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Le Lion et le Faucon vers une Chimère [TERMINÉ]

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Message Lun 7 Nov 2011 - 11:15

Il fallu moins d'une heure après la fin de son entretien avec Lady Arryn à Lord Tybolt pour faire partir de la Dent d'Or un corbeau à destination du Roc. Le message véhiculé par ce dernier avait pour objet d'intimer à son jeune frère, Lord Gerold de rejoindre les deux futurs époux afin de servir de témoin à la signature du contrat liant les deux familles. Tybolt avait à l'origine voulu que cet acte plus que symbolique se déroule en les murs du Roc, citadelle des Lannister, mais Lady Maura avait su trouvé les mots pour le convaincre de faire autrement. D'une certaine manière il avait s'agit là du premier acte véritable d'influence exercé par la jeune femme sur le suzerain de L'Ouest et à n'en pas douter celui-ci en appellerait bien d'autres par la suite. Le jeune seigneur Lannister devant l'insistance de son ainé, insistance qu'il ne lui avait pas connu depuis bien longtemps, ne le voyant plus désormais qu’empêtré dans les méandres des préparatifs à la guerre et la gestion du fief, se réjouit de le voir si déterminé à mené à bien ces épousailles. Il se félicita de par le fait d'avoir su habilement mettre les choses en place pour que ces évènements se déroulent. Certes cela avait prit plus de temps qu'il ne l'avait imaginé et la première rencontre entre les deux futurs lui avait donné des sueurs froides. Mais il savait que son frère n'allait pas rester insensible au charme tout particulier de la jeune Lady Arryn, elle n'était certes pas l'idéal physique du Lord Lannister mais son caractère, sa pugnacité et sa forte tête était tout ce dont avait besoin Tybolt et ce qu'il désirait finalement plus qu'un jolie minois et une croupe accueillante, choses qu'il pourrait trouver aisément au bordel du coin... Les dispositions furent donc prise pour un départ dans l'instant pour la citadelle de leur oncle.

C'est au milieu de la nuit que le seigneur suzerain de l'Ouest fut informé de l'arrivée de son jeune frère. Ce dernier accompagné par une quinzaine de soldats avait chevauché des heures durant pour arriver le plus vite possible à la Dent d'Or et Tybolt lui en fut reconnaissant. Les deux Lannister se retirèrent dans les appartements du jeune Lion pendant que les serviteurs de Lord Lefford s'occupaient de restaurer l'escorte de Gerold. Les deux seigneurs de Castral Roc ne furent pas en reste puisque leur fut apporté, pain, fromage et vin qu'ils partagèrent de bon cœur, comme ils l'auraient fait dans la bibliothèque du Lion durant ces nuits où l'un comme l'autre l'esprit trop plein de responsabilités, ils ne parvenaient à trouver le sommeil. Alors que son jeune frère lui exposait sa vision des évènements récents, Tybolt ne pouvait s'empêcher de se dire qu'il s'agissait peut être là de leur dernière nuit ainsi, simplement entre frères, les deux Lions du Roc débattant à l'excès de sujets aussi divers que variés. L'entrée dans le jeu de Lady Maura impliquerait très certainement une modification de ses rapports aux autres et par la même à son propre frère et principal si ce n'est seul conseiller. Lord Lannister avait toujours ressentit une admiration particulière pour son jeune frère. Souvent il avait même pensé à raison selon lui qu'il était véritablement le Lannister qu'il fallait craindre. A la différence de Tybolt, qui se laissait souvent submerger par son tempérament, Gerold était impassible, il semblait porter continuellement un masque cachant à l’œil non exercé la teneur de ses sentiments et pensées. Du reste même après toute une vie passée à ses cotés, il y avait encore nombre de fois où Tybolt lui même ne pouvait dire ce qui se tramait dans l'esprit de son frère. Là où le seigneur suzerain privilégiait la franchise et les actes, Gerold était capable d'un esprit retors et de manipulations sur plusieurs mois voir années afin de mener à bien un projet. Ils formaient à eux deux la véritable force de la maison Lannister, le Lion rugissant annonçant aux vues et sus de tous sa volonté de domination et celui tapis dans l'ombre capable de s'approcher jusqu'à ce qu'il soit trop tard pour que la proie puisse avoir la moindre chance de s'échapper.

Dès le lendemain de son arrivée, Gerold prit par à la signature du contrat entre les maisons Lannister et Arryn, pas en tant que partie prenante bien entendu mais en qualité de témoin. Ainsi il était dorénavant lui aussi garant des engagements pris entre les deux futurs époux. Il ne cilla pas plus que ça devant les concessions acceptées par son frère ni même devant la mention du manoir de leur mère comme passant sous la tutelle de Lady Maura pour à terme en devenir la propriété. Il connaissait la valeur de ce mariage et de cette alliance, hors des murs ne restaient que des murs qu'importe qu'ils aient appartenu à la Dame du Roc, qu'elle les ait choyé et fait de ce lieu une résidence comme on en voyait peu en Westeros. Il avait du reste confiance en Lady Maura pour qu'elle sache voir dans ce geste l'engagement de son seigneur de frère ainsi que sur le respect de la jeune femme pour l’œuvre de sa défunte mère. Les évènements s'accélérèrent une fois les formalités accomplies et très vite Tybolt voulu rejoindre Castral Roc en compagnie de l'actuelle Dame du Val et future Dame du Roc. Gerold quant à lui décida de rester encore quelques heures à la Dent d'Or afin de s'assurer que leur oncle reçoive son dû, sans compter qu'il espérait que Tybolt mette à profit ce temps pour apprendre à mieux connaitre la jeune femme et se faire apprécier d'elle. Car autant le jeune homme avait pu voir dans le regard de son frère l'intérêt franc et sincère qu'il éprouvait pour la Dame du Val, sans compter que la signature de ce contrat en ces lieux en disait plus long que beaucoup auraient pu le penser, autant il lui avait été difficile de cerner le point de vue de cette dernière envers le seigneur de l'Ouest.

Le retour vers le Roc se fit sous l'escorte de la Garde du Lion, ces chevaliers triés sur le volet parmi les plus fines lames de L'ouest. Du reste des poste de garde et des vigies placées à intervalles réguliers le long de la route assuraient une sécurité suffisante à ce convoi d'exception. Ainsi Tybolt pu se permettre de laisser son esprit vagabonder à sa guise et revoir par le menu les différentes propositions apportées par Gerold lors de leur entretien nocturne. De fait l'idée de faire installer des pieux de quinze pieds de long en partie immergés dans les zones propices à un débarquement fer-nés lui parut plus intéressante encore qu'il ne fut pas certain de l'efficacité d'un tel procédé. Mais bien vite son esprit le ramena a des préoccupations beaucoup plus immédiates et il fallait bien le dire, beaucoup plus attrayantes. Le jeune Lord avait véritablement envie de réussir ce nouvel essai avec Lady Maura, faire de cette nouvelle visite une vraie réussite. Aussi pensa-t-il que la meilleure manière de procéder serait de faire partager à la jeune femme sa vision du Roc, lui montrer les endroits qu'il y préférait et bien entendu lui en faire partager les secrets. Très peu étaient ceux qui pouvaient se targuer de connaitre véritablement la citadelle Lannister, la connaitre complètement s'entend. Les geôles troglodytes où les prisonniers ne pouvaient tenir que debout étaient bien entendues connues de tous à travers les terres de l'Ouest mais qui pouvait dire connaitre les véritables secrets du Roc ? Ses couloirs dissimulés, ses murs creux ainsi que l'ingénieux système de réverbération du son permettant à des oreilles bien placées d'entendre tout ce qu'il se disait dans une pièce au dessus du passage secret où leur propriétaire était dissimulé. Mais plus que tout le véritable trésor du Roc demeurait dans une salle dont l'existence échappait à la plupart, un lieu de recueillement et de quiétude, la salle du bassin. Résultat de la combinaison entre un miracle de la nature et le génie humain.

L'accueil qui fut réserver au couple suzerain rivalisait avec celui qui avait été fait à la jeune lady lors de son premier voyage dans l'Ouest, tout le personnel de la citadelle avait été regroupé dans la grand cour et chacun, volontairement ou fortement encouragé avait voulu apporter sa marque de respect aux deux jeunes gens. Tybolt avait transmis l'ordre via le message adressé à son frère que des chambres soient préparé pour Lady Arryn et sa suite. Un regard échangé avec l'intendante du Roc lui confirma que tout avait été fait selon ses désirs. Un nouveau regard plus insistant confirma cette fois que la sculpture qu'il avait commandé à l'effigie du symbole des Arryn avait été installé comme prévu dans la chambre dédiée, pour le moment, à Lady Maura. Tybolt avait passé cette commande peu de temps après avoir prit contacte avec Lord Jasper, cette dernière représentait le faucon Arryn toute aile dehors et devait servir à orner le la traverse du lit à baldaquins de la jeune femme. Il ne s'agissait là que d'un acte somme toute peu impressionnant mais Tybolt espérait qu'il serait reçut comme la marque d'attention et de considération qu'il signifiait réellement. Mettant pied à terre le premier et laissant au palefrenier du Roc le soin de s'occuper d'Antares, le jeune Lion vînt lui même cette fois, conscient d'avoir raté l'occasion lors de leur arrivée à la Dent d'Or, pour aider la jeune femme à démonter.


Ma Dame... si vous voulez bien me permettre.


Conscient qu'une collation les attendait sur la grande terrasse comme de coutume, le jeune Lord ressentait une certaine impatience toute juvénile à l'idée de faire partager son univers à celle qui partagera son existence et ainsi peut être conjurer le sort de leur première rencontre.


Dernière édition par Tybolt Lannister le Sam 10 Déc 2011 - 2:50, édité 1 fois
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Message Mer 9 Nov 2011 - 21:26

Après leur longue et intéressant discussion qui s'était prolongée fort tard dans la nuit, Maura n'eût finalement que peu d'occasions d'apercevoir Lord Lannister pour la simple et bonne raison qu'elle bouda presque le château de la Dent d'or pour passer la majorité de son temps auprès de ses troupes campant dans les plaines au pied de la forteresse. Les armées en déplacement demandaient bien souvent un soin tout particulier et une attention accrue pour éviter qu'il n'y ait aucun débordement dans les rangs des hommes d'armes. Chaque journée, après de multiples inspections qui commençaient à la faire craindre par leur caractère insoupçonné, elle tenait un conseil rassemblant les principaux chefs militaires qui composaient l'ost du Val au premier rang desquels Lord Royce, Lord Rougefort ainsi que Lord Corbray. Passés les premiers haussements de voix, ils en étaient arrivés à une ligne de conduite collective cohérente qui ne bougerait plus et ferait la part belle aux commandements des natifs du Val dans la défense de l'Ouest.

Dans cet état d'esprit quelque peu séditieux, elle accueillit pourtant plus qu'aimablement son futur beau-frère qui, nota-t-elle avec amusement, avait quasiment son âge. Il lui fallut également composer avec le sourire matois de l'héritier présomptif de Castral Roc qui voyait sans doute dans la signature du contrat de mariage le résultat de tant d'efforts diplomatiques qu'il s'était dépensé à produire pour conclure l'alliance. Malgré l'importance de l'événement pour sa vie future et les émotions diverses que faisaient naître la proximité de Tybolt qui se tenait près d'elle, la main ferme de la Régente du Val ne trembla pas quand elle traça les lettres de sa signature. De son côté, la jeune femme ne se rendait même pas compte des importantes concessions que lui avaient fait les Lannister, elle les jugeait tout simplement normales au vu de sa qualité et de sa naissance. De toutes façons, au vu de la coquette somme qui lui était allouée comme rente, elle n'aurait aucun problème pour renforcer les défenses de son douaire si elle découvrait qu'elles péchaient quelque part. Il s'agirait avant tout de renforcer sa position.

Leur départ conjoint avait sonné une dernière réunion des Lords autour de leur dame et le commandement avait été laissé à Lord Royce jusqu'à la tenue du mariage. Elle avait eu la désagréable nouvelle d'apprendre que leur sécurité serait assurée par la Garde du Lion sans qu'il lui était même demandé si la mesure lui convenait. Certes, Lord Lannister avait également le droit de jouir de la sécurité de ses hommes mais la jeune femme n'appréciait guère la présence de ces hommes au faciès ravagé même si leurs prouesses maintes fois vantées leur rendaient mérite. Les chevaliers du Val entouraient de fait leur dame, sœur de leur suzerain, sans avoir l'air disposé à céder un pouce de place aux gardes du corps Lannister et sans, qu'en aucune façon, Maura n'ait eu l'amabilité ou la politesse de leur proposer de s'éloigner. Elle les gardait près d'elle. Sans doute était-ce de la peur ? Ou plutôt une façon de conserver un semblant d'identité au milieu de cortège dédié au Lion.

Toutefois, elle fit l'effort - car cela en était un - de s'intéresser à ce que lui expliquait gentiment Lord Tybolt. Assez étrangement, du moins selon elle, il semblait avoir effectué un virage à 180° depuis leur première rencontre et semblait se plier à la nécessité - pourtant assez fumeuse - de la séduire avant de la faire sienne. Chose étrange puisque son pucelage lui était désormais acquis par contrat contre un douaire plus que conséquent. L'accueil de la forteresse troglodyte fut en tous cas à la hauteur de ce qu'il avait déjà été lors de sa première visite mais son ressenti ne fut pas du tout le même. Ce qu'elle avait la première fois survolé rapidement pour ne s'occuper que des Lannister devait devenir une de ses futures priorités. Ce personnel serait le sien et elle le dirigerait. Elle nota les regards insistants de Tybolt à son intendante et sourit de son côté. Elle voyait mal son frère s'en faire autant pour le ménagement des Eyrié et espérait vraiment que Maeve serait capable de prendre sa place pour gérer le ballet des servantes à la perfection.

Elle s'apprêtait à descendre avec l'aide de ser Tommen quand le Lannister grilla la priorité à ce dernier pour venir lui tendre la main. Il y eût une seconde de flottement, comme si Maura se demandait ce qu'il était en train de faire, puis elle la lui tendit avec un sourire silencieux mais légèrement pensif. Le geste la choquait. Pas nécessairement dans le mauvais sens mais il la troublait. Il lui rappelait une sorte de fâcheuse perte d'autonomie. D'ordinaire, ses hommes-liges s'en chargeaient et y voyaient un grand honneur mais la perspective d'être servie ainsi par son futur époux était différente. Ce serait un geste quotidien, charmeur certes, mais quotidien. Comme si elle n'aurait pu démonter sans lui. Elle était sûr et certaine qu'elle aurait dû le trouver galant, bien élevé, le parangon du parfait chevalier, mais elle ne pouvait s'empêcher de craindre la portée de ces gestes si elle les laissait advenir trop souvent. Sans doute y serait-elle obligée.


"Excusez-moi, Messire, j'avais l'esprit ailleurs..."

Ils pénétrèrent dans la vieille bâtisse de concert et elle sentait de désagréables frissons lui parcourir la nuque. Elle n'avait jamais connu le mal du pays mais elle était certaine qu'elle commencerait bientôt à l'expérimenter. Pourtant, Castral Roc était une résidence charmante, différente de celles du Val certes, mais bien décorée, mystérieuse et glorieuse. Mais l'on était loin de l'élégance presque gracile des sept tours du château des Arryn, forteresse inexpugnable où sa lignée avait toujours été en sécurité. Ils finirent par gagner l'habituelle terrasse où les attendait une collation pour les aider à se remettre des duretés du voyage. Sans y penser, la jeune femme s'installa à la place de l'invité et commença à boire un bol de tisane rafraîchissante pour chasser l'impression d'avoir ingurgité la poussière que soulevaient les sabots des montures tout en cheminant en cortège. Elle désaltéra ainsi sa gorge sèche avant de jeter un coup d'œil autour d'eux. Ses femmes l'avaient quitté pour aller installer et préparer le logement de leur dame.

"Je ne pensais pas que nous mettrions si peu de temps à régler toutes ces histoires de contrat et à faire le voyage jusqu'ici. Je vous avoue que j'étais presque impatiente finalement...Juste l'idée de ne pas avoir à repartir avant plusieurs jours suffirait à me combler. Vous savez, c'est presque amusant, j'ai l'impression de simplement revenir de voyage tant l'accueil m'a semblé le même que lors de ma première visite. Je crois même avoir repéré une nouvelle tête..." ajouta-t-elle en plaisantant avant de s'étirer douloureusement pour faire passer une courbature née d'une trop longue station assise sur son hongre.

Elle se tut quelques secondes. La situation lui semblait à vrai dire assez étrange. De futurs mariés n'auraient pas cohabité ainsi, ils auraient été pris dans le tourbillon de la préparation des noces, séparés par leurs suites, prêts à recevoir cadeaux et invités. Pour faire passer ce sentiment de gêne, elle se leva brusquement et alla s'appuyer jusqu'à la rambarde qui dominait la mer. La sécurité des montagnes lui manquait remarqua-t-elle brusquement.


"Je n'avais jamais remarqué à quel point cela pouvait être immense, cela en est presque effrayant. Tout manque tellement de hauteur, j'ai l'impression qu'en cas de tempête les vagues monteront jusqu'ici. Je pensais que je ne ferais que voir les différences, pas les ressentir aussi...puissamment." déclara-t-elle avec un étonnement non feint.

Effectivement, pour la jeune femme habituée à dominer son domaine depuis son nid d'aigles, la forteresse du Roc, si haute soit-elle pour les autochtones, n'était finalement qu'un petit fortin dont elle avait l'impression qu'il serait noyé à la première bourrasque. Elle chassa ses pensées inopportunes d'un geste de la main avant de sourire à Lord Lannister.


"Enfin, ce n'est pas très important. Maintenant que nous sommes chez vous, que se passe-t-il ?"
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Message Jeu 17 Nov 2011 - 9:27

Conscient du caractère très particulier de leur situation, Tybolt laissa Lady Maura agir à sa guise et ne fit pour sa part qu'observer cette dernière en l'accompagnant jusqu'à la terrasse. S'autorisant une coupe de vin, il écouta avec attention la jeune femme. Sa première remarque sur l'économie de temps le fit sourire, il était certain qu'au vue de leurs premiers échanges peu auraient parié sur un accord rapide et sans heurts mais le seigneur de l'Ouest avait fait en sorte que cela soit et cela avait été. Il apprécia tout autant si ce n'était plus encore le fait que la jeune Lady Maura se considère comme simplement de retour de voyage, les efforts avaient été grands au niveau de l'organisation pour que la chose semble le plus naturelle possible, et encore n'avait-elle pas vu les installations qui avaient été faites expressément pour elle dans ses propres appartements. Cette situation aussi nouvelle soit-elle paraissait au jeune Lion on ne peut plus naturelle pourtant. Se retrouver ainsi à profiter de l'air frai marin tout en discutant avec Lady Maura avait quelque chose d'écrit, de simple et agréable. Il en avait longuement discuté avec Gerold néanmoins, inquiet qu'il était face à ce tournant dans son existence. S'il n'avait aucun doute sur le talent et la compétence de la jeune Lady pour devenir la nouvelle Dame du Roc, l'idée de passer le restant de sa vie avec cette femme, aussi séduisante soit-elle réveillait chez lui une angoisse dont il ne s'était pas cru capable. Il fallut que son jeune frère et conseiller lui rappel qu'un jour aussi leur mère et le Lion Gris avaient été dans la même situation, hors cela n'avait pas empêché le couple de vivre avec bonheur durant des années, de partager plus que n'importe qui d'autre et de voir un véritable lien se créer entre eux, un lien certainement plus fort et durable que celui qui unit deux cœurs enflammés par le désir. Leur union aurait des fondations beaucoup plus stables et pérennes lui avait alors dit Gerold aidant ainsi son seigneur de frère à voir les choses d'un œil plus serein.

Le regard de Tybolt fut tout naturellement attiré par les formes de la jeune femme lorsque celle-ci s'étira, Gerold n'avait pas tort, le jeune Lion pourrait fort bien s’accommoder d'une telle présence à ses cotés, il esquissa un sourire dissimulé derrière sa coupe alors qu'il allait boire. Sourire qui se transforma naturellement en léger rire en entendant les inquiétudes toutes montagnardes de la jeune femme quant à la possibilité de voir les vagues submerger le Roc. Quand bien même Lord Lannister ne voulait absolument pas se moquer de la naïveté touchante de la Dame du Val, il ne pouvait néanmoins qu'être amusé par une telle crainte.
Il faudrait des vagues de plusieurs dizaines voir une centaine de pieds de haut pour arriver à une telle chose ma Dame, ne vous inquiétez pas. De plus si tel était le cas, nous n'aurions plus rien à craindre des Fer-Nés car ceux-ci seraient sous les eaux avec leur Dieu impie. Mais néanmoins et malgré son amusement le jeune seigneur ne put s'empêcher de remarquer une certaine nostalgie de sa terre natale chez sa future épouse. Il espérait bien entendu que les différentes dispositions prises pour lui faciliter la vie à Castral Roc adoucirait la transition. Que ce soit le faucon sculpté avec force détails ornant la tête du lit de la future Dame du Roc ou encore les différentes tentures brodées aux couleurs Arryn et décors du Val, dans les couloirs attenants aux dits appartements. Mais en attendant que la jeune femme ne découvre toutes ces petites choses, il ne savait pas véritablement comment agir pour apporter un peu de repos à l'esprit de Lady Arryn. Il s'en voulu presque pour le coup de s'être moqué de ses craintes concernant les vagues venues du large.

