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« Quand un bâtard devient Main du Roi... » ft. Brynden

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Message Sam 26 Nov 2011 - 11:25

Il régnait sur Port-Réal comme une odeur de mort et de pourriture qui semblait chaque jour un peu plus forte. L’atmosphère était oppressante, et il lui semblait que la vie s’en allait avec l’arrivée du Fléau par vague. C’était bien pire qu’un champs de bataille car ici, nulle victoire pour adoucir les pertes. Une éternelle défaite, qui emportait des milliers de gens sur son passage. Maekar avait pourtant déjà vu des champs entiers recouvert de cadavres, et la bataille d’Herberouge n’avait pas été affublée par hasard de ce nom. Face à cela, il n’avait pas bronché. La guerre, il la connaissait, il pouvait la gérer. Mais la maladie ? Il avait assisté à la mort de ses deux neveux à quelques jours d’intervalles. Leurs corps avaient été brûlé, et peu de temps après, le Fléau avait touché le roi. Daeron avait vite fais de mourir, et c’était face aux restants du bûché que se trouvait le prince Targaryen. C’est moi qui suis censé être maudit songea-t-il alors que les dernières braises cédaient sous le manque de combustible. Il ne restait plus rien de l’ancien roi, si ce n’est des cendres que le vent dispersera. Caressant le manche en bois de Noirsonge, qu’il portait toujours sur lui, des bien noires pensées assaillissent le prince. Le souvenir vivace du coup fatal porté avec sa propre masse d’arme au seul héritier valable en dehors de lui-même le hante. Les yeux mauves foncés de son frère également. Maekar passe des nuits agitées et le Fléau de Printemps n’aide pas à rétablir le calme en lui. Il a peur pour sa femme, pour ses filles, et pour son fils partit sur les routes avec ce chevalier errant. Il a fait enfermer Alanna, Rhae et Daella par peur de les voir contaminées, mais la maladie semblait vouloir s’acharner sur les descendants de Baelor plutôt que sur la sienne propre. Si au moins elle prenait Daeron… Mais son aîné était toujours en train de courir les bordels, en parfaite santé et mort saoul. Les Dieux ont le sens de l’humour macabre. Il secoue la tête et se détourne de l’espace noir. Quatrième fils du défunt Daeron II Targaryen, il ne pouvait devenir roi. Le rôle échoirait à son frère Aerys, cet amoureux des livres qui serait bien incapable de diriger correctement les Sept Couronnes. Leur seul autre frère était faible, malade voir débile, Maekar devait donc aller trouver son aîné pour l’aider. Il n’était certes pas Baelor, mais il ferait une bonne Main du Roi. Il trouverait un moyen d’enrayer cette épidémie sans perdre un seul autre homme de valeur. Ce n’est pas le Fléau qui prend les hommes de valeur, c’est toi. Il fait taire la voix dans sa tête et passe entre deux des gardes de la Citadelle de Maegor. Il doit voir son frère, mais surtout il doit voir sa sœur. Il sait qu’il la trouvera avec leur mère, à porter le deuil. Ambiance lourde, maussade, triste à souhait. Une ambiance que ne supportait pas le prince. Pleurer ne servait à rien, ça n’avait, après tout, jamais ramené personne. Lui ne pleurait pas. Tu fais des cauchemars comme un gamin qui a peur du noir. C’est mieux, oui véritablement mieux…Tellement plus honorable.
Mais avant d’aller offrir son épaule à sa sœur ou à sa mère, il devait voir son frère. Il savait d’avance qu’il le trouverait avec un livre, soit dans ses appartements, soit à la bibliothèque. Il hésitait, puis opta pour la seconde option. Après tout, Aerys n’était quasiment jamais dans ses appartements. S’il pouvait faire mettre un lit dans la bibliothèque, il l’aurait fais. D’ailleurs il avait voulu le faire, mais Aelinor avait protesté. Si bien que leur chambre s’était muée en une sorte d’annexe de la bibliothèque. Il aurait du envoyer Aerys avec Aemon à Villevieille. Il fallait au royaume un roi qui inspire le respect et la confiance, un roi capable de partir en guerre s’il le fallait, un roi capable d’écraser ses ennemis avec une arme, les faire mourir dans une marre de sang et non d’ennuis, ou assommé avec un bouquin.
