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L'Ours et le Lion

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Message Jeu 8 Déc 2011 - 11:52

La troupe de cavaliers arriva en vue de Port-Lannis. Leurs chevaux, fourbus, étaient proche de l'épuisement. Ils n'avaient pas ménagés leurs montures, et cela se voyait. Leurs vêtements étaient couverts de poussière et de boue. Aucun rasoir n'avait approché leur peau depuis des jours, et ils ne s'étaient pas lavés depuis tout autant de temps.
Ils avaient dormis à même le sol, sur de simples peaux de bêtes durant tout le trajet des Terres de l'Orage à Castral Roc et sa ville. Combien de nuits leur feu s'était-il éteint ? Combien de nuits les hurlements des loups et des bêtes sauvages les avaient-ils bercés ? Ils ne sauraient le dire. Ils avaient vécu bien pire, mais ce voyage fut éprouvant, et Gareth espérait sincèrement qu'il en vaudrait la peine. Chevaucher d'Accalmie à Castral Roc, traverser les terres de l'Orage de part en part, une partie du Bief et enfin les Terres de l'Ouest, n'était pas une mince affaire.
Il avait besoin de tant de choses, il devait voir tant de monde qu'il ne pouvait se permettre que ces visites chez les grands de Westeros soient infructueuses.
Le jeune Lannister, d'un an de moins certes, allait le comprendre... Il devait le comprendre...

A leur arrivé à la porte principale de la grande ville de l'Ouest, tout de pierre taillés, les gardes les regardèrent avec curiosité et circonsception. Ils faisaient plus penser à des brigands ou des bandits de grands chemins qu'à d'honnêtes individus. Ils déambulèrent dans les rues, leurs montures au pas, dominant la foule de leur haute stature, regardant avec avidité les étals des marchands et les jeunes filles habillés en paysanne. Gareth était bien conscient de l'épreuve qu'ils venaient de leur imposer. Ils n'avaient mangés que de la viande à peine cuite durant ces jours de voyages, et si lui même savait réfréner ses pulsions et ardeurs sexuelles, ils n'étaient pas de même pour ceux là.
Il interpella celui qui lui faisait office de second, un ancien reître qui avait un temps eut une ferme dans les Terres de l'Orage avant de reprendre son ancien métier et de mettre son épée au service de l'Ours d'Accalmie.

Rand ! Trouves nous un bordel et une auberge. Nous logerons dans la seconde et vous vous reposerez dans le premier. J'exige que vous vous laviez au moins trois fois, que vous vous rasiez, et que vous vous rendiez le plus tôt possible chez un palefrenier et un forgeron. Tu sauras quoi y faire.

Son second hocha la tête, visiblement déçu d'avoir été tiré de ses rêveries. Mais il retrouva bien vite le sourire quand son chef lui lança une bourse pleine de cerfs.

- Faîtes vous plaisir...

Voilà qui était dit. Il y avait un dragon or dans cette lourde bourse, et elle servirait à bien plus qu'à payer des prostitués, du moins, c'est ce qu'espérait Gareth. Il ne connaissait pas réellement les bordels et autres lieux de ce genre. Rand le regarda le regards plein d'interrogations en soupesant la bourse, avant de partir en direction du coeur animée de la ville.
Gareth ordonna à Mathrim, un ancien voleur de chevaux, toujours aussi habile à prendre ce qui ne lui appartenait pas, de le suivre. Le jeune homme, qu'on croyait à peine sortit de l'adolescence malgré ses vingts-deux années, s'empressa de suivre son chef qui poussait sa monture jusqu'au château. Castral Roc était une citadelle impressionante, il n'y avait pas à dire, bien que selon Gareth, incomparable à Accalmie ou Winterfell. Malgré son point de vue médiocre sur ses frères et sa famille en général, l'Ours était ethnocentriste. Les deux individus arrivèrent enfin aux portes de Castral Roc. En bon stratège, Gareth jaugea les défenses de la citadelle, et les différentes manières dont il attaquerait. Aucune citadelle n'était imprenable, et ce malgré les légendes. Si la citadelle en elle-même ne leur était pas hostile, le garde qui leur barrait la route semblait décidé à ne pas laisser "deux gueux" en armures, selon ces propres termes. Mathrim commençait à s'agiter et tentait vainement de parlementer avec le garde. Lasser d'attendre, Gareth descendit de cheval et s'avança vers le garde, donnant les rênes à Mathrim. En une fraction de seconde il prit le pauvre bonhomme par la gorge, bloquant de son bras droit l'arme du garde, et le souleva de terre de quelques centimètres. Il n'avait pas prit le surnom d'Ours par hasard, et il n'était pas un Baratheon pour rien. Cette approche manquait de diplomatie et lord Tybolt n'allait surement pas apprécier, sachant qu'au final, le garde n'avait aucun moyen de savoir que cet individu crasseux était Gareth, fils de Lyonel, seigneur d'Accalmie et des terres de l'Orage. La chance n'était pas avec ce bougre, voilà tout.

- Je te conseil d'aller avertir ton maître et seigneur que Gareth, de la maison des Baratheon, l'Ours d'Accalmie, souhaite lui parler et qu'il l'attend patiemment à la porte de son château car son garde, toi, un imbécile finit, n'a pas accepté de le laisser entrer. Une fois cela fait, et lorsque ton seigneur t'aura dit quelle attitude adopter à mon égard, tu mèneras ces deux chevaux aux écuries pour les traiter le mieux du monde. Suis-je clair ?


Le Baratheon relâcha le garde, montrant du doigt la cour et la citadelle, espérant que cela ferait détaller bien plus vite sa malheureuse victime. Ce ne fut malheureusement pas le cas, le garde traînant même du pied pour aller voir qui de droit.
Toujours prendre soin des bêtes et du matériel, au cas où. Dans toutes les situations, c'était une règle de survie. Certains murmurent que Gareth à le sang vif et l'esprit lent. Ce n'est pas le cas, mais son éducation n'est pas adapté aux règles et codes de la cour. C'est en tout cas un handicape certains dans la poursuite de ses objectifs. Se tournant vers Mathrim, lui aussi descendu de cheval, il soupira, s'accoudant à la selle de Bicéphale, sa fière monture.

- J'espère que le Lannister va bouger son cul, et vite, je sens le rat, et j'ai du chopper dix maladies durant le voyage. Je ne refuserais pas un bon bain. Foutu voyages...

Mathrim le regarda avec douceur, un sourire simple et charmant au visage. Ce gamin avait une gueule d'ange, et il savait s'en servir. Gareth ne savait trop quoi penser de ce voleur, et c'est pourquoi il souhaitait le garder non loin de lui, au cas où. Peut-être aurait-il un moyen de juger de sa valeur lors de sa rencontre avec Tybolt Lannister. Si ce crétin de garde permettait qu'il le rencontre.
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Message Jeu 8 Déc 2011 - 13:54

Tybolt était en compagnie des maitres armateurs depuis plusieurs heures désormais. Les trois hommes ne cessaient de le solliciter pour plus de bois et d'or afin de concevoir une flotte comme jamais le continent n'en aurait vu. Tybolt avait remarqué cela chez les artisans et autres manuels, dès qu'ils sentaient l'or Lannister ils leur prenaient des envie de concevoir du jamais vu, de laisser leur marque dans l'histoire. Le jeune Lion quant à lui voulait simplement une flotte capable de défendre ses côtes et assurer la sécurité de ses gens. Il avait autant l'utilité d'une figure de proue d'or massif qu'un Stark aurait l'utilité d'un cerveau. Les plans et missives jonchant la table du conseil menaçaient de choir à même le sol tant il y en avait. Sur son haut siège le seigneur de la maison Lannister commençait à sérieusement ne plus trouver tous ces débats de spécialiste sur la meilleure manière d'assurer vitesse et puissance très intéressante. Un simple coup d’œil vers la basse salle lui montra la suite des réjouissances. Quatre capitaines venaient quémander pour avoir les fonds nécessaire afin d'enrôler plus d'hommes sur les navires d'ores et déjà à la mer. Il pinça le haut de son nez en fermant les yeux, cette journée ne semblait pas vouloir finir et Maura qui n'était pas apparue depuis qu'il l'avait quitté ce matin... Gerold quant à lui s'occupait des différents rapports d'espions provenant de toutes les sept couronnes et les Sept seuls savaient où pouvait se trouver Aliénor. Il quitta sa place, laissant les armateurs continuer de débattre sur l'utilité d'un fond plat plutôt qu'une voile carrée, pour se servir un verre d'eau de la carafe trônant sur le guéridon proche de la terrasse. Ainsi à l'écart des autres et somme toute plus exactement prit par la conversation, un valet s'approcha de lui pour lui transmettre un message avant de s’éclipser après s'être incliné. Lord Lannister bu une première gorgée avant de déplier le morceau de vélin. Il releva les yeux pour voir, à coté de la porte le dit garde signifié dans le message qui souhaitait s'entretenir avec lui d'un évènement à la porte principale. Un coup d’œil vers les armateurs l'informa que ces derniers n'étaient toujours pas tombé d'accord. D'un geste il invita le garde à s'approcher et les fit pénétrer sur la terrasse.

Une fois seuls, il fit se relever le garde après que celui-ci mit genoux à terre et prononça un messire on ne peut plus déférent.
Relevez vous, quel est donc cet évènement qui sollicite mon attention en plein milieu d'un conseil sur l'avancement de la flotte du Lion ? Le garde n'osa tout d'abord pas exposa réellement la teneur de son entrevu avec ser Gareth, il tergiversa sans vraiment entrer dans le vif du sujet. ce n'est que lorsqu'il entendit son suzerain expirer bruyamment qu'il finit par livrer ce qu'il savait tout d'une traite. Un homme de rien, en tout cas il n'avait l'air de rien s'est présenté en compagnie d'un autre, homme je veux dire. Comme je refusais de leur laisser le libre accès le premier homme m'a saisit et immobilisé avant de me dire qu'il était Gareth Baratheon fils de Lord Lyonel et qu'il demandait à vous voir. Tybolt avait déjà eu des échos de ce Gareth via Tya. De ce qu'il en savait l'homme était le puis né de Lord Lyonel et n'était que déception et soucis pour son suzerain de père. De fait le comportement qu'il avait eu face au garde signifiait bien le type d'homme dont il s'agissait. Bien que lui même enclin à l'énervement et la réaction emportée, Tybolt avait du mal avec ce genre de comportement venant d'un homme qui ne savait de toute évidence pas où se trouvait sa place par rapport aux grands de Westeros. Depuis quand un puis nés pouvait-il exiger quoi que ce soit d'un suzerain et qui plus est du plus puissant d'entre eux ? ! cependant le seigneur du roc n'avait de toute manière ni le temps nécessaire ni même l'envie suite au rapport de son garde d'accéder à la requête du puis né de Lyonel. Il esquissa donc un sourire et ce dit qu'il pourrait offrir un certain plaisir à ce garde, plaisir simple s'il en est de pouvoir se voir investit de la parole de son suzerain pour renvoyer un importun qui lui aura mené la vie dure alors même qu'il ne faisait que son travail. Très bien... je comprends. Quel est votre nom ? Le garde leva les yeux vers son suzerain avant de baisser de nouveau la tête. Sylvain mon seigneur. Et bien Sylvain voici donc ce que j'attends de vous. Pour commencer je veux que vous retourniez à la porte principale et là bas vous direz à Gareth Baratheon que Lord Lannister n'est pas susceptible de le recevoir avant demain, qu'il lui conseil fortement de se rendre à Port-Lannis pour y passer la nuit. Qu'il y trouvera assez d'auberges pour se loger et de bordels pour se satisfaire. Ajoutez que l'un comme l'autre verront leurs frais couverts par Lord Lannister, mais insistez bien sur le fait que seul ce que lui consommera se verra régler par la maison au Lion. Ce sera fait mon seigneur. Tybolt pouvait voir le sourire relever les lèvres du garde à l'idée de renvoyer un noble qui lui avait fait connaitre une humiliation dont ses compagnons d'armes parleront et se moqueront encore des semaines durant. Il franchit donc de nouveau la porte de la terrasse en compagnie du garde mais avant que celui-ci ne prenne congé, Tybolt le rappela. Oh et Sylvain... il va sans dire qu'une fois Gareth Baratheon envoyé à Port-Lannis, vous irez de vous même à l'encontre de Clégane qu'il vous enseigne ce que j'attends d'un garde de la porte principale. Le sourire du garde avait subitement disparut tandis qu'un autre apparaissait sur le visage de son suzerain. Tybolt n'appréciait certes pas qu'un petit noblion s'en prenne à un de ses gardes mais il appréciait encore moins qu'un de ses gardes se fasse ainsi malmener sans parvenir à se défendre face à un homme qu'il soit noble ou non. Après tout et quand bien même ce Gareth était un soldat de talent, Tybolt n'aurait su le dire, il savait néanmoins qu'il n'était pas fait de l'étoffe des grands guerriers et ses gardes devraient pouvoir éviter d'être ainsi malmené. Le maitre piqueux saurait montrer à ce Sylvain ce qu'il est attendu d'un garde chez les Lannister. D'un pas désormais plus léger Tybolt s'en retourna vers les armateurs. Ces derniers ayant entendu la fin de la conversation entre le seigneur et le garde se retrouvèrent très vite d'accord sur les modifications à apporter et les besoins en matériaux dont ils avaient besoin pour accélérer le chantier et mettre toujours plus de navires à la mer.
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Message Ven 9 Déc 2011 - 18:53

Lorsque le garde revint, un sourire aux lèvres, éconduire Gareth et Mathrim, le second cru que son chef allait briser la tête du pauvre soldat contre l'imposant mur de la forteresse. Mais, contre toute attente, il parvint à se contrôler et à esquisser un vague sourire à l'attention du garde, qui lui jubilait.

