en acier château valait très chère. Mais La jeune femme espérait que le semblant de politesse que l'homme qui lui avait parlé possédait, lui sauverait la mise. Rien n'était pire qu'un homme idiot, sauf éventuellement un groupe d'hommes idiots. La Mormont avait une si piètre opinion des hommes en général qu'elle ne semblait pas prête d'en changer. Son regard passait à nouveau d'un individu à l'autre alors qu'elle essayait machinalement de les dénombrer, mais ils bougeaient et elle s'emmêlait les pinceaux ce qui ne faisait que l'agacer davantage. Son minois marqué d'une expression visiblement contrariée suffisait à montrer qu'elle n'était pas des plus aimable. La gentillesse, le protocole et la politesse n'entraient pas particulièrement dans les priorités de la demoiselle qui ne semblait pas désireuse de faire le moindre effort pour lancer une conversation agréable. Ses yeux se posèrent finalement sur son paquetage qu'elle avait posé sur ses genoux et elle décida de s'occuper un peu en le glissant sur le sol tout en prenant garde à ne pas salir ses fourrures bien trop chaudes pour la période. Après son petit manège qui l'occupa au moins... Une dizaine de seconde, elle planta ses yeux sur le feu pour finalement regarder les proies que le groupe arrivé après elle avait chassées. Et dire qu'elle n'avait rien trouvé de potable de son côté.

     ▬ Si vous retenez mon furet en otage, alors vous pouvez au moins le nourrir, il se gave tellement que j'y passe toutes mes réserves. Entre hommes j'imagine que vous saurez le comprendre. »

     Autant profiter de l'occasion après tout non ?
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Message Mer 21 Déc 2011 - 22:55

Tandis que Rand et sa troupe préparait leur campement et embrochaient leurs prises pour manger, la sauvageonne faisait toujours des siennes. Celle-là n'avait pas sa langue dans sa poche, bien au contraire. Gareth la jugea rapidement bien trop téméraire. Comme il aimait à se le répéter, la témérité était un défaut. Reportant son attention sur son épée, il l'a nettoya avec un chiffon, admirant la lame en acier château noir avant de la ranger dans son fourreau.
Quand le furet de la dame manqua de la mordre, Gerald, l'ancien braconnier, manqua d'afficher un grand sourire et donc sa bonne humeur. S'asseyant, toujours sans piper mots, sur sa couche composée de peaux de bêtes tannées, il commença à lui donner à grignoter quelques bouts de faisans. Néra, son chat sauvage à peu près dressé et plus ou moins obéissant vint lui aussi chercher sa pitance. Reniflant le furet, il s'en lassa bien vite préférant contenter son estomac qui criait famine.
Gerald avait fort à faire avec l'Ourse, qui l'insultait sur un point sensible. Sa famille, ses amis ou les individus rencontrés au hasard l'avaient bien souvent raillés sur son hygiène. A cause de son apparence peu avenante, de sa barbe de trois jours et parce qu'il était autrefois vêtu pauvrement. S'il avait certes choisis cette vie à l'écart de la civilisation et des grandes villes, cette véritable mise au ban de la société l'avait traumatisé. Et malgré sa stature impressionnante, il n'était pas une forte tête, préférant le compromis à l'affrontement. Cela serait un véritable problème le jour où Gareth déciderait que les compagnons avaient un autre rôle à jouer que celui de simples chasseurs. Le jour où il décidera d'attaquer des convois ou des troupes, le jour où il faudra tuer un homme de sang-froid, il aurai besoin de tout le monde, Gerald compris. Il ne pouvait se permettre qu'un de ses hommes aient des états d'âmes.

Durant le même temps, la petite dame mit en doute leur qualité de soldat. Elle n'avait pas tort, ils n'étaient pas réellement des soldats, plus un assemblage de chasseurs et de reîtres qu'une vraie troupe disciplinée. Mais Gareth ne perdait espoir qu'un jour ils seraient une vraie troupe capable et aguerrie. Mordant à pleine dents dans son repas, composé uniquement de viandes comme bien trop souvent ces jours-ci, il préféra laisser ses hommes répondre plutôt que s'embarquer dans une conversation sans intérêts.
Elle daigna finalement s'intéresser à lui, évoquant le titre qu'il lui avait donné. Rand arrivant à ce moment là, il préféra patienter avant de lui répondre. Le reître s'assit juste à côté d'elle, un lapin mort dans la main. Installant tout son barda devant lui pour dépecer la bête et la faire en ragoût, il commença à parler, ignorant presque totalement la jeune femme. Presque, puisqu'il lui lançait néanmoins de temps à autre quelques coups d’œils en coin. Il était intrigué, c'était certains, et il lui demanda finalement si elle venait du Nord. De l'extrême Nord...

- Je n'aurais jamais cru voir une sauvageonne au sud du Mur. C'est juste ahurissant que vous soyez arrivé ici.

Le pire dans tout cela était qu'il était totalement sérieux. Ni moqueur, ni méchant. Le reître avait beaucoup voyagé, mais jamais dans le Nord, et de ce fait, si il connaissait un tas de choses, il se basait pour le reste sur les rumeurs et stéréotypes colportés par les paysans et le peuple. Gareth secoua la tête avant d'éclater la rire. La situation était tellement cocasse ! Cette femme là ne venait pas d'au délà du Mur, c'était impossible. Du moins, il l'espérait. Reprenant tout d'un coup son calme sur cette pensée, un lourd silence plana sur le camp. Passer des rires au sérieux en quelques secondes n'étaient pas dans ses habitudes, et ses hommes le regardaient d'un air plutôt bizarre. Décidant de les ignorer, il saisit l'instant pour répondre à la dame et lui poser diverses questions.

- Donner un titre ne coûte rien... Et généralement, les dames apprécient. Mais vous, non, ce qui est bien étrange. Vous êtes étrange pour être franc, mais je crois que vous le savez déjà. Vous avez raison sur un point, nous ne voyons que peu de dames, et comme vous semblez vouloir récupérer votre furet malgré votre manque de ressources, nous pourrions peut-être arriver à un accord. Vendez votre corps, et vous le récupérerez.

La plaisanterie était mauvaise, c'était vrai, mais elle fit rire tout le monde. Le Baratheon avait parlé à voix basse, ne détournant son regard de celui de son interlocutrice. Sa voix caverneuse renforçait le sérieux et la glauque de sa proposition..
Les mains sur leurs ventres, les hommes tombèrent les uns après les autres à la renverse, presque morts de rire. Voilà que Gareth lui rendait la monnaie de sa pièce, contre toute attente. Il était d'humeur taquine ce soir, et mélancolique... Son séjour chez les Lannister n'avait pas été particulièrement plaisant, bien qu'enrichissant. Il en était revenu changé, par bien des aspects.

- Mais avant cela, reprit Gareth, nous allons nourrir votre bestiole. Peut-être même qu'elle préférera rester avec nous. Maintenant, dîtes moi qu'es-ce que vous êtes ici, pourquoi vous êtes arrivés en trombe dans notre campement, et d'où vous venez.

Là il était très sérieux. Ils n'étaient pas censés être sur les terres des Lannister, et bien que la petite dame ne semblait pas être une espionne de cet enfant de salaud de Tybolt, il fallait être prudent. Les hommes eux aussi reprenaient peu à peu de leur sérieux, tatonnant pour chercher épées, arcs et carquois. Seul Rand, le plus expérimenté de tous, avec le plus de sang-froid, n'en fit rien, se contentant d'offrir un morceau de lapin grillé à point à la jeune femme. Le reître avait des manières malgré ses nombreuses années passés à vadrouiller et à guerroyer. Se tournant vers elle, il la regarda avec malice et tendresse, la questionnant à son tour. Taquin, le mercenaire l'était, mais encore une fois, nul méchanceté n'émanait de ses propos. C'était son humour à lui, l'humour d'un homme qui a vu tant de choses horribles que les banalités de la vie lui paraissent bien fade à côté.

- Dîtes-moi, ma dame, ou plutôt, ma sauvageonne, le pourquoi de votre présence à nos côtés. Êtes vous une envoyée des seigneurs de l'autre côté du Mur, chargée de nous proposer une alliance ? Ou tout simplement une pauvre paysanne qui s'est perdu sur le chemin de sa chaumière ?

Contemplant la hache de la Mormont, son regard se fit plus sérieux. C'était une belle pièce, trop belle pour une paysanne. Rand bougea nerveusement quelques instants, les pièces du puzzle se mettant en place dans son esprit. Soit une voleuse, mais au vu de son accoutrement, il en douta. C'était donc une espionne, ou quelqu'un de cet acabit. Peut-être même un assassin. Visiblement bouleversé par ce qu'il avait vécu à Castral Roc, bien que cela étonna Gareth, le mercenaire tendait ici à être paranoïaque.
Se levant, il s'écarta de l'Ourse de quelques pas. Il invita les autres à faire de même, mais seulement quelques-uns obtempérèrent. Gareth resta là, incertains, attendant de voir se que comptait faire le reître. Il était sur les nerfs depuis qu'il avait failli finir dans les geôles de Castral Roc pour quelques mots plus hauts les uns que les autres. Il avait tout à fait le droit, et entièrement raison de réagir ainsi. Tirant à moitié son épée de son fourreau. Il ordonna à la femme de lui dire la vérité.

- Parlez, femme...

Comme un seul homme, les autres se levèrent. Ils mirent la main sur la poigne de leur épée, où ils prirent leurs arcs, inquiets et tendus. Ils n'avaient pas réellement digérer les évènements de Port-Lannis. Gareth, qui s'était levé lui aussi, regarda ses compagnons d'un air plus que béat, presque ahuri. Il leur demanda de rengainer leurs armes avant de s'avancer pour aller s'asseoir à côté de la Mormont.

- Excusez-les pour leur réaction... La situation est plutôt difficile ces derniers-temps. Si vous pouviez répondre à mes questions ainsi qu'aux siennes, cela serait sans doute mieux pour nous tous...

Rester vague, pour qu'elle croit qu'il parle des Fer-Nés, c'était le mieux à faire pour l'instant. Voilà comment une situation peut dégénérer avec des hommes sur le qui-vive, prêt à tout qu'une brindille craque, ainsi qu'avec une sauvageonne qui déboule dans votre campement une arme à la main, à la poursuite d'un furet. Foutu pays.
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Message Jeu 22 Déc 2011 - 13:25

     Une sauvageonne ! Si la jeune femme en avait été une ils seraient tous morts depuis bien longtemps, le père de la brune lui avait souvent compté à quel point les femmes au-delà du Mur étaient dangereuses, bien plus que n'importe quel chevalier de Westeros même ! Pauvres fous, ils pensaient réellement ce qu'il disait, mais pourtant la Mormont n'était pas vexée, elle se trouvait même franchement amusée devant l'attitude de l'homme qui s'était installé à ses côtés. Les yeux dorés de la guerrière passaient sans cesse d'un homme à l'autre, bien qu'à son grand soulagement celui qui semblait être le moins dangereux du lot était assit à ses côtés. Au début cela ne l'avait guère enchantée de voir qu'un du lot venait s'incruster sur le même siège de fortune qu'elle, mais au final il n'avait pas l'air bien méchant, même légèrement dans les nuages pour la croire originaire d'au-delà du Mur. Alysane ne répliquait pas, trop amusée de la situation, se contentant d'arborer un léger sourire à peine perceptible au moment où l'homme à l'épée éclata de rire en manquant de faire sursauter la Nordienne. Elle était bien trop sur les nerfs, ce n'était pas dans ses habitudes, mais ce n'était pas aussi dans les us et coutumes des Nordiennes de sauter au milieu d'un essentiellement composé d'hommes, ainsi que de quelques animaux. La brune le dévisageait alors qu'il reprenait son sérieux, se demandant s'il pouvait être une espèce de chef pour les hommes de cette troupe étrange, il semblait imposer le respect à ses compagnons, mais avec les habitants du Sud il fallait s'attendre à tout.

     Il répéta un mot pour la qualifier qui était souvent utilisé « étrange », oui elle commençait à le savoir qu'on la trouvait spéciale depuis le temps qu'on lui rabâchait, même dans le Nord si cela le rassurait ! Alysane resta de marbre jusqu'à ce qu'il plaisante sur la manière dont elle pourrait récupérer son furet, à ce moment son expression neutre de changea en un masque d'agacement. Le summum fut certainement lorsque les autres hommes se mirent à rire, dans l'esprit de la jeune femme, habituée à être raillée sur son manque de féminisme, il voulait lui faire comprendre qu'elle n'avait aucune chance de passer pour une femme. Les plaisanteries graveleuses ne lui étaient jamais destinées étant donné que le concerné avait davantage de chances de se retrouver émasculé que satisfait. La brune serra les dents en détournant son regard du plaisantant pour se murer dans un silence buté alors qu'il lui demandait des explications sur sa présence ici. Elle le lui avait déjà dit pardi ! Elle venait simplement récupérer son furet qui s'était enfuit rien de plus !

