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La dureté, c'est presque toujours une revanche... ▬ Emeraude

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Sargon Harloi
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Message Lun 9 Sep 2013 - 22:53

     La guerre était terminée. Les continentaux avaient eu l'audace de travers la mer pour venir les attaquer sur leur propre terrain. Sargon était tiraillé entre la colère et l’humiliation d'une telle défaite : comment des combattants comme eux pouvaient perdre face à des femmelettes du continent ?! L'incompréhension était là, mais la surprise pas tant. Comme de nombreux Fer-nés, le Harloi savait que la meilleure chance de victoire était l'attaque. Ils avaient razzié le continent pendant des lunes sans essuyer la moindre défaite et pourquoi ? Parce qu'ils attaquaient des villages, que les habitants devaient se protéger et surtout mettre les leurs à l'abri. En s'en prenant directement aux Iles de Fer, les continentaux les imitaient et visiblement, la tactique avait porté ses fruits. La défaite avait été humiliante, mais pire encore : Sargon avait à subir une défaite personnelle. Il s'était battu en duel contre une femme à l'armure sombre et malgré son acier Valyrien, il n'avait pas réussi à la tuer. Peut-être parce qu'il avait décidé de s'amuser avec elle au lieu de s'en prendre directement à ses faiblesses. Son arrogance l'avait perdu et il se retrouvait désormais avec un bras particulièrement douloureux qu'il ne pouvait même pas bouger. L'humiliation le poursuivait quoi qu'il fasse, même dormir lui était devenu pénible pour la bonne et simple raison que son bras directeur avait été touché. Les gestes les plus basiques étaient pour lui rappeler que désormais, ils étaient consignés sur leurs îles. Oh, ce n'était pas la première blessure aussi grave qu'il récoltait, mais celle-ci avait un goût particulièrement amer.

     Le seul avantage avait été son retour à Dix-Tours. Dès le départ des continentaux, alors qu'il séjournait à Kenning, Sargon avait eu la visite de son oncle Igon Harloi en personne. Celui-ci quittait rarement l'enceinte de Dix-Tours, aussi la surprise avait été de poids, tout comme les paroles qu'il décida de prononcer. Son neveu avait su prouver sa valeur pendant la guerre et la bataille finale, il pouvait donc réintégrer la demeure de sa famille en compagnie de sa femme-sel. C'était une chose que le Fer-né avait attendue pendant longtemps, pourtant cette nouvelle suffisait à peine à éclipser la contrariété éprouvée par la défaite si récente.

     Le déménagement à Dix-Tours n'avait pas pris bien longtemps et Sargon laissait sans regret la forteresse de Kenning derrière lui. Il décida de ne pas rendre visite à Émeraude dès le premier jour, la laissant se débrouiller seule à la fois parce qu'il n'avait pas envie de faire penser aux autres qu'il lui était attachée, mais surtout parce qu'il n'était pas d'humeur à badiner. Pourtant, après moins de deux jours à tourner en rond dans la forteresse, le Fer-né avait décidé qu'il était temps de prendre les choses en main. La date du mariage avec la Botley avait été fixée, aussi n'avait-il plus à se soucier de cela. Son bras invalide l'empêchait pour quelques temps de participer de lui-même à la réparation de Lordsport ou encore à quitter la terre ferme. C'est pour cette raison qu'il profita de ce temps pour persuader son oncle d'envoyer de l'aide à Lordsport afin de monter dans l'estime de la famille Botley.
     Ce n'est que lorsqu'il eut le sentiment de ne plus pouvoir faire quoi que ce soit d'autre qu'attendre que le temps passe qu'il décida de chercher Émeraude.

     C'était un peu idiot, mais le Harloi la jugeait en partie responsable de tout cela. Elle n'était pas Fer-née, elle ne comprenait pas ce qu'ils pouvaient tous éprouver, la voir de bonne humeur ne pouvait que gâter davantage la sienne. C'était du moins ce que le jeune homme pensait, mais il ne connaissait pas assez bien la Lysienne pour savoir ce qu'elle ferait réellement face à cette défaite. Toujours est-il qu'après s'être renseigné auprès de la responsable des domestiques, il apprit qu'elle se situait dans l'aile non loin de la fameuse bibliothèque dont Sargon lui avait parlé. Il s'y rendit donc sans plus d'hésitations et la trouva dans une pièce en train de lui tourner le dos, affairée à faire je-ne-sais-quoi. Le capitaine prit appui de l'épaule – la valide évidemment – sur le cadre de la porte, l'autre bras raide le long du corps, avant de lancer un salut à sa manière.

     ▬ Et bien tu auras finalement pu approcher cette bibliothèque, je t'avais dit que tu pourrais. Le ton n'était pas uniquement taquin, il y avait une pointe de sérieux comme s'il cherchait réellement à se moquer d'elle par pure méchanceté. Peut-être que tu trouveras un parchemin ou deux à lire au fond d'une étagère. Il soupira légèrement, quittant sa position qui commençait à devenir pénible. Dommage que la guerre soit terminée, notre noble invitée est rentrée chez elle et tu ne pourras plus jouer à la dame de compagnie. Je crains que tu ne sois cantonnée à faire la discussion aux serpillières et aux balais désormais. Il parlait bien entendu de Miranda à qui Émeraude avait tenu compagnie pendant une partie de sa captivité. Tu n'es pas prête de t'ennuyer, il y a beaucoup à nettoyer ici. »

     Le Fer-né quitta sa position, entrant dans la pièce en la balayant du regard pour constater qu'il n'y avait rien d'intéressant dans les environs. Sauf Émeraude bien évidemment. Son attention se focalisa donc sur elle alors qu'il la détaillait de haut en bas. Elle portait encore les tenues plus « élégantes » que celles des autres domestiques, celles qui lui avaient été données lorsqu'elle veillait à la sécurité de Miranda. Sur le coup, il eut presque envie de lui dire de remettre les sacs informes qui servaient d'habits aux autres femmes de son rang, mais il se tut. Lorsque le Fer-né était d'une humeur exécrable comme c'était le cas aujourd'hui, il passait ses nerfs sur la première personne qui se présentait à lui. Émeraude allait se consoler dans les bras de ses amis, lui faisait ainsi. Oscillant entre l'envie de la malmener un peu et l'idée qu'elle puisse peut-être lui apporter un peu de réconfort, il soupira longuement avant de détourner son regard d'elle comme si elle l'ennuyait. Ses yeux mordorés s'arrêtèrent sur les lézardes du mur qui lui faisait face avant qu'il ne reprenne du même ton que précédemment.

     ▬ J'espère que tu te plaît ici, parce que c'est l'endroit où nous vivrons désormais. Il sourit légèrement, mais son ris ressemblait davantage à une grimace de contrariété. C'est assez mal fréquenté par contre, il y a plusieurs personnes qui ne connaissent pas leur place alors je te conseille de faire attention à qui tu t'adresseras. »

     Même s'il disait des choses apparemment amicales, la manière dont il les prononçait laissait plutôt penser qu'il était en train de se moquer d'elle. Au moins Émeraude allait faire connaissance avec l'autre facette de son nouveau maître : celle qui lui valait l'inimité de ses pairs.


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Emeraude
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Message Mar 10 Sep 2013 - 9:40



    La dernière lune n'avait pas épargnée Emeraude. Son départ de Lys, sa capture par Sargon, sa nouvelle vie de femme-sel à Kenning, sa rencontre avec Miranda Ouestrelin -captive de Sargon, elle aussi, le départ de Miranda, le déménagement à Dix-Tours … Oui, les événements récents étaient suffisants pour faire tourner la tête de n'importe qui. Au début, Ema avait cru que ce serait très dur. Mais il n'en fut finalement rien. Sargon, qui l'avait menacé de devenir la souillon de Kenning, l'avait finalement placé auprès de Miranda et les deux jeunes femmes s'étaient mutuellement soutenues pendant les quelques semaines qu'avaient duré la guerre. Sargon avait été absent et lorsqu'il était rentré, c'était simplement pour signifier à Ema qu'ils allaient partir à Dix Tours.

    Ne sachant pas vraiment ce que cela signifiait, la jeune femme n'avait pas regimbé plus, se contentant d'acquiescer. Là-bas, elle verrait ce qu'il était possible de faire. Elle se souvenait qu'il y avait une bibliothèque et elle espérait qu'elle pourrait s'y rendre et y passer les longues heures de solitude qui ne manqueraient pas d'arriver avec le départ de Miranda. Le voyage ne fut pas si éprouvant et lorsqu'elle arriva à Dix Tours, Emeraude eut la surprise qu'on la laisse complètement tranquille. A Kenning, on ne l'avait jamais vraiment embêté, mais elle avait une vraie tâche: Miranda. A Dix Tours, il semblait bien que Sargon décide de la laisser se débrouiller. Dans un premier temps, Emeraude n'avait pas vraiment compris cette réaction, mais après tout, n'arrivait-il pas si souvent qu'elle ne comprenne en rien les décisions du Fer-Né ?

    Préférant ne pas s'attarder sur cette attitude, La Lysienne prit son destin en main. La responsable des domestique de Dix Tours ne semblait pas bien trop savoir quoi faire d'elle et décida de l'envoyer faire les poussières dans l'aile de la bibliothèque. Après tout, la Lysienne n'avait pas trop à se plaindre: ce n'était pas un travail si pénible.

    Elle était d'ailleurs en train de s'occuper d'une des pièces en chantonnant une berceuse Lysienne, qu'elle avait appris enfant, quand la voix de Sargon retentit. Surprise, elle se retourna. Elle ne s'attendait pas à le voir aujourd'hui, alors qu'il l'avait superbement ignoré depuis leur arrivée à Dix Tours. Mais visiblement, il était bien là, appuyé sur le chambranle de la porte. Emeraude remarqua bien évidemment que sa blessure ne semblait pas encore guérie, mais elle ne fit aucune remarque à ce sujet. Sargon ne lui avait-il pas fait comprendre dès son arrivée que la pitié n'était pas une chose qu'il appréciait ?

    Emeraude ne se formalisa pas du ton moqueur et presque méchant de Sargon. Un sourire -qu'elle avait en permanence accroché aux lèvres- vint se poser sur son visage. Ema ne se laisserait pas atteindre par le comportement du Fer-Né. Il pensait sans doute qu'elle le craignait et qu'elle craignait d'autant plus de ne plus être dans ses faveurs … Cétait vrai, à son arrivée ici. Mais depuis, Ema avait mûri. Elle avait compris qu'elle pouvait aussi essayer de se débrouiller par elle-même. Comme intouchable, la jeune femme releva le menton. « -Je n'ai pas attendu que la sanction tombe pour proposer mon aide, figure-toi que je suis ici pour retirer la poussière qui règne dans cette aile… et dans la bibliothèque». Elle en profiterait pour jeter un coup d’œil aux manuscrits, mais cela, la femme qui lui avait demandé de faire cela n'en savait rien. C'était étonnant pour elle de se retrouver dans les Iles de Fer en train d'enlever les couches de poussière qui recouvraient les murs, mais malgré tout elle s'y adonnait. Parce qu'elle n'avait pas d'autres choix. « -Mais vu ton rythme pour captiver des innocentes, je ne doute pas qu'il y en aura bientôt une nouvelle à qui je devrais tenir compagnie ! ». C'était une petite plaisanterie, dit sur un ton léger, car effectivement, entre peu de temps, Sargon avait capturé Miranda puis Emeraude.

    Tandis que le jeune homme s'avançait dans la pièce, Emeraude reprit le chiffon avec lequel elle tâchait de rendre cette pièce propre. Semblant ne pas être sensible à sa présence, la jeune femme s'activait, jusqu'à ce qu'il reprenne la parole. Si ça lui plaisait ? Elle n'avait de toute façon rien à dire sur leur lieu de résidence. Mais, joueuse, elle fit le tour de la pièce et se tourna à nouveau vers Sargon. « -Je suppose que cela fera l'affaire, faute de mieux ! ». Ce n'était pas sur ton dédaigneux ou arrogant que la demoiselle avait parlé. Contrairement au ton de Sargon, sous lequel elle devinait qu'il était de fort mauvaise humeur. D'un ton qu'elle voulait léger et badin, la demoiselle s'enquit de la santé du Fer-Né. « -Est-ce que ta blessure se remet correctement ? J'espère que quelqu'un t'a soigné correctement …». Bon, elle devait bien avouer que cela l'inquiétait un peu de voir le regard peu avenant et l'attitude légèrement hostile de Sargon et qu'elle aurait voulu qu'il se détende … Mais comme cela ne paraissait pas être le cas, il valait mieux que la jeune femme fasse attention. Elle vérifia d'un regard la distance à parcourir pour atteindre la porte si jamais elle avait besoin de le fuir. Puis son regard revint à Sargon. « -Dois-je continuer à débarrasser cette pièce de toute cette poussière ou puis-je t'aider en quelque chose ? ». En gros, elle lui demandait pourquoi il venait soudainement la voir, là. Alors qu'il l'avait ignoré depuis leur arrivée. Il l'avait laissé seule, sans qu'elle sache comment cela allait se passer à Dix Tours, pour elle, pour eux. En attendant la réponse, la Lysienne reprit ses activités, passant au-dessus de la cheminée, qu'elle était cependant trop petite pour atteindre. Se soulevant sur la pointe des pieds, elle parvint toutefois à réussir à nettoyer tout cet endroit où la poussière s'était logée, sans plus s'intéresser au Fer-Né. C'était peut-être stupide de choisir ce moment pour une tentative d'indépendance, Emeraude en avait conscience. Mais d'un côté … Quand aurait-elle pu revoir Sargon, elle n'en savait strictement rien.

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Sargon Harloi
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Message Mar 10 Sep 2013 - 14:24

     Contrairement à Sargon, Émeraude avait l'air de particulièrement bonne humeur. Un peu bêtement, le Fer-né ne se sentit que plus contrarié par cette constatation. Comment une femme qui devait servir uniquement d'esclave pouvait bien sourire alors qu'un homme au sang prétendument noble était en train de se laisser gagner par l'irritation ? Encore un mystère, ou peut-être pas tant que cela. Le Harloi était un homme négatif, il peinait toujours à voir les choses sous un bon angle et passait le plus clair de son temps à chercher comment contrarier les autres. Quoi de plus normal que de finir par devenir aussi aigri ? Il ne répliqua rien aux paroles de la jeune femme alors qu'elle lui laissait entendre qu'elle passerait bel et bien par la bibliothèque. C'était une bonne chose, visiblement la Lysienne était bien décidée à prendre les choses en main pour obtenir ce qu'elle voulait et logiquement, cela devait le combler. Mais le jeune homme se débrouilla pour rester concentrer sur la raison de sa venue ici alors que la belle reprenait pour laisser entendre qu'elle allait peut-être bientôt avoir un autre compagne. De telles paroles étaient justifiées en un sens : Sargon avait fait bien plus de captives en ces quelques semaines qu'en plusieurs années. Et encore, la jeune femme ignorait la venue d'une Valoise qui avait été échangée contre une somme rondelette, sauf qu'elle n'avait pas eu droit aux mêmes égards que les suivantes.

     ▬ J'aurais pensé que le fait d'être unique te plairait. Tu es si partageuse ? Il avait été bien plus habitué à la jalousie des femmes qu'à leur bonne entente. Je préfère éviter, ça ne s'était pas si bien passé avec les précédentes... »

     Miranda avait été une prisonnière exemplaire, nul doute que sa présence ici avait dû la perturber, mais Sargon n'avait eu aucun problème avec elle. Pas plus qu'avec Émeraude d'ailleurs, cette dernière semblait s'être faite à sa nouvelle vie avec une vitesse qui impressionnait et déstabilisait quelque peu le capitaine. La Lysienne se comportait d'ailleurs d'une manière qui aurait eu le don de l'énerver en temps normal, s'il ne l'avait pas déjà été. Elle l'ignorait, tout simplement. Il aurait aussi bien pu être un vase en grès qu'elle ne lui aurait pas accordé plus d'intérêt. Quoique si, au moins là la jeune femme l'aurait regardé le temps de le dépoussiérer. Avait-elle deviné que son nouveau maître était un homme arrogant qui avait besoin d'attirer l'attention sur lui ? Il avait besoin de savoir que ses interlocuteurs réagissaient à sa présence, que ce soit positivement ou négativement. Être détesté lui importait peu du moment qu'il provoquait un sentiment et ne laissait pas indifférent. Émeraude parlait d'un ton badin, visiblement faite à l'idée de vivre ici plutôt qu'ailleurs, puis elle lui posa une simple question sur sa blessure. La référence aux soins ne manqua pas de dessiner un sourire amusé sur les lèvres du jeune homme. Les soins ! C'était un prêtre du Dieu Noyé qui s'en était occupé et leur médecine était plutôt.... basique. Il inspira alors qu'elle posait son regard sur lui pour lui poser une question qui semblait laisser entendre que sa présence ne lui faisait ni chaud ni froid. Nouvelle montée de contrariété alors qu'il la voyait se désintéresser une fois de plus de lui pour préférer s'intéresser au nettoyage de la cheminée. Le regard mordoré du capitaine ne la lâchait pas du regard et il se décida enfin à répondre.

     ▬ J'avais cru comprendre que tu voulais que nous fassions connaissance, mais si tu t'es soudain prise de passion pour le nettoyage, il suffit de me le dire et je te laisse à ton sort. La contrariété devait s'entendre, bien qu'elle ne ressemblait en rien à celle qui habitait ses paroles au départ. Il n'y a plus grand-chose à faire maintenant que la guerre est terminée. C'était étrange, sa vie se bornait aux raids et à la bataille. Avec son bras incapacitant, il n'avait aucune idée de ce qu'il pouvait bien faire. Et en réponse à ta question sur les soins, tu apprendras qu'ici on ne soigne qu'à l'eau de mer et avec des prières. Je me demande si ça sert à quelque chose sur quelqu'un qui n'est pas croyant. Une immersion de la blessure dans l'eau de mer et on s'en remettait au Dieu Noyé. Pitoyable. Un conseil : ne te blesses jamais, tu risquerais de finir avec un morceau au moins, si tu n'y passeras pas directement. »

     Sauf que lui ne comptait pas y passer. Il en fallait plus qu'une simple blessure pour se débarrasser de lui, c'était certain ! Sargon ne cessait d'osciller entre l'envie de la malmener un peu et celle de parler simplement, ne pas être capable de se fixer lui était inhabituel et cette indécision ne faisait qu'exacerber sa mauvaise humeur. Après quelques secondes, il lâcha finalement quelques mots d'un ton agacé.

     ▬ Cesse donc de nettoyer ! Être ignoré le rendait plus irritable que jamais. Sans le savoir – ou peut-être que si – Émeraude avait appuyé sur un point sensible. Est-ce que tu as l'intention d'entrer dans les bonnes grâces de la responsable des domestiques pour te montrer aussi assidue à la tâche, ou c'est simplement ma vue qui t'incommode à ce point ? Lui ne l'avait pas quittée du regard depuis qu'il était entré dans la pièce. À moins que ce ne soit ce temps passé avec cette noble du continent ? Elles sont tellement vaniteuses, j'imagine qu'elle a dû te farcir la tête d'histoires méprisantes à notre sujet ? Ou c'était plus personnel peut-être ? Elle n'a pas apprécié notre première rencontre je crois. Il s'appuya dos au mur, croisant ses bras sur son torse en ignorant la douleur qui l'élançait au niveau de son épaule. Elle n'était pas trop prude pour toi ? J'aurais imaginé que tu te sentirais davantage à l'aise avec des filles aux mêmes mœurs que toi, elle c'était à peine si elle aurait autorisé un homme à lui faire un baise-main... »

     C'était mesquin de s'en prendre à Miranda maintenant qu'elle n'était plus là, mais Sargon restait persuadé que la proximité avec une autre femme avait poussé Émeraude à se comporter avec autant de distance à son égard. Leur première rencontre avait été plutôt concluante, mais les femmes étaient sournoises et la traîtrise coulait dans meurs veines. Mettez-en deux ensemble et vous obtenez ce résultat. Il aurait mieux fait de la laisser récurer les latrines, c'était la preuve qu'en essayant de lui faire plaisir il lui avait donné les armes pour le repousser. Ou du moins, c'était ce que le jeune homme imaginait.


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Message Mer 11 Sep 2013 - 9:36



    Emeraude était particulièrement sensible aux réactions de Sargon, quoi qu'elle essaie de ne pas trop le montrer. Il avait suffisamment de pouvoir sur elle, d'un tas d'autres manières, et elle ne voulait pas qu'il devine qu'elle avait immédiatement perçu son agacement, lorsqu'elle avait fait mine de l'ignorer. Oh, elle ne faisait pas cela pour le mettre en rogne, encore plus, mais c'était une simple forme de protection. Quand il était arrivé, la jeune femme avait perçu qu'il était de fort mauvaise humeur, sans qu'elle ne sache réellement pourquoi et elle avait préféré ne pas se confronter frontalement à toutes ces tensions qu'il semblait abriter. Néanmoins, sa tactique n'avait certainement pas été la meilleure, étant donné les réactions du Fer-Né.

    La jalousie n'était pas un sentiment que la jolie Lysienne connaissait. Elle n'avait jamais rien vraiment possédé à elle-seule et encore moins eu la chance de pouvoir compter sur quelqu'un de manière définitive. C'était les aléas de sa vie d'avant. La question de Sargon amena donc un autre grand sourire sur ses lèvres, qu'elle ne put contrôler. Si elle était partageuse ? C'est qu'elle n'avait jamais eu auparavant l'exclusivité de quoi que ce soit et elle n'avait même jamais pensé que cela soit possible … En conséquence, la jeune femme ne savait quoi trop répondre. Lors de leur première entrevue, Sargon lui avait dit et répété qu'elle n'était plus une courtisane et qu'en conséquence, elle devrait oublier ses anciennes habitudes et en apprendre de nouvelles. Notamment, elle devait décider de ce qu'elle voulait … Mais là, elle était vraiment mal à l'aise et devait bien avouer ne pas savoir que dire ou que faire. « -La compagnie d'autres femmes peut être réconfortante, parfois. Mais si tu n'as pas envie d'avoir d'autres femmes-sel, je me contenterais facilement de ma situation. ». Elle avait choisi une réponse qu'elle voulait apaisante et non pas provocante comme celles qu'elle faisait la plupart du temps. Elle sentait bien que Sargon couvait quelque chose et elle voulait à tout prix éviter de lancer inconsciemment une querelle vide de sens.

