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Fer, sang et sel - PV Dagon

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Message Sam 10 Déc 2011 - 20:42

"Nous vous attendons ici, capitaine?"

Lorsque la voix atteignit les oreilles du capitaine, les bottes de Harald s'enfonçaient déjà dans le sable alors qu'il atterrissait, agile comme un félin, sur la plage la plus proche de la demeure de son suzerain. Le saut du boutre était quelque chose qu'il faisait à chaque fois, comme un rituel, une habitude, un geste qui lui donnait bien l'impression d'être arrivé à destination. Mais cette fois, son équilibre était plus précaire. La douleur de son abdomen s'était faite sentir lors de l'impact au sol, et il faisait de son mieux pour ne pas s'écouler. Il était à peine penché, s'équilibrant instinctivement, porté par des années d'expérience au combat et au voyage maritime. Il ignorait la douleur le temps de cette manoeuvre, espérant que cela serait suffisant, que son corps ne trahisse pas son mental, toujours aussi solide. Aussi solide que Pluie Pourpre, qui battait contre sa cuisse, dans un geste quasi-symétrique à celui que faisait la dague de Qarl sur l'autre jambe.
Le Trompe-la-Mort se redressa, son regard englobant la roche qui se trouvait devant lui. Une terre dure, pour un peuple qui l'était encore plus. C'était parfaitement représenté par cet endroit, cette île composée uniquement de rochers et de sel, de vent et de mer. Harald ne le voyait pas d'où il était, mais il savait que, au vu du vent qui soufflait sur ces lieux, le pont qui reliait les deux parties de l'ile devait balloter, être plus instable que le pont d'un navire en pleine tempête. Un mauvais jour pour se rendre dans la demeure des Greyjoy, il fallait le reconnaître. Mais on lui avait demandé de venir le plus vite possible. C'était ce qu'il avait fait.
La cape battant au vent, le Trompe-la-Mort tourna son regard de glace vers le marin qui venait de lui poser cette question stupide. Son corps lui-même avait à peine pivoté, comme prêt à se défendre contre une attaque qui viendrait de la berge. Lorsque sa voix s'éleva, elle dépassa le vent par son intensité.

"Nous, vous allez envahir le château de mon suzerain dans le but avoué de raser ses chiens et d'en faire des capes... Bien sûr que vous m'attendez!"

Mais comme à son habitude, le ton de Harald n'avait pas été haussé. Il savait faire cette distinction subtile entre hausser la voix, et hausser le ton. Un trait qu'il avait passé des années à pratiquer, et qui lui servait toujours grandement à ce jour. Il savait que, lorsqu'il parlait ainsi, on ne le questionnait pas. On ne pensait pas deux fois à l'ordre qu'il venait de donner. Ce qui était exactement le but recherché. Avant que cet homme - Arnbjorn - ne rassemble son courage et en demande davantage, Harald se mit en route. Ses pas, lents et mesurés, le dirigèrent vers la route – ou ce qui y ressemblait le plus – menant à la forteresse des Greyjoy. Cela faisait bien longtemps qu'il n'était pas venu sur cette île-ci. Pyk, l'ïle de la Seiche, le siège de la maison Greyjoy depuis des temps immémoriaux, abritant l'une des forteresses les plus impressionnantes de toutes les Iles de Fer. Pendant quelques instants, Harald s'arrêta, submergé par l'aspect imposant des lieux. Mais cela ne dura pas. Il reprit rapidement son chemin, trainant presque du pied alors qu'il avançait. Pour être franc, Harald n'aimait pas cet endroit, et encore moins ce qu'il représentait. En un sens, ici était symbolisé tout ce qu'il détestait, méprisait, tentait de renverser, de changer : ce que les Iles de Fer étaient devenues lorsque les contrées vertes avaient réussi à leur imposer leur domination. Un siège de la noblesse... de la noblesse! Depuis quand les Îles de Fer avaient-elles besoin d'une noblesse? Un capitaine était roi sur son propre navire, et il n'avait nul besoin d'un Lord. Le fait qu'ils soient obligés d'adopter ce titre était une insulte faite à l'Antique Voie, et à tous ceux qui la suivaient. Une insulte fait à la fierté des Fer-Nés, et c'était un signe de faiblesse que de l'accepter sans broncher. Ce titre était aussi ridicule que les tentatives des Dragons de contrer les raids des Fer Nés, et plus futile que les promesses du Dieu des Tornades. Il ne valait pas plus que le vent qui courait dans les Iles, pas plus que les paroles d'un septon alcoolique. Mais malgré tout, Harald devait se plier à ce titre, courber l'échine et obéir, autant que si leur Lord avait été désigné par des États Généraux, comme les seigneurs des Iles de Fer étaient désignés autrefois. Il ne le faisait pas parce qu'il accordait la moindre importance à ce titre, loin de là. Il avait deux raisons, plus importantes à ses yeux, plus valables qu'un ordre établi par un nobliau des Sept Couronnes qui ne connaissait rien à la manière d'être des Fer-Nés. Sa première raison était la plus pragmatique, une raison qu'il avait compris assez rapidement lorsqu'il avait étudié la stratégie et la politique. L'union des Iles de Fer. Les Iles de Fer n'étaient qu'un territoire parmi tous ceux qui peuplaient Westeros. Un simple territoire, divisé en plusieurs îles, en plusieurs familles... et la seule chose qui les unissait était le respect de l'autorité de leur suzerain. Sans l'obéissance au Lord, tous se seraient déjà retournés les uns contre les autres, dans le but de prendre territoires, femmes et armées, de clamer leur supériorité sur les autres... jusqu'à ce que eux aussi soient défaits par un autre capitaine, plus talentueux, plus charismatique...
Harald Trompe-la-Mort, autant grâce à l'histoire de sa renaissance que grâce à son historique presque non-terni de bataille, avait presque atteint le statut de légende selon certains. Mais une chose était sûre : il était un guerrier sans pareille, un meneur d'hommes dont le talent n'était plus à prouver, et son statut d'héritier d'une famille noble lui assurait le soutien de plusieurs autres familles soumises à sa propre volonté. Alors que se passerait-il s'il décidait de se retourner contre les Greyjoy et de clamer que leur titre n'était que du vent? Si l'envie lui prenait un jour de partir en guerre contre la seiche et ses vassaux, afin de clamer que seule la force devrait donner le droit à dominer les Iles de Fer, ou que de nouveaux États Généraux devraient être rassemblés?
Il n'était pas assez stupide pour croire qu'il gagnerait dans sa révolte. Si lui se dressait, nombreux seraient ceux, trop ancrés dans leurs façons d'être, qui trouveraient qu'il avait tort, que les Greyjoy étaient les souverains naturels des Iles, et autres choses du même genre. Il gagnerait quelques batailles, mais au final, il perdrait la guerre. Il n'entretenait aucun doute à ce sujet. Mais là n'était pas la question. Quelles seraient les conséquences de ces actions? Non pas pour lui, qui aurait sans doute trouvé la mort sur un champ de bataille, entouré par ses ennemis, mais pour les Iles de Fer. La réponse était simple. Les nobles auraient perdu le peu de confiance précaire qui existait entre eux. Tout le monde craindrait son voisin. Des ressources et des hommes auraient été gaspillées pour tuer d'autres Fer-Nés, alors que le vrai ennemi résidait à l'extérieur. Les familles puissantes ne pourraient plus aligner d'armée aussi importante. Des capitaines de bas étage se diraient indépendantistes, et commenceraient à nier toute allégeance, quelle qu'elle puisse être. D'autres grandes maisons se diraient qu'après tout, Harald n'avait pas eu tort, et qu'elles devraient tenter leur chance aussi, avant d'être écrasées à leur tour. Et au final, tout ce qu'il aurait fait n'aurait eu pour seul résultat que d'affaiblir les Iles de Fer; les diviser; les détruire; exposer leurs faiblesses et leurs animosités respectives. S'ils voulaient prendre un ascendant net sur les contrées vertes, les Fer Nés avaient besoin d'être unis, pas de se déchirer entre eux. Cela ne ferait qu'ouvrir la porte à une autre conquête. Plus radicale, celle là. Et les Fer-Nés cesseraient d'exister.
Harald ferait tout ce qu'il devrait faire pour empêcher cela, et préserver l'union sous les ordres de Dagon Greyjoy. La victoire et la liberté valaient plus que ses envies personnelles. C'était ce que son père lui avait fait comprendre bien des années plus tôt. Quelque chose qu'il n'avait vraiment compris que quelques jours plus tôt. Lors de l'attaque sur Salvemer. Il s'était couvert de gloire et d'honneur en partant de son côté... mais que se serait-il passé s'il s'était joint à Dagon lors de l'attaque de cette cité maritime? Peut-être les Fer-Nés auraient ils imposé leur puissance sur les contrées vertes. Laissé une empreinte indélébile dans leurs terres souillées par leur propre sang, et par le sang de sel du peuple de la mer. Alors que là... tous avaient du se replier. Tous avaient été blessés. Personne ne parlait d'une défaite, mais personne n'était dupe. Nul ne pouvait qualifier cela de victoire. A quel point cela aurait-il changé si Harald avait été présent? L'un des meilleurs épéistes des Iles de Fer avait manqué à l'appel, ainsi que leur équipage le plus discipliné...
Il chassa ces idées de son esprit. Le passé était le passé. Ce qui comptait à présent, était de ne plus faire la même erreur à l'avenir.
La deuxième raison qui le forçait à suivre l'ordre établi par les contrées vertes était nettement moins pragmatique, un fait surprenant lorsque l'on parlait du Trompe-la-Mort : il aimait bien le Greyjoy à la tête de la famille. Dagon et lui partageaient de nombreux principes, parmi lesquels leur haine des contrées vertes, et leur sens de l'honneur et de la parole donnée. Et, il fallait le reconnaître... Dagon était un des rares hommes qui comprenaient Harald, qui toléraient son fanatisme à propos de l'Antique Voie, et ne tentaient pas de le détourner du chemin qu'il s'était tracé. Et rien que pour cela, il méritait tout son respect.
Ce qui amena Harald à se poser cette simple question : Pourquoi m'a-t-il fait venir ici?
Il y avait réfléchi pendant des heures, lorsque le vent lui avait porté qu'il était attendu sur Pyk par son seigneur suzerain. Le messager avait bravé tous les interdits, et sans doute sa propre peur, venant chercher le capitaine jusque dans sa cabine, sur son navire alors amarré au Vieux Wyk.
La rumeur voulait que Harald soit trop blessé pour repartir au combat de suite. Et comme toute rumeur, elle portait son lot de vérité, Dagon le savait. Il avait sans doute tout appris du combat héroïque qui avait opposé Harald à ce Garde Royal, y compris les coups que le Blanc avait porté. Surtout celui qui avait percé le capitaine Fer-Né de part en part, entrant par le flanc, ressortant de l'autre côté. Il n'avait heureusement pas percé d'organe vital, et Harald s'était saisi de ce moment critique où la lame ennemie était coincée dans ses chairs pour mettre un point final à la saga de son adversaire. Oui, Dagon avait certainement entendu parler de ça. Et il savait donc qu'il était hors de question que Harald reprenne la mer sous peu, pour un raid ou un assaut en tous cas. Il ne serait donc pas question de planifier une attaque comme celle de Salvemer, au grand dégout de Harald. Le fait de ne pas avoir pu assiéger cette ville quasi-légendaire lui restait en travers de la gorge, et ne pas pouvoir planifier un assaut pareil sous peu... cela le rendait presque malade.
Peut-être était-ce alors pour parler stratégie? Peu probable. Harald n'avait jamais été convié aux conseils de guerre du Lord, et il se doutait qu'il ne le serait pas de sitôt. Après tout, il était connu pour être un homme d'action, mais dégainer sa lame plus vite que ses mots lorsque les débats commençaient à lui déplaire. Pas exactement ce que l'on attend dans une salle de débats. Alors, que restait-il?
Après toutes ses réflexions, après avoir retourné dans son esprit toute la logique dont il était capable, Harald n'avait pu trouver qu'une solution. La seule possibilité cohérente restait... non, il ne voulait pas y penser. C'était trop... horrible, comme perspective. Trop incohérente, illogique, stupide, et surtout beaucoup trop tôt! Lui, se marier? Il avait encore trop à faire pour ça. Trop d'ennemis à abattre, de villes à piller, de femme-sel à ramener. Et puis, il ne voyait pas Dagon mettre ses mains dans ce genre d'affaire.
Mais il ne voyait pas d'autre possibilité. Aussi illogique que celle-ci puisse paraître, cette proposition était la plus sensée. Un frisson parcourut l'échine du Trompe-la-Mort. Lui qui ne craignait pas la défaite, ni le combat, qui ne tournait jamais le dos à l'ennemi, il ressentait la peur devant la chose dont la plupart des nobles rêvaient... Un mariage... Au moins, Dagon n'a pas trop mauvais goût, pour ce qu'il s'agit des femmes. Il ne m'aura pas choisi un laideron, se dit-il.
Mais malgré tout, le doute persistait. Et s'il existait une chose que Harald n'appréciait pas, c'était de ne pas savoir ce qui l'attendait. Les ennemis, quel que soit leur nombre. Les tempêtes, quelle que soit leur violence... jamais ils ne pourraient égaler l'emprise qu'avait le doute sur l'esprit pourtant d'acier du Trompe-la-Mort.
Aussi, lorsqu'il aperçut le borgne, debout sur le chemin qui menait jusqu'à la forteresse, Harald ne contint pas son énervement. Il s'arrêta net, contemplant la forme de son suzerain, qui se tenait presque triomphalement devant lui. Lui aussi portait les traces de ses batailles... mais au moins il était revenu en vie.
Harald déclara, sur un ton aussi froid qu'à son habitude :

