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[PV Maura Arryn] Sous les meilleurs auspices

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Message Jeu 1 Sep 2011 - 22:21

Jusqu’alors Trystan n’avait jamais saisi la pleine mesure de ce que pouvait être ce que l’on nommait communément des « ragots de couloir », mais un mois à séjourner dans le Donjon Rouge et arpenter ses couloirs avait suffit pour lui en inculquer suffisamment sur la matière. Le jeune prince était familier de ce genre de rumeurs de château qui se colportaient entre femmes de chambres ou entre gardes à la langue bien pendue. Généralement inoffensives et le plus souvent grotesques, le jeune héritier de Lancehélion prenait soin de n’y prendre aucune part et de n’y prêter aucune attention. Cette belle résolution semblait néanmoins impossible à tenir au sein du palais royal. Jamais encore il n’avait été à ce point étouffé par les rumeurs, racontars et commérages. C’était à s’étonner que le plan d’attaque contre les Fers-Nés n’est pas déjà été dévoilé. Pas une des hautes personnalités de la capitale, de passage ou non, n’avait son lot d’histoires scabreuses et extravagantes. Le pire était qu’il savait, tout enfant qu’il était, que certaines devaient circuler à son sujet. Septa Ania se faisait un relais parfait, et un peu trop diligent à son goût, de ces histoires qui l’agaçaient suffisamment pour être venu à bout de sa patience. Son père tenait l’honnêteté et la franchise comme des vertus d’homme d’honneur, il avait l’impression de se souiller à prêter l’oreille à de pareils ragots. Il savait cependant que tout ceci faisait partit de ce que la Septa appelait la « vie de la Cour » et que son chevalier protecteur qualifiait plus légèrement de « vomissures sous la table ».

Néanmoins la dernière histoire circulant dans les couloirs avait eu le don cette fois de retenir son attention. La majorité des commérages évoquait les coucheries de tel ou tel seigneur, ou encore des atrocités sur le compte de la Main du Roi, mais la nouvelle qui lui était parvenu évoquait la présence de la dame régente du Val : lady Maura Arryn, fille du défunt lord Jon Arryn, au Donjon Rouge. Trystan se tenait régulièrement au courant des visites importantes, aussi savait-il qu’une entrevue capitale avait eu lieu entre la Main du Roi Brynden Rivers et deux lords du Bief ainsi que la première dame du Val. On ne lui donna pas l’autorisation d’assister à la séance-malgré les demandes insistantes adressées à sa tante- qui s’était presque déroulée à huis clos. On s’arrachait depuis les quelques renseignements que ceux présents avaient bien voulu donner ; mais le jeune enfant avait dû mal à y prêter un quelconque crédit. Selon certains le lord Redwyne de la Treille s’était présenté ivre, et selon d’autres lord Tarly de Corcolline s’était montré l’épée au poing. De là à émettre l’hypothèse que lady Arryn était venu le sein découvert il n’y avait qu’un pas.

Il rougit à cette dernière pensée et s’attira le regard interrogateur de ser Devram qui comme à son habitude aiguisait pour une énième fois son épée courte. En tout cas ce qui faisait l’unanimité était la beauté de la jeune femme. Les prétendants se succédaient à sa porte en ne gagnant rien de mieux qu’une annonce à prendre congé au plus vite. Il y avait fort à parier que l’argument que représentait l’escorte de dame Arryn était plus que suffisant pour refroidir bien des ardeurs. Trystan leva les yeux au ciel dans un effort de réflexion pour se remémorer ce qu’il savait de la famille régnante du Val. Aussi haut que l’honneur, la devise de cette maison aux traditions millénaires annonçait déjà combien était glorieux et prestigieux leur passé et patrimoine. Un patrimoine en péril à présent que la famille Arryn en était réduite à deux membres, encore bien jeunes et dépourvus de tête dirigeante crut-il se souvenir. Mais le Val restait un parti à ne pas négliger, mestre Lucan avait été très clair à ce sujet. Cela sembla évident au jeune dornien, une maison aussi ancienne et prestigieuse ne pouvait s’écrouler du jour au lendemain. Cependant aussi curieux que pouvait être la jeune femme la timidité naturelle du jeune prince de Dorne avait déjà décidé à sa place qu’il était hors de question d’aller l’importuner. Il avait donc regagné ses quartiers après une séance d’entraînement particulièrement éprouvante.

Il y avait trouvé l’occasion de faire le point sur son séjour à la capitale. Les jours s’étaient succédé à une vitesse effarante et il avait parfois l’étrange impression que des années s’étaient écoulées depuis son départ. Lancehélion lui manquait parfois, sa mère et sa sœur également ainsi que la figure réconfortante de son père. Les visages étrangers qui l’entouraient avaient commencés à se faire plus familiers mais ce n’était pas pareil. Dorne lui manquait à sa façon, il avait pu néanmoins se construire une série de souvenirs qui, il le savait, le marqueraient à jamais. Comme cette fois où il avait croisé par un pur hasard Brynden Rivers. Il en était resté muet de stupeur, une jeune femme lui tenait le bras-dame Shaïra Seastar lui avait-on fait savoir par la suite-et il s’était contenté de le regarder avec ces yeux si semblables aux siens, avant de sourire et de lui ébouriffer les cheveux puis de s’en aller. Ou encore le tableau stupéfiant du Grand Septuaire de Baelor resplendissant et imposant, qui avait valu la dispute qu’il avait eu avec sa tante peu disposée à le laisser quitter l’enceinte du palais. Et que dire de l’agitation fiévreuse des rues, avec son lot de personnages si exotiques. Non, il ne regrettait pas son voyage. Même s’il était dur d’en être sûr il se sentait plus hardi, plus assuré dans ses demandes et ses choix. Jamais encore il n’avait côtoyé autant de personnes différents et il avait su composer avec chacun d’eux : du simple noble de passage venu lui faire une visite de courtoisie, au chevalier curieux désirant jauger le futur héritier du royaume de Dorne.

Peut-être devait-il à présent songer au futur de son périple ? Devait-il rentrer ? C’était l’avis de sa tante qui avait eu son content de la capitale et qui en dornienne pur souche avait un mal du pays bien compréhensible. Mais Trystan avait encore un appétit de nouveautés. Port-Réal ne pouvait être qu’un début à d’autres expériences. Habité de ces réflexions il se leva de son lit, ses vêtements propres un brin fripés, fixant la porte d’un air absent. Il connaissait le lieu adéquat pour la concentration. Loin d’être un parfait pratiquant de la religion des Sept, le jeune garçon aimait à se trouver dans l’enceinte du septuaire royal dont l’atmosphère lui convenait tout à fait. Son protecteur sur les talons il gagna les lieux qui ne se trouvaient guère loin de ses appartements. L’odeur d’encens et d’écorce parfumée lui parvint aux narines et il huma une grande bouffée qui lui fit tourner la tête. Les figures des dieux se dressaient tels de gigantesques menhirs, éclairées par l’unique lueur des milliers de bougies. Une silhouette plus petite semblait se découper et Trystan se demanda brièvement de qui il pouvait s’agir. Peu de monde fréquentait les lieux à sa connaissance, préférant le faste et l’importance du Septuaire de Baelor.