Il ne prit pas la peine de frapper à la porte et entra. Comme prévu, il trouva son aîné plongé dans un ouvrage mais, pour la première fois, il avait l’impression qu’Aerys ne lisait pas vraiment. « C’est dans la sale du Trône que tu devrais te trouver, mais ici. Tu es le roi. » Aerys ne répondit pas, et tourna une page de son livre comme si Maekar n’était pas la. Le prince n’était pas certain d’être ignoré. Son frère était souvent tellement plongé au fin fond de lui-même qu’il fallait parfois un certain temps pour le ramener dans le présent. « Aerys. Tu dois aller dans la sale du trône, t’asseoir sur le trône de fer et prendre des mesures pour enrayer cette maladie, tu dois nommer ta Main. » C’était ce point-ci le plus urgent, du moins aux yeux de Maekar. Il était parfaitement conscient que son frère se désintéresserait très vite des affaires du royaume, aussi serais-ce à sa Main de tout diriger. Lui, en l’occurrence. Sous le règne d’Aerys, la Main serait plus roi que le roi lui-même. Non pas que Maekar ai envie d’être plus roi que le roi. Il avait longtemps assisté Baelor à son poste, il connaissait la charge par cœur, et elle n’avait rien de réjouissante. Seulement il était un dragon, le dernier véritable dragon mâle restant dans cette forteresse, et quelqu’un devait bien s’occuper du royaume quand son frère perdait son temps à lire des livres si vieux que le prince se demandait s’il n’allait pas finir par s’étouffer dans la poussière. « C’est une formalité, tu reviendras te terrer ici ensuite et ne plus en sortir, si ça t’amuse. » Ils s’étaient déjà disputé à de nombreuses reprises sur les habitudes de son frère, surtout sur sa négligence vis à vis d’Aelinor, mais négliger une sœur, même la plus belle d’entre toutes, n’est rien en comparaison de négliger une charge pareille. Il y avait trois dragons sur cinq enfants, deux mâles et une femelle. J’ai tué le premier mâle, la femelle ne peut pas le remplacer, que reste-t-il ainsi ? Sa sœur n’avait pas réellement d’emprise su Aerys. Il essayait de lui faire plaisir mais, la plupart du temps, il la négligeait complètement. « AERYS ! » tonna alors le prince, qui commençait à perdre sérieusement patience. Il n’aimait pas vraiment perdre son temps à parler dans le vide. Le nouveau roi releva la tête de son ouvrage et le regarda dans les yeux. Ses prunelles violettes étaient banales, dépourvues de flammes, dépourvues de hargne, dépourvue de tout ce qui fait un dragon. Si quelqu’un avait élevé ainsi la voix contre Maekar, il ne se serait pas laissé faire, mais son frère était un soumis, rien de plus. Il valait à peine mieux que Rhaegel. Et cela, c’est un roi ? Aurais-je maudit tout Westeros en tuant Baelor ? « Nomme ta Main, Aerys, et noie toi dans tes parchemins ensuite si ça t’amuse. » Ou succombe au Fléau. C’était ce frère la à qui Noirsonge aurait du briser le crâne. Maekar ne l’aimait pas beaucoup, encore moins depuis son mariage avec Aelinor, et encore moins depuis qu’il la négligeait. C’avait toujours été tendu entre les deux frères à cause de cet état de fait. « C’est déjà fais. » répondit-il et même sa voix lui inspirait une sorte de mépris. S’il était né juste après moi… « Parfait, donne moi la chaîne et je te laisserais porter le deuil en m’occupant du royaume pour toi. » Aerys le regarda. Ses yeux reflétaient quelque chose d’étrange, sur laquelle le prince ne pu mettre un nom. Il referma son livre, lentement, et le posa sur la table à côté de lui. Le silence s’éternisait. « Quoi ? » finit par demander le prince, exaspéré. « Je crois que tu n’as pas compris ce que je voulais dire, mon frère. J’ai déjà nommé ma Main après lui avoir parlé… » Maekar Targaryen était loin d’être stupide, mais il ne comprenait pas où voulait en venir son frère aîné. Il fronça les sourcils. « Notre oncle Brynden est sortit d’ici il y a une vingtaine de minutes. C’est lui ma Main. »
Brynden ?
Brynden Rivers ?
« Tu as choisi un bâtard à la place de ton propre frère ?! » explosa le prince avec l’envie soudaine de tordre le cou d’Aerys, sachant pourtant qu’il ne le ferait pas. « Ce n’est pas un bâtard, il a été légitimé et nous avons grandis tous ensemble, il est comme… » Le prince le coupa, sa voix ressemblait à un grognement plus qu’à une voix humaine. « Ne termine pas cette phrase. » Oh ça non, qu’il ne s’avise pas de prononcer le mot « frère » en parlant de ce bâtard.
Maekar tourna les talons et claqua la porte derrière lui.