    La jeune Lysienne écoutait attentivement les propos de Sargon, notamment au sujet de ses soins. Elle avait quelques bases à ce sujet, car elle avait souvent confectionné ou utilisé des baumes pour la cicatrisation ou pour calmer des courbatures par exemple. Prenant sur elle de lui proposer son aide, la jeune femme hésita sur la manière de présenter les choses. « -J'étais sincère quand je disais que j'aimerais mieux te connaître. Mais parlons plutôt de ton bras … Vous avez l'air d'avoir d'étranges manières de vous y prendre, sur les Iles de Fer !Je ne suis pas guérisseuse, loin de là, mais tu sais peut-être que les Lysiens sont bons soignants. Peut-être que si je regarde, il me serait possible de te faire un baume qui t'aiderait à guérir plus vite, par exemple ? » La proposition n'était pas totalement désintéressée, car la jeune femme espérait secrètement que l'humeur de Sargon s'améliore si la douleur diminuait voire disparaissait.

    Après ces paroles, la jeune femme avait repris sa tâche, mais il semblait que cela énervait plus qu'un peu le Fer-Né. Surprise, Ema laissa tomber le chiffon qu'elle avait dans les mains et se retourna subitement vers Sargon. Très bien, si c'était ce qu'il souhaitait. La jeune femme leva les mains en signe de reddition, attendant de voir la suite. Mais elle était surprise de son éclat. Oh, bien entendu, il n'avait pas du apprécier qu'elle ne lui accorde pas totalement son attention, mais elle ne l'imaginait pas exigeait d'elle une attention pleine et entière. Visiblement, elle s'était trompée. Souriante, comme si elle n'était nullement gênée par sa manière de s'adresser à elle, Ema attendit.

    Elle ne fut pas déçue. Au fur et à mesure que Sargon parlait de Miranda, le sourire de la Lysienne s'évanouit. Son amie était reparti, malheureusement … Ce qui la laissait désormais seule face à sa nouvelle vie. Oh, elle saurait y faire face, mais elle devait avouer qu'il lui avait été plus facile de vivre avec cette jeune femme du continent, dont les manières étaient un peu plus proches de celles de la Lysienne que celles des Fer-Nées. « Je te trouve inutilement méchant envers Miranda … Oh, certes, j'ai souvent été étonnée de sa naïveté et de son manque de connaissances concernant les choses de l'amour, mais elle était une jeune femme très agréable, et tout à fait gentille à mon égard et je suis sûre qu'elle saura mettre à profit nos discussions dès qu'elle sera mariée. Ce n'est pas une jeune femme frigide, c'est juste qu'on lui a appris que la sexualité n'avait pas sa place dans sa vie. Et tu peux te détromper, elle ne m'a rien dit de désagréable à ton sujet. Je suis capable de me faire mon opinion seule, tu te souviens, tu m'as dit que j'étais une femme libre ? Et en tant que femme libre, sache que je te trouve tout à fait à mon goût, du moins physiquement, tu ne me … Quel est ce mot que tu as utilisé ? Accomoder ? » Elle avait encore parfois quelques problèmes de vocabulaire dans la langue commune, mais le regard appréciateur qu'elle avait lancé à Sargon, quand elle avait parlé de son physique n'était lui, pas difficile à traduire. Si son ton avait été quelque peu revendicatif, quand elle parlait de Miranda, elle avait plutôt joué sur le côté taquin, en parlant du physique de Sargon. Elle ne se sentait pas vraiment encore dans la peau d'une femme totalement libérée de son ancien esclavage, mais depuis le départ elle avait trouvé Sargon à son goût et ne voyait donc aucun mal à le rassurer à ce sujet. De plus, rentrer dans le jeu du Fer-Né lui semblait dangereux. Il était agacé, il avait mal et faire attention à sa manière de s'exprimer comme à ses paroles ne feraient qu'envenimer la situation. Ce n'était pas ce que voulait Ema. « -Peut-être que si nous allions dans la bibliothèque, je pourrais faire la lecture ou la conversation, il doit y avoir des fauteuils confortables, là bas, tu serais mieux, non ? ». Et elle aurait l'occasion de voir cette pièce de ses propres yeux. C'était une proposition comme une autre pour tenter de détendre le jeune homme. Emeraude aurait au moins le mérite d'essayer ...

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Sargon Harloi
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Message Mer 11 Sep 2013 - 13:12

     La manière dont Émeraude voyait les choses laissait Sargon réellement pensif. Et un peu perdu. Il avait depuis toujours basé ses tentatives de manipulations sur des archétypes, utilisant ce qu'il pensait être les faiblesses d'un sexe, mais il semblait que la Lysienne n'entrait pas dans ces généralités. Force était de constater que la jeune femme n'avait rien de comparable à Deirdre ou même à Elyn, la capitaine qui avait été l'une des « collègues » du Fer-né. Parler de jalousie semblait la laisser dubitative, mais était-ce réellement étonnant ? Elle avait grandi en jouant « l'autre femme » celle que l'épouse légitime jalousait et non celle qui ressentait ce sentiment. Il y avait fort à parier que la demoiselle ne connaissait même pas le sens de ce mot. Une femme comme elle n'avait aucune raison d'en envier une autre : elle avait tout ce qu'elle désirait. Il secoua légèrement la tête comme pour chasser l'idée d'une autre captive.

     ▬ Une femme est suffisamment compliquée seule pour que je ne m'amuse pas à en chercher d'autres. »

     Il préférait ne pas imaginer ce que deviendrait ses journées s'il avait plusieurs femmes proches de lui. Même si elles ne resteraient que de simples souillons, leurs noms seraient tout de même associés au sien et il n'en avait aucune envie. Quelque chose lui murmurait qu'Helya allait déjà se montrer compliquée pour dix, il était inutile de chercher à se compliquer encore davantage la vie.

     Son regard mordoré fixait la jeune femme alors qu'elle se déclarait toujours désireuse de mieux le connaître. Elle avait tout à y gagner après tout, dire le contraire serait un peu stupide. Malgré les promesses de franchise de la part de la jeune femme, le Harloi persistait à penser qu'elle favoriserait toujours ses intérêts. Il apparaissait clair qu’Émeraude avait trop vécu dans l'opulence pour envisager de laisser filer son confort pour une liberté assez relative. Elle tenterait de l'abuser pou avoir ce qu'elle désirait, Sargon s'en était persuadé. Toujours soupçonner autrui, c'était le meilleur moyen pour survivre. La remarque de la belle concernant leurs habitudes au niveau des soins était on ne peut plus véridique. Sargon avait toujours trouvé ces « soins » stupides : personne ne pouvait survivre avec des prières, ce serait comme de s'abriter derrière sa foi plutôt qu'un bouclier. C'était idiot. L'idée de laisser la Lysienne jeter un œil sur sa blessure ne l'enchantait pas grandement, mais d'un autre côté, qu'avait-il à perdre ? D'un air légèrement moqueur, il lui répondit.

     ▬ Tu as eu l'occasion de voir tellement de blessure par arme dans ton bordel de Lys ? Je pensais que tu serais plutôt capable d'aider une femme à ne pas avoir d'enfants, tu es peut-être plus intelligente que tu en as l'air finalement. »

     Un léger sourire s'était dessiné sur ses lèvres tandis qu'il soupirait. Au moins avait-elle réagi lorsqu'il l'avait interpellée. Désormais elle ne favorisait pas son rôle de souillon et aussitôt, la colère du Fer-né s'apaisa un peu. Dans un sens, il se comportait exactement comme les gamins en manque d'attention, c'était risible, mais c'était son caractère. Malgré ce qu'il pensait, le Harloi n'était pas aussi difficile à cerner qu'il le pensait. Le sourire de la belle ne s'était envolé que lorsqu'il avait parlé de Miranda, visiblement les deux femmes devaient avoir sympathisé. Était-ce si étonnant ? Pas vraiment. Émeraude était plus proche de la noble du continent que de la roturière des Iles de Fer. Sargon était même surpris que la Ouestrelin n'ait pas cherché à amener la Lysienne avec elle. Le sourire du capitaine se mua doucement en un plus amusé que mesquin. Les paroles de sa femme-sel avait de quoi divertir. De quoi pouvaient-elles donc avoir parlé ? La suite de sa réplique lui indiqua donc qu'elle ne le trouvait pas repoussant – ce n'était pas étonnant, son arrogance l'en avait persuadé depuis longtemps – mais Sargon nota toutefois qu'elle ne parlait que d'un point de vue physique. Visiblement, quelque chose en lui la bloquait bel et bien. Gardant son analyse pour lui, le Fer-né resta de marbre face à sa déclaration, tout comme face à sa proposition de changer d'endroit. Après un bref instant de silence, le jeune homme répondit tout de même.

     ▬ Si elle était si gentille avec toi, pourquoi est-ce qu'elle n'a pas demandé à ce que tu l'accompagnes chez elle ? Elle savait parfaitement que tu étais prisonnière ici, tout comme elle sait que tu ne bénéficies pas des mêmes avantages qu'elle pendant sa capture. Je pense surtout qu'elle a été gentille avec toi uniquement pour arranger sa situation, je suis certain qu'elle t'a déjà oubliée à l'heure qu'il est. »

     Des paroles certainement faussées, mais peu lui chalait. Il voulait surtout voir comment elle réagirait face à cette possibilité. Décroisant ses bras, le Fer-né quitta finalement sa position pour s'approcher de la femme-sel, baissant la tête pour la regarder lorsqu'il s'arrêta juste à ses côtés.

     ▬ Je ne suis ni un gamin, ni un impotent, je n'ai pas besoin d'un fauteuil confortable pour me sentir bien, ce n'est pas ma première blessure. Ego mal placé, il ne souhaitait pas qu'elle le prenne pour un frêle continental. Question de fierté et non pour l'impressionner. Prends donc tes chiffons, si quelqu'un te voit là-bas en train de fouiner dans les parchemins, je demande à voir comment tu t'en sortiras. »

     Cela pouvait aussi bien signifier qu'il ne comptait pas l'aider à s'en tirer, ou alors qu'il se contenterait de faire celui qui n'était pas au courant. Tout dépendrait de son humeur, Sargon était au final une personne très primaire qui se laissait guider par ses humeurs et non sa logique. Du moins dans de telles situations. Alors qu'il s'éloignait en directement de la porte, le capitaine reprit la parole sans porter son attention sur la Lysienne pour autant.

     ▬ Et de quoi as-tu parlé avec elle pour qu'elle puisse s'en servir après son mariage ? Il émit un léger rire. Ne me dis pas que tu lui as donné des conseils pour sa nuit de noce ? »

     L'idée était particulièrement amusante, si tel était le cas, il en applaudirait presque Émeraude. Quel dommage qu'il ne puisse y assister, la situation serait certainement très hilarante.


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Message Mer 11 Sep 2013 - 17:52



    Emeraude avait l'impression de pouvoir un peu mieux comprendre le Fer-Né dont elle était la femme-sel. Non seulement il était un homme fier, arrogant et sur de lui, mais il avait aussi une manière d'essayer de mettre les gens à sa merci qui inquiétant sincèrement Emeraude. Néanmoins, sans trop savoir pourquoi, elle se disait que mieux valait ne jamais faire ressentir cela à Sargon. Au contraire, la jeune femme essayait de paraître détachée et de ne pas s'attacher à certaines choses. Pas d'autres femmes, avait dit Sargon. Emeraude n'en était pas dérangée, à vrai dire, il n'y aurait qu'elle et cela pourrait lui simplifier les choses si cela se passait bien et les lui compliquer si jamais il la prenait en grippe … Mais de ces deux options, il était trop tôt pour décider laquelle allait s'appliquer. La jeune femme essayait de se montrer courageuse face à cet étrange destin qu'on lui avait réservé. Malgré tout, elle ne refoulait pas sa nature joyeuse et taquine et c'est pourquoi elle n'hésita pas à pousser le jeu un peu plus loin.

    « -Hormis celle qui te donnera ton héritier, n'est-ce-pas ? ». Sargon lui avait déclaré que pour le moment, il n'avait pas de femme-roc ; Ema avait appris que c'était le nom donné aux épouses Fer-nées ; mais cela pouvait changer d'un jour à l'autre et alors, elle devrait complètement se réadapter. Pour le moment, ce qui l'intéressait toutefois était plutôt de plaisanter avec le jeune homme et d'essayer de le détendre. Les vrais questions qu'elle pouvait avoir en réserve n'étaient pas pour aujourd'hui. « -Et puis, suis-je si compliquée que cela ? ». Après tout, il avait l'air de savoir la plupart du temps comment elle pensait et concevait les choses, de part son passé. Il pouvait difficilement dire qu'elle était une captivé rétive. Elle lui avait promis d'être sincère et aussi qu'elle était d'accord pour devenir sa femme-sel, plutôt que de mourir dans les eaux plus ou moins glacées qu'elle avait du affronter.

    Bien sûr, Sargon avait l'air de croire que Emeraude était une ravissante idiote. Elle chassa l'envie de lui faire comprendre une fois pour toutes qu'elle n'était pas qu'une vulgaire prostituée mais qu'elle était éduquée. Peut-être même qu'elle en savait bien plus que lui. Il se moquait d'elle, mais Ema avait décidé de ne pas répondre à ses provocations et répondit donc d'un ton  léger. « -Oh, je sais aussi comment faire pour ne pas enfanter … Peut-être que cela pourrait servir aux Fer-Nées, d'ailleurs ! Quant aux blessures avec des armes, je n'en suis, c'est vrai, pas spécialiste, mais je connais un baume pour aider à la cicatrisation. A toi de voir... ». Elle faisait comme-ci elle était une grande âme de lui laisser le choix, mais en vérité, qu'elle le veuille ou non, Sargon aurait choisi et décidé ce qu'il préférait, peu importait ce que la jeune femme, elle, en pensait.

    Sa proposition pour améliorer son confort déplut évidemment beaucoup à Sargon, mais la jeune femme n'y prêta pas attention : il venait d'accepter de l'accompagner à la bibliothèque et cette pensée suffisait à la faire sourire, remplie d'un vrai bonheur. Elle ne prêta pas garde au fait qu'il ne s'occuperait pas d'elle si on lui demandait des comptes et lança simplement, d'un air ravi « -Merci beaucoup, Sargon, si tu savais comme cela me réjouit ! ». Ravie, positivement, la demoiselle alla chercher chiffons et autres ustensiles, prête à se rendre dans l'une des pièces voisines rengorgeant des parchemins passionnants.

    La dureté des paroles de Sargon frappa Emeraude en plein cœur, mais elle essaya courageusement de ne pas lui montrer. Non, il ne réussirait pas à la faire douter de la gentillesse et de la sincérité de Miranda. Fièrement, la jeune Lysienne croisa de ses yeux émeraudes le regard mordoré de Sargon Harloi. « -Ne juge pas Miranda, Sargon … Et puis, qui te dit que j'avais envie de la suivre ? N'est-ce-pas moi qui ai choisi ce destin, ici, sur les Iles de Fer ? ». Et oui, il tenait pour acquis qu'elle voudrait partir. Mais ce n'était pas nécessairement la manière de voir de la jeune Lysienne. Elle était là parce qu'elle l'avait choisi et elle sentait que sa place y était. D'une manière ou d'une autre, elle réussirait à trouver une manière de bien vivre ici. Et Sargon ne parviendrait pas à l'en décourager. Il l'avait choisi, lui aussi, et si il avait regrets ou remords, il n'avait pas beaucoup plus d'options que la jeune femme.

    Alors qu'elle s'apprêtait à sortir de la pièce, Sargon l'arrêta avec une question concernant Miranda. Elle fut étonnée de voir une lueur amusée dans ses yeux. Pourquoi cela l'amusait-il qu'elle ait préparé autant qu'elle pouvait son amie à devenir une bonne épouse ? Après tout, même à Westeros, les femmes devaient honorer les lits de leurs époux et ce n'était donc pas mal qu'elle eut profité de ces quelques jours avec Miranda pour l'instruire autant que possible. Un peu embêtée, elle chercha le regard de Sargon, comme pour se rassurer. « -Mais … Oui. Cela semble te surprendre. Ne faut-il pas ici aussi préparer les jeunes filles à leurs devoirs de femmes ? Bien sûr, je ne lui ai rien dit de trop choquant, si son mari a des envies particulières, je suis certain qu'il fera son éducation ! Je lui ai juste expliqué ce qui allait se passer : la pauvre n'avait que de très faibles notions, je trouve. Est-ce le cas de toutes les nobles dames de Westeros, Sargon ? ». Oui, l'ignorance de Miranda avait sincèrement interpellé la jeune Ema, qui ne comprenait pas comment on pouvait espérer des unions heureuses sans que cela fonctionne au sein des lits conjugaux … Ce n'était finalement pas si difficile que de donner quelques conseils.

    La jeune femme, retrouvant son allant, se dirigea vers la porte, comme si elle avait peur de ne pas pouvoir aller à la bibliothèque si elle attendait trop longtemps. Elle jeta un coup d’œil à Sargon, comme pour s'assurer qu'elle avait son autorisation d'aller retrouver ces vieilleries dans la salle d'à côté. C'était presque instinctif pour l'ancienne esclave, que de jauger les réactions de celui qu'elle considérait tout de même un peu comme son maître. « -Nous y allons tout de suite ? ». C'était plus qu'une question, une supplication. Car la jeune femme commençait sincèrement à s'ennuyer de faire la poussière … Quant à discuter avec Sargon, elle appréciait cela, mais elle avait peur de ranimer sa colère, qu'elle sentait encore dans certaines de ses phrases.
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Message Mer 11 Sep 2013 - 19:56

     Celle qui lui donnerait son héritier... Sargon n'en avait pas parlé lors de leur première discussion, mais désormais les choses étaient officielles et la date du mariage avait été déterminée, Émeraude ne tarderait pas à le savoir. Il se contenta de répondre aux questions de la jeune femme par une légère moue. Était-elle compliquée ? Pas dans son mode de fonctionnement, mais il éprouvait beaucoup de difficultés à la manipuler donc oui, elle était compliquée.

     ▬ Je l'ai déjà elle, inutile de la capturer. Il ne s'étala pas sur le sujet, elle et Helya ne seraient pas amenées à beaucoup se fréquenter à n'en pas douter. Et oui, tu es une femme très compliquée. »

     Pour quelle raison ? Elle ne le saurait pas, pas pour le moment. Le Fer-né était d'humeur trop taquine pour lui servir toutes les réponses sur un plateau. Au moins, si Sargon lui posait quelques colles, Émeraude chercherait à comprendre ce qu'il avait voulu dire dès qu'elle en aurait l'occasion, ce serait un bon moyen pour occuper ses pensées pendant les moments où ils se retrouveraient séparés. On est arrogant ou on ne l'est pas.

     Comme Émeraude lui avouait sans peine qu'elle connaissait des remèdes qui permettaient aux femmes de ne pas tomber enceinte, Sargon commença à se poser quelques questions. Qu'adviendrait-il si jamais Helya décidait de parler avec elle ? Pourrait-elle pousser la provocation jusqu'à chercher un moyen de ne pas tomber enceinte ? C'était assez peu probable, leur accord disait bien qu'elle devrait partager sa couche jusqu'à ce qu'elle lui donne l'héritier qu'il désirait et Sargon connaissait la répulsion que la rousse éprouvait pour lui. Il n'y aurait donc rien de plus étrange que de s'arranger pour ne jamais tomber enceinte. Cependant, Helya était une garce et Sargon l'imaginait bien tricher de la sorte pour ne jamais avoir à tomber enceinte, car qui disait grossesse disait aussi obligation de ne plus naviguer pendant les derniers mois. Le doute s'insinuait dans son esprit et il entendit à peine ce que la blonde lui dit à propos de sa blessure.

     Cet instant de trouble qui venait de prendre altéra un peu ses réactions, il commençait tout doucement à se poser des questions sur ses projets d'avenir, à se demander si une pierre précieuse nommée Émeraude n'allait pas tout à coup enrailler la machine. Son regard s'attarda sur elle sans la voir tandis qu'elle se réjouissait à l'idée d'aller fureter dans la bibliothèque de son oncle. Il allait sérieusement devoir prendre les choses en main la concernant. Ce ne fut que lorsqu'elle parla à nouveau de Miranda qu'il sortit de ses pensées. La simple idée qu'elle puisse avoir décidé seule de rester sur les Iles de Fer lui semblait impensable. Le prenait-elle pour un idiot ? Il soupira doucement avant de secouer la tête.

     ▬ Me prends-tu pour un idiot Émeraude ? Tu crois vraiment que je vais m'imaginer que tu aurais préféré rester ici à jouer l'amante d'un Fer-né alors qu'elle aurait pu t'offrir la vie d'une dame de compagnie qui n'aurait eu qu'à se faire belle et à lui faire la conversation ? Il rigola légèrement. J'ai comme quelques doutes vois-tu. Tu fais comme toutes les femmes, tu choisis ce qui t'arrangera le plus, voilà tout. »

     Il en était sûr et n'en démordrait pas. Même Deirdre, cette bâtarde, avait préféré la vie des continentaux à celles des Fer-nés alors qu'elle avait vu le jour ici. Une courtisane ne serait pas différente. L'attention du Harloi s'était détournée vers le corridor par lequel il était arrivé et la voix de la jeune femme se fit entendre. Elle semblait surprise de l'amusement du capitaine et celui-ci retrouva tout son sourire en l'entendant avouer qu'elle lu avait donné quelques conseils. Les yeux mordorés du Fer-né se portèrent vers la Lysienne qui ne semblait pas comprendre grand-chose aux femmes du continent, ou du moins à leurs habitudes. Il resta silencieux jusqu'à ce qu'elle lui pose une ultime question à laquelle il répondit par un simple mot.

