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Nous ne discutons pas la famille. Quand la famille se défait, la maison tombe en ruine ▬ Eibhlín

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Corneille à Trois Yeux
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Message Mer 10 Aoû 2011 - 13:24

HP : Indication particulière, le MDJ incarne Dougal Wynch, lord de la maison Wynch.

     Voilà quelques mois que les Fer-Nés effectuaient des incursions sur les cotes de Westeros. Les Terres de l'Ouest, le Conflans, nombreuses étaient les régions touchées par ces « pirates » comme certains les qualifiaient et les attaques ne diminuaient pas. Dagon Greyjoy dirigeait d'une main de fer ses hommes et ses vassaux suivaient le rythme. Lord Dougal ne faisait pas exception, en tant qu'héritier de la maison Wynch, il se devait de faire preuve d'un sérieux et d'une intelligence qui pourrait servir sa famille. Obtenir des richesses suite aux pillages des villages était un excellent moyen de permettre à sa maison de gagner en galon, après tout pouvoir offrir une dot conséquente pourrait être intéressant pour la jeune sœur du lord. « Lord », encore quelque chose hérité des régions de Westeros, les Fer-Nés ne se jugeaient pas comme tel, mais ils portaient leur titre avec allant. Lord Dougal savait bien qu'il y avait un revers de la médaille, permettre à sa maison de gagner davantage de richesses risquait aussi d'attiser l'envie des autres maisons, de plus sa jeune sœur était dotée d'une certaine beauté et encore célibataire. Il y avait là les conditions idéales pour qu'un lord voisin décide d'attaquer sa maison afin de s'approprier par le sang ce qu'il désirait. C'était pour cette raison que le jeune lord avait longuement réfléchit au meilleur moyen d'empêcher que cela n'arrive sans pour autant faire honte à sa famille.

     Après de multiples réflexions, il n'était arrivé – malheureusement – qu'à une solution qui ne plairait pas particulièrement à son épouse, sa sœur et sa belle-sœur, mais il y fallait des fois faire des choses que l'on ne désirait pas forcément exécuter. C'était pour cette raison qu'il avait fait mander sa sœur afin de lui exposer son plan. Assit sur un siège face à une fenêtre donnant sur la mer – comme toutes les ouvertures de leur demeure d'ailleurs – il attendait patiemment. Les murs rongés par le sel de leur « château » reflétaient l'humeur du jeune lord qui ne désirait pas se séparer de sa sœur, mais ne voyait aucun autre moyen afin d'assurer sa sécurité pour le moment. Un bruit familier de porte qui s'ouvre le tira de ses pensées, il se redressa avant de faire face à sa sœur qui venait d'arriver. Il la contempla un instant, frêle à force de manger du poisson et quelques autres aliments qui n'aidaient pas à se forger un corps aussi puissant que celui des habitants des autres régions de Westeros, elle restait toutefois largement capable d'éveiller l'intérêt d'un homme. Il lui fit signe de s'approcher.

     « Te voilà ma sœur, tu arrives à point nommé, je dois t'entretenir d'un sujet important qui te concerne ainsi que les autres femmes de la maison. »

     Lord Dougal tira un siège pour permettre à sa sœur de prendre place, puis tourna le sien de manière à pouvoir lui faire face. Une fois installés, il la regarda quelques instants, se demandant bien que la jeune femme allait accepter docilement de faire ce qu'il lui demandait, ou si elle allait tenter de s'y opposer. Même si elle n'était pas comparable à d'autres femmes Fer-Né qui combattaient comme des hommes, elle restait une Fer-Née et pouvait donc par conséquent, posséder un fort caractère sous cette apparence sage et réfléchie.

     « Eibhlín, comme tu ne l'ignores pas, voilà quelques mois à présent que notre peuple est en guerre contre le reste des Sept Couronnes. Nous avons déjà amassé beaucoup de richesses, mais je pense que nous ne nous en arrêterons pas là, il y a de fortes chance pour que tout cela s'améliore encore dans les mois à venir. Il fit une légère pause, lui laissant le temps de comprendre et éventuellement de faire le lien avec ce qu'il attendait d'elle. Tu sais aussi que notre peuple représente un danger pour lui-même, je crains pour toi ma sœur, tu est encore célibataire, en âge de fonder une famille et loin d'être aussi repoussante que certaines autres femmes dans ta condition. Il la fixait dans les yeux. Je souhaiterai que tu t'éloignes de notre demeure pour les temps à venir, je crains que les richesses que nous avons gagnées, ajoutées à ton célibat soit un motif d'attaque pour certains de nos voisins. Je ne peux pas prendre le risque que tu sois enlevée et mariée de force à un Fer-Né que je ne jugerai pas digne de toi. »

     Il fit une légère pause, montrant toutefois à sa sœur qu'elle devait observer un silence parfait du moment qu'il n'aurait pas terminé. Son épouse et sa belle-sœur avaient déjà été mises devant le fait, Dougal leur avait clairement signifié qu'elles accompagneraient sa sœur pour éviter qu'elle ne soit en difficulté une fois qu'elle serait sur la terre ferme. Après tout son épouse était elle-même originaire du Conflans et lui permettrait donc de s'y retrouver sans trop de peine, s'ils pouvaient avoir confiance en leur belle-famille elles devraient rallier la maison de Alynn, sans quoi elles survivraient avec l'argent que Dougal prévoyait de leur donner. Après un bref moment de réflexion, il termina donc son explication.

