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Il en est des femmes comme des fous : il ne faut pas les défier ▬ Dezial

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Message Mar 1 Nov 2011 - 19:05

     Précision : Ce RP se déroule avant l'arrivée d'Alysane dans le Nord.

     Alysane avait quitté Port-Réal depuis quelques temps à présent, pressant le pas autant qu'elle pouvait pour espérer rejoindre son Nord natal afin de tenter d'échapper à la chaleur écrasante qui dominait toute la région. Le séjour à Port-Réal avait été tout d'abord très agréable, son esprit était assaillit d'informations, elle découvrait de nouvelles choses à chaque coup d'œil, bref, découvrait une vie qu'elle ne connaissait pas. Comme toute personne, la jeune lady avait commencé par fouiner partout, cherchant avidement des découvertes qui pourraient rendre son séjour ici encore plus intéressant, au début elle y avait réussi, mais rapidement la lassitude qui lui était familière s'était installée. Port-Réal la magnifique était devenue un endroit peuplé de noble pompeux qui la prenaient de haut, ainsi que de sale vauriens qui essayaient de lui voler sa bourse. En y regardant de plus près, la jeun guerrière préférait encore les pauvres de Culpucier que les nobles qui séjournaient dans les riches demeures de la ville. Ils étaient tous idiots, semblant sortir des histoires à l'eau de rose que Meera affectionnait tant. Tout cela la débectait, Alysane ne désirait plus qu'une seule chose : s'en-aller rapidement de cet endroit.

     Il était surprenant de constater à quel point une passion pouvait rapidement s'étouffer, comme un feu recouvert de terre, l'intérêt de la Nordienne pour ces contrées s'était essoufflé. Elle devait reprendre la route pour tenter de remettre un peu de gaieté dans son humeur. Bien heureusement, la jeune femme avait rencontré son frère bâtard et sa sœur aînée, comme si tous les Mormont avaient décidé de se rejoindre à Port-Réal, ils avaient été suffisant pour lui insuffler l'envie de rentrer chez elle, dans le Nord. Mine de rien, l'île boueuse et jadis peuplée d'ours qui lui avait toujours semblé trop étroite pour contenir son caractère, lui apparaissait maintenant comme incroyablement agréable à vivre. Même si elle ne l'aurait jamais avoué, la demoiselle avait le mal du pays, s'éloigner pour la première fois de son environnement natal ne se faisait pas aussi aisément ! Elle fut donc presque heureuse de décider de reprendre le chemin de l'Île aux Ours pour s'enquérir de la santé déclinante de son père, croisant les doigts pour qu'elle ne soit pas devenue alarmante.

     C'était donc avec une humeur plus joyeuse que lors de son séjour à Port-Réal, mais clairement entamée par la désagréable chaleur, qu'Alysane arriva dans le Conflans. Pour la première fois depuis bien longtemps, elle fut heureuse de mettre les pieds ici, cette région voisine de la sienne lui apparaissait comme familière. Une raison de se réjouir et vu son humeur massacrante, ce n'était pas du luxe. Elle était donc en train de marcher le long du chemin pavé, ses affaires chargées sur son dos, vêtue de sa tunique trop épaisse pour la saison, débarrassée de sa peau d'ours depuis un moment. Aucun de ses habits ne lui permettait de se sentir fraîche, le Nordien moyen ne possédait pas vraiment de vêtements pour aller se balader dans les régions plus chaudes et bien qu'Alysane était de sang noble, sa famille était désargentée depuis longtemps. Ruminant ses pensées en sentant la sueur perler sur son front, la brune releva la tête du chemin en entendant un bruit de galop, des sabots qui battaient le pavé, cherchant de ses mordorés la silhouette familière d'un cavalier. Celui-ci arrivait dans sa direction et ne lui jeta pas un regard, manquant de la frôler au passage, Alysane esquiva l'impact en sautant de côté avant de se retourner pour lever le poing en direction de l'insolent pour l'admonester avec vigueur, bien qu'il ne devait rien entendre avec le bruit de sa monture.

     ▬ Espèce de fou ! Que les Autres t'emportent ! »

     Serrant les dents, la jeune fille se retourna en promenant ses yeux sur les pavés lissés par des centaines de sabots, avant de repérer une espèce de rouleau de papier traînant sur la route. Après s'être approchée et l'avoir ramassé, la brune constata qu'il s'agissait d'une missive fermée d'un cachet de cire, certainement que l'homme passé juste à côté d'elle devait être un messager qui avait perdu ce qu'il devait porter. Elle ne put s'empêcher de sourire d'un air satisfait, bien fait pour ce sombre idiot ! La jeune Nordienne esquissa un geste pour la reposer sur le sol avant de se retenir, mordant sa lèvre inférieure, elle réfléchit. Le lord qui avait envoyé cela n'était certainement pas responsable de la bêtise de son messager, elle pouvait bien rapporter la missive à son envoyeur après tout non ? Essayant de se repérer, elle déchiffra le cachet de cire pour constater qu'il s'agissait du blason de Tully. Et bien, ce n'était pas de la camelote ! Elle hésita un instant, pas particulièrement envieuse de se mettre à dos la famille suzeraine du Conflans, mais peut-être bien qu'elle n'aurait qu'à donner sa trouvaille à un quelconque garde ? Haussant les épaules, la jeune guerrière se remis en route, prenant la route de Vivesaigues.

     Cela lui prit pratiquement toute la journée pour rallier la demeure des Tully, elle la vit se dresser de loin et approcha tout doucement de la grande porte principale, alors qu'un garde s'approchait déjà d'elle. Il était vrai qu'elle devait avoir l'air d'une sorte de vagabond qui cherchait à obtenir quelques pièces pour terminer saoule dans une taverne du coin. Si le malheureux avançait cette possibilité, il s'exposait à une crise de colère de la concernée. Alors que l'homme s'arrêta à quelques mètres d'elle, la Nordienne sortit de sa poche la missive trouvée plus tôt dans la journée et la présenta – de loin – au garde, accompagnant son geste de quelques mots prononcés d'un ton peu patient.

     ▬ Je ne viens nullement ici pour vous importuner rassurez-vous, j'ai trouvé cette missive sur la route et son cachet semble indiquer qu'il vient d'un Tully. »

     Elle fit pivoter la lettre enroulée dans sa main pour présenter le cachet à l'homme qui hocha la tête avant de lui faire signe de la suivre. Elle dissimula à peine un soupir de lassitude avant de lui emboîter le pas, visiblement Alysane n'allait malheureusement pas pouvoir se contenter d'un bref passage ici. L'homme la fit pénétrer dans l'enceinte du château et elle se montra plutôt docile et patiente, contrairement à ses habitudes, mais sa patience commença à avoir des limites lorsque le garde la confia à une autre personne qui devait certainement être une sorte d'intendant. Celui-ci lui expliqua brièvement qu'elle allait pouvoir remettre sa lettre à son propriétaire et elle hocha distraitement la tête. L'inconnu la mena dans une petite pièce qu'elle n'identifia pas, puis l'abandonna en lui disant qu'elle n'aurait pas à attendre longtemps. Désormais seule, la Nordienne chercha à s'occuper l'esprit en regardant autour d'elle, puis elle reporta son attention sur la lettre qu'elle tira de sa poche avant de constater avec horreur que le cachet de cire avait cédé. Observant les dégâts de plus près, Alysane comprit qu'elle n'avait pas trop fait attention à l'endroit où elle plaçait la missive et que celle-ci avait été écrasée par le reste de ses affaires, faisant céder le sceau. C'était une catastrophe, son propriétaire allait certainement croire qu'elle l'avait lue alors qu'il n'en était rien. Elle fut tentée de lâcher la lettre ici pour s'en-aller en catimini, mais alors qu'elle avait glissé la missive sur une table et pivotait vers la sortie, un bruit se fit entendre, attirant son attention. Un homme était entré dans la pièce, certainement celui qui avait envoyé ce papier, elle resta un moment pétrifiée avant de se reprendre et d'attraper sa trouvaille sur la table pour s'adresser à l'inconnu.

     ▬ Je ne vais pas vous importuner longtemps, j'ai trouvé cette missive sur la route, visiblement votre messager l'a perdue en manquant de ma piétiner avec son cheval. Je suis donc venu vous la rendre, comme ça l'on ne dira pas que les Nordiens manquent de savoir-vivre. »

     Pas de formule de politesse comme à son habitude, l'intendant lui avait bien dit le nom de l'homme, mais Alysane était trop occupée à se plaindre mentalement, elle n'avait donc pas entendu ce qui lui était dit. Cachant sa gêne, elle afficha une expression naturellement contrariée avant de tendre la lettre à l'homme. Son regard le mettait presque au défis de prétendre qu'elle avait voulu lire le contenu de la lettre. Oserait-il ? Elle espérait bien que non.
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Message Mar 15 Nov 2011 - 15:58

C'était une belle journée comme tant d'autres. L'été était bien présent, la canicule sévissant de plus belle chaque jours. Malgré cela, les jours se suivaient et se ressemblaient, presque trop. Vivesaigues était paisible, et, très peu de choses vennait perturber le quotidien des Tully. Dezial, malgré ses responsabilité se lassait de sa vie monotone. Chaque jours, il se levait à l'aube pour aller prier les sept, suite à quoi il descendait dans la cour pour former les jeunes gens, mais surtout, prendre soin de son neuveu et maître, lord Edwyn. Il lui apprenait tout ce qu'il savait sur la chevalerie ainsi que sur le maniement de l'épée, comme il l'avait promis à son frère aîné sur son lit de mort. Son enseignement était reconnu et respecté par bon nombre, et, même s'il était adepte du combat ambidextre, il formait comme il se devait à l'art de l'épée et du bouclier. Sa réputation en tant que maître d'armes avait depuis bien longtemps franchit les murs de Vivesaigues, si bien que, de temps à autres, des bannerets confiaient leurs enfants quelques jours durant, au chevalier. Comme quoi, l'ancien suzerain avait fait un bon choix en nommant son frère à ce poste. D'autant plus que, depuis sa mort, et, ce jusqu'à la majorité du jeune seigneur, c'est à lui qu'incombait le pouvoir, ainsi que le devoir, de diriger les forces armées de Vivesaigues en cas de conflit.

Mais, par cette belle journée, quelque chose vint totalement bouleverser la vie tranquile de notre jeune homme. Premièrement, la visite d'un messager appartenant aux Erongué, emmenant une missive destinée au maître d'armes. Celle-ci représentait une demmande du seigneur, pour savoir si Dezial voulait bien accorder de son temps à son fils qui allait arriver sur ses quinze ans, histoire de convenir sur ce qui allait, et ce qui n'allait pas dans sa maîtrise de l'épée. La lettre contennait aussi un petit quelque chose qui fit sourire le jeune homme. Il était dit que, leur maître d'armes commençait à se faire âgé, l'Erongué disait craindre que sa raison s'en aille petit à petit, rajoutant que personne dans la maison n'était capable de reprendre le poste, si ce n'est son fils, dans quelques années, le temps de trouver autre chose, et que, de ce fait, il se devait d'être performant. Une fois la lecture achevée, le chevalier invita le messager jusqu'à son bureau, où il lui proposa un rafraîchissement, le temps qu'il rédige la réponse. Celle-ci disait simplement qu'il accepterait avec joie de recevoir l'héritier Erongué, pour vérifier son maniement de la lame, et, si besoin, le recadrer. Une fois la lettre écrite, celle-ci fut scellée par de la cire bleue, ainsi que le sceau Tully, et le messager repartit sur le champ.

Une fois l'homme partit, Sire Dezial se retira dans ses appartements, afin de lire. Il adorait se plonger dans des récits de batailles, tentant de puiser des idées de stratégies, au cas où ses talents de stratèges devaient être mis un jour à l'épreuve. L'après-midi se déroula ainsi dans le calme, jusqu'à ce que, peu de temps avant que le soleil menaçait de se cacher, un garde vienne taper à la porte du jeune homme, et, après autorisation rentra dans la pièce annonçant qu'une inconnue vennait de rapporter la lettre partie plus tôt dans la journée, prétextant qu'elle l'avait trouvé sur la route, et qu'après avoir vu le cachet de la maison, elle avait voulu le remmener. Le garde finit en disant qu'elle l'attendait dans son bureau. Avec un léger sourire, Dezial se releva pour poser son ouvrage, et enfila rapidement une tunique aux couleurs des Tully, pour ensuite attacher une lame à sa taille pour enfin se diriger vers l'endroit où cette personne l'attendait.

Sans frapper à la porte, le chevalier entra, et, se retrouva nez à nez avec l'inconnue, qui, de son côté resta immobile quelques instants avant d'attraper une lettre posée sur le bureau, pour enfin s'adresser à celui qui se tennait devant elle. C'était une fort jolie brune, qui ne devait pas être bien plus jeune que lui. Elle ne semblait pas particulièrement vouloir soigner son image, et portait les armes, chose rare pour une femme. La jeune femme disait ne pas vouloir l'importuner bien longtemps, disant avoir trouvé cette lettre sur la route, perdue par un messager qui avait bien faillit la piétiner. Rajoutant qu'elle était done venue rendre ceci, et que comme cela, on ne pourrait dire que les nordiens manquent de savoir vivre. Cette dernière phrase le fit sourire, tandis qu'il récupéra avec délicatesse le papier des mains de la demoiselle pour le poser sur le bureau.

"Vous n'importunez personne madame. Quant au messager, je me serai bien excusé en son nom, cependant, c'est celui des Erongué. Quant aux nordiens, je n'ai jamais remis en cause leur savoir-vivre, j'ai passé deux ans dans le Nord, et, j'ai pu constater qu'ils étaient tout autant chaleureux que n'importe quel habitant du Sud, voire même plus."

Il afficha un large sourire en se déplaçant jusqu'au bar présent non loin de la fenêtre, tirant machinalement deux verre, tout en sortant une bouteille de vin, pour demmander à son invitée si elle voulait boire un petit quelque chose. Suite à cela, il enchaîna.

"En tout cas, je vous remercie grandement, peu de gens auraient pris la peine de faire du chemin pour remmener une lettre. D'ailleurs, à ce sujet, évitez si possible de faire une quelconque allusion à qui que se soit du sceau brisé, certains membres de la maison sont un peu ... Vieux jeu."

De nouveau il afficha un léger sourire avant d'emmener la boisson et les verres sur le bureau, tout en s'inclinant légèrement pour se présenter.

" Je me nomme Sire Dezial Tully, maître d'armes de Vivesaigues et responsable des forces armées du Conflans. Puis-je savoir qui je dois remercier madame?"

Ses yeux se tournèrent alors vers la fenêtre, regardant le soleil se coucher au loin. Depuis son jeune âge, le chevalier avait toujours aimé regarder les coucher de soleil, ce qui lui vallut de nombreuses fois les brimades de son frère ainé. Très vite cependant, il fit la liaison entre les remerciements, et la nuit tombante, tout simplement proposer un lit à la jeune femme.

"D'ailleurs, madame, vous avez dû faire de la route pour venir nous remmener ceci, et, la nuit approche à grand pas. Acceptez, en gage de remerciement, mon invitation à passer la nuit dans le château. Vous aurez de quoi vous nourir tant qu'il vous plaira, et de quoi passer une nuit paisible."


Dernière édition par Dezial Tully le Ven 18 Nov 2011 - 14:25, édité 2 fois
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Message Mer 16 Nov 2011 - 18:42

     Aucune critique ne vint alors qu'elle le regardait, soit l'homme n'avait pas vu que la missive avait été « ouverte » soit il ne relevait pas ce détail. C'était plutôt surprenant, après tout en imposant son sceau il devait s'être attendu à ce que le contenu de cette lettre soit resté secret et Alysane savait bien que sa dégaine n'avait rien d'engageant. Elle avait dit venir du Nord et l'inconnu pouvait bien la prendre pour une sauvageonne ou la membre d'un clan des montagnes, le type de personnes que les gens du Sud n'avaient pas forcément envie de mettre au courant de leurs petites affaires. Quoi qu'il en soit, la jeune femme était plutôt rassurée, elle qui n'était pas facile à placer dans une position gênante pouvait toutefois se montrer fort gênée lorsqu'elle constatait que l'on pouvait la prendre pour une indiscrète. Mentalement, elle remercia l'homme d'avoir eu la savoir-vivre de ne rien dire. A moins que ce ne soit que lié à sa vue défaillante éventuellement ?

     Le regard mordoré de la jeune femme ne quittait pas le visage de l'homme face à elle, certainement un chevalier ou un homme d'armes lié aux Tully, il devait tout de même avoir un rôle important pour qu'il soit envoyé afin de récupérer une missive de ses maîtres. A moins qu'on ne la juge trop peu importante et qu'ils aient envoyé quelqu'un de disponible sans se soucier de son rang ? Son esprit était en ébullition alors qu'elle dévisageait sans aucune gêne – et sans aucune politesse – le visage de l'inconnu qui ne s'était pas présenté. Elle non plus me direz-vous, mais ce n'était pas pareil, la Nordienne était tout simplement trop fière pour le faire voilà tout. La lettre trouva rapidement sa place sur le bureau alors que la Mormont quittait enfin le visage de l'homme de son regard inquisiteur pour le promener sur la pièce jusqu'à ce qu'il s'adresse à elle pour la rassurer.

     Alors qu'elle l'entendait dire qu'il avait séjourné dans le Nord, son regard se teinta d'étonnement, trop rares étaient les Sudistes qui osaient s'aventurer dans les contrées froides de sa région natale et il gagna quelques points dans son estime. Peut-être était-il plus digne d'intérêt que les autres hommes de son rang ? Alysane n'avait qu'une très piètre opinion des hommes en général, mais si en plus c'était des natifs du Sud, inutile de dire que leurs chances de lui plaire étaient encore diminuées. Affichant un visage impassible et vierge de tout sourire, elle le regarda sourire avant qu'il ne s'éloigne en lui proposant quelque chose à boire avant de la remercier pour aborder le sujet du sceau brisé. Imperceptiblement la jeune femme se tendit et afficha un air de protestation qui fut coupé net lorsqu'il lui fit comprendre que cela lui était égal. Et bien, il avait été capable de lui rabattre le caquet sans qu'elle ne trouve à redire quoi que ce soit. Pas mal pour un Sudiste.

