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D'aventure en aventure [PV Maura]

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Message Ven 9 Déc 2011 - 21:56

Levant les yeux aux cieux le jeune garçon sortit sa langue pour goûter les rares gouttes pluies de la brève et faible averse qui s’abattait sur la troupe dornienne. De mémoire Trystan estima qu’il s’agissait là des premières pluies qu’il avait vues depuis son départ de Lancehélion. Et encore il ne s’agissait là que d’un faible crachin dont la fraîcheur toute relative était bien vite écrasé par le soleil étouffant. Le jeune prince aperçut le sourire moqueur de son garde du corps qui chevauchait non loin de lui, les bras ballants tenant négligemment les rênes de son imposante monture. Conscient d’avoir été surpris dans une attitude qui seyait fort mal à un prince de sang Trystan ferma bien vite la bouche. Il dissimula sa mine gênée et contrit derrière son écharpe de soie rouge et noir, offerte par sa tante, la rabattant sur son visage. Le tissu se colla bien vite au visage humide de sueur de l’enfant tandis qu’il essayait d’adopter une respiration moins bruyante. La chaleur n’était en rien comparable avec celle des contrées ensoleillées de Dorne mais après une semaine passée à cheval, il avait insisté pour effectuer le voyage ainsi, son corps fragile commençait sérieusement à montrer ses limites. Il étouffait cependant la moindre plainte face aux membres de son escorte qui semblait à peine dérangés par la canicule ambiante. Vêtus de leurs plaques d’armures composées de disques de bronze, leurs capes blanches flottant au vent, l’air menaçant, ils offraient une vision bien plus martiale et intimidante qu’à Port-Réal.

Mais aussi impressionnants que pouvaient être les guerriers de l’escorte dornien, aucun n’égalait le charisme mystérieux et la force tranquille qu’incarnait Ser Donnel de Sombreval de la Garde Royal. Monté sur un azelan à l’allure noble, il ouvrait la voie lance à la main. Tout de blanc vêtu, la lueur du soleil se reflétait sur lui ne rendant sa silhouette que plus éclatante et aveuglante. Trystan plissa les yeux en posant le regard sur lui. La présence du chevalier avait été la condition imposée par sa tante pour son périple vers Castral Roc. Il s’agissait là d’une concession bien maigre. Il avait quitté la capitale avec un certain regret mais également plein d’entrain et sujet à une excitation visible à l’idée d’entreprendre le voyage jusqu’au siège de la maison gouvernante de l’Ouest. Il songea une fois encore comment il pourrait bien remercier la dame de la Maison Arryn d’une telle invitation. On l’avait chargé d’un présent sous la forme d’un oiseau exotique mais le pauvre animal semblait mal supporter la chaleur. Le rubis bleu monté en pendentif qu’il avait apporté semblait plus approprié. La pluie s’arrêta brusquement et il cessa de penser à ces babioles.

Un arc en ciel commençait déjà à se dessiner à l’horizon, masque transparent à peine visible sur le fond bleu azur d’un ciel sans nuage. Les Terres de l’Ouest ne semblaient pas particulièrement inhospitalières, cependant le terrain particulièrement rocailleux avait laissé un souvenir douloureux sur ses cuisses malmenés par la chevauchée agitée. Des montagnes imposantes aux sommets enneigés grattant le ciel et disparaissant parfois sous les nuages constituaient le décor le plus visible des environs. Très vite la roche avait cédé la place à des contrées plus verdoyantes et forestières presque sauvages. Ils n’avaient croisés que peu de villages et les citadelles fortifiées sièges des maisons vassales des Lannister n’ouvraient leurs portes qu’avec une certaine réticence. Trystan comprit bien vite que la noblesse locale était particulièrement à cran avec les attaques Fers-Nés et plus encore, par la présence de l'Ost du Val sur les terres de l'Ouest. Une nouvelle que le jeune héritier de Lancehélion apprit avec une certaine surprise. A bien y pensé il n'avait aucun mal à voir la fougueuse dame du Val à la tête d'une armée. Son esprit d’enfant devinait sans mal qu’il devait y avoir d’autres motifs, mais il était encore bien jeune pour saisir la pleine importance des tractations politiques qui avaient dû aboutir à cet évènement, ser Devram se chargeait de le lui rappeler.

Il se contentait donc d’apprécier le voyage, aussi douloureux et pesant qu’il pouvait être à présent. Ils avaient regagnés la route d’Or depuis peu et le périple touchait presque à sa fin. Il allait de nouveau regagner la mer et il anticipait déjà, tout gamin qu’il était, le plaisir d’être de nouveau confronté à ce spectacle. Né à Lancehélion, Trystan n’était jamais demeuré loin de la mer très longtemps. Il pouvait déjà sentir s’il faisait bien attention les effluves marins portées par le vent aride de l’Ouest. Ser Donnel s’arrêta brusquement obligeant la troupe qui suivait à se stopper précipitamment. Ser Devram remonta la colonne, bouclier au bras pour voir ce qui se passait. Le jeune dornien se tordit le coup, soulevant son corps endoloris de sa selle pour entendre ce que les deux hommes se disaient et la raison de cet arrêt. Bruine, sa monture, protesta contre la pression inattendu qu’il faisait peser sur les étriers. Devançant l’attention de ses protecteurs il gagna également l’avant de la troupe sa curiosité soudain attisé. Le spectacle s’étalait devant ses yeux. La puissante et orgueilleuse forteresse de Castral Roc se dressait fièrement sur une falaise haute surplombant l’océan. Avec son aspect brut et ses murailles épaisses elle était réellement intimidante. Elle semblait taillée comme un seul bloc. Mais il ne s’agissait pas là de la scène la plus impressionnante, la vision de la marée bleu et blanche qui avançait en rang ordonnés était autrement plus captivante et époustouflante.

Trystan savait reconnaître une armée lorsqu’il en voyait une, il évalua rapidement qu’il devait se trouver ici pas moins de dix milles hommes. Avec la distance ils semblaient plus petits et plus nombreux, mais l’impression de multitude était prenante. Une mer de drapeaux et étendards s’agitaient sous la brise apportée par le large. On distinguait par endroit l’éclat blanc de l’aigle Arryn mêlé à d’autres blasons de Maisons du Val. Le jeune garçon le souffle coupé par cette vision se remémora la tapisserie qui trônait dans l’appartement paternel à Lancehélion représentant la venue de la rencontre entre la reine guerrière Nymeria et le premier ancêtre Martell. Il s’agissait là du même tableau mythique, le soleil éclairant d’une lueur glorieuse cette armée en marche. C’était ce genre de vision qui donnait naissance aux légendes songea le jeune prince. La troupe repris sa marche en direction de l’attroupement guerrier. Regroupés autour des murs de la citadelle, l’Ost avait commencé à installer un campement. Ils laissèrent passer les dorniens sans opposition.

Le jeune prince de Dorne leva des yeux ébahis en passant sous la haute arche qui constituait le fronton d’entrée de la forteresse. Les lieux n’étaient pas aussi immenses que le Donjon Rouge de Port Réal mais à sa façon il était intimidant. Ils gagnèrent bientôt les écuries où les attendaient palefrenier et escorte aux couleurs Lannister dont le riche équipement aurait fait pâlir d’envie n’importe quel spadassin. La venue de l’héritier du Royaume des Sables avait été annoncé par corbeau, mais il se demandait à présent si Dame Arryn avait eu le temps d’y prêter grande attention. Quoiqu’il en soit Trystan fut pris en charge avec les égards et une fois le pied à terre il fut conduit vers une galerie qui menait à des appartements privées. Le reste de la troupe dornienne fut « invitée » par la garde rouge et or à rester aux écuries, tandis que l’accompagnait Ser Devram et Ser Donnel.

-Dame Maura vous recevra sous peu, je vous prie de patientez ici mon seigneur.

Le jeune garçon manqua de frémir en s’entendant ainsi donner son titre ; la chose aurait pu lui sembler drôle quelques mois auparavant mais il commençait à s’y habituer. Le frère juré de la Garde examinait d’un air vide la décoration des lieux tandis que le protecteur de Trystan, avec sa grossièreté habituelle, siffla d’admiration en contemplant les riches boiseries. Visiblement les rumeurs sur la richesse honteuse des Lannister n’étaient pas infondées. Restait à savoir à présent si la dame du Val avait subis l’influence des lieux.
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Message Dim 11 Déc 2011 - 18:13

Une fois n’est pas coutume, cette mâtinée avait vu Maura se lever la première laissant derrière elle un mari endormi. Aujourd’hui serait sa journée et elle n’aurait pas le temps de s’occuper à écouter les plaintes de son époux ou à donner quelques ordres aux serviteurs, elle devait se rendre seule auprès de ses troupes qui s’étaient installées ces derniers jours au pied du Roc en attendant d’être divisées et envoyées vers le nord des Terres de l’Ouest. Elle devait s’avouer être très impatiente à l’idée de retourner au sein de ses hommes sans la présence pesante de son époux. Enfin pas Tybolt en lui-même mais ce lourd nom de Lannister. Heureusement, pour ses hommes, tous fiers guerriers, elle restait Maura Arryn, leur Dame et sœur de leur suzerain et, à vrai dire, cela lui suffisait. Elle avait besoin de ses hommages qui lui rappelaient qu’elle ne serait jamais réduite à n’être que l’épouse du Lannister. Malgré sa position plus que complexe, elle devait se raccrocher à cette certitude pour ne pas perdre toute volonté d’exercer le rôle qui avait toujours été le sien.

Sa main glissa, légère, pour actionner le désormais traditionnel vaisselier arrachant un grognement ensommeillé à la forme masculine encore allongée dans le lit qui avait vu leurs ébats nocturnes. Elle se retourna pour sourire fugacement avant de se glisser dans les ténèbres de Castral Roc armée d’un chandelier. Forme éthérée et pâle, propre à faire revivre les vieilles histoires de revenants au sein de la vieille forteresse, la jeune femme finit tout de même par arriver aux appartements «officiellement» mis à sa disposition mais qui ne l’avaient encore jamais vue y passer une nuit complète. La boiserie qui masquait l’entrée des appartements s’écarta en un grincement sinistre dans la pièce laissée vide par ses absences et ses nuits dans les bras de son époux. Après un léger soupir d’en avoir enfin terminé, elle remit soigneusement en place le panneau de bois avant d’aller allumer d’autres lumières grâce à sa bougie. Son ombre se déplaça rapidement sur les murs tandis qu’elle allait appeler ses servantes pour l’aider à se préparer. Elle voulait arriver dans le camp dès les premiers appels au réveil des hommes et être certaine que la discipline exigée par ses Lords ne serait pas battue en brèche par les délices de Port-Lannis. Après une rapide toilette où elle fut lavée à l’eau fraîche, Maura revêtit les vêtements qu’elle entendait porter auprès de son armée. Il n’était pas question d’armure de fer ni même de cuir bouilli mais simplement de sa tenue d’équitation gris argenté sur laquelle venait se déployer sa cape d’un bleu azur rappelant la couleur des Eyrié. Ses cheveux agrémentés d’un large cercle d’acier avaient été relevés en un chignon natté quand elle passa les portes de Castral Roc signifiant sèchement à la Garde du Lion qu’elle se contenterait des gardes de la maison Arryn. Il y eût un petit remue-ménage mais les ordres de la Dame étant si volontaires, il fallut bien faire avec d’autant plus que les chevaliers du Val n’avaient plus vraiment l’air aussi aimables qu’à leur habitude alors que leur dame se trouvait au milieu de leur petite troupe. Après quelques mots, les chevaux s’ébranlèrent pour gagner un petit trot rapide afin de quitter l’accès du castel.

A la vue de la bannière au Faucon, les premiers hommes se levèrent et se découvrirent pour saluer leur Dame qui venait s’encanailler avec eux, pauvres hères. Pourtant, après les premiers hourras, ils déchantèrent assez rapidement quand la jeune femme exigea de les voir débuter leurs entrainements dès la repue matinale et de préparer une revue d’armes pour le lendemain. L’inspection continua plusieurs heures et les régisseurs et autres intendants crurent qu’ils allaient s’arracher les cheveux tant leur commandant, au demeurant sublime dans sa robe grise, leur demandait de précisions que la qualité des marchandises qu’ils obtenaient et sur le système de répartition des rations cuisinées. Mais, à vrai dire, le plus gros problème qui se posait pour les troupes du Val était la lourde chaleur qui s’était abattue sur leurs épaules depuis qu’ils avaient quitté les hauts contreforts des montagnes. Même en pleine canicule, le Val restait plus ou moins tempéré du fait de sa hauteur et des vents qui y soufflaient parfois mais rien n’était pareil dans l’Ouest et la jeune femme s’inquiétait beaucoup de la possibilité de voir apparaître des épidémies au sein du groupe que formaient ses hommes. Après un long entretien avec le mestre qui accompagnait l’armée dans sa lutte pour sécuriser les terres Lannister, la jeune femme put enfin goûter le calme de la tente de commandement. Ce bref interlude ne dura malheureusement que trop peu de temps. Très vite, les vociférations des lords du Val face aux exigences indues des Lannister se firent entendre et la visite devînt dès lors beaucoup moins plaisante. Pour tout dire, la jeune femme était d’accord avec ses vassaux mais elle se devait de ménager la chèvre et le choux pour le moment. Sans compter que l’utilité d’une vaste armée pour défendre des côtes étendues n’avait encore jamais été prouvée. Mais elle comprenait la colère des hommes de l’Est à l’idée de devoir subir la présence de Lannister et consorts. Aussi insista-t-elle très clairement. Aucun contingent ne serait mixte. Et de ce fait, les pouvoirs des vassaux Lannister seraient simplement un titre vague et vide. Toutefois, elle ajouta qu’elle connaissait suffisamment la sagesse et la sapience des hommes présents pour savoir qu’ils feraient tout pour travailler avec ceux de l’Ouest comme elle-même s’échinait à le faire avec Lord Tybolt. Elle remarqua un léger sourire sur les lèvres du Corbray qui devait sans doute donner un tout autre sens au terme s’échiner. Ce en quoi il avait raison. Ce Lannister, bien différent du type habituel, se menait avant tout par la queue. Heureusement, un messager annonçant que l’on avait repéré l’escorte Martell non loin lui permit de s’échapper à l’atmosphère pesante pour rejoindre le Roc au grand galop. L’arrivée du jeune garçon lui faisait plaisir et cela permettait enfin à la jeune femme de goûter d’un interlude autre que sensuel ou guerrier. Elle n’avait guère le temps pour des effets de toilette mais elle ôta tout de même le fin cercle d’argent marquant sa préséance sur les vassaux du Val pour paraître simplement devant l’héritier de Dorne. Les trois hommes de Lancehélion n’eurent d’ailleurs pas longtemps à attendre pour voir paraître la jeune dame du Val qui s’avança vers eux tout sourire.