     « Tu as compris ce que j'attends de toi ma sœur, je veux que tu te rendes avec Alynn et l'épouse d'Emmeth, sur les cotes de Westeros. J'apprécierai que tu t'éloignes des cotes de manière à ce que tu ne sois pas enlevée lors d'un pillage des environs, vous pourrez peut-être trouver refuge dans la famille de mon épouse, sans quoi je vous donnerai suffisamment d'argent pour vivre jusqu'à ce que je sois sûr que vous puissiez revenir en sécurité. Un moment de silence passa avant qu'il ne conclut. As-tu quelque chose à ajouter avant que je ne demande aux servantes de préparer vos bagages ? »
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Message Jeu 11 Aoû 2011 - 10:54

Pour que Dougal me fasse mander par une servante, cela ne peut signifier que deux choses. Soit que j’ai commis une énorme bêtise – ce qui d’après mes souvenirs n’est pas arrivé récemment – soit que ce qu’il a à me dire est important. Estimant qu’il doit s’agir du deuxième cas, je presse le pas pour le rejoindre, non sans me demander de quoi il retourne. J’adore mon frère, c’est un fait certain. Je ne le comprends pas toujours, je ne suis pas toujours d’accord avec lui non plus, mais je l’aime sincèrement. Force m’est toutefois de reconnaître que depuis qu’il est le maître de la maison, nos rapports sont plus distants, plus « sérieux ». Quelques mois plus tôt encore, il était capable de rire, au moins de sourire aux plaisanteries. Maintenant, il faut ruser pour le dérider. Avant, il avait toujours du temps ou le prenait. Aujourd’hui, il est toujours occupé, débordé. Je frappe à la porte pour m’annoncer mais n’attends pas l’invitation pour la pousser et entrer. Je ne sais si je dois être rassurée qu’il ne soit pas debout, le dos tourné, à observer la mer par la fenêtre ou si je dois m’inquiéter qu’il soit assis sur un siège, semblant m’attendre. Je referme la porte et me tourne vers lui pour le rejoindre quand il m’informe que le sujet dont il veut m’entretenir ne concerne pas que moi mais aussi mes belles-sœurs.

Le voir tirer un siège pour moi me rend méfiante. Cette simple attention me fait comprendre que ce n’est pas le frère qui va parler mais bien le chef de famille. Cela n’augure rien de bon. Assise face à lui, je le dévisage avec curiosité, cherchant à lire sur ses traits, à trouver un signe de contrariété ou une ombre qui n’aurait pas du s’y trouver. Mais Dougal est passé maître dans l’art de masquer ses réflexions. Je n’attends pas longtemps avant qu’il ne prenne la parole et l’écoute avec attention, silencieuse. Il commence par me parler des derniers mois, des richesses accumulées au cours de ceux-ci et de ses espoirs que les mois à venir soient tout aussi fructueux avant de faire une pause. Perplexe, je le fixe en me demandant s’il attend un acquiescement ou des félicitations. Lorsqu’il reprend la parole, je crains un instant qu’il ne m’ait trouvé un époux à ses propos mais il a tôt fait de me rassurer en déclarant vouloir nous éloigner, mes belles-sœurs et moi-même, redoutant que la convoitise, la jalousie des autres n’attisent des braises jamais totalement éteintes chez les Fer-Nés et ne les poussent à nous attaquer.

Je comprends ses craintes, je les respecte aussi. Il n’empêche que je ne vois pas pourquoi il est nécessaire de nous éloigner de Holt de Fer. Nous ne sommes pas sans défenses et nous serions capables de résister à un siège pendant un moment, si pas de le repousser. Quant au mariage forcé avec un Fer-Né, il devait savoir que je préfèrerai me trancher la gorge si cela devait arriver ! Quoi qu’avant, j’aurais tendance à essayer de trancher la gorge du pédant qui se serait imaginé pouvoir me forcer à l’épouser. Après tout, je suis une Fer-Née moi aussi et il n’est pas dans notre nature de nous laisser posséder ou déposséder sans batailler. Dougal s’explique au cas où j’aurais mal saisi la situation avant de me demander si j’ai quelque chose à ajouter. Fronçant les sourcils sans le quitter des yeux, je grogne.

"Je comprends que tu as déjà pris tes dispositions avant même de m’en parler et que tu me mets devant le fait quasi accompli !... Je n’ai pas envie de partir ! Tu l’as dis toi-même, la situation n’est pas mauvaise malgré la guerre qui menace. En plus de cela, être loin alors qu’elle peut éclater du jour au lendemain, cela signifierait ne pas savoir ce qui vous arrive à Emmeth et toi !"

Mauvais arguments, je le vois à l’expression qui traverse son visage brièvement. Le connaissant, il a déjà du envisager toutes les protestations et y trouver une réponse à donner. J’exhale un long soupir de frustration et reprend, plus calme.

"Et les enfants ? Je doute qu’ Aylin et Regina aient accepté de les laisser derrière elles sans rechigner ! Qu’eux se fassent enlever ne t’inquiète pas outre-mesure ?!... Sérieusement Dougal, entreprendre un tel voyage aujourd’hui est aussi risqué que d’être présent demain si tes inquiétudes étaient fondées. Tu me demandes de partir sans savoir quand je reviendrais. Tu fais passer cela pour un voyage d’agréments quand tu sais aussi bien que moi qu’une fois sur le continent, il sera d’autant plus difficile de pouvoir rentrer à Holt de Fer vu les inimitiés ambiantes à l’égard des Îles de Fer. Par ailleurs, tu ne sembles pas t’inquiéter que ta belle-famille puisse ne pas vouloir qu’Aylin revienne et pas te soucier davantage que je puisse être forcée de me marier sur les continents ?!"

