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Ne dépouillez pas la femme de son mystère ▬ Kay

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Pryam Templeton
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Message Mar 10 Sep 2013 - 15:08

     Les venues de Pryam à Port-Réal n'étaient pas très nombreuses depuis quelques temps. La capitale était toujours beaucoup trop agitée au goût du Valois qui aspirait davantage à fréquenter des lieux plus paisibles. Après avoir grandi dans une région aussi isolée que le Val et avoir passé le plus clair de votre vie dans des fiefs peu fréquentés, vous en veniez à voir la solitude comme une compagne. Toujours est-il que le chevalier devait tout de même se rendre dans des zones aussi agitées que Port-Réal dans l'idée de trouver un peu de travail ou encore, de venir récolter les informations qu'il achetait auprès de diverses personnes. La recherche de sa sœur cadette était toujours la souci primordial du Valois et il ne comptait plus ses dépenses à ce sujet. Le chevalier avait abordé pas mal de personnes dans l'espoir de pouvoir obtenir plus rapidement des données qui lui permettraient de retrouver Serena, mais jusqu'à présent les choses n'étaient pas très probantes. Parmi ses contacts l'on comptait notamment une prostituée – les confidences sur l'oreille de ses clients pouvant aider – ainsi qu'une saltimbanque qui savait faire parler les gens. Malheureusement pour lui, jusqu'à présent Pryam ne semblait pas avoir misé sur le bon cheval, car à chaque passage qu'il faisait à la capitale, le jeune homme repartait bredouille.

     C'était donc pour cette question qu'il avait décidé de faire route vers la capitale après avoir rempli son devoir auprès d'un noble de la Couronne. Après avoir refait ses paquetages, il avait donc demandé à son écuyer de reprendre ses affaires puis de monter sur sa mule de manière à ce qu'ils puissent reprendre la route. Le duo s'était mis en marche vers Port-Réal avec la ferme intention de retrouver ces fameux contacts. Il avait fallu assez peu de temps pour que le natif du Val puisse rallier la capitale des Terres de la Couronne, puis il s'était installé dans une auberge qui ne lui coûterait pas trop cher tout en lui permettant de ne pas avoir à se battre avec les rats pour dormir en paix. Après quoi, le chevalier avait congédié son écuyer pour la journée, puis récupéra sa bourse et son arme dont il ne se séparait jamais, avant de prendre la direction des ruelles de la ville. Il ne cherchait pas forcément quelque chose de précis et vu l'heure actuelle, il y avait fort à parier que ses contacts étaient trop occupés pour lui accorder leur temps. Par conséquent, le Valois décida de passer une partie de sa journée à essayer de compléter son équipement et dégoter d'éventuelles affaires qui lui permettraient d'économiser un peu son argent.

     Ses pas le menèrent rapidement dans les rues plus « populaires », celles où les citoyens lambdas ne côtoyaient pas les nobles dames de la cour en somme. Vêtu d'une simple tunique le chevalier se fondait sans difficultés dans la foule : son apparence et son comportement ne se démarquaient en rien du paysan du coin. Son regard clair passa sur divers étals sans repérer grand-chose d'intéressant, puis après quelques instants, des acclamations arrivèrent à ses oreilles. Le chevalier ne réagit pas immédiatement, il avait l'habitude de croiser des groupes de saltimbanques qui se produisaient dans les rues dans l'espoir de récolter quelques pièces de cuivre, cependant l'agitation était cette fois-ci bien différente. Après quelques instants, le Valois se désintéressa donc des marchandises disposées devant lui et se dirigea vers la foule qui lui masquait le spectacle qui éveillait tant d'intérêt.

     En se glissant sur le côté, Pryam ne parvint à apercevoir qu'une masse de cheveux sombres, ceux d'une femme qui lui tournait le dos. Le peu qu'il voyait d'elle montrait une peau plutôt tannée et surtout, d'étranges symboles tracés sur son épiderme. Peut-être une étrangère ? Jusqu'à ce jour le chevalier n'avait jamais entendu parler de natifs des Cités Libres qui viendraient à Port-Réal pour se produire dans les ruelles, mais sait-on jamais, la capitale accueillait une diversité étonnante d'origines. Il semblait que le spectacle de la mystérieuse femme se faisait à base de feu ce qui apparaissait comme relativement dangereux aux yeux du chevalier, cependant il ne jugeait pas. Certains avaient besoin de danger pour pimenter leur vie, lui s'en passait aisément : chacun son truc. Alors que l'attention du jeune homme était dirigée sur le spectacle, une voix se fit entendre à côté de lui. Il s'agissait d'un autre spectateur qui semblait avoir lu l'interrogation du blond sur son visage.

     ▬ C'est une Dornienne ! » Le ton laissait entendre que c'était une mauvaise chose et Pryam fronça légèrement les sourcils.
     ▬ Et ? Est-ce une erreur de sa part d'être née là-bas ? »

     Le regard qui lui fut offert semblait laisser entendre que Pryam venait de dire une chose aussi énorme que s'il avait milité pour l'accession des Feunoyr au pouvoir. Visiblement l'homme n'était pas ouvert aux étrangers, même si les Dorniens n'en étaient plus depuis que le Roi en personne possédait du sang Martell. D'un léger haussement d'épaules, le Valois se désintéressa de l'homme avant de porter son attention sur la jeune femme qui semblait arriver sur la fin de son numéro. C'est du moins ce qu'il crut comprendre lorsqu'elle diminua son activité et que la foule commença à se disperser pour qu'il ne reste bientôt plus que quelques enfants la contemplant d'un air rêveur. Et le chevalier errant. Lui se contentait de la regarder avec un air neutre. Pryam n'avait jamais été à Dorne, mais cela ne l'empêchait pas de s'intéresser de près à ce qui s'y passait ou aux personnes venant de ces contrées. Constatant que la mystérieuse femme ne semblait plus très occupée, le jeune homme s'approcha finalement d'elle avant de l'aborder d'un ton posé.

     ▬ Avez-vous besoin d'aide ? »

     Il songea à ajouter un « ma dame » à la fin de se phrase, mais elle n'était pas vraiment une dame. Ou du moins, elle n'en avait pas l'air, mais peut-être qu'à Dorne les nobles étaient différentes ? Pryam n'en avait strictement aucune idée. Le mieux était donc de se contenter d'une simple phrase, la laissant libre et l'ignorer ou non.


« La vraie noblesse s'acquiert en vivant, et non en naissant. »

 

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Kay
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Message Mer 11 Sep 2013 - 13:14

Port-Réal et ses environs, voilà où depuis plusieurs jours elle séjournait depuis son départ des Terres d'Orages. En se levant de sa couche improvisée dans des petits bois avoisinant Port-Réal, elle avait constaté que le ciel était plutôt maussade, à croire qu'il hésitait à laisser s'échapper le soleil ou bien à drainer les nues de leurs pluies salvatrices. De ce temps dépendrait toute ses performances, aussi elle y prêtait un intérêt constant. Couchée contre son ventre, Nuala, sa chienne, dormait paisiblement, quant à Lan, le vieux chat roux, il était lové contre son cou. Lorsqu'elle se releva celui-ci ouvrit un œil interrogateur avant de s'étirer et de venir chercher quelques caresses, non sans avoir consciemment marché sur le museau canin qui rêvait encore au pays de Morphée. Celle-ci grogna légèrement avant de donner un coup de langue sur la fourrure du chat qui, au vue de sa tête, n'était pas des plus ravis. En les voyant faire, Kay était persuadée d'une chose, ces deux-là se cherchaient comme chien et chat. La manière dont se retroussait les commissures des babines de Nuala lui donnait un air moqueur alors que Lan, lui, affichait un air méprisant et suffisant de par son maintien et son attitude corporelle générale.

Après un petit déjeuner frugal composé d'un reste de viande séchée et d'un morceau de pain dur depuis deux jours, elle rejoignit le cours d'eau un peu plus haut en amont pour y prendre son bain. Pas que l'odeur des animaux la dérangeait mais elle avait pour habitude depuis toute petite de se laver régulièrement dans l'eau de la sang-vert. Certains priaient tous les jours et bien elle, elle offrait son corps à l'eau sans retenue. Laissant ses vêtements sur la berge elle entra dans l'eau fraiche. La morsure de l'eau sur la peau lui arracha un frisson qui fut vite balayée par un rire joyeux quand Nuala sauta dans l'eau en faisant bien attention surtout à asperger copieusement Lan qui était resté près du bord. Bien qu'amusante, la toilette ne dura pas plus de quinze minutes, une fois sèche elle ouvrit un petit flacon où se trouvait une poudre d'un bleu électrique. Avec la plus grande précaution elle en versa dans un petit bol quelle avait fait à base de feuilles trouvées alentour, puis versa quelques gouttes d'eau pour obtenir une pâte lisse et homogène qu'elle appliqua à un ou deux doigts sur la totalité de son corps formant des symbole plus étranges les uns que les autres, comme une langue semblant être oubliée du monde, excepté son peuple. Une fois assurée que le tout fut bien sec, elle enfila ses vêtements, harnachant sur elle son matériel pour prendre la direction du Centre de Port-Réal.

Lorsque ses pas la menèrent au cœur de cette ville, elle empruntait bien souvent des venelles ou les traboules pour rejoindre les artères principales où le bon peuple se côtoyait. Depuis son incident dans les Terres d'Orage avec Lord Rogers, elle avait  encore un peu de mal à se donner en spectacle devant eux. Lord Estermont lui avait montré un autre visage de la noblesse bien plus acceptable, mais la morsure de la cravache dans son dos était encore vive dans son esprit. A chaque fois qu'elle voyait le reflet de son dos dans l'eau elle ne s'en rappelait que trop bien, mais ce n'est pas pour ça qu'elle cherchait à dissimuler les zébrures plus pâles profondément ancrées dans sa chaire maintenant.
Qu'importe les petites gens, c'était bien plus agréable de suer sang et eau pour eux, pour rendre leur journée plus enjouée que pour des gens qui avaient déjà tout. Voir leur sourire, leurs visages émerveillés étaient la réelle récompense pour l'Orpheline.

Peu importait bien le lieu de la représentation pourvu qu'il y ait du passage. Au carrefour de grandes rues, elle s'était installée dans ce qui aurait pu être une place, si celle-ci avait été plus dégagée et mieux entretenue. Comme à chaque fois maintenant qu'elle était seule, la musique venait uniquement des bracelets sans valeur accrochés à ses chevilles et ses poignets. Le tintement des breloques et des clochettes donnait l'illusion de mélodie alors que ses pieds qui tambourinaient le sol donnaient le rythme. Un rythme chaud, ensoleillé, elle allait puiser dans ses souvenirs les plus anciens, rejoignant les siens par la pensée. Les yeux clos, elle se mouvait de manière exotique, une danse certes mais parfois à la limite de mouvement martial. Ses mouvements étaient souples, gracieux et harmonieux en même temps que vifs et sauvages. Sa chevelure ébène virevoltait à sa suite dans des mouvements flous et désordonnés. Nuala dansait elle aussi devant les spectateurs et Lan marchait sur deux pattes avec une balle de cuir légère sur le museau. Puis vint le moment d'enflammer les bolas tout en reprenant la danse. Inutile de fatiguer ses animaux, la représentation de la nuit à venir serait plus spectaculaire, leur performance devait l'être aussi.

Autour d'elle, les gens parlaient souvent, nombreux étaient ceux qui la pensait venue des Cités Libres, voire de plus loin encore. Ce n'était pas tout à fait vrai, ni tout à fait faux. Après tout, ses ancêtres n'étaient pas originaires de Dorne. Les langues se déliaient facilement lorsqu'ils pensaient qu'elle ne pouvait pas comprendre, c'est sans doute pour cela qu'il lui avait fait cette offre. Tout ce qu'elle entendait restait bien gravé dans sa tête, tout comme les images qu'elle avait pues voir.
Le spectacle prit finalement fin. Le temps pour elle de ranger ses affaires dans son baluchon, il ne restait plus personne, si ce n'est quelques enfants des rues, les yeux pleins d'étoiles. Elle s'agenouilla devant eux et leur caressa la tête à tous d'une manière bienveillante.
Sa chienne au pelage argenté se trouvait à côté d'elle, la lanière de cuir du sac dans la gueule, et le chat roux sur le dos. Kay posa son index sur ses lèvres en leur faisant un clin d'œil comme si elle s'apprêtait à partager un secret, puis elle claqua des doigts et dans le creux de sa main une petite flamme orangée apparut. Elle leva sa main et souffla bien au-dessus de la tête des enfants, laissant une petite boule ronde incandescente se perdre, s'envoler, avant de disparaitre presque aussi vite qu'elle était apparue.

La voix à côté d'elle la fit sursauter, elle leva la tête, posant sur son interlocuteur son regard d'un bleu semblable à un ciel d'été. Elle le considéra un instant avant de laisser l'une de ses commissures s'étirer légèrement avant qu'elle ne hoche la tête de droite à gauche en signe de négation. Elle inclina cependant la tête en signe de remerciement. Elle caressa la tête de sa chienne avant de tendre le bras pour que Lan s'en serve comme rembarre pour rejoindre le giron de ses épaules et se lover contre son cou. Le vieux chat jeta à l'homme un regard presque humain. Maintenant debout devant lui, elle prit le couvre-chef que la chienne lui tendait et y prit les quelques pièces qu'il y avait dedans. Voyant que l'homme n'avait pas bougé, elle l'observa un instant avant de frapper son poing dans le plat de sa main et lever l'index comme si elle avait trouvé ce qui clochait. Elle lui fit signe de la suivre, voyant qu'il n'avait pas l'air de se décider à bouger, elle l'attrapa par le bas de sa manche et l'entraina jusqu'à une petite échoppe à quelque pas de leur endroit initial. L'odeur de poisson grillé était alléchante, il faut dire que le petit déjeuner de ce matin n'avait pas été des plus nourrissants. Elle fit signe au marchand qu'elle désirait deux morceaux de poissons grillés. Après avoir payé et salué le marchand, elle se tourna vers l'homme qui lui avait proposé son aide et lui tendit une partie de ce qu'elle avait acheté.
Sa richesse dépendait de la générosité des gens, mais elle n'était jamais regardante pour partager son repas avec les autres. Ce qu'elle avait, elle le partageait volontiers avec les gens qui étaient avec elle. La preuve, le petit poisson qu'elle avait pour elle avait été partagé en trois pour le chat, la chienne et elle.


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Pryam Templeton
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Message Mer 11 Sep 2013 - 18:42

     Pryam fut quelque peu étonné que la femme ne parle pas. Ce n'était pas très habituel, pas après un sourire du moins. Ce n'était pas la première fois que le chevalier recevait un refus, il ne s'en formalisait plus depuis bien longtemps, cependant cette femme avait une manière de faire qui le laissait un peu hésitant. Était-elle muette ? Peut-être bien. Le Valois avait entendu parler de certains nobles qui sanctionnaient le manque de respect de la sorte, ou alors tout simplement des individus qui aimaient faire souffrir les autres et s'amusaient en privant les roturiers de leur langue. L'idée était effrayante et pour être franc, le blond espérait que ce n'était pas le cas. Il se sentirait bien perdu face à quelqu'un qui ne serait pas capable de lui répondre franchement, lui qui n'avait jamais été doué pour décrypter les expressions et mouvements d'autrui.... Ou peut-être qu'elle n'était finalement pas Dornienne ? Les natifs de cette région parlaient tous la langue commune – à sa connaissance du moins – si cette femme était bel et bien étrangère, c'était l'évidence même que les questions du chevalier devaient lui apparaître comme plus qu'obscures.

