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Marlissa Sunderland

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Noble
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Marlissa Sunderland
Noble

Général

TROIS TEMPS DE PATIENCE

♦ Missives : 456
♦ Missives Aventure : 22
♦ Age : 26
♦ Date de Naissance : 08/03/1991
♦ Arrivée à Westeros : 01/09/2013
♦ Célébrité : Rachel Hurd Wood
♦ Copyright : -
♦ Doublons : Falyse Morrigen
♦ Age du Personnage : 15 ans
♦ Mariage : -
♦ Lieu : En voyage dans le Bief
♦ Liens Utiles :
Feuille de Personnage
Feuille de personnage
Inventaire:
Jauge de réputation Jauge de réputation:
1297/1500  (1297/1500)


Message Dim 1 Sep 2013 - 7:40

● Nom : Sunderland. On trouvera plus riche, on trouvera aussi moins noble.
● Prénom : Marlissa, en l'honneur de sa mère.
● Sexe : Une femme faite, plus une enfant, mais une femme très certainement.
● Âge : Née en 197, elle a 15 ans.
● Origine : Elle est née et a grandi dans la forteresse de Sortonne, sur l'île de Dolcesoeur, dans le Val d'Arryn.
● Métier : Noble dame et future épouse d'un mari très chanceux, du moins, de son avis propre.

● Pseudo :  Madie.
● Âge :  V'là les flics !
● Vous concernant :  Ce n'est vraiment pas une question facile.
● Avatar :  Rachel Hurd Wood dans Solomon Kane.
● Connaissez-vous le Roman ?  Oh oui, oh oui, oh oui, oui, oui !

● Lady Coeurdepierre ? Pas pour l'instant, merci !
● Comment avez-vous connu le forum ? En recherchant des choses sur l'univers, au hasard de google. J'avais hésité, renoncé, et finalement j'ai craqué.
● Comment le trouvez-vous ? Le gris sur fond bois est pas facile-facile à voir, mais c'est surement parce que j'ai des yeux de taupe. Sinon c'est vraiment complet et vraiment joli !
● De quelconques suggestions ? J'ai beaucoup personnalisé la famille, j'espère que je n'en ai pas trop fait... D'ailleurs, j'ai été obligée de diviser la fiche en deux, ça ne rentrait pas. Désolée de la longueur !

Informations Descriptives

Les Sunderland sont d'une noblesse indéniable, mais d'une richesse toute relative. Et, quand bien même elle fait des efforts et déploie quelques trésors d'imagination à accommoder le peu, Marlissa porte sur elle le manque de deniers des siens. Là où pléthore de ladies arboreront des bijoux somptueux, la jeune femme n'aura guère que ses yeux à mettre en valeur, ou les boucles de ses cheveux dont orner ses oreilles. Ses toilettes, si elles sont propres et bien tenues, ne sont point tissées des étoffes les plus belles et on pourra constater qu'elles ont été déjà quelques fois portées. Au milieu de la roture, elle paraît évidemment noble, à son maintien, à son allure, à sa façon de l'affirmer dans le regard et de le porter sur sa peau trop lisse pour une donzelle sans nom de famille, au milieu d'une cour elle paraîtrait inévitablement dénudée.

Aussi, semble-t-elle compenser ce détour de destin par la hauteur de son menton, par la rectitude de son échine, par ses manières délicieuses et très distinctement apprises, ainsi qu'un maniérisme que des nobles davantage portés sur la terre que les salons pourront peut-être trouver risible. Toutefois, ce qu'on ne pourra jamais lui retirer, à elle comme à aucun autre de sa lignée, c'est cette apparence de santé vigoureuse qui se dégage d'elle. Ah, elle a de la force vive, Marlissa ! Solide comme les Trois Sœurs, baignant dans leur sel depuis des éons sans laisser leurs rocs s'échapper. L’œil est très bleu, et très vif, la peau est jeune et a cette blanche tendresse d'apparence qui n'est commune qu'aux très jeunes filles et aux biches frémissantes – elle pourra remercier là le fait d'être très, très rarement sortie de ses murs même pour une balade, le vent salin ayant tôt fait d'arracher aux épidermes délicats leur soyeux – et ses bras parfois nus attirent aisément la main, tant sa chair a l'air douce, et délicate à saisir. La poitrine, jeune et ample, encombrerait une lady plus remuante mais agrandit cette gorge qu'elle déploie avec fierté, sa taille est menue et invite à la danse, les reins sont fermes, amples et pleins. Une femme faite, indéniablement. Elle n'est pas malingre, se tient bien sur le sol et fera de beaux enfants, qu'elle portera bien, si sa cambrure ne cache pas quelque malice profonde.

Lorsqu'on n'a point le sou, on a plus facilement la vertu, à ce qu'il paraît, et si la piété commence par la propreté, on pourra suspecter que lady Marlissa est très pieuse. Souvent occupée à rester entre ses quatre murs, elle doit brosser ses cheveux aussi souvent que ses pensées et ils sont brillants, autant que faire se peut avec ce fichu vent. Il n'y a guère que lorsqu'elle joue avec ses petits frères qu'elle puisse être trouvée crottée, bien qu'alors, elle soit capable de se salir sans compter avant de se retrouver à pousser des couinements d’oisillon et de réclamer son bain au plus tôt. C'est encore une enfant dans ces rares moments, encore qu'elle se tienne davantage comme une petite mère que comme une grande sœur, mais en dehors de ces exceptions précises, elle se comporte exactement comme une jeune fille prête à être épouse, et non plus comme une fillette, malgré son visage encore un peu rond et poupin.

Elle a, dans le mélange de sa jeunesse pétillante et de son attitude portée sur la lenteur et les poses, quelque chose de très pesant, de trop sensuel. Si elle a les yeux clairs, ses regards longs ont une lourdeur peu commune, et sur l'arc de ses lèvres sont bercées des inspirations coupables que certains sourires peuvent envoyer comme des traits acérés. Malgré son âge, elle semble déjà savoir comment se tenir pour être un peu ambiguë, comment rouler sa voix pour qu'elle soit suave, comment porter sa gorge pour en échauffer ses soupirs, et elle sait se nier l'instant d'après, reprendre un peu de froideur et de distance, puis se laisser rattraper. Elle tient de la biche, oui, dans la chair comme dans l'allure, et ce ne sont pas les mille soins qu'elle passe dans sa toilette et qui lui ont été soufflés par l'épouse de son père qui vont atténuer cette science fatale, bien au contraire. On a peu de parfums, chez les Sunderland, mais elle sait quelles épices passer au derrière de ses oreilles, on a peu d'onguents sur les Trois Sœurs, mais elle sait protéger sa peau limpide et en attendrir encore les jointures, et enfin, enfin, elle a ce petit quelque chose d'indéfinissable qui agite les entrailles plus qu'il ne ravit les yeux. Elle n'est pas de celles dont on chantera la beauté, parce qu'elle n'a que l'éclat de la jeunesse et de la santé, et rien de réellement bouleversant, mais elle fait partie de ces présences qui se rappellent comme des beaux spectres au moment du coucher. Etrange petite vierge à la floraison prégnante, au maintien de septa, et au rire gourmand et juvénile.


Informations Mentales

Petite lady comme il y en a beaucoup, Marlissa Sunderland est une jeune femme à la tête pleine de rêves et aux prunelles encore très serties d'illusions. Elle est de celles qui croient encore, à son âge avancé – quinze ans déjà, ah, comme le temps passe – qu'elle trouvera l'amour, parce que les Sept l'ont faite pour être heureuse, et surtout courtisée. A ses yeux, elle est assez merveilleuse, puisque plutôt jolie, passablement instruite et tout à fait noble, donc possède cet espèce de mérite d'exister qui implique certaines récompenses du sort en soi. On pourra lui trouver un petit ego aussi soigneusement entretenu par ses propres soins qu'il est délicatement apprêté : on ne la verra point faire de caprices, mais elle sait demander, on ne l'entendra pas se vanter ouvertement, mais elle saura se montrer sous un beau jour, on ne pourra que rarement la voir se renfrogner, mais elle a la vengeance tenace, la bougresse, et elle tient à sa noblesse comme à tout ce qu'elle implique. Elle déteste – déteste ! – qu'on lui manque de respect, et bien que ça n'ai pas été si rare dans sa vie, elle en éprouve toujours la même acidité perfide.

En autres choses qu'elle hait personnellement, il y a, et c'est malheureux pour une Valoise, les hauteurs. Elle a un vertige abominable. Elle déteste les falaises, ne se sent pas toujours bien au bord des fenêtres trop perchées, et ne goûte également que très peu les balades à cheval – bien qu'elle ne confiera rien de son mal-être à quiconque en ignorerait la raison. On la trouve parfois en pleine nuit, rôdant dans ses couloirs, chassée de son lit et des bras du sommeil par un cauchemar si vilain qu'elle en appréhende de dormir, mais elle en a une petite coutume, aussi saura-t-elle s'occuper d'une bougie et d'un livre, et ni ordre, ni fatigue, ni supplique ne lui feront regagner sa couche pour les heures à venir. Par contre, elle aime la soie, et ce qui brille, et ce qui éclate, et ce qui pétille, toutefois, son éducation fait qu'elle a une conscience très aiguë des questions monétaires, et si elle sera toujours de celles qui adore tellement, tellement, oh oui tellement ce petit cadeau précieux qu'on lui a fait, elle ne sera pas la première à délier sa bourse, et jamais la dernière à ergoter sur un prix. Après tout, c'est aussi dans les attributs d'une femme que de savoir négocier, et on peut lui faire confiance comme à n'importe quel Sunderland pour avoir les doigts pincés. On trouvera lui reprocher un certain manque de considération envers les troubles de la plèbe, mais si on lui en faisait la remarque directe, on se s'exposerait qu'à une levée de sourcils ou à une délicatesse verbale acérée. Elle est concernée par son rang, voilà tout, et si chacun est fait de chair, à chaque peau ses tourments. Elle n'a pas celle d'une roturière, et ne demandera jamais à l'un de ses servants d'essayer de porter la sienne un instant.

Aussi complexes et retorses que soient les relations à sa famille et à sa destinée actuelle, critiquer directement son sang est s'en faire une ennemie à coup sûr. Certes, elle est bien consciente des défauts de chaque membre de sa famille passé ou présent, et ce d'autant plus qu'elle a su depuis longtemps traquer ces failles, mais malheur à qui n'est point Sunderland et entend les faire remarquer ! C'est qu'on vit dignement, chez les Sunderland, et ça elle l'a appris par cœur, et depuis fort longtemps. Les vérités vues par d'autres yeux n'ont qu'à se faire moins bruyantes si elles veulent avoir la chance d'être entendues un jour. Mais on peut tout lui dire, à Marlissa, à condition de savoir enrober la chose et de ne point se braquer contre elle ; parmi ses qualités, on peut affirmer sans rougir qu'elle est une excellente confidente, capable d'entendre beaucoup et de juger très peu tant qu'on a un brin de son affection. Bien moins idiote que ses rêves et son orgueil ne pourraient le faire croire, elle a sur elle-même et le monde un recul saisissant, qui ne se trouve d'ordinaire que chez les personnes d'un certain âge, et qu'elle a attrapé on ne sait où – elle le sait, ça, elle, mais autant elle est une oreille attentive, autant elle a les lèvres closes sur elle-même. Son sein se partage entre un drôle de cynisme joyeux et une sagesse pragmatique curieusement volontaire. Ainsi, toute consciente qu'elle soit des difficultés auxquelles sa famille doit faire face, elle s'apprête à les affronter avec une lucidité optimiste qui lui interdit à la fois le moindre recul comme la plus petite hésitation, bien qu'elle ne lui épargne ni la frayeur ni la colère.

