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Respirer l'air du large

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Message Sam 30 Juil 2011 - 20:50

Dagon était seul, état dont il aspirait plus que tout, surtout ces dernières années. C’était fou à quel point on avait besoin de son avis, de ses gestes, de ses sceaux. Il n’en pouvait plus d’attirer toute l’attention des îles de Fer et des côtes qu’il tentait de percer par la force et la persuasion. Il n’avait pas non plus le droit de trop se relâcher au cas où il y aurait une urgence, qu’il soit toujours d’attaque. Cela devenait éreintant et il n’avait de moins en moins l’âge de supporter tant de pression.

C’est alors assis, les jambes légèrement relevé pour pouvoir y poser ses coudes sur les genoux qu’il regardait la mer, tranquille. Le soleil était si lourd, les rayons qui lui écrasaient les épaules. Près de lui, reposait son plastron. Il n’avait que sa «tunique » en lin couleur crème sur le dos. Ses pieds munis de simple sandale s’enfonçaient dans le sale épais et blanc. Oh, il aurait aimé un peu d’ombre, mais il sacrifierait bien sa peau pour être face à cette mer qui le faisait toujours autant fantasmer depuis son plus jeune âge.

Il sortit son épée qui reposait non loin du reste de ses affaires, aussi posé et serein que lui, cherchant le repos. Quoi que sa lame, attendait encore quelques chairs à découper et à saigner. Du bout du dernier cadeau de son père, il fit une esquisse de ses îles et la côte qui descendaient tout au sud. Il barra la Belle île. Elle était déjà conquise en quelques sortes. Ce n’était presque qu’un teste pour se rassurer de la force de sa marine. Il n’en doutait pas, mais il gagnait en assurance de faire presque du mal pour la forme. Rien n’était plus jouissif que de venir voler à quelqu’un quelque chose qu’il pensait acquis. Cela donnerait plus de valeur aux terres que possédait son suzerain. Puis d’un geste ample, il s’occupa du territoire tant envié qu’est celui du Bief, descendant jusqu’à la Treille. Une fois, un chemin percé, il n’aurait plus qu’à grignoter encore le sud, puis l’est, et enfin, ils n’auront plus qu’à se pavaner dans le centre, fier et assurer presque de tout côté. Ce serait long et fastidieux mais cela ne donnait que plus de challenge à Dagon qui voyait grand.

Ils voulaient attendre qu’ils s’affaiblissent et ainsi, ils n’auront plus qu’à se servir. Mais comment ? Les attaques incessantes étaient à doubles tranchant même s’il ne doutait pas de la force et la vigueur avec laquelle ses soldats pouvaient se battre. Un blocus, les coupés des mers pour se nourrir, c’était une idée, mais qui atterrit sur la table de stratégie militaire qu’une fraction de seconde. Il ne fallait pas sous- estimer tous les efforts que les terres de la Couronne donneront généreusement au Bief pour les entretenir. On ne faisait que des tels blocus sur les îles où quand on était assez puissant pour bloquer et les mers, et les terres. Il était un peu dans une impasse. Jetant sa tête en arrière, il réfléchissait encore. Le Bief était résistant, il fallait l’avouer et Dagon était dans la crainte de voir ses propres flottes se fatiguer avant eux. Si seulement, il n’était pas seul contre le monde entier. Ce qu’ils ne savaient pas, c’était que Dagon avait lui aussi des ressources. Qu’ils leur envoient tout le royaume, il s’en sortirait. Il avait déjà envoyé des bâtiments qui faisaient des allées retour pour ravitailler les bateaux qui restaient devant les côtes dans une guerre encore légèrement silencieuse. Il se demandait si remplacer ses hommes à tour de rôle ne serait pas aussi une bonne idée.

Quoi qu’il en soit, on lui demandait des idées, un miracle et tout ce qu’il avait à répondre était « garder le cap, on continue, on les fatigue, encore et encore jusqu’à ce qu’il aille pleurer dans les jupons de leur mère ! ». Il lâcha son épée sur sa carte éphémère et profita d’un vent frais qui venait fouetter son visage. Il était si bien là, seul, juste le son berçant des lames qui mourraient sur le sable chaud. Il s’étira un peu et perdit son visage dans ses bras, entre ses jambes.

Soudain, alors que le soleil lui brûlait vivement sa peau halée, il sentit comme une douceur autour de lui. Alors qu’il avait cette magnifique impression d’être seul au monde, une présence venait troubler sa solitude. Lui, qu’il pensait être tranquille avec ses pensées, voilà qu’on venait le déranger. Il attendit un petit moment avant de relever la tête, mais une de ses mains cherchait déjà discrètement le pommeau de son épée. La sèche était brûlante, mais qu’était-ce à côté de toutes les blessures qu’il avait reçu jusqu’à maintenant. La mer quant à elle, restait toujours aussi calme et posée, comme observant la suite des événements.

Dans le fond, il savait bien que son arme ne lui servirait à rien. Qui oserait venir sur les îles de Fer et s’attaquer noble de l’île de Pyk ? Ce serait bien insensé. Venir déranger un de ses rares moments de détente était un crime en somme, aller savoir s’il n’avait pas envie de redonner un peu d’action qui manquait tant à son arme. Il leva enfin la tête, mettant une main au dessus de son visage pour se cacher du soleil dénudé de nuage.
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Message Dim 31 Juil 2011 - 15:39

Parfois, on est en droit de se demander à quoi les hommes pensent ou plutôt à quoi ils ne pensent pas. Dans le cas des Fer-nés, ce n’est pas bien difficile à savoir. Nombre d’entre eux ne vivent que pour sillonner les mers, rapiner à proximité du continent, ramener au fer-prix ce qui manque sur leur propre territoire et enlever des femmes desquelles, dans le meilleur des cas, ils feront des concubines ou, dans le pire, des esclaves qui mettront du temps à s’adapter à notre mode de vie, notre climat, quand elles ne mourront pas de froid avant cela.

Ils ne pensent pas en tout cas à ce genre de détails quand ils les kidnappent, pas plus qu’ils ne pensent aux femmes qu’ils laissent et délaissent en partant sur leurs boutres mener leurs razzias ou qu’ils ne pensent à ce qu’elles vont dire en les voyant rentrer avec de nouvelles bouches à nourrir. Ils ne pensent pas davantage que les batailles dans lesquelles ils s’engagent vont couper les Îles du reste du monde, isoler les habitants qui ne sont pas en âge de prendre les armes, les femmes qui ne se battent pas, ceux parmi les hommes qui n’ont ni l’envie ni le luxe de prendre les armes, car il y en a bien sûr.

L’Antique voie… Notre religion est basée sur ses préceptes et bien que nous les respections depuis qu’Elle avait été rétablie, il est néanmoins difficile d’être toujours en accord avec ceux-ci, surtout pour une femme et face aux dérives que certains pratiquent. Combien de Femmes-Sel peuplaient désormais les Îles de Fer ? Combien de serfs ? Sans compter les sacrifiés au Dieu Noyé… N’est-il pas normal que les puissants des continents veuillent récupérer leurs citoyens ? Ce genre de réflexion, je me les garde pour moi. Le dire à voix haute signerait mon arrêt de mort, noble ou pas, et je n’aspire pas à être sacrifiée à mon tour un jour.

Le visage fouetté par les mèches de cheveux que le vent balaye, je porte le regard aussi loin qu’il peut aller sur la surface de la mer. Là-bas, hors de portée de vue, nos bateaux et nos hommes tiennent une ligne pour protéger les Îles, empêcher les armées du continent de s’en approcher. Mais la guerre est à notre porte. Dagon Greyjoy a réquisitionné des hommes auprès de tous ses vassaux au cours des dernières semaines. A Hotl de Fer, Dougal ressemble à un lion en cage, frustré de devoir rester en retrait mais conscient que pour l’instant, sa place n’est pas sur la ligne de front, qu’il doit se préparer à la bataille mais attendre qu’elle soit engagée avant d’y prendre part de sa propre personne.

Je n’étais qu’un nouveau né quand Dagon est monté sur le trône voici une vingtaine d’années. Je ne l’ai jamais rencontré, les enfants n’accompagnant jamais les adultes à Pyk quand ceux-ci y sont appelés. Je ne l’ai jamais souhaité du reste. Seulement il m’arrive de me demander à quoi il peut ressembler, quel genre d’homme il est véritablement pour susciter une telle fascination chez mon frère aîné. Elle ne date pas d’hier mais brûle toujours aussi fort, sinon plus depuis le décès de notre père. Même s’il n’en a jamais rien dit, je soupçonne Dougal de regretter d’être l’héritier du Holt de Fer, de penser que s’il était né second, il aurait pu être beaucoup plus libre de ses mouvements, de ses décisions, hier comme aujourd’hui.

Avec un soupir, je détourne les yeux de l’horizon et marche sur les rocailles, prenant garde où je pose les pieds quand une silhouette se dessine un peu plus loin. Indécise, je m’arrête et l’étudie à distance quelques instants avant de le contourner par le haut. Je n’ai pas grand-chose à craindre et je n’ai pas peur mais je ne suis pas assez sotte pour ne pas me montrer prudente. Tout en continuant mon chemin, je garde les yeux sur lui malgré tout, curieuse de savoir ce que fait cet homme seul assis là. Il n’a rien du pêcheur et ne semble pas être naufragé d’un quelconque bateau qui aurait sombré un peu plus tôt. D’ailleurs non loin de lui sont amassés quelques effets personnels. Dans un rayon de soleil, un bout de métal scintille parmi eux, laissant deviner une lame.

Bien qu’il me tourne toujours le dos, ses épaules se redressent, sa main se déplace lentement en direction de son arme, son menton se soulève. Il sait qu’il n’est pas seul et se tient sur ses gardes. J’esquisse un sourire, songeant que si je décidais d’user de l’arc courbe qui m’accompagne, il n’aurait pas le temps de se redresser que la flèche serait déjà décochée. Heureusement pour lui, je ne suis pas agressive et je n’ai pas pour habitude de tirer sur les étrangers juste parce qu’ils se trouvent dans mon paysage.

Voyant sa main se porter en visière au-dessus de ses yeux pour voir qui l’observe au lieu de se montrer menaçant, j’en conclus qu’il ne saisira son arme que s’il est attaqué. Le bon sens m’enjoint de continuer mon chemin mais la curiosité me pousse au contraire à découvrir son identité et je tourne les talons dans sa direction. Restant méfiante toutefois, je m’arrête à plusieurs pas et m’enquerre :

- Comptez-vous réellement vous battre contre une femme fesses à moitié à l’air ?

Si c’est un Fer-Né, nul doute que cela ne lui poserait aucun problème de pudeur. Il y a même fort à parier qu’il aurait l’arrogance de croire qu’il aurait largement le dessus sur une femme. Vu son physique, il l’aurait d’ailleurs sans aucun doute possible. Pour lui faire comprendre que je sais que son arme est à portée de main, je coule un regard en direction de celle-ci et arque un sourcil en remarquant la sèche qui orne son pommeau. J’ai l’intime conviction que ça devrait me rappeler quelque chose d’important mais ma mémoire refuse de lâcher l’information. Je reporte les yeux sur lui, le dévisageant sans façon.