"Dagon, j'espère que tu ne m'as pas fait venir sur ton caillou pour rien. Cela fait trop longtemps que les contrées vertes n'ont pas eu à craindre mon nom, et chaque seconde passée ici les fait patienter davantage."

Et le Trompe-la-Mort éclata de rire, un son que peu d'hommes et de femmes pouvaient prétendre avoir entendu, et vécu pour le raconter après.

"A part s'il s'agit de partager un peu d'hydromel. Cela fait bien longtemps que je n'en ai pas bu un que j'arrive à distinguer de l'eau croupie."


Dernière édition par Harald Trompe-la-Mort le Mar 13 Déc 2011 - 1:18, édité 1 fois
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Message Dim 11 Déc 2011 - 3:54

Dagon n'était pas dans le meilleur de sa forme, mais déjà, il était bien plus habité de vivacité que le jour de son retour de Salvemer. Il dut aussi s'occuper de la jeune Aaricia, sa femme, qui eut d'autre problème à gérer, en plus de l'idée qu'elle pouvait ne jamais voir Dagon revenir. Elle n'était donc pas d'une humeur qui avait aidé le chef des îles de fer. Il fallait qu'il se soigne, qu'il calme la dame de ses humeurs, ses tristesse, ses angoisses, ses sentiments tous confondus, et c'était pas facile avec elle. Il était là, depuis déjà presque une semaine, où il quitta peu son lit, pour se nourrir, trois jours durant et ensuite, quelques rééducation de son bras. Zachery n'était toujours pas revenu au château. Il lui demanderait de l'attention, et il en avait vraiment pas à donner.

Il prit donc un peu de temps pour faire demander le Capitaine du Cruel, Harald Trompe-la-Mort. Cela faisait bien un bon moment qu'ils ne s'étaient pas vu. Dommage, ils s'entendaient pourtant très bien. Quand il passait à la demeure des Greyjoy, cela se finissait toujours un peu saoul, les rires tonitruants dans la salle, parlant de leurs aventures, en guerre ou avec les femmes. Or, ces derniers temps, il avait des batailles à préparer. Il allait à Salvemer, et il l'avait laissé Harald se balader là où il le sentait. Il n'avait aucune envie d'attirer deux grands capitaines à ses côtés, de peur de les perdre tout les deux. C'était une sorte d'assurance. Il était vrai qu'il l'avait rarement amené avec lui, car les razzias n'en demandait pas tant. Il y allait en personne, et son boutre immense, pas besoin de plus d'homme et encore moins aussi efficace. C'est alors, qu'il ne pouvait faire autrement que de le quémander au fort, expressément, et le faire enfin entrer dans ses relations proches. Une place qui arrivait presque après sa femme et son fils, avant ses putains. Il lui donnerait le poste d'Amiral. Il aurait la main mise sur l'élite de la flotte fer-né. Ce n'était pas un petit poste, surtout pas aux yeux de Dagon. Des hommes surentrainés, dévoués à l'Antique Voie, aucune crainte de la mort, les plus cruels et les plus forts. Salvemer fut plus vile qu’il ne l’aurait pensé. Aurait-il imaginer croiser un « bambin » qui aurait su l’émanciper de sa lame ? Celle si se trouvait à la forge, toujours en pleine reconstruction. Il la voulait en meilleur état qu’il ne l’avait reçut, alors on s’efforçait de faire ce qu’on pouvait faire de mieux pour le lord Greyjoy. Elle lui manquait, sa Seiche d’Or qui d’habitude pendait à sa ceinture, la portant avec fierté. Puis donc, ajouter à cela, la perte de son Amiral. Il fallait qu’il arrive à régler une chose avant la fin de la semaine, ou alors ses nuits allaient être bien courtes.

Harald ne devrait pas tardé. Il lui avait demandé de venir cette journée là, et pas une autre. Il était sortit dehors, pour apprécier les vents hivernaux qui arrivaient pour balayer les îles de sa fraîcheur, figeant votre visage et la piquant comme si des milliers de fines lames vous pointaient de leur bout affûtées. Le bras en écharpe, il patientait, laissant ses yeux parcourir la mer qui l’entourait tout autour. Il était toujours d’une meilleure humeur lorsqu’il pouvait apprécier la vue de cette eau indomptable, sauvage et dont l’étendu était aussi importante que les Terres. Enfin, au loin, il vit une silhouette arrivée. Cette démarche, cette prestance, cela ne pouvait être que lui, sinon il n’en aurait cure. Qu’on ne le dérange pas aujourd’hui, il l’avait bien dit que personne ne le dérange. Ni même Aaricia, surtout Aaricia. Rien qu’en pensant à son nom, il se pinça l’arrête du nez. Il n’avait pas l’âme à être un amant depuis son retour, pourtant, aussi dur était-il de se dire, il avait de l’affection pour elle.

Les pas d’Harald s’approchait de Dagon, qui toujours droit, ne bougeait pas, juste ses yeux qui le portait jusqu’à lui. A peine arrivé, qu’il râlait. Oui, il retrouvait bien le Capitaine du Cruel. Il le laissa ronger tout les pas qui les séparaient et il tapota son épaule, avant de la serrer d’une poigne de fer. Il lui fit ensuite signe de le suivre, prêt à pénétrer dans le donjon.

- Tu es à peine revenu, plus blessé que moi et voilà que tu me reproches de t’empêcher de repartir. Dis plutôt que je te sauve la vie. Je n’ai pas envie de perdre des éléments comme toi … Suis moi donc, je te parlerais quand l’hydromel aura commencé à chatouiller ton palais, pour la première chose. La deuxième chose qui me fait t’amener ici, je vais attendre qu’elle te tord la tête.

Ils longèrent les couloirs, et alors, une petite salle, où se trouvait une cheminée, une table, quelques livres en haut d’un étagère, des draps qui couvrait les murs, juste par décoration. Il avait attraper une domestique en chemin, la faisant presque valser jusqu’aux cuisine d’un simple geste de la main, pour qu’elle se précipite et ramène leur meilleur hydromel. Il invita Harald à prendre place à la table. Le tison en main, il raviva le feu. Les bûches craquèrent, alors qu’une poussière incandescente s’envola dans l’âtre. Il se retourna, alors que la domestique, presque à reculons, venait déposer le cruche et deux verres. Elle disparue plus vite qu’elle n’était venue, fermant doucement la porte. Dagon finit par s’asseoir, trinquant avec Harald.

