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Missive de lord Tarly à lord Tyrell

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Message Mar 13 Sep 2011 - 18:08

A peine entré dans la roukerie le lord du Bief fut accueilli par un concert de battements d’ailes et de croassements lugubres. Leslyn Tarly n’avait jamais aimé les corbeaux, il en avait davantage vu se nourrissant de cadavres que transportant des missives, pour lui ces oiseaux restaient immanquablement lié au malheur. Il songea que si l’Etranger devait un jour prendre forme sur cette terre, il le ferait sans doute en corbeau. Évacuant ces pensées superstitieuses et inappropriées, il s’empressa de dépasser la vieille carcasse Grand Mestre qui l’avait guidé jusqu’ici. Aussi aimable qu’il avait pu se montrer, il avait eu du mal à supporter la cadence du pas traînant de ce vieux mielleux. Il le remercia donc d’un vague sourire pincé. Papier, plume, encre et cire étaient déjà à disposition sur une robuste table en chêne parcourue de fientes. Le vieux chevalier espéra qu’il n’y en avait pas une ou deux de trop fraîche. Le tintement de la chaîne du vieil homme lui rappela sa présence, et il se tourna vers lui prêt à lui faire savoir qu’il n’avait plus besoin de lui. Ce dernier bafouilla quelques mots hésitants en chevrotant.

-Messire Main me charge de vous faire que je suis à votre entière disposition pour *hum* quoique ce soit *hum*. Je serai ravi de vous *hum* assister.
-Je pense encore savoir manier une plume Grand Mestre, *contrairement à toi sans doute* pensa-t-il ironiquement, je vous remercie.

Visiblement conscient du dérangement le vieux sage quitta les lieux après une révérence obséquieuse. Leslyn écouta attentivement son pas traînant s’éloigner au fur et à mesure et descendre les escaliers. Il ne doutait pas un seul instant que celui-ci aussi soit un espion de la Main. Il avait des yeux partout…comme le disait si bien cette ridicule comptine. Il y avait même fort à parier qu’il était observé ici même, des ouvertures secrètes dans les murs peut être…Il secoua la tête pour chasser cette paranoïa malvenue. Que lui importait ce que ces espions-imaginaires ou non-pouvaient apprendre. Il prit place sur le tabouret et s’empara de la plume avant de la tremper dans l’encre. La Main du Roi lui refusait soutient et troupes mais l’autorisait à utiliser la roukerie du palais. Trop aimable à lui, mais le lord aurait aimé lui lancer à la figure qu’il aurait nettement préféré des épées en lieu et place de plumes. On ne pouvait pas dire qu’il avait exactement failli à sa mission. Il avait essuyé un refus-plus ou moins poli, mais cela restait un refus-dans sa demande en troupes, mais au moins avait-il exposé toute la situation et sans fioritures. Le sang qui allait couler promettait à présent d’être autant sur les mains du Bief que sur celles de la Main et du Roi.

Dépliant une large feuille de parchemin jauni qui manqua de se déchirer lorsqu’il le manipula, il songea à ce qu’il pouvait bien dire. Bah ! Pas la peine de masquer la vérité à son vieil ami, il ne l’avait pas chargé de cette mission pour lui faire de longues palabres et enjoliver les choses. Sans doute que la missive ne serait lu que de son suzerain, il pouvait donc faire fi des formules protocolaires.

De lord Leslyn Tarly de Port-Réal à lord Leo Tyrell de Hautjardin, suzerain du Bief.