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Message Jeu 11 Aoû 2011 - 21:48

La silhouette déchirait le soleil de plomb. Elle était comme une ombre noire jusqu’à ce qu’elle s’approche tout doucement de lui. Ses yeux s’habituèrent rapidement et cette personne à contre jour qui n’était qu’un personnage de théâtre chinois au début, se dessina petit à petit. C’était une jeune femme, très ravissante pensa t-il. Il la dévisagea un instant avant de lâcher le pommeau de son épée. L’étrangère s’osa à lui parler avec trop de confiance et surement un certain dédain. Oh, il se moquait de tout le protocole de politesse face à lui, mais il y avait un minimum, surtout venant d’une femme. Il enfonça une main sur le sol et se leva, le sable qui s’était reposé sur lui à cause du vent, s’écoulant de là où il venait, le long de son corps. Il se pencha légèrement sur le corps de la jeune noble, la dominant déjà de sa taille.

_C’est ce que j’aime et déteste chez les femmes de ces îles, elles n’ont pas froid aux yeux. Mais des fois, faudrait leur apprendre à tenir leur langue et à réfléchir. Si vous pensez que le fait d’être presque nu, peut m’empêcher de tuer un être aussi faible que vous. N’avez-vous jamais entendu parlé de l’histoire du Seigneur de l’île de Pyk. Il ne craignait ni les hommes, ni même les sirènes que sa fierté lui couta un œil, volé par la plus vile des créatures maritime, lui répliqua Dagon en montrant son œil manquant, barré d’une horrible cicatrice.

Il espérait qu’elle savait un minimum ce qu’on disait de lui, le conte de la sirène étant l’histoire la plus connue. Il tourna autour d’elle. Elle était vraiment charmante, très joli. Peut-être les hanches un peu trop fines pour mettre au monde un enfant. Il ne fallait pas oublier que Dagon se faisait vieux et il n’avait pour héritier qu’un bâtard. Il n’avait aucune envie de laisser le titre, après sa mort, à un cousin éloigné ou encore un homme hors de sa généalogie. Le nom des Greyjoy avait encore besoin de perdurer dans l’histoire. Donc, quelque soit la femme qui se présentait à lui, dans la précipitation, il cherchait toujours à savoir si elle ferait une bonne femme-roc. Déjà, vu la tenue qu’elle avait, droite, des manières, et ses habits en étoffes soyeuses, il devinait qu’elle était d’un bon rang. C’était la première étape à suivre. Après, qu’elle le voulait ou non, voire même son paternel, peu importe. Il la prenait, un point c’est tout. On ne faisait pas vraiment de manière. Il finit par arrêter de la jauger et baissa la tête. Il était dépassé par tout cela. Depuis la perte d’une femme qu’il aimait à cause d’une autre qu’il se devait de supporter, il n’aimait pas trop leur présence. Il sentait ses épaules s’affaisser sous le poids de la tension, les préjugés, les aprioris. Une femme était une épine dans le pied et un couteau dans le cœur quand on s’amourachait d’elle.

_Vous attendez quoi pour vous présenter petite fille… On a mal appris les bonnes manières. Peut-être que votre éducation manquait de gifle que je me ferai un plaisir de vous donner…

Elle se présenta enfin. C’était donc une Wynch. (Désolé de te PNJiser) Il voyait enfin le visage de l’image féminine de la maison. Oh, il en avait vu des nobles de toutes les maisons, les plus importantes, mais aller savoir cela lui faisait peur. On lui avait vanté la beauté de la jeune Eibhlin, mais il ne voulait y croire tant qu’il ne l’aurait vu. Puis, aller chasser la femme sur son propre territoire, cela est bien moins excitant que de ramener des esclaves qui vous supplient. Elle venait donc d’une petite maison des îles de fer. C’était un bon point. Il aurait moins de problèmes avec les sangsues qui tentaient de se rapprocher de lui en vendant leur femme comme un morceau de viande fumée. Ne savaient-ils pas que s’il en voulait une de femme, il ne lui suffisait que de la cueillir. Il lui montra déjà un peu plus d’intérêt. Quoi qu’il fallait se méfier de l’eau qui dort. Elle pouvait cacher un esprit machiavélien. Il y réfléchirait.

_Vous êtes bien courageuse de vous balader seul avec un visage qui pourrait voler une âme. Vous êtes d’ici et vous savez qu’on a aucune manière. Vous êtes noble et vu votre faciès juvénile, sûrement encore vierge, il marqua une pause pour s’avancer vers les vagues. Détrompez vous, je me moque de votre sécurité, mais tant qu’à faire, si je vous prenais pour porter un héritier, j’aimerai que vous ne soyez pas souillé. J’aime quand les choses ont de la valeur. Ne me mentez pas par crainte. J’ai une liste des femmes qui pourraient m’être utile et je sais que vous n’êtes pas encore marié, ni même dans le projet de le faire.

Il appréciait la vue et sans même poser ses yeux sur la jeune femme, il avait un petit sourire en coin. Il aimait l’idée qu’il pouvait l’angoisser un petit peu. Autant il y avait des femmes qui rêvaient de lui et d’autre qui l’avait en horreur, il n’y avait pas de juste milieu. Ou alors, il n’en avait encore jamais vu.

_Êtes vous sur le chemin du retour ? Où quel qu’il soit, j’aimerai vous accompagner. Mes valets vont me chercher et je n’ai aucune envie de regagner le château. Je vous fait la faveur de vous demander votre accord, profitez en. Cela risque de déterminer si vous ne serez qu’une putain ou alors une femme…

Il remonta un peu la plage pour récupérer ses affaires. Il attacha son épée à sa ceinture, enfila son plastron et arriva à sa hauteur, ouvrant son bras pour l’inviter à reprendre son chemin et continuer à ses côtés. C’est alors qu’il s’avançait, sans même attendre la jeune femme. Il remonta une petite dune qui s’était formé sur des rochers, ces derniers ressortant de ci, de là, comme déchirant la douce robe de la plage. Au loin, il vit une petite ombre courir à vive allure. Il n’eut même pas le temps de réagir que la petite chose se percuta contre lui. Dans le mouvement, il referma ses bras sur le petit bonhomme, les yeux clos, le sourire radieux avant de tomber du bord de l’énorme pierre, s’écroulant tout deux sur le sol. C’était Zachary qui avait déjà une dizaine d’années.

_Tu survis à des milliers d’homme, à une sirène ! Mais pas à ton fils ! rit l’enfant, à cheval sur son père, ce dernier lui caressant ses cheveux légèrement bouclé sur le bout.
_Et toi, tu vas rendre folle ta nourrice, le sais-tu ? C’est dangereux d’être seul et de voyager d’île en île, même de se balader seul sur l’île de Pyk…
_Je sais, mais elle me rend fou aussi tu sais. Puis, tu faisais pareille à mon âge. De plus, je suis vaillant et rien ne me fait peur, s’exclama t-il en montrant les poings. Tu ne vas pas me demander de rentrer alors que je te cherche depuis que tu as quitté la maison ! rouspéta t-il.
_Non, car tu es intelligent et tu sais que je ne te laisserai pas repartir seul. Mais tu m’embêtes… chuchota t-il en regardant brièvement Eibhlin.

Le petit garçon posa à son tour son attention sur la jeune Wynch avant de froncer le nez.

_Je l’aime pas elle…

Dagon ne fit que sourire et lui ébouriffer les cheveux avant de se lever. Il attrapa son fils et le fit grimper sur la pierre avant de la contourner. Il s’arrêta en haut et regarda la jeune femme pour voir si elle comptait le suivre. Déjà, son œil se fit bien plus dur. Il était très sérieux. Si elle comptait jouer les forte tête, au lieu de lui laisser sûrement la liberté, il la transformerait en amusement. Zachary courrait entre les rocher et les quelques herbes qui arrivaient à pousser entre le sable, sèches et agressives.
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Message Jeu 11 Aoû 2011 - 23:33

C’est un Fer-Né ! Réflexion idiote qui résonne dans mon esprit alors qu’il se dresse et me fais sentir que j’ai la langue bien pendue et qu’il n’aurait en effet aucun scrupule à me tuer quand bien même serait-il nu comme un ver. Je l’écoute, impassible, jusqu’à ce qu’il évoque le conte né des exploits de Dagon Greyjoy. Je ne suis pas friande de ceux-ci mais Dougal oui. Si notre roi n’est pas son héros, il est en tout cas son modèle depuis des années. Lorsque l’étranger tourne la tête pour désigner l’absence de son œil, je déglutis. Pas à cause de la cicatrice qu’il arbore mais bien de me trouver face au roi des Fer-Nés en personne. Tandis qu’il tournait autour de moi en me détaillant, j’en faisais autant, curieuse. Ne l’ayant jamais vu ni de loin ni de près, j’en profitais, plus discrètement toutefois, de l’occasion qui m’était donnée pour l’étudier et retrouver en lui ce qui fascinait autant mon aîné. L’assurance peut-être. Les cicatrices qui témoignaient de ses faits d’armes ? Je ne savais le dire. Sa langue claque durement pour me demander quand je compte avoir la politesse de me présenter et je m’exécute aussitôt.

- Eibhlín Wynch… La plupart des hommes sont soit sur les bateaux, soit à s’armer dans leurs chaumières. Les plus vaillants tout du moins. Je ne me sens pas menacée et si tel devait être le cas, je connais bien mieux ces rocailles que bon nombre de Fer-Nés, ce qui me donne un avantage certain en cas de fuite. Quant à la raison de ma présence, j’aime marcher et j’aime la solitude.

Ma mère aurait ajouté « monseigneur » mais je n’étais pas ma mère. Ce n’est pas par manque de respect. Chacun sait que les Fer-Nés ne sont pas portés sur les titres, encore que lui pourrait se le permettre vu qu’il est le suzerain des Îles de Fer. Je dois reconnaître qu’il est impressionnant. Pas vraiment par le physique mais bien davantage par l’aura qu’il dégage, mélange d’autorité, de rustrerie et de savoir-vivre. Il n’empêche que j’apprécie moyennement les trop nombreux sous-entendus dont il me gratifie en me faisant remarquer les risques de battre le sable sans escorte. C’est vexant ! Et on jurerait entendre mes frères qui plus est ! Si encore j’avais été ignorante des dangers possibles, j’aurais pu accueillir les remarques sans sourciller mais je les connais, je les mesure et je suis loin d’être sans défense. Loin en tout cas de me laisser faire sans répliquer et frapper. Je brûle de rétorquer mais fais preuve d’assez de bon sens pour n’en rien faire. Il ne manquerait plus que je me mette le Dagon Greyjoy à dos ! J’imagine trop bien la réaction de Dougal et les répercussions que cela pourraient engendrer pour ma famille. M’entendant demander si je rentre chez moi et proposer d’être raccompagner – non sans préciser que l’offre est exceptionnelle – je m’empresse de répondre avant qu’il ne décide de quel fer je suis forgée, peu désireuse d’être traitée en putain.

- Je rentrais en effet et je vous suis reconnaissante pour l’honneur que vous me faites en acceptant de me raccompagner.