C'est un contraste bizarre mais essentiel chez elle, qui oscille entre sa profondeur réfléchie et son petit égoïsme familial, lesquels accouchent tous deux d'une qualité aussi monstrueuse qu'elle est un défaut souvent désirable : elle est emplie d'un monceau d'ambition. Ah, oui, on peut lui faire confiance pour ça dans le fait de tenir son rang, et de s'y tenir bien, de parvenir à regarder au delà et de ne pas céder à des envies trop coûteuses afin de s'élancer plus loin, à l'assaut de meilleurs jours. Elle est très satisfaite d'être une femme, par ailleurs, ce qui est tout sauf contradictoire avec ses désirs d'avenir. Après tout, derrière chaque roi, il y a une reine, et derrière chaque enfant, il y a une mère. Tous les hommes, si vieux soient-ils, si cruels peuvent-ils être, se souviennent de l'odeur du lait avec une bille de gratitude dans les prunelles, et cette bille est, pour elle, le centre autour duquel tourne le monde.

Quant à ceux qui sont supposés l'être, ce centre, c'est à dire les dieux, Marlissa a envers eux une piété d'habitude, qui est profondément ancrée en elle, mais qui n'a que très rarement été réellement mise en application comme en question, bien qu'on lui remarquera un sursaut de foi depuis « ces derniers événements. » Les Sept sont, ils existent, ils régissent, et voilà ; on ne dérange ces êtres occupés que pour les remercier souvent et les implorer parfois, on veille à leurs préceptes car ce sont des gens qui doivent être obéis comme on doit obéir aux rois, mais elle n'y a nullement l'élan vif que d'autres peuvent avoir. Elle suit son culte comme elle se plie aux lois et aux traditions : avec un amour quotidien et un attachement de coutume, par la force de l'évidence, ainsi que la jeune malice de savoir mignonnement plier les détails qui ne l'arrangent pas sur l'instant. Avec élégance et discrétion, toujours, et sans guère de culpabilité tenace – oh, il y en a bien un peu, mais elle est la pointe de sel sur un biscuit volé. Ce qui ne l'empêche pas d'être sincère dans sa foi, paradoxalement : c'est juste que, tout de même, on peut toujours négocier, et les Sept l'ont faite femme. Et quand on est femme, on a ses secrets.

Elle est tendre, aussi. Et beaucoup. Et tout le temps. Voilà ce qui la sauve d'être infâme, sans doute : elle est, profondément, viscéralement, une amoureuse, et si on trouvera âme plus lumineuse, Marlissa est tout sauf mauvaise ou aigre. Elle aime la vie et elle aime la piété, elle aime les siens et elle aime le ciel, elle aime l'amour en soi et s'éprend déjà de l'idée d'aimer. Elle s'enflamme souvent et brûle avec une douceur violente. Elle ne veut que le bonheur de ceux qui l'entourent et s'apprête déjà, et depuis longtemps, à se dévouer corps, cœur et âme à celui qui la prendra comme épouse, et le fera pour peu qu'il réponde un peu à ses attentes. Ce sera une bonne mère quoiqu'il arrive. Voilà qui lui donne une sorte de jouissance de la vie, de gloire des petits plaisirs, d'envie douloureuse d'être heureuse et de voir des gens aux joues dévorés par des sourires. Elle n'a aucune culture de l'indécence, loin de là, mais elle n'a pas de pudeur envers la joie qu'il y a à être vivant et à se sentir vivre. On ne s'ennuie goutte auprès d'elle, et elle a assez d'esprit pour apprécier l'humour tant qu'il est fin, même s'il est parfois cruel – piquante dans ses propos, elle dissimule dans un pli de velours ou de lèvre ce qu'il faut d'acide pour s'assurer, malgré sa tendresse, de ne jamais être mièvre.

En somme, c'est une fleur toute fraîche, tout juste éclose, mais aux pétales vifs, colorés de tons soutenus. Son nectar a une odeur de sucre, mais peut dissimuler l'âpreté d'un poison. Quant à la solidité de sa tige, elle paraît parfois fragile, parfois minérale, et seul l'âge et les épreuves sauront distinguer si elle est un bel arbre ou un simple liseron que l'hiver à venir emportera.


Famille


« Trois temps de patience »


    Le vieux lord, son grand père : Rickard, né en 148, âgé de 64 ans.

On peut encore vanter la santé de ce vieil homme, bien que ses jambes cassées ne le portent plus guère, on ne peut par contre pas louer son caractère heureux sans mentir. Sévère et aigre, il est connu comme la tempête sur ses îles.


    Le premier fils, son oncle : Rickon, né en 169, marié en 193 à 24 ans, mort en 212 à 43 ans.

Présent lors des événements de Murs-blancs, on l'a retrouvé mort très peu de temps après. Sans doute s'est-il donné la mort, ou abandonné au désespoir...


    Sa tante, veuve de Rickon : une lady recluse et terne, âgée d'une quarantaine d'années.

La perte tant de son époux que de son fils, comme ses fausses couches nombreuses, ont fait de cette femme d'abord assez joviale une sorte d'araignée vivant dans sa chambre, ne pipant guère mot et n'ayant que peu de relations.


    Le fils unique de Rickon, son cousin : Richerd, né en 195, mort en 209 à 14 ans.

La vigueur de ce jeune garçon lui promettait d'être un chevalier solide et un futur lord capable de tenir front, mais une promenade en bord de falaise lui fut tristement fatale au cœur de sa jeunesse.


    Le second fils, son père et l'héritier actuel : Lawrence, né en 179, âgé de 33 ans.

Aussi beau et brun que son père est blond et renfrogné, il peut incarner un certain idéal de l'homme courtois. D'abord cadet, maintenant héritier, quelques rumeurs le disent dévoré d'ambition et bien moins tendre qu'il n'en a l'apparence.


    Sa mère, première épouse de Lawrence : Marcella, née en 180, épousée en 194, morte en 201.

Elle était blonde, elle était splendide, elle est morte très jeune, en mettant au monde un enfant qui ne lui survécut pas.


    Sa seconde mère, nouvelle épouse de Lawrence : Perriane, née en 194, épousée en 208.

Brune flamboyante, femme pétillante, il y a à son propos autant de rumeurs que sur son époux, qu'elle chasse d'un petit rire. C'est une jeune femme toujours heureuse et pétillante, véritable îlot de gaieté au milieu des visages longs et des roches nues.


    Le premier fils de Lawrence, son petit frère : Rychard, né en 209.

Petit garçon sage et appliqué, il parle déjà plus qu'il ne babille et est la joie comme la fierté de ses parents.


    Le second fils de Lawrence, autre petit frère : Pierrick, né en 211.

Très remuant pour sa petite année et demi, il galope partout et ne cesse de jacasser. Il ne quitte que très peu le giron de sa sœur.


Histoire


Partie I

« Ça désole notre amour, même s'il ne voudra jamais le montrer. Ça désole Rychard. Il n'y a guère que Pierrick que ça ne désole pas, mais il est trop petit encore pour comprendre qu'il va te perdre, fit la plus brune des deux femmes assises sur les rocailles. Regarde-le te faire risette.
_Ce sont des hommes. Il faut toujours qu'ils se contrarient devant la nature. La demoiselle aux cheveux blonds répondit aux saluts effrénés de l'enfant qu'elles couvaient toutes deux du regard, et qui se dandinait sur les galets moussus de ce bord de mer. Oui, je te regarde ! Je te regarde ! Lanca-t-elle d'une voix plus forte, ce qui fit rire le bambin et sourire les deux dames.
_Ça me désole aussi un peu. La mine amène de la brune s'évanouit avec ces mots. Ça devait arriver. Les sept sont déjà généreux, fit-elle avec un regard un peu appuyé, c'est arrivé tard, même si une petite année de plus n'aurait pas été trop à mes yeux...
_Tu sais combien j'aurais préféré rester, répondit-elle avec la même œillade. Mais je ne peux pas être une enfant éternelle.
_Ah ! Si seulement j'avais pu te garder contre mon sein, te rendre miniature, et te garder toujours. Je l'aurais fait, crois-moi ! Mais, oui. Il va falloir jouer fin. Très fin. Nous dansons au bord du précipice.
_Je sais, soupira la seconde, retenant un frisson étrange avant de se baisser bras ouverts pour cueillir le bambin qui s'en revenait vers elles, avec la démarche maladroite commune aux petits de son âge. Oh, le joli coquillage, glissa-t-elle alors qu'elle asseyait le garçonnet sur ses genoux, au mépris des pans de sa robe que les petons salissaient. Montre-le à ta mère.
_Ah, le coquin, rit la brune de bon cœur alors que l'enfant tendait sa trouvaille de nacre à la femme qui l'étreignait. C'est moi, ta mère, voyou !
_Il est désobéissant, glissa la blonde avec un baiser sur la tempe juvénile.
_Ou étourdi. Bah, je ne lui en voudrai pas de nous confondre. Les voyageurs se trompent toujours !
_Pour ce qu'il y en a, soupira la demoiselle. »

Cette sentence recouvrit la plage et les femmes d'une nappe de silence que le bambin ne put crever malgré son babillage. Toutes deux sentaient peser sur leurs épaules la marche commune au temps et à la fatalité, et un soupir lourd et grondant fut poussé par leurs deux poitrines conjointement. La blonde rajusta le châle à ses épaules, dardant au vent dont elle voulait se couvrir une œillade mauvaise, comme si elle pouvait le dompter. Sans rien en dire, elle voulait déjà rentrer.

« Oui, il va le falloir, reprit-elle après avoir cessé de batailler contre son vêtement. Après tout, tu étais déjà mariée à mon âge.
_Tout juste, corrigea la brune, et les Sept soient bénis de m'avoir dévouée à toi et à ton père. Elle ajouta après un petit silence, et avec de l'appui. Je t'aimerai toujours. Et de tout mon cœur.
_Je sais, répéta-t-elle en relâchant le gamin qui s'impatientait de salir à nouveau ses bottines sur les cailloux irréguliers et moites, d'une voix plus lourde qu'elle ne le voulait, et qu'elle éclaircit d'une toux rauque. Je sais, redit-elle encore, et cette fois c'était convainquant. Et tu sais que je t'aime déjà tout autant. Je m'excuse pour hier. C'est juste... C'est si grossier, ça m'a prise de court.
_Suffit, tança la brune avec aménité, pressant les mains de la jeune fille à ses côtés. Pas la peine de le dire à moi. Dis-le à ton grand-père, avec ton plus beau sourire, un peu de parfum, et toute ta conviction. Il faudra sortir la poitrine, cambrer le dos, montrer combien tu es une femme maintenant. Et que tu es prête à agir comme telle. Avec la docilité qu'il veut voir. »

La plus jeune baissa les yeux, malgré un effort de volonté, et sa mâchoire se crispa tout de même. Loin de lui en vouloir, celle des deux qui était déjà mère prit les épaules de la pucelle entre ses mains et l'incita à poser la tête contre son sein. Elle murmura.