     ▬ Oui. Dépêche-toi avant que je ne change d'avis. Dos à la porte, il la laissa passer devant lui avant de lui emboîter le pas pour se glisser à sa hauteur. Les nobles du continent uniquement. Sauf celles de Dorne je crois, elles sont plus libertines là-bas de ce qu'en dit la rumeur populaire. Tu as l'air de l'ignorer, mais les hommes du continent aiment bien que leurs épouses arrivent vierges à leur mariage. Vierges et inexpérimentées bien entendu. Sans le savoir, Émeraude avait peut-être attiré des ennuis à la pauvre Miranda. Tu sais, en général les nobles que mon peuple enlèvent ne sont pas aussi bien traitées que Miranda. Elles servent souvent au bon plaisir de son kidnappeur et de son équipage s'il y consent. Glissant sa main derrière Émeraude, il lui frôla légèrement le dos. Déjà que sa virginité allait être mise en doute après un séjour sur les Iles de Fer, si elle rentre chez elle avec des précisions sur « son devoir de femme », je crains que tout le monde ne s'imagine qu'elle aura subi le même sort que toutes les autres femmes. Son ton semblait presque amusé alors qu'il lâchait quelques mots pour conclure. Espérons que son époux ne soit pas trop à cheval sur la réputation de sa promise. »

     Ils étaient arrivés non loin de la fameuse pièce qui en fait se trouvait était plusieurs salles côte à côte qui recelaient une quantité impressionnante de parchemins. À un point tel que lord Harloi avait plusieurs mestres qui s'occupaient uniquement de son entretien. Retirant sa main du dos de la jeune femme, le Fer-né la glissa jusqu'à la poignée comme s'il s'apprêtait à ouvrir la porte, mais il s'immobilisa. Une brève hésitation marqua son attitude, sa mâchoire se contracta légèrement tandis qu'il réfléchissait, puis son regard se planta dans celui de la Lysienne alors qu'il lâchait enfin ce qui le contrariait.

     ▬ Tu es libre de prendre tes remèdes pour ne pas tomber enceinte si l'envie t'en dis, mais je t'interdis d'en donner à ma prochaine épouse. Cette garce sera bien capable de venir t'en demander, mais crois-moi, tu n'auras rien à gagner à lui rendre ce service. Au contraire. »

     Le ton était sec, presque hostile. Ce n'était pas comparable aux légères piques envoyées jusqu'à présent et Émeraude le devinerait rien qu'à la manière dont il avait parlé de sa promise. Quel épouse traitait sa future femme de garce ? Au moins la Lysienne pouvait se douter que son maître ne faisait pas un mariage d'amour ou même de bonne entente.


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Message Mer 11 Sep 2013 - 20:38



    Parfois, il fallait accepter de ne pas tout maîtriser. Emeraude le savait pertinemment et c'est pourquoi elle ne chercha pas plus loin concernant cette épouse de Sargon. Elle verrait en temps utile, pour le moment, ce qui importait était plutôt qu'elle continue dans la bonne direction, avec le Fer-Né. Et pour cela, Emeraude avait vraiment besoin de le comprendre, encore et toujours, du mieux qu'elle pouvait … Et si il la jugeait compliquée, la Lysienne pouvait témoigner qu'elle n'avait jamais rencontré un homme aussi complexe que Sargon, par certains côtés. Oh, par d'autres, il était beaucoup plus classique, notamment pour ce qui concernait l'arrogance et la fierté des mâles … Mais il était bien plus que cela. Et parfois, son peu de sens de l'humanité effrayait Emeraude. Il ne faisait confiance à personne, ne paraissait pas avoir besoin de réconfort, il ne semblait pas non plus la désirer ou du moins, la jeune femme n'avait jamais vu chez lui de tressaillement pourtant si repérable chez un homme. Elle était terriblement désemparée, d'ailleurs, par ce manque d'envie du Fer-Né. Ema se demandait si c'était à cause du voyage et de sa captivité ou encore ses nouveaux vêtements. Bref, elle ne comprenait pas pourquoi aucune réaction masculine n'émanait de Sargon lorsqu'il était en sa présence.

    Et il ne lui faisait absolument pas confiance. Pas une seconde. Ce constat ébranla quelque peu la femme-sel qui ne savait plus comment se comporter. Lorsqu'elle voulait le soigner, il se moquait d'elle, quand elle affirmait vouloir rester à ses côtés, il la traitait de menteuse … quand elle voulait le séduire, il la repoussait. Mais que voulait-il donc de sa femme-sel ? Pourrait-elle seulement vraiment lui apporter ? La jeune femme finissait vraiment par se le demander. Quelque peu mal à l'aise, Ema ne sut quoi répondre d'intelligent et se contenta de soupirer. Si elle l'avait voulu, elle aurait pu repartir avec Miranda, qui lui avait fait clairement comprendre qu'elle serait la bienvenue. Mais elle n'avait pas pris cette main tendue. Maintenant, elle se disait qu'elle aurait peut-être du … «-Si j'avais accepté la proposition de Miranda, tu m'aurais dit que j'étais une traîtresse, une femme sans parole. Et puisque je l'ai refusé, tu t'imagines que je ne suis aussi qu'une profiteuse. ». Certes, Emeraude était opportuniste. Mais justement, rien ne lui disait que la vie auprès de Miranda serait plus facile. Il y avait son passé et puis, il y avait aussi le statut qui serait le sien, à Westeros. La jeune femme n'avait aucune idée de comment elle serait acceptée. Alors que sur les Iles de Fer, elle savait déjà. Et comme le dit le proverbe, on sait ce qu'on perd mais pas ce qu'on gagne. Par stupidité, peut-être, elle n'avait pas accepté de mains tendues de la part de Miranda. Elle espérait que Sargon ne lui ferait pas payer cela.

    Tandis qu'ils marchaient, Sargon lui fit des révélations qui rendirent soudain Ema songeuse. Pouvait-elle vraiment avoir fait du mal à son amie inconsciemment ? La jeune femme espérait sincèrement que Sargon se trompe. D'autant plus qu'elle trouvait cela stupide. Pourquoi ne pas enseigner aux jeunes femmes comment apprécier ces moments et éviter la douleur ? Pourquoi ne pas rendre agréable aux deux époux la couche conjugale ? Décidément, bien des choses échappaient à la manière de penser de Emeraude et plus le temps passait, plus elle était inquiète. Sentant la main de Sargon lui frôler le dos, la jeune femme s'étonna de son contact physique alors qu'il paraissait plutôt la fuir, dans ce domaine. Mais elle n'en dit rien, préférant rester concentrée sur Miranda. « -Tu veux dire qu'ils préfèrent une épouse totalement … ignorante ? Mais enfin, quel est leur intérêt, Sargon ? Et puis, elles doivent souffrir et s'inquiéter ! La perte de la virginité, comme tu le dis, est un moment délicat, mais que les Lysiennes traversent en sachant que le bonheur les attend sur l'autre rive. » Ema était songeuse … « -Quoi que tu dises, après le premier moment de surprise passé, je suis sure que son époux sera heureux qu'elle ne se contente pas de faire l'étoile de mer, en fermant les yeux ! Tu verras … » A dire vrai, la jeune femme était moins certaine que ce qu'elle affirmait. Une seconde, elle s'en voulut, même. Mais après tout, elle n'avait rien appris de scandaleux à Miranda … Que les hommes du Continent pouvaient être bêtes !

    Ils étaient arrivés devant la porte de la bibliothèque et Ema s'apprêtait à y rentrer avec plaisir quand Sargon bloqua la poignée. Elle sentit son regard fondre sur elle et elle se demanda ce qu'elle avait encore pu faire. Complètement choquée et étonnée par les paroles prononcées par le Fer-Né, Emeraude resta un instant bouche bée. Il avait prononcé ces quelques mots avec une force et une détermination pleine d'une certaine hargne que la jeune femme ne savait comment interpréter. « -Mais si elle ne veut plus avoir d'enfants ? C'est cruel d'obliger les femmes à porter la vie aussi souvent que la nature le permet ! Cela affaiblit énormément !». La Lysienne trouvait très cruel d'obliger les femmes à avoir enfant sur enfant, sans pouvoir se reposer. Elle n'avait nullement compris que ce Sargon craignait, c'est que son épouse lui refuse même le premier enfant. Emeraude n'avait pas vraiment idée de la relation entre les deux fiancés, mais visiblement, Sargon n'aimait pas du tout celle qu'il allait épouser. Si les mariages sans se connaître étaient fréquents, ceux avec une haine prédéfinie étaient beaucoup plus rares. En tout cas, elle était rassurée de savoir qu'elle-même pouvait en utiliser. « -Est-ce que ce serait mal vu, ici, de prendre ce genre de remèdes ? Dois-je le taire ? ». Emeraude ne savait rien du fonctionnement des Iles de Fer au sujet de leurs femmes, après tout … Elle était tout de même bien gênée de l'ordre que venait de lui donner Sargon. Comment ferait-elle si l'épouse lui demandait ? Refuser serait délicat … Tout comme le fait d'en parler avec Sargon, si cela se produisait ! Mal à l'aise, la jeune Lysienne regretta d'avoir été franche et honnête avec le Fer-Né sur ce point. Elle qui avait eu si hâte de rentrer dans la bibliothèque était désormais tout contre la porte, fixant Sargon de ses yeux verts émeraudes, se demandant ce qu'il allait bien pouvoir lui répondre. Ce n'était d'ailleurs pas un sujet dont il était aisé de discuter dans un couloir. « -Ne devrions-nous pas discuter de cela à un autre moment, Sargon ? Peut-être une fois que nous serons seuls ? ». La jeune femme ne tenait pas à ce que tout Dix Tours connaissent ses petits secrets, de fait, elle vérifia que personne ne traînait dans les parages.

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Message Mer 11 Sep 2013 - 23:16

     L'aurait-il traitée de traîtresse si elle avait décidé de suivre la continentale ? Sans aucun doute, mais dans un sens cela lui aurait donné une raison valable de traiter les prochaines femmes avec encore plus de mépris. En général, le Harloi ne jugeait pas la valeur d'une personne à son sexe, mais dans le cas des femmes-sel, la chose était différente. Surtout lorsqu'elles étaient d'anciennes courtisanes, sa méfiance n'en était que plus exacerbée. Il décida de ne rien répondre à sa déclaration, de toute manière qu'aurait-il pu dire à part approuver ? Elle était déjà partie sur un autre sujet qui semblait la perturber au plus haut point : l'éducation des femmes du continent. Pour une personne élevée dans l'idée d'être une amante parfaite, il était parfaitement normal de ne pas comprendre les traditions des hommes du continent, mais pour le Fer-né c'était déjà moins obscur. Cependant, il n'avait jamais compris l'attrait que les hommes avaient pour les pucelles, c'était comme de préférer un plat sans saveur à un épicé. Le Harloi avait toujours trouvé plus intéressant d'avoir une compagne qui savait un minimum se débrouiller. Mais ce n'était pas souvent l'avis des hommes du continents et bien qu’Émeraude semblait persuadée de la réaction positive du futur époux de Miranda, Sargon l'était moins.

     ▬ L'intérêt ? Au moins elle ne pourra pas juger de leur performance. Tu sais, les chevaliers prônent la fidélité et toutes les « qualités » de ce type, je ne serais pas étonné que son mari arrive aussi ignorant qu'elle à sa nuit de noce. C'est à se demander comment ils parviennent à faire des enfants. Même s'il existait aussi des hommes qui ne connaissaient pas le sens du mot « fidélité » cependant. Au pire des cas, si elle se fait répudier à cause de toi elle pourra toujours devenir religieuse, j'espère qu'elle est croyante. »

     Le tout était d'infiltrer le doute dans ses pensées, une manière d'ébranler un peu l'assurance dont elle pouvait faire preuve de manière à ce que ses décisions futures ne soient jamais prises avec une totale confiance. Peut-être que cela allait l'aider à convaincre Émeraude de l'écouter lui plutôt que de céder aux éventuelles tentatives d'Helya. Au fond, il n'avait aucune preuve pour étayer ses doutes, mais son assurance en la trahison innée des femmes était presque inébranlable. Visiblement la Lysienne s'imaginait qu'il comptait imposer de nombreuses naissances à sa future épouse et se rebellait à sa manière contre cette idée. Que dirait-elle si elle apprenait qu'il n'aurait plus l'intention de la toucher dès lors qu'elle aurait mis au jour l'héritier qu'il attendait tant ? Une chose était sûre : la jeune femme ne savait plus réellement comment s'y prendre et elle semblait inquiétée par l'idée que quelqu'un puisse saisir des bribes de leur discussion. Il hésita un bref instant, gardant sa main posée sur la poignée. Au final, après un bref moment de silence, le Fer-né se pencha vers elle, suffisamment proche pour qu'elle seule puisse entendre le murmure qui sortait de ses lèvres.

     ▬ Je te rassure, je ne compte pas lui imposer de grossesses innombrables. Tout ce que je veux c'est mon héritier. Et même après elle n'aura pas besoin de ton remède parce que je ne la toucherai plus. Il se redressa alors. Pour le reste, nous en discuterons une autre fois. »

     Ce n'était pas son choix, c'était celui d'Helya. Elle l'avait clairement formulé lors de leur discussion à propos de ce mariage : dès lors qu'il aurait son héritier, la rousse regagnerait sa totale liberté et pourra se contenter de vivre sa vie à elle. Quant à lui, il serait aussi libre de ses mouvements et chacun ferait sa propre vie de son coté. C'était navrant dans un sens, mais ni Helya ni Sargon n'était taillé pour avoir une vie « sentimentale », alors les deux ensemble....

     Après cette brève incartade, le jeune homme se détourna de sa femme-sel pour appuyer sur la poignée et ouvrir la porte. Il pénétra dans la pièce en jetant un regard autour de lui et constata que les environs étaient vides. Son cousin ne devait pas être très loin pourtant, il passait toutes ses journées ici. Peut-être même qu'il aurait la malchance de rencontrer sa si charmante cousine qui venait parfois se pavaner ici lorsqu'elle ne savait pas comment occuper ses journées. Déjà d'exécrable humeur, le Fer-né espérait que ces rencontres lui seraient épargnées. Son attention se reporta finalement sur Émeraude qui se tenait non loin de lui. Sargon prit soin de fermer la porte avant de se rapprocher de la jeune femme. Il avait bien remarqué le trouble qu'elle avait eu lorsqu'il l'avait touchée juste avant et en ajoutant cela à son mouvement de recul la première fois, peut-être que ce n'était pas tant lui le problème. Peut-être qu'elle n'aimait juste pas que l'initiative ne vienne pas d'elle. Tout comme lui. Si chacun refusait que l'autre fasse le premier pas, ils n'étaient pas sortis de l'auberge. S'arrêtant de manière à empiéter dans sa « sphère privée » – à comprendre à moins d'une longueur de bras d'elle – il baissa la tête pour la regarder.

     ▬ Et dans quel rayonnage est-ce que tu aimerais commencer ton nettoyage ? Celui des ouvrages sur la médecine ou la botanique ? Tu l'as peut-être remarqué, il n'y a pas grand-chose qui pousse sur nos îles. Une pique destinée à souligner qu'il n'oublierait pas ce sujet jusqu'à leur prochaine discussion privée. Dis-moi, que sais-tu faire d'autre à part tenir compagnie aux hommes ? Tu dois bien avoir appris quelque chose qui puisse te servir lorsque tu ne seras plus en âge de dispenser ce genre de plaisir non ? Il s'éloigna alors d'elle pour promener son regard mordoré sur les ouvrages soigneusement rangés. As-tu déjà rencontré du monde à Dix-Tours ? »

     Il pensait surtout à une personne, à un nom. Gabriel. Même avec la fin de la guerre, ses rapports avec son demi-frère restaient agités et le Harloi se demandait si la jeune femme avait eu vent de quoi que ce soit à ce propos. Étant donné que c'était de notoriété publique, il pourrait au moins savoir quel degré d'intérêt Émeraude portait aux ragots.


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Message Jeu 12 Sep 2013 - 8:35



    Pour une Lysienne, les informations données au compte-goutte par le Fer-Né semblaient ridicules. Elle ne comprenait pas cette volonté des continentaux de brider leurs instincts primaires à ce point. Il n'y avait aucun mal à prendre du plaisir dans un lit, surtout si ce lit était conjugal, n'est-ce-pas ? Non, décidément, la jeune femme peinait à saisir les nuances et les pratiques habituelles de l'Ouest d'où venait Miranda. Ce dont elle était sûre, c'est qu'elle avait fait ce qu'elle pensait être juste et qu'elle ne laisserait pas Sargon lui faire distordre l'esprit par ses insinuations. Pourquoi voulait-il tellement gâcher ses relations avec Miranda ? Elle était partie et Ema était restée, cela devrait lui suffire, non ? Et pourtant, Sargon semblait tout autant sur la défensive.

    Emeraude leva les yeux au ciel quand Sargon lui expliqua que les jeunes vierges ne pouvaient ainsi juger la performance de leurs époux … Des époux qui arrivaient vierges, eux aussi, au mariage. Mais qu'était-ce que ces mœurs du continent ? La jeune femme devait bien avouer être chamboulée par ces révélations. Visiblement, pas Sargon. Même si elle avait induit Miranda en erreur avec son époux, la jeune Lysienne avait la consolation de penser que son amie irait vers le lit conjugal le coeur léger … Et qui sait, son époux ne serait pas forcément un homme ignare et indigne de toucher la jolie Miranda. Du moins, Ema l'espérait de tout son cœur. « -Mais Miranda est vierge, Sargon ! Je ne lui ai rien fait … et toi non plus, je le sais ! Je lui ai juste expliqué qu'elle n'était pas obligée de voir cela comme un mauvais moment à passer. Son époux ne serait pas assez stupide pour ne pas voir son innocence, elle est marquée en lettres de feu sur son visage, dès qu'on la regarde d'un peu trop près ! ». Non, décidément, Emeraude n'approuvait pas les habitudes des continentaux. Et si il arrivait malheur à Miranda … Elle préféra ne pas y penser.

    Une nouvelle fois, une étrange émotion se peignit sur le visage de la jeune femme quand Sargon lui dit ne plus vouloir toucher son épouse une fois qu'elle lui aurait donné son héritier. Il allait donc laisser une jeune femme, seule, toute sa vie, après qu'elle eut enfanté ? Quelle horreur … Ema ne pouvait s'imaginer ce que ce serait de ne pas avoir d'amant jusqu'à la fin de sa vie. C'est pourquoi elle espérait toujours sentir ou ressentir chez Sargon un certain désir, qui la convaincrait que bientôt, sa couche ne serait plus vide. Las, pour le moment, la demoiselle n'avait malheureusement pas trop pu s'apercevoir d'un trouble quelconque chez le jeune homme qui semblait parfaitement maître de lui. Néanmoins, Sargon lui ayant fait comprendre que la discussion était close, Emeraude lâcha simplement un léger soupir où on pouvait percevoir la pitié qu'elle ressentait envers la future épouse de Sargon …

    Lorsqu'ils entrèrent dans la bibliothèque, un large sourire barra à nouveau les lèvres de la jeune Lysienne. C'était grand .. et cela semblait plus que fourni en ouvrages de tout ordre. Serrant ses chiffons contre elle comme une protection, la jeune femme fit un tour sur elle-même afin de tout pouvoir observer. Que c'était … fascinant. Elle pourrait y passer des heures, si Sargon le lui autorisait. Mais pour le moment, Ema comprenait qu'il n'était absolument pas l'heure de discuter de quoi que ce soit de ce genre. Une fois qu'elle eut fini de pivoter pour tout voir, la jeune femme se retrouva face à Sargon, qui la regardait avec un certain air qu'elle n'aurait pas pu définir. Se moquait-il d'elle ? L'amusait-elle ? La jeune femme n'aurait su le dire et elle n'essaya, à vrai dire, même pas de savoir.

    Pour le moment, elle aurait juste voulu partir à l'exploration de cet endroit, pourquoi pas en compagnie du Fer-Né, afin de voir si ses connaissances valaient celles de la Lysienne. Quand il prit la parole, Emeraude leva son visage vers le sien. Il était à la fois si loin et si proche et une nouvelle fois, la jeune femme sentit un trouble traître l'envahir et une légère rougeur monter le long de son corps jusqu'à son visage et sa poitrine. Pourquoi ressentait-elle cela, maintenant, dans la bibliothèque, alors qu'il se moquait visiblement d'elle ? Ema ne pouvait se l'expliquer...

    « -J'aurais aimé commencer par vos traditions et coutumes. Cela semble si différent de tout ce que je connais que cela pourrait m'être utile. Et puis, après, peut-être un livre qui parle plus précisément de l'origine des femmes-sel et du fer-prix -c'est bien ce mot-là?- parce que je suis concernée au premier chef. Avez-vous ce genre d'ouvrages ici ? Et sur l'histoire des Iles de Fer ? J'aimerais beaucoup en apprendre plus ! ». Son ton s'était emballé au fur et à mesure qu'elle avait parlé. Oui, véritablement, la jeune femme avait hâte d'en savoir plus sur tous ces sujets.