     Après quoi, elle eut droit à une présentation en bonne et due forme et se sentit un peu stupide en entendant son nom. Dire qu'elle l'avait vu comme un chevalier lambda et qu'il était membre de la maison suzeraine de cette région, ce qu'elle pouvait être idiote lorsqu'elle s'y mettait ! Alors qu'il lui demandait son identité, la jeune femme s'apprêta à répondre, mais fut prise de court par la proposition qu'il lui fit. Elle ouvrit la bouche, la referma un peu comme le blason des Tully, puis haussa les épaules avant de répondre d'un ton qui ne laissait rien filtrer de toutes les pensées qui venaient de défiler dans son esprit. Heureusement que personne n'était capable de lire dans les pensées des autres !

     ▬ Ne vous sentez pas obligé de m'offrir le gîte messer, je voyage depuis plusieurs mois et je n'ai pas peur de dormir à la belle étoile. La chaleur de votre région suffit à rendre une nuit paisible, de plus je suis rarement attaquée par des brigands, plutôt surprenant je dois l'avouer. »

     Elle ne déclinait pas l'invitation, disons simplement qu'elle savait que sa compagnie n'était pas toujours conseillée, Alysane n'avait pas sa langue dans sa poche et il était certain que son père, lord Jeor, préfèrerait certainement éviter de se mettre les Tully à dos. Elle hésita un bref instant, se demandant s'il risquait de se vexer en voyant qu'elle, mais n'ajouta rien à ces paroles. Il était vrai que si la Mormont était d'une humeur plus que moyenne en permanence, lorsqu'on osait oser la détrousser alors qu'elle dormait, la jeune femme se montrait encore plus agressive. Même si elle n'avait pas autant de force qu'un homme, Alysane n'hésitait pas à user de ses dents et de ses griffes s'il le fallait, chose qui faisait souvent rire son demi-frère.

     ▬ Je m'appelle Alysane, seconde fille de lord Jeor Mormont pour être exacte et je crains de ne posséder aucun autre titre qu'homme d'arme de ma maison. »

     Elle ne se moquait pas de lui, disons simplement que face aux titres de son interlocuteur il était vrai que c'était mince. La jeune femme n'aimait pas se présenter en tant que « dame de la maison Mormont », c'était pour cette raison qu'elle usait plus souvent de son métier que de son titre. Après un petit moment de silence elle ne résista pas à l'envie de faire part de son impression.

     ▬ Je dois avouer que de prime abord je vous avais pris pour un chevalier au service de Tully. Je ne m'attendais pas à ce que l'on envoie un Tully réceptionner cette missive. »

     Ce n'était pas très fin d'avancer le fait qu'elle avait confondu l'oncle du lord en titre avec un simple chevalier. Surtout lorsqu'on connaissait l'opinion que les gens du Nord avaient des chevaliers, enfin surtout elle. Mais elle s'en moquait, il était trop compliqué de changer ses habitudes et s'il la prenait pour une femme grossière au pire, il pourrait expédier une lettre bien salée à son père pour lui sommer de mieux éduquer sa fille. Rien qui ne puisse empirer les choses. Elle le dévisagea une nouvelle fois avant de poser son index sur le bas de sa mâchoire dans un tic nerveux.

     ▬ Je vous assure que je n'ai rien lu du contenu du message. J'ai simplement fourré la missive dans mon paquetage et le sceau a été brisé accidentellement. Je ne suis pas du genre à me mêler des affaires de plus grand que moi. »

     Elle n'était pas assez inconsciente pour le faire du moins, les seules affaires dont elle se mêlait étaient les mariages arrangés de ses sœurs qu'elle se pressait de faire échouer pour éviter de les voir mariées à un idiot à la recherche d'une femme. La demoiselle resta un instant silencieuse avant d'orienter son regard vers les ouvertures qui donnaient sur les environs, puis elle reposa ses yeux ambrés sur le visage du maître d'armes avant de reprendre.

     ▬ De plus vous n'avez nul besoin de me remercier, je rentre dans le Nord et c'était sur mon chemin, si j'avais dû chambouler tout mon trajet je ne vous assure pas que j'aurais été aussi attentionnée. Elle n'aimait pas que l'on la remercie de choses naturelles et dépréciait toujours ce qu'elle faisait. Si les Nordiens sont plus chaleureux que ceux du Sud c'est parce que nous sommes habités au froid. Ce n'était aucune plaisanterie évidemment. Elle ne le quittait pas du regard. Vous avez dit avoir été dans le Nord pendant deux ans ? Que pourrait donc chercher un chevalier dans une région qui ne croit pas aux Sept ? Avez-vous été chez les Stark ? »

     Alysane était sincèrement surprise d'apprendre que des personnes originaires de familles suzeraines puissent prendre la peine de s'intéresser à autre chose qu'à leur région. D'un autre côté elle croyait se souvenir que ser Dezial ne pouvait prétendre au titre de lord suzerain, il devait donc être logique pour lui de s'ouvrir à d'autres horizons. S'apercevant alors qu'elle le soumettait à un interrogatoire, la jeune femme s'empressa d'ajouter quelques mots.

     ▬ Enfin, je ne veux pas vous presser de questions ou vous retenir, vous devez certainement avoir mieux à faire que satisfaire ma curiosité. »
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Message Ven 18 Nov 2011 - 16:09

La belle inconnue se montrait sans gènes, de part son regard perçant, et persistant, ne cessant de fixer le chevalier, qui, de son côté, un brin timide, ne savait pas vraiment comment réagir face à un tel regard. A vrai dire, rares ont été les fois où un tel regard s'était posé sur lui. Regard qui, d'ailleurs, s'il avait été porté sur un certains seigneurs, aurait très bien pu être mal pris, ce qui aurait pu impliquer une sanction. Du moins, c'était le point de vue de Dezial, qui de son côté, laissait faire, après tout, ce n'était qu'un regard, et, la dame n'avait pas l'air bien méchante.

Son regard perçant, changea d'ailleurs radicalement, lorsque le maître d'armes dit être allé deux ans dans le Nord. Celui-ci fut empreint de ... D'étonnement, de surprise même. Qu'y avait-il de si fantastique dans le fait qu'un Tully aille dans le Nord? En y repensant un peu plus, Dezial se rappela bien vite "l'aversion" que se portaient mutuellement les Nordistes, et les Sudistes, si l'on peut appeler ça comme ça. Lui qui avait si longtemps voyagé, ne differenciait pas les gens par le lieu d'où ils venaient, mais par leurs actes. Comme à son habitude, Dezial répondit à ceci par un sourire, car oui, il souriait beaucoup.

Suite à la présentation, et l'invitation du maître d'armes, la belle inconnue lui dit, en haussant les épaules, qu'il ne devait pas se sentir obligé de lui offrir un toît pour la nuit, qu'elle voyageait depuis quelques mois, et qu'elle n'avait pas peur de dormir à la belle étoile, que la châleur du Conflans suffisait largement à son confort, finissant sur son étonnement quant au peu d'attaques de brigands. Chose qui tira un léger sourire à l'oncle du suzerain -quand je dis qu'il sourit beaucoup, ce n'est pas pour rien- avant de répondre à cela.

"Je dois donc supposer que mes hommes font bien leur travail. Enfin, passons. Vous savez, nous avons beaucoup de chambre de libre, et puis, après ces mois de voyage, le confort d'un lit vous fera sans doutes le plus grand bien, ainsi qu'un bon repas."

Il y eut alors un bref silence, comme si la jeune femme hésitait à continuer sur sa lancée. Du point de vue de Dezial, elle se livrait un combat interieur intense. Mais après tout, il était au moins aussi bon psychologue que moi, à savoir, capable de deviner qu'une personne se tennant le coude, en se mordant violement la lèvre, avait mal à ce dit coude. Au delà, cela devenait bien trop compliqué.
L'inconnue était en fait Lady Alysane Mormont, seconde fille de lord Jeor Mormont, elle rajouta même, sans doutes par ironie, qu'elle ne possédait nul autre titre qu'homme d'armes de la maison. Dezial ne put s'empêcher de sourire -et oui, encore- avant de s'incliner respectueusement devant elle, comme on lui avait aprit.

"Enchanté de faire votre connaissance, madame. Mais, Lady Alysane Mormont, fille de lord Jeor Mormont, est un titre en soit. Puis ... Les chevaliers se font rare chez vous."

Il fixa alors un court instant les armes de la jeune femme, avant de reprendre.

"Une Mormont donc, et "Homme" d'armes, si je puis dire, cela explique donc vos armes. "Ici, nous nous tennons debout." je suppose que c'est en rapport à la tradition des femmes défendant aux côtés des hommes l'île aux ours. En tout cas, c'est bien rare de voir une jeune femme armée, sans vouloir vous offenser."

Le maître d'armes finit par s'asseoir dans son fauteuil, invitant la jeune femme à faire de même, tandis qu'il but une gorgée de vin, regardant celle qui vennait de se présenter, se disant que c'était tout de même bête qu'une si belle femme avait dû prendre les armes au lieu de se comporter en réele Lady, coiffée, maquillée, et bien habillée. Mais bon, cela, il n'y pouvait rien. Après un bref instant, la demoiselle finit par lui avouer quelque chose de ... Stupide en fait. Lui disant qu'elle l'avait prit -il faut le dire avec des vrais mots- un chevalier-larbin, rajoutant qu'elle ne s'entendait pas à recevoir un Tully en personne. Si je dis stupide, c'est juste qu'il aurait très bien pu mal le prendre, mais, au lieu de ça, le jeune homme ... Se mit à rigoler. Et non, de temps en temps, il faut autre chose que sourire. Il tenta, tant bien que mal de répondre à la demoiselle.

"Ahahah, hé bien, ne suis-je pas assez noble?"

Il continua de rire en marquant une pause, avant de reprendre, en s'était calmé un petit peu.

"Je plaisante, je plaisante. Sauf par mes cheveux, je ne resemble pas énormément à un Tully, et, feu mon frère, m'avait bien souvent fait le reproche de ne pas être présentable pour quelqu'un de cette famille."

Il est vrai que, de part sa démarche et sa dégaine, on aurait très bien pu le prendre pour un simple intendant, mais, ses yeux bleus, et ses cheveux auburn, laissaient penser à un Tully, et, lorsqu'on le voyait combattre, rares étaient ceux qui doutaient encore de son rang. De son côté, la belle Mormont dévisagea de nouveau le chevalier, en metant son index sur son menton, avant de prendre de nouveau la parole. Voulant que son interlocuteur la croie quant au fait qu'elle n'avait pas lu la missive, que le scea s'était brisé dans son sac, rajoutant qu'elle ne se mêlait pas des affaires de plus grand que soit. Le jeune homme la regarda avec attention, avant de répondre chaleureusement.

"Vous n'avez pas à vous en faire madame. Le papier n'avait rien de très important, j'informais juste le seigneur des Erongué, que j'acceptais de prendre quelques temps son fils afin de l'entraîner. Donc, rien de confidentiel ni rien. Puis, je me doutes bien qu'une Mormont n'a que faire des affaire des Tully, vous n'avez pas à vous inquiéter.

Sur ses mots, il vida la coupe de vin d'un trait avant de se resservir, tout en regardant faire son interlocutrice, qui resta silencieuse quelques temps, puis regarda les fenêtres avant de reporter son attention sur le Tully assis-là. Alysane reprit de plus belle, en lui disant qu'il n'avait nullement besoin de la remercier, qu'elle rentrait dans le Nord, et que de ce fait, c'était sur son chemin. Elle rajouta que si elle avait dû chambouler tout son chemin, elle ne l'aurait sans doutes pas fait. Oubliant son habituel sourire, le jeune homme répondit au tac au tac.

"J'apprécie votre bonté d'âme dans ce cas. Cependant, vous avez tout de même fait un détour, si infime soit-il, pour quelque chose dont vous n'aviez aucune obligation. Pour ceci, je vous dois des remerciements, et je suppose que, le messager, en plus d'excuses vous devrait aussi des remerciements, perdre une lettre est ... Assez idiot pour un tel poste."

Elle enchaîna sur le fait que si les nordiens étaient plus châleureux que les autres, c'était qu'ils étaient habitués au froid. De peur de la contrarier, Dezial, ne fit et ne dit rien, jusqu'à la question de la demoiselle sur ses années dans le Nord, demmandant ce qu'il y avait fait, et s'il avait été chez les Stark. Le maître d'armes n'eut cependant pas le temps de répondre, que la nordienne reprit de plus belle, en lui disant ne pas vouloir le presser ni le retenir, et qu'il avait sans doutes bien mieux à faire que de satisfaire sa curiosité. Le Tully ne put s'empêcher de sourire châleureusement à son invitée avant d'y répondre.

"Vous savez, en tant que maître d'armes, lorsque l'on a personne à former, l'on n'a pas grand chose à faire. Donc, je vais assouvir votre curiosité, vous n'avez pas à vous en faire. Et puis ... Il faut bien traiter mon invitée."

Il prit une gorgée de vin avant de reprendre.

"En fait, c'est très simple. Quand j'étais bien plus jeunes, suite à pas mal de petit problème, Sire Sandor Cox me prit comme écuyer. Il était en fait chevalier errant, et, en plus de m'avoir fait pas mal voyagé, j'ai put découvrir le Nord. Par chance, j'y ai connu l'été. Nous avons vu Winterfell, dans lequel nous avons travaillé bien un an, puis nous avons vu Karhold, Atre-Les-Confins. J'ai même eu la chance d'aller voir le mur. J'ai toujours rêvé d'aller sur l'Île aux ours, mais, n'ai jamais eu la chance de m'y rendre. J'aimerai beaucoup voir la statue à l'entrée de votre fort."

Suite à cette déclaration, il afficha une mine légèrement triste. S'il disait ceci, ce n'était pas uniquement pour faire bonne impression à l'invitée, c'était qu'il désirait ardement y aller. La statue, selon les dires, était tout bonnement magnifique, et, le château fait de bois l'était tout autant. Peut-être que, quand Edwyn aura atteint l'âge, sera-t'il possible de voyager? En tout cas il l'espérait. Ses années auprès de "formation" semblaient avoir été les plus belles de sa vie. Chaque jours les paysages changeaient, chaque jours de nouvelles rencontres. Certes, aussi, chaque jours de nouveaux dangers, mais, sans cela, il n'aurait sans doutes pas devenu si fine lame. Ses voyages l'avaient emmenés dans de superbes endroits, tel Hautjardin, Castral Roc, Port-Real ou encore les Eryés, il avait même eut la chance de rencontrer des personnes de très hauts rangs. Il reporta alors son attention sur la jeune femme curieuse.

"Enfin, ceci dit, le Nord est une contrée magnifique, j'ai adoré voir ces paysages enneigés. Puis, Winterfell est une ville sublime, du moins, j'ai trouvé. Même si ... Il fait bien trop froid. J'avoue avoir eu un mal fou à m'habituer à ce froid. Si j'étais tombé en plein hiver, je me demmande si j'aurai put survivre à cela. Ou du moins, si j'avais survécu, je pense que j'y aurait laissé quelques doigts et orteils."

Il s'arrêta pour rire légèrement avant de reprendre.

"Quant au mur, c'est ... Il n'y a pas de mots. L'on se sent si petit à côté de ça. Enfin, je suppose que s'il est aussi haut, c'est que, c'est necessaire. En tout cas, c'était la belle époque."

Il y avait trois mots qui l'empêchait de retrouver cette vie merveilleuse : Famille, Devoir, et Honneur.
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Message Sam 19 Nov 2011 - 14:14

     Alysane ne répondit pas tout de suite après les paroles de ser Dezial concernant le confort d'un lit. Il était vrai que dormir à même le sol sur une simple fourrure n'était pas particulièrement reposant ou agréable et même lorsqu'elle avait séjourné dans une petite taverne de la ville, la jeune femme n'avait pas eu le confort de sa demeure, bien que cette-dernière soit très austère. Ses moyens limités et le peu d'argent qu'elle possédait ne lui permettaient malheureusement pas de s'offrir une auberge trop bien et elle s'était contentée d'un petit bouge dans une ruelle de Culpucier. Après avoir observé le visage de l'oncle du lord Tully, la Nordienne hocha finalement la tête d'un air approbateur avant de répondre.

     ▬ Très bien, je ne peux refuser une telle proposition dans ce cas, je vous remercie de votre hospitalité. »

     Elle n'avait rien contre le fait de séjourner chez des inconnus, après tout la première fois qu'elle avait mis les pieds chez lord Beron Stark la jeune femme ne le connaissait que de nom. Cela n'avait pas empêché que leur rencontre se déroule plutôt bien même si elle avait été surprise par la manière qu'avait le Stark de provoquer verbalement ses invités. Ser Dezial semblait plus réservé à ce niveau, peut-être simplement parce qu'il n'était que là pour aider son neveu jusqu'à ce qu'il soit en âge de gouverner ? C'était une possibilité, Alysane n'avait jamais trop cherché à connaître les démêlés des familles des autres régions. Son regard mordoré se teinta d'amusement alors qu'il avançait le fait que les chevaliers étaient rares dans le Nord, c'était le moins que l'on puisse dire ! Seule les Manderly croyaient aux Sept et possédaient beaucoup de chevaliers dans leurs rangs, après il y avait bien quelques nobles adoubés dans certaines familles, mais rien de très poussé. Lorsque Dezial enchaîna en abordant la devise des Mormont Alysane esquissa un sourire avant de hausser les épaules.

     ▬ Je ne vois nulle offense dans le fait de provoquer la surprise par mon accoutrement. Dans le Nord les femmes guerrières ne sont pas aussi rares qu'ici cela n'a rien de surprenant pour moi. Et comme vous le dites, les femmes Mormont ont toujours été élevées de manière à pouvoir défendre leur famille, après tout comme vous l'avez souligné, il y a très peu de chevaliers sur qui nous pouvons compter. »

     La Nordienne arbora un sourire à la fois amusé et légèrement moqueur, elle n'était pas en train de se moquer de son interlocuteur évidemment, mais disons simplement que les femmes du Nord avaient bien peu d'estime pour les chevaliers, elles avaient tendance à les voir comme des hommes trop lourds pour se mouvoir correctement et qui ne servaient qu'à concourir pour une dame lors d'un tournoi. La plus jeune sœur d'Alysane était folle des chevaliers, mais malheureusement son admiration n'était pas contagieuse. La Mormont s'installa suite à l'invitation du chevalier et l'écouta réagir plutôt positivement à la remarque qu'elle avait fait concernant sa naissance. Visiblement il ne prenait pas mal le fait qu'une Nordienne le comparait à un « simple » homme d'armes et lorsqu'il aborda le fait qu'il n'était pas présentable comparé aux autres membres de sa famille elle rit légèrement.

