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[PV Leona Graceford] Sur les terres du Chasseur.

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Message Ven 23 Sep 2011 - 13:34

Le repos il n’allait pas encore y avoir droit. Les jours s’étaient succédés à un rythme effréné depuis que la Licorne, le navire amiral de lord Redwyne, avait quitté l’étouffante capitale pour le ramener sur les terres du Bief. Le voyage n’avait pas été déplaisant, à l’exception du roulis permanent et intenable lorsque l’on prenait le risque de s’aventurer sur le pont ou encore la présence insultante de ce bâtard du nord. Même pour le jeune lord de la Treille se faire pareil compagnon relevait de la plus déplaisante des excentricités. Assurément ce Jorah ne semblait pas être un couard, mais la marque de la bâtardise était une souillure qui était difficile à laver. Le fait que ce nordique ait préféré quitté son île, où il était pourtant rattaché par serment et honneur, pour vendre son épée à un lord étranger en disait suffisamment long. Un tel homme Leslyn n’aurait jamais toléré de l’avoir dans son dos au combat. Mais il était loin à présent, tout comme le seigneur de la Treille. Des affaires pressantes les appelaient tous et lui-même n’allait pouvoir que séjourner que quelques jours tout au plus sur son domaine. Le devoir l’appelait et il était alors rarement question dans ces cas là de s’offrir des vacances. Le temps du voyage avait été à peine suffisant pour lui permettre de penser à son aise. Le Bief allait devoir mettre en place une défense rapide et efficace, il était même fort à parier qu’en ce moment même le lord Amiral du Bief devait s’entretenir avec son ami et suzerain.

Faisant grimper à sa monture une nouvelle pente escarpée, il se laissa à penser à ce qui l’attendrait une fois chez lui. De nombreuses tâches requéraient son attention. L’agitation Fer-Né ne devait pas faire oublier qu’ils avaient également encore des ennemis tenaces dans les Montagnes Rouges. On pouvait compter sur cette racaille opportuniste pour profiter de la moindre faiblesse du côté des Marches. En près d’un mois et demi d’absence les requêtes allaient s’empiler devant lui. Il soupira en songeant à toutes ces corvées. Tout ceci était nécessaire mais pas des plus plaisant à accomplir. Il voyait déjà d’ici la silhouette courbée de son Mestre s’empressant de l’agoniser de recommandations, d’affaires en suspens et de finance. Pourquoi les chansons ne mentionnaient-elles jamais les trésors de patience et l’héroïsme dont devait faire preuve un lord lors de la gestion de sa Maison ? La vue des redoutables murailles de la citadelle de Corcolline dissipa bientôt les sombres pensées du lord du Bief. Celui-ci ne pu s’empêcher d’éprouver un sentiment de fierté à la vue des tourelles de défense montant comme des flèches vers le ciel. Au moins la demeure ancestrale de sa famille était toujours là.

La herse ne tarda pas à s’ouvrir à la vue de l’oriflamme marquée du chasseur porté par un des bannerets de la maison. Une foule de servants et garçons d’écuries vinrent accueillir la petite troupe. Leslyn mit pied à terre non sans un soulagement manifeste. Il n’était plus de la première jeunesse et ces longues chevauchées pesaient à son dos douloureux. Il masqua cependant la peine que cela lui coûter de marcher correctement. Il n’était guère agréable de vieillir songea-t-il amèrement tandis que des mains anonymes s’affairaient à conduire son cheval aux écuries. Comme prévu mestre Amos détaché auprès de Corcolline ne tarda pas à apparaître suivi par l’intendant. Lord Tarly maugréa et s’avança, résigné, à leur rencontre. Ceux-ci exécutèrent une révérence respectueuse, et les formules habituelles de bienvenue s’évanouirent bientôt pour laisser place à un discours plus empressé.

