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Quand le Faucon veut prendre son envol

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Maeve Arryn
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♦ Missives : 271
♦ Missives Aventure : 96
♦ Age : 26
♦ Date de Naissance : 16/03/1991
♦ Arrivée à Westeros : 28/05/2011
♦ Célébrité : Bailee Madison
♦ Copyright : aSoIaF
♦ Doublons : Aaricia Greyjoy, Aliénor Tyrell, Maureen Bolton, Rebecca Staedmon
♦ Age du Personnage : 12 ans
♦ Mariage : Avec mon petit prince des Eaux un jour
♦ Lieu : Eyrié, (tout pres de la porte de lune :D)
♦ Liens Utiles : Maeve Arryn
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Message Mar 8 Nov 2011 - 21:00

Avec la mort de Jon Arryn, tout avait changé dans sa petite tête. Elle n’agissait plus comme avant. Elle était tiraillée entre deux mondes. Celui de grandir et le sien, dont elle était confortablement installée. Devenir comme sa sœur demandait de mettre la main à la tâche, mais du revers de la médaille, elle ne voulait pas grandir trop vite. Elle voulait encore jouer, prendre soin de son monde, car le destin la rattraperait plus vite qu’elle le croyait. Elle n’était pas une enfant très facile. Elle semait la pagaille, si elle n’était pas d’humeur, elle émettait des insultes, dont elle ne connaissait pas toujours la gravité, bref un petit démon. Un petit démon avant que Maura instaure son autorité auprès de sa cadette. Elle était prête à grandir, mais à un prix plus élevé de ce qu’on lui proposait.

Tôt le matin, elle avait pris son petit déjeuner dans la grande salle créant ses plans pour la journée. Elle n’était pas habituée d’être seule tôt le matin. Son frère et sa sœur l’avaient laissé seule et elle ne s’en faisait pas vraiment. Elle prendrait sa journée seule. Elle était lasse et n’avait pas envie de lever le petit doigt. Après quelques leçons, la jeune enfant monta à la loggia du Mestre lui emprunter un livre, qu’elle promit de rapporter lorsqu’elle aurait terminé. Elle prit ensuite la direction de la tour sud, monta les escaliers et prit place sur le banc de pierre. Depuis la mort de son père, elle avait pris cet endroit comme refuge. Certes tout le monde le connaissait, mais peu venait la déranger dans sa tour. Elle prit place en tailleur et ouvrit le livre à la page qu’elle l’avait laissé sa lecture la dernière fois. Elle plongea littéralement jusqu'à ce que le vieux mestre vienne la déranger du haut de sa tour. Elle avait presque passé une journée tranquille. Les heures s’étaient évaporées

Je savais bien que je te trouverais ici. On vous cherche dans le château, depuis que votre sœur vous demander

Tout le monde sait que je viens ici quand je veux être en paix, répliqua-t-elle sèchement.

Ne tardez pas, votre sœur veut vous voir, avant son départ.

Moi je ne veux pas, qu’elle parte, alors je reste ici.

Le vieux mestre referma le livre que Maeve ne tenta pas de laisser ouvert et le regarda de son air renfrogné habituelle. Elle s’était découvert une sorte de dépendance à Maura. Elle avait toujours été claire et franche avec elle. Elle était la seule autorité à laquelle elle se pliait aussi. Bizarrement, quand elle n’était pas là, elle se sentait si seule, qu’elle faisait des bêtises pour attirer l’attention d’un Jasper trop occupé à diriger le Val. Alors que si elle partait vraiment et pour toujours, elle ne pourrait pas rester ici. La suivre serait inconcevable. En plus, elle ne savait pas où elle allait. C’était trop injuste, selon elle. Très jeune, elle avait sut compter sur elle pour l’aider.

Elle partira sans ton consentement Maeve. Elle a un autre destin, comme tu auras le tien plus tard.

Je veux partir avec elle alors.

Si le mestre de la maison Arryn avait bien compris une chose dans les dernières années c’était bien de ne pas argumenter avec la plus jeune des Enfants de Jon. Il avait même cherché d’où lui venait ce caractère. Caractère a toujours tout avoir, et que l’on fasse tout pour elle. Son égoïsme était un peu enfantin, et Mestre Wyman ne pourrait rien dire de plus. Elle n’avait pas eu sa vraie mère et son père avait passé plus de temps avec les deux ainés. Comme une personne de passage dans votre vie. Résultat, elle s’était attachée à Maura et en avait fait un substitut maternel. Ainsi, si Maura partait, pour elle, elle perdait de nouveau ce qu’elle n’avait pas eu. Au bout de quelques minutes, elle abdiqua à converser et remit le livre a son propriétaire. Elle descendit les escaliers et fit mine de chercher les appartements de sa sœur. Elle connaissait trop bien le couloir, mais elle voulait la faire patienter et puis, il devait y avoir plus d’une heure qu’on la cherchait à travers le château.

Elle savait une partie du départ de Maura, pour avoir écouté aux portes. Les différentes discussions qu’elle avait eus, les récents départs vers l’Ouest. Elle avait des doutes et espérait qu’il ne soit pas fondé. Elle fit un détour par la grande salle. Elle savait qu’à cette heure, elle n’y était pas et encore moins Jasper. Elle pouvait donc se contenter de regarder la pièce et la fameuse porte. Mise à part la tour, Maeve avait un autre domaine secret. Quand elle voulait rendre folle sa Septa, elle se cachait là des journées entières et observait le vide. Certes, elle était un peu bizarre. Elle avait des gouts extravagants et des penchants suspects.

Elle tourna quelques minutes dans la pièce admirant comme toujours le barral et se forçait a imaginer son père ou un quelconque souvenir. Elle n’y arrivait que rarement. Maeve finit par soupirer et marcher un pas lent vert les appartements de sa sœur. Pourquoi devait-elle vraiment se séparer de Maura. Elle avait tout fait ce qu’elle lui avait demandé. D’accord, elle embêtait parfois un peu trop Jasper. Elle toqua à la porte et attendit. Aucune réponse ne suivit. Elle posa sa petite main sur la poignée de la porte et la poussa pour laisser passer que ses yeux.

Maura? Tu es là. Je peux entrer?

Elle ne bougea pas et n’entra pas plus. En entendant son prénom, elle figea et son sang se glaça. Oups. Elle était derrière elle et encore une fois son impatience lui avait joué un tour. Elle se retourna lentement et sourit distraitement.

Je suis désolée je croyais que tu y étais. Mestre Wyman m’a trouvé et m’a dit que tu voulais me voir. Je suis donc passé par la grande salle mais elle y était vide. Alors j’ai cru que tu serais ici.

Elle avait des doutes, mais préférait rien ne laisser planer. Ne manquait plus que l’auréole au dessus de sa tête et on serait prêt à parier qu’elle avait fait un mauvais coup.

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Message Mer 9 Nov 2011 - 15:19

"Qu'est-ce qui t'a retardé, Maeve ? Cela fait au moins une heure que je t'ai convoquée. Nous n'avons vraiment pas le temps de te chercher en ce moment !"

On ne pouvait pas vraiment dire que la voix qui s'était élevée derrière elle la grondait mais elle était suffisamment sèche pour faire comprendre à la petite fille qu'il y avait des limites qu'elle était en train de franchir. Accompagnée de deux demoiselles de compagnie, Maura Arryn venait d'apparaître au bout du couloir semblant venir de la Chambre du Croissant où s'était tenu le Conseil du Val autour de Jasper et Maura. Les armées commençaient à se rassembler au pied de la Lance du Géant et chaque détail demandait l'attention de la dame et du seigneur afin que rien ne soit oublié. Ce qui, évidemment, mettait quelque peu à l'écart la petite Maeve encore bien loin de ce type de préparatifs. Les deux suivantes saluèrent la petite avec tout le respect voulu - Maura y tenait - puis ouvrirent les portes pour permettre aux deux Arryn de gagner les appartements privés de l'aînée, sis au sommet de la Tour de la Vierge.

De là, le décor raffiné et chaleureux qui entourait la dame régente de la Montagne et du Val sautait aux eux. Dans toute la simplicité élégante propre aux habitants du Val, les meubles étaient aimablement agencés autour des grandes cheminées destinées à réchauffer un intérieur souvent glacial à cause de l'altitude. Tandis que ses deux suivantes commençaient à aller préparer certaines malles que la jeune femme voulait emmener durant son périple dans l'Ouest, Maura demanda à sa jeune sœur de la suivre jusqu'à son bureau ou son boudoir selon les termes qu'elle utilisa. Boudoir était une petite coquetterie de langage de sa part servant à masquer aimablement par un artifice tout féminin le rôle qu'elle possédait dans le gouvernement du patrimoine Arryn. Car, lorsque l'on entrait dans la pièce, l'on était bien loin de l'atmosphère feutrée d'un boudoir féminin, de ses coussins et de ses aiguilles à broder. Ici, la pièce était organisée autour d'une énorme cheminée sur le linteau de laquelle avait été sculpté le puissant faucon des Eyrié. Des livres, des chartriers, des parchemines enroulés, un écritoire et surtout, dans le coin de la pièce, et légèrement surélevé, le siège sur lequel s'asseyait habituellement Maura. Un siège simple à haut dossier sculpté dont les accoudoirs semblaient être fait exprès pour recevoir les bras de la dame au repos. En un mot un trône. Son petit trône particulier. Réplique exacte de celui sur lequel elle s'asseyait dans la chambre au Croissant.

A la différence des moments qu'elles passaient d'habitude ensemble, le petit entretien entre les deux sœurs Arryn prenaient un tour un peu plus solennel. Pas de bavardages sur les écuyers en brodant certains vêtements ou d'essayage des bijoux de Maura avec sa jeune sœur... A priori, Maeve allait plutôt rencontrer avec la Dame plutôt qu'avec son aînée. Leurs rapports d'ailleurs étaient complexes. Les deux jeunes femmes étaient orphelines et, forcément, la différence d'âge créait d'importantes différences. Maura avait connu père et mère, Maeve avait tué sa mère pour ne découvrir son père que peu de temps avant sa mort. Là où les deux aînés avaient tenu le domaine et les fiefs à bout de bras, la petite s'était contentée de grandir, protégée des aléas politiques par son jeune âge et sa tendresse. Son départ puis son mariage créerait un vide. Et ce serait à sa cadette de le remplir. Maura connaissait bien les travers de la petite. Égoïste comme toutes les jeunes femmes de sa condition, capricieuse comme une dernière-née...Ces choses changeraient forcément. Les Arryn n'étaient pas des paysans, ni même une famille relativement neuve comme les Tyrell ou les Lannister...Ils régnaient sur le Val depuis huit millénaires et se devaient à leur charge.


"Nous étions dans la salle avec le Conseil, Maeve. Les levées de troupes des vassaux arrivent tous les jours et nous devions prendre certaines décisions. Si tu ne passais pas ton temps cacher à faire je ne sais quoi, tu l'aurais su et tu aurais pu y assister comme je voulais te le demander...Il serait temps de commencer à te comporter en adulte, Maeve." déclara calmement Maura en guise d'introduction avant de s'assoir sur son siège et d'indiquer un tabouret à sa jeune sœur. "Je dois te parler de choses qui ne peuvent plus attendre désormais et qui demanderont que ton attitude change radicalement. Je commence à être lassée des plaintes de Jasper et de Wyman sur ton comportement, d'autant plus que c'est moi qui suis prise en défaut quant à l'éducation qui t'a été donnée. Tu sais que les hommes d'armes partiront bientôt vers l'Ouest afin de lutter contre les Fer-nés qui ravagent les côtes de Lord Tybolt et de notre oncle Tyrell. Jasper ne partira pas. Tu conviendras comme moi que sa vie est trop précieuse. Je conduirai l'ost à sa place afin de négocier directement avec Lannister." expliqua-t-elle succinctement à sa jeune sœur mais sans prendre de gants comme elle en avait l'habitude.

Son regard effleura quelques secondes le visage encore quelque peu poupin de Maeve. Cette vision la fit sourire légèrement, sa sœur était encore une enfant et cela, quelque part, la soulageait. Elle n'aurait pas voulu la voir devenir comme le fils Martell toujours si prompt à prendre des expressions et des intonations d'adulte. Elle voulait que sa sœur ait ce qui leur avait été refusé à Jasper et elle, une enfance longue et surtout qui en avait la saveur. Bien sûr, ce n'était qu'un vœu pieux. Maeve était une Arryn et elle était loin d'être stupide. Elle n'était pas de ces gamines rêvant à leur Florian ou, en tous cas, Maura avait tout fait pour que ce ne soit pas le cas.


"Je ne sais pas combien de temps durera mon absence, ni même si je reviendrai autrement qu'en visite...Tout dépendra des négociations. En mon absence, c'est à toi que sera dévolue la gestion des Eyrié : servantes, approvisionnement et tout le reste. Et Jasper aura besoin de ton soutien. Il te faudra arrêter les gamineries et autres comportements du même acabit !"
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Maeve Arryn
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Message Mer 9 Nov 2011 - 21:55

Comme si c’était sa faute. Elle ne voulait simplement pas trop se montrer. En fait, elle se sentait trop écarté pour se montrer. Elle faisait ses petites affaires personnelles. Bonnes ou mauvaises, elle s’occupait comme elle le voulait. Elle savait que ce n’était pas ce que Maura voulait, mais elle avait peu à faire de ce qui se tramait depuis quelques jours. Elle était fatiguée et lasse de regarder et se taire. Elle préférait tout autant rester seule dans son coin et apprendre ce qu’elle voulait connaitre. Pourquoi ferait-elle autrement? Ses bêtises, elle les faisait quand elle voulait se faire voir ce qui n’était pas le cas présentement.

J’étais à la tour nord, comme d’habitude et je n’ai pas fait de bêtise. Je suis allée voir Mestre Wyman pour lui emprunter un livre et je ne suis pas descendue, pour le diner. Je voulais rester seule. Je n’ai pas envie de regarder l’arrivé des troupes uniquement parce que je sais que tu t’en vas

Maeve entra dans la pièce et suivit docilement Maura et prit place sur le tabouret qu’elle lui désigna. Elle écouta sa sœur de A à Z et ne tenta pas d’argumenter ou de broncher. Elle avait compris très jeune qu’elle n’arriverait pas et que Maura ferait qu’une bouchée d’elle. Elle prenait son mal en patience. Son rêve était de profiter au maximum de son enfance et de devenir comme Maura. La jeune femme était la seule image qu’elle avait eue d’une Dame des Eyrié. Elle était haute que trois pommes que les deux ainés l’avaient accueilli comme il se devait, même si elle était la cause de la mort de leur mère. Elle avait eu cette impression une fois, avec Jon Arryn. Jusqu’à ce qu’il lui prouve le contraire.

Tu es précieuse pour moi aussi, Maura. Autant que Jasper l’est pour nous. Je ne veux pas que tu partes là-bas.

