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Message Lun 30 Avr 2012 - 23:06



Le voyage de Winterfell au Mur était toujours un long périple, mais c’était encore bien plus que cela lorsque le Seigneur Suzerain se déplaçait en personne. Aussi, quand Lord Beron annonça à ses hommes fidèles qu’ils allaient l’accompagner pour ce périple, Barth dû retenir son manque d’envie : tout ce voyage serait long, et sans doute ennuyeux. D’autant qu’une escale était d’ores et déjà prévue chez les Lideuil : comme-ci en trimballer une n’était pas déjà suffisant. Mais un ordre, ça ne se discute pas et, au grand désarroi de notre ami, il ne pouvait passer sa vie de guerrier à écumer les bordels. Tant pis. Un peu d’abstinence, ça stimule les sens. Et le jaillissement n’en serait que meilleur, au final. Une fois les chevaux et toute la cargaison prêts, le départ fut annoncé et Barth emboita le pas, chevauchant non loin du Seigneur Stark. Il avait aussi la chance de pouvoir voyager avec quelques personnes qu’il aimait bien, parmi lesquelles Daena et Kendrik. Au moins, ils pourraient s’amuser, ensemble.

Mais Barth se trompait, car finalement, ce voyage fut mouvementé. Ou plutôt, l’escale le fut. Même si le tout démarrait plutôt mal, puisque la séance de politesses en Lord Stark et son vassal prit un certain temps, mais lorsque le temps du banquet fut venu, les choses se décantèrent. Il faut dire qu’à cela, l’alcool aide. Aux hallucinations aussi, il aide. Même si ce que fut notre bâtard ce soir-là n’en n’était pas une, ça n’en n’était pas loin : Daena Lideuil, la guerrière qu’il aimait tant railler, en tenue de Lady. Voilà qui allait le divertir pour un moment, et surtout, lui donner beaucoup d’occasions de la moquer par la suite. Néanmoins, le coureur de jupons qui sommeillait en lui était forcé de constater que, si on lui enlevait son armure, ses armes, son teint négligé, sa coupe de cheveux indécente et ses manies de garçonnes, il aurait pu la vouloir dans son lit. Fort heureusement, cette pensée quitta bien vite son esprit : ça fait bien trop de « si » pour qu’elle puisse l’espérer. N’atterrissait pas dans le lit de Barth Snow qui le voulait, chère amazone. Non mais oh ! Encore que, à la réflexion…

Mais bien sûr, cette soirée démarrait beaucoup trop bien pour que cela ne soit pas gâché à un moment donné. Et elle le fut, par celle-là même qui l’avait rendue si particulière : lorsque Daena s’éclipsa, Lord Stark demanda à son maître d’arme de rester vigilant. Tant pis pour le vin, de toute façon, vu le goût du picrate, ce n’était pas si grave. Se saouler, d’accord, mais pas avec n’importe quoi non plus. Le pinard, c’est sacré. Et quand il est plus acide que le suc gastrique d’un monstre marin, ça ne va plus. Barth quitta sa place et alla se poster dans un coin non loin de là, guettant toutes les portes, l’arme posée sur la poigne de sa lame.

Quand une jeune femme entra en catastrophe pour annoncer que Daena avait des ennuis, Lord Stark bondit de sa place pour la suivre, suivit de très près par notre héros. Une grande masse, apparemment de type humaine, du moins de ce qu’en disaient les gens, avait pris pour habitude de cogner sa femme. La demoiselle en question étant en famille avec notre blonde en détresse, elle avait cru bon de s’en charger… Pas farouche la donzelle, vu la taille du type, il aurait mieux valu y réfléchir à deux fois. Et bien sûr, elle prit sa rouste… Et après, elle se pavanerait après trois passes d’armes réussies... Si y’avait pas là de quoi rendre fou son maître, aller savoir ce qu’il aurait fallu. Un autre élève sans doute, un qui ne saigne pas tous les mois. Barth sortit sa lame, même s’il y avait peu de chance que l’énergumène ose s’en prendre au Seigneur Stark, un homme aussi torché que lui était capable de tout : il valait mieux être prudent. Finalement, Beron géra la situation avec maîtrise, prouvant à tous, s’il le devait encore, ce que « régner » signifiait. Et un voyageur de plus en direction du mur, un. Sauf que lui, il y passerait sa vie. Dommage.
Le départ de la forteresse des Lideuil se fit rapidement après cela. Ou du moins, il aurait dû se faire assez vite. Car Daena revînt en retard d’une mission que lui avait donnée Beron, chose qui ne manqua pas d’énerver le susnommé. En chemin, elle avait ramassé un sombre-loup. Terrifiante créature à l’âge adulte, mais pourtant si attachante lors de ses premiers jours. Après quelques dernières préparations, le départ final pour le mur se fit, et Barth était heureux de pouvoir enfin voir de ses yeux cette si légendaire construction. Pour un homme du Nord, il n’était pas normal de n’y être jamais allé : le blasphème allait enfin être terminé. Lorsque le guerrier le vit à l’horizon, il fut pris d’un de ces fameux élans qui vous prend aux tripes devant quelque chose de si magnifique, de si imposant, qu’il vous fait être fier d’être un homme. Et cette fois, l’effet était décuplé, et il lui donnait une fierté encore plus grande : celle d’être du Nord.

L’ambiance à Tour Ombreuse était loin d’être aussi accueillante que celle de la précédente escale, et c’est là un doux euphémisme. La Garde de la Nuit était quasi-uniquement composée de malfrats, ou pire encore… Marchands d’esclaves, tueurs, violeurs, voleurs : tous étaient envoyés ici. Quand ils ne préféraient pas être tués. Barth remarqua que Daena, près de lui, semblait vouloir cacher sa féminité, en revêtant sa capuche. Pour une fois, ce n’était pas le lieu pour la chambrer, car elle était réellement en danger, même en étant juste derrière Lord Stark : qui sait ce que ces hommes étaient prêts à faire, quelles punitions ils étaient prêts à accepter, pour plonger dans le gouffre abyssal qu’elle arborait entre ses cuisses.

« Cache tes miches mieux que ça ma belle, y’a ici plus de queues en ruts que dans tous les bordels des Sept Couronnes. Et elles sont moins fréquentables… » dit-il d’un ton très sérieux, avant de continuer : « Ou alors, assume-les. »

Barth descendit de sa monture et alla sa positionner juste derrière son Seigneur. Celui-ci n’allait sans doute pas tarder à s’adresser au Lord Commandant. De son côté, Barth n’avait qu’une hâte : visiter les lieux, et surtout, se soulager en haut du mur. Depuis le temps qu’il en rêvait, ça allait être l’occasion d’un bon divertissement. Il n’y avait qu’à espérer qu’un sauvageon passerait par-là et prenne son urine pour une onction divine.

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Message Mer 9 Mai 2012 - 6:33

Lorsqu’ils pénétrèrent enfin dans l’enceinte tortueuse de Tour Ombreuse, il sembla à Lord Stark que l’espace central qui servait aux Frères Jurés de cour intérieure et de lice d’entraînement tout à la fois s’apparentait plus aux porcheries de Winterfell qu’à une véritable cour principale. Les bâtiments qui enserraient l’aire fangeuse dans laquelle quelques rares touffes d’herbe miteuses et frigorifiées s’extirpaient difficilement d’entre la caillasse gelée étaient tout de guingois. Le long du Mur, s’étendaient, comme cherchant à se préserver des vents du nord comme une portée de chiots blottie contre le flanc de sa mère, toute une enfilade de baraquement austères, gris et crasseux. De la fumée blanchie par l’air glacé du matin s’en détachait avec une lenteur qui donnait l’impression que les vapeurs elles-mêmes étaient engourdies par la température ambiante. A en considérer les alentours, la grande bâtisse centrale semblait devoir être une forge ou une réserve d’armes, même si la fumée qu’elle dégueulait patiemment paraissait indiquer qu’il s’agissait plutôt de la première éventualité. Sur sa gauche, une baraque croulante étendait de longues ailes mornes vers eux, enserrant entre ses bras grisonnants un enclos à mouton où quelques ovidés maigrichons côtoyaient en un ensemble disparate deux énormes truies aussi noires que grasses.
Lorsque le Loup mit finalement pied à terre, un homme vêtu tout de lourds lainages noirs de la tête aux pieds s’avança jusqu’à lui afin de l’accueillir et s’inclina légèrement face au Stark. Même s’il faillit manquer sa tentative à cause d’une jambe en bois visiblement trop raide pour l’exercice, Beron affecta de n’en rien remarquer.

- Vous v’la enfin, m’sire Stark ! postillonna le corbeau boiteux sur un ton qui déplut assez au Seigneur Loup. C’qu’on vous attendait peu plus tôt n’s autres ! La tentative désespérée du vieux bonhomme pour faire passer la remarque le plus aimablement qu’il pouvait s’embourba dans un vilain sourire aussi noir que la laine de son manteau. Et lorsqu’il comprit, en voyant la mine du Stark s’assombrir soudainement, que son entreprise était restée coincée entre ce qui lui restait de dentition brunâtre, il bafouilla malicieusement : - ‘fin, moi j’dis ça v’s’avez, j’pense bien qu’on p’vait v’s’attendre ‘core un peu, hein !? ‘près tout...

Le regard métallique du Loup foudroya le pauvre bougre qui déglutit bruyamment avant de cracher au sol afin d’échapper un instant au regard sévère du Stark.

- Trop aimable à vous ! maugréa le Stark. *Déjà que je viens me geler les miches rien que pour toi, il ne faudrait pas non plus abuser trop de ma patience, vieux croûton !* - Vous me conduisez jusqu’à l’Intendant Arn !? Le ton était teinté d’une impatience non dissimulée que le Loup n’avait pas pour coutume d’utiliser trop fréquemment si ce n’était pour remettre poliment à leur place les individus trop irrévérencieux. Le vieux boiteux était de ceux-là et au-delà de ses postillons, Beron entendait qu’avec une remarque un peu cinglante, le frère juré apprendrait désormais à retenir aussi une langue trop bien pendue...

Alors que la petite troupe suivait le vieux frère qui clopinait devant eux, le Stark entendit les membres de sa Garde Grise pouffer de rire dans leurs manteaux. – Il veut se faire exploser les derniers chicots qu’il lui reste, ou quoi, le vieux croulant !? se bidonnait Aaron. – Faudrait voir à ce qu’il n’abuse pas trop, non plus, le vieux corbac, grommelait l’immense Leigh Tallhart. Et tous riaient sous cape, essayant tant bien que mal de réprimer un fou rire aussi irrésistible que malvenu. Fort heureusement, à l’instar de Deana qui avait tiré son large capuchon sur sa longue et blonde chevelure afin de cacher son visage lorsqu’ils avaient pénétré dans l’enceinte de Tour Ombreuse, les « Gris » étaient dissimulés sous leur gros et chauds manteaux et le vieux frère boiteux parut ne pas entendre les rires contenus qui s’amoncelaient dans son sillage brinquebalant.

La montée d’un escalier aussi branlant qu’étroit leur parut une éternité puisqu’ils durent l’accomplir au rythme assommant et claudiquant du vieil estropié. Et lorsque, enfin, ils atteignirent le palier de la tour principale du fort, là où devait se trouver le Lord Intendant Arn-la-Brique, le vieux frère juré leur céda enfin le passage et s’écarta gentiment devant eux après avoir ouvert la porte à leur intention. Une chaleur inattendue leur sauta au visage et un homme à la stature imposante malgré une taille modeste se tourna vers eux.

