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La fierté a rarement un juste milieu, on en a trop ou pas assez ▬ Alyce

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Sargon Harloi
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« Capitaine de la Veuve Salée »

♦ Missives : 5377
♦ Missives Aventure : 401
♦ Age : 28
♦ Date de Naissance : 27/09/1988
♦ Arrivée à Westeros : 22/11/2011
♦ Célébrité : Jack Huston
♦ Copyright : © Aryana
♦ Doublons : Maron Martell, Pryam Templeton, Bryce Vyrwel, Alysane Mormont
♦ Age du Personnage : 28 ans
♦ Mariage : Femme-roc : Helya Harloi (née Botley) ; Femme-sel : Emeraude
♦ Lieu : Île de Harloi, Dix-Tours
♦ Liens Utiles :
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Message Mer 30 Nov 2011 - 14:27

     Il y a quelques semaines, une dispute plutôt violente avait opposé le capitaine de la Veuve Salée à celui du Cruel et Sargon avait eu le déplaisir de voir un marin de Harald Timbal venir voler au secours de son capitaine, tel un chevalier servant qui défendait les cuisses de sa promise. L'image aurait fait rire le Harloi en temps normal, mais ce Godrik avait poussé Sargon dans ses retranchements, il n'avait pas apprécié de se faire aborder avec autant de désinvolture par un simple marin. Même si le Fer-né était un homme sans titre et qu'il ne possédait rien de plus que Crépuscule et sa boutre de soixante rames, il restait un Harloi et du sang noble coulait dans ses veines, ce n'était pas un vulgaire marin qui redeviendrait pêcheur une fois que la guerre serait terminée ! Du moins en imaginant que le dieu noyé estime assez sa vie pour se donner la peine de la lui laisser.

     Depuis, le jeune homme avait presque oublié le différent qui l'opposait au Timbal, ce n'était qu'un détail de toute manière, Sargon était tellement arrogant et désinvolte que les rivalités poussaient comme les algues sur les rochers de son île natale. Il n'était pas le type d'homme qui entretenait des liens paisibles avec ses semblables et Harald n'était qu'un nom de plus à ajouter à la longue liste des personnes qui méprisaient ou détestait le Harloi. Désormais, la seule chose qui l'intéressait était ce Godrik, ce vulgaire marin qui s'imaginait pouvoir lui manquer de respect et le traiter comme s'il était aussi indésirable qu'une moule accrochée à son navire.

     Le Harloi s'était donc renseigné, il avait des agents, contrairement aux autres Fer-nés qui ressemblaient davantage à des gros barbares qui ne comptaient que sur leurs haches, lui se servait de tout ce qui était à sa disposition. Manipulateur dans l'âme, il avait réussi à convaincre quelques jeunes demoiselles de se renseigner sur le marin du Cruel. Il n'avait pas fallu grand-chose pour les persuader de l'aider, simplement quelques sourires et quelques regards bien placés, avancer l'idée que Godrik était un excellent marin et qu'il lui plairait beaucoup de l'avoir parmi ses rameurs, puis les agents s'était envolés pour revenir quelques jours plus tard avec les informations tant attendues. Ce gueux possédait une femme-sel, prise lors d'une attaques sur les côtes de l'Ouest. Alors que l'espionne qui travaillait pour Sargon lui parlait de la demoiselle, son visage s'était marqué d'un dédain et d'un masque que le Fer-né identifiait comme de la jalousie. Une femme jalouse d'une autre, cela ne signifiait qu'une chose : elle devait être belle et désirable. Il avait attendu les réponses des autres agents et au final n'avait tiré qu'une conclusion, ce roturier avait décroché le gros lot.

     Seulement, en décidant de s'opposer à Sargon, Godrik avait occulté le fait que c'était un homme bouffi d'arrogance et sûr de lui, il n'était pas bon d'attirer son attention sur ce que l'on pouvait posséder. L'idée s'était aussitôt imposée d'elle-même, une femme-sel de choix, voilà qui lui manquait. Sans plus de cérémonies, le Harloi avait décidé de rendre visite à cette jolie donzelle afin de l'observer et d'échanger quelques mots avec elle, si elle se révélait digne d'intérêt, il provoquerait Godrik en duel et lui règlerait son compte. Le prix du sang, il suffisait de si peu pour satisfaire son égo sur-dimensionné. L'idée que le marin puisse le battre ne l'effleurait même pas, il était capitaine depuis quelques années, possédait une épée en acier Valyrien et avait déjà tué suffisamment de guerriers pour savoir qu'il aimait cela. Supprimer un marin ne serait qu'une formalité.

     C'était pour cette raison que le Harloi se trouvait sur la Veuve Salée qui se dirigeait vers Grand Wyk, là où se situait la demeure des Timbal, mais aussi la cabane occupée par ce pêcheur trop prétentieux. Restait à espérer que la jeune demoiselle se trouverait dans le coin, cela lui éviterait de devoir aller chercher jusqu'à sa bicoque délabrée. En posant le pied sur le sable de la page de Grand Wyk, Sargon était fermement décidé à obtenir ce qu'il voulait et ils étaient nombreux à être bien placés pour savoir que ce que Sargon voulait, Sargon l'avait. Ordonnant à ses marins de rester ici, il commença à monter le long de l'espèce de chemin sinueux qui menait à la partie la plus habitable de l'île, mais au lieu de se diriger vers la demeure de la famille Timbal, il se détourna pour prendre la direction qui devait normalement abriter la cabane de Godrik.

     Il lui fallut marcher un petit moment avant que ne se dresse une silhouette non loin de là. Tournant le dos au chemin par lequel il arrivait, une jeune femme était agenouillée comme si elle cherchait quelque chose sur le sol. Un sourire plein d'arrogance se dessina sur les lèvres pleines du Harloi alors qu'il approchait en silence, le bruit de ses pas couvert par le perpétuel son produit par les vagues qui se brisait sur les rochers de l'île. Lorsqu'il fut à quelques mètres de la femme-sel, Sargon s'adressa à elle d'un ton qui lui était propre. Plein d'assurance et d'arrogance.

     ▬ Tu ne trouveras rien de plus que de la pierre et du sable. A moins que tu ne cherches à creuser un tunnel jusqu'à chez toi ? »

     Il attendit qu'elle réalise qu'il était là et lorsqu'elle se redressa, le Harloi darda son regard mordoré sur le minois de la jeune femme. Elle possédait une certaine beauté c'était vrai, peut-être un peu trop douce et délicate pour convenir parfaitement aux goûts de Sargon, mais elle restait agréable à regarder. Certainement une noble qui s'était promenée au mauvais endroit au mauvais moment, ses agents lui avaient dit que la demoiselle était de sang noble, mais sur les terres les nobles épousaient les roturiers. Rien n'était sûr.

     Le regard inquisiteur de Sargon quitta le visage de la jeune fille pour la parcourir toute entière comme il avait l'habitude de le faire pour apprécier le physique des femmes, puis il revint finalement à son regard avant de s'approcher d'un pas. Il cherchait à tester si elle avait peur de lui, Sargon avait un certain « avantage » sur les autres natifs des îles : il ne suivait pas l'Antique Voie autant qu'eux. Cela signifiait qu'il prenait soin de son apparence et apparaissait presque donc comme un noble des terres, sauf que son arrogance et son teint hâlé reflétaient des années d'expérience et de navigation. Reculerait-elle ? Il l'espérait. Éveiller la crainte chez une jeune pucelle, qui ne devait certainement plus l'être en y songeant, avait toujours attisé son désir d'aller encore plus loin. Le vent soufflait toujours comme sur chaque île alors que le Harloi reprenait la parole, Crépuscule accrochée à sa ceinture et bien visible.

     ▬ Malheureusement pour toi, les îles sont désormais ton nouveau chez toi. Cela dit, ton maître est on ne peut plus.... Ridicule. J'avoue que pour une femme-sel telle que toi, j'imaginais que d'autres se seraient battus pour t'avoir. »

     Son regard appuya une nouvelle fois sur la courbe et son corps comme s'il était en train de jauger un animal qu'il désirait acheter. Il faisait référence à la tradition des Fer-nés qui poussaient à obtenir ce que l'on voulait dans le sang. Le sang rendait tout plus beau et plus agréable, tout comme la haine, le rouge vif, couleur de la passion. Et le dieu noyé savait que les natifs des îles étaient passionnés lorsqu'ils désiraient quelque chose. Godrik n'était pas là, sans quoi il ne laisserait certainement pas sa femme-sel se promener seule sur l'île alors qu'il savait bien qu'il s'était fait des ennemis. Mais peut-être que ce marin était trop sot pour se douter qu'il avait froissé l'égo d'un homme fier ? Dans ce cas, il était encore plus stupide que Sargon ne le croyait.


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Message Mer 30 Nov 2011 - 17:43

Ce jour-là, Alyce s’était rendue chez la vieille Martha. Godrik était repartis avec le Trompe-La-Mort sur le Cruel, razzier d’autres endroits, briser d’autres vies, peut-être ramener une autre femme et se désintéresser d’elle. Alyce ne savait pas, n’espérait même pas. La bénédiction des Sept semblait l’avoir quittée depuis un bon moment. Elle se sentait d’ailleurs affreusement sale. Pas tant au sens propre qu’au figuré. Godrik lui avait pris ce que toute lady réserve à son véritable mari. On avait toujours promis à Alyce qu’elle épouserait un noble, et il lui semblait que son père avait décidé de lui annoncer le nom de cet homme le jour de son anniversaire, en guise de cadeau. Peut-être même qu’il était arrivé à la forteresse le jour du drame, et était reparti aussi vite en sachant la jeune fille perdue. Elle aurait du s’appeler Lady…Lady quelque chose. Elle aurait du vivre dans un château, donner des héritiers de valeur à son époux, écrire à ses frères de façon régulière, retourner voir sa mère de temps à autre. Sa vie aurait du être heureuse. Elle aurait du avoir des dames à ses côtés, avec qui discuter et broder. Elle aurait du avoir accès à une bibliothèque, pour continuer à assouvir sa curiosité. Elle aurait du pouvoir se procurer de l’encre et des parchemins pour dessiner, elle aurait du pouvoir avoir un cheval et aller se promener avec son époux. Elle aurait du avoir des enfants en bonne santé, qui seraient devenus chevaliers, et des filles qui auraient eu un bel avenir. Elle avait été élevée pour être une dame, pas pour être une esclave. Elle n’entendait rien à la cuisine, au ménage, et ses seules capacités utiles sur cette île se limitaient à la couture. Elle se souvenait d’ailleurs avoir soigné Godrik, sur le Cruel. Elle avait refermé avec du fil et une aiguille l’entaille pratiquée par Harren, son frère défunt, lui qui tentait de protéger sa vertu, lui qui avait fait demi-tour lorsqu’elle avait crié, quand Godrik avait attrapé sa cheville et l’avait désarçonnée. Il aurait pu galoper jusqu’à la forteresse Fléaufort et la laisser…Mais non. Non, il avait fait demi tour, et son désormais mari l’avait tué. D’ailleurs, sans le Trompe-La-Mort, elle se serait sûrement tuée elle-même.
Elle n’arrêtait pas de penser à tout cela, le moment où sa vie avait cruellement basculé, et ce qui était arrivé ensuite. Elle pensait au baiser que lui avait donné le capitaine du Cruel, lui rendant courage et contenance. Elle pensait ensuite à la vieille dame qui lui avait donné une robe. Tu es des nôtres, maintenant avait-elle dis, chaleureuse, et Alyce en aurait pleuré. Pourtant, sa bonne éducation lui avait fais remercier cette dame et elle avait lu dans son regard la compréhension, l’encouragement. Peut-être était-elle une femme-sel arrachée à sa famille, il y a très longtemps. Ou peut-être comprenait-elle en tant que femme. La jeune Fléaufort n’en savait rien, mais cela aussi l’avait aidé. Elle s’était déshabillée sans honte pour enfiler cette nouvelle robe simple, et elle se souvenait en détail de tout ce qui avait suivi. Même si elle essayait de ne pas trop y penser. L’expérience avait été étrange, perturbante et douloureuse, un peu. Elle avait saigné sur les draps, et les avait nettoyé le lendemain. Elle n’était pas sur les Îles de Fer depuis longtemps, et n’avait eu des relations avec son « mari » qu’une fois ou deux après la première. Il n’était la que rarement, et se montrait toujours gentil, souvent silencieux, étrangement compréhensif. Alors elle ne disait rien et laissait le sort faire. Et elle apprenait à s’acclimater aux îles arides. « Viens avec moi demain, nous irons acheter tout ce dont vous aurez besoin ! » lui avait-dis la vieille dame le jour d’avant. Godrik le lui avait déjà demandé, et elle allait utiliser ce qui se trouvait dans sa bourse au moment de son enlèvement pour cela. Elle aurait du y aller depuis deux jours déjà, mais elle n’osait pas. Sans la vieille Martha, elle aurait encore hésité un bon moment. Cela lui avait pris toute la matinée et une partie de la soirée. La vieille dame lui avait donné plusieurs choses, des couverts, des bols, des récipients pour la cuisine. Alyce en avait acheté d’autres, ainsi que de quoi cuisiner. La vieille dame lui apprenait, et la jeune noble n’était pas mauvaise. Ainsi allait sa vie.

Elle trouvait parfois le temps long. Elle aurait voulu posséder un livre, ou de quoi dessiner, mais elle n’osait s’offrir ce luxe. Elle n’osait même pas en parler. Ainsi, coupée de tout divertissement, Alyce ressassait ses mauvais souvenirs. Les deux genoux sur le sol, elle dessinait du bout du doigt dans le sable. Elle ne savait pas exactement quoi. Elle dessinait, c’était tout. Concentrée sur les traits grossiers –elle regrettait sa belle plume- elle n’entendit pas quelqu’un approcher. Personne ne l’approchait, d’ailleurs. Comme si tout le monde avait peur de Godrik…Ou peut-être étais-ce le capitaine du Cruel qui avait ordonné qu’on la laisse en paix ? Elle aurait voulu le revoir et parler avec lui. Elle avait envie de parler librement avec quelqu’un. N’importe qui. « Tu ne trouveras rien de plus que de la pierre et du sable. A moins que tu ne cherches à creuser un tunnel jusqu'à chez toi ? » Elle sursauta, et sa main effaça le dessin sur le sable. Elle se redressa rapidement, pour faire face à un homme qu’elle n’avait jamais vu. Etrangement, il ressemblait à un homme du continent. Un homme qui aurait passé beaucoup de temps au soleil. Elle aurait presque pu le prendre pour un chevalier –presque- s’il n’avait pas été aussi discourtois. Tout le monde ici se fiche que tu sois la fille de Quellon Fléaufort, pauvre gourde. Elle l’oubliait sans arrêt. Personne ne lui ferait de compliments, ne lui donnerait du « Lady Alyce » ni ne lui offrirait une fleur. Tout comme personne ne lui rendrait son frère, dont elle portait le dernier présent autour du cou –un collier qui s’était retrouvé dans sa main, son cadeau d’anniversaire à n’en pas douter. Ni sa famille, ni sa maison, ni ses livres et ses dessins. Au mieux on la laisserait en paix et elle pourrait voir de temps en temps le capitaine, elle ne verrait pas trop son mari, qu’elle détestait avec un peu plus de difficulté chaque jour. Au pire et bien, elle croiserait des gens qui se moquerait d’elle, ou qui tenterait de la toucher. Godrik lui avait promis que ça n’arriverait pas. Peut-être avait-il eu trop confiance en les autres hommes. « Malheureusement pour toi, les îles sont désormais ton nouveau chez toi. Cela dit, ton maître est on ne peut plus.... Ridicule. J'avoue que pour une femme-sel telle que toi, j'imaginais que d'autres se seraient battus pour t'avoir. » On lui avait expliqué que, selon l’Antique Voie, un bien ou une femme allait à celui qui avait payé le Fer-Prix. Godrik avait tué son frère, et avait donc payé le Fer-Prix pour elle. Comme cela semblait être la loi des Fer-Nés, elle ne s’était pas vraiment attendue à ce que quelqu’un l’enfreigne. Mais sur le bateau, ils te regardaient. C’est quand Godrik est arrivé qu’ils sont partis. Quand il a remis l’autre homme à sa place. Sans doute ne respectaient-ils pas leurs lois. Pas toujours. Dans les Sept Couronnes, il y avait également des criminels. Cet homme si bien habillé en était-il un ? Elle n’en savait rien. Et elle était un peu effrayée. Elle ne savait pas quand Godrik reviendrait. Il était parti avec le capitaine du Cruel, elle était donc toute seule. Personne ne pourrait l’aider s’il se passait quelque chose, si tout dégénérait…Elle pouvait toujours crier, elle doutait que quiconque intervienne. Malgré ce qu’on avait pu lui expliquer, elle gardait certains de ses préjugés sur les Fer-Nés. Et elle avait peur…C’était déjà assez compliqué pour elle sans qu’un homme ne cherche à profiter de sa faiblesse. Elle avait beau tout faire pour ne pas apprécier son « mari », elle avait beau lui en vouloir à mort pour son frère, au moins avec lui, elle se sentait en sécurité. C’est de ceux comme lui dont je dois me méfier. Ceux qui font des « choses bien pires ». Godrik le lui avait dis sur le Cruel.
« C’est vos propres lois, ou coutumes je ne sais pas très bien, qui m’ont donnée à Godrik. » répondit-elle, sans être certaine qu’elle avait vraiment le droit de parler à un autre homme. Puis elle se souvint de ce qui était arrivé dans la cabine du capitaine du Cruel, et une légère rougeur colora ses joues. Cela aussi, elle n’était sûrement pas censé avoir le droit. « Ce n’est d’ailleurs pas plus ridicule qu’un homme se moquant de la condition malheureuse d’une femme. » ajouta-t-elle, distante, désireuse de s’éloigner de lui. Elle n’avait pas demandée à être ici, tout comme elle n’avait pas demandé à voir son frère mourir, à être hantée par des cauchemars, à pleurer en silence lorsqu’elle était seule, à sentir ses cuisses la lancer, ni à discuter avec ce qui ressemblait à une caricature d’homme du continent. Il ressemblait à l’idée qu’elle avait eu jusque là des Fer-Nés : Des hommes cruels, sans éducation. Des monstres à visage humain. « Si vous voulez bien m’excusez, j’ai à faire. » Sa bonne éducation était tout aussi ridicule et déplacée, mais elle la collait comme une seconde peau. Au même titre que sa répartie habituelle. C’avait plu au capitaine, ç’avait amusé Godrik, et à celui-ci, qu’est ce que ça lui ferait ? Elle n’osait même pas l’imaginer, et maudit cent fois sa langue.
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Sargon Harloi
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Message Mer 30 Nov 2011 - 20:44

     Elle osait répondre, pendant un instant Sargon s'était demandé si la jeune fille allait rester pétrie de crainte à le regarder avec des yeux de biche effarouchée. Ça le faisait sortir de ses gongs. Le Harloi détestait voir la faiblesse dans le regard des autres, il méprisait tout simplement ce sentiment qui réduisait l'homme à moins qu'un animal. Combien de fois était-il tombé sur des prétendus « chevaliers » qui l'avaient regardé de leurs grands yeux pleins de crainte avant qu'il ne leur tranche la tête ? L'acier Valyrien coupait mieux que n'importe quoi d'autre, c'était une véritable partie de plaisir, décapiter un homme devenait aussi facile que de trancher une viande trop cuite. Oui, l'on pouvait dire que la faiblesse le rendait violent, tout comme la peur aiguisait son envie de faire crever de trouille la personne qui se tenait devant lui. Son oncle lui avait dit, un jour, que les loups sentaient la peur dégagée par leur proie, depuis cet instant, Sargon ne pouvait s'empêcher de se dire qu'il était dans la même condition. Heureusement pour elle, cette jolie petite femme-sel ne dégageait rien de tel. Il aurait été regrettable de lui montrer directement son côté violent. Il le réservait pour plus tard.

