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Sauveur ou assassin, tout dépend de la perspective... [Alyce]

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Message Mer 31 Aoû 2011 - 21:10

Depuis son retour sur Le Cruel Godrik n'avait eu le temps de s'occuper de lui même tant il y avait eu à faire pour quitter les côtes de l'Ouest et remettre le boutre hors de portée d'une quelconque baliste ou autre arme de siège placée sur les hauteurs et dont Le Cruel aurait pu souffrir d'une attaque. Les différentes manœuvres occupèrent son esprit bien assez pour lui faire oublier la douleur et sa blessure au torse, infligée par le chevalier engoncé d'acier qu'il avait abattu avant de prendre la fille. Le marin prit donc la direction des quartiers du rebouteux du bord, seul lui sur le boutre savait recoudre une blessure et en désinfecter la plaie, même si pour ce faire il utilisait simplement l'eau de mer. En entrant dans la pièce exigu encore imprégnée des odeurs de sang séché, Godrik ne trouva pas le vieil homme. Lorsqu'il interrogea un mousse passant à proximité de la porte celui ci lui apprit que le rebouteux, voulant participer à l'assaut comme tout Fer-Né trouva la mort sous la forme d'un carreau d'arbalète fiché dans sa gorge. La marin se dirigea donc vers le pont après avoir prit le nécessaire de "couture" du désormais décédé Fer-Né. Il tira un sceau d'eau de mer avant de prendre la direction des cales. Godrik ne savait pas grand chose des nobles du continent mais il en savait une pour sur, leurs femmes savaient coudre, hors il avait payé le Fer prix pour l'une d'entre elles. Le sceau dans une main et la pochette de cuir contenant les aiguilles et le fil de chanvre dans l'autre, il descendit les quelques marches menant à l'endroit où les prises de la batailles passée et de celles qui l'avaient précédé demeuraient.

Il lui fallut quelques instants pour que sa vision s'habitue à l'obscurité régnant dans la pièce. Et une fois la chose accomplie c'est plus d'une douzaine de visages qu'il découvrit le scrutant, mais parmi tous ceux là aucun ne fit résonner le moindre souvenir dans son esprit. Cependant une seule silhouette ne semblait pas tournée vers lui il marcha donc tranquillement, comme il le faisait toujours du reste, vers celle-ci, les femmes sur son passage se décalaient juste ce qu'il fallait pour ne pas que le sceau les touche, persuadées certainement qu'elles devaient être qu'il les rosserait pour lui avoir fait renverser l'eau qu'il contenait. Godrik restait, et ce malgré les années, toujours aussi interloqué par les rumeurs et légendes courant sur le compte des Fer-Nés. Il se souvenait avoir entendu une septa raconter à une autre prisonnière que les habitants des îles de Fer étaient pour la plupart cannibales et forniquaient avec des animaux car leur femmes ne pouvaient supporter leur odeur et leur corps dans l'intimité de la chambre... Il en avait rit pendant plusieurs minutes en remontant sur le pont. Bien entendu la dite septa fut présentée au Dieu Noyé pour tester sa foi, mais elle ne réussit pas l'épreuve finalement et Godrik n'eut plus l'occasion de profiter de sa verve si prolixe.

En arrivant devant la jeune fille qui fixait le sol, le marin reconnut la silhouette et lorsqu'elle leva les yeux sur lui, le doute ne fut plus permis car ces yeux ne pouvaient mentir, ils lui avaient sauvé la vie durant l'attaque... Il déposa le sceau à coté d'elle avant de s'accroupir pour lui faire face. Son visage ne changeait pas d'expression, il observait simplement la jeune femme. Il l'avait pensé plus vieille lorsqu'il l'avait emmené après avoir tué son protecteur, mais désormais il ne lui aurait pas donné plus d'une quinzaine d'années. Il remarqua pour la première fois l’harmonie de son visage et cela le conforta dans son choix, il n'avait pas commis de faute en la préservant et en ne lui ôtant pas la vie. Seulement et plus que son visage, il lui fallait savoir si elle lui serait utile, car une femme-sel peut être simplement une maitresse lorsque vous aviez d'ores et déjà une femme légitime qui vous attend à la maison. Hors Godrik lui n'en avait aucune. S'il venait à prendre cette fille comme femme-sel elle devrait remplir plus qu'un simple rôle de chauffe lit. Au moins avait-elle une bonne mémoire, ça il pouvait le dire simplement en l'observant le regarder, il y avait dans ce regard un mélange de peur et de haine, quelque chose entre la proie faisant face à un prédateur et cette même proie une fois acculée dans un cul de sac et devant faire face pour se défendre... Il se souvint avec quelle force elle avait voulu maintenir le chevalier contre elle alors même que ce dernier était mort depuis plusieurs minutes vidé de son sang par le coup qu'il lui avait porté.

Godrik mit sa main sous le menton de la jeune fille, de manière à ce que le dessus de ses doigts puissent diriger le visage de la captive, pour mieux l'observer. Les yeux de la jeune femme avait quelque chose de captivant comme la mer elle même lorsqu'il ne pouvait en détacher son regard. Il esquissa un sourire satisfait avant de prendre la parole. Il était encore sur la pointe des pieds assis sur ses talons lorsqu'il s'exprima.
Je ne te demanderai pas si tu sais qui je suis tes yeux me l'ont déjà révélé mais j'ai besoin de savoir autre chose... Sais tu coudre ? Il montra du doigt l'estafilade sanglante qui ornait son torse avant de pointer son doigt vers le sceau et de déposer devant la jeune femme le cahier de cuir. J'ai besoin que tu nettoies cette plaie avant de la recoudre comme tu l'aurais fait pour un linge déchiré. Il esquissa de nouveau un sourire plus engageant que le précédent cependant avant de reprendre, une certaine bonne humeur dans la voie. Je l'aurai bien fait moi même mais je ne suis pas doué pour ce type de travaux. Du reste il me faut savoir dès à présent si tu sauras passer outre notre première rencontre ou s'il me faudra te laisser à un de mes frères. Encore que je ne te le souhaite pas, il est des choses qu'une jeune fille de ton âge ne devrait jamais avoir à subir des mains de quiconque qu'il soit mon frère ou non... Mais si tu sais me rendre service je serai bon pour toi et ne te ferai jamais plus de mal et si par ailleurs je t'en ai fait en tuant ce chevalier, sache que ce n'était pas mon but. Tu as simplement découvert en ce jour funeste pour les tiens que la guerre n'est pas qu'une affaire de bardes et de chansons mais que des hommes de bien en meurent trop souvent. Godrik n'avait pas bougé, attendant que la jeune femme lui réponde, se faisant il se dit qu'il avait parlé là plus qu'il ne l'avait fait durant les trois semaines passées en mer avec ses frères, ce ne pouvait qu'être un bon signe...
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Message Jeu 1 Sep 2011 - 13:14

Personne ne te fera de mal. Les paroles de celui qu’on nommait Trompe-La-Mort et l’entretient qui en avait suivit, le fait qu’il soit tellement…Attentionné avec elle, la berçait de la certitude qu’elle ne risquait rien sur ce boutre, que personne ne lui ferait réellement du mal. Personne hormis l’Assassin…Elle passait en boucle, dans sa petite tête brune, la discussion qu’elle avait eu avec le capitaine du Cruel, qui s’était révélé être le véritable capitaine malgré son jeune âge, ce qui avait impressionné Alyce un peu plus qu’elle ne l’aurait du, voyant en cette réussite celle dont son frère rêvait, sauf qu’il ne cherchait pas la mer, mais bien la terre, il voulait être chevalier…Et on lui en avait ôté toute possibilité, on l’avait massacré, de façon lâche à son sens bien que le combat se soit déroulé sous ses yeux, la Fléaufort n’était pas objective, et elle avait beau avoir intériorisé sa peine grâce à cet homme si étrange, la douleur était la, elle stagnait sous la surface, et attendait le bon moment pour exploser. Ce qui risquait de ne pas être des plus jolis…
Elle y repensait, oui, elle le voyait lui dire ce qui allait l’attendre et au lieu d’être terrifiée…Elle avait senti la crainte de l’inconnu la quitter. Désormais, elle savait, et savait aussi qu’il n’y aurait aucun échappatoire, qu’elle devrait faire avec et que se laisser mourir, ou tenter de mourir reviendrait à insulter le sang de son frère versé sur les dalles de pierres grises, dans cette allée misérable où il était mort. Il arrivait que Alyce rêve de cet endroit, bien qu’elle ai très peu dormi depuis son arrivée sur le Cruel, qui datait de…Deux jours ? Plus ? Elle ne saurait le dire, et elle avait beau voir le soleil se lever et se coucher, il lui était difficile de se rendre compte. Ce dont elle était sure, c’est qu’elle avait désormais dix sept ans, et que sa nouvelle année ne commençait pas vraiment très bien.
Oui, elle avait réfléchit aux paroles de cet homme jeune qui tenait d’une poigne de fer un équipage qui semblait discipliné, au grand étonnement d’Alyce qui avait toujours visualisé ces hommes comme un troupeau d’animaux dangereux, pas des lions, non, pas assez nobles, ni des loups, pas assez intelligents, mais des bêtes informes dotées de crocs, qui courraient à quatre pattes et se levaient uniquement pour tenir entre leurs mains de géants des armes terribles capables d’arracher la tête d’un homme avec un seul de ces coups. Elle avait réfléchit, à ce qu’il lui avait révélé, appris, alors qu’il lui donnait à boire et lui avait même offert quelque chose pour apaiser son estomac, qui criait à la famine sans qu’elle s’en soit rendu compte. Le chagrin annihile toutes les autres sensations, que ça soit la douleur, la soif, la faim, les maux physiques…Le chagrin était pire que tout, il devenait quasiment solide tant il martelait le corps de Alyce, le premier jour, et elle se souvenait que face à l’eau noire, elle avait eu l’envie de se laisser glisser par dessus le bastingage, pour mourir noyée. Mais elle ne l’avait pas fais…Elle avait demandé aux Dieux qu’ils lui envoient un signe, elle avait demandé à Harren de lui indiquer la voie à suivre pour ne pas le décevoir, pour ne pas que soit vain son sacrifice, et Harald était venu…Presque immédiatement. Etait-il ce signe ? Sans doute le croyait-elle, puisqu’elle vivait encore, et qu’après qu’ils se soient arrêtés sur cette plage pour réparer le gouvernail fêlé –ou brisé il faut dire qu’elle n’y connaissait guère grand chose et qu’elle n’écoutait que d’une oreille- elle était sagement redescendue dans la cale, puisque le capitaine descendait à terre et que, soyons réaliste, elle n’allait pas rester sans arrêt dans son ombre protectrice, malgré le fait qu’elle le désirait de tout cœur. Si elle ne pouvait châtier l’Assassin, alors ne plus le revoir, jamais, aurait pu lui suffire…Le problème étant qu’elle n’avait jamais été lâche, et qu’une telle façon d’agir ne lui ressemblait pas. Elle devait se reprendre, et s’était reprise. Désormais, elle était fixe, presque inerte en dehors de sa respiration, elle regardait le plancher, et elle réfléchissait, érigeait une barrière dans sa tête qui l’empêcherait de se montrer fragile. Elle priait les Dieux de lui donner cette force…

Et c’est à ce moment la qu’il apparut devant elle. Ses pas ne l’avaient pas alerté, les allées et venues étaient fréquentes ici. Non, c’est lorsqu’elle le vit s’arrêter devant elle et se mettre à sa hauteur que ses prunelles la trahirent, en brûlant de colère, ou peut-être de rage. Si la septa avait un jour sorti un beau discours sur la colère qu’elle s’était remémoré pendant qu’elle discutait avec le capitaine du boutre, il ne comptait pas pour cet homme, qui était le véritable responsable de ses malheurs, cet homme qu’elle haïssait de la pointe des cheveux jusqu’aux orteils, son corps vibrait de dégoût, et elle n’y pouvait absolument rien. Le revoir la bouleversait, sentir sa main chaude contre sa peau n’arrangeait rien, et plutôt que de pleurer, elle préférait la hargne, légèrement plus digne. En voyant son visage, elle vit celui de Harren, tomber sous ses assauts, comme au ralentit, et le sang…Il en avait partout, cet Assassin, du sang, son sang, celui de Alyce, puisque c’était celui de son propre frère. C’est sa faute songea-t-elle, et elle prit grand soin de l’imprimer pour ne jamais l’oublier. « Je ne te demanderai pas si tu sais qui je suis tes yeux me l'ont déjà révélé mais j'ai besoin de savoir autre chose... Sais tu coudre ? » Elle ne s’y attendait pas, à cette question, qui était profondément stupide selon elle. L’intelligence de l’Assassin devait être bien plus limitée que la moyenne. Il ne trouverait pas une femme à Westeros incapable de coudre, on l’apprenait aux toutes jeunes filles…Et jamais elles ne pouvaient l’oublier. Quand son doigt désigna l’estafilade, c’est de la satisfaction qu’il vit dans ses yeux, et elle retint avec mal un rictus de…De quoi ? Harren était mort et il avait beau l’avoir blessé, l’Assassin n’avait pas trépassé, et ne trépasserait pas même si la blessure devait-être douloureuse. De quoi être fier ? Alyce n’en était plus si sure. « J'ai besoin que tu nettoies cette plaie avant de la recoudre comme tu l'aurais fait pour un linge déchiré. Il me prend vraiment pour une attardée. Il me sourit, il me parle avec gentillesse, que croit-il ? Que je lui tomberais dans les bras ? Il a tué mon frère ! Quelle femme se laisserait prendre par l’assassin d’un être aimé… se disait-elle, et si ses traits restaient neutres, la colère prenait place dans ses yeux, envahissait la pupille comme le blanc. Plus de peur, non, la peur, c’était terminé, puisque l’inconnu était connu… « Je l'aurai bien fait moi même mais je ne suis pas doué pour ce type de travaux. Du reste il me faut savoir dès à présent si tu sauras passer outre notre première rencontre ou s'il me faudra te laisser à un de mes frères. Encore que je ne te le souhaite pas, il est des choses qu'une jeune fille de ton âge ne devrait jamais avoir à subir des mains de quiconque qu'il soit mon frère ou non... Mais si tu sais me rendre service je serai bon pour toi et ne te ferai jamais plus de mal et si par ailleurs je t'en ai fait en tuant ce chevalier, sache que ce n'était pas mon but. Tu as simplement découvert en ce jour funeste pour les tiens que la guerre n'est pas qu'une affaire de bardes et de chansons mais que des hommes de bien en meurent trop souvent. » Il a raison, et c’est ça le plus détestable pensa-t-elle, et elle s’en voulu de l’avoir pensé. Mais elle-même y avait songé alors qu’elle réfléchissait à ce que voulait dire tout ceci, toute cette douleur. La guerre…On ne parle pas de guerres aux jeunes filles, on leurs parle de bataille, mais on insiste sur les beaux chevaliers vainqueurs. Désormais, Alyce savait ce qui se dissimulait derrière la victoire, et elle ne trouvait plus cela fascinant du tout. Vulgaire, serait le mot. Vulgaire, le sang qui coule sur de la pierre grise, vulgaire, ce contraste…
Mais pourrait-elle passer outre ?
Non.

Non, elle ne pourrait jamais dire de l’aimer, de lui adresser d’aimables paroles, de lui sourire de façon sincère…Elle pouvait jouer un rôle, oui, sans doute, mais la perspective la décourageait d’avance. Caprice d’enfant, elle avait envie de se recroquevillé dans un coin en geignant : Je veux pas, je veux pas. Sauf qu’elle n’avait plus le choix. Harren était mort pour qu’elle vive, et sans doute n’imaginait-il pas cette vie-là…Mais elle savait que quelqu’un allait faire quelque chose contre les Fer-Nés, qu’on viendrait peut-être un jour la libérer, et même si on ne voudrait plus d’elle comme épouse puisque son pucelage s’envolerait vite, au moins pourrait-elle finir ses jours auprès de sa famille, de ses deux autres frères, qui l’aimaient, eux aussi, bien que le plus jeune soit justement trop jeune pour s’en souvenir, son benjamin, lui, ne l’oublierait pas, jamais…Non, jamais. Et c’était peut-être ce que voulait dire ce signe qu’elle avait vu en la personne du Trompe-La-Mort. Vivre, pour un jour retrouver un semblant de liberté.
Il y avait eu un blanc, durant lequel ils s’étaient regardés droit dans les yeux, sans que Alyce y prenne réellement garde. Un blanc, puis elle tend le bras vers le seau plein d’eau, de l’eau de mer, rien qu’à la texture. Il y avait dedans un linge, qu’elle mouilla avant d’apposer sur la plaie, sans la moindre once de précaution ou de douceur. Puéril, comme acte, mais penser que l’eau de mer devait le piquer atrocement lui procurait une sensation agréable. « Ce n’était pas un simple chevalier, c’était mon frère aîné. » dit-elle, avec une certaine froideur qui détonnait de la façon dont lui-même lui parlait. Il était aimable, essayait sans doute de la mettre à l’aise, mais elle ne se laisserait pas amadouer si facilement. « Quand aux mots sur la guerre, je vous remercie, j’ai eu le temps d’y réfléchir par moi-même. Je ne suis pas idiote. » cru-t-elle bon de préciser et elle plia le linge en deux pour essuyer correctement les bords de l’estafilade, et enlever un peu de la crasse qui s’était déposé par dessus. Elle était soigneuse, même si c’était pour cet homme, car Alyce était incapable de mal faire un travail, surtout de couture. Tendant le bras vers le matériel, elle prit une aiguille qui était plus grosse que pour du tissu, et enfila le chanvre. « Et je sais coudre, pour répondre à votre question, mais je n’ai jamais essayé sur un homme. Sans doute cela sera-t-il douloureux, vous m’en verrez…Et bien en fait non vous ne m’en verrez pas réellement désolée, mais ça n’est pas une surprise. » La septa aurait rougis de l’entendre si malpolie, et il est certain que la dernière réplique n’était pas des plus agréable, mais sincèrement, à quoi s’attendait-il ? Pensait-il qu’elle lui tomberait dans les bras avec un grand sourire enjôleur ? Qu’elle se plierait à ses volontés ? Elle le ferait sans doute, sans réellement se débattre physiquement, mais les femmes ont d’autres armes : les mots. Et si ceux-là ne l’atteignaient pas, et bien au moins se sentait-elle mieux de les prononcer. Approchant l’aiguille du bas de la plaie, elle jugea plus intelligent de commencer par le dessous. Prenait un morceau de peau entre ses doigts, elle piqua d’un côté pour ressortir de l’autre. Déjà, du sang coulait sur sa paume. Encore du sang, toujours du sang… Elle ne dit mots, pour les trois premiers points, peut-être était-elle concentrée, mais plus sûrement cherchait-elle le moyen de répondre à la dernière interrogation, celle qui était en suspend : Pourrait-elle oublier ? Que répondre à cela ? « Je ne vous aimerais jamais, mais ce serait gâcher le sacrifice de mon frère que de chercher la mort. Et ce serait vous faire trop d’honneurs…Alors je ferais ce que vous voulez, si tel est votre bon plaisir, mais à mes yeux, vous resterez simplement l’Assassin. »
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Message Jeu 1 Sep 2011 - 17:29

Lorsque la jeune femme commença à parler, le marin se fit la réflexion qu'il s'agissait là de la première fois qu'il entendait sa voix autrement que dans des cris et gémissement alors qu'il la détachait du corps sans vie du chevalier ou bien lorsqu'il la portait sur son épaule jusqu'au Cruel. Elle avait la voix un peu cassée, mais cette dernière restait douce malgré la petite teinte de tristesse qu'il pouvait en entendre. Il se dit qu'il pourrait apprécier cette voix. Elle finit par sembler accepter de l'aider et commença à nettoyer sa plaie, l'eau de mer fit son travail et sa blessure irradia sourdement dans toute sa poitrine mais il fit en sorte de ne rien en montrer, ce n'était pas la première fois qu'il était blessé, en témoigne ses nombreuses cicatrices et de toute manière la couture serait bien plus douloureuse... La jeune femme lui révéla que le dit chevalier celui dans le corps duquel il avait plongé sa lame, n'était autre que son frère aîné. Godrik desserra les dents un instant, il s'était douté que le chevalier devait être lié à elle mais il n'avait pas imaginé qu'ils furent si proches, il avait tout d'abord pensé à un mari ou un fiancé après avoir compris qu'elle était bien jeune mais pas à un frère. Peut être était-ce parce que lui même n'en avait jamais eu qu'il n'y avait pas pensé. Ton frère est mort courageusement... je suis désolé pour ta perte, ça ne le ramènera pas c'est certain. Mais je peux au moins te dire qu'il fut un adversaire coriace et noble. Peu nombreux sont ceux qui m'ont blessé comme il l'a fait. Je n'avais plus eu besoin de couture depuis plusieurs semaines. Je comprends mieux maintenant pourquoi il se battait ainsi... Il regarda la jeune fille dans les yeux avant de poursuivre. Il défendait ce qu'il avait de plus cher, si un jour tu m'accordes de connaitre son nom, je souhaiterai pouvoir lui rendre hommage comme il est de coutume pour les hommes de bien dans ma culture. Il avait parlé de manière calme et posée essayant tant bien que mal de ne pas montrer un quelconque dédain pour la mémoire du jeune chevalier. Car il avait effectivement beaucoup de respect pour le chevalier. Cependant il comprenait pourquoi le jeune chevalier s'était battu avec autant de ténacité, il avait été un homme bien qui avait voulu sauver sa sœur mais était tombé sur plus fort que lui.

Cependant la jeune femme semblait toujours froide à son égard, il ne pouvait cependant pas l'en blâmer, tout prenait une relativité toute particulière, il n'avait pas eu conscience avant cet instant qu'il avait sans aucun doute brisé, si ce n'était la vie au minimum les illusions de cette jeune femme. C'est le moment qu'elle choisit pour lui expliquer qu'elle n'était pas idiote et avait bien compris que la guerre n'était pas une simple chanson. Il ne put du reste s'empêcher de sourire de nouveau.
Je me doute bien que tu n'es pas idiote et c'est la raison pour laquelle je pense que nous nous entendrons... Il baissa les yeux sur ce qu'elle était en train de faire, la blessure bien que peu profonde pouvait se révéler dangereuse du fait des infections possibles à bord. Cependant elle était désormais propre son frère ne l'avait pas raté... Avec un peu plus de pratique et de sérénité il l'aurait sans aucun doute transpercé de par en par, au lieu de ça, sa lourde épée n'avait fait que tracer un sillon sanglant sur la poitrine de son adversaire alors que celui-ci plongeait sa lame dans un interstice pour en faire couler le sang à grands flots. Il détourna cependant les yeux lorsqu'elle tira l'aiguille de la pochette de cuir. Godrik n'avait jamais été un grand courageux face aux aiguilles et autres médecines... Il l'écouta lui dire qu'elle n'espérerait pas que ce ne serait pas douloureux. elle avait bien faillit tomber dans le piège de son éducation et lui souhaiter de ne pas souffrir mais elle avait su se reprendre juste à temps pour lui dire ce qu'elle pensait véritablement. Cette petite hésitation fut néanmoins suffisante pour montre au Fer-Né que la jeune femme avait un bon fond. Il lui répondit en souriant. C'est ma foi très honnête comme accord. Et du reste je ne peux t'en vouloir. Il serra si fort les dents lorsqu'elle piqua la première fois que les muscles de ses mâchoires lui firent mal. Il souffla bruyamment lorsque ce fut fait avant de se contracter de nouveau lorsque l'aiguille perça de nouveau. Hummmm... c'est bon dieu vrai que ça fait un mal de chien... Il écouta la jeune femme parler tout en se contractant et en soufflant à intervalle régulier à chaque fois que l'aiguille entrait et sortait de sa chaire. Mais il ne prit pas la parole, tout d'abord parce qu'il n'avait rien à lui dire sur ce qu'elle venait de lui avouer, mais surtout car il était déjà fort concentré pour ne pas simplement tourner de l’œil devant la douleur. Des gouttes grosses comme le doigt perlaient à son front et sur ses tempes alors qu'elle le charcutait pour le soigner, plus ironique qu'il n'y paraissait comme situation. cependant et pendant qu'il luttait contre la douleur, se faisait la décision dans son esprit il ne donnerait pas cette jeune femme à un de ses frères. Ils auraient de toute manière certainement brisé cette dernière en en faisant leur putain salée mais aussi et surtout car ce petit intermède lui avait montré la personnalité hors normes de la jeune femme et il n'aurait pu imaginer mieux comme femme-sel, du reste elle était fort attirante et ne ferait que le devenir plus encore avec l'âge. Mais surtout il avait une dette envers ce chevalier qu'il avait tué alors qu'il voulait sauver sa sœur, il lui devait de prendre soin de cette dernière.