Intrigué plus qu’agacé le jeune garçon laissa son garde du corps, peu concerné par la ferveur religieuse, derrière lui pour gagner l’étroit espace de prière. Conçu pour accueillir guère plus de deux ou trois personnes, il se trouvait suffisamment prêt pour détailler la jeune femme-car s’en était une-au visage fermé. D’une beauté captivante il se rappela ses manières et ferma sa bouche pendante avant de lever la tête vers la représentation de l’Aïeule sensée «éclairer le chemin ». De longues minutes s’écoulèrent et il ne pu s’empêcher bientôt de murmurer l’air gêné.

-Je ne suis guère habitué à me trouver en compagnie de qui que ce soit ici, aussi veuillez m’excuser de ma curiosité. Je me nomme Trystan Martell de Dorne, venez-vous cherchez ici l’aide des dieux, ou l’atmosphère des lieux vous est-elle également bénéfique ?

Il se jugea un peu gauche dans sa démarche mais au moins n’avait-il manqué à aucun des usages de la politesse, du moins il l’espérait.
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Message Ven 2 Sep 2011 - 8:39

Les semaines s'étiraient longuement, paresseusement même, à Port-Réal. Non que Maura ait à s'en plaindre, elle aimait fort l'agitation de la capitale mais elle ne pouvait s'empêcher de penser qu'elle n'en finissait pas de se vautrer dans les délices de cet immense bordel. Pour tout avouer, la jeune femme n'avait guère envie de retenter l'amère et vomissante expérience qui l'avait amené de Goeville à Port-Réal et balançait à rentrer par la voie terrestre au grand dam de son escorte réduite à la portion congrue pour emprunter la voie menant à la Porte Sanglante. Depuis, l'on abjurait la dame de prendre contact avec un armateur pour refaire le chemin en sens inverse. Idée que bien sûr elle combattait de toute son âme non sans en concevoir le bien plus que fondé. D'autant plus qu'elle ne cessait guère de tanner son frère pour qu'il prenne garde à sa protection...Peut-être n'était-ce pas le moment d'aller hasarder sa vie par ailleurs puisqu'elle devait convoler bientôt dans le plus grand secret.

Quitter le Val, quitter ses vassaux, ses sujets et, pour tout dire, son rôle et le pouvoir. Voilà ce qui ennuyait la jeune femme. Non pas qu'elle s'y accroche comme une vieille avare mais elle avait fini par prendre goût au ménagement des domaines patrimoniaux des Arryn. Elle aimait s'impliquer et, plus que tout, elle appréciait de diriger. Mais, de droit comme de coutume, il allait sans dire que telle n'était pas sa place. De plus, farouchement fidèle aux intérêts de sa Maison comme tous les Arryn, il lui fallait remplir la tâche assignée par Jasper et sans doute par les Dieux et quitter son monde pour l'Ouest. Peut-être s'accrochait-elle à tout cela par peur tout simplement ? A vrai dire, elle n'en était guère certaine. Fière, Maura considérait qu'elle était de celles qui ne connaissaient pas la peur mais force était d'avouer que son estomac se nouait à force de voir approcher la grande échéance. Enfin, n'étaient-ce pas là les ennuis familiers de toute jeune pucelle en passe d'être mariée ? Peut-être devait-elle faire comme bon nombre, abdiquer et se laisse conduire par les événements...Ce qui serait, serait après tout.

Toutefois, elle ne pouvait s'empêcher de penser que son frère entendrait parler d'elle au moment même où son pas menu résonnerait dans la salle du Croissant. Mais, elle ne pouvait se plaindre de sa visite en la capitale si ce n'était que la présence de sa tante lui faisait défaut. Que n'avait-elle pas envoyé une lettre à Lestival pour réclamer le soutien de ses bons conseils ? Alanna, n'étant pas née de la dernière pluie, aurait su la guider sans encombres à bon port. Rien que la présence de son oncle Maekar aurait été, après tout, rassurante. Mis à part ces quelques regrets ou autres craintes, la dame n'était pas partante pour se complaire dans ses tourments aussi fréquentait-elle assidument la Cour et le cercle de la reine où elle possédait une place de choix. Après tout, même par alliance, elle en était la nièce ce qui n'allait pas sans avantages divers et variés. D'autant plus que, petite nouveauté à la Cour, elle était bien souvent, peut-être trop à son goût, entourée par des courtisans avides de se faire bien voir et sans doute guignant la dot qu'aurait pu promettre la fille du Val à l'un de leurs fils, frères, neveux ou cousins. Il y eût quelques propositions gentiment rebutées où, prenant son soin de l'orgueil des demandeurs, ce qui était rare, elle expliquait aimablement qu'elle ne saurait contracter alliance sans l'accord, l'avis et le choix de Lord Arryn, son frère.

Du moins participait-elle aux bals et ne manquait jamais ô grand jamais de cavaliers pour la faire tourner, ce qui était, il fallait bien l'avouer, absolument parfait et agréable. Mais n'était-elle pas le meilleur parti en présence à la cour du Roi ? Bref, malgré les événements, cet aparté Targaryen lui plaisait, la détendait. Loin des affaires du Val, de la guerre contre les Fer-nés, elle goûtait fort et profitait, c'était suffisamment rare pour qu'elle en soit ravie, des avantages de sa naissance et de sa condition. Un petit répit approprié après tout et une manière d'évasion à laquelle elle s'adonnait avec plaisir, profitant de ce qui prendrait bientôt fin.

Pieuse comme tous les Arryn, et fervente pratiquante de la religion des Andals, il ne se passait guère une journée sans que la dame du Val et de la Montagne n'alla s'agenouiller ou allumer un cierge dans le septuaire royal. Elle avait bien été quelques fois jusqu'au grand septuraire de Baelor mais le monde, la presse, le bruit l'avaient découragé de s'y rendre pour prier. Elle s'était contentée de rencontrer le Grand Septon et de parler de la réfection de certains septuaires du Val d'Arryn. Pour sa dévotion quotidienne, elle préférait rester à l'abri du septuaire du Donjon rouge où elle n'était guère dérangée que par quelques chevaliers venus prier le guerrier de temps à autre, ce qui était bien pratique. On murmurait bien de ci de là que la jeune Arryn était bien pieuse mais elle considérait qu'il y allait de son prestige et qu'une haute dame de son rang se devait de professer un exemple. Non pas que ses mœurs fussent exemplaires, elle avait d'ailleurs beaucoup à confesser à son septon à chaque fois mais il n'y allait que de péchés véniels propres aux femmes.

Alors que, plongée dans une prière à la Mère, Maura s'usait les genoux dans l'ombre comme tous les matins, un léger bruit attira son attention à ses côtés. Un jeune garçonnet venait, à son tour, demander les lumières des Sept. Elle n'y fit guère attention, continuant ses dévotions avec application jusqu'à ce que quelques paroles de l'enfant n'attirent son attention. Un Martell dans un septuaire ?! La bonne blague alors que ces Dorniens se vautraient tous dans le péché à qui mieux mieux. Elle garda ses remarques pour elle, la jeune femme connaissait son monde mais elle ne put, toutefois, s'empêcher de sourire devant l'air emprunté de l'héritier de Lancehélion. Il lui rappelait vaguement Jasper au même âge avec son air à rentrer son nez dans ses chausses à chaque regard d'une dame.