Je me sens gauche et je sais que je le suis, ce qui rend l’exercice encore plus pénible. Je me demande comment font ces autres sur le continent pour parler à leurs suzerains, quelles formes ils y mettent. Les miennes sont bancales pour ne pas dire pathétiques. Pour ma défense, c’est la première fois que je dois lui parler. J’ai l’habitude de m’exprimer sans ambages avec mes frères, avant eux avec mon père. Je déteste devoir surveiller mon langage, choisir mes mots avec soin pour ne pas risquer de froisser sa royale personne. Je le suis des yeux alors qu’il sort de l’eau et se rhabille. D’un geste, il m’invite à le suivre et s’avance sans attendre. Tout en limitant, j’en conclus que j’ai l’insigne honneur de pouvoir marcher dans ses pas mais en aucun cas d’être considérée comme son égal en marchant à ses côtés. Non pas que ce soit un désir particulier. Quelques minutes auparavant, il n’était pas loin de me considérer comme une putain pour errer seule dans les dunes et laissait sous-entendre que j’étais de mœurs légères, cherchant les problèmes au lieu d’essayer de les éviter.

Je le perds de vue un bref instant et m’arrête pour le chercher. Quelques secondes me sont nécessaires pour le repérer couché sur le sol, monté d’un enfant. Visiblement, ils se connaissent et s’apprécient. Je me souviens qu’il est censé avoir un fils et suppose qu’il s’agit de celui-ci. Etonnant comme un homme peut changer du tout au tout face à tant d’innocence. Le guerrier semble avoir disparut pour laisser place au père attentionné. Le voyant se redresser et poser son unique œil sur moi, je déglutis à nouveau et fais de plus grandes enjambées pour les rejoindre rapidement. Un sourire effleure mes lèvres à la vue du garçon qui courre entre les herbes. La maternité n’était pas un désir actuellement mais pour avoir plusieurs neveux et nièces, j’aimais les enfants. Je me gardais toutefois de demander si c’était le sien. Dans le meilleur des cas, je l’imaginais me demander si c’était un problème. Dans le pire, de me mêler de mes affaires. Néanmoins, je me permettais de faire remarquer :

- Je comprendrais que vous retiriez votre offre et m’en voudrait de vous retenir quand vous semblez être réclamé par ce jeune homme.

La formule est polie et sincère qui plus est. J’aurais parfaitement compris qu’il se désiste pour ramener l’enfant dans le giron de sa nourrice, le danger étant certainement plus grand pour lui que pour moi. S’il s’agissait bien de son fils, il n’était pas à l’abri d’un enlèvement pour faire pression sur son père, que ce soit de la part de Fer-Nés ou d’autres.

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Message Ven 12 Aoû 2011 - 15:45

Il continua de marcher, regardant simplement son fils profiter de l’air du large. Il se demandait encore comment il arrivait à se faire balader d’île en île. Il lui avait pourtant dis qu’il était dangereux pour lui de se balader seul et de crier haut et fort qu’il était son fils. Ce dernier lui avait expliqué qu’il arrivait à obtenir ce qu’il voulait en disant qu’il était le fils de Pyk, enfant de Dagon et que si on ne lui obéissait pas, le seigneur s’occuperait personnellement de leur cas. Encore une chance qu’il ne lui était rien arrivé jusque là. Dagon, avait depuis, mit un homme d’arme pour le surveiller, sachant que Zachary était bien trop futé pour cette idiote de nourrice. S’il y avait un danger, il y avait toujours quelqu’un pour le défendre. Il ne saurait ce qu’il deviendrait si la dernière trace de sa moitié venait à disparaître aussi. Oh, il ne montrerait rien, les Fer-nés n’ont pas de place pour la tendresse, mais intérieurement, il souffrirait. Après, il pourrait bien l’empêcher définitivement de se balader seul, mais il a malheureusement, les deux caractères sauvages et légèrement rebelles de ses parents. Dagon était comme lui à son âge et il avait appris à se familiariser avec le terrain, les îles, se muscler, se dynamiser. Il se demandait même si son père n’avait pas fait la même chose avec lui. Sûrement, car pire encore, il n’était jamais là ou presque pas.

Ses pas s’enfonçait dans le sable, passant et massant ses doigts de pieds. Il était pensif, regardant au loin. Il n’y avait personne à part la roche et les vagues qui grondaient doucement, amenant une odeur de sel. Il s’arrêta ensuite, voyant au loin, un groupe de pêcheur. Pêcheur qui n’avaient rien à voir avec les Terres de l’Orage ou Port-Réal. Autant, la jeune femme il s’en moquait, mais son fils. Il ferma ses mains hermétiquement et soufflant entre ses deux pouces, appela Zachary avec le hululement d’un hiboux. Il arriva essoufflé, sa peau hallé, les cheveux qui balayaient son visage. Il lui tapota la tête.

_Tu vas devoir rentrer…
_Non !

Il lui attrapa le bras, lui faisant une clé ce qui l’obligeait à se mettre à genoux. Il ne frappait pas encore Zachary, il était encore trop faible et trop jeune pour sa force. Il le maitrisait simplement. Il finit par siffler, la main dans sa bouche. Alors qu’on ne pensait voir personne, un homme arriva au pas de course jusqu’à lui. Pas un mot, rien. Il lui tendit l’enfant. L’homme d’arme comprenait qu’il voulait qu’il le ramène, car il y avait trop de risque. Puis sincèrement, il avait autre chose à faire. Cela faisait longtemps qu’il n’avait pas été en compagnie d’une femme. Enfin, d’une vraie femme, pas une esclave perdu ou une fer-née de petite vertu.

Son fils s’éloigna dans la direction opposé alors que Dagon continuait à marcher. Il venait de se rappeler qu’elle lui avait fait une proposition polie. Ils se rapprochèrent du groupe de pêcheur à l’allure effrayante, plus des pirates que des commerçants.

_Sachez que je n’ai pas besoin de votre autorisation pour prendre congé d’une simple dame… Si je le souhaitait, vous seriez déjà seule à continuer votre route… Evitez de parler pour rien dire, surtout des conneries pareille. Dites plutôt « merci, je suis honoré à vous en donner ma vie… » ou autre chose…

Il tourna la tête vers elle, un bref rictus digne d’un requin. Les bandits qui repliaient leurs filets commencèrent à faire des avances à la jeune Eibhlin, bien sûr avec des mots qui manquaient de respect et même de politesse. C’était tout simplement comparable à un cauchemar pour jeune vierge. Dagon les fixa de son œil valide avant de tapoter son pommeau et le faire briller discrètement au soleil. Les hommes se turent progressivement avant de ne plus poser un seul regard sur eux. Il était content de l’effet qu’il provoquait. Ils continuèrent plus loin. Il avait désormais attendu la jeune femme, ne sachant exactement où elle habitait. Il était toujours si silencieux. Pourquoi se perdre dans de longue discussion avec une femme, sachant qu’il ne souhaitait qu’une chose avec le sexe opposé.

Puis soudainement, il s’arrêta, la dévisageant un long moment. Il pencha doucement la tête. Elle était si joli, c’était dommage. Cela se faisait rare chez les Fer-né, on avait du mal à différencier les hommes des femmes sur ces îles. Il était très à cheval sur l’Antique Voie. Une femme-roc devait être pure. Il s’avança vers elle, alors qu’ils bordaient plan légèrement plus surélevé par la mer. Il l’obligeait à reculer un petit peu.

_Rafraichisser moi la mémoire. Je ne connaissais Ser Wynche que de nom. Je viens de me rappeler pourquoi. Un homme courageux, mais qui a osé souillé une femme du Conflans, une putain ! C’est vraiment dommage. Vous me plaisiez. Déjà vous ne vous perdez pas dans d’innombrable politesse hypocrites, et vous ne parlez pas tant que ça. Vous ne me traitez pas non plus sans aucun respect. Vous êtes presque assez charmante pour vous offrir au Dieu Noyé. J’aurais pensé qu’enfin j’en aurai trouvé une…

Il lui attrapa doucement la main, faisant glisser la sienne dans l’intérieur de son poignet avant de l’attraper avec fermeté. Elle n’était pas grosse ni grande. Il prit une bonne position et la fit passer par-dessus bord, tout en ne la lâchant pas une seconde. Juste assez pour qu’elle atteigne les vague qiu s’écrasait contre la roche. Il ne la laissa pas trop longtemps. Oui, Dagon était étrange, enfin, il aimait surtout faire peur aux gens et faire ce que bon lui semblait. Il la remonta tout doucement. Elle était trempée. Il la regardait avec un sourire amusé et la reposa sur terre. Avant même qu’elle n’ose ouvrir la bouche pour élever la voix ou cracher l’eau, il posa un doigt imposant sur sa bouche. La robe lui collait au corps. C’est ce qu’il cherchait. Il n’hésitait pas à plaquer le tissu sur ses jambes pour deviner la coupe de ses cuisses. Il tira dans le dos pour que cela épouse parfaitement ses hanches et sa poitrine. Il avait vraiment un minimum de respect, alors voilà pourquoi il s’était retenu de la mettre complètement nu au milieu de nulle part. Il serait venu chez elle, il n’aurait pas hésité. Il était normal qu’il inspecte la marchandise avant de s’en emparer. Il était indécis.

Il continua son chemin jusqu’au bord de l’île d’Harloi pour gagner la rive de l’île de Pyk. Il regarda la chaloupe qui tanguait avec les vagues. Il observa Eibhlin.

_Vous êtes bien sur mon île, n’est-ce pas ?

Deux hommes qui se tenaient à l’ombre d’un rocher sortirent pour monter sur le véhicule avant de s’armer de leurs rames. Dagon aida les hommes à pousser la barque dans l’eau. Il attendit qu’elle se joigne à lui et une fois assis dans l’énorme barque, il délia enfin sa langue. Il lui demandait ce qu’elle savait faire, si elle savait lire et bien sûr, si elle savait se défendre. Il finit bien sûr par lui demander.

_J’aimerai savoir les sentiments que vous auriez sur le fait d’être une de mes femmes-Sel. Je ne peux vous offrir plus, vu que vous êtes d’une mère du Conflans.

Le bateau tanguait, les hommes ramaient doucement tirant sur leurs muscles humides de sueur.

HRP : J'espère que le poste te va et que j'avance pas trop vite. Je suis désolée hein, sinon, je ne te donne pas grand chose pour relancer.
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Message Ven 12 Aoû 2011 - 19:59

Je le suis, silencieuse et contrariée qu’il ne daigne pas même prendre la peine de répondre à ma question. En tant que femme, j’ai du mal à comprendre pourquoi mon frère le prend pour modèle et je ne peux qu’espérer que c’est seulement l’homme d’armes à qui il souhaite ressembler. Du mouvement attire mon regard un peu plus loin et je remarque un groupe d’hommes se tenant sur le sable, tirant leurs filets alourdis par l’eau de la mer sur la plage. Des pécheurs, des Fer-Nés probablement. Un sifflement strident me fait tourner la tête vers Dagon et je vois revenir l’enfant vers lui rapidement. S’en suit une discussion sommaire où il ordonne à son fils de rentrer. Ses protestations restent vaines. D’autorité, son père l’empoigne et le maîtrise avant qu’à la suite d’un autre sifflement, un homme d’armes n’apparaisse pour emporter le gamin. Je le suis du regard, me demandant s’il avait toujours été là, à veiller, bien que la réponse soit évidente.

