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Sur une froide plage du nord, le coeur de pierre peut se réchauffer

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Message Mer 2 Nov 2011 - 17:43

En plein milieu de la mère, deux boutres naviguait vers le nord ouest, dans la saison des grands vents, d’une année antérieur à ce jour. Dans les deux navires qui déchirait l’eau, déjà tumultueuse ce matin d’hiver, il y avait la Sirène Noire. Sur le pont, Dagon. Il s’avança vers la proue de son immense drakkar, pour mieux y voir l’horizon. Devant lui, le deuxième navire. Il ouvrait la marche. C’était un petit vaisseau sans vraiment d’importance, un parmi tant d’autre, loin des autres, l’élite qui lui servait lors de grande bataille. Ils partaient surtout en reconnaissance, et pour faire quelques échanges avec un autre royaume déjà pillé et presque conquit. Ils s’étaient mis en accord pour quelques échanges de produits. Les fer-nés pillaient, venait leur troquer quelques richesses comme l’or, les pierres ou même des armes, et ils venaient répondre au manque de vivres. Les terres des îles n’étaient pas réellement cultivable et le bétail était trop peu nombreux à cette époque, trop maigre pour être mangé. Ils faillaient les garder en vie jusqu’au printemps pour qu’ils puissent enfanté et faire de nouvelle progéniture. Il ne leur restait que des potages de graine ou des pomme de terre pour remplir leur ventre. Un peu de viande serait la bienvenue dans une contrée riche pour nourrir leurs animaux.

Les deux boutres avançait donc vers cette parcelle de terre connue, en espérant au loin, trouver une autre terre à piller, pour leur religion, mais aussi pour l’économie de leur région. Dagon emmitouflé dans sa cape en coton épais gris foncé, sa couloir noire se dissipant avec les années qui passait, était réchauffée d’une petite partie par-dessus les épaules en fourrure d’ours. C’était un bien volé par son père, et qui lui appartenait jusqu’à sa mort. Elle lui tenait chaud et le couvrait d’une certaine élégance. Elle ne le tassait pas, car il fut grand et l’était toujours. L’équipage était bien moins couvert, mais il ne leur en fallait pas plus. Ils ramaient à grand coup de bras, les muscles bandé au maximum. L’exercice leur provoquait de la chaleur, les uns près des autres, bougeant en rythme, sans jamais se laisser perturber, ni même par le fouet qui claquait ou les pommeaux d’épée qui tapait contre le bois. Le bateau tanguait fortement, le temps commençait à s’énerver. Le Dieu Noyé et son antagoniste, le Dieu Tornades les testaient, testaient leur foi.

C’est alors que sur l’autre bateau, le commandant de la boutre n’était pas aussi serein que le seigneur des fer-nés, qui appréciait le paysage glacée et presque brumeux, rien de plus poétique et magnifiques à ses yeux. Nerveux, il faisait les cents pas, sans pouvoir apprécier la magnificence de la nature qui s’offrait tout autour d’eux. Il allait et venait, parlant à ses officiers, les membres les plus confiants de son équipage. Oui, tout le monde était prêt, il n’attendait plus que son signal. Les bâtiments s’enfonçait de plus en plus dans ce paysage bleu à perte de vue. Ils étaient bien loin des îles, et loin de leur destination. C’était le moment où jamais. Il continuait de longer la boutre de son long, frottant avec agitation le bout de son épée large. C’était un des bâtards de son père. Il ne souhaitait qu’une chose, renverser Dagon qui n’avait pas d’héritier, supprimer Zachery pour éviter une éventuelle vengeance. Il prendrait le pouvoir par la force. Que les cousins Harloi osent venir réclamer leur place, il était décidé. Personne ne l’arrêterait.

Soudain, il se mit à hurler de tourner totalement à bâbord. La petite boutre fit demi-tour avec une certaine lenteur, mais arrivant à 90° une grosse vague les aida à faire face à la Sirène Noire. Dagon pencha la tête, levant son sourcil. Mais que se passait-il ? Il ne comprenait pas réellement ce qu’il faisait, enfin si il imaginait bien dans quels buts, mais pourquoi ainsi. La boutre de Dagon faisait deux fois la sienne. Le sous capitaine était à la barre, regardant au loin ce qui se passait. Le seigneur leva simplement la main et les officiers hurlaient à tour de rôle de s’arrêter. Plus rien ne bougeait sur la Sirène Noire. Le calme, le silence, rien ne pouvait les perturber. Toujours aussi hautain, il le regardait de haut, ce petit homme nerveux et idiot qui fonçait droit devant eux. Quelques minutes passèrent avant que l’énorme navire de Dagon ne se secoue violemment après un énorme bruit de bois qui s’entrechoquait. Dagon avait posé une main sur le bord du bâtiment pour ne pas tomber. Un à un, des câbles se plantaient tout autour de lui, des hurlements jaillissant du bas. Dagon recula, dégainant son épée. Il retrouva son équipage qui était sur le qui-vive. Il répliqua au Capitaine à la barre que c’était une mutinerie et qu’il fallait se tenir près. Tout le monde sortit ses armes alors que les ennemis, les traitres grimpaient et chargeaient. Les hommes fidèles à Dagon venait devant lui, comme une vague qui l’enrobait pour mieux lui passer sur le corps. Il aimait son équipage qui pensait toujours à sa sécurité.

Bientôt, le pont de la Sirène Noire était un bain de sang. Il voyait enfin pourquoi cette étrange attitude, mais il ne comprenait pas pourquoi il avait prit autant de risque. Ils étaient si peu, si mal expérimenté, Dagon ne prenant que les meilleurs sur sa boutre. Beaucoup de leur hommes furent abattus. En tout cas, il admira ce bâtard, être capable de rassembler ces hommes, qui se battaient jusqu’au bout, même si on voyait la fin approcher. La temps commençait à gronder à son tour, réclamant le sang de ses fidèles mourant. Dagon restait à l’arrière, joutant un peu de son épée contre quelques fous qui s’osaient à venir l’attaquer. Une énorme vague vint s’abattre en travers du bateau. La plus part des hommes furent renversés.

Le seigneur tenta de se relever, mais un homme se jeta sur lui, laissant sa lame s’enfoncer dans une grande partie de la chair de son bras. Il poussa un râle de douleur, retenir. Le sang commençait à couler tout le long de ses muscles saillant. Qalen le pouce arriva à la charge et sa masse fit passer l’attaquant par-dessus bord.

_Seigneur, prenez une chaloupe et partez, regagner des terres ! Ils sont sur vous, c’est vous qu’ils veulent. Ne mettez pas votre vie en danger.
_Je compte sur toi pour me ramener ma précieuse Sirène, accepta Dagon avant de sauter directement à l’eau.

Juste avant de sentir son corps passer par-dessus, sa lame tapa violement contre une corde qui retenait le bateau de fortune. La barque s’écrasa sur les énormes vagues agitées. La tête la première traversant les remouds de la mer en colère, il redressa le canot tant bien que mal avant d’y grimper. Vidant l’eau, jouant de ses jambes pour ne pas tomber, il finit par s’y agripper avec véhémence, priant le Dieu Noyé de lui sauvé la vie.

Bientôt sa précieuse boutre n’était qu’un minuscule navire au lon, qu’il voyait de rare fois lorsque la chaloupe montait une vague. Il n’avait pas pensé aux rame, qui dès lors cognaient contre la coque des deux bâtiments Fer-Nés. Tragique histoire. Dans quel état allait-il finir. Le soleil déjà caché derrière les nuages, avait fini sa course, laissant place à la lune. La fatigue l’avait rendu sans espoir, les vagues avait l’air de Titans prêts à le happer, le froid le tétanisait et son sang perdu le rendait faible. Tout s’éteignit, ans qu’il ne sache à quel instant, n’ayant plus la notion du temps.

C’est au large d’un pays glacé qu’il échoua, sur le dos, son œil à peine ouvert, lui laissant presque apprécier une dernière fois ses étoiles adorés. Vu celle qu’il avait en plein sous les yeux, il réussit à savoir qu’il était dans le nord. Son corps était couvert de sable, sur sa peau collante et gelée. Ses extrémités était presque bleu et les lèvres craquelées par le froid et le sel, son bras blessé le lançait du bout des doigts jusqu’à la nuque sans qu’il ne puisse le bouger. Dagon ricana d’un léger sifflement venant du fin fond de sa gorge. Dagon Greyjoy mort en fuyant, pensa-t-il. Pathétique. Plus jamais il ne le ferait s’il s’en sortait, mais non… Son âme allait donc rester sur les terres, sans rejoindre la mer, pour tenter d’abolir sa frustration.
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Message Jeu 3 Nov 2011 - 13:14

     Alysane fuyait de temps en temps l'Île aux Ours pour tenter de découvrir de nouveaux horizons, essayer de comprendre ce qu'était ce sentiment de liberté et de satiété dont tous les voyageurs qui faisaient une halte dans la demeure des Mormont, parlaient. Sa hache pendant à la ceinture qui cerclait sa taille dissimulée par l'épaisse peau d'ours qui la couvrait, la jeune femme marchait dans la neige avec une aisance naturelle. Lorsque l'on avait toujours vécu dans un tel endroit, se mouvoir dans la neige était une partie de plaisir, la guerrière avait trouvé « le truc » pour ne pas être freinée dans ses mouvements et elle pouvait même se targuer de réussir à atténuer le bruit de ses pas. Pour le moment, la seconde des filles Mormont était occupée à fixer un point sombre sur la neige, un gros blaireau qui devait certainement avoir oublié qu'à cette époque de l'année il devait normalement hiberner dans son terrier. Un sourire satisfait se dessina sur les lèvres gercées par le froid de la brune qui ne quittait pas sa proie de ses yeux mordorés. Elle glissa sa main jusqu'au carquois que son frère bâtard lui avait donné, la jeune femme était venue ici pour s'entraîner à tirer à l'arc, chose pour laquelle elle était très loin d'être douée notons-le bien. Elle posa la flèche dans l'encoche, plaça son visage dans l'alignement, puis lâcha la corde qui propulsa la flèche avec un léger bruit, provoquant des vibrations dans les mains de la Mormont.

