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Je ne suis personne, promesse

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Marlissa Sunderland
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TROIS TEMPS DE PATIENCE

♦ Missives : 456
♦ Missives Aventure : 22
♦ Age : 26
♦ Date de Naissance : 08/03/1991
♦ Arrivée à Westeros : 01/09/2013
♦ Célébrité : Rachel Hurd Wood
♦ Copyright : -
♦ Doublons : Falyse Morrigen
♦ Age du Personnage : 15 ans
♦ Mariage : -
♦ Lieu : En voyage dans le Bief
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Message Dim 8 Sep 2013 - 15:30

« Tu seras prudent, n'est-ce pas ?
_C'est à moi de te dire ça. »


Le chevalier terminait de boucler le lien de cuir lui passant au travers du torse, sur lequel un petit étui avait été cousu, et dans cet étui, dormait une dague. Sa fille se leva pour tendre la chemise à cet homme qui lui souriait en coin, et qu'elle regardait avec une teinte de supplication dans les prunelles. Passant la première manche, il reprit.

« Je ne vais jamais que lire des livres et en négocier deux ou trois si possible. Que veux-tu qu'il m'arrive ? Le Val et le Bief ne sont pas en guerre. On ne va pas aller me reprocher de me cultiver.
_On va nous reprocher notre nom,
glissa la demoiselle tout en lui ajustant la seconde manche devant la main, et veillant, alors qu'il roulait des épaules pour remonter le tissu, que le subterfuge ne se voie pas.
_On ne te reprochera rien, puisqu'on ne te parlera pas. C'est l'affaire d'une poignée d'heures, et de quelques jours au pire. Je ne serai pas absent longtemps et, Marlissa, je ne suis pas sans défense.
_Mh,
admit-elle du bout des lèvres, avec un hochement de tête si faible qu'il était de travers. Je m'inquiète. C'est tout.
_Allons, mon cœur,
murmura l'homme en se retournant, pour encadrer le visage de la pucelle de ses deux mains. Est-ce que j'ai déjà manqué à ma parole ?
_Non,
souffla-t-elle, yeux bas.
_Est-ce que j'ai déjà voulu te faire de la peine ? Fit-il plus haut, en lui relevant le menton.
_Non. Non, papa, mais je... C'est juste que, enfin, tout ceci me monte un peu à la tête. Elle se força à sourire. Oui, tout ira bien. Et rien ne peut nous terrasser, après tout.
_Exactement.
Il lui baisa le front avec lenteur, avant de frôler son nez du sien. Allez, ma petite rose. Nous ne sommes que des voyageurs comme beaucoup d'autres, qui sont venus s'instruire. Il n'y a aucun mal à ça et, au pire, qu'est-ce qu'on nous dira ? Que nous venons de loin, que c'est surprenant, et c'est tout.
_Est-ce que... Qu'on pourrait se trouver des alliés ?
Glissa-t-elle du bout des lèvres, alors qu'il se retournait vers le miroir, et qu'elle-même regagnait tant de courage qu'elle en devenait un peu gaillarde.
_C'est un peu tôt pour le dire, répliqua-t-il de son ton ordinaire, c'est à dire léger, délicat, et indéchiffrable, alors qu'il terminait de boutonner sa chemise. Il vaut mieux attendre d'en savoir un peu plus avant de s'avancer. L'hiver approche, ça va devenir frileux, de ce côté là comme d'autres.
_Mh,
répéta-t-elle avec le même hochement de tête. Je vais t'attendre dans la chambre.
_Pas nécessaire de te cloîtrer, on va penser que tu as quelque chose à te reprocher. Non, évite juste de trop te balader, prends garde à ce qui peut approcher ta bourse, et deux choses. »


Elle releva la tête, attentive, mais le chevalier ne disait rien. Il souriait seulement, en finissant de s'ajuster, avec cet air de rêveur et de poète qui cachait ce qu'il pouvait avoir d'assassin. Finissant par relever ses yeux clairs, il réserva à sa fille un large sourire, avant de venir chercher son épaule et l'inciter à se couler dans son étreinte. Elle se roula dans ses bras, posant la tête contre son cœur, et il pencha la tête pour déposer un baiser sur la ligne de la mâchoire de la jeune femme.

