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C'est une bonne arme... Pour un débutant ! | Ulrik |

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Message Ven 28 Aoû 2009 - 12:13

Lady Jorelle avait craint ce jour, celui où sa fille si combattive lui annoncerait qu’elle désirait partir pour se rendre dans des terres lointaines. Mais fidèle à ses origines du Nord, la dame n’avait pas versé de larmes, bien qu’Alysane avait très clairement vu les yeux de sa mère se troubler à cette annonce. Mais quoi de plus normal, lorsqu’on voyait le fruit de ses entrailles, décider de vous quitter ? Alysane avait longuement songé à cela lorsqu’elle était enfant, craignant simplement de voir sa famille refuser son départ, mais bien heureusement, tous les membres de sa famille s’étaient trouvés être de véritables Mormont, et ils avaient accueillis la nouvelle avec un mélange d’admiration, de joie, et de tristesse. Admiration, parce que personne ne semblait croire qu’Alysane disait la vérité lorsqu’elle était enfant et qu’elle annonçait qu’elle partirait dans les terres chaudes lorsqu’elle serait plus grande. Joie, de voir une Mormont partir à l’aventure, cela faisait longtemps que les héritières de la famille restaient cloîtrées sur l’île aux ours, et surtout la joie de voir la jeune femme réaliser son rêve. Mais pour finir, de la tristesse, car bien entendu, tout le monde savait bien que la jolie demoiselle risquait de ne plus revenir avant très longtemps. Cela signifiait qu’elle serait absente pour longtemps, qu’elle risquerait sa vie, et peut-être même qu’elle ne reviendrait jamais dans le Nord. Mais dans l’esprit de la demoiselle, c’était une chose improbable, le Nord restait sa région natale, elle était née dans le froid, et elle ne se sentirait elle-même que dans ce pays, elle était Nordienne et voilà tout ! Personne ne pourrait lui ôter cela, pas plus qu’une autre région, elle garderait ce qui faisait d’elle une descendante de la famille Mormont. Mais elle ne pouvait pas pour autant rassurer les membres de sa famille en leur disant qu’elle resterait près d’eux, et qu’elle rentrerait souvent, elle ne pourrait jamais tenir une telle promesse, alors pourquoi mentirait-elle ? C’était une chose qu’elle ne se sentait pas la force de faire, mentir aux gens qu’elle aimait, c’était plus fort qu’elle, elle avait donc simplement haussé les épaules devant la tristesse de sa mère, sans rien dire pour essayer de la consoler, à quoi servait de parler lorsqu’on ne pouvait rien dire d’utile ?

Les adieux à sa mère furent de loin les moins difficiles, tout comme son père, il était fier de voir sa fille partir à l’aventure en prônant la liberté, et en clamant partout qu’elle était une femme Mormont, descente d’une longue lignée de fiers combattants à la hache. Il lui avait même offert sa première véritable hache, une magnifique pièce forgée des mains du forgeron qui vivait avec eux à l’ancienne époque, un bel ouvrage, tranchant et équilibré comme il fallait pour se battre convenablement. Il avait salué sa fille comme un homme salut son fils, en posant sa main sur son épaule, et elle avait fait de même, puis il lui avait souhaité une bonne chance, avant de prier les anciens dieux de veiller sur sa fille. Les adieux à ses sœurs furent eux aussi assez faciles, elles comprenaient toutes que la jeune femme veuille s’en aller de l’île aux ours, mais elles ne comprenaient pas trop qu’elle puisse le faire pour aller se battre dans d’autres pays. Meera principalement ne pouvait imaginer que sa sœur se batte aux cotés d’autres combattants masculins au lieu de chercher un époux, mais elle était encore jeune, elle comprendrait plus tard, elle comprendrait qu’une femme comme Alysane ne trouverait jamais d’époux, et surtout n’en voudrait jamais tout simplement. Elles acceptèrent bien évidemment de prier les anciens dieux pour elle, de manière à ce que la chance l’accompagne, et la jeune femme quitta donc ses sœurs, un léger sourire flottant sur ses lèvres bien dessinées. L’adieu le plus difficile fut celui pour son frère bâtard. Jorah, il était encore dans la demeure familiale comme depuis son arrivée ici, et lorsque la demoiselle sortit de leur maison de rondins, il se tenait dans la grande cour d’entrée, tournant le dos à la demeure familiale. La jeune femme s’était approchée de lui, et il s’était retourné calmement, souriant en coin comme toujours, puis il avait simplement tendu quelque chose à sa sœur, un arc en bois, un bel ouvrage soigneusement préparé pour résister au froid, bien que l’arc n’était pas le genre d’armes que la jeune femme aimait utiliser. Elle l’avait regardé en silence, sans comprendre, et il avait répondu très simplement.

« Ce sera pour lorsque tu chasseras. La hache c’est bien, mais crois-moi, tu seras heureuse de pouvoir tuer les animaux à distance lorsque ton estomac criera famine. »

Après un sourire tendre pour elle, il avait attendu qu’elle prenne l’arme, puis il avait simplement fait un signe de la main à sa sœur, après qu’ils se soient regardé en silence pendant un long moment, puis il s’était détourné pour vaquer à ses occupations. Alysane avait regardé la fine silhouette musclée de son demi-frère qui s’en allait, il avait agit comme s’ils se verraient le lendemain, mais elle comprenait, il lui donnait ainsi l’obligation de revenir ici pour les voir, et elle ne briserait jamais cette promesse silencieuse. Ils étaient en accord, elle comprenait ses agissements, et il respectait son choix de partir seule, même si la demoiselle se doutait que son frère bâtard eut apprécié de l’accompagner. Seulement il avait d’autres obligations pour le moment, peut-être qu’il saurait s’en défaire en suppliant Lord Jeor, mais c’était une chose difficile généralement, et il ne saurait pas se libérer de tout cela dans l’immédiat, seulement Alysane partait à l’instant présent, elle ne pourrait pas attendre, elle craignait trop de ne plus être capable de s’en aller si elle attendait trop longtemps. La jeune femme passa son arc autour de son torse comme les archers du Nord, puis sans se retourner pour jeter un dernier regard à sa maison, sa famille et son frère qu’elle aimait de tout son cœur, elle se rendit au bac qui la ferait traverser la mer glacée qui la séparait du véritablement territoire des Stark qu’elle devrait traverser pour se rendre dans le sud, puisqu’elle visait cet endroit. La jeune femme prit place dans le bac, s’asseyant de manière à tourner le dos à sa maison, puis elle attendit calmement que le rameur fasse traverser les eaux gelées à sa petite embarcation, pour que sa vie prenne enfin un nouveau tournant.

**
****


La demoiselle avait quitté sa maison natale depuis maintenant 4 mois, elle avait fait le trajet jusqu’à Port-Réal assez lentement, s’arrêtant chez certaines personnes, des familles nobles comme des familles plus pauvres, dispensant ses talents d’homme d’armes aux personnes de ces demeures contre un hébergement et de la nourriture, elle s’en sortait plutôt bien pour le moment. La jeune femme avait décidé de se rendre au centre de leur petit monde, seulement depuis quelques mois, deux exactement. Elle était arrêtée pour la nuit dans une auberge non loin du Nord lorsqu’elle avait entendu des chevaliers parler de Port-Réal. Il semblait que le travail n’était pas rare là-bas, et que toutes les nations du monde semblaient s’y regrouper, c’était quelque chose qui intéressait beaucoup la jeune femme. Elle avait bien essayé d’en apprendre plus, mais les chevaliers s’étaient, malheureusement pour eux, montrés plus que grossiers à l’égard de la demoiselle. En effet, ils lui avaient signifié que la place d’une dame de son rang était aux cotés d’un époux et non à vagabonder dans les pâturages des autres régions, puis l’un des trois lui avait annoncé qu’il était à la recherche d’une épouse, et que si elle tenant à quitter sa région natale, il se ferait une joie de lui en donner la possibilité en l’épousant. La réponse n’avait pas tardée, Alysane avait simplement déclaré aux pauvres sots qu’ils étaient encore moins séduisants que l’ours de son blason, et qu’ils ne devaient pas s’étonner que des demoiselles préfèrent devenir septa plutôt qu’épouser des rustres dans leur genre. Bien entendu, la remarque n’avait pas du tout charmé les chevaliers qui s’étaient levés pour laver leur honneur, mais le chef de l’établissement s’était rapidement présenté et avait calme les tensions en expliquant que dans le Nord d’où elle était originaire, il était rare d’avoir à parler à des chevaliers alors qu’elle pouvait expliquer son manque de politesse par ce fait. Alysane ne s’était pas excusée, elle avait simplement regardé les chevaliers avec un air narquois, puis elle s’était retirée dans sa chambre qu’elle avait fermée avec un verrou, mieux valait s’assurer de ne pas avoir droit à des représailles. Elle avait bien fait, les chevaliers avaient visiblement cherché à obtenir réparation au milieu de la nuit lorsqu’elle vit sa poignée de chambre bouger, mais ils s’étaient lassés, et elle était retombée dans son sommeil.

Depuis l’incident, la jeune femme s’était montrée plus prudente, elle ne parlait plus facilement, mais lorsqu’on la défait elle ne se laissait pas faire pour autant, surtout avec des personnes comme ces stupides chevaliers ! La jeune femme avait donc continué sa marche jusqu’à Port-Réal avec calme et attention, et son trajet avait été plutôt long, puisqu’elle y était arrivée après 4 mois de longue marche en passant par différentes régions histoire d’en apprendre un peu plus sur ce qui l’entourait. La demoiselle essayait de ne pas trop se faire remarquer, elle ne tenait pas à trop attirer l’attention sur elle, mai sa tenue de combattante du Nord marqué de l’ours qui symbolisait sa famille, sa veste épaisse faite d’une fourrure d’ours, tout en elle invitait à la regarder d’un air étrange, mais elle faisait de son mieux pour ne pas réagir à tout cela. Alysane arriva donc en vu des grandes portes de Port-Réal après ce long voyage, et elle fut comblée de voir que la cité était visiblement aussi grande qu’elle l’avait toujours imaginé. La jeune femme avait longtemps entendu parler du sanctuaire de Baelor, du donjon rouge, de tous ces endroits magnifiques qu’elle ne pouvait qu’imaginer au fond de ses rêves, sans jamais espérer les voir, et dire que maintenant elle pourrait les admirer de ses yeux ambrés ! L’excitation fit frissonner la jeune femme qui entra dans la ville avec son équipement, essayant de se mêler à la foule, bien qu’elle semblait attirer quelques regards de vagabonds et enfants des rues qui ne devaient pas souvent voir des étrangers avec son accoutrement débarquer dans la rue de Port-Réal. La jeune femme passa d’abord par une zone qui s’appelait visiblement ‘Culpucier’ et qui devait être les quartiers pauvres de la ville, elle en sortit avec rapidité, pour se retrouver dans les quartiers ‘normaux’ de Port-Réal.

Son regard intrigué allait un peu partout autour d’elle, volant des visages des gens aux façades des bâtiments tellement différentes de celles du Nord, elle voyait trop de choses à la fois, observant le moindre détail qui s’offrait à son visage. Ses yeux ambrés se posèrent sur les silhouettes de quelques chevaliers à la noble allure, et la demoiselle sourit intérieurement en pensant à la tête que ferait Meera si elle voyait les chevaliers de ses rêves se mouvoir devant ses yeux ébahis comme Alysane le voyait à présent. Mais son attention fut attirée par un bâtiment particulier, une sorte de forgeron qui vantait ses armes en devanture d’un bâtiment qui abritait sa forge. La demoiselle s’en approcha, elle commença par regarder les épées qui ne l’intéressaient pas réellement, puis elle passa aux haches qu’elle observa avec une attention toute particulière. La demoiselle toucha les armes du bout de ses doigts pour apprécier leur douceur, puis elle fit danser son doigt sur le tranchant de la lame sans appuyer, elle ne tenait pas à se trancher un doigt ! Sans résister plus à la tentation, la jeune femme saisit finalement l’arme pour la prendre pleinement dans ses mains, la soupesant de manière à vérifier son équilibre et son maintient, puis elle approcha la hache de son visage pour observer l’ouvrage effectué dessus. Une belle arme, néanmoins elle était très différente de celle qu’elle portait accrochée à son coté, elle était beaucoup plus lourde, et moins équilibrée, mais c’était une bonne arme, pour un débutant tout du moins….
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Message Sam 26 Déc 2009 - 21:13

Il courait. Il courait sans se retourner. Son souffle était gelé dans ses poumons, lui déchirant la poitrine à chacune de ses respirations comme des lames acérées. Ses pieds étaient lourds, ses muscles tiraient. L'épuisement menaçait chaque seconde de le faire s'effondrer... Mais il ne pouvait pas s'arrêter. Toute pause, tout répit, marquerait sa perte. Son poursuivant, lui, se rapprochait à chaque seconde. Il n'avait pas besoin de se retourner pour savoir ça. Pas le temps. Pas l'envie. Il savait ce qu'il y avait à voir. Le souffle du tueur se rapprochait, et portait avec lui son odeur rance, morbide, de chaire et de décomposition. Le couloir était étroit, les murs étaient froids. Et surtout, il ne semblait pas vouloir finir. Une simple suite de dalles et de ténèbres, de murs sans porte, sans issue. Et cette voix dans sa tête qui ne cessait de lui répéter : « Arrête de te promener en pagne. ». Et il se promenait réellement en pagne. Le vent froid cinglait sa peau à nue, la fouettait comme des marchands d'esclaves de l'autre côté de la Mer, comme des fermiers frappaient leurs bêtes de somme. Ulrik courait, courait, sans se retourner...
Et il se réveilla. Les draps étaient glacés par sa propre sueur, et il les repoussa d'un geste brusque, nerveux. Le tissu blanc se retrouva par terre, découvrant ainsi le corps musclé du Garde Royal, presque exempt de cicatrices. La plus importante d'entre elles se trouvait sur son biceps, et ce des deux côtés. Il l'avait gagnée lors d'une émeute à Port-Réal, quand le hachoir d'un boucher lui avait traversé le bras de part en part. Les autres étaient plus discrètes, et réparties à peu près partout, de sa jambe gauche au bas de son cou.
Sa nudité était cachée par des hauts-de-chausses de tissu sombre, qui manquèrent de glisser lorsqu'il se leva. Ulrik se frotta les tempes. La migraine suivait toujours ce cauchemar. Ce cauchemar venait toutes les nuits. Il finissait par s'y habituer, mais son corps avait toujours autant de mal à suivre... Mais au moins, cela avait un avantage...

« Ulrik ! Debout ! » hurla l'un de ses frères jurés en ouvrant la porte avec fracas, histoire d'être sûr que tout Port-Réal serait réveillé en même temps que le chevalier. «C'est l'heure de te lever ! »
« Déjà fait, marmonna Ulrik. »

L'autre Épée Blanche haussa simplement les épaules, et se contenta d'aller réveiller le frère suivant. Ulrik, lui, se saisit du tissu qu'il avait posé au pied de son lit la veille et ouvrit sa fenêtre. Il faisait encore nuit, comme à chaque fois qu'il se levait, et les cloches du Grand Septuaire finissaient à peine de sonner les sept heures. Chaque jour il se réveillait juste avant elle. Chaque jour, il se réveillait juste avant que l'autre abruti ne tente de le réveiller en sursaut avec sa méthode plus que stupide. Il s'essuya entièrement le corps, et entreprit d'aller se délasser dans un bain. Son tour ne commencerait que dans deux heures, il aurait normalement assez de temps pour ça. Son baquet d'eau chaude à l'étage inférieur, comme à son habitude, il s'y glissa lentement, et manqua de s'y rendormir. Comme à chaque fois qu'il se lavait. Il se frotta avec vigueur et, lorsqu'il s'estima assez propre, ressortit, avant de se sécher à coup de tissu blanc. Un coup dans les dents de la pureté du statut, et autres bla-bla que le Lord Commandant lui offrait chaque jour depuis plusieurs années maintenant. Une fois son hygiène jugée comme suffisamment décente, il se redirigea vers sa chambre, où il s'équipa entièrement. Des années d'expérience en temps qu'écuyer lui permirent de s'acquitter de cette tâche en un temps record, et il se dirigea ensuite vers la salle commune de la tour, où il savait qu'il trouverait le Lord Commandant, le nez penché sur quelque missive provenue du Donjon Rouge, ou de l'autre bout de Westeros, pour ce qu'il en savait.
Ulrik eut l'excellente surprise de trouver un repas sur la table, en descendant. Il le regarda d'un air interrogateur, mais le Lord Commandant, assis à lire une lettre, comme prévu, lui fit signe qu'il pouvait s'attaquer au petit-déjeuner. De la volaille, sans aucun doute, à en juger par la texture de la viande. Le Loup s'y attaqua goulument, demandant entre deux bouchées :

« Du travail pour moi, Lord Commandant ? »

L'homme en blanc attendit que le Stark finisse la bouchée suivante pour lui répondre :

« Il y a des chances. Un oiseau est arrivé du Donjon Rouge, ce matin...
- Un oiseau ? s'enquit Ulrik. Un corbeau pour aller du Donjon à la Tour ? Mais... qu'est-ce qui leur a pris ?
- Aucune idée, répondit le Lord Commandant en haussant les épaules. Tout ce qu'on sait, c'est qu'il n'y repartira pas...
- Ôtez-moi un doute, vous ne voulez pas dire que... »

Le sourire presque sadique du Lord Commandant répondit à sa place. Ulrik repoussa lentement son assiette, et regretta de ne pas pouvoir faire de même avec le contenu de son estomac. Il hésita un instant. Fallait-il se retenir de vomir, ou le faire maintenant, et partager ce « délicieux repas » avec le Commandant ? Il opta pour la première solution, décidant de gâcher son bain par de la bile serait quelque peu stupide.

