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D'une honorable visite à voisin captivant

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Neassa Baratheon
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Dame D'Accalmie

♦ Missives : 35
♦ Missives Aventure : 18
♦ Age : 28
♦ Date de Naissance : 13/05/1989
♦ Arrivée à Westeros : 04/03/2013
♦ Célébrité : Cate Blanchett
♦ Copyright : Chémeuse/Moi/autres ça dépend
♦ Doublons : Dagon Greyjoy, Bayard
♦ Age du Personnage : 52 ans
♦ Mariage : Lyonel Baratheon
♦ Lieu : Accalmie, Terres de L'Orage
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Charissa Tully
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Message Dim 13 Oct 2013 - 19:41

Spoiler:
 

On en jasait encore, dans les couloirs de la robuste Accalmie. La discrète et froide Lady avait accepté de danser avec l’un des plus éminents invités : Ser Oberyn Dayne. L’étonnement n’était pas pour le « avec qui » mais pour le « avait fait quoi ». Cette Lady du Nord était un cas à part. Si elle faisait bonne figure aux côtés de son époux des plus démonstratifs, elle restait toujours impassible, presque muette, un sourire aux lèvres qui ne reflétait que courtoisie. Elle était toujours en décalage avec Lord Lyonel et l’ambiance festive semblait la mettre mal à l’aise plus que de raison. En vérité, l’ambiance n’était pas la seule chose qui la mettait mal à l’aise : dès que Lyonel disparaissait de son champ de vision elle semblait perdue et crispée. Pourtant son être ne reflétait là que  la hantise qu’elle avait toujours eu à se retrouver dans une foule d’inconnus. Mais contre toutes attentes, la Lady s’était montrée charmante et même agréable aux côtés de son mari cette soirée-là. Sa bouche d’ordinaire à peine expressive avait parlé avec franchise et sincérité. Encore plus étonnant, elle n’avait pas rapidement quitté la table lorsque Lord et chevalier avaient commencé à montrer des signes certains d’ébriété. Ce qui avait fini par mettre tout le monde à cul dans les cuisines, c’était cette danse qu’elle avait acceptée. On pouvait compter sur les doigts d’une main le nombre de fois qu’elle avait accompagné son époux sur un air enjoué mais c’était la première fois de mémoire d’homme qu’elle en avait accompagné un autre en toute bonne lady. On s’étonna d’avantage à la voir y prendre un apparent plaisir. Tellement surprenant que le surlendemain, un écho de cette aventure flottait encore dans la citadelle.

 
Neassa n’en souffrait d’aucune honte, bien l’une des rares à connaître la source de cet apparent rapprochement. Elle avait même poussé le vice à venir saluer la troupe de cavaliers lorsqu’ils partirent en chasse. Absorbée par une broderie, elle réalisa leur retour en entendant le rire de son époux raisonner dans la large cour. Elle n’accourra pas pour les saluer, faisant mine d’être véritablement à la tâche dans un travail de grande importance. Elle ne se montra d’ailleurs pas de l’après-midi. Expérience faite, elle savait que sa présence n’était pas nécessaire aux affaires politiques. Néanmoins, elle allait suivre le dénouement de celle-ci avec attention. Assise dans l’un des larges encadrements de fenêtres, elle laissait son esprit vagabonder dans des souvenirs lointains aux contours flous. Elle s’autorisait rarement à y accéder, préférant vivre avec ce que le présent avait à lui offrir. Mais en cette occasion, certaines bribes du passé devaient être réanimées et se lier au futur.
 
Gaïl, l’une des suivantes dont la peau ambrée faisait paraître la lady blafarde, traversa la pièce avec retenue pour glisser trois mots à l’oreille de sa maîtresse. Cette dernière la gratifia d’un sourire enjoué avant de lui faire signe de l’accompagner. Habituée à arpenter les couloirs du Nord uniquement entourée de ses frères, il avait été délicat pour la Lady d’accepter d’être suivie en permanence par quelques dames de compagnie. Elle avait fini par comprendre que le seul moyen était de s’en faire de véritables alliées et de discrètes confidentes. Gaïl ne faisait que reproduire le schéma mis en place par la précédente favorite de la Lady.