Cependant Lady Maura lui en fournit l'occasion, sans même peut être s'en rendre compte. Adossé qu'il était dans son fauteuil, il répondit avec un large sourire à celui de la jeune femme. Son sourire sincère était de nouveau amusé mais plus désormais par sa future épouse, mais bel et bien par l'idée qu'il avait en tête. Il se leva donc et prit la main de la jeune femme avant de l'entrainer à sa suite.
Il est temps que je vous ouvre les portes du Roc tel que je le connais, voilà ce qu'il se passe désormais. Le jeune homme était d'une bonne humeur peu commune depuis quelque temps chez lui, ses soucis concernant le ravitaillement des hommes et femmes de l'Ouest, la construction de sa flotte du Lion et les rixes Fer-Nées ne lui avaient jamais paru aussi lointains. Il commença par faire pivoter un vaisselier sur des gonds invisibles avant d'entrainer Lady Maura dans les arcanes du Roc. Ils se retrouvèrent entre les murs de la citadelle, le plus littéralement du monde. Chaque salle de la place forte dissimulant derrière les lourdes pierres de ses murs un corridor assez large pour ne permettre aucun croisement. Chemin faisant il expliquait, le sourire toujours aux lèvres, à sa complice d'un instant l'intérêt de telles installations, dévoilant à cette dernière le véritable visage de l'austère forteresse Lannister. Même s'il n'en avait pas parfaitement conscience sur le moment, Tybolt retrouvait durant ce moment l'innocence de sa jeunesse, l'insouciance d'une vie où il n'aurait pas eu le destin de millier de personnes à assurer et une guerre à mener et gagner. En passant dans le couloir derrière les murs de la cuisine principale du Roc, il s'arrêtèrent sous son impulsion et le jeune homme indiqua à Lady Maura la petite ouverture au niveau de la jointure entre le plafond et le mur, celle-ci servant entre autres chose à écouter ce qu'il se disait dans les pièces attenantes au corridor secret. Ils purent ainsi profiter des complaintes du cuisinier du Roc sur la difficulté de faire parvenir jusque dans l'Ouest des mets typiques des montagnes du Val et l'ennui qu'il avait à les cuisiner. Tybolt écourta cependant leur espionnage pour ne pas que le pauvre homme vienne à se plaindre trop avant des traditions du Val et ne froisse la jeune Lady et future Dame du Roc, il appréciait beaucoup le cuisinier et aurait rechigné à devoir le faire punir pour des mots peu opportuns.

Leur "périple" dura plusieurs dizaines de minutes, le jeune seigneur les faisant entrer d'un coté puis sortir d'un autre en traversant des salles où personne ne les aurait espéré. Écoutant de temps à autres une conversation, qui d'une servante se faisant courtiser avec insistance par un garde, qui de Gerold chantonnant d'une voix de crécelle en se rendant aux latrines. Mais bien que tout cela semble en quelque sorte complètement exécuté sans but aucun, si ce n'était l'amusement et permettre à la jeune femme de se changer les idées pour ne plus penser simplement à son nouvel isolement loin des siens et de sa terre natale. Tybolt, en réalité, les menait vers une pièce qui, il l'espérait, plairait à Lady Maura. Ainsi il firent irruption dans un couloir passant sous la grand cour du Roc et menant vers la salle la plus cher au cœur du jeune Lion. Ils s'étaient certes amusés durant ce petit aparté dans leur vie de nobles suzerains, mais désormais il voulait véritablement montrer à la jeune femme quelque chose qu'elle pourrait aimer dans ce Roc si différent de ses montagnes. Lorsqu'ils s'arrêtèrent devant la porte en question, Tybolt observa un instant la Dame du Val, se disant que ses craintes avaient été peut être aussi peu fondées que celles de cette dernières concernant les vagues submergeant la citadelle. Il ouvrit alors et invita Maura à entrer dans la salle. La salle du bassin comptait près de trente pieds de coté, éclairé par des torches fixées à chacune des seize colonnes entourant le bassin creusé à même la roche et alimenté par une source souterraine. Pas d'or en ces lieux ni même de faste, juste la beauté naturelle d'une petite merveille de la nature, une eau sans cesse renouvelée et un calme menant à l'apaisement.
Laissez moi, ma Dame, vous offrir le véritable trésor de Castral Roc... Conscient qu'ils n'avaient que peu de temps désormais avant que les domestiques de la jeune femme ne se mettent à sa recherche pour la préparer et que Gerold, une fois sa commission terminée n'en fasse de même avec lui Tybolt n'en demeurait pas moins satisfait de son initiative. Au moins Lady Maura ne semblait pas avoir trop pensé au Val ni ne s'était sentie comme une étrangère durant ces quelques moments volés à leurs obligations respectives.
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Message Sam 19 Nov 2011 - 15:24

L’amusement perceptible de Lord Lannister amena un nouveau sourire, plus large et plus naturel, sur le visage de la jeune femme qui ne sembla pas prendre ombrage du caractère légèrement moqueur de ce rire tout à trac. Hors des occasions officielles ou des discussions tendues, la jeune femme n’était pas particulièrement fière ou prompte à s’agacer de la moindre plaisanterie. D’autant plus que le beau temps, la chaleur tempérée par les embruns, rendaient agréable la compagnie du suzerain de l’Ouest. Au-delà même de ce qu’elle aurait imaginé. Elle devait avouer et porter au crédit de Lord Tybolt qu’il y mettait du sien. Bien plus qu’elle-même par ailleurs. Sans doute s’était-il décidé à rendre les débuts de leur cohabitation aussi plaisants que possible. Et elle devait lui reconnaître qu’il y réussissait sans peine et qu’elle le découvrait bien plus charmant qu’il ne l’avait jamais été en sa présence. Peut-être était-ce la soulagement d’avoir conclu le barguignage qui les avait vu s’opposer ? Ou simplement était-il heureux et fier de ramener sa fiancée et future épouse entre les murs de sa demeure ? Dans ce cas, elle l’était aussi et considérait cela comme un présage plaisant pour l’avenir. Il prit même sur lui de rassurer des craintes qui n’étaient pourtant que toutes de rhétorique. C’était aimable mais insuffisant à calmer le trouble de la jeune femme face à ces immenses étendues d’eau. D’une part, elle n’aimait pas la mer, n’avait absolument pas le pied marin, de l’autre, l’absence de montagnes, le fait que les demeures ne soient pas encaissées entre des pics rocheux faisait naître en elle le fâcheux sentiment d’être prise à découvert, comme nue face au reste du monde.

Certes, Castral Roc était une position défensive de premier choix, elle pouvait bien le voir étant suffisamment au fait des constructions militaires pour cela. Adossée à la mer, la forteresse n’était atteignable que par la voie terrestre et suffisamment trapue pour soutenir un siège des plus longs si les réserves étaient suffisantes. De même, ses fondations à même la roche empêchaient tout travail de sape constructif. Mais, encore une fois, sans la hauteur rassurante de ses montagnes, elle ne pouvait s’empêcher de voir en ces étendues de ressentir un curieux sentiment de crainte. Pourtant, elle était bien loin de craindre pour sa future vie maritale. Elle s’adapterait, elle le savait. Elle était confiante en ses capacités et saurait se faire accepter ou s’imposer. Peu lui importait d’être aimée par ses gens du moment que le travail était fait et qu’ils la respectaient. Sinon, elle saurait bien faire couper quelques doigts ou jeter dehors quelques servantes pour que chacun en vienne à un sentiment d’obéissance soumis et donc plaisant pour elle. Tybolt ne serait pas non plus un problème, elle le sentait. Bien sûr, il restait l’épineuse question du commandement de l’ost Arryn. Sans doute verrait-il d’un mauvais œil qu’elle s’y implique à corps perdu mais, encore une fois, elle saurait bien le mettre dans les meilleures dispositions devant le fait accompli. Chassant ses interrogations de ses pensées, elle en revînt au sourire qui retroussait les lèvres au demeurant pleines et charmantes


 « Je suppose que vous avez raison. Je manque d’habitude tout simplement, cela viendra rapidement. Quant aux Fer-nés, le Roc est-il seulement exposé à une attaque ? Enfin qu’ils viennent fouiner par ici sans doute mais risquerions-nous de nous réveiller avec des sauvages dans la cour ? Ils seraient fous d’essayer de s’attaquer à une telle forteresse. » remarqua-t-elle simplement restant absolument pragmatique face à ce qui lui disait Tybolt. Non pas qu’elle imagine une attaque des Fer-nés mais elle se demandait tout simplement qu’elles étaient les capacités défensives du Roc. Elle n’avait jamais entendu que la forteresse ait pu être prise autrement que par le stratagème de Lann le Rusé mais, en tout état de cause, elle n’était pas vraiment certaine de la qualité de ses références. L’Ouest et Castral Roc avaient tellement été éloignés de ses préoccupations immédiates. Mais, plutôt que de s’appesantir sur une éventuelle nostalgie du pays, elle préférait s’intéresser à ce que serait sa nouvelle vie et son nouvel environnement. Et, la prenant au mot sans vraiment le savoir, il se leva pour la rejoindre et lui prendre la main. Le geste l’étonna, il était tellement enfantin finalement, comme si il souhaitait vers ses jeux d’enfant mais elle ne le repoussa pas en invoquant une quelconque règle de bienséance. Seuls comme ils l’étaient, elle s’en moquait éperdument d’autant plus qu’elle appréciait le côté léger de cet aparté entre futurs époux et la chaleur de la main du Lannister contre la sienne. Elle lui trouvait les mains dures mais réconfortantes, complètement à l’opposé de ses siennes blanches, fines et douces. Son regard était attiré par cette main de guerrier qu’elle caressa distraitement en l’étudiant du regard. Elle lui trouvait quelque chose de rassurant et d’incroyablement excitant. L’image fugace mais sensuelle de cette main calleuse sur sa poitrine lui apparut brièvement la troublant encore un peu plus. Cette soudaine proximité physique lui était complètement étrangère et l’ouvrait à des horizons de désirs inavoués et inassouvis.

Toutefois, elle devait se concentrer sur l’instant et non bailler aux corneilles en imaginant un futur proche et surtout bien réel. Lui faire découvrir le Roc tel qu’il le connaissait. Perspective amusante mais un peu étrange pour un homme de vingt-six ans en charge d’un fief si important pour Westeros. Qu’allait-il lui montrer ? La salle des coffres qu’elle n’avait jamais vu ? Ses appartements privés ? L’idée même d’être introduite si rapidement dans la chambre du seigneur de Castral Roc la glaça subitement après son fantasme subit. Ici, elle était à sa merci même si elle l’avait elle-même souhaité. Elle inspira profondément tout en se forçant à se rappeler qu’il était un chevalier armé, tout comme son frère, et qu’il avait prêté serment devant les Sept. En plus, elle en était sûre, il ne lui serait jamais venu à l’esprit de déshonorer son épouse. Elle le suivit donc à l’intérieur jusqu’à un meuble où elle s’arrêta avec lui un peu étonnée avant de lui lancer un regard interrogateur. Il ne lui fit aucune réponse si ce n’est de pousser une pièce de bois qui fit pivoter l’énorme vaisselier révélant les profondeurs de la forteresse du Roc. L’obscurité et les ombres semblaient les seules choses visibles depuis l’endroit où elle se tenait. Malgré la pression de la main de Tybolt sur la sienne, elle hésita à nouveau quelques secondes apeurée par l’idée d’être ainsi avalée par l’immense masse de roches que formait la forteresse. Pourtant, c’était à peu près le principes des salles basses des Eyrié finit-elle pas se dire pour se convaincre d’avancer.

Toutefois, elle se rapprocha rapidement du jeune homme serrant sa main un peu plus fort essayant de rechercher une quelconque assurance à son contact. Lui savait où il allait et était désireux de lui faire découvrir quelque chose qui restait sans doute caché au commun des mortels qui vaquaient à leurs occupations au cœur de la forteresse troglodyte. Elle se devait donc de le suivre et de le laisser mener le navire pendant cette visite laissant de côté ses appréhensions personnelles quant à la sensation étrange d’étouffement qu’elle subissait. Cela lui passerait certainement dans quelques minutes tout comme cette impression de ne plus être maîtresse de ses propres faits et gestes. Il fallait qu’elle apprenne à s’en remettre à lui autant que faire se pourrait. Bientôt, ils seraient unis devant les Sept et Tybolt serait le garant de son bien-être. Elle porterait ses fils, partagerait sa couche, ses peurs et ses joies. Plus loin que le Lannister, le représentant d’une autre famille que la sienne, elle devait apprendre à découvrir l’époux et l’homme et surtout lui permettre de s’occuper d’elle. Lui faire confiance en somme. Le goulot somme toute étroit les rapprochait et elle se serra plus d’une fois contre sa large poitrine pour pouvoir emprunter un passage étroit. D’ailleurs, il avait sans doute remarqué qu’elle s’accrochait désormais à sa main si fort qu’elle allait lui laisser la trace de ses ongles sur la peau. Il ne fallait pas être grand clerc pour comprendre qu’elle n’était pas très à l’aise en parcourant ces conduits bas de plafond taillés directement dans la roche. Pourtant, malgré son inquiétude première, elle écoutait attentivement ce qu’il lui expliquait sur l’intérêt de ces passages, posant elle-même des questions. Au ton de sa voix, elle avait compris qu’il expérimentait un brusque retour en arrière. Ses intonations étaient même plus douces que celle dont elle avait eu l’habitude, elles s’étaient éloignés du ton directif du Lord suzerain et elle avait le plaisant sentiment d’être aux côtés d’un simple jeune homme prenant plaisir à faire découvrir un environnement nouveau à sa fiancée. Sans doute redécouvrait-il également le plaisir de n’être qu’un simple et preux chevalier menant sa Dame.

Lorsqu’il marqua -enfin- un arrêt, il lui proposa de se baisser avec lui vers une petite ouverture proche du sol qui semblait donner sur l’intérieur d’une pièce. La cuisine. La jeune femme fit la moue mais découvrit vite l’intérêt du dispositif même si la soudaine proximité du visage de son promis l’invitait à d’autres pensées plus subjectives et bien loin de la pose et du décorum attendus de la dame du Val et de la Montagne. Un bref sourire naquit sur ses lèvres alors qu’elle écoutait les plaintes du cuisinier sur la cuisine des montagnes si difficile à reproduire pour quelqu’un habitué à préparer des mets des mines de l’Ouest. Elle se demandait d’ailleurs ce qu’ils mangeaient. Elle se souvenait avoir goûté des poissons différents lors de son dernier passage un peu rapide à Castral Roc. Ils n’en mangeaient pour ainsi dire jamais aux Eyrié à part quelques truites de torrent fumées mais rien de ne provenant de la mer - le transport étant trop long pour un condiment que l’on mangeait très frais - à part quelques produits horriblement salés pour la conservation. A l’Est de la Porte Sanglante, les repas étaient faits de gibier, de ragoûts et rôtis de chèvres préparés de mille et unes façons et des légumes de Val d’Arryn que tous les serfs récoltaient dans leurs fermes. Elle réprima une violente envie de rire derrière la paume de sa main libre - elle n’avait pas lâché celle du Lannister - alors que les imprécations continuaient. Elle comprenait finalement sa petite sœur qui n’aimait rien tant que d’espionner le petit personnel, c’était amusant et rafraîchissant, bien qu’en règle générale, Maura n’ait aucun intérêt à savoir ce que l’on pensait d’elle et ne condescendait jamais à faire selon l’opinion générale. Elle était une Arryn, personne ne lui disait ce qu’elle devait être, elle expliquait aux autres comment ils devaient la voir.

Certainement gêné par l’attitude de son cuisinier qui n’augurait pas vraiment bien des futurs rapports de la dame du Roc avec les cuisines, Tybolt l’entraina rapidement vers d’autres couloirs et la jeune femme se laissa à rire toute seule en le suivant prenant tout de même garde à ce que leurs deux mains ne se séparent en aucune façon. Si le personnage public de la dame des Eyrié était fier à l’excès, elle s’amusait vraiment de constater à quel point les réactions humaines de leurs serviteurs étaient humaines et drôles. Elle se rapprocha de Tybolt et, glissant ses lèvres jusqu’à son oreille, lui parla dans un souffle en prenant garde de ne pas trop élever la voix. Elle ne savait pas encore jusqu’à quel point il était loisible de s’exprimer à voix haute dans ces passages secrets.


 « Vous lui direz de ma part que ce n’est pas la peine qu’il se mette en quatre pour me plaire. De temps à autre, pourquoi pas un peu de cuisine de l’Est mais la future dame de Castral Roc doit aussi apprendre à apprécier les mets de sa région d’adoption. » murmura-t-elle rapidement avant d’ajouter :  « Merci, Tybolt. »

Vu l’atmosphère relâchée et l’attitude presque innocente du jeune homme, elle résista même à l’impulsion de lui donner un rapide baiser amical sur la joue. A coup sûr, il serait choqué qu’elle prenne une telle liberté et elle ne voulait pas qu’il la voit pour ce qu’elle n’était pas : une tête folle. Toujours main dans la main, ou plutôt Maura agrippé à celle de Tybolt, ils continuèrent leur chemin. Un peu honteuse à l’idée de ne pas le lâcher, la jeune femme ne pouvait de toutes façons pas faire autrement craignant évidemment de se perdre dans le réseau sans pouvoir réussir à trouver une quelconque porte de sortie. Aussi conservait-elle la main du jeune homme enfermée dans la sienne tel le fil d’Ariana. Alors qu’ils s’arrêtaient à nouveau, elle ne put s’empêcher de rougir en écoutant les propos d’un garde cherchant à pastisser les arrières d’une servante. L’on était cette fois bien loin des courtoisies des nobles et des chevaliers. Un peu trop pour la délicatesse de la dame sans aucun doute. D’autant plus d’une dame pieuse comme l’était Maura Arryn. Un peu plus loin, ils découvrirent un Gerold sans doute mélomane à ses heures qui se rendaient aux latrines. Cette fois, pour s’empêcher de rire aux éclats, elle dut se mordre fortement les lèvres tandis que les larmes lui montaient aux yeux. Heureusement, ils laissèrent bien vite le cadet Lannister à sa commission pour continuer leur périple. Quand ils débouchèrent dans une salle tout à fait différente, l’hilarité de Maura n’avait toujours pas cessé tellement la situation cocasse d’un Lannister à ses petites affaires l’avait amusé. Elle avait même failli demander à son promis si la rumeur était vrai et si les lions chiaient vraiment des dragons d’or. Elle n’avait toutefois pas osé, du moins pas encore, elle restait une étrangère entre ses murs et ne voulait pas blesser le jeune homme qui s’était mis en quatre pour lui plaire et lui faire découvrir son univers et son château.

Cependant, la salle du Bassin impressionna réellement la jeune fille dont le rire mourut lentement alors qu’elle admirait les proportions de l’immense vasque où ruisselait l’eau de source. Elle lâcha finalement la main de son fiancé pour s’approcher du bassin et se baissa lentement pour caresser l’onde de sa main. L’eau était fraîche, ce qui n’était pas étonnant, et cela ne la dérangeait pas. Les bains dans les torrents glacés n’étaient pas des choses inconnues dans les montagnes même pour une jeune femme de son rang.


 « Saisissant…C’est vraiment magnifique, Tybolt. Je ne pensais pas qu’il pouvait y avoir une salle de ce type dans les profondeurs d’une forteresse comme le Roc. Vous vous baignez ici ou vous la gardez intacte pour impressionner toutes les jeunes filles à qui vous la faîtes découvrir ? »

Si la première partie de la phrase avait été réellement admirative, la fin était un peu plus moqueusse. Maura n’était pas bégueule et se doutait bien que Lord Lannister devait bien assouvir ses envies autrement que dans la prière. Les hommes étaient ainsi. Ils restèrent encore quelques minutes pour laisser la jeune femme admirer et découvrir la salle sous toutes ses coutures avant de regagner les couloirs « normaux » du Roc après qu’elle eût affirmé qu’elle était impatiente de profiter des plaisirs de la fameuse salle du Bassin. Ils conversèrent encore quelques minutes beaucoup plus plaisamment qu’ils ne l’avaient jamais fait jusqu’à lors. Après avoir chaudement remercié Tybolt pour la visite d’un ton absolument enthousiaste et presque juvénile, elle lui donna sa main à baiser éprouvant un étrange frisson en sentant les mâles lèvres effleurer quelques instants de trop le dos de sa main.

Enfin, menée par un serviteur, elle gagna les appartements mis à sa disposition. Ils étaient différents de ceux où elle avait déjà résidé et sans doute destinés à être permanents ce qui l’étonnait presque par ailleurs. Elle aurait cru, qu’après le mariage, elle partagerait la chambre de Lord Lannister au moins dans les premiers temps de leur union. Evidemment, un certain protocole s’imposait et il était souhaitable qu’elle dispose de sa propre suite de pièces réservée à son usage personnel mais l’enthousiasme de la visite secrète et de leur tête-à-tête prolongé, elle restait plongée dans une sorte de torpeur sentimentale qu’elle n’avait plus expérimenté depuis bien des années. Elle retrouva ses suivantes étonnées de sa longue absence mais ne donna aucune réponse à leurs questions se contentant de dire qu’elle avait eu à discuter de choses importantes avec lord Lannister. Et, pour ne pas répondre aux autres interrogations qu’elle sentait poindre des lèvres gonflées de paroles de sa suite, elle se coucha tout bonnement et se laissa entrainer dans une petite sieste. Il lui fallait reprendre des forces et se préparer à la soirée éprouvante qu’elle allait vivre. D’autant plus que dans le sommeil, elle oubliait ses craintes pour se laisser entrainer dans des rêves amusants où elle se baignait dans la salle du Bassin avec un cheval et des dragons rouges.

Bien plus tard, alors qu’elle s’étirait longuement sur le lit, elle remarqua enfin l’énorme sculpture à tête de faucon qui formait le montant de sa couche. Elle dut faire une drôle de tête puisque Tessa Royce s’approcha d’elle pour lui demander si quelque chose n’allait pas et se montra surprise de l’hilarité de la jeune femme qui se demandait si vraiment elle allait devoir supporter tout ce clinquant de la part des Lannister. Par les Sept, il était temps que quelqu’un leur inculque les notions élémentaires de bon goût et de sobriété. Presque immédiatement après en avoir fait la remarque, elle se tut et s’en voulut de se moquer de quelque chose qui venait apparemment d’un bon sentiment de la part d’un Tybolt qui l’étonnait de plus en plus. Aussi, après l’avoir aidé à se lever et à vêtir quelque chose de décent, sa suivante l’entraina dans d’autres pièces pour lui montrer certaines tapisseries un peu fantaisistes décrivant les montagnes, les paysages du Val et les Eyrié. Effectivement, elle se montrait un peu trop médisante alors que tout était fait pour qu’elle se sente à l’aise et bien accueillie. Toutefois, le moment n’était pas à la découverte des aménagements faits pour rendre agréable sa nouvelle vie mais bien se préparer à franchir l’étape principale qui marquerait le passage à ce nouvel état qui était celui de femme mariée. Dans quelques heures débuteraient la cérémonie proprement dite.