« Alors, ce travail ?
- J'attends tes autres frères, afin de répartir le travail entre vous. De façon équitable. »

*Équitable ? Comme la fois où vous m'aviez demandé d'amener le baquet pour le bain du Roi, pendant que vous vous étiez en train de participer au tournoi ? se demanda immédiatement Ulrik.*

Il fallut une bonne dizaine de minutes pour que le second frère de Ulrik ne rejoigne la pièce. En attendant, il laissa son regard vagabonder dans la pièce, passant d'une chaise, aux murs sans aucun ornement, à la table qui se trouvait devant lui, au pauvre corbeau qui lui avait servi de petit-déjeuner, puis au Lord Commandant, qui s'était replongé dans sa lecture. Tout ici lui rappelait qui il était : rien du tout, alors qu'il aurait pu être bien plus. Il aurait pu être un des Stark de Winterfell, et à la place il avait choisi d'être un frère oublié, le cadet de la fratrie, quelqu'un dont le nom serait oublié par l'histoire, ou plutôt par les autres Épées Blanches. Cela aurait été différent sous Dareon. Mais ce n'était plus lui le Roi, à présent. Le Roi était un homme qui passait plus de temps avec ses livres qu'avec ses hommes, un homme qui laissait tout son travail à sa Main. Ulrik s'était rapidement rendu compte de cela. Le jour même du couronnement, pour dire vrai. Il avait compris qu'il n'était plus le Garde du Roi, mais l'Epée de la Main. Il vivrait et mourrait de la façon dont Brynden Rivers le lui ordonnerait, même si sa loyauté allait officiellement au Roi... et ce n'était pas réellement quelque chose qui lui plaisait, mais il devrait faire avec. Pour quelques années, au moins. Si le Roi perdait la tête, Ulrik pour garder la sienne sur les épaules, en tout cas.
Une demi-heure. Plus de trente minutes. Ce fut le temps nécessaire à ce que les autres Épées Blanches ne rejoignent la salle commune, où leur « mission du jour » leur serait donnée. Il était assez rare que cela fonctionne ainsi, mais tous étaient au courant que l'oiseau étaient arrivés. Ou du moins Ulrik en était sûr, puisque le repas avait été déposé à son attention, bien particulièrement. Une fois les sept assis autour de la table, le Lord Commandant se leva. Sa main pointa rapidement en direction de trois des frères.

« Vous trois. »

Il se levèrent, et saluèrent immédiatement, le métal de leurs armures claquant avec leur moindre geste.

« Oui Lord Commandant ! répondirent-ils en choeur. »

Il sourit.

« Le Roi compte aller à la chasse. »

*Ou plutôt il va aller regarder les autres chasser, ajouta mentalement Ulrik.*

« Il a besoin d'une escorte. Vous la constituerez, avec une vingtaine d'hommes du Guet.
- Bien, Lord Commandant ! »

*Un peu plus, et vous monterez une chorale, tellement vous êtes bon pour l'unisson.*

« Toi ! dit le Lord Commandant, en braquant sa main en direction du dernier chevalier à être arrivé. Tu accompagneras la Main dans son travail quotidien. Je ne sais plus ce que le Seigneur Brynden doit faire, mais je suis sûr que c'est très important, et que cela nécessite absolument ta présence ! »

Il hésita quelques secondes, puis ajouta :

« Roh et puis, toi là, tu vas avec lui aussi ! Moi je m'occuperai des affaires de justice, et de la paperasse ! »

Ulrik resta silencieux quelques secondes, puis demanda :

« Euh... et moi ? »

Le Lord Commandant se tourna vers lui, leva un sourcil interrogateur, et de répondre :

« Sa Majesté a besoin d'une nouvelle selle. Va lui acheter.
- Vous vous moquez de moi là... Vous comptez sérieusement me faire croire qu'ils ont envoyé un corbeau... juste pour dire que le Roi voulait une nouvelle selle ?
- Ce que le Roi fait ne te concerne pas. Va accomplir ta mission, Loup Sanglant ! »

Ulrik entendit clairement l'un de ses frères demander de quel oiseau il parlait. Il ne releva pas cette trace d'ironie.

« Et combien de temps ai-je pour accomplir cette périlleuse mission, demanda Ulrik en s'inclinant à moitié ?
- La journée. Tu récupères la selle, puis tu as quartier-libre.
- Bien, Lord Commandant.»

Le Loup Sanglant ponctua sa phrase d'un rapide salut militaire, et quitta la Tour où logeaient les Épées Blanches. Il savait exactement où aller pour acheter la selle : à environ deux minutes des logements du Roi, chez le sellier personnel de Sa Majesté. Après avoir du débourser un dragon d'or de sa propre solde pour récupérer le nouveau bijou promis à Sa Seigneurie, il livra sa cargaison au Donjon Rouge.
Et maintenant, il n'avait plus rien à faire. Huit heures du matin, et sa journée de travail était déjà terminée. La plupart des hommes habitant Port-Réal aurait adoré être à sa place. Lui, il s'ennuyait. Afin de chercher un peu d'animation, il se dirigea vers Culpucier. La majorité des mauvaises langues auraient dit qu'il s'y dirigeait afin de chercher une gueuse à monter. Mais non. Il y allait pour une raison simple : là-bas, son blanc manteau était haï. Là-bas, son arme pourrait goûter le sang. Sous prétexte d'une ronde, il posa des questions à plusieurs taverniers. Qui lui offrirent tous à boire, offres qu'il refusa une par une. Il n'était pas homme à toucher à l'alcool, et surtout pas de si bon matin. Et c'est au moment de l'un de ces refus qu'il y eut enfin un peu d'action. Le tavernier se sentit insulté par le Garde Royal, croyant que celui-ci repoussait la boisson car il ne la trouvait pas assez bien pour lui. Il se saisit d'une masse d'armes, et frappa directement le dos d'Ulrik. Le chevalier s'écroula sans bruit. Et se retourna instantanément, Croc en main, tranchant le manche en bois de la masse qui venait de le frapper. Puis, d'un revers de son poing, il envoya le tavernier droit contre ses fûts, lui faisant perdre quelques dents au passage. Il planta Croc dans le sol, et sortit Givre de son fourreau, centimètre par centimètre, de façon à ce que sa future victime ait le temps d'en admirer le tranchant. Puis, une fois qu'elle fut sorti, il frappa d'estoc vers l'avant... et la planta dans un fut, à environ deux centimètres du visage du tavernier. Rien que l'effet de voir cette lame passer si proche de lui avait fait perdre tout contrôle de sa vessie au pauvre homme. Au moins, elle serait dissimulée au milieu du vin qui coulait. Avant d'être touché par l'un des deux liquides, Ulrik recula, sortit Croc du plancher, et se dirigea vers la sortie de la taverne. Il détacha son bouclier de son dos, et l'observa. La masse d'armes lui avait infligé beaucoup de dégâts, mais ne l'avait pas traversé.

« Pfff, je vais déjà devoir le repeindre... »

Le Loup Sanglant rattacha son bouclier dans son dos, et décida de quitter Culpucier. Il s'était suffisamment défoulé pour la matinée... Il était près de dix heures, et il ne savait toujours pas quoi faire... Il se dirigea donc vers des quartiers plus passants, et où on ne lui décocherait pas des regards haineux à chaque pas. Après tout, il y avait de quoi, mais ce n'était pas son affaire... Il se dit que le meilleur endroit où aller pour le moment, était son forgeron préféré. Cela l'amuserait peut-être de récupérer quelques pièces en échange de cette réparation de bouclier presque quotidienne...
Ce fut donc ce qu'il fit. A cause de la densité de la foule, il mit presque une heure à rejoindre les lieux, et dut faire la queue pendant plus d'un quart d'heure. Du temps perdu, mais il en avait à revendre, ce jour-là... Il confia le bouclier à un des apprentis, et ressortit. Il continua à errer au hasard près des forges et des marchands d'armes, quand son regard fut attiré par une vision des plus singulières. Une jeune femme, sans doute légèrement plus âgée que lui, si elle l'était. Mais, croyez-le ou non, il avait déjà vu des jeunes femmes, mais quelque chose était différent dans celle-là. Sa tenue. Une tenue qu'il n'avait pas vu depuis bien des années, quand il s'était rendu dans le Nord. Une veste en fourrure, sans doute de l'ours à en juger par l'épaisseur, et une tenue de combat. Rien que cela aurait suffit à identifier la famille de cette demoiselle, mais le blason des Mormont tenait à confirmer ce que Ulrik savait déjà... Quelle était la probabilité pour qu'un Stark croise une Mormont en plein milieu de Port-Réal de façon totalement aléatoire ? Presque inexistante, mais Ulrik n'en avait rien à faire. Parler à quelqu'un du Nord le mettrait peut-être de meilleure humeur, pour ce qu'il en savait... Elle se saisit d'une hache sur la devanture d'un marchand d'armes, et la manipula de façon experte. Un peu maladroite par moment, mais experte. D'un simple regard à la personne comme à l'arme, Ulrik comprit que la maladresse provenait uniquement de la facture de cette hache : elle devait être de moindre qualité que celle que la Mormont possédait déjà. Il lui arrivait d'avoir ce genre de problèmes, lorsqu'il changeait d'arme. Il lui avait fallu de nombreuses heures pour apprendre à manier parfaitement Croc et Givre... Une fois qu'elle eut terminé, il s'approcha d'elle.

« Une Mormont, ici... Voilà une bien étrange vision, bien qu'elle ne me déplaise point...»

Il parlait uniquement du fait qu'il n'avait plus eu de nouvelles du Nord depuis bien longtemps, mais il fit exprès de laisser cette ambiguïté. Il resta hors de portée de frappe... juste au cas où.
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Message Dim 27 Déc 2009 - 16:33

Alysane était tranquillement en train de regarder et manier la hache de moindre facture que la sienne, avant de la reposer avec une délicatesse qui détonnait étrangement avec son style vestimentaire. Il était vrai que lorsqu’on voyait une jeune femme de son âge se balader en peau d’ours, avec une tenue de combat à même le corps, il y avait de quoi se poser des questions sur son origine. Généralement les gens s’arrêtaient au fait qu’elle devait être ‘une barbare du Nord’ d’après leurs termes. Ils n’avaient pas si tord lorsqu’on regardait de plus près, mais en fin de compte, cette expression faisait plus sourire la demoiselle que ça ne la vexait, en fin de compte, c’était presque un compliment non ? Ces nobliaux seraient verts d’apprendre qu’il existait des familles plus ‘barbares’ que les Mormont, et qui étaient elles aussi vassales des Stark. Après tout, certaines familles des îles lointaines ne pratiquaient pas encore le cannibalisme ? De quoi avoir l’air légèrement plus barbare que de simples combattants qui se vêtaient de peaux d’ours et d’autres bêtes. L’ours était leur animal protecteur en quelque sorte, lorsqu’on voyait qu’ils l’arboraient sur leur blason, quoi de plus logique que de se servir de leur peau pour se faire des habits ? Certains voyaient là une étrange manière d’admirer un animal, mais les Mormont pensaient que pour rendre honneur à leur animal protecteur, ils devaient se servir de ce qu’il leur offrait, et non simplement de son image comme les Lannister avec leur lion par exemple, qui, pour la plupart, n’avaient même certainement jamais vu de lion en vrai. C’était deux univers différents, et au moins, au premier coup d’œil qu’on posait sur la jeune demoiselle, il était difficile d’ignorer qu’elle venait du Nord, et encore plus qu’elle appartenait à la famille des Mormont.

Soudain, une voix se fit entendre aux cotés de la jeune femme, quelqu’un prononça le nom de sa famille, avant de déclarer que c’était une bien étrange vision, puis de juger utile d’ajouter que cela ne lui déplaisait point. Immédiatement, la jeune femme laissa son visage, calme d’apparence, prendre une expression lasse et hostile. Elle détestait déjà se faire aborder par de stupides mâles qui s’imaginaient pouvoir la séduire avec leur pseudo maniement de la hache lorsqu’elle était dans un bar ou même chez elle – ce qui était plus rare néanmoins - , mais ce qu’elle détestait encore plus, c’était qu’on vienne lui compter fleurette lorsqu’elle était devant la devanture d’un forgeron. Alysane laissa sa bouche s’entrouvrir légèrement comme sous le coup de l’agacement, et elle serra les dents, prenant une expression plus lasse que jamais, avant de tourner la tête en direction de l’intrus, d’un mouvement à la fois lassé, et franchement énervé. Ses yeux ambrés semblaient sur le point de tirer sur l’homme qui venait d’oser la déranger, mais ils s’agrandirent alors sous le coup de la surprise, quelques secondes à peine après avoir observé le visage de l’intrus avec une certaine attention. La jeune Mormont avait simplement tourné la tête pour chasser l’homme d’un regard bien glacial, comme les neiges de son pays, mais lorsqu’elle reconnut là un des héritiers, enfin ancien héritier, de la famille suzeraine de son pays, elle se retourna en un bloc, faisant voleter la peau d’ours posée sur ses épaules, et les quelques cheveux ondulés qui dépassaient de sa natte de combat. Son expression hostile et lassée s’effaça alors, laissant tout d’abord place à un regard étonné qui, sa bouche se forma en un ‘O’ de surprise alors qu’elle lâchait simplement une exclamation de surprise à la hauteur de son choc.

« Oh ! »

S’il y avait bien une chose à laquelle la jeune femme ne s’attendait pas, c’était bien de poser ses beaux yeux sur le visage du premier homme qu’elle avait tenu dans ses bras. C’était le cas, Ulrik Stark lui avait été fourré dans les bras juste quelques secondes après sa naissance, sous ses yeux médusés, encore parsemé de sang séché et autres substances que la jeune femme n’avait pas voulut identifier à l’époque. Elle n’avait alors que trois ans, mais l’on pouvait dire que l’image lui restait gravé, on pouvait dire que le jeune homme était en partie responsable de sa répulsion pour les bébés qu’elle entretenait depuis de longues années – depuis l’incident en fait, comme elle appelait ça – . Ses yeux se plissèrent légèrement alors, maintenant qu’elle venait de reconnaître le jeune homme, mois âgé qu’elle, et elle afficha une expression amusée, et à la fois provocatrice, dans le sens du défi et non de la séduction entendons-nous, elle était une Mormont et non une Tyrell. La demoiselle posa ses yeux ambrés sur la tenue portée par le jeune homme, et l’histoire comptée quelques années avant lui sauta aussitôt à l’esprit, un jeune héritier qui s’était enfui pour devenir quelqu’un, et qui n’était plus revenu dans le Nord depuis, ou du moins pas d’après ce qu’elle savait. Son expression s’accentua encore alors qu’elle entrouvrit légèrement la bouche à la manière des Mormont, avec un léger déboîtement de la mâchoire dont elle seule avait le secret, et qui expliquait bien qu’elle était plutôt satisfaite de la tournure des évènements. Alors, après presque une bonne trentaine de seconde de silence, la jeune femme inclina doucement la tête sur le coté, faisant glisser les quelques mèches rebelles du même coté, avant de s’adresser au jeune homme, un sourire de défi planant sur ses lèvres exemptes de tout maquillage.