« Une épouse rêvée par des hommes est toujours docile. Une épouse de rêve, par contre, n'est docile qu'en apparence. Entraîne-toi avec ton vieux lord, tu verras. Fais mine de ployer l'échine et il penchera la tête pour te manger dans la main.
_Je crains qu'il ne soit braqué contre moi au point de croire que tout ce qui me touche devient poison.
_Oh ! Tu sais, avec un peu de talent, une vraie femme fait manger de la graine de mort à tout homme, et avec reconnaissance. Ce n'est pas si impossible. Nous devrions parier ! Allez, que jouons-nous ? Le destin de notre prochain achat de soie ? »

Elles rirent ensemble et, malgré l'étrangeté de la remarque, celle-ci coula entre elles comme un baume et leur rendit l'humeur babillarde et charmante qui les avait conduites sur la plage. Quelques temps plus tard, le cliquetis des armures en arrière leur indiqua que les hommes d'armes qui les veillaient s'étaient levés, et ils l'avaient fait pour saluer un autre qui s'en venait. Grand, élancé et assez pâle, il avait une figure aimable qui se retrouvait en tous points dans le visage de la demoiselle encore vierge. Il ouvrit les bras en croix, et les referma sur les deux ladies, chacune lovée contre l'un de ses flancs. Ils les embrassa de la même façon, d'abord sa seconde épouse, puis sa première fille.

« Les deux femmes de ma vie, entama-t-il avec le sourire tranquille de celui qui a leur cœur plein, le regard passant sur chacune pour sourire au gamin qui s'élançait vers eux. A quoi complotiez-vous encore ?
_A te faire conquérir le trône, quoi d'autre, murmura l'épouse en posant une bouche chaude sur la gorge de son mari, assez bas pour que les gardes ne puissent cueillir au vol la gaillardise.
_Oui, et nous avons renoncé finalement, renchérit la fille en préférant lui abandonner son baiser sur la joue. Elle remarqua du bout des lèvres qu'il était assez mal rasé. Ça te ferait trop de souci.
_Vous ne me connaissez que trop bien, opina-t-il sans rompre immédiatement la plaisanterie, mais cassant l'étreinte pour cueillir le gamin qui lui serrait les genoux et réclamait les bras de son père. En tous cas, j'ai besoin de vous pour conquérir le domaine, ce soir. Notre lord est de bien vilaine composition.
_C'est ma faute, reconnut la pucelle.
_C'est aussi la sienne, lâcha, avec un peu d'ambages, le père et mari, avant d'enchaîner sur le même ton sec qui tranchait avec sa distinction habituelle. Vous avez le même caractère, vous avez autant gueulé tous les deux.
_C'est le lord, insista la jeune fille.
_Mais tu es ma fille, sourit l'homme. Pierrane et toi aurez toujours ma préférence face à lui.
_Et tu t'étonnes de son humeur, amour.
_Je m'étonne de son empressement. A croire qu'il veut punir Marlissa pour quelque méfait. Ce n'est qu'un peu de sang. »

Les deux femmes s'échangèrent un regard furtif, long, lourd, et tendu. L'épouse, finalement, couvrit sa voix de miel et susurra.

« Elle a tardé pour ses saignées, mais elle est une femme faite, maintenant. Il est normal qu'il veuille faire alliance, compte tenu de... Hé bien, la situation.
_Les Sunderland marient leur aîné tard, répliqua-t-il d'un air buté. Lui qui aime tant ses traditions, il devrait me laisser la seule qui m'arrange. Il sait que je finirai par faire tomber les autres, mais celle là, j'y tenais assez. »

La demoiselle ne put, une nouvelle fois, réprimer le sourire fier et gonflé d'une tendresse douloureuse qui lui venait aux lèvres lorsque ce sujet venait à celles de son père. Mais, cette fois, elle lui empoigna doucement le coude pour lui glisser, sur le même ton secret qui avait plus tôt orné une boutade bien moins grave, bien qu'elle eut préféré encore rire.

« Les dragons mangeront les trois sœurs si nous n'y faisons rien. S'il te plaît, grand-père ne veut que le bien de notre terre. C'est ce que nous voulons tous.
_Oui, c'est ce que nous voulons tous, appuya la brune. »

Les portes de Sortonne furent gagnées que le père et mari n'avait pas desserré les dents pour piper autre chose que des mots brefs en réponse au babil de son petiot, qui consentait, cette fois, à rester dans des bras et à ne pas salir les alentours de ses petons frénétiques. Alors qu'ils entraient tous quatre dans le salon, encadrés des gens en armes et que se devinait la silhouette du vieux lord, avec son fauteuil, ses jambes trop maigres et sa canne dont il tapait le sol en même temps qu'il martelait le fer de son humeur, il finit par chuchoter à son tour, pour les deux femmes qui le tenaient encore.

« C'est ce que nous devons tous. Nuance. »

Leur étreindre se rompit et chacun se présenta à son lord pour le saluer à la faveur du soir, d'abord son fils et son gamin, puis l'épouse, enfin la jeune fille ; hochant seulement la tête pour les trois autres, il darda un regard aussi noir que les nuits poisseuses de cet automne à la dernière.

« Ta robe est sale. Va te changer. Tu n’attraperas personne avec une gueule de souillon. »

Ni excuse, ni sourire, ensuite, malgré toutes les bonnes intentions évoquées sur la plage, ne filtra des lèvres serrées à en refuser de manger ou de boire de Marlissa ; quant au père de la pucelle et fils du lord, il ponctua le dîner d'une figure dont la longueur se disputait à celle de son géniteur, à croire qu'ils se furent lancés dans un concours de gueules tirées. L'épouse, elle, faisait de son mieux pour animer seule la conversation, avec un talent qui aurait pu faire illusion devant quelque visiteur distrait durant une poignée de minutes. C'était une ambiance épaisse, lourde et flasque comme le manteau de l'hiver qui s'annonçait, et aucun des servants de la famille aux trois têtes de femmes n'aurait pu jurer en concevoir quelque surprise sans être le plus damné des menteurs.

Rickard Sunderland est né en 148, est lord depuis 169, père de son aîné depuis la même année, et veuf depuis trop longtemps. Au temps de son mariage comme de ses premières années de banneret, sa famille avait un nom bien plus caressant aux oreilles des Dragons que quelques événements plus tard et l’opprobre n'avait pas maculé leur blason. C'était un temps meilleur pour eux à tous points de vue, même pour son second fils Lawrence, alors l'ombre de Rickon, son frère aîné, et même ombre de son neveu, Richerd, fils du précédent et marqué par le prénom de cette lourde tradition auquel le lord était plus qu'attaché. On vivait ainsi, chez les Sunderland : avec trois temps de patience et comme leurs aïeux avaient vécu, dans la même foi, les mêmes honneurs, et souvent les mêmes noms, à peu de choses près. Comme le faisait remarquer feu lady Sunderland, ça coûtait moins cher en broderie quand le lord avait toujours les mêmes initiales. Parce qu'ils avaient beau avoir été toujours vertueux, les seigneurs des Trois Soeurs n'avaient jamais été riches, et ce n'étaient pas les exigences de la hauteur de leur noblesse qui allait gonfler leur bourse commune. Loin s'en fallait. Chevaliers, septuaire, générosités, on vivait durement sur ces îles, mais on vivait dignement, et la dignité coûte cher à entretenir. Mais le devoir était le devoir, et quand on était Sunderland, on n'y dérogeait en rien.

Car on avait la foi, chez les Sunderland, tout autant que dans le reste du Val et même davantage, aussi croyait-on en les Sept et le prouvait-on chaque fois qu'on le pouvait, à la manière de ces îles. Il s'agissait que chacun des enfants soit présentable, et que chacun du nom soit bien instruit, bien agencé, bien tout court ; le cousinage asséchant le sang et les dots saignant les finances, il advint la tradition tacite et assez peu commune en soi de préférer avoir peu d'enfants. On choisissait de prier pour la santé du premier plutôt que pour la fécondité du lit et, d'années en années, de père en fils et de retenue en amertume, la chiche lignée assit tout autant son nom que son éloignement. Les alliances étaient assez rares, de fait, mais choisies avec d'autant plus de soin : la tradition d'avarice conjugale accoucha de celle de marier ses enfants, et surtout son aîné – le seul comptant réellement – passablement tard. Peut-être moqua-t-on ailleurs ces toquades insulaires, mais après tout, sur l'une de ces îles, il y avait bien des gens aux mains palmées, alors des seigneurs aux reins serrés, soit ! C'était finalement peu de choses à constater. Et puis, éloignées comme l'étaient ces grappes d'îles, nichées dans les reins du Neck et abreuvées de la Mordante, qui allait se soucier des traditions un peu gauches d'une famille qui, finalement, ne dérangeaient personne et alimentaient les conversations lorsque venait l'heure de se moquer un peu ? On était aussi comme ça, chez les Sunderland : ça se moquait en dehors, mais tant qu'on avait l'honneur, les quolibets glissaient sur eux comme le crachin froid du vent marin.

De cette fameuse lignée, Rickard Sunderland se maria à vingt ans passés, et fut père l'année suivante, donnant un héritier aux îles et le nom de Rickon à son premier fils ; son épouse lui donna une fille trois ans plus tard, qu'ils nommèrent Laurelle, et sur le tard, en 179, naquit Lawrence Sunderland, second fils du lord. On plaisanta un peu sur ce garçon, qui était déjà grand, qui était déjà beau, qui poussait vite et pétillait de santé. Les gens disaient en riant, après deux ou trois godets de trop, que le lord avait du garder toute sa semence et arroser sa femme d'un seul coup avec, après avoir attendu toutes ces années pour la visiter, au point qu'elle fut obligée d'en fait quelque chose de bon – car si Rickon était l'héritier et tout aussi fort et solide que son père, il était surtout fameusement laid, tout comme la pauvre Laurelle, qui elle avait en plus la disgrâce d'être considérée comme un brin sotte. On rit peu de temps, toutefois, puisque la pauvre lady fut sans doute épuisée par la gourmandise de son dernier né, qui téta longtemps, poussa beaucoup, et ne la connut pas au delà de l'hiver suivant, durant lequel elle périt d'une mauvaise grippe. On rit d'autant moins que, si Rickard était déjà sévère, il en devint plus cinglant que le vent battant ses côtes et plus raide encore que l'honneur dont il se prévalait. Ah, oui, on rit peu, suite à cela. On pria beaucoup, toutefois.

Enfin, tout moche que Rickon pouvait être, il était surtout le premier né, aussi finit-on par lui trouver un parti raisonnablement bon, avec une dot raisonnablement forte, et la demoiselle qui convola fut assez raisonnable à son tour pour ne point trop grimacer en allant rejoindre la couche de son tout frais mari. Du reste, elle n'allait pas broncher bien longtemps, si on en croyait la tradition, et la tradition, l'héritier y tenait : elle serait débarrassée des visites conjugales sitôt qu'elle consentirait à donner un fils à son époux. Et surtout un héritier au lord son père, qui attendait son petit fils avec une impatience aussi vive que son caractère était froid. Cette fièvre peu commune de lord Sunderland n'était pas seulement dictée par l'impériosité de s'assurer de ne point avoir été trop chiche en cajoleries nuptiales, mais aussi, et surtout, parce qu'il était contrarié : son jeune Lawrence s'était fiancé presque malgré lui.