- Au Dieu Noyé, mais surtout le sang, le fer et les cuisses des dames !

Les deux verres en fer chantèrent l’un contre l’autre. Dagon vida cul-sec, avant de resservir son capitaine du Cruel. S’essuyant la bouche du revers de sa manche, il tapota la table.

- Tu sais, je ne t’ai pas tellement vu dernièrement. Tu comprends, je peux pas toujours m’entourer des meilleurs hommes, c’est trop risqué. Qu’un seul par envoie de boutre … Puis, j’ai… Est-ce que je peux appeler ça une femme ? Une banshee, sourit-il, jaune. Faut la gérer. J’ai pas la plus facile. Bon… Je t’ai pas fais venir pour rien. Et quand bien même, ce serait pour rien. Un peu de respect ! Faut-il toujours une raison ? J’ai un problème, et je vais avoir besoin de ton aide. C’est très délicat ma foi, laissa-t-il trainé, trouvant son verre plus intéressant à jauger. Que dirais-tu de remplacer mon pauvre poste d’Amiral qui dès lors libre depuis peu de temps. J’ai perdu l’ancien.

Il releva lentement les yeux vers Harald, les yeux durs et sérieux. Il voulait bien lui montrer qu’il ne se moquait pas de lui et que c’était une vraie proposition. Il la laissa imprimer ce qu’il venait de lui dire. Son dos tomba lourdement sur le dossier de la chaise et il vida son verre. Regardant droit devant lui, un point inexistant.

- J’ai même un présent accompagné de la place … J’ai découvert … Cette chose, il y a peu… Alors, Harald ? J’ai entendu parlé de toi dernièrement, que des bonnes choses, que d’éloges. Tes légendes écrasent les miennes, j’en suis très jaloux… Tu es l’homme qui me faut. Je t’ai connu grand guerrier avant d’être un camarade. Je suis aussi un guerrier avant d’être un Lord, et je sais voir des hommes prometteurs. Tu suis l’Antique Voie avec assiduité. Que puis-je réclamer de plus ? Plus de cicatrices sur ton corps pour me rassurer de ton courage et de ton investissement peut-être ? Un réponse affirmative, je pense …

Il s'appuya de son coude valide sur la table, tenant le regard de l'autre fer-né. Il voulait Harald. Il n'avait aucune envie de trouver une autre personne faite pour ce poste, sachant que le nom du Trompe-la-Mort lui sauta de suite à l'esprit.

- Tu veux peut-être voir le présent avant ? Cela te presserait-il à me répondre ? Quoique, je doute. Cela risque de te faire fuir ...


Dernière édition par Dagon Greyjoy le Jeu 15 Déc 2011 - 2:28, édité 1 fois
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Message Mer 14 Déc 2011 - 0:47

Dagon ne répondit pas à la provocation. Pas directement. Bien entendu. Il était le seigneur incontesté des Iles de Fer, celui qui faisait renaître l'Antique Voie, et surtout l'un des seuls hommes en qui Harald avait confiance, et qu'il respectait. Comment aurait-il pu réagir à cette provocation?
Il était toujours aussi droit, malgré la blessure qu'il arborait fièrement.
Ils se saluèrent comme deux vieux amis qui ne s'étaient pas vu depuis bien longtemps, rappelant l'un à l'autre que leurs blessures ne signifiaient rien, et que l'absence de Harald à Salvemer signifiait encore moins. Ils étaient tous deux des capitaines. Tous deux des rois. Et des rois qui avaient gagné le respect l'un de l'autre depuis des années. Rien n'entacherait ce lien. Rien. En un instant, en cette simple accolade, tous les doutes, toutes les craintes de Harald avaient disparues.
A part une crainte, mais elle n'était pas liée à sa propre personne. Loin de là. Il en revenait une fois encore à la sécurité des Iles de Fer. Et à celle de son ami. Ce bras en écharpe était indicateur d'une blessure qui aurait pu être bien plus grave. Son adversaire avait du être doué. Très doué. Un adversaire digne du Trompe-la-Mort, sans aucun doute. Voire ses adversaires. Comment savoir combien d'hommes l'avaient affronté? Mais une chose était sûre... ils avaient du subir autant qu'ils avaient donné. On ne s'attaquait pas à Dagon Greyjoy impunément.
Mais l'autre question qui taraudait Harald était plus grave, encore une fois. Que serait devenues les Iles de Fer si leur seigneur suzerain ne pouvait plus se battre, les mener à la bataille, montrer l'exemple? Qu'il doive attendre et se remettre de ses blessures était assez grave en soi d'un point de vue stratégie, alors s'il avait du être handicapé à vie... ce qui en aurait résulté n'aurait pas été joli à voir.
Harald s'aperçut, lorsque Dagon s'approcha, qu'il avait aussi du mal à se mouvoir au niveau de l'épaule. Un ralentissement presque inconscient, mais c'était suffisant lorsque l'on avait l'oeil d'un prédateur comme le Trompe-la-Mort. Il n'avait pas eu de chance, pour ce coup là. Deux blessures, au même endroit... Et son bras d'épée, si les souvenirs de Harald ne le trompaient pas. En un sens, il était dans un plus mauvais état que le capitaine du Cruel.
Et bien entendu, il affirma immédiatement le contraire, comme s'il avait lu ses pensées. Il déclara avec justesse que Harald était davantage blessé que lui. En un sens, c'était vrai, vu la gravité de la blessure du Trompe-la-Mort... mais malgré tout, son bras d'épée à lui était indemne. Dans un combat, il aurait pu avoir le dessus.
Et penser à un combat permit à Harald de repérer un détail, certes insignifiant, mais très symbolique. La seiche d'or de Dagon ne se trouvait pas à sa ceinture. Le capitaine ne pouvait que déduire ce qui lui était arrivé... mais dans tous les cas, ce n'était pas bon signe. C'était presque comme voir Harald sans Pluie Pourpre. Voir la mer sans le ciel qui se trouvait au-dessus d'elle.
Un très mauvais présage...
Harald sourit lorsque Dagon déclara lui sauver la vie en l'empêchant de partir se battre. Encore une fois, il n'avait pas tort. Et faire sourire Harald... ce n'était pas non plus donné à tout le monde.
Et son sourire s'élargit à la promesse d'hydromel de Dagon. Voilà quelqu'un qui savait comment le Trompe-la-Mort marchait.
Mais malgré tout le miel qu'il mettait dans ses mots, les douceurs dans lesquelles il les enrobait, Dagon avait dévoilé à Harald qu'il n'aimerait pas forcément ce qu'ils allaient se dire. Et c'était mauvais signe. Dagon, qui prenait des précautions avant de parler? C'était vraiment mauvais signe.
Harald hocha donc la tête, et répliqua simplement :

« Me sauver la vie? Ne t'inquiète donc pas pour ça, tu sais que ma Mort n'est pas encore arrivée. Après tout, est-ce que je mériterais ce nom si c'était le cas? »

Il reprit son sérieux, son visage redevenant un masque de froideur et de calme. Le visage du Trompe-la-Mort tel que tous le connaissaient, et que tous le connaitraient toujours. Il rajouta quelques mots, jurant avec son expression :

« Et pour ce qui est de me soûler... ce n'est pas un trou dans le ventre qui m'empêchera de mieux tenir l'alcool que toi, mon ami. Et tu le sais bien. »