-J’espère que vous avez fait bon voyage mon seigneur. Nous sommes très heureux de vous revoir parmi nous. Je dois vous signalez avant toute chose que de nombreux sujets requièrent votre attention : nous avons reçu plusieurs rapports de guetteurs ainsi que des plaintes des paysans au sujet de…

Leslyn coupa le vieux mestre dans son élan, essayant de s’éclaircir les idées. Il ne rêvait pour le moment que d’un bon bain et d’un bref moment de détente…avec son épouse si possible. Sa voix se fit tranchante et sans appel.

-Vous me ferez un rapport complet sur l’état du domaine et les affaires urgentes plus tard ! A moins qu’il n’y ait une urgence à me signaler je compte avant tout m’offrir un peu de répit.

L’intendant acquiesça et se prépara à laisser son seigneur en paix. La parole du lord de Corcolline faisait loi dans le domaine, il n’était pas nécessaire de la discuter, surtout si l'on tenait à garder sa langue.

-Dans ce cas mon seigneur si je puis me permettre de vous le rappeler, dame Graceford de Manoir Sacré vous attend dans l’antichambre de vos appartements.

Le lord du Bief s’arrêta net et remercia en silence son serviteur qui s’esquiva en silence. Tout en se maudissant intérieurement Leslyn grimpa quatre à quatre les marches menant à ses appartements privés. Cette rencontre lui avait totalement échappé. Déjà plusieurs mois qu’ils correspondaient par corbeau et l’affaire n’était pas de celle à négliger. Il y allait du futur de sa maison. Dame Graceford était à présent unique héritière de ses terres, un parti de choix pour la Maison au Chasseur. Depuis longtemps il avait mûrit d’unir son têtu de fils aîné à la jeune dame de Manoir Sacré. Une alliance qui promettait d’être fructueuse pour les deux partis, s’il négociait bien la chose. Fort heureusement pour lui son emporté de fils avait été envoyé sur les côtes, confiés aux bons soins d’un ami pour qu’il puisse s’endurcir un peu au contact de la vermine pirate, et qui sait avoir un peu de plomb dans la cervelle. Fier, impulsif et prompt à dégainé il ne faisait guère confiance à son sang pour mener à bien une affaire aussi délicate. Il ne tenait qu’à lui pour présenter les choses sous le meilleur jour. Ce qui n’allait pas être une mince affaire jugea-t-il en songeant à l’odeur qu’il devait dégager après quatre jours de voyage. Il secoua la tête insatisfait.

Tout ceci tombait bien mal, mais l’on choisissait rarement ses batailles. Il espérait que la jeune femme ferait preuve de bon sens et comprendrait sa position. Il espérait juste qu’on l’avait traité avec tous les égards qui lui étaient dû, après tout elle présentait tout pour devenir une future dame Tarly. Il accueillit l’eau fraîche que l’on avait préparée à son attention avec un bonheur particulier. Son écuyer s’empressa de le débarrasser de sa maille et de son doublement matelassé. Une tenue propre l’attendait. Il fit un semblant de toilette et se vêtit avant de lire les plus pressantes des dépêches qui l’attendaient sur sa table de travail. La jeune femme pouvait bien attendre encore un peu. L’épée familiale bâtant son flanc, le teint vaguement rafraîchi et l’odeur de sa tenue propre masquant sensiblement celle de la sueur et des chevaux, il pénétra dans l’antichambre où l’attendait la jeune dame. Le regard sévère, il la détailla rapidement avant de lui offrir un sourire bref et de la saluer brièvement. D’une beauté sans prétention elle semblait cependant dotée d’un physique suffisamment solide pour donner la vie, et il ne lui en demandait pas plus à dire vrai. Plus jeune qu’il ne se l’était imaginée, il s’assit à ses côtés en essayant de paraître le plus aimable possible.