     ▬ Voilà un discours qui ne m'est guère inconnu je crois. »

     Lady Jorelle, sa mère, lui reprochait souvent de ne pas bien présenter face à des étrangers, bien que sa situation n'était guère comparable à celle du Tully. Elle était originaire d'une île perdue au Nord où seuls quelques très rares voyageurs s'égaraient de temps en temps, Alysane n'avait pas besoin d'être en permanence présentable, c'était certainement pour cette raison qu'elle ne l'était jamais. Après quelques instants, elle haussa finalement les épaules en buvant une gorgée d'un vin qu'elle jugea excellent, elle qui préférait les boissons moins raffinées, puis elle s'autorisa un nouveau commentaire.

     ▬ De toute manière, je juge à la qualité et au mérite d'un homme et non au nom ou au titre qu'il porte. »

     Après tout la naissance ne faisait pas tout, Alysane considérait le bâtard de son père comme son frère alors qu'il ne portait pas le nom de Mormont. Bah, c'était sans importance de toute manière, elle ne reverrait certainement jamais plus l'homme qui se tenait face à elle une fois que ses pas l'auraient menés loin des murs de Vivesaigues. La demoiselle ne répondit rien après qu'il eut abordé le sujet de la missive, il était vrai qu'elle n'avait rien à gagner à connaître les affaires de Tully, ce n'était pas le genre d'informations qui pouvait être utiles à un homme d'armes. Elle hocha la tête d'un air compréhensif alors qu'il ajouta quelques mots pour lui expliquer qu'il tenait tout de même à la remercier, après tout s'il tenait à le faire ma foi.

     Elle but une nouvelle gorgée alors que le chevalier satisfaisait sa curiosité en expliquant qu'il avait été l'écuyer d'un chevalier errant et qu'il avait par conséquent beaucoup voyagé. Elle fronça légèrement les sourcils, assez surprise d'entendre une telle chose, si elle avait bien compris ce qui concernait la chevalerie les errants n'étaient pas extrêmement bien vus de prime abord. Plutôt surprenant qu'un Tully puisse avoir le droit d'être l'écuyer de l'un d'entre eux il fallait l'avouer. Alysane connaissait les endroits dont il parlait, mais elle ne put retenir un sourire amusé en l'entendant parler de la statue qui trônait devant leur demeure de rondins de bois. La combattante ignorait qu'elle était réputée jusqu'à dans le Conflans, ce n'était qu'une statue comme une autre à ses yeux, lorsqu'on avait toujours vécu à ses côtés il était difficile d'y voir quelque chose de particulier.

     Quoi qu'il en soit, la jeune femme se sentait plutôt satisfaite de voir que finalement tous les Sudistes n'étaient pas du genre à détester le Nord, voir quelqu'un d'une famille aussi noble apprécier sa région natal lui réchauffait le cœur, même si elle ne serait pas du genre à l'avouer bien évidemment. Lorsqu'il parla du Mur, elle ne pu que le croire sur parole, Alysane n'avait jamais eu l'autorisation de s'y rendre malgré les nombreuses suppliques adressées à son père. Si elle avait été un homme, nul doute que la jeune femme serait entrée dans la garde de nuit, malheureusement c'était un droit refusé aux femmes, encore une fois bien évidemment. Alors que ser Dezial retombait dans le silence, elle s'accorda une nouvelle gorgée du délicieux liquide avant de répondre.

     ▬ Je croyais avoir compris que les chevaliers errants n'étaient pas très bien vus des autres chevaliers, je suis surprise d'apprendre que vous avez été l'écuyer de l'un d'entre eux. Cela dit j'ai plus d'estime pour ces personnes qui ne cherchent pas simplement la gloire du titre associée à une vie de servitude, au moins les chevaliers errants font l'effort de suivre les préceptes de leur rang. »

     Inutile d'être devin pour comprendre que la demoiselle ne portait pas les chevaliers dans son cœur, cela dit elle n'allait pas pénaliser quelqu'un qu'elle ne connaissait pas juste à cause de son titre, enfin pas toujours. Pour le coup la première impression vis-à-vis du Tully avait été plutôt bonne donc il avait tout à gagner en parlant de lui.

     ▬ Cela dit, vous semblez avoir une bien meilleure estime de mon île natale que la majorité des Nordiens. Vous savez, l'île aux ours est surtout pleine de boue et il est difficile d'y marcher sans en avoir l'habitude, d'où le fait que les femmes Mormont ne se promènent pas en robes. Cela dit si un jour l'envie vous prend d'admirer notre statue, vous serez le bienvenu, mais je ne vous assure pas que ma sœur ne va pas vous admirer avec des yeux brillants, elle a une passion incompréhensible pour les chevaliers voyez-vous. »

     Meera était une véritable dame, c'était ce que lady Jorelle ne cessait de répéter, la seule qui se promène en robe et prenne soin d'elle pour tout dire, même si elle savait manier la hache ou au moins l'épée, pas aussi bien que son aînée évidemment, mais elle restait une Mormont. Alysane imaginait déjà sa mère essayer de caser l'une de ses filles avec ser Dezial en apprenant qu'il n'avait pas d'épouse, c'était du moins ce que la Nordienne croyait se souvenir, peut-être ce fait n'était-il plus d'actualité.

     ▬ J'imagine que d'autres devoirs vous retiennent ici, mais sachez que le Nord ne disparaitrait pas, vous pourrez toujours y venir si le désir se faisait sentir. L'on dit qu'une fois qu'on a goûté au Nord il est difficile de s'en passer, je crains que vous ne soyez tombé amoureux de notre belle contrée messer. Je ne peux que vous comprendre. De plus vous savez, le froid est supportable, il suffit d'avoir les bonnes fourrures et d'endurcir son corps, c'est au moins plus supportable que la chaleur que vous subissez actuellement. »

     Elle avait cru remarquer le ton légèrement mélancolique du chevalier, il devait avoir d'autres obligations qu'elle sans aucun doute, mais Alysane ne pourrait jamais imaginer sacrifier tout ce qu'elle aimait simplement pour remplir ses devoirs. Après tout elle avait refusé la proposition de lord Beron de devenir l'un de ses gardes personnels alors que la Nordienne aurait acquis une bonne réputation, mais elle aimait trop voyager pour envisager une telle option. Quoi qu'il en soit, si le Tully décidait de revenir dans le Nord, elle serait ravie de lui servir de guide.

     ▬ J'imagine que vous avez donc beaucoup voyagé, vous êtes aussi allé à Dorne ? J'ai cru comprendre qu'ils étaient plus tolérants vis-à-vis des femmes guerrières. Visiblement il faut être d'une extrémité de Westeros pour accepter cela. »

     Amusant de voir que finalement le Nord et le Sud étaient très différents au niveau du climat, mais pourtant très proches sur leurs traditions, le fait qu'ils ne vénéraient pas les Sept et encore beaucoup d'autres points. Après quelques instants de silence, la jeune femme s'autorisa une question plutôt délicate, peut-être que cela gênerait-il le Tully, mais n'était-ce pas un peu le but ?

     ▬ Et que pensez-vous des femmes guerrières messer ? Les chevaliers ont un avis assez tranché à leur sujet je crois non ? Peut-être qu'un ancien chevalier errant se montrerait mins catégorique ? »
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Message Dim 20 Nov 2011 - 16:20

A force d'insister sur son offre de logement, la jeune Mormont finit par accepter l'offre, en le remerciant de son hospitalité, ce qui, bien entendu le fit sourire. Après tout, était-ce seulement envisageable que de ne pas proposer le gîte à une personne de sang noble? Pas vraiment, d'autant plus qu'il offrait bien volontiers un toit à des roturiers en plein voyage, demandant l'hospitalité. De ce fait, une Mormont ne pouvait être mise à l'écart, surtout que, Dezial ignorait tout du seigneur de l'île-aux-ours. Peut-être prendrait-il mal le fait qu'après son geste, sa fille ne fut pas accueillie comme il se devait dans la maison à la truite. Et dans ce cas, visiter l'île deviendrait ... Compliqué.

Lady Alysane prit un air amusé lorsque le maître d'armes parla de la rareté des chevaliers dans les contrées Nordiques. Avait-il dit quelque chose de drôle? Une bêtise peut-être? Ou encore que tout simplement, il était bien loin de la vérité. Dezial penchait plutôt pour la dernière option.

Suite à la récitation de la devise Mormont, le jeune homme réussit même à décrocher un sourire à son invitée. Même s'il n'était qu'infime, cela plut au regard du Tully, même s'il ne le montrait pas. Après tout, même si elle s'habillait comme un homme et avait des airs un peu barbares, cela ne l'empêchait point d'être d'une fort grande beauté, et, un sourire, si petit soit-il sublimait le tout. En parlant d'habits, la demoiselle répliqua à ce qui avait été dit, disant ne voir aucune offense sur le fait de provoquer la surprise par son accoutrement, que dans le Nord les femmes combattantes étaient loin d'être aussi rare qu'en ce lieu. Elle rajouta que chez les Mormont, ça l'était encore moins, de part la tradition, qu'après tout il y avait peut de chevaliers sur qui compter dans le Nord. Le chevalier laissa passer un léger silence avant de répondre.

"Il est vrai que pour certains, voir une femme porter les armes est ... Tiens ... Je ne trouve même pas le mot pour décrire ce que cela peut provoquer."

Sa bêtise le fit rigoler un instant, avant de reprendre.

"En tout cas, cela ne me dérange pas, personnellement. Quant aux chevaliers dans le Nord, il semble bien que vous n'en ayez pas besoin. J'ai vu de nombreux combattants dans vos contrées, bien plus valeureux que bon nombre de chevaliers."

Après tout, les nordiens défendaient leur terres depuis d'innombrables années, en n'ayant que très peu de chevaliers, et, ils le faisaient très bien. Et puis, chevalier, c'est quoi? Si ce n'est un titre et certains principes, que, bon nombres ne respectent pas vraiment.

Sur le côté vestimentaire, la jeune femme semblait disait comprendre tout à fait ce qu'il disait. Il est vrai que, si elle s'habillait chaque jours de cette façons, cela pouvait peut-être gênant selon à qui l'on se présentait, mais, pour la vie de tout les jours, cela devait être bien pratique. D'autant plus que, bon nombre de Mormont doivent faire de même. Du moins, c'est ce qu'il se disait dans la tête de Dezial. Mais sur ces paroles, à sa plus grande surprise, et, joie, disons-le, il réussit à faire -légèrement- rire Lady Alysane.

Après une gorgée de vin, la jeune femme reprit, sur le fait qu'elle ne jugeait une personne à ses qualités, et non à son nom ou à son titre. Cela fit légèrement rire le chevalier.

"Sur ce point, on dirait bien que nous sommes identiques. De mon point de vue, tout le monde à ses chances dans tout les domaines. Voyez-vous, depuis quelques temps maintenant, j'ai affecté à la garde personnelle de mon neveu, un jeune homme de basse naissance, et, il fait tout aussi bien son travail que n'importe qui d'autre, si ce n'est mieux."

Garth était rentré dans l'âge adulte une poignée d'année auparavant, et était le fils du forgeron. Sans le dire à qui que se soit, il s'entraînait en cachette avec les armes qu'il forgeait. Dezial remarqua un jour, son habilité, alors que, le garçon avait eu un différent avec un chevalier. Et, à la surprise de tous, le fils du forgeron avait réussit à mettre son adversaire au sol, le fil de la lame sous la gorge. Suite à cet incident, le maître d'armes le prit sous son aile pour le former comme il se devait au maniement de l'épée et de la lance. Certes, il avait des bases une lame en main, mais, pas les bonnes. De ce fait, il fallait tout bien reprendre, et lui faire oublier les mouvements inutiles. Depuis qu'il est rentré dans la garde personnelle du Tully, le jeune homme est heureux comme un prince, à la plus grande joie de son formateur.

Vint alors le récit de sire Dezial sur ses voyages dans le Nord, et de sa grande envie de voir la statue des Mormont, chose qui fit sourire celle qui la voyait si souvent. Elle qui semblait si farouche à première vue, semblait se plaire dans la conversation, et affichait de bien nombreux sourire en fin de compte. Ne disait on pas que celles et ceux du Nord ne souriaient jamais?

Après une gorgée de vin, la jeune femme exprima sa surprise quant au fait qu'un Tully ait été écuyer d'un chevalier errant, croyant avoir compris qu'ils étaient mal vus, rajoutant cependant qu'elle avait plus grande estime pour ce genre de chevaliers, qui ne couraient pas après la gloire, et qu'ils respectaient leurs préceptes. Dezial afficha un fin sourire. Finalement, son interlocutrice ne méprisait pas tout les chevaliers. Le maître d'armes tenta de s'expliquer.

"Voyez-vous, si les chevaliers errants sont mal vus, c'est je pense pour une principale raison : le fait tout simplement de ne pas rester à un endroit. Je m'explique, la plupart arrivent pour aider telle ou telle maison dans un moment où ils en éprouvent le besoin, et, une fois leur tâche finie, s'en vont, et, ne reviennent sans doutes jamais. Certains, trouvent que c'est un peu "je-m’en-foutiste" vis à vis de la famille concernée, puis, un tel homme qui n'a officiellement aucune attache, comment s'assurer que ce ne soit pas un espion?
Cependant, je partage votre avis sur ces gens, ils sont des rares chevaliers à respecter scrupuleusement les principes même de la chevalerie, à savoir, sauver la veuve et l'orphelin. Or, en restant cloîtré dans un château, il est difficile de faire ce genre de choses."


Le jeune homme prit une pause, en buvant un peu de vin, avant de reprendre.

"Enfin, concernant votre étonnement, c'est tout normal, et, une fois de plus, pour satisfaire votre curiosité, je vais vous expliquer."

Là, il se frotta les mains avant de les joindre devant lui avant de commencer le récit.

"En premier lieu, il faut savoir que mon père était un homme sage, qui n'avait aucun préjugé sur les personnes face à lui, qui, tout comme vous, jugeait une personne par ses qualités, et non par le reste. De ce fait, il voyait un chevalier errant comme quelqu'un de suffisamment courageux pour laisser sa famille et son confort derrière lui pour aider du mieux qu'il le pouvait Westeros.
Quand j'étais gamin, j'étais assez souvent sujet à des ... Crises folles de colère, inexplicables par notre mestre. Un rien me faisait m'emporter, si bien que, mon enseignement était des plus difficile, car, un rien m'emportait. Et, il y eut un déclic, je devais avoir tout juste 8 ans, alors que je me baladais en forêt avec mon frère aîné, nous sommes tombé sur un homme étrange qui cracha sur le nom des Tully, et voyez-vous, la première chose que l'on ait réussit à m'inculquer fut "Famille, devoir, honneur". De ce fait, cette rage inexpliquée s'empara de moi, et je me mit à courir vers lui, pour le punir, mais, un enfant de 8 ans ne punit pas grand monde, et, je me prit un coup de dague, qui, me laissa une magnifique marque."


Le chevalier releva la manche de son bras droit, pour montrer une vieille cicatrice, qui, partant de l'épaule, descendait jusqu'au coude, et tout ceci, avec un sourire chaleureux, avant de reprendre.

"Suite à ça, mon frère réussit à ôter la vie de cet homme, et, me remmena au château après avoir bandé la plaie comme il le pouvait. Cette fois-ci, je suis passé près de la mort selon le Mestre, une grande perte de sang, et, par chance, rien ne s'était infecté. Cet événement me fit pas mal réfléchir, et, après de longues discutions avec mon père, je décidait que je devais partir, le temps de réussir à calmer ces crises. Il y avait un chevalier errant, messire Sandor Cox, au château, qui, après explications du problème accepta avec bienveillance de me prendre avec lui. Les voyages me forgèrent, et, me permirent de travailler sur moi-même, calmant grandement cela. Il me semble que, depuis que je suis devenu chevalier, une seule crise eut lieu, à la mort de mon frère."

Il se gratta nerveusement le coin du nez, avec une mine un peu idiote.

"J'avais d'ailleurs ravagé la salle commune ..."

Il sourit alors à la Lady avant de se rendre compte qu'il avait bien trop parlé, et s'en excusa alors maladroitement.

"Je ... J'ai tendance à m'emballer quand je parle, et je ne m'arrête plus, je ne sais même pas si tout ce que je raconte vous intéresse réellement, je m'excuse."

Il est vrai que, en tout temps, Dezial avait toujours été un grand parleur, il avait toujours été chaleureux, avenant et du genre à faire le premier pas avec bon nombre de gens. Lorsqu'il n'avait rien à faire au château, le jeune homme se plaisait à aller discuter avec ses hommes, et connaissait la vie de bon nombre de ceux-ci. Il savait par exemple que la femme de Criston allait accoucher sous peu, ou encore que le dernier fils de Garrett venait de dire son premier mot, qui fut d'ailleurs "papa". C'était quelqu'un d'assez apprécié de la plupart de ses hommes. Mais tous, reconnaissaient bien volontiers que, une fois parti dans une conversation, il ne s'arrêtait plus, mais, cela ne les dérangeait pas. Après tout, avoir de la compagnie quand l'on tient le guet, cela ne peut être en aucun cas déplaisant.

Quelques instants plus tard, Lady Alysane prit la parole. Disant qu'il avait sûrement une bien meilleure estime de son île natale que la majorité des nordiens. Que l'île était surtout pleine de boue, rendant le terrain difficilement praticable lorsque l'on en avait pas l'habitude, expliquant aussi pourquoi les femmes Mormont ne portaient jamais de robes. C'est alors qu'elle l'invita à venir voir cette statue, disant que si jamais un jour il en éprouvait l'envie, il serait le bienvenue. La Mormont le mit cependant en garde contre l'admiration de sa sœur, qui apparemment avait une passion incompréhensible pour les chevaliers. Chose qui fit s’esclaffer le chevaliers.

"Ahahaha. Je crois bien qu'elle sera ma première admiratrice si l'on peut dire ça comme ça. Jamais l'on m'a admiré pour le simple fait d'être chevalier, et, honnêtement, je ne pensais pas cela possible d'une femme du Nord. Concernant votre invitation, j'accepte volontiers. Du moins, quand j'en aurais le temps, ou une très bonne raison. Boue ou pas, votre île m'a toujours intriguée, et, il me faut la voir au moins une fois dans ma vie."