Et le branle-bas de combat débuta alors que des conversations naissaient partout dans la pièce ayant trait à la parure et à la vêture de la Dame. Seules les dames les plus fidèles qui avaient été mises dans le secret demeuraient auprès de la jeune fiancée. Alors qu’elle réclamait la présence du septon de la forteresse, elle découvrit avec stupeur et indignation que Castral Roc attendait le septon de Port-Lannis pour présider aux épousailles et qu’aucun soutien spirituel à demeure n’était possible. Par les Sept, entrait-elle donc dans une famille de mécréants ? Elle ? Une descendante des Andals, race célèbre pour sa foi ! Voilà bien quelque chose qui changerait et vite. Il était hors de question qu’elle ne puisse bénéficier d’un homme de foi à ses côtés, c’était tout bonnement impossible. Comment donc Tybolt Lannister et tout le reste du castel faisaient-ils pour calmer leurs consciences et leurs élans spirituels ?! Heureusement, pour la tirer de sa colère, lady Tessa l’entraina à ses ablutions afin qu’elle arrive fraîche et dispose entre les bras de Lord Tybolt. Autant dire que le récurage fut complet et bien orchestré et que tout y passa à la grande honte de Maura. Il y avait eu de longues discussions féminines sur la robe à porter et la coiffure à arborer, discussions qui auraient certainement tué d’ennui n’importe quel homme normalement constitué. Toutefois, les préparatifs allaient bon train grâce à la célérité et au coup de mains des suivantes pour qui rien n’était plus important que la perfection de leur Dame. Surtout pour un instant qui serait déterminant pour sa vie future.

Finalement, après plusieurs heures, et des discussions à n’en plus finir où Lady Royce, la plus âgée des femmes mariées et celle qui connaissait la fille de Jon Arryn depuis le plus longtemps, calma les craintes naturelles de la pucelle tout en lui prodiguant de doctes conseils quant au succès futur de sa nuit de noces et des nécessaires concessions qu’elle devrait faire au bon plaisir de Lord Lannister, Maura put enfin s’estimer prête. Entre temps, les trois Lords qui seraient témoins de la cérémonie étaient arrivés discrètement du camp de l’armée du Val et l’attendaient patiemment dans un salon attenant. Il y avait là Lord Royce qui conduirait la mariée ainsi que les Lords Rougefort et Corbray qui assisteraient à l’union et s’assurerait de la consommation du mariage entre les maisons Arryn et Lannister. Le vieux seigneur de Roche-aux-runes ne put retenir un bruit de gorge ému en voyant apparaître la jeune fille splendidement attifurée dans une virginale robe argentée brodée du faucon de la famille du Val et revêtue d’une cape azur où l’écusson au faucon brillait. Une tiare, celle de Rohanna Tyrell, brillait dans la chevelure sombre de Maura faisant ressortir ses insondables yeux gris. Après les nécessaires salutations et compliments divers, ils furent interrompu par l’arrivée de Gerold Lannister qui se soumit également à l’exercice de flatter la beauté de la promise mais dont la tâche principale était de s’assurer que la petite délégation arrive discrètement à bon port. Un léger sourire naquit sur le visage de la jeune femme, le premier depuis que les préparations avaient débuté, lorsqu’elle se rendit compte qu’il utiliserait le réseau que Tybolt lui avait fait découvrir. Sourire rapidement brouillé à l’idée que ses appartements puissent également être espionnés comme les cuisines ou les latrines. Elle trouva l’idée dérangeante. Serait-elle donc toujours soumise à la possibilité de voir ses propos les plus anodins aussitôt rapportés à son époux ? C’était là une possibilité qu’elle n’avait pas envisagé lors de la visite et dont elle n’avait même pas pensé à s’ouvrir avec son futur mari. Malgré un enthousiasme un peu douché par cette soudaine révélation, elle fit bonne figure sur le trajet répondant à voix basse aux questions des Lords du Val jusqu’à déboucher dans un couloir qui menait directement au petit septuaire de Castral Roc. A ce point, le cortège se mit naturellement en place alors que Gerold leur ouvrait le chemin : lord Royce menant lady Maura par le bras tandis que lord Rougefort accompagnait lady Eirlys Belmore et que Corbray faisait de même avec lady Royce.

Ils pénétrèrent ensemble dans la petite chapelle où les attendait le petit parti Lannister accompagné par le septon à qui la mariée commença par présenter ses respects et dont elle fut plus que payée en retour. Puis ce fut le tour de la famille Lannister et de lord Estren qui se trouvait être présent aux côtés de la promise de son cousin Tristan. Puis, seulement, elle se tourna vers Tybolt à qui elle adressa un sourire apaisé. Elle était loin de la pétulance dont elle avait fait preuve lors de leur petite heure dans l’obscurité du Roc mais arborait au contraire la prestance et l’orgueil de la dame du Val.


 «Lord Lannister. Je crois que nous sommes tous là et qu’il est temps de procéder. Enfin si cela vous est agréable. » demanda-t-elle avec une certaine assurance où pointait un désir certain d’aller de l’avant tandis qu’elle posait une main légère sur le point tendu du marié que la politique lui avait destiné.
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Message Dim 20 Nov 2011 - 17:21

C'est d'un œil appréciateur que le jeune Lion observa Lady Maura réagir en arrivant dans la salle du Bassin. Il avait voulu que cela soit le point culminant de leur escapade. Il pouvait très bien comprendre que pour une jeune femme, aussi forte soit-elle, se retrouver ainsi loin des siens et pour ainsi dire cédée à un homme dont elle ne connaissait rien pouvait être déstabilisant. Lady Maura pouvait bien avoir le caractère d'une Lionne et la fierté des Arryn, elle n'en demeurait pas moins une jeune femme de vingt ans à peine qui devait se marier pour le bien de sa famille. Toutes les femmes de la noblesse étaient certes éduquées en ce sens cela ne voulait pas dire que c'en était plus facile et sensé. Et surtout cela ne signifiait pas que Tybolt devait y voir un dû ou un acte sans signification. Il pouvait, il en avait le pouvoir et l'envie, faire en sorte que les choses se passent de manière plus douce et agréable pour celle qu'il appellerait dès ce soir sa femme. Il sourit calmement en voyant que la pièce faisait son effet sur la Dame du Val. Peut être cette pièce deviendrait-elle un refuge pour elle ou juste un plaisir simple, il ne le savait, mais au moins désormais connaissait-elle un lieu dans cette forteresse austère qui pourrait ravir son cœur. De fait il ne releva pas lorsqu'elle tenta de le titiller en supposant qu'il emmenait nombre femmes en ces lieux. Il était conscient qu'il ne s'agissait là que d'un jeu, il pensait, espérait du reste que Lady Maura savait pertinemment que ce n'était pas le cas. Il laissa tout le temps qu'elle le désirait à la jeune femme pour découvrir ce joyaux du Roc. Lui de son coté réfléchissait, il aurait dû du moins le faire, penser aux navires, aux armées qui convergeaient vers l'Ouest pour soutenir l'effort de guerre. Mais en réalité l'esprit du jeune homme ne lui permettait que de revivre ces quelques moments partagés plus tôt, le rire de sa future, la complicité qu'ils avaient partagé. De nouveau il sourit, les Sept, si jamais ils existaient, avaient su trouver le moyen de lui offrir une promise digne, forte et à la fois charmante et douce. La manière dont elle n'avait jamais lâché sa main l'avait au départ interloqué, les souvenirs qu'il avait de la jeune femme lors de leur première rencontre ne laissaient rien paraitre d'un tel comportement, elle avait alors été fière et impétueuse. Déterminée et intransigeante, allant même jusqu'à risquer l'incident diplomatique en quittant sur un coup de tête le Roc. C'était du reste ce caractère trempé et indomptable qui avait séduit le Lion. Mais désormais il était ravi de découvrir qu'en plus de ces qualités de Lionne, Lady Maura pouvait aussi être différente, plus ouverte et avenante. Lorsqu'elle en eu finit et qu'il fut temps pour eux de retrouver leurs responsabilités, Tybolt accompagna la Dame du Val dans la partie connue du Roc. Il aurait bien voulu continuer leur évasion encore plus longtemps mais ils devaient désormais se conformé au protocole. Du reste ils auraient tout le temps une fois mariés de s'offrir autant de ces petits plaisirs qu'ils le souhaiteraient. Encore que d'une certaine manière et sans savoir pourquoi, Tybolt doutait qu'ils retrouvent un jour la magie de ces moments. Il quitta donc sa promise sur un baise main qu'il fit durer peut être un peu plus que nécessaire. Mais qu'importe dans ce moment qui leur appartenait les règles habituelles ne comptaient plus, il lui avait offert les secrets d'une citadelle inviolable sans même une hésitation, elle pour sa part avait enfreint les règles de bienséance communes en se laissant approcher et toucher, le souvenir des lèvres de la jeune femme juste à coté, si proche, lorsqu'elle lui avait murmuré à l'oreille en était un exemple flagrant.

Laissant la Dame du Val à un valet pour qu'elle puisse rejoindre ses appartements, Tybolt quant à lui prit la direction des siens. Il lui restait encore énormément de choses à faire avant que l'on célèbre les épousailles et il avait si peu de temps. Il retrouva comme prévu Gerold dans ses appartements, ce dernier rédigeait des missives dont la teneur était inconnue du jeune Lion lorsqu'il entra dans la loggia. Ils devisèrent un moment de la situation de l'ost Arryn aux portes de la Dent d'Or, et Tybolt balaya bien vite les inquiétudes de son jeune frère de voir cette armée utilisée à autre chose que simplement ce pour quoi elle était prévu. Aussi paranoïaque qu'il ait pu être fut un temps il ne pouvait désormais croire qu'un tel acte fut possible. Encore que son avis si tranché ne se basait que sur Lady Maura seule, il avait depuis quelques heures désormais perdu le sens du commun et de fait l'ombre de Lord Arryn. Mais quand bien même il en aurait tenu compte il ne pensait pas le gamin des montagnes capable de manigancer de la sorte et encore moins risquer la vie de sa sœur pour un simple coup d'éclat sans aucune chance d'aboutir à quoi que ce soit de concret si ce n'était la mort de Lady Arryn et l’opprobre jetée sur la maison au Faucon. Le cadet Lannister abdiqua donc et se concentra plutôt sur des problèmes plus immédiats comme la venue du septon de Port-Lannis pour célébrer le mariage. Ce dernier demeurait au Roc durant le règne du Lion Gris, mais avec son arrivée au pouvoir, Tybolt l'avait éloigné de la place forte, ne supportant pas de voir un religieux tenter d'influencer ses décisions et toujours chercher à mettre les Sept en avant. De plus le jeune Lion n'avait qu'un foi toute officielle mais jamais il n'avait trouvé dans ces septuaires et autres cérémonies religieuses le moindre sens. Le peuple avait besoin qu'il croit alors pour eux il se soumettait au dogme mais cela s'arrêtait là. S'en suivit l'étude des plats qui seraient servit lors du banquet ainsi que du nom des invités présents. Lord Lannister avait voulu que cela reste sous le sceau du secret mais il fallait néanmoins des témoins ne serait-ce que pour que lorsqu'ils révèleraient ce mariage personne ne puisse en contester l’authenticité. Lord Estren serait donc, tout du moins du coté Lannister, le témoin de Tybolt. Son frère et Aliénor ne pouvant être considérés comme objectif dans une telle situation. Gerold l'informa que du coté de Lady Maura il y aurait au moins trois Lord du Val. Tybolt acquiesça, il écoutait son frère tout en paraphant des documents venus tout droit des chantiers navales de Port-Lannis. Il étudiait encore une nouvelle demande de financement concernant du bois en quantité venu du Conflans lorsque Gerold se mit à faire entrer des servants portant des tenues toutes aux couleurs de la maison Lannister. Il laissa donc son travail de coté. Très vite son choix se porta sur une tenue simple, une tunique de lin ainsi que les chausses allant avec. A la surprise de son jeune frère, le jeune Lion refusa que ses servantes habituelles ne le baignent. Il avait décider de le faire lui même et s'il lui fallait une aide celle-ci serait apportée par son valet personnel. Une fois fin prêt, et alors que l'on lui présentait le manteau que son père fut un temps avait déposé sur les épaules de Dame leur mère, Tybolt refusa de nouveau et fit chercher le manteau fait expressément pour lui par un artisan de Port-Lannis, seigneur parmi ses pairs. Un manteau fait d'une peau de lion blanc et d'un tissu richement orné aux couleurs du Lion. Ainsi habillé il prit donc la direction du petit septuaire du Roc.

En arrivant dans le lieu saint, Tybolt se dit qu'il s'agissait néanmoins et malgré son manque de foi d'un très beau lieu. Le septon était déjà arrivé et le reçut avec déférence, à la satisfaction du Bouclier de Port-Lannis l'homme n'avait pas semblé motivé à faire ressentir à son seigneur une quelconque remontrance quant à son éviction de la citadelle. Il salua sa jeune sœur de retour du Bief et avec qui il n'avait pas encore eu le plaisir de s'entretenir, ni même avec Lord Estren lui aussi présent. Il était amusant de penser que la puissance Lannister se résumait en cet instant en eux quatre, lui même, Gerold, Aliénor et son plus fidèle vassal Lord Estren. On était loin, très loin même des grandes épousailles caractéristiques de la famille au Lion. Mais et bien qu'il en fut désolé pour Lady Arryn, le projet à long terme qu'il avait mis en place avec Gerold nécessitait un tel mariage pauvre par l'apparat mais tellement riche par les espoirs et possibilités qu'il ouvrait aux trois familles. Il parlait encore avec Lord Estren lorsque les premiers Lord du Val firent leur entrée dans le septuaire. Tybolt se composa donc une nouvelle contenance plus proche de celle attendue d'un Seigneur suzerain en passe de se marier. Il ne put cependant, et malgré sa volonté de paraitre digne, rester insensible à la vue de sa promise entrant au bras de Lord Royce. Il l'avait quitté jeune femme sensible et amusée dans les couloirs secret du Roc mais c'était bel et bien une femme magnifique qui entrait en ces lieux. Il essaya vainement de croiser le regard de la Dame du Val pour, il ne savait pas vraiment quoi, peut être retrouver dans ses yeux celle qui avait tenu sa main si fort qu'il en avait toujours la marque des ongles, mais cette dernière ne lui en offrit pas le loisir. Au lieu de cela elle salua le septon, Lord Estren et Lady Aliénor, ce n'est qu'une fois ceux-ci dignement salués qu'elle finit par lever les yeux sur Lord Lannister. Lorsqu'elle s'exprima, Tybolt avait dès lors disparut de son langage, ne demeurait que Lord Lannister et le vouvoiement protocolaire. Le jeune Lion lui offrit néanmoins le même sourire qu'il avait eu alors qu'elle découvrait la salle au Bassin en prenant position, il s'autorisa néanmoins un léger regard de coté vers Lady Maura lorsque celle-ci posa sa main sur son poing. D'un geste de tête enfin il signifia au septon qu'il pouvait dès lors commencer la cérémonie.

L'étape la moins intéressante de leur union débuta donc et Tybolt écouta, comme il était attendu de lui, le religieux commencer à parler. Bien que n'ayant pas assister à un mariage avant ce jour, le jeune Lion avait été formé par le mestre de son père au déroulement de celui-ci. Il aurait pu du reste annoncer chacun des mots du septon avant même que celui-ci ne les prononce. Tout lui parut durer beaucoup trop longtemps, c'était son impression jusqu'à ce que Lady Maura ne soit amené à prononcer ses propres vœux, lorsqu'elle eut terminé, Tybolt lui offrant de nouveau le même sourire prononça les siens. Se faisant face désormais le temps lui parut plus agréable. Il ne vit pour ainsi dire pas le religieux élever le cristal à sept faces entre eux et prononcer les derniers mots de la cérémonie. C'est d'une manière toute naturelle et bizarrement simple que sa main vînt prendre délicatement le menton de la jeune femme avant qu'ils ne scellent dans un baiser leur union, tout du moins pour l'heure. Dénouant son propre manteau il prit soin de le mettre avec déférence sur les épaules de la nouvelle Dame de l'Ouest. Ses yeux ne quittaient pas le regard de la jeune femme alors qu'il nouait le dit manteau autour du coup de cette dernière. Mais bien vite ce moment lui aussi leur fut volé par l'arrivée des invités venant présenter leur respects et vœux aux jeunes mariés. En serrant son frère dans ses bras, il prit la peine de le remercier, il ne l'avait encore jamais fait jusqu'à lors mais désormais il devait bien reconnaitre que Gerold avait vu juste lorsqu'il avait fait en sorte de les faire se rencontrer et ceux malgré les disputes des premiers temps. Puis vînt le tour d'Aliénor à qui il souhaita tout le bonheur du monde lorsqu'elle elle aussi d'ici quelques semaines célèbrerait son propre mariage. Les vœux de Lord Estren puis des seigneurs du Val lui parurent néanmoins plus abstraits. Étant donné le peu d'invités, c'est bien vite qu'ils se retrouvèrent à table pour diner. En voyant le premier plat leur être servit, une venaison aux fruits confits, il ne put qu'étouffer un rire tant il savait que le cuisinier avait eu en horreur ce type de cuisine traditionnelle du Val et une nouvelle fois il échangea un regard amusé avec Lady Lannister désormais. Il s'agissait là bien entendu d'un secret partagé entre eux deux seuls et certainement que les invités ne pouvaient saisir le pourquoi d'un tel amusement mais ce fut certainement le moment de cette cérémonie qui restera pour Tybolt comme un des plus symbolique de cette union. Se penchant vers Maura il parla à voix basse.
Il semblerait que bien qu'il ne lui plaise de préparer un tel plat il ait tenu à le faire. Ne lui en voulait pas ma Dame si jamais cela n'a pas le goût classique de votre région. Le reste du diner fut plus aux couleurs de l'Ouest et les poisson se succédèrent pour certains à l'étouffé pour d'autres aux agrumes, ces derniers ayant la préférence du seigneur suzerain. Ils dinèrent donc, du moins en ce qui concernait Tybolt, de bon cœur et avant même qu'il ne s'en rende compte le dernier plat arriva et fut manger. Dès lors commença la dernière étape de leur cérémonie d'union et les invités commencèrent à se rapprocher des époux pour entamer le coucher.
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Message Jeu 24 Nov 2011 - 7:38

Les rires avinés et les plaisanteries grasses résonnaient à ses oreilles comme autant de hurlements stridents lui ordonnant de se dévêtir dans la minute pour aller subir le joug et la fougue du Lannister. Malgré le caractère particulier de la cérémonie, l’intimité du repas, elle ne réussissait pas à émerger de cet état comateux qui semblait s’être emparé d’elle après le premier verre de vin. Pourtant, sa courte mais agréable discussion avec le septon de Castral Roc l’avait, au départ, quelque peu rassérénée. Le vieil homme lui avait murmuré bon nombre de saintes consolations l’abreuvant d’exemples édifiants où la femme se soumettait au bon vouloir de son époux sous l’égide de la Mère et de la Jouvencelle. Après lui avoir promis de parler à Tybolt de la nécessaire présence d’un septon au Roc - discussion qu’elle comptait bien avoir avec lui de toutes façons - et sur une dernière prière commune, elle laissa là le saint homme pour rejoindre les invités, drapée dans son manteau écarlate, et celui qui désormais était son époux.

Le repas qui semblait avoir été préparé avec une spéciale attention en son honneur se déroula convenablement malgré le nombre incongru de poissons qu’il leur fallut ingurgiter. N’y avait-il seulement pas du gibier sur ces terres pour équilibrer le tout ? Il faudrait qu’elle voit cela directement avec le cuisinier et les fournisseurs de la forteresse troglodytique. Ce serait, après tout, une partie des tâches qu’elle aurait à effectuer auprès de Tybolt et de ses gens. Equilibrer les menus ne lui semblait pas être une mauvaise chose spécialement parce qu’elle comptait recevoir bon nombre de visites et d’invités dès lors que ce fameux mariage réalisé au nez et à la barbe de la Main du Roi aurait été rendu public. Toutefois, malgré ces constatations bien éloignées de l’événement, ce moment bien qu’intime fut à la hauteur de ses espérances et ponctué, chose amusante, du fou rire du tout nouveau couple régnant autour du premier plat qui lui fut servi. Peut-être un indice de leur future relation et d’une entente qui promettait de se prolonger dans le temps ? Après tout, pourquoi ne pas tout simplement être confiante en la grâce des Sept.

Malheureusement, à l’heure qu’il était, l’atmosphère était devenue beaucoup moins joyeuse. Du moins pour la jeune femme encore vierge qui devait se résoudre à donner finalement de sa personne pour signer dans le sang - celui de son innocence - le contrat qui liait les maisons Lannister et Arryn. Et pourquoi pas concevoir un beau gros garçon dans la foulée. Après tout, au même plan que les relations entre les deux immenses entités qu’étaient le Val et l’Ouest, cette obligation dynastique était très présente dans l’échange de vœux des deux époux. Avoir des héritiers. Ce serait sans aucun doute la première tâche de Maura. Et cela tombait bien, elle souhaitait ardemment. Pour assurer l’avenir de Castral Roc mais surtout pour donner un peu de sécurité à la lignée du Val. Le mieux serait d’avoir deux garçons pour pouvoir destiner le cadet aux Eyrié au cas où il arriverait quelque chose à Jasper.

Les rires gras et les plaisanteries avinées se poursuivaient alors que l’on procédait vers les appartements tout en lui ôtant ses vêtements. Elle avait déjà perdu sa cape dès le départ et son châle avait suivi presque immédiatement dans les grands escaliers. Ne lui restait plus désormais qu’une mince chemise qui cachait difficilement ses formes épanouies et sa peau blanche. Elle ne pouvait s’empêcher de pester malgré le soin que prenait ses dames à lui faciliter la tâche en détournant l’hilarité des hommes vers d’autres sujets que la nudité de la dame du Val. Le rouge au front, elle jeta un regard vers Tybolt qui se tenait à quelques mètres entourés des ses lords à elle qui lui retiraient maintenant ses chausses en pleurant de rire et en lui souhaitant de ne pas avoir bu trop de vin si il voulait passer la nuit au beau milieu du Val d’Arryn. Avec un gros rire et une bourrade au jeune homme, lord Royce lui lança que ce serait bien la seule fois où un Lannister pourrait se prévaloir de conquérir l’Est avec une telle lance.