« Ne quitte pas nos gardes, et n'évoque pas les Vyrwel. Pas du tout. Il lui releva la tête encore, mais d'une seule main, cette fois, l'index sous le menton. D'accord ? »

Devant son sérieux, elle acquiesça sans sourire. Lawrence le fit, puis il quitta sa fille, happant garde et mante au passage. Elle se passa la main sur le poignet droit sans y penser, mais avec insistance, regardant longuement la porte en songeant à ne faire que garder la chambre et à ne pas se mêler de la faune d'en bas. Elle avait pris l'habitude de rester dans un seul lieu, ça ne la dérangeait pas, pas trop, du moins quand c'était confortable. Regardant en arrière la chambre de l'auberge qu'ils avaient pris, elle soupira, ajusta sa propre toilette dans le miroir en face et saisit le livre qu'elle avait emmené avec elle depuis Sortonne, pour finalement se rendre dans la salle avec les deux gardes qui restaient attachés à ses pas – non sans avoir bien scellé ses quelques bagages.

Les Sunderland étaient restés une poignée de jours à Noirvallon. Marlissa y serait assez volontiers demeurée encore, avec tout ce qu'elle avait à faire comme sourires et comme broderies, mais son père avait, parmi la myriade de projets qu'elle le savait concevoir – et dont très peu sans doute étaient avouables à haute voix – l'idée de se rendre au foyer des scribes de Villevieille, afin de profiter de la sapience des mestres dans quelques ouvrages de généalogie, entre autres domaines qu'il se voulait approfondir. Pourquoi ser Lawrence se passionnait-il soudain pour les lignages des familles westerosies, Marlissa ne pouvait que le deviner – et il lui avait semblé d'ailleurs, au regard de son père, qu'il la mettait au défi de le comprendre sans qu'il n'ai à le dire. Au fond, la jeune lady avait presque l'impression que le chevalier l'avait emmenée avec lui dans ce voyage non pas seulement dans une idée de mariage, mais pour la lancer à son tour dans le jeu le plus dangereux du continent – celui des trônes. Oui, presque l'impression, et la moitié d'une conviction, avec ça. Alors donc, pourquoi son cher et aimant père voulait-il connaître les alliances passées et le mélange des sangs de la noblesse ? En quoi ceci pouvait améliorer les affaires de Sortonne, ou aider la cause Feunoyr ? Peut-être voulait-il argumenter auprès des Maisons fondées par des bâtards. Ou peut-être, chercher les anciens liens de la maison riveraine déchue, afin de glisser au passage qu'il y avait là injure ou dénigrement d'aïeul. Peut-être ceci, peut-être autre chose, sans doute davantage. Le chevalier avait évoqué rapidement qu'il regarderait « deux ou trois détails » sur des plantes. Là dessus, Marlissa préférait ne trop rien apprendre. Elle se doutait trop bien, et la silhouette de la réponse suffisait pour qu'elle n'ai pas la moindre envie de voir le vilain visage de la vérité. Le confort de son esprit dansait entre un gentil déni et beaucoup de prières le soir.

Alors qu'elle descendait les marches menant à la grand'salle qui formait le cœur de l'auberge de leur choix, la petite dame ne put qu'à peine retenir un soupir à l'idée de côtoyer autant de roturiers. C'était à dire, elle ne pouvait pas leur demander de quitter la pièce, et il n'y en avait nulle autre que cette grande vasque où les odeurs de toutes ces peaux se mêlaient. Ah, oui, il fallait bien que la fragrance flottant dans la chambre l'importune et qu'elle préfère encore mettre son nez régulièrement dans quelque coupe pour distraire ses narines plutôt que rester là haut à fixer son livre ou le plafond, puis le plafond seulement – ces fichues commodités ne prévoyant rien pour lire ou écrire, impossible d'avoir l'aisance qui lui était nécessaire pour ne point avoir le dos cassé après une heure de lecture. Vraiment, cette roture. Enfin ! Ses deux gardes ménagèrent sans qu'elle n'eut à parler une place à une table assez excentrée, demandant « avec amabilité » à un homme esseulé de bien vouloir céder son banc à la dame, ce qu'il fit en maugréant et en respectant davantage les lames aux côtés des deux soldats plutôt que la robe portée par la demoiselle qu'il ne regarda pas. Marlissa s'installa, lissa vaguement le bois de la table comme si la chose pouvait avoir une quelconque utilité, grimaça brièvement à regarder le bout de ses doigts un peu gras à cause de son mouvement, puis soupira.