-Ma dame, veuillez excuser mon retard et ma précipitation mais bon nombre de choses requièrent toute mon attention. Vous pardonnerez par ailleurs l’absence de mon fils aîné qui est actuellement en campagne. Vous comprendrez j’en suis sûr que les impératifs militaires prennent le pas sur d’autres affaires. Mais j’accorde à notre entretient et à nos projets toute l’attention qu'ils méritent, il me tarde par ailleurs de vous considérez comme ma bru. J’espère que vous avez fait bon voyage ceci dit et que l’on vous a témoigné de tout le respect qui vous est dû en mon absence. Je suis votre hôte pour toute la durée de votre séjour.

Tranchant, vif et direct, Leslyn ne s’encombrait guère avec des formules de politesse oiseuse ou des manières féminines qui convenaient davantage à la Cour. Tant pis s’il brusquait la jeune femme dans ses habitudes.
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Message Sam 1 Oct 2011 - 20:09

Un mariage est toujours une affaire délicate. Mon mariage en l’occurrence est une affaire de la plus haute importance. D'une part c'est un devoir que je dois à mon père et à ma maison: Oncle Harys n'a toujours pas manifesté la moindre prétention à reprendre en main les affaires du Manoir Sacré, me confirmant comme héritière des terres et revenus afférant. Mais d'autre part je ne veux pas brusquer le processus et des affaires aussi importantes ne doivent pas être traitées à la légère. C'est dans cet esprit que j'ai quitté mon Manoir Sacré pour aller visiter mon voisin Lord Tarly, de Corcolline. Le voyage lui-même n'a pas pris deux jours complets avant que je n'arrive au pied des imposantes murailles. Voilà une demeure qu'on peut dignement qualifier de forteresse. En vérité la mienne est bien un simple Manoir en comparaison. Je baisse insensiblement la nuque en passant sous l'intimidante barbacane. Les serviteurs on été en toute logique prévenus de ma visite et me descendent de cheval pour me conduire à l'intérieur de la partie habitable du donjon. Ma suite est logée dans des bâtiments annexes mais j'ai moi-même la possibilité de me changer et de me rafraichir dans une suite réservée aux invités de marque. On m'informe que le Seigneur est en chemin, revenant forcément victorieux de batailles forcément glorieuses. Puisque son arrivée semble imminente je décide de l'attendre à l'intérieur, là où me le suggère son intendant.

Lorsque j’entends Leslyn Tarly entrer dans la basse-cour de son château, je suis en train de tuer le temps avec un travail de broderie. Depuis que la perspective de mon mariage avec le fils ainé de la maison s'est concrétisée, je travaille à chercher une partition élégante pour un blason qui reprendrait le chasseur Tarly et le visage de la Mère des Graceford soit écartelés, soit partis, je ne sais pas encore quelle disposition je préfère. Les blasons servaient à l'origine à orner les boucliers des guerriers pour qu'on les reconnaisse dans la mêlée. Mais afficher mon alliance et donc mes soutiens sur des armoiries personnelles peut se révéler utile dans des situations qui, sans impliquer aucune arme, n'en sont pas moins mortelles pour autant. Je compte bien être invitée prochainement à la cour de Hautjardin, que je sois alors déjà mariée ou pas j'entends obtenir de Lord Tarly le droit de porter un blason qui rappelle sa maison autant que la mienne. Après tout nous sommes voisins et nos intérêts seront bientôt liés. Si il sert le Bief et notre suzerain sur le champ de bataille il ne lui serait peut-être pas inutile d'avoir une alliée qui puisse le représenter à la cour. Cette supposition m'est bientôt confirmée par son arrivée impromptue et ses manières rustres.