     La proximité des animaux de la jeune femme le mettait quelque peu mal à l'aise. Pryam n'avait jamais vu les animaux que comme du matériel qu'il fallait entretenir avec soin. La preuve, ses propres montures ne portaient par de noms. Visiblement cette étrangère semblait voir ses compagnons à poils comme des personnes à part entière et pour le coup, en croisant le regard du chat lové contre son épaule, le jeune homme pouvait presque la comprendre. Tout ceci était bien étrange aux yeux du chevalier et c'est certainement pour cette raison qu'il restait planté là à la dévisager, ne sachant pas réellement comment réagir face à un pareil spectacle. Son attention fut détournée du chat lorsque la jeune femme sembla tout à coup se souvenir de quelque chose, il la regarda alors d'un air interrogateur, se demandant si finalement elle avait besoin de son aide. Mais loin de l'informer de quoi que ce soit, la mystérieuse donzelle lui fit signe de le suivre et le Valois hésita quelque peu. Ce n'était pas dans ses habitudes de se débiner, mais cette situation était bien trop étrange pour lui. Que pourrait-il dire ou faire à une personne qui se montrait aussi bavarde qu'une carpe ? Lui-même n'était pas doté d'une grande éloquence, il écoutait plus qu'il ne parlait. Cette hésitation ne sembla cependant pas poser problème à la Dornienne qui décida de prendre les choses en main, au sens propre du terme. Elle attrapa un bout de son habit pour l'entraîner à sa suite vers une échoppe devant laquelle le Valois s'était arrêté quelques instants plus tôt, avant de s'arrêter pour acheter de quoi manger. Lorsque l'inconnue lui tendit une partie de ce qu'elle venait d'acheter, le chevalier afficha une expression de surprise avant de répondre rapidement.

     ▬ Oh, non, ce n'est vraiment pas nécessaire. Les règles de bienséance voudraient que ce soit l'inverse. Ce n'est pas pour cette raison que je vous ai demandé si vous aviez besoin d'aide. Il hésita un bref instant, doutant du fait qu'elle puisse le comprendre. Est-ce que vous comprenez ce que je dis ? Vous n'êtes pas de Westeros peut-être ? Comment faire comprendre quelque chose à quelqu'un qui ne parlait pas votre langue ? Il 'en avait absolument aucune idée. Êtes-vous muette ma dame ? »

     Le titre était sorti de lui-même, la force de l'habitude. Pryam ne parlait que rarement à des roturières, en réalité, Pryam ne parlait que rarement à des femmes. Il n'échangeait que quelques mots avec des dames lorsqu'il était engagé auprès d'un noble, mais ces discussions se bornaient au strict minimum et le Valois usait de nombreux titres pour ne pas risquer inutilement de froisser une noble dame. Toujours est-il que même si la femme face à lui n'était pas de noble lignage, il n'allait pas pour autant lui manquer de respect. Ce serait davantage à lui de lui payer son repas, sauf qu'elle pouvait mal le prendre sachant qu'ils ne se connaissaient guère. Après quelques secondes d'hésitation, le chevalier errant reprit la parole d'un ton un peu perdu.

     ▬ Je vous remercie sincèrement, mais j'ai appris à ne jamais rien accepter venant d'une dame, ce n'est pas aux femmes d'offrir quoi que ce soit aux hommes, c'est plutôt l'inverse. Un tel discours pouvait avoir l'air misogyne, mais ce qui poussait Pryam à agir de la sorte n'était aucunement un caractère machiste, mais simplement des règles de vie bien strictes. En plus, vous avez largement gagné le droit de manger plus que ça vu le spectacle que vous venez de faire. Il parlait du minuscule bout de poisson qu'elle venait de prendre. Et vos animaux n'ont pas l'air contre l'idée d'en avoir plus. »

     Il était vrai que les animaux avaient l'air de particulièrement apprécier le repas qui leur était donné. Le chevalier détourna brièvement son regard du visage de la jeune femme pour contempler les deux animaux. C'était plutôt inhabituel de se promener avec un chat et pour être franc, le Valois ignorait même qu'ils puissent servir d'animaux de compagnie. À Neufétoiles ils s'en servaient pour chasser les rats des greniers de provision, mais ce n'était pas des animaux de compagnie, ils étaient juste utiles. Les yeux clairs du Valois se détournèrent finalement du chat pour se reposer sur le visage avenant de la maîtresse. Après un court instant de silence, il reprit une dernière fois.

     ▬ Vous êtes Dornienne ? C'est ce que l'un des spectateurs disait. Il inspira légèrement, puis haussa les épaules avant de conclure avec un sourire. Vous savez, si je vous importune ne vous gênez pas pour me fausser compagnie. »

     Il ne souhaitait pas qu'elle reste là à l'écouter simplement pas politesse. Enfin, en imaginant qu'elle puisse comprendre un seul mot de ce qu'il venait de dire. Une fois de plus, Pryam n'en était pas convaincu, mais pour une fois que c'était à lui de meubler le silence, il pouvait bien faire un effort.


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Message Jeu 12 Sep 2013 - 18:25

Voir les gens se poser mille et une questions à son sujet était maintenant devenu monnaie courante pour Kay et elle ne s'en offusquait pas, pas plus qu'elle ne s’en formalisait. Elle avait déjà assisté à des échanges entre braves gens qui lui avaient déjà imputés, meurtres, rapines, assassinats et de nombreuses aventures. Elle passait de native des terres lointaines à une reprise de justice, ou à une pauvre enfant mutilée. L'imagination des gens était parfois débordante mais la réalité était bien moins fantasque ou romanesque. Elle n'était qu'une Orpheline de la Sang-Vert qui était venue sur les Terres des Sept par peur, pour échapper à un mariage et tout ce qui va avec alors qu'elle était jeune jouvencelle. Son enfance avait été agréable, et sa vie actuelle et bien une vie d'errance choisie et appréciée, une vie de liberté sans la moindre contrainte. Quant à son mutisme et bien il était recherché et cultivé depuis qu'elle avait rencontré Lord Corwin Rogers et qu'il lui avait enseigné, à ses dépens, qu'il ne fallait pas toujours dire ce qu'elle pensait. Déjà par le passé sa franchise avait coûté quelques déboires à la troupe qui l'avait accueillie aussi, maintenant qu'elle était seule, elle faisait d’avantage attention. Si elle n'y était pas forcée ou si la discussion ne l'y obligeait pas, elle préférait se taire et écouter.  

L'homme face à elle ne semblait savoir que faire ou tout du moins son attitude, si bien qu'inconsciemment sa nature profonde refit surface et elle pensa à la première chose qui lui passait par la tête. Les gens étaient souvent bien plus agréables quand ils avaient le ventre plein, d'ailleurs le sien n'allait pas tarder à la rappeler à l'ordre. C'est donc tout naturellement qu'elle l'avait trainé jusqu'à l'échoppe où elle avait acheté du poisson frit pour lui en offrir un peu. La jovialité, le partage et la gentillesse étaient les caractéristiques profondes de la personnalité de Kay, qu'elle ne laissait que rarement refaire surface. Sa bonté naturelle était d'ailleurs peut-être la raison pour laquelle elle avait toujours eu autant de facilité pour s'attirer les bonnes grâces des animaux et leur sympathie. Lorsqu'elle lui tendit le paquet en papier contenant le poisson, il put voir que la demoiselle avait d'étranges bagues sur les majeurs et le pouce, sorte d'anneaux au bout des doigts. Il refusa poliment la nourriture, elle fronça les sourcils en regardant le contenu du paquet comme pour voir s’il était avarié, puis arqua un sourcil interrogateur à l'attention de l'homme. Si ce n'était pas pour partager son repas, pourquoi l'avait-il abordée? Elle hocha les épaules comme pour dire " - C'est ton choix."
A la première question, elle hocha la tête en signe d'acquiescement. Oui elle comprenait parfaitement ce qu'il lui disait mais la plupart du temps, les badauds ne prenaient même pas la peine de lui poser cette question. A la deuxième elle sembla hésiter un instant avant de bouger la tête comme la première fois. Dorne était sur le continent de Westeros, ça un mestre le lui avait appris, mais pour elle, Dorne était une contrée libre et indépendante. Quant à elle, sa famille ne s'était jamais considérée comme dornienne, ils étaient des Orphelins de la Sang-Vert uniquement.
A la dernière demande, un sourire étira ses lèvres. Mentir n'était pas dans ses habitudes, aussi, après un instant d'hésitation, elle secoua la tête négativement. Non elle n'était pas muette, juste que parler pour ne rien dire était inutile.

Ma dame, voilà bien la première fois qu'un homme l'appelait comme ça, en général c'était plutôt " la gueuse", "la sorcière", "l'étrangère", ce dernier était sans conteste celui qui revenait le plus souvent, sinon il y avait bien les surnoms que les gens lui avait donné à cause de son talent de maîtriser le feu. Après tout, il était libre de l'appeler comme il l'entendait, elle n'était pas du genre à s'en formaliser réellement, il y avait bien pire  dans leur contrée. Plantant ses iris d'azur dans ceux de son interlocuteur, elle l'observa un instant qui pouvait paraitre être interminable, comme si elle cherchait à comprendre le sens de ses paroles, d'analyser ce qu'il voulait dire réellement. L'inverse? Pourquoi ne pouvait-il pas accepter le repas offert par une femme? N'acceptait-il pas le repas de sa mère lorsqu'il était enfant? Avait-il grandi dans un monde uniquement d'hommes sans la moindre présence féminine?  Avait-il peur qu'elle l'empoisonne? Mais elle-même avait déjà mordu dans le poisson. Devait- elle se sentir offensée qu'il n'accepte pas? Lorsqu'elle avait faim, elle prenait ce qu'on lui offrait de bon cœur. Elle partageait sans la moindre hésitation sa pitance si pauvre soit-elle avec les enfants des rues, ou la vieille femme à l'autre bout du bâtiment là-bas qui mendiait.

Ah le spectacle lui avait plu, c'était une bonne chose. L'entendre le dire la fit de nouveau sourire, un sourire qui illumina son visage et fit scintiller ses prunelles de plaisir. Rien ne pouvait lui faire plus plaisir que de savoir que son labeur avait été apprécié et avait apporté un peu de joie dans le cœur des gens. Elle s'accroupit près de Nuala et prit un morceau du poisson non touché pour le partager avec la jeune chienne et le chat cette fois bien assis sur l'épaule de sa maîtresse, le reste elle l'enveloppa avec soin dans le papier et le garda à la main. Lorsqu'elle remontrait la rue, elle irait le donner à cette vieille femme à moitié aveugle qui avait été si gentille à son arrivée à Port-Réal la première fois.

Nuala lécha affectueusement les doigts de sa maîtresse en guise de remerciement et Lan frotta sa tête contre la joue de la demoiselle avant de retourner se lover contre son cou tout en faisant un brin de toilette. L'homme blanc avait raison sur une chose, Kay considérait ces deux-là comme des membres de sa famille, si bien qu'il lui était déjà arrivé de jeûner et de sacrifier sa part pour que ses animaux puissent manger correctement. Le regard de Lan croisa celui du Valois et on pouvait y lire de la reconnaissance. Il aurait eu la parole, sans doute l'auraient-ils remerciée de leur avoir laissé sa part.

La souffleuse de feu sembla surprise en entendant qu'un spectateur avait deviné sa provenance, sans doute était-il un marchand en caravane, à moins que ce ne soit un de ces aventuriers peu fréquentable mais qui savaient si bien narrer les histoires, ou avait-il juste eu un coup de chance.
"- Non" La réponse pouvait s'appliquer aux deux questions. Sa voix n'était pas spécialement puissante, ni enchanteresse, il était même possible qu'avec le brouhaha de la ruelle, ce petit mot se perde dans le vide, mais elle était presque sûre qu'il l'entendrait. Elle caressa la tête de la chienne pressée contre sa cuisse, tout en regardant son comparse. Finalement elle se décida à lui faire signe et lui indiqua une place plus calme, moins animée où les gens ne semblaient pas brailler à tort et à travers. La place était minuscule mais plus agréable pour avoir une conversation et plus judicieuse pour elle. Moins les gens la voyaient parler mieux c'était. Le côté exotique semblait les aider à avoir la main leste sur leurs bourses et les temps étaient durs pour tout le monde.




Dernière édition par Kay le Dim 15 Sep 2013 - 21:12, édité 2 fois
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Message Ven 13 Sep 2013 - 13:08

     La femme ne sembla pas s'offusquer du refus du Valois et c'était une bonne chose : Pryam s'en serait voulu d'avoir contrarié une inconnue juste en voulant faire preuve de politesse à son égard. Il était malheureusement bien placé pour savoir que, bien souvent, les gens interprétaient mal le comportement de leurs interlocuteurs. Combien de fois ses manières de chevalier avaient-elles été pointées du doigt ? Il ne les dénombrait plus et au fond, peu lui importait. Même si dans sa jeunesse Pryam avait cru que c'était possible, il avait compris depuis bien longtemps qu'il n'avait pas la possibilité de plaire à tout le monde. La discussion avec cette étrangère était toutefois bien engagée. Enfin, discussion était un bien grand mot, pour l'instant le chevalier avait surtout le sentiment de faire un monologue et d'importuner la jeune femme. Parler n'avait jamais été son fort et l'absence de réponse de son interlocuteur le poussait généralement à penser que ce qu'il disait ne représentait aucun intérêt pour lui. L'hésitation devait être palpable dans le comportement du chevalier : la laisser en paix et s'en-aller ou persister ? Ce n'était pas dans ses habitudes d'agir de la sorte, cependant les « réponses » de l'inconnue semblaient laisser entendre qu'elle n'était pas contre la présence du chevalier.

     Les gens avaient l'art de compliquer les choses et Pryam qui n'avait jamais été doué dans la compréhension des femmes n'en était que plus perdu. Il ne parvenait pas à identifier ce que désirait ou attendait la femme et il doutait sincèrement d'y arriver avant la fin de leur entrevue. Celle-ci pouvait d'ailleurs prendre fin plus tôt qu'il ne le pensait, tout dépendrait de la femme, elle pouvait aussi bien le planter là et aller voir ailleurs.

     Toujours est-il qu'elle lui répondit à sa manière, lui faisant savoir qu'elle comprenait ce qu'il lui disait et qu'elle n'était pas de Westeros. À moins qu'elle ne le soit ? Un simple hochement de tête pouvait aussi bien être considéré comme une affirmation de son appartenance au continent, ou comme une affirmation du fait qu'elle n'était pas d'ici. Décidément, les mots étaient bien plus aisés à comprendre et le chevalier en venait à se demander comment la jeune femme parvenait à se faire comprendre. Mais y arrivait-elle seulement ? Rares devaient être ceux à l'aborder, les étrangers n'avaient généralement pas une excellente réputation ici, même dans la capitale. Dubitatif et ne sachant comme identifier les « réponses » qui lui étaient données, le Valois put au moins se consoler en se disant qu'il n'avait pas affaire à une femme muette. Il peinait tout de même à comprendre les raisons qui la poussaient à rester silencieuse, mais chacun était libre d'avoir ses secrets.

     Pryam restait planté devant elle, sans trop savoir quoi faire à part soutenir son regard lorsqu'elle l'observait. C'était une chose qui ne lui avait jamais posé problème : il n'avait rien à cacher et quand bien même, en aurait été parfaitement incapable. L'inconnue semblait ravie par le fait que le Valois avait apprécié le spectacle, bien qu'il n'était pas franchement un modèle d'admirateur. Le jeune homme était particulièrement hermétique aux arts quels qu'ils soient. La musique ne ressemblait qu'à une cacophonie désagréable, le chant lui apparaissait comme inutile et les décorations telles que les tapisseries, totalement vaines. Il était vrai que le talent de la mystérieuse étrangère se démarquait beaucoup de ce que le chevalier avait vu jusqu'à ce jour, toutefois il y voyait surtout le danger et non la beauté de l'art. C'était comme les animaux : il se portait mieux sans eux. Ceux de la femme semblaient d'ailleurs avoir apprécié le refus du chevalier qui leur permettait de se remplir la panse.

     C’est à ce moment qu'elle parla pour la première fois, mais malheureusement pour le blond, sa réponse ne fut pas vraiment détaillée. Il ignorait si elle niait être de Dorne ou si c'était sa présence qui ne la dérangeait pas. Décidant de ne pas se retourner l'esprit pendant des lustres, le chevalier laissa ce questionnement de côté alors qu'elle lui désignait une place non loin de là. La discussion serait effectivement plus aisée, si tant est qu'elle veuille réellement discuter et pas juste l'entendre soliloquer. Pryam attendit que le calme soit plus de mise avant de reprendre la parole.