« Allez me demander une serviette, ou un torchon, au moins, que je puisse poser mon livre, déclama la petite lady sans même regarder ses gens. Prenez moi une coupe de quelque chose, certainement pas une bière, mais pas leur vin qui coûte un doigt. Elle garda une seconde de silence. Et prenez-vous un godet chacun. »

Grande générosité que celle-là ! Deux bières qu'elle leur cédait, c'était presque jour de fête pour qui servait les valois. Leur pingrerie pouvait être presque aussi célèbre que les richesses des Lannister, et si les hommes d'arme s'échangèrent un regard amusé et mirent la générosité de leur « princesse » sur le compte d'une grande nervosité, l'aubergiste, lui, dardait un regard long à la dame et à ses servants. Ce genre d’œillade hostile qu'on réserve à chaque inconnu qu'on estime déjà moins qu'un morceau de charbon. Il servit la commande cependant, et les gardes revinrent auprès de lady Marlissa, sans entendre toutefois ce que le tenancier de l'établissement glissait au gamin maigre et noueux qui lui servait pour les diverses tâches ingrates, et qui devait être un fils, un neveu ou un orphelin ramassé pendant le Fléau, et qui avait survécu avec assez de talent pour rester là.

« La garde est au courant ?
_Prév'nus c'matin,
marmonna le môme.
_Très bien. Allez, au turbin. »

La jeune femme, elle, avait ouvert son grand livre et reprenait sa lecture attentive, ignorant avec un dédain qu'elle jugeait très flatteur pour son teint les regards ça et là. Elle repassait son héraldique. Elle l'avait fait durant tout le voyage, mais si le Bief, c'était joli, comme disait Perriane, c'était surtout grand, et il y avait plus d'une famille dont connaître le blason – sans évoquer l'horreur des blasons de chevaliers. Ici, c'était une tour, lui semblait-il, elle l'avait vu quelques pages plus tôt, et elle découvrait ces subtilités avec une moue délicate, affectée, surtout sans grimacer ni sembler dépassée. Par les Sept, elle en faisait, des efforts, mais cette science avait un mal fou à rentrer. Il y avait plus d'une maison avec des blasons ou des devises ubuesques – comment les retenir ? Et comment bien les différencier ? Elle n'était point sotte : c'était ces gens qui exagéraient.

Quelqu'un entra. Ça n'avait rien de neuf, beaucoup de gens entraient et sortaient, aussi ne releva-t-elle pas les yeux dans l'immédiat, préférant saisir sa coupe pour humer le vin, sans le boire, juste pour apaiser son odorat légèrement chamboulé par tous ces gens, et leurs sueurs, et leurs vêtements. Seulement, elle n'avait pas qu'un nez, et le bruissement des murmures qui montaient alors que les éclats de voix, eux, s'étaient tus, piqua son échine d'une pointe d'alerte. Elle releva dignement le visage, avec un temps de retard, comme il se devait – une lady ne sursaute pas, et une lady se maîtrise dans ses gestes. C'était un noble – peut-être que des gens l'accompagnaient, lui aussi, mais ne l'ayant pas vu entrer, elle n'aurait su le dire. Mais il avait un nom, très évidemment, à son maintien, à sa tenue, et à ce regard qu'il avait, balayant la salle, elle se dit qu'il devait venir pour elle, ou pour son père. Leurs yeux se croisèrent, et il s'y arrêta. Oui, manifestement : il était là pour eux. Son cœur manqua un battement mais son visage n'exprima rien, seule sa main remua, lâchant la page qu'elle voulait tourner pour préférer refermer son ouvrage dans le glissement fin de ses pages. Beaucoup d'yeux étaient posés sur l'un, sur l'autre, et allaient et venaient entre eux deux. Une poignée de gorges rirent et quelques mains se frottèrent, toutefois, un nombre non négligeable de gens préfèrent s'excuser poliment et sortir de l'endroit pour aller goûter l'air.