«Ah ! Enfin un bon visage à contempler. Je suis bien heureuse de vous savoir enfin arrivé mon jeune prince. J’espère que le voyage a été agréable, Trystan. »

Contente d’avoir le jeune Martell, elle faillit se pencher pour l’embrasser comme elle l’aurait fait avec un enfant de sa parenté mais elle avait trop en tête le souvenir de la dignité rigide du garçonnet pour le faire rougir face à ses hommes. A la place, elle lui donna obligeamment sa main à baiser. Elle répéta le même geste à l’attention du garde royal et, pour faire bonne mesure, sourit au garde du Martell pour lui faire le même honneur. Ce n’était pas un geste anodin qu’elle condescende ainsi à recevoir les hommages d’un simple homme d’armes mais elle tenait vraiment à ce que les Dorniens qu’ils se sentent les bienvenus même si elle n’était pas officiellement la maîtresse des lieux. Les serviteurs, suivant les habitudes dictées par l’actuel Lord Lannister, avaient préparé quelques rafraîchissements et autres en-cas pour ces hommes qui devaient être assoiffés.

«Je me répète mais je suis soulagée de vous savoir arrivé sain et sauf jusqu’ici. Avez-vous eu le temps de passer par le campement ? J’ai prévu que nous y allions demain pour assister aux manœuvres d’exercice. Si cela vous plaît, évidemment. Les Lannister viendront vous voir aussi, je pense. Lord Tybolt se trouve malheureusement à Port-Lannis pour discuter de choses et d’autres sur ses chantiers.»
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Message Jeu 15 Déc 2011 - 21:01

Elle n’avait presque pas changée. Trystan n’aurait pas su dire s’il agissait là exactement d’une bonne chose, et encore moins s’il fallait le lui dire en face. Fidèle à elle-même la dame du Val n’avait compté sur aucun artifice ou d’ornement ostentatoire pour mettre en valeur sa beauté naturelle. Vêtu pour une équipée équestre qui moulait agréablement ses formes, elle ne s’était offert que le simple luxe d’une cape aux couleurs du Val. On devinait l’autorité naturelle qui transparaissait dans sa démarche assurée et déterminée, le jeune homme devina même que son garde du corps ainsi que le Blanc Chevalier s’était légèrement raidi. Le sourire éclatant et engageant avec lequel elle l’accueillit manqua de le déstabiliser tout à fait. Inconsciemment il releva la tête et s’efforça, pitoyablement, de se grandir avant de se rendre compte de son ridicule. A présent qu’elle était proche de lui il l’aurait volontiers dit qu’elle s’était embellie. L’atmosphère des lieux peut être. Pourtant elle était loin de rayonner de joie et il devinait la lueur soucieuse derrière ses prunelles gris-vert qu’il avait appris à reconnaître chez son père. Elle semblait néanmoins comme emporter par une énergie volontaire débordante, qui aurait pu presque être communicative si Trystan ne se sentait pas empêtré dans sa réserve timide habituelle qui le caractérisait. Une timidité qui s’exprima d’ailleurs lorsqu’elle usa avec légèreté de son prénom. Devait-il en faire de même ? Non assurément il n’allait pas pousser jusque là.

Il considéra donc maladroitement la main de la jeune femme et la prit dans sa fragile menotte d’enfant avant de lui apposer un léger effleurement des lèvres comme sa septa lui avait si bien appris. « Souvenez vous mon enfant, barbouillez de salive la main d’une noble dame est du plus mauvais goût », se souvint-il en dans un éclair de souvenir gênant dans les circonstances. Il releva la tête et sourit du mieux qu’il pu, accentuant ses fossettes enfantines.

-Dame Maura, je vous remercie de votre sollicitude, s’il y a eu le moindre désagrément pendant mon voyage je dois dire que la vision du Roc l’a parfaitement dissipé. Dit-il d’un ton enjoué avant d’ajouter précipitamment. Et croyez-bien bien que c’est un plaisir partagé que de vous revoir une fois encore, je ne saurai comment vous remerciez de votre invitation. A dire vrai j’ai eu du mal à convaincre ma tante de relâcher son emprise mais je pense que je suis ici récompensé de mes efforts.


Jamais la jeune dame du Val ne saurait combien l’accord de sa tante avait une lutte à ranger dans le rang des exploits. Ceux qui trouvaient mal aisé de se frotter au maître d’arme sur la piste d’entraînement n’avaient jamais essayé de faire ployer une femme dornienne. Après les salutations de rigueur s’en suivit une sorte de cérémonial d’accueil qui prit le jeune garçon au dépourvu. Des serviteurs en livrées circulaient entre les Dorniens avec boisson et nourriture à disposition. Une précaution qui ravit Trystan qui osa se servir d’une coupe remplie d’eau qui lui fut agréablement rafraîchissante. Ser Donnel refusa poliment ce qu’on lui proposa, la main sur le pommeau de son épée, aussi impassible que la statue de Baleor. Son confrère garde du corps ne fut pas aussi sensible à une telle retenue et pilla allégrement le contenu d’une corbeille. Trystan fit mine d’ignorer Ser Devram pour se concentrer sur les paroles de la jeune femme. Il lui restait encore des mystères à éclaircir : quel était le véritable motif de sa présence ici et surtout de la présence d’une armée complète aux portes de la demeure du Seigneur de l’Ouest.

Et à écouter la dame des Eyriés cette armée était à pied d’œuvre. Il découvrait en la jeune femme une nouvelle facette : celle de chef de guerre et il ne put dire qu’elle lui seyait à point. S’il ne doutait point de sa volonté à commandé, Trystan néanmoins avait du mal à imaginer la frêle jeune femme le bras armée. Mais visiblement cela ne devait pas encombrer les hommes liges du Val. Plus surprenait était la présence conjointe des hommes des Montagnes et ceux Lannister. Le jeune héritier de Lancehélion se trouvait un peu pris au dépourvu. Voilà qu’il était visiblement parachuté au milieu de préparatifs qui n’annonçaient rien moins qu’une guerre en bonne et due forme. Déjà auparavant il avait déjà pu voir son père en compagnie de ses vassaux se prêter à des manœuvres, mais il régnait ici une toute autre atmosphère. A entendre la dame se quérir de sa « sécurité » il commençait à croire qu’effectivement il avait eu de la chance de parvenir jusqu’ici en vie.

-Je pense que mon escorte aura su me garder du moindre danger ma dame. Mais que dois-je comprendre dans ces préparatifs ? Vous préparez une guerre ? Pourquoi les Lannister sont-ils associés à un tel projet ? Quels sont vos liens avec le seigneur Tybolt, dois-je conclure à une alliance ?

Du peu qu'il avait entendu sur le jeune Lion Lannister il avait peine à imaginer que celui-ci laisserait une telle force à proximité du siège de sa maison. Conscient de son flot de questions il s’arrêta un instant pour s’excuser.

-Veuillez excuser mon indiscrétion, c’est juste que tout ceci me parait assez soudain et confus, depuis mon départ de la capitale j’ai été tenu éloigné de la moindre nouvelle.

Y compris de mes parents faillit-il rajouter, mais il était hors de question se présenter comme un mioche pleurnichard. Quoiqu’il en soit tout ceci avait le don de piquer sa curiosité. Même s’il n’était qu’un enfant il était assez intelligent pour comprendre ce qu’impliquerait une alliance entre le Val et l’Ouest, rien moins que deux des plus grandes maisons de Westeros. Un puissant mobile devait travailler un tel rapprochement politique, quel en avait été le prix par ailleurs ? Et que diable était ces chantiers ? Peu disposé à pousser plus loin son inquisition grossière il opina donc du chef à la proposition de la jeune femme.

-Ce serait avec joie ma dame, dois-je comprendre que vous comptez mener votre armée à la bataille ?

Trystan pour sa part brûlait d’une excitation certaine à voir un tel ost se mettre en branle. Ce devait être un spectacle magnifique ! Son emoi ne semblait pas atteindre le frère juré de la Garde Royale qui à son inverse connaissait les réelles implications de la guerre. Le champ de bataille ne promettait aucune gloire sinon celle de finir une flèche en travers de la gorge gisant sur un sol boueux, mais cela un enfant de neuf ans pouvait-il le comprendre.
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Message Sam 17 Déc 2011 - 16:16

Décidément, cet enfant lui plaisait. N’était-il pas adorable à toujours vouloir jouer l’adulte et à tenter de se hausser au niveau de ceux qui seraient un jour ses pairs ? Il avait les yeux violets de la famille de Daenerys. La meilleure part selon Maura. Et, au moins, il ne puait pas la folie Targaryen à six pieds. Certes, il était encore jeune et qui savait comment il évoluerait au cours de son adolescence. Mais, pour le moment au moins, il était un petit compagnon charmant. Presque comme une sorte de petit page beau et poli. Elle savait que les enfants qu’elle aurait de Tybolt ne lui ressemblerait jamais mais elle espérait qu’il aurait cette politesse innée et cette façon particulière de respecter avec fierté ses semblables. Son regard se perdit quelques instants dans le vague alors qu’elle tentait d’imaginer les visages des futurs rejetons de la Maison Lannister. Blonds sans doute puisque leurs parents avaient reçu plus que leur part de sang Andal…Elle s’était toujours imaginé avec des enfants semblables à elle alors qu’elle n’aurait sûrement que de petites têtes aussi blondes que son époux autour d’elle. Auraient-ils ses yeux ? Au moins quelque chose d’elle…Elle n’osait se l’avouer mais elle avait hâte finalement. D’une part parce qu’un fils assurerait définitivement sa place à Castral Roc et renforcerait sa position aux côtés de Lord Lannister mais aussi parce qu’elle voulait -enfin- avoir des enfants à elle et non plus de simples frères et sœur à élever. Les siens, sa famille.

Elle secoua la tête en fermant les yeux puis reporta toute son attention sur le jeune garçon afin de répondre à son petit compliment. C’était amusant de voir qu’il se donnait du mal pour louer le Roc, ce dont Tybolt lui serait certainement gré quand elle le lui raconterait. Il semblait s’être mis en quatre pour être le plus parfait possible et elle s’amusait de le voir faire de si grands efforts pour lui faire plaisir. C’était touchant et, mine de rien, la jeune femme lui en était reconnaissante. Peu d’hommes étaient délicats à l’excès avec elle et elle appréciait ce geste anodin dont l’enfant n’avait sans doute pas conscience.


« Oui, il faut avouer que Castral Roc ne manque pas d’un certain éclat mais, en étant tout à fait objective, je dois vous dire qu’il fait pâle figure aux côtés de la beauté des Eyrié. Vous me remercierez en venant un jour jusqu’au Val d’Arryn, ce sera bien suffisant. Gardez donc vos louanges pour Lord Tybolt, il les apprécie. Pour votre tante, j’ai reçu une courte missive du Prince Maron qui m’a donné son accord quant à une visite. Mais vous avez fort bien réussi à manœuvrer la reine douairière ceci dit.»

Le passage sur son objectivité lui avait arraché un sourire amusé. Non, elle n’était pas objective. Castral Roc était une forteresse absolument impressionnante mais bien loin de la finesse et du côté aérien de son château familial. Aux Eyrié, ils étaient à l’abri de tout, en sécurité. Ils dominaient le Val, son Val. Elle avait du mal à se l’avouer mais l’Est lui manquait. Tout était différent ici. Les gens ne l’acclamaient pas quand elle remontait les rues de Port-Lannis, ils ne devaient même pas savoir ce que représentait le Faucon de la Maison Arryn si ce n’était les 6.000 hommes massés dans la plaine. La grâce de sa demeure lui manquait et, il fallait le dire, elle n’aurait jamais supporté cet exil sans la présence du Lannister à ses côtés. Tandis que les Dorniens mangeaient comme si ils n’avaient pas touché de nourriture depuis des semaines, elle entraina la petit prince un peu plus loin pour qu’ils puissent s’assoir sur des sièges de bois plus confortables qu’une longue station debout. Mal lui en fut car elle eût dès alors droit à une série de questions destinées à rassasier la curiosité maladive du garçon. Elle avait déjà remarqué ce trait particulier chez lui. Il voulait tout savoir, tout connaître. Maeve lui ressemblait par ce biais. Peut-être était-ce tout simplement cela grandir alors que Maura regrettait déjà les années d’insouciance qui avaient précédé la mort de ses deux parents. Non pas qu’elle eût été malheureuse ensuite mais elle s’était vue obligée d’être une adulte avant l’heure. Et elle ne souhaitait pas cela à un enfant. D’autant plus quand il était aussi charmant que pouvait l’être le jeune Martell.

De toutes façons, il valait mieux qu’il pose toutes ses question à elle plutôt qu’à Lord Lannister. Il aurait au moins le bonheur d’avoir en face de lui une âme compréhensive. Elle se demandait d’ailleurs quelle aurait été la réaction de son époux face à ce flot de questions. L’agacement sans doute, les hommes étaient ainsi faits. Passée sa première impulsion qui l’avait porté au rire, elle se força à reprendre une mine plus sérieuse et compatible avec la dignité dont essayait de se draper le petit garçon. Puisqu’il voulait des explications après tout.