Il se détendit enfin lorsqu'elle eu terminé sa travail de couture, il ne se sentait pas des plus fringant et devait certainement être blanc comme un linge malgré sa vie de marin et son teint halé. Il pointa du doigt la bande de lin dans la pochette de cuir pour lui signifier qu'il fallait désormais nettoyer le travail exécuté et lui appliquer le bandage par la suite.
Je ne te demande pas de m'aimer crois moi bien... quand à l'honneur sache que je n'en retire aucun pour avoir tuer un frère voulant sauver sa sœur. C'est d'ailleurs l'inverse, c'est désormais moi qui doit pour l'honneur de ton frère, prendre soin de toi et veiller à ce qu'il ne t'arrive rien. Il sourit à la jeune femme. Je ne vais pas te donner à un de mes frères, tu resteras avec moi et une fois à terre tu seras ma femme-sel et vivras dans ma maison. Il te faudra travailler et veiller à la tenir comme une femme seule peut le faire, il ne faudra pas compter sur moi constamment mais tu devras apprendre à devenir autonome et indépendante car je serai souvent en mer. Du reste tu peux me nommer comme bon te sembles, seulement Assassin me semble bien long, essaies donc Godrik cela me parait plus court et pratique... Le marin était resté simple dans ses mots comme dans ses pensées, il ne s'énervait pour ainsi dire jamais et n'élevait quasiment jamais la voix, il tenait là un discourt qui lui paraissait relativement claire et honnête, son visage du reste n'exprimait rien d'autre que le malaise dû à la couture mais aussi une sincérité simple et franche qui était la sienne la plupart du temps. Cependant il souriait et ce malgré les petits points rouges ou brillants qui emplissaient une partie de son champs de vision.
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Message Jeu 1 Sep 2011 - 19:21

Elle est concentrée sur sa besogne, depuis qu’elle a lancé sa dernière pique. Elle entre l’aiguille dans la chair, la ressort sur l’autre bord de la blessure, pour joindre les deux morceaux ensemble. Elle ne prend pas garde à la douleur qu’elle peut lui causer, par contre, elle prend garde à bien faire ce travail, par simple soucis de paix avec elle-même. Lors de grands moments de nervosités, elle devient maniaque, et cela peut vite tourner à une obsession bien pire, ainsi, elle s’accroche, et elle écoute, sans un mot. Il parle du courage de son frère, et cela la révolte. De quel droit ose-t-il ne fus-ce que parler de lui ? Deux parts d’elle-même se battent, l’enfant qui n’accepte pas qu’un barbare ai massacré son frère, l’enfant qui pleure, qui hurle, l’enfant qu’on a arraché au cadavre par la force, et qu’on a ballotté jusqu’au boutre, pour la poser dans une cale. L’enfant qu’elle était encore, en arrivant sur le pont et en regardant la mer rendue noire par la nuit. Et une autre, la jeune femme, presque dame, qui, en quelques heures, a gagné en maturité. Elle comprend les affres de la guerre, désormais, elle sait que les belles chansons ne sont que des chansons, que les belles histoires ne sont que des histoires, que les bouches qui les content sont traîtresses et menteuses, cachent la vérité, font des demi-mesures, et empoisonnent l’esprit des jeunes filles. Si on lui avait clairement dit les choses, si on lui avait dit qu’une guerre apporte certes un vainqueur mais également des champs de cadavres, sans doute aurait-elle moins admiré le héros. Certes, il terrasse son ennemi, un être vil et cruel le plus souvent, il délivre une belle dame, et ils s’aiment, mais derrière cet homme vil et cruel se trouve une armée, réduite à rien par la force des entrechocs d’aciers, et le sang coule, il coule, toujours à flot, au point de créer des rivières là où il n’y en avait pas, et de changer l’eau claire en eau pourpre. Parmi ces hommes, sans doute de braves bougres, des hommes désireux de se battre pour une cause qu’ils croient noble, certains peut-être y sont de forces, d’autres sont méchants, mauvais, bien entendu, mais pas tous, non, et c’est cela, la guerre…Tous les gentils ne sont pas gentils, tous les méchants ne sont pas méchants, il n’y a pas d’un côté du blanc et de l’autre du noir, il y a du gris…Un gris, qui jure avec le sang. Plus ou moins gris…Et la guerre fait des victimes, parfois, les gentils tuent des innocents, qui ont eu le simple malheur de se trouver sur le chemin de la guerre. Sont-ils mauvais pour la cause ? Oui, au sens des familles endeuillées, non, au sens des autres. Alyce n’était pas objective, et l’Assassin avait beau essayé d’être aimable, elle ne parvenait pas à passer outre lui, outre ce qu’il était, ce qu’il avait fais, les images qu’il avait gravé à tout jamais dans son esprit. Il parlait de la bravoure de son frère, de son courage, il semblait…Comprendre son geste, l’admirer même, et un barbare en était-il capable ? Non…Alors les Fer-Nés ne sont pas des barbares ? Alyce ne sait pas, Alyce ne sait plus, plus vraiment. D’abord le Trompe-La-Mort, ensuite lui, pourquoi sont-ils gentils, pourquoi essaient-ils de peindre un sourire sur son visage triste, de graver un éclat de joie dans ses yeux éteints ? Ils seraient tellement plus facile à haïr s’ils se montraient détestables…Mais pas plus l’Assassin que le capitaine ne semblait être de cette trempe. Les Fer-Nés étaient-ils tous comme eux ? Elle en doutait…Auquel cas, jamais on aurait pu ramener pareils commérages ni les inventer. Ils devaient être des exceptions.
Et pourquoi cette exception se révélait être la cause de son malheur ? Elle aurait préféré qu’il la sauve des mains d’un rustre, ainsi se serait-elle sentie moins mal en sa présence, moins bouleversée, elle avait envie de le frapper, tout en sachant que ses mains de femme fragile ne seraient que des caresses sur sa peau, sauf si elle se montrait vicieuse et frappait la blessure infligée par son frère…
Harren…

Elle songe à tout cela, alors qu’elle coud la plaie de l’Assassin, et elle l’entend dire qu’il souffre, sans pour autant qu’elle ne relève. Elle sent sa peau dorée par le soleil marin devenir glissante, luisante de sueur, et elle parvient à prendre un moins bon appuis pour planter son aiguille et l’en ressortir. Un coup d’œil à son visage lui indique qu’il pâlit, et la douleur doit être atroce…Alyce en tire à la fois honte et satisfaction. Elle se montre aussi mauvaise qu’un barbare en ne prenant pas garde, et elle en rougit, mais en même temps, il mérite bien quelque souffrance. Son frère est mort, et la mort doit être difficile, douloureuse…Elle l’a vu dans ses yeux. Ainsi, il était capable de souffrir…Souviens toi, tu pensais qu’ils n’étaient pas des hommes, et pourtant ils ont mal, comme quand tu t’écorches sur une pierre, et leurs femmes ont mal comme ta mère lorsqu’elle t’a mise au monde, ils sont comme toi, comme toi…Comme toi. La vérité explose dans sa tête, mais elle ne veut pas l’entendre, s’y refuse, elle fait l’enfant. La vérité ? Qui parle de vérité…La vérité fait bien trop mal. La vérité, c’est que cet homme est sans doute un homme de bien, ou du moins de bien pour son peuple, il semble juste, et ne se moque pas d’elle, n’a pas encore essayé de la violer dans cette cale, et elle aurait juré avoir entendu d’autres hommes ne pas avoir cette délicatesse à l’égard de certaines femmes. Des bruits bizarres, des halètements, mais peut-être avait-elle rêvée…Son imagination la taraudait bien trop, surtout concernant sa précieuse virginité, sans laquelle elle ne serait plus rien…Plus grand chose du moins. « Je ne te demande pas de m'aimer crois moi bien... quand à l'honneur sache que je n'en retire aucun pour avoir tuer un frère voulant sauver sa sœur. C'est d'ailleurs l'inverse, c'est désormais moi qui doit pour l'honneur de ton frère, prendre soin de toi et veiller à ce qu'il ne t'arrive rien. » Devenait-elle folle ? Il lui garantissait de veiller sur elle, avoir une dette envers un mort ? Elle voulait hurler qu’il n’en serait rien s’il les avait laissé s’en aller, au lieu de les massacrer. S’il voulait de l’or, Harren le leurs aurait donné, s’ils voulaient leurs armes, il aurait obtempéré, mettant son honneur de chevalier de côté pour la garder saine et sauve, elle l’aurait suppliée, à genou, de ne pas se mesurer à eux, qui lui semblaient si colossaux…Mais ils n’avaient rien demandé, ils étaient simplement venu prendre, piller, tuer, presque pour le plaisir. Elle se souvenait, vaguement, avoir vu des cadavres de femmes. Quel honneur y avait-il à en tuer ? Cet homme, qu’elle soignait, en avait-il déjà tué sauvagement, et peut-être violé ? Elle voulait penser que oui, sans pour autant en être sure. Elle voulait le repousser, lui enfoncer l’aiguille qu’elle tenait dans l’œil, et le lui arracher, pour le punir, le punir de lui avoir tout pris, pour ensuite lui offrir de se reconstruire d’une façon nouvelle, en lui promettant sa protection comme si…
Comme s’il était ton mari.
L’idée aurait du lui donner un haut le cœur, ce fut le cas, mais pas aussi violent qu’elle aurait escompté. « Je ne vais pas te donner à un de mes frères, tu resteras avec moi et une fois à terre tu seras ma femme-sel et vivras dans ma maison. Il te faudra travailler et veiller à la tenir comme une femme seule peut le faire, il ne faudra pas compter sur moi constamment mais tu devras apprendre à devenir autonome et indépendante car je serai souvent en mer. Du reste tu peux me nommer comme bon te sembles, seulement Assassin me semble bien long, essaies donc Godrik cela me parait plus court et pratique... » Elle tiqua, sans parvenir à le cacher. Un prénom…Un homme est plus facile à haïr lorsqu’il n’en a pas. Elle aurait voulu qu’il ne lui donne pas le sien. Godrik…Cela sonnait étrange à ses oreilles. Elle décida qu’elle détestait ce prénom, de façon fort puérile, elle s’en rendait assez vite compte, et pourtant elle ne disait rien tout haut, bien qu’elle n’en pensa pas moins tout bas. Elle avait compris que le rôle d’une femme-sel était surtout de chauffer le lit, elle s’était préparée à devoir écarter les jambes, elle était restée bloquée sur cet état de fait, sans vraiment retenir le reste. Elle serait…Comme une sorte de servante ? Elle devrait…Quoi ? Elle ne savait rien faire, elle n’était pas cuisinière, il y en avait, à la maison. Comme il y avait des dames pour le bain, des dames pour habiller, des dames pour tout faire, la lessive, le ménage, tout…Alyce les avait observé, dans les moments d’ennuis, où elle ne regardait pas son frère de battre dans la cour. Cela semblait…Simple, sans l’être. Nettoyer elle le pourrait sans doute, mais le reste…Rien que la simple idée de devoir manger. Il n’était sûrement pas un seigneur, il n’avait sans doute aucuns domestiques puisqu’il comptait lui donner le travail de l’un d’eux…Elle serait toute seule. Et, étrangement, l’idée de devoir se débrouiller seule lui semblait plus effrayante, tout d’un coup, que de perdre son précieux bien. « Je ne sais rien du travail des servantes…Enfin je le sais mais pas comment le pratiquer… » murmura-t-elle, et ce qui était une pensée se révéla être prononcé tout haut sans qu’elle n’y ai prit garde. Elle prit entre ses mains la bandelette blanche, mais avant, se munit du linge humide qu’elle entreprit de tordre, avant d’essuyer le sang qui avait goûté le long de son bras, jusqu’au sol, tâchant encore sa robe. Elle n’aimait pas la vue du sang, et si avant regarde une plaie lorsqu’elle s’écorchait ou que son frère se blessait à l’entraînement ne lui faisait rien, désormais ce liquide vital lui donnait quelque peu le tournis. Elle prit la bande, et demanda, un peu moins hargneuse : « Si vous pouviez tenir ce morceau…Merci. » Girouette, l’enfant emballa au mieux cette blessure et se servit de l’autre partie pour nouer un nœud. Puis elle observa ce travail, et se sentit fière de l’avoir réussi, pour une première fois. Sans doute devrais-je le recoudre à nouveau…Il est fort, mais il tombera sur plus fort que lui. Cette idée la dérangeait. Pas qu’elle soit blessé, elle n’en avait cure, mais…S’il mourrait ? Harren serait vengé…Mais sa vie à elle, sa vie, pour laquelle il avait donné la sienne ? « Vous ne devriez pas être aimable. Les autres ne le sont pas, hormis…Mais vous ne devriez pas. Je ne comprends pas, vous devriez être un animal, ne penser qu’à vous battre ou à prendre des femmes, puis à les tuer et à accrocher leurs corps sur de grandes piques. Vous devriez être comme cela… » Sa voix s’était quelque peu cassé, sur la fin, mais c’était le seul signe de la boule qui s’était formée dans sa gorge. On lui avait donné l’image d’un monde bien définit et voilà que désormais, plus rien ne correspondait à ses critères, à ce qui était juste et normal. Tout s’inversait, tout était bouleversé, et comment rester calme face à cela ? Elle ne le pouvait tout simplement pas. Elle voulait qu’il soit un homme infecte et détestable, elle voulait passer ses journées à haïr le moindre de ses mots et de ses gestes, pas…Pas à trouver la moindre petite faille dans ses phrases, où il n’y en avait aucune, pour l’insulter, le qualifier de menteur…Elle voyait dans ses yeux qu’il ne l’était pas, elle y voyait une sincérité qu’elle ne voulait pas voir. Cela lui faisait bien trop mal…
Maudit soit-il, qu’ils le soient tous ! Avec leurs mensonges, leurs paroles, avec leurs promesses qui n’aboutissent jamais. Je les hais, je les hais… Et une larme silencieuse roula sur sa joue, qu’elle s’empressa d’essuyer. Pas de failles, s’était-elle jurée. Pas de faille, de faiblesses, mais comment ne pas se sentir faible alors qu’elle avait soigné avec minutie l’assassin de son frère ?
Godrik…
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Message Jeu 1 Sep 2011 - 21:43

Godrik observa la jeune femme alors qu'elle continuait son ouvrage, il voyait bien que ses paroles avaient passablement déstabilisé la jeune fille qui devait avoir apprit comme on apprenait à toutes celles du continent que les Fer-Nés n'étaient que des hommes sans âmes certainement cannibales et nécrophiles. Il essayait de comprendre comment son esprit pouvait enregistrer toutes ces nouvelles informations sur le monde et les faire siennes pour contre balancer toute une culture qui lui avait inculqué un nombre sans doute incroyable d'absurdités sur les peuples des îles. Cependant et bien qu'elle parusse ne pas savoir quoi faire au départ Godrik pouvait la voir accomplir sa tâche avec méticulosité et attention. Quand bien même il s'agissait de soigner une blessure infligé par son propre frère à son assassin. La jeune femme démontrait une force de caractère impressionnante pour son jeune âge. Lorsqu'elle lui indiqua ne pas être une servante et ne pas savoir comment faire pour se comporter comme telle, il émit un petit claquement de langue. Tu n'es pas une servante et n'en seras pas une. Quant à savoir tenir une maison tu apprendras ne t'inquiètes pas, ne m'as tu pas dit ne jamais avoir recousu un homme auparavant et regarde pourtant... il montra sa blessure désormais refermée. Tu ne t'en es pas mal sortie, je ne suis pas certain que si notre rebouteux était toujours de ce monde il aurait fait un aussi bon travail... il baissa la tête un instant que le Dieu Noyé le garde près de lui dans son hall sous marin et qu'il festoie jusqu'à la fin des temps... Elle lui tendit une des extrémités de la bande de lin en le remerciant de bien vouloir la tenir, encore une fois le bon fond de la jeune femme faisait surface. Elle avait beau vouloir paraitre dure et revêche son caractère naturel transparaissait dans chacun de ses gestes. La jeune femme était de nature douce et aimable. Cela avait pour effet de conforter Godrik dans son choix de ne pas l'avoir tué puis plus récemment de la prendre pour femme-sel.

Lorsqu'elle eut finit de panser sa blessure il put la voir observer avec satisfaction le fruit de son travail. Aucun doute n'existait désormais dans l'esprit du marin, il protégerait cette femme, il avait payé le Fer-prix pour elle et contracté une dette envers l'esprit de son frère mort pour la protéger. Il souriait toujours du reste mais lorsque la jeune femme reprit la parole il pu sentir que quelque chose était sur le point de se briser en elle. Elle ne comprenait pas ce qu'il se passait depuis que Le Cruel avait attaqué Fléaufort et il ne pouvait l'en blâmer, ce devait être un bouleversement cataclysmique pour une jeune noble. Il poussa donc de la main le sceau d'eau de mer dont la couleur avait passablement changé pour devenir presque noire dans la pénombre de la cale.
Je vais m’assoir un instant si tu me permets... Il se laissa tomber à coté de la jeune femme et prit appui contre la poutre dans son dos. Cela lui fit du reste le plus grand bien, il n'avait pas pensé que se faire recoudre à vif puisse le mettre dans un état pareil, il était d'habitude sous l'emprise de l'alcool lorsqu'il se faisait recoudre et finissait par s'endormir à cause de la douleur et du contre coup. Il observa la jeune femme un instant, comprenant qu'il allait falloir parler pour qu'elle puisse saisir ce qui lui arrivait. Dis moi, que sais tu des Fer-Nés ? Que t'ont dis tes Mestres et autres Septas sur nos coutumes et nos rites ? Il inclina la tête en arrière et ferma les yeux un instant, le Cruel sembla se dérober sous lui et son univers tourner vite, trop vite, il rouvrit les yeux et contracta son pectoral blessé pour que la douleur le préserve de l'évanouissement. Je ne suis pas un monstre tu l'as certainement remarqué... Certes j'ai tué ton frère, mais ce n'était là qu'un combat entre deux guerriers. Je pense bien que tu aurais préféré me voir mourir à sa place et c'est tout à fait normal. Moi même aurait bien souvent préféré voir les votre tomber à la place de mes frères mais c'est une fatalité que l'on accepte en épousant la vie que nous avons choisit. cependant tu n'as pas choisit cette vie, et pour cela je regrette d'avoir tué ton frère... Non pas que je lui aurai laissé prendre ma vie, mais crois moi lorsque je dis qu'il aurait mieux valu que vous ne soyez pas présent à notre arrivée. Il laissa échapper un soupir entre ses dents Ceci dit et malgré le mal que cela à pu provoquer pour toi je ne regrette pas notre rencontre. Il inclina la tête vers la jeune femme se rendant compte que ses dernières paroles pouvaient être mal interprétées ou même ressentit comme un manque de respect envers ce soldat mort pour protéger les siens. Les penseurs du continent, ceux qui vous instruisent et vous enseignent ne savent pour la plupart pas de quoi ils parlent lorsqu'il en vient aux Îles de Fer, alors ils inventent des légendes, des contes pour cacher leur ignorance. Je sais qu'ils nous disent froids et monstrueux... j'ai même connu une septa qui pensait très sincèrement que nous forniquions avec des animaux. L'ignorance est une plaie bien plus grave que celle dont tu m'as sauvé aujourd'hui, elle est un rat qui ronge les cordages de ton esprit. C'est un mal qu'il ne faut pas accepter. Pour ma part je ne sais pas lire ni même écrire mon nom, mais je sais reconnaitre un homme de bien ou une femme lorsque j'en croise. Il eu un large sourire. Je ne peux te promettre que tous les miens pensent la même chose que ce que je te dis là. Bien au contraire... Je ne mentais pas lorsque je t'ai dis plus tôt que certains de mes frères te feraient subir des choses qu'aucune femme ne devrait avoir à endurer. Seulement je peux te donner a parole que pas une fois depuis que nous nous sommes rencontré je ne t'ai menti... et ma foi si le Dieu Noyé me prête vie ainsi qu'à toi, je ne le ferai jamais.

