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Mieux vaut ami grondeur que flatteur ▬ Arthur

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Message Mer 14 Déc 2011 - 19:27

     Le Nord avait beau être sa patrie d'origine, la jeune femme appréciait de voir d'autres paysages, elle avait même pris goût au voyage depuis ses précédentes pérégrinations qui l'avaient menée jusqu'à Port-Réal. Désormais, Alysane espérait pouvoir découvrir des choses plus intéressantes, de nouveaux visages et pourquoi pas de faire des rencontres prometteuses ? Ce n'était pas si évident que cela y paraissait, combien de fois la Nordienne avait-elle espéré que les personnes avec qui elle parlait pourraient devenir de nouveaux amis ? Mais elle n'avait malheureusement récolté que déception sur déception, constatant que les nobles et leurs homologues possédant le rang de chevaliers n'étaient visiblement pas sur la même longueur d'onde qu'elle. De sa visite de Port-Réal, la jeune femme ne gardait qu'un bon souvenir : voir son frère bâtard débarquer un beau matin pour lui rendre visite, annonçant avec joie que leur père lui avait permis de quitter l'île-aux-Ours. Le reste, les rencontres avec les nobles de la ville et avec quelques chevaliers n'avaient été que de simples échecs. Une suite d'échecs même.

     C'est donc persuadée que les chevaliers n'étaient que des idiots en armure qui ne songeaient qu'à compter fleurette aux jolies dames – autrement dit pas elle – et qu'ils n'étaient même pas dignes qu'elle se soucie d'eux. Pourtant cela la tarabustait, comment des hommes réputés dans tout Westeros, excepté le Nord à la rigueur, pouvaient faire preuve d'un tel nombrilisme ? Jamais elle n'avait eu le plaisir de voir l'un de ces chevaliers lui accorder son attention, autrement que pour lui signifier de retourner à Culpucier bien sûr. Oh, la Nordienne n'espérait pas se faire faire la cour par un galant, l'idée aurait même été hilarante pour être franche, mais disons simplement que de voir un chevalier lui proposer un combat n'aurait pas été pour lui déplaire. Des sots, voilà tout ce qu'ils étaient !

     Ruminant ces belles pensées, la jeune femme marchait le long d'une route de l'Ouest qui rejoignait Castamere qu'elle ne songeait qu'à contourner, elle entendit bien des bruits de sabots approcher, mais n'y porta aucune attention, trop préoccupée qu'elle était par ses réflexions sur les hommes et leur comportement de goujats. Il faisait chaud comme depuis le début de la sécheresse, la Nordienne avait eu la chance de pouvoir se laver récemment et ne dégageait donc pas la même odeur que certains clochards qui lui avait été donné de rencontrer. Ses peaux d'ours étaient accrochées à son sac qu'elle traînait toujours avec elle et sa tunique de combat – assez présentable bien que grossière et dénuée de décoration – pouvait la faire passer pour une voyageuse « normale ». Elle n'attirait pas trop l'attention en somme et ce fut peut-être pour cette raison que les hommes qui passèrent au trot à côté d'elle manquèrent de la piétiner. Perdue dans ses pensées, la guerrière ne mit pas longtemps à réagir, à peine les chevaux l'avaient-ils dépassée qu'elle les admonesta.

     ▬ Hey ! Vous êtes aveugles ?! Vous ne pouvez pas regarder où vous allez ?! »

     Mâchoires serrées, elle dardait du regard les trois individus qui s'arrêtèrent pour tourner la tête dans sa direction. Ils avaient beau porter un blason sur leur tunique, la jeune femme fut incapable de l'identifier, autant dire qu'elle ne s'embêtait pas à apprendre les blasons des maisons du Sud.... Les intéressés l'observèrent un moment et semblèrent être sur le point de partir puisqu'ils détournèrent rapidement le regard de cette sauvageonne mal embouchée, mais Alysane ne comptait pas se laisser faire aussi facilement et décida d'en rajouter une couche pour les provoquer.

     ▬ C'est cela ! Tournez les talons et allez vous réfugier dans les jupes de votre mère ! Poltrons ! »

     Visiblement la provocation fit mouche car deux des trois hommes donnèrent un coup sec dans les rênes de leur monture pour les retourner vers la Nordienne qui s'était approchée d'eux, le poing serré comme si elle comptait les frapper. Le troisième homme sembla hésiter comme s'il se doutait qu'avec cette folle ils allaient avoir des ennuis, mais les deux autres soldats – ou ce qu'ils étaient – avaient déjà commencé à prendre les choses en main. Du haut de leur cheval, ils toisèrent la femme en la raillant.

     ▬ Regarde ce qu'on a là, une pouilleuse qui s'est perdue ! J'crois qu'on devrait bien s'occuper d'elle pour lui apprendre que chez nous c'est les hommes qui commandent. T'en dis quoi ? »

     Il tourna la tête vers son homologue qui rigola bêtement tandis que le dernier restait toujours en retrait. Avec cet encouragement, le premier soldat mit le pied à terre et glissa sa main vers la poignée de son épée pour la tirer de son fourreau en approchant de la Nordienne. Celle-ci lui décrocha un regard assassin avant de laisser tomber ses affaires sur le sol poussiéreux, puis de glisser sa main vers la hache qui pendait à sa ceinture. La brune renifla de désapprobation en attendant que l'homme se décide à attaquer, ce qu'il fit après lui avoir tourné autour quelques instants. Alysane para, bloquant l'épée avec sa hache avant de lever le genou pour donner un coup bien placé à ce butor. Elle ne frappa pas assez fort, il était beaucoup plus grand qu'elle et la jeune femme avait mal jaugé la distance, l'homme s'en tira donc avec une légère grimace pendant qu'il brisait la prise de son adversaire. Grognant de contrariété, la jeune combattante tourna à son tour autour de l'homme avant de lui sauter littéralement dessus, les armes s'entrechoquèrent à nouveau plusieurs fois alors que le second du trio rigolait grassement comme s'il assistait à la meilleure blague du siècle. Le troisième larron restait toujours éloigné comme si cela pouvait le protéger de la bêtise de ses compères, mais Alysane ne leur portait pas la moindre attention, trop concentrée qu'elle était sur le combat.

     Ils firent plusieurs échanges de la sorte avant qu'un bruit familier ne se fasse à nouveau entendre, des sabots qui approchaient dans leur direction, encore une fois la Nordienne n'y porta pas franchement attention, se contentant d'espérer que ce n'était pas des renforts. La jeune femme tournait le dos aux deux autres hommes et elle entendit finalement quelques éclats de voix sans percevoir ce qu'il se disait, en retrait comme si les nouveaux arrivants bavardaient avec le soldat peureux. La situation prit un nouveau tournant à ce moment, le bruit des sabots au pas s'approcha davantage et l'adversaire de la Mormont se pétrifia soudain en fixant un point au-dessus de la brune qui fut franchement agacée de constater qu'il n'avait même pas la politesse de le regarder. Serrant les dents, elle fit volte-face à son tour puisque le butor semblait avoir vu le diable en personne et ses yeux mordorés se posèrent sur un homme à cheval qui se trouvait à quelques mètres de là. Raffermissant sa main sur sa hache, elle fronça les nez avant de l'agresser verbalement.

     ▬ Attendez donc votre tour si vous voulez aussi me régler mon compte, je n'ai que deux mains ! »

     Elle arborait le visage contrarié et peu amène qui lui était si familier. Décidément les hommes tous les mêmes, combien de fois devait-elle faire ses preuves pour leur faire comprendre qu'elle n'était pas une idiote de lady qui gloussait derrière sa main aux ongles entretenus, dès qu'un chevalier lui accordait un sourire ? La brune détourna ses yeux brûlant de colère du nouvel arrivant – n'ayant pas noté qu'il était beaucoup plus richement vêtu que les soldats, mais qu'il portait le même blason – puis elle invectiva le soldat toujours pétrifié.

     ▬ Alors ?! Tu n'oses plus m'insulter et me marcher dessus maintenant ?! »

     De là venait tout le problème, qui puisse l'avoir traitée comme si elle était une moins que rien. Alysane était impulsive et s'il y avait bien une chose qu'elle ne supportait pas, c'était qu'un homme ose lui manquer de respect.
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Message Mer 14 Déc 2011 - 22:24

Quelques deux jours auparavant, un groupe de petites gens, des mineurs pour la plupart, s'était rendu à Castamere dans l'optique de soumettre leurs doléances au châtelain. Arthur n'était pas spécialement passionné par cet aspect-là du pouvoir, mais il s'y attelait toujours volontairement, suivant les conseils et l'exemple donné par sa grand-mère et les conseillers dont elle l'avait entouré. Recevoir les pétitionnaires, exprimer son accord ou son désaccord, décider à long termes des mesures à prendre pour accroître la prospérité du fief, rendre la justice, accueillir les émissaires et les représentants des jurandes et des corporations, les dignitaires étrangers et les ambassadeurs, autant de tâches qu'il n'effectuait jamais que contraint et forcé. Tout cela l'ennuyait terriblement. Il préférait mille fois s'entraîner au combat, chevaucher des heures durant et, ces derniers temps, préparer son fief à l'effort de guerre pour soutenir le conflit qui avait éclaté entre l'Ouest et les Îles de Fer. Qu'ils viennent, ces pirates ! Mais pour l'heure, seuls ces pauvres hères étaient venus à lui, et ceux-ci n'étaient pas d'une très agréable compagnie pour le jeune homme. Cependant la venue de ces va-nu-pieds ne s'était pas révélée tout à fait ennuyeuse, puisque les traîne-misère rapportaient d'inquiétantes nouvelles de l'arrière-pays de Castamere : pas moins de quatre hameaux d'ordinaire très tranquilles avaient été l'objet de pillages d'une grande violence, et leurs habitants réclamaient désormais que justice leur soit rendue. C'était paradoxalement une aubaine pour Arthur qui, justement, appelait de ses vœux un peu d'action. Il ne fit pas prier pour accorder à ces cul-terreux ce qu'ils étaient venus chercher et annonça haut et fort qu'il s'occuperait personnellement de ce problème et que tant qu'il vivrait, aucun maraud ne pourrait saccager ses terres impunément.

Deux jours suffirent pour préparer l'expédition punitive. Il s'agissait d'abord de débusquer les bandits, de les confondre et de les massacrer proprement. Pas moins d'une trentaine d'hommes en armes, dont certains étaient des chevaliers, tous attachés au service de la maison Reyne, furent mobilisés. Arthur prendrait la tête de l'ensemble qui se diviserait en plusieurs groupes pour ratisser les environs des villages qui avaient souffert le passage des bandits. Ils partirent tous de la forteresse de Castamere, à cheval, vers le nord-est, puis se séparèrent. Arthur avait pour l'occasion revêtu une tenue matelassée de cuir et de tissu conçue pour la course à cheval, surmontée d'une cotte de mailles et complétée par des gantelets et des bottes de cuir. À son épée pendait Griffe Rouge, l'épée qui ce jour rendrait la justice. Suivi par trois de ses hommes, il chevaucha longtemps à travers la lande et la forêt couvrant les contreforts des montagnes de l'Ouest à la recherche de ces bandits qu'il tuerait avant le coucher du soleil. La chance ne fut, fort malheureusement, pas au rendez-vous et les recherches dans ce premier temps ne donnèrent rien. Ils décidèrent donc d'abandonner les premières pistes infructueuses et menèrent leur monture jusqu'aux abords de la route en espérant que les autres groupes auraient été plus chanceux. Peinant à le dissimuler, Arthur bouillonnait de tirer son épée pour s'engager dans un combat, et sa déception était grande de demeurer bredouille. Ils approchaient au trot de la route quand ils entendirent et aperçurent non loin d'eux, plus loin en suivant le chemin tracé par la route, un attroupement, trois ou quatre personnes qui s'animaient et s'agitaient avec, manifestement, beaucoup de violence.