Il avait été trouver Alanna dans leurs appartements. Sa colère était brûlante et surtout contenue. Peut-être un peu trop contenue d’ailleurs, il avait l’impression qu’il allait exploser d’une seconde à l’autre et avait presque espéré croiser son oncle bâtard dans le couloir. Et après quoi ? Tu lui défonces le crâne avec ta masse d’arme ? C’est vrai que t’es doué pour ça. Cette voix dans sa tête le rendait fou et ne faisait rien pour apaiser sa colère et sa frustration. Encore une de plus. Une de trop. Comme si le fait qu’il soit en bonne santé après Rhaegel avait décidé les Dieux à le pousser sur un exécrable chemin, où il perdait son premier amour au profit d’un homme incapable de la rendre heureuse, où son premier né était un alcoolique dévergondé, le second un malade mental violent, le troisième un intellectuel comme Aerys et donc un incapable, où le quatrième avait décidé de vivre sa propre vie et reviendrait quand il y pensera, où il lui restait seulement deux filles qu’il devrait bien marier un jour sans pour autant le vouloir, et où son seul bonheur résidait en la femme qu’il avait épousé. Il n’y avait plus de guerre où il pourrait évacuer sa frustration, il avait tué son aîné par accident pour des clopinettes, où ses deux neveux ainsi que son père venaient de mourir du Fléau de Printemps qui menaçait sa propre famille et où un bâtard prenait sa place. Il avait l’impression de sentir son ego se faire tabasser avec Noirsonge, en même temps que tout ce à quoi il pouvait un tant soit peu tenir. Même son propre frère le laissait tomber. Et il t’aurai gardé pour quoi ? Que tu lui défonces le crâne aussi ? Baelor et Aerys s’étaient toujours bien entendus. Comment Maekar avait-il pu croire une seule seconde pouvoir passer pour une main, malgré cela ?
Et Alanna le regardait, alors qu’elle surveillait du coin de l’œil les dames qui l’aidaient à préparer ses valises. La septa ferait celle des filles. Quand il avait passé la porte, ç’avait été la seule chose qu’il avait dite : « Faites vos bagages, on rentre à Lestival. » Et il comptait bien y rester. Loin de toutes ces conneries, loin de ce bâtard. Il avait donné ses ordres, et les flammes dansantes dans ses yeux violets avaient empêché quiconque de poser la moindre question. Même Alanna ne disait rien. Il lui expliquerait bien assez tôt, mais pas ici. La honte, il avait assez de la porter, aussi profondément incrustée que les cicatrices de la petite vérole sur son visage. « Maekar… » finit-elle par tenter alors qu’il s’était enfin arrêté de tourner en rond, et que, de la fenêtre, il regardait Port-Réal crever sous le Fléau. Ils meurent tous, et ceux qui devraient vraiment mourir sont la. Constat amère, l’histoire de sa vie. « On s’en va le plus vite possible. Ce soir, le reste suivra. » coupa-t-il et il se dirigea vers la porte. Ils parleraient plus tard, bien plus tard. Ou jamais, elle comprendrait toute seule, quelqu’un allait bien annoncer cette nomination de façon officielle, et Alanna ferait le rapprochement. Sa femme était loin d’être une idiote. Sa femme…Oui, il devait aussi aller voir sa sœur et lui parler. Sa mère également, il devait…Juste leurs dire au revoir, pour le moment. Ou les emmener avec lui, si tant est qu’elles acceptent. Il en doutait fort pour Aelinor et c’était peut-être bien ce qui l’empêchait de prendre un cheval et de partir devant sur le champs avec une escorte, suivit par sa femme et ses filles dans une voiture. Il n’avait pas envie de laisser Aelinor à la merci d’un bâtard, sans personne pour la protéger. Surtout pas de ce bâtard et encore moins avec les rumeurs qui couraient sur son compte. Maekar avait beau ne pas en croire la moitié, c’était déjà une moitié de trop. Il laisserait une partie de ses hommes pour protéger sa sœur et sa mère, au cas où. Il laisserait des personnes de confiance. Il avait beau savoir qu’en cas de réel danger, ce serait parfaitement inutile, il avait besoin de trouver des solutions de rechanges.
Il sortit de la Tour où il logeait et retourna vers la Citadelle de Maegor. La Tour de la Main lui faisait de l’œil, et semblait se moquer outrageusement de lui. Il avait envie de la faire démolir sur le champs, et le bâtard à l’intérieur. Ensevelit sous une tonne de pierre, il ne méritait pas mieux. Tout en lançant un regard hargneux à l’édifice, il emprunta un couloir désert pour aller voir sa sœur, et c’est la qu’il croisa l’unique personne au monde qu’il n’aurait absolument pas du croiser.
Brynden Rivers était la, avec son œil rouge et la cicatrice qui ornait le second, le rendant borgne, sa peau blanche de femme, ses cheveux gris blanc, il semblait au prince que le moindre détail de sa personne lui inspirait une envie de meurtre. Le blanc et le rouge allaient bien ensemble, il avait envie de repeindre sa peau, se sentant l’âme d’un artiste. Le pire était sans doute de voir la chaîne de la main autour de son cou. L’annonce avait-elle été faite officiellement entre temps ? Il n’était même pas certain de savoir combien d’heures il avait perdu à pester silencieusement dans ses appartements pendant que le départ se préparait sans qu’il n’y prenne part. Il lui semblait que le bâtard se dirigeait vers ses appartement. Venait-il le narguer ? Dire qu’enfants, il l’avait vu comme un frère…Enfin jusqu’à ce qu’il grandisse, apprenne ce qu’était un bâtard, et que la rébellion de Daemon Feunoyr n’éclate. Une éternité, une autre vie. Un autre temps, quand il existait de vrais dragons, ou du moins que le seul qui importe vivait encore. Noirsonge lui semblait plus lourd à la ceinture chaque fois qu’il y pensait, et voir le bâtard devant lui lui donnait des démangeaisons dans le bras, dans la main. La mort d’un bâtard, ce n’est pas vraiment un parricide… Seulement, faire cela ici, profiter de son avantage physique que décuplait la colère qui brillait dans ses yeux, ce n’était pas comme ça qu’il voulait procéder. La Main d’Aerys sera plus roi que le roi lui-même. Ce bâtard avait été plus intelligent que son frère Daemon, au final. « Messire Main. » cracha-t-il et cela sonna comme la pire des insultes. Il ressentait le désir impérieux d’arracher ce second œil rouge. Ca donnerait bien, dans un bocal. Il ne parvenait pas à s’arracher à ses pensées morbides. Il était vraiment en colère, et les colères du prince Targaryens étaient toujours sanglantes. La maîtrise de lui-même dont il faisait preuve jusque la ne risquait pas de durer éternellement.
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Brynden Rivers
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- Combien c'est-y que lord Freuxsanglant il en a, de zyeux ?
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Message Lun 5 Déc 2011 - 19:20