Dagon se remettant à marcher, je lui emboîte le pas, recevant une réponse qui est loin de me plaire. Il aurait pu prendre congé quand bon lui semblait, en effet. De même, j’étais en droit de lui faire savoir que j’aurais trouvé cela normal qu’il se préoccupe de l’enfant en premier. Quant à donner ma vie pour lui… Tout bon Fer-Né serait prêt à se sacrifier pour protéger son roi, non ? Quoi que certains soient sans doute plus enclins à le laisser crever pour s’accaparer ensuite son trône laissé vide de tout héritier légitime. J’ignore si je serais capable de faire preuve d’autant d’abnégation pour lui. Pour mes frères, pour ma mère, sans aucun doute mais pour mon roi ? L’avenir me l’apprendra peut-être… ou pas. Arrivés à hauteur des pécheurs, je sens les regards de ceux-ci me détailler avec trop d’intérêt et me retrouve bientôt encerclée, obligée d’écouter leurs grivoiseries écœurantes. Je me refuse à faire appel à Dagon du regard et reste de marbre, me contentant d’afficher un air froid et indifférent, de repousser les mains qui se tendent vers moi, de les éviter. Effrayée, je ne le suis pas. Nerveuse, je serais stupide de ne pas l’être. Mais j’ai grandi avec deux frères aînés. Si j’ai appris une chose d’eux, c’était plus une fille montrait sa peur et ses faiblesses, plus ils en profitaient pour enfoncer le clou.

Un éclat attire leurs attentions et la mienne. Je fixe un instant le pommeau de l’épée de Dagon avant de relever les yeux sur son visage impassible. Déjà, les hommes s’écartent et tournent le dos. Déjà, lui se remet en route et je le suis, m’ordonnant de le remercier mais les mots restants coincés dans la gorge. Sans prévenir, il fait volte-face et me dévisage sans rien dire de ce qui lui traverse l’esprit. Méfiante, je le vois s’avancer et je recule, non sans prendre garde où je mets les pieds, non sans voir la mer se rapprocher dangereusement dans mon dos. A quoi il joue ? Les mots me frappent aussi durement qu’une gifle quand il se permet de traiter ma mère de putain et de dire que mon père l’a souillé ! Je ne comprends goutte à ce qu’il raconte ensuite, la colère obscurcissant mon esprit à cet instant. Est-ce qu’il s’était seulement entendu parler ?! Comment pouvait-on être aussi immonde ?!

Il tend sa main pour se saisir de l’une des miens, saisit le poignet plus fermement, laissant à penser qu’il veut s’assurer que je ne glisse pas mais l’instant suivant, je sens le poids de mon corps basculer en arrière et me retrouve à avaler des goulées d’eau par la bouche et par le nez. La peur se répand comme un poison et il me faut toute ma présence d’esprit pour ne pas céder à la panique, frétillé comme un poisson au bout d’un hameçon. Je suis bonne nageuse. Mon père s’est assuré que ni mes frères ni moi ne sombrions comme des rochers au fond de la mer si nous venions à passer par-dessus bord. Il n’empêche que maintenue ainsi sous l’eau, il ne dépend pas de moi de m’en tirer saine et sauve mais bien de lui. La chance veut qu’il soit d’humeur magnanime et il me sort de l’eau pour me reposer sur le sol. Trempée jusqu’aux os, des mèches de cheveux collants sur le visage, j’ouvre les lèvres pour happer de l’air quand il y pose un doigt pour m’arrêter et me tripote sans aucune façon, sans aucune explication. Sans rien dire, il se redresse et s’éloigne. Je coule un regard noir dans sa direction tout en prenant enfin le temps de remplir mes poumons et en essuyant tant bien que mal l’eau dont je dégouline encore. Est-ce que cela lui aurait écorché la bouche de seulement justifier son geste ?! Je me redresse péniblement et le suit tout aussi péniblement, le pas alourdi par le poids de ma robe, les jambes gênées par la jupe qui s’y colle encore. Lorsqu’il m’interpelle, c’est pour demander si je réside bien sur l’île de Pyk, semblant déjà être passé à autre chose. Non loin de lui, deux hommes sortaient d’on-ne-sait-où et se dirigeaient vers une chaloupe pour la remettre à la mer. Je m’étais contentée d’hocher la tête pour confirmer, approchant alors qu’il leur prêtait main forte. Assise en bout de barque, la mine renfrognée, je subis ses questions en silence jusqu’à ce qu’il me demande ce que je penserai d’être femme-sel en précisant que c’était tout ce qu’il pouvait se permettre d’offrir puisque sa mère était Conflan.

Une vague d’irritation me submerge et si j’avais eu moins de bon sens, ma main aurait volé jusqu’à son visage pour le gifler ou lui arracher le seul œil qui lui restait. Au lieu de cela, je lui jette un regard torve et persiffle :

- Je sais lire, écrire, compter, cuisiner et tirer à l’arc. J’ai été instruite par mon père autant que par la femme que vous mépriser si ouvertement, monsieur. Et je suis une Fer-Née, reconnue comme telle par le Dieu Noyé ! Mon sang laisse peut-être à désirer à vos yeux mais entendez ceci mon roi… JE NE SUIS ET NE SERAI LA PUTAIN DE PERSONNE ! Quoi que vous en pensiez, ma mère vaut bien deux Fer-Née. Elle n’est pas née sur ces îles mais elle s’est soumise de son plein gré au Dieu Noyé pour être acceptée et reconnue comme l’une des nôtres ! Combien de femmes-sel de votre connaissance en ont fait autant ?!

Plus que l’injure faite à ma personne en me demandant si je pouvais envisager d’être femme-sel, c’est bien celle faite à ma mère qui me met en rage. De mémoire, son fils n’était pas le fruit de son union avec son épouse légitime. Ce n’était pas mon cas ! L’Antique voie, le sang pur, je peux comprendre que son souci soit de s’offrir une descendance irréprochable mais ai-je jamais prétendu à sa couche ?! Ai-je jamais prétendu à sa couronne ? Que nenni ! Je n’aspire pas plus à celle-ci qu’à prendre mari et fonder un foyer ! Si d’autres sont tentées ou qu’il trouve une épouse plus digne de lui, grand bien lui fasse. Je ne peux que lui souhaiter et plaindre la pauvre femme.

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Message Ven 12 Aoû 2011 - 23:09

Dagon se mit à lâcher un rire éclatant, qui venait du fond de son poitrail. Il s’en tenait le ventre avant de se jeter sur elle, sortant l’épée de son fourreau, la lame caressant de près la gorge de la jeune femme. Son regard se faisait dur, mais son sourire vile et vicieux.

_Tant mieux pour toi si tu arrive à te nourrir dans l’idée que tu ne seras la putain de personne. Que ce soit moi où un autre, tu ne choisira pas celui qui viendra te prendre ton innocence, car crois moi, je viendrais avant que ton bien aimé, par miracle, le fasse et tu t’en souviendra à vie, si bien que tu ne souhaitera que personne vienne te toucher. Ensuite, je t’explique simplement… Que je ne te laisse pas le choix. C’est ça qui est bon chez nous et même quand on est en haut de sa région, je me sers, qu’on me supplie ou non. On se débat, j’égorge…

Il retira doucement la lame de son épée avant de la ranger. Les hommes derrières essayaient encore en fin d’arrêter les mouvements de la grande barque qui se balançaient alors que les vagues étaient si calmes. Il se rassit sur la banquette en face de la jeune femme, lui laissant tout le loisir de se rasseoir.

_C’est fort dommage, tu ferai une magnifique Reine. J’aime ton tempérament, mais tu comprends, aux yeux des autres, ce n’est pas bon… J’hésite très sincèrement aussi, une femme avec ton humeur en femme-sel, cela risque de faire des dégâts. Puis d’après ce que j’en ai vu, t’es ravissante pour ton âge et tu vieilliras bien. T’façon cela n’est qu’un détail, si je me lasse, tu finira en sacrifice… Je ne m’encombre pas. Je vais te laisser encore le temps de garder espoir et sûrement de tenter de te suicider avant de savoir ma décision.

Il lui fit un sourire acéré avant de voir la terre de l’île de Pyk, s’approcher. Il décrocha totalement son attention de la jeune femme, ce qui en était que plus inquiétant. La chaloupe tanqua quand elle toucha le sable qui mouvaient avec les vagues. Il aida Eibhlin à descendre, ce qui était aussi mauvais signe. Il la laissa avancer devant. Il réfléchissait encore et encore. Il avait peur des femmes de caractère. Sa moitié en avait, mais juste dans ses gestes. Un peu sauvage et tendre à la fois. Elle parlait presque jamais, sauf quand elle buvait un peu trop. Il se rappelait encore ces nuits où il venait dans sa chambre avec un peu d’hydromel. Elle en buvait à plus soif.Il était allongé dans le lit et après lui avoir montré ô combient il l'aimait et aimait son corps et ses caresses, elle ne cessait de parler. Il se rappelait sourire bêtement, ou d'exaspération face à toutes ces questions. Elle voulait mieux le connaitre, savoir plus de l'homme qu'elle avait fini par aimer. Il se souvenait même qu’il essayait vainement de la faire taire en lui caressant les cheveux ou en tentant encore un moment pleine de ferveur. C’était peine perdue. Elle lui manquait tellement. Eibhlin lui faisait penser un peu à elle. Cette jeune femme n'ouvrait la bouche que quand elle avait besoin de faire des réflexions où lui faire comprendre qu'elle avait été insultée. Elle avait quand même beaucoup plus de fierté que son ancienne concubine. Cette dernière, déjà enfant battue par son père, avait plus le tempérament d'une victime qui préférait s'effacer. Enfin, pas tout le temps.

Il laissait donc la jeune femme marcher devant lui. Il attendit de s'éloigner de la plage. Une énorme roche était planté dans la lande sèche et déserte. A l'ombre de celle-ci, Dagon plaqua la jeune femme à la gorge et la décolla du sol.

_Ne me manque plus jamais de respect devant mes hommes. Tout le monde le sait, je ns suis pas à cheval là-dessus, mais y'a un minimum supportable. J'ai tué, femme et enfant pour moins que cela, fait vraiment attention. T'as encore une chance que tu m'intéresse...

Il la reposa doucement au sol et l'attrapa par le bras pour la pousser vers l'avant. Il ne se priva pas d’apprécier les jupons de la robe encore mouillées qui moulaient parfaitement ses fesses. Dagon restait un homme, sans cœur mais avec des envies d’homme.

