AccueilS'enregistrerConnexion



 

Partagez| .

Entre frère et soeur [Jasper & Maura Arryn]

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas
avatar

Invité
Invité

Général
Feuille de Personnage


Message Sam 13 Aoû 2011 - 17:27

Le Val d’Arryn. Un paradis somptueux côtoyant les pics enneigés des Montagnes de la Lune. Jasper avait hérité de ce territoire gigantesque malgré son jeune âge. Cela impliquait donc de grandes responsabilités. Et pour cause, ces terres montagneuses peuplées par les vassaux de Lord Arryn se devaient d’avoir un seigneur à leur tête. La disparition de Jon Arryn fut douloureuse et le fait que le Val d’Arryn se soit replié sur lui-même lorsque le fléau du printemps fit des ravages sur Westeros ne rassura guère les habitants de la région.

Quelques fois, Jasper souhaitait être aussi libre que son fidèle faucon. De son balcon, il observa son compagnon voler et se mouvoir au gré du vent et de ses ailes avec une aisance et une élégance incontestables. Celui-ci pouvait s’élever dans les airs à l’aide de quelques battements d’ailes puissants, profiter de la vue somptueuse sur les Eyrié et se retrouver loin d’ici et loin de tout quelques instants plus tard, sans avoir à se soucier de quelque chose. Il disposait d’une chance incroyable aux yeux du gouverneur de l’Est, bien trop occupé à régenter comme il le pouvait le Val d’Arryn.

Cependant, ce dernier savait qu’il ne pouvait se permettre ce genre de chose. Il tentait aussi de voir le bon côté des choses. Beaucoup de personnes devaient envier sa situation. Jasper était devenu un homme de pouvoir, un homme important dans le royaume des Sept Couronnes. Le seigneur suzerain du Val d’Arryn se dirigea ensuite vers la grande salle des Arryn. Pensif, il détailla du regard les piliers de marbre blanc veiné de bleu tandis que le silence régnait dans la pièce au style et au mobilier cossus. Il était au courant du retour de sa sœur, Maura Arryn, dans le Val.

D’ailleurs, celle-ci allait surement s’entretenir avec lui sous peu puisque Mestre Wyman l’avait prévenu de son arrivée. Jasper l’attendait avec une certaine appréhension. Il avait dû faire un choix difficile, tout comme il avait dû en faire un en 209 pour protéger les siens du fléau du printemps en fermant les ports du Val et la Porte Sanglante. Les apparences pouvaient laisser penser qu’il gouvernait pour lui-même et non pas pour le Val d’Arryn. Mais, il s’efforçait de faire l’inverse avec application pour replacer le Val d’Arryn comme une place forte sur l’échiquier de Westeros.

Il partit s’installer à son emplacement, sur le trône où siégeaient autrefois les rois de la montagne et du Val. Lord Arryn se rappela presque instinctivement des fois où il avait joué avec sa sœur sur le trône, la nuit, lorsque leur père était couché. A cette époque, il ne se doutait pas que cela allait arriver aussi vite. Toutefois, il était désormais bien plus à même de régner. Le gouverneur de l’Est se montrait effectivement bien plus éloquent que par le passé. Il devait certainement s’agir d’un talent caché qui ne demandait qu’à se révéler au grand jour.

Les portes imposantes s’ouvrirent enfin pour laisser entrer Lady Arryn dans la salle principale du château des Eyrié. Un sourire sincère s’étira petit à petit sur le visage du jeune frère, ravi de voir sa sœur de retour. Le gouverneur de l’Est se leva quasi instantanément et se rendit à sa rencontre pour la serrer dans ses bras.

«Ma sœur, tu es de retour ! J’espère que tu as fait bon voyage. »

Cela faisait effectivement un moment qu’il ne l’avait plus vue de ses propres yeux. Etant donné la tragédie qui s’est produite pour leur père, il craignait qu’il lui arrive quelque chose à force de vadrouiller dans Westeros. Elle était devenue une femme ravissante, à la prestance digne d’une reine malgré le manque d’ostentation de sa tenue. De toute manière, ce genre de chose ne comptait pas vraiment dans le Val.

«As-tu besoin de quelque chose ? Quelles sont les nouvelles que tu m’’apportes ?» continua t’il avec entrain, dans l'enthousiasme de leurs retrouvailles.

Cependant, il se doutait que la décision qu’il avait prise il y a peu de temps allait quelque peu gâcher leurs retrouvailles. Mais, le gouverneur de l'Est s’était secrètement préparé à ça ou tout du moins, il s’était préparé à prendre sur lui…
Revenir en haut Aller en bas
avatar

Invité
Invité

Général
Feuille de Personnage


Message Sam 13 Aoû 2011 - 22:30

Dès que la Lance du Géant avait été en vue, Maura avait poussé un soupir de soulagement, elle était chez elle, dans la demeure de ses ancêtres, loin des routes, des sauvages des clans, des intrigues de Port-Réal...Au repos, en quelque sorte. Elle allait retrouver ses gens, ses fidèles, leurs vassaux...et son frère. Son frère qui allait entendre parler du pays avec cette fâcheuse idée qui l'avait pris de la vendre à un Lannister. Oh ! Maura connaissait bien les motifs d'une telle décision. L'intérêt du Val d'Arryn, le besoin de nouveaux alliés, et non le moindre puisqu'il s'agissait de la plus riche maison noble de Westeros, la tradition, le sang Andal...Fadaises que tout cela ! Son satané petit frère voulait tout bonnement l'évincer. Cet adolescent attardé pour qui elle avait lutté pour lui remettre des domaines et des titres qui avaient encore une signification, cet espèce de culbuteur de chèvres incapable de se trouver une maîtresse bien née, il la vendait, elle ! Maura Arryn, Dame du Val et de la Montagne, la seule à même de régner sur l'Est.