     Une légère rougeur colora ses joues, dessinant un sourire encore plus amusé sur les lèvres pleines du Fer-né qui observait un silence de mort. Son regard inquisiteur ne se détachait pas du minois de la jeune femme alors qu'elle répliquait d'un ton qui montrait clairement qu'elle rêvait de se trouver à mille lieux d'ici. Mais elle était là, avec lui. Toute seule. L'élément déclencheur fut lorsqu'elle s'excusa en lui priant de lui pardonner, prétendant avoir autre chose à faire. Sans hésiter, Sargon éclata de rire, un rire à la fois amusé, mais avec un fond de moquerie sincère, il se délectait de voir la pauvre se noyer dans sa tristesse. S'il le pouvait, il lui enfoncerait même la tête sous l'eau. Parvenant à reprendre son sérieux, le Fer-né la regarda droit dans les yeux.

     ▬ A faire me dis-tu ? Mais ma pauvre, tu n'es plus qu'une femme-sel, mis à part écarter les cuisses pour ton maître tu n'as pas d'autre utilité. Or ton cher Godrik est sur le Cruel et toi, tu es ici. Quelques secondes passèrent. Toute seule. Il commença à marcher vers elle. Avec moi. »

     Elle pouvait bien courir, sur une île il finirait par la rattraper et Sargon détestait que l'on essaye de lui échapper. Cela le rendait violent et de bien méchante humeur. Dans son intérêt, la belle comprendrait que le mieux était de se laisser faire bien docilement. Il fit quelques pas, mangeant la distance qui le séparait de l'ancienne lady, jusqu'à la réduire à néant, se postant juste devant elle à une trentaine de centimètres. Elle était plus petite et il l'obligeait à lever les yeux pour le regarder. C'était une de ses techniques, obliger ses cibles à devoir se sentir inférieures et elles l'étaient toujours. La voix du capitaine de la Veuve Salée reprit alors, d'un ton presque caressant, mais qui ne parvenait pas à se débarrasser totalement d'une arrogance qui faisait partie intégrante de son être.

     ▬ L'on m'avait bien dit que tu étais de noble lignage, je dois avouer que je ne sais si je dois m'amuser de voir qu'une femme-sel est mieux éduquée que son propriétaire. Je ne crois pas que Godrik connaisse un seul mot d'excuse. Il inspira légèrement. Autant que tu le saches tout de suite, ces mots ne te seront d'aucune utilité ici, surtout pour ce à quoi tu servirais désormais. »

     Elle n'était plus rien, ni épouse véritablement légitime, la jeune femme ne servirait que de divertissement à son « époux », sauf si celui-ci se montrait plus délicat à son attention, ce qui n'était pas le cas de Sargon. Celui-ci voyait bien que la proximité mettait la demoiselle mal à l'aise, elle devait certainement se sentir en danger, il y avait fort à parier que Godrik avait déjà consommé le mariage et ceci pouvait expliquer cela. Une idée naquit dans l'esprit tordu du Harloi, il voyait là l'occasion de la gêner encore plus. Une femme gênée était moins prompt à se rebeller, de plus s'il ne pouvait l'avoir, le Fer-né déciderait de la faire haïr ce peuple et par la même occasion, son maître. Le jeune homme avança encore, réduisant l'écart à quelques centimètres à peine, puis il leva sa main droite pour attraper la mâchoire de la jolie brune et lui lever le visage afin de le contempler sans se départir de son sourire.

     ▬ Tu rougis ? C'est presque attendrissant, quel dommage que je ne sois pas sensible à ce genre de réaction. Ne t'en fais pas, après t'être faite cuissée une bonne dizaine de fois tu trouveras cela normal. Il baissa les yeux vers la bouche de la jeune femme. Et si ton maître s'y prend bien, tu finiras même pas aimer. »

     Petite pucelle qui devait rêver du beau chevalier servant, elle n'avait hérité que d'un pêcheur qui vivait sur une île perdue dans une bicoque qui sentait le poisson. Avec de la chance elle finirait par se suicider ou il se lasserait d'elle et irait voir ailleurs, au pire il lui ferait pondre une tripotée de bâtards et elle finirait par jouer les mamans poules. Rien de bien réjouissant en somme. La main de Sargon ne serrait pas assez la mâchoire de la belle pour lui faire mal, mais juste assez pour lui éviter de pouvoir s'esquiver. Oh, elle pouvait tenter de lui envoyer un coup bien placé, mais autant dire que pour sa santé à elle, mieux valait l'éviter. Une femme-sel, même noble, restait une simple esclave. Il pencha légèrement la tête vers elle comme s'il comptait l'embrasser, mais s'arrêta à une vingtaine de centimètres pour lui parler d'un ton faussement caressant. Le Harloi se moquait d'elle et ça se voyait aussi clairement que le nez au milieu de la figure.

     ▬ Je sais, je suis un homme cruel de me moquer de ta condition, ma pauvre. Préfèrerais-tu que je me mette à verser des larmes sur ton sort en te plaignant de servir de catin à un marin trop chanceux ? Il leva les yeux au ciel comme prit d'une réflexion avant de secouer la tête et replanter son regard mordoré dans le sien. Désolé, je n'ai jamais su mentir, en réalité je suis même venu constater par moi-même comment tu t'en tirais. Je me serais presque attendu à te trouver morte, peut-être bien que notre cher Godrik se montre être un amant suffisamment attentionné pour te garder en vie ? »

     Sargon n'était pas un tendre, il n'y avait qu'à voir avec son amante, Deirdre, une simple bâtarde qu'il traitait comme une moins que rien. Pour mériter le respect du Harloi, il fallait s'en montrer digne, le Fer-né aimait les femmes qui possédaient du répondant, étrangement celle-ci lui apparaissait trop douce, il aurait imaginé qu'elle serait plus réactive. Le peur dans le regard d'une femme l'éveillait juste assez pour qu'il profite d'elle un instant, mais l'excitation s'envolait bien rapidement, tandis que la hargne restait et rallumait la flamme dès qu'elle s'éteignait. Cherchant à la provoquer pour la faire exprimer sa colère, le Harloi enchaîna sur sa lancée.

     ▬ Tu me parlais de l'Antique Voie ? Il rigola légèrement. Tu es mal tombée avec moi, je ne suis pas réputé pour être un adepte de cette tradition, en réalité c'est même ce que l'on me reproche. »

     Harlon le Rouge ne cessait de lui rabattre les oreilles avec tout cela, l'Antique Voie par ci, l'Antique Voir par là, Sargon n'en pouvait plus. C'était aussi pour cela qu'il portait des habits plus riches que les autres habitants des îles et qu'il ne ressemblait pas à un barbare avec son physique presque digne d'un habitant des terres. Il ne prenait pas tout par le sang et s'autorisait des plaisirs qui les autres Fer-nés ne pouvaient s'offrir sans trahir leurs convictions. C'était pour cette raison que venir tourner autour de la femme-sel d'un autre ne le dérangeait pas. Le jeune capitaine lâcha finalement le menton de la demoiselle avant de reculer son visage du sien pour se redresser. Son regard signifiait toutefois qu'il ne valait mieux pas tenter le diable, si la belle essayait de s'enfuir, il risquait de s'énerver.

     ▬ Cela dit, si tu tiens tellement que cela à ce que je joue le Fer-né par excellence, je peux toujours aller défier ton propriétaire, le tuer et faire de toi ma femme-sel. Seulement je ne suis pas d'une grande patience et je crains que si tu ne me convenais pas, ton existence se termine plus rapidement que prévu. Mieux vaut donc te montrer docile et je m'en irais sans te faire de mal. Il esquissa un nouveau sourire. Enfin cela dépend des points de vue. »

     Il voulait l'inquiéter, lui faire peur, qu'elle se demande ce qu'il entendait par là. Fais travailler ton imagination ma jolie, une pauvre lady comme elle imaginerait tout de suite quelque chose de répréhensible et il s'en délectait d'avance. Sargon était venu ici pour voir si elle en valait la peine, physiquement elle était belle, mais possédait un charme un peu trop délicat pour lui convenir parfaitement, il lui fallait donc sonder son caractère, voir si elle pouvait représenter un quelconque intérêt pour lui. Son regard inquisiteur du Harloi quitta le minois de la belle et se promena sur sa gorge jusqu'à descendre vers sa poitrine, puis repassa sur son visage pour se terminer dans le regard de la brune.

     ▬ Une véritable petite lady, est-ce que tu t'excuses aussi lorsqu'il profite de ton ravissant corps ? »

     Parler de son intimité la mettrait mal à l'aise, elle n'était certainement pas habituée à parler de sa sexualité, surtout avec un inconnu qu'elle devait prendre pour un véritable sauvage. Alyce venait de subir la prise de connaissance avec Sargon, il l'humiliait et bientôt, il allait l'écraser. Après tout, les femmes ne servaient qu'à cela.


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Message Jeu 1 Déc 2011 - 19:59

La jeune femme-sel désirait s’en aller. Elle détestait cet endroit, elle avait continuellement peur quand Godrik n’était pas avec elle, et le fait de se sentir rassurée par sa présence n’était pas pour l’aider. Elle était véritablement contente de ne pas avoir de miroir. Elle n’aurait pas pu supporter son propre reflet…Depuis combien de temps était-elle la ? Une semaine ? Deux ? Pas vraiment plus. Godrik était reparti quelques jours auparavant. A moins que ça ne soit quelques heures ? Hier ? Avant-hier ? Alyce perdait la notion du temps, avec l’impression d’évoluer dans une sorte de rêve, de cauchemar en fait serait plus exact. Elle avait absolument tout perdu, jusqu’à son honneur. Elle demandait simplement qu’on la laisse en paix mais on lui refusait cela également. « A faire me dis-tu ? Mais ma pauvre, tu n'es plus qu'une femme-sel, mis à part écarter les cuisses pour ton maître tu n'as pas d'autre utilité. Or ton cher Godrik est sur le Cruel et toi, tu es ici. Toute seule. » Elle se raidit alors que l’homme avançait vers elle. Elle n’avait pas envie qu’il approche. Elle n’aimait pas ses manières, ses airs, sa compagnie. « Avec moi. » Et c’était bien cela le problème. Elle avait beau détester Godrik, elle devait lui reconnaître certaines qualités –bien que cela lui arrachait la langue. Il avait été aimable avec elle, avait essayé qu’elle se sente à l’aise, lui avait parlé, l’avait rassurée sur bien des points. Cela avait aidé Alyce, véritablement. Mais il lui semblait qu’il avait oublié certains détails cruciaux. « L'on m'avait bien dit que tu étais de noble lignage, je dois avouer que je ne sais si je dois m'amuser de voir qu'une femme-sel est mieux éduquée que son propriétaire. Je ne crois pas que Godrik connaisse un seul mot d'excuse. Autant que tu le saches tout de suite, ces mots ne te seront d'aucune utilité ici, surtout pour ce à quoi tu servirais désormais. » Il s’habille comme un noble mais est loin de l’être. Il se moquait d’elle, sans scrupules. Alyce n’avait jamais rencontré de personnes semblables, mais sans doute étais-ce parce qu’elle avait grandis entourée par des hommes biens éduqués –son père et ses frères- qu’elle avait été entourée par une belle société à l’époque où elle fréquentait Aliénor Lannister. Dans les terres de l’Ouest, jamais un homme n’aurait osé s’adresser ainsi à une dame. Pas même un roturier. Tu crois encore que tout est comme dans les chansons ? Idiote. Bien sur qu’ils auraient osé. Et tu sais ce qui les retenait ? Le nom Lannister. Pas la bonne éducation. Elle devenait pessimiste, défaitiste, plus elle passait de temps sur ces îles hostiles. La vie se teintait d’une couleur noire, agrémentée par le rouge sang qu’elle voyait sur ses mains, alors même qu’il avait disparu depuis longtemps.

L’homme fit un pas vers elle, puis un second, avant de lui attraper le menton et la forcer à relever la tête. Alyce lui offrait un regard vide. Elle était blessée, sans aucuns doutes, mais n’avait pas envie de répliquer Pas envie d’envenimer les choses. Elle n’avait même pas envie de respirer. « Tu rougis ? C'est presque attendrissant, quel dommage que je ne sois pas sensible à ce genre de réaction. Ne t'en fais pas, après t'être faite cuissée une bonne dizaine de fois tu trouveras cela normal. » Elle sentit ses joues se colorer d’un rouge encore plus vif. Et ce n’était pas le rouge qui colore les joues d’une jeune fille à qui un jeune et beau chevalier a volé son premier baiser. Non, c’était le rouge de la honte véritable. Elle avait tout perdu, le soir où elle avait mis le pied sur cette île. Absolument tout…Et qui sait quelles seraient les conséquences futures. Elle ne prenait pas de thé de lune… « Et si ton maître s'y prend bien, tu finiras même pas aimer. » Jamais ! voulut-elle se récrier, sauf que le fer-né lui serrait la mâchoire assez fort pour qu’elle ne puisse pas véritablement se permettre de l’ouvrir sans qu’il n’ai la possibilité de la briser. Est-ce qu’on peut en mourir ? La question avait à ses yeux un certain intérêt. Si elle ne se tuait pas elle-même, elle ne gâchait pas la vie d’Harren. Tu sais très bien que ton raisonnement est stupide. Oui elle le savait. Mais que faire face à cet homme infecte ? Se laisser toucher ? Se laisser insulter ? Visiblement elle n’avait pas le choix. « Je sais, je suis un homme cruel de me moquer de ta condition, ma pauvre. Préfèrerais-tu que je me mette à verser des larmes sur ton sort en te plaignant de servir de catin à un marin trop chanceux ? » Elle n’avait vraiment pas envie de réagir, mais la colère était en train de grandir en elle. Des mots, simplement des mots. Catin, c’était pour cela que son frère avait donné sa vie ? Qu’elle devienne une catin ? Non…Harren n’aurait jamais pu supporter de voir cela. Il serait venu la chercher seul s’il avait fallu. Elle avait envie de dire à cet homme qu’elle avait beau être la femme-sel d’un marin, elle n’en restait pas moins une Fléaufort. Qu’un jour, quelqu’un les arrêterait forcément et qu’elle rentrerait chez elle. Au moins elle aurait sa propre chambre pour pleurer. Oh personne ne voudrait d’elle, jamais. Qui aurait envie de passer après un Fer-Né ? Mais au moins elle serait chez elle, loin de ce cauchemar. Elle avait envie de lui dire tout cela, sauf qu’elle savait qu’il allait briser ses espoirs. Elle n’était pas capable d’encaisser cela. « Désolé, je n'ai jamais su mentir, en réalité je suis même venu constater par moi-même comment tu t'en tirais. Je me serais presque attendu à te trouver morte, peut-être bien que notre cher Godrik se montre être un amant suffisamment attentionné pour te garder en vie ? » Elle se rendit compte que son propre corps tremblait, légèrement. C’aurait pu être l’action du froid, sauf que Alyce connaissait ces sensations. Elle les avait déjà ressentie à deux reprises dans son ancienne vie. La colère…Elle savait aussi qu’elle pleurait dans ces moments, mais ces larmes étaient brûlantes de rage. « Tu me parlais de l'Antique Voie ? » Il se mit à rire, et cela accentua le froid en elle. Elle comprit bien avant qu’il n’achève sa phrase. « Tu es mal tombée avec moi, je ne suis pas réputé pour être un adepte de cette tradition, en réalité c'est même ce que l'on me reproche. » Et voilà, il fallait bien qu’il en existe. Il fallait bien que ce soit justement celui la que tu rencontres. Les Dieux t’ont oubliée depuis longtemps, idiote. Idiote. Idiote ! Si elle était restée à l’intérieur au lieu de dessiner dans le sable. Si elle avait eu de quoi passer ses journées…Et si, et si. Tu connais la chanson, tu sais qu’elle ne vaut rien. « Cela dit, si tu tiens tellement que cela à ce que je joue le Fer-né par excellence, je peux toujours aller défier ton propriétaire, le tuer et faire de toi ma femme-sel. Seulement je ne suis pas d'une grande patience et je crains que si tu ne me convenais pas, ton existence se termine plus rapidement que prévu. Mieux vaut donc te montrer docile et je m'en irais sans te faire de mal. » Alyce avait l’esprit naturellement porté sur l’imagination. Elle se souvenait des moments sur le Cruel, où elle avait attendu dans l’angoisse le premier homme qui viendrait la violer. Elle avait imaginé des choses horribles, et sans le capitaine du boutre, sans doute ne se serait-elle pas arrêtée. Elle avait fini par connaître ce qu’était l’intimité, avait compris que ce n’était pas effrayant malgré les douleurs qui en résultait. Elle n’aimait pas véritablement, mais ça n’était pas aussi horrible qu’elle aurait pu le penser. Il avait raison, tu vas finir par aimer ça. Catin. Catin. Catin ! « Enfin cela dépend des points de vue. » Elle n’aimait pas son sourire. Il était celui d’un animal sauvage prêt à attaquer. Celui d’un loup…Quoi que non. Ces animaux avaient une certaine noblesse, et cet homme en était totalement dépourvu. Il était le barbare Fer-Né dont lui avait parlé sa septa. Celui qui correspondait à tous ses préjugés. Son cauchemar.