Il y avait une imposante bâtisse au loin, sûrement sa maison. Vu les petites chaumières dans les parages, cela ne pouvait être que la maison des Holte de Fer. Cela l'agaçait fortement ces langues intenables, mais aller savoir pourquoi, comme il le disait : il détestait autant qu'il aimait cela. Peut-être était-ce l'excitation que pouvait provoquer la joute verbale, ou encore cette tension. Une sorte de défi. Bientôt, apparu de plus en plus près sa demeure. Il s'arrêta un instant pour la jauger. Elle était bien tenue dans l'ensemble. Puis alors qu’il venait à saluer la jeune femme, un silhouette sortit de la maison. Un démarche confiante, imposante, sûrement l’homme de la maison. Dagon ne bougea pas, toujours la main sur le pommeau de son arme. Il était dur d’être un Roi par forcément aimé et à la place envié.
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Message Sam 13 Aoû 2011 - 9:38

Jamais encore je n’ai entendu quelqu’un rire comme lui après que je me sois mise en colère. De loin, il gronde avant d’exploser littéralement comme un coup de tonnerre, se déployant comme les ailes d’un oiseau et se maintient, tonitruant, pendant plusieurs secondes qui me semblent interminables. Déjà furieuse et vexée, son rire ne fait qu’enfoncer le couteau dans la plaie et mes doigts se resserrent sur le tissu humide de ma jupe, détournant le regard vers le large. Mal m’en prend. Malgré son âge et sa stature, il bondit de sa place pour fondre sur moi et je me retrouve plaquée contre le bord de la chaloupe, la tête à portée de vagues et la gorge à porter de sa lame. Dans ma poitrine, mon cœur s’emballe sous la dureté de son regard et un frisson me glace en me parcourant l’échine. Les prunelles fixées sur son visage, j’écoute, bien obligée, ses propos et pince les lèvres pour ne pas l’envoyer au diable. Les femmes n’ont jamais eu tellement le choix, je le sais. Comme je sais que le jour où mon frère me trouvera un époux, qu’il me plaise ou non, je n’aurais mot à dire. Encore que jusqu’ici, mon caractère n’a pas eu lieu de plaire aux quelques prétendants qui s’étaient proposés sans me connaître que de nom. Mais lui s’impose et menace. Lui s’annonce déjà comme le pire amant qui soit et pousse le vice jusqu’à prévenir qu’après lui, je serai dégoûtée à vie de tout contact physique.

Je me demande si je n’aurais pas fait mieux de me taire tout en sachant pertinemment que je ne l’aurais pas fait. Je ne suis pas bavarde. Je sais lier ma langue quand nécessaire. Mais quand j’ai quelque chose à dire, je le dis, à plus forte raison quand la colère prend le dessus. Je sens sa lame glisser sur ma peau avant qu’il ne la range et s’écarte pour se rasseoir. Tant bien que mal, je me redresse alors que la chaloupe ballote et que les deux hommes d’arme tentent de la rendre stable. L’œil noir, je fixe Dagon Greyjoy, la langue entre les dents pour m’imposer le silence alors qu’il affirme apprécier mon caractère mais déplore encore le mélange de mon sang, lorsqu’il ajoute qu’il n’est pas certain que je fasse une bonne femme-sel à cause de ce même caractère. Il ne semble pas avoir arrêté sa décision et je me détends légèrement. Au mot suicide par contre, j’entre-ouvre les lèvres, prête à lui dire que cela n’arrivera jamais, avant de les refermer. Je suis jeune et je suis femme mais la fuite, quelle qu’elle soit, n’est pas quelque chose que je peux envisager sans mépris. Salir mon propre nom, pour échapper au roi des Îles de Fer qui plus est, ce serait apporter la honte sur ma famille et cela non plus, je ne peux y penser sans frémir de rage.

Alors qu’il se désintéresse de mon cas, je détourne les yeux, pensive. Femme-sel… Ce n’est pas comme cela que je vois les choses. En vérité, je ne les vois pas. Le mariage n’est pas un sujet qui me fait rêver la nuit et le jour. J’ai toujours supposé que cela arriverait quand cela devait arriver mais je n’ai jamais couru après lui. Mais Femme-sel ?! Je secoue la tête, songeant que Dougal estimerait que, même si ce n’est pas le meilleur des avenirs, c’est un honneur que d’être choisie par le roi pour être une de ses Femmes-sel. Que ce roi ait l’âge d’être mon père, ce n’est qu’un détail déplorable mais pas insurmontable. Je l’entends d’ici me dire de voir le bon côté de la situation, qu’il est préférable d’être la Femme-sel d’un roi que la putain d’un quidam. Je plisse le front, contrariée à la pensée que si Dagon venait à lui poser la question, Dougal n’hésiterait pas à me pousser vers lui pieds et poings liés en le remerciant de l’honneur qui m’était fait par-dessus le marché ! La chaloupe ralentissait en touchant le sable et, quelques minutes plus tard, s’arrêtait sur le rivage. Les deux hommes sautèrent dans l’eau pour la tirer. Je me lève et considère la main que Dagon me tend pour m’aider à descendre. La refuser serait une injure et je la prends à contrecœur, marmonnant un merci entre les dents une fois les pieds à terre.

Je ne l’attends pas cette fois et marche en direction de Holt de Fer d’un pas sûr mais l’estomac noué. J’aimerai pouvoir me bercer de l’illusion que le roi va décider de rentrer dans son château et me laisser poursuivre seule maintenant que nous sommes sur l’île de Pyk mais je ne suis pas assez naïve pour le croire, pas assez sotte pour me faire du mal toute seule. Le sable recule sous les herbes sèches qui, par-delà des dunes, s’étendent sur la lande. Ici et là, des rocs s’élèvent et je dépasse l’un d’eux quand Dagon me saisit par la gorge et me soulève du sol en m’invectivant pour lui avoir manqué de respect devant ses hommes. Lentement, il ramène mes pieds au sol et sans son aide pour rester sur mes deux jambes, je me serai effondrée sur le sol. Poussée vers l’avant, je tousse tout en massant ma gorge là où ses doigts se sont enfoncés. Pour le coup, il a raison. Sous la colère, j’ai lui ai fait par de mon sentiment sans prendre garde que ses hommes écoutaient et observaient. Dougal, tout comme mon père s’il avait été encore en vie, m’aurait fouetté pour cela. Pas par envie ni même par colère, mais juste pour que ses hommes comprennent qu’aucun manquement, même de sa propre famille, n’est autorisé et que quiconque s’y risque en subit les conséquences.

Il est un peu tard pour s’en excuser et un peu trop tôt pour dire que cela ne se reproduira plus. Au bout de nombreuses minutes silencieuses, je vois bientôt Holt de Fer se dresser au loin. C’est à la fois le cœur chaud et l’estomac retourné que j’avance dans sa direction, évitant de jeter un coup d’œil par-dessus mon épaule pour vérifier que Dagon est toujours là. Bientôt, nous arrivons aux portes grandes ouvertes. Je sens la curiosité dans le regard des hommes d’armes qui montent la garde mais ne montre rien de mon agacement, les franchissant rapidement. Déjà, des murmures se font entendre parmi nos gens quand leurs regards se posent sur Dagon Greyjoy. Je n’y prête pas attention, voyant mon frère aîné sortir de la maison principale et se diriger vers nous. A moins de cinq pas, il s’arrête pour me détailler de la tête aux pieds avec un froncement de sourcils. Ses lèvres remuent pour parler mais son regard me dépasse pour observer l’homme qui se tient dans mon dos. Son expression faciale change aussitôt et il s’empresse d’aller au-devant du roi, non sans me jeter un regard lourd du sous-entendu : « Qu’as-tu fait ?! »


- Soyez le bienvenu à Holt de Fer, monseigneur ! l’entendais-je déclaré en ployant un genou à terre en signe de respect. Puis, se redressant, il ajoutait : J’ose espérer que ma sœur ne vous a importuné d’aucune manière ?

Le ton laisse à penser qu’il pense que c’est le cas et qu’il entend bien me corriger quoi que je puisse avoir fait. Avant que Dagon ne puisse répondre, Emmeth, ma mère et mes deux belles-sœurs nous rejoignent et s’inclinent devant lui à leur tour. Je hausse les yeux au ciel et sens qu’on tire sur ma jupe pour que j’en fasse autant. Non sans un regard noir sur Dagon, je m’exécute en lui tournant le dos et entend ma mère me murmurer :

- Pourquoi es-tu trempée et que signifie tout ceci ?!

Je veux répondre quand Dougal s’adresse au roi pour l’inviter à entrer dans ce qu’il nomme notre humble demeure, proposant de lui servir à boire et à manger en précisant qu’ils allaient justement passer à table. Il est aussi tard ? me demandais-je, étonnée.

- Vous êtes ici chez vous, monseigneur, renchérissait Dougal en le dirigeant vers la maison.

Toujours agenouillée, je suis Dagon du regard, vois mon frère lui céder le passage pour entrer dans celle-ci, et me redresse en soupirant. A ma mère, je réponds qu’elle ne tardera pas à le savoir et nous rentrons à notre tour. Dans la grande salle, Dagon a déjà une coupe de vin entre les mains et je balaye la pièce, remarquant qu’en effet, la table est prête à nous accueillir, qu’on y ajoute un couvert pour notre invité de marque. Reportant mon attention sur les deux hommes, je croise le regard de Dagon et relève le menton, prête à en découdre si besoin. Verbalement en tout cas et si on m’en laisse la possibilité, ce qui n’est pas acquit.

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Message Sam 13 Aoû 2011 - 18:59

Il regardait la pauvre fille s’éloigner alors qu’un homme l’ignorant presque, arriva à la charge jusqu’à lui. Bien sûr, comme par habitude, la tension était grande dès qu’un homme, musclé ou non, s’approchait de lui. Il était prêt à dégainer et se défendre s’il le fallait. Non, finalement, le jeune homme le salua. Oui, c’était bien le propriétaire vu son attitude qu’il faisait au nom des Wynch. C’est avec la lourdeur d’un respect sincère que son genou s’enfonçait dans la terre sèche et sableuse, instable. Dagon ne se cacha pas pour grimacer et le laissa finir son discours en s’humiliant ainsi à se poser si bas comparer au seigneur des îles de Fer. Il pencha la tête sur le côté comme si tout cela l’ennuyait. Il eut un léger rictus au début, lorsqu’il devina l’attitude de ce qui devait sûrement être sa sœur.

_Vous savez, c’est dans l’éducation d’une fer-née de se montrer si fier et désinvolte. Que serions-nous avec des vraies femmes qui tiennent leur langue ? Ne vous inquiétez donc pas, je me suis permis de la remettre à sa place, finit-il en lui jetant un long regard. Par contre, relevez-vous. Si vous me connaissez assez bien, vous devriez savoir que j’ai horreur d’être traité de la sorte. Je ne traduis que dans vos gestes une pure hypocrisie. Je pourrai en conclure que ce serait pour épargner votre sort où celui de votre mère qui est d’origine du Conflans. Où pire encore, que vous n’avez aucune dignité et que la crainte vous oblige à me lécher les pieds. Un simple salut, ou juste « seigneur » si vous insistez, avec votre invitation à manger m’aurait suffis. Là, vous n’êtes qu’un petit crabe à côté de la sèche d’or alors que vous pourriez être un requin. Sachez, jeune homme, que je suis un guerrier avant d’être un Seigneur. Ne me confondez surtout pas avec ces nobles galeux et oisif qui n’ont rien d’autre à faire que pleurer leur sort quand j’envoie ma marine les saigner, tout en buvant du vin et baisant leur putain coincée, bien au chaud dans leur château... Sommes-nous d’accord ? Car là, vous m’insultez.