Depuis que le Donjon Rouge avait été édifié sur la Colline d’Aegon, la Main de Roi bénéficiait de ses propres appartements. Plus que des appartements, il s’agissait en fait d’une véritable demeure disposant de chambres de toutes tailles, de salles de gardes, d’études, de ses propres cuisines et de sa salle de réception. Brynden Rivers y était venu peu de temps après être sorti de la bibliothèque personnelle du Roi dans le Citadelle de Maegor. Il avait passé au cou le collier représentatif de sa nouvelle charge, une chaine d’or dotée d’un pendentif en forme de main, et s’était dirigé en ce lieu pour y prendre réellement ses fonctions. Les gardes à l’entrée l’avaient laissé passer et il avait gravi les escaliers pour rejoindre les appartements de l’ancienne Main. L’ancienne Main… Baelor Targaryen, prince de sang royal, avait en effet occupé ce poste depuis qu’on l’y avait nommé à l’issue de la bataille du champ d’Herberouge. Et voilà que peu de temps auparavant, il avait péri de la propre main de son frère Maekar, lors d’un petit tournoi sans envergure… Quelle situation étrange.

Baelor n’avait même pas encore été remplacé que déjà la situation se bousculait, le royaume étant ravagé par cette terrible épidémie que l’on nommait Fléau de Printemps. Maudites saisons ! Les choses avaient empirées de jour en jour et même des princes étaient morts. Le roi n’avait pas tardé à suivre et voilà qu’Aerys montait sur le trône. C’était sans doute la pire chose qui pouvait arriver au royaume en cette heure sombre, mais on ne pouvait rien y faire. Les lois étaient les lois. Comme de nombreux seigneurs présents à Port-Réal – ils n’étaient toutefois plus très nombreux – Brynden s’était attendu à ce que Maekar soit nommé Main. Cela aurait été le plus logique et pourtant, il n’en fut rien. Lorsqu’on vint le trouver avec une convocation du roi, Brynden dut s’avouer surpris. Il s’imaginait déjà que Maekar avait trouvé le moyen de se débarrasser de lui, chose qu’il attendait depuis des années. Mais la convocation n’avait rien à voir avec cela. Bien au contraire, même. Entrant dans la bibliothèque royale, Brynden en était ressorti bien plus tard revêtu d’une nouvelle charge. En une heure, sa vie venait de basculer à tout jamais. Et il ne pouvait refuser l’honneur qu’on lui faisait, quoi qu’il en coûte.

Il était donc entré dans les appartements personnels de la Main, avait fait voler la poussière accumulée et avait commencé à ausculter les documents présents. Il y avait tant de choses à faire ! Il fallait reprendre en main la Tour, trouver du personnel pour y travailler, convoquer le Conseil Restreint, faire changer tout ça ! Attrapant une pile de papier sur le bureau, Brynden ouvrit un pot d’encre et griffonna plusieurs messages à l’attention des membres du Conseil. Il les scella de son nouveau sceau et appela un garde qu’il chargea de délivrer ces convocations.


*** *** ***

Le Conseil n’allait pas tarder à se réunir et Brynden avait énormément de choses à faire. Ses premiers jours allaient être difficiles, mais il n’avait pas le choix. Le Fléau empoisonnait la ville et avait déjà touché le Donjon ! Il fallait l’endiguer au plus tôt et il n’y avait pas tellement de solutions à ce problème. Malheureusement pour lui, les choses attendraient visiblement un peu plus longtemps… Des rencontres « impromptues » avaient souvent lieu dans les couloirs et ce n’était guère étonnant dans un lieu de pouvoirs et de tricheries comme le palais du roi. Mais pourtant, il ne s’était pas attendu à le rencontrer lui ! Maekar Targaryen.

Le Prince le salua, mais Brynden n’était pas dupe. Il bouillait sans doute intérieurement et s’il en avait l’occasion, il n’hésiterait pas à le tuer, quoi que cela lui en coûte. Ils avaient grandi ensemble mais cela faisait maintenant partie du passé. On pouvait toutefois se demander si Maekar tuerait une nouvelle Main… Il en avait déjà tué une, certes accidentellement, mais il l’avait fait. Pourquoi pas deux ?
« Prince Maekar. » Brynden tenta de maîtriser sa voix au mieux afin de paraitre aimable, ou au moins neutre. A ses flancs pendait son épée, Noire Sœur, mais ce n’était pas sûr qu’il s’agisse là d’une bonne chose. C’était peut-être même une raison supplémentaire d’irriter Maekar. « J’imagine que vous avez déjà été informé de la situation. » A en voir sa tête, c’était l’évidence même. « Vous comprendrez que je cherche à aider le royaume du mieux que je le peux. J’ai toujours servi votre famille depuis le champ d’Herberouge et je n’ai pas l’intention de changer cela. » Oui, il avait toujours servi le Dragon. Pour cela, il avait même tué son demi-frère qu’il admirait tant. Et il était resté, toujours. Il n’avait pas encore tué de Dragon Rouge, lui. « Le Conseil Restreint a été convoqué pour l’annonce. Mais il y a encore bien d’autres problèmes à régler. » Le Fléau de Printemps continuait de faire des ravages et le bucher du roi avait à peine cessé de brûler. En ville, la situation était bien pire encore. « Vous joindrez vous à nous, Prince ? Vos compétences nous seraient utiles à tous. » Ce n’était pas tout à fait vrai, mais autant commencer sa charge par autre chose qu’une altercation avec un prince royale dans les couloirs du Donjon Rouge. De plus, Maekar n’était pas dupe, mais c’était l’intention qui comptait, comme on dit.