«Ne vous excusez pas de votre curiosité devant moi, messire Trystan. Elle est après tout naturelle et gage d’une solide intelligence et d’une volonté de bien faire. Seulement, je veux vous prévenir. Tant que vous serez sous le toit des Lannister, prenez garde aux personnes à qui vous posez ces questions. Vous connaissez au moins par ouï dire à quel point leur tempérament peut être…inflammable.»

Mettre un bœuf sur sa langue. Elle n’était pas tout à fait certaine qu’être si jeune le protège forcément et que deviendrait son séjour si il demeurait cloîtré dans ses appartements ou dans les salles communes du Roc. Il était après tout l’invité de Lord Lannister même si, dans les faits, il était là par le bon vouloir de la Dame du Val. Elle ne voulait pas que le petit garçon reparte avec une mauvaise impression du Roc. D’autant que même si les motifs politiques n’étaient pas absents de l’esprit de Maura, elle s’était prise d’affection pour l’enfant.

«Nos liens avec les Lannister. Une alliance, c’est l’évidence, il me semble. Des hommes contre des facilités commerciales pour la maison Arryn. Vous savez que, comme Dorne, le Val a été le seul royaume épargné par le Fléau de Printemps. Vous étiez peut-être un peu jeune à l’époque mais vous avez connaissance des ravages qu’il a produit. Jasper et moi avons fermé la Porte Sanglante et le port de Goeville et, depuis, il nous a fallu trouver de relancer l’activité économique de ces ports. Les Lannister sont riches et en manque d’hommes. Les Fer-nés ravagent leurs côtes et il faut dire que nos deux maisons, du fait de leurs origines, ont certains points communs. Donc, nous aidons à la défense de leurs terres. Nous avons fait la même proposition à mon oncle Tyrell.»

Il accepta sa proposition avec ce qui lui semblait être de la joie. Après tout, les Dorniens ne devaient pas vraiment avoir l’habitude de voir de vrais chevaliers surtout à Lancehélion. L’idée de se voir mener l’armée à la bataille la fit rire joyeusement. Elle portant une épée ? Elle était sans doute volontaire mais elle s’imaginait mal jouer les femmes-guerrières. Elle connaissait cependant assez de l’histoire de Dorne pour savoir que le concept ne leur était pas étranger depuis Nymeria.

«Est-ce à dire que vous m’accompagneriez combattre avec votre lance dornienne ? Nous aurions fière allure…Non, ne vous inquiétez pas. Je ne sais même pas par quel bout tenir une épée pour tout vous dire. Mais l’armée du Val ne peut être conduite que par un Arryn et mon frère n’a pas d’héritier mis à part ses sœurs. Si un malheur doit advenir, il vaut mieux pour notre famille que ce soit lui qui reste en vie. Pour ma part, si bataille il doit y avoir, je commanderai des lignes arrières. Ce serait stupide et dangereux de me croire l’égale de votre Nymeria. Certains de mes vassaux s’occuperont de diriger nos hommes au cœur de la bataille. Si bataille il doit y avoir. Rien n’est moins sûr. Nous espérons pour l’instant que la présence de tant d’hommes découragera les Fer-nés et qu’ils préfèreront s’en prendre au Nord ou au Conflans.»

Après tout, les Rus et Salvemer étaient sacrifiables. Port-Lannis et Hautjardin ne l’étaient pas. Et elle ne comptait pas mentir sur ce point au petit garçon. Sans doute lui en voudrait-il suffisamment le jour où il apprendrait avoir été reçu par la dame du Roc en personne plutôt que par lady Maura Arryn.

«Par ailleurs, j’ai échangé avec votre père comme je vous le disais. Nous nous rendrons bientôt à Hautjardin assister au mariage de mon cousin Tristan avec la sœur de Lord Lannister. Cela sera une étape pour votre retour à Lancehélion. Ma jeune sœur sera là également.» lui expliqua-t-elle avant d’ajouter au souvenir de leur dernière conversation : «Mais ne vous inquiétez pas, elle est trop vieille pour vous malheureusement. Et l’œil des Eyrié ne porte pas jusqu’à Dorne. Nous devons simplement nous rendre chez notre oncle Maekar.»

Le ton était plus ironique, peut-être un peu plus mordant. Pourtant, elle anticipait avec une certaine impatience avide cet immense voyage vers un Orient dont elle ne savait rien. Sa destination la plus australe n’avait été que Hautjardin et elle devait s’avouer que passer les Montagnes Rouges pour découvrir à quoi ressemblait une mer de sable l’agitait au plus haut point. Tout comme revoir dame Daenerys et rencontrer enfin le fameux Maron Martell. Voir la Sang-Vert…Et discuter de futurs voyages pour le jeune Trystan si cela piquait la curiosité de l’intéressé. Oui, même si elle l’éloignait de Tybolt ou peut-être parce que cela serait le cas, cette future perspective l’animait d’une énergie qu’elle n’avait plus connu depuis son départ des Eyrié.
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Message Lun 19 Déc 2011 - 18:46

Les yeux rivés aux lèvres de la dame du Val le jeune prince de Lancehélion essayait de digérer ce flot d’informations brut, il était cependant dur d’éviter l’indigestion, sans mauvais jeu de mot. Elle semblait décidément plus que jamais doté d’une détermination qui transparaissait dans les moindres de ses paroles. Si Trystan avait eu un vague aperçu lorsqu’il avait discuté avec elle à Port-Réal, il savait à présent. C’était là le comportement d’une vrai noble dame. Le plus étrange cependant était avec quelle légèreté elle parlait d’une figure aussi auguste que celle de Lord Tybolt et des lieux. A croire qu’elle côtoyait les Lannister et la demeure du Seigneur de l’Ouest depuis un certain temps. Ce qu’elle confirma implicitement en faisant mention de la nouvelle alliance qui liait à présent le Val avec l’Ouest. Si le jeune garçon devait bien retenir quelque chose c’était cela. Il n’était guère qu’un enfant pour bien se situer l’ensemble de l’échiquier politique, mais il savait reconnaître le poids d’importance que représentait une association entre la Maison des Eyriés et celle du Lion. La guerre avait visiblement ouvert des opportunités nouvelles pour le Royaume des Montagnes et à en croire dame Maura c’était là tout à leur avantage. L’air de joie fier qu’elle affichait semblait souligner ces propos. Dans l’esprit du jeune garçon cependant il lui sembla absurde que des hommes dussent mourir pour quelques ballots de grains et de tissus. Il ne fit pas sa remarque à haute voix, il ne tenait pas à se voir reprocher une nouvelle fois sa naïveté.

La dame des Eyriés était le pivot dans cette affaire et si le Bief, qui était visiblement de la partie, se prêtait à cette alliance il y aurait là un déséquilibre des puissances au sein du Royaume. Trystan ne connaissait pas très bien la Main du Roi mais même lui comprenait que quelqu’un d’aussi averti ne laisserait pas les choses se dérouler ainsi. La Couronne et les Targaryen devaient dominer après tout, n’était-ce pas ce que son mestre lui avait appris ? Jamais la royauté de Westeros ne laisserait ses vassaux lui porter à concurrence ainsi. Mais il était inutile de soulever cette éventualité devant la jeune femme qui était bien capable de lui faire la leçon, et il ne voulait pas s’exposer à son mépris. Il opina donc aux paroles de la jeune femme et crut bon d’adresser des « félicitations » sans doute.

-Je vous prie d’accepter mes sincères félicitations pour cette alliance entre l’Ouest et l’Est…je…j’espère qu’elle sera fructueuse. Je vous remercie également pour vos conseils et suis heureux de voir que mon père donne accord à ma visite.

Ca c’était pour le public mais Trystan connaissait suffisamment le prince de Dorne pour savoir quel goût aurait la leçon qu’il lui assénerait à son retour. Il grimaça malgré lui. C’était stupide d’avoir voulu se soustraire à l’autorité paternelle. Mais apprendre que la jeune femme et son père était en lien était une nouvelle surprenante. Après tout ce n’était pas comme s’il se trouvait en mauvaise compagnie, tout prince qu’il était il comprendrait sûrement se dit le jeune garçon en essayant de masquer son air de détresse. Il écarta ses pensées soucieuses de son esprit pour se concentrer sur ce que disait son interlocutrice. Il ne put s’empêcher de se sentir mal à l’aise lorsqu’elle le complimenta et il dodelina sur son siège moelleux, ses courtes jambes ne touchant pas même le sol. Il raidit son dos et la remercia d’un hochement de tête. Lorsqu’elle fit mention du commandement de son armée il rougit malgré lui et balbutia.

-Je ne pense pas être encore prêt pour oser m’aventurer sur le champ de bataille madame, même si le frisson de la mêlée doit être un spectacle exaltant j’en suis sûr. Mon père a l’habitude de dire qu’un Prince a des obligations qui ne lui permette pas de s’exposer de façon inconsidérée…

Il récitait là bien sa leçon mais sa langue voulait dire autre chose, elle le poussait à s’aventurer, à se risquer au-delà de la simple lettre.

-…mais je pense qu’un général doit aussi donner l’exemple à ses hommes ! Mais je ne suis encore qu’un petit garçon j’en ai conscience, dit-il en fixant ses pieds avec une moue enfantine, mais un jour peut être que moi aussi j’aurai à mener des batailles.

Cette idée le fit frémir malgré lui. Même si son père le poussait à nourrir des ambitions à la hauteur de son futur rang, il ne sentait pas guerrier dans l’âme et décider du sort de vie ou de mort de centaines voir de milliers de soldats plus expérimentés ou plus brave que lui l’effrayait. Une peur que ne semblait pas partager la dame du Val. Elle semblait tout à fait au courant des responsabilités qui lui incombaient et elle les acceptait, malgré son sexe faible, avec une fatalité et une volonté qui souleva une nouvelle fois son admiration. Elle savait qu’elle ne pouvait être avec « ses » hommes comme elle aimait à le rappeler, mais elle ne voulait pas pour autant les laisser seul à leur sort. C’était là la seule bravoure que lui permettait sa condition de femme, mais peu de nobles seigneurs en aurait fait de même. Elle n’était pas stupide, elle n’était pas irréaliste, elle n’était pas irrésolue, elle était dangereuse.

-J’espère que ces pirates ne pousseront pas leur folie jusqu’à attaquer plus fort et plus nombreux qu’eux. Je ne souhaite pas voir le sang couler, mais de là à vouloir que le Conflans ou le Nord prenne le fardeau de ce fléau…je…je ne pense pas que ce soit là pensée bien charitable. Je pense que faire front commun avec les autres royaumes serait la meilleure des solutions pour repousser ces pillards.

Etait-ce naïf de sa part ? Le fameux proverbe ne disait-il pas « l’union fait la force » ? Visiblement pour les grands de ce monde la seule maxime qui valait été plutôt « mieux vaut que la tempête s’abatte sur le champ du voisin ». Etait-ce au fond si égoïste ? Peu d’homme était prêt à mourir ou à verser le sang pour un royaume ou une guerre qui n’était pas la sienne. Il imaginait déjà bien mal ce que devait penser les guerriers du Val qui venait combattre à des lieues de chez eux contre un ennemi qui ne menaçait ni leurs terres, ni leurs familles. La force de leur serment était-elle à ce point là fort ? D’autant plus qu’ils étaient menés par une femme, aussi brave et solide que dame Maura pouvait être. Il se risqua à la questionner.

-Que dise vos nobles et chevaliers de cette guerre ? Sont-ils prêt à verser leur sang pour un seigneur étranger comme lord Tybolt ? Je suis conscient de peut être parlé hors de propos mais visiblement vous ne trouvez pas ma curiosité déplacée.

Il commençait à discerner les « limites acceptables » comme disait sa mère. Il devait veiller à ne pas contrarier la jeune dame sinon il pourrait dire adieu à sa visite à Hautjardin. A peine arrivé et voilà qu’elle lui faisait une nouvelle invitation à se rendre dans le Bief pour célébrer rien moins qu’un mariage. L’identité des mariés était également tout à fait digne d’intérêt. Ce mariage ne scellait rien moins qu’une nouvelle alliance. Il devait veiller à masquer son air ébahit. Il devait s’habituer à l’idée qu’il côtoyait ses semblables à présent. Des gens de la plus haute noblesse, et leurs actes n’étaient incroyables que pour le commun. Or Trystan n’était pas du commun mais un futur prince. Le but de ce voyage n’était-il pas de lui faire comprendre ce fait ? Il ne le savait pas lui-même. En tout les cas se rendre dans les verdoyantes contrées du Bief l’enchantait. Il connaissait cependant la situation qui avait toujours opposé Dorne à Hautjardin. Des siècles de Conflit et le meurtre d’un des membres de la famille Tyrell par Dorne ne disparaissait pas comme ça. Des rares fois où son père lui avait fait part des rapports entre le Royaume des Sables et celui de la Fleur, il avait cru comprendre que la paix régnait à présent.

Cela voulait-il dire pour autant qu’on lui ferait bon accueil ? Serait-ce la main tendue ou la dague ? Il sourit pour lui-même. C’était ridicule. Il venait accompagner de Dame Maura et les lois de l’hospitalité le protégeait, de plus lord Tyrell n’était pas suffisamment arrogant pour engager une nouvelle guerre contre Dorne au mépris des lois du Royaume. Sans compter que visiblement il avait déjà fort à faire avec ses côtes attaquées par les pirates des Îles de Fers. Il reprit le fil des paroles de la jeune femme des Eyriés lorsqu’elle fit mention de sa sœur. Une fois encore ses oreilles rosirent et il lui répondit sur un ton égal.

-Ce sera avec une joie immense que de vous accompagnez à Hautjardin, et de rencontrer votre sœur ma dame. Je ne vous serai jamais assez reconnaissant de me permettre ainsi de voyager à travers le Royaume et de rencontrer pareil société. Je pense cependant arrêter mon périple à Vieilleville pendant quelques temps.