Il lui tapota l’épaule quand il se releva et passa devant toute la famille qui était descendue pour le saluer. Bien sûr, il ne leur offrit qu’un regard, dont un pesant à la mère. Elle devait comprendre que vu les tensions de ces dernières mois, il avait du mal à supporter la vue d’une femme du Conflans, même si elle avait été reconnue Fer-né. En tout cas, aucunement, son regard se fit noir, à part celui de sa fille, Eibhlin, mais peut-être savait-elle où était sa place quand on voulait se rapprocher à la plus grande pureté de l’Antique Voie.

Guidé par l’aîné de la maison, qui en profita pour se présenter en chemin, il pénétra dans la demeure. Les domestiques ne manquaient pas, la maison était rangé, bien chauffé par une âtre presque aussi grande que celle qu’il avait dans sa chambre. Il passa ses mains près du feu qui crépitait, le bois craquant sous la chaleur si douloureuse et si agréable pour la peau de Dagon. On lui tendit un verre de vin. Il l’accepta d’un signe de tête pour remerciement avant de se laisser distraire par la voix lointaine de Dougal qu’il n’écoutait déjà presque plus. Ah, il pouvait être fier de lui, il était fidèle au Dieu Noyé. Il eut une pensée pour feu le père des Wynch de les avoir si bien éduqué. Ils se seraient sûrement bien entendu et il aurait sûrement empêché ce vieux fou de s’amouracher d’une femme du Conflans. Il s’ajouta pour lui-même qu’on pouvait être faible face au sexe opposé. Il but une gorgée quand enfin les femmes envahir la place.

_Approchez-vous du feu Lady Eibhlin pour vous séchez… Mais pas trop près, ce serait idiot que vous bruliez avant de savoir ma décision, encore une fois son sourire s’esquissa comme celui du kraken recevant une offrande.

Il porta son attention sur les domestiques qui couraient de ci, de là, se précipitant pour faire une place au seigneur de l’île. Déjà depuis tout petit, ces personnes l’agaçaient. Il avait l’impression d’être emporté dans une tempête sur sa boutre. C’était insupportable, recevant des gouttes dans le visage qui vous empêche d’ouvrir les yeux et de vous concentrer. D’un autre côté, il avait besoin d’eux. Il sentait la chaleur du feu dans son dos. Le soleil disparaissait peu à peu pour laisser ce que Dagon préférait avant tout, la nuit et ses astres changeantes, uniques et si éphémères ce qui leur donnait leur importance. Il passait plus de temps à flemmarder en journée et s’activer la nuit. Même pour ce qui était des pillages, il aimait quand le soleil cessait de brûler sa peau et la fraîcheur aussi ténébreuse qu’apaisante.

Il sortit de ses pensées et tapota l’épaule de Dougal. Il avait juste compris qu’il avait une sincère admiration pour lui et qu’il n’attendait que le moment où on l’enverrait à l’eau. Le reste, il passa sous silence, trop occupé à se nourrir avec avidité de l’air renfrogné de la jeune femme.

_Si vous voulez nous aider. Vous pouvez partir sur une boutre ou la votre si vous en avez une, je ne vous retiens pas et vous devez voir ça avec mon Amiral. Quoi qu’il est déjà parti. Ce qui est de l’élite, il va falloir vous y entrainer très vite, car plus on est jeune, plus on devient fort jeune. Je n’ai rien contre cette idée. Il faudra juste passer la relève à votre cadet, mais ce serait bien trop dangereux pour l’honneur de la maison. Par contre, j’accepte volontiers le diner que vous m’offrez autant que j’accepterai votre sœur comme Femme-Sel. Enfin, quoi qu’il faut que j’y réfléchisse encore. Je doute de pouvoir la supporter assez longtemps. Disons qu’il est sûr que je me porte garant pour être le premier à m’occuper de sa fleur dans le pire des cas…

Il s’installa en bout de table, alors que Dougal était à l’opposé. Il avait l’air encore secoué par la facilité et la simplicité dont Dagon avait annoncé la chose. Il devait bien savoir que de toute façon, il ne servirait à rien d’argumenter pour qu’il ne la prenne pas, il le ferait s’il le souhaitait. Non, il cherchait juste à mettre Eibhlin mal à l’aise. Il ne savait si c’était réussi.

Elle était à sa droite. Il arrachait la chair du poisson fraîchement péché avec vigueur et gourmandise. C’était délicieusement préparé. Son œil ne cessait de se perdre sur elle. Oh, il ne la jaugeait pas tel un amant en plein transport, mais plutôt comme un marin qui avait navigué trop longtemps sans sentir la peau d’une femme.

_Je suis curieux de connaitre votre propriété. Eibhlin pourrait me faire l’honneur de me guider ?

Ah ? Beaucoup de femme le savait, Dagon adorait jouer avec ses proies.
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Message Mar 16 Aoû 2011 - 15:40

Dans la cour, je n’ai prêté attention à la conversation entre mon frère et Dagon, l’oreille tendue vers ma mère. Encore sur le seuil de la grande salle, je discute avec elle de la nécessité de monter changer de robe et l’envisage en songeant à une robe de la penderie qui n’a pas été sortie depuis plusieurs lunes et que je considère comme un repousse-tout quand je suis priée de m’approcher du feu pour me sécher. Il m’est difficile de refuser, la demande émanant de mon roi et non de mon frère. Tout en approchant, je me demande de quoi ils discutaient quelques instants plus tôt, leur trouvant à l’un un air trop content de lui et à l’autre un air bien trop fasciné pour ne pas savoir vers qui sa loyauté irait en premier. Sans un regard pour l’un ni pour l’autre, je présente mon dos aux flambées dans l’âtre et me crispe en l’entendant ajouter qu’il serait idiot de finir brûler vive sans connaître sa décision. Sur ma gauche, le regard de mon frère se fait inquisiteur, non sur lui mais sur moi. Je peux le sentir peser mais refuse de croiser ses yeux. J’ai la désagréable impression d’être le dindon de la farce et pire encore, prise dans un étau dont ils forment chacun un morceau. Pas besoin d’être devin pour savoir lequel a les dents les plus aiguisés toutefois.

Bercée par la chaleur du feu, je me détends toutefois, observant les domestiques s’agiter pour finir de préparer la table et ajouter le couvert du roi mais ne perdant rien de la conversation qu’ils entretiennent cette fois. L’idée que Dougal puisse réaliser son plus vieux rêve en voguant sur les mers, prêt à en découdre avec les armées de Westeros ne m’emballe pas et je réprime un soupir de soulagement quand Dagon argue qu’il ne serait pas bon toutefois qu’il cède sa place à Emmeth pour prendre la mer. Être d’accord avec lui sur quelque chose m’est désagréable, surtout vu les propos qu’il a pu tenir sur la plage ou dans la barque. Il accepte l’invitation à dîner et je sursaute quand il ajoute qu’il m’accepterait comme femme-sel également. Il annonce cela, le plus naturellement du monde, en plein milieu d’une conversation banal ! Je tourne les yeux vers lui mais l’arrête lorsqu’il ajoute devoir encore mûrir sa réflexion, mon caractère n’étant pas des plus engageants. C’est plutôt rassurant. Malheureusement, il entend s’octroyer un droit de cuissage et ma tête se dévisse presque de mes épaules pour le foudroyer d’un regard noir.

C’est le moment, opportun, que ma mère choisit pour annoncer que nous pouvons passer à table. Dougal invite le roi à s’installer en bout de table, occupant l’autre côté. D’ordinaire, je suis face à Emmeth ou Regina mais je me vois obligée de prendre place à la droite de Dagon, mon siège se retrouvant occupé par Aylin qui a cédé sa place à celui-ci. Le repas est frugal mais nourrissant. Notre cuisinière n’a pas son pareil pour accommoder les poisons à toutes les sauces afin de ne pas rendre sa consommation monotone. Comme il ne semble pas s’en plaindre, mangeant avec un certain allant, je suppose qu’il apprécie le repas. Je me garde de tourner les yeux sur lui, les gardant baissés pour éviter de croiser ceux d’un autre membre de ma famille. Je n’imagine que trop bien les questions qu’ils doivent se poser et dont je serais noyée dès le départ du roi. Je viens de porter un morceau de poisson en bouche quand il a l’audace de demander une visite guidée de la propriété par mes soins. Un instant, le morceau reste calé dans ma gorge et je tousse en me frappant sur la poitrine pour qu’il descende. Ma main se tend vers la coupe de vin pour le faire glisser dans la gorge et non le recracher grossièrement dans mon assiette.


- Si cela vous agrée, je… n’y vois aucun inconvénient, acquiesçait Dougal.

La chaise d’Emmeth semble s’être couverte d’oursins et je vois la main de sa femme effleurer celle de mon frère pour l’inciter au calme. Il n’est pas temps en effet de manquer de respect au roi. Même si sa visite n’a rien d’officielle, nous sommes ses vassaux, tributaires de son bon vouloir. L’appétit coupé, je repose ma cuillère sur le tranchoir et tourne les yeux vers Dagon, répondant à mon tour d’un ton calme que dément sans doute l’éclat de mon regard.

- Ce sera un honneur pour moi que de vous faire visiter notre demeure. Si vous avez terminé votre repas, peut-être pouvons nous en faire le tour dès à présent. Vous pourriez ainsi regagner Pyk avant le crépuscule en toute sécurité.

C’est volontairement que je laisse entendre qu’il ne sera pas le bienvenu pour la nuit. Non pas que je pense que lui sans soucie, pouvant le réclamer si tel est son bon vouloir, mais bien à l’intention de Dougal, espérant qu’il ne vienne pas à lui proposer de son propre chef juste pour avoir le plaisir de converser plus longuement avec lui. J’attends que Dagon ait fini de manger pour me lever et l’entraîne vers l’office où s’affairent encore nos gens. Il ressemble à n’importe quelle cuisine, aussi je lui fais la grâce de ne pas m’y attarder exagérément, empruntant un escalier en colimaçon qui mène sous les combles. Je lui épargne les mansardes des domestiques, le guidant sur les remparts. De là, il peut se rendre compte de la distance entre la pointe de l’île et notre demeure. Nous sommes bien placés pour être les premiers à voir un bateau s’approcher et il ne faut guère de temps pour pouvoir envoyer un messager vers Pyk pour l’aviser d’un danger. Maison mineure de part ses origines, Holt de Fer n’en est pas moins un poste avancé sur la mer.

- Vous auriez pu présenter les choses avec plus de tact, non ? grognais-je en le regardant.

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Message Mer 17 Aoû 2011 - 16:21

Dagon adorait toute la tension ou plutôt la colère que lui envoyait Eibhlin pendant tout le repas. Oh oui, c’était tout simplement jouissif. Il préférait par-dessus tout, quand le regard de la jeune femme, ne regardait que son visage, évitait ceux de la famille et se posant sur son assiette. Puis alors, aller savoir ce qu’il avait dit, ou peut-être que son seul œil valide trahissait son désintérêt pour la maison, mais son attention trop fortement portée à la jeune Eibhlin. Emmeth avait l’air, contrarié ce qui ne fit que plus plaisir à Dagon. Prendre les choses quand on les lui donne avec un sourire n’apportait pas le même plaisir. Il n’y aurait plus de plaisir à être despote et avoir cette douce sensation que le pouvoir est sien et que tout peut lui appartenir.