- Lord Stark ! dit-il d’une voix où se mêlaient satisfaction, soulagement et surprise. – J’espère que vous avez fait bon voyage ? Il tira un fauteuil à l’intention du Seigneur Loup puis désigna, pour les autres, deux bancs mitoyens d’un impressionnant brasier. – Je suis soulagé de vous voir parmi nous. Les hommes se disent abandonnés par le Royaume ! Ils maudissent Port-Réal pour le peu d’aide que le Roi nous envoie. La mort de Lord Walter n’a pas arrangé les choses et chaque jour qui a passé depuis son décès voit naître toujours plus de tensions dans le fort. Vivement que le nouveau Lord Commandant soit nommé et que je puisse retourner au « génie »... Oh, mais excusez mon impolitesse, vous agréerait-il de boire quelque chose de chaud !? Il fit quelques pas rapides jusqu’à la porte qu’il ouvrit vivement. Une bourrasque glacée s’engouffra violemment dans la petite pièce apportant avec elle une valse de flocons blancs qui vinrent mourir près de l’âtre crépitant. – Béquille ! s’époumona-t-il, Envoie-moi le Glaviot ! Qu’il nous monte du vin chaud ! Et vite ! Il referma la porte tout aussi sèchement sur les braiements du vieux corbeau qui les avait conduit jusque-là.

Le Stark, au contraire des « gris » qui le flanquaient, n’avait pas attendu la permission du Lord Intendant Arn pour s’installer dans le large fauteuil. Il avait déjà dégrafé son lourd manteau lorsqu’il fut rejoint par le Frère Arn-la-Brique qui, aussi massif que le présentait le surnom dont il avait été affublé par ses frères de la Garde de Nuit, s’assit pesamment et à son tour dans le fauteuil qui faisait face à celui de Lord Stark. Les constatant toujours debout, d’un signe de la main, il indiqua aux hommes encapuchonnés de la garde personnelle du Stark qu’ils pouvaient s’asseoir.

- Je vous présente ceux des membres de ma Garde Grise qui m’ont accompagnés jusqu’ici, Lord Intendant, commença le Stark. Voici ser Kendrik, de la Maison Crakehall, dit-il en désignant en premier le rouquin, lui c’est Aaron Ryswell, des Rus, alors qu’il montrait le plus jeune, et voici Leigh Tallhart, dit le « Vigier », vous comprendrez aisément pourquoi... poursuivit-il en signalant la montagne d’homme qui se tenait à côté d’eux. Celui-là, c’est Barth Snow, notre maître d’armes, enchaîna-t-il en direction du bâtard... Elle, c’est Deana Lideuil, du clan de Loupdeuil ! Il terminait volontairement par la jeune femme et l’annonce fit son petit effet puisque le Lord Intendant arrondit des yeux de merlans frits lorsque la jolie blonde rejeta son capuchon sur ses épaules. Le Loup lui-même ressentit d’ailleurs un léger picotement dans la nuque lorsque la jeune guerrière dévoila son joli minois resté si longtemps dissimulé. Un flash lui revint tout à coup. La lune, la grange, le silence de la nuit, la respiration saccadée de la jeune femme, son parfum.

Après avoir dégluti son étonnement avec difficulté, le Lord intendant articula non sans difficulté à leur intention :

- Bon, hm, bien, bon, bon... Un géant, un gamin, un bâtard et une drôlesse !? Vous voilà bien entouré, mon Lord ! Ses yeux bruns malicieux se portèrent sur les deux derniers cités et Arn-la-Brique reprit : - Et ces jeunes gens veulent-ils s’asseoir ? Et boire un coup ? Puis, se reportant vers le Stark : - Nous avons à parler sérieusement, Lord Stark... Nous aurons à être seuls...
Le feu crépitait dans l’âtre sombre. Et parfois, de minces escarbilles incandescentes sautait brusquement du foyer pour venir agoniser sur le sol froid.


Dernière édition par Beron Stark le Ven 8 Juin 2012 - 15:44, édité 1 fois
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Message Ven 18 Mai 2012 - 15:28

Le vin à la table des Lideuil n’était pas chose commune et évidement pas le meilleur qu’on puisse boire dans les Sept Couronnes car le bon était trop cher et trop fin pour le palais des montagnards. C’est d’ailleurs pour cela qu’il y avait d’avantage de bière et d’hydromel dans les verres, deux alcools dont les clans maitrisaient la fabrication et qu’ils pouvaient donc posséder à foison, et puis avouons le bien meilleur que les vins qu’ils étaient en mesure de se payer. D’ailleurs, Deana aurait dit bien meilleur que le vin tout court, elle ne raffolait pas de ce liquide qui laissant sur la langue comme une couche amère dont elle n’aimait finalement que la couleur, sang, même les soit disant bons n’étaient pas, selon elle, digne de trouver leur place dans sa gourde, en tout cas pas avant qu’on y ajoute épices, sucre et qu’on le chauffe. Cela dit la blonde n’était pas femme à se laisser aller avec l’alcool, déjà qu’un homme ivre c’est moche et idiot, mais alors une femme ivre, ça prenait vite des airs de catin, et la fierté clanique était trop encrée en elle pour qu’elle s’y abaisse. Les Arryn n’avaient pas le monopole de l’honneur et de le porter bien haut dans son cœur.

Amarock, qui au grand damne de la guerrière n’était qu’un loup tout ce qu’il y avait de plus normal et pour le moment un bébé famélique, et non un Loup-Garou, flanquait sa maitresse dans la cour de Tour Ombreuse à peu près aussi mal à l’aise qu’elle en présence d’autant d’hommes inconnus. Et alors que, une fois n’est pas coutume Barth se moquait d’elle et de sa manière de se cacher, ne remarquant pas vraiment qu’il n’avait pas parlé sur le ton de la plaisanterie, elle lui jeta un regard noir et répondit sans hésiter :

« Ta gueule Snow, j’ai mes lames cette fois-ci, et elles sont bien affutée ! Qu’ils essayent seulement de se frotter à une Grise et ils verront que j’ai beau ne pas avoir de queue, j’ai autre chose à leur enfoncer bien profond ou tu sais. »

Assumer c’était une idée, mais putain de timidité, ça n’était pas simple pour la blonde pucelle quoi préférait perdre la vie que sa vertu. Barth évidement lui il s’en fichait, il était le premier à la charrier en plus, mais surtout il était à l’aise en toute circonstance. Il ne se rendait absolument pas compte de ce que voulait dire avoir une fente entre les jambes et non une queue et avoir néanmoins choisi de se battre et de vivre au milieu des hommes. Il ignorait tout de la force qu’il fallait pour le décider à 14 ans, pour s’opposer à son père et pour fuir sa demeure à 17 ans avec l’espoir que quelqu'un’ croira en vous car si non vous aurez tout perdu. Puis se battre chaque jour, s’entrainer d’arrache pied, pour qu’enfin les hommes vous respectent et vous craignent, pour qu’ils vous acceptent dans leur rang. Elle serrait les dents, elle assumerait, mais demain. Là elle n’avait pas envie de se faire remarquer, ni d’ailleurs de rire aux boutades d’Aaron. Elle était trop occupée à repenser au regard de son frère qu’elle venait de soutenir avec une fière froideur, elle n’avait pas non plus envie de lui parler et de gâcher ce jour où elle voyait le Mur, mais il l’avait reconnue c’était certain. Enfin pour le moment elle marchait aux côtés du Stark et embrassait les lieux de ses yeux azurs sans siller devant les regards et les sourires édentés des un et des autres, repérant les accès, les différents bâtiments comme si elle avait à établir un plan d’attaque ou de défense. Elle avait besoin d’apprivoiser l’endroit ainsi avant de s’y sentir assez à l’aise pour révéler son visage et ses longues tresses blondes.

L’escalier lui parut interminable et elle eut une envie folle de prendre l’estropié sur son dos pour aller plus vite, s’il n’avait pas été aussi irrespectueux envers le Stark et si elle avait été un homme, elle l’aurait fait. Mais ils finirent tout de même par arriver dans le bureau de l’intendant. Alors que Lord Beron s’installait, elle prit place à la porte, campée sur ses jambes les yeux rivés sur le gaillard qui faisait face au Stark, la main sur la garde de son épée, et elle s’esquiva souplement lorsqu’il se précipita sur la porte, puis elle se remit en place, elle était restée bien trop longtemps le cul sur son cheval, elle était pas prête de s’asseoir, et puis foutre merde elle était pas là pour faire jolie mais pour protéger le sombre loup, et cette fois-ci elle comptait bien ne pas manquer à son serment, donc là elle s’occupait de la porte, d’ici elle pourrait contrôler tout ce qui y entrerait et en sortirait, même si les probabilité d’une attaque ici relevait de l’impossible, elle faisait du zèle, mais elle ne s’en rendait pas vraiment compte. Aussi n’obéit-elle pas au Stark, pensant que l’ordre devait s’adresser à ceux qui avaient envie de s’asseoir, par contre elle dût bien enlever son capuchon lorsque Beron lui fit l’honneur de la présenter. Elle s’inclina presque imperceptiblement, son rang n’était peut-être pas vraiment supérieur au sien, mais il les accueillait sous son toit, son toit ses lois. En dehors de ça elle ne broncha pas, regard toujours froid et fixe, mâchoires serrées.

A l’appellation de drôlesse, Deana grogna légèrement, Amarok lui répondit en fixant l’homme à son tour, retroussant les babines et grondant aussi fort que ses poumons de louveteau le lui permettait. Il se prit un petit coup de pied dans les côtes.

« Pardonnez moi, il n’est pas encore dressé… »

Elle s’inclina une nouvelle fois et alla s’asseoir, forcée par l’invitation de l’intendant, à côté de Barth, avec un loup vexé qui vont se coucher entre ses pieds et dont elle gratouilla la tête pour se faire pardonner. Déjà qu’elle n’tait pas douée pour se tenir en société, il allait falloir qu’elle apprenne à son nouvel ami à le faire, ça promettait… Enfin après un petit temps de réflexion et quelques paroles encore échangées avec le Sombre Loup, l’attention de l’intendant se reporta sur Deana.

- Mais… attendez… Lideuil… C’est une parente d’Elwood ?
- C’était mon frère.