Ce projet hantait son esprit depuis un certain temps déjà. La cité des mestres comme on l’appelait était sans conteste le lieu idéal pour parfaire ses connaissances et sa formation académique. Il comptait profiter de l’enseignement des sages, peut être même pourrait-il forger quelques maillons de chaîne ? Il connaissait déjà la réponse que ferait son père à pareil projet. Son propre fils en robe de vieillard et s’acharnant sur le parchemin comme un vulgaire scribouillard ? Ce n’était pas là pour le futur Prince de Dorne. Mais l’occasion de séjourner dans un tel lieu d’érudition était tellement grisante. Lancehélion lui manquait bien évidemment, tout comme sa famille, mais le retour à Dorne signifiait un retour à des responsabilités écrasantes, et surtout la sensation de ne pas voir complètement terminé ce pourquoi il était partit.
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Message Sam 31 Déc 2011 - 13:07

 «Merci mon jeune Prince. Cela dit, cette alliance est comme les autres. Temporaire et limitée dans le temps. Nous verrons si nous réussissons à en récolter les fruits. D’ici là, beaucoup de choses peuvent se passer. Comme celui des hommes, le cœur et les intérêts de nos suzerains vont et viennent. Ce qui est aujourd’hui ne sera sans doute plus vrai demain. »

Même si secrètement elle était désormais l’épouse de Tybolt. Qui pourrait bien lui assurer que les intérêts de l’Ouest et du Val seraient toujours concordants alors que leur histoire politique les rendait si dissemblables. Après tout, même en cachant une part de vérité, il restait du vrai dans ses propos. Cette alliance n’était vouée qu’à être momentanée si Lord Lannister et Lord Arryn ne poussaient pas plus loin leur entente sur d’autres sujets que la guerre. Elle sourit en voyant le jeune garçon lui expliquer les devoirs d’un suzerain mais, avec un certain étonnement, remarqua que Trystan était loin de Jasper au même âge qui ne rêvait que d’en découdre avec d’imaginaires ennemis. Cela tenait sans doute au caractère du futur suzerain, plus posé, plus réfléchi que bien des gamins du même âge.

 «Ce temps viendra sans doute mais j’espère que ce ne sera ni trop vite, ni trop tôt. Cela voudrait dire que Dorne serait en guerre et je ne le souhaite pas à votre famille. Je vois trop à quelle point cette situation peut être horrible pour ceux qui dépendent de la maison Lannister. Mais, même s’il incombe à un prince ou un suzerain de mener ses armées, un seigneur n’est qu’un homme soumis à la volonté des Dieux et à sa propre humanité. Avoir peur est un gage de sagesse. Je ne l’avouerai qu’à vous mais la perspective d’une attaque me terrifie bien plus que je ne saurai le dire. Pour moi d’abord mais surtout pour tous ceux qui dépendent de moi. Saura-t-on prendre les bonnes décisions ? La chance tournera-t-elle en notre faveur ? Autant de questions qui reviennent nous hanter aux heures les plus sombres de la nuit. Malgré votre jeune âge, je suis certaine que votre maturité vous permet de saisir ce que je souhaite vous faire partager.»

Elle ne se posait pas vraiment en maître qui formait son apprenti mais plutôt en égale malgré leur différence d’âge et d’expérience. Elle devait avouer qu’elle était tout à fait éprise de ce petit homme si sérieux. Si différent des hommes qu’elle avait l’habitude de côtoyer et qui la traitait avec tant de respect. Elle s’en voulait même de s’exposer sous un jour moins généreux de peur qu’il n’en vienne à la considérer avec moins d’amitié.

 «Sans doute n’est-ce pas charitable et je devrais m’en vouloir d’exprimer de telles pensées, mais, un jour, vous serez Prince de Dorne et vous devrez à votre tour savoir prendre et considérer les décisions les plus difficiles et surtout les moins charitables. Ce sont celles qui sont les plus dures à accepter et qui font qu’il est difficile de vivre avec cette charge. Je ne souhaite aucun malheur aux gens du Nord ou du Conflans pour tout vous dire mais les hommes de cette armée sont les miens et j’avoue que je serais plus que soulagée si d’autres subissaient le dur joug des armes. Toutefois, vous avez raison, l’union fait la force, mais il est difficile de faire converger des intérêts finalement si divergents. Qu’ont en commun le Bief et le Nord si ce n’est ces attaques fer-nées…Peu de choses finalement. Mais, c’Est-ce que nous avons essayé de faire en envoyant nos armées dans l’Ouest après tout. Et je suis certaine que le seigneur du Roc nous en est gré. Si seulement les autres royaumes voyaient également la nécessité de venir en aide aux zones touchées, ce serait merveilleux. Malheureusement, le monde ne va pas comme vous et moi voudrions qu’il aille. »

Elle souleva un sourcil alors qu’il posait la question de savoir si ses vassaux étaient véritablement prêts à verser leur sang pour l’Ouest. A vrai dire, même si c’était un fait établi, la question ne se posait pas ainsi dans l’esprit de Maura bien qu’elle en rabâche les oreilles de Tybolt dès qu’il esquissait la pointe d’une réflexion malheureuse sur les gens du Val.

 «Les vassaux des Eyriés, même si les Fer-nés ne les concernent finalement pas, partagent notre inquiétude et notre indignation quant à leurs exactions. Quels hommes et femmes serions-nous autrement ? Quant à se battre pour Lord Lannister…Disons plutôt qu’ils suivent la maison Arryn envers et contre tout. Notre famille peut être fière d’inspirer une telle loyauté. Sans compter que, pour certains hommes, les riches seigneurs de l’Ouest donneront des récompenses sonnantes et trébuchantes pour les remercier. » expliqua-t-elle avant de prendre la main du jeune enfant en un geste maternel ou plutôt de sœur aînée. Certes, à quelques mois près, elle aurait pu être la mère du garçonnet mais elle ne s’imaginait guère avec un fils si grand et si mâture.  «Laissez libre court à votre curiosité, Trystan. Ce n’est pas un mal au contraire et j’avoue volontiers que je suis heureuse de constater que vous me faîtes suffisamment confiance pour oser poser les questions qui vous paraissent sensées. Je ne peux vous promettre de répondre à toutes mais je ferais de mon mieux pour satisfaire votre soif de connaissance. Croyez-le ou non mais j’apprécie que l’on sache oublier un peu son rang afin d’obtenir ce que l’on désire savoir. »

C’était vrai. Elle appréciait d’autant plus le petit garçon parce qu’il osait passer outre certaines conventions, sans doute du fait de son jeune âge, mû par la volonté impérieuse d’apprendre. Si il continuait sur cette voie, elle était certaine que tout Dorne aurait à se louer de la sagesse de son futur suzerain. Elle-même aurait voulu pouvoir en faire autant au même âge et elle était certaine que le jeune garçon serait un homme d’exception. Il lui parut content de pouvoir assister au mariage Tyrell à Hautjardin bien qu’il reste toujours dans la retenue.

 «Vous me remercierez quand vous l’aurez rencontrée. Maeve a un caractère…comment dire…Maeve a son petit caractère. Je ne peux dire si vous voudrez encore me remercier une fois que vous l’aurez rencontrée. Mais Vieilleville est une destination intéressante en tous cas. Je n’y suis jamais allée moi-même. Est-ce pour voir la Tour ou bien la citadelle ? J‘aimerai pouvoir vous accompagner mais je devrais sans doute accompagner ma sœur jusqu‘aux terres de l‘Orage chez mon oncle Maekar. Votre cousin devrais-je dire…Il est amusant de penser que le jeu des alliances a fait de moi votre petite cousine.» termina-t-elle en riant.

Elle aurait aimé voir l’antique cité même si elle partageait les sentiments de sa vieille grand-mère au sujet des Hightower et de leur sang vicié. Il n’y avait qu’à voir cette grue de Jeanne à la cuisse si légère qu’elle lui avait permise de voler un Tyrell en mariage. Dire que cette femme était la dame du Bief. Comme quoi, même les plus grandes maisons n’étaient à l’abri de rien.


 «Mais j’en oublie votre jeune âge. Vous êtes peut-être fatigué, mon jeune ami. Votre discernement me l’a fait oublier. Voulez-vous que je demande à ce que l’on vous montre votre chambre ? »
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Message Dim 1 Jan 2012 - 19:55

Trystan commençait à ressentir un réel malaise face à tant d’attentions à son encontre de la part de la dame du Val. La jeune femme était sensiblement moins âpre et surtout sévère qu’il ne l’avait connu à Port Réal. Le jeune héritier de Lancehélion se sentit être l’objet d’un intérêt qu’il ne méritait pas. Déglutissant lentement, le garçon essaya de chasser cette traditionnelle peur de l’autre qui revenait au galop chez lui dans ses moments de nervosité. Malgré tout il aimait cette conversation, cette manière qu’avait la dame des Eyriés à le projeter dans l’avenir et à le voir plus grand qu’il ne l’était en réalité. Peut être jamais elle ne saurait combien il avait appris à son contact, bénéficiant de leçons plus douces que celle prodiguées sous le regard sévère du Prince de Dorne, mais tout aussi utiles. A son contact il en apprenait chaque jour davantage sur ce qui l’attendrait plus tard, mais également sur la personne qu’il avait en face de lui. Elle se montrait étonnamment sensible et plus sage qu’il ne l’aurait cru au premier abord. Une sensibilité qu’elle ne poussait visiblement pas jusqu’à tenir l’entraide entre Royaume comme quelque chose d’évident. Trystan se surprit à baisser son regard en considérant ses pieds de façon embarrassé.

-Je…J’espère que vous ne me tenez pas pour un naïf dame Maura, j’ai conscience qu’il me reste encore beaucoup à apprendre. Il laissa son regard aux prunelles améthyste se perdre au loin avant d’ajouter. Lorsque le fardeau de la régence de Dorne m’incombera je me rappellerai de vos conseils autant que ceux de mon père.

En espérant qu’il n’ait jamais à les mettre en pratique, garda-t-il pour lui-même. S’il y avait bien une chose qu’il ne désirait pas, c’est que son nom soit attaché à une période de guerre et de désastre pour le peuple du Royaume des Sables. Son père avait entaché son propre nom de gloire et d’honneur lors de la guerre qui les avaient opposés à la dynastie Targaryenne, il y avait même gagné le titre de « Faiseur de Paix » en mettant fin aux massacres et en rattachant Dorne au Royaume. Mais Trystan était loin d’avoir la même carrure que son père concernant ce genre de choses, au grand dam de celui-ci par ailleurs. Il frissonna lorsque la jeune dame lui prit la main, son contact étrangement chaud dans sa menotte d’enfant. La légère pression encourageante qu’elle imprima à sa main l’empêcha de trembler tout à fait. De plus il aurait été sûrement déplacé de ne pas se contrôler au point de tressaillir ou s’agripper tout à fait à la main de la jeune femme. Il se força à se concentrer plus en avant sur la conversation pour ne pas à avoir à penser à cette présence soudainement trop proche à présent. Son garde du corps qui avait remarqué ce rapprochement avait quitté les plats pour se rapprocher du jeune garçon, prêt à intervenir, même si une menace potentielle relevait ici du ridicule confinant à l’absurde, il ne faisait qu’assumer son devoir.

Trystan fit de son mieux pour suivre le fil des paroles. Il ne pouvait pas dire qu’il partageait son avis. Il avait côtoyé des hommes d’armes durant la majeure partie de sa vie, et il avait du mal à les considérer comme de simples pions qui bougeaient quant on leur en donnait l’ordre en vertu d’un quelconque serment. Visiblement à l’entendre ici la loyauté se motivait autant par « l’honneur » ou la rémunération « sonnante et trébuchante », des termes qui semblait salir ce que son père lui avait enseigné du « devoir sacré du soldat » et de l’honneur du guerrier. Il ne pouvait concevoir que l’on puisse mettre sa vie dans la balance pour de simples questions de pouvoir ou d’argent. Etait-ce là une nouvelle preuve de sa naïveté ? Il jugea son propre raisonnement trop confus et sans doute trop idéaliste pour en parler à haute voix, quand bien même la dame lui enjoignait à parler franc.

-Je compte m’arrêter un temps à la Citadelle, j’ai…j’ai la prétention d’espérer pouvoir m’adresser aux mestres et autres maîtres du savoir y résidant pour approfondir mon…enseignement. Le Prince de Dorne, mon père, n’est guère ouvert à me voir trop versé aux arts de l’esprit.

Il rougit à cette dernière phrase qui sonnait presque un aveu de sa faiblesse au maniement des armes. Une tare dont il avait suffisamment honte devant son père pour l’exposer devant ce qui était encore une inconnue.

-J’ai l’intention de m’adresser au seigneur de Vieilleville avec le projet qu’il m’autorise à résider sur place.

Des mots qui lui rappelèrent soudain combien il était loin de chez lui. Déjà presque deux mois qu’il avait quitté les siens et les régions ensoleillés de Dorne. Le mal du pays qui le rongeait depuis un certain temps, et qu’il avait essayé de repousser de son mieux, ressurgissait parfois à l’improviste. L’absence de son père, de sa mère et de sa sœur créait un gouffre dans son cœur encore jeune que nul correspondance épistolaire n’arrivait à combler tout à fait. Le souvenir de sa mère lisant calmement un livre à la lumière du soleil, assis sur un banc près d’une des nombreuses fontaines des Jardins Aquatiques s’imposèrent à lui. Malgré lui sa main glissa de celle de la dame du Val, quittant cette position qui s’était avéré inconfortable et étrange pour le jeune garçon.

-J’espère de tout cœur que votre périple jusqu’aux terres de l’Orage vous gardera de tout danger ma dame…ainsi…ainsi que votre sœur bien sûr. C’est une simple visite de courtoisie qui vous guidera chez le prince Maekar ?