Mon vieil ami,

C’est avec une joie certaine que je m’apprête à retourner dans nos vertes contrées mais avec de sombres nouvelles à rapporter. Je ne sais encore ce qui a bien pu te pousser à me nommer comme envoyé du Bief auprès de la Main du Roi. Peut être que quelqu’un de plus présentable aurait pu savoir utiliser les mots les plus appropriés pour faire valoir nos demandes. Quoiqu’il en soit je me vois au regret de t’annoncer que, malgré nos « respectueuses sollicitations » en compagnie de ce jeune lord de la Treille, la Main et le roi ne semblent guère décidés à faire davantage que leur misérable et symbolique « milice ». Visiblement le Protecteur des Sept Couronnes pense remettre la défense de son royaume aux mains des francs coureurs et l’engeance sans honneur est la meilleur des solutions. Le trône m’a cependant parut solide, ce Brynden Rivers tout engeance bâtarde qu’il puisse être n’est pas dénué d’une certaine…poigne. La situation ne m’a semblé aussi catastrophique qu’elle aurait pu être dans la capitale et le Donjon Rouge tient toujours debout. Un miracle que notre bon roi Aerys n’aurait pas pu accomplir.

Nous voilà livré à nous-mêmes je le crains mon vieil ami, pour le meilleur et pour le pire. Je pense me rendre sous peu auprès de mes domaines de Corcolline, notre lord amiral m’a offert le véhicule de son navire. Qu’en est-il de la situation dans le Bief ? On se murmure des rumeurs de mariage dans la capitale. Dois-je croire qu’un heureux événement est prévu ou bien traiter tout ceci en racontars de bas étages ? Il me tarde de m’entretenir avec toi de vive voix, des moments sombres nous attendent j’en ai peur. J’ai déjà envoyé mon second fils offrir aide et soutient aux lords côtiers, bien que je pense que pas un ne soit prêt à se voir seconder par un gosse encore vert. Les Fer-Nés se font plus entreprenant chaque jour, et il ne leur faudra pas longtemps pour abandonner toute notion de raisonnable et s’en prendre directement à une de nos places fortes.

Dans l’attente de te revoir, mon cher ami, je demeure ton fidèle frère et vassal.

Le lord de Corcolline jugea le ton de la lettre un peu alambiqué et mal à l’aise mais la missive faisait part de l’essentiel et c’était là le principal. Il roula donc le parchemin après avoir fait consciencieusement fait sécher l’encre encore humide. Retirant son sceau il fit tomber quelques gouttes de cires et appliqua avec fermeté sa bague pour cacheter le tout. Comme il avait hâte de partir d’ici. L’action lui manquait, on avait besoin de lui là-bas et il en avait assez du traitement obséquieux et pompeux de la valetaille du palais. Mais l’action viendrait, il ne le savait que trop bien songea-t-il alors qu’il regardait l’oiseau noir prendre son envol.

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Message Mer 5 Oct 2011 - 20:58

C’est avec une diligence certaine que Mestre Eolas interrompit son seigneur dans ses occupations, à savoir dormir étant donné l’heure tardive, pour lui remettre en main propre le rouleau de parchemin collecté sur la serre d’un corbeau fraîchement atterri de son voyage depuis la capitale. L’oiseau s’était de bonne grâce laissé faire, le temps pour le mestre de le libérer de son fardeau avant de se jeter avec avidité sur la coupe de bonne chaire venant récompenser ses loyaux services. A la vue du sceau de la maison Tarly, il n’en fallut pas plus pour convaincre le jeune Mestre d’enfiler ses chaussons et dévaler les marches quatre à quatre en direction de la chambre du couple Tyrell. Tambourinant avec application sur la porte de la chambre, il attendit tranquillement sur le pas de la porte que les bruits diffus signant le lever confus de son seigneur se changent en bruits de pas approchant de la porte. Celle-ci s’ouvrit d’un geste abrupt, révélant un Leo hirsute, tout ensuqué, les yeux mi-clos pour combattre l’obscurité et à présent agressés par la lueur de la chandelle tenue par Eolas.

« Ha, c’est vous… C’pour quoi ? » Sa voix trahissait celle de l’homme encore trop endormi pour manifester de la colère de s’être fait réveiller en pleine nuit.

« Une lettre… De Port-Réal. Lord Tarly… »

Un bras plongea pour lui arracher brusquement le parchemin des mains. Brisant le cachet, Leo fit signe à son mestre de s’approcher pour lui tenir la chandelle bien en hauteur pour qu’il puisse lire. Ses yeux parcoururent en vitesse les lignes une première fois puis une deuxième. Le visage rembruni par ce qu’il venait de lire, Leo enroula le parchemin avant de saluer Eolas.