Sans doute avait-elle tort dans le fond...Mais demander à Maura de faire preuve de bonne foi alors qu'on lui retirait sa raison d'exister, son pain béni quotidien. Certes, son orgueil était flatté, elle deviendrait Lady Lannister, la Dame de l'Ouest. D'autant plus que Tybolt l'épouserait pour ainsi dire rien. Mais le Val était sa chose, Jasper ne méritait pas de régner dessus, tout était tellement injuste. Pire, elle, si sensible aux devoirs qui étaient les siens, avait été jusqu'à recruter et négocier avec leurs seigneurs, les conscrits ou autres soldats qui formeraient sa dot.

La montée vers les Eyrié fut à l'image de ce qu'elle avait toujours été, longue et pénible, mais ô combien vivifiante, permettant aux nobles du Val de reprendre leur souffle après les affres salés de la mer et les puanteurs de la capitale. Mais malgré la fatigue, la tension perpétuelle du voyage voire l'extrême nervosité qui l'agitait en ces temps incertains, elle traversa la salle des treuils la tête haute saluant tout un chacun selon son rang et avec la bonhomie et l'amabilité demandées à la châtelaine des Eyrié. Prompte à dénoncer les abus, la jeune femme possédait une conscience aigüe de son rang : pour tout dire, aucune femme n'était au dessus d'elle dans le Val et bien peu en Westeros. Donc, malgré son humeur orageuse, elle prit sur elle de jouer les bonnes dames, demandant des nouvelles du dernier né ou de l'ancêtre mal allant à chacune des personnes qu'elle croisait en avançant vers la Chambre au Croissant dont elle emprunta l'escalier en tourniquet avec autant d'entrain qu'un condamné montant à l'échafaud. Toutefois, avant de passer les portes, elle se secoua intérieurement, elle n'allait pas entrer en vaincue.

Lorsqu'elle les porte s'ouvrir, elle fit son entrée en souveraine, regardant droit devant elle, très droite et accompagnée de deux suivantes. La scène qu'elle aperçut n'était pas pour lui plaire. Jasper, réchauffant de son cul, le trône en bois de barral des Arryn. La prenait-il pour sa sujette ?! L'éclat métallique de ses prunelles grises s'arrêta, mauvais, sur son frère qui s'avançait vers elle, sans doute prêt à jouer la comédie de l'union entre frère et sœur. Croyait-il vraiment qu'elle allait se laisser faire sans réagir ? Se laisser traiter ainsi comme une enfant. Elle le laissa la serrer dans ses bras sans réagir pendant quelques secondes avant de lui rendre son embrassade avec quelques distances. Certes, elle avait aimé son frère cadet de tout son cœur et s'était donnée sans compter pour s'assurer qu'un Arryn resterait assis aux Eyrié mais ce dernier avait trahi sa confiance. De grand cœur, Maura aurait accepté de laisser la place devant l'épouse de Jasper, se retirant tranquillement dans quelques fiefs où elle aurait pris un mari du Val. Mais ça...Cette trahison...Elle s'écarta, préférant laisser quelques pas entre eux histoire de ne pas perdre son sang froid et se laisser aller à le gifler comme l'enfant qu'il était encore par bien des côtés.


"Je t'ai fait prévenir, ne prends pas cet air surpris, Jasper. Cela ne sied pas au seigneur du Val d'Arryn. Le voyage a été passable...Enfin, tu connaîtras les problèmes des voyageurs suffisamment tôt pour ne pas que je t'abreuve de ces détails insignifiants." déclara-t-elle avant de jeter sa cape à un valet qui se tenait non loin.

Il continuait à jouer les étourdis et ne réussit qu'à s'attirer un regard de dédain acéré. Sans doute avait-il déjà vu sa sœur laisser ce type de mépris s'appesantir sur un fidèle l'ayant déçu mais jamais elle ne lui avait adressé une telle marque destinée aux vassaux.


"Si cela t'intéresse, le but du voyage a été atteint. Nous aurons les 7000 hommes à envoyer dans l'Ouest d'ici quelques semaines et les Targaryen sont prévenus que notre ost n'est qu'une aide apportée à nos amis de la côte. J'ai reçu une intéressante nouvelle de la part de Lord Lannister, en plus de ce que tu m'as laissé entendre dans le fameux corbeau que tu m'as envoyé. Il semblerait que nos violons n'aient pas été suffisamment accordés, je crains d'avoir quelque peu déçu ce blondinet de Lannister..."

Elle réclama un siège qu'on lui apporta et un en-cas rapide histoire de se sustenter rapidement. Autant crever l'abcès immédiatement, elle n'était pas de celle à jouer les boudeuses, elle fonçait droit au but.

"Effectivement, j'ai besoin d'informations...ou plutôt d'explications ou encore de justifications, comme tu préfères. Il va falloir que tu m'expliques ce qui a bien pu te prendre pour que tu te mettes en tête de tourner le dos à nos alliances traditionnelles ! Les Lannister ! Par le Guerrier, tu as perdu la tête, dis-moi ? Tu lui as donné ta parole qui plus est ? J'espère qu'il y a un autre volet à ton fameux plan parce que sinon ce n'est qu'une énorme et gigantesque erreur ! Encore plus avec les fiançailles de la petite Lannister et de Tristan ! Ne pouvais-tu pas attendre mon retour au lieu de prendre des décisions stupides à chaud ? C'est encore ce Wyman qui t'a mis cela en tête ?! Combien de fois faudra-t-il que je te dise que tu dois réfléchir longuement avant d'engager ainsi l'avenir du Val ?! Tu as fait l'enfant, Jasper, comme d'habitude mais cette fois, ta décision risque de compromettre l'avenir du Val."