Quelques secondes à peine après avoir fait demi-tour, Gareth se répandit en injures sur les Lannister, leur or, sur ce fils de catin qu'était Tybolt et toutes sortes de réjouissances. Les passants s'écartèrent rapidement du cheval de l'Ours, ce dernier cherchant n'importe quel prétexte pour calmer ses nerfs. Il parvint néanmoins à reprendre le contrôle de ses nerfs quelques rues avant l'auberge ou Rand avait installé les hommes.
Le Cygne Railleur était un établissement à deux étages, modeste, mais visiblement bien tenue, situé non loin des quais de Port-Lannis, mais suffisamment pour que les odeurs de poissons et autres parfums exquis issus des cales des bateaux n'empestent l'air ambiant. Un des hommes de la bande était assis devant la porte d'entrée, un morceau de bois et un couteau entre les mains. Il lâcha sa sculpture de cheval qu'il venait de débuter pour aller prendre les rênes de Bicéphale. Ceux qui accompagnaient encore Gareth étaient les fidèles, les derniers de la bande de la Main Blanche, et de ce fait, ils connaissaient quasiment par coeur Gareth et ses humeurs. Ils s'y étaient habitués, et ne dit-on pas que si on apprécie quelqu'un pour ses qualités, on l'aime pour ses défauts ?

Le cadet des Baratheon ouvrit la porte de la taverne d'un grand coup, Mathrim sur les talons. Ce dernier ne tardait pas à aller rejoindre les membres de la bande encore présent qui jouaient aux dés dans un coin de la taverne. Les compagnons, termes par lequel s'appelaient les membres de la bande, avaient loués toutes les chambres. L'aubergiste, un individu au crâne rasé, à la peau tannée, avec une une série d'anneaux de cuivre à une oreille, qui essuyait un gobelet en acier derrière son bar, n'avait pas lâché Gareth du regard depuis l'entrée de ce dernier.

- Toi, le chauve, montes dans cinq minutes dans ma chambre avec des œufs durs, du lard, et de la soupe. Où est Rand ?

La tenancier hocha la tête sans piper mot à la demande du Baratheon, tandis que la question de ce dernier semblait être tombé dans l'oreille d'un sourd. Exaspéré, il haussa le ton de plusieurs octaves, et sa voix caverneuse emplit alors l'auberge.

- Bordel, trouvez moi Rand ou Gwen ! Si je n'en ai pas un dans ma chambre dans moins de deux minutes, vous allez bouffer du rat pendant toute la semaine !

Ce n'était pas qu'une menace, et cela eut tôt fait de remuer les hommes. Gareth entreprit alors de monter les marches menant jusqu'à sa chambre en soufflant. Alors même qu'il était dans le couloir, il commença à enlever son armure et son casque, jetant le tout en vrac sur le sol une fois franchit l'embrasure de la porte de son dortoir. Ses muscles pouvaient enfin souffler après une rude journée, et il entreprit de nouer sa longue chevelure en une imposante tresse.
Quelques minutes plus tard Rand entra la chambre, à bout de souffles, ses vêtements sans dessus-dessous. Il semblait qu'un compagnon l'avait coupé dans son élan de tendresse.

- Je vois que tu étais en plein exercice ! Hahaha... Rhabilles toi mieux que ça et assieds toi, l'aubergiste ne va pas tarder. Qu'es-ce que tu peux me dire à son sujet d'ailleurs ?

Le reître peinait semble-t-il à reprendre son souffle, et s'est au bout de plusieurs secondes seulement qu'il commença à parler. Le bordel n'était peut-être pas si près de l'auberge que cela.
Il n'y avait pas grand chose à dire sur l'aubergiste. Il a beaucoup voyagé, il avait même fait un tour du côté de Myr où il durant un temps il servit comme marin. Ce n'était pas un bavard, il travaillait ici avec sa femme et leur petite fille de quatre ans depuis quelques années maintenant.

- Intéressant...

Tout en disant cela, Gareth se caressa les poils du visage. Il allait devoir se la tailler pour paraître devant Tybolt Lannister. Les yeux dans le vague il reprit rapidement.

- Quelle est son prénom ? A l'enfant ?
- Myriam, pourquoi ?

C'est à ce moment là que l'aubergiste entra dans la pièce, portant sur un plateau la nourriture demandé par Gareth. Connaître le prénom de l'enfant de votre interlocuteur lors d'une négociation est un atout, et Gareth ne comptait se priver d'aucun atout. Le Noble et le roturier parlèrent un peu, de tout et surtout de rien, avant que le natif Orageux ne lui fasse comprendre qu'ils pouvaient les laisser.

- Sur le dragon que je t'ai donné, je veux que tu n'utilises que 100 cerfs, au maximum, compris ? Gardes les autres pour d'éventuels recrues, et met en 10 de côté pour le tavernier. Fais lui comprendre que pour le bien de Myria, il devrait accepter l'offre que je lui ferais, à savoir accueillir les compagnons qui viendront à Port-Lannis et envoyer régulièrement des corbeaux messagers pour nous tenir au courant des dernières rumeurs et informations. Je reparlerais avec lui après avoir vu le blondinet pour mettre au point tout cela.


Rand hocha la tête et s'apprêtait à sortir lorsqu'il Gareth prit une dernière fois la parole. L'ancien reître avait désormais faim, et son plat de résistance était à quelques rues de là, sans aucun doutes entrain de se languir de l'absence du guerrier.

- Sois très prudent avec les recrues. Peu importe leur passée, je les veux fiable, loyal, et de valeurs. Je sais que nous ne serons sur d'elles que d'ici quelques mois, mais je préfère te rappeler ce que j’attends d'elles, afin d'éviter qu'un des nôtres vende le reste de la bande pour quelques dragons.


Monseigneur Gareth avait finit, alors monseigneur Rand allait pouvoir culbuter sans vergogne la rousse qui l'attendait. A peine eut-il fermé la porte qu'il partit en courant dans les escaliers, manquant de trébucher.
Le reste de la soirée et de la nuit se passa sans relatifs problèmes, les hommes buvant, à la limite de l'excès, avec toujours trois ou quatre compagnons sobres pour prévenir tous secrets dévoilés et comportements déplacés à l'égard des serveuses, prostitués, paysannes, filles et femmes de Port-Lannis qui étaient à l'auberge ce soir là.
L'Ours d'Accalmie quand à lui resta cloîtré dans sa chambre, à prier, prendre soin de son armure et de son épée, et lire. Il aurait eut grand moment du savoir d'un mestre à ce moment là, et si l'idée de demander au Lannister l'aide de leur mestre lui avait traversé l'esprit, il l'avait aussitôt rejeté. C'était trop tôt, et ce fils de catin blondinet m'avait suffisamment humilié.


C'est donc tôt, le lendemain, après avoir écoutés le rapport de ses hommes au sujet de la flotte en construction, que le puis né se prépara à la rencontre avec le suzerain des terres de l'Ouest. Il avait passé une grande partie de la nuit et de la matinée à imaginer les divers cas de figures possibles, les divers moyens de rendre la monnaie de sa pièce à lord Tybolt, avant de se laver, de tailler sa barbe et de s'habiller. Aujourd'hui, seulement des vêtements simples et son armure en cuir sombre, au cas où. Un individu qui vous renvoi dans les bordels et les auberges de sa ville, alors que vous êtes un Baratheon, ne peut en aucun cas être un homme de confiance. Faire confiance à autrui est le seul moyen d'avoir le respect de l'autre. Tybolt Lannister ne méritait alors aucun respect selon l'Ours d'Accalmie.
C'est en milieu d'après-midi que Rand et Gareth partirent vers Castral-Roc. Le reître s'était habillé légèrement, ce qui était logique compte-tenu de la canicule, et s'était rasé totalement. L'absence d'une courte barbe le rendait plus gentil, moins dangereux en apparence. Avec le soleil, ses cheveux viraient presque au roux, et l'Ours ne pût s'empêcher de lâcher une plaisanterie à ce sujet, que le mercenaire ignora superbement.


Lorsqu'ils arrivèrent à la porte principale de Castral-Roc, le garde les laissa passer sans problèmes. Etait-ce l'apparence ou les consignes données ? Ils n'auraient su le dire. On s'occupa de leurs chevaux, et on les mena jusqu'à une pièce du château, où ils durent attendre patiemment lord Tybolt Lannister, bouclier de Port-Lannis, suzerain des terres de l'Ouest, blodinet prétentieux que l'Ours passerait volontiers par la fenêtre. C'était un adepte des tournois, comme son père Lyonel, autant dire un imbécile. Alors que Rand allait ouvrir la bouche, on leur fit signe d'entrer, Gareth en premier, le dos droit, la tête haute ; sur de dominer l'autre avec son mètre quatre-vingt-dix, dans son armure noire frappé d'une main blanche. Ses cheveux attachés en une seule tresse basculait de droite à gauche à chacun de ses pas. Rand se plaçait à quelques mètres de la porte, bien en retrait, les bras croisés sur le devant. Ils étaient venus sans armes, mais le puis né des Baratheon se doutait que le reître avait une dague de cacher sur lui, quelque part, au cas où.

D'un côté, il lui était reconnaissant, mais il ne voyait pas l'utilité d'une telle arme. Malgré toute la colère qu'éprouvait l'Ours pour le Lion, jamais il ne le frapperait ici même, ou tenterait quoi que ce soit de physique, du moins, le croyait-il.
C'est ainsi que, perdu dans ses sombres pensées au sujet de lames, de sang, de morts, il vit pour la première fois de toute sa vie, ou depuis de nombreuses années, il ne le savait, Tybolt Lannister.

Un Lannister dans toute sa splendeur, blond. La couleur de ses cheveux, voilà ce qui accapara l'attention de Gareth durant quelques secondes. Bref ils étaient blonds...


Dernière édition par Gareth Baratheon le Sam 17 Déc 2011 - 10:23, édité 1 fois
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Message Sam 10 Déc 2011 - 5:45

Tybolt aurait pu tout aussi bien oublier les évènements de la veille concernant la venue du second fils de Lord Lyonel si Gerold n'avait intégré à son rapport matinal la mention à ce dernier ainsi que le fait qu'il se présenterait certainement de nouveau en ce jour. Levé avant l'aurore, le jeune Lion avait laissé sa jeune épouse dormir alors que lui même s'en était allé dans la loggia pour y revoir certains documents relatifs aux routes marchandes devant être sécurisées avant toute chose une fois le sixième dromon mit à la mer. L'approvisionnement de Port-Lannis et par la même de tout l'Ouest était le lien vital permettant au fief Lannister de tenir malgré les assauts répétés des Fer-Nés, ces derniers apparaissaient toujours là où les généraux de Tybolt ne les attendaient pas. S'il n'avait pas eu une si profonde confiance en lui et une certitude absolue envers ses vassaux le seigneur suzerain aurait pu croire à un traitre en ses rangs. En voyant Gerold entrer par le passage dérobé derrière le vaisselier, Tybolt se leva pour tirer les lourdes portes menant à la chambre. Le jour n'était pas encore levé et le rayon de lune venant embrasser le visage de sa douce provoqua un sourire chez le Lion. De voix de conspirateurs les deux frères commencèrent à parler des évènements à venir au cours de la journée. Gerold devait de nouveau s'entretenir avec les espions du Roc et plus particulièrement le maitre espion revenu de La Garenne portant des nouvelles d'une bande de brigands œuvrant dans les alentours de la forteresse Lydden. Tybolt quant à lui devrait de nouveau s'entretenir avec les capitaines et donc recevoir la visite cette fois-ci annoncée de Gareth Baratheon. Ils devisèrent un moment sur les raisons qui auraient pu pousser le jeune fils de Lord Lyonel à venir ainsi jusqu'au Roc et ce sans que son père n'en fasse par au suzerain de l'Ouest. Face au manque d'information les deux hommes revinrent à des sujets plus prégnants comme la volonté de Tybolt de faire la chasse à tout espion étranger au sein même de son fief. Il donna de ce fait toute liberté à Gerold ainsi qu'un budget illimité pour que l'Ouest, tout du moins la région directement contrôlé par les Lannister soit de nouveau hermétique à toute intrusion ennemi. Quelque chose n'allait pas dans ces attaques à répétition et toujours fructueuses des Fer-Nés.