Dezial sourit chaleureusement, un sourire plein de bonheur. Lui qui rêvait depuis tant d'années de visiter le château fait de rondins de bois, était invité par une Mormont à visiter celui-ci. Comment ne pas être aux anges? D'autant plus qu'on lui promettait presque l'admiration d'une jeune femme. Si elle était aussi belle que son aînée, le chevalier voulait bien se faire admirer tant qu'elle le souhaitait.

La voyageuse reprit alors la parole, disant qu'il devait sûrement avoir beaucoup à faire ici, mais que le Nord ne s'en irait pas, et qu'il pourrait y aller quand le désir se ferait ressentir. Lady Alysane prononça aussi une sorte de proverbe disant qu'une fois que l'on avait goûté au Nord, il était difficile de s'en débarrasser, la demoiselle rajouta même, avec humour qu'il était sûrement tombé amoureux de cette contré. Enfin, elle le rassura quant au froid de ses contrées, qu'il était largement supportable avec de bonnes fourrures, et un peu d'habitude, que ce n'était pas comme la châleur de sa contrée à lui. Avec son habituel sourire, le Tully répondit.

"Cela dépend du point de vue. N'ayant quasiment connu que la chaleur du Sud toute ma vie, il me faudrait du temps pour m'acclimater à vos contrées, mais, avec persévérance on arrive à tout."

Comme la première fois, Sire Dezial se gratta le coin du nez avant de continuer.

"Amoureux du Nord? Hmm ... Oui, ça sonne bien, puis, j'ai vaguement l'impression que c'est vrai."

Et, ce n'était peut être pas qu'une impression. De son voyage de formation, le Nord était sans doutes son plus beau souvenir. Il découvrit la neige qui, malgré sa froideur, sublimait les paysages où il passait, rendant le tout, à la fois calme et mystérieux. Malgré le froid, qui n'était pas facile à supporter pour un enfant, c'étaient de magnifiques contrées, contrées desquelles le Tully rêvait de retourner depuis son départ. Amoureux n'était peut être pas le terme le plus adéquat, mais, c'était sûrement ce qui s'en rapprochait le plus.

Une fois de plus, ce fut la dame du Nord qui rompit le silence, en disant qu'il avait sûrement dû beaucoup voyagé, lui demandant s'il avait voyagé jusqu'à Dorne. Disant avoir cru comprendre qu'en ses terres, ils étaient eux aussi plus tolérant sur les femmes guerrières. La Mormont finit sur le fait qu'il fallait être aux extrémités de Westeros pour avoir cet avis. Chose qui fit légèrement rire le chevalier.

"Dorne ... Oui, je suis allé jusque dans ses contrées, mais, malheureusement, nous ne sommes pas resté bien longtemps. Et, autant être franc, ce n'est pas la partie que j'ai préféré dans mon voyage, je trouvais les paysages ... Lugubres. Après, c'est peut être que je voyais ça avec des yeux d'enfants, mais, voir le même paysage rouge tout le temps ça ne m'a vraiment pas plut. D'autant plus que juste après, nous sommes allé à Hautjardin, ça ... Change radicalement. Sinon, pour vous répondre, oui, il semble bien que, les femmes guerrières ne sont pas mal vues par là-bas, j'en ai vu quelques unes, et me suis même entraîné avec l'une d'entre elle, je me suis d'ailleurs prit une dérouillée. Heureusement qu'elle maîtrisait parfaitement ses gestes et arrêtait ses coups à un pouce de l'impact."

Une nouvelle fois, le maître d'arme se gratta le coin du nez, signe de timidité, ou de gêne, bien souvent.

"D'ailleurs, je me demande bien si, aujourd'hui je serai capable de la battre."

Après un bref silence Lady Alysane posa une question un peu choc à son hôte. Lui demandant ce qu'il pensait des femmes combattantes. Que la plupart des chevaliers voyaient ça d'un mauvais œil, mais sans doutes qu'un chevalier errant devait avoir un autre point de vue sur la chose. Une question piège ça. Lorsqu'on en a une en face de soit, comment dire que l'on désapprouve ceci? Bien que ce n'était pas du tout le cas de Dezial bien entendu. Il prit le temps de la réflexion, le temps de remettre tout ce qui se bousculait là-haut en place, histoire de dire quelque chose de sensé.

"Pour être tout à fait franc, et pour avoir vécu une grande partie de ma vie à Vivesaigues, je pense tout de même que, le rôle d'une femme est d'être aux côtés d'un homme, et de ne pas avoir à tuer qui que se soit de ses mains."

Il sourit nerveusement avant de reprendre.

"Cependant, en soit, le fait qu'une femme prenne les armes, je ne vois pas le mal, comme je vous l'ai déjà dit, je me suis déjà fait battre par une femme, je l'assume totalement, et, n'y voit aucun mal. Une épée est une épée ..."

Dezial prit une courte pause le temps d'examiner la jeune femme face à lui, et, vit, à sa taille non pas une épée, mais une hache. Il est vrai que, de ce qu'il se disait, la hache était une arme courante dans le Nord.

"... Une hache est une hache, qu'importe que le bras qui la tienne soit celui d'un homme ou d'une femme. Après, il y a aussi le fait que j'ai une grande estime pour cette tradition Mormont, qui fait que les femmes protègent leur demeures aux côtés de leur frères, de leur pères, et de leur maris. Avec cela, comment penser du mal des femmes guerrières?"

Il afficha un large sourire comme à son habitude. Il était vrai que bon nombres de femmes portant les armes étaient mal vues, pour des raisons inconnues à Dezial. En fait, il ne voyait pas ce qu'il y avait de mal dans la prise des armes. Certes, c'était pour beaucoup le rôle des hommes que de le faire, mais, si de nombreux hommes ne prenaient pas les armes, pourquoi est-ce que des femmes ne le feraient pas à leur place? D'autant plus que, la plupart de ceux qui trouvaient quelque chose à redire sur le fait que des dames portent les armes, étaient les mêmes qui étaient trop couard pour faire de même.

Après avoir répondu à l'invitée des Tully, l'oncle du seigneur se rendit compte que, depuis un bon moment, la conversation ne tournait principalement qu'autour de lui, et, subitement, il sentit une grande gène l'envahir. Il se plaisait à discuter avec Lady Alysane, mais, il ne savait rien d'elle, si bien, qu'il s'empressa de changer le cours de la conversation.

"Hé bien, hé bien. Je parle, je parle, mais, je ne sais que très peu de choses sur vous Lady Alysane. Après tout, qu'est-ce qui vous a emmené dans le Sud? Si ce n'est pas trop indiscret? Je veux dire, vous ne semblez pas porter, tout ce qui est sous le Neck, dans votre cœur."

Sire Dezial afficha, comme d'habitude, un sourire chaleureux, espérant cependant que la jeune femme réponde à sa question.
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Message Lun 21 Nov 2011 - 16:30

     Alysane n'était pas très surprise de provoquer une surprise mêlée à une absence de qualificatif concernant le fait de la voir porter les armes. Cela lui était déjà arrivé plus d'une fois, certaines personnes ne savaient pas si elles devaient lui donner du « lady » ou l'appeler comme un simple homme d'armes. Les choses étaient rapidement réglées en général puisque les individus qui voyaient une femme accoutrée comme elle, n'envisageaient pas une seule minute la possibilité qu'elle soit née dans une famille noble. Il y avait belle lurette que la brune ne se vexait plus dès que quelqu'un oubliait de lui donner son titre, même si cette habitude avait le don d'agacer lord Jeor qui craignait certainement de la voir finir avec un simple garçon d'écurie. Sottises, elle finirait avec sa hache tout simplement, comme toute femme digne de ce nom.

     La réponse d'Alysane au sujet des titres avait le mérite de faire rire son interlocuteur c'était déjà cela, au moins ils avaient un point commun bien que la jeune femme s'y attendait en ayant constaté qu'il ne se vexait pas lorsqu'elle avait eu l'audace de lui avouer qu'elle l'avait confondu avec un simple chevalier. Certains nobles, même de moins haut lignage que le Tully, auraient crier à l'injure, comme si le fait d'être comparé à un roturier était un insulte. La jeune femme hocha la tête en s'énervant mentalement contre les nobles qui se croyaient meilleurs que les roturiers alors que finalement seul un titre les différenciait. Alysane avait bien plus d'estime pour les artisans capables de faire quelque chose de leurs mains que pour une noble juste bonne à glousser et à tomber en pâmoison devant tous les chevaliers qui se présentaient devant elle. C'était bien pour cette raison qu'elle avait refusé son rang de noble et était devenue homme d'armes d'ailleurs. Autant dire que ser Dezial gagna encore quelques points dans l'estime de la Nordienne.

     Suite à quoi le chevalier eut la gentillesse et surtout la patience d'expliquer pour quelle raison les chevaliers errants étaient aussi mal perçus part tout le monde et la jeune femme dû admettre que l'explication était logique. Un chevalier errant était un peu comparable à un mercenaire en quelque sorte ? Surprenant, difficile d'envisager que des chevaliers puissent prendre cette option alors qu'ils pouvaient avoir une vie pleine de richesses ? Décidément, les Sudistes étaient très étranges et elle ne se cacha pas de ce qu'elle pensait, manifestant sa perplexité par un léger froncement du nez.

     ▬ Pourquoi ne pas devenir de simples mercenaires dans ce cas, vous êtes bien étranges dans vos contrées, un homme qui offre son aide doit être bien traité, se méfier de lui ne servirait pas à grand-chose, autant le congédier directement dans ce cas. »

     Alysane n'y allait jamais par quatre chemins, si elle soupçonnait quelqu'un de vouloir l'espionner elle s'en débarrassait directement et ne tournait pas autour du pot, elle était comme ça, un peu trop franche et bien souvent son géniteur lui disait que cela finirait par lui jouer des tours. Un haussement d'épaules fut la seule réponse qu'elle trouva à ses multiples interrogations, les hommes étaient stupides voilà tout, finalement elle préférait les chevaliers errants, au moins eux ne s'amusaient pas à s'abriter dans des châteaux où ils avaient tout ce dont ils avaient besoin à portée de main ! Peut-être qu'ils étaient si peu aimés simplement parce qu'ils avaient l'audace de faire ce que les autres n'osaient pas faire.

     Quoi qu'il en soit, la Nordienne chassa ses interrogations et but une gorgée tout en écoutant ce que lui expliquait ser Dezial au sujet de sa famille. Visiblement l'ancien lord Tully semblait avoir un chevalier errant en bonne estime et Alysane fut assez surprise – et aussi très amusée – d'apprendre que l'homme face à elle avait été très colérique durant sa jeunesse. Il n'en avait pas vraiment l'air, posé et souriant comme il était depuis le début de leur discussion, comme quoi les gens changeaient beaucoup. Enfin pas tous, pas elle au grand dam de sa mère. Les yeux mordorés de la brune se posèrent sur la cicatrice qui était le résultat d'un caractère trop sanguin. Un sourire se dessina sur les lèvres, gercées par la chaleur, de la jeune femme alors qu'elle reportait son attention sur le visage du conteur qui enchaînait la suite. Le nom énoncé par Dezial n'éveilla rien dans sa mémoire et il continua jusqu'à s'excuser d'être aussi bavard. Elle rigola franchement en répondant d'un ton sincère.

     ▬ Sachez que lorsque quelque chose ne m'intéresse pas, je ne me prive pas de le faire savoir messer, j'aime bien écouter des histoires, surtout lorsqu'elle parle de bataille, même contre une salle commune. Elle sourit un peu plus. Je dirais que votre réaction est à la hauteur de votre devise, la perte d'un être cher provoque obligatoirement une sensation aussi extrême j'imagine. »

     Alysane avait très fréquemment des crises de colère, rien que l'annonce d'un mariage entre Maege et un ami de son père l'avait conduite à briser un morceau de la table de leur salle commune, elle s'était d'ailleurs cassé le bras au passage. Inutile de dire que si une de ses sœurs venait à mourir, la brune aurait au moins une réaction aussi brutale que celle qu'il venait de citer, voir même plus et il faudrait davantage qu'un chevalier errant pour la calmer.

     La discussion coula doucement vers l'île aux ours et lorsqu'elle le vit rire à l'idée que Meera puisse l'admirer et ne plus le lâcher d'une semelle, cela se voyait qu'il n'avait jamais vu qu'elle se transformait en sangsue et ne lâchait plus sa cible ! Elle secoua légèrement la tête comme si elle ne croyait pas un mot de ce qu'il venait de lui dire, allait-il lui faire croire qu'en plus d'être un Tully, de ne pas être désagréable à regarder – bien au contraire même – et d'avoir le rang de chevalier, il n'avait jamais réussi à courtiser de jolie demoiselle ? Elle était Nordienne, mais pas aveugle pour autant.

     ▬ Je ne mets guère votre parle en doute, mais je serais étonnée que ma sœur soit votre première admiratrice, vous me faites tout à fait l'impression d'être le style de chevalier que toutes les dames veulent avoir en champion lors des tournois. Mais peut-être simplement n'y participez-vous pas ? »

     Ce n'était pas une question qui attendait une réponse, Alysane avançait simplement une explication qui pourrait la contenter. Elle était comme ça, même si Dezial jurait haut et fort sur ses dieux qu'il n'avait jamais provoqué l'admiration, la Nordienne ne le croirait pas, elle était bien trop sûre de ce qu'elle imaginait. Quoi qu'il en soit, s'il venait effectivement jusqu'à dans le Nord le jeune homme ne serait pas déçu, il se disait fréquemment que Meera était la seule des Mormont à être mariable, bien élevée en plus d'être plus belle que ses sœurs et surtout plus présentable.

     Alysane fut tirée de ses pensées dès qu'elle entendit le nom de Dorne, ses yeux se posèrent sur le visage du Tully alors qu'il avouait y être allé et ajouta même qu'il s'y était battu contre une femme. Ne pouvant retenir son amusement elle rigola légèrement, imaginer la scène était trop hilarant pour qu'elle puisse se retenir. Un peu étrangement, la Nordienne se demanda si elle était elle-même capable de le battre, mais estima finalement qu'il devait être beaucoup plus expérimenté à ce jour et qu'elle s'était uniquement battue contre son frère. Faisant écho à ses pensées il se demanda à voix haute s'il pourrait battre cette Dornienne aujourd'hui. La jeune femme haussa légèrement les épaules comme si elle n'en avait aucune idée.

     ▬ Qui sait, peut-être êtes-vous trop bien élevé pour laisser une dame perdre, même si celle-ci est une combattante. Cela ne m'étonnerait guère venant d'un chevalier. Il n'y a nulle offense dans mes paroles je précise. De plus vous savez, le Nord ressemble assez à Dorne sauf que la neige remplace le sable et le blanc remplace le rouge. »

     L'envie de rencontrer une Dornienne se faisait encore plus présente, elle avait bien croisé cette femme à Port-Réal, une lady qui venait d'une maison de Dorne et allait rejoindre son promis qui se battait contre les Fer-nés. Une femme d'une rare beauté qui semblait posséder un caractère allant avec, Alysane avait éprouvé une grand intérêt à son égard et elle se demanda avec amusement si ser Dezial n'avait pas été trop subjugué par la beauté de son adversaire pour s'être laissé battre. Mais elle n'en souffla pas mot bien évidemment, cela aurait été trop vulgaire comme déclaration et même elle avait des limites.

     Quoi qu'il en soit, la Mormont remarqua aussitôt la gêne et l'hésitation chez son interlocuteur lorsqu'elle parla des femmes combattantes et avec amusement elle se demanda si elle avait réussi à mettre un chevalier mal à l'aise avec de simples mots innocents. Enfin, pas autant que cela il est vrai. Elle ne le quitta pas de ses yeux clairs comme pour le soumettre à une pression plus forte et ne manifesta aucune expression alors qu'il expliquait penser qu'une femme devait être aux côtés de son époux, mais qu'il était dommage qu'elle doive tuer. Cela dit il n'avait visiblement rien contre le fait que certaines d'elles décident de prendre les armes et Alysane constata avec amusement qu'il avait trouvé les mots justes. Un homme qui considérait qu'une femme n'avait pas sa place aux côtés d'un homme aurait été étrange, même pour Alysane. Alors qu'il lui demandait, sans vraiment attendre de réponse, comment il était possible de penser du mal des combattantes, elle sourit d'un air tout à fait sûre d'elle.

     ▬ Mais très simplement messer. Voyez-vous, bon nombre d'hommes craignent que des femmes ne les dépassent, je suis agréablement surprise d'apprendre que vus osez avouer une défaite face à une femme, seulement la majorité des hommes n'accepteraient jamais l'idée de se faire vaincre par une femme. Leur interdire de se battre est donc beaucoup plus facile que de devoir essayer de les battre ne croyez-vous pas ? »

     Elle avait essayé de défier plusieurs hommes lors de son voyage, mais avait toujours été renvoyée comme une malpropre parce que les chevaliers prétendaient qu'une femme ne devait pas se battre. Seule une épée blanche originaire du Nord avait accepté l'idée de la défier en combat et même si elle avait perdu, la jeune femme en gardant un bon souvenir.

     Dezial la prit alors de court en lui demandant ce qui pouvait l'avoir amenée dans e Sud et elle sourit légèrement en l'entendant avancer le fait qu'il ne voulait pas être indiscret. Elle lui posait sans cesse des questions depuis avant, il avait bien le droit de le faire aussi. La brune hocha la tête d'un air affirmatif lorsqu'il parla de son manque d'amour pour le Sud et elle répondit.

     ▬ Je me suis dit que je devais voir tout ce que je disais détester par moi-même. Je n'ai quitté que très peu de fois l'île aux ours et uniquement pour me rendre à Winterfell voyez-vous, les horizons étaient bien réduits et j'avais envie de découvrir le monde. J'ai donc simplement décidé de voyager pour croiser les chevaliers dont Meera parlait sans cesse, voir comment vivaient les nobles des autres régions.... Elle soupira légèrement. Finalement j'ai constaté que les chevaliers n'aspiraient qu'à faire la cour aux jeunes dames qui elles n'aspiraient qu'à trouver leur futur époux. Puis j'ai aussi appris que je ressemblait davantage à une sauvageonne qu'à une lady du Nord, mais ce n'est pas une grande surprise cela dit. »

     Une seule personne l'avait identifiée comme une Mormont et c'était un Nordien qui lui avait offert une magnifique peau d'ours, un chasseur des contrées glacées qu'elle avait bien apprécié. La brune ne quitta pas le visage de Dezial du regard avant d'enchaîner.