     Tombant dans son attitude de Nordienne vexée, la brune ne répliqua rien même si elle constata rapidement que les hommes commençaient à s'agiter autour d'elle, sauf son compagnon de siège qui lui tendit un morceau de viande. Alysane lui accorda son premier sourire de la soirée, finalement tous les hommes n'étaient pas des butors, lui elle l'aimait bien ! Attrapant la nourriture tendue, elle commença à la manger avec application, cela faisait un moment qu'elle n'avait rien réussi à attraper d'aussi bon, autant dire qu'elle n'était pas franchement douée en cuisine et que sa viande terminait plus souvent avec un arrière-goût de charbon très prononcé. La Nordienne appréciait le comportement du reître, du moins jusqu'à ce qu'il scrute attentivement sa hache pour se redresser et s'écarter d'elle comme si elle avait la peste. Alysane fronça les sourcils, ne comprenant pas vraiment ce qui se passait puisqu'elle ignorait le passé des hommes, mais lorsqu'il lui ordonna de parler, elle fut une fois de plus agacée. Était-ce un interrogatoire ? Ils ne s'étaient pas présentés non plus ! Histoire de manifester sa contrariété elle soupira fortement alors que la situation commençait à devenir trop dangereuse pour elle, l'Ourse glissa sa main vers sa hache juste au moment où l'homme à l'épée s'interposa pour calmer le jeu et ordonner à ses hommes de se calmer, ce devait donc bien être lui le chef. La Nordienne le regarda s'installer à côté d'elle d'un air peu engageante, puis elle finit par s'apercevoir du ridicule de la situation et rigola franchement. Pas le rire d'une demoiselle de bonne naissance, mais le rire d'une tavernière ou d'une femme qui se moquait de ce que l'on pensait d'elle. Retrouvant son calme, elle arbora un sourire à la fois moqueur et amusé pour répondre à l'homme à ses côtés.

     ▬ Vous rendez-vous compte que vous avez peur d'une femme ? Si je m'étais attendue à semer la terreur au beau milieu d'une troupe d'homme, je crois que je n'oublierais jamais ça. Elle rigola encore légèrement avant de contempler le morceau de viande qu'elle tenait encore à la main. Mais si cela peut apaiser vos vierges effarouchées ma foi.... Son regard glissa à nouveau sur le visage de l'homme. Je ne suis pas une sauvageonne, si je l'avais été vous seriez tous morts depuis bien longtemps. Je m'appelle Alysane, je suis l'une des filles de lord Jeor Mormont de l'île-aux-Ours dans le Nord. Très près du Mur, mais cela dit pas au-delà n'ayez crainte. »

     Elle croyait sérieusement qu'ils avaient eu peur d'elle parce qu'elle avait un accoutrement peu courant, après tout comment pourrait-elle se douter qu'ils craignaient qu'elle ne soit une espionne ou quelque chose de ce genre ? Heureusement pour eux, avec elle c'était tout bonnement impossible, déjà que lord Arthur Reyne avait manqué de la coller dans ses geôles parce qu'elle avait levé la main sur ses hommes et l'avait copieusement insulté.... Alysane n'était pas le type de femme que l'on prenait pour espionner qui que ce soit, elle était beaucoup trop impulsive et se ferait démasquer en moins de deux minutes ! A n'en pas douter, si elle avait été au courant de ce qui se passait dans l'esprit de la petite troupe, la Nordienne aurait à nouveau été prise d'une grande hilarité. La Mormont arracha un morceau de la viande pour la placer dans sa bouche et mastiqua quelques secondes avant de reprendre le flot de ses explications, son attention dirigée sur sa nourriture si gracieusement offerte.

     ▬ J'ai débarqué dans votre campement à cause de mon furet comme je vous l'ai déjà dit. Je voyage depuis le Nord pour découvrir un peu Westeros et même si mes précédentes rencontres n'ont pas été très encourageantes, je suis bien décidée à me rendre à Dorne. Mon animal a été attiré par votre nourriture j'imagine et il s'est enfui alors que j'essayais de le faire débusquer un lapin. »

     Cela l'agaçait assez de devoir avouer que son animal avait été on ne peut plus désobéissant et qu'elle n'arrivait pas à le maîtriser, mais c'était une sorte de cas de force majeure, la jeune femme n'avait aucune envie de se faire trancher la tête parce qu'ils la prendraient pour une sauvageonne. Des fois elle regrettait franchement de ne pas en être une pour être sincère ! Toutefois, l'Ourse n'allait pas se laisser rouler aussi facilement, elle avait été contrainte de tout déballer alors qu'à côté, ces hommes ne s'étaient ni présentés, ni montrés agréables avec elle, surtout celui assit à côté d'elle qui lui avait offert une plaisanterie de mauvais goût. Alysane le dévisagea une fois de plus d'un air toujours aussi contrarié.

     ▬ Si vous ne me croyez pas vous n'avez qu'à regarder ça, vous pensez que les sauvageonnes se baladent avec des blasons ? »

     Elle tourna la tête et attrapa son sac pour en tirer une pochette de cuir que son père avait fait faire pour elle où elle rangeait son silex pour le feu et ses fils pour les pièges, puis elle la tendit à l'étranger pour qu'il puisse voir le blason de l'Ours qui figurait dessus, comme sur le reste de ses affaires et sa tunique par ailleurs. Un soupir traversa la barrière des lèvres de la jeune femme alors qu'elle posa son attention sur le feu qui semblait plus intéressant à cet instant, mais ne perdit pas le Nord et ajouta quelques questions. Ils seraient bien obligés de répondre.

     ▬ Je ne suis pas franchement étonnée que vous ne voyez pas de dames plus souvent vu comme elles ont l'air de vous terroriser. J'espère au moins que vous allez prendre la peine de vous présenter après m'avoir traitée comme une sauvageonne, une catin et une simple paysanne du coin. »

     Elle lui décrocha un regard plein de défi, rancunière elle ? Juste un peu !
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Message Mer 28 Déc 2011 - 11:46

Si la mystérieuse dame semblait bien s'entendre avec Rand, cela ne dura qu'un temps.
Alysane, la Nordienne, eut l'air vexée que le reître la prenne pour une sauvageonne, juste avant de saisir sa hache. Situation plus que dangereuse que celle dans laquelle ils étaient là. Heureusement que Gareth était intervenu à temps. Les hommes restèrent là, debout, l'arme au poing, à écouter la Nordienne de l'île aux ours leur livrer le récit de ses aventures. Ou plutôt, ils l'écoutaient se moquer d'eux. Ils avaient peur d'une femme alors qu'ils étaient vingts, elle disait vrai. En fait, elle avait raison sur toute la ligne au sujet de leur groupe. Ils n'étaient rien, ni aussi aguerris ou dangereux qu'une bande de mercenaire, mais tout autant coupable à être dans l'Ouest. En vérité, à errer ainsi de part en part du continent faisaient d'eux des hors la loi.
Gareth s'assit donc à ses côtés, pour tenter de calmer le jeu, alors que les hommes s'éloignaient du feu. Certains allèrent se coucher dans la grotte ou non loin des chevaux, quand le reste se regroupa près du second foyer. Seul Rand resta là, indécis, contemplant d'un air perplexe la Nordienne qu'il prenait pour une sauvageonne. Son regard se fit de plus en plus insistant et perplexe lorsqu'un rire de tenancière de bordel sortit de la bouche de la Nordienne, puis lorsqu'elle posa une pléthore de questions.
Secouant la tête, le reître lâcha définitivement la poignée de son arme pour aller rejoindre le reste de la bande, ses bottes soulevant un nuage de poussières rougeâtre qui monta rapidement vers les cieux.

- Distribue le peu d'alcool que nous avons Rand ! Et ramène moi deux pintes veux-tu !

C'est ainsi que Gareth alpagua son second avant que ce dernier ne s'éloigne de trop. Le mercenaire se retourna et hocha la tête avant de gravir quatre à quatre les grosses pierres qui menaient à l'autre feu situé devant la grotte. Le Baratheon se tourna à nouveau vers Alysane, écoutant avec attention ses réponses. Ses maigres réponses à leurs questions. C'est vrai qu'elle ne ressemblait pas vraiment à une espionne ou a une fer-née, mais l'Ours d'Accalmie avait un bon moyen de savoir si elle disait la vérité. L'interroger sur son cousin, Beron Stark, seigneur de Winterfell. Si elle mentait et ne répondait pas à ses questions, et bien, il espérait être toujours aussi bon à l'épée. Gerald toussa, et Gareth se rendit compte qu'il n'était pas seul avec l'ourse. Une chance de plus de l'envoyer rejoindre ses ancêtres si elle mentait, Gerald étant un excellent archer.
Croquant à pleine dents dans son morceau viande, le cadet des Baratheon mâcha lentement, écoutant et réfléchissant aux propos de son interlocutrice. Attrapant les deux pintes que lui tendit Rand, alors revenu, il en posa une devant Alysane avant de commencer à siroter la sienne. S'essuyant sa bouche avec sa manche, il regarda Alysane droit dans les yeux.

- Vous êtes une vassal de Beron Stark ?

Rand qui à son tour aiguisait son épée releva la tête. Son regard était interrogateur, mais ce fut Gerald qui contre toute attente commit la première erreur.

- Ton cher cousin Beron, devrais-tu dire...

Le regard noir que lança Gareth à l'ancien braconnier était sans équivoque. Il devait réellement remettre les choses à plat avec le doyen de la troupe. Si la dame était une espionne, chose peu probable au vu de ses propos qui semblaient francs, mais élément à ne pas négliger ; si la dame était une espionne, elle connaîtrait rapidement son identité, et les problèmes débuteraient. Pourquoi tout devrait-il toujours être compliqué ? Le Baratheon secoua la tête et bu une grande gorgée de vin, finissant presque son gobelet.

- Dorne est une destination bien lointaine pour une Nordienne... Surtout de l'ile aux ours. Pourquoi vouloir aller à Dorne ? Reprit le natif Orageux.

Dorne était une mauvaise région, trop chaude avec cette canicule, peuplée de barbares et de pillards habitant dans leurs montagnes. En ce moment même, il n'était pas très bien placé pour parler, certes, mais sa bande de moins que rien exilés de leur terre valaient bien mieux que tous les Dorniens qui pouvaient exister. Il en était presque sûr et certain. Gareth s'allongea à moitié sur la peau de bête sur laquelle il était auparavant assis. Ses longs cheveux, détachés, encadraient son visage et sa courte barbe, plus ou moins taillé. Il s'espérait plutôt séduisant, car il devait avouer que la possible espionne, la Nordienne, était plus que ravissante dans sa petite tunique. Ses jambes galbées étaient tout simplement désarmantes. Le Baratheon manqua défaillir en laissant son esprit vagabonder vers des contrées lointaines et tentatrices. Se reprenant à tant, il offrit une réponse vague quand à leur identité, sa main gauche trifouillant les noeuds de sa tunique.

- Nous sommes ce dont nous avons l'air... Des moins que rien, venus affronter la menace fer-nés. Les fer-nés ont des femmes combattantes, et aussi loin dans le sud, on pourrait aisément vous prendre une des leurs... D'où notre... nervosité...

Un mensonge pieux, il ne mentait pas réellement. Juste un tout petit peu. Mais ce soir, ces seconds semblaient décidés à lui pourrir la vie. Rand dévoila son identité, et Gareth baissa à ce moment là les yeux... Quelle bande d'incapables...

- Cet homme est Gareth fils de Lyonel, de la maison Baratheon. Suzerains des terres de l'Orage. Hormis lui, nous sommes en effet que des moins que rien.

C'est avec un demi-sourire que le reître retourna à son occupation. Le fils de l'Orage moqueur, quand à lui, ne retint pas sa colère et en oublia pour le coup totalement Alysane. Se levant, il traversa en deux emjambées l'espace qui le séparait du reître pour le prendre par le bras et le soulever. Vif, Rand s'arracha à l'emprise du natif Orageux et les deux hommes entamèrent ce qui semblait être un duel de regards. Leurs yeux lançaient des éclairs et Gareth s'écarta du campement, invitant Rand à le faire. Il serrait et desserrait ses poings, comme à chaque fois qu'il était en colère. Pour le coup, il avait rapidement laisser la rage prendre possession de lui. Sa voix, haché, était celle d'un homme qui tente de se contenir.

- Qu'es-ce qui te prend ? Il y a quelques minutes à peine tu étais prêt à lui trancher la gorge l'air de rien, et maintenant, tu lui fais des confidences ? Es-tu à ce point en peine de jolies femmes que la première fermière qui passe par là te fais perdre tous tes moyens ?

- Je lui fais confiance ! Elle ne ment pas ! Je le sais voilà tout, se contenta de répondre le mercenaire.

Il le savait, alors tout allait bien. Bien entendu ! Levant les yeux au ciel, l'Ours n'en cru pas ses oreilles. Quelle mouche avait donc piqué Rand ? La fureur quittait peu à peu Gareth qui était plus attéré qu'autre chose. Tout était si difficile ces temps-ci, qu'avait-il donc fait si de mal ?
Retournant s'asseoir sur sa couche, l'air las, il prit une touffe d'herbe avec laquelle il joua machinalement. Les yeux dans le vide, il compléta les informations données si gracieusement par son second. Après tout, maintenant que le mal était fait, autant être franc. Au vu du blason de la Mormont, il se prit à penser que Rand avait eut raison finalement.