Le cadet Lannister s'éclipsa lorsque de la chambre à coucher seigneuriale leur parvint les sons caractéristiques d'un réveil. Tybolt appréciait cette manière de faire chez son jeune frère voulant, plus qu'avant s'il était possible, faire en sorte que rien ne vienne compromettre les débuts entre Lady Maura et Lord Tybolt. Le déjeuner fut donc prit comme depuis quelques temps maintenant sur la terrasse entre Lord Lannister et son épouse. Tybolt informa la jeune femme de la volonté de Gareth Baratheon d'être reçut par lui ainsi que de son idée de faire participer cette dernière à la rencontre sous couvert d'être l'envoyée et représentante de Lord Jasper Arryn dans le cadre de l'alliance militaire passée entre l'Ouest et le Val. Ce Gareth avait beau être désormais lié par les liens du mariage à Tybolt il ne comptait pas pour autant comme un membre de la famille, de fait il ne pouvait être mis au courant pour les épousailles entre Maura et lui, tout comme son père Lord Lyonel ne l'était pas plus ainsi même que Tya. La journée se déroula donc comme indiquée plus tôt par Gerold et Tybolt passa le plus clair de son temps entre les différentes réunions avec les armateurs et capitaines s'affairant autour de la flotte du Lion. Il finissait par ne plus supporter ne serait-ce que la vue d'un nouveau plan, il aurait tout aussi bien pu désormais dessiner ces dits plans aussi bien que les armateurs eux même tant il en avait étudié depuis le début des travaux dans les chantiers navales. Se libérant de ses obligations, le jeune seigneur parvint à participer à l'entretien entre le maitre espion et Gerold dans la bibliothèque du Roc. De manière assez inattendu les rapports d'attaques et les plans pour décimer ce groupe de brigands étaient d'une nouveauté rafraichissante pour le Lord ayant passé les trois derniers jours empêtré dans des discussions sans but avec des artisans et autres capitaines de navire.

Il finissait de donner ses directives lorsqu'un valet vînt le trouver pour l'informer que Gareth Baratheon avait été introduit dans la grande salle afin d'y être reçut. Tybolt nota l'information mais prit tout de même le temps de finir ce qu'il avait à dire au maitre espion ainsi qu'à Gerold. Cela fait il se dirigea donc vers la grande salle, chemin faisant il tenta de se remémorer s'il avait déjà à une occasion quelconque rencontré le dit Gareth mais le nom comme la description que ses hommes en avait faite n'éveillait quoi que ce soit à sa mémoire. De plus si tel avait été le cas Gerold lui en aurait certainement fait mention. Avant de pénétrer dans la salle où le fils de Lord Lyonel l'attendait, Tybolt donna instruction que l'on trouve Lady Maura afin de l'informer que l'entretien dont ils avaient parlé ce matin était en passe de débuter. Le valet fila par un couloir et les gardes ouvrir les portes pour laisser passer le seigneur du Roc. Ce dernier vêtu, comme à son habitude depuis quelques temps, d'une tunique rouge sanguine presque noire ainsi que chausses et pourpoint de la même couleur surpiqués de fils d'or dessinant le lion Lannister entra dans la grande salle. Comme il était attendu du seigneur des lieux il arrivait par le fond de la vaste pièce et il ne lui fallu que quelques pas pour atteindre son haut siège sur la partie sur élevée de la salle, il les parcouru calmement Rétribution lui battant la jambe à chaque pas. Gareth quelques marches plus bas ne lui était définitivement pas connu. Il ne pensait pas avoir jamais croisé le chevalier dans aucun tournoi ou aucune réunion auxquels Lord Lyonel avait pu participer en sa présence. Son regard se porta tout d'abord sur le natif de l'Orage, sa tenue était en tout état de fait propre, ce qui différait grandement de ce qu'il lui avait été rapporté sur sa tentative d'être reçut de la veille et Tybolt se dit qu'il avait au moins eu la bonne idée de modifier si ce n'était son attitude au moins sa manière de se présenter à un seigneur suzerain. Ses yeux bleus se portèrent alors sur l'homme inconnu de lui qui était posté à l'entrée de la salle. Ce dernier devait certainement être un garde du corps particulier du jeune Baratheon, Tybolt se lassa bien vite de se demander qui il pouvait être, les membres de la garde du Lion postés à la porte comme derrières les panneaux pivotants de la pièce étaient de toute manière présents pour qu'il n'ait pas à se soucier de ce type de détail.

Prenant place sur le Haut Siège, Tybolt fit signe à un domestique que la table placée dans la partie basse de la pièce soit préparée afin de recevoir ser Gareth, Lady Maura et lui même. Il savait ses gens de maisons assez prompt à l'anticipation pour prévoir le cas échéants plus de mets si jamais Lady Maura jugeait bon de venir accompagnée de ses Lords du Val ou même de dames de compagnie comme cette aveugle qui ne cessait de mettre Tybolt mal à l'aise. Le jeune Lion fit enfin entendre sa voix dans la pièce silencieuse jusqu'alors.
Ser Gareth... je dois avouer avoir été étonné d'apprendre votre visite, votre père Lord Lyonel ne m'ayant pas fait mention d'un tel projet dans la dernière missive qu'il m'a fait parvenir d'Accalmie. Tybolt avait décidé de ne pas faire mention de la manière dont le jeune Baratheon avait été éconduit la veille, voulant voir si ce dernier jugerait bon de mettre ce sujet sur le tapis et auquel cas voir comment il comptait justifier le comportement qu'il avait eu envers un homme investit d'une mission par un seigneur suzerain établi.
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Message Dim 11 Déc 2011 - 15:32

Tybolt Lannister entra plusieurs minutes après l'arrivé de Gareth dans la grande salle. Ce dernier avait tout d'abord patiemment attendu en silence, immobile, avant de commencer à faire les cents-pas. Rand quand à lui n'avait pas bougé d'un iota, jetait quelques fois de rapide coups d'oeils vers la porte et les murs, triturant sans-cesse sa ceinture. Gareth écartait rapidement cette idée de son esprit afin de pouvoir répondre au mieux aux quelques mots lancés par son interlocuteur.
Ce crétin le prenait pour un chevalier... C'était flatteur, certes, mais cela prouvait bien son manque de renseignements. S'il n'avait été que le fils d'un chevalier fieffé, il aurait pu comprendre cette erreur, mais qu'un seigneur suzerain ne sache pas si le puis-né des Baratheon était chevalier ou non, cela faisait tâche. Un petit sourire moqueur de dessina sur les lèvres de Gareth. C'était l'occasion de reprendre l'initiative dans l'échange, de remettre les compteurs à zéro, en oubliant bien entendu de parler de l'incident d'hier.

- Permettez moi de vous détrompez lord Tybolt. Je ne suis pas chevalier. Je ne suis rien si ce n'est le fils d'un seigneur suzerain, le puis-né des Baratheon. Je n'ai guère jouter, je n'ai guère fait trembler les foules et susciter l'admiration de jeunes demoiselles. Non, je n'ai rien fais tout cela.


Le ton n'était pas spécialement déplaisant ou mesquin, ne laissant ainsi penser que c'était une insulte. Le but était juste de l’agacer, de le faire tiquer. Le pousser dans ses retranchements, pour que ses défenses cèdent l'espace d'un instant, et qu'ainsi l'Ours en profite et sache. Il devait savoir. Cela ne serait pas aisé, ça non. Mais il le devait. Alors il continua. Toujours un sourire aux lèvres, il commença à faire les cents-pas devant l'estrade sur-élevé. Ainsi, le Lion entretenait une correspondance avec son père... Son propre corbeau était partit ce matin en direction de Port-Réal, et plus particulièrement du Donjon Rouge. Plus d'inquiétudes à ce faire au sujet de sa présence dans l'Ouest désormais.

- Mon père doit être bien trop occupé par les récents évènements pour avoir oublié de mentionner ceci dans sa dernière missive. Il à de nombreuses correspondances à entretenir et je ne crains qu'il ne soit débordé.

Il fit une très courte pause avant de reprendre. Il détestait ces silences longuets alors que débutait une cérémonie. Il passait là pour plus proche de son père qu'il ne l'était. Il était au courant des correspondances de son père, et était plus ou moins mandaté par ce dernier. C'était ce qu'il insinuait et il espérait que l'autre le croirait.

- Je vais prendre les devants et vous révéler la raison de ma présence aussi loin dans l'Ouest. La Main du Roi à offert une récompense à tous ceux qui iraient soutenir l'Ouest contre les pillards Fer-Nés. Les hommes avec qui je suis aujourd'hui ont été formés par mes soins et me sont loyal, et souhaitent lutter contre cet ennemi de l'intérieur qui espère briser le Royaume.


Il accordait là une plus grande importance aux attaques des Fer-Nés qu'elles ne l'étaient en réalité. Les pillages n'étaient rien pour les riches Lannister, eux n'en souffraient pas non. Le peuple, par contre, oui, et pourtant si peu de bateaux étaient en construction.
C'était là un moyen pour que sa présence n'en paraisse que plus importante. Il n'aimait pas agir ainsi, insinuer , ne pas parler avec franchise. Mais le blondinet avait démontré qu'il n'était pas un homme de confiance, et avec ces gens là, ruses, calomnies et détours étaient chemins courants.

- En parlant de cela, j'ai ouïe dire que vous seriez entrain de construire des bateaux, pour les affronter en mer. C'est téméraire de votre part...

La témérité était un défaut. Une flotte, c'était pure folie de vouloir combattre les Fer-Nés dans leur élément.
L'Ours haussa les épaules et son armure bougea avec elles, emplissant la grande salle d'un bruit de métal, et de cuir. Les crissements cessèrent aussitôt qu'il se tint tranquille. Une dernière provocation d'usage peut-être, lui forcer la main.

- Je souhaiterais abuser de votre hospitalité, lord Tybolt Lannister, et m'abreuver, si vous le permettez.

Manger, boire, bref, que tous se mettent autour d'une table pour les cérémonies d'usages, les bavardages habituels et autres réjouissances du même acabit qu'il détestait tant, mais qu'aujourd'hui, il attendait pourtant avec impatience. Oui il avait hâte que son hôte baisse sa garde, que le vin l'abrutisse suffisamment. Le temps lui écoutait compté, et le Lannister semblait s'amuser à lui en faire perdre d'avantage. Maudits Lannister et leur or.
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Message Dim 11 Déc 2011 - 17:11

Les portes de la grande salle s'ouvrirent brusquement alors qu'un valet annonçait «Lady Maura Arryn, Dame du Val et de la Montagne» précédant de quelques secondes la jeune femme qui fit son entrée dans la pièce. La veille, elle avait été prévenue de l'arrivée de l'un des cadets Baratheon à Castral Roc et Tybolt lui avait demandé d'être présente souhaitant sans doute qu'une tierce personne soit présente pour l'entretien ou qu'elle puisse faire parvenir quelques nouvelles des Terres de l'Orage à son frère lors de son prochain corbeau hebdomadaire. Sans être réellement enthousiasmée à l'idée de faire la rencontre d'un énième rejeton de l'Orage Moqueur, elle s'était suffisamment longtemps pour ne faire honte ni à son frère ni à son époux et, puisqu'il était de son devoir de paraître à cette petite entrevue en tant que commandant militaire de l'ost du Val, elle pouvait bien faire cet effort.
Ces lourds cheveux bruns nattés avaient été enroulés à l'arrière de son crâne pour soutenir des épingles précieuses, présent de son époux, et elle avait mis un point d'honneur à revêtir l'azur de la maison Arryn. Quelques discrètes roses Tyrell avaient même été brodées au fil argenté sur les revers de ses larges manches.


"Ah ! Le fils de ce cher Lord Lyonel...Comment se porte l'Orage Moqueur, Gareth ? »

Le «cher» était sans doute un peu outré puisque la jeune femme n’appréciait pas spécialement l’actuel seigneur d’Accalmie qu’elle jugeait simplet et désapprouvait complètement la correspondance entre son jeune frère et le suzerain de l’Orage. Quant à donner un quelconque titre à un cadet qu’elle n’avait jamais vu concourir dans les lices, il ne fallait même pas y compter de sa part. Non pas qu’elle soit hautaine mais, quand il était question de rang, elle ne voyait pas l’intérêt de singer une égalité qui semblait parfois de bon ton chez certains nobles de sa connaissance. Du reste, il n’y avait qu’une seule Baratheon qu’elle appréciait et elle se trouvait en ce moment même à Vivesaigues. Peut-être le cadet de Charissa avait-il un peu du caractère de la régente du Conflans ? Cela pourrait certainement changer la donne. L’ancienne régente du Val ne pouvait que souhaiter cela au puîné Baratheon.

Pour tout dire, en cet instant, ce qui l’amusait le plus était la nécessité de jouer le jeu de l’indifférence amicale envers Tybolt à qui elle décerna un signe de tête à peine plus respectueux qu’au jeune Gareth. Après tout, en tant que représentante du suzerain du Val d’Arryn, n’était-elle pas son égale avant d’être sa partenaire dans leur mariage secret ? Les coins de ses lèvres se relevèrent légèrement alors qu’elle passait entre les deux hommes pour atteindre le buffet et prendre une coupe de vin sombre de Dorne. C’était son préféré, puissant et tannique, tenant au corps et charmant le palais. Elle aurait bien donné sa main à baiser aux deux hommes mais elle doutait fort que Tybolt eût apprécié la plaisanterie. D’ailleurs, cela ne l’intéressait guère. Elle avait saisi les dernières paroles échangées en entrant et supposait que le Baratheon venait discuter de l’alliance entre Accalmie et Castral Roc et sans doute d’un envoi d’hommes suffisamment nombreux pour aider l’Ouest. Pour sa part, elle avait du mal à saisir pourquoi Lyonel n’avait pas déjà envoyé des renforts à sa fille dans le Conflans qui bataillait pour maintenir son autorité et protéger ses côtes des exactions fer-nées. Toutefois, cela pourrait s’avérer intéressant pour les Arryn…Un petit contingent d’hommes envoyé à la rescousse de la régente pourrait bien leur valoir la main de l’aînée des gamines Tully dans un futur proche. Bon, certes, ce n’était que des Tully mais puisqu’il se trouvait que le hasard, et la bêtise du Conquérant, les avaient promu au rang de suzerains et ils étaient de fait voisins du Val, il fallait bien se plier à la nécessité géographique. Elle leva le nez de sa coupe pour les aider à reprendre le cours de la conversation.