    La question sur ce qu'elle savait fit lever un sourcil à la jeune femme. Comment décrire en quelques phrases tout ce qu'elle avait appris ? Courageusement, elle essaya de résumer de façon convaincante. « -J'ai appris la Langue Commune, pour satisfaire les continentaux mais aussi parce que les femmes de Lys, lorsqu'elles ne sont plus assez jolies pour rester courtisanes, peuvent devenir des formatrices. Le continent en cherche beaucoup. Et je sais également compter et tenir les comptes d'un établissement. Je crois que mon ancien maître voulait que je m'occupe de sa maison des plaisirs, lorsque j'aurais vieilli et que lui aussi. En fait, je suis aussi suffisamment cultivée pour devenir une concubine. Enfin, je l'aurais été, disons. » Car maintenant, la jeune femme ne risquait plus de voir cela arriver. Elle se demandait quelle serait la réaction de Sargon. « -Alors si tu as besoin de mon aide, pour certaines choses ici, je serais ravie de le faire ! ».

    Qui avait-elle rencontré à Dix-Tours ? Pas grand-monde, ils étaient arrivés il y a très peu de temps … La jeune femme avait tout juste eu le temps de saluer une autre femme-sel. « -J'ai rencontré la responsable des domestiques, quelques servantes et aussi, une autre femme-sel, mais pas celles de ton oncle. Nous n'avons pas trop eu le temps de discuter, je ne sais même pas à qui elle appartient ni d'où elle vient ! Elle m'a juste parlé de sa sœur … Tu vois qui cela peut être ? Elle a l'air très gentille.». Emeraude espérait s'en faire une amie rapidement, même si elle n'avait pas vraiment eu le temps de discuter avec elle encore, elle voyait bien qu'elles pourraient s'entendre. Et maintenant qu'elle vivait à Dix-Tours … « -Est-ce qu'il y a des personnes que je dois voir ou ne pas voir, Sargon ? C'est pour ça que tu me demandes ? Ne t'inquiète pas, je n'irais pas déranger ton oncle ou ta famille ! ». La jeune femme pensait sincèrement bien faire. Mais serait-ce le cas ?

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Message Jeu 12 Sep 2013 - 14:37

     Émeraude avait l'air convaincue que Sargon n'avait pas posé la main sur la délicate Miranda. C'était un fait, une vérité même, cependant le Fer-né se demandait bien ce qui pouvait convaincre la jeune femme à ce point. Il n'était pas idiot et savait parfaitement que l'on pouvait deviner si deux personnes avaient partagé des moments intimes, il suffisait de regarder le comportement qu'ils avaient. Mais Émeraude ne les avait jamais vus ensemble, puis même si la continentale avait juré haut et fort qu'il ne l'avait pas approchée, cela ne restait que des mots. Les paroles ne valaient jamais des preuves. Il décida toutefois de ne pas interroger la belle sur ce point, pas pour le moment du moins, ce serait une question à glisser plus tard.

     La Lysienne avait rapidement trouvé ses marques dans la vaste bibliothèque et le Fer-né devinait le désir qui l'habitait : pouvoir passer tous ces lieux au crible et découvrir quels secrets il recelait. Lui n'avait jamais éprouvé de grand intérêt pour ces lectures, même s'il usait de l'écriture lorsqu'il devait entrer en contact avec ses liens du continent, le capitaine n'aimait pas perdre son temps à potasser des ouvrages écrits par des personnes déjà mortes depuis des années. Non, le jeune homme préférait apprendre ce qu'il savait en le pratiquant ou en discutant avec quelqu'un qui serait déjà en possession de ce savoir. L'intérêt qu’Émeraude avait pour la culture des Fer-nés était une bonne chose, bien que le Harloi s'imaginait qu'elle apprendrait plus rapidement en étant mêlée aux autres habitants des Iles de Fer. Sargon adopta une expression de réflexion pendant quelques instants. Qui donc pourrait avoir envie d'écrire sur les Iles de Fer ? Certainement pas ses habitants, ils n'en verraient pas l'intérêt. Le jeune homme avait cru entendre parler d'un mestre qui servait à Dix-Tours – bien longtemps avant sa naissance – et qui avait regroupé certaines traditions de leur peuple dans un ouvrage. Quant au nom.... ce n'était pas le type d'informations qu'il retenait dirons-nous. Son regard s'égara vers les rayonnages débordant presque de parchemins, tous rangés avec un soin évident. Il haussa finalement les épaules et regretta aussitôt ce geste en ressentant un élancement au niveau de sa blessure. Retrouvant son air habituel, il répondit.

     ▬ Je crois que tu dois pouvoir trouver quelque chose d'intéressant là-bas. Ce n'est pas écrit pas des Fer-nés par contre... Comment dire, nous ne sommes pas vraiment de grands écrivains. C'est un mestre qui servait ici il y a bien des années. Je ne me souviens plus du titre, mais tu trouveras facilement, il n'y a pas dix ouvrages comme ça. »

     Les traditions... Il s'en moquait comme d'une guigne ! Le jeune homme reporta son regard sur la donzelle qui répondait alors à sa question concernant ses autres qualifications. Sargon avait bien du mal à voir une courtisane devenir quelqu'un d'important, il avait pourtant déjà été à Lys et s'était laissé charmer par ses belles femmes. C'était peut-être de là qu'il gardait une pareille méfiance à l'égard des femmes de ce peuple d'ailleurs. Ce qu'elle savait faire semblait intéressant, même si pour le coup sa position de simple noble ne lui offrait guère la possibilité de donner du travail d'ordre intendant à la jeune femme. D'un ton plus détendu que précédemment, le Harloi lâcha quelques mots.

     ▬ Peut-être que tu pourras te rendre utile plus tard, mais je n'ai aucune place dans cette maison, je n'ai pas à me mêler des comptes et du reste. On ressentait une légère contrariété sur la fin de sa phrase. Cela dit, si ma prochaine épouse est aussi frigide que je le pense, tu pourras peut-être lui donner quelques conseils à elle aussi. Il s'autorisa même un léger rire comme si l'idée était saugrenue. Quoique, mieux vaut éviter cette idée. Elle pourrait t'abîmer ce serait dommage. Il chassa cette idée d'un geste de la main. Tenons-nous en à ton rôle actuel pour le moment, sauf si tu juges nécessaire de me donner quelques conseils parce que je ne serai pas à la hauteur de tes attentes. Je sais que tu as vu passer beaucoup de monde. »

     Un compliment et une pique d'un même coup. Elle était trop bien pour se faire abîmer et il comptait bien profiter de ses faveurs un jour, mais il lui rappelait tout de même qu'elle avait été une catin. Même si ce terme ne vexait pas Émeraude, dans la bouche de son nouveau maître, il sonnait comme une insulte et c'était tout ce qui importait pour lui. Aux yeux du capitaine de la Veuve Salée, laisser transparaître ses émotions et ses désirs était une grave erreur. Les autres en profitaient alors pour vous abuser en vous faisant miroiter ce que vous désiriez. En restant de marbre face à la belle jeune femme – qui ne le laissait pas indifférent bien entendu – il se débrouillait pour essayer de lui ôter les seules armes qu'elle maîtrisait parfaitement.
     Ce fut alors qu'elle parla de ses rencontres. De Séraphine, la femme-sel de Gabriel. Leur dernière rencontre avait été plutôt... animée et pendant un bref instant, le jeune homme se demanda si la blonde pourrait médire à son propos. Certainement pas, elle avait trop peur de lui. Du moins, il l'espérait. Lorsque le sujet de la famille du Harloi fut abordée, il ne parvint pas à s'empêcher de réagir. Une crispation, même légère, mais suffisamment visible pour qu'elle n'échappe pas à la courtisane. Après une profonde inspiration, le Fer-né tenta de répondre d'un ton léger.

     ▬ Je la connais oui, Séraphine si je me souviens bien. Elle vient d'Ibben, là où ils chassent les baleines. Elle est un peu idiote et très naïve, mais elle est suffisamment jolie pour avoir réussi à attirer l'attention. Ce n'était pas très aimable comme analyse, mais peu lui chalait. Le capitaine porta son attention sur Émeraude. Elle appartient à un dénommé Gabriel. Tu devras t'en méfier. C'est le fils d'une femme-sel de mon père et sous prétexte que sa mère à écarter les cuisses pour mon géniteur, il s'imagine que ça fait de nous des frères. Mais détrompe-toi, ce n'est qu'un bâtard doublé d'un traître, dès qu'il en aura l'occasion il essayera d'abuser de ta confiance, alors méfie-toi de lui. Et de sa femme-sel aussi. Il soupira. Je suis certain qu'il est amoureux d'elle. »

     Il avait prononcé ces mots sur le ton du reproche, laissant entendre qu'un tel sentiment était forcément mauvais. C'était le cas. Gabriel était trop sentimental, il s'imaginait que le sang qu'ils partageaient pourraient faire d'eux des frères. Même si leur relation avait un jour été au beau fixe, elle s'était largement dégradée depuis. Sargon avait parlé de son demi-frère comme d'un bâtard, pourtant ce qu'il avait dit à Émeraude concernant les enfants des femmes-sel montrait bien que ce n'était pas le cas. Mais là, ce n'était pas sa logique qui parlait, juste son ego.
     Maintenant que la tension était retombée, il lâcha la question qu'il avait eue à l'esprit quelques instants plus tôt.

     ▬ Et comment sais-tu que je ne l'ai pas touchée ? »

     Il parlait de Miranda bien entendu.


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Message Jeu 12 Sep 2013 - 17:24



    La question était maintenant pour la jeune femme de savoir si, oui ou non, Sargon allait faire l'effort de l'aider à trouver ce qu'elle cherchait dans cette bibliothèque. Ema ne savait même pas si le Fer-Né appréciait cet endroit et y venait régulièrement. Si ce n'était pas le cas, la jeune femme avait été un peu stupide de lui demander de l'aide sur certains sujets spécifiques. Emeraude était partie du principe qu'elle passerait un excellent moment dans cet endroit, mais si Sargon détestait la bibliothèque et la lecture … Alors il serait capable de lui rendre son moment ici impossible. Patiemment, la jeune femme attendait de voir la réaction de Sargon. Elle ne le quittait pas des yeux, comme si elle pensait que plus elle le regardait et plus elle en saurait sur lui et sur ses intentions. La Lysienne le vit donc sursauter en bougeant son épaule et elle soupira. « -Vraiment, Sargon, tu devrais me laisser regarder ton épaule ... ». Le ton était plutôt doux, mais la jeune courtisane trouvait stupide de souffrir alors qu'elle se savait en mesure de le soigner.

    Toutefois, bien vite, Sargon enchaîna sur un sujet qui plut beaucoup à la jeune femme. Il indiqua un endroit de la bibliothèque où elle devrait pouvoir trouver un livre sur le sujet qui l'intéressait énormément. Elle hocha donc la tête avec plaisir. Dès qu'il la laisserait aller voir, elle éplucherait les différentes étagères jusqu'à tomber sur l'ouvrage qui convenait à sa curiosité. Ainsi, elle serait peut-être plus en mesure de comprendre les Fer-Nés et leurs habitudes. Et un petit peu Sargon aussi … Car la jeune femme était encore et toujours décidé à en savoir plus sur cet homme. Il l'intriguait, sincèrement. Elle ne savait pas pourquoi, mais il y avait quelque chose en lui qui faisait qu'elle se sentait obligée de faire des efforts pour qu'ils se connaissent mieux. Et ce n'était pas seulement parce qu'elle allait devoir vivre avec lui et à sa merci. Il y avait autre chose … Mais Ema ne s'en rendait pas totalement compte, elle pensait surtout agir pour le mieux. « -C'est entendu, j'irais voir dans un instant. »

    Emeraude avait bien compris que le Fer-Né n'aimait pas quand elle le délaissait pour une autre tâche, alors elle décida de continuer à discuter avec le jeune homme tant qu'il ne souhaitait pas la laisser partir. La jeune femme ne savait pas d'ailleurs, quand elle aurait de nouveau pareille occasion, alors que se faufiler dans la bibliothèque était bien plus évident. Jetant un coup d’œil autour d'eux, Emeraude ne vit personne dans les environs proches. La bibliothèque était-elle vide ? Il semblait bien que oui. Leur conversation pouvait donc se poursuivre … Visiblement, Sargon n'avait rien à lui donner à faire, ce qui était bien dommage. La jeune femme aurait pourtant espéré qu'il aurait des tâches à lui confier, qui lui occuperait les mains et l'esprit, pour ne pas trop penser à sa nouvelle vie et à sa relation avec lui. Mais visiblement, ce ne serait pas le cas. Un peu déçue, la jeune femme laissa échapper un soupir qui indiquait ses regrets.

    Mais bien vite, le Fer-Né ré-attaqua. Comment ça ? Il voulait qu'elle enseigne à sa femme comment … ? Ema était un peu étonnée. Et surtout, elle ne comprenait pas pourquoi il ne se contentait pas de venir dans sa couche à elle, plutôt que de vouloir qu'elle apprenne à une autre ce qu'elle-même savait si bien faire. C'était incohérent, du point de vue de la jeune femme. Le rire de Sargon résonna à ses oreilles et Ema ne sut comment l'interpréter. Préférant attendre pour se prononcer, la jeune femme entendit une nouvelle fois Sargon essayer de l'insulter. Disant de rentrer dans son jeu, la Lysienne répondit de son ton clair et enjoué. « -Oh, tu sais, pour quelqu'un de la profession, j'ai eu un nombre relativement modéré d'amants. A quelques rares exceptions près, cependant, ils étaient plutôt doués. Mais … est-ce que tu ne préfères pas, toi aussi, les vierges ? Comme ce que tu disais à propos du fiancé de Miranda ? » Parce que si c'était le cas, la jeune femme craignait bien que Sargon n'apprécie pas ses manières au lit. Et ce serait dommage pour elle .. ; et pour lui. Même si bien sur, ils n'en étaient pas encore à cette étape de leur relation, la jeune femme avait compris à la main qui s'était posée dans son dos, plus tôt, que Sargon ne comptait pas totalement l'ignorer d'un point de vue charnel.

    La discussion sur la population de Dix Tours parut déranger quelque peu Sargon, qui expliqua qui était la femme-sel. Séraphine, c'était donc son prénom. Et Gabriel, celui de son Fer-Né. Très bien. Ema enregistra ces informations, tandis que Sargon continuait à lui expliquer comment cela se passerait pour elle sur ces Iles de Fer. Toutefois, elle fronça les sourcils. Il avait dit que les enfants de femme-sels était bien traité, qu'ils pouvaient se faire leur place. Et voilà qu'il traitait son propre frère de … bâtard. Le sang de Ema se glaça. Elle ne voulait pas de ce sort pour des futurs enfants et elle prendrait sa potion tant qu'elle le jugerait nécessaire. Elle avait soudainement pâli. « -Je ne comprends pas … Tu m'avais dit que les enfants des femmes-sel … » Emeraude ne termina pas sa phrase, un peu anxieuse. Si Sargon lui mentait sur des choses telles que celle-ci, le sort de la femme-sel allait devenir compliqué.

    Mais visiblement, c'était tout autre chose qui dérangeait Sargon. Comment savait-elle que Miranda était vierge -car elle supposait que c'était Miranda ? Quelle étrange question ! « -Oh, et bien, elle me l'a dit bien sur et puis, j'ai bien vu que c'était le cas à ses différentes réactions... Tu ne crois pas que ce soit le cas ? ». Emeraude, elle, n'en doutait même pas une seconde. Pire, la demoiselle ne s'était même jamais demandée si elle devait la croire ou non.  Pour elle, c'était clair. Miranda était purement innocente.
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Message Jeu 12 Sep 2013 - 19:11

     La jeune femme semblait avoir décidé de prendre des gants avec lui et c'était plutôt étonnant. Pour être franc, le Fer-né s'était plutôt attendu à ce qu'elle mette une distance entre eux et cherche à s'éloigner de son ire, mais elle cherchait plutôt à l'apaiser. C'était étrange. Ce n'était pas la manière dont agissaient les personnes proches du Harloi et c'était peut-être pour cette raison qu'il s'était toujours dit que le seul moyen de fuir sa mauvaise humeur était de lui tourner le dos. Son regard mordoré s'attarda sur le visage de la jeune femme alors qu'il se demandait quel degré de confiance il pouvait bien lui accorder. Allez savoir... Sa proposition de s'occuper de son épaule avait déjà été refusée par deux fois et pourtant, elle s'obstinait. C'était soit le signe de son envie de se rendre utile, soit qu'elle avait une idée derrière la tête. Dans les deux cas il pouvait regretter de donner une réponse positive, mais à quoi bon la sanctionner avant même de lui avoir laissé une chance de montrer de quoi elle était capable ? Après moult hésitations, il lui concéda finalement une chance.

     ▬ Soit, puisque tu sembles si désireuse de te rendre utile, je te laisserai y jeter un œil lorsque nous en aurons le temps. »

     Peut-être pas avant quelques temps s'il mettait aussi longtemps à revenir la voir cette fois-ci, mais au moins faisait-il l'effort de lui accorder le bénéfice du doute. Le Fer-né avait beau avoir un caractère épouvantable, il n'en était pas pour autant totalement buté. Comme toute personne, le jeune homme avait ses bons moments et bien que leur discussion avait débutée sur une note plutôt négative, le comportement d’Émeraude améliorait grandement la situation. Finalement, sans même s'en rendre compte le Fer-né se laissait prendre au jeu de la demoiselle. Il s'imaginait qu'en faisant mine de rester de marbre face à elle il n'entrait pas dans ses combines, mais elle s'y prenait autrement.

     Comme le sujet de la virginité des continentales revenait une fois de plus, la Lysienne répondit aux questions de son maître d'un ton enjoué. Visiblement ses amants n'étaient pas aussi nombreux qu'il l'avait imaginé, mais tout était relatif. Pour un homme qui vivait sur une île où les femmes potables étaient peu fréquentes, parler de nombreux amants n'avait peut-être pas la même valeur que pour une personne qui voyait défiler quotidiennement des potentiels partenaires. Un jour le capitaine avait entendu dire que certaines courtisanes Lysiennes particulièrement demandées réussissaient à avoir plus d'amants que l'on pouvait trouver d'habitants dans une région de Westeros. Bien sûr, c'était peu probable à moins qu'elle ne soit âgée de plusieurs siècles et qu'elle ait passé sa vie allongée sur le dos, mais c'était une bonne manière de se faire une idée du nombre de clients que ces femmes pouvaient voir défiler.
     La question que la jeune femme lui posa alors eut le mérite de le surprendre. Il afficha clairement sa surprise avant d'arborer un sourire amusé en secouant la tête en signe de dénégation. Non, les goûts du capitaine n'étaient pas comparables à ceux d'un homme du continent.

     ▬ Je n'aime pas les ingénues, je n'ai jamais vu d'intérêt à exiger d'être le premier. Pour être franc, je préfère encore les femmes plus âgées, même si elles sont souvent moins belles, au moins ne rougissent-elles pas à la première allusion que je leur fais. Il s'éloigna de la jeune femme, approchant d'une table et de ses sièges non loin de là. Pourquoi, tu commençais à t'inquiéter à l'idée que je puisse ne pas m'intéresser à toi à cause de ton expérience en la matière ? Repoussant quelques ouvrages, le Fer-né finit par s'installer sur une chaise en prenant garde à laisser son épaule blessée du côté le moins encombré. Mieux valait éviter de se cogner accidentellement. Tu sais, sur ces îles les hommes ne sont généralement pas très regardants sur les femmes avec qui ils passent leur temps. Mais il lui avait assez souvent répété qu'il n'était pas comme eux. Et toi donc, tu dois bien avoir certaines préférences malgré le fait que tu n'avais pas forcément le choix du client j'imagine. »

     Sa question avait peut-être de quoi surprendre, mais au fond, il était légitime qu'il s'interroge sur les attirances de celle qui était censée devenir son amante. Bien des Fer-nés ne s'en souciaient pas et imposaient leur présence aux femmes qu'ils capturaient, mais Sargon n'avait jamais éprouvé le souhait d'en passer par là. Enfin si, une seule fois, mais c'était par pure vengeance qu'il avait décidé de briser l'avenir d'une jeune femme. Émeraude n'entrait pas dans ce type de plans, elle n'était qu'une domestique pouvant potentiellement devenir plus si le courant passait bien entre eux. Il l'avait dit, ses goûts étaient très simples, plus que ceux des continentaux même.
     Sargon nota toutefois l'inquiétude qui traversa le visage de la demoiselle lorsqu'elle déclara ne pas comprendre ce qu'il voulait dire à propos de son demi-frère. Visiblement elle s'inquiétait pour son statut. Il inspira doucement.

     ▬ Ce n'est pas un enfant illégitime. Ce n'est qu'un roturier lié à notre maison. Mais il s'imagine être au même niveau que moi et pouvoir prétendre à l'héritage de notre famille alors qu'il n'en porte même pas le nom. Son regard se posa sur la jeune femme. Ce n'est qu'un imbécile trop ambitieux, rien de plus. »

     Ces explications devaient normalement rassurer la jeune femme, à moins qu'elle ne comprenne pas ce qu'il voulait dire. Le capitaine détourna son attention d’Émeraude pour se concentrer sur les ouvrages posés à ses côtés. Rien de bien intéressant. Son regard les quitta rapidement tandis que la Lysienne expliquait ce qui l'avait poussée à se forger cet avis sur Miranda. La question qu'elle lui posa ne manqua pas de le faire rire.