Nue désormais, la jeune femme n’attendit même pas son époux, trop honteuse et bien élevée pour s’afficher ainsi aux regards égrillards et concupiscents, et prit immédiatement la porte pour entrer dans leur chambre nuptiale. Cela provoqua de nouveaux éclats de rire et quelques plaisanteries sur la demoiselle de la part de lord Fléaufort.


 « Courrez Lord Lannister, notre bonne suzeraine veut conclure le contrat une bonne fois pour toutes. Un tel appétit ne se refuse pas ! »

Et de rire. La jeune fille, elle, ne décolérait pas devant ce rituel barbare et humiliant et faillit hurler du fond de la chambre à Royce et Fléaufort qu’elle leur ferait décoller la tête en guise de cadeau de mariage. Elle n’osa pas tant était ancré en chacun d’eux ces traditions millénaires et détestables. Et enfin son désormais mari finit par claquer la porte au nez des invités qui s’en retournèrent cuver dans la grande salle et terminer les fonds de bouteille. Qui sait avec un peu de chance l’un d’eux pourrait voler une danse aux lady Aliénor et Eirlys. Malgré tout ce qu’elle avait pu boire dans la soirée, Maura se fit la réflexion qu’elle n’avait peut-être pas encore eu la main assez lourde pour perdre le sens de la réalité et pouvoir se laisser faire et entreprendre sans faire autre chose que pousser des gémissements inaudibles. De fait, elle attendait qu’il s’avance, la renverse et la prenne directement. Un peu comme les étalons qui venaient saillir leurs juments dans leurs écuries des Portes de la Lune. Enfin, elle n’était pas tendre au point d’avoir oublié qu’entre humains ces choses-là se passaient souvent avec un peu plus de circonspection. Toutefois, lance en avant, le Lannister s’avança concentré mais curieusement attentif pour venir tâter de la douceur de la cuisse de la fille du faucon qui se raidit brusquement malgré l’étrange douceur du lion. Rapace et prédateur elle-même, elle n’avait pas du tout l’habitude d’être elle-même la proie. Toutefois, malgré ses craintes, elle crut devenir plus blanche que le drap quand il lui proposa un dernier verre de vin avant de procéder plus avant. Était-ce du dédain pour elle et pour son corps ? Était-il amoureux des hommes ? Il dut voir ses yeux s’agrandir de surprise puisqu’il entreprit immédiatement de la rassurer en lui affirmant que cela l’aiderait à se remettre de ce cruel déshabillage et que la nuit était encore jeune pour leur permettre de concevoir un héritier. Il la couvrit même d’une fourrure pour qu’elle ne sente point trop dépourvue. Enfin, si il avait cru qu’ils allaient pouvoir converser, il en fut pour ses frais. La jeune femme vida d’un trait son verre et le tendit pour en réclamer un second. Etrangement silencieux, il lui en servit un second tout en lui affirmant qu’elle se trouvait dans l’endroit où elle n’aurait jamais rien à craindre.

Toutefois, l’interlude ne fut que de courte durée puisque, sans doute excité par ses cuisses croisées sous la peau d’ours, il l’entraina d’une main ferme et directive vers le matelas où il l’allongea doucement avant de venir la rejoindre et l’embrasser suavement. Il fallut tout de même quelques minutes avant qu’elle ne lui rende doucement ses baisers. Il serait l’homme de sa vie après tout, elle lui devait au moins cela : paraître transportée par son contact. Mais, peu à peu, son manque d’attirance premier se mua en un frisson général alors qu’elle posait une main douce sur sa virilité. Elle n’aimait peut-être pas encore l’homme mais elle apprenait à aimer ses caresses précises. Et ce dernier réagissait plutôt bien aux gestes pourtant imprécis et malhabiles de la jeune femme. Le fantasme de la pucelle sans doute. Car, bientôt, malgré la douceur et le calme de son époux, l’inflexible pulsion de la Nature le poussa à la maintenir plus fortement contre le matelas de plumes et à venir gaillardement sur elle armé de sa lance. Elle-même n’avait pas grand-chose pour se défendre d’une telle manœuvre et, plutôt que de la subit, la demande presque en arquant fortement les reins. Qu’il la prenne, qu’il la fouisse. Qu’ils en finissent avec ce pénible instant. Mais, si elle s’était attendue à une certaine volupté, elle en fut pour ses frais. Malgré la tendresse que lui manifestait son époux, il ne pût empêcher un cri et quelques larmes d’une souffrance bien naturelle alors qu’il la forçait presque pour obtenir son dû. On ne naissait pas femme, on le devenait. Dans la douleur. Malgré les aiguillons de volupté qui l’avaient flattée, elle endurait les assauts de cette queue brûlante à grand peine alors que son époux menait à bien leur petite affaire. Cela eût beau ne pas durer, elle eût l’impression que cela durait depuis des heures. Finalement, un grand feulement et un dernier coup de reins plus violent que les autres vinrent mettre un terme à son tourment physique pour laisser la place à une certaine frustration. Frustration déçue puisque, après quelques caresses et baisers, il la serra contre son torse duveteux et lui souffla de s’endormir un peu. Il fallut néanmoins plus longtemps à la jeune femme pour succomber à la fatigue du jour. Elle finit par fermer les yeux avec un certain contentement. Cette partie de son devoir avait été menée à bien. Elle était désormais l’indéboulonnable lady Lannister.

La suite de la nuit fut à l’avenant et alors que les lords interrogèrent le valet et la servante de lord et lady Lannister sur le succès de la nuit de noces, ces derniers ne purent s’empêcher de lever quatre doigts pour montrer aux curieux que Lord Tybolt avait eu à cœur d’honorer sa tendre et belle épouse au cours de cette nuitée au demeurant si importante pour l’avenir de la maison au Lion. Dans la chambre seigneuriale, alors que Tybolt s’éveillait, seul, du sommeil du juste, il put découvrir son épouse vêtue une robe de chambre couleur violine, la nudité n’étant en fait pas son état naturel, et assise devant une bassine qu’elle utilisait pour tremper un linge qu’elle passait pensivement sur son visage en regardant pensivement son reflet dans le miroir. Dans un coin, roulé en boule par les soins de Maura, demeurait le drap sur lequel s’épanouissait une large tâche de sang séché, preuve des exploits de Tybolt au cours de la nuit. Le mouvement attira l’attention de la jeune femme qui tourna à demi la tête vers son mari qui émergeait doucement de sa torpeur.


 « Tu peux refermer les yeux, le jour se lève à peine. Laisse-moi quelques minutes, je te rejoins. »

Laissant le jeune homme grogner, elle continua ses quelques soins destinés à la rendre fraîche en cette mâtinée. Peut-être devrait-elle bientôt quitter la chambre pour rejoindre ses appartements par les passages secrets ? Elle n’en savait pas grand-chose à vrai dire. Malgré tout, après ses ablutions matinales, elle s’en revînt vers le lit pour s’allonger à côté de son mari et profiter encore quelques instants de leur intimité et de leur état de jeunes mariés. Rien de sensuel mais elle laissa simplement ses doigts se perdre dans la chevelure dorée de son époux en attendant qu’il se réveille tout à fait.
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Message Sam 26 Nov 2011 - 17:58

A son réveil au petit matin, Tybolt eu vite fait de se rendre compte que sa très douce n'était plus à ses cotés. Il se redressa donc légèrement, les yeux et l'esprit encore pleins de sommeil pour voir sa femme assise non loin de leur lit occupée à ses ablutions. Lorsqu'elle lui indiqua qu'il pouvait se rendormir car il était encore très tôt et qu'elle le rejoindrait sous peu, Tybolt se laissa retomber calmement sur les oreillers en refermant les yeux, un léger sourire aux lèvres. Il était bon de vivre ce type de moment, de fait il avait toujours connu prostituées et conquêtes occasionnelles mais pour la première fois il appréciait réellement de voir la femme avec laquelle il venait de passer la nuit, encore là le lendemain. Plus encore et bien que ce ne soit pas le cas, il aurait apprécié de passer plus de temps au lit avec elle, non pas pour l'acte sexuel en lui même, mais simplement partager un moment de calme avec son épouse. Alors que son esprit vagabondait à sa guise cherchant certainement un chemin vers le sommeil, il se remémora la nuit passée. Il avait tenté de son mieux de mettre la jeune Lady Maura à l'aise, lui même n'avait que très peu goûté la tradition de la cérémonie du coucher, se voir déshabiller par un groupe de femme, jeunes comme vieilles, ne l'avait pas ennuyé plus que mesure mais la gêne qu'avait semblé ressentir Maura devant cette "parade" qui lui était infligée l'avait gêné à son tour. Comme si désormais ce qui arrivé à cette femme avait une prégnance toute particulière sur sa propre humeur et son propre ressenti. De fait lorsqu'ils furent seul, il essaya tant bien que mal de se contenir et de mettre en premier plan le bien être de sa nouvelle épouse. Cela avait commencé avec du vin pour la détendre, vin qu'elle avait bu avec plus d'entrain qu'il ne s'y était attendu. Lorsque fut venu le moment de consommer leur épousailles, Tybolt avait fait en sorte de ne pas se conduire comme il en avait l'habitude avec les quelques putains et autres roturières qu'il avait connu. Préférant laisser la jeune femme l'inviter en elle. Mais il ne put retenir ses pulsions aussi longtemps qu'il l'avait imaginé et lorsqu'elle s'était cambré pour l'accueillir le jeune Lion avait alors prit son dû avec fougue, bien que ses coups de boutoirs n'eurent jamais été aussi doux et attentionnés. Il n'avait à aucun moment voulu faire mal à la jeune femme même si cela ne pouvait être évité à terme, la perte de virginité étant pour les femmes comme il l'avait apprit un moment qui pouvait entrainer douleurs et saignements. Alors qu'il revivait cette première nuit il put sentir la présence de sa femme à ses cotés, très vite suivit d'une main caressant ses cheveux.

Tybolt commença à s'étirer en poussant un grognement rauque, il se tourna alors vers Maura un large sourire sur les lèvres même si ses yeux eux, bien qu'ouverts, n'avaient pas encore l'acuité du réveil.
Alors quoi... plus de Lord Lannister ni de vouvoiement ? Il laissa échapper un léger rire en fermant de nouveau les yeux, qu'il était bon de simplement rester là, qu'importe les guerres et les Lords de l'autre coté de la porte attendant comme des charognards les informations sur une nuit qui ne les regardait pas... Prit par une envie soudaine, Tybolt attira à lui la jeune femme qu'il enlaça dans ses bras avant de se laisser de nouveau porter par le sommeil. Il ne dormait pas vraiment, pas complètement du moins, il laissait simplement son esprit battre la campagne ainsi pelotonné, sa femme dans les bras. Il profitait du calme avant que la tempête ne revienne les emporter. Il s'était fait la remarque, en la revoyant à la Dent d'Or, que Lady Maura était grande pour une femme, mais néanmoins ainsi contre lui elle paraissait petite, peut être était-il plus grand que la moyenne, il n'aurait su le dire avec certitude mais il appréciait cette sensation.

Le bruit de la lourde porte s'ouvrant et pivotant sur ses gonds dans la pièce d'à coté, la loggia, le tira néanmoins de son demi sommeil. Il déposa un baiser sur l'épaule de Maura avant de s'extirper de leur position pour se redresser sur le lit.
Il semblerait que le service du matin est enfin là. Je ne sais pas pour toi mais j'ai une faim de Lion en ce qui me concerne. Il quitta donc le lit lorsque la servante entrait pour leur signifier non sans s'être excusée que le petit déjeuné était servir sur la terrasse. Entièrement nu, Tybolt la remercia et, baissant les yeux vers les draps tâchés, la rappela avant qu'elle ne quitte les appartements seigneuriaux. Emportez cela aussi et faites en sorte que ce soit brûlé. Qu'importe qui vous le demande je ne veux pas qu'ils soient montrés. Pour les nobles qui voudraient vous y forcer, dites simplement que c'est un ordre direct de ma part et que s'ils veulent avoir des informations ils n'auront qu'à s'en tenir à la parole de Lord Lannister. La jeune femme ramassa les draps avec égard et après avoir salué les Lord et Lady Lannister prit la poudre d'escampette laissant le couple de nouveau seul. Tybolt quant à lui se pencha pour plonger sa visage dans la bassine prévue pour ses ablution, l'eau fraiche lui fit un bien fou et fouetta son sang. Il se redressa, l'eau coulant le long de son corps depuis sa chevelure trempée. Il saisit donc un linge de lin disposé sur une commode pour se sécher les cheveux, l'eau sur son corps sécherait bien par elle même. Le jeune Lion se tourna donc toujours souriant vers Lady Maura. Que diriez vous de passer sur la terrasse pour déguster quelques fruits, nous avons les meilleurs agrumes de Westeros ici dans l'Ouest vous m'en direz des nouvelles. En plus la vue depuis notre terrasse est magnifique le matin. Cela dit la vue qu'il avait pour le moment, de Lady Maura en petite tunique sur son lit n'était pas faite pour lui déplaire... Il était repassé au vouvoiement sans même s'en rendre compte, cela était tellement naturel chez lui, il avait du reste vu durant des années son père et sa mère en faire autant que le jeune Tybolt n'imaginait pas que cela puisse autrement entre deux époux. Tout du moins une fois le lit conjugal quitté. Malgré son invitation, Tybolt ne bougeait pour le moment pas, appréciant la beauté de sa femme et se disant une nouvelle fois que Gerold avait bien fait de les mettre l'un en présence de l'autre. Gerold ! C'était lui généralement qui venait lui apporter les nouvelles de la nuit ainsi que les missives à traiter. Hors ce matin son cadet ne semblait pas vouloir se montrer, sans doute était-il occupé à gérer la maisonnée et les seigneurs du Val pendant que son seigneur de frère passait du temps avec sa nouvelle épouse. La mâchoire étirée par un dernier bâillement mettant fin à la nuit, Tybolt prit alors la direction de la terrasse. Le soleil était déjà fort chaud et la température des plus agréable, il attrapa la tunique posée sur le dossier d'une chaise qu'il jeta sur son épaule gauche avant d’observer les plateaux disposés sur la table de la terrasse. Il y en avait un tout particulièrement qui attira son attention. Il esquissa un sourire en voyant les missives cachetées disposées à son attention. De bonne humeur le jeune Lion entreprit de faire le service, versant pour lui et Maura deux verres d'un mélange d'agrumes, spécialité et invention du cuisinier du Roc. Son regard se perdit alors sur l'étendue infini de la mer en contre bas. Si seulement cette dernière pouvait leur laisser le temps de profiter de cette situation avant de jeter sur eux et leurs gens la fureur des Fer-Nés pensa-t-il... Il tourna alors la tête en entendant Maura le rejoindre.
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Message Mar 29 Nov 2011 - 0:29

Le lion se réveillait doucement, grognant et s’étirant, avec cette attitude masculine si courante qui consistait à donner l’impression de se sentir le maître du monde. Pour la plupart des hommes, cela semblait surtout se produire après une nuit d’amour avec leur amante mais Maura soupçonnait que cela soit l’état et l’attitude naturels de Lord Lannister. En tous, les mauvais souvenirs de la veille s’étaient plus ou moins effacés pour qu’elle ne retienne que le sentiment agréable de partager l’intimité d’un homme qui se donnait du mal pour lui plaire et la mettre à l’aise. Et elle appréciait ce côté plus tendre de son désormais époux. Dans ces moments, il lui semblait presque fragile et vulnérable ce qui était finalement étonnant quand on ne l’avait jamais vu qu’en sa capacité de seigneur suzerain de l’Ouest et Bouclier de Port-Lannis. Alors qu’il s’étonnait du tutoiement avec, semblait-il, beaucoup de plaisir, la jeune femme se contenta de hausser les épaules sans réellement comprendre la raison de cette soudaine hilarité tant cela lui semblait normal étant donné leur nouvelle familiarité. Après tout, n’avait-il pas passé une partie de la nuit sur elle et elle sur lui ?

Brusquement, il l’attira contre elle sans doute pour retrouver l’agréable sensation de chaleur qui avait présidé à la fin de leur nuit passée ensemble. Et dire que tout ceci était secret…Cela donnait à toute l’affaire un curieux goût de romanesque. Bien sûr, les Sept l’interdisaient. Mais n’y avait-il pas une terrible sensation de vie à aller ainsi à l’encontre des préceptes de la Sainte religion ? Pour un peu, elle se serait prise pour la maîtresse du terrible Tybolt ainsi calée entre ses bras musclés. Agréable sensation en tous cas. Pour la première fois depuis des années, elle avait l’impression de pouvoir se détendre complètement, d’être en sécurité, de ne pas devoir garder la tête haute pour éviter de chuter. Et c’était reposant. Elle trouvait proprement extraordinaire de se sentir ainsi calme entre les bras de cet homme, un Lannister. Elle rougit fugacement à cette idée avant de se serrer un peu plus contre son mari et ainsi goûter à la chaleur de son corps pour encore quelques instants.

L’ouverture de la porte sur l’antre qui avait abrité leur ébat manqua de la faire bondir tant elle s’était laissée glisser vers un songe éveillé. Elle ouvrit de grands yeux en voyant une servante entrer sans même s’enquérir du bon vouloir de ses maîtres. Elle resserra les pans de sa robe de chambre sur sa poitrine et se mit à genoux pour regarder l’intruse qui s’excusait de les déranger. Il était bien temps pour les excuses de cette petite sotte. Maura eût une moue agacée tandis que son mari donnait des ordres pour que les draps de la nuit soient brûlés provoquant presque chez la jeune femme un mouvement de panique. Pourquoi voulait-il faire disparaître ainsi la preuve de sa virginité et de la consommation du mariage ? Elle lui jeta un regard dans lequel se lisait forcément l’incompréhension la plus totale avant d’arrêter la servante de la voix :


 « Attends donc, petite. Je préfèrerai qu’ils soient emportés dans mes appartements et je m’occuperai de régler ce souci. Dis à Lady Royce de s’en occuper, elle saura quoi faire. Si cela ne dérange pas Lord Lannister bien entendu…»

Sans demander pourquoi ni comment, elle la laissa partir sans même regarder son époux. Que pouvait-il trouver à redire de toutes façons ? S’opposer à elle pour une affaire de draps tâchés ? De toutes façons, pour elle, tout cela était naturel. Elle était celle qui donnait les ordres, celle que l’on écoutait, celle qui ajoutait le petit détail important. Pourquoi cela aurait-il été différent alors qu’elle venait de s’installer au Roc ? La femme du seigneur était celle qui dirigeait la maisonnée et le ballet des servantes. Les hommes, eux, ne savaient rien de ces choses.

Finalement, après s’être longuement étirée, avoir inspecté ses ongles, la blancheur de ses cuisses et soupeser un sein délicat, elle finit par se lever en refermant strictement la robe de chambre pour aller s’installer quelques instants devant le miroir. Quelques-uns de ses effets personnels avaient été ramenés dans la perspective de son lever dans cette pièce et il ne serait pas dit que la terrasse du Roc verrait Maura Arryn autrement qu’apprêtée. Du reste, il ne s’agissait même pas de maquillage mais simplement de relever ses lourds cheveux bruns en une unique queue de cheval dégageant sa nuque et des boucles d’oreilles pour orner le tout. Simple mais sophistiquée. Ainsi se voulait-elle pour séduire son époux. Elle avait remarqué les yeux qu’il posait sur elle alors qu’elle se prélassait à moitié nue. Elle répugnait à cet étalage mais savait également qu’elle n’aurait pas de meilleur moyen de tenir son époux. Elle se savait belle, une beauté glaciale qui en imposait parfois, mais elle ne pourrait pas se servir de cet avantage certain indéfiniment. Les Sept l’avaient béni de cette grâce aussi devait-elle s’en servir. Elle n’avait peut-être jamais aimé cette sensation dévalorisante d’échanger des ordres contre le plaisir des yeux mais elle en avait toujours reconnu l’utilité. Impérieuse et impériale si il le fallait, elle se préférait encore charmeuse et souriante. Les affaires du Val d’Arryn avait peu à peu effacer ce sourire et ses charmantes moues mais dans l’Ouest, à l’écart de tout ce qui avait été sa vie, peut-être ce retour à un caractère volontiers primesautier serait-il plus facile et presque évident.

Finalement, elle se rendit jusqu’à la terrasse et y fit son entrée, souriante et rafraichie, ayant pris soin de laisser l’échancrure de son décolleté suffisamment ouverte pour pouvoir satisfaire l’œil de son époux et en même temps dérober les merveilles que sa robe renfermait. Après un regard pétillant adressé à Tybolt, elle s’installa en face de lui et se pencha pour prendre un des agrumes tant vantés avant de croquer avidement dans sa chair tendre. Toutefois, le petit déjeuner était loin de ses pensées premières. Chez elle, ce repas familial et intime était avant tout destiné à discuter des affaires en cours et à partager des observations sur les événements en cours. Elle resta silencieuse quelques minutes occupée à picorer sur les différents plateaux, goûtant de tout sans vraiment manger beaucoup, jusqu’à s’estimer rassasiée. Elle regarda son époux manger quelques secondes avant de prendre la parole l‘air de rien.