Parce qu'il était beau, Lawrence, encore plus beau jeune homme qu'il ne l'avait été enfant, et charmant avec ça, et galant, et bon écuyer, se fendant même d'être un peu poète : les jeunes ladies se pâmaient pour lui et il s'éprit de l'une d'elles. Elle s'appelait Marcella et elle avait les cheveux blond. Qu'est-ce qu'il en entendit causer, de ces cheveux ! De l'or, du blé, du soleil, tout y passa ! Et malheur ! Elle était d'un bon lignage, et si éprise en retour qu'elle pressait ses parents avec ardeur, lesquels durent se dire que, hé bien, elle aurait pu trouver bien plus méprisable soupirant. Lord Rickard avait beau être revêche, et peu enclin à tourner les yeux vers son second fils, il ne pouvait refuser une union aimable, pieuse, et agrémentée d'une dot qui suffirait à entretenir le septuaire qui commençait à faire un petit peu grise mine. Mais quatorze ans ! Qu'est-ce qu'on sait de la vie à quatorze ans ! Qu'est-ce qu'on veut se marier à quatorze ans ! Il traînait, grinça, invoqua les trois temps de patience, mais les saisons farceuses passèrent vite pour une fois qu'on les priait de se faire années, et ni Lawrence ni sa gamine de donzelle aux longs cils ne varièrent dans les envolées. Et puis le septon râlait sur les murs à entretenir et qu'on entretenait pas. Vrai qu'ils supportaient mal le sel des rivages, ces murs. Fallait dire que c'était une idée de femme, ces murs, une fantaisie de l'épouse de son grand-père à lui, ou de celui d'avant – il ne savait plus – qui avait ramené ça de chez elle, et qui avait assuré que les Sept, ils s’honoreraient bien mieux au milieu d'une pierre crayeuse et d'un stuc qui ne supportait pas le sel de mer. Ces femmes ! Mais oui, les murs, fallait les entretenir, les Sept, fallait pas les laisser dans une demeure décrépie... Alors, lord Sunderland accepta. Ainsi Lawrence ramena sa lady, son bonheur, leurs beautés. C'était presque insupportable à voir, toute cette joie, ce tableau d'une mièvrerie rare, ces deux gamins tout auréolés de jeunesse, ne manquait que les oiseaux qui pioupioutent et la pluie qui les évite et on était bon pour une pièce pour ladies de Port-Real. Et quand on lui apprit que, justement, on avait composé quelques bluettes sur cet hymen, alors là ! Ca agaçait férocement le seigneur veuf, sans qu'il ne puisse en montrer rien d'autre d'un pli de plus à son front, et pourtant il aurait bien aimé leur commander de ne plus s'étreindre, d'arrêter de s'aimer autant, parce qu'on était digne chez les Sunderland, et quand on était trop heureux, c'est qu'il y avait forcément mauvais négoce sous cape... Son second fils était aimé, son second fils était marié, son second fils allait sans doute honorer pas mal sa jolie épouse et lancer une kyrielle de neveux à la face de son héritier. Tout ceci sentait les problèmes.

Fort heureusement, au milieu de tout ces soucis, les murs du septuaire étaient refaits et Marcella semblait avoir le bon goût d'avoir les hanches étroites – à son âge, aussi ! Voilà pourquoi les siens étaient sages de se marier quand on avait davantage de mousse autour de la fontaine ! Le lord se félicita d'avoir fait rafistoler le septuaire, puisque les sept lui en furent visiblement gré : Rickon eu un enfant avant son jeune frère, parvenant enfin à le battre sur un quelconque domaine, et en plus, il eut un fils. Il l'appela Richerd, pour plaire à son père, même si le bambin en lui-même ne goûta guère au lord qui commençait à se faire un peu vieux. C'était qu'il était presque roux, le gamin, tout comme sa mère, et pas comme sa lignée à lui. Bah ! Au moins, il n'était pas laid comme son père, c'était toujours ça à lui accorder, même si trop retrouver d'une étrangère dans la figure de qui un jour lui succéderait déplaisait viscéralement. Et puis, Richerd, Richerd ! Ça ressemblait à une moquerie, à quelque chose de roté. Au moins, c'était traditionnel. Toujours ça de moins à ruminer.


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Une unique robe brodée de soie, quelques robes de coton, quelques robes de laine, ainsi qu'une jolie capeline rouge forment ses parures.

Un nécessaire à broder, un autre d'écriture et un troisième à coiffer sont ses compagnons de toujours.

Elle ne l'avouera pas, mais elle a toujours non loin d'elle une poupée faite de tissus brodés, très vieille, très laide, et qui sent un peu fort.


Dernière édition par Marlissa Sunderland le Dim 1 Sep 2013 - 17:07, édité 3 fois
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Marlissa Sunderland
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TROIS TEMPS DE PATIENCE

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Message Dim 1 Sep 2013 - 7:41

Histoire


Partie II

Marcella accoucha enfin, tout juste l'année d'après. Et c'était une petite fille qu'elle donna à son époux, qui l'appela Marlissa, pour répondre au nom de sa mère, en réponse à une énième coutume des Trois Soeurs. Lord Sunderland en fut presque adouci, guignant toutefois avec avidité le giron de ses deux belles-filles, appréhendant les ribambelles ; quand Marcella périt brutalement en couches, emportant dans la mort le garçon qu'elle avait conçu, qui serait sans doute devenu beau, et fort, et brave, et très agaçant à n'en pas douter, le vieux lord en fut presque tout à fait apaisé. Pas bien longtemps. Ce furent ses relations avec Lawrence qui prirent soudain la tension de ses nerfs, et alors que son second fils avait jusque là accepté avec un sourire bienveillant toutes les préférences de son père, il se mit à faire quelque chose que Rickard avait craint toute sa vie et qu'il avait enfin considéré comme une menace obsolète : ne point rester à sa place de second. Et en être féroce.

Ça tonnait entre les murs de Sortonne, comme ça n'avait jamais tonné. Rickon était devenu un noble fort, taciturne, minéral presque, mais quand son petit frère – plus grand que lui en bien des domaines et devant bien des personnes – osait le reprendre malgré les années de soumission, il devenait rougeaud. A la moindre remarque, il perdait son calme. Et il se mettait à beugler, et le vieux lord s'y mettait à son tour, puis la femme de son aîné se lançait, alors qu'elle n'avait rien à dire dans ces conversations d'hommes et de Sunderland par dessus le marché, et même parfois le maître d'armes ou, quoi ! le palefrenier venaient y mettre leur mot. Pour finir seul Lawrence ne beuglait pas, ce qui n'arrangeait strictement rien. L'épouse de Rickon, d'ailleurs, outre de se permettre d'ouvrir grand la gueule, gardait les cuisses serrées, et si certes les traditions lui permettaient d'être un peu chiche, ah, oui, chiche comme une Sunderland, un fils, un unique fils, presque roux qui plus était, c'était trop peu. Surtout avec Lawrence. Lawrence qui était toujours beau, Lawrence qui plaisait, Lawrence qui pourrait... Non, évidemment, il ne le ferait pas, mais si jamais un malheur..? L'inquiétude de l’aïeul le poussa à inciter son fils à être peut-être un peu plus généreux, ou insistant : après tout, lui même n'avait-il pas poussé l'assiduité jusqu'à avoir deux garçons ? Qu'il s'y mette, tant pis s'il fallait vexer son épouse !

Mais la bougresse était aussi bonne parleuse que mauvaise génisse. La contrariété la marqua, et une fausse couche la courba sous un mal dont on ne sut pas avant longtemps s'il était imaginaire ou s'il ne l'était pas. Une seconde grossesse s'acheva sur le fait qu'il ne devait pas l'être. Elle mit au monde, en 205, un enfant chétif – une fille, hélas – qui de toute façon ne survécut qu'une petite année. Elle ne s'en remit jamais, en resta maigre et affligée de saignements. Mortifiée d'avoir frôlé la mort et accouché d'une petite qui l'était déjà presque, épuisée des soins prodigués en vain à son enfant, elle ne permit à son époux que de lui causer des finances et de parfois lui frôler la main. Et le lord eut beau y faire, ce fut à peu près tout.

Les enfants poussaient dans cette ambiance là. Richerd était un peu petit, un peu rond, un peu douillet. Marlissa agaçait son grand père à être gracieuse, souriante et pleine de la joliesse commune aux petites filles qu'on enrobe de tendresse. Et de ça son père n'était pas avare, loin s'en fallait. En contraste, Rickon éduquait son fils comme il l'avait été lui, avec beaucoup de regards, mais très peu de sourires et pas mal d’exigence ; ça ne réussit pas tellement au bambin qui se révélait un peu gauche à force d'être timide. En bonne santé, oui, robuste comme son père, et le père de celui-là, et le père de ce dernier avant lui, mais pas bien fort en gueule pour ce qu'on en attendait, et pas bien puissant non plus. Il fallait dire que croître en tant qu'homme lorsqu'on était encore garçon pour longtemps au milieu de ces trois figures viriles qui ne cessaient de s'opposer n'était pas simple. Marlissa était une fille, aussi Rickon l'ignorait, Rickard préférait faire mine d'en faire de même, et son père l'adorait comme si elle avait été une incarnation faire de chair de la Jouvencelle dans de petites robes de coton – on était toujours aussi chiches chez les Sunderland, la soie était pour les corps qui ne grandissaient plus. Marlissa n'était pas grand chose, finalement, dans l'ordre d'importance de la famille, aussi avait-elle peu d'attentes à combler, quand Richerd était à la fois l'héritier et le pivot qui allait donner finalement raison à ceux qui partageaient une part de son prénom. Même s'il avait sa mère, contrairement à sa cousine, le pauvre garçon ne trouvait en elle aucun réconfort. Elle n'était que prières et décomptes, et semblait vouer à son enfant une sorte d'hostilité fière qui le glaçait tant qu'il préférait la fuir.

Ainsi la petite était joyeuse, et elle avait la beauté rayonnante des enfants heureux malgré l'absence de sa mère que son papa faisait tout pour atténuer, quand son cousin avait la figure grise, le front soucieux et les yeux éteints. Le seul reproche que sa septa eut à faire à la petite était celui que son aïeul, finalement, redoutait le plus d'entre tous : elle avait le caractère de son père. Parfois, avec finesse, avec un petit sourire, avec la plus grande des malices, elle répondait aux adultes. Et elle avait un fichu don pour être énervante, la peste, en ayant parfois raison, ou en touchant juste ou cruellement quand elle avait tort. Quant à la punir, difficile que c'était avec un père comme le sien ! Trop gâtée, vraiment trop, les servants s'en plaignaient parfois à demi mots. Elle ne se comportait pas comme une Sunderland face à la plèbe, elle se comportait comme une princesse. L'enfant ne se comptait aucun ami, aucun allié parmi les roturiers de l'île. Et elle n'en avait cure : elle avait son père, et son père était le roi du monde dont elle était le centre.