     ▬ À la manière dont elle se crispait chaque fois que je l'approchais ou que je la touchais, si je n'en doute pas une seule seconde, elle est aussi vierge qu'il est possible de l'être. Il tourna la tête vers elle. Mais tu ne devrais pas croire ce que les gens te disent sur parole, elle pouvait aussi bien rougir par honte en songeant à ce qu'elle avait perdu. Même si c'était peu probable. C'est à ce moment qu'il décida de lâcher un peu la bride à la blonde. Tu peux aller chercher ton livre si tu y tiens tant. »

     Une preuve de ce qu'il avait dit lors de leur première discussion : il ne refusait jamais de récompenser les personnes qui se comportaient correctement avec lui. Visiblement la belle avait trouvé le mode d'emploi, il ne restait qu'à espérer qu'elle sache comme l'employer jusqu'à obtenir tout ce qu'elle attendait.


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Message Jeu 12 Sep 2013 - 20:04



    Enfin, Sargon avait cédé. Même si Emeraude ne pouvait pas en deviner la raison, le jeune homme craignait visiblement beaucoup la trahison féminine et avait du mal à lui faire confiance. Mais peut-être que si elle se montrait suffisamment douce, attentive et présente, au fil du temps, il accepterait l'idée qu'elle n'allait pas le trahir à chaque instant. Oh, cela semblait une tâche malaisée et la jeune femme n'était même pas sûre d'être capable de la mener à bien. Mais l'espoir, malgré tout, subsiste et c'est un premier pas vers une autre réalité pour la Lysienne. Même si elle a eu bien du mal à obtenir gain de cause, elle a tout de même réussi et c'est une belle victoire. D'autant plus que la Lysienne n'a aucune mauvaise intention, elle espère juste soulager le Fer-Né de la douleur qui l'habite, par quelques pommades et baumes. Souriante, Ema hocha donc la tête, quand il accepta sa proposition après la troisième tentative. Finalement, elle devrait sans doute toujours persévérer, pour pouvoir obtenir ce qu'elle souhaitait, avec Sargon. Comme pour lui prouver qu'elle voulait sincèrement quelque chose et qu'elle ne cachait pas de mauvaises intentions. Bien, elle saurait s'en souvenir.
    « -A ton aise, Sargon. »
    Elle avait failli ajouter que plus il tardait, plus il aurait mal, mais après tout, il était assez grand pour le savoir tout seul et Emeraude n'avait pas envie de l'agacer plus que nécessaire. Un pas après l'autre. Plus tard, il accepterait peut-être quelques uns de ses conseils ou l'une ou l'autre de ses propositions. Mais ce n'était pas encore le cas pour le moment. La jeune courtisane devait faire preuve de beaucoup de patience et accepter que celle-ci ne soit pas toujours récompensée. Un long chemin en perspective pour la jeune femme. Mais elle y arriverait. La Lysienne venait de prouver que si elle agissait avec suffisamment de prudence et de doigté, elle réussirait à s'entendre avec son terrible Fer-Né. Et dans ce cas-là, il ne serait pas trop difficile d'être sa femme-sel. Ema n'avait finalement pas besoin de tant de choses que cela. Un peu d'attention, autant physique que psychologique, de quoi s'occuper … Elle ne demandait pas grand chose de matériel -même si elle appréciait, il était certain, les beaux objets comme les beaux tissus. Mais là ne se situait pas l'essentiel.

    L'essentiel était plutôt dans le sourire de Sargon, qui signifiait qu'il n'appréciait pas plus que cela les vierges. Rassurée, Emeraude put se détendre à nouveau et laisser, même, son regard pétillant se fixer dans celui du Fer-Né. Ainsi, elle ne le rebutait pas par son expérience et son passé ? Si Emeraude n'en avait pas honte, elle aurait trouvé fort dommage toutefois, que tout cela la prive de la présence d'un homme comme Sargon, qu'elle soupçonnait d'avoir un fort pouvoir de séduction sur elle, si il s'en donnait les moyens. Oui, Ema était quasiment certaine qu'il lui faudrait un rien pour basculer sous Sargon et se laisser emporter vers d'autres songes. Le laissant s'asseoir, Ema se fit en face de lui, restant debout. Pour une fois, elle était plus grande que lui et le surplombait. Cela changeait sincèrement leur relation et Ema s'en amusait.

    « -Disons que je trouverais dommage que tu refuses de prendre ton plaisir avec moi juste parce que j'ai connu d'autres hommes … Quant à mes préférences ... » La jeune femme ne savait quoi lui dire. Y avait-elle seulement réfléchi. « -Je ne sais pas exactement ce que j'aimais auparavant mais je sais que désormais, c'est toi qui me plaît. » Disait-elle cela car elle savait qu'elle n'aurait plus l'occasion de coucher avec d'autres hommes, maintenant qu'elle était sa femme-sel ? Non, pas vraiment. Emeraude le disait car elle le pensait. « -Tu disais que je ferais des choix de femme libre... C'est un de mes premiers. Je crois pouvoir dire que tu me plais vraiment, Sargon. ». Faire des avances directes au Fer-Né, dans une bibliothèque n'était peut-être pas le plus efficace. Surtout que la jeune femme avait bien compris que Sargon ne voulait pas tellement lui laisser l'initiative dans ce domaine. Mais après tout, elle avait promis d'être sincère et ne mentait pas … Elle commençait sincèrement à avoir besoin de voir qu'elle plaisait et aussi, d'être touchée par quelqu'un. Pas forcément sexuellement, mais le simple contact humain la revigorait toujours. Et Sargon en était plutôt avare.

    Heureusement, le sujet de conversation dévia plutôt sur Gabriel et Séraphine et Ema essaya de comprendre ce qu'il en était exactement. De ce qu'elle avait perçu dans la réponse de Sargon, il détestait personnellement son demi-frère, mais ce n'était pas en raison de sa naissance. Mais elle voyait tout de même que ses propres enfants ne seraient jamais bien vus comme ceux que Sargon aurait avec cette femme qu'il appelait sa garce. Non, décidément, plus elle y pensait, plus la jeune femme se convainquait qu'elle devait trouver de quoi préparer sa potion contraceptive. Elle décida de ne pas répondre suite à ces explications, décidant d'en apprendre plus par elle-même, plus tard.
    Le sujet de Miranda était bien plus intéressant, du point de vue de Emeraude. Ainsi, lui aussi avait perçu cette gêne et cette innocence chez son amie ? Ema en avait parfois été déconcertée, d'autres fois, émue. C'était pour elle surprenant, de ressentir cela face à une jeune femme comme Ema. L'avertissement de Sargon la surprit … Elle n'aurait pas du croire Miranda. « -Je sais que tu es méfiant, Sargon, mais dans ce domaine, je crois que je reconnais une femme innocente d'une femme honteuse... ». Oui, il pouvait au moins lui faire confiance sur ça. Après tout, c'était sa spécialité, non ?

    Et puis soudain, ce fut la liberté. Avec l'impression de sortir de sa cage, Ema lança un grand sourire à Sargon, qu'elle laissa sur sa chaise, pour partir à la recherche de ce manuscrit dont il lui avait parlé, écrit par un Mestre. La jeune femme fureta plusieurs minutes, tombant sur différentes lectures, avant d'enfin trouver l'ouvrage qui explicitait la vie des Fer-Nés. Revenant vers Sargon avec le parchemin, la jeune femme hésita une seconde avant de tirer une chaise pour elle aussi. Elle comptait s'asseoir ici pour lire plus en détail tout ce que contenait le manuscrit. Mais était-ce bien malin de le faire sans inclure Sargon. « -Si je le lisais à haute voix, tu pourrais peut-être me commenter ces écritures et rétablir quelques vérités si cela est nécessaire ? ». Un sourire engageant s'accrocha sur le visage de la jeune femme, qui espérait sincèrement pouvoir le convaincre de participer. Ce serait bien plus divertissant ainsi !

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Message Jeu 12 Sep 2013 - 21:36

     Sargon contemplait la jeune femme alors qu'elle faisait le choix de rester debout. Ce n'était pas très surprenant, malgré la taille relativement normale du Fer-né, il restait bien plus grand que la donzelle qui devait forcément ressentir une sorte de domination à pouvoir le regarder sans lever les yeux. Il voulait bien le lui concéder, pour une fois. La Lysienne lui fit alors savoir qu'elle aurait trouvé dommage qu'il la refuse parce qu'elle aurait été avec d'autres hommes avant lui. Dans un sens, si tel avait été le cas, le Fer-né ne l'aurait tout simplement pas gardée pour son usage personnel. Sur le pont du navire qui la transportait il avait compris qu'elle était une courtisane et qu'elle avait donc dû connaître de nombreux amants. S'il avait souhaité une pucelle, Sargon l'aurait confiée aux bons soins de son marin le plus fidèle qui lui, n'avait que faire du nombre de partenaire des femmes qu'il côtoyait. En vérité, il se moquait même de leur âge ou de leur beauté, du moment qu'elles étaient des femmes, le reste n'avait que peu d'importance à ses yeux ! Le Harloi était tout de même plus regardant, bien que son intérêt ne s'arrêtait pas à des critères physiques. Il préférait se pencher sur le caractère de la femme.

     En ce qui concernait ses goûts, Émeraude sembla plus hésitante. Peut-être qu'elle n'avait jamais jugé de ce qu'elle appréciait ou détestait après tout ? Si elle avait été élevée dans l'idée qu'elle ne choisirait jamais ses partenaires, ce n'était pas si surprenant. Lorsque la belle lui fit savoir qu'il entrait dans ce qu'elle aimait en tant que femme libre, le jeune homme ne laissa rien paraître. Était-il heureux ? Déçu ? Pour être franc, à l'heure actuelle Sargon ignorait encore s'il pouvait ou non faire confiance à Émeraude. Elle pouvait tenter de le caresser dans le sens du poil pour qu'il se montre conciliant avec lui, ou elle pouvait aussi bien être honnête. La vanité du Harloi le persuadait qu'il était au goût de la plupart des femmes, mais il n'était pas aveugle au point d'ignorer que certaines femmes ne le trouvaient pas séduisant. C'était une chose qu'il acceptait et qui ne lui importait pas tant au final. Cela dit, il était toujours agréable d'entendre des paroles comme celles de la femme-sel, qu'elles soient honnêtes ou non. Il finit par hocher la tête, un sourire léger flottant sur ses lèvres.

     ▬ Et bien tant mieux. Ça aurait été dommage que tu sois dégoûtée par le seul homme qui a le droit de te toucher. Une petite pique pour lui faire comprendre qu'il ne prêtait pas entièrement foi à ce qu'elle venait de dire. Mais à force, la demoiselle finirait par s'y habituer. Et tu sais, ce n'est pas parce que je suis un homme possessif que j'exige d'être le seul. Tu aurais aussi bien pu être l'amante de tous les hommes de Lys que je m'en moquerais. Du moment que tu n'en as pas d'autre sur ces îles, je n'ai aucune raison d'être dérangé par ton expérience. Les règles étaient posées, même si la Lysienne le savait déjà. Au fond, je devrais même les remercier. C'est en forgeant que l'on devient forgeron, j'imagine que dans ton métier c'est la même chose. Tes qualifications doivent être à proportionnelles au nombre de tes amants. »

     Toujours est-il qu’Émeraude semblait étonnée de la réponse de Sargon concernant Miranda. Il était vrai qu'elle devait savoir faire la différence ente une femme qui mentait et une qui cherchait à cacher quelque chose. Cela dit, toutes les femmes n'étaient pas aussi mauvaises menteuses que la jeune femme, qu'en était-il des personnes capables de masquer leurs pensées sans problème ? Il ne rata pas l'occasion de la titiller un peu.

     ▬ Pour les femmes oui, mais sais-tu réellement reconnaître quelqu'un que tu laisses indifférent de quelqu'un que tu intéresses ? »

     Oui, il se posait la question : arrivait-elle à savoir ce qu'il pensait d'elle ? Sargon espérait bien que non, mais rien ne lui disait qu'elle n'était pas plus douée pour décrypter les expressions des gens que lui pour dissimuler les siennes. Mais elle lui laissa le temps de potasser la question en s'éloignant pour aller chercher son livre. S'en était presque étrange, qu'elle puisse se sentir aussi joyeuse simplement parce qu'elle allait pouvoir potasser un ouvrage, il ne la comprenait pas vraiment. Le jeune homme profita de ce moment de tranquillité pour laisser son épaule se reposer un peu en prenant appui sur l'accoudoir de son siège, puis lorsqu'elle revint vers lui, il se concentra sur elle. La proposition qu'elle lui fit alors avait de quoi surprendre. Elle tenait réellement à ce qu'il lui dise si tout était vrai ? Il n'était pas le meilleur Fer-né qui soit, loin de là. Cependant, il était vrai qu'il connaissait parfaitement les traditions. Hochant finalement la tête, il arbora une moue dubitative.

     ▬ S'il n'y a que ça pour te faire plaisir.... Son enthousiasme n'était pas vraiment palpable il fallait l'avouer. Les traditions de ces îles sont loin d'être aussi amusantes que tu as l'air de le penser. En fait elles sont mêmes très stupides à bien des égards et il se pourrait que tu n'en comprennes pas la moitié. Il soupira doucement. Les Fer-nés aiment faire compliqué à leur manière. Une brève pause s'installa avant qu'il ne change de position pour tendre la main en direction du parchemin qu'elle tenait comme pour l'empêcher de le lire. Mais laisse-moi te dire que tu risques d'être relativement déçue si tu espères trouver des choses qui te permettront de rendre ta vie ici plus facile. C'est plutôt le contraire, je n'ai pas envie que tu te ruines le moral juste pour ça. »

     Est-ce qu'il s'inquiétait pour son moral, ou simplement parce qu'il voulait être le seul responsable des changements d'humeur de la jeune femme. Mystère, le Fer-né n'ajouta pas la moindre explication et retira finalement sa main pour la placer devant lui. Libre à Émeraude de décider de ce qu'elle allait faire, c'était son rôle de femme libre après tout.


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Message Ven 13 Sep 2013 - 10:44



    Les paroles de Sargon rappelèrent encore une fois à Emeraude sa situation sur les Iles de Fer. Ici, elle ne pouvait appartenir qu'à un seul homme, le Fer-Né le lui avait dit … Sacré paradoxe pour une demoiselle qui avait été la femme de tant d'hommes au cours de sa jeune vie ! A dire vrai, la jeune femme avait envie de taquiner Sargon afin de voir si il montrerait une quelconque jalousie, si elle disait vouloir d'autres hommes dans son lit et dans sa vie. Mais elle hésitait, de peur de le braquer à nouveau et que tous les efforts qu'elle avait consenti jusque là soient inutiles. Le ton du jeune homme était moqueur et elle sentait bien qu'il essayait de lui envoyer quelques petites piques, l'air de rien. Était-ce en faisant l'amour qu'on devenait experte ? Emeraude ne savait pas quoi répondre à cela. Elle se demandait si Sargon attendait qu'elle rentre dans ce petit jeu ou si elle devait répondre avec sincérité. Finalement, à son habitude, Ema opta pour une réponse qui se voulait un brin taquine et provocante. « - Je serais ravie d'avoir ton compte-rendu sur mes performances, j'imagine ! » Un petit sourire mutin et un clin d’œil accompagnèrent les paroles de la Lysienne. Finalement, elle avait décidé de remettre à plus tard ces questions sur ce qui se passerait si elle en venait à apprécier un autre homme, sur ces Iles. Pour le moment, aucun ne lui avait plu comme Sargon, mais dans le future … Qu'en serait-il ? Mais Ema commençait à acquérir suffisamment de sagesse pour ne pas avoir envie de s'étendre sur ce type de questionnements. Après tout, peut-être n'aurait-elle jamais besoin à la réponse à cette question. Être la femme-sel de Sargon pourrait sans doute la combler, si elle parvenait à abattre entre eux quelques uns des barrières qu'il avait construit depuis qu'il l'avait rencontré. Du temps, de la patience... Voilà ce que devait se donner Emeraude. La question restait, pourtant … Comment se manifestait et se manifesterait sa possessivité à l'avenir ?

    La question de Sargon interloqua Emeraude. En vérité, la jeune femme avait toujours cru savoir quand elle plaisait à un homme : l'éclat du regard, le sourire entendu, les échanges discrets, le regard qui en dit long … Mais avec le Fer-Né, elle ne parvenait pas à se faire une idée certaines de ses pensées. Par moment, elle jurerait qu'il n'a aucun intérêt envers elle, puis l'instant suivant, elle sent son regard se poser sur elle et a l'impression que ce qu'il voit lui plaît. Non, décidément, Sargon venait de marquer un point : elle n'était pas capable de décrypter tous les hommes. « -En temps normal, je pense être plutôt douée à ce petit jeu... » Il fallait dire aussi que rares avaient les hommes à qui elle avait déplu. Physiquement du moins. « -Mais depuis mon arrivée ici, je dois dire que tu es difficile à cerner, Sargon ! ». Elle avait volontairement choisi de parler d'une arrivée et non d'une capture, d'un raid ou d'autres choses du même acabit, montrant par là que la jeune femme avait totalement accepté les faits.

    Le manuscrit serré contre sa poitrine, la jeune femme était revenue vers Sargon, dans l'espoir qu'il l'aide à appréhender cette culture qui était tout de même la sienne, quoi qu'il en dise. Il n'avait pas paru être ravi de sa proposition, mais il avait tout de même accepté et cela était suffisant pour la demoiselle. Ravie, elle lui fit un grand sourire et s'installa commodément sur la chaise. Elle allait commencer à lire quand un bras vint lui barrer la route. Assez étonnée, Emeraude laissa son Fer-Né finir de s'exprimer. Il ne voulait pas qu'elle perde le moral ? Mais au contraire, c'était en restant inactive et en attendant que la vie passe, qu'elle s'ennuierait profondément et s'étiolerait. La Lysienne rassura le Harloi d'un grand sourire. « -Oh, ne t'inquiète pas, je n'attends ni raffinement ni élégance de ce parchemin, je voudrais juste comprendre où je vais vivre... Merci de m'y aider, j'en suis touchée ! ». Sur ces quelques paroles, la demoiselle ouvrit le parchemin de ses mains qu'elle n'avait pas encore trop abîmées depuis son arrivée sur les Iles de Fer. Miranda ne l'aurait pas laissé faire et comme ils n'étaient sur Dix Tours que depuis hier, elle n'avait pas eu le temps de voir avec tristesse la douceur de ses paumes disparaître. Prenant une petite inspiration, elle commença à lire à l'attention de Sargon. «- Ces quelques pages sont écrites dans l'espoir de servir un jour à un étranger -comme je l'ai été- afin qu'il puisse comprendre et accepter sa vie sur les Iles de Fer. Venant du Continent, j'ai pu à ma guise durant les longues années au service des Harloi, assister aux différentes manifestations des traditions Fer-Nées. Tout d'abord, il me faut parler de l'importance des flots dans leur vie. En effet, la mer a un rôle central, ce qui semble assez logique puisqu'ils sont des insulaires.Cela se manifeste de différentes manières, tout autant par leur organisation sociale, liée aux capitaines qui ont le rôle de chefs sur ces Iles, mais également par leur dévotion à la Mer à travers le Dieu Noyé.». Emeraude prit une légère pause. Il lui semblait que Sargon lui avait déjà parlé du Dieu Noyé et la jeune femme se demandait ce qu'il pouvait avoir à en dire. « -Est-ce-que tu crois dans cette divinité maritime, Sargon ? Quels sont ses rituels ? ». La jeune femme n'avait pas vraiment de croyance divine. Elle avait été élevée avec des buts précis et l’inculcation d'une religion n'en avait pas fait parti. Néanmoins, elle ne se sentait pas très à l'aise avec tout ce qui relevait de ce genre de croyances et avait l'impression que les hommes étaient bien trop souvent sous la férule de choses qu'ils ne comprenaient pas, sans avoir besoin en plus, de rajouter ces croyances et mythes. Mais pour le moment, la jeune femme préférait attendre de voir quelle serait la réaction du Fer-Né, avant d'avancer elle-même une quelconque opinion. Après la réponse de Sargon, la jeune femme reprit sa lecture. « A sa naissance, chaque membre des Iles de Fer est immergé dans les eaux maritimes afin de devenir un membre à part entière et d'être présenté au Dieu Noyé. Il m'a également été donné d'assister à un autre type de rituel, concernant les religieux des Iles de Fer qui sont immergés, eux aussi, jusqu'à la noyade et avant d'être … ranimés et ramenés à la vie terrestre. ». La voix de Emeraude avait buté sur ces derniers mots. Obligeait-on vraiment ces religieux à se noyer ? Cela semblait bien cruel aux yeux de la jeune femme. Elle releva son regard vers Sargon, se demandant si il allait réagir à ce qu'elle avait lu. « -Est ce que je continue ? ». La question méritait d'être posée, selon Ema.
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Message Ven 13 Sep 2013 - 14:54

     Même s'il ne le montra pas, Sargon avait été plutôt satisfait de savoir que la jeune femme n'arrivait pas à savoir ce qu'il pensait d'elle, c'était la preuve qu'il n'était pas si mauvais à ce petit jeu. Pouvoir garder ses pensées et ses sentiments pour soi était une chose très importante aux yeux du Fer-né qui se sentait un peu moins sur la défensive après cet aveu. Finalement, sous ses airs de connaisseuses, Émeraude restait humaine et elle avait aussi ses faiblesses. Elle ne parviendrait pas à lire en lui comme dans un livre ouvert, le capitaine s'en était fait la promesse. Être taxé d'homme difficile à cerner était plus perçu comme un compliment que comme une critique aux yeux du Harloi. Après tout, qui était difficile à comprendre devenait ardu à décrypter et il était impossible – ou très compliqué – de prévoir les mouvements et décisions d'une pareille personne. C'était donc avec un sentiment de sécurité grandissant que le Fer-né accueillait ces aveux.

