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Promontory [Roan]

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Message Mer 7 Sep 2011 - 14:11

    Je courais aussi vite qu’il m’était possible. Mes pieds frappaient le sol couvert de feuilles et d’herbes folles avec autant de douceur et de légèreté que possible. Le vent me fouettait le visage, signe que j’étais bien dans la bonne direction. Ma cible n’avait aucunement confiance de ma position exacte, même si l’instinct l’avait poussée à se mettre à courir, voici déjà de longs instants. Ce sixième sens des animaux traqués m’étonnait toujours. Sans un bruit, j’avais réussit à m’approcher de la bête. Sans un seul bruit, et face au vent. Aucun moyen de me détecter. Est-ce que celui là avait plus d’odorat que la majorité de ses congénères, ou peut être une vision périphérique plus aiguisée ? Mes poumons me brûlaient alors que je courrais torse nu. La sueur qui commençait à recouvrir ma peau me semblait glacée à cause du courant d’air s’infiltrant dans le sous bois. J’étais aussi léger et preste qu’une des créatures peuplant cette forêt. Inspirant profondément, mes muscles commençaient néanmoins à rougir sous l’effort, et à me brûler. Je continuais à courir, car je savais que ce genre de course se gagnait autant par endurance que par ténacité, adresse et vitesse. Je vis l’ombre de ma proie sauter entre deux boissons dans la déclinaison rocheuse en bas de la pente. Je voyais ses bois au dessus de la végétation très dense de l’endroit où il se trouvait. Je finis par me faire fouette et griffer le visage par des branches basses, faisant plus de bruit que je n’étais accoutumé à en produire dans ce genre de situation. Forcément, l’animal bifurquant sa course vers l’ouest, ayant repéré le bruit. Grognant dans ma barbe, je bondissais de rocher en rocher aussi vite que possible, courant sur la surface lisse de la pierre en restant penché en avant de sorte à m’aider de mes mains, galopant le plus rapidement que mon corps était capable de me porter.


    Je courrais au travers du cours d’eau, tout près des chutes. Du coin de l’œil, je vis l’animal passer la rivière une dizaine de mètres en contrebas. Savait il que je me trouvais sur le promontoire ? Aucune idée. Mais il ne s’arrêtait pas. Et toujours pas de trace de sa harde. Quand bien même, ce cerf en avait fait une affaire personnelle, et j’étais littéralement ébahi par la ténacité dont l’animal pouvait faire preuve. Il s’enfonça dans les bois de la rive occidentale de la rivière. Rivière dont j’ignorais le nom. En fait, je ne savais absolument pas où je me trouvais. J’allais vers l’ouest, c’était certain. Le climat avait changé aussi, il se montrait plus sec que dans le conflans. Sans doute parce que la région précédente était drainée par de nombreux fleuves et moult rivières, alors que les cours d’eau se faisaient ici plus rares, ou en tous cas moins importants. Le gibier lui, était pourtant tout aussi abondant, même s’il n’était pas composé des mêmes espèces. Chassant ces réflexions, je sentais l’eau de la rivière tremper mes chausses alors que l’eau éclaboussait mon corps tout entier. Quand la chasse serait finie, je viendrais probablement me délasser dans ce cours d’eau, car l’eau qui y coulait était fraîche mais c’était franchement agréable. Oui, je reviendrais par ici, et peut être que j’y passerais la nuit. D’abord, il fallait que je l’attrape.


    Je courrais encore, ayant l’impression que chacun de mes muscles tirait sur mes os. C’était plutôt désagréable, mais je continuais en serrant les dents. Je sautais à bas de plusieurs rochers, baissant la tête dans ma course pour éviter les branches basses des arbres ayant poussé le long de la pente. Finalement, je posais un genou à terre, pointait mon arc devant moi et encochais une des flèches que je tenais de mon autre main. Quand l’ombre passa à une vingtaine de mètres devant moi, je lâchais la corde. Le projectile fusa en sifflant, se plantant dans les côtes de la bête. Qui s’effondra au sol, le sang coulant de son museau faisant un bruit de gargouillis. Je m’approchais de la bête, et mit fin à son existence d’une entaille de couteau très précise au niveau de la gorge, penchant une grande outre à la plaie. Jusqu’à ce que je perçoive du bruit non loin. Lachant mon attirail, j’encochais une flèche. On n’est jamais trop prudent, loin de la civilisation…

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Message Jeu 8 Sep 2011 - 11:09