D’un pas calculé, Neassa descendit les quelques marches qui la séparait de la cour principale toujours animées, d’une manière ou d’une autre. Elle y croisa quelques-uns de ses gens qu’elle salua d’une inclinaison de buste, sans prendre le temps de s’arrêter. Ils ne s’en offusquèrent pas. Gaïl prit alors les devants, dépassant la Lady qui ralentit volontairement le pas à l’approche du bâtiment consacré aux écuries. Elle n’y rentrait que très rarement sachant que l’envie d’apprêter une monture et de galoper à tout vent serait trop forte à contenir. La suivante s’y enfonça avec aisance. Gaïl savait quoi – ou plutôt qui – chercher et finirait vite par le trouver. En effet, après quelques œillades, l’esclave volontaire dénicha le but de cette sortie. S’approchant avec délicatesse elle se présenta au-devant du chevalier dornien sans rougir. D’une révérence, elle se présenta et expliqua le pourquoi du dérangement. 
« Pardonnez ma venue Ser, Lady Baratheon souhaiterait vous entretenir de quelque sujet. »  
Elle pensait alors devoir indiquer le chemin de la cour au soldat mais fut forcée de constater que la Lady était venue jusqu’à eux. Rien d’alarmant mais quelque peu inconvenant. 
« Veuillez nous laisser Gaïl. » 
Même si la lady n’avait rien à cacher à sa suivante, elle tenait à ne pas sentir sa présence lors de cet entretien. La suivante abdiqua et s’éclipsa jusqu’à la large porte d’entrée où elle s’attacha à repousser tout éventuel visiteur pour permettre aux deux nobles de parler en toute tranquillité.
 

Neassa releva les yeux sur son voisin et ne put retenir un sourire amusé ; elle avait toujours en tête l’état involontairement gauche et joyeux du chevalier lors de leur danse. Ce n’était point moquerie, mais un souvenir agréable qu’elle aimait raviver. 
«  Si vous saviez à combien les paris s’élevaient à l’encontre de votre réussite à me faire danser, vous seriez plus honteux à entendre le montant qu’à évoquer cet instant. »  
Lyonel lui avait maladroitement glissé en partant que le jeune chevalier s’était excusé pour l’inconvenance de son état. Neassa ne s’était nullement sentie insultée même si la bien séance l’aurait souhaité. Elle ne pouvait s’empêcher de détailler du regard les traits du jeune homme qui lui semblait agréablement familiers. Elle savait que sa visite devait avoir quelque chose de surprenant même si elle restait l’hôte de la maison. 
« La chasse vous a-t-elle plue ? » 
Elle connaissait assez son époux pour savoir que l’expédition devait en valoir la peine, même pour un chevalier qui préférait peut-être se battre contre un homme que contre un sanglier. 
«  J’espère seulement que la qualité de votre séjour ici – bonne ou mauvaise – n’influencera pas sur vos sujets de négoce… » 
C’était un peu froidement dit mas la dame le pensait sincèrement.  C’était drôle de la voire à ce point attentive aux affaires des hommes alors qu’elle s’en détachait d’ordinaire avec froideur. Elle faisait preuve de retenue courtoise envers son invité même si l’envie de le bombarder de questions lui brûlait les lèvres. Néanmoins, il pouvait être l’un des rares à se vanter d’éveiller ainsi l’attention de la Lady.


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Oberyn Dayne
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Message Lun 14 Oct 2013 - 20:06


D’une honorable visite à voisin captivant.