Elle n'y avait pas été avec des pincettes, elle se fichait bien d'en prendre par ailleurs. Elle parlait à son petit frère dont elle devrait corriger à la marge les erreurs. La donner en mariage à un Lannister ! Jour des Sept ! Quelle idée !
Revenir en haut Aller en bas
avatar

Invité
Invité

Général
Feuille de Personnage


Message Dim 14 Aoû 2011 - 12:48

Lord Arryn connaissait parfaitement bien Maura, son caractère ainsi que les différentes expressions pouvant prendre place sur son visage. Avant même qu’elle n’ait prononcé le moindre mot, il s’était rendu compte qu’elle était bien en colère contre lui. Son visage dévoilait ses émotions tel un livre ouvert. En plus de tout ça, il s’aperçut sans le moindre mal que l’accolade ne fut pas aussi chaleureuse qu’à l’accoutumée. Et ce n’était qu’un euphémisme puisqu’elle ne lui rendit strictement rien.

Jasper expira silencieusement et parvint à cacher sa déception, soutenant son regard même si les mirettes grises de sa sœur lui envoyaient des éclairs dévastateurs. Jasper aimait croire que les yeux n’étaient que le reflet de l’âme d’une personne. Dans le cas présent, il pouvait voir à quel point sa sœur était éprise d’animosité à son égard. Bien sur, il comprenait parfaitement bien son point de vue. Mais, il n’avait pas pris cette décision pour lui, ni pour elle. Elle s’écarta tandis que Lord Arryn n’avait aucune idée de ce qu’il pouvait dire pour plaider sa cause. De toute manière, comprendrait-elle réellement son point de vue ?

Il comprit bien entendu le sens caché de ses propos. Certes, il n’avait pas la même expérience du voyage qu’elle malgré quelques aventures de ci de là. Mais, il allait devoir s’y mettre incessamment sous peu…car elle ne le ferait plus pour le Val. Etait ce encore un moyen de le faire culpabiliser ? Le jeune homme ne répliquait toujours pas pour le moment. En plus d’une certaine déception et de la tristesse qu’il pouvait ressentir, s’en joignait un sentiment de colère. Lentement mais surement, cela inondait ses entrailles. Comment osait-t-elle le regarder et lui parler avec autant de mépris ? A cet instant, il réalisait peut être que sa sœur était plus hautaine qu’il ne le pensait. Un peu ailleurs, il retenait à peine les informations concernant les 7000 hommes qui allaient renforcer l’Ouest et le reste…

«Je constate que tu t’es encore remarquablement débrouillée…»

Il eut à peine le temps de prononcer ces quelques mots que Maura continua au sujet des Lannister et de l’accord qu’il avait passé avec eux et plus particulièrement leur seigneur, Tybolt Lannister. Droit comme un i mais la tête légèrement basse, Jasper l’écouta comme elle le méritait. Il savait ce qu’impliquait sa promesse. D’ailleurs, ses nuits devenaient de plus en plus difficiles et il n’avait que très peu dormi jusqu’au retour de Lady Arryn. Il appréhendait le retour de sa sœur, sa seule famille. Une fois partie, que lui resterait-il ? Le majestueux Val d’Arryn et une alliance avec les terres de l’Ouest ? Le jeune homme releva la tête fièrement.

«Je sais, j’ai pris des décisions difficiles qui peuvent te paraître incompréhensibles. Mais, si je les ai prises, ce n’est ni pour moi, ni pour toi. Mais pour le Val d’Arryn. C’est pour cela que je suis ici. Laisse Wyman de côté, si il y a un responsable…c’est moi.»

Lord Arryn fit une pause et s’avança sur le marbre blanc. Ce n’était pas une tâche aisée de se défendre soi-même lorsque l’on se sentait tout de même coupable. Telle était sa mission. Cependant, Maura lui facilita la tâche en piquant à vif son orgueil. Les paroles de Lady Arryn résonnèrent violemment dans sa tête. Elle était à peine plus âgée que lui et osait lui faire la leçon comme si elle était sa mère ?!

«J’ai fait ce que je devais faire, Maura…Nous avons rencontré bon nombre de difficultés depuis la mort de notre père. Nous nous sommes isolés lorsque le fléau du printemps guettait à nos portes et nous venons à peine de rouvrir nos portes au reste du monde. Je veux que le Val d’Arryn redevienne une place forte des Sept Couronnes comme il le mérite. En donnant ma promesse, j’assure une alliance avec la maison la plus influente de Westeros, même si je ne les apprécie pas plus que toi. Pour le Val, il n’y a pas meilleure occasion. Je sais de quoi tu es capable et je connais tes qualités…je sais que tu pourras peser et servir nos intérêts…»

Oh que oui il avait réfléchi. Elle ne pouvait pas lui reprocher ça. En allant droit au but de cette manière, elle avait tout de même réussi à le blesser, à le vexer. Il avait évolué et n’était plus le rejeton qui avait besoin de l’avis de sa sœur.

«L’avenir du Val ou ton avenir personnel ?! Tu me regardes et tu me parles comme si je n’étais pas à même de prendre la bonne décision par moi-même ! Tu as toujours voulu régner sur le Val d’Arryn. Tu ne crois pas en moi et tu me contestes pour que tu reste l’inamovible Lady Arryn du Val. Mais ça ne peut durer éternellement. Je ne suis plus un enfant…je ne peux plus me le permettre. Et toi, non plus…»

Jasper ressentait à cet instant tout le poids de ses responsabilités sur ses épaules plutôt que la griserie du pouvoir. D’ailleurs, il ne la ressentait jamais réellement. Les Sept l’avaient choisi sans qu’il n’ait son mot à dire. Son titre peut être prestigieux le privait d’une liberté et l’enchaînait à ses montagnes pour prendre ce type de décision…
Revenir en haut Aller en bas
avatar

Invité
Invité

Général
Feuille de Personnage


Message Dim 14 Aoû 2011 - 19:58

Forcément, il ne comprenait pas ce qu'elle tentait de lui dire. Évidemment, il ne voulait pas admettre que ce choix, lui faire épouser un Lannister, ne pouvait être entendu seul. Pire, il la prenait de haut, elle ?! Elle qui tenait le Val d'Arryn à bout de bras depuis la mort de leur père. Sans elle, Jasper aurait été le jouet de toutes les ambitions de Royce et consorts. Sans attendre une autre parole de son frère, elle eût un geste pour faire sortir les serviteurs ou les autres oreilles qui trainaient...Les Arryn ne se donnaient pas en spectacle et elle ne voulait pas que l'on commence à faire des gorges chaudes de leurs supposées mésententes. Si il ne réussissait pas à comprendre qu'elle avait mené une politique prudente pour préserver le Val alors il n'avait jamais rien compris aux leçons sur le tas qui leur avaient été dispensées.