Marlissa se leva dignement, enfin, aussi dignement qu'elle pouvait le faire : cet homme était presque mieux habillé qu'elle. Celui-là n'était pas encore trop bariolé, mais le cuir qu'il portait, d'une qualité manifeste, signait l'aisance de sa famille, ou au moins de sa personne. Ah, ces bieffois ! Dans leurs atours riches, et élégants, et brodés, et soyeux, et raffinés, ils la faisaient passer pour une femme presque dénudée, sans compter qu'elle n'avait pas passé sa plus jolie toilette au matin. Non, ce jour-là, il avait fallu qu'elle passe une de ses robes d'enfant que Perriane avait retouchée avec elle ; elle était faite de coton d'un bleu sombre assez épais, très cintrée, parce que trop petite en vrai, des pinces d'aisance avaient été découpées sur les côtés de la poitrine et le tissu plus clair qui avait été piqué par dessous s'entrevoyait et se cachait à chaque respiration. Le haut de son décolleté, que le développement de sa gorge avait rendu trop prononcé, était couvert par une modestie de tulle toute simple et d'une qualité banale, qu'elle avait brodée elle-même avec un soin religieux, s'imaginant faire un effet d'écume sur la tulle, afin de donner un ton de mer à sa robe. Ça n'était pas trop mal réussi. Elle portait de nouveau son collier, une simple étoile à sept branches en fer, donc la couleur entre le gris et le rouge était un peu étrange, et qui n'avait que peu l'air d'un véritable bijou de noble – ses derniers cauchemars la pourchassant, elle avait retrouvé le besoin de la toucher souvent. Ses chevilles étaient couvertes par un ample jupon, lequel terminait la robe sinon un peu courte. Au final, elle faisait bien arrangée, mais il était évident que la petite lady n'était pas de celles qui se baignaient dans l'or et croquaient des perles plus que des fruits.

« Messire, entama-t-elle, dans l'expectative. Ne voulant pas montrer la moindre angoisse, elle esquissa un sourire assez léger, donnant à son visage une touche de gentille douceur que le rose de ses lèvres rendait très aimable. Vous aviez réservé cette table ? »

Son sourire se renforça, alors qu'elle appuyait de la mine sa petite touche d'humour. Elle était terriblement nerveuse, et gardait les mains devant son ventre non pas pour avoir l'air timide, mais pour leur éviter d'être humides, si jamais il voulait lui prendre l'une d'entre elles pour la saluer. Son cœur battait à tout rompre, mais elle se dominait. Allons, allons, se disait-elle. Tout allait bien se passer. Après tout, il n'y avait rien de plus normal que de lire, si près de la Citadelle. C'était juste quelqu'un de curieux. Elle se retint de l'aviser, pour ne pas passer pour angoissée en lui cherchant un blason. Ah, mieux valait ne pas chercher à deviner : il pouvait y avoir quelques nobles dans la garde ou les environs, de passage ou de demeure, et vexer quelque personne directement par une erreur n'était pas une belle manœuvre. Discrètement, elle fit signe à ses gens de rester assis. Allons, allons, se répétait-elle. Tout allait bien se passer.


    « Et après les trois temps de patience, que fait-on?
    _On fait payer, ma chérie. On fait payer. »


Dernière édition par Marlissa Sunderland le Sam 14 Sep 2013 - 19:21, édité 1 fois
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Charles Hightower
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CHEVALIER DE LA MAISON HIGHTOWER

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♦ Missives Aventure : 7
♦ Age : 25
♦ Date de Naissance : 15/04/1992
♦ Arrivée à Westeros : 03/08/2013
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♦ Lieu : VILLEVIEILLE.
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Message Mer 11 Sep 2013 - 22:51

Sésame galopait quand nous aperçûmes Villevieille au loin. Mon petit périple à Hautjardin avait été une franche réussite puisque ce que j'étais venu chercher, je l'avais trouvé auprès de mon mentor qui n'était autre que le Lord Leo Tyrell, Suzerain du Bief. Ce voyage m'avait même permis de faire davantage connaissance avec la jeune Lady Aliénor qui se trouvait être heureuse de mon irruption dans les terres de son beau-père, car je l'avais sauvé en m'interposant entre elle et une flèche ennemie qui lui était destinée. Grâce à cette escapade, la jeune rose me remercia de mon geste héroïque ainsi que chevaleresque puisqu'elle tenait énormément à me dire « merci ». Cette rencontre m'avait profondément touché, du fait que je ne m'y attendais pas du tout et de recevoir les remerciements d'une femme de la Maison Lannister était toujours bon à prendre, car il était possible que je n'en reçoive plus de mon vivant.