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Message Ven 9 Déc 2011 - 11:20

Le prince ressentait aurait pensé, voir même espéré, que le bâtard lui rende un salut tout aussi brutal et faux que le sien. Il cherchait la moindre excuse pour l’attaquer, pour le détruire, l’envoyer en Enfer. S’il n’avait pas été un homme d’arme, un chevalier, avec certains principes –qui sauvaient la vie du bâtard- la question aurait été réglée depuis plusieurs heures déjà. Le poison, l’assassin, l’accident…On l’aurait soupçonné, très certainement. Et alors ? Qui allait lancer des accusations contre un prince Targaryen ? Un bâtard n’était pas censé avoir énormément d’amis, encore moins d’amis influents. Quand bien même, qui le condamnerait ? Et à quoi ? Il lui semblait n’avoir plus rien à perdre. Voir cet homme exécrable s’asseoir à la place de Baelor n’était pas supportable. Maekar avait su ployer le genou presque naturellement face à son aîné, mais l’articulation semblait bloquée en ce qui concernait le bâtard. Bloquée à vie. Il savait à quoi allait se résumer les prochains mois de sa vie. Attendre, intriguer, devoir plonger dans un univers qui le répugnait pour débarrasser les Sept Couronnes du bâtard malsain de son grand-père, ruminer, encore. Enrager au sujet de Noire Soeur, au sujet du poste de Main, au sujet…De tout. Son existence paraissait vraiment misérable. Rancune, rancœur, haine, rage contenue, et rien, absolument rien, pour lui servir de défouloir. Une guerre…Il se surprenait à désirer une guerre. Peut-être étais-ce l’unique solution pour s’en débarrasser. L’idée le tentait vraiment, mais il devrait attendre la fin du Fléau avant d’entamer quoi que ce soit.

« J’imagine que vous avez déjà été informé de la situation. » Dans le cas contraire, la chaîne arborée fièrement aurait suffit à lui apprendre la splendide nouvelle. Les quelques heures passées depuis qu’il l’avait appris lui avait permis de reprendre une certaine contenance, et ses yeux violets avaient beau lancer des éclairs noirs, la situation aurait été bien pire s’il avait croisé Brynden Rivers avec sa chaîne de Main autour du cou sans en avoir été informé au préalable. C’était le problème avec les dragons du genre de Maekar. Le sang chaud les conduisait à faire certaines erreurs regrettables…Noirsonge aurait défoncé le crâne d’un bâtard, et le sang de Baelor aurait été recouvert par celui d’un dragon blanc. Voilà ce qu’il appelait extérioriser. « Vous comprendrez que je cherche à aider le royaume du mieux que je le peux. J’ai toujours servi votre famille depuis le champ d’Herberouge et je n’ai pas l’intention de changer cela. » Ramassis de mensonges. Aux yeux du Targaryen, ce que cherchait le bâtard était plutôt clair : Outrepasser sa condition d’enfant illégitime, régner sur les Sept Couronnes en faisant croire que les décisions venaient d’Aerys et donc amasser le pouvoir pour lui seul. Le pouvoir…Maekar le voulait aussi, mais pour différentes raisons. Lui, se souciait véritablement du royaume et savait que Aerys ferait un roi misérable. En ces temps troublés, il fallait un guerrier pour mater les troubles qu’entraînerait forcément le Fléau. Il fallait un homme de poigne, qui serait capable de palier aux faiblesses du roi. Qui connaissait mieux cette loque que Maekar ? Il aurait régné en tant que Main, de consort avec sa sœur la reine, et le royaume se serait magnifiquement bien porté. Il se serait arrangé pour que le bâtard tombe dans l’oubli, pour récupérer Noire Sœur, et tout serait rentré dans l’ordre.
Que pouvait faire de plus que lui cet homme-là ? Il ne valait pas mieux que lui, même si on avait volontiers préféré reconnaître ses exploits à Herberouge plutôt que ceux du prince. Même s’il portait Noire Soeur à la ceinture. Lui aussi était un parricide. Il ne valait pas mieux que Maekar, non. Et il se rendait ridicule à essayer de se faire bien voir. Le prince avait horreur de cela…L’hypocrisie, les faux-semblants. Il s’était arrangé pour grandir loin de tout cela, et avait appris avec son frère, sur le tas. « Le Conseil Restreint a été convoqué pour l’annonce. Mais il y a encore bien d’autres problèmes à régler. » Ton plus grand problème est face à toi, bâtard. Ouvre l’œil qui te reste. Il était pourtant assez versé en politique –même s’il en avait horreur- pour savoir que menacer aussi clairement son ennemi n’était pas de la première intelligence. Quoi qu’il fallait être aveugle et pas seulement borgne, pour ne pas remarquer l’hostilité du prince. « Vous joindrez vous à nous, Prince ? Vos compétences nous seraient utiles à tous. » La dernière réplique du bâtard le rendit furieux. Ce fut pourtant un rire qui sortit de sa bouche, un rire méprisant.

