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[TERMINE] Missive de Lord Leo Tyrell adressée à Lord Jace Redwyne.

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Message Sam 17 Sep 2011 - 16:11

Leo s’étira les doigts pour trahir les crampes qui s’insinuaient le long de ses mains. Chaque soir, le seigneur du Bief s’astreignait à répondre et à garder contact avec ses alliés susceptibles de s’impliquer dans le conflit Fer-Né, histoire de ne souffrir d’aucun retard dans le jeu diplomatique et pour distribuer ses directives. Autant dire que sa soirée épistolaire moyenne avait enflé de quelques heures ces dernières semaines. Il s’y mettait juste après le souper jusqu’à tard le soir alors que toutes les fenêtres du château s’étaient éteintes. Même terrassé de fatigue, Leo rejoignait la couche de sa femme Jeanne, généralement déjà endormie, avec l’esprit encore bouillonnant des nouvelles des quatre coins du Royaume. Correspondre avec des seigneurs provenant aussi bien de Dorne, du Conflans, de l’Ouest ou du val d’Arryn, c’était un peu pour lui une façon de voyager, chaque lettre étant comme un fragment de son pays d’origine, emportant avec elle quelque poussière ou quelque parfum emporté par les vents. Être ainsi sur tous les fronts avait une saveur enivrante et Leo savait maîtriser l’art subtil qui consistait à déléguer ce qui pouvait l’être pour ne pas finir totalement submergé par les flots de l’hyperactivité. Secouant sa main droite comme une araignée à cinq pattes pour y faire circuler le sang, Leo s’adossa contre le dossier du fauteuil confortable dans lequel il s’était installé pour relire la missive qu’il venait d’achever.

« De Lord Leo Tyrell de Hautjardin à Lord Jace Redwyne de la Treille.

Lord Redwyne,

Si mes informations s’avèrent exactes et si vous n’avez souffert d’aucun contretemps, ce corbeau devrait vous parvenir dès votre retour à la Treille. J’espère de tout cœur que votre voyage s’est déroulé sans encombre bien que je ne puisse pousser mon optimisme jusqu’à espérer qu’il ne fut pas pour autant harassant. Je souhaite que la compagnie de Lord Tarly sur le chemin du retour ait allégé quelque peu la longueur du voyage et vous ait permis à l’un comme l’autre de tromper l’ennui. J’ai hâte de connaître vos rapports respectifs à l’un comme à l’autre sur votre rencontre avec le seigneur Main pour savoir ce qui est ressorti de cette entrevue. Il est toujours intéressant de savoir ce qui se trame à Port-Réal et j’imagine que la capitale a encore dû bien changer depuis ces cinq dernières années. Nous sommes à une époque où Westeros bouillonne d’une agitation sans précédent et jamais les changements n’auront opéré si vite que de nos jours. Je présage que le Fléau du Printemps a dû défigurer quelque peu cette dynamique mais rien ne pourrait arrêter la force de l’air du temps.

Je vous souhaite de bien profiter des quelques jours qui viendront pour vous reposer car j’aurai besoin de vous à Hautjardin le plus rapidement possible. Je ne voudrais pas donner l’impression de tirer sur la bête en m’appuyant particulièrement sur mes vassaux les plus compétents et les plus dignes de confiance mais je sais qu’en temps de crise - car c’est une crise majeure que celle engendrée par les Fer-Nés qui nous tient tous éveillés depuis plusieurs mois - les hommes du Bief ont la réputation d’être endurants, infatigables et à ce titre, la lignée des Redwyne n’a plus à prouver qu’elle est parmi les plus pugnaces d’entre toutes. Vous aurez compris que je ne vous ferais pas venir jusqu’ici pour rien et que je ne me permettrais pas d’user vos forces et de vous éloigner de votre fief pour le simple plaisir d’entendre votre rapport sur votre expédition à Port-Réal de vive voix pour lequel l’agilité de votre plume et le vol d’un oiseau suffiront à me le faire parvenir.

Par les temps qui courent, il serait suicidaire de se priver des forces vives de notre Royaume et, Lord Redwyne, vous êtes sans conteste de celles-ci. Je vous observe depuis quelques temps déjà et je n’ai pas été sans remarquer de quelle façon admirable vous avez dirigé la Treille jusqu’à présent. Votre réputation de marin vous précède également et d’après de nombreux observateurs, vous êtes sans pareil pour ce qui est de naviguer et de commander un équipage. Aussi, je vous demande de rejoindre Hautjardin pour prendre vos fonctions à la tête non pas d’un mais de nombreux équipages puisqu’il s’agit ni plus ni moins que des flottes de notre Royaume. En un mot comme en cent, je vous nomme Amiral de l’escadre du Bief. Bien entendu, en sus du titre et des responsabilités qui vont avec, vous bénéficierez des honneurs et des privilèges de la fonction. Le Royaume a besoin de vous et nos flottes d’un commandant à sa mesure.

En attendant des nouvelles de votre venue, je prie les Sept qu’ils vous tiennent en leur sainte ferveur.

Lord Leo Tyrell, seigneur de Hautjardin, seigneur suzerain du Bief, gouverneur du Sud, Défenseur des Marches et Haut Maréchal du Bief. »


Roulant le parchemin pour y apposer un cachet de cire au blason de la maison Tyrell, Leo était satisfait de sa missive. Sa plume n’avait pas dévié cette fois et il s’empressa de libérer le corbeau qui trônait silencieusement sur le perchoir de sa cage pour lui attacher le message avant de le pousser à prendre son essor par la fenêtre. En voyant l’oiseau disparaître à tire d’ailes dans le lointain crépuscule, Leo ne put s’empêcher d’avoir une pointe d’admiration pour les trésors de dressage dont faisaient preuve les Mestres pour intégrer des itinéraires précis et reproductibles dans le crâne de ces volatiles.