 «Je ne croyais pas que je serais si affamée ce matin. » remarqua-t-elle tranquillement tout en s’occupant de tartiner généreusement une tranche de pain épaisse d’un miel colorée et savoureux dont elle finit par croquer délicatement un des bords. Elle ramena doucement vers sa bouche une goutte qui s’était égarée au coin de ses lèvres puis continua de parler du même ton léger.  «Je me demandais. Y a-t-il une raison précise pour qu’il n’y ait pas de septon à demeure au Roc ? Il m’a donné l’impression d’être un homme de foi tout à fait honorable. Cela ne dérange pas trop votre famille et les autres personnes qui vivent ici de ne pas pouvoir bénéficier de son soutien ? »

A vrai dire, même si cela la hérissait quelque part, elle était plutôt curieuse voire même attristée de constater que ces pauvres gens s’étaient vus retirer le soutien spirituel nécessaire à une vie de labeur et de service. Qui n’avait jamais eu besoin des paroles lénifiantes d’un de ces saints hommes pour raffermir sa volonté ou tester sa foi ? Comprendre le deuil ou tout simplement évacuer un peu de peine ou de crainte ? Ainsi, elle ne comprenait absolument pas cette décision de priver un château de l’importance de Castral Roc de la présence d’un septon. Cela ne faisait-il pas partie des obligations d’un seigneur de quelque importance qu’il soit ? Un Lannister, descendant des Andals, se devait d’être le parangon de la Foi des Sept. Du moins, le voyait-elle ainsi et elle ne s’imaginait pas autrement qu’en fidèle attentive et respectueuse.
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Message Mar 29 Nov 2011 - 2:50

C'est de fait une Maura plus apprêtée que ce à quoi il s'attendait qui émergea enfin de la chambre. La nouvelle Dame du Roc avait relevé ses cheveux laissant apparaitre une nuque gracile et délicate. Une nuque qu'il chérissait déjà assez bizarrement... Les souvenirs qu'il en avait en tout cas firent naitre un frisson de plaisir qui courut le long de son échine pour venir se concentrer dans son bas ventre. C'est alors qu'il se rendit compte que sa virilité battait l'air librement. Un simple haussement d'épaule accompagna cette constatation. Après tout il était Lord Lannister et pouvait bien se balader nue dans ses appartements si telle était son envie. Laissant les missives de coté du fait de l'arrivée de sa femme, Tybolt prit le temps de déguster les fruits des vergers de l'Ouest avec cette dernière. La région n'avait pas connu une telle production depuis des décennies, la canicule avait au moins eu cet avantage, le fief faisait des économies sur les importations. Il perdit un moment le fil de ses pensées lorsque Maura vînt elle aussi prendre un fruit. Il avait certes caressé et embrassé ces seins une bonne partie de la nuit cependant ils lui faisaient toujours le même effet. Il comprenait désormais pourquoi on disait qu'une noble n'avait rien à voir avec une putain. Tybolt n'avait pas souvenir de s'être jamais sentit ainsi même après avoir partagé sa couche avec les sœurs lysiennes. Il avait toujours été repu et satisfait mais jamais l'excitation ne l'avait gagné ainsi sans prévenir pour la simple vision de la naissance d'un sein... Ce n'est qu'en sentant son chibre toucher le plateau de la table qu'il comprit qu'elle faisait véritablement plus que simplement l'exciter. Le jeune Lion décida de se concentrer sur ses devoirs de suzerain afin de se changer les idées, prendre une putain sur la table de la terrasse était quelque chose de commun mais il ne pouvait en être de même pour une épouse... Il prit donc la première missive qu'il décacheta avec l'ongle de son pouce. Il s'agissait toujours et encore de demandes de fonds pour acheter plus de bois en provenance du Conflans.

Il leva néanmoins les yeux lorsque la jeune femme lui dit ne pas avoir cru qu'elle serait aussi affamée au réveil. Tybolt esquissa un large sourire en inclinant la tête.
Je vous promet que vous le serez chaque matin si tel est votre désir. La vue de Maura ramenant vers sa bouche une goutte de miel finit de le rendre dur comme un roc. Il comprit dès lors que la lecture et les soucis administratifs des chantiers navales ne l'empêcheraient pas de penser à elle. Abandonnant, il reposa la missive et saisit un nouveau fruit sans quitter des yeux sa douce épouse. Alors qu'il sentait avec plaisir l'odeur de l'orange, la jeune femme le questionna sur la présence d'un septon au Roc. Continuant à manipuler l'orange il entreprit de répondre à sa femme, le sujet lui paraissait somme toute léger pour une matinée et cela le détournerait peut être de son désir. Oh, il y en avait un à la mort de mon père. Je l'ai simplement exilé à Port-Lannis. Je n'appréciais pas la manière dont il voulait que chacune de mes décisions soit influencée si ce n'est tout simplement dirigée par la croyance en les Sept. Je n'ai rien contre la foi mais je ne la considère pas comme un sujet centrale pour la direction de l'Ouest. Si les ouvriers du Roc veulent s'en remettre aux Dieux ils n'ont que quelques lieues à faire pour rejoindre le septuaire de Port-Lannis. Il entreprit alors d'éplucher son orange calmement.
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Message Mar 29 Nov 2011 - 12:59

Si quelques semaines plus tôt, quelqu'un lui avait déclaré qu'une telle scène se déroulerait sur la terrasse entre Lord Lannister, elle lui aurait sans aucun doute ri au nez sans plus de façons. Il n'y avait qu'à voir comment leur précédente discussion s'était soldée. Pour un peu, lui l'aurait giflé et elle l'aurait griffé. Pourtant, alors qu'ils devisaient tranquillement, elle dut bien s'avouer que cette soudaine accalmie n'était pas de son fait. Tybolt essayait vraiment de tout faire pour qu'elle se sente à l'aise et à sa place. Et ce sentiment était plaisant. Elle avait été courtisé par bien des hommes et pour bien des raisons mais avec celui qui lui faisait maintenant face, tout semblait naturel. Même sa nudité... Ce n'était rien mais tout était pourtant bien éloigné des habitudes des Arryn. Pour sa part, elle n'aurait jamais pris le risque d'être si peu vêtue - au risque de découvrir un sein - lors des petits déjeuners aux Eyrié. Son regard aux nuances changeantes comme la mer ne quittait pas Tybolt et elle s'amusait légèrement du trouble qu'elle provoquait chez son époux. Pourtant, ses paroles la firent brusquement rougir alors qu'elle prenait conscience de son attitude. Jouer ainsi des sens d'un homme était indigne d'elle. Elle était la Dame du Val, désormais Dame de Castral Roc et Suzeraine de l'Ouest. et elle ne pouvait décemment jouer les juments prêtes à la saillie. Même si elle aimait faire naître ce trouble chez l'homme qui partageait désormais sa couche et sa vie. Elle redressa subitement le menton dans un geste très familier chez elle et se composa une attitude plus adéquate avec son rang.

Elle ne répondit rien aux premiers propos de son mari si ce n'est un mince sourire qui était désormais presque gêné. De toute évidence, elle s'intéressait désormais plus à l'histoire du septon qu'à leurs ébats futurs et, sans y penser, elle referma pensivement l'échancrure de sa robe de chambre tout en écoutant ce que déclarait Tybolt. Il avait simplement exilé le septon comme si une pareille attitude était somme toute normale et légitime.


"Pour ceux qui n'ont pas d'autres solutions que d'aller à pied, cela fait une distance importante à parcourir pour aller prier ou assister à un office. Sans compter que cela risquerait de provoquer le mécontentement du Grand Septon si le vôtre en venait à s'en plaindre au grand septuaire de Baelor." remarqua-t-elle pensivement tout en croquant dans un nouveau fruit plus par gourmandise que véritable besoin. "Tu ne penses pas que tu pourrais revenir sur ta décision maintenant que je suis ici ? A moins bien sûr que cet homme soit vraiment un nostalgique de la Foi militante... Mais dans ce cas, peut-être aurait-il simplement besoin de se voir rappelé quelques réalités élémentaires ? Sans compter que son exil à Port-Lannis lui aura peut-être mis un peu de plomb dans la tête." ajouta-t-elle avec un sourire ironique. "Tybolt...Je suis gênée qu'il n'y en ait pas un à demeure. J'ai toujours eu cette habitude et cela m'aiderait grandement de pouvoir oublier la nostalgie du Val dans le réconfort des Sept. Et puis...Les serviteurs et les ouvriers aimeraient peut-être pouvoir assister à certains offices ici ou simplement obtenir quelques bonnes paroles." C'était peut-être ce qui la dérangeait le plus. Imaginer ces groupes d'hommes et de femmes marcher de longues lieues pour obtenir le réconfort de la religion même si elle doutait que cela soit véritablement un argument pour le seigneur de Catral Roc. "Et plus prosaïquement, nous l'aurons sous les yeux tant que le mariage devra rester un secret. Au Roc, il devra passer par notre rookerie et nous pourrons vérifier son courrier. Cela évitera qu'il n'en vienne à se venger ainsi de son exil."
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Message Mar 29 Nov 2011 - 15:06

Le jeune Lord Lannister mangeait tranquillement son orange, quartier par quartier, en écoutant son épouse lui exposer son point de vue quant à la manière dont le septon avait et était encore traité. De fait ç'avait été un de ses premier acte fort en tant que nouveau suzerain, nettoyer l'entourage de feu son père. Plusieurs hommes avaient alors dû connaitre l'exil, parmi eux conseillers militaires, économiques et pour le cas du septon, religieux. Tous ces hommes n'avaient fait que mener le Lion Gris vers une déchéance progressive entre l'acceptation de la putain dornienne comme maitresse attitrée en passant par l’innommable défaite lors de la rébellion feunoyr, tous avaient conduit au ternissement du nom Lannister. Le septon était cela dit le mieux lotit puisque son exil en avait véritablement été un, pas d'exécution pour lui et simplement quelques lieues d'éloignement. Il avait certes perdu son influence sur les décisions du nouveau suzerain mais il pouvait toujours exercer sa foi et mener le bas peuple vers de meilleurs comportements, plus pieux et respectueux de la foi. L'évocation d'une intervention du grand septon fit sourire le jeune Lion, ce serait bien la première fois que ce foutu tas de graisse se bougerait le fondement pour autre chose que son bien être personnel se dit-il, mais devant la dévotion supposée de son épouse il retînt cette réflexion pour lui. Le fait que le vieil homme ait pu apprendre de son exil ne fit pas mieux pour convaincre le suzerain de l'Ouest. Par contre le besoin sincère que Lady Maura exprimait quant à son besoin de pouvoir s'en remettre aux Dieux pour son bien être propre réveilla chez le Lion une volonté de bien faire qui commençait à l'agacer, il avait tendance à être faible lorsque la nouvelle Dame du Roc en appelait à lui pour l'aider... Il ne voyait du reste aucun soucis à ce que le bas peuple du Roc dusse marcher pour connaitre le soutien et le réconfort de la foi, il s'agissait là en quelque sorte d'un pèlerinage qu'ils faisaient au quotidien. Il frotta ses mains l'une contre l'autre pour en faire tomber les quelques légers reliefs de son orange lorsque l'argument principal de son épouse finit de le convaincre. Ils devaient en effet garder le contrôle la correspondance du septon, il les avait marié et ne serait que trop heureux de pouvoir se faire bien voir du borgne albinos, quand bien même ce dernier était encore capable d'y voir...

Il arrêta donc son geste, les coudes posés sur la table et un sourire aux lèvres.
Vous êtes une femme à qui rien n'échappe ma très douce... il marqua une pause pour réfléchir un instant à tous ces arguments plus ou moins fondés. Seuls ceux du confort personnel de sa femme ainsi que le besoin de garder le contrôle sur le septon lui paraissaient prégnants. Soit... je lève la sanction sur cet homme, il pourra rejoindre le Roc. Qu'on lui fasse briser les doigts de sa main d'écriture ainsi il ne lui viendra pas à l'idée de risquer sa seconde main en écrivant à Port-Réal. Il prit une tranche de pain chaud avant de poursuivre. Ses appartements seront installé dans les pièces jouxtant la chapelle elle même. Je ne veux le voir prendre part à aucune réunion officielle visant aux intérêts de la maison Lannister et de l'Ouest. Il entreprit de recouvrir le dit pain avec une confiture épaisse de figues, elles aussi grâces de la canicule. Pour ce qui est de votre bien être et ceux de nos gens nous ferons venir un nouveau septon d'un septistère, car si je suis fidèle et que les Sept sont mes Dieux tout autant que les vôtres je n'ai aucun confiance en ces hommes qui dispensent leur parole. Il croqua alors dans sa tranche de pain tartinée, le goût de la figue était sucré et doux, il lui rappela une autre chose sucrée et douce qu'il avait pu goûter la nuit durant et c'est avec un léger rire amusé qu'il continua de manger.


Dernière édition par Tybolt Lannister le Mar 29 Nov 2011 - 17:14, édité 1 fois
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Message Mar 29 Nov 2011 - 17:06

Évidemment, Maura ne pouvait connaître les raisons de l'éviction du septon du Roc sans avoir vécu la déchéance du Lion Gris et son irrésistible chute vers le vieil âge. Tout ce qu'elle savait de feu son beau-père reposait dans les dires de son propre père et dans les rares fois où ils s'étaient trouvés l'un et l'autre en présence. Les occasions avaient été rares et personne n'avait jugé opportun d'expliquer que la jeune femme aux côtés de Lord Lannister était autre chose qu'une simple courtisane mais plutôt un vulgaire catin Dornienne. De la même façon, après avoir vu son père mourir au combat dans la force de l'âge, elle n'imaginait pas vraiment ce qu'avait été les dernières années de la vie du père de son époux. Sans doute aurait-elle dit ou fait les choses différemment le cas échéant.

Mais pour le moment, elle voyait principalement son mari comme un mécréant de plus à ramener dans le droit chemin. Pour tout dire, même pour des impératifs politiques, elle avait du mal à comprendre ce qui pouvait justifier une telle décision. Ni comment un simple septon avait pu se retrouver à donner son avis sur les politiques d'une famille comme celle des Lannister. Malgré leur piété, cela n'arrivait pas chez les Arryn. Toutefois, son regard se teinta d'amusement alors qu'il proposait de faire revenir le vieil homme à la forteresse à la condition qu'on lui casse les phalanges de sa main d'écriture. Le châtiment en lui-même ne l'amusait guère mais elle trouvait ce type de menaces risibles. Certes, l'exemple avait toujours une vertu illustrative intéressante mais cette mesure restait trop tiède pour être réellement comprise comme une menace. Une simple main brisée n'inspirait jamais assez de peur...Moi qu'un crâne brisé en tous cas.


"Mon expérience m'a appris que pour s'assurer du silence d'un homme, il était toujours préférable de le tuer. Mais comme ce bonhomme doit nous servir de témoin, nous devons simplement le gagner à nous autrement que par la menace. Ces moinillons ont toujours un point faible que ce soit le vin, les filles ou l'argent. Des gens de notre calibre ne manquent jamais des trois. Ce ne sont après tout que des hommes tout voués aux Dieux qu'ils soient. Et, si besoin est, il sera sans doute rassuré de pouvoir déverser ses doctes conseils dans l'oreille de Lady Lannister. Il suffit de ne pas les écouter." répondit-elle en haussant les épaules d'un ton aussi badin que si elle avait été en train de lui expliquer la façon dont elle souhaitait voir arrangés ses nouveaux appartements.

Pour sa part, elle avait toujours veillé à faire précautionneusement la différence entre piété religieuse et dévotion politique. Le repos de l'âme, certes, mais jamais au point de négliger les exigences du rang et de la politique. Sans doute, Tybolt se sentait-il pris en faute puisqu'il se justifia sur ses croyances vis-à-vis d'elle. D'un geste de la main, elle écarta l'argument aussi simplement que si elle trônait encore sur le siège de barral blanc des Arryn. Elle comprenait le raisonnement, son avis était simplement nuancé.


"Ce sont des hommes tout simplement...Il en existe des bons et d'autres moins. Il nous suffira de recruter précisément celui qu'il nous faut. Nous faisons cela aux Eyrié. Nous ne recrutons que le plus vieux et le moins susceptible de vouloir orienter les décisions de ses maîtres. Ainsi, ils ne deviennent pas une gêne et le renouvellement régulier permet de les empêcher d'assoir une quelconque influence." expliqua-t-elle gentiment consciente de ne donner là qu'un simple conseil pratique. "Toutefois, je m'interroge...A part déplaire qu'a-t-il donc fait ? Je ne suis pas familière de celui-ci mais un septon comprend généralement les limites de sa charge du moment qu'elles lui sont expliquées avec suffisamment de persuasion." La question méritait d'être posée selon elle. Elle ne souhaitait pas non plus se retrouver avec un nouvel intrigant à demeure. Et elle avait du mal à saisir la raison de cette vindicte personnelle si ce n'était qu'elle lui semblait fortement liée au décès du précédent seigneur du Roc.
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Message Mer 30 Nov 2011 - 2:50

La bouche encore pleine de sa tartine de confiture de figue, Tybolt écoutait tranquillement son épouse. Elle parlait très sereinement de tuer un septon, le jeune Lion n'aurait jamais cru entendre une telle proposition venir de Lady Maura. De fait lui même se refusait à une telle extrémité. Il s'autorisa néanmoins à finir sa bouchée avant de répondre, certainement par peur de s'étouffer, sachant que la proposition de Maura lui paraissait totalement disproportionnée. Il pensait bien suffisant de lui briser chaque os de la main d'écriture. Hummm... non, non tuer un septon n'est pas une chose possible, je ne l'ai pas fait alors... ce n'est pas pour le faire aujourd'hui. Il esquissa un sourire. Cela dit si lui briser tous les os de la main ne vous suffit nous pouvons aussi bien la lui couper, ce n'est pas bien différent... En plus il n'y aurait pas mieux que de tuer un septon pour voir dès lors le borgne albinos tourner son attention vers nous, et cela nous ne le voulons pas... Port-réal doit continuer de panser ses plaies et trembler derrière ses murs face aux Feunoyrs. Tout en croquant de nouveau dans sa tartine, Tybolt se dit qu'il aurait tout de même bien essayé sa nouvelle lubie en faisant bouillir un septon, mais il se morigéna bien vite, si l'idée était de fait fort séduisante, pas autant que Lady Maura mais néanmoins, il ne pouvait se permettre de tuer un représentant de la foi quand bien même ce dernier était un fieffé salopard. Son regard se tourna vers l'océan immense avant qu'il ne revienne à sa femme. De plus je suis certain que ce septon ne tentera rien d'insensé et ce même si lui couper la main ou lui briser les os pourrait vous paraitre superficiel. De cela Tybolt était à peu près certain, après tout les autres conspirateur et vautours s'étant repus de son père malade vivaient encore quelque part dans les geôles du Roc, le jeune Lion ne savait même pas à quel niveau les trois prisonniers purgeaient leur peine et étaient maintenu en vie.

Cela faisait bien longtemps que Tybolt n'avait pas pensé à cette période juste avant le décès du Lion Gris et le souvenir de cet épisode réveillait toujours chez lui une certaine culpabilité. Gerold avait su le convaincre du contraire mais néanmoins dans les heures les plus sombres de la nuit lorsqu'il lui arrivait de repenser à cette période, le jeune Lion ne pouvait s'empêcher de se sentir coupable de ne pas avoir su voir les manigances des quatre conseillers de son père. Son regard se perdait sur l'étendu immense de la mer lorsque Lady Maura l'interpella une nouvelle fois. Les déjeuners étaient somme toute plus calmes lorsqu'il les prenait avec simplement Gerold pour lui apporter les missives de la nuit et faire quitter la citadelle aux putains ayant passé la nuit dans le lit du seigneur de l'Ouest. Il balaya d'un geste la mention d'un renouvellement régulier des septons servant au sein même du Roc, l'idée était bonne cependant.
Oui, oui vous avez sans doute raison ma douce et vous pourrez faire ainsi s'il vous sied, je dois avouer ne pas beaucoup m'intéresser aux questions de foi et de piété, du moment qu'ils ne viennent pas tenter d'influencer mes choix vous pouvez bien avoir le grand septon lui même pour célébrer l'office... Lord Tybolt se rendit compte non sans une certaine nostalgie que son érection avait complètement disparut avec ces bavardages sur la foi et ses représentants. Il tendit la main pour se saisir de la cruche contenant le mélange d'agrumes lorsque son épouse posa finalement la question qui devait lui bruler les lèvres depuis qu'elle avait apprit que son mari avait exilé le septon. Il laissa échapper un grognement ennuyé avant de se renfoncer dans son siège, laissant son idée de se servir s'évaporer. Son regard se fit plus sombre et toute trace d'amusement ou de lubricité avait dès lors quitté ses traits. C'est une question assez compliquée pour dire vrai... Tybolt se pencha en avant pour s'accouder sur la table et pouvoir parler plus à son aise. Voyez vous ma Dame, vous n'êtes pas sans savoir que feu mon père périt lors du Fléau de Printemps. Il aurait pu partir en un souffle s'il avait connu la mort du guerrier et succombé à la lame d'un adversaire mais la maladie est plus sournoise. Il a tout d'abord commencé par s'affaiblir physiquement, puis ce fut le tour de son esprit. Le seigneur de l'Ouest marqua un temps d'arrêt, il n'aurait su dire pourquoi, était-ce le tremblement qu'il avait sentit naitre dans sa gorge ou simplement besoin de temps pour organiser ses paroles. Cela se produisit en un temps où je n'étais moi même pas présent au Roc, mon père m'avait envoyé m'assurer de la bonne installation de ma sœur Tya, chez les Baratheon et le respect des accords signés lors des négociations relatives à son mariage. Il finit tout de même par se servir un verre de mélange d'agrumes, et voir sa main ainsi peu sur ne lui plu pas. J'appris donc par corbeau l'avancée de la maladie... et le choix que le Lion Gris avait fait de s'entourer de quatre conseillers. Trois étaient des amis proches de lui, que je connaissais depuis mon plus jeune âge. Le quatrième était naturellement, comme pour tout homme confronté à sa propre mort, le représentant de la foi le plus proche. Les jointures des mains du jeune hommes blanchissaient alors qu'il serrait le verre plus qu'il ne le pensait. Ce n'est qu'à mon retour au Roc que je fus informé de la situation. Mon père avait finit par ne plus reconnaitre personne et avait perdu conscience depuis plus d'un jour, le mestre ne lui donnait du reste que peu de temps avant de rejoindre le Père. Je fus donc plus que surprit en découvrant que mon père dans ses derniers actes de seigneur Lannister avait accorder titres, or et terres à chacun de ses conseillers. Mais comme vous avez pu le découvrir nos murs sont plus épais qu'il n'est nécessaire pour de simples et Gerold mon frère avait fait comme nous même l'avons fait pour le cuisinier et découvert la véritable teneur de ces "cadeaux". Ces hommes ! Tybolt frappa alors le plateau de la table avec le verre dont le pied explosa sous le choc ainsi que le reste du contenant lui entailla légèrement la paume, il tira la tunique qu'il avait sur l'épaule pour s'en bander la main, son regard se porta de nouveau vers Maura. Ces hommes, ses amis et représentants de la foi, avaient profité de la faiblesse mentale de mon père pour le manipuler et se voir offrir plus qu'il leur revenait. Il balaya d'un revers de la main les restes du verre brisé avant de poursuivre.