«J’ai entendu que vous parliez d’hommes d’armes et de flottes en entrant. Cela en revient-il à dire que Lord Baratheon se range aux côtés des maisons Arryn, Lannister, Tully et Tyrell pour lutter contre la menace fer-née ? Ou n’était-ce que des discussions en l’air dans le but de vous laisser le temps de vous acclimater à la réalité de l’Ouest, messire Gareth ? »

Les mots choisis étaient sortis tout droit du manuel de la parfaite montagnarde. Droite, franche et volontiers tranchante. Mais le ton était aimable et l’on aurait presque pu croire que la jeune femme se contentait de s’enquérir des conditions de villégiature de Gareth avec toute la grâce d’une jeune demoiselle bien née. En fait, la Dame du Val avait simplement  remarqué que l’homme portait son armure pour aller discuter. Elle le plainait d’ailleurs de s’astreindre à un tel exercice avec la canicule qu’ils connaissaient. Mais elle demeurait curieuse de savoir si la visite de Lyonel serait suivie d’un mouvement particulier de la part de la maison au Cerf et si l’envoi de son fils en était le résultat. Enfin, cela semblait tout de même étonnant puisqu’il n’avait été fait mention d’aucune entrée de troupes sur les terres des Lannister. Mais il fallait que la tête prise toute la journée par les soucis que généraient la gestion de l’ost Arryn, elle n’avait pas vraiment eu le temps de se pencher sur la question. Sans compter que ses nuits étaient également bien remplies par le Lannister.

«D’ailleurs, en parlant de cela, je viens de croiser Lord Estren. Un premier contingent part demain pour le nord avec lui et Lord Rougefort. Je leur ai demandé de partir de nuit afin de cheminer dans une fraîcheur relative afin de ménager les montures. Ils devraient partir à peu près trois heures après la minuit.»

A vrai dire le seigneur de Wyndhall s’était comporté le plus aimablement du monde avec elle en lui assurant que les hommes seraient bien traités et surtout bien reçus. C’était tout ce qui importait à la jeune femme qui devrait bientôt accompagner le gros du détachement qui ferait route pour les terres côtières les plus septentrionales. Histoire de vérifier que tout se passerait bien et de donner un peu de cœur au ventre à ses hommes. Elle n’avait pas encore annoncé la bonne nouvelle à son époux mais elle se doutait légèrement de la réaction qui serait la sienne. Peut-être cela le pousserait-il à la suivre ? Ce qui serait amusant et plutôt romanesque. Un peu glauque peut-être mais définitivement différent. Restait à savoir ce que voulait le gros Lyonel pour venir mettre son nez fureteur dans les affaires des Lannister qui, si elles n’étaient pas officiellement les siennes, l’intéressaient tout de même un petit.
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Message Dim 11 Déc 2011 - 18:55

Tybolt aurait été bien ennuyé d'avoir commis telle erreur si seulement le simple fait que Gareth ne soit pas même un chevalier faisait encore, s'il était possible, baisser l'intérêt que le suzerain avait pour son visiteur. Cependant et comme le jeune homme, il ne savait du coup plus comment le nommer, cet homme n'était pas un héritier, pas un Lord lui même et finalement pas même un chevalier, comment pouvait vivre avec si peu de responsabilité ni même un but définit... toujours était qu'il avait fait un long chemin et que Tybolt lui avait déjà fait subir l'affront de lui refuser audience la veille, encore qu'il ne s'agissait dès lors plus vraiment d'un affront, est-ce un affront que de refuser de recevoir un homme qui ne se représente que lui même, qui ne parle qu'en son nom ? C'était là question que le jeune seigneur ne s'était jamais posé, de par le fait il avait toujours été instruit et éduqué dans le sens inverse, celui de parler au nom d'un peuple, d'une province, d'une maison. Il écouta donc avec attention ce que le jeune homme avait à lui dire. La raison de sa présence fut bien vite mise en avant, Gareth répondais à l'appel du borgne albinos, et plus certainement de l'or qui était promis à ceux qui s'enrôleraient pour défendre l'Ouest. IL repensa un moment à ser Maynard, qui lui était revenu dans son pays natal, non pas par soif d'or mais bel et bien pour le défendre comme un véritable chevalier, là se trouvait la différence certainement entre un homme de rien comme ce Gareth et un véritable chevalier. Tybolt avait beaucoup apprécié ser Maynard, c'était un homme de bien s'était-il dit alors et désormais face à ce mercenaire apparenté à Lord Lyonel, il ne pouvait que le penser de nouveau et plus fort encore.

La réflexion sur la témérité de lever et mettre à la mer une véritable flotte pour sécuriser les côtes de l'Ouest lui arracha cela dit un sourire sardonique. Ce Baratheon avait bien les même défauts que son père, aussi bas du front l'un que l'autre... Le premier s'attendait à voir débarquer l'armada Fer-Né juste sous les fenêtres du Roc et désormais celui-ci ne semblait pas voir l'intérêt de protéger les côtes de l'Ouest ou même les routes commerciales du sud. Ce n'était pas forcément de leur faute du reste, rester si près de Port-Réal devait vous ralentir le cerveau, encore que pour Lyonel ce devait être d'avoir trop prit de coups sur le crâne en rigolant certainement. Pour celui-ci il n'aurait su dire... l'homme n'avait pas l'air d'un abruti complet, enfin pas totalement, son comportement pouvait le laisser croire certes mais il ne pouvait être aussi peu éclairé que sa manière d'être le laisser penser. Opinion qui se vit définitivement battre froid lorsque Gareth demanda non sans une certaine outrecuidance à pouvoir se restaurer, n'apprenait-on donc rien aux enfants chez les Baratheon ? ! En présence d'un seigneur plus important que soi il est de bon ton d'attendre patiemment que ce dernier offre des rafraichissements plutôt que de les réclamer... Bougeant légèrement Tybolt allait prendre la parole pour finalement couper court à cette discussion sans aucun sens lorsque les portes de la salle s'ouvrirent pour laisser entrer son épouse, ou plutôt Lady Maura Arryn pour l'occasion. La jeune femme était magnifique comme à son habitude, elle portait les couleurs Arryn avec autant de prestance qu'il pouvait imaginer la jeune femme en avoir, tout comme lors de son premier passage au Roc se fit-il la réflexion sur le coup.

Il eut néanmoins du mal à ne rien laisser paraitre, Tybolt n'ayant jamais été le Lannister doué pour l'intrigue et les faux semblants, ç'avait toujours été Gerold le maitre en la matière dans la fratrie. Maura quant à elle avait l'air particulièrement à l'aise dans cet exercice et affichait un air tout aussi indifférent à son encontre qu'envers le Baratheon. Il sourit cette fois avec beaucoup plus de bonne humeur en entendant son épouse citer les familles alliées en commençant par les Arryn. Elle était entré dans son personnage avec beaucoup d'application, ils n'étaient marié que depuis peu du reste et ce ne devait pas être bien difficile pour la jeune femme de retrouver le coté hautain qu'il lui connaissait avant de la découvrir différemment depuis leurs épousailles. L'entrée était peut être un chouïa théâtrale mais au final ça ne faisait qu'ajouter au personnage de Lady Maura Dame du Val, châtelaine des Eyriés et gardienne de chèvres certainement... En la voyant partir directement jusqu'à la table où des vivres étaient disposés, il en fut quitte pour son point de vue concernant le manque de vergogne de Gareth, sa propre épouse était encore pire... elle ne demandait même pas mais se servait avec tout l’aplomb du monde. Cela dit la situation pouvait avoir son avantage il était le Lord suzerain présentement et Maura simplement la représentante de son frère. Il pensa un instant profiter de cette état de fait avant de se dire que ce serait certainement une très mauvaise idée qui lui vaudrait de nouveaux éclats de voix une fois les portes de leurs appartements refermées, d'autant que Maura même lorsqu'elle était simplement Lady Arryn n'avait jamais montré le moindre soucis pour tenir tête au Lion... Non, rien ne servait de créer des problèmes là où il n'y en avait pour le moment plus. De plus il avait une cible toute choisie pour jouir d'un amusement au dépend d'un autre. Ce Gareth Baratheon ne cessait de l'ennuyer depuis tout à l'heure. Il sourit donc à son épouse lorsque celle-ci l'informa du départ des Lord Estren et Rougefort.
Vous avez bien fait Lady Maura. Nul doute qu'ils seront plus à l'aise pour rejoindre Wyndhall en voyageant de nuit. Il choisit alors de se servir de la question posée par Maura afin de reprendre la main après son erreur sur le titre de Gareth. Cette femme était décidément une bénédiction pour lui.

Le jeune seigneur tourna alors de nouveau son regard vers l'invité Baratheon, encore que d'invité il n'en avait pas plus le titre que de Lord ou de Ser.
Vous parlez bien ma Dame et tombez mieux encore, Gareth ici présent s’apprêtait grâce à son expérience militaire conséquente à m'expliquer comment mieux défendre mes côtes qu'en tentant témérairement de mettre à la mer une flotte capable de sécuriser le littoral ainsi que les routes commerciales du sud.
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Message Dim 11 Déc 2011 - 22:11

"La dame du Val et de la montagne". Quel beau titre pour désigner une pucelle à peine sortit de l'enfance qui se prenait déjà pour le plus grand cerveau et la plus belle créature de ce monde. Cela compliquait néanmoins les choses, trois joueurs, cela impliquait plus de ramifications que ce que Gareth avait prévu. Il espérait pouvoir se tirer de là sans problèmes, et pour cela, il devait changer ses plans. Remettre à plus tard la tentative de percer le masque du Lannister, et entreprendre bien plus tôt une autre partie de son plan. Gareth alla se planter vers une fenêtre de la grande salle et resta ainsi quelques secondes à contempler le ciel des terres de l'Ouest. Même les nuages semblaient moins menaçants qu'a Accalmie.
La mer, dont il avait une superbe vue, était calme, et quelques bateaux de pêcheurs, toutes voiles dehors, y naviguaient. La mer... Une idée lui survint.
Si les Fers-Nés étaient assez stupide pour affronter un ost regroupant plusieurs maisons, comme le laissait suggérer les paroles de la dame Arryn, alors sa venue était inutile, et le hasard n'avait fait qu'arranger le Greyjoy jusqu'ici. Mais si au contraire, le kraken était un adversaire à sa taille, intelligent, rusé, qui utilisait les moyens à sa disposition avec finesse, alors c'était sa chance. Ma petite dame du Val, mon petit monsieur du Roc, le grand Gareth Baratheon entrait en scène.
Ce faisant, le puis-né se retourna pour faire face à ses interlocuteurs.

- Ma dame, ravi de vous rencontrer. Mon père se porte bien, je vous remercie. Je suis déspointé que vous osiez mettre ma parole en doute... Si je dis que je suis ici pour combattre le kraken, c'est que c'est pour cela que je suis ici.

Ça c'était la première scène, le premier acte, l'entrée en matière. Une lueur de défi brillait dans son regard, et il ne lâcha pas des yeux la dame du Val, celle qui venait de briser tous ses plans. Maintenant, les précisions pour cette entrée en matière.

- Néanmoins, je dois préciser certaines choses, quelques éléments. Les hommes que j'avais avec moi n'appartiennent à aucune maison. Pourquoi ? Simplement parce que les terres de l'Orage ont grandement souffert du fléau de Printemps et de la canicule qui s'abat en ce moment sur le Royaume. Avec les rebelles Feunoyr de l'autre côté du détroit, les quelques hommes encore valides à la disposition des maisons doivent rester là bas pour protéger le territoire. J'espère que vous le comprenez.


Maintenant, le second couplet. Le but était de leur faire éprouver un peu de remords. Tâche ardue voir impossible, mais il devait essayer. Pour les étonner, pour les surprendre. Qui a dit qu'il n'était pas un fin tacticien ? Il est et reste un homme de guerre, aux manières parfois loin de celles des autres nobles de la cour, mais il n'était pas dupe ou crétin. Il savait qu'avec son apparence, d'Ours, on pensait de lui qu'il était lent d'esprit, prêt à tomber dans tous les pièges qu'on lui tendrait.

- Ces hommes ont quittés leurs familles, leurs maisons, pour ramener un peu de gloire et d'or. Ils savent que beaucoup ne reviendront pas, mais ils sont prêt à risquer leurs vies, car les temps sont durs. Ces hommes m'obéissent, et je suis désormais à la disposition des seigneurs de l'Ouest. Je n'ai pas la prétention de vouloir participer aux opérations de commandements, bien que vous me demandiez mon avis quand au plan à mettre en œuvre.