Dagon l'amena jusqu'à Pyk, puis à travers les couloirs. Ils étaient toujours aussi froids. Aussi vides. Aussi... Fer-nés. Même si le symbole des lieux était détestable aux yeux du capitaine, les lieux eux-mêmes étaient la parfaite représentation de ce qu'il appréciait dans son peuple. Pas de bijoux, pas d'ostentation. Juste ce qui était nécessaire pour en faire un lieu de vie défendable.
Sur le chemin, Dagon avait arrêté une domestique d'une façon qui fit grincer les dents au Trompe-la-Mort. Il n'appréciait pas de voir une femme traitée ainsi, avec tant de brutalité. Une femme que Dagon n'avait pas gagné par le prix du sang, en tous cas.
Malgré leur amitié, et leur respect mutuel, il leur restait encore bien des différends, qu'ils ne régleraient sans doute jamais. Car c'était ainsi que fonctionnait leur amitié. Ils se connaissaient. Connaissaient les défauts de l'autre, et réussissaient à s'apprécier malgré tout.
Mais s'il le faisait une nouvelle fois, Harald n'hésiterait pas un instant à dire ce qu'il en penserait.
Ils pénétrèrent dans une petite salle, à peine plus ornée que les couloirs qu'ils avaient parcouru jusqu'à présent. Le Trompe-la-Mort jeta un oeil intéressé aux livres qui se trouvaient en haut de l'étagère, avant de s'apercevoir qu'ils les possédaient déjà tous. Ou plutôt que son père les possédait. Rien de bien intéressant pour le moment... mais des ouvrages bien choisis. Il fallait au moins leur reconnaître ça.
Dagon fit signe à Harald de s'asseoir, et il n'hésita pas plus de quelques instants. La chaise n'était pas des plus confortables, mais ce n'était pas le confort qu'il cherchait. Et pour ce qui était de l'aspect pratique.. il n'y avait rien à dire.
Le suzerain attisa les flammes dans l'âtre, sous le regard presque vide du capitaine. Harald songea à l'étrangeté de la situation. C'était presque comme si Harald s'occupait d'un feu de cheminée pendant que Godrik le regardait depuis une table. Vraiment une sensation étrange... mais qui remplit le capitaine d'un certain plaisir. Non pas le sadisme de voir son suzerain remplir une tâche de domestique, mais le plaisir de voir que, malgré leurs titres et rangs, ils se sentaient naturellement égaux. Quelque chose de rare.
En parlant de domestique, Harald entendit avant de voir la domestique rentrer dans la pièce. Il hocha la tête lorsqu'elle déposa la cruche et les verres. Elle ne croisa même pas son regard, sans doute par crainte. Mais que cela soit par peur de son maître, ou du Trompe-la-Mort lui-même... personne n'aurait pu le dire.
Il la chassa de son esprit lorsque Dagon s'assit enfin, prenant son verre, et le levant vers Harald. Le capitaine répondit en trinquant, laissant son hôte porter un toast. Et un toast ma foi fort original, il fallait le lui reconnaître. Un toast qui lui ressemblait vraiment.
Ils finirent tous deux leur verre d'un trait, et se resservirent net. Maintenant qu'ils avaient commencé, Dagon allait sans aucun doute passer aux choses sérieuses.
Bien entendu, il commença à parler de tout et de rien. Une petite discussion entre amis, comme au bon vieux temps...
Lorsque Harald l'entendit parler de sa femme, il remercia une nouvelle fois le Dieu Noyé de ne pas lui en avoir donné une. Il avait bien assez de mal à gérer son équipage au complet, alors une femme en plus... Pitié, non.
Mais bien entendu, il passa à quelque chose de sérieux. Un problème. Quelque chose que Harald pourrait l'aider à résoudre... Il laissa trainer le suspens quelques instants. Si classique. Aucun doute sur le fait que le Trompe-la-Mort aurait fait la même chose.
Et alors, l'information tomba, comme un mat en pleine tempête.
Remplacer un amiral? L'Amiral? Il n'y avait qu'un seul homme de toutes les Iles de Fer à porter ce titre. Un seul. L'Amiral de la Flotte de Fer. Le deuxième homme des Fer-Nés. Dont l'influence égalait presque celle de Dagon. Le bras armé des Iles, celui qui apportait la mort et la terreur sur les contrées vertes, tout en préservant la sécurité des terres des Fer-Nés.
Il ne pouvait pas être sérieux. Proposer ce poste... à Harald. Un jeune homme de vingt-six ans, même pas à la tête de sa famille, et qui n'avait pas pris part à l'assaut sur Salvemer.
Mais le regard de Dagon était clair. Il ne plaisantait plus. Le suzerain parlait à son banneret. Ils ne parlaient plus entre amis. Ils parlaient entre capitaines. Entre rois.
Harald resta silencieux, gardant son verre entre ses mains, ne l'amenant pas jusqu'à ses lèvres. Son regard de glace resta figé sur celui de son suzerain. Ils étaient tous deux immobiles... jusqu'à ce que Dagon se laisse tomber en arrière et ne vide son verre. Il reprit la parole, brisant le silence plus froid que le regard du capitaine.
Un présent? Que pouvait-il offrir de plus que ce poste, transformant Harald en le deuxième homme le plus puissant des Iles de Fer?
Cela ressemblait à un cadeau empoissonné, ou Harald ne s'y connaissait pas. Surtout lorsque l'on voyait les éloges que Dagon lui faisait pour accompagner cette déclaration. Cela aurait pu passer sans problème... mais Dagon n'était pas homme à trop complimenter. Vraiment pas. Il y avait quelque chose de louche à ce sujet.
Harald prit une inspiration (et une gorgée de courage liquide) avant de répondre à son suzerain :

« Et pourtant, c'est ton nom qu'ils craignent, de l'autre côté de la mer. C'est la seiche d'or, qu'ils craignent de voir... même si je reconnais que ça fait vide, de ne plus la voir à ta ceinture. Tes maitresses t'ont tant ruiné que ça? Je connais une... banshee à qui ça ne va pas plaire. »

Il prit une nouvelle gorgée d'hydromel. La chaleur de celui-ci descendit dans sa gorge, rejoignant celui qui s'y trouvait déjà.

« Enfin bref. Tu me fais là une proposition qu'il serait stupide de refuser. Le statut le plus en vue des Iles de Fer après le tien. Et à côté de ça... tu me proposes une... chose que tu as découvert il y a peu. Deux cadeaux d'un coup? Je serais presque tenté de croire que tu avais déjà fini plusieurs bouteilles avant de m'accueillir... »

Il se pencha lentement vers son suzerain, comme un prédateur s'approchant de sa proie.

« Je ne veux pas voir ce présent. Pour une fois dans ma vie, je vais faire quelque chose de complètement inconsidéré. Je vais prendre cette place, faire de moi la cible de tous nos ennemis et de tous tes rivaux, prendre la tête de capitaines ayant le double de mon âge, et persuadés que je ne mérite pas de les diriger, et je vais surtout prendre ce présent. »

Il dégaina son épée d'un geste rapide, la plantant dans la table entre eux deux. Les éclats des flammes lui donnaient une teinte encore plus rougeoyante qu'à son habitude. Quelques gouttes de sang y perlaient encore. Ce sang qui ne pouvait être nettoyé, qui coulait à flots pendant des jours et des jours lorsque la lame avait gouté à des ennemis.

« Je vais prendre ce présent, et quel qu'il soit, je l'affronterai la tête haute. Comme le Fer-né que je suis. »

Il regarda son suzerain, dont la moitié du visage était dissimulée par Pluie Pourpre. Leurs regards se croisèrent, et Harald put voir son propre reflet, brûlant du feu de l'ambition. Il entendait la voix résonner, plus forte que jamais. L'Appel auquel il céderait un jour. L'Appel de son destin. Il crispa sa main sur le manche de sa lame. Et il rajouta, d'une voix presque amusée :

« Comme l'Amiral que je suis. »
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Message Jeu 15 Déc 2011 - 2:25

Un long silence ou les deux capitaines se jaugeaient, l'un de ses deux yeux, l'autre du sol qui lui restait. Il voulait lui montrer qu'il ne lui faisait pas du tout une boutade,d e très mauvais goût soit dit en passant. Harald était resté coi, le verre près des lèvres, mais n'avait pas eu l'air d'avoir la force de le boire. Ou alors, le gout de l'hydromel s'était-elle trop gâtée à côté de la proposition que l'homme qui représentait officiellement, le grand seigneur des îles, lui faisait. Dagon avait finit par s'adosser sur son fauteuil, grimaçant, sa bras droit, jusqu'à l'épaule comme portant une enclume et enfermé dans la roche comme sa demeure.

Enfin, la voix grave et sèche du Trompe la Mort fit son apparition dans la petite salle de détente qu'adorait Dagon, pour s'y isoler, si ce n'était pas ses quartiers. Enfin, ses quartiers, qu'il partageait avec sa femme par sécurité. Encore une tension qui pinçait l'esprit du lord Greyjoy, en plus de sa blessure, de son épée et de l'enfant en route. Personne ne le savait encore et Aaricia savait le cacher de part ses vêtements. Quoi qu'il doutait qu'elle le soit vraiment. Son caractère était certes plus irritée, mais celui de Dagon aussi, et son ventre était toujours aussi affreusement plat. Il ferma les yeux un instant pour se vider l'esprit et sourit aux répliques de son cher et un de ses rares amis.

- Si seulement j'aurais eu cette excuse. Aaricia me bouffe tellement que je ne supporte plus aucune femme, souffla t-il. Non, ma lame est juste brisée. Cela faisait longtemps qu'elle n'avait pas été vérifiée et qu'elle n'avait pas tâter une très bonne lame...

Il lui avait confié donc l'état de son épée au pommeau qui l'identifiait, pour ceux qui savaient tendre l'oreille. "La Seiche d'Or", il n'y en avait pas mille et vu les dégâts que les fer-nés faisaient sur les cotes, représenté par la personne de Dagon, on ne pouvait que le connaitre, par de là les landes des toutes les contrées de Westeros. Harald finissait son verre pour reprendre le réel sujet de leur discussion. Il n'attendait pas de réaction du jeune capitaine, enfin s'il insistait pour venir le charrier sur ce sujet, il était libre. Il lui accorderait bien ça, en tant qu'ami, mais surtout pour le coup bas qu'il allait lui faire. Il présenta ensuite les choses comme une proposition qu'on ne pouvait refuser. Il avait raison. Un tel poste, il serait fou de ne pas l'accepter sans réelles raisons. Dagon savait ce qu'il faisait, même s'il avait toujours un peu de doute au fond de lui, mais Harald serait parfait dans ce rôle. Il avait bien réfléchi, revu tout ses hommes. Il avait bien plusieurs candidats, mais il ne les connaissait pas autant qu'il connaissait Harald, alors il serait cet homme, malgré son jeune âge. Qu'est-ce que l'âge chez un homme dans le fond ? Le manque d'expérience et de sagesse ? Balivernes. Il s'était bien fait humilier par un homme qui avait presque la moitié de son âge, un jeune homme à la peau si lisse, les bras si fins. Tout dépendait de ce que vous étiez capable, et non pas de ce que vous n'aviez pas encore fait. Il était donc sûr qu'Harald saurait gérer la situation et prendre son destin en main, alors qu'il se présentait là, devant lui.

Il réussit à lui arracher un de ces sourires qui arrivaient jusqu'aux oreilles, amusé. Il entendit même un de ces rires de gorges, bien plus discrets que ceux qui étaient cynique, moqueur ou ironique, un rire sincère. Oui, peut-être qu'il avait trop bu avant de le voir, qui savait. Il adorait voir son camarade perdu, se demandant s'il faisait un mauvais rêve, si Dagon se moquait de lui, ou alors si la folie de l'alcool ne s'était pas emparé de l'âme de la Seiche. Il ne savait ce qui le fit réellement rire, en y repensant. La réaction d'Harald, ou alors sa boutade sur l'alcool. Il lui devait bien ça non, à force de le laisser sur le banc de touche, de le voir que rarement, de ne rien lui confier alors que depuis déjà deux générations, les îles était une grande aile monarchique de Westeros. Non, car on était pas si compatissant chez les fer-né.