     ▬ C'est donc par choix que vous avez décidé de ne pas parler ? Une question rhétorique vu qu'elle avait avoué ne pas être muette. C'est plutôt surprenant et très... déstabilisant. Habituellement c'est moi qui écoute et les autres qui parlent. Et vu la teneur de sa discussion, ce n'était pas difficile de comprendre pour quelle raison. Je m'excuse, je ne suis vraiment pas doué pour comprendre les gens uniquement par leurs gestes. J'espère que je n'ai rien dit qui soit déplacé. Il n'était pas improbable qu'elle s'abstienne de parler parce qu'il l'avait vexée sans le vouloir. Ce sont vos compagnons ? C'est assez inhabituel de voir quelqu'un se promener avec un chat. »

     C'était un sujet assez banal et pas forcément très attrayant, mais la demoiselle avait eu l'air particulièrement proche de ses animaux. Ce n'était pas n'importe qui qui pouvait sacrifier une partie de son repas simplement pour nourrir ses animaux. Pryam ne le ferait pas, pas pour un chien ou un chat du moins. Ses chevaux n'entraient pas en ligne de compte, un chevalier sans cheval ça n'existait pas. Il les voyait comme des pièces d'équipement à entretenir et leur fourrage faisait donc partie intégrante de ses dépenses. Il avait quelques doutes, mais le Valois espérait bien que ce sujet permettrait à la jeune femme de se dérider un peu, ou tout du moins, de lâcher quelques informations supplémentaires sur ses éventuelles origines. Pas que cela puisse avoir un réel intérêt pour le blond, mais il était toujours mieux de connaître la personne que vous aviez en face de vous. Même si pour le coup, un prénom aurait été bien plus utile, mais il doutait d'avoir accès à cette donnée avant un moment.


« La vraie noblesse s'acquiert en vivant, et non en naissant. »

 

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Message Dim 15 Sep 2013 - 21:12

Cela faisait maintenant trois ans qu'elle avait appris à tenir sa langue et bien que les débuts aient été difficiles pour se faire comprendre, elle s'en sortait plutôt bien maintenant. Elle avait mis au point un dialecte corporel, après tout, elle était aussi une danseuse et ce qu'elle exprimait passait par son corps, autant s'en servir également en dehors. Il y avait bien quelques fois où c'était problématique mais dans l'ensemble elle s'en tirait avec brio, tout du moins c'était son point de vue. Elle arrivait à avoir de la nourriture, des endroits où dormir parfois et pas trop de soucis avec la noblesse. Si, en soit, il y avait eu du progrès. Ce n'était pas si souvent qu'un spectateur venait à elle pour lui parler ou lui proposer son aide, d'ailleurs. Elle était plus qu'heureuse de cette rencontre et n'avait pas spécialement envie que leur "entrevue" s'arrête si tôt. Elle devait y mettre un peu du sien, elle savait que son mutisme pouvait déstabiliser les gens ou les mettre mal à l'aise.  L'homme face à elle semblait un peu perdu par son attitude, aussi essayait-elle d'être aussi expressive que possible. Elle avait même répondu à ses questions, même lorsqu'il lui avait demandé si elle le comprenait. En général quand Kay ne voulait pas discuter ou s'éterniser ou juste écarter un problème, elle restait muette sans la moindre expression faciale ou corporelle, ainsi les gens se lassaient rapidement et tournaient les talons. C'était arrivé que l’un d'eux s'emporte et la frappe, mais ce n'était jamais allé bien loin.

Pryam et Kay étaient pratiquement aux antipodes l'un de l'autre. Difficile d'imaginer qu'ils puissent se comprendre un jour, et pourtant, la Souffleuse de feu essayait de faire passer ce qu'elle ressentait, bien que ça ne semblait pas réellement parvenir à effleurer la carapace hermétique de son interlocuteur. Le seul mot qu'elle avait prononcé valait pour les deux. Pour elle, elle n'était pas une Dornienne, bien que les habitants des terres de sept n'auraient pas saisi la nuance, ni même imaginé qu'il puisse y en avoir une.
Aussi, pour faire preuve de bonne volonté et d'y mettre du sien, elle lui indiqua un endroit où il serait plus aisé de se parler et de s'entendre surtout. Peut-être ainsi pourrait-elle lui répondre ou tout du moins essayer sans qu'il ne s'offense ou qu'il ne prenne ses jambes à son cou.

A la première question elle hocha la tête de haut en bas en signe d'affirmation et leva deux de ses doigts pour lui signifier la durée de son mutisme maintenant. Ce n’était pas un secret de polichinelle mais pas loin, pour peu qu'on s'arrête un instant pour s'intéresser un tant soit peu à la demoiselle. Pour le reste de la phrase et bien elle se contenta d'un sourire mutin en coin et un petit haussement d'épaule sympathique. Elle compatissait un peu à vrai dire, il n'avait pas l'air d'être l'homme le plus loquace de Westeros et elle avait connu des personnes qui pouvaient, elles, parler facilement pour deux. Dans ce genre de circonstance, elle gardait le silence très facilement.

Doucement, pour ne pas qu'il s'en offusque, elle lui prit la main et inclina la tête sur le côté avec un sourire bienveillant. Elle n'avait rien à lui pardonner, il avait déjà fait beaucoup pour elle, juste en lui signifiant que son spectacle avait été apprécié, elle ne demandait rien d'autre quand elle se produisait dans les rues. D'ailleurs, il aurait dit quelque chose qui l'aurait blessée, sans doute se serait- elle déjà enfuie ou alors fait sentir sa colère à travers une gifle cinglante, quoi qu'elle n'était pas très adepte de la violence, et encore moins de la violence gratuite. Molester les gens n'était pas dans ses habitudes et ne le deviendrait sans doute jamais. Elle qui venait d'un peuple pacifique, bon, doux, rieur comment, avec de tels principes, aurait-elle pu devenir cruelle?

Le chevalier put constater que les gestes qu'elle avait à son encontre ne duraient que très peu de temps. Elle lui avait pris la main, juste une minute à peine, le temps de lui faire comprendre qu'elle n'était pas vexée ou quoi que ce soit de ce genre, puis avait tout de suite rompu le contact. Elle s'installa sur le rebord d'un muret et laissa ses jambes battre l'air lentement mais d'un air joyeux avant de lui répondre. Il venait d'aborder un sujet qu'elle aimait tout particulièrement. Ses animaux étaient sa famille, des êtres dont elle avait besoin pour se sentir bien et pour vivre, quoi que ce concept puisse paraitre trop irréel pour le Valois.


" -Oui, ils sont mes compagnons, mes amis et ma famille, en quelque sorte. Lan, mon chat, vient de Port-Réal, voilà sept années maintenant qu'il m'accompagne sur les chemins et Nuala nous a rejoints il y a deux été. Ils partagent mes joies et mes peines, sans compter qu'ils sont indispensables dans mon spectacle de rue. "

Lorsqu'elle lui parlait, elle le regardait droit dans les yeux, sans crainte, sans peur, comme si il était un semblable, pas le moindre sentiment d'infériorité vis à vis de lui, à croire qu'elle ne connaissait pas les classes sociales. Voilà la raison de son mutisme. Lorsqu'elle parlait elle était bien trop prompte à dire ce qu'elle pensait réellement et à se créer des problèmes.

" -Quant à mon mutisme, et bien, il a été voulu après une bien malheureuse rencontre dans les Terres d'Orages avec un noble."

Elle se retourna légèrement puis laissa glisser le gilet de peau qu'elle portait par- dessus son vêtement de scène, d'un geste de la main elle dégagea sa nuque en ramenant sa chevelure sur le devant et dévoilant ainsi les profondes cicatrices qui striaient désormais et à jamais son dos. Deux saisons que l'incident avait eu lieu et elle n'oubliait toujours par le visage de Lord Rogers.
Dans un geste vif elle remit le vêtement sur ses épaules et lui fit de nouveau face en souriant.


" -J'ai appris à mes dépends qu'il n'était pas toujours bon d'être trop franche avec les gens, et ne sachant pas mentir, je préfère me taire."

Elle détestait lire la pitié et cette fausse compassion dans le regard des gens lorsqu'ils s'attardaient sur ses cicatrices, elle n'avait rien à se reprocher et donc ne les cachait pas comme si elle était une pestiférée. Ceci dit, la miséricorde des gens lui faisait une belle jambe. Lorsqu'elle avait été attachée et frappée encore et encore personne dans ce fief, personne n'avait ne serait-ce que levé le petit doigt, alors à quoi bon essayer d'être désolé pour elle alors qu'ils ne l'étaient pas vraiment. Elle était prête à faire face à ce même regard, à cette même expression, à la lire sur le visage de l'homme face à elle dont elle ignorait le nom, aussi préféra-t-elle bifurquer sur un autre sujet.

"- Vous m'avez interrogé sur mes animaux et vous avez les raisons de mon silence, à moi de vous poser quelques questions. Aimez-vous les animaux ? Et à qui donc ai-je l'honneur. Peu de personne s'arrêtent pour parler à une "étrangère". "


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Pryam Templeton
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Message Mar 17 Sep 2013 - 15:04

     La proximité et tout ce qui s'approchait de ce type de comportement déstabilisait toujours Pryam. Il n'interprétait pas mal le fait que quelqu'un lui prenne la main ou lui offre un sourire, mais disons que le chevalier était bien plus habitué aux paroles franches et directes. Décidément, cette femme n'était pas commune, c'est le moins qu'il puisse penser ! Les yeux clairs du Valois restaient dirigés sur le visage tanné de la jeune femme alors qu'elle essayait de lui faire comprendre qu'elle n'était pas vexée et – ô miracle – le jeune homme comprit ce qu'elle essayait de faire passer dans ce geste. Il se contenta d'acquiescer d'un hochement de tête, arborant une expression aussi concentrée que s'il était en train d'essayer de comprendre une autre langue. Mais n'était-ce pas le cas justement ? Le Valois se trouvait dans une position inhabituelle en voyant cette femme ne s'exprimer que par des gestes. Dans le fond, c'était un peu idiot qu'il ne soit pas capable de la comprendre par ce biais. Son maître lui avait toujours dit que le langage du corps était important et si le blond n'avait aucune peine à décrypter celui d'un adversaire et à savoir lorsqu'il allait l'attaquer, avec une femme qui tenait une conversation banale, c'était autre chose.

     Elle s'installa finalement sur un muret, battant l'air sur un rythme qu'elle seule semblait entendre. Le chevalier la regarda en silence avant qu'elle ne prenne la parole pour de bon. Ce fut une agréable surprise pour le Valois qui s'était pourtant tenu prêt à essayer de décrypter de nouveaux gestes. Il fut toutefois assez soulagé qu'elle lui épargne ça.
     Aborder le sujet des animaux avait visiblement été une excellente idée, car elle lui répondit avec franchise sans baisser les yeux. C'était une bonne chose, il n'était qu'un simple chevalier errant et non un noble seigneur. Ils étaient au même rang social en y regardant de plus près, du moins tant qu'il ne sera pas de retour chez lui. Elle enchaîna, lui expliquant la raison de son silence si forcené et dévoila une blessure qui ne manquait pas de faire comprendre au chevalier qu'elle avait effectivement dû souffrir. Étrangement, le chevalier ne fut guère étonné. Il avait déjà rencontré tant de nobles qui se sentaient supérieurs à la simple roture, il était logique – même si malheureux – que certains s'amusent à se comporter de la sorte.

     Il n'afficha pourtant aucune expression de pitié. Pryam avait beau désapprouver ce type de comportement, il savait que passer son temps à s'en plaindre ne ferait pas avancer les choses. Oh, bien entendu il était navré pour la demoiselle, mais avec le caractère qu'elle semblait posséder, elle n'avait certainement pas besoin de sa compassion. L'étrangère reprit finalement la parole une dernière fois pour changer de sujet et lui poser quelques questions. Il était vrai que le Valois n'avait pas pris la peine de se présenter et qu'il manquait à toutes ses obligations. Reprenant un air légèrement plus détendu maintenant qu'il n'avait pas à décoder des gestes, le chevalier lui répondit.

     ▬ Oh, désolé, j'en oublie de me présenter. Je m'appelle Pryam. Juste Pryam, je viens du Val d'Arryn, je suis un chevalier errant. Il donnait des informations qui feraient normalement comprendre à la jeune femme qu'elle n'avait pas à le craindre comme s'il était un noble. Quant aux animaux.... Pour être totalement franc avec vous, disons que je n'ai pas d'affinités particulières avec eux et qu'ils me le rendent bien. Je me borne aux chevaux à cause de mon métier, mais je ne vous mentirais pas en vous disant que je n'ai jamais côtoyé d'autres animaux. Il savait bien qu'il ne gagnerait pas des points d'estime ainsi, mais Pryam ne voyait pas l'intérêt de mentir. Si je vous ai posé ces questions, c'est surtout parce que vous aviez l'air proche d'eux alors je m'étais dit que ça vous pousserait peut-être plus à parler.... »

     Il se sentait presque honteux d'avoir agi de la sorte, un peu comme s'il avait tenté de la manipuler alors qu'en réalité, ce n'était absolument pas le cas. Mais ce sujet étant réglé, le chevalier errant ne tenait pas trop à s'y attarder. Son regard se détourna du visage de la femme pour contempler les animaux qui se tenaient à ses côtés. Est-ce qu'ils pouvaient sentir que le jeune homme n'était pas très à l'aise en leur présence ? Oh, il n'avait rien contre eux, mais disons qu'il se portait mieux lorsqu'ils ne s'intéressaient pas à lui. Après quelques secondes de silence, le natif du Val reporta son attention sur la demoiselle pour reprendre la parole.

     ▬ Je tiens à vous rassurer, vous pouvez être franche avec moi. Déjà parce que je ne suis pas noble, puis ensuite parce que je ne lèverais jamais la main sur une femme. Ou sur un homme sans raison valable – à savoir qu'il se fasse attaquer. Ce n'est pas parce que peu de personnes ne parlent pas forcément aux étrangers que je dois en faire de même. Après tout, les chevaliers errants n'étaient pas bien vus et pourtant il en était un. En réalité, je ne sais pas pourquoi je suis venu vous aborder. J'ai apprécié votre spectacle et vous aviez l'air d'être quelqu'un d'ouvert. Faut-il réellement une raison précise pour parler à quelqu'un ? Il ne le faisait pas souvent, mais lorsque cela arrivait, Pryam ne cherchait pas à analyser le « pourquoi », seul le résultat comptait. Et vous, vous devez bien avoir un prénom je présume ? Il n'osa pas lui demander à nouveau d'où elle venait vu qu'elle lui avait déjà répondu avant, même de manière plutôt floue. Comment vos animaux aident-ils à votre spectacle ? Vous auriez plutôt dû adopter un dragon si vous utilisez le feu. »

     Elle aurait en plus eu l'exclusivité du tour, c'était certain ! Bon, certes, la boutade n'était pas superbe, mais Pryam tentait surtout de détendre l'atmosphère et au passage, de montrer qu'il n'était pas totalement coincé.


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Message Lun 23 Sep 2013 - 17:55

Depuis bien trop longtemps elle n'avait plus réellement parlé, aussi, agir et faire comprendre par les gestes, les expressions corporelles ou le toucher était devenu pour la saltimbanque comme une deuxième façon de parler ou de respirer. Elle concevait parfaitement qu'elle pouvait déranger ou agacer, mais elle ne pensait pas que ça puisse réellement déstabiliser quelqu'un. De plus, son interlocuteur ne semblait pas s'en formaliser, bien qu'il ait du mal à comprendre, il semblait faire un effort pour converser avec elle, et c'était plutôt plaisant. Elle n'aurait pas été en train d'essayer de maintenir la conversation - bien qu'elle ne dise pas un mot - elle aurait pouffé de rire en voyant la mine et le visage concentré de l'homme en face d'elle. Il semblait faire de son mieux que c'en était … touchant, et pourtant Kay n'est pas ce genre de femme facilement attendrie devant les êtres humains. Seuls les animaux jusque-là avaient réussi à trouver grâce à ses yeux. Eux étaient loyaux, ils ne cherchaient pas à avoir quelque chose en échange de leur affection. Ils étaient entiers, sans la moindre parcelle d'intérêt ou d'arrière-pensée, pas comme les hommes qu'elle avait pu rencontrer. En quittant, Dorne elle était encore une adolescente avec des rêves plein la tête, de beaux idéaux, mais la vie l'avait bien faite déchanter, et cela de bien des manières.