Gareth jubilait. Il savait que le blondinet n'était pas stupide et qu'il saurait répondre de manière efficace et agaçante, comme un Lannister en somme. Marchant lentement vers la table où se trouvait les plats et mets, ainsi que le vin, il s'arrêtait légèrement avant, n'osant se servir. Tybolt ne lui ayant toujours pas permit de prendre un verre, il préféra ne pas pousser le vice trop loin, bien que la dame du Val elle, n'était permit de le faire, comme si c'était elle la maîtresse des lieux. Comme il l'avait dit précédemment, il n'était rien si ce n'était le puis-né des Baratheon. Le Lannister ne le tuerait pas comme cela, ou ne le ferait pas mettre aux cachots alors que les Fer-Nés pillaient ses côtes. Une guerre civile éclaterait, quoique qu'il soit possible que son père en éprouve de la joie et envoie une lettre de remerciements.
Gareth secoua la tête, se caressant le barbe de sa main gauche. Parfois il allait vraiment trop loin dans ses réflexions et théories. Relevant la tête qu'il avait baissé, il continua sur sa lancée, puisqu'on lui laissait la parole. Tout cela commençait presque à l'amuser.

- Si vous avez une carte des terres de l'Ouest sous la main, je pourrais peut-être vous exposer précisément mon plan. En quelques mots, je dirais que même un kraken peut être prit dans un filet, pour peu que les mailles soient assez solides.

Là, il était téméraire. Il savait que c'était un défaut, mais pourtant, lui aussi ne pouvait s'empêcher de l'être par moments. Il lâcha un sourire et baissa les yeux quelques instants. Cela l'amusait réellement de jouer avec le feu, qui plus est avec un Lannister, seigneur suzerain. Il pensa à cet instant qu'il devait être complètement fou. Il réussit à contenir un rire qui le fit tousser. Mettant sa main devant sa bouche, il s'excusa de l'autre auprès de son hôte. Reprenant enfin son souffle, il pût parler, et lança une nouvelle pique.

- Je ne crains d'avoir quelques poussières dans la gorge, serait-ce trop demander que d'avoir un peu de votre formidable eau ? Mon seigneur...

Il devenait lèche-botte maintenant, bien que le temps d'attente entre la question et la fin de la phrase puisse laisser penser à une forme de bravade . Il détestait cela, il détestait la tournure des évènements, la façon dont se déroulait la partie. Par dessus tout, il avait horriblement soif. L'armure et la chaleur sans doute, mais la prestance que lui conférait ses pièces de cuirs et de mailles sombres, ou du moins la prestance qu'il croyait qu'elle lui conférait le faisait tenir, encore et encore.
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Message Lun 12 Déc 2011 - 9:52

Le regard que lui lança le puîné Baratheon était tout un poème mais cette insistance devenait grossière selon la jeune femme. Qu’avait-il donc à la dévisager comme ça ? Il n’avait plus vu une femme propre et lavée depuis qu’il avait quitté le giron de sa mère ? Elle arqua légèrement les sourcils avec une pointe de mépris féminin. Il ne se croyait quand même pas assez bien né pour se hausser jusqu’à elle, il n’était qu’un énième fils d’Accalmie. Elle esquissa tout de même un sourire amusé par ses paroles. Oui, elle osait. Enfin du moins se moquait-elle complètement de savoir si Gareth Baratheon allait ou non combattre. Elle haussa simplement les épaules assez peu intéressée par la vantardise du personnage qui rejoignait d’ailleurs celle de son auguste père. Mais que pouvait-on attendre de plus de la part d’une famille descendant d’un bâtard des Targaryen ? Elle lui retourna un brillant sourire d’une douceur à toute épreuve pour lui répondre tout aussi simplement :

«Vous avez dû mal me comprendre. Je m’interrogerai sur les motifs et les futures actions de votre père en mentionnant Lord Baratheon. Pas sur ceux de son cadet…Mais puisque vous avez l’air de n’être finalement présent qu’en votre propre nom, je suppose que j’ai ma réponse. Le reste…»

Elle haussa les épaules. Il ne fallait pas lui en compter. Elle était sans doute plus jeune que lui mais connaissait son monde. Les initiatives personnelles sans l’aura de la chevalerie n’étaient jamais vues d’un bon œil d’autant plus qu’il n’amenait finalement rien de plus que des reîtres. Des mercenaires avides d’or. Il y avait des chances que cela plaise à lord Tybolt vu que ce dernier aurait pu paver d’or le sol et le plafond de leur chambre à coucher juste avec l’or qu’il récoltait en une semaine. Mais pour une Arryn, cela représentait sans conteste la pire des compagnies. Certes, ils étaient pratiques mais quelle était donc la loyauté d’hommes que seule la couleur d’un dragon motivait. Et, connaissant son époux, elle ne doutait pas que la mention des Feunoyr dans les Cités Libres ne le fasse réagir. Une menace assez fumeuse selon lui. Elle les voyait mal organiser un débarquement et encore moins sur la côte des Terres de l’Orage. La baie des Naufragés portait bien son nom.

«Il semble que ce soit la même raison qui pousse le Trône de Fer a resté terrer à Port-Réal mais je vois mal Aigracier lancer une reconquête à la manière de ses ancêtres. Même avec les fils de Daemon dans la poche. Cela ne semble qu’être une excuse pour ne pas mâter la rébellion Fer-née et laisser les suzerains se débrouiller entre eux.»

Elle esquissa un sourire en l’entendant proposer ses services de grand stratège pour enfermer Dagon Greyjoy dans les mailles d’un supposé filet. Elle n’osa même pas échanger un regard avec Tybolt de peur de se mettre à rire. Cet homme semblait être un phénomène n’hésitant pas à se ridiculiser pour obtenir le gîte et le couvert. Le seul souci résidait dans le fait qu’il était en train de s’adresser au suzerain qui avait sans doute la plus haute idée de lui-même et des capacités de sa maison. Quelle idée de se sentir obligé d’entrer chez son hôte vêtu de pied en cape en guerrier. Avait-il peur de voir un Fer-né surgir d’une tapisserie ? Enfin si, pour sa part, elle pouvait être certaine que rien ne lui arriverait entre les murs du Roc, peut-être ne pouvait-il pas en dire autant. La réputation des cellules de Castral Roc était suffisamment sinistre pour inquiéter n’importe qui, même un si farouche guerrier ou du moins un homme qui s’en donnait l’air. Pour sa part, elle pensait que les grottes basses de plafond où l’on enfermait les prisonniers ici étaient beaucoup moins efficaces que les cellules célestes de ses Eyrié natals. Mais la maison du Lion aimait bien faire dans la grandiloquence. Son regard se fit encore un plus ennuyé en l’entendant demander une carte qui l’aiderait à paraître un tantinet moins prétentieux. Et de réclamer un peu d’eau en prenant soin de faire le fanfaron. Et bien, ils n’en avaient pas terminé…

«Les Lannister sont suffisamment riches pour pailleter d’or leurs boissons. Je doute que Lord Tybolt vous en veuille beaucoup de ne pas continuer à vous étouffer plus longtemps.»

Et cela lui ferait des vacances à elle. Elle avait l’impression d’assister à la lutte de deux coquebins du Donjon Rouge dont un maîtrisait l’obséquiosité outrée à merveille. Elle doutait que cela plaise beaucoup à son amant mais, après tout, malgré son arrogance, n’était-ce pas ce à quoi était destiné Gareth Barathon ? Mendier sa pitance auprès des puissants ? Il avait bien dû se faire reître pour compenser la disgrâce d’être né cadet alors pourquoi pas. Elle se fit incongrûment la réflexion que la vie était sans doute plus difficile pour ces cadets de maisons nobles sans le sou plutôt que pour les filles souvent mariées à de bons partis. Un juste retour de manivelle après tout. Enfin, elle voyait mal son nouveau beau-frère se lancer dans ce type de manœuvres dans le seul but de gagner un peu de prestige. Elle-même voyait assez mal ce que le Baratheon avait à y gagner. Certes, sa maison était moins prestigieuse que les grandes Maisons nobles descendues des Premiers Hommes ou des Andals - à peine mieux que les Tully à bien y penser - mais il avait sans doute à faire du côté d’Accalmie. Au moins assez pour convaincre son père de la nécessité d’intervenir dans l’Ouest et d’éviter la menace fer-née. Après tout, si l’une des grandes forteresses côtières tombait, ce serait les Terres de la Couronne et celles de l’Orage qui trembleraient les premières. Le Val, Dorne et le Nord étaient finalement assez peu concernés à l’abri derrière leurs montagnes ou le Neck. Du reste, elle ne comprenait pas vraiment la raison qui poussait ce Gareth à faire autre chose que proposer ses services. Les convaincre de la qualité de sa petite troupe ? C’était tout de même assez vain de sa part. Des reîtres étaient des reîtres et une simple compagnie représentait tout de même assez peu de choses comparées aux capacités de conscription des grandes maisons suzeraines et aux nombreux chevaliers qui les servaient.

«On peut dire ce que l’on veut de Lord Greyjoy, il est bien loin d’être stupide. Il faudra plus qu’un simple filet aux mailles aussi solides soit-elle pour le retenir. Sans vouloir mettre en doute vos talents de dompteur, Gareth.»

Pour sa part, elle s’était finalement rangée à l’idée de Tybolt et pensait vraiment que seule une armada capable de garantir la sécurité des voies maritimes pourrait dans le futur les empêcher de revenir piller les côtes. Si en plus, les marins réussissaient à prendre la flotte de fer et à faire brûler suffisamment de boutres alors ils seraient tranquilles pour un bon moment.
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Message Mar 13 Déc 2011 - 9:11

Tybolt apprécia tout d'abord "l'affrontement" entre Gareth et Maura, cela n'avait rien de bien extraordinaire mais il était amusant à ses yeux que ce ne soit pas lui cette fois qui soit la cible de la vindicte de son épouse. Voir ainsi le Baratheon se draper dans son orgueil fasse à Maura et surtout la manière dont il lui avait répondu était en tous points réjouissant. La réponse de la jeune femme contenait tout le fiel et le dédain dont il la savait capable. Cette vision lui apportait en quelque sorte un aperçut de ce que seraient les entretiens futurs avec les différents nobles invités à Castral Roc par la maison Lannister, ou ceux qui comme Gareth Baratheon se présenteraient sans y avoir été invité. De fait il ne pouvait qu'être admiratif devant l'aplomb et la prestance de son épouse et plaindre si tant bien cela avait un quelconque sens ceux qui devraient affronter cette dernière, et ce alors qu'elle ne serait plus simplement la Dame du Val mais bel et bien investit de toute la puissance de ses nouveaux noms et titres de Dame Lannister suzeraine de l'Ouest. Elle menait de fait parfaitement cette entrevue et posait à la fois les bonnes question qu'elle enrobait avec le juste niveau de mépris et de dédain face à un suppliant comme Gareth. Un nouveau sourire vînt orner ses lèvres lorsqu'elle finit par "autoriser" l'enfant de Lord Lyonel a finalement se désaltérer, s'il n'avait tenu qu'à Tybolt ce dernier aurait bien pu continuer de quémander aussi longtemps qu'il lui restait de la salive pour le faire. Il n'apprécia toute fois pas beaucoup la référence à l'or Lannister dans la phrase de son épouse, se pouvait-il qu'elle ne le voit encore que comme le Lion assis sur le tas d'or de Westeros ?... Ou s'agissait-il simplement d'une part de son jeu afin de faire accroire à Gareth qu'elle était tout comme lui une simple invité au sein même de la citadelle Lannister...