« Voyez-vous cela ! Un Stark, si je m’étais attendue à me trouver en face du premier homme que j’ai tenu dans mes bras, mai foi, je me serais rendue plus présentable. La demoiselle passa sa main dans ses cheveux à la manière des demoiselles de la cour, mais on voyait bien qu’elle n’était pas sérieuse, et quiconque connaissait la réputation des femmes Mormont le comprendrait. Alysane reprit alors la parole. Ser Ulrik Stark, vous ici ! Enfin, j’ai entendu dire que vous ne vous appeliez plus ainsi, et à ce que je vois, vous avez décidé de garder une épée de la couleur de la neige dans votre pays natal. Elle désigna sa tenue qui montrait clairement qu’il appartenait aux épées blanches. La jeune femme laissa son sourire s’accentuer, avant de prendre une nouvelle fois la parole. Je dois admettre que j’ai du mal à concevoir qu’un loup puisse garder patte blanche de la sorte, et je suis d’autant plus surprise d’apprendre qu’un loup puisse vivre en communauté, avec des brebis qui plus est. »

La demoiselle retomba dans le silence. Elle ne se moquait pas de ser Ulrik, elle était Mormont, pas sotte, jamais une femme de cette famille, même aussi effrontée soit-elle – et les anciens dieux savent à quel point Alysane l’était – ne se permettrait de se moquer d’un Stark, même devenu épée blanche. De toute manière, ce statut lui donnait automatiquement le respect des hommes d’armes comme elle était, et la Mormont n’avait donc logiquement aucun droit de provoquer ser Ulrik. Mais bien sûr, elle restait une femme du Nord, une Mormont par-dessus le marché, il était donc trop dur pour elle se chasser tout trace d’ironie et de provocation de ses paroles. Sa voix traînante à l’accent étrange laissait elle-même percer une certaine excitation à l’idée de pouvoir parler à une personne de son pays. Voilà seulement 4 mois qu’elle avait quitté le Nord, mais il lui manquait déjà sous certains points, bien qu’elle ne regrettait pas sa décision, soyons clairs. La demoiselle avait posé l’arme sur la devanture, elle avait donc les deux mains libres, et elle croisa avec lenteur ses deux bras sur sa poitrine recouverte d’une tunique typiquement Mormont. Sa hache légère était attachée à sa hanche, et l’autre, celle de combat, était solidement attachée de l’autre coté, de manière à qu’elle ne puisse pas bouger lorsque la jeune femme marchait. Sa tenue entière représentait le caractère survolté et provocateur de la propriétaire, mais ses yeux pétillants montraient davantage. Elle regardait le loup devant elle avec un intérêt certain, une discussion qui était juste engagée mais qui semblait avoir éveillé l’intérêt de l’ourse qui sommeillait en elle. A tord, les Mormont étaient des fois jugés comme des simplets, mais quiconque connaissait la demoiselle savait que c’était tord. De toute manière, les Stark connaissaient les qualités certaines de la famille des Ours, ce n’était pas pour rien qu’ils étaient invités à Winterfell à plusieurs reprises. Les Mormont étaient les plus fidèles vassaux des Stark depuis des générations, et cela continuerait. S’il ne tenait qu’à elle, Alysane aurait salué ser Ulrik à la manière du Nord, mais son nouveau titre la retenait. La jeune femme plongea alors à nouveau ses yeux couleur d’ambre dans les yeux du Stark alors qu’elle redressait la tête, puis elle reprit la parole de sa voix traînante.

« Ser Ulrik, que me vaut donc l’honneur de pouvoir échanger des mots avec vous ? Le Nord n’a plus de nouvelles de vous depuis quelques temps à présent, j’entends souvent mon père prononcer votre nom. Je dois me sentir honorée que vous vous soyez arrêté dans la rue pour vous adresser à un simple homme d’armes comme moi, vous, une blanche épée…. »

Le terme qui faisait sourire la demoiselle, elle ne se moquait pas du titre bien sûr, la jeune femme n’était pas stupide encore une fois, mais c’était plutôt l’idée de voir un Stark pouvoir garder les crocs blancs, surtout un Stark nommé Ulrik, au caractère certainement encore plus hostile que le sien. Néanmoins elle ne plaisantait pas, la jeune femme était sincèrement surprise de constater qu’il s’était arrêté pour lui parler, Alysane s’était plutôt attendue à ce qu’il passe à coté d’elle sans même lui décrocher un regard, ou alors juste un coup d’œil. Peut-être que le Nord manquait au loup – blanc désormais – et elle laissa une expression tout aussi étrange se répandre sur ses traits alors qu’elle penchait à nouveau la tête de coté, et elle reprit la parole, faisant bouger ses doigts gauches, sur son biceps droit, les bras toujours croisés.

« Le Nord manquerait-il au louveteau devenu loup ? Une Ourse pourrait comprendre ça, surtout lorsqu’elle a connu le louveteau dans la neige. »
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Message Dim 27 Déc 2009 - 22:46

Ulrik observa avec amusement l'air énervé et lassé de la jeune femme, mais se rendit compte qu'il avait sous-estimé la portée de la hache qu'elle tenait à la ceinture, aussi recula-t-il discrètement d'un pas supplémentaire. Ce n'était pas en étant suicidaire qu'il avait survécu à tant de batailles.

*Et imagine l'épitaphe : Epée Blanche, Sauveur de Dareon, Loup Sanglant, Tué par une Mormont suite à une blague pourrie. A éviter, sincèrement... *

Mais, alors que leurs regards se croisèrent, l'étonnement le saisit. Ces yeux ambrés, cette forme du visage... et même l'âge correspondait... Non, c'était impossible. Déjà qu'il n'y avait presque aucune chance qu'il ne croise une Ourse ici, mais croiser celle là en particulier. Il devait vraiment se tromper. Sauf qu'elle aussi l'avait reconnu, c'était visible. Le moindre geste qu'elle esquissait prouvait qu'elle savait avoir à faire à quelqu'un d'autre qu'à un courtisan de bas étage (et un courtisan stupide, pour essayer d'aborder une Mormont de cette façon). Le temps qu'elle se retourne, il avait lui-même réussi à dissimuler sa surprise derrière un masque d'amusement à moitié feint. Oui, c'était amusant, de voir quelqu'un de prêt à vous tuer se changer en quelqu'un d'aussi étonné... Même si le mouvement de la peau d'ourse lui rappelait qu'il avait face à lui une guerrière, Ulrik vit surtout une jeune femme qui semblait oublier ce qu'elle savait, submergée par la surprise. Le petit « Oh! » qu'elle lâcha manqua de le faire éclater de rire, mais il savait se contenir. Il lui avait fallu du temps pour apprendre à dissimuler ses émotions, mais c'était devenu une habitude aussi vitale que de savoir tenir une épée. Davantage, même... Aussi son sourire sarcastique ne lui lâcha pas le visage, et sa main gauche s'éloigna tranquillement du fourreau qu'il tenait à la ceinture, pour rejoindre son coude droit. Les bras croisés, il sut exactement le cheminent que faisait l'esprit de la demoiselle, car le sien suivait exactement le même. Elle se rappelait de leur première rencontre, peu appréciée par la Mormont, « souvenir » amusant pour le Stark. Il ne pouvait pas réellement s'en rappeler, vu qu'à moins d'une minute de vie, la mémoire n'est pas très développée, mais les descriptions qu'on lui en avait fait, et une de ses rencontres avec Alysane quelques années plus tard lui avaient permis de se faire une image parfaitement claire de ce à quoi avait du ressembler la scène. Un mestre paniqué, qui ne savait plus quoi faire, et qui déposait le bébé non nettoyé dans les bras d'une fillette de trois ans. Et d'une Mormont, en plus ! Aucun doute que cela avait du marquer la jeune fille à vie... quelque chose qu'Ulrik ne manquerait pas de signaler si la conversation se prolongeait, sans aucun doute.
Lorsque la surprise fut passée, l'expression de la jeune femme se mua en une expression plus digne d'elle. Plus digne d'une Mormont. Mais elle restait malgré tout féminine. Et séduisante, pour autant qu'il pouvait en juger...

*Ulrik, c'est une Mormont. Mormont et séduisante sont censés être antinomiques, tu es au courant de ça ? *

« Voyez-vous cela ! Un Stark, si je m’étais attendue à me trouver en face du premier homme que j’ai tenu dans mes bras, mai foi, je me serais rendue plus présentable. »

* Toute femme respectable est toujours présentable... Mais c'est normal qu'une Mormont ne se sente pas concernée... *

Mais il se garda bien de dire ce genre de choses tout haut... surtout vu la pensée qu'il avait eu juste avant. Pensée qu'il doutait avoir jamais eu auparavant, envers cette femme ou même une autre. Il chassa ces pensées de son esprit. Elles n'avaient rien à y faire, surtout en cet instant. Surtout alors qu'il portait le Blanc Manteau.

« Ser Ulrik Stark, vous ici ! Enfin, j’ai entendu dire que vous ne vous appeliez plus ainsi, et à ce que je vois, vous avez décidé de garder une épée de la couleur de la neige dans votre pays natal. »

Lorsqu'elle pointa dans la direction de sa tenue, Ulrik se demanda pourquoi son regard avait stupidement suivi. Il savait très bien qu'il était en blanc, qu'il portait son armure blanche, et que son fourreau l'était aussi... Stupides réflexes. Réflexes qui pouvaient sauver la vie par moment, en combat, mais qui s'avéraient vraiment ridicules dans la vie de tous les jours...

* Quel clin d'oeil, je suis impressionné...* même le ton de ses pensées était devenu ironique, maintenant...

« Je ne m'appelle plus ainsi, mais c'est pourtant bien moi... Est-ce moi, ou vous êtes surprise de me trouver ici ? »

« Je dois admettre que j’ai du mal à concevoir qu’un loup puisse garder patte blanche de la sorte, et je suis d’autant plus surprise d’apprendre qu’un loup puisse vivre en communauté, avec des brebis qui plus est. »

Sa langue était acérée, autant que l'était sa hache... Une vraie femme du Nord. Pas comme ces lèches-bottes à la cour « Oh que votre armure est seyante, oh que vous combattez bien, oh que vous êtes musclés, oh que vous êtes braves » et autres stupidités dans ce genre. Il était las de tout ça, et converser avec Alysane lui plaisait déjà... La posture qu'elle adopta immédiatement après était presque une copie conforme de celle dans laquelle il se trouvait lui-même. Elle dévoilait ainsi un équipement de très bonne facture, qu'Ulrik n'avait pas pu aussi bien observer auparavant.
Pensant qu'il allait avoir quelques secondes pour répliquer quelque chose, Ulrik s'aperçut qu'il se trompait, puisqu'elle reprit immédiatement la parole :

« Ser Ulrik, que me vaut donc l’honneur de pouvoir échanger des mots avec vous ? Le Nord n’a plus de nouvelles de vous depuis quelques temps à présent, j’entends souvent mon père prononcer votre nom. Je dois me sentir honorée que vous vous soyez arrêté dans la rue pour vous adresser à un simple homme d’armes comme moi, vous, une blanche épée…. »

*Un homme ? Un homme ? … Plutôt séduisante, pour un homme... Mais c'est vrai qu'elle est plus masculine que la plupart des péquenots parfumés que je me trimballe ici...*

« Votre père parle de moi ? Il doit être partagé entre la fierté de m'avoir donné sauvé, et la stupidité de l'avoir fait, vu ce qui se disait déjà de moi à mon départ... Quant à mon statut, oubliez-le un peu... Ce n'est pas une jolie cape blanche qui va faire oublier à un loup qui il est en réalité... Sachez que je ne suis pas homme à refuser une conversation avec une de mes anciennes compatriotes, juste parce que je suis censé être un Garde Royal... »

Un sourire apparut sur les lèvres de la jeune femme. Ulrik abandonna le sarcasme du sien, et il sentit que même son propre regard commençait à être amusé. Oui, un Stark pouvait être amusé. Les Stark n'avaient aucun humour... encore quelque chose sur quoi Ulrik était grandement différent des autres. L'ironie était son arme, au même titre que Croc et Givre, et il se demandait comment les Stark de Winterfell pouvaient faire pour diriger le Nord sans savoir manier un minimum d'humour... Au moins, toutes les familles nordiennes n'étaient pas comme la famille régente, sinon le temps n'aurait pas été la seule raison pour le quitter...
Et puis, s'il n'avait pas voulu subir un minimum de traits d'esprit, il n'aurait pas abordé une Mormont. Il y avait assez de Tyrell, Florent, Baratheon et autres femmes de ce genre autour du Roi pour les discussions ennuyeuses de faux-jetons. Ici au moins, la franchise était de vigueur, et son esprit commençait à se réveiller.

« Le Nord manquerait-il au louveteau devenu loup ? Une Ourse pourrait comprendre ça, surtout lorsqu’elle a connu le louveteau dans la neige. »

Et qu'allait-il répondre à ça, maintenant ? Pourquoi lui avait-il adressé la parole à la base ? Le Nord ne lui manquait pas plus que ça, maintenant qu'il y réfléchissait... Alors il fallait bien trouver une réponse cohérente et plausible...

« Le Nord ne me manque pas. Mais ses habitants oui. Les brebis, comme vous les appelez, sont aussi doux que des lapins, lorsqu'on les met face à un loup... Je ne vous donne pas deux jours avant d'avoir envie de fracasser le crâne de tous ces abrutis de la Cour, alors imaginez que je suis là depuis que j'ai huit ans... Mes crocs ont failli se refermer sur eux à plus d'une reprise... »

Huit ans. Huit ans. Il avait passé largement plus de la moitié de sa vie à fréquenter la Cour, la noblesse de Port-Réal, la Garde Royale, le Conseil Restreint... et pourtant il ne se sentait bien que maintenant, face à cette nordienne, alors qu'ils n'avaient échangé que quelques mots complètement anodins... Avait-il fait une erreur en quittant Winterfell ? Sa main se crispa sur son bras, touchant légèrement le tissu blanc qui le recouvrait. Ce tissu qui représentait son rang. Représentait tout ce qu'il avait fait jusqu'à présent. Et pendant quelques secondes, son doute disparut... jusqu'à ce que les visages de ses frères jurés apparaissent devant ses yeux. Que le corbeau qu'ils lui avaient fait avaler se matérialise dans son esprit. Que le fait qu'ils aient des vraies missions pendant qu'il devait se contenter de faire le garçon de course ne lui revienne à l'esprit. Peut-être qu'il regrettait, en fait. Sa jeunesse passée à rêver d'être un héros de conte avait simplement fait de lui un abruti vêtu de blanc, qui n'était même pas considéré comme un égal par ses pairs. Même le dernier à avoir rejoint les Epées Blanches le traitait comme le dernier des moins que rien, alors qu'il était son aîné au sein de l'ordre...

*Prend l'aspect positif des choses : s'ils t'avaient envoyé surveiller le Roi, ou aider la Main, tu ne serais pas là en train de parler avec Alysane...*

« Mais je me pose personnellement deux questions... Qu'est-ce qu'une Ourse fait si loin de son territoire, et comment se fait-il qu'elle n'ait pas au moins une fois tenter de me tuer, ou de me saluer ? »

Il avait déjà une idée sur la première question : Alysane était une femme Mormont. Elle était faite pour vivre en liberté, pas enfermée dans un château, aussi beau et sympathique soit-il. Quant à la deuxième... ça il s'interrogea. Le fait qu'il soit « le premier homme qu'elle ait pris dans ses bras » ? Peu crédible. Qu'il soit le dernier né des Stark ? Encore pire. Alors... leur longue et intense amitié qui avait duré environ trente secondes tout au long de leur vie ? Ouais, ça devait être ça... Ou plutôt le magnifique manteau blanc qu'il portait sur ses épaules. Ça ne l'aiderait pas vraiment, d'exécuter une Épée Blanche en pleine rue...
Il s'aperçut que, pendant qu'elle avait parlé, il s'était lui-même légèrement rapproché. A portée de hache. Un pari assez... dangereux à faire. Mais le fait qu'elle ait un arc dans le dos le rassura quelque peu : s'il était loin, il pouvait se faire tuer aussi, alors autant ne pas être à deux kilomètres... Non, il n'avait pas une confiance aveugle dans la probabilité que son manteau et son statut retienne Alysane de faire... quoi que ce soit. De peu sympathique.
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Message Lun 28 Déc 2009 - 14:07

Ser Ulrik avait demandé en quoi le père de la jeune Mormont parlait de lui. S’il était partagé entre la fierté de lui avoir sauvé la vie, ou la stupidité d’un tel acte. Il connaissait bien mal le père de la jeune femme, si l’épée blanche s’imaginait qu’un Mormont puisse regretter d’avoir sauvé la vie d’un enfant. Un sourire étrange se dessina sur les belles lèvres de la jeune femme, elle ne répondit rien sur le coup, attendant la suite des réponses à ses questions. Alysane lui avait demandé si le Nord lui manquait, usant de quelques questions imagées pour alléger le poids de sa question. Le jeune loup garda quelques instants de silence, puis il répondit finalement alors que les beaux yeux ambrés de la demoiselle se posaient sur le visage de son interlocuteur, le scrutant comme si elle attendait la réponse du siècle. Ser Ulrik répondit que le Nord ne lui manquait pas, mais ses habitants si. Le beau sourire de la jeune guerrière s’élargit sur ses lèvres alors qu’elle gardait un regard de défi, toujours plongé dans celui du loup. Elle aimait bien la tournure des évènements, faire avouer à un Stark qu’il ressentait un manque, c’était quelque chose de particulièrement délectable pour une Mormont qui découvrait le monde. L’épée blanche continua en disant que les brebis étaient aussi douces que des lapins lorsqu’on les mettait face à un loup, ajoutant qu’il ne lui donnait pas deux jours avant de vouloir fracasser un des abrutis de la cour. Elle ne pouvait le nier, Alysane avait déjà une patience moindre que ses sœurs, mais lorsqu’il s’agissait de ce genre de personnes, à savoir des nobles, c’était encore pire. La Mormont était satisfaite du fait que les nobles évitaient généralement la demeure des Mormont, contrairement à sa sœur Meera qui était sous le charme du moindre noble qui pointait le bout de son nez. Ser Ulrik expliqua qu’il avait plus d’une fois rêvé de refermer ses crocs sur eux, depuis qu’il vivait là, ce qui remontait à un bon nombre d’années. Elle ne pouvait que comprendre la vision de choses du jeune combattant, et elle laissa un léger rire passer la barrière de ses lèvres, un rire plutôt étrange, qui semblait ne pas voir le jour bien souvent.