Il se mit à rire et cela provoqua une nouvelle douleur dans sa poitrine. Ceci dit je peux toujours grogner et geindre si cela te semble préférable et correspond mieux à l'idée que tu te fais d'un Fer-Né. Pour ce qui est de forniquer avec des animaux par contre... je vais simplement passer mon tour. Je veux bien t'aider à me voir comme un monstre mais je ne suis pas serviable à ce point... Son regard croisa celui d'une autre femme qui semblait écouter leur conversation depuis un moment et le regardait avec dédain et dégouts. Il lui réserva un de ces siens propre, le regard du pirate Fer-Né assassin d'enfant et faiseur de veuve, la femme détourna les yeux et se glissa de nouveau derrière une poutre pour disparaitre à sa vue. Le marin éclata alors de rire, les continentaux étaient si crédules et impressionnable face à l'inconnu...
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Message Ven 2 Sep 2011 - 14:19

L’homme la complimente, il est aimable, et fort poli, presque autant qu’une personne de haute naissance, et cela perturbe Alyce, parce qu’il ne devrait pas se comporter ainsi. Il aurait du être un animal vicieux, un animal dégoûtant, qu’elle haïrait sans le moindre scrupule, sauf que la…Elle commençait à assimiler son point de vue, qui était exact bien qu’elle préférait se voiler la face encore un peu, ne fus-ce que quelques minutes, avant d’être incapable de croiser son reflet dans le miroir en admettant que sans doute l’assassin de son frère avait raison. La guerre…Il est normal que deux camps s’affrontent, dans une guerre, mais contre qui allaient les Fer-Nés ? De braves gens, qui n’avaient rien demandé. Il n’enlevait pas de nobles pour obtenir de rançons, non, ils prenaient eux-même, ils ne chipotaient pas sur les îles arides, ils ne connaissaient peut-être pas les coutumes de chez elle, ou peut-être ne leurs convenaient-elles pas. La guerre…Elle n’était pas prisonnière contre une rançon, elle ne serait jamais rendue à sa famille, sauf si les flottes royales finissent par se lever, raser l’île, et venir aider les femmes et enfants prisonniers. Mais quand bien même, comment reconnaître Fer-Né des autres ? Il était probable de les voir tous mourir, et leurs cadavres orner la côte, et la mer, comme des offrandes à un dieu étrange. Un Dieu…Il parlait toujours d’un Dieu Noyé, et si elle savait qu’ils n’avaient pas les mêmes croyances que sur le continent –elle avait toujours cru qu’ils n’en avaient aucunes car forcément les Sept avaient du les abandonner à leur animalisme- elle n’imaginait pas que ce dieu puisse connaître des valeurs telles que l’honneur ou le respect. Si on lui avait demandé de choisir un dieu aux Fer-Nés, elle aurait vu un fauve difforme, dont chaque partie du corps serait une arme, qui forniquerait avec de pauvres vierges en les dévorant vivante, lançant le signal d’un grand massacre dont les gens du continent seraient les victimes. Oui…Avant, son imagination l’aurait menée jusqu’à cette extrémité. Désormais ? Elle se rendait compte que ce peuple était civilisé, que l’Assassin –Godrik qu’il s’appelait elle devait le retenir- était lui aussi civilisé, et qu’il était peut-être une sorte de chevalier aux yeux de son peuple, comme le capitaine du Cruel. Il avait raison, dans ce qu’il disait, elle ne connaissait rien d’eux, uniquement des rumeurs et des histoires horribles. Tantôt, les Fer-Nés mangent leurs enfants qui naissent prétendument faible, ils arrachent le sein des femmes pour y boire du sang, et parfois les rôtissent pour les dévorer. Ils boivent dans le crâne de leurs ennemis des coupoles de leur sang récolté sur leurs épées. A leur sujet, septa Morana ne tarissait pas d’histoires bien qu’elle ne donnait jamais énormément de détails –le plus souvent il revenait à Alyce de compléter à loisir les blancs dans le récit. La septa avait tout fais pour que la petite craigne les gens de la mer, et qu’elle les exècre, comme si elle portait quelque grief personnel contre eux malgré ses beaux discours sur la haine et son danger. Alyce avait pourtant retenu chaque mot, car telle était sa malédiction, ne jamais oublier une parole, prononcée ou écrite, ne jamais oublier quoi que ce soit…Ainsi elle savait que jamais le visage de Harren ne deviendrait floue, que jamais l’image de sa mort ne s’en irait. Elle était incapable d’oublier…Mais elle était capable d’intérioriser, ce qui lui permettait de ne pas fondre en larmes comme les pauvres bougresses enfermées avec elle, de ne pas se jeter par dessus le bastingage, de ne pas provoquer un marin dans l’espoir qu’il la tue pour son arrogance. Non, elle savait désormais qu’à bord de ce navire, nul ne lui ferait de mal sans subir le courroux du capitaine. Pas parce qu’elle était Alyce Fléaufort, fille aînée et aînée tout court désormais, mais bien parce qu’elle était une femme, et que le capitaine de ce boutre respectait ses prisonniers. L’assassin de son frère semblait être sortit du même moule.
Et les autres ?
Elle n’en savait rien, le monde était floue autour d’elle, s’émoussait, la vérité n’existait plus, puisque ce qu’elle pensait l’être, la voilà teintée de mensonges et d’exagérations.

Ils sont hommes et femmes comme sur le continent, ils font la guerre, Harren est une victime de la guerre, mais aurais-je haïs celui qui l’aurait tué ? Comment aurais-je pu, je n’aurais vu aucuns visages…Mais la, ce visage me regarde, me sourit, j’ai recousu la blessure du corps de son assassin, la blessure infligée par son épée…Pour me défendre. Ils sont peut-être hommes et femmes comme nous, mais sur le continent, beaucoup se haïssent…
Peine perdue, elle tournait en rond et ne savait comment réagir.
Le fait qu’il s’asseye à côté d’elle n’aidait pas. Son corps dégageait une certaine chaleur, malgré la pâleur qui ne semblait pas vouloir quitter ses traits. Elle lui avait fais mal et, sans se sentir désolée pour lui, elle se fit la leçon, à la place de la septa. Elle n’avait pas été digne, non, mais pouvait-on lui en vouloir ? Elle avait si mal, dans sa poitrine…Dans sa tête aussi, elle était prise de migraines terribles depuis son enlèvement.
Il lui parlait, il continuait sans s’arrêter, si bien qu’elle écoutait et ne cherchait pas à l’interrompre ni à commenter quoi que ce soit. Il lui apprenait des choses, des choses personnelles. Il avouait ne savoir ni lire ni écrire, ce qu’elle trouva triste. Comment pouvait-il parler d’ignorance quand lui-même devait l’être des choses merveilleuses du monde ? Alyce avait lu énormément de livres, elle pouvait parler de dragons, comme de royauté, de géographie, d’animaux, de guerre aussi, parce qu’un jour elle avait lu un livre sur la stratégie militaire, et si elle l’avait trouvé un peu ennuyeux, les détails n’en étaient pas moins resté gravés dans sa mémoire, et pour longtemps. Qu’y connaissait-il, cet homme, ce…Marin fer-né ? Il était l’ignorance incarnée. A mes yeux, oui, mais moi je dois l’être également pour lui, je ne sais rien de ce qu’est « être une femme », je ne sais rien de la mer, de son Dieu, de ses coutumes, mes préjugés sont les mêmes que les siens. Il doit me trouver idiote. Non pas que son opinion lui importe…Quoi que, l’idée d’être ainsi jugée ne lui plaisait pas vraiment, mais elle ferait avec. « Je ne peux te promettre que tous les miens pensent la même chose que ce que je te dis là. Bien au contraire... Je ne mentais pas lorsque je t'ai dis plus tôt que certains de mes frères te feraient subir des choses qu'aucune femme ne devrait avoir à endurer. Seulement je peux te donner a parole que pas une fois depuis que nous nous sommes rencontré je ne t'ai menti... et ma foi si le Dieu Noyé me prête vie ainsi qu'à toi, je ne le ferai jamais. » Ses mots confortèrent Alyce dans son idée qu’elle avait rencontré, peut-être, les deux seuls êtres qui se rapprochaient plus des habitants du continent que des animaux qu’elle avait maintes fois imaginés. D’ailleurs, dans ses rêveries, Harren les battait toujours…
Preuve que les rêves ne sont que des rêves, et qu’elle pouvait désormais abandonner chacun des siens. Epouser un homme convenable, l’honorer de plusieurs enfants, des garçons d’abord, puis une fille ou deux, sourire, passer du temps avec d’autres dames, peut-être épouser quelqu’un d’important…Pas un Lannister, non, mais il y avait tant de maisons à travers les Sept Couronnes, tant d’endroits qu’elle aurait voulu voir, et qu’elle ne verrait jamais…Coincée qu’elle serait sur une île qui n’était pas la sienne.
Il avait rit, et son rire lui avait arraché une grimace. Elle se demandait s’il mourrait de cette blessure, si elle était aussi douloureuse…Souhaitait-elle sa mort ? Ce serait se rabaisser au rang d’animal, que de vouloir enlever une vie. Si les Dieux voulaient venger Harren, alors quelqu’un tuerait cet homme dans un véritable combat, et ainsi son sang lavera celui versé sur les pierres grises de la ville portuaire. Encore fallait-il que les Dieux le veuillent. Et Alyce, le voulait-elle ?
En vérité elle évitait de se poser cette question, par crainte de la réponse, quelle qu’elle fut.

« Ceci dit je peux toujours grogner et geindre si cela te semble préférable et correspond mieux à l'idée que tu te fais d'un Fer-Né. Pour ce qui est de forniquer avec des animaux par contre... je vais simplement passer mon tour. Je veux bien t'aider à me voir comme un monstre mais je ne suis pas serviable à ce point... » Elle se mordit l’intérieur de la joue en sentant l’ébauche d’un sourire timide apparaître comme le soleil aux premières lueurs de l’aube. Elle ne voulait pas le trouver amusant, elle voulait le haïr, le détester, le maudire chaque jour…Père aussi a tué, Harren aussi, aurait tué tôt ou tard. En quoi sont-ils différents ? Elle détestait son esprit éveillé, vraiment.
Elle ramena ses genoux contre sa poitrine, et serra le tout de ses bras, avant de poser son menton contre, et de suivre l’échange entre l’ass…Godrik, et l’autre femme. « Vous êtes cruel, de l’effrayer ainsi. » dit-elle, d’un ton quelque peu accusateur. Il parlait de ses frères plus infâmes que lui, elle n’osait pas imaginer quels animaux ils devaient être. La fille se terrait à nouveau dans un coin, et son allure paraissait pitoyable à Alyce, misérable, véritablement, elle aurait pu en avoir pitié si elle avait encore eu de la pitié à distribuer. Sans doute n’avait-elle cessé de pleurer que parce qu’elle mourrait de soif, sans doute personne ne lui avait-il donné une gourde qui avait eu de miraculeux effets sur ses nerfs, sans doute ne lui avait-on pas offert une poire, puis une seconde, dont le jus sucré avait régalé son estomac qui, décidément, se sentait seul sans aliments à ses côtés. Elle était la, avec ses préjugés, et personne n’essayait de l’aider à s’en défaire. Oh, Godrik n’était pas parvenu à convaincre véritablement Alyce, et si elle continuait de lui en vouloir, de le tenir pour unique responsable, et bien elle n’avait plus envie de s’abaisser à le frapper ou à hurler sur lui des insultes jusqu’à ce qu’il craque et la tue. Ce stade de misère était dépassé, son caractère était plus fort, du moins en apparence, que celle de cette autre femme. Sans doute ne survivrait-elle pas…Ou se suiciderait-elle. « Elle finira sans doute entre les mains de vos frères dont vous ne tarissez pas d’éloges. Correspondent-ils à l’image qu’ont les gens d’où je viens des Fer-Nés, eux ? Vont-ils la violer puis la tuer, découper la chair de son crâne pour y boire son sang ? » Elle l’avait demandé sur un ton tellement neutre, comme si elle demandait quel temps il ferait en ce jour, ou de quoi allaient-ils dîner le soir, comme si plus rien ne la touchait…Et de fait, les malheurs de cette femme ne parvenaient pas à l’atteindre, elle avait assez de son lot à elle. « Et pourquoi moi, n’écope-je pas de son destin ? »Elle voulait savoir, si tout ceci était un accident, et si sa bêtise et son excès de curiosité avaient contribué en plus d’autre chose à condamner son frère. Elle voulait comprendre ce qu’elle avait de si spécial, pour qu’un capitaine la traite correctement, pour qu’un assassin soit aimable avec elle, alors que les autres filles n’avaient pas cet honneur. Elle était persuadée que sa haute naissance n’y était pour rien, et elle voulait…Simplement comprendre. Savoir…Et peut-être dompter cette infecte culpabilité qui lui broyait les entrailles, alors qu’elle se demandait avec une certaine douleur, une certaine résignation aussi, si la beauté héritée de sa mère, sur laquelle on ne tarissait d’éloge, n’avait pas motivé le bras qui avait ôté la vie à Harren. Elle voulait savoir, si c’était une phrase de sa part, si c’était son apparence, ou le blason sur la poitrine de son frère et des trois chevaliers, elle voulait comprendre, comprendre pourquoi elle, on la traitait différemment, comprendre si les gens du continent se trompaient véritablement, ou si elle était une exception, heureuse exception, en fonction du point de vue. Elle avait besoin de savoir, pas tellement pour se rassurer, mais pour mettre de l’ordre dans sa tête, de l’ordre dans le monde, son monde, qui s’était écroulé sous les assauts d’une mer de sang et les coups d’épée. Elle était comme les villageois de la ville côtière, elle devait tout reconstruire à partir de rien, sur des fondations de larmes et de douleur. Et elle demandait, pour cela, l’aide de l’assassin, du briseur de vie, de bonheur, de rêves. Elle pouvait le qualifier de tellement de façon, que ça en devenait trop facile. Tout homme était un assassin, un briseur de vie, de bonheur et de rêve pour une femme, qu’elle soit sa femme ou une autre…
Quel constat délicieusement blasé, pour une jeune fille atteignant sa dix septième année aujourd’hui-même.
« Je ne suis pas différente de ce qu’elle est… »
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Message Sam 3 Sep 2011 - 15:28

Le monde autour de lui commençait à retrouver sa stabilité naturelle. Il ne ressentait désormais que le mouvement de roulis du Cruel mais la cale en elle même ne bougeait plus de son propre chef. La douleur quant à elle bien qu'encore présente et sourde, était redevenu supportable. Simplement celle de la couture avait remplacé et peut être aussi amplifié celle de la blessure reçue. Il se dit qu'il lui faudrait apprendre à la jeune femme comment préparer un onguent et des cataplasmes pour qu'elle puisse le soigner plus efficacement une fois à terre. Pour le moment cette couture et la très sommaire désinfection de la plaie suffiraient bien assez. En pensant à tout ce qu'il allait falloir lui apprendre le marin se dit qu'il allait certainement parler plus dans les mois à venir qu'il ne l'avait fait durant l'année qui venait de s'écouler. Plus personne ne le surnommerait Le Muet si cela continuait, non pas que cela le dérange plus que ça mais il commençait à s'habituer à ce surnom. Peut être même le nommeraient-ils le rieur s'ils l'entendaient depuis qu'il était entré dans cette cale. La jeune femme le morigéna sur la manière dont il venait d'effrayer la captive à l'oreille trop indiscrète. Cela eu pour effet de calmer son rire. Il écouta simplement sa future femme-sel s'exprimer, la laissa exposer le court de ses pensées ainsi que les conclusions toutes relatives auxquelles elle était arrivée. La jeune femme semblait néanmoins étonnement concernée par les histoires de viols et de virginités volées que les bien pensants du continent colportaient sur les Fer-Nés. C'est en écoutant les interrogations de la jeune femme sur ses frère ainsi que la manière dont elle voyait sa propre situation et les doutes qu'elle avait la concernant que Godrik se rendit compte qu'il n'y avait aucune écuelle autour d'eux. Il y avait le sceau d'eau de mer, souillée désormais, la pochette de cuir contenant les accessoire ayant servit à la couture mais aucune écuelle.

Il parcourut la cale du regard, et effectivement chaque captive avait si ce n'était à ses cotés néanmoins proche d'elle une écuelle de bois flotté. A l'exception notable de sa femme-sel qui n'en avait pas et de l'indiscrète qui elle en avait deux... Cela provoqua un sourire sur son visage. Soit la jeune femme avait offert sa pitance à l'autre femme soit cette dernière la lui avait volé sans qu'elle le sache, dans un cas comme dans l'autre cela ajoutait encore à l'impression de bonté émanant de la jeune Fléaufort. Godrik laissa la jeune femme finir ce qu'elle avait à dire, poser les questions qu'elle avait à poser. Il se fit du reste la réflexion qu'il ne connaissait pas son prénom, il se doutait qu'elle était une Fléaufort, son frère en portait les armoiries sur son armure et sa toilette était bien trop luxueuse pour qu'elle soit une servante on une putain. de fait la manière dont elle s'inquiétait des histoires de viols et de pertes de virginité ne laissait aucun doute sur le fait qu'elle n'était pas une putain, plus encore cela indiquait sans l'ombre d'un doute que la jeune femme n'avait jamais connu d'homme à ce jour. Se sentant mieux il se redressa quelque peu pour de nouveau s’assoir sur ses talons alors qu'il était accroupi et non plus assis. Durant le mouvement il pu voir à quel point la toilette de la jeune femme était souillée par le sang et la crasse qui commençait à s'y apposer tout doucement. Il se dit dès lors qu'il devait sous peu remédier à cela, dusse-t-elle se vêtir comme un homme, il ne pouvait la laisser dans un tel état.

Godrik sourit avec douceur à la jeune femme avant de s'exprimer.
Bien entendu que tu es différente d'elle. Premièrement je n'ai pas payé le Fer-Prix pour elle, elle ne dépend donc pas de moi et tu découvriras peut être un jour que c'est une très grande différence. En second lieu elle a mangé deux fois sa ration alors que tu n'as pas eu la tienne, j'ai tendance à croire qu'elle te l'a dérobé à moins que tu ne lui ais donné, mais nous te savons tous les deux intelligente donc je reste sur ma première impression... Enfin et je ne sais pas comment cela se passe sur le continent mais il est de coutume chez nous de ne pas espionner les conversations ou s'il est besoin, de le faire avec discrétion. Le marin esquissa un sourire désolé. Ceci dit tu dois bien m'accorder que c'était tout de même assez drôle. En reprenant un air plus neutre, il continua. Pour ce qui est de celui qui a payé le Fer-Prix pour elle, je ne saurai dire, le visage de cette femme m'est inconnue. Et comme tu le découvriras, nous ne nous immisçons pas dans les affaires entre un de nos frères et sa femme-sel. Seul notre Capitaine peut se targuer d'un tel droit. Je ne sais donc pas ce qu'il va advenir d'elle, du reste cela m'importe peu pour dire vrai, c'est une affaire entre elle et son Fer-Né, nous n'avons pas à nous en occuper. Cela dit je ne pense pas qu'elle sera violée à proprement parler, ce n'est pas une coutume chez nous que de prendre de force une femme, ni même de forcer ces dernières à accepter des mariages qu'elles ne désirent pas. Nous ne sommes pas des continentaux vendant leurs sœurs et filles pour acheter des soutiens militaires ou politiques. Il se mit à rire. Hey bien je pense que nous venons de trouver là une tradition de ton peuple que le mien trouve inconcevable... Saches qu'une autre de nos coutumes est de donner son nom lorsque notre interlocuteur nous a offert le sien. Godrik montra la robe de la jeune femme avec un geste englobant l'ensemble de sa personne. Tu es dans un sale état, tu as besoin de te laver et de changer de toilette. il se leva et tendit la main vers la jeune femme afin de l'aider à se lever. Suis moi, nous n'avons pas de bains sur nos navires mais nous ne manquons pas d'eau de mer et quand bien même ce n'est pas le plus agréable cela remplit son office plus que nécessaire. Ensuite nous te trouverons des chausses et une chemise.
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Message Sam 3 Sep 2011 - 18:20

On ne pouvait nier que la petite Fléaufort se posait énormément de questions, et le plus souvent, des questions sordides. Que pouvait-elle faire d’autre, en même temps ? Assise dans cette cale depuis plusieurs heures, elle avait regardé le vide, et pensé. Elle se souvenait de son entretient avec le capitaine, ressassait ses paroles, et ses prédictions : Tu devras l’épouser. Forcément, la nouvelle l’avait terrifiée et dégoûtée, la perspective, loin d’être enchanteresse, la brisait d’autant plus qu’elle aurait du se marier avec quelqu’un d’autre, un homme de chez elle, du continent, bien que son père n’avait pas réellement statué sur qui lui ravirait sa petite fille, plus si petite…Dix sept ans, elle se sentait vieille, quand elle songeait que d’autres, à cet âge, étaient déjà mariées, et des filles avec cinq ans en moins, promises. Des princesses, tu ne l’es pas. Non, c’était vrai…Cela dit, septa Morana lui avait expliqué les devoirs d’une épouse, et, en se les remémorant, elle frissonnait d’avance d’une terrible terreur. Engendrer des héritiers, se montrer digne en toutes circonstances, cela comptait-il également lorsque l’on épousait le meurtrier de son frère ? Elle supposait, hélas, que oui, car un mariage est un mariage et toutes les femmes ne sont pas heureuses avec leurs époux quoi qu’elles tentent de faire pour montrer le contraire. Pour la dignité et toutes les autres qualités relatives à une épouse, elle les connaissait, savait les appliquer, pourrait faire semblant, mais la partie conception…Elle n’y entendait rien, et l’inconnu était terrifiant, alors oui, oui, cela l’obsédait, mais pas d’une agréable façon. Elle imaginait d’horribles choses, qui, si elle avait réussi à dormir, auraient sans doute hanté ses cauchemars. Dormir…Elle aurait voulu, en un sens, pouvoir fermer les yeux. Chaque muscle de son corps était engourdit par le fait de n’avoir plus bougé depuis des heures, ses yeux étaient pochés de mauves, un peu, du fait de ses larmes silencieuses et du sommeil qui s’était refusé à elle. Son crâne la martellait et si ça s’était calmé après qu’elle eut bu à la gourde tendue par Harald, la douleur était revenue peu après qu’elle se soit retrouvée livrée à elle-même. Elle aurait voulu que le Mestre soit la, pour lui donner un remède et l’aider à dormir de sommeil sans rêves. Sans doute administrait-il cette potion à sa pauvre mère, à cet instant précis, et, au moins, elle, aurait droit à un véritable repos.
Puis, en y réfléchissant, elle dormait presque ou du moins cela ressemblait-il à du sommeil, avec les yeux ouverts. Elle était la sans l’être, elle vivait, respirait, se trouvait dans la cale du Cruel, mais son esprit dérivait au loin, tantôt sur des images rouges de sang, tantôt sur des actes bestiaux, tantôt sur des armées défrayant sur une autre, transformant les contes qu’elle admirait en récits d’horreurs. Les chevaliers dont les noms peuplaient les rêves des jeunes filles devenaient des monstres bestiaux à l’image de ce qu’elle pensait être les Fer-nés avant d’en rencontrer véritablement. Elle se sentait seule, triste et mal, et le fait que l’Assassin ne soit pas aussi détestable qu’escompté n’arrangeait pas ses affaires, ni son état. Elle se sentait coupable, de lui parler sans l’insulter, de ne pas le frapper, mais non seulement elle était une femme, et en plus une femme bien élevée, ce qui lui interdisait les altercations physiques et lui imposait une contenance. Elle pourrait envoyer au diable son éducation, mais elle ne le pouvait pas, pas encore, elle avait besoin d’un point de repère dans son monde, quelque chose à quoi s’accrocher, une base pour reconstruire son univers, et cette base pouvait être n’importe quoi, même de stupides convenances qui ne lui servirait strictement à rien sur les Îles. A son goût, elle était trop aimable, bien que froide au son de sa voix. A son goût, elle était aussi trop faible et terrifiée, et pensait qu’il s’en gorgeait comme du meilleur des vins, à l’instar du plaisir manifeste qu’il avait pris à effrayer la pauvre femme.
Au moins était-il poli puisqu’il attendait qu’elle ait terminé de parler pour à son tour prendre la parole.