Tybolt finit lui même par quitter son Haut Siège pour venir se servir une coupe d'eau, il ne buvait de vin ou autre alcool qu'à de très rares occasions et celle-ci n'en faisait définitivement pas partie. Toute cette histoire commençait à l'ennuyer particulièrement, les faux semblants et jeux de dupes l'avaient toujours prodigieusement lassé. Son père avait bien tenté de faire de lui un véritable Lannister, bercé dans l'intrigue et les plans à plusieurs niveau mais jamais le jeune homme n'avait éprouvé le moindre intérêt pour ces manœuvres, à la différence de Gerold qui semblait lui s'épanouir complètement dans ces atmosphères de duperies et de manipulations. Pour sa part il préférait parler franc et directement, ce qui l'avait amené à choisir la chevalerie plutôt que la politique. Heureusement pour lui il avait trouvé en Lady Maura une épouse qui semblait elle aussi maitresse dans l'art de mener son monde. Il lui paraissait de fait plus que temps que les affaires avancent dans le Bief afin que ce mariage puisse devenir officiel et qu'ainsi il puisse se reposer plus directement sur son épouse afin de gérer ce type d'affaire. Sans même observer Gareth il s'exprima avec calme et tempérance.
Lady Arryn n'a pas tort, Gareth, Lord Dagon a beau être un homme sans honneur il n'en demeure pas moins un adversaire de taille. User de métaphores en rapport à son blason ne risque pas d'être suffisant je le crains... Il se tourna et fit signe à des valets de mettre en place une carte de l'Ouest sur la table un peu plus loin derrière celle accueillant le boire et manger. Mais je suis moi même curieux de voir quelles sont vos idées concernant la défense de mes terres. Cependant avant que vous ne nous exposiez votre vision de la stratégie qu'il serait bon d'adopter, je pense qu'il serait honnête de ma part de vous prévenir qu'il ne sert à rien de me parler des risques que courent les Terres de l'Orage ou de la surveillance des Feunoyr... C'est une vraie guerre que je mène ici, les discordes entre des frères aussi royaux soient ils ne m'intéressent pas... et encore moins n'éveillent en moi une quelconque empathie. Il leva sa coupe à l'intention de Lady Maura avec un sourire. Je rejoins du reste l'avis de Lady Arryn sur ce point, toutes ces histoires ne me semblent être qu'excuses pour ne pas intervenir. Mais soit l'Ouest tient et tant que ce sera le cas, Westeros sera protégé... Dès que le royaume traverse des moments tragiques c'est toujours vers l'Ouest que les regards se tournent et derrière les hommes de notre fief que tous se regroupent. Ne parlez donc plus de ceux qui vivent en paix de l'autre coté du continent. Le ton était péremptoire et ne souffrait pas la contradiction. Tybolt pouvait entendre et comprendre que l'on puisse rechercher gloire et honneur mais ces derniers appartenaient de fait et cause aux hommes de l'Ouest, petits comme grands qui tenaient tête aux Greyjoy. Telle Bell Ile qui était tombé, le reste du fief se battait pour empêcher le reste du royaume de tomber. Port-Réal, l'Orage, Dorne et même le Val pouvaient bien périr dans les flammes, Tybolt n'en avait cure. Indiquant la carte désormais installée. Mais je vous en prie Gareth montrez nous donc comment vous prendriez ce "Kraken" dans votre filet. Il fit lui même les quelques pas qui les séparaient de la carte, il n'avait pas l'intention de s'appesantir plus que nécessaire sur cette affaire qui avait d'ores et déjà trop duré. Si le Baratheon n'en venait pas très rapidement aux faits ils pourraient bien retrouver Port-Lannis ou mieux encore Accalmie pour ce que cela importait au jeune Lord Lannister. Il n'avait que faire d'une poignée de reitres pour l'aider à défendre les terres de l'Ouest, si Gareth venait chercher honneur et gloire qu'il se tourne vers d'autres quêtes, la défense de l'Ouest n'était pas affaire de débutants, il ne s'agissait pas ici de simplement paraitre dans de belles armures mais bel et bien garder fermer la porte menant au royaume tout entier. En passant devant le Baratheon il put voir que ce dernier n'était pas loin d'être un colosse par sa taille. Peut être serait-il un jour un chevalier digne de ce nom s'il venait à prendre cette voix encore que sa soif de reconnaissance n'était pas faite pour parler en sa faveur.
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Message Mar 13 Déc 2011 - 14:53

En tendant l'oreille, il pouvait entendre certaines clameurs venant de Port-Lannis, l'agitation battait son plein en ville, et lui, il était coincé là, de sa propre initiative...

La dame du Val ne broncha pas quand il la regarda avec insistance et véhémence. Pire, elle osa sourire. Elle se payait même sa tête en osant affirmer qu'il avait mal compris. Foutu pucelle hautaine au joli minois. La montagnarde était intelligente, et l'Ours craint un instant qu'elle eût perçé sa couverture à jour. Il se ressaisit rapidement, et prit un verre d'eau à la table, juste après la remarque de Maura Arryn sur l'or des Lannister. Cela pourrait passer pour une marque de faiblesse, mais il avait décidément trop soif pour que de tels réflexions l'empêchent d'étancher sa soif. L'eau descendit à travers sa gorge et son corps, rafraîchissant chaque parcelles de son être.
Cette entrevue était une plaie, une véritable fléau. Il n'était pas venu dans l'Ouest pour offrir les services de la bande, mais pour obtenir l'appui moral, voir un soutient financier du Lannister. Sa naissance le desservait, et ses crétins ne jugeaient que par cela. Qu'il avait pu être naïf, il n'était plus à Accalmie ou dans les terres de l'Orage, il ne pouvait plus faire la loi, on ne lui passerait plus tous ses caprices. Il était seul et il devait s'en sortir seul. Enfin, il avait la bande, alors il n'était pas réellement seul, mais il doutait que les compagnons tentent quoi que ce soit si on l'enfermait quelques jours aux cachots. Aucun mestre ne viendrait plaider sa cause, et le maître des lieux n'était pas son père.

Jetant rapidement un coup d’œil à Rand, qui lui haussait un sourcil de perplexité, il reporta son attention sur son hôte et l'autre invité du Lannister. Il devait se concentrer pour les éblouir. Jusqu'à présent, Gareth avait joué le jeu, mal certes, mais il l'avait joué. S'approchant de la table où un serviteur venait tout juste d'apporter une carte, il posa ses deux mains gantés aux extrémités. Ne regardant de ce fait plus Tybolt ou Maura, il écoutait toujours d'une oreille leurs paroles. Lorsque les deux nobles mirent en doute sa parole, donc celle de son père et de la main du Roi, puisse-t-elle mourir et le souverain avec, il cessa de jouer le jeu. Il se retourna la mine sévère, et parla bien haut et fort. Il n'était pas doué pour jouer les faux-semblants et autres, cela ne lui apportait rien, alors autant être naturel, il doutait que le résultat soit pire.
Il mit donc les choses au clair, les unes après les autres. Il regarda d'abord la dame Arryn, la tête légèrement penché, sa longue et lourde tresse bougeant en rythme avec ses paroles. Il parla de plus en plus fort, sans toutefois crier, sa voix grave emplissant la grande salle. S'il avait pu, et si son éducation ne lui avait pas interdit, il aurait volontiers gifler la sale gosse, dame des Eyriés.


- Je crains que l'air de l'Ouest et du Roc ne vous ait perturbée le cerveau et les sens, et plus particulièrement l'ouïe. Je suis ici au nom de mon père, avec le maximum d'hommes dont Accalmie puisse se passer. Le fléau de Printemps nous a touché de plein fouet, quand vous fermiez vos frontières et empêchés des gens sains de se réfugier chez vous. Où étaient les chevaliers du Val quand Port-Réal agonisait ? Où étaient les chevaliers du Val quand des bandes de brigands et de bandits ravageaient nos terres, ces terres qui ne pouvaient plus être protéger car les soldats de nos maisons étaient morts ? Où sont les chevaliers du Val aujourd'hui, alors que les bois et forêts brûlent sans discontinué depuis plusieurs mois, voir années ? Nous peinons à nous remettre de ce fléau, car nous n'avons pas l'or des Lannister, notre seule ressource est notre courage et notre volonté. Nous n'avons demandé de l'aide à personne.


Il fallait qu'il recentre son discours qui ne répondait plus réellement aux accusations et sous-entendus des deux nobles. Cela le détendait, une partie de l'énervement qu'il avait ressentit en écoutant la pucelle du Val le quittait peu à peu. S'il devait se marier, il espérait que jamais ce ne serait avec une femme de cet acabit. Fier et avec une volonté de fer, oui, mais agaçante à ce point, non... Les Dieux le lui pardonnent.
La rébellion, les Feunoyr de l'autre côté du détroit, il devait se concentrer. Après une très infime pause, il reprit, et lança une petite pique à la dame du Val et de la montagne. Elle l'avait bien mérité, elles et ses questions désobligeantes.

- Quand je vous parle de la menace Feunoyr, vous me répondez que ce n'est qu'une excuse pour laisser les seigneurs suzerains seuls avec leurs problèmes. Mais aujourd'hui, alors que les hommes d'armes et chevaliers de l'Est sont peu nombreux pour protéger nos terres et nos côtes, elle est plus présente que jamais. Je n'en veux pas aux Eyriés de ne pas nous avoir aidés à nous relever, alors même que vous peinez à soumettre les clans des montagnes. Il n'est pas dans mes habitudes de mentir, et si aujourd'hui les Feunoyr sont affaiblis, ils restent un danger pour l'Est et ses terres meurtries par ces deux fléaux qu'ont été la maladie et la canicule.

Il semblait que ses interlocuteurs doutent de ses capacités de stratège et de tacticiens. Faisait-il si pâle impression ? Peut-être était-il passer pour un bouffon auprès du blondinet de la pucelle, cela le dérangeait. Si il n'était pas capable de convaincre ses pairs, car ils étaient ses pairs malgré son rang de puis-né, comment pouvait-il espérer arriver au bout de ses ambitions ? Il lui restait un moyen de faire bonne figure, laissant tomber le masque, il se tourna de nouveau vers la carte des terres de l'Ouest, et l'examina. Il avait quelques idées quand aux pièges à mettre en œuvre, mais il fallait tout d'abord décider d'une stratégie à court terme puis à moyen terme. Se caressant machinalement son bouc, l'odeur de cuir de ses gants lui parvint. Il aimait cet odeur qui lui rappelait son enfance, et c'est confiant qu'il commença son exposé.

- Construire une flotte est un passage obligé, certes, mais affronter les Fer-Nés en mer n'est que pure folie. Quand bien même vous auriez l'avantage du nombre, et ce n'est pas le cas, le combat navale est incontestablement leur point fort.
Dans un premier temps, ce que je propose, c'est de fortifier les côtes orientales de Belle-Île, et les côtes occidentales des terres de l'Ouest d'ici, jusqu'au à la frontière avec le Nord.


Il montra du doigt un endroit de la côte situé en face de la pointe sud de Belle-île, et un autre, bien plus au nord. Oui le kraken avait pillé cette île, mais des fortifications construites de façons intelligentes sur la côte orientale permettrait de contrôler complètement le bras de mer, et Gareth doutait fortement que le chef Fer-Nés débarque sur la côte occidentale pour aller attaquer par voix de terre des troupes fraîches et entrainés, bien protégées derrière de solides relevés de terres, palissades, et fossés. Le tout serait bien moins onéreux que des murailles en pierre, et tout aussi efficace, puisque ces fortifications n'avaient pas vocations à durer. En tendant l'oreille, il pouvait entendre certaines clameurs venant de Port-Lannis, l'agitation battait son plein en ville, et lui, il était coincé là, de lui même...

- Des fortins, des tours de guets, avec des corbeaux messagers et des signaux de fumées, et ce de part et d'autres du bras de mer. De cette façon, dès qu'un navire Fer-Nés sera en vue, vous en serez alertés et que vous pourrez intervenir en nombre avec vos galères et navires, actuellement en construction. Vous aurez l'avantage du nombre et, au moins au début, l'avantage de la surprise. Ce qu'il faudra faire ensuite c'est construire une flotte de débarquement, qui stationnera dans le bras de mer, afin d'éviter toute attaque éclair du kraken qui viserait à la brûler. Cette flotte pourra emmener les troupes du Bief, du Roc, et du Val jusque sur les îles de Fer. Une fois à terre, vous aurez un moyen de pression sur le Greyjoy. Quand bien même il continuerait le combat, il n'aurait plus de port d'attache et serait bien vite désoeuvré.

Il fit une pause, prenant un nouveau verre en métal finement travaillé, plein d'eau, qu'il bu d'une traite. Il le reposa avec douceur sur un coin de la carte. Sa stratégie était simple et efficace, sans aucun doute imparfaite, mais c'était une vue d'ensemble, si ces deux charmants et hautains interlocuteurs avaient des questions, qu'ils les posent, il était prêt à affiner ses idées. Il faut toujours utiliser le point faible de son ennemi pour le frapper. Le capturer, et non l'anéantir, voilà le résultat d'une grande victoire. En agissant ainsi les seigneurs de l'Ouest pourraient installer une garnison sur plusieurs des îles de Fer et parer à toutes nouvelles révoltes soulèvements massif, en plus d'avoir à porter des mains d'incroyables marins.
Il pensait avoir paré à tous types d'éventualités, et le cas contraire, il comptait sur son talent pour se sortir le mieux du monde de ce pétrin. En réalité, il n'était pas peu fier de lui.

- Cela vous coûtera peut-être cher, mais vos mines regorge d'or, et je suis sur que le bois dont vous avez besoin pourrait vous être fournit par les Stark, qui subissent eux aussi les attaques des Fer-Nés. Cela pourrait-être leur apport à votre campagne contre le kraken.


Une fois qu'il eût terminé, il se tourna vers Rand, qui le regardait un sourire aux lèvres. C'est vrai, il s'en était plutôt bien tiré, surtout au vue du début de partie. Du moins c'était ce qu'il espérait...



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Message Mar 13 Déc 2011 - 22:07

Tandis que Tybolt répondait au visiter en la soutenant - chose étrange par ailleurs - la jeune femme s’installa tranquille sur une chaise à haut dossier attendant ce qui pouvait bien motiver la traversée d’un continent à part l’or et la gloire. Ou d’autres objectifs moins avouables…Preuve en était que dès l’instant où elle questionna les motifs de sa présence, il bondit directement à l’insulte comme seul moyen de défense. Soit…Il était simplement moins intelligent qu’il ne voulait le leur faire accroire. Et il ne savait vraiment pas dans quoi il venait de mettre les pieds. Les yeux de la jeune femme s’étrécirent alors qu’il mettait en cause la gestion du Fléau de Printemps par les suzerains du Val d’Arryn. En fait, sans le savoir, c’était elle qu’il mettait en cause. Elle avait été l’avocat de la fermeture de la Porte Sanglante et, malgré les récriminations, elle se louait encore de cette décision. Elle avait sauvegardé les peuples réunis sous l’autorité des Arryn. Aux autres, elle ne devait strictement rien…Et certainement pas à de simples bâtards Targaryen, les autres couronnes n‘avaient eu qu‘à posséder des dirigeants aussi capables que ceux du Val ou de Dorne. Du reste, le pauvre garçon ne savait visiblement pas de quoi il parlait. Qui essayait-il donc de tromper ? Pas elle en tous cas. La manœuvre ne prenait pas. Si elle avait été hautaine dès le départ, son ton désormais puait le mépris.