Trystan avait l’étrange sensation de se faire manipuler malgré lui. De la façon la plus délicate et plaisante que possible mais tout de même…Des idées que tout cela se dit-il en chassant cette hypothèse grotesque de son esprit. Sans doute des restes de la fatigue du voyage comme la jeune femme semblaient le suggérer. A dire vrai le jeune héritier de Lancehélion n’aurait pas refusé un peu de repos, mais il y avait l’attrait de l’effervescence des troupes en arme dehors. Il s’aventura à quémander auprès de la jeune femme.

-J’ai conscience de ma demande hardi, mais…peut être…serait-il possible de visiter le campement de votre armée et me présenter vos nobles. Il ajouta avec empressement. Je crains de n’être qu’un interlocuteur médiocre pour ceux-ci mais je dois avouer que je suis…je suis curieux.

Confessa-t-il en terminant, frottant sa main d’un geste nerveux, Ser Devram sur ses talons.
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Message Lun 2 Jan 2012 - 21:19

De quoi avait donc peur l’enfant ? Qu’elle le mange ? Elle n’avait pourtant rien du Lion. Elle n’avait rien non plus du rapace si ce n’était l’écu d’argent et d’azur qui représentait sa maison. Elle soupira vaguement alors que Trystan lui demandait si elle le trouvait vraiment naïf. Ce n’était pas le qualificatif auquel elle aurait pensé en premier lieu pour décrire l’enfant. Trop mûr lui serait venu tout d’abord. Courtois ensuite mais naïf…Non, enfin pas vraiment. Ou plutôt si mais comme l’aurait été par moments un enfant de neuf ans.

 «Non…Innocent peut-être. Mais c’est l’apanage de l’enfance. Et encore, j’ai l’impression que vous ne l’êtes plus tant que cela. La faute au rang sans doute. J’aurai aimé pouvoir l’être davantage, même aujourd’hui encore. Si j‘ai pu vous apporter quelque chose, j‘en serais heureuse néanmoins.»

Pourtant, elle voyait assez mal ce qu’elle pouvait lui apporter en conseils pratiques si ce n’était une certaine façon d’aborder les choses de la vie. Elle ne connaissait rien des Dorniens à part le petit Trystan, et sa mère qu’elle se rappelait pour tout dire seulement de façon vague. Tout ce qu’elle savait de la province la plus méridionale du continent tenait dans les livres que leur Mestre leur avait fait lire enfants à son frère et elle. Le dernier royaume soumis aux Targaryen, là où les autres avaient tous échoués. Il y avait quelque chose de grand à propos des Martell. Réussir à retenir le Dragon pendant presque deux siècles y était pour beaucoup.

Quant au trouble de Trystan, la jeune femme passa complètement à côté simplement consciente de vouloir apporter un peu de réconfort à un enfant privé depuis si longtemps de la présence sans doute chaleureuse de ses parents. Tout comme elle ne fit même pas attention à l’attitude des gardes du garçon. De toutes évidences, quel danger pouvait bien représenter une femme comme elle ? Si elle avait voulu se débarrasser de l’enfant, elle aurait eu bien d’autres occasions auparavant et sans doute encore d’autres bien après. D’autant plus qu’elle ne se voulait qu’une amie pour un enfant dont elle jugeait qu’il avait davantage besoin de bienveillance que de conseils ou d’éducation.


 «C’est souvent le cas des guerriers. Mais une guerre se gagne parfois autrement qu’à la pointe de l’épée et il faut parfois savoir passer par d’autres expédients pour triompher. La Citadelle saura vous donner les armes de l’esprit…Il n’est pas d’apprentissages plus utiles. Ni meilleures bases pour vous assurer la sagesse dont vous aurez besoin dans quelques années. »

Selon elle, l’avis du père du garçon n’entrait pas vraiment en ligne de compte. De fait, l’enfant s’était débarrassé de ce qui semblait être une pesante présence paternelle. Elle ne le lui dirait pas mais elle considérait qu’il pouvait bien délayer son voyage autant qu’il le souhaitait désormais. Dorne l’attendrait de toutes façons.  «Même si vous envoyez un corbeau à Lord Hightower, je pense que vous pourrez rencontrer son héritier au mariage de mon cousin. Il a été nommé Grand Argentier au sein du Conseil Restreint par ailleurs. »

L’héritier de Dorne saurait sans doute trouver oreille attentive chez ce serviteur des Targaryen. La question du petit homme la fit sourire malgré elle. Une simple visite de courtoisie ? Oui…En quelque sorte. Pouvait-il vraiment n’y avoir que de la courtoisie entre le frère du Roi et la dame de l’Ouest ? La question se posait. Au moins espérait-elle que Maeve pourrait quelques temps à la compagnie de leurs cousines Targaryen. Cela lui permettrait de voir autre chose que les cimes enneigées. Et surtout de rencontrer de nouvelles personnes.

 «Ce ne sera pas qu’une visite de courtoisie. J’espère surtout que ma tante Alanna accepte de prendre ma jeune sœur auprès d’elle quelques temps. Je ne sais jusqu’à quand ma présence dans l’Ouest sera nécessaire et, aux Eyrié, elle est seule sans compagnie de son âge. Des septa et des chevaliers ne suffisent pas à former une dame de son rang et elle aura besoin d’un autre type d’apprentissage. »

Au grand étonnement de Maura, le jeune garçon manifesta l’intention immédiate de rencontrer les soldats de l’ost Arryn. Elle croyait que la visite prévue le lendemain lui suffirait. Elle haussa les épaules, elle se souvenait trop bien des volontés de Jasper au même âge. Il ne rêvait que de plaies et de bosses. Et elle ne voyait pas pourquoi elle n’aurait pas souhaité lui accorder ce vœu bien naturel. Elle se leva avec un sourire et appela de la main Ser Ruthermont qui l’attendait.
 «Au contraire, autant vous présenter à eux tout de suite. Ils seront sans doute étonnés de voir l’héritier de Lancehélion mais également très honorés. Je vais donner des ordres.»

Elle rejoignit le chevalier du Val pour lui demander de réunir son escorte et les membres de la Garde du Faucon dans l’intention évidente de redescendre dans la plaine au sein du campement. Il y eût bien quelques ronchonnements mais les ordres de la Dame ne se discutaient pas. Jamais. C’était une règle d’or que chacun savait qu’il valait mieux suivre. Quelques instants plus tard, la jeune femme entrainait son petit invité vers la cour de la forteresse afin de rejoindre leurs montures. Après qu’elle eût indiqué à l’enfant la direction qu’ils devaient prendre, le petit cortège s’ébranla au petit trot et finit par prendre de la vitesse en descendant de Castral Roc vers la plaine. Ils arrivaient vers l’orée du campement quand une oriflamme rouge arrêta l’attention de Maura qui tira sur les rênes de sa monture faisant stopper le convoi en même temps. Elle retînt un sourire en voyant arriver son époux vêtu de son armure rougeoyante et monté sur son bai qu’il appelait Antares. Etrange nom d’ailleurs pour un cheval. Ce serait là l’occasion pour Trystan de rencontrer le suzerain de l’Ouest et, accessoirement, l’hôte des lieux. Laissant le temps au chevalier blond de les rejoindre, elle se lança ensuite dans les présentations.

 «Lord Tybolt, je suis bien aise de vous voir. L’héritier de Lancehélion est arrivé jusqu’à moi et nous nous rendions jusqu’au campement des troupes du Val. Vous pourrez nous accompagner si le cœur vous en dit, » lança-t-elle aimablement à son allié officiel et amant officieux avant de se tourner vers le petit prince :  «Messire Trystan, je vous présente Lord Tybolt Lannister, Seigneur de Castral Roc, Suzerain et Gouverneur de l’Ouest, le fameux Bouclier de Port-Lannis. »
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Message Mar 3 Jan 2012 - 23:13

La vie d'homme marié allait plutôt bien au jeune Lion du Roc, il appréciait retrouvé son épouse chaque fois qu'il le pouvait et partager avec elle, en plus de leur intimité charnelle, ses soucis et préoccupations. Tout comme il aime du reste simplement s'entretenir avec elle sur des sujets plus légers, notamment et cela devait certainement ennuyer profondément son épouse des ses navires ainsi que sa flotte du Lion. De manière amusante si l'on était un observateur extérieur, il prenait énormément de plaisir à discuter avec Maura de cette fameuse flotte alors que les journée comme celle qui s'achevait, passées à n'entendre parler que de ça par les armateur et ouvriers des chantiers navales, l'ennuyaient lui profondément. Il remontait donc vers le Roc, arnaché dans son armure et accompagné de quatre membres de la Garde du Lion, l'un d'entre eux portant même l’oriflamme Lannister, une idée nouvelle de Vyman qui y voyait là une manière d'apporter "du baume au cœur des petites gens". Tybolt n'était pour sa part pas très convaincu mais cela ne coûtait rien d'essayer et de fait il marchait désormais derrière l'oriflamme Lannister lorsqu'il descendait vers Port-Lannis et remontait vers le Roc. Il avait la vague impression d'en faire trop mais après tout il n'avait aucune foutue idée de ce qui pouvait plaire à la plèbe... mais quand même sortir l'oriflamme pour dix minutes de cheval paraissait à ses yeux aussi efficace et nécessaire qu'un Tully au sein d'un conseil de guerre... Le retour vers le Roc était toujours néanmoins l'occasion pour le jeune Lion de voir la beauté de son fief, la route montant vers la citadelle lui offrait la possibilité d'embrasser d'un seul regard toute la baie de Port-Lannis. Très doit sur Antares, il prit le temps d'observer ce pour quoi il combattait, du moins en partit le reste de ses raisons de combattre se trouvait à l'intérieur même du Roc, sa famille et son épouse...

En arrivant au sommet de la colline ses gardes ralentirent l'allure et Tybolt tourna donc la tête vers l'avant du petit convoi. Il eut le plaisir de reconnaitre les gardes de son épouse, qui ne pouvait pour le moment s'entourer des Gardes du Lion, pour le bien du secret de leurs épousailles. Cependant un jeune garçon accompagnait sa douce, gamin qu'il ne connaissait pas le moins du monde, ou peut être était-ce une jeune fille il n'aurait su dire avant d'approcher plus près du groupe encadré par les gardes du Val. Désormais à seulement quelques pieds de son épouse et du gamin à ses cotés il ne faisait plus de doute, il s'agissait bien d'un jeune garçon, que ce soit au travers ses vêtements ou son maintien on ne pouvait se tromper encore que ses cheveux puissent induire en erreur. Se tenant désormais tout à fait droit sur Antares, Tybolt dominait, grâce à sa propre taille ainsi et surtout grâce à celle de l'étalon, le reste de la compagnie présente. Il offrit donc un large sourire à son épouse en inclinant légèrement la tête. Il ne peut faire autrement qu'esquisser un nouveau sourire lorsqu'elle fit les présentations. Il s'agissait donc du fils de Maron Martell, un dornien, tout devenait dès lors plus claire, les dorniens avaient toujours dans l'imaginaire de Tybolt étaient associés à une certaine image féminine en tout cas rien qui fasse chevalier... du reste il ne connaissait pas un seul chevalier dornien si ce n'était l'exception de la famille Dayne mais pouvait-on parler de dornien en ce qui concernait les Dayne et leur regard aussi violet que celui des Targaryen... Cependant il n'avait strictement aucune idée de la manière dont il devait s'adresser au fils du Prince Maron, était-il lui même porteur du titre de Prince ou non ? Il prit le partit de se comporter comme il l'aurait fait avec n'importe quel fils de lord suzerain. Tybolt se pencha donc en avant sur le pommeau de sa selle pour observer le jeune dornien. La vue de sa monture, un coursier du désert lui rappela comme un coup de fouet qu'il n'avait toujours pas offert son cadeau à Maura, la jument était arrivée depuis plusieurs jours désormais mais une chose en entrainant une autre il avait totalement oublié l'animal.
Ma Dame... ce serait grand plaisir pour moi que de vous accompagner visiter vos troupes. et faisant un signe de tête en guise de salutation à Trystan. Tout comme de faire connaissance avec votre invité.

Un signe de la main et les Gardes du Lion vinrent prendre place aux cotés de ceux du Faucon pour encadrer le petit groupe. Tybolt quant à lui conduisit Antares aux cotés du coursier dornien. Cette balade ne l’enchantait pas plus que ça, pour dire vrai il s'était prit à rêver en quittant Port-Lannis de retrouver Maura et peut être partager un moment dans la salle du Bassin aussi devoir faire la conversation avec un petit dornien lui paraissait comme à des milliers de lieues de ses désirs immédiats.
Alors dites moi... il marqua un temps d'arrêt il allait dire "petit dornien" je suis désolé je n'ai aucune idée de la manière dont je dois vous appeler. Je ne sais si Trystan suffisant ou s'il me faut y adjoindre un titre... Il releva la tête qu'il avait incliné vers son interlocuteur et croisa le regard de son épouse en écarquillant les yeux, il se doutait qu'elle serait navrée de le voir si ignorant mais il ne se voyait pas appeler ce gamin mon Prince non plus... il ne l'avait jamais fait pour un Targaryen quoi que "petit Prince" lui sembla pouvoir faire l'affaire au final si jamais il devait en passer par là. Il finit par se racler la gorge avant de reporter son attention vers le petit dornien se disant qu'il avait beau être un foutu gamin il n'était pas forcément un benêt pour autant, encore qu'il était dornien... si Tybolt comptait trop sur des signes entre lui et Maura ce dernier s'en rendrait compte. Instinctivement Antares avait adapté son pas à celui du coursier si bien que Tybolt n'avait plus l'impression d'avancer comme à son habitude.
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Message Mer 4 Jan 2012 - 23:51

Il ne s’y habituerait sans doute jamais. Jamais depuis son départ de Lancehélion il ne lui avait été donné de côtoyés autant de personnalités en vue de Westeros : seigneurs et lords, chevaliers et noble dames et à présent rien moins que le seigneur Tybolt Lannister dont les titres qui accompagnait son glorieux nom n’en finissait pas de l’étourdir. Ils semblaient presque moqueurs dans la bouche de dame Maura, mais pour le tout jeune prince qu’était Trystan ils annonçaient qu’il était le genre d’homme avec qui son propre père traiterait à égal. Non il ne s’y habituerait sans doute jamais. Trystan prit le temps de considérer la chose en question : était-ce là une bonne chose ? Ne devait-il pas faire preuve d’humilité avec ses « supérieurs » ? Sauf qu’il serait tôt ou tard appelé à traiter ces « supérieurs » en égaux, quelle image alors lord Tybolt garderait de lui ? Celle d’un petit garçon effrayé et balbutiant ? Tout dépendait de lui pour ne pas que ce soit ainsi songea-t-il. Dame Maura lui avait joué un bien mauvais tour ici, même s’il devait concéder qu’elle ne devait pas y être pour grand-chose. Il tenta donc de faire bonne figure et de dissimuler le tremblement imperceptible qui agitait sa petite main, serrant le poing pour masquer cette faiblesse inadmissible. Évidemment il lui suffisait d’y penser pour croire que tout le monde y prêtait attention.

