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High Hopes [Lady Maura]

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Message Lun 7 Nov 2011 - 19:49



High Hopes


Maura Arryn & Noreen Ruthermont

Un premier voyage bien long pour une adolescente, bien long et bien triste. Tout avait commencé à Penn Irin ou elle avait dû se faire à l’idée de quitter son père, ses frères, son meilleur ami, sa nourrice, son poney et sa belle mère, probablement celle qu’elle regretterait le moins, mais plus qu’une famille, elle avait vu s’éloigner petit à petit le lieu où elle avait grandit, où elle avait vécu tant de bonheurs, ce que la mer allait lui manquer, la mer, les embruns, la plage, le château de son enfance, la haute tours de pierre, le château, les écuries les murailles. Avant que cela ne devienne le fief de son père, il n’y avait qu’un seule tour, une tour de guet, une sorte de phare annonçant le cap d’Irin, ce qu’elle avait pu être heureuse dans cette tour, seulement elle et son père, mais dès le mariage, d’autres bâtiments avaient étés construits, des tours, et une forte enceinte de pierre. Un seul regard en arrière avait suffit à faire couler les larmes sur ses joues, Septa Keriane feignait de ne rien voir, ça n’était pas faute de l’avoir prévenu, une dame ne pleure pas, mais elle n’était pas une dame, elle ne se sentait as une dame, elle se sentait comme une toute petite fille seule, si seule. Elle avait réussit néanmoins à se retenir devant sa famille et même à être heureuse lorsqu’elle avait découvert son nouveau cheval qui avait la couleur de ses cheveux, mais maintenant qu’ils marchaient, ça devenait réel, elle partait bel et bien, pour un lieu dont elle ne savait rien à part qu’il avait vu mourir sa mère et qu’il n’y avait pas la mer. Elle avait si peur, tellement envie de faire demi tour, mais elle devait faire preuve de bravoure, comme l’aurait fait père. Elle se força donc à regarder devant, à ne plus se retourner et à arrêter de pleurer, et si elle n’y arrivait pas du moins le faisait-elle en silence.

Le soir venu, il faisait bon dans la tente où un brasero flambait et pourtant, la peur, toujours cette peur qui la tenaillait et lui donnait froid, Septa s’acharnait à lui faire réviser l’histoire des Arryn et du Val, pour qu’elle soit au point lors de leur arrivée disait-elle. Noreen écoutait d’une oreille distraite et ne répondait aux questions qu’après deux ou trois répétitions, finalement la religieuse la laissa ruminer, mais lui interdit de sortir de la tente, et le repas avalé, elle lui ordonna de se mettre au lit. La rouquine aurait préféré aller dehors, discuter avec les hommes de son père, aller voir son cheval, elle se promit d’écouter la prochaine fois, pour pouvoir sortir un peu au moins, cette tente était aussi oppressante que l’idée de quitter tout ce qu’elle connaissait, elle rumina donc, mangea, puis pleura un peu et fini par s’endormir. Le lendemain lorsqu’elle se réveilla, elle promit de mieux se conduire et put prendre le petit déjeuner à l’extérieur avant que la colonne ne se remette en route. Les jours passaient et se ressemblaient, mais elle se faisait petit à petit une raison, elle obéissait à la Septa, elle apprenait ses leçons, et ne pleurait presque plus le soir, si bien qu’en échange, elle avait le droit de s’occuper d’incandescent et de chasser avec les hommes d’armes constituant l’escorte, Dorian et Gorian, son ainé lui apprirent même à tirer à l’arc, évidement elle manquait de pratique, mais pas de talent, elle réussit même à tuer un lapin qu’elle trouva d’autant plus succulent. Tout ne se passait pas si mal finalement, ils longèrent la côte jusqu’à bifurquer vers la porte sanglante.

Ce matin là, ils prirent la route avant même le lever du soleil, Ser Malcolm qui dirigeait la colonne avait dit qu’il fallait à tout prix éviter de bivouaquer dans les montagnes, aussi voulait-il arriver à la porte avant la nuit. Ils forcèrent l’allure et s’arrêtèrent à peine pour manger un peu de pain et de bœuf séché. Pas de feu ! avait dit le seul véritable chevalier de l’escorte, un homme des Hardyng qu’elle ne connaissait pas, et en fait de chevalier, il était vieux et une balafre sur al joue lui donnait un air effrayant plus que chevaleresque, bien loin en tout cas de ce qu’une jeune fille pouvait imaginer, mais c’était le moindre de ses soucis, tellement de choses se délitaient depuis quelques temps, les illusions s’envolaient une à une, et ça n’était qu’une de plus, et probablement pas la plus importante. Par contre, la vue de la forteresse fut une tout autre histoire, avec le soleil déclinant se reflétant sur les pierres, à peine l’avait elle vu comme s’extirper des montagnes, de la même couleur étaient les pierres, et avant de s’en être trop approché pour faire demi tour, vous étiez déjà à porté de flèche, Noreen était impressionnée attenant qu’effrayée par cette vision. En tout cas, ils passèrent la porte avant la nuit, et purent profiter de l’hospitalité des Royce pour la nuit.

Mais dès le lendemain, les choses continuèrent à se déliter, les hommes de son père durent faire demi tour remplacés par des hommes de Lord Royce, elle dut dire au revoir à tous ceux qu’elle connaissait à part Septa Keriane évidement et, les Sept soient loués, Dorian. Elle ne pleura pas, elle se contenta de ne rien dire de la journée se disant que son père n’avait pas assez de soldats pour se permettre de lui en laisser d'avantage, mais que désormais, elle était vraiment seule, Gorian lui laissa cependant son arc qu’elle cacha soigneusement dans ses robes, et ce seul geste lui remonta un peu le moral et lui permit d’aller vers son destin sans verser de larme supplémentaire. Elle n’en détestait pas moins ce voyage et ce destin qui l’éloignait de tous ceux qu’elle aimait, mais elle était décidée à faire honneur à père. Mais déjà, les Eyrié étaient en vue, enfin, la Porte de la Lune en fait, et la montagne sur laquelle le château était adossé. C’était beau, il est vrai, mais pas aussi haut qu’elle se l’était entendu dire, aussi fut-elle surprise.

- Vous aviez raison Septa Keriane, c’est très beau. Dit-elle en mettant pied à terre avec l’aide d’un des soldats de son escorte alors qu’un palefrenier s’approchait pour prendre son cheval.
- Ce ne sont pas les Eyrié, Noreen, ils sont là haut. Répondit la religieuse en montrant du doigt un flanc de la montagne.
- Tout là haut ? S’exclama-t-elle, aussi surprise qu’émerveillée. On lui avait pourtant dit qu’aucune magie n’avait été utilisée pour son édification, mais vu d’ici, elle ne parvenait pas à le croire, elle se démanchait le cou pour mieux voir. Le soleil de l’après midi se reflétait sur la pierre blanche comme sur un miroir, elle en était presque aveuglée, mais elle aperçut les reflets bleus, magnifique se dit elle pour elle-même, pourtant, une question la taraudait désormais, comment y monter ?

« Nous dormirons ici cette nuit et nous partirons au matin l’ascension est longue et je crains que nous n’arrivions pas avant la nuit. De plus, cela vous laissera le temps de vous reposer, de vous laver et d’enfiler une toilette digne de votre seigneur. »

C’était Malcolm, il la sortit de sa rêverie et après avoir remis les mots qu’il venait de dire dans l’ordre, elle acquiesça sans oser lui demander finalement comment on y allait. Elle suivit sa Septa sans grand enthousiaste, jetant parfois un coup d’œil la haut, maintenant elle comprenait mieux la devise des Arryn, « Aussi haut que l’Honneur. » Effectivement, même surement encore plus haut, elle en avait le vertige, mais Keriane s’était mis en tête de vérifier que la petite ne ferait pas de gaffe ni d’erreur, aussi le reste de la journée fut consacré à l’histoire et au protocole, mais Noreen avait bien retenu les leçons, celles données durant les voyages et toutes les autres. Le soir, elle mangea aux côtés des enfants de Lord Megar Royce, intendant de la Porte de la Lune et propre frère du Sire de la Roche aux Runes. Un honneur, elle le savait, et elle fit tout pour être agréable, mais elle ne pout retenir sa curiosité, la question le fit d’abord rire, mais le plus âgé de ses fils après duquel elle avait été installée lui répondit tout de même, et plus il lui expliquait les chemins escarpés, les trois portes, le dernier tronçon à flanc de roche, plus elle ouvrait de grand yeux, puis la bouche. Un nouveau fou rire et il lui ferma doucement la bouche en remontant son menton d’un doigt délicat, elle s’excusa, rouge comme une tomate et aussi confuse que s’il l’avait surprise nue, néanmoins avait-elle sa réponse…

Mais le lendemain, alors qu’elle venait de prendre un bain, de se coiffer les cheveux et de revêtir une robe de velours bleu ciel ourlée de fourrure blanche et dont l’avant s’ouvrait sur une doublure de brocard blanc herminé d’or tout comme l’ourlet des larges manches, un présent de Maelle pour sa nouvelle vie d’ailleurs, mais quoi qu’il en soit la plus belle robe qui lui ait été donné d’avoir, et une robe de femme, décotée, et richement ouvragée, accompagnée d’une pelisse à capuchon assorti, aussi fut elle fière de sortir ainsi, mais elle perdit bien vite son enthousiasme, il lui faudrait laisser son cheval rouge ici et monter sur un âne, pour la suite du voyage, et cela enlevait tout le charme de son arrivée, heureusement, Matthew Royce faisait partie de l’escorte, aussi la route ne fut pas si ennuyeuse que prévue. Mais plus le chemin s’escarpait plus elle avait peur. Elle évitait de regarder en bas, mais elle n’en avait pas moins les entrailles serrées par le vertige, la plus haute tour sur laquelle elle n’était jamais montée était la tour du soleil à Penn Irin, mais là, elle était bien plus haut et montait encore. Lorsqu’il fallut abandonner les ânes, elle crut qu’elle n’y arriverait jamais, mais Matthew l’aida et la rassura, et finalement, elle put même se passer du monte charge bien que sa robe la gênait tant elle était longue, elle grimpait à pas mesuré, mais juste derrière elle, il était là, et elle se sentait en sécurité, presque téméraire, même si elle faisait très attention, mais néanmoins heureuse d’avoir laissé Septa Keriane monter seule grâce aux bœufs, et enfin tranquille avec son nouvel ami.

Elle fut tout de même soulagée lorsqu’elle arriva enfin, la pierre était vraiment belle, blanche et veinée de bleu, mais elle n’était pourtant pas encore arrivée, cependant, on lui laissa le temps de reprendre son souffle, et tout ce petit monde sortit de la salle où arrivaient l’escalier et les treuils et s’engouffra dans un escalier, Lord Royce et Ser Malcolm en tête, puis elle, Matthew et sa Septa et derrière le cliquetis des hommes d’arme. Après l’escalier une salle, le jeune homme lui disait où ils étaient au fur et à mesure à voix basse et Noreen découvrait chaque nouvelle pièce avec un enthousiasme silencieux, en tout cas jusqu’à la galerie, où Keriane se plaça entre elle et le garçon. C’est alors que la grande salle des Eyrié s’ouvra sur elle, tout le monde entra, et les hommes se mirent à genoux, Septa Keriane la poussa pour qu’elle s’avance au premier rang, puis elle fit la révérence la plus basse qu’elle put sans tomber à genoux…


Dernière édition par Noreen Ruthermont le Lun 21 Nov 2011 - 18:22, édité 7 fois
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Message Mer 9 Nov 2011 - 18:17

Une grand silence accueillit la délégation de la baie des Crabes. La Chambre du Croissant était vide à l'exception de quelques servantes qui attendaient et de deux jeunes gens, un homme et une femme, d'une chevelure d'un brun sombre et dont les prunelles grises suivaient le petit groupe. Il n'y avait pas de doute à avoir, c'était devant eux que le petit groupe était en train de se prosterner. Aucun des deux ne manifesta la moindre gêne, ni la moindre volonté de relever les nouveaux arrivants...Ils avaient l'habitude, eux qui ne s'agenouillaient que devant le Roi. Le regard du jeune homme glissa sur les présents et s'arrêta sur la tête rousse avant qu'il ne jette un regard interrogateur à celle qui semblait être sa sœur et qui se tenait à ses côtés.