"Tu sais aussi bien que moi qu'il ne s'agit pas du Val mais de la maison Arryn, notre prestige. Je comprends l'attrait des Lannister, ils peuvent acheter n'importe qui avec leurs sacs d'or mais nous sommes et avons toujours été au-dessus de ces basses contingences. Nous sommes le Val depuis plus de 8000 ans et le Val a été préservé grâce à nous, de tous temps sauf quand la Porte fut prise par les Dragons du Conquérant. Notre politique a toujours été d'assurer la protection du Val de façon locale, pas de tisser de grandes alliances aussi stupides que celle de Père épousant une simple Tyrell ! Il faut assurer nos flancs, protéger les routes commerciales, pas aller m'établir de l'autre côté du continent ! C'est absolument stupide !" tonna-t-elle en envoyant voler un verre d'un revers de main énervé.

Les hommes ! Ah les hommes ! Avec leurs idées de gloriole ! On n'en revenait toujours à celui qui saurait le mieux jouer des muscles quand ce n'était tout simplement pas un concours de poids ou de taille. Et Jasper qui semblait vouloir lui faire la leçon ? C'était à vomir. C'était elle, et nul autre, qui avait assuré sa position et il venait lui reprocher ses décisions. Elle décida de lui rendre la pareille.


"Parce que tu aurais préféré que le Val soit décimé par le Fléau comme les autres royaumes ?! Cette décision était la bonne, la seule valable. Et que crois-tu que je pourrais faire si loin dans l'Ouest si jamais tu étais en mauvaise position ? Crois-tu qu'un Lannister irait jusqu'à dépêcher des troupes pour te protéger ?! Ils paient peut-être toujours leurs dettes mais ils ne sont pas stupides ! Pourquoi crois-tu donc que je sois encore célibataire et en mal de mari à mon âge ? Ce que j'ai fait pour t'assurer ton trône, d'autres auraient pu le faire, nous le savons tous les deux."

Elle leva les yeux au ciel devant tant de naïveté. Enfin, elle savait qu'il ne l'était pas vraiment mais son petit frère était encore si jeune, si adolescent pour mener à bien un ensemble aussi divers et hétéroclite que le Val. Un véritable royaume au sein du royaume. Et voilà qu'il se lançait dans son refrain empreint de jalousie sur la place qu'elle avait prise dans la politique des Eyrié...Qu'y pouvait-elle après tout ? Elle n'avait pas été élevée pour faire bonne figure au second plan mais pour être la première, pour compter, aider et elle en avait fait plus que sa part pour son frère cadet. Quelle ingratitude !

"L'inamovible Lady Arryn du Val ?" demanda-t-elle moqueuse avant de lui jeter un regard mauvais. "L'ingratitude t'égare, Jasper. Me croirais-tu stupide au point de préférer être la simple sœur du petit seigneur des Eyrié à l'honneur d'être l'épouse du plus puissant suzerain de Westeros ? Grandis un peu, je sais ce que vaut la main d'un Lannister. Il ne s'agit pas de moi, il ne s'agit même pas de toi. Il s'agit du Val d'Arryn. De nous deux, ensemble. Nous sommes les seuls, les derniers. A moins que tu ne m'ais également caché une épouse et un fils légitime ?" rétorqua-t-elle méprisante.

Oh, elle connaissait Jasper, il avait voulu bien faire. Établir sa sœur au mieux et relancer le Val dans les luttes intestines entre les sept couronnes. Certes, c'était louable...Mais le choix, si il était prestigieux, n'était sans doute pas le plus heureux. Du moins selon Maura, qui avait souvent tendance à avoir raison.


"Tu as tout simplement hypothéqué l'avenir de notre maison sur un simple coup de tête...Je ne te dis pas que les Lannister ne sont pas un bon choix dans l'absolu mais maintenant n'est peut-être pas le meilleur moment. D'autant plus qu'une alliance Lannister ne répond à aucune logique stratégique...Eux commercent avec l'Ouest mais nous sommes ouverts essentiellement à l'Est, en particulier Port-Réal et les Cités Libres et, en cas de conflit, nous serons obligés de traverser tout le Trident dans un sens ou dans l'autre. Et je doute réussir à t'envoyer leur or en douce...Ceci dit, tu as raison, avec des décisions comme celle-là, je n'ai pas confiance en tes capacités de leader. As-tu simplement pensé qu'en te séparant de moi, tu te séparais également d'une assurance pour l'avenir ? Il aurait fallu me donner au plus fidèle de tes hommes. Oublie-tu que si il t'arrivait malheur, ce serait à mes enfants qu'échoueraient le Val et les Eyrié ? Qui te dit que le Lannister n'en profitera pas ou qu'un autre ne tentera pas sa chance? Et qui te dit que je serais seulement en mesure de m'y opposer ?" demanda-t-elle en colère devant des vues à si court terme. Elle savait que les temps les y obligeaient mais cela aurait été justement le moment de placer lentement ses pions comme le faisait avec justesse et surtout cohérence les Lannister. Ils profitaient de la relative faiblesse diplomatique du Val et se rapprochaient des Tyrell.