Heureusement que le verre de Dagon était vide, car s'il se serait mit à boire, alors que son camarade s'approchait de lui, éclatant d'un discours d'une voix pleine de vie et d'ambition, il se serait étouffé. Il avait presque envie de rire. Il le voyait là, s'emporter comme un fou. N'accepte jamais un cadeau les yeux fermé, avait-il enfin de lui dire, mais non. Il le fixait, son ses lèvres qui s'étiraient légèrement que d'un côté, sous son oeil arraché. Il ne sursauta pas, mais fixa l'épée, qui s'était brandit hors de son fourreau avant de se planter avec rage sur la table en bois. Pauvre table. Les éclats volèrent de part et d'autre, Harald s'enflammait de ses yeux sauvages et mystérieux, un prédateur qui allait dévorer sa proie, son gain, voilà ce qu'il était à cet instant. Il était un requin qui avait renifler du sang non loin, prêt à charger pour tout dévorer. Mais quel inconscient, de foncer tête baisée ainsi, s'emportant d'une effluve, qui ne traduisait pas entièrement son sort. Il avait presque envie de laisser tomber le deuxième cadeau ou alors d'exploser de rire, il n'en savait rien. Il n'osait même pas bouger une main, pour lui demander de se tempérer. Il plissa ses lèvres, se mordant l'intérieur de la joue. Il était tout aussi craintif que curieux de savoir comment allait se dérouler le reste de la situation.

Dagon le fixait, il continuait de parler, de s'évaporer de toute sa jouissance d'être le nouvel Amiral. Ils ne se voyaient plus que d’œil à œil, l'épée entre eux d'eux, cachant une partie de son visage, par cette lame brillante de son fer, mais aussi de son sang et de ses exploits. La main droite d'Harald. La dernière phrase le fit qu'achever Dagon dans son fond intérieur. Cela n'avait que rendu plus épique la suite qui se préparait. Il se racla la gorge, tapotant la table, puis se leva. Il l'incita à ranger son épée, une poigne qui serra légèrement la sienne, débordant sur le pommeaux.

- Arrête ça, tu vas faire peur à ton cadeau, siffla t-il, un peu trop joyeux dans sa voix. Ne bouge pas, je vais quand même chercher cette deuxième récompense. Fini donc la carafe, je vais en faire venir une autre. Tu en auras besoin…

Il quitta la salle et on entendit un léger gémissement, suivit d’un long soupir agacé de Dagon. Il se pinça l’arrête du nez, se retenant de donner toutes ces baffes qui se perdaient. Il avait presque encastrer la domestique contre la porte. Il lui demanda donc ce qu’elle faisait là, à ce moment, jouant les pauvres victime de son courroux. Elle, la voix tremblante, lui indiqua qu’elle voulait vérifier s’ils ne manquaient de rien. Il grogna, l’envoyant chercher encore un peu de boisson, pour lui donner l’espoir qu’elle fut moins idiote.

Il revint quelques minutes plus tard dans la salle. Il fit attendre une jeune femme de l’autre côté de la porte. La porte grinça lentement, et la tête de la seiche apparu. Il vérifia que sa table fut libre, surtout l’épée rangée dans son fourreau, même s’il ne doutait pas qu’il fallait peu de temps à Harald pour la dégainer. Il remarqua qu’une deuxième cruche d’alcool au miel était arrivé. Bon, déjà la domestique avait su se montrer moins irritante qu’il y avait quelques heures. Il fit ce sourire qui en disait long.

- J’hésite à ce qu’on en parle avant … Quoiqu’elle t’attend depuis hier soir …

Il avait craché le morceau. Oui, il avait bien entendu « elle ». Il y avait une femme dans l’histoire. Il rouvrit doucement la porte, juste sa main qui passa dans l’ouverture. Il tira lentement et en excroissance de son bras, se trouvait une jeune femme, n’ayant pas encore ses vingt ans, ou à peine. Elle n’était pas très grande, de taille moyenne. La taille serrée de sa robe, laissait imaginer un corps qui n’avait rien à envié à d’autre. Proportionné, juste ce qu’il fallait de volupté. Elle resta prêt de Dagon, gardant une certaine distance. La tête basse et les cheveux détaché, ses mèches ébènes lui cachait en partie le visage. Ses frêles épaule sentirent rapidement les mains lourdes de Dagon appuyer dessus. Elle leva enfin un œil, clair, plein de mystère. Elle fixait Harald comme un petit animal sauvage. On n’arrivait pas à savoir, à lire dans son visage ou ses yeux si elle était apeurée, amusée, attristée, énervée. Soit. On ne voyait rien, ce qui faisait son charme. C’était bien une noble à en juger ses vêtements quelques plus travaillé et à l’étoffe choisie et mariée avec soin.

- La fille de l’ancien Amiral … Elle n’avait que son père, elle n’a plus personne et elle est venu me demander de faire quelque chose d’elle. Je t’avoue que je n’ai pas su quoi en faire au début. Une suivante d’Aaricia et pourquoi ne pas me coller des édits de paix avec le reste de Westeros, hein ! Puis, une langue que tu connais bien m’a soufflé une idée en la voyant. « Elle serait parfaite pour Harald… ». Je lui ai proposé, elle n’a pas l’air contre la petite. Je ne l’ai pas touché, je te le promets. Sargon non plus, si tu veux des détails… Elle est à toi, ta femme … Je sais que ça te fais chaud au cœur.

Dagon lâcha la jeune femme, s’installant sur la chaise qu’il avait occupe quelques temps plus tôt. La jeune femme, fille de l’ancien Amiral se tenait debout, là, prêt de la porte, se sentant presque de trop.

- T'en fais ce que tu veux, mais tu n'irais pas refuser quand même... Je suis pas si généreux...
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Message Mar 20 Déc 2011 - 19:19