Maura l’assomma d’un coup avec les quatre mots suivants « ton attitude change radicalement», elle venait de lui demander la terre ! Non de non. Pourquoi … Elle était bien. D’accord, sa Septa et le Mestre auraient bien voulu parfois qu’elle garde sa langue dans sa poche. Les plaintes de Jasper étaient en somme légitime. Oui, parfois, elle faisait un peu le grabuge et cherchait son attention alors que le seigneur du Val était occupé. Mais le Mestre! Ce vieux crouton de la citadelle. Elle se pliait en quatre pour lui faire plaisir et être calme. Ce n’était pas de sa faute, dans le domaine, ou elle ne savait pas quoi faire pour s’occuper.

Promis, je vais arrêter d’embêter Jasper et le laisser travailler en paix. Et pour Mestre Wyman la même chose, mais il a des trucs bizarre dans ses armoires et …

Voilà elle était repartie sur ses histoires, mais le regard de Maura la dissuada. Elle soupira et sortie le drapeau blanc. Elle pouvait toujours essayer, mais Maura ne lui accorderait pas d’attention sur ses paroles. Autant venir au fait maintenant.

Lui aussi je le laisserai travailler en paix

Maeve était faite forte, mais avec Maura, elle était une autre. Maura aurait tout fait pour qu’elle ne soit jamais dépendante à qui que ce soit, mais elle n’avait jamais été capable. Parce que ses petits yeux s’étaient tournés vers elle lorsque ses premiers chagrins apparurent. C’était elle qui l’avait recueilli dans ses bras lorsqu’elle avait eu peur. Elle lui avait montré ce qu’elle savait et elle avait absorbé. En fait elle était son idéal, mais Maeve n’avait pas encore envie de grandir comme tout le monde désirait. Son monde n’était pas disparu, malgré qu’elle fréquente peu d’enfant. Elle sortait rarement de l’enceinte, sauf pour la chasse ou pour rendre visite aux Vassaux des Arryn.

Pas question qu’on lui prenne sa sœur et quasi-mère. Maeve était incapable de dire plus quand elle était de mauvaise humeur et avec Maura, elle avait toujours fait passer sa sensibilité très loin. Les pleurs n’étant que de rage. Elle avait besoin de Maura, même si celle-ci lui avait presque tout enseignée. Car s’il manquait quelques choses chez la petite Arryn s’était bien le partage, la patience et la sagesse.

Dépitée par jouer les Dames, elle ne montra pas son exaspération. Et l’amusement se trouvait dans quelles parties et les jeux, ils étaient où? Du moins, les servantes ne râleraient pas, puisque c’était elle qui s’en occuperait. Il y a avait du bon. Tout le reste signifiait, tous ce que je t’ai appris sauf tes bêtises. Voilà c’était plutôt clair, elle l’ajoutait pour être sure qu’elle comprendrait. Pas de problèmes à vos ordres. Avec Maura tout était différents, car avec Mestre Wyman ou Jasper elle ajoutait un « sinon ». Mestre Wyman devenait rouge à chaque fois qu’elle osait le provoquer et Jasper continuait en répliquant. En fait l’autorité suprême du Val allait partir et Maeve se demandait si cela était bonne chose.

Elle descendit de son tabouret et l’amena tout près de sa sœur. Elle devait faire attention à ses paroles. La petite Arryn avait entendu des choses que seulement Jasper et Maura devaient savoir. Autant se faire repérer en retard. Il lui venait parfois d’écouter aux portes, pour connaitre les derniers ragots, ou dans le cas de son frère et sa sœur, les dernières nouvelles. Cette fois là, elle avait entendu trop souvent le mot alliance et elle avait peur que ce mot serve à Maura. Déjà Jasper et Maura évitaient de parler trop politique avec elle. Pour dire que pour le moment rien ne l’intéressait.

Tu vas faire comme elle, à la différence que tu vas revenir quelques jours et jamais bien longtemps. Et puis le chemin est très long. Trop long et dangereux pour que Jasper ne veuille que je vienne te voir.

Elle ne jouait pas la carte de la pitié aucunement. Elle détestait que l’on la prenne ainsi. Elle était triste comme un enfant l’est toujours pour le départ d’un frère ou d’une sœur et encore plus quand cette personne vous tiens plus qu’à cœur. La jeune enfant regarda Maura et n’ayant pas envie de cacher qu’elle savait des choses, elle tenta une approche subtile. En fait, elle n’avait qu’entendu les mots alliances et savait à cent pour cent que ce n’était pas pour elle.

Tu vas l’épouser n’est-ce pas? C’est pour ça que tu es parti là-bas la dernière fois.

Elle ne connaissait peut-être pas son prénom, mais elle regardait sa sœur avec un air qui disait vaguement « pas besoin de me le cacher. Je vous ai entendu ».


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Message Mer 9 Nov 2011 - 23:12

Évidemment la petite avait une excuse toute prête à servir, une excuse spéciale à l'attention de la maîtresse des Eyrié. La grande sœur eût immédiatement un geste d'impatience avant de se reprendre. Elle faisait toujours très attention à ne pas laisser son tempérament volcanique prendre le dessus quand elle était en présence de sa cadette. Elle ne se souvenait que trop bien du regard que l'enfant avait posé sur elle alors qu'elle venait de condamner et d'assister au supplice d'hommes amenés devant elle pour être jugés. La peur qui avait empli les yeux de la petite fille avait failli la faire flancher quelques secondes. Mais, assise sur le trône des seigneurs des Eyrié en tant que régente, Maura n'avait pas eu le choix, elle avait sévi et en avait assumé les conséquences. Pourtant, elle aurait aimé que sa jeune sœur commence à comprendre ou plutôt à accepter que la volonté de sa sœur aînée n'était pas toute puissante. Enfin, le petit baroud d'honneur de Maeve la fit sourire même si il était inacceptable.

"Je te fais confiance pour ne plus faire d'idioties, tu as passé l'âge désormais. Mais, à l'avenir, je préfère que tu te montres lors des dîners surtout à si peu de jours de mon départ. Crois-le ou non, j'ai moi aussi envie de profiter de ta présence. Tout comme Jasper. Je sais que ce n'est pas très agréable d'avoir les Lords à table qui ne parlent que guerres, épées et sang mais notre place est là. Toi et moi sommes les hôtesses des Eyrié."

Elle n'aimait guère mentir à sa jeune sœur aussi n'avait-elle pas baissé les yeux quand cette dernière lui avait parlé de son départ futur. Elle espérait de tout son cœur que la perspective de sa place laissée vacante pousserait Maeve à se montrer à la hauteur des responsabilités qui deviendraient les siennes malgré son jeune âge. Peut-être avait-elle été finalement trop tendre ? Peut-être aurait-elle dû l'éduquer à la dure et lui faire comprendre qu'il n'y avait rien à répliquer quand on lui demandait de remplir ses fonctions de dame de la maison Arryn. Par la Mère, Maura avait été bien plus jeune quand il avait fallu qu'elle siège à côté de son père et soit la parfaite hôtesse pour le château. Bien sûr, elle était l'aînée, cela avait été naturel malgré la mort de leur mère. Et cela n'avait pas été inculqué de la même façon à la petite qui avait pu profiter plus longtemps de son innocence. C'était heureux, elle avait ainsi eu une enfance plus équilibrée malgré le manque causé par la mort de leurs deux parents. Du moins Maura l'espérait-elle ainsi. Les mots de sa sœur la firent sourire derechef et elle tendit le bras pour serrer sa petite main dans la sienne.

"Je le sais bien, ma mignonne, et c'est très gentil à toi de me le dire. Mais, il n'est pas question de notre affection naturelle, il faut que tu le sache. Si Jasper venait à mourir au combat, nous serions à la merci des premiers lords ou même bandits décidés à nous épouser et à nous violer sur le coin de l'autel du premier septuaire venu. Même si nous aidons les Lannister, nous ne pouvons pas hypothéquer l'avenir. Alors que si il m'arrive quelque chose, Jasper sera toujours là pour te protéger et il t'aura toi comme héritière possible. Tu comprends ? Et ne t'en fais pas, je serais loin des combats, nos bons Lords ne laisseront jamais une femme s'exposer au danger. Et ils me seront tous dévoués."

Elle n'était pas certaine de bien faire en évoquant l'idée de sa mort devant Maeve. Elle espérait que cela ne la ramènerait pas trop en arrière vers un passé qu'elle n'avait pas connu. Mais Maura avait trop conscience des enjeux et de la nécessité que sa sœur les appréhende pour continuer à les lui tenir cacher. Il s'agissait de l'initier un peu à la réalité des rapports de force au sein de Westeros. Oh, elle savait que Maeve était loin d'être une idiote, elle avait la tête bien faite et bien pleine mais elle se demandait parfois si elle ne manquait pas un peu d'emprise avec la réalité en restant ainsi cloîtrée aux Eyrié. Heureusement, sa cadette avait l'air d'avoir les pieds sur terre. Encore une enfant mais assez intelligente pour ne pas se révolter contre ce qu'il n'était pas possible de faire évoluer. Et Maura lui en était reconnaissante. Elle avait souffert et souffrait toujours de se voir écartée et exilée dans l'Ouest par Jasper même si elle comprenait ses motifs officiels. Ce n'était pas ce qui la peinait le plus, elle savait que son frère voyait avec de plus en plus de colère l'influence de son aînée dans la politique du Val. A sa place, sans doute aurait-elle réagi de la même façon mais elle ne pouvait s'empêcher de se sentir trahie alors qu'elle n'essayait de faire que de son mieux pour servir les intérêts de son clan. La tentative sur le mestre de leur castel lui fit faire les gros yeux. Non, elle ne voulait absolument pas être contredite. Il était indigne qu'une dame de la famille Arryn s'adonne à de pendables tours avec un Mestre. Même si c'était Wyman...

"Même Wyman a droit à un peu de répit. Un Mestre remplit une charge sacrée, tu le sais, et tu ne dois pas te moquer de ces faits et gestes. Malgré ses petites humeurs et ses bizarreries, c'est un homme bon qui t'aime comme un père. Je sais que lui et moi ne sommes jamais d'accord mais je ne douterais jamais de sa volonté de servir au mieux notre famille et les Eyrié. Et Jasper aura besoin de sa sœur, et tu auras besoin de lui. Vous ne serez plus que tous les deux et vous devrez vous entraider autant que possible, Maeve. C'est très important. Tu dois savoir que dans la vie, tu ne peux finalement compter que sur ta famille. Prends vraiment soin de Jasper."

Elle ne pensait pas vraiment que cela dissuaderait sa cadette de continuer ses petits tours mais, tant qu'ils restaient bon enfant, elle ne voyait pas vraiment de mal à cela. Il fallait bien qu'enfance se passe. Elle caressa une boucle brune de la chevelure de sa sœur pensivement. De tout cœur, Maura savait qu'elle avait de son mieux avec la petite fille essayant de la former, de l'éduquer au mieux afin qu'elle possède un bagage capable de l'aider à se dépêtrer de toutes les situations. Certes, les gens du Bief auraient hurler en l'écoutant parler à sa sœur. Certes, ce n'était pas là l'éducation classique d'une Lady. Mais ces considérations étaient bien loin des préoccupations de la Dame du Val et de la Montagne. La seule ligne de conduite de Maura avait été de faire de sa sœur, non pas une Lady poussant de hauts cris à la vue de la moindre goutte d'eau, mais une Dame capable de tracer sa voie au travers des obstacles, une dame de son propre chef capable de prendre des décisions et de pouvoir prétendre à une place de choix n'importe l'endroit où elle se trouve. Elle ne la voulait pas à son image, elle la voulait meilleure encore.

Pourtant, la suite choqua presque la jeune femme. "Elle". Leur mère sans doute. Elle ferma les yeux quelques secondes pour éprouver le vide que la mort de sa mère avait créé en elle et qu'elle essayait vainement de combler tous les jours. Sa mère qui n'était pas là pour la préparer à se marier, à se donner à un homme qui la déflorerait. Sa mère qui n'était pas là pour la conseiller...Elle déglutit difficilement. Par certains côtés, même si elle ne l'avait pas connu, Maeve avait eu de la chance de l'avoir elle. Maura n'avait eu aucune présence de l'envergure d'une mère à côté d'elle et avait dû avancer seule. Elle haussa vaguement les épaules avant de se reprendre.


"Allons, tu ne serais pas une Arryn si tu ne savais pas qu'il faut toujours se méfier dès que l'on laissé la Porte Sanglante derrière soi. Jasper aura raison, la situation dans l'Ouest est trop dangereuse pour que l'on te laisse venir me rendre visite. Mais les raids Fer-nés cesseront bien un jour...Mais, Maeve, tu dois te faire à cette idée, nous allons être séparées et c'est le cours normal de nos vies. Notre avenir n'a jamais été dans le Val."

Elle ne voyait pas ce qu'elle pouvait lui dire de mieux. Ainsi allait leur monde et aucune des deux ne pouvait rien y faire. Maura serait mariée dans l'Ouest comme l'exigeait la politique et Maeve...L'avenir le dirait mais elle devait savoir que Maura aurait son mot à dire et défendrait bec et ongles l'établissement de sa jeune sœur quand l'heure serait venue de lui donner un mari. Mais, concernant cette dernière, elle n'était au bout de ses surprises puisqu'elle annonça de but en blanc qu'elle savait qu'elle devait partir pour se marier. Elle jeta un regard rapide vers la porte heureusement fermée.

"Tais-toi, seules quelques personnes sont au courant. Je veux que tu n'en parles à personne d'autre que Jasper et moi, d'accord ? C'est très important, Maeve." expliqua-t-elle plutôt calmement pour voir la colère qui l'étreignait à l'idée que sa sœur écoutait ses deux aînés aux portes. Et si jamais elle surprenait des soupirs venus de la chambre d'un Jasper en galante compagnie. Maura ne voulait même pas y penser. "Je préfère qu'à l'avenir tu demandes plutôt que de jouer les espionnes, nous aurions répondu, tu le sais. Pour te résumer la situation, après ma visite au Roc, Lord Lannister a demandé officiellement ma main à Jasper et l'armée du Val constituera une partie de ma dot. Tu sais à quel point les Lannister sont riches, une telle alliance servira le Val au-delà de toutes nos espérances."
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Message Jeu 10 Nov 2011 - 14:49

Le sourire enfantin de la cadette s’estompa. Elle n’aimait pas manger avec les Lords. Parfois leur parole était plus idiote que ses bêtises. Elle avait pris l’habitude de se faire une place dans les cuisines pour manger son repas. Certains disaient que ce n’étaient pas à sa place. Or Maura avait décidé qu’il en serait autrement. La peur ne menait à rien et la Dame du Val lui avait toujours fait comprendre qu’elle devait être forte. Elle devait être comme elle. Elle aimait être près d’elle. La jeune enfant se demandait ce qui allait changer maintenant. Elle serait la toute attentive pour Jasper, mais Jasper serait-il la pour elle? Certainement.

Je viens manger dans la grande salle avec tous les Lords à la condition que je ne sois pas aux-cotés d’un Lord, mais entre toi et Jasper. Pardonne-moi encore d’avoir manqué un peu de jugement. Ils me regardent tous en me traitant de gamine c’est fatiguant.