     ▬ Je suis heureuse d'avoir rapporté cette lettre, au moins cela fera-t-il remonter mon estime pour les chevaliers et pour les nobles du Sud, à moins que le Conflans ne soit mieux élevé que le reste de Westeros ? Elle sourit. Mais je dois rentrer dans le Nord comme mon frère m'a rapporté le fait que notre père souffre de l'absence de ses enfants. Je ne compte pas y rester très longtemps cela dit, vous entendre parler de Dorne m'a donné envie de m'y rendre un jour. »

     Sans compter qu'elle avait aussi fuit pour éviter à sa mère de lui proposer un énième prétendant, Alysane craignait toujours que si elle s'attardait trop sur son île lady Jorelle parvienne à convaincre un homme assez suicidaire de l'épouser. Avec amertume elle constata que la vie des hommes était bien plus agréable et facile sur bien des points. Sans se départir de son sourire, elle conclut.

     ▬ Et vous arrive-t-il souvent de prendre la peine de bavarder avec des voyageurs ou est-ce que vous faites une exception pour les Nordiens ser Dezial ? »
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Message Dim 27 Nov 2011 - 15:54

La demoiselle semblait des plus attentives à tout ce que disait le chevalier. Cela l'étonnait d'ailleurs que celle-ci puisse boire comme cela toute ses paroles, sur quelque chose qu'elle détestait, ou du moins, si ce n'était pas le cas, qu'elle méprisait. Même si elle ne l'avait pas vraiment dit ouvertement, cela se sentait dans sa manière de parler d'eux, puis ... De part sa propre expérience, le maître d'armes savait très bien que les "ser" n'étaient pas particulièrement bien vus dans les contrées au-delà du Neck. Il était vrai, que bon nombre de chevaliers avaient une bien trop haute estime de leur personne, et voyaient les combattants non adoubés comme ... Des moins que rien. La Nordienne en voyage, elle, semblait curieuse, et en venait même à poser des questions sur les points qui lui semblaient noirs, dans l'explication de ser Dezial. C'est après lui avoir expliqué la raison de la vision du commun des nobles envers les chevaliers errants, que, Lady Alysane vint poser une petite question qui perturba le chevalier. Dans ce cas, pourquoi ne pas devenir mercenaire? Rajoutant qu'ils étaient bien étrange dans leur contrées, rajoutant qu'un homme qui offre son aide se doit d'être bien traité, et qu'autant le congédier si l'on se méfiait de lui. Si cela le perturba, ce n'est pas qu'il savait pas quoi répondre, ni qu'elle l'avait cloué sur place en une seule question. La réponse, il la connaissait bien au fond de lui, c'est juste qu'il ne savait pas vraiment comment formuler la chose. Celui-ci se gratta quelques instants le sourcil en réfléchissant, laissant au passage un gros blanc dans la conversation. Le blanc ne perdura cependant pas, car, la truite avait enfin sa réponse.

"Je ... En fait, la plus grosse différence entre un mercenaire et un chevalier errant, c'est avant tout une question de principe moraux. Je veux dire, un chevalier errant vogue à travers les sept couronnes pour venir en aide à la veuve et à l'orphelin un ... Un toit et de quoi se nourrir lui suffit bien souvent comme paiement, même s'il arrive que l'employeur récompense aussi le chevalier pour ses actes. Un mercenaire, sans vouloir remettre en cause quoi que ce soit, ne vit en général pas pour cela, et, fait ça pour gagner de l'argent. Certains sont même capables d'accepter n'importe quel travail pour avoir ne serait-ce que quelques pièces."

Il s'arrêta et sourit, en essayant de réfléchir à comment répondre à la seconde partie.

"Concernant la méfiance, il est vrai que l'on pourrait congédier l'homme qui se présente à nous, cependant, beaucoup de ses chevaliers sont des nobles, et la bienséance veut que l'on accueile de telle personnes, la refuser sans donner de réelles explications, serait mal vu, et pourrait entraîner quelques conflits politiques."

Son tic nerveux réapparut. De nouveau, le Tully se gratta le coin du nez, d'un air gêné.

"Je ... Je ne sais pas si j'ai été assez clair... Je ... Là-bas dedans c'est clair." dit-il en montrant de l'index son crâne. "Mais j'avoue que des fois c'est un joyeux bordel. Et pour tout remettre en place, c'est pas tout le temps facile."

Bien entendu, ser Dezial sourit à ceci. Il se découvrit aussi d'ailleurs, un espoir naissant au plus profond de son être : celui que la Lady sourit aussi. Celui-ci, bien que sûrement rare, était si beau à ses yeux, tellement qu'il bloqua quelques instants sur le visages de son invitée. Belle, elle l'était, sauvage, elle le semblait encore plus, sans doutes le femme à ne pas énerver. D'autant plus qu'une femme avec une hache, il vaut mieux encore moins l'énerver. Mais, le chevalier était confiant : il ne se passerait rien, elle n'est point une sauvageonne, et encore moins un Dotrhaki. Mais pourquoi partait-il si loin dans sa pensée? Aucune idée. C'est après s'être rendu compte, qu'il pensait à pas grand chose de constructif, et surtout qu'il fixait la Mormont, que, mine de rien -enfin, presque- la truite se servit un nouveau verre de vin, en regardant, tout sourire aux lèvres le soleil se couchant au loin, il reprit alors la parole, sans pour autant se retourner vers la guerrière.

"En tout cas, si je n'étais pas né Tully, je pense que je me serai engagé dans la voie de l'errance. Peut-être ne serai-je pas arrivé à mon âge, mais, je suppose que cela aurait été une belle vie."

Sur ses mot, le jeune chevalier vint se rassir, après un long soupir, écoutant parler la jeune femme, et répondant à ses interrogations, et à sa curiosité, avant de se rendre compte qu'il parlait bien trop, comme souvent, et de s'en excuser maladroitement sous un rire franc. Autant son sourire attirait l’œil de la truite, autant la voir rire, était quelque chose qui était ... Au delà de l'attrait. Limite subjuguant. Au cas où certains se posent la question -ne sait on jamais- il n'y a pas eu un coup de foudre ou quoi que se soit, parlons plutôt d'une attirance particulière pour une belle demoiselle voilà tout. Enfin ... Demoiselle, peut-être était-elle fiancée? Secrètement, le chevalier se mit à espérer le contraire, ne sachant pas tout à fait pourquoi d'ailleurs. Mais, son raisonnement, vint toucher un point capital de l'affaire : si elle l'était, son prétendant ne l'aurait sans doutes pas laissé partir. Raisonnement fait en moins d'une seconde s'il vous plaît! S'en suivit d'un autre questionnement sans réponses : pourquoi penser à tout cela?

Une fois son rire terminé, la voyageuse lui dit tout simplement que si quelque chose ne lui plaisait pas, elle ne se faisait pas attendre pour le dire clairement. Rajoutant qu'elle aimait écouter les histoires, surtout quand elles parlaient de bataille, même lorsqu'elles avaient pour ennemi une salle commune, pendant à ses lèvres un sourire qui semblait malicieux à ses lèvres. De son côté, son hôte fit de même, la laissant poursuivre. Disant, peut être pour le rassurer que sa réaction était à la hauteur de sa devise, et que la perte d'un être cher, entraînait forcément une réaction si intense.

Comme à son habitude, le prémisse de sa réponse fut un léger sourire. Il était heureux qu'on ne le prenne pas pour un dégénéré, et encore plus que son invitée ne soit pas dérangée par toute sa parlotte.

"Dans ce cas, j'espère que vous n'aurez pas à le faire. Je suis aussi heureux d'apprendre que le récit de mon combat épique vous a tant plu."

Il eut un léger rire avant de commencer.

"Certes, l'on m'a élevé en m’imprégnant de cette devise, et, bien sûr que la perte d'un être si cher entraîne des élans de colère, mais ... De là à aller saccager une si grande salle ..."

Le maître d'armes rit nerveusement à cette réplique, il s'en était longtemps voulu d'avoir agit ainsi. Cela avait donné pas mal de travail aux serviteurs de la Maison. Tellement s'en était-il voulu d'ailleurs, qu'il avait mis la main à la patte, en aidant jusqu'à la fin ces hommes-là.

Quelques instants plus tard, la discution eût pour sujet principal sujet, l'île aux ours, le fait qu'il serait le bienvenue chez la demoiselle, mais aussi qu'elle ne lui garantissait pas que sa jeune sœur ne soit pas emplie d'admirations devant lui. Alors qu'il disait en tout honnêteté que celle-ci serait sans doutes sa première, la Mormont ici présente ne sembla pas particulièrement d'accord avec ser Dezial, et, elle le montra tout d’abord en secouant la tête, avant de lui dire qu'elle ne remettait pas sa parole en doute, mais qu'elle serait étonnée que Lady Maera soit sa première admiratrice. Puis, elle rajouta quelque chose qui sonna étrangement aux oreilles du Tully. Lady Alysane lui dit qu'il lui paraissait tout bonnement le genre de chevaliers veulent avoir comme champion lors des tournois. En plus de lui résonner étrangement, cette partie-là le fit légèrement rougir. Que voulait-elle dire? Était-ce une marque d'intérêt? Le trouvait-elle beau? Mignon? Attirant? Il ne savait trop quoi penser, mais se décida tout de même à tenter de demander cela sans que cela éveille des soupçons. La nordienne finit en disant que peut-être ne participait tout simplement-il pas aux tournois. Le chevalier, sembla comme stupéfait, et ne trouva pas grand chose à dire durant quelques instants, comme si ... Comme si son cerveau avait déconnecté un court moment. C'est en revenant à la réalité, qu'il décida de ne plus perdre un seul instant et de répondre.

"Je ... Je dois avouer que je n’apprécie guère les tournois. La plupart des épreuves se font à cheval et ... Je ne pense pas être très bon assis sur une monture. Je suis bien meilleur les deux pieds à terre, certains disent même que je suis bon."

Il rigola alors un bref instant, avant de soupirer. L'heure était venue de poser la question fatidique.

"Cependant, madame, que ... Que vouliez-vous dire par "style de chevaliers"? J'avoue ne pas ... Totalement vous suivre de ce côté là."


Il avait réussit à le faire. Reussi à poser une telle question en la faisant passer pour anodine, et surtout, sans pour passer pour un abruti. Ser Dezial n'avait jamais été doué avec les femmes, encore moins depuis l'épisode de dame Maura Arryn, qui avait si sèchement rejeté la proposition d'unir les suzerains du Val, ainsi que ceux du Conflans. Les Tully n'étaient "Pas assez bien" selon elle. Chose qui l'avait relativement mis en rogne. Depuis, disons-le, il avait toujours un peu peur de se faire de nouveau "dégager" de la sorte. Je ne trouve pas d'autres mots si accrocheur.

Lady Alysane, sembla encore plus attentive quand il s'agissait de Dorne, elle se montra même particulièrement amusée lorsque le chevalier parla de la combattante de Dorne qui avait réussit à le vaincre. C'est sûr que dit comme ça, cela pouvait être assez drôle, cela fit même sourire le chevalier. Après tout, pourquoi se fâcher? Un combat est un combat, et cette femme était redoutable, voilà tout. L'ourse prit ensuite la parole, en entamant par des mots qui semblaient ... Être du réconfort, ou peut être pour lui trouver une excuse. Bien que la dernière partie l'aurait fortement étonné venant d'une femme combattante. Elle suggéra tout simplement qu'il était peut-être trop bien élevé pour ne pas faire perdre une femme, même si c'était une combattante. La Mormont rajouta bien vite quelle ne voulait en aucun cas l'offenser, finissant par dire que Dorne ressemblait beaucoup au Nord, mis à part le fait que le rouge remplaçait le blanc.

Chose suffisamment rare, la truite ne sourit pas. Si si, je vous assure c'est possible. Et finit par répondre à son invitée.

"Ne vous inquiétez pas, je ne vois nulle offense dans ce que vous dites. Cependant, je n'ai aucune excuse, j'ai perdu, voilà tout. Mon éducation n'a rien à voir là-dedans. Ser Sandor Cox m'a apprit à ne pas regarder qui tenait la lame. Une lame est une lame, pas besoin de voir plus loin. Cette femme m'était supérieure en bien des points, voilà l'unique raison qui m'a fait perdre."

Son sourire s'afficha enfin. Au moins, il n'était pas mauvais perdant.

"Pour Dorne, oui, c'est ce que l'on dit. Cependant, j'aurais beaucoup aimé découvrir la culture de cet endroit."

Lorsque ser Dezial dit son point de vue sur les femmes et les armes, la belle demoiselle semblait très intéressée, et surtout, amusée de le voir gamberger pour trouver une réponse. Elle ne le quitta d'ailleurs pas des yeux, ce qui eut pour unique effet de le gêner horriblement, faisant en sorte qu'il ne sache plus quoi faire, et ne plus réfléchir correctement. Cependant, malgré cette légère pression, le chevalier réussit à s'exprimer clairement, et intelligemment. A la fin de ses arguments, il se questionna soi-même, sans que se soit vraiment une question, sur le comment pouvait on penser du mal des femmes portant les armes. La dame du Nord s'empressa d'y répondre, un sourire plein d'assurance aux lèvres. Elle dit que bon nombres d'hommes craignaient que les femmes les dépassent. Elle avoua même être agréablement surprise que lui avouait si naturellement une défaite face à une femme. Elle conclut sur le fait qu'il était donc plus facile d'empêcher une femme de se battre, plutôt que d'avoir peur qu'elle nous surpasse un jour. Ser Dezial regarda son interlocutrice avec une mine étrange, tout en passant quelques doigts dans son bouc.

"Je ... Oui, vu comme ça, ça tient la route. Il faut dire que, ne pensant pas de cette façon, ça ne m'est pas venu."

Un léger rire vint se détacher du chevalier, avant de reprendre la parole, après avoir tilté sur un petit quelque chose.

"Je ... Viens de penser à quelque chose ... Cela veut-il dire que jamais durant votre voyage l'on a vous a laissé votre chance. Qu'aucun maître d'armes n'a voulu faire quelques passes d'armes avec vous? Je ... Celà doit être un terrible affront pour une guerrière ..."

Ser Dezial finit par la questionner sur son voyage dans le Sud, avec cependant, la légère peut que cela soit une raison personnelle, et que cela la gène d'en parler. Mais apparemment, la Mormont n'était nullement gênée et raconta la raison. Il était question de voir de ses propres yeux tout ce qu'elle disait détester, rajoutant qu'elle n'avait que très peu quitté l'île aux ours, si ce n'était pour aller à Winterfell, que les horizons étaient très peu limités, et donc, elle voulait découvrir le monde. Décidant ainsi de voyager, afin de découvrir les chevaliers que sa sœur aimait tant, ainsi que les nobles de ses contrées. Lady Alysane prit une courte pause en soupirant. La suite n'était pas des plus belles pour les habitants du Sud, il est vrai. Elle avoua avoir découvert que les chevaliers n'aspiraient qu'à faire la cours aux demoiselles, qui de leur côté de rêvaient que de se marier. Rajoutant aussi qu'elle avait appris qu'on la prenait plus facilement pour une sauvageonne qu'une dame du Nord. Après avoir prit une pause, tout en fixant son interlocuteur -qui fut ainsi mis mal à l'aise- avant de lui dire quelque chose qui le fit grandement sourire de joie. La demoiselle lui dit qu'elle était heureuse d'avoir rapporté cette lettre, que cela ferait remonter son estime pour les chevaliers et Noble du Sud. Rajoutant malignement avec un léger sourire que peut être les gens du Conflans étaient mieux élevés que les autres. Elle rajouta aussi qu'elle se devait de rentrer. Son père souffrait de l'absence de ses enfants. Cependant, la demoiselle émit le fait de vouloir aller jusqu'à Dorne une fois. L'entendre en parler lui en donna envie. Devant tant de choses, la truite ne put qu'afficher un sourire béat, qui lui donnait ... Un air idiot, il faut bien le dire.

"Je ... Je ne peux qu'être heureux de faire remonter votre estime pour nos contrée madame. Je .. Hmm"

Il tenta de se reprendre pendant un bref moment, il était rare qu'il reçoive de tels compliments.

"Hmm ... Donc, si cela peut vous rassurer, je ne vous ai jamais pris pour une sauvageonne, ça je pense que vous l'avez compris. Et, tout les chevaliers ne cherchent pas qu'à courtiser les jeunes demoiselles, j'en suis moi-même l'exemple."

Il sourit.
Bien entendu qu'il en était l'exemple-type. Si ce n'était pas le cas, il aurait tenté des avances à son interlocutrice, mais rien ne se produisit.

"Même si ... Je me dis que me trouver une femme serait sans doutes agréable."

Malgré son sourire, une légère pointe de désespoir s'afficha dans son regard.

"En tout cas, si vous repassez près de Vivesaigues en allant visiter Dorne, ce sera avec grand plaisir que l'on vous offrira le toit et le couvert. Je ne pense pas qu'un jour nous manquerons de lit ici."

De nouveau il afficha un grand sourire. C'était là une occasion pour la revoir, au moins une fois. Au moins, car, il espérait bien aller sur l'île aux ours, et par la même occasion, il espérait bien la revoir.

Lady Alysane, posa enfin une question étrange. Demandant s'il prenait souvent le temps de bavarder avec les voyageurs, ou s'il faisait une exceptions pour les Nordiens. Ser Dezial rigola un court moment avant de répondre.

"Je ne fais nulle exception Lady Alysane. Tout mes invités sont traités du mieux possible. Parler avec eux, me permet d'avoir des récits de voyages, que je ne peux malheureusement pas faire bien souvent, et, cela leur permet de se sentir moins seul."