Deana avait répondu, parce qu’elle détestait qu’on parle d’elle comme si elle n’ »tait pas dans la pièce. Quand au passé, il était de circonstance puisqu’il était maintenant un frère juré de la garde, mais il en disait surtout long sur le mépris qu’elle lui portait. Heureusement le vin chaud arriva bientôt et des coupes fumantes furent servies de quoi se réchauffer les doigts engourdis et le corps saisit par le froid !
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Message Jeu 24 Mai 2012 - 16:35

Le calme du Nord cédait sa place aux innombrables bruits et agitations du Mur, de ses animaux et de ses soldats. Barth n’avait jamais eu l’occasion de venir ici, et maintenant qu’il y était, il n’avait qu’une seule idée en tête : repartir. Cet endroit n’était pas fait pour accueillir des hommes dignes de ce nom. On comprenait alors très bien pourquoi nombre d’entre eux ne l’était pas. Après sa petite mise en garde, cette chère Daena répliqua, non sans une certaine rage relativement caractéristique de son caractère. Barth esquissa un sourire après avoir tourné la tête, pour qu’elle ne puisse le voir : c’était bon signe, elle ne semblait pas trop déstabilisée. Tant mieux, car il n’avait aucunement l’intention de jouer au chevalier blanc secourant les petites chattes en détresses. Un homme vint finalement accueillir la horde de voyageurs, sur un ton proche de l’insolence. Il aurait mérité une bonne remise en place des familles, que Barth aurait été très heureux de lui infliger. S’adresser ainsi à un lord n’était pas convenable. Mais quand en plus le seigneur en question était Beron Stark, ça en devenait presque insupportable. Pour autant, Barth, comme ses compagnons et Beron lui-même, devait prendre sur lui : ils n’étaient pas venus ici pour passer à tabac un petit vieux. Quand il commença à repartir, certains commencèrent à plaisanter sur lui. Barth se joignit à eux pour en rajouter une couche :

« Je lui raccourcirai bien sa jambe de bois, ça le rendrait encore plus ridicule en marchant… En supposant qu'il soit possible de faire pire me direz-vous… »

Barth ne se gêna pas pour laisser s’échapper un petit rire lorsqu’Aaron surenchérit juste après lui. Le rire, catharsis de la colère et de la fatigue par étirement buccale et grognements de dedans caractéristiques, qui, parait-il, étaient agréables. Barth suivi la meute, fermant le pas et, dans l’escalier, se demandant ce qu’il pouvait bien se passer. A ce titre, sa petite boutade traditionnelle eu le don de faire rire son prédécesseur :

« Bah alors, elles les bouges ses miches la Daena ou c’est que ça bloque pour le postérieur sur les côtés ? »

Finalement non. C’était bien à cause du vieux croûton encore à peine humain qui peinait à passer chaque marche, comme-ci celles-ci étaient des péninsules insurmontables. Une fois qu’il fut arrivé, il laissa passer la petite troupe qui entra dans le bureau de l’Intendant et fut, cette fois, bien mieux accueillie, même si Barth aurait préféré que le maître des lieux quittent son perchoir pour venir à la rencontre de Lord Stark, et non pas l’inverse. Mais en même temps, les hommes de la Garde de la Nuit avait tous ce rapport difficile avec le pouvoir de Westeros, cette manie de se dire que, peu importe les rois, les reines ou les seigneurs, la Garde serait, elle, toujours là. Ils étaient éternels, pas les autres. Beron ne manqua pas de présenter tout le monde et Barth baissa légèrement la tête à l’évocation de son nom, même s’il déchanta rapidement en étant simplement qualifié de « bâtard ». Bien sûr, comme toujours. Sans doute l’homme ignorait-il que le bâtard en question aurait pu reprendre la formation militaire de la quasi-totalité de ses subordonnés, pour ne pas évoquer directement la sienne. Mais cela voulait dire une chose : même dans le Nord, a supposé que le Mur soit vraiment une partie du Nord, il était encore seulement considéré comme un bâtard, plutôt que comme un guerrier. Il avait encore ses preuves à faire et ça n’était pas plus mal. Finalement, quelques secondes après qu’ils se soient tous assis, Barth étant « accompagné » de sa chère Daena, le vin chaud arriva rapidement. « On est obligé de boire ça ? » avait bien envie de demander notre héros. Mais bien sûr, il n’en fit rien. Il allait devoir se forcer. Bon dieu, déjà que le vin n’était pas ce qu’il préférait à la base, mais alors chaud… C’était pire que tout. Prenant son courage à deux mains, il en prit une gorgée, se retenant pour ne pas la recracher. Il se tourna vers Daena et lui chuchota :

« Ton toutou ne voudrait pas mon verre par hasard ? »
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Message Sam 9 Juin 2012 - 7:55

Rodney-le-Goitre était un gros bonhomme adipeux dont la circonférence n’avait pas à rougir de celle d’une vache à lait. Il trimballait sa carrure graisseuse aux quatre coins de Tour Ombreuse avec la placidité d’un ruminant et rivalisait avec Béquille par l’inadaptation indiscutable à son environnement quotidien et dans la démonstration triomphante du fait que le Mur ressemblait parfois plus à cirque disparate et affligeant qu’à un ordre militaire ancestral. A chacun des pas lourds et trainant qui remuait sa graisse, son large double-menton valsait en cadence avec ses miches et rappelait à tout un chacun l’origine évidente de son surnom.

- V’la l’dernier ! annonça-t-il épuisé par sa propre pesanteur lorsqu’il entra dans la cantine de Tour Ombreuse. Il fumait comme une grosse miche de pain sortant du fournil, dégoulinait comme une laitue flasque sous une saucée automnale et expirait avec la délicatesse d’un soufflet de forge. Trimballer le chaudron d’un côté à l’autre de la cour s’apparentait pour lui à un authentique exploit qu’il ne pouvait s’empêcher de réclamer à voir couronner. – Si j’tais pas là pour faire, hein !? – Ta gueule et pose ça là ! Ordonna le « Glaviot » en crachant un couple de glaires blanchâtres en direction du foyer crépitant. En l’absence de l’ovation attendue, Rodney s’affala si pesamment sur le banc contigu à l’âtre qu’il faillit en faire péter l’assise. Elle grinça de douleur avant de voir étouffer ses vaines contestations sous la lourde bure noire du « Goitre » avachi.

Cela faisait maintenant près d’une lune que les Frères Jurés s’échinaient lamentablement à tenter d’élire un successeur à feu Lord Walter. Les tours de votes vains et inutiles s’enchaînaient depuis maintenant plus de trente jours et chaque fois plus infructueux les uns que les autres puisque les participants n’avaient cessé de se faire plus nombreux à mesure que chacun prenait conscience que la lassitude gagnait toute la Garde et que les favoris du scrutin n’étaient désormais plus inatteignables. Ainsi, l’enjeu, pourtant relatif d’être promu à la tête de la garnison de Tour Ombreuse avait engendré nombre de tensions et de rivalités dont certaines accouchaient même parfois de heurts assez violents.
Alors que Lord Stark arrivait à peine au fortin, ils étaient désormais douze à revendiquer ouvertement le poste de Lord Commandant et huit hommes supplémentaires avaient vu leur nom être proposé soudainement sans qu’ils se soient un seul instant préoccupés de présenter une quelconque candidature. Au final, vingt frères se trouvaient opposés dans des tours de votes qui paraissaient désormais interminables. Celui qui, parmi les candidats, recueillait le plus de suffrages n’était autre que le Lord Intendant Arn, surnommé « le Brique » pour l’épaisseur de sa cage thoracique et l’aspect massif de ses bras énormes et courtauds. Le Frère Arn-la-Brique ne revendiquait en l’occurrence rien d’autre que la permission de délaisser la charge de la gouvernance temporaire du fort. Il en avait été investi à la mort soudaine de Lord Walter, en tant que bras droit en charge du génie de ce dernier. Depuis lors, il ne souhaitait qu’une chose, se retrouver tranquille comme avant, sans responsabilités autres que celles qu’il avait jusqu’à présent, et il ne devait sa place en tête des résultats de tous les candidats à la gouvernance de Tour Ombreuse qu’à la soudaine et inattendue proposition de l’un de ses frères de le voir être promu en lieu et place de feu Walter. Au début de la deuxième quinzaine de scrutins, son nom était brusquement apparu parmi ceux des frères qui, déjà, se bousculaient pour le poste.

Alors qu’on vidait le chaudron afin de préparer un nouveau tour de vote, débarqua Béquille tout boitillant et gelé, qui entra dans la cantine en même temps qu’une grosse bourrasque de vent glacé.
- Y’a l’Arn qui veut qu’t’y montes d’quoi picoler ! vociféra-t-il en se torchant les stalactites de morves qui lui pendouillaient sous le museau de fouine qui lui servait de nez. – T’as là-haut le Seigneur Loup et ses toutous qui viennent de s’pointer ! J’t’parie qu’z’ont d’jà les figues gelées, d’êt’ montés jusqu’chez nous… Il s’esclaffa bruyamment et en solitaire alors que le Goitre pétait discrètement et que Glaviot secouait la tête, visiblement las de tout ce remue ménage…
- R’marque que j’pense ben qu’en a une qui peut pas avoir les noisettes glacées vu qu’c’t’une gonzesse ! Et pas d’celle qu’on s’fait nous, s’tu vois c’que j’veux dire ! reprit-il avec une mine des plus voraces alors que l’annonce plongeait soudain les autres frères dans un état entre la rêverie et la pensée lubrique…
- T’as p’t’êt’ raison ! lui répondit immédiatement Glaviot, Faut pas qu’j’traine à y monter sa picole à not’ bon Arn ! Hein, les gars !? Après un fou rire général, quatre frères se battaient déjà pour suppléer le Glaviot dans la corvée du valet de chambre du Lord Intendant et même Rodney-le-Goitre se noyait dans des efforts vains proches de ceux d’une tortue renversée sur le dos pour se relever du banc de bois raide sur lequel son gros fessier avait trouvé quelques instants auparavant, le réconfort d’une pause bien méritée…


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* *

Au chaud et à l’abri dans les appartements du défunt Lord Walter, les hommes du Stark et leur Seigneur écoutaient avec une attention plus ou moins manifeste les explications du Frère Arn quant aux tensions importantes qui secouaient actuellement le fortin.

- Un scrutin est prévu pour ce midi ! les informa le Lord Intendant. Je vous invite à y assister afin voir par vous-même, mon Lord, les brouilles qui peuvent naître désormais de la moindre broutille ! Vous mangerez ensuite avec moi, ce sera un honneur ! Vous aussi ! dit-il en désignant les membres de la Garde Grise. – Quant à vos hommes, ils pourront coucher dans le bâtiment qui est là en face, il pointa du doigt une vaste longère qui croulait lamentablement de l’autre côté de la cour. – Tour Ombreuse est bien trop vaste pour nous tous ! On pourrait presque vivre dans un bâtiment chacun ! La Garde de Nuit n’est plus aussi nombreuse qu’elle le fut autrefois, vous savez ?

Il se drapa dans un long manteau de peaux de lynx et sortit dans le matin venteux. La porte restée ouverte les invita à le suivre. – Alors, la Lideuil, elle veut voir son frérot ? grincha-t-il entre deux bourrasque qui faisaient claquer entre elles les longues mèches de sa chevelure roussie. – Et le Snow, tu voudrais pas rester là avec nous, mon gaillard ? Maître d’armes de Winterfell, rien que ça, hein !? Tu dois pas être manchot avec ta lame, ça pour sûr ! Nous faudrait un gars comme toi ! Qu’est-ce qu’il en dit ? Sans l’ombre d’un regard pour les Gris qu’il venait de bombarder de questions, le Lord Intendant dévala les escaliers tout glissants de givre pour rejoindre la cour du fortin.
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Message Mer 13 Juin 2012 - 3:47