     Le projectile se ficha dans la neige avec un bruit mou, le blaireau s'enfuit en courant, dandinant ses fesses dodues pour se mettre rapidement à l'abri, provoquant un râle agacé chez la tireuse. Une moue agacée se dessina sur le minois de la brune alors qu'elle soupirait légèrement de dépit, libérant un petit nuage de vapeur fraiche. Ce n'était pas son jour de chance ! Économe dans l'âme, Alysane se dirigea vers la flèche qu'elle ramassa et débarrassa de sa neige avant de la glisser dans le carquois, puis pivota pour s'en-aller... Avant de s'immobiliser. Un bruit lui était venu, un bruit d'eau qui éclaboussait quelque chose. Cela n'avait rien de très surprenant après tout elle était au bord de la mer, mais bien que les clapotis de l'eau étaient normaux, il y avait quelque chose d'étrange dans tout cela. La guerrière repassa son arc autour de son épaule avant de glisser sa main jusqu'à sa hache qu'elle détacha de sa ceinture, puis commença à descendre vers le rivage à travers les arbres.

     Ignorant ce qu'elle allait bien pouvoir trouver, la brune avançait prudemment, sa main fermement serrée autour de la garde de sa hache parfaitement entretenue. Ses pas la mena au travers des arbres nus, couverts de neige qui bloquait quelque peu la vue, puis le paysage se dégagea lorsqu'elle atteignit l'orée de la forêt, voyant une plage caillouteuse et pleine de neige s'offrir à elle. Seule une tâcha attira son attention, une forme sombre allongée sur le sol non loin d'une espèce de barque. Un pêcheur qui s'était fait emporter vers le Nord et qui avait fini par échouer ? C'était fort possible, quoi qu'il en soit elle était bien décidée à voir de quoi il en retournait. Toujours prudente, la jeune fille s'approcha de la silhouette et au fur et à mesure qu'elle avançait, Alysane distinguait de mieux en mieux l'individu. Visiblement il s'agissait d'un homme de taille plus importante, il portait des habits assombris par l'eau, à rester comme ça il allait mourir de froid sans aucun doute. La demoiselle faisait le moins de bruit possible et s'arrêta finalement à deux bons mètres de la personne allongée qui ne devait pas l'avoir repérée.

     Sans aucune gêne, la brune observa la personne pour constater qu'elle était visiblement blessée, une chose était sûre, ce n'était pas un pêcheur égaré ! Raffermissant sa prise sur son arme, la Mormont se décida finalement et adressa la parole à l'homme, le gratifiant au passage d'un coup de pied avant de reculer pour regagner sa place à l'abri de toute tentative d'attaque.

     ▬ Hey ! Est-ce que vous m'entendez ? »

     Peut-être qu'il était mort ? Alysane avait déjà vu des cadavres d'humains, un chasseur gravement blessé par un ours que ses amis avaient ramenés à l'île aux ours pour demander de l'aide, mais ce n'était pas vraiment la même chose. Lord Jeor avait pour habitude de dire à ses filles que rien n'est plus dangereux qu'un animal blessé et elle avait toujours entendu Maege dire que les hommes étaient des bêtes. Dans son esprit un amalgame s'était fait, les hommes étaient des bêtes et ils étaient donc dangereux lorsqu'ils étaient blessés ! Plissant son nez fin avec un air de réflexion, la demoiselle s'approcha légèrement, constatant que finalement l'homme bougeait et devait donc encore vivre. Il allait tout simplement se geler sur place si elle ne lui apportait pas son aide, mais hors de question de le faire sans savoir qui lui faisait face. D'un ton toujours aussi revêche, elle reprit la parole.

     ▬ Qui êtes-vous donc ? Qu'est-ce que vous venez faire ici au juste ? Sachez qu'il est inutile de faire le moindre geste brusque ou je vous assure que vous n'aurez plus à craindre grand-chose. »

     Comme pour appuyer ses dires, elle leva légèrement son arme pour permettre à l'inconnu de voir qu'elle ne plaisantait pas. Oh, il allait peut-être la prendre pour une espèce de grosse barbare du Nord qui essayait de détrousser les hommes blessés, mais au moins cela le ferait se tenir sage. Alysane était bien loin de se douter qui se tenait devant elle, elle avait beau avoir entendu dire que des Fer-Nés venaient de temps en temps jusqu'aux rivages du Nord, la brune n'allait pas pour autant s'imaginer que c'était leur lord suzerain en personne qu'elle admonestait. Un léger soupir contrarié libéra un nouveau petit nuage de vapeur alors qu'elle jeta un rapide coup d'œil autour d'elle pour s'assurer que ce n'était pas un grossier piège dans lequel elle était tombée, puis reporta son attention sur le blessé.

     ▬ Laissez-moi vous dire que je n'aurais aucun scrupule à vous laisser mourir de froid devant moi si vous vous obstinez à garder le bec fermé. Je peux vous dire que vous n'avez pas beaucoup de temps devant vous si vous ne pouvez pas vous réchauffer et je doute que sans mon aide vous y arriviez. Alors ? »

     Léger haussement de sourcils, il était vrai qu'un bon feu pouvait lui faire du bien, s'il venait de la mer avec des habits trempés, rien d'autre ne pourrait lui sauver la mise. Alysane avait un silex dans sa poche qui lui permettrait d'en faire démarrer un en moins de deux secondes. Seulement le malheureux avait la malchance d'être tombé sur une femme particulièrement agaçante, elle se complaisait dans le rôle de la femme insupportable et ne se priverait pas du loisir de l'asticoter autant qu'elle pouvait jusqu'à obtenir ce qu'elle voulait. Ses yeux couleur miel ne quittaient pas le visage marqué par les épreuves du blessé, tentant de se souvenir de lui, vainement. Une chose était sûre, elle ne l'avait jamais rencontré avant ce jour, la Mormont avait plutôt une bonne mémoire des visages et des traits des gens, lorsqu'elle croisait quelqu'un il était rare qu'elle l'oublie complètement. Ou la personne ne lui avait pas fait forte impression. Revenant à la réalité, elle glissa son regard jusqu'à la blessure assez visible de l'homme, il allait certainement avoir besoin de soin, dommage que l'une de ses sœurs ne soit pas là, elles étaient tellement douées pour tout cela ! Affichant une légère moue, la brune lâcha quelques mots pour la fin avant de retomber dans un silence obstiné.

     ▬ Est-ce que vous êtes seul ou je dois m'attendre à voir d'autres inconnus se balader sur nos rivages ? »
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Message Ven 4 Nov 2011 - 22:49

Un silhouette arrivait au loin sans que Dagon ne puisse la voir. D'un côté, il était loin d'être chasseur, espion ou agent. Il n'avait pas cette faculté, encore moins une oreille si sensible pour apercevoir les petites brindilles qui craquaient, timides, sous le pied de la jeune femme. Il savait déjà lire dans les étoiles, établir des plans de guerre, il ne fallait pas trop lui en demander, surtout à son âge. A cette période de la vie, il devrait plus chercher à former un héritier pour hériter de cette retraite qui l’amènerait à la sagesse. Il se mit à penser que son père avait eu cette chance de l'avoir bien tôt, car il fallait voir la fatalité en face. La quarantaine et un simple bâtard qui n'était qu'un cailloux parmi tant d'autre sur les îles de Fer. Il finit par rouler sur le côté, très lentement, plaquant une main lourde sur la neige, dans l'impossibilité de bouger les doigts. Il avait envie de hurler, mais rien ne répondait. Etait-il déjà mort ? Alors à quoi bon se battre et se flageller à l'idée que s'il s'éteignait, c'était le nom Greyjoy qui ne perdurait pas. Enfin, s'il était déjà parti dans les limbes, il ne pouvait retourner en arrière.

Une voix éclata. Il ne fallait pas rire de son état de détresse. C'était une expérience très dure à vivre pour lui. Il se demandait si c'était une sirène envoyé par le Dieu Noyé venue lui rapporter ce qui lui était du : son corps, son âme, son règne, tout. Il n'arrivait à voir la parfaite ligne des mots qui échappait de cette bouche. Il ne sut même pas si elle était féminine ou non. Son oeil clos, il peinait à l'ouvrir. Il y mettait toute son énergie, mais ce qui l'entourait était blanc et flou, que du blanc, rien que du blanc... Les syllabes étaient mâchées, lointaine, grave. Tout doucement, sa conscience travaillait. Ce n'était réellement pas un animal qui hurlait comme un ours près à passer son chemin. Ce fut bien plus clair. Sa vision était toujours aussi nébuleuse. Elle lui posait des questions. Idiotes non, c'était un instinct. Mais franchement, allait-il lui dire "Je suis Dagon Greyjoy, Fer-nés corps et âmes, prêt à tout détruire pour ma foi". Avec du recul, il s'étonnerait d'être si cynique, mais son état le poussait à quelques sottes pensées. Il aurait bien aimé répondre pour la rassurer.

Elle n'était plus devenue ce genre de nuisible dont vous aimeriez bien vous débarrasser à tout prix, pour que sa voix s'arrête dans votre tête, pour ne plus entendre ses pas s'enfoncer à peine dans la neige autour de vous. Ce petit crissement désagréable, surtout quand, laissé pour mort, elle vous menace de vous laissez agonir sans que vous ne puissiez répliquer, guerrier et fier que vous étiez. Elle était sa chance, celle de s'en sortir, ou pas. Il ne pouvait que se tenir à cela. Elle allait le laisser mourir s'il ne parlait pas. Mais il n'y arrivait pas. Dans un élan d'adrénaline, se battant pour survivre, il se tourna totalement sur le dos.

_Je suis seul... Aide...

Ce fut le seul murmure qu'il put laisser de sa bouche. On l'entendait à peine. Il essaya de bouger son bras blessé et il ne savait s'il devait s'inquiéter de ne plus rien sentir, ni même de l'avoir transporter. Il était en travers de son corps, se demandant à quel moment il était arrivé là. Il inspira profondément.