Arthur, suivi par ses soldats, chevaucha dans leur direction et plus il se rapprochait, plus il reconnaissait les tenues de ses hommes, et plus il adaptait son allure pour arriver au pas, les sourcils froncés de colère et d'incompréhension. Trois de ses hommes se tenaient devant lui, et l'un d'eux combattaient un individu de nature indéterminée et les deux autres observaient en retrait. C'était une situation trop anormale pour ne pas éveiller les soupçons d'Arthur dont la patience tarissait de plus belle. Il exigea des explications des deux soldats non-occupés à se battre et ceux-ci expliquèrent à moindre mot qu'ils passaient à cheval sur la route quand cette mendiante leur était tombée dessus en hurlant. Toutefois, ils furent interrompus par l'intervention pétaradante de la prétendue mendiante qui, après s'être tournée du côté d'Arthur, l'interpella avec vigueur. Le sang du chevalier ne fit qu'un tour dans ses veines, et son visage impatient se déforma en une expression qui entremêlait allègrement la colère, la fièvre et la violence. Comment osait-elle s'adresser ainsi à lui ? L'affront était tel que s'il n'avait été lié par les règles de l'honneur et de la morale, il aurait très certainement tranché la tête de l'insolente ici même, sur le bord de la route. Il sauta de cheval et porta la main à son épée sans pour autant la dégainer, bien que l'envie l'en démangeait. Il ne se fit pas prier cependant quand il entendit la gueuse insulter celui de ses soldats qu'elle combattait. Il tira son épée d'un geste vif et fléchit les jambes, se positionnant prêt au combat.


– Je ne sais pas qui tu es, femme, mais tu as intérêt à avoir une bonne raison pour t'attaquer à ces hommes.

La colère l'avait emporté. Arthur ne demandait plus qu'un chose, un geste de la folle furieuse qui se tenait devant lui pour qu'il pût l'engager en combat singulier. Mais il ne pouvait pas jeter aux oubliettes les codes de la chevalerie, il ne pouvait non plus se faire à l'idée de combattre une femme. Cela allait à l'encontre de tout ce que son oncle, l'Etranger l'emporte, lui avait appris lorsqu'il était son écuyer. Arthur n'avait jamais entendu parler de femmes guerrières en dehors des récits et des légendes, il ne concevait pas qu'une femme pût être autre chose qu'une sœur, qu'une épouse ou qu'une fille. La place d'une femme n'est pas au combat, et cette étrangère – elle ne pouvait être qu'étrangère, car pas une seule femme des environs aurait eu l'audace de provoquer en combat un soldat de la maison Reyne – qui s'habillait comme un homme et se battait à la hache prétendait défier pas moins de sept hommes armés et entraînés au combat depuis leur plus jeune âge ? D'où venait-elle, en fait ? Faisait-elle parti des bandits qui avaient attaqué les villages, étaient-elles de ceux qu'Arthur et sa troupe recherchaient activement ce jour ? C'était peu probable, mais Arthur n'avait pas l'esprit taillé pour œuvre dans la subtilité, et la femme en colère qui se tenait devant lui n'avait rien de très subtil non plus... Elles n'avaient pas l'air de plaisanter pour autant, et c'est bien ce qui énervait Arthur dont l'expression faciale était le parfait stigmate d'une colère qu'il peinait à maîtriser. Il interpella ses hommes avec fureur:

– Quant à vous, soldats, écartez-vous, c'est un ordre ! C'est entre elle et moi à présent.

Sans broncher, ceux-ci s'écartèrent et pas un seul d'entre eux n'aurait osé rire à présent, car il était inscrit sur le visage d'Arthur que celui-ci n'avait rien perdu des phrases qu'avait hurlé la gueuse, et s'il était vrai que c'était eux qui avait attaqué les premiers la voyageuse, il serait très sévèrement puni, Arthur y veillerait. Mais il ne pouvait toutefois laisser quelqu'un insulter sans crainte ni honte l'honneur de sa famille, et en s'attaquant à ses hommes, c'est à lui-même qu'elle avait fait offense. Il lui laisserait le choix de revenir à la raison et de déposer les armes, ou de se battre contre lui. Cette idée le répugnait : comment une femme saine d'esprit aurait-elle pu prétendre le défier en combat singulier ? Arthur était peut-être trop impulsif, mais jamais il ne baisserait sa garde ni ne se rendrait sans un juste combat. Mais à ses yeux, le combat qui peut-être aurait lieu n'avait rien d'équitable, et cela le gênait terriblement, bien qu'il eût assez de fièvre et de colère pour ignorer les effluves de l'embarras que la situation lui pouvait inspirer.
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Message Jeu 15 Déc 2011 - 14:06

     Alysane cru qu'elle allait s'étouffer d'indignation en entendant le nouvelle arrivant la provoquer de la sorte. Elle, s'attaquer à ses hommes ?! Mais c'était que se moquer du Roi en personne ! La jeune femme serra les dents en même temps que sa main se referma davantage sur le manche de sa hache, il osait la rendre coupable de la bêtise de ces soldats ?! Le pire fut certainement lorsqu'elle constata qu'il avait dégainé son épée en optant pour une attitude prête au combat, c'était donc que l'inconnu mal-élevé avait décidé de la provoquer en duel pour lui prouver qu'il avait raison et elle tort ? En réalité, si Alysane n'avait pas été aussi étouffée par la rage et l'indignation, elle aurait peut-être compris que le malheureux ne pouvait pas comprendre qu'elle avait été attaquée la première parce qu'elle avait fait l'erreur de ne pas se laisser marcher dessus sans broncher. Elle ne faisait pas plus attention au fait que si les hommes avaient trouvé le silence, c'était tout simplement parce que cet individu devait être leur lord ou du moins une personne bien placée de la famille à qui appartenait ce blason.

     La jeune femme se redressa de toute sa hauteur, levant le menton bien haut comme si cela pouvait lui permettre de dominer son adversaire, un peu la technique qu'elle employait pour effrayer les animaux qui venaient traîner trop près de la demeure familiale sur l'île-aux-Ours, sauf que cette fois-ci ce n'était pas un vulgaire renard, mais bel et bien un homme. De plus, il semblait armé et entraîné au combat, face à Alysane qui n'avait eu que son frère et les quelques hommes d'armes des Mormont, autant dire qu'elle ne faisait certainement pas le poids. Mais la brune était aussi sauvage que son attitude le laisser penser, elle n'hésitait pas à mordre, à griffer et à donner des coups de genou à des endroits stratégiques si jamais la situation lui échappait. Nul doute qu'un chevalier serait déstabilisé face à une telle furie. Au moins cela lui laisserait-il un avantage ?

     Quoi qu'il en soit, les deux arboraient une expression des plus contrariée, ils devaient avoir l'air bien hilarants vu de l'extérieur, mais l'Ourse était bien trop révoltée pour se rendre compte qu'elle faisait une montagne de presque rien. Lorsqu'il interpella les hommes pour leur dire de s'éloigner, elle grinça des dents sous le coup de l'agacement, il se donnait de grands airs et elle détestait cela. Lorsque les soldats s'écartèrent, la brune leva sa hache sous le coup de la colère, non pour attaquer son adversaire, mais pour désigner le malheureux garde qui avait eu la bêtise de la provoquer. Bien loin de se douter qu'il risquait de passer un sale quart-d'heure si elle vendait la mèche, la Mormont cracha ses mots sur le nouvel arrivant comme s'il était responsable de tous les malheurs de Westeros. Il allait rapidement comprendre que l'on ne raisonnait pas avec une sauvageonne dans son genre. Même si la sauvageonne en question était en réalité une lady.

     ▬ Vous êtes aussi culotté que lui ! Cela ne vous suffit donc pas qu'ils manquent de m'écraser avec leurs chevaux ? Il faudra en plus que vous m'attaquiez aussi ! S'il s'était excusé, je n'aurais jamais protesté et il n'aurait pas eu besoin de s'en prendre à moi ! »

     Elle hurlait littéralement, furibonde comme jamais Alysane avait le don de s'énerver davantage chaque fois qu'elle essayait de calmer la situation. Son regard mordoré analysa rapidement l'adversaire, vu comme il était habillé et rien qu'à sa manière de parler, la jeune femme devina qu'il devait être chevalier. Encore un ! Ils s'étaient tous ligués contre elle pour l'humilier ! Au moins celui-ci semblait prêt à se battre, c'était déjà ça. Toutefois, la jeune guerrière n'avait pas apprécié la manière dont il l'avait qualifiée, même si elle était une femme, à ses yeux elle était avant tout un homme d'armes. Histoire d'en rajouter une couche, la Mormont poursuivit de son air furieux.

     ▬ Je ne suis pas une femme, mais un homme d'armes alors ne m'appelez pas comme ça ! Quel genre de chevalier seriez-vous si vous tiriez votre épée devant une dame ! Pfeu ! Vous êtes tous les mêmes, juste bons à compter fleurette aux ladys et à écraser tout ce qui n'est pas assez bien pour eux ! »

     Oui, pour le coup la conversation avait légèrement déviée, elle n'était plus liée au fait qu'elle avait été obligée de se défendre d'un soldat qui l'attaquait, mais provoquait directement l'inconnu qui avait osé lui parler comme si elle était une femme. Une fois de plus, la demoiselle ne comprenait pas, ou ne voulait pas comprendre, que même s'il l'avait désiré, l'homme n'aurait pu deviner qu'il ne fallait pas la qualifier de femme. Après tout elle était du Nord, dans les autres régions de Westeros, mis à part Dorne éventuellement, les femmes n'étaient pas considérées comme des combattantes. Alysane était bien loin de se douter qu'elle était la première femme guerrière qui lui était donné de voir, puis de toute manière même si elle l'avait su, cela n'aurait pas été une excuse, la brune lui aurait certainement reproché de ne pas s'intéresser aux femmes autrement qu'en reproductrices. Avec l'Ourse, il était impossible d'avoir raison ou même de posséder la bonne réponse, elle trouvait toujours autre chose à reprocher. Le malheureux allait rapidement comprendre qu'on ne s'adressait pas impunément à une femme du Nord aussi mal embouchée qu'elle l'était. Marmonnant entre ses dents, ma guerrière lâcha une nouvelle salve de reproches.

     ▬ Mais allez-y donc ! Attaquez-moi et essayez de me tuer comme ça vous pourrez vous vanter d'avoir nettoyé vos terres d'une racaille Nordienne puisque je constate que je ne dois guère être davantage qu'une tâche sur votre armure de preux chevalier ! »

     Les jointures de ses doigts étaient devenues blanches tant elle serrait ses mains autour du manche de sa hache, Alysane relâcha la pression avant de se décider une bonne fois pour toute. Il voulait la provoquer ? Il allait comprendre ce qui en coûtait de la traiter comme si elle n'était qu'une moins que rien. Dire qu'elle était venue ici simplement pour découvrir l'Ouest et éventuellement se faire de nouvelles connaissances ! La bonne blague, cette entrevue lui prouvait seulement une chose : mis à part dans le Nord elle ne semblait avoir sa place nulle part ailleurs. Au moins là-bas ne la prenait-on pas pour une simple gueuse qui battait la campagne. Rien qu'à regarder les yeux de l'homme qui lui faisait face, la Mormont devinait qu'il ne devait pas la voir autrement. Heureusement qu'elle était imperméable aux provocations et aux humiliations de ce genre, qu'on lui refuse son titre de lady ne la dérangeait absolument pas.