Il commença par discourir sur la femme –décidément sa langue avait un besoin maladif de s’activer- l’accusant de vol, ce qui fit relever la tête d’Alyce et scruter ses compagnes. Elles avaient toutes à manger, toutes…Sauf elle, la Fléaufort le voyait, désormais. Pas de petite écuelle de bois à ses pieds, mais l’espionne en avait deux. Elle aurait du être en colère, mais en réalité…Elle n’en avait cure. Qu’elle se serve, si elle avait faim, Alyce, pour sa part, avait eu droit à deux poires dans la cabine du capitaine et cela lui avait suffit, incapable d’avaler beaucoup car le chagrin la rationnait férocement. Sans nuls doutes, elle allait maigrir dans les prochaines semaines, elle qui n’était déjà pas bien grosse, mais que pouvait-elle y faire si elle n’avait l’envie de dévorer quelque chose ? Autant laisser ce luxe à celles qui en étaient capable. D’un air vide, elle regarda la femme, son écuelle, et se détourna en haussant les épaules. « On m’a offert une poire tout à l’heure, et j’ai quelque peu grignoté. Je n’ai plus vraiment faim, alors peu importe. » répondit-elle, en le pensant sincèrement. Peu importe…Rien ne lui importait, et encore moins cette histoire d’écuelle.
Il continua à lui parler, à lui expliquer certains détails de leur culture qu’elle allait retenir avec soin, juste au cas où. Il lui parla d’intimité entre les couples Fer-nés et femme-sels, ce qui surprit Alyce, qui avait toujours cru que, tels des animaux, ils s’accouplaient devant tout le monde sans la moindre honte, sans que personne ne l’eut jamais détrompée à ce sujet. Encore une certitude qui vole en éclat. Elle avait l’impression de retourner trois en en arrière quand elle avait trouvé dans la bibliothèque deux ouvrages, traitant du même sujet mais racontant l’exact opposé. Elle avait du demander à Père qu’elle était la version correcte. Ici, Père n’était pas la pour l’aider à comprendre, ainsi devrait-elle user de sa tête à outrance pour ne pas se laisser avoir, distinguer le vrai du faux et se faire des idées correctes sur son nouvel univers. « Ce n'est pas une coutume chez nous que de prendre de force une femme, ni même de forcer ces dernières à accepter des mariages qu'elles ne désirent pas. Nous ne sommes pas des continentaux vendant leurs sœurs et filles pour acheter des soutiens militaires ou politiques. » Cette phrase la choqua, ou plutôt…La fit réfléchir. Disait-il vrai ? Malgré elle, un nœud se dénoua dans son estomac. Elle avait donc la possibilité de refuser tout cela…Oui, mais à quel prix ? Serait-elle donnée à un autre ? Tuée ? Jetée à l’eau ? Gâchis, non pas qu’elle se trouvait d’une extrême importance, mais Harren avait, pour elle, versé le sang précieux des Fléaufort et ainsi elle se devait de lui rendre hommage…Ingrat de sa part, que de se jeter à l’eau, ou d’embrasser une mort certaine…Le fait qu’elle se le dise lui donnait l’impression d’être trop lâche pour accepter la mort, comme son frère, comme ses trois chevaliers, et ainsi, tiraillée entre deux, elle ne savait trop quoi penser. Surtout qu’il s’était remit à rire, l’Assassin…Non, Godrik devait-elle l’appeler, quoi que les deux combinés lui allait à merveille, bien que « Le Rieur » semblait aussi un adjectif adéquat. Etrange, elle ne l’aurait pas dis, en le voyant se battre, il avait semblé tellement sérieux… « Hey bien je pense que nous venons de trouver là une tradition de ton peuple que le mien trouve inconcevable... Saches qu'une autre de nos coutumes est de donner son nom lorsque notre interlocuteur nous a offert le sien. » Elle se mordit l’intérieur de la joue si fort pour ne pas ne fus-ce qu’ébaucher un sourire qu’un goût de fer vint s’insinuer sur ses papilles, et elle du fermer les yeux, se faire violence, pour ne pas vomir. Ce que le sang la répugnait, désormais…Et ce que cet homme la dégoûtait, du moins l’aurait-elle voulu. Encore une espérance qui vole en éclat.
Las, elle est si las.
Il se leva ensuite, pour lui proposer d’aller se décrasser. Baissant les yeux sur sa robe, force lui fus d’admettre qu’elle faisait peine à voir, dans sa robe déchirée aux genoux, le sang qui la maculait, la poussière aussi, la crasse du sol de la cité sur lequel elle s’était jeté en hurlant après son frère pourtant déjà mort…Sa couleur verte semblait même avoir fait place à une teinte inconnue et très laide, à certains endroits. Elle eut soudainement très honte d’être vêtue de la sorte, et ressentit un besoin urgent de se décrasser, au moins…Au moins faire bonne figure, au moins ne pas être crottée, sa peau blanche couverte de terre et de poussières, bien qu’elle ne voulait pas être belle pour cet homme –un progrès que de le qualifier ainsi. Non, en réalité elle aurait laissé ses dents de gâter, elle aurait griffé son visage jusqu’à se défigurer, se serait arraché un œil, n’aurait plus pris de bain, si elle avait pu se supporter ainsi. Hélas pour elle, son besoin d’être fraîche lui interdisait d’infliger une telle punition au bourreau de son frère.
Elle pu néanmoins refuser la main qu’il lui tendait. Elle regarda cette paume calleuse, celle d’un homme qui manie les armes, mais pas seulement. Un homme de travail, qui pense d’abord par la force et ensuite éventuellement avec sa tête, si tant est qu’elle soit en état de fonctionner. Sa main à elle lui paraissait si petite, si fragile…Malgré le sang dont elle était tâchée et le bandage qui l’entourait, confectionné par le capitaine du boutre alors qu’elle s’était enfoncée sans s’en rendre compte ses ongles dans la chair, avec profondeur, pour s’empêcher de pleurer, de régresser au stade de petite fille, de se rouler en boule dans un coin et de demander grâce, pitié, tout sauf cela…« Si cela peut vous être agréable… » dit-elle en se relevant par ses propres moyens, bien que la grimace de douleur déformant ses traits lorsqu’elle appuya sur sa main droite ne fut pas des plus discrètes. « Je ne sais pas si je dois croire ce que vous me racontez, c’est tellement différent de ce que j’ai pu entendre…Pourquoi mentirait-on sur vous ? » Naïve, comme question, preuve qu’elle n’était pas encore véritablement une femme, et qu’elle était loin d’être initiée à tous les jeux perfides de ce monde. Elle avait envie d’avoir foi en ce qu’on lui avait raconté, elle voulait croire que personne ne lui avait menti, du moins pas sciemment, mais plus le temps passait, plus les mots s’écoulaient de la bouche de Godrik et plus elle avait du mal à croire tout ce qu’elle avait cru savoir. Ils ne prenaient pas d’animaux pour amant, ils n’étaient pas fondamentalement bestiaux et violents, ils menaient une guerre, si elle avait bien compris, mais contre qui ? Les gens comme elle, sans doute. Et elle était une sorte de prisonnière, quoi que privilégiée car elle aurait un statut d’épouse. Cela empêcherait-il les autres de la toucher ? De l’agresser, de vouloir la dépouiller de ses biens –comme le collier d’or qu’elle avait arraché au cadavre d’Harren et qui était en réalité son cadeau d’anniversaire pour ses dix sept ans ? Et est-ce que cela allait empêcher les gens de lui parler ? Aurait-elle le droit, par exemple, peut-être un jour, de saluer le capitaine de ce boutre si jamais elle le croisait ou devrait-elle garder le silence ? Allait-on mal la considérer, sur ces Îles, parce qu’elle venait du continent ? Plus elle avançait dans ses interrogations, plus les questions lui semblaient puériles, digne d’une enfant, ce qui la fit se morigéner.
Debout, donc, elle lui avait emboîtée le pas juste après qu’il ai terminé sa tirade, il parlait d’eau de mer, du fait qu’il n’y avait pas de bains à bord du Cruel et, d’un coup, une question étrange lui traversa l’esprit, tellement insensée qu’elle se serait retenue de la poser…Si sa langue ne l’avait pas déjà trahie : « Vous…Allez me jeter dans la mer pour me laver ? » Certes, la question pouvait prêter à sourire, voir à rire à gorge déployer, mais elle n’avait pas bien saisi le sens de sa phrase, ce qui pouvait excuser ces paroles maladroites. S’il n’y avait pas de bain –et par la elle avait compris pas de bassines assez grande pour la remplir d’eau- comment voulait-il qu’elle se lave ? Peut-être avec un seau…Il était de toute façon probable qu’elle ne se déchausse pas pour se nettoyer, par pudeur, elle devait l’avouer, sauf s’il tournait la tête…Mais le ferait-il ? Elle n’en était pas certaine, et n’oserait peut-être pas demander… Quoi que, si, elle oserait lui demander, puisqu’elle s’était découverte un certain manque de convenance et d’éducation lorsqu’elle lui parlait. Restait à savoir s’il accepterait. En attendant, elle le suivit sans poser de questions, restant à une distance raisonnable de lui tout en prenant soin de ne pas le perdre de vue. Si elle avait une certaine confiance en le capitaine de ce boutre, il était bien le seul des Fer-nés à qui elle l’accorderait. Et pour l’Assassin, ce serait encore bien plus difficile que pour n’importe qui d’autre. Elle l’avait vu brandir une lame sur sa chair et son sang, elle ne pourrait jamais l’oublier –ou du moins pas si facilement. Elle ne pourrait jamais le pardonner, également, alors si on ne peut pardonner à une personne, peut-on lui faire confiance ?
Elle se posait décidément bien trop de questions.
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Message Lun 5 Sep 2011 - 18:44

Godrik ne fut pas réellement surprit de voir la jeune femme refuser qu'il aide à se lever, cependant il trouva l'acte de rébellion injustifié et inutile, cela n'avait de déshonorant que d'accepter la main tendue mais pourquoi pas après tout, il ne connaissait pas tout des continentaux, peut être leur apprenait on à ne jamais accepter l'aide d'un ennemi potentiel, quand bien même vous aviez vous même aidé le dit ennemi en recousant une de ses blessures... Arrivés devant l’effilement de marches plutôt raides menant à la porte puis au pont, Godrik les gravit en premier. Il n'aurait pas voulu que la jeune femme, qui ne s'était toujours pas présentée du reste, tombe sur un de ses frères et se soit prise pour pour une captive tentant de s'échapper ou simplement d'atteindre le pont pour se suicider. Cela n'était pas très courant mais il y avait toujours une ou deux captives qui ne trouvaient pas mieux que de se jeter à la mer pour "sauver leur honneur", Godrik pour sa part n'avait jamais compris ce geste, si l'honneur eu été si important pour elles pourquoi se suicider et pas simplement servir leur cause en espionnant peut être les Fer-Nés et faire passer des messages vers le continent une fois la vigilance des pirates relâchée... Les questions de la jeune femme bien qu'assez naturelles et motivées commençaient à perdre de leur intérêt. Pourquoi les continentaux et plus encore les gardiens de la connaissance au sein même de leur culture mentiraient-ils sur quelque chose qu'ils ignoreraient... Il était pourtant tellement évident que les hommes et femmes d'influence, les référents d'une société n'avaient absolument jamais aucun intérêt à mentir pour cacher leur ignorance et parfois même leur inutilité... Combien de temps ta Septa ou ton Mestre ont-ils passé sur les îles de Fer pour que leurs dires te paraissent si pertinents et dignes de confiance ? Il avait parlé calmement en tenant la porte à la jeune femme alors que celle-ci montait l'escalier qui ressemblait plus à une échelle.

En observant la jeune femme, Godrik se dit qu'il n'aurait jamais pensé prendre une femme-sel un jour, et bien qu'il en soit satisfait pour le moment son esprit ne pouvait s'empêcher de regarder en arrière. Le marin avait bien entendu comme chaque membre des équipages de boutre, fréquenté assidument les bordels des îles, enfin lorsque ces revenus dû aux pillages le lui permettaient. Cela dit les Timbal avaient toujours su trouver au moins un navire marchand égaré pour assurer à leur marins des revenus décents. Mais il y avait surtout eu Abelyne, une jeune femme qui partageait son quotidien et sa couche lorsqu'il était à terre, et ce durant de longues années. Tout du moins jusqu'à ce qu'un capitaine de pêche, propriétaire de pas moins de six bateaux ne s'intéresse à la jeune femme pour finalement la courtiser et en faire sa femme. Mathias un des rares à aimer partager une bière avec Godrik n'avait du reste pas compris ce qu'il était advenu. Il avait entretenu son ami sur le fait qu'il laisse Abelyne partir de la sorte et le marin n'avait su que répondre. En effet Mathias lui expliqua que la jeune femme avait repoussé les avances du capitaine de pêche durant plus de trois mois, ce aux vues et aux sus de tous. Le compagnon de beuverie pensait qu'il s'agissait là d'une façon claire et sans détour de faire en sorte que Godrik apprenne les intentions du capitaine. Cependant et devant l'insistance de ce dernier Abelyne avait finit par accepter ses avances mais Mathias restait persuadé qu'elle attendait en réalité que Godrik fasse ne serait-ce qu'un geste vers elle pour agir autrement. Le marin quant à lui n'avait jamais jugé bon de se montrer véritablement intéressé par la jeune femme. De fait avant ce jour, Godrik n'avait jamais pensé à prendre femme, fut-elle de sel.

Cependant le comportement de la petite Fléaufort commençait à gentiment le courir. Il avait été prolixe en paroles et en mots plus qu'il ne l'avait jamais fait auparavant pour quiconque, avait tout tenté pour lui faire comprendre qu'elle n'avait pas à voir en lui un ennemi. Il s'était même inquiétait pour son bien être en lui proposant de se toiletter et cependant la jeune femme le prenait toujours comme une captive, à la limite de l'insultant en lui faisant très significativement comprendre qu'elle n'avait aucun intérêt à se laver avec sa petite réflexion "si cela peut vous être agréable...". Le marin se questionna même pour savoir si de telles manières étaient courantes pour les femmes du continent ou si la jeune femme était véritablement agressive parce qu'il avait tué son frère. Cela aurait très bien pu se comprendre mais pourquoi en ce cas l'avoir soigné... si elle lui en voulait réellement et pensait véritablement que les Fer-Nés étaient tels que ces maîtres à penser le lui avait apprit. Enfin après tout pourquoi pas. Sa mère lui avait apprit que l'esprit d'une femme n'était pas compréhensible plus que les voix du Dieu Noyé, il allait donc lui falloir faire avec. Il prit même le partit d'en rire lorsqu'elle le questionna sur la manière dont elle pourrait faire sa toilette.
Mais bien entendu... nous allons attacher un boute autour de ta taille et une fois que tu estimera être propre il te suffira de tirer trois fois sur la corde pour que je te remonte. Il ramassa un sceau ainsi qu'un linge propre dans un tonneau juste à coté. Dans le pire des cas tu as la possibilité de te servir de cela mais j'ai bien peur que ça ne corresponde pas à ce que les mestres et septas veulent que nous soyons... Il attacha l'extrémité de la corde au sceau avant de jeter ce dernier par dessus bord et de le remonter afin de le poser au sol. Il esquissa néanmoins un sourire à la jeune femme, après tout et quand bien même elle commençait à lui peser sur les nerfs, elle n'en demeurait pas moins charmante et son désarrois compréhensible. Il avait déjà en tête l'endroit où il trouverait des chausses et une chemise pour la jeune femme. Cependant et avant d'aller les chercher il préféra s'assoir contre le pied du mat principal. Il ne pouvait sereinement laisser la petite Fléaufort ici même seule alors que les marins pouvaient survenir à chaque instant et pour certains ils n'avaient pas connu de femme depuis quelques temps déjà.
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Message Mar 6 Sep 2011 - 14:37

Alyce s’était quelque peu ouverte, à sa façon, puisqu’elle posait une question de façon calme, et réellement intéressée par sa réponse, désireuse de savoir s’il avait une explication ou si elle devrait trouver toute seule, grandir encore plus vite qu’elle n’était déjà en train de le faire, et apparemment, ce serait la seconde voie qu’elle devrait emprunté. Il avait beau avoir répondu calmement, et avoir la politesse de lui garder la porte ouverte, elle n’était pas dupe et ainsi elle préféra se taire. Elle se souvenait de tous les compliments qu’avait fais le capitaine au sujet de Godrik, du fait qu’il la traiterait bien, qu’il ne serait pas aussi dur que pourrait l’être les autres, mais tout de même, Alyce voyait quelques corrections à apporter au portrait. Certes, il était poli, essayait de la faire se détendre, mais il était dans son intérêt qu’elle évite de poser trop de questions parce qu’en définitive, il était illettré, sûrement ignorant d’un tas de choses, et se contenterait bien de la voir fermer sa bouche pour continuer de s’écouter parler. Il n’avait pas arrêté de palabrer, il lui avait ouvert des portes, posés des questions, et même si elle restait froide…Elle répondait, et des questions, elle s’en posait aussi.
Mais ce n’est pas Harald, alors garde toi de les poser tout haut et apprend à te taire.
Peut-être étais-ce aussi simplement un tour de sa paranoïa, mais dans le doute, elle n’allait pas risquer de perdre bêtement la vie. Elle devait de continuer à respirer, à son frère, et bien sur elle avait fais une promesse, quelques heures auparavant. Une promesse qu’elle devrait tenir, alors elle la tiendrait. Silencieuse, elle le suivit jusque sur le pont où elle s’était rendue durant la nuit. Etrangement, ils s’étaient arrêtés à l’endroit où elle-même avait pris place, appuyée qu’elle était contre le bastingage. C’est à peu près à cet instant qu’elle posa tout de même une question, stupide, à n’en pas douter, mais qui lui arracha un sourire, même un petit rire, ce qui la rassura. Il ne me tuera pas tout de suite alors. Avec l’idée bien ancrée que le moindre faux pas pourrait lui être fatal et que désormais elle devrait le haïr en silence, même s’il essayait de se montrer agréable. Elle restait une femme en deuil, elle ne pouvait avec décence tourner aussi rapidement la page et embrasser sa nouvelle vie. Il lui fallait simplement du temps.
Et le temps, elle le prit quand il remonta le seau en bois, plein d’eau de mer, et qu’il avait garni d’un linge propre. Elle se mit à genou, alors qu’il lui offrait une dernière phrase, une dernière pique peut-être, sans qu’elle ne puisse juger si ses mots l’avait véritablement blessé, concernant les histoires de sa septa. Sensible ? Le pire était, aux yeux d’Alyce, le fait qu’elle s’en inquiète. Elle fit passer ses cheveux sur le côté gauche pour avoir le cou libre et mouilla le linge. Elle avait lavé son visage dans la cabine du Trompe-La-Mort et n’avait plus pleuré depuis, ainsi il devait être dans un état assez acceptable ainsi se concentra-t-elle sur le reste de son corps qui était loin de l’état de propreté habituel qu’entretenait la jeune Fléaufort. Avec soin, elle utilisait sa main gauche pour ne pas mouiller le bandage qu’elle portait à la droite, comme le jour d’avant. Elle se frotta la peau, et fut surprise de voir le chiffon se teinter d’un brun sale à ce point. Elle replongea le chiffon, toujours à une main, et entreprit de se décrasser le plus possible sans ôter ses vêtements, toujours possédée par cette pudeur qui l’avait fais rougir lorsqu’elle avait relevé un côté de sa robe, pour que le capitaine soigne son genou. Elle hésita à laver ses cheveux, qui devaient être dans un état des plus lamentable, mais en regardant la bassine d’eau salée, elle se ravisa. Il lui faudrait de l’eau claire, au risque de les abîmer. Le sel avait déjà fait des ravages sur la peau de la petite Fléaufort, rougissant certaines zones, qui la piquait si elle y touchait trop. Sa peau était celle, sensible malgré la proximité de la mer, d’une femme du continent. Elle mettrait aussi du temps à s’habituer à la rudesse des conditions de vie sur l’île. Du temps…
Encore cette histoire de temps.

Alors qu’elle se nettoyait, elle le regardait par moment, de biais. Il était tranquillement posé contre le mât, assit, et il la regardait faire. Dans son dos, elle sentait à nouveau les regards d’autres hommes, comme la nuit, sur le pont. Des regards aussi tranchant que des épées, des regards effrayants qui lui avaient fais réellement peur, mais qui, la, la laissait indifférente. Elle aurait froncé les sourcils en s’en rendant compte si elle n’avait pas aussi bien contrôlé son visage. Se sentirait-elle en sécurité avec cet homme ? Les paroles du capitaine avaient-elles fini par pénétrer, ou alors étais-ce son comportement jusque la irréprochable, hormis ce qui était arrivé lors de l’événement –sa façon à elle de parler de la mort d’Harren ? Elle ne voulait pas se sentir en sécurité, elle ne voulait pas qu’il l’apprécie, elle voulait encore moins venir à l’apprécier, lui. Pourtant…Il te prendra pour femme lui avait-on dit. Une femme doit aimer son mari malgré tout, non ? Tout…
Vraiment tout ?
Perplexe, elle cligna des yeux en se rendant compte que l’eau commençait réellement à se salir, mais au moins avait-elle pu se décrasser les épaules, le cou et le visage. Elle devait être plus présentable…Et savait qu’une de ses jambes avait été nettoyée au moins en partie. Le soucis étant qu’elle aurait préféré ne pas relever sa robe. Et s’il lui demandait qui l’avait soignée ?
Et pourquoi est-ce qu’elle s’en souciait, qu’il s’énerve ? Il méritait bien d’être vexé, il l’avait brisée.
Ou peut-être ne le méritait-il pas. La guerre, c’est la GUERRE ! Harren voulait être un chevalier, il est mort en chevalier, tu ne peux pas lui ôter cela…Il s’est battu pour toi, l’autre était plus fort, c’est tout. Si simple à dire, si difficile à penser. Elle voulait vraiment lui rendre hommage, à lui, à sa mémoire, à son geste tellement noble, là où tant d’autres auraient été trop effrayé pour secourir la demoiselle, fusse-t-elle leur propre sœur. Lui en aurait-elle voulu, s’il n’avait pas fais demi-tour ? Tiens, elle ne s’était jamais posé cette question…Et s’il avait agis conformément à ses souhaits ? S’il l’avait laissée aux mains de Godrik ? En serait-elle venue à le détester ? Il l’aurait abandonnée, laissée seule face à ces…Ces gens, en réalité voilà ce qu’ils étaient, simplement des gens. Des gens comme on en trouve sur le continent, peut-être un peu plus violent, ou un peu plus…Différent. Elle était bien trop intelligente pour mettre tout le monde dans un même panier, trop intelligente pour ne pas savoir où était son intérêt, trop intelligente…Pour se laisser avoir par un sourire et de jolies paroles. Un jour, peut-être, quelqu’un rendrait à cet homme toutes les morts causées par son épée. Mais ce n’était pas à Alyce de le faire, Alyce, qui n’était rien d’autre qu’une femme…Femme, fragile…Mais je ne peux pas l’aimer. Alors elle ne l’aimerait pas, il ne deviendrait jamais son roc, sa raison de vivre, son pilier, mais ils pourraient peut-être parler, et peut-être qu’un jour, quand son deuil sera terminé, et bien elle tournera la page. Le grief l’empêchera de tomber amoureuse, mais pas de vivre pleinement, même si cette vie là était loin de celle qu’elle avait pu imaginer. Il s’occupera de toi, te traitera avec douceur, peut-être même plus que certains chevaliers de vos contrées vertes.
Elle ne pouvait faire confiance à personne, sauf à l’homme qui avait prononcé ces mots.
Le servir comme tu aurais servis un mari que ton père aurait choisi.
Rien ne disait qu’elle aurait aimé l’homme choisit par son père, qu’il n’aurait pas été lui-même un meurtrier, l’Assassin, aux yeux d’une autre femme. Au fond, ils étaient tous des assassins, au moins une fois. Et la, tout semblait plus grave, plus affreux à ses yeux, parce que le drame la touchait directement. Trop facile…Tellement égoïste…Ca ne rendra pas justice à sa mémoire.