D'un petit bond, elle prit place sur un muret avant de lui répondre franchement et cette fois avec des mots. Elle n'avait pas réellement la langue dans sa poche et elle avait tendance à dire les choses comme elle lui venait, comme elle le ressentait avec son cœur et son esprit. Il n'y avait en général aucune malice ou intention de blesser, elle était peut-être juste un petit peu trop entière. Si bien que lorsqu'elle se mit à parler, elle aurait presque été surprise de l'intonation de cette dernière. Elle fredonnait, chantait et parlait à ses animaux mais uniquement lorsqu'elle était seule. Et la solitude fait que bien souvent le silence est d'or. Parler de ce qu'elle aimait était une chose facile, aisée, en revanche, avoir une réelle conversation allait être sans doute bien plus difficile que ce qu'elle avait imaginé. De plus, faire usage de la parole durant tout ce temps n'aidait sans doute pas dans cet exercice. Alors qu'elle lui montrait ses blessures, elle fixait son visage, pour y voir ce qui lui faisait souvent horreur; cette pitié déplacée, cette amère compassion si futile et inconvenante. D'une certaine manière, elle fut soulagée de ne pas la lire dans ses yeux bien trop bleus qui l'observaient en silence. Ne voulant pas le mettre mal à l'aise une nouvelle fois, elle bifurqua la conversation sur un sujet peut-être moins sensible en lui retournant la question le plus simplement du monde possible.


Pryam, un nom bien étrange qu'elle entendait aujourd'hui pour la toute première fois. En général c'était d'avantage Jon, Gendry, Sam ou encore Bronn, mais Pryam était une première. Il venait du Val d'Arryn, il était loin de chez lui, peut-être moins que Kay, mais tout de même, elle se souvenait que le chemin n'était pas si aisé pour aller dans le Val. Il semblait être un homme bon, mais elle n'était pas prompte à juger trop facilement. Cependant, il avait le droit ne pas être attaché à ses animaux, bien des personnes ne les voyaient que comme des éléments utiles, dont ils se servaient et qu’ils laissaient tomber une fois qu'ils devenaient trop vieux. " - Choix, judicieux… Pryam." Elle n'aurait pu choisir meilleur sujet cependant pour débuter. Nuala laissa ses prunelles se perdre dans ceux océan de cet homme avant de glapir pour venir enfouir son museau sous la main de sa maîtresse en signe d'affection. Elle pouvait sentir le malaise de l'humain mâle, Lan aussi pouvait le sentir mais pour le moment tous deux ne semblaient nullement menaçants. Lan avait déserté le cou de la souffleuse pour rejoindre le bord du muret et essayer d'y chasser un lézard.

"- Je suis toujours franche, je suis une piètre menteuse. Bien des hommes ont de belles paroles… je ne crois que les actes. Le concret." Trop nombreuses étaient les fois où les hommes lui avaient dit qu'ils ne touchaient pas les femmes, et trop nombreuses furent les fois, où ce sont ces mêmes hommes qui violaient, ou frappaient. Si en arrivant ici elle avait cru en la race humaine, aujourd'hui elle n'avait que peu d'espoir pour cette dernière. Le Valois paraissait être un homme correct, ses compagnons à quatre pattes ne semblaient pas sensibles à sa proximité. La preuve en était que Nuala s'était finalement écartée de sa maîtresse pour jouer avec Lan un peu plus loin. Le vieux chat semblait faire preuve de patience bien qu'un couinement fit tourner la tête à Kay. Elle fronça les sourcils et se contenta de claquer sa langue pour qu'instantanément le jeu redevienne joyeux. "- Nullement besoin de raison, et si il y en avait, elles vous appartiennent. Qui suis-je pour exiger quoi que ce soit de vous." Elle esquissa un sourire en le poussant gentiment de l'épaule comme une petite bourrade entre camarades. Cependant, ce n'était pas un contact prolongé. Elle ne le faisait pas, si ce n'est lorsqu'elle passait sa main dans le pelage d'un de ses compagnons à poils.  " - Kay." Elle observa quelques secondes de silence avant de continuer. "- C'est mon nom."

L'allusion aux Dragons la fit sourire cette fois pleinement. Alors malgré tout Pryam savait faire un peu d'humour ou tout du moins quelque chose qui s'en rapprochait. " - Vous auriez un œuf de Dragon?" Elle laissa un petit rire franchir ses lèvres avant de répondre plus franchement à sa question. " - Comment, je vais vous montrer. " Elle claqua plusieurs fois sa langue, elle ne semblait pas avoir besoin de mots pour les faire obéir. Un claquement de doigt et Lan grimpa sur le dos de Nuala pour tenir en équilibre sur ses pattes antérieures. Un sifflement, et la chienne roula sur le côté, le chat suivant le mouvement comme si il était sur un tonnelet. Elle lui montra plusieurs tours rapides avant de tapoter sa cuisse pour faire venir les deux petits artistes. "- Durant le spectacle ils passent à travers des cercles de feu et jouent avec comme je le fais moi-même. Un jour j'aimerais apprivoiser et dresser un Lion des Montagnes  ou un Lynx-de-Fumée. Quand j'étais petite mon père m’a parlé d'Hrakkar, vivant sur le continent d'Essos. J'aurais aimé en voir un  jour, mais je doute qu'un tel animal soit à ma portée. Tout comme les Dragons. Quoi que je souffle déjà du feu, c'est un bon début." Elle lui sourit et se pencha en arrière, tendant le cou pour mieux voir le ciel.

" Je suis heureuse d'entendre que vous avez aimé mon numéro. Le soir c'est plus impressionnant. Si un jour le cœur vous en dit, venez me voir un soir. " Il y avait ici nulle phrase cachée, nulle invitation à la débauche. Elle disait juste ce qui lui passait par la tête, elle aurait aimé lui montrer le "souffle", ce qui lui avait valu ses deux surnoms "La Salamandre" ou "l'Allumeuse". Finalement, elle se tourna vers lui, s'asseyant en tailleur. "-Puis-je vous demander pourquoi vous êtes venu à Port-Réal? "




Dernière édition par Kay le Mar 24 Sep 2013 - 21:35, édité 1 fois
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Message Mar 24 Sep 2013 - 17:49

     Maintenant qu'elle parlait, Pryam éprouvait beaucoup moins de difficultés à comprendre ce qu'elle pouvait vouloir lui faire savoir. Il la regardait d'un air calme tandis qu'elle lui avouait ne pas prêter de grande importance aux paroles ce qui leur faisait un point commun. C'était d'ailleurs pour cette raison qu'il avait tendance à s'abstenir de parler lorsque ce n'était pas nécessaire, mais son choix était loin d'être aussi radical que celui de la demoiselle. Dans un sens, le chevalier était certainement privilégié par rapport à elle : il portait un titre qui était censé refléter ses compétences et il pouvait se faire passer pour un Riverain comme pour un habitant des Terres de la Couronne. Le racisme ne lui était pas familier, ce qui était malheureusement certainement le cas de la belle. Les animaux étaient occupés à jouer entre eux et ne s'intéressaient visiblement plus à leur cas ce qui permit au Valois de se sentir un peu moins oppressé.

     ▬ Je vous comprends. Les paroles sont bien plus facilement à utiliser pour le mensonge, mais cela ne signifie pas que tous les mots soient source de méfiance. »

     Il savait parfaitement que n'importe qui pouvait mentir pour arranger ses affaires par exemple, mais concernant les actes, c'était bien plus difficile. Qui irait sauver une femme en détresse en prenant le risque de se faire tuer, tout cela pour se faire passer pour un bienfaiteur ou pour un bon chevalier ? Personne, ou alors Pryam ne les avait jamais rencontrés. Par contre en ce qui concernait le mensonge, n'importe qui – même des brigands revêtus d'une armure – pouvait se faire passer pour le champion d'un tournoi réputé par exemple. Cependant, le chevalier refusait l'idée de se méfier de tout ce qu'il pouvait entendre, il avait déjà suffisamment perdu foi en la bonté naturelle des gens, ce n'était pas pour perdre ses dernières illusions et devenir aussi aigri que son géniteur.

     Les animaux avaient cessé leur jeu et la jeune femme enchaîna en lui déclarant qu'elle ne se voyait pas le droit d'exiger quelque chose de lui, discours qui ne manqua pas de le surprendre. Le Valois était habitué à servir les autres, c'était son rôle en tant que chevalier, aussi s'entendre dire cela était quelque peu déstabilisant. Il se contenta de répondre par un hochement de tête la regardant d'un air quelque peu étonné suite au geste qu'elle s'autorisait. C'était une fois de plus un comportement inhabituel pour lui, même Serena n'agissait pas de la sorte à son encontre. Cependant, ce n'était pas une mauvaise surprise, il n'était jamais contre un peu de variété, bien que de son côté Pryam restait aussi immobile qu'une statue. Lorsqu'elle lui donna – enfin – son nom, le chevalier lui offrit un sourire pour toute réponse. Il le mémorisa dans un coin de son esprit et passa à autre chose.

     La boutade sur les dragons avait eu l'air d'amuser la jeune femme qui lui posa une question rhétorique. Qui donc pouvait posséder un tel trésor ? Il en avait presque eu un vu que dans la logique, le vainqueur de Murs-Blancs était censé s'en voir offrir un, malheureusement pour lui l’œuf en question s'était envolé sans même que le chevalier puisse poser les yeux dessus. À moins de s'adresser à un Targaryen, la jeune femme n'avait pas de grandes chances de réussir à en toucher un – et encore, même dans ce cas-là. Elle décida toutefois de lui faire une démonstration des talents dont étaient dotés ses animaux. Force était de constater que, même pour quelqu'un qui ne portait pas les animaux dans son cœur, ces bêtes étaient douées dans leur domaine. Le Valois les contempla avec attention, se demandant ce qui avait bien pu traverser l'esprit d'une jeune femme pour avoir l'idée de faire bouger ses compagnons à quatre pattes de la sorte. Oh, il ne pensait pas à mal en se posant cette question, c'était seulement qu'une pareille idée ne lui serait jamais venu en tête. Cela dit, le chevalier n'était pas doté d'une grande imagination, ceci expliquait donc cela. Elle lui confia alors certains de ses désirs qui étaient pour le moins... Originaux pour une femme.

     ▬ Vous avez des envies bien surprenantes ! Les Lynx-de-Fumée m'ont toujours apparus comme dangereux et à éviter à tout prix. Il y en a beaucoup là où j'ai grandi et je vous avoue que je suis assez sceptique sur leurs capacités à être dociles... Mais ce n'est certainement pas impossible. Après tout, il en avait déjà vu des domestiqués servir d'animaux de compagnie – fort dangereux cela dit. Vous avez l'air d'aimer le danger. Peut-être parviendrez-vous à amadouer un Targaryen, j'ai cru comprendre qu'ils possédaient tous des œufs de dragon. »

     C'était ce qu'en disant la rumeur populaire, mais après il y avait une grosse marge encore la vérité et ce qui circulait. La proposition que la jeune femme lui fit ensuite ne trouva pas d'interprétation louche chez le chevalier. Même si bien des hommes auraient certainement interprétés son invitation pour une proposition déplacée, du côté du Valois elle apparaissait simplement comme une invitation à voir son spectacle au milieu de la foule. Rien de bien surprenant en somme puisqu'il aurait pu le faire par hasard. Kay scella finalement son intervention par une question à laquelle le blond hésita tout d'abord à répondre.

     ▬ Je viendrai vous voir avec joie, j'imagine que vous devez avoir beaucoup de spectateurs à ces heures-là. Simple supposition vu que les soirées étaient l'un des rares moments où les paysans pouvaient se reposer. Je suis venu à Port-Réal parce que je cherche quelqu'un. Je donne de l'argent à quelques individus qui vivent ici, contre des informations sur la personne que je recherche. Je reviens de temps en temps à la capitale pour me renseigner, mais je ne reste jamais bien longtemps. Le tout était dit sur un ton léger. Et vous, c'est peut-être pour gagner un plus large public ? J'aurais imaginé que les artistes dans votre genre se rendaient plutôt à Villevieille, j'avais trouvé perçu cette ville comme plus ouverte aux arts que Port-Réal. Vous connaissez peut-être du monde ici ? »

     Son but n'était pas d'être indiscret, il voulait simplement lancer une discussion agréable pour apprendre à la connaître, après, elle était libre de refuser de répondre si l'envie lui en disait.


« La vraie noblesse s'acquiert en vivant, et non en naissant. »

 

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Kay
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Message Mar 24 Sep 2013 - 21:32

  Kay était -par la force des choses- une femme indépendante et avec un caractère bien trempé. Par choix elle avait abandonné les siens et sa vie tranquille pour un monde d'inconnu. C'était son choix, personne ne l'avait obligée et de ce fait, elle ne se plaignait pas, jamais. Bien que vue comme une créature exotique, elle n'en était pas réellement une, et le fait qu'elle vienne de Dorne ne faisait pas d'elle une Dornienne. La preuve? Elle ne savait absolument pas comment combattre. Même tenir un poignard lui était inconnu, son seul moyen de se protéger? Ses poings et ses animaux. Voilà la raison pour laquelle elle n'aurait jamais exigé quelque chose du Valois. Ce qu'elle avait, elle l'avait gagné à la sueur de son front, à la douleur de ses muscles, au sang versé et aux sacrifices qu'elle avait fait pour y parvenir. Elle n'avait jamais demandé quoi que ce soit, ni à l'homme, ni à ces dieux païens. Quoi que ce dernier point soit faux, à chaque fois qu'elle traçait une marque sur son corps, qui était accompagnée d'une prière muette, elle demandait la protection et la santé pour sa famille se trouvant loin d'elle. C'était la seule chose qu'elle s'autorisait. L'idée de les savoir, ou plutôt de les imaginer saufs et en bonne santé lui permettait d'avancer dans sa vie de nomade.

"- Ils vous semblent dangereux parce que vous les voyez d'un point de vue d'humain. Il suffit juste de les comprendre pour pouvoir les approcher. Comment croyez-vous que Nuala et Lan soient venus avec moi. Je ne les ai jamais contraints à me suivre ou à faire ces tours. Ils le font parce qu'ils le veulent et que je leur demande." Elle esquissa un sourire. L'attitude figée de Pryam la déstabilisait un peu. Elle qui parlait avec son corps avait rarement l'habitude d'être en contact avec un homme statique. Elle ne pouvait même pas s'aider dans ses geste pour décrypter ce qu'il ressentait tellement il était droit comme un « i » à ses côtés. Seul son visage semblait faire passer quelques expressions. "- Le Val est un endroit magnifique, j'y suis allée lorsque j'étais avec une troupe. Je suis passée par les Portes de la Lune, puis j'ai eu la chance de voir Rougefort avant de repartir. La région est tellement belle. Plus fraiche que j'en ai l'habitude mais tellement…magnifique. " Il était clair que son séjour l'avait marqué et qu'elle en parlait avec plaisir. Les images des paysages étaient encore vives dans son esprit et elle pensait chacun de ses mots. Elle en avait presque des étoiles dans les yeux. En revanche, l'idée d'amadouer un homme la fit sourire un peu jaune. " -Je suis douée pour m'entendre avec les bêtes Pryam, pas avec les hommes. Ils sont trop arrogants et décadents pour se laisser apprivoiser. La suspicion fait partie de leur essence. Je ne vois pas la vie ainsi. Alors essayer d'amadouer un Targaryen me couterait sans doute ma langue ou pire, ma tête." Elle esquissa un sourire amusé. Que pourrait bien trouver un Targaryen à une fille de la Sang-Vert. Elle n'était pas une prostituée et ne le serait jamais, alors à quoi bon essayer d'approcher des gens de noble lignage ainsi. "- Je ne veux rien des hommes, ce que j'ai, je l'ai gagné. Je ne dois rien à personne et c'est tout aussi bien ainsi. C'est bien plus valorisant de pouvoir avoir quelque chose pour lequel on s'est battu, plutôt que de l'avoir quémandé d'une manière peu honorable." Elle fit un clin d'œil avant de se pencher pour attraper Lan qui vint se frotter contre son cou et son visage en ronronnant affectueusement, avant de se coucher contre sa cuisse, à l'opposé du chevalier.