«Et vous avez donc mandat du suzerain de l’Orage pour venir insulter la sœur aînée du seigneur des Eyrié ? C’est ma foi…très attentionné, j‘avais toutefois le souvenir d‘un Lyonel Baratheon plus courtois. De fait, l’avantage d’avoir su fermer la Porte Sanglante avant l’arrivée du Fléau a ceci de pratique qu’au contraire des Baratheon et de leur petit contingent, ce sont sept milles hommes qui m’ont accompagné dans l’Ouest. Vous devriez plutôt méditer là-dessus, Gareth…»

Le ton était clair. Celle qu’il prenait pour une pucelle venue de la montagne venait aimablement de l’informer qu’elle le ferait égorger par ses hommes si il continuait sur cette pente délicate qui consistait à lancer des insultes à la face de l’ancienne régente du Val. Forcément, il dédaignerait sottement la menace comme tout homme qui ne savait pas prendre la mesure d’une femme assez tôt. Pire, si elle gardait une retenue certaine, elle ne savait pas vraiment ce que serait l’attitude de Tybolt en cet instant. Officiellement, elle n’était pas son épouse et elle espérait qu’il s’en tiendrait à cela. Elle en doutait un peu cependant. Elle tourna les yeux vers son mari espérant qu’il n’envoie pas directement l’impudent dans les geôles basses du Roc. Mais, après tout, insulter un hôte sous le toit d’un seigneur revenait à insulter également le maître des lieux. D’autant que compte tenu des faits, la maison Arryn était une alliée plus utile que ces grossiers Baratheon.

«Vous pouvez bien souscrire aux craintes et à la frousse des Targaryen que cela ne les rend pas plus vraisemblables. Aigracier ne lancera pas une flotte pour venir assiéger Accalmie. Même ma petite sœur est capable de comprendre cela. Pour amener une armée d’invasion, il faut le faire près de ses soutiens et dans une zone suffisamment à l’écart pour ne pas avoir à combattre avant d’avoir pu fortifier une position. Personne ne vous accuse de mensonge du reste, simplement d’avoir mal apprécié la situation. Les Baratheon et leurs vassaux sont traditionnellement les alliés des Targaryen, je vois mal les Grands Bâtards restants tenter de gagner des soutiens dans cette région. »

Elle aurait pu tout simplement lui répondre de réfléchir avant de parler mais cela aurait sans doute été perçu comme insultant. Malgré tout, il était risible qu’il tente d’expliquer la situation ou de retourner l’opinion de deux personnes qui étaient ou avaient été à charge de fiefs aussi importants que l’Ouest ou le Val. Selon, imaginer une invasion à grande échelle relevait de la folie pure et simple. C’était certes le point de vue du trône de Fer mais il n’était pas valable. Ce à quoi devait se préparer les fidèles des Targaryen consisterait tout au plus à des soulèvements épars. Le temps des Feunoyr était passé et la révolte définitivement mâtée au champ d’Herberouge. Déjà qu’aucun suzerain ne s’était rangé de leur côté à l’époque, cela ne tenait plus que du doux rêve désormais. Néanmoins, elle prit sur elle d’écouter ce qu’il avait à dire plutôt que de quitter la salle en riant de dédain. Il fallait avouer qu’à part descendre au camp de son armée, elle n’avait rien de mieux à faire. Tout y passa alors qu’il déroulait de quelle façon, lui, le grand Gareth Baratheon entendait pourvoir à la protection de l’Ouest et des terres Lannister.

«Même en étant avertie à temps, la flotte devra encore contourner Feu-de-Joie pour se porter au contact de leurs boutres ce qui risquerait d‘ailleurs de tourner au désastre. Ne pensez-vous pas que le cantonnement dans les places fortes est plus utile ? Je veux dire, une fois alertés à temps, les petites gens ont le temps de gagner l’abri le plus proche. D’ailleurs, n’existe-t-il pas un système d’alarme ? Ce n’est pas la première fois que les Fer-nés viennent piller les côtes de l’Ouest. Votre plan est ambitieux mais extrêmement risqué. Evidemment, un débarquement règlerait la question encore faudrait-il que la Main le supporte…Enfin, ce n’est pas le plus important. Je ne veux pas voir mes hommes couler parce que les capitaines de cette flotte ne connaissent pas les récifs qui entourent leurs îles des Sept Enfers. Sans compter le danger d’une rencontre avec la flotte de Fer dans un environnement qu’ils maîtriseront forcément mieux qu’une éventuelle bataille navale le long des grandes routes maritimes.»

Elle n’ajouta pas que cela serait sans doute énormément cher en plus de la construction de la Flotte du Lion. L’important était surtout de défendre les terres appartenant en propre aux maisons possédant des mines et de continuer à assurer la circulation de l’or de l’Ouest dans tout Westeros. Elle réfléchit quelques instants avant d’ajouter :

«Plutôt que d’envisager une attaque à grande échelle, pourquoi ne pas tenter de jouer leur jeu ? Pendant qu’ils razzient le continent, leurs guerriers sont occupés et puisque même leurs femmes ont des bateaux, il ne doit plus rester que quelques gardes, des enfants et des vieillards. Sans parler de prendre Pyk, il serait peut-être plus pragmatique de kidnapper quelques otages. Sans compter qu’une fois les Iles attaquées, même légèrement, ils seront peut-être moins enclins à les quitter… De même, les boutres de Greyjoy sont motivés par leur tradition hérétique de l’Antique Voie et de leur Dieu Noyé ridicule mais peut-être certains sont-ils plus intelligents et préfèrent commercer plutôt que de se lancer dans des expéditions avec la mort ou la mutilation comme seules récompenses. Certains vassaux du Kraken auraient peut-être une oreille attentive au bruit de l’or Lannister et le trouveraient plus profitables que le fer-prix après tout…»

Certes, elle n’était pas en train de proposer la voie chevaleresque mais, et cela tombait bien, elle n’avait aucune intention de gagner de futurs éperons ou d’aller parader dans des joutes. Elle avait suffisamment peiné en régentant le Val d’Arryn pour savoir que tout cela n’était que billevesées et que le réalisme politique était la seule conduite intelligente à tenir pour un dirigeant qui se voulait de grande envergure. Mais, elle n’en proposait pas moins une approche différente du Baratheon, même si elle le rejoignait sur certains points, consistant en deux volets : stipendier certains vassaux pour fomenter des troubles et tenter de faire en sorte que la peur change de camp. N’étaient-ils pas vulnérables que parce qu’ils craignaient l’apparition des voiles des boutres à l’horizon ? Les fer-nés, tout bestiaux qu’ils soient, n’en étaient pas moins des humains comme eux. Et quelques otages bien choisis pourraient avoir raison du soutien apporté à l’Antique Voie.

Elle n’osa rien dire au sujet d’une aide possible des Stark qui devaient sans doute être bien occupés par les immenses plages du Nord et les incertitudes qui planaient sur la fragilité des Rus mais elle imaginait sans peine ce qui passait à cet instant par la tête de Lord Lannister. S’allier avec les Stark, cela devait être pire qu’une entente avec Greyjoy…

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Message Mer 14 Déc 2011 - 10:13

Ce fut la surprise qui prit Tybolt au dépourvue tout d'abord en entendant la manière avec laquelle Gareth Baratheon, homme de rien s'il en était s'adressait à Lady Maura, Arryn pour l'occasion mais bel et bien Lannister dans l'esprit et le cœur du Bouclier de Port-Lannis. La surprise donc pour commencer avant que très vite la colère ne vienne s'y substituer. Les muscles des mâchoires du jeune lord se contractaient en cadence alors qu'il écoutait les dires du Baratheon. L'envie le prit tout d'abord de faire saisir cet importun pour lui apprendre la déference et le respect mais il tînt bon, rien ne servait de laisser libre court à la colère de la sorte, il était Lord Lannister seigneur suzerain de l'Ouest et un tel acte, bien que justifié par les propos de l'incroyable personnage qui se trouvait en face de lui, ne pouvait être celui d'un Lord établi, de plus Lady Arryn "n'était", qu'il le veuille ou non, qu'une femme représentant un lointain suzerain que personne n'avait réellement vu depuis sa prise de fonction et de titre. Il expira donc lentement par le nez tentant de retrouver un semblant de sérénité interne. Mais même en tentant d'apaiser son caractère il ne cessait de bouillir intérieurement. Si seulement Maura avait été Lady Lannister au vue et au su de tous il aurait eu la tête de cet impudent sur l'heure tendis que le reste du corps aurait été envoyé par dessus les parapets du Roc pour rejoindre l'océan. Alors que sa main étreignait si fort "Rétribution" que ses jointures blanchissaient Tybolt pu entendre son épouse prendre la parole et d'une simple phrase fouler au pied tout l'orgueil de Gareth. Cela lui arracha un sourire satisfait encore qu'il ne juge pas la punition à la hauteur de l'affront. Certes les dires du jeune Orageux n'étaient pas sans fondements et lui même avait bien souvent pensé que les Arryn avait eu le beau rôle en se cloitrant derrière leur porte sanglante mais cela n'autorisait pas néanmoins l'homme de l'Est à venir insulter ainsi l'invitée d'un Lord Suzerain sous le toit de celui-ci et en sa présence qui plus est.

Calmé pour un instant le jeune Lion laissa donc Gareth continuer sa démonstration. Il écouta avec une certaine attention les idées et stratégies de ce dernier tout en notant les répliques et observations, pour la plupart avisés de son épouse. Elle avait su voir les points faibles d'un tel plan, naïf et irréaliste s'il en était. Lui même tenait pour acquis le fait que le borgne albinos ferait tout son possible pour empêcher un débarquement des seigneurs de l'Ouest, du Bief et du Conflans sur les Îles de Fer. Jamais le bâtard Targaryen ne laisserait les suzerains d'ores et déjà trop puissants à son goût accumuler plus de puissance et d'influence encore en faisant plier Lord Greyjoy sans qu'il n'est à intervenir d'une quelconque manière. Hors quiconque irait à l'encontre des directives centrales de Port-Réal se verrait déclarer ennemi de la couronne et dès lors Rivers serait légitime pour faire chuter la maison concernée. Gareth était par trop idéaliste s'il pensait un seul instant que les choses les plus simples pouvaient se trouver être celle à entreprendre. L'idée de son épouse de prendre des otages ne tomba par contre pas dans l'oreille d'un sourd et il la nota dans son esprit. Le reste de la démonstration se résumait à des évidences connues de tous et d'ores et déjà en voix d'application, à l'exception notable que le Lion du Roc n'avait aucune intention de ruiner ses caisses afin de protéger l'Ouest à lui seul. Seul importait la sécurité des routes commerciales du Sud ainsi que les côtes des territoires Lannister. Pour le reste de l'Ouest et bien... il ferait ce qu'il pourrait...