     La jeune femme changea de position, plaçant ses jambes de manière à pouvoir bouger rapidement tout en restant suffisamment stable, elle n'avait qu'une simple tunique de toile et lui avait une armure pour se protéger. Il avait une belle épée et elle une hache de bonne facture, le combat n'était pas très égal sans compter qu'il la dominait largement au niveau de la taille et de la carrure. Même en s'entraînant tout son saoul, la jeune femme n'arriverait jamais à obtenir une musculature proche de celle d'un homme de son âge. Une constatation qui lui laissait un arrière-goût amer dans la bouche. Ne quittant pas son expression hostile et furieuse, Alysane baissa son arme de manière à pouvoir riposter si jamais l'homme l'attaquait, restait à espérer qu'il n'avait jamais combattu de guerrier à la hache et que cela lui donnerait un avantage, même minime. Persuadée qu'il ne cherchait qu'à se faire mousser devant ses hommes et quelques jolies nobles, elle était fin prête à se battre et le lui fit savoir à sa manière.

     ▬ Allons ! Vous n'avez qu'à débuter le combat puisque visiblement vous valez mieux que moi, au moins cela vous donnera un avantage de plus. »

     Elle n'était pas décidée à la mettre en veilleuse, il faudra que l'étrange la lui fasse fermer lui-même s'il désirait qu'elle se montre plus polie. Déjà que le savoir-vivre et le protocole ne faisaient pas parti de ses attributs en temps normal, autant dire que dans une telle situation, ils s'envolaient bien loin !
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Message Jeu 15 Déc 2011 - 19:49

L'étrangère s'exprimait non plus avec force, mais avec brutalité. Elle ne criait plus, elle hurlait, s'agitait, s'ébranlait de rage et débordait d'une énergie frénétique, peu commune chez la plupart des femmes qu'Arthur avait rencontré depuis qu'il était en âge de distinguer les genres et le sexes. Il aurait pu douter d'ailleurs du genre de cet ennemi inhabituel et original qui lui faisait face, s'il n'avait été convaincu tant par le rapport de ses soldats que par les traits féminins qui, malgré tout, dessinaient les contours du visage de l'étrangère. En d'autres circonstances, et s'il avait été homme à réfléchir avant d'agir, Arthur aurait très certainement considéré la situation avec recul et ri de cet étalage de colère et de fureur qu'ils exposaient tous deux sous les yeux alertes, attentifs et inquiets des soldats. Mais il était au moins aussi entêté que décidé à ne point se laisser insulter par ce grossier personnage qu'était l'étrangère. Elle avait tout d'une sauvageonne née dans les bois les plus denses et nourrie au sein d'une louve, d'une ourse ou d'une brebis sauvage. Arthur ne se doutait pas une seconde qu'à la traiter comme il l'avait fait, il tenait désormais le tigre... la tigresse par la queue. Cependant, il n'appréciait guère le ton qu'elle usait pour s'adresser à lui et qui qu'elle fût, l'injure et l'insolence n'en demeuraient pas moins caractérisées et brutales comme l'étaient son débit de paroles. Mais à peine avait-elle dit ses premiers mots que le sang d'Arthur ne fit, à nouveau, qu'un tour dans ses veines, si bien qu'il eût pu en avoir la berlue tant il était improbable qu'une femme en si fâcheuse posture s'adressât à lui en des termes aussi peu mesurés et retenus. Plus encore qu'un tour, c'est une totale révolution qu'opéra le sang du chevalier à mesure qu'il entendait l'étrangère désignant du bout de sa hache l'un de ses hommes, sur lequel il posa un regard criant de rage et de fureur. Certes le tout était sourd et contenu un minimum, mais nul doute qu'un seule petite étincelle suffirait à embraser les sarments secs qui alimentaient toujours le feu de ses colères. D'ordinaire, Arthur était emporté et colérique, c'était une évidence, mais ce jour, il l'était encore davantage du fait de la situation qui l'avait conduit à quitter son château pour patrouiller les alentours et retrouver les bandits dont il n'avait déterminé aucune trace nulle part. Autant d'éléments qui, cumulés, rongeaient sa patience comme l'eau ronge le sucre.

Cela semblait impossible mais Arthur réussit à froncer les sourcils encore davantage. À part lui, il se demanda s'il n'avait pas tout simplement face à lui une de ces folles furieuses dont on effraie les enfants pour les contraindre à obéir, mais ces choses-là appartenaient au domaine sépulcral du rêve et de l'imaginaire. Cette étrangère armée d'une hache qu'elle agitait comme d'autres femmes agitent les cuillères de bois, c'est-à-dire avec habilité et aisance, Arthur le reconnaissait volontiers même s'il s'en étonnait, était bien réelle, virago braillarde et menaçante. Ses soldats étaient-ils des poltrons pour avoir laissé cette guenuche aller si loin dans son crime, ou bien avaient-ils décidé de faire durer le plaisir de sa punition ? Autant de questions qu'Arthur se posait sans trop y regarder, lui qui n'était point très cérébral ou très réfléchi pour deux sous. S'il ne questionnait pas véritablement ni en profondeur l'attitude et l'implication de ses hommes dans toute l'histoire, il commençait à accorder un peu d'attention aux discours de la gueuse qui se tenait devant lui avec trop d'assurance pour ne point mériter qu'on l'écoute, fût-ce un petit et léger instant... Pourquoi parlait-elle des excuses que « devait » son soldat ? Qu'entendait-elle par « qu'ils manquent de m'écraser » ? Tout cela devenait bien trop compliqué et Arthur trouvait cela bien détestable. Il respirait doucement et s'efforçait de maintenir sa concentration comme son attention pour prévenir tout mouvement de celle qui serait peut-être son adversaire. Ses deux mains sur la garde de son épée ne faiblissaient pas.

Arthur déglutit avec peine. Pourquoi perdait-il son temps à écouter cette femme manifestement dérangée et dangereuse ? Telle était la question que se posaient très certainement ses soldats qui sans doute pour la plupart auraient préféré qu'il condamne la tête de la gueuse à virevolter dans les airs sans autre forme de procès. C'est qu'Arthur répugnait encore et répugnerait toujours à lever sur une femme. Il n'était peut-être un modèle de sagesse et de modération, pas plus qu'il n'était du genre à refuser l'affrontement, mais il n'en demeurait pas moins un chevalier : à ce titre, il avait juré sur les Sept de protéger les femmes, non de les passer par les armes. Il ne s'abaisserait à une telle injure faite à son serment, à la foi et à toutes les traditions liées à l'idéal chevaleresque auquel il souscrivait depuis toujours. C'est sans doute pourquoi l'idée qu'une femme pût un jour prendre les armes et se prétendre l'égale des hommes avait quelque chose d'inconcevable et de profondément dérangeant aux yeux d'Arthur. Cela était une telle nouveauté, un tel déséquilibre de la balance qu'il ne pouvait se résoudre à considérer l'étrangère comme une véritable combattante. Il n'avait pas grande connaissance du monde et de fait, à ses yeux, partout où les hommes et les femmes se partagent l'existence, les maris se battent les épouses et non le contraire. Considérant cela, c'est avec une grande surprise mêlée d'une condescendance qu'il ne pouvait caché qu'il accueillit les prétentions de cette femme qui réclamait qu'on la traitât comme un homme d'armes plutôt que comme ce que la nature avait fait d'elle, c'est-à-dire une femme. Il ne put s'empêcher d'esquisser un sourire, un rictus qu'il maîtrisa avec peine. Autour, ses soldats riaient à gorge déployée, mais lui devait garder son sérieux car cette histoire puait fortement, et Arthur n'était pas tout à fait sûr que les apparences suffisantes à tout expliquer. Arthur n'avait pas la clairvoyance de sa grand-mère mais il percevait malgré tout que quelque chose n'allait pas, et cela l'agaçait fortement.

La vision des chevaliers qu'avait la demoiselle fut une énième goutte d'eau qui menaça de rompre la cruche où bouillonnait la colère et la rage d'Arthur. Il s'énervait surtout de ne pouvoir y voir tout à fait clair dans toute cette histoire. Il n'allait pour autant pas revenir en arrière et s'abaisser à risquer de laisser s'expliquer un bandit, fût-il une femme, qui s'en était pris à ses hommes. Si cette folle était persuadée que les chevaliers n'étaient bons qu'à flatter l'orgueil des pucelles avant de braquer l'épée de chair au fourreau, il serait furieusement ravi de lui prouver qu'il n'était pas de ceux-là. Si elle cherchait la castagne, elle l'aurait et plutôt deux fois qu'une. Arthur crut d'ailleurs qu'ils allaient pouvoir s'élancer dans une lutte à mort mais l'étrangère reprit de plus belle, vociférant plus hardiment encore. L'étrangère avait tort : elle n'était pas une tache sur son armure, mais plutôt une épine dans son pied qui semblait grossir à vue d’œil et s'enfoncer toujours plus profondément. Il nota cependant qu'elle avait laissé échapper un détail d'importance, elle venait du Nord. Arthur ne savait pas grand chose au sujet de ces lointaines contrées. Il s'agissait du domaine des Stark de Winterfell, il y faisait très froid et il n'y avait pas grand chose à dire de plus. Que faisait-elle si loin de ses foyers, et surtout dans l'Ouest alors que l'époque était aux troubles et à la guerre ? Venait-elle exprès pour chercher les ennuis ? Arthur commençait à perdre les dernières miettes de sa patience et fort heureusement, la symphonie des lamentations nombrilistes et hurlantes qu'elle lui servait depuis trop longtemps à son goût prenait fin. Arthur n'avait toujours pas tiré son épée, il se contentait de maintenir ses deux mains fermement sur sa garde, prêt à l'assaut comme à la parade.


– Qui que tu sois, d'où que tu sois, sache que je ne baisserai pas ma garde. Rends-toi à la raison, tu n'as pas la moindre chance et quelle que soit ta confiance en cette hargne qui pulse dans tes veines, elle ne te conduira nulle part avec moi. Je n'aime qu'un discours, celui des armes, et si tu tiens à la vie, baisse la tienne.Il jeta sur elle un regard appuyé et poursuivit sans relâche: – Sache que l'honneur m'ordonne de ne point lever la main sur une femme, même originale, mais je ne réponds plus de moi si tu t'entêtes à me narguer de ta hache. Il n'imaginait cependant pas un instant qu'elle irait jusqu'à l'attaquer. – Donne moi ton nom et discutons. Je t'écouterai si ces hommes t'ont malmené les premiers, mais s'il s'avère que tu les as provoqués, tu seras jetée dans une geôle, pour la honte du père qui n'a su mieux t'élever.