Rickon, contrairement à Rickard – et ce fut peut-être le seul domaine dans lequel il se distingua volontairement de lui – se fit fort bien à la bouderie conjugale, prenant les Sept eux-mêmes comme témoins de la santé de son fils pour justifier de la distance qu'il prenait avec les draps de sa dame ; du reste Rickard aurait eu toutes les peines du monde à se justifier de chasser l'épouse de son aîné – encore bien pire de lui en trouver une autre, sachant qu'il fallait vider la place par avant, et ça, c'était indécent, et l'indécence, ça n'est pas chez les Sunderland. Au moins se dessinait l'idée qu'un fils unique n'aurait pas de cadet pour lui disputer sa prédominance, et que de petit Lawrence, il n'y en aurait point pour Richerd. Et Lawrence, lui ? Hé bien, après de longues années de veuvage, il commençait à reprendre la plume et à espérer des tournois, ainsi qu'il ne se satisfaisait plus des seules risettes de sa fille. Laquelle grandissait, et même le septon très tolérant et très affable des lieux commençait à juger qu'il serait préférable qu'un homme si beau et si courtois se trouve d'autres lèvres dont quérir les baisers que celles d'une fillette dont la floraison s'annonçait. Non pas que ça ragotait, mais... Enfin, les femmes sont des femmes, et elles ont de l'imagination, et pas une proprette, vous comprenez, lord Rickard ? Lui trouver une femme s'annonçait, là, aisé. C'est qu'on chantait encore cette fichue bluette à son propos, et qu'il continuait de faire parler, et d'écrire, et d'être assez artiste – artiste, pouah – pour être sensible aux récits, aux descriptions, et à enchanter les ladies forcément plus futiles d'autres familles. Et, aux grands soupirs de son père, il finit par évoquer une donzelle. Elle avait l'âge de Marcella lorsqu'il l'avait connue – était-il donc si contrariant qu'il préférait la jeunesse ! – mais ses boucles étaient brunes, cette fois, et sa vertu, elle était en question. Oh, pas par grand monde, et en bon Sunderland, le lord ne prêtait pas oreille aux ragots – pas même trop à ceux à propos des promenades en solitaire de Marlissa et de son père – mais il lui vint toutefois au nez le vent de cette histoire. Et ça, du nez, les Sunderland en ont ! Ceci l'estomaqua. Quoi ? Quoi ! Une fille pareille, devenir une Sunderland ? Une gamine dont on soupçonnait la fleur d'avoir été cueillie ? Même un peu ? Même par rumeurs vagues ? Jamais, jamais ! Ils pourraient insister, tous !

Cependant, les murs du septuaire avaient vu d'autres vents s'abattre, et il fallait aussi faire des travaux dans la forteresse. C'est qu'il se tramait des choses en dehors de Sortonne, des choses auxquelles tant le père que ses deux fils prenaient part, et ensemble cette fois, des choses qu'ils n'évoquaient pas à haute voix et qui, hé bien ! Demandaient tant de silence que de vertu et, hélas, pas mal d'argent. Ça remuait avec les Beurpuits – et certes pas qu'eux, mais silence, silence, rien ne devait se savoir encore – et si on avait de la vertu, on manquait à nouveau de matière sonnante et trébuchante, comme toujours à Dolcesoeur. Comme si on avait pas été assez chiches ! Et puis, le septon assurait que les rumeurs de fleur cueillie n'étaient que vent, qu'il connaissait le septon de la famille de cette lady, qu'elle était juste, hé bien, vive et câline, mais que ce n'était là que péché de jeunesse, et point de chair ; la septa elle n'en savait rien, mais on n'avait jamais trop demandé à la septa d'avoir un avis. Le septuaire profiterait bien d'un peu de cette dot rondelette qu'ils promettaient... Ah, ça, elle était ronde, la dot, assez pour faire suspecter à Rickard que le jardin de son hypothétique bru avait bien eu les grilles enfoncées, et peut-être plus d'une fois ! Mais les trois temps de patience n'eurent pas raison des arguments de Lawrence, pas plus qu'une pousse indue ne trahit le passage d'un quelconque visiteur dans le giron de la jeune fille. Alors, puisqu'il fallait repeindre encore les murs pour plaire aux Sept, et puisque ce n'était que son cadet, et que peut-être à cause de ces idées là, de ces rumeurs qu'il épousait une fille qu'aucun héritier n'aurait accepté, Lawrence allait enfin accepter de rester à sa place de second... Eh bien, pour tout cela, lord Rickard céda.

Ainsi lady Perriane abandonna son nom et prit les armes aux trois têtes de femmes, à un âge encore bien tendre : il lui fallait attendre encore un peu pour avoir quinze ans. Marlissa avait déjà onze ans et une petite contrariété à imaginer avoir une nouvelle mère à peine plus âgée qu'elle. Somme toute, elle aurait eu une petite contrariété à avoir une nouvelle mère tout court, mais là, c'était ajouter agacement à pincement, et vraiment, vraiment ! Foi de petite lady, c'était un peu trop gros pour être avalé de sitôt. Foi de Sunderland – et ça, elle l'avait appris, les Sunderland avaient la foi ! – elle allait lui mener une vie des Sept enfers, à cette intruse. Ses petits doigts serrés sur la missive qui avait annoncé le retour de son père avec sa nouvelle épouse et sa dot toute ronde, Marlissa attendait, cheveux brossés, robe lissée, résolution ferme, flanquée tant de Rickard, de Rickon que de Richerd – l'épouse de son oncle n'ayant pas eu plus envie de venir qu'elle n'avait été conviée, son ombre ne fut sur la scène. A voir son père s'avancer au devant des portes, à voir ce petit brin de fille à peine plus âgée qu'elle, à sentir brûler dans sa main cette lettre de son père qui lui avait glissé avec tendresse : elle m'a plu de suite mon oiselle, parce qu'elle te ressemble, la petite fille sentit sa rude détermination s'étioler comme ses castels de sable grossier devant l'avancée de la marée. Pouvait-elle tenir le front contre son père, contre cette fille-là, et préférer les côtés du lord, du fils aîné, de l'héritier qui toujours s'opposaient à son papa tant aimé ? Elle plissa les lèvres, détacha la main de son lord de son épaule alors que celle-là même lui commandait de ne point broncher en la meurtrissant d'une grosse pression des doigts et, avec un sourire très faux mais très bien imité à l'encontre de la brune intruse, elle glissa sa menotte grêle dans la poigne de la nouvelle venue pour lui souffler : « Bonjour, et bienvenue chez vous, Maman. » Son père sourit comme il souriait toujours, avec grâce et beauté – qu'est-ce que ça pouvait gonfler son père – mais avec une teinte de fierté plus forte encore que de coutume, ce qui la rendait effroyable. La jeune épouse, elle, en glapit d'émotion et lui rendit une expression saisissante d'amour tout soudain et de tendresse irrévocable, au point que la fillette en fut honteuse d'elle-même et de ses vilaines pensées. Quant aux trois hommes en arrière, ils s'en tinrent aux politesses – car on était poli quand on était Sunderland – et s'excusèrent pour le dîner. Ils le firent pour tous les repas de la quinzaine suivante, à dire vrai. Fallait croire que les comptes n'avaient jamais eu autant besoin d'être faits et leurs gens d'être consultés.

Perriane était brune et, toute admirative de son père que Marlissa pouvait être, elle dut se résoudre à penser qu'il avait la vue un peu basse pour avoir osé coucher sur papier qu'elles se ressemblaient. Rien dans le nez, encore moins dans la stature, tout le contraire dans leurs yeux et pas un seul tintement de voix n'était comparable. Perriane, elle était de ces filles qui vous donnaient l'impulsion de vous changer en poètes. Pas laide, mais pas belle, non, quelque chose de plus étrange et de plus profond que ça. Ses yeux noirs avaient une étincelle perçante comme une lueur dans une nuit d'été, ses cheveux avaient un chatoiement qui vous murmuraient l'envie d'y glisser les doigts pour savoir si leur contact serait vraiment aussi liquide que leur éclat, et elle avait un parfum, mais un parfum ! Toute enfant qu'elle était encore, il arrivait à Marlissa d'en rougir lorsque Perriane se penchait sur elle pour l'embrasser et lui souhaiter bonne nuit. Et puis, cette bouche. Rouge, et brillante, et pleine ; là dessus Marlissa et elle avaient la même. Chaude, et douce. Et pas avare en sourire ou en baisers. Alors qu'elle s'était jurée de ne pas lui être à ce point son alliée après sa bienvenue, la fille de Lawrence dut abandonner toute idée de guerre, ou même de bataille, contre l'épouse de son père. Lady Perriane lui était si reconnaissante d'avoir été si accueillante que ç'eut été malice trop cruelle à son cœur de jeune fille que de trahir un tel engouement, puis elle était tout sauf déplaisante, et elle avait un don pour savoir comment vous mignarder, et puis, ah ! C'était une femme, une lady enfin, avec laquelle parler de choses de ladies – de bêtises de ladies ! Et de ça non plus, elle n'était pas avare, Perriane. Elle avait vu des cours, Perriane, elle avait été dame de compagnie. Elle savait des choses, elle connaissait des histoires, tant et tant d'histoires, et des scandales aussi. Et elle ne trahissait pas les secrets. Elle cachait, même. Elle encourageait. Elle n'était pas une Sunderland, pas de naissance du moins, et elle avait une façon de tourner les choses qui auraient pu faire passer la plupart des poisons pour des liqueurs de miséricorde. Alors de simples petits rires, des moqueries adorables ! Tous ces murs épais étaient trop tristes, ces îles trop austères. Pas besoin d'argent pour le faste, juste une pétillante imagination – et un petit talent pour esquiver les conséquences... Puis, elle lui apprenait à danser, à jouer, à mimer, même parfois à troubler comme elle savait si bien le faire elle-même. Qu'elles fussent fondées ou pas, Marlissa comprenait tout à fait, malgré sa jeunesse, pourquoi des murmures avaient couru sur la profanation du jardin de sa nouvelle mère. Brune et blanche, oui, mais toute faite de miel. Entièrement.

Aussi, lorsque Marlissa s'éveilla un matin, les cuisses serrées sur ses draps, et ces draps souillés d'un sang qui annonçait sa floraison, elle n'alla pas trouver sa septa, elle n'alla pas pleurer auprès de son père – bien qu'elle eut voulu ! - elle n'alla surtout pas piper le plus petit mot aux servants tout acoquinés à la cause de son grand-père, ça non ! Ils la haïssaient tous, ces lépreux, ces vilains, ils se moqueraient et la lingère trouverait là le moyen de l'accuser encore une fois de chercher à lui nuire de façon volontaire. Prise d'une espèce de panique coupable, elle replia les draps, épongea tant qu'elle sut, changea ce qu'il fallait, cacha les tissus comme elle pouvait et, à petits pas étroits pour ne pas laisser s'échapper la moindre goutte d'un rouge de trahison, elle alla se glisser dans la chambre de sa seconde mère et unique amie. Lawrence avait marqué les lieux de sa présence. Il était venu la visiter, elle l'en suspectait à son odeur. Elle était toutefois un peu corsée, un peu acre, comme s'il avait beaucoup expiré ou couru – c'était bien étrange de humer ceci, par ailleurs – mais sitôt que Perriane la distingua dans son demi sommeil, elle sembla s'éveiller et l'invita à se coucher auprès d'elle avec l'un de ces sourires si gourmands qu'ils lui donnaient envie de lui croquer les lèvres. Marlissa en resta maladroite sur le rebord du lit.