Un cauchemar qui la regardait. Elle ignorait ce que signifiait exactement ce regard, elle n’en avait jamais eu de semblables. Ce dont elle était sure, c’est de ne pas apprécier ce qui risquait de suivre. Peut-être pourrait-elle fuir, se mettre à courir. Le prédateur ne lâche jamais sa proie une fois qu’il a commencé la traque. Dans quel livre est-ce qu’elle avait lu cette phrase ? Elle détestait cette mémoire qui l’empêchait d’oublier quoi que ce soit. Cette même mémoire qui nourrissait ses cauchemars, à l’instar de ce regard qu’il posait sur elle, qui la hanterait, longtemps. Quoi qu’il fasse ensuite, même si tout s’arrêtait la, elle craindrait de passer la porte, de fermer les yeux. Petite chose fragile, elle avait régressé au stade d’enfant depuis que le sang avait giclé sur sa robe, sur son visage. Elle avait peur, elle avait mal –et pas tant entre les cuisses que dans son cœur. Elle demandait la paix…Mais on lui envoyait un nouveau tourment. Ce serait mentir que d’affirmer que l’océan ne la tentait pas, la, tout de suite. Tu vas salir sa mémoire. Non seulement tu es une catin, mais en prime une catin sans respect pour rien ? Plus pour elle-même en tous cas. « Une véritable petite lady, est-ce que tu t'excuses aussi lorsqu'il profite de ton ravissant corps ? » ajouta-t-il, ce qui eu le mérite de faire sortir la petite femme-sel de ses pensées. Ramenée dans la brusque et triste réalité, elle sentait toujours ces frissons dans son corps, sous la robe simple mais confortable offerte par la vieille Martha. « Êtes-vous si peu satisfait de vos propres femmes que pour chercher à tirer satisfaction des actes d’autrui ? » répliqua-t-elle, et elle recula d’un pas pour prendre un peu de distance par rapport au Fer-Né. Il ne lâche pas sa proie une fois qu’il a commencé à la traquer. Elle n’avait jamais fais face à un prédateur. Personne ne s’était véritablement battu pour elle. Personne de cette façon…Harren avait donné sa vie en espérant sauver la sienne. D’où il se trouvait, était-il satisfait ? Il lui avait toujours dis de ne jamais se laisser maltraiter par quiconque. A l’époque, cela semblait une promesse facile à tenir. Qui pouvait lui vouloir du mal ? Elle vivait dans un univers idéalisé. Bien sur, elle avait lu des textes sur des hommes cruels, avec des commentaires dont elle avait tiré beaucoup d’enseignement, à sa façon. Sa septa lui avait appris que tous les hommes n’étaient pas bons, mais qu’elle devrait toujours respecter son mari tout en gardant sa dignité. Sa septa était une femme bonne, malgré tous les préjugés dont elle avait rempli la tête d’Alyce au sujet des Fer-Nés. Pas si préjugés que cela se dit-elle en toisant cet homme dont elle ne connaissait pas le nom. Son regard ne reflétait pas sa colère. Elle parlait calmement, quoi qu’un peu durement. Un peu trop. Elle frisait l’impolitesse, mais qu’en avait-elle encore à faire, avec un homme qui ne respectait même pas les règles élémentaires de courtoisie ? Son frère lui manquait… « Ou alors peut-être êtes-vous tout simplement incapable de les satisfaire. On m’a appris à me défier des hommes comme vous. Vous tentez de passer pour quelqu’un de riche, de bien élevé, mais vous n’êtes rien de tout cela. Vous avez envie de rire ? Ma condition vous amuse ? Riez. Pensez-vous vraiment que j’en ai encore quelque chose à faire ? » Elle avait beau avoir profondément honte, haïr l’idée d’avoir été dépucelée par un Fer-Né, se sentir sale, être inquiète à l’idée des éventuelles conséquences, pleurer chaque nuit sous l’emprise de cauchemars, ne vivre qu’à cause de la parole donnée à un capitaine qui avait été bon avec elle au milieu de la tempête dans laquelle elle était prise, les méchancetés ne la touchait pas vraiment. Pas autant que si on les lui avait dite dans son ancienne vie. Oh bien sur elle n’aimait pas les mots de cet homme, et bien sur elle aurait préféré s’en aller, avait même envie de pleurer. Mais elle ne le ferait pas. Pas devant lui. Elle faisait déjà plaisir à un Fer-Né de trop. « C’est vous qui êtes à plaindre. Pas assez homme pour s’en prendre à d’autres hommes. Je me fiche pas mal du sort de Godrik, mais je suis presque certaine que vous ne mettrez pas vos menaces à exécution. Les vrais hommes n’ont pas besoin de menacer… » Elle avait lu la dernière phrase dans un livre.

Alyce aurait voulu se taire, voulu encaisser sagement, mais elle avait déjà trop encaissé ces derniers temps. Elle était en deuil, elle devait coucher avec l’homme qui avait provoqué ce deuil, on l’avait arrachée à sa famille, on l’avait fait épouser un marin indigne d’une Fléaufort, on la faisait vivre dans un endroit humide, désagréable et froid, elle était malheureuse, indubitablement, elle en avait assez et aurait voulu se noyer, ou mourir d’une mauvaise maladie. Elle portait ce désir de mort, elle le sentait, et peut-être étais-ce ce même désir qui la poussait à répliquer sans vraiment réfléchir à ses mots. Tu ne fais pas honneur à sa mémoire souffla la voix dans sa tête, qui s’était muée en celle du capitaine du Cruel. Mais elle n’en avait rien à faire. Elle voulait oublier ses cauchemars, elle voulait dormir d’un sommeil sans rêve pour l’éternité. Quelques coups l’y aideraient. Sa faible condition ferait la suite. Et l’espoir de repartir, de les retrouver ? Il lui semblait qu’elle ne l’avait pas véritablement. Un rêve d’enfant, comme ces chansons qu’elle avait tant aimé. Des histoires. Aux yeux du monde, elle était déjà morte…
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Sargon Harloi
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Message Ven 2 Déc 2011 - 13:46

     C'était juste.... Délectable, ce petit rougissement sur ses jours, ce n'était pas la gêne qui le provoquait, mais la honte. Combien de fois l'avait-il vu ? Trop pour tous les dénombrer, elle avait été bien élevée et il y a de cela quelques semaines, devait encore rêver du gentil petit lord qui s'occuperait de son cas. C'était si risible, Sargon se demandait souvent comment les habitants des terres pouvaient être aussi stupides et réussir à résister à leurs attaques pour autant. Décidément, les femmes des îles possédaient bien plus de poigne que les hommes des terres. Son sourire s'élargit davantage alors qu'elle riposta aussitôt après avoir entendu sa provocation sur sa sexualité. Elle mordait ? Non, elle aboyait beaucoup, il en faudrait bien davantage au Fer-né pour se sentir mal à l'aise. Aaricia, Deirdre et bien d'autres encore n'avaient jamais réussi à le percer, ce n'était pas une ancienne lady devenue catin d'un marin qui pourrait le toucher avec ses répliques mal assurées. Elle recula. Il sourit. C'était tellement amusant, ce serait comme de menacer un homme de le tuer en étant armé d'une simple cuillère. Voulait-elle lui faire croire qu'elle le provoquait alors qu'elle suintait la frousse ?

     Il ne décrochait pas son regard inquisiteur du minois délicat de la belle. Avec le temps sa beauté se fanerait, elle finirait par avoir le teint abîmé par le sel de la mer et le manque de nourriture convenable, elle finirait par ressembler à une simple roturière. Nouvelle provocation qui ne troubla absolument pas le calme olympien du capitaine. Il n'avait jamais été très dérangé par les remarques que l'on pouvait faire sur sa virilité, ses amantes savaient ce qu'il valait et cela le satisfaisait. Ce n'était pas les provocations de la dernière chance d'une lady tout juste dépucelée qui allaient le faire sortir de ses gongs. La femme-sel tremblait, son regard était craintif, elle était aux abois, Sargon ne savait s'il devait se réjouir de cela ou plutôt s'en attrister, au fond il avait espéré pouvoir embêter Godrik, mais la jeune femme ne semblait pas particulièrement attachée à lui. Après tout il l'avait enlevée et peut-être que le Harloi ne connaissait pas toute l'histoire de leur « rencontre », cette hostilité pouvait cacher bien des choses. Lorsque le silence retomba, seulement troublé par le bruit du vent qui soufflait toujours, Sargon avança d'un pas, réduisant continuellement la distance qui les séparait, puis il rétorqua d'un ton profondément arrogant.

     ▬ Mais, chaque femme est différente, il est tout à fait normal de chercher satisfaction auprès d'autres que celles que l'on fréquente quotidiennement. Ton cher Godrik le fera aussi, après tout c'est à cela que servent les femmes non ? »

     En réalité, le capitaine ne considérait pas la majorité des femmes comme des moyens de se détendre, les Fer-née étaient dignes de figurer au même titre que les combattants masculins des îles, mais un femme-sel ne pouvait rien offrir de plus qu'une migraine à force de crier et un bon moment entre ses cuisses. L'idée de la gêner encore davantage caressa son esprit alors qu'il la regardait. Elle voulait jouer sur ce tableau ? Très bien. Mais la jeune femme était tombée sur bien plus fort qu'elle dans ce domaine, même s'il n'était pas comparable à certains autres Fer-nés, Sargon aimait les femmes et aimait leur compagnie. Il ne pensait pas à cela en permanence, mais son expérience était clairement plus développée que la jolie brune. Il glissa sa main vers la mâchoire de la demoiselle avant de la faire glisser vers son cou, juste un frôlement étrangement doux et délicat en comparaison de l'attitude qu'il avait et du geste avec lequel il avait attrapé son visage juste avant. La douceur était bien pire que la violence avec le Harloi, mais elle l'ignorait.

     ▬ Qu'est-ce que te fais croire que je puisse avoir envie de t'écarter les cuisses ma belle ? Peut-être que j'étais simplement venu discuter avec toi, même si tu vas avoir du mal à me croire, laisse-moi te dire qu'un homme ne pense pas qu'à cela. Finalement tu aimes peut-être plus ce rôle que je ne le pensais. »

     Il rigola légèrement, d'un air moqueur et en la regardant comme si elle venait de lui dire quelque chose d'obscène. Sargon espérait sincèrement qu'elle allait se sentir honteuse d'avoir imaginé qu'il puisse avoir envie d'elle. Oh, c'était une possibilité bien évidemment, mais pas la raison de sa venue ici, puis il était tellement doué pour mimer l'indifférence à ce niveau qu'il n'aurait aucune peine à la berner. Après avoir caresser son cou de cygne, Sargon secoua la tête de dénégation en retirant sa main de la peau chaude de la jeune fille.

     ▬ Vraiment navré de te décevoir, mais je les préfère plus expérimentées et réactives que toi. J'ai toujours trouvé les femme-sel trop coincées pour ce que j'aime faire vois-tu. Je ne tiens pas à avoir une étoile de mer face à moi. »

     Le Harloi avait possédé une femme-sel, du moins si l'on pouvait présenter les choses comme ça. Une femme enlevée lors d'un raid sur l'Ouest, il avait profité d'elle quelques soirs, mais s'était rapidement lassé de ce qu'elle avait à lui offrir. Il l'avait finalement donnée à l'un de ses marins et peut-être était-elle morte depuis, quoi qu'il en soit, la jeune femme avait été beaucoup trop coincée pour réagir à ses stimulus et Sargon n'avait pas apprécié l'expérience. Le fait qu'il retire sa main ne le faisait pas reculer pour autant, son regard mordoré restait planté dans celui, apeuré, de la jolie fille qui devait certainement rêver de le voir lui tourner le dos et quitter l'île. Mais il ne le ferait pas. Pas encore.

     ▬ J'oubliais que maintenant que Godrik t'as cuissée tu es passée experte dans l'art d'identifier les étalons, j'imagine que je ne suis certainement pas à la hauteur de tes talents de catin de pêcheur. »

     Son ton était mauvais, enfin pas plus qu'à l'accoutumée et il n'était pas vexé, le sourire planant sur ses lèvres pleines était d'ailleurs représentatif. Ce que l'on pensait de lui, lui était absolument égal, son assurance et son arrogance étaient telles qu'il ne croyait que ce qu'il voulait. Elle allait devoir chercher bien plus loin si elle voulait espérer le faire réagir. Il soupira légèrement comme si la femme-sel ne l'amusait plus tellement. Sargon avait tendance à se lasser rapidement, mais il était bien décidé à trouver un moyen de l'embêter encore davantage. Choisissant de jouer la carte de la proximité pour l'instant, il ne se donna pas la peine de la toucher, il pouvait sentir son odeur et elle aussi, c'était bien plus gênant pour une lady habituée aux protocoles que tout le reste.

     ▬ Et qui sont « les hommes comme moi » ? Des pillards Fer-nés qui ne pensent qu'à leur intérêt ? Je serais bien curieux de savoir ce que tu penses de moi, certainement rien de plus que ce qu'un de tes religieux t'as rentré dans la tête. Dommage, tête bien faite, mais remplie par des sottises, tu n'es même pas capable de penser par toi-même et tu penses pouvoir me juger ? Il rigola doucement. Regarde autour de toi.... Il leva le bras et désigna les environs. Qui voudrais-tu que j'impressionne avec mes habits ? Les Fer-nés se moquent de la manière dont est habillé leur voisin, quant aux bonnes manières, tu crois sérieusement que je puisse m'ennuyer avec ce genre de détails ? L'on voit vraiment que tu vis dans ton monde ma pauvre. Son ton avait légèrement changé, presque comme s'il avait.... Pitié. Tu ferais mieux d'ouvrir les yeux, nous ne sommes pas dans l'un de tes contes et aucun beau chevalier ne viendra te sauver. »

     Il ne se défendait pas, il soulignait point par point les stupidités qui sortaient de sa bouche pour essayer de la bousculer, lui faire voir qu'elle se trompait complètement et qu'elle allait devoir ouvrir les yeux rapidement. Son sourire s'accentua, la pitié qu'il avait pu avoir n'était rien de plus qu'un profond mépris. Les gens des terres étaient vraiment insolents, ils croyaient tout connaître alors qu'ils ignoraient tout. Cette jeune femme allait devoir apprendre à vivre à l'heure des Fer-nés. Il se ferait un plaisir de le lui apprendre. La place d'une femme-sel était sur le dos, les cuisses écartées et non à essayer de descendre un capitaine prompt à la violence.

     ▬ Tu crois que je m'en prends à toi ? Détrompe-toi ma belle, je ne fais que parler, si tu avais été un homme la chose aurait été réglée depuis bien longtemps. Il n'y a aucune menace dans mes mots, je ne fais que me renseigner sur tes désirs. Je n'ai aucune envie de salir mon épée pour quelque chose qui n'en vaudrait pas la peine, il est normal de tester la marchandise avant, tu ne crois pas ? »

     La marchandise, autrement dit elle. Même si Godrik n'était qu'un marin, il travaillait pour les Timbal et il y avait une chance pour que la maison soit offensée qu'un capitaine ose s'en prendre à leurs soldats, mais rien de bien méchant ne découlerait de la mort d'un roturier. Un coup bien placé avec Crépuscule et les choses seraient réglées. Mais Sargon était comme ça, il ne voulait pas faire quelque chose sans raison, hors de question de tuer Godrik juste pour le plaisir, si la belle n'en valait pas la peine, il ne se donnerait pas cette peine et irait chercher ailleurs un moyen de se venger de ce roturier trop présomptueux. Une lueur étrange passa dans le regard de Sargon alors qu'il regardait la belle. Approchant sa main d'elle, il la passa sous son menton pour lever son visage vers lui, puis il approcha le sien à quelques centimètres.