L'entendre dire qu'il reviendrait la voir étira ses lèvres dans un sourire de gratitude franche. Comme un enfant à qui on aurait fait une promesse. Son art lui tenait réellement à cœur, ça se voyait, ça se lisait sur son visage. Pouvoir émerveiller la populace faisait que le soir elle s'endormait heureuse. Elle n'avait pas besoin de toilettes ou de bijoux précieux pour que sa vie soit douce. Elle se contentait de plaisirs simples et d'une vie spartiate. Le Valois cherchait donc une personne. Peut-être pouvait-elle l'aider, mais avant qu'elle ne puisse lui répondre, il lui retourna la question.


"- Je vais là où mes pas me portent. Je suis libre comme l'air et excepté le Nord, où j'aimerais aller un jour, j'ai voyagé dans tout Westeros. Le bief est un endroit agréable, mais venant des Iles d'Estermont, Port-Réal me semblait un endroit bien plus proche pour refaire fortune avant de reprendre la route. Port-Réal est un lieu que je connais bien. Les gens parlent souvent devant moi. C'est amusant de connaître les personnes parfois bien mieux qu'elles ne se connaissent elles-même." Elle lui offrit un sourire en caressant tendrement le dos du chaton, la chienne, elle, s'était couchée à ses pieds, sage et docile gardienne.

"-Je pourrais peut-être vous aider à trouver la personne que vous cherchez si vous demeurez ici quelques jours. Certes, je ne connais que peu de nobles, et préfère ne pas trop m'en approcher, mais je connais les petites gens. Entre miséreux, nous nous entraidons, nous nous parlons. Je serais bien incapable de vous promettre quoi que ce soit. Mais si j'entends parler de cette personne je peux peut-être vous avertir. " Il n'y avait ici nulle manipulation, encore moins d'appât du gain. Elle offrait un service sans rien demander en échange, de même qu’elle partageait sa pitance avec mômes de culpuciers sans arrière-pensée. Kay n'était pas une de ses femmes corrompues par le pouvoir, l'appât du gain ou quoi que ce soit de ce genre. Elle vivait depuis bien trop longtemps au plus près de la nature. Son éducation et ses origines faisaient également barrière à cette corruption qui semblait s'insinuer en chaque Ouestrien.

Par pudeur, ou parce qu'elle ne savait pas vraiment comment il prendrait la chose, elle détourna la tête pour regarder ailleurs tout en enfonçant un peu plus ses doigts dans la fourrure rouquine de Lan, qui semblait ronronner d'avantage, comme si par ce geste elle pouvait se calmer. Elle passa la main dans ses cheveux pour les remettre en place et semblait trouver tout d'un coup ce qui se passait dans l'artère principale, des plus intéressants.





Dernière édition par Kay le Jeu 26 Sep 2013 - 20:18, édité 1 fois
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Pryam Templeton
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Message Mer 25 Sep 2013 - 15:26

     Pryam restait plus que sceptique quant aux explications de la jeune femme à propos des animaux qu'elle convoitait. Le Valois ne considérait pas les animaux sauvages comme des potentiels compagnons de route pour la bonne et simple raison qu'ils étaient faits pour vivre de manière sauvage justement. Si les sept avaient souhaité que l'on puisse domestiquer un Lynx-du-Fumée, ils les auraient fait naître à proximité des humains. Les rares rencontres que Pryam avait fait avec ces créatures s'étaient toujours soldées par la mort de leur proie – généralement un mulet égaré ou un herbivore sauvage – ou par celle de l'animal qui tentait de les attaquer. Peut-être était-il trop fermé d'esprit pour voir les choses de la même manière que Kay, mais le Valois restait très dubitatif suite aux parles de la demoiselle. Il ne les mettait aucunement en doute, il se demandait simplement si les détracteurs de la jeune femme n'augmenteraient pas davantage si elle tentait d'introduire un Lynx-du-Fumée à Port-Réal ou dans une autre ville où elle pourrait donner ses spectacles. Le blond la regarda patiemment, toujours aussi raide que s'il allait subir l'inspection du Roi en personne, écoutant tout ce qu'elle disait sans piper mot. Aussi étrange que cela puisse paraître en le voyant mal à l'aise devant cette inconnue, le chevalier savait écouter. Ou plutôt, il savait rester silencieux et hocher la tête pour faire comprendre qu'il écoutait. Donner des conseils n'était pas dans ses qualificatifs par contre, mais bien souvent ses interlocuteurs lui demandaient simplement de se taire et d’écouter. Au terme de la réplique de la demoiselle, l'errant répondit enfin.

     ▬ En vérité, disons surtout que j'ai toujours vu ces animaux comme dangereux parce qu'ils essayent d'attaquer tout ce qui passait à leur portée. Mais peut-être que le problème vient de moi, je dois dégager quelque chose qui énerve les animaux. Une manière de ne pas porter de jugement et de lui montrer qu'il respectait sa vision des choses. Le Val est relativement désert et son climat n'est pas très clément. Beaucoup n'aiment pas cette région, en vérité je crois que vous êtes la première personne que je rencontre qui n'est pas née là-bas et qui vante ses mérites. Il connaissait bien Rougefort étant donné que sa mère était originaire de cette forteresse, l'endroit était effectivement très beau. Et vous savez ma dame, je ne pensais pas forcément à quelque chose de peu honorable en vous parlant d'obtenir quelque chose d'un Targaryen. Je suis certain que des nobles doivent goûter à vos talents artistiques, vous pourriez bien attirer l'attention d'une noble personne de la sorte. En le connaissant, l'on comprenait aisément pour quelle raison il n'aurait jamais pensé à une telle chose. Tous les hommes ne sont pas mauvais vous savez. Je passe beaucoup de temps avec eux en raison de mon métier, si je n'avais jamais croisé personne qui soit honorable, j'aurais cessé depuis longtemps. Il ne prêchait pas pour la convaincre, c'était une simple explication qui ne l'engageait à rien. Mais je concède que je n'ai pas eu à subir les mêmes choses que vous. Je ne suis ni femme ni « étranger » et je ne peux donc qu'imaginer ce que vous devez vivre. »

     Le Valois était d'un naturel conciliant, certains voyaient cela comme un point négatif, mais lui considérait plutôt que c'était un bon moyen pour ne pas avoir à vexer autrui. Après tout, Pryam n'avait pas envie de contrarier Kay qui parlait de bon cœur à présent et qui racontait des choses plus qu'intéressantes. Elle avait visiblement voyagé à peu près partout, ce qui leur faisait un point commun. Le regard du chevalier errant oscillant entre la jeune femme et son chat qui semblait désireux d'avoir toute son attention. C'était aussi pour cette raison qu'il avait du mal avec les animaux : ils étaient bien trop demandeurs en affection. L'offre qu'elle lui fit ensuite ne manqua pas d'étonner le jeune homme. Il la regarda d'un air un peu hésitant, non parce qu'il ne souhaitait pas lui confier la raison de sa recherche, mais surtout parce qu'il ne s'attendait pas à une telle proposition. Le silence persista alors que Kay s'intéressait soudain à ses animaux avec toute son attention, le Valois remarqua à peine sa gêne et n'en identifia pas la source exacte. Finalement, il se lança.

     ▬ Il ne faut pas vous sentir obligée vous savez. Mais si vous en avez l'envie, je ne refuse jamais d'aide. Cela dit, je me sentirais mal de vous demander une telle chose sans vous payer pour le travail effectué. Écouter c'est bien plus difficile qu'on ne le pense. Bizarrement il craignait qu'elle refuse cette idée. La personne que je cherche n'est pas noble, c'est ma sœur en réalité. Normalement Serena n'était « que » la fille d'un chevalier fieffé et bien qu'elle portait un titre de noblesse, elle n'était pas réellement noble. Elle a quitté le Val peu de temps après moi et je n'ai plus de nouvelles d'elle depuis cette époque. Il inspira légèrement avant d'enchaîner. Elle a cherché à fuir un mariage arrangé par notre père donc je doute qu'elle puisse avoir décidé de vendre ses charmes pour survivre, c'est pour cette raison que je me disais que j'aurais peut-être plus de chances de la trouver en campagne qu'à la ville. Léger haussement d'épaules. J'ai été partout, sauf à Dorne, mais je ne la vois pas aller aussi loin. Comme vous voyagez beaucoup, vous aurez peut-être plus de chance que moi. Il hésita en la regardant avant de conclure. Mais je ne veux pas abuser de votre gentillesse, je veux vraiment vous acheter les informations que vous aurez. Ou n'aurez pas. »

     Certains pourraient très mal prendre de telles paroles, mais c'était un point que le Valois ne négocierait pas. Il n'envisageait pas de laisser Kay lui donner de telles informations – même si elle ne savait rien au final – sans la remercier. Et étant donné que Pryam ne connaissait aucun autre moyen que de payer en espèces sonnantes et trébuchantes, il n'avait pas trente-six solutions. Histoire de détendre l'atmosphère, il aborda un autre sujet avant de conclure.

     ▬ Dans le Nord ils ont aussi beaucoup d'animaux, vous pourriez ajouter un loup à votre numéro. »

     Nul doute que les Stark apprécieraient beaucoup le clin d’œil.


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Message Jeu 26 Sep 2013 - 20:21

Il est clair que leur manière d'appréhender le monde, et surtout le monde animal était totalement différente. La souffleuse de feu ne cherchait jamais à contraindre un animal -quel qu'il soit- à faire ce qu'elle voulait. Si la bête se trouvait dans de bonnes dispositions, elle lui apprenait des tours, communiquait avec elle, non pas par la voix, ou des ordres, mais par les yeux et le cœur. Il ne fallait pas croire qu'elle ne se méfiait pas des créatures qu'elle approchait, bien au contraire, elle avait un sens aigu du danger qu'un animal pouvait représenter. Mais elle aimait cette connexion qu'elle pouvait avoir avec la nature et avec les animaux en tout genre. Elle ne se buttait pas qu’à ce qu'elle connaissait, elle aimait la diversité, l'inconnu et ce qui était un soupçon dangereux. Sans doute fallait-il y voir ici ses années passées à vivre à Dorne. Là où le Valois voyait une bête dangereuse et féroce, elle y voyait un félin qui chassait pour se nourrir et pas uniquement pour tuer, qui menaçait pour protéger son territoire et / ou sa famille. Les animaux n'attaquaient jamais sans raison. La première des causes étaient souvent qu'ils se sentaient menacés par l'homme ou agressés. Après tout, n'est-ce pas les humains qui taillent dans les forêts pour développer leur ville et leur influence, n'est-ce pas eux qui essaient de soumettre la nature au lieu d'essayer de cohabiter avec elle. Elle garda pour elle ses pensées, de peur qu'il ne la prenne pour une folle ou une sauvageonne. Ce n'était pas tout à fait vrai, ni tout à fait faux, elle avait juste plus de considération pour ce qui l'entourait que la moyenne.

Elle arqua un sourcil amusé en l'entendant parler avant de jeter un œil sur ses compagnons qui avaient vraisemblablement oublié la présence du chevalier.
"- Je ne pense pas, la preuve, ces deux-là ne vous ont pas attaqué. Et puis entre nous, vous n'avez pas l'odeur alléchante de viande séchée. " Elle esquissa un sourire taquin. Elle haussa les épaules, pourtant elle aimait réellement le paysage du Val. "- C'est peut-être justement parce qu'il est si différent du désert de mon enfance que je le trouve si magnifique. Il y fait frais, mais sans doute pas aussi froid que dans le nord. J'ai de magnifiques souvenirs de là-bas. " Pour le reste de ses paroles, elle se contenta de hocher de la tête en signe d'écoute, mais elle n'était pas spécialement d'accord avec lui, ni contre ses propos. Disons qu'elle doutait que ses talents soient ce qui charme un Targaryen, eux dont on disait qu'ils ne craignaient pas le feu. Et même si cela avait été le cas, de par sa naissance, elle n'aurait pas été traitée mieux qu'un jouet entre les pattes d'un noble. "- Je ne doute pas du fait que quelques-uns soient honorables, mais j'ai moi-même été en contact avec bon nombre d'entre eux, pour pouvoir me faire ce genre d'opinion. Inutile de vous donner un exemple, je ne saurais lequel choisir dans une liste bien trop longue à mon goût. Je pense juste que les gens honorables sont bien plus rares que le commun. " Elle ne cherchait pas spécialement à affirmer son point de vue, elle le donnait c'était tout, un peu comme elle aurait pu lui parler de la pluie ou du beau temps en somme. Elle lui sourit et tout en caressant d'un geste distrait la tête de Lan qui semblait dormir maintenant profondément. "- Alors vous aussi vous me voyez comme une étrangère? " L'idée la faisait sourire, elle ne jugeait pas, elle constatait juste.

Les mots avaient franchi ses lèvres bien avant d'avoir fait le tour de sa pensée, et voilà qu'elle recommençait à parler trop vite. Elle avait proposé son aide, si peu utile soit elle, mais elle n'avait pu s'en empêcher. Elle était de nature généreuse, pacifique et aider son prochain était tout à fait normal pour elle. Mais dire ce qui lui passait par la tête lui avait souvent attiré des ennuis, aussi elle s'était détournée du jeune homme, cherchant à trouver quelque chose d'intéressant auprès de ses animaux ou de ce qui se passait dans la rue parallèle où l'activité allait bon train. A la mention d'argent elle retroussa d'une manière adorable son petit nez et croisa les bras, une mine un peu boudeuse sur les lippes.
"- Je ne fais pas ça pour gagner quelque chose. Depuis quand l'aide s'achète-t-elle ? " Toujours les bras croisés, son visage s'adoucit en entendant la suite. "- Vous recherchez votre sœur? C'est noble de votre part et cela montre que vous êtes une personne attentionnée qui prend soin de sa famille." L'histoire lui rappelait les raisons qui l'avaient poussé à fuir la Sang-Vert et elle dû faire un effort pour ne pas laisser échapper un vil frisson qui aurait secoué son corps. "-Le raisonnement est bon, si vous me donnez des détails sur votre sœur, et son nom, je pourrais essayer de la rechercher dans les petites cité, les bourgades et les hameaux que je traverse lors de mes déplacements." L'idée qu'une Valoise soit allée s'exiler à Dorne la fit sourire. "- Sans vouloir vous vexer Pryam, je doute que votre sœur soit allée chercher son salut à Dorne. Les hommes de là-bas ont le sang chaud, une ouesteline aurait deux options, celui de devenir une amante, l'autre d'être tuée par les Dorniens ou le désert lui-même. Votre sœur doit être une jeune fille intelligente, je ne pense pas qu'elle y soit allée." Elle retrouva un visage dubitatif avant que celui-ci ne s'illumine après avoir trouvé une idée. "-Si vous voulez réellement me remercier, vous n'aurez qu’à m'offrir un repas et un gite le temps d'une nuit ou deux, pour les informations que j'aurais trouvé. Mais seulement si j'arrive à trouver quelque chose. Inutile de protester, je me sentirais courroucée si vous vouliez faire l'inverse."