Elle avait descendu quelque peu le haut de sa robe pour atteindre ses épaules de façon correcte, et elle entreprit de remonter le tissu, avant de tourner son visage vers celui de l’homme, assit la, qui veillait, l’air de rien, car elle avait surpris un regard étrange alors qu’il fixait ce qui lui semblait être un coin vide, mais d’où elle perçut ensuite une certaine agitation.
Elle ferma les yeux, laissa tomber le linge, puis les rouvrit, emplie d’une sorte de nouvelle détermination. « Je m’appelle Alyce. » dit-elle, se rappelant d’autres mots prononcés la nuit, selon lesquels un nom était important, car après tout, les légendes ne parlent pas d’un guerrier ou d’un chevalier inconnu. « Et je… » S’excuser ? Ses bonnes manières l’y forçaient. « J’ai été injuste, froide, et même peut-être méchante envers vous, mais je…Ne saurais pas passer outre en quelques heures. Outre notre première rencontre, je veux dire. Je la revis sans arrêt, dés que je ferme les yeux, et parfois même quand ils sont ouverts. On m’a dis que vous étiez quelqu’un…Quelqu’un de bon. Si c’est le cas et bien…Acceptez-vous de me donner du temps ? Jamais je ne vous aimerais véritablement mais sans doute arriverais-je à comprendre que ce n’était pas un assassinat froid et réfléchit, simplement une…Conséquence. » Les mots étaient sortis seuls, et elle se rendait compte qu’ils n’étaient pas faux, non, pas du tout, même si elle se sentait mal dans sa peau, de les prononcer. Elle y arriverait, elle était forte, elle était la fille de Quellon Fléaufort, la sœur de Harren Fléaufort, deux hommes, deux grands hommes…Et continuer à adopter un comportement de petite fille ne rendait justice ni à l’éducation du premier, ni à la mort du second.
Encore un peu plus de maturité.
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Message Mar 6 Sep 2011 - 17:04

Godrik observa un instant la jeune femme procéder à sa toilette, il n'avait pas l'âme d'un voyeur et de fait ne s'attarda pas particulièrement sur la manière dont elle procédait pour se nettoyer. S'il en croyait les informations qu'il avait sur les coutumes et tabou du continent la nudité en faisait partie intégrante. Cela l'avait toujours plus ou moins étonné. Lui même ne ressentait aucune honte à se montrer dans le plus simple appareil, seulement peut être les continentaux avaient-ils quelque chose à cacher ou étaient-ils mal à l'aise avec leur propre corps. Il avait pour sa part toujours pensé que le corps d'une femme était une des plus belle création du Dieu Noyé, mais au delà de cette croyance, il ne pouvait parler pour tous et finalement la pudeur de la jeune femme avait son avantage, ainsi ne provoquait-elle pas l'envie et le désir chez les quelques marins présents sur le pont, dont beaucoup du reste ne la quittaient pas des yeux. Sa présence seule suffisait à les tenir dans leur rôle de simples voyeurs et Godrik n'étant pas de nature jalouse le fait qu'ils regardent et apprécient le corps de la jeune femme ne le dérangeait pas plus que ça. Il savait de toute manière que beaucoup à bord avait fait des réflexions sur sa future femme-sel, de fait le simple fait qu'il en prenne une avait réveillé la curiosité de plusieurs marins sillonnant les mers avec lui depuis bien longtemps. Que Godrik prenne enfin une femme-sel était devenu un petit évènement à lui seul. Il ne savait pas encore comment agir pour rendre la jeune femme moins rétive et craintive. Il avait tenté de parler, ce n'était pas son for et elle avait certainement dû le comprendre, mais étonnement cela lui avait semblé tellement facile avec elle, lui qu'on avait surnommé le muet trouvait avec grande facilité ses mots lorsqu'il s'adressait à la petite Fléaufort. Mais cette approche avait très rapidement montré ses limites, en effet et comme bien des continentaux, la jeune femme avait été corrompu par les dires et les croyances des "penseurs" de leur culture. Rien ne servait de vouloir lui faire entendre raison tant les croyances étaient enracinées en elle. De plus et bien qu'il s'en soit excusé, il avait tout de même tué son frère, qui devait quant à lui être un point référent dans la vie de la jeune femme jusqu'alors. Au moins avait-elle apprit, certes de la pire des manière qu'il est facile de tuer un homme, on ne s'en doute jamais avant d'avoir vu le plus colossale des hommes s'effondrer une fois la lame d'une épée fichée en travers de son corps. Godrik avait ceci dit frappé vite et de manière précise pour tailler à partir de la gorge du malheureux vers l'intérieur de son thorax ainsi et même s'il avait lutté contre la mort, il n'avait pas souffert particulièrement avant de s'éteindre. Seulement qu'était-ce que ce simple fait pour une sœur voyant la vie quitter les yeux de son protecteur de frère. Toute cette histoire était véritablement trop compliquée et ennuyeuse désormais pour le marin. La vie était beaucoup plus simple lorsqu'il ne prenait pas de femme-sel et tuait femmes comme hommes durant les razzias. Seulement la jeune femme ne savait pas cela, elle ne pouvait savoir qu'il avait prévu de la tuer avant de croiser son regard et d'y reconnaitre quelque chose de sa propre mère.

Alors que son regard avait été attiré par le mouvements d'hommes cachés dans la pénombre d'une coursive, il eu la surprise d'entendre le son de la voix de la jeune femme. Elle venait de se présenter à lui, il lui avait fallu un certain temps se fit-il la réflexion. Alyce... c'était là un nom agréable à entendre. Ce retournement de situation lui arracha un nouveau sourire. Il fallait croire que son silence et une attitude moins avenante avaient réussit là où la bonhommie et la gentillesse avaient échoué. Si bien que ce retournement déstabilisait plus encore le marin. Comment voulait-elle qu'il la traite en définitive, il n'aurait su le dire au final. Certes il serait plus simple de le lui demander directement mais il se dit qu'il serait plus facile de s'entretenir avec Alyce donc, lorsqu'ils seront à terre. D'ici là il tenterait de la préserver au mieux et ce malgré ce qu'elle pouvait penser de lui. Sa force avait toujours résidé dans le fait qu'il parlait peu mais que chacun de ses mots avaient une portée forte. Ainsi ces frères à bord savait que Godrik ne promettait jamais rien qu'il ne tînt par la suite. Que cela soit simplement pour rendre service ou apporter la mort. Il n'était pas de ceux qui fanfaronne et parle pour intimider, il ne faisait qu'informer son opposant de ce qu'il adviendrait pour ensuite rendre la chose réelle si jamais le prévenu se rendait coupable de ne pas avoir cru la promesse du marin. La suite des paroles de la jeune femme le surprirent encore un peu plus, il ne s'était pas attendu à ce qu'elle parle ainsi. Certes elle avait été froide et peut être même injuste encore que cela dépende du point de vue duquel on se place mais il ne pensait pas que cela valait d'en parler plus avant, elle avait rendu très claire sa manière de voir le bourreau de son frère et Godrik pensait qu'ils allaient pouvoir partir sur cette base pour construire leur relation. Hors là, de nouveau la jeune Fléaufort brouillait les pistes et changeait son positionnement par rapport à lui. Il laissa échapper un soupir lorsqu'elle expliqua de nouveau ne pas penser jamais pouvoir l'aimer. Le marin se demanda si tous ces mots prononcés, toutes ces phrases dites plus tôt dans la cale avaient eux le moindre impact sur l'esprit de la jeune femme. Il lui semblait pourtant avoir déjà mit un terme à cette idée d'amour... Seulement un nouvel élément fit son apparition dans le discourt de la jeune femme, "on" lui avait dit qu'il était un homme bon. Dans la culture de Godrik, "on" est un con qui n'a ni grade ni nom, de fait il n'accordait jamais d'intérêt aux dires rapportés par ces "on".

Il se leva donc lorsqu'elle eut finit. Il vînt s'accroupir à coté de la jeune femme pour prendre le seau avant de le vider par dessus bord et de le jeter de nouveau à la mer pour le remonter plein.
Alyce... encore une fois, nul ne te demande une telle chose, moi le premier je ne recherche pas ton amour crois moi bien. Le respect sera déjà quelque chose qui, il me semble, nous serait bénéfique. Après avoir déposé le seau à coté de la jeune femme, il s'accroupit de nouveau pour la regarder dans les yeux. Sa voix était calme mais ne souffrait néanmoins pas la contradiction. Je vais aller te chercher une tunique et des chausses propres. Prends le temps qu'il te faut pour ta toilette. Je ne serai pas long. Il se redressa et après avoir fait quelque pas s'arrêta un instant. Ne te découvre pas plus que tu ne l'as fait durant mon absence. Il continua alors de marcher et pénétra dans la coursive. Désormais lui aussi dans la pénombre il pouvait discerner beaucoup plus aisément les hommes présents. Il n'y avait que deux pour tout dire, un colosse chauve et dont le visage démontrait les nombreuse batailles qu'il avait mené et un plus petit certainement le faire valoir du colosse. Godrik connaissait ces deux là comme tous les autres marins du Cruel mais il ne les appréciait pas. Alors qu'il passait à coté d'eux pour aller chercher les vêtements pour Alyce, le colosse posa sa main sur son épaule. Cette dernière s'il la refermait aurait pu très certainement lui rompre les os. l'est bien bonne ta prise l'Muet, penses t'y qu'elle pourrait m'avaler en entier ? le sourire du colosse montrait une rangée de dents gâtées, le plus petit à ses cotés par contre avait un sourire beaucoup plus propre en matière d'hygiène mais tellement plus malsain, ses yeux n'ayant jamais quitté un instant la silhouette d'Alyce. Quand bien même le colosse ne semblait pas dangereux malgré sa carrure, le chétif à ses cotés quant à lui avait un certain éclat dans le regard qui ne plaisait pas au marin. de fait il révisa son jugement sur qui était le faire valoir de qui dans cette association. Il posa sa main sur celle du colosse. Je ne sais pas si elle le pourrait mon ami, mais je sais une chose, c'est que celui qui voudrait en avoir le cœur net, se retrouverait pendu par sa virilité au grand mat. Il avait parlé au colosse mais son regard n'avait pas quitté le chétif. Ce dernier avait de fait reculait de quelques pas et après avoir fait un signe à son acolyte lui signifia qu'il était temps pour eux d'aller manger. Il ne lui fallu dès lors pas plus d'une poignée de minutes avant de revenir vers Alyce, il avait trouvé des chausses propres ainsi qu'une tunique, sans doute un peu large pour la jeune femme, mais au moins elle était propre. Il avait de toute manière une fine cordelette enroulée autour de son épaule pour ajuster la tenue à la taille de la petite Fléaufort. Il tendit les chausses et la tunique à la jeune femme. Un rapide coup d’œil l'informa que plusieurs nouveaux marins étaient présents à bonne distance pour observer Alyce. Cependant en le voyant revenir certains faisaient désormais mine de vérifier un boute ou la bonne tenue du bastingage à coté d'eux. Ce n'est certes pas aussi beau que le fut ta robe, mais ça a le mérite d'être propre.
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Message Mer 7 Sep 2011 - 14:40

Elle regardait à nouveau le baquet d’eau, qui devenait véritablement crasseux. Plus le sombre prenait place sur la clarté de l’eau, plus elle se sentait honteuse d’avoir pu engranger une telle quantité de poussière et de boue sur elle sans rien faire de particulier. Etais-ce le vent, qui transportait les saletés sur son corps ? Le goût salé, à n’en pas douter, et bientôt, elle le savait, elle aurait la peau rêche, le visage creusé comme les falaises, les cheveux sans cesse emmêlé soit par la saleté, soit par la brise, soit par le sel qui les rendrait poisseux…Oui, bientôt, Alyce serait une autre femme, une femme qu’on ne reconnaîtrait peut-être pas. Bientôt, Alyce allait changer. Elle allait devenir une femme, épouser quelqu’un, devenir une autre personne, une personne qui plairait à ce mari que le Destin lui avait choisi, ou du moins, qui ferait au mieux. Elle devrait arrêter de regarder en arrière, elle devrait se contenter du minimum, et ne jamais regretter, vivre cette vie pour laquelle son frère avait payé le prix fort, jusqu’au bout, et le plus honorablement possible. Elle imaginait ce que cela allait être, sans pour autant parvenir à s’en faire une idée précise, et elle y réfléchissait lorsque Godrik vint près d’elle, pour lui dire qu’il n’attendait pas véritablement son amour, mais bien son respect, puis pour lui annoncer qu’il partait en quête de vêtements de rechanges pour sa nouvelle épouse, en précisant un petit conseil qui, bien qu’il ne manquait pas de conscience, faisait penser à Alyce qu’il sous-estimait et son intelligence, et sa bonne éducation.
Mais quelque chose la turlupinait, c’était cette histoire d’amour qu’il ne désirait pas. Elle trouvait cela anormal, elle à qui on avait dis que toute femme devait aimer son époux, l’honorer à tous prix…Si on n’appréciait pas l’autre, comment vivre ensemble ? Comment s’ouvrir dans la plus parfaite intimité ? Elle se mordit la lèvre, se sentant régresser au stade de putain. Une femme qui écarte les jambes non pour de l’argent, mais pour sa survie. Voulait-elle vivre en putain ? Elle sentit un frisson glacé lui parcourir la nuque, les omoplates, le dos…Elle se sentait transie de froid, aussi raide qu’un arbre fort, en sentant à nouveau ces regards fixés sur elle. Etrange, juste peu après que Godrik soit parti. Des yeux, des yeux dans son dos, et sa peau la démange, elle veut se gratter, elle veut se retourner, empêcher les angles morts, elle avait soudainement besoin, un besoin vital, d’avoir sous les yeux tout ce qui se trouvait autour d’elle. Mal à l’aise, stressée, elle ne bougeait cependant pas, se rinçant le corps dans la bassine, du moins ce qui était découvert. Essuyant avec soin, sans doute trop, une parelle de peau où un peu de boue refusait de partir, elle attendait, les muscles bandés, que l’un d’eux passe à l’action, que l’un d’eux tente de la prendre.
Elle se rendait même compte qu’elle n’attendait que cela. Et pas par masochisme, ou par un soudai goût pour la dépravation et la violence, non, juste pour voir, pour être certaine, que les mots de Godrik étaient véridiques, si elle pouvait vraiment lui faire confiance ou si ce n’était qu’un leurre, une fois de plus, une tentative misérable pour attirer sa confiance, et mieux la briser ensuite. Un jeu, un jeu malsain, un jeu infâme, au bout duquel elle ne pourrait plus tenir, pas même pour la promesse qu’elle avait prononcé dans la cabine, qui semblait si proche, et si loin à la fois. Toute seule, elle n’était pas à l’aise. Toute seule, son unique envie était de fuir, de se jeter par dessus bord, pour échapper à ces regards, à ces yeux insistants, qui la piquaient atrocement. Toute seule, elle voulait courir le plus loin possible, mais hélas, l’étendue alentours était faite d’eau. Il lui fallait quelqu’un, en fait, il fallait simplement que Godrik revienne. Elle entendait sa voix, il était la, quelque part, pas très loin, bien que le vent ne souffle pas trop fort. Elle entendait des mots, du moins voulait-elle se figurer qu’elle n’avait pas entendu la première réplique du marin, bien qu’elle ne l’ai pas réellement comprise. Quoi qu’il veule lui faire avaler, Godrik avait décidé que ça ne serait pas pour tout de suite et défendue. Défendue ? Elle ? Alors qu’elle avait été tellement…Infecte ?
Elle aurait voulu qu’il ne le fasse pas, et elle aurait aussi désiré se détendre alors qu’il revenait, avec une chemise sans doute trop grande pour elle et les chausses qui allaient avec. « Merci. » dit-elle en prenant les vêtements, avant de lui rendre le bas, le temps qu’elle enfile le haut. Se tournant vers l’océan, elle essaya d’ôter les manches de sa robe pour pouvoir passer la chemise sans mettre sa poitrine à nue. Sans doute devait-elle avoir l’air idiote, à se tortiller ainsi, mais elle refusait de s’exposer nue et à la vue de tous, eux qui s’étaient déjà tant régalé avec son dos…Dos couvert, par ailleurs, mais peut-être n’avaient-ils pas de femmes, eux. Ou de putains sous la main…Mais s’il n’avait pas été la, combien de temps les autres auraient-ils mis, avant de venir se l’approprier, ou du moins essayer ? Certes, le capitaine lui avait juré que c’était interdit, mais il y a toujours des fortes têtes pour passer outre, peut-être même que les autres femmes étaient la pour cela, ou que ses compagnes dans sa nouvelle ne soient destinées à ce dont le sang d’un frère l’avait sauvé. Elle ignorait à quel point on pouvait respecter Godrik sur ce navire, elle savait simplement que son capitaine l’appréciait et ne pouvait dire si on le craignait, ou pas du tout, elle ne savait même pas s’il n’avait pas gagné un ennemi mortel en refusant de l’offrir, malgré son explicite menace. « Et merci pour…Vous voyez quoi. Je n’ai pas bien compris de quoi j’étais l’objet mais j’ai l’impression que je n’aurais pas apprécié. » Elle fronça les sourcils, secoua la tête, signe qu’elle n’était même pas sure de vouloir comprendre. Tout viendrait en son temps, et peut-être qu’un jour, elle serait capable de se représenter d’elle-même ce genre de propos imagés.
Quelle joie…

Lorsqu’elle eu passé la chemise qui, effectivement, était trop grande pour elle, elle resta un instant sans bouger, face à un dilemme. Impossible d’enlever seule les attaches de sa robe sur le derrière, les multiples lacets rendant cela ingérable, et surtout, étant la raison de vivre d’une servante. Elle ne pouvait les enlever toute seule, mais elle ne pouvait pas demander non plus…Quoi que, sans doute le ferait-il sans même rechigner. Il va me toucher, je ne veux pas… pensa-t-elle, prise d’une petite panique, avant d’essayer de se reprendre. Il ne vas pas me tuer. Ce n’était pas vraiment cela qu’elle craignait. Si ç’avait du être ici, ce serait déjà fais. Dis toi qu’au moins tu ne serviras pas de putain… Oui, mais ça n’était pas correct, pas le moins du monde, puisque même s’il était clair qu’ils allaient se marier –selon les lois de son propre Dieu elle l’imaginait bien- qu’il arriverait un moment où il verrait ces carrés de peau intacts. Un jour, oui, peut-être demain, mais pourquoi ne pas attendre jusque la ? Gênée, elle savait que ses réticences tenaient du ridicule et qu’elle ferait mieux de ne pas faire tant de manières, mais c’est la qu’un autre dilemme lui vint : Il lui avait dis de ne pas trop s’exposer en son absence. D’accord, il était la, mais étais-ce une raison tout de même pour s’exposer ?
Levant les yeux au ciel, avec la furieuse envie de se donner une gifle, elle finit par se retourner pour le regarder. « Excusez moi mais je…J’aurais besoin d’aide pour les attaches de ma robe, dans le dos, je ne saurais pas les ôter moi-même…Les lacets. Enfin vous…Vous pouvez les arracher, elle est fichue de toute façon. »
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Message Sam 10 Sep 2011 - 6:37

Le marin observa un instant la jeune femme prendre les vêtements, ils n'étaient pas très beaux, il fallait bien l'admettre, de simples chausses de bure et une tunique de la même matière. Il n'y avait pour ainsi dire là que de simples tissus pour cacher sa nudité et se protéger du froid ou de l'humidité mais, tout du moins l'espérait-il cela permettrait à Alyce de ne plus penser à son frère tombé avec honneur en voyant son sang sur sa robe. De plus il fallait bien admettre que cette robe commençait à sérieusement ne plus ressembler à grand chose. Lorsqu'elle lui rendit les chausse, il arqua un sourcil, était-il devenu sa dame de compagnie pendant qu'il était partit chercher les vêtements ? Cela dit et plus encore il ne voyait pas pourquoi Alyce ne commençait pas par simplement enfiler les chausse sous sa robe, plutôt que de se tortiller maladroitement pour tenter de se défaire des manches de sa robe afin d'enfiler la tunique. Il esquissa dès lors un sourire amusé, elle n'avait pas encore le bon sens Fer-Nés mais cela viendrait avec le temps, comme le sel marque le visage des marins, les îles forgent leur tempérament et rendent les Fer-Nés malins et sensés. Elle le remercia pour avoir prit position en sa faveur face aux deux voyeurs dans l'ombre. Ce remerciement sembla déplacé à Godrik, en effet il ne voyait pas pourquoi la jeune femme le remerciait pour quelque chose de normal. On pouvait dire merci à un homme pour accomplir un acte qui n'était pas attendu naturellement de lui, pour un effort qu'il aurait consentit à faire, mais le remercier pour simplement faire ce qu'il est attendu de lui, il n'en voyait pas l'intérêt. Certainement encore une coutume propre aux continentaux. Un moyen de flatter ses interlocuteurs, Godrik quant à lui n'appréciait que très moyennement ces circonvolutions visant à manipuler les gens par les mots...

Lorsqu'elle se tourna vers lui, elle pu le trouver dans l'exact position où elle l'avait laissé, le bras toujours tendu et les chausses dans sa main. Les méandres de sa robe semblaient lui poser problème, tant et si bien qu'elle était désormais prête à ce qu'il l'approche, la touche et ruine le peu qu'il était encore possible de sauver de ce vêtement bien trop luxueux et compliqué pour être confortable et pratique. Il jeta les chausses sur son épaule et tira de sa ceinture un poignard effilé avant de s'approcher d'Alyce, lorsqu'elle lui eut de nouveau tourné le dos pour qu'il puisse défaire les liens qui la maintenaient dans ce carcan de tissu, il jeta un regard par dessus sa propre épaule pour se rendre compte qu'il n'y avait plus désormais qu'une petite poignée d'hommes encore intéressés par le spectacle de la jeune femme se changeant. Le message semblait avoir été assez clair et chacun avait compris que cette femme n'était pas potentiellement accessible par quiconque. Il se concentra donc de nouveau sur les liens de la robe.
Tu n'as pour le moment rien à craindre des hommes de ce boutre. Chacun sait désormais que l'homme qui tenterait quoi que ce soit à ton encontre serait mort avant même que son corps de touche le sol. Bien sur et jusqu'à ce que tu deviennes ma femme-sel, certains penseront pouvoir te séduire et te faire les choisir plutôt que moi car tel est ton droit mais ils ne te feront pas mal. Il parlait d'un ton monotone et calme alors que la lame coupait un lacet après l'autre. D'ailleurs cela n'a rien à voir, mais tu n'as pas à me remercier pour quoi que ce soit, ce que j'ai fait je l'ai fait car tel est mon rôle. Il n'y a rien là dont tu dois m'être reconnaissante, ce n'est que le déroulement normal des choses. La robe s'ouvrait de plus en plus sur le dos de la jeune femme alors que sa lame brisait les liens de soie. La peau d'Alyce apparaissait sous le tissu et Godrik ne pouvait en détourner le regard. Lorsque le dernier lien céda sous le poignard, le marin pouvait observer les reins de la jeune femme et bien qu'il ne soit pas homme à se laisser émouvoir, il ne put s'empêcher de ce que cela serait que de pouvoir caresser cette peau dans l'intimité... Il se racla la gorge avant de reculer d'un pas. Le poignard retrouvant instinctivement sa place à sa ceinture. Je... je pense que c'est bon... enfin que tu ne devrais plus avoir de problème pour finir de te changer.