Je m'incline gracieusement mais sans exagération lorsqu'il entre dans le vestibule. Je suis une femme et je me dois de respecter l'étiquette mais j'entends aussi mener ces négociations d'égal à égal. En effet je suis la maîtresse de mon domaine et pas une simple fille à marier obéissant à son père. Mon père n'est plus et ce mariage est mon choix, mon affaire, ma décision. Du moins c'est la situation jusqu'à ce que l'affaire soit réglée en bonne et due forme. Sitôt la cérémonie terminée je deviens sa bru, comme il me le rappelle au détour d'une formule banal de courtoisie. Il a dans la bouche des mots qui se rapportent aux liens familiaux, à la sympathie d'un futur beau-père content et satisfait d'avoir assuré un bon mariage à son fils. Moi j'entends plutôt l'avidité d'un seigneur voisin d'étendre son domaine, j'entends le lien de subordination qui liera ma famille à la sienne. Réalise-t-il combien il me coûte de sacrifier mon indépendance dans ce mariage? Pourtant je sais que sans ses forces, je serais la proie de partis moins engageants. La famille Tarly est ancienne et respectable. De plus le Lord est à la tête d'une force armée considérable et revient d'une campagne qui l'a amené à sympathiser avec nombre d'autres nobles du Bief. C'est plus que ce qu'une vieille fille de vingt-sept ans peut espérer comme beau-père.

-Ma famille est traditionnellement plus portée à s'occuper d'affaires spirituelles qu'à guerroyer mais je comprends fort bien que le pouvoir des Dieux ne nous protègera pas seul de la barbarie des Fer-nés ou de la félonie des Feunoyrs. En tant que propriétaire et citoyenne du Bief et du Royaume moi-même je ne peux que vous être reconnaissante à vous et à mon futur fiancé de nous garder tous de ces pirates païens. J'ai moi-même hâte d'unir nos maisons dans notre intérêt mutuel mais il convient de modérer notre impatience réciproque, ces questions réclament d'être traitées dans les moindres détails et c'est là l'objet de ma visite. Mais ne déflorons pas ici le sujet, nous discuterons peut-être plus à l'aise à une table?

C'est vrai que cette pièce intermédiaire n'est pas idéale pour la négociation que j'avais en tête. Si Lord Tarly espérait m'expédier le temps qu'on panse son cheval et repartir aussitôt batailler, c'est raté. J'ai l'intention de mener une négociation complète, j'ai amener avec moi une batterie de conseillers et tous les documents utiles pour discuter frontières, soutien militaire, échanges commerciaux... s'il faut poursuivre les discussions jusqu'au souper ou même sur plusieurs jours j'ai pris des dispositions pour que mon intendant gère mon domaine en attendant. Et s'il faut prendre un nouveau rendez-vous plus tard alors je referais le voyage avec plaisir. Mais nous n'en sommes pas encore là. Pour l'instant je me contente d'appuyer ma suggestion d'un sourire amical en espérant qu'il nous conduira à un bureau quelconque d'où nous pourrons commencer à visualiser ensemble les points d’achoppement sur les questions les plus générales. Je ne veux formuler aucune exigence tant que je ne connais pas son état d'esprit. Nous n'avons jusqu'ici échanger que par courrier et cette première rencontre me permettra d'évaluer ses intentions exactes.
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Message Dim 9 Oct 2011 - 12:52

Le lord de Corcolline étouffa un maugréments et garda un visage imperturbable face à ce qu’il qualifiait aisément d’effronterie de la part de la jeune femme. Celle-ci ne serait pas facile à mener songea-t-il amèrement sans l’ombre du moindre sourire, après tout lady Graceford gérait à peu près seule son domaine depuis quelques années déjà, on pouvait se douter qu’elle avait acquis cet aplomb déplacé qui était souvent l’apanage des veuves ou des vieilles filles. Leslyn avait un avis bien tranché sur le comportement d’une dame : silencieuse et fertile, on ne leur en demandait pas plus et pas moins. Il avait toujours accueilli la légende de la Princesse Guerrière Nymeria comme une mascarade amusante relevant du mythe. Présentant la porte menant à ses appartements privées où se situait un long et large bureau, le lord du Bief se demanda à présent où allait l’emmener cette histoire. Il avait cru la chose réglée mais visiblement la jeune femme était venue avec la ferme intention de « débattre » et de « négocier », avec force de documents à l’appui à n’en pas douter. Il la rejoignit à sa suite, peu enjouée à se frotter à ces affaires qu’il jugeait mesquine mais malheureusement nécessaire. Après tout il y allait autant du futur de sa maisonnée que de celle de la jeune femme, des discussions préalables étaient donc…inévitables.