- Je suis en effet, l'Ours d'Accalmie, fille de l'île aux ours. Amusant n'est-ce pas ? Dit-il d'une voix monocorde où perçait l'ironie de la situation. Ces hommes sont ma garde personnel, nous sommes ici pour combattre les fer-nés, qui pillent et ravagent sans vergogne les côtes du continent. Mais vous devez sans doute le savoir...

Il fit une légère pause, jetant dans le vent les brindilles qu'il avait encore dans sa main avant de reprendre. Rand quand à lui, chuchota à l'attention de la jeune femme, un air de conspirateur sur le visage et un sourire aux lèvres. S'il semblait superficiel et tête en l'air, ce n'était pas le cas. Nombreux ce soir seraient les hommes à ne dormir que d'un seul œil, et Rand serait sans nul doute le premier.

- Nous sommes officiellement interdit de séjours dans les terres de l'Ouest, car j'ai osé dire le fond de ma pensée au seigneur suzerain de ces terres, Tybolt Lannister. Au vu de notre situation, vous êtes désormais notre invité, ou notre prisonnière, à vous de choisir, jusqu'à ce que nous ayons quittés l'Ouest. Je ne peux me permettre de prendre le risque de voir la tête de mes hommes au bout d'une pique. Donne lui son furet Gerald, je t'en prie.

- Il a passé plus de deux semaines en prison à cause de son franc-parler !

Faisant signe à Gerald, il termina ce qu'il avait à dire avant de se coucher. Il se prenait parfois à regretter Accalmie, où les ennuis n'étaient que des nuages lointain qu'une bourrasque de vent suffisait à éloigner. Aujourd'hui il avait fort à faire avec une tempête, et nul alizé pour l'aider dans son combat. Une Nordienne, seule, si loin dans le sud, et semble-t-il aussi dangereuse qu'une sauvageonne ou qu'une fer-née, il préférait être prudent. Le souvenir des rats des cellules du Roc était encore vivace dans son esprit.

- Je vous souhaite une bonne nuit ma dame, nous partirons tôt demain. Et ne tentez-pas de vous enfuir, je vous prie. Ni vous ni moi n'avons envie que je prenne les mesures qui s'imposeraient après un tel acte...

Aucun entrain, aucune joie dans sa voix. Cela le peinait, ou tout du moins, le dérangeait. Ramenant quelques peaux qu'il cala sous son crâne pour en faire un oreiller, il tourna le dos à son interlocutrice, les yeux dans le vide, la lune pour seule compagne en cette nuit étouffante.
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Message Mer 28 Déc 2011 - 20:50

     Alysane observait les hommes tout en parlant, s'attendait presque à en voir un lui sauter dessus pour lui trancher la gorge. Elle n'avait aucune envie de mourir, mais son père serait encore capable de lui dire qu'elle l'avait bien cherché en faisant fi de toutes les prudences de base, seulement c'était comme ça, la jeune femme agissait avant de penser, c'était plus fort qu'elle et ça finirait par lui jouer un tour. L'homme qu'elle identifiait comme le chef ordonna à l'un des hommes de ramener deux pintes d'alcool et Alysane nota les noms qu'elle apprenait en espérait que cela lui servirait. Elle avait entendu dire que de parler à quelqu'un en usant de son prénom le rendait plus aimable, pour elle c'était le contraire, mais comme l'avait souligné l'étranger elle était « étrange ». La brune accepta quand même la boisson qui lui fut offerte même si la méfiance était là, peut-être qu'ils considèreraient qu'elle était leur invitée et n'oseraient pas bafouer les lois de Westeros à ce sujet ? Sans offrir plus qu'un grognement de remerciement, Alysane trempa ses lèvres dans le liquide qui ne ressemblait pas à ce que l'on buvait dans le Nord, puis tendit l'oreille aux questions du chef. Son attention fut interpellée lorsqu'elle entendit l'homme qui avait son furet déclarer que l'homme à ses côtés était un cousin à lord Beron. Les yeux mordorés de la combattante se plantèrent sur le visage du chef alors qu'elle le dévisageait sans aucune gêne, cherchant à reconnaître les traits de son lord bien aimé. Les Stark étaient liés à beaucoup de familles, les Ryswell de ce qu'elle se souvenait, mais cet homme n'était pas Nordien elle en aurait mis sa main à couper ! Un Baratheon ? Un Omble ? Son esprit carburait tandis que l'homme à ses côtés parla de Dorne. Sans se faire prier elle répliqua du tac au tac.

     ▬ Et pourquoi pas ? »

     Il parlait comme s'il connaissait l'île-aux-Ours, or elle était bien placée pour savoir que les nobles du Sud ne savaient absolument pas qui étaient les Mormont. Dorne la passionnait, elle voulait découvrir ces étendues si vastes de sable chaud, sa curiosité ne serait pas satisfaite tant qu'elle n'aurait pas posé ses yeux sur ces merveilles dont lady Edarra lui avait parlé. Alysane décrocha un regard de défi à l'homme comme si elle le persuadait de trouver une raison de l'en dissuader. Son regard s'attarda un instant sur son visage alors qu'elle se disait qu'il avait l'air bien détendu pour quelqu'un qui avait une femme armée d'une hache à portée de main, elle de son côté savait très bien qu'elle serait sur la défensive jusqu'à son départ de ce campement. Détournant rapidement son attention pour se concentrer sur sa boisson, elle ne rata toutefois pas une miette de la conversation et de la pseudo dispute qui opposa le chef et l'homme qui avait été gentil avec elle. Alors qu'ils s'éloignaient certainement pour régler leurs comptes, la jeune femme glissa rapidement sa main dans son sac pour en tirer un caillou taillé qu'elle utilisait pour percer le cuir, il pouvait blesser assez gravement si besoin était, puis elle le glissa dans sa botte au cas où l'on envisagerait de lui voler ses affaires. Lorsque les hommes revinrent, elle était occupée à observer le feu avec sa pinte à la main, puis l'homme qui semblait donc se prénommer Gareth, compléta la présentation tandis qu'une foule de répliques arrivaient dans l'esprit de la brune. L'Ours d'Accalmie ? Être un Ours était un honneur et elle le dévisagea longuement en cherchant quelque chose qui lui vaille un tel surnom, sans vraiment parvenir à deviner complètement. Les Baratheon devaient être des hommes bien précieux pour s'entourer ainsi d'autant d'hommes, mais elle ne répliqua rien tandis qu'il lui expliquait avoir été banni de cette région et qu'elle allait devoir rester en leur compagnie. Alysane ouvrit la bouche pour protester vivement, mais la perspective de récupérer son rongeur l'apaisa légèrement et elle l'attrapa vivement lorsque l'homme le lui rendit. La Mormont contempla Gareth qui lui tournait le dos, occupé à essayer de s'endormir, elle renifla bruyamment pour marquer son mécontentement en marmonnant dans sa barbe.

     ▬ Prisonnière ! Je vais vous en donner moi, on va voir qui regrettera ça ! »

     Oh, ils allaient regretter de l'avoir prise avec eux c'était certain ! La jeune femme posa la pinte sur le sol avec tout le bruit possible avant de se détourner pour attraper ses affaires sans prendre la peine de faire attention à ne pas faire de bruit. Ils voulaient jouer les hommes sérieux ? Ils allaient devoir la supporter en mode particulièrement agacée alors. Alysane ne perdait pas de vue l'espoir qu'ils la laissent partir en ne la supportant plus. Après s'être aménagé une couche potable avec ses fourrures, la jeune femme glissa son furet dedans avant de tendre la main vers sa hache pour la rapprocher de son lit de fortune, puis elle s'allongea enfin pour tenter de dormir. Inutile de préciser que la moitié de la nuit fut une insomnie insupportable, elle ouvrait les yeux dès que quelqu'un marchait à proximité de son lit et s'assura plusieurs fois qu'elle n'était pas en danger. Alysane n'imaginait pas une seule seconde que son statut de femme puisse représenter le moindre danger, elle craignait simplement que le sommeil ne fasse d'elle une proie idéale et qu'ils essayent de se débarrasser d'elle de la sorte. Lorsque le soleil daigna enfin faire savoir qu'il se levait, la Mormont était déjà sur le pied de guerre, dressée sur son séant, la bouche pâteuse, elle contemplait les environs en essayant de repérer l'endroit, de jour ce n'était pas comme de nuit et elle avait espéré que tout cela ne serait qu'un mauvais rêve. Dès que son regard se posa sur le chef qui s'était levé, la jeune femme adopta une moue clairement contrariée. Elle avait passé la pire nuit de sa vie et n'avait jamais aussi mal dormi, bien qu'elle ne faisait pas des caprices de dame, la brune savait aussi se montrer désagréable. Particulièrement au saut du lit.

     ▬ Hier je me demandais pourquoi l'on vous surnommait l'Ours d'Accalmie, finalement après avoir entendu quelqu'un ronfler hier j'en viens à me dire que le mystère est éclaircit. »

     La jeune femme s'était éveillée en sursaut une ou deux fois, elle avait entendu un bruit étrange et avait finalement compris que c'était quelqu'un qui ronflait. Dormir en compagnie de quelqu'un ne lui était pas commun, encore moins avec des hommes puisque sur son île elle partageait sa chambre avec Lyanna. Alysane se redressa enfin, regroupant ses fourrures en les pliant avec autant de soin que s'il s'agissait d'un bien extrêmement précieux. Son furet entreprenait déjà de vadrouiller sur le reste de ses affaires et finalement, la brune l'attrapa pour le forcer à se glisser dans la poche de sa tunique où elle serait sûre que personne ne viendrait le chercher. L'envie de s'en-aller était encore plus forte à ce moment et elle dû lutter contre elle-même pour ne pas le faire. Tournant la tête vers Gareth qui était certainement occupé à autre chose, elle lâcha quelques mots qui ne laissaient pas vraiment le choix.

     ▬ Je dois aller me rafraîchir, sinon vous allez devoir supporter mes critiques toute la journée et je doute que vous en soyez capable. »

     Alysane avait ses affaires ici, elle ne comptait donc pas s'en-aller définitivement, sans attendre de réponse la demoiselle passa à côté du petit groupe en se dirigeant vers un ruisseau qu'elle avait vu en cherchant son furet la veille. La sécheresse ne pénétrait pas jusqu'à cette zone de la forêt et elle en profiterait pour se rafraîchir un peu avant de passer à l'attaque. Après avoir cherché quelques minutes, la Mormont tomba sur son ruisseau et s'agenouilla à côté pour se passer de l'eau sur le visage et se rincer la bouche afin de se débarrasser de la sensation de langue pâteuse. Son furet resta sagement dans sa poche alors qu'elle se redressa finalement pour rentrer au campement des hommes, espérant qu'ils aient éventuellement décidé de la laisser ici et de s'en-aller. Mais ce n'était pas le cas. Bien décidée à regagner sa liberté, la jeune femme s'approcha de Gareth par derrière, elle se fichait pas mal qu'il discute avec ses hommes, la jeune femme n'avait aucune intention de rester en leur compagnie. Lui frappant l'épaule pour attirer son attention, Alysane darda son regard dans le sien lorsqu'il daigna lui accorder son attention et l'attaqua aussitôt, ses bras croisés sous sa poitrine un air de défi collé au visage.

     ▬ Écoutez, je suis bien désolée que votre séjour à Castral-Roc ne se soit pas passé comme vous le vouliez, mais je n'ai aucune envie de perdre des jours à devoir vous suivre parce que vous me prenez pour une Fer-née ! Je me fiche pas mal de ces pirates de pacotille, moi je veux juste voyager et je n'ai aucune envie de me faire tuer parce les barbares qui m'ont obligée à les suivre veulent courir après la gloire en bataillant avec les Fer-nés ! Elle commençait à s'énerver et son ton le faisait sentir. La jeune femme essaya de retrouver son calme. Laissez-moi partir, je vous donnerai quelque chose en échange si vous voulez, vous pourrez raconter que vous avez détroussé une femme comme ça, je suis persuadée que ça vous fera gagner de l'estime auprès des futurs nobles. »

     Elle plissa son nez en signe d'agacement, ses yeux brillaient d'énervement elle arrivait à se faire sortir de ses gongs toute seule, la brune soupira bruyamment, consciente de se donner en spectacle, mais peu lui chalait ! Alysane se détourna finalement pour attraper ses affaires et les réunir rapidement, bien décidée à lui forcer la main s'il ne cédait pas. Finalement, la jeune femme attrapa une fourrure plus petite que les autres, celle d'un ourson que son père avait été obligé d'abattre après qu'il se soit blessé près de leur demeure. Elle se retourna vers Gareth et lui fourra dans les bras dans aucune délicatesse en accompagnant le tout de quelques paroles.