C'était un mouvement furtif qui avait attiré son regard à travers les arbres et après avoir cherché un instant parmi les troncs et les feuilles, c'était une silhouette qui l'avait poussée à s'écarter des sentes bien nets pour s'engager dans les bois. Ceux qui parmi ses gens chassaient ne le faisaient qu'une fois par semaine, souvent aux collets, parfois à l'arc. Or, elle était certaine que le jour de la chasse était déjà passée et ne comprenait pas pourquoi l'un d'entre eux avait décidé d'une autre. Il était bien trop rapide pour qu'elle puisse le suivre aisément, d'autant que la jupe de sa robe entravait ses mouvements, mais elle parvenait néanmoins à la garder à l'oeil à bonne distance. Non loin, le chant du cours d'eau qui traversait ses terres se faisait entendre et entre deux troncs d'arbres, alors qu'elle suivait toujours le chasseur, elle voyait se dresser majestueusement un cerf sur les rochers. Cela ne durait guère plus qu'une seconde ou deux avant qu'il ne reprenne sa course , mais il avait fait naître un sourire sur ses lèvres. L'animal, qui devait avoir quelques années déjà, possédait des bois bien développés et une robe d'un brun lustré. Peu après qu'il ait disparu, elle voyait sa place occupée par un homme et s'avançait dans les fourrées pour l'atteindre.

Arrivée près de la rivière, ils avaient tous les deux pénétrés dans les bois de l'autre côté et, soulevant l'ourlet de sa jupe jusqu'à ses genoux, elle sautait d'un rocher à l'autre pour traverser le torrent sans se mouiller les pieds, manquant de tomber à deux reprises mais parvenant à conserver l'équilibre in extremis. Elle regrettait de ne pas avoir enfilé un pantalon de daim le matin même, cela lui aurait permis de les suivre bien plus facilement. Ce n'était pas l'envie qui lui avait manqué mais la pudeur de ses gens méritait bien qu'elle se contraigne de temps en temps à ressembler à une dame digne de ce nom. De l'autre côté, le sol s'affaissait en pente douce d'abord, plus raide ensuite. Elle pénétrait dans le sous-bois, suivant la rive, avant de retrouver leurs traces. Déjà, le chasseur tirait une flèche de son carquois et bandait son arc, prêt à tirer sur l'animal qu'il avait en visé. Elle était tentée de faire du bruit pour alerter le cerf, le faire fuir peut-être, mais elle était curieuse de voir s'il parviendrait à l'atteindre de là où il se trouvait et observait, silencieuse.

La flèche fusait, déchirant l'air d'un sifflement à peine audible et terminait sa course dans le flanc de l'animal. Elle s'attendait à le voir prendre la fuite malgré tout mais au lieu de cela, il se laissait tomber lourdement, un filet de sang s'échappant de ses narines. Le chasseur se redressait et s'approchait du cerf pour mettre fin à ses souffrances rapidement. Intriguée de le voir porter une outre à la gorge de l'animal, Roan s'avançait vers eux aussi discrètement que possible mais son pied s'écrasait sur une brindille de bois mort qui craquait sèchement sous son poids. D'un regard vers le chasseur, elle le voyait tirer une autre flèche de son carquois, se tenir prêt à la décocher et tout en approchant, elle vérifiait la présence de son coutelas dans la poche de sa jupe, prudente.

Sortant du sous-bois, elle se montrait en levant les mains dans un geste apaisant, voulant s'épargner de recevoir une flèche inopinée. Ses lèvres toutefois restaient serrées entre elles alors qu'elle continuait d'approcher d'eux. Si le visage lui avait été familier, elle n'aurait pas eu besoin de se présenter, elle aurait été reconnue. Or, celui de cet homme lui était aussi étranger que le sien devait l'être pour lui. Un étranger qui chassait sur ses terres ? Elle s'était toujours montrée accommodante envers les braconniers, du moment qu'ils ne vidaient pas les forêts de tout son gibier, qu'ils ne s'emparaient pas des proies capturées dans les collets également. Elle pourrait l'être là encore, quoi qu'elle trouvait la proie bien grosse pour un seul homme. Que ferait-il de la carcasse lorsqu'il l'aurait dépecée et en aurait tiré toute la viande ? L'odeur du sang attirerait bientôt d'autres prédateurs. Quand bien même il la mettrait à cuire, il ne pourrait pas tout manger en un ou deux repas et elle pourrirait rapidement. Elle fronçait les sourcils brièvement et commentait :

-Joli tir. Je ne pensais pas que vous feriez mouche... Où sont vos compagnons ?