Si le contexte avait été différent, elle se serait retournée pour lui envoyer son pied dans la face et lui faire dévaler les escaliers pour lui donner des raisons de râler. Et si possible de râler plus loin, de remonter en quatrième vitesse, d’arriver essoufflé et donc de se taire. Tout en sachant parfaitement, et en espérant même qu’il saurait se rattraper pour ne pas se blesser, Barth n’était pas le dernier des lourdauds tout de même ! Seulement là, ils n’étaient pas à Winterfell en train de chahuter comme des gosses dans les quartiers des hommes de la garde. Ils étaient au Mur, et la blonde estimait qu’ils devaient se tenir au mieux. Non pas pour honorer les hommes qui le défendaient - bien que malgré le fait qu’il s’agisse en grande partie de hors la loi, il y avait aussi des hommes qui avaient choisi de servir cette cause et qu’elle ne pouvait que les respecter – mais parce qu’ils y accompagnaient Beron et que comme le Lord Intendant l’avait si bien souligné, ils ne formaient pas une troupe digne d’un Lord et encore moins du suzerain du Nord. Sur le papier en tout cas, car armes en main, d’après ce qu’elle avait pu constater sur la lice, ils étaient probablement à même de mettre en échec la plupart des hommes présents dans la cour. Enfin, peu importait qu’ils soient digne ou non de servir le Loup - là n’était pas la question et elle ne doutait pas une seule seconde de la valeur de ses compagnon - ils devaient se comporter comme des membres de la Garde Grise, et non comme une bande de gosse, ce qui, il faut l’avouer, ils avaient tendance à devenir dès lors qu’ils n’étaient pas en service. Mais là, NON D’UN CHIEN, ils étaient en service ! Cela faisait leur force, leur amitié, leur unité, leur complicité, ils étaient d’autant plus efficace qu’ils se connaissaient bien, et même si la blonde restait toujours un peu en retrait et ne renchérissait que très rarement sur les plaisanteries de ses camarades, ils se respectaient tous et s’appréciaient assez pour travailler ensemble à la sécurité du Stark. Barth compris, même si en tant que maitre d’arme il avait un statut un peu particulier. Or, la Garde Grise était l’équivalent Nordien de la Garde Royale dans l’esprit de Deana qui avait la nostalgie du Nord Indépendant ou qui en tout cas n’avait pas oublié que les Sombres Loups avaient trop longtemps été des Rois pour qu’une bande de dégénérés en fasse passer un pour un péquenot. Même si, quelque soit la raison, elle embrocherait le premier qui oserait prononcer la moindre parole dans ce sens. Bref, les boutades, c’était une habitude et ça n’était pas grand-chose, mais l’instinct de Deana l’enjoignait parfois à aller plus loin, or là, elle ne pouvait pas se battre comme un chiffonnière dans les escaliers, enfin faudrait quand même pas que le Snow la cherche trop hein ! En plus c’est pas vrai j’ai pas un gros cul !

Bâtard… Le fait est que pour Deana, ça n’avait pas vraiment d’importance, à ses yeux deux choses comptaient, ou peut-être trois, le courage, la loyauté, et la maitrise des armes. Or, le bâtard ne manquait d’aucune de ses trois qualités qui faisait d’un homme, ou d’une femme, un homme, ou une femme. C’était bien connu, dans les clans, il y avait une flopée de bâtards et tout le monde s’en fichait, d’ailleurs les Snow n’existaient pas, ils portaient d’office le nom du clan ou aucun nom du tout. Les femmes étaient libre de donner leur vertu à qui elles voulaient, donc les naissances avant le mariage étaient fréquentes et il arrivait bien souvent que le mari ne soit pas le père du premier enfant, et en dehors du fait que si héritage il y avait ça ne serait pas pour lui, il n’était pas rejeté pour autant. Evidement, la liberté était partagée, les hommes aussi faisaient un peu comme bon leur semblaient. Les histoires de couple fidèle comme celle d’Ashara et Thormund étaient rares au Nord du Nord, mais étonnement pas tant qu’on aurait pu croire. En effet, comme les époux se choisissaient, l’amour étant le premier critère, les mariages étaient souvent bien plus heureux que partout ailleurs.
Pauvre Barth, même après toutes ses années au service de Beron, il était encore qualifié ainsi, franchement, parfois elle avait envie de lui mettre sa main dans la gueule, mais là, c’était plutôt à l’autre intendant de mon cul que la guerrière avait envie de refaire le nez. Savait-il seulement que le bâtard en question pouvait très certainement le tuer aussi facilement et rapidement que s’il avait été un petit page ?! Reste calme Deana, reste calme. Inutile de monter sur tes grands chevaux, tu ne ferais que foutre un bordel monstre pour trois fois rien, même Barth s’en fout ! Laisse le donc parler pour ne rien dire et garde par devers toi ce que tu sais, à savoir que nous ne sommes pas une bande de plouc, que tu n’es pas une drôlesse - D’ailleurs je ne suis pas drôle qu’est qu’il raconte ce con ? – Bref, que le géant est… un géant, et que le gamin est… un gamin, mais un gamin doué ! Et que Barth devrait peut-être apprendre à se taire mais qu’il a acquis le droit de se moquer de qui il veut, toi y compris, parce qu’il bat tout le monde presque systématiquement sur la lice. Mais un jour je le battrais, je l’ai déjà battu, mais la victoire a été contesté. Un jour elle ne le sera pas, et alors je pourrais dire que j’ai appris tout ce que j’avais à apprendre, et lui aura perdu le droit de me traiter de pisseuse. En attendant tu la boucle et tu t’entraine, tu fais fi des bleus et des coupures, tu fais fi des insultes et des moqueries, tout cela n’est rien comparé à la chance d’être ici et de mener la vie que tu veux. Enfin de là à se prendre pour un héros, leur âge était passé depuis bien longtemps et Barth n’avait pas encore de fait d’arme notoire à son actif, ou en tout cas pas depuis bien longtemps, contrairement à Deana. Il aurait d’ailleurs été amusant de comparer les cicatrices, mais ça n’était pas à l’ordre du jour.

Elle se tourna vers lui en ne sachant pas trop si elle devait le réprimander pour essayer de refiler du vin à un louveteau ou s’il plaisantait, elle haussa les épaules et posa son regard sur Amarok, avant de commencer à répondre un peu naïvement :
« Je crois pas, il préfère… Le sang chaud des nigauds. » Elle se tourna vers Barth avec un grand sourire histoire de lui faire comprendre que c’était lui qui était visé mais que c’était de bonne guerre vu qu’il faisait des remarques idiotes. « Par contre, moi j’ai besoin de me réchauffer, donnes. » Elle prit la coupe des mains de son voisin et transvasa le contenu du verre dans le sien où il ne restait presque plus rien et continua à boire lentement mais sûrement. « Il fait sacrément froid ici, je suis plus habituée, je me suis ramollie avec les sources chaudes à Winterfell. » Elle n’aimait pas le vin, seulement le sucre et les épices dedans, cela ne valait pas la liqueur de pomme de pain ou l’hydromel, mais elle en appréciait la chaleur, elle ferma les yeux et huma la vapeur avant de faire tourner la chope entre ses mains pour réchauffer ses doigts dégantés tout en essayant de suivre la conversation. Elle ne comprenait pas grand-chose à toutes ses histoires d’élections, et de scrutins. La démocratie, c’était vraiment le bordel, le droit du sang était bien plus simple finalement, et pour ce qui était de la justice, hé bien, si un suzerain s’avérait être un incapable, il pouvait toujours être tué. Non la seule chose qui éveilla un peu sa torpeur d’être enfin bien au chaud et assise sur un truc stable, c’était la lente chute de la garde de nuit, dans ses montagnes, les vieilles histoires de Marcheurs Blancs et de Géants étaient encore palpables, et après le Mur, il y avait le Col Loupdeuil, et contre les morts vivants, le clan des guerriers blonds et du mauvais acier.

Deana se contenta de grogner comme unique réponse au Lord Intendant, elle se serait bien accommodée de ne jamais plus croiser son frère, mais il était là, et elle savait qu’elle finirait par le croiser. Et puis, malgré la haine qu’elle lui vouait, malgré le fait qu’elle ne le considère plus comme son frère, elle était curieuse de savoir comme il prenait son exil. Elle suivit les hommes dans l’escalier glissant assurant chaque pas comme elle avait eut l’habitude de le faire toute son enfance dans ses montagnes, et elle arriva dans la cour. Elle avait remis ses gants, mais pas sa capuche et ses cheveux tressés digne d’une Targaryen voletaient dans la bise glaciale, regard froid et dur, elle avançait tête haute. Voila, elle assumait, elle avait eut l’ombre d’une crainte en arrivant, mais pourquoi ? Elle pouvait tuer en un coup quiconque s’approchait d’un peu trop près, elle en avait la force et le talent, elle n’était pas, comme dans l’écurie, désarmée et en robe et chaussure de gonzesse. Elle avait ses braies de laine verte lassées de cuir, ses bottes de peau, son armure, sa cape blanche recouverte de peau de loup et surtout, surtout sa lame, aiguisée et solide. Une lame qui n’avait pas faillit à Salvemer contre les Fer-Nés, pourquoi faillirait-elle ici contre ces corbeaux qui semblaient tout droit sortis de culpucier ? Personne ne prend un Lideuil de force ! Avec une fierté toute nordienne, elle marchait ainsi au milieu des hommes, portant les mêmes attributs qu’eux et capable d’en vaincre un grand nombre, embrassant la cour et les hommes en train de s’entrainer du regard sans vraiment les voir. Certains s’arrêtèrent, certains même se retrouvèrent le cul dans la neige boueuse d’avoir trop regardé et de n’avoir pas pris garde aux coups de leur adversaire, certains souriaient en se mouillant les lèvres et d’autres se contentaient de regards lubriques. Certains essayaient d’attirer son attention, soit en montrant leur force, soit par des gestes obscènes. En l’apercevant elle mit la main sur sa garde et sortit son épée pour en montrer la lame en forme de menace puis la rentra d’un coup sec dans le fourreau de sorte qu’elle claque tout en regardant les intéressé d’un regard noir et emplis des flammes de la rage. Mais tous essayaient de rester assez discrets, ne voulant surtout pas attirer l’attention du Stark.

« D… Deana ?! » Dit un des frères jurés en ouvrant de grands yeux étonnés et en gardant après avoir parlé la bouche dans al position de la dernière lettre prononcée. Il avait mit du temps à la reconnaître et encore plus à être assez sûr de lui pour prononcer son nom, mais il ne pouvait pas rester ainsi sans rien dire alors que devant ses yeux apparaissaient une femme qui ressemblait tellement à sa petite sœur. Les mêmes cheveux, le même visage doux, les mêmes yeux bleus et cette attitude, ce port de tête que seule la guerrière possédait, Ashara était plus souriante et Cersei plus soumise. Non ça ne pouvait pas être quelqu’un d’autre, il en était certain malgré les dix ans qui les séparaient de leur dernière entrevue, et son corps qui avait prit un peu en taille et surtout en puissance et en formes, et ce regard qui avait gagné en gravité. Une lueur indéfinissable était née dans l’azur de ses prunelles, le gout du sang, la vision de la guerre, les années de dur entrainement, mais aussi la consécration, la maturité, tout cela à la fois, et elle était plus belle que jamais, nettement moins rachitique qu’à 17 ans et tellement… Deana… Elle se retourna lentement, la tpete d’abord et ayant à son tour reconnu son frère qui avait moins changé qu’elle fit pivoter le reste de son corps. C’était Elwood, évidement, et il s’approchait sans vraiment savoir pourquoi pendant qu’elle attendait sans bouger et sans plus de chaleur qu’auparavant dans ses yeux et dans sa posture. Elle répondit, glaciale et grave :

- Elwood.
- Nul ne provoque le Loup. Deana tressaillit à l’évocation de la devise des Lideuil par un homme qui avait été banni par père, elle serra les dents et plissa les paupières un instant avant de répondre, en s’étouffant presque de rage.
- Comment oses-tu prononcer ces mots ! Tu n’es plus un Lideuil.
- Tu as raison, je suis un frère juré de la Garde de Nuit, et pourtant je suis ton frère… Andrik contrairement à sa sœur était d’un calme olympien, néanmoins il n’était pas, contrairement à son habitude, nonchalant et détaché, il semblait prendre cette conversation très au sérieux.
- Tu as cessé d’être mon frère le jour où tu as tué Andrik. Deana ne desserrait pas les dents, elle ne parlait pas très fort mais ses mots étaient crachés comme le sang du frère qui lui avait tout appris et qu’elle avait perdu trop tôt.
- C’était lui ou moi. Elwood semblait désolé, confus, triste…
- Tais-toi ! Peu importe la raison ! Tu as tué ton frère, ton ainé, et ton futur seigneur ! Cette fois elle avait presque hurlé, desserré les dents enfin, rouge de rage et tremblante, ses doigts se crispaient sur la garde de sa lame tant elle se retenait de la sortir et de le couper en deux sur le champ. Comment osait-il calomnier Andrik, le frère parfait et si aimant, gentil, celui qui lui avait offert sa première lame, celui qui lui avait appris à s’en servir ainsi que de la pique, celui qu’elle avait tant pleuré, le seul qui aurait pu comprendre son refus du mariage et qui aurait put raisonner père. Elwood le lui avait volé, son unique allié, son ami, son exemple, fauché en plein vole alors qu’elle avait encore tellement besoin de lui. Traitrise fratricide, et pourquoi, il lui aurait fallut tuer en plus les deux fils de son ainé pour hériter, et puis chez les clans on ne tue pas pour un fief, on ne tue pas pour l’argent ou le pouvoir dans le Nord, on n’est pas des sudistes ! Il avait bafoué sa famille, mais aussi tous les clans et le nord entier en faisant ça, tout ce qui faisait des terres de l’hiver une contrée à part, plus digne que les riches terres de tous ses intriguant. Elle reprit sur un ton plus calme mais d’une froideur rare, même chez elle, de nouveau entre ces dents. Que les Dieux nous gardent de ta malédiction.