     ▬ Tenez messire l'Ours, ne m'en veuillez pas, mais dans ma famille l'on considère qu'un homme qui porte un tel titre doit l'avoir mérité. Mais cette fourrure doit être à la hauteur de ce que je perçois de votre personne. »

     Elle avait dû montrer qu'elle était une vraie Mormont pour pouvoir revêtir les fourrures de cet animal, Alysane se moquait donc de Gareth en lui donnant celle de l'ourson. Pas sûr que ce soit très sensé ou même très futé sachant qu'il avait tout de même été relativement aimable avec elle pour le moment. Elle avait bien apprécié la manière dont il lui avait parlé pour le moment et envisageait que passer quelques temps avec son groupe pouvait être sympathique, mais la simple idée d'être coincée avec eux l'agaçait. Lorsqu'on la forçait, tout devenait moins facile et son côté contradictoire reprenait le dessus. Son regard se marqua brièvement d'une certaine lassitude, elle était épuisée de toujours devenir batailler pour récupérer les choses qui lui revenaient de droit, son talent au combat, son droit d'aller et venir, est-ce qu'il allait finir par lui interdire de parler. Dernière tentative, elle l'abreuva encore de quelques remarques, mais cette fois-ci d'un ton presque conciliant, comme si elle le prenait en pitié. Peut-être était-il plus sensible aux dames qui se pliaient devant lui, mais ce n'était pas son genre, elle préférait essayer de lui faire peur pour qu'il la laisse filer avec joie.

     ▬ Croyez-moi, vous m'avez l'air d'être un homme bien-élevé, je ne ferais que vous faire perdre votre sang-froid, si je voyage seule ce n'est pas sans raison. Vous vous rendrez service. »

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Message Lun 2 Jan 2012 - 18:36

C'est après une bien mauvaise nuit que Gareth se réveilla. Il avait presque compté les heures tant son sommeil avait été entrecoupé de réveils brusques, où il tendait instinctivement la main vers son épée avant que les bruits, grognements, ronflements des compagnons le rassurent et le rappellent à la raison. Il soupirait alors avant de se tortiller dans tous les sens pour trouver une position adéquate. Une racine ou un caillou lui rentrait dans le dos, peu importe la manière dont il se mettait, et s'il pensa un instant à changer de place pour dormir, il renonça bien vite lorsque son regard se posa sur le sol inégal de leur campement. Lors de leur prochain établissement, ils prendraient comme lieu de villégiature une bonne et belle prairie, plate et couverte d'une herbe fraîche et moelleuse, il s'en fit la promesse, quand bien même cela leur était impossible. Un rayon de soleil plus fort que les autres le réveilla. Clignant des yeux, fronçant les sourcils, il s'assit sur sa couche, les bras sur les jambes, le temps de se remettre de ses émotions. Légèrement vaseux, il bailla et s'étira avant d'aller voir le groupe réveiller dans la grotte qu'ils occupaient. La nuit s'était passée sans problèmes, et Gareth dégusta un succulent petit déjeuner avec ses hommes. Le fait qu'ils aient une invitée était peut-être à l'origine des tomates cuites et accompagnées de tranches de bœufs fumées qui crépitaient au dessus de l'âtre. Les légumes rouges étaient savoureux, et en croquant dedans à pleine dents, Gareth envoya une giclée de jus à Gwen qui mangeaient en face de lui. Le frère de Rand, bien plus jeune d'une décennie environ, resta figé l'espace d'un instant, avant qu'un sourire de déconvenue n'apparaisse sur son visage. Aucun de ceux qui avaient remarqués ce transfert de fluides alimentaires ne purent s'empêcher de rire. S'excusant platement, Gareth envoya un morceau de tissu au jeune homme pour qu'il s'essuie le visage. Voilà une journée qui commençait bien, du moins le croyait-il. Tandis qu'un trio partit à un ruisseau non loin de là pour y laver les gamelles en cuivre, il retourna à sa couche et vit Alysane qui s'éveillait ou venait de se réveiller.
Alors comme ça, il ronflait ? Peut-être que ses propres ronflements l'avait réveillé en fin de compte. Mais la bravade de la Nordienne n'était pas suffisante pour l'énerver, et encore moins pour provoquer une quelconque admiration. Peut-être était-elle à moitié stupide finalement pour être de si mauvaise humeur, avec ses ravisseurs, alors même que l'aube pointait son nez. C'est avec dédain qu'il la regarda, avant de la laisser vaquer à des occupations, si tant est qu'elle en avait. Moins d'une heure plus tard, alors même que les hommes rangeaient leurs affaires pour lever le camp, la Mormont vint de nouveau le voir. Elle lui tapa sur l'épaule pour qu'il se retourne, alors qu'il parlait avec Varrin quand au chemin à emprunter pour éviter les patrouilles des seigneurs voisins, ou pire, du Lyon. Il fallait également éviter les quelques 7000 hommes du contingent du Val d'Arryn actuellement dans l'Ouest pour aider à la lutte contre les Fer-nés. Ils n'avaient beau pas être des brigands, nul doute que les chevaliers et hommes d'armes des différents seigneurs ne feraient pas dans la distinction quand il s'agirait de couper bras, têtes et autres parties du corps humain.


C'est donc avec prudence qu'ils voyageaient, et avec prudence qu'ils partiraient vers le Bief.
Tournant enfin sa tête vers Alysane, Gareth la dévora des yeux avant de lui répondre. Aussi énervante et agaçante qu'elle puisse être, elle n'en restait pas moins magnifique, dans sa petite tunique qui lui arrivait au dessus des genoux. Les hommes ne se privaient pas pour la regarder, bien que son humeur massacrante leur fasse détourner le regard assez prestement.
La dame du Nord avait des exigeances quand a sa toilette, et sans même attendre la réponse du Baratheon, elle partit dans les bois et fourrés, sans doute vers le ruisseau qui avait servit à faire la vaiselle le matin même. Elle n'avait jusque là rien mangé, et le soleil était bientôt à son zénith. Craignant qu'elle ne fasse une bêtise ou qui lui arrive malheur, Gareth envoya Mathrim à sa poursuite, avec comme instruction d'être le plus discret possible. La Nordienne rentra peu après, et son espion également, un air boudeur sur le visage. Allant à sa rencontre, il le questionna.


- Que se passe-t-il mon bon Mathrim ? On dirait qu'un brigand t'a volé ton plus beau jouet... Ce qui est un comble pour un voleur ! dit-il avant d'éclater de rire.
- Très drôle... J'avais espéré voir plus de l'anatomie de la Nordienne, mais elle ne s'est point déshabillé...


L'Ours d'Accalmie resta interdit quelques instants avant d'éclater d'un rire qui sonnait franc, ou presque. Une étrange sensation était apparut quand le jeune homme lui avait répondu. Une boule au creux de l'estomac, les muscles de tout son corps qui se crispent. Pourquoi, elle n'était rien ni personne après tout. Une sensation indescriptible à l'encontre de cette peste, que pourtant son esprit ne cessait de suivre. Inconsciemment, il l'avait cherché du regard plusieurs fois durant la matinée. Surement parce qu'il n'avait pas vu de femme depuis longtemps, et car elle était étrange. C'est sur cette pensée rassurante qu'il tenta de chasser l'image de la belle brune de son esprit, multipliant les tâches pour cesser d'y penser.
Ce fut alors elle qui revint à la charge, une nouvelle fois, avec son franc-parler dévasteur et ses manières désarmantes. Il avait l'impression de se voir lui, au Roc, en plus effronté encore. Entouré d'hommes armés jusqu'aux dents, elle n'hésitait pas à dire le fond de la pensée. A l'insulter même, en lui offrant cette peau d'ourson. Son courage, ou sa témérité, il n'en savait rien, était semble-t-il sans limites. Il n'avait aucune raison de la garder avec lui alors même qu'ils levaient le camp, mais il avait envie de sa compagnie. Il ne comprenait jamais rien aux femmes, il le savait, il les rebutait toutes, elle plus que les autres semble-t-il, mais le fait de voir chaque jour un visage féminin, qui ne semblait pas tailler dans le roc et marqués par les intempéries lui mettait du baume au coeur. Comme lady Maura, sa force, sa volonté était semble-t-il grande. C'est pour donc pour tester sa volonté qu'il lui refusa de partir.


- Je n'ai nul besoin d'estime, ma dame... Bien que vous pensiez le contraire.

Tenant la peau d'ourson dans une main, il lâcha un sourire quand elle la lui donna. Il doutait qu'il existe pire insulte au monde, elle avait fait très fort. Trouvant une répartie, il enleva sa bague, seul bijou qu'il possédait et auquel il tenait plus que tout, et prit la main de la Nordienne avec force, mais sans brutalité. Il lui fourra dedans.

- On dit chez moi que pour être une femme, il faut l'avoir prouvé. Il faut en avoir les manières. J'espère que ce bijou vous portera chance lors de vos prochaines tentatives.

Elle s'était donné en spectacle, mais personne n'avait rit. Il n'avait rien de particulièrement drôle à voir quelqu'un garder son calme alors même qu'il est prisonnier.

- Nous partons bientôt, vous chevaucherez avec moi, bien que je comprenne que cela ne vous enchante guère. Notre ami commun le furet, préfère rester avec Gerald le temps du trajet, j'espère que n'y verrez pas d'inconvénients.


Gerald avait prit ses affaires et son furet, pour éviter toute tentative de la jeune femme de s'enfuir. C'était peu, voir pas du tout chevaleresque que de garder une femme contre son gré, mais il n'était pas chevalier. Montant sur Bicéphale, il tendit la main à la Nordienne, avait de la lui attraper et de la tirer de force à ses côtés. Elle grogna et L'après-midi tirait à sa fin quand la petitr troupe se mit en marche vers le sud. Gareth chevauchait en tête de colonne, ses meilleurs cavaliers a ses côtés. Il ne faisait littéralement qu'un avec sa monture, et il en tirait le meilleur. Passant par des chemins difficiles, où un quelconque cavalier aurait été désarçonné, ils avalaient les kilomètres sans faillir. Seul Varrin, le voleur de chevaux qui était également un très bon cavalier parvint à tenir la distance , tandis qu'ils parcouraient un chemin de montagne qui pouvait s'apparenter à de l'escalade. La pente était dangereuse ; c'est avec prudence et d'un pas inégal que Bicéphale avançait. Cela rendait le voyage désagréable pour cavalier qui n'y était pas préparé. Pour celui qui connaissait bien sa monture, c'était une partie de plaisir moins facile et donc d'autant plus attrayante que les autres.
Désireux d'engager de nouveau la conversation, le Baratheon repensa à la petite discussion qu'ils avaient eut la veille.


- Dorne n'était pas un endroit agréable à voir. La chaleur y est étouffante, le sable, ce maudit sable, envahit vos vêtements en l'espace d'un instant. Il vous pique et vous assèche la peau, et bientôt il vous fait pleurer car même vos yeux n'en peuvent plus. Il y a bien les montagnes, arides, désolantes et tout sauf accueillantes. Là vivent des sauvageons, une engeance du même acabit que ceux au Nord du mur, bien que moins forts. Tout aussi stupide dans tous les cas. Et les Dorniens...


Le Baratheon laissa sa phrase en suspens, préférant se taire plutôt que de commettre un impair. Ce fut là leur unique conversation de la journée, un exploit car la Mormont ne lui répondit rien de désagréable. Il pouvait sentir ses doigts sur ses hanches, fins mais forts, qui se crispaient quand Bicéphale allongeait le pas et semblait trébucher. De beaux et longs doigts...
Ils arrivèrent finalement à une crête quelques kilomètres au sud de leur campement initial, et Gareth reprit ses esprits, l'espace d'un moment. Bordée d'un bois éparse, l'herbe était aux alentours sèche et jaune, et la végétation en manque flagrant d'eau. Trois bonnes heures avaient été nécessaires pour y accéder, la montagne augmentant le temps de trajet de n'importe quel voyage. Renvoyant Varrin à la recherche des compagnons pour les amener à leur nouveau lieu de campement, il descendit et aida Alysane à mettre pied à terre, récoltant pour tout remerciement un regard assassin. La Nordienne avait gardé sa hache, le Baratheon n'ayant même pas osé la lui demander. Une envie irrésistible le poussa finalement à la questionner au sujet des armes et de sa vocation.

- Tu... Pourquoi avez-vous choisis le métier des armes ? Comment ? Quels cheminement, quels méandres de votre enfance vous ont-ils amenés à épouser cette carrière ?

Les poings sur les hanches, il la contempla, une fois de plus. Sentir son souffle chaud dans son dos avait été réconfortant. Depuis quand n'avait-il pas été réconforté par qui que ce soit ? Même quand il était sortit des geôles du Roc il n'avait eut le droit qu'a des regards empathiques, des regards de reconnaissances et d'admirations, mais jamais de réconforts. Il se devait d'être fort, il devait prouver que rien ne pouvait le briser, et que peu de choses pouvaient le faire fléchir. Qu'un de ses hommes meurt d'une façon déshonorante, ou qu'un de ses frères soit emprisonné sans aucune raison était le genre de choses qui pouvait le faire fléchir. Alors, pour ses raisons, il essayait d'être dur comme l'acier. Son coeur ne voulait pas de cela, mais ne cédant pas à ses pulsions, il le maîtrisait vaille que vaille, tant bien que mal.
Troublé par ce moment de faiblesse, où il avait presque oublié l'environnement autour de lui, il dégaina son épée. Il avait besoin d'entraînement, besoin que la douleur et la rage qui sommeillait au fond de lui s'éveille pour qu'enfin, enfin son cœur redevienne dur et froid. Les sentiments faisaient perdre la tête aux hommes, la tendresse, l'amour en particulier. Si seulement il pouvait les maîtriser, alors il n'aurait peur de rien, sinon des Dieux.