"Trystan Martell de Dorne..." répéta-t-elle avec un sourire amusé devant la mention de l'ancien royaume. "On m'a fait savoir que vous étiez présent à Port-Réal. J'ai rencontré votre mère quand j'étais toute enfant. Je suis Maura, Maura Arryn et je dois vous prévenir qu'il ne faut jamais demander à une dame la raison de sa présence dans un septuaire. Qui sait ce qu'elle est venue confesser à la Mère en ces lieux ?" ajouta-t-elle en riant doucement. "Je ne vous demanderais pas la raison de votre présence. A votre âge, il est peu tôt pour crouler sous la crainte des Sept enfers. Vous recherchiez la fraîcheur peut-être ? Ou un moment de tranquillité loin des dames de cette cour qui, j'en suis certaine, voudraient déjà vous voir tout à elles et en passe de devenir leur mari."
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Message Ven 2 Sep 2011 - 16:06

Une bouffée de chaleur inhabituelle s’empara de lui et soudain Trystan se sentit étrangement serré par ses vêtements alors que le rose lui montait malgré lui aux joues. Sans même se toucher il pouvait se sentir brûlant, et il lutta intérieurement pour se convaincre que cet épisode était dû la proximité des cierges et à la moiteur des lieux. Oui, ce n’était que ça. La présence de la jeune femme des Eyriés ne le troublait nullement. Il pouvait entendre la voix rêche de son père à ses oreilles alors qu’il fermait les yeux pour rassembler ce qui lui restait de contenance. Un Prince ne montre pas aussi facilement ses sentiments et émotions, voilà une situation qui illustrait à merveille le fossé qui existait entre le conseil théorique et la pratique. Il essaya d’évacuer les paroles de la dame Arryn et de réunir ses pensées en un fil cohérent. Il déglutit difficilement et se força à ramener ses yeux sur la jeune femme. Il était de courtoisie de regarder quelqu’un dans les yeux lorsqu’on lui adressait la parole. Il manqua de se mordre les lèvres. Stupide qu’il était ! Comment n’avait-il pas pu reconnaître la propre lady Maura Arryn dont tout le monde parlait lorsqu’elle était sous ses yeux ? Sa gêne passée il s’essaya à la détailler du regard, en essayant de ne pas paraître trop indiscret. L’obscurité relative des lieux l’aidait dans son examen. Il se sentait la bouche pâteuse mais ses yeux grands ouverts purent vérifier ce que l’on colportait dans les couloirs.

Sa beauté était bel et bien réelle. Elle apportait la fraîcheur et la noblesse des montagnes avec elle. Si son apparence était teintée de froideur, ses paroles chaudes et flatteuses lui déniaient une personnalité distante ou fière. Bien que conscient qu’elle lui parlait comme le petit garçon qu’il était, elle ne le rabaissait pas pour autant. Il lui en fut redevable même si visiblement elle se jouait de lui et de sa timidité. Il n’eut aucun mal à comprendre l’émoi qu’elle avait suscitée : elle semblait à la fois charmante mais nullement dépourvu d’une noblesse qui se reflétait dans son regard troublant et changeant, aux reflets verdoyants à la lueur des flammes. Une fois digéré les paroles de la gente dame, Trystan s’obligea à lui répondre par un sourire franc et honnête. Malgré son haut lignage elle paraissait cultiver une simplicité qui le mettait à l’aise. De plus elle avait rencontré sa mère, ce qui était en soit un gage de confiance. Il se brusqua intérieurement pour répondre quelque chose d’intelligent, et d’intelligible de préférence.

-Si je suis l’objet de tant de convoitises de la part des dames de la cour, veuillez bien croire que j’en suis parfaitement ignorant ma dame. Je…je vous prie de m’excuser de mon indiscrétion, je ne savais…je ne savais pas qui vous étiez et…

Il s’égara dans un bredouillement gênant et il leva les yeux vers la figure imposante du Guerrier qui semblait le juger de toute sa stature. Le visage dur et masqué par une coiffe de maille, une épée lui barrait le torse. Ne pouvait-il pas lui inspirer quelque répartis ou un courage bienvenue à présent ? Il songea que le dieu se gausserait sûrement de lui pour une réclamation aussi pathétique. Enfin il réunit assez de courage pour tenter d’améliorer son élocution.

-Mon père m’a appris à d’abord craindre le courroux du peuple et des hommes avant celui des dieux. Les dieux peuvent pardonner mais les Hommes n’ont pas ce genre de clémence. Faillir à la face de son peuple ou des Hommes est pêché plus grave que de manquer aux dieux.

Ce n’était pas là les paroles exactes du Prince Maron Martell mais elles véhiculaient le sens d’une leçon essentiel que le seigneur de la maison Martell lui avait inculqué. Le Prince agit d’abord pour son peuple, et se contente de satisfaire les dieux ensuite. Il n’avait jamais très bien compris les implications théologiques de la Religion des Sept et à dire vrai il leur avait toujours préféré les anciens dieux des Rhoynar. Les divinités de sa mère avaient quelque chose d’effrayant. Il avait grandit avec les contes du Vieil Homme de la Rivière. Bien sûr tout ceci était différent pour lady Arryn, héritière d’une maison descendante directe des Andals où la religion des Sept était forte. Il devait donc être normal pour elle de faire preuve de pieuté s’imagina-t-il, mais quels pêchés avait-elle donc à confier à la Mère ? Il molesta son imagination pour ne pas se laisser reprendre à rougir, mais sa curiosité avait pris le dessus.

-Étrangement malgré l’immensité du palais il m’est difficile de me trouver réellement seul, et dans un endroit calme. Je pense que cette agitation est propre à la capitale. Ces lieux-ci m’offrent une retraite agréable et…généralement ils sont peu fréquentés. Mais peut être que vous-même êtes venus chercher conseil auprès de vos dieux après votre entrevue avec la Main du Roi…Les rumeurs les plus folles courent à ce sujet. Je dois moi-même confesser mon étonnement de vous voir entre ces murs.

Trystan savait qu’il se risquait sur une pente difficile, mais il n’était pas fils héritier d’un des seigneur suzerain des Sept Couronnes pour rien, la politique du royaume il l’avait déjà parcouru de long en large en compagnie de ses nombreux professeurs. Mais encore une fois il y avait une marge entre parler politique et s’y confronter réellement en s’adressant à une figure dirigeante de Westeros.

-Je ne suis guère au courant de la situation du Val, mais l’on murmure que votre frère y gouverne. Veuillez croire en mes sincères condoléances concernant votre défunt père.

Les choses avaient changées oui. Le Val devait se reconstruire au plus vite s’il voulait demeure le « Val d’Arryn ». Le jeune héritier de Lancehélion se doutait que ce n’était pas les propositions de mariage qui devait manquer à la jeune femme. Si elle s’était décidé à faire son choix cela c’était une autre histoire. Mais ce qui l’intéressait avant tout c’était ce qu’il avait bien pu se dire dans cette réunion au sommet.
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Message Lun 5 Sep 2011 - 21:11

Les balbutiements du garçon, auxquels pour tout avouer elle ne s'attendait pas, eurent raison de sa bonne contenance de dame de Cour. Elle ne put s'empêcher d'éclater d'un rire frais qui, s'il n'était pas moqueur, était franchement amusé. C'était charmant de retrouver autant de naïveté dans un univers aussi sombre et malsain tel qu'était devenu la ville de Port-Réal, haut lieu d'intrigues en tous genres. Pour un peu, si elle ne s'était pas retenue, elle aurait été jusqu'à ébouriffer les cheveux du fils de Maron. Et ce rougissement n'était-il pas adorable ? Elle avait passé l'époque où le moindre émeuvement chez un homme la ravissait mais venant d'un enfant ce n'en était que plus touchant.