Elle tourna les talons et regagna, Amarok trottinant à ses basques, le groupe formé par le Loup-Garou, le Maitre d’arme et les Gris. Elwood essaya bien de la rattraper quelques foulées seulement, car il venait de sentir en elle une puissance et une assurance qu’il ne lui connaissait pas et elle n’était pas prête à lui parler. Suite à cela un attroupement se forma autour du frère débouté et les plaisanteries fusèrent dans la cour, cette fois-ci avec nettement moins de retenue, visant les miches de la sœur, les fesses du frère, comparant le visage de l’un et de l’autre, et aussi leur talent à l’épée. Car Elwood avait toujours été un bon combattant et il y avait à craindre que sa sœur ne soit capable, finalement, effectivement, de se défendre, ce dont beaucoup doutaient, comme toujours lorsque l’arme n’était pas tenue par quelqu’un doté d’une queue. Toujours la même histoire, et elle en avait tué plus d’un par la simple faveur de ce malentendu…
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Message Ven 31 Aoû 2012 - 15:10

La traversée de la cour de Tour Ombreuse aurait pu être une banale promenade d’un bâtiment à l’autre. Il n’en fut rien. Le Stark et ses hommes se rendaient de l’autre côté du fortin, en direction de la bâtisse dont les frères jurés avaient fait leur réfectoire lorsque Deana fut interpellée en des termes banals pour quiconque mais qui plongèrent visiblement la jeune femme dans un état extrême de tension et de surprise...
Le Sombre Loup poursuivit néanmoins sur quelques pas supplémentaires afin que la blonde « Grise » qui avait été clouée sur place par cette phrase lancée dans le vent froid du fortin, soit seule et à l’écart d’une éventuelle mauvaise blague de Barth pour gérer cette situation délicate.
« Nul ne provoque le Loup ! », telle avait été la phrase claironnée par l’homme qu’ils venaient de croiser et qui s’était arrêté su leur passage. Si cette tirade insignifiante était anodine pour la plupart des hommes présents, elle l’était en revanche beaucoup moins pour ceux qui avaient accompagné le Stark à Loupdeuil... et elle ne l’était absolument pas pour la « Grise » et le Stark qui reconnaissaient là tous deux la devise du clan Lideuil.
S’ensuivit une sévère altercation que le Stark et ses hommes observèrent de loin mais à laquelle ils ne vinrent pas se mêler, certains d’entre eux affectant même de ne pas voir ce qui se déroulait à quelques pas de là. Le contenu de la vive explication qui opposa le frère et la sœur ne leur parvint d’ailleurs que par bribes étouffées par le vent glacial et par trop espacées et décousues pour qu’ils soient en capacité, même s’ils l’avaient voulu, de suivre l’exacte teneur de l’échange musclé.
« Tué... as tué ! » et « Dieux nous gardent... malédiction ! » furent les seuls éléments compréhensibles de la colère de Deana.
Le Stark jeta un regard noir et glacial à ce frère qu’elle avait eu et qui semblait attendre d’elle quelque chose que la blonde semblait bien décidée à ne surtout pas lui accorder. Les propos de leur vif échange avaient beau se perdre dans les bourrasques automnales de Tour Ombreuse, les éclats de voix et les gestes secs et menaçants de la « Grise » trahissaient avec trop d’évidence l’incompréhension et la rancœur qui habitaient la jeune combattante pour que le doute subsistât. Lorsque le regard métallique du Sombre Loup croisa celui du frère juré de la garde et du frère perdu de la blonde, ce dernier ne s’obstina pas dans sa démarche et, submergé et anéanti par la virulence de sa jeune sœur, la laissa s’éloigner de lui planté là, elle rouge de colère et lui blanc de confusion dans ses manteaux grisâtres.
Le Stark préféra ne pas questionner Deana sur l’incident et c’est avec des yeux ronds comme des oeufs durs que les hommes de Winterfell regardèrent, muets, la « Grise » passer devant eux comme un petit ouragan résolu. Elle s’engouffra dans le corps de bâtiment crasseux qui faisait office de réfectoire. Sans un mot. Le Sombre Loup et ses hommes la suivirent, comme si à cet instant c’était elle qui menait cette délégation. Les deux Lideuils qui s’étaient joints à la cohorte des hommes de Winterfell et qui les flanquaient depuis Loupdeuil ne les suivirent pas à l’intérieur et la porte du réfectoire claqua derrière le Stark et sur les vociférations que les deux grands blonds adressaient à celui qui avait été des leurs. Dans une autre vie.

A l’intérieur de la longue masure où les tours d’un vote interminable voyaient se masser chaque jours depuis plusieurs semaines les frères jurés de l’ancestrale Garde, le brouhaha régnait en maître, tout comme les relents de fritures et de barbaque et de poissons séchés que l’on mettait à dessaler dans d’immenses chaudrons de fonte. Des remugles d’oignons et d’alcool flottaient également en une association poissarde et aussi râpeuse pour le nez que piquante pour les yeux. Le Lord Intendant Arn-la-Brique se tenait parmi ses frères, ainsi qu’auprès de lui les quelques nouvelles recrues fraîchement débarquées au pied du Mur et qui, tous assassin, voleur ou violeur qu’ils étaient, semblaient au milieu de cette noire assemblée de frères braillards et balourds à de jeunes pucelles au milieu d’un bordel. Le Lord Intendant salua le Stark d’un signe de tête et le convia du bras à venir prendre place non loin de lui. Un siège avait été réservé pour le Sombre Loup mais il revint à chacun de ses hommes de se trouver une place s’il désirait assister à la suite assis. Devant le nombre ridiculement affligeant de tabourets et de bancs, certains préférèrent rester debout, d’autres de vieux barils poussiéreux ou de larges bassines d’étain renversées à la perspective de rester trop longtemps sans siège... Les moins regardant s’assirent à même le sol mais tous portèrent leur attention sur le puissant Frère Arn qui se leva finalement pour déclarer ouvert le nouveau tour d’un scrutin inépuisable.

– Votez en votre âme et conscience, Frères ! leur commanda le Lord Intendant. Et oubliez un peu mon nom, bordel ! Une bonne fois pour toutes, je ne me suis jamais proposé s’il me faut encore vous le rappeler !

Un énième scrutin débuta donc dans les échos de la retentissante voix du Lord Intendant. Les uns après les autres, défilèrent les frères jurés, en une lente procession bruyante telle une nuée de corbeaux en quête de charogne, sous les yeux attentifs des rares présents qui n’étaient pas invités à prendre part au vote. Les hommes de Winterfell, bien sûr, mais aussi les récentes recrues qui n’avaient toujours pas prononcé leurs vœux, ainsi que les tout derniers arrivés, parmi lesquels le massif Kark Slate, fraîchement débarqué de Loupdeuil et jusqu’alors prisonnier du Stark. Depuis l’arrivée à Tour Ombreuse des hommes du Sombre Loup, le Slate n’était en l’occurrence plus considéré comme prisonnier... et le fait qu’on l’ait débarrassé de ses fers n’en témoignait que trop évidemment. Il affichait depuis lors, telle une lame que le ferrant forge, une moue mi-narquoise, mi-provocatrice, martelée de rancœur mais refroidie de crainte. L’isolement ici, si loin au nord, loin de tout et de tous, suffisait à le faire se tenir calme...
Au fur et à mesure que les frères noirs se succédaient devant le chaudron de fonte dans lequel chacun balançait un petit objet symbolisant son vote, le récipient sonnaillait d’un tintement changeant alors que l’emplissaient les piécettes, fèves, cailloux blancs, noirs ou gris, ou encore les bouts de cuir ou de tissus destinés à représenter les voix recueillies par chaque frère honoré des votes de ses pairs.
Lorsque le bruit devint mat et sec, la marmite de fonte tintait comme pour sembler indiquer qu’elle débordait des votes des frères de la Garde et que le scrutin devait prendre fin. Et comme les tours de vote se multipliaient déjà depuis plusieurs semaines, le Lord Intendant réservait maintenant pour le vote l’unique marmite du fortin qui pouvait contenir l’exacte quantité d’objets de vote... Aussi, plus aucun frère n’était plus porteur d’aucun suffrage, en effet. Ce détail amusa passablement Barth.

- Ces corbacs, gloussa-t-il, de vraies maîtresses de maison !

Beron observait tout cela en silence, attentif à la moue mauvaise de Kark Slate, celle plus enjouée et insouciante de Barth Snow et celle, furibonde de Deana Lideuil qui non loin de lui semblait encore étouffer de colère.

– Une blessure aussi profonde ne se refermera jamais vraiment, souffla-t-il en se penchant légèrement vers la jeune « Grise » dont le regard azur semblait pouvoir embraser la bâtisse toute entière. Il eut pour elle un léger sourire navré qui semblait indiquer toute la compassion qu’il ressentait pour elle à ce moment précis. La jeune femme avait toujours été fougueuse et tête brulée mais ce qu’elle devait s’infliger depuis qu’elle avait croisé Elwood Lideuil quelques instants auparavant aurait tôt fait de la consumer entièrement si elle ne parvenait pas à s’en défaire. A en parler un peu.
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Message Mar 11 Sep 2012 - 1:06

Lorsqu’elle eut rejoint le groupe et alors que certains tardaient à redémarrer encore sous le choc de cette altercation, Deana regardait droit devant elle avec une lueur glaciale et sauvage dans le regard dont même Barth n’osa se moquer. Elle continua sans s’arrêter et sans un regard à ses compagnons tant elle savait que pour le moment, ses yeux ne reflétaient que la haine qu’elle éprouvait pour Elwood. Elle aurait pourtant voulut s’excuser auprès de Beron, car ce conflit n’avait rien à faire dans une telle visite de courtoisie trop politique pour être simple et paisible. Elle espérait que cela n’aurait pas de conséquences et surtout qu’il ne lui en tiendrait pas rigueur, mais elle était trop en colère pour s’y attarder, encore sous le coup de cette devise bafouée par un exilé et de ses excuses qui transpiraient le mensonge. Mais elle ne parvenait pas à desserrer les dents, pas plus qu’elle n’aurait pu sourire, et l’absence de question tombait bien, car elle doutait pouvoir faire autre chose que de cracher quelques mots acerbes, même à ceux qui désormais étaient ses frères. Frères d’arme. Sa lourde cape de laine et de peau de loup virevoltait dans le vent glacial et accompagnait sa démarche féline comme si les loups qui avaient servis à doubler ce manteau étaient encore vivants. Elle entra en premier dans la grande salle qui servait de réfectoire autant que de salle de réunion, elle n’aurait pas dû, mais la rage la tenaillait et il lui était impossible de penser au protocole. Elle ne put s’arrêter qu’une fois devant les corbeaux dont ceux qui l’avaient vue semblaient aussi surpris de voir une femme vêtue comme un guerrier, qu’elle d’être entrée sans observer les usages.

