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Le savoir-vivre est l'art de ne pas montrer trop vite son savoir-faire ▬ Maerie

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Message Ven 18 Nov 2011 - 19:03

     Yi-Ti, cela faisait assez longtemps que l'herboriste n'avait plus pensé aux contrées qui l'avaient vu naître et où il avait grandis. Il était aisé d'oublier les souvenirs atténués par le temps, sans compter que Yu avait beaucoup voyagé et que par conséquent, il avait amassé énormément de nouveaux souvenirs. Ne voyant pas l'utilité de s'encombre l'esprit, il avait pas conséquent laissé filer certaines choses sans importance, ainsi il lui était impossible de se remémorer le visage de ses géniteurs ou de ses nombreux frères et sœurs. Seul maître Zhang avait échappé à cette sélection et l'artisan se demandait souvent ce qu'était devenu son ancien maître. Il avait semblé déjà âgé alors que Yu courait encore en jouant dans la boue du haut de ses dix ans, alors désormais qu'il était arrivé à cet âge assez avancé, il était logique d'envisager la disparition de maître Zhang.

     Finalement, c'était sans importance, Yi-Ti faisait partie d'une autre vie que Yu avait laissé derrière lui en parcourant le monde et en passant plus de dix ans à faire le voyage qui menait de sa ville natale aux côtes de Westeros. Désormais son nouveau « chez lui » était cette petite boutique d'herboriste dans une ruelle de Port-Réal. L'herboriste avait acquis une bonne réputation et il avait plusieurs clients fidèles qui ne juraient que par ses baumes et ses cataplasmes. Ses connaissances en matière de poisons et de leur remède avaient aussi attiré quelques nobles désireux d'accélérer le décès d'un être cher qui était devenu plus gênant que cher à leur cœur. Son éducation le poussait à se montrer silencieux et poli, il n'était pas le type d'homme qui critiquait les choix des autres et représentait donc une sorte de gage de sureté. Qui venait le voir était persuadé de ne pas voir ses secrets éventés dans tout Port-Réal.

     Il s'était donc fait une belle petite vie bien tranquille, lui qui n'avait jamais imaginé pouvoir trouver un endroit qui lui conviendrait, se sentait parfaitement bien et était ravi d'ouvrir les yeux pour commencer une nouvelle journée chaque fois que le soleil se levait. L'absence de vie amoureuse ne le gênait pas outre mesure, il n'était pas homme à trouver satisfaction dans la présence d'une femme et d'enfants à ses côtés, le travail et l'excellence dans son métier qu'il comparait à un art, suffisait à le contenter. C'était donc avec l'esprit en paix et loin d'être troublé par des regrets que Yu quitta la petite maison qu'il avait achetée lors de son arrivée ici.

     Vêtu de ses habits originaires de Yi-Ti, l'herboriste n'avait toutefois pas adopté le mode de vie des habitants de Westeros au point d'échanger ses habits contre d'autres qui passeraient plus inaperçus, il conservait donc son chapeau à queue de singe et sa tunique confectionnée à partir d'étoffes que l'on ne trouvait pas ici. Exotique, c'était le mot qui venait à l'esprit lorsque des yeux se posaient sur son teint différent de celui des habitants de Westeros, sa tenue ne faisait que renforcer cette image. Il était étranger et ne s'en cachait pas.

     Avec la démarche souple familière des habitants de Yi-Ti, Yu se dirigea sans problème dans les ruelles de Port-Réal qui lui étaient devenues familières au bout de cinq ans, prenant le chemin qui menait au port où plusieurs marchands venaient exposer leurs marchandises. Il achetait généralement ses herbes à une jeune femme à la chevelure blonde qui braconnait à travers tout Westeros, mais elle n'avait rien trouvé d'intéressant lors de sa dernière visite et par conséquent Yu devait chercher ailleurs ce qui pouvait lui manquer.

     Arrivé sur le port, il prit son temps pour passer à chaque stand bien que certains exposants n'avaient aucune plante ou herbe à offrir, sa curiosité n'était jamais satisfaite et il lui arrivait de temps en temps de tomber sur un trésor au coin d'un stand. Mais cette fois-ci ce ne fut pas vraiment le cas, il n'y avait rien qui mérite qu'il s'y attarde et l'apothicaire se dirigea donc rapidement vers le marchand d'herbes pour observer tranquillement tout ce qui avait exposé. Il ne lui fallut pas longtemps pour choisir ce qu'il désirait acquérir, il n'y avait rien de trop intéressant et le vendeur avança le fait que la sécheresse détruisait beaucoup de plantes. Yu voulait bien le croire, mais tout cela ne l'aidait pas beaucoup.