L’ennui fut absent de tous instants passés sur ces Terres placées sous la responsabilité du Seigneur des Nuées. En effet, à bien y réfléchir, Oberyn n’avait nourri aucune forme de lassitude depuis que sa Dornienne équipée s’était vue accueillie dans les murs de la Forteresse d’Accalmie. Et c’est une accalmie que lui proposait l’Orage Moqueur après qu’ils ne se soient, tous deux, affrontés dans un amical concours de chasse qui avait vu la victoire de principe du Sigisbée Dornien. L’on s’était fendu d’efforts conséquents durant la traque, accablé d’une peine conséquente pour dénicher le bon gibier et fait preuve d’une patience certaine pour finalement voir les prises s’accumuler. La matinée fut belle et la partie tout autant, finissant de sceller une certaine forme d’amitié entre deux peuples qui, longtemps auparavant, s’étaient consommés dans le sang. Mais en ce jour, guère traces de cette mortelle rivalité. Sur le chemin du retour, Oberyn avait pris soin de converser avec leur hôte affable, savourant ses bons mots comme son rire franc. Il avait également observé, du coin de l’œil, ses chevaliers plaisanter comme palabrer avec les piqueurs, veneurs comme sergents de la maisonnée au cerf cabré sur un champ d’or. Oui, la matinée fut idéale…


Autant que la veille fut accablante et fatigante. Accompagnant son écuyer, Haranka Sand, jusqu’aux écuries, Ser Oberyn Dayne recommença à se maudire intérieurement d’avoir osé chercher à rivaliser avec l’Orage Moqueur sur le terrain de la boisson. Il en avait passé une nuit des plus agitée et son absence de sommeil commençait à lui peser. Autant que les affres de l’ivresse venaient à cerner ses yeux d’un voile maladif. Au moins, son audace avait-elle réussi à le faire entrer dans le cercle des intimes d’un Lyonel Baratheon fidèle à sa réputation. Lui qui était venu sur ces terres pour gagner l’amitié de l’Orage et entrevoir une paix durable avait donc frappé un grand coup. Mais son foie ne s’en remettait pas… La chasse terminée, l’on se préparait aux festivités du soir comme aux réjouissances à venir. Le Seigneur Suzerain des lieux avait abandonné Oberyn pour quelques affaires et ce dernier n’avait pas encore trouvé le temps d’aller retrouver le Mestre d’Accalmie pour reconquérir son have Epée Familiale. A défaut, Chevalier comme Ecuyer se trouvaient à panser Shuram, l’étalon des sables, qui avait souffert de la densité des sous-bois. L’on cajolait l’animal, lui murmurant des mots doux comme le brossant avec affection. Vétéran de nombreuses batailles comme de nombreuses joutes, le destrier semblait toujours apprécier les attentions dont il était l’objet. Toutefois, la relative quiétude de l’instant fut brisée par quelques pas crissant sur la paille. Chevalier comme Bâtard de Dorne se tournèrent pour faire face à la silhouette d’une femme qu’ils ne connaissaient pas. Interloqué, Oberyn sentit son ventre se nouer quand on lui énonça que Dame Neassa Baratheon souhaitait s’entretenir avec lui. Les souvenirs d’une danse maladroite lui revinrent en mémoire et il se sentit honteux. Plus encore quand elle apparut dans le dos de sa suivante, ordonnant à cette dernière de disparaitre. Un instant fut nécessaire à l’Epée du Matin pour clairement prendre conscience de la situation. Puis, il se contenta de respectueusement s’incliner en déclamant d’un ton confus :

« Milady… » Il se redressa lentement, rivant ses yeux bleus pailletés d’Améthyste sur le faciès amène de la Dame d’Accalmie. A sa droite, Haranka questionna l’utilité de mener la monture s’abreuver. Brave gamin. Ser Oberyn encouragea son initiative et lui ordonna donc de quitter l’écurie avec sa monture. Tirant cette dernière par la bride, le petit bâtard Dornien eut bientôt disparu, laissant le Chevalier seul en compagnie de l’épouse du Seigneur de l’Orage. « Je… Je peux vous assurer que je n’ai point désiré cette danse pour quelque montant d’argent ! » Réagit-il face aux propos de Dame Neassa. Mais par la suite, il se tut tout à fait. Qu’aurait-il bien pu avancer pour poursuivre ? Je l’ai fait car j’avais bu plus que de raison ? Inconcevable… Sa honte finit par lui empourprer les pommettes et dans une tentative désespérée de se dédouaner, le jeune homme finit par river son regard au sol en marmonnant : « Je… J’espère au moins que je ne vous ai point trop… Brusquée. Si c’est le cas, je vous prie de m’en excuser. »