Sa main d’épée le démangeait furieusement. Quoi qu’en réalité ses deux mains le démangeaient, il aurait bien brisé le cou du dragon blanc…« Mon frère m’a fais comprendre que je n’étais d’aucune utilité auprès de lui, que je n’étais d’aucune utilité à personne. Vous voudriez me faire croire le contraire, mon oncle ? » Il cracha le dernier mot de la même façon qu’il avait craché « messire main ». Une insulte, voilà ce que c’était, autant pour l’un que pour l’autre. C’était tellement risible…Maekar était plus âgé que Brynden. Certes d’un an, mais pour lui, toute la différence était la, et il en avait plus qu’assez que l’on s’extasie sur le bâtard, sur les exploits du bâtard, sur l’épée du bâtard. Il nourrissait un certain nombre de rancunes vis à vis de lui, Aerys n’avait fais qu’en ajouter une autre. Peut-être celle qui lui sera fatale. Sa seule envie, actuellement, était d’attraper son cher oncle par le cou et frapper très fort sa tête contre le mur jusqu’à avoir repeint le couloir. Il aurait du le faire, mais quelque chose lui disait que c’était une très mauvaise idée, ainsi il se contentait de fermer et d’ouvrir sa main, sans même vraiment s’en rendre compte. Réflexe assez parlant. « Vous êtes si aimable…Vraiment. Mais j’éviterais de vous accompagner, autant vous laisser annoncer la bonne nouvelle à tout le monde. Ca ravira plus d’une personne. » Le prince allait veiller à se faire ami des personnes qui serait aussi ravi que lui. C’est ta faute, tout ça. Baelor n’aurait sûrement pas succombé au Fléau, et il serait la, à la place du bâtard, e toi tu resterais sagement la au lieu d’exposer ta famille à cette épidémie pour aller t’enfermer à Lestival, comme un gamin qu’on a puni. Il se demandait si le bâtard serait assez fou pour relever un défis. Probable que non, le prince n’allait même pas essayer, ç’aurait été ridicule. Alors quoi, tu vas attendre le prochain tournoi ? « J’ai de toute façon un voyage à préparer. L’air de la capitale est devenu irrespirable. » Pourtant il ne tourna pas les talons en le plantant la, comme s’il attendait la bonne raison pour provoquer une confrontation. Mauvaise idée, il le savait, mais garnir son œil valide d’une petite teinte bleuté avait quelque chose d’irrésistible.
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Brynden Rivers
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Message Dim 11 Déc 2011 - 15:33

Brynden savait qu’il allait devoir l’affronter un jour ou l’autre, mais à ses yeux, le plus tard aurait été le mieux. Ce n’était un secret pour personne que Maekar ne l’aimait pas et qu’est-ce qui aurait pu l’irriter plus que cette situation précise ? Cela dit, aussi grand que soi le Donjon Rouge, il n’aurait pas pu l’éviter en permanence. De plus, ne dit-on pas souvent qu’il faut crever l’abcès ? D’un autre côté, depuis peu, la nouvelle Main avait aussi entendue des rumeurs de couloir, le genre que propagent les serviteurs. Si on les écoutait, le prince Maekar avait prévu de quitter Port-Réal sous peu emportant avec lui ses gens et sa famille. Cela n’avait rien de très surprenant en fait et ça semblait des plus crédibles. Ca aurait d’ailleurs été une situation fort appréciable, parce qu’il n’y aurait alors plus eu besoin de l’éviter. Et voilà que comme par hasard, il tombait sur lui ! Les Sept semblent quand même avoir un étrange sens de l’humour…

Alors qu’il prenait soin de ne pas énerver le Prince Maekar par des propos déplacés, Brynden en profitait aussi pour étudier ses réactions. Il fallait toutefois avouer qu’il était très difficile de les percevoir, pour la bonne et simple raison que la seule réaction et que le seul sentiment qui transparaissaient sur son visage étaient ceux de la colère et de la haine. En somme, une expression tout ce qu’il y avait de plus normale en sa présence. Pour en revenir aux raisons de cette colère, Brynden imaginait par moment que Maekar n’était rien de plus qu’un opportuniste qui cherchait à mettre la main sur le pouvoir, ce que la situation présente démontrait bien. Il avait toujours essayé de se faire bien voir de ses aînés et il avait maintes fois été désappointé quand on lui en avait préféré d’autres. N’ayant pas eu la reconnaissance qu’il souhaitait en étant enfant, Maekar avait donc déplacé tout ça sur ses enfants et ce n’était là qu’un nouvel échec à ajouter à sa liste, il fallait l’avouer… Puis il avait « accidentellement » tué son frère lors d’un tournoi dans le Bief. Quelle chance pour lui que le Fléau ait été d’ordre naturel, sinon, on aurait pu y voir un nouveau complot de sa part. La chance l’aidant donc, il avait sans doute espéré gagner le trône en devenant Main, mais voilà que ça lui échappait une fois de plus. Il allait certainement ruminer ça pendant longtemps, mais il allait aussi falloir le garder à l’œil malgré tout…

A peine Brynden eut-il fini de parler que Maekar éclatait de rire, un de ces rires méprisants ou de dément dont il avait le secret. Puis il lança quelques piques auxquelles Brynden n’allait absolument pas répondre. Il savait que le Prince cherchait le moyen de justifier un acte fou et violent et il n’allait absolument pas le lui donner. Bien entendu, ce faisant, ça ne ferait que l’enrager un peu plus encore, mais au point où on en était. De plus, Brynden savait aussi des choses que les autres ignoraient. Comme d’autres Targaryen avant lui, il possédait le don de vervue et jusqu’à aujourd’hui, aucune de ses visions ne l’avaient trompé. Et étant donné ce qu’il avait vu, il savait qu’il allait survivre à cette rencontre. De quoi prendre un peu plus d’assurance.