Pour elle, la récompense en monnaie était inutile, elle préférait avoir le ventre plein et pouvoir dormir au chaud plutôt qu'avoir des pièces qu'on aurait pu lui dérober. De même il était inutile de la remercier pour quelque chose qu'elle n'aurait pas trouvé. " -Un loup… C'est une idée. C'est décidé, un jour j'irai dans le nord!" Elle semblait excitée à l'idée de pouvoir approcher un loup."- Cela fait longtemps que vous la cherchez ? "


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Message Ven 27 Sep 2013 - 15:53

     Au fur et à mesure qu'ils parlaient, Kay commençait à donner des informations sur elle et lorsqu'elle parla du désert de son enfance, Pryam fut quelque peu perturbé. Elle avait dit ne pas être Dornienne bien qu'elle venait de ce continent et pourtant, il ne connaissait pas d'autre désert à Westeros. Peut-être était-ce simplement une manière de parler lorsqu'elle lui avait répondu qu'elle n'était pas née là-bas ? Peu importait, il n'avait pas envie de l'ennuyer avec des détails aussi insignifiants, surtout qu'en fin de compte, qu'elle soit Dornienne ou née à Yi-Ti ne changerait rien pour lui. Lorsqu'elle parla du Val, au moins savait-il quoi lui répondre. Tout dépendait où elle avait été, mais à bien des égards le Val pouvait être comparable au Nord, il avait eu l'occasion de le vérifier.

     ▬ En vérité, tout dépend où vous avez été. Le Val peut être plus froid que le Nord suivant les fiefs, les Eyrié sont d'ailleurs situés tellement haut que la famille Arryn n'y passe pas l'hiver en raison du froid mordant qui y règne. Il y avait été étant jeune et cette forteresse était effectivement unique en son genre. Là où j'ai grandi, le vent vous dissuade généralement de traîner dehors lorsque l'hiver est là. Les vents du Nord gagnent en intensité au-dessus de la mer et frappent le Val de plein fouet. Pourtant, il en gardait un excellent souvenir. Vous pourriez peut-être y retourner quelques temps pour vous entraîner à votre prochain voyage dans le Nord ? L'idée avait été émise sur un ton amusé avant qu'il ne réponde à la suite. Et vous êtes une étrangère pour moi parce que vous n'êtes pas née dans ma région et que nous ne nous connaissons pas. C'est la même chose pour un habitant du Bief ou du Nord, ce n'est pas un terme péjoratif à mes yeux. Si j'apprendrai à mieux vous connaître, vous deviendrez une connaissance. »

     Il avait dit « si » et non « lorsque » de manière à lui laisser le choix de lui permettre de la connaître davantage ou non. Pryam avait d’ailleurs préféré laisser le sujet des nobles de côté : il avait bien compris que la jeune femme avait une mauvaise expérience avec eux et ne voyait donc pas l'intérêt de remuer le couteau dans la plaie. Au même titre que Kay n'avait pas cherché à lui prouver que tous les animaux étaient bons et que s'il ne s'en rendait pas compte, c'était parce qu'il était aveugle, le Valois ne chercherait à avoir raison à tout prix. Une sorte de respect mutuel qui lui plaisait vraiment. Au final, lui qui avait pensé n'avoir aucun point commun avec cette femme commençait à revoir son jugement. Elle lui semblait bien différente maintenant qu'il discutait avec elle.

     Quoi qu'il en soit, lorsque le sujet du « service » fut abordé, Kay ne sembla pas apprécier l'idée d'être payée pour ce qu'elle pourrait savoir. Ce n'était pas si étonnant, même si au fond Pryam ne se voyait pas accepter d'être aidé gracieusement, ce n'était pas dans son mode de fonctionnement. Face à la réaction de la demoiselle, le chevalier laissa apparaître un léger sourire d'excuse : il savait qu'elle n'appréciait pas cette idée, mais c'était plus fort que lui. Sans la remercier autrement que par un simple mot, le Valois aurait le sentiment d'avoir abusé de sa gentillesse. Toutefois, ce qu'elle dit ensuite altéra quelque peu sa bonne humeur, surtout lorsque Kay laissa entendre qu'il était attentionné pour s'occuper ainsi de sa famille. Il la laissa parler en l'écoutant patiemment jusqu'à ce qu'elle lui pose une simple question. Quelques secondes de réflexion furent nécessaires.

     ▬ Une douzaine d'années. Je ne suis pas très doué, je n'aurais pas fait un bon prospecteur. Le ton était amusé, bien que légèrement déçu. Mais je ne voudrais pas que vous vous fassiez une fausse idée de moi, je ne suis pas vraiment attentionné. Si ma sœur a dû fuguer de chez nous pour échapper à ce mariage, c'est uniquement parce que j'étais parti bien avant elle et que je l'avais laissée se débrouiller seule. Si j'avais effectivement été attentionné, j'aurais été là à ce moment et je ne serais pas en train de la chercher. Il prenait cela pour une sanction divine, son ton calme et posé le montrait d'ailleurs. Mais vous avez raison, elle n'aura pas été à Dorne, c'est une femme intelligente, je pense qu'elle doit être restée dans les environs d'une ville comme ici. Son regard se posa sur Kay. Elle s'appelle Serena, elle a quelques années de moins que moi, des longs cheveux noirs corbeau. C'était une belle enfant, je présume qu'elle a dû devenir une belle femme. Je crains malheureusement de ne pas pouvoir vous dire grand-chose de plus sur elle, je serais bien incapable de la reconnaître si je l'avais face à moi. »

     C'était difficile à avouer, il se sentait plutôt mal à l'aise de devoir annoncer cela à une inconnue qui le prenait apparemment pour quelqu'un d'honorable. Nul doute qu'il ne l'aiderait pas à avoir une meilleure opinion de la race humaine ! Préférant changer de sujet, le jeune homme embraya sur autre chose de moins gênant pour lui.

     ▬ Et j'ai compris, je vous remercierai comme vous l’entendez dans ce cas, nous n'aurons qu'à décider tout ceci lorsque nous nous reverrons. C'était plutôt étrange de penser à ça alors qu'ils apprenaient à peine à se connaître. Vous comptez rester encore longtemps ici ? J'imagine que vos amis ne doivent pas trop apprécier la ville, enfin, sauf si vous avez l'habitude d'y venir bien sûr. Il songeait à autre chose qui le taraudait depuis le début de leur discussion et se lança donc. Vous m'avez dit que vous n'êtes pas Dornienne, mais vous avez habité là-bas ? La manière dont vous parlez de cette région me le laisse penser.... J'ai cru comprendre que les étrangers n'étaient pas vraiment désirés, c'est pour cette raison que vous voyagez ? Il marqua une petite pause. Ne vous sentez pas forcée de me répondre si vous ne le voulez pas. »

     Le ton était calme et surtout, rassurant : il ne souhaitait rien imposer à cette mystérieuse femme, quelque chose lui disait que ce serait le meilleur moyen pour la faire fuir.


« La vraie noblesse s'acquiert en vivant, et non en naissant. »

 

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Message Mer 2 Oct 2013 - 19:24

 La Sang-Vert n'avait rien à voir avec Dorne pour elle. Les journées paisibles passées au fil de l'eau calme à apprendre ce que les anciens transmettaient, à pêcher, à réparer le matériel, et puis surtout à danser, chanter, s'amuser et puis rire, n'avait rien avoir avec les autres habitants du désert. Ils étaient un peuple à part dans les terres de Dorne, un peuple sans guerre, sans violence et sans haine. Comment aurait-elle pu se comparer à une Dornienne qui naissait pratiquement la lance à la main, elle qui n'avait jamais touché une arme quelle qu'elle soit. Chaque soir où elle fermait les yeux, dessous ses paupières elle revoyait les abords de La Sang-Vert avec sa végétation, car bien que le climat soit rude, là où il y avait de l'eau, il y avait la vie. Son esprit s'évadait pour rejoindre les siens, sa famille, elle revoyait encore aujourd'hui le visage trempé de pleurs de son petit frère lors de son départ, éclairé uniquement par la pâleur de la lune bien ronde au-dessus d'eux. Et bien que son âme soit toujours la Sang-Vert et sa position actuelle, son cœur, lui, avait été capturée par les paysages verdoyants, abruptes, où l'on pouvait voir les montagnes enneigées au loin. Ce lieu où la cime de certains pics rocheux se perdait dans les nues. Elle avait, par le passé, trouvé le Bief à l'image d'un Paradis, c'était un temps où elle ne connaissait pas encore le Val d'Arryn.

Assise en tailleur, elle écoutait assidument les explications de Pryam, cette région la fascinait et elle adorait apprendre surtout si le sujet était attrayant. La famille Arryn, il s'agissait ici sans doute de la plus puissante famille de noble, il est vrai qu'elle n'était pas très au fait de ce genre de chose, elle la saltimbanque qui passait sa vie sur les route. En un instant, son imagination avait fait prendre corps aux dire de son compagnon. Elle se voyait emmitouflée dans des tonnes de fourrures pour se préserver de la morsure du froid alors qu'elle regardait tomber la neige. L'idée qu'il souleva la fit sourire, mais pour elle, celle-ci n'était pas dénuée de sens.
"- J'aimerais voir le lieu où vous avez grandi. Et l'idée de retourner séjourner dans l’ Val n'est peut-être pas une idée aussi étrange que cela.  Mais il me semble que nous ne sommes plus réellement des étrangers, puisque vous connaissez mon nom et que je connais le vôtre, non? De plus vous êtes à Port-Réal la première personne depuis très longtemps avec qui je parle autant. Vous en connaissez du coup bien plus sur moi que la majorité des habitants d'ici." Elle lui adressa un sourire espiègle et bon enfant. Plus la conversation avançait, plus elle prenait plaisir à parler avec lui. Elle appréciait qu'il ne lui impose pas ses idées, de même qu'elle respectait ses choix. La souffleuse de feu était d'une nature plutôt conciliante même si elle, lorsqu'elle parlait, elle disait réellement ce qu'elle pensait. Une personne franche à cent pour cent.

Par la suite elle lui avait proposé spontanément son aide, sans chercher à avoir ses faveurs, d'argent ou quoi que ce soit venant de lui. Etait-elle altruiste? Peut-être, si elle avait connu la signification de ce mot. Elle faisait juste ce qui lui semblait normal pour elle. On lui aurait dit que son petit frère était quelque part dans les terres des cinq couronnes, elle aurait donné tout ce qu'elle avait pour le retrouver, et aurait aimé qu'on l'aide ainsi. Aussi elle n'avait pas réfléchi d'avantage.

Comme une élève écoutant son professeur, elle était très attentive à ce que disait son interlocuteur, sa manière à elle de lui montrer qu'elle l'écoutait. Elle voyait les traits de son visage changer au fur et à mesure et elle comprit bien vite qu'elle avait fait un impaire. Mais ce n'était pas sa première fois non plus dans ce domaine.
"-Je ne me fais aucune idée sur vous Pryam, et je serais bien en peine de vous juger ou de la juger, elle. J'ai moi-même fuit lâchement lorsque l'on m’a promise, j'ai abandonné ma famille, mon petit frère et mon lézard. Je suis partie alors que j'aurais dû être le soutien pour le mariage à venir de ma sœur, plus jeune que moi. Je suis nullement en position de vous lancer la pierre." Elle lui donna une petite tape sur l'épaule en souriant." -Mais le fait que vous la cherchiez maintenant depuis douze longues années montre combien elle doit être chère à votre cœur. Cela même alors que vous ignorez son visage. C'est remarquable, je trouve." Elle lui parlait avec son cœur, elle ne cherchait pas à le réconforter, ni à le plaindre, elle parlait comme elle le sentait. En tout cas, maintenant, elle savait que le jeune femme s'appelait Serena, qu'elle était brune aux longs cheveux -si bien sûr elle ne les avait pas coupé- et qu'elle était intelligente.

"-C'est tout vu, un repas chaud et un toit au-dessus de la tête sera largement suffisant. L'idée de vous savoir près de votre sœur sera pour moi la plus belle récompense. Une famille ne devrait jamais être brisée." Elle était celle qui parlait de ne pas éclater une famille alors que c'était elle qui était partie loin des siens. La question la fit sortir de ses pensées et elle se contenta de sourire en prenant Lan dans ses bras, qui en profita pour ronronner de plaisir lorsqu'elle le serra contre sa poitrine pour le câliner et lui gratouiller sous le menton. "-Lan est originaire de Port-réal, je l'ai trouvé dans une ruelle à Culpucier, quant à Nuala, elle vient des Îles d'Estremont, de Vertpierre plus précisément. La ville n'est en soit pas un problème pour eux, même si nous dormons en ce moment hors des portes de Port-réal, près d'un petit bois. C'est agréable, le cour d'eau un peu plus loin est propre. Et puis ce n'est pas ma première visite ici, nous sommes comme vous le dites des… habitués je présume."

La question de Dorne le taraudait donc bien. Son sourire se fit un peu plus large alors que ses yeux pétillaient de malice non feinte. "- Et bien, disons que pour certains, je viens de Dorne, pour ma part, ce n'est pas réellement le cas. Effectivement je viens de Dorne, mais ne suis pas Dornienne, je suis une Orpheline de la Sang-Vert. Mon peuple est un peuple pacifique, nous vivons sur les fleuves. La raison pour laquelle je voyage est simplement que sur la terre des cinq couronnes, je n'ai nulle part où aller, aucune famille, du coup je laisse libre court à ma soif de liberté et d'aventures si je puis dire." Elle reposa le chat sur ses genoux, qui se pelotonna aussitôt, et tendit la main pour que Nuala puisse avoir une caresse également. "-Maintenant, je suppose que je suis bien moins…. exotique à vos yeux." Elle releva le nez et planta ses prunelles d'azur dans celles de l'homme qui lui faisait face.

"-A mon tour de vous poser une question… vous voyagez semble-t-il, donc puis-je vous demander votre profession? Vous ne ressemblez pas réellement à un roturier comme j'ai habitude d'en côtoyer. Je parie même que vous savez lire et écrire, me tromperais-je? " Tout comme Pryam le ton était léger et calme. Elle ne cherchait pas le conflit et semblait apprécier leur échange.


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Message Jeu 3 Oct 2013 - 13:34

     Voir le lieu où Pryam avait grandi aurait certainement été difficile puisqu'il n'était plus le bienvenu chez lui. Puis ser Symond, son père, n'était pas un homme très accueillant, il n'aimait pas les « étrangers » mis à part s'ils étaient originaires d'une maison importante, ce qui n'était pas le cas de Kay. Bien évidemment, les mensonges – même par omission, ça restait un mensonge – de Pryam laissaient certainement croire à la demoiselle qu'elle avait affaire à un homme qui avait grandi dans un village quelconque et non dans une forteresse, même basique. Il préféra se contenter d'un sourire pour toute réponse de manière à éviter de se retrouver empêtré dans ses mensonges, lui qui détestait la simple idée d'abuser de la confiance des gens.

     Il fut néanmoins étonné d'apprendre que Kay se retrouvait un peu dans le même cas que Serena : en fuite pour éviter d'épouser un homme dont elle ne connaissait rien. C'était assez surprenante, le Valois savait que les mariages arrangés se faisaient entre roturiers, généralement entre fermiers ou artisans qui avaient quelque chose à partager, mais il n'en avait encore jamais entendu parler directement de la bouche d'une concernée. À croire que l'idée du mariage effrayait toutes les demoiselles ! C'était une chose que le chevalier pouvait comprendre, même si lui-même s'était opposé au mariage de sa cadette uniquement parce que son promis était un butor sans savoir-vivre. Si l'homme en question avait été respectable, le chevalier errant aurait sans doute donné sa bénédiction à sa sœur. Il avait une vision du mariage encore très.... basique dirons-nous. Il considérait que le rôle d'une femme était d'être une bonne mère, mais sans misogynie. C'était simplement parce que les Sept les avaient faites ainsi, pour donner la vie et élever leurs enfants. En contrepartie, l'homme devait lui offrir une vie décente et l'aider à ne pas se morfondre dans le rôle de la mère et de l'épouse. C'était stéréotypé, mais il avait été élevé là-dedans et reproduirait sans aucun doute le même scénario avec sa propre épouse.