     ▬ Peut-être devrais-je attendre qu'il s'attache à toi pour le faire souffrir davantage en te tuant ensuite ? Tu le détestes non ? Tu as réellement envie de jouer les catins pour un Fer-né pendant des années ? Je peux te rendre service et me rendre service en même temps. Aimerais-tu que je m'occupe de te rendre la vie moins difficile ? Il caressa sa joue d'un geste délicat. Ce serait dommage de te tuer, mais tu ne seras pas la première, ni la dernière. Puisque visiblement tu es trop bien pour nous, j'imagine que cette idée te séduira.... ? Sargon rigola légèrement. Tu apprendras qu'il est bien plus difficile de vivre en ayant perdu quelqu'un ou quelque chose que de se faire tuer. Je préfère le voir souffrir que de le tuer vois-tu. »

     Il ne la menaçait pas directement. Le Harloi voulait juste l'inquiéter, voir jusqu'à quel point elle était prête à aller. Petite lady, seras-tu suffisamment courageuse ?


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Message Sam 3 Déc 2011 - 11:47

Alyce attendait dans une sorte d’angoisse. Elle attendait le coup qui devait forcément arriver. Elle espérait qu’il frapperait assez fort pour qu’elle en meure. Elle avait déjà lu quelque part qu’il était possible de tuer quelqu’un en lui brisant le nez d’une certaine façon. Aurait-elle un semblait de cette chance ? Elle en doutait. Vu comment tournait son existence, elle allait récolter quelques bleus, d’autres blessures qui viendront tenir compagnie à la cicatrice sur sa jambe, aux demi-lunes imprimées sur la paume de sa main. Peut-être…Ou peut-être qu’il sortirait son épée, si la minable femme-sel continuait sur ce chemin. Ou qu’il s’en irait. Dans un cas comme dans l’autre, Alyce gagnait du répit, plus ou moins long, et c’était tout ce dont elle avait envie. Du répit, de la tranquillité, pour penser en regardant l’océan qui lui semblait infini, du côté où sa maison devait se trouver. « Mais, chaque femme est différente, il est tout à fait normal de chercher satisfaction auprès d'autres que celles que l'on fréquente quotidiennement. Ton cher Godrik le fera aussi, après tout c'est à cela que servent les femmes non ? » L’idée que Godrik pourrait coucher avec d’autres femmes et la délaisser la remplissait de joie. Elle avait presque envie qu’il en ai déjà eu assez. Après tout, qui voudrait d’une femme comme elle ? Déprimée, pitoyable, elle avait perdu son attrait en même temps que sa virginité et ne faisait rien pour exciter les ardeurs de son compagnon. Il l’avait pourtant déjà prise quelque fois et semblait avoir aimé l’expérience. Et si elle était agréable sans le savoir ? Elle jouait assez de malchance pour que ça soit le cas. La preuve était la. Un autre homme cherchait à se l’approprier, quelle que soit la façon dont il s’y prenait. Il s’était à nouveau approché, et avait caressé son cou, lui faisant relever le visage. Il avait les doigts froids et calleux qui lui semblaient écorcher sa peau. Elle détestait cela. Le contact lui donnait envie de se rebeller, pourtant elle ne le fit pas. Elle n’eut pas vraiment le temps. Il recommença à parler, et chaque mot lui donnait envie de hurler, le simple son de sa voix, en réalité. Elle ne détestait même pas l’assassin de son frère à ce point. « Qu'est-ce que te fais croire que je puisse avoir envie de t'écarter les cuisses ma belle ? Peut-être que j'étais simplement venu discuter avec toi, même si tu vas avoir du mal à me croire, laisse-moi te dire qu'un homme ne pense pas qu'à cela. Finalement tu aimes peut-être plus ce rôle que je ne le pensais. » Humiliation, déshonneur. Il l’enfonce dans sa misère, et il rit, l’infâme monstre. Il caresse encore son cou, approchant dangereusement de l’échancrure de sa robe, puis ôte sa main au dernier instant. Elle se sent soulagée. Elle n’aime pas être touchée, encore moins par lui. Chez elle, on lui aurait coupé la main pour avoir osé faire cela. Que n’eut-elle de quoi le faire elle-même, bien qu’elle doutât fortement en être capable. C’avait toujours l’air facile quand elle regardait faire, mais rien ne l’était dans ce monde. « Vraiment navré de te décevoir, mais je les préfère plus expérimentées et réactives que toi. J'ai toujours trouvé les femme-sel trop coincées pour ce que j'aime faire vois-tu. Je ne tiens pas à avoir une étoile de mer face à moi. » C’était loin d’être une déception, ça tenait plutôt du soulagement…Un grand soulagement. Même si elle ne comprenait pas ce que les étoiles de mer venaient faire dans leur discussion. Ou peut-être simplement qu’elle préférait ne pas comprendre. C’était comme dans les discussions surprises sur le bateau, quand Godrik remettait l’autre homme à sa place. Elle n’avait pas compris la teneur de ses propos…Des métaphores, peut-être.

Il avait beau dire qu’il n’avait pas envie d’elle, cela ne l’empêchait pas de rester tout près d’Alyce, qui avait simplement envie de lui donner un coup de pied pour s’enfuir. Mais où irait-elle ? Godrik lui avait dis que la vieille Martha la protègerait. Contre cet homme, pourtant, elle en doutait. Et s’il faisait des misères à la vieille dame si gentille ? Non…Non, Alyce ne pouvait attirer le malheur sur les autres uniquement dans l’espoir bien mince qu’il pourrait avoir un peu de retenue envers Martha. Vu le spécimen, elle en doutait. Il était de ceux sans respect, apparentés à des animaux plutôt qu’à des êtres humains. Un animal doté de paroles. Un prédateur, doté de parole. Le lancer aux trousses de celle qui avait été bonne avec elle ? Autant encaisser. Elle n’était plus à cela près, puis elle était encore jeune. Les vieilles dames sont beaucoup plus fragiles. « J'oubliais que maintenant que Godrik t'as cuissée tu es passée experte dans l'art d'identifier les étalons, j'imagine que je ne suis certainement pas à la hauteur de tes talents de catin de pêcheur. » Et si elle lui répondait de la même façon ? Si elle se comportait comme une dame présomptueuse, une haute dame ? Si elle copiait sa façon d’être sur les Lannister, sur Aliénor ? Comme si tu es étais capable, ma pauvre fille. Elle aurait voulu pouvoir le faire, pouvoir passer outre son éducation et tout le reste, ou alors trouver la parole juste qui le ferait s’en aller…Ou devenir fou. Fou de rage. Les hommes comme lui étaient des bourreaux de femmes, il n’hésiterait pas. Et elle y trouverait aussi son compte. Oui, elle aurait bien voulu…Mais cela tenait du fantasme, au même titre que de rentrer un jour chez elle. « Et qui sont « les hommes comme moi » ? Des pillards Fer-nés qui ne pensent qu'à leur intérêt ? Je serais bien curieux de savoir ce que tu penses de moi, certainement rien de plus que ce qu'un de tes religieux t'as rentré dans la tête. Dommage, tête bien faite, mais remplie par des sottises, tu n'es même pas capable de penser par toi-même et tu penses pouvoir me juger ? » Lui-même était incapable de penser correctement. Alyce ne le jugeait pas, elle déduisait de ce qu’elle observait, et ce n’était pas très glorieux pour lui. Il se mit à rire. « Regarde autour de toi.... Qui voudrais-tu que j'impressionne avec mes habits ? Les Fer-nés se moquent de la manière dont est habillé leur voisin, quant aux bonnes manières, tu crois sérieusement que je puisse m'ennuyer avec ce genre de détails ? L'on voit vraiment que tu vis dans ton monde ma pauvre. » Oui, son monde. Là où les gens feignaient au moins la politesse, la où on pouvait trouver du respect, de la gentillesse, là où on n’essayait pas d’humilier une femme pour le simple plaisir. Oh Alyce idéalisait peut-être un peu son ancienne vie, mais elle était bien ancrée dans la réalité de la nouvelle. Et elle ne comprenait pas ce personnage, qui ressemblait à ce qu’on lui avait dis au sujet des fer-nés alors que tous les gens qu’elle avait pu rencontrer sur cette île étaient différents. Lui était pitoyable. Godrik ne l’était pas. Lui était méchant et cruel. Pas Godrik. Son époux forcé passait presque pour un chevalier à côté du Fer-Né. « Tu ferais mieux d'ouvrir les yeux, nous ne sommes pas dans l'un de tes contes et aucun beau chevalier ne viendra te sauver. » Non, c’est vrai, les seuls qui auraient pu sont tous morts…Oh il lui restait deux frères, mais ils étaient bien trop jeunes et d’ici à ce qu’ils soient en âge de se battre, ils auront oublié l’ombre de leur sœur. Ils auront préféré croire à sa mort…Elle comprenait. Elle ne leurs en voulait pas. « Tu crois que je m'en prends à toi ? Détrompe-toi ma belle, je ne fais que parler, si tu avais été un homme la chose aurait été réglé depuis bien longtemps. Il n'y a aucune menace dans mes mots, je ne fais que me renseigner sur tes désirs. Je n'ai aucune envie de salir mon épée pour quelque chose qui n'en vaudrait pas la peine, il est normal de tester la marchandise avant, tu ne crois pas ? » Dire que l’esclavage avait été abolit dans les Sept Couronnes…Alyce avait pourtant l’impression d’en être une, que des maîtres se disputaient pour sa beauté, ou pour quoi que ce soit d’autre. Si elle avait été une Lannister, on l’aurait peut-être mieux traitée, en attendant une rançon en conséquence. Oh son père avait des ressources, mais peut-être ne valaient-ils rien aux yeux des Fer-Nés. Puis Godrik avait cherché une femme, pas une bourse, sinon il aurait tué et volé la sienne, il aurait aussi pris celle des chevaliers, et celle d’Harren. C’était elle qu’il avait voulu. Pourquoi ? Il devait y avoir bien des catins sur les îles…Elle n’avait jamais pris la peine de lui poser cette question. Elle n’était pas certaine de vouloir connaître la réponse.
L’homme lui prit à nouveau le menton. Elle avait envie de le gifler pour qu’il la lâche. Elle détestait son odeur, elle détestait la sensation de ses mains sur la peau de son visage. Elle en avait la nausée. « Peut-être devrais-je attendre qu'il s'attache à toi pour le faire souffrir davantage en te tuant ensuite ? Tu le détestes non ? Tu as réellement envie de jouer les catins pour un Fer-né pendant des années ? Je peux te rendre service et me rendre service en même temps. Aimerais-tu que je m'occupe de te rendre la vie moins difficile ? » Oui avait-elle envie de répondre, sauf qu’elle se ravisa avant même d’avoir ouvrit la bouche. Ce serait un suicide, et elle ne voulait pas de ça. « Ce serait dommage de te tuer, mais tu ne seras pas la première, ni la dernière. Puisque visiblement tu es trop bien pour nous, j'imagine que cette idée te séduira.... ? » L’idée la séduisait depuis longtemps déjà, depuis son premier soir sur cette île en réalité et c’était peut-être pour cela que Godrik n’était pas immédiatement reparti. Elle avait envie de mourir, et elle avait envie que ça se passe vite. Seulement elle n’avait pas envie de faire plaisir à cet homme. « Tu apprendras qu'il est bien plus difficile de vivre en ayant perdu quelqu'un ou quelque chose que de se faire tuer. Je préfère le voir souffrir que de le tuer vois-tu. » Elle le savait déjà.

Elle le vivait depuis le jour de ses dix sept ans, en boucle, comme un mauvais livre dont on ne peut plus tourner la page. Elle vivait dans ce passé, continuellement. Godrik aurait-il mal comme elle, si on la tuait ? Probablement pas. Il irait chercher une autre fille, et l’histoire serait réglée. Peut-être une gentille roturière, qui ne serait pas aussi regardante qu’Alyce sur sa virginité, ou alors une prostituée, il y en avait beaucoup dans les terres de l’Ouest, comme un peu partout dans les Sept Couronnes. Certaines même étaient belles, d’après ce qu’elle avait entendu de la bouche de certains soldats, par pur accident. Et celles là sauraient bien mieux y faire qu’elle. Après tout, c’était leur métier, et elles y gagneraient une protection, même si on les arracherait à ce qu’elles avaient connu. Oui, la situation d’Alyce aurait pu rendre heureuse certaines autres femmes. Et elle aurait volontiers échangé sa place, sans compter que Godrik devait en avoir plus qu’assez de supporter sa mine défaite jour après jour. Elle-même ne supportait pas son reflet dans l’eau. « Contrairement à ce que vous croyez, je ne suis pas idiote. » décida-t-elle de répondre, sans remettre de la distance entre eux cette fois. C’était inutile, puisqu’il revenait sans arrêt. Elle allait l’affronter, et voir ce qui en résulterait. Rien de bon, espérait-elle. Qu’il parte ! disait une part d’elle-même. Qu’il me tue ! disait l’autre. « Il me semble par contre que vous, vous l’êtes. Je ne dois pas être ici depuis plus de deux semaines, vous imaginez vraiment qu’il se serait attaché à moi ? Pensez-vous seulement que cela arrivera ? Si je suis une catin, alors la réponse est non. Qui s’attache aux catins ? Vous pouvez me tuer, si cela vous fait plaisir, mais il ne ressentira rien. Peut-être sera-t-il déçu, mais il trouvera vite quelqu’un pour me remplacer, et vous pourrez tuer cette femme aussi, il en trouvera une autre, et une autre. Vous vous lasserez avant lui. » Elle avait dis cela en le regardant dans les yeux, et sans rien ressentir de significatif. Elle parlait de sa mort probable, et elle s’en fichait. Elle la provoquait peut-être même un peu…Bien qu’elle n’ait pas envie de faire plaisir à ce fer-né. A aucuns, si elle avait eu le choix. « Oui…Oui vous êtes stupide. Je crois que c’est le mot juste. Stupide. Et vous ne devez pas valoir grand-chose de mieux que moi, en y regardant. Vous avez l’air d’être quelqu’un d’important, de riche. Peut-être même êtes vous capitaine, et pourtant vous venez chercher des noises à un simple marin, que vous n’avez cessé d’insulter depuis tout à l’heure. S’il ne valait vraiment rien, vous ne vous donneriez pas cette peine. Alors qu’est ce qu’il vous a fais ? Il vous a humilié, et vous essayez de vous venger sur sa femme-sel parce que vous avez peur de l’affronter face à face ? Non seulement vous êtes stupide, mais en plus vous n’êtes pas un homme. » Elle avait vu Godrik se battre, elle avait entendu le Trompe-La-Mort parler de lui, elle savait qu’il valait beaucoup en tant que marin, en tant que Fer-Né, en tant que combattant. La jalousie poussait-elle cet homme à agir ? Godrik lui faisait-il tellement peur qu’il devait se retourner contre une femme ? Alyce se rendait compte qu’il était pitoyable, et qu’elle n’avait pas à le craindre. Au pire il la tuerait, et de cela, elle n’avait pas peur.
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Sargon Harloi
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Message Sam 3 Déc 2011 - 13:37

     Un coup d'épée dans l'eau, voilà tout ce que Sargon ressentait de la vaine tentative que la jeune femme lança pour le persuader qu'elle n'était pas idiote. Oh, il la croyait, les ladys étaient intelligentes, du moins à leur manière, on leur enseignait beaucoup des choses, pas toujours franchement intéressantes d'ailleurs, mais elles n'étaient pas sottes. Disons simplement que la belle ne possédait pas l'intelligence que le Fer-né appréciait chez une femme, lui aimait voir qu'une personne était capable de retourner la situation à son avantage, de charmer un homme pour le manipuler.... Mais certainement pas de s'enfoncer encore davantage dans les ennuis. Pourtant c'était ce qu'elle faisait. Est-ce que c'était une manière de le pousser à lui faire du mal ? Peut-être bien, en tous les cas si elle voulait le faire sortir de ses gongs, c'était peine perdue. Il avait résisté à bien pire et insulter son intelligence n'allait pas le vexer. Combien de fois Harlon le Rouge et son ami Qalen avaient prétendus qu'il n'avait rien dans la tête à pouvoir s'éloigner ainsi de l'Antique Voie ? Seules les gestes étaient dignes d'intérêt, les paroles s'envolaient juste après avoir été prononcées. C'était pitoyable.

     Il était tellement plus facile de le voir comme quelqu'un d'idiot, elle se persuadait d'être dans son bon droit alors que s'il réussissait à lui montrer qu'elle se trompait, la belle comprendrait que tout ce qu'elle imaginait n'était que du vent. Seulement Sargon avait beau être patient, il ne l'était pas avec tout le monde. Elle l'agaçait avec ses airs de lady, il avait envie de la remettre à sa place, ce clore sa belle petite bouche pour qu'elle ne puisse plus débiter d'idioties. Cela n'avait rien à voir avec les mots qu'elle prononçait, c'était simplement que tant de plainte et de tristesse dans une seule voix avait tendance à l'irriter fortement. C'était comme lorsque Deirdre se plaignait de son comportement vis-à-vis d'elle, cela avait le don de l'agacer et finalement il la frappait pour la faire taire. Godrik n'apprécierait pas de voir le beau minois de la jeune femme abîmé. Finalement l'idée devenait de lui en plus séduisante.