     Comme Émeraude se tenait devant son ouvrage si précieux, elle lui fit savoir qu'elle n'attendait pas à trouver de miracle dissimulé dans ces écrits, mais simplement quelques informations sur sa nouvelle demeure. Lorsqu'elle le remercia, le Fer-né se contenta d'émettre un semblant de grognement comme si la perspective d'être aimable le gênait. Elle se décida finalement à lire ce qui l'attendait ici, en faisant profiter le Fer-né qui connaissait suffisamment ces traditions pour avoir l'impression d'être en train de discuter avec son oncle prêtre. La question d’Émeraude au sujet du Dieu Noyé ne l'étonna guère et dans un sens, était parfaitement légitime. À leur époque, rares étaient ceux qui n'étaient pas croyants, heureusement pour la demoiselle, c'était le cas de son maître. Devant le silence de la jeune femme, il prit la peine de répondre.

     ▬ Non je n'y crois pas, ce n'est que des idioties pour permettre aux prêtres d'avoir une prise sur le reste du peuple, rien de plus. Il blasphémait, mais c'était devenu une seconde nature chez lui. Quant à ses rituels... Il y en a beaucoup trop pour tous les citer, mais entre-autre tu peux compter les sacrifices humains ou les noyades... Tout y est lié, c'est difficile de résumer. »

     Après ses paroles, la jeune femme reprit la lecture pour aborder un sujet qui risquait de la perturber plus que les autres. La noyade était l'un des rituels les plus fréquents, surtout au sein des familles comme la sienne. Même lui n'y avait pas échappé ! Avec un oncle prêtre du Dieu Noyé, le jeune garçon qu'il était avait grandi entouré de toutes ces choses. C'était d'ailleurs peut-être pour cette raison qu'il en venait à autant les détester ? En vérité, lorsqu'il regardait son passé de plus près, Sargon se rendait compte que tout ce qui en avait fait partie était devenu ce qu'il détestait à ce jour. Gabriel y comprit. Il soupira doucement, ne préférant pas s'attarder sur ce type d'analyse qui ne l'amènerait de toute manière à rien de bon. La manière dont Émeraude avait parlé de tout cela laissait penser qu'elle était perturbée par ce qu'elle venait de lire. Un léger sourire se dessina sur les lèvres du capitaine suite à la question de la donzelle.

     ▬ À toi de voir. Peut-être que tu en as assez pour aujourd'hui ? Tu dois déjà nous prendre pour des barbares j'imagine ? Il changea de position de manière à faire face à la jeune femme, la table les séparant simplement. Je sais que ça a l'air étrange comme tradition, mais c'est l'une des seule que j'approuve à peu près. La noyade est censée aider à différencier les Fer-nés dignes de leurs origines de ceux qui ne le sont pas. Si l'enfant ne survit pas à la noyade, c'est qu'il n'est pas fait pour vivre sur ces îles. La mer n'est pas une adversaire, c'est une alliée. Si tu as peur de te noyer, c'est que tu n'as pas compris comment fonctionnait les choses. Il avait beau ne pas être croyant, la mer restait sa première amante. Mais de nos jours, les noyades ne sont plus si fréquentes. La plupart des parents se contentent de faire asperger le front du bébé et il ne risque rien. Dans ma famille les enfants sont totalement immergés, mon oncle est un prêtre et il est.... très à cheval sur les traditions. »

     Il lui confiait pas mal d'informations et ce n'était pourtant pas dans ses habitudes. En temps normal, le jeune homme avait plutôt tendance à inviter les curieux à apprendre par eux-mêmes, trouvant cela bien plus divertissant. Mais quelque chose le poussait à parler cette fois-ci. Quoi ? Il n'en avait aucune idée, c'était comme ça voilà tout. Bougeant légèrement pour soulager la tension qui habitait son épaule, le capitaine plongea son regard dans les yeux verts de la jeune femme.

     ▬ Tu n'auras pas assez d'une vie pour apprendre toutes nos traditions tu sais. De toute manière, moi je ne les respecte pas. C'est bien pour cette raison que je suis aussi mal vu par les miens, ils n'aiment pas ceux qui sont capables d'enclencher leur cervelle pour ne pas croire aveuglément à une force divine. C'était ainsi qu'il voyait les choses du moins. Je crois que tu ferais mieux d'apprendre ça parmi nous. Même si tes intentions sont louables, je doute que tu aies appris ce que tu sais aujourd'hui en lisant des livres, non ? Le terrain reste le meilleur moyen pour tout apprendre. Sauf que contrairement à lui, Émeraude n'était pas protégée par son sang, elle n'était qu'une esclave. Sauf... sauf si tu as peur. Tu ne me fais pas confiance pour te protéger ? »

     Était-ce une question piège, ou la vérité ? Sargon n'avait encore jamais laissé entendre qu'il comptait la protéger, au contraire, mais il avait suffisamment démontré aujourd'hui qu'il était plus que versatile et que ses décisions pouvaient être prises sur un coup de tête. Enfin, c'était ce qu'il laissait croire, le capitaine avait décidé depuis longtemps à quel moment il prendrait la jeune femme sous son aile, le reste dépendait d'elle.


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Message Ven 13 Sep 2013 - 16:01



    Savoir que Sargon ne croyait pas dans les mêmes traditions et religions que les autres habitants des Iles de Fer était quelque chose que Emeraude ne savait pas comment prendre. Devait-elle se réjouir qu'il ne lui demande pas du coup, de suivre les rites de cette divinité, ou bien alors s'inquiéter ? Car il n'était pas si courant qu'un homme soit capable de se détacher à ce point des traditions religieuses existants. La jeune femme, toutefois, décida comme souvent, de prendre le bon côté des choses. Sargon n'essaierait pas de la noyer pour une quelconque raison. Ou en tout cas, si il le faisait, ce ne serait pas pour des raisons religieuses. Etait-ce réconfortant ? Pas tant que cela, car si il lui voulait du mal, la jeune femme savait qu'il n'aurait absolument aucune difficulté à la blesser de toutes les manières possibles, voire à la tuer, si il en ressentait le besoin. Qui pourrait lui en vouloir de se débarrasser d'une femme-sel que beaucoup jugeraient étranges ? La sécurité de la jeune femme n'était en rien garantie. Mais cela était un autre sujet et Ema revint plutôt à Sargon et aux Fer-Nés.

    Les sacrifices humains, les noyades … C'était vraiment des sujets que le jeune homme n'avait aucun problème avec le fait d'en parler. Alors que pour la jeune demoiselle, c'était extrêmement choquant de savoir cela. Des sacrifices humains ? Mais pourquoi faire souffrir l'humanité pour complaire à un Dieu ? La divinité n'était-elle pas quelqu'un de bon et de bienveillant ? C'était ainsi que la jeune femme avait toujours vu les divinités de Westeros, notamment les Sept, sur lesquels on lui avait appris quelques bases. Elle décida de poser la question à Sargon. « -Vous ne suivez pas les rites des Sept, dans ce cas, je suppose ? Mon instructeur m'avait parlé des Sept et je pensais qu'on les vénérait partout. ». Mais elle s'était trompée comme Sargon ne manquerait pas de le lui faire remarquer.

    Face à Sargon, elle avait attendu de voir sa réaction à sa lecture, étonnée de ce qu'elle avait pu apercevoir dans le parchemin. Ainsi, ils essayaient vraiment de noyer des humains, pour prouver leur vitalité ? Comme cela semblait fou et … incroyable. La jeune femme avait l'impression qu'un monde inconnu s'ouvrait devant elle, fait de rites et de mythes dont elle n'avait aucune idée. Emeraude devrait apprendre, pour ne pas sembler être idiote. Peut-être que Séraphine, qui était là depuis plus longtemps qu'elle pourrait l'aider ? Ema se promit d'en parler avec la femme-sel de Gabriel, dès qu'elle en aurait l'occasion. Elle avait retenu sa respiration pendant la première partie de l'explication de Sargon et lorsqu'il dit que cela ne se faisait plus guère, la jeune femme se sentit bien mieux. Elle n'avait aucune envie que ses enfants -oui, elle revenait toujours à ce problème, ne sachant toujours pas si elle allait trouver de quoi se faire une potion contraceptive- soient noyés pour qu'on vérifie leur vitalité.

    « -Est ce que tu as été immergé, toi aussi ? Et … Sargon … Je ne serais pas obligée d'être noyée, n'est-ce-pas ? ». Ce n'était pas de la panique dans sa voix, mais c'était une note de frayer, ça c'était certain. Emeraude imaginait ce qui pourrait arriver. Elle n'avait pas peur de l'eau, mais l'idée d'avoir tout traverser pour finir noyée ou sacrifiée, voilà qui lui déplaisait fortement. Pire, elle se sentait incapable de passer par une telle épreuve. Totalement incapable. Et son regard vert se fixa dans celui de Sargon, une lueur plaintive au fond de l’œil. Clairement, elle était prête à marchander beaucoup pour que ce ne soit pas le cas.

    Finalement, la proposition de Sargon convint à Ema. La jeune courtisane hocha la tête. Oui, elle allait ranger ce parchemin et apprendrait au fur et à mesure des journées qui passeraient, comme on vivait sur ces Iles. Ce serait peut-être moins choquant que de le lire de façon directe et brute dans les écrits d'un Mestre. Et pourtant … Tandis que Sargon parlait, la jeune femme déroula quelque peu le parchemin, dans l'espoir d'y apprendre des choses intéressantes d'un coup d’œil. Comme si il lui était difficile de suivre un chemin que lui conseillait Sargon et qui lui semblait pourtant le meilleur.
    Mais la jeune blonde ne s'attendait pas à cela. Sargon lui demandait frontalement si elle avait peur et si elle lui faisait confiance. Voilà qui était beaucoup demandé à une femme qui venait d'arriver, quelques semaines plus tôt. Elle n'était même pas certaine de savoir exactement ce qu'elle pouvait répondre. Interdite, Emeraude ouvrit la bouche pour répondre mais aucune réponse ne vint traverser ces petites lèvres roses. Comme si elle manquait d'air, la jeune femme se leva subitement. « -Je vais aller ranger le parchemin. ». Soudainement, toutes ses angoisses avaient affluées, sans qu'elle puisse les empêcher de venir l'effrayer. Le ton de sa voix ne reflétait pas totalement les tourments qui l'habitent. La jeune femme si joyeuse qu'elle avait été depuis son entrée dans la bibliothèque était désormais mal à l'aise. Elle alla rapidement remettre le manuscrit du Mestre à sa place et attendit quelques secondes que son trouble soit passé, avant d'aller rejoindre Sargon. D'une voix qu'elle voulait détachée, elle répondit tout en marchant vers lui. «Oh, de la peur est peut-être un terme exagéré. Mais il faut avouer que tu ne m'as pas vraiment donné de raison d'espérer que tu me protégerais. Hormis peut-être contre les avances des autres hommes. ». Oui, il avait parlé de sa possessivité et de choses dans ce genre. Mais prendre soin d'elle, il n'en avait pas parlé une seule seconde. Et pourtant, Emeraude aurait vraiment eu besoin de savoir qu'il serait là, si elle en avait besoin. « -Est-ce-que tu comptes me protéger ? ».Tout de suite, elle regretta sa question, mais elle ne pouvait reprendre ses mots ... Si il ne le faisait pas, la jeune femme saurait trouver ses propres armes, mais elle savait bien qu'elles seraient bien minces face aux Fer-Nés.

    «-Bien, maintenant que j'ai rangé ce parchemin, si tu me montrais ton bras ? ». Changer de sujet. Ce n'était sans doute pas très habile, mais Emeraude ne préférait pas s'attarder sur la question de sa sécurité, de peur d'apprendre qu'elle allait devoir affronter seule les Iles de Fer dans leur complétude, sans l'aide de Sargon. Voilà qui serait un poids difficile à supporter. Elle préférait plutôt s'occuper l'esprit en soignant le Fer-Né. Et puis, peut-être que si elle s'occupait bien de lui, il aurait à cœur de la protéger ? Oui, Ema l'espérait. Ne dit-on pas que l'espoir fait vivre ?

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Message Ven 13 Sep 2013 - 18:26

     La religion des Sept allaient-elles jusqu'à Lys ? Sargon avait cru comprendre qu'ils adoraient une autre divinité, mais lors de son rapide passage là-bas, il avait surtout compris que les Lysiens n'en parlaient pas aux étrangers. Au fond, peu lui chalait. Le capitaine n'était pas très intéressé par les autres religions, déjà que la sienne lui passait largement au-dessus.... Les Sept avaient toutefois leur place sur les Iles de Fer, c'était d'ailleurs en grande partie la raison de cette rébellion. Dagon n'appréciait pas de voir les continentaux imposer leur culture à son peuple et à raison. Même pour un hérétique tel que le Harloi, ce n'était pas envisageable.

     ▬ Il y a un septuaire à Lordsport et quelques Fer-nés sont axés sur cette religion. Je crois même qu'il doit y avoir un ou deux chevaliers, mais c'est très mal vu et c’est en partie pour cette raison que la guerre a débutée. »

     Autrement dit, mieux valait éviter d'en parler. Les Fer-nés pouvaient tolérer beaucoup de choses – bon d'accord, pas tant que cela – mais critiquer leur religion revenait à signer son arrêt de mort. Le capitaine en savait quelque chose, s'il était encore en vie, c'était uniquement parce qu'il ne se laissait pas marcher sur les pieds. En temps normal il aurait tout simplement été défié et tué puis tout le monde l’aurait oublié. Oui, c'était la règle sur ces îles : si vous vouliez aller dans le sens contraire des vagues, il fallait avoir un moyen pour vous défendre sans quoi vous étiez rapidement envoyé rejoindre le Dieu Noyé.

     La question semblait sincèrement inquiéter Émeraude vu la manière dont elle insistait sur ce point. Il n'y avait qu'à entendre les inflexions dans sa voix qui n'avaient plus rien de comparable avec celles d'avant. Le regard du capitaine de la Veuve Salée ne quittait pas celui de la demoiselle alors qu'elle arborait un air qui laissait penser qu'elle n'exagérait pas. Il aurait pu la laisser mariner pour l'inquiéter, mais décida finalement de faire un effort pour lui rendre la vie moins compliquée.

     ▬ Seules les personnes nées sur les Iles de Fer sont sacrifiées. Les autres sont sacrifiées. Pour toi, ça ne sera ni l'un ni l'autre tu n'as pas à t'inquiéter. Et me concernant, oui j'ai été noyé par mon oncle si tu veux tout savoir. C'est un peu ironique vu que je suis l'antithèse du bon Fer-né, comme quoi la mer aussi peut se tromper. »

     S'il suivait effectivement la logique des prêtres, il aurait dû mourir à cet instant et non devenir ce qu'il était aujourd'hui. Fallait-il comprendre que la mer le voyait tout de même comme un bon Fer-né ? À moins que ce ne soit qu'un simple hasard et que toutes ces croyances étaient vaines et injustifiées. Il était la preuve vivante que la religion n'était pas aussi véridique que leurs représentants voulaient le faire croire. Pourtant, ils s'obstinaient encore tous à croire chaque prédiction sur parole. S'ils étaient réellement si doués, ils ne se seraient pas laissés avoir par de simples continentaux, encore moins sur leur propre territoire ! Mais tout ceci n'était plus d'actualité.

     Toujours est-il que la demoiselle semblait avoir décidé qu'il avait raison et qu'il valait mieux ne pas découvrir d'autres traditions dans l'immédiat. Rapidement, il se demanda si autre chose pouvait la perturber à ce point. Difficile de savoir ce qui pouvait apparaître choquant à un étranger alors que vous aviez grandi dans ces traditions. Peut-être le fait que les femmes étaient livrées à l'équipage après un raid ? Non, il en doutait. Même si Émeraude n'était pas une prostituée selon ses propres termes, elle avait l'esprit très ouvert sur ce point et il ne pensait pas que ce type de comportement puisse réellement la choquer. Ou alors il ne la connaissait pas encore. Au fond, Sargon s'en moquait, lui-même n'agissait pas de la sorte et toute critique liée à ces habitudes ne pouvait donc pas le toucher.
     Il choisit de la laisser partir en constatant qu'elle n'avait visiblement pas de réponse à lui fournir concernant sa peur de subir les conséquences de ses actes. Un sourire satisfait et amusé se dessina sur ses lèvres tandis qu'il songeait au fait qu'il avait réussi à lui poser une colle. Dans un sens, c'était qu'elle n'arrivait pas à le cerner ou qu'elle ne lui faisait pas confiance, mais dans l'autre, c'était qu'elle devait se douter qu'elle n'avait pas forcément les capacités de se protéger seule. En général, il n'offrait son aide qu'aux personnes capables de s'assumer, mais Émeraude dégageait quelque chose qui le poussait à changer ses habitudes. Peut-être ce côté « précieux » qu'il n'avait encore jamais rencontré avant ce jour.

     Lorsqu'elle revint vers lui, la demoiselle daigna enfin répondre à sa question. Son ton se voulait détaché et il avait du mal à savoir s'il l'avait autant perturbée qu'il l'avait espéré. Puis la question arriva enfin. Il la regarda d'un air on ne peut plus sérieux, mais sans daigner lui répondre. Pas immédiatement du moins, savourant trop le plaisir de la laisser mijoter un peu. Malgré la question qu'elle lui posa ensuite, Sargon ne semblait pas décidé à la laisser s'en tirer aussi facilement et formula enfin une réponse.

     ▬ Je crois. Il répondait à sa question concernant la protection qu'il pourrait lui conférer. Tu es en bonne voie pour que les choses se passent de la sorte. Il ne lui répondit pas plus clairement, mais c'était déjà mieux qu'un non. Et je me suis mal exprimé, ce n'est pas mon bras qui est blessé, c'est l'épaule. Il désigna le léger renflement formé par le bandage de fortune. Je ne suis pas certain que ça entre dans ton champ de compétence, l'épée a traversé les muscles sans les abîmer vraiment, c'est juste gênant, ce n'est pas incapacitant. Pourtant, ça l'était effectivement. L'emplacement de la blessure rendait tout mouvement pénible et au-delà de la douleur, il y avait aussi le fait que son épaule était endolorie. Ce n'est pas très beau à regarder, es-tu sûre de vouloir que la première chose que tu verras de moi soit cette blessure ? »

     Le ton était amusé, il savait que les blessures faisaient généralement fuir les femmes, surtout lorsqu'elles étaient habituées à une vie plutôt clémente comme celle d’Émeraude. De toute manière ce lieu n'était pas vraiment adapté à une pareille consultation, son oncle ne risquait pas d'apprécier que son neveu puisse tacher ses précieux ouvrages avec son sang.

     ▬ Mais dis-moi, tu ne m'as pas parlé de ta religion. J'ai cru comprendre que Lys était très particulière à ce niveau. »


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Message Ven 13 Sep 2013 - 19:27



    Les informations arrivaient désormais plus aisément de la bouche de Sargon jusqu'aux oreilles de sa femme-sel. Cette dernière était d'ailleurs rassurée de ne plus avoir à arracher la moindre parcelle de savoir au Fer-Né, comme cela avait été le cas depuis qu'ils s'étaient rencontrés. Dans la bibliothèque de son oncle, le jeune homme semblait plus apte à raconter à Ema les choses importantes à savoir sur lui et sur les Iles de Fer. De fait, la jeune femme ne savait quasiment rien des dissenssions politiques et religieuses dans les Sept Couronnes, puisqu'elle s'était cantonnée à en apprendre quelques coutumes et la langue, sans jamais avoir l'occasion d'approfondir. A quoi cela aurait-il servi ? Ce qu'on lui demandait ne requérait nullement de tels savoirs. Il faudrait d'ailleurs qu'elle prenne garde à trouver des infos à ce sujet car elle ne pourrait pas rester sotte sur cette guerre qui lui avait ramené Sargon blessé et qui avait fait rentrer Miranda chez elle, dans l'Ouest, à Falaise, auprès de sa famille et de son futur époux. De fait, Sargon n'avait pas convaincu la Lysienne sur la possibilité que Miranda soit répudiée. Alors qu'elle ne connaissait pas la famille du fiancé ni même les coutumes matrimoniales, la demoiselle de Lys avait décidé qu'elle resterait dans l'optique que tout allait bien pour Miranda … Et peut-être que dans quelques temps, elle oserait demander à Sargon pour lui écrire ?

    « -Je crois ne pas avoir bien compris les enjeux de cette guerre..
    . » Elle laissa planer sa voix sur cette petite phrase. Elle ne voulait pas que Sargon s'oblige à en parler si le sujet le dérangeait. Après tout, il avait donné de lui-même dans ces batailles et la jeune femme s'en serait voulu de raviver des moments difficiles pour le jeune homme. C'est pourquoi elle n'avait pas posé de questions directes, se contentant simplement de lui faire comprendre qu'elle s'intéressait sincèrement à ce qui avait pu se passer. Et même si il ne répondait pas, la jeune femme trouverait bien d'autres moments pour en apprendre plus. Elle avait maintenant quelques connaissances -oh très peu certes mais suffisamment pour avoir quelques informations- qu'elle pourrait interroger si Sargon se refusait à lui apprendre de quoi il en retournait.

    Il y avait, de plus, plus important pour la jeune femme : la question des noyés et des sacrifiés était venue la frapper de plein fouet, tant elle craignait être concernée par l'une ou l'autre de ces catégories. Mais pour une fois, Sargon la rassura totalement. Elle ne connaîtrait ni l'une ni l'autre de ces situations et elle en était ravie. Positivement ravie. Rassurée, la jeune femme reprit un peu de poil de la bête, tandis que Sargon racontait qu'il avait été noyé. « -Lorsque tu étais enfant ? ». Elle n'arrivait pas trop à imaginer comment on pouvait faire une pareille chose à un enfant, à un bébé, un nouveau-né. Mais visiblement, Sargon y avait survécu. Et ce n'était pas pour déplaire à la jeune Emeraude. Il valait mieux Sargon plutôt que son second sur le bateau, qui lui déplaisait souverainement.