« Je dois avouer que je suis surpris, Prince. Je ne pensais pas que vous vous fiiez autant aux avis de votre frère et roi. » Une petite pique dissimulée. En effet, l’excuse de Maekar était des plus ridicules. S’il écoutait l’avis de son frère sur son éventuelle utilité, pourquoi ne pas l’écouter sur la nomination de sa Main ? Et s’il ne portait pas le moindre intérêt à ses propos, pourquoi prendre ombrage de ce qu’il avait pu dire ? Bien entendu, par son inutilité, Maekar devait aussi faire référence au poste de Main qu’on ne lui avait pas donné, mais c’était ainsi que les choses allaient. « Cela dit, vous pourriez en effet servir les intérêts de votre frère et par la même, de votre famille. Des troubles nous menacent, ou ne tarderont pas à le faire. Vous étiez à Herberouge et vous n’avez pas pu oublier Aigracier. Ce traitre a fui avec les enfants de Daemon et seul un idiot s’apitoierait sur son sort alors qu’une telle menace voile l’horizon. Un jour prochain, les armées du roi auront besoin d’un commandant pour les guider. Laisserez-vous cette place à Aerys ? » Nouvelle pique, mais là encore, on ne pouvait rien dire ouvertement. Oui, Maekar s’apitoyait et ça, depuis des années. Il était tellement préoccupé par sa petite vie qu’il en oubliait le reste, à savoir l’intérêt du royaume. « Mais je comprends que vous ayez mieux à faire. Votre chère famille vaut sans doute ce sacrifice. » Oui, sans parler de ses enfants qu’il appréciait tellement. « A ce sujet, verriez-vous d’un mauvais œil que le prince Daeron demeure ici ? Il pourrait être abrité à Peyredragon si sa santé vous inquiète, bien entendu. Je crois toutefois que ces capacités qu’il dissimule pourraient aider le royaume. J’ai en effet suivi les conseils de votre frère et c’est amusant ce que l’on peut découvrir dans les anciens ouvrages. Figurez-vous que la lignée des Targaryen a toujours possédé un don prophétique, du moins, jusqu’au Conquérant. Peut-être que le sang de Westeros a tari tout cela… Quoi qu’il en soit, je pense qu’en cette heure sombre le peuple verrait facilement un Vrai Dragon en la personne qui possèderait ce don… » Maekar pouvait certainement prendre cela comme une véritable insulte et il aurait sans doute eu raison. Comparer Daeron à un Vrai Dragon n’allait pas lui plaire, d’autant que lui-même n’avait pas ce don. Mais le pire était peut-être ce que l’on racontait sur Brynden… Là, en effet, résidait l’insulte. Cependant, la Main pensait qu’elle était bien assez dissimulée pour que l’on ne puisse pas s’en servir comme justification d’un acte insensé. « Peut-être savez-vous aussi que l’un des fils de Daemon possédait ce don ? A moins qu’il ne soit mort aujourd’hui, il pourrait bien être la menace qui pèse sur le roi. Le peuple pourrait être bercé d’illusion et l’accueillir en héros, voir en sauveur… Mais peut-être que la mort du roi arrangerait certaines personnes… Etes-vous vraiment prêt à l’abandonner dans ces conditions ? »


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Message Mer 14 Déc 2011 - 18:02

Aussi loin que remontait la mémoire du prince Targaryen, il avait toujours été un homme au sang chaud. Il réagissait au quart de tour, souvent de façon violente et irréfléchie. Cette caractéristique ne lui était pas passé avec l’âge, loin de la. Chaque année lui apportait simplement un peu plus de maîtrise sur le sang bouillonnant sauvagement dans ses veines mais il lui était impossible de tout garder en lui. La frustration, la colère, toute forme de stress, le prince l’évacue dans le combat. Les guerres du bâtard lui avaient jadis bien servis pour se défouler, il était vivant lorsqu’il se battait, il se sentait entier, et serein, là où tout autre remède restait inefficace. Le sang lui faisait oublier chaque échec, la furie du combat l’empêchait de ressasser les déceptions incarnées par ses fils, par sa propre vie. Une ombre derrière une lumière éclatante, si on connaissait son nom, on se souvenait surtout de celui de Baelor, et de leur père avant eux. Le prince Targaryen ne cherche pas le pouvoir, ne cherche pas à devenir roi, il cherche à rattraper les erreurs qu’il a pu commettre. Il a privé le royaume d’une Main exceptionnelle et n’a pas envie de le laisser entre celles salies, souillées, du bâtard de son grand-père. Tout était affaire de culpabilité, au final, car Maekar n’avait pas l’âme d’un roi, mais bien celle d’un guerrier. Il ne voulait pas d’une couronne et de politique insipide, il ne voulait pas du jeu des trônes. Il préférait se trouver au cœur de ce qui lui était familier. Il voulait de la stratégie militaire, il voulait penser à sa façon, agir comme bon lui semblait au mieux des intérêts de sa famille et du royaume dont ils étaient responsables.
Il ne pouvait toutefois pas affirmer sans mentir que ses motivations pour détrôner Brynden Rivers n’étaient pas personnelles. Il avait pris les bâtards en grippe depuis la rébellion Feunoyr, voyant en eux un danger pour sa famille, que ce soit les vrais Targaryen ou la sienne propre, sa femme, ses enfants. Il n’avait pas envie de voir le bâtard soupçonné de sorcellerie gouverner à la place d’Aerys. Il refusait cette simple idée, parce qu’elle était inimaginable, parce qu’elle lui donnait la nausée et l’impression de valoir encore moins que rien. Son frère ne pouvait pas faire pire, et le prince avait besoin de temps pour encaisser au risque de réagir comme son sang de dragon le lui ordonnait.