- Voyons ce que vous valez avec une hache, fit-il en montrant de la pointe de son épée la pièce d'acier qu'Alysane portait à la ceinture. Je vous jure de ne pas trop vous égratigner, ma dame...
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Message Mar 3 Jan 2012 - 15:02

     Lorsque le chef de la bande avait donné la bague à Alysane, elle lui avait juste décroché un regard plein d'hostilité, prenant son réflexe sur ses manières comme une insulte, ce qui était le cas au final. La Nordienne était pleinement consciente de ne pas du tout avoir le comportement d'une dame, mais c'était peut-être justement parce qu'elle n'en était pas une. Cela dit, il ne lui avait pas rendu sa fourrure et si la Mormont agissait de la sorte, cela pourrait être considéré comme une offense et bien que c'était difficile à croire vu son comportement général, la brune ne cherchait pas à se mettre tout le monde à dos. Elle avait donc simplement pincé des lèvres pour manifester son agacement avant de glisser le fameux bijou dans la poche de sa tunique où elle serait logiquement à l'abri. Les yeux de la demoiselle s'étaient à peine attardée sur la bague et elle n'avait pas vraiment constaté sa véritable valeur, trop habituée qu'elle était aux ornements de pacotille que Meera, sa benjamine, affectionnait. Puis le groupe avait décidé de reprendre la route de la Nordienne avait à nouveau manifesté son manque de coopération en apprenant qu'elle allait devoir passer la journée les fesses posées sur le dos d'un cheval. Ce qu'elle pouvait détester ces bêtes, encore que l'étalon offert par son père trouvait grâce à ses yeux en raison de son caractère très fort, sans compter que l'idée de chevaucher derrière quelqu'un l'enchantait encore moins. Elle ne dirigeait rien et son furet était dans les mains de quelqu'un d'autre, décidément, les ennuis se succédaient depuis qu'elle avait rencontré cet homme.

     La Mormont se laissa hisser derrière le cavalier en se jurant de ne pas s'accrocher à lui et elle y aurait éventuellement réussi s'ils n'avaient pas emprunté un chemin aussi accidenté qui lui fit sauter le coeur plus d'une fois. Ce qu'elle détestait les chevaux, persuadée qu'elle était que le sabot de l'animal allait glisser sur le sol, l'Ourse ne trouva finalement rien de mieux à faire que de s'agripper à son cavalier pour ne pas se retrouver les fesses par terre. Rien que pour ça la Nordienne sentait sa colère s'enflammer, même si elle était perpétuellement agacée il fallait l'avouer, mais il y avait une assurance déconcertante qui se dégageait de cet homme et il empruntait un ton si poli à son égard qu'elle ne sentait pas toutes ses piques légitimes. Cela aurait été plus simple s'il l'avait traitée comme tous les autres hommes en se moquant d'elle au lieu de lui donner du « ma dame ». De plus il était loin d'être repoussant et même si elle n'avait jamais été particulièrement réceptive à la beauté physique, elle se sentait tout de même plus à l'aise avec des personnes qui ne lui plaisaient pas. Allez trouver la logique. Cela dit, la guerrière ne répliqua rien lorsqu'il parla de Dorne de manière si négative, c'était un Baratheon, ce n'était pas surprenant qu'un natif des Terres de l'Orage soit aussi hostile à l'égard de voisins qui s'étaient longtemps comportés comme des adversaires redoutables. Un sourire se plaqua sur les lèvres de la jeune femme alors qu'elle l'entendait déblatérer tout cela, rien de ce qu'il dirait ne la ferait changer d'avis : elle visiterait Dorne un point c'est tout.

     Le reste de la journée fut plus épuisant que si elle avait fait le voyage à pied, son fessier souffrait de chaque mouvement de l'animal alors qu'elle se crispait dès que la bête faisait mine de glisser, une véritable horreur dont elle se souviendrait longtemps à n'en pas douter. Au moins son cavalier ne fit-il aucune réflexion concernant la manière dont elle se crispait sur lui, puis s'il lui avait fait la moindre remarque il en aurait pris plein le visage ! Ce fut donc avec un immense soulagement qu'elle accueillit la fin de le voyage de la journée et bien qu'elle fut heureuse de pouvoir enfin poser les pieds à terre, la demoiselle ne put s'empêcher de jeter un regard assassin à Gareth lorsqu'il l'aida à descendre. Tout cela c'était sa faute ! S'il l'avait laissée partir elle serait déjà à Port-Lannis en train de faire ses quelques emplettes pour reprendre la route, mais non, elle était là coincée à devoir passer la journée les fesses visées sur un cheval ! La jeune femme s'éloigna de quelques pas pour se dégourdir les jambes alors qu'elle l'entendit lui adresser la parole et ne put s'empêcher de sourire lorsqu'elle capta l'hésitation pour la tutoyer. Elle n'était pas à cheval sur les convenances - pas à cheval quelle que soit la situation décidément - et se fichait pas mal qu'on l'appelle pas son prénom et non son titre, alors qu'il fasse ce qu'il voulait ! Toutefois, lorsqu'elle croisa son regard et qu'il cessa de la dévisager pour tirer son épée de son fourreau, elle le regarda d'un air interrogateur jusqu'à ce qu'il la défie clairement. Elle rigola franchement en l'entendant prétendre ne pas la blesser, il ne la connaissait pas ! La demoiselle se retourna en le dévisageant quelques instants.

     ▬ Et moi je te promets de te faire des cicatrices, j'ai entendu dire que ça plaisait aux jeunes filles en fleur, ça te fera quelques chances de plus à l'avenir. »

     Elle avait lâché ses quelques affaires plus loin au moment de descendre du cheval et glissa donc sa main jusqu'à sa hache pour la décrocher d'un geste habitué avant de se mettre en position. La demoiselle avait récemment eu un entraînement personnel de ser Dezial Tully et comptait bien en profiter pour utiliser ces techniques dans cet entraînement. Est-ce qu'il savait bien se battre ? Certainement, mais elle ne se laisserait pas faire. La demoiselle lui fit signe d'attaquer le premier et lorsque le premier coup fut porté, Alysane le dévia comme son frère le lui avait appris, il était rare qu'elle attaque aussitôt après, mais cette fois-ci était différente. Dès que les deux armes se séparèrent, la Mormont expédia un coup de pied au niveau du ventre du Baratheon, tout en douceur évidemment vu que ce n'était qu'un exercice, mais suffisamment fort pour le faire reculer. Souriant toujours comme si la bonne humeur était soudain revenue, elle continua.

     ▬ Pourquoi ? Parce que je le voulais tout simplement, parce que j'aime les armes et parce que je ne voulais pas d'un mariage forcé et que je sais très bien que les hommes n'aiment pas avoir une épouse capable de les battre en duel. Elle rigola doucement. Vous, les hommes et votre fierté, je préfère largement la compagnie d'une hache, elle est plus fidèle et ne va pas voir ailleurs si l'herbe est plus verte chez la voisine. »

     Étant célibataire elle n'avait jamais été confrontée à l'infidélité, mais son frère bâtard était la preuve flagrante que même un homme bon comme son père pouvait avoir ses failles. Le mariage était une perspective peu engageante et elle était ravie de ne pas avoir à y songer. Après cela, elle décida de se mettre entièrement dans le combat, commença à se déplacer latéralement pour trouver le point faible dans la défense de son adversaire puis porta plusieurs attaques destinées à tester Gareth, il les repoussa toutes. Après divers échanges des deux côtés, la Mormont décida d'employer la règle dictée par ser Dezial, un homme sans arme n'était pas en mesure de se battre et la jeune femme pouvait avoir une technique peu chevaleresque. Alors qu'elle avait attaqué en faisant mine de viser son épaule, Gareth plaça son épée de manière à la parer, mais au lieu de continuer son coup, elle bougea la hache de manière à bloquer la lame de l'arme de son adversaire et se colla contre le Baratheon pour lui porter un coup de poing dans l'épaule de sa main libre. Elle souhaitait le déséquilibrer et profita du fait que les armes étaient entremêlées pour pivoter autour de son adversaire et se placer dans son dos avant de donner un coup de son pied dans le genou du jeune homme histoire qu'il tombe à genoux. Mais il ne lâchait pas son arme, Alysane avait imaginé qu'il soit moins résistant à ce niveau et se trouva bien agacée au point de lui laisser le temps de se redresser. Sans perdre sa superbe, elle lui offrit un sourire amusé avant d'attaquer une nouvelle fois, mais cette fois-ci lui rentra dedans de tout son poids, bien qu'elle était certainement plus légère que lui et positionna son pied de manière à ce qu'il trébuche dessus pour tomber au sol. Ce que la Mormont n'avait pas prévu, c'est qu'il l'entraîne avec elle et elle tenta de se retenir, en vain, avant de choir à son tour. Après avoir percuté le sol avec plus de douceur que prévu, la brune se remit rapidement et s'agenouilla aux côtés du Baratheon pour lui attraper sa main d'épée et la frapper contre le sol de manière à ce qu'il lâche son arme. Elle dû s'y prendre à trois reprises pour qu'il cède, puis la combattante fit glisser l'épée sur le sol pour l'éloigner de son propriétaire avant de sourire d'un air supérieur.

     ▬ Alors, on ne t'as jamais dit que lâcher son arme revenait à perdre ? »

     La brune se redressa, accrocha sa hache à sa ceinture puis tendit sa main à Gareth qu'elle tutoyait désormais sans gêne, mais au lieu de l'attraper et de se redresser, il l'entraîna au sol et elle fut déstabilisée, ne s'y attendant pas, avant de se retrouver à nouveau par terre. Agacée, Alysane se retourna pour tenter de frapper le Baratheon et ils firent quelques roulés-boulés puisque le bougre se défendait bien – à croire qu'il avait l'habitude de se faire frapper – jusqu'à ce que leur route se termine quelques mètres puis loin. La Mormont regrettait d'avoir laissé sa hache à sa ceinture parce que cela donnait une position de force à son adversaire, leurs visages se trouvaient non loin l'un de l'autre et elle lui décrocha un regard qui l'aurait tué d'un coup si elle l'avait pu. Prête à lui cracher son venin au visage, l'Ourse fut prise de court lorsqu'il s'approcha davantage et manqua de lui envoyer un coup de boule pour se défendre. Mais elle resta pétrifiée sans trop savoir pourquoi jusqu'à ce qu'il ait l'audace de l'embrasser. Jusqu'au dernier moment la Nordienne s'attendit à ce qu'il rigole en reculant et prétendant qu'elle était sotte d'y croire, mais lorsque la demoiselle sentit ses lèvres contre les siennes elle fut forcée de constater que ce n'était pas le cas. Quelques secondes ou davantage passèrent avant qu'elle ne détourne enfin le visage – pas assez rapidement à son goût, bien qu'elle ne comprenait pas pourquoi elle avait tant hésité – puis le repousse finalement. Lorsqu'il fut à une longueur de bras elle le dévisagea d'un air à la fois furieux et étonné, puis son bras bougea sans qu'elle ne réfléchisse et la jeune femme lui expédia une gifle qui était loin d'être aussi violente que celle qu'elle réservait normalement à ce genre « d'offense ». Espérant que ses joues écarlates et son cœur qui battait la chamade seraient pris comme un résultat du combat, elle se redressa aussitôt et se détourna pour ramasser rapidement ses affaires et s'éloigner sans tarder. Ce qui l'embêtait plus que ce qu'il venait de faire, c'était que cela avait été très loin de lui déplaire.

     La suite de la journée ne fut pas très joyeuse, la demoiselle s'était installée de son côté alors que Gareth l'ignorait superbement en parlant avec ses hommes comme si ne rien n'était et elle ruminait ses pensées en se disant qu'il devait certainement avoir parié quelque chose avec ses compagnons. Lorsque la nuit tomba elle resta sur sa couche – non sans avoir récupéré son animal – et décida de faire bande à part en mangeant ses propres réserves. Elle n'avait pas besoin d'eux ! Non mais quel toupet ! Alysane n'était pas vraiment énervée contre le Baratheon, mais uniquement contre elle-même et le fait qu'elle s'était laissée faire comme une gamine ou une noble gloussant devant les chevaliers. La demoiselle se coucha rapidement et fit semblant de dormir une bonne partie de la nuit alors qu'elle en était parfaitement incapable. Lorsque le matin se leva, la Mormont s'extirpa de son lit avant de regarder autour d'elle pour repérer le reître qui avait été gentil avec elle le premier soir, puis se dirigea vers lui.