Il se sentait presque écrasé en la présence du lord, son maintient arrogant et son regard pénétrant ne l’aidant guère à se sentir à l’aise. Sans doute était-il le genre d’homme qui aimait à ce que l’on suive l’étiquette, à le voir se tenir aussi droit sur son cheval. Devait-il lui faire une quelconque révérence ? Il ne lui en avait pas adressé la moindre, de plus il se sentait bien trop tendu pour faire un quelconque geste. Encore un peu et il tomberait de sa scelle. Trystan fit son possible pour ne pas se dérober au regard pénétrant de ces prunelles d’un bleu éclatant qui semblaient le transpercer. Les traits comme ciselés par la main de quelques artistes sculpteurs, une chevelure d’or si typique de la famille Lannister, la mâchoire carrée et le port noble et arrogant, on aurait dit quelques statues descendues de son piédestal pour se mêler aux hommes. Vêtu d’une armure aux couleurs Lannister, qui n’était pas sans rappeler celle du sang, elle aidait à lui conférer une carrure et une présence plus majestueuse et imposante que jamais. Ses gardes, pourtant tout aussi richement vêtu, étaient complètement éclipsés par leur suzerain. Trystan jugea que c’était là quelque chose de bien normal. «Aussi riche qu’un Lannister » était maxime connue et répandue dans les Sept Royaumes, et visiblement le seigneur de Castral Roc aimait à le rappeler. Laissant son regard s’égarer sur les dorures de son bouclier le jeune prince de Lancehélion estima qu’il y avait là de quoi

En de nombreux points lord Tybolt s’apparentait au Lion rugissant qui s’étalait sur la bannière flottant à ses côtés. Ce n’était là pas tant l’arrogance naturelle des bien-nés et des puissants qui transpiraient dans son regard et ses paroles, que son maintient et ses mouvements. Trystan l’écouta en silence en essayant d’éviter son regard où l’on pouvait lire des relents de mépris. N’était-ce pas naturelle après tout ? Il n’était qu’un gamin. Il pouvait lire les mots sur le bord de ses lèvres que la décence ou la diplomatie l’empêchait sans doute de dire à haute voix. Il chevauchait à ses côtés à présent, son destrier puissant éclipsant son propre cheval dornien. L’héritier de Lancehélion pouvait sentir le mécontentement de Bruine qui tirait sur les rennes pour adopter une allure plus soutenue. Loin de se prêter au jeu de l’animal, Trystan essayait de rassembler ses esprits face au lord qui le questionnait à présent. Bien que son ton fût aimable, il devinait la répugnance et l’ennui sur son visage. Apparemment lui également souhaitait se trouvait ailleurs.

Pouvait-il se prévaloir du titre de Prince devait le lord ? Ne l’était-il pas après tout ? Mais il doutait fortement que le Gouverneur de l’Ouest daigne s’abaisser à traiter un gamin comme un interlocuteur valable. Cependant il n’était plus le petit garçon de Port-Réal.

-Mon père aime à me rappeler dans ses leçons qu’un jour je serai Prince, aussi m’encourage-t-il à porter ce titre et à ce que les gens autour de moi en use de la même façon. Mais je suis certain que je ne trouverai rien d’insultant à voir prononcer mon simple prénom de votre bouche lord Tybolt.

Il accompagna sa dernière réplique d’un simple sourire d’enfant. Il ne voulait pas donner l’impression au puissant seigneur qu’il se moquait de lui, car ce n’était absolument pas le cas. A dire vrai il était même un peu intimidé. Pour sa part il était déterminé à s’en tenir à la formule de « lord », le reste des titres qui lui était adjoints risqueraient de se confondre dans sa mémoire. Il nota la position spécifique qu’avait adoptée le suzerain de l’Ouest. Imposant son propre rythme à la chevauchée, se plaçant de façon à baisser systématiquement les yeux vers lui…beaucoup de mal pour impressionner un gamin de presque dix ans, mais lord Tybolt nourrissait peut être ce complexe de supériorité que beaucoup de nobles semblaient partager. Trystan crut bon de ne pas lui faire part de son hypothèse et reprit.

-Je…je tiens à vous remerciez pour votre hospitalité également lord Tybolt, c’est un honneur pour moi d’être ici. Pardonnez ma hardiesse mais dame Maura m’avait fait part du fait de votre présence sur des « chantiers » à Port-Lannis, dois-je croire que vous avez un quelconque projet stratégique en cours d’exécution ?

C’était là chose bien imprudente que de se hasarder à questionner le lord sur des matières de « stratégie » alors qu’il n’était qu’un simple enfant à ses yeux. Il risquait de se montrer ridicule, mais la curiosité finissait toujours par l’emporter chez Trystan. Derrière eux il pouvait presque deviner le sourire de dame Maura. Non décidément il ne s’y habituerait jamais.
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Message Ven 6 Jan 2012 - 14:56

Le regard de la jeune femme s’attarda sur les cuisses musclées de son époux qui enserraient les flancs d’Antares, son étalon, la laissant rêveuse quelques secondes pendant que les deux hommes se présentaient mutuellement. Ce brusque silence sentait un peu la damoiselle en furie à la vue d’un chevalier du Bief mais, fort heureusement pour Maura et surtout pour Tybolt, il restait un fond de jouvencelle chez la Dame du Val. Sans cela, elle n’aurait pas vraiment eu l’envie de s’extasier silencieusement devant le corps buriné et viril de son époux, ni peut-être la moindre inclination pour un passe-temps si ridicule. Encore ce dernier ne savait-il pas que, toujours mine de rien, elle faisait parfois le déplacement pour assister discrètement à l’un des entraînements du chevalier. Entrainement dont elle devait avouer qu’ils la laissaient parfois toute émoustillée par la vue de son époux en sueur s’épongeant le front à l’aide d’un simple linge. Heureusement pour la bienséance, elle finit par détourner les yeux en retenant un petit sourire qui, pourtant, lui piquait le coin des lèvres. Pour le coup, malgré le plaisir qu’elle prenait à recevoir le petit prince Martell, elle était prête à expédier l’affaire pour un bref cinq à sept avec Lord Lannister, sorti de son armure ou non. Bien qu’elle douta que son époux trouverait convenable de se voir quasiment violé sur le foin de la stalle de sa fidèle monture. Question de rang sans doute…Rang que la jeune femme, au gré de ses pensées libidineuses, était prête à jeter aux roses le temps d’une brève étreinte.

Finalement, et contre toute attente, le salut vînt de l’objet de ses fantasmes inavoués lui-même et les mots du blond chevalier eurent l’équivalent d’une douche froide pour la jeune femme. Un peu dépitée tout de même - elle aimait ses songes éveillés - Maura écarquilla légèrement les yeux devant la façon cavalière dont il s’enquit du petit garçon. Un soupir propre à décoiffer une douairière ponctua la question, désolante selon la jeune femme, mais fort amusante à d’autres égards. Elle lança un regard furieux à Tybolt avant de lever les yeux au ciel. Par moments, il était d’une naïveté presque confondante ou d’un dédain sans égal. Pour sa part, elle n’aurait pas su trancher. Mais la réponse intelligente et intelligible - même pour Lord Lannister - de son petit protégé lui remit le sourire aux lèvres. Ce dernier pourrait ajouter avoir subtilement mouché un grand seigneur à la liste de ses succès. Pour autant, elle préférait laisser Trystan faire ses armes. Après tout, après le seigneur de Castral Roc, elle doutait fort qu’il ait encore peur de rencontrer beaucoup d’autres lords de Westeros et ce serait une bonne chose. La question suivante était bien dans les habitudes du jeune Martell, avide de savoir et de choses nouvelles, et ferait un bon test pour son époux. Du moins selon la mère de leurs futurs enfants. A voir si il aurait la patience et l’intelligence nécessaires pour répondre au garçonnet. Elle l’espérait et appréhendait un peu une potentielle sécheresse envers leurs héritiers, masculins ou féminins.

Toutefois, son attention ne se portait déjà plus sur la conversation entre les deux hommes. Leur groupe approchait de l’entrée du camp et, d’un coup de talon, elle fit remonter la colonne à son étalon pour se placer en tête. Un geste de la lady indiqua à deux membres de la garde du Faucon de venir se placer juste derrière elle pour qu’elle puisse être vue de ses hommes uniquement protégée par les hommes d’armes jurés de la maison Arryn. Elle rajusta la fibule qui retenait les pans de sa cape azure et redressa la tête. Histoire de faire commandant militaire. Bien entendu, il y avait une certaine part de théâtre dans tout cela mais n’était-elle pas toujours en représentation finalement ? Son père lui avait appris que cela faisait partie des premières obligations des dirigeants d’une grande maison comme la leur. Se montrer et surtout le faire bien. Sur la passage de la petite troupe, les hommes du Val ôtaient leurs casques ou les couvre-chefs dont-ils usaient pour se protéger de la chaleur et du soleil ardent de cet été caniculaire. Ils finirent par parvenir à la grande tente sous laquelle se déroulaient les assemblées et les réunions entre les divers chefs de l’ost et les maisons nobles du Val présentes dans l’Ouest. La plupart devait déjà vaquer à leurs occupations. Mais, en maîtresse de maison - sans doute la première fois depuis qu’elle était venue dans l’Ouest - elle fit ouvrir un pan ouvragé de la toile bleutée pour introduire les deux seigneurs dans son antre.


 «Nous nous réunissons ici pour débattre des plans de l’armée, des directives du Roc et de la bonne tenue de l’ost. » expliqua-t-elle pour Trystan tandis qu’elle désignait un banc aux deux hommes.

Une immense table sur laquelle se trouvaient plusieurs plans étalés des terres de l’Ouest prenait quasiment toute la place disponible sur l’épais plateau de bois. Une seule chaire à bras surélevée se tenait à une extrémité. La place de la Dame du Val bien évidemment d’où Tybolt pouvait comprendre qu’elle regardait les scènes dont elle lui parlait souvent. Elle appela un page à qui elle glissa quelques mots.


 «Ils vont vous servir des boissons fraîches. Du vin glacé des montagnes de la Lune, je suppose. Certains de mes lords en ont fait ramener des cargaisons de peur de mourir de chaud ou de soif…Qu’en sais-je. Ceux qui sont disponibles vont venir vous saluer dès qu’ils auront été avertis de notre visite. » déclara-t-elle avant de s'installer sur fauteuil à haut dossier qui tenait lieu de trône pour la dame des Eyrié.
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Message Dim 8 Jan 2012 - 2:38

Tybolt allait répondre au petit prince qu'il construisait lui même des jardins et un bon mot de la sorte du Prince Martell dont on disait qu'il ne savait retenir son épouse autrement qu'en lui bâtissant un immense complexe arboré, lorsqu'il vit sa propre épouse, enfin Lady Maura Arryn pour respecter la mascarade qu'ils jouaient ici pour un enfant, presser le pas de sa monture pour prendre la tête de leur petit détachement. Sa jeune épouse avait une prestance peu commune, il devait bien l'admettre, notamment à cheval elle paraissait toujours dominer son entourage et ce malgré la petite taille de sa monture, il devait certainement y avoir un secret dans la manière dont elle tenait sa tête haute toujours et altière. La vision éphémère, volée pour ainsi dire de la naissance de son cou lorsqu'elle prit la tête du groupe, raviva dans l'esprit du jeune Lord un souvenir vivace et pour le moins plaisant, si bien que se laissant aller à sa mémoire il en oublia de répondre tout de suite au jeune Prince. Il se contenta d'un sourire commode en indiquant au petit bédouin que l'allure accélérait. Il esquissa un sourire en voyant la manière dont Maura tentait de faire bonne figure en jouant sur les codes et impressions. De la même manière que Vyman lui avait conseillé de se faire précéder d'un oriflamme montrant le Lion Lannister, Lady Arryn s'entourait de ses gardes du Val pour ne point paraitre aux cotés de celle du Lion. Pour Tybolt cela n'avait pas plus de sens que la bannière qui, décision venait d'être prise, ne le précéderait plus dorénavant pour faire dix minutes de monte. Il parvinrent néanmoins, avec une certaine déférence montrée par les vassaux du Val, jusqu'à la tente de commandement. Celle-ci était somme tout grande et ouvragée, le bleu Arryn semblait déplacé en ces lieux tant il ne venait pas à l'esprit du jeune suzerain que cette maison puisse combattre en plaine, mais elle n'en avait pas moins l'air impressionnante. Il démonta une fois que la tente fut ouverte et tendant les rênes d'Antares à un homme de la Garde du Lion, il suivit son épouse à l'intérieur.