Bien sûr, il oublia de préciser que, quand c'était une aussi belle femme qui se présentait, la conversation se faisait dans la longueur.
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Message Lun 28 Nov 2011 - 14:12

     Alysane aimait beaucoup déstabiliser ses interlocuteurs et il fallait avouer que la Truite était une proie de choix, surtout pour une Ourse comme elle. Ser Dezial avait l'air d'être prompt à se sentir gêné, elle ne savait si elle devait trouver ce tic charmant ou hilarant, mais quoi qu'il en soit, cela la divertissait beaucoup, le malheureux chevalier faisait les frais de son manque de joute verbale. Les yeux mordorés de la jeune femme ne quittait pas le visage du maître d'armes alors qu'il lui expliquait la différence entre un chevalier errant et un mercenaire, elle crut comprendre ce qu'il voulait lui expliquer, mais n'aurait pu le deviner seule étant donné que les préceptes de la chevalerie lui étaient plutôt inconnus. Lorsque l'on avait grandi dans ces us et coutumes cela devait sembler tout à fait logique et évident, peut-être bien la prenait-il pour une sotte à ne pas savoir ce genre de choses. Elle analysa le visage avenant du Tully et finit par conclure qu'il ne le pensait pas, il n'avait pas l'air de posséder le genre de visage capable de dissimuler ses sentiments, elle aurait lu son mépris comme dans un livre ouvert si tel avait été le cas.

     Le regard planté sur les lèvres du chevalier qui lui offraient un sourire, elle écouta sagement la suite des explications en lui précisant que bon nombre de chevaliers étaient issus de familles nobles et que par conséquent il était plus que risqué de froisser l'un d'entre eux. Elle soupira légèrement, non agacée par ser Dezial, mais plutôt lassée de constater que les Sudistes étaient aussi prompts à se froisser. Il en fallait bien plus qu'une petite « offense » pour se mettre un Nordien à dos. Alysane esquissa toutefois un sourire lorsqu'il lui précisa que tout était clair dans son esprit, mais que son éloquence lui faisait défaut. Finalement ce n'était pas hilarant, c'était plutôt.... Attendrissant, en imaginant que quelque chose puisse attendrir la guerrière.

     ▬ Ne vous inquiétez pas, je comprends parfaitement ce que vous m'expliquez. Il est vrai que je n'avais pas noté ce genre de détails, les coutumes de votre ordre me sont si inconnues que j'en oublie parfois qu'elles sont si nombreuses. Je confirme ce que j'ai dit plus tôt, les chevaliers errants méritent plus mon respect que ceux qui vivent auprès d'un lord. Elle le regarda, pencha légèrement la tête sur le côté puis ajouta quelques mots. Vous n'entrez pas dans cette catégorie rassurez-vous. »

     Elle ne le quittait pas du regard alors que son vin restait sagement dans sa coupe, ser Dezial la dévisageait d'une telle manière que la combattante se demandait si elle avait une moustache rosie à cause de la boisson, mais il se réveilla finalement avant de se servir une nouvelle fois. Elle était amusée et constater qu'il semblait avoir une bonne descente et ne devenait pas saoul pour autant. La Nordienne attrapa son verre, décrochant enfin ses yeux dorés du visage du chevalier, puis avala une nouvelle gorgée alors que le Tully expliquait qu'il aurait apprécié la vie d'errant, même si elle était certainement plus courte que celle d'un chevalier « normal ». Elle avala le vin avant de hausser légèrement les épaules.

     ▬ A quoi bon vivre cent années si ce n'est que pour se laisser porter ? Il est préférable de vivre peu, mais pleinement. Je sais pertinemment que mon choix de combattre m'amène à voir mon espérance de vie fortement réduite, pourtant je n'envisage pas d'échanger ma hache contre un fuseaux. »

     La jeune lady n'avait pas particulièrement peur de mourir, bien évidemment elle n'était pas impatiente que ce jour arrive, mais disons qu'entre vivre une vie animée et comme elle en rêvait, bien que courte et entre vivre une vie monotone et sans saveur d'épouse docile, il n'y avait pas à hésiter. Alysane trouvait dommage que le jeune homme s'empêche lui-même de faire ce que bon lui semblait, mais il était né Tully comme il le disait si bien, ses obligations devaient être bien différentes de celles d'une seconde-née Mormont. Elle retomba dans le silence alors qu'il s'asseyait à nouveau en reprenant la parole, ce qui ne fit que renforcer l'impression qu'il était un homme soucieux de ne pas compliquer la vie à ses semblables. Il était presque trop doux, cela en devenait déconcertant, la brune était tellement habituée à devoir se disputer avec les hommes qui ne cherchaient qu'à l'écraser qu'elle en oubliait parfois qu'ils n'étaient pas tous comme cela.

     Comme elle ne quittait pas le visage de ser Dezial du regard, la jeune Nordienne vit sans peine un léger rougissement lui gagner les joues, mais mit cela sur le nombre de verres qu'il avait ingurgité. Il aurait été le premier homme qu'elle fit rougir, inutile de préciser qu'elle n'envisageait pas que cette réaction puisse être liée à ce qu'elle avait dit. Alysane était heureuse de constater qu'un chevalier pouvait aussi ne pas apprécier les chevaux, ce qui était franchement ironique en y repensant, mais elle se mis à rigoler seulement lorsqu'elle l'entendit lui demander des précisions sur le sens de sa phrase. Le faisait-il exprès ? Elle ne le pensait pas, disons simplement que la guerrière le voyait comme quelqu'un d'un peu trop naïf et qui ne devait pas voir le regard des femmes sur lui. Son rire se prolongea quelques secondes avant qu'elle n'inspire profondément en souriant franchement.

     ▬ Allons messer, ne me dites pas que vous ne voyez pas de quoi je veux parler ? A moins que vous n'appréciez qu'une femme vous le répète ? Elle ne le disait pas sérieusement, juste pour le mettre mal à l'aise. J'entendais un homme au physique aussi attrayant que le vôtre. N'allez pas me dire que l'on ne vous a jamais vanté votre beauté parce que je ne vous croirais pas. Quoique, les femmes sont parfois si idiotes qu'elles ne disent jamais le fond de leur pensée. »

     Alysane n'allait pas rougir en gloussant cachée derrière sa main alors qu'elle complimentait ouvertement le Tully. Il était bel homme et très poli de surcroit, elle avait beaucoup de difficultés à penser qu'il puisse en douter. Habituellement les hommes étaient trop fiers de leur physique pour pouvoir en douter, mais celui-ci avait l'air si spécial qu'il pouvait peut-être ne pas en être conscient. Elle l'observa un moment avant de détourner les yeux d'un air songeur puis continua.

     ▬ Vous m'apparaissez comme un chevalier tiré d'une légende avec votre politesse à toute épreuve, vos sourires agréables et votre physique de héros. Cela résume-t-il assez le fond de ma pensée ou dois-je encore approfondir ? Elle plissa brièvement ses yeux. Cela dit je ne peux m'empêcher de trouver amusant qu'un chevalier préfère le plancher des vaches à la selle de sa monture. Mais j'en suis ravie puisque je ne suis plus la seule à préférer compter sur mes jambes que celle de mon cheval. »

     Alysane ne voyageait que très rarement à cheval et cela uniquement lorsqu'elle était accompagnée et donc obligée d'aller plus vite. Ser Dezial reprit alors la parole en s'abstenant de sourire cette fois-ci, expliquant que l'éducation n'avait rien à voir avec sa défaire sur la Dornienne. Elle le croyait sur parole et ne répliqua rien, se contentant de cligner des yeux pour manifester sa compréhension. Une fois de plus il lui fit part de son envie de voyage, du moins à sa manière et la Nordienne resta silencieuse jusqu'au moment où il lui demanda confirmation du peu de combats qu'elle avait eu à Port-Réal.

     ▬ En vérité mon seul combat a été un entraînement avec une Épée Blanche ce qui rattrape quelque peu le reste. De toute manière je ne souhaite pas que l'on me considère comme une femme lorsque je me bats, il m'a donc été assez facile de me consoler. »

     Trop « sauvage » pour être traitée en lady, mais trop féminine pour être traitée en guerrière, des fois la jeune femme se disait qu'elle aurait dû naître homme pour être traitée correctement. La nature était bien mal faite en y regardant de plus près. Mais au moins le garde royal avait été digne d'intérêt sans compter qu'il lui avait offert un poignard finement ouvragé qui avait appartenu à sa famille jadis, une belle récompense en somme. Elle délaissa ses pensées pour écouter la satisfaction du Tully alors qu'il avançait le fait qu'il ne la prenait pas pour une sauvageonne et qu'il ne courtisait pas les femmes. Il était l'exception qui confirmait la règle, elle hocha la tête alors qu'il poursuivait tranquillement et avec politesse, puis retombe dans le silence.

     ▬ Allons, je ne doute pas que vous trouviez rapidement une épouse messer, je crois que l'on ne peut nier que vous êtes un bon parti pour bon nombre de jeunes ladys, ce n'est pas des femmes célibataires qui manquent en Westeros. Vous n'aurez que l'embarras du choix. Et peut-être que si vous venez sur l'Île aux Ourses, mon père essayera de vous proposer l'une de mes sœurs. Vous ai-je dis qu'elles étaient d'une grande beauté ? »

     Elle sourit d'un air amusé comme si l'idée la divertissait. Tant qu'à faire, si Maege, Meera ou l'une de ses autres sœurs devait quitter son île natale, autant que ce soit pour se marier à un homme que Alysane apprécierait un tant soit peu. Après l'avoir observé en silence en imaginant la réaction de lord Jeor lorsqu'il apprendrait qu'un Tully allait peut-être venir jusqu'à chez elle, la Nordienne continua.

     ▬ Je vous remercie de votre proposition, ce sera avec plaisir que j'accepterai bien évidemment. Surtout lorsque les hôtes sont aussi attentionnés que vous. »

     Elle n'avait pas beaucoup testé l'hospitalité des gens du Sud, mais c'était une bonne première impression pour le coup, puis cela lui permettrait de se reposer convenablement avant de reprendre la route le lendemain. Après un petit moment de silence, la combattante manifesta un nouvel intérêt pour la situation du Tully, il n'aimait pas les tournois, semblait plus du genre à affectionner les traditions des chevaliers errants, que pouvait-il faire donc lorsqu'il n'entraînait pas ses hommes ?

     ▬ Vous me direz que je suis bien curieuse, mais si vous n'avez ni femme ni enfant, en dehors de l'administration des armées et de votre rôle de maître d'armes, j'ai du mal à savoir comment vous pouvez vous occuper si vous ne vous cherchez pas une épouse. »

     Sa question était peut-être présentée de manière peu cavalière, mais il n'avait pas eu l'air de s'en offenser jusqu'à présent alors autant en profiter non ?
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Message Sam 3 Déc 2011 - 15:31

L'explication fut délicate, compliquée, et en vrac. Du point de vue du chevalier, les chances pour que la demoiselle en face de lui comprenne vraiment ce qu'il essayait de dire étaient assez proche du néant. Les chances, par contre, pour que la nordienne le prenne pour un abruti, ou un cinglé, montaient vite en flèche, au fur et à mesure qu'il avançait dans les explications. Forcément, cela impliquait une légère angoisse au sein du chevalier, qui le fit dérailler de plus belle. Tellement ser Dezial trouvait ça bordélique, qu'il se sentit obligé de s'excuser. Mais, par une chance inouïe, l'ourse semblait avoir bien compris ce qu'il s'était dit, et s'expliqua même oralement, en lui disant qu'il n'avait pas à s'inquiéter. Selon elle, il y avait quelques détails qu'elle n'avait pas noté, et que certaines coutumes de son ordre lui étaient si peu connues, qu'elle oubliait qu'il y avait tant de chose. Mais cela confirmait bien ce qu'elle avait déjà dit, qu'elle éprouvait bien plus de respect pour les chevaliers errants que pour ceux vivant dans un château. Mots qui frappèrent comme il faut le maître d'armes. Mais bien vite, l'invitée, tout en penchant étrangement la tête sur le côté, rajouta qu'il devait se rassurer, car il n'entrait pas dans cette catégorie. Quel soulagement ce fut-là, il exposa même sa joie à lady Alysane.

"Hé bien, c'est un honneur que de recevoir ces quelques mots, madame."

Bien entendu, ce n'était peut-être pas la meilleure phrase à dire, la meilleure formulation, mais, tout le monde le savait, ser Dezial n'était pas le plus grand diplomate en ce bas-monde, et, encore moins le plus beau parleur. A vrai dire, il avait toujours eu du mal à bien s'exprimer sur bon nombre de choses, si bien que, beaucoup de ses phrases ne représentaient pas exactement le beau bordel qui se traînait là-haut.

C'est en buvant une gorgée de vin que, la belle demoiselle donna son point de vue sur comment vivre sa vie. Disant qu'il valait mieux vivre peu, mais de façon intense, rajoutant qu'avec la voie qu'elle avait choisie, elle savait très bien qu'elle écourtait sa vie, mais que jamais elle n'échangerait sa hache contre un fuseaux. Phrase qui fit légèrement rire l'hôte. Ainsi, tout deux avaient au moins un point commun, mis à part leur amour pour le Nord. En gardant ce même sourire, le vin fut porté à sa bouche afin d'en engloutir une gorgée, avant de répondre à ce qui était dit.

"Nous voilà donc d'accord sur un nouveau point. Même si, il est toujours mieux de vivre intensément, et de vivre vieux."

Cela était quelque chose qui le tenait à cœur depuis si longtemps. Il voulait vivre assez vieux pour que son neveu prenne les pleins pouvoirs, suite à quoi, de son côté, un nouveau maître d'armes serait désigné, et, la truite pourrait partir sur les chemins de Westeros afin de revivre comme lorsqu'il était écuyer, et, de là, il espérait aussi vivre de nombreuses années. Bien entendu, cela était s'il ne se trouvait point d'épouse, chose, à laquelle, il pensait sérieusement que cela n'arriverait pas. Il avait beau espérer qu'un jour la chance tourne, mais, au fond de lui, il y avait toujours cette petite voix qui lui disait que cela n'arriverait pas. Après tout, si l'amour ne lui avait pas sourit jusqu'ici, pourquoi cela changerait? D'autant plus lorsque l'on connaît son passé avec dame Maura, ainsi que dame Deirdre.

La question, un tant soit peu camouflée du chevalier, déclara un léger rire de la part de son interlocutrice. Se moquait-elle de lui? Il en avait bien peur. Avait-elle comprit son manège? Sûrement. Cependant, tout se passa à l'exact contraire de ce qu'avait imaginé le jeune chevalier. Elle remit cependant en doute sa compréhension, ironisant sur le fait que, peut-être, il aimait qu'on lui répète ce genre de choses. Ça y est, il se sentait piégé, ses rougeurs empirèrent, celles-ci devinrent encore plus rouge lorsqu'elle expliqua ses mots, en disant qu'il avait un physique attrayant. Et, comme si cela n'était pas suffisant, la jeune femme lui dit qu'elle ne le croirait pas s'il venait à dire que personne n'avait jamais vanté sa beauté, même si, elle rajouta que certaines femmes étaient suffisamment idiotes pour ne pas dire le fond de leur pensée. Ser Dezial resta comme ... Stupéfait durant quelques instants, à ne plus savoir quoi dire, et surtout, rouge de timidité, il n'osait pas vraiment regarder la jeune femme en face, trop maladroit pour cela. Cependant, après un court silence, la Mormont reprit de plus belle. Elle le compara même à un chevalier tiré des légendes avec son physique, sa politesse et ses sourires. Finissant par lui demander si cela était assez clair. La jeune femme enchaîna bien vite sur le fait qu'elle trouvait amusant le fait qu'il préfère le "plancher des vaches" plutôt que d'être à cheval. Cela dit, ça la rassurait qu'elle ne soit pas seule à penser cela. Cela avait suffit pour un tant soit peu le calmer. Son cœur s'était apaisé, et, la chaleur sur ses joues légèrement dissipée. Le maître d'armes se tenta même à un sourire pour répondre.

"Je ... Je suppose que oui, cela ne répond que trop bien à ma question, et ... Je dois bien avouer qu'à part ma mère, personne ne m'avait dit de telles choses, j'en ai bien peur."

Il rigola un court instant avant de reprendre.

"Pour ce qui est de la légende ... J'ai bien peur que vous fassiez fausse route ma dame. Je n'ai absolument rien d'héroïque, et surtout, bon nombres de chevaliers de ces dites légendes, étaient considérés comme quasiment invincible. Or, j'en suis bien loin."

De nouveau un très large sourire s'afficha sur ses lèvres, avant qu'il ne reprenne de nouveau la parole.

"Content de trouver quelqu'un de semblable en ces terres, un nouveau point sur lequel nous sommes d'accord. Enfin, pour expliquer cela, je préfère savoir que, lors d'un combat c'est bien moi qui dirige chacune de mes attaques. Cela dit, j'aime énormément ma jument, mais elle me sert bien plus pour les voyages que pour les combats, d'autant plus, que je n'aimerait pas qu'il lui arrive malheur, c'est ... C'est un cadeau de mon frère."

Son habituel sourire se teinta quelques peu de tristesse. Même si cela faisait quelques années, la tristesse était toujours présente, et, entre frère, les cadeaux n'étaient pas légion, sans doutes une des règles de la virilité ou quelque chose comme ça. Ce cadeau-là fut offert lorsque Dezial devint ser Dezial. Une très belle jument à la robe et au crin marron. Le nom que lui offrit son nouveau propriétaire semblait tout droit sortit d'un autre monde : Myuil. A vrai dire, même lui ne savait pas vraiment d'où sortait un tel nom.

La jeune femme avoua que, son seul combat fut avec un membre de la garde royale, ce qui rattrapa le reste, et qu'elle n'aimait pas qu'on la considère comme femme lorsqu'elle se bat. Une idée survint dans l'esprit bordélique de la truite. N'était-ce pas son devoir que de lui proposer de faire quelques passes, ou même un combat d'entraînement, ou même pourquoi pas faire un petit cours. C'était la moindre des choses. Surtout après toute ces petites déclarations. Alors, pour ceux qui auraient rien compris, non, ce n'est pas pour lui mettre sur la tronche parce que ce qui a été dit ne lui plaisait pas, bien au contraire. C'est avec son plus gros sourire que ser Dezial prit la parole.

"C'est tout de même triste que l'on ne vous laisse votre chance. De ce fait, lady Alysane, peut-être accepterez-vous un petit combat d'entraînement avec le maître d'armes du château? Ou peut-être même un enseignement?"

Le chevalier se rendit très vite compte que, la dernière partie pouvait très mal être prise, et se rattrapa bien vite en se grattant nerveusement le coin du nez.