     ▬ Je vais me laver, mais je veux être tranquille, ne le dites pas s'il vous plait ! »

     Elle espérait qu'il le ferait. La jeune femme attrapa son furet et quelques affaires avant de se diriger vers l'endroit où les hommes avaient trouvé de quoi faire la vaisselle la veille, c'était une sorte de rivière où l'eau stagnait plus que dans les plaines, au moins Alysane pouvait-elle espérer se tremper complètement dedans contrairement à la précédente rivière. Elle ne s'était pas lavée correctement depuis un bon de temps et commençait à le constater. Après avoir vérifié une bonne dizaine de fois que personne ne la suivait, elle se débarrassa de ses habits en ne gardant que le maintien qui plaquait sa poitrine pour ne pas la gêner en combat et l'espèce short que sa mère lui avait taillé sur mesure, puis se glissa rapidement dans le peu d'eau qu'il y avait. Au passage, la brune attrapa son furet qui protesta vivement et le trempa dans l'eau pour le nettoyer à son tour malgré ses protestations. Vu que l'eau était assez peu profonde, elle ne traîna pas trop, mais fut soulagée de se sentir propre lorsqu'elle se redressa pour se débarrasser de son maintien complètement tremper et repasser sa tunique au-dessus. Elle n'aurait pas besoin de se battre de toute manière. Alors qu'elle saisissait son pantalon, Alysane eut la surprise de voir la bague tomber au sol, elle l'avait complètement oubliée ! La demoiselle prit le temps de la contempler pour constater qu'elle était en réalité de très grande valeur, hors de question de la garder ! La jeune femme prit la décision de la rapporter à son propriétaire le soir même lorsqu'il ne serait pas entouré par tous ses hommes, puis elle l'attacha après l'une des lanières de son haut. Ramassant ses affaires et posant son furet ébouriffé sur son épaule, Alysane retourna au campement avant qu'on ne décide d'envoyer quelqu'un à sa recherche, puis se dirigea vers sa couche sans accorder de regard à qui que ce soit, craignant une remarque concernant le fait qu'elle faisait attention à sa toilette. Il était certain que les hommes n'avaient pas l'air d'autant s'en soucier. Elle n'avait pas très faim, l'idée de devoir peut-être repasser la journée à cheval l'angoissait au point de lui couper l'appétit. Après avoir regroupé ses affaires, elle s'approcha en silence du groupe et attendit qu'un moment de silence s'installe pour s'incruster sans gêne dans la conversation.

     ▬ Les chevaux ne devraient-ils pas se reposer ? Vous n'aimez pas marcher de temps en temps ? »

     Elle espérait que si, ou alors encore mieux que Gareth lui déclare qu'elle pouvait aller voir ailleurs, bien qu'il fallait avouer à son grand agacement que cela l'aurait légèrement déçue, elle commençait à bien apprécier sa compagnie.
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Message Mer 18 Jan 2012 - 23:11

Face à une technique de combat si particulière, Gareth s'était retrouvé sans défenses. Il avait un temps lutté à armes égales avec la petite brune, sa force et sa stature lui donnant un certains avantage. Mais plus vif et agile, la Nordienne avait réussit à le déséquilibrer et le faire tomber ! Pourtant, même mouillée, elle ne devait pas peser beaucoup plus que la moitié de son propre poids, la situation l'avait donc totalement prit au dépourvu. N'étant pas chevalier, il avait usé d'une méthode fort peu cavalière pour tenter de reprendre en main le combat. Après quelques roulés boulés, et surement quelques bosses ils s'arrêtèrent enfin. Là, il l'embrassa, sans trop savoir comment, le moment restant flou dans son esprit. Mais son inconscient avait prit le pas sur ses vaines tentatives de se contrôler, ses pulsions avaient prit le dessus sur tout le reste et il avait collé ses lèvres aux siennes. Timidement d'abord, puis franchement ensuite, sans toutefois être brutal et désagréable. Aspirant, suçant, mordillant. Si elle ne semblait pas réticente, elle n'était pour autant pas réellement réceptive. Elle ne retira pas tout de suite ses lèvres, mais lorsqu'il vit son visage, masque de colère et d'étonnement, il comprit qu'il avait fait une idiotie. La gifle qu'il reçut après fut moins forte que ce à quoi il s'attendait, mais elle eut le mérite de le faire sortir de sa torpeur.
Avec toute la superbe dont elle était capable, Alysane se releva et s'éloigna au maximum, tandis que Gareth se prenait la tête entre ses mains, se maudissant intérieurement.

Il ne savait pas réellement ce qui l'avait prit. Il était vrai qu'elle l'attirait, qu'inconsciemment, ses regards étaient souvent tournés vers elle, elle et ses longs cheveux bruns et bouclés. Mais elle n'était qu'une guerrière de l'île aux Ours ! Peut-être qu'une femme prête à affronter les vicissitudes de la vie, loin des châteaux et des rêves utopiques de princesse l'attirait. Il n'en savait rien. Décidé à reprendre ses esprits et le contrôle de son cœur, le Baratheon l'ignora superbement le restant de la journée, aidant ses compagnons à décharger les bagages des chevaux, à abreuver et nourrir ces derniers. Brossant Bicéphale, il délaissa le commandant à Rand pour la journée. L'étalon robe palomino avait bien besoin d'une petite toilette après avoir crapahuté comme il l'avait fait. Gwen l'ayant informé qu'une retenue d'eau se trouvait à un peu plus d'un kilomètre. Ils y feraient la vaisselle, mais avant tout, le natif Orageux y emmena sa monture pour la toiletter. La soirée se passa sans encombres, tous se couchant tôt car trop épuisés pour parler jusque tard dans la nuit. Le nombre de sentinelles fut diminué, personne ne croyant que les Lannister les trouveraient ici, aussi vite. Si les compagnons remarquèrent l'absence d'Alysane à leur feu de camp, personne n'en fit part.
Gareth alla tout de même voir deux fois si elle était bien toujours là, ce qui était le cas. Vu l'habilité de la Mormont au combat, elle aurait pu occire sans mal une de leurs sentinelles et ensuite se cacher dans la forêt jusqu'à atteindre un village ou une ville. Cela aurait été problématique pour tout le groupe.

Lorsque, le lendemain, il se leva bien après les membres de la bande, la brune n'était pas là. Demandant à Rand, affalé autour de l'âtre, allongé sur un coude, le reître lui donna une réponse qui ne lui convint pas réellement.

- Elle est partit se laver. Surement là où on a lavé les ustensiles de cuisines hier. Mais elle m'a demandé de ne rien dire alors...
- Que vais-je faire de toi Rand ?
- Bah quoi... fut tout ce que répondit le reître, haussant les sourcils d'une façon étrange.

Dépité, Gareth lui fit un signe de la main qui signifiait qu'il rendait les armes pour cette fois-ci. Il n'avait nullement envie d'une longue et pénible discussion avec Rand, où ce dernier aurait des positions durement compréhensibles. Légèrement contrarié, le natif des terres de l'orage eût une idée, une illumination, ou quelque chose s'en approchant.

- C'est une très bonne idée ça... Dis aux hommes qu'ils se préparent pour aller par petits groupes se laver. Un bain par semaine au minimum ne fera de mal à personne désormais.
- Certains n'apprécieront pas...
- Je ne leur laisserais pas le choix. C'est hors de question que nous vivions avec des porcs, même si jusqu'à présent nous avons pu le supporter.
- Très bien mon Général, rétorqua-t-il en se levant et en effectuant un semblant de garde à vous.
- Cesse les pitreries et va donc.

Rand se leva et partit passer le mot, un sourire espiègle aux lèvres, tandis que Gareth s'offrit une tranche de pain avec du lard en guise de petite déjeuner. Buvant à son outre personnel un peu d'eau presque fraîche, il savoura les sensations provoqués par le liquide qui coulait en lui, alors que sa gorge sèche en réclamait depuis une bonne dizaine de minutes. Maîtriser son corps et son coeur était l'un de ses devoirs et projets, mais il avait échoué hier. Il n'était qu'un homme. Il devait être plus qu'un homme. Tout ça pour pouvoir un jour rayonner, tel les étoiles qui la nuit, grâce à leur éclat, vous guide alors que vous êtes perdu.
Le soleil atteignit bientôt son zénith quand il revint de la cuvette où il s'était lavé avec joie. Tandis que les ventres criaient famine, on prépara le repas. Convivial, chaleureux, tel était l'ambiance de cette réunion de tous les membres de la bande, qui pour une fois, n'était pas éparpillés. Alysane se joignit au final aux hommes, avec ses manières habituels. Franche, direct, elle posa une simple question qui fit tourner court la querelle entre Ulrik et Rand. Ces deux là s'engueulaient tout le temps pour un oui ou non, et se lançaient piques sur piques. Malgré cela, Ulrik serait le premier à venir secourir Rand si il venait à se trouver en difficulté, et vice-versa.
Gareth entreprit donc de répondre à son invitée, le regard bas, ses yeux fixés sur son repas, il fit tout pour ne pas la regarder. Néanmoins, sans le vouloir, il lui jeta quelques rapides coups d’œils alors qu'il lui répondait, se mordant la lèvre inférieur d'envie, sans le savoir.

- Les chevaux se reposent quand nous ne les montons pas, comme aujourd'hui. Par exemple, cette après-midi, nous irons chassés, dit-il avant de faire une courte pause. Vous m'accompagnerez en tant que rabatteuse.

Il voulait être en tête à tête avec elle, une nouvelle fois. Comme quoi, chassez le naturel, il revient au galop. Il ne savait pas trop ce qu'il comptait faire ou dire une fois qu'il serait seul avec elle, mais il ne voyait que cela à faire. Le groupe se mit donc en marche, les chasseurs parant à l'Ouest, tandis que les groupes de rabatteurs s'éloignèrent en direction du Nord, du Sud, et de l'Est, pour rabattre les animaux vers leurs compères. Armés de casseroles et de quoi faire du bruit, mais également d'armes, ils se trouvèrent bientôt deux par deux, seuls, dans la forêt.

Alysane marchait devant lui, aucun objet dans les mains. Elle avançait comme si elle était dans son élément, ou presque. Le fait qu'il n'y avait ici pas la moindre trace de neige devait tout de même l'handicaper un peu, du moins c'est ce que croyait le Baratheon. Le pas léger et vif, elle l'aurait distancé s'il n'avait pas eût de si longues jambes, et donc, de si longs pas. Jouant machinalement de ses mains avec les feuilles et branches à portée, il tenta de reprendre la conversation, en rentrant lui aussi dans le vif du sujet.

- Au sujet de ce qui c'est passé hier.. Je... Enfin tu... en penses quoi ?

Il avait enfin osé le tutoiement, mais il n'était pas mieux lancé pour autant, car hésitant était le timbre de sa voix.
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Message Jeu 19 Jan 2012 - 14:38

     Le sentiment d'être de trop dans un groupe qui n'était pas le sien se faisait sentir sans cesse. Alysane avait beau apprécier le fait de ne pas se retrouver seule comme c'était bien trop souvent le cas, elle n'appréciait pas pour autant les silences qui s'imposaient à chaque fois qu'elle prenait la parole, comme si elle venait de dire une bourde énorme. Ce ne fut pas le cas, heureusement d'ailleurs, Gareth lui répondit sans oser la regarder en face. La Mormont ne comprenait pas trop cette attitude, il avait fait preuve d'initiative la veille et n'avait nullement semblé se soucier de ce qu'elle pouvait bien penser de tout cela jusqu'à ce matin, elle n'aurait jamais imaginé qu'il puisse avoir l'air.... Gêné ? Le mot semblait tellement peu approprié qu'elle ne savait quoi en pense, peut-être se faisait-elle des idées. Quoi qu'il en soit, la demoiselle se contenta d'un léger grognement en guise de réponse lorsque le chef de la petite troupe lui déclara qu'elle allait jouer les rabatteuses pendant la chasse. Soit, c'était un rôle qu'elle connaissait bien puisqu'elle l'occupait fréquemment lors de ses chasses avec son demi-frère. Sans reprendre la parole, l'Ourse patienta donc jusqu'à ce que le groupe se prépare pour se mettre en marche, elle se contenta de laisser ses affaires sur place et de ne garder que sa hache qui ne la quittait jamais, ainsi que son furet qui se reposait dans les plis de sa petite sacoche. La jeune femme n'avait pas désiré prendre de casserole pour rabattre les animaux, elle préférait la méthode traditionnelle et progressait donc dans la forêt en veillant à ne pas faire trop de bruit, pas avant que Gareth ne soit prêt à recueillir sa proie du moins. Toute sa concentration dirigée sur ses pieds, la Mormont fut surprise de l'entendre lui adresser la parole, elle se retourna brièvement pour poser ses yeux mordorés sur lui avant d'esquisser un sourire. Il n'osait pas la tutoyer aussi franchement qu'elle, s'en était presque amusant. La jeune femme marcha encore quelques pas avant de daigner lui répondre enfin.