La petite Arryn prit la main de sa grande sœur et la serrait fort. Elle ne saurait jamais combien elle l’aimait si fort. En fait, elle devait le savoir. Maura était comme une mère et une mère savait presque tout. La jeune femme avait su cerner sa cadette plutôt que prévue et Maeve ne détestait pas que la jeune Dame des Eyrié finisse ainsi. Elle avait la volonté et la poigne de fer que peu de Dames avaient. Elle se disait que le Lord qui allait l’épouser allait avoir du fil à retordre. Ou peut être qu’il n’attendait que cela.

Je te fais la promesse d’aider Jasper du mieux que je peux et d’être attentive dans mes leçons. Je le ferais pour toi et Jasper. Mais personne ne te remplacera jamais au Eyrié. Je vais essayer de faire plus d’effort à l’avenir. Tu crois que Jasper me laissera venir avec lui, lors de la tournée des vassaux.

Elle ne tenait pas au jugement. Du moins, pas pour l’instant. Mais elle aimait bien être reçue, par les vassaux du Val. En réalité c’était presque le seul moment, où elle savait se tenir correctement. Elle n’était pas pour faire honte à ses parents décédés. Oui, elle allait peut-être effacer quelques comportements suspects. Il y avait quelques chances. Elle ne pourrait pas agir ainsi jusqu’à ses vingt ans. Autant montrer aux vieux Lords de quel bois se chauffait la petite Arryn.

D’un coté, elle savait que Mestre Wyman l’aimait bien, mais quand elle agissait comme une enfant gâtée, il laissait tomber et Maeve bronchait. Il avait fait beaucoup pour elle. C’était un bon vieillard. Elle avait eu le droit à des histoires de Dragons et de chevaliers ce que son père ne lui avait pas offert faute de temps, mais elle comprenait. C’était les histoires qu’elle voulait entendre. Elle ne voulait pas des histoires où le héros terminaient vivant, elle voulait une certains réalités de la vie, ce qui avait troublé, le Mestre. La petite peste avait éclaté de rire lorsque Maura avait parlé de Mestre Wyman. Il était un être étrange et trop savant. Maeve aimait cela.

Elle avait fait sa promesse de se tenir. Cela allait autant dans le sens, qu’elle essaierait de se consacrer plus à ses devoirs que de chercher les problèmes. Par contre, elle trouverait bien le temps d’alterner ses devoirs et son amusement. Maura ne la mettait à la tâche que dans la mesure de plaire à tous les partis du Val. Et puis, elle ne lui demandait pas d’oublier ses plans diaboliques de petite terreur. Elle pouvait rester qui elle était, en étant une Dame des Eyrié. Un bon compromis selon elle.

Je risque de vouloir te rejoindre, mais je ne ferais pas de peur bleue à Jasper. Je ne ferais pas de fugue, ni de crises, au sujet de ta destinations. Et j’attendrais le bon moment pour venir et son consentement. J’ai toujours voyagé dans le Val et ne suis allée nulle part.

La suite ne parut pas étonner Maeve. Maura n’avait jamais crié quand elle faisait des bêtises. À quoi bon, elle était trop intelligente pour s’abaisser à ca. Elle était ferme et autoritaire, mais elle avait un cœur. La petite descendit de son tabouret et prit place sur les genoux de sa sœur et l’étreignit fortement. Elle l’aimait trop pour vouloir qu’elle parte et elle essayait aussi de se faire pardonner son espionnage. Vilaine peste. Maeve avait toujours considérée cette question trop loin, pour qu’elle en parle. Elle devrait encore atteindre le bon âge et encore, elle n’avait pas l’intention de laisser Jasper choisir pour elle. Encore faudrait-il un seigneur encore plus rusé qu’elle.

Je ne dirais rien. Promit-elle. C’était par pur hasard, je te le jure. Je n’ai pas écouté le reste de la conversation. La prochaine fois, je vous demanderais la permission et ne me cacherai pas, pour vous espionner.

Sinon elle pouvait toujours écouter les servantes. C’était connu, elles savaient toujours tout avant tout le monde. Ce n’était pas Maeve qui allait changer cela. Pour Lord Lannister et quand bien même que cela ne la concernait pas. Elle ne l’aimait pas beaucoup dans le moment présent. Inutile de le préciser à Maura qui devait déjà savoir combien a sœur était jalouse. Ce n’était pas d’hier. Elle avait toujours éprouvé de la jalousie quand on lui enlevait une des ses deux ainés. Elle n’allait pas déroger de sa nature. Autant faire avec, elle ne croyait pas non plus s’entendre un jour quelconque avec ce Lord machin machin Lannister.

Comment se prénomme-t-il? C’est vrai ce qu’on dit? Que le château est taillé dans la pierre et que tous les Lannister sont blonds? Ce n’est pas comme les Eyrié?


Voilà elle tentant de faire son intéressée auprès de Maura. Jouant encore à son château est le plus beau. Elle n’était jamais partie et n’avait jamais franchi une fois la porte Sanglante. Elle n’était donc pas attaché à aucuns royaumes des Sept couronnes, sauf le sien. Elle aimait le val, les montagnes, surtout les Larmes d’Alyssea. Elle aimait qu’on l’amène regarder cette chute.
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Message Jeu 17 Nov 2011 - 7:49

Le visage sérieux de l'aînée se ferma quelques secondes. Maura prit vraiment sur elle pour maîtriser son agacement mais la petite pouvait sentir à quel point elle était en train de pousser la dame des Eyrié dans ses retranchements. Mais vraiment !? Qui donc cette petite pensait être pour avoir le droit de poser des conditions à Lord Jasper et Lady Maura Arryn, les Seigneurs du Val. Les craintes et les réserves de l'enfant n'intéressaient pas Maura qui, elle aussi, connaissait les lords depuis l'enfance et avait dû supporter leurs plaisanteries grasses, leurs haleines avinées et leurs manières grotesques.

"Tu ne peux pas t'installer entre Jasper et moi, Maeve, tu le sais bien. Nous présiderons chacun à une extrémité de la table comme d'habitude. Tu te mettras à ma droite et je m'arrangerai pour placer ser Ronan Ruthermont à côté de toi. Il était un ami proche de Père, il ne t'ennuiera pas."

Pensivement, elle caressa la main de sa jeune soeur tandis qu'elle essayait de se projeter dans le futur. Qu'allaient-ils faire de Maeve une fois que Jasper serait mariée, Maura serait au loin dans l'Ouest, mais il faudrait établir convenablement la petite. Elle semblait tenir au Val alors peut-être acheter la fidélité exemplaire d'un vassal grâce à la main d'une Arryn ? La main de Maura avait été trop précieuse pour ce type de bargouin mais Maeve...C'était à réfléchir. Mais, heureusement, elle manifestait un certain intérêt par les visites et les voyages, premier pas vers un apprentissage futur de la meilleure façon de faire entendre raison à ses vassaux. Et avec Jasper, elle serait à bonne école, Maura n'en doutait aucunement.

"Bien sûr que si, Maeve, c'est tout ce que je pourrais espérer de mieux pour Jasper. Bientôt, nous aurons une belle-sœur qui se chargera de la gestion de nos tours...mais seule une Arryn comme toi pourrait continuer à épauler notre frère. Il te suffirait d'apprendre, tu sais...Je pourrais t'y aider et en échange, tu pourrais me tenir informée de tout ce qui arrive d'important aux Eyrié, de façon à ce que je puisse intervenir au cas où quelque chose se passe mal. Qu'en penses-tu ?"

Oui, elles auraient de bientôt marier leur frère et de préférence à une femme qui apporte une alliance solide et prestigieuse à la maison Arryn. Elle ne savait pas du tout comment Maeve considérait la chose mais, pour Maura, tout était clair depuis longtemps, on ne se mariait pas par amour, on ne faisait pas des enfants pour le simple plaisir d'avoir un marmot qui vous bavait sur vos robes. Il s'agirait d'assurer la pérennité d'un clan par des alliés et une descendance. Et dans cette optique, elle épousait le Lannister. Ceci était simple, efficace...Très Maura en fin de compte. Quant à être remplacée, elle savait qu'elle le serait et l'espérait même de ses vœux tant que la jeune femme en question en soit capable. Sa petite Maeve pourrait sans doute faire illusion jusqu'au mariage, ce serait encore la meilleure solution, et la tenir informée des événements se déroulant aux Eyrié afin qu'elle soit en position d'éviter bien des écueils à Jasper. Elle esquissa un sourire en se demandant si son frère n'allait pas au devant de bien des problèmes avec la jeune personne qui venait de se jucher sur ses genoux. Elle arrangea le col de la robe de l'enfant avant de la faire descendre : à onze ans, Maeve commençait à être trop lourde pour s'installer ainsi sur sa sœur sans prévenir. Mais, surtout, elle craignait que les rêves et les désirs de Maeve ne buttent sur l'autoritarisme naissant de leur frère. Maura était encore protégée, elle était l'aînée, elle était la dirigeante de la maison, elle avait été sa tutrice mais Maeve n'avait jamais eu son caractère affirmé ou, du moins, s'était-il toujours manifesté différemment.

"En même temps, tu m'expliqueras comment tu entends fuguer des Eyrié, ma douce..." répondit l'aînée avec un sourire moqueur. "J'essayerai de convaincre Jasper d'accepter une visite d'ici à quelques temps mais tu devras prendre ton mal en patience, j'aurai d'abord besoin de prendre mes marques et d'être acceptée à Castral Roc avant de pouvoir t'accueillir en toute tranquillité. En attendant, tu devras convaincre notre frère de l'accompagner durant ses visites dans le Val. Ce que tu connais en paysages et en châteaux, tu devras l'approfondir en comptes de taxe et en relations amicales avec les châtelaines de nos vassaux. Ce sera ta mission et un bon exercice. Cela t'apportera bien plus que tous les lais possibles et imaginables sur cet affreux Florian et sa garce de Jonquil."

Non, la dame du Val n'appréciait décidément pas cette histoire, peut-être parce qu'aucun Florian n'avait jamais frappé à sa porte. Elle jugeait surtout que c'était du vent à faire entrer dans la tête de sa sœur. Foin des troubadours et de toutes ces saloperies, la petite comprendrait bien trop vite où se situait l'intérêt des hommes pour la gent féminine. Elle accepta ses excuses au sujet de l'espionnage avec un haussement d'épaules. Elle se doutait bien que la cadette Arryn ne continuerait pas de perdre son temps à jouer les mouches derrière les portes des appartements de ses deux aînés. Elle risquait le fouet pour cela. Non pas de la main de Maura mais Jasper n'aurait jamais la même indulgence coupable et châtierait durement la gamine pour lui rappeler où se trouvait sa place. Heureusement, la série de questions sur son futur époux la détourna de ses craintes et elle répondit en souriant un peu plus détendue au sujet de Tybolt qu'elle avait pu l'être jusqu'à présent. Après tout, ne parlait-elle pas à sa sœur ?

"Il s'appelle Tybolt et il a les cheveux d'un blond...Je ne sais pas comment les décrire...Blond Lannister ? Comme les blés si tu préfères ou comme des dragons d'or. C'est un bel homme et il est chevalier, ce qui n'est pas pour me déplaire. Il a un caractère...intéressant, je ne sais pas vraiment comment t'expliquer. Et, plus important que tout, il est tombé profondément amoureux de moi, je serais heureuse ainsi."

Mensonge éhonté bien entendu. Enfin, Maura n'en savait rien mais elle se doutait plutôt que son prénom agaçait plutôt le seigneur Lannister. Mais que n'aurait-elle pas fait pour apaiser les supposées craintes de sa sœur.

"Par contre, leur demeure est assez laide. Castral Roc est taillé directement dans la roche, c'est une sorte de grotte à peu près au niveau de la mer. L'intérieur est décoré mais bon...On s'y sent un peu enfermée, je ne sais comment te dire. Très différent des Eyrié. Complètement même. Par contre, il y a la mer que l'on voit des hauts balcons, c'est un spectacle très...étrange et magnifique. Poétique même. Par contre, cela dégage une affreuse odeur parfois à mi chemin entre le bren et des vomissures."
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Maeve Arryn
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♦ Age : 26
♦ Date de Naissance : 16/03/1991
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♦ Célébrité : Bailee Madison
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♦ Doublons : Aaricia Greyjoy, Aliénor Tyrell, Maureen Bolton, Rebecca Staedmon
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♦ Mariage : Avec mon petit prince des Eaux un jour
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Message Ven 18 Nov 2011 - 16:18

La petite peste du val avait envie de broncher. Mais elle voyait dans la retenue de Maura qu’elle retenait de la punir cette fois pour ses paroles basses. Elle voulait tout sans rien donner. Une image préservée de l’enfant égoïste. Avec tout ca, elle n’avait pas gagné une place de choix, mais valait mieux cette place auprès de Ser Ruthermont que près du vieux dont elle ne connaissait pas le nom ou qu’elle devait avoir oublié comme toujours. Pour elle s’était mieux que rien du tout ou de fuir pour ne pas assister à ces repas ennuyant à vouloir mourir. Elle exagérait, mais qu’un peu. Elle avait toujours détesté ce genre de repas, mais moins qu’au temps de Jon Arryn. Il finissait toujours par lui faire un regard noir. Elle n’avait pas oublié et n’oublierait jamais. C’était ce qui avait fait qu’elle détestait manger à la table des seigneurs. On l’ignorait et cela se terminait ainsi.

D’accord, poussa-t-elle à moitié résignée.

Maeve pesta en grimaçant. Pas une belle-sœur. Elle ferait tout pour l’éloigner et la renvoyer jouer avec des poupées pour qu’elle fiche la paix à ce pauvre Jasper à qui revenait la tâche de prendre soin de sa petite sœur. Si elle avait la même tête que Maura, elle était totalement cuite. Déjà que c’était avec son départ, qu’elle prenait la place de sa sœur. Si Jasper épousait une équivalence à Maura, elle pourra toujours dire au revoir à ses doux privilèges. Quoiqu’elle en profiterait pour faire quelques tours vilains et interdits, mais elle ne se laisserait pas avoir si facilement. On ne défiait peut être pas la grande dame du Val, mais on ne jouait au plus malin avec la cadette.

Maeve glissa au sol et prit place en tailleur sur le tabouret. Fuguer des Eyrié c’était poussé comme idée. Elle avait parlé un peu vite, mais elle savait autrement être capable de faire une peur bleue à Jasper juste en se cachant. Mestre Wyman se disait bienveillant, et connaissant, mais il ne savait pas où se trouvait ses cachettes dans le château. Même Maura ne les connaissait pas. Elle en avait fait son havre de paix. Elle était intouchable, car personne ne la voyait et savait si elle était réellement dans le château, alors qu’elle y était.

Elle était dans le meilleur des deux mondes. Elle pourrait occuper des tâches mais si elle n’avait que onze ans. Maura était prête à lui fournir des responsabilités et elle n’allait pas cracher dessus. Bon l’obstacle primaire était bien ses châtelaines qui finissaient toujours par trouver Maeve mignonne. Elle n'aimaitce compliment que de sa soeur. Maeve était une petite boule d’information. Si un Suzerain devait de connaitre ses vassaux, Maeve les connaissait tous, tout comme le nom de leur femme, la signification de leur blason et le blabla externe de ce qui pouvait se dire au château.