Godrik se surprit lui même par l'embarras dans sa voix, était-il devenu simplet en même temps que la dame de compagnie de sa captive ? Il rectifia immédiatement et ce même mentalement en se morigénant, il ne s'agissait plus d'une simple captive mais de Alyce, celle qu'il prendrait comme femme-sel, qu'il voulait comme femme-sel d'ailleurs désormais. Il ne put du reste s'empêcher en observant la jeune femme de se demander, combien de femme comme elle avait-il égorgé alors qu'il participait au razzias sur la côte pour la simple raison qu'il ne voulait pas prendre femme. Se pouvait-il que parmi elles il y eut une autre Alyce ? Il repoussa cette pensée bien vite, focalisant son attention sur le fait que cette dernière n'était pas resté en vie par le simple fait qu'il était prêt pour prendre femme mais belle et bien car elle avait su l'atteindre en un simple regard là ou aucune autre n'était parvenu à le toucher et ce malgré leurs cris et leurs supplications. Son bras s'était abattu sur elles comme il l'avait fait sur les hommes les protégeant et jamais il n'avait repensé à elles par la suite trouvant le sommeil aussi régulièrement que la marée vient et repart deux fois par jour. Non Alyce avait eu quelque chose en plus qu'aucune autre n'avait eu, cela n'avait rien d'un hasard. Il ne pouvait s'agir que de la volonté du Dieu Noyé... Elle deviendrait sa femme-sel et il la respecterait et la chérirait autant qu'elle le lui permettrait. Leurs enfants seraient comme lui pauvres et démunis, mais cela ne le dérangeait désormais plus, car ils auraient comme lui l'avait eu le pouvoir de modifier leur avenir. Être né d'une femme-sel et d'un simple marin n'était pas un tare, ce n'était qu'un défi que le Dieu Noyé lançait à ses plus utiles serviteurs.
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Message Lun 12 Sep 2011 - 15:43

Empêtrée dans ses vêtements, Alyce avait bien du mal à user de logique sur ce maudit navire tant elle s’en faisait pour d’autres choses, bien plus importantes à ses yeux. Ainsi, elle pensait qu’enfiler le haut serait préférable, bien qu’en réalité elle aurait pu mettre les chausses en premier, dessous sa robe, et cela aurait été bien plus simple…Mais non, Alyce, qui ne s’était jamais réellement habillée seule, avait fais au mieux et s’était entortillée, se sentant fort bête, il fallait bien l’avouer, coincée dans cette position désagréable, au point de demander de l’aide à cet homme qu’elle détestait –ou peut-être plus tant que cela- l’autorisant à la toucher, à arracher ce vestige de son passé, qui finirait peut-être à la mer, ou pour alimenter un feu. Les flammes lècheraient le tissu mêlé de sang, et elle savait d’office qu’elle regarderait, si tel était le cas, jusqu’à ce qu’il n’y ai plus que des cendres et qu’elle puisse se dire : Ca y est, c’est la fin d’une ère, voici une autre qui commence, avec une demoiselle toute autre.
Il s’approcha d’elle, et quelque chose se raidit à l’intérieur de son corps sans pour autant qu’elle n’esquisse un geste pour s’enfuir, même si ç’aurait été d’une idiotie sans borne puisqu’elle lui avait elle-même demandé d’approcher pour l’aider…Elle sentit le contact d’une lame, froide, contre sa peau, et ce fut un frisson qui la prit toute entière, alors que les lanières cédaient une à une sans qu’il ne la touche outre mesure, comme par…Respect. Etais-ce cela ? Attendait-il qu’elle vienne à lui ?
Le pauvre risquait d’attendre longtemps.
Le regard fixé sur l’une des planches, elle l’écoutait l’informer, lui expliquer que personne ne lui ferait de mal –encore et toujours ce discours il semblait être commun à tous les Fer-Nés qu’elle avait rencontré jusqu’à présent, que personne ne chercherait à l’obliger à quoi que ce soit, bien que certains tenteront de la séduire. Avec un pincement étrange, elle songea à ce capitaine, si droit, qui avait résisté à l’éventuelle tentation qu’elle représentait pour ne pas déroger à ses principes. Il était, comme elle l’avait pensé, une exception. Les autres n’avaient pas payé de Fer-Prix –elle commençait à comprendre le concept- n’avait pas versé de sang, que ça soit le sien ou celui d’Harren, ou celui des chevaliers protecteurs, et ainsi ils ne pouvaient y avoir accès. Bien que…Si elle décidait de partir avec quelqu’un d’autre, le pourrait-elle ? En avait-elle seulement envie ? Quand Godrik était la, elle se sentait en sécurité, et il n’était pas aussi infecte qu’elle l’avait imaginé, qu’elle avait peut-être voulu qu’il soit. Elle était sure aussi du fait qu’il était valeureux, qu’il avait de l’honneur, Harald le lui avait dis. Etais-ce le cas des autres ? D’eux, de ces ombres qui la fixaient d’un air gourmand, comme un morceau de pain après un jeun trop long, elle ne savait rien, pas même le nom, pas même le visage.
Le bruit du lacet coupé continuait de se faire entendre, et il continuait, lui aussi, à parler, refusant qu’elle le remercie, et donc lui demandant d’aller contre son éducation. Au sens de la future femme-sel, elle n’avait pas été des plus plaisantes, loin de la, s’était montrée infecte et froide, distante malgré ses tentatives, s’était bornée à refuser de comprendre l’évidence, et ainsi et bien non seulement elle devait lui demander pardon –ce qu’elle avait en quelque sorte fais- mais également le remercier pour ce geste qui pouvait sembler anodin, mais ne l’était pas. Qui sait si un autre, pour la punir, n’aurait pas laissé ces hommes aller au bout ? Au bout de quoi, cela, et bien mystère puisqu’elle n’avait toujours pas compris et n’osait pas demander de façon plus directe.
Et soudain, tous les liens furent coupés.
Alyce laissa glisser la chemise qui, si grande, lui cachait la moitié des femmes bien qu’elle n’ai pas encore laissé tomber sa robe. La tenant d’une main, elle prit les chausses et les enfila de l’autre en se retenant contre le bastingage, et faisant de son mieux pour garder un semblant de dignité dans cette maudite entreprise qui ne se lassait pas d’être humiliante. Enfin, elle remonta les chausses et se maudit de ne pas avoir des hanches plus large puisqu’elles étaient retenues par la petite rondeur de ses fesses uniquement, ainsi que le tissu de la chemise, et ainsi peut s’en fallait qu’elle ne perde le bas, pour se découvrir comme jamais elle ne l’avait fais. Toujours la main tenant le tissu sans véritable couleur distinctive, elle sortit de sa robe et se baissa pour la ramasser. Lorsque ses doigts effleurèrent le tissu, la tâche de sang sur son corset, son regard ne pu plus s’en détacher et elle le caressait presque avec tendresse, comme si ç’avait été la joue de son frère, la joue froide, glacée par la mort…Il n’est plus, et tu vis grâce à lui. Elle devrait l’accepter. Elle se releva ainsi, tenant le tissu comme s’il s’était agit de n’importe quel autre. Ce genre de souvenir matériel, elle n’en avait pas besoin, non, car sa mémoire était vivace et ne lui laisserait jamais rien oublier, que le souvenir soit heureux ou d’une intolérable cruauté. Le seul bien qu’elle conservait en dehors de la bourse attachée à sa robe, c’était le collier en or qui pendait autour de son cou, dont on distinguait la chaîne lorsque le vent jouait trop dans ses cheveux ou dans sa chemise. Prenant la bourse, elle la considéra un moment : « Que dois-je faire de ceci ? Je suppose que ça ne sera plus d’aucune utilité… » Quelques cerfs d’argent, elle ne les avait pas exactement compté, mais sortait toujours avec un peu de monnaie sur elle, au cas où elle verrait un beau tissu pour confectionner une robe, au cas où elle voudrait prendre un fruit au marché lorsqu’elle allait en ville avec son frère –car elle refusait qu’on le lui offre- voilà à quoi cela lui servait. Mais la ? De la ferraille, elle ignorait même quelle monnaie utilisait ces hommes, si tant est qu’ils en aillent. Peut-être troquaient-ils, un poisson contre une corbeille de fruit, car elle savait désormais que la version de septa Morana n’était pas la bonne puisque selon elle, les Fer-Nés n’achetaient rien, ils se volaient entre eux et tuaient si nécessaire, les Îles terribles étant régies par la loi du plus fort, comme de vulgaires animaux.
Faux, faux et encore faux…Alyce savait, maintenant.
Elle laissait la bourse tourner entre ses doigts, les pièces tintaient quelque peu, alors que son corps se détendait. Non seulement les regards n’étaient plus braqués sur elle –ou alors elle ne le sentait plus- mais la présence de Godrik l’aidait, à être calme, bien que ce fait la contrarie énormément. Et, pendant que le monde continuait à exister, elle se demandait à quoi ressemblait vraiment ces Îles. On les lui avait décrite comme pleines de piques, de pièges, de traquenards et de tueurs, un endroit sauvage et farouche, sur lequel on envoyait les pires immondices, tantôt prison, tantôt malédiction pour ceux qui y sont nés, elle voyait, pour sa part, un rocher gigantesque bardé de montagnes terribles, entourés d’une eau glaciale que le vent faisait cingler sur les flancs à la manière d’un fouet tenu par un homme d’une grande force et d’une grande cruauté. Se trompait-elle ? Elle essayait de distinguer à travers la bruines, en regardant droit devant le bateau, mais ne voyait rien, rien qui ne lui parle à elle, en tous cas. Encore un inconnu, quelque chose qu’elle ne savait définir, dont elle n’avait pas d’images pour se rassurer, et se dire qu’elle serait souvent seule dans cet endroit…Dans quel endroit, au fait ? Sûrement pas un beau château, ou une grande forteresse, il n’était qu’un marin…Peut-être l’une de ces petites maisons de ville, ou bien…Une sorte de cabane. Toute seule dans une petite cabane…« Je me demande…A quoi ressemble vraiment ces fameuses Îles de Fer ? Et l’endroit où vous vivez… Je me doute que nous arriverons un jour et que je verrais par moi-même, mais j’aimerais…Savoir. L’image que j’en ai est assez effrayante. » Surtout en y étant seule termina-t-elle dans sa tête sans oser dire tout haut ce qu’elle pensait tout bas, peu désireuse de lui montrer qu’il était parvenu à la mettre à l’aise avec une trop déconcertante facilité, malgré les accrochages au début de leur conversation. « Des histoires de septa, encore… » ajouta-t-elle, et un sourire perla le long de ses lèvres, avant qu’elle ne s’en rende compte et ne détourne la tête pour le dissimuler.
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Message Dim 18 Sep 2011 - 8:00

Encore une fois devant les manœuvres malhabiles et empruntées que la jeune femme devait déployer pour se changer, Godrik se félicita pour sa part de ne rien voir qui soit susceptible de honte ou de gêne dans la nudité, les continentaux et leur manières de faire sur ce point semblaient tellement être éloigné du bon sens commun que ça en devenait presque risible. Mais la jeune femme n'était pas à blâmer pour cela, comme ses croyances, les tabous que les serviteurs de leurs Sept Dieux avaient ancré dans son esprit remontaient à plusieurs générations, ce n'était de fait pas une simple nuit à bord d'un boutre Fer-Nés et ce malgré toute l'attention dont elle avait pu faire l'objet qui changerait quoi que ce soit. Il faudrait du temps pour que la jeune Alyce ne commence à penser par elle même, à découvrir les us et coutumes des îles de Fer. Lorsqu'elle eu finit par avoir enfilé les chausses ainsi que la tunique, Godrik se leva. Il avait en effet bien fait de se munir de la fine cordelette, la petite Fléaufort était bien plus menue qu'il l'avait imaginé en prenant les vêtements, qui étaient du reste prévu pour vêtir les jeune marins, soit des jeunes hommes de quinze ou seize ans et il semblait que même à cet âge ils fussent plus large de taille que la jeune femme. Il esquissa un large sourire lorsque cette dernière lui demanda si elle devait se séparer de sa bourse, que cela ne serait plus d'aucune utilité. A moins que tu n'en ais d'autres de cachées quelque part je te conseil de garder cet argent, je ne suis pas le plus riche des hommes et nous aurons certainement besoin de celle-ci pour t'installer. De fait Alyce allait devoir soit fabriquer elle même beaucoup de ce dont ils allaient avoir besoin, soit acheter cela dans les marchés de Vieux Wyk, ainsi du bon argent faciliterait grandement l'installation de la jeune femme, la maison de Godrik ne comportant que le strict nécessaire à sa vie à terre, soit presque rien... Quelques ustensiles de bois flottés, un lit, une pelisse en fourrure de phoque pour se couvrir lorsque le froid vient sur les îles ainsi qu'une simple table récupérée lorsque que la taverne avait remplacé les siennes.

Il s'approcha un peu plus de la jeune Fléaufort, il la dominait désormais de plusieurs têtes, il n'était pas le plus grand des hommes à bord mais il approchait allégrement les six pieds de haut alors que la jeune femme quant à elle devait à peine atteindre plus de quatre pieds et demi. Elle lui parut en cet instant plus fragile et belle qu'elle ne l'avait jamais été à ses yeux depuis qu'il l'avait enlevé à sa terre et ses gens. Il prit la cordelette enroulée autour de son épaule avant de s'accroupir devant elle. Alyce s'interrogeait ou plutôt l'interrogeait lui sur ce qu'était les îles de Fer ainsi que sur sa propre demeure qui deviendrait très bientôt la leur. Assis sur ses talons, la tête relevée pour l'observer, il laissa échapper un sifflement joyeux entre ses dents, avant de rire de bon cœur lorsqu'elle ajouta qu'il s'agissait encore là de croyance et racontars de septa. La petite Fléaufort était plus vive d'esprit qu'elle ne pouvait le laisser accroire de premier abord. Jouant avec la cordelette entre ses doigts il réfléchis un instant, se demandant comment décrire les îles à une continentale qui n'avait entendu sur ces dernières que des récits plus atroces et mensongers les uns que les autres.
Les îles... nos îles sont notre domaine, elles nous accueillent, nous nourrissent et nous protègent. J'imagine que chaque Fer-Nés les voit différemment. Il esquissa un nouveau sourire nostalgique cette fois. Nous ne possédons pas les vastes terres vertes et généreuses du continent. Mais cela ne nous est pas désagréable, car la mer et le Dieu Noyé nous offrent tout ce qu'un homme peut avoir besoin. Le village dans lequel je vis, dans lequel nous vivrons, peut s'apparenter à une de vos petites villes côtière où chacun connait son voisin et où la chaleur humaine nous préserve contre les aléas du temps. De fait pour Godrik il n'y avait plus bel endroit en Westeros que celui où il vivait lorsqu'il demeurait à terre, le matin alors que les dernières étoiles s'effaçaient dans le ciel que la brume montait du rivage comme un serpent de vapeur venant s'enrouler sur le sol pour se chauffer au soleil levant.

Il commença à passer la cordelette autour de la taille de la jeune femme et une nouvelle fois il fut surprit, il ne l'avait pas pensé si menue. Il aurait pu allégrement faire le tour de sa taille en joignant simplement ses mains autour de celle-ci. Il fit donc deux tours avec la, effectivement trop longue, ficelle de chanvre tressé. se faisant et tout à son ouvrage pour faire en sorte qu'elle n'ait pas trop de soucis à s'en défaire lorsqu'il lui faudrait se soulager Godrik reprit la parole pour parler de sa propre demeure.
Ma maison quant à elle n'a rien de vos palais verts. Elle était celle de mon père avant moi et sera certainement celle de nos enfants après nous. Cela lui fit un moment bizarre de parler ainsi, il n'avait jusqu'alors pas vu son avenir sous cet angle, celui d'un père qui devrait laisser un héritage à son fils lorsque le Dieu Noyé réclamerait sa présence à ses cotés. Elle n'est pas bien grande, mais ne laisse pas entrer l'humidité, nous aurons trois pièces. L'une étant la chambre, le lit y est bon, pas aussi confortable que celui d'un seigneur certainement encore que je ne pense pas que beaucoup de seigneurs du continent ne dorment tenus au chaud par de la fourrure de phoque d'aussi bonne qualité que la mienne. Un foyer trône au milieu de la seconde pièce pour la cuisine ou simplement empêcher l'humidité d'entrer lorsque la pluie se joint à la mer pour mettre à l'épreuve notre abnégation à mériter ces îles. La troisième et dernière pièce se trouve sous la terre, elle sert de cellier pour la nourriture et à te cacher si jamais Vieux Wyk est attaqué. Godrik revit dans son esprit le court tunnel menant du cellier à une trappe aménagée un peu plus loin de la maison pour permettre aux femmes de quitter une maison enflammée si jamais les choses venaient à tourner au pire. Il avait finit son discourt au même moment que le nœud visant à tenir la tunique et les chausses de la jeune femme. Il se redressa donc avec un sourire satisfait. Je pense que cela fera l'affaire du moins jusqu'à ce que nous arrivions à terre et que tu puisses trouver mieux.
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Message Lun 19 Sep 2011 - 16:05

Nous, notre, nos enfants, il parlait, et les mots s’emmêlaient dans la tête d’Alyce, qui sentait d’étranges vertiges l’envahir. C’était trop, et trop tôt, elle avait peur à nouveau, appréhendait, avait simplement envie de fondre en larmes, mais se l’interdisait. Désormais, il y aurait un « nous », elle n’avait pas le choix, sauf si elle comptait gâcher la vie de son frère et ça n’était pas dans ses projets, elle devrait donc s’y faire. Elle épouserait cet homme, cet assassin, qui était devenu autre chose, durant le temps qu’ils avaient discuté. Si elle avait été d’une froideur terrible au début, désirant seulement le haïr en paix et qu’il la laisse, elle s’était vite rendue compte qu’il n’était pas foncièrement mauvais, que la mort d’Harren n’avait été qu’un simple concours de circonstance, et qu’au fond, la faute lui en imputait, en grande partie. Qu’avait-elle besoin de crier en tombant, alors que la main de Godrik s’entourait autour de sa cheville pour qu’elle glisse, s’écrase en s’écorchant le genou alors que l’étalon de son frère faisait déjà demi-tour. Si elle n’avait pas crié, il n’aurait peut-être rien remarqué, et vivrait…Père aurait toujours son aîné, Mère son premier fils, et, par sa faute, ils perdaient non seulement ce précieux joyau mais également une fille en passe d’être mariée, un bon mariage, même si Alyce ignorait encore avec qui, et ne le saurait sans doute jamais…Mieux valait. Elle éviterait de songer à ce que cet homme aurait été, un chevalier doux, qui n’aurait assassiné personne –de sa famille du moins. De sa famille…Et des autres ? Le temps qu’elle avait passé sur le Cruel lui avait donné un peu de plomb dans la tête, lui apprenant ainsi que le monde n’était pas entièrement d’un blanc éclatant, ni d’un noir encre, mais le plus souvent, sertit de nuances de gris, clair, foncé, du gris, toujours, partout…Car un homme bon peut en tuer un autre, durant la guerre, et les guerres recèlent leur lot de tueries, malgré ce qu’on dit dans les chansons. Elle s’en voulait, d’avoir été aussi naïve, elle qui se pensait maligne et bien informée. Elle aurait du ouvrir des ouvrages sur les Îles de Fer, et apprendre à connaître ce peuple, au risque de se retrouver un jour prisonnière. Mais y en avait-il seulement, de tels ouvrages ? Non, les gens avaient peur d’eux, et ils farcissaient de peur la tête de leurs enfants, pour qu’ils soient morts de trouille à leur tour et se jette par dessus bord, au lieu de servir comme esclave ces prétendus monstres assoiffés de sang.
C’était donc à moitié, voir au trois quart, sa faute si Harren était mort, et Godrik avait tenu l’épée. Couple d’assassin, mari tueur, femme idiote, magnifique assortiment songea-t-elle, amère, alors qu’elle glissait la bourse pleine de cerfs d’argent autour de la corde qu’accrochait le marin à son pantalon pour éviter qu’il ne tombe, car sans doute avait-il prévu qu’elle serait bien plus petite que lui. Etais-ce ses vêtements, qu’elle portait ? Elle préférait ne pas avoir de réponse. Elle se laissait faire en écoutant la description des Îles qu’elle avait réclamé. Un endroit chaleureux, disait-il, malgré l’acharnement des éléments. Elle ne voyait pas pourquoi il mentirait, ainsi se rassura-t-elle un peu, quoi que…Sa méfiance ne s’endormait jamais. Puis il lui décrit sa maison, quelque chose de petit, avec seulement trois pièces, et la continentale imagina un endroit plein pied, des pièces plus ou moins vastes, comme dans sa demeure, sauf la chambre…Elle ne parvenait que difficilement à concevoir un espace petit, clo, presque confiné dans lequel elle devrait tourner en rond toute la journée, à faire…Quoi d’ailleurs ? Le plus souvent, il ne serait pas la, elle devrait donc trouver des occupations, peut-être rencontrer d’autres femmes, avoir des amies, et douloureusement, elle songea à la seule amie qu’elle eu jamais véritablement, la fille du suzerain de l’Ouest, Aliénor…Y aurait-il femme semblable, sur ces îles ? Est-ce qu’une seule lui adresserait seulement la parole ? Alyce en doutait, elles devaient mépriser les continentales autant que les continentales les méprisaient, si pas plus. Elle se souvenait de la femme, en bas, dans la cale, qui transportait un gros coffre. Elle n’avait pas l’air commode…
Alyce remercia Godrik, une nouvelle fois, pour avoir ajusté ce pantalon, avant que ce dernier ne s’éclipse, car sans doute avait-il des choses à faire, en tant que marin. Elle resta un instant sur le pont, avant de redescendre dans la cale, à sa place initiale, en tripotant le médaillon d’or pendu à son cou.