Qu’il ait choisi d’épouser une Conflan était son droit. Pour ma part, je n’aspirais pas à quitter les Îles et n’entendait pas épouser un homme qui ne serait pas Fer-Né, pour cette seule raison uniquement. Un frisson me traverse rien que de m’imaginer parmi des gens qui se donnent des titres à longueur de phrases, qui usent et abusent de manières et d’usages à longueur de temps. Je plains plus que je n’envie les existences des gens de Westerlos. Ils sont coincés dans leurs carcans de savoir-vivre et sont montrés du doigt pour peu qu’ils cherchent à s’en défaire. Aylin a mis du temps pour s’habituer à nos façons mais elle y est parvenue, ne conservant que quelques vestiges de ses manières d’autrefois. Néanmoins, je me sens incapable d’en faire autant une fois dans les Conflans ou ailleurs sur le continent.

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Message Jeu 11 Aoû 2011 - 14:48

     Lord Dougal observe sa sœur avec une neutralité qui ne reflète absolument pas les pensées qui tourbillonnent actuellement dans son esprit, mais un chef de famille se doit d'afficher une expression apaisée et maître de soi en toutes circonstances. Froncement de sourcils qui n'indique rien de bon, le Fer-Né s'attend à une vague de protestation de sa cadette, ce qui ne tarda pas à arriver. Les arguments avancés par sa sœur ne le troublent pas, il a eu tout le loisir d'y songer, après avoir passé tant d'années à ses côtés, il sait à quoi s'y attendre. Lord Dougal n'avait jamais été un joueur d'échec, mais il n'y avait pas à douter que s'il s'y était laissé aller, il aurait été un expert dans l'art de devancer les actions de son adversaire. Calmement, il attend patiemment que sa sœur s'explique, laissant une brève expression peu convaincue se dessiner sur son visage, elle devait faire beaucoup mieux si elle espérait pouvoir rester à Holt de Fer ! La frustration s'installe tout doucement chez sa sœur, caractère ô combien digne d'une Fer-Née et c'était justement pour cela qu'il désirait tant l'éloigner du danger. Il aimait sa femme bien évidemment, mais Eibhlín reste sa sœur, partageant le même sang que lui, il ne peut envisager de l'exposer au danger, même pour satisfaire un de ses caprices.

     Nouvelle tentative pour le convaincre alors qu'elle parle de ses enfants et de ceux de son frère, un point qu'il n'avait évidemment pas oublié et qu'il s'attendait à voir avancé, mais qu'il était aussi prêt à parer par une réponse toute réfléchie. Lord Dougal attendit toutefois qu'elle continue son explication, lui laissant d'éventuelles chances pour trouver le mot ou la phrase qui le ferait changer d'avis. Le voyage, ce n'était pas quelque chose d'aisé il était vrai, mais avec d'aussi bons navigateurs que les Fer-Nés, il ne se faisait pas réellement d'inquiétudes à ce sujet. La jeune femme trouverait toutes les excuses possibles pour tenter de le décourager, mais il s'était juré de tenir bon. Il s'était soucié de tout ce qu'elle venait de citer, ce n'était pas de gaieté de cœur qu'il avait pris cette décision, bien au contraire, son cœur saignait à l'idée de voir sa cadette s'éloigner pour ne peut-être plus jamais revenir. Il soupira à son tour, bien décidé à ne pas lui dire qu'il avait du mal à se convaincre lui-même du bienfondé de son idée, elle verrait là un moyen de le faire céder et pourrait bien tenter sa chance de ce côté.

     « Crois-moi, j'ai longuement songé à tout cela avant de t'en parler et de l'ordonner à tes belles-sœurs. Je n'aime pas l'idée de ne pas pouvoir savoir si tu vas bien Eibhlín, mais je préfère prendre les devants que de regretter ma sottise si jamais nous venions à être attaqués. Enfin, en imaginant que je puisse l'être bien évidemment. »

     Il était vrai que les Fer-Nés n'étaient pas réputés pour laisser des survivants, surtout des hommes. C'était bien pour cette raison que lord Dougal avait hésité avant de refuser d'envoyer les enfants avec son épouse et les deux autres femmes. Une trop grosse « compagnie » attirerait beaucoup plus l'attention, de plus c'était un habile moyen d'empêcher que son épouse ne soit retenue par sa famille. Il était vrai que le choix d'épouser une native du Conflans était plutôt surprenant pour un Fer-Né, il fallait avouer que pour le moment, sa belle-famille ne devait pas être enchantée d'avoir conclu cet accord. Mais lord Dougal était un homme intelligent qui savait tirer partie de ce qu'il avait comme cartes dans les mains.