     ▬ Que tu es bien audacieux, à moins que ce ne soit de l'inconscience, mon cœur balance entre les deux possibilités je l'avoue.... »

     Il est vrai qu'elle n'était pas le type de femme que l'on décidait d'embrasser sur un coup de tête, surtout armée d'une hache et après lui avoir clairement démontré qu'elle savait parfaitement s'en servir. La réponse ne tarda pas, il lui demanda ce qu'il avait bien à y perdre. La réplique la fit esquisser un sourire amusé, tellement de choses, enfin pas forcément de son point de vue, cela dépendait de ce qu'il entendait exactement. Mais elle était bien décidée à l'embêter un peu, le ton hésitant qu'il avait emprunté lui donnait envie de le pousser un peu, voir s'il allait manifester autant de respect à son égard même si elle jouait les garces. A sa manière évidemment, Alysane n'était pas comme les autres femmes, à sa défaveur plus souvent qu'en sa faveur malheureusement. Écartant une branche qui manquait de lui griffer le visage, elle répondit.

     ▬ Ta virilité par exemple ? J'avais ma hache, j'aurais pu décider de te priver définitivement de toute envie. »

     Elle ne plaisantait qu'à demi, Alysane aurait été tout à fait capable de le faire, bien que l'homme ne s'en serait certainement pas relevé. Bien évidemment il aurait fallu bien plus qu'un baiser, même si elle avait le comportement d'une sauvageonne la jeune femme restait une femme et elle savait aussi apprécier les attentions dont on pouvait la gratifier. Le baiser échangé n'avait donc pas été suffisamment « outrageant » pour qu'elle envisage de le sanctionner. A la rigueur c'était justement le contraire, elle aurait pu lui en vouloir d'avoir su faire quelque chose qu'elle appréciait. La réponse la sortie de ses pensées alors qu'il la complimentait à demi-mot en déclarant qu'il se serait laissé faire comme lors de leur combat. Cette fois-ci elle ne put retenir un rire amusé, laissé faire ? Ainsi donc sa victoire n'était due qu'à une volonté de la laisser gagner ? La jeune femme continuait d'avancer avant de répondre d'un ton mesuré.

     ▬ Ainsi donc ma victoire n'est due qu'à ta volonté de me laisser gagner ? Je dirais que de toute manière, c'est plus moi qui le suis laissée faire à l'issue de ce combat que le contraire. »

     Il était évident que c'était Alysane qui s'était montrée la plus docile, même le semblant de gifle qu'elle lui avait accordé n'en était pas un, la jeune femme aurait aussi bien pu ne rien faire que le résultat aurait été le même. Au loin les bruits des casseroles étaient à peine audibles, étouffés par les arbres et la distance qui atténuait tout. Gareth lui répondit en lui demandant de but-en-blanc si le baiser l'avait gênée. Pour être sincère, la Mormont ne s'était absolument pas attendue à ce qu'il ose lui poser très clairement la question, mais si. La moindre des choses était donc de répondre en toute sincérité de son côté.

     ▬ Non. Et tu peux me tutoyer et arrêter de me traiter comme une dame. »

     Inutile de partir dans des palabres alors qu'elle-même ne voyait guère quoi ajouter. Le jeune homme ne répondit pas et la brune se contenta donc de faire son travail, alors qu'ils étaient arrivés en vue d'un bosquet où quelques animaux semblaient s'être abrités si l'on se basait sur les traces visibles au sol, l'Ourse lui fit signe qu'elle contournait les arbres pour les prendre à revers et rabattre le gibier sur lui. La chasse avait le don de lui faire sortir toute pensée négative de l'esprit, même si pour le moment il n'y en avait pas énormément. La jeune femme s'exécuta rapidement en rejoignant l'autre côté du bosquet sans faire de bruit, prenant garde à ne pas faire craquer de branche morte ce qui était presque mission impossible vu la sécheresse et l'état de la forêt. Lorsque ce fut fait, la guerrière repéra les zones où il fallait se placer pour éviter que le gibier ne s'éloigne trop du point où Gareth se situait. Puis lorsque ce fut fait, elle saisit deux branches de bois sec et commença à les frapper l'une contre l'autre de manière à effrayer les animaux et les empêcher de venir vers elle. En un rien de temps, une petite famille de blaireaux s'extirpa d'entre les branches pour se dandiner vers le Baratheon qui n'aurait pas de grande difficulté à les attraper vu la vitesse à laquelle ils progressaient. Visiblement la chasse semblait être plus fructueuse en leur compagnie que lorsqu'elle s'y rendait seule, peut-être que le groupe attirait la chance allez savoir ? Ce n'était pas ce qu'elle avait cru comprendre en apprenant que Gareth avait passé quelques temps dans les geôles des Lannister, mais ce n'était pas ses affaires au final. Combien de fois cela avait-il manqué de lui arriver ? Trop pour les dénombrer.

     La suite de la chasse fut relativement agréable, Alysane en oublia même qu'elle était un peu une invitée forcée ici et s'amusait à rabattre le gibier jusqu'à ce qu'il soit décidé qu'ils avaient suffisamment de proies pour le moment. Elle nota quelques informations qui pourraient lui être utiles à l'avenir, ayant plutôt l'habitude de chasser dans les steppes glacées du Nord et décida de se montrer de bonne humeur pour une fois. Après tout, les choses évoluaient plutôt bien et même si son voyage pour Dorne était sensiblement ralenti en raison de ce contre-temps, ce n'était pas si désagréable que cela de voyager avec des inconnus. Au moins n'avait-elle pas à monter à cheval. Lorsque tout le monde regagna le campement pour s'occuper des bêtes tuées, Alysane mit la main à la pâte, elle passait énormément de temps à dépecer et vider les carcasses d'animaux lorsqu'elle était sur l'île-aux-Ours et ce n'était pas des tripes qui allaient l'effrayer. Elle s'appliqua donc à son travail le restant de l'après-midi et profita de la fin du dépeçage pour aller ses rincer les mains et les avant-bras tâchés de sang. Il partait relativement difficilement si l'on attendait trop longtemps, mais elle fut satisfaite de constater que sa peau n'était pas trop rougie après cette après-midi de travail. Revenant au campement, la jeune fille passa le reste de la soirée avec le groupe, de bonne humeur pour cette fois-ci elle ne manifesta pas la moindre hostilité que ce soit verbalement ou physiquement, se contentant d'écouter ce qui se disait sans trop se mêler de la conversation.

     Lorsque tout le monde commença à se disperser pour aller gagner sa couche, la jeune femme fit de même et s'installa, assise sur ses fourrures, prête à passer une bonne nuit. Mais son attention fut retenue par la bague offerte par Gareth la veille, toujours attachée à sa lanière depuis son bain du matin. Dire qu'elle avait manqué de l'oublier ! Une brève hésitation se fit sentir, d'un côté elle ne souhaitait pas la lui rendre parce que c'était l'un des premiers cadeaux qu'on lui faisait depuis bien longtemps, mais de l'autre ce bijou était bien trop précieux pour qu'elle le garde. Détachant sa lanière, elle libéra la bague avant de rattacher correctement la sangle, puis se redressa en posant son furet dans ses fourrures où il s'enfonça certainement pour aller se reposer en toute tranquillité. La bague au creux de sa main, elle-même fermée sur le bijou, la demoiselle se dirigea vers la couche du jeune homme qui se trouvait non loin de là. Arrivée à quelques mètres de lui, elle constata qu'il lui tournait le dos, installé sur ses couvertures et Alysane se fit remarquer en se raclant la gorge avant d'approcher pour se poster debout à ses côtés. Son regard se posa sur le visage de Gareth alors qu'elle tendait sa main vers lui en ouvrant sa poigne pour montrer la bague qui trônait au milieu de sa paume.

     ▬ Je viens te la rendre. »

     Il ne réagit pas, ne prit pas la bague qu'elle voulait lui rendre, mais l'invita à s'installer. La Mormont hésita un instant, elle ne souhaitait pas discuter de ce point et ne voulait pas la garder, c'était trop précieux pour un cadeau donné sur un coup de tête. Mais pourtant elle s'exécuta et s'assit sur la couverture de Gareth, à ses côtés, avant de tendre une fois de plus la bague en ajoutant quelques mots.

     ▬ C'est beaucoup trop précieux pour un cadeau donné sans réfléchir, je ne pourrais jamais posséder un tel bijou à cause de mon rang. Mieux vaut que tu la reprennes. »
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Message Dim 29 Jan 2012 - 23:27

La partie de chasse se passait plus que bien vu qu'Alysane était une excellente rabatteuse. Elle semblait éviter comme par enchantement les branches mortes, qui trahissaient si souvent les novices et les malhabiles. Fructueuse, la chasse le fut. En même temps, avec autant de chasseurs et de braconniers, et d'individus agiles dans leur groupe, comment pouvait-elle être mauvaise ? Varrin, leur dernière et unique recrue, les bluffait tous. Malgré sa stature impressionnante et un léger embonpoint, il avait les mains si agiles que personne le ne voyait ou le sentait quand il vous piquait quelque chose. Restait à tester sa loyauté et sa
La discussion qu'il eût avec la Nordienne fût encore plus riche en révélations et nouvelles. Alors comme ça, son baiser lui avait plus ? C'était une nouvelle déconcertante, à la fois bonne et mauvaise. Il faillit trébucher à cause d'une racine tant son esprit était en ébullition. Comment pouvait-il espérer tenir ses promesses, ses engagements, ses projets en sachant que la jeune femme qui lui plaisait éprouvait des sentiments réciproques à son égard ? Il n'en savait rien. Le reste de la journée fût relativement calme, n'arrêtant pas de penser à Alysane et à leur conversation, il fit un piètre travaille lorsqu'ils durent dépecer et vider les carcasses d'animaux. Il avait fait un si mauvais boulot qu'il était presque totalement couvert de sang sur le torse, les bras et les mains. Il du passer tellement de temps à la rivière pour se laver et laver ses vêtements que le soleil se couchait lorsqu'il revint au camp. Chacun avait mangé plus ou moins seul, et tous se couchaient désormais. Vivre au grand air était épuisant, il devait l'avouer. Il lui arrivait de s'écrouler sur sa couche des soirs, après une journée pourtant classique pour les compagnons. Il ne mangea même pas et fila directement vers son lit de fortune. Alors qu'il allait se recroqueviller pour s'endormir encore plus vite, comme un bébé, sa captive si belle et si farouche, voir particulièrement agaçante parfois, vint le voir. Il n'avait pas la force de parler ce soir, alors il l'écouta, sans dire un mot.



Caressant du bout des doigts son visage, il se promit de ne pas recommencer de si tôt. Un seul écart, avec une seule personne, durant une unique nuit.
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Message Lun 30 Jan 2012 - 18:59



     La nuit s'était prolongée et Alysane avait été bien plus réceptive et réactive la seconde fois, même si encore une fois son manque d'expérience se faisait sentir, il n'avait toutefois pas fait de commentaire à ce sujet avant qu'ils ne s'endorment. Elle constata avec surprise que c'était la première fois qu'elle dormait aux côtés d'un autre homme que son frère, ou que Duncan son ami, ce qui ne manqua pas de lui prouver que même elle pouvait changer. La Mormont s'éveilla assez tôt alors que le soleil se levait, il lui fallut quelques instants avant de comprendre où elle était, pelotonnée contre le Baratheon comme s'il s'agissait d'un membre de sa famille, puis elle se dégagea délicatement en essayant de ne pas la réveiller, avant de partir en quête de ses habits. Elle les trouva rapidement et les enfila, heureuse d'avoir été assez intelligente pour les embarquer la veille, n'osant imaginer la honte qu'elle aurait éprouvée en devant rentrer au campement où les hommes étaient sûrement réveillés, simplement vêtue de son short. L'idée qu'ils risquent de les voir rentrer ensemble la mortifia un instant, mais il n'y avait pas grand-chose à faire à cela malheureusement. L'Ourse ôta la bague de son doigt pour la glisser dans la bourse qui ne la quittait jamais avant se de retourner vers Gareth pour se glisser à ses côtés et frôler son visage de ses doigts dans une légère caresse d'une douceur qu'elle n'usait jamais, afin de le réveiller. La brune lui laissa le temps de se préparer, réunissant les quelques affaires pour qu'ils rentrent au campement. Personne ne sembla avoir remarqué leur absence, à moins qu'ils le fassent croire, en tous les cas elle se pressa de gagner sa coucher et ramasse son furet endormit avant de regrouper quelques affaires pour aller se nettoyer à la source du coin.

     La toilette fut assez sommaire, elle ne prit pas bien longtemps et Alysane regagna rapidement le campement en songeant qu'il serait bienvenu pour elle de prendre son envol, même si la présence de quelques compagnons de voyage était agréable, la Mormont ne pouvait pas rester indéfiniment ici, elle souhaitait aller jusqu'à Dorne et devait regagner Port-Lannis avant afin d'y régler quelques affaires. Lorsqu'elle se retrouva avec le reste du groupe, la brune resta silencieuse et mangea simplement en suivant les conversations d'un air passif. Son furet mangeait avec plus d'appétit et lorsque tout le monde fut rassasié, la demoiselle s'approcha de Gareth pour attirer son attention alors qu'il terminait de discuter avec l'un de ses hommes. Elle n'avait pas l'air en colère ou hostile, simplement sûr d'elle.