« Merci, Mestre, de m’avoir apporté cette lettre dès que vous l’avez reçue, comme je vous l’avais demandé. A présent, je retourne terminer ma nuit et vous devriez faire de même. »

«Vous n’allez pas lui répondre ? » demanda-t-il sur un ton où la surprise camouflait péniblement son air scandalisé. Pourquoi l’avoir fait se lever en pleine nuit pour un courrier qui ne nécessitait pas de réponse urgente ? « Pardonnez-moi, je ne voulais pas hausser la voix. »


« Ne vous excusez pas, je comprends votre surprise. Les nouvelles ne sont pas bonnes, il se trouve que le roi ne souhaite pas s’impliquer dans nos problèmes. Aussi, il n’y a pas de réponse urgente à donner à cette lettre. Cela attendra demain. Bonne nuit, Eolas. »

Leo regagna l’obscurité de la chambre, posa la lettre sur sa table de nuit et s’enroula dans les draps près de sa douce. Jeanne s’était déjà rendormie.

Le lendemain matin au réveil, une fois n’est pas coutume, Leo s’installa à son bureau pour rédiger la réponse à son vassal et ami, Leslyn Tarly.



Mon cher ami,

Je comprends ta nostalgie pour nos vertes contrées et je me vois désolé de t’avoir arraché à ton fief pour un voyage qui s’est révélé des plus infructueux. Je tiens à vous remercier, toi et Lord Redwyne, d’avoir porté haut les couleurs de la Rose d’or sur champ vert et je ne doute pas que vous ayez tout mis en œuvre pour faire entendre raison au roi et au seigneur main. Hélas, il n’y a pas plus sourd que qui ne veut entendre. J’imagine qu’il faut s’estimer heureux des quelques lames de la milice promise par le roi pour venir gonfler quelque peu nos effectifs. Je te souhaite de ne pas avoir par trop le mal de mer sur le retour à bord de La Licorne et que les choses se seront bien passées avec son capitaine.

D’ailleurs, tu ne devrais pas sous-estimer ce jeune lord de la Treille comme tu l’appelles sur le simple argument de sa jeunesse. Jace Redwyne est promis à un avenir radieux et à de grandes responsabilités, tu peux m’en croire. Il a le talent et les épaules pour et je lui prévois un rôle de premier ordre dans le conflit contre les Fer-Nés. Si je vous ai envoyés tout deux plutôt que de simples diplomates, c’était dans l’espoir d’en appeler à l’honneur et à la raison de notre roi. J’espérais qu’il fut inspiré et convaincu par deux des plus grands meneurs d’homme du Bief mais c’était une bataille perdue d’avance, semble-t-il.

Au moins, désormais, nous savons à quoi nous en tenir et dans la tristesse de cette nouvelle, je me réjouis d’autant plus des avancées réalisées dans l’alliance prochaine avec l’Ouest. A ce propos, les rumeurs de Port-Réal sont véridiques. Figure-toi que mon fils Tristan s’apprête à épouser la sœur du Lion de l’Ouest, Aliénor Lannister. Pour ma défense, je dirais que le dicton « Les ennemis de mes ennemis sont mes amis » n’aura jamais eu plus de sens qu’en ces temps troublés. Il me semble, si les murmures que j’ai entendus sont véridiques, que tu prépares toi aussi des fiançailles de ton cru à Corcolline. Je ne manquerai pas de te voir au mariage proprement dit, il me tarde de partager de vive voix les derniers récits de tes aventures, un verre à la main. Malgré les enjeux diplomatiques, quoi de mieux que d’être entouré d’amis pour une telle fête ? Et puis, j’aurai besoin de m’entretenir avec toi de certaines choses. Je ne t’en dis pas plus pour le moment, si ce n’est que la Rose et le Lion auront besoin d’hommes de poigne pour coordonner leurs armées contre la Seiche.

Au plaisir de nos retrouvailles futures qui ne manqueront pas d’arriver.
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