Elle balayait les alentours du regard rapidement, méfiante, avant de reporter son attention sur lui. Étaient-ils plusieurs ou avait-il une famille à nourrir toute proche ?

-Vous savez bien sûr que votre terrain de chasse se situe sur les terres des Kenning et qu'il est interdit d'y chasser sans autorisation ? s'enquerrait-elle calmement.
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Message Sam 10 Sep 2011 - 22:55

    Une jeune femme faisait irruption depuis la végétation. Elle avait les cheveux longs, et avec les reflets du soleil qui transperçaient le couvert des frondaisons, j’aurais dit que ses cheveux étaient couleur auburn. Jolie, plutôt bien habillée. De façon plus coquette que pratique. On n’emmène pas de jupe en forêt, même si celle-ci est toujours plus pratique qu’une robe de cour. Mon instinct me soufflait là que je devais avoir à faire avec quelqu’un de relativement fortuné. Peut être la fille d’un nobliau du coin, ou d’un commerçant prospère. Jeune, mais peut être déjà mariée. Toutes ces insconstances multipliaient le danger. Une femme de cette stature, si je ne me trompais guère, ne devait pas se promener seule sans surveillance ni protection. Des hommes d’armes peut être. Pire, possiblement des reîtres. Et pire encore, un ou deux chevaliers. Mais je m’emballais. J’étais léger et je pouvais encore courir. Je ne connaissais pas les lieux comme ma poche, certes, mais j’étais bien plus un forestier que les poursuivants que l’on pourrait m’opposer. Du moins cela me plaisait de m’en convaincre, sans pour autant avoir la moindre certitude. Je me redressais lentement, sans pour autant baisser mon arme. La corde tendue commençait à tirer sur mes bras, mais j’avais la force de l’habitude avec moi. Je pourrais encore un moment tenir mon arme de la sorte, au moins le temps de m’assurer qu’il n’y avait plus aucun danger à proximité. A condition que cela soit le cas, bien entendu. La jeune femme se mit à m’étudier moi, et ma proie abattue. Cela dura un instant sans que le silence ne soit brisé. Finalement, elle me complimenta pour le tir, et je fronçais les sourcils quand elle me dit qu’elle ne pensait pas que je puisse le réussir de prime abord. M’avait elle surveillé ? Je n’étais pas certain d’aimer le tour que prenait la conversation, sitôt entamée. Elle me demanda où étaient mes compagnons. Je détendais légèrement l’arc, gardant la flèche encochée.


    | Dans les bois. Ils chassent aussi. J’espère qu’à six ils auront eu le loisir d’attraper quelque chose. L’hiver vient, comme on dit plus au nord. |


    Je fermais un instant les yeux. La jeune femme était elle ce qu’elle semblait être, ou était elle simplement du coin pour pouvoir etre en mesure de me jeter pareille information au visage ? Je n’en avais présentement aucune idée. A priori, elle était belle et bien seule. Je plantais mes flèches dans le sol, et posais l’arc à côté. Je rattrapais l’outre que j’avais mise à côté de la plaie béante au cou du cervidé. Je grognais en me rendant compte que dans ma précipitation à me défendre, j’en avais perdu plus de la moitié. Je rebouchonnais l’outre en peau. Il ne faudrait pas que je tarde à le boire par cette chaleur. A moins que je n’ai le temps de farcir un ou deux organes et de laisser sécher avec du sel et de l’eau, de sorte à obtenir de la nourriture. Je n’allais cependant pas dépecer l’animal ici, et encore moins sous le regard de la donzelle.


    | Non, je ne le savais pas. L’endroit paraissait sauvage sur des lieux et des lieux. J’imagine que si je suis sur les terres des Kenning, je suis passible d’une peine allant du gibet au billot ? Vous ne m’en voudrez pas, ma demoiselle, si je prends le fruit de ma course pour avoir de quoi manger les jours prochains, et de m’en aller ensuite. Promis, j’attendrais d’être sur d’autres terres pour chasser la prochaine fois. Mais si vous me dites qu’ici je suis sur les terres des Kenning, peut être auriez vous la délicatesse de pousser jusqu’à me dire où je me trouve exactement ? Encore dans le Conflans, ou dans les terres de l’Ouest ? |

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Message Mer 21 Sep 2011 - 21:16

Six ?! Elle se retenait de balayer les alentours du regard, gardant les yeux posés sur lui lorsqu'il laissait entendre qu'il était du Nord. Elle avait entendu dire que les hivers y étaient rudes, mais pas au point que leurs habitants doivent parcourir autant de distance pour trouver de quoi se mettre sous la dent. Six ? Fallait-il le prendre au sérieux et s'inquiéter ou y voir une fanfaronnade pour l'effrayer ? Elle n'était pas mécontente de le voir baisser son arme et le ranger, suivait ses gestes tandis qu'il reprenait l'outre et le replaçait le bouchon sur celle-ci. Il en avait perdu une partie et marmonnait entre ses dents un bref instant avant d'affirmer ignorer qu'il chassait sur les terres de Kenning.