Sans dire un mot de plus, la jeune femme se leva, tournant carrément le dos au seigneur du lieu, pour faire quelques pas méditant sur la situation présente. Elle savait qu'elle allait devoir jouer serré mais elle n'hésiterait pas à donner rapidement et fermement son avis. Son frère, après tout, lui devrait bien cela.


"Cela fait longtemps que je ne suis plus une enfant et peut-être t'ai-je par trop laissé prendre du bon temps à la mort de Père mais les Dieux m'en sont témoins, tu étais encore trop tendre. Ce que tu me demandes de faire...Non ce que tu tentes de m'obliger à faire est un crève-cœur d'autant plus que si je refuse ce sera la guerre avec l'Ouest. Guerre que nous gagnerons vu qu'ils ne peuvent se permettre de se défendre sur plusieurs fronts. Mais ce serait mener à la mort des milliers d'hommes du Val...Comme ceux qui vont aller se faire massacrer par les Fer-nés en mon nom ! Ton chantage est odieux, Jasper...Ce serait bien joué si tu n'avais pas misé sur le mauvais cheval. J'irai dans l'Ouest me marier avec ce Lannister mais à mes conditions, que tu devras accepter sans barguigner. Sinon, je préfère encore me faire septa que renoncer à toute ma vie pour rien." termina-t-elle rageusement mais avec un petit élément de comédie. Ces fameux fils, qu'il y avait bien longtemps, elle avait appris à tirer.

Elle se retînt de lui lancer un regard goguenard. Après tout, si il la rabaissait à une simple particulière ne pensant qu'à son propre bien-être, elle pouvait très bien l'être le laissant, l'abandonnant même, devant les problèmes qu'elle avait géré depuis des années. Après tout, n'avait-elle pas elle aussi sa vie à construire ? Sa vie n'avait jamais été écrite pour être vécue aux Eyrié. Son père avait eu d'autres projets, elle s'en souvenait : le Nord, les seigneurs riverains et Port-Réal. Il fallait croire que ce type de projets n'était destiné qu'aux oubliettes des mémoires.
Revenir en haut Aller en bas
avatar

Invité
Invité

Général
Feuille de Personnage


Message Lun 15 Aoû 2011 - 9:35

Un peu accablé, Jasper réalisa en quelques instants que son plan avait de nombreuses failles qu’il ne pouvait colmater. Sa décision ne semblait plus aussi bonne dans son esprit. Il assista à la disparition des serviteurs sans réellement y prêter attention vu son air songeur. Dans l’hypothèse que sa sœur ait vue juste, ce qui était fort probable comme d’habitude, il allait regretter amèrement sa promesse.

Le jeune homme fixa du regard le mur de marbre blanc veiné de bleu, juste en face de lui. Une once de désespoir l’envahit insidieusement et mit à l’épreuve son assurance encore fragile, qui n’avait certainement pas besoin de ça. Ces jeux de pouvoirs, ces responsabilités…cela l’écœurait plus qu’autre chose pour le moment. Inutile de dire que dans ces conditions, le Val d’Arryn ressemblait plutôt à une prison dorée dans son for intérieur.

Le jeune homme déglutit difficilement, laissant sa sœur continuer à étaler sa vision des choses et à enfoncer le clou. Il avait besoin d’imploser et de faire cesser ce monologue dévastateur. Aucune logique stratégique, aucune confiance, petit seigneur des Eyrié…C’est le genre de propos qui résonnait dans son esprit. Dans le cas présent, il ne s’agissait pas seulement d’une mauvaise décision mais d’une remise en question. D’un côté, il ne pouvait lui en vouloir d’être aussi honnête. Peut être que c’était uniquement ce qu’il méritait. Quant à ses cinglantes notes de cynisme, elles ne faisaient plus autant de dégâts. Cela ressemblait désormais à des coups d’épée donnés frénétiquement dans une eau calme suivant un parcours escarpé vers l’inconnu.

Il y avait une certaine ironie à cette situation. Jasper désirait que sa sœur s’en aille sous d’autres cieux après avoir dévoilé ses vérités. Et, tout autant, il voulait qu’elle reste pour lui apporter ses conseils. Il s’éloigna de quelques pas dans cette vaste pièce, cossue et incroyablement vide et froide. Jasper ne pouvait entendre que le bruit de ses pas lorsqu’il ne se faisait pas reprendre par sa sœur.

Une de ses répliques parvint tout de même à transpercer le détachement du seigneur des Eyrié lorsqu’elle mentionna une hypothétique épouse avec un mépris incroyable. Elle connaissait déjà la réponse à sa question. Il n’en avait pas. Jasper s’arrêta sur place, toujours dos à sa sœur. C’est alors qu’il se rendit compte à quel point elle devait le prendre pour un incapable. Il n’était pas idiot et savait lire entre les lignes. Cela ne concernait plus tout à fait le Val d’Arryn même si, à son plus grand désarroi, tout ce qu’il faisait concernait le Val. Non, elle le considérait comme un homme pas foutu de se trouver une épouse. Un impuissant. En clair, en plus d’être un mauvais seigneur, il était un homme sans intérêt en ce monde. Croyait t’elle qu’il n’allait pas faire de choix difficile à ce sujet lui aussi ? Non ce n’était même pas ça la question à son plus grand désarroi…

Il n’aurait pas encaissé ces propos de la même manière s’ils étaient venus d’un Lannister ou d’une quelconque autre personne. Ceux-là venaient de sa propre sœur, la dernière Arryn mis à part lui. Le reste de sa famille en somme. Il ne pouvait être davantage dans le doute que maintenant et se demandait pourquoi les Sept n’avaient pas fait en sorte de le faire naître dans une autre famille de Westeros. A un rang inférieur, la vie devait sûrement être plus simple.