Le temps que ses yeux s'habituent à la luminosité plus sombre de la tente, Tybolt défaisait ses gantelets d'acier, qu'il déposa, une fois désolidarisés de ses poignets, sur la table à même les cartes. Ces dernières firent naitre un sourire sur ses lèvres, il y avait là tout son territoire ainsi que ceux lui ayant prêté allégeance. Cela n'était-il pas ironique que de voir ces hommes débattre de stratégies pour la défense de ses propres terres ainsi que de celles de leur si précieuse Dame Arryn désormais Lannister... Un regard plus insistant sur les cartes montra au jeune Lion que ces dernières étaient bel et bien comme il avait été indiqué par lui même et Gerold quand aux informations pouvant être données à l'Ost Arryn, n'y apparaissait aucun des chemins de contournement de la Dent d'Or et seule une petite partie des mines aurifères y étaient mentionnées. Il entendit plus qu'il n'écouta Maura les prévenir que des boissons allaient leur être servies. Sans quitter les cartes des yeux il s'exprima donc donc.
De l'eau suffira pour moi ma Dame, le vin glacé ou non n'est pas dans mes habitudes... Son esprit était du reste accaparé par la manière dont on pouvait percevoir une information selon les éléments dont on disposait. Ainsi l'Ost Arryn, ses généraux et autres Lords pouvaient penser avoir sous les yeux les cartes de l'Ouest quand bien même ce n'était pas le cas. Il espérait pour eux ou du moins pour les personnes à qui on aurait demandé de le faire que personne n'aurait eu l'idée saugrenue d'en faire des copies afin de les ramener dans le Val, encore que cette pensée l'amusait au plus haut point... Il se tourna alors vers Maura. Enfin si bien sur cela vous convient ma Dame, s'il me faut boire du vin pour vous plaire je le ferai sans plus de réticence. Son visage arborait toujours le même sourire amusé qui s’agrandit encore lorsqu'il découvrit Maura assise sur le haut siège qu'elle devait occuper lors de ses réunions avec les chefs de l'Ost de son frère.

Tybolt alla quant à lui s'assoir dans un siège libre proche d'une carte figurant Belle île, il déposa ses gantelets sur le passage entre l'île et le continent avant d'observer le jeune prince de Dorne.
Pour répondre à votre question de plus tôt jeune Prince, des navires de guerre, voilà ce que je bâtis à Port-Lannis, dans mes "chantiers" comme vous dites. Il se laissa aller dans le siège avant de poursuivre. Cela n'a pas le romanesque de jardins j'en conviens, mais j'ai bon espoir qu'ils préserveront les routes commerciales vers le sud. Passant une main dans sa barbe naissante il jeta un coup d’œil à Maura en esquissant un léger sourire, il n'avait pas plus envie de rencontrer ses vassaux qu'elle ne souhaitait qu'il le fasse certainement. Encore qu'avec elle il ne pouvait réellement être certain... Les voir chaque soir au Roc était déjà bien assez alors qu'en ce lieu il n'était définitivement pas à sa place. Ce que lui aurait voulu c'est pouvoir s'étendre sur les dalles fraiches de la salle au Bassin et peut être se faire masser. Vous savez ma Dame, il n'est pas forcément nécessaire de déranger vos Lords pour moi. Je ne voudrais pas les empêcher dans des travaux certainement plus importants que de simplement devoir faire la parade devant Lord Lannister. Du coin de l’œil il vit deux Gardes du Lion entrer et prendre place de part et d'autre de l'entrée de la tente, tels deux statues d'acier et d'honneur, la main sur le pommeau de leur arme, l’œil fixe sur un point de la tente qu'eux seuls semblaient pouvoir voir. Par expérience il savait d'ores et déjà que deux autres encadraient l'entrée de la même manière à l’extérieur. Cela risquait de ne pas plaire à Lady Maura mais il s'agissait simplement de leur devoir, défendre et protéger en tout temps Lord Lannister et pour l'occasion, Lady Lannister même si cela n'était su que d'eux même et des deux seigneurs. De plus ils avaient là un invité particulier à qui il n'aurait pas été bon de montrer un orgueil déplacé de la part de Lady Maura Arryn.
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Message Mar 10 Jan 2012 - 17:48

La sensation pesante de se sentir « tolérer » au milieu de tous ses grands seigneurs se faisait de plus en plus présente. Voilà qu’à présent dame Maura lui annonçait qu’elle le menait à rien moins qu’un Conseil de Guerre. Or le jeune prince de Lancehélion n’avait pas besoin de regards dédaigneux de la part du Seigneur de la Maison Lannister pour savoir qu’il n’y avait guère sa place. Alors qu’il menait sa monture vers ce qui semblait être une immense tente aux couleurs du Val. Le jeune garçon déglutit difficilement, se sentant jugé plus que jamais. Après tout n’avait-il pas voulu voir les choses au plus près possible ? Voilà qu’il allait en avoir l’occasion ! Il essaya d’adopter un air moins crispé, sans succès. Il imita bientôt le lord de l’Ouest qui mit pied à terre d’un mouvement leste et agile malgré le poids de son armure. On eut peine à croire que celui-ci était le moins du monde encombré par le carcan d’acier qui protégeait son auguste personne. Trystan moins assuré vacilla dangereusement alors qu’il touchait le sol brutalement. Le coursier dornien était encore trop haut pour sa petite taille et la chute pouvait être rude. La poigne à la fois douce et brutale de son garde du corps qui le rattrapa in extremis, lui évitant la honte de s’étaler de tout son long, ne le lui rappela que trop bien. Lord Tybolt pénétra dans la tente sans un regard en arrière de même que dame Maura, en femme qui se savait mériter sa placer de droit. Trystan inspira avec force et fut poussé en avant par son protecteur, plus qu’il n’avança par lui-même, à l’intérieur.

L’ameublement était spartiate mais il jugea que le confort n’était sans doute pas l’objectif recherché. Détaillant les vastes teintures qui obscurcissaient les lieux le forçant à plisser les yeux, il nota l’immense carte qui s’étalait sur une table point centrale de la « pièce ». Le Lion du Roc prit la place qui lui revenait de droit et se pencha sans tarder sur le plan. Trystan essaya de se hisser sur une chaise de libre en ayant l'air le plus digne possible, une tâche qui n'était pas sans difficulté. Ser Devram se chargea de remédier au problème avec sa délicatesse habituelle et bientôt il pu admirer à loisir les dessins remarquables de la carte. Son père l’encourageait de même que leur mestre à apprendre la cartographie de Dorne, mais le Royaume de l’Ouest était d’une bien plus vaste complexité. C’était la première fois que le jeune prince se trouvait confronté à une vision globale aussi détaillé du fief des Lannister. Ses yeux brillant s’attardant sur des régions jusque là inconnue de lui, de pans entiers de forêts et de massifs montagneux mystérieux. Il se demanda brusquement s’il avait le droit de poser les yeux sur cette carte. Son père l’avait toujours avertit de combien il était précieux de connaître le territoire de l’ennemi. N’avait-il pas une source de renseignement potentiellement dangereux ?

Il n’eut pas le temps de laisser son esprit s’attarder sur la question que lord Tybolt daignait répondre à sa question d’un air vaguement ennuyé mais usant de son titre, à la grande satisfaction et étonnement de l’héritier de Dorne. Peut être son air dur n’était-il qu’une façade pensa-t-il naïvement. Malgré son aspect autoritaire et son attitude arrogante, le lord de l’Ouest ne semblait pas être du genre à lancer des petits enfants par les fenêtres. La preuve, il condescendait à lui répondre en plein travail. Certes il pouvait deviner le ton ironique du lord malgré son jeune âge. Néanmoins cela ne l’empêcha pas d’admirer le sens stratégique du suzerain de l’Ouest. Il nota au passage la position de dame Maura à ses côtés, le renforçant dans son idée qu’effectivement la dame du Val ne faisait pas ici que de la figuration. Trystan se força à prêter davantage d’attention aux propos qu’on lui adressait. Des navires…voilà qui était pour le moins étrange. Jamais auparavant il n’avait entendu dire que les terres de l’Ouest possédaient une quelconque force navale. Visiblement cette ère appartenait au passé et avec l’ambition et la volonté qui était l’apanage des jeunes nobles, lord Tybolt remédiait à ce « problème ».

Du point de vue de Trystan cependant cela paraissait étonnamment risqué et impétueux. Une force navale récemment construite n’allait pas faire long feu face aux boutres des Fers-Nés. Quand bien même le lord Lannister avait largement les moyens d’armer une flotte complète. Son père lui avait suffisamment longtemps vanté les mérites de l’expérience et de la préparation. Or les équipages de lord Tybolt ne devaient avoir ni l’un ni l’autre. Mais avec l’alliance qui se préparait avec le Bief, s’il pouvait se fier à ce qu’avait dit la dame du Val, l’avantage du nombre viendrait vite pallier la férocité Fer-Né sur la mer. Trystan n’alla pas jusqu’à partager son point de vue : il n’était pas à sa place ici et il doutait que les paroles d’un gamin de son espèce, même avec un quelconque titre de Prince, ne soient prises au sérieux. De plus il régnait ici une espèce de tension voilée qu’il cru bon de ne pas exacerber davantage. Le lord Lannister prenait-il ombrage de la présence des lords du Val ?

-Je souhaite la meilleure des réussites à votre projet lord Tybolt. Puis-je m’hasarder à vous demandez comment comptez vous organiserez la défense de l’Ouest ? Les hommes de dame Maura auront-ils un rôle particulier dans votre toile ?

Il dirigea son regard vers Dame Maura : n’était-elle pas ici le commandant légitime de ses hommes après tout ? Ou bien venait-il de froisser inconsciemment le lord de l’Ouest. Trystan commençait à entrapercevoir ici la véritable signification du mot dissension. Comment réagissaient ses nobles du Val à devoir s’aplatir devant le lord régent de l’Ouest qui, il fallait le reconnaître, était encore bien jeune. Une chose était certaine : les Dorniens eux auraient refusés tout net de suivre quelqu’un qui n’aurait pas fait ses preuves.

Spoiler:
 


Dernière édition par Trystan Martell le Mer 11 Jan 2012 - 23:19, édité 1 fois
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Message Mer 11 Jan 2012 - 20:39

La jeune femme haussa les épaules à la requête de Tybolt et fit un geste en direction de l’échanson afin qu’il apporte ce qui avait été demandé par le seigneur de Castral Roc. A priori, imposer une boisson à un simple invité ne faisait pas vraiment partie de ses habitudes et il fallait bien avouer que voir Tybolt boire vin ou eau ne lui faisait ni chaud ni froid. Ce n’était après tout qu’une question d’habitudes. Elle-même préférait le vin qu’elle jugeait plus goûteux et n’avait pas pour coutume de s’en passer dans la journée. Du reste, l’on buvait plus volontiers un cordial puissant et âpre dans le Val plutôt que du simple vin de table réservé aux repas. Elle finit par lui offrir un sourire charmeur pour lui répondre, légèrement amusée par ses manières :

«Il ne me plaît pas de vous obliger à boire du vin Monseigneur, vous le savez bien du reste. Le garçon va vous préparer de la glace pilée. Vous en voulez aussi Messire Trystan ? J’imagine que la visite à Port-Lannis a du être longue.»

Son regard s’attarda sur le léger sourire de son époux. Peut-être s’inquiétait-elle pour rien mais elle avait une fois de plus l’impression qu’il ne souhaitait rien tant que s’amuser à ses dépends. Pourtant, que faisait-elle pour le mériter ? Elle était sérieuse et consciencieuse et remplissait ses devoirs avec la volonté de faire au mieux sinon avec toute la compétence nécessaire. Tous ses devoirs. Dont le plus important consistait surtout à tirer un certain plaisir du corps du Lannister. Elle se laissa tomber contre le dossier de son haut siège retenant son impulsion d’étendre ses pieds sur la table. Ce n’était peut-être pas ce que l’on attendait de son attitude présentement. Elle bailla discrètement déjà fatiguée par le début de cette longue journée qui l’avait vu se lever aux aurores pour visiter une première fois le camp. Elle s’était attendue à simplement guider Trystan vers des appartements et le laisser se reposer de la dernière étape de son voyage. Comme quoi elle avait oublié l’énergie inépuisable des enfants de son âge. Elle ne s’était pas attendue non plus à devoir emmener son désormais mari dans ses valises pour faire visiter le camp. Certes, elle lui avait un peu forcé la main mais il avait eu la possibilité de refuser. Du coup, elle s’en voulait un peu. Peut-être était-il fatigué le pauvre ? En bonne épouse, sans doute aurait-elle dû y penser avant de lui proposer cette énième déplacement. Enfin puisqu’il leur fallait au moins sauver les apparences. Tybolt pouvait bien jouer les fiers à bras autant qu’il le voulait, elle savait bien qu’autant d’activité, même librement consentie, finissait par l’épuiser. Comme elle d’ailleurs.

La suite la prit sans vert et elle eût un léger moment de recul devant les paroles de Tybolt. Ne voulait-il pas assister à ces réunions ? Elle ne comptait de toutes façons pas l’y contraindre si tant est qu’elle en eût eu un jour les moyens. Elle avait laissé de côté la conversation au sujet des navires de la flotte sans vraiment y prendre part. Cela faisait partie des prérogatives de Lord Lannister, prérogatives dont elle ne se mêlait jamais par ailleurs se contentant simplement de prendre des nouvelles quand elle le voyait rentrer et lui reprocher parfois de préférer sa flotte à elle. Ce n’était que des conversations normales entre amants après tout. Ceci dit, elle était un peu lassée de la façon qu’il avait de la traiter en public semblant se détacher complètement du respect normal qu’elle attendait de lui. Si bien qu’elle finit par arborer un sourire amusé semblable au sien pour lui répondre.


«Je ne voulais pas vous l’imposer et je comprendrais tout à fait si vous êtes attendu au Roc. A vrai dire, plutôt que de venir faire la roue devant vous, je voulais que ce soit notre invité qui puisse les rencontrer. Il en a émis le souhait. Rien ne saurait vous empêcher de rester toutefois si le cœur vous en dit.»