"Les Ruthermont...Encore une de tes charités, ma sœur ? Nous n'aurons bientôt plus la place.
- Ser Ronan en a fait lui-même la demande, je ne pouvais pas refuser. Il paraît qu'Elle a encore fait des pieds et des mains.
- Ah...Très bien. Je te laisse les accueillir."


Le jeune Seigneur des Eyrié, car c'était lui, passa près du groupe, s'inclina aimablement auprès de la jeune femme rousse et eût un mot amical pour les Royce présents allant jusqu'à les inviter à s'entrainer à ses côtés le lendemain matin si ils restaient profiter de l'hospitalité des Eyrié pour la nuit qui ne tarderait pas à tomber. Le tout proposé sur un ton jovial et plaisant prompt à prouver et démontrer le côté bon vivant du suzerain du Val d'Arryn si besoin était. Il y eût quelques rires entre les hommes, quelques tapes dans le dos et le jeune homme quitta la pièce laissant la délégation entre les mains expertes de la Dame du Val et de la Montagne. Cette dernière, après avoir échangé quelques mots avec une intendante qui s'inclina et disparut rapidement préparer des chambres et donner des ordres pour le prochain repas, s'approcha du petit groupe où les seigneurs replongèrent immédiatement dans de grands saluts. Là où le frère avait été jovial, Maura, elle, semblait beaucoup plus formelle malgré ses sourires. Peut-être était-ce causé par le respect - parfois presque craintif - qui lui était rendu ? Elle donna ses mains à baiser aux Royce avant de les laisser à la charge de son écuyer, ser Tommen, un beau jeune homme avenant au sourire propre à faire fondre le cœur même bien accroché de toute pucelle pucelante. Puis, elle se tourna vers la jeune femme qui venait se réfugier aux Eyrié. Malgré les paroles peu amènes du seigneur des lieux, ce n'était pas vraiment quelque chose d'habituel mais Ronan Ruthermont avait été un ami de Jon Arryn, un grand ami, et l'héritière et aînée de ce dernier ne pouvait faire autrement que de recevoir la fille de cet homme comme son père l'aurait traité.

"Lady Noreen, soyez la bienvenue aux Eyrié. Je suis Maura, Maura Arryn, la châtelaine en attendant que mon frère trouve fourreau à la taille de son glaive. J'espère que la montée n'a pas été trop éprouvante, j'ai entendu dire que c'était particulièrement difficile pour nos vassaux du bord de mer...Sans compter que vos rives sont si loin de nos montagnes. Venez, suivez-moi, nous allons vous montrer l'essentiel."

L'accueil était chaleureux, les mots aimables mais il ne fallait pas s'y tromper : cette petite introduction menée tambour battant par la dame était autant de choses que la petite Noreen avait besoin de savoir. Sans compter que les remarques générales masquaient bien mal le caractère impératif des ordres que venaient de donner Maura. Deux suivantes se joignirent aux jeunes femmes et à la Septa tandis que Lady Arryn les menait le long de corridors élancés en donnant quelques rapides indications de lieux dans lesquels il faudrait rapidement savoir se repérer sans se tromper. Les femmes finirent par entrer dans une pièce qui, malgré la luminosité ténue de cette fin journée, semblait être un solarium dédié aux occupations d'intérieur des Lady Maura et Maeve ainsi que de leurs suivantes et septas. D'un geste, la maîtresse des lieux invita les autres femmes à s'installer et elle-même prit place dans une chaire à bras aux côtés de lady Noreen.

"Votre père était l'ami du mien et il nous a demandé de vous accueillir aux Eyrié pendant quelques temps. A ce que j'ai cru comprendre, la cohabitation avec lady Ruthemont serait difficile ? Enfin, ce n'est pas l'important. Je vous ai longuement cherché un emploi, vous auriez pu intégrer mes dames mais elles sont déjà au complet et vous êtes encore trop tendre pour que je vous inflige les épreuves qui seront bientôt les leurs. Vous serez affectée à la compagnie de ma cadette, Maeve, et vous découvrirez qu'elle a un caractère que je qualifierais...d'intéressant. Vous la verrez au prochain dîner, elle est à ses leçons et je ne souhaite pas qu'on la dérange pour si peu."

On ne parlait finalement que d'une énième suivante pour les filles Arryn qui avaient toujours vu leurs suites se gonfler de jeunes femme du Val que l'on voulait établir ou qui souhaitaient simplement attirer l'attention de Jasper pour se faire engrosser puis épouser. Elle espérait que ce ne soit pas le cas de Ruthermont. Mais, au cas où, la Porte de la Lune n'était jamais très loin quand il s'agissait de se débarrasser de quelqu'un d'incommodant. Mais bon, avec son départ, il fallait commencer à composer une maison qui puisse supporter les années à Maeve, et elle se voyait mal continuer de tout diriger depuis l'autre rive du continent. Il faudrait bien finir par lâcher prise. Elle jeta finalement un coup d'œil sur la rousse, s'y intéressant sans doute pour la première fois depuis son arrivée autrement que comme une bouche à nourrir de plus. Elle était jolie, fraîche en tous cas se dit-elle avec une petite pointe de jalousie. Certes, Maura avec sa vingtaine d'années restait encore d'une fraîcheur à damner un septon ou un Lannister mais elle commençait à sentir qu'elle finirait par vieillir comme les autres. Impression qu'elle n'aimait pas particulièrement. Et encore était-ce un euphémisme !

"La missive de votre père expliquait rapidement les raisons de votre départ sans s'attarder sur les tenants et les aboutissants...Mais j'ai cru comprendre entre les lignes que votre belle-mère commençait à prendre ombrage de votre âge grandissant et de votre féminité. Enfin, quoiqu'il en soit vous êtes chanceuse dans votre malheur, l'exil aux Eyrié ressemble fort à un exil doré."

Il était clair qu'à côté de la baie des Crabes que Maura imaginait complètement à l'identique des sinistres Doigts, la jeune femme serait bien mieux aux Eyrié. La dame du Val n'avait guère aimé le côté puant et humide de la côte quand elle s'était rendue à Goëville pour extorquer les taxes dues à la maison suzeraine. Du coup, elle ne plaignait pas vraiment la petite Noreen qui avait finalement la chance de contempler les splendeurs glacés de la Lance du Géant. Finalement, après quelques secondes d'un silence un peu lourd, Maura ajouta tranquillement :

"La ressemblance est troublante...J'étais très jeune quand votre mère est morte mais je me souviendrais toujours de la couleur de ses cheveux, vous avez la même. C'est presque...Vous saviez que Gwenola était une suivante de ma mère ?"
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Message Jeu 10 Nov 2011 - 16:44

Évidement elle n’avait jamais vu les Seigneurs de la Montagne, enfin si, lorsqu’elle était encire un tout petit bébé, mais vous ne peinerez pas à imaginer qu’elle n’en gardait aucun souvenir, mais Père et Septa Keriane lui avaient fait des descriptions détaillées, des deux jeunes gens, mais aussi de leur aïeux, aussi lorsqu’elle les vit avant de prendre sa place parmi la délégation et de présenter ses hommages, elle les reconnu immédiatement, comme si elle les connaissait, et elle put même se dire que Jasper ressemblait beaucoup à son père au même âge. Quoi qu’il en soit, ils semblaient tous deux immenses aux yeux de Noreen, du moins jusqu’à ce que le jeune homme s’approche et il reprit une taille raisonnable bien plus grand qu’elle évidement, mais pas un géant comme elle l’aurait cru d’abord. L’air de famille entre le frère et la sœur ne faisaient aucun doute, leurs cheveux gris bien sûr, leurs traits fins, mais surtout, leur regard, elle en aurait tremblé si elle s’y était éternisé, car si Jasper était souriant et jovial - cela dit elle avait entendu sa remarque et à priori les Royce aussi vu les quelques sourires qui apparurent sur les faces – sa sœur était distante et froide, et son regard encore plus glaciale, la petite n’arrivait pas à comprendre qui elle regardait, ou même si elle regardait quelqu’un en particulier, ça lui donnait froid dans le dos. Mais que préférait-elle au fond, une relation froide sans faux semblant, ou quelqu’un qui l’insultait et lui sortait ensuite son plus beau sourire ? La réponse était Père, Lohan, Thurien, Duncan, Gorian, Dorian, tous ses êtres qu’elle aimait, qui l’aimaient et qui la respectaient…

Noreen avait avalé la remarque de Lord Arryn tête basse et sans rien dire, presque sans broncher, si ce n’est un discret changement d’appui, ne sachant pas si elle s’en outrer ou se mettre à pleurer, à vrai dire, elle aurait été plus proche des larmes dans la mesure où depuis son départ de la Baie des Crabes elle était à fleur de peau. Mais elle ne fit aucun des deux, elle resta inclinée sans rien dire, Père lui avait bien dit qu’elle serait désormais la pupille des seigneurs du Val, que c’était un honneur immense qui lui était fait à elle et à sa famille et que quoi qu’ils disent elle devrait rester amène et souriante, et surtout – il ne la connaissait que trop bien – ne pas les contredire et rester humble. Elle ne souriait pas, mais elle préféra ignorer la remarque, d’autant qu’elle savait que son père était beaucoup moins riche que son suzerain et que s’ils avaient refusés, ils n’auraient eut aucun recourt et elle se serait retrouvé chez les Hardyng chose qu’elle craignait mille fois plus encore que d’être enfermée dans ce perchoir toute sa vie, le terme de charité n’était pas si mal choisi finalement, mais qu’entendais la Dame du Val par « Elle a encore fait des pieds et des mains. » Les pensées de la rouquine dérivèrent sur sa foutue belle mère, elle plissa les yeux et serra les dents un court instant, mais ne le savait-elle pas ? Bien sûr que si, au fond, et cela faisaient maintenant plusieurs années qu’elle s’en doutait, Maelle faisait tout pour l’éloigner de son père et la haine avait commencé à naitre dans son cœur depuis qu’elle avait quitté Penn Irin.

Par mégarde, comme le salut s’éternisait, elle leva les yeux vers ses hôtes. Au premier plan, Jasper qui la salua, elle lui rendit son sourire et écarta les pans de sa robe avec un mouvement de tête dans une révérence gracieuse, elle s’était beaucoup entrainée pour arriver à quelque chose de potable, mais cela ne l’empêcha pas de sentir ses joues se rosir, heureusement le jeune Lord discutait désormais avec les Royce et ne la regardait plus. Par contre, il en était tout autrement pour Maura, debout semblait embrasser tout le monde du regard, et à côté d’elle un jeune garçon dont la jouvencelle évita soigneusement le regard en baissant de nouveau la tête et en s’absorbant dans la contemplation du sol de marbre blanc et bleu. Et ce silence, les pas qui résonnaient dans la grande pièce baignée d’une lumière étrangement blanche et froide, la gamine osait à peine respirer de peur qu’on ne l’entende, mais elle s’était légèrement redressée parce qu’elle commençait à avoir mal aux jambes à force de rester comme ça, pourquoi ne pouvait elle pas s’agenouiller comme les hommes, ça aurait été beaucoup plus confortable ! Enfin se serait probablement terminé d’ici peu, Maura était en train de lui souhaiter la bienvenue, et Noreen leva sur elle de grands yeux plein d’innocence et d’interrogation concernant le fourreau et le glaive dont elle ne voyait pas le rapport avec la Dame du Val, beaucoup trop imagé pour une pucelle ! Néanmoins, le temps était venu de se remettre normalement sur ses deux pieds, elle eut presque oublié si la Septa elle-même ne s’était pas redressée. Là elle devait dire quelque chose mais elle mit quelques instants à se souvenir quoi.