Elle laissa son regard errer sur l'enfant, non pour détailler son apparence et juger de l'homme qu'il deviendrait mais pour y retrouver les traits habituels des Targaryen qu'il tenait de sa mère. Elle les trouva quand ses yeux furent éclairés par un mouvement de son visage. Ces yeux violets, elle les connaissait chez ses cousins...Restait à savoir si ce petit Martell aurait hérité du caractère de la lignée de sa mère. Pile la folie, face le génie...Elle lui sourit à nouveau, amusée de cette sorte de naïveté qu'elle jugeait feinte.


"Il n'y a rien à excuser, vous ne me connaissez pas, pas plus que je ne vous connais d'ailleurs...Je ne vois pas comment vous auriez pu me reconnaître autrement qu'à vous être présentée. Et puis, concernant nos belles demoiselles des terres royales, ne savons-nous pas tous les deux l'attrait que peut constituer un grand nom sur les chasseurs de dot ou leurs équivalents du sexe faible."

La suite devait sortir tout droit du manuel de bon gouvernement de Dorne et elle ne put s'empêcher de sourire en pensant à la possible réaction de son ancienne septa.

"Vous parlez de quelque chose que vous ne maîtrisez heureusement pas encore. Le gouvernement des Hommes est autrement plus subtil que la prière aux Dieux où l'on trouve le repos de l'âme. Mais un bon dirigeant sait ménager son peuple en accord avec les paroles des Sept."

Que pouvait-elle répondre d'autre à ce pauvre gamin qui allait de toutes façons grandir trop vite ? Que l'on devait tout faire pour s'accrocher à un pouvoir qui parfois chancelait et que le premier devoir d'un dirigeant était de rester au pouvoir ? Il le saurait bien assez tôt au premier homme qu'il ferait exécuter. La suite lui fit plisser les yeux. De quoi se mêlait-il donc le petit gourgandin ? Des affaires du Val ? Se croyait-il suffisamment grandi par le sang de sa mère pour qu'elle tolère qu'un Martell vienne tenter de lui tirer les vers du nez ? Elle haussa les épaules avant de répondre avec la même bonhomie quoique légère refroidie par cette entame de conversation.

"Faut-il que vous soyez jeune pour penser qu'une simple rencontre nécessite de s'abimer en prières ? Et n'est-il pas normal que je me déplace jusqu'à Port-Réal pour présenter les respects de mes fiefs à mon Roi, qui est aussi mon oncle ? Et, profitant de la visite, que je m'entretienne avec Lord Rivers sur les troubles qui agitent l'Ouest et les terres de la famille de ma mère puis m'en retourner tranquillement chez moi après avoir découragé tous les petits partis qui pullulent à la Cour ? Quoi de plus normal, finalement. Mais la question peut aisément se retourner ? Un Martell si loin de ses sables même pour voir la famille de sa mère, n'est-ce pas étrange après tout ? Pas d'entretien avec votre oncle Rivers..." répliqua-t-elle en lui souriant peu à peu. Enfin à votre âge, il n'est pas sain d'avoir ce genre de préoccupations, les problèmes de ce type nous accablent trop vite ensuite. Profitez donc de n'être encore qu'un petit garçon au lieu de vouloir jouer les adultes."

le côté murmuré du gouvernement de son frère aurait pu amuser Maura si elle n'avait été si fière de sa famille. Certes, c'était vrai. Mais de quelles façons cela était déclaré. Fallait-il que ce gamin ait entendu des choses pour les répéter de cette façon à la face de l'éminence grise du Val. Toutefois, à quoi servait-il de nier...

"Il me semble qu'on le dit depuis des années. Jasper est devenu Lord Arryn depuis six années déjà. Et nos bons vassaux reconnaissent le bon gouvernement du Val qui est le sien comme ils le font depuis des milliers d'années. Je transmettrai vos paroles à mon frère. Pour moi, il y a longtemps que j'en ai fait mon deuil. Il faut honorer les morts mais il convient d'abord de se préoccuper des vivants, l'air du temps n'étant plus aux souvenirs..."

Elle baissa le menton quelques instants s'excusant à la mémoire de son père de devoir être si mauvaise fille. Mais il fallait que le Val avance et, avec lui, son futur qui, s'il continuait ainsi, serait brillant. Elle se secoua déjà prête au rires en jetant un coup d'œil sur le petit Martell.

"Alors jeune seigneur, que vous préparez-vous à accomplir en cette chaude journée ? Un cours d'escrime sans doute ?"
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Message Mar 6 Sep 2011 - 15:23

Piquant était le mot approprié jugea Trystan alors qu’il digérait tout juste ce que l’on pouvait qualifier d’une « remise en place en bonne et due forme ». Il avait été naïf de croire qu’il pouvait parler d’égal à égal avec la jeune dame des Eyriés. Un gamin : c’était ce qu’il était et rien d’autre aux yeux de son interlocutrice. Pire, un gamin outrecuidant et ignorant qui visiblement parlait de « chose qu’il ne comprenait pas ». Il avait tressaillit lorsqu’elle avait éclaté de rire, un rire cristallin qui l’avait refroidi et manqué de le faire rougir une fois de plus. Face à son sourire amusé, son air vaguement ennuyé et son regard critique il se sentait comme à son premier jour d’exercice face au maître d’arme. Mis à part que ce dernier l’agonisait plus volontiers de coups et de rudesses que de répliques assassines. Néanmoins il ne fut guère choqué ou peiné de se voir ainsi rabaissé à ce qu’il était véritablement, son père avait eu des propos ô combien plus dur à son endroit. Sans doute l’avait-il mésestimée en la considérant comme une dame de Cour et non pour ce qu’elle était réellement : une femme d’Etat. Il l’imagina un instant en vierge guerrière, l’épée à la main et pensa que le tableau était des plus probable. Après tout Dorne ne devait-elle pas son unité à la princesse guerrière Nymeria ? Le Val était entre de bonnes mains assurément, et il se demanda vaguement comment son lord de frère pouvait supporter ce qui s’annonçait comme une conseillère envahissante.

Elle paraissait susceptible en tout cas nota-t-il en la voyant masquer assez grossièrement le motif de sa visite au Donjon Rouge. Le Val avait suffisamment à faire pour qu’un membre de la famille Arryn ne vienne à s’encombrer en visites superflues auprès du roi, qui il fallait bien le reconnaître n’en était pas véritablement un, et s’entretenir au sujet de terres lointaines. Lady Arryn semblait impliquée dans des jeux politique bien plus poussés qu’on ne pouvait le croire au premier abord. Quoiqu’il en fût elle jugeait visiblement que cela ne le concernait en rien. Une nouvelle fois la sensation désagréable qu’on le considérait avec un certain dédain s’empara de lui et il jeta un très bref regard vers son garde du corps. Le colosse barbu assistait à la scène de loin, trop éloigné pour entendre le contenu de la discussion, mais assez prêt pour déchiffrer l’imperceptible malaise du jeune garçon. Trystan le quitta des yeux, honteux d’avoir songé à appeler à l’aide. L’ancien petit garçon qu’il était aurait sans doute choisi la voie de la facilité : s’excuser platement et s’enfuir pour regagner sa chambre. Mais il n’était plus ce marmot effrayé, il était Trystan Martell de Dorne. Il avait osé se confronter à son père et quitter son foyer. On attendait mieux de lui, il devait faire mieux. Il affronta le regard de son interlocutrice et lorsqu’il parla sa voix était assuré et limpide.

-Je ne joue à aucun jeu ma dame, je suis conscient de n’être qu’à vos yeux un « petit garçon » mais je n’en serai pas un pour toujours. Viendra un temps, peut être plus proche que vous ne le pensez, où il faudra à votre frère et à vous-même de traiter avec moi si vous avez l’intention de créer quelques liens que ce soit avec Dorne.