Harald sentit la main de son suzerain sur la sienne, quelques instants. Une poigne forte, d'homme de guerre. Un poigne de guerrier. Et il se rendit compte qu'une fois encore, il avait perdu son calme. Perdu son sang-froid quasi-légendaire. Il n'avait pas été aveuglé par la rage, qu'il contrôlait bien souvent, mais par quelque chose d'encore plus mortel, il le savait. Son ambition. Cette flamme brûlait au fond de lui comme les feux qu'il répandait dans les villages des contrées vertes, incontrôlable, inextinguible, et qui le dévorait un peu plus à chaque instant. Certains possédaient le feu de la revanche, celui de la gloire, celui de la haine... lui possédait ce feu-ci. Celui qui le poussait à aller toujours plus loin, à chercher toujours un meilleur adversaire. Quelqu'un qui l'apporterait aux limites de la mort, et dont le nom résonnerait dans les plus grandes sagas, jusqu'à la nuit des temps.
Lorsqu'il y réfléchissait, qu'il prenait du recul sur la situation, Harald se demandait simplement s'il ne s'agissait pas de pulsions suicidaires. Premier sur le champ de bataille, dernier à le quitter. Toujours à s'attaquer à une plus grosse proie, en plus petit nombre... Salvemer aurait été digne de ses attentions. Quant à la prochaine fois... Port-Lannis peut-être? L'une des plus grandes villes de Westeros. Et des plus riches. Des mieux défendues... cela vaudrait le coup. Essayer, au moins. Ou mourir en essayant. Cela serait digne d'être chanté et célébré pendant des décennies.
Et encore une fois, il en revenait là. Mourir au combat, être chanté et célébré... Était-ce un malédiction de la famille Timbal que le chant des sirènes? Son frère l'avait écouté. Sa soeur aussi. Sa soeur...
Il retira sa lame de la table, notant que comme à son habitude elle n'avait pas la moindre marque. Cet acier lui survivrait, et pas qu'un peu. La table par contre... l'impact l'avait percée net, aussi précisément que si un travailleur du bois s'en était occupé avec les outils pour. Tant pis. Si le suzerain des Iles de Fer ne pouvait pas s'acheter une nouvelle table, alors son statut ne valait vraiment pas grand chose.
Dagon prit la parole, et Harald hocha la tête. Maintenant que son calme était revenu, il se demandait dans quel piège il s'était agréablement laissé trainer, aussi docile qu'une pucelle du Conflans. Il avait d'abord pensé que les précautions de Dagon avaient été faites uniquement pour le pousser dans le piège, titiller son égo et le faire accepter, mais là... il n'en était plus aussi certain. Il avait accepté sur son honneur de Fer-né, et sur celui d'Amiral. Et pourtant, Dagon continuait à préparer le terrain, comme s'il craignait VRAIMENT que Harald lui pose problème...
Harald hocha à nouveau la tête lorsque Dagon quitta la pièce, et rengaina immédiatement Pluie Pourpre. Presque immédiatement. Juste avant, il passa le tranchant de la lame sur la paume de sa main. Quelques instants, l'espace d'un battement de coeur. Et le sang perla, coulant le long de la lame, se joignant à celui des victimes de celle-ci. Dégainer une pareille arme sans lui faire au moins gouter le sang d'une personne quelle qu'elle soit était insultant. Il ne lui manquerait pas ainsi de respect.
Une fois l'arme dans son fourreau, Harald suivit le conseil de Dagon, et termina rapidement la cruche d'hydromel. Il regretta malgré tout un manque de nourriture. Boire n'était pas un problème, mais c'était toujours plus plaisant lorsque l'on avait pas l'estomac vide. D'autant plus qu'il n'avait pas mangé depuis son départ du Vieux Wyk, peu désireux de perdre son temps avec de pareilles frivolités.
En attendant que la deuxième cruche d'hydromel n'arrive, il réfléchit à sa situation. Amiral de la Flotte de Fer... de quoi lui faire de nombreux ennemis, et aucun ami. Même si l'expression que ferait Sargon Harloi en l'apprenant se suffirait à elle-même. Il termina sa dernière gorgée, pensant à ce que ce titre lui permettrait d'accomplir...
La servante arriva peu après, s'arrangeant une fois encore pour ne pas croiser le regard du Trompe-la-Mort. Il lui demanda malgré tout de revenir avec de la nourriture, afin que l'on ne puisse mettre en doute son efficacité et sa prévoyance. Et si jamais Dagon lui posait problème avec ça, Harald dirait la vérité, que c'était son idée. Elle s'éclipsa sans mot dire.
Harald secoua la tête. Il n'aimait pas voir une femme libre placée dans autant de servitude. Mais il ne pouvait rien y faire, malheureusement. Un homme, il aurait pu l'engager comme marin... mais une femme formée ne serait que source de dissension au sein de son équipage. Et il n'avait pas besoin de cela, en ce moment. Il avait déjà eu assez de problèmes au retour de son précédent voyage pour rajouter ce genre de choses. Il n'avait pas le temps ni les moyens de tout régler.
Et il aurait encore moins de temps, maintenant qu'il était Amiral.
Harald leva la tête lorsque Dagon revint. Seul. Sans rien dans les mains. Cette histoire sentait de plus en plus mauvais pour le Trompe-la-Mort. Il sentait étrangement une corde se resserrer autour de son cou, comme un pendu quelques instants avec qu'il ne soit lâché dans le vide.
Et cette impression se confirma lorsque Dagon lui parle d'une fameuse « elle ». Harald cacha sa surprise, son choc même, par une expression de froideur extrême. La même que celle qu'il gardait lorsqu'il était en chasse. Il hocha la tête, faisant signe à Dagon d'amener la femme.
Et alors que Dagon la ramenait, le Trompe-la-Mort se demandait comme il avait pu aussi facilement être dupé. Aussi facilement qu'un bambin à qui on promettrait une sucette et une tape sur la tête, il avait pris le titre... et la femme. La femme.
La femme, qui entra alors que Dagon l'intimait de le faire. Harald la regarda d'un air presque distrait. Elle était fine, presque fragile. On l'aurait presque crue tirée des contrées vertes, tant elle était propre sur elle. Mais elle avait malgré tout quelque chose dans le regard qui plaisait à Harald. Une sorte de détermination. Elle était timide, mais pas soumise. Il y aurait peut-être quelque chose à en tirer. D'autant plus qu'elle était loin d'être la demoiselle la plus laide sur laquelle il avait pu poser les yeux. De très loin. Des boucles de feu éclatantes, un visage aux traits élégants, un regard à faire fondre une pierre... Elle était magnifique.
Ce qui ramena Harald à sa précédente réflexion : quitte à lui choisir une femme, Dagon avait eu bon goût quant à celle qu'il avait choisi.
Mais bien entendu, il ne pourrait pas le reconnaître. Pas encore. Pas tout de suite. Cela aurait été une faiblesse. Et Harald ne devait jamais être faible, et encore moins devant les femmes. La dernière fois qu'il l'avait été... il passa légèrement la main sur sa cicatrice à la gorge, faisant comme s'il remettait ses cheveux en place.
Harald écouta d'un oeil distrait l'explication sur l'identité de cette jeune femme. Qu'elle soit la fille de l'ancien Amiral, ou du serf du coin lui importait peu, au final : il avait promis de l'épouser, et il le ferait. Cela n'était pas dans son code de faire marche arrière lorsqu'il avait donné sa parole, et Dagon semblait l'avoir oublié.
Il s'interrogea quelques instants sur la personne qui avait pu lui souffler cette idée, mais il n'eut pas à chercher loin : aucun membre de son équipage ne serait aller proposer une chose pareille à Dagon, et de toutes façons ils n'auraient jamais eu le temps de parler au suzerain avant que Harald ne vienne le voir en personne. Et à part son équipage, la seule personne qu'il fréquentait vraiment était Deidre. Et puis... c'était vraiment son style, lorsque l'on y réfléchissait. Il sourit légèrement à cette idée.
Un sourire qui fut renforcé par le fait de savoir qu'elle n'avait pas été touchée par son rival de toujours, ce Harloi de malheur, renié par le Dieu Noyé et par n'importe quel Fer-Né avec un peu de jugeote. Que Dagon n'y ait pas touché... c'était un bonus appréciable.
Et lorsque Dagon le menaça de façon à peine voilée, Harald se leva, et tendit la main vers sa future femme. Oui, sa future femme, aussi étrange que le concept lui paraisse. Elle la saisit, et il sentit la différence entre leurs peaux. La sienne était rugueuse, abimée, usée par le sel, le vent, les combats et le sang. Celle de sa femme, même si elle n'était pas aussi lisse qu'il aurait pu le présumer, montrait moins d'usure, moins de vécu. Rien d'étonnant. Certains hommes, même, avaient des mains moins usées que celles du Trompe-la-Mort. Beaucoup, en fait.

« Viens. Je présume que tu as un nom, non? »

Elle hocha la tête, et avança vers lui. Ce faisant, il tourna légèrement la main, dans un geste qui aurait pu sembler tendre, pour observer la paume de la femme. De la corne. Là où le manche d'une épée touchait les doigts. Un excellente signe. Mais après tout, il fallait s'y attendre. N'était-elle pas la fille d'un Amiral?
Il passa sa main dans le dos de la jeune femme afin de lui faire signe de se rapprocher encore. Elle obéit et, une fois qu'elle fut assez près, il la prit dans ses bras. A sa propre surprise et, sans aucun doute, à celle de Dagon. L'étreinte n'était pas celle d'un amant, mais elle était protectrice.
Elle rapprocha son visage du sien, et lui murmura son nom à l'oreille. Il hocha à nouveau la tête.

« Tu peux t'exprimer comme tu l'entends, tant que tu seras avec moi. Je ne suis pas homme à mépriser les femmes, et encore moins à les maltraiter. »

Elle se serra davantage contre lui à ces paroles, sans prononcer un mot. Aussi étrange que cela puisse paraître, il appréciait ce contact. Une femme qu'il ne prenait pas par la force, ou en l'impressionnant. Une femme qui pourrait peut-être l'apprécier vraiment... Il n'avait plus l'habitude de ce genre de choses. Entre les raids et la mort de sa soeur, ses rapports avec le sexe opposés avaient été limités à deux choses : ses femmes-sel, et Deidre. Pas vraiment de quoi se plaindre, au contraire... mais pas non plus une « vraie » relation.
Il ne demanda pas pourquoi elle restait silencieuse. Faire confiance à un homme qu'une partie des Iles de Fer considérait comme fou, et que leur grande majorité considérait comme un tueur sans merci, sans pitié, et sans sentiments... tout le monde ne le pouvait pas. Il ne doutait pas que, si elle avait accepté au départ, c'était principalement parce que Dagon avait du jouer de son influence, jouer de ses pouvoirs. Qu'elle n'avait plus nulle part où aller, maintenant que son père était mort. Et peut-être la seiche avait-elle un peu mis en avant le statut de Harald. Mais cela importait peu. Le temps passerait. Et ils verraient ce que leur... mariage donnerait. Quel que soit le résultat.
Il secoua la tête, chassant ses pensées et revenant à l'instant présent, caressant presque inconsciemment le dos de sa future femme. Il reprit la parole, sa voix toujours aussi calme, montrant que malgré la situation, il était maître de lui-même.

« Quant à toi, mon vieil ami... que tu penses que je puisse déshonorer la parole donnée me blesserait presque. Mes promesses sont solides comme l'acier valyrien, et ma voix même est celle du Dieu Noyé. Jamais je n'utiliserai mes mots pour la duperie ou le mensonge, et tu le sais très bien. »

Il relâcha son étreinte avec douceur, et fit signe à sa promise de s'asseoir. Elle obéit en marmonnant quelques mots que Harald ne comprit pas. Il lui sourit d'un sourire presque forcé. Il n'avait plus l'habitude de sourire autrement que comme un prédateur en chasse. Elle sourit en retour.
Harald se retourna vers son ami, le suzerain des Iles de Fer... l'homme qui lui avait peut-être donné le plus empoisonné des cadeaux que l'on puisse imaginer.

« Alors, qu'attendons-nous? Buvons. A notre amitié. A mon titre. Et à mon futur mariage. »

Harald fit signe à son ami de s'asseoir, et n'attendit pas avant de leur servir un verre à tous les trois.

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Message Jeu 22 Déc 2011 - 0:05

Dagon avait donc retrouvé sa place, en laissant la belle rousse debout, sans lui proposer de chaise. Il ne manquerait pas qu'Harald lui saute au cou ou qu'elle se retrouve entre les deux hommes, réglant leur compte. Puis que dans le fond il s'en moquait, elle n'était qu'une paire de seins et une paire de cuisse comme toutes les autres. Sauf qu'il ne l'avait pas touché et qu'il ne voulait plus la toucher par respect pour son camarade. Elle restait silencieuse. On ne savait ce qu'on pouvait lire en elle, derrière ses boucles de feu. On pourrait croire à de la crainte, mais non, une sorte de timidité et de loyauté envers ses aînés et des hommes. Puis alors, il porta son attention à Harald qui était rester tout aussi silencieux que la demoiselle, encore dans son innocence.

Puis une sorte d'angoisse empara Dagon. Elle ne se dissipa pas malheureusement. Il s'attendait à ce qu'Harald s'échauffe, comme insulté, pensant que le suzerain se moquait bien de lui. Oui, il le faisait d'une certaine façon, mais pas totalement. Il lui faisait une faveur, c'était un acte sincère, un vrai présent et non dans le but d'être un boulet pour lui. Il ne lui avait pas donné simplement parce qu'elle était belle et sûrement que le plaisir au lit n'en serait que plus jouissif. Deirdre avait bien sûr parler avec cette demoiselle, juste pour s'en faire une idée. Elle dit simplement "je l'aime bien". Rares étaient les demoiselles que sa cousine pouvait supporté. Il savait que chez elle, il y en avait trois sorte "on devrait la sacrifier au dieu noyé" ou alors "elle a une plus grande gueule que moi". Il fallait se méfier de la première de ces deux là, et aspirer à la toute première, celle qu'elle étiqueta à la rouquine. Harald s'était donc levé et lui prit doucement la main. Dagon s'adossa qu'un peu plus dans son siège, ouvrant grand son seul oeil restant d'un abordage. Il cligna même de la paupière, étonné. Nouvelle angoisse. Il n'avait réellement vu son camarade face à une femme, enfin pas une "dame". Les captives, prises dans le feu de l'action avant d'être abandonnées ou sacrifiées, il se montrait bien moins... Poli et avenant. Ce fut bien la première fois. Il n'était pas là, lorsque son nouvel Amiral et sa cousine s'étaient échangé leurs premiers mots. La nouvelle angoisse qui envahissait Dagon était de savoir si son ami avait un peu de fièvre ou que sa blessure devait être plus importante qu'il ne le pensait et le rendait complètement fou.