Un court moment la confusion la saisit, elle n’en perdait pas pour autant son attitude fière et froide de farouche louve alpha, mais elle saisit la bêtise qu’elle venait de faire et surtout les regards d’une partie des hommes en noir. Seulement inhospitaliers pour certains, franchement lubriques pour d’autres, à priori, la blonde ne faisait pas l’unanimité, même si certains sifflets se firent entendre. Heureusement, Beron rentra tout de suite après et les langues n’eurent pas le temps de se délier, quelques mots grivois fusèrent mais s’étouffèrent bien vite. Elle se tourna vers lui recula d’un pas pour le laisser passer et s’inclina légèrement comme pour s’excuser. Plus elle se rendait compte que les hommes ici n’avaient pas l’habitude de voir des femmes et encore moins des jolies, plus elle se demandait si son Lord avait bien fait de l’emmener. Mais le reste de la salle où régnait une chaleur poissarde et odorante continuait à vociférer et deviser sans que l’arrivée de la Grise et du Stark ne les détourne de leurs choppes. Dehors, Barristan et Maclen avaient terminé de se crêper le chignon avec Elwood et le regardaient d’un air mauvais postés devant la porte, quelques mots avaient été échangés, et le maitre d’arme encore présent dans la cour avait ordonné à Elwood de se taire avant que la situation ne dégénère. Quand au Knott, il avait été invité à se restaurer dans la salle avec ses futurs frères, mais il semblait bien mal à l’aise malgré sa haute stature et les regards narquois qu’il lançait à la Lideuil ne trompaient personne.

Beron trouva place à une des tables, Barth aussi, et il ne tarda pas à plaisanter avec ces nouveaux amis, les autres membres de la garde grise firent preuve de plus de retenue, mais tous furent rapidement assis plus ou moins confortablement. Deana elle se refusa à accepter l’invitation de ses plus proches voisins et resta debout pendant qu’Amarok parcourait la salle à la recherche de miettes de nourritures égarées sur le sol. La blonde trouvait le Lord bien trop exposé ici au milieu de tous ces hommes qui n’avaient aucune raison d’attenter à sa vie, pas plus que de la protéger. Elle se rapprocha tant bien que mal, toujours debout et observant la salle sans broncher, jusqu’à ce que le jeune homme ne lui adresse la parole. Elle se tourna vers lui, étonnée d’abord, surprise par tant de compassion ensuite, elle esquissa un sourire et répondit avec calme et assez bas pour que leurs voisins ne puissent pas saisir le fond du propos.

« Je ne suis pas blessée mon Lord. Grâce à vous, je ne le suis plus. Plus depuis que je suis acceptée à Winterfell en tant que femme d’arme. Je voudrais seulement comprendre, mais mon… Elwood ne cesse de mentir, il a toujours mentit, il a toujours été vicieux et son exil n’a rien changé à ça. J’imagine qu’il essaye de me manipuler pour que je le pardonne et que j’interfère en sa faveur auprès de Père, pourtant il devrait savoir que je ne le porte pas dans mon cœur. Il m’a pris mon grand frère, celui qui m’a entrainée, celui qui a commencé à faire de moi celle que je suis, et je ne peux le pardonner que s’il assume ses actes, or il ne semble pas prêt à le faire. Mais peu importe, il se passera de mon pardon et je me passerais de lui parler, et au moins ainsi, la Garde de Nuit à gagné un bon combattant. »

Elle était toujours énervée, mais si ce fou fratricide ne bafouait pas de nouveau le nom des Lideuils en usant d’une devise qui ne pouvait plus être la sienne, elle n’avait aucune raison d’avoir à le remettre à sa place une fois de plus. Serait-ce si simple pour Barristan et Maclen, elle n’e aurait pas juré, mais ils savaient se tenir tranquille quand les circonstances l’exigeaient, elle les mettrait en garde dès que ce vote serait terminé. Qu’a-t-il bien pu vouloir dire par : c’était lui ou moi ? Pourquoi ? Andrik n’aurait jamais tenté de le tuer. Que c’est il passé là bas ? Elle avait beau creuser dans ses propres souvenirs du champ de bataille, il lui était impossible de retrouver une situation où elle aurait pu devoir tuer un ami pour s’en sortir, et encore moins pour de bonnes raisons. Pourtant, Elwood semblait croire en ses excuses, sa bonne foi, cela la faisait douter, peu à peu elle s’enfonçait dans les abimes de sa réflexion sans parvenir à y voir la moindre lueur de logique.

...

« Ma Dame, désirez vous boire quelque chose ? »

Un jeune homme tout de noir vêtu, pas vraiment richement, mais mieux que certains, et beau avec ça, c’était approché, il s’adressait à la blonde nordienne avec tous les égards qu’on aurait réservés aux véritables Dames, ce qu’elle n’était pas. Deana fut flattée et ne put réprimer un sourire timide pendant que le rouge tintait ses joues. Et elle répondit après un petit temps d’hésitation sur un ton qui ne lui était pas habituel, doux et fébrile.

« Du vin chaud si c’est possible. »

Le frère juré inclina légèrement la tête avec un sourire charmeur et s’éclipsa quelques minutes pour revenir avec une coupe en étain plein d’un vin chaud aux épices odorant et fumant. Il la tendit à la guerrière qui était à la fois gênée et toute retournée d’autant d’attentions, d’autant qu’il était vraiment charmant. Grand et fort, malgré ses cuirs et ses laines, il avait un physique de guerrier, cela ne faisait aucun doute, très bruns, ses longs cils soulignaient des yeux bleus perçants qui n’enlevaient rien à l’harmonie de ses traits virils.

- Je me nomme Jared Morrigen, je viens des Terres de l’Orage. Depuis que je vous ai aperçut, je n’ai de cesse de me demander quel nom peut bien porter une telle beauté, si irréelle en pareil endroit.
- Heu... Deana. Deana Lideuil des Clans des Montagnes du Nord.
- La rudesse de vos origines explique votre stature et votre courage. Enchanté.
- Ah ? Oui... moi aussi.

Il saisit la main de la jeune femme pour en approcher ses lèvres jusqu’à l’effleurer, elle se raidit d’abord, mais la sensation de son souffle sur sa peau lui fit une drôle d’impression et elle se détendit un peu. Elle souriait bêtement sans trop savoir quoi dire, mais heureusement, perspicace et loquace pour deux, il évitait que le malaise ne s’installe. Parlant de la douceur de son visage et de la dureté de la vie sur le mur il mêlait habilement flatteries et récits voués à mettre en valeur sa valeur en tant qu’homme et en tant que guerrier. Elle oubliait peu à peu qu’il portait le noir et pouvait aussi bien être un violeur ou un tueur, elle n’avait d’yeux que pour lui et buvait ses paroles tout en sirotant le liquide sirupeux qui chauffait ses joues et faisaient briller ses yeux.
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Message Lun 1 Oct 2012 - 12:05

La « Grise » répondit à la prévenance du Stark avec toute la lucidité dont il savait qu’elle pouvait faire preuve. Encore une fois, la Lideuil pouvait se targuer de rendre son Lord tout à fait satisfait d’elle... et de sa force mentale !

Dans un coin de la salle de réfectoire le dépouillement avait commencé et les premiers éclats de voix fusaient, de temps à autre. Pendant ce temps, le Lord Intendant ordonna que l’on serve ses invités en leur assurant que les résultats ne tarderaient vraisemblablement pas. – On commence à avoir l’habitude ! affirma-t-il avant de gueuler : – Godric ! Tu vérifies tous les votes, pigé !? Hors de question que vous me resserviez la même mascarade que l’autre jour, hein !

Le repas fut servi dans la foulée et bientôt le réfectoire retentissait de toute la quincaillerie dont le fortin semblait capable. Les couverts s’entrechoquaient toutes les secondes, on trinquait, on braillait, on rotait aussi, parfois... Toute la faune de Tour Ombreuse semblait s’évertuer à étaler sa capacité à créer un vaste et rapide tapage.

Au milieu de tout ce brouhaha, un grand type bien balancé s’approcha de la tablée du Lord Intendant et du Stark et, sans un regard ni pour l’un ni pour l’autre, commença à se répandre en une foule d’amabilités qui soulevèrent le cœur de Barth.

« Ma Dame, désirez vous boire quelque chose ? » *Bin tiens ! Et comment ! J’veux bien que tu retournes d’où tu viens pour commencer !* s’étouffa le maître d’armes.

« Je me nomme Jared Morrigen, je viens des Terres de l’Orage. Depuis que je vous ai aperçu, je n’ai de cesse de me demander quel nom peut bien porter une telle beauté, si irréelle en pareil endroit. » *Son nom te r’gardes pô !* se retint une nouvelle fois le maître d’armes alors que le Stark lui-même commençait à n’en plus pouvoir de faire semblant de ne rien entendre... Que ce soit Lord Stark ou son bâtard de maître d’armes, c’était bien pour ne pas décevoir Deana que ni l’un ni l’autre n’avait encore rien dit !

« La rudesse de vos origines explique votre stature et votre courage. Enchanté. »

– Oui, bon, enchantés nous aussi ! s’emporta finalement le Stark. Le jeune et grand Frère Juré venait tout juste de prendre la main de Deana. Le Stark écarta alors son manteau pour laisser apparaître la poignée de Glace, l’immense arme séculaire des Stark de Winterfell. – Pose encore une fois tes mains sur elle et je te les coupe ! l’avertit le Stark. – Nous sommes ici vos invités mais là, tu dragues un homme à moi ! Je sais que ça saute pas aux yeux mais maintenant t’es prévenu ! Le visage du grand type pâlit soudain et le rapide coup d’œil qu’il adressa à Arn-la-Brique ne le réconforta pas beaucoup. Surtout lorsque celui-ci expliqua au Sombre Loup : – Je vous demande de l’excuser, mon Lord, mes gars ici, ça fait une paye qui z’ont pas maté un soldat comme le vôtre ! Voyez c’que j’veux dire ?

Le Stark s’assombrit un peu plus. – M’ouais. Je vois bien ! On dit pourtant que vous manquez d’hommes à la Garde de Nuit. Veillez quand même à ne pas en perdre un bêtement, Lord Intendant !

Le massif Arn-la-Brique explosa d’un rire retentissant dont les manifestations vinrent asperger d’un flot de postillons grossiers jusqu’à l’assiette de Barth Snow qui la repoussa alors loin de lui d’un air de dégoût. Il se tourna alors vers Deana et grommela : – Tu peux pas en louper une, toi, de temps à autre ?

Sur ces entrefaites le dessert fut apporté en même temps que le résultat du scrutin dont l’issue inattendue occulta totalement la tourte aux coings et aux prunes qui venait d’être servie.