Par respect pour les Sept, le septon que vous voulez voir revenir ma Dame fut simplement exilé après que l'or Lannister qu'il avait volé lui fut reprit ainsi que tous ce qu'il possédait. Quant aux autres, et bien les autres sont maintenus en vie coute que coute dans les entrailles du Roc, enfermés dans des geôles où il n'ont que la place de tenir debout. Voilà ma Dame ce que votre septon a fait à par déplaire...
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Message Mer 30 Nov 2011 - 12:58

Par la Mère, avait-elle réellement réussi à choquer Tybolt Lannister, Lord Lannister, Seigneur de Castral Roc, Suzerain et Gouverneur de l'Ouest et Bouclier de Port-Lannis simplement en expliquant qu'il valait mieux faire taire un gêneur, et ce, définitivement ? Surtout qu'il n'avait pas l'air d'avoir saisi ce qu'elle lui disait puisqu'elle avait mis l'accent sur le fait qu'il était avant tout préférable de le circonvenir par d'autres moyens que la peur. Elle-même était une femme de goût qui croyait en la vertu de l'exemple mais un septon sans main droite était vraiment une idée assez peu ragoutante. Cela la gênerait pour suivre les offices par ailleurs. Avec un sourire qui se voulait placide, elle s'attacha à renchérir, simplement par jeu afin de voir si elle pouvait continuer à effrayer le Jeune Lion. "Oh si ! C'est une chose très possible, crois-moi...Septon ou non, ils ne vivent jamais très longtemps après être tombés de suffisamment haut. Mais, c'est exactement ce que je disais, il nous vaut mieux le conserver auprès de nous encore quelques temps. Sans lui faire couper une main de préférence, je préfèrerai...Cela ferait mauvais genre lors des offices. Et je n'aime pas trop les manchots, ils m'ont toujours un peu inquiété. On ne peut jamais savoir pour quelle raison un homme s'est vu privé de sa main !" Pour sa part, elle pensait le bâtard Rivers trop occupé à regarder du côté des Cités Libres pour s'occuper de la disparition d'un vague septon. Mais après tout, qu'en savait-on, Freuxsanglant était réputé pour s'adonner à la magie noire et pour disposer d'espions un peu partout. Mais tout de même, une petit exécution sommaire ou un simple assassinat n'étaient pas grand chose. Certes, sa foi la tabustait un peu quand elle devait se prononcer sur la mort d'un religieux mais, finalement, ne prenait-elle pas tout simplement un peu d'avance sur le long et lourd travail des Sept ? En écoutant son époux, elle se rendit compte, assez étonnée, qu'il avait fini par faire sienne sa propre idée et qu'il la défendait comme si il l'avait proposé. "Il vaudrait mieux pour lui qu'il ne tente rien d'insensé. Cela tournerait difficilement en sa faveur." remarqua-t-elle assez froidement. Pour sa part, malgré leur statut particulier, elle considérait que les anciens décrets de Maegor avaient réglé la question de la juridiction sous laquelle étaient placés les servants des Sept. Le Grand Septon avait perdu ses pouvoirs étendus en matière de justice et il était normal que les seigneurs suzerains prennent le relais même pour juger d'affaires de foi. Malgré tout, même si elle demeurait très lucide et pragmatique, le fait de voir Castral Roc privé des services et du soutien de la religion des Sept la dérangeait absolument. Cela n'était pas digne d'un Lannister.

Même si le premier de cette famille essayait de paraître à son avantage devant sa jeune épouse, elle comprit qu'elle avait posé le doigt directement sur des chairs encore à vif. Au temps pour elle, elle avait gâché la légèreté sur laquelle semblait être bâti ce déjeuner servi aux jeunes mariés. Tant pis... Il fallait bien qu'ils reprennent conscience qu'ils ne pourraient se contenter de faire l'amour et de vivre heureux d'or et d'eau fraîche. Heureusement, Tybolt restait suffisamment détendu pour conserver une certaine saveur dans son propos qui fit éclater de rire la jeune femme. Le Grand Septon ? Ici ?
"J'ai bien peur que l'actuel Grand Moineau soit la dernière personne soit la première personne à venir tenter d'influencer vos choix. Je l'ai rencontré à Port-Réal et il a bien failli me convaincre de construire un nouveau septuaire de Baelor au pied des tours des Eyrié." Malheureusement, le moment n'était plus à l'évocation légère d'un problème aussi mineur et trivial que le remplacement du septon de Castral Roc. Pour sa part, Maura ne comptait pas obtenir une confession de son époux et, lorsque ce dernier laissa échapper un grognement digne d'un bœuf, elle manqua de lui dire qu'il n'était en aucun cas tenu de lui expliquer quoique ce soit. Toutefois, il finit par se lancer faisant peut-être confiance à la jeune femme ou ayant simplement besoin de vider son sac. Et elle comprit qu'elle devait écouter sans faire de commentaires et le laisser aller au bout de ses explications.

Elle se souvenait de Damon Lannister, le fameux Lion Gris, par les plaisanteries de son père à ce sujet. Plaisanteries qui sentaient le corps de garde. Mais, malgré un dédain traditionnel pour les Lannister et leurs supposés traits de caractère, elle avait toujours senti un certain respect de Jon Arryn pour le vieux Lannister. Elle-même se souvenait de son refus de participer à la boucherie qui avait présidé au Tournoi de Sorbier et avait, dès lors, vu l'homme autrement que pour celui qui avait subi une lourde défaite durant la rébellion Feunoyr. D'ailleurs, elle reconnaissait feu Lord Lannister comme son égal et, de fait, il était toujours triste de considérer que la déchéance pouvait également s'abattre sur les puissants. Ses yeux clairs ne lâchaient pas ceux de Tybolt alors qu'il prenait sur lui pour terminer son récit et elle devait s'avouer qu'elle avait de la peine pour lui. Elle déglutit légèrement lorsqu'elle entendit la voix de son époux se briser et eût brusquement peur qu'il ne se mette à pleurer sur la terrasse. Elle aurait compris, elle-même avait pleuré toutes les larmes de son corps quand elle avait finalement fait le deuil de son père. Malgré cela, elle n'osa pas étendre son bras pour venir prendre la main de son mari et aurait sans doute été repoussée. Enfin, elle le pensait puisqu'elle-même n'aimait que l'on vienne s'interposer entre sa peine et elle. Mais elle imaginait très bien les événements qui avaient pu se dérouler au Roc durant l’absence de l’héritier. Et elle ne pouvait que ressentir une certaine forme de pitié pour les deux autres Lannister qui avaient dû assister à cela. Elle n’avait pourtant pas vraiment d’affinités particulières avec eux mais elle-même ayant deux cadets, elle ne pouvait pas ne rien ressentir. Mais elle savait que le pouvoir attirait les vautours aussi sûrement que le miel attirait les mouches. Et l’or Lannister avait un attrait qu’elle-même subissait et cultivait. Si ses yeux clairs n’avaient pas lâché le regard de l’homme, elle ne remarqua son agacement et sa fébrilité que lorsque le verre éclata lui tirant presque un petit cri de surprise.

Elle posa une main sur sa gorge frémissante tandis que son mari terminait son récit en mentionnant «son » septon. Son septon ? Cela était si injuste pour la jeune femme qui ne pouvait connaître les détails de l’exil du moinillon. Elle retînt toutefois une remarque, ce n’était pas le moment. Mais, une fois qu’il se fut tu, elle se leva pour faire le tour de la table taillée à même la roche en prenant garde aux éclats de verre pour venir s’assoir à ses côtés.
 « Ils ne vous apprennent rien pendant les années d’apprentissage, vos chevaliers ? Il faut d’abord vérifier qu’il ne reste aucun éclat dans la plaie avant de panser. » bougonna-t-elle en lui prenant la main d’autorité. Elle retira la tunique désormais salie pour vérifier qu’aucun petit morceau de verre ne restait enfoncé dans la peau de son seigneur et époux. Cependant, penchée sur sa main, elle lui répondit : «Bien. Dans ce cas, je ne veux pas de cet homme sous mon toit. Tu as raison, je peux m’en passer quelques temps. Nous écrirons à un septistère pour que l’on nous envoie un autre homme, un véritable homme de foi. » Comme quoi, elle n’était pas non plus incapable de compromis elle aussi. Le ton avait été final. Elle n’irait pas défendre la réhabilitation d’un homme coupable de s’être joué de la faiblesse de son beau-père. Elle était peut-être plus Lannister que les Lannister à ce sujet. Elle considérait sa famille comme sacrée, et Tybolt en faisait désormais partie. Loin des poncifs habituels, elle n’était une lionne mais elle était femme. Et une femme capable de toutes les extrémités dès lors que l’on s’en prenait à ce qu’elle avait de cher. Elle continua d’éponger le sang qui perlait tout en ajoutant.  «Je pense que tu t’es montré charitable avec ces hommes. Sans doute, était-ce la décision la plus juste et la plus sensée. Quand mon père a été tué par les hommes des clans des Montagnes de la Lune et que j’ai dû assumer le pouvoir, une de mes premières décisions a été de monter une expédition punitive. Nous sommes tombés sur un de leurs villages et j’ai donné l’ordre de les exterminer jusqu’au dernier, hommes, femmes et enfants. Leurs corps ont pourri des semaines à la Porte Sanglante et aux Portes de la Lune comme un avertissement à ceux qui auraient cru qu’ils pouvaient s’en prendre à la maison Arryn. J’ai vengé mon père mais, crois-moi, cela n’apporte pas vraiment de satisfaction. » Elle n’avait pas relevé le regard continuant de s’occuper de la petite coupure encore quelques minutes. Elle soupira profondément avant de se lever et de déposer un baiser léger sur les lèvres de Tybolt.  «Il faudrait mettre de l’alcool ou de la poudre désinfectante sur la plaie même si ce n’est pas grave. Et changer de tunique…Mes lords vont croire que je t’ai griffé si il te voit là-dedans. » Le ton avait retrouvé une certaine légèreté et l’accent du Val aidait à donner de la rondeur à ses dernières paroles.
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Message Jeu 1 Déc 2011 - 2:17

Tybolt se laissa faire lorsque Maura vînt lui prendre la main. Il ne fit pas le moindre commentaire lorsqu'elle le morigéna de ne pas savoir nettoyer une plaie avant de la bander. Il n'avait du reste pas envie de se battre avec elle en ce moment, certes cela avait toujours eut un attrait sur lui de voir une femme lui tenir tête et ne pas s'en laisser conter mais alors que son épouse nettoyait sa plaie il n'en ressentait pas véritablement le besoin. Pour dire vrai il se sentait las... cependant il ne pouvait se permettre de se laisser aller, il était le Lion du Roc, Lord Lannister et on attendait de lui qu'il se montre fort et immuable au sommet de la hiérarchie de l'Ouest. D'autant qu'aujourd'hui il le devait aussi pour cette femme qu'il avait épousé. Il se reprit donc intérieurement, redressant le menton et finissant de s’apitoyer sur son sort. Il avait connu des choses difficile ? Grand bien lui fasse, ce n'était là que l'apprentissage de la vie, le périple qui l'avait mené jusqu'à la tête de sa maison et de son fief. Il ne put retenir un sourire amusé lorsque Maura renonça à voir un tel homme sous son toit, au moins voyait elle désormais le Roc comme sa demeure même si Tybolt savait pertinemment qu'il faudrait bien plus de temps pour qu'il supplante les Eyriés dans le cœur de sa femme quand bien même cela serait possible. A dire vrai il ne savait même pas si son épouse se considérerait même un jour comme une Lannister, il avait bon espoir qu'un héritier changerait cet état de fait mais rien était moins sur. Après tout Lady Maura avait durant un temps dirigé le fief de ses ancêtres en assurant la régence puis elle avait continué d'en assurer la charge quotidienne alors même que son jeune frère apprenait le métier de suzerain. Le Lion n'était pas aveugle et voyait bien de quelle manière les Lord du Val qui avait accompagné l'ost Arryn considéraient son épouse, il ne s'agissait pas là simplement de vieillards accompagnant une enfant qu'ils auraient vu grandir, il y avait véritablement de la dévotion et un profond respect dans leur comportement. Avec une certaine ironie il se dit qu'il avait peut être bel et bien épousé non pas la sœur de Lord Arryn mais le véritable Lord Arryn, celui qui gouverne dans les faits et non sur les registres des mestres.

C'est donc avec une attention renouvelée qu'il observait son épouse s'affairer sur sa blessure, avec calme et délicatesse il vînt poser sa main gauche intacte sur la nuque de la jeune femme. Caressant machinalement la naissance de sa chevelure de son pouce. Il ne cessait du reste de sourire. Et lorsque celle-ci partagea avec lui son point de vue sur le comportement qu'il avait eu, il ne put s'empêcher de penser qu'elle aussi avait connu la perte d'un père, et elle était nettement plus jeune qu'il ne l'avait été. De fait il découvrit aussi qu'il avait tout à l'heure souhaité que son père fut mort l'épée à la main et ce fut le cas de Lord Arryn mais celui-ci avait été massacré par des hommes indignes de lui, de simples sauvageons montagnards. Son sourire s'effaça donc devant la description de ce qu'une jeune fille avait dû faire. D'une voix calme il se contenta de dire.
Tu as fait plus que ce que l'on est en droit d'attendre d'une jeune fille. Il aurait bien ajouté que son père avait dû être fier d'elle mais renonça, lui même avait toujours rie au nez de ceux qui supputaient ainsi des actes et paroles d'un homme aujourd'hui décédé qui plus est lorsqu'il s'agissait de son propre père. Son sourire revînt néanmoins lorsque Maura se redressa et l'embrassa. Il se doutait bien qu'il lui faudrait mettre divers baumes et onguents sur sa plaie, le mestre du Roc ne voudrait de toute manière pas que son seigneur ne contracte une quelconque infection mais le fait que Maura le lui dise passa beaucoup mieux à ses oreilles. Oui je le ferai... n'ai crainte. Il laissa échapper un léger rire. Je me doute bien que les Lords du Val ne voudraient pas que j'ai attenté d'une quelconque manière à leur si précieuse Dame du Val. Il ne se moquait pas ouvertement mais le ton était de nouveau à la légèreté. Cependant il se fit plus sérieux un instant. Ils t'aiment tu sais... je veux dire, ils t'aiment vraiment, comme on aime son roi. Ou sa reine en l’occurrence. Je ne suis pas le plus grand amateur des nobles du Val ni même des nobles de l'Ouest mais je dois bien admettre que ceux-ci il pointa d'un geste vague la porte de la chambre ces hommes sont d'une dévotion sans équivoque. Il se leva alors de nouveau souriant, fit quelques pas pour prendre sa femme dans ses bras. Je tiens à m'excuser pour plus tôt. Il déposa un baiser sur le front de la jeune femme. Je n'aurai pas dû passer mes nerfs sur toi, tu n'étais ni la cause ni l'instigatrice de tout cela et faire de ce septon, "ton" septon n'était pas très glorieux non plus. Il fit un pas un arrière, observa un moment le visage de sa femme. Mais tu comprends si j'étais rentré des Terres de l'Orage simplement un mois plus tôt, juste un mois... il grimaça de rage. On ne m'y reprendra plus cela dit... Mon père était un grand homme. Pas un grand guerrier tout le monde le sait, mais néanmoins un homme de bien et il ne méritait pas ça...
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Message Jeu 1 Déc 2011 - 15:13

La caresse de la main sur sa nuque lui donna une impression étrange alors qu'elle soignait la main blessée de Tybolt. Tout allait si vite finalement. La veille, ils en étaient encore à se vouvoyer et à s'envoyer regards en coin et sourire charmeur et, ce matin, il lui semblait qu'ils étaient mariés depuis plus d'un an. Même si elle l'avait pris pour quelqu'un de détestable - et sans doute l'était-il quelque part - et qu'elle n'avait jamais imaginé ressentir quelque chose d'autre que du mépris pour lui, cette nuit passée ensemble avait changé la donne. Il l'avait aimé jusqu'à l'aube et, chose plus importante encore, elle l'avait laissé l'aimer sans chercher à comprendre ou à se retenir. Elle sentait brusquement qu'elle agissait en enfant naïve et ignorante des choses de l'amour prête à tomber en pâmoison devant l'homme qui lui témoignait plus que de l'affection. Et c'était le cas, elle ne pouvait récuser le fait qu'il y avait une connexion entre eux, une forme de compréhension sans doute plus profonde que quelques vœux échangés à la sauvette devant un septon indigne de servir les Sept. Cette brusque constatation, qui la renvoyait à un état de faiblesse certain, lui faisait presque tourner la tête. Elle ne serait jamais crue capable de se trouver ainsi démunie devant la douce violence que lui faisaient subir ses propres pulsions.

Plus que ce que l'on était était en droit d'attendre d'une jeune fille. La phrase la fit sourire tristement. Il était d'autres événements que le mariage qui forçaient une jeune femme à grandir.
"Je n'étais déjà plus une jeune fille. J'étais la régente et il fallait montrer que les Arryn seraient forts même avec une jeune fille à leur tête." Et la voir capable d'une telle cruauté avait provoqué le ralliement des plus tièdes. Elle s'était montrée impitoyable et était devenue une femme d'État mais pas forcément une meilleure personne pour autant. De cela, elle avait intimement conscience. Mais cette expérience avait littéralement annihilé sa tendresse et ses espoirs de pucelle. Au fil des mois, elle était devenue la Dame. Elle avait inspiré crainte et respect et l'on avait finalement reconnu sinon sa compétence mais au moins sa stature. Mais cela avait eu un prix. Elle n'avait jamais pu être aussi follette que Maeve ou que cette petite Noreen. Elle avait cessé de rêver à son mariage et à son futur époux. Les nuits blanches à se ronger les sangs, à chercher des solutions à des problèmes commerciaux, à réfléchir au comportement d'un certain lord avaient débuté. En un sens, cela avait été heureux. Cela lui avait évité les cauchemars. Pourtant, parfois encore, elle entendait les hurlements de terreur et de douleur de ce village qui avait massacré pour satisfaire le courroux de la maison Arryn. Et à éviter des troubles civils au nouveau seigneur des Eyrié.

Elle leva des yeux étonnés vers son époux en se rendant compte qu'il était en train de parler favorablement de ses vassaux et de la complimenter sur le respect qu'elle inspirait. Alors là ! De la part d'un Lannister, elle avait conscience que c'était quelque chose qui avait dû lui demander un gigantesque effort. Sans doute était-ce différent dans l'Ouest mais l'éloignement relatif du Val abrité derrière ses hautes montagnes avait permis de conserver les liens de vassalité aux anciens rois du Val et de la Montagne aussi forts et profonds qu'ils l'avaient été durant des millénaires. Cela n'avait que peu à voir avec la présente Lady Lannister née Arryn. Toutefois, elle n'aimait pas vraiment la fausse modestie. Ce qu'elle avait fait, peu de femmes en aurait été capable.
"Je crois que ce sont surtout Jasper et feu mon père qu'ils aiment à travers moi mais l'Est voit naître des hommes exigeants et pragmatiques. Je crois que j'ai réussi à me montrer à la hauteur de leurs attentes et qu'ils me respectent pour cela. Ils donneraient leur vie pour les Arryn. On compte peu de vassaux de leur valeur dans tout Westeros, j'en suis bien consciente et les aime en retour pour cela." Enfin les aimer, c'était plutôt la représentation du lien de fidélité entre suzerain et vassal qu'elle évoquait là mais qui revêtait également une étrange forme d'amour. "Il suffit de peu de choses, n'importe qui peu inspirer cela à plus ou moins grande échelle." De cela, elle était certaine. Elle comprenait bien que Tybolt se demandait pourquoi cela marchait avec la jeune femme. Elle, pour sa part, avait compris que les relations avec les vassaux de l'Ouest étaient différentes. Elle secoua la tête simplement pour montrer que les excuses n'étaient pas nécessaires. Elle avait été bien souvent prise à partie pour des choses plus importantes ou plus graves et pouvait comprendre la soudaine colère de Tybolt maintenant que l'attitude du septon lui avait été expliquée. Ils étaient désormais debout l'un contre l'autre, lui nu et elle simplement couverte de sa fine robe de chambre violine. Elle prit son menton entre ses deux mains. Elle tremblait très légèrement mais croisa le regard orageux de son époux. "Même la puissance de Lord Lannister est peu de choses face à la volonté des Sept, Tybolt. Et si Gerold était présent, qui te dit que tu aurais pu faire mieux que lui ? Ton père était un grand homme, conserve ce souvenir et ne t'attache plus à sa fin. Il est en paix désormais. Il te faut continuer son œuvre sans t'appesantir sur le passé, c'est à cela que l'on reconnaît un grand homme. N'avons-nous pas une guerre à mener ?" murmura-t-elle en effleurant délicatement ses lèvres se disant que la soudaine vulnérabilité avait plus servi à s'attacher les sentiments de sa femme que tout l'or des Terres d'Ouest.
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Message Sam 3 Déc 2011 - 2:21

Il se laissa manipuler par sa femme alors même que se rage ne demander qu'un exutoire quel qu'il soit afin de ramener le calme en lui. Elle saisit son visage entre ses mains et ce geste inattendu, les gens même ses proches préféraient le fuir lorsqu'il était sur le point d'exploser, le surprit mais ne le dérangea finalement pas. Pour parler vrai, Maura lui apportait une sorte de sérénité en agissant ainsi, il ne pouvait dès lors se laisser happer par sa colère et la nourrir jusqu'à son point de paroxysme. La frustration était bien entendu toujours présente mais le besoin si ce n'est l'envie de se laisser envahir par elle n'était plus... les sourcils toujours froncés il écouta néanmoins son épouse lui parler. Cependant ses premiers mots n'étaient pas fait pour plaire à son seigneur de mari et les suivants non plus du reste. Les Sept ? Il en avait plein le cul de la volonté des Sept à croire que ces derniers c'étaient concerté pour lui faire subir un test douteux sur sa capacité à accomplir ce pour quoi il était né. Quant à Gerold et malgré tout l'amour que Lord Lannister avait pour son cadet ce dernier n'était que le cadet et l'on ne pouvait attendre de lui qu'il agisse comme l'aîné. Tybolt le savait au fond de lui même, si lui avait été présent les choses auraient été différentes, jamais ces vautours n'auraient pu profiter ainsi de la faiblesse de son père. C'est un lion mourant sans descendance qu'ils avaient eu entre les mains si le nouveau Lion avait été là alors ces conseillers auraient réfléchis à deux fois avant de se lancer dans leur tentative d'usurpation de titres comme de richesses quand bien même ils auraient tenté Tybolt était persuadé qu'il aurait su les mettre à mal et empêcher son père de se laisser berner. Pour ce qui concernait la poursuite de l’œuvre du Lion Gris, Tybolt n'était pas certain que cela soit d'une grande utilité, durant toute son époque, Damon Lannister n'avait fait qu'apporter honte et moqueries sur la maison au Lion. Ce que voulait Tybolt désormais c'était élever la famille Lannister plus haut qu'elle ne l'avait jamais été depuis l'invasion et l'occupation Targaryenne. Il ruminait ces quelques pensées lorsque Maura effleura ses lèvres et de nouveau l'effet fut immédiat, le jeune seigneur perdit le fil de sa colère. Les mots de guerre qui avaient accompagné ce geste lui offrirent une porte de sortie cependant.