La ville qui m'avait vu naître n'était plus qu'à quelques mètres de moi avant que je n'y franchisse les portes. À peine étais-je arrivé, mon âme revivait déjà. Tous mes sens étaient en émoi quand le vent et l'air marin vinrent caresser ma peau. Pour rien au monde, je vivrais dans une autre ville que Villevieille, il était inconcevable que je puisse mener une existence ailleurs que dans cette cité. Cet endroit était la perfection même, un port, des rues pavées sans exception, la citadelle des Mestres... Une fois tous les parfums de la ville en moi, je me dirigeais vers Grand-Tour, la demeure de ma famille. Mais avant que je ne puisse me mettre en route pour ma maison que je fus interpellé par un groupe de gardes qui m'avait reconnu. Celui qui semblait à la tête de ce petit régiment prit la parole.
« Ser Charles, nous venons d'apprendre qu'un groupe d'individus pour la moins étrange séjournerait dans nos murs. » Me rapporta le chef de cette garde qui me donna que de trop maigres indications.
« Dites-en plus, vous n'êtes pas assez précis. Ma mère ne m'a pas faite avec le don de lire dans les pensées d'autrui. » Lui lançais-je pour qu'il comprenne que lorsque l'on annonçait une chose comme celle-ci, il fallait se montrer précis tout de suite.
« Pardonnez-moi ser. Ce petit groupe est composé de huit hommes qui sembleraient être des hommes d'armes, d'un noble ou chevalier ainsi que d'une jeune femme. » L'homme semblait un peu nerveux. En tout cas, avec ces précisions l'idée première que j'avais eu du groupe d'individus inconnus était tout autre maintenant.
« Sans doute un noble qui voyage avec sa femme ou bien sa fille et qui se trouve accompagner de sa garde personnelle. Pas de quoi à être sur ses gardes, ce ne sont pas neuf hommes d'armes qui vont mettre à feu et à sac Villevieille. Indiquez-moi tout de même où ils logent. » Même s'il n'y avait aucune menace apparente, j'avais envie de m'y rendre pour pouvoir les voir de mes propres yeux. S'il y avait une Lady avec eux, je me faisais un devoir d'accueillir ces derniers et de leur souhaiter un bon séjour dans notre ville en tant que chevalier de la maison Hightower.
« Ils se trouvent au Au Brasseur d'Hydromel, Ser Charles. » Disait-il d'une vois frêle. Ce soldat devait se décoincer, car il faisait un piètre informateur.
« Merci. » Lui lançais-je. Sur ces paroles, j'allais aux écuries pour que Sésame puisse se reposer du long voyage qu'il avait effectué.

Une fois au niveau des innombrables enclos à chevaux, je choisissais un canasson lambda et je le montais dès qu'il fut équipé. Direction l'auberge où résidaient ces mystérieux voyageurs. Au Brasseur d'Hydromel était un établissement qui n'avait pas mauvaise réputation, mais il se trouvait loin des écuries, je devais traverser une bonne partie de la ville pour m'y rendre. Mon ventre commençait à gargouiller, la faim se faisait ressentir. Heureusement que je me dirigeais dans un lieu où l'on servait de la nourriture, car si cela n'avait pas été le cas, je n'y serais pas allé. D'ailleurs pourquoi y allais-je ? Je n'étais pas obligé de le faire, sans doute la curiosité de savoir qui était ces inconnus, avait eu raison de moi.

Devant l'auberge, je descendis de cheval, attrapant les rênes pour conduire ma monture vers le point d'eau et de fourrage qui lui était destiné ainsi qu'à ses semblables. D'un pas lent, je me dirigeais vers la porte de l'établissement. Même si je me trouvais encore dehors, j'étais en mesure d'entendre le brouhaha qui rugissait dans les lieux. Les hommes qui étaient à l'intérieur ne se faisaient pas prier pour parler en silence. Dès que je mis un pied dans les locaux, les voix commencèrent à s'estomper doucement. Plus mon corps pénétrait dans l'auberge, plus les hommes se taisaient pour ne faire au final plus qu'un lourd silence. Je jetais des regards à droite et à gauche. Au fur et à mesure que mes yeux balayaient le salon, des hommes quittèrent leurs tables pour retrouver le calme de l'extérieur. Beaucoup devaient savoir qui j'étais. D'autant plus que je ne mettais quasiment jamais les pieds dans des endroits comme celui-ci, ne buvant pas de vin, d'hydromel ou autre boisson de ce genre, il ne m'était pas nécessaire de me trouver dans une auberge sauf si j'y cherchais un lit afin de me reposer. Mon regard se posa après un certain temps d'observation sur une table. Il n'y avait qu'une personne et cette dernière était une femme debout, une jeune femme. Bien que sa toilette ne fût pas époustouflante d'opulence, la façon dont elle se maintenait laissait penser qu'il pouvait s'agir d'une noble dame. Je m'approchais de cette dernière. Derrière elle, deux gardes tenant chacun un verre. Sans trop m'avancer, il y avait de fortes chances que les trois êtres devaient faire partie du groupe des dix voyageurs inconnus.