Dernière édition par Leo Tyrell le Dim 18 Sep 2011 - 0:19, édité 1 fois
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Message Sam 17 Sep 2011 - 23:56

La nouvelle ne pouvait que le réjouir. Recevoir l'affirmation de la confiance de son suzerain est un bienfait pour tout vassal, et Jace n'était guère différent des autres en la matière. Il accueillit la nouvelle de sa nomination à la tête de toutes les flottes du Bief d'un soupir ému de satisfaction avant de partager l'événement avec sa sœur qui l'embrassa vivement avant de s'incliner devant « l'Amiral ». Quelques instants plus tard, cependant, elle confia à son jumeau la crainte qu'elle éprouvait de plus en plus souvent de ne jamais trouver un époux et de devenir une honte et un fardeau pour sa famille. Jace eut pour elle des paroles tendres et réconfortantes. Il lui assura par ailleurs avoir un plan en tête pour elle, voire plusieurs, mais quand elle voulut en savoir davantage, il la congédia, préférant lui réserver la surprise si les machinations bienveillantes qu'il ourdissait en secret venait un jour à rencontrer le succès. Il se retira ensuite au calme de ses appartements pour rédiger d'une traite la réponse à son suzerain qu'il voulait informer de sa joie et de sa détermination à le servir au mieux de ses capacités.

 « Mon suzerain,

J'espère que cette missive vous trouvera vous et les vôtres en bonne santé. Rien ne vous échappe, et à peine avais-je quitté ce matin le pont du navire qui me porta de Port-Réal jusqu'à mon île bien aimé qu'un domestique vint m'avertir de ce qu'une lettre de votre part m'attendait depuis quelques heures entre les mains d'un des préposés du mestre attaché à ma maison. Les mots sont vains à exprimer ma reconnaissance, et j'ai déjà pris toutes les dispositions utiles pour vous rejoindre à Hautjardin afin de souscrire aux honneurs dont vous me gratifiez si généreusement. Je vous assure que jamais vous n'aurez à vous plaindre d'un tel mouvement et si les Sept le veulent, ce jour marque la fin de l'impunité des barbares fer-nés et de leurs prétentions belliqueuses.

D'ici quelques jours, je serai à vos côtés et recevrai les premiers ordres que vous donnerez à votre fidèle vassal et en tant qu'amiral de toutes vos flottes, j'aurai à cœur de vous éclairer au mieux de mes conseils et de mon expérience de la navigation. Dès à présent, sachez que l'ensemble de mes bâtiments se tient à votre service. Mais il y a tant à faire qu'il est inutile de perdre son temps en vaines palabres, et nous nous verrons très bientôt. Vous trouverez joint au vélin le rapport de mon entrevue avec la Main du Roi et vous partagerez très certainement avec moi la déception de voir le Trône se désintéresser de notre grand désarroi. Il faut y voir un signe des Sept qui nous invitent à démontrer tout notre courage et toute notre détermination. L'avenir de nos terres en dépendent.

Recevez mes plus respectueuses amitiés, et l'assurance de la fidélité inaltérable de la vigne à la rose.
 »


Jace se relut patiemment avant de confier le vélin à l'attention particulière de son mestre. Il aurait souhaité confier à son suzerain ses projets de mariage et peut-être recevoir de lui quelques conseils, mais c'eût été hors de propos. L'heure était à la guerre, et il n'avais pas à parasiter les pensées de son suzerain qui avait bien mieux à faire que de s'occuper des noces de son vassal, quoique celui-ci convoitât une demoiselle dans le proche entourage de la maison Tyrell. Considérant les liens étroits qu'entretenaient la plupart des grandes familles du continent, Jace était bien obligé de s'avancer lui-même sur le vaste échiquier politique du jeux des trônes, et il se devait d'agir avec prudence et pragmatisme. S'il était vrai qu'Edwyn Estren se trouvait dans le Bief pour conduire les négociations qui aboutiraient à l'alliance de l'Ouest et du Sud et au mariage de ser Tristan à Lady Aliénor, alors la configuration politique du continent allait changer. Certes, les Stark, les Tully et les Arryn demeureraient toujours aussi lointains et peu intéressants, mais le rapprochement du Lion et la Rose allait changer bien des choses, et les perspectives commerciales qui s'éclairaient pour la Treille étaient bien susceptibles de réjouir Jace, bien qu'il eût conscience de ce fait inexorable : tant que les fer-nés n'étaient pas renvoyés durablement dans leur trou à rats des îles de Fer, profiter de ce rapprochement pour accroître les liens commerciaux qui liaient déjà Port-Lannis et Port-Ryam était une entreprise compromise par nature.

Il songea alors qu'il rencontrerait très probablement à Hautjardin l'envoyé de Tybolt Lannister, et l'idée d'une mise en scène très précise prit forme dans sa tête. Lord Estren était bien loin de Castral Roc, et sur les terres des Tyrell, son sort ne regardait plus d'assez près le Lion qui avait sans doute bien mieux à faire que de s'occuper des affaires de son vassal, qui plus est quand ces affaires ne concernent ni les Lannister, ni l'Ouest.
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