_J'ai si froid... Je vous en prie, siffla t-il, laissant une volute de fumée s'envoler au dessus de son visage.

Il perdit la notion du temps, sans savoir combien de temps il était parti dans les songes. Tout ce qu'il sait, ce fut une chaleur non négligeable qui le sorti de ses pensées. Il s'y traina, tant bien que mal pour s'en rapprocher et se délecter de ces vagues brûlante qui le happait, comme les flammes qui venaient directement le lécher. Cette lumière incandescente était comme sa lueur d'espoir. Finalement, rentrerait-il, reprendrait-il sa vie en gardant pour première leçon : ne plus jamais fuir.

Il regagnait peu à peu sa vitalité et le commandement de son être. Il s'assit, toujours près du feu, passant discrètement la main sur son épée toujours bien attaché à sa ceinture. Glissant le pommeau assez reconnaissable de la Seiche d'Or sous sa cape. Il fixa la personne à qui, ne mâchons pas nos mots, devait la vie. Elle était différente, ne serai-ce que par sa tenue. Une femme, on n'y voyait plus grand chose. Le regard d'un animal sauvage, l'attitude. Elle restait à l'écart. Il souffla dans ses mains, la jaugeant toujours, cherchant des armes, des signes, quelque chose d'inquiétant ou de quoi se méfier. Il n'y avait rien d'alarmant et si elle ne savait rien, pourquoi ferait-elle quelque chose ? Une cannibale, un être bien plus cruel que lui ; prête à sauver pour lui donner assez d'espoir et le torturer en lui retirant la vie à nouveau, à tout petit feu. Le contrôle de son âme entre ses mains, maîtresse de la vie d'un guerrier. Ramassant sa fourrure contre ses joues, encore humides et tout le bout des poils glacé, il se racla la gorge. Vu ce qu'elle venait de faire, il lui devait bien des explications. Il n'était pas du tout en état de se battre, alors valait mieux caresser la bête dans le sens du poil. Elle serait une des seules personnes à le connaitre ainsi : humble et vulnérable, en position inférieure.

_Merci infiniment. J'étais sur une embarcation, celle de mon Seigneur, d'une contrée plus à l'ouest. A en voir la neige... Je... Je suis au nord, tremblait-il à chaque parole. On s'est fait attaqué, par des pirates aux airs de barbares... Ces légendaires Fer-nés je pense. Ce fut... Oh mon dieu.

Il se recroquevilla sur lui même, sentant le froid le mordre de l'échine et descendre son venin jusqu'en bas de son dos. Dans son effort pour canaliser la chaleur, il ne savait s'il était heureux de ressentir enfin la douleur de sa blessure profonde. Son bras n'était pas mort, pas encore et le froid avait du mal à lutter contre le bûcher. Il n'allait pas lui dire la vérité, il n'était pas fou. Il ne leva même pas son oeil pour vérifier qu'elle buvait ses paroles, cela serait trop dangereux et le trahirait. Il restait en boule, prêt du feu.

Il en oublia presque la jeune femme et regardait son bras couvert de sang. Il avait du bien saigné, pour que même après la mer qui l'avait balayé jusque là, pour qu'il reste quelques tâches sur sa peau. Les vêtements étaient rigide autant par le froid que par l'hémoglobine qui s'était solidifier dans une horrible teinte marron. Il sentit aussi son ventre gronder. Le son était presque plus puissant que sa voix. Il était si pâle, la jeune femme devinait bien qu'il ne ferait pas de mal à une mouche.

_J'aimerai savoir, à qui ai-je l'honneur de présenter mes plus humbles remerciement... Si je m'en sors, ce n'est grâce à aucune entité supérieure, mais bien à vous... Et savoir où je me trouve exactement. On arrivait à la limite de Westeros. « Que le poisson y est bon » disait-il. Inconscient de Seigneur.

Il détendit lentement ses jambes qui se congelaient à force d’immobilité. Ce n’est jamais sans un râle qui bougeait. Il finit par tapoter ses hanches et le bruits distincts de pièce tinta dans sa bourse.

_Ecoutez, j’ai une famille… Il serait trop vous demander grâce pour un logis, un peu de nourriture et où me rendre pour un navire. J’ai quelques richesses d’officier… Je serais prêt à vous donnez ce que j’ai…

Il n’aurait pu jouer autant de sincérité, mais son état si faible l’aidait énormément. Il avait cette forte envie de rentrer et tentait le tout pour le tout, au risque que quelqu’un le reconnaisse. Quoi qu’il n’ait encore fait réellement de grande attaque et que son visage était peu connu. Des borgnes, il y en avait plein dans le royaume, c’était une cicatrice courante de bataille. La seule chose qui risquait de le démasquer était le pommeau de son épée. Même ses apparats étaient pauvres, simples et épurés. Il préférait le confort à la coquetterie ou la protection de qualité. Simple plastron de cuir épais et quelques plaques de métaux au milieu. Ses armoiries, il les portaient qu’à raison d’événements officielles. Par conséquent, il pourrait s’en sortir.


[HP : voili voilu, j'espère pas avoir pris trop d'initiative à ton feu que tu fais à Dagon xD Sinon, tu me le dis, je change, comme d'habitude <3]
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Message Sam 5 Nov 2011 - 13:24

     Alysane avait été très sérieuse lorsqu'elle avait avancé l'idée de le laisser ici et de s'en-aller si jamais il représentait un danger pour sa sécurité. Elle n'était pas vraiment le type de femme au cœur débordant d'amour qui mettait tout le monde sur un pied d'égalité. Non, la jeune Mormont était née noble et bien que sa famille vivait comme des roturiers, elle n'hésitait jamais à parler avec rudesse à un serviteur. Ce n'était pas de la méchanceté, simplement le comportement normal d'une femme de son rang. Par la même occasion, son côté « sauvage » la poussait toujours à s'écarter des personnes trop dangereuses qui ne pouvaient rien lui apporter. Elle avait une profonde antipathie pour les faibles et ne perdrait jamais son temps à jouer les infirmières auprès d'une personne qu'elle ne jugeait pas intéressante ou pas suffisamment forte pour survivre après son intervention.

     Elle contemplait l'homme allongé qui se retourna tant bien que mal pour lâcher quelques mots qui manifestaient clairement son besoin d'aide. S'il souhaitait survivre, il était certain qu'il lui fallait le secours de la brune, malheureusement pour lui il n'était pas tombé sur la plus docile des Mormont. Son bras blessé devait le faire grandement souffrir, une plaie ouverte touchée par de l'eau salée, autant dire que cela revenait à une espèce de torture. Quoi qu'il en soit, quelque chose chez cet inconnu lui plut et elle décida de le secourir en allumant un feu pour commencer. La guerrière glissa sa main jusqu'à sa poche pour en tirer le silex avec lequel elle alluma un petit feu, après avoir cherché quelques morceaux de bois secs bien évidemment. Lorsque son attention revint sur le blessé, elle se demanda s'il était mort pour rester aussi immobile, mais finalement celui-ci bougea légèrement pour s'approcher des flammes et se réchauffer avant de s'asseoir, signe qu'il devait aller légèrement mieux. Le feu faisait des miracles généralement.

     Alysane s'était éloignée suffisamment pour être hors de portée et observer le blessé sans aucune gêne, détaillant tout ce qui passait sous ses yeux mordorés. Ses habits étaient trempés, il ne parviendrait pas à se réchauffer comme ça, sans compter qu'ils étaient pleins de sel et de sang, ils allaient devenir aussi dur qu'une peau fraichement tannée. Le mieux serait de pouvoir rincer le tout, mais pour cela il faudrait le convier chez elle, chose qu'elle n'envisageait pas pour le moment. La voix de l'homme la sortit de ses pensées alors qu'il lui expliquait venir d'une contrée plus à Ouest et que leur embarcation avait été attaquée par des Fer-nés. Les yeux de la brune se teintèrent de surprise, que feraient des Fer-nés dans le Nord ? Elle resta silencieuse, ne le quittant pas du regard alors qu'il s'adressait une fois de plus à elle de manière à lui demander son identité et la remercier tout en ajoutant quelques informations, puis la pria de l'aider à trouver de quoi se remettre sur pied et lui permettre de s'en-aller. Lorsqu'il avança le fait qu'il avait de quoi payer, elle grogna légèrement avant de répondre.

     ▬ J'ignore d'où vous venez exactement, mais ici il n'y a nullement besoin de payer pour que l'on vous sauve, sinon je serais riche depuis le temps ! »

     Il était vrai qu'elle avait déjà joué les sauveuses pour pas mal de personnes. La brune haussa légèrement les épaules avant de s'approcher du blessé tout en gardant sa hache bien en vue. Ce n'était pas une arme typiquement Nordienne, mais c'était celle avec laquelle elle se sentait le plus à l'aise, au risque de passer pour une barbare d'un clan des montagnes. La demoiselle se mit à parler tout en glissant sa main jusqu'à une poche de sa tunique épaisse.

     ▬ Avant de vous amener chez moi, je vais m'assurer que vous êtes réellement sans danger, puis vu dans l'état où vous êtes, je doute que vous puissiez marcher et je ne compte pas vous porter ! Elle le fixa avec dureté. Pas de gestes brusques messire pêcheur, sinon je vous assure que je n'hésiterais pas, je vous l'ai déjà dit. »

     Alysane se positionna aux côtés de l'homme qui se présentait comme un pêcheur, constata que sa fourrure était bel et bien imbibée d'eau, dans un tel état, jamais elle ne lui permettrait de se réchauffer. Avec un léger grognement contrarié, la Nordienne prit les choses en main, autant au sens propre qu'au sens figuré. Elle saisit le col de la fourrure pour la retirer des épaules du blessé sans même lui demander sa permission. Il lui avait demandé de l'aide ? Et bien il allait devoir la supporter alors.