     Après avoir payé ce qu'il devait au vendeur, l'artisan rentra rapidement chez lui avant de refermer la porte du magasin pour faire savoir qu'il n'était pas ouvert aujourd'hui. Yu avait vendu beaucoup d'onguents et de baumes ces derniers temps, il fallait qu'il se mette à la tâche et remplisse à nouveau tous ses rayons. Les plans les plus rares étaient précieusement gardés et personne ne savait où ils se trouvaient, cela amusait souvent le natif de Yi-Ti de constater que certaines plantes achetées quelques pièces de cuivre dans leur patrie d'origine se vendaient à prix d'or ici. Il n'avait pas dépensé beaucoup pour se faire cette collection, échangeant des plantes contre ses connaissances, c'était justement ce qui faisait sa qualité me direz-vous.

     Retiré dans l'arrière-boutique, l'artisan travailla pendant une bonne heure, perdant la notion du temps, jusqu'à ce qu'il entende le bruit familier du carillon de céramique qu'il avait acheté au court de l'un de son voyage, signalant que quelqu'un venait d'entrer dans la boutique. Avec un léger froncement de sourcils, l'herboriste se détourna de sa préparation pour se diriger vers la porte donnant sur la boutique elle-même, puis toujours en silence, il parcourut la salle de son regard de jais jusqu'à ce que ses yeux se posent sur une silhouette qu'il voyait à contre-jour. Incapable de distinguer les traits de l'arrivant ou de l'arrivante, du moins tant qu'il n'aurait pas fermé la porte, l'apothicaire s'adressa à la silhouette d'un ton posé où filtrait un accent qui ne le quittait pas.

     ▬ Je suis désolé, mais la boutique est fermée, c'était pour cette raison que la porte était close. »

     Toutefois, Yu n'était pas homme à refuser son aide à quelqu'un dans le besoin, peut-être bien que la silhouette avait besoin d'urgence d'un baume ou de quoi que ce soit d'autre ? Quelques secondes s'égrainèrent puis il reprit de son ton toujours très poli.

     ▬ Mais peut-être avez-vous un besoin urgent de mes services ? »
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Message Lun 21 Nov 2011 - 16:45





Yu & Maerie
Maerie était levée depuis quelques heures seulement. Pour le commun des mortels, les journées commençaient au petit jour, pour elle c'était le moment où elles prenaient fin. Il est bien connu que les hommes n'entrent pas dans les maisons closes au grand jour ! Ils faisaient ça , pour la plupart, discrètement, entre chien et loup ou tard dans la nuit. Et lorsqu'ils avaient assez d'argent ils faisaient directement venir les filles chez eux. Peu de ces hommes avouaient prendre du plaisir auprès des filles de joie plutôt qu'auprès de leur épouse. Maerie, elle, assumait son métier. Car oui c'était un métier, aussi sale pouvait il paraître. Elle n'avait pas eu la chance de naître avec une cuillère en or dans la bouche et il fallait bien vivre, ou survivre, non ? Et après tout, être payée par des hommes différents chaque soir ou entretenue par le même chaque jour, quelle différence y avait il vraiment ? Si ce n'est qu'elle ne vivait pas dans l'hypocrisie...

Elle s'était donc levée alors que le soleil semblait au milieu du ciel, pas loin de midi donc. Après quelques échanges avec ses collègues et "soeurs", elle prit un déjeuner léger. Ce n'était pas que les filles n'avaient rien à manger mais tout leur était compté et Maerie préférait garder son argent pour autre chose qu'entretenir de la mauvaise graisse. Elle gardait ainsi son corps de rêve et un peu plus d'argent pour ses projets futurs. Ce n'était pas parce qu'elle aimait son métier qu'elle comptait faire carrière. Elle gardait en elle ce côté romantique qui la faisait rêver au "prince" charmant. Et au pire, elle vivrait seule entourée d'enfants abandonnés comme le petit Rey qu'elle avait pris en affection. D'ailleurs même si elle trouvait un mari, elle comptait bien s'occuper du gamin qu'elle considérait comme un petit frère. Quand on n'a pas de famille, on la créé !