Je me comporterais comme une Arryn promis. Si un jour, Jasper et toi me donner l’autorisation d’aller à Castral Roc, nous pourrons aller au Bief aussi? Je n’ai jamais été voir les terres qui ont vu naitre mère. Mestre Wyman en fait toujours plein d’éloge.

Elle n’avait pas envie de rappeler la crise immense qu’elle leur avait faite deux ans auparavant. Ils n’avaient pas tenue à sa présence au tournoi de Sorbier, où elle aurait pu rencontrer de grande personne et voir des joutes, ce qu’elle n’avait jamais vu en dehors des entrainements des chevaliers du Val. Mais Maura et Jasper devaient se souvenir de l’orage électrique qui avait plané pendant plusieurs jours, voir quelques mois, dans le château des Eyrié. Une période où elle avait été forte désagréable.

Autant rire et ne pas dire qu’elle analyse elle avait fait de Florian et Jonquil au Mestre de la maison. Pauvre Wyman, il avait du subir une analyse de Maeve. Heureusement pour lui, elle n’y croyait aucunement. Un point qu’il n’aurait pas à rectifier dans ses leçons avec elle. Bien que depuis qu’elle avait entendu la fameuse nouvelle, elle n’avait d’oreille que pour les terres de l’Ouest et le Bief, les contrées de sa mère.

Maeve arqua des sourcils en écoutant Maura. Soit Maura avait cherché une alliance avec l’Ouest, ou que ce dénommé Tybolt avait des gouts très spéciaux. Du moins, elle ne s’attendait pas à croire que Maura laisse gentiment ce Tybolt se charger de tout. Bien qu’elle croie à demi cette vérité peut être fausse, elle ne chercha pas plus loin. Inutile, elle n’avait pas envie de faire chanter Maura. Elle gobait difficilement, mais disons qu’elle arrivait à croire un peu. Toute heureuse quand même, elle pourrait certainement assister à quelques choses. Elle voulait que Maura amène le sujet. Sinon, elle finirait par croire qu’elle voulait encore tout.

Il a des frères et sœurs lui aussi?

Tout pour tout savoir. Elle était comme ca. Mais la question relevait davantage dans le sens des frères ou des sœurs aussi jeunes qu'elle ? Maura avait du comprendre cette partie du message secret.

La description du Roc lui allait. Même si cette forteresse était néanmoins, bizarre. Elle n’en avait jamais vu de ce genre. De ce coté, elle préférait son château. Son domaine, qu’elle aimait bien. Elle était bien parce que Maura et Jasper étaient là.

Tout ce qu’elle savait ce que Maura allait lui manquer et qu’elle devrait faire ce détachement une fois encore. Elle avait imposé un deuxième rôle à sa sœur et elle s’en était un peu voulu, mais elle avait l’impression que sa mère mourait encore une fois. Elle n’avait jamais eu la facilité des mots. Elle s’exprimait mal et finissait toujours par faire du mal, quand elle ne le voulait pas.

Tu ne m’en veux pas que je t’aie imposé le rôle de mère? Je sais que je dois grandir et que tu ne peux pas rester éternellement auprès de moi, mais j’ai l’impression de te demander beaucoup parfois. Beaucoup plus que je ne peux le faire avec Jasper.

Elle n’avait pas les larmes, elle se sentait qu’un peu égoïste à cet endroit. Elle n’avait jamais été très reconnaissante, mais elle avait toujours prouvé son affection pour Maura différemment de Jasper. Elle n’avait cherché son père quand il était mort. Pour Maeve la seule image de son père était ce baiser sur le front lui demandant d’être sage et ce sourire. Sa mère, elle l’avait tué en naissant. Elle avait cru que le manque d’affection de son père venait de là, mais au contraire. Elle avait toujours voulu voir le contraire et non les gestes qu’il posait pour elle.

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Message Sam 19 Nov 2011 - 12:04

L’attitude de Maeve ne lui convenait décidément pas. Certes, elle comprenait que sa jeune sœur ne se sente pas à l’aise dans cet exercice périlleux et difficile qu’étaient ces grands repas où les seigneurs festoyaient ensemble, abusant parfois des crus délicieux du Val et se laissant dans des paroles ou des chansons légères. Pourtant, tout comme Jasper et Maura, elle devait commencer à en avoir l’habitude et aurait dû arrêter de s’en plaindre. Elle était à un âge où elle aurait dû commencer à apprécier et rechercher la compagnie des adultes pour tenter de se hisser à leur niveau. Peut-être l’avaient-ils trop couvée ? N’aurait-il pas mieux fallu la laisser apprendre à la dure et se mesurer aux dures réalités qui formaient la vie d’une femme de la noblesse de Westeros ? Pourtant, il y avait pire que de naître en fille du Seigneur du Val d’Arryn. Certaines auraient tué pour cet honneur, des paysannes auraient vendu leurs enfants pour connaître la chair et la bombance qu’on découvrait sur la grande table du maître des Eyrié. Elle saisissait parfaitement la retenue de sa sœur. Contrairement à ses deux aînés, elle avait toujours été la dernière, celle qui commettait des erreurs à table, se faisait reprendre. Elle avait rarement eu à présider un festin en l’absence de Maura et, pourtant, il faudrait qu’elle s’y fasse. Malgré tout, la patience de Maura n’était pas infinie et elle commençait à s’agacer du mauvais vouloir de sa sœur qui jouait les petites ingrates. Elle avait pourtant eu plus de chance que la moyenne, d’autant plus que ses deux aînés lui avaient toujours évité de devoir assumer trop de responsabilités. Au moins avait-elle eu une enfance se consolait sa grande sœur. Mais quand même, elle s’était attendue à plus de reconnaissance et de sérieux.

 « Il ferait beau voir que tu ne sois pas d’accord, je ne te laisse pas le choix, Maeve. Crois-tu vraiment que l’on te demandera toujours ton avis avant de t’imposer de remplir tes obligations ? Il faut que tu commence à comprendre qu’aucun de nous ne fait toujours selon son bon vouloir, tout enfant de la Maison Arryn que nous soyons. Avec les grands honneurs viennent les grandes responsabilités dont présider un festin n’est qu’une part infime. La vie te demandera des sacrifices beaucoup plus grands et il est temps que tu te prépares à devoir les accomplir. Tu dois savoir tenir ton rang, d’autant plus que dans quelques semaines, tu seras la dame des Eyrié et la châtelaine chargée de recevoir tous les visiteurs et les vassaux. Je ne reviendrais pas de l’Ouest pour présider chaque banquet ou accueillir chaque nouvel arrivant, ma douce, tu dois vraiment le garder en tête. »

En un sens, elle était vraiment désolée d’imposer aussi brutalement ces nouvelles responsabilités à sa sœur car, après tout, à qui la faute si cette dernière rechignait et ne se sentait pas prête ? Maura s’en voulait clairement et cela transparaissait forcément dans sa voix. Elle aurait dû commencer plus tôt, lui apprendre plus de choses, la préparer à prendre sa place mais, elle s’en rendait compte maintenant, une certaine paresse l’avait envahi, elle s’était laissée prendre par leur existence routinière dans la peur de son futur à elle. Comment avait-elle pu être aussi égoïste et croire que sa sœur n’apprendrait que mieux si elle le faisait de la même façon qu’elle-même avait été mise face à ses obligations ? Bien sûr, les choses étaient différentes et le choc serait moins grand pour Maeve qu’il ne l’avait été pour elle. Elle se souvenait encore comment elle avait été tirée de son deuil par son père qui lui avait assénée la dure vérité en face. Elle était la dame des Eyrié et devait veiller au bon fonctionnement et à l’intendance du château. Ses deux cadets avaient besoin d’elle et lui, son père, devait pouvoir s’appuyer sur elle. Elle ne se souvenait plus si elle avait pleuré devant cette brutale annonce, sans doute pas, elle avait plutôt dû être choquée au-delà des mots par ce que cela sous-entendait mais elle avait fait son devoir et elle l’avait bien fait. Assise près de son père, malgré sa jeunesse et sa tendresse de cœur, elle avait reçu les condoléances des vassaux et des parents lors des funérailles, elle avait consolé Jasper, avait supervisé l’installation de la nurserie de Maeve, avait passé sa rage sur les servantes coupables de se laisser aller. Ces semaines avaient été horribles, véritablement horribles et elle ne parvenait à s’en souvenir que dans un brouillard opaque où elle ne se rappelait n’avoir agi que comme un automate. Sa petite sœur ne se rendrait sans doute jamais compte de sa chance et elle savait que Jasper non plus ne chercherait jamais à lui reprocher sa jeunesse et le sort qui avait fait qu’elle ne soit jamais assez âgée pour partager leurs responsabilités. Et elle espérait bien que jamais l’un des deux aînés ne s’oublierait au point de le lui rappeler. Jasper et elle étaient trop proches pour laisser la petite s’immiscer dans leur complicité même si cela lui coûtait. Les deux aînés, proches déjà par l’âge, avaient forgé leur lien dans la douleur et les larmes, dans les décès de leurs deux parents, dans la gestion de leurs fiefs, dans l’exercice du pouvoir. Maeve était loin d’être bête mais elle avait été très jeune. Bien entendu, elle marchait à l’instinct, ressentait les tensions qui habitaient le seigneur des Eyrié et la Dame du Val mais elle n’avait pas eu à faire face aux horreurs qui les avaient accablé. Elle n’avait jamais eu à prendre les décisions difficiles. Cela viendrait bientôt.

Toute à ses pensées, elle ne manqua pourtant pas de remarquer la grimace à la mention de leur future belle-sœur et passa sa main dans les cheveux de la petite en guise de réconfort. C’était amusant de constater qu’elle se rejoignait sur ce point précis. Non, elles ne pourraient pas rester les deux seules femmes de la vie de leur frère pour toujours. Malgré leur haute naissance, qu’étaient donc Maeve et Maura Arryn face au bon vouloir d’un monde qui tournait toujours trop vite. Même pour elles. Elle repensa une nouvelle fois à l’âge tendre de la cadette. Se souvenait-elle des heures sombres qu’ils avaient vécu ? Des heures sanglantes où le cadavre de Jon Arryn leur avait été ramené ? Des craintes de voir une armée se former au pied de la Lance du Géant pour tenter de déstabiliser la régence de Maura ? Des trahisons ? Des exécutions ? De l’expédition sanguinaire contre les clans des sauvages des montagnes ? De quoi se souvenait-elle ? Maura n’aurait su le dire. Elle, de son côté, se souvenait surtout des heures passées à discuter avec Jasper, à se serrer l’un contre l’autre pour faire cesser la peur ou pour consoler la peine. Tous deux avaient conclu une union sans failles dans ces moments. Chacun avait été le soutien de l’autre et ils étaient devenus une équipe. Un véritable tandem, un couple de dirigeants capables de maintenir l’emprise de leur famille sur les domaines placés depuis des temps ancestraux sous leur coupe. Par contre, Maeve devait savoir que c’était Maura qui avait le sale boulot, celle qui avait pris sur elle d’être crainte et respectée. De faire régner l’ordre.

Elle devait absolument cesser de ressasser ces instants. Cela avait certainement trait à son prochain départ qui la poussait à revenir sur les dernières années où elle avait de facto exercer le pouvoir. Un pouvoir qu’elle avait apprécié de tenir entre ses mains. Peut-être était-ce là où les deux sœurs différaient vraiment ? Maura aimait la puissance. Elle aimait cela viscéralement. Elle avait été éduquée, construite même, pour décider et ordonner. Il s’agissait de son plaisir et de son pain quotidien. Maeve, écartée par son âge de ce grand jeu d’échecs, voyait sans doute les choses différemment. Pourtant, elle n’était pas moins Arryn que Jasper et Maura ne l’étaient. Mais là où les aînés s’imposaient, la petite ne pouvait encore qu’exiger. Cela les amusait d’ailleurs parfois à ses dépends mais ils n’en demeuraient pas moins un grand frère et une grande sœur aimants. Mais, par exemple, cette question sur le Bief l’amusait au plus au point et lui rappelait également que sa jeune sœur n’avait jamais pu voir Westeros au-delà de la Porte Sanglante. Pourquoi n’avait-elle jamais été de la partie ? Trop jeune sans doute. Ou alors…Peut-être portait-elle tout de même la marque du décès de Rohanna ? Peut-être leur père avait-il sans y penser fait porter le blâme sur la petite ? Ce n’était en tous cas pas du fait de Jasper et Maura. Mais, elle n’aurait jamais pu deviner que sa sœur avait cette envie de découvrir le pays d’une mère qu’elle n’avait pas connu. D’autant que si, enfant, elle avait apprécié la beauté de Hautjardin et de ses parcs, la douceur de la Mander et la gaieté qui semblait y résider en permanence, elle n’avait guère aimé ces chevaliers apprêtés comme des femmes avec leurs armures de plaques multicolores gravées de fleurs et ces dames qui se comportaient comme des écervelés seulement aptes à broder et à chanter. A cela, elle avait toujours préféré la rudesse et la franchise abrupte du Val d’Arryn. Maura était après tout une montagnarde dans l’âme mais si elle ne dédaignait pas de jouer les belles d’un soir à l’occasion d’un bal à Port-Réal.