Avant que je ne puisse dire la moindre chose, la jeune demoiselle s'adressa à moi la première. Son interrogation me fit sourire. Même si cette Lady devait être une femme faite, elle me semblait plus jeune que Valencia voir même de Victoria. « Si j'avais réservé cette table, croyez-moi l'aubergiste aurait été fou de joie de savoir que je viendrai sous son toit. » Lançais-je à la demoiselle tout en prenant place à sa table sans le lui avoir demandé. « Je me présente Ser Charles, de la maison Hightower. À qui ai-je l'honneur, Lady... » Décliner mon identité en premier avait pour but de mettre en confiance cette jeune pousse que même si elle essayait de rester calme montrait une certaine nervosité puisqu'elle gardait ses mains contre son ventre. « Vous pouvez vous rassoir, je ne vais pas vous chasser de votre table, je vais juste vous tenir compagnie le temps d'un repas. » Lui lançais-je d'un ton doux. Assis sur le banc, j'attrapais le verre de la demoiselle. Un piètre vin dont elle disposait, même si je n'aimais pas boire - je ne buvais que très rarement - il m'était possible de les identifier à l'odeur. Plus le vin était médiocre, plus il dégageait une odeur qui m'irritait et me faisait soulever le cœur. Je reposais la coupe devant moi et je fis signe à l'aubergiste de venir. Après tout, ce dernier recevait un Hightower dans sa modeste demeure il ne pouvait être qu'au petit soin pour nous. L'homme vint à notre table, il semblait ravi de me voir, mais il sera très vite déçu en voyant que je ne descendrai pas ses meilleurs crus comme pouvaient le faire un grand nombre d'hommes d'armes. « Apportez-nous une coupe de votre meilleur vin de la Treille ainsi que deux repas, si madame souhaite diner avec moi ? » La jeune femme pouvait décliner mon offre si elle le désirait, mais dans tous les cas j'allais manger puisque ma panse réclamait son dû. Mais avant que l'aubergiste ne s'en aille, mes doigts se resserrèrent de nouveau sur le verre contenant le vin de piètre qualité et je tendis le réceptacle pour qu'il nous en débarrasse.

Mon regard se porta sur le livre qu'elle avait en sa disposition. J'étais intrigué par l'ouvrage de la demoiselle, je m'empressais de la questionner sur ce dernier. « De quoi parle votre manuscrit, il m'a l'air ennuyeux ainsi que du genre à donner mal à la tête également. » Disais-je en lâchant un petit rire pour détendre l'atmosphère et faire en sorte que la jeune femme ne se sente pas dans un interrogatoire.


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Marlissa Sunderland
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Message Sam 14 Sep 2013 - 20:37

Il était venu seul. A priori. C'était déjà une bonne chose en soi, la petite lady se figurait déjà devoir dignement répondre de son droit à la visite et que, non, non, vraiment, il n'y avait rien à voir ; c'était à peine si elle se s'était pas imaginé un instant devoir croupir dans quelque geôle haut perchée avant que l'armée victorieuse du Dragon Noir ne vienne la libérer, en délicate princesse du haut de sa tour que Lawrence, ou Lancel, viendrait enlacer sous les bravos de la foule amassée. Oui, certes, elle se faisait peut-être une montagne des dangers à demeurer ici – après tout, sa famille était peu connue, et s'ils n'avaient pas été mis aux fers, c'était bien qu'on leur laissait ce fameux bénéfice du doute, non ?... A moins que les lézards roitelets de Port-Real ne se montrant aussi fourbes et veules qu'ils lui avaient été décrits, et qu'il attendaient qu'ils soient ainsi éloignés de Sortonne pour se saisir d'eux et diminuer les forces de sa famille par ce détour abject, ne voulant se risquer à un affrontement de plus. Affrontement qu'ils perdraient, évidemment ! Ce n'était plus Rickon qui menait les hommes de son lord, c'était Lawrence. Et Lawrence ne pouvait pas échouer. Ah ! Ils devaient le redouter. Et elle, se méfier encore – de ses hommes l'attendaient peut-être traîtreusement dehors.