Dans sa tirade, Maura évoqua la sécurité du jeune homme et une toute autre question lui vint en tête. Est-ce qu’elle voudrait réellement s’opposer à une tentative du Lannister ? Après tout ce qu’elle venait de lui dire, la réponse était aussi claire que de l’eau de roche. Si ses enfants héritaient du Val ce serait l’occasion rêvée pour elle de reprendre la main sur ses terres d’origine à la place de son incapable de frère. Jasper se décida enfin à se mouvoir, tentant de dissimuler sa colère sous un masque d’indifférence même si cette expression assez morne ne quittait pas réellement son visage. Il fit volte face et vint s’appuyer à l’aide de sa main droite sur la rampe de l’escalier menant au fameux trône ancestral des Eyrié.

Trop tendre ? Cela revenait incessamment à ses oreilles mais il parvenait à se contenir magistralement vu la situation et ce qu’il venait d’endurer. La tête basse, il expira bruyamment comme pour faire sortir tout ce mal-être de ses entrailles. Peine perdue. Il prit ensuite la parole d’une voix posée, résigné. Si il était odieux, elle devait l’être autant que lui au moins pensa t’il.

«Dis-moi ce que tu veux....et laisse-moi.»

Bien sur, il se doutait qu’il allait devoir accepter toutes ses conditions avant de s’accorder le luxe de respirer. Lord Arryn lâcha son appui et s’avança vers sa sœur, qui se trouvait sur le chemin menant à la sortie de cette vaste salle. Ses yeux juraient qu’elle serait bien plus à sa place avec ce Lannister en tout état de cause…
Revenir en haut Aller en bas
avatar

Invité
Invité

Général
Feuille de Personnage


Message Lun 15 Aoû 2011 - 13:59

Même devant sa propre sœur, Jasper restait encore à l'image de tous les autres hommes de Westeros : il n'arrivait pas à lui couper le sifflet une fois qu'elle était lancée toutes voiles dehors. Tant pis, si elle le chagrinait, elle faisait ce qu'elle savait être nécessaire. Ce qu'elle aurait dû faire depuis longtemps mais que sa tendresse inavouée de femme l'avait empêché de faire pour ne pas navrer son petit frère. Depuis la mort de son père, elle n'avait eu qu'un seul horizon, son frère, et qu'un seul devoir, le Val. Bientôt, malgré son attachement au pouvoir, malgré le sentiment d'impuissance qui l'habitait, elle ne pourrait plus être présente pour guider sa main et lui éviter les écueils qui, inévitablement, s'amoncelleraient sous les pieds du Gouverneur de l'Est.

Elle le regarda s'éloigner les épaules basses, la mine défaite, ruminant sans doute colère et rancœur à son encontre. Enfin elle n'allait pas se mettre martel en tête si il la détestait parce qu'elle avait le front de lui dire la vérité. Mais ce visage pâle et fermé, cette impuissance...Où était le fils de Jon Arryn ? Où était le Seigneur des Eyrié ? Elle savait depuis longtemps qu'elle aurait été une dirigeante plus ferme, plus redoutée que son frère mais cette option lui avait été refusée dès le moment où la sage-femme avait remarqué en l'emmaillotant, braillarde et tremblante, qu'elle était fendue des deux côtés. Laissant son frère à ses noires pensées, elle posa une main à son chignon ouvragé avant de retourner s'assoir sur le siège qu'elle avait occupé, croisant les bras et attendant qu'il se décide à se comporter en homme et en suzerain conscient de ses responsabilités et de ses actes. Elle porta une coupe de vin à ses lèvres avant d'entendre les quelques mots qui lui venaient après sa violente diatribe. Elle reposa la coupe d'une main tremblante de colère contenue.


"J'aurai pensé que tu m'aurais un peu mieux cerné au bout de dix-neuf ans, mon frère. Je ne te laisserai pas, pas maintenant, nous avons à discuter de tes options et de ce qu'il me reviendra de faire une fois installée au Roc. Quels que soient nos sentiments désormais, ils n'ont pas leur place ici. Le vin étant tiré, il faut le boire." répondit-elle succinctement sans prendre de gants avec son cadet. Et les Sept savaient qu'elle n'en prendrait sans doute jamais. Si elle savait être diplomate, Maura était avant tout une fille du Val, parlant haut et droit et ne s'encombrant de périphrases.

Tant pis si cela gênait mais elle ne se laisserait jamais reléguer aux broderies comme tant de ses contemporaines. Non pas qu'elle ne prit pas plaisir à une vie paisible et à la tranquillité mais l'on ne pouvait demander à une sœur ou une mère d'attendre sagement que l'on décide de l'avenir de son clan.


"Mes conditions sont simples : Primo, les 7000 hommes envoyés à l'aide de l'Ouest seront sous mon commandement absolu et il est hors de question qu'un seul Ouestrien donne des ordres à des natifs du Val. Ils prêteront serment d'obéissance à ma personne. Il sera entendu que nos hommes quitteront l'Ouest pour leurs pénates dès que l'immédiateté du danger Fer-né sera passé. En attendant, ils devront m'aider à assoir mon pouvoir et mon influence auprès de mon époux. Les chefs de ce corps d'armée seront désignés par mes soins au sein des seuls natifs du Val. Je pensais à Ser Tommen Royce, qui sera ma voix et mes yeux auprès de ses hommes.
Secundo, il est hors de question que tu quittes toi-même le Val pour te porter à l'aide de ton futur beau-frère. Cela nous mettrait dans une situation trop délicate. Il nous sera plus utile que tu restes hors d'atteinte des lames de Greyjoy voire de celle d'un Lannister trop bien intentionné. Je te tiendrais informé du déroulement des opérations par des corbeaux réguliers ou par quelques rediseurs bien placés chez les Lannister.
Tertio, il doit être convenu avec Tybolt Lannister de l'étendu de mon douaire ainsi que de dispositions me permettant d'épouser son cadet si jamais mon futur époux venait à périr de la main de ses chiens de Fer-nés. Ne serait-ce que pour m'assurer un avenir là-bas...Mon douaire devra être composé d'au moins trois places fortes tenues en propre par le clan Lannister et d'importance moyenne sans compter suffisamment de biens pour que je puisse en tirer mon revenu habituel. Mais je m'occuperai de négocier cela une fois sur place avec nos hommes, avec ton accord, et j'espère pouvoir m'en vanter, toute ta confiance."
déclara-t-elle assez rapidement tant ses demandes lui paraissaient légitimes et fondées.