"Je ne pense pas que nous en aurons l’occasion, ni même si mon époux me le permettra. C’est un long voyage et les contrées sont troublées, tu le sais. De plus, tu ne devrais pas trop écouter Wyman à ce sujet. Les Mestres sont toujours portés à embellir le Bief pour la simple et bonne raison que leur Tour de Vieilleville s’y trouve. Par contre, sans même passer par Castral Roc, je pense que tu pourras t’y rendre prochainement. Il y aura des noces à Hautjardin : notre Tristan va épouser la cadette Lannister, cela te donnera l’occasion de rencontrer Grand-Mère Tyrell, Oncle Léo et nos cousins. Je suis même certaine que Tante Jeanne sera ravie d’avoir une jeune demoiselle à ses côtés. Par contre, je ne peux pas t’assurer que Jasper acceptera de te laisser l’accompagner ni même si il viendra. Il y aura sans doute un tournoi qui devrait l’inciter à s’y rendre mais cela dépendra avant tout de l’état de nos contrées. Ce sera l’occasion de nous revoir en tous cas si tous nos plans continuent à se dérouler sans anicroches. »

Elle espérait de tout cœur que Jasper verrait également l’intérêt à s’y rendre même si la longueur du voyage en aurait fait renoncer plus d’un. D’une part, il s’agissait de la famille. Et de l’autre, cela permettrait de revoir en chair et en os les Lords Tyrell et Lannister, ce qui serait loin d’être une mauvaise chose pour les affaires du Val. Et ils avaient bien fait le même chemin lors du tournoi de Sorbier quelques années auparavant. La jeune femme esquissa même un sourire pensif en se souvenant des pleurs et des colères d’une Maeve frustrée de ne pouvoir s’y rendre. Jasper avait même été obligé de la menacer du fouet pour qu’elle se calme tandis que Maura avait agité une mise en tutelle lointaine comme un épouvantail pour faire revenir la cadette à la raison. Toutefois, même si la crise restait un mauvais souvenir, cela l’emportait vers des temps plus heureux. Presque un passé révolu. Le temps d’avant la fermeture de la Porte Sanglante et du Fléau. Si au départ, emportée par la joie des joutes, elle s’en était un peu voulue d’avoir refusé à sa cadette la grâce des les accompagner, elle en avait été soulagée au final. Ils avaient évité à Maeve l’horreur d’assister au Jugement des Sept et à la folie des Targaryen. La fin de Baelor Briselance sous la masse de leur oncle Maekar avait été affreuse. Pourtant, tout avait si bien commencé, ils avaient retrouvé leur Oncle Léo, avait tous festoyé de concert en famille et entre grandes familles. C’était d’ailleurs la première fois qu’elle avait vu Lord Lannister qui n’était que Ser Tybolt à l’époque. Elle lui avait même jeté une fleur pour sa bravoure sans pourtant s’occuper plus avant de sa blondeur orgueilleuse. Malgré le léger froid qu’avait jeté la blessure de Jasper l’empêchant de courir la lice, elle se souvenait des quinze lances de Humphrey Hardyng qui portait ses couleurs, celles de la Dame du Val et de la Montagne. Il y avait eu l’Orage Moqueur, héros adulé des femmes poussant des cris d’effroi à chaque choc entre chevaliers. Elle-même avait fait partie du lot remerciant à chaque fois les Sept de n’avoir pas autorisé son frère à jouter. Au bal, elle était passée de bras en bras, dansant avec Valarr Targaryen sous les yeux de son frère cadet…Tout cela avait été emporté par le Fléau et la maladie. Les Arryn s’étaient réfugiés derrière la Porte Sanglante abandonnant les autres à leur sort, s’enfermant dans leur domaine idyllique pour survivre. Cela avait sans doute été la décision la plus difficile à prendre, une décision dictée par la raison où ils avaient abandonné une partie de leur jeunesse et surtout de leurs amis.

"Dis-moi, est-ce que tu te souviens du prince Matarys Targaryen ? Il était venu à Goëville pour discuter d’accords entre la Couronne et Père…c’était il y a longtemps et tu étais bien jeune toutefois. »

Elle soupira à nouveau emportée par sa mélancolie. Autant revenir à ses moutons ou plutôt aux questions de Maeve. Les choses avaient été irrémédiablement changées par le cours de l’Histoire et la volonté des Sept et il ne servait à rien de rêver à un passé révolu. Le devoir, encore et toujours. D’autant plus qu’elle n’avait été qu’une enfant alors et qu’elle devait avouer que la femme qu’elle était désormais aspirait plus à Tybolt Lannister, fringant et dévorant la vie à pleines dents, qu’à Matarys Targaryen, ombre éthérée et disparue.

"Oui, mais ils sont presque tous plus vieux que moi. Il y a la cadette, Aliénor, qui a l’âge de Jasper et qui va épouser notre cousin Tristan. La sœur aînée, Tya, mariée à l’un des fils Baratheon mais je ne l’ai vu qu’une seule fois. Et le cadet, Gerold, qui sert de conseiller à son frère un peu comme moi avec Jasper. Tu n’as pas connu Lord Damon mais c’était un homme impressionnant que Père ne pouvait s’empêcher d’appeler le Retardataire parce qu’il avait subi une grave défaite lors de la dernière rébellion Feunoyr. Leur mère est morte il y a bien longtemps, je ne la connais pas. C’était une Lefford de la Dent d’Or, tu sais la grande forteresse qui garde la route de Vivesaigues. Tu as dû voir le nom en étudiant les cartes avec Mestre Wyman. »

Bien entendu, elle avait esquissé ces explications du point de vue d’une adulte se contentant d’expliquer ce qu’ils faisaient ou étaient sans s’attarder à des descriptions physiques. De toutes façons, ils étaient tous blonds comme les blés et cela suffisait à décrire un Lannister avec leur appétit pour l’or. Pour tout avouer, bien qu’elle s’en passe devant sa jeune sœur, Maura n’était pas certaine d’apprécier réellement ce clan. Elle avait appris à le faire avec Tybolt mais il y avait quelque chose chez les lions qui la dérangeait profondément. Ce n’était pas tant leur richesse que la façon qu’ils avaient d’obliger au respect là où les Arryn se contentaient d’être respectés. L’honneur faisait la grandeur de la famille suzeraine du Val là où les Lannister ne savaient faire preuve que de hauteur. Cela tenait sans doute à leur histoire d’usurpateurs. Toutefois, elle comprenait bien que sa sœur était loin de ces considérations et qu’elle aspirait surtout à tisser des liens dont elle avait été privée par leur isolement forcé des dernières années. Bien entendu, il y avait d’autres enfants dans les familles nobles du Val d’Arryn mais la petite aspirait forcément à rencontrer ceux de sa famille avec qui elle aurait pu partager plus que des jeux.

"Je sais que tu souhaites surtout rencontrer nos parents et nos cousins de ton âge mais ce ne sera pas le cas à Hautjardin. Emilia est une femme faite et même Mathias a plus l’âge de s’entrainer au combat et à être armé chevalier que de s’intéresser à une jeune cousine. Par contre, nous pourrions essayer de voir avec Tante Alanna. Même si Daeron et Aerion ont mon âge, les autres sont plus jeunes. Je suis sûre que tu apprécierais la compagnie de Rhae et Daella. Par contre, Aemon est à la citadelle de Vieilleville pour devenir Mestre et l'Oeuf suit Ser Duncan le Grand dans ses aventures en tant qu‘écuyer. Je ne pourrais même pas te dire où ces deux-là se trouvent en ce moment. Peut-être dans le Conflans ou dans l’Ouest pour combattre les Fer-nés. Mais nos cousines Targaryen seraient ravies de te voir, j’en suis certaine. Nous pourrions voir avec Alanna et Maekar si ils acceptent de te recevoir à Lestival ou que leurs filles viennent jusqu’aux Eyrié. »

La seconde solution lui paraissait bien plus complexe mais elle doutait que leur tante refuse d’héberger quelques temps la plus jeune des enfants de son frère Jon. D’autant plus qu’elle avait toujours été un soutien de poids pour les jeunes Arryn auprès de Maekar et de la Couronne. Ce sera déjà cela de régler et peut-être que Maeve serait mieux auprès de sa tante pour grandir tranquillement qu’enfermer dans une forteresse battue par les vents des montages. D’autant plus que, sans l’avouer réellement, Maura était plutôt contente de quitter les Eyrié. Enfin plutôt de quitter sa famille. Ils lui manqueraient énormément bien sûr mais elle serait sans doute plus libre pour vivre pleinement sa vie de femme auprès de son futur mari sans frère et sœur qui nécessitait son attention et ses soins permanents. Toutefois, la question la choqua et elle se raidit prise par une subite contrition. Décidément, ses cadets avaient le chic pour la faire se sentir coupable de les quitter. Entre Jasper qui l’accusait de le critiquer et Maeve qui s’excusait du poids qu’elle avait, sans le vouloir, fait peser sur ses épaules, elle était servie.

 « Tu parles de choses sans les comprendre, Maeve. Et tu te rends responsable de choses qui n’ont jamais été de ton ressort. Mère a été prise par la mort et c’était la volonté des Sept. Tout comme la Mère a voulu que je veille sur toi et ton éducation. Qui serais-je pour remettre en question la volonté des Dieux ? Tu n’as rien à te reprocher comme je n’ai rien à regretter. Ce que j’ai fait, je l’ai fait parce que je le devais et, sincèrement, ce que j’ai pu en penser ne te regarde pas et ne te regardera jamais. Tout cela est et restera entre les Sept, Mère et moi. »

En un mot comme en cent, « Reste à ta place et occupe-toi de tes affaires ». Maura était compréhensive mais elle détestait, haïssait même, le fait que l’on vienne questionner ses choix et s’interposer entre sa douleur et elle. D’autant plus, que n’ayant jamais connu Lady Rohanna, Maeve ne pouvait savoir de quoi elle était en train de parler. Bien entendu, elle comprenait le questionnement mais considérait qu’il était des choses dont l’on ne discutait pas avec les enfants. Très certainement, il lui était déjà arrivé de se plaindre à Jasper du comportement de leur cadette mais jamais ô grand jamais ne s’était-elle plainte de la charge qu’elle avait fait peser sur ses épaules. Tout comme elle ne l’avait jamais considéré comme celle qui avait coûté la vie de leur mère. Cette peine, ce poids sur la conscience, devait uniquement rester celui de Maeve. Elle n’y pouvait rien et ne pourrait jamais l’alléger.

 « Si tu te poses des questions, je te conseille de te tourner vers la prière, ma sœur, et d’en discuter calmement avec le Septon. Il saura t’apporter des réponses en accord avec les préceptes des Sept et ce sera sûrement plus utile que de me poser des questions hors de propos. Maintenant, lève-toi, je vais t’aider à te préparer pour le dîner. Je voudrais que tu portes certains des bijoux que Père m’avait fait faire lorsque j’avais ton âge. »

Joignant le geste à la parole, elle se leva et entraina sa sœur derrière elle vers les immenses coffres et les armoires qui contenaient les précieuses parures de la dame du Val. Elles devraient faire en sorte d’être époustouflantes pour le repas afin d’impressionner leurs vassaux à bon escient.

 « Tu souhaites porter nos couleurs ? Ou t’habiller de la même façon que moi ? Je vais porter ma robe de moire verte de Gueldre. Qu’en penses-tu ? »


Dernière édition par Maura Lannister le Mer 11 Avr 2012 - 23:49, édité 2 fois
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Maeve Arryn
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Message Dim 20 Nov 2011 - 14:06

Maeve soupira pour elle-même. Désireuse de ne point entendre de suite. Elle n’avait pas envie de couper les ponts tout de suite avec son enfance et sa future vie. De toute manière, on allait la remplacer bien plus vite qu’elle pouvait le croire. Une fois marié, Jasper n’aurait plus besoin d’elle pour s’occuper de telles responsabilités. La charmante de Jasper aurait tout son rôle à prendre dans les responsabilités de Maeve et encore fois, elle ferait ce qui lui plaisait le plus. Être une égoïste enfant. Elle n’avait jamais eu envie de grandir si vite et se disait qu’elle s’ennuyait des jours où elle pouvait rêver, mais qu’elle en profite. Maura, même dans les terres de l’Ouest, trouverait le moyen de lui trouver un bon parti qui pourrait être avantageux à la fois pour elle et pour Jasper. Elle n’allait pas lui échapper si facilement. Elle était de bonne famille et qui plus est, une femme. Elle anticipait pour ne pas échapper à la surprise. Elle aimait être avisée et appréhendait avec vitesse que le mariage dans l’Ouest, de Maura, allait conclure facilement avec le sien un jour.

Maeve n’était pas idiote. Elle connaissait les signes qui montraient l’agacement de sa grande sœur. Elle avait trop bien étudié son frère et sa sœur, pour comprendre le moment ou elle devait arrêter. Maura commençait déjà à montrer des signes. À défaut de vouloirs lui déplaire, elle préféra se taire. Son silence valait parfois mille mots, mais il était discret et personne sauf elle comprenait ce que son cœur tentait d’expliquer. Et puis, elle détestait argumenter en sa présence. Maura le savait que trop bien. Elle l’avait élevé depuis qu’elle avait appris à marcher. Elle était souvent tombée sans qu’on la rattrape et si elle tombait maintenant? Et si elle ne faisait qu’une petite particule d’erreur? Qu’elle se trompait ou qu’elle tombe ? Elle avait trop d’orgueil, pour son âge et ne prendrait aucune critique. Elle ne doutait pas que Jasper serait là pour elle, tout comme Maura l’avait souvent fait les dernières années.

Jon Arryn était mort trop tôt. Tout aurait été si différent. Elle aurait pu foncer tête haute alors qu’il y avait toujours eu Maura et Jasper et un peu plus loin, elle. Trop effrayé, trop triste. Elle s’était révoltée contre un ennemi fantôme, qui lui avait tout pris. Elle avait toujours eu ses secrets pour Maura, mais celle-ci ne connaissait pas les plus cachés. Elle n’avait jamais rien dit sur sa confession qu’elle avait faite à un mort et que seul le Mestre de la maison connaissait. Ni Maura, ni Jasper ne connaissaient sa petite escapade nocturne près du corps de leur père. Elle ne l’avait jamais vraiment haie. Même si, elle n’avait montré que peu d’égard pour lui et qu’elle l’avait toujours un peu cherché, pour attirer l’attention, elle ne regrettait pas qu’il lui ait laissé son enfance et elle avait émis une liste d’excuses qu’elle saurait se rappeler encore aujourd’hui. Maeve n’avait jamais été juste envers sa sœur et son frère, elle s’en voulait, mais il était un peu trop tard, pour les remords. Elle les avait souvent accusé d’être les préférés du Seigneur leur père, alors qu’il l’aimait autant, mais différemment. Jon Arryn n’avait seulement pas su comment gérer sa dernière trop jeune comparé à Maura et Jasper et son petit caractère bien particulier.

J’aime bien Mestre Wyman moi. Il me laisse toujours emprunter ses livres de sa bibliothèque. Et puis, le Mestre préfère les contrées exotiques qu’à Vieilleville. Il serait mal vu que Jasper n’envoie pas quelqu’un représenter le val, à Hautjardin, lors du mariage de notre cousin Tristan, s’il ne pouvait se déplacer. En tant que Dame des … future dame des Eyrié, je m’acquitterais bien de cette tâche, moi. dit-elle avant de s’enquérir d’un bond quasi-joyeux la suite qui lui plaisait encore plus. Pour vrai?! Je pourrais regarder les joutes cette fois. Je pourrais venir ?!

Un rêve qu’elle aimerait tant. De l’action, une foule. Elle en avait rêvé pour être déçue une fois, pas deux. Elle pouvait voir les chevaliers du Val s’entrainer, mais rien ne pouvait être comparé à des joutes, un vrai tournoi. Maeve en faisait quasiment un plat d’amusement et ne se remémorait pas les années qui avaient passé. Du moins, elle avait l’âge cette fois et une raison valable. Plus valable qu’avant. On ne pouvait pas lui épargner ce que la vie était dedans ou en dehors des joutes. Elle était du genre à ne pas avoir peur. En fait, pas devant le sang et la violence. Elle avait assez trainé dans la grande salle pour voir Maura envoyer des pauvres hommes au travers de la porte de la lune.

Elle n’allait pas rester derrière les jupes de sa sœur. En fait, elle n’avait jamais été gênée sauf face à son père. Cependant ce souvenir remontait si loin qu’il en était floue. Sa Septa lui avait montré comment faire des broderies, très jeune et la petite dans son sens artistique avait su recréer le blason et l’avait offert à son père. C’était peut-être la seule fois qu’elle l’avait vu sourire et il l’avait pris dans ses bras. Il lui avait dit qu’en aucun cas, il ne voulait qu’elle soit comme Maura. Seulement qu’elle apprenne d’elle et devienne une Dame des Eyrié. Un jour ce serait son tour. Il était tant de grandir et prendre exemple enfin sur ses ainés, mais Maeve restait une enfant avec des hauts et des bas. Elle était exigeante, mais quand elle le voulait, elle était obéissante.