- Tout dépend de l'excuse que vous auriez à fournir pour expliquer votre braconnage, répondait-elle quand il demandait s'il serait passible du gibet.

En général, c'était la main qui était coupée en guise de représailles, du temps de son père en tout cas. Depuis qu'elle lui avait succédé, elle n'avait pas encore eu la responsabilité de faire appliquer sa volonté dans pareille cas et elle ne tenait pas particulièrement à commencer ce jour même avec lui. L'entendant dire qu'il voulait emporter sa proie pour avoir de quoi se nourrir les jours à venir, elle arquait un sourcil, se demandant s'il comptait réellement balancer la bête sur ses épaules et partir avec elle. Le cerf semblait lourd en plus d'être encombrant. Il n'irait pas loin si telle était bien son idée. D'ailleurs, sans compter la fatigue et la gêne physique que cela pouvait représenter, elle faisait remarquer, pragmatique :

- Si vous tarder à le dépecer, la viande va se durcir et être immangeable, je ne vous apprends rien. D'ici peu, l'odeur va attirer les charognards qui plus est. Si les hommes auraient la courtoisie d'attendre que vous ayez pris votre part du butin, les animaux sont beaucoup moins patients... Vous êtes plus proche de Castle Roc que de Vivesaigues, dans les Terres de l'ouest si vous préférez.

Roan le détaillait à nouveau, ses traits impassibles masquant sa curiosité. Il venait du Nord, était passé par les Conflans semblait-il. Il chassait décidément fort loin de chez lui mais était-il réellement ce qu'il prétendait être ? Elle reculait, moins par peur que pour le jauger dans son ensemble, se demandant s'il fallait le craindre ou au contraire lui accorder une indifférence polie. Il ne la menaçait plus mais elle le savait rapide et prompt à réagir au moindre bruit, à bander son arc et se tenir prêt à tirer. Préférant lui laisser le bénéfice du doute, elle demandait :

- Vous avez parcouru une sacrée bonne distance depuis le Nord. Où comptez-vous arrêter votre course ou votre chasse ?... Et avant que l'envie vous prenne de me prier de me mêler de mes affaires, sachez que de votre réponse dépendra que vous repartiez sain et sauf avec votre proie ou pas.

Tout rapide qu'il soit, il ne pourrait quitter les Terres de l'Ouest en quelques heures à peine et pour peu qu'il ait des poursuivants à ses trousses, la chose serait d'autant plus ardue. Non pas qu'elle ait réellement l'intention de l'arrêter à vrai dire. Où qu'il aille, elle s'en moquait. Mais il avait piqué sa curiosité, aussi entendait-elle qu'il la nourrisse en échange de quoi, sa proie et lui quitteraient cet endroit en toute quiétude. Le marché était honnête. Pas de coup en traître. Détournant les yeux une seconde, elle sondait les fourrées proches, écoutait le chant de l'eau jusqu'à en faire abstraction pour tendre l'oreille plus loin. Six compagnons avait-il dit. Imaginaires ou très silencieux ? Reportant son attention sur lui, elle s'enquerrait :

- Quel est votre nom, chasseur ?... Le mien est Roan.

Elle taisait son nom de famille, moins par crainte qu'il n'attente à sa vie que parce qu'elle ne jugeait pas utile de le lui révéler sans savoir qui il était et ce vers quoi il courait.
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Message Jeu 22 Sep 2011 - 19:42