D'une voix calme et posée il s'adressa donc à Gareth, son regard par contre n'exprimait que dureté et mépris.
Si c'est là tout ce que vous aviez à dire Gareth. Nous exposer des évidences que... et bien même la petite sœur de Lady Arryn, ici présente, saurait voir, alors il ne fallait pas vous donner la peine d'une si longue route. Il fit un geste de la main et deux panneaux de bois pivotèrent sur des axes invisibles, laissant pénétrer dans la salle, quatre gardes de la Garde du Lion, arme au point. Ces derniers vinrent entourer le garde de Gareth Baratheon. Tybolt observa le natif de l'Est un instant, il devait certes lever les yeux pour ce faire mais tout le monde savait désormais où se trouvaient la puissance et le pouvoir dans cette pièce. Au moins votre voyage vous aura-t-il apprit qu'il n'est jamais bon d'oublier sa place. Insulter l'invitée d'un Lord suzerain sous son toit et en sa présence est une idiotie que, j'en suis certain, vous ne commettrez pas la fois prochaine. Il fit un geste et les deux gardes de la porte vinrent encadrer le Baratheon, la main sur la garde de leur arme. Par égard pour Lord Lyonel, votre père, je vous laisse jusqu'à la tombée du jour pour réunir vos hommes, si on peut appeler cela des hommes et quitter définitivement mes terres ainsi que l'Ouest. Les quatre de la Garde du Lion forcèrent le garde à rompre sa position et l’escortèrent en dehors de la salle avec pour destination les geôles du Roc, ces geôles où l'on pouvait à peine tenir debout tant elles étaient exigües et étroites. Certains dont les pieds étaient trop grands se les voyaient briser afin que l'on puisse fermer la porte. Si tel venait à ne pas être le cas, c'est le même chemin que votre reitre qui vous attend, vous serez alors l'invité officiel de la maison Lannister, autorisé à séjourner en notre compagnie aussi longtemps que votre père le jugera nécessaire. Tybolt se détourna du Baratheon pour se servir une nouvelle coupe d'eau avec calme. S'adressant aux gardes qui encadraient Gareth il ajouta néanmoins sans pour autant se tourner vers ce dernier. Si le fils de Lord Baratheon n'a rien à ajouter, vos pouvez l'accompagner jusqu'à l'endroit où il a bien pu trouver résidence durant son court et pourtant si désagréable séjour. Veillez cependant à ce que sa note soit réglée au nom de Lord Lannister, je n'ai qu'une parole. Il se tourna enfin vers Gareth. Et n'allez pas croire Gareth que mes mots sont du vent, comme vous pourriez l'apprendre à vos dépends, un Lannister paie toujours ses dettes. Il fit alors signe aux gardes de procéder avant de se tourner vers Lady Maura, son visage portait le masque de la colère, même s'il n'en avait rien montré face à l'impudent fils de Lyonel il ne voyait pas la raison pour laquelle il le ferait face à celle qui partageait désormais sa vie.
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Message Dim 18 Déc 2011 - 14:28

Il écouta en silence les réponses et le mépris sortir de la bouche de la dame de la Montagne et du Val. Après réflexions, elle n'était peut-être pas si stupide que cela, par contre, elle était définitivement hautaine et énervante. Non, chiante à la réflexion. Pour la seconde fois, il l'aurait bien giflé. Il se serait rué sur elle avec plaisir, laissant le barrage qui retenait sa colère se briser, cette même rage qui le rongeait aurait alors pu s'exprimer. Ce fut alors elle qui l'insulta. C'était de bonne guerre, mais cela ne sembla pas gêner le Lannister, au contraire de ses propos à lui, Gareth Baratheon.
A l'évidence, les excuses de la Main, et donc les siennes, ne trompaient personne. Pourtant, au fond de lui, il savait que les Feunoyr étaient une force sur lesquelles il fallait compter. Certes, ils ne débarqueraient probablement pas sur les côtes des terres de l'Orage, mais ils avaient toujours le bras long, et bien des maisons nobles étaient en secret sensibles à leur cause. Garder la flotte de ce côté du continent était un moyen de s'assurer qu'aucune tentative, aussi hardi et invraisemblable soit elle, de débarquement ou autre n'est lieu.
Regardant alternativement le Lannister et la jeune femme, il continuait de faire les cents-pas, bien que plus lentement. Elle soulevait des points intéressants, auxquels il pouvait répondre sans problèmes, bien qu'il garda ses conseils pour lui cette fois. Aucun plan n'était parfait, et elle mettait là en lumières les sacrifices qu'ils devraient consentir. Laisser une zone sans défenses, quelques paysans mourir, c'était le lot de toutes guerres... Le fort avait fait son possible, et le faible avait souffert ce qu'il devait. Il failli néanmoins s'étrangler avec l'eau qu'il était entrain de boire lorsqu'elle proposa de jouer le jeu des Fer-Nés. C'était l'une des premières leçons, ne jamais faire ce que l'ennemi attend de nous, a moins d'y être obligé, ou d'avoir les Sept dans sa poche. Ce n'était pas le cas, et c'était pure folie que de vouloir soudoyer une partie des centaines de capitaines de bateaux, d'autant que le kraken ne laisserait sans nul doute pas une partie de sa flotte, aussi négligeable soit-elle, faire défection. Un navire, oui, une dizaine, peut-être, mais plus non, et c'était justement sur ce plus là qu'elle comptait.
Lorsque le blondinet descendit de son trône pour venir lui cracher son venin au visage, il fut légèrement surprit. La suite des évènements le dépassa complètement, bien qu'il ne laissa presque rien paraître. Il ferma juste les yeux l'espace de quelques secondes. La fin du premier acte, le début de toutes choses.


Il avait fait une connerie. Il n'était pas si stupide que cela, puisqu'il s'en rendait compte, bien que trop tard. Une très grosse connerie au vue des gardes qui entrèrent comme un seul homme dans la grande salle, et encadrèrent Gareth et Rand. Le blondinet seigneur du Roc et de l'Ouest l'invitait à partir. Pourquoi emprisonner son reître quand c'était lui le seul et unique coupable ? Cet homme était un lâche pour s'en prendre à plus faible que lui. Le pire dans tout cela était que Tybolt Lannister était chevalier. L'épée lige, preux chevalier, quelles foutaises... Il nota mentalement qu'il devait sérieusement revoir son idée de la chevalerie, surtout quand le blondinet osa insulter ses hommes...
L'Ours portait le masque de la colère ; la mâchoire serrée, sa lèvre inférieure bougeait toute seule, signe d'une rage contenue. Il serra et desserra ses poings plusieurs fois, portant même sa main droite à l'endroit où se trouvait en temps normal son épée. Il l'avait laissé à l'auberge, et il avait bien fait, car alors sans nul doutes, il l'aurait tiré. Finalement, après plusieurs secondes passées en hésitations et réflexions, il parla, donnant un mouvement d'épaule et jetant un regard noir à un garde qui avait osé le toucher.

- J'irais dans vos cellules, si vous laissez mon homme libre. C'est moi qui vous ait insulté, pas lui, alors prenez moi, si tant est que cela ne vous effraie pas.

Le ton était haché et froid, voir glacial. Le Lannister le regarda, sans qu'aucun sons ne sortent de sa bouche, se contentant d'un vague signe de la main, ses cheveux blonds bougeant dans le même temps. L'individu tout entier était condescendant. Il en fut ainsi durant quelques instants, avant que le Baratheon ne fasse demi-tour pour allez échanger quelques mots avec Rand, les gardes sur ses talons. L'Ours posa sa main sur l'épaule de son fidèle, et se penchant, il lui chuchota quelques mots à l'oreille, si bas que même le reître peina à les entendre.

- ... laisse un mot pour moi, et emmènes les loin. Surtout, n'oublies pas l’achat de Myriam...


Il espérait qu'il comprendrait le sens mystérieux de cette phrase. C'était un soldat intelligent, alors nul doute qu'il n'y aurait aucun problème avec Myriam et l'argent. Se relevant, il prit sa bourse, contenant toute sa maigre fortune, et la donna à Rand. Il lui fit un dernier signe de tête avant de retourner se placer face au seigneur des lieux, qui l'envoya d'un simple mots à sa cellule. Il ne savait pas si il aurait droit aux splendides cellules étroites et troglodytes, ou à quelque chose d'un peu plus commode. Il n'avait pas peur, juste hâte que tout cela se termine. Cette venue dans l'Ouest était au final une très mauvaise idée, mais il ne pouvait malheureusement pas faire marche arrière. Suivant les gardes, il descendit aux tréfonds de la citadelle du Roc, passant par des escaliers de pierres taillés terriblement impersonnels et froids, et de longs corridors déprimants parsemés de tapis et teintures horriblement moches. Lui et ses geôliers arrivèrent finalement à sa cellule, terriblement petite mais semble-t-il bien plus grande que les terribles geôles du Roc dont il avait entendu parler.
Fort heureusement nul besoin de lui briser les pieds pour qu'il tienne dedans. Sa cellule était sombre, sale et basse de plafond. Les anciens détenus avaient gravés, ou grattés avec leurs ongles, divers inscriptions plus qu'explicites. Gareth fit rapidement le tour de sa cellule, il y pensa et cela le fit rire, laissant perplexe le gardien. On lui avait enlevé son armure et quasiment tout ce qu'il portait, ne le laissant qu'avec quelques habits.


Le natif Orageux s'adossa à un des murs, avant de se laisser lentement glisser sur le sol. Un bras sur une de ses jambes relevé, il resta là de longues heures, méditant sur sa journée.
Ainsi les jours passèrent, lentement, et il perdit la notion du temps. Il avait faim, et ce malgré la nourriture qu'on lui apportait. La première fois que son gardien lui apporta sa pitance, il n'y toucha pas, gratifiant son geôlier d'un regard noir et d'un reniflement de dédain. Ce n'est que lorsque son ventre émit des gargouillements qu'il se jeta sur la mixture peu ragoûtante qu'on lui donnait. Le reste de ses journées se décomposa toujours de la même façon, réflexions et méditations le matin, repas, réflexions et méditations l'après-midi, sommeil, et de nouveau le même emploi du temps pour la journée suivante. Si les conditions de détentions ne le déprimait pas le manque d'activer avait le don de lui miner le moral. Il passa en revue tous les blasons des maisons nobles qu'il connaissait, leurs membres, les batailles célèbres et les divers stratégies à mettre en œuvre. Lorsqu'il eut épuiser ces sources de divertissements, il commença à songer à la politique, au borgne, au Roi, et à Westeros en général. Il savait que s'il laissait son esprit vagabonder, il tomberait rapidement dans une torpeur dépressive, chose qui ne devait absolument pas arriver.
Sa cellule n'avait plus de secrets pour lui, que ce soit les cafards ou les inscriptions du vieux Eorl. Il avait d'ailleurs à ce sujets plusieurs hypothèses quand au crime commis par Eorl, semble-t-il un bourgeois et intellectuel qui avait à fortiori des idées bien précises et arrêtés quand à la noblesse et aux Lannister.
En quelques sortes, ce séjour en prison fut bénéfique pour le Baratheon, qui se promit de cesser d'être si puéril dans le futur, et surtout, plus réfléchit et tempéré. Une promesse parmi celle de tuer le seigneur Lannister en combat singulier et de dépuceler la dame du Val, ou au pire, la combler de tout son être.


Jouant négligemment avec un cailloux d'un noir profond trouvé dans sa cellule, il reconsidéra sa position vis à vis de son père, tentant de juger les torts de l'un et l'autre. Il fit de même avec ses frères et il en vint à la conclusion qu'il avait comme famille une belle brochette de crétins. Heureusement que sa mère était une Stark, et que ses cousins et sa famille de ce côté là étaient bien moins stupides que ses frères et son père. Dès qu'il serait sortit du Roc, il se fit la promesse qu'il irait au Nord pour revoir son cousin Beron. Ce dernier avait toujours été son contraire ou presque, et malgré cela les deux s'étaient plutôt bien entendu ; sachant son cousin de bons conseils, il était réellement tant de le voir, son entrée en politique ayant plus que capotée.

Il se rappela avec joie sa première visite à Winterfell, lors de la rébellion Feunoyr. Il venait alors d'avoir tout juste douze ans, et sa mère avait insisté pour l'envoyer loin dans le Nord, à l'abri des combats, tandis que son père lui ne souciait pas le moins du monde des risques qu'il pouvait encourir en restant à Accalmie. Il était même possible qu'il aurait alors souhaité voir Gareth mourir malencontreusement lors d'une embuscade, ou une situation du même acabit.
Neassa Stark eut finalement gain de cause, et il partit pour le Nord avec une maigre escorte qui se composait tout simplement de son maître à danser et d'un palefrenier. On lui avait alors affirmer que cela attirerait moins l'attention qu'une grosse troupe qui traverserait le continent bannières aux vents. C'était en partie vrai, mais à trois, ils étaient alors bien plus vulnérable contre les bandits et pillards qui écumaient à cette époque Westeros. Ils avaient remonté le Conflans après avoir soigneusement évité Port-Réal, effectuant un détour par Harrenhal sans toutefois s'y arrêter. Gareth, qui voyait pour la première fois l'imposante forteresse, eut du mal à en détourner le regard, possibilités de jeux, histoires lugubres et tactiques militaires se mélangeant dans son esprit. Encore enfant, mais plus tout à fait notamment de part son rang, idées et sentiments contradictoires se mélangeaient bien souvent à cette époque dans son esprit. Continuant sa route, la petite troupe était bien vite arrivé à la limite entre le Conflans et le Nord, une invité surprise les rejoignant. La neige s'invita à la ballade, les accompagnant jusqu'à Winterfell. Le jeune Baratheon passa toute la durée du voyage dans le Nord silencieusement, regardant avec délectation écureuils et bêtes sauvages s'enfuir sur leur passage, écoutant avec émerveillement leurs chevaux écraser la neige de leurs sabots. Parler aurait brisé le charme, et le jeune garçon n'avait qu'une envie en cette année là, que la magie du Nord, de la neige et des forêts de conifères qu'ils traversaient ne cesse jamais. Il n'était pas de même pour ses accompagnateurs et gardes du corps, qui souhaitaient plus que tout briser ce silence terriblement déprimant pour eux, Orageux habitués aux clameurs ininterrompues d'Accalmie.

Il se souvint vaguement d'une tentative de discussion sur un bruit dans les bois, qu'il ne parvint pas à comprendre. Il faut avouer qu'il n'était alors pas un garçon très attentif et concentré.
Gareth se mit à rire plus fort que jamais dans sa cellule lorsqu'il se rappela avec amusement le moment ou son palefrenier perdit le contrôle de sa monture et partit si vite qu'il ne pût éviter une branche de sapin. Si le pauvre homme eut une bonne bosse, Gareth s'en tira lui avec un fou rire. Bien des années plus tard, le souvenir de ce moment de vie si simple et impérissable lui donna du baume au cœur, faisant passer sa situation pour moins dramatique qu'elle ne l'était réellement.

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L'Ours et le Lion

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