Et c'est avec cette pensée positive qu'elle sortit dans l'après midi, direction l'herboristerie de Yu Pon. Il était le premier asiatique qu'elle ai vu et elle avait toujours bien apprécié son charme exotique. Au début elle pensait le séduire pour le compter parmi ses clients mais il n'était pas homme attiré par les plaisirs de la chair. Ils avaient donc noué d'autres liens, plus forts sans aucun doute.
Maerie passait régulièrement le voir pour quelques infections que lui ramenaient parfois ses visiteurs. Et oui, le métier n'était pas toujours glamour ! A bien y penser c'était peut être cela qui le bloquait ? En tout cas il ne lui demanda jamais aucune faveur sexuelle. Lorsqu'elle ne pouvait payer, elle l'aidait à la boutique : un peu de ménage, rangement... ou simple compagnie. Il n'était pas très loquace mais elle appréciait. Au moins pouvait elle être au calme avec lui.

Lorsqu'elle arriva à la boutique ce jour là, la porte était fermée mais pas à clé. Aussi, entra-t-elle sans se poser de questions. Elle ne vit pas Yu de suite et referma la porte doucement, bien que le carillon ai déjà annoncé son arrivée. Elle entendit alors sa voix et avec son accent toujours présent il expliqua que si la porte était fermée ce n'était pas pour rien en somme. Maerie eut un petit sourire en coin qu'il ne pu voir et alors qu'elle allait parler, il fit une nouvelle fois preuve de générosité en proposant malgré tout ses services. Elle fit glisser sa capuche sur ses épaules et entra définitivement dans la boutique.

Je suis désolée Yu, mais je vous conseille de fermer à clé si vous ne souhaitez point être dérangé. Vous savez bien qu'ici une porte fermée ne veut pas dire grand chose.

Elle avança jusqu'à lui et se pencha légèrement pour le saluer. En se redressant elle lui adressa un grand sourire.

Cela dit je peux repasser un autre jour si je vous dérange.


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Message Mar 22 Nov 2011 - 14:01

     La porte se referma alors que les oreilles de l'herboriste identifiaient la jeune femme avait ses yeux. Elle avait une voix devenue familière à la longue, bien qu'il fallait avouer que leurs moments passés ensemble étaient généralement plutôt silencieux. Un bref sourire se dessina sur les lèvres fines de l'homme alors qu'il hocha la tête dans un geste d'excuse, ne voulant pas paraître grossier en signalant que sa boutique était close. Maerie devait bien savoir que pour elle, la porte était toujours ouverte, il le lui avait déjà fait comprendre à plusieurs reprises et son avis n'avait pas changé d'un iota depuis. Yu approcha de la jeune femme pour la gratifier d'une sorte d'inclinaison de la tête, signe de salut pour les habitants de Yi-Ti, l'herboriste n'avait pas perdu ses habitudes à ce niveau.

     ▬ Allons, vous savez bien que ma porte vous est toujours ouverte, vous ne pouvez pas me déranger. »

     L'idée de dire à la jeune femme de s'en-aller ne pouvait même pas lui traverser l'esprit, elle était d'une grande bonté d'âme de l'avis de l'apothicaire et il appréciait sa présence comme il appréciait la sensation de se sentir chez lui dans sa boutique. Le fait que de nombreuses années séparaient les deux individus et que Yu aurait presque pu être le père de la belle lui donnait en plus le sentiment de devoir jouer un rôle de protecteur vis-à-vis d'elle. Après tout, il n'ignorait rien de son métier, les baumes et les remèdes que la jeune femme était venue chercher à plusieurs reprises ne laissait aucun doute quand à sa profession. Il n'était pas rare que les femmes qui vendaient leur corps pour gagner leur vie étaient soumises à bien des pressions. Yu haussa légèrement les épaules après quelques instants de silence.