     Elle ne le connaissait pas pour croire qu'il puisse se lasser, s'il y avait bien une qualité qu'il possédait, c'était la patience qu'il exploitait du mieux possible dans des domaines plutôt.... Limites. Généralement pour se venger de quelqu'un qui l'avait irrité, comme c'était le cas du marin. Le Harloi soutenait le regard de la jeune femme alors qu'elle arborait un air digne d'une statue, encore une fois Sargon se demanda ce que Godrik pouvait bien ressentir vis-à-vis d'une femme qui avait l'air de porter tous les malheurs du monde sur ses épaules. Elle lui donnait envie de la frapper. Il la laissa déverser sa bile sur lui comme si cela pouvait la soulager, préparant déjà sa riposte, le Fer-né essayait de toujours avoir un coup d'avance sur la personne qui lui faisait face et autant dire qu'avec elle, c'était du gâteau. Le silence retomba, Sargon secoua la tête d'un air amusé avant de rigoler légèrement comme si elle lui disait quelque chose de tout à fait ridicule.

     ▬ Non, tu as raison, tu n'es pas idiote tu es juste égocentrique. Tu crois être la seule à avoir été faite femme-sel ? Tu crois que parce que tu portes un titre de lady tu vaux mieux que toutes les autres ? Mais pour qui te prends-tu ? Tu n'es qu'une garce au fond, tu t'imagines que ton joli petit minois vaux largement plus que celui d'une simple roturière de chez toi ? Il l'attrapa par le bras et la secoue assez sèchement. Il va falloir te réveiller ma chère, ici tu es sur les îles de fer, les titres ne sont que du vent, je me fiche pas mal que ton marin ne soit pas de sang noble, il a fait quelque chose qui me déplaisait et je vais le lui faire regretter. »

     Il était vrai que lui-même avait abordé le sujet des rangs plus tôt dans la conversation, mais c'était pour jouer sur son domaine, elle ne connaissait que ça, les lords, les roturiers, les nobles, c'était familier pour elle. Mais la jeune femme n'avait pas été élevée à la manière des Fer-nés, elle ne pouvait pas comprendre que lorsqu'un affront avait été fait, roturiers comme nobles étaient sur un pied d'égalité. Certes, si lors d'un combat Godrik venait à le tuer, il pourrait avoir des problèmes avec les Harloi qui exigeraient que l'affront soit lavé par sa mort, mais ce n'était qu'un détail. Le marin était un bon combattant, Sargon aussi, de plus ce dernier possédait Crépuscule qui décuplait encore ses capacités. Même face à un bon chevalier, le Harloi avait ses chances, alors face à un marin.... Son arrogance avait beau être un gros défaut, c'était aussi elle qui lui permettait bien souvent de remporter ses combats, l'arrogance permettait d'éviter la peur et à ses yeux, la peur était un défaut.

     Elle le fatiguait avec ses airs de jeune lady, il fallait que quelqu'un lui fasse comprendre qu'elle n'était rien de plus qu'une femme-sel parmi tant d'autres. Sargon resserra sa prise sur le bras de la jeune femme, il lui laisserait certainement un bleu assez visible à cet endroit et au moins elle se souviendrait de lui. Son visage était impassible, marqué d'un masque d'arrogance qu'il portait en permanence, mais rien ne montrait qu'il produisait un quelconque effort pour lui faire mal. Bientôt elle allait se tordre pour qu'il la lâche et il ne le ferait point. Son ton se fit caressant, mais lourd de menaces, la jeune femme devait comprendre qu'elle venait de dépasser les limites et qu'il n'allait plus se montrer aussi « aimable » qu'auparavant. Un léger sourire moqueur était posé sur ses lèvres.

     ▬ Puisque tu es si intelligente ma chère lady, je vais jouer le rôle que tu me donnes. Je ne suis qu'un stupide homme qui ne s'en prend qu'aux femmes, on va voir si je m'en sors bien, qu'en dis-tu ? »

     Il serre encore plus sa prise avant de retourner son bras pour obliger la jeune femme à se pencher sur le côté afin de soulager la douleur. Sargon était un homme violent, avec diverses amantes il avait eu l'occasion d'expérimenter plusieurs techniques de « torture » et savait comment faire souffrir lentement et longuement. Son sourire s'étira encore alors qu'il attendait les gémissements douloureux qui se produisaient toujours arrivés à ce stade de l'action. C'était une noble, elle n'avait pas l'habitude de souffrir, les roturières étaient bien meilleures dans ce domaine.

     ▬ Finalement j'ai presque pitié de Godrik, une femme-sel qui ne sait que pleurer et se plaindre de ce qu'elle a perdu. Je ne sais pas ce qu'il peut te trouver vraiment, tu es insupportable et plus égoïste que je ne pouvais l'imaginer venant d'une petite lady de l'Ouest ! »

     Lui tordant encore le bras d'une main, Sargon donna alors un coup dans l'articulation du genou de la femme-sel pour la force à s'agenouiller, puis il lâcha son bras avant de lui attraper les cheveux pour lui tirer la tête en arrière. Elle voulait pleurer ? Elle voulait se plaindre ? Il allait lui donner une bonne raison de le faire. La main droite de Sargon se glissa jusqu'à sa ceinture où il attrapa un petit poignard qu'il portait toujours. Finement aiguisé, il coupait parfaitement. La lame s'approcha de l'œil de la demoiselle alors qu'il observait son regard pour détecter la moindre trace de peur. Elle disait vouloir mourir, mais elle n'y connaissait rien.

     ▬ Mais je suis dans mon bon jour, je vais t'exaucer un souhait ! Je vais te débarrasser de ta vie si pesante pour que tu puisses enfin retrouver la paix. »

     La lame caressa la joue de la jeune femme, l'entaillant légèrement pour dessiner un fin sillon rouge vif, puis il la plaça à nouveau à proximité de son œil comme s'il hésitait sur la marche à suivre. Borgne ? Non, ce n'était pas drôle, la tuer serait bien plus humain, mais il voulait lui rendre la vie impossible. Souffrir longuement, c'était tellement plus agréable. Il soupira de contentement, ce genre de moment était son occupation préférée, mais pourtant il ne s'amusait pas totalement. Quelque chose manquait. Quoi ? Le poignard se suspendit un moment avant que Sargon ne le retire en arborant un air de réflexion, puis il tira sur les cheveux de la demoiselle pour la forcer à se relever avant de changer de prise pour lui reprendre le bras.

     ▬ Je vais être gentil, je te laisse choisir, je t'égorge comme une truie ou je te perce le cœur ? Ça fera mélodramatique, mais bon, je crois avoir compris que tu aimes cela non ? »

     Menace en l'air ? Pas tant que cela, Sargon sentait son sang bouillonner de joie à l'idée de régler son compte à une noble de l'Ouest. Il avait beau avait Aliénor Lannister en ligne de mire et une autre jeune noble, ce n'était pas pour autant qu'il pouvait toutes les supporter. Le Harloi ne se laissait pas avoir par leur jolie minois, il tuait avec autant de délice une belle demoiselle en fleur qu'un chevalier dans la force de l'âge. Une fois que l'on avait vu la vie s'envoler des yeux de quelqu'un, il était difficile de s'en passer. Le Fer-né n'avait pas peur de mourir, il trouvait même cette idée séduisante et espérait bien terminer comme son père, fauché dans la force de l'âge, le blason des Harloi devait avoir une signification après tout non ? C'était pour cette raison qu'il ne craignait pas de se battre, à chaque fois l'idée de mourir de la main d'un adversaire lui semblait de plus en plus séduisante. Malheureusement, il doutait que cela puisse être Godrik.


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Message Sam 3 Déc 2011 - 19:02

Alyce n’avait plus peur de cet homme. Elle se rendait tout à fais compte qu’il pouvait aisément la tuer, ou la faire souffrir, mais la jeune fille était comme détachée face à cette triste réalité. Elle n’existait plus, plus réellement, elle lui donnait l’impression d’un cauchemar dont on ne se souvient pas des détails au réveil. Voila l’état d’esprit de la jeune Fléaufort. Et dans un cauchemar, on peut se montrer fort, se montrer fou, les conséquences ne sont jamais dramatiques. Alyce attend la mort, Alyce attend la suite. Elle veut que quelque chose change dans sa vie, dans sa situation. Elle veut rentrer chez elle, à défaut elle veut qu’on la laisse seule, et enfin elle voudrait mourir, mettre un point final à cette désagréable aventure. Elle qui en avait pourtant rêvé, de voyages, de découvertes, perchée sur son cheval, en haut d’une petite colline qui dominait les villages côtiers. Rêvé, peut-être trop, peut-être avait-elle prié pour que cela arrive. Désormais elle aurait voulu retourner en arrière. Mais elle ne pouvait pas. Il n’y avait que le présent pour elle, et un futur incertain. « Non, tu as raison, tu n'es pas idiote tu es juste égocentrique. Tu crois être la seule à avoir été faite femme-sel ? Tu crois que parce que tu portes un titre de lady tu vaux mieux que toutes les autres ? Mais pour qui te prends-tu ? Tu n'es qu'une garce au fond, tu t'imagines que ton joli petit minois vaux largement plus que celui d'une simple roturière de chez toi ? » Elle n’imaginait rien, mais lui déformait tout. Il lui prit violemment le bras. Elle attendait cet acte, finissant par croire qu’il ne viendrait pas. Le premier d’une longue série. « Il va falloir te réveiller ma chère, ici tu es sur les îles de fer, les titres ne sont que du vent, je me fiche pas mal que ton marin ne soit pas de sang noble, il a fait quelque chose qui me déplaisait et je vais le lui faire regretter » Ah oui, aurait-elle voulu demander. Et quoi donc ? Qu’est ce que Godrik était en mesure de faire pour déplaire à quiconque en dehors d’elle ? Il n’était qu’un simple marin, certes le meilleur du Cruel, mais de la à déplaire à quelqu’un ? Non, Alyce commençait à le connaître, et elle avait cerné l’homme qui la violentait. Un imbécile, un prétentieux. Un homme misérable, qui valait bien sa condition de Fer-Né. Il serra sa prise sur son bras, et elle ne pu s’empêcher de grimacer. On ne lui avait jamais fais de mal…Ses seules douleurs étaient psychologiques, en dehors de sa chute de cheval. Oh, enfant, elle était tombée quelque fois, mais rien de comparable. Il lui semblait que son bras s’engourdissait. Ses mains la piquaient à force de serrer, comme si le sel présent sur sa peau s’enfonçait dans celle d’Alyce. Une impression, juste cela, mais c’était désagréable. « Puisque tu es si intelligente ma chère lady, je vais jouer le rôle que tu me donnes. Je ne suis qu'un stupide homme qui ne s'en prend qu'aux femmes, on va voir si je m'en sors bien, qu'en dis-tu ? » Elle ne répond pas, juste un regard presque condescendant, et il lui tord le bras. Un petit cri lui échappe, sous la surprise, et son corps réagit par réflexe. Il se tord, se plie, pour soulager la pression qui menace. L’os pourrait se briser, elle en est consciente. « Finalement j'ai presque pitié de Godrik, une femme-sel qui ne sait que pleurer et se plaindre de ce qu'elle a perdu. Je ne sais pas ce qu'il peut te trouver vraiment, tu es insupportable et plus égoïste que je ne pouvais l'imaginer venant d'une petite lady de l'Ouest ! » Il la frappe, fort, et l’un de ses genoux cède sous elle. Le second suit presque immédiatement. Alyce a mal, ses yeux la piquent, mais elle savait que ça arriverait. Il va jouer, puis il va me tuer. Elle allait arriver au résultat souhaité, d’une façon ou d’une autre. Le voulait-elle vraiment, au fond ? Une partie, oui. L’autre ne voulait vivre que pour ne pas faire plaisir à cet homme détestable et infecte. Il sortit une lame de ses vêtements riches et la lui colla contre la joue. Le contact du métal froid la fit frissonner. Il lui avait tiré les cheveux pour garder sa tête en arrière. La position était inconfortable, Alyce était soumise à la moindre de ses envies. Lui briser le cou ? Lui trancher la gorge ? La battre à mort ? Elle ne pourrait se dégager sans se briser un os, et se dégager, pour quoi faire ? Pour appeler qui ? Godrik n’était pas la. Elle allait mourir…
Elle se rendit compte qu’elle ne le voulait pas vraiment au moment où son cœur se mit à battre plus vite.

« Mais je suis dans mon bon jour, je vais t'exaucer un souhait ! Je vais te débarrasser de ta vie si pesante pour que tu puisses enfin retrouver la paix. » La retrouverait-elle vraiment ? Elle se sentait entourée par des spectres, et revoyait le corps d’Harren s’écrouler, la douleur sur son visage, dans ses yeux. Voulait-elle cela ? D’un coup, Alyce avait peur. Alyce voulait se dégager de cette étreinte, Alyce ne voulait pas mourir, pas comme ça. Pas de sa main, se dit-elle alors qu’il lui tirait les cheveux pour l’obliger à se relever, pour tordre à nouveau son bras. Elle était contre lui, et il avait son poignard tout près de son visage. Il allait la tuer, bientôt. Et elle ne le voulait pas. Les Fer-Nés avaient suffisamment brisés la maison Fléaufort, et même s’ils la croyaient sans doute morte, il était hors de question qu’elle laisse ce moins que rien, cette parodie de noble, lui ôter la vie donnée par Harren. Jamais. « Je vais être gentil, je te laisse choisir, je t'égorge comme une truie ou je te perce le cœur ? Ça fera mélodramatique, mais bon, je crois avoir compris que tu aimes cela non ? » Elle ne se débattait pas. Son pouls était rapide, sa respiration un peu haletante. Des larmes lui piquaient les yeux, mais rien ne coulait. Pas encore, peut-être même jamais. Plus jamais. « Percez moi le cœur… » murmura-t-elle. C’est ce qu’elle aurait choisis. Il avait au moins raison sur un point, c’était mélodramatique à souhait. Sauf qu’elle ne se laisserait pas faire, pas par lui, non. Au moment où elle prononça ces paroles, elle fit ce qu’elle n’aurait jamais cru faire un jour. Elle décolla son pied du sol et lui donna un coup dans la jambe. Elle y avait mit toute la force de sa rage, de sa peine, de sa tristesse et elle ressentit en même temps une étrange exaltation alors qu’il la lâchait, sous le coup de la surprise. Ou peut-être de la douleur, oui, peut-être qu’elle lui avait fais mal…Elle avait envie de le penser. Elle en profita pour s’éloigner. Elle voulait se mettre à courir, et elle se rendit compte que ses jambes n’avaient pas attendu qu’elle y pense. Elle courrait, en boitant un peu du côté où il avait frappé dans son genou. Mais elle n’allait pas très loin. La jeune Fléaufort n’avait pas encore le bon pied pour courir sur cette île, et son genou semblait avoir un petit problème. Elle trébucha et tomba sur le sol à quelques mètres à peine de l’endroit où elle l’avait laissé. Elle cria, alors que les pierres lui éraflaient les jambes. Un coup pour rien, car il était déjà presque sur elle. L’exaltation, pourtant, d’avoir réussi à se défendre par elle-même, bien que ça ai été vain, lui faisait oublier ses bonnes manières, sa retenue. Elle en oubliait presque qu’il allait sûrement la tuer. Mais elle mourrait en s’étant défendue, elle n’était plus un agneau fragile, une pleurnicheuse. Elle avait eu le déclic. Je ne mourrais pas à cause d’eux.
Aucuns d’eux.
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Sargon Harloi
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Message Dim 4 Déc 2011 - 13:46

     Elle était juste risible, ses yeux rougis qui lui donnait un air d'animal battu. Étrangement, l'agacement de Sargon ne fit qu'un pic, cette sale gosse semblait avoir le don de le mettre hors de lui et son minois de gentille fille malheureuse ne faisait qu'attiser l'énervement du Harloi. C'était son point sensible, voir quelqu'un en position de faiblesse et qui de surcroit, ne faisait rien pour s'en sortir, éveillait en lui des sentiments de violence qu'il parvenait à brider en temps normal. Sa mâchoire se serra légèrement alors que son regard croisait celui, plein de larmes, de la femme-sel. Qu'est-ce que marin pouvait bien lui trouver avec ses airs de fleur fragile ? Si Sargon avait envisagé de l'effrayer en menaçant de la tuer juste avant, il avait désormais changé d'avis, elle était tellement irritante qu'il allait lui régler son compte. Godrik s'était momentanément envolé de son esprit et bien qu'il savait que cela provoquerait forcément un sentiment de colère chez le soldat des Timbal, le capitaine de la Veuve Salée savait aussi que son hostilité actuelle n'était liée qu'à l'irritation que la belle provoquait dans son esprit.

     Elle lui répondit d'un ton si bas qu'il perçut à peine ce qu'elle disait, mais il n'eut guère le temps de s'exécuter puisque la demoiselle lui envoya un coup de pied dans la jambe. Le coup ne fit pas très mal, Sargon avait déjà supporté bien pire et ses habits protégeaient une grande partie du choc qui n'était déjà pas très fort en raison de la force de la jeune femme et de ses habits. Si elle avait porté une armure de mailles ou d'écailles, peut-être que le Fer-né aurait boité quelques temps, mais là.... Il sentit simplement quelque chose percuter son os et lâcha les cheveux de la belle sous le coup de la surprise, elle en profita aussitôt pour s'éloigner comme si fuir de quelques mètres allait lui permettre de se protéger de sa mort imminente. Un sourire à la fois amusé et plein d'assurance se dessina sur les lèvres pleines du Harloi, elle avait du répondant finalement ! Mais cela venait malheureusement un peu trop tard, il allait falloir qu'elle se montre bien plus convaincante si elle espérait qu'il la laisse en vie. Ou alors prier le dieu noyé ou n'importe quel dieu qu'elle connaissait pour qu'il intervienne en sa faveur !