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Message Ven 16 Déc 2011 - 10:32

     Le fait que les hommes qui accompagnait celui qui lui faisait face, se moquent d'elle fut une profonde humiliation. Elle eut vaguement le sentiment d'être revenue des années plus tôt alors que les visiteurs qui se montraient assez courageux pour venir jusqu'à l'île-aux-Ours rigolaient en la voyant armée d'une hache et se battre contre le maître d'armes de sa maison. Jamais la jeune femme ne pourrait apprécier les hommes, ils étaient tellement grotesques et humiliants, Alysane eut l'affreux désir de disparaître sous terre tant leurs rires étaient hostiles à ses oreilles. Mais non, elle ne le ferait pas, pourquoi serait-ce à elle de se sentir sotte d'être une femme combattante et non à ces ploucs de se sentir idiots de ne pas comprendre ce qui la poussait à endosser le titre d'hommes d'armes. Une fois de plus, la main de l'Ourse se crispa sur le manche de son arme alors qu'elle serrait les dents avec tant de force qu'elle s'attendait presque à la sentir se briser. Si elle avait été plus émotive, nul doute que les larmes l'auraient rapidement gagnée. Pour être franche, elle n'en était pas loin, mais ce n'était guère des larmes de honte ou de tristesse, mais bel et bien des larmes de colère. Ils étaient tous les mêmes. Au Nord comme au Sud.

     Sa vue se brouilla un instant alors qu'elle se félicita d'être restée suffisamment loin pour que l'homme ne distingue pas vraiment ses yeux, elle aurait été bien embêtée s'il avait pris ses larmes de colère pour les larmes d'une petite fille blessée dans son égo. Il n'avait pas l'air plus dégourdit que les autres et s'il avait été plus près, il y avait de fortes chances pour que la Nordienne se soit jetée sur lui, quitte à se retrouver transpercée de part-en-part par la lame du « noble » chevalier.

     La voix de l'homme arriva à ses oreilles alors que la brune faisait tout son possible pour retrouver son calme, inspirant avec difficultés tant l'indignation et la colère lui écrasaient le cœur, dire qu'elle était simplement en train de visiter le Sud et qu'elle était désormais à deux doigts de finir son séjour dans les geôle d'une ville de l'Ouest ! La Mormont tendait l'oreille en détournant son regard brouillé par la rage du chevalier qui la prévenait qu'il ne comptait pas baisser sa garde. Se rendre ! Mais elle n'avait même pas attaqué, c'était cet imbécile trop présomptueux qui s'imaginait certainement pouvoir rosser une paysanne qui se promenait sur les terres de son maître, maître qui se trouvait d'ailleurs devant elle bien qu'Alysane n'avait toujours pas fait le lien. Il prétendait aimer le discours des armes et pourtant l'exhortait à baisser la sienne, ce n'était pas logique, s'il avait réellement voulu lui régler son compte il n'avait qu'à le faire tout de suite et arrêter de la traiter comme une femme. Chaque parole qu'il prononçait en lui rappelant son sexe l'humiliait toujours davantage et pourtant il persistait à continuer. Quel idiot, ne comprenait-il pas qu'il n'avait pas besoin de lui rappeler sa tare sans arrêt ! Oui, le sexe faible était une tare pour qui en était membre, elle aurait mieux fait de se raser le crâne et s'habiller comme un homme pour pouvoir enfin être traitée comme telle ! Enfin quoi qu'il en soit, le preux chevalier expliqua vouloir discuter, encore et toujours discuter, elle ne faisait que cela et il trouverait encore une fois le moyen de l'humilier en disant qu'une femme ne devait pas se battre. Alysane le voyait venir avec ses gros sabots. La goutte d'eau fut lorsqu'il dénigra l'éducation que son père lui avait donné, la jeune femme fut piquée au vif et les relents de larmes s'évaporèrent aussitôt alors qu'elle lui décrocha un regard assassin, serrant sa hache contre elle comme pour s'empêcher de la planter en plein milieu du visage de cet idiot.

     ▬ Ne parlez pas de ce que vous ne connaissez pas ! Mon père a toujours fait son possible pour bien éduquer ses enfants, que je ne me comporte pas comme vos dames du Sud ne signifie pas que je sois mal-élevée ! Je vous trouve bien grossier pour un chevalier, que je sache je ne me permets pas de vous tutoyer contrairement à vous. »

     Elle se redressa une fois de plus comme si le fait qu'elle garde l'habitude de vouvoyer la rendait fière d'elle. Il était vrai que lord Jeor et lady Jorelle faisaient tout leur possible pour bien éduquer leurs filles, seule Alysane avait été un échec total, les autres enfants des Mormont possédaient au moins un minimum de savoir-vivre et ne se baladaient pas en tunique de combat et armés d'une hache. Sur le coup la demoiselle se dit que ce grossier personnage – au moins autant qu'elle du moins – aurait dû rencontrer Meera la benjamine de la fratrie qui était aussi proche des dames du Sud qu'il était possible de l'être. Alysane avait été vexée, sincèrement, le fait qu'on la prenne pour une sauvageonne la laissait de marbre, mais qu'il s'autorise à insulter sa famille, c'était trop. Elle hésita un bref instant, baissant les yeux vers sa hache comme si celle-ci possédait la réponse à son problème, mais l'arme resta muette à son grand dam. Si elle attaquait, ils étaient trop nombreux et elle finirait tuée sans même avoir prouvé qu'elle avait eu raison d'agir comme elle venait de le faire. Ravalant sa fierté, la guerrière baissa son arme avant de l'attacher à sa ceinture en signe de pacifisme.

     ▬ Très bien. Même si je vous trouve culotté de me parler d'éducation alors que vous me traitez comme une paria, je vais faire ce que vous demandez. Elle le darda de son regard hostile. J'espère au moins que vous aurez la politesse de retirer l'offense faite à ma famille. La jeune femme se faisait force pour essayer d'adopter un ton plus calme et ne pas avoir l'impression de vouloir sauter à la gorge de l'homme. Je m'appelle Alysane Mormont, je viens de l'île-aux-Ours, le domaine de mon père dans le Nord, entre le Mur et la forteresse de Winterfell. Les Sudistes ne connaissaient certainement pas sa maison, d'où sa précision. J'étais en voyage dans l'Ouest afin de découvrir de nouveaux horizons et essayer de me convaincre que les gens du Sud ne sont pas des rustres et des dandys comme on le dit dans le Nord. Elle le dévisagea en plissant le nez d'un air contrarié. Je constate que pour une fois les rumeurs disent vrai... »

     Oh, elle ne voulait guère le provoquer exprès, mais disons qu'il n'avait pas été franchement plus poli qu'elle depuis le début de leur « conversation », même si le chevalier ne s'en rendait certainement pas compte, elle avait été profondément blessée d'être raillée de la sorte par ses hommes. Lorsque l'on sacrifiait tout – dont ses chances de trouver un époux – en épousant la carrière d'homme d'armes, ce n'était pas pour se voir ainsi humiliée par des gens du Sud incapables de comprendre que jamais elle ne pourrait vivre normalement. Qui voulait épouser une femme qui se battait ? Qui voulait engager une femme qui se battait ? Elle n'était pas homme, mais n'était plus femme et chaque rire à son encontre était encore plus difficile à avaler qu'une gifle. Alysane s'humecta les lèvres avant d'en venir au vif du sujet toujours en essayant d'adopter le ton le plus calme possible.

     ▬ J'étais donc en train de marcher sur le bord du chemin pour essayer de rejoindre Port-Lannis où ses environs lorsque ces hommes. Elle désigna l'homme qui l'avait attaquée. Sont passés à côté de moi en manquant de me piétiner avec leurs chevaux. Je les ai interpellés pour leur demander des excuses, ils m'ont insultée et j'ai répliqué, après quoi cet homme est descendu de sa monture pour m'attaquer. Elle serra les dents avant de conclure. A vous écouter, j'imagine que vous me direz qu'une femme n'avait qu'à se taire et se laisser écraser puisque je n'ai rien ? Et bien je suis désolée, mais dans le Nord on m'a appris à garder ma fierté intacte. »

     Son ton avait beau être moins agressif, il était tout de même chargé de reproches. Est-ce que cela servirait à quelque chose. Alysane venait de faire beaucoup d'efforts pour essayer de calmer le jeu, restait à voir si son interlocuteur allait en faire de même.
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Message Sam 17 Déc 2011 - 20:12

Il n'y aurait pas de glorieux carnage en ce jour où peut-être un peu de bon sens allait trouver à s'exprimer. Arthur, quand les décennies auraient voûté son corps et blanchi ses cheveux, se remémorant sa jeunesse et ses vertes années, auraient sans doute pour lui-même un jugement bien sévère, car il serait alors une évidence qu'il ne fut jamais un homme de mesure et de raison. Tout au contraire il était un homme d'excès et de passion, alors il était vain de s'attendre de sa part à du tact, de la finesse ou même de l'élégance dans ses manières. Il reconnaissait volontiers s'être emporté avec bien trop de fulgurance, et la causticité de sa remarque à l'égard des parents de l'étrangère lui apparut soudain comme indigne d'un chevalier, d'autant plus qu'à bien y réfléchir, l'étrangère venue des lointaines contrées nordiques devait être séparée des siens depuis un temps fort long, ce qui ajoutait sans doute au venin de sa réplique. Arthur ne pouvait réprimer cette vague de honte qui déferlait dans sa gorge, mais il se tut et serra les dents ; tout au plus une rougeur sur son front apparut comme un stigmate de son embarras et de sa contrition. La colère a ceci d'intéressant qu'elle masque même à l'homme le plus honorable la félonie de ses humeurs. Arthur n'était ni cruel ni méchant, mais il était abrupt et prompt à l'emportement comme à la violence. Sanguin, il était sujet à la fièvre ardente des feux de la fureur comme personne, et bien qu'il ne le dît jamais, il avait conscience que cela lui était préjudiciable, c'est pourquoi très certainement il se reposait sur sa grand-mère et ses conseillers pour le guider et même user au mieux de ses prédispositions pour les batailles acharnées.

L'étrangère abaissa son arme qu'elle attacha à sa ceinture, Arthur ôta ses mains de la garde de son épée en réponse et en gage de sa volonté de résoudre ce qui lui semblait être un malentendu qui appelait des explications et une punition pour le fautif, qui qu'il soit, l'étrangère ou l'un de ses soldats. Disposée à parlementer, l'inconnue se présenta, révélant son identité. Il s'agissait d'Alysane Mortmont de l'Île-Aux-Ours. Si la situation n'avait pas été si sérieux, Arthur aurait certainement ri de ce dont l'ironie du sort se rendait coupable : cette femme venue du nord avait à maints égards tout d'une ourse, tenace, sauvage, rude et féroce comme elle était. Mais Arthur n'avait point du tout envie de rire, car s'il ne connaissait point que les Stark de Winterfell parmi toutes les maisons nobles du Nord, il se doutait que le patronyme de Mormont devait désigner l'un des bannerets des anciens rois du nord. Après tout, la tradition voulait que seuls les nobles portent un nom de famille, non ? Elle n'était donc pas n'importe quelle étrangère, mais une étrangère membre d'une famille parmi les féodaux qu'on trouve au-delà des vastes marais du Neck. Arthur n'avait jamais rencontré un membre de la noblesse nordienne et ne s'était pas beaucoup intéressé à la question des us et coutumes à travers le continent, mais jamais il n'aurait pu imaginer qu'une lady, dans le nord, s'habillât si pauvrement, si vulgairement. À ses yeux, les ladies du monde entier était à l'image de sa mère, de sa grand-mère, de sa tante, parfois coquettes mais toujours raffinées. Il fallait relativiser car peut-être cette Mormont n'était qu'une exception et que toutes les autres femmes du nord portaient robes et bijoux.