Appuyant délicatement ses petites mains sur le plat de sa robe afin s'en essorer l'éventuelle moiteur, elle s'apprêta à tendre la main alors que l'homme se présentait – un Hightower, rien de moins. Mais le chevalier s'asseyait, sans attendre, sans demander, et son geste élégant avorta après un petit frémissement de doigt. Hé bien ! On lui en avait conté, des manières des bieffois, mais celui-là ne semblait pas y avoir été baigné tout bébé...

« Lady Marlissa, fit-elle avec une fausse distraction, éprouvant la salle d'un regard circulaire qu'elle voulait aussi léger que ceux de son père. Non, toujours pas de Guet, et moitié moins d'oeillades, en dehors de celle, pointue, de l'aubergiste. Mais si les petits yeux noirs du roturier s'étaient étrécis, ils devinrent grands et intéressés sitôt que le Hightower s'assit. Ah ! L'argent. Le vice des gens petits. Et voici Humbert, et Gondry. Saluez, je vous prie. »

Les deux hommes d'armes hochent la tête, celui désigné comme Gondry grogna un bref « m'sire » qu'il ponctua d'une lampée de bière. Si le premier était aussi froid, rigide et usé que l'armure qu'il arborait, le plus poli et assoiffé des deux avait un air un peu idiot, mais aussi un peu benêt qui rendait sa mine finalement sympathique. Si Lawrence avait laissé ces deux-là à sa fille, c'était pour une bonne raison : Humbert ne répondait jamais à aucune provocation, qu'elles furent étrangères ou composées des piques charmantes de Marlissa, et Gondry était une exception dans sa roture. Il était si niais qu'il ne comprenait pas lorsque la petite lady lui serinait son dédain et, finalement, ses réactions amusaient la jeune fille. D'une façon méprisante et vilaine, elle l'aimait beaucoup, son gros idiot, un peu comme on aime son chien. Le chevalier bieffois l'enjoignit à se rassoir, et elle le fit avec un petit hochement de tête distingué, avec une ou deux secondes de retard, tant pour signifier sa détente – fictive, mais bien imitée – que pour ne pas sembler lui obéir. Elle inspira l'air, ce faisant, et il lui sembla distinguer une petite fragrance de cheval –  les Sunderland et leur odorat ! Ser Charles venait de voyager, et assez longtemps. Ou alors il ne se lavait pas. Bien, autant ne pas faire de remarque.

« Je ne doute pas qu'il aurait fait meilleure présentation si vous aviez évoqué de venir, enchaîna la demoiselle pour rebondir sur la première remarque de l'homme alors qu'elle lissait le coton de sa robe et reposait son regard limpide sur les yeux du chevalier. Bleu sombre. Ils étaient beaux. Et l'honneur est pour moi que de rencontrer l'un des membres de la Maison à la T... Elle s'interrompit, alors qu'il saisissait son verre et le humait. Non mais, quelles manières ? Sa septa serait là, elle pousserait de petits gloussements d'oie fouettée au bâton ! L'aubergiste ne tarda pas à bondir au premier signe du chevalier en sa direction, tout sourire, tout politesse, tout courbettes et si dévoué au Hightower qu'il n'en guigna pas un seul regard vers la jeune femme, laquelle fit merveilleusement bien mine de ne point s'en vexer. Mine, seulement. Ah, pauvre erre, il n'aura pas un seul rogaton de cerf de plus que le strict nécessaire, elle se le jurait. A l'invitation, Marlissa acquiesça avec un sourire exquis, repoussant le livre de côté avant de le refermer. Voilà qui m'enchante, ser Charles. Vous êtes bien galant. »

La dernière remarque fut dite du bout des lèvres, alors qu'elle regardait son vin partir. Hé bien, hé bien, de la galanterie, parlons-en ! Il se comportait comme son grand-père lorsqu'ils dînaient ensemble, repoussant les plats de sa petite-fille et choisissant pour elle ce qu'elle irait boire ou déguster, et y allant de quelques commentaires. Enfin, le chevalier était chez lui, après tout, et peut-être faisait-on ainsi avec toutes les femmes sur ses terres. Au moins l'invitait-il, du moins, l'espérait-elle.