     ▬ Je ne fais que réparer une erreur, ce n'est pas vraiment remarquable, c'est comme de recoller les morceaux d'un vase cassé. C'est simplement de remettre les choses à leur place. Il haussa légèrement les épaules. Vous avez fui pour éviter un mariage ? Parce que vous n'aviez pas envie de vous marier, ou parce que votre promis manquait de respect à votre égard ? Il marqua une brève pause. Si vous ne voulez pas en parler, je comprendrais. »

     Il n'était pas très curieux, si Kay décidait de se taire, il ne chercherait pas à obtenir à tout prix une réponse de sa part. Ce n'était pas un manque d'intérêt, juste du respect. Ne jamais presser une dame – ou un homme d'ailleurs. Après avoir caressé son chat, la jeune femme lui expliqua avoir trouvé ses animaux dans les rues de différentes villes et qu'ils n'étaient donc pas importunés par le bruit ou l'agitation qu'il y avait autour d'eux. C'était une bonne chose : un animal qui ne se maîtrisait pas pouvait devenir très dangereux. Enfin, pas réellement pour des chiens ou des chats, mais c'était toujours préférable que de courir après eux à travers tout Port-Réal. Il hocha donc la tête pour toute réponse.

     La discussion sur Dorne révéla alors pas mal de choses. Elle n'était pas Dornienne dans le sens où la plupart des gens l'entendaient, mais au fond, Kay était née sur les terres qui appartenaient à cette région. C'était comme les brigands des montagnes de la Lune qui n'étaient pas des Valois à part entière, mais naissaient tout de même sur ses terres. À la déclaration de la jeune femme il se contenta de rire légèrement.

     ▬ Dorne toute entière me semble exotique, vous m'apparaissez donc comme avant. Vous savez, lorsque l'on vient d'une région comme la mienne, il n'y a pas besoin d'être né à Lys ou à Braavos pour avoir l'air exotique. Il désigna les symboles qui étaient dessinés sur sa peau. C'est une tradition de votre peuple ? »

     Il avait déjà entendu parler de pareilles choses et c'était pour cette raison qu'il avait davantage cru à la thèse de l'étrangère ayant vu le jour ailleurs qu'à Westeros. Mais au fond, les orphelins dont elle venait de parler lui étaient totalement inconnus, il n'était donc pas exclus qu'elle puisse avoir d'autres traditions qu'il ne connaissait pas. De toute manière, Dorne était aussi obscur qu'au-delà du Mur pour le chevalier, il n'y connaissait pratiquement rien et n'y avait jamais mis les pieds justement pour cette raison. Le sujet fut de toute manière chassé par Kay qui lui parla de ses voyages, lui demandant quel était son métier avant d'émettre des hypothèses tout à fait justes. Oui, il savait lire et écrire, autant ne pas mentir. Hochant la tête, il répondit d'un ton calme.

     ▬ Oui je sais lire et je sais écrire, j'ai appris lorsque j'étais écuyer. Je suis chevalier, je crois savoir que vous en avez à Dorne dans les maisons qui croient en les sept. Il n'en était plus tout à fait sûr cependant. Je ne sers pas de seigneur comme la plupart des autres chevaliers, j'ai décidé de vendre mes services aux personnes dans le besoin pour plutôt que de rester dans la même forteresse toute ma vie. Et pour d'autres raisons encore. Mais ce n'est pas très bien vu des autres chevaliers, ils nous comparent à des reîtres et disent que nous ne respectons pas nos vœux. C'est une affaire assez compliquée dont je vous épargnerais les détails. Assez embarrassante aussi dans un sens. Et où avez-vous appris à faire ce que vous faites ? Est-ce que c'est auprès de votre peuple, ou vous vous êtes simplement lancée de votre propre chef ? »

     Après tout, c'était la première fois qu'il voyait quelque chose de ce type, donc autant poser la question. Peut-être qu'elle ne souhaitait pas parler de son passé, mais rien ne l'y obligeait, elle était parfaitement libre de mettre fin à la discussion dès que l'envie lui en prendrait.


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Message Ven 11 Oct 2013 - 19:30

En imaginant l'endroit où Pryam avait grandi, elle voyait une chaumière de pierres dans un endroit bordé par la forêt et les piques rocheux en arrière-plan. Elle voyait les ruisseaux couler à travers les sous-bois ravinant la terre pour y creuser leurs lits. Elle sentait l'odeur du lichen, celle de la mousse et de l'humus, elle y distinguait des créatures comme les écureuils se faufiler d'arbres en arbres, de grands oiseaux tournoyer dans le ciel à la recherche d'une proie pour nourrir les oisillons. Elle y entendait le grondement des torrents, le bruit sourd des sabots des chevaux montés par de robustes chevaliers. Elle voyait une grande forteresse à l'image de Rougefort. Elle l'imaginait avec quelques années de moins en jeune écuyer d'un chevalier sans nom, de toute façon elle aurait oublié son nom, elle ne s'intéressait pas à la chevalerie, encore moins à tout ce qui touchait les soi-disant nobles. Elle ne comprenait pas pourquoi ils devaient être au-dessus des autres uniquement parce qu'ils étaient nés dans des familles riches. Elle connaissait bon nombre d'artisans qui, à ses yeux, étaient bien plus nobles que les gens qui les gouvernaient. Pour elle, un nom de famille ne vous rendait pas meilleur, ni plus intelligent ou dégourdi, c'était les choix et les actions qui déterminaient ce qu'une personne était vraiment. Tout du moins c'était son point de vue.

"- Vous avez au moins le courage, ou l'attention, prenez ça comme vous voulez, de recoller les morceaux, vous êtes allé de l'avant, c'est tout à votre honneur je trouve."Après tout, elle n'était jamais retournée à Dorne malgré le mal du pays qui revenait régulièrement sans pour autant être un poids trop lourd pour lui faire faire marche arrière.

Le sujet mariage était un sujet un peu épineux pour la Souffleuse de feu, bien entendu, le thème de la sexualité humaine était à proscrire de son vocabulaire, mais ça le Valois n'était pas obligé de le savoir. Elle était celle qui lui avait révélé la raison de son départ parce que, d'une certaine manière, elle se sentait proche de cette "petite sœur", mais elle n'en dirait pas spécialement plus.
"- Ho ni l'un ni l'autre réellement. Je ne suis pas contre le mariage, je dirais même que l'idée à presque quelque chose de séduisant, quant à l'homme que je devais épouser, et bien j'avoue n'avoir jamais vu son visage. Il pouvait être un voisin, comme un ami proche, ou le pêcheur, je n'aurais pas su avant la cérémonie. Disons que ce serait plutôt une des clauses qui me pose problème." Elle ne mentait pas mais elle disait ça de manière tellement convaincante qu'on aurait presque pu la croire à l'aise alors que c'était tout le contraire. La preuve? Elle enfonçait ses doigts dans le pelage du chat pour trouver le contact rassurant de la fourrure sous ses doigts, elle ne le regardait pas droit dans les yeux, cherchant plutôt un point juste au-dessus de son épaule à fixer.
Ce n'était pas quelle refusait d'en parler, c'était plutôt qu'à chaque fois qu'elle évoquait le sujet, la conversation qu'elle avait eu avec sa sœur et ses mots lui revenaient en mémoire comme si ils avaient été gravés au fer rouge sous son crâne. Elle avait également vu les draps et elle ressentait encore quelque fois ce frisson qui lui avait glacé l'échine à cette époque. Qu'on la traite de pucelle effarouchée, c'était tout à fait ce qu'elle était.

Quoi qu'il en soit, il était hors de question qu'elle lui en dise d'avantage sur ce sujet alors qu'ils venaient de se rencontrer, pour elle, ça revenait à se retrouver nue devant lui, quoi que ça aurait peut-être été moins embarrassant. Elle regrettait ses années d'insouciante, elle n'aurait jamais su, elle serait peut-être à l'heure actuelle une épouse et peut-être même une mère. Ne pouvant se laisser aller avec les hommes sans ressentir une peur incontrôlable quand cela devenait trop sérieux, elle donnait son affection d'une autre manière à ses compagnons de fortune. Ils étaient un peu comme ses enfants. Alors lorsqu'il la questionna sur eux, elle se fit un plaisir de prendre cette porte de sortie et de lui répondre avec enthousiasme.


Parler de son chez elle faisait remonter plein de souvenirs agréables. En fait, il n'y avait que de bons moments d'aussi loin qu'elle s'en rappelle. Quoi qu'elle puisse dire, la Sang-Vert était le lieu qui l'avait vue naître et grandir, elle aurait toujours un lien privilégié avec les siens quoi qu'il puisse se produire. Mais ce qui la toucha bien plus encore fut d'entendre rire Pryam, pour la première fois, il semblait s'ouvrir, exprimer ce qu'il ressentait. Son corps si droit avait été secoué par un petit rire. Ce n'était pas grand-chose, mais c'était déjà ça. Elle suivit l'index pointé en direction des motifs peints sur sa peau. "- Oui, d'aussi loin que je me souvienne, ça a toujours été ainsi, là où vous il vous faut des temples, des Septuaires pour prier vos dieux, moi je le fais n'importe où. Ce sont des prières, des hommages pour ma croyance. Suivant ce que je veux leur dire, je fais les motifs. Aujourd'hui ils partent du bout de mes orteils, jusqu'à ma gorge. Nous nous transmettons notre savoir de mère en fille, je tiens certaines des prières de ma mère-grand. " Inutile de s'attarder sur la représentation, après tout il n'était pas un orphelin, il ne comprendrait pas ou alors il faudrait lui apprendre et elle doutait qu'il ait le temps pour cela. Des traditions il y en avait beaucoup, pas toutes réjouissantes d'ailleurs.

Mais à papoter ainsi il commençait à en savoir beaucoup sur elle et elle très peu sur lui en fin de compte.
Elle s'avait qu'il avait une sœur qui avait fuie un mariage, qu'il était du Val, qu'il était ici pour affaire et qu'il travaillait avec des chevaux. Elle lui retourna donc naturellement la question pour en apprendre un peu plus sur lui, enfin bien sûr, si il le voulait bien, jamais elle ne l'aurait forcé à parler contre son gré.

"-Oui la Maison Dayne ont des chevaliers, si cela n'a pas changé depuis mon départ." Mais même à Dorne "l'élite" n'était pas un sujet auquel elle avait consacré beaucoup de temps. Elle connaissait le nom des grandes Maisons, du Prince, des Lord, Lady et parfois certains héritiers, mais ça s'arrêtait là. Alors il était chevalier. Elle devait donc s'adresser à lui avec plus de respect, tout du moins c'était ce que la majorité des gens ferait sans doute. Mais c'était une bonne chose qu'un homme comme lui se mette à la portée du petit peuple. La manière dont il écarta le sujet lui indiqua qu'il ne comptait pas trop s'étendre sur le sujet sans doute épineux.

"- J'ai toujours été très proche des animaux depuis que je suis enfant. Dans ma fratrie nous avons tous des aptitudes différentes. Certains suivront la trace de mes parents, d'autres leur propre voie. Quant au feu, c'est mon père qui me l’a appris un jour de fête. Il se contentait de jongler avec. J'ai développé l'idée et j'en ai fait autre chose. Le feu a quelque chose d'attractif je trouve, une sorte de fascination que je ne saurais expliquer. Il est mouvant comme un danseur et réchauffe les cœurs dans l'obscurité."  Elle posa son index sur ses lèvres semblant réfléchir à quelque chose. "- Je vais vous paraitre stupide, mais comment devient-on chevalier ? Je croyais que seuls des gens de nobles familles pouvaient devenir Chevalier… d'ailleurs, je dois vous appeler Ser Pryam ? " Elle posait les questions comme elle lui venait, mais elle était comme une enfant désireuse d'étancher sa soif de connaissance, après tout, on ne rencontrait pas tous les jours un chevalier et encore moins avoir l'occasion de discuter ainsi avec. "- Comment êtes-vous devenu chevalier alors ? "


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Message Sam 12 Oct 2013 - 14:51

     Les explications de Kay étaient assez claires concernant son mariage arrangé et il se doutait que cela ne devait pas être forcément très agréable de ne pas rencontrer son promis avant le moment fatidique. Pourtant, c'était une tradition inhérente à la vie à Westeros, peut-être que dans les Cités Libres les choses étaient différentes, mais sur le continent c'était presque toujours le cas. Entre nobles du moins, les roturiers étaient souvent plus libres dans leurs choix. Les mariages d'amour étaient rares, mais rien ne disait que le fait de rencontrer son époux le jour même de son union avec lui empêcherait de l'aimer plus tard. Pryam avait bien trop été élevé dans l'idée qu'un mariage était forcément arrangé pour pouvoir comprendre ce qui bloquait réellement la demoiselle. Quant à la clause dont elle parlait, l'idée qu'elle puisse concerner une fidélité trop poussée ou un certain nombre d'enfants lui effleura l'esprit. Il avait déjà entendu parler d'un mariage qui obligeait l'épouse à donner deux fils à son mari, quelque chose qu'il avait du mal à comprendre sachant que la malheureuse ne pouvait pas décider seule du sexe de son enfant. Toujours est-il que s'il pouvait comprendre qu'elle soit hostile à l'idée de se voir imposer certaines choses, Pryam n'imaginait pas quelle pouvait être la réelle raison de sa fuite. Puis au fond, elle ne le concernait pas : ils se connaissaient à peine.

     Il laissa donc ce sujet derrière lui et l'écouta alors qu'elle lui parlait des motifs qui ornaient sa peau, une tradition qui était donc liée à sa religion ? C'était plutôt surprenant d'afficher à la vue de tous ce que l'on pouvait vouloir dire à ses dieux, mais au fond, qui donc pourrait déchiffrer ce que ces dessins signifiaient ? L'idée de lui demander ce que signifiaient ceux qu'elle portait aujourd'hui ne lui effleura même pas l'esprit : une prière était privée et seulement destinée à une divinité, elle ne regardait personne d'autre. Ce serait aussi malvenu pour Pryam de lui poser cette question que de lui demander combien d'amants elle avait pu avoir au cours de sa vie : certaines choses ne concernaient que la personne qui les portait ou les possédait. Il hocha la tête d'un air compréhensif.

     ▬ Je vois, mais cela ne signifie-t-il pas que n'importe qui peut savoir quelles prières vous adressez à vos dieux ? Enfin, pas ici je l'entends bien, mais j'imagine que chez vous, les autres personnes de votre peuple doivent être capables d'en comprendre la signification, non ? Le chevalier haussa légèrement les épaules. Mais peut-être que chez vous les prières ne sont pas privées ? Tout dépend des traditions j'imagine, mais j'avais effectivement cru comprendre que les Dorniens étaient très proches de leurs divinités. Il sourit légèrement. Même si vous ne vous considérez pas comme telle. »

     La religion était un sujet dont le Valois ne se lassait jamais. Il avait toujours été très proche d'elle, sans vraiment savoir pourquoi ses priorités se portaient en permanence sur le respect de la religion. Certains ne prenaient que ce qui les arrangeait, mais pour Pryam ce n'était tout simplement pas envisageable. Au fond, c'était même pour cette raison que le jeune homme avait décidé de devenir chevalier : parce qu'il serait lié aux Sept tout en rendant son père fier de lui. Sinon, il aurait sans hésiter choisi la voie de la religion en devenant septon par exemple.

     Mais Kay aborda autre chose en parlant des Dayne. Il était peu probable que la culture de cette maison change du jour au lendemain et sans excellente raison. Pryam avait bien eu la chance de rencontrer l’Épée du Marin, cependant il ne le connaissait pas assez pour pouvoir dire s'il était réellement capable d'un tel acte. Son esprit lui disait que ce ne serait pas le cas, un homme aussi célèbre ne le pouvait pas, mais parfois les gens se révélaient bien surprenants.