Ce qu'elle dit des gens du sud le fit sourire bien malgré lui car il devait reconnaître qu'il y avait un peu de vrai dans ses paroles, même s'il regrettait qu'elle fût si prompte à se faire une opinion arrêtée. Le fait est qu'on trouvait au sud tant d'hommes différents qu'il paraissait inconcevable de résumer la situation à une petite phrase de peu de mots... Entre Arthur, chevalier de l'Ouest et le conseiller véreux de Port-Réal, entre le guerrier ripailleur du Bief et l'escarmoucheur de Dorne, entre le forgeron de Port-Lannis et le chasseur du Val, il y avait un fossé qu'aucun pont ne franchirait jamais. Tous étaient si différents qu'ils étaient vains de chercher à les contenir dans le même panier. Mais c'était ainsi, chaque région de ce monde avait ses préjugés sur les autres et Arthur lui-même n'y faisait point exception. Cette rencontre inopinée serait certainement pour lui très significative, car elle le confrontait tant à une inconnue qu'à l'Inconnu en général, mais ce n'était point le moment d'y penser, il fallait régler la question des faits générateurs de la situation. Elle s'expliqua avec une justesse et une précision qui laissait peu de place à l'interprétation. Suivant la désignation, Arthur posa un regard noir qui rougeoyait de fureur sur l'homme qu'il avait effectivement trouvé aux prises avec l'étrangère. Ainsi ses propres soldats, au mépris de l'honneur et de la morale auxquels tous ici pourtant souscrivaient, avaient malmené cette voyageuse qui ne demandait rien qu'à suivre sa route vers la ville du Lion d'Or ? Ayant écouté avec patience, Arthur prit quelques instants pour répondre, d'une voix non point tremblante, mais tous pouvaient y percevoir que le jeune chevalier s'apprêtait à distribuer des torgnoles et des réprimandes. Il s'avança vers Rolph, le soldat qui s'était battu contre la guerrière.


– Toi, qu'est-ce que tu en dis ? Dit-elle la vérité ? Le soldat répondit sans attendre, avec aplomb et manifestement un désir trop grand d'en découdre avec elle : – Elle ment, mon seigneur ! Il ne faut pas la croire. Nous passions au pas quand elle a jailli sur nous en faisant tournoyer sa hache, c'est la vérité ! Ainsi donc, elle mentait ? Deux versions pour un même fait, voilà qui compliquait la situation... – Et toi, tu étais là, en arrière, qu'as-tu vu ? Arthur avait posé cette question au soldat qui, depuis le début, était demeuré coi et discret, et n'avait point pris par à l'événement qu'en tant que spectateur impuissant. Celui-ci, hésitant, répondit à voix basse. – Elle dit la vérité... nous l'avons bousculé, Rolph chevauchait en tête et ne l'a peut-être pas vue... il nous a fait revenir vers elle quand elle nous a interpellé... Arthur soupira profondément. Près de lui, il sentait Rolph qui contenait ses tremblements. – Et ensuite ? Le soldat poursuivit encore plus faiblement : – Il l'a attaqué et provoqué le duel, mon seigneur...

Arthur renifla péniblement et se détourna du témoin pour revenir vers Rolph, qui déglutissait à grand bruit et avec peine. Lentement, il posa une main ferme sur l'épaule du soldat, ses doigts pressant la maille et le cuir matelassée comme pour les briser. Arthur demeure quelques instants ainsi, ses yeux dardant ceux du soldat d'éclairs furieux et courroucés. Celui-ci ne savait trop quoi faire, mais avant qu'il ait pu dire quoi que ce soit, le poing d'Arthur s'était abattu de toute sa force sur sa mâchoire. Rolph manqua de tomber à la renverse mais Arthur se désintéressa de lui, il se tourna vers Alysanne. Il ne savait pas vraiment comment s'adresser à elle désormais... Conscient d'être très maladroit avec les choses du protocole, il pensa alors qu'étant donné la situation, il était inutile et stupide de se reposer sur les coussins de la bienséance. Malgré tout, il allait bien devoir lui parler et se résoudre à faire cette chose pour laquelle les Sept ne l'avaient jamais ni préparé ni même armé. Au fond de lui, Arthur ne put s'empêcher de penser qu'il eût été plus simple et plus facile d'engager la guerrière en combat singulier, car c'était là un langage qu'Arthur comprenait et maîtriser. Il sourit à cette pensée.

– Je vous prie d'excuser la façon dont nous vous avons traité. Les temps sont durs pour nous tous et je ne suis pas habile avec les conventions et l'étiquettes. Je fais mieux parler mon épée que ma langue. Cet homme vous a attaqué et sera sévèrement puni, j'y veillerai moi-même. Cependant si vous souhaitez exiger quelque chose de lui sur le champ, parlez tout de suite et il s'exécutera sans discuter. Après une brève inspiration, Arthur poursuivit en espérant qu'après toutes ces maladresses, sa dernière phrase n'en sera pas une énième... – La route que voilà vous mènera jusqu'à Port-Lannis, mais elle n'est pas très sûre. Des bandits ont été signalés et il se peut même que des pillards fer-nés se terrent encore dans nos régions. Je ne doute pas que vous soyez assez forte pour vous débrouiller seule, mais j'insiste pour vous servir d'escorte jusqu'à la cité. Ainsi j'aurai payé la dette que j'ai pour avoir laissé ces hommes vous traiter comme ils l'ont fait.

Arthur regretta presque aussitôt ce qu'il venait de dire. Il était sincère et espérait que cela se voyait, s'entendait et se sentait, mais il craignait qu'à nouveau ses maladresses ne le desservent comme si souvent quand il fait œuvre d'honnêteté. Sa grand-mère avait souvent cherché à lui corriger ce défaut sans jamais y parvenir, mais elle n'avait jamais non plus trop forcé : d'après elle, une bonne colère vaut mieux qu'un mauvais sourire. Arthur n'aurait su dire ce qu'Alysane aurait préféré, qu'il soit tout de miel et de douceur, ou qu'il soit tel qu'il a été, franc et maladroit. Il ne la connaissait pas assez, et était trop peu expert du genre humain si bien qu'il doutait d'un jour avoir assez de sagesse pour prétendre jauger le cœur des hommes et des femmes avec précision et acuité. Il respirait doucement quand elle prit la parole, espérant qu'elle comprendrait son embarras. Le texte avait été maladroit, mais le cœur y était.
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Message Dim 18 Déc 2011 - 13:15

     La jeune femme guettait la réaction de l'homme qui lui faisait face, s'attendant presque à ce qu'il prétende que ses hommes étaient justes et loyaux et que s'il y avait le moindre problème, cela devait venir d'elle. Avec le temps, la jeune femme avait appris que la faute incombait toujours au « sexe faible » comme si les dames portaient toutes las tares du monde. Un seigneur avait toujours tendance à protéger ses hommes, mais encore fallait-il que la jeune femme se rende compte que c'était bien un lord qui lui faisait face, à ses yeux cet individu n'était qu'un responsable de garde ou quelque chose du genre. Disons surtout que c'était mieux que les choses se présentent ainsi, Alysane éprouvait toujours de fortes réticences à l'idée de devoir bavarder avec un autre noble, on l'avait tant de fois raillée sur son physique et ses habits peu efféminés, chat échaudé craint l'eau froide comme disait l'adage. La demoiselle le lâchait pas le visage de l'homme de ses yeux mordorés alors qu'elle le voyait en train de décrocher un regard noir au soldat qui l'avait attaquée quelques instant plus tôt, est-ce qu'il prêtait foi à sa version ? Elle le saurait bien assez tôt puisque l'étranger s'approcha du fou qui avait eu l'audace de provoquer la Mormont. Celle-ci espérait que les choses allaient enfin s'arranger, elle commençait à croire qu'elle était maudite par les Dieux anciens pour avoir quitté sa terre natale et que chaque voyage qu'elle entreprendrait se solderait de la sorte.

     Visiblement les soldats n'étaient pas rassurés ce qui laissait penser à Alysane que l'homme devait être respecté, une bonne chose, elle-même agissait comme son rang le lui permettait vis-à-vis des autres et de leurs hommes. Même si elle n'avait rien d'une lady dans le sens propre du terme, l'Ourse ne se gênait pas pour autant pour donner des ordres aux hommes d'armes de leur maison, ce n'était pas son genre de faire ami-ami avec ces personnes, même si elle les respectait sincèrement.

     Lorsque le soldat qui avait attaqué la jeune femme répondit à la question, la demoiselle manqua de s'étouffer de rage, il osait la traiter de menteuse ! Elle qui faisait tout son possible pour ne jamais dire quoi que ce soit d'erroné, autant dire que la frustration était grande et la guerrière aurait bien apprécié de se retrouver seul à seul avec le bougre pour lui faire voir ce qu'elle pensait de tout cela. Mais l'inconnu ne se laissa pas embobiner bien heureusement, Alysane commença à envisager la possibilité qu'il cherche réellement à découvrir la vérité et non à se débarrasser d'une femme agaçante, peut-être qu'il n'était pas aussi sot qu'elle l'avait envisagé de prime abord ? Attendant la suite des évènements, elle laissa un sourire se plaquer sur ses lèvres gercées par la chaleur lorsque le jeune resté en arrière déclara que « Rolph » l'avait bel et bien attaquée. Il était pris comme un rat, au moins n'aurait-il plus l'excuse de la traiter de menteuse si même si homologue le trahissait.

     La Mormont observa le jeune garçon qui venait de lui sauver la mise avant de reporter son attention sur les autres au moment où l'inconnu envoya un coup de poing au soldat qui recula sous le choc. C'était un bon début, la hargne de la brune s'apaisa provisoirement alors que l'homme se détournait du soldat trop zélé pour s'avancer vers elle et lui présenter des excuses. Oh, une fois n'est pas coutume, ce n'était pas tous les jours qu'un homme qui semblait aussi fier que lui venait s'excuser, une fois de plus Alysane apprécia l'effort. Il lui proposa même d'exiger quelque chose du Rolph en attendant la véritable sanction, mais pour une fois la colère de la brune était retombée, elle n'était pas du genre à humilier les hommes et à les descendre dès que l'occasion se présentait. Il devait avoir assez honte devant ses collègues. Tandis qu'elle réfléchissait, l'homme lui expliqua que la route menait jusqu'à Port-Lannis, mais qu'elle était assez peuplée pas des brigands. Alysane se serait habituellement vexée que l'on puisse envisager qu'elle ai besoin d'aide pour s'en débarrasser, mais il la prit de court en prétextant le contraire et sur le coup, elle ne su quoi dire. Après un bref moment de réflexion, la jeune femme répondit enfin.

     ▬ Pour commencer, je ne souhaite rien de ce soldat, si ce n'est qu'il cesse de se conduire comme un idiot avec les voyageurs qu'il rencontrera à l'avenir. Je vous fais pleinement confiance pour le reste. »

     Elle avait changé de discours comparé à ce qu'ils se disaient avant c'était certain, mais disons que ce qu'il avait réussi à la convaincre qu'il ne cherchait pas simplement à jouer les chevaliers dignes des comptes de fée, mais simplement à comprendre ce qui c'était réellement passé. La jeune femme réfléchit un instant à la proposition qui venait de lui être faite, elle observa le visage du chevalier tout en se demandant si elle ne gagnerait pas plus à s'en-aller tout de suite, mais il risquait de croire qu'elle le snobait et Alysane ne voulait pas brouiller le début des « réconciliation » tout de même. Tant pis, la Mormont se débrouillerait pour le faire changer d'avis sans avoir l'air de refuser, de toute manière même si elle avait voulu, elle n'aurait jamais pu accepter.