"Je ... Attention hein, je ... Je ne veux pas dire que je vous pense inférieure ou ce genre de choses, c'est juste que ... Certains disent de moi que ... Je suis plutôt bon enseignant donc bah .. Heu ... Enfin voilà quoi."

Fabuleux. Sur le coup, le chevalier ne trouvait pas d'autres mots pour qualifier le bordel qu'il venait de dire. Comme à son habitude, l'éloquence n'était pas son point fort, et il ne le savait que trop bien.

Lady Alysane semblait se plaire à comme qui dirait consoler le jeune chevalier, disant qu'elle ne doutait pas qu'il trouverait une épouse, que l'on ne pouvait nier qu'il était un bon parti pour bon nombre de lady. Apparemment, l'ourse ne connaissait pas la lady Maura. Celle-ci rajouta que westeros comptait bon nombre de célibataires et qu'il n'avait que l’embarras du choix. La jeune femme finit par un propos qui parut étrange au chevalier. Il était question que, si un jour il venait jusqu'à l'île aux ours, peut être son père essaierait de lui proposer l'une de ses sœurs. Lui demandant si elle avait déjà vanté la beauté de celles-ci. Ser Dezial se gratta le nez en souriant légèrement.

"Je suppose oui ... Mais, les Tully restent tout de même, pour certains un parti, pas assez bien. Et, c'est du vécu. Voir que l'on crache ainsi sur ma famille ça ... Ça m'a foutu en rogne quelques temps héhé...."

Il afficha un léger sourire à son interlocutrice en la regardant enfin dans les yeux.

"Épouser une Mormont? Moi qui rêvais tant de voir votre île, cela pourrait être une riche idée. Encore faut il que je plaise à l'une d'elle."

Un petit rire nerveux vécut de façon éphémère.

"Pour votre question, non, vous ne m'avez rien dit à ce sujet. Mais, si elles sont si belles que vous, je pense bien qu'il y a beaucoup à dire sur cela."

Oui, il venait ouvertement de dire à quelqu'un qu'il la trouvait belle, sans rougeur, sans bug ni rien. En fait, c'était un peu comme si son cerveau avait déconnecté un moment et était passé en pilote automatique. Si bien que, la truite ne s'était même pas rendu compte qu'il avait dit une telle chose, se contentant de sourire gracieusement comme à son habitude.

La belle ourse se risqua encore à une question. Elle s'excusa en premier lieu de sa curiosité, mais elle avoua se demander comment il pouvait bien occuper ses journées ormis la gestion d'armée et l'enseignement, vu qu'il n'avait ni femme, ni enfants, et qu'il n'en cherchait point. Cette question le fit franchement rigoler.

"C'est une fort bonne question madame, même moi des fois je me la pose. Et bien, la plupart du temps, disons que ... Je m'ennuie ferme, le reste du temps, j'essaie de m'entraîner, ou encore d'aiguiser ce qui se passe là-haut."

Il désigna sa boîte crânienne de son index tout en souriant.

"Je ne suis certes pas un génie, mais, je lis beaucoup de livres sur tout ce qui est histoire de batailles et de stratégies, lorsqu'une bataille éclatera, il me faudra être au point."

Depuis, quelques minutes, le chevalier avait la bougeotte. Depuis qu'il lui avait proposé un échange d'armes en fait. Lorsqu'il fallait sortir les armes, et jouer de celles-ci, ser Dezial était comme un enfant impatient de découvrir un de ses cadeaux.

"Dites-moi, que diriez-vous de faire nos passes d'armes pendant que le dîner est en préparation? A moins que vous soyez lessivée par votre voyage?"

Il attendait la réponse, prêt à appeler Garth qui était devant la porte pour lui demander d'aller préparer le matériel.
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Message Dim 4 Déc 2011 - 15:10

     La Truite amusait l'Ourse, elle se divertissait beaucoup à le tourmenter avec ses compliments, même s'ils étaient sincères. Alysane avait beau ne pas connaître les hommes comme les autres femmes de son âge, elle savait toutefois reconnaître un homme intimidé lorsqu'elle en voyait un. Et ser Dezial collait parfaitement à ce rôle, autrement dit, inutile de préciser qu'elle s'attendait à ce que son rougissement s'accentue comme ce fut le cas. Son sourire ne la quittait pas, la jeune femme n'était pas du genre à aller par quatre chemins, si quelqu'un l'agaçait, elle le disait. Si quelqu'un lui était désagréable, elle le faisait savoir très clairement. Puis si, chose extrêmement rare toutefois, elle trouvait un homme séduisant, la demoiselle l'exprimait de vive voix. Pour quelle raison s'amuserait-elle à masquer ses pensées ? Elle avait cru constater que le reste des habitants de Westeros semblaient sensibles aux compliments sur leur physique, pour elle c'était légèrement différent étant donné qu'elle préférait être complimentée sur ses talents à la hache, mais cela ne l'empêchait pas de se montrer aimable. De temps en temps. Pour le coup le Tully en faisait les frais. Léger haussement d'épaules alors qu'il niait le fait de ressembler aux chevaliers des légendes.

     ▬ Les légendes sont stupides, un homme invincible n'existe pas, je préfère largement que vous soyez conscient de vos faiblesses. C'est ce qui fait un bon combattant comme me disait toujours mon père. »

     Le sujet était déjà oublié alors que le jeune homme continuait en parlant de sa monture qui se trouvait être un jument, c'était plutôt surprenant venant d'un homme, Alysane avait constaté qu'ils montaient plus volontiers des étalons. Elle-même ne possédait pas de monture attitrée, oh lord Jeor lui avait bien cédé son étalon qu'il n'utilisait que très rarement car trop impulsif, mais la demoiselle ne l'avait pas baptisé et ne se comportait pas autrement que comme sa cavalière à son égard. Hors de question pour elle de s'amouracher d'un animal et de le considérer comme une part d'elle-même. Seul un ours pourrait gagner cette faveur éventuellement. La Mormont remarqua l'expression attristée qui passa dans le sourire de son interlocuteur alors qu'il parlait de son frère, l'estomac de la guerrière se contracta alors qu'elle se demandait quelle serait sa réaction si Jorah venait à mourir. Elle ne le supporterait pas. C'était aussi simple que cela.

     Heureusement il chassa bien rapidement les pensées négatives de la jeune femme en enchaînant sur un sujet plus agréable, parlant d'un éventuel combat ou entraînement de la part du maître d'armes de Vivesaigues. Lorsqu'il se reprit rapidement en lui précisant qu'il ne voulait pas dire qu'elle avait besoin de s'entraîner, la Nordienne laissa échapper un léger rire, amusée devant l'embarras du chevalier. Elle ne se moquait pas de lui, encore une fois, mais il était tellement amusant avec ses airs soucieux de ne pas la vexer, c'était très délicat de sa part. Très Sudiste aussi, Alysane ne se souvenait pas qu'un seul Nordien se soit soucié de ses états d'âme. A part son frère.

     ▬ Ne vous inquiétez pas, j'ai encore beaucoup à apprendre si cela vous rassure. Je suis sûre que vous m'êtes très clairement supérieur messer. »

     La jeune femme avait beau être du genre à croire en sa force, elle savait que sa maîtrise était moins bonne que celle d'un maître d'armes, surtout d'un tel endroit. Sur l'île-aux-Ours elle ne faisait que se battre contre Jorah et de temps en temps contre ses sœurs et quelques soldats, mais cela ne dépassait jamais la dizaine de personnes. Or, elle était bien placée pour savoir que l'on ne perfectionnait sa technique qu'en pouvant affronter divers adversaires. Sa seule chance pouvait éventuellement venir du fait qu'elle se battait à la hache et non à l'épée, ser Dezial ne devait pas avoir l'habitude de cela. Du moins elle l'espérait, au moins ce serait l'occasion pour elle de le surprendre.

     Alysane fut assez surprise par la suite de ses paroles, elles laissaient entendre que des femmes avaient déjà repoussé ses avances. C'était plutôt étonnant, certes ser Dezial n'était pas le lord en titre et il n'y avait que très peu de chances pour qu'il le devienne un jour, sauf s'il se débrouillait pour faire disparaître lord Edwyn ce qui n'était pas franchement son genre, mais à côté c'était un homme avenant et agréable. La Nordienne soupira légèrement, les femmes du Sud étaient tellement stupides, elles aspiraient toutes à épouser un lord pour devenir l'épouse d'un homme influent, cela dépassait totalement la Mormont. Elle pour sa part, ne souhaitait rien de plus que conserver sa liberté et pouvoir rester dans ses contrées natales. Des désirs qui semblaient pourtant déjà trop difficiles et compliqués vu le nombre de prétendants qui se bousculaient à sa porte. La combattante secoua légèrement la tête pour manifester son incompréhension, puis il enchaîna en déclarant que l'idée d'épouser une Mormont ne lui était pas désagréable, avant de la complimenter ouvertement. Les yeux mordorés de la demoiselle se teintèrent d'une surprise assez brève avant qu'elle ne sourit à son tour.

     ▬ Ainsi vous me trouvez belle ? Je dois avouer que vous êtes aussi le premier à m'en faire part, même mon père ne s'y risquait pas ! »

     Elle rigola légèrement, en réalité on le lui avait déjà dit, mais c'était surtout par politesse ou pour s'attirer ses faveurs. Pour être franc, cela ne touchait pas particulièrement Alysane, même s'il était toujours agréable se recevoir un compliment d'un bel homme, elle préférait que ce soit sur ses capacités à combattre.

     ▬ Mais rassurez-vous, mes sœurs sont bien plus belles que moi, sans compter qu'elles ne se promènent pas à travers tout Westeros et portent des robes. De vraies ladys si je puis dire, je suis sûr qu'elles seront charmées par vos manières et votre physique. »

     Les sœurs de la Mormont étaient de bien meilleurs partis, surtout Maege qui était en plein dans la tranche d'âge idéale pour enfanter. Elle avait déjà éveillé l'intérêt de plusieurs lords comme dit, mais jamais assez pour qu'Alysane daigne se montrer aimable avec eux. Avoir ser Dezial en beau-frère ne lui était pas insupportable comme idée, la jeune femme se nota quelque part dans son esprit, que s'il visitait leur demeure elle ne s'opposerait pas aux tentatives que lady Jorelle mettrait en place pour essayer de lui refourguer l'une de ses filles.

     La discussion glissa alors vers un autre sujet tandis qu'il lui expliquait ne pas savoir comment occuper son temps libre. C'était bien dommage, elle était persuadé qu'il ferait un époux et un père idéal, rien qu'à voir qu'il semblait s'occuper de son neveu comme un chef, elle n'avait pas le moindre doute à ce sujet. Il réussit à la faire sourire en se présentant comme n'étant pas un génie, l'on ne pouvait pas dire que ce soit le cas de son interlocutrice non plus, en prime, elle n'aimait pas lire et préférait battre la campagne que d'ouvrir u livre. Toutefois le but de ces lectures était honorable et elle nota qu'il était aussi très appliqué dans son rôle de chef des armées. Un vrai plaisir de discuter avec quelqu'un comme lui, elle constata avec stupéfaction que la liste mentale qu'elle dressait des qualités du chevalier devenait de plus en plus longue. Lorsqu'il lui proposa quelques passes d'armes, elle se redressa aussitôt, fatiguée elle ? Jamais ! Surtout pas pour un tel entraînement. Souriante, elle s'empressa de lui répondre avec les yeux pétillants.

     ▬ Il faudra davantage qu'un petit voyage pour m'épuiser au point de ne plus pouvoir combattre messer ! J'accepte avec plaisir votre proposition. »

     Elle réagissait plus promptement à une invitation à combattre qu'à une invitation à danser c'était certain. La demoiselle récupéra les quelques affaires qu'elle avait posées sur le sol alors que son interlocuteur s'occupait de demander à quelqu'un de préparer le matériel. Alysane le laissa faire, peu habituée à ce genre de préparation, puis se laissa docilement mener jusqu'à l'endroit qu'ils réservaient à ce but. Son regard mordoré ne cessait de passer d'un mur à l'autre, analysant chaque chose qu'elle voyait comme si c'était une grande nouveauté, consciente que sa dégaine et son comportement devaient avoir l'air étranges. Histoire de ne pas embarrasser son hôte si aimable, la demoiselle se débrouilla pour offrir une apparence le plus normal possible, jusqu'à ce qu'ils se retrouvent à nouveau seuls. Enfin, elle le présumait, n'ayant nulle envie de regarder autour d'elle pour s'assurer que personne ne les regardait. Si c'était le cas, cela lui était égal au final, les curieux ne la dérangeaient jamais, il en fallait davantage pour la déstabiliser.

     La guerrière s'éloigna de quelques pas, posant ses affaires à l'abri, plus particulièrement la peau d'ours albinos qui lui avait été offerte par ce chasseur Nordien, se débarrassa du surplus de ses habits qui l'entravaient puis la jeune femme se dirigea à nouveau vers le maître d'arme. Elle glissa sa main vers son arme, c'était une belle hache d'acier château qui lui avait été offerte par lord Jeor à son départ de l'île-aux-Ours, elle la maîtrisait assez bien pour ne pas blesser son adversaire si elle ne le souhaitait pas, mais préféra toutefois savoir si cela convenait à son adversaire du moment.

     ▬ Je me bats uniquement à la hache messer, je maîtrise celle-ci assez bien pour ne pas vous blesser, mais si vous craignez pour vous, je pourrais utiliser l'une de vos armes d'entraînement. Cela ne me dérange nullement. »

     En fait, elle préférait son arme personnelle qui avait été allégée et très clairement rétrécie comparée à une hache normale qu'elle ne pouvait porter normalement. Une hache sur mesure qui convenait mieux à ses bras moins musclés que ceux d'un homme et à sa taille plus petite. Attendant la décision de ser Dezial, elle l'observa en silence.

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Message Mer 21 Déc 2011 - 17:31

Ainsi donc, la Mormont trouvait les légendes stupides, et pensait qu'un homme invincible n'existent pas. Rajoutant qu'elle préférait largement quelqu'un conscient de ses faiblesses, et que, selon le lord de l'île aux ours, cela faisait un bon combattant. Il est vrai qu'un homme invincible ne peut exister, que chaque guerrier devait mourir un jour, dans l'espoir ne mourir dans l'honneur d'un champ de bataille. Pourtant, beaucoup de ses légendes prennent racine dans des faits réels, beaucoup de ses légendaires chevaliers ont existé, et, les histoires n'ont que très peu accentués les choses. Certains encore forgent leur légende à notre époque. Par exemple, le fameux combat opposant Feunoyr à ser Gwayne Corbray lors de la bataille d'Herberouge. Ce combat-là ne rentrera t-il pas dans la légende? Le combat disait-on avait duré près d'une heure, où le bruit assourdissant du choc de l'acier valyrien résonnait à une lieue à la ronde. Un combat que l'on disait hors des compétences humaines. Le combat était peut être déjà teinté de l'exagération de nombreux soldats présents, mais, la vérité ne devait pas en être loin. Bon nombre de personnage de cette époque serait encore sur les lèvres dans un siècle, sans doutes. Ser Dezial, n'y figurerait sans doutes jamais.

C'est donc avec cet esprit que le jeune homme sourit à son invitée, amusé par ses propos, avant d'y répondre, tout en regardant le fond de sa coupe, faisant tournoyer le nectar restant.

"Certes madame, les légendes sont exagérées, certes, personne n'est invincible. Mais des hommes ont dépassés leur conditions d'humains, en accomplissant des faits d'armes exceptionnels, ces héros qui ont inspirés les légendes. Ces héros qui en inspireront, nous avons la chance de vivre dans une époque qui en voit vivre. Lord Freuxsanglant, ser Gwayne Corbray, ou encore l'Orage Moqueur. Je suis bien loin de ses hommes, et mon nom n'est prononcé par personne."

La truite rigola alors de façon assez brève, avant de retourner son regard chaleureux vers son invitée.

"Cependant, je dois avouer que l'anonymat me sied à merveille. Je n'ai aucune obligations quant à mon nom, ni demande de duel, ni rien d'autre de si ennuyeux, je n'ai rien d'héroïque. Mes sourires et ma bienséance, je les dois à mes défunts parents, ainsi que la vie que j'ai menée jusqu'ici, rien de plus."

Par grande chance, Lady Alysane, ne prit point la mouche à la proposition du maître d'armes quant au sujet d'un petit combat d'entraînement. Certains combattants auraient pu prendre ceci comme un affront, comme si le chevalier supposait que ceux-ci avaient besoin de s'améliorer, et, par la même occasion, que ser Dezial leur serait supérieur. Chose qui aurait sans doutes fini en duel à mort, ou une idiotie dans le genre. Mais non, la nordienne semblait beaucoup plus intelligente que cela. Car en plus de comprendre la proposition, elle dit avoir encore beaucoup à apprendre. Et qu'elle était sûre de lui être clairement inférieure. Ces derniers mots génèrent grandement l'hôte. Lui, être largement supérieur à une habitante du Nord? Sans doutes pas. Il avait toujours vu les habitants des terres gelées comme d'exceptionnel guerriers, et, pensait que les femmes Mormont étaient tout autant de très grandes combattantes. Ser Dezial fit donc part de ses pensées à la jeune femme.

"Je ... Je ne pense pas vous être largement supérieur comme vous dites. Je ... D'après ce que je sais sur votre famille, vous ... Enfin je veux dire ... Les femmes sont formées dès leur plus jeune âge à se battre. De ce fait, vous devez être une combattante aguerrie. Peut-être que quelques conseils vous aideront à vous améliorer. Je l'ignore, nous verrons cela."

De sa gêne naquit une certaine assurance, ainsi qu'un grand sourire. Même s'il n'était pas un grand orateur, qu'il ne soit qu'en très peu d'occasions doué de ses mots, et qu'il y avait d'ailleurs de nombreuses choses dans lesquelles il n'était pas doué, en plus d'en être conscient, on a toujours dit de lui qu'il était un bon maître d'armes. Au cours des années, il en avait même acquis la conviction, en entraînant de jeunes hommes qui devinrent guerriers. En prenant des jeunes sous son aile, et en les formant en tant que gardes au grand talent. Et, de nombreuses personnes l'ont félicités pour ses formations. L'enseignement est d'ailleurs la seule façon pour la truite de trouver ses bons mots, de ne jamais se tromper dans ses paroles, ne jamais regretter ce qui a été dit. Tout lui vient spontanément. Après tout, ce fut son frère qui le mit à ce poste, et, il y avait sans doutes une réele raison à cela. Son frère était un grand homme, avant d'être un lord, et savait voir ce qu'il y avait au fond de bon nombre de personnes.