     ▬ Les Dayne sont réputés pour leurs chevaliers, enfin pour l’Épée du Matin qui porte Aube, une épée unique qui appartient à leur maison. Je doute qu'ils soient un jour amenés à laisser les Sept derrière eux. D'ailleurs je crois même que tous les Dorniens Rocheux les vénèrent. »

     Cela dit, ce sujet ne semblait pas passionner Kay, la religion pouvait l'intéresser sans qu'elle ne soit pour autant avide des récits à propos des autres maisons. Les roturiers s'intéressaient assez peu aux nobles en général et avec le temps, Pryam avait appris à les comprendre. Il tendit l'oreille, attentif, lorsque la jeune femme lui expliqua qu'elle avait des frères et sœurs qui possédaient d'autres facultés que les siennes. Ce devait être étrange de partager des activités avec eux, jusqu'à présent le Valois n'avait jamais été proche des siens – mis à part sa sœur – tout ceci lui apparaissait donc particulièrement flou. Il hocha la tête alors que la Dornienne enchaînait sur de nouvelles questions parfaitement logiques vu sa position. Pryam réfléchit quelques instants avant de répondre.

     ▬ Vous n'avez pas l'air stupide, ce n'est pas vos traditions, c'est normal que vous ne le sachiez pas Et appelez-moi simplement Pryam, c'est suffisant, je ne suis pas très à cheval sur les titres. Sauf lorsque lui devait les donner. Pour devenir chevalier, il faut servir un homme d'armes, un chevalier ou un noble en tant qu'écuyer. Vous apprenez à vous battre, à reconnaître les blasons des maisons nobles pour savoir à qui vous avez affaire, puis à lire et à écrire en général. Suivant la personne que vous servez vous avez aussi droit à certains autres cours comme l'art de la guerre et des choses de ce type. Il marqua une légère pause avant d'enchaîner. Puis vous êtes adoubé lorsque vous êtes jugé digne de servir les Sept. Vous prêtez serment pour plusieurs choses, le respect des autres, pour servir les personnes dans le besoin et beaucoup d'autres choses encore. Même si rares étaient ceux à les respecter totalement. Moi j'ai fait la même chose. Après avoir quitté mon premier maître je suis devenu écuyer d'un chevalier errant et il m'a adoubé avant de me léguer ses affaires. Juste avant son décès, l'homme étant déjà relativement âgé en prenant Pryam sous son aile. C'est plus une vocation que le plaisir de pouvoir me battre pour être franc avec vous. »

     Mais c'était un peu compliqué à expliquer pour quelqu'un qui ne connaissait pas les préceptes des chevaliers, aussi Pryam préféra-t-il ne pas trop s'attarder sur le sujet. Après quelques instants de silence, il poursuivit.

     ▬ Comment est-ce que c'était de travailler et d'apprendre avec votre fratrie ? N'était-ce pas un risque ? Vous deviez avoir certaines tensions à vivre avec eux et à passer en plus vos journées avec eux, non ? »


« La vraie noblesse s'acquiert en vivant, et non en naissant. »

 

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Message Ven 25 Oct 2013 - 14:41

Il était monnaie courant que chez les familles de la Sang-Vert, celles-ci soient nombreuses, mais à l'image de la faune, il arrivait qu'ils régulent volontairement la démographie de leur naissance pour ne pas avoir trop de bouches à nourrir, ou trop de consanguinité, ou plus simplement avoir assez d'espace pour tout le monde sur les fleuves.
Quoi qu'il en soit, les Orphelins étaient un petit peuple avec beaucoup de traditions et rituels. Lors de la cérémonie de l'équinoxe chaque famille sacrifiait une chèvre et buvait son sang. Les cadavres étaient alors déplacés jusque dans le désert pour l'offrande à leur divinité. Du sang qui restait, on se recouvrait le corps de motifs rituels en signe de protection.
Et bien d'autres encore qui auraient pu semblé barbares ou sauvages aux yeux des continentaux. Quoi qu'il en soit, même encore aujourd'hui, l'idée d'un mariage d'amour ne lui effleurait pas l'esprit. Puisqu'elle avait fermé son coeur et son esprit à tout ce qui pouvait toucher à une relation homme/femme dans l'intimité, elle n'imaginait autre chose en fait que les mariages qu'elle connaissait, dits "arrangés".

La question qu'il lui posa fut légitime, elle l'avait elle-même posé il y a bien des années en arrière à sa mère grand qui lui apprenait les rudiments de leur culte et tout ce que cela entrainait. Sans s'en rendre compte, elle eut le même sourire indulgent que la vieille femme de son enfance à l'encontre de Pryam.

"-Nos prières sont rarement pour nous-même, et lorsque c'est le cas, elles ne sont pas visibles à la vue de tous. Mes prières, comme celles du peuple auquel j'appartiens, sont pour la collectivité, même si je suis loin d'eux. Nous ne sommes pas comme vous, d'une nature individualiste. Comme vous expliquez…" Elle sembla chercher ses mots et un exemple qui parlerait d'avantage que ses piètre explications. "- Avez-vous déjà vu une meute, et bien nous fonctionnons de la même façon, nous sommes unis et marchons ensemble dans l'adversité, nous soutenant mutuellement. Qu'importe que la personne soit de votre sang ou non, elle est un Orphelin, c'est donc la famille." Elle posa la main sur son bras, couvrant les motifs s'enroulant autour comme un bracelet. "- Celle-ci par exemple est pour mes compagnons à quatre pattes. Qui sait, peut-être que demain il y en aura une pour vous." C'était très peu probable en fait, elle faisait de l'humour, mais étant d'une nature pacifique, cela aurait put être le cas, si ils se connaissaient davantage.

Kay préféra aborder un autre sujet que sa religion, puisque les gens n'étaient, en général, pas aussi ouverts d'esprit que le Valois sur la question. Elle se demandait d'ailleurs jusqu'où pouvait aller son ouverture d'esprit. Si elle lui parlait de leurs rites, pratiques et autres, associés à leurs cultes, qu'allait-il dire? La prendre pour une sauvage, une hérétique, qu'il fallait au mieux convertir, au pire tuer? Elle n'était pas encore prête à prendre le risque de le savoir à vrai dire.

Pour parler franchement, elle n'aurait su dire à Dorne qui croyait en les Sept - exception faite des Dayne - en la Mère Rivière ou encore dans le Desert lui -même. Pourtant, elle tiqua lorsqu'il parla de tous les Dorniens Rocheux, aussi se content-t-elle d'un haussement d'épaules, signifiant son incapacité à lui apporter une réponse précise. Ce n'est pas qu'elle ne s'intéressait pas à la religion, loin de là d'ailleurs, sinon pourquoi se peindre le corps en guise de prières pour ses dieux? Elle ne connaissait juste pas assez Dorne pour fournir
plus d'informations au Valois.

Elle soupira intérieurement lorsqu'il lui laissa entendre qu'elle pouvait continuer de l'appeler par son prénom. Elle n'était pas du genre à donner du Lady, Lord, seigneur ou même Ser à tout bout de champ. Pourquoi un humain devait-il être au dessus des autres, de par sa naissance ou son rang?
Ouvrant grands ses oreilles, elle devint sous le regard et les explications de Pryam une élève studieuse et attentive. Donc l'homme face à elle, avait été écuyer avant de devenir chevalier, on lui avait appris à lire et à écrire. Ca devait être difficile mais magique à la fois de pouvoir lire ces livres ou ces pamphlet. Elle avait toujours trouvé ça fascinant, sans doute parce qu'elle ne savait pas lire et encore moins écrire. Au fur et à mesure, elle fronça les sourcils
. "-Vous avez dit maître, vous étiez donc esclave, ou quelque chose comme ça pour ne pas avoir votre liberté? Le chevalier qui vous a pris en tant qu'écuyer vous a acheté? Je suis navrée si mes questions vous importunent mais j'essaie de comprendre." Elle regarda à côté d'elle Nuala somnoler paisiblement avant de reporter son attention sur le chevalier. "- Donc, si j'ai bien compris, tout le monde peut devenir chevalier, aussi bien homme que femme, que noble ou roturier ?"


Elle comprenait la vocation, de protéger les faibles et les nécessiteux, de se battre pour une juste cause. Mais il est vrai que venant d'un peuple pacifique, voir des gens se déchirer par plaisir lui était totalement inimaginable et incompréhensible. Toute à sa réflexion, elle ne fit pas attention au silence qui venait de s'installer entre eux.
La question la sortit de sa rêverie et un sourire enjoué et lumineux se peignait sur son visage. Sa famille, c'était une chose importante pour elle, quoi qu'elle en dise.


"- J'ai passé sans doute la plus belle partie de ma vie avec mes frères et soeurs. Apprendre était une chose facile, puisque nous nous amusions. Nous nous suivons de peux, Luany mon aînée à une année de plus que moi, je suis suivie d'une soeur et de deux frères, le plus jeune a dix ans de différence avec moi." Par où commencer, il y avait tellement à dire. "-Les femmes nous apprenaient l'usage des herbes qui soignent, l'art du tissage, les hommes s'occupaient de la pêche, de la chasse. Les anciennes nous apprenaient le culte, elle sont les gardiennes de la foi. Quant aux hommes, ils sont la mémoire de notre culture. Nous nous retrouvions tous pour apprendre à jouer de la musique, à danser ou à faire bien d'autres choses comme le jonglage."

Elle fit une pause, semblant se rappeler des souvenirs amusants, laissant la mélancolie se mélanger à son sourire. "- Bien sûr, parfois je me disputais avec mes frères et soeurs, mais Owana nous a toujours appris que la rancune, la colère et la haine ne servait à rien en ce bas monde. La terre ne tournerait pas mieux parce que les humains s'entretuent.  Je me rappelle qu'elle nous préparait toujours une tarte de figues et de quandong et que nous nous réconciliions autour, la bouche pleine, le museau taché de coulis de fruit. Le rire et la joie étaient une chose courante chez nous. Il semble qu'ici tout soit bien différent." Elle regarda le chevalier, intriguée. "- Mais pourquoi cette question? Vous n'avez jamais chassé avec votre soeur? Joué ensemble? Chanté ou bien arpenté les bois côte à côte juste pour le plaisir d'être ensemble? "


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Message Ven 25 Oct 2013 - 21:55

     Les explications de Kay étaient un peu surprenantes et déstabilisantes pour le chevalier, il avait été éduqué pour suivre les préceptes des Sept et toute religion qui s'en éloignait était forcément... étrange. Pas forcément dans le mauvais sens, mais disons qu'il la comparerait forcément à la sienne. Pryam avait déjà eu du mal à comprendre ceux qui priaient les Anciens Dieux malgré toutes les explications apportées. Ce n'était pas de la mauvaise volonté, c'était juste la seule chose qu'il connaissait. Par ailleurs dans le discours de la demoiselle, certaines choses le troublaient un peu, notamment le fait qu'elle parle d'un esprit de groupe alors qu'elle avait visiblement été forcée à faire quelque chose qu'elle ne voulait pas et par les siens. À ses yeux les meutes n'agissaient pas de la sorte, mais une fois de plus, le Valois ne connaissait pas assez son peuple pour savoir ce qu'il en était réellement. Il se contenta donc d'un sourire amusé en entendant ce que la demoiselle lui disait à propos de ce qu'elle pourrait faire pour lui.

     ▬ Et ce serait bien dommage, vous devriez la garder pour quelque chose de plus important. »

     Oh, il avait bien compris que ce n'était qu'une plaisanterie, toutefois il pensait ce qu'il disait et c'était là l'essentiel. Pour lui les choses étaient différentes, Pryam pourrait parfaitement dire une prière pour la jeune femme en tenant compte du fait qu'il n'aurait que des paroles à prononcer, mais porter quelque chose sur son corps était bien différent. Enfin, ce n'était qu'une boutade, il n'y avait donc pas lieu de s'appesantir sur le sujet.

     Les questions qui furent posées à propos de son maître laissèrent Pryam un peu étonné. Il la dévisagea d'un air chargé d'incompréhension, un esclave ? Bien entendu que non, l'esclavagisme était interdit à Westeros et être pris comme écuyer était davantage une chance qu'un malheur. Cela dit, Kay ne pouvait pas le savoir et le Valois chercha comment lui présenter la chose pour que la situation lui apparaisse aussi claire que possible. Difficile de le faire lorsque la personne face à vous n’entendait rien à vos us et coutumes.

     ▬ Non, non bien évidemment. L'esclavagisme n'est pas accepté à Westeros, je parlais d'un maître comme d'un professeur, une personne qui m'a enseigné ce que je sais. Il n'a rien payé pour mes services. Son ton était un peu étonné. Et malheureusement non, tout le monde ne peut pas devenir chevalier. Les femmes pas par exemple. Je sais qu'à Dorne elles sont beaucoup plus libres, mais dans le reste du continent les femmes ne sont pas faites pour combattre. Cela dit, n'importe qui, à condition d'être homme, peut devenir chevalier. Il faut simplement suivre la formation et être adoubé. »

     Encore fallait-elle qu'elle comprenne ce qu'il voulait dire par là, mais dans le pire des cas, Kay pourrait demander des éclaircissements. Visiblement la jeune femme avait une famille très nombreuse, ce qui n'était pas si étonnant en fin de compte. À Westeros rares étaient les maisons à ne compter que quelques jeunes, même pour les Templeton ils étaient peu nombreux et Pryam avait pourtant deux frères et une sœur. La Dornienne expliqua que les femmes étaient en charge des tâches plus axés sur les soins et l'habillement tandis que les hommes s'occupaient de la survie. Un peu comme dans toutes les familles roturières de Westeros en finalité, mais d'une manière un peu plus « primitive » puisque la chasse et la pêche n'étaient plus vraiment de rigueur à ce jour. Sauf pour le plaisir bien évidemment. Leur vie avait l'air relativement calme et très éloignée de la pression que les nobles subissaient – et imposaient – dans le reste du monde. Ce devait être assez soulageant de ne pas avoir à toujours s'inquiéter de ce que l'avenir vous réservait, même si la dureté de la vie devait être plus prononcée que pour les roturiers des grandes villes.

     Les explications s'enchaînèrent comme Kay lui parlait de sa famille et de quelques personnes qu'il ne connaissait pas, mais les choses semblaient effectivement bien plus simples pour elle que pour bien des gens dans sa situation. La question qui arriva ensuite le laissa une fois de plus un peu étonné. Il secoua la tête en signe de dénégation avant de répondre d'un ton posé.

     ▬ La chasse est réservée au seigneur du fief et dans le Val, il n'y a pas grand-chose à chasser dirons-nous. Sauf des Lynx-de-fumée bien évidemment. Mon père tenait à ce que ma sœur soit bien éduquée aussi a-t-elle passé énormément de temps à apprendre à se conduire convenablement. Elle n'avait pas beaucoup de temps pour jouer et lorsqu'elle le pouvait, j'ai été envoyé auprès d'un chevalier pour devenir écuyer, c'était relativement loin de chez moi et je n'ai pas eu l'occasion de la voir souvent. Il haussa les épaules. Mon père est un homme qui vise haut, il n'accorde pas trop d'importance à la famille. Son ton était calme et en aucun cas contrarié comme s'il avait accepté cette vision des choses depuis longtemps, ce qui était le cas. Et n'est-ce pas trop étrange e vous retrouver dans un monde totalement différent ? J'ai du mal à concevoir votre mode de vie tellement il diffère du nôtre, je pense que ça doit être bien plus rude pour vous. Il parlait de celui des autres habitants de Westeros bien entendu. Vous réussissez bien à vous adapter ? Ce n'est pas trop dur de ne rien retrouver de chez soi ou de ce que vous avez connu par le passé ? »

     Il retomba dans le silence, c'était beaucoup de questions plutôt inutiles en fin de compte. À part titiller un point peut-être douloureux pour la jeune femme, Pryam ne ferait pas grand-chose de constructif. Cela dit, depuis le début de leur discussion le chevalier lui avait bien fait comprendre qu'elle était libre de l'envoyer sur les roses si jamais quelque chose qu'il pourrait dire ne lui conviendrait pas. Cette règle était toujours d'actualité, comme celle de mettre tout simplement fin à la conversation si l'envie lui en prenait.


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