Dougal accepta, presque volontiers, du moins sans rechigner que sa sœur escorte le seigneur des îles pour visiter la maison. La petite colère à peine voyante de Emmeth se fit sentir, mais Dagon ne le vit pas réellement. Il finissait son dernier morceau de chair juteuse avant de venir chercher une arrête qui s’était coincé dans sa gencive avec hargne. Ah, elle pensait bien trop fort la jeune Eibhlin. Il s’essuya du revers de la manche et se leva. Il remercia ses hôtes pour le repas et ouvrit grand le bras pour laisser la jeune femme passer devant lui. Elle commença par la salle la plus proche sûrement. Une simple cuisine oui, où les domestiques mangeaient ce qu’il restait de la préparation. Certain s’était stoppé dans leur dessein pour jauger le seigneur avant de reprendre timidement. Etait-il du genre à ce qu’il souhaite que l’on se lève quand il entrait dans une salle ou un simple regard suffisait. Dagon n’avait pas relevé, ni même la piètre décoration et l’horrible organisation de la cuisine, comme beaucoup d’autre. La sienne devait faire au moins le double et le personnel s’y retrouvait souvent, heureusement qu’il y avait de l’espace. C’était leur endroit, où ils pouvaient tous boire un verre en toute convivialité. Ensuite, elle ne perdit pas de temps pour l’expédié à l’extérieur de la maison. Faisait-elle donc exprès. Enfin dans le fond, il voulait juste l’agacer et lui mettre la pression si possible. Le bâtiment des Wynchs ne l’intéressait pas du tout. Il ne méritait que ce qu’il semait.

Donc vu son circuit elle n’avait qu’un hâte : qu’il parte. Or, il ne se presserait pas. Ce n’était pas une petite femme qui allait l’y obliger même avec toute la subtilité du monde. Encore une fois, il aimait dominer. C’est lui qui choisissait. Il observa les remparts et la vue dégagée qu’elles offraient sur la mer. Il regarda son château au loin. Le ciel était presque d’encre et on voyait quelques meurtrières et fenêtrent s’éclairer à la lueur d’un bon nombre de bougie. Il se demandait dans quel état ils étaient tous, face à l’absence de Dagon, mais savaient aussi pertinemment que s’ils venaient le chercher pour des broutilles, ils finiraient les viscères dévorées par les mouettes. C’était un très bon point d’observation quoi qu’il en soit. Il finit par s’appuyer sur une rempart et écouta la voix d’Eibhlin couper le silence comme une lame lancé à toute vitesse contre lui. Il eut un rire de gorge.

_ Ah et comment ? Dîtes moi ce qui aurait été plus adéquate ? Je serai arrivé, j’aurais fait une ample révérence à votre mère peut-être, celle qui est souillé par le sang des Conflans ? Ensuite, j’aurais salué votre frère, on aurait tous apprécié le repas en m’écoutant conter mes récits de guerres, puis ensuite parler d’espoir sur l’avenir de l’Antique Voie, un sourire salement hypocrite sur mon visage, siffla t-il. Après j’aurais vanté vos vertus absentes pour tenter de leur faire avaler plus facilement de l’encre de seiche.

Il lui attrapa le bras, se décolla légèrement du bout de rempart où il s’était appuyé, la fit glisser avec dextérité là il avait sa place et l’y plaqua avec froideur. Les deux mains de parts et d’autre de son visage, il laissa son pouce glisser sur ses lèvres. Son œil essayait de l’empaler. Il reposa lentement le plat de sa main sur la pierre froide et légèrement collante à cause du sel.

_Je vous l’ai déjà dis, je ne suis pas de ceux de ces contrées vertes ma lady ! Je vais vous arracher à votre famille et quelques soit la façon dont c’est dit, c’est la même chose. Je préfère achever un guerrier gravement blessé que d’essayer de le maintenir en vie, le laissant souffrir et n’étant plus qu’un boulet à mon pied ! Je ne suis pas un prince et encore moins un Roi, retenez le bien, car j’ai pris ma décision. Dès demain, j’envoie mes hommes vous prendre. Préparer vos affaires rapidement, car on ne vous laissera pas le temps d’aller en chercher d’autre l’heure venue.

Il lui attrapa le visage une dernière fois pour tenter de lire dans ses yeux si le message était passé. Il la quitta ensuite, brusquement, lui disant comme dernière parole qu’elle aurait toute la nuit pour pleurer et toute la vie pour l’injurier. Il descendit dans la salle principale où le feu commençait à perdre de sa hargne. Il y avait encore quelques personnes, comme les domestiques qui rangeaient la maison. Les plus jeunes étaient couché. Emmeth avait du sentir dans l’attitude et l’œil de Dagon qu’il n’allait pas annoncer de douce parole. Il les avait tous balayé du regard un long instant. Dougal avait l’air plus que tendu comme s’il allait annoncer sa vie ou sa mort. La mère lui lança des yeux qui lui rappelaient ceux d’Eibhlin avant de baisser la tête. Puis, comme le protocole le voulait, il s’aligna face au maître de maison.

_J’aime beaucoup votre demeure. Ser Dougal, je vais vous donner la chance d’avoir une part de responsabilité pour l’Antique Voie. Certes, nous bloquons, nous étouffons l’ennemi, mais qui sait. Il y a toujours une faille en chacun e nous et si un bâtiment arrivait à passer et se frayer un chemin jusqu’ici. Vous êtes le mieux placer pour le voir. Je vous enverrai des gardes si besoin pour faire le guet, ou vous le ferez. Mais j’aimerai que dès demain, vous ne me faîte pas perdre de temps pour installer un signal. On fera construire une lampe sur le coin de la rempart que je puisse la voir de mon fort. Voilà la première chose donc. Concernant Eibhlin, aux premières lueurs du jour, elle s’installera chez moi. Je ne m’étalerai pas, sur le fait que vous soyez honorer ou non que je la prenne comme une vulgaire concubine. Je m’en moque, le choix m’appartient. Je ne suis pas le meilleur des seigneurs ni des amants, mais je ne suis pas si cruel. Elle aura toute la liberté de venir vous voir. Je ne vous l’arrache pas réellement. Par contre, faite lui comprendre que si elle pense seulement à me poignarder dans le dos, je l’empalerai en la regardant dans les yeux et vous enverrait sa tête.

On aurait presque pu entendre sa langue claquer sur ses derniers mots. Il avait instauré du dégout, de la colère et une certaine crainte, tout dépendait de la personne. Il n’aurait su dire ce qui passait sur le visage de Dougal, mais c’était une bonne façon de tester sa foi pour l’Antique Voie et son respect pour son seigneur. Il les remercia brièvement pour l’accueil et ajouta, avant de partir.

_Que le Dieu Noyé m’épargne , un jour, l’envie de vous utiliser comme un don pour sa personne…

La porte se referma presque comme un vent glacial en sortant de la maison. Lui, il sourit un petit moment, alors qu’il marchait calmement jusqu’à sa demeure.
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Message Jeu 18 Aoû 2011 - 21:46

Son rire retentit à nouveau, gorge déployé, et je serre les dents pendant qu’il m’interroge sur comment il aurait pu annoncer la nouvelle selon moi. Il se moque et bien que cela irrite mes oreilles, il y a un fond de vérité dans le choix des mots qu’il prononce. Peu importe la manière de dire les choses, les faits restent les mêmes en fin de compte. Il aurait pu les sucrer davantage que l’arrête ne serait pas moins restée calée dans le fond de la gorge. Le plus irritant à cet instant est de convenir qu’il avait été direct et brutal mais pas hypocrite ni malhonnête en déclarant son intention. L’une de ses mains s’abat froidement sur mon poignet et je me retrouve rapidement face à lui, fixée par son œil unique. La peur, il l’inspire mais c’est le menton relevé que j’affronte son faciès stigmatisé, l’écoutant débiter ce qu’il croit que j’imagine. Je me retiens de sourire à ses âneries de vertes vallées. Depuis le début, je ne cesse de lui rappeler que je suis une Fer-Née et que le sang Conflan n’y change rien. Lui ne s’attache visiblement qu’à cette moitié de sang qui est mien pour me juger et croire que je vais trembler, supplier peut-être qu’il n’en fasse rien.

Il ne me plait pas, c’est certain, de devenir concubine, même d’un roi. Je n’ai que dix-neuf ans, je ne suis pas atteinte d’une quelconque malformation, je ne suis pas bête non plus et j’appartiens à une bonne famille qui plus est. Je n’ambitionnais certes pas de faire un grand mariage mais un bon au moins voire un mariage censé, utile au besoin. Devenir femme-sel anéanti cet espoir. Qui voudrait d’une putain de roi pour femme ? Et en admettant même qu’il s’en trouve un, il aurait tôt fait de me reprocher de l’avoir été ! Son pouce s’attarde sur mes lèvres et je me retiens de lui mordre à l’en arracher, les pinçant entre elles et serrant les dents. Le visage entre ses mains, je me garde bien de lui fournir motif de l’écraser comme un œuf et me contente de soutenir son regard.

Il me lâche et quitte les remparts sur un dernier sarcasme. Bien que curieuse d’entendre ce qu’il dira en bas, de savoir s’il restera ou pas, je reste sur les remparts, immobile. Pleurer ? C’est mal me connaître. Je lui arracherai volontiers l’œil, la langue et le cœur. Je l’émasculerai avec un plaisir presque sadique. Mais verser des larmes, il gèlera en enfer avant que cela ne se produise. Quant à l’injurier ma foi, cela arrivera sans aucun doute mais jamais tant que le Dieu Noyé me prêtera vie il n’aura à les souffrir à ses oreilles. Ce serait lui faire trop d’honneur que de savoir ce que je pense de lui, ce qu’il m’inspire ou m’inspirera. Tournant les yeux, je suis du regard une silhouette qui s’éloigne, certaine que c’est la sienne. Dans mon dos, des pas se font entendre mais je ne me retourne pas pour voir qui vient, tout aussi certaine qu’il s’agit de l’un de mes frères si pas les deux de concert. Je ne tarde pas à les entendre pester tout les deux.


- Mais qu’as-tu fais ?! grondait Dougal d’une voix sourde.

- Tu peux nous expliquer comment tu as fais pour qu’on en arrive là ?! vociférait Emmeth.

J’inspire profondément l’air marin et me tourne vers eux, étonnamment calme vu leurs attitudes et la raison qui les provoque. A quoi bon se lamenter sur le comment maintenant que la messe est dite. Ils n’ont seulement pas tenté de faire changer Dagon d’avis et, l’eurent-ils fait, ils n’auraient obtenu plus que son mépris ou sa colère, son obstination à conduire son projet à son terme.

- Il y a pire, m’entends-je dire avec pragmatisme. Dougal tient sa chance de pouvoir servir le roi comme il en rêve depuis toujours. Le voyant s’irriter, je lui adresse un sourire en ajoutant : Je sais que tu n’aurais pas été jusqu’à me vendre, rassure-toi. Si quelqu’un est à blâmer, c’est moi. J’aurais mieux fait de passer mon chemin et de tenir ma langue.