Seule, ainsi livrée, le temps passait et quand on vint la chercher pour l’unir à Godrik –chose à laquelle elle avait pu mentalement se préparer- il semblait qu’elle n’était pas véritablement présente. Elle voyait l’aimable capitaine, l’entendait dire quelque chose, mais les mots n’entraient pas dans ses oreilles, ne pénétraient pas. Alyce savait qu’il était en train de les marier, de la condamner de façon définitive, après lui avoir cela dit demandé son avis…Et, l’espace d’une seconde, elle fut tentée, véritablement, de dire non, et d’être noyée s’il le fallait, mais en regardant les yeux du capitaine, elle se souvint de sa promesse, en y puisant un soupçon de courage, ayant épuisée ses réserves. Elle acquiesce donc, et tout se fini aussi vite que ç’avait commencé. Si d’autres passèrent avant, ou après, elle n’en eut pas le moindre souvenir. Si Godrik lui avait parlé, il était probable qu’elle n’ai rien répondu, car elle n’entendit plus, loin de la réalité, qu’elle acceptait à son rythme : Nous, enfants, ensemble. Lui et elle, dans la même couche, dés qu’ils en auraient une, et l’inévitable arriverait bien, puisqu’elle perdait le sang. Elle formerait une famille, une famille, sans doute, de petits bâtards puisque personne ne la reconnaîtrait, sur le continent, mariée à cet homme. Avec de la chance, on la penserait simplement morte, et on finirait par l’oublier. Mère tomberait enceinte, sortirait une petite fille, que l’on remplacerait en la gardant bien loin de la côte…

C’est lorsqu’elle entend quelqu’un dire qu’ils vont bientôt accoster qu’elle retourne à la réalité. Elle se sent étrange, et fatiguée, de passer d’une émotion à une autre presque sans cirer gare. La colère, la résignation, l’abandon, l’espoir, à nouveau la résignation, la tristesse, le deuil aussi, omniprésent. Assise depuis plusieurs heures, elle songea qu’elle approchait de ces Îles qu’elle voulait voir, et se décida à se lever, pour sortir sur le pont et observer ce qui serait sa nouvelle maison.
Le jour commençait déjà à tomber, le soleil était sanguin contre l’horizon, alors que le Cruel manœuvrait à l’aide de ses hommes d’équipage. Ils étaient tous sur le pont et Alyce aussi, dans un coin, pour ne gêner personne, ses cheveux gorgés de sel par le vent fort et glacé, alors qu’elle plissait les yeux pour voir l’endroit où ils arrivaient et cela ne lui semblait pas aussi chaleureux que décrit par Godrik. Sans doute voulait-il la rassurer, ou sans doute les apparences étaient-elles trompeuses. Combien de fois ces derniers jours n’ai-je pas endurée cette cruelle leçon ? se demanda-t-elle, question purement rhétorique, alors que ses yeux commençaient à piquer, à cause du sel, et du vent, qui la gelait jusque dans les os malgré ses vêtements sans doute plus chaud que sa robe. S’entourant la poitrine de ses bras, elle observait la côte creusée par les assauts de la mer se rapprocher, et, avec elle, son destin, qu’elle accepterait, finirait peut-être même pas ne plus le trouver désagréable. Elle commençait déjà, en se détachant de la réalité dans laquelle elle replongerait bientôt, sans nuls doutes, tête la première, poussée avec force. Et ainsi elle regardait, elle attendait. Le Cruel était finalement arrivé à destination, on déchargeait ce qui se trouvait dans les cales, et Godrik la trouva à sa place, malmenée par les éléments sans qu’elle n’ai bougé un cil. Elle le suivit à terre, et la trouva inhospitalière, pauvre et terrible. En posant le pied sur ce sol gris, elle eut l’impression que l’endroit voulait et aurait sa peau, l’impression qu’elle, pauvre petit continentale, n’arriverait jamais à survivre ici, la où même les femmes lui semblaient être des hommes et bien que quelques uns, voir unes, la regardait alors qu’elle passait, Alyce fixait droit devant son chemin, la où l’emmenait Godrik, et alors la fameuse maison apparut dans leur sillage, du moins lui semblait-elle car il se dirigeait droit dessus. Beaucoup plus petite qu’elle ne l’avait imaginée, son cœur se serra et, mentalement, elle se traita d’idiote. Qu’attendait-elle exactement de la part d’un simple marin ? C’était déjà miraculeux qu’il possède quelque chose…Et elle avait beau savoir qu’elle était injuste en disant cela, elle se raccrochait comme elle le pouvait à ce qui lui restait…Juste des souvenirs. Une belle forteresse, un feu agréable dans la cheminée, des meubles, des tapis, le cliquetis des épées dans la Cour, ses travaux de coutures, le sourire du frère perdu, la sensation de chaleur qu’elle avait lorsqu’elle montait sa jument sans selle, les histoires qu’elle imaginait autour d’insignifiant détails. Elle se sentait légèrement tremblante, et elle mit cela sur le compte du froid, toujours résolue à être forte, le plus possible, en apparence, et ce pour tenir sa promesse. Mais elle mourrait littéralement de peur, à l’intérieur, peur de la suite, peur…De cet inconnu où elle ne serait plus Lady mais juste femme, où elle devrait se débrouiller pour survivre. Elle n’était pas chez elle ici, et c’était peut-être cela le pire de tout…
L’Eternel Destin de la femme, être arrachée à son foyer pour en créer un nouveau.
Silencieuse, elle ne savait que dire, elle semblait avoir perdu sa langue, attendant de son mari qui était si loquace tout à l’heure, une parole, un geste, un acte, qu’elle soit fixée sur la suite, sur ce qu’elle devrait faire exactement.
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Message Sam 19 Nov 2011 - 11:47

Godrik avait laissé Alyce à l'annonce de l'approche des îles. Il lui avait fallu rejoindre le reste de l'équipage pour participer aux manœuvres nécessaires afin de permettre au Cruel de parvenir sans encombres à accoster. Boutes et voilures n'avaient plus de secrets pour lui, étant un des plus anciens sur le boutre il lui revenait de toujours vérifier que chaque acte était accompli comme il le fallait. Il parcourait donc le pont à l'affût du moindre problème. Escaladant le mât pour aider à faire descendre la grand voile. Il escaladait ce dernier comme il l'aurait fait d'un arbre sans branches. La première fois que ses frères d'armes l'avaient vu s'élever ainsi sans même une sécurité, pas même un boute attaché autour de la taille, mais simplement comme s'il avait agit de quelque chose de naturel, ils s'étaient moqué de lui, le traitant de sauvage. Mais après que son agilité à gravir le mât les ait sortit de quelques mauvaises passes, notamment lorsqu'il leur avait fallut naviguer entre les éperons rocheux, plus personne n'avait remit en cause l'efficacité et l'intérêt d'une telle aisance. Du reste chacun connaissait parfaitement son rôle lors de cette manœuvre et l'envie de tous de retrouver les leurs était une motivation bien suffisante pour qu'aucun ne fasse d'erreur ou du moins fasse en sorte d'en commettre le moins possible. Le Cruel trouva donc bien vite sa place et chacun put dès lors commencer à réunir ses biens pour enfin débarquer et retrouver la quiétude de son foyer, de ses proches et des êtres aimés.

Pour Godrik, réunir ses possessions se résumait à une dague d'acier ainsi qu'une hache de jet mais aussi et surtout sa toute dernière acquisition, Alyce. Il la retrouva donc à l'endroit même où il l'avait laissé. Elle n'avait déjà plus rien d'une continentale de par ses vêtements, mais ses yeux eux, renvoyaient toujours cette impression particulière. Comme si la jeune femme s'était retiré en elle et ne faisait plus désormais partie du monde des vivants. Godrik avait déjà vu cette expression sur bien des visages de bien des femmes sel nouvellement arrivées sur l'île. Mais il ne pouvait pour le moment rien y faire. Il revenait à la jeune femme de faire le deuil de sa vie passée, il ne pourrait le faire pour elle. Peut être comprendrait-elle que la vie n'était pas terminée pour autant qu'elle aurait un rôle à jouer ici même sur cette île, certes pas le même rôle que celui auquel elle devait se destiner alors que le sommeil venait la chercher étant petite mais une vie tout de même et pas la pire qui soit. Certes il n'était qu'un simple marin et ne possédait pas grand chose, mais la fortune et les possessions ont-ils jamais rendu un couple heureux. Ils ne seraient certainement pas riche d'or et de serviteurs mais au moins aurait-elle un mari qui l'aura choisit qui la soutiendra et la défendra. Elle ne sera pas simplement ventre destiné à enfanter et apporter un héritier à un seigneur terrien. Elle aurait sa propre voix, sa propre destiné qu'il lui faudrait trouver. Personne ici ne lui imposerait sa vie ni même ses choix, la femme sel contrairement à ce que pouvaient dire les érudits du continent étaient certainement plus libre que les nobles enfermées dans leur prison dorée.

L'arrivée à terre se fit pour eux dans le silence, Godrik avait retrouvé son mutisme habituel. En remontant depuis les berges vers le village, le marin put voir à quel point ce lieu lui manquait toujours autant. Qu'importe ce qu'en pense les continentaux, Vieux Wyk était un lieu où il faisait bon vivre. Peut être pas le plus coloré et sujet aux grandes chansons et contes mais néanmoins un lieu que l'on pouvait appeler chez soi. Une île où personne ne vous laisserait tomber ni même souffrir sans vous venir en aide. L'isolement et la promiscuité avait véritablement créé une communauté soudée en cette partie escarpée du monde, abandonnée par les Sept du continent mais béni par le seul Dieu véritable, le Dieu Noyé. Sur le chemin menant à sa demeure il put croiser nombre regards, certains plus attirés par la présence à ses cotés d'Alyce. Il devait paraître surprenant à beaucoup de ses voisins que le Muet ait finit par prendre femme durant les razzias. Il n'était pas connu pour s'embarrasser de telle préoccupations. C'est en passant devant la demeure des vieux Will et Martha qu'il fut le plus nostalgique. Ces derniers installés devant leur maison eurent des sourires et regards qui en disaient plus long sur Godrik que n'importe quel discourt. En arrivant devant sa propre maison, il se dit qu'elle devait paraitre absolument pathétique aux yeux d'une noble dame du continent mais il n'avait pas le même regard envers cette bâtisse. Pour lui elle signifiait simplement être chez soi. A l'abri, en sécurité et au milieu des siens. Il ouvrit la porte, qui n'avait jamais été close, il en était ainsi parmi les siens, à personne ne viendrait la simple idée de dérober quoi que ce soit à son voisin. Ils n'avaient certainement pas l'air de gens biens, tout du moins en apparence, mais il y avait plus de noblesse dans le cœur de ces hommes et femmes que dans tout Westeros. Se tournant vers la jeune femme il l'invita à entrer avec un sourire.

Il laissa la porte ouverte, la maison était bien sombre en cette heure du jour et avant qu'il n'eut allumer un feu le peu de clarté venu de l'extérieur était la seule chose qui lui permettait d'y voir claire. Godrik commençait à réunir quelques buches pour allumer le foyer au centre de la pièce principale lorsqu'il entendit un raclement de gorge qu'il ne connaissait que trop bien derrière. Il s'agissait de la vieille Martha. Elle se tenait sur le seuil de la maison, un récipient en terre cuite dans les mains et des tissus jeté sur l'épaule. Le marin se leva en hâte pour aider la vieille femme et la faire entrer dans la pièce. La Fer-Né lui offrit un sourire aux dents en partie gâtées en acceptant son aide. Son regard se porta alors sur la jeune femme. En s’assaillant elle laissa alors entendre sa voix usée par le temps.
Je vois que tu as finis par trouver une bien jolie femme Godrik. Il était grand temps... même Will commençait à trouver ta solitude bizarre. La vieille femme ne quittait pas des yeux Alyce et d'un geste l'invita à approcher. Viens un peu plus près ma petite, je n'ai plus la vision d'autre fois et ton mari n'étant pas prompt à allumer le feu je ne vois de toi que ces horrible habits de marins. Godrik quant à lui installé les buches dans le foyer, ayant posé le récipient à coté de lui il entreprit d'allumer le feu avec sa pierre à feu. Martha quant à elle observait la jeune femme désormais éclairée par les flammes naissantes. Humpf... jolie, jolie en effet. Bien qu'un peu frêle. Par contre ces frusques ne conviennent pas à une femme sel. Tu n'es pas une prisonnière ma petite. Je ne sais pas ce qu'ils font sur leurs navires pour que vous ayez toutes l'air aussi mal fagotée en arrivant ici mais il est hors de question que tu gardes ces vêtements d'homme. Tu es des notre désormais. La vieille femme prit les tissu qu'elle portait sur l'épaule et Godrik se rendit compte qu'il s'agissait d'une simple robe. Martha la tendit à Alyce avec un sourire qui s'il n'était pas avenant était néanmoins sincère. Du reste son regard lui, témoignait des bons sentiments de la vieillarde. Godrik ne s'était pas attendu à ce que la vieille Martha s'engage ainsi auprès de lui pour lui venir en aide mais il en remerciait intérieurement le Dieu Noyé, avec une telle marraine, Alyce ne pouvait que bien s'intégrer à la communauté de Vieux Wyk.
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Message Dim 20 Nov 2011 - 10:51

Alyce tremblait. Dans cet endroit, il lui semblait qu’il aurait mieux fait de n’y avoir aucuns murs tant les courants d’air étaient féroces et la glaçait jusqu’aux os, jusque même dans son âme. Elle regardait son mari, de dos, en train de ramasser des bûches dans un coin de la petite cheminée pour faire un feu. Elle aurait aimé avoir une bonne couverture ou deux sur le dos, autre chose que simplement une chemise, un pantalon et une corde pour maintenir le tout. Si la chemise suffisait aux hommes de ces îles pour ne pas avoir froid, Alyce était frigorifiée et le fait que ses vêtements soient si larges n’aidaient pas. Elle sentait l’air passer contre sa peau cloquée par la chair de poule. Elle se tourna vers le lit de Godrik et elle se demanda si, dedans, elle gagnerait plus de chaleur. Et ses joues rosirent au même moment que son estomac se tordit de terreur. La réponse était bien évidemment oui, mais elle n’était pas certaine de vouloir se réchauffer à ce prix.
Le feu ne crépitait pas encore dans la petite cheminée qu’un raclement de gorge se fit entendre, et elle sursauta. Son regard passa du lit à la porte où une ombre se détachait. Si elle pensait avoir eu froid jusqu’à présent, elle s’était lourdement trompée. La sensation ne dura qu’une seconde, mais il lui sembla qu’il s’agissait d’un spectre, peut-être un fantôme accusateur qui disait : Meurs plutôt que de subir ceci ! Et mourir, une partie d’elle-même le voulait. Seulement, les paroles du Trompe-La-Mort l’en avait empêché par leur justesse. Harren était mort pour lui sauver la vie, de cela au moins elle était sure et l’image du cheval tournant les sabots pour revenir sur ses pas la hanterait encore longtemps. Elle ne gâcherait pas cette vie. Elle ferait de son mieux…Si elle avait été un homme, elle aurait vécu pour venger ce frère aimé, mais elle n’était qu’une femme et au moins porterait les enfants de l’assassin. Godrik. Il avait un prénom, il était quelqu’un, et il avait été gentil malgré tout. Et il était son mari, désormais. On les avait uni, et elle devait suivre ce qu’on lui avait appris à ce sujet. Elle devait être docile, même si c’était difficile, et rester dans son rôle de femme. Elle n’avait pas le droit de l’oublier. Pas même alors que l’ombre s’avançait dans la pièce pour finalement devenir un visage marqué par les âges. Si Alyce avait été elle-même, elle aurait été aider cette dame pour s’asseoir, mais elle était tout bonnement incapable de bouger. Simplement de détourner le regard, arrêter de la fixer pour s’assurer qu’elle n’était pas une ombre revenue des sept enfers.
« Je vois que tu as finis par trouver une bien jolie femme Godrik. Il était grand temps... même Will commençait à trouver ta solitude bizarre. » Alyce gardait les yeux rivés sur le sol tout en sentant la vieille femme en train de l’observer. C’était la même sensation que sur le pont du Cruel, sauf qu’il n’y avait pas cette impression de danger. La dame était vieille, il lui manquait plusieurs dents et elle lui rappelait un peu la vieille dame des cuisines, à la forteresse Fléaufort, par certains aspects. Elle avait beau être une Fer-Née –du moins c’est ce que pensait Alyce- elle ne ressemblait pas aux femmes sauvages, cruelles, à moitié nue qui dévoraient leurs ennemis. « Viens un peu plus près ma petite, je n'ai plus la vision d'autre fois et ton mari n'étant pas prompt à allumer le feu je ne vois de toi que ces horrible habits de marins. » Alyce avança, le regard toujours baissé sur le sol. Dans son dos, elle entendit le crépitement d’un feu alors que cette dame dont elle ne connaissait pas le nom la regardait de bas en haut, s’attardant un moment sur ses hanches. « Humpf... jolie, jolie en effet. Bien qu'un peu frêle. Par contre ces frusques ne conviennent pas à une femme sel. Tu n'es pas une prisonnière ma petite. Je ne sais pas ce qu'ils font sur leurs navires pour que vous ayez toutes l'air aussi mal fagotée en arrivant ici mais il est hors de question que tu gardes ces vêtements d'homme. Tu es des nôtre désormais. » La vieille dame lui tendit une robe. C’était une robe simple, en laine lui semblait-il, grise et brune. Bien loin de ses vêtements habituels bien loin de porter les couleurs de sa maison, bien loin d’être aussi belle, il lui semblait pourtant qu’elle tiendrait d’avantage chaud que ce qu’elle portait sur le dos. Elle prit le tissu entre ses doigts et fit courir son pouce sur la matière. Loin des qualité habituelles de ses robes, mais ce serait ainsi désormais. Et au fond, une robe n’était qu’une robe, un morceau de tissu comme un autre et quelle que soit sa provenance, on pouvait aisément la tâcher de sang. « Je…Merci. » Elle n’était pas certaine de devoir donner un titre à cette femme, elle n’était pas certaine qu’elle en ait un, mais un merci de la tuerait pas. Sa voix semblait rauque, de s’être tue si longtemps, quelque peu enrouée par toutes les larmes versées durant la traversée, et fermée par les heures de silence.
Elle regarda dans la pièce, à la recherche d’un endroit où se changer, avant de se rendre compte qu’il n’y en avait aucun à l’abris de ces regards. Elle se souvenait, sur le Cruel, d’avoir été ridicule en essayant de cacher sa nudité partielle. Elle se souvenait du sourire un peu amusé de son désormais mari, et de son regard aussi. Mari. Il était son mari. Et un mari pouvait voir sa femme nue. Il devait, même, bien que la perspective de ce qui suivait ce genre d’acte effrayait encore la petite. Et cette femme n’était qu’une autre femme. Ses doigts légèrement tremblant défirent la corde qui maintenait le pantalon sur ses hanches, ce qui le fit glisser au sol presque immédiatement. Elle enleva la chemise prêtée et enfila la robe avec une déconcertante facilité. Pas besoin de dames pour lacer le corsage, pas besoin d’arranger ses cheveux, c’était une robe de femme nouvelle, de femme du petit peuple, indépendante et fière. D’une femme quelconque, avec un mari pauvre. Mari Alors qu’elle faisait entrer ses seins correctement dans la robe, elle sentait la chaleur du feu réchauffer son dos, et également le regard de son mari. Je suis une femme-sel, Harren. Une femme-sel, une femme mariée, et je dois me comporter comme telle. Pour honorer la vie que tu m’as donnée, je dois vivre celle que m’ont accordé les Dieux, même si c’est avec ton meurtrier…C’est bien ça, la leçon ? Je dois devenir une femme de fer ? Et tu seras fier de moi ? Alyce était incapable de se défendre seule, elle était un fardeau, elle était une femme, simplement. On l’avait donnée à cet homme, au sujet duquel le capitaine du Cruel ne tarissait pas d’éloges. Un homme bien, avait-il dit. Qui te traitera correctement. Il l’avait déjà protégée, sur le boutre, et il recommencerait. C’est sa faute, il a tué mon frère et maintenant il doit jouer son rôle. Mais ça n’allait pas être le seul qu’il devrait jouer, pas plus que Alyce ne devrait jouer à la sœur.
Elle regarda la vieille dame, qui lui offrit un sourire à demi édenté. Alyce le lui rendit tant bien que mal. Les yeux de cette dame semblaient lui dire : Ca va aller tu verras. Le capitaine le lui avait dis aussi. Et la traversée lui avait appris de nombreuses choses au sujet de ce peuple qui terrifiait tellement les gens du continent. Peut-être ne serais-ce pas si terrible. Peut-être qu’elle parviendrait à vivre dans cette robe un peu trop grande aux hanches. Peut-être qu’elle parviendrait à repenser au jour de son anniversaire sans verser des larmes silencieuses. Peut-être…
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Message Lun 28 Nov 2011 - 15:25

La pierre à feu était récalcitrante lorsque Godrik la gratta avec sa lame, si bien qu'il ne parvînt pas à allumer le foyer à son premier ni même à son second essai. Quelque peu gêné il se déplaça légèrement tout en restant accroupi afin de cacher ce qu'il faisait à la vieille Martha, sinon cette dernière le morigénerait une nouvelle fois pour son manque cruel de talent lorsqu'il s'agissait de s'occuper de sa maison. Il était sur le point de parvenir à son but lorsqu'il compris que son amie offrait quelque chose à Alyce, il tourna donc la tête un moment et put voir sa femme désormais enlever sa tunique pour passer la robe que la vieille venait de lui offrir, elle n'avait certes pas la splendeur de celle qu'il avait souillé du sang de son frère mais au moins elle lui tiendrait chaud et Martha était connu pour confectionner des vêtements qui duraient toute une vie si on en prenait soin. Lui même ne possédait que des chausses et tuniques fabriquées par la vieille femme et jamais un seul de ses vêtements ne lui avait fait faux bond. Le dernier essai fut le bon et la flambée qui monta du foyer réchauffa ses mains et son visage d'un seul coup, ou bien était-ce simplement la vue de son dos couleur de lait et la naissance de ses reins qui lui avait réchauffé le visage... Il se laissa choir sur ses fesses avec un sourire de satisfaction, Alyce avait une marraine hors du commun, il avait envie d'elle et il avait finalement réussit à allumer le feu sans devoir attendre l'aide du vieux Will, il n'était pas mécontent de sa journée au final. C'est alors qu'il sentit une vigoureuse taloche lui percuter l'arrière du crâne. C'était Martha qui avait quitté sa place pour venir lui faire ses reproches. Quand même ! Oh le Dieu Noyé sait que tu es un empoté mon pauvre garçon ! Retire moi ce sourire de ton visage et met le plat que je vous ai ramené à chauffer, tu ne crois tout de même pas que je vais le faire pour toi ou même cette jeune fille ? ! C'est une soupe de poisson et de crustacés, ça se mange chaud ! La vieille femme prit la seule assiette creuse en bois flotté du marin ainsi que sa seule cuillère qu'elle donna à Alyce. Tiens ma petite, s'il a vraiment faim, il n'aura qu'à s'en tailler pour lui ou encore venir en chercher chez moi ! Godrik faillit élever la voix par réflexe, mais retint sa langue, il ne servait à rien d'arguer avec la vieille Martha et cela tout le monde en était conscient dans le village, elle avait vu naitre la plupart des marins de l'île et pour certains comme Godrik avait même aidé leur mère à les mettre au monde. Si les Timbal étaient les seigneurs de Vieux Wyk, Martha était quant à elle la reine mère du village et cela personne ne le remettait en cause.