     ▬ Et ensuite, je ne considère pas que vous ayez une quelconque dette à mon égard, si vous m'aviez coupé un bras je ne dirais pas, mais là je ne vois aucune raison pour que vous vous embarrassiez d'un voyageur, je ne voudrais pas vous gêner et comme vous l'avez dit, je n'ai pas particulièrement besoin d'escorte. »

     Elle ne refusait pas, mais donnait simplement à cet homme la pssibilité de reprendre sa proposition sans avoir l'air d'un butor. La guerrière s'éloigna légèrement afin de récupérer le sac et les épaisses fourrures d'ours qu'elle avait laissé tomber sur le côté du chemin lorsque l'autre idiot était venu la défier. Heureusement rien ne s'était abîmé, elle s'en serait éternellement voulu si l'un des peaux d'ours avait été souillée. Alysane les épousseta rapidement avant de se tourner à nouveau pour faire face à l'homme tout en chargeant ses affaires sur ses épaules pour équilibrer le tout et ne pas se fatiguer inutilement les épaules.

     ▬ Vous ne savez peut-être pas user du protocole, moi non plus comme vous l'avez certainement constaté donc inutile de vous encombrer de tout cela, de plus vous savez parler aux hommes d'armes c'est ce qui compte. Il avait réussi à l'empêcher de protester après tout non ? Cela dit même si j'avais été tentée d'accepter votre proposition, je voyage à pied et je n'ai pas de monture pour tenir votre rythme, surtout si vous devez protéger cette région des intrus. »

     Elle avança légèrement pour finalement s'arrêter à une longueur d'épée de l'homme, puis Alysane le dévisagea quelques secondes d'un air qui n'avait rien de très protocolaire. Restait à espérer qu'il ne se formaliserait pas du fait qu'une femme du Nord le regardait comme si c'était la première fois qu'elle voyait un homme civilisé. Pour tout dire, la raison de cette attention était toute autre, malgré sa politesse et ses bonnes manières, l'inconnu avait omis de se présenter, ainsi la demoiselle ne savait toujours pas face à qui elle se trouvait. Arborant un sourire à la fois amusé et déjà plus détendu que précédemment, elle se renseigna donc avec toute la politesse qu'elle pouvait posséder.

     ▬ Cela dit, vous pourriez faire quelque chose pour moi effectivement. Elle inspira légèrement. A qui ai-je l'honneur ? J'aimerais bien savoir de qui je me suis attiré les foudres. Après quoi vous pourrez vous libérer de ma présence sans avoir un poids sur la conscience »

     Enfin elle s'était puisque logiquement il ne devait plus avoir de raison de lui en vouloir non ? Alysane n'était jamais convaincue en totalité, elle craignait toujours que quelque chose ne vienne contrecarrer tout cela, restait à espérer que l'homme n'allait pas se sentir offensé du fait qu'elle lui demande son nom alors qu'il faisait preuve de gentillesse à son égard. Des fois les hommes étaient plus susceptibles que les femmes, surtout dans le Sud.
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Message Dim 18 Déc 2011 - 22:39

Arthur n'était pas plus à son aise avec cette étrangère qu'il ne l'aurait été avec un sanglier sauvage. Il craignait à chaque instant qu'un mot de trop la jette hors de ses gonds et qu'elle s'énerve à nouveau contre lui. Ce n'est pas qu'il se souciait tant que cela de l'opinion que cette demoiselle avait à son sujet, mais il n'était plus d'humeur à laisser la situation dégénérer en combat à mort. Peut-être cette Alysane Mormont était-elle comme lui, doté d'un caractère prompt à l'emportement, taillé pour la colère plus que pour la patience. Forcément, de leur rencontre ne pouvait naître qu'une situation emportée et fulgurante. Elle avait l'air apaisé, malgré tout, et peut-être les efforts de prudence et de retenue qu'avait déployés le jeune Arthur avaient-il finalement porté leur fruit ? Sa grand-mère avait raison, la diplomatie et la raison avaient du bon. Mais aux âmes la valeur n'attend pas le nombre des années, aussi était-il vain d'espérer d'Arthur qu'il devienne un jour un modèle de bon sens et de rigueur intellectuel. L'étrangère n'en avait certainement point conscience, mais choisir les voies de la discussion était un exploit pour Arthur pour qui il aurait été bien plus facile de laisser exploser sa fureur et d'user de son épée Griffe Rouge pour trancher dans le lard cette nordienne si particulière. Elle lui faisait confiance pour administrer au soldat sa juste punition, et elle avait raison, Arthur n'était ni magnanime, ni indulgent. Il aurait plutôt même tendance à être excessivement sévère, surtout avec ses hommes... Il n'était cependant pas d'accord avec elle quand elle déclara qu'elle ne considérait pas qu'il avait à son égard contracté une dette. Que faisait-elle de l'affront qu'elle avait enduré par sa faute, lui qui n'avait su mieux s'entourer d'hommes honorables et compétents ? Certes, il n'était pas directement impliqué, mais par la faute de ce même soldat grossier et brutal, il avait mis en péril son honneur en menaçant de son arme une femme, et bien qu'il ait accordé dès le début le bénéfice du doute à l'étrangère, il se devait de racheter sa faute. La honte serait trop insultante, d'autant plus qu'à y réfléchir, il ne souhaitait que cette nordienne quitte son domaine avec une mauvaise opinion de lui. Il ne s'attendait pas à ce qu'elle se pende à son cou, bien sûr, mais il était fier comme un lion et têtu comme un mulet. Il l'écouta avec patience et s'efforça de demeurer silencieux quand elle déclara ne pas vouloir le gêner. Il lui offrait cette escorte de bon cœur, alors il allait de soi qu'elle ne le gênait pas... Mais peut-être était-elle aussi fière que lui et ne souhaitait-elle pas faire aveu de faiblesse en acceptant si promptement sa proposition... ce qu'il pouvait comprendre. Il ne la connaissait point, mais il savait déjà qu'elle était une femme très heureuse et fière de son indépendance. Chose qu'il respectait malgré tout, et bien que cela fut pour lui très surprenant. Une femme guerrière... c'était bien la dernière qu'il s'était attendu à rencontrer en quittant son lit au petit matin pour une nouvelle journée... qui sait s'il ne rencontrerait pas autre chose de plus étrange encore avant que le soleil ne quitte le ciel pour laisser place à la nuit ?

Il soupira de soulagement quand elle concéda qu'elle aussi n'avait pas la connaissance ou le goût des circonvolutions protocolaires si précieuses aux jeux et intrigues des cours de toutes les grandes places politiques de ce monde. Aussi curieux et improbable que cela puisse être, le chevalier et la femme d'armes avaient un point commun ! Eux que tout opposait se rassemblait sur ce point, tout n'était donc pas perdu d'avance et leur petite altercation n'était plus désormais qu'un malheureux malentendu. Ce qu'elle dit au sujet du voyage à pied lui donna une idée qui peut-être motiverait Alysane à accepter son offre. Arthur n'en démordrait pas de si tôt, il accompagnerait cette étrangère jusqu'à Port-Lannis à pied, à genoux même s'il le fallait. Il n'hésiterait pas à ôter son armure et voyager dans le plus petit apparat, couvert d'une simple peau d'ours si c'était là ce qu'il fallait faire pour payer sa dette. Cette nordienne apprendrait bientôt que les hommes du sud pouvaient être d'un naturel très obstiné, voire carrément têtu. Quant aux bandits qu'ils recherchaient, ils n'en avaient trouvé aucune trace et Arthur, peu stratège mais très audacieux, songea que s'ils voyageaient sur la route avec l'air de ne point trop être sur leurs gardes, cela attirerait peut-être ces vauriens dans ce qui semblait être un piège rudimentaire voire même inefficace, mais un piège malgré tout. Alysane s'avança et le dévisagea d'un regard scrutateur quelque peu... embarrassant. Songeant qu'il s'agissait peut-être d'une coutume original du Nord, Arthur tâcha de soutenir ce regard inquisiteur mais moins chargé de reproches qu'auparavant, allant même jusqu'à sourire en réponse au sourire de l'étrangère qui demanda son nom comme une faveur. Il ne s'était pas présenté tout de suite, à dessein, car après tout il avait parié sur le fait que se présenter en grande pompe comme le seigneur de ces terres et l'un des vassaux du Lion d'Or aurait agacé la demoiselle. De plus, Arthur avait toujours estimé que ce qui déterminait la valeur d'un homme était moins son nom que ses accomplissements, et il n'avait jamais considéré que naître fils de lord Reyne l'avait doté par nature de qualités particulières. Il s'était entraîné comme les autres pour devenir le chevalier qu'il était aujourd'hui, et son nom... n'était rien de plus que le stigmate de la dette qu'il avait à l'égard de sa seigneurie qu'il devait commander et mener à la prospérité.


– Je suis Arthur Reyne, du château de Castamere, situé à flanc de montagne non loin d'ici. Après une brève inspiration, Arthur poursuivit en espérant qu'après toutes ces maladresses, sa dernière phrase n'en sera pas une énième... – Vous ne seriez point une gêne, mais mon invitée.De son index tendu, il désigna derrière lui le soldat qu'il avait cogné. – Son cheval vient juste de se libérer. Si vous le désirez, vous pouvez le monter. L'animal est grand, mais docile. Arthur alla jusqu'au cheval dont il saisit la bride pour le conduire jusqu'auprès d'Alysane. – Vous êtes plus digne de le chevaucher que son ancien propriétaire. Arthur parlait ainsi avec passion, car comme d'autres chevaliers, il était un cavalier et entretenait avec la gente chevaline une relation très particulière. Il considérait ces animaux comme les plus nobles de la création, et avait pour eux tout le respect qu'il aurait pu avoir pour un frère. Cela s'entendait certainement dans sa façon d'en parler. – Cependant si vous le préférez, nous irons à pied. Port-Lannis n'est pas si loin et... Arthur hésita quelques instants avant de poursuivre, conscience de ce qu'il prenait à la fois le risque d'être ridicule et le risque de froisser la demoiselle. Au point où ils en étaient de toutes façons, il n'y avait peut-être que peu à craindre des écarts de langage, puisque seule importait la conduite... – Et puis j'aimerais en savoir davantage sur le Nord. Cette remarque était sincère, Alysane Mormont, cette femme guerrière au tempérament volcanique sous un manteau de givre, l'avait piqué au vif dans sa curiosité et lui qui n'avait jamais connu de femmes qu'en robes et belles toilettes, il ne voulait pas manquer d'en apprendre davantage et comprendre ce qui pouvait pousser une femme à prendre les armes. Il avait toujours autant de mal à le concevoir et à la reconnaître comme possible, mais il se rendait à l'évidence... Alysane était bien réelle, elle n'était ni le fruit d'un mysticisme, ni le fruit d'une illusion. Arthur admirait la vaillance et la force, or cette femme si étonnamment inhabituelle semblait en avoir à revendre. Pourquoi se priverait-il d'une discussion enrichissante ? Sa grand-mère aurait très certainement approuvé. Restait aussi, raison fondamentale, la dette d'honneur qu'il estimait avoir à l'égard de l'étrangère. Autant de raisons pour insister !
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Message Lun 19 Déc 2011 - 14:34

     Ainsi donc Alysane avait presque réussi à se mettre à dos le seigneur des terres qu'elle traversait. Au final ce n'était pas tellement grave, la jeune femme n'avait pas pour habitude de se comporter plus aimablement avec un seigneur qu'un simple roturier, chose qui lui avait fréquemment valu des remarques acerbes d'ailleurs. Elle avait pour habitude de jauger la valeur des gens à leurs actes et leur comportement plutôt qu'à un titre pompeux hériter d'un père ou d'un oncle. La Mormont fixait le chevalier sans répondre alors qu'il lui déclarait qu'elle serait une invitée, c'était une manière de voir les choses, une invitée que l'on ne devait certainement pas avoir envie de fréquenter lorsque l'on était seigneur. Lord Arthur risquait fortement de s'attirer l'amusement de ses gens si jamais on le voyait voyager avec une femme qui lui ressemblait, Alysane avait tellement l'habitude d'être considérée comme une gueuse qu'elle savait désormais l'effet qu'elle produisait chez les nobles qui partageaient pourtant le même statut qu'elle. Cela dit si le jeune chevalier désirait prendre ce risque, elle n'allait pas refuser après tout, n'était-elle pas ici dans l'espoir de rencontrer des personnes dignes d'intérêt ? Si et cet homme semblait être orienté sur la bonne voie.