« Soyez remerciée Lady Maura pour votre accueil et votre sollicitude. Je suis honorée que vous ayez accepté de me prendre comme pupille et soyez assuré que ma famille et moi vous en somme reconnaissant à jamais au delà encore de nos devoir de vassaux de la Maison Arryn. »


Elle avait réussit, enfin la vieille nonne ne lui ayant pas encore mis de coup de coude, elle ne semblait pas s’être trompée. En effet vu que les politesses n’étaient pas le fort de la petite et qu’elle n’avait en rien l’habitude de se retrouver à de si grand seigneur et ne savait donc pas trop comment s’adresser à eux, Septa Keriane lui avait fait écrire et apprendre une phrase de remerciement pour plus de sureté, cela dit c’était elle qui avait trouvé les mot, et à vrai dire, elle remerciait la religieuse de cette astuce car avec le stress de l’arrivée, la fatigue du voyage et tout ce qui s’en suit, elle n’aurait probablement pas réussit à aligner trois mots naturellement.

« Il est vrai que nous ne sommes pas habitués à de telles hauteurs, mais la fatigue du voyage n’est rien en comparaison des beautés découvertes sur le chemin. Mon père m’avait décrit la forteresse des Eyrié, mais les mots sont loin de refléter tout le géni et la grâce de la construction. »

Sa c’était de l’improvisation, et elle était plutôt fière d’elle, quoi qu’il en soit, ses paroles reflétaient ce qu’elle avait ressenti en levant les yeux vers les tours haut perché, en oubliant jusqu’à ses cuisses écorchées. Finalement peut-être que la vieille n’avait pas fait un travail si inutile, Noreen plus détendue devenait presque loquace, elle se souvenait des conseils de son père, toujours s’adresser aux seigneurs avec le plus grand respect, peser ses mots, elle comptait faire de son mieux pour prouver à la brune qu’elle n’avait pas fait une erreur en l’accueillant ici et pour honorer sa maison. Mais alors que leurs pas résonnaient sur le sol, elle ne pouvait qu’être impressionnée par la prestance de la Dame du Val et par l’obéissance que lui témoignaient les serviteurs, elle aurait surement des tas de choses à apprendre d’elle, cela dit, elle aurait préférée aller dans un endroit où elle aurait pu chasser et se balader avec Incandescent, elle se demandait ce qu’elle pourrait bien faire ici. Mais elles venaient d’entrer dans une grande pièce, les ombres commençaient à grandir, mais la lumière y était nettement plus chaleureuse que dans la grande salle, la rouquine n’osa pas s’asseoir avant que Maura ne s’installe elle-même.

Le début du discours de la Lady enchanta la gamine, enfin la première phrase, car l’évocation de la relation avec sa belle mère lui serra le cœur et elle ouvrit la bouche comme pour répondre, mais elle ne sut quoi dire, ça n’était pourtant pas sa faute si Maelle la détestait, elle n’avait rien fait de mal ! Enfin, comme pour lui plaire, la brune passa rapidement sur ce sujet et lui apprit qu’elle aurait un emploi ici. Même si Noreen se voyait mal en dame de compagnie, elle devait s’avouer qu’au moins elle aurait quelque chose à faire, aussi n’en fut elle pas peinée le moins du monde. Bon elle ne comprenait pas ce qu’elle entendait par caractère intéressant, mais elle aurait tout le loisir de le découvrir, inutile de se poser trop de question pour le moment, quand au « si peu », elle comprenait, si elle en croyait les leçons sur la généalogie des Arryn, Maeve devait avoir à peine onze ans, et à cet âge, elle aussi se déconcentrait pour un rien ! Par contre, elle aurait bien aimé savoir ce que les Dames de Maura devrait endurer, elle faillit la couper pour lui dire qu’elle n’était pas tendre du tout, elle prit une inspiration pour parler mais se retint au dernier moment en reposant ses mains sur ses cuisses et en se ravisant, elle n’avait pas à discuter des choix de la Dame du Val et puis lui avouer qu’elle savait chasser et monter comme personne n’était certainement pas la chose à faire, comme disait si bien Septa Keriane « Ce ne sont pas des activités dignes d’une Lady Noreen ! » Alors là, c’est sûr, si elle lui disait, elle refuserait qu’elle côtoie Maeve et alors elle la renverrait chez son père et la soit disant Lady Ruthermont l’enverrait au plus vite chez son Hardyng de père, elle se contenta donc de dire :

« C’est trop d’égard Madame, je mettrais tout en œuvre pour être à la hauteur et satisfaire votre sœur. »

Avançant ses mains jusqu’à ses genoux et lâchant ainsi le soutient confortable du dossier, elle fut un peu gênée par le regard insistant de Maura, mais elle lui sourit. Ce qu’elle était belle ! Et grande, pas beaucoup plus qu’elle mais tellement plus forte dans son attitude, sure d’elle, tout l’inverse de la rouquine, et la petite l’admirait, elle aussi commençait à la dévisager et s’en rendant compte elle baissa les yeux et se perdit dans la contemplation de ses mains, bougeant les doigts pour faire semblant qu’elle regardait vraiment quelque chose.

« Je… Oui c’est un grand honneur, je suis très heureuse. »

Ça c’était un mensonge éhonté, effectivement elle n’était pas malheureuse, elle savait que l’exile chez le beau père aurait été autrement pire, mais de là à être heureuse, non, elle avait du quitter ses amis ses frères, son père, son poney, sa plage, il lui faudrait du temps pour se faire à cet endroit, beaucoup de temps, peut-être même qu’elle ne s’y ferait jamais. Elle n’était pas heureuse, même pas joyeuse, elle était triste et l’évocation franche de son exile lui donna envie de pleurer, elle serra les dents pour retenir les larmes. Une cage dorée restait une cage, et l’oiseau de feu avait toujours eut besoin de liberté, de déployer ses ailes, de virevolté dans la nature, ici il n’y avait que de la pierre, dure et froide, elle avait envie de crier, de prendre ses jambes à son cou, elle avait envie de dire à Maura que tout ce que voulait Maelle c’était l’éloigner de père et qu’elle ignorait pourquoi elle la détestait à ce point, peut-être parce qu’elle ressemblait trop à sa mère, peut-être parce qu’il voyait en lui la réincarnation de sa première et véritable bien aimée, c’était une hypothèse qui ne pouvait pas germer dans l’esprit de la rouquine dans la mesure où elle ne connaissait pas cette dernière et n’imaginait encore ni la jalousie, ni l’envie, ni véritable la haine…

- Je vous remercie d’avoir accepté ma venue, Ma… Lady Ruthermont voulait m’envoyer chez Ser Hardyng, c’est Père, pardonnez moi, Ser Ronan qui a insisté pour que j’aille ici.
- Ce que Noreen veut dire c'est qu'elle se réjouit de se trouver aux cotés de la Dame du Val et de sa sœur pour devenir une Dame avec le meilleur exemple possible.


Ah bon elle voulait dire ça ? ... Elle aurait peut-être mieux fait de se taire, Septa Keriane venait de lui jeter un regard noir de reproche, mais si elle avait réussit à se calmer, à rester assise, à taire les cris, elle n’avait pas pu se retenir de donner les clés de l’histoire à Lady Maura, comme si elle était la seule femme en qui elle puisse avoir confiance, pourquoi cette confiance soudaine ? Elles ne se connaissaient pas pourtant, c’était de la folie de se confier ainsi, une bêtise même, désormais elle avait un moyen de pression terrible, mais la gamine était d’une naïveté à faire peur, elle apprendrait bien vite à ses dépends qu’il valait mieux parfois se taire. Le silence qui s’en suivit fut lourd de sens, elle venait de faire une gaffe, la première, et vu son caractère certainement pas la dernière, elle crispa ses mains sur ses genoux en priant en silence.

* Mère de miséricorde pardonnez ma bêtise. Père d’en Haut, puisse tu ne pas me juger trop durement. Guerrier donnez moi la force de continuer mon chemin sans Père. Aïeule, je promets d’apprendre de mes erreurs et de faire mieux par la suite. Jouvencelle donne moi le courage de devenir une Dame en ces lieux et protège mon honneur *

« C’est ce que Père me dit souvent, que je lui ressemble… »

Elle sourit, le deuil de sa mère était digéré, et son évocation lui donnait toujours une once d’espoir, mais en ce jour étrange ou son exil commençait, elle ne savait plus que penser, elle se dit que si sa mère avait été là, si elle n’était pas morte ici même elle aurait pu rester à Penn Irin, de nouveau elle sentit le nez la piquer et les larmes monter, de nouveau elle les retint et regarda la pièce dans laquelle les trois femmes avaient pris place levant la tête pour garder l’eau salée à l’intérieure de ses yeux et y parvint presque puisque seule une goutte finit par couler le long de sa joue lorsqu’elle reprit une position moins ridicule, elle espéra de tout son cœur que personne ne l’avait vu et évita soigneusement de renifler et elle reprit avec une voix légèrement cassé, essayant de se concentrer sur ces paroles et non sur son chagrin pour qu’il passe au plus vite.

« Oui, elle était à ses côtés lorsque Jon et Ronan son partis à Herberouge et mon père m’a toujours dit qu’elle avait été très gentille avec lui et qu’elle lui avait apprit la mort de Gwenola elle-même. Votre mère devait être une femme tout à fait extraordinaire, tout comme votre père dont il ne m’a toujours dit que du bien, un homme d’honneur et un suzerain juste et fort.»

L’image qu’elle avait de Jon ressemblait à Jasper, en effet, son père l’aillant vu jeune, c’est toujours jeune qu’il le décrivait. Un Jasper chevaleresque et brave, un Jasper qui ne manquerait pas de respect à la fille d’un homme dont le courage sur les champs de bataille n’avait d’égale que la loyauté, et bien que son père ne lui ait jamais décrit, elle aurait vu Lady Arryn comme Maura, belle, digne, brillante et gentille…
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Message Jeu 17 Nov 2011 - 9:05

Alors que les nouveaux arrivants commençaient à débiter leurs compliments, la petite Ruthermont en tête, Maura esquissa un haussement d'épaules et un sourire entendu qui accompagnait un air blasé. Ce genre de flatteries tarabiscotées la laissait de marbre, l'ennuyait et allait même jusqu'à l'agacer profondément. Elle posait une question aimable pour s'enquérir du voyage et on lui répondait par des tas de compliments. Certes, l'on aurait pu croire la dame du Val habituée mais Maura était chez elle, sur ses terres et remisait allègrement les politesses et autres roublardises de femmes et de politiques. Et que croyait donc la gamine crottée ? Qu'elle allait en remontrer à Maura Arryn sur la meilleure façon de jouer du plat de la langue ?

" Ah oui ? Mon père avait eu beau me décrire la beauté de la mer, ça ne m'a pas empêché de vomir tripes et boyaux par dessus le bastingage la première fois que j'ai mis le pied sur un de ces fichus rafiots."

Voilà ! Autant pour les convenances. Le grand brun répondant au nom de Tommen Royce se détourna brusquement pour cacher un début de rire qu'il étouffa dans sa main. Il était habitué aux saillies de la châtelaine des Eyrié qui, il fallait bien le dire, gardait rarement sa langue dans sa poche lorsqu'elle jouait à domicile. Dans la forteresse imprenable de la Lance du Géant, la jeune femme occupait la première place et commandait en homme. Elle dirigeait la maisonnée d'une main de fer sans que jamais sa parole ne soit contredite et sans jamais prendre de gants. Soit l'on se soumettait à ses ordres, soit...l'on était détruit ou l'on allait passer le reste de sa vie assez loin des portes de la Lune. Certains avaient même tâté du plongeon assez définitif depuis la chambre du Croissant en passant par la Porte de la Lune. Un aller simple et plutôt expéditif pour ceux qui avaient osé défier l'ancienne régente du Val.

Malheureusement, la petite ne semblait pas encore prête à se détendre. Croyait-elle donc que Maura allait la manger ? Ou la tuer pour la vider de son sang et ensuite se baigner dedans pour garder intacte son éternelle beauté ? Amusant à constater en tous cas. La vieille rombière qui servait de Septa allait sans doute en perdre son voile mais qu'oserait-elle donc dire contre sa légitime suzeraine ? Au risque de perdre le peu de considération dont elle jouissait déjà.


" Satisfaire Maeve ?! Ce n'est pas vraiment ce que l'on attendra de vous. Vous lui tiendrez compagnie mais, étant plus âgée qu'elle, il est entendu qu'il sera de votre devoir de lui éviter certains écueils bien naturels vue la tendresse de son âge. Elle a, comme vous, une septa pour son éducation mais je suis bien certaine que vous aurez à cœur de la conseiller au mieux, n'est-ce pas ? Vous serez en quelque sorte responsable de sa bonne tenue et de ses mauvaises idées."