     ▬ Votre fourrure est complètement trempée, le mieux serait que vous mettiez tous vos habits à sécher, mais je ne suis pas sûre que je désire particulièrement assister à ce spectacle. Je vais vous prêter l'une de mes fourrures, elle devrait déjà aider à vous réchauffer. »

     La Mormont ne se moquait pas de lui, elle ne jouait pas les vierges effarouchées, mais elle disait simplement ce qui lui passait par la tête, chose que lady Jorelle lui reprochait souvent. Alysane posa la fourrure du blessé non loin du feu, puis fit glisser l'une des deux qu'elle portait sur ses épaules avant de la placer autour de celle de l'infortuné pêcheur. C'était une épaisse fourrure d'ours et elle était des plus agréable à porter, une chance pour le blessé, sa propriétaire se lavait plus souvent que la moyenne des chasseurs du Nord !

     ▬ Et pour vous répondre, je m'appelle Alysane, je suis l'une des filles de lord Jeor Mormont, lord de l'Île aux Ours plus précisément. Votre barque vous a effectivement porté bien loin, j'avoue avoir du mal à imaginer que des Fer-nés puissent vouloir s'en prendre à un navire de pêche. Est-ce que vous pêchez des trésors messire pêcheur ? Vous ne m'avez pas donné votre prénom d'ailleurs. »

     La brune était méfiante de nature, c'était pour cette raison qu'elle soulignait tout ce qu'elle trouvait bizarre. Sans plus de cérémonies, elle s'assit finalement à côté du blessé avant de tendre sa main, puis de lâcher un bref « Votre bras » avant de le saisir lorsque le pêcheur se décida à le lui donner. La jeune femme était habituée à voir des blessures d'entraînement, il lui arrivait souvent à se couper lorsqu'elle s'entraînait avec son frère bâtard, mais jusqu'à ce jour elle n'avait jamais vu pareils dégâts. Haussant légèrement les sourcils devant l'état de la plaie, la Mormont attrapa sa gourde d'eau – précieusement gardée dans une fourrure taillée sur mesure pour éviter le gel – puis elle l'ouvrit et renversa une partie de l'eau claire sur la blessure.

     ▬ Cela vous fera éventuellement mal, mais j'imagine que le sel a dû être particulièrement douloureux, il faut rincer la blessure avant de pouvoir faire quoi que ce soit pour la soigner. »

     Les Mormont était pauvres et ne possédaient pas beaucoup de personnel, ils n'avaient pas de mestre ou quelqu'un qui puisse soigner les blessures aussi graves. C'était lady Jorelle qui s'occupait généralement de guérir les petits bobos de ses nombreuses filles, mais ce n'était pas des plaies de ce calibre. Alysane détourna son attention du bras ouvert pour attraper un morceau de tissu qu'elle déchira et elle commença à nettoyer tant bien mal la blessure des saletés qui s'y étaient glissées. Elle pouvait éviter l'infection, mais il aurait besoin de quelqu'un de plus expérimenté pour lui sauver la mise. Histoire de lui faire oublier la douleur que cela pouvait provoquer, elle reprit la parole sans quitter son ouvrage des yeux.

     ▬ Et c'est en chassant le menu fretin des eaux du Nord que vous avez perdu votre œil ? Généralement c'est le genre de blessure que l'on récolte plus facilement en combattant, mais loin de moi l'idée de dénigrer votre métier messire pêcheur. »

     De ses réponses dépendrait la décision de la Mormont. Elle n'allait pas amener un pêcheur éventuellement dangereux dans sa demeure pleine de femmes où seul un homme – son frère bâtard – pourrait les défendre. Lord Jeor était allé à Winterfell laissant ses filles et son épouse aux mains de son bâtard. Il serait fou de rage s'il apprenait que sa seconde enfant légitime ramenait des pêcheurs blessés sans son autorisation. Cela dit, désobéir aux règles n'avait jamais été un problème pour la jeune femme.

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Message Dim 6 Nov 2011 - 23:14

La jeune femme qui finit par se présenter, un peu tard, laissant planer le suspens dans l'air gelé du Nord, était toujours si méfiante et si distante. Elle était une chasseuse, elle en avait toute l'âme et elle ne fit qu'affirmer les hypothèse du Fer-né, lorsqu'elle lança une sorte de boutade cynique sur ses récentes occupations qui l'eût menée ici.

Elle était comme un animal, rien de mieux pour le chasser. Mieux le comprendre, il faut être sa proie, se mettre dans sa tête, de réagir comme lui. On s'y retrouve, face l'un à l'autre, qui est celui qui doit craindre l'autre, mimant vos gestes. Dagon l'observait, non pas l'ours apeuré, prêt à attaquer mes presque. Ses muscles se détendaient, retrouvaient un peu de chaleur. Ils étaient prêt à soulever une épée ou se défendre avec assez d'honneur. Il espérait juste qu'il n'aurait pas à puiser son énergie pour arriver à ce genre de situation. Elle le disait elle même : elle attaquerait que s'il attaquait donc s'il ne faisait rien et se laissait faire... Il ne se passera rien. Du moins, il le souhaitait du fond de lui même. Un peu de repos, cela ne pourrait que lui faire du bien.

En quelques instant, elle lui arracha sa fourrure, minime qui couvraient amplement ses épaules. Il eut presque peur, voyant le tissu voler dans les airs pour se placer prêt du feu. Vu tout son corps qui continuait de congeler, mais à petit feu, tout source de chaleur était bonne. Non, elle ne l'avait pas cruellement jeté à bruler. Elle lui proposa ensuite une solution pour qu'il se chauffe plus vite, ainsi il serait moins encombrant à transporter. Il ne savait quoi faire ni quoi dire, à part l'écouter. Elle faisait cela sans demander d'argent, rien de matériel pour compenser. Certes, elle était noble, mais les gens même riches pouvaient devenir avares. Pouvait-il lui promettre d'épargner sa vie s'il s'attaquait au Nord ? Quelle belle preuve de reconnaissance, n'est-ce pas ? Que c'était profond et touchant. Il y avait souvent, voire simplement que du mauvais à être le genre de personne que Dagon était. Or, il n'avait plus 20 ans et ce genre de sentiments n'étaient plus handicapés par la culpabilité. C'est sans regret qu'il abuserait de sa générosité, mais sur le moment présent, il avait énormément d’estime pour elle. C'était parfois de la facilité de ne pas s'arrêter sur une personne et de l'achever, alors que de donner de son temps, de son énergie et porter la personne c'était plus difficile et délicat.

Il devait se mettre nu, sous son énorme fourrure. Elle l'avait retirer et Dagon découvrit un frêle corps, malgré tout dynamique et stable, sous cette énorme peau d'ours. Elle paraissait moins large, mais tout aussi charismatique. L'odeur de la jeune Alysanne se posa sur ses épaules et la chaleur de sa cape le revigora. Il s'apprêtait à retirer ses affaires trempées qui l'empêchait de retrouver toutes ses ressources rapidement, mais la jeune femme le stoppa par plusieurs faits, dans son élan.

Ses questions cherchaient la petite bête dans ses confidences. Il avait si froid, tellement faim et était épuisé, tout ne pouvait être parfait et il était vrai que son discours ne tenait pas debout. Il réfléchissait, laissant planer le silence, sentant sa vision se troubler par hypoglycémie, puis les flammes paraissaient divines devant lui, dansant avec ferveur une danse sensuelle. Il devait tout reprendre depuis le début, jouer les personnes qui finalement s'ouvraient, voulant se cacher.

_Ecoutez, je ne suis pas d'une nature faible, si vous devez y aller plus franchement, allez y, dit-il à propos de sa blessure.

Son oeil brillant était fixé sur les mains de la jeune femmes. Déchirant tissus, sortant de l'eau, y allant sans ménagement, mais avec attention, elle nettoyait sa blessure. Elle n'était pas la femme la plus douce qui pouvait exister, mais il ne bougeait pas. Il eut un seul léger sursaut. La chaleur lui redonnait, à son grand damne, les sensations de la douleur. Il reprit son discours après un long silence à l'observer dans son oeuvre.

_Je vais être franc avec vous. Je suis un homme d'un Seigneur influant de notre Royaume. Je suis Donovan, marin du bâtiment de mon Seigneur qui un peu mégalomane. Pourquoi nous avoir attaqué, peut-être parce que mon Lord à voulu se promener dans son plu bel apparat, débordant de richesse. Je ne suis pas qu'un simple pêcheur, disons que je le suis quand le vaisseau reste au port. Je... Excusez mes mensonges, mais je ne veux pas qu'on me vole ou qu'on me fasse du mal vu le statut que je puisse porter. Je suis méfiant, tout comme vous l'êtes. Ce qui explique ma blessure à l’œil, un marin sur un si grand bâtiment, intime de savoir se défendre. A cet nous étions en voyage pour pêcher la baleine. Il voulait impressionner sa femme. Cela s'est mal fini... Un bateau de voyage voire de guerre pour aller pêcher. Les hommes sont parfois inconscients...

Il soupira, tendant son autre main vers le feu et la rentra à nouveau sous la fourrure. Il la détailla de l'oeil et la maintenait au maximum fermé. Il apprécia le travail de l'artisan qui avait confectionner cette cape : aussi belle que confortable.

_Je ne comprends pas pourquoi, certaine riche personne ne peuvent s'émanciper d'un peu de confort, évitant ce genre de mésaventure. Je n'y ai pas cru quand il nous demanda de préparer son bateau pour aller chasser la plus grande baleine qu'on trouverait. J'aurais du fuir, rester auprès de ma famille, ajouta t-il avec un léger air de nostalgie.

C'était facile pour lui de jouer ce ton doux et perdu dans le vague, à la limite de la tristesse. Il n'avait qu'à repenser à sa feu sa maîtresse : Malora. La plaie était propre. Il l'observait encore, sans ajouter un mot de plus. Pas besoin de se justifier sur des points qu'il n'aurait pas cité, il pourrait la rendre encore plus méfiante qu'elle ne l'était. Elle avait fait un joli travail, après il se demandait si elle avait de quoi sortir du fils et une grosse aiguille pour le rafistoler. Il pouvait bien s'attendre à tout. Elle s'éloigna de lui, de quelques centimètres. Du moins, juste assez pour se pencher. Le bruit du tissus qui se déchirait, brisait de nouveau le silence. Il en profita pour faire marcher ses muscles, ses nerfs et ses tendons. Il tourna le poignet tout en serrant et ouvrant ses doigts contre sa paume. Il n'avait pas perdu ses facultés motrices, même si elles étaient encore rigides et faible.