Tybolt quitta les bras de sa femme pour se diriger vers leur chambre, chemin faisant il parla d'une voix qui ne supportait pas la contradiction.
Tu as sans aucun doute raison ma douce, mais ne perdons pas notre temps en impliquant les Sept dans nos malheurs. Je ne suis de toute manière pas en bons termes avec eux dernièrement. De plus leur volonté n'a rien à voir avec l'avidité et le manque de loyauté des hommes qui profitèrent de mon père. Ces derniers ont du reste tout le temps désormais d'en appeler à eux pour les sortir de mes geôles... Il revînt de la chambre désormais vêtu de chausses en lin d'un rouge presque noir tant elles étaient sombres, la tunique et le pourpoint allant avec étaient jetés sur son épaule, ces deux pièces quant à elle portaient en fils d'or le symbole léonin des Lannister. Mais je t'accorde cela, nous ne gagnons rien à nous appesantir sur des évènements sur lesquels nous n'avons de toute manière plus aucune prise. Ces évènements aussi navrants soient-ils sont désormais derrière nous. Il entra de nouveau sur la terrasse et son regard se porta sur la mer. Il aurait aimé pouvoir voir ce satané Lord Dagon, fils de chien qu'il était et savoir ce qu'il conspirait en cette heure. Les muscles de sa mâchoire se contractèrent en cadence alors qu'il pensait à ce que ce félon osait faire et la manière dont le bâtard borgne faisait mine de ne rien voir. Se tournant de nouveau vers sa femme, il lui adressa un sourire qui se voulait avenant mais il n'était pas certain d'y être parvenu, la nuit et les premiers moment du réveil lui paraissaient incroyablement loin désormais, il était de nouveau Lord Lannister en charge de la défense de Westeros. Nous avons effectivement une guerre à mener ma douce. Hors il est temps pour votre dot de se rendre utile. Ces sept mille hommes aux pieds de la Dent d'Or me sont aussi utiles en ces lieux qu'un Tully dans un conseil de guerre. Il indiqua de la main les missives restées là sur la table. La flotte du Lion n'est pas encore prête pour combattre celle de Fer sur la mer, il me faut gagner du temps et préserver nos côtes. L'ost du Val devra être scindé en plusieurs sous régiments susceptibles de se déplacer plus vite et couvrir plus de terrain. Même s'il ne le disait pas, Lord Lannister ne voulait pas d'une troupe de sept mille hommes sur ses propres terres, plusieurs petits groupes de mille seraient beaucoup plus facile à annihiler si jamais le besoin s'en faisait sentir. Il se passa machinalement une main sur la joue et nota mentalement en sentant celle-ci râper sur sa barbe naissante qu'il lui faudrait convoquer le barbier de Port-Lannis afin de raser cette dernière. Je vous laisse informer vos Lord que nous tiendrons un conseil de guerre dès l'arrivée des Lords Estren, Brax et Crakehall. Veillez cependant à ce qu'aucun de ces bons seigneurs du Val ne vous nomme Lady Lannister durant la période allant d'aujourd'hui au mariage de Lady Aliénor. La dernière phrase avait été prononcé avec un certain dédain dans la voix du jeune seigneur, il n'avait pas apprécié se voir imposé la présence de ces hommes et ne les acceptait sous son toit qu'avec répugnance, mais ils étaient les serviteurs et vassaux de sa femme lorsque celle-ci était encore la Dame du Val, il lui fallait donc les accepter et ce même si cela lui déplaisait. D'un geste du pouce il décacheta une nouvelle missive portant le sceau du maitre de ses écuries, un large sourire se dessina alors sur ses lèvres.
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Message Sam 3 Déc 2011 - 23:30

La capacité de Tybolt de passer d’une émotion à l’autre était étrange pour Maura qui, même dans la colère, restait froide. Elle ne se souciait guère d’extérioriser sa rage mais simplement de faire souffrir. Et pour cela, tous les moyens étaient bons. Elle ne pardonnait pas souvent. Ou quand c’était le cas, était toujours prompte à rappeler un manquement ou une injure. Bref, en un mot, elle était rancunière. Elle trouvait Tybolt contradictoire…Pourquoi ne pas simplement tuer ces hommes ? Au moins, l’honneur de son père serait vengé. Et cela lui apporterait une certaine paix. Elle comprenait la difficulté d’arriver à une telle décision mais à quoi servait-il de conserver cette haine en lui ? Enfin, la sagesse populaire disait bien qu’un Lannister payait toujours ses dettes. Cela arriverait sans doute un jour ou l’autre. Alors qu’il quittait la terrasse en lançant quelques blasphèmes, la jeune femme se contenta de hausser les épaules. Elle avait déjà entendu cela. Les gens changeaient vite quand ils se trouvaient accablés par les malheurs et quand la foi était la seule ressource qui leur demeurait disponible. Et si Tybolt pensait qu’elle modifierait croyance et attitudes dans le seul but de lui plaire, il se trompait. D’une part, par simple esprit de contradiction mais surtout parce qu’elle pensait justement que les Sept décidaient ou non de leurs destinées et s’ingéniaient à faire sortir le meilleur de l’Homme en lui imposant des épreuves à surmonter. Et puis, plus prosaïquement ce genre de remarques simplement destinées à se démarquer, tel un adolescent en fait, l’agaçait toujours profondément. Sa jeune sœur aurait été capable de tenir les mêmes mais avec l’excuse qu’elle n’avait, elle, que onze ans. Elle laissa prendre son temps pour s’habiller se contentant de regarder la mer tranquillement, la tête renversée et les yeux clos pour profiter du soleil matinal. Oui, les Sept étaient généreux. Qu’auraient-ils pu prévoir de meilleur pour le début de sa vie conjugale ? Il faudrait qu’elle aille les remercier dans la journée. Le retour de son mari sembla marquer la fin de l’agréable matinée dont elle aurait pourtant bien profiter encore quelques instants. Finalement, elle préférait un Lord Lannister nu plutôt que celui qui s’était habillé et qui lui lançait des ordres. Ces hommes étaient les siens, mariée ou non. Et elle n’entendait certainement pas déférer à des suggestions faites sur ce ton.

« L’ost devra ? Ta langue aura fourché. Devrait serait plus juste. La division n’est pas une si mauvaise idée. Mon conseil de guerre étudiera cette proposition. Sept troupes de mille hommes chacune me paraît être un bon départ. Et cela satisfera au dispositif de notre chaîne de commandement. De toutes façons, le bruit seul de l‘arrivée de sept milles hommes dans l‘Ouest devrait calmer les éventuelles ardeurs fer-nées.»

La demande volontiers méprisante de son époux provoqua un certain étonnement de la part de la jeune femme. Etonnement qui se mua rapidement en un rire incrédule. Se faire appeler lady Lannister par des personnes qui la connaissaient depuis toujours et qui étaient fidèles à sa maison ? C‘était du dernier risible. « Mes vassaux m’appeler Lady Lannister ? Aucun risque. Je reste la Dame du Val pour eux…A mon avis, il serait plus utile de rappeler ce fait à ladite Aliénor. » Elle, pour sa part, était terriblement dédaigneuse envers sa jeune belle-sœur qu’elle considérait surtout pour une tête folle. Non pas qu’elle ne l’apprécie pas mais elle craignait que son bon cœur ne la pousse à révéler certains secrets sans même y penser. Quant à imaginer que les Lords du Val la nomment autrement que « Lady Maura » ou « la dame du Val », cela ne faisait pas honneur aux capacités d’observation du seigneur de Castral Roc. Le nom de Lannister était peut-être prestigieux mais rien ne valait celui d’Arryn aux yeux des natifs de l’Est. Du reste, sachant qu’ils n’étaient pas des imbéciles, elle faisait confiance à ses vassaux ce qui n’était absolument pas le cas de Tybolt pour des raisons qui lui échappaient mais qui devaient être liées à leurs qualités. En l’occurrence, la compétence ne semblait pas être du côté du tas de dragons d’or mais bien de celui de l’honneur.  «Nous attendrons donc l’arrivée de tes vassaux pour commencer à discuter de tes plans. Je suis certaine que les lords du Val sont…impatients de les rencontrer. » Quand on connaissait la valeur des hommes des Lannister capables de se faire battre sous les murs même de Port-Lannis…Elle espérait au moins que ses propres vassaux garderaient leurs plaisanteries sur l’effectivité des armées de l’Ouest pour leurs seules oreilles.
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Message Dim 4 Déc 2011 - 2:57

Le jeune Lord ne s'était pas attendu à ce que la conversation sur ses directives en soit une véritablement, il venait d'énoncer ce qui devait être et comme il en allait pour tout dans l'Ouest il devait en être fait comme il l'avait dicté. C'est donc d'un regard plutôt amusé dans un premier temps qu'il put voir son épouse remettre en question ses ordres. Elle agissait comme si son opinion avait une quelconque importance, mieux encore elle semblait sous entendre que les "conseils" de son mari seraient étudiés ultérieurement... Il en aurait presque sourit si la jeune femme n'avait pas l'air de croire véritablement à ce qu'elle avançait. Certes le jeune Lion avait signé le traité voulant que sa femme soit la représentante de son frère Lord Jasper à la tête de l'ost Arryn, mais si elle avait véritablement cru que Lord Lannister laisserait sept mille soldats du Val se déplacer librement sur les Terres de l'Ouest elle devait certainement ne pas bien comprendre les tenants et aboutissants de la situation entre les grands fieffes de Westeros. Tybolt n'avait aucune intention de laisser les hommes du Val repartir dans leur région d'origine avec des secrets de l'Ouest ni même voir une potentielle force de nuisance difficilement stoppable par ses propres troupes aller et venir librement sur ses terres. Cependant et malgré sa bonne humeur initiale l'arrogance de Maura commençait gentiment à lui peser. Il décida donc de prendre sa remarque par l'ironie et le sarcasme. Devra, devrait... si cela peut avoir une quelconque signification pour vous je vous laisse choisir ce qui vous convient le mieux, du moment que la chose est faite. C'est une évidence de toute manière que je ne laisserai pas un bloc de sept mille hommes d'arme du Val arpenter mes terres sans un certain contrôle. Sa phrase avait été prononcé accompagné d'un vague geste de la main signifiant le peu de cas qu'il faisait de la terminologie exact concernant cette affaire. Son regard parcourait de toute manière les différentes missives désormais ouvertes devant lui, il n'avait que peu de temps à accorder aux aléas émotionnels de son épouse.

Ses yeux quittèrent cependant très vite ses lectures lorsqu'il entendit la remarque suivant de Lady Lannister. Avait-il raté une bribe de la conversation ou sa jeune épouse venait-elle de médire sur Lady Aliénor...? Il ne porta pas même attention au reste des dires de Maura. Son esprit tentait d'assimiler la manière dont son épouse avait bien pu voir les choses pour penser qu'elle était en position de parler ainsi de sa sœur. Soit cette dernière avait perdu l'esprit, soit elle avait mal compris sa position au sein même de la famille Lannister. Lord Lannister se tourna donc vers son épouse.
Vous feriez bien de prendre garde lorsque vous parlez de Lady Aliénor ainsi Lady Maura, il ne me plairait pas de devoir vous rosser le jour même suivant nos épousailles. N'oubliez pas votre place. Je ne sais comment Lord Arryn gouverne chez lui mais vous n'êtes plus la sœur du Lord suzerain ici même... Son ton ne souffrait la contradiction, il était sec et péremptoire, son regard qui avait encore quelques minutes plus tôt été empli d'affection pour la jeune femme s'était vidé de toute gentillesse à son égard. Quand à vos Lords je me fiche bien qu'ils soient impatients ou non, il en sera fait ainsi que ça leur plaise ou non, qu'ils se réjouissent déjà de loger en mes murs. Mon affection pour vous ne doit pas vous laisser croire qu'il vous ait tout permis ma Dame... Lord Lannister n'avait pas élevé la voix à un seul moment, il parlait simplement et calmement même si ses mots étaient durs. Tout ce qu'il avançait ici lui paraissait être la plus simple des choses. Il était du reste persuadé désormais que Lord Jasper n'avait jamais su tenir sa sœur, sans ça elle n'aurait jamais cru pouvoir parler ainsi devant son Lord suzerain.
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Message Dim 4 Déc 2011 - 5:13

Elle faillit lever les yeux au ciel en l’écoutant lui parler. L’idée même qu’il puisse se croire en position d’imposer sa volonté à des troupes venues d’une autre région prouvait à quel point il était encore vert. Croyait-il vraiment que les troupes montagnardes accepteraient de se soumettre à d’autres décisions que celle d’une Arryn ou du roi ? Ou qu’il la croyait assez stupide pour ne pas voir la simple nécessité de fractionner l’ost du Val…Cela ne faisait pas honneur à son intelligence en tous cas. Les Lannister étaient peut-être des cas à part mais les grands chefs de guerre étaient ceux qui réussissaient à tirer le meilleur parti des troupes sous leur commandement. Elle poussa un léger soupir avant de lever la tête avec un léger froncement de sourcil. «Bien évidemment. Tout comme il serait stupide de croire qu’un bloc de 7000 hommes serait efficace pour défendre des côtes aussi étendues. » Plus loin que la confiance que Tybolt témoignait ou non aux gens de Maura, il paraissait absolument clair à cette dernière que la question véritablement importante concernait l’efficacité avec laquelle ils seraient déployés sur le terrain. Les querelles de clochers après…Du moment qu’il évitait de la traiter en enfant. Toutefois, elle ne put s’empêcher d’ajouter : «Mais tu sais Tybolt, ces hommes sont peut-être les fidèles vassaux des Arryn mais ils n’en sont pas moins venus pour mourir en défendant tes côtes. » Elle ne le disait pas mais quelque chose dans son intonation montrait qu’elle était un peu choquée par ce manque de reconnaissance. Les hommes du Val n’avaient strictement rien eu à gagner si ce n’est voir du pays et elle doutait que cela les eût vraiment motivé.

La suite fut beaucoup plus choquante. Non pas parce qu’il la rappelait à une politesse de bon ton envers sa jeune sœur, sans doute en aurait-elle fait de même. Mais le ton et la menace implicite la firent trembler à la fois de peur et de colère. Oser lever la main sur elle ? Elle était certaine que si cela arrivait, un homme du Val le tuerait. Et, en même temps, elle se rendait compte dans quelle nœud d’épines elle s’était fourrée. Les troupes étaient encore là mais quand elle serait partie, elle serait seule à subit les menaces de son époux pour l’amener à obéir sans discuter. Était-ce vraiment ce qu’il voulait d’elle ? Après la nuit qu’ils avaient passé ensemble. Elle sentit son menton frémir brusquement mais se reprit fermement pour répondre. Elle devait avant tout se rappeler de tout ce qu’elle était. La Dame du Val.
 ««Hé bien, si accueillir les chefs militaires d’une couronne alliée vous pèse à ce point, Lord Lannister, je leur expliquerai qu’il est souhaitable qu’ils regagnent le campement. Soyez assuré par ma voix qu’ils vous remercient grandement de votre hospitalité si chaleureusement accordée. » Le ton était froid et uni mais elle n’allait pas s’en laisser compter par un homme qui ne connaissait la réalité du pouvoir depuis deux maigres années alors qu’elle était assise sur un trône quand il en était encore à gagner ses éperons de chevalier. Du reste au niveau de la fraîcheur, une montagnarde était plus à son aise qu’un seigneur du bord de mer. Mais elle se forçait. Elle se serait drapée dans son impassibilité habituelle normalement mais il était devenu son mari et elle avait sincèrement cru qu’il lui témoignerait autre chose que ce froid dédain. «Je n‘oublie pas ma place. Celle d’hôte n’est-ce pas ? Puisque je dois encore attendre des semaines et le mariage Tyrell pour avoir simplement le droit d’être simplement votre femme ailleurs que dans cette chambre à coucher. Mais, ne vous en faîte pas, Lord Lannister, votre sœur aura le respect qu‘elle mérite.» Et rien de plus. Et il était certain pour Maura que les compétences de la blondinette n’en méritaient pour l’instant que peu. Heureusement, les formes étaient suffisantes. Mais si elle devait être menacée à chaque fois qu’elle parlait avec raison, les quelques heures de félicité risquaient vite d’être rattrapées par la cruelle réalité d’un couple qui se déchireraient sur des questions d’hommages et de politique. Cependant, dans ses mots avait également percé la blessure qu’elle ressentait à l’idée d’être traitée en maîtresse pour de simples raisons politiques. La dirigeante entrait en conflit avec la femme sur ce point précis. Elle comprenait les raisons mais elle s’était attendue à bien plus de la part de Tybolt. Peut-être pas au moment de la signature mais, après cette nuit, elle aurait souhaité obtenir cette reconnaissance afin que chacun sache que Tybolt Lannister tenait à cœur de l’avoir pris pour épouse. Elle ne chercha pas à aller plus loin mais la blessure était vive. D’autant plus parce qu’elle venait de devenir une femme et avait bénignement cru pouvoir être autre chose qu’une simple catin de plus pour le seigneur de Castral Roc. Elle se leva brusquement sentant que la façade allait bientôt lâcher après avoir fait tant d’efforts pour rester souriante durant les derniers jours.  « Sur ce, je vais aller me préparer, j’ai à faire. Faites moi prévenir de l’heure de votre conseil de guerre, vous serez bien aimable. Bonne journée. » Le ton s’était fait beaucoup moins assuré mais ce n’était pas celui d’une quelconque femme boudeuse. Elle ne voulait plus le voir, vraiment plus. Ce n’était même pas une quelconque fierté piétinée quoique…Mais, surtout, la jeune fille avait été blessée. Elle s’était offerte à lui bien plus pleinement qu’on ne l’aurait attendu d’une femme jetée dans le lit d’un homme par le jeu des alliances. Pire, elle lui avait fait confiance et elle avait cru être payée de la même chose en retour. Maura, elle, ne prenait pas à la légère ses engagements devant les Sept mais elle comprenait bien que cela n’était pas le cas de l’autre côté. Elle entra dans la chambre aussi vite que possible pour attraper sa robe qu’elle commença à enfiler comme elle pouvait en appelant une servante d’une voix pressée. Là, maintenant, elle voulait simplement mettre toute la forteresse entre son époux et elle et pouvoir pleurer tout son saoul avant de reprendre le masque de la dame des Arryn.
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Message Dim 4 Déc 2011 - 7:08

Tybolt pensait qu'ils allaient avoir leur première véritable dispute de couple marié et sentait déjà le pression monter en lui, la colère faire son œuvre mais il fut coupé dans son élan lorsque Lady Maura quitta le champs de bataille pour rejoindre la chambre. Il se retrouva donc seul sur la terrasse, seul face à ce qu'il venait de se passer. Il prit le temps de revivre la scène, il mit du temps avant de réellement prendre la mesure de ses propres mots, le jeune Lion venait de menacer sa femme de la battre... Soudain les autres sujets de leur dispute lui parurent à la fois dérisoires et puériles. De simples questions d'égo. Il se pinça un instant l'arrête du nez fermant les yeux par la même occasion et dans un souffle. Elle me casse les couilles... Lord Lannister posa sur la table sa tunique ainsi que son pourpoint qui étaient jusqu'alors sur son épaule droite et se leva. Il était évident qu'il avait blessé la jeune femme et cela n'avait jamais été son intention, ou bien cela l'avait été mais il n'en avait pas prit la mesure il n'aurait su le dire... la colère sourde et froide l'avait simplement submergé et il s'était comporté à la manière Lannister lorsque Lady Aliénor avait été moquée. Il avait simplement agit comme il était attendu de lui face à la remise en cause de sa jeune sœur. Seulement ses mots avaient dépassé sa pensée ou du moins avaient-ils produit un effet qu'il n'avait pas désiré sciemment. Tybolt quitta donc la terrasse et traversa la loggia, une porte s'ouvrit sur sa gauche et une servante passa la tête, lorsqu'elle croisa le regard du seigneur suzerain elle referma simplement pour ne plus apparaitre. Arrivé sur le seuil de leur chambre, il s'arrêta, les bras croisés sur son torse nu. Maura se débattait avec sa robe tenta de se rhabiller pour certainement rejoindre ses propres appartements. Tybolt esquissa un sourire en secouant légèrement la tête.

Il expira longuement par le nez avant de prendre la parole. Son ton était désormais calme et serein, conciliant même.
Qu'est ce que tu fais ? Il décroisa les bras et fit quelques pas à l'intérieur de la pièce. Personne n'ira nul part... pas avant que nous ayons eu cette conversation. Il prit une chaise et s'assit invitant d'un geste son épouse à en faire autant sur l'autre ou bien simplement sur le lit. Si nous devons gouverner et plus important, vivre ensemble, il va falloir que nous apprenions à parler. Ce qui s'est passé sur cette terrasse ne peut être notre quotidien. Se passant une main sur la mâchoire le jeune Lion observait son épouse. Son regard avait perdu la dureté qu'il avait exprimé plus tôt, il regardait Maura avec la même affection que celle qui l'habitait depuis leur première rencontre et ce quand bien même elle parvenait à le faire sortit de ses gonds comme personne n'était capable de le faire. Mais avant que nous n'abordions un quelconque sujet, il me faut corriger deux erreurs. La première fut de menacer de lever la main sur toi, j'ai dépassé les bornes. Les Sept m'en soient témoin cela ne se reproduira plus jamais. Je te présente donc mes excuses pour cela. Du reste les Dieux savent bien que je ne l'aurai jamais fait. En était-il seulement certain ? Avec ses colères orageuses et explosives, il n'aurait su jurer sur sa foi qu'une telle chose n'aurait pu se produire... La seconde erreur lui paraissait tout aussi importante à corriger bien que cela ne soit pas du même ordre. Tybolt se pencha donc en avant, ses bras en appui sur ses genoux. Le second point qu'il me faut clarifier avant que nous discutions est celui de ton statut. Je ne veux plus t'entendre dire que tu n'es ma femme que dans cette chambre. Cela n'est qu'inepties. Tu es ma femme que ce soit dans cette chambre mais aussi bien à l'extérieur, que le royaume soit au courant pour notre mariage ou non n'y fait rien. Ce n'est pas pour le pouvoir, l'influence ou l'or que j'ai choisit de t'épouser. Ni même le prestige, de tout cela je suis repu. Alors je ne veux plus t'entendre dire que tu n'es pas ma femme simplement parce que le monde dehors ne le sait pas. Tybolt comprenait qu'il devait être compliqué pour la jeune femme d'assumer le secret sur ses épousailles. Elle qui de plus était une fervente croyante devait voir cela comme indigne d'elle et il ne pourrait cesser de vouloir la remercier pour ce sacrifice.