Le silence retomba, la demoiselle choisit de rester une nouvelle fois silencieuse, son sourire flottant toujours sur ses lèvres bien dessinées. Elle devait peut-être avoir l’air sotte à l’observer ainsi de la sorte en silence, comme si elle ne comprenait rien à ce qu’il lui demandait. Mais la Mormont préférait tout de même attendre la fin de ses répliques avant qu’elle ne prenne la peine de répondre. Observant le regard de son interlocuteur, l’homme d’armes laissa son regard descendre légèrement pour observer son visage, typiquement Stark, avec une expression légèrement différente tout de même. Peut-être tout simplement le fait de vivre dans un tel endroit pendant tant d’années ? Il avait…. Un visage agréable, tout comme Jorah, son frère bâtard, une simple comparaison mais qui fit constater à la jeune femme, qu’en effet, Ulrik devait avoir du succès auprès des dames de la cour. Bien que son nouvel habit lui interdisait de prendre femme, ce qui devait rendre la chose encore plus intéressante pour certaines femmes de la cour. La demoiselle détourna un moment le regard pour parcourir les environs de ses yeux ambrés, puis elle reporta son attention sur le Ser devant elle avant de répondre d’un ton qui se voulait toujours aussi taquin, mais malgré tout respectueux.

« En réponse à votre première question, Ser Ulrik, je dirais que pour un Stark, même devenu épée blanche, vous ne connaissez guère les Mormont. Mon père, un regret ? Je ne crois pas que ce mot puisse faire parti de son vocabulaire. Vous n’étiez qu’un enfant, même un fratricide comme certains le disent, mon père a agit pour éviter à un homme qu’il respectait, votre père, de perdre deux enfants en une nuit. Si c’était à refaire, il le referait. Ma famille est la plus fidèle des vassales de votre maison, et vous savez aussi bien que moi, qu’il serait prêt à n’importe quoi pour un membre de votre famille. Même un loup devenu blanc. Et je suis ravie de constater que la blancheur de votre cape n’a guère rendu vos yeux aveugles, comme les louveteaux qui viennent de naître. »

Alysane retomba dans le silence, son sourire légèrement moqueur et toujours aussi effronté, toujours présent sur ses lèvres. Elle était réellement intéressée par le tournant que prenait la conversation, mais même si elle était une Mormont, femme connue pour sa rapidité à agir et son manque de sang-froid sous certains angles, elle prenait le temps de réfléchir. La jeune femme parcourut l’habit de Ser Ulrik de son regard pétillant, elle voyait une blanche épée en vrai pour la première fois, depuis son arrivée ici, elle ne voyait que des choses nouvelles. Meera prenait bien son temps pour lui conter quelques récits sur des beaux chevaliers lorsqu’elles étaient encore toutes à la demeure familiale, mais l’esprit, aussi entraîné soit-il, de l’aînée, ne parvenait pas à imaginer à sa juste valeur, la magnificence que dégageait cette tenue. Alysane se mordit la lèvre inférieure avant de reporter son attention sur le visage du jeune homme, il était moins âgé qu’elle, encore une fois, et pourtant elle avait du mal à imaginer qu’il puisse être plus expérimenté qu’elle sur la vie loin du Nord. L’homme d’armes inspira doucement avant de reprendre la parole.

« Les habitants des plaines gelées vous manquent ser Ulrik ? Je suis assez étonnée je dois vous dire, mais ravie, j’espère que vous n’oubliez pas que la rigueur du Nord est souvent bien meilleure que la tendresse des gens du Sud, enfin, de cette ville. Je vous crois aisément lorsque vous me dites que je serais tentée de fracasser la tête des gens de cette ville, et je dois dire que vous êtes bien imprudent de vous adresser de la sorte à une Mormont. Vous auriez bien pus être la première de mes victimes vous savez. »

Le sourire de la jeune femme se transforma en une expression déterminée, et elle décroisa ses bras avant de glisser sa main droite vers la hache qu’elle chérissait depuis longtemps, la caressant doucement avant de la tapoter du plat de sa main. On aurait dit qu’elle flattait le flanc d’un animal, décidément, la manière d’agir des femmes Mormont était plutôt étrange. Alysane avait redressé la tête au début de la conversation, et elle changea légèrement de position pour prendre appuis sur sa jambe gauche, avant de glisser sa main libre entre la corde de son arc et sa poitrine, puis elle afficha une expression pleine de défi avant de reprendre la parole une nouvelle fois.

« Je vous trouve plein d’humour ser Ulrik, le sang des Stark se serait-il adoucit dans vos veines ? A moins que la réputation de votre famille ne soit plus d’actualité dans un endroit aussi chaud que Port-Réal ? Je me dois de vous répondre néanmoins, une Ourse aussi loin de son territoire, c’est surprenant, mais je tiens aussi à découvrir le monde vous savez, quelle meilleure option pour une combattante comme moi que de parcourir le monde ? Et pour vous tuer, détrompez-vous, j’ai bien été tenté de le faire lorsque je vous ai pris pour un prétendant suicidaire, mais je me suis retenue lorsque j’ai reconnu votre regard. Je n’allais pas tuer un des membres de la famille suzeraine de mon pays non ? Quant au salut…. J’ignore si le salut du Nord pourrait coller à votre présente apparence. Sans compter que je ne veux pas pour attirer d’ennuis en agissant avec vous comme si vous étiez encore mon suzerain. »

Les yeux de la jeune femme quittèrent le visage si attrayant du jeune combattant devant elle, avant de tourner vers le chemin qui se trouvait juste à coté d’eux. Quelques gardes attablés à la terrasse voisine semblaient jeter des regards sur eux deux. Que s’imaginaient-ils ? Alysane s’en moquait complètement, mais c’était fort possible qu’ils puissent penser que l’épée blanche en train de bavarder avec la barbare du Nord soit quelqu’un de moindre qualité que les autres, pour perdre son temps avec une femme comme elle. La jeune femme soupira doucement, elle inclina la tête sur le coté avant de reporter son attention sur ser Ulrik, souriant d’un air moqueur, la mâchoire toujours entrouverte avec son expression si naturelle pour elle. Son père savait ce que cette expression signifiait lorsqu’elle l’arborait, qu’elle avait une idée derrière la tête, et de la malice plein les yeux ! La demoiselle resta un moment silencieuse, des mouvements lents, comme ceux d’une Ourse, puis elle porta son regard vers la main gantée de blanc du jeune homme, et son expression se transforma en un amusement certain avant de rire toujours aussi étrangement, et elle reprit la parole, les yeux pétillant de défi, sa voix cette fois-ci, franchement plus provocante que depuis le début de la conversation, mais d’un ton toujours de défi et mon charmeur, très logique pour une Mormont en même temps.

« Voyez-vous cela ! Ser Ulrik ! Vous avez peur d’un Mormont ? ! Et d’une femme qui plus est ? ! Votre épée vous sera-t-elle d’une quelconque utilité face à ma hache ? Vous n’êtes pas sot, vous savez bien que les Mormont, même les femmes, sont réputés pour être des combattants hors pairs. Alors, craignez-vous que je m’attaque à vous au milieu de la rue ? Une Ourse face à un Loup, qui sortirait vainqueur selon vous ? »
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Message Lun 28 Déc 2009 - 17:31

Lorsqu'Alysane lui parla de la fidélité de son père envers les Stark, Ulrik se retint de répliquer. Il connaissait la loyauté des Mormont envers sa famille. Son ancienne famille. Il regrettait seulement qu'une simple boutade ait aussi mal tourné. Il s'en excuserait. Mais il aurait toujours le temps pour cela plus tard... Il nota qu'il n'avait jamais eu l'occasion de remercier le Lord Mormont de l'avoir sauvé, alors qu'il venait de naître. Il aurait pu le faire, une fois, environ six ans plus tôt... Mais les circonstances ne s'y prêtaient pas. Vraiment pas.
Le comportement d'Alysane était intéressant à observer : elle semblait ne pas pouvoir tenir en place, tant l'étonnement et le dépaysement qu'elle ressentait étaient grands. Il nota même qu'entre deux de ses répliques, elle eut le temps de le dévisager d'une façon qu'il trouva... presque étrange, surtout pour une Mormont. Mais il se garda bien de le signaler d'une manière ou d'une autre... Et puis, il n'avait aucune raison de s'en plaindre, même s'il se demandait ce qui se cachait derrière cela.
Lorsqu'elle lui signala qu'il avait failli être sa première victime, le sarcasme revint à ses lèvres. Exactement ce qu'il avait prévu. Dire à une Mormont que sa vision ne déplaisait point était à peu près aussi suicidaire que de dire au propriétaire d'un dragon que sa créature avait mauvaise haleine... Ce n'était pas pour rien qu'il était resté hors de portée, après tout... Avec un peu de chances, le reste de la conversation serait aussi amusant que cela. Et son instinct de Loup lui dit qu'il le serait...
Lorsqu'elle passa en revue ses armes, Ulrik se demanda quel était le sens exact qu'il devrait prendre à cela : qu'elle n'aurait pas hésité à l'exécuter, qu'elle s'ennuyait un peu, ou quelque chose de totalement différent, et sur lequel il n'avait pas réellement envie de réfléchir ? Il pencha pour la première ou dernière solution, les plus crédibles au vu de la situation.
Il écouta encore une fois la suite de la réplique, sans sourciller, à part lorsque le regard ambré de la jeune femme se tourna vers les gardes en permission qui se trouvaient à côté. Elle s'interrogeait à leur sujet, c'était visible. Quelqu'un qui n'aurait pas eu la « chance » de fréquenter et le Nord et la Cour ne s'en serait pas rendu compte, mais Ulrik, lui, le savait. Par contre ce qu'elle se demandait, il ne pouvait qu'essayer de le deviner. Connaissant un minimum de sa personnalité, il aurait pensé qu'elle se demandait plutôt ce qu'ils pensaient de la scène, de l'Epée Blanche qui parlait à la femme du Nord. Ulrik lui-même se posait des questions : qu'iraient-ils raconter au Lord Commandant, ceux-là ? Que Ulrik avait été vu avec une barbare du Nord, sans doute dans le but d'assassiner le Roi ? Ou bien qu'il avait failli à sa tâche en servant de guide touristique ? Peut-être même qu'ils ne diraient rien... mais qu'ils n'en pensaient pas moins. Ulrik nota qu'il faudrait s'attendre à quelques problèmes en rentrant. On n'était jamais assez prudent, avec ces imbéciles de Port-Réal... Surtout ceux qui espéraient obtenir une promotion.
La déclaration qui surprit le plus le Loup Sanglant, fut lorsqu'Alysane dit qu'elle s'imaginait qu'elle lui aurait attiré des ennuis, si elle l'avait salué... Au contraire, rappeler un bon coup qu'il n'était pas qu'un pauvre larbin lui aurait surtout été utile. Peut-être plus utile pour l'égo qu'autre chose, soit dit en passant... Mais il ne donna pas son avis sur la question. Il n'y avait aucun intérêt à cela, après tout. Le salut avait lieu au début des conversations, pas alors que celle-ci était déjà bien engagée. Il se demanda même pourquoi il en avait parlé.
Il découvrit qu'il avait eu raison sur ce qui poussait la jeune Ourse à venir à Port-Réal : un attrait pour l'aventure et le combat. Elle aurait mieux été servie en restant dans le Nord, mais qui était-il pour juger, lui un imbécile qui avait fui de chez lui à huit ans pour devenir le héros d'un conte pour enfants ? Ses rêves avaient été réduits à néant, mais détruire ceux de la jeune femme qui se trouvait face à lui n'était pas une tâche qui donnait vraiment envie au Jeune Loup.
Il fut par contre « rassuré » que l'hypothèse du meurtre ait été écartée, bien qu'il n'ait pas vraiment eu de doutes sur le sujet. Aussi il éloigna légèrement sa main de son fourreau, geste qui n'échappa pas à la cynique jeune femme qui se trouvait en face de lui.
Il resta de marbre pendant toute la réplique, attendant qu'elle en vienne à son point culminant. La politesse élémentaire, voyons... Il était par contre amusant de l'entendre jouer ainsi sur son côté féminin. Comme si Ulrik avait pu oublier à ce point le Nord. Même le premier des abrutis de la Cour savait que les Mormont étaient une famille qui jugeait l'entraînement de ses femmes aussi nécessaire que celui de ses hommes. Certes, les abrutis pré-cités croyaient aussi que les Mormont n'étaient que des barbares sans cervelle, mais ils avaient aussi tendance à croire que tous les Stark se reproduisaient avec des loups, et que les Tully se transformaient en poisson lorsqu'on les jetait dans l'eau. On ne peut pas avoir tort à tous les coups... Mais elle semblait avoir une très mauvaise impression des capacités au combat du Loup, alors qu'elle tenait très haut son propre maniement de la hache. Ulrik ne la sous-estimait pas pour autant. Craindre un combat avec une femme de cette famille était aussi logique que le craindre avec un homme. C'était la seule famille dans ce cas, mais c'était déjà bien suffisant à son goût...
Lorsque la déclaration de Alysane fut terminée, il resta quelques instants silencieux, se retenant de dire quoi que ce soit... Avant d'éclater d'un rire profond, qui aurait sans aucun doute mieux convenu à un Omble qu'à un Stark. C'était un rire franc, spontané, comme il en existait peu dans cette ville... Puis son silence s'interrompit et fut interrompu par le glissement d'une lame qu'on sortait de son fourreau. En un éclair, Croc se trouvait sous la gorge de la Mormont. Un sourire était apparu sur les lèvres d'Ulrik.

« Comme vous l'avez si bien remarqué, je ne suis plus vraiment l'archétype du Stark, commença-t-il. Je ne suis pas sûr qu'un combat entre l'Ourse du Nord et le Loup Sanglant ait une issue si certaine que vous l'imaginez... »

Dans un mouvement plus lent, il recula son arme et la remit au fourreau. Le beau fourreau blanc qu'on apercevait à peine sur le reste de sa tenue. Ce fourreau qu'il avait obtenu en même temps que l'arme, une vie auparavant, lorsque Dareon le Bon était encore vivant. Lorsque les Epées Blanches étaient encore quelque chose... Pas ce ramassis de bon à rien qui avaient oublié jusqu'à la texture du sang.
Il reprit un visage sérieux, et déclara simplement :

« Mais loin de moi l'idée de douter de vos capacités. Que vous soyez une femme ou non n'a pas grande importance dans cette situation. Tout combat nous opposant aurait une issue désagréable, ça j'en suis sûr... »

Puis son sourire revint.

« Mais je suis sûr que nous n'aurons pas à en arriver à de telles extrémités, n'est-ce-pas ? »

Rien n'était moins sûr, vu le caractère explosif des deux protagonistes, mais Ulrik avait toujours eu un petit côté optimiste, qu'il aimait entretenir... Ou pas.
Mais Ulrik se rendit compte qu'une foule commençait à s'agglutiner autour d'eux. Des curieux comme on en trouvait dès que quelque chose d'autre que deux nobles qui discutent se passait : des hommes et des femmes de tout rang, des gamins accrochés aux jupes de leurs mères ou de leurs nourrices, quelques mendiants qui espéraient obtenir quelques piécettes de la part de l'Epée Blanche, avant de reconnaître son apparence distinctive et de reculer au même niveau que les autres...