Le sujet semblait avoir le don de le mettre mal à l’aise. C’est qu’il n’avait que peu d’expérience en matière d’alcool. Et moins encore pour ce qui est d’accorder des danses à de nobles dames… D’ordinaire, sa Danse était celle des lames et elle n’impliquait pas d’être ivre au point de ne plus savoir clairement parler. Peu fier de son attitude, il se contenta de mutisme jusqu’à voir le sujet écarté par la Dame elle-même. Il ne manqua donc pas de rebondir sur la perche tendue afin que ses piètres performances soient proprement oubliées. « Excellente, bien que nous n’ayons pas vraiment pour habitude d’ainsi chasser… Il faut dire que nous ne disposons pas vraiment du même gibier. Votre époux s’est d’ailleurs montré très intéressé par la traque des aurochs peuplant nos contrées… » La chose lui fit esquisser un sourire à l’idée de voir la geste Baratheon se déplacer vers les Météores pour permettre à son Seigneur de prendre part à pareille épopée. Lord Lyonel était un hôte merveilleux autant qu’un homme de bien. Aussi, Oberyn n’eut aucun mal à employer la plus pure franchise pour rétorquer à la Dame d’Accalmie :

« Aucunement. Nous avions entrepris ce voyage pour déclamer un message de paix et je n’en changerai pas d’un iotat… » Les peuples de Dorne comme de l’Orage ne s’était que trop séparé dans le sang par le passé, aussi Oberyn s’était-il fait Parangon de la Paix prônée par le Seigneur son Père. Ce dernier l’avait initiée en épousant une Caron… Voir leur enfant poursuivre dans cette voie n’était qu’un logique prolongement des choses. « Vos gens ont été, avec nous d’une gentillesse extrême. Dès lors, comment ne pas continuer sur la voie de la négociation avec plus cœur à l’ouvrage ? Quant à votre époux… Il est fidèle à sa réputation. Je pensais m’en être fait un bien belle idée, mais l’original est bien plus entier que le portrait ! Bénéficier de son amitié serait, pour moi, le plus précieux des présents… » Dire que le Lord de l’Orage avait eu sur lui un grand effet fut un euphémisme. Appelé à gouverner un terre dans un futur qu’il espérait le plus lointain possible, Oberyn s’était dès lors fait la promesse de le faire en prenant l’exemple du Seigneur Baratheon. « Néanmoins, je doute que nous prenions grand temps de négocier... Votre époux n’a cessé de m’affirmer que ces terres n’avaient rien à nous offrir. J’ai beau ne pas les connaitre, j’imagine qu’il se fourvoie quelque peu… A dire vrai, les biens matériels et les routes commerciales m’importent peu quand nous avons tant à gagner par d’humains échanges… » Il parlait de la voix des Météores. La voix du Seigneur son Père comme de Dame sa Mère.




« Seal my heart and break my pride,
I've nowhere to stand and now nowhere to hide,
Align my heart, my body, my mind,
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Neassa Baratheon
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Message Sam 19 Oct 2013 - 20:33

La vie politique n’avait jamais été d’un quelconque soutient pour la dame aux ancêtres nordiques, qui avait pourtant tenté lors de ses premières années de vie ici de s’y intéresser. Elle avait été forcée de constater que trois personnes signifiait toujours une de trop pour négocier. Surtout si la troisième était l’épouse du premier. Sans se vexer, elle avait petit à petit laissé l’entière responsabilité de la famille à Lyonel, le conseillant lorsqu’il venait le demander. Elle s’était sentie largement inutile, en premier lieu, détestant la plus part du temps devoir entretenir les épouses ou concubines des invités. Depuis toujours, Neassa ne savait comment se comporter avec les nobles dames, supportant avec courtoisie leurs tirades incessantes sur tel événement ou tel personnage dont la légende devait être si éloignée du portrait qu’il aurait été tout bonnement impossible de le reconnaître même en le croisant. Si jusqu’à son mariage, elle partageait le quotidien de son frère ainé et n’avait pas peur de remettre en place certains de ses confrères, elle avait dû apprendre à se comporter comme une femme et à ne pas donner son point de vue même si ce dernier était souhaité. En privé, elle restait ce qu’elle avait toujours été : une femme franche et sans compromis. Mais la société ne permettait pas pareille force de caractère. Non désireuse de faire du tort à la famille qui était désormais la sienne, elle se contentait de se montrer en hôte accueillante avant de laisser toute la place à son tempétueux époux. Il ne lui avait jamais demandé pareil engagement, mais elle continuait de le faire, par habitude. C’était donc la première fois qu’elle osait venir questionner un visiteur. Et elle n’aurait su y trouver une raison louable. Pourquoi montrer plus d’intérêt à un homme de Dorne qu’à un homme du Conflans ou même des Terres de L’orage ?