La belle invitée sembla surprise, étrangement, lorsque son interlocuteur la complimenta ouvertement sur son physique, sans réellement s'en rendre compte. Lui qui était d'habitude si timide ... Peut-être était-ce pour cette raison que ses yeux se teintèrent de cette lueur. Après tout, une si belle femme avait sûrement reçu de nombreuses déclarations de ce genre. Mais apparemment, non. C'était bien le fait de la trouver belle qui avait surpris l'ourse. Celle-ci avoua ne jamais avoir entendu cela, même son père n'aurait pas osée. Elle lui demanda donc s'il la trouvait belle, tout en rigolant. Elle enchaîna bien vite sur le sujet de ses sœurs. Que, selon ses dires, elles étaient plus belle qu'elle. Était-ce réellement possible? Il fut rajouté qu'en plus, elles étaient de réelles lady, portant des robes et ne se baladant pas dans tout Westeros. Chose qui eut le don de faire largement sourire le chevalier. Enfin, la lady rajouta qu'elle seraient sans doutes charmées par ses manières et son physique, ce qui eut pour effet de le gêner, et le faire rougir. C'est donc en se grattant le nez que le chevalier commença ses dire, complimentant de plus belle son invitée. Après tout, il avait commencé, pourquoi ne pas continuer?

"Ahem ... Plus belles que vous? Je ... Je dois avouer que j'ai du mal à imaginer une telle beauté. Mais si cela est vrai ... Non pas que je remette votre parole en doute, mais, vos soeurs doivent être très courtisées. Je les vois donc mal m'accepter moi plutôt qu'un autre."

Le chevalier afficha un doux sourire avant de reprendre.

"Quant aux qualités que vous citez, je pense que vous ne me donnez que bien trop de crédit madame."

Et oui, la truite n'avait confiance en elle que deux épées en main, pour tout le reste, c'était une tâche bien trop compliquée. Certains le félicitaient pour ses talents de stratège, mais lui, qui n'avait eu aucune réele expérience, ne voyait là, que du vent.


La Mormont accepta bien volontiers la proposition du maître d'armes de s'entraîner sur le champ, disant qu'il fallait bien plus qu'un voyage pour la fatiguer et lui ôter l'envie de se battre. Elle se releva d'ailleurs bien vite pour rassembler au sol, tandis que, ser Dezial appela un certain Criston, qui rentra bien vite dans la salle, pour connaître la raison de son appel. Le chevalier l'avertit que lui et la jeune femme ici-présent allaient s'entraîner, qu'il fallait dégager le coin habituel, et préparer deux armures d'entraînement. Le garde se retira ainsi bien vite, pour faire ce qu'on lui avait demandé.

Suite à quoi, les deux jeunes gens se dirigèrent vers la cours, où durant le trajet, l'ourse attisa bien des regards, certains même fut teinté de dédain, et ceux-ci furent réprimandés oralement par l'oncle du suzerain.

Arrivés sur place, Criston était présent là, aux côtés d'un autre garde : Garth, le fils du forgeron, qui, était une montagne de muscles. Tout deux avaient à la main une des fameuses armures d'entraînements. Bien plus légère que la plaque, mais suffisait largement à la défense pour s'entraîner. Criston avait bien fait le travail demandé, et la place était dégagée, et les deux pourraient donc échanger les coups sans qu'on les gène. Garth apporta son armure à son maître, tandis que Criston l'apporta à l'invitée. Tout deux enfilèrent leur protection, et, le chevalier dégaina une lame de la main gauche. Ce dernier avait une certaine manie quant à l'instruction. Il jaugeait ses adversaires petit à petit, et essayait de s'adapter à eux. Rares étaient ses cours où, ser Dezial devait sortir ses épées jumelles.

Alors que le chevalier était enfin prêt, la Mormont prit la parole, disant qu'elle se battait à la hache, disant maîtriser celle-ci suffisamment bien pour arrêter ses coups quand il le fallait. Mais que, s'il y tenait, elle pourrait prendre une épée d'entraînement, ce qui le fit sourire.

"Non, non. Gardez votre hache. Je ne peux vous priver de vos crocs. Et puis, à quoi servirait un entraînement si vous n'utilisiez pas votre arme de prédilection?"

Là, le chevalier afficha un léger sourire, assez différent de ce qu'il avait pu afficher tout le long de la conversation, mais celui-ci resta. C'était ce sourire qui lui avait valu le surnom de "Lame souriante" auprès de ses hommes. Un sourire spontanément affiché lorsque ce chevalier se battait, et qui restait jusqu'à la fin des hostilités. Il n'avait rien d'un sourire fou, présent sur un homme avide de sang et de mort, mais plutôt d'un sourire empli de chaleur humaine.

Le chevalier lança l'assaut en premier, frappant avec vitesse en puissance, visant le plastron de la Lady, qui paraît tout les coups, en contre-attaquant de plus belle à chaque fois. L'échange dura une bonne minute, avant que le maître d'armes décida d'inculquer sa première leçon à la jeune femme. Après avoir donné un coup ascendant violent, il la frappa au plastron de la paume de la main, coup amplifié par l'élan du précédant coup. Cela la déstabilisa légèrement, mais cela suffit largement au maître d'armes pour glisser la pointe de sa lame, jusqu'à la gorge Mormont.

"Première leçon. Qu'importe l'arme que votre ennemi a dans sa main, tout son corps est une arme potentielle, attendez-vous à des attaques venant de n'importe où."

Il recula de quelques pas, avant de changer son arme de main, avant de l'inviter à attaquer. Chose qu'elle fit avec vitesse, et précision, ainsi qu'une force rare chez une femme. Mais, qui ne perturba pas le moins du monde le chevalier, qui connaissait très bien la valeur des Mormont. Lui de son côté, avoir l'épée dans sa main droite le rendait plus rapide, plus précis, et plus puissant. L'échange continua de longues minutes, où il fit des attaques étranges pour voir si la jeune femme écoutait ce qu'on lui disait. Il tenta coups de pieds, et poings, mais, l'ourse ne se laissa pas impressionner, et le fit même reculer. Il était temps pour la seconde leçon. Au travers d'une poignée de coups, le Tully laissa une ouverture sur son flanc gauche. Ouverture que la jeune femme s'empressa de vouloir prendre, mais, au moment du coup horizontal, ser Dezial s'avança dangereusement de son élève du jour, lui bloqua le bras armé avec force, et se retrouva à quelques centimètres de son visage, ce qui le fit grandement rougir. Malgré son envie d'enseigner, le maître d'armes resta stupéfait quelques instants devant le spectacle qui s'offrait à lui, avant de se reprendre, et dicter sa leçon.

"Seconde, faites perdre son arme à votre adversaire, et vous le tuerez. Bloquez-le, et la victoire sera votre."

Le chevalier mima un violent coup de pommeau dans le nez adverse, avant de tourner sur lui même, mimant le coup qui tranchait sa gorge. Il fit tout de même le plus attention possible au bras toujours prisonnier, afin de ne pas le blesser. De nouveau il recula de quelques pas, avant de, cette fois-ci, dégainer sa seconde épée; sous l'étonnement de Criston et Garth qui regardaient attentivement. Ser Dezial baisa les deux truites remplaçant les pommeaux de ses lames, avant de les faire tournoyer, et se ruer vers son adversaire. il frappa, cela fut paré. Elle, frappa en riposte, le coup fut paré d'une main, tandis que l'autre main tapa dans le plastron.

"Troisième. Un ambidextre peut frapper et protéger en même temps, soyez vigilante en tout instants."

A peine eut il fini qu'il frappa de nouveau. La troisième leçon serait sans doutes la plus dure à faire rentrer, mais, il comptait bien y arriver. Les échanges continuèrent pendant bien une demie heure, jusqu'à ce que l'ourse réussisse enfin à attaquer sans se faire tuer directement, usant des deux premières leçon pour arriver à ses fins, réussissant même à faire tomber une des lames de la truite au sol. Il était enfin temps pour la dernière leçon.

Un cou de hache horizontal fut porté, une truite passa par dessous, tout en avançant d'un pas vers l'avant, afin de frapper avec le plat de ses deux lames les mollets de son adversaire, la faisant chavirer, et tomber lourdement au sol, tandis que les deux lames prirent en tenaille le coup de la jeune femme.

"Dernière leçon. Vous êtes une femme, vous aurez moins de force que bon nombre d'hommes, esquivez au lieu de parer, et rusez pour prendre le dessus. Les jambes sont sensibles, les coudes et les aisselles aussi. Frappez dans ces endroits difficilement protégeable, que ça soit avec une armure ou une garde, et vous vaincrez."

La lame de sa main droite vint se fourrer sous le bras gauche, tandis que sa main vint porter assistance à la jeune femme au sol, avant de se remettre en garde, et attendre l'assaut de son élève. Ses leçons semblaient avoir été comprises, même si l'application réelle de tout cela prendrait bien du temps à fleurir. En plus des leçons, il voulait offrir un cadeau à la jeune femme. Un cadeau qui lui ferait prendre confiance en elle. Elle qui se disait inférieure à lui.

Après de nombreux échanges, Lady Alysane réussit à ôter de la main de ser Dezial une lame, suite à quoi elle réussit un violent coup de pied dans le plastron ce qui le fit reculer, il s'était laissé faire, mais fit en sorte que tout ceci soit crédible. Enfin arriva un coup horizontal puissant de la part de l'ourse, en direction du cou. Criston s'était crispé quant à cette attaque, tandis que Garth semblait confiant, en voyant le sourire du chevalier encore présent sur ses lèvres. Lui de son côté, s'était préparé à arrêter le coup, si la jeune femme ne le faisait pas d'elle-même. Mais, tout se passa bien, car, la Mormont arrêta bel et bien son coup.

"Et bien, et bien. Me voilà mort. Pour quelqu'un qui se disait inférieur, vous faites des prouesses. Rien que me faire sortir mes deux lames, en soit en est une. Seuls trois de mes élèves m'obligent à les sortir. Enfin, vous êtes une vaillante combattante, et j'espère avoir réparé l'affront qui vous a été fait dans les terres du sud."


L'affront dont il parlait, était bien entendu le fait que, aucun homme ne lui avait accordé un échange de coups. Quant aux trois élèves, il était question de Garth et son espadon, de Criston et de sa Hallebarde, ainsi que Garett et ses nombreuses dagues.
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Message Jeu 22 Déc 2011 - 15:12

     Alysane venait d'enfiler son armure de protection et elle écoutait attentivement ce que le chevalier lui répondit avant de se mettre elle-même en position de combat. Elle riposta autant qu'elle le pouvait en tentant de deviner quels allaient être les coups de son adversaire, contrairement à ce que l'on pouvait imaginer la jeune femme n'était pas une sauvage sans cervelle. Jorah avait entraîné sa sœur à devenir quelqu'un de réfléchit et de posé, mais autant dire que lorsqu'on possédait un caractère comme celui de l'Ourse, il était difficile de passer d'une impulsivité naturelle à un comportement cartésien et cohérent. Cela dit, la Mormont faisait tout son possible pour rester concentrer sur la lame de son compagnon d'entraînement et lorsqu'il la frappa au plastron pour la déstabiliser, elle fut agacée de ne pas avoir vu venir le coup. Bien sûr, la jeune fille ne s'énervait absolument pas contre le chevalier qui faisait preuve de beaucoup de gentillesse à son égard en lui offrant un entraînement particulier, mais elle s'énervait contre son incompétence à deviner les mouvements de son adversaire. La guerrière hocha la tête d'un air entendu en écoutant ce que le maître d'armes lui expliquait, le pire c'était qu'elle le savait puisqu'elle n'hésitait jamais à mordre, griffer ou jeter des coups de genoux bien placés en cas de besoin.

     La jeune fille se fit force pour se concentrer une nouvelle fois avant d'attaquer sous les encouragements de son partenaire qui ne recula pas sous la charge contrairement aux peu de brigands qu'elle avait croisé avant ce jour. Cela dit le Tully n'était pas comparable à un simple voleurs de bas-étage, au contraire ! Les échanges se firent plus longs et plus précis pendant de longues minutes alors que la brune se concentrait au maximum pour voir venir les coups à l'avance. Ce n'était pas dans ses habitudes de se retenir aussi longtemps et souvent elle devait se reprendre en main pour éviter de devenir trop brutale et risquer de blesser l'aimable hôte qui lui offrait ce cours particulier. Lorsque ser Dezial la bloqua en la dévisageant, elle se demanda s'il attendait qu'elle réagisse ou fasse quoi que ce soit et manqua de lui envoyer un coup à son tour, mais il l'en empêcha heureusement en parlant pour lui inculquer son autre leçon avant de mimer la possibilité qui s'offrait à eux. Alysane hocha la tête d'un air docile, elle avait beau être bornée, têtue et posséder tous les vices possibles dans sa vie de tous les jours, à l'entraînement elle savait se montrer sérieuse et appliquée. Pendant un certain temps du moins.

     Lorsque le chevalier s'éloigna pour dégainer son autre arme, un sourire se planta sur les lèvres de la brune alors qu'elle attendait l'attaque pour la parer sans vraiment réussir à parfaitement remplir ce rôle. Alysane n'avait jamais combattu qui que ce soi d'ambidextre et heureusement pour elle ce n'était pas une chose très fréquente, quoi qu'avec un maître d'armes comme ser Dezial les choses devaient être encore plus intéressantes. Ils se battirent donc de la sorte pendant un bon moment avant que le Tully ne décide de la faire chuter au sol pour la bloquer et lui expliquer quelque chose que Jorah ne cessait de lui répéter. Alysane avait beau savoir qu'elle était moins forte et plus leste que bien des hommes, cela l'agaçait toujours de devoir fuir au lieu de pouvoir rentrer dans le tas. Elle se tut toutefois et se remit en position de combat après que le jeune l'eut aidée à se redresser. Ils continuèrent donc de la sorte pendant un bon moment alors qu'elle essayait de mettre en pratique tout ce qu'il venait de lui dire, jusqu'au moment où une occasion en or se présenta. La Mormont se concentra pendant son enchaînement et arrêta son arme au bon moment, même si elle se laissait prendre dans l'entraînement, elle ne comptait pas tuer le malheureux pour autant ! Aux paroles du Tully, l'Ourse rayonna, elle n'y avait vu que du feu et ne se doutait pas que le chevalier avait fait exprès de se laisser avoir, pensant que les anciens dieux étaient avec elle. Il avait été très galant et Alysane l'ignorait, encore plus galant de sa part. Elle lui offrit un sourire plus ravi que s'il lui avait offert une montagne de bijoux.

     ▬ Très largement messer, je crois que vous avez embelli ma journée, voir même mon année ! A force de m'entraîner contre la même personne j'en viens à oublier qu'il existe des personnes qui combattent autrement ! Elle parlait bien sûr du maître d'armes de l'île-aux-Ours. Je vous remercie de cet entraînement, je n'en avais pas espéré tant, je dois donc répéter ce que j'ai dit plus tôt, vous avez tout des chevaliers des contes. »

     Après cela, les deux combattants se débarrassèrent des équipements d'entraînement et la demoiselle demanda l'autorisation de se débarbouiller un peu, elle ne souhaitait pas offrir une mauvaise impression à son hôte ou les personnes qu'elle pourrait bien croiser. Bien aimablement, une domestique la mena à une pièce où elle put déposer ses affaires et se débarrasser de la crasse de son voyage et du combat qu'elle venait de mener, puis la jeune femme passa rapidement une tunique propre et se débrouilla pour avoir l'air un peu plus présentable. Elle termina juste au moment où une servante vint la chercher pour lui faire savoir que le repas allait être servit et qu'elle était attendue. La jeune fille se pressa donc en laissant cette fois-ci son arme dans la chambre qui lui avait été prêtée, autant dire que c'était un très gros effort sachant qu'elle refusait obstinément de s'en séparer en temps normal. Il fallait dire que pour ne pas faire passer ser Dezial pour un homme qui invitait des sauvageonnes à séjourner chez lui, elle était prête à tout. Sauf à s'attifer d'une robe évidemment.

     La Mormont suivit donc la domestique qui la mena à la salle où le repas était servi, elle fit tout son possible pour avoir l'air naturelle bien qu'il fallait avouer qu'elle était très sincèrement gênée de se trouver ici. Pour peu, elle aurait presque souhaité avoir refuser l'invitation, trop peu habituée qu'elle était à rendre visite à d'autres nobles, sans compter qu'elle n'était pas chez de simples vassaux comme sa famille. Alysane se conduisit aussi bien que possible, ne quittant son assiette du regard que pour tourner la tête en direction du chevalier à côté de qui elle avait heureusement été installée. Sa gêne devait être palpable, en tous les cas on ne lui parla pas trop à son grand soulagement et Alysane essayait surtout de glisser quelques répliques de temps en temps afin de ne pas avoir l'air ingrate et mécontente de se trouver là. C'était loin d'être le cas, mais lorsque la Nordienne se trouvait en compagnie d'autres nobles elle se rendait compte à quel point son accoutrement et son comportement étaient décalés, inutile de préciser que si elle s'en contrefichait devant des lords qui avaient son rang, elle était profondément intimidée devant des suzerains.

     Le repas dura longtemps à son goût, elle se concentrait pour rester polie et souriante, mais dès que le repas se termina et que l'on proposa à l'invitée de passer un moment en leur compagnie, la demoiselle s'excusa avec toute la politesse qu'elle possédait. Expliquant qu'elle devait reprendre la route très tôt et qu'elle avait été épuisée par la route, Alysane remercia une bonne dizaine de fois les hôtes avant de se retirer pour gagner la chambre qui lui avait été offert. Elle avait accordé un sourire plein de joie au chevalier en espérant qu'il ne se vexe pas de la voir ainsi se retirer. Quoi qu'il en soit, l'Ourse en profita pour dormir tout son saoul et s'éveilla à l'aube le lendemain, elle se pressa donc pour s'habiller et récupérer ses affaires avant de saluer les hôtes déjà lever tout en réitérant ses remerciement avant de reprendre la route pour rentrer chez elle.
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Il en est des femmes comme des fous : il ne faut pas les défier ▬ Dezial

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