     Il trouva même le moyen de palier à l'absence de monture en lui proposant de chevaucher la bête qui avait manqué de lui marcher dessus à savoir celle de l'homme qui l'avait traitée de menteuse. Une juste revanche en y songeant, la jeune femme contempla la bête que lord Arthur lui amena très poliment, elle n'avait pas peur de monter de grands animaux, après tout son père lui avait offert son étalon nerveux qu'il ne montait plus en raison de sa jambe raide. La demoiselle avait une certaine affection pour les bêtes caractérielles tout comme elle, à qui elle pouvait confronter son esprit de compétition, mais il fallait avouer que pour chevaucher aux côtés d'un homme qu'elle avait manqué d'attaquer, mieux valait une bête docile. Le chevalier parlait étrangement à propos de la monture, la jeune femme n'était pas du tout du genre à aduler les montures, en réalité elle ne faisait confiance qu'à ses propres jambes. Certainement parce que son île natale n'était pas du genre à permettre de longues chevauchées et parce qu'elle avait vu l'excellent guerrier qu'était son père devenir un homme éprouvant des difficultés à marcher convenablement suite à une chute de cheval. Cela dit, elle ne rechignait pas à l'idée de chevaucher lorsque l'occasion se présentait, cela faisait gagner du temps et permettait de reposer un peu les jambes après tout.

     Elle fut agréablement surprise et quelque peu touchée lorsqu'elle entendit lord Arthur proposer d'y aller à pied si elle préférait cette option, ce n'était pas le genre de choses que tout le monde aurait eu en tête il fallait en convenir. Alysane ne pu retenir un sourire lorsqu'elle entendit qu'il désirait en apprendre plus sur sa région natale, ce fut ce qui la décida. La Mormont secoua la tête d'un signe de dénégation, elle était prête à monter à cheval pour remercier cet homme de sa politesse, Alysane tendit donc la main pour attraper les rênes de la monture que lord Arthur lui prêtait si gracieusement tout en répondant d'un ton beaucoup plus modéré que précédemment.

     ▬ Je vous remercie, dans ce cas si vous désirez en savoir plus sur ma région natale, je peux qu'accepter votre invitation, sans compter que vous faites preuve de beaucoup d'attention à mon égard je dois l'avouer. Je n'y suis guère habituée, mais je comprends mieux la réputation des chevaliers désormais. »

     Ce n'était nullement une insulte bien évidemment, même si auparavant la jeune Nordienne avait avancé cette réputation comme futile et surtout infondée. Elle cherchait simplement à dire qu'elle appréciait beaucoup le fait qu'il ait proposé de continuer à pied alors qu'il était le lord de ces terres, il fallait admettre que le voir traverser ses terres en compagnie d'une espèce de sauvageonne et sans sa monture n'était pas donné à tout le monde. La jeune femme contourna la bête pour se débarrasser rapidement de ses affaires en les installant sur la monture qui ne broncha pas, elle semblait effectivement très docile. La guerrière enjamba rapidement le destrier avant de s'installer aussi confortablement que possible sur la selle de cuir. La tenue que la jeune femme portait facilitait grandement les chevauchées, les dames qui s'encombraient de robes étaient bien plus gênées dans de telles occasions alors que la brune pouvait monter comme un homme. Alysane prit fermement les rênes avant de faire tourner l'animal pour pouvoir se diriger vers lord Arthur qui avait eu le temps de regagner sa propre monture pendant ce temps, puis elle lui adressa quelques mots d'un air amusé.

     ▬ Cela dit, je dois admettre qu'il aurait été amusant et très original de vous voir marcher en ma compagnie. J'imagine que cela aurait été une grande première.... Et très certainement une grand dernière. »

     Un rire traversa la barrière de ses lèvres, pas le genre de rire que l'on pouvait attendre d'une dame, un rire beaucoup plus fort et plus rauque, digne d'une roturière ou d'une dirigeante de taverne. Alysane ne se moquait pas de lui, disons simplement que désormais que la tension s'était envolée, la demoiselle voyait là l'occasion de retrouver son comportement normal, en espérant que cela n'effraie pas trop le malheureux lord qui s'était trouvé au mauvais endroit au mauvais moment. Lorsque le chevalier fut installé sur sa monture, la guerrière flatta l'encolure de la sienne avant de la mettre en marche, n'accordant pas un regard à l'homme à qui elle venait d'emprunter la monture, il l'avait cherchée, il s'en tirait à très bon compte. La demoiselle laissa passer quelques instants de silence avant de reprendre la parole en regardant autour d'elle.

     ▬ Je ne suis nullement devin, mais pourtant je suis prête à parier que je connais votre première question sur le Nord. »

     La jeune fille inspira longuement en tourna ses yeux mordorés vers le lord, les gens lui posaient toujours la même question, du moins les Nordiens. Depuis qu'elle voyageait du Nord au Sud, elle avait toujours été interrogée sur ce point comme si les Sudistes craignaient que d'autres femmes qui lui ressemblaient pouvaient exister. Un sourire ne quittant pas ses lèvres gercées, la Mormont annonça la couleur.

     ▬ Vous allez me demander si toutes les dames du Nord sont comme moi. A quoi je vous répondrais non, pas toutes, seules certaines. Le Nord tolère davantage les femmes guerrières que les régions du Sud, Dorne excepté et disons que certaines d'entre nous ont décidé d'épouser la carrière d'homme d'armes. Mais ce n'est pas le cas de toutes, je suis la seule de ma famille par exemple. »

     Elle songea à Deana, une femme qui lui ressemblait beaucoup, mais qui était devenue soldat à Winterfell plus par obligation que pour autre chose. La jeune femme était originaire d'un clan qui vivait près du Mur et très peu nombreux étaient les lords désireux d'épouser des femmes de ces maisons, même si elles possédaient le titre de lady. A croire que les représentants du sexe fort avaient peur d'une femme capable de les battre, ils étaient ridicules. Alysane elle-même avait décidé d'oublier la possibilité de faire un mariage digne d'entrer dans les annales, elle était la moins élégante et délicate des filles Mormont et espérait pouvoir prendre la direction de sa famille. Cette-dernière était très spéciale, les femmes pouvaient diriger au même titre qu'un homme et n'avaient nul besoin de se marier du moment qu'elles avaient une descendance. Même dans le Nord ils faisaient figure d'originaux alors pour un natif du Sud, inutile d'imaginer ce qu'il penserait de tout cela. La brune resta un instant silencieuse avant de conclure.

     ▬ Que pourriez-vous me demander pour que je puisse satisfaire votre curiosité ? J'imagine que pour un homme qui a été élevé en tant que chevalier, beaucoup de nos traditions paraitront barbares ou décalées... Vous savez, les chevaliers sont très rares dans le Nord. »
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Message Mer 21 Déc 2011 - 23:13

Alysane accepta de faire le voyage à cheval. C'était une chose chère aux yeux d'Arthur, qui appréciait les efforts déployés par l'étrangère pour éloigner le plus possible l'ombre du malentendu qui manqua de les conduire à l'affrontement. Était-elle bonne cavalière ? À première vue, Arthur ne l'aurait point juré, mais les dernières minutes avaient définitivement achevé de le convaincre que les apparences peuvent être trompeuses. La demoiselle sembla s'étonner de ce qu'Arthur s'intéresse à sa région natale, les froides contrées du Nord, mais elle accepta son invitation sans se faire prier. Quel dommage en vérité qu'un malentendu ait quelque peu terni leurs premiers échanges... Dans le fond, si cette étrangère n'avait été une femme, elle était typiquement le genre d'homme qu'Arthur aurait aimé compter parmi ses amis : franc, direct et sans prétention. Il s'abstiendrait naturellement de le lui dire. Il ne put s'empêcher de rire à sa remarque sur la « réputation des chevaliers » du sud. Elle avait sans doute beaucoup entendu parler de ces m'as-tu vu à l'armure étincelante du Bief, ces crétins trop fiers pour être honorables et trop clinquants pour être honnêtes, de faux chevaliers ignorants des valeurs réelles de la chevalerie, des adeptes d'une morale creuse et minaudière, rien de plus, rien de moins ! En rencontrant Arthur, elle avait plus ou moins croisé la route d'un chevalier atypique si son référentiel était effectivement ces épouvantails de foires qu'étaient les chevaliers du grand sud. Lui était fier, mais cela ne souffrait aucune manifestation visible. Sa fierté pulsait dans ses veines, il n'avait guère besoin de l'exhiber sur son armure.

Arthur enfourcha son cheval avec toute l'habileté et toute l'aisance qu'il avait acquise à travers les années. Ses hommes à pieds firent de même et une fois tout ce beau monde à cheval, ils s'alignèrent derrière leur seigneur avec discipline et grand silence. Il s'agissait de ne point s'attirer ses foudres, et le soldat débile qui avait perdu le droit d'user de sa monture se rangea en fin de file et en gage de punition supplémentaire, il formait l'arrière-garde parfaite et devait tenir le rythme, Arthur fut très clair à ce sujet. Alysane le rejoint ensuite et ainsi accompagné le jeune chevalier put ouvrir la marche vers Port-Lannis. Effectivement, Arthur n'avais jamais eu de compagnon de voyage tel que la demoiselle. Il n'avait pas beaucoup voyagé, et sans doute était-ce la raison de sa grande ignorance de toutes les originalités de ce monde. En lui, Arthur sentait naître l'envie sourde et turgescente d'en savoir davantage sur l'au-delà des frontières de l'Ouest, et l'idée d'organiser un voyage germait au fond de sa tête comme une graine au printemps revenu. Il en parlerait à sa grand-mère, celle-ci saurait certainement par où commencer pour découvrir les us et coutumes les plus étonnantes et les plus étranges de cette partie-là du continent. Mais pour l'heure il était en compagnie de la seule femme guerrière qu'il avait jamais rencontrée, et de plus celle-ci venait du Nord, d'une île lointaine, Arthur comptait donc en profiter pour lui poser toutes les questions qui par la tête lui passait. Le rire d'Alysane résonna dans ses oreilles. Il n'avait jamais entendu un bruit semblable auparavant, et en tout cas, il n'avait jamais entendu aucune femme de son entourage rire de la sorte. On était bien loin du rire discret et capitonné de sa mère, ou du rire sec et pincé de sa grand-mère. Bien qu'il fût très bizarre, ce rire n'en demeurait pas moins communicatif et bientôt, Arthur lui-même éclata de rire en entendant Alysane, après quelques instants de silence, prétendre connaître la première question qu'il comptait lui poser.