     ▬ Même si j'apprécie de voyager en ta compagnie et celle de tes hommes, il va falloir que je puisse repartir de mon côté, j'ai aussi un voyage de prévu.... »

     Elle entrouvrit la bouche pour dire que cela n'avait rien à voir avec ce qui s'était passé la veille, au contraire, mais quelqu'un approcha à ce moment et elle referma donc la bouche avant de s'éloigner pour aller réunir ses affaires sans se presser. Lorsque ce fut fait, Alysane attendit que tout le monde soit prêt en se disant avec anxiété qu'ils allaient encore devoir bouger ce qui incluait le voyage à cheval. Mais bon, il y avait pire en y songeant. Lorsque les chevaux furent parés, elle interrogea Gareth du regard en se demandant s'il allait l'envoyer chez un autre de ses hommes après avoir obtenu ce qu'il voulait, mais il l'aida à prendre place sur sa monture et elle se montra moins hostile que la première fois, tout en prenant garde à ne pas avoir l'air trop à l'aise. Même si certains s'en doutaient certainement, l'Ourse ne voulait pas que tous les voyageurs du groupe se doutent qu'il y avait anguille sous roche. Le voyage fut donc aussi laborieux que la première fois, ses cuisses et son fessier souffrirent toujours autant et elle priait intérieurement en souhaitant que cela se termine rapidement. Combien de temps dura le chemin ? Trop longtemps de l'avis de la brune qui souffla de soulagement en voyant la fin de la journée poindre le bout de son nez, puis elle descendit de la monture avec l'aide du Baratheon avant d'aller se dégourdir les jambes le temps que les hommes montent leur campement.

     Lorsqu'elle revint, tout le monde était installé et la Nordienne apporta son aide pour ce qui était de la préparation des dernières choses et discuta brièvement avec le reitre qui avait été toujours aimable avec elle depuis le début de son séjour avec eux. Ils mangèrent ensuite alors qu'elle bavardait avec tout le monde sans distinction au risque que Gareth ne s'imagine qu'elle le snobait, ce qui était loin d'être le cas, puis la jeune femme annonça qu'elle se retirait pour se reposer à cause de cette journée de cheval éprouvante. Elle se glissa dans ses fourrures et ne parvint pas à s'endormir pendant un bon moment, jusqu'à ce que des bruits de pas la fasse se retourner. La Nordienne aperçut Gareth qui approchait et se redressa sur son séant pour lever les yeux vers lui avant de tapoter la fourrure pour l'inviter à prendre place à ses côtés. Puis comme une excuse, elle lâcha quelques mots.

     ▬ Désolée, je ne voulais pas qu'ils me regardent bizarrement. »

     Il ne devait rien comprendre à ce qu'elle disait bien que c'était clair dans son esprit, elle avait peur que ses hommes la regardent comme une vulgaire catin s'ils savaient qu'elle avait cédé à ses avances et elle avait donc considéré que si elle se montrait neutre vis-à-vis du chef, les hommes penseraient s'être trompés à son sujet. Peut-être en serait-il vexé, peut-être pas, au final s'il faisait preuve d'un manque de compréhension à son égard elle pourrait toujours se dire qu'elle ne le reverrait plus et voilà, trouver le moyen de prendre sans trop donner.

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Message Lun 13 Fév 2012 - 23:35

Si la nuit ne fût pas très reposante, elle fut néanmoins agréable, et ce malgré quelques maladresses de la Mormont. Gareth n'en tint pourtant pas rigueur. Cela faisait trop longtemps qu'il n'avait pas connut une femme, et la fouge et l'envie dont pouvait faire preuve Alysane valait toute l'expérience des prostitués au savoir millénaire des cités libres. Il s'était endormi de tout son saoul après, la Nordienne collé à lui, présence réconfortante et apaisante. Ce fût cette même présence qui le réveilla d'une douce et agréable caresse. Peu habitué à la tendresse, il resta un moment interdit la tête relevé, avant de se laisser aller. Se rhabillant, il se frotta une fesse endolorie à cause, sans nul doute, d'une racine. Regroupant ses affaires, fourrures et vêtements, ils rentrèrent ensemble au campement d'un pas lent, sans prononcer un mot. Le Baratheon aurait bien voulu parler, même s'il ne savait pas vraiment de quoi. Plusieurs sentiments contradictoires se bousculaient en lui, et ce tourbillon d'émotions le déstabilisait. Les bruits du campement commençaient à lui parvenir, voix, éclats de rires, hennissements de chevaux et divers autres sons caractéristiques qui mettaient fin à cette nuit presque idyllique.

S'éclipsant il ne savait où, Aysane laissa le jeune homme seul au milieu de ses hommes. Aucune plaisanterie ou insinuation ne lui fit penser que quelqu'un ait découvert leur absence, bien que Mathrim les ait vu partir la nuit dernière, cela il en était sûr. L'heure du repas approchant, chacun se prépara un en-cas avec le fruit de la chasse d'hier. Pattes de lapins, pommes de terres, navets, filets de divers animaux, les odeurs de ce petit festin mirent en appétit l'Orageux qui n'avait jusque là pas mangé, ses pensées et son corps tourné vers la nuit passée. Alors qu'il discutait avec Ulrik, ancien membre du guet de Blancport, des différentes manières d'utiliser une pique, et de leurs utilités, tant durant une bataille que pour la garde de bâtiments, Alysane vint s'asseoir non loin de lui et mangea en silence. Lorsque le repas toucha à sa fin, et que certains compagnons se levaient et allaient s'entraîner, qu'ils le veuillent ou non, la petite brune vint à côté de lui, attirant son attention par la même. La phrase qu'elle prononça lui fit l'effet d'un coup de massue. Il s'attendait certes à ce qu'elle veuille partir, mais lui dire ça quelques heures à peine après qu'ils aient couchés ensemble, c'était incroyable, presque impossible. Et pourtant elle était là, elle venait de le lui dire. Son visage se ferma et c'est impassible qu'il resta à ses côtés, buvant à son outre lentement. C'était un moyen de dissimuler une partie de son visage, de ses émotions, et de gagner du temps pour réfléchir. Elle voulait partir et bien soit, ils partiraient. Le Main Rouge et les compagnons avant tout. Se levant, il donna l'ordre du départ pour dans une heure, le temps de se préparer. Sans un regard de plus vers la Mormont, il entreprit de ranger ses affaires, de seller Bicéphale, et de superviser le départ. Sentant son cavalier anxieux, inquiet, mais également énervé, la monture ne tenait pas en place, étant ainsi en parfaite harmonie avec un Baratheon perturbé. Lorsque tous furent prêt à partir, et que seul restait les cendres de l'âtre comme unique signe de leur présence, Gareth invita Alysane à monter, sans réellement savoir pourquoi. Tentant les rênes d'une main de fer, il fit son maximum pour calmer Bicéphale, sans réel succès toutefois. L'attitude d'Alysane, en total contradiction avec la veille, se laissa perplexe, et n'aida pas réellement à rendre la longue chevauchée agréable, malgré la présence derrière lui de la Nordienne. Ils parvinrent à la frontière du Bief lorsque le sommeil commença à descendre. Le terrain était moins escarpé, la piste plus rectiligne. Face à eux, au sud, s'étendait une série de collines qui contrastait bien avec les montagnes de Terres de l'Ouest situés dans leurs dos. Sautant quasiment pour descendre de cheval, Gareth donna sa main à Alysane pour aider celle-ci à descendre de cheval, sans un mot et un regard de plus. Lui tournant ensuite le dos, il donna quelques directives quand aux sentinelles, ordonna de faire du feu, et de chercher un point d'eau. Il n'y en avait pas et cela poserait quelques problèmes, mais ils feraient sans pour la journée.

Le dîner fut rapidement expédié, et le Baratheon traîna le pas jusqu'à sa couche. La chaleur était encore étouffante, et il se jeta sur les fourrures plutôt que de se mettre en dessous. Après s'être tourner encore et encore, incapable de trouver le sommeil, il se leva et marcha quelques instants. Des chuchotements et quelques gloussements lui parvinrent. Son imagination ne fit qu'un tour, et il crût un instant qu'Alysane avait trouvé un autre compagnon de jeu. Son sang ne fit qu'un tour, et il allait partir voir la Nordienne, en colère et sans aucun doute jaloux, avant que ne lui parviennent quelques bribes d'une conversation entre deux hommes. Les voix ne lui disaient rien, mais il avait bu un peu plus de bière qu'habituellement ce soir, et ses sens étaient sans doute engourdis.

Ses joues rougirent lorsqu'il capta certains mots de cette conversation qui devait sans nul doute rester privée. S'éloignant cette fois-ci à grands pas, ses jambes le menèrent vers la couche d'Alysane, qui visiblement n'arrivait également pas à dormir. Levant les yeux vers lui, elle tapota sa couche pour l'inviter à venir. Haussant un sourcil de perplexité, tant à cause du geste presque enfantin d'Alysane que par l'invitation qui contrastait avec son attitude le restant de la journée, l'Orageux vint tout de même s'allonger à côté de la brune. Son sourcil se leva encore un peu plus lorsqu'elle lui présenta des excuses. Il n'était pas certains de comprendre, et il n'eût pas le temps d'y réfléchir.




Le sommeil tarda à venir, et alors qu'un soleil rougeoyant se levait à peine, il entreprit de retourner aux campements, faisant tout son possible pour ne pas réveiller l'Ourse, allant même jusqu'à caler une fourrure d'ours derrière elle dans l'espoir que cela retarde le moment où elle sentirait qu'il n'y avait personne à la place de Gareth. Presque sur la pointe des pieds, il rassembla ses affaires, se rhabilla, et retourna au campement. Ce fut encore une fois Mathrim qui le surprit, un sourire aux lèvres. Les plaisanteries et piques auxquels il s'était attendu la veille qui n'étaient pas venus firent une brève apparition alors qu'il échangea quelques mots avec le jeune roublard.

- Alors chef, c'était bien ? Demanda aussi simplement que cela le beau brun, un sourire mesquin sur le visage.
- La ferme Mat... Réveille les hommes, mais en silence. Dis leurs que nous partons le plus rapidement possible.
- Quoi ? Je plaisantais v'savez, f'pas se mettre dans touts vos états !
- C'est un exercice, si dans vingt minutes on n'est partit, et en silence, je peux te jurer que tu vas écoper de toutes les corvées d'Ulrik pour les mois à venir, et ce, en plus de te botter le cul...

La sentinelle ne se le fit pas dire deux fois et partit en courant réveiller ses frères d'armes, ses compagnons, à grands renforts de coups de pieds. Devant la mine sévère du Baratheon, déjà prêt, ses affaires rangés dans les sacoches latérales de Bicéphale, les braconniers, chasseurs et anciens larrons d'Accalmie se hâtèrent. De l'eau croupie fut jeté sur le feu, les ustensiles de cuisine et différents éléments indispensables à la vie quotidienne d'une vingtaine d'hommes furent répartis dans les fontes de chacun. Certains se retrouvaient avec la marmite en bronze, encombrante et terriblement bruyante, mais contrairement à d'habitude, personne ne fit d'histoire. Gareth passa sur la couche de la Nordienne et regroupa ses affaires, avant de les lui amener. Il ne savait pas où était le furet de la jeune femme, mais c'était à vrai dire le cadet de ses soucis. Il resta là debout, quelques instants à contempler le visage serein de la Nordienne. Le soleil grimpait un peu plus à chaque instant, l'heure tournait, et l'Orageux n'arrivait toujours pas à se décider. Il devrait sans nul doute la réveiller, mais les adieux larmoyants n'était pas son fort. Et puis, après tout, elle n'était rien pour lui tenta-t-il de se convaincre. Une voix au fin fond de sa tête lui soufflait qu'il aurait dû lui écrire, lui laisser un mot. Mais il n'était pas doués avec les mots. S'il partait comme cela, il ferait preuve de lâcheté, et les membres de la Main Rouge n'était pas des lâches, l'Ours d'Accalmie n'était pas un pleutre. Il opta finalement pour la solution qu'il jugeait la plus acceptable. Il amena Bicéphale, qui était pour une fois relativement calme, jusqu'à l'endroit où dormait la Nordienne. S'agenouillant, il lui déposa un baiser sur le front. Celle-ci ouvra les yeux, et, le cœur en peine, il lui dit tout simplement qu'ils se séparaient.

- Nous partons. J'ai aimé ces moments passés ensembles. Peut-être qu'un jour, nous nous reverrons, termina-t-il dans un souffle, incapable d'en dire plus.

Il aurait peut-être dû rester un peu, ajouter un adieu, mais il avait terriblement envie de partir, de fuir en quelque sorte. Sautant presque sur Bicéphale, qui se cambra sur le coup, Gareth dirigea la bête avec plus de fermeté qu'il ne l'avait jamais fait, et il partit, fixant aussi loin qu'il pût la Nordienne. Lorsque cela ne fût plus possible, il lança l'étalon au galop pour rejoindre les compagnons, pour rejoindre le Bief.
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Les ours se suivent et ne se ressemblent pas ▬ Gareth

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