Il l’avait dit, osé assumer en publique son statut d’héritier. Il lui semblait y avoir une espèce d’assurance vantarde dans ses propos qui l’indisposait mais il se résigna à ne pas retirer ses mots. « Un Prince se doit d’être fidèle à ses paroles ». Il reprit sur le même ton et veilla à témoigner d’une politesse qu’il jaugea bienvenue.

-Si mon indiscrétion a pu vous effaroucher je vous prie de m’en excuser, j’estime que la curiosité est un pêché louable en toute matière. Quant aux raisons de ma présence ici elles ne sont pas moins étranges que les vôtres. Quoi de plus normal à ce que je vienne rendre visite à ce qui n’est rien moins que ma famille également ? Et les liens familiaux sont, j’en suis sûr que vous en conviendrez, les bases sur lesquelles se construisent l’harmonie et la paix, il est important de les entretenir.

Il pouvait lui aussi jouer à ce jeu là, de manière un peu moins délicate et élaboré certes mais à sa manière il pouvait le faire. Soudain son tempérament naïf revint à grand renfort. Qu’y avait-il de mal à partager ses projets avec une dame d’aussi auguste naissance. Parce qu’elle se moquerait de lui sans doute, ne l’avait-elle pas déjà fait ? Elle le jugerait sans doute plus niais qu’elle ne le pensait déjà, le traiterait de « mignon petit garçonnet ». Néanmoins s’il comptait aller jusqu’au bout de son périple il lui fallait assumer ses projets.

-A dire vrai…l’attrait de la capitale a également été un des motifs de ma visite en ces lieux. Il y a juste tellement à voir…je n’arrive pas à considérer le fait de devoir passer le restant de ma jeunesse entre les murs de Lancehélion sans éloigner des mes pensées les splendeurs du monde. Je suis sûr que vous ne pouvez concevoir que l’on puisse mourir heureux sans avoir aperçu les merveilles du Val au moins une fois dans sa vie. Sans compter qu’il me faut connaître ces contrées pour juger de leurs peuples et dirigeants, le futur me réservera peut être l’occasion de traiter avec eux.

*Voilà un garçonnet qui a trop lu de contes d’aventuriers* voilà ce qu’elle devait penser à présent songea Trystan en fermant son visage et levant les yeux vers la figure austère du Père. « Le vagabondage sur les routes comme un vulgaire ménestrel n’est pas pour les fils de Prince » avait dit sa tante lorsqu’il s’était ouvert à elle. Elle avait fini par lui répondre qu’à paraître aussi poète il ferait bien de lui trouver une harpe. Il en avait rougit d’une honte si brûlante que plus jamais ils n’en avaient parlé. Il s’abîmait les mains en exercice physique pour depuis oublier ce souvenir à tout jamais. Aussi montra-t-il ses mains aux cals encore récents à la jeune femme accompagné d’un timide sourire.

-Si mon père cultive l’excès dans l’exercice des arts de la guerre, je goûte également le plaisir d’un livre ou bien encore celui simple de la méditation. Et vous-même ma dame, votre départ au Val est-il prévu pour aujourd’hui, ou d'autres affaires vous attendent-elles ? Peut être m’accompagneriez-vous en ville, la capitale regorge en merveille.

Il manqua de se mordre la langue lorsqu’il prononça ces derniers mots. Bien entendu que la jeune dame avait déjà visité Port-Réal ! Voilà qu’il persistait à se faire passer pour plus enfantin qu’il ne voulait le faire croire.

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Message Mer 7 Sep 2011 - 16:16

Si, à première vue, Maura avait apprécié la fraîcheur de son interlocuteur, l'ennui commença vite à remplacer cette impression préalable. Non que le petit Martell ne soit pas le parangon des vertus de sa famille mais elle n'avait guère l'habitude des enfants d'autant plus quand ils sortaient du rôle qui leur était traditionnellement dévolu. Elle fronça les sourcils pendant quelques dixièmes de seconde avant de se détendre devant l'attitude volontairement offensante de l'enfant. N'était-ce pas normal qu'il tente de sortir de son état en testant les limites de la bienséance entre adultes ? Jasper avait sans doute fait de même à son âge quoiqu'il n'ait pas été l'aîné et que la question de la succession de son père ne se soit jamais posé autrement que par jeu. Les états d'âme du petit Martell vis à vis du Prince régnant lui étaient indifférents parce qu'ils lui étaient étrangers. Mais cette petite manifestation d'orgueil de la part de Trystan n'était pas si loin de son caractère pour qu'elle n'y soit pas sensible même si il fallait y aller une patte en avant et une autre déjà sur le recul.

De part la nature de son éducation, même si elle avait été élevée dans les arts traditionnels, s'occuper ou même écouter un jeune garçonnet n'était tout simplement pas admis. Il existait pour cela des septas ou des gouverneurs. Et là, à part un simple garde du corps, elle ne voyait rien. Fallait-il que le pauvre enfant soit laissé ainsi à la merci de n'importe qui alors qu'il voyageait loin de ses terres et de la vigilance de sa famille ? Elle pensait, assez hautement d'ailleurs, qu'une attitude aussi négligente était une honte de plus faite au nom de Martell. Pauvre petit...Cela expliquait forcément qu'il fasse aussi résolument l'insolent devant elle. Elle aurait pu simplement décider de se lever pour laisser la place et retourner dans sa suite au Donjon ou auprès du cercle de la reine mais elle eût, en quelque sorte, pitié de ce jeune homme. Dire qu'il y avait une certaine fibre maternelle en elle aurait été par trop s'avancer mais il n'en était pas moins vrai que c'était fortement hypothéqué l'avenir que de laisser un brin d'herbe grandir sans l'ombre réconfortante de ses aînés. Ce proverbe la fit sourire et elle se demanda si elle ne l'avait pas entendu, toute jeune, dans la bouche de sa mère ou de son oncle. Elle souleva un sourcil devant sa petite effronterie sans doute destinée à affirmer un statut qui, pourtant, n'était pas un secret pour elle, ni pour personne d'autre à la Cour. Encore était-il loisible de dire que les affaires de Dorne leur étaient bien étrangères...


"Que voilà de bien fâcheuses et dangereuses paroles, beau sire...Et que penserait donc votre père si il savait que vous méditez déjà, en votre âge tendre, sur sa prochaine fin ? Sans compter qu'il est un peu présomptueux de penser que le Val puisse penser à créer des liens futurs que la géographie rend inutile à l'heure actuelle. Ne vous inquiétez pas, je ne suis pas celle qui remettrait un jour vos droits de naissance en question puisque l'enjeu m'est complètement étranger mais souffrez de grâce qu'une adulte ait encore, pour si peu de temps que ce fut d'après vous, le pas sur les méandres de votre intelligence. Encore une fois, jeune Martell, rien ne sert de grandir trop vite, on en oublie bien trop souvent en chemin."

A vrai dire, cela n'était pas vraiment approprié au ton dérangeant que le petit avait employé quelques secondes auparavant. Mais, derrière la raillerie même cajoleuse, un observateur avisé aurait eu vite fait de comprendre la menace induite par la réponse de la dame du Val. Ce genre de propos innocents pouvant rapidement se retrouver une fois retaillés par une plume acérée à servir d'arme. Pas contre le petit Trystan Martell d'ailleurs mais beaucoup plus simplement contre son père car elle était certaine que certains seigneurs des Marches accueilleraient avec une certaine "bienveillance" un si jeune Lord déjà si ambitieux. La suite la fit sourire tant elle était touchante dans la bouche du jeune garçon. La Dame du Val et de la Montagne n'était plus qu'une demoiselle forcément effarouchée par les propos volontaires du jeune chevalier qui se justifiait à son tour. Elle retînt à nouveau un rire avant de lui répondre sur un ton presque connivent.