Effectivement, elle ne fit point erreur, mais mouche ! Elle l'avait anticipé, car effectivement, ses premières interrogations portaient sur les femmes du Nord. Étaient-elles toutes comme Alysane, guerrière irascible et féroce ? Le Nord devait-il sa longévité et sa réputation à la force, la bravoure et la pugnacité des épouses ? Arthur n'y croyait pas vraiment et quand elle concéda être elle-même une exception parmi la multitude, il ne put s'empêcher de réaliser qu'effectivement, Alysane était exceptionnelle et qu'il avait de la chance d'avoir croisé sa route. Lui que la monotonie du quotidien exténuait d'ennui, voilà qu'il croisait la route d'une telle curiosité, d'une telle force de la nature ! C'était un peu comme si les Sept avaient répondu favorablement à ses prières, et Arthur s'en réjouissait. Ainsi la carrière d'hommes d'armes étaient ouverte aux femmes, dans le Nord ? Ce n'était assurément pas le cas dans le Sud où le rôle des femmes se cantonnaient à des tâches autrement moins dangereuses. Il n'aurait certainement pas dit cela s'il avait connu les risques et les douleurs de l'enfantement, mais c'est ce que pensait le jeune Arthur, car à ses yeux les femmes menaient la vie tranquille et domestique pendant que les hommes s'occupaient des affaires importantes. Imaginer qu'une femme prenne les armes, se batte... et pourtant Alysane était là devant lui, en chair et en os !

Attentif au silence d'Alysane, Arthur l'observa avec attention et sans pudeur, après tout il n'était pas habile pour dissimuler ses expressions et ses pensées. Cette étrangère n'était pas vraiment belle, mais il émanait d'elle une force primitive à la fois effrayante et fascinante pour la curiosité du jeune chevalier qui, parfois en écoutant Alysane parler, se demandaient si elle n'était pas un personnage de fable, un pur produit de son imagination... Arthur n'était pas spécialement porté sur la boisson et il n'avait pas bu avant de partir en expédition punitive contre les bandits, mais il se surprenait parfois à croire qu'il rêvait, qu'il fabulait cette guerrière sauvage au rire tonitruant... Pourtant il était bien sobre et tout à fait conscient. Elle était là, dans toute sa bizarrerie fascinante. Quand elle questionna ce que pourrait être ses propres questions, Arthur sentit la plupart de ses interrogations se bousculer sur ses lèvres mais rien ne sortit tout d'abord qu'un soupir extatique. Sa curiosité était telle qu'elle risquait de l'interrompre avant qu'il n'ait fini d'énoncer ses questions, aussi décida-t-il de les déclamer d'une traite, mais sans précipitation. Il ne fallait tout de même pas qu'elle pense de lui qu'il était tel un gosse devant l'inconnu.


– Vous avez répondu à ma première question, mais j'aimerais en savoir davantage... En effet s'il connaissait désormais l'existence des femmes guerrières, il n'en demeurait pas moins ignorant des raisons qui pouvaient pousser une femme, destinée au mariage et à l'enfantement, à prendre les armes. – Qu'est-ce qui vous a déterminé à prendre les armes et à suivre la voie du guerrier ?Il se retint d'ajouter que c'était très inhabituel et qu'une femme ne devait avoir d'autres objectifs que de procréer, c'eût été la bêtise assurée. – Vous êtes une voyageuse mais j'imagine que ce n'est pas seulement le besoin de protection qui vous a motivé, je me trompe ? Il y avait forcément autre chose, Arthur en était persuadé, mais soucieux qu'il était de ne pas incommoder la demoiselle par une question trop intrusive, il en ajouta d'autres, afin de lui ouvrir a trappe pour esquiver celles qui la gêneraient ou lui déplairaient. – La vie est-elle si différente dans le Nord ? Comment sont les nobles de là-bas ? Sont-ils comme le dit le dicton aussi rude que la terre qui les voit naître ? Arthur ignorait tout du Nord, il n'en savait rien que les bribes dont il avait le souvenir et qu'il avait appris par le passé du mestre attaché au service de sa maison... d'étranges rumeurs lui revenaient au sujet d'une maison noble du Nord, on racontait qu'ils écorchaient leurs ennemis s'en faisaient des manteaux... mais peut-être n'allait-il pas raconter cela si cette rumeur évoquait les Mormont. – Qu'est-ce qui vous distingue de nous autres, en dehors du climat ? La question était peut-être un peu brutale, mais le ton d'Arthur n'avait rien de moqueur. Au contraire.
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Message Jeu 22 Déc 2011 - 13:59

     Alysane était agréablement surprise par l'intérêt du chevalier vis-à-vis de sa région natale, au début elle avait surtout imaginé qu'il se montrait aussi intéressé pour essayer de ne pas la vexer davantage, mais vu le flot de questions qui se déversa après sa brève introduction, le doute n'était pas vraiment permis. Elle l'écouta patiemment, ses interrogations étaient légitimes et à sa place la demoiselle aurait certainement posé les mêmes, cela dit Alysane était loin de connaître toutes les rumeurs qui circulaient sur sa région et elle n'était pas sûre de pouvoir lui répondre de manière très satisfaisante. Cela dit, après toutes les questions, la Nordienne prit quelques secondes pour réfléchir à tout cela et répondre aux mieux à son interlocuteur pétrit de curiosité.

     ▬ Je vous répondrais par une question, qu'est-ce qui vous a poussé à devenir chevalier ? Je dirai qu'il y a de multiples questions, déjà parce que j'ai toujours davantage aimé les armes et le combat que le tricot et tout ce que faisaient les autres femmes. Puis elle avait toujours été trop peu patiente et appliquée pour faire une bonne couturière. De plus, je dois avouer ne jamais avoir été intéressée par tout ce que la vie d'une femme offrait, les épousailles forcées et devoir rester à domicile pour élever les enfants, je rêvais de pouvoir voyager et pourquoi pas rencontrer des personnes qui sauraient m'en apprendre davantage ? Même si ce n'était que récemment qu'elle avait eu l'occasion de voyager, Alysane en rêvait depuis toujours. Et pour finir, je dirais que les traditions de ma famille font qu'une femme peut se permettre d'occuper les responsabilités d'un homme et par conséquent je préfère me concentrer sur le combat et ce genre de choses que sur le reste. De plus j'ai eu un bon professeur. »

     Son frère bâtard pour être plus exact, Jorah avait toujours été là pour elle et lui avait enseigné tout ce qu'elle savait. Si elle avait été un homme, la Mormont aurait souhaité lui ressembler, sauf que son caractère était bien trop effacé au goût de la brune. Alysane était bel et bien consciente que tout ce qu'elle disait devait avoir l'air étrange pour un chevalier du Sud, même pour certaines maisons du Nord les Mormont n'étaient pas « normaux ». Même en étant une femme, la demoiselle pouvait prétendre accéder à la direction de sa maison, le jour où son père et sa mère les quitteraient – jour qu'elle espérait lointain évidemment – la brune pourrait s'imposer comme ils n'avaient aucun héritier mâle au sein de leur famille. Les femmes avaient toujours été privilégiées dans la maisonnée de l'île-aux-Ours et Alysane était bien décidée à ne laisser aucun étranger devenir lord sur leurs terres et encore moins posséder Grand-Griffe. Si l'Ourse possédait un talent certain au combat, jamais les autres hommes n'oseraient s'en prendre à elle, le seul moyen qu'elle avait de garder sa prétention à la direction de sa maison était donc d'être capable de résister à ces vautours. Cela dit, elle ne pouvait pas présenter les choses de la sorte à un homme du Sud, il lui demanderait des détails à ce sujet et elle serait obligée de lui expliquer des choses dont elle n'était pas forcément très fière concernant ces traditions. Quelques secondes de silence étaient passées avant qu'elle ne reprenne.

     ▬ La vie dans le Nord est assez différente, je ne peux malheureusement pas être aussi précise que je le souhaiterais car je ne connais que très peu de nobles du Sud. Disons simplement que la rudesse fait partie intégrante de notre vie, vous savez le climat est très difficile et bien souvent des enfants ou des vieilles personnes décèdent alors qu'elles auraient survécu ailleurs.... Si les habitants du Nord étaient plus tendres, nous passerions notre temps à nous lamenter sur nos pertes et ne pas voir l'avenir. »

     Il fallait avouer que présenter les choses sous cet angle n'était pas très favorable, mais beaucoup de familles avaient subi cette perte, pas la sienne bien heureusement, mais les conditions de vie étaient très loin d'être celles du Sud et lorsque la famine et le froid mordaient, les nouveaux-nés ne passaient pas souvent l'hiver. Ce n'était pas pour rien que les Stark étaient réputés pour ne pas avoir d'humour, l'on riait rarement de ce genre de malheur. Toutefois, les Nordiens savaient s'amuser, ils avaient leurs traditions qui n'existaient pas ailleurs, mais encore une fois la demoiselle ne pouvait toutes les citer tant elles étaient nombreuses et puisqu'elle ne connaissait malheureusement pas autant le Sud. Après un bref silence, la Mormont continua.

     ▬ Je suis consciente que cela doit avoir l'air étrange à concevoir, mais le lieu de vie influe bien souvent sur ses habitants. Voyez-vous, même dans ma région certains nobles sont différents, ma famille est souvent considérée comme spéciale, l'on raconte que certaines femmes auraient leurs enfants avec les Ours car personne ne connait leurs partenaires. Certains encore ont la réputation d'écorcher leurs ennemis, d'autres sont très semblables aux nobles du Sud et possèdent même des chevaliers.... Elle se souvenait encore de sa rencontre avec Maureen Bolton qui n'avait rien d'une écorcheuse sans pitié. Même dans le Nord les rumeurs existent. Elles partent peut-être de quelque chose de vrai, mais je puis vous assurer que nous ne nous reproduisons pas avec des animaux et qu'un Nordien n'écorche ses ennemis. »

     Elle rigola légèrement tant l'idée la faisait rire, envisager que cela puisse être vrai était à la fois amusant et effrayant, les Sudistes ne devaient pas avoir une très bonne opinion des gens du Nord s'ils prêtaient foi à tout ce qui se disait ! D'un autre côté, cela ne gênait pas vraiment Alysane, au moins cela leur évitait de voir les gens des autres régions envahir les contrées glacées du Nord. La jeune fille avait le sentiment de ne pas avoir offert suffisamment de réponses à son interlocuteur, elle décida donc de remédier à cela à sa manière.

     ▬ Si vous me disiez les choses que vous connaissez et qui vous font vous poser des questions, je pourrais vous répondre davantage, je ne sais pas vraiment ce qui se raconte sur ma région.... Elle sourit doucement. Rassurez-vous, je ne me vexerai pas quoi que vous disiez. Après tout j'ai aussi des idées reçues sur votre région et votre rang. »
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Mieux vaut ami grondeur que flatteur ▬ Arthur

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