La suite allait sans doute être beaucoup moins bien reçue si tant est qu'elle puisse jamais l'être pour un homme entendant pareil propos de la bouche même d'une femme. Elle se tut quelques secondes, ménageant son silence histoire d'obtenir la pleine et entière attention de son frère avant de relancer la machine.


"Je pense que l'alliance Lannister pourrait être une erreur si elle n'était pas suivi d'autres mesures destinées à la faire fructifier. Tu n'es pas sans savoir que l'Ouest est allié avec ces satanés Baratheon et qu'il ne se lassera pas de l'être prochainement avec le Bief. Autant te dire, qu'à mon sens, la politique de Lord Tybolt le pousse à s'assurer de puissants soutiens dans le sud et qu'il ne voit dans le fait de m'épouser qu'une sorte d'expédient pour garnir ses troupes. Donc il nous revient de nous assurer que cette alliance ne soit pas qu'une vaine tentative seulement destinée à m'établir au mieux. A mon sens, ce qu'il convient de faire maintenant est de te trouver une épouse." expliqua-t-elle simplement et franchement. "D'une part pour sécuriser l'héritage qui est le tien...Sois certain que je refuserai toujours de voir un Lannister, fût-il mon fils, poser son cul doré sur le haut siège de mes ancêtres. Les Eyrié sont aux Arryn et doivent le rester. Plus tu perds de temps, plus ta position risque d'être précaire. Mais ce que n'importe quelle femme peut te donner, un fils, doit être accompagné d'avantages solides et sûrs. Il y a deux options : soit épouser une native du Val pour t'allier à l'une de leurs grandes familles, ce qui serait utile dans un premier temps mais ne nous aiderait pas beaucoup si jamais le Val venait à être attaqué. Soit nous tablons sur l'alliance Lannister et nous tentons d'établir une sorte d'unité géographique au sein de cette alliance. A mon sens, tu dois épouser une jeune femme issue de la noblesse du Conflans, et même mieux la fille d'un seigneur bien loti dans le Trident. Une telle alliance nous permettrait de nous prévaloir d'un passage de nos armées et la main du Seigneur Arryn vaut bien plus pour ses lords que toute autre chose. Si tu en es d'accord, j'ai plusieurs noms à te proposer."
Revenir en haut Aller en bas
avatar

Invité
Invité

Général
Feuille de Personnage


Message Lun 15 Aoû 2011 - 19:00

Elle n’y allait pas de main morte. Jasper ne put s’empêcher d’hausser des sourcils à plusieurs reprises pendant qu’elle énonçait ses fameuses conditions. Toujours debout, il buvait le calice jusqu’à la lie. Sa rancœur semblait tout à coup moins intense mais elle n’était pas partie pour autant. Il savait qu’il ne devait se laisser guider par ses émotions. Le regard fixe, il lui répondit avec indifférence.

«Tu m’excuseras, je n’ai pas soif.»

Il s’agissait peut être d’une manière pas très noble de lui dire d’en venir à l’essentiel. Mais, après tout, ils étaient seuls dans cette majestueuse pièce et n’avaient pas à se soucier du regard des autres et de leur réputation. Lord Arryn prit une grande inspiration, devant se résoudre à accepter les conditions de sa sœur. Décidément, il réalisa à quel point ce fut une mauvaise idée de pactiser avec les Lannister…tout comme pactiser avec sa propre sœur. Jasper déglutit un peu plus difficilement juste avant de prendre la parole.

«Les 7000 hommes seront à toi et pas un de plus. Tu peux désigner qui bon te semble à la tête de ces hommes. Cependant, je ne libère aucune force navale étant donné l’effectif dont nous disposons dans ce domaine. De plus, je ne veux pas voir la moitié des cavaliers prendre la direction de l’Ouest. Il te faudra prendre autant de cavaliers que d’hommes à pied. Ensuite, comme tu dis, ils devront revenir sur leurs terres une fois la menace Fer-né repoussée. Et enfin, au vu de ton passé dans le Val, je ne souhaiterais pas que tu influences ces hommes, comme tout autre homme habitant ces terres, à mon sujet pour préserver l’unité du Val d’Arryn.»

Le jeune homme reprit un peu son souffle, le temps de se rappeler des autres conditions. A vrai dire, la deuxième n’était pas vraiment difficile à accepter pour lui. A l’aide du pouce de sa main gauche, il frottait la paume de sa main droite, d’un air assez tranquille.

«Si je quitte le Val, ce ne sera certainement pas pour me rendre là-bas. Je te rassure, je ne pense pas que ce soit dans mes intentions de me mettre entre les Lannister et les Greyjoy. Je m’en tiendrai à tes missives. En ce qui concerne ton douaire et ces dispositions, j’accepte de nouveau. Et je te fais confiance pour négocier cela…» finit il sur un brin de mesquinerie, étant donné la situation actuelle.

Vu son rang, Jasper ne pouvait contester quoi que ce soit. Par ailleurs, cela n’impliquait pas les ressources du Val. Tybolt allait devoir faire des sacrifices lui aussi pour obtenir la main de Lady Arryn. A vrai dire, une partie de lui-même aurait apprécié assister aux négociations entre les deux époux. Mais, cela n’aurait pas distrait longtemps Jasper. Ce dernier prit son temps avant d’évoquer la dernière condition. Certes, il constatait que sa sœur n’avait pas tort. Sans épouse et sans héritier, l’avenir du Val était en danger. Repoussant sans cesse cette question, sa sœur le mettait au pied du mur. D’un côté, elle lui rendait ce qu’il avait pu lui faire. D’une certaine manière, la balance allait se rééquilibrer…

«D’accord ? » lui lança t-il avec un léger sourire au coin des lèvres, épris d’une once de sarcasme. Il savait juste quelles étaient ses options qu’il le veuille ou non.