« Je peux pas, lâcha-t-elle d'une voix rendue avare en mots par l'émotion.
_Et pourquoi ça ? Tu n'es pas trop grande pour enlacer une mère !
_Ça va souiller.
_Oh,
fit la brune en comprenant après une seconde, mais tout d'un coup, et avec une fulgurance qui fit peur à Marlissa. Viens-t-en plus vite encore, et relève ta chemise. Elle n'est pas tachée ?
_J'en ai changé,
murmura l'adolescente penaude, en se glissant dans les draps chauds – ils étaient un peu moites. Peut-être Perriane était-elle malade pour ainsi suer ?
_Tu as tout caché ? C'est bien, ajouta-t-elle à l’acquiescement de cette fille dont elle était l'aînée de trois petites années, avant d'avoir une espèce de sourire qui confirma la terreur de la cadette. Tu as très bien fait.
_Je n'ai pas fait exprès,
se sentit-elle contrainte de dire.
_Evidemment, mais écoute : il ne faut pas que ça se sache. Sauf si, et elle prit un air très grave d'un coup, tu veux nous quitter ? Dis-moi, Marlissa, tu voudrais nous quitter ?
_Non !
S'exclama-t-elle soudain, plus furieuse qu'effarouchée d'un coup, et se mettant brutalement à suspecter que cette mère ne veuille la jeter en dehors de la vie de son père.
_Alors, si tu veux rester, oh et comme nous voulons que tu restes, fit Perriane en l'étreignant contre son sein, ce qui rendit les émois de la jeune fille tous confus, alors il ne faut surtout rien en dire. Ton lord ne doit pas savoir que tu as fleuri. »

La petite blonde ne dit rien ensuite. La joue contre le sein ample de son amie, apaisée tant par ses cajoleries que par le doux murmure de son souffle, elle se sentait toujours aussi coupable et sale – pourquoi fallait-il qu'être une vraie femme se passe de manière aussi poisseuse, son grand-père avait au moins eu raison sur cette souillure là – elle rongeait son frein, s'épouvantait devant l'ampleur de cette tâche étrange que de cacher du sang à son aïeul, comme si elle avait tué quelqu'un, se rassurait en se disant que si Perriane l'évoquait, c'était là chose possible, puis, enfin, elle rouvrit la bouche sur son doute le plus pointu. Perriane en sursauta un peu : elle s'était rendormie sitôt.

« Lord Rickard marie les premiers tard. Je suis la première de mon père, il me gardera longtemps ici.
_Non,
répondit simplement sa trop jeune mère, en étouffant un bâillement. Elle mit quelques longues secondes à s'apercevoir du regard interrogateur de la jeune fille, lequel se muait en accusation sourde. Hein ? Oui, non : il veut te marier sitôt que tu auras saigné. Sitôt qu'il saura, corrigea-t-elle avec un sourire satisfait.
_Mais ? Comment peut-il ? Comment sais-tu ?
_Les hommes me parlent,
fit la brune avec ce petit hochement de tête qui accompagnait chaque vérité universelle qu'il lui arrivait d’énoncer. Je m'en suis inquiétée, alors je lui en ai parlé. Oh, gentiment. Il a sans doute oublié qu'il m'en a parlé depuis.
_Inquiétée ?
Murmura Marlissa d'une voix blanche.
_Je suis une femme, je vois les signes qui pointent, rit-elle en pinçant légèrement le bouton de l'un des seins de l'adolescente, qui en émit un petit couinement plaintif. Mais lui, il n'entend rien à tout ça. Il a fait ses fils dans le noir, parole !
_Sûrement,
acquiesça l'enfant qui n'entendait que prou aux dires de son aînée. Mais pourquoi change-t-il ? Pourquoi ? Je suis la première. Nous sommes des Sunderland.
_Moui,
minauda la brune en observant la plus jeune se rengorger de son propre nom, mais Lawrence lui fait peur. Ne me regarde pas comme ça, tu le sais depuis plus longtemps que moi. Je dis les choses à haute voix, voilà tout. Il a peur, alors il veut t'unir vite. Parce qu'il pense que, s'il le fait plus tard, tu vas attraper encore plus du caractère de ton père, et tu finiras par faire des stupidités.
_Mon père ne fait pas de stupidités,
grinça la fillette d'un air aigre.
_Ton père est le second, et aux yeux de son lord, il restera source d'ennui et de contrariété. Et il te voit pousser comme lui a poussé, avec de la beauté, de l'esprit, et plein de manières qui vont à l'encontre des siennes. Il préfère te faire cueillir tant que ta pousse est fraîche et que ton bois n'est pas roide à sa main, si tu préfères.
_Ah.
Elle garda un silence pensif, intégrant les faits à petites gorgées. Perriane lui sembla fiable en tous points – l'avait-elle jamais trahie ? Elle lança avec un éclat heureux. Je vais le dire à papa !
_Non ! Il le dira à son père.
_Mais non !
_Mais si.
_Mais il ne veut pas que je parte !
_Hé, certes non, mais c'est un homme. Alors il n'entend rien à tout ça, et il n'en a jamais parlé à son lord. Et son lord reste son lord, alors il lui dira, son lord te mariera, et tu devras choisir entre l'honneur de ta maison et le sourire de ton père. Et ça serait affreux, n'est-ce pas ?
_Affreux,
répéta-t-elle en s'enfouissant dans les draps.
_Affreux, appuya l'aînée en hochant la tête. Maintenant, fais-moi confiance. Son œil brilla soudain. Je vais t'apprendre comment cacher le sang dans des linges, et les linges, tu me les donneras. Je dirai que ce fatras est mien, et on pensera que j'ai quelque affliction, et tu ne partiras pas de ta maison. Ça sera parfait. Oh oui ! Parfait.
_Oh, merci, Perriane,
fit la demoiselle après un long moment à rester blottie contre elle et à songer à toutes ces vilaines choses éloignées d'un paquet de temps si grand qu'il lui semblait être un mur d'éternité invincible, merci.
_Je suis ta mère devant les dieux, il est normal que je te protège contre les hommes, ma chérie. Allez, embrasse-moi donc. »


Elle tendit les lèvres vers sa joue, mais la brune lui saisit le menton avec une douceur très ferme, et leurs lèvres se touchèrent assez longtemps, d'une façon inconnue de Marlissa. Elle en rosit, elle en blêmit, elle s'en sentit un peu écœurée, puis curieusement très échauffée. Perriane détacha sa jolie bouche moite de la sienne puis, avec un gloussement complice, lui murmura dans le cou.

« Tu es une femme, maintenant. Je t'embrasse comme une femme. Un secret contre un secret, promesse ? »

Elle tendit son petit doigt. Marlissa était acculée, épouvantée qu'elle était à l'idée d'être vendue et jetée en dehors des Trois Soeurs à son âge encore tendre – douze ans tout juste – mais pour autant elle ne se sentit pas contrainte. Le goût du baiser ne lui avait pas déplu, et celui du secret lui plaisait encore davantage. Les doigts se pressèrent, et depuis lors, chaque secret de sang fut payé d'un secret sur les lèvres. Une poignée de mois plus tard, Perriane mettait au monde un fils. Marlissa était aussi heureuse que père et mère, et partagea leur joie comme si elle eut été un troisième parent, regrettant même confusément de ne point avoir de lait pour son petit frère ; seuls trottaient dans sa tête comme une grappe de nuages orageux dans un ciel de bonheur content des mots saisit au vol, échangés entre son grand-père et le mestre. Le lord avait tempêté, craché dans un murmure féroce, à son servant aux corbeaux alors que ce dernier avait encore les mains pleines des humeurs de l'accouchement : « je croyais qu'elle saignait de nouveau ? » Et le mestre de répondre : « mais elle saignait, seigneur, mais elle saignait ! » Marlissa avait un petit frère, en tous cas, et Lawrence avait enfin un fils. Il l'appela Rychard. Rychard, oui ; un prénom qui sonnait comme celui d'un héritier.

Un peu de temps passa, de ce temps que Marlissa voulait encore croire infini. Mais elle savait que ce temps, les doigts impatients de son lord le martelait contre le bois des tables, et il finirait par en devenir friable. Elle voulait l'ignorer, fermer les yeux comme une enfant pour ne point voir ; elle devenait une femme, et elle commençait à comprendre un peu plus, à chaque fois que l'un de ces doigts de vieil homme faisait tac contre son support. Le pas du cheval, lui, faisait clop, et il était sûr, mais la cavalière l'était moins. Les doigts agrippés aux rênes, Marlissa gardait le dos droit et digne, mais sur son échine s'écoulait un peu d'angoisse liquide et salée. Elle glissa toutefois un sourire à son cousin, lequel, bien plus accoutumé qu'elle aux balades, lui semblait pour une fois être plus assuré qu'elle. Fort heureusement pour le petit orgueil de celle qu'on surnommait parmi les servants Princesse la Pisse depuis qu'une incartade sanguine avait du, en urgence, être camouflée en échappée jaune – ah, si on pouvait faire fouetter les gens pour humiliation indigne ! – Richerd ne sembla rien remarquer de son malaise, et se contentait de regarder le lointain d'un air mi contrarié, mi pensif, qui ne lui évoquait qu'un peu plus d'inquiétude. Elle avait, somme toute, peu fréquenté son cousin. Entre son apprentissage des armes, des armoiries et de tout un tas de fréquentations qui seyaient à un mâle et point à une lady, leur proximité avait été seulement une question de chambrée, et ils avaient grandi côte à côte comme un orme et un saule, parfois comparés, mais jamais liés. Toutefois, il l'avait réclamée pour une promenade et il y avait longtemps qu'elle n'avait pu grimper sur un cheval, parce qu'ils coûtaient cher, et que tant qu'une lady savait se tenir dans une carriole, pourquoi diable s'échiner à lui enseigner l'art de la monte. Mais voilà, elle avait aimé monter dans ses souvenirs, aussi avait-elle trouvé l'invitation charmante, et s'était-elle préparée comme Perriane lui avait enseigné à se préparer lorsqu'un homme invitait une dame. L'homme en question fusse-t-il une petite chose falote comme l'était Richerd. Elle voyait l'instant comme une répétition.  

« Quel âge as-tu, cousine ? »

Elle releva le nez de sa surveillance du chemin que sa monture empruntait, affectant de masquer tant sa surprise que la petite pique décontenancée qu'elle éprouvait. Il répéta.

« Ton âge, cousine, c'est ce que je te demande.
_Hé, treize ans maintenant,
glissa-t-elle avec un sourire dans les canines duquel pointaient une envie de mordre. Quoi, il avait oublié ? Ils n'avaient qu'une jetée de mois d'écart ! Tu le sais.
_Ah oui,
fit-il avec un hochement de tête absent. Treize ans, tu ne devrais pas tarder à fleurir.
_Ce ne sont pas là sujets galants,
minauda la jeune fille avec une aigreur qu'elle peinait à contenir.
_Je serai un jour ton lord, ce qu'il se passe entre tes cuisses me concerne. »

Elle happa de l'air, mais ne répondit rien. Ah, elle reconnaissait bien là les manières de Rickon ou de son grand père : directs, indélicats, sans poésie ! Tout l'inverse de son père. Si ce n'était pas désolant. Et comme il se permettait d'être brutal avec elle ! Ah, Lawrence serait là, il ne moufeterait pas, ce pas-encore-lord aux manières de pécore. Mais il ne la regardait toujours pas, et ne voyait donc pas son air magnifiquement ciselé de grande dame outragée, et n'en fut donc affecté en rien alors qu'il continuait.