Le message était clair même pour une idiote crottée venue du trou du cul du Val où il n'y avait même pas de Doigts pour s'occuper. Le "Sur ta tête" était un peu superflu aussi Maura ne sombra-t-elle pas dans l'excès. Elle préférait faire peur à la Ruthermont. Vu le caractère bien trop indépendant de Maeve, ce ne serait pas de trop. De plus, la Dame s'ennuyait. Elle n'aimait pas les faux-semblants chez ses vassaux. Sauf quand elle le désirait, bien entendu. Faire sa cour auprès des Arryn avait toujours été délicat du fait de leur caractère changeant et de leurs humeurs parfois ombrageuses. En tous cas, si elle entendait encore une fois le mot "trop" et "honneur", elle irait se mettre la tête dans un seau de neige pour se calmer. Était-il seulement possible d'être aussi craintive ? N'aurait été les cheveux de feu, elle se serait demandé si la Noreen n'avait pas été engendrée par une souris. Le summum de la mièvrerie fut atteint quand la septa se crut autorisée à adresser la parole à la Dame du Val et de la Montagne sans avoir été sollicitée et le regard que lui lança Maura fut suffisamment glaciale pour lui donner un aperçu de ce que serait le prochain hiver. Quand elle le jugeait nécessaire, la jeune femme savait prendre les airs sévères et glacés de ses ancêtres Stark.

"Et ce bon Ronan a eu raison. Vous serez plus à l'aise ici que dans la famille de votre belle-mère, c'est évident. Et au moins, vous aurez l'occasion de servir à quelque chose d'autre qu'à repriser les robes et les draps. Je vous le dis en confidence mais, pour moi en tous cas, Maelle n'est qu'une grosse truie stupide. Je ne l'aime pas. Septa, si tu répètes cela, je te fais arracher la langue, tiens-toi le pour dit. Enfin baste de la marâtre, elle serait trop heureuse de savoir que l'on parle d'elle. Même pour la rabaisser plus bas que terre. Faut-il que la Mère l'ait faite aussi ridiculement idiote...Enfin, tous les Hardyng sont ainsi, il y a quelque chose dans leur sang qui doit être vicié. Heureusement, ils sont fidèles et cela rachète tout le reste. A moins qu'ils soient juste trop stupides pour se rebeller."

Elle avait au moins mis les choses au clair. Vu l'atmosphère volontiers relâchée autour de lady Maura, Noreen pourrait au moins se permettre de parler selon ses envies sans s'en faire pour sa grosse et stupide Septa. Maura était très pieuse mais elle n'aimait pas beaucoup les gouvernantes. Dès qu'elle avait posé ses fesses sur le siège des Arryn aux premiers jours de sa régence, elle avait renvoyé la sienne dans le premier couvent pour femmes qui lui était venu à l'esprit. Elle trouvait la stupidité de ces femmes sans bornes, c'était dire. Elle préférait de loin la franche médiocrité d'un septon de campagne qui, au moins, ne se piquait pas de bonnes manières. Du moment qu'elle savait se tenir, Maura considérait qu'une femme en savait bien assez pour échapper aux circonvolutions patenôtresques de ces grosses bonnes femmes superstitieuses. Au fils des mots, la conversation avait dérivé sur leurs parents respectifs et elle remarqua avec un certain étonnement l'idéalisation dont faisait l'objet ses deux parents de la part de la famille Ruthermont. C'était de bon augure malgré tout ce que Maura pouvait penser d'eux.

"Mes souvenirs sont différents de ceux de ser Ronan. Mon père était un bon seigneur, j'en suis certaine, jovial et guerrier mais il n'avait pas vraiment la tête aux affaires. Quant à ma mère...J'étais jeune à sa mort mais elle m'a toujours paru très effacée. Elle avait été élevée à Hautjardin comme le sont les dames du Sud, à broder et chanter en quelque sorte. Mais physiquement, je lui ressemble paraît-il comme vous ressemblez à la vôtre je suppose. Pour ce qui est du caractère, je tiens plus de mes grand-mères Stark et Oldflowers...Et heureusement, pour rien au monde je n'aurai voulu être comme ces pimpesouées du Sud. Elles ne savent pas ce que sont la guerre, le sang et le froid. Sans leurs précieux époux aussi parés que des femmes, elles ne valent rien !"

Avis tranché, certes, mais vérifié. Maura avait été élevée ç la montagnarde, les hommes partaient guerroyer et les femmes dirigeaient la maisonnée.
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Message Ven 18 Nov 2011 - 1:43

Bouche bée, au sens propre, bouche grande ouverte et yeux de même, plus rien dans la tête que ce que venait de dire la Dame du Val, LA DAME DU VAL ! Noreen referma la bouche et regarda sa Septa, de marbre celle-là, n’aurait-elle pas pu lui dire si elle pouvait rire ou s’il fallait qu’elle s’excuse pour le malaise du à la mer ? Elle opta pour le silence, étonnée certes, mais certainement pas prête à rire avec Maura, surtout que ça pourrait ressembler de près à rire de Maura. Non, et puis bien que ces mots dans la bouche de la Lady aurait pu la faire rire - rien que parce que ça avait dû choquer Keriane à mort, même si elle ne le montrait pas - la boule au ventre qu’elle trainait depuis qu’elle était entrée dans la grande salle ne la lâchait pas, elle n’avait aucune envie de rire, et elle avait toujours eut tendance à se défier des gens qui n’aimaient pas la mer. Quand à s’excuser et continuer les politesses, elle ne savait pas si cela se prêtait vraiment à la situation, probablement pas, et quoi dire, « Je suis désolée que mon océan vous ai rendu malade, moi je le préfère mille fois à votre beau marbre veiné de bleu. » De toute façon, elle n’oserait jamais dire ce qu’elle pensait vraiment des Eyrié, beau certes, mais leur magnificence ne lui faisaient pas oublier son exil et la perte de ses proches et qu’elle ne voyait pas du tout ce qu’elle allait bien pouvoir faire dans un lieu de Roc et de Glace elle qui était d’Ecume et de Feu, elle qui aimait les embruns et la plage, la chasse et les balades à cheval, les bois et les landes, les galops fous sur le sable et le vent humide fouettant son visage. Que faisait-elle là, dans un endroit qui ne lui ressemblait en rien, dans un endroit où tout lui donnait envie de pleurer, où elle ne présentait que la solitude et la rudesse.

L’écuyer, lui, riait sous cape, à croire que ce genre de libertés étaient monnaie commune ici, assez pour qu’un gosse au service de Maura, tout séduisant soit-il, se permette d’en rire. Mais si Noreen doutait que la brune la fasse passer tout de suite par la Porte du Ciel, elle n’en était pas moins sur les nerfs. Septa Keriane lui avait mis une pression monstre depuis leur départ, et maintenant qu’elle y était, tous les conseils se mélangeaient dans sa tête et elle ne savait plus quoi dire, elle sentit même ses joues devenir rouges. Elle avait les nerfs à fleur de peau, père et la religieuse lui avaient répété cent fois de bien se tenir, de ne pas faire de bêtise, de cesser toute activité qui ne fut pas digne d’une Dame et de se comporter comme sa mère l’aurait fait, comme sa mère l’avait fait ! C’était beaucoup demandé à une gamine qui ne savait pas se tenir plus de quelques heures, désormais, il faudrait qu’elle soit une jeune fille respectable, propre, sage, docile, et ce à chaque heure de chaque jours à partir de cet instant même, celui où elle avait mis le pied dans la grande pièce blanche et bleue. Aussi était-elle décidée à faire très attention à tout ce qu’elle dirait, à peser ses mots. Elle voulait faire honneur à son père, éviter que Maura ne la mange, ne pas se faire prendre en grippe par la Lady comme elle l’avait été par sa belle mère, à cause de son comportement d’après cette dernière, éviter d’apprendre à voler, ne pas être jetée des Eyrié, même par la voie la moins escarpée, et finir chez le beau-père qui n’avait rien d’agréable et dont elle avait une peur inexplicable depuis leur première rencontre. Bref tout ce qu’elle craignait et tout ce qu’elle s’imaginait pouvoir lui arriver maintenant que son père n’était plus là pour la protéger.

Evidement il y avait Dorian, d’ailleurs après un coup d’œil à Keriane, il était parti avec les Royce laissant les femmes entre elles, mais malgré la confiance que Père avait en lui, et elle aussi du coup, il n’était pas Ronan Ruthermont, elle ne s’était jamais blottie dans ses bras après une cauchemar, il ne l’avait jamais prise sur ses épaules quand elle était fatiguée de marcher, quoi que, ça peut-être, il ne lui avait jamais lu d’histoire pour qu’elle s’endorme, il ne l’avait jamais embrassé sur le front en lui remontant les couvertures, il ne lui avait jamais promis de la marier à un preux et beau chevalier, il lui avait apprit plein de choses, mais il n’était pas Père ! Elle se sentait tellement seule…

Sa gorge se serra, et son nœud à l’estomac qui s’était un peu desserré se resserra de plus belle lorsque la Dame du Val lui dit qu’elle devrait faire en sorte que Maeve ne fasse pas de bêtise, et qu’elle serait responsable de sa bienséance, ELLE ! Elle qui avait été eloignée de sa famille justement parce qu’elle était incapable de se tenir correctement et qu’elle se comportait comme une enfant alors qu’elle était une femme, elle l’écervelée, la sauvageonne, la rouquine indomptable qui préférait la boue et la chasse à la broderie et au tricot. N’importe qui sauf elle ! Même le regard de Septa sur elle était plein de doute, le sien s’était perdu dans la contemplation de ses genoux

« Je… Hum… Je… Bien sûr… »

Elle s’éclaircit la gorge.

« Je ferais en sorte d’être un exemple pour elle Ma Dame. »

Hé ben c’était pas gagné, elle aurait peut-être mieux fait de dire la vérité, mais elle n’avait pas le choix, et avec ce serment, elle venait de signer son arrête de mort, c’était sur maintenant, elle ne tiendrait pas un mois ici, elle se ferait bientôt jeté dehors, pourquoi Père s’était il mis dans la tête de l’envoyer ici, avec elle, Maura Arryn, ce conseil en forme d’avertissement lui glaça le sang, autant que le regard qu’elle jeta à Septa Keriane. Les Grands seigneurs sont parfois durs, mais c’est la rançon du pouvoir, ils doivent asseoir leur autorité et se faire respecter. Mais pourquoi avait-ce tant l’air de l’exaspérer quand elle la remerciait ? Noreen ne savait plus où se mettre, la souris se terrait dans son trou, et oui, Ronan était une souris, un sacré morceau, grand et large d’épaule, féroce dans la bataille, un lynx, un aigle, mais en dehors de ça, il n’était qu’un pauvre chevalier nouvellement fieffé d’un bout de cailloux et de lande sableuse, cadeau dont en plus, il tirait une grande fierté et une gratitude éternelle. Des souris, face à elle, tout le monde pouvait l’être, sous les yeux du faucon, tout être de plus basse extraction était insignifiant, elle pourrait vous balayer d’une pichenette et elle vous faisait avaler votre langue d’un seul regard, mais la gamine devrait s’y faire et peut être devenir une sourires plus rapide, pour ne pas être mangée par le faucon ou bien un lynx pour ne plus être une proie mais le prédateur, mais pour le moment la rouquine était juste effarée et terriblement impressionnée.