«Donne-moi tes propositions. J’en conviens que la noblesse du Conflans apparaît comme le choix le plus judicieux.»

Quoi qu’il en soit, il n’avait certainement jamais rencontré les jeunes femmes que Maura allait citer incessamment sous peu. Il en conclut qu’il avait plus d’intérêt à voir ce que ce mariage pouvait stratégiquement lui apporter. Tel était le prix à payer pour honorer sa promesse et devenir le seigneur des Eyrié sans être dans l’ombre de sa sœur trop influente. Jasper avait le temps de voir venir pour le reste. A chaque jour suffisait sa peine. Pensif, il finit par appuyer son dos sur le mur. Après ce qu’elle avait pu lui dire, Maura avait l’audace de lui faire des propositions au sujet de son épouse, pour son mariage. Certaines choses ne s’oubliaient pas et cela allait peut être se voir sur le long terme. La promise du Lannister n’avait donc pas intérêt à croire qu’elle détenait un ascendant psychologique sur lui, plus maintenant.
Revenir en haut Aller en bas
avatar

Invité
Invité

Général
Feuille de Personnage


Message Lun 29 Aoû 2011 - 9:47

La jeune femme arqua un sourcil étonné en écoutant répondre Jasper à ses conditions se demandant jusqu'où allait la psychose qu'il nourrissait contre elle et qui le poussait à se débarrasser d'elle, son unique parente, pour l'enfermer dans une cage dorée. La bouche de Maura se tordit quelque peu quand elle entendit présumer de son manque de volonté de continuer à protéger l'unité du Val autour de son seigneur. N'était-ce pas le plus injuste reproche que les Sept eurent à ouïr ? Toutefois, elle savait qu'elle avait gagné mais elle ne put s'empêcher de dire ce qu'elle pensait des réticences de son frère.

"Influencer les soldats, Jasper ? Tu as fait une chute depuis les geôles ou quoi ? A qui crois-tu donc parler...Je suis ta sœur, pas une étrangère prête à mettre à bas le pouvoir de notre maison. Enfin ! Reprends-toi. N'est-ce pas normal que je te demande des compensations face à ta trahison ? Et quand à cette armée, sois certain qu'ils ne serviront pas Lady Lannister en moi mais Lady Maura, Dame du Val et de la Montagne. La défiance que tu as pour moi est outrageante, j'ai travaillé tous les jours et d'arrache-pied pour t'aider dans le gouvernement du Val. Est-ce ma faute si je m'y entends mieux que toi ? Quant aux navires, qui, je te le rappelle, appartiennent aux Grafton et pas à nous, ils ne seront d'aucune usance pour l'Ouest. Lord Tybolt est sur le point de mettre sur les flots une assemblage capable de tenir tête à la seiche sur les mers."

La suite fut à l’encan, méprisante pour elle, et défiante de ce qu'elle avait pu accomplir pour le Val. N'était-ce rien qu'elle se soit donnée la peine d'elle-même parcourir leurs terres pour obtenir de leurs vassaux qu'ils se jettent dans l'Ouest avec leurs hommes ? N'était-ce rien qu'elle soit allée jusqu'à Port-Réal obtenir le libre passage de leurs troupes ? Comptait-il pour rien tout ce qu'elle avait fait pour lui ? ? Ne lui avait-elle pas servi de mère depuis que celle qui leur était commune avait rejoint ses ancêtres ? Déçue, certes elle l'était, mais pas au point de ne pas saisir l'immense soulagement qui étreignait son frère, son sang !, à l'idée de l'envoyer au loin. Elle avait ce qu'elle devait, ménageant les Eyrié quand lui jouait encore à l'épée. Oh elle savait ce qu'était le droit et la coutume mais elle ne pouvait que trouver injuste qu'elle ne soit remerciée de tout cela que par un simple exil doré qui lui était annoncé dans les termes les plus roides.

"Par ordre d'importance, il y a les deux filles Tully...Asharra est l'aînée, je l'ai rencontré en m'arrêtant à Vivesaigues. Elle tient plus des Baratheon que de son père Tully mais elle pourrait te plaire. Il me semble aussi que la dame d'Harrenhall a une fille nubile. Salvemer a aussi des filles non mariées mais ils me semblent qu'ils sont trop loin pour nous être d'une quelconque utilité. Et ils descendent des Premiers Hommes..." termina-t-elle en faisant remarquer la différence de coutumes qui existaient entre les grandes familles de sang Andal comme les Arryn et les premiers habitants de Westeros. Il n'y avait pas de barrals aux Eyrié. " Stratégiquement, les deux premiers mariages sont intéressants mais j'ai une autre idée qui m'est venue d'une missive de Lord Brax qui, sans y toucher, te propose la main de sa fille. Certes, les Terres de l'Ouest sont lointaines comme tu le sais et, moi mieux encore, mais les Brax sont si riches que cette petite Jeyne pourrait paver d'or votre chambre à coucher."
Revenir en haut Aller en bas

Contenu sponsorisé

Général
Feuille de Personnage


Message

Revenir en haut Aller en bas

Entre frère et soeur [Jasper & Maura Arryn]

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut
Page 1 sur 1


Sujets similaires

-
» Conféssion entre frère et soeur [PV Chloé]
» Retrouvaille entre frère et soeur feat Rebekah
» Soirée entre frère et soeur (Virgile)
» #2302 Soirée entre frère et soeur avec Sammy
» [Terminé] Belle soirée entre frère et soeur [Calypso]

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
A Song of Ice and Fire RPG :: Citadelle de Maegor :: ◄ Salle des Archives Oubliées (RP)-