"Voilà la raison de nos visites respectives devenue semblable. Comme c'est étonnant ! Et pourtant si étonnant pour cette Cour toujours prompte aux conjectures les plus variées...ou les plus abjectes. Sans doute qu'à nous voir discourir ainsi, certains y verront immédiatement une future union sans prendre en compte la trop grande différence d'âge. Me retrouver à devoir me défendre de m'être laissée courtisée par un si jeune homme, c'est bien ma chance." termina-t-elle en souriant lui donnant par la même la difficile tâche de servir de soupirant à la si difficile Lady Maura.

Pour tout dire, ce n'était point là un jeu qui lui répugnait et il était beaucoup plus amusant de sous-entendre qu'elle était la sentimentale proie du petit Martell que celle, répugnante et nauséeuse, de ces affreux chevaliers avinés et coureurs de catins qui, à leur tour, couraient à la Cour recevoir du roi de quoi subsister et reprendre leurs débauches malheureuses. De fait, elle esquissait déjà une sorte de pacte entre elle-même et l'héritier en lui donnant la place d'un adulte tout en lui déniant aimablement celle d'un interlocuteur sérieux. Son jeune âge l'en empêchant par ailleurs. La suite était, de toutes les façons, plus propice à la discussion même si elle demeurait banale. Finalement plus amusée qu'ennuyée par le garçonnet, elle le laissa lui expliquer les motifs de sa présence entre les murs de la capitale. Qu'il était jeune pour nourrir tant de rêves...Pendant une seconde, elle lui envia son innocence qu'elle avait un temps partagé. Des envies de paysages décrits par les visiteurs et les livres, bien différents et étrangers du Val d'Arryn. Il fallait cependant avouer qu'elle n'était pas la plus à plaindre ayant pu, plus souvent qu'à son tour, visiter le Conflans, l'Ouest, le Bief ou Port-Réal. C'était bien plus que bon nombre de ses contemporaines. Mais sa vie devenant ce qu'elle se devait d'être, le temps des pérégrinations avec le Val pour étendard menaçait de s'éloigner. Elle baissa les yeux quelques secondes avant de lui répondre d'une voix moins railleuse et sans doute mâtinée d'une légère mélancolie presque tendre pour les envies de Trystan.


"Que répondre à cela...Un lever de soleil sur le Val et la Lance vu depuis la fenêtre de ma chambre aux Eyrié est un spectacle à nul autre semblable comme le sont les larmes d'Alyssa qui se perdent dans les nuages. Toutefois, j'espère pour tous qu'il n'est pas nécessaire de voir le Val pour mourir heureux. Trop nombreux sont ceux qui se sont vus dénier le droit de franchir la Porte Sanglante. Ma foi, il y a pire comme projet tant que ce ne sont pas les prémices d'une vie de chevalier errant si lointaine de la bonne fortune que vous avez reçue en don des Sept lors de votre naissance. Mon frère a les mêmes projets bien que tout cela ne reste qu'à l'état de rêves compte tenu de ses responsabilités. Pour ma part, mon état m'a donné plus de possibilités...Les Sept Royaumes sont si différents les uns des autres. Je dois dire que je suis moi aussi curieuse des mœurs, des peuples en deçà des Marches de Dorne et au-delà du Neck. J'espère me rendre bientôt en visite auprès de mes cousins de Winterfell mais c'est là une expédition qui ne peut se préparer à moitié."

Et pour tout dire, elle voulait voir ce fameux Mur construit et conçu par son ancêtre...Moins qu'un rêve mais plus qu'un projet, cette construction titanesque la rendait curieuse et presque avide de découvertes. D'autant plus qu'elle goûtait fort la liberté qu'offrait les routes, la distance entre les rangs se comblant petit à petit et le poids de son sexe ne lui étant plus un fardeau d'autant plus qu'elle supportait très bien les rigueurs des chevauchées. Enfin l'idée de pousser l'enfant à suivre des rêves qui lui seraient sans doute refusés n'était pour ainsi dire peut-être pas la meilleure qui lui soit venue ces dernières semaines.

"Mais bien souvent, il faut se contenter des livres et des récits comme vous le faîtes déjà...La vie a ceci de terrible qu'elle ne nous permet que rarement d'en faire à notre tête." ajouta-t-elle avec un sourire encourageant.

A vrai dire, elle avait été tentée de rapprocher son départ n'ayant plus guère à faire à Port-Réal mais son antipathie à l'égard des bateaux l'avait retenue ainsi que la sensation que ce départ l'enverrait trop rapidement vers cette nouvelle vie où elle abandonnerait une liberté de ton et de mouvement qu'elle avait si joliment défendu jusqu'à présent. Toutefois, il lui proposait une sortie et il aurait été quelque peu désagréable de lui refuser ce plaisir innocent. Bon, visiter les quartiers de la puante Port-Réal n'était pas vraiment l'idée que se faisait Maura d'une agréable journée mais, pour le petit garçon, elle ferait sans doute un effort. Elle tenta tout de même une manœuvre dilatoire histoire de ne pas être forcée de se laver pendant des heures au crin, au sel et aux parfums pour oublier l'odeur de fange qui régnait beaucoup mieux qu'Aerys sur Port-Réal.


"L'idée de passer la journée avec vous me convient assez mais la visite de Port-Réal reste une bien dure épreuve pour quelqu'un habitué à la pureté du Val. Il y a bien des choses à voir, il est vrai...Mais je dois vous avouer que je les connais déjà toutes, l'intérêt de l'âge étant d'avoir pu découvrir certaines choses en premier. Mais votre compagnie m'est agréable, Lord Trystan ! Si vous voulez, nous pouvons aller à Fosse-Dragon toutefois. Je crois que cela vous plaira si vous ne vous y êtes pas encore rendu. C'est là que les Targaryen élevaient leurs dragons après la Conquête...Si le cœur vous en dit. De toutes façons, mon départ reste à ma convenance et j'ai à cœur de rester quelques jours encore à profiter des bals de la capitale avant de regagner les Eyrié. Cela peut paraître étrange pour un fils de Nymeria mais rien que l'idée de retourner à Goeville par la mer me rend malade."

Le compromis lui semblait bon. Elle ne sortait pas courir les rues comme une putain et elle amenait le petit curieux jusqu'à une des grandes merveilles de la cité du Dragon. A son avis, c'était mieux approprié que le grand septuaire de Baelor...Elle verrait le Grand Septon un autre jour de toutes façons. Elle n'avait pas grand chose à lui dire simplement à cœur de se monter. Après cette longue période à gérer au mieux les intérêts du Val, il lui était venu à l'idée de se refaire, en quelque sorte puisque celle physique demeurait intacte, une virginité aux pieds du premier des prêtres de Westeros. Quoi de mieux en vue de son futur mariage que de s'installer dans les bonnes grâces des religieux. Être née Arryn lui servait déjà de gage de piété et, même si elle était fort pieuse, elle ne doutait pas d'en avoir un jour besoin. La réputation était encore la meilleure alliée de la puissance et permettait bien souvent les pires exactions sous le couvert d'intentions qui, si elles étaient jugées meilleures, n'en étaient pas moins férocement humaines et terrestres. La religion était une chose fort important certes mais chez une grande dame pour qui les réseaux d'amitié et de parenté comptaient plus que tout, elle n'était qu'un aimable et délicat écran de fumée à de bien moins pieuses pensées. Elle eût un bref regard d'excuses à l'égard des Sept qui se tenaient si près d'elle se disant qu'elle se rachèterait au cours d'une conversation future avec le septon des Eyrié. Celui-là était bien élevé et comprendrait sans mal les impératifs cruels qui forçaient la jeune femme à réfléchir de la sorte. Reportant son attention sur Trystan qu'elle avait, durant quelques secondes, presque oublié et la bouche encore une fois prête à rire, elle ajouta pour ponctuer sa proposition.