Mais ce n’était pas son geste inexplicable qui posait un réal problème à la lady. Ça n’était pas uniquement par soucis politique qu’elle restait à l’écart ou qu’elle parlait peu accompagnée de ses invités ; elle était incapable d’aligner plus de deux phrases sans avoir honte. Le manque total d’originalité dans ses propos la faisait rougir et la rendait incapable de se comporter avec tenue. Malgré son âge certain, en présence d’invités, elle se comportait toujours comme une adolescente peu sûre d’elle. Tantôt polie, cachant sa lassitude derrière un sourire, tantôt explosive à envoyer valser la moindre sollicitation. Et ça n’était pas faute de savoir que ça ne se faisait pas. Le sourire qu’elle affichait devait ressembler à quelque chose de dangereusement crispé et en rien naturel. Quand elle s’en rendit compte, elle baissa le visage en se pinçant les lèvres avant de se redresser pour écouter les réponses de son voisin. Son visage se détendit. Parce que le chevalier était tout autant mal à l’aise ? En partie. Surtout à cause de ce petit quelque chose qu’elle ne pouvait définir. Elle aurait pu le jurer, s’il lui avait déjà été permis de vois Ser Oberyn, ne fut-ce qu’en brefs instants pas assez longs pour que son visage lui reste en mémoire. Mais une évidence semblait s’imposer à la lady qui ne pouvait se résoudre à y croire.

Elle ne rit pas à ses excuses sincères. Que pouvait bien un homme face aux ravages de la boisson, si noble soit-il. Elle ne lui en voulait pas non plus, sachant qu’il fallait être deux pour partager une danse. Elle aurait très bien pu l’éconduire comme tant d’autres sans en éprouver le moindre scrupule.

« Ne vous inquiétez pas pour moi, Ser Dayne. Certes, votre initiative m’a laissée perplexe un instant mais elle n’était nullement déplacée. Quant à la brusquerie qu’elle pouvait refléter, il semblerait que ça soit plutôt un moment délicat que je n’ai jamais appris à surmonter. »


Elle abaissa la tête en guise de merci discret. Elle connaissait son époux pour savoir que même la courtoisie ne l’aurait pas poussé à affirmer une chose qu’il ne souhaitait pas voir se produire. S’il avait montré de l’intérêt à inverser les rôles en venant jusqu’à Dorne c’est que c’était pure vérité. Neassa en éprouva un pincement au cœur. Si elle était enchantée par pareille nouvelle de bonne entente, elle craignait de ne pas être de la partie. Ils ne pouvaient laisser Accalmie seule et peut-être serait-il plus profitable au mestre et à Harbert de faire ce voyage en compagnie de Lord Lyonel. Rien n’était certain. L’idée de paix durable se renforçait. Oberyn en semblait intimement convaincu. S’il était difficile de dire ce qu’en pensait son époux, Neassa savait que sa décision serait juste si ce n’est bonne. Il aimait les joutes et les bonnes parties de chasse et pour rien au monde il ne se ferait des ennemis puissants. S’il pouvait parfois prendre des décisions bien égoïstes, Lyonel pensait désormais de plus en plus à ce qu’il lèguerait à ses héritiers.