*Sortir ton arme n'a pas du aider, Ulrik. La plupart d'entre eux se disent qu'il y a un problème, et qu'ils sont là pour te soutenir. Ou, plus précisément, la plupart d'entre eux sont prêts à se jeter sur Alysane, et que tu leur as simplement fourni un prétexte. Un jour, tu réfléchiras avec ton cerveau, et pas avec tes crocs...*

Alors qu'elle s'apprêtait à ajouter quelque chose, il intervint :

« Loin de moi l'idée d'être impoli et de couper une damoiselle, mais je pense que nous éloigner d'ici serait une bonne idée. Si vous approuvez, bien entendu. Je vous laisse choisir la destination... vu que vous devez vouloir visiter un peu la ville. »

C'était une Mormont, pas une imbécile. Malgré le ton sarcastique qu'il avait employé, elle sentirait la vérité sous ses mots, et accepterait l'idée de partir. Dans le cas contraire, les anciens dieux s'occuperaient de faire ce qui devrait être fait... et il espérait que deux nordiens les auraient de leur côté, parce que Epée Blanche ou pas, si la foule devenait hostile envers elle, il n'aurait pas d'autre choix de d'intervenir...
Au moins, ils pourraient comparer leur maniement des armes, même si les adversaires ne présenteraient que peu de défi...
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Message Mar 29 Déc 2009 - 14:30

Après les paroles de la demoiselle Mormont, seul un bruit familier à ses oreilles lui répondit. La jeune femme s’apprêta à reculer et porta sa main vers la hache qui pesait à son flanc, mais trop lentement malheureusement, car rapidement, Alysane sentit la fraîcheur de l’acier contre sa gorge. Ses yeux s’ouvrirent sous le coup de la surprise, et la jeune femme manqua de riposter en sentant la poignée familière de sa hache sous ses doigts fins, mais elle se retint. C’était une épée blanche, un membre de la garde royale, elle était un homme d’arme, sans compter qu’il faisait partit de la famille suzeraine à la sienne, même s’il ne s’appelait plus officiellement ‘Stark’. Elle se retint donc, laissant glisser sa main sur le coté pour ne plus sentir le manche de son arme, et ne pas être tentée de s’en servir. Un sourire apparut sur les lèvres du jeune homme, encore une fois, signe étrange venant de la part d’un Stark ! Si Alysane s’était attendue à voir un jour un sourire apparaître sur les lèvres de Lord Redwyle Stark, ou d’un de ses proches, en l’occurrence son frère cadet, elle se serait bien damnée pour une telle pensée ! Ser Ulrik expliqua qu’il n’était pas l’archétype du Stark, et qu’il n’était pas certain que l’issu de leur combat soit celui qu’elle pensait. Alysane n’était point sotte, elle savait très bien qu’une blanche épée était un combattant hors pair, et même si ser Ulrik avait quitté Winterfell très jeune, et par conséquent qu’il n'avait pas été dispensé des cours de leur maître d’armes, il devait néanmoins avoir de très bonnes capacités de combat, de part sa naissance. La jeune femme savait se battre, mais elle n’avait combattu que des mannequins de paille ou son frère bâtard, et quelques autres combattants Mormont, mais jamais de véritable combat. Contrairement au Stark qui devait déjà avoir été opposé à de véritables adversaires, c’était un grand avantage qu’il avait à son égard, et elle n’aurait jamais imaginé le battre sans problèmes. Impulsive mais non stupide, la Mormont ne sous-estimait jamais ses adversaires, ou les gens avec qui elle parlait tout simplement. Ainsi, la jeune femme avait simplement provoqué ouvertement le séduisant jeune homme dans le but de faire un peut monter le ton de la discussion, mais elle n’en pensait rien bien entendu.

Elle observa néanmoins un silence parfait, regardant simplement les yeux gris sombres du jeune combattant, ne désirant pas répondre. La jeune Nordienne se doutait bien qu’il n’allait pas lui trancher la gorge ici, même si impulsif et survolté soit-il, jamais ser Ulrik ne pourrait expliquer à Lord Jeor Mormont qu’il avait tué sa fille de sang froid simplement parce qu’elle avait eut le malheur de lui envoyer une pique de trop. Sans compter que le Nord risquait vraiment d’être vexé de savoir qu’une de ses ressortissantes puisse avoir été tuée dans la rue, devant les yeux de tous les monde. Néanmoins, le chemin sembla se faire doucement dans l’esprit de son ‘adversaire’ du moment car il recula doucement son arme avant de la glisser à nouveau dans son fourreau, accompagné de son bruit si familier, le même que celui que faisait Jorah lorsqu’il rangeait son épée. Ser Ulrik reprit un visage calme d’apparence, puis il déclara très simplement qu’il ne doutait pas des capacités de la Mormont, et que le fait qu’elle soit une femme ne changeait rien, puis il termina en disant qu’il doutait qu’un combat puisse finir sur quelque chose d’agréable. C’était le même avis que celui de la jeune demoiselle, seulement, elle ne désirait pas vérifier cela, du moins pas pour le moment. Visiblement, le ser n’avait pas oublié que les femmes du Nord étaient réputées pour être d’aussi bonnes combattantes que les hommes, surtout les femmes Mormont ! Ses sœurs étaient toutes de bonnes combattantes, moins qu’Alysane, mais elles s’en sortaient plutôt bien, sauf Meera évidemment, qui rêvait plus de trouver un prince charmant que de le combattre. Le sourire du jeune loup revint alors, et il déclara simplement qu’il était sûr qu’il n’y avait aucun besoin qu’ils en arrivent là. C’était certain.

La jeune femme secoua doucement la tête comme pour approuver ce qu’il disait, puis elle remarqua qu’il jetait un regard autour d’eux, et les yeux d’ambre de la demoiselle se posèrent sur la foule qui semblait s’être formée autour d’eux. Visiblement, les gens de la ville n’appréciaient pas trop de voir qu’une ‘barbare’ du Nord ose s’adresser de la sorte à une épée blanche. La jeune femme n’aimait pas le regard que ces gens avaient sur elle visiblement ils n’aimaient pas voir une femme comme elle, oser adresser la parole à un tel homme. Mais à quoi ils s’attendaient ? Les yeux de la demoiselle se durcir alors qu’elle renifla avec mépris, Alysane n’aimait pas voir qu’elle était au centre de l’attention comme ça, et encore moins sentir les regards méprisants posés sur elle, ça lui donnait presque l’impression de sentir des poignards lui rentrer dans la peau, quelque chose de très désagréable. Les yeux foncés de la jeune femme se pointèrent alors sur le visage attrayant de l’épée blanche, un regard lourd de reproches, et elle s’apprêtait à lui répliquer quelque chose de bien sentit, mais ser Ulrik la prit de devant, et il répliqua aussitôt, avant que la demoiselle ne puisse prendre la parole. Il annonça qu’il ne voulait pas être impoli, mais qu’ils devraient s’éloigner d’ici, si du moins la jeune femme approuvait. Il lui laissait le choix de la destination, expliquant qu’elle devait vouloir visiter la ville, et Alysane fut un instant tentée de l’envoyer bouler. Il avait agi stupidement, menacer une Mormont était chose amusante pour un loup, très certainement, mais la demoiselle n’avait pas apprécié d’être dans une telle position sans pouvoir bouger, et surtout, elle n’avait à aucun moment tenté de faire de même à son encontre. C’était un affront qu’elle aurait du mal à pardonner, mais pour le moment, la jeune femme n’avait malheureusement pas le temps. Ils étaient beaucoup trop hostiles à son encontre, pour que la jeune femme puisse prendre le risque de refuser l’aide, et la main tendue du jeune homme, même si cette main était gantée de blanc. La jeune femme soupira doucement, puis elle pencha légèrement la tête, ôtant sa main de l’arme qui se trouvait encore assez proche, puis elle répondit, sans pour autant prendre un visage ou un ton amical.

« En effet, je ne suis pas une troubadour de passage, je n’aime pas spécialement me donner en spectacle devant une foule qui m’est aussi hostile que ça. »

Elle décrocha un nouveau regard tendu et hostile à l’encontre du jeune Stark, puis elle détourna la tête pour s’avancer vers la foule et les obliger à se pousser. Alysane était agacée, et le regard assassin qu’elle planta dans celui du pauvre paysan qui lui bloquait la sortie, suffit à le faire s’écarter, et la demoiselle s’engouffra dans la petite brèche qui s’était faite, pour finalement déboucher dans la rue presque déserte à présent. La Mormont ne s’inquiéta pas de voir si l’épée blanche la suivait, elle était trop vexée pour pouvoir s’occuper de lui. Mais d’un autre coté, la jeune Nordienne comprenait sa réaction, elle l’avait provoqué, mais lui n’avait pas réfléchit pour autant ! Il avait agi comme un enfant, et elle avait failli se mettre la ville à dos, quelques dizaines de minutes seulement après son arrivée à Port Réal. L’homme d’arme parcourut les environs du regard, puis elle aperçut une petite rue qui s’en allait divers Culpucier, juste à une dizaine de mètres de là. Rien de bien intéressant, mais si elle tenait à se faire oublier quelques temps, mieux valait s’éloigner non ? La jeune femme n’avait pas encore trouvé d’auberge, peut-être qu’elle pourrait trouver quelque chose d’intéressant du coup ? Alysane se mit alors en marche, d’un pas sûr d’elle, presque masculin, mais avec une grâce féminine qui semblait avoir survécue à des années de combat à la hache. Il suffit de quelques pas pour qu’elle puisse rejoindre la ruelle, et elle ne se fatigua donc pas à se presser. Lorsque la Mormont fut cachée à la vue des gens de la rue, elle soupira d’agacement avant de se retourner pour voir si l’épée blanche l’avait suivie. Elle dut attendre quelques secondes avant que la silhouette du jeune combattant ne se dessine, et elle serra les dents avec agacement, le dardant de ses prunelles sombres, avec un fond de profond dédain. Alysane était remontée, c’était une chose sûre. Elle ne put s’empêcher d’envoyer une pique au jeune ser.

« Le loup se transformerait-il en chèvre ? ! Dans le Nord lorsqu’on menace quelqu’un, on va jusqu’au bout ser Ulrik. Auriez-vous oublié ce détail ? Menacer un Mormont, une femme qui plus est, et la fille de votre sauveur par-dessus le marché ! Vous arrive-t-il de penser, avant d’attaquer ? »

Alysane était réellement vexée, elle détourna le regard sans dire plus de choses, puis elle soupira, réellement agacée, essayant de se calmer, mais sentant bien que plus elle trouvait d’excuses, plus elle s’énervait. La Mormont savait qu’elle avait aussi gaffé, mais cela ne signifiait pas qu’elle était coupable de ce qui venait de se passer ! Des fois, mieux valait la mort que la honte, Alysane ne désirait pas mourir bien sûr, mais elle était tout de même extrêmement vexée et honteuse d’avoir été ainsi humiliée devant une foule, et devant des hommes en armes qui plus est ! Quelle crédibilité lui restait-il désormais ?
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Message Mer 30 Déc 2009 - 0:09

En réponse à la proposition légèrement ironique de Ulrik, le ton de la Mormont avait changé du tout au tout. Elle était plus agressive. Elle était sûr les nerfs, et c'était à cause de lui... La remarque sur le troubadour montrait qu'elle n'était malgré tout pas encore au point de rupture. Pas encore. C'était déjà ça de pris. Mais il en faudrait peu pour que le sang de l'Ours ne prenne le pas sur la contenance qu'elle avait réussi à garder... Le regard qu'elle lui lança était assez clair sur ce sujet. Et il fut plus efficace à chasser toute ironie d'Ulrik que ne l'auraient été des mots bien acérés.
Puis elle se détourna de lui et traversa la foule, servant du même regard à un homme qui tentait de lui barrer la route. L'Epée Blanche tenta de la suivre, mais le trou qu'elle avait fait se referma aussitôt. Le chevalier essaya malgré tout de s'y enfoncer, sans trop user de force, mais un pouilleux lui barra le passage. Un homme de la trentaine, échevelé, avec des dents noires, là où il y en avait encore... Ce n'était vraiment pas le moment pour ça.

« Je commence déjà à être sur les nerfs, l'avertit Ulrik, alors dégage de là. »

Le pouilleux ne bougea pas. Il tendit la main. Il voulait de l'argent pour passer... Il se croyait en suffisamment bonne position pour demander une sorte de droit de péage à une Épée Blanche. Ou bien il croyait que la personne qui se trouvait en face de lui était vraiment stupide. Ulrik lui jeta un regard assassin, mais l'homme ne se décala pas d'un millimètre. La colère qu'Ulrik ressentait envers lui-même, envers ses actions, envers sa stupidité, commençait à ressortir sur le monde extérieur.

« Dernier avertissement... dit-il, passablement plus énervé.
- Et avant quoi, lui répondit le pouilleux, tout sourire ? »

Ulrik souffla, exaspéré, et cracha presque sa réponse :

« Avant ça ! »

Accompagnant ses gestes d'un hurlement bestial, il saisit la chemise de l'homme de ses deux mains, se retourna, et le lança de toutes ses forces dans la devanture du forgeron, brisant les tréteaux qui s'y trouvaient, et écrasant l'homme au milieu des haches, épées, et autres objets tranchants et contondants qui se répandaient maintenant au sol. Il ne se releva pas. N'esquissa pas un geste pour le faire. Ulrik n'essaya même pas de voir si du sang coulait. Il avait autre chose en tête. Alors qu'il s'apprêtait à se remettre dans la bonne direction et à reprendre sa route, une autre voix retentit.

« Ser ! En tant qu'Epée Blanche, vous ne devriez pas faire ça, je vous le dis ! »

Ulrik se retourna pour faire face à celui qui venait de s'adresser à lui de cette façon. Il ne fut guère surpris. C'était un nobliau de bas étage, d'une sous-maison des Lannister, si l'on en jugeait par les armoiries qu'il arborait sur sa chemise richement ornée. Il était à peine plus grand que le pouilleux précédent. Sans doute un peu plus lourd, par contre...

« Ce que j'ai dit pour lui est tout autant valable pour vous. Laissez. Moi. Passer. »

Son ton était désormais aussi glacial que le Mur de son pays d'origine. Le Blanc Manteau savait qu'il avait vexé Alysane, et il voulait régler ça avec elle, pas perdre davantage de temps avec des pauvres nobles en manque de reconnaissance... Chaque seconde perdue ici, était une seconde loin d'elle, et il n'appréciait pas particulièrement... pas uniquement pour la raison qui lui était venue précédemment, d'ailleurs.

« Je trouve, Ser, que votre comportement manque clairement de la noblesse afférente à votre emploi et à votre fonction. Je tiens à vous informer que je compte déposer une plainte auprès du Lord Brynden ! La Main du Roi elle-même ! J'ai le bras long vous savez ! »

Une demi-seconde plus tard, le noble était à terre, après avoir subi de plein fouet un coup du poing ganté de Ulrik. Étant la donné la résistance que peuvent opposer les os du visage à un gantelet de maille, encore plus lancé à pleine puissance par le Loup Sanglant passablement énervé, le noble en fut quitte pour trois jours de coma, un nez brisé, et plusieurs dents déchaussées.

« Moi aussi j'ai le bras long. Littéralement, dit-il en secouant son poing. Et au moins, ça vous fera quelque chose de plus à lui raconter, à la Main... »

Mais, malgré ces deux démonstrations qu'il aurait pensé assez claires, la foule ne s'écarta vraiment que lorsque Ulrik sortit Givre de son fourreau. Cela au moins, serait assez efficace pour faire fuir les curieux. Il aperçut en un éclair la jeune Mormont prendre une ruelle détournée. Il aurait été assez difficile de la manquer, vu sa démarche et sa tenue...
Il s'élança à sa poursuite, non sans lancer quelques regards peu sympathiques aux quelques imbéciles qui étaient toujours là. Dont quelques gardes de la ville, qui ne manqueraient pas d'aller faire leur rapport sous peu.
En courant à la suite d'Alysane, il rangea son arme dans son baudrier. Il s'aperçut se faisant que le sang du noble avait recouvert une partie de son gantelet droit. Il tenta de l'en chasser, mais ne réussit qu'à l'étaler davantage, et sur son autre main aussi. Tant pis, le blanc ne serait plus parfait. Pour une fois...
Il rejoignit rapidement la Mormont... juste à temps pour se faire enguirlander dans les règles. Le ton était violent. Il ne s'était pas trompé, lorsqu'il pensait l'avoir vexée... Il subit les coups portés à son honneur sans problème, puisqu'il savait lui-même avoir atteint celui de la damoiselle. Pendant tout ce qu'elle lui dit, son regard gris resta fixé sur les yeux ambrés, qui avaient perdu tout l'amusement qu'ils présentaient auparavant. Une perte qu'Ulrik ne pouvait que déplorer.
Il nota pendant son « discours » qu'elle gardait l'usage des métaphores animales. Intéressant... Mais elle avait raison sur tous les points, en tous cas. La menacer avait été stupide. La menacer elle plus que n'importe qui d'autre... Quant à la partie concernant son manque de réflexion, l'état des deux hommes dans la rue principale était une réponse assez claire... C'était un trait de caractère qu'on lui avait toujours reproché, et qui n'était pas près de changer... Le Loup Sanglant ne s'appelait pas ainsi parce qu'il était pacifiste et essayait de trouver des solutions réfléchies et ordonnées à chaque situation.
Lorsqu'elle eut terminé, Ulrik soutit encore son regard. Il resta silencieux quelques secondes, mais son regard montrait clairement qu'il n'avait aucune animosité envers la jeune Mormont. Envers la fille de son sauveur, comme elle l'avait si bien signalé. Une fois qu'il fut sûr qu'elle n'avait plus rien à ajouter, il répondit :

« On ne m'appelle pas le Loup Sanglant pour rien. Et malheureusement, je n'ai pas goûté à du sang trop longtemps, et le mien a tendance à ne plus faire qu'un tour, quelle que soit la situation. Donc, pour vous répondre franchement, non je ne réfléchis pas avant de dégainer. »

Il se retint d'ajouter que la réflexion avait coûté la vie à maints chevaliers plus expérimentes que lui, alors que son instinct l'avait sauvé à de très nombreuses reprises. Cela aurait été un peu mal venu. Avant qu'elle ne puisse lui répondre, Ulrik fit quelque chose qu'il n'avait pas fait souvent. Qu'il n'avait fait qu'une fois, pour tout dire, et face à quelqu'un d'un rang largement supérieur à celui de la jeune femme qui se trouvait devant lui.
Il s'inclina. Légèrement, certes, mais il s'inclina. Afin d'accompagner ce geste, il dégaina légèrement Croc, lentement, la tête toujours baissée, afin qu'il ne puisse pas y avoir de méprise sur ce qu'il faisait. Il ne tenait pas à ce qu'elle croit qu'il la menaçait à nouveau.