     Elle commença à courir, enfin plutôt à faire une pseudo course pour lui échapper avant de tomber sur le sol après avoir trébuché en boitant. Risible. Il pouvait la rattraper en quelques enjambées, comme s'il y avait la moindre chance de lui échapper ! Le Harloi la regarda s'enfuir pendant quelques secondes alors que la jeune femme ne parvenait qu'à se déplacer de quelques mètres sans vraiment mettre de distance entre eux, puis il se retourna dans sa direction avant de se diriger vers elle. La jeune lady criait en s'éraflant sur les roches et les cailloux pointus, ce qui ne faisait qu'attiser encore davantage le côté violent du Fer-né qui arriva rapidement à son niveau. Elle était agenouillée sur le sol inégal de l'île, se demandant certainement ce qu'elle faisait là, inutile d'être devin pour comprendre qu'elle n'avait strictement aucune chance de s'en tirer comme ça....

     ▬ Magnifique tentative, quel dommage que même cette île ne veuille pas que tu t'en ailles. Arrête de courir, tu crois sérieusement pouvoir m'échapper en trébuchant sur les roches ? Tu salis le sol avec ton sang, ne fais pas l'idiote et montre-toi bien élevée comme tu semblais l'être il y a quelques minutes. »

     Il s'était arrêté à ses côtés, elle pouvait bien essayer de lui envoyer un coup, mais il était évident que cela n'allait pas être particulièrement productif. Son poignard à la main, il le contempla un instant avant de se pencher légèrement pour attraper une fois de plus les cheveux de la demoiselle. Ils avaient dû être doux et soyeux il y a de cela quelques semaines, mais après seulement une quinzaine de jours passés sur cette île, ils étaient devenus rêches et cassants. Comme les natifs de ces îles. Elle aurait peut-être fini par ressembler à une véritable Fer-née ? Un soupir traversa la barrière des lèvres de Sargon avant qu'il ne redresse la femme-sel de force pour l'obliger à se mettre d'aplomb et lui fasse face. La demoiselle était plus petite, il plongea ses yeux dorés dans les siens, aucune pitié n'était lisible et elle devait comprendre qu'il ne plaisantait pas. Le Harloi n'était pas du genre à faire des menaces en l'air. Un légère sourire passa sur ses lèvres alors qu'il lâchait sa chevelure pour lui attraper le bras comme auparavant, puis avec sa main qui tenait toujours le poignard, il caressa sa joue à l'aide du dos de sa main.

     ▬ Cesse d'essayer de t'enfuir, je croyais que tu voulais mourir, pourquoi te débattre ? Ça ne sera que plus douloureux et en plus, ça a le don d'attiser ma colère, je ne suis pas sûr que ça te soit très utile.... »

     Le regard du Harloi quitta provisoirement le minois de la belle alors qu'il portait son attention sur le poignard qu'il tenait en main, elle était collée contre lui et tout à coup, une idée bien plus délectable naquit dans son esprit. Son sourire s'élargit alors qu'il glissait son arme jusqu'à sa ceinture pour ranger le poignard, puis il approcha son visage de cela de la belle pour lui murmurer quelques mots à l'oreille.

     ▬ Je vais te montrer qu'un Fer-né n'a pas peur de la mort ma jolie petite lady. »

     Il remonta sa main et la glissa autour du ravissant cou de la femme-sel, certains détournaient le regard lorsqu'ils tuaient, comme s'ils craignaient la mort et le dernier regard qu'un agonisant pouvait leur lancer. Sargon lui, se délectait de ce moment, c'était même le seul réellement digne d'intérêt. Sa poigne se resserra sur la gorge de la malheureuse qui dû comprendre qu'il ne comptait plus la poignarder, mais l'étrangler jusqu'à ce que mort s'en suive. Elle avait eu l'occasion d'expérimenter sa poigne et se doutait certainement qu'une main lui serait suffisante pour l'étouffer. Les yeux de Sargon étaient plongés dans ceux de sa victime, il allait lui comprimer la trachée jusqu'à ce qu'elle n'ait plus d'air, puis il verrait la vie quitter son joli regard. Une chose que l'on oubliait rarement, il serait la dernière chose qu'elle verrait sur terre. Son attention était dirigée sur la demoiselle et ils présentaient mutuellement leurs flancs au chemin qui menait à la demeure de Godrik. Drôle de spectacle qu'ils devaient offrir, ainsi proches l'un de l'autre alors qu'il maintenant sa main autour de son cou. Finalement, il avait bien fait de venir ici.


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Message Dim 4 Déc 2011 - 22:15

Le boutre de Harald Trompe la Mort était de nouveau de retour à Vieux Wyk après une campagne sur les côtes du Bief, chacun était à la fois heureux et nostalgique de ces pillages en rejoignant leur île natale. Alors qu'il quittait tranquillement le Cruel pour rejoindre le village Godrik s'arrêta lorsqu'il vit le vieux Will courir vers lui. C'était bien la première fois qu'il voyait Will faire montre d'autant d'ardeur aussi loin que sa mémoire remonte il n'avait jamais vu le vieillard autrement que derrière Martha ou simplement sous son porche à fumer la pipe. Il aida le vieil homme à s'appuyer contre la barrière du ponton par lequel l'équipage du Cruel débarquait. Le vieux Will prit quelques secondes pour reprendre son souffle et lorsqu'il leva de nouveau les yeux vers Godrik ce dernier pu y voir la panique et l'urgence. Rien dans tout ce qui se produisait n'était de bon augure bien au contraire, le vieillard n'eut qu'à prononcer le nom d'Alyce pour que Godrik comprenne que quelque chose n'allait pas avec la jeune femme. Il se tourna vers un marin qui le suivait pour lui dire de s'occuper du vieil homme et au pas de course commença à remonter vers le village et sa maison. C'est en ne croisant aucun villageois dans les allées descendants vers les plages que l’inquiétude commença à grandir chez le Fer-Né. Il pressa donc sa course et parvînt bien vite en vue de sa maison. La porte en était ouverte, il tira donc sa dague pensant qu'un intrus était entré dans sa demeure pour y agresser sa femme-sel. Il prononça quelques jurons faisant référence à la naïveté de la jeune noble en approchant à pas de loup vers la cabane. Passant le coin de la maison de Martha il découvrit que la scène qu'il pensait trouver dans sa propre demeure se déroulait en réalité au milieu du village, aux vues et sus de tous. L'adrénaline pulsa à flots dans les veines de Godrik et tout parut lui apparaitre avec une acuité particulière. Alyce marquée au visage, sans doute par un coup, cette main lui enserrant la gorge. Le sourire de prédation de son agresseur ainsi que son arme au coté et non dans ses mains. Il se déplaçait désormais vers le couple insolite, avançant avec calme et sérénité. A mesure que ses pas l'approchaient de l'homme, il cherchait dans son esprit où et quand il avait déjà vu ce visage hautain marqué par le vice et le manque d'honneur. Et en un éclair ce fut fait, c'était là le capitaine sans envergure qui avait cherché des noises à son propre Capitaine. Il lui avait fallu intervenir pour calmer cet impudent et lui faire quitter le pont du Cruel. Ainsi cet homme de peu n'avait pas accepté l'offense faite et voulait se venger.

Godrik ne se souvenait cependant pas du nom de cet intriguant. Il savait qu'il avait eu pour emblème une faux sur champs noir mais le nom lui même ne revenait pas. Ce n'est qu'une fois dans le dos de l'homme que son nom lui revînt, le timing n'aurait pu être plus parfait. Il se redressa alors et glissa sa dague sous la gorge de Sargon il lui chuchota à l'oreille.
Si tu tiens à ta vie le Harloi tu ferais mieux de relâcher ta prise sur ma femme. Lorsque les doigts relâchèrent leur prise sur la gorge de la jeune femme, Godrik lui fit signe de la tête de rentrer chez eux. En fait tu es pire qu'un continentale le Harloi, eux au moins n'ont pas connaissance du Dieu Noyé mais toi tu agis comme eux malgré ça, attaquer la femme-sel d'un marin va contre l'antique voix. D'un geste il fit volter le capitaine et le poussa vers la direction opposée de celle vers où Alyce se dirigeait. Tenant toujours sa dague qu'il fit passer dans sa main gauche, il tira sa hache avec le droite. Rejoins donc la Veuve Joyeuse, petit capitaine, tu n'as rien à faire ici. Il s'était même souvenu du nom du boutre du capitaine et cela lui fit esquisser un sourire. Il perçut sur sa gauche le mouvement de la vieille Martha ouvrant sa porte pour rejoindre elle aussi la maison de Godrik à l'entrée de laquelle elle resta debout, ne voulant pas perdre une bribe de ce qu'il se passait à quelques mètres à peine. En voyant certains autres marins du Cruel arriver par l'allée derrière le Harloi, l'un d'eux portant à moitié le vieux Will, Godrik se redressa et rangea sa dague ne gardant que sa hache en main. La "tragédie" si tragédie il y avait eu, était sur le point de se conclure ainsi. Et Godrik n'aurait pu s'en réjouir plus, quand bien même le Harloi avait manqué à l'Antique Voix en agressant ainsi le femme-sel d'un autre Fer-Né, si lui avait dû tuer un capitaine nul doute qu'il aurait été exécuté peu de temps après. Cependant jamais il n'aurait cru voir un jour un capitaine quelconque s'en prendre ainsi à un simple marin, Harald n'avait pas tort les traditions périclitaient doucement mais surement, les nouveaux capitaines et leaders de leurs îles n'étaient plus même l'ombre de ceux qui avait été. Si désormais les nobles et autres capitaines ne respectaient même plus l'Antique Voix où s'en prenaient à de simple marins du commun, alors les îles courraient à leur perte. Peut être pour certains d'entre eux, la septa d'Alyce avait vu juste et cela affligeait le marin. Rien ne sert de verser le sang des notre le Harloi, quitte cette île qui n'est pas la tienne pendant que tu le peux encore. Godrik voulait offrir la possibilité au capitaine de quitter sans encombre le village qui grouillait désormais de marins venu depuis le Cruel pour comprendre ce qui avait bien pu se passer, plusieurs du reste portaient déjà les armes à la main. Pour calmer le jeu Godrik lui même remit sa hache au coté indiquant par la même aux autres marins qu'il n'était plus question de se battre ou tuer qui que ce soit.
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Sargon Harloi
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Message Lun 5 Déc 2011 - 18:53

     Une minute plus tard et elle serait morte à ses pieds, mais il fallut que son « mari » vienne jouer les chevaliers servants qui sauvaient leur princesse. L'attention de Sargon avait été captée par les yeux de la demoiselle où la peur commençait à se mêler à la panique de ne plus pouvoir respirer, il avait bien entendu des bruits sur le côté, mais ne s'était pas donné la peine de voir qui approchait. Grave erreur ? Pas franchement, après tout le Harloi savait bien que si quelqu'un venait le poignarder par derrière, cela ne ferait que provoquer la colère de son oncle, même si son neveu était en tort. Ce ne fut toutefois pas une grande surprise lorsqu'il sentit une lame entrer en contact avec sa gorge, puis tout de suite après, un murmure lui être adressé. Ce n'était pas de gaieté de cœur qu'il lâcha le cou de cygne de la femme-sel pour la regarder s'éloigner sans que la lame du poignard ne s'enlève pour autant. Des insultes, du moins à la manière d'un Fer-né, cela ne dérangeait pas franchement Sargon qui se moquait pas mal de savoir que l'on pouvait le considérer comme indigne de ses îles natales, combien de fois avait-il entendu cela de la bouche d'autres ? Lorsqu'il fut éloigné de force, à l'aide d'une poigne aussi ferme que la sienne, le Harloi se remit d'aplomb alors que le marin, puisqu'il s'agissait évidemment de Godrik, tirait une autre arme de sa ceinture.

     Qu'espérait-il ? Effrayer son homologue ? Même si Sargon était loin d'être « digne » d'être considéré comme un Fer-né, il n'avait toutefois pas peur de la mort et il faudrait bien plus que de tirer des armes pour l'effrayer. Le visage du jeune homme resta teinté d'arrogance alors que son regard inquisiteur ne lâchait pas celui de l'homme face à lui. Ce marin commençait sincèrement à l'agacer, mais en y repensant, c'était mieux qu'il soit arrivé avant que Sargon ne tue sa « femme », au moins cela lui donnait une nouvelle raison de chercher à lui nuire. Les mots du roturier étaient normalement interprétés comme une insulte, mais le Harloi se fichait pas mal d'être taxé de « petit » capitaine, il n'avait rien à prouver à ce gueux et se contrefichait de ce qu'il pouvait penser de lui. L'arrogance et l'assurance naturelle du capitaine de la Veuve Salée lui permettait de ne pas se sentir concerné par l'avis des autres le concernant.

     Il rangea toutefois ses armes alors que son regard se dirigeait derrière Sargon qui se doutait bien que les trois quarts des marins du Cruel devaient venir rejoindre leur collègue. Cela ne provoqua rien que le jeune homme, il se fichait pas mal du danger dans lequel il se trouvait, qu'ils tentent donc de le tuer, il en aurait emporté une bonne partie avant qu'ils n'y arrivent et cela ne serait que le déclenchement des hostilités entre les Harloi et les Timbal ! En parfait égoïste, Sargon s'offrit le luxe de rire en entendant Godrik lui ordonner de quitter cette île en rangeant ses armes. Mais pour qui se prenait-il ? Il allait où il voulait et quand il voulait. Instinctivement, la main du capitaine se porta vers la poignée de Crépuscule et la caressa jusqu'à la garde avant de rétorquer d'un ton débordant d'arrogance.

     ▬ Tu devrais donner la main à Harlon le Rouge petit marin, je suis sûr que vous pourriez me bassiner à longueur de temps avec votre Antique Voie. »

     Il avait prononcé ces deux derniers mots avec un dédain qui devait certainement outrer plus d'un marin présent ici. Avec un oncle aussi fanatique que Harlon, Sargon avait été « noyé » à sa naissance et réanimé par le prêtre, mais ce n'était pas pour autant qu'il se sentait plus proche de ces préceptes dépassés. Peu lui chalait que le dieu noyé et son Antique Voie ne soient pas avec lui, il avait de l'or pour payer Tarbeck et ses affaires étaient florissantes, n'en déplaise à son oncle ! Son sourire ne le quittait pas alors qu'il détourna la tête de Godrik pour regarder quelques marins qui s'étaient rapprochés. Espéraient-ils l'effrayer ? Peut-être bien, en tous les cas ils n'approchaient pas pour tenter de retenir le pêcheur en cas de besoin, il n'avait pas l'air d'être le type d'homme à foncer dans le tas comme Qalen.

     ▬ Je n'ai fait que ce que ta femme m'a demandé, visiblement elle ne semblerait pas te porter dans son cœur et encore moins vouloir t'ouvrir ses cuisses. Tu as simplement mal interprété mon geste, elle m'a dit qu'elle préférait encore mourir que de te servir de catin. »

     Il ne mentait pas, la demoiselle lui avait clairement demandé de lui planter son poignard dans le cœur, tout comme elle avait clairement dit qu'elle serait heureuse que Godrik ne soit plus de ce monde. Oh, il devait très bien s'en douter, mais après tout ce n'était qu'une manière de provoquer encore plus l'agacement du pêcheur. Sargon était expert dans le domaine, déclencher l'hostilité des autres à son encontre. Peut-être allait-il l'attaquer et le Harloi pourrait se débarrasser de lui avec une bonne excuse ? Non. Il était bien trop taciturne et trop posé pour agir aussi stupidement. Au moins si cela ne provoquait rien de plus que cela, le capitaine aurait semé quelques graines de doute, c'était du moins ce qu'il espérait. Peut-être que Godrik et sa femme plaintive auraient une discussion à cœur ouvert à ce propos ?

     ▬ Si tu es tellement à cheval sur les traditions, peut-être que je devrais te défier pour gagner ta femme par le sang, qu'en penses-tu petit marin ? »

     Il retira la main de Crépuscule, c'était une provocation, mais il était prêt à aller jusqu'au bout si jamais Godrik décidait d'accepter cette idée. Mais il ne le ferait pas. Il était bien trop intelligent pour se laisser avoir par des piques lancées par le Harloi. C'était embêtant, le jeune capitaine n'avait aucune peine à manipuler les gens qui lui étaient proches, mais ce marin semblait vivre dans sa petite bulle et rien ne l'intéressait visiblement. L'hostilité de Sargon diminua à son grand agacement, comment s'en prendre à quelqu'un qui ne réagissait pas aux provocations ? Contrairement à ce que la femme-sel avait dit, le capitaine n'était pas idiot, il se battait uniquement lorsqu'il avait un intérêt en jeu. Là, ce n'était pas le cas. Le fait de s'en-aller alors que le marin le lui avait « ordonné » ne le dérangeait pas outre mesure, Sargon savait que s'il quittait cette île c'était par manque d'intérêt pour la chose et non par peur. Si Godrik se plaisait à croire qu'il avait impressionné un petit capitaine, cela passerait au-dessus de la tête du concerné. Au moins son arrogance n'était pas mal placée. Un léger claquement de langue pour marquer son agacement.