Il se redressa alors sur sa chaise, et après avoir sourit sincèrement à sa femme reprit la parole.
Maintenant que ces points sont désormais clarifiés, il nous faut véritablement parler. Nous ne pouvons rester ainsi à agir chacun de son coté voulant imposer ses décisions et points de vue à l'autre. Le jeune Lion comprenait le besoin de son épouse de participer aux décisions et à la gouvernance du Fief, elle avait après tout été elle même régente du Val et quiconque a un jour exercé de telles prérogatives ne peut se voir ensuite reléguée à simplement observer et du reste Tybolt n'avait pas choisit Maura dans l'espoir de la voir se concentrer sur des travaux de couture ou la simple direction de la maisonnée. Il avait en toute connaissance de cause choisit une partenaire plus qu'une épouse. Nous ne pouvons donc garder des non dits entre nous. Pour cela nous devons nous ouvrir l'un à l'autre. Rien ne sera reproché ici. Tu peux me dire absolument tout ce que tu as sur le cœur sans craindre le moindre reproche ou jugement. Je te fais la promesse qu'aucune rancune ne sera garder de ce que tu pourrais dire. Tybolt se tut un instant avant d'ajouter ne sachant si cela était véritablement nécessaire. Ah oui et n'ai crainte, il n'existe aucun moyen pour que quiconque puisse espionner nos dires dans ces appartements. Il avait accompagné sa dernière phrase d'un sourire ainsi que d'un geste circulaire de sa main gauche, la droite blessée restait simplement posée sur sa cuisse.
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Message Dim 4 Déc 2011 - 21:36

Que pouvait bien faire cette petite pimbèche qui servait de servante ici ? Maura ne pouvait décemment pas s’habiller toute seule, pas avec ce type de robe ! Et on croyait qu’elle allait subitement décider de se vêtir seule tous les jours ?! Et ses mains qui tremblaient en plus ! Elle manqua d’arracher une broderie dans son énervement. Comment avait-il osé ?! Lui parler comme ça, à elle ! Alors que…Elle se détestait en cet instant. Comment avait-elle pu être aussi naïve ? Qu’est-ce qui avait bien pu lui faire croire que…Elle le haïssait. Elle haïssait Jasper de l’avoir exilée à l’autre bout de Westeros. Elle haïssait Aliénor d’être préférée à elle. Elle haïssait la terre entière. Et particulièrement cette saloperie de lacet qui ne voulaient pas se mettre en place et qu’un stupide couturier n’avait rien trouvé de mieux que de le placer à un endroit inatteignable. Un bruit la fit se retourner brusquement prête à hurler sur la servante qui mettait tant de temps à venir l’aider. Son imprécation resta bloquée. Tybolt. Que venait-il faire là ?! Elle lui tourna le dos brusquement plus décidée que jamais à venir à bout de cette stupide affaire de vêtements. Elle voulait quitter la pièce qui l’avait vue livrée sans défense à la fièvre du Lannister et elle voulait la quitter de suite. Lannister qui d’ailleurs ne trouva rien de mieux que de poser la question la plus stupide au monde. Elle lui jeta un rapide regard mauvais avant de revenir à ses affaires.

«Ca ne se voit pas ? Je suis en train de m’habiller. Je ne vais pas rester nue toute la journée ! Où est cette faignante de servante ?! » bougonna-t-elle tout en continuant ses efforts en pure perte. Dès qu’elle réussissait le début du laçage, elle perdait les fils en ne réussissant pas à atteindre la zone située trop haut dans son dos. Il continuait à sortir un tas d’insanités sans noms sans même imaginer à quel point Maura pouvait lui en vouloir à cet instant. Heureusement qu’elle savait se tenir, elle, sinon elle se serait jetée sur lui pour le défigurer avec ses ongles. Ou alors elle se serait sauvée à Crakehall…Il continua à tenter de l’enfumer au sujet de son statut et elle haussa les épaules. Elle ne le croyait visiblement pas et, de toutes façons, était tellement en colère, déçue et blessée, qu’elle n’avait même pas envie de considérer qu’il puisse être franc à cet instant. Et il pensait vraiment qu’elle allait faire confiance en de vains mots dont il semblait être prodigue ?! Elle savait à quoi s’en tenir à propos de la supposée franchise des Lannister. Tous des menteurs !

«Des paroles…Ce n’est pas la peine de me jeter de la poudre aux yeux. Encore que tu n’as pas à t’en faire, je n’ai pas l’intention de faire de vagues jusqu’au mariage de ta précieuse lady Aliénor. Tu peux souffler et aller lire tes lettres. »

L’insistance sur le lady était complètement outrée mais, à vrai dire, la jeune femme s’en moquait complètement. Elle lui tournait toujours le dos pour ne pas qu’il voit son menton frémir et ses lèvres s’embuer de pleurs. Elle ne décolérait pas, elle ne pouvait plus l’entendre être aussi doux et raisonnable alors que quelques secondes auparavant il la menaçait d’être battue pour quelques paroles malheureuses. Il la prenait simplement pour un animal rétif nécessitant un dressage à la hauteur des Lannister. Tout simplement et il ne restait plus qu’à Maura à se maudire pour avoir été aussi stupide. Elle ferma les yeux pour tenter de retenir les mots qui lui venaient à la bouche mais elle ne put se contenir. Elle se retourna vers son mari des larmes dans les yeux.

«Tu sais quoi ?! Va te faire voir chez les Stark, Tybolt ! Je n’ai rien à faire de tes lamentables excuses et encore moins de tes explications d’homme stupide ! Tu me traites comme une catin que l’on peut battre au moindre mot et tu t’imagines que je vais m’assoir et discuter simplement des meilleures façons de gouverner ensemble ?! Mais, je ne veux pas gouverner avec toi ! J’ai gouverné assez longtemps ! Et bien plus longtemps que toi ! Je ne demande que le respect dû à une épouse ! Si tu n’es pas content, fais-toi une raison ! Je ne suis pas une de tes catins ! Je suis Maura Arryn ! » cria-t-elle en abandonnant une fois pour toutes ces efforts pour lacer le dos de sa robe. Toutefois, malgré le chagrin bien visible de la jeune femme, elle avait besoin de passer sa rage sur quelque chose et attrapa le premier peigne venu, l’un des siens en plus, qu’elle jeta sur la chaise où se trouvait Tybolt mais qu’elle manqua grossièrement d’au moins plusieurs pas.

«Et puis si tu n’y arrives pas, je m’en fiche ! Tu as assez d’argent pour convaincre une septa de mentir pour faire annuler notre mariage ! Tu pourras te trouver la parfaite lavette pour devenir lady Lannister et moi je me trouverai un autre mari qui saura m’apprécier à ma juste valeur. Tant pis pour cette stupide alliance qui ne rime à rien ! »

Le pire était encore qu’à ce moment précis, elle le pensait vraiment. Elle n’en pouvait plus de Castral Roc, elle ne voulait pas passer pour la maîtresse d’un Lannister, elle ne voulait même ne plus rien avoir à faire avec ces stupides Lannister aussi paonnants que le Lion qui leur servait d’emblème. Elle voulait simplement un mari comme dans les histoires, un mari qui la traite avec respect. Était-ce trop demander ? Elle était plus belle que beaucoup d’autres et moins stupide qu’une femme comme sa tante Jeanne que la moitié du Bief vénérait. Par les démons d’Au-delà du Mur, qu’est-ce qui pouvait bien clocher avec ce Tybolt ? Elle lui avait pourtant prouvé qu’elle aimait suffisamment sa virilité durant la nuit pour ne pas venir furtivement pendant qu'il dormait pour la lui trancher.
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Message Lun 5 Déc 2011 - 2:02

Il savait qu'il avait été trop loin avec sa menace et s'en voulait amèrement. Mais il n'y avait pas que ça, Maura semblait particulièrement déstabilisée par le fait que leur mariage ne sois pas officiel. Du reste sa colère n'en était que plus légitime et Tybolt ne s'en offusqua pas outre mesure. Quand bien même la jeune femme disait plus d’inepties qu'il n'aurait su en compter. L'offre d'aller se faire voir chez les Stark lui arracha néanmoins un sourire, c'était une insulte toute trouvée et pleine d'exactitude tant Tybolt vomissait ces sauvages du nord se prenant pour les plus dignes seigneurs de Westeros, il avait presque autant de dédain pour eux qu'il n'en avait pour les Targaryen. Tout n'était cependant pas faux dans les dires de Maura et il dut admettre intérieurement qu'il avait mal agit dans son approche du problème en entrant dans cette pièce. Maura ne pouvait être considéré comme n'importe qu'elle autre et sans doute n'en avait-il pas assez fait pour lui signifier son affection pour elle. La fin des dires de Maura ressemblaient plus à ceux d'une femme prête à craquer qu'à ceux d'une Lady. Le jet de peigne en avait été le premier signe, ce dernier demeurait désormais sur le sol à quelques pas de l'endroit même où se trouvait le seigneur du Roc. Voyant sa femme sur le point de perdre le contrôle et ne voulant pas apporter l'humiliation des pleurs à celle déjà bien trop grande de son propre comportement envers elle, Tybolt se leva avec calme. Il saisit le bras de son épouse en essayant de ne pas lui faire mal avant de l'enfermer entre ses bras, c'était plus un geste d'apaisement qu'une réelle forme de contrainte même s'il ne comptait pas lâcher sa prise quand bien même cette dernière se serait débattue. Elle paraissait petite contre lui au final et il se demanda un instant comment il avait simplement pu menacer de la battre. La différence entre leurs gabarits était telle qu'il l'aurait certainement tué s'il avait agit comme il l'avait laissé entendre. Se penchant sur la jeune femme, il lui parla avec calme et douceur. Arrête donc de dire n'importe quoi... Avec de l'amusement dans la voix il ajouta. Ceci dit cette histoire de septa demande à être étudiée de près...

Incertain sur l'état d'esprit de son épouse, Tybolt n'en relâcha donc pas sa prise autour de ses épaules. Sans compter qu'il aimait la sentir ainsi contre lui et de fait l'un contre l'autre il prenait une toute autre mesure du peu de raison qu'il avait eu de lui parler ainsi. De quoi avait-il bien pu vouloir se protéger ou protéger sa famille... Maura ne lui semblait plus être une source quelconque de danger potentiel ainsi entre ses bras. Il était bien conscient qu'il avait agit d'une fierté ou même d'un égo mal placé qui avait provoqué son ire plus tôt. Il savait pertinemment que dans le fond Maura n'avait pas eu tort de craindre que Aliénor ne sache garder sa langue plutôt que de craindre des Lords du Val. Seulement à la manière dont elle avait énoncé cela, le sang Lannister du jeune Lion n'avait fait qu'un tour et la machine s'était enclenchée. Je suis désolé pour ce que j'ai dit, pour ce que je n'ai pas fait en ne te montrant pas assez que tu étais véritablement ma femme et pas simplement une maitresse. Je pensais que t'expliquer que j'avais choisi d'épouser Lady Maura et non la Dame du Val était suffisant mais je me suis trompé. Il ne dit pas les autres mots qui lui étaient venu en écoutant sa femme, qu'il était facile de gouverner à l'abri de montagnes et dans la quiétude d'une paix longue et exemptée du Fléau. Toutes ces choses avec lesquelles il n'était pas d'accord ou qui l'énervaient n'avaient pas d'importance en ce moment même. Seul comptait le bien être de sa femme. Quant à savoir si le secret que je t'ai imposé réduit ton importance à mes yeux... Tu es la première à me dire que je ne m'intéresse pas assez à ce que les Lords et seigneurs pensent, que je ne leur accorde pas d'importance. Comment peux tu dès lors imaginer que le fait qu'ils sachent ou non que tu es ma femme puisse avoir la moindre importance à mes yeux. Je me fiche bien de l'étiquette ou de ce que ces vieillards peuvent bien croire ou imaginer. Il prit délicatement le menton de sa femme entre son pouce et son index. Tu es la Dame de l'Ouest pour moi mais avant tout ma femme.
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Message Lun 5 Déc 2011 - 11:25

En cet instant, imaginer se représenter devant Lord Tybolt Lannister à l’avenir lui semblait complètement exclu et l’idée de se sentir humiliée d’avoir pleuré lui passait complètement par-dessus la tête. Il y avait même cette partie d’elle qui s’étonnait chaque seconde de se voir réagir de cette façon si extrême pour des motifs qu’elle n’aurait même pas envisagé quelques minutes plus tôt. Mais, vraisemblablement, des mois voire des années à se remparer derrière la carapace inflexible de la Dame du Val, impériale et souveraine, ne l’avaient absolument aidée à se préparer à devenir une femme. Et encore moins la femme d’un autre. Le changement entre être la suzeraine et la Vierge du Val et la simple dame consort d’un Lannister était abrupt. Mais le plus dur était cette terrible impression de ne pas avoir le droit d’être tout pour son époux. D’avoir le droit d’être relevée juste un petit peu du poids que la mort de son père avait posé sur ses frêles épaules. Simplement de pouvoir compter sur quelqu’un d’autre qu’elle-même. Mais, elle l’avait compris maintenant, elle ne serait jamais une Lannister vers qui toutes les attentions de son époux allaient, et encore moins une de ces putains que l’on pouvait congédier après consommation, elle n’aurait qu’un statut bâtard. A moitié acceptée, à moitié considérée comme une étrangère entre ses murs. Et elle détestait cela. Elle était une personne entière, franche et parfois même passionnée et elle ne supporterait jamais de ne pas être tout pour l’homme à qui elle avait tout donné y compris son corps intact. Ce qu’elle voulait n’était pas très différent de ce qu’elle avait toujours eu, la dévotion de son époux. Pas pour la figure glacée et impassible de la régente du Val d’Arryn, elle voulait son respect pour la femme qu’elle était. Elle se raidit brusquement en sentant les mains de Tybolt enserrer ses épaules et se contorsionna légèrement sans réelle volonté d’échapper à sa prise.

«Laisse-moi… » murmura-t-elle avant de lever des yeux chargés de mépris alors qu’il prenait à la légère ce qu’elle avait dit sur une possible annulation. «Ne ris pas ! Je suis très sérieuse. Au moins, tu seras débarrassé du Val et de ses soldats que tu méprises… »

Et de se remettre à sangloter avec plus de force encore. Mais avec plus de tristesse également. Elle ne comprenait pas ce mépris pour ses origines. Bien entendu, elle connaissait les Lannister et avait finalement assez bien cerné toute la vantardise de Lord Tybolt, Seigneur de Castral Roc. Elle aussi était orgueilleuse mais elle ne pouvait concevoir de dédaigner ainsi le sacrifice d’hommes qui venaient accomplir ce que leurs serments d’allégeance exigeaient d’eux. D’autant plus qu’elle portait la responsabilité, plus que Jasper ou les Lannister. L’armée était part de sa dot et ses gens, qu’elle avait lutté pour garder à l’abri des guerres, devaient désormais mourir pour payer ses noces dorées avec le plus puissant seigneur de Westeros. Etrange ironie du sort…

«Tu ne peux pas faire celui qui est ravi de m’épouser tout en dédaignant mes hommes et nos origines. L’or Lannister ne permet pas tout. Et toi…Toi, tu agis comme si nous n’étions que des moins que rien venus quémander pitance. Nous ne le sommes pas. Et si tu n’es pas capable de t’en rendre compte et d’en être reconnaissant comme il convient devant moi alors tu n’es pas assez honnête homme pour être mon époux. » Et j’irai présenter une requête en annulation au Grand Septon. La voix de la jeune femme s’était faite plus ferme. Aussi haute que l’honneur ? Peut-être. En tous cas, elle n’accepterait pas longtemps avec le dédain réservé à Brax et consorts. Qu’importe si il le prenait mal, il ne la traitait de toutes façons pas aussi bien qu’elle ne le méritait. La suite l’adoucit quelque peu mais il ne comprenait pas. Il ne saisissait pas dans quelle situation se retrouvait la jeune femme. «Je me doute que tu veux bien faire mais tu ne te rends pas compte. Sa réputation est tout pour une femme de bien. Je n’ai le respect de mes vassaux que parce que je suis irréprochable, parce que je n’ai jamais démontré le moindre penchant pour la lasciveté. Rends-toi compte…Même pour toi, c’est important. Imagine-tu ce que l’on va dire de moi si certains se rendent compte que je partage ta couche sans avoir connaissance du mariage ? Une femme légère assise aux côtés du suzerain des Terres de l’Ouest ? C’est affreux… » Cette fois, elle ne se débattait plus et se remit simplement à pleurer à chaudes larmes contre le torse de son mari. Maura avait tout fait très jeune et, à bien des égards, elle l’était encore. Sans doute, les brusques changements avaient-ils eu raison de la carapace de lady Arryn. Toutefois, après une première vague de pleurs et des sanglots ridicules, elle commença à se reprendre tout en restant contre Tybolt. Elle aurait aimé être sûre d’elle comme lui l’était. Même jusqu’à la stupidité. «Et maintenant, je suis irregardable. Mes suivantes vont croire que j’ai passé la pire nuit de noces qui eût pu exister ! » Oui, parce que concrètement, c’était un problème grave. Elle devait apparaître plus tard au conseil de guerre et se devait d’avoir un visage frais et avenant. Et là…Elle ne savait même pas comment elle allait faire pour conserver les apparences sauves. 
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Message Mar 6 Déc 2011 - 1:01

Sentant que Maura se détendait, Tybolt relâcha son emprise qui ne se voulait désormais plus contraignante mais simplement rassurante et aimante. La jeune femme avait connu bien des changements dernièrement et si ces derniers avaient pu paraitre colossaux au seigneur Lannister il devait en être d'une dimension toute autre pour la nouvelle Dame de l'Ouest. Il pouvait sentir la jeune femme se laisser aller entre ses bras, laissant libre court à ses pleurs. Quand bien même elle avait été comme elle le disait elle même, la Dame du Val beaucoup plus longtemps que lui n'avait été seigneur du Roc, Maura n'en demeurait pas moins une jeune femme de vingt ans à peine qui avait dû grandir sans père et en prenant soin de ses jeunes frère et sœur. Il avait dû être d'autant plus dur à une gamine de quinze ans de faire entendre sa voix parmi tous les seigneurs du Val. L'exemple de ce qu'elle avait dû faire pour venger la mort de feu Lord Arryn ne cessait de le ramenait aux sacrifices que son épouse avait fait depuis des années. De fait sa propre inflexibilité plus tôt sur la terrasse lui sembla terriblement déplacée. Il laissa donc son épouse parler autant qu'elle en ressentait le besoin, le morigénant sur le peu de respect qu'il avait pour les hommes du Val "venus mourir en son nom". Il se demanda un instant s'il devait véritablement son point de vue concernant ces soldats venus du Val, mais il conclu bien vite qu'il valait mieux garder de telle appréciations pour lui en ce moment. Rien ne servait d'attiser de nouveau la tristesse de son épouse. En plus lui dire que pour lui ces hommes ne faisaient qu'accomplir ce qui était attendu d'eux et qu'il n'avait cure de savoir qui ils étaient n'auraient pas aidé à apaiser les craintes de la jeune femme. La serrant un peu plus fort il parla donc calmement. Mais non je ne méprise pas ces hommes... Je ne suis qu'un imbécile tu le sais bien. Si j'ai pu donner cette impression c'est que je ne savais pas de quoi je parlais. Il rit légèrement. Et si tu vas voir le Grand Septon, ça me forcerait à aller jusqu'à Port-Réal pour lui dire de ne pas tenir compte de tes demandes, ça fait beaucoup de route pour pas grand chose au final tu ne trouves pas...? Il déposa alors un baiser sur le front de Maura.

Il se décala alors légèrement pour pouvoir regarder la jeune femme dans les yeux.
Hey... qu'importe ce que peuvent dire les gens, nobles ou non, puissants ou non, pour ce qu'ils peuvent l'être de toute manière par rapport à nous. La seule chose qui compte c'est que nous nous sommes engagé l'un envers l'autre et devant les Sept. Le reste ne signifie rien, la basse noblesse peut bien penser ce qu'elle veut. Son sourire et ses mots se voulaient rassurant et confortant. Quant à tes vassaux ils savent pertinemment que tu es une grande Dame. Je pensais ce que je disais lorsque je te faisais remarquer qu'ils t'aiment comme on le fait d'une reine. Ce n'est pas l'idiotie crasse d'un Lord Lannister qui changera ça dans leur esprit d'accord ? Du revers du pouce il essuya les larmes qui avaient coulé sur le jolie visage de son épouse avant de la prendre par la main. Mais non tu es magnifique ma douce. Le plus beau joyaux que le Roc ait connu. Cela dit si tu souhaites prendre du temps pour paraitre plus fraiche, je connais la solution. Il entraina alors Maura à sa suite jusque dans la loggia où il fit pivoter d'une main le lourd vaisselier avant de se tourner vers son épouse. Je ne sais s'ils nous attendent pour le moment, mais ils n'auront qu'à prendre leur mal en patience. Les désirs de la Dame de l'Ouest et plus particulièrement ceux de ma femme passent bien avant toute autre chose. Comme il l'avait fait la veille, Tybolt entraina Maura au travers les corridors secrets du Roc pour finalement déboucher dans le couloir juste devant la porte donnant sur la salle au Bassin. Il ouvrit la porte avant de faire entrer Maura et refermer la porte prestement derrière eux. Ici personne ne peut savoir où nous sommes et pour ma part cela me convient bien mieux que de les savoir observer notre porte de chambre comme des vautours à l'affût d'une proie. Il fit glisser ses chausses sur le sol dallé avant d'entrer dans l'eau.
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