« Oui, d'ailleurs, reprit-il avec un reniflement bizarre et une rougeur aux joues qui glacèrent Marlissa, d'ailleurs, parlons-en maintenant.
_Que ? De mon entre-cuisses ?
Glapit-elle.
_Non, enfin, oui, enfin ! Tu m'embrouilles, femme, tais-toi donc. Voilà, dit-il en la regardant enfin, et d'un air très troublé alors qu'elle-même avait perdu toute sa superbe. Descends de cheval, j'ai quelque chose à te demander.
_Non,
souffla-t-elle en tirant la bride, ce qui braqua l'animal.
_Ah, que tu es pénible, Papa m'avait averti. Descends donc ! Je ne vais pas te tirer d'en bas, ça serait ridicule.
_Non,
répéta-t-elle avant d'ajouter d'un trait aigu, je ne garde que mon cheval entre mes cuisses.
_Mais je ne vais pas te violer, espèce de sotte ! Je vais seulement prendre ta main.
_Comment ça, ma main ?
_Allez, descends, à la fin, que je fasse cette demande ! »


La secousse qui fit trembler les épaules de la jeune fille manquèrent de faire ruer sa monture, qui piaffait et remuait. Cette dernière n'en paniqua que davantage, poussant de petits cris aigus parmi lesquels on ne distinguait qu'à peine des mots.

« Quoi ! Quoi ! Mais je ne vais pas marier mon cousin !
_Voilà, tu as tout gâché ! Père m'avait dit que les dames préféraient ces machins, mais tu as tout gâché ! J'ai l'air de quoi ? Allez, descends, tu vas tomber ! Descends, je t'embrasse la main, et on rentre fiancés !
_Mais non, ça non ! Je vais épouser un beau garçon, moi, et il me fera la cour, et ça ne sera pas mon cousin ! Pourquoi je marierai mon cousin ! On a le même nom ! C'est idiot !
_Ton lord pense que ça calmera ton père, et moi je pense pareil. Puis, on n'a pas assez d'argent pour ta dot, ça nous épargnera les voyages et les flonflons. Et puis ce sont des choses d'homme, voilà. Contente-toi de descendre de ce foutu canasson et de dire oui à ton futur lord ! »


Le coassement qu'elle émit n'avait rien d'un oui, mais tenait assez du non, et pas mal du cri de crapaud. Elle tourna bride par réflexe et sa monture s'élança, davantage poussée par les cris que par la pauvre maîtrise de sa cavalière. Tous deux traversèrent petite plage riante, brève falaise traîtresse, menue forêt pleine de hautes herbes chatouilleuses, puis s'élancèrent à l'assaut d'un à-pic inconnu de Marlissa, ce qui la plongea dans une confusion bizarrement hilare. C'était grotesque ! Grotesque ! Elle n'avait rien entendu – ceci ne s'était pas passé ! Non, elle ne pouvait pas mourir ainsi, pas d'une chute de cheval – car assurément elle allait choir, tant cette bourriche grimpait et saccadait – elle n'avait pas été aussi absurdement été « courtisée » par ce cousin qu'elle n'avait jamais regardé autrement que, hé bien, un morceau du décor ! Il la dégoûtait, tiens, tout d'un coup. Il la dégoûtait, oui ! Avec son blond-roux terne, son visage trop rond pour un homme, ses manières mal faites, ses phrases mal tournées, sa voix qui chavirait entre l'enfance et le petit gars sans caractère ! Il n'avait rien d'un homme, rien d'un chevalier en devenir – n'allait-il pas être écuyer seulement ? Et ça prétendait l'avoir, elle ! Elle ! – il ne pouvait pas... Et ce lord ne pouvait pas être insensé à ce point ! Enfin, la gâcher, elle, et les merveilles de son jardin, la belle alliance qu'elle était certaine de valoir, tout ça pour apaiser ses soucis entre ses deux fils, c'était... C'était sot ! Sot, précipité, sans longueur de vue, exactement... Exactement comme ils avaient toujours fait. Oh, les salauds ! Les salauds ! La colère l'emporta sur la terreur, un instant, dans son petit cœur battant à tout rompre. Les salauds, c'était pour ça qu'ils guettaient ses saignées, pas pour une alliance précipitée, non ! Pour leur petit confort ! Pour s'arranger avec Lawrence ! Mais son père, il devait ignorer – il ne pouvait pas avoir agréé ! Non, il ne pouvait pas. Il ne pouvait pas ! Oh, elle resterait, oui, si elle l'épousait – mais comment ne pas flétrir alors comme l'épouse de Rickon ? Comment ne pas en crever, si c'était pour être arrosée de la semence de cet être si médiocre, si différent de son idéal, de ce beau chevalier de ses rêves qui avait tout du visage de son propre père ?

Mais sa fureur n'accoucha pas d'un quelconque savoir qui lui aurait été bien utile, ni d'une maîtrise de la bête qui l'aurait ramenée en arrière, devant un lord Rickard qu'elle se voyait déjà faire détourner un regard honteux d'une seule œillade accusatrice – il ne pouvait en être autrement dans son esprit – et malgré ses suppliques, ses ordres ou ses injures proférées dents serrées, le cheval continua à aller là où il voulait aller, et il alla fort loin. Elle ignorait tout de l'endroit où elle pouvait bien se tenir, si ce n'était qu'il s'agissait d'un petit plat agréable et herbeux en bordure de falaise, quand finalement sa monture s'arrêta, frissonnante d'effort, ointe d'une suée assombrissant son poil. Son derrière cuisant de la chevauchée, elle mit pied à terre et en manqua de choir, tant ses cuisses tremblaient, et elle gémit autant de douleur que d'affliction. La bête courba l'échine pour dévorer l'herbe tendre, raison première de son arrêt à n'en pas douter. Ah, fichue bestiole, elle avait fui pour grignoter ! Comment rentrer pour exposer sa belle et brave ire si elle ne savait point où elle se tenait ? Elle se massa le séant, grommela quelques imprécations, mais rien n'y fit. Aucun chevalier ne vint l'emporter par miracle, son père ne se montrait pas davantage, les cieux ne s'ouvrirent pas pour lui laisser passage. Rien. Rien d'autre que Richerd, après une belle poignée de minutes, qui arriva aussi suant que son cheval, mais bien plus rouge et bien moins aimable.

« Petite... Petite... Petite connasse ! Quelle idée t'as eue de galoper comme ça ! Tu cherchais la mort ou quoi ?
_Hé bien oui !
Fit-elle, soudain percée par une inspiration théâtrale, et croyant d'un coup comprendre quelque dessein divin dans l'arrêt du cheval. Oui ! Regarde, je m'en vais m'offrir aux vagues si tu veux me forcer à t'épouser !
_Bougresse, arrête avec tes manières, tu veux impressionner qui ? Je suis ton cousin, pas le premier paysan venu ! Allez,
grogna-t-il, écarlate, en posant pied à terre, viens donc, je te ramène. On arrangera ça devant Rickard, et tant pis pour les fanfreluches. On voulait te faire plaisir, merde ! Bons dieux de femmes !
_Non, non !
S'époumona-t-elle, paniquée tout autant par l'idée de recevoir le coup d’assommoir du destin des mains de son grand-père que par le fait que ses manières et le glorieux dessein divin qu'elle avait vu si clair n'impressionnent en rien ce petit gars sans consistance, celui là même qu'elle avait pensé incapable de lui tenir tête hier encore. Tu ne me toucheras pas, jamais ! Les dieux que tu jures...
_Et je fais quoi, là ?
Hurla-t-il presque en lui saisissant tout soudain le bras, avant de lui tirer. Arrête ! Je m'en vais te calmer ! »

A cet instant il leva la main, et elle crut qu'il allait la frapper. Elle s'immobilisa, pétrifiée tant de terreur que d'indignation et lui, retrouvant ses manières de petit garçon, sursauta et recula, cachant ses mains dans son dos en bredouillant de confusion. Ce seul petit mouvement de recul délivra le feu de l'orgueil dans le cœur de la jeune fille.

« Tu as voulu me frapper ? Moi ?! Siffla-t-elle d'une voix plus rauque.
_Je l'ai pas fait, lâcha-t-il rapidement.
_Tu as voulu me frapper, moi ! Moi ! Et dans ce « moi » voulait peser toute la valeur du monde.
_Ta gueule, princesse la pisse ! S'exclama-t-il, ces grands airs retrouvés ayant balayé sa confusion d'un seul coup. Si tu cessais tes manières ! Tu n'es qu'une femme, et... »

Elle le gifla. La claque sonna, très fort, bien qu'elle n'eut pas du faire grand mal, mais le nez du jeune homme s'emperla de sang et il s'en épongea du bout des doigts. L'expression de son visage changea, et du petit garçon, il ne restait soudain plus rien. C'était un homme qu'elle avait en face d'elle, qui lui agrippait le poignet de ses doigts poisseux de sang, et il allait lui en cuire. Plus de barrière, point de papa. Une peur sans nom saisit la petite lady, une peur qu'elle n'avait jamais cru ressentir, une peur qu'elle n'avait jamais encore eu besoin de ressentir, et le monde tout entier s'embrouilla dans un tourbillon noir étoilé de rouge alors qu'elle voyait le poing de Richerd la relâcher pour se fermer, et que ses pas à elle la précipitaient sottement vers son dernier repli : la falaise, ses vagues, ses épieux de roche en contrebas. Ah, dieux ! Si c'étaient ce qu'ils voulaient, soit ! En arrière était tout ce qu'elle ne voulait pas. Elle se voyait voler déjà, elle se voyait se jeter d'un coup, elle voyait le visage éploré de papa, elle entendait les pleurs de sa seconde maman...

On lui donna finalement un peu de lait de pavot, et elle s'assoupit lourdement, bien qu'elle pouvait jurer que ces heures qui suivirent, elle les passa à marcher dans les ténèbres plutôt qu'à dormir. On l'interrogea longtemps, très longtemps, avec beaucoup d'appui, mais jamais elle ne put dire autre chose que, « nous parlions, et il voulait regarder les vagues, puis il a glissé, » sur un ton de terreur abominable. Durant trois jours elle ne mangea pas et but à peine, et pendant tout ce temps elle garda les yeux entrouverts sur ce précipice au bord duquel on l'avait trouvée cramponnée, sa jolie robe toute sale, et son cousin en contrebas. Il était tombé, pas elle. Et elle ne se souvenait pas. Elle ne pouvait pas expliquer, elle le jurait. Le mestre finit par sortir de ses réflexions perplexes et dire que la Jouvencelle l'avait prise en pitié, et avait retiré de ses yeux la vision de ce cousin aimé qui glissait si tristement en dehors de ses bras pour se lover dans ceux de la mort. Même Lawrence ne put tirer de ses lèvres et de ses yeux pleins de frayeurs que ces mots répétés, « je ne sais pas, il a glissé. » Même elle, même elle, oui, ne sut pas et durant longtemps ce qu'il s'était passé. Ses cauchemars lui ont redonné ces souvenirs, goutte à goutte, gravât par gravât, à croire que la pitié de la Jouvencelle séchait en même temps que les larmes de la mère de Richerd. Mais elle n'en confia jamais rien à personne. Jamais rien, non ! Surtout pas.