     ▬ Cette porte n'est jamais verrouillée, je ne peux refuser mon aide à quelqu'un dans le besoin ce serait trop égoïste. De plus, j'apprécie vos visites inattendues. »

     Une manière comme une autre de lui rappeler qu'il aimait bien sa présence. Yu fit alors signe à la jeune femme de le suivre dans la pièce contiguë, elle venait peut-être lui demander de l'aide, mais il devait rapidement terminer sa décoction avant que celle-ci ne s'abîme au contact de l'air. L'herboriste se dirigea donc vers le plan de travail duquel se dégageaient diverses odeurs, certaines plus pimentées ou plus fruitées, d'autres assez surprenantes et difficiles à identifier. Il était vrai que même si les voleurs étaient légion dans cette ville, l'apothicaire ne fermait jamais sa porte à clé, il ne souhaitait pas que quelqu'un dans le besoin soit mis à la rue, bien qu'il existait d'autres herboristes à Port-Réal. Son maître lui avait toujours enseigné que le savoir devait être mis au service du peuple et non gardé égoïstement. Alors que les mains à la peau matte de Yu s'occupaient avec agilité des feuilles qui baignaient dans une mixture étrange, l'homme reprit la parole sans regarder Maerie, nul besoin de la dévisager pour entendre ce qu'elle avait à dire.

     ▬ Est-ce que vous aviez besoin de quelque chose ? A moins que ce ne soit l'un de vos protégés ? »

     Yu avait déjà vu la jeune femme en compagnie des enfants qui couraient dans les ruelles de la ville, leur métier de voleur provoquait des fois des réactions inattendues chez leurs cibles et Yu avait déjà vu des chevaliers brutaliser les coupeurs de bourses protégés par la jeune prostituée. Cela dit, il ne se plaindrait pas du fait que sa visite soit une simple visite de courtoisie, même si les moments passés ici étaient plus souvent silencieux et bercés seulement par le bruit du mortier qui brisait les graines, une présence était toujours la bienvenue. Surtout aussi aimable. Yu laissa à Maerie le temps de répondre, puis se renseigna poliment et sincèrement sur sa vie.

     ▬ Comment vous portez-vous ? Je ne vous ai guère beaucoup entraperçue ces derniers temps, il semble que vous ayez été très occupée. Je m'en réjouis pour vous. »

     Yu ne jugeait pas la jeune femme sur son métier, il ne pouvait envisager l'idée d'avoir lui-même recourt à ce genre de procédé, mais cela ne signifiait pas pour autant qu'il allait dénigrer quelqu'un qui le faisait. Son éducation était différente voilà tout, il voyait Maerie en tant que femme, une jeune demoiselle agréable à vivre et d'une compagnie apaisante. Allez savoir pourquoi, mais voir autre chose en elle lui était impossible et cela avait été le cas dès leur première rencontre. Pourtant la jolie demoiselle était loin d'être repoussante, mais Yu préférait considérer sa bienveillance que les autres qualités, physiques ou humaines, dont la nature l'avait dotée. Après avoir laissé mariner les plantes dans une eau agrémentée de quelques huiles qu'il avait acquises dans les cités libres, l'herboriste les sortis de l'eau afin de les étaler sur un linge légèrement humidifié puis de les sécher. Alors qu'il s'affairait à utiliser l'eau teintée de vert pour la lier à une espèce de pâte informe qui se trouvait dans un bol, l'herboriste continua, faisant un effort pour rendre la conversation plus intéressante.

     ▬ Ne souffrez-vous pas trop de la chaleur ? Je me suis laissé dire que ce n'était pas fréquent que le temps soit aussi rude à Westeros et je dois avouer que c'est la première fois que je vois un tel soleil ici. »

     Yu était né à Yi-Ti, la chaleur était écrasante là-bas et la jungle qui se situait à côté de chez lui en témoignait. C'était un climat tropical et Westeros sous le soleil n'était rien comparé à une vie passée là-bas. Sans compter qu'au court de ses pérégrinations le natif de Yi-Ti avait très souvent souffert de la chaleur, désormais cela faisait partie intégrante de son être et il n'avait aucune difficulté à le supporter. Ses habits étaient très utiles pour freiner la chaleur, mais chaque fois qu'il voyait Maerie, l'herboriste se demandait comment elle pouvait bien faire pour ne pas être touchée par le soleil. Le silence retomba alors que le bruit de l'instrument de bois dont il se servait pour mélanger la mixture raclait le fond du bol, Yu était sincère, lorsqu'il se renseignait sur la santé de la demoiselle ce n'était pas dans l'espoir de lui vendre une quelconque décoction, mais bien parce qu'il désirait savoir comment elle se sentait. Ni plus, ni moins.
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