Le tissus arriva de nouveau près de son bras, mais pour panser la plaie. Elle ferma le bandage de fortune avec force, tirant sur ses muscles à elle encore en bonne santé. Il se laissait faire, docile. Il tenta par la suite de se lever. Debout rapidement, il s'en étonna. Il fit quelques pas dans la neige, le dos courbé.

_Si on avance doucement, cela devrait aller. Quoi que, je vous fais confiance, je ne connais pas du tout le terrain. Il ne fait pas si froid dans mes contrées...

Il la regarda, puis essayait encore de marcher pour tester ses membres. Il tiendrait, il le savait. Il se rapprocha d'elle, très lentement.

_Après, je peux comprendre que vous ne vouliez accueillir un inconnu dans votre maison, mais si vous avez un endroit à qui je pourrais demander l'asile.

Il aurait aimé ne pas se refaire un personnage et convaincre son innocence avec quelqu'un d'autre. De plus, le temps passait et il admirait la jeune femme. Un homme qui savait se battre et se soigner c'était rare, mais alors une dame, plus précisément une lady, c'était impressionnant. Il laissa un genoux tomber au sol subitement. Il était pâle. Il avait affreusement faim. Il s’imaginait une bonne vache, cuite sur un grand feu, la viande crépitant sous les flammes.


Dernière édition par Dagon Greyjoy le Ven 11 Nov 2011 - 18:38, édité 1 fois
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Message Jeu 10 Nov 2011 - 13:17

     Alysane n'était pas du genre à patienter des lustres en attendant que son interlocuteur se décide à lui avouer ce qu'il lui cachait, en général elle aurait plus été du genre à tourner les talons et s'en-aller sans prendre le risque de se retrouver transie par le froid. D'un geste impatient elle termina de nettoyer la blessure contaminée par l'eau de mer alors que le blessé se décidait enfin à lui répondre. La brune ne détourna pas les yeux, trop concentrée qu'elle était sur sa tâche, mais si jamais il avait eu le malheur de décider de l'attaquer, elle aurait récupéré sa hache en un claquement de doigts. C'était le geste le plus naturel qui lui venait, comme si elle était née pour se battre comme certains naissaient avec le don d'éloquence ou de séduction.

     Il avança le fait d'être sous les ordres d'un seigneur influant avant de donner son prénom et d'expliquer que le bateau sur lequel il naviguait avant de tomber à la mer, était chargé de richesses. Ce n'était guère surprenant, le nobles qui possédaient de l'argent semblaient adorer tout particulièrement l'idée de monter aux autres qu'ils étaient plus riches que leur voisin. La Mormont soupira, stupides personnes, il ne gagneraient jamais rien s'ils se complaisaient autant dans l'art de la vantardise. Alysane ne comprenait pas ce plaisir que pouvait éprouver certains nobles à se hisser au-dessus de la masse. Elle préférait faire le vide autour d'elle à coup de hache qu'à coup de magnifiques bijoux. La guerrière hocha la tête en silence alors qu'il expliquait que les hommes étaient parfois inconscients, sans parvenir à retenir quelques mots.

     ▬ Tous les hommes sont inconscients. »

     Inutile d'être devin pour comprendre que la jeune femme avait une bien piètre opinion des hommes. Déjà la race humaine n'avait pas trouvé grâce à ses yeux, mais lorsqu'on avait le malheur d'appartenir au « sexe fort », autant dire que la difficulté était triplée. La demoiselle resta silencieuse alors qu'il parlait sans vraiment s'adresser à elle, au moins Alysane n'avait plus besoin de lui tirer les vers du nez c'était déjà ça ! Lorsque la blessure fut à peu près nettoyée, il se redressa un peu pour faire bouger ses muscles et les détendre, inutile de dire que par un tel froid il était aisé de se retrouver dans l'incapacité de marcher sans même s'en rendre compte. Le prénommé Donovan lui expliqua qu'en marchant doucement ils devraient y arriver, puis s'approcha d'elle pour lui expliquer qu'il comprenait ce qu'elle éprouvait comme retenue. Il la regardait et elle soutenait son regard alors qu'elle hésitait, puis il s'écroula un instant, la décidant à agir.

     ▬ Bien, messire Donovan je ne serais pas une vraie Nordienne si je vous laissais mourir de froid, je ne crois pas que les loups aiment la chair de la mer de toute manière. »

     Elle ne faisait pas référence à l'origine du blessé puisqu'elle ignorait qu'il était un Fer-né, c'était simplement une boutade sur le fait que la mer avait rejeté sa barque avec lui à bord. Alysane se pencha pour l'aider à se redresser du mieux qu'il pouvait, même si elle était une femme, les années d'entraînement avec le maître d'armes de sa famille avaient été utile. Elle possédait certes des bras fins et une silhouette trop féminine pour être aussi forte qu'un homme et trop masculine pour porter des robes, mais sa force était toutefois plus développée que celle d'une lady normale. Alysane pourrait soutenir son blessé le temps de s'enfoncer dans les terres de sa famille, même s'il ne devait pas perdre plus de force que cela sous peine de finir dans la neige avec elle. Glissant son bras autour de sa taille recouverte par la fourrure d'ours, elle lâcha quelques mots.

     ▬ Essayez tout de même de tenir, je ne veux pas avoir à vous traîner tout le long du chemin, sans compter que je n'ai pas de cheval pour vous porter ! »

     La brune détestait monter à cheval et ne comptait que sur ses jambes malheureusement pour le blessé. Elle entraîna l'homme avec elle, la demeure des Mormont n'était pas si loin que cela, l'Île aux Ours n'était pas très vaste comparée aux autres îles des environs. Il faudrait toutefois marcher une bonne heure vu l'état dans lequel son compagnon était, puisque Alysane ne pouvait pas s'offrir le luxe d'emprunter ses habituels raccourcis qui demandaient une bonne forme physique. La neige se succéda à de la boue, puis à de la neige à nouveau et finalement après quelques temps, une colonne de fumée se dessina dans le ciel. La Mormont la désigna du menton au marin blessé.

     ▬ Nous y voilà, plus que quelques dizaines de mètres à tenir ! »

     Après quelques minutes, ils arrivèrent non loin de la demeure plus que basique des Mormont. Jorah qui se situait à l'extérieur les repéra de loin et accourut rapidement pour soutenir sa soeur en l'aidant à conduire le blessé qui perdait davantage de force avec le temps, jusqu'à la porte de leur bicoque. Ce n'était pas un château digne des lords du Bief, simplement une cabane en rondins de bois avec une statue sculptée dans le bois qui trônait à côté de la porte. Elle représentait une femme, guerrière, portant une hache dans une main et allaitant son enfant avec l'autre. La brune poussa la porte de la demeure avant qu'ils n'entrent pour installer le blessé sur une chaise non loin du feu. Ce fut à ce moment que lady Jorelle décida de débarquer, suivie de trois de ses plus jeunes filles qui dévisagèrent le nouveau venu avec stupeur et intérêt. Prenant les devants, Alysane expliqua la situation.

     ▬ Ne criez pas mère ! Il s'agit d'un pêcheur blessé, il était venu avec son lord afin de pêcher la baleine, mais ils ont été attaqués par les Fer-nés. Son bras est blessé et il faut le soigner rapidement. Nous ne pouvons pas refuser cela à un homme dans le besoin non ? »

     Lady Jorelle hésita un instant avant de hocher la tête en faisant signe à sa fille de faire ce qui était nécessaire, puis elle ordonna à ses autres filles de retourner dans la chambre pour continuer leur ouvrage. Jorah observa sa sœur avant qu'elle ne lui fasse signe de retourner à ses occupations, aucun doute qu'il surgirait au moindre appel d'Alysane. Cette dernière s'éloigna un peu pour se pencher sur le chaudron qui mijotait presque en permanence au-dessus du feu, puis elle saisit un bol taillé dans le bois avant de le remplir d'un liquide où trempaient plusieurs gros morceaux de viande. Après quoi elle revint vers le blessé pour lui poser devant.

     ▬ Ce n'est rien de très poussé, mais la viande d'ours est pleine de vitamines, mangez pendant que je cherche de quoi vous soigner correctement. »

     La pièce où ils étaient était très grande et elle permettait à la Mormont de chercher ce dont elle avait besoin sans quitter son invité du regard. Elle entreprit d'abord de faire tremper la fourrure gorgée d'eau de mer dans l'eau de manière à la débarrasser du sel, puis chercha le reste. Après quelques minutes, elle avait regroupé le tout et s'approcha à nouveau du blessé avant de lui prendre le bras pour commencer à s'occuper plus sérieusement de cette coupure. C'était vilain, il garderait peut-être une cicatrice, mais vu son œil manquant ce ne devait pas être son premier souci. Alors qu'elle avait déjà bien avancé les soins, Alysane reprit finalement la parole.

     ▬ J'imagine que votre navire a dû couler, vous devez être le dernier survivant comme les eaux sont très froides par ici. Vous avez eu de la chance d'avoir une barque sous la main. »

     Elle suspendue provisoirement ses soins le temps d'aller sortir la fourrure de l'eau et de la sécher tant bien que mal, puis la suspendue à une corde épaisse située non loin du feu. Peut-être pourrait-elle sécher rapidement, même si Alysane en doutait. Elle retourna alors auprès du rescapé pour continuer et essayer de terminer rapidement ce qu'elle faisait.