-Prenez place ma dame, veuillez pardonnez la rudesse de mes propos et croire à ma bonne volonté pour traiter cette affaire de la façon la plus appropriée.

Le lord de Corcolline n’avait jamais été doué pour paraître aimable ou cordial, mais il se fit violence pour paraître le moins froid possible. Amos, son vieux mestre se trouvait d’ors et déjà près de la chaise seigneuriale, des rouleaux pleins les mains. Malgré son aspect croulant et miteux, il savait pouvoir trouver en lui un appui solide et infaillible…du moins il l’espérait pour lui. Leslyn n’était pas particulièrement réputé pour faire preuve de la moindre clémence envers un serviteur incapable. Il prit place dans sa chaise qui dominait la table d’une bonne dizaine de centimètres, masquant une grimace en sentant une pique de douleur remonter le long de son échine. Il avait toujours refusé le moindre accessoire de confort pour son fauteuil, jugeant qu’un seigneur se devait de prendre pleine conscience que gouverner n’était pas chose douillette, à l’image du Trône de Fer et de ses barbelures qu’il avait pu contempler il y avait encore peu de temps. Peut être allait-il devoir revenir sur sa décision. Ses considérations secondaires disparurent lorsque le vieux mestre lui dévoila le rouleau dûment marqué du sceau du Chasseur où s’étalaient les longues et belles lettrines du contrat de mariage. Le lord le parcouru des yeux pendant que le serviteur du châtelain prenait la parole.

-Noble dame, nous sommes ici réunis pour décider des termes et accords qui vont précéder l’union de votre maison respective avec la noble Maison Tarly de Corcolline. Nous aborderons ici la question de votre dot et succession quant à votre domaine.

Le lord de Corcolline avait eu le temps de lire en diagonale le « contrat ». Il y faisait bien évidemment mention de tout ce qui obligeait la noble dame, mais il pensa qu’elle allait y redire concernant ce que proposait la maison du Chasseur. Il pensait savoir ce que la jeune femme voulait de sa maison : soldats et nourriture. Mais il était hors de question de lui allouer la moindre force militaire, conséquente tout du moins, tant que durerait les attaques Fer-Nés. Si les Boucliers cédaient, c’était tout le Bief qui était menacé. Leslyn lui avait besoin que de deux choses : des terres et de l’or. Il espérait avec force qu’un second fils né des entrailles de la légitime dame de Manoir Sacré placerait un héritier du sang Tarly à la tête de cette maison. Manoir Sacré était modeste certes mais placé stratégiquement sur la Mander où circulait marchandises et voyageurs, il entendait percevoir sa part parmi le prélèvement des taxes et des impôts sur cette manne. A 27 ans, seule en son domaine dépourvu d’hommes d’armes en nombre, il espérait que la jeune femme se montrerait conciliante.

Aussi avant de lui présenter le dit contrat préféra la questionner sur ces intentions, il était plus aisé de négocier en connaissant les intentions de son interlocuteur.

-Avant d’aborder les questions d’accords et d’échanges inhérents à cette union, j’entends vous demandez ce que vous attendez de la maison Tarly. Je ne puis vous garantir pour le moment des soldats pour garnir vos murailles et sécuriser vos terres, il est de mon devoir de veiller à ce que les Marches restent closes aux pillards dorniens et la guerre qui menace réclame notre entière force. Lord Tyrell dans sa sagesse ne tardera guère à convoquer le ban. Mais ce que je puis vous assurez cependant c’est que ni vous ni vos proches n’auront à souffrir du moindre mal durant ce conflit, je m’y emploierai personnellement en détachant un peu plus d’une cinquantaine de gardes à mon service. Assez pour patrouiller sur vos terres et, mêlé à vos propres forces combattantes, suffisamment pour veillez sur vous.