Il continua. Dagon faillit s'étouffer avec le verre qu'il buvait. Il l'étreignait avec cette douceur qu'on ne pouvait coller à cet homme sans faire une oxymore. Pas doux et harald dans la même phrase ou la même pensée ! Il restait coi, mais n'en ratait pas une seule miette. Il les jaugeait avec insistance. Etait-ce bon signe ? Certes, il ne ressentait pas d'amour ni de la tendresse dans cet échange, mais ce n'était que plus étonnant. Il reposa son verre, se demandant s'il ne devait peut-être pas arrêter pour aujourd'hui. Puis la phrase qui suivit. Il secoua la tête, las. Pourquoi, simplement pourquoi cette idiote de bâtarde pouvait s'amouracher d'un homme comme Sargon. Elle lui avait tout confié et elle aurait été bien plus heureuse avec Harald, même si jamais ils n'auraient pu se lier officiellement. On ne s'attardait pas sur la fidélité dans les îles de Fer. Dagon découvrait un autre homme, qu'il ne connaissait pas du tout et était totalement ébaubi. Il était vrai que lorsqu'ils parlaient de femme, le Trompe la Mort, se faisait bien discret sur ce sujet. Il approuvait, souriait, mais... En conclusion, il ne l'avait jamais vu sous ce jour, sous ce rôle.

Enfin, le jeune homme regagna la table, accompagnée de sa douce, alors qu'il lui parlait. Il tiendrait parole et la prendrait comme femme. Dagon haussa les épaules. Voilà une chose de faite. Il finit par lui sourire.

- Je préfère prévenir que guérir mon ami. C'est tout. Et tu aurais pu refuser, j'aurais fait semblant de débattre, pour la forme. Et j'aurais ris de voir que tu n'étais qu'un pauvre homme que rien n'atteint et surtout pas une femme. Je te pensais eunuque, le taquina t-il. Puis, je t'en prie, redis moi ça... Buvons à ta ... Tu as dis "femme" ?

Il rigola de bon cœur, tapant sur la table, puis trinqua avec l'homme. Il poussa doucement l'assiette vers la demoiselle pour qu'elle ne se prive pas de manger ou de boire, même s'il manquait bien un verre. L'hygiène, la politesse. Elle allait partager sa salive et bien plus avec Harald, elle n'avait qu'à tremper ses lèvres dans son gobelet. Point. Pas de manière chez eux, point du tout. Et ça, on le savait avec Dagon. Pourtant, il y avait bien de nombreux protocole, mais la pudeur ou les échanges, jamais. Combien de fois avait-il prit plaisir avec une dame dans un couloir, même Aaricia. Imaginez les razzia, si on s’offusquait de voir les jambes d’une femme et encore le fessier d’un homme qui la violentait pour un peu de plaisir. On n’avait pas le temps de s’armer de pudeur.

Il vida son verre et sourit, tapotant l’épaule d’Harald. Il finit par s’adosser de nouveau tout contre son fauteuil, dévisageant la demoiselle. Il finit par se racler la gorge, arrêtant de sourire bêtement, après le tableau si étrange que venait de lui offrir son compagnon d’arme. Il le regarda plus sérieusement, même si on lisait toujours un peu d’amusement dans son œil.

- Je ne fais pas cela pour t’embêter ou parce que la jouvencelle ne m’intéresse pas du tout ou qu’elle est une épine dans le pied. J’en aurais fait une guerrière de mon boutre ou celui d’un autre, peut-être pour Botley, ou l’autre petite brune au caractère bien trempée. Tu sais, celle qui est dans tes pattes. Bonfrère ! Comment oublier ce nom, souffla-t-il en repensant à Aaricia et sa dépression du moment. Cela te fait une maison, une présence dans ta triste vie, puis surtout que cela ne t’arrivera jamais de toi-même. Qui dit femme, dit héritier et on manque de guerrier comme toi. Je te fais confiance pour suivre l’Antique Voie. La jeune femme, dit-il ayant déjà oublié son prénom, n’ayant étrangement qu’Aaricia à la bouche, de part l’agacement qu’elle provoquait en lui, elle est dévouée au Dieu Noyé, une chance. J’imagine pas les enfants parfaits que vous allez faire pour faire perdurer la beauté de notre religion. Il aura aussi ta force je n’en doute pas. Tu es jeune, je ne sais si t’y pense mais … Quand tu vieillis tu t’inquiètes de savoir ce que deviendra les îles quand tu n’y seras plus. Alors tu te rassure en laissant un peu du meilleur de toi-même à ta mort. On a beau dire que nous ne semons pas, là il le faut … Mieux vaut ça que de laisser les îles de fer à des hommes comme ce Sargon, avec tout le respect que je lui dois.

Il gratta la table qui était bien abîmé de part la lame de son camarade. Il avait finit son discours. Il ajouta que s’il souhaitait qu’Harlon s’occupe de les liés sous les yeux de leur Dieu, il le ferait avec plaisir, ce prêtre appréciant beaucoup la dévotion d’Harald et reconnaissant ses prouesses au combat, étant lui aussi un guerrier. C’est alors qu’on les coupa. Une domestique entra, hésitante. Elle était bien différente de l’autre. Plus âgée et plus confiante et pourtant, elle n’osait s’imposer.

- Messire, dit-elle alors que le Greyjoy le fixait. Votre femme…

Il fit signe à la femme d’approcher, ancienne captive d’un raid qui s’était faite à sa vie ici. Elle était souvent celle qu’on lui envoyait dernièrement vu sa mauvaise humeur. Elle était une des rares à bien le connaitre et savoir comment lui parler sans attirer son courroux. Elle vint lui chuchoter à l’oreille que sa femme ne mangeait toujours pas et que le médecin avait insisté pour qu’elle lui fasse par de cette information. Il referma son poing, celui qui était sur la table. Il releva lentement ses yeux sur la servante et ne dit rien pendant un long moment.

- Quelle crève … J’en ai marre de ses caprices. Je l’empêche pas de manger ni même de quitter sa chambre. Elle s’est mise elle-même dans cet état. Continuez, comme si de rien n’était. Elle finira bien par craquer. Je vous ai pourtant dis que je ne voulais plus qu’on me parle d’elle, non ?

La servante soupira, oui, elle, avait le droit de soupirer. Elle s’en alla. C’était presque devenu les sujets des ménestrels : les disputes des Greyjoy. Enfin, autant pour eux, il n’y en avait pas sur les îles. Il relâcha lourdement ses épaules sur le dossier du siège, se massant l’arrête du nez.

- Si tu veux rester diner, il n’y a aucun problème, même la nuit. Mais je t’avoue qu’on n’est peu accueillant ces derniers jours. Ta femme sera le témoin de ton nouveau poste auprès de tes hommes, ah et ceci ...

Il sortit un bout de parchemin, scellé de part son sceau, qui disait que Harald Timbald, prenait tout les pouvoirs d'Amiral. Il fit glisser le tout sur la table, près des deux protagonistes. Il n'allait pas s'y rendre en personne. Il avait besoin de se reposer et il en fallait pour qu'il quitte son fort. Il n'avait plus rien à faire pour Harald, à part être deux simples guerriers qui s'appréciaient et non plus le seigneur qui retrouvait son bras droit.
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Message Lun 26 Déc 2011 - 22:37

Harald hocha la tête lorsque Dagon lui dit qu'il aurait pu refuser, et qu'un semblant de débat aurait eu lieu. Cela ne l'étonnait pas particulièrement, lorsque l'on connaissait Dagon. Il n'était pas homme à forcer ses choix, mais vieux valait malgré tout abonder dans son sens.
Il ne releva pas la pique comme quoi son suzerain le croyait eunuque. Ils avaient pillé assez de villages et attaqué suffisamment de lieux ensemble pour que le Greyjoy sache très bien que Harald était porté sur les femmes. Au moins autant que n'importe quel Fer-Né. Une rumeur prétendait même qu'un jour, il pourrait reconstituer une flotte entière à partir des enfants faits avec ses femmes-sel. Même si cette rumeur là était stupide. Harald n'avait jamais eu d'enfant avec elles. Sauf une exception. Juste avant qu'il soit revenu des flots... Cela avait été une erreur, il le reconnaissait bien. Une erreur qu'il n'avait jamais répété, et qu'il faisait de son mieux pour réparer. Il allait voir Arngeir à chaque fois qu'il se rendait sur le Vieux Wyk. Il faisait comme s'il rendait visite à une femme-sel comme une autre, et personne ne savait rien de l'existence de son fils. La seule personne à qui il aurait pu en parler résidait maintenant auprès du Dieu Noyé.
A chaque visite, il entrainait Arngeir à l'arc, à l'épée et à la hache. Il lui apprenait les rudiments de la navigation, du soin, la croyance du Dieu Noyé et les règles de l'Antique Voie... avec un peu de chance, même s'ils ne partageaient pas leur nom, ils partageraient au moins leur quête de gloire, et leur foi. Arngeir deviendrait peut-être le meilleur fils que Harald puisse avoir.
Même s'il existait désormais un nouveau problème à cela : comment Lysena – car c'était le nom de sa femme – réagirait-elle? Qu'il fasse une croix sur ses femmes-sel n'était pas un problème. Elles avaient déjà toutes un rôle et un « métier » pour vivre, et elles ne seraient pas attristées que Harald ne vienne plus les voir. Enfin pas toutes. Quelques-unes auraient du mal à s'adapter au fait d'être à nouveau libres. Ou ce qui s'approchait le plus de la liberté dans leur situation.
En tous cas, il n'arriverait pas à faire une croix sur son fils. Il était la chair de sa chair. Jamais il ne passerait avant l'enfant qu'il aurait avec sa femme, il en était sûr... mais malgré tout, il ne pourrait ignorer son existence, faire comme s'il n'existait pas... Cacherait-il son existence? Le montrerait-il à sa femme et lui expliquerait-il la situation?
Ce genre de problèmes serait pour plus tard. Après tout, Dagon se trouvait encore là, et il n'avait qu'à peine entendu la voix de sa future femme... Il aurait d'autres occasions d'aborder les sujets qui fâchent.