– Et bien cher Arn, on dirait que vos hommes ne vous souhaitent pas autrement qu’à leur tête ! Je vous félicite ! s’enthousiasma le Stark qui voyait par là une issue plus rapide que celle qu’il avait prévue... – Winterfell a toujours apporté son soutien à la Garde de Nuit ! Je suis heureux que ce soit vous ! Maintenant que nous nous connaissons vous savez pouvoir compter sur moi ! Sachez-le, je vous garantie déjà le renfort de tous les condamnés du Nord ! Comptez sur moi pour leur faire entrevoir l’opportunité qu’une venue chez vous pourra constituer pour eux ! Et ce faisant, il dévoila à nouveau l’immense Glace dont la lame répercuta avidement la lueur des flambeaux du réfectoire. Arn-la-Brique était partagé entre l’hilarité que provoquait autour de lui la tirade du Stark et l’incrédulité qui le tenaillait depuis l’annonce du résultat.

Le Sombre Loup s’était levé pour féliciter chaleureusement le nouveau Lord Commandant de Tour Ombreuse. Barth en profita pour se rapprocher de Deana et lui glisser une douceur dont il avait le secret.

– Alors soeurette, t’es pas trop déçue de quitter ton nouveau toutou ? On dirait bien qu’on va redescendre vers Motte-la-Forêt plus tôt que prévu, finalement ! Ben quoi ? Fais pas cette tête ! Amarok non plus n’aurait jamais pu le sentir, ton clébard !
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Message Sam 20 Oct 2012 - 1:14

Deana se délectait du liquide brûlant et sucré qui lui réchauffait le corps et le cœur après la rencontre faite dans la cour tout en écoutant le jeune homme qui le lui avait apporté, un peu perplexe et sans vraiment se rendre compte des enjeux de cette scène. Elle était intriguée, pas habituée à ce qu’on soit aussi gentil avec elle et qu’on ne la prenne ni pour une sauvage ni pour une faible femme. Un peu charmée par les belles phrases du Frère Juré, elle ne remarqua la tension qui avait gagné la table que lorsque Beron prit la parole et sursauta donc en l’entendant user, dans son dos, de ce ton glacial qu’elle ne connaissait que trop bien. Le regardant avec des yeux ronds, elle était à mille lieux de comprendre le pourquoi de cette soudaine agressivité, n’ayant évidement pas noté le fait qu’il n’avait pas salué le Lord et les autres hommes.

« Qu’est que… ? »

Vierge elle l’était, mais jouvencelle sans défense point, et elle était largement capable de se défendre toute seul si quelqu’un venait à essayer de la forcer à faire quoi que se soit, franchement, il y avait plus de raisons de prier pour celui qui oserait se frotter à elle contre sa volonté que pour elle. Quand aux réflexions d’Arn sur son physique un peu trop féminin pour le lieu, cela éclaira sa lanterne et elle se souvint avoir craint que cela ne pose problème avant leur départ de Winterfell. Mais maintenant qu’elle était là, elle ne pouvait pas partir et ne voulait pas être à l’origine d’un quelconque confit entre le Stark et la Garde. La gêne l’emporta sur la colère d’entendre les uns et les autres parler d’elle comme si elle n’était pas là et c’est rouge comme une tomate et au bord des larmes qu’elle accueillit la réflexion de Barth. Le regard qu’elle lui lança n’en était pas moins glacial et enragé, mais elle ne pouvait ouvrir la peine sous peine que ceux qui la connaissaient ne sachent sur le champ combien elle était humiliée et attristée par ce qui venait de se passer. Plus silencieuse et morne que jamais, elle se plongea dans la contemplation de son assiette à moitié pleine, fini par la repousser et ne toucha pas au dessert et ne réagissant pas plus à l’annonce du résultat dont elle se fichait éperdument autant que de là réaction enthousiaste de son Lord.

Ça n’était pourtant pas sa faute si elle était née femme, elle aurait mille fois préféré naitre homme, mais ça n’était hélas pas le cas, et elle devait faire avec ses seins et son con malgré tout ce que ça lui valait de moqueries et de souffrances. Aucune oreille attentive et compréhensive pour écouter ce qu’elle avait à dire à ce propos, et surtout pas Barth qui ne manquait pas une occasion de lui rappeler qu’elle n’avait pas de queue. Des années à supporter ce genre de discours misogyne et idiot, des années à se taire, à ne pas relever les plaisanteries graveleuses et même à en rire pour être acceptée, des années à serrer les dents pour arriver là où elle était, membre de la garde personnelle du Stark. Oui des années et rien ne changeait malgré son statut, malgré sa technique et sa force, malgré l’expérience acquise comme les autres, à force de bleus et de blessures, à force de combats et d’entrainements. Comme les autres. Rien ne changeait, Barth n’avait toujours aucun respect pour elle, et Beron, finalement, ne semblait pas en avoir d’avantage à son égard, sa déception n’avait d’égale que son chagrin de voir que tous ces efforts avaient été vains. Pensant à tout cela, une rage sourde montait en elle, faisant briller ses yeux et serrer ses poings sans même qu’elle n’y prenne garde et c’est le moment, très inopportun, que Barth choisi pour faire de l’humour. Elle aurait pu en rire pourtant, mais pas en cet instant, pas après avoir retenu en elle toute cette colère. Amarok qui trainait sous les tables pour ramasser les miettes et s’asseyait parfois à coté d’une bonne poire pour le fixer de ses yeux doux jusqu’à ce qu’il lui donne quelque chose, n’avait pas assisté à la drague grossière de Jared, mais il lui aurait certainement grogné dessus comme sur tous les inconnus qui approchaient sa maitresse de trop près. Mais elle n’avait aucune envie de rire et elle avait quelque peu oublié sous le coup de la colère ses principes sur la tenue de la Garde Grise sur le Mur. Elle lui envoya un coup de coude dans la mâchoire avant de lui sauter littéralement dessus pour le rouer de coups. Or, si Barth avait de la force et était le meilleur bretteur de Winterfell, Deana était bel et bien une sauvage finalement, et elle savait se battre à main nue presque aussi bien qu’avec une épée. Ainsi, avec la rage qui la tenaillait et la promptitude à l’attaquer prit le dessus et déversa en vrac tout ce qu’elle avait sur le cœur accompagnant ses hurlements de coups de poings et de claques.

« Je peux me défendre toute seule ! Que celui qui veut me prendre de force prie pour son âme et pour ses parties car il n’est pas née celui qui pourra en sortir entier ! Je peux rivaliser avec toi Barth ! Et avec Beron ! Alors ça n’est pas un Corbac, aussi dangereux soit-il qui peut me faire peur ! Je n’ai ni besoin d’être protégée ni besoin qu’on me rappelle que je suis une femme, je le sais mieux que toi ! Tu trouves que je n’ai pas assez travaillé ? C’est ça ? Tu trouves que je ne mérite pas ma place ? Alors essaye de me tuer et si tu y arrives tu pourras te moquer de moi pour toujours, je ne serais plus là pour écouter ! Et le Stark pourra se marrer aussi, et vous pourrez vous gausser en repensant à ce jour où un homme a su me voir comme je suis, ni une vulgaire catin, ni une jouvencelle effarouchée ! »

Amarok s’était approché et sautait partout ne comprenant pas si sa maitresse et son ami jouaient ou s’il devait sauter lui aussi sur le maitre d’arme qui commençait à reprendre ses esprits et à essayer de maitriser la louve enragée. Quand à Barristan, Maclen et Elwood, ils n’avaient jamais vu Deana dans cet état et, choqués, ils ne savaient pas quoi faire à part garder la foule à l’écart pour empêcher tout débordement supplémentaire.

« Je suis une femme, et la seule manière de faire que ma présence dans les rangs de Winterfell ne te gêne plus c’est de me buter ! Parce que j’ai gagné mes galons comme toi, comme tous les autres, en me battant et en travaillant ! Je te rappelle que j’ai versé mon sang pour le Nord moi aussi ! Tu n’es pas le seul à aimer ton pays et à avoir envie de le défendre ! Et le fait que je n’ai pas de queue ne m’empêche pas de le faire aussi bien que toi ! »
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Message Mar 6 Nov 2012 - 17:17

Et d’un bon soudain et imprévisible, elle sauta à la gorge d’un Barth Snow aussi surpris que déstabilisé. Le coup de coude avait jailli avec une promptitude stupéfiante et le maître d’armes partait déjà à la renverse. Son regard hébété croisa celui d’un Lord Stark éberlué devant l’inconcevable. Durant la fraction de seconde où il le vit choir la tête la première sur le dos, il sembla à Beron que le bâtard n’avait peut-être même pas encore été gagné par la douleur du coup imparable que la blonde Lideuil se rassemblait déjà pour bondir sur lui !
Dans l’instant qui suivit elle se tenait à califourchon sur Barth, en train de le rouer de coups, comme possédée par une rage sourde et profonde. Ses hurlements stridents attestaient auprès de tous ceux qui ne l’auraient pas encore remarqué que le bout de folle qui violentait son camarade était bel et bien une femme. Les nattes blondes et tressées de la jeune femme s’effarouchaient autour d’elle comme autant d’éclairs de rage et de colère.

*Te défendre toute seule !? Ca oui ! Et plutôt deux fois qu’une, petite furie !* Le Stark resta un instant cloué sur place face à cette explosion aussi soudaine, qu’inattendue. Et cet instant qui ne devait en réalité durer que quelques secondes lui parut s’éterniser sur plusieurs minutes de honte et de contrariété mêlées... *Mais qu’est-ce qui lui prend !?*

A cet instant précis et terrible, le Sombre Loup se trouva dépourvu de tout entendement. Il oscillait, interloqué, dans un marasme douteux d’entre remords et rancœur.
Mais qu’elle mouche avait donc piqué sa blonde gardienne ? Quel démon s’était donc immiscé en elle ? Il ne parvenait pas à comprendre. Son esprit tenta de rassembler lucidité et souvenirs afin de tenter de reconstituer l’incompréhensible fureur de la « Grise ». Son esprit masculin et son instinct primaire de mâle se heurtèrent tout d’abord à un mystère grotesque tout d’hormones féminines et de passions à fleur de peau cousu.
Il lui sembla qu’une éternité défilait devant lui sans dénier condescendre pour lui la plus minime halte. Les questions se bousculaient dans sa tête mais harcelaient par l’urgence ne s’éternisaient là que quelques fractions de secondes pour s’en extirper que plus soudainement, dans une bousculade entre urgence et nécessité.
Urgence de la situation, nécessité d’agir, de réagir, d’interrompre le grotesque numéro que ses hommes offraient là aux Frères Jurés de la Garde.

Et là, fugaces, empêtrés au milieu des rires et moqueries de leurs corbacs d’hôtes, ressurgirent des bribes de passé. « Je peux rivaliser avec toi »... *Vite ! Interrompre cette mascarade !* « [...] ni besoin d’être protégée »... Le Stark bondit vers la Lideuil. « Pas assez travaillé ? [...] mérite pas ma place ? »... Il renversa un banc qui se posait en obstacle à son intervention. « [...] j’ai versé mon sang pour le Nord ! [...] je n’ai pas de queue ! »... *Les stopper, là, juste là !* « [...] aussi bien que toi ! »... La main du Stark parvint enfin à agripper le bras tendu de Deana qui frappait, frappait, et frappait encore pour soudain... être retenu, stoppé net. Interdit. Il sentit toute la force de la blonde se contracter dans son bras et s’escrimer à poursuivre sa courbe vengeresse jusque sur la figure du maître d’armes, sonné. Le Stark tira violemment sur le poignet de la « Grise ». – Assez ! Il sembla à Beron qu’à cet instant précis il pouvait comprendre ce qui semblait affecter la Lideuil. Furieux, il la tira vivement à lui et la serra très fort dans ses bras. – Deana, Deana ! Cela suffit ! Arrêtez, Deana, stop ! Elle gesticula un instant, comme prise de spasmes incontrôlables avant de paraître se calmer peu à peu. Le Sombre Loup ne la relâcha pourtant pas, incapable qu’il était de dire si elle s’apaisait réellement ou feignait seulement de l’être... Avait-il compris ce qui s’était tout à coup saisi d’elle ? Il ne savait à quoi s’en tenir, partagé entre honte et morgue, colère et sollicitude.