Le marin mit donc la petite marmite en place sur le crochet au dessus des flammes et très vite une bonne odeur se répandit dans la pièce lui mettant l'eau à la bouche. La nourriture sur le Cruel avait beau être toujours présente et ne jamais manquer, ce n'était que du poisson salé ou encore du pain vieux de près d'une semaine. Se relevant il alla déposer sa hache ainsi que sa dague sur le râtelier contre le mur du fond de la pièce. Il entretiendrai ses armes plus tard, la hache avait besoin d'être aiguisé et la dague graissé. Godrik remercia alors la vieille femme pour son soutien et le diner qu'elle leur avait apporté, cette dernière eut un sourire avant de passer sa main avec douceur sur le visage du marin.
Tu me rappels ta mère par moment... elle aussi avait du mal au début lorsque ton père périt en mer... Mais elle su toujours faire en sorte de s'en sortir et que tu ne manques de rien. La vieille Martha eu les yeux embués de larmes durant un court moment avant de se détourner et prendre la direction de la porte. Passe voir Will avant de reprendre la mer, ça lui ferait plaisir d'entendre parler de pillage et de raids victorieux, ce vieux fou regrette encore ses années de marins. Godrik promit donc de passer entretenir la flamme guerrière et les souvenirs du mari de Martha et la laissa s'en aller vers sa propre maison. Il se fit la réflexion au passage que le pauvre Will devait regretter ses années de marin pour la simple et bonne raison qu'il était alors loin de la vieille Martha... Cette pensée lui arracha un nouveau sourire. Il se dirigea vers le plat dont la fumée appétissante s'échappait. Il est temps de manger. Il avait dit ça avant même de regarder Alyce et lorsqu'il le fit il put voir que cette dernière avait froid, du moins elle en donnait l'impression, il alla donc dans leur chambre et prit une des peau de phoque qui lui servait de couverture. Il entoura les épaules de la jeune femme avec avant de lui prendre délicatement le bol qu'il alla remplir de soupe. Martha est la doyenne du village, c'est elle qui dirige un peu tout ici. Elle saura t'aider et t'enseigner lorsque je serai partit en mer. N'hésite jamais à lui demander conseil, de toute manière si tu ne le fais pas elle te les donnera quand même, mais tu risquerais de la vexer et personne ne veut voir la vieille Martha en colère ou même contrariée. Il fit les quelques pas vers Alyce et lui tendit le bol avec un sourire. Vas y mange, c'est très bon et tu n'as quasiment rien prit depuis notre départ de l'Ouest. La soupe avait une belle couleur et l'odeur qui s'en échappait aurait pu être celle d'un plat préparé par un cuisinier de Lord, tout du moins selon l'estimation de Godrik qui n'avait jamais connu de tel homme, tout du moins si, ils avaient attrapé à une occasion un tel cuisinier mais ce dernier n'eut jamais le temps de faire montre de ses talents.
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Message Mer 30 Nov 2011 - 19:13

Alyce sentit la chaleur du feu dans son dos, mais la flamme lui semblait bien faible, rapport à l’humidité et la froideur ambiante. Puis elle n’avait pas tellement froid à cause du climat. Elle était glacée de l’intérieur à mesure que le temps passait. Elle savait qu’il allait se passer quelque chose ce soir. C’était en général après le repas que se déroulait le coucher. Et la vieille dame leurs avait apporté de quoi manger, la ramenant ainsi brusquement à la réalité, qu’elle ne quittait jamais vraiment en y réfléchissant. Sauf pour aller se perdre dans ses cauchemars, dans ses doutes, dans ses peurs. Elle craignait de sentir le corps massif de l’homme qui avait tué son frère, sur elle. Elle peinait à l’imaginer, ou plutôt l’imaginait tellement nettement qu’elle en avait la nausée. Elle ne voulait penser à rien. Rien du tout. Et la vieille dame avait beau être époustouflante, à oser ainsi disputer l’assassin de son frère, Alyce ne parvenait pas à sourire. Elle le qualifiait d’empoté, Alyce n’était pas d’accord. Il était loin de l’être, du moins pas au combat et c’est ce qui comptait le plus dans ces îles. En fait elle aurait pu sourire si elle n’avait pas parlé de manger. Non pas que la jeune Fléaufort soit allergique à la soupe de crustacé, même si elle n’était pas très friande du poisson. C’était tout ce que ça impliquait à ses yeux, la suite…La suite logique de l’histoire. Elle était tellement perturbée qu’elle entendit à peine ce qui se disait ensuite. Yeux fixés sur le sol, l’odeur qui s’échappait du récipient près du feu lui tordait l’estomac. « Il est temps de manger. » Elle n’avait clairement pas faim, et craignait d’être malade si elle avalait quoi que ce soit. Une miche de pain aurait eu le même effet, elle n’était pas certaine de garder simplement de l’eau. Elle avait peur, vraiment peur en réalité, elle s’en rendait compte. Elle avait eu droit à des répits sur le Cruel, elle avait eu droit à des discussions pour la rassurer, tout cela dans un seul but : Rendre la suite plus simple. Mais ça ne changeait rien. Et si elle n’avait pas promis certaines choses, à elle-même comme à la mémoire de son frère, elle se serait sûrement enfuie pour mourir rapidement.
Non, vraiment, elle n’avait pas envie de manger. Et le froid s’étendait dans tout son corps, si bien qu’elle frissonnait. Son « mari » s’éclipsa alors pour revenir avec une couverture, qu’il posa avec une dérangeante délicatesse sur ses épaules. Pourtant c’est ton mari. Estime toi heureuse qu’il essaie d’être attentionnée. Elle y arrivait par moment, mais ce moment précis n’était pas de ceux-là. L’appréhension lui nouait la gorge. « Merci… » murmura-t-elle tout de même et la couverture avait beau diffuser une sensation de chaleur, Alyce avait toujours froid à l’intérieur. Au moins ne tremblait-elle plus de façon visible. « Martha est la doyenne du village, c'est elle qui dirige un peu tout ici. Elle saura t'aider et t'enseigner lorsque je serai partit en mer. N'hésite jamais à lui demander conseil, de toute manière si tu ne le fais pas elle te les donnera quand même, mais tu risquerais de la vexer et personne ne veut voir la vieille Martha en colère ou même contrariée. » lui expliqua Godrik, et elle fut contente qu’il lui donne un autre sujet auquel penser. La vieille dame allait donc pouvoir l’aider, lui donner des conseils. Oui, peut-être même l’aider à supporter tout cela, toute cette mascarade. Elle l’avait vu dans ses yeux. Peut-être qu’elle aussi avait eu peur la première fois. Avait-elle eu envie de son mari ? « Vas y mange, c'est très bon et tu n'as quasiment rien prit depuis notre départ de l'Ouest. » Elle avait mangé deux fruits avec le capitaine du Cruel, et bu de l’eau. Elle aurait du avoir faim, sauf que ça n’était pas le cas. Le bol fumant que lui tendait le marin ne lui faisait pas envie, mais ses bonnes manières la forcèrent à prendre le bol tout de même. « Je n’y ai pas vraiment pensé… » répondit-elle en considérant ce qu’il lui avait donné. Elle souffla doucement sur la surface, pour ne pas en renverser. Elle n’avait pas non plus envie de se brûler la langue. Ce devait être brûlant, puisqu’il la sortait juste du feu. Elle devrait peut-être attendre un moment…
Elle pensait vraiment à n’importe quoi.
Elle prit la cuiller en bois et tâta du bout des lèvres. Elle souffla un peu, puis goûta. C’était assez fort et très différent de ce qu’elle avalait d’habitude. Ou peut-être étais-ce sa nervosité qui l’empêchait de vraiment apprécier le repas. « A vrai dire je n’ai pas très faim. » Elle n’avait surtout pas envie de finir ce bol. Parce que tu penses encore que ça l’empêchera de faire ce qu’il veut ? Elle se raccrochait à un symbole, à la moindre petite chose, pour retarder ce qui pourrait arriver. Elle se sentait épuisée. Elle aurait aimé dormir dans son lit, serrer ses couvertures, et se dire que tout n’était qu’un mauvais rêve. Elle voulait que Harren vienne la chercher le lendemain pour aller se promener, mais loin de la côte cette fois, loin…C’est ma faute. A elle d’assumer, manifestement. Consciente qu’elle le devait, elle se mit à manger un peu, en silence. Son « mari » ne parlait pas quand elle ne lui posait pas de questions, ou alors très peu. Et elle n’aimait pas le silence. Pas ce genre de silence. Elle avait l’impression de se noyer dedans. « Cette dame…Est-ce qu’elle est une femme-sel aussi ? Je veux dire…Elle est si gentille… » Ses préjugés, encore et toujours. Elle voyait les femmes des îles à peu près de la même façon que les hommes. Rencontrer une femme aussi aimable et attentionnée vis à vis d’elle la mettait mal à l’aise. Elle n’avait pas envie d’être ici, pas envie de connaître d’autres gens, pas envie de vivre cette vie. Pourtant elle allait le faire. Pour ne pas gâcher l’existence de son frère. « Et en même temps elle est…Elle a l’air d’avoir du caractère. Je ne pensais pas que les hommes d’ici se laissaient faire par une femme. Enfin je… » La discussion était stérile. Elle mangeait entre deux phrases, doucement, elle avalait, remplissait sa cuiller en bois et finit le bol au trois quart. Son estomac ne pouvait garder plus de nourriture, et encore elle s’était forcée. Pourquoi, telle était la question. Peut-être pour arrêter de parler et de paraître aussi idiote.
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Message Jeu 1 Déc 2011 - 6:38

La vieille Martha était bien gentille tout ce qui pouvait s'en approcher, mais pour le moment Godrik ne disposait pas de plus d'un seul bol et d'une cuillère en bois flotté. Cette situation n'avait de fait aucun sens, Alyce ne voulait pas manger, elle n'avait soi disant pas faim, bien que Godrik pense le contraire et cependant c'était elle qui disposait de leurs seuls couverts... Il eut l'espoir un court moment qu'elle allait refuser finalement de se nourrir et qu'il pourrait donc récupérer son bol ainsi que sa cuillère et manger à sa guise car lui, par le Dieu Noyé, avait terriblement faim et l'odeur de la soupe ainsi que le goût qu'il lui connaissait tenaillait son estomac. Cependant la jeune femme décida de se forcer et commença à se nourrir. Il était face à la marmite de terre cuite, on aurait pu le croire demeuré tant il paraissait désabusé de ne pouvoir profiter de ce qu'elle contenait. Il reposa le couvercle sur la marmite alors qu'Alyce commençait à s'exprimer. Pour sa part il avait trouvé une idée et comptait bien se restaurer dusse-t-il passer pour un rustre, vu le peu d'estime que sa femme-sel avait pour ses semblable ce ne pouvait être pire. Il prit le couvercle qu'il retourna dans sa main gauche et de la droite versa une partie de la soupe à l'intérieur. Il veilla néanmoins à faire ça bien et ne pas renverser la moitié de sa pitance sur le sol. La jeune femme quant à elle l'interrogeait sur la vieille Martha, lui demandant si cette dernière était elle même une femme-sel. Le marin commença par lécher ses doigts couvert du liquide épais avant de tourner la tête vers sa femme. Avec un sourire amusé. Martha ? Non la vieille n'est pas une femme-sel. Il rit de nouveau en s'asseyant à même le sol. Ma mère en était une ça oui, mais la vieille Martha non. C'est une bonne vraie Fer-Née de l'ancienne tradition. Il n'existe pas deux femmes comme elle sur toutes les îles, du moins il n'en reste plus. Godrik saisit le couvercle à deux mains, celui-ci lui brulait passablement les doigts mais l'appel du ventre était plus fort. Il commença lui même comme Alyce l'avait fait plus tôt à souffler sur la soupe puis il en prit une grande gorgée. Le potage le réchauffa de l'intérieur et le goût fort sur la langue lui rappela ses années d'enfance avec sa mère au même endroit, dans cette même maison et assis là encore à même le sol.

Appréciant la résurgence de ses souvenirs dans le calme il écouta néanmoins la question suivante de sa femme. Il prit une nouvelle gorgée avant de poser son couvercle pour pouvoir se resservir. Mais avant de nourrir sa faim une nouvelle fois il prit le temps de se tourner vers Alyce.
Ah... oui la vieille Martha. Ce n'est pas tant que les hommes des îles se laissent faire par une vieillarde mais avec elle c'est simplement différent. Il réfléchit un instant. Je ne sais pas quel âge tu lui as donné, tu auras certainement été plus près que moi du reste, je n'ai pas vraiment la notion des chiffres, mais ce que je sais c'est que je l'ai toujours connu et ce fut la même chose pour ma mère avant moi. Il esquissa un sourire sincère. Martha comme le vieux Will, son mari, ont aidé plus de gens que je ne saurai en compter sur cette île. Elle a aider des mères, la mienne notamment, à mettre au monde leurs enfants. Elle a enterré plus d'homme, d'enfants et de femmes que nos prêtres noyés. Donc je crois qu'on peut dire que Martha a des droits que d'autres n'auront jamais, même parmi les nobles des îles. Il reprit son couvercle avant d'y verser le reste de soupe de la marmite. Enfin bref pour faire court, Martha est un peu comme une grand mère pour chacun de nous, en tout cas dans ce village... Il leva la tête un instant comme pour réfléchir avant d'acquiescer. En fait je pense même qu'elle pourrait entrainer des hommes à la guerre si telle était son envie, beaucoup la suivraient ou combattraient pour elle en tout cas. Il prit une nouvelle gorgée. Moi le premier pour le peu que ça peut signifier. Godrik reposa le couvercle à l'envers sur la marmite qu'il retira du feu pour la poser sur une petite plaque d'ardoise avant de se lever. Il s'étira en grognant bruyamment. Enfin de toute manière ce n'est pas très important, ce qu'il faut que tu saches c'est qu'elle sera là si tu as besoin et parfois même quand tu ne voudras pas la voir. Il se frottait le ventre en passant devant la jeune femme. Il lui fallait encore sortir poser quelques nasses dans l'espoir d'attraper durant la nuit quelques crabes ou autres crustacés. C'est vers elle qu'il te faudra te tourner s'il t'arrive le moindre soucis durant mes absences. N'hésite jamais, il pourrait être trop tard si tu le fais. Attrapant sa dague sur le râtelier, il la glissa à sa ceinture avant d'ouvrir la porte. Il faudrait aussi qu'il se vide la vessie voir les intestins durant sa sortie nocturne. Je vais poser des nasses pour agrémenter notre diner de demain, je serai de retour dans quelques minutes, une poignée tout au plus. Il pointa du doigt la porte du fond de la pièce. En passant par là tu arriveras aux latrines si jamais... Il ne jugea pas nécessaire d'expliciter plus la chose et sortit de la maison laissant la porte ouverte derrière, ainsi il pourrait voir la lumière du feu et se rendre compte si jamais quelqu'un entrait ou sortait de la cabane. Il trouva très vite ses nasses sous le plancher extérieur de la cabane, chacune était équipée d'une longue ficelle permettant au marin de l'accrocher à sa barque. Barque qu'il poussa afin qu'elle prenne la mer avant qu'il ne saute à son bord. Il fit plonger les rames à deux reprises dans l'eau noir pour s'éloigner d'une dizaine de mètres tout au plus de la rive mais il savait que cet endroit voyait passer moult crustacés durant les nuits comme celle-ci, sans lune. Son regard lui ne quittait pas la lumière provenant de sa maison.
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Message Ven 2 Déc 2011 - 12:47

Alyce avait beau poser des questions relativement idioties, Godrik prenait tout de même la peine d’y répondre. Patient. Oui, il était patient, cela Alyce ne pouvait le lui enlever. Il avait éclairé sa chandelle depuis qu’il était venu la voir sur le Cruel jusqu’à cette seconde. Il restait aimable, lui adressant des sourires, il essayait de la mettre à l’aise. Elle en vint à se demander s’il n’était pas un peu mal à l’aise lui-même. Elle le regarda alors, et jugea que non, définitivement pas. C’était peut-être son caractère, d’être ainsi. Quand il ne se battait pas…Elle se mit une gifle mentale et se força à être attentive, mais décrocha à nouveau quand il évoqua sa mère. Une femme-sel…Il était donc le fils d’une femme comme Alyce, qui avait été arrachée à son foyer, à sa famille, à sa vie, pour se retrouver sur ces îles. Une dame du continent, peut-être une noble, ou une simple roturière, mais leurs situations étaient semblables. La mère de Godrik avait-elle perdu un être cher, elle aussi, quand on l’avait amenée dans cet endroit ? Avait-elle aimé cet enfant, sortit de ses entrailles ensemencées par un homme qu’elle n’aimait sûrement pas ? De ce qu’elle avait entendu des paroles de la vieille dame, c’était le cas. Comment avait-elle réussi ? Comment avait-elle pu se détacher autant de sa situation pour aimer le fruit vivant qui en était issu ? Il semblait à Alyce que c’était impossible, comme une montagne à franchir à pied, sans cheval, sans corde, sans rien. Juste des mains qui finiront cloquées, ensanglantées, gelées, pour lâcher prise et tomber. Alyce n’avait pas envie de devenir comme la mère de Godrik. Elle n’avait pas envie de donner naissance à un enfant qu’elle devrait garder dans cet endroit sordide, et attendre que son mari meurt. Un autre de ses espoirs venait de s’écrouler. Apparemment, la mort de son « mari » ne la ramènerait pas chez elle. Prier les Sept pour le voir périr en mer ne servirait à rien, sauf peut-être à la mettre un peu plus en danger et servir de catin à toute cette île, et à la suivante, et à qui en voudrait. Au fond, songeait-elle, il était bien cruel d’infliger à une autre femme ce que sa propre mère avait subit. Mais peut-être sa mère n’avait-elle rien laissé paraître de sa souffrance. Peut-être avait-elle réussi à prendre du recul et ne plus rien ressentir. Peut-être…Alyce aurait aimé être déjà à ce stade.
Son « mari » s’installa sur le sol , Alyce occupant l’unique chaise du mobilier. En fait il n’y avait presque rien ici, pas l’ombre d’une bibliothèque, ni même d’une cuisine digne de ce nom. Rien…Le strict minimum, pour dormir et pour se chauffer. C’était d’ailleurs miraculeux qu’un feu prenne dans un endroit aussi humide. Elle le regarda remplir le couvercle de la marmite de soupe, et se rendit compte qu’elle avait entre les mains sans doute ses seuls couverts. Peut-être aurait-elle du les lui laisser et ne rien avaler…Mais elle n’avait pas osé. Ses bonnes manières sans doutes. « Enfin bref pour faire court, Martha est un peu comme une grand mère pour chacun de nous, en tout cas dans ce village... » Alyce cligna des paupières, absorbée dans la contemplation du couvercle plein de soupe sans s’en être rendue compte. Elle avait du manquer une partie des explications du marin. « En fait je pense même qu'elle pourrait entraîner des hommes à la guerre si telle était son envie, beaucoup la suivraient ou combattraient pour elle en tout cas. » Il but, alors qu’elle réchauffait ses mains autour du bol en bois. « Moi le premier pour le peu que ça peut signifier. » Il avait bu un peu de soupe, et désormais il se levait. Alyce méditait sur le sens de ses paroles. Se battrait-il vraiment pour une vieille dame ? Etait-il de ceux qui épousent la cause même si elle semble perdue, par simple idéologie ? Elle se souvenait de ce que lui avait dit le capitaine du Cruel. Il parlait de Godrik comme de son meilleur homme, un marin honnête –pour un Fer-Né. Quelqu’un de bien, il lui avait dépeint un portrait avantageux. Peut-être n’avait-il pas exagéré. Si elle avait été un observateur extérieur, Alyce l’aurait vraiment cru, mais la…Elle manquait d’objectivité. Elle détestait cet homme, même s’il lui donnait du fil à retordre pour cela en étant aussi aimable. « Enfin de toute manière ce n'est pas très important, ce qu'il faut que tu saches c'est qu'elle sera là si tu as besoin et parfois même quand tu ne voudras pas la voir. » Puisque Alyce n’oubliait jamais rien, elle ne risquait pas de passer outre. Elle était une femme des îles, mais c’était montrée bonne avec elle, un peu comme le capitaine du Cruel. Peut-être pouvait-elle s’entendre avec quelques personnes. Peut-être serais-ce moins dur… « C'est vers elle qu'il te faudra te tourner s'il t'arrive le moindre soucis durant mes absences. N'hésite jamais, il pourrait être trop tard si tu le fais. » L’estomac d’Alyce se contracta, menaçant de la faire rendre son repas. Ainsi elle n’était pas du tout en sécurité quand il s’en allait…Mais il s’en irait tout de même, la laissant à la merci de quiconque le voudrait bien. Elle avait à nouveau froid, d’un coup, malgré la pelisse sur son dos. « Je vais poser des nasses pour agrémenter notre dîner de demain, je serai de retour dans quelques minutes, une poignée tout au plus. » Elle acquiesça. Il faudrait attraper le dîner désormais, et le cuisiner, non plus simplement attendre que le cuisinier fasse son œuvre, et que les serviteurs viennent apporter les plats à table. Elle qui n’avait jamais approché une cuisine de sa vie, sauf enfant quand une aide lui donnait une pomme bien rouge, cela risquait de poser de nouveaux problèmes. « En passant par là tu arriveras aux latrines si jamais... » Si son estomac ne cessait pas de se tordre, elle risquait d’en avoir besoin. Pour vomir, histoire de ne pas en mettre partout. Son « mari » sortit alors, la laissant seule pour quelques minutes, plongée dans ses pensées macabres.
Comme elle tremblait de plus en plus, elle se rapprocha du feu et s’assit sur le sol, ramenant ses jambes sous elle. Les flammes diffusaient une chaleur agréable dans son corps, mais ce n’était pas encore suffisant. Ce n’était plus tant ce qui allait arriver quand il reviendrait qui l’inquiétait, puisque manifestement elle ne pourrait rien y faire et devrait l’encaisser. Non, c’était tout ce qui risquait d’arriver ensuite. Elle n’aimait pas Godrik, pas du tout. Elle lui en voulait à mort pour avoir tué Harren et ne verserait pas une larme si on venait lui annoncer son trépas lors d’un raid, ou même s’il avait tout simplement malencontreusement trébuché sur un mauvais caillou. Seulement…Elle s’était habituée à sa présence. Il lui avait parlé là où d’autres se seraient contentés de prendre. Il lui avait expliqué, la où d’autres l’auraient giflée pour être aussi curieuse. Il avait eu de la patience, s’était montré gentil et manifestement il possédait d’autres qualités non négligeables, peut-être plus que certains hommes du continent. Et visiblement, le capitaine du Cruel l’avait en haute estime. Ce qu’il lui ferait, il le ferait parce qu’il en avait le droit en tant que mari. Elle pourrait le gérer. Mais ce qui risquait d’arriver quand il partirait, cela…Cela elle ne le pouvait pas. Une fois de plus, sa sale imagination lui jouait des tours infâmes. Et elle ne vit pas le temps passer, perdue dans la contemplation du feu. Elle clignait à peine des paupières, ce qui expliquait pourquoi elle avait si mal aux yeux. Ou peut-être avait-elle tout simplement trop pleurée le jour d’avant. Elle avait porté sa main droite à son cou et triturait le petit cœur en or, l’air pensif alors que sa tête était absolument vide. Vide, ou presque. Elle entendait les pas de Godrik se rapprocher. Etrangement, ils semblaient en cadence sur les battements de son cœur…« Je crois que j’ai déjà un problème…Mais je ne crois pas qu’elle puisse m’aider à le résoudre. » murmura-t-elle et elle détacha ses yeux rougis par le feu pour le regarder. Ca se fera, quoi qu’il se passe, parce que c’est comme ça que ça fonctionne entre un mari et une femme. Même une femme-sel. Elle l’avait acceptée, se rendait-elle compte. « Je crois que vous me faites peur. Et…Que tout ça me fais peur. » ajouta-t-elle sur le même ton. C’était étrange, comme le dire tout haut faisait paraître les choses plus tangibles, plus réelle, et plus normale aussi. Au fond elle avait compris depuis le départ tout ce que cela impliquait, et elle n’était pas de celles qui hurleraient à mort et iraient se suicider. Non, parce qu’elle avait promis. Mais peut-être pas seulement à cause de ça. Peut-être qu’une partie d’elle voulait désespérément vivre, quel qu’en soit le prix. Et cette partie d’elle-même était en conflit avec l’autre, qui voulait mourir pour être tranquille, pour ne pas être souillée, humiliée. Elle avait envie de mourir oui, de soulager ses parents qui devaient sûrement se consoler en se disant que leur fille n’existait plus. Bien mieux que de penser qu’elle allait finir dans la couche d’un Fer-Né. Elle avait envie de cela aussi, de mourir. Tout en voulant vivre. Alyce se trouvait mortellement compliquée. Il n’y avait pourtant rien de plus simple que la situation actuelle et ce qui allait suivre dans les minutes d’après. Voir les heures. Elle n’y connaissait rien. « En fait non, vous me faites peur…Je vous vois toujours plein de sang, ça doit être pour ça. » Elle sourit, mais c’était nerveux.
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Sauveur ou assassin, tout dépend de la perspective... [Alyce]

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