"Alors jeune seigneur Martell, avons-nous trouvé un accord susceptible de satisfaire à la fois Dorne et le Val ou allons-nous continuer de palabrer à l'ombre de nos Dieux plutôt que de partir vers vos aventures ?"

L'accent musical des natifs du Val mettait de la saveur à ses propos enjoués et, avec pétulance mais non sans coquetterie, elle tendit sa main. Mais, privilège de femme, la main blanche et fine de la Dame du Val ne montrait pas sa paume mais simplement son dos pour que le petit chevalier y dépose un galant baiser. Quoi de mieux après tout pour réconforter un orgueil certes enfantin mais blessé que de lui reconnaître les faveurs d'une demoiselle bien née et, après tout Maura pouvait encore s'en piquer, suffisamment belle pour recueillir après elle bien des hommages.
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Message Ven 9 Sep 2011 - 13:23

En son for intérieur Trystan commençait à se forger son opinion de la dame du Val. Pas exactement une mauvaise personne, elle était cependant l’archétype de la femme noble : à la fois fière et arrogante, tour à tour malicieuse et moqueuse. Conscient qu’elle n’était pas une personne qui changeait son caractère ou habitudes dans le simple but de plaire à son interlocuteur, le jeune garçon décida de l’accepter tel quel. A vrai dire il devait lui-même donné un spectacle étrange. Malgré son ignorance de ce genre de choses il savait qu’il n’avait pas le comportement « normal » d’un garçon de neuf ans. A vrai dire il doutait même de savoir comme se comporter tel quel. Toute sa vie on lui avait fait comprendre que de grandes choses l’attendaient. Il ne pouvait tout simplement pas se permettre d’être un simple petit garçon. Les mots de sa mère lui revinrent en mémoire, comme un murmure caressant ses oreilles : « Comporte-toi en Prince ». La dame se faisait volontairement outrageante, Trystan apprit cependant à se modérer, si tenté qu’il eut trouvé en lui une quelconque fibre de colère, et à ne pas répliquer à la légère. Il imagina brièvement ce que son père aurait fait. La vision de la lady Arryn un poignard en travers de la gorge s’imposa à lui et il secoua la tête. Non. Tout aussi impétueux qu’il était Maron Martell ne s’abaissait pas à châtier de sa lame les femmes…même quand elles le méritaient. Néanmoins les conjonctures qu’elle faisait ne lui plaisaient guère, et tout réservé qu’il était il répliqua d’une voix pâle.

-Ne placez pas dans ma bouche des propos inconvenants, souhaiter la mort de mon père ? Évoquer une si terrible chose et devant la face des dieux ? Voilà un jeu que je ne goûte guère ma dame, pas plus que vos sous-entendus sur le Royaume de mon père.

Le jeune héritier de Lancehélion était peu désireux de poursuivre sur se chemin, la mention des dieux devant une femme si pieuse avait peut être été une erreur. Il avait peine à se retrouver dans ce que l’on pouvait aisément considérer comme une joute verbale. Ces sous-entendus, moqueries voilées et autres paroles à double-sens n’étaient guère de son goût, incité depuis son plus jeune âge à la franchise crue des Dorniens ces manières de Cour le dérangeaient. Il pensa ironiquement que l’objet premier de sa venue ici avait été de trouver un endroit calme et reposant. Visiblement la dame du Val savait enflammer les lieux de sa présence et de sa langue. Alternant entre paroles aux accents enjôleurs et sourires esquissés, mimiques amusées et songeuses, elle semblait être indéchiffrable. L’évocation osée de possibles ragots concernant une union entre le jeune garçon et la dame des Eyriés acheva de lui faire monter le rouge aux oreilles, malgré sa volonté de ne pas laisser ses émotions le submerger. Elle jouait avec lui une fois encore. A croire que c’était peine perdue songea-t-il tristement prêt à tourner les talons.

La jeune dame retint alors son attention à l’évocation du Nord. Loin de se rire de lui voilà qu’elle confessait également des envies de voyage. Elle évoquait une vague visite à sa famille. Pour Trystan les régions au-delà du Neck représentaient l’exacte antithèse du chaud et ensoleillé Royaume des Sables. Il n’était pas sûr de vouloir un jour s’aventurer en des lieux où le plus chaud des étés pouvait se comparer à une journée d’hiver à Dorne. Et ne disait-on pas que les gens du Nord étaient quelque peu…spéciaux ? Les Stark, gardien millénaire du Nord, avait une réputation hors de tout opprobre, mais ne fallait-il pas moins que le grand carnassier loup garou pour imposer le respect à ces hommes du nord que l’on disait né la hache à la main. Tout effrayante qu’apparaissaient les contrées de l’hiver elles étaient toutefois le dernier domaine du mystère et du merveilleux que pouvait offrir Westeros. Trystan se souvenait encore, non sans un certain effroi, de la première fois qu’il avait posé les yeux sur le barral de la forêt sacré du Donjon Rouge. Qui pouvait prêter un culte à une telle monstruosité ? Mais un tel périple était de l’ordre de l’imagination, comme le soulignait également sa noble interlocutrice. Il ne connaissait que trop bien le poids des responsabilités et le carcan du devoir qu’elle évoquait, de même que sa faible attirance pour la mer et ses troubles.

L’espace d’un court et gênant moment il s’imagina la geste femme sujette aux affres gastriques induit par le roulis de l’océan. Cette image déplaisante fut balayée de son esprit lorsqu’elle lui fit part de son accord pour une visite à Port-Réal. Trystan qui s’était imaginé se voir opposer un refus brutal et moqueur fut agréablement surpris. Sa compagnie agréable ? Se jouait-elle de lui de nouveau ou était-elle sincère ? En tenant compte de ces précédents propos, le jeune héritier de Dorne songea que décidément non dame Maura Arryn n’était pas du genre à cacher son déplaisir ou à se plier aux bonnes volontés de quiconque. Il en ressentit un certain honneur et plaisir, chevaucher en compagnie de la première dame du Val au sein même de la capitale n’était pas donné à tout le monde. Remis de ces brèves émotions le jeune garçon jugea qu’il lui faudrait accomplir de bien semblables choses une fois Prince, nul besoin de s’extasier même si son contentement était visible. Il tâcha donc de modérer sa voix et de dissimuler son sourire.

-Votre attention m’honore ma dame et croyez bien que le plaisir de votre compagnie est également mien. Fossedragon me semble en endroit tout à fait…approprié.