    La jeune femme semblait rester impassible à la mention de mes six hypothétiques copains cachés dans les bois. Soit le mensonge n’avait pas pris, soit elle n’en avait cure. Si elle n’en avait cure, deux options à cela. Elle avait confiance en ses propres capacités à se défendre ou savait quelque chose que je ne savais pas. Ou alors, elle savait que même avec six hommes je ne pourrais la menacer. Ce qui sous entendait qu’elle avait peut être bel et bien des copains dans la forêt, contrairement à moi. Et si elle était une dame riche comme je l’avais pensé, alors peut être étaient ils mieux armés que moi. Mieux entraînés. Et mieux équipés. Faire face à des adversaires en armure avec juste un arc, une poignée de flèches et un poignard pouvait déjà me donner des sueurs froides. Je savais d’expérience qu’un type quasiment à poil face à de gais lurons ne serait ce que vêtus de mailles, d’un casque et d’une simple épée, n’avait aucune chance. J’allais me faire découper en morceaux. Rien n’était encore sûr, bien entendu, mais je ne devais pas faire fi de toute prudence. Je devais marcher comme à mon habitude sur le fil du rasoir, dans l’espoir que tout irait pour le mieux. Quelle pitoyable et misérable existence que la mienne, forcé de me plier à la volonté du destin sans jamais avoir mon mot à dire. J’étais plutôt mal parti si je comptais arriver en un seul morceau à Port Lannis ou à Castral Roc. La donzelle me parla ensuite d’excuse, et je comprenais le sous entendu. Elle me demandait de m’excuser implicitement. Ainsi, elle était impliquée, ou représentait d’une façon ou d’une autre ces Koennig, kenning, enfin, ces gens quoi.


    | Un voyageur ignorant et au ventre affamé a toutes les raisons de tuer pour se nourrir. Rassurez vous, je réserve ça aux bêtes sauvages. Il n’est pas dans mon habitude de priver les gens de pitance. Vous ne me prendrez jamais à piquer dans un poulailler ou dans une grange. |


    Ma fierté m’avait poussé à ce trait d’esprit disons nauséeux, alors que je rattachais l’outre au cordon de ma ceinture de cuir. Je relevais la tête lorsqu’elle me fit remarquer des choses que je savais déjà. Cela ne faisait il pas douze ans que je chassais et vivais du fruit de mes voyages dans les bois ? Même avant cela, quand j’avais dû fourrager pour l’armée de Winterfell ou pour ramener de la viande dans le foyer de mes grands parents, j’avais depuis toujours couru la bête pour la traquer et la dévorer. Bien sûr, je savais ce qu’elle disait. Malheureusement je ne pouvais pas y faire grand-chose. Elle me dit finalement que je me trouvais bel et bien dans les Westerlands, et je ne pouvais m’empêcher de soupirer de soulagement. Je m’attachais ensuite à répondre à sa curiosité autant qu’à ses remarques. Par gratitude pour m’avoir indiqué approximativement mon emplacement, mais aussi parce que je me sentais d’humeur à parler, finalement. J’avais perdu le fil des jours, plongé dans la solitude d’immenses espaces sauvages. Je n’avais plus discuté avec quiconque depuis longtemps maintenant, et me délier la langue me faisait du bien. J’écoutais parler la jeune femme. Et je présumais bien. Sa menace à peine voilée me fit vraiment comprendre cette fois ci que si elle n’était suzeraine de ces terres, elle n’en était pas loin. Bien ma veine. Deuxième fois en quelques semaines que je me faisais prendre la main dans le sac pour braconnage.


    | Merci de l’information, ma demoiselle. Je me sens un peu moins stupide d’avoir coupé à travers bois dans ce cas. Pour la viande, ne vous inquiétez pas. La laisser sécher fait partie du plan. Sèche, idéalement cuite sur une pierre, on peut facilement la conserver une semaine. Deux, en buvant beaucoup et en variant le menu tout en ne faisant pas la fine bouche. J’ai de quoi tenir. Quant aux prédateurs, je sais composer avec eux. Roan… Kenning, je suppose ? Sinon, vous auriez bien beaucoup d’aplomb pour une femme de basse extraction. Vous n’avez pas l’allure d’une fille de joie ni d’une villageoise, je m’en doutais un peu. Par les Dieux, ne m’en voulez pas pour ces mots, mais je crois que j’en ai plus qu’assez de me faire prendre à braconner. Si je chasse ici, c’est que je suis en route pour Castral Roc. J’étais parti pour m’enrôler dans une des armées qu’on dit en mouvement dans cette partie de Westeros. Malheureusement, je suis tombé sur l’armée Tarly non loin de Vivesaigues, et l’homme n’était d’humeur à embaucher un chasseur crasseux tel que moi. Alors, j’ai poussé vers l’est, où on dit que l’or Lannister coule à flot pour qui sait se battre. J’ai encore une fois écouté mon instinct et évité les routes, et voilà où cela m’a mené. Je me nomme Torben, ma Dame. Je suppose que le moins que je puisse faire sachant que cette bête vous appartienne, est de vous rétribuer une partie du fruit de la chasse. |

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