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Message Mar 1 Nov 2011 - 0:24

Cet aplomb déplacé qui était souvent l’apanage des veuves ou des vieilles filles... Oui, c'est une façon tout à fait correct de qualifier mon attitude. Même si je ne le vois évidemment pas de cette façon. Dans tous les cas, je devine bien que j'ai froissé Lord Tarly, même s'il a la courtoisie de ne pas me le faire remarquer je me fais la réflexion que je devrais modifier un peu mon comportement pour ne pas paraître trop effrontée... promesse en l'air. Je le remercie néanmoins dans les termes adaptés lorsqu'il m'indique où prendre place. Ce n'est pourtant pas dans une antichambre confortable qu'il nous emmène mais dans une large pièce visiblement destinée aux conseils de guerre plutôt qu'aux négociations commerciales. Mon futur beau-père souhaite donc donner dans le cérémonial chevaleresque? A moins qu'il ne différencie pas les affaires guerrières des affaires tout court? Je prends place sur un dur fauteuil de chêne rugueux en essayant de ne pas montrer mon inconfort.

Son Mestre apparaît bientôt suivi de près par mon clerc d'intendance, le fils d'un usurier qui m'a offert ses services en échanges de l'autorisation de pratiquer son commerce sur mon domaine. La loyauté du jeune homme est douteuse mais son talent de comptable indéniable, et de plus je n'ai pas voulu déposséder Manoir Sacré de mes serviteurs de confiance. Il est donc à la tête de mon aréopage de conseillers matrimoniaux. Je commence à parcourir le contrat de mariage préparé par un mestre qui semble crouler sous le poids de sa propre sapience. La Maison Tarly est définitivement digne des gravures légendaires, fidèle aux images d’Épinal jusque dans les moindres détails. J'en sourirais presque si la circonstance m'y autorisait. Mais je tâche de garder un air sérieux, l'heure est grave ou je consens à donner ma main, ma virginité et mes droits à un inconnu sur la seule fois de l'homme qui se tient devant moi, et qui est bien sur, en tant que père du susdit inconnu, plus que parti-prenante.

J'écoute attentivement la proposition du Lord et ne peut réprimer une certaine inquiétude à voir ses hommes d'armes investir mon domaine en nombre supérieur aux miens. Mais il faut bien que je lui fasse un peu confiance puisque je suis amené à donner une descendance à son fils ainé. Il serait donc malvenu de refuser l'aide proposée.

-Je sais la situation qui se profile à nos frontières, les barbares venus du Sud et de la mer, l'inaction de la couronne et la courageuse mobilisation de la maison Tyrell. Je sais aussi combien notre suzerain se repose sur votre propre maison et comment vos propres troupes ont une place essentielle dans la défense de toute notre belle région. Aussi soyez assurés que votre offre est appréciée à sa juste mesure. Je serais ravie d’accueillir ce renfort bienvenue dans mes murs et ils n'auront pas à se plaindre de l'hospitalité de Manoir Sacré.

Je m'apprête à relire quelques uns de mes documents quand je me rends compte que Lord Tarly attend plus que des politesses, il veut savoir quelles sont mes exigences. A moi de manœuvrer habilement pour que les largesses du Lord ne me coûtent pas trop. J'efface mon sourire pour une attitude sérieuse:

-Lord Tarly, je n'aurai pas d’exigences extravagantes concernant les avantages que l'union de nos maisons me procurera. Au contraire, je n'attends rien de plus que des accords mutuellement profitables, tant sur les plans commerciaux que stratégiques. Par contre vous ne devez pas trop en attendre de ma part en retour. Je me donnerais entièrement à votre fils, et vous pourrez me compter comme une alliée en toutes circonstances. Il va aussi de soi que le soutien militaire que vous m'avez proposé vous sera remboursé en bon et bel or. Par contre, si je souhaite ardemment prendre le nom de l'illustre famille Tarly, je veux aussi éviter que le nom de Graceford ne se perde à jamais. Mon oncle m'a cédé tous les droits qu'il aurait pu avoir sur les terres et la maison de mon père, mais si je dois rejoindre votre famille, je souhaite que la mienne continue de vivre à travers lui.