La saillie sur Maelle l’amusa, elle sourit et pouffa même, mais seulement un instant, avant que Lady Maura ne menace la pauvre Septa. Là elle ne put s’empêcher de fixer des yeux apeurés sur elle et de pousser un tout petit gémissement en refrénant l’envie de répondre que Keriane avait toujours été loyale et qu’elle ne dirait rien et qu’il ne fallait pas lui arracher la langue, etc, etc, mais trop effrayée pour le dire. Mais la religieuse ne parlerait pas, et la brune venait de lui faire comprendre qu’ici, les Hardyng n’étaient pas spécialement bien vus, était-ce le signe qu’elle pourrait parler librement ? Et pour quoi dire ? Elle ne l’aimait pas, mais elle l’avait aimé avant de se rendre compte qu’elle voulait à tout prix l’éloigner de son père et de ses frères, avant de voir à quel point elle la haïssait et sans comprendre pourquoi. Elle fit en sorte d’oublier un peu l’angoisse qui al tenaillait pour redevenir une Dame et plus une souris, et mettre un peu de Feu dans sa conversation, il s’agissait de ne pas déraper, il ne fallait pas qu’on sache qu’elle n’était pas digne d’aider dans l’éducation de Maeve, mais finalement le séjour ici serait peut-être plus amusant que prévu, et désormais la petite souriait, un peu moins crispée, moins en tout cas que la Septa qui semblait-il serrait les fesses autant que les lèvres, la voyant ainsi, elle avait envie d’éclater de rire, elle l’aimait bien, mais elle la trouvait plus chiante que la pluie.

« Vous avez certainement mieux connu vos parents que Père, et différemment, il n’a pas beaucoup côtoyé votre mère et votre père plus sur les champs de bataille que dans les pièces d’une forteresse. »

Et voila que Maura venait de devenir le grand manitou pour la rouquine, elle la regardait avec les yeux de l’admiration et la bouche ouverte. Les femmes du sud, elle n’y connaissait rien, mais le concept de femme de caractère, indépendant, ça elle avait son idée la dessus, depuis toujours.

« Si vous n’aimez ni chanter ni broder, qu’aimez vous faire ? »

Demanda-t-elle pantoise et curieuse, soudain un nouveau monde s’ouvrait à elle, un monde où, contrairement à ce que lui ressassait la Septa, les Dames n’étaient pas de pauvres choses soumises et sage dont les seules occupations descentes étaient de discuter chiffon autour d’un dé à coudre. Mais la question n’était-elle pas trop directe ?

« Si j’ai bien compris… Si vous me permettez… »
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Message Sam 19 Nov 2011 - 17:14

Alors que Royce s’esclaffait toujours, la jeune femme se tourna vers lui avec un sourire pour lui flanquer une bourrade dans le bras histoire de le faire taire. Le geste en lui-même était anodin mais suggérait une certaine complicité entre les deux jeunes gens qui étaient approximativement du même âge. Ser Tommen Royce, ancien écuyer de Ser Gwayne Corbray de la Garde Royale et présentement chevalier du Val spécialement attaché à Dame Maura, avait toujours plus ou moins fait partie du décor à l’exception des quelques années qu’il avait passé à Port-Réal. Responsable de la sécurité de l’ancienne régente, il était particulièrement fier de l’amitié - oui, il pouvait s’en targuer - que montrait la jeune femme à son endroit. De plus, il était conscient de mériter ces marques de confiance et appréciait la relation qui s’était tissée entre eux. Aussi était-il tacitement autorisé, ce qui était rare, à se comporter normalement auprès d’elle. Maura, quant à elle, sans s’abaisser à franchir la distance à laquelle leurs rangs respectifs les obligeaient, appréciait le chevalier et le montrait bien au-delà de ce qu’elle pouvait faire avec d’autres hommes du même acabit créant même, sans s’en rendre compte, une certaine jalousie à l’encontre du grand brun.

L’homme jeta un coup d’œil sur le visage congestionné par la surprise de la gamine Ruthermont ce qui provoqua la poursuite de son fou rire où il fut finalement rejoint par lady Maura qui avait suivi son regard. Clairement moqueurs, les éclats de rires de la jeune femme résonnèrent dans le solarium où paraissaient ces dames. Par les Sept, comme cette enfant était empruntée, il était clair que Maeve n’allait en faire qu’une bouchée si elle n’osait jamais parlé. Même sa chère Eirlys qui était la timidité et la retenue incarnées n’était pas aussi muette en compagnie. Heureusement qu’elle n’entrerait pas chez ses suivantes sinon elle aurait été bonne pour vivre au milieu d’une atmosphère digne d’un couvent de septas. Ou de sœurs du silence, ce qui était pire. Oh, elle se doutait bien que la petite était impressionnée par le fait de rencontrer un membre d’une maison suzeraine mais il faudrait bien qu’elle s’y habitue si elle ne voulait tomber raide par terre à chaque fois qu’elle croisait Jasper, Maura ou Maeve au détour d’un couloir. L’hilarité de la jeune finit par s’apaiser tandis qu’une autre suivante lui tendait un mouchoir pour essuyer quelques larmes. Toutefois, si les femmes de la Baie aux Crabes croyaient que tout cela était une habitude, elles se fourraient le doigt dans l’œil. Et jusqu’au coude. La dame du Val, si elle autorisait un certain relâchement dans son cercle immédiat, n’aurait jamais toléré aucune familiarité à son encontre. Jamais. Et chacun le savait et prenait bien garde à ne jamais franchir la ligne tacite de tolérance de la dame.

Du coup, Maura s’ennuyait un peu en présence de Noreen Ruthermont et de sa septa. Pour sûr, leur compagnie n’était pas vraiment de celles qui faisaient les grandes soirées festives aux Eyrié. Il y avait chez elles une retenue tout provinciale de celles qui étaient nées à quelques mètres de la fange. Enfin pas pour la petite rousse qui était tout de même aux Eyrié mais avait sans doute grandi au milieu du commun. Ser Ronan lui-même, malgré sa gentillesse et sa fidélité, n’était qu’un pauvre chevalier fieffé qui sentait encore bien la roture. Mais la noblesse gagnée sur le champ de bataille obligeait les puissants à certains égards et la bravoure était une qualité que l’on se devait de reconnaître. Toute autre attitude aurait été déchoir pour quelqu’un comme Maura. Raison pour laquelle elle avait accepté d’accueillir Noreen. Enfin pour cela et aussi pour faire un joli pied-de-nez à Maelle Ruthermont, née Hardyng, cette truie. Par l’Etranger, ce qu’elle pouvait la détester, cette bagasse !

Evidemment, l’autre était tellement impressionnée qu’elle eût l’impression de lui avoir annoncé qu’elle allait la vendre à un marchand d’esclaves quand elle lui annonça qu’elle devrait faire attention à son attitude en présence de Maeve. Mais que croyait-elle ? Que les Arryn allaient la laisser faire entrer n’importe quoi dans la tête de leur cadette ?! Foutaises. Il n’avait pas attendu une pucelle venue d’un des coins les plus perdus du Val pour que leur sœur soit convenablement éduquée. Du reste, la sœur de Jasper et Maura était bien élevée. Une fillette intelligente qui serait capable de grandes choses pour peu qu’elle s’en donne la peine. De cela, sa sœur aînée avait toujours été convaincue. Elle reporta son intérêt sur Noreen avec un certain ennui qu’elle ne prit même pas la peine de masquer. Non parce qu’il fallait bien que cette dernière comprenne que retenir l’attention de la dame demandait un peu plus d’efforts que quelques phrases apprises par cœur et qu’il lui faudrait rapidement évoluer si elle voulait être considérée autrement que comme un énième meuble ambulant. Ce rapidement sous-entendait que cela devrait être avant la fin de la conversation. Le défaut mais également la grande qualité était sa capacité à juger très vite les êtres et à rarement changer d’avis à leur sujet. Sa fonction l’y avait obligé très jeune et elle n’avait jamais plus abandonnée cette habitude. Néanmoins, elle tiqua sur le mot exemple que prononça la jeune fille et décida qu’il était nécessaire pour la bonne marche des opérations de recadrer légèrement le débat.


 « Je suis désolée, nous avons mal dû nous comprendre. Maeve n’a guère besoin d’exemples de votre acabit. Sans vouloir me montrer désobligeante bien entendu…Enfin, ce que je veux vous expliquer, c’est qu’elle a toute possibilité de se tourner vers des exemples plus édifiants. Notre bibliothèque regorge de ce type de personnages. Ce que je veux, c’est que vous l’empêchiez de se livrer à des gamineries que vous avez dû abandonner vu votre âge et que si vous n’y arrivez, parce que soyons clairs ce sera difficile, vous alliez immédiatement en informer mon frère ou sa septa. Est-ce clair ? Maeve arrive à un geste où son éducation et son attitude vont devenir sujets à beaucoup d’attention de la part de potentiels bons partis. Bien sûr, sa naissance la met au-dessus du panier mais il est beaucoup d’autres avantages dont une femme peut user pour parvenir à une position satisfaisante. Je ne veux simplement pas qu’elle gâche ses chances d’un bon mariage qui apporterait beaucoup au Val d‘Arryn. J’espère que vous comprenez ma position. J’espère que vous comprendrez également que plus la position et l’attitude ma sœur seront prisées, plus vous-même gagnerez de la valeur sur le marché des alliances et vous assurerez du soutien potentiel de la Maison Arryn. Mais, je ne veux pas vous accabler de nouveautés, ce sont des sujets dont je discuterai avec ser Ronan. Toutefois, j’aimerai que vous réfléchissiez aux implications que votre présence auprès de Maeve Arryn peut avoir. »

Elle se tut quelques secondes mais elle espérait avoir fait comprendre l’essentiel à Noreen. D’une part qu’elle ne voulait pas qu’elle se lance dans elle ne savait trop quelle relation avec sa jeune sœur et d’autre part, qu’une attitude adéquate lui procurerait le soutien de la famille Arryn et de ses relations pour s’établir. Ce qui était plus satisfaisant que de laisser faire un ser Ronan un peu démuni dans ces situations ou une belle-mère qui ne manquerait pas de la donner à un petit parti du Val. Possiblement dans les Doigts. Un second exil en sorte.
Elle leva les yeux au ciel en voyant l’air choqué de la gamine quand, pour faire la conversation, elle prévint, attention aimable selon elle, la septa de mettre un bœuf sur sa langue au risque de la perdre. Que croyaient-elles donc les nigaudes ? Que tout était paix et amour chez les grands seigneurs ? Que l’on assurait son pouvoir sur des siècles en lançant des sourires et en jetant des fleurs en l’air ? Par la Mère, la gamine avait encore l’air d’en être au stade où il suffisait de renifler le cul d’un poney pour être heureuse. C’était bien sa veine… Elle caressa quelques secondes la possibilité de la renvoyer à Ronan en lui disant qu’elle ne ferait pas l’affaire mais se refusa finalement à faire cette écorne à un si fidèle et dévoué vassal. Elle écouta le propos lénifiant suivant avec inattention se demandant combien de temps elle devrait supporter l’échange avant de les renvoyer sans paraître impolie.


 « Effectivement mais il a sans doute mieux connu mon père que Jasper et moi-même. Et il lui était si dévoué que ce serait un crime à leur amitié de ne pas reconnaître qu’il faisait partie des proches de mes parents. »

Voilà qui était suffisant pour paraître affable. Le ton chaleureux n’avait pas été surjoué, les propos semblaient sincères. A vrai dire, ils l’étaient mais la jolie dame se fichait comme de la première paire botte de Baelor de ce que l’on pouvait penser de ses parents. Elle conservait ses souvenirs et se moquait de ce qu’un petit noble pouvait lui rappeler. A cela, elle préférait les souvenirs de Léo ou d’Alanna. Heureusement, la conversation dévia sur elle. Bon, elle n’aimait pas vraiment parler d’elle-même ou de ses occupations dont elle n’était pas certaine qu’elle soit pour ce genre d’oreilles puritaines mais ce serait peut-être plus intéressant que d’échanger des politesses longues et insignifiantes. Bref cela tuerait le temps aussi répondit-elle d’un ton morne.