« Mon époux est toujours très intéressé par la chasse, peu lui importe l’animal. Ma chance est qu’il ne pratique point la chasse à l’homme. »


Il avait beau être un ancien excellent jouteur, jamais il n’avait tué un homme par pure caprice. Du moins, pas à la connaissance de la lady. Elle ne le croyait pas non plus adepte de la chasse à la demoiselle mais là encore, elle espérait ne pas se tromper. Il était impressionnant de voir à quel point le chevalier était un fervent défenseur de la paix. Il aurait probablement pu convaincre toute la Citadelle à lui tout seul avec un simple mot. Ça avec quelque chose de réconfortant. Voir la nouvelle génération véhiculer ainsi entente était soulageant et bien venu. Neassa n’aurait su dire si le contraire aurait été possible, en admettant que Dayne ne fasse pas ce geste, l’un des leurs aurait-il traversé toutes les terres de L’Orage en un long périple pour rencontrer leurs voisins du Sud ? Elle l’espérait mais ne pouvait en jurer.


Elle éclata d’un rire franc, bien pâle comparé à celui de son joyeux époux, mais qui démontrait son total accord avec son invité qui n’avait certainement pas pensé à plaisanterie. Elle le remercia silencieusement de l’affection qu’il semblait témoigner pour Lyonel. Car il fallait le dire : L’Orage Moqueur ne laissait jamais insensible. Haine ou amour, les sentiments à son encontre étaient toujours forts. Elle se sentie flattée par la suite même si elle ne lui était pas personnellement adressée. Le couple de l’Orage était des plus heureux de constater que la visite de l’épéiste de Dorne était plaisante et agréable. Des deux côtés. C’était l’une des rares fois que l’invité semblait sincère sur son bienêtre ici. Ce qui fit à nouveau sourire la lady. « Il est vrai que Lyonel ne fait jamais les choses à moitié. Certain en font un défaut malsain alors que d’autres, une qualité exceptionnelle. Vous semblez être de la seconde catégorie et je vous en remercie. Je ne suis pas là pour vanter les éventuels mérites de mon époux, mais le savoir apprécié est agréable à entendre. Ne le lui dîtes pas avec autant de sincérité, il ne saurait que vous rire au nez. »  Lyonel n’avait rien d’un timide, mais parfois sa meilleure réplique était un rire sonore qui en déstabilisait plus d’un. Elle balaya de la main la dernière réplique de son voisin, sans méchanceté. «  Je vous avouerai sans mauvaise parole qu’il est très rare de pouvoir avoir pour vous seul le Seigneur de L’Orage plus de deux heures sur une journée. Mais il est vrai qu’il est aussi homme très têtu et refuse de voir avec d’autres yeux que les siens. Néanmoins, je suis assez en accord avec son point de vue : nos terres ne sont guère riches. Mais nos gens sont étonnants et valent la peine d’être connus, au même titre que les vôtres. Vos paroles sont agréables à entendre chevalier. Votre sincérité en est que plus surprenante. Pardonnez mon jugement, mais je croyais connaître les hommes d’armes sous un tout autre jour, bien plus arasant.  Et parfois bien trop porté sur le fer. »  S’il lui avait été donné d’assister à plusieurs joutes pendant sa jeunesse, elle n’avait rencontré que reluisants chevaliers bien incapables de rivaliser en élocution avec ses proches parents. Pourtant, elle le savait fort bien, là n’était pas la généralité de cette caste. Elle avait même fini par se convaincre d’être un aimant aux plus affables des jouteurs. L’exception avait été Lyonel. «Navrée de l’étrangeté de ce qui va suivre cher voisin, mais ma venue à vous n’avait pas pour but de vous imposer à nouveau la nuit dansante que nous avons échangée. En vérité, je me suis précipitée ici pour une toute autre raison. Je n’ai pas pour habitude d’oublier un visage, même s’il m’arrive, je dois l’avouer, d’oublier facilement les noms. Si votre nom ne m’était pas inconnu de par votre réputation, c’est votre visage qui m’a paru le plus familier lorsque vous m’avez été présenté. Ma mémoire me fait peut-être défaut, mais puis-je demander s’il nous avait déjà été permis de nous rencontrer avant l’autre jour ? » Parce que l’incertitude venait de là. La Lady se sentait mal à l’aise, probablement à cause de cette danse, mais en même temps incroyablement en confiance face au jeune invité.


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