J'essaie d'y mettre le ton pour modérer la réticence de mes propos par une attitude amicale. Leslyn sait bien que je ne mets aucun entrain dans cette entreprise et nul doute qu'il espérait mettre main basse sur mon domaine. Mais puisqu'il souhaite aborder les questions importantes avant les menus détails je ne peux pas taire cette condition que j'estime légitime. Je transmets en même temps le contrat à Jacques, mon clerc. Je m'attends à ce que commence entre moi et le Lord d'âpres discussions dans lesquelles les serviteurs n'auront pas leur mot à dire. Autant alors qu'il mette son temps à profit pour lire en détail le document rédigé par le mestre de Leslyn, ainsi lorsque nous aurons trouvé un terrain d'accord, nous gagnerons du temps sur les aspects plus triviaux des négociations. J'ai aussi l'espoir vain que mon homme trouve dans ces lignes quelques conditions honteuse ou excessive dont la dénonciation donnerait de la force à mon propos. Mais je redoute que le mestre soit aussi inflexible et honorable que son maître. Nul doute que les accords sont en faveur de la maison Tarly mais d'une manière assez raisonnable pour ouvrir les enchères sur une base honnête et raisonnable.


Dernière édition par Leona Graceford le Ven 9 Déc 2011 - 21:28, édité 1 fois
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Message Lun 5 Déc 2011 - 22:22

Les doigts noueux du lord de Corcolline pianotaient sèchement sur la table en chêne, traduisant son agacement muet. Les yeux meurtriers et la bouche close il écoutait sans mot dire la jeune femme faire étalage de sa fierté mal placé. Ne pas espérez beaucoup de sa part ? Voilà qui était un bien mauvais choix de mots pour une négociation songea-t-il d’un air sombre. Leslyn désirait davantage qu’une « épouse dévouée » pour son fils. Quant au soutient militaire que pouvait offrir Manoir Sacré, il était malvenue de dire à haute voix que celui-ci était risible. Il cru se souvenir qu’un certain Ser Harys s’était illustré lors du tournoi de Cendregué, mais des chevaliers amateurs de joutes il n’en avait toujours conçu qu’un vague mépris. Il avait besoin de guerriers, pas de jouteurs d’opérettes empêtrés dans des robes et autres rubans aux couleurs chatoyants. Le lord hocha pourtant la tête d’un air appréciateur, signe qu’il prenait compte de l’offre de la jeune dame. Leslyn lui savait ce qu’il voulait : des terres et de l’or. La demeure des Graceford se situait sur un point avantageux de la Mander, une voie fluviale dont il avait l’intention de tirer partit. Assurément la jeune femme n’était pas le partit le plus noble à choisir pour les Tarly de Corcolline, mais dans les circonstances actuelles il était le plus judicieux. Encore une autre chose qu’il faudrait faire rentrer dans la tête de son aîné pensa-t-il amèrement.

-Croyez bien ma dame qu’il n’est nullement en mon intention de porter atteinte au nom de vos ancêtres, mais comprenez bien que si union il y a mon fils se comportera comme seigneur et maître sur vos terres en qualité de votre époux, avec tout le respect qu’il vous est dû à vous et à votre maisonnée bien entendu.

La voix rêche et le ton sec, il était conscient que c’était là une pilule amère à faire passer, d’autant plus que la dame n’était pas prête à abdiquer si facilement, mais c’était là les lois du mariage après tout. Le vieux mestre conscient de franchise un peu trop cru de son maître intervint à son tour avec une hâte obséquieuse.

-Mais il sera tout à fait libre à votre oncle j’en suis sûr de prendre le flambeau de votre maison.