« Oui j'ai dit « femme ». Après tout, le mariage ne saurait tarder. C'est ce que tu voulais non? »

Il y avait une certaine accusation dans la voix du Trompe-la-Mort. Après tout, même si le cadeau avait été accepté avec plaisir, cela avait beaucoup trop ressemblé à un piège pour que cela lui convienne. Mais si Dagon avait fait cela, il avait ses raisons. Comme il l'expliqua à Harald juste après, dans un long discours qui fit sourire l'Amiral. Il parla tout d'abord de ce qu'il aurait pu faire de la jeune fille, et Harald n'écouta que distraitement la liste des personnes qu'elle aurait pu servir, mais si la mention de la jeune Bonfrère lui fit hausser un sourcil. C'était la première fille d'un des ses vassaux. Un capitaine plus efficace que certains hommes qu'il avait pu croiser. Quelqu'un qu'il respectait. Mais malheureusement pour elle, elle ne pourrait hériter du nom de sa famille. Il leur fallait un fils... et quoi qu'ils fassent, ils n'arrivaient pas à en avoir un. Il leur faudrait faire vite, pour ne pas que leur branche ne s'éteigne...
Encore une fois, Harald repris le cours de ses pensées et se concentra sur ce que lui disait Dagon. En effet, avoir une femme aiderait Harald. Grâce à elle, la lignée des Timbal ne saurait s'arrêter aussi vite. Et pour ce qui était de la présence... C'était à voir. Elle semblait timide, pour le moment. Mais quelques voyages en mer aux côtés de son mari la rendraient peut-être plus loquace. Ou peut-être – pensée paradoxale s'il en est – était-ce Dagon et non le Trompe-la-Mort qui l'inquiétait tant. Cela serait aussi à voir.
En effet, Harald ne serait jamais allé chercher une femme de lui-même. Il était trop occupé pour ça. Il avait toujours autre chose en tête, quelque chose à faire... et pour le moment son père était encore le Lord. Lorsque Harald le deviendrait... il aurait encore moins de temps pour lui. Alors du temps pour se trouver une femme... Mais Dagon avait anticipé cela en lui présentant celle-ci. Lysena Salfalaise. Une bonne alliance, lorsque l'on y réfléchissait. Les Salfalaise étaient une des plus puissantes familles des Iles de Fer, et ils étaient réputés pour leurs femmes fertiles et leurs hommes robustes. Après tout, leur précédent Lord avait été l'Amiral de la Flotte de Fer avant Harald, non? Cela voulait tout dire.
Harald fut satisfait d'entendre que la jeune femme était une croyante en l'Antique Voie. Il aurait eu du mal à supporter une compagne à laquelle il devrait tout apprendre à ce sujet. Ou pire, une femme qui ne respecterait pas son dieu. Mais Dagon n'aurait pas été assez idiot pour faire cela. Il savait que cela aurait été le meilleur moyen pour que la femme elle-même finisse en sacrifice au nom du Dieu Noyé.
Mais Dagon se trompait lorsqu'il pensait que Harald ne s'intéressait pas à sa mort. Ne pensait pas à l'héritage qu'il laisserait derrière lui. Harald n'était intéressé que par cela. Plus que par sa propre survie, pour ce qu'il en était. Il voulait laisser une empreinte indélébile sur les Iles de Fer, que l'on se rappelle de lui et de son exemple, et que tout le monde s'en souvienne et suive ses pas. Il n'était pas prétentieux au point de croire que cela marcherait, mais il savait au moins que nul ne l'ignorerait.
Et si en plus il pouvait laisser un fils et une femme derrière lui... quoi de mieux pour prolonger l'existence de son héritage?

« N'aie aucune inquiétude à ce sujet, mon vieil ami. Je ne laisserai jamais la flamme du Dieu Noyé s'éteindre. Et si tu me dis que Lysena partage ce point de vue... non, les Harloi n'auront pas les Iles de Fer. »

Il sourit et prit la main de sa femme, tout en buvant de son autre main. Non, il n'était pas question que les Iles de Fer s'abaissent à suivre la voie des contrées vertes. Pas tant que Harald ou un de ses descendants ne vivrait, en tous cas. Il s'assurerait que la voie des Timbal reste suivie. Même s'ils devaient être en minorité, même s'ils devaient perdre leur puissance et leur influence dans le processus, ils resteraient fidèles à l'Antique Voie, et la suivraient jusqu'à la mort. Jusqu'à ce que le dernier des Timbal ne rejoigne les Halls du Dieu Noyé et n'y festoie avec ses fidèles serviteurs.
Dagon ajouta une proposition sur le fait que Harlon le rouge pourrait les unir aux yeux du Dieu Noyé. Une excellente idée aux yeux de Harald. Et un immense honneur. Harlon le Rouge était un des prêtres les plus influents et les plus importants des Iles de Fer. Un des élus du Dieu Noyé. Même si le Trompe-la-Mort aurait préféré que Orell le fasse, il n'était pas question de refuser. Le vieil homme comprendrait. Il en allait de l'honneur des Timbal et du sacré de l'union aux yeux du Dieu Noyé.
Harald s'empressa d'accepter la proposition, mais il déclara malgré tout :

« Mais je ne saurais l'épouser sans que le Dieu Noyé me donne sa bénédiction par la victoire. Je me dois de bénir cette union dans le sang. Les contrées vertes saigneront, et la Pluie Pourpre tombera avant que je ne puisse me marier. »

Il se tourna vers sa future femme, et il prit la parole, en la regardant dans les yeux. Elle ne détourna pas le regard, là où nombre d'hommes l'avaient déjà fait. Et il vit brûler en elle les mêmes flammes de l'ambition et de la force que celles qui l'animaient. Ils étaient vraiment bien tombés, tous les deux.

« Tu peux m'accompagner, si tu le désires. Et lorsque je reviendrai, nous nous marierons. »

Elle accepta sans hésiter un instant. Et il savait qu'elle n'aurait pas besoin d'être surveillée, protégée ou cajolée. Son regard le disait. Ses mains le disaient. La façon dont elle lui rendait le moindre geste et la moindre tendresse, avec la force d'une guerrière, d'une Fer-Née digne de ce nom. Elle ne lui ferait pas honte, il en était sûr.
Puis, lorsque Harald se tourna vers Dagon pour voir comment celui-ci prenait la nouvelle, il vit qu'il n'avait sans doute rien entendu. En effet, le suzerain était tourné vers quelqu'un d'autre : la servante était entrée, entre temps, et lui avait passé un message. Harald n'avait rien pu entendre, car il avait été occupé de son côté, mais il pouvait deviner ce qui s'était passé. Vu l'état de nerfs de Dagon lorsqu'elle repartit, il n'y avait aucun doute sur le fait que la « banshee » avait à nouveau frappé. Et cela fut confirmé par la réaction du suzerain, qui se lança dans une tirade sur la façon dont sa femme se causait elle-même des problèmes. Elle semblait quelques peu... gamine, pour ce que Harald pouvait en juger. Et même s'il ignorait exactement de quoi il en retournait, le Trompe-la-Mort priait pour qu'il n'y ait pas le même genre de problème avec sa future femme, même s'il n'avait que peu de doutes à ce sujet. Tout d'abord, elle ne semblait pas être ce genre de femme. Mais surtout, il ne serait pas du genre à être si tolérant. Il était respectueux et protecteur... dans certaines limites. Et dépasser ses limites était quelque chose que l'on pouvait faire très rapidement, si on ne le connaissait pas. Et lorsqu'on le connaissait, on savait qu'il ne fallait pas le pousser dans ses retranchements. Il était un Fer-Né, et surtout un guerrier et un capitaine. Personne ne s'opposait à lui bien longtemps sans en payer le prix. Et tous le savaient, sans aucune exception. Il serra davantage la main de sa femme. Peut-être qu'elle en avait mal, peut-être non. Mais cela lui sortait de l'esprit, en cet instant.
Il observa Dagon se rasseoir, et écouta sa proposition. Rester dîner? Non, il avait autre chose à faire. Une guerre à préparer. Il récupéra le parchemin que lui tendait le suzerain, et le glissa dans sa bourse sans même l'ouvrir ou le lire. Il avait suffisamment confiance en Dagon pour savoir que le parchemin contenait toutes les informations dont il aurait besoin pour cela.

« Merci de ta proposition, mais tu sais aussi bien que moi que ce parchemin ne saurait suffire à confirmer mon autorité. J'ai des troupes à passer en revue. Des stratégies à revoir. Des bateaux à mettre en route. »

Il se leva, faisant signe à sa femme de le suivre, et hocha à nouveau la tête en direction de Dagon.

« Si tu as besoin de moi, pour une attaque, ou pour quelque chose d'autre... n'hésite pas. Tu sais où me trouver. »

Il se dirigea d'un pas sûr vers la porte, la tête plus haute qu'à son arrivée. Son regard l'emmenait déjà plus loin que jusqu'à son navire. Il se voyait de nouveau mettre les contrées vertes à feu et à sang, accompagné par l'intégralité de la Flotte de Fer. De beaux combats en perspective...
Il ouvrit la porte et fit passer sa femme. Puis il se retourna, et déclara en souriant :

« Merci l'ami. Merci pour tout. »

Son sourire était de nouveau celui d'un prédateur...
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Fer, sang et sel - PV Dagon

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