Mais le bâtard ne le voyait pas de cet œil.
Il se mit à parler, et à enchaîner les insultes à peine dissimulées. Il commença sur son frère, donnant envie au prince de lui arracher la langue. Il suivit en parlant des bâtards restant, Aigracier, et les fils de Daemon, en train de fomenter une nouvelle révolte. Il mit en doute son honneur de guerrier, sa fidélité au royaume et à sa famille. Il retournait le couteau dans la plaie, et le prince écoutait sans réagir. Il ne laissait rien transparaître, hormis la même fureur sur ses traits que tout à l’heure. Il fixait son regard sur Noire Sœur, alors que le bâtard continuait son discours. Chaque mot était marqué au fer rouge dans l’esprit du Targaryen, allongeant la liste de ses griefs personnels contre Brynden…Qui commis l’erreur fatale d’évoquer Daeron, et les pouvoirs que possédaient jadis sa lignée. Maekar se fichait de ces dons, qu’ils soient réels ou non. Il n’aimait pas la magie, il n’aimait pas ce qu’il ne pouvait maîtriser et refusait de voir la vérité au sujet de son premier né alcoolique, misérable, lamentable. Il aurait voulu le voir mort à la place de Baelor, à Cendregué et ce même si Alanna en aurait été profondément affectée. Il détestait cet enfant qui aurait du, qui aurait pu, être sa plus grande réussite et qui avait préféré se noyer dans l’alcool à cause de ses cauchemars. Il le détestait presque autant qu’il détestait Brynden Rivers, osant tenter de lui apprendre ce que devait être un vrai dragon, lui qui n’était qu’un bâtard légitimité sur un lit de mort par un ivrogne indigne et dégénéré. Il n’avait pas peur de penser mal de son grand-père, qu’il tenait responsable de la mort du Chevalier-Dragon, et qu’il détestait depuis cordialement. D’ailleurs il n’était pas le seul à être marqué sur la liste noire de Maekar, reprenant les morts comme les vivants. Aerys y avait gagné une grande place depuis quelques heures, bien qu’il soit incapable d’arriver à la cheville de sa nouvelle Main. Et il continuait son discours, sur le danger que représentaient les enfants de Daemon, et son foutu Aigracier. Maekar ne l’aimait pas non plus et n’était pas partisan du « l’ennemi de ton ennemi est ton ami », ce qui était sans doute une chance pour Brynden.
Quoi que, s’il n’apprenait pas à tenir sa langue ça n’aurait plus d’importance.
Êtes-vous vraiment prêt à l’abandonner dans ces conditions ?
L’insinuation de trop. Le lâche de trop.

Le Prince parvient à détourner son regard de Noire Sœur, pour le planter sur le visage de Brynden. Sa main le démange, et elle se lève même, pour l’attraper par ses vêtements trop beaux pour appartenir à un bâtard, même un bâtard royal. Le prince est plus grand que son interlocuteur, et il possède plus de force brute, ce qui le permet de le toiser. Il serre son poing autour du tissu, se forçant à ne pas user de Noirsonge. « Qu’espères-tu donc, bâtard? Mourir aujourd’hui ? Ne t’avise pas d’approcher de mon fils, ni même d’envoyer qui que ce soit le faire pour toi. » Il refusait de voir les deux s’associer, bien conscient de ce qu’ils pourraient faire ensemble bien qu’il refuse de l’admettre. « Et si tu as ne serais-ce que la moitié de l’intelligence qu’on t’attribue, ne met pas en doute ma loyauté envers ce royaume et envers ma famille. Si une guerre doit éclater entre nous et tes congénères, seul un véritable Targaryen pourra mener les troupes à la victoire. Et il n’en reste qu’un. » A qui la faute ? lui chuchota sa conscience, mais il la fit taire. L’apitoiement n’était pas de mise dans cette situation, pas alors qu’il luttait pour ne pas étrangler la nouvelle Main. Il savait que c’était une très mauvaise idée, mais avait de plus en plus de mal à se souvenir pourquoi. « Mon frère est misérable, il n’est qu’une ombre de dragon, et toi cher oncle, tu n’es qu’un bâtard de dragon, un dragon blanc. N’a-t-on jamais vu duo plus ridicule ? Joue seul avec un trône qui te sera toujours hostile, mais n’oublie jamais ceci : Tant que je respirerais, l’ennemi dont tu auras à t’inquiéter le plus ne sera pas Aigracier. » Et il le lâcha tout aussi brutalement qu’il l’avait attrapé. Jetant un dernier regard à Noire Sœur, il se promit de récupérer l’épée du Chevalier-Dragon sur le cadavre de la nouvelle Main. Sans un mot de plus, il planta là son cher oncle et reprit son chemin. Il devait encore voir sa sœur et sa mère avait de partir et espérait bien pouvoir emmener avec lui au moins l’une des deux. S’il aurait préféré ne pas être aussi explicite avec lui, le bâtard l’avait tout de même cherché. Fébrile, sa main d’épée continuait à trembler. Son sang de dragon n’était pas satisfait de la tournure qu’avait prise les évènements.
Il devrait veiller à le rassasier, et vite.
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