     « J'avais envisagé que les enfants puissent vous accompagner, mais soyons réalistes, vous serez beaucoup trop nombreux pour ne pas attirer l'attention, je ne veux pas prendre le risque de vous faire remarquer en voulant trop vous protéger. Il inspira longuement. Je vais t'avouer qu'il y a une raison précise à cette décision, crois-tu qu'Aylin accepterait de quitter ses enfants si jamais sa famille éprouvait le besoin de la garder avec eux ? De plus, envoyer les héritiers de notre famille serait beaucoup plus risqué que de les garder ici. Il l'observa un instant. Je doute que de simples richesses puissent éveiller l'intérêt de nos voisins alors que l'idée de pouvoir épouser une jeune femme comme toi doit être bien plus motivante. Je pense que les risques de voir notre maison attaquée seront amoindris si les femmes ne sont plus là. »

     Cela lui donnait l'impression d'être un calculateur qui se moquait éperdument de sa famille et ne pensait qu'à ses richesses, en parler à voix haute ne lui donnait pas le même sentiment que lorsqu'il retournait cela dans son esprit. Après un bref moment de silence, il se redressa légèrement sur son séant, s'avançant sur son siège pour se rapprocher légèrement de sa sœur afin de plonger son regard dans le sien.

     « Si qui que ce soit tente de te marier à un homme que tu n'auras pas désiré, je me charge de le donner à manger aux crabes ma sœur. Peut-être préfèrerais-tu que je décide de te marier à l'un de nos charmant voisin pour que tu ne cours plus aucun risque à ce niveau ? »

     Il esquissa un léger sourire, preuve qu'il n'était pas en colère, mais s'inquiétait simplement de sa sécurité. Elle devait le connaître assez pour comprendre qu'il n'avait aucunement envie de la mettre dans une mauvaise position. Ce caractère si digne d'une Fer-Née lui compliquait la tâche, pour une fois il aurait été ravi qu'elle accepte sa demande sans broncher. Après quelques instants de silence, il ne tint plus et ajouta quelques mots d'un ton proche de la confidence.

     « Je ne pense qu'à ton bien ma sœur, pourquoi faut-il toujours que tu fasses preuve d'un tel caractère. »

     Bien que les paroles ressemblaient à des reproches, il n'en était rien, le lord était au contraire amusé de voir que malgré son apparence débonnaire, elle ne se laissait pas faire sans rien dire. Une sorte de fierté qui l'agaçait tout de même par moment.
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Message Ven 12 Aoû 2011 - 9:43

Je ne doute pas qu’il ait longuement réfléchi et pesé le pour comme le contre. Je suis même contente de l’entendre me dire qu’il l’a ordonné à mes belles-sœurs alors qu’il m’en parle et ne me l’impose pas encore. Ce n’est pas pour autant que j’adhère à l’idée de partir en voyage du jour au lendemain. Pour expliquer la raison pour laquelle les enfants resteront à Holt de Fer, il argumente que sa belle-famille pourrait y trouver un moyen de pression ou qu’il s’assure ainsi le retour d’Aylin à ses côtés. J’évite de sourire mais je suis amusée. S’il y a bien une chose qui ne trompe pas, c’est l’amour que porte désormais la Conflan à mon frère. Certes, elle n’avait pas eu voix au chapitre lorsqu’il avait décidé de la faire sienne et, si ce n’était de venir vivre sur les Îles, elle n’avait pas eu de raison de s’en plaindre. Dougal avait réussi le pari improbable de la forcer au mariage mais de parvenir à s’en faire aimé à la longue. Je doute qu’elle soit disposée à rester chez ses parents alors qu’ici, elle est la femme d’un lord et la maîtresse de maison, régissant son petit monde à sa guise. Quoi qu’elle sait se faire obéir sans être autoritaire ni désagréable. Je l’aime bien, sans être proche d’elle. Je ne le suis pas vraiment plus de Regina, bien qu’elle soit une Fer-Née. La différence d’âge en est certainement la cause, tout comme l’absence de maternité et de couple.

Je ne suis pas convaincue d’attirer qui que ce soit et que ce soit plus motivant pour un homme de prendre une femme que de piller des coffres bien remplis. Ce genre d’argument devrait être flatteur pour ma personne mais il n’en est rien. Si je ne le connaissais pas, je pourrais être tentée de croire qu’il fait passer ses intérêts avant sa famille mais je sais que malgré ses maladresses, il ne pense qu’à me protéger. Je fais tout de même remarquer, un rien sarcastique :

- Mère n’est pas incluse dans le voyage. Est-ce dire que tu ne l’as trouve pas assez attirante pour voir un homme se risquer à l’enlever ?

Plus probablement, il la garde auprès d’eux afin de veiller sur les enfants. Leur mère n’est plus une jeune femme par ailleurs. La cinquantaine dépassée, elle ne peut plus enfanter mais reste toutefois d’une grande beauté. Elle est l’âme et le cœur de notre maison, lui conférant cette chaleur discrète qui échappe bien souvent à nos visiteurs mais qui nous rend cette demeure si agréable et si peu désireux de la quitter. J’esquisse un sourire à sa promesse de jeter aux crabes un mari que je n’aurais pas désiré et soulève un sourcil lorsqu’il me demande si je préfèrerais être mariée à l’un de nos voisins. Ne cherchait-il pas justement l’inverse en m’exilant ? A bien y songer, il avait le droit de me trouver un mari et d’imposer son choix. Si cette lubie venait à lui prendre, j’aurais beau pester et cracher tout le venin que je voudrais, il serait capable de me traîner jusqu’à l’autel pieds et poings liés. Jusqu’ici, il n’avait évoqué le sujet du mariage qu’en de très rares occasions, laissant à sa femme et à mère le soin de me sonder.

- J’ai pris exemple sur mes deux frères aînés, il ne faut pas m’en blâmer, répliquais-je avec un sourire plus large.

Avait-il déjà oublié combien son caractère pouvait être rebelle lorsque notre père cherchait à lui faire entendre raison ? Combien de portes avait-il claqué de rage ? Combien de cris et jurons avait-il poussé d’agacement ou de colère ? J’étais plus jeune et je m’en souvenais parfaitement. Cela ne fait néanmoins pas avancer notre affaire et je le fixe avec attention en suggérant :

- Tes arguments ne tiennent pas. Je ne suis que ta soeur et de ce fait, si un mariage pourrait nouer une alliance, il n'aurait aucun poids à tes yeux pour peu que tu ne l'aies pas autorisé. Du reste, pourquoi vouloir épouser une fille qui n'a rien à apporter ?...Pourquoi ne pas envoyer Aylin et Regina sur le continent et faire croire que je les accompagne alors que je reste ici ? Je pourrais me fondre dans la masse ou me déguiser pour être moins indentifiable ? Si nos voisins pensent que je suis loin, il n’y a plus rien à redouter d’eux, qu’en dis-tu ?

Proposer de rester cloîtrer m’a effleuré l’esprit mais l’idée de l’être ne m’inspirait que de la frustration. Je n’avais l’habitude de rester oisivement assise sur un fauteuil à contempler la course des nuages. J’avais besoin d’air, de bouger aussi. Une autre pensée m’a effleurée encore mais je l’ai rapidement repoussée. Ce dernier argument, je le garde en ultime recours à lui présenter.
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Message Ven 12 Aoû 2011 - 13:18

     La partie d'échec qui semblait bien avancée, ne tournait plus vraiment à l'avantage du favoris. Lord Dougal avait pourtant fait tout son possible pour présenter les choses sous le meilleur angle, mais sa sœur sait faire preuve de bien plus de caractère qu'il ne l'avait espéré. L'idée de la laisser voyager seule sans pouvoir savoir ce qu'elle ferait en compagnie des autres femmes Wynch, ne l'enchantait toujours pas, au fil des paroles qui traversaient la barrière de ses lèvres, le jeune lord ne faisait que de se rendre compte qu'il se compliquait même la vie en s'imposant une inquiétude supplémentaire. Seulement il avait espéré que la famille de son épouse soit assez intelligente pour comprendre qu'il n'était pas dans son intérêt de le trahir, ils avaient accepté de donner leur fille à un Fer-Né, il fallait désormais l'assumer. Malheureusement les familles du centre de Westeros n'étaient pas aussi dignes de confiance que celles des Fer-Nés et bien souvent, lord Dougal craignait que sa belle-famille ne décide de prendre partie contre lui. Cela signifierait effectivement qu'il jetterait les familles Wynch dans la gueule du loup.

     Lorsque la jeune sœur avança le sujet de leur mère, Dougal hocha légèrement la tête, certes, elle était encore d'une grande beauté, mais n'offrait plus de réel avantage pour un quelconque prétendant, les veuves avaient de l'importance uniquement lorsque leurs enfants étaient encore trop jeunes, sans quoi elles n'apparaissaient pas plus intéressantes que de simples roturières, aussi séduisantes soient-elles. Lord Dougal s'empressa donc de répondre à sa sœur qui semblait avoir une liste interminable de raisons qui empêcheraient son départ de Holt de Fer.

     « Mère a beau être encore très séduisante, elle n'en est pas moins que la mère du lord actuel. S'il venait à arriver malheur à Emmeth et moi-même ainsi qu'aux enfants, tu sas très bien que la seule héritière restante ne serait pas mère.... Autant dire que ton époux hériterait de toutes nos possessions. »

     Envisager sa mort ainsi que celle des autres héritiers mâles de la famille n'était pas franchement quelque chose de très motivant, mais lord Dougal avait toujours formellement refusé de mettre tout cela de côté simplement parce qu'il ne souhaitait pas envisager la possibilité de mourir. Les morts étaient tellement nombreux en temps de guerre, il ne voulait pas voir la ruine de sa famille arriver parce qu'il aurait été trop frileux pour songer à tout cela. Lorsque la jeune femme rétorqua avoir pris exemple sur ses frères, il ne put retenir un sourire, elle était digne d'une Wynch c'était une chose certaine. Son caractère fit mouche une fois de plus alors qu'elle avança le fait que les arguments de son aîné ne tenaient pas la route, il haussa légèrement les sourcils pour la regarder d'un air pensif, attendant qu'elle lui donne la raison de cette déclaration. Il avait longuement songé à tout cela, tourné et retourné toutes ces pensées dans son esprit pour ne pas avoir de réponse de ce genre, mais peut-être qu'elle avait flairé une piste qu'il n'avait pas visualisé lui-même ? Avec les femmes, il fallait s'attendre à tout.

     Lorsqu'elle proposa d'envoyer les autres femmes sur le continent tandis qu'elle resterait ici, il fit une légère moue. L'idée était faisable, mais en envisageant que les richesses suffisent à appâter d'autres Fer-Nés, elle risquerait de finir violée puis tuée si les assaillants la prenaient pour une simple femme. Il ne baissa pas les bras aussitôt et se contenta de la regarder alors qu'elle avançait l'idée de se fondre dans la masse pour se faire passer pour quelqu'un d'autre et ne pas attirer l'attention. Un long soupir passa les lèvres de lord Dougal alors qu'il reculait légèrement pour s'asseoir convenablement dans son siège, puis il haussa les épaules avant de répondre d'un ton plein de réflexion.

     « Cette idée est envisageable en effet, mais je ne sais pas si ce serait réellement le bon moyen de te protéger. Je te l'ai déjà dit à de multiples reprises, ce n'est pas tant la survie de notre famille qui m'inquiète que ta propre sécurité. Il la regarda un bref instant de silence. Si ta présence n'est plus « un danger » pour notre famille, il n'en restera pas moins vrai que si nous subissons réellement une attaque, tu sois dans une pire situation. »

     C'était assez difficile de lui refuser le droit légitime de vouloir rester sur l'île où elle avait toujours vécu, mais un jour elle serait bien obligée de quitter son « chez-elle » pour vivre auprès de son futur époux. Bien évidemment, lord Dougal n'avait pas dans ses projets l'idée de marier sa cadette dans les moins qui viendraient. Les attaques des Fer-Nés n'étaient pas vraiment à craindre, ils étaient généralement bien trop occupés par les raids qui se faisaient sur le continent pour s'amuser à attaquer leurs voisins. Quoi qu'il en soit, Dougal avait toujours fait preuve de prudence, enfin à sa manière évidemment, tout est relatif et il n'était pas décidé à vouloir la mettre en danger. Sentant un brusque pique d'autorité, lord Dougal tenta une dernière fois de la convaincre.

     « Mère ne serait pas ravie de savoir que je mets mon épouse et ma belle-sœur en sécurité, mais que je garde ma petite sœur près de moi. Elle t'as fait trop intelligente, des fois je me dis qu'elle aurait dû un mettre plus de docilité et moins de réflexion. »
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Message Sam 13 Aoû 2011 - 18:23

Il faudrait vraiment jouer de malchance pour que le destin s’acharne sur chaque membre masculin de la famille et me laisse comme seule héritière de Holt de Fer. Je ne suis pas intéressée par l’idée de tout régenter, il ne l’ignore pas. Comme il n’ignore sans doute pas lui-même que cette éventualité est pratiquement irréaliste. Même dans le pire cas, à savoir que la maison soit attaquée, il trouverait le moyen d’évacuer les enfants pour les protéger, dusse-t-il pour cela vendre sa vie en échange. Dougal insiste sur le fait que c’est ma sécurité qui lui tient à cœur et non la survie de notre famille – qui pour l’heure n’est pas menacée - , qu’il tient précisément à ce que je ne sois pas en danger. Je ne peux que sourire lorsqu’il ajoute que notre mère m’a fait trop intelligente et pas assez docile mais qu’elle ne comprendrait pas qu’il protège sa femme et celle d’Emmeth alors que sa sœur reste à demeure. J’aurais pu arguer qu’elle le comprendrait s’il lui explique avec tact mais je sais déjà que c’est vain. Il ne me laisse guère le choix et je prends le temps de choisir mes mots pour le prendre par son point faible.

- Crois-tu que notre roi met les femmes et les enfants à l’abri, Dougal ? Crois-tu qu’il va comprendre que tu envois ta sœur, ta femme et ta belle-sœur en exil ? Dans les Conflans qui plus est ? Alors que les rumeurs qui courent laissent à penser que ce territoire va participer aux attaques contre nos îles ?

Je le laisse méditer quelques secondes à peine, le temps que cela fasse son chemin dans son esprit. Je ne me mêle pas de politique mais je ne perds rien de ce qui se dit à table entre Emmeth et lui, comme j’écoute ce qui se dit aussi quand je me promène dans les environs ou les autres îles. Comme il l’a souligné, je ne suis pas stupide. Il n’est pas difficile d’imaginer ce que les Fer-Nés penseront en apprenant le départ des ses belles-sœurs et d’elle-même.

- Veux-tu passer pour un couard aux yeux de nos voisins ? Veux-tu que certains voient là une trop belle occasion de te confondre comme traître à ceux du roi ? Tu sais comme moi que ce serait leur fournir une trop belle opportunité de dénigrer les Wynch, de s’accaparer leurs biens !

Les Fer-Nés ne reculent devant rien pour obtenir ce qu’ils veulent. Si nombre d’entre eux prennent par le Fer-prix, d’autres sont plus vicieux, cherchant à entrer dans les bonnes grâces du roi par la sournoiserie, espérant obtenir une récompense. Holt de Fer est une maison mineure, certes. Mais elle est située sur l’Île de Pyk et sa position au bord de la côte offre un excellent guet à l’île en cas d’invasion par la mer. De là où nous sommes, nous pouvons envoyer rapidement un cavalier au château du roi pour le prévenir d’une menace. Si c’est sans aucun doute l’attitude que nous aurions, d’autres ne rêvent que de voir la tête de Dagon tomber un jour pour s’installer sur son trône.

- As-tu pensé encore à ce qui se dirait dans les Conflans si on apprenait – et on l’apprendrait sans doute – qu’un lord Fer-Né à fait rentrer sa femme dans le giron de ses parents, accompagnée de ses deux belles-sœurs Fer-Nés ? Je ne suis pas Conflan et pourtant, à leur place, j’y verrai un aveu d’inquiétude de ta part, une preuve que les Fer-Nés ne sont pas aussi sûrs d’eux quand la menace est réelle !

Je me tais, le fixant avec appréhension. Si ma sécurité lui importe, il y a une chose qui nous importe autant l’un qu’à l’autre, l’honneur de notre nom. Si ma sécurité passe sans doute avant les richesses, notre honneur passe au-dessus de tout le reste, hormis celui de Dagon Greyjoy. Connaissant l’estime qu’il porte à notre souverain, je doute qu’il prenne le risque de le froisser d’aucune manière, encore moins de passer à ses yeux pour un traître. Lui qui a toujours voulu marcher dans ses pas, à ses côtés si Dagon le trouvait méritant de cet honneur, il ne permettra pas que l’on puisse mettre en doute sa loyauté envers lui. Je n’ignore pas qu’il lui arrive de regretter d’être lord, de devoir attendre son heure pour prouver sa valeur. Son talon d’Achille, ce n’est pas l’orgueil ni l’avidité. C’est le respect qu’il a pour son roi !
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Message Lun 15 Aoû 2011 - 14:02

     Trop intelligente sans doute permis ! Lord Dougal sentit ses muscles se bander imperceptiblement sous la tension provoquée par les paroles de sa sœur. Ce que penserait les autres, il y avait songé pendant longtemps avant d'aborder ce sujet avec son épouse et sa belle-sœur, le jeune lord Wynch était du genre à porter beaucoup d'importance sur ce que les autres vassaux de la famille Greyjoy pouvaient penser et bien entendu, sur ce que lord Dagon en personne pouvait comprendre. Il était vrai que de voir l'un de ses vassaux envoyer les femmes de sa famille sur le continent, risquait de soulever bon nombre de questions dans son esprit, craindrait-il que le lord de la maison Wynch n'envisage la défaite de son peuple ? C'était une chose envisageable, même si rien n'était plus éloigné de la vérité ! Lord Dougal croyait dur comme fer que les Fer-Nés pouvaient gagner encore beaucoup de batailles, n'avaient-ils pas décimé bon nombre de villages ? Pillés, dévalisé des contrées entières ? Enlevé des épouses, des sœurs, des filles qu'ils avaient transformées en esclaves ? Les natifs des Îles de Fer étaient fiers, un peuple qui provoquait souvent la peur chez ses adversaires parce qu'eux-mêmes ne connaissaient pas ce sentiment, le sacrifice était une chose commune et aucun Fer-Né ne reculerait devant une mort certaine s'il devait défendre son honneur.

     Lord Dougal était bel et bien un véritable Fer-Né, il n'accepterait jamais que l'on puisse envisager qu'il doute de son peuple et de ses victoires, ce serait comme d'être considéré comme un traitre ou même pire, que les autres lords puissent envisager que le chef de la famille Wynch avait peur. Peur, lui ! C'était ridicule, il craignait bien pour la vie de sa famille et de ses proches, mais en aucun cas il ne craindrait de perdre la vie et chercherait à s'assurer une porte de sortie. Le visage de Dougal s'assombrit alors qu'il fronçait légèrement les sourcils, sa sœur avait touché un point sensible, elle devait savoir qu'il n'accepterait pas de voir le déshonneur tomber sur sa famille comme une chape de plomb. Il avait assuré à leur père qu'il serait digne de la charge qui lui incombait, ce n'était pas pour le décevoir après sa mort ! Alors que sa cadette continuait son argumentation plus que réfléchie, il se redressa sur son séant, l'observant avec sérieux alors qu'elle abordait le sujet du Conflans, avançant le fait qu'ils pourraient imaginer que les Fer-Nés n'étaient pas aussi sûrs d'eux qu'ils voulaient le faire croire. Cela, il pouvait y répondre sans peine, mais l'honneur de leur nom, c'était autre chose. Voyant l'occasion de reprendre le dessus pendant un bref instant, il s'y risqua.

     « La famille de mon épouse m'a demandé de veiller à sa santé, ils comprendraient que je cherche à vous mettre en sécurité pour éviter que vous ne soyez victimes de l'avidité de nos compatriotes. Ils savent bien que les Fer-Nés ne connaissent pas la peur, je doute qu'ils envisagent que cela puisse avoir un lien avec une possible défaite. Si tel était le cas, je me chargerait de leur prouver le contraire. »

     Le jeune lord se redressa pour de bon, se levant de toute sa taille avant de s'éloigner de quelques pas de son siège pour s'approcher de la fenêtre par laquelle il regardait juste avant l'arrivée de sa sœur. Elle lui était précieuse, bien plus que tout ce qu'il pouvait posséder, mais en tant que chef de la maison Wynch, il devait penser à l'héritage qu'il allait donner à son fils, à cet honneur qu'était le fait de pouvoir porter un tel nom. Dougal n'avait tout simplement pas le droit de laisser la possibilité aux autres vassaux, de traîner son nom dans sa boue. Un nom entaché ne brillait jamais plus de la même manière qu'auparavant, si jamais il faisait la bêtise de se laisser avoir par son envie de protéger les siens, il aurait toute sa vie pour le regretter. À moins qu'elle ne soit raccourcie en même temps que sa personne. Un bref soupir passa la barrière de ses lèvres, il commença à parler sans se retourner, comme si le fait que sa sœur ne puisse par le voir lui permettrait d'être plus convaincant.

     « Tu as parfaitement raison, j'y avais longuement songé, mais je n'envisageait pas les choses de manière aussi grave. Peut-être bien que mon envie de te protéger m'aura rendu aveugle ! Il est vrai que ton départ ne me permettra pas forcément de mettre notre maison à l'abri, le danger risque d'être bien plus grand si nos voisins l'apprennent. »

     Un moment de silence passa alors que lord Dougal observa les vagues qui se brisaient sur les rochers polis par l'eau de mer, c'était une décision plutôt difficile à prendre, mais il était satisfait d'en avoir parlé directement avec sa sœur, au moins elle avait pu démontrer une réflexion et une intelligence qu'il connaissait, mais n'avait jamais eu l'occasion de tester en personne. Après quelques instants, il se retourna pour faire face à la jeune femme avant de reprendre la parole.

     « Tu as su trouver les mots juste, j'imagine que cela ne peut que me convaincre de te laisser rester ici. Le nom de notre maison ne doit pas être sali, tu as raison, ta présence ici fera courir moins de risque à nos possessions que si tu allais sur le continent. Il hocha la tête. Tu as gagné ma sœur, tu pourras aller dire toi-même à tes belles-sœurs que tu as réussi à me convaincre, à moins que tu ne préfères que je le demande à une servante. »


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Message Sam 27 Aoû 2011 - 8:37

Si je suis contente qu’il se range à mon point de vue, j’aurais préféré avoir tord. Il avait bien assez de souci avec les projets de pillages de Dagon Greyjoy, avec ceux d’invasion de la part de Westeros sans que s’y ajoute encore des querelles intrinsèques entre vassaux Fer-Nés. Malgré tout, je suis soulagée qu’il renonce à m’envoyer dans les Conflans pour me protéger. Je n’ai rien à y faire, sinon passer pour une arriérée aux yeux de ces gens-là. J’aime ma mère mais je ne la considère pas autrement qu’en Fer-Née. Tous les autres ne sont que des hypocrites qui nous considèrent comme cafards inutiles, s’imaginent meilleurs que nous !

La vérité, c’est qu’ils ne nous connaissent pas, ne savent rien de notre quotidien. Là où ils ont de vertes vallées, des forêts riches en gibier, des champs de blé, d’orge et autres céréales, nous n’avons que des déserts d’herbes sèches et de pierres, des mines à exploiter et la mer pour nous entourer. Chaque jour ou presque, un homme, une femme ou un enfant est enterré, vaincu par l’âpreté de notre existence, par la faim ou l’effort. Sans les pillages, nous ne survivrions pas. Sans les serfs, nous ne serions pas assez nombreux pour extraire les minerais de métaux. Quoi que ces gens-là puissent en penser, c’est une nécessité pour notre peuple. Aucun Fer-Né digne de ce nom ne voudrait vivre ailleurs.

Aussi insensé que cela puisse sembler à ceux de Westeros, il y a plus d’honneur à batailler chaque jour pour sa survie que de se prélasser oisivement entre deux attaques de Fer-Nés. Quand vient la nuit, nous savons pourquoi nous sommes fatigués. Eux ne le sont que d’ennui ! Lorsque Dougal se tourne vers moi pour me dire que j’ai gagné, j’ai la victoire modeste. Tôt ou tard, il serait lui-même arrivé à cette même conclusion et aurait renoncé à son projet. Il me laisse le choix d’annoncer à mes belles-sœurs qu’il est inutile de préparer leurs malles mais je préfère qu’une servante s’en charge. Aylin et Regina ont sans doute argumenté de leurs côtés aussi en apprenant sa décision. Il ne leur plairait pas de savoir que Dougal m’a écouté quand il a sans doute balayé rapidement leurs protestations, encore moins de savoir que la sœur à plus de poids que la femme ou la belle-sœur alors qu’elle n’est à leurs yeux qu’une enfant encore.

Si je n’aurais pas de mal à affronter mes belles-sœurs, je ne vois pas l’utilité de faire naître un conflit entre nous pour quelque chose d’aussi insignifiant. Comme je ne vois pas l’utilité de faire perdre la face à Dougal devant les deux femmes. A mon sens, il doit rester maître de sa demeure et nul n’a besoin de savoir qu’il se range, parfois, à l’avis de sa sœur. Je me contente de le remercier, apposant un baiser sur sa joue après m’être levée, avant de prendre congé. Evitant la grande salle, je sors de la maison par les escaliers des serviteurs et emprunte la porte des cuisines pour retrouver l’air frais.

Dans quelques semaines, peut-être plus, des voiles se gonfleraient du vent marin, menaçant nos côtes. Nul ne pouvait prédire quelles seraient les intentions des ennemis, quelles seraient leurs exactions à l’égard des Fer-Nés, mais il y aurait des batailles, la mer se teinterait de rouge sang probablement. Des heures aussi sombres que les nuages qui s’amoncellent au loin s’annoncent et je tiens à être présente quand elles s’écouleront. Je n’ai ni la force ni l’habileté de me battre mais si Holt de Fer vient à être menacé, je veux pouvoir soutenir mes frères et le défendre moi aussi, tant bien que mal. Quoi que si le Dieu Noyé nous protège, Dagon Greyjoy et ses boutres auront coulés nombres de bateaux et d’ennemis avant qu’ils n’aient fait qu’entrevoir nos côtes rocailleuses.
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