Il lui sembla que la blonde, qui ne supportait habituellement que très mal les plaisanteries toujours plus graveleuses du Snow, avait soudainement cédé à la colère, hantée qu’elle devait l’être par le spectre de son frère bien-aimé disparu et soudain ressuscité dans la voix et le visage de son bourreau en fuite mais retrouvé par hasard, quelques instants plus tôt...
Peut-être avaient-ils aussi, par leur attitude surprotectrice conjointe, le maître d’arme et lui, renvoyé la blonde gardienne à une image de sa féminité réelle mais éternellement fuie, aveuglante mais inexorablement dissimulée, sauvage bien que méthodiquement maîtrisée ?

Pour cette maladresse il s’en voulait, mais à sa maladresse à elle, il en voulait également. Il enrageait intérieurement d’avoir contribué à la farce grotesque qui s’achevait là. En lui, se consumaient les braises de la honte et de l’exaspération face à l’absurde comédie dont ils venaient tous les trois de récréer leurs hôtes !

Comment avait-elle pu ? Elle qui était si exemplaire en tout et à chaque instant... Comment avait-elle pu laisser tout cela l’envahir puis la submerger alors qu’il avait toujours défendu auprès de ses hommes la légitimité de cette femme parmi eux ? Comment justifierait-elle cela ? Savait-il tout ? N’avait-il rien compris ? Et elle ? Avait-elle conscience de la situation ridicule dans laquelle elle s’était mise et dans laquelle elle l’avait attiré lui aussi ? – Calmez-vous, Deana, calmez-vous, voyons ! Là, voilà, calmez-vous... Chut...
Son regard tout enfiévré d’un orgueil blessé se posa sur ses hôtes et les rires gras cessèrent. Des toux dérangées furent étouffées et des remarques malignes tues... – Et alors !? Hurla-t-il alors qu’il sentait la jeune femme soubresauter entre ses bras. – Qu’avez-vous donc !? Dispersez-vous, il n’y a rien à voir ! Dehors ! Tous !

Et alors qu’un à un les Frères Jurés vidaient la salle de sa médiocrité, une rafale de vent glacé s’engouffra pour rugir dans un réfectoire déjà figé par la colère du Sombre Loup. Le feu vacilla dans l’âtre et Barth se releva péniblement sur ses coudes...

– Qu’est-ce qui s’est passé ?
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Message Lun 19 Nov 2012 - 0:25

Ses nattes blondes faisant du rodéo sur ses épaules couvertes de son armure de cuir cloutée, elle n’entendait ni les rires ni les encouragements des Frères Jurés de la Garde de Nuit qui s’amusaient de cette scène autant que d’un combat de coq, qui soutenant la blonde, qui soutenant Barth. Le maitre d’arme se protégeait tant bien que mal, heureusement elle n’essayait pas de lui faire mal, et taper ses avants bras protégés par du cuir plutôt que son visage ne la dérangeait pas. Il essaya en même temps de lui attraper les poignets pour l’arrêter, de la faire basculer pour reprendre le dessus, et en désespoir de cause de lui envoyer des coups. Mais la colère de la Nordienne décuplait ses forces et lui donnait une résistance infinie à la douleur, d’autant que le jeune homme n’avait pas non plus envie de lui faire mal. Heureusement, aussi rapidement que la soudaineté de l’explosion de la guerrière le permettait, Beron se décida à intervenir et elle sentit une main lui saisir le poignet, et avant de se rendre compte qu’elle ne pouvait pas s’en dégager, il tira dessus ce qui la fit se lever. « Assez » entendit-elle, et elle leva vers celui à qui elle devait obéissance des yeux qui malgré les larmes qui les emplissaient étaient toujours pleins de rage, et cette rage s’adressait bien plus à lui qu’à Barth finalement, il lui avait fallut le voir pour s’en rendre compte. Mais elle avait juré sur son honneur de le protéger contre tous les dangers qu’il serait amené à traverser, elle avait juré de donner sa vie pour lui, alors elle ne pouvait pas se battre contre lui. Elle était toujours armée, toujours en colère, elle aurait pour se dégager avec ou sans son épée, ou au moins l’empêcher de la tirer vers lui et de la serrer, mais elle se laissa faire, et même sa manière de se débattre manquait de détermination.

Elle pleura simplement, le nez dans les fourrures de Beron sans prendre garde aux rires, mais les entendant enfin, la mettant mieux que tout le reste face à ses responsabilités. Elle se rendit compte du ridicule de la situation, de la honte qu’elle venait de jeter sur la Garde Grise et sur la Maison Stark, de l’état pitoyable du Maitre d'arme qu’elle n’avait pourtant jamais voulut blesser. Voila qu’à cause de tout cela, elle avait provoqué tout ce qu’elle avait toujours essayé d’éviter, connaissant le risque dû à son caractère explosif et à ses instincts de sauvage, apprenant chaque jours à se maitriser et y parvenant de mieux en mieux. Tout s’emmêlait dans son esprit et elle ne savait plus vraiment pourquoi elle s’était jetée sur Barth ni pourquoi elle ressentait une telle rage, qui, même si elle se calmait, ne cessait de la harceler. Le fait qu’on parle d’elle comme d’un bout de viande n’avait pas aidé, mais elle en avait vu d’autres et jusqu’ici elle n’avait jamais explosé pour si peu. Était-ce le fait qu’il se moque d’elle ou le fait que se soit le Sombre Loup qui se soit mis entre elle et le tombeur de ses Dames plutôt que le bâtard ? Elle était déçue de son manque d’égards autant que du trop plein de bons sentiments du Lord qui ne se mêlait pas des histoires de coucherie de son maitre d’arme mais osé s’interposer quand il s’agissait d’elle. Pourquoi ?! Pourquoi avait-il fait cela ? Et pourquoi Barth n’avait-il rien fait d’autre que ce qu’il faisait tout le temps, à savoir, la rendre responsable de la bêtise des hommes envers elle. Pleurer. Pleurer parce que c’était tout ce qu’elle pouvait faire, elle n’aurait rien pu formuler de clair, et puis tout cela n’excusait en rien son geste. Quelque part, son geste la rassurait, sa voix aussi, mais elle savait qu’il lui en voulait, elle s’en voulait tellement désormais, et pourtant elle n’avait pas sur les épaules autant de responsabilité. Beron saurait-il la pardonner, le bâtard voudrait-il encore lui parler et plus important encore, se pardonnerait-elle à elle-même ?

Amarok était désormais à coté de sa maitresse et la regardait tour à tour avec le Sombre Loup en hochant la tête, Barristan et Maclen étaient rentrés en cours de route et ne comprenait rien à ce qui était en train de se passer. Elwood, appuyé contre le mur, une jambe relevée, au fond de la salle, avait observé la scène sans broncher et affichait désormais un petit sourire plein d’ironie et de sournoiserie. Quand au responsable de tout cela, le fameux Jared Morrigen, il avait quitté la pièce discrètement dès le début des hostilités, se disant qu’effectivement, il n’avait pas choisi la bonne personne et qu’il n’avait finalement aucune envie de se frotter à elle. Le Sombre Loup ne cessait de lui dire de se calmer, elle pleurait toujours, mais plus de rage, elle pleurait de chagrin et de honte, une honte immense qui la submergea. Il hurla à tous de sortir ce qui la fit sursauter. Elwood sortit en dernier après avoir jeté un dernier coup d’œil à sa sœur et au Lord, heureux de voir qu’elle n’avait pas changé et qu’elle n’avait en aucun cas sa place dans les rangs de la Garde Grise. Les deux autres Lideuil aidèrent Barth à se relever et Deana s’écarta et plongea ses yeux bleus de glace fondue dans ceux de Beron avant de lui dire dans un murmure :

« Je suis désolée, Mon Lord, j’ai manqué à tous mes devoirs ce soir. Les autres avaient raisons, une femme ne doit pas combattre aux côtés des hommes, mais ça n’est pas parce qu’elle n’en est pas capable, mais simplement parce qu’eux ne sont pas capable de l’accepter. Barristan et Maclen resterons avec vous le temps que vous trouviez quelqu’un d’autre pour vous servir aussi bien que j’ai essayé de le faire. Mon attitude est indigne de la Garde Grise, aussi, demain à l’aube je serais partie et nous ne nous verrons plus jamais. »

Elle se tourna vers Barth qui venait de demander ce qu’il s’était passé et s’approcha de lui drapée dans sa cape en peau de loup et dans sa fierté pourtant bien mise à mal en cette soirée, mais toujours les yeux pleins de larmes. Elle prit son visage entre ses mains et du pouce souligna une coupure qui commençait à apparaître sous son œil.

« Pardonnes moi Barth, tes plaisanteries ne m’ont jamais fait rire mais tu ne méritais pas ça, malgré tout ce qui nous oppose tu as toujours été là pour moi et tu m’as appris tout ce que je sais. Si tu veux te venger, il suffira d’appeler la Louve Grise dans le Bois au Loup à ton retour à Winterfell. »

Se hissant sur la pointe des pieds, elle déposa un baiser sur le front brûlant et salé du maitre d’arme et fit signe à son frère et son neveu de l’amener à l’infirmerie ce qu’ils firent et elle s’approcha de la porte en même temps et la leur tint ouverte. Elle se tourna vers Beron et repris, alors que des flocons virevoltaient dans la nuit noire et s’engouffraient dans la grande salle accompagnés d’un vent glacial qui sifflait dans les hautes tours.

« Lord Stark, si un jour vous trouvez la force de me pardonner, je serais toujours ravie de vous servir, et où que je sois, j’agirais de manière à honorer votre nom comme si c’était le mien. S’il y a quoi que je puisse faire, je le ferais et quoi qu’il arrive je ne serais jamais trop loin pour vous protéger. Mon serment ne s’envole pas avec ma folie de ce soir, mais je n’ai plus ma place dans vos rangs après ce que j’ai fait, et je crains que vous ne soyez trop bon pour me congédier. Je vous remercie d’avoir cru en moi Beron. »

Elle lui sourit une dernière fois avant de sortir et de se diriger vers la chambre qui lui avait été attribuée pour préparer ses affaires. Elle allait quitter Tour Ombreuse en plein milieu de la nuit, cela pouvait être extrêmement dangereux. Mais si la mort venait la cueillir en pleine tempête de neige hivernale, c’était là la plus belle mort qu’elle aurait pu rêver désormais qu’elle ne pouvait plus songer à laisser la vie sur un champ de bataille pour protéger son Lord dans la gloire de la Garde Grise. Elle serait toujours là, tapie dans l'ombre, affrontant le froid et la solitude pour continuer à faire son devoir sans risquer de refaire une telle erreur, et elle espérait que cela puisse un jour faire la différence. Mais dans le nord, il y avait plus de chances que se soit un animal sauvage ou un froid glacial qui la fauche au moment où elle s'y attendait le moins.
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