     ▬ Une fois que vous serez en état, je demanderai à mon frère de vous conduire jusqu'à la terre ferme et je vous accompagnerai, nous sommes sur une île et nous ne possédons rien de plus qu'une barque qui fait le trajet d'ici au reste du Nord. Vous serez pris en charge par des amis qui pourront vous fournir ce dont vous avez besoin. Cela vous convient-il ? »
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Message Ven 11 Nov 2011 - 21:34

Cette vague de fatigue, l'avait cloué au sol un bon moment, si bien que la jeune Alysane se sentit obligée de le soulever. Pensait-elle qu'il était mort, là comme ça, ou qu'il s'était totalement gelée sur place, incapable de bouger. On n'était pas loin des deux. Lentement, il se remit sur ses jambes, bien droites, mais qui était toujours aussi flageolantes. Il avait eu cette impression qu'on avait aspirer toutes l'énergie qui l'habitait en quelques secondes. Il fixa longuement la jeune femme, forte, patiente et déterminée. Elle arrivait à le maintenir debout, même s'il l'aidait. Il tenait à peine. Dans son regard, elle pouvait lire de la reconnaissance et des remerciements. Il apprécia fortement qu'elle l’emmène chez lui, même s'il l'avait traité avec ruse. C'était une ruse pardonnable : il voulait sauver simplement sa vie. Il abusait de sa gentillesse, mais juste contre un peu de chaleur, de soin et de nourriture. Il se protégeait et il y était obligé pour sa survie. Simplement, il voyait que cette femme n'était pas du genre à laisser une pauvre âme sentir ses dernières heures le quitter, sans rien faire ni dire. L'aurait-elle fait si elle savait qui il était réellement ? Il ne préférait pas le savoir. Elle était généreuse et bonne. Il en avait tuer un bon nombre de gens de cette trempe, mais il se disait que sans eux, la vie n'aurait plus d'intérêt et serait bien morne. Si ce genre de personnes n'étaient présente, qui connaitrait la bonté et la cruauté ? Il fallait de tout pour un monde, il l'affirmait, même si supprimer de tous ne lui faisait ni chaud, ni froid. Une autre question arrivait. S'il se trouvait devant elle durant n'importe quelle altercation, arriverait-il à la tuer alors qu'il lui devait la vie.

Il eut un petit rire à la petite parole pleine d'humour noir de la dame. Un sourire faible avait étiré sa peau séchée et glacée, craquelée. Elle était amusante en plus de cela. Quel femme. Elle était tout à fait le genre, non pas dont il rêvait les nuits, mais qu'il souhaiterait à ses côtés sur le trône. Dommage qu'il ne se mélange pas, quelle belle alliance cela aurait pu faire. Les gens du nord étaient robustes, résistant et des hommes de guerre de survis. La preuve en était par cette femme si peu habillée et qui avait l'air de ne sentir la fraîcheur de l'hiver comme une douce caresse de la saison. Dagon avait toujours l'impression de se déplacer avec des poignards enfoncés partout dans ses muscles. Les femmes étaient aussi bien guerrière que femmes et la mentalité de cette région s'accordait bien avec celle des Fer-nés, même s'ils n’étaient pas aussi vénales et cruel. Mais ils étaient froid, distant et les sentiments devaient rester de côté. La fierté aussi, mais il avait cette chose en plus que les Fer-né n'avaient pas : l'honneur.

Elle avait toujours une emprise sur lui alors qu’elle râlait à l’idée de le porter. C’est alors que le seigneur fer-né la repoussa lentement et doucement, avec aucune force car il n’en avait plus, et une certaine tendresse pour pas qu’elle ne se sente insultée. Certes elle n’en avait pas envie et malgré son état, Dagon avait encore un tout petit peu de dignité et de fierté. Il se porterait lui-même. La main calleuse et noire de saleté, la peau morte et froide légèrement blanchie sur le dessus restait en lévitation. Il lui faisait signe que ça irait. Fermant encore un peu les pans de sa fourrure sur son poitrine, il avança, presque heureux de lui. Ses pieds à peine couverte de cuir et de tissus s'imprégnait de cette eau solidifier qui venait s'infiltrer avec vice jusqu'à sa peau. Dire qu'il sentait encore cette partie de son corps serait difficile, mais il arrivait à bouger ses jambes et les enfoncer dans la neige épaisse. Elle grinçait, timide dans cette nuit calme et morte comme beaucoup de paysage de glace. Le froid tuait tout, cruelle et sadique, en endormant le monde où laissant croire à un long sommeil paisible des êtres vivants, mais pourtant, ... Peu de chose revenait à la vie, remplacée sans vergogne par les prochaines telles étaient les lois de la nature.

Le chemin fut long et après la neige ce fut la boue. Dagon marqua des pauses malgré lui. Son corps ne voulait plus avancé, mais on lui avait mainte fois appris que ce n'était pas le corps qui était maître, mais l'esprit et lui seul était le maitre de son esprit, donc le maître de tout ce qui était lui. La tête basse, une main sur le tronc épais d'un conifère, il se fustigeait pour avancer. Immobile pendant de court moment, il reprenait sa course difficilement. Il n’y avait moins de neige, mais il avait fait face à la boue. Ce fut tout aussi fatiguant l’un que l’autre. La poudreuse vous obligeait à lever haut les jambes, la boue aussi, mais elle collait et vous emprisonnait. Il n'eut pas la force de remercier la jeune femme quand elle prononça les mots plein d'espoir. Ils étaient bientôt arrivé. Après ce qu'il avait enduré, quelques mètres, aussi nombreux soient-ils n'étaient rien. Il y arriverait. Triste ironie d'arrêter si proche du but. Levant la tête, la vision floue, il apercevait vaguement une source de lumière. S'il pouvait la voir, c'est qu'ils étaient relativement proche. Comme l'appel de la mort ou de l'abandon qui essayait de le tenter depuis qu'il était sur cette plage, il préféra s'accrocher à celle ci, celle du courage et de la détermination, de l'envie folle de ivre et de s'en sortir, d'en ressortir plus grand.

Enfin l’antre de l’espoir s’offrit à lui, sûrement le palais de sa survie et de sa nouvelle vie. Un jeune homme arriva à leur rencontre. C’est à ce moment, arrivant au premier but et toute cette vivacité qui se trouvait autour de lui qu’il laissa échapper ce qui lui restait. Il se laissa aller, relâchant presque tout les efforts que son esprit avait user contre une guerre face à son physique. On chargea Dagon d’une personne à l’autre. Il continuait d’avancer, trainant de plus en plus ses pieds sur le sol. Il hésitait à regarder de peur de n’y voir que des moignons ensanglanté, les ayant perdu en route à trop forcer.

L’endroit était différent des grand château de pierre, la vie était bien plus sauvage et jouait sur la praticité. L’immense statut arracha un sourire intérieur à Dagon qui voyait bien la mentalité de la maison. La femme sur tout les niveaux, tout les rôles. Elle devait savoir s’occuper de son foyer, de ses enfants jusqu’à la défendre avec force et vigueur.

A peine entré, les cheveux devant le visage, il vit une audience composé presque que de femme, jeunes ou pas. Tout ces jolies yeux qui le fixaient l'observait avec autant de curiosité que d'une fausse crainte, assez de méfiance et la matrone tel un juge qui voulait déjà condamné son âme. Il n'y avait pas de mari et en tant que Fer-né, il savait qu'il fallait être sur ses gardes aussi bien avec des hommes, mais des femmes aussi, surtout qui affichaient clairement leur art pour le combat. Des haches qui plus est, ce n'était pas communs.

On l'installa donc à une table, quand enfin la maîtresse de la maison toléra sa présence. Il ne lui rendit qu'un signe de main humble. Il fallait qu'il se fasse discret et reconnaissant s'il tenait à sa vie. Une chaise vint lui donner un peu de repos et l'immense âtre où le feu dansait lui redonnait aussi un peu de jouissance. Il n'y avait plus ce vent extérieur qui venait balayer les fines vagues de chaleur qui tentaient de ne faire que du bien. Là, enfermé, il pouvait mille fois plus apprécier. Il irait mieux déjà bien plus rapidement, plus qu'il ne pouvait le penser. Les Greyjoy étaient des gens très résistants dans la famille. Il soufflait dans ses mains pour qu’elle se réchauffe plus vite. Tout le monde était reparti, le jeune homme retourna à son poste dehors, les jeunes femmes remontèrent dans leur chambre et la femme dominante ne devait pas être très loin. Il ne sentait plus les extrémités de son corps, ce qui l’inquiétait.

Alysane se montra particulièrement généreuse, du moins toute la maison. Un bol en bois remplis d’un ragoût de viande d’ours claqua sur la table en face de lui. Il se redressa vivement, lui jetant un œil ébaubi. Cela fut rapide, car l’odeur attirait sa bouche avec véhémence, la faisant amplement saliver.

_C’est déjà trop d’honneur que d’avoir un plat si consistant Lady Mormont. Ne vous inquiétez pas, je ne m’attendais pas à autant …

Ses doigts qui reprenaient vie, tapotait la table en bois. Les bonnes manières, franchement… Était-il à un banquet, point du tout. Sa phrase finit, à l’aide d’un gros morceau de pain qui se trouvait au dessus du bouillon épais et de sa cuillère, il enfournait la nourriture avec une gourmandise rageuse. Il avait si faim, tellement faim. Un vrai barbare, un animal qui se goinfrait, voilà ce qu’il était. Il attrapait les morceaux de viandes pleine de chair et gouteuses à même les doigts, déchirant d’une mâchoire puissante. Il aspirait le bouillon, laissant fondre les pommes de terres et tassait avec le pain. Ce repas aussi peu riche comme le laissait prétendre la jeune femme était amplement suffisant pour calmer ce ventre qui criait famine, ce corps qui suppliait un peu d’énergie. A avoir mangé trop vite, il avait le ventre un peu tendu. Cela lui tirait, comme s'il avait avalé un ours entier et qu'il pesait dans son estomac. Elle s'affairait pendant ce temps dans la salle, alors qu'il s'adossait un peu mieux sur le siège, se massant le ventre. Il était bien là, il n'avait plus d'espoir à avoir, il serait envie. Après, il le resterait par ses soins.