     ▬ Mais force est de reconnaître que tu as raison, inutile de faire couler le sang pour quelque chose qui ne le mérite point. Cela ne sera peut-être pas le cas la prochaine fois.... »

     Ce n'était ni une menace ni une provocation, simplement un fait. Ce « quelque chose » était tout simplement la femme-sel, elle était trop geignarde pour convenir aux goûts du Harloi. Celui-ci détourna ses yeux mordorés du marin sans adresser un regard aux autres marins ou même à la jeune femme qu'il avait manqué de tuer. Tout cela s'était envolé de son esprit en même temps que son intérêt. Lassé, il l'était, comme un chat qui avait trop joué avec sa souris. Le jeune homme descendit calmement le chemin qu'il avait gravi quelques dizaines de minutes plus tôt avant de rejoindre la Veuve Salée et ses marins impatients de savoir ce qui s'était passé. C'était presque dommage, ce Godrik aurait fait un bon marin s'il n'était pas aussi dévoué à son Harald.


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Message Dim 11 Déc 2011 - 17:26

Alyce avait couru, mais elle n’avait pas été assez rapide. Son pied peu assuré sur les cailloux inégaux de l’île l’avait faite trébucher, et le tranchant acéré des pierres lui avait couvert la peau de petites plaies, que l’air salé faisait picoter atrocement. Son agresseur ne se pressa d’ailleurs pas pour la rattraper. Il avançait tranquillement, là où elle peinait à se relever sans se blesser. Il l’attrapa alors par les cheveux, les lui tirant pour la forcer à se relever, avant de lui prendre le bras, comme tout à l’heure. Un énorme coup bleu allait rapidement fleurir. Je serais morte avant… se dit-elle, et l’idée ne lui plaisait décidément plus autant qu’avant. Mourir était une chose, mourir de la main d’un homme comme lui en était une autre. Elle avait l’impression qu’il n’en valait pas la peine, presque qu’il n’en était pas digne, et c’était une pensée plutôt étrange, venue de la tête d’Alyce. « Cesse d'essayer de t'enfuir, je croyais que tu voulais mourir, pourquoi te débattre ? Ça ne sera que plus douloureux et en plus, ça a le don d'attiser ma colère, je ne suis pas sûr que ça te soit très utile.... » Il tenait toujours le poignard dans sa main, et elle était persuadée qu’il allait s’en servir. Elle se voyait déjà égorgée, poignardée, morte en tous les cas. Sauf qu’un sourire s’étala sur tout le visage répugnant du fer-né. Le même sourire que tout à l’heure, celui qu’il semblait arborer après avoir trouvé une idée particulièrement bonne, à son sens. « Je vais te montrer qu'un Fer-né n'a pas peur de la mort ma jolie petite lady. » Alors, il rangea son arme et lui serra le cou d’une main. Il serrait, de plus en plus fort, et semblait prendre son temps. Alyce sentait son corps s’engourdir, et les réflexes naturels reprendre le dessus. Elle essayait de lutter pour respirer, enfonçant ses ongles dans la main de l’homme sans qu’il ne réagisse un tant soi peu. Au contraire, plus elle essayait de s’en libérer, plus fort il serrait. Très vite, des étoiles se mirent à danser devant ses yeux, le monde vacillait dangereusement. Elle avait voulu fixer le regard de son agresseur jusqu’au bout sans montrer la moindre once de panique, mais elle n’y arrivait pas. Elle ne voulait pas mourir, pas par lui, pas comme ça. Alors elle paniquait, elle essayait de se défendre comme elle le pouvait, sans y parvenir. Ses forces la quittaient, elle ne tenait plus vraiment sur ses jambes. Bientôt, elle allait mourir.
Mais une voix intervint pour l’empêcher « Si tu tiens à ta vie le Harloi tu ferais mieux de relâcher ta prise sur ma femme. » Et son cœur fit un bond, une sorte de sursaut, alors que le fer-né la lâchait finalement. Elle releva les yeux, et croisa le regard de Godrik. Ce n’était pas un rêve, non, il venait bien de lui sauver la vie.

Alyce faillit trébucher à nouveau, mais parvint à rester debout. Pliée en deux, elle toussait, cherchait l’air qui lui avait manqué. Elle tremblait aussi, son corps était devenu froid. Godrik lui fit un signe, il lui désigna leur maison, et elle comprit le message. Elle voulait rester, assister à ce qui allait arriver, tout en ayant envie de s’en aller, de s’écarter le plus possible de cet homme. Harloi…Etais-ce un surnom, un nom de famille ? En tous cas, elle n’était pas prête de l’oublier, ni son nom, ni son visage, ni la sensation de ses mains autour de son bras, tirant ses cheveux, ou serrant sa gorge pour chercher à la tuer. Elle n’oublierait pas non plus son regard froid quoi qu’excité par la perspective de donner la mort. Cet homme lui avait fais peur, dans sa détermination à l’éliminer pour une broutille. Elle n’avait pas envie, finalement, d’assister à la suite. Elle n’avait pas envie de les voir se battre à cause d’elle, elle qui avait pourtant rêvé jadis de voir deux chevaliers s’affronter pour son cœur. Dans son imagination, c’était beau et le sang ne coulait pas. Ici…Il risquait fort d’apporter un peu de couleur sur tout le gris.
Elle les entendit parler, à mesure qu’elle s’éloignait. Elle écoutait son mari insulter l’autre homme, le réprimander alors qu’il l’appelait lui-même capitaine –bien que l’adjectif « petit » gâche l’effet. Elle avait été agressée par un capitaine, et c’était son mari, un simple matelot, qui prenait sa défense sans même sembler se soucier des conséquences. Il devait bien y avoir une hiérarchie sociale sur ces îles. Contrarier un capitaine alors qu’on n’était rien devait avoir des conséquences, de graves conséquences. Pourtant Godrik était venu et l’avait défendue. Il avait empêché qu’on la tue, alors qu’il aurait facilement pu la remplacer par une autre femme-sel, peut-être moins déprimée, moins mal dans sa peau, moins triste, plus apte à être une femme dans cet endroit. Dire qu’elle était impressionnée et étonnée aurait été un euphémisme. Elle savait, pourtant, qu’il était un homme…Bon. Pour un Fer-Né. Mais à cela, elle ne s’était pas attendue. Une fois arrivée près de la porte de leur maison, elle se retourna et assista à la fin de la scène. Les voix portaient fort, dans cet endroit, sans doute à cause du vent. Elle entendit l’agresseur menacer Godrik, de façon plutôt claire. Alyce n’avait été qu’une opportunité à saisir, une excuse. Visiblement, le Fer-Né en voulait à son mari et avait la rancune tenace. Il lui semblait que le monde s’était figé, dans l’attente. Allait-il tenter une dernière chose ? Un dernier acte stupide ? Visiblement il n’avait aucun honneur, alors pourquoi ne pas poignarder son mari dans le dos ? Elle fixait, attendait, mais rien ne se passa. Pas cette fois-ci…Et la prochaine fois ? Quand il repartirait en mer, peut-être allait-il la retrouver morte. Ou peut-être l’autre s’était-il définitivement désintéressé d’elle. Elle l’espérait.
Elle n’avait plus envie de mourir. Encore moins de la main d’un Fer-Né.

Le Harloi tourna les talons sans adresser un seul regard à quiconque et s’en alla. Godrik revint quant à lui jusqu’à la maison, où elle attendait près de la porte. Elle préféra entrer juste avant qu’il n’arrive. A présent que la peur et la colère s’apaisaient, elle sentait les marques des coups qu’elle avait reçu. Celui au visage la brûlait, elle avait vraiment mal au bras, et elle saignait un peu à cause de sa chute. Rien de grave, elle en était persuadée, mais elle était aussi gênée de le montrer. Un coup mettait du temps à s’estomper, beaucoup de temps. « Merci… » cru-t-elle bon de lui dire au moment où il passa la porte. Surtout parce qu’elle le pensait, et qu’elle ne savait pas quoi dire d’autre sur ce qui était arrivé. Godrik devait de toute façon en savoir plus qu’elle sur le pourquoi de l’agression.
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Message Jeu 15 Déc 2011 - 10:32

Après l'ultime provocation du capitaine de la veuve joyeuse, certainement la dernière tentative d'un noble pour ne pas perdre la face devant un simple marin, Godrik s'en retourna vers sa demeure pour y retrouver Alyce. Il n'avait pas véritablement eu le temps d'observer la jeune femme lorsqu'il était intervenu mais il lui semblait bien pourtant avoir vu la trace de coup sur le visage de cette dernière. Il savait Sargon Harloi comme étant un homme sans honneur mais il n'aurait pas pensé le voir ainsi attaquer une simple femme-sel et qui plus est celle d'un marin. Qu'il batte une femme pour "montrer" sa puissance n'était de fait pas bien étonnant venant d'un homme tel que le Harloi, il incarnait véritablement la lie des hommes de Westeros, un homme sans honneur ni vergogne, institué capitaine par sa naissance et l'influence de certains seigneurs de sa maison, avoir le nom d'une des îles de Fer pouvait offrir bien des opportunités et le Harloi n'en manquait jamais une seule. On le disait vaniteux et orgueilleux Godrik ne l'avait pourtant pas pensé lâche... Ici résidait une nouvelle croyance qu'il lui faudrait revoir. Lorsqu'il parvint à l'entrée de leur maison, Alyce ne l'attendit pas et entra simplement dans la bâtisse. Il ne tînt pas compte en entrant à sa suite, du remercie pitoyable qu'elle voulu lui offrir. Au lieu de ça et sans un mot il saisit le menton de la jeune femme entre son pouce et son index pour observer les dégâts provoqués par le noblions sans envergure qui avait cru bon de se venger sur la femme d'un simple marin. Tu es une idiote lui dit-il sans pour autant que sa voix n'exprime la moindre colère ou énervement. Il parlait simplement, en réalité le marin du Cruel était toujours en train de repenser à ce qu'il venait de voir, au moment où il était arrivé. Mais aussi et surtout aux dires de Sargon.

Ces mots concernant le fait que la jeune femme avait réclamé la mort plutôt que de s'offrir à lui. Certes le marin n'était pas sans savoir que Alyce avait du mal à s'acclimater à cette nouvelle vie, qu'elle portait encore le deuil de son frère mort pour la défendre mais Godrik aurait pensé que les choses auraient au moins commencé à évoluer. Que la femme-sel qu'il avait choisit, la première femme-sel qu'il eut jamais prise finirait par être autre chose qu'une simple bouche à nourrir. Qu'elle cesserait un jour de s’apitoyer sur son sort pour reprendre sa vie en main et peut être trouver sa place ici sur Vieux Wyk. Il commençait cependant à en douter, même s'il savait le Harloi prompt à mentir et se fourvoyer, il connaissait ou du moins commençait à connaitre sa femme et les dires du capitaine de la veuve joyeuse avait su trouver un certain écho dans l'esprit du marin.
Tu sais Alyce, je ne suis pas très instruit, ni même intelligent je ne le nie pas. Mais je sais reconnaitre quelqu'un qui s'offre à la mort, c'est de cette manière que les guerriers agissent lorsque je les combat. Or ce qu'il m'a été donné de voir là dehors en était un exemple concret ! La voix du marin était désormais plus tranchante à la limite de l'exaspération. Ne t'ai-je pas dit de te réfugier chez Martha et Will si jamais tu avais le moindre problème ? ! Il tira un livre de la besace qu'il portait au coté, livre qu'il posa sur la seule table de la maison. Il avait récupéré cet ouvrage lors de la dernière razzia, le saccage d'un petit village sur les côtes du Bief. Il ne savait pas ce dont il parlait et n'avait du reste su choisir en découvrant la bibliothèque d'un érudit local, il avait alors simplement choisit le livre le plus gros et le mieux décoré. Il tourna alors de nouveau son regard vers la jeune femme. Il me semblait pourtant avoir été très clair depuis le départ, si tu ne souhaite pas rester libre à toi de quitter notre maison et de tenter ta chance ailleurs. Je ne suis pas un geôlier Alyce et je ne te garderai pas prisonnière pour le simple plaisir de ta présence, je pensais pourtant que cela au moins tu l'avais compris... Godrik détacha alors sa hache de sa ceinture, arme qu'il posa sur la table aux cotés du livre. Maintenant si jamais la mort est véritablement la seule chose que tu attends je suis tout disposé à te laisser partir de la sorte si tel est ton choix. Je ne peux pas te rendre à ta famille ou à ton Ouest natal mais je peux te rendre à tes ancêtres... Je ne le souhaite pas mais si c'est là la seule manière pour que ces absurdités cessent je suis prêt à le faire. Il marqua un temps d'arrêt réfléchissant à ses prochains mots. Il n'aimait pas parler comme cela, il n'aimait pas parler tout court à vrai dire, ayant toujours pensé que les actes valaient mieux que de simples paroles, les hommes comme Sargon étaient prompt à parler et se servir des mots pour arriver à leurs fins, lui même n'avait pas ce talent et n'en voulait pas du reste. Ton deuil doit cesser Alyce, ton frère ne reviendra pas et tu ne reverras certainement jamais ta terre natale ou ta famille, si tu veux vivre il faut changer, agir ainsi n'est plus possible, pour toi comme pour moi. La mort n'est pas comme dans les livres et tes histoires de septa, tu l'as vu là dehors, ce n'est pas une chose romantique ou douce, la mort fait mal, elle n'a rien de beau ! Il finit par s'assoir sur une des deux chaises de la maison. J'ai promis de prendre soin de toi et je tiendrai ma parole, mais je ne peux le faire contre ta propre volonté... Godrik était las de cette histoire, il avait finit par penser à certains moments qu'il aurait mieux fait, pour Alyce comme pour lui, de la tuer aux cotés de son frère comme il l'avait pensé au départ. Il s'était laissé submerger par le regard de la jeune femme et ces yeux avaient su retenir son bras et lui sauver la vie. Aujourd'hui il se demandait si ce n'était pas un cadeau pire que la mort qu'il avait offert à sa femme-sel, tout du moins dans l'esprit de cette dernière...
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Message Jeu 15 Déc 2011 - 19:51

Alyce a passé la porte et elle attend la suite des évènements. Elle a appris à connaître un peu celui qu’elle avait épousé et elle ne l’avait jamais vu s’énerver, pas même tout à l’heure face au Harloi. Elle ne l’a même jamais entendu hausser le ton, et il n’a jamais levé la main sur elle autrement que pour la prendre dans le lit qu’ils partageaient. Pourtant, la, il lui prit le visage et regarda les blessures que lui avaient infligé son agresseur. Elle ressentait le besoin irrépressible de baisser les yeux. Elle n’avait pas envie d’avoir des coups marqués sur le visage, elle avait encore moins envie qu’on les remarque. Que quiconque les remarque. Elle était gênée et mal à l’aise, elle se sentait impuissante et véritablement idiote de ne pas avoir essayé de courir plutôt, mais tous ces sentiments s’envolèrent quand Godrik la qualifia d’idiote. Soufflée, elle cligna des paupières alors qu’il recommençait déjà à parler. Il parlait de la mort, du fait qu’elle avait voulu mourir. C’avait été vrai au début, elle ne pouvait pas le nier. Elle avait espéré qu’il la tue, et en finir tout de suite, seulement…Elle avait changé d’avis en cours de route. Elle avait décidé de ne pas mourir de la main d’un Fer-Né, et encore moins de cet homme qu’elle avait trouvé à la fois effrayant et pitoyable. Elle avait pris une décision, une grande décision : celle de e battre. Mais Godrik ne s’était rendu compte de rien. Il la sermonnait comme si elle était une demeurée. Il lui rappela qu’au moindre problème elle était censée courir chez Will et Martha, sauf que cela elle ne l’avait pas oublié. Elle avait choisis de ne pas le faire, et pas parce qu’elle désirait mourir. Simplement elle trouvait que c’était une bien mauvaise façon de remercier la vieille Martha pour sa gentillesse que de lui amener ce fou au pas de sa porte. Etais-ce stupide de sa part ? Sans doute, vu la réaction qu’avait son mari. Mais elle ne regrettait pas d’être restée loin d’eux. Elle les avait peut-être sauvé et s’en contentait. Alyce n’était pas une femme cruelle qui souhaitait la mort de tout un groupe là où un seul lui avait fais du mal. Godrik en l’occurrence, et elle parvenait avec peine à le haïr comme elle se l’était promis. Elle se souvenait du soulagement qui l’avait étreint lorsqu’il était intervenu pour l’aider. Elle le considérait comme son protecteur, il avait pris la place laissée vacante sans qu’elle s’en rende vraiment compte et elle avait…Simplement accepté.