« J'ai conscience d'avoir agi stupidement, et je m'en excuse. Je n'ai peut-être plus le nom des Stark, mais la notion d'honneur m'est toujours familière, et si j'ai entaché le votre, vous m'en voyez désolé. Loin de moi était l'idée de mal agir à votre encontre, je peux vous le jurer sur ce que vous désirerez. »

Il finit de dégainer son arme et la tendit, poignée en avant, à Alysane Mormont, « l'homme d'armes » qui se trouvait devant lui. Son propre sang coula légèrement sur la lame, là où il l'avait faite passer dans une faille de son armure.

«  Si je puis faire quoi que ce soit pour me racheter, ordonnez, et j'obéirai. Aussi sûrement que si l'ordre me venait de Sa Majesté. »

Son geste venait d'une ancienne tradition, qui venait des Premiers Hommes, si ses souvenirs étaient exacts. Il signifiait que la personne à qui l'on tendait l'épée en avait la possession, et ne la rendrait que lorsque la dette était payée... ou, plus souvent, qu'elle pouvait être passée dans le corps de son ancien propriétaire, afin de racheter la dette en question. Ulrik savait très bien que Alysane n'en viendrait pas à la deuxième solution. Peut-être lui rendrait-elle son arme immédiatement, pour ce qu'il en savait, mais c'était un geste qu'il se sentait obligé de faire. Et il ne le faisait pas à la légère, loin de là...
Il attendit en silence que la Mormont prenne sa décision.
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Message Sam 2 Jan 2010 - 22:58

Alysane était très énervée, décidément, il n’avait pas fallu attendre très longtemps avant que l’esprit du Nord, réputé pour être froid, soit dominé par l’esprit de la femme Mormont, lui réputé pour être aussi facile à vexer que celui des Doriens, refasse surface. La jeune femme toisait le jeune homme qu’elle avait connu il y a de cela plus d’une dizaine d’année, les mains croisées sur sa poitrine recouverte par la tunique de combattante Mormont. Son visage s’était fermé, il était difficile de croire quelle ait pu montrer une quelconque bonne humeur, et une quelconque sympathie à l’égard de l’épée blanche, et pourtant, c’était le cas. Ser Ulrik soutint le regard rude de la jeune femme alors qu’il observait un silence digne de l’animal figurant sur le blason des Tully et la demoiselle fut un moment ébranlée de voir qu’il avait l’air totalement maître de lui-même. Malgré tout, Alysane ne laissa pas son regard s’attendrir devant l’expression neutre du jeune combattant, il ne lui en voulait pas visiblement, mais en même temps, quoi de plus normal ? Est-ce que c’était elle qui avait menacé Ulrik de son épée ? Non. Est-ce que c’était elle qui avait humilié l’épée blanche devant toute la foule ? Non. Il n’aurait donc aucune raison de lui en vouloir, ou ce serait vraiment le comble ! Après une pause de la part de la Mormont, qui montrait clairement qu’elle n’avait plus rien à dire, le garde royal prit alors la parole à son tour, d’un ton qui calma légèrement le caractère contrarié de la demoiselle, qui ne le montra pas pour autant. Ser Ulrik expliqua qu’on ne l’appelait pas ‘le Loup Sanglant’ pour rien, en effet, il devait avoir l’habitude de goûter le sang, et pourtant il ne devait pas en avoir l’occasion ici, c’était plus que compréhensible. Le jeune homme expliqua alors que son sang faisait rapidement le tour lorsqu’une quelconque situation se présentait, puis il termina en disant qu’il n’avait pas réfléchi en effet, avant de dégainer. La demoiselle garda son regard mordoré plongé dans celui de son interlocuteur, sans le laisser s’adoucir, bien que son humeur commençait légèrement à le faire.

Elle comprenait, mieux que personne, l’enfermement que devait ressentir le charmant combattant. Un loup enfermé dans une bergerie, il ne pouvait pas rester tout le temps aimable avec les brebis, il devait obligatoirement mordre de temps en temps. Mais était-ce une raison pour s’en prendre à une Ourse originaire de la même partie du monde que lui ? Certainement pas, la jeune combattante avait du mal à l’imaginer, mais en même temps, elle ne pouvait pas l’obliger à se comporter comme un gentil chien bien dressé alors qu’il était un Loup Sanglant. Le silence s’éternisa ensuite, les deux jeunes gens échangeaient des regards qui en disaient plus longs que de vaines paroles, puis ser Ulrik bougea doucement, attirant le regard ambré de la Mormont sur lui, regard qui s’ouvrit plus grand sous le coup de la surprise lorsque la jeune femme vit le frère cadet de son seigneur actuel s’incliner devant elle. Certes, c’était très léger, rien qui ressemblait aux saluts de la cour, mais la jeune femme resta sans voix devant cette démonstration de…. Respect. Car c’était du respect, et le regard dur de la demoiselle changea légèrement alors qu’elle comprit que le fait qu’il tira Croc légèrement hors de son fourreaux en baissant les yeux, signifiait qu’il ne tenait pas à l’attaquer une nouvelle fois. Le Stark expliqua qu’il avait conscience d’avoir agit stupidement et qu’il s’en excusait, puis il continua en disant que même s’il ne portait plus le nom des Stark, l’honneur était toujours une qualité qui lui restait familière. Le Loup Sanglant présenta ses excuses à l’Ourse contrariée, expliquant qu’il n’avait pas eut l’idée de mal agir à l’encontre de la demoiselle, et qu’il pouvait le juger sur ce qu’elle désirait. La demoiselle pencha légèrement la tête sur le coté alors qu’elle gardait son regard mordoré plongé dans celui de son interlocuteur, bien que celui-ci évitait généralement son regard comme s’il craignait de voir la jeune femme s’énerver à nouveau. Non, c’était stupide de penser qu’un loup puisse ‘craindre’ la réaction d’une Ourse, mais il ne tenait simplement pas à se la mettre une nouvelle fois à dos. Alysane garda ses bas croisés sur sa poitrine, elle n’avait pas bougé depuis que ser Ulrik avait parlé, et la jeune combattante avait essayé de reprendre une expression neutre pour ne pas montrer l’état de surprise dans lequel elle se trouvait encore après sa démonstration de respect inattendue.

Qu’auraient donc pensé les gardes de la rue s’ils avaient décidé de suivre l’épée blanc pour s’assurer qu’il n’avait rien à craindre d’une barbare du Nord ? Voir une personne d’un tel rang s’incliner – même très légèrement – devant un simple homme d’arme risquait de lui faire perdre beaucoup de crédibilité, mais la jeune femme appréciait l’attention. Cela montrait qu’il avait comprit l’offense qui lui avait été faite, et qu’il ne s’en moquait pas. A ce moment Alysane vit, avec surprise, ser Ulrik dégainer complètement son arme, et la lui tendre, garde en avant comme pour qu’elle la saisisse, et le regard ambré de la demoiselle se posa sur une légère trace de sang. Le sang de qui ? Ser Ulrik avait-il fait place devant l’échoppe du forgeron à l’aide de son arme, ou s’était-il coupé lui-même ? L’homme d’armes n’eut pas plus amplement le temps de développer la question, car bien rapidement, le Stark lui répliqua qu’elle devait ordonner et qu’il obéirait à ce qu’elle demanderait pour qu’il se rachète comme si l’ordre lui venait du Roi en personne. De quoi flatter n’importe quelle personne, mais pas forcément une Mormont. Bien entendu, la jolie demoiselle au caractère très dur, se sentait touchée par ces paroles, mais elle n’était pas du genre à vouloir laver l’affront qu’on lui avait fait dans le sang, du moins pas le sang d’un…. ‘Ami’. Si cela avait été fait par un des deux rustres qui la regardait juste avant, ça se serait certainement réglé au cour d’un combat, mais là c’était différent. Il s’agissait de ser Ulrik, Le Loup Sanglant. La réaction de la jeune femme arriva assez rapidement, elle ne faisait pas dans le mélodrame, et savait ce qu’elle voulait. La demoiselle bougea alors – pour la première fois depuis le début de la conversation – et elle décroisa ses bras pour passer sa main au-dessus de la garde de Croc sans pour autant la toucher, et elle répliqua d’un ton calme, mais ou l’on sentait clairement que son affront était plus qu’atténué, si ce n’était disparut totalement.

« Allons ser Ulrik, rengainez votre arme, je ne crois pas que l’affront mérite que je garde en gage une si belle arme, pas plus que je ne doive vous la passer au travers du corps. Vos paroles ont apaisé ma colère, mais ne vous attendez pas à calmer une Ourse en la caressant dans le sens du poil si cela devait se reproduire, ce que je n’espère pas. »

La jeune femme fit une légère pause, elle connaissait bien la tradition qui expliquait ce que l’épée blanche venait de faire en lui tendant son épée, elle l’avait de maintes fois entendue contée dans de beaux récits sur des chevaliers. Mais jamais la demoiselle ne se serait attendue à ce qu’on agisse de la sorte à son égard. Le visage neutre de la Mormont se change légèrement, elle esquissa un sourire aimable pour faire comprendre à ser Ulrik qu’il ne risquait plus rien à le regarder, et qu’elle avait laissé sa colère s’apaiser. La demoiselle s’avança doucement, d’un pas, pour se rapprocher du Stark, puis posa sa main droite sur sa hanche, et son avant-bras sur le bout du manche de sa hache comme pour reposer son bras, et elle reprit la parole, son regard mordoré plongé sur le visage de son interlocuteur. Son ton était nouveau plus amical et plus enclin à la taquinerie, bien qu’il y avait quelques difficultés à oublier l’énervement qui avait habité son joli visage quelques instants avant.

« Je puis comprendre qu’un loup ait besoin de goûter au sang de temps en temps, le sang des brebis ne doit pas être très goûtu, et le sang des Dragons est certainement interdit à une blanche épée. Je dois donc me sentir plutôt contente que votre choix se soit porté sur une Ourse. Je ne tiendrais donc pas compte de cet écart, et je dois avouer que c’était une réaction tout à fait normale, bien que plu digne d’un Dornien que d’un Stark je dois vous l’accorder. »

En gros, Alysane voulait dire que le caractère prompt à l’emportement de son compagnon du moment était plus digne du sang chaud de la famille Martell, que du sang froid des Stark, réputés pour leur calme. Mais ser Ulrik était l’exception qui confirmait la règle, comme Meera était la femme Mormont qui ressemblait davantage à une dame du Bief. Elle devait plutôt être heureuse de constater que le jeune combattant qu’elle avait tenu dans ses bras au moment de sa naissance, était bien portant et visiblement très à l’aise dans sa nouvelle vie. Dirigeant son beau regard en direction de l’épée de l’épée blanche, légèrement ensanglantée, et de son gant marqué par du rouge, l’Ourse reprit la parole, désignant les deux tâches d’un geste léger de la tête.

« On dirait que le sang de vos brebis vous a éclaboussé ser Ulrik, à moins que dans votre empressement de me rejoindre, vous ne vous soyez entaillé le main ? Loin de moi l’idée de mettre en doute vos talents, et d’imaginer que vous vous blessez seul, mais j’ai entendu dire que certains loups se mordaient la patte pour mettre leurs cibles en confiance…. »

Alysane sourit légèrement faisant comprendre que sa dernière phrase était simplement une marque d’humour, et qu’elle savait bien qu’il ne comptait plus l’inquiéter par ses attaques. Elle avait confiance en la parole des hommes d’armes, et des Stark encore plus.
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Message Mer 6 Jan 2010 - 14:21

Lorsque Alysane passa la main au-dessus de la garde de Croc, mais stoppa son mouvement à cet instant, Ulrik sut qu'il avait obtenu le pardon. Au moins partiellement. La jeune femme était tout autant que lui (voire davantage) à cheval sur l'honneur, et elle ne se serait pas permis de l'humilier en faisant mine de récupérer l'épée, en s'arrêtant, puis en la prenant réellement. Et cela lui fut rapidement confirmé, que ce soit par le ton ou par les dires de la Mormont. Il fut heureux d'apprendre que ses paroles avaient réussi à la convaincre de sa bonne foi. Mais il se sentit légèrement vexé lorsqu'elle lui dit qu'elle espérait qu'il ne la provoquerait pas à nouveau. Elle le croyait vraiment capable de faire deux fois une idiotie pareille ? Il préféra tenir sa langue, pour une fois. Peut-être était-il en train d'apprendre la chose dont les nobles lui parlaient assez souvent, et qui lui manquait tant... la diplomatie. Lorsqu'elle eut fini, il répondit assez lentement, et sans élever la voix :

« Je ne l'espère pas plus que vous, je pense que vous vous en doutez... »

Elle changea de position juste après, et son visage retrouva le sourire qu'il avait avant leur petit « différend » dans la rue. Il se redressa, faisant désormais face à Alysane comme au commencement de leur conversation, son blanc manteau tombant dans son dos, et recouvrant en partie son bras droit, de l'épaule au biceps. Il laissa son épée pendre à côté de lui, mais à quelque distance de son corps. Il ne tenait pas à la remettre au fourreau tant que son sang était sur la lame, mais laisser l'arme dans la direction de son corps ne lui plaisait pas davantage. Non pas qu'il ressente une quelconque menace de la part de la Mormont, mais la position était assez désagréable...
Le visage de la jeune Ourse était de nouveau sympathique, taquin presque, comme il l'avait été lors de leurs deux rencontres (même si elle ignorait qu'il y en avait eu deux, comme la totalité des Nordiens qu'il avait croisé depuis son départ à l'âge de huit ans), mais il gardait quelques marques de stress dues à la conversation qu'ils venaient d'avoir. Cela n'avait rien d'étonnant, surtout provenant de quelqu'un comme elle, une Nordienne au tempérament enflammé, et qui n'avait pas eu des années d'expérience à la Cour pour dissimuler ses émotions comme lui le faisait.
Mais il existait des émotions qu'il n'y avait nul besoin de dissimuler, et Ulrik se permit donc de sourire légèrement lorsque Alsysane reprit son discours. Elle comprenait ce qu'il vivait, ici, à devoir se contenter de jouter contre un mannequin de bois, et à utiliser sa lance contre des princes de sang plus ou moins royal, et qu'il devait donc faire semblant de rater à chaque entraînement ou tournoi. Il appréciait aussi qu'elle retourne la situation en quelque chose de flatteur pour elle-même. C'était le genre de manipulations verbales qu'il avait toujours aimé, et il n'en attendait pas moins de quelqu'un venant du Nord. Et, qui plus est, elle n'avait pas tort sur ce point : il n'avait pas choisi l'Ourse par hasard. Certes, cela avait été une réaction davantage guidée par l'instinct que par la réflexion, mais jamais son instinct ne lui aurait fait attaquer un imbécile de Port-Réal. Il fallait que ce soit quelqu'un comme elle. Quelqu'un comme lui.
Son sourire s'élargit, et il manqua même de laisser passer un petit rire lorsqu'elle le compara à un Dornien. En effet, ceux-ci étaient davantage connus pour leur manque de sang-froid que les Stark. Mais toute famille avait son exception, et il savait bien que même les Mormont avaient la leur. Il se retint néanmoins de le signaler. Ulrik n'était pas censé le savoir, puisqu'il n'avait pas quitté Port-Réal, à part pour livrer bataille, depuis qu'il avait huit ans. Officiellement. Nul ne s'était rendu compte que c'était faux, mais il n'allait pas le préciser maintenant, en pleine conversation... Et encore moins pour signaler à la Mormont qu'il y avait des choses qu'elle ignorait totalement.
Et enfin le regard d'ambre de Alysane se dirigea vers l'épée qui était proche de battre la cuisse de Ulrik. Sans doute avait-elle remarqué que lui-même y avait jeté un oeil, afin de voir ce qu'il était advenu du sang qui y coulait. Mais elle signala aussi le sang qui avait coulé sur la main d'Ulrik, celui du noble, bien qu'elle en ignorât l'origine. Il sourit une fois encore à l'ironie de la jeune femme. Mais son sourire était venu moins naturellement. Il était clair qu'elle ne le soupçonnait pas de s'apprêter à l'attaquer, mais il n'aimait déjà pas que l'on fasse référence à un événement déjà passé. Il savait apprendre de ses erreurs, mais ce n'était pas pour ça qu'il aimait qu'on les lui rappelle.
Lorsqu'elle eut fini sa phrase, il fouetta rapidement l'air de son arme, sur sa gauche, et de façon qui montrait clairement qu'il ne faisait nullement cela dans un but menaçant. Le sang qui restait sur la lame s'envola, et les gouttelettes aspergèrent le mur proche. La lame d'ivoire, presque blanche, et animée d'étranges reflets rouges fut à nouveau propre, comme si elle n'avait jamais tranché quoi que ce soit... En la regardant, Ulrik trouva qu'elle méritait vraiment son nom : le Croc du Loup Sanglant. Alors qu'il la remettait au fourreau, il répondit à la Mormont :

« Un peu des deux, maintenant que vous le dites... »

Ce à quoi il ajouta, sur un sourire presque carnassier.