Encore une fois, elle se pencha sur sa blessure. Elle était serviable. Sa fourrure était lavée et séchait près du feu, le repas fut engloutit et elle finalisait les soins. Il ne pouvait être mieux servi. Oh, plus d'attention encore, connaissant Dagon ? Non, elle en avait assez fait à son goût pour qu'il y pense une seconde, même si elle débordait de charme. Puis vu ce qu'elle continuait à lui conté, il n'avait qu'une idée en tête : rentrer. Elle avait nettoyer de nouveau la plaie avec plus d'ardeur. Doucement, un filet de sang coula le long de son bras qu'elle essuya rapidement. Elle appuya de nouveau autour de la plaie pour la dégorgée et enlevé toutes les saletés au plus profond de la balafre.

_Lady Mormont, je ne sais s'il y a des survivants où non. J'ai été un lâche et je me suis enfui sur une petite barque. C'est tout ce que je sais. Je me demande s'ils ont laissé des survivants ou non. J'ai pris peur. Ma femme a un autre enfant en route, j'aurais aimé le voir, alors je suis parti, abandonnant lâchement mes devoirs... J'ai tellement honte, et j'aurais du payé de ma vie. Or, vous êtes arrivé, c'est une chance. Celle de changer de vie sûrement. D'être l'homme de ma famille et pas celui d'un lord si sot... En tout cas, je vous remercie de l'aide précieuse. Cela me convient parfaitement, je n'en attendais vraiment pas autant de votre part. Je n'abuserai pas trop longtemps de votre temps. Je pense qu'au plus vite, je pourrai libérer la place après demain, dès l'aube. Sur ce, désolé d'abuser encore, mais j'aimerai vraiment me reposer, ajouta t-il, alors que la jeune femme étalait un peu de baume sur sa plaie.

Il se leva ensuite, voyant que la jeune femme le faisait. Elle le conduisit dans une chambre assez petite mais avec largement le confort qu'il fallait pour se reposer. Elle lui ramena du linge sec et propre. Un simple signe de tête pour la remercier et elle ne s'éternisa pas avant de disparaitre. Dagon se changea, camouflant bien son épée sous le matelas. Le lendemain, il se leva assez tard dans la matinée, tout juste pour venir déjeuner avec la maison Mormont. Retrouvant un peu de vie, mais parlant toujours peu, il présenta ses remerciements à la Dame Mormont. Il n'y avait encore que Jorah, seul homme présent et important de la maison. Il discuta avec lui, demandant quelques renseignement sur son identité. Le seigneur fer-né, s'en sortait bien entre deux bouchées pour tisser une histoire fictive. Après cela, tout le monde retourna à une occupation. Alysane avait disparu toute la journée pour chasser. Dagon était resté pour se reposer, mais aidait un peu. Il avait encore discuter avec le jeune Jorah. Quand la belle rentra, les bras chargés d'un gibier, il vint l'aider. Il la débarrassa.

_Merci pour vos soins. Je me sens mieux et votre baume est magique. Je suis admiratif. J'aime les femmes avec une certaine beauté à part, qui ne sont pas oisives et ont d'autre qualité que la broderie ou l'éloquence. Vous savez chasser, soigner, cuisiner, coudre, vous occupez des plus jeunes et on m'a aussi dit que vous étiez une très bonne combattante... Toutes les femmes de la maison Mormont sont-elles ainsi ? La grâce et l'élégance ne vont qu'au catin à mon humble avis...
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Message Dim 13 Nov 2011 - 15:49

     Alysane avait emmagasiné les informations données par le prétendu pêcheur, ne se doutant absolument pas du fait que c'était le lord des Fer-nés qui se tenait face à elle. Comment aurait-elle seulement pu l'imaginer d'un autre côté ? La Nordienne avait beau être une femme qui soupçonnait facilement les gens et qui flairait plutôt aisément un mensonge, elle n'était pas devin non plus. Dagon avait mentis avec un tel aplomb et avec un tel réalisme qu'elle n'y avait vu que du feu, au pire en constatant qu'il ne souhaitait pas parler plus que de mesure de son périple, elle pouvait imaginer qu'il avait été plus lâche qu'il ne voulait le laisser entendre. Rien qui ne puisse représenter un danger quelconque pour lui en somme.

     Enfin, lorsqu'il lui demanda la permission de se reposer, elle ne se fit pas prier et le conduisit dans une chambre plutôt petite, habituellement réservée aux rares invités qui voyageaient jusqu'à l'île aux ours puisque la famille Mormont partageait deux grandes pièces de l'autre côté de la maison : une pour les six filles et une pour le couple Mormont. Jorah quand à lui dormait dans l'espèce de grange montée non loin de la maison principal, qui abritait leurs réserves ainsi que quelques rares animaux. Le poids d'être un bâtard en somme. Quoi qu'il en soit, la brune le laissa se reposer une fois qu'elle lui eut apporté tout ce dont il avait besoin pour dormir, avant d'occuper la fin de sa soirée à ranger comme elle pouvait tout ce qu'elle avait utilisé pour le soigner. Son esprit était déjà ailleurs, Alysane était une femme simple et elle n'allait pas se torturer l'esprit pendant des jours à essayer de deviner ce qu'il pouvait bien lui cacher. Après tout, elle ne le prenait pas pour un homme dangereux et s'il avait mentis, c'était son problème, les dieux lui feraient comprendre, le moment venu, que le blasphème et le mensonge n'apportaient jamais rien de bon.

     Toutefois, même si la jeune femme ne croyait pas que son visiteur surprise soit dangereux, elle pria ses sœurs de dormir du côté opposé à la porte, prenant la place qui se situait le plus vers celle-ci, puis elle dormit d'une oreille avec sa hache à portée de main. Nul doute que si le malheureux blessé avait décidé de s'enfuir en emportant quelques vies au passage, il l'aurait payé très cher.

     Alysane se leva avant le soleil, préparant ses affaires dans la salle principale elle alla réveiller Jorah et le pria de veiller sur la famille alors qu'elle serait à la chasse et il s'exécuta tandis que la jeune lady s'enfonçait dans les arbres environnants afin de ramener de quoi manger pour les temps à venir, mais après quelques heures elle constata rapidement que le brouillard rendait la vue très flou, elle décida donc de retourner chez elle et de reprendre son activité après le repas de midi, une fois que les brumes seraient dissipées. La jeune femme fut satisfaite de constater que Jorah veillait encore et que leur invité était en train de se reposer, elle aida donc son frère à s'occuper des quelques animaux, puis ils s'entraînèrent tous les deux jusqu'à ce que la mère des jeunes femmes annonce le repas.

     Le blessé s'était réveillé et il partagea leur nourriture, répondant aux questions que la famille pouvait poser et présentant des remerciements qui touchèrent sa mère. Alysane le vit au sourire qu'elle afficha, pouvant presque deviner ce qu'elle pensait « tous les pêcheurs devraient être aussi polis ». Il était vrai que leur invité était bien élevé, mais en travaillant pour un noble quoi de plus normal ? Après le repas alors que les sœurs de la combattantes s'occupaient de ranger la maison et d'y faire le ménage, Alysane s'en-alla poursuivre sa chasse alors que Jorah restait comme toujours à la maison de manière à veiller sur les femmes et sur leurs possessions.

     La Mormont rentra plus tard que prévu et « Donovan » vint l'aider à se débarrasser de ses proies avant de la remercier pour tout ce qu'elle avait fait et de lui avouer son admiration. Elle rigola d'un rire qui n'avait rien de bien féminin avant de hausser les épaules tout en répondant aux questions de son invité, il avait visiblement le don de l'amuser.

     ▬ Vous me voyez ravie de constater que mes soins ont été utiles, mais mon baume n'est rien de bien magique, simplement des pousses de plante récoltées cet été. Enfin, pour vous répondre, oui les femmes de ma maison sont toutes comme cela. En réalité nous sommes réputées pour notre mauvais caractère et notre entêtement, ce qui explique par exemple que ma sœur qui est pourtant belle et en âge de procréer soit encore un cœur à prendre. »

     Il était vrai que Maege n'avait jamais eu de demandes très sérieuse pour un quelconque mariage et les rares qu'elle avait eu, la jeune femme s'était chargée de faire fuir les prétendants. Inutile de dire que leurs parents désespéraient de les voir un jour trouver un époux. La jeune Nordienne fit signe au pêcheur de la suivre et il déposèrent le gibier dans la salle principale pour que les sœurs s'en occupent, puis Alysane récupéra la fourrure séchée et nettoyée – par les soins de Maege – du blessé avant de l'aider à regrouper ses quelques affaires. La brune lui prépara quelques morceaux de viande salée et séchée pour le voyage jusqu'à chez son seigneur avant qu'ils ne sortent dans la cour après avoir salué et remercié les autres membres de la famille. Jorah avait préparé trois chevaux et Alysane qui ne montait que très rarement fit un effort pour le coup. Il était vrai qu'il était largement plus rapide de gagner la côte en utilisant des montures comme les leurs, mais la brune préférait compter sur ses jambes à elle si jamais la neige cédait sous leur poids. Quoi qu'il en soit, ils partirent donc rapidement.

     Le voyage ne fut pas très long, ils atteignirent la rive en quelques heures de marche soutenue dans le froid, au loin se dessinait déjà la silhouette des hommes qui faisaient traverser la mer glacée aux voyageurs qui désiraient rejoindre l'île aux ours. Arrivés devant la barque, les trois voyageurs descendirent, la jeune femme salua ses deux amis avant de se retourner vers Dagon pour le regarder brièvement, puis elle reporta son attention sur les deux hommes..

     ▬ Comme Jorah vous l'a signalé dans le message, cet homme a été blessé lors de l'attaque de son navire, il faudrait donc que vous lui fassiez gagner l'autre rive pour qu'il puisse prendre place à bord d'un navire qui puisse la ramener chez lui. »

     Les deux hommes hochèrent la tête et la jeune femme posa alors ses yeux mordorés sur le visage marqué par les années et par de multiples combats, de son invité surprise. Il ne lui apparaissait pas autrement que comme étant un homme parmi d'autres qu'elle aurait parfaitement pu rencontrer au détour d'une ruelle. Les apparences sont parfois trompeuses. Elle lui offrir un bref sourire à la fois amusé et défiant avant de lui adresser une dernière fois la parole.