« Oh, ce livre ? De l'héraldique, messire. J'en passe les leçons lorsque j'ai l'occasion. Il faut être régulière dans ses apprentissages, sinon tous ces blasons s'entremêlent et il est impossible de distinguer qui du fieffé, qui du suzerain, qui du simple blason personnel. Elle voulut répondre à son rire d'un plissement de lèvres aimable et d'une nouvelle touche d'humour improvisée. Imaginez que je confonde, et que je vous nomme Frey. Ça fait une tour de trop, et un pont, ainsi qu'une belle idiotie. Elle accentua son sourire, puis le perdit au profit d'un ton plus badin. Le vin qu'on m'avait servi me donnait davantage la migraine que les devises rassemblées, pourtant, j'y avais à peine trempé les lèvres. »

Un petit silence se fit, durant lequel Gondry lâcha un rôt et s'empourpra en excuses bafouillées lorsque Marlissa lui darda une œillade sévère. Préférant ensuite relever un peu son menton et reposer ses yeux sur le chevalier face à elle, elle décrivit quelques instants ses traits – il était brun, avec de très légers reflets blonds, pas roux, ça lui était aimable – et, en arrière, l'aubergiste bramait pour qu'on se presse de servir ces bonnes gens. Tandis qu'on se hâtait en cuisine, Marlissa songeait vivement. Fallait-il dire son nom ? La question finirait par être reposée, et devoir l'admettre après trop d'insistance était à la fois impoli, disgracieux, et suspect. Mieux valait le faire passer pour une petite distraction, voire... Voire, oui ! La petite lady se piqua d'une audace qu'elle jugea aimable pour détourner les questions gênantes.

« Oh ! Il me vient une idée. Un homme courtois et bien fait est un homme d'esprit comme d'épée, après tout, et vous me semblez tout à fait aisé dans ces deux domaines. Connaissez-vous un peu d'héraldique ? Le blason de ma famille vous donnera mon nom. Mon premier indice : il y a une ou plusieurs têtes de femmes dans son dessin. Je puis partager mon livre comme nous partageons la table, si vous le souhaitez. »

Sa petite main gracile se posa sur la couverture de cuir jadis rêche, mais qu'elle avait tant et tant caressée et palpée qu'elle avait retrouvé une douceur et une souplesse brillante, et seuls ses coins et sa tranche trahissaient son âge véritable, ainsi que son intitulé en dorures qui étaient presque entièrement passées. Le tenancier revint promptement, annonçant pompeusement ses denrées, et posa devant chacun des deux nobles une assiette fumante. Il y avait là des légumes en bataille, sautés, grillés, et oint d'une sauce dont le pourpre semblait dire qu'elle était liée de vin. La pièce de viande, de minuscules petites côtes serrées les unes contre les autres, à la graisse juteuse et à la peau semblant craquante, dorée, trahissait sans doute de l'agneau. Le verre fut posé devant l'homme, bien sûr, et Marlissa ne releva pas – elle ne pensait point qu'il lui était destiné. Les couverts furent donnés, serrés dans un torchon de qualité très passable, mais qui devaient être leurs meilleures serviettes, puisqu'une main avait tenté jadis d'y broder une bataille de tours et de raisins. La jeune demoiselle disposa cette dernière sur ses genoux avec une moue très légère et, effleurant son étoile à sept branches par réflexe, elle se pencha pour souffler.

« Bon appétit, ser Charles. Au terme de ce repas, me ferez-vous le plaisir de me conter vos exploits ? Vous ne devez pas en manquer, et je brûle autant que cet agneau de vous connaître davantage. »

C'était dit avec des yeux mignons, un sourire qui ne l'était pas moins, ainsi qu'une expression tendre et un rien naïve que Perriane lui avait enseigné. Les hommes, souvent, aimaient beaucoup parler d'eux-mêmes, et plus ils bavassaient à leur propos, moins on parlait d'elle. Elle se retint de jeter son regard à l'assaut de la porte pour y chercher la silhouette de son père. Il ne reviendrait pas aussi tôt, inutile de le guetter, pourtant, l'idée qu'il soit plus proche l'aurait rassurée. Lui savait parler, lui savait faire croire, et elle avait dans l'idée qu'elle ne l'avait pas encore suffisamment vu faire pour maîtriser elle-même ce domaine. Même si, l'un dans l'autre, il était peut-être préférable qu'il ne soit pas là. Jamais il ne l'avait vue parler seule – ou presque seule – avec un autre homme, qui plus était un étranger, et une sorte de bout d'instinct bizarre lui faisait appréhender le regard de Lawrence sur ce fait. Ils ne faisaient rien de mal, certes. Mais Rickon n'avait jamais rien fait de mal non plus, il était juste au dessus de lui, lui souffla une vilaine pensée.


    « Et après les trois temps de patience, que fait-on?
    _On fait payer, ma chérie. On fait payer. »
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