A vrai dire ces derniers mots le jeune garçon ne les pensaient pas vraiment. Il y avait bien une raison pour que l’antique résidence des dragons Targaryen n’ait pas fait partit de ses visites encore. Cette raison portait le nom de « Fléau ». La mine horrifiée des gens lorsque l’on mentionnait la glorieuse bâtisse surplombant la colline Rhaenys suffisait amplement à instaurer une certaine défiance vis-à-vis de cet endroit. Ser Devram, son protecteur, s’était fait plus précis en lui indiquant que c’était en ses lieux que la Main du Roi avait décidé de brûler les dépouilles mortelles des victimes de la maladie. D’aucun disait l’endroit maudit et à tout jamais souillé à présent. Noyé de récits atroces concernant l’épidémie, le jeune dornien était peu pressé de se rendre là-bas, mais de là à faire part de ses inquiétudes à la jeune dame jamais ! D’autant plus qu’elle lui présentait sa main, un signe à ne pas négliger. Déglutissant difficilement il tâcha donc de présenter un visage aimable et souriant. Enserrant sa main fraîche et délicate dans sa menotte d’enfant il effleura les doigts d’un blanc éclatant de ses lèvres, légèrement tremblant. Jusqu’à présent il n’avait encore jamais offert le contact de ses lèvres à une autre personne que sa mère, sa sœur ou encore sa tante. Relevant les yeux, il pointa son regard améthyste si prononcé dans celui franc de la dame du Val.

-Je crois que le temps des « palabres » doit arriver en effet à son terme, il me tarde de poursuivre ses « aventures » en votre compagnie ma dame. Je pense que cette après-midi se prête à notre petite expédition, je vous rejoindrai près de la porte du Donjon Rouge le temps de m’apprêter plus dignement pour l’occasion. Je…je pense que des remerciements sont de rigueur également, enfin…A bientôt ma dame.

Il jugea bon de couper là au risque de se rendre plus ridicule. Parfois son inexpérience était terriblement flagrante et il manquait de perdre tous ses moyens. Esquissant une révérence polie il laissa donc la jeune femme à ses dieux et, non sans un certain soulagement, regagna la présence plus rassurante du colosse guerrier pour se préparer. Le cœur assez léger, il retirait de cet entretient une joie manifeste. Seul, Trystan l’avait été souvent et la présence de la dame des Eyriés ainsi que l’intérêt manifeste qu’elle semblait lui porter resterait assurément gravé dans sa mémoire. Avec une hâte inhabituelle il pressa la Septa de lui sortir des vêtements adaptés pour une sortie. Peu coquet, le jeune garçon se prit à se demander si la jeune femme le jugerait sur sa tenue. Il repoussa cette idée. S’il devait se présenter il resterait lui-même, oui c’était la chose à faire…enfin il l’espérait. Il opta donc pour sa simplicité habituelle allié à un confort bienvenue. L’escorte du jeune prince était, elle, déjà à la porte, prévenue par la diligence de son protecteur. Les solides Dorniens n’avaient que peu changés leur habitude vestimentaire à la capitale. Trystan se sentit soudain petit au sein de ces hommes qui l’encadraient jalousement.

Ils lui ouvrirent le passage jusqu’aux écuries où l’attendait Bruine. Son père s’était moqué de cette affection malvenue à l’égard d’un animal mais le coursier des sables était bien plus qu’un simple animal pour le jeune héritier. Compagnon de voyage, il avait grandit avec la monture qui l’avait porté si loin et si souvent. Il passa une main chaleureuse sur l’encolure du coursier hennit joyeusement en reconnaissant son maître. Il lui arrivait de se montrer moins docile mais Trystan appréciait ses écarts, l’animal était doté du tempérament qu’il n’avait pas. Juché sur la bête il goûta au plaisir enfantin d’égaler la taille des adultes. Il mena son cheval dans la cour principal, suivit des cavaliers de son escorte et flanqué de son chevalier protecteur qui s’était équipé d’une lance où flottait l’étendard Martell. L’air sauvage et exotique au milieu des gardes royaux en livrée royale traditionnelle et des Dents de Freux, les Dorniens se lançaient des plaisanteries où perçait un accent épicé. Jetant un regard aux alentours il croisa la silhouette de la jeune dame du Val et sa compagne pour la sortie. Il lui adressa un salut formel et dans un sourire s’adressa à elle.

-Je vous remercie encore pour le temps que vous acceptez de m’accorder ma dame. Je…je suis certain qu’en votre compagnie les…merveilles de la capitale ne seront que plus...resplendissantes.

Il avait préparé cette réplique mais il se sentit un peu ridicule à présent qu’il la sortait de vive voix. Entre la basse flatterie et les formules de courtoisie il n’y avait qu’un pas.

-Peut être pourriez-vous me servir de guide avertit durant cette sortie, jusqu’à quel point êtes vous familière avec la capitale ?
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Message Lun 12 Sep 2011 - 17:41

Si elle n'avait pas su mieux se tenir, elle se serait contentée de ricaner à la face du garçon. Le joli cœur montait sur ses ergots, c'était charmant à contempler. Toutefois, il fallait une réponse à la réplique pâlotte de l'enfant et la patience de Maura n'était pas infinie...Elle haussa les épaules quand il lui apprit aimablement, des fois qu'elle ait pu l'oublier, qu'il ne goûtait guère ses propos. De charmant garçon, il passait rapidement à l'adolescent ennuyeux. Et elle de la dame aimable et charmante à celle qui n'entendait pas s'entendre parler de la sorte.

"Et moi, je ne goûte guère qu'un enfant oublie la place qui est la sienne. Si vous voulez faire l'adulte, assumez que l'on vous réponde en tant que tel et évitez d'oublier à qui vous vous adressez, Trystan Martell."

Le ton, du reste, n'avait guère changé, il restait aimable et ne s'était fait qu'un peu plus guindé. Elle le laissa continuer de bavasser après lui avoir donné sa main à baiser ce qui, pourtant, marquait la fin de la conversation. Après avoir donné son accord pour le retrouver quand elle serait à peu près prête pour sortir, elle tourna les talons pour rejoindre ses suivantes qui priaient dans une des chapelles basses. Le pauvre petit Trystan ne savait pas vraiment à quoi il s'exposait en expliquant à la dame du Val qu'il devait se changer pour la sortie. Pour sa part, il était totalement étranger à l'esprit de Maura de ne pas se vêtir comme il seyait à la capitale pour mettre un pied hors du donjon rouge. Pour tout dire, la jeune femme se fit désirer, longuement désirer...Le temps en somme de changer plusieurs fois de toilettes, d'essayer une coiffure, un collier ou un voile. Bref, elle arriva très en retard accompagnée d'une suivante et conduite par un palefrenier. Les gardes de la maison Arryn suivaient arborant le bleu et le faucon de la maison des cimes.

Alors que Trystan lui présentait son petit compliment, son regard s'arrêta sur les mercenaires de Freuxsanglant et elle jeta un coup d'œil à Ser Tommen l'air passablement mécontente.


"Je n'en doute pas, je suis certaine que ma présence muera les puanteurs de la Ville en autant de doux parfums...' ironisa-t-elle avant de poursuivre vers ce qui l'intéressait. "Les mercenaires de la Main viennent avec nous ?"

Autant dire que la nièce de Maekar n'était pas plus heureuse que cela d'être ainsi mise en présence des pillards de Rivers et ne prenait pas soin de cacher l'agacement que lui causait cette manœuvre.

"Pas spécialement mais plus que vous sans doute. Ser Tommen Royce connaît bien Port-Réal pour y avoir passé sa jeunesse, il nous servira de guide. C'est la première fois que vous venez dans la ville des Targaryen ?"
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Message Jeu 15 Sep 2011 - 12:05

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