Elle ne voyait pas vraiment ce qu’elle pouvait répondre d’autre à l’époux qui semblait finalement s’impatienter en sa présence. Elle ne pouvait après tout pas le retenir auprès d’elle comme elle pouvait le faire dans leur chambre. Ses lords et le petit prince auraient sans doute été étonnés de voir lady Maura Arryn se coller au corps de Lord Lannister. Détournant son attention de la blondeur magnétique du Lion, elle esquissa un sourire d’encouragement pour son protégé afin de lui faire sentir que, pour sa part au moins, elle n’avait rien contre les questions. Même si cette question précise n’était pas vraiment faite pour aplanir les éventuelles difficultés entre l’ost Arryn et le suzerain de l’Ouest. Préférant éviter une possible répartie potentiellement insultante pour les présents, elle préféra se charger d’une réponse diplomatique propre à éviter Tybolt ou même elle de s’échauffer comme à leur habitude.

«Nous sommes ici pour aider à la mesure de nos moyens. Lord Tybolt nous explique où nous serions les plus utiles et nous faisons en sorte de répondre à ses attentes. C’est ainsi que marche une alliance après tout.»

Lord Royce entra sur ces entrefaites pour répondre à l’appel de la jeune femme qui avait expliqué au messager la nature particulière de cette invitation. Il salua Lord Lannister puis le jeune prince Martell pour terminer par Maura qui lui tendit sa main qu’il baisa avec une galanterie de bon ton.

«Ma Dame. Je viens de recevoir votre message pour vous retrouver Lord Lannister et vous. Prince Trystan, c’est un honneur de vous rencontrer. Robert Royce de Roches-aux-Runes. Lady Maura m’a fait savoir que vous désiriez rencontrer les vassaux de la maison Arryn.»

Sans doute habitué aux enfants du fait de son âge presque vénérable, le vieux seigneur aux cheveux blancs s’était adressé très gentiment à Trystan. Beaucoup plus aimablement que Maura ne l’avait d’ailleurs jamais fait. Sans doute l’habitude d’avoir autour de lui les enfants de sa propre progéniture. Lui, contrairement au Lannister et à l‘Arryn en était arrivé à l‘âge où il ne souciait plus vraiment d‘affirmer sa prééminence. Ses longues années parlaient pour lui d‘autant qu‘il était plutôt soulagé de devoir faire autre chose qu‘arbitrer une querelle entre la jeune femme et un vassal récalcitrant à l‘idée de suivre à la lettre un ordre du Bouclier de Port-Lannis.
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Message Dim 15 Jan 2012 - 16:46

Qu'est-ce que ces valois pouvaient bien vouloir faire avec de la foutue glace pilée ? ! N'avaient-il pas simplement de l'eau comme toute personne normale ? Pourquoi à tout prit vouloir faire en sorte de se différencier et rappeler à quiconque que l'on était en définitive que les amants de bouquetins et autres animaux propres aux montagnes... Il ne put qu'esquisser un sourire à l'idée de devoir attendre que la glace fonde pour pouvoir boire son eau, lui qui préférait la boire à température ambiante, il devrait certainement patienter que cette réunion de décorum soit terminée pour pouvoir trouver de quoi se sustenter au Roc directement. Lorsque Maura lui offrit porte de sortie pour s'éclipser et retourner dans son Roc le jeune seigneur feignit de ne pas la voir et préféra rester à sa place pour observer comment son épouse menait ses hommes. Après tout et bien qu'il en dise bien souvent du mal il était curieux de voir les vassaux de Lord Arryn à l’œuvre, eux que l'on vantait tellement pour leur fiabilité et leur loyauté. Du reste il était tout aussi curieux de voir comment Maura s'en tirait avec eux, lui même n'ayant jamais recherché la loyauté aveugle ou même avertie de ses vassaux. Il en était ainsi lorsque vous étiez Lannister, peu importait la loyauté ou la fidélité, vous ne saviez qu'une seule chose, lorsque vous ordonniez vous étiez obéit et cela n'allait pas plus loin. Les Arryn quant à eux semblaient avoir une toute autre approche de la vassalité, plus accès sur le paternalisme et une certaine idée de la fidélité. Certainement ces manœuvres devaient provenir de la période sombre durant laquelle les deux jeunes enfants s'étaient retrouvé à diriger un fief sans pour autant pouvoir imposer leur pouvoir... Pour Tybolt cela n'avait jamais été ainsi, il avait été éduqué depuis son plus jeune âge avec la certitude de devenir un jour le suzerain le plus puissant du royaume et qu'aucun parmi les Lords quels qu'ils soient n'auraient jamais rien à y redire. L'or et la fortune étaient le nerf de la guerre et les Lannister étaient les plus fortunés de tout le royaume dès lors leur puissance et leur influence avaient façonné la personne que le jeune seigneur était devenu. Maura avec son éducation différente et sa manière d'amadouer ses vassaux saurait apporter une touche plus bienveillante dans la politique du Roc, Tybolt attendait donc de voir comment cela se traduisait dans les faits.

Le petit Prince quant à lui ne semblait pas véritablement à son aise en un pareil lieu, qui aurait pu lui en vouloir, lorsqu'il avait son âge le jeune Lion était déjà écuyer et apprenait la dur réalité de ce que signifie être chevalier. Il aurait certainement était tout aussi mal à l'aise en de tels lieux que l'était le bédouin... C'est alors que Tybolt réalisa que Trystan ne serait certainement jamais écuyer et encore moins chevalier... Comment un fief tel que Dorne pouvait accepter d'être ainsi dirigé par des ignorants dans de telles matières ? Il allait demander au jeune garçon s'il lui plairait peut être d'apprendre ne serait-ce qu'un peu de ce que devait être un chevalier lorsque celui-ci posa une nouvelle question... Par les Sept que ces gamins en avaient-ils jamais assez de poser autant de questions ? Ne pouvaient-ils apprendre en écoutant simplement comme tout à chacun doit le faire ? ! Et quelle question du reste, "mais bien entendu mon petit bédouin que je vais te dire comment je vais organiser la défense de l'Ouest pour que ton foutu père et sa femme Targaryen puissent par la suite venir nous foutre comme il se doit..." pensa-t-il et il allait du reste en verbaliser une version peut être un peu moins agressive lorsque Maura prit la parole et évita ainsi un écueil de son mari. Tybolt dont les mâchoire se contractaient en cadence jeta un regard à sa douce et se força même à y ajouter un sourire même si ce dernier n'avait rien de bien avenant. Se tournant vers Trystan il leva la main pour lui indiquer qu'il en était comme venait de le dire Lady Maura. La différence entre le sourire se voulant bienveillant envers le petit Prince et le regard du jeune Lion qui lui signifiait qu'il en avait assez de cette mascarade et des questions pouvait paraitre déstabilisant mais le jeune seigneur faisait du reste son possible pour paraitre le plus accommodant possible. Ainsi lorsque Lord Royce pénétra dans la tente et le salua en premier Lord Lannister le remercia d'un signe de tête et un sourire cette fois sincère et avenant.

Lorsque le vieux Lord commença à se présenter au jeune Prince, Tybolt se laissa aller quant à lui dans son siège et observa la scène d'un œil extérieur. Son regard cependant se tourna à plusieurs reprise vers Lady Maura dont il appréciait la prestance et le maintien sur son simulacre de haut siège. Il se fit alors la réflexion qu'elle aurait un éclat d'autant plus impressionnant lorsqu'elle siègerait à ses cotés dans la grande salle du Roc. Posant son menton dans sa main droite, son bras étant accouder sur ceux de son siège, Tybolt perdit bien vite le fil de ses pensées en observant toujours Lady Maura, de temps en temps ses yeux allaient vers le vieux Lord et le petit Prince mais toujours ils revenaient vers l'objet de son attention première... sa colère qui était née par le questionnement du gamin avait déjà disparut et son esprit désormais se plaisait à lui projeter des images de Maura sortant du Bassin le lendemain de leurs noces. Il eut alors un demi sourire ne faisant remonter qu'un coté de sa bouche. Ramenant son regard en face de lui, sa tête ayant toujours été tournée vers les deux extrémités de la roue du temps qu'étaient Lord Royce et le petit Prince, il réprima un bâillement en tâchant de garder cela discret. Son regard croisa alors le visage d'un de ses Gardes du Lion, qui lui au contraire périmait un sourire amusé tout en essayant de paraitre stoïque mais ses yeux eux étaient rieurs.


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Message Jeu 1 Mar 2012 - 23:08

Il y a de ces instants où une intime conviction s’impose à vous, poussant à l’humilité et à la réserve. Le jeune prince de Dorne se trouvait confronté à cet instant. Le jeune garçon devait se faire violence pour paraître aussi digne que possible au sein de l’assemblée qui comptaient bon nombre de membres de renoms. Sous leurs regards pesants et sondeurs, il se sentait désagréablement sous le centre d’une attention gênante qu’il ne méritait pas. Du moins une attention dont il se serait bien passé. Aussi fit-il preuve d’efforts en se concentrant sur ce que disait dame Maura, feignant d’ignorer les mines surprises ou désapprobatrices de certains lords qui sans nul devait s’émouvoir de voir un si jeune garçon prendre la parole dans une telle assemblée. Néanmoins le fait de s’être présenté à cette auguste réunion en compagnie de lady Maura et du lord Lannister devait lui valoir de passe droit suffisant car personne n’osait dire mot. Le jeune prince suspectait également que la présence intimidante de son garde du corps soit une raison supplémentaire pour ne pas élever la voix à tort et à travers. Comme il aurait voulu avoir l’attitude décontractée et maîtrisée de la dame des Eyriés, s’exclama-t-il intérieurement. Avec allure majestueuse et noble, elle se dressait en égal du seigneur de la Maison du Lion. Une position qui lui valait bien l’admiration muette du jeune garçon. Osant à peine élever le son de sa voix il accepta donc poliment d’un signe de tête la proposition de la jeune femme.

Un laquais lui passa aimablement l’eau fraiche, les quelques glaçons encore flottant fondant à une vitesse surprenante. De la glace pilée. Dans ce simple verre il y avait toute la démonstration de la richesse Lannister. En cette saison et surtout en un tel lieu, la glace était un raffinement du dernier luxe que seule l’arrogance de la maison du Lion pouvait se permettre d’acheter. Il soupçonnait que c’était là un moyen utile d’impressionner les invités de passage. Et c’était réussi. Trystan lui-même observa quelques minutes son breuvage avant d’en prendre une courte gorgée. L’eau avait son importance. Pour quelqu’un d’originaire de Dorne, cette phrase n’était pas vaine. Dans le Pays des Sables l’eau était plus précieuse que l’or, de la glace pilée était assurément un cadeau royal. Royal et rafraîchissant. Trystan sentit un agréablement picotement sur son palais, et apprécia le fait de pouvoir passer sa nervosité en tripotant la coupe, tout aussi richement décoré, qui semblait presque trop grande dans sa main. Un malaise accru par la tension muette qu’entretenait le lord Lannister assis sur son trône, et qui ne se donnait aucun mal pour masquer son ennui et son mépris. L’héritier de Lancehélion avait déjà vu similaire comportement chez les nobles de la cour de son père. Des hommes qui clamaient leur bravoure et mérites sur toutes les dunes du Royaume, mais qui ne trouvaient plus parole à dire devant le Prince de Dorne. Son garde du corps avait coutume de dire que c’était le genre de personne « qui aboyait fort sans vraiment mordre ».

Trystan n’aurait pas rangé impudemment lord Tybolt dans cette catégorie, peut être se trouvait-il trop noble pour s’abaisser à lui répondre ou encore lui accorder la moindre considération. Au soulagement du garçon ce n’était pas encore le cas de dame Maura, qui lui exposa l’objet de la réunion. Le jeune prince n’était pas encore au fait de toutes les manœuvres politiques derrière l’alliance entre les Eyriés et les Lannisters, aussi laissa-t-il sa prochaine question en suspend. L’arrivée impromptue d’un vassal Arryn changea l’atmosphère, et le jeune garçon se raidit imperceptiblement. Visiblement un seigneur d’importance car même lord Tybolt semblait lui accorder une espèce d’importance. Trystan se contenta de l’observer avec des yeux ronds, tenant sa coupe à deux mains, levant le regard pour encadrer cette haute silhouette. Il se présenta comme étant le lord Royce de Roches-aux-Runes, et il apprécia son ton respectueux presque affectueux.

-Tout…tout l’honneur est pour moi lord Royce ! Et bien évidemment je serai honoré de…

La main calleuse de son protecteur l’interrompit. Un messager Dornien venait d’entrer précipitamment dans la tente, et à en croire ce qu’il lui soufflait à l’oreille une missive d’importance venait d’arriver à son intention. Le genre de lettre qui requérait une attention immédiate à en croire la pression sur son épaule. Il prit donc un air contrit et rougissant balbutia quelques mots d’excuses, peu habitué à se trouver confronté à une telle situation.

-Malheureusement je crains que…que nous devions remettre ceci à plus tard. Je…on m’informe qu’une missive importante requière mon attention. Peut être que ma mère ou mon père…

Il ne termina pas sa phrase craignant de paraître plus enfant et ridicule qu’il ne devait déjà l’être. Il posa donc maladroitement sa coupe sur la table et adressa un salut raide au lord Royce.

-Lady Maura, lord Tybolt, je prends congé de vous contre mon gré, et vous suis de nouveau reconnaissant de m’avoir de votre temps. J’espère ne pas paraître…grossier en vous quittant en de tels termes.

Le jeune prince adressa de nouveau un salut à l’assistance et quitta la tente après un timide sourire à la dame Arryn. S’il avait cru pouvoir faire un jour bonne impression sur le lord Lannister, voilà qu’il venait de signer un échec majeur.

[HRP: post fait un peu à l'arrache, juste pour signaler que je pense qu'il vaut mieux clore le Rp ici, puisque je l'ai fait assez duré comme cela par mon absence]
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