Elle essayé de sauter, parce qu'il l'avait frôlée, qu'il allait l'agripper encore, mais trop tôt, trop loin du bord et, parce qu'elle s'était empêtrée dans sa robe, elle était tombée lourdement. Ses mains frôlaient le vide salutaire, le précipice désiré, mais sans se laisser atteindre. Son cousin était tombé sur elle, et avait roulé un peu, un petit peu, assez pour être emporté par son élan, et déraper, et rester au rebord de la falaise. Et ce rebord était traître, plein d'herbe tendre, moite des rumeurs des vagues. Et il avait donc glissé, et alors qu'il glissait, il était redevenu un petit garçon qui lui disait, « s'il te plaît, cousine, je t'en prie, cousine, par pitié, cousine, » d'un ton de plus en plus aigrelet, de moins en moins viril. Mais elle était restée prostrée, et l'avait regardé seulement. Sans rien dire, sans bouger. Et il avait crié un coup, puis, il y avait eu un bruit, une sorte de pof humide, de crack bizarre. Puis plus rien. Et elle n'avait pas bougé. Pas bougé du tout, de l'herbe entre les doigts et le vent dans les cheveux. On l'avait trouvée ainsi, toujours occupée à serrer l'herbe dans ses poings, à regarder le vide en face d'elle, alors qu'il faisait bien nuit et qu'on les cherchait avec des chiens.

Quand on l'avait ramenée enfin à sa chambre, c'était Perriane qui s'était occupée de sa toilette, de défaire ses vêtements, de la débarbouiller, après avoir vertement repoussé les servantes. Alors qu'elle dénouait ses manches crottées de terre et d'herbe, la jeune mère avait trouvé, au revers du poignet de la jeune fille, quelques gouttes écarlates. Elle les avait regardées longtemps, avant de se mordre les lèvres, de hocher la tête, et lui avait murmuré : « tu es la meilleure des filles que puisse rêver un père, » avant de finir de la laver. Elle avait jeté la robe au feu, prétextant qu'elle était de toute façon trop tachée. Rickard ne pardonna jamais rien de cette aventure-là à Marlissa, et toute prostrée qu'elle fut tout d'abord, il la condamna si longtemps à sa chambre qu'elle finit par donner des noms aux araignées et à connaître l'odeur de chacun de ses livres par cœur, ainsi que de se rappeler des histoires qu'ils contenaient seulement à les humer. Depuis son refuge, elle entendu dire que l'épouse de Rickon avait fait une troisième fausse couche, et s'était cloîtrée à son tour, puis que son aïeul était revenu blessé un soir. Il avait, lui dit Perriane – puisque les servants n'adressaient presque jamais la parole à Princesse la Pisse, laquelle leur rendait bien, malgré son enfermement – voulu vérifier par lui-même cette falaise et avait pris le cheval de Richerd pour ce faire. Le cheval avait cabré en amont, et le vieux lord était lourdement tombé sur une vilaine racine. Le mestre craignait que ses jambes cassées ne le portent plus. On avait beau être chiches chez les Sunderland, ce soir-là on mangea du cheval.

Le printemps fut meurtrier en dehors du Val, et l'été rendit les dîners encore plus chiches que de coutume, mais on traversa les saisons avec dignité et l'isolement de Marlissa commençait à lui rendre les contours du temps très flous, ainsi que la certitude qu'elle savait parfaitement sotte, mais qu'elle berçait avec la tendresse que tout un chacun a envers ses petits restes d'enfance, que l'éternité existait, qu'elle l'avait effleurée, et qu'elle resterait ainsi toujours à partager son temps entre ses broderies, ses rêves, ses rires, ses leçons et l'amour trop intense qu'elle partageait avec son cher père et sa seconde mère. Son premier frère l'appelait même parfois « Mamarlissa », ce qui les faisaient tous quatre rire, et Perriane donna même naissance à un second petit bonhomme, qu'on nomma Pierrick, pour convenir aux traditions insulaires. Son bonheur était parfait, fragile et délicat comme une toile de ces araignées qu'elle avait prise en affection, aussi, quand lui vinrent des murmures au propos de « Murs-blancs, » elle n'y comprit d'abord goutte. Elle savait qu'au nom de Rickard, qui ne pouvait s'y rendre lui-même par la faute de ses jambes, Rickon était venu représenter leur nom lors d'un mariage, et que la chose avait mis les hommes de la famille en ébullition, mais elle ne comprit que très peu tout l'émoi que provoquèrent les premiers retours de ce qui ne devait être, aux yeux de la jeune fille, qu'une petite formalité politique. Ah ! Que Rickon ne s'y dépêtre qu'assez médiocrement, elle s'en doutait, toute certaine qu'elle se serait mieux comportée au milieu de ses pages de roman, mais qu'on s'en tourmente autant... Marlissa réalisa toutefois qu'il y avait une gravité peu commune dans cette affaire-là, alors que son père venait la chercher, et qu'il l'invitait à descendre ces marches qu'elle ne parcourait plus que lorsqu'il y avait un invité et qu'il fallait présenter la façade d'une famille unie, ce qui n'arrivait que rarement et qui n'était là pas le cas. Lawrence lui relâcha le bras avec sa grâce coutumière, Perriane arborait son air léger et gourmand d'ordinaire, et le vieux lord avait les yeux rouges et le front abattu de celui qui a trop pleuré et qui en a le cœur trop vide. Elle fixait ce visage, elle guettait cette désolation, elle n'y trouvait nulle réponse – dans tous les drames Sunderland, il n'avait jamais jusqu'alors exhibé que de la colère, alors quoi ? Comment ? Qui ? Ce spectacle la saisit entre tous. Pour autant qu'ils ne s'entendaient pas, la jeune femme avait pour son grand-père un bout de l'affection qu'elle éprouvait pour Lawrence, et le voir si rompu lui tordit les entrailles.

« Au moins, vous reste-il un fils. »

Lawrence avait sourit, comme il souriait toujours, avec cette innocence glorieuse, cette petite étincelle rêveuse, et il avait porté une coupe de vin à ses lèvres, geste qu'avait imité Perriane avant de venir offrir un verre à Marlissa. Elle lui murmura à l'oreille qu'il s'était passé quelque chose à ce mariage, quelque chose d'affreux, quelque chose de déshonorant, et que le navire qui avait éloigné Rickon des rives des Trois Soeurs n'avait ramené que les nouvelles funestes de cette opprobre sur leur nom et du trépas du premier né des fils Sunderland. On l'avait trouvé flottant, là, près de ses voiles, dans l'onde froide. Peut-être avait-il glissé, peut-être n'avait-il pas supporté de rapporter cet échec dans ses terres, lui qui n'était plus qu'un homme brisé depuis que son propre fils avait été retrouvé fracassé en bas d'une falaise... Mais Marlissa n'avait point besoin de trop en entendre. Elle voyait le regard de son père, au dessus de son si gentil sourire, et elle y voyait quelque chose d'abominable. Elle revoyait la falaise, ce terrifiant rien, cette sensation de chute. Elle ne voyait que les abysses dans ces yeux clairs et tant aimés, et alors que Lawrence leva son verre, elle l'entendit lentement articuler tout bas, « je bois pour Marcella. » Son si doux sourire s'accentua, avant qu'il n'achève sa coupe d'un trait. Elle contempla l'abîme, le verre, les lèvres de Perriane, l'abattement de son aïeul, et après un temps indéfini de stupeur, se dit soudain, et avec une clarté aussi limpide et froide qu'une lame de poignard, qu'elle était l'enfant coupable d'un couple de monstres, monstres qu'elle se sut par avance incapable d'aimer rien qu'un peu moins, et même qu'elle affectionnait déjà un peu plus, aussi cruelle que cette constatation fut à son cœur de jeune fille. Tout ceci lui laissa un goût affreux dans la bouche, qu'une première gorgée de liqueur ne rendit que plus amer. Elle toussa, ce qui fit choir quelques perles sombres sur le plastron de sa robe. Elle sourit à son tour, empourprée, et murmura.

« Oh, mon lord, comme je partage votre détresse. »

Rickard lui jeta un regard où l'absence s'animait d'une flamme de haine brûlante, et pourtant, Marlissa avait été tout à fait honnête, et parfaitement dépourvue de sarcasme. Toutefois, elle but le reste de son verre d'un trait, et jusqu'à la lie. Elle se retira vite, étourdie et nauséeuse qu'elle se sentait. Elle se dévêtit, jeta sa robe sur son lit et s'y assit. Alors que son regard vaquait, il tomba sur les petites gouttes de vin, et ces gouttes-là étaient aussi sombres et rondes que d'autres de son souvenir. Nerveusement, elle se gratta le poignet à l'en faire devenir rouge à son tour, puis erra dans sa chambre, se demandant si elle n'allait pas prendre un cheval et aller saluer les falaises. Puis elle rit d'elle même, et s'endormit promptement. Elle passa une nuit bien moins affreuse que sa conscience ne l'aurait souhaité, mais les suivantes furent bien plus sévères que son esprit ne l'aurait apprécié, et on la trouva errant plus fréquemment que de coutume après ses livres et ses bougies, ainsi qu'elle alla plus fréquemment visiter le septuaire le jour venu.

Elle se glissa dans le lit de Perriane l'une de ces nuits, et lui murmura l'intention que ses insomnies et ses prières lui avaient soufflées. C'était que ça devenait long, que ça deviendrait suspect, et qu'il ne fallait pas ajouter la suspicion à la détresse alors qu'il fallait se serrer les coudes, pas vrai ? Perriane rechigna, Perriane implora, mais Perriane finit par trouver que c'était là bonne idée, et qu'il fallait bien y faire quelque chose à cet héritage cagneux que Rickard allait laisser à Lawrence. Alors Perriane lui donna sa bénédiction, et Marlissa laissa ses saignées prochaines être dévoilées, et le vieux lord, aussi peu capable de marcher qu'il était, trouva la force de se lever sur ses deux jambes tordues, et clama que la fleur de Marlissa servirait, et servirait vite, à faire une alliance qui irait assurer aux Sunderland de ne point être trois fois décapités par les dragons. Et, en lui jetant un regard toujours aussi plein de haine, il grinça que ça serait rapide, mais qu'il ne faudrait pas que la dot soit trop grasse non plus. Oh, elle s'était jurée de garder son calme pourtant, elle s'était préparée à sa réaction, et elle s'était vue et revue au milieu de son crâne répondre à la fureur du lord le calme souverain de son propre père, mais hélas, hélas ! Elle beugla tant qu'elle put ensuite. Comment ça ? Ne valait-elle pas bien davantage ! Etait-ce le moment de compter ses deniers ? Mais tout de même, fallait-il qu'il soit pingre, quand il les avait, eux ! Etait-il dont sénile à ne pas voir ce qu'ils valaient, ces trois jeunes gens si fins, et si capables ? Du reste, elle est prête. Avant le jour venu de la mort de Rickon, elle eut encore maudit le sort de la séparer des siens, mais il y a à présent ce petit quelque chose qu'elle nomme le devoir et qui la pique dans le sourire de son père qui lui souffle qu'il faut qu'elle parte, qu'elle cherche son propre époux, qu'elle serve cette si belle, et si digne, et si pieuse famille. Oