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Entre père et fils [Pv Maron Martell]

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Message Mer 10 Aoû 2011 - 10:16

Si les bibliothèques de château connaissaient le plus souvent la présence des mestres et de leurs apprentis, dans la demeure familiale des Martell de Dorne le jeune Trystan pouvait se vanter d’y régner au même égard que le vieil homme qui servait en qualité de Mestre. L’allure fatiguée et la peau craquelée en un vaste réseau de rides soucieuses, récompenses de longues années de service, le mestre observait d’un air discret le jeune prince absorbé dans ses lectures. Il ne pu s’empêcher d’éprouver une bouffée de fierté à voir ainsi son jeune élève se plonger dans l’étude. Un goût que visiblement était loin de partager le reste de sa famille ou encore ce protecteur grossier. Une mine réprobatrice apparue sur le visage du vieil homme alors qu’il le surprenait en train d’aiguiser une dague. Le vieux mestre comprenait l’utilité du métier des armes et pouvait en saisir en partie la noblesse, mais voir la présence d’instruments de morts en de tels lieux avait le don de le hérisser. Il ne se sentait néanmoins pas davantage de force que de courage pour réprimander le géant. Quelle influence allait avoir ce personnage sur son si précieux et si prometteur disciple ? Il s’était pris d’affection pour ce petit prince, un jeune garçon prometteur ça oui. Sa curiosité n’avait d’égale que son ingéniosité et son sens inné de l’apprentissage. Tel un papier buvard, ce petit bout d’homme se taisait, écoutait, comprenait et s’appliquait.

Si le mestre n’avait jamais eu à se vanter de quoique ce fut dans sa vie, c’était d’avoir pu faire profiter son savoir à un esprit aussi ouvert et fertile. Mais aussi compétent qu’il était, le vieux sage ne pouvait lui apprendre ce qu’il désirait le plus : satisfaire son père. A l’évocation du Prince Maron Martell, il se laissa s’égarer dans ses souvenirs. « Un prédateur » tel était le terme qui s’était imposé à lui lorsqu’il était entré à son service. Le tempérament bouillant, aussi impétueux qu’intelligent et doté d’un sens de l’honneur particulier au Royaume des Sables et qu’il avait appris à connaître. Autant de traits de caractères qu’il peinait encore à voir en son héritier. Là où son noble père se montrait incisif et emporté, le jeune Trystan se démarquait par un calme et une prise de recul qui ne seyait guère à un enfant de son âge. Si différents l’un de l’autre, et pourtant c’était à ce même garçon qu’il allait revenir la lourde tâche de prendre le flambeau de la Maison Martell. A le voir s’imposer jour après jour de son propre chef études et exercices, le vieux mestre avait fini par comprendre que l’enfant était pleinement conscient de ce fardeau. Il était pourtant si jeune…la nature des choses est parfois bien cruel songea-t-il dans un soupir.

Le bruit métallique du frottement de l’acier le tira de ses songes de vieillards. Il devait être le temps à présent jugea-t-il en se levant pesamment. Rabattant un pan de ses lourdes robes par trop encombrantes et étouffantes pour le climat aride de Dorne, il se dirigea à pas feutrés vers l’enfant et lui apposa une main chaleureuse sur l’épaule, tout en lui accordant son sourire le plus affable.

-Il est temps mon prince.

Le ton n’était ni trop protocolaire ni trop familier, mais il réussit à faire jaillir l’habituel sourire goguenard du garde du corps qui rengaina sa dague avant de se mettre sur ses pieds. Le prince ferma l’ouvrage qu’il lisait d’un geste sec et leva ses yeux vers son précepteur. Les troublantes prunelles indigo croisèrent les yeux fatigués du vieil homme qui se surprit à retenir son souffle. Il avait bien affaire ici autant au sang du dragon qu’à celui des Rhoynar, en quoi se transformerait-il une fois atteint l’âge adulte s’interrogea-t-il. Le jeune Trystan lissa sa tunique et s’essayant à la mine résolue et répondit d’un ton neutre.

-Très bien, je m’en vais gagner la cour, j’espère être de retour à temps pour la leçon mestre.

Le mestre acquiesça en silence et le suivit du regard s’éloigner, son éternel garde du corps sur les talons. Il s’en allait subir son habituelle séance d’entraînement aux armes avec comme adversaire non moins que son père en personne. Si le vieux sage le plaignait secrètement, le jeune héritier de Lancehélion lui attendait cette rencontre-une fois n’est pas coutume-avec une certaine impatience. Il avait mis plusieurs semaines à mûrir son projet et il tenait là l’occasion de s’adresser à son père de la manière la plus directe qui soit. Soutenu par le désir de ne pas décevoir et l’obstination de l’enfance, il comptait bien faire comprendre à son père qu’il était prêt à devenir un homme véritable à présent. Dix ans était un âge plus que convenable pour devenir écuyer, et s’il goûtait davantage les plaisirs de la solitude et la quiétude d’une bibliothèque, il avait compris que son avenir se trouvait irrémédiablement dans les armes. « Un seigneur et le glaive et le bouclier de son peuple » lui avait dit un jour son père, et les mots continuaient de lui revenir.* Il semblerait que je sois destiné à devenir un guerrier* pensa le jeune garçon alors qu’il dévalait les escaliers vers la cour. Les hautes tours de la forteresse de Lancehélion étaient baignées de soleil et la cour résonnait du fracas des combats.

Il avait arpenté le sable de ces lieux de nombreuses fois depuis sa naissance, subissant les assauts et leçons impitoyables du maître d’arme ou celles plus sévères encore de son noble père. Les plaintes continuelles de sa mère concernant ses nombreuses plaies et contusions n’y faisait rien, il devait être guerrier avant d’être seigneur : un Martell. Cette leçon le prince Maron Martell s’employait à la faire rentrer dans la tête de son fils en le poussant dans ses derniers retranchements. Leurs séances quotidiennes de joute étaient autant prétextes à le jauger qu’à lui enseigner la voie à suivre concernant le chemin des armes. Un Martell se devait d’être rapide, impitoyable et prompt à parer n’importe quelles velléités de l’adversaire. Mais malgré tous ses efforts le jeune prince persistait à privilégier un jugement froid et stratégique alors que son père le poussait à faire confiance à son instinct. Il évacua ses pensées inutiles, tentant de faire le vide comme le lui avait enseigné ses professeurs. Le soleil le frappa en plein visage alors qu’il prenait pied dans la cour extérieure. Quelques hommes d’armes lui firent une brève révérence mais la majorité d’entre eux demeurèrent immobile. Ici le respect se gagnait les armes à la main.

Longeant les galeries extérieures le jeune prince gagna la compagnie du maître d’armes qui l’accueillit avec sa grimace habituelle qui pouvait passer pour un rire. Trystan se laissa docilement enfiler une tunique matelassé et équipé d’un bouclier sur l’avant bras. Les sangles de son vêtement solidement tirées il avait l’impression que le tout lui comprimait autant les bras que la poitrine. Une brusque montée de chaleur l’envahit et son impression coutumière de balourdise lui revint. La lance placée dans sa main droite, il s’essaya à quelques passes dans le vide et éprouva instantanément un inconfort certain. Levant le regard vers ser Devram il s’autorisa une unique lamentation.

-Serais-je un jour capable de me mouvoir aussi aisément que toi ou mon père vêtu comme tel ?

Le géant révéla sa dentition parfaite en un large sourire pour répondre d’une voix où perçait l’amusement.

-Attends d’être vêtu de maille petit prince, mais un jour tout ceci te paraîtra comme une seconde peau et tu viendras à la regretter la nuit venue.

Trystan fit la moue, il ne lui parut pas possible de regretter un instant ce carcan étouffant qui lui enserrait le corps. Comment se sentait-il lui, son père se demanda-t-il. La question s’évanouit dans son esprit lorsque le seigneur de Lancehélion et Prince de Dorne apparu. Il semblait stupide de croire que le prince Maron pu être incommodé par quoique ce soit au combat. Tout d’un coup les belles intentions de Trystan lui apparurent comme une vanité inconsidérée, mais le jeune garçon se contenta de raffermir sa prise sur sa lance. Il comptait lui montrer ce qu’il savait faire à présent et lui parler de son « projet ». Il n’avait pas alimenté sa résolution pour la laisser s’effondrer. Il était prêt : prêt à assumer pleinement son statut, prêt à prendre son essor dans le monde et prêt à se confronter à son père…du moins il l’espérait. La lance à la main, la tête haute, il s’efforça de paraître le plus sûr de lui possible. Il espéra que sa voix ne tremblerait pas.

-Je suis heureux de vous voir père et prêt à vous faire démonstration de mes progrès, s’il vous est aise.

Empoignant la hampe de son arme il adopta une posture d’attente classique, le fer de lance pointé vers son adversaire. Il s’étonna de ne pas ressentir le goût amer de l’appréhension dans sa bouche…du moins pour le moment.
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Maron Martell
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Message Mer 10 Aoû 2011 - 17:41

     Trystan ne l'avait jamais déçu, mais pourtant Maron éprouvait une difficulté certaine à être fier de lui. Oh, ce n'était nullement en raison de son comportement, pour tout dire le jeune Prince était on-ne-peut plus poli. Il prenait toujours tout avec un certain recul, manifestant une patience qui étonnait généralement tous les nobles amenés à le rencontrer, possédait une intelligence qui lui permettait d'acquérir un savoir qu'un jeune garçon de son âge n'avait normalement pas, en somme, il représentait le fils par excellence. Pourtant le Prince suzerain de Dorne ne pouvait s'empêcher de ressentir une vague déception chaque fois qu'il posait ses yeux d'ébènes sur la silhouette de son fils, son épouse l'avait d'ailleurs constaté puisqu'elle lui avait demandé ce qui le troublait à ce point. Maron se serait bien confié à Daenerys, mais elle ne pouvait comprendre la manière de penser de son époux, elle était née Targaryen et même si elle portait aujourd'hui le nom des Martell, ce n'était pas une fille du sable, un autre sang coulait dans ses veines. Comment expliquer à cette femme que son fils lui ressemblait trop et que cela le décevait ? Elle aurait été vexée d'apprendre que le Prince se désolait de le voir devenir de plus en plus comme sa mère, c'était une conversation qui n'apporterait rien de bon. C'est pour cette raison qu'il avait évité la discussion stérile en lui expliquant qu'il était tracassé par des détails insignifiants pour elle, puis lui avait conseillé d'aller voir ce que Nymeria faisant puisque des cris dignes d'une Amazone provenait de sa chambre.

     Maron avait trouvé la bonne oreille en la personne de sa jeune sœur, Dorea, qui faisait plus office d'une seconde mère pour Trystan que d'une véritable tante. La jeune lady avait grandi avec ses deux frères au sang assez chaud pour réchauffer le sable du désert, principalement celui de Doran qui n'hésitait pas à étriper les malheureux qui oseraient railler son goût pour les catins, elle était donc parfaitement à même de comprendre les doutes de son aîné. Le Prince devait rejoindre son fils quelques instants après pour lui donner son entraînement du jour, Dorea s'était donc approchée de son frère pour l'aider à passer la légère tenue qu'il arborait lorsqu'il s'entrainait, tandis que de son côté, il lui expliquait la raison de sa déception grandissante.

     ▬ Il ressemble de plus en plus à un Targaryen Dorea, j'en viens des fois à me demander s'il a quoi que ce soit de moi. » Elle rigola légèrement.
     ▬ Serais-tu en train de soupçonner ta femme de t'être infidèle mon frère ? » Il secoua la tête sans même la regarder.
     ▬ Tu sais très bien ce que je veux dire. » Elle soupira légèrement.
     ▬ Je sais surtout que tu as bien tort mon frère, lorsque je regarde Trystan je te vois toi, ce n'est nullement parce qu'il n'égorge pas tous les jeunes gens qui lui manquent de respect qu'il n'a pas le sang Martell dans les veines. » Il se retourna cette fois-ci pour la regarder quelques instants. Habituée à ce qu'il la dévisage, la jeune femme ne bougea pas, attendant la moindre réaction de son aîné.
     ▬ Je le sais, mais il faut le réveiller, qu'arriverait-il si demain je venais à mourir et que Trystan devait prendre ma place ? » Elle haussa les épaules.
     ▬ Les Targaryen sont de bons Rois depuis plusieurs générations, pour quelles raisons t'inquiète-tu du fait que ton fils leur ressemble autant ? » Maron attrapa la lance que Dorea lui tendait.
     ▬ Ce sont les Martell qui gouvernent Dorne et il en restera ainsi pendant les siècles qui suivent. »

     Elle afficha un sourire amusé alors qu'il se détournait, signe que leur conversation était close, puis il s'éloigna dans le couloir menant à la salle où Trystan devait se trouver. Des doutes, toujours des doutes, il avait imaginé qu'ils s'envoleraient avec la naissance de son héritier, mais désormais il n'en était plus aussi sûr. Trystan était un bon fils, mais Maron rêvait de le voir devenir aussi impulsif que lu, ce trait de caractère qui avait d'abord effrayé son épouse et qu'elle appréciait désormais à sa manière. Le jeune Prince était déjà là lorsque Maron arriva, tenant sa lance en adoptant une attitude qui se voulait à l'aise, mais qui ne trompait pas un œil entraîné comme le sien. Une brève déception le submergea une fois de plus, combien de fois son épouse lui avait répété qu'il était bien trop exigeant envers leur fils ? Il y a de quoi l'être lorsque l'on connaissait les responsabilités qui pèseraient bientôt sur ses trop frêles épaules. Le jeune garçon le salua avant d'adopter une attitude d'attente, puis Maron hocha la tête sans quitter son expression sévère qui avait le don d'effrayer les nobles les moins courageux.

     ▬ Je demande à voir cela, j'espère que tu auras progressé depuis notre dernier entraînement. »

     Aucune parole douce, aucun sourire, il restait lui-même et cherchait à durcir son fils, l'aider à se forger une carapace. Il reprochait quotidiennement à Daenerys de ramollir leur fils en le câlinant à tout bout de champ, ce n'était pas pour rien qu'elle n'assistait pas à leurs entraînements, Maron le lui avait formellement interdit. Le Prince opta pour une position de combat traditionnelle, utilisant alors sa lance pour repousser celle de Trystan, plus doucement qu'avec un adulte bien évidemment, mais assez brutalement pour le mettre dans en condition. Il fallait qu'il prenne les devants, qu'il se débrouille pour prendre des initiatives et fasse comprendre à son adversaire et père qu'il pouvait aussi mordre. Maron n'allait pas le ménager une fois de plus, même si son fils devait avoir quelques bleus suite à cela.

     ▬ Allons, un peu de hargne que diable, tu ne vas pas réussir à impressionner ton adversaire simplement en te défendant. Montre-moi que tu es capable d'attaquer aussi. »

     Il fallait considérer la lance comme une extension directe de son corps, tout comme le bouclier, les lanciers de Dorne étaient réputés de part le monde, Trystan devait devenir le meilleur qui soit, meilleur que son père même. Il avait l'avantage d'être appliqué et de savoir correctement mettre en œuvre des conseils apportés par son maître d'armes, mais tout ne se passait pas dans l'esprit, il fallait comprendre son instinct et agir en fonction de ce que l'on ressentait. C'était ce qui lui faisait cruellement défaut, l'instinct, le fait de faire confiance à son caractère, Trystan comptait trop sur les faits. Maron se déplaça latéralement pour obliger son fils à faire de même, bouger lorsqu'on était équipé n'était pas toujours très aisé, mais Trystan devait apprendre à ressentir la fatigue liée à l'équipement comme quelque chose de normal. Testant de temps en temps la défense de son enfant avec de légères incursions, il décida lui prodigua de nouveaux conseils, le tout d'un ton sévère et exigeant.

     ▬ Cesse de trop réfléchir Trystan si tu as la tête remplie de pensées inutiles, tu bloques ton instinct, essaye donc d'apprendre à le comprendre. Un bon combattant ne l'est que s'il sait comprendre son corps, tu dois sentir la fatigue et t'y habituer, tout comme tu dois comprendre lorsque ton esprit te dit que le bon moment est arrivé. »

     Nouvelle « attaque » alors qu'il fit claquer sa lance contre celle de Trystan, ne lui laissant que très peu de secondes de répit avant de faire une nouvelle incursion. Harceler son adversaire, ne lui laisser que très peu de temps pour se reposer, habituellement Maron ne discutait jamais pendant les combats, mais il devait donner les conseils utiles au développement de son fils. Trystan était un bon lancier, à ce niveau son père était fier de lui, il savait combattre, mais il lui manquait la même hargne que dans son comportement général. Malgré les multiples tentatives de Daenerys à pousser son époux à accorder des « vacances » à leur fils, il n'avait jamais cédé, lui faisait bien comprendre que l'éducation martiale de son fils lui revenait. Elle de son côté était parfaitement satisfaite de ses manières de noble, mais cela ne faisait pas un Prince. Après avoir une nouvelle fois attaqué Trystan qui exposait trop son flanc, Maron reprit la parole d'un ton légèrement agacé.

     ▬ Ton flanc Trystan, est-ce que tu veux te faire ouvrir comme un poisson ? Est-ce que tu as entendu ce que je viens de te dire ? Il s'immobilisa un instant, puis reprit sa position de défense non sans ajouter quelques mots. Des fois je me demande bien ce qui peut occuper ton esprit à ce point, j'espère que cela en vaut la peine. »



« Il faut endosser ses erreurs comme on endosse ses vertus... avec fierté ! Et transformer, en avantages, les conséquences d'une faute. »
«
La vraie passion c'est une quête, pas une impulsion, un emportement, un instinct de chasseur. »


Dernière édition par Maron Martell le Ven 12 Aoû 2011 - 12:40, édité 3 fois
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Message Jeu 11 Aoû 2011 - 20:16

Le Prince Maron Martell fut fidèle à lui-même. Sans s’offrir le loisir de s’appesantir plus longtemps en palabres inutiles les coups commencèrent à pleuvoir. Trystan était coutumier de ces attaques subites et imprévues, aussi réussit-il à tenir une garde solide. Il n’eut pas le temps de se formaliser de la froideur habituelle de son auguste père, tout occupé à se garder du danger que représentaient les piques précises et mortelles de son adversaire. Son assurance commença à fondre comme glace au soleil, et le jeune garçon se mordit la lèvre en songeant à l’arrogance dont il avait fait preuve en croyant possible de tenir tête à son père. Ses pieds soulevaient la poussière au fur et à mesure qu’il reculait, essayant tant bien que mal de conserver des appuis solides pour ne pas se laisser déstabiliser. Malmené de corps et d’esprit, il essaya de concilier l’ensemble des leçons qu’on lui avait apprises. Les passes se succédèrent et en quelques instants une fine pellicule de sueur baignait le visage du garçon. Les mains endoloris d’empoigner la hampe de son arme de toutes ses forces, le jeune héritier de Lancehélion pouvait sentir les vibrations provoquées par les chocs incessants de l’arme de son père frappant contre la sienne. Fronçant les sourcils, concentré, il calqua du mieux qu’il pu ses mouvements sur ceux de son opposant.

Le Prince le testait et il faisait de son mieux pour répondre à ses attentes. Mais « faire de son mieux » n’était pas ce qu’attendait le seigneur et maître de Dorne. Bon n’était pas suffisant pour un Martell, on ne demandait de lui pas moins que l’excellence. Son adversaire le lui fit une nouvelle fois comprendre en poussant en avant avec une autre botte. Embourbé dans ses vêtements le jeune Prince dévia in extremis une énième tentative de percer sa garde. Les paroles et réprimandes sévères dont l’abreuvaient son père étaient autant de coups durs à encaisser. Trystan savait parfaitement ce qu’il désirait mais il n’y avait aucune « hargne » tant sollicitée dans son esprit. Un vague tournis et un feu dévorant brûlant ses poumons en manque d’oxygène, c’était là les seules sensations qu’il pouvait ressentir avec intensité. Les remarques acerbes de son père n’aboutissaient qu’au seul résultat d’aggraver son malaise. Laissant son corps se fier aux automatismes qu’il avait appris dans la douleur auprès de son maître d’arme, il tenta quelques brèves et timides contre-attaques. Poussant en avant il ne réussit qu’à effleurer son adversaire qui aussi agile qu’un chat lui faisait payer son intrépidité en le malmenant de nouveau.

Profitant d’un bref temps de répit il inspira une grande goulée d’air tiède. Son erreur grossière lui coûta un coup sec sur le flanc. La réprimande ne se fit pas attendre et Trystan sentit le rouge lui monter aux joues. Il pouvait sentir le mordant de l’exaspération du Prince de Dorne, aussi tranchant que le fil d’une lame acérée. Le jeune prince se refusa néanmoins à s’appesantir sur son sort ou à s’apitoyer, il n’était pas de ceux-là. Les yeux fixés sur son père, le guerrier l’attendait dans une parfaite position de défense, comme une invitation. Celui-ci avait lu en lui comme dans un livre ouvert. Il avait fait son possible pour masquer sa nervosité et ses préoccupations, mais son manque de concentration était des plus flagrants. Devait-il lui en parler maintenant, alors qu’il paraissait plus déçu que jamais ? Non. Il viendrait à lui en Martell, la tête haute et l’arme au poing, pas en gosse penaud et larmoyant. Si lui-même admettait être dépourvu de ce sang-chaud que son père demandait tant, il avait sa fierté. Pas celle de sa famille, pas celle du sang, celle de Trystan Martell.

-La seule chose qui m’occupe l’esprit est la façon de vous vaincre père. Je n’aurais pas d’autre pensée avant de vous avoir atteint.

L’enfant fit tournoyer la hampe de son arme dans une démonstration parfaite de contrôle et de dextérité afin d’adopter une position haute. Son seul avantage résidait dans sa petite taille. « Plus la cible est mouvante et petite, plus dur il sera de l’atteindre » lui répétait ser Devram en se moquant de lui. La plaisanterie allait peut être trouvé tout son sens ici. Trystan n’avait peut être pas la rage de son père, ni son habilité ou encore son expérience, mais il avait pour lui des heures et des heures d’observation et d’exercice patients. Ce qui était encore loin du compte si on tentait la comparaison avec son adversaire, mais débutant ça il ne l’était pas. Il attaqua de front en maintenant son arme en position haute, visant la poitrine adverse. En deux foulées rapides il allait parvenir au contact. Déjà le fer de lance du Prince de Dorne fusait pour le contrer mais il ne rencontra que son bouclier. Déployant une force qu’il ne se connaissait pas, le jeune héritier de Lancehélion s’ouvrit une faille en dégageant l’obstacle que constituait la lance de son opposant d’un coup de bouclier rageur.

Il avait champ libre à présent, et en bon élève il changea au dernier moment la position de sa lance pour l’orienter vers les jambes. Alors que le bois sec de sa lance d’entraînement filait à travers le vent, il pouvait entendre la voix rocailleuse de son père qui murmurait à son oreille. « Privé de jambes pour courir et de bras pour combattre, que reste-t-il à l’ennemi pour contre-attaquer ? », Trystan connaissait la réponse : rien. Le regard fixé vers les jambes robustes emmaillotées dans des jambières de cuirs, il pouvait déjà sentir la secousse qui lui remontrerait le bras lorsqu’il atteindrait sa cible. Il n’avait pas besoin de percer ou de faire couler le sang, une simple touche était suffisante pour signifier sa victoire. Mais était-ce si simple ? Inconsciemment le jeune lancier s’attendait à tout moment à sentir le fracas d’une riposte sévère claquer contre son crâne. Mais rien ne venait et sa lance fonçait toujours. Le temps n’avait plus d’importance, il avait cessé même d’exister. En cet instant une simple et unique pensée résonnait dans sa tête : *je suis prêt*.
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Maron Martell
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Message Ven 12 Aoû 2011 - 12:36

     Maron attendait beaucoup de son fils, celui-ci se montrait généralement toujours désireux d'être à la hauteur des attentes de son père, mais jusqu'à ce jour il n'y était jamais entièrement parvenu. Son père avait de même avec lui, lui faisant très clairement comprendre qu'il ne parviendrait à être digne du titre de Prince, que lorsqu'il aurait réussi à faire l'impossible. Demander beaucoup d'une personne la poussait forcément à se dépasser. Poser des limites faciles à atteindre ne servait strictement à rien, la personne jaugée se contentait de faire ce qui était à sa portée et non de chercher à faire plus, les gens se contentaient de ce qu'ils savaient faire, ce n'était pas envisageable pour un futur dirigeant de Dorne. Maron était très dur avec son fils parce qu'il devait se forger une carapace pouvant résister à toutes les épreuves qu'il aurait à traverser, l'habituer dès sa plus tendre enfance à tenter d'atteindre la lune, lui permettrait plus tard d'être très exigeant avec lui-même. Les nobles vassaux des Martell attendaient le moindre faux-pas de Maron pour lui sauter dessus, Trystan subirait les mêmes assauts, les tentatives des Ferboys et de leurs voisins de renverser le pouvoir, les décisions difficiles à prendre, puis évidemment, l'éducation du futur Prince suzerain. En se montrant aussi exigeant avec lui, son père cherchait simplement à lui faciliter la vie, mais même un enfant aussi intelligent que Trystan ne devait pas comprendre le comportement aussi distant de son père. Personne ne le comprenait, sauf Maron lui-même et c'était l'essentiel. Plus tard, son fils lui en serait redevable, il n'avait pas le moindre doute à ce sujet.

     L'attitude de Trystan changea légèrement, il répondit quelque chose qui plut à son père, c'était une bonne chose, le vaincre ne serait pas une mince affaire puisque Maron avait l'avantage de l'âge, de la force et de l'expérience, mais c'était un objectif qui le ferait se dépasser, le Prince sentit une pointe de fierté pointer dans son coeur. Son cas n'était peut-être pas totalement désespéré. Le jeune garçon commençait à fatiguer avec l'équipement qu'il portait sur lui, la chaleur toujours aussi présente de Dorne n'améliorait pas son état, mais il devait prendre le soleil et la chaleur comme son allié et non son ennemi, leur blason n'en était-il pas la preuve ? Les Martell domptaient le soleil, il en serait toujours ainsi. La lance du jeune Prince se mouva d'un geste parfait qui plut une fois de plus à Maron, il ne manquait qu'une pincée de hargne pour rendre le tout parfait. Lorsque Trystan attaqua, son père bougea sa lance de manière à le bloquer, mais le jeune garçon avait placé son bouclier de manière à parer la défense de sa cible, une très bonne technique qui alliait à la fois l'attaque et la défense, il mettait en pratique son savoir, c'était une excellente chose. Le coup de bouclier de Trystan libéra un passage qu'il emprunta aussitôt pour viser son père à l'aide de sa lance et Maron se décida en un battement de paupières. Il pouvait soit se servir de son bouclier pour viser le casque de son fils et ainsi le sonner passablement, juste assez pour se dégager, soit il pouvait le laisser le toucher tout en le visant lui-même aux endroits qu'il exposait pour tenter son attaque. Le Prince appréciait l'effort de son fils et opta donc pour la seconde option. La pointe de lance de Trystan était entrée en contact avec l'armure de son père, c'était un entraînement et les armes étaient émoussées de sorte à ne pas blesser les combattants, Maron ne fut donc pas blessé.

     ▬ Bonne technique, mais tu t'exposes pour ce faire. »

     Au même moment, le jeune garçon dû sentir une pression contre sa nuque. Trystan était plus petit, c'était ce qui lui permettait cette attaque, mais en utilisant son arme pour blesser l'adversaire et son bouclier pour dégager la voie, il avait pris le risque d'exposer les parties de son corps qui n'étaient pas protégées par une armure. Maron avait profité de sa taille – tout comme son fils – pour faire passer sa lance sur le côté et la ramener vers lui de manière à pouvoir cibler la partie arrière de son enfant. Après une légère pression sur la peau du jeune garçon, le Prince retira son arme et recula d'un pas pour se libérer lui-même de l'attaque de son adversaire.

     ▬ Tu vois que tu possèdes aussi une hargne, mais qui dit instinct ne dit pas non plus imprudence. Tu as eu une bonne idée en usant de ta taille pour blesser ton adversaire, dans un véritable combat j'aurais certainement été dans l'incapacité de bouger la jambe, mais j'aurais eu l'occasion de te tuer si j'en avais éprouvé le désir. »

     Les choses étaient claires, Maron était satisfait de l'idée de son fils, bien que son ton posé et toujours aussi distant ne le montrait pas. Son expression n'avait pas bougée d'un cil, il gardait son masque impassible qu'il revêtait chaque fois qu'il entraînait Trystan. L'enfant n'avait certainement jamais entendu de compliment sortir de la bouche de son paternel, il fallait avouer que le Prince était partisan de l'éducation rude, considérant que faire des éloges de quelqu'un n'améliorait en rien ses capacités. En soulignant les défauts, Maron cherchait à montrer qu'il restait encore beaucoup de points à améliorer. Toutefois, pour avoir lui-même été confronté à un tel comportement, le dirigeant de Dorne savait bien qu'à force de ne recevoir que des reproches, l'on en venait à ne plus avoir de motivation. C'est bien pour cela qu'il ajouta quelques mots que l'on pouvait associer à une sorte de compliment, bien que sortant de la bouche de Maron, cela ressemblait plus à une simple remarque. Trystan savait ce à quoi s'attendre avec son père, il saurait que c'était de bonne augure pour lui, même si le ton restait toujours aussi rude.

     ▬ Enfin, tu as vu l'ouverture et tu as su en tirer partie, sans compter que tu es parvenu à repousser ma lance, peut-être que nous parviendrons à éveiller ta hargne un jour. »

     Aucun doute que si la mère du jeune garçon avait été là, il aurait été applaudit et serré dans ses bras, c'était bien pour ça que Maron était heureux de la savoir avec les autres femmes en train de discuter de choses et d'autres. Le Prince observa un bref instant son fils, habituellement il refusait que celui-ci se repose avant la fin totale de leur entraînement, mais il avait fait un bon effort, même s'il ne souhaitait pas que le jeune garçon ne se repose sur ses lauriers, il décida toutefois de lui accorder une brève pause. Quelque chose lui disait que Trystan n'était pas tout à fait comme à l'accoutumée, le simple fait que ce soit la première fois qu'il parvienne à la toucher le montrait bien. Est-ce que son désir s'était réalisé ? Les dieux auraient-ils entendu sa prière ? C'était une chose envisageable, quoi qu'il en soit, le Prince était bien décidé à découvrir le fin mot de l'histoire. Il fit signe à son fils qu'il pouvait se reposer un peu.

     ▬ Tu peux prendre un peu de repos Trystan, mais ne te débarrasse pas de ton équipement, il faut que tu apprennes à le supporter et à le considérer comme une partie de toi-même. »

     Le père de Maron était bien plus dur à ce niveau, il avait obligé son fils à dormir avec des parties de son armure pendant plusieurs semaines, jusqu'à ce qu'il soit capable de la considérer comme une seconde peau. Les lanciers devaient être légers et agiles, ils ne pouvaient pas avoir de grosses armures trop lourdes et trop handicapantes, par conséquent leur agilité était très importante. Seulement quelqu'un qui ne se sentait pas à l'aise dans sa tenue ne le serait jamais parfaitement. Comme toujours, en agissant aussi durement, Maron ne pensait qu'au bien de son héritier. Restant debout, le Prince posa le bout de sa lance sur le sol à côté de lui avant de poser ses yeux de jais sur le visage plein de sueur de son fils.

     ▬ Te serais-tu réveillé ce matin en décidant de me battre, ou quelque chose d'autre te motiverait-il autant ? »



« Il faut endosser ses erreurs comme on endosse ses vertus... avec fierté ! Et transformer, en avantages, les conséquences d'une faute. »
«
La vraie passion c'est une quête, pas une impulsion, un emportement, un instinct de chasseur. »


Dernière édition par Maron Martell le Sam 13 Aoû 2011 - 12:40, édité 1 fois
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Message Ven 12 Aoû 2011 - 16:30

Il l’avait fait. Trystan était trop ébahit pour se réjouir véritablement. Son triomphe soudain fut néanmoins de courte durée. En dépit de la chaleur torride qui régnait le contact léger de la lance de son père avec sa nuque exposée fut aussi glacée qu’un torrent. Les mâchoires du jeune garçon se resserrèrent instantanément et les yeux fermés il attendit la prochaine remontrance qui n’allait pas tarder à arriver. C’était stupide…même de sa part. Il avait sacrifié sa garde et son équilibre pour s’offrir une simple touche, tout aussi mortel qu’elle aurait pu se révéler. « Le véritable vainqueur du combat est celui qui est vivant à la fin de la bataille. » pouvait-il entendre penser le maître d’arme qui les observait un air inexpressif peint sur son visage rude, or il n’y avait pas besoin d’une grande imagination pour savoir ce qui se serait produit dans un véritable combat. Le petit prince déglutit difficilement en songeant à son corps désarticulé, l’épine dorsale sectionné, tombant au sol pour se vider lentement et misérablement de son sang. La vision, même imaginaire, le fit frémir et il en ressentit une vague honte. Il espéra qu’au milieu des mèches éparses et rebelles qui s’épanouissaient sur son visage, son père ne devinerait pas son malaise et son embarras. Celui-ci la lance toujours en main semblait le jauger du regard et son fils attendait son jugement, comme toujours. Trystan serra la hampe de son arme plus que de rigueur lorsqu’il entendit les paroles du Prince Maron Martell.

Peut être que l’effort avait troublé ses sens où bien son père le complimentait réellement ? Davantage que son maigre succès le discours que tenait son auguste père était bien plus enivrant et difficile à croire. C’était presque à croire qu’il…oui…il semblait fier ! L’héritier de Lancehélion tenta du mieux qu’il pu de ne pas laisser voir sa joie ou de révéler trop ouvertement son sourire, le Prince de Dorne n’était pas connu pour aimer les comportements par trop expansifs. Trystan se sentait néanmoins plus léger au fur et à mesure que les paroles lui parvenaient aux oreilles. Inconsciemment il gonflait le torse et acquiesçait à chacun des mots de son père. Oui, il était sur le bon chemin, il devait continuer à avancer pas à pas mais sans arrogance. Il ne pensait pas avoir fait preuve de cette « hargne » que le maître de la maison Martell attendait tellement, mais celui-ci avait visiblement jugé son exploit comme suffisamment remarquable pour lui accorder un temps de repos. Tous ces compliments et cette sollicitude inhabituelle achevèrent de mettre le jeune garçon dans la gêne. Une chaleur inhabituelle s’était emparée de lui et elle n’était pas uniquement due à l’inconfortable équipement sur son dos, et qu’on lui ordonnait visiblement de conserver.

C’était là la moindre des incommodités à suivre au vu des compliments qu’il venait de recevoir. Suscité un brin de fierté au Prince de Dorne n’était pas un exploit qu’il était prêt à obscurcir par des protestations gamines. Il se contenta donc de se débarrasser de sa lance que son protecteur récupéra tandis qu’il se frictionnait les mains. Il comprenait, malgré son âge il lui semblait comprendre. Stupide était celui qui pensait que gouverner était chose aisé, mestre Lucan lui avait répété qu’un Royaume aussi rude et dur que Dorne nécessitait une poigne tout aussi ferme pour le mener. Les Martell n’avaient jamais failli en des siècles de gouvernance, pas même lorsque les Dragons étaient venus pour ravager Westeros. « Indomptable.Inflexible.Intact » jamais Maison ne fut plus fidèle à sa devise, mais cette fidélité n’allait pas sans sacrifice. Son père parlait peu de son propre passé mais l’esprit juvénile de Trystan devinait ce qu’il avait dû endurer. Il aurait été mensonger de nier que le comportement de son père à son égard lui était indifférent, mais il savait qu’il n’avait pas le choix. Il devait se montrer dur pour qu’à son tour son fils soit armé pour affronter ce qui l’attendait.

Qu’il était brave son père, ses prunelles d’onyx fixées sur lui il pouvait sentir l’intensité de son regard et tout le poids de ses espérances. Il s’était montré sévère en tout point mais juste. Trystan savait et comprenait. Jamais il ne serrerait son père entre ses bras pour se réjouir de ses caresses chaleureuses comme les autres enfants. Jamais il n’obtiendrait de lui des paroles faciles ou des compliments généreux. Jamais il ne serait objet d’une fierté qu’il n’aurait pas gagné au prix de la sueur et du sang. Il n’était pas destiné à tout ceci : un trône froid et un royaume de sables et de roches à gouverner, voilà ce qui l’attendait. Ni sourire réconfortant, ni main secourable. A mesure que le fardeau de l’héritage prenait de nouveau place sur ses frêles épaules il se sentait comme écrasé. Pouvait-il vraiment le faire ? Sa nature fuyante et timide revint au galop et il se fit violence pour ne pas trembler. Il ne voulait pas de tout ceci mais on n’avait décidé autrement pour lui et il devait s’y soumettre. Le temps était venu d’accepter pleinement son destin et ses responsabilités futur. Il ne resterait pas un enfant pour toujours. La sueur poissait son visage et collait ses cheveux sur son front, le souffle commençait tout juste à lui revenir et ses articulations gémissaient du traitement que la séance d’entraînement intense leur avaient infligé, pourtant jamais il ne s’était sentit plus alerte.

-Je me réveille tous les jours avec le seul désir de vous plaire père, et de me montrer digne des espoirs que vous placez en moi en tant que votre héritier.

Il baissa la tête et espéra que sa voix ne tremblait pas, en tout cas son cœur semblait vouloir jaillir de sa poitrine. Il se tempéra songeant au spectacle qu’il offrait à son père.

-Je suis néanmoins venu à vous avec une conviction père. J’ai conscience de ce que vous attendez de moi, je sais ce dont je suis appelé à devenir. Il viendra un jour où il me faudra siéger à votre place et assumer la responsabilité de gouverner et faire respecter le nom et l’honneur des Martell.

Il avala la bile qui se formait dans sa gorge et dans un élan de courage insensé fixa ses yeux aux reflets indigos si semblables à ceux de sa mère dans celui de son père. Comment réagirait-il ? Les Dorniens étaient farouchement isolationniste et le Prince de Dorne n’écoutait que lui-même, prendrait-il le risque de laisser partir son unique héritier ? Trystan ne se laissa pas davantage le loisir de songer à ces questions et enchaîna.

-Vous m’avez dit un jour qu’un Prince se doit de connaître autant son Royaume que ceux qui y réside, qu’il doit savoir reconnaître ses amis de ses ennemis. Je pense qu’il est temps que j’aille apprendre au-delà des murailles de Lancehélion, comment pourrais-je me comporter en Prince alors que le monde m’est encore inconnu ?

Sa demande paraissait insensée alors qu’il l’exprimait à présent à haute voix. Il ne demandait pas moins que son congé de la tutelle du Prince de Dorne. Mais il savait en son for intérieur qu’il n’y avait plus manière de se rétracter à présent. Mieux, qu’il avait fait le bon choix. En voyant son père traité avec les différents seigneurs de passage à la demeure familiale des Martell il avait compris ce qu’il lui manquait : la connaissance des hommes. Il avait partagé sa vie entre la ville de Lancehélion et les Jardins Aquatiques. Les quelques voyages auxquels il avait participé en compagnie de sa famille à l’intérieur de Dorne n’étaient que de pâles souvenirs dans sa mémoire. Il y avait d’autres Royaume entourant Dorne, comment réagirait ces seigneurs lorsqu’ils devraient traiter avec quelqu’un qu’ils n’avaient jamais vu ? Et lui comment pourrait-il juger ces suzerains de régions qu’il n’avait jamais visité ?

-Je vous demande la permission de parcourir Westeros pour parfaire mon apprentissage père, à mon retour je serai motif de fierté pour vous. Il m’avait semblé savoir que j’avais une tante à Port-Réal, je serais ravis de lui rappeler à votre bon souvenir.

Trystan connaissait les arguments que son père était prêt à lui oppose : il n’était pas encore prêt, il était trop jeune ou encore qui d’autre mieux que lui pouvait parfaire son éducation. Il avait conscience d’être présomptueux dans sa demande, Maron Martell ne pouvait qui plus est que redouter que son fils côtoie plus près que jamais le côté Targaryen de sa famille une fois à Port-Réal.
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Maron Martell
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Message Sam 13 Aoû 2011 - 13:32

     Le désir de plaire, Maron connaissait bien cela, quel enfant ne souhaitait pas plaire à son père ? Lui-même avait été dans le même cas il y a de cela une trentaine d'années, puis il avait encore une fois éprouvé ce besoin lorsqu'on lui avait présenté la femme qui deviendrait son épouse, sans compter qu'il devait sans cesse renouveler ses efforts pour satisfaire ses vassaux. Oui, la vie entière d'un Prince de Dorne était faite de tentatives pour plaire à son entourage, Trystan n'était qu'au début d'un long chemin qui ne serait que plus ardu au fil des années qui passaient. En parler ne servirait à rien, un jeune garçon, même aussi éveillé que l'héritier du Prince suzerain, ne pourrait comprendre quelle était la véritable difficulté de gouverner. Maron n'avait pas cru le Prince Olyvar lorsque celui-ci lui avait expliqué tout ce qui se présenterait à lui, trop persuadé dans la fouge de sa jeunesse, que son père exagérait volontairement les traits de son avenir afin de l'effrayer et de le pousser à s'endurcir. En réalité, désormais il se rendait compte que tout cela n'avait été que la juste vérité, voir même en dessous de la vérité pour certains points depuis que les rivalités avec les Ferboys avaient pris encore plus d'importance.

     Les doutes du Prince étaient encore présents, il attendait de voir ce que les années donneraient comme force à son fils, il était déjà plus âgé que son père ne l'était lorsqu'il avait l'âge de son fils et Maron avait hérité des responsabilités de son père assez jeune. Il fallait que Trystan apprenne rapidement comment se comporter en véritable Martell, même si Maron savait qu'il pouvait compter sur son frère – Dornien pure souche – et sa sœur pour épauler son fils le temps venu. Les prunelles sombres du Prince ne quittaient pas la masse de cheveux foncés de son fils alors qu'il reprenait la parole afin de lui offrir une introduction qui promettait une demande que Trystan envisageait certainement difficilement acceptable par son père. Encore un point qui différait de lui, le jeune Prince possédait un don pour présenter les choses de manière très habile, il avait la même aisance avec les mots que sa mère, contrairement à Maron qui posait les faits de manière beaucoup plus brutale, plus Martell. Soutenant le regard de son paternel, le jeune garçon poursuivit sa présentation des faits et son père cru comprendre où il voulait en venir, ce qui fut confirmé lorsqu'il aborda le fait de pouvoir parcourir Westeros afin de pouvoir acquérir les connaissances qui feraient la fierté de son père. Un moment de silence retomba quelques instants sans que le Prince Maron ne détourne les yeux, avant de répondre à son fils.

     ▬ Tu as effectivement une tante à Port-Réal, ma sœur aînée que tu n'as jamais rencontré, Myriah, la mère de l'actuel Roi. La famille de ta mère pourrait t'accueillir il est vrai, mais tu n'ignores pas qu'il est extrêmement rare que les Martell quittent Dorne, en dehors des tournois et d'autres évènements de ce genre bien évidemment. »

     Trystan n'était autre que le cousin de l'actuel Roi qui se trouvait être bien plus âgé que lui, il n'aurait aucune peine à trouver un endroit où vivre et il était bien évidement hors de question que le jeune Prince séjourne ailleurs que dans la demeure des Targaryen s'il était amené à voyager. Mais la décision de Maron n'était pas encore prise, il était agréable surpris que son fils manifeste le désir de connaître les environs et de pouvoir effectivement en apprendre plus loin sur les régions environnantes. Malgré tout, l'idée de voir Trystan se rapprocher du côté Targaryen, le l'enchantait guère, ils seraient bien trop heureux de constater que leur gène semblait avoir dominé celui des Martell, d'un point de vue mental uniquement puisque le jeune garçon ressemblait beaucoup à son père du point de vue du physique. Maron s'était toujours méfié des Targaryen, il avait constaté a de multiples reprises qu'ils avaient une forte tendance à la folie et à prendre au sérieux des choses qui n'avaient aucun intérêt, le Prince avait davantage confiance en la Main du Roi qu'en le Roi lui-même. Bien évidemment, il était hors de question d'en faire état à qui que ce soit, même son épouse ignorait tout des pensées de son époux au sujet de sa famille. Une expression peu convaincue se peignit sur le visage hâlé du suzerain de Dorne alors qu'il répondait à son fils d'un ton qui demandait à être convaincu. Au moins ne refusait-il pas tout en bloc, c'était déjà un bon point pour Trystan.

     ▬ Ne crois-tu pas qu'avant de chercher à parcourir le monde, il te faudrait d'abord connaître ta propre région ? Tu pourrais être accompagné d'une garde et découvrir les vastes étendues de Dorne, à moins qu'elles ne te conviennent pas autant que les murailles de Port-Réal ? »

     Ce n'était pas un piège, Maron était sincère, même si l'idée de laisser son fils battre la campagne n'était pas envisageable pour le moment. Les Fer-Nés faisaient des raids sur les cotes exposées du Conflans et des Terres de l'Ouest, le Prince avait été avertis que quelques navires s'étaient égarés dans les eaux proches de Dorne, peut-être qu'il était envisageable qu'ils décident de pousser l'exploration jusqu'aux portes de Dorne ? Ce n'était pas le seul danger pour un Prince, beaucoup de vassaux des Martell profiteraient de la sortie de l'héritier du Prince pour tenter de s'en débarrasser, non, ce n'était pas une bonne idée. Envoyer son fils à Port-Réal ne l'enchantait pas plus, là-bas il ne pourrait pas superviser son entraînement et prendrait le risque de le voir se laisser convaincre par les Targaryen qu'il valait mieux s'abandonner aux choses faciles qu'à l'entraînement rude de son père. Un moment de réflexion passa alors que le suzerain était en train de se convaincre seul que ce n'était pas une bonne idée.

     ▬ Je serai davantage fier de toi si tu étais amené à savoir comment te battre en permanence comme aujourd'hui, je ne crois pas que tu puisses trouver là-bas, quoi que ce soit qui puisse éveiller ma fierté. »

     En bon Dornien, il était vrai que Port-Réal ne présentait qu'un intérêt très mineur pour lui, Maron préférait davantage les qualités que les combattants et les mestres de Dorne pouvaient posséder, seulement Trystan semblait accorder une importance certaine à ce voyage. Son père avait du mal à croire que cela ne puisse être lié qu'à l'envie de lui plaire. Détaillant le visage de son enfant comme s'il espérait pouvoir y lire comme dans un livre ouvert, Maron laissa passer un instant de silence. Il savait que le garçon n'en avait pas parlé à sa mère sans quoi Daenerys serait venu l'entretenir en tentant de le convaincre d'accepter la requête de son héritier, c'était une bonne chose, le Prince n'aurait pas apprécié d'être placé devant le fait de la sorte.

     ▬ Qu'est-ce que tu espères trouver là-bas, que tu ne puisses trouver à Dorne ? Peut-être espère-tu te soustraire à notre entraînement quelques temps ? J'ose espérer que si tu es un jour amené à quitter Lancehélion, tu ne faibliras pas, sans quoi ce ne sera pas de la fierté que l'éprouverai à ton retour je puis t'en assurer. »

     L'entraînement, encore et toujours, des fois Daenerys lui faisait remarquer qu'il ne semblait avoir que ce mot à la bouche, mais personne ne pouvait comprendre, excepté Doran peut-être qui avait aussi été poussé à l'entraînement, mais avoir moins de vigueur que son aîné. Un nouveau moment de silence alors que la chaleur se faisait toujours aussi écrasante. Si jamais Trystan était amené à partir, Maron refusait que ce soit seul, il demanderait à Dorea d'accompagner son neveu, elle serait enchantée de voyager un peu et pourrait revoir sa sœur aînée qu'elle ne connaissait que très peu. Comme pour préciser quelque chose, le Prince ajouta quelques mots pour finaliser son intervention.

     ▬ Tu ne devras pas plaire uniquement à ton père Trystan, tu vas devoir apprendre à convenir aux attentes de tout un peuple et plus tard, d'une compagne, si tu échoues avec moi, tu auras beaucoup de difficultés à sortir victorieux de la suite. »

     En somme, il n'était qu'une épreuve sur le long chemin qui allait le mener au rôle de Prince suzerain de Dorne. Un épreuve certes, mais pas des moindres il fallait lui accorder.



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Message Dim 14 Aoû 2011 - 15:56

Trystan connaissait cette manière qu’avait son père de considérer une conversation comme close à peine avait-elle commencée. Il s’agissait là d’une particularité typiquement Martell d’imposer son point de vue et de prendre l’avantage. Le jeune prince avait toujours été intimidé par cette façon de faire, ajouté au charisme et à l’autorité naturelle de son père il n’avait jamais été tenté de pousser plus loin la discussion. Néanmoins il était bien déterminé ici à se montrer plus obstiné qu’à l’ordinaire. Il comptait ici revendiquer la victoire pour lui-même, sans que sa mère ou sa très chère tante ne viennent à le soutenir. Comme une bataille bien menée le Prince de Dorne avançait ses arguments comme autant de régiments. Ses réticences étaient évidentes et le peu de goût qu’il manifestait à l’égard de la famille de sa mère transparent. L’héritier de Lancehélion se souvint des longues leçons de mestre Lucan et celle même inculquées par son père : l’intimité entre la Maison du Dragon et celle du Royaume des Sables était séculaire. Les blessures étaient encore vives et le mariage entre son père et sa mère n’était qu’un mince baume apaisant aux yeux du peuple de Dorne.

Son père semblait craindre, et à juste titre, pour sa sécurité mais Trystan y voyait également le peu d’entrain qu’il avait à laisser son fils dédaigner l’entraînement aux armes. Le jeune prince était vaguement au courant de razzias organisées par ces guerriers venus de ces lointaine Îles de Fer, mais il savait le Royaume des Sables bien à l’abri de cette menace. Jamais encore on avait vu adversaire assez intrépide-ou fou-pour oser affronter les fils du Rhoynar sur leur propre terrain et vaincre. Hormis le Jeune Dragon se souvint le garçon, celui-ci n’ayant pas vécu suffisamment longtemps pour jouir longtemps de sa victoire. En bon prince héritier, Trystan était également au courant que la maison Martell ne s’était pas élevé et ne maintenait pas son rang au sein du Royaume sans s’attirer l’envie voir même la haine d’autres maisonnées. Il doutait néanmoins que ceux-ci soient assez stupides pour s’en prendre à sa personne, en connaissant le tempérament de son père et ses liens avec la famille royale. Le jeune Martell néanmoins refusait de s’appuyer sur son statut ou son rang, il affronterait le monde en son nom propre.

Trystan ne voyait qu’un motif de refus pour son père : la méfiance que celui-ci éprouvait pour les Targaryen. Cette défiance ne semblait pas justifié pour lui, la Maison Royale n’était-elle pas le Sang du Dragon de l’Antique Valyria ? Et de plus elle avait engendrée nombre de guerriers et de conquérant, et malgré ce qu’en disait son auguste père personne dans Dorne n’avait pu encore tenir la comparaison. Faisant preuve de son calme et de son retrait habituel le jeune Prince répliqua en Dornien.

-Je compte bien parcourir Dorne en son entier également père, mais j’entends bien ne pas m’y limiter. Il me faudra un jour traité avec tous ces Royaumes entourant notre domaine, et je pense que je ne puis me permettre d’être ignorant à leur sujet.

Le Prince Maron Martell semblait avoir une piètre estime de lui et il en fut secrètement blessé. Se soustraire à son entraînement ? Alors qu’il faisait des sacrifices quotidiens et acharnés ? Pourquoi refusait-il de voir qu’un royaume ne se gouvernait pas uniquement à la pointe de l’épée. Il jugea néanmoins son point de vue par trop imprudent et irrespectueux pour le dévoiler à son père. Il connaissait sa place : tout héritier qu’il était il restait un simple enfant de neuf ans, qui était-il pour donner des conseils concernant la gestion des affaires de Dorne à son père.

-En entreprenant ce voyage je ne songe pas à vous plaire père, pas plus que je ne recherche votre fierté ou votre approbation…Je…j’estime qu’il est là de mon devoir d’entreprendre ce voyage, de ma responsabilité.

Il reprit son souffle comme exténué par sa tirade.

-Vous voyez faiblesse et danger dans mon projet, mais j’y vois une occasion de me forger comme vous l’expérience et la connaissance qui me manque.

De plus il ne comptait pas voyager seul, si son père lui refusait une escorte-ce qui était hautement improbable-sa mère ou sa tante se chargerait de lui adjoindre une troupe suffisante pour assiéger un petit château. Ramenant sa main contre son torse il désigna le blason Martell qui fleurissait sur sa tunique d’entraînement souillé de sable.

-Je suis autant Martell que vous, je suis votre fils père, à défaut de votre approbation accordez moi votre confiance : je resterai Martell de Dorne de corps et de cœur.

Il essaya de chasser toute supplique de ses yeux ou faiblesse, il savait que son père ne serait pas plus sensible à de telles simagrées. Il était déterminé à ne pas subir, pas cette fois. Il songea étrangement à la propre éducation du Prince de Dorne, avait-il eu un jour la même discussion avec son grand-père ? Avait-il dû gagner sa valeur à ces yeux tout autant que lui en ce jour ? Il s’aventura à le questionner sur le sujet.

-Vous-même père, vous êtes vous aventurez hors de nos frontières dans votre jeunesse ?

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Message Lun 15 Aoû 2011 - 21:57

Spoiler:
 

     Maron ne doutait pas que son fils soit blessé par les remarques que son père venait de formuler, si tel était le cas, il ne le montrait absolument pas. Au moins était-ce une partie de son caractère qui lui serait utile étant donné que de ne pas laisser transparaître ses émotions était la principale qualité d'un dirigeant. Pouvoir permettre à ses ennemis de lire en soit comme dans un livre ouvert n'était pas vraiment conseillé, surtout lorsque l'on comptait autant d'ennemis que les Martell. Peu lui chalait que le jeune Prince considère que son père ne l'aimait pas, Maron n'était pas là pour jouer le père aimant et même s'il était vrai qu'il ressentait l'amour naturel qu'un homme porte à son fils, ce n'était pas pour autant qu'il le lui ferait savoir. Peut-être plus tard, dans quelques années, dans dix ans, peut-être jamais, seule l'évolution de son fils en déciderait. Trystan trouva une bonne réplique en abordant le fait qu'il comptait réellement parcourir Dorne, mais qu'il serait aussi amené à voyager un jour afin de traiter avec les régions environnantes. Une réelle différence se posait entre les deux Princes, lorsque Maron avait l'âge de son fils à ce jour, Dorne était encore en guerre contre le reste de Westeros, il n'était évidemment pas question pour l'héritier d'un tel royaume de quitter la sécurité de sa région. Désormais, les choses avaient évolué, suite au mariage de la sœur aînée de Maron et du Roi de l'époque, Dorne avait scellé un accord de paix et à ce jour, Trystan était en droit de visiter Westeros puisqu'il ne risquait rien, enfin, excepté les éventuels brigands habituels, mais cela n'inquiétait pas particulièrement Maron.

     Oui, le Prince voyait faiblesse et danger, comme dans beaucoup de projets qu'on lui présentait, Trystan avait peut-être envie de visiter les environs, il n'en restait pas moins son fils aîné, son héritier, le futur Prince suzerain de Dorne ! Maron ne pouvait pas envisager de le laisser partir sans être complètement sûr qu'il ne s'agissait pas d'une lubie de son fils. Le blason Martell qui faisait la fierté de Maron fut utilisé par Trystan, le Prince comprit bien qu'il avait blessé son enfant par les paroles que celui-ci lui adressa. Certes, il avait été très rude en avançant l'idée que son fils ne puisse pas être à la hauteur de ses attentes, il prenait souvent le risque de se faire haïr par son héritier, il en était pleinement conscient. Combien de fois Dorea elle-même avait tenté d'assouplir le comportement de son frère en lui demandant d'accorder de temps en temps, une pause sentimentale à son fils ? Elle savait mieux que personne que Olyvar Martell avait été très rude avec son fils et que celui-ci léguait le comportement de son père à son héritier mâle, il en avait souffert, mais pourtant Maron n'envisageait pas d'agir autrement. C'était ce traitement qui avait fait de lui ce qu'il état aujourd'hui, il serait fou de ne pas user de la même éducation, même si elle soulevait les protestations des autres.

     Ne quittant pas le regard de son enfant de ses yeux charbonneux, Maron ne montra aucune expression permettant de comprendre ce qu'il pensait de tout cela, ce que les mots de Trystan pouvaient éveiller en lui, il gardait tout pour lui-même. Lorsque le jeune Prince lui demanda s'il s'était aventuré hors des frontières de Dorne étant enfant, le jeune Prince cilla légèrement. Le mestre avait-il mal fait son travail ? Trystan devait savoir que la guerre ne permettrait pas à son père de voyager comme lui le décidait ! Sa première idée fut de le remettre sur le droit chemin en lui soulignant cela d'un ton sec, mais il se retint à la dernière minute. Peut-être que le garçonnet remarquerait que son père avait – pour une fois – un moment d'hésitation, mais c'était sans importance. Finalement, d'un ton légèrement plus apaisé – sans devenir tendre pour autant – il lui répondit.

     ▬ Dans ma jeunesse Dorne était en guerre contre le reste de Westeros, je n'avais que les environs de Lancehélion pour tout voyage. Cela n'a guère changé avec l'accord de paix qui fut signé, le Prince Olyvar avait donné sa fille aînée en mariage et j'ai dû tenir le rôle de l'aîné de la famille, je n'avais pas le luxe de pouvoir penser égoïstement. »

     Il ne voulait pas dire que Trystan pensait égoïstement, même s'il pouvait faire cette interprétation, après un petit moment de silence alors que Maron observait toujours le visage en sueur de son garçon, il ajouta quelques mots, d'un ton toujours aussi ferme. Même si le Prince avait retenu sa réflexion acerbe, il n'allait pas pour autant devenir le père aimant qu'il n'avait jamais été. Ce n'était pas quelque chose qu'il pouvait faire.

     ▬ Heureusement pour toi, les temps ont évolués, mais cela ne signifie pas pour autant qu'il faut se relâcher. Il faut que tu saches Trystan, que Dorne aurait toujours pu garder son indépendance si nous l'avions souhaité. Mais mon père a considéré que ce serait meilleur pour son peuple de mettre fin à cette guerre incessante. Si le Roi a accepté, c'est parce qu'il connait la valeur des Martell, nous ne pouvons pas nous permettre de nous reposer sur nos lauriers, même si les Targaryen ont mêlé leur sang aux Martell. »

     Ce n'était pas fréquent que Maron s'amuse à expliquer ses motivations à son fils, il préférait ordonner et laisser son enfant comprendre par lui-même, mais disons que pour une fois, il avait décidé de parler d'homme-à-homme avec Trystan. Peut-être bien qu'il comprendrait, peut-être bien qu'il ne flairerait pas le « privilège » que Maron lui accordait à ce moment. En avançant son envie de connaître le peuple qui l'entourait, Trystan faisait preuve d'une maturité, son père doutait qu'il agisse de la sorte simplement pour satisfaire une envie personnelle. Enfin, il espérait que ce ne soit pas le cas, ou tout cela allait mal finir et Trystan n'aurait plus à espérer de pouvoir un jour obtenir la fierté de son géniteur.

     ▬ Je veux bien t'accorder la possibilité de pouvoir rejoindre Port-Réal, mais j'insiste pour que ta tante t'accompagne. Elle sera heureuse de pouvoir passer du temps avec toi, de plus je préfère que quelqu'un de confiance soit à tes côtés, en cas de besoin. »

     Peut-être qu'il ne comprendrait pas ce qu'il voulait dire, peut-être que le jeune Prince ne savait pas que le Prince Olyvar avaient « vendus » ses deux aînés pour obtenir la paix. Maron avait accepté, il faisait son devoir avec honneur et avait même appris à aimer la femme qui lui avait été donnée, mais cela ne signifiait pas pour autant qu'il pensait n'avoir que des alliés là-bas. Certes, les Martell étaient influents, mais le Prince suzerain n'était pas convaincu qu'un « incident » n'était pas rapidement arrivé. Il ne voulait prendre aucun risque. Réfléchissant rapidement, il considéra que son enfant devait comprendre pour quelle raison est-ce que son père se montrait aussi réticent à l'égard de sa belle-famille.

     ▬ Je veux que tu comprennes que je ne doute pas de toi, bien que je ne sois pas convaincu que tu possèdes tout ce que les Martell avant toi possédaient. Si je n'avais aucune considération pour toi Trystan, je ne prendrais pas la peine de t'entraîner, je ne prendrais pas la peine de m'inquiéter pour toi, au contraire, je t'enverrai au devant du danger en espérant qu'il t'arrive malheur. C'est ce que les animaux du désert font lorsqu'ils considèrent leur progéniture trop faible. »

     C'était un compliment à la manière Martell, il exprimait le fait que s'il n'avait pas été fier de son enfant au moins une fois dans sa vie, le Prince se serait débrouillé pour se débarrasser de lui. Il avait des moyens, la possibilité et la dureté de cœur pour agir de la sorte. Mais au contraire, l'époux de Daenerys protégeait son fils et veillait à ce qu'il ne lui arrive rien avant qu'il ne soit assez âgé pour gouverner. Peut-être que le langage cru de son père choquerait le jeune Prince, mais c'était un compliment qu'il devait apprécier à sa juste valeur. Un bref instant de silence passa, puis il conclut.

     ▬ Tu pourras aller à Port-Réal, mais sache qu'il y a là-bas des gens qui n'ont pas été d'accord avec l'alliance que nous avons forgé. Il faudra que tu te méfies de chaque personne que tu rencontras. Tu es un Martell, conduis-toi comme tel. »



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Message Mar 16 Aoû 2011 - 13:45

Une ombre passa alors que son père évoquait les souvenirs de la guerre et Trystan se maudit de sa stupidité et de son impudence. Il se mordit la lèvre inférieure alors qu’il ramenait le Prince de Dorne à des temps plus sombres. Enfant qu’il était il n’avait jamais vu la guerre, pas même celle que l’avait nommé la Danse des Dragons et qui semblait avoir tant coûté aux Sept Couronnes et surtout à sa propre mère. Mais il savait qu’un jour viendrait où il faudrait faire couler le sang, mestre Lucan et son père le lui avait dit et pire, ils s’y attendaient. Le jeune prince quant à lui n’était pas sûr de jamais vouloir enfoncer sa lance dans autre chose qu’un mannequin d’entraînement. Il étouffa cependant ses pensées devant le seigneur de la Maison Martell. Il était évidement que celui-ci était encore marqué par la guerre qui avait opposé Dorne aux Targaryens. Quels sacrifices qu’il ignorait n’avaient pas été accomplis à cette époque ? Combien de sang avait coulé dans cette atroce guerre ? S’il n’avait jamais eu aucune hésitation Trystan dû reconnaître qu’il n’était guère préparé et endurcis pour accepter un jour de déclarer la guerre. L’ombre se dissipa néanmoins bien vite pour être remplacé par un sourire lorsqu’il cru comprendre que son père lui donnait son assentiment. Jeune garçon qu’il était il ne pu empêcher sa joie et son soulagement de déborder de son cœur pour transfigurer son visage. Il se garda néanmoins de remercier le Prince de Dorne, conscient qu’il n’était pas dans ses habitudes de tolérer pareil faiblesse.

Trystan devait ici considérer qu’il avait remporté une victoire et devoir se faire accompagner de sa tête était le moindre des prix à payer. Même si à y songer elle se révélerait ô combien étouffante durant tout le voyage. Mais son père y tenait, quant aux conseils qu’elle lui donnerait il savait à l’avance à quoi s’en tenir. Tout ce qui allait pouvoir se révéler dangereux ou entreprenant allait sans doute lui être refusé…pour son bien naturellement. Visiblement Maron Martell songeait tellement au pire que son héritier en vint à se demander s’il ne fallait pas s’inquiéter à juste titre. L’enthousiasme l’emporta cependant sur la moindre de ses inquiétudes. Et puis il allait rencontrer cette autre tante à Port-Réal, une façon supplémentaire de renouer avec d’autres branches Martell. Il ne pu d’ailleurs pas s’empêcher de remarquer avec quelle tristesse il l’a mentionnait. Le jeune prince avait un jour fait qu’effleuré la vérité qui résidait derrière le mariage de ses parents et la paix à Dorne, sans véritablement comprendre ce qu’il en avait coûté à chacun et sans non plus chercher à pousser plus loin. Il était le fils légitime de Daenerys Targaryen et de Maron Martell, cela lui suffisait amplement. Son père continua ses discours, amplis de paroles qui troublèrent et mirent du baume au cœur de Trystan qui ne cessa de l’approuver. Il répliqua naïvement.

-Ser Devram saura me garder là-bas du moindre danger père.

Depuis sa plus tendre enfance il avait davantage confiance en la ressource et les muscles du chevalier errant ramassé par son père qu’en quiconque. Il était propre à décourager n’importe quel assaillant et il l’avait démontré plus d’une fois. Mais la réputation d’intrigues et de complot n’était plus à faire à la capitale et il espéra, innocemment, en être épargné. Après tout il ne s’attendait qu’à être de passage là-bas, il se demanda malgré tout si ce « de passage » ne serait suffisant pour motiver quelques inconscients. Non. Personne n’était assez fou pour provoquer l’ire de Maron Martell alors que la paix était encore fragile. Les preuves d’amour que lui donnait son père emballa son cœur et il sentit comme un air tiède lui parvenir aux oreilles encore bourdonnantes de l’effort. La dureté de son auguste père n’était qu’un intérêt particulier et mérité. Trystan cru alors bon de baisser la tête et les mots se bousculant dans sa bouche il balbutia gêné.

-Je….je ne sais que dire père, j’ai…je…

Alors comme mû par un instinct soudain et une envie irrépressible il s’approcha de la haute stature paternelle pour l’étreindre doucement. Il était conscient que son geste inhabituel lui vaudrait peut être reproche ou moquerie, mais il avait besoin de ce contact. Il s’apprêtait à partir de son foyer, et comme un gouffre insondable semblait apparaître devant lui à cette perspective. Il s’éloigna bien vite et essaya de reprendre sa contenance habituelle. Il se retourna prêt à prendre congé pour préparer au plus vite ses affaires et annoncer la nouvelle à sa mère, sans savoir comme elle prendrait sa décision, mal sans doute. Mais des questions le retenaient encore en arrière. Tournant la tête vers le visage sévère du Prince de Dorne il le questionna.

-Si je puis me permettre père, d’où vous viennent toutes ces inquiétudes et méfiances à propos des Targaryen ? Ne nous sommes pas liés par le sang avec eux ? N’en suis-je pas le fruit ?

Brusquement il se demanda ce qu’il allait véritablement trouver là-bas. Jamais encore il n’avait vu la famille de sa mère, il avait beau posséder ses yeux lilas et son sceau personnel comme le traiterait-il une fois là-bas. Y verrait-il le roi ? Et l’énigmatique Main du Roi qui malgré toutes ses tares faisait également partit de sa famille. Aussi il continua.

-Puis-je me fier à la famille de ma mère une fois là-bas ? On dit aussi que…

Il ne savait pas s’il lui fallait aller plus loin mais la curiosité l’emporta sur sa réserve habituelle.

-On dit que le Roi ne gouverne pas vraiment…que c’est cet homme Brynden Rivers qui tient les rênes du Royaume…est-ce-là la vérité ?

Il craignait la réponse de son père et les conséquences que cela pourrait entraîner . Le mestre ne lui avait parlé qu’à demi-mot du bâtard qui remplissait les fonctions de Main du Roi mais c’était toujours avec une réserve et une crainte muette qui lui était inhabituelle et qui le mettait mal à l’aise. Allait-il devoir se garder de cet homme également ?
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♦ Arrivée à Westeros : 23/06/2009
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Message Mer 17 Aoû 2011 - 13:25

     ▬ Ser Devram ne sera pas toujours là. »

     Il était aisé de pouvoir détourner l'attention d'un homme, même si le chevalier errant était un homme de confiance – sans quoi le Prince ne lui aurait jamais confié la sécurité de son fils – il restait un homme et en tant que tel, serait forcément amené à avoir un moment d'inattention. Certes, Port-Réal n'était pas un endroit dangereux, Trystan n'aurait pas à craindre de se faire tuer à chaque coin de rue où dans son sommeil, mais disons simplement que prudence est mère de sureté et que si malheur il devait arriver, Maron ne voulait pas que pour toute excuse l'on déclare que les responsables seraient exécutés. La mort d'une personne ne sa rachetait pas avec la mort du coupable, le Prince refusait tout bonnement l'idée que son enfant puisse périr autrement qu'en défendant son peuple, la lance à la main, arborant le titre de suzerain de Dorne. Les enfants ne devaient pas avoir à s'inquiéter de telles choses en temps normal, mais lorsqu'on naissait Prince de Dorne, les choses changeaient. Malheureusement – ou heureusement – pour Trystan, il était né avec une lourde charge sur les épaules. Quoi qu'il en soit, le jeune garçon ne devait pas trop compter sur son chevalier bien que celui-ci donnerait sa vie pour le protéger. S'il n'avait pas été là, Maron n'aurait même pas envisagé la possibilité de laisser son héritier partit de Lancehélion.

     ▬ Un guerrier ne doit compter que sur lui-même. »

     C'était une rude leçon à apprendre lorsqu'on était aussi jeune, mais c'était ce qu'il ne devait pas oublier, tous les chevaliers et les lanciers chargés de sa sécurité ne seraient pas toujours à ses côtés, même si pour le moment il pouvait s'appuyer sur ser Devram, cela ne serait pas possible éternellement. Enfin, la question était réglée, Maron avait accepté que son fils quitte son joug et le giron maternel, Daenerys n'allait pas apprécier l'idée de laisser son enfant chéri s'en-aller sans elle, mais le Prince refusait de « perdre » sa femme et son fils en même temps. Bien qu'elle s'était accoutumée à Lancehélion, Maron ne souhaitait pas prendre le risque de la laisser aller à Port-Réal quelques temps au risque de la voir refuser de revenir chez elle, même si sa fille y restait. Daenerys n'avait jamais été ravie de devoir épouser un Martell et bien que cela avait évolué, le Prince ne serait jamais convaincu à cent pour cent de l'amour de son épouse. Après ses paroles, le suzerain ne s'attendait pas à une quelconque réaction de la part de son enfant, ainsi lorsque celui-ci s'approcha pour chercher le contact de son père, ce dernier fut franchement pris au dépourvu. Il pouvait prévoir les attaques de la majorité des combattants, mais les réactions de son enfant lui restaient obscures sur le plan sentimental. Il se contenta de poser brièvement sa main sur l'épaule de l'enfant avant de l'en retirer au moment où celui-ci s'éloigna, certainement pour annoncer son départ à sa mère et préparer ses affaires pour le voyage.

     Il faudrait encore que le Prince envoie un corbeau à Port-Réal de manière à annoncer la visite de son enfant en compagnie de quelques autres personnes, rien que le Roi ne puisse refuser au risque de provoquer la colère de sa mère et de sa tante. Mais visiblement Trystan n'en avait pas terminé, lorsqu'il reprit la parole, son père qui s'était détourné pour prendre congé à son tour, reporta son attention sur le jeune garçon qui lui demandait de plus amples détails sur les Targaryen et plus précisément sur lord La Main. Un très bref instant d'hésitation passa avant que Maron ne décide de répondre.

     ▬ Tu portes bien le sang des Targaryen dans tes veines, mais tu n'ignores certainement pas que le mariage de ta tante et le mien ne sont que le fruit de longs échanges suite à une paix difficilement acquise. C'était le père de Maron qui avait négocié les mariages de ses enfants pour être exact. Il existe encore des personnes qui auraient préféré voir ta mère unie à Daemon Feunoyr et elles ne seront peut-être pas ravies de voir un enfant issu de ce mariage si.... Compliqué, venir à Port-Réal. Maron n'aimait pas particulièrement parler des détails plutôt désagréables de son union avec Daenerys, cela n'avait pas été une partie de plaisir, bien au contraire. Mais sache que lord La Main est une personne de confiance Trystan, si tu dois te méfier de quelqu'un c'est plutôt de ton cousin le Roi que de son oncle bâtard. Le Prince regarda son enfant dans les yeux. J'ai bien plus confiance en Brynden Rivers qu'en tous les Targaryen réunis, je ne crois pas que le fait qu'il soit né bâtard change quelque chose à cela. Tu peux lui faire pleinement confiance. »

     Maron n'était pas homme à accorder son confiance à qui que ce soit sans que cela ne soit mérité, le fait qu'il soit l'un des nombreux bâtard du père de son épouse n'y changeait rien. Le Prince n'avait jamais été particulièrement difficile à l'égard des bâtards, son frère lui-même en avait un – voir même plusieurs si les autres n'étaient pas reconnus – et il se basait surtout sur la valeur des gens et non ce que leur naissance leur donnait comme droit. Les deux hommes s'étaient rencontrés à quelques reprises, Maron avait été agréable surpris lorsque le Roi avait nommé son oncle bâtard pour le seconder dans la gestion du royaume, il restait persuadé à ce jour que sans Brynden Rivers, Westeros ne se porterait pas aussi bien. Même s'il était l'oncle du Roi, le Prince Martell n'avait aucune estime pour lui, il le respectait, mais ne voyait pas un bon combattant ou un bon dirigeant en lui. Ne désirant pas s'entretenir plus longuement à ce sujet, il fit signe à Trystan de prendre congé.

     ▬ Va annoncer ton départ à ta mère Trystan, je dois régler les détails de ton arrivée et envoyer un Corbeau au Roi avant de prévenir ta tante de ce que j'attends d'elle. »

     Sans tomber dans les effusions de sentiment, Maron adressa un bref signe à son garçon avant de se détourner pour porter son attention sur le désert environnant Lancehélion, visible des fenêtres de la salle où ils se trouvaient, signe clair que la discussion était close.



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Entre père et fils [Pv Maron Martell]

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