     ▬ Et bien voilà messire pêcheur, vous allez retrouver votre femme. Essayez de ne plus échouer sur nos rives à l'avenir. »

     Un hochement de la tête puis elle retourna vers sa monture alors que Jorah saluait aussi leur visiteur surprise, puis sans se retourner les deux Mormont reprirent la direction de leur demeure et tenant la dernière monture par les rênes, pour laisser Dagon rentrer chez lui, bien loin de se douter qu'ils avaient aidé un homme qui poserait bien des ennuis d'ici l'année suivante. Sans quoi, Alysane aurait fait tout son possible pour éviter cela. Malheureusement, même si elle possédait un caractère certain, la brune n'était pas devin et en y repensant, c'était finalement mieux pour eux tous.
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Message Mar 15 Nov 2011 - 16:24

Ils se montraient de plus humble dans cette famille. Ce n'était qu'une boutade, mais elle affirmait qu'il n'y avait aucune entité supérieur, de magie dans ses soins. En tout cas ses racines et ces pousses faisaient un très bon effet à son bras. La chaleur et la générosité de la maison aussi. Il avait déjà meilleure mine, moins blanc, même s'il avait encore la peau bien sèche à certain endroit, comme les joues, le front, les bout de ses doigts. Les plus jeunes vinrent s'en prendre au gibier que la jeune femme avait chassée pour commencer à les dénuder de leur peau ou les plumer. Une autre des filles, sûrement ses sœurs, avait préparé ses affaires, les ayant plié. Tout était parfait, il n'avait rien à redire. On s'était occupé de lui avec respect et dévotion alors qu'il n'était qu'un inconnu. Comme quoi, le monde cachait tout ce qu'il n'était pas. Il était du genre à laisser les gens mourir, les regarder avant et continuer son chemin. Il ne se disait pas que c'était donnant, donnant et qu'il devrait se montrer aussi généreux à son tour. C'était le Dieu Noyé qui l'avait sauvé, car il lui avait été si fidèle et que ses longues prières lui promettant de ramener l'Antique Voie comme seul maîtresse des îles l'avait poussé à le conserver. Le Dieu avait besoin de lui, Dagon étant son instrument mortel qui lui permettait de vivre dans l'esprit de tous ses croyants. Après, s'il se retrouvait devant cette famille dans une autre situation, il hésiterait toujours à les épargner. Une vie, contre une vie non ? Il leur devait énormément. Ses pensées s'étaient évadées, mais il avait entendu quelques brides de la réponse que lui avait faîte Alysane. Toutes des guerrières, et les hommes de la famille devait l'être aussi. Oui, alors ils comprendraient qu'en temps de paix, on se supportait et peut-être qu'on laissait notre pitié faire des choses aussi bonnes. Mais alors, en temps de guerre, il fallait se battre et il n'y avait plus de souvenirs à ces actes, ces gestes. Il éviterait de s'affronter directement à la famille Mormont et peut-être qu'il garderait Alysane, épargnant sa vie et lui offrant une place auprès de ses domestiques ou ses guerriers. Une telle femme dans son équipage ne serait pas de refus, si débrouillarde. Elle avait plein de ressource et étrangement à son regard et à son attitude, on sentait une personne qui savait se battre.

Il la regarda et cherchait quelque chose à dire par politesse. Il lui fit un bref sourire.

_Oui, les femmes de caractère sont des coeurs dur à prendre, quelque soit la situation de leur famille. J'en ai eu des péripéties pour arracher le coeur de la mienne. Mais il y a dans le monde, des hommes assez courageux pour vous affrontez. A votre grand malheur peut-être. Bon, finalement, je suis bien portant grâce à votre famille que je remercie encore. Je vais partir. Je ne vais pas m'éterniser.

Sur ces mots, la jeune femme alla quérir son frère. Les deux membres des Mormont lui attelèrent une monture et ils l'accompagnèrent jusqu'au bord de l'Île des Ours. Elle n'était pas très grande, mais Dagon était heureux d'avoir un cheval. Rien que de voir tout ces paysages blanc et mort, couvert de neige, il ressentait déjà ses pieds l'abandonné, nostalgie de la veille. Il venait à peine de se reprendre, il n'avait aucun attrait à y retomber. Il aimait beaucoup le climat de cet endroit, même s'il y faisait bien trop froid. D'un certain côté, si on vivait depuis tout petit ici, ou au bout de quelques années, on s'accommodait des basses température. Il connaissait cela sur les îles, mais pas de si abondante et forte neige, plutôt des vents glacés qui venaient balayer les petits tertres qui n'étaient à l’abri de rien, des proies faciles aux bourrasques et alizés. Les cheveux eux aussi étaient bien habitué à ce genre d'espace glacé. Leurs sabots couverts de poils épais s'enfonçait dans la neige avec dédain. Rien ne les encombrait, ni même les dérangeait. Ils avançaient avec calme et une cadence maintenue.

Bientôt, au loin, après plusieurs heures de chemin, où il avait sentit ses mains se figer sur les rennes, le visage qui s'enfonçait de plus en plus dans sa petite fourrure propre, on pouvait deviner deux silhouettes au loin. Elles étaient imposantes, des hommes donc, et courbés par le poids du quotidien passages qu'ils procédaient. Toujours la même distance, les mêmes visages, les mêmes allées, comme les mêmes retours. Les deux Mormont s'entretinrent avec les deux passeurs sur leur demande et l'identité du faux pêcheur. On hocha la tête à tour de rôle, puis la dame se tourna vers lui pour lui adresser sûrement ses dernières paroles.

_Je l'espère aussi, ou d'arriver sur vos terres dans une autre situation... Portez vous bien, ajouta t-il à l'attention des deux.

Il leur fit un signe las de la main, avant de grimper sur la chaloupe. Elle était assez spacieuse, pouvant bien accueillir une petite dizaine de personne. Les deux enfants de la maison Mormont s'effaçait déjà dans l'horizon blanc et brumeux de l'île des ours, un cheval vide dont la croupe se dandinait. Il porta vite son attention sur l'autre rive. La terre était déjà plus vaste et on ne voyait pas le bout ni à sa gauche, ni à sa droite. On le déposa et il congédia les hommes en leur donnant un peu d'argent. Ce n'était qu'une somme miséreuse mais qui firent plaisir aux passeurs.

Il traversa le nord jusqu'à un port qu'on lui avait indiqué vaguement l'endroit. La fatigue, il n'en avait plus. Il fit quelques pauses et elle lui avait donné de quoi grignoter pour le chemin. Il arriva enfin à trouver un bateau. Encore du pécule qui s'usaient, enfin de façon éphémère. L'homme mordit les pièces avant de l'accepter sur son embarcation et face à ce sac remplis remplis de piécettes de toutes valeurs, l'idée de parcourir une longue distance pour aidé un pauvre pêcheur. Les gens pouvaient être si naïf face à l'argent. Mademoiselle Alysane avait bien vu que le genre de cicatrices qu'il portait fièrement n'était pas communs aux pêcheurs.

Le bateau quitta le port tranquillement. L'homme joviale, capitaine du bateau, lui offrait bière et racontait des choses sans intérêt. Comme la fille d'un forgeron qu'il avait visité et qui manquait bien de vertus à en voir ses prouesses dans l'intimité. Il lui raconta aussi son pauvre petit problème de fuite d'eau dans la coque alors qu'il était déjà à trois lieu du large. Pauvre homme, pensa Dagon en roulant des yeux. C'est quand enfin, le Nord commençait à disparaitre dans la brume, comme la jeune femme quelques heures plutôt qu'il se dégagea de sa cape d'un simple mouvement du bras gauche. La droite attrapait son pommeau en or et pierre précieuse, dégainant son épée à la lame longue et épaisse, une arme assez lourde. Le capitaine le regardait, transit de peur, bloqué par la peur. La seconde d'après, ses viscères recouvrait le pont. Les deux hommes qui formaient à eux seul l'équipage arrivèrent, alertés par les cri rauque et guttural de leur patron. Ils reculèrent de trois pas, face à l'imposante silhouette du fer-né qui venait de retirer la vie à leur gagne-pain. L'un poussa un grognement, se jetant sur lui, juste armé d'un cimeterre. Il ne lui fallut qu'un pas sur le côté, un coup de pommeau dans l'arrière du crâne, une jambe en travers et la lame se planta entre les omoplates du corps à terre. Un autre cri de douleur, celui de l'âme qui s'enfuyait pour regagner les eaux. Le dernier restant plus lâche et jugeant de la supériorité du Seigneur, se jeta à ses pieds.

_Epargnez moi monsieur, vous ne pourrez pas naviguer seul, vous avez besoin d'aide. Les eaux sont traitres, surtout s'y on longe les îles de Fer...

Dagon l'attrapa par les cheveux, la lame sous la gorge, un énorme sourire de prédateur.

_Non vraiment... Vous êtes sûr, susurra t-il, remontant le bras armé pour lui montrer son arme. Je pense pouvoir m'en sortir ...
_Vous ... La... La
_La Seiche d'or, oui ...

Il n'eut le temps de pousser le moindre souffle, tout le sang découlant de sa gorge comme une cascade d'eau pur. Il le passa par dessus bord, comme les deux autres hommes et regarda la mer qui les happait dans ses vagues.

_Pour vous Dieu Noyé...

Il alla à la barre, un bâtiment de pêcheur était plus que simple à conduire, même s'il fallait faire confiance au vent, plutôt qu'aux rames. Il put rentrer chez lui, tranquillement et sagement, les épaules qui portaient une certaine expérience face à la mort et une confiance retrouvé. Il n'avait plus besoin de jouer les pauvres mendiants, il retrouvait toute sa situation et son importance. En plus, il put laisser sa hargne d'une pauvre mutinerie s'expier face à ces exécutions qu'il venait de faire. Bientôt, les vents salés et tempérés des îles de fer, fouettait son visage, comme une nouvelle énergie qu'il retrouvait.
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Sur une froide plage du nord, le coeur de pierre peut se réchauffer

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