J’étais très jeune quand il est venu à Goeville. C’est la seule fois que je l’ai rencontré et encore je n’ai qu’un vague souvenir de son visage. Pourquoi?

Maura s’avançait sur un terrain inconnu, mais elle ne comprenait pas pourquoi. Matarys Targayen avait été davantage de passage dans sa vie que pour celle de Maura. À cet âge son cerveau enregistrait que le nom des gens qu’elle aimait ou pas. Par contre, où voulait-elle en venir avec lui? Il était mort voilà deux longues années. Une personne qu’elle avait trouvée d’une gentillesse exemplaire, certes.

Maeve enchainait les épisodes, mais elle lui parlait de Matarys, ensuite des blondinets de l’ouest, elle n’allait pas faire beaucoup d’amitié. En fait, il y avait peu de chance qu’elle les aime. La blondinette qui allait devenir en quelques sortes à la fois sa belle-sœur et sa cousine aurait peut-être un potentielle d’amitié. Elle ne put retenir son rire lorsque Maura lui apprit le surnom du défunt seigneur du Roc. C’était bien son père.

Il est vrai que considérant la chose, ce titre est beaucoup moins élogieux que le simple surnom de Lion Gris. Au fait, il a un surnom lui aussi? Je veux dire Lord Tybolt Lannister, il en a un ?

Elle en connaissait plusieurs dont le plus connu à ses oreilles étaient le seigneur des Fer-né ou encore le Lord de la maison Baratheon, mais Maura était autant capable d’en donner un à son futur fiancé comme Jon Arryn l’avait fait au Lion Gris. Elle ne se souvenait pas d’avoir entendu parler de ça. Mise à part gouverneur de l’Ouest, Bouclier de Port-Lannis. D’abord, elle n’avait jamais compris ce titre. Elle s’imaginait une réponse bidon ou une explication qu’elle pourrait avoir un jour. Elle se disait qu’elle préférait avoir la réponse de ce Tybolt que de Mestre Wyman. À la limite, elle avait compris pour Lord Caron, et Léo Tyrell s’en tirait bien avec « Défenseur des Marches », mais son beau-frère restait une énigme jusqu’à ce qu’elle ose lui demander un de séjour. Elle avait un sourire qui n’en disait pas plus long. Elle avait l’audace de lui demander et s’attendait à une réponse bien plus complexe qu’elle le croyait. Si elle pouvait apprendre, elle ne refuserait pas.

Ah non ! C’est moi qui veux aller à Lestival. Je saurais me tenir, tu sais. Et puis je meurs d’envie de sortir un peu des Eyrié. J’adore beaucoup le val, mais j’ai envie de voyager comme tu le fais aussi. En fait, si cela convient à la fois à toi, Jasper et Oncle Maekar et Tante Alanna.

Profiter de sa nouvelle vie, la commencer d’un pas nouveau lui disait amplement autre chose que de rester ici. Elle n’était pas difficile. Elle ne croyait pas à ce que les filles de Maekar se rendre ici. Puis changer d’air lui ferait un peu de bien. Elle avait besoin de mettre fin à ses enfantillages et ce, même si elle voulait le contraire. Jasper pourrait souffler de la présence de ses deux sœurs. La suite, elle aurait du l’anticiper, mais elle n’avait jamais été capable d’aborder le sujet de Lady Rohanna avec Jasper ou Maura. De ce qu’elle savait, c’était sa sœur qui lui avait tout raconté dans des moments de tendresse ou Mestre Wyman, quand elle lui avait posé la question. Elle aurait aimé la connaitre. Elle baissa les yeux en signe de soumission. Malheureusement, elle n’arrivait pas à en parler comme elle le voulait.

Ses petits yeux reprirent de la brillance lorsque Maura l’invita près d’Elle pour se préparer. C’était toujours plus amusant que lorsque sa Septa se donnait le mandat terrible de soignée sa chevelure. Elle portait toujours des tresses, ou lorsqu’elle en avait assez elle les défaisait tous.

Moi je veux bien porter nos couleurs. Elle te va très bien cette couleur. Je sais ce qui pourrait faire plaisir à Jasper aussi.

En un éclair, la petite peste du val disparue de la chambre de Maura et accrocha quelques servantes et entra comme un ouragan dans ses appartements. Elle avait laissé la porte des appartements de Maura ouvert. Elle chercha dans la première armoire, puis dans la seconde et prit la robe qui s’y trouvait. Elle manqua de nouveau de rentrer en collision avec un domestique et retourna près de Maura. Elle déposa la robe près de sa grande sœur avant de reprendre son souffle.

Jasper me l’a offerte, il y a quelques semaines. Je n’ai pas eu l’occasion de la mettre puisque je ne me tenais pas dans les repas. Je crois qu’il serait content que je la mette. Tu ne trouve pas?

Maeve avait toujours aimé porter les couleurs bleutés ou des couleurs vivantes. Elle aimait les couleurs vivent, mais elle apparaissait plus souvent dans un bleu Arryn. Maura fit asseoir sa petite sœur et Maeve la regarda avec un air suspect. Elle commença d’abord à lui défaire ses tresses. À force d’en faire, ses cheveux gardaient un effet ondulé dont elle appréciait beaucoup. C’était en quelques sortes sa routine. Avant les cours, sa Septa venait dans sa chambre lui faire ses tresses et elle allait à ses cours avec le Mestre Wyman. Maeve ferma les yeux et laissa sa grande sœur la préparer. Elle s’amusait. Enfin de compte, Maura était la meilleure sœur qu’elle put avoir jusqu’aujourd’hui et à jamais. Une fois terminée, elle eut un sourire qui en disait plus long. Finie les vulgaires accoutrements, elle allait se tenir en grande dame désormais. Elle laissa Maura se préparer à son tour.

Tu sais même si tu dois porter du rouge un jour, je trouverai cette robe toujours plus jolie.

Jasper pourrait peut-être souffler enfin de voir sa petite terreur habillé comme une vraie dame. Ils n’avaient pas l’habitude de la voir dans ses belles tenues et pourtant les armoires en recelaient. Mais Maeve grandissait vite et certaines de ses robes ne lui feraient plus. La petite se savait négligente pour son train de vie quotidien, mais elle appréciait les belles parures et ne détestait pas la robe que lui avait fait faire Jasper. La robe n’échappait aux couleurs des Arryn mais les fils entrelacés du corset étaient gris argenté. La petite avait ramené le tabouret, pour rester près de Maura. Quand elle le voulait, elle se montrait sous un bon jour. Terminant sa propre toilette, Maura vint la rejoindre de nouveau et prit un de ses coffres. Contrairement à elle, Maeve avait toujours porté le pendentif que son père lui avait offert. Ce coffre recelait de merveille pour ses petits yeux.



Dernière édition par Maeve Arryn le Jeu 5 Avr 2012 - 1:21, édité 1 fois
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Message Lun 21 Nov 2011 - 12:18

Malgré un soupir à soulever le chignon d’une douairière, Maeve ne continua pas à se plaindre et à argumenter. Elle préférait largement cette attitude soumise plutôt que de voir faire face à une ridicule rébellion de sa cadette sur un sujet aussi insignifiant que ce dîner qui serait donné en l’honneur des Lords du Val qui partiraient en guerre en sa compagnie. Pour les avoir elle-même expérimenté la première, Maura comprenait les changements qui habitaient et bouleversaient sa jeune sœur. Grandir n’était jamais très aisé que l’on soit noble du Val ou paysan de Dorne et la petite semblait toujours avancer avec difficulté sur la frontière ténue entre l’enfance et l’entrée dans l’adolescence. Avec un léger dépit, elle se fit la remarque silencieuse qu’elle manquerait cela. Certes, elle se souvenait trop bien des crises de Jasper pour ne pas regretter de ne pas assister à celle que ferait à son tour Maeve mais elle était ennuyée de ne pouvoir la voir grandir et arriver à maturité. Même si elle s’en défendait vigoureusement, elle avait élevé la gamine et avait pour elle une affection presque maternelle. Bientôt, elle serait fiancée voire mariée. Elle espérait que leur frère aurait la décence d’attendre qu’elle soit suffisamment âgée pour ne pas devenir l’épouse enfantine de quelques vieux Lords indigne de sa tendresse et de sa gentillesse. D’autant plus qu’elle avait des projets pour la petite dernière, des projets qui allaient bien plus loin que les petites velléités de renforcement du pouvoir Arryn de Jasper. Mais, pour le moment, elle demeurait silencieuse et laissait cette idée dans la gibecière de sa mémoire attendant qu’elle ait suffisamment grandie en elle pour se donner la force et le courage de se lancer dans cette campagne qui promettait d’être formidablement excitante.

Le silence de Maeve se prolongeait et elle remarqua ses sourcils froncés et cet air qui se voulait détaché. Un bref sourire se dessina sur les lèvres charnues de Maura alors qu’elle sentait bien la piètre tentative de lui faire comprendre ce qu’elle n’aurait su lui dire. C’était un côté amusant de sa cadette mais qui promettait de faire d’elle une épouse accomplie si elle continuait ainsi à se taire et à opposer ce type de silence réprobateur aux événements et autres décisions qui n’avaient pas l’heur de lui plaire. Et si elle pensait que c’était un moyen pour que son aînée se détourne de sa décision ou pire revienne dessus, elle se fourrait tout de même le doigt dans l’œil. Non pas que Maura soit particulièrement intransigeante avec elle - elle n’était pas sa mère après tout - mais il existait un certain type d’obligations avec lesquelles il avait toujours été extrêmement clair que Maeve ne pourrait jamais couper. Assister et participer à l’élévation de la Maison Arryn en faisait bien évidemment partie. Qu’elle ne se trompe pas à ce sujet, tout comme Jasper et Maura l’étaient, l’enfant n’était rien de plus qu’un point au service de la gloire d’une lignée. Simplement elle n’en tirait pas encore les fils comme ses deux aînés le faisaient. D’autant plus que, plus importante que Maeve dans la succession du Val d’Arryn, Maura avait elle aussi subi stoïquement toutes les discussions qui la jaugeaient pour savoir si elle pourrait devenir la prochaine jument d’un tel ou d’un tel autre héritier. Dès son plus jeune âge, et compte tenu de sa proximité d’âge avec son cousin Tyrell, il avait été question de fiançailles anticipées, tout comme avec l’aîné des Royce et avec un Rougefort. Plus tard, il y avait eu Matarys bien évidemment, le plus prestigieux des partis qui s’était prononcé en faveur des yeux insondables de la jeune femme, puis un Tully prestement renvoyé dans sa gentilhommière. C’était le lot commun de toutes les femmes de haute naissance que d’être ainsi utilisées comme levier diplomatique et l’ancienne régente jugeait que, à tout prendre, ce n’était pas un rôle si désagréable. Peut-être était-ce parfois fait contre leur gré mais, en tous cas, elles apportaient la paix et la prospérité dans leurs coffres de voyage en s’installant chez leurs époux et devenaient les garantes, pour les plus chanceuses bénies par la Mère, de la continuité de lignées millénaires.

Elle arqua les sourcils quand Maeve lui répondit que le vieux Mestre était bien plus intéressé par le continent oriental que par Vieilleville. A vrai dire, les intérêts de l’homme lui étaient indifférents mais elle se demandait pourquoi diable il s’en était ouvert à sa jeune sœur. Enfin, de cela il n’était guère temps de débattre de ce type d’enseignements. Mais Maura aurait tout de même préféré qu’il fasse de son élève une tête bien faite plutôt qu’une tête bien pleine. Trop d’érudition ne menait à rien de bon et il était plus important que la petite soit un jour capable de prendre des décisions, de pouvoir peser le pour et le contre et de savoir réfléchir.


 « Je l’aime aussi, ma chérie, mais je suis moi suffisamment mâture pour porter un œil critique à ses propos et décider si ils me conviennent ou non. Mais pour le mariage, je ne sais pas, ce sera à Jasper de décider. Par contre, si il décide de ne pas faire le déplacement, ne te fais pas trop d’illusions, tu es encore bien trop jeune pour que l’on te confie la tâche de représenter le Val. Ce sera à moi de le faire et de présenter les félicitations de notre frère. Mais ne t’en fais pas, mon petit doigt me dit que ta grande sœur saura le décider à venir participer aux réjouissances. Rien qu’en lui mettant sous le nez la perspective de participer aux joutes. » répondit-elle avec humour avant de s’assombrir légèrement.  « Nous verrons si tu peux y assister, cela dépendra de ton comportement durant mon absence. Mais Maeve, tu dois bien être consciente que les joutes ne sont pas toujours un spectacle plaisant. Des hommes y meurent et sont blessés. Tu n’apprécieras peut-être pas le spectacle. De même que les Sept ne doivent guère apprécier de voir des hommes jouer aussi allègrement avec le don de vie qu’Ils leur ont fait. »

Maura, elle, ne l’appréciait plus. Plus depuis l’horreur du Jugement des Sept. Même l’honneur, pourtant si cher au cœur des Arryn, ne pouvait justifier un tel épanchement de sang. Ce n’était même pas la guerre, c’était simplement une boucherie faussement jouée au nom des Sept. Quel blasphème ! Et la figure affreusement défigurée de Baelor Brise-Lance lui revenait encore en mémoire dans certains de ses cauchemars. Avoir vu ainsi des cousins s’entretuer ainsi l’avait absolument et durablement choquée. Suffisamment en tous cas pour que, intérieurement, elle ne soit pas en joie à l’idée de retourner s’assoir sur les tribunes des lices. Le sang, la mort, la douleur ne l’effrayaient pourtant guère. Elle s’y était habituée à partir du moment où elle avait dû exercer la haute justice au nom de Lord Jasper Arryn et envoyer des hommes rencontrer le froid baiser de l’Etranger. Mais le tournoi de Sorbier avait été une expérience qu’elle ne souhaitait à personne d’autres et elle savait pertinemment que des hommes aussi durs et mûrs que Léo Tyrell, Lyonel Baratheon ou Damon Lannister l’avaient également vécu de la même manière malgré leur participation (ou non) à cet horrible combat.

Pourtant, une part d’elle-même devait tout de même reconnaître que ces joutes, et surtout les réunions de la noblesse qu’elles provoquaient, lui avaient toujours plu. Qu’elle aimait les hommages des chevaliers, qu’elle avait aimé coiffer la couronne florale de reine de beauté. D’un geste, elle écarta la question de sa jeune sœur.


 « Pour rien, parler de joutes m’a fait penser à lui, je l’avais revu une dernière fois avant sa mort lors du Tournoi de Sorbier. »

Et, souhaitant faire oublier et enterrer ce soudain accès de faiblesse, elle enchaîna immédiatement avec la question suivante. Le surnom de Tybolt. Non, elle n’en avait aucune idée.