« Quelques brebis ont oublié que le Loup qui les gardait savait aussi très bien mordre. Je ne sais pas dans quel état elles sont, mais on risque de parler de ça pendant quelques jours, sur les marchés... »

*Et aussi chez la Main du Roi, ajouta-t-il intérieurement, mais bon, vu tout ce qu'on a du lui raconter à mon sujet, sa liste de doléances doit aller jusqu'à Dorne... Et je ne compte même pas ce qu'il a du apprendre par lui-même. Le jour où il me convoquera, je risque d'en prendre pour mon grade...*

Mais il tenait à rassurer la jeune femme quant au côté « Sanglant » du Loup qu'il était, il ajouta tout de même :

« Mais je ne suis pas allé jusqu'à salir Croc de leur sang. Son acier mérite plus que celui d'un imbécile et celui d'un Lion ronflant qui n'a pas appris à mordre, déclara-t-il alors que son regard se dirigeait spontanément vers le fourreau de barral blanc.»

Il tendit légèrement sa main gauche vers la jeune femme, lui montrant le sang qui en coulait, lentement mais sûrement. Il était plus que visible, surtout sur le blanc de l'armure. La blessure était presque refermée, mais cela ne l'empêchait pas d'être légèrement douloureuse, vu où elle était située.

« Cette fois, elle a eu le droit à du sang de Loup. Une partie de la tradition de remise de l'épée qui est moins souvent décrite, dans les contes... »

Il ponctua sa déclaration d'un sourire qu'il adressa plus que spontanément à la Mormont, tout en posant sa main blessée sur le manche de son arme. Des blessures, il y en avait plus qu'il ne pouvait s'en rappeler, sur son corps. Celle-ci serait une leçon de plus, une leçon à mémoriser, une leçon qui resterait marquée sur lui toute sa vie. Chaque blessure en était une, chacune montrait une faiblesse qu'il avait eu un jour, et qu'il fallait corriger. La leçon du jour : ne pas attaquer d'Ours, à part si tu as une bonne raison de le tuer. Une leçon logique, mais c'était toujours ce genre de choses que Ulrik avait du mal à mémoriser... principalement à cause d'une sorte d'impossibilité qu'il avait à associer « ne pas » et « attaquer » dans une même phrase. Mais, pour une fois, il s'en rappellerait. Il ne tenait pas à avoir d'autres problèmes avec la Mormont. Vraiment pas...
Il semblait que ce ne fut qu'une fois qu'il eut répondu qu'il se rendit compte d'où ils étaient. La ruelle était petite, sombre, et les murs sombres semblaient ne pas avoir été nettoyés depuis un des incendies qui avait eu lieu quelques temps auparavant. S'ils continuaient dans la même direction, ils se retrouveraient à Culpucier. Vu l'incident qui l'avait opposé au patron de la taverne à peine quelques minutes plus tôt, il préférerait éviter de retourner dans cette direction. Ce qui lui laissait la rue qui se dirigeait vers la forge. Il se demandait lequel était le meilleur choix : Culpucier et les pauvres en colère, ou le port et les riches en colère aussi... Après tout, pourquoi serait-ce à lui de faire ce choix ? Il croisa le regard de Alysane, et sourit, chassant toute ironie, ou quoi que ce soit y ressemblant de ce sourire. Sa main, pendant ce temps, balaya leurs alentours.

« M'est avis que cet endroit n'est pas le plus plaisant, pour discuter... Si nous allions à un endroit plus agréable ? Auberge, Donjon Rouge, port, n'importe où ailleurs ? Je vous laisse choisir la destination... »

Il se demanda comment elle allait prendre cette proposition. Bien, normalement, mais on ne savait jamais, avec une Ourse. Dans tous les cas, lui servir de guide ne poserait aucun problème au Loup Sanglant.
Et aller à un endroit où il aurait à se battre ne lui en posait encore moins. Il sourit encore une fois à la jeune femme, et attendit le verdict.
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Message Jeu 7 Jan 2010 - 13:32

Un Stark qui sourit, si Alysane se serait attendue à une telle chose en venant à Port Réal, elle se serait damnée pour avoir osé aborder une telle pensée ! Combien de fois avait-elle remit Jorah à sa place, gentiment bien sûr, parce qu’il avait osé dire que les Stark pouvaient aussi bien sourire que les Mormont, seulement qu’ils n’en avaient pas l’envie parce qu’ils étaient trop froids pour ça. La jeune combattante respectait vraiment la famille suzeraine de son pays, elle appréciait tout particulièrement de pouvoir assister aux séances d’entraînement des frères de ser Ulrik, et ce, même si elle devait supporter les soupires et les exclamations ébahies de Meera en même temps. Il fallait dire que ce genre d’honneur était assez rare, il n’arrivait pas deux fois dans la même lune, même pas deux fois dans l’année, et pour tout dire, cela ne rendait que plus agréables ces moments uniques. L’homme d’arme fut tiré de ses pensées par le sourire qui s’afficha donc sur les lèvres assez fines de son interlocuteur, des lèvres Stark, des lèvres de loup, qui n’étaient normalement vouées qu’à donner des ordres ou à encourager ses hommes, et qui formaient pourtant un sourire tout à fait…. Naturel, pour un Stark. Décidément, ser Ulrik était la Meera de la famille Stark, sauf que lui ne devenait pas complètement gaga devant un chevalier ou une dame de la cour, ou devant un poupon. Bien heureusement, sans quoi l’Ourse aurait rapidement envoyé bouler cet homme si étrange et si particulier, Alysane adorait sa petite sœur, elle aimait sincèrement Meera, mais leurs manières d’être et de penser étaient beaucoup trop différentes, on ne pouvait pas lier une Ourse et un chaton, du moins pas aussi étroitement que deux Ourses. Ainsi, la demoiselle se sentait clairement plus proche de son frère bâtard que de ses sœurs, même les autres et pas uniquement Meera. En réalité…. Jorah ressemblait un peu à Ulrik, même si la comparaison ne devait guère paraître flatteuse à un homme du range de ser Ulrik, pour une Ourse comme Alysane, c’était réellement quelque chose de valorisant, et elle voyait de plus en plus de traits communs aux deux hommes.

Le sourire du Stark s’étendit légèrement au fur et à mesure de la discussion, ou plutôt du monologue de l’Ourse, visiblement il aimait bien le fait d’être comparé à un Dornien, ce qui était plutôt compréhensible d’un coté. Les Dorniens représentaient une élite et une originalité que tous les gens de ces Terres ne possédaient pas, mais leur climat était trop opposé à celui du Nord pour que la combattante puisse réellement les admirer à leur juste valeur, elle connaissait juste quelques légendes sur les frasques et les saute d’humeur du Prince Maron. Quelques vendeurs qui passaient par la demeure Mormont avaient compté des histoires qui montraient clairement que le sang des Martell était aussi chaud que le sol de leur pays. Mais c’était une autre histoire, et la jeune femme remarqua le léger trouble qui passa dans le regard de son interlocuteur lorsqu’elle reprit le fait qu’il l’avait menacée, ah, le loup n’aimait pas se voir rappelé sa faute ? Certes, c’était compréhensible, mais la demoiselle nota précieusement ce détail dans son esprit, c’était une chose intéressante, et elle n’était pas décidée à l’oublier aussi rapidement, bien qu’elle ne songeait pas outre mesure à le provoquer ouvertement dans un avenir proche…. Ou plus lointain. Vint alors le moment ou elle aborda le sang qui entachait le frère blanc et son arme, puis elle vit un nouveau sourire orner les lèvres du jeune combattant. A peine le dernier mot prononcé d’une voix amusée et provocante, le Stark fouetta l’air de son arme, provoquant un léger bruit familier aux oreilles de la demoiselle, le bruit du vent qui se faisait couper ? L’épée chantait aussi bien que n’importe quelle arme, bien que l’Ourse affectionnait plus particulièrement la hache qui lui était plus familière. Les gouttelettes de sang qui ornaient la lame de l’épée dans un tableau macabre, s’envolèrent pour se parsemer sur un mur juste à coté d’eux, laissant alors le métal aussi vierge que la neige fraîchement tombée. Une bien belle arme, digne d’un Stark, et ser Ulrik la rangea avec application après l’avoir admiré pendant un rapide instant, tout en prenant la parole d’un ton qui lui était à présent familier.

Il répliqua que c’était un peu des deux, avant d’ajouter avec un sourire, tout ce qu’il y a de plus ‘loup’, que certaines brebis avaient certainement du oublier que le loup chargé de leur protection n’avait pas oublié qu’il possédait le don de mordre. Bien que ser Ulrik ne savait pas dans quel état elles étaient, cela ne semblait pas l’inquiéter, pas d’avantage que le fait que l’on parlerait de ça sur le marché pendant quelques jours. Un sourire léger se dessina sur les lèvres pleines de la demoiselle alors qu’il enchaînait en disant qu’il n’était pas allé jusqu’à marquer Croc de leur sang, parce que son acier méritait plus que celui d’un stupide Lion, un Lannister, guère étonnant aux yeux de la demoiselle qui n’avait jamais porté cette famille dans son cœur, tout comme son géniteur. Ils représentaient la vanité faite homme aux yeux mordorés de la demoiselle qui laissa son sourire s’agrandir à la pensée, agréable et amusante, d’un noble Lannister avec quelques blessures voir même des dents en moins. Ser Ulrik tendit alors sa main gauche dans la direction de l’Ourse qui dirigea son regard vers la main du jeune homme, tachée d’un peu de rouge, clairement visible, comme du sang au milieu de la neige. L’explication arriva lorsque le frère blanc raconta que Croc avait goûté au sang et Loup, et parla d’une tradition qui n’était pas souvent décrite dans les contes. En effet, Alysane n’avait nul souvenir de ce passage dans les récits ayant bercés son enfance, et elle serait fort aise d’en apprendre un peu plus à ce sujet, ce qui dessina un sourire plus amusé sur ses lèvres légèrement et naturellement rosées, en écho à celui du Stark en face d’elle alors qu’il posait sa main blessée sur le manche de son arme. Un petit moment de silence passa tandis que la demoiselle détaillait, de manière professionnelle, la tenue du frère blanc, puis un geste de sa part, un balayement de la main des environs, couplé à un regard appuyé en direction de celui de la demoiselle, la tira de ses pensées. Ser Ulrik ajouta que l’endroit n’était pas le plus plaisant pour discuter, et qu’ils pourraient se rendre dans un endroit plus agréable, avant d’en citer quelques-uns en laissant à la belle, le choix de la destination. Donjon Rouge, très peu pour elle, l’Ourse en avait entendu parler mais n’imaginant pas une femme, ou une combattante, comme elle pouvoir s’y introduire sans peines, elle sourit donc d’un air amusé à l’attention du jeune homme tout en répondant d’un ton familier à présent.

« M’est avis quant à moi ser Ulrik, qu’une auberge serait plus agréable et pratique en ma compagnie. Inutile de vous préciser que je ne suis guère une dame de la cour, et je préfère donc privilégier les endroits où ma tenu ne provoquera pas d’outrages auprès des hôtes. »

Elle sourit légèrement en réponse au jeune homme, il était certain qu’une tenue telle que celle que la jeune femme portait aurait fait s’évanouir plusieurs nobles qu’ils pourraient éventuellement croiser le temps d’arriver à un endroit connu par le frère blanc. De toute manière, elle avait repéré une petite auberge près de Culpucier ou elle prévoyait de passer la nuit, bien que la chaleur de cet endroit lui aurait permis de passer une nuit à la belle étoile. Elle fit donc un signe de la main à son interlocuteur avant de détourner la tête pour se mettre en marche en direction de l’endroit qu’elle avait en tête, partant dans la direction opposée à celle dont ils venaient. La jeune femme avait bien envie de demander de plus amples détails quant à la tradition que ser Ulrik venait d’aborder devant elle quelques instants avant, mais elle savait être patiente, des fois du moins. Son caractère un peu trop fort qui avait plus d’une fois provoqué l’exaspération de son père qui rêvait d’un fils obéissant et non d’une fille qui n’en faisait qu’à sa tête, savait des fois s’apaiser lorsqu’elle en avait envie. Le pardon accordé en était un bon exemple d’ailleurs, Alysane ne pardonnait pas ce genre d’offense à n’importe qui, et le fait que ce soit un Stark n’avait pas entièrement joué dans la balance, son caractère ne s’arrêtait pas aux noms des maisons lorsqu’elle était offensée. Les chevaliers rencontrés sur la route de Port réal s’en souvenaient, même si elle ne leur avait pas réglé leur compte comme elle l’aurait désiré. Après quelques instants de marche silencieuse, le regard ambré de la Mormont se posa sur une auberge dont la porte était ornée d’une tête de mouton grossièrement taillée dans le bois, et elle s'orienta dans cette direction avant d’y entrer en tenant la porte à l’attention de son compagnon du moment, puis son regard parcourut la salle. Elle était assez remplie et quelques personnes tournèrent leur attention vers les deux arrivants avant de reprendre leurs habitudes, puis l’Ourse se dirigea vers une table libre située dans un coin, avant de s’y asseoir tout en dirigeant son attention vers ser Ulrik qui arrivait à la suite. Alysane lui laissa le temps de prendre place, puis à la serveuse qui ressemblait plus à une gueuse qu’à une serveuse, de prendre commande des breuvages, avant de s’adresser à nouveau au jeune Stark. Un ton toujours amusé, agrémenté d’un sourire flottant sur ses lèvres.