« Oui, je vous permets, je ne suis pas le Grand Septon ni la reine Aelinor. répondit-elle dans un soupir devant l’incongruité de la question. Voulait-elle lui baiser les pieds ensuite ? Enfin si cela amusait la Ruthermont. »  « Tout dépend de ce que vous entendez par occupations…Mes points de broderie ressemblent à la démarche d’une catin ivre pour tout avouer et je chante finalement assez juste mais je n’aime guère m’y adonner. Je ne suis pas née Arryn pour chanter comme folieuse en taverne. Mais j’aime danser, je déplore d’ailleurs que nous n’en ayons pas plus l’occasion ici aux Eyrié mais j’apprécie de m’y adonner lorsque je me trouve à Port-Réal. Sinon, je n’ai guère le temps pour des distractions de tête vide…Quand je suis ici, j’ai toujours à faire pour aider au ménagement du château. Donner des ordres à l’intendance, descendre aux Portes pour vérifier le travail de Royce, compter et apprécier le niveau de nos réserves. Quand l’hiver approche, ces travaux sont multipliés par dix bien entendu afin de remplir les greniers. Sinon, notre bon seigneur Jasper n’est pas toujours disponible aussi me délègue-t-il certaines prérogatives et cela va de recevoir quelques solliciteurs dans la chambre du Croissant à aller inspecter les fortifications de la Porte Sanglante. Sinon quand je réussis à dégager un peu de temps libre, j’aime aller chevaucher ou m’enfermer dans la bibliothèque de notre mestre pour parcourir quelques ouvrages intéressants. Ma mère a au moins eu l’avantage de nous amener le goûts des Belles Lettres et des enluminures…Sinon bien entendu, ma correspondance ordinaire me prend plusieurs heures par jour. Et vous ? Qu’est-ce que vous faîtes ? Vous brodez ? » demanda-t-elle soudainement intéressée par les activités d’une autre jeune fille à peu près de son âge. Elle voyait bien ses suivantes mais elle les trouvait généralement stupide. A part Eirlys qui était un peu plus lettrée que la moyenne, les autres savaient à peine signer leur nom sans faire des fautes qui soulevaient le cœur de Maura.

Pour le reste, que pouvait-elle bien raconter sans que la gamine ne s’évanouisse de stupeur ? Qu’elle assistait aux exécutions qui nécessitaient la présence du seigneur des lieux. Non, cela ne semblait pas être une bonne idée. Qu’elle vérifiait le travail de tout le monde aux Eyrié tel un sergent méticuleux ? Non plus. Bien que cela aurait peut-être pu donner une bonne indication à Noreen de la tenue qu’elle devait avoir en ces lieux. Maura était aimable avec tout un chacun, prenait des nouvelles, mais, aux Eyrié et dans tous les domaines tenus en pleine propriété par les Arryn, elle était la maîtresse, la dame, la lady ou la suzeraine. Cela dépendait de la façon dont chacun la voyait. Elle n’avait pas un caractère qui la poussait à faire preuve de beaucoup d’indulgence mais elle était loin d’être inhumaine et accomplissait ses devoirs de charité avec circonspection.


 « Les affaires religieuses occupent également une certaine partie de mon temps. Entre mes visites des différents septuaires de nos domaines pour être sûre que nos officiants ne manquent de rien et mes nécessaires entretiens avec le septon des Eyrié, cela constitue une de mes activités majeures. Je suppose qu’il doit en être pareil sur vos terres. Après tout, il ne faut pas attendre des hommes qu’ils s’occupent de trop près des affaires spirituelles, ils sont bien trop tournés vers la guerre et les métiers d’armes. Voyez Jasper, toujours le premier à la joute mais rechignant à aller au septuaire…Enfin, il n’a pas tort dans un certain sens. Il en va des moineaux comme de la roture. Le proverbe le dit bien d’ailleurs : « Oignez vilain, il vous poindra. Poignez vilain, il vous oindra. » La sagesse de nos pères peut parfois nous aider. »

Le tout lancé sur un ton badin. Puisqu’il le fallait, la dame faisait les frais de la conversation.
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Message Mer 23 Nov 2011 - 21:56

Noreen était plus que tendue depuis son arrivée, à vrai dire, elle l’était depuis son départ, et avait vécu sous la tension constante entretenue par la Septa durant tout le voyage, mais l’angoisse s’était encore accrue quand elle s’était rendue compte qu’elle devrait faire face à Maura toute seule, sans le secours de la religieuse. Elle n’avait pas peur de la Dame du Val en elle même, elle la trouvait tellement belle, tellement grande tellement intelligente, elle la craignait un peu, mais ce qui l’effrayait le plus c’était sa capacité à faire une gaffe, dire une bêtise. Elle qui avait toujours été libre de parler comme bon lui semblait à son père, cela dit elle ne lui avait jamais manqué de respect, nul besoin de le lui dire, elle l’adulait beaucoup trop pour cela, et aussi pour déshonorer son nom en faisant quoi que se soit de répréhensible, en tout cas elle s’y efforçait. Mais voila qu’elle l’avait faite, la gaffe, elle avait dit la pire bêtise qui ait pu lui passer par la tête, être un exemple pour Maeve, comment pourrait-elle être un exemple pour qui que se soit, elle n’était rien et ne savait même pas se comporter ne Dame, quelle idiote de croire qu’elle pourrait être un exemple pour la petite Arryn, elle avait tout les exemples du monde, et les meilleurs, sa grande sœur en premier lieu ! Dans un premier temps, la gamine rougit et se tassa dans son siège pour, avec un peu de chance, y disparaître, mais au fur et à mesure du discours de la brune, elle commença à comprendre ce que tout cela impliquait.

Elle se rendit compte alors du cadeau qui lui avait été fait, Ronan avait insisté pour qu’elle aille ici et non chez les Hardyng et elle comprenait désormais pourquoi. Là bas, il n’y avait pas de grande bibliothèque ni de grande dame pour lui enseigner l’art d’en devenir une. Il faudrait qu’elle lui écrive une lettre pour me remercier, même si la pierre était froide et dure, même s’il n’y avait pas la mer et qu’il faudrait espacer les balades à cheval et les chasses, elle avait en réalité bien des choses à faire ici, et la première était d’arrêter de passer pour une bouseuse idiote auprès de Lady Maura, restait encore à savoir comment. Elle, la naissance ne la mettait en rien au dessus du lot, et pour le moment elle ne pouvait pas prétendre offrir beaucoup de qualités à un prétendant, mais elle en était certaine, elle voulait un preux chevalier, quelqu’un de la même trempe que père, mais en plus jeune évidement, bien sûr s’il était riche cela ne gâchait rien, mais de toute façon elle aurait du mal à trouver plus pauvre que sa propre maison. Elle se redressa sur son fauteuil et reprit un sourire impassible en acquiesçant d’un air concentré à ce que disait la brune.

« Vous aviez raison, nous nous étions mal comprises, mais je saisis bien mieux maintenant ce que ma présence ici implique et ce qu’une bonne conduite peut apporter à Maeve. Je suis consciente que vous n’avez pas de temps à me consacrer, mais j’espère pourvoir apprendre de vous et faire prendre conscience à votre sœur qu’elle a tout intérêt à devenir une Dame telle que vous, tout comme je viens de m’en apercevoir. »

Elle avait pesé ses propos, elle espérait ne pas avoir dit de bêtise cette fois, mais elle pensait vraiment ce qu’elle avait dit, elle se rendit compte qu’elle n’avait jamais eut l’occasion de prendre exemple sur une femme, chez elle elles étaient peu nombreuse et ne correspondaient en rien à ce qu’elle aurait envie de devenir, d’où l’échappatoire des animaux et des bagarres dans le sable probablement. Elle reprit sans un regard à Keriane.

« Comme vous le savez, je n’ai jamais put observer de Lady digne de ce nom, et je suis ravie de voir que toutes ne sont pas aussi dévote que ma Septa ou aussi idiote que Maelle. Je pensais qu’il valait mieux être un homme dans ce monde, que cela me correspondait d’avantage, mais je vois que je peux être moi-même et rester une femme. »

La rouquine ne put s’empêcher de présenter un demi sourire à la réplique de Maura, elle ignorait tout de la démarche d’une catin, mais ivre ça elle avait déjà vu, et elle trouvait que d’avoir une telle chose dans la position de la brune avait quelque chose de grandiose, elle s’en fichait donc éperdument de ne pas être douée pour tout ce que les femmes sont censées maitriser, et pourtant elle gardait une maitrise absolue sur elle-même et sur ses serviteurs, ses vassaux, bref tout ce qui comptait. Pour ce qui étai de la danse, Noreen avait eut l’occasion d’apprendre un peu, et en accéléré pour le mariage de Ronan, histoire de ne pas passer pour une parfaite paysanne, et elle s’était révélée assez douée pour ça finalement, même père avait dansé avec elle, c’est vrai que c’était agréable. Tourner ! Tourner ! Mais cela faisait une éternité qu’elle n’en avait pas eut l’occasion, les fêtes et les festins où l’on pouvait se payer des musiciens pour un bal n’étaient pas des les moyens de Père, elle fut déçue d’apprendre que ça n’était pas non plus monnaie courante. Mais elle laissa la Lady terminer avant de demander avec enthousiasme.

« Il y avait des bals lorsque vous étiez petite ? Pourquoi plus maintenant ? »

Comme se serait extraordinaire s’il y avait un bal, il faudrait qu’elle s’exerce à danser, cela faisait longtemps, mais elle pourrait se laisser guider par de beaux jeunes hommes, des chevaliers peut-être même, et alors elle pourrait leur montrer qu’elle aussi était digne d’être épousée, comme Maelle, qu’elle avait même une certaine beauté et que si elle ne leur apportait ni dote importante ni gloire, elle pourrait au moins en rendre un heureux. Des songes idiots d’enfant, parfois elle en avait, tout comme celui de Duncan de devenir chevalier, sans nom, il y avait peu de chance, elle le savait, mais s’il y avait bien quelque chose qui valait qu’on se démène pour l’obtenir c’était probablement ça, réaliser ses rêves et aller jusqu’au bout, ne serait-ce que pour ne pas avoir de regrets. Maelle en était bourrée, elle se plaignait tout le temps de sa vie, de son mariage, c’est vrai que pour l’ainée d’un Lord, être marié à un petit chevalier n’avait rien de grandiose, mais pourquoi alors son père l’avait donné à Ronan ? Plus elle y pensait moins elle s’expliquait ce fait, mais quoi qu’il en soit, elle était bien décidée à tout faire pour ne pas finir comme elle, aigrie, jalouse d’une enfant et moquée par sa suzeraine. Noreen secoua rapidement la tête en se mordant la lèvre en signe de dénégation, elle n’était pas certaine qu’elle faisait bien de répondre franchement, mais au moins elle serait fixée sur ce qu’une Dame devait faire selon La Arryn, ce qui semblait différer un peu de l’avis de Septa Keriane.

« Je chassais… Je… Hum… Je me baladais à cheval aussi. J’aime bien être dehors en générale, j’aimais dresser les animaux. J’aimais les histoires de bataille et de stratégie, mais à Penn Irin nous n’avions pas de bibliothèques et je dois dire que je suis très contente de pouvoir jouer de la votre à présent, j’aime apprendre de nouvelles choses. Je n’ai par contre jamais eut l’occasion de m’occuper de l’intendance chez mon père, mais je serais plus qu’honorée si vous acceptiez que je vous suive pour vous observer dans vos prérogatives… Avec Maeve, je pense que votre cadette pourra apprendre bien des choses ainsi. »

La rouquine n’était pas une petite chose apeurée d’habitude, elle avait toujours assumé ses bêtises la tête haute malgré les nombreuses réprimandes, elle n’était pas dénuée de caractère, mais c’était difficile pour elle d’appréhender sa place dans cette toute nouvelle vie. Elle avait toujours été très curieuse de tout, elle adorait découvrir de nouvelle choses et sa soif d’apprendre n’avait d’égale que sa rapidité de compréhension, mais elle tenait parfois de son père, comme lui elle parlait peu et préférait observer que commenter, toujours. Ils passaient des heures à regarder le soleil se lever sur la mer quand elle était petite avant qu’il ne se remarie, les beautés naturelles n’avaient d’égales que ce que l’homme était capable de produire dans son géni artistique, les brumes matinales ornaient la baie avec autant de grâce que la fourrure sur la robe bleu ciel. Elle sourit à l’édiction du proverbe qu’elle avait déjà entendu et dont elle se souvenait bien parce qu’elle avait dû se le répéter une bonne dizaine de fois avant de le comprendre. Etait-ce pour cela qu’elle dirigeait cette maison d’une main de fer, pour être certaine que personne ne la poindrait ?