Leslyn resta muet, la résolution de cette question viendrait plus tard. Il y avait des choses plus pressantes pour le moment. D’un geste las il enjoignit au vieux sage de l’informer sur les détails les plus ennuyeux de toute cette procédure. La maison Tarly avait ses exigences quant à elle, et de solides. Le mestre dans une succession de gestes saccadés déplia une carte détaillée et riche en couleurs du Bief, certains blasons méritaient d’ailleurs une certaine retouche nota le vieux lord. Il décacheta le précieux document que constituait le contrat de mariage et le transmit à la jeune dame, un sourire affable sur le visage. Leslyn en connaissait déjà les grandes lignes.

Citation :
Rassemblé en ce jour de grâce de l'an 211 le second du règne d'Aerys le Premier, il est convenu entre le seigneur Tarly et dame châtelaine Graceford , ce qui suit :

Sous la grâce des Sept d’unir la maison Tarly à la maison Graceford en la personne de ser Samwyle Tarly de Corcolline héritier de la Maison Tarly et dame Leona Graceford de Manoir Sacré, dans une vue de prospérité, d’échanges et d’aide mutuels.

La dot de Dame Leona Graceford est constituée par les soins de sa maisonné et se compose de tout ce qui est nécessaire à l'établissement de ladite Dame en tant qu'épouse de Ser Samwyle Tarly.

Il est convenu qu’en qualité d’époux Ser Samwyle prendra place en tant que seigneur et maître ainsi sur les terres de Manoir Sacré, il sera garant de son administration et de sa protection. Il prélèvera taxe, impôts et autres contributions qu’il jugera nécessaire pour la bonne gérance du domaine, dans le respect des lois du royaume, de l’équité et des lois mis en place par Lord Tyrell Suzerain du Bief. Il pourra également appeler à la levée du ban seigneuriale lorsque guerre menacera. Enfin il sera détenteur de tous les droits prérogatives incombant au titre de seigneur.
Au titre des versements et échanges entre les deux maisons, il est convenu que sur une période de sept années consécutives soient accorder à la maison Tarly une rente égale au tiers des ressources produits par le domaine et les terres affiliés. Des tarifs préférentiels seront exercés concernant le commerce de matières premières ou de première nécessité. La maison Tarly s’engage à son tour de fournir troupes et protection en cas d’invasion ou de menace directe contre les terres ou le domaine de Manoir Sacré.

Il est également entendu que si dame Graceford vient à perdre la vie en quelque circonstance que ce soit, ses biens et possessions reviendront à ses fils. En l’espèce si lady Graceford vient à mettre au monde au moins deux enfants mâles, le second se verrait doter du titre de seigneur de Manoir Sacré et exercerait ses prérogatives au nom des Graceford. Si Ser Samwyle Tarly venait à perdre la vie, en qualité de veuve dame Leona Graceford exercerait la régence jusqu’à ce que son fils soit en âge.

Le présent contrat prend effet dès l'instant où l'union sacrée de Ser Samwyle Tarly et dame Leona Graceford aura été consommée sous le regard bienveillant des Sept. Dès lors, les clauses du présent contrat seront immédiatement exécutoires.

Pour faire valoir ce que droit, sous l'œil des Sept, en l'an de grâce 211, deuxième année du règne du Premier Aerys Targaryen, Lord Leslyn Tarly et Lady Graceford.

Les termes choisis et les dispositions mise en place étaient d’interprétations suffisamment larges pour parer à toute éventualité malheureuse et faire l’objet de négociations honnêtes. Du point de vue de Leslyn l’arrangement était tout ce qu’il avait de plus honnête. La jeune femme devait ici comprendre qu’elle n’avait guère le choix, avec la guerre à nos portes elle se devait de prendre ses responsabilités et la force militaire de Corcolline était un bouclier tentant à emprunter.
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[PV Leona Graceford] Sur les terres du Chasseur.

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