 « Je ne crois pas. Il me semble que j’ai déjà entendu le Jeune Lion à son sujet mais je ne suis pas certaine que ce soit véritablement un surnom bien établi. Il le gagnera sans doute plus tard suivant ses actions et ses hauts faits d’armes. Qui sait, après Bouclier de Port-Lannis, ce sera peut-être le Marteau des Fer-nés… Je me demande moi-même si l’on m’a affublé d’un quelconque épithète, ce pourrait amusant. »

Et puis, il fallait l’avouer, c’était aussi rester et s’inscrire dans l’histoire de Westeros. Comment auraient-ils pu la surnommer ? La dame au Faucon ? La reine de la Montagne ? La gardienne du Val ? Elle n’en savait fichtre rien et devait s’avouer que cela n’était peut-être pas primordial. Et elle devait se concentrer sur ce qu’elle percevait de Maeve alors qu’elle évoquait Lestival comme possible résidence temporaire. L’enthousiasme faisait en tous cas plaisir à voir même si elle espérait vraiment que sa petite sœur ne serait pas trop prompte à abandonner Jasper et les Eyrié pour se jeter sur les routes. Elle-même était restée jusqu’à ses vingt ans pour aider à la bonne gestion du Val refusant certains partis pour rester aux côtés de son frère.

 « Nous verrons cela dans ce cas. Quand tu nous sembleras prête, nous nous arrangerons avec Tante Alanna pour organiser un séjour. Peut-être voudront-elles aussi venir en retour par contre. Après tout, les Eyrié sont aussi la demeure d’enfance de leur mère. Peut-être devras-tu leur rendre la politesse ? Par contre, tu dois bien comprendre que ce ne sera pas un séjour comme les autres. Les Targaryen ont des personnalités complexes et notre oncle le premier. Il n’est plus le même depuis le tournoi de Sorbier m’a fait savoir notre tante et peut-être seras-tu un peu déçue de ce que tu pourrais découvrir là-bas. En tous cas, tu devras faire extrêmement attention à ta conduite et te conduire avec toute la dignité requise d’une dame de la noblesse. De toutes façons, dès que tu quittes nos montagnes, tu dois bien avoir conscience que nous représentons la maison Arryn, les Eyrié et le Val et que nous nous devons de faire honneur à nos origines et à la renommée de notre famille. Il ne pourra être question de bouderies ou de gamineries. »

Elle essayait quand même d’y aller doucement pour lui décrire le caractère de la dynastie régnante mais elle craignait en son for intérieur que la petite ne soit déçue par leurs cousins et par l’espèce de folie mystique qui coulait dans le sang du Dragon. Elle devait bien l’avouer, même en étant fière à l’excès de son sang Andal, les Targaryen étaient à part et cela venait sans doute de leurs origines lointaines au sein de l’antique Valyria. Mais, puisque sa petite sœur semblait contente et avide de les rencontrer, elle préférait la laisser découvrir par elle-même et commencer à se forger sa propre opinion. De toutes façons, elle arrivait à un âge où elle aurait besoin de plus que de voir les mondes au travers des livres de Mestre Wyman, des yeux de Maura ou des paroles de Jasper. Elle ne pourrait apprendre que de ses expériences que son aînée n’espérait pas trop dures et difficiles. Maeve restait la petite dernière, l’enfant couvée et protégée des rigueurs du monde extérieur. Ce serait également un test pour se décider en fonction de telle ou telle alliance ainsi que pour se faire une idée de la valeur de l’enfant sur le marché matrimonial qui bientôt prendrait toute son importance dans sa vie de jeune femme. Et cela, Maura n’était pas prête de le perdre des yeux.

Heureusement, et grâce à la superficialité des caractères féminins, la discussion avait dérivé sous des auspices bien plus heureux. Du moins était-ce le cas pour l’aînée des deux qui avait entrainé sa jeune sœur dans ses appartements pour lui montrer ses robes et ses bijoux. Perspective qui semblait beaucoup plus exciter sa sœur que de discuter des futurs changements aux Eyrié et dans sa vie de jeune fille. Ceci dit Maura était indulgente vis-à-vis de cela puisqu’elle-même prenait souvent plaisir à prendre de longues heures avant de s’estimer prête à paraître devant le peuple ou leurs vassaux et ce même si la parure n’était pas vraiment une priorité chez les montagnards. Alors qu’elles discutaient des couleurs de leurs tenues respectives, elle eût la surprise de voir Maeve détaler comme un lapin en direction de ses appartements. Pendant quelques secondes, Maura resta les bras ballants avant de soupirer en secouant la tête devant un comportement aussi peu digne d’une femme de leur rang et de se tourner vers son miroir pour commencer à brosser ses longs cheveux bruns. Elle n’eût toutefois pas à attendre longtemps avant de subit le retour de la tornade qu’elle aurait bien giflé pour lui inculquer la retenue la plus élémentaire. Enfin, cette dernière semblait si contente d’elle et si heureuse de participer à ce moment intime avec son aînée que Maura n’avait pas le cœur à lui gâcher sa joie en se lançant dans une nouvelle leçon de morale. Elle glisserait deux mots à la septa pour cela. Et au moins, ce ne serait pour une fois pas elle qui subirait les bouderies de la gamine. Elle jeta un coup d’œil à la robe azur comme leur blason puis esquissa un geste pour tâter l’étoffe en la froissant entre son pouce et son index. Elle eût une légère moue mais décida que cela convenait à une enfant bien qu’elle considère que Jasper était un peu fou de laisser leur jeune sœur porter de si précieux tissus. Mais quand elle tourna la tête vers Maeve, elle se contenta de lui sourire sans montrer ce qu’elle en pensait réellement. Et elle était suffisamment maîtresse de ses émotions et de son visage pour que même sa sœur ne devine pas qu’elle trouvait cela un peu trop au vu de son jeune âge.


 « Elle t’ira très bien et je suis certaine que Jasper sera très content de voir que tu t’es décidée à la porter. Il n’y a rien de plus plaisant pour un homme que de voir sa sœur, sa femme ou sa mère porter les cadeaux qu’il leur offre. Souviens-t’en à l’avenir. »

Elle commença ensuite à coiffer les cheveux de la jeune fille se décidant à la rendre un peu plus sophistiquée qu’elle ne l’était habituellement avec ses longues et fades tresses. Revenant à peine de Port-Réal, elle s’amusa à se lancer dans la conception de la dernière coiffure à la mode chez les élégantes de la capitale. Cela plairait à Maeve puisqu’il était encore de question de tresses mais cette fois remontées et croisées sur le sommet du crâne alors que le restant de cheveux était laissé libre, séparé en deux afin de reposer sur les épaules de la dame. De plus, ce n’était pas très compliqué à faire et cela permit à la suivante de Maura de s’occuper à son tour de sa maîtresse sans qu’elles ne perdent trop de temps. N’étant pas adepte des coiffures un peu trop excentriques, elle se retrouva avec un magnifique chignon qui faisait la part belle aux reflets cuivrés de sa chevelure et qui donnait un aspect extrêmement classique à son visage. Pourtant, c’était encore ce qui allait le mieux à la jeune dame des Eyrié car cette coiffure, ou du moins les cheveux tirés en arrière, dégageait parfaitement son teint d’albâtre et mettait en valeur ses yeux. Et Maura s’accordait à reconnaître que c’était ce qu’il y avait encore de mieux chez elle. Prise dans la contemplation de son reflet alors que sa suivante accrochait la tiare d’or rouge qu’elle allait porter, elle leva les yeux avec une certaine surprise en entendant les propos de Maeve.

 « Hum…Le rouge est une couleur qui me va très bien, tu sais. C’est une couleur…puissante. Oui, puissante est le meilleur adjectif pour la décrire. Surtout pour une femme. Les hommes la portent avec moins de panache à mon sens. »

Réponse typique qu’elle aurait pu faire au beau milieu d’une discussion sur les tissus avec ses suivantes mais elle ne faisait apparemment pas cas du sous-entendu implicite de sa cadette. Tout simplement parce qu’elle n’avait absolument aucune envie de revenir sur le sujet Lannister. Même si elle regrettait énormément de quitter le Val, sa vie, sa famille, une part de Maura était incroyablement excitée par cette nouvelle aventure, par ce voyage dont elle voyait la voie s’étendre juste sous ses pieds. Et comment ne pas être flattée de voir que l’attention de Lord Lannister s’était arrêtée sur elle et que rien n’avait semblé le faire changer d’avis. Certes, elle était encore un peu en colère contre Jasper pour avoir monté son plan dans son dos sans même l’informer mais il lui fallait reconnaître à quel point son orgueil avait rugi lors de l’annonce. Lady Lannister. Dame de l’Ouest. La dame du Roc. L’épouse du suzerain le plus puissant de Westeros ne cédant le pas qu’à la reine. Il y avait de quoi se sentir gonfler d’une joie immense. Après tout, d’autres auraient tué pour un tel destin.
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Maeve Arryn
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Message Mer 23 Nov 2011 - 4:08

Maeve savait qu’elle ne pourrait pas rester ainsi. Elle en avait assez parfois d’être la petite marionnette du Val. Elle était certaine d’une chose, elle s’ennuyait à mourir. En plus, elle n’avait personne avec qui avoir des discussions qui dépassaient la politique ou la vie dans les Eyriés. Elle savait une chose, elle s’ennuyait à mourir et Jasper, tout comme Maura, n’en avait rien à faire. Elle n’était que la petite dernière. La plus jeune, qu’on marierait pour un bon parti, pour trouver quelques choses de profitables à la fois, pour les Lannister et pour les Arryn. Quelles cartes jouaient-ils. En tout cas, elle n’allait pas laisser Jasper ou Maura la diriger toute sa vie. Elle avait envie de faire un peu à sa tête. Elle s’accorderait des pauses. Elle n’était pas sure de son coups, mais il faudrait qu’elle se fasse une amie. Question de ne pas s’ennuyer à mourir dans ce château.

Maeve cacha ses yeux noirs à sa sœur, question de ne pas se ramasser une claque. Elle n’était pas habitué à vouloir la contredire, mais elle semblait de mauvaise humeur à croire que Maura pensait qu’elle gobait tout de Mestre Wyman. Le vieux fous des Eyrié n’allait pas lui entrer des idées dans son cerveau. Elle était capable d’agir par elle-même. La petite peste du Val grogna quelques mots incompréhensibles. Fait pas si, fait pas ca. C’était énervant à la fin. Après il se demandait pourquoi elle cherchait le trouble dans tout et dans rien. Elle cherchait un semblant d’affection, mais elle le refusait après. Fronçant les sourcils, elle regarda Maura.

Je n’ai plus trois ans et tu le sais. Je sais que les joutes conduisent à une effusion de sang. Je sais ce qui est arrivée au Tournoi de Sorbier que vous m’avez refusé toi et Jasper. Et si ce n’est que pour participer au moins une fois à quelques choses d’important, j’aimerais aller au mariage de notre cousin Tristan.

Elle n’avait pas été odieuse et n’avait pas utilisé un autre ton ou ne l’avait haussé. Elle avait parlé droitement du fond de sa pensée. Elle avait dit ce qu’elle pensait c’était l’important selon elle. Elle n’avait pas à se laisser marcher. Maura n’avait qu’à la réprimandé et si elle le souhaitait, elle ne pleurait pas et n’irait pas se plaindre à Jasper. La discussion dévia sur le Lord de l’Ouest. Autant qu’il en soit ainsi. Elle n’était pas sure des réponses à donner. Ici on l’appelait la petite dernière ou la Peste du Val. Quelques servantes l’avaient comparé à un démon, en fait, Maeve adorait ca. Jasper et Maura espéraient qu’elle change de surnom un jour, mais s’ils savaient comme cela ne la dérangeait pas.

Je ne sais pas. Du moins, je n’ai jamais rien entendu à ton sujet. Peut-être que les Lords disent quelques choses. Sinon moi je me fais gravement surnomme la Peste Arryn ou la Peste du Val. Oui, je sais que le nom précède la réputation.

Elle n’allait pas ajouter davantage. Elle savait que Jasper pestait quand Mestre Wyman s’attelait à dire Jeune Lord. Maeve riait et ne disait rien. Elle pouvait trainer près de lui et écouter Jasper dans la grande salle, en autant qu’elle ne disait pas un mot. Elle partageait ses passe-temps entre la vie du Val et la sienne.

Non qu’elle détestait cela, mais Maeve avait toujours détesté les « plus tard », « nous verrons ». Elle se retint de soupir, dans le cas où Maura émettrait un refus qu’elle se dirige vers les Terres de l’Orage chez son oncle et sa tante. Tout en douceur la dernières des Arryn regarda sa sœur avec un drôle d’air. Pourquoi toujours plus tard. C’était un moyen de la priver de faire des bêtises, alors pourquoi pas maintenant? Étaient-ils au courant que la petite peste était au moins consciente de ce qu’elle pouvait être?

Je suis capable de me tenir si c’est ce la que tu soutiens dans le « quand tu seras prête ». Tu le sais bien que j’aimerais autant la présence des mes cousines dans le Val. En plus cela ferait du bien à Jasper de voir de la famille. Ainsi, je serais quelques temps chez Tanta Alanna et Oncle Maekar et puis j’inviterais nos cousines à séjournées ici, et je tiendrais à la fois de compagnie à Jasper. Et puis, malgré que je fasse des bêtises, je ne vais pas faire honte devant Tante Alanna. Je crois que même mort, notre père me le pardonnerait pas.

C’était un fait. Elle n’allait pas non plus s’attirer la honte de son oncle. Et ce même s’il semblait un peu spécial. Quoique personne n’arriverait à la cheville du Mestre pour l’être le plus bizarre qu’il soit. Côtoyer d’autre enfant de son âge et de sa famille. D’accord. Maeve se demandait quand même si on pouvait dire le mot famille. Les Targayen semblaient de curieux personnages. Elle préférait les rencontrer et se faire une opinion par la suite. Elle n’aimait pas les idées déjà conçues. De plus, le sujet semblait dévier. Qui aurait dit que le petit monstre savait ressembler à une fille. Une fois toute propre, elle regardait Maura avec un brin d’admiration enfantin. Elle était sa grande sœur et elle l’adorerait qu’elle l’oublie ou pas.

Maeve forgeait ses plans dans sa tête, pour que les sept lui laissent une chance de bien prendre sa place et pouvoir enfin rester ainsi. Elle en avait assez de courir partout dans le château. Chaque fois qu’elle avait besoin d’être seule et en paix, elle se retrouvait dans un endroit inconnu de tout le monde ou rien ne pouvait lui arriver. Sinon, il y avait cette fameuse tour, dont Jon Arryn lui avait montré un jour. Elle y avait retrouvé refuge et lorsqu’elle étudiait, elle allait là. Les gardes, le Mestre, sa Septa, ainsi que son frère et sa sœur savaient la retrouver en haut de la tour ouest.

Maeve joua avec le faucon dans sa poche jusqu’à ce que Maura lui mette le pendentif. Le faucon était pourtant un prédateur et non une proie. Elle se sentait parfois trop distancé de ses ainés pour comprendre leur relation qui était bien plus travaillé que la sienne. Elle avait à peine cinq ans qu’elle suivait Maura partout où elle allait, si elle le pouvait et qu’elle imitait Jasper tant qu’elle était capable.