« Nous n’en avons qu’un, un septuaire et un septon et ça ne prend pas très longtemps d’aller le voir, il est juste de l’autre côté de la cours du château, face au donjon. Et je ne crois pas que Père s’en occuper beaucoup, comme vous dites, il semble bien plus intéressé par les armes que par son âme. »

Elle-même, élevée par une Septa était très croyante, mais tout de même il y avait des limites, la religion n’était qu’un aspect de la vie, et la vie s’avérait beaucoup plus compliquée que la religion voulait bien vous le faire croire. Quand à assister à des exécutions, le pourrait-elle ? Elle avait vu bon nombre d’animaux tués, elle en avait même mis à mort quelques uns à la chasse, mais un être humain, c’était bien différent, c’est sûr ! Quand au faite que Maura soit intraitable elle avait déjà pu le constater, elle en avait même fait les frais si on peut dire, petits frais, mais la rouquine n’était pas une idiote et elle avait compris la leçon. Et puis cela se voyait, l’obéissance des serviteurs, et l’autorité transpirait par tous les pores de la Dame. Pas étonnant que Père fasse confiance à cette famille pour mener Noreen vers le droit chemin, pas étonnant non plus, vu le caractère de Ronan, qu’il ait autant apprécié Jon. Il fallait effectivement une poigne de fer pour mener le Val, mais elle n’était pas la Dame du Val, elle ne le serait jamais, elle n’aurait jamais autant d’importance, alors savoir donner des ordres et se faire obéir n’était pas aussi important pour elle.

Elle se prit alors à rêver de devenir Dame du Val, pourrait-elle se targuer d’être aussi bien dans ce rôle que l’actuelle ? Oh et puis de toute façon, Jasper ne ferait jamais attention à elle alors à quoi bon les songes. Hum quoi que… comme l’avait dit Maura, une femme a bien des choses à faire pour qu’on s’intéresse à elle ! Cela dit, il y avait de grandes chances pour que ça ne soit pas le genre d’alliance qui plaise à la belle, et la gamine devait s’avouer que ça ne servirait en rien la Maison Arryn, ils n’avaient pas besoin de ça pour s’assurer de la loyauté du Ruthermont, elle n’apporterait ni richesse ni hommes, non, c’est sûr, elle n’était pas un bon parti, il y avait probablement d’autres cartes à jouer pourtant, mais comment faire pour attirer l’attention d’un Lord ou d’un héritier ? Quoi qu’il en soit son exil ici promettait d’être bien plus intéressant que prévu, la Lady avait raison la cage était sacrément dorée et si elle arrivait à se hisser au niveau de cette dernière, elle pourrait tirer son épingle du jeu, qui sait, peut-être était-elle assez jolie pour faire tomber dans ses filets quelques bons partis, resterait ensuite à ne pas tout faire rater avec un comportement déplacé…

Jusqu’ici, renifler le cul de son cher poney lui avait toujours suffit, mais elle venait de se rendre compte à quel point elle était insignifiante, elle et même son père, et ce malgré la loyauté infaillible qu’il vouait à la maison suzeraine et le courage dont il avait toujours fait preuve. Finalement à qui servait tout ça si c’était pour recevoir aussi peu d’égards, cela dit, elle était là, et c’était probablement pour ça. Elle avait le sentiment qu’elle était plus un fardeau qu’autre chose et d’autre part qu’il faudrait qu’elle obéisse à tout et tout le temps, ici, et toute sa vie, et elle n’aimait pas vraiment ça, elle n’en voulait pas à Maura, ni même plus à Jasper pour ce qu’il avait dit, elle comprenait que dans leur position, ils soient hautains, elle avait conscience de leurs responsabilités et du niveau d’élévation auquel ils étaient, et qu’il est toujours plus facile de tomber que de monter, et que plus on était haut, plus la chute pouvait être rude. Elle n’était rien et elle s’en serait contentée si elle n’avait pas eut un désir brulant de ne plus s’incliner et de pouvoir, elle aussi dire un jour à quelqu’un qu’elle n’avait nul besoin d’exemple comme lui. Elle ne se voyait pas bien devenir une femme insipide et inactive, il fallait qu’elle ait des responsabilités, il fallait qu’elle use de ses talents et qu’elle fasse mieux que sa mère, mieux que son père, il le fallait si non elle ne serait jamais heureuse. Il allait donc falloir qu’elle ajoute l’ascension sociale à la liste de ses objectifs, pour elle, mais aussi avec un peu de chance pour son père, à condition que cette truie de Maelle n’en profite pas.

« Si vous le permettez Lady Maura, j’aimerais congédier Septa Keriane, il faut que… Qu’elle prépare ma chambre et déballe mes affaires. Qu’en pensez-vous ? »

Il était hors de question que la Septa soit témoin de la suite d la conversation, enfin si possible, elle n’était pas maitre de la situation, et ça contribuait à l’énerver et à la confirmer dans son nouvel objectif.

« Même si j’ai encore beaucoup de choses à apprendre vous pouvez voir en moi une humble et fidèle alliée, tant pour l’éducation de Maeve que pour tout ce en quoi je pourrais vous aider. J’imagine que toutes vos occupations ne sont pas de tout repos et si je peux vous aider tout en apprenant à votre sœur ce que seront ses futurs devoirs, cela me plairait beaucoup, n’apprend-on pas mieux lorsqu’on s’exerce ? »

Elle n’avait plus peur, à moins que Maura ne décide soudainement de la jeter par-dessus bord pour avoir été un peu trop entreprenante, oh c’était possible, mais tout de même peu probable. Enfin il fallait l’espérer… Au pire quoi, la belle le prendrait mal, hé bien elle aurait tout foiré, mais elle aurait essayé, et elle aurait arrêté au moins une seconde d’être une souris, c’était déjà une bonne chose, elle ne voulait plus l’être, plus jamais ! Et puis, dans le discours de la Dame du Val, elle avait cru comprendre que celle-ci ne serait pas aux Eyrié indéfiniment, aussi pouvait elle se permettre peut-être des erreurs avec elle qu’il ne faudrait pas reproduire par la suite. Elle espérait tout de même que la brune serait flattée, juste assez pour ne pas la mettre à l’écart, juste assez pour lui montrer comment devenir ce qu’elle était, elle espérait vraiment pouvoir apprendre de ses faits et gestes, mais si elle était toujours collée avec la petite et jamais avec la grande comment le pourrait-elle ?
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Message Ven 25 Nov 2011 - 9:42

Les rires s'étaient calmés et, désormais, lady Maura écoutait plus sérieusement ce qu'avait à lui raconter la jeune Ruthermont. Ser Tommen s'était éloigné tranquillement pour aller rejoindre les autres gardes, les suivantes vaquaient à leurs occupations dans d'autres pièces mais la dame des Eyrié restait par obligation. Elle était l'hôtesse et cela ne l'enchantait finalement guère. Pas plus que le petit discours d'une Noreen décidée à se faire bien ou mieux voir après avoir plus ou moins ruiné ses chances d'être prise au sérieux. Alors qu'elle continuait à tisser des louanges, Maura leva une main pour l'arrêter déjà lassée.

"Noreen. Je n'ai pas besoin que l'on me jette des fleurs et cela ne vous sera d'aucune utilité. J'imagine que les Eyrié doivent vous sembler bien différents de ce que vous avez toujours connu mais, maintenant, vous êtes ici et vous n'avez pas besoin de gagner votre place. Ma sœur n'a pas besoin de devenir une femme à mon image, je ne le souhaite pas. Elle sait ce qu'elle veut et sera une femme extraordinaire, j'en suis certaine. Point n'est besoin de lui faire entrer dans le crâne qu'elle doit me ressembler. De plus, elle vous rira au nez si jamais vous ne faîtes que le sous-entendre. Et avec raison. Nous, Arryn, n'attendons pas que l'on nous dise ce que nous devons être, nous clamons haut et fort qui nous sommes. Et ma sœur n'aura pas moins de courage et d'honneur que ses ancêtres."

Elle haussa les épaules en écoutant la suite persuadée que la petite Ruthermont souhaitait se hausser à un niveau où elle ne saurait pas se tenir. L'élévation sociale n'existait pas. Bien sûr, on pouvait adouber un roturier ou fieffer l'un de ces petits chevaliers comme Ruthermont. Bien sûr, l'argent pouvait aider à se hisser vers les sommets. Mais rien ne remplaçait la légitimité du sang. Aussi vrai que les Stark étaient là les premiers et seraient sans doute les derniers, cette petite, même avec un beau mariage, ne serait jamais l'égale d'une Jeanne Tyrell ou d'une Maura Arryn. Il existait un monde entre elles. Un monde fait d'Histoire, de faits glorieux, de pureté du sang et de richesse. Elle laissa tomber le sujet, elle n'allait pas sonner le glas des ambitions et des rêves d'une fillette qui semblait décider à jouer les grandes dames. Peut-être aurait-elle la chance d'attirer l'œil d'un puissant. Elle était belle. Mais elle savait ce que l'on faisait des belles petitement nées. On les aimait certes, on les appréciait sans doute mais on ne les épousait pas. D'autant plus que Noreen, malgré toute sa bonne volonté, n'était même pas noble, elle n'était que la fille d'un chevalier fieffé qui devait passer après jusqu'au dernier petit lord du Val d'Arryn. Toutefois, il existait certains exemples et ce n'était pas à Maura de briser les rêves romanesques de grandeur de la jeune fille. Elle avait une septa pour cela. Mais, effectivement, peut-être aurait-elle l'occasion d'attirer l'attention d'un chevalier d'une maison noble en dansant agréablement lors d'un bal.

"Pas ici. Ils avaient lieu aux Portes de la Lune, c'est plus pratique d'accès. Et nous n'en donnons plus depuis quelques années à cause du Fléau de printemps. Peut-être Jasper voudra-t-il renouer avec cette époque...Je n'en sais rien."

De la même façon, elle ne souhaitait pas réellement un retour aux années heureuses de la régence et de la jeunesse de la fratrie Arryn. La période des fêtes et des joutes. Une période heureuse. Et tout avait été irrémédiablement gâché. Depuis le Fléau. Punition divine, elle en était certaine, pour les punir de leurs péchés. La jeune fille lui expliquait les occupations dont elle avait l'habitude et qui n'étaient pas très orthodoxes pour une femme. Mais Maura s'en fichait apparemment.

"Il y a une bibliothèque fournie aux Eyrié grâce à notre Mestre, Wyman. Et forcément, il y a des chasses qui partent assez souvent des Portes de la Lune. Pour ma part, je me contente d'en suivre une de temps à autre mais ils ne feront pas de difficultés pour que vous vous joigniez à eux. Je crois que Maeve s'y rend également quand l'envie lui en prend. Par contre, il y a un Intendant ici pour gérer les pots de confiture et autres joyeusetés, je me contente de lui donner des ordres. Maeve sait ce qu'il y a à faire à ce sujet quand je suis absente."

Sans doute désireuse de se donner une contenance, la jeune demoiselle décida qu'elle souhaitait désormais renvoyer sa septa. Maura jeta un coup d'œil à la vieille femme tout en doutant que cette dernière se soumette aux exigences de la tendre gamine. Toutefois, même dure, elle n'en était pas moins la Dame du Val et elle se redressa quelque peu en souriant à ladite Keriane.

"Septa Keriane, vous pouvez y aller. Ne craignez rien, je vous la rendrais entière."

La suite lui parut particulièrement outrée. Un serment d'allégeance ? Rien que ça ? Un léger sourire souleva le coin des lèvres de la jeune femme qui fixa pendant quelques longues secondes la petite Ruthermont. Sans avoir l'air autrement émue par cette grande déclaration.