    La Lysienne était littéralement accrochée aux lèvres de son Fer-Né. Elle avait déjà décidé qu'elle l'appellerait ainsi, pour elle-même, puisque lui pouvait dire d'elle qu'elle était SA femme-sel. Un peu de possessivité ça ne faisait pas de mal à l'ego de la jeune courtisane. Tendue, elle fixait le visage du Fer-Né pour savoir ce qu'il avait décidé à son sujet. Elle regrettait sa question, mais maintenant que celle-ci avait traversé la barrière fragile de ses lèvres, il était trop tard pour revenir dessus et mieux valait plutôt se servir de la réponse. Il croyait ? A quel jeu jouait-il, sans jamais lui avouer ce qu'il comptait vraiment faire. Néanmoins, c'était rassurant. Il n'avait pas dit non. Et croire qu'il allait faire quelque chose, c'était sans nul doute déjà beaucoup quand cela concernait Sargon. Rassurée, la jeune femme trouva un peu de paix intérieure, suffisamment pour reprendre une expression joyeuse.

    Lorsqu'il expliqua ce qu'il en était de sa blessure, la jeune Lysienne plissa un peu les yeux, pour essayer de rassembler ses pensées. Que savait-elle de ce genre de blessures, précisément ? Rien. Mais elle savait comment faire cicatriser une plaie. Et soulager la douleur. Deux choses nécessaires pour le Fer-Né. Il la taquina, une nouvelle fois, en lui demandant si c'était la chose qu'elle voulait voir en premier chez lui. Ema eut un petit rire taquin. Cette fois-ci, elle se sentait à nouveau en confiance. « -Je crois savoir comment limiter la douleur et accélérer la cicatrisation. Je m'occuperais demain des baumes auxquels je pense. Du moins, si je trouve les ingrédients nécessaires … » Car Lys était bien différente des Iles de Fer, au niveau des cultures. Et la jeune femme craignait un peu de ne pas avoir tout ce qu'elle devait. Par la même occasion, elle demanderait ce qui serait nécessaire à sa potion contraceptive, en espérant qu'elle parvienne à avoir tout ce qui la composait. Dans le cas contraire, elle devrait trouver une manière mécanique. Elle avait entendu parler d'éponges, notamment, qui permettait de limiter fortement ce risque …

    La question de Sargon la sortir de ses pensées. Voyant qu'il voulait à nouveau engager la conversation, la jeune femme vint s'asseoir, mais cette fois-ci, non pas en face de lui, mais à côté. La religion à Lys ? Emeraude eut un sourire léger, amusé, mutin. « -Oh, je crois qu'avant tout, notre religion c'est l'Amour. C'est pourquoi, en tout cas, là où j'ai vécu, nous sacrifions à la déesse de l'Amour. Pour la rendre heureuse, mon maître me disait toujours que j'avais choisi la meilleure voie ! ». Un petit rire amusé monta dans la gorge de la jeune femme. Lys était tellement différente... « -Mais il y a aussi le culte de R'hllor, mais je ne le pratique pas. Il est le Dieu de la Lumière et des Flammes. On utilise beaucoup le feu dans ce culte. C'est très particulier. » Si elle devait être tout à fait franche, cela ne plaisait pas vraiment à la Lysienne qui préférait sa déesse de l'Amour. « -Mais la religion n'est pas la meilleure chose de Lys, c'est qui est si spéciale, c'est notre façon de cuisiner et de faire l'amour, aussi bien sûr ! Et puis, nous savons faire des vêtements merveilleux... La musique est aussi très belle... Lys est un vrai lieu de plaisir ! ». Si elle avait pu fermé ses paupières pendant quelques secondes, la jeune femme aurait parfaitement visualisé tout cela. « -Tu n'as jamais eu l'occasion, d'y aller, n'est-ce-pas ? ». Du moins, Emeraude se disait qu'il n'y avait jamais mis les pieds, sans trop savoir pourquoi.

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Message Ven 13 Sep 2013 - 21:03

     Les enjeux d'une guerre ? C'était un sujet bien vaste auquel Sargon n'avait pas de réelle réponse. Oh, bien évidemment il savait pour quelle raison son cousin avait déclaré la guerre aux continentaux, mais pourquoi lui-même avait suivi ? Uniquement pour faire la guerre, pour piller, pour tuer. Le seul intérêt du Harloi était lié à la possibilité de prouver à ces continentaux qu'ils ne valaient pas mieux que du bétail. Pourtant, tout s'était terminé de manière plutôt humiliante pour eux, mais le jeune homme ne regrettait pas sa décision. Il ne répondit pas immédiatement, peut-être parce qu'il ne voyait pas de raison de le faire ou tout simplement parce qu'il savait que même avec ces explications, Émeraude ne comprendrait pas davantage.

     Elle semblait toujours aussi troublée par l'idée de la noyade. C'était un peu étrange, même lui qui n'avait jamais été un partisan de leurs traditions ne se montrait pas vraiment dérangé par celle-ci. Dans un sens, c'était comme de rendre un service à ces enfants : s'ils étaient trop faibles pour vivre ici, la mort les prenait. C'était aussi simple que cela, il n'y avait rien d'abjecte ou de brutal au final. Pourtant, ce n'était pas sans failles ! La preuve avec son cousin à la santé fragile et paniqué à la simple idée de mettre les pieds sur le pont d'un boutre avait réussi à survivre. Sargon soupira légèrement avant de répondre.

     ▬ Non, quelques jours après ma naissance. C'est préférable, au moins si l'enfant meurt tu n'as pas le temps de t'y attacher. Son regard mordoré sonda celui de sa femme-sel. Pourquoi, cette tradition te fait-elle peur ? »

     Elle avait été plutôt claire la première fois à lui faire comprendre qu'elle n'avait pas envie d'avoir d'enfants. Pour le coup, Sargon pouvait autant se sentir contrarié qu'amusé. D'un côté il se disait que si elle restait sans enfant, la jeune femme ne perdrait rien de sa beauté – les enfants enlaidissaient un corps, autant l'avouer – mais de l'autre, cela pouvait aussi signifier qu'elle n'avait pas envie de porter ses enfants à lui. Il se souvenait encore d'avoir demandé à sa mère, lorsqu'il était enfant, pour quelle raison elle avait enfanté si elle était tout bonnement incapable de s'occuper de lui. Ce à quoi sa génitrice avait répondu que c'était inscrit dans les gènes des femmes. Émeraude avait forcément le souhait d'avoir des enfants, la raison de son refus s'expliquait donc certainement par la deuxième pensée du capitaine. Bah, il verrait bien avec le temps. Ils n'en étaient pas encore là, c'était à peine s'il l'avait frôlée depuis son arrivée sur les Iles de Fer.

     Il se contenta finalement de se concentrer sur les paroles d’Émeraude, remettant cette discussion à plus tard. Au moins pouvait-il lui accorder le fait qu'elle était têtue et visiblement décidée à le soulager de sa douleur. C'était assez amusant. Au final, c'était une chose qui ne l'avait jamais véritablement dérangé, il avait déjà été blessé lors d'une bataille précédente, mais cette blessure s'ajoutait à une cuisante défaite. En vérité, Sargon avait bien plus mal à son ego qu'à son épaule. Il nota cependant qu'elle avait parlé de plusieurs baumes et il songea aussitôt à celui censé lui épargner les désagréments de la maternité. Son regard resta insondable et il détourna finalement les yeux avant de lâcher quelques mots.

     ▬ Tu peux toujours demander de l'aide au mestre, il a quelques ingrédients de ce que j'ai cru comprendre. »

     Il ne précisa pas pour quel remède, une manière de ne donner ni son aval, ni sa désapprobation. Au final, elle ferait bien ce qu'elle voudrait, lui ne serait pas en permanence derrière elle à vérifier ce qu'elle buvait. Le regard mordoré du capitaine de porta sur Émeraude au moment où elle vint s'installer à ses côtés. La réponse qu'elle lui fit convenait assez à ce qu'il avait imaginé. Le culte de ce dieu étrange, adorateur des flammes, ne l'intéressait pas vraiment. Ces adorateurs étaient aussi illuminés que les Fer-nés, il ne tenait pas à songer à tout ceci. Vu le tableau dépeint par l'ancienne courtisane, Lys avait l'air d'être la plus belle cité qui puisse exister, pourtant lui-même en gardait d'assez mauvais souvenirs. Comme si elle venait de lire dans ses pensées, la blondinette lui parla soudain de ses voyages. Un sourire amusé se dessina sur ses lèvres avant qu'il ne réponde.

     ▬ Et bien pour être franc avec toi, si j'y ai déjà été. Et je n'en garde pas un bon souvenir. Il inspira légèrement. Je n'aurais jamais dû y aller, mais nous étions en raid dans les cités libres et j'ai profité de la nuit pour approcher de la ville. En finalité, je l'ai regretté parce que j'ai terminé mon séjour là-bas aux cachots et que j'ai manqué de perdre Crépuscule. Il parlait de son épée, mais Émeraude ignorait certainement son nom. Instinctivement, sa main se porta vers la garde de l'arme valyrienne. Et crois-le ou non, mais si je me suis retrouvé enfermé, c'est parce qu'une prétendue courtisane avait essayé de m'embobiner pour me conduire dans un guet-apens. Il faut croire que vous connaissez toutes l'effet que vous produisez sur les hommes. Son regard sonda celui de la belle avant qu'il ne reprenne. Heureusement, c'était il y a longtemps et ce genre de tour ne fonctionne plus sur moi. »

     Une manière de dire qu'il ne se laisserait plus abuser par les charmes des femmes. Peut-être que ce séjour à Lys l'avait beaucoup aidé en fin de compte, il avait achevé de lui montrer que les femmes étaient toutes des profiteuses prêtes à se vendre pour n'importe quoi. Bougeant légèrement pour adopter une position plus confortable, le capitaine opéra un imperceptible rapprochement pour tester les réactions de la demoiselle.

     ▬ Et tu sais au final, la guerre ce n'était qu'un prétexte pour moi de pouvoir piller et me battre. La vie est particulièrement monotone ici, le voyages jusqu'aux cités libres est bien plus long que jusqu'au continent. Mais dans l'ensemble, tu peux considérer que les Fer-nés sont des hommes libres et qu'ils n'apprécient pas de vivre sous la coupe d'un Roi. »

     Son regard ne la quittait pas, s'attendant à ce qu'elle ait un mouvement de recul en l'entendant avouer qu'il ne se battait que pour le plaisir de piller et tuer. Tôt ou tard elle finirait par faire comme les autres, c'était inscrit das les gènes des femmes.


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Message Sam 14 Sep 2013 - 12:05



    Décidément, cette tradition de noyade était vraiment étonnante. Et même plus, complètement surprenante. A Lys, on ne recensait pas ce genre d'actes. La noyade, l'idée qu'on noie volontairement des petits êtres, tout juste sortis du ventre de leur mère, cela rendait tout simplement Emeraude affreusement malheureuse. Elle avait l'impression de pouvoir voir défiler dans la mer des générations de petits sacrifiés à cette tradition. Sargon n'avait pas l'air de comprendre ce qui la dérangeait et il lui donnait même quelques précisions que la jeune femme trouva étonnante. Il fallait vite sacrifier les enfants pour ne pas avoir le temps de s'y attacher ? Mais ne disait-on pas qu'une mère était déjà mère avant même la naissance du bébé, par le fait de l'avoir porté et nourri en son sein pendant 9 longs mois ? La question directe de Sargon amena Emeraude à faire face à ses propres peurs. Oui, après tout, elle n'était pas enceinte et pas forcément proche de l'être alors … Pourquoi être inquiète ?

    « -Je ne sais pas, je trouve que c'est … inutilement cruel de tuer des enfants. Et puis, ce n'est pas parce qu'ils ne sont pas forts à la naissance qu'ils ne le seront pas par la suite, non ? Ou inversement ? » Il y avait certaines choses que sa culture de Lysienne peinait à accepter. Sargon lui interdisait de donner à son épouse de quoi éviter d'avoir des enfants mais les Fer-Nés noyaient leurs enfants. Quelle logique incohérente, du moins, c'est ce que pensait Ema. Effectivement, elle avait laissé entendre qu'elle ne voulait pas d'enfants. Mais en vérité, c'est surtout qu'elle voulait avoir le temps de se faire à sa nouvelle vie avant toute autre expérience inédite. Plus tard, Emeraude serait sans doute ravie de pouvoir serrer dans ses bras ses enfants -qui seraient sans doute ceux de Sargon. « -Je me doute que tu dois penser à ce que je t'ai dit à propos de la potion et tout cela. Mais ce n'est pas que je ne veux pas d'enfants, juste que je n'en veux pas tout de suite. J'ai besoin de temps ... ». Pour se faire à sa nouvelle vie. Mais désireuse de taquiner un peu le Fer-Né, elle décida d'ajouter une petite plaisanterie. « -Et puis, tu sais comme moi que pour le moment, il n'y a aucun risque de ce genre ! ». Petit clin d’œil pour ponctuer sa phrase. Emeraude utilisait assez régulièrement cette façon de plisser un œil, c'était sa manière d'introduire la notion de complicité entre le Fer-Né et sa femme-sel.

    La proposition de Sargon de demander au Mestre les ingrédients dont elle avait besoin fit plaisir à la jeune femme. Mais elle ne savait pas exactement comment elle était censée s'y prendre. Désireuse de comprendre, la Lysienne posa la question au Fer-Né. « -Dois-je lui dire que c'est pour toi ? Je suppose qu'une femme-sel n'est pas trop en mesure de demander de pareilles choses, non ? ». La vraie question étant sous-entendue : Sargon accepterait-il de la couvrir pour ce genre de choses ou encore une fois, préférerait-il lui faire comprendre qu'elle devait se débrouiller ? Au final, Ema était certaine qu'elle pourrait parvenir à ses fins, elle était suffisamment rouée pour cela. Mais ce serait tellement plus simple si Sargon lui donnait son nom et son accord pour ce genre de choses. Elle aurait besoin d'ingrédients en proportion assez importante et très régulièrement si le Mestre n'avait pas de consignes claires, il aurait sans doute beaucoup de mal à laisser une femme-sel avec de tels trésors. Oui, décidément, si Sargon acceptait de l'aider cette fois-ci, Emeraude y verrait un gagne-temps considérable. Mais aussi un acte destiné à lui montrer qu'il avait ses intérêts à cœur. Toutefois, rien ne disait que le Fer-Né allait se décider en ce sens. Sargon n'avait pour le moment pas encore vraiment montrer de quelconque largesse à sa femme-sel.

    Les yeux verts de la jeune femme s'agrandirent sans qu'elle puisse les en empêcher. Sargon connaissait donc Lys ? Comment était-ce possible ? Il avait du voyager bien loin, pour aller jusque là-bas. Quel long voyage … La jeune femme se souvenait des journées passées sur le bateau de son maître avant que Sargon n'y fasse un raid. Crépuscule ? Qu'était-ce donc ? Emeraude n'avait pas saisi le geste envers l'épée et elle savait donc qu'elle allait poser la question. Cela pourrait être une femme ? Sa sœur ? Ou une amie ? La jeune femme était intriguée. Mais ce fut ensuite sa bouche qui poussa un léger « oh » exclamatif. Une courtisane avait essayé de le trahir ? Voilà qui expliquait en partie son attitude avec elle dans ce cas. Il gardait de très mauvais souvenirs du lieu où elle venait et en plus, de sa profession. Et sans doute était-ce aussi la raison qui faisait qu'il ne la touchait pas pour le moment. Les choses commençaient à prendre sens dans l'esprit de la jolie Lysienne. Décidant de ne pas rester dans un registre sombre, Emeraude prit un ton enjoué. « -Crépuscule ? Qui est-ce ? » C'était une information importante, pensait la jeune femme. « -Tu dois bien être un des seuls hommes à garder des courtisanes de Lys ce genre de souvenirs … En général, c'est plutôt une autre idée qu'on a de nous. » Elle n'avait pas besoin de détailler, il était certain qu'il ferait le lien tout seul. Car Ema pouvait dire ce qu'elle voulait, son Fer-Né n'était en rien un idiot. Il était dur, pouvait paraître cruel, injuste ou distant, mais il était très intelligent. Ne pas s'attarder sur le cas de cette courtisane, c'était aussi ne pas enfoncer une nouvelle fois le couteau dans la plaie.

    Mais bientôt, la Lysienne sentit que Sargon se rapprochait légèrement d'elle. Il la regardait d'une manière qui n'augurait rien de bon et la jeune femme ferma quelques secondes les yeux, pendant qu'il exprimait le fait qu'il appréciait de se battre, de piller...Désemparée, la jeune femme n'avait trouvé que cela pour essayer de se reprendre. Surtout, il ne devait pas comprendre l'effet que ces paroles avaient sur elle. Pourtant, Ema savait qu'il y avait de fortes chances qu'il ait compris …

    Faisant son possible pour donner le change, Emeraude rouvrit ses paupières, dans un battement de cils. « -Tu aimes autant violer que piller et tuer, Sargon ? ». Sans trop savoir pourquoi, elle avait lancé cette provocation. Sans le quitter des yeux, cette fois, elle se pencha en avant et dans un murmure, elle demanda. « -Tu essaies encore de m'effrayer, n'est-ce-pas ? ». Car depuis qu'elle était là, la jeune femme avait toujours eu l'impression qu'il utilisait la peur qu'elle pouvait ressentir comme arme contre elle. Sur le même ton, elle continua. « -Cela ne marchera pas. ». Au fond d'elle-même, bien sûr qu'elle comprenait difficilement ce fonctionnement. A Lys, on préférait les poisons aux batailles. C'était … plus raffiné. Mais ce serait donner un bien trop important pouvoir à Sargon que de lui faire comprendre qu'il pouvait la manipuler par la peur. Le regard de la blonde était fixé dans celui du Fer-Né et on pouvait voir son pouls battre plus vite. C'était une provocation qui pouvait lui coûter cher. « -Et puis, ne m'as-tu pas dit que tu allais rester ici, désormais … C'est que cela ne doit pas te plaire tant que cela ! ». Tant qu'à faire, la jeune femme avait décidé d'aller jusqu'au bout. Elle venait de franchir son Rubicon. Alea Jacta Est.


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Sargon Harloi
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Message Sam 14 Sep 2013 - 14:21

     Émeraude ne voyait que les choses du mauvais côté. Elle semblait penser que tous les enfants ou presque mouraient suite à la noyade, pourtant, c'était relativement peu courant. Le Fer-né ne s'était jamais demandé ce qu'il choisirait pour ses propres enfants. D'un côté, accepter la noyade reviendrait à respecter les traditions et c'était une chose qu'il ne pouvait tout simplement pas envisager. Mais d'un autre côté, la mer était sa plus proche alliée et il ne pouvait pas accepter l'idée de la refuser à son héritier. C'était une question qui viendrait en temps et en heure et bien évidemment, l'avis de la mère n'entrerait pas en compte, qu'il s'agissait de la femme-roc ou de la femme-sel. À la question de la demoiselle, le Fer-né se contenta de répondre par une autre.

     ▬ En quoi vendre sa fille à une maison de plaisir est différent ? Je trouve ça cruel de l'obliger à vivre une vie d'esclavagisme à écarter les cuisses pour tous les hommes qui payeront suffisamment cher pour en avoir le droit. »

     C'était une forme de provocation. Émeraude lui avait bien dit que chez elle les maisons de plaisir n'étaient pas mal vues, mais il en allait de même pour les noyades au sein des Iles de Fer. En fin de compte, l'un comme l'autre ne comprenait pas les traditions de l'autre pays, mais c'était sans importance. Comme le disait la belle Lysienne, ils n'avaient pas encore besoin de parler de tout cela sachant que le capitaine n'avait pas encore eu le moindre geste déplacé à l'égard de sa femme-sel. Pourtant, prévoir ne serait pas un mal pour Émeraude, le Harloi ne comptait pas la prévenir des lunes à l'avance qu'il comptait profiter de ses faveurs. Lui-même ignorait lorsque cet instant se présenterait, il agissait selon ses envies. Ce type de cas était bien les seuls moments où il ne prévoyait pas tout ce qui allait arriver.

     ▬ Je ne le nierais pas. Mais si tu comptes éviter la grossesse, mieux vaut prévoir à l'avance, je ne compte pas prendre rendez-vous comme tes anciens clients. »

     Une manière assez sommaire de lui faire comprendre qu'elle ne pourrait compter que sur ses talents pour comprendre lorsque viendrait ce moment. Peut-être qu'elle était plus douée que lui pour deviner ce qu'il comptait faire après tout ? Visiblement, d'après ce qu'elle avait dit quelques instants plus tôt il était en droit de penser que ce n'était pas le cas. Personne n'était capable de le comprendre mieux que lui, ou c'était du moins ce qu'il aimait penser. La vérité était bien différente à n'en pas douter.
     La Lysienne enchaîna alors pour lui demander de manière sous-entendue s'il compte ou non l'aider à dissimuler la véritable raison de son besoin de plantes. Un léger sourire se dessina une fois de plus sur les lèvres du capitaine tandis qu'il se demandait s'il devait ou non lui accorder son aide. Peut-être bien. Mais elle ne serait pas éternelle, après tout sa blessure finirait tôt ou tard par être soignée et si la demoiselle persistait à lui demander des plantes après la guérison de son maître, le mestre y verrait clair. Il aurait d'ailleurs pu faire le choix d'être soigné par le mestre, sauf que son oncle avait été clair à ce sujet : il allait devoir se comporter davantage comme un Fer-né s'il tenait à entrer dans ses bonnes grâces. Il comptait donc le faire quelques temps avant de retrouver son comportement habituel.