« Ser Ulrik, j’aimerais bien en savoir plus sur cette tradition dont vous m’avez parlé. Les récits des colporteurs du Nord ne sont certainement pas à la hauteur de votre expérience auprès de la cour, alors j’en serais honorée si vous m’en disiez plus. » Elle marqua une légère pause, le temps de parcourir la salle du regard, puis reporta son attention et son regard ambré sur le visage de son interlocuteur, tout en prenant la parole une seconde fois. « Et vous semblez bien vous en être sortis pour quelqu’un que mon père semblait penser être pratiquement mourant dans une rue de Port Réal…. On parle beaucoup de vous dans le Nord vous savez. »
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Message Jeu 7 Jan 2010 - 16:17

Il fallut quelques secondes pour que la jeune femme choisisse sa destination, mais Ulrik n'en avait pas besoin pour deviner ce qu'elle sélectionnerait. Sans doute une auberge, ou quelque chose d'approchant. Ou, d'un autre côté, un forgeron ou un maître d'armes. Il y avait toujours une mince possibilité pour qu'elle désire visiter le Donjon Rouge, ou quelque autre ramassis de nobles divers et variés, mais le Loup en doutait : elle semblait apprécier ceux qu'elle avait nommé « les brebis » tout autant que lui, vu le surnom qu'elle leur avait donné, et ce qu'elle avait dit sur eux au cours de leur précédent échange. Et puis, elle n'avait pas l'air d'être le genre de femme à s'extasier sur un chevalier en belle armure scintillante, ou sur la nouvelle robe qu'avait acheté Nul-ne-sait-qui Hautjardin la veille.
Elle abonda en ce sens, sans surprise pour le Loup, et préféra se diriger vers une auberge. Ulrik éclata de rire en imaginant le scandale provoqué par une dame en peaux de bêtes en plein milieu du Donjon Rouge. Il avait tenté de le visualiser auparavant, mais n'avait réussi à le faire parfaitement que maintenant qu'elle en évoquait la possibilité. Quelques cris de stupeur, des alertes au scandale, des appels à la Garde... La plupart des imbéciles de maison affiliées aux grandes maisons tenteraient de la faire renvoyer, jusqu'à ce qu'ils remarquent deux choses : l'Epée Blanche qui se tenaient à côté de l'Ourse, et l'Ours en lui-même, le blason qu'elle portait sur ses vêtements. Les Mormont étaient des Lords, et elle avait tout autant le droit qu'eux de séjourner à la Cour. Rien que pour la tête que les nobles auraient fait en apprenant cela, Ulrik regretta qu'elle n'ait pas choisi cette option. Mais il se plia à la volonté d'Alysane, et la suivit, voyant qu'elle semblait savoir exactement où elle désirait aller. Il se retint de faire la discussion sur le trajet, voyant que la Mormont semblait être perdue dans ses pensées. Trop perdue, selon le Loup Sanglant. Lui même gardait sa main d'épée proche de son arme. A chaque pas qu'il faisait, il sentait un regard hostile poindre sur lui. A chaque mètre avancé, une nouvelle ombre se tournait vers lui. Il dut même retirer légèrement Croc de son fourreau pour repousser un morveux qui faisait mine de lui lancer une substance qu'il ne cherchait pas à identifier, au détour d'une rue. L'éclat de la lame blanche avait suffit à faire fuir le gamin, qui avait lâché son projectile aussi rapidement qu'il l'avait pu.
Les rues et les gens étaient vraiment pauvres, il n'y avait aucun doute là-dessus. La peinture était partout écaillée, quand il y en avait jamais eu. La plupart du temps, les bâtisses étaient en bois, moisi, mais sec malgré tout. Une étrange combinaison, provoquée par l'usure et la chaleur. La canicule n'avait rien épargné de cette partie de la ville. Pas plus les maisons que les gens. L'odeur de putréfaction qui se dégageait de certaines demeures était impressionnante, et Ulrik n'avait aucun doute quant à l'origine de cette puanteur. Il avait foulé assez de champs de bataille et assisté à assez de tournois pour reconnaître l'odeur de la mort. Ceux que le printemps avait emporté n'avait parfois même pas pu être sortis de chez eux. Lorsque c'était le printemps qui les avait eu. La plupart des nobles sous-estimaient la violence de cette canicule, car elle ne se reflétait que sur le renouvellement de leur garde-robe, et légèrement sur les bénéfices que leur rapportaient leurs terres. Ulrik savait qu'il en était autrement. Contrairement à toutes les autres Epées Blanches, il passait du temps à Culpucier, délesté de son armure, et se renseignait. Nul ne pouvait assurer la protection du Roi efficacement sans savoir ce que pense l'intégralité de son peuple. Et aussi bien informés que l'eurent été les autres gardes royaux sur ce que pensaient les nobles et quelques marchands, aucun d'eux ne connaissait le nom du moindre homme du peuple, et encore moins son avis sur ce qui se passait dans la ville ou le royaume.
Nombreux étaient ceux qui avaient été emportés par la chaleur. Pas autant que ceux que le fléau avait emporté, mais leur nombre n'était pas négligeable. Tous les âges avaient été frappés, mais cette fois, pas de toutes les catégories de la population... Les très jeunes, les plus âgés, ceux qui avaient été affaiblis par le printemps... Et qui n'avaient pas assez d'argent pour se rafraîchir, s'hydrater, et se nourrir. Les morts étaient plus nombreux que les vivants, dans certaines parties de Culpucier, il en était sûr. Tout ça à cause de la noblesse qui ne pensait qu'à compenser ses pertes monétaires en vendant les ressources cultivées au double du prix normal dès que cela était possible... Certains tentaient de boire l'eau des caniveaux, mais elle était aussi porteuse de maladie et de mort que l'avait été le printemps lui-même, et ceux qui faisaient ça ne tardaient pas à rejoindre le rang des morts...
Et les vivants, de leur côté, n'étaient pas des plus accueillants. La femme en peau d'ourse aurait pu être considérée comme une des leurs, circuler parmi eux sans souci... n'aurait-elle été une femme. Les femmes ici étaient des gueuses, des épouses serviles, ou des Soeurs du Silence. Alysane n'était aucune des trois, cela ne faisait aucun doute. Mais tous les hommes diraient qu'elle était de la première catégorie, si cela les arrangeait. Et s'ils arrivaient à s'en approcher à moins d'un mètre sans perdre leur doigt, main, ou autre organe à l'utilité plus ou moins importante, ce qui s'avérait peu probable. Ulrik avait vu la vitesse à laquelle la main de la Mormont avait atteint son arme lorsqu'il l'avait menacée. Elle n'avait pas le niveau d'une Épée Blanche, certes, mais ses réflexes seraient largement suffisants pour la protéger de ceux qui se trouvaient dans cette partie de la ville. Et ses armes. La plupart des habitants de Culpucier y réfléchissaient à deux fois, avant de s'attaquer à quelqu'un d'armé.
Mais, de toutes façons, même si la présence de la femme ne leur avait pas causé de problème, celle d'Ulrik serait une toute autre histoire : déjà que toute trace de noblesse était peu appréciée dans ce quartier, alors qu'en était-il de celle de quelqu'un d'aussi proche de la famille royale... Et surtout lui. Il n'avait aucun doute sur le fait que la façon peu glorieuse dont il s'était « occupé » d'un aubergiste peu de temps plus tôt avait déjà fait le tour des bas-fonds, et que la moitié des personnes valides étaient prêtes à lui tomber dessus dès qu'elle le pourrait. L'autre moitié étant en train de récupérer des armes de fortunes pour rejoindre la première aussi vite que possible.
Ce qu'avait dit Alysane à propos des problèmes que poseraient ses peaux d'ours à la Cour lui revint en tête. Et il se rendit immédiatement compte que la situation était ici inversée. C'était sa tenue à lui qui poserait problème, et ça bien avant la fin de la journée, il le savait très bien. Et il aurait surtout du le savoir avant de revenir vers Culpucier. Pourquoi avait-il laissé le choix de la destination à la Mormont ? Il avait voulu d'un combat, certes, mais il se rendait maintenant compte de la stupidité de son acte. Un combat n'avait aucune valeur, surtout en ces circonstances. Il avait déjà versé le sang d'un noble, et peut-être même tué quelqu'un qui ne l'était pas, devant l'échoppe du forgeron, il n'allait pas aggraver son cas ! Il regarda sa main blessée. Ce n'était pas aujourd'hui qu'il aurait appris cette autre leçon : toujours penser avec sa tête, et pas avec son arme.
Il conjura son esprit de reprendre son calme, mais le calme se refusa à lui, s'échappant aussi certainement que s'il avait tenté de saisir un courant d'air. L'image de lui-même en train de se faire poursuivre dans un couloir sans issue lui revint en tête, avec une vivacité surprenante. Il ne le montrait pas, mais son malaise grandissait. Et, aussi étrange que cela lui paraissait, quelque chose chantait dans son esprit. Quelque chose chantait étrangement, d'une voix étouffée, lointaine, et il ne saisissait pas les mots. L'air lui disait quelque chose, sans aucun doute, mais les paroles, qu'étaient-elles ? Il se concentra sur autre chose. Sur les passants. Une vieille femme en noire était assise, immobile, sur un banc. Ulrik savait qu'elle avait rejoint la personne dont elle portait le deuil. Une gueuse passa à côté du Loup et lui glissa à l'oreille que lui et son amie seraient les bienvenus dans son bordel dès qu'ils le voudraient, et que le plus tôt serait le mieux. Ulrik ne releva pas. Ou plutôt il ne réalisa pas ce qu'elle lui avait dit avant d'avoir fait quelques mètres de plus. Son esprit était à nouveau focalisé sur cette chanson. Combien d'zyeux qu'il a, le Freuxsanglant ? Mille, et rien qu'un. Mille yeux et un seul. C'était le refrain de cette chanson, qui allait et venait, s'ajoutant au malaise qu'il ressentait. Le Freuxsanglant. Lord Brynden Rivers. La Main du Roi. Qu'est-ce qu'il venait fiche là-dedans, le Freuxsanglant ? Pourquoi y pensait-il maintenant ? Il tenta de détourner ses pensées, mais l'oeil unique de la Main du Roi revint à la charge, devenant la seule source de focalisation de son esprit. Cet oeil qui semblait lire en vous comme dans un livre, qui semblait dévoiler au monde qui vous étiez au plus profond de vous... Et encore, Ulrik pouvait s'estimer heureux de voir cet oeil là, plutôt que l'orbite vide... Elle semblait encore plus pénetrante que l'oeil valide, parfois... L'oeil était la seule chose qu'il voyait vraiment, sur laquelle il pouvait se concentrer...
Avec ses alentours. Ses alentours qu'Ulrik trouvait de plus en plus hostiles, sans pourtant avoir de raison pour cela. Fort heureusement, Alysane s'arrêta. Son regard se dirigea vers une auberge dont l'enseigne était ornée d'une tête de mouton. Les anciens dieux en soient remerciés, il n'avait pas fait escale dans celle-ci lors de sa soi-disant ronde. La pression se relâcha d'un coup, et il manqua de remarquer que Alysane s'était dirigée vers la porte. Il voulut la lui tenir, mais elle se trouvait déjà devant lui, aussi ce fut à elle de faire preuve de... galanterie, dans un sens. Il lui adressa un sourire et un signe de tête en tenant la porte afin qu'elle puisse le suivre à l'intérieur. Il n'avait pas lâché la porte qu'elle s'était déjà faufilée parmi les tables, pour en trouver une où ils pourraient s'installer. Il eut plus de mal à suivre, son lourd manteau blanc ayant la fâcheuse habitude de s'accrocher aux chaises et aux tables, chose qu'il avait tout intérêt à éviter dans la situation actuelle. Aussi l'attention nécessaire à tenir son manteau lui fit perdre un peu de temps. Alysane était déjà assise lorsqu'il réussit à la rejoindre. En s'asseyant, l'Epée Blanche observa la population de l'auberge. Le peuple « normal », pas particulièrement pauvre ou aggressif. Et ces personnes semblaient posséder davantage de tolérance au statut d'Ulrik que ceux de l'extérieur. Un bon point en faveur de la Mormont : elle savait choisir l'endroit où elle se rendait. Ulrik soupçonnait que ce soit l'auberge où elle désirerait passer la nuit. Mauvaise idée, Culpucier. Il tenterait peut-être de lui en parler, mais le faire sans la vexer, et en présentant des arguments vraiment... valables, serait assez complexe. Après tout, il avait encore du temps pour introduire le sujet.
Une serveuse se présenta assez rapidement. Une serveuse qui devait faire plus que donner à boire et à manger au client, à en juger par la vulgarité qui se dégageait de chacun de ses pas, ainsi que de ses atours, mais Ulrik se retint de le signaler. Cela n'aurait pas été très... chevaleresque.
Elle demanda ce qu'elle pourrait leur servir. Le Loup fit signe à la demoiselle de dire ce qu'elle désirait. Ulrik déclara qu'il désirait un alcool. Un bon vin, de la Treille si le tavernier en possédait encore en réserve. L'alcool n'était pas l'ami du combattant, et Ulrik avait beau pouvoir le tenir sans aucun problème, il en limitait la consommation au maximum. Mais l'occasion de parler avec une Nordienne, et qui plus est celle-là n'était pas vraiment quelque chose qui se présentait tous les jours, aussi fallait-il le fêter.
Lorsque la serveuse fut repartie, le regard de la Mormont se tourna à nouveau vers Ulrik. Le sourire présent sur ses lèvres et dans ses yeux présageait bien de la suite de la conversation, aussi l'Epée Blanche se détendit enfin complètement.
Il n'aurait par contre pas pu prévoir que ce qu'allait dire Alysane concernerait la tradition de l'épée, qu'il avait pratiqué un peu plus tôt. Il fut légèrement surpris par cette question, mais qu'elle se renseigne sur une pratique des Premiers Hommes ne pouvait être qu'un point positif pour elle.
Et il rit de bon coeur lorsqu'elle lui déclara que le Lord Mormont croyait le Jeune Loup en train d'agoniser dans les bas-fonds de Port-Réal. Un homme se retourna, interloqué par la source de cet éclat, et Ulrik lui répondit par un salut bref. Voyant à qui il avait à faire, le jeune homme trouva soudainement sa choppe de bière plus passionnante que l'aurait été l'arrivée d'un dragon au-dessus de sa tête. Qu'on parle d'Ulrik dans le Nord ne l'étonnait pas. Que des Stark aient été pris comme pupilles par des nobles d'autres régions n'était pas quelque chose de rare, mais que le Fratricide ait été pris par le Roi comme écuyer relevait par contre de l'exceptionnel... bien qu'Ulrik se doutât que les Stark ne le voient pas de cet oeil.
Le Loup se tassa un peu sur sa chaise, de façon à trouver une position confortable, et commença à répondre aux interrogations d'Alysane.

« La tradition du Don de Lame est très ancienne, comme vous le savez peut-être... Mais pour les Premiers Hommes, donner une jolie épée ne valait rien, en soi. Tout comme un homme qui prononce une sentence doit s'en acquitter lui-même, ils pensaient qu'un serment ne valait rien si celui qui le faisait ne donnait pas de sa personne... »

Il laissa un léger silence planer quelques secondes, le temps de trouver les mots adéquats pour la suite de sa phrase. Il se sentait presque dans la peau d'un mestre, à expliquer ça, et pensait qu'il allait finir par être aussi ennuyeux qu'eux, s'il s'étalait trop dans les détails...

« Aussi les Premiers Hommes déclarèrent que le Don de Lame était aussi un don de sang. Celui qui tendrait sa lame devrait se blesser avec, et ainsi sceller ses excuses dans son sang. Même si je suis devenu un habitant de Port-Réal, c'est le sang des Premiers Hommes qui coule dans mes veines, et non celui des Andals, et ce sont les traditions et les croyances des Premiers Hommes, que j'ai adopté. »

Il en profita pour détourner rapidement le sujet, se disant que si Alysane avait des détails à demander, elle n'hésiterait pas à le faire, comme elle l'avait fait juste avant.

« Mais je présume que c'est le contraire, que l'on raconte dans le Nord, n'est-ce-pas ? Il laissa un léger rire sortir. Que le Loup est devenu un agneau, ou un rat crevé, non ? L'estime que me porte ma famille m'est bien connue, alors soyez honnête... »

Il ne doutait pas de l'honnêteté de Alysane, loin de là. Mais elle avait par contre l'air de quelqu'un de sensé, et il était presque sûr que s'il ne l'incitait pas à dire la vérité, elle ne le ferait pas, de peur de le heurter, ou de le blesser. Mais il n'était pas né de la dernière pluie. Vu ce que disaient déjà de lui les Nordiens avant qu'il ne parte, et qu'il n'avait que huit ans, cela ne pouvait être allé qu'en empirant, vu sa « fuite » et son âge actuel... De toutes façons, il s'en était aperçu lui-même, quatre ans plus tôt, mais encore une fois, c'était quelque chose qu'il ne pouvait pas signaler. Peut-être le ferait-il plus tard, mais il en doutait, maintenant... Elle croyait ne pas l'avoir revu depuis qu'il avait quitté Winterfell. Comment réagirait-elle en sachant que c'était faux, et surtout qu'il ne lui avait pas dit ? Et qu'il ne s'était pas signalé à elle la dernière fois ? Des questions dont les réponses ne plairaient sans doute pas au Loup Sanglant, aussi hésitait-il sincèrement à les demander...
Avant qu'Alysane ne reprenne la parole, la serveuse revint avec leurs commandes. Elle posa un verre de vin devant Ulrik, tout en lui lançant un regard aguicheur, et posa le reste au milieu de la table. Une fois qu'elle fut repartie, le Loup leva son verre.

« Pendant qu'on en parle... Aux Stark ! Et au Nord ! »

Lever un verre au Nord n'était pas quelque chose qu'il avait eu l'occasion de faire depuis bien des années (quatre ans, en fait, et c'était avec d'autres Nordiens, pas des brebis), et il doutait que Alysane réalise réellement l'importance qu'avait ce geste, pour lui. En cet instant, il se sentait à nouveau Stark. A nouveau libre. Non pas qu'il oubliait ses obligations envers la Couronne, ni même que germait en lui l'idée d'abandonner son service, mais il sentait ses crocs et ses griffes lui repousser. Il sentait le sang du Nord remplir à nouveau ses veines. Le Loup Sanglant ne se préoccupait déjà que peu de la laisse qu'il avait autour du coup, mais cette journée la lui supprimait bel et bien. Que vienne le Freuxsanglant et ses mille zyeux. Que viennent les nobliaux qui ne voyaient en lui qu'un chien bien dressé. Que viennent ses frères blancs et leurs railleries quotidiennes. Il sentait ses crocs et ses griffes. Il sentait le sang du Nord. Rien ni personne ne lui retirerait cela désormais. Daeron le Bon ne l'avait pas fait, alors des imbéciles ne lui retireraient pas ce que le Roi, le Vrai Roi, lui avait laissé.
Une fois les verres levés, et le salutations échangées, il but. Le vin coula en lui. Il le réchauffa, malgré la chaleur ambiante déjà plus qu'élevée. Et Ulrik sentit un frisson. Il sentait ses crocs et ses griffes. Il sentait le sang du Nord. Il sentait le sang du Nord.
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