"Alliée ? Vous êtes une vassale, ici, Noreen. Cela n'empêche ni l'amitié ni l'attachement bien entendu. Peut-être trouverez-vous cela avec ma sœur ? Qui sait. Je vous le souhaite de tout cœur. Quant à moi, il ne me sera pas loisible d'user de vos services. L'armée part bientôt pour l'Ouest et ce sera moi qui la conduirait et je ne souhaite pas emmener une si fraîche jeune fille que vous au devant de la mort et des combats."
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Message Mar 29 Nov 2011 - 16:47

Pour toute réponse, la rouquine se contenta de hocher la tête, elle aurait au moins essayé de lui montrer qu’elle comprenait son rôle et les aspirations de la Dame, mais encore une fois elle avait compris à côté de la plaque, à croire qu’elle ne savait faire que ça, peut-être que Lady Maura avait raison de la considérer comme une idiote, plus la conversation s’éternisait, plus elle se sentait comme tel en tout cas. Effectivement, elles n’étaient pas du même monde, Noreen avait grandit dans un demeure qui ressemblait plus à une ferme qu’à un château, elle était arrivée ici tremblante de peur à l’idée de faire une gaffe, sachant parfaitement que les Arryn n’étaient en rien obligés d’accepter sa présence ici et qu’elle pourrait se faire jeter dehors en moins de deux. Elle avait de jolies robes, en tout cas celle qu’elle portait était presque à la hauteur de la Dame du Val et du lieu où elle se trouvait, mais les autres, rien de moins sûr. Elle n’avait pas d’argent, son père avait dû se ruiner pour lui payer son cheval et cette robe, les revenus de ses terres étaient loin d’être grandioses, la gamine ne s’en était jamais soucié avant ce jour, elle se fichait d’être riche tant qu’il y avait à manger sur la table. Mais maintenant c’était différent, si elle voulait être acceptée ici, il lui faudrait montrer qu’elle valait mieux que la fange de laquelle elle était issue, ça n’allait pas être simple, l’air hautain et les mots dur de la brune ne cessait de le lui prouver. Il faudrait qu’elle apprenne à se taire autant qu’à parler avec les bons mots, pourtant, le courage et l’honneur, son père n’en était pas dénué, personne ne pouvait lui enlever ça, et elle non plus, elle le ressentait au fond d’elle-même, c’était peut-être même ça qui la poussait à cet instant à vouloir se faire accepter, bien voir, et à rêver d’une meilleure condition pour elle et sa famille. Savoir ce que l’on voulait être, être sûr de soi, clamer au et fort qui on est, ces mots là n’étaient pas tombés dans l’oreille d’une sourde, restait à savoir comment faire cela sans outrepasser sa place, et qu’avait-elle voulut dire, Noreen n’aurait as besoin de gagner sa place, l’avait-elle déjà ou quoi qu’elle fasse ne pourrait-elle jamais l’avoir, elle préférait partir sur la première option, l’espoir restait sauf ainsi…

« Ah oui, évidement, j’imagine qu’il y aurait beaucoup moins de monde s’il fallait montrer les marches jusqu’ici, imprenable est presque un euphémisme tant l’accès est difficile. Hum… Le Fléau… je… oui, j’ai perdu un frère… Mais… C’est terminé n’est-ca pas ? Le lui avez-vous déjà suggéré ? »

Les bals, les preux chevaliers, les fêtes et les tournois, tout un tas de choses que la gamine n’avait jamais eut l’occasion de voir, en tout cas pas en aussi grandiose que cela devait l’être dans les vrais châteaux, elle en rêvait depuis si longtemps, mais les rêves sont des rêves, et si elle était coincée ici, peut-être ne verrait-elle jamais rien de plus que le marbre veiné de bleu, elle espérait vraiment que ça ne serait pas le cas. Elle se rendit compte qu’elle ne savait rien sur rien, qu’elle ne connaissait pas grand-chose du monde, elle n’avait jamais vu que sa baie, sa plage et son bout de mer, plus le route de Penn Irin jusqu’aux Eyrié, et c’était bien tout, elle ne connaissait ni le reste des sept couronnes, ni même d’autres forteresses que celle qu’elle avait croisé sur le chemin. Elle ne savait du reste du monde que ce que sa Septa lui avait raconté, qui probablement n’en avait pas vu un dixième avec ses propres yeux. Oh Dieux ce qu’elle avait envie de partir à l’aventure parfois, de découvrir le royaume, de voir de nouvelles choses, les livres c’est bien, mais voir toutes ces merveilles par soi même, pouvoir les toucher, les sentir… Mais un bal aux Portes serait un excellent début, elle s’imaginait des tas de rubans, de lanternes de la musique entrainante, des soieries, des brocards, des robes plus belles les unes que les autres, des chevaliers sur leur 31, se serait magnifique, magique, et elle oublierait tout le temps d’une nuit, toute la haine qu’elle vouait à Maelle, toute la tristesse d’être aussi éloignée de son père, toute l’envie qu’elle ressentait d’être née si bas, toute la rage qui bouillait en elle de vouloir s’élever, toute l’injustice d’être née femme…

« Toutes ces nouvelles me font chaud au cœur, et je serais ravie de pouvoir partager tout ça avec Maeve. »

Elle souriait franchement, les yeux brillant à l’idée de tout ce qu’elle allait pourvoir apprendre et du fait qu’elle pourrait se rendre aux Portes de la Lune pour voir son cheval et même chasser, avec un peu de chance, Maeve aimait un peu les mêmes choses qu’elle finalement, bon, elle eut un moment de doute quand elle se rendit compte que si elle descendait, il faudrait qu’elle remonte… Oh et puis si elle devait passer quelques années ici, il faudrait qu’elle s’y fasse ! En plus, si Matthew l’accompagnait à chaque fois, se serait amusant. Elle se mit à réfléchir au rang du jeune homme, il était avenant gentil, mais bien qu’il soit l’ainé de Megar Royce, cette branche là de la famille ne tenait les Portes qu’en tant qu’intendant, elles n’étaient donc pas à lui, et de Lord il n’avait qu’un titre honorifique, il y avait mieux comme mariage, mais pire aussi, bien plus aisément probablement trouverait-elle pire.

« Pour l’Ouest ?! Les combats ?! Mais… »

Elle ouvrit de grands yeux, un peu effrayée et en même temps toujours prise par la curiosité.

« Père sera-t-il présent dans le convoi ? »

Elle attendit la réponse, pleine d’espoir, s’il accompagnait la Dame du Val, elle pourrait peut-être le voir, au moins ici, avant leur départ ! Mais s’il y allait, il allait se battre… Non, personne ne pouvait le battre, Père est trop fort et courageux, il montrera encore une fois sa loyauté et reviendra couvert de gloire…

« J’aimerais tellement le voir Ma Dame… »
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Message Mer 30 Nov 2011 - 15:17

Passer aussi allègrement de la mort d'un frère à l'organisation d'un bal ne provoqua pas de réflexion visible chez Maura mais cette dernière n'en pensait pas moi. Désormais, elle considérait cela comme de la légèreté mais, à quinze ans, elle avait été ainsi. Toujours prompte à écarter l'innommable pour se concentrer sur les réjouissances, à chercher quelle robe porter, à admirer tel ou tel chevalier...Époque bénie finalement. Elle aurait bien aimé garder cette légèreté, cette insouciance inconsciente. A la place, elle était devenue une femme dure, impitoyable et blessée. Elle n'était pas aigrie, pas encore en tous cas, mais elle regrettait l'époque où Père était encore vivant et où ses seules tâches étaient de gérer le ballet des servantes, l'approvisionnement et la bonne conduite de Maeve. Pour le reste, bien se comporter et savoir attirer le regard suffisaient à son père, fier d'avoir une fille belle et séduisante à marier à quelque grand seigneur de sa connaissance. Laissant Noreen trembler quelques secondes, elle se leva pour s'approcher de la baie vitrée et regarder la nuit qui tombait sur le Val d'Arryn cherchant dans ses souvenirs quand elle avait encore ressenti ce besoin de réjouissances. En contrebas, des milliers de pieds en dessous d'elle, les feux de camp des troupes éclairaient la pénombre devant les Portes de la Lune. Cinq ans, six ans...Les années s'en étaient allées rapidement finalement. Elle avait désormais vingt ans, en mal de mari et encore vierge. Certes, le Val s'inclinait devant elle et elle s'était imposée sans reculer devant l'idée de faire couler le sang ou inspirer la peur mais... Oui, elle était une femme puissante. C'était déjà ça. Triste constat à vrai dire mais suffisant pour le moment. Dans quelques semaines, elle épouserait Lord Tybolt Lannister et pourrait dès lors considérer - enfin - l'idée de voir grandir sa propre famille. Elle éclata finalement de rire. Suggérer à Jasper d'organiser un bal, à son frère si sérieux et si désireux de faire ses preuves ?

"Voyez-vous, je ne suis pas certaine que l'idée plaise tant à mon frère. Un tournoi sans doute...Mais un bal ? Sérieusement, je doute d'éveiller son intérêt avec cette idée. Vous pourrez lui en parler lors du prochain repas, il ne vous mangera pas. Mais, personnellement, je n'aurai pas le temps pour cela. L'ost part bientôt et mes journées sont bien remplies."

Cela se sentait et se voyait : l'idée d'un bal aux Portes de la Lune ne la séduisait pas. Ou plutôt ne la séduisait plus. Elle connaissait la noblesse du Val d'Arryn et voyait assez mal ce qu'il pouvait y avoir de magnifique à les voir se réunir tous ensemble. Devoir subir les hommages et les invitations à danser. Enfin, elle pourrait toujours le bouder si elle n'avait pas envie de subir ces festivités auxquelles elle n'avait pas la tête. Pourtant, elle aimait danser mais elle préférait le faire à Port-Réal plutôt qu'au milieu de ses montagnes. Un grand festin où l'alcool coulerait à flots pourquoi pas...Mais un bal ? Sa mère Tyrell aurait adoré, elle en était certaine. Mais elle n'était pas sa mère. Toutefois, elle serait partie dans quelques jours aussi Maeve et Noreen pourraient-elles faire tout ce qui leur passerait par la tête. Elle s'en lavait, pour ainsi dire, les mains. De toutes façons, elle était loin des préoccupations d'une petite Ruthermont dont la mère n'avait rien été de plus qu'une gueuse élevée par la grâce de Lady Arryn au rang de servante. Tant mieux si elle était ravie de pouvoir partager ce qu'elle voulait avec sa cadette...Cela lui importait assez peu. Elle se contenta de hausser les épaules. Elle se préparait à donner son congé à la gamine pour aller se préparer pour le repas quand cette dernière eût une requête à laquelle elle ne serait pas attendue de la part d'une tête folle qui ne pensait qu'aux bals et aux chevaux.

"Oui, les combats. Mon frère nous a allié avec les Lannister et, moyennant une juteuse contrepartie, nous allons aider à la défense des Terres de l'Ouest. Votre père ne vous a-t-il rien dit ? Il est bien entendu au courant. C'est d'ailleurs pour cela qu'il vous a envoyé aux Eyrié dès maintenant."

La petite Noreen devait sans doute se demander si son père irait lui-même se battre. Pensait-elle vraiment que ser Ronan le Toujours Fidèle n'aurait pas pris son épée pour la mettre aux pieds de la fille de son suzerain et ami ?

"Bien sûr, il a été l'un des premiers à se porter volontaire. Votre père est un homme courageux et loyal. Nous avons peu d'amis comme lui. Par contre, les troupes de la Baie des Crabes ne rejoindront le convoi qu'à hauteur d'Herpivoie-ville pour ne pas avoir à traverser les montagnes..."

Elle voyait mal le tendron les suivre mais après tout...Lady Eirlys et d'autres le faisaient bien elles-aussi.

"Certaines épouses nous accompagneront au moins aussi loin que Vivesaigues pour goûter à la fraîcheur du Conflans et de ses rivières. Si vous voulez passer ces moments avec votre père, je n'y vois pas d'inconvénients. Mais, je vous préviens, ce sera loin d'être une ballade de plaisance...7000 hommes en marche ne sont pas rien. Enfin, si vous êtes d'accord, cela est acté. Vous profiterez seule de votre Père d'Herpivoie à Vivesaigues...Je m'arrangerai pour que cela soit une surprise, cela évitera la déplaisante présence de votre belle-mère."

Une bonne chose de faite. La jeune fille était installée, connaissait ses tâches futures, pourrait revoir son père. Une affaire rondement menée qui lui permettait d'avoir quelques précieuses minutes pour écrire à son fiancé.

"Maintenant, je vais devoir vous laisser. Je dois me préparer pour le dîner auquel vous, votre septa et vos hommes êtes conviés. Une servante vous montrera les quelques pièces qui vous ont été affectées dans la Tour de la Vierge. A toute à l'heure."
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High Hopes [Lady Maura]

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