Il sortit alors un livre de sa sacoche. C’était un bel ouvrage, la couverture avait été travaillée avec soin et elle était certaine que l’intérieur devait être tout aussi beau. De la où elle était, elle ne distinguait pas véritablement le titre, mais toute son attention était attiré par ce livre. Il lui avait dis qu’il ne savait pas lire, ainsi elle en déduit que c’était pour elle. Comment pouvait-il savoir qu’elle préférerait un livre à des bijoux ? Etais-ce seulement une coïncidence ? Elle n’eut pas le temps de se poser plus de questions qu’il recommençait déjà à la sermonner. Il lui disait qu’elle pouvait quitter cet endroit et aller ailleurs, qu’elle n’était pas prisonnière, sauf que c’était en un sens faux. Dehors, elle allait être violée, tuée peut-être et toute cette histoire n’aura alors été qu’une minable tragédie. Puis elle n’avait pas envie de partir. L’ouest n’était plus accessible pour elle, et c’était encore ici qu’elle était le plus en sécurité, tous deux le savait.
Il parla alors de la tuer, si cela lui ferait plaisir, remuant le couteau dans la plaie au sujet de tout ce qu’elle avait perdu et cela, elle ne pouvait pas l’accepter. Oui, Harren était mort et à qui la faute ? Oui, elle ne reverrait jamais l’ouest, et à qui la faute ? Sa famille devait la penser morte pour se rassurer, ses deux jeunes frères l’oublieraient vite et si ses parents avaient de la chance, ils auraient un autre enfant pour tenter de combler les vides laissés par leurs deux aînés. Elle n’avait pas arrêté d’y penser depuis qu’il l’avait emmenée sur le Cruel. C’avait tourné dans sa tête, elle avait ressassé, elle avait pleuré, et c’était à cause de cela qu’elle s’était laissée surprendre à dessiner sur le sable par cet individu méprisable. Elle détestait le capitaine qui l’avait agressée, mais il avait eu le mérite de lui faire prendre conscience de tout un tas de choses. Des choses que Godrik ne comprenait pas, au vue de son discours et cela énervait Alyce. Elle qui n’avait jamais eu de véritables colères auparavant…Elle trouvait profondément injuste qu’il s’en prenne à elle alors qu’il était le fautif de l’histoire. Il disait qu’il ne pouvait pas la protéger contre son propre gré ? S’il avait été présent dés le départ, ils n’auraient même pas cette discussion. Elle hésitait à ouvrir sa bouche, à parler, mais la tentation était bien trop grande et les mots finirent par sortir d’eux-mêmes. « Vous…Vous n’avez pas le droit de me traiter d’idiote ! » Lancée, elle n’allait pas s’arrêter. Même si elle avait voulu elle en aurait été incapable. « Je revenais de chez Martha quand il m’a agressée, et il ne m’a pas laissé le temps de courir ! Puis quand bien même, je n’y serais pas retournée. Il m’a menacé, il m’a frappé, vous croyez vraiment que j’avais envie d’emmener un tel homme chez eux ? Ce n’est pas comme cela qu’on remercie quelqu’un qui a été gentil avec vous. Même si j’ai pensé à courir… » Mais elle ne l’avait pas fais, jouant encore la martyre. « Il a dis qu’il allait me rendre service et me tuer. Et au début, c’est vrai que…Que j’en avais envie. Je voulais qu’il me tue, parce que j’en avais assez de penser à tout ce qui était arrivé, j’en avais assez de vous revoir le tuer sans arrêt, dans mes cauchemars et même éveillée parfois ! Seulement au lieu d’agir, il a préféré se moquer de moi, me qualifier de catin, dire que j’étais misérable et il a raison, je le suis, misérable. Vous êtes peut-être capable de passer à autre chose en un jour ou deux, mais moi pas ! Ici ce n’est pas chez moi, et ça ne le sera peut-être jamais mais je fais de mon mieux, puis…Puis quand il a essayé de me tuer la deuxième fois je me suis débattue et je l’ai frappé. » Elle soulignait ce fait comme s’il prouvait qu’elle faisait de son mieux. Sa voix vibrait, elle était en colère, du moins ce qui s’en approchait le plus pour elle. « Je n’avais jamais frappé personne avant. » cru-t-elle bon de préciser. « Ce que je veux dire c’est que…Que tu n’as pas le droit de te croire dans ma tête et d’essayer de…Je ne sais même pas de quoi ! J’ai décidé aujourd’hui que je ne laisserais plus aucun Fer-Né détruire ma vie et c’est valable pour tous les Fer-Nés ! » Elle ne s’était même pas rendue compte qu’elle avait cessé de le vouvoyer. « Arrêtez de tous me prendre pour une enfant demeurée. C’est bon, j’ai compris…Je crois que ça fais un moment, sauf qu’avoir failli mourir m’a ouvert les yeux. Et je crois aussi que le mieux à faire c’est de rester ici, parce que vous…Tu m’as défendue et même si tu m’insultes juste après je suppose que personne ne ferait la même chose pour moi. Puis tu es obligé de toute façon parce que je suis mariée avec toi. »

Elle ne l’aimait pas. Elle ne l’aimerait sans doute jamais, mais Alyce avait finit par comprendre que Godrik n’était pas quelqu’un de mauvais. Il était venu la sauver, et avait penser à elle en ramenant le livre qu’il avait posé sur la table. Alyce, de son côté, avait pris conscience de bien des choses grâce au capitaine Harloi et peut-être que les coups sur son visage, sur son corps, devraient être source de fierté. Alyce ne serait plus jamais une Fléaufort, et cette idée lui faisait mal, pourtant c’était la réalité. Celle dans laquelle elle vivait, elle évoluait, désormais. Elle avait énoncé toute une série de fait, prouvant qu’elle les avait accepté. Godrik n’était pas l’homme qu’elle aurait du épouser, pourtant c’était celui que les Sept lui avaient donné. Il n’était pas le pire d’entre tous, et était sans conteste meilleur que certains, même pour un Fer-Né qui n’était pas instruit. Et parvenir à l’accepter ne faisait pas d’elle quelqu’un d’indigne, ni une catin, que du contraire. Le Trompe-La-Mort avait sans doute raison en disant qu’elle devait vivre. Vouloir mourir, et mourir bêtement ensuite, cela aurait été indigne.
Elle s’approcha de la table où Godrik avait posé l’ouvrage qu’il avait ramené. Elle n’attendait pas spécialement de réponse à tout ce qu’elle avait dis, de toute façon il était clair que c’était ainsi, d’un côté comme de l’autre. Et peut-être aussi n’était-elle pas pressée de voir sa réaction. En tous cas, elle mit le livre dans le bon sens et, en voyant le titre, elle fit les yeux ronds. Impossible, à son sens, qu’il ai pu tomber sur ce livre. « Tu…Tu as ramené un exemplaire des Draconides ? Mais où est-ce que tu…Tu as été le chercher ? Enfin je veux dire…Il a presque l’air d’un original… » Sauf que c’était impossible. L’ouvrage relatait l’histoire de la maison Targaryen depuis les origines, parlant des dragons, et elle avait entendu dire qu’il recelait des illustrations magnifiques. Elle aimait tout ce qui touchait aux dragons et encore plus quand c’était accompagné de fidèles illustrations. Elle ne pu s’empêcher de l’ouvrir à la recherche des dites images et tomba sur celle de Balerion la Terreur Noire. C’était purement magnifique…Un trait de crayon exemplaire qu’elle ne pourrait jamais égaler, elle avait presque l’impression de pouvoir le toucher si elle posait ses doigts sur l’illustration.
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Message Ven 16 Déc 2011 - 17:09

La rébellion de la jeune Alyce arracha un sourire sur le visage du marin de Vieux Wyk. Il aurait cru qu'elle allait une nouvelle fois se rendre dans la chambre pour pleurer ou prier ses Dieux païens pour le salut et le repos de son frère. Au moins là, faisait-elle quelque chose, si elle devait pour cela s'en prendre à lui il n'y voyait aucun inconvénient mieux valait qu'elle le haïsse plutôt qu'elle ne ressente rien du tout, ne rien ressentir vous conduisez inexorablement vers l'abandon et finalement la mort, or il ne voulait pas cela pour Alyce, ni même pour lui. Le marin s'était de fait attaché à la jeune femme et cela lui aurait fait mal de devoir s'en séparer. En écoutant toujours son épouse lui faire ses récriminations, Godrik saisit sa hache et se dirigea vers le petit râtelier. Juste au niveau de la barre de bois transversale était disposée une petite boîte de bois qu'il avait fabriqué et qui contenait une pierre à aiguiser. Il s'installa donc le dos contre le mur comme il le faisait toujours lorsqu'il devait prendre soin de son arme, il n'était pas bien riche et cette hache, seule bien que son père lui ai transmis au travers sa mère était un véritable trésor à ses yeux. Une fois installé, le dos bien calé, il commença son travail, crachant sur la lame pour ne pas que la pierre raye le métal, puis il entreprit de passer et repasser le fil de la lame sur la pierre, une fois d'un coté un fois de l'autre. Ses yeux étaient désormais entièrement dévoués à la lame mais son ouïe ne perdait rien de ce que disait la jeune femme. Ainsi il se contenta de siffler doucement entre ses dents lorsqu'elle lui expliqua pourquoi elle n'avait pas été voir Martha et Will. Il n'aurait pas osé s'en prendre à eux, le Harloi est un lâche, attaquer Martah aurait été se condamner lui même à finir lynché sur la même place où il voulait te tuer. Il sourit du reste à l'idée d'être arrivé pour trouver le Harloi au milieu des villageois et ces derniers le battant à mort, pour avoir tenté de tuer Martha. La vieille aurait du reste été la première à lancer les pierres si elle n'avait pas simplement tiré sa dague pour l'égorger elle-même.

La lame passa de nouveau sur la pierre, coté pile puis coté face, il passa le gras de son pouce contre le fil de l'arme. Le son était plaisant et montrait qu'elle était capable de trancher un tête sans même freiner un instant sur l'os. Il eu un sourire satisfait avant de ranger la pierre dans la boite derrière le râtelier, il en tira alors une petit boite contenant de la graisse de phoque. De ses doigts il en prit une grosse noix dans sa main et commença à un badigeonner la lame, veillant à ne pas en mettre trop ni trop peu. L'odeur était toujours la même et réveillait chez lui de nombreux souvenirs. Sa mère entretenant les couteaux de la maison, mais surtout le vieux Will lui apprenant alors qu'il n'était encore qu'un enfant à prendre soin d'une arme de guerre. A l'époque Will était encore capable de tenir une conversation complète sans rien oublier et lui et Martha n'ayant jamais eu d'enfant, il avait prit la décision d'enseigner ce qu'il savait au petit Godrik qui vivait de l'autre coté de la place. Il releva néanmoins la tête lorsque Alyce cru bon de terminer en précisant que de toute manière il devait la défendre car il était son mari désormais et une nouvelle fois cela le fit rire. Il n'y avait là aucune volonté de se moquer mais la phrase l'amusait, la jeune femme devait certainement penser que les maris Fer-Nés avaient les même obligations que ceux du continent, ou même qu'une femme-sel avait la même valeur pour un natif des îles qu'une véritable femme...
Rien ne m'oblige Alyce, comprends bien tu n'es qu'une femme-sel. Dans l'absolu, je pourrai en avoir une autre demain pour te remplacer ou une seconde pour t'aider dans des tâches ou chauffer ma couche si jamais cela me prenait. Si je t'ai défendu et que je le ferai toujours c'est simplement parce que je le veux et que je te l'ai promis. Cela le fit sourire de nouveau, il ne voulait pas dire qu'elle était remplaçable au pied levé mais... en fait si elle l'était, seul Godrik voyait les choses différemment. De fait Godrik devait être un des rares Fer-Né de Vieux Wyk pour qui femme-sel avait la même résonance qu'épouse, mais cela n'était définitivement pas la norme. Bien entendu le fait que sa propre mère ait été une femme-sel jouait dans sa vision des choses mais Alyce ne devait pas se faire de fausses idées.

Son entretien de sa hache terminé il posa l'arme sur le râtelier et attrapa un morceau de jute pour s'essuyer les mains, se relevant il s'approcha de la table où Alyce feuilletait désormais le livre qu'il avait trouvé chez l'érudit. L'homme avait combattu bec et ongle pour protéger ses précieux livres, plus qu'il ne l'avait fait pour protéger sa fille que les compagnons de Godrik avait emmené sur le Cruel. Elle aurait très bien pu lui parler en haut valyrien qu'il n'aurait pas plus compris ce qu'elle voulait dire en parlant de draconides. Il se contenta donc de hausser les épaules.
Je ne sais pas de quoi ça parle mais c'était le plus gros et les dessins m'ont plu, je me suis dit que cela pourrait te plaire. Il jeta le torchon sur son épaule en s'approchant un peu plus pour observer les illustrations. Son ancien propriétaire n'en avait plus besoin alors je me suis dit que pourquoi pas après tout... et pour cause le sommet du crâne de l'érudit était désormais dans une pièce différente que le reste de sa tête. Je pensais que si cela te plaisait je pourrai en ramener plus souvent et peut être te fabriquer une étagère pour les poser, je ne sais pas lire mais je me débrouille avec du bois et un marteau...
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Message Dim 18 Déc 2011 - 12:35

Rien ne l’oblige, non. Au fond, elle le sait. Être remplacée par une autre, elle l’a voulu très fort au début mais maintenant, elle ne sait pas. De toute façon, ils risquaient d’être à l’étroit, et son mari n’était pas très riche. Pour elle, la question ne se posait pas, le désir était devenu un rêve, puis elle n’y avait même plus pensé. Aimerait-elle être prise juste après une autre ? Elle se sentirait véritablement catin, et le capitaine Harloi aurait alors eu raison. Pourtant, ce qu’il lui dit ensuite la rassure, à sa façon. Il continuera de la protéger, il tiendrait sa promesse. Alyce n’en voulait pas plus. Elle avait simplement envie de vivre, d’essayer de faire quelque chose de bien. Même si c’était une petite chose, même si c’était rester sa vie ici, de toute façon elle n’avait pas le choix. Pleurer, mourir, rien ne résoudrait véritablement son problème. Alors elle restera la, elle attendra, C’était tout aussi bien. Pas la vie qu’elle avait voulu, non, mais c’était mieux que plus de vie du tout, ou que la vie avec un autre fer-né. Elle en avait rencontré un qui collait aux stéréotypes qu’on lui avait enseigné, elle espérait que ce serait le dernier. Plus jamais.
Puis elle cessa d’y penser. C’était mieux, de se concentrer sur le magnifique cadeau qu’elle venait de recevoir. Sa septa lui avait parlé de ce livre mais jamais Alyce n’avait pu le contempler. Son intérêt pour les dragons était pourtant immense et ce n’était pas tant les Targaryen que les animaux en eux-mêmes qu’elle aimait. Elle aurait voulu naître plus tôt, bien plus tôt, et les observer. Elle aurait voulu voir Balerion la Terreur Noire autrement que sur l’image qu’elle caressait du bout des doigts. Godrik vint se poser derrière elle, pour regarder lui aussi. « Je ne sais pas de quoi ça parle mais c'était le plus gros et les dessins m'ont plu, je me suis dit que cela pourrait te plaire. » Pendant tout le temps qu’elle avait parlé, il avait entretenu son arme. Celle avec laquelle il avait tué devant ses yeux, et celle avec laquelle il avait du tuer des tas d’autres personnes. Peut-être étais-ce sa seule arme, et donc son outil de travail. La hache devait lui être aussi précieuse que le marteau au forgeron. « Son ancien propriétaire n'en avait plus besoin alors je me suis dit que pourquoi pas après tout... » Elle tiqua, mais ne releva pas. Son mari tuait des gens, chaque fois qu’il partait en mer. Il les tuait pour prendre leur argent, leur bien, ou pour simplement dire de les tuer. Elle n’était pas certaine qu’il soit véritablement un assassin ni qu’il aime le sang, cela n’enlevait pourtant rien au fait. Elle devait s’y habituer, se le dire, se le faire entrer dans le crâne. Il tue des gens et tout ce qu’il ramènera aura appartenu à quelqu’un de mort. Il lui faudrait encore un peu de temps pour s’habituer, mais elle finirait par y arriver. Tant qu’elle ne voyait pas le sang et les corps, au final, il lui suffirait de ne pas y penser. « Je pensais que si cela te plaisait je pourrai en ramener plus souvent et peut être te fabriquer une étagère pour les poser, je ne sais pas lire mais je me débrouille avec du bois et un marteau... » Elle hocha la tête de bas en haut et tourna la page. L’illustration suivante représentant Vhagar, Meraxes et Balerion côte à côte. Elle sourit en les voyant, tous trois magnifiques et montés par leurs propriétaires respectifs, durant la conquête. Le livre remontait pourtant plus loin que cela, puisqu’elle devait bien avoir passé cent ou deux cent pages en l’ouvrant. Elle aurait de quoi s’occuper pendant deux bonnes semaines au moins, s’il repartait en mer. Et elle aurait moins de raison de sortir si elle pouvait s’occuper à l’intérieur. Décidément, oui, l’idée était attachante et, égoïstement, elle ne pensait pas aux conséquences que pouvait avoir la réponse qu’elle allait formuler. Elle détacha ses yeux des illustrations pour sourire à Godrik. Ce n’était pas encore un franc sourire, comme ceux dont elle avait l’habitude de faire chez elle, mais c’était déjà mieux que sa mine habituelle. « Oui c’est vrai que…Le temps est souvent long. Chez moi je lisais beaucoup, parfois je dessinais. Ce serait gentil si tu…Faisais ça. J’aime beaucoup les livres avec des dragons dedans. Je peux te montrer le mot, si ça t’aide…Enfin n’importe lequel me fera plaisir de toute façon. » finit-elle par répondre, et il lui sembla qu’elle devait lui dire merci d’une autre façon. Alors, en tournant la tête, elle déposa un baiser chaste sur les lèvres du fer-né, et fit semblant de se perdre dans la contemplation de l’ouvrage offert de façon si inattendue…Des tas de choses avaient véritablement changé, aujourd’hui. Certaines à cause de son agression, d’autre à cause de ce cadeau. Non, elle n’oublierait pas ce qu’il était mais oui, désormais, elle vivrait avec sans s’empoisonner.

FIN


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La fierté a rarement un juste milieu, on en a trop ou pas assez ▬ Alyce

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