Tu feras une aussi bonne Dame de l’Ouest que, tu as été la Dame du Val. Il a de la chance

Autant se préserver de commentaire pour la suite. Maeve n’était pas une âme sensible, comme on le prétendait. À force de vouloir jouer l’égoïste, elle s’était refermée et les larmes n’étaient pas des larmes de tristesses, mais davantage de colère. Elle comprenait une partie de son monde, l’autre, elle se laissait le temps de le découvrir amplement. Pour l'instant, elle était prête à retrouver Jasper qui devait la trouver trop calme les derniers jours. Mais la petite princesse des Eyrié avait trouvé refuge dans sa tour.

Maura la prit par la main et elles traversèrent les couloirs. Maura craignait devoir faire face à quelques choses dont elle ne s'attendait pas. Du moins, elle aurait un bon Lord auprès d'elle. Peut-être arriverait-elle aussi à placer quelques mots.


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Message Jeu 24 Nov 2011 - 12:53

Malgré elle, Maura soupira en écoutant sa sœur continuer sur le sujet du « Faites-moi confiance, je connais la vie »…Était-ce la début de la crise d’adolescence ? En tous cas, elle plaignait Jasper de devoir gérer leur cadette si elle continuait de se croire en position de contredire ses aînés et à remettre en question chacune de leurs paroles. Et elle, plus que d’autre, détestait l’insolence à son encontre qui plus est de sa petite sœur, la première à lui devoir le respect. Bien sûr, elle adorait sa cadette pour qui elle avait toujours eu les attentions d’une mère mais cette dernière à trop la chercher risquait bientôt de subir les foudres de la Dame du Val. Elle se raidit brusquement en entendant les exigences de la gamine. Malgré le calme souverain dont elle faisait preuve publiquement et sa froideur assumé, à l’égal des glaciers de la Lance du Géant disait-on, cette apparence cachait souvent aux moins observateurs le tempérament volontiers sanguin de Maura capable des plus grandes colères comme de la plus ignoble des cruautés. Sous des dehors doux, elle n’était pas ce que l’on aurait pu qualifier d’une douce et paisible Dame. Le sang des Arryn charriait depuis des millénaires ces sautes d’humeur et ces brusques accès de colère et Maura en avait pris sa part. Sa voix claqua sèchement tel un fouet destiné aux oreilles de Maeve :

 « Baisse d’un ton ! Tu ne parles plus à ta septa. Tu assisteras au mariage et aux joutes si nous le décidons. C’est tout. Il n’y a pas à discuter plus avant, jeune fille. Il y a un monde entre savoir ce que sont ces joutes et avoir assisté à cette barbarie. Je ne veux plus un seul mot à ce sujet. Je t’ai dit que je parlerai à Jasper et cela devrait te suffire. »

La suite ne fut guère plus glorieuse et la jeune femme dut prendre sur elle pour ne pas gifler directement sa cadette. La peste du Val ? Vraiment. C’était risible et surtout faux. La peste des Eyrié si elle voulait. Encore qu’à trop pousser le trait, elle risquait de se retrouver cul nu en train de connaître ce que voulait dire les mots « sérieuse correction ». Elle l’avait toujours évité mais elle n’était pas certaine de se contenir éternellement si jamais la petite la poussait à bout. Et encore était-elle plus patiente que Jasper et préférait encore punir sévèrement sa jeune sœur que de prêter la main aux châtiments corporels qui avaient cour dans les Sept Couronnes. Et encore se jugeait-elle un peu trop tendre. Sa main, en tous cas, la démangeait et elle la posa brusquement sur le rebord du meuble où se trouvaient les cassettes de bijoux faisant tinter les parures qui s’entrechoquèrent brutalement.

 « A l’avenir, je te conseille d’éviter ce genre de provocations devant moi, Maeve. Il vaudrait mieux que les actes ne prennent pas le relais des mots et que tu devienne véritablement une peste. Gare à toi si jamais on vient se plaindre de ta façon de te tenir. »

Mais, finalement, c’était à croire que la petite ne connaissait véritablement pas sa sœur pour continuer à la braver ainsi en faisant semblant d’être et la plus intelligente et la plus logique. Le bruit résonna dans toute la pièce stoppant brusquement les suivantes qui s’affairaient en silence. La main de Maura venait de s’abattre pour faire taire l’insolence de l’enfant qui tentait par tous les moyens d’avoir raison face à elle. Pourtant, ce n’avait pas été un geste de colère mais plutôt une façon de montrer qui dirigeait et qui était l’adulte. La dame du Val et de la Montagne ne tolérait pas l’insolence. Elle se leva doucement mais foudroya la petite. La mention de leur père avait sûrement été de trop mais pourtant cette fois le ton de l’aînée n’était plus celui de la sœur aimante. C’était celui de la régente.

 « Je ne veux plus rien entendre à ce sujet. Tu n’es qu’une gamine ignorante qui n’a jamais mis les pieds plus loin que Goëville et certainement pas prête à savoir comment te comporter avec un homme comme Maekar. Idiote ! Là-bas, à la moindre parole de trop, tu pourrais devenir un otage. Qu’est-ce que tu crois…Qu’ils n’oseraient pas faire de toi un levier pour obliger notre frère à ne pas bouger ?! Ce n’est pas de ne pas faire de bêtises qui est important, c’est d’être irréprochable ! Tu m’entends, Maeve ? D’être irréprochable ! Pour le Val mais surtout pour toi, petite égoïste. »

Elle l’avait saisi par le bras en la secouant un peu pour lui faire comprendre que le monde n’était pas tendre, spécialement avec les jeunes filles en fleurs de onze ans. Maura n’était pas dure par plaisir. Elle l’était parce qu’il le fallait au risque d’être traitée comme la majorité des autres femmes. De la chair à viol, rien de plus. Le bébé que Maeve était alors n’avait pas connu les années tumultueuses qui avaient suivi la rébellion Feunoyr, elle n’avait même pas connu une seule attaque des clans des montagnes de la Lune. Inconsciente gamine ! Qui ne voulait rien comprendre certaine qu’elle était de savoir tout sur tout. Sa main la démangeait presque de lui de la gifler une nouvelle fois pour lui remettre le cerveau à l’endroit.
 «Tu crois tout savoir parce que tu as mis la main sur quelques livres d’histoire ou que tu peux tout découvrir par toi-même aussi facilement qu’en allant dans une bibliothèque. Que sais-tu de la guerre, du sang ou de l’hiver ?! Rien. Donc, tiens-toi le pour dit. Tu iras quand je te considèrerai prête et pas avant. Tu entends ? Pas avant ! Et ce n’est pas ton comportement de petite niaise centrée sur elle-même qui me fera changer d’avis . Et laisse Père là où il se trouve, un mort n‘est jamais qu‘une excuse.»

Oui, la Dame n’y allait pas avec le dos de la cuiller. Elle n’y allait jamais avec le dos de la cuiller. Pas quand tant de choses étaient en jeu. Sa sœur jouait les fortes têtes ou les inconscientes ? Très bien, elle serait traitée comme telle. Elle supposait qu’elle en savait assez parce qu’elle avait assisté à trois exécutions par la Porte du Ciel ? Mais où était-elle lors des exécutions sommaires à la hache dans les plaines du Val…Quand l’ordre d’exposer des cadavres avait été donné pour calmer les séditieux sur les murs des Portes de la Lune ? Quand, depuis les remparts de la Porte Sanglante, Maura avait abaissé le bras pour que les archers tirent à vue sur un groupe de pauvres hères qui fuyait le Fléau ? Aux Eyrié, en sécurité, encore en train de regarder son petit nombril.

 «La première des choses que tu dois savoir et intégrer est qu’une femme de notre rang se doit avant tout à sa famille et doit disparaître derrière l’intérêt de son clan. Si tu ne sais pas le faire, tu n’es pas digne d’être une Arryn. Si tu ne te sens pas capable de le faire, tu auras deux choix : septa ou sœur du silence. Réfléchis bien à cela. »

Elles étaient attendues aussi se levèrent-elle pour rejoindre la salle où on souhaitait les voir mais elle prit tout de même le temps de répondre à la petite phrase de sa jeune sœur.

 «Ne t’y trompe pas. Il n’y aura jamais qu’une seule dame du Val pour encore longtemps. Et ce sera moi. Lady Lannister ou non…Ce mariage n’est rien par rapport au sang qui coule dans mes veines. La prochaine ne sera qu’une simple lady Arryn ou une dame des Eyrié. »

C’était sans doute incroyablement d’une outrecuidance qui frisait la vanité et puait la prétention mais c’était loin d’être faux. Elle attendait de voir la prochaine lui arriver à la cheville et faire ce qu’elle faisait tous les jours. Laquelle aurait le courage et l’abnégation de mener une armée de l’autre côté du continent pour la gloire et le bonheur de ses terres, de sa famille et de son suzerain.

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Message Ven 25 Nov 2011 - 17:47

Maeve se mordait les joues. Elle était habituée avec sa Septa de faire ce qu’elle voulait, dire ce qui lui plaisait. Elle n’était pas une enfant facile, elle le savait. Elle avait ses humeurs bien particulières. Une humeur qui ne ressemblait pas aux deux Arryn. Elle était rancunière et irresponsable pour certaines choses. Elle comprenait que Jasper et Maura voulaient la voir grandir, mais elle n’avait pas envie de grandir a part. Elle était certaine d’une chose. Elle n’aurait jamais la relation que Jasper avait avec Maura. Elle n’avait pas eu la chance d’être né après Jasper. Elle avait vécu avec l’étiquette qu’elle était toujours la dernière quoiqu’il arrive. .. Elle pouvait bien penser ce qu’elle voulait sur le coup. Cela ne dérangerait pas les ainés. Surtout qu’elle savait qu’elle frôlait la limite permise avec Maura. Mais elle en avait assez. Si elle agissait ainsi, c’est qu’ils avaient tout fait pour toujours la contraindre à rester ici. Ils voulaient la voir grandir, alors que le meilleur moyen selon elle était de connaitre ces choses qui font que la vie n’est pas celle que l’on croit. Elle ne pouvait pas l’estimer parce qu’elle n’avait rien vécu sauf la perte de son père et le Fléau du printemps. Rien qui ne la ferait grandir sur le monde extérieur.

Avec son comportement et malgré ses paroles, Maeve venait de mettre un trait sur le Bief. Elle ne doutait plus qu’elle resterait ici les prochaines fois. Elle et sa langue parlait trop vite parfois. Elle n’avait pas voulu aller plus loin, mais elle n’avait pas contenu ses paroles. Pour elle le sujet était aussi clos présentement que futurement. Elle continuerait en rêver. Pour le reste, elle se contenterait de ce qu’elle savait. Elle ne chercherait même plus à en parler avec Jasper ou Maura. La discussion n’avait jamais été aussi close. Maeve n’avait plus la force d’argumenter. Elle préférait de loin se taire. Elle avait envie de répliquer par contre. Elle ne trouvait pas cela plus drôle d’être la Peste des Eyrié. En fait, elle n’avait personne de son âge et se prenait la tête presque chaque fois qu’elle rencontrait Jasper ou sa sœur. Maeve s’offrit une réplique à elle-même n’osant pas provoquer davantage sa sœur dont elle avait remarqué la tension. Elle voulait la frapper cela se voyait, mais elle se contenait et elle avait des doutes sur Maura. Elle allait exploser d’un moment à l’autre et elle allait le regretter amèrement.

Maeve se ramassa une claque sans broncher. Seule la couleur de ses yeux changea. Elle ne parla pas et ne prononça pas le moindre son. Elle était toujours comme ca… Elle ne pleurait pas. Elle était dénuée de sensibilité. Elle n’aimait pas les excuses et se disait que son silence se ferait. Elle ne se battait pas ce que Jasper détestait. Elle ne cherchait pas à argumenter ou se trouver des excuses. Elle se contentait d’oublier. Elle venait de mettre un séjour à Lestival au même titre que celui du Bief dans une case impossible et à oublier jusqu’à nouvel ordre. Elle s’occuperait de ses petites affaires rendraient quelques services par ci par là. Elle étudierait ce qu’elle devait étudier, ferait ce qu’on lui demandait, même si cela signifiait rester enfermer dans les Eyrié. Voilà Maura aurait son caractère irréprochable. Son silence était la meilleure réponse que Maura pouvait obtenir. Elle ne parlerait pas et ne dirait rien .Elle n’avait pas la force de se rebeller dans l’instant même. Elle en avait assez fait selon elle. Enfin, elle se trouva qu’à répliquer à Maura :

Je sais très bien ce que je dois faire.

Et ne rajouta pas que de disparaitre, elle y arrivait et y arriverait toujours bien. Elle avait l’habitude avec les deux à les laisser et se faire discrète. Et encore, Maeve serait capable de se faire refuser comme sœur du silence ou Septa. Elle n’était pas assez sérieuse et de bonne foi pour ca. Elle retira sa main de celle de Maura et marcha à ses cotés. D’un coté, elle ne préférait personne entre son frère et sa sœur. Jasper préférait utiliser les châtiments corporels et du coté de Maura quand bien même qu’elle la giflait, elle ne savait jamais quoi rétorquer avec elle. Elle devait se faire silencieuse et oublier pour ne mieux rien remettre sur le tapis plus tard. Maeve ne tenait à rien sauf sortir du Val au moins une fois dans sa vie. Un petit rêve idiot dans lequel elle s’emportait un peu trop souvent.

Ce n’est pas ce que je cherchais à contredire. Loin de là, tu le sais.

Elle ne voyait pas un pseudo de Maura II sur le trône des Arryn. Elle n’avait pas non plus formulé que quelqu’un prendrait sa place facilement. Elle avait simplement fait un compliment que Maura n’avait pas vu de la même manière. Si elle devait gouverner l’Ouest comme elle l’avait fait avec l’Est, les vassaux n’avaient qu’à se tenir devant la Lady Lannister.

Elle ne se lança pas plus dans les complexes de la future dame Arryn. Puisqu’elle ne serait pas une Dame du Val, elle se contentait que d’en être la fille du feu seigneur des Eyrié. Elle ne chercherait pas à devenir une copie conforme de sa sœur. Elle n’avait pas le même tempérament qu’elle et ne l’aurait probablement jamais. Marchant d’un pas las, elle n’offrit pas de sourire à Jasper qui l’accueillit avec un compliment. Celui-ci avait regardé Maura avec un air disant « Qu’est-ce qu’elle a encore à bouder? » Elle se contenta de prendre place là ou le lui avait désignée et sentit le regard dans de Maura non loin. Elle avait cet air renfrogné. Elle détestait sourire comme une hypocrite.

Maeve suivait la conversation de table. Même si cette fois, c’est Ser Ruthermont qui allait se plaindre du silence de sa voisine de table. Maeve n’avait pas ouvert la bouche une seule fois. Elle se contentait d’écouter les différentes opinions en oubliant complètement la première partie du repas qu’on venait de retirer.



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