     ▬ Tu peux toujours le dire. Mais une blessure se soigne rapidement et un mestre a des connaissances en matière de soin. Il se doutera que tu en as besoin pour autre chose. »

     À elle de décider si elle souhaitait ou non mentir à un homme de science. Sargon lui avait bien dit qu'il la laissait utiliser son nom, cependant rien ne lui assurait de ne pas être démasquée. Au fond, peut-être qu'elle s'en moquait et que seule sa réponse avait de l'importance, le fait de savoir s'il comptait ou non la protéger ? Le capitaine décida de lui laisser le bénéfice du doute, il verrait bien plus tard. Émeraude enchaîna de toute manière sur un autre sujet en s'intéressant à cette mystérieuse Crépuscule. La réponse qui lui vint le plus promptement fut « la seule en qui j'ai confiance », mais elle ne comprendrait certainement pas. Son regard mordoré s'était détourné de la demoiselle pour se promener sur les étagères autour d'eux et il la regarda à nouveau avant de répondre d'un ton légèrement provocateur.

     ▬ Peut-être est-ce parce que vous vous débarrassez des hommes qui vous voient sous cet angle ? Ne me fais pas croire que Lys n'est pas réputé pour ses poisons. Hum... Peut-être que je ne devrais pas te faire confiance avec tes soins finalement. Était-il réellement sérieux ? Difficile de le savoir. Crépuscule c'est le nom de l'épée que je porte. Ce n'est pas n'importe qui. La comparer avec une épée traditionnelle c'est un peu comme de comparer une catin des rues de Port-Réal et une courtisane de Lys si tu veux. »

     La comparaison était parlante et peut-être comprendrait-elle pour quelle raison est-ce qu'on avait tenté de lui voler ? Ce n'était pas certain, les femmes ne comprenaient rien aux armes et il était fort probable que ce soit le cas d’Émeraude, aussi cultivée soit-elle. Il avait toutefois remarqué qu'elle n'avait pas apprécié sa remarque concernant ses « loisirs ». La manière dont elle ferma les yeux lui plut aussi tôt : elle avait réellement été contrariée par ses aveux. Son sourire ne l'abandonna pas alors qu'il conservait la distance qui les séparait, laissant son regard scruter le minois de la demoiselle. Ses questions restèrent d'abord sans réponse comme s'il voulait la laisser mariner un peu et il ne fut pas déçu. Visiblement la demoiselle avait décidé de lui tenir tête. Il n'arriverait pas à l'effrayer ? Prête à le jurer ? Oh, ce n'était pas son but premier, Sargon voulait simplement lui dire la vérité et elle suffisait à faire paniquer n'importe quelle demoiselle qui n'était pas née ici. La dernière remarque de la Lysienne ne manque cependant pas de logique. Il secoua la tête sans détourner le regard.

     ▬ Ce n'est pas par choix que je reste ici. Ma blessure ne me permettra pas de retourner me battre dès à présent et nous avons subi de lourdes pertes. Avant de repartir je dois refaire mon équipage. Une lueur de contrariété passa dans son regard. Et je serai obligé de voyager plus loin et plus longtemps pour trouver des navires à piller, ce qui signifie que nous nous verrons beaucoup moins souvent une fois que tous ces détails seront réglés. Scrutant son regard, il attendait de voir une réaction de sa part. Tu vois, finalement en me soignant tu vas nous rendre service à tous les deux. Le ton était amusé. Mais détrompe-toi, j'aime piller et tuer, mais je ne trouve aucun intérêt au viol. Sinon Miranda n'aurait pas rougi lorsque je l'approchais. Je préfère amplement avoir l'autorisation des femmes avec qui je passe du bon temps, je laisse ce plaisir à mon équipage, ils s'en sortent très bien sans moi. Cela ne l'avait pas empêché d'agir de la sorte pourtant. Et tu sais, je ne cherche pas à te faire peur. Je me contente de te dire la vérité. Ne me dis pas que tu crois que je suis quelqu'un de bon. Tu crois qu'il te serait arrivé quoi si tu n'avais pas demandé à venir sur mon boutre lors de ta capture ? Son sourire restait toujours aussi présent. Non, je crois que tu n'as pas besoin de moi pour t'effrayer, il suffit de penser à ce que je comptais te faire. »

     Finalement elle avait raison, il essayait bel et bien de l'effrayer.


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Message Sam 14 Sep 2013 - 15:26



    Difficile de comprendre vraiment ce qu'il en était des traditions des Fer-Nés. Quand on avait été élevée d'une manière totalement différente, il était très compliqué de réussir à accepter certaines choses, telles que la noyade. Et puis, en plus, la jeune femme ne savait pas exactement comment cela se passait et l'inconnu ouvrait la porte aux affres du doute. Elle imaginait quelque chose de macabre où les cadavres des nouveaux-nés étaient légions. Or, ce n'était pas le cas. Mais comment aurait-elle pu le savoir, alors même que Sargon n'essayait même pas de défendre les traditions de ces Iles ? Comme il n'y croyait pas, il ne s'occupait même pas de les expliciter, laissant la courtisane dans un état de suspens difficile à soutenir. Peut-être qu'elle devrait attendre d'y assister pour comprendre ce qui s'y passait vraiment. En ce sens, Sargon avait raison, quand il disait plus tôt qu'elle devait apprendre, non pas dans les livres mais dans le quotidien, ce qui se passait chez les Fer-Nés. Ce serait peut-être moins traumatisant et plus facile à accepter.

    La réplique de Sargon était inutilement blessante. Et en plus, il partait du faux pour prêcher le vrai. Il ne l'avait visiblement pas bien écouté … Ou alors était-ce elle qui ne lui avait pas vraiment expliqué ce qu'il en retournait ? Elle n'avait pas été vendu par ses parents... Elle était déjà une esclave. « -Ce n'était pas mes parents ». Ema laissa un tout petit blanc s'étirer dans la conversation, avant de reprendre un peu abruptement. « -J'étais esclave, ce n'est pas mes parents qui ont décidé … Je ne crois même pas qu'ils aient choisi de me donner le jour. » Voilà qui expliquait aussi sans doute sa propre crainte de mettre au monde des enfants esclaves ou soumis à de mauvais traitements. Elle l'avait été, elle, enfant d'esclave. Sans nul doute aucunement désirée. Elle ne voulait pas de cela pour elle-même. Mais elle n'en dit rien. Si Sargon le comprenait, tant mieux. Sinon, Emeraude continuerait à faire ce qu'elle croyait juste à ce propos. Les blessures de l'enfance remontaient lentement à la surface, remis au goût du jour par cette épreuve. Auparavant, la jeune Lysienne s'était toujours considérée chanceuse et heureuse. Mais maintenant, sur ces Iles, elle comprenait enfin que sa vie avait été bien loin d'être idyllique. Ce n'était pas de donner son corps qu'elle avait honte, mais plutôt qu'elle ait tout fait pour combler un maître qui l'avait acheté et l'utilisé, même pas pour lui, mais pour s'enrichir. Chaque fois qu'elle avait fait gémir d'aise un homme, c'était en fait pour remplir les bourses d'un autre -dans tous les sens du terme.
    La Lysienne considérait bien entendu toujours que l'amour charnel était un plaisir sain dont il ne fallait jamais se priver sans raison valable. Pour autant, une fine pellicule semblait venir se poser sur son ancienne vision, lui faisant percevoir qu'elle n'avait peut-être pas forcément été si heureuse qu'elle le croyait. Sargon ne devait pas savoir ces changements, ou en tout cas, pas tout de suite, mais il en était certainement la cause première.

    Mais déjà, la discussion rebondissait et la Lysienne retrouvait une posture plus détendue. Prendre rendez-vous … C'est vrai que la spontanéité n'était pas de mise, avec une courtisane. Ema s'était toujours préparée à l'avance à chaque fois. Saurait-elle faire l'amour sans avoir consacré sa journée à l'entretien de son corps, à sa souplesse, sa douceur, sa rondeur ? La jeune femme n'en savait rien et elle imaginait d'ailleurs à peine ce que ce serait, lorsque Sargon déciderait de passer à l'assaut. Arriverait-elle à le laisser diriger, elle qui avait tant l'habitude de guider des hommes ? La question restait pleine et entière. Elle se promit mentalement d'aller consulter le Mestre dès le lendemain, afin d'être préparée à toute éventualité. Oui, Ema ne voulait prendre aucun risque et elle ferait en sorte que le Mestre soit coopératif. Avec l'aide de Sargon, qu'il le veuille ou non, de fait. Emeraude eut un sourire. « -Je me débrouillerais ». C'était peut-être inutile de le dire, mais la jeune femme se rassurait elle-même, tout comme affirmait ainsi à Sargon ses intentions. Intérieurement, Ema était heureuse de voir que son Fer-Né ne comptait pas lui interdire de se protéger de ces risques. Il était assez ouvert, car elle croyait avoir appris que la fertilité était une chose très importante pour les natifs du Continent.

    Parler des Larmes de Lys montrait qu'il avait de belles connaissances sur l'endroit où elle était née et cela fit plaisir à la jeune femme. Effectivement, les poisons … Elle s'y connaissait comme toute Lysienne, mais pas énormément toutefois, cela restait tout à fait anecdotique. Ema n'avait jamais fait tuer personne et elle avait encore moins tué de sa propre main qui que ce soit. « -Si j'avais voulu t'empoisonner, je m'y serais prise tout autrement. Et surtout, on sait toujours quel maître on a mais jamais celui qu'on aura. » Une façon comme une autre de lui faire comprendre qu'elle ne tenait pas à changer de mains et à se retrouver avec un Fer-Né bien moins accommodant que Sargon. Car mine de rien, la Lysienne trouvait son Fer-Né tout à fait acceptable dans ses demandes. Ne pas le trahir, prendre des décisions, être d'une compagnie agréable … Beaucoup d'hommes l'auraient retourné sur leur couchette sans s'embêter de plus de questions. Pas Sargon. A la fois, cela aurait été plus facile pour Emeraude. Le sexe, elle maîtrisait bien. Mais d'un autre côté, elle appréciait aussi qu'il la voit comme autre chose qu'un objet lui permettait de toucher la cime du plaisir.

    Crépuscule n'était finalement pas une femme, même si le prénom aurait pu être intéressant. C'était une arme et visiblement, une arme de qualité. La comparaison flatta la jeune femme. Ainsi, il la jugeait de même valeur que son arme. Ou en tout cas, il ne la comparait pas à une vulgaire prostituée. C'était rassurant. Mais comme il devait s'en douter, la jeune femme n'y connaissait rien en arme de ce type et elle se contenta de hocher la tête, montrant qu'elle avait entendu son explication. « -Qu'a-t-elle se si exceptionnel ? » La jeune femme n'avait pas pu s'empêcher d'essayer d'en savoir plus à ce sujet. C'était comme souvent, sa curiosité naturelle qui la poussait à poser questions sur questions. Maintenant qu'elle était en confiance, elle se contrôlait moins.

    Sargon lui expliqua qu'il allait devoir partir loin et longtemps, dès que son équipage serait reformé. La Lysienne ne savait pas pourquoi, mais cette idée lui semblait désagréable. Rester seule, ici ? Mais pour le moment il était blessé. Dire qu'elle avait proposé de l'aider à se soigner. Quelle erreur que sa gentillesse et son envie de le calmer l'avait poussé à faire. Si elle avait su auparavant, Emeraude aurait évité sa proposition. Mais courageusement, elle croisa le regard du Fer-Né. « -Ce serait dans combien de temps ? ». Le ton était neutre, mais l'éclat de son regard, lui ne l'était pas. Clairement, cela ne réjouissait pas la jeune femme de se retrouver à Dix Tours en l'absence de Sargon. Il pouvait se passer n'importe quoi et il ne serait pas là ! « -Je suppose que les femmes ne sont jamais conviées à ce genre de voyages ? ». Elle n'avait pas spécialement envie d'y aller, de fait, mais c'était l'occasion d'en savoir plus sur le rôle des femmes dans cette contrée.

    Il niait vouloir l'effrayer … Évidemment, elle n'avait jamais cru qu'il était aussi bon et aussi pur que l'enfant qui venait de naître -et que les Fer-Nés noyait sans état d'âme- mais néanmoins, il n'était pas obligé de toujours insister sur les détails sordides. Ce qui se serait passé sur ce navire ? Oh, elle en avait parfaitement conscience. « -J'ai parfaitement conscience de ce qui aurait pu m'arriver. Mais loin de m'effrayer, cela me donne plutôt du courage pour les moments à venir. J'aurais pu mourir, de cette mort qui semble vous fasciner, la noyade, mais je suis ici, bien vivante, en pleine santé et avec d'excellentes perspectives. » C'était sa façon à elle de lui montrer qu'elle ne céderait pas. Elle n'allait pas s'effondrer à ses pieds. Fièrement, Emeraude se rapprocha encore un peu de Sargon et le prenant de surprise, elle déposa un léger baiser sur ses lèvres, profitant de sa blessure qui devait le ralentir un peu. « -Je préfère profiter de l'instant présent». Ou comment lui prouver qu'il ne la dominerait pas par la peur. Un petit rire émergea des lèvres de la jeune femme. « Ne m'en veux pas, c'était tentant. Tu étais tellement sérieux … Tu devrais sourire plus souvent, cela te rend très séduisant, tu sais! ». Oui, elle jouait. Parce que parfois, le jeu était la meilleure manière de ne pas s’abîmer dans la tristesse. Mais qui jouer avec Sargon Harloi devrait en récolter les fruits, elle le savait ...

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« Capitaine de la Veuve Salée »

♦ Missives : 5378
♦ Missives Aventure : 401
♦ Age : 29
♦ Date de Naissance : 27/09/1988
♦ Arrivée à Westeros : 22/11/2011
♦ Célébrité : Jack Huston
♦ Copyright : © Aryana
♦ Doublons : Maron Martell, Pryam Templeton, Bryce Vyrwel, Alysane Mormont
♦ Age du Personnage : 28 ans
♦ Mariage : Femme-roc : Helya Harloi (née Botley) ; Femme-sel : Emeraude
♦ Lieu : Île de Harloi, Dix-Tours
♦ Liens Utiles :
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Inventaire:
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Message Sam 14 Sep 2013 - 19:09

     Il avait oublié ce qui concernait l'enfance d’Émeraude, ou du moins il ne s'en souvenait pas avec précision. Sargon ne retenait que ce qui pouvait réellement lui servir et il avait uniquement noté le fait que la demoiselle avait été donnée jeune à une maison de plaisir. Dans son esprit la logique voulait donc que ses géniteurs l'aient vendue comme une vulgaire marchandise et qu'ils avaient utilisé l'argent pour autre chose. Le Fer-né soupira doucement, constatant que visiblement le sujet de l'esclavagisme était plus délicat que la belle ne voulait le laisser croire de prime abord. Peut-être que sa réticence à voir des enfants souffrir venait justement du fait qu'elle-même n'avait pas été désirée ? Peu importait, elle était là et c'était tout ce qui comptait, le passé n'était pas censé empêcher l'évolution. Et dire que c'était lui qui pensait tout ceci....

     ▬ Et bien même dans ces conditions je préfère naître sur les Iles de Fer qu'à Lys. Rares sont ceux qui ne survivent pas et ils ont tous la chance de devenir quelqu'un, même en naissant d'esclaves. La preuve, lorsque tu auras des enfants ils pourront être considérés comme des héritiers si aucun autre enfant ne naît dans cette génération. »

     Il avait bien dit « lorsque » et non « si », comme pour souligner qu'une autre option n'était pas envisageable à ses yeux. Pourtant, il ne l'obligerait jamais à en faire si elle n'en avait pas l'envie, après tout les héritiers légitimes l'intéressaient davantage que des enfants nés comme de simples roturiers. Au fond, il ne cherchait même pas à persuader Émeraude, il se contentait de lui répondre pour la mettre mal à l'aise ou la pousser dans ses retranchements. Sargon avait en effet constaté que la demoiselle semblait prompte à perdre le contrôle d'elle-même lorsqu'ils abordaient ce sujet, pour quelle raison aurait-il cessé de l'aborder ?

     Elle lui fit alors savoir que si elle avait l'intention de l'empoisonner, ça ne serait pas de la manière qu'il imaginait. Vraiment ? Le regard du Harloi sonda celui de la blonde alors qu'il se demandait comment les Lysiennes s'y prenaient pour arriver à leurs fins lorsqu'elles comptaient se débarrasser d'un homme. Si l'on considérait qu'elles employaient leurs autres atouts, il était légitime de penser qu'elle pourrait tenter l'empoisonnement s'il se décidait à partager sa couche. Les Lysiennes étaient-elles réellement toutes aussi dangereuses ? L'idée dessina un sourire amusé sur les lèvres du capitaine. Même si elle s'en défendait, Émeraude restait certainement capable de mener à bien un pareil plan.

     ▬ Dois-je comprendre que je risque de courir droit vers la mort si je décide de passer un peu de bon temps avec toi ? »

     L'idée était quelque peu.... Inquiétante et à la fois stimulante. Le danger ne l'effrayait pas vraiment, la mort non plus. Il avait assimilé depuis longtemps l'idée de mourir jeune. L'avenir lui montrerait bien s'il s'était trompé ou non. Toujours est-il que le simple fait de savoir que la belle Lysienne s'intéressait à précieuse Crépuscule la faisait remonter encore davantage dans son estime. S'il y avait bien une chose qu'il ne supportait pas, c'était d'entendre des mesquineries sur son boutre ou sa précieuse lame. Inspirant profondément, Sargon glissa sa main jusqu'à sa ceinture et débloqua le maintien qui empêchait le fourreau de tomber. Après l'avoir pris en main, le Fer-né fit glisser l'épée vers l'extérieur sans la déloger totalement pour autant. Même sans avoir connu des centaines de lames, Émeraude verrait immédiatement que l'acier Valyrien n'avait rien de comparable avec le simple acier dont été forgée les épées habituelles.

     ▬ Elle est en acier Valyrien. C'est très tranchant, en fin de compte c'est plus humain de tuer avec elle, c'est rapide et efficace. Elle peut trancher un bras protégé par une épée ou même décapiter un homme sans difficultés. On peut dire qu'elle a été modelée pour être la meilleure dans son domaine, un peu comme toi non ? »

     Comparer une femme et une épée n'était pas vraiment très élégant, mais quiconque connaissait la valeur de telles lames comprendrait qu'il lui faisait un réel compliment. C'était peut-être parce qu'elle l'ignorait justement qu'il s'amusait à être aussi ouvertement gentil avec elle. En tous les cas, Émeraude devait avoir compris que l'arme revêtait une grande importance à ses yeux, plus que sa future épouse même. Ce qui n'était pas très difficile en soi cela dit.
     Comme la jeune femme se renseignait sur la durée de son séjour à terre, le capitaine détourna son attention d'elle. Il n'en savait rien et pour être franc, ignorait même s'il allait pouvoir repartir dès que sa blessure serait guérie. Il y avait énormément à faire sur les îles et son prochain mariage pouvait bien lui compliquer la tâche. Dire qu'il avait attendu ce moment depuis si longtemps, pouvoir enfin considérer Lordsport presque comme sien ! Maintenant qu'il était devant, sa motivation retombait doucement. Le Harloi s'apprêtait à hausser les épaules et se retint à la dernière seconde pour se contenter de répondre.

     ▬ Les femmes qui servent comme marin oui, mais les autres non. Et j'ignore dans combien de temps ce sera, ça dépend de beaucoup de choses. »

     Cette fois-ci, c'était à son tour de se montrer avare de paroles. Il n'aimait pas l'idée de ne pas avoir son propre avenir entre ses mains, mais ne tenait pas à le montrer clairement à la jeune femme. Elle se chargea seule de changer de sujet. Le capitaine tourna la tête vers elle pour la regarder alors que la Lysienne disait clairement ne pas avoir peur de ce qui aurait pu lui arriver. Elle avait raison, seul le présent importait, le reste était secondaire. Il fallait se faire à cette idée : il n'arriverait pas à la tourmenter sur ce point. Émeraude lui prouva d'ailleurs d'une manière bien assez claire qu'elle ne le craignait pas en prenant l'initiative de l'embrasser. Même si ce n'était que très léger, c'était l'audace du geste qui comptait et qui donnait une confiance inattendue à la belle. Comme elle lui lançait un compliment à sa manière, le Fer-né ne put retenir un léger rire sans se départir de sa superbe.

     ▬ Est-ce que je dois comprendre que je ne le suis pas lorsque je ne souris pas ? Son regard se posa dans celui de la jeune femme. Tu es bien la première à me dire une telle chose, habituellement les gens me traitent plutôt d'arrogant lorsque je souris et ils ont davantage envie de me frapper que de m'embrasser. Les hommes du moins, concernant les femmes c'était peut-être différent. Tu es très étrange. C'était une forme de compliment dans sa bouche. Et pour quelle raison est-ce que je devrais t'en vouloir ? J'avoue que tu prends des initiatives plutôt surprenantes pour une femme-sel. Il se pencha à son tour de manière à ce que ses lèvres frôlent celles de la jeune femme, mais s'en tint là sans pousser plus loin. Au contraire, le Fer-né recula finalement pour retrouver sa position initiale, assit bien droit sur son siège. Tu devrais aussi prendre un livre sur la botanique des îles, qui sait, peut-être que tu arriveras à faire l'un de tes poisons avec ce que tu trouveras ici. »

     Son ton était taquin comme s'il se plaisait à lui rappeler la réputation des siennes. Mais que dirait-elle si elle savait que lui-même possédait un dérivé de ce poison ? Ce serait une bonne manière de comprendre que même si le Fer-né critiquait certaines cultures, il ne crachait jamais sur ce qu'elles avaient à proposer. La preuve avec les continentaux : il n'hésitait pas à les tuer, mais empruntaient de nombreux traditions de chez eux. Peut-être que les courtisanes Lysiennes ne lui déplaisaient pas tant qu'il voulait le faire croire au final.


.
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