- Ce n’est pas faute de t’avoir dit de ne pas te promener seule et de la tourner sept fois en bouche, marmonnait Dougal.

- Tu pourrais fuir, pensait le cadet à voix haute.

- Et risquer de voir vos corps sacrifiés au Dieu Noyé, fracassés par les rochers ? demande-je en arquant un sourcil. Je vous le répète, il y a pire que sa concubine, cela notamment.


- Il a dit qu’il te laisserait venir nous voir autant que tu le souhaiterais…

- Noble cœur ! ironisais-je.

- Tu ne vas pas commettre d’imprudence ? [/font=georgia]s’inquiéta brusquement Emmeth en me dévisageant avec méfiance.[/font]

Bien que je concède que l’envie ne manque pas, je le rassure en affirmant que je n’irais pas jusqu’à lever la main sur notre roi, ajoutant que femme-sel n’est pas l’avenir dont je rêve mais qu’il ne tient qu’à moi de trouver mon parti dans celui-ci. Je me demande bien lequel mais je ne désespère pas d’en trouver un. Un sourire se dessine sur mes lèvres à la pensée qu’au plus près de Dagon Greyjoy, j’aurais au moins l’occasion d’entre plus que des rumeurs de batailles. En tendant bien les oreilles, en ouvrant bien les yeux, qui sait ce que j’apprendrais ?

Comme je ne semble pas trop mal prendre la chose, ils finissent par repartir comme ils sont venus, quoi que le pas plus lent et je me détourne pour observer la mer. Un frisson me parcoure l’échine et me glace jusqu’à la moelle en pensant que demain, je deviendrais réellement une femme sous le poids d’un borgne digne d’être mon père et qui, je n’en doute pas, ignore ce qu’est la douceur. La véritable épreuve est celle-là. Pour avoir entendu parler mes belles-sœurs, je sais que la chose n’est pas forcément déplaisante mais elles sont mariées et aiment leurs époux. Moi, je vais devoir obéissance à un roi pour qui je n’ai aucun tendre sentiment et auquel il sera bien difficile de se soustraire. Les yeux m’en piquent mais je refoule les larmes avant qu’elles ne m’inondent les yeux et coulent sur les joues. Être farouche devant Dagon, être calme devant mes frères étaient choses faciles. Mais face à moi-même, la peur seule reste.

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Message Sam 20 Aoû 2011 - 10:27

« Lady Wynch,

Je n’ai d’excuse à montrer qu’à vos frères qui n’hésiteraient pas à donner leur vie pour l’Antique Voie, lors des combats que je mène pour rétablir cette dernière. J’espère que vous avez grommeler et grincer les dents de colère toute la nuit rien qu’à la pensée de mon nom. Soyez tranquille, vous resterez chez vous. Quelle serait déjà la piètre opinion de moi si je prenais une noble pour femme-sel. Oh, vous feriez une bonne une reine, mais vos hanches sont bien trop fines pour le réel rôle que je cherche à ma future femme.

Je me suis permis cette comédie pour remettre en place votre caractère et votre manque de respect. Je sais que les hommes fer-né sont rustres, mais ce n’est pas une raison pour faire des réflexions aussi offensives. Cela n’aurait pas été un homme qui cherchait le calme et qui a le cœur et la tête remplis de sang-froid, votre sang aurait déjà coulé et alors vous n’auriez plus aucune valeur pour votre époux. Vous êtes toutes comme ça et votre vie n’a toujours pas d’importance pour moi, mais vous êtes si ravissante. De plus, j’ai plus voir avec quelle vigueur vous défendiez votre famille et votre dévotion pour le Dieu Noyé. Vous êtes prometteuse et ce qui fait la fierté féminine de nos îles. En toutes confidences, vous sacrifier serait un péché en lui-même. Or, aller trop loin, et je n’ai pas besoin de cette excuse pour vous voler votre vie. J’espère donc qu’après cette expérience, vous serez plus calme et que vous réfléchirez avant de parler. On ne sait jamais sur qui on tombe lady, et il se faut donc toujours être sur la défensive. J’ai bien peur que vos frères ne sachent finir votre éducation comme votre père l’avait commencé.

Je dois malheureusement m’humilier pour vous remercier de m’avoir fait visiter la demeure de votre frère, Ser Dougal, car l’histoire de messager est par contre tout à fait sincère et encore demandé. On ne tardera pas à venir construire la lampe. Retenez votre langue, car ils bien moins éduqué que moi.

J’espère que vous m’en voulez toujours autant, car je ne vous cache pas que je me suis réellement amusé. Vous pouvez être fière de vous, vous avez su divertir un pauvre Seigneur qui s’ennuyait à attendre le chant des réussites de sa marine. Par contre, n’oubliez pas de m’envoyer une lettre lors de votre prochain mariage. J’ai droit sur votre fleur et je compte bien m’en occuper. »

Il reposa sa plume sur la table, plia la lettre en rabattant chaque coin. Il versa un peu de cire avant d’y laisser son sceau. Oui, les Fer-nés se rapprochaient des barbares, mais ils avaient le même protocole que n’importe quel autre noble. Comme dirait Dagon, on est comme vous avec plus de courage et moins de flegme. D’un simple claquement de doigts, un homme tapisser dans l’ombre de l’aube qui peinait à se lever, s’approcha de la table en bois sculpté. Il lui tendit le message et l’envoya à la demeure des Wynch, Holt de Fer. Le domestique le salua et s’en alla en vitesse. Dagon s’étira un moment, esquissant un petit sourire à l’idée de voir Eibhlin bien plus énervé de cette fourberie. Il se leva après avoir apprécier encore et encore cette chimère puis descendit dans la salle principale où tout les regards le soupesait. Oui, on attendait un mot, un geste, un ordre. Mais Dagon se murait dans son silence, préférant attendre les rapports de ses hommes sur les côtes de l’ouest.

Il s’avança vers une des fenêtres et observait les rayons qui au loin, commençait à glisser sur le ciel bleu. La matinée se réveillait lentement. Il n’était plus qu’une question de minute avant que Eibhlin ne grogne. Il retint un petit rire. Il aurait aimé être là. Les mains dans son dos, il attendit que le soleil commence à sortir au-delà de la mer pour venir réchauffer son visage. Il se retourna et regarda ses hommes, ainsi qu’un ami noble qui arrivait. Ce qu’il attendait c’était les corbeaux, où les messagers.

Il posa ses mains sur une grande table de forme hexagone, taillé dans la pierre brute et où une carte reposait. Il la fixa, l’esprit encombré. Il allait continuer les petites attaques où ne serai-ce que rester sur le front pour faire monter la tension. Dagon cherchait à les épuiser pour avoir le terrain plus dégagé quand il arriverait. Oui bien sûr, il comptait s’y rendre en personne. Il fit un signe de main à un de ses bras droit.

_Envoyez la relève… Les bâtiments, Profondeur de l’âme de mer, la Baudroie vorace et le Requin blanc sont partis depuis trop longtemps.

Il s’isola pour manger quelque chose et boire un peu de bière fraîchement brassée. Il retrouva un de ses amis proches qui vint lui susurrer à l’oreille qu’il venait de lui trouver la femme parfaite. Ah, Dagon allait encore s’amuser. Il n’avait du temps que pour ça.
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Message Sam 27 Aoû 2011 - 7:36

Quand les tous premiers rayons du soleil perçaient à travers la fenêtre de ma chambre, j’étais déjà éveillée depuis longtemps, ruminant entre mes dents tout en observant la malle vide devant mon lit. Je ne parvenais pas à me résigner à la remplir, encore moins à décider ce qu’il me fallait ou non emporter. Tout ce qui se trouvait dans ma chambre avait de l’importance à mes yeux et je n’avais pas envie de les abandonner derrière moi. Au bout d’une demi-heure de tergiversations, je tirais plusieurs livres d’une étagère et les rangeais soigneusement dans la malle, bientôt suivi par des galets trouvés sur la plage, quelques robes choisies avec indifférence, des chausses et bien sûr, mon arc et mon carquois de flèches. Je refermais la malle en soupirant avant de quitter la chambre pour descendre dans la grande salle.

L’odeur du pain chaud flottait dans l’air et une flambée de bois crépitait dans l’âtre comme chaque matin. Autour de la table, quelques servantes s’affairaient à mettre le couvert avant l’arrivée des autres membres de la famille et postée près du feu, je les observais sans les voir. Je n’avais pas bien dormi, hantée par le rire de Dagon Greyjoy, par son œil unique qui m’observait. Un frisson glacé me courait le long de l’échine rien qu’a y repenser. Emmeth entrait à son tour et à ses traits tirés, il ne semblait pas avoir passé meilleure nuit que moi. Il s’avançait vers moi pour me saluer quand un des gardes poussait la porte et s’excusait en lui remettant un pli avant de retourner à son poste. Emmeth n’y jetait qu’un regard avant d’approcher pour me tendre la missive. Le sceau était celui du roi.

Je le rompais et dépliais le papier afin de pouvoir lire la lettre que Dagon m’adressait. Au fil de la lecture, j’écarquillais d’abord les yeux avant de froncer les sourcils. Un semblant de sourire apparaissait sur mes lèvres pour se transformer en un rictus informe sous l’irritation. Mes traits retrouvaient leur calme jusqu’à la toute dernière phrase où il évoquait ma virginité et je résistais à l’envie de froisser la lettre en boule et la jeter au feu. Dougal et Emmeth devaient encore la lire, n’était-ce que pour me croire en apprenant qu’il s’agissait d’une leçon.

- Le fils de chien ! grognais-je entre mes dents en rendant la lettre à mon frère.

Je marmonnais encore en m’installant à table et pouvais voir le visage d’Emmeth se détendre avant de fondre doucement vers l’hilarité. D’ailleurs, il riait à gorge déployée quand Dougal et notre mère passaient le seuil de la salle. Devant le regard curieux de son aîné, il se contentait de lui donner la lettre et de s’essuyer les yeux mais sitôt jetait-il un regard dans ma direction que son rire renaissait de plus belle.

- Vas-tu cesser ?! maugréais-je d’un ton irrité.


- Non… Tu l’as bien cherché ! ricanait-il.

Moins démonstratif, Dougal n’en était pas moins souriant à la fin de la lecture et posait sur moi un regard rieur.

- Tu devrais être soulagée et contente, me faisait-il remarquer.

- De passer pour le dindon de la farce ?

- Non, de ne pas voir ton avenir compromis. Toute vexante que la lettre de notre roi soit, il n’a pas tord. Tu dois apprendre la tempérance et cesser de courir par monts et par vaux toute seule… Apprendre à tenir ta langue aussi. Gageons que ça te serve de leçon et t’évite pire qu’une lettre salée de la part de Dagon Greyjoy. Ça m’a ouvert l’appétit. Mangeons !

Rompant un morceau de pain, il m’en tendait la moitié et j’y mordais, agacée. Prenant le Dieu Noyé à témoin, je me jurais qu’un jour viendrait où je trouverais le moyen de me venger de la sournoiserie de Dagon. Je ne savais pas où, quand ni comment mais je lui ferais ravaler sa verve !

[hJ] Désolée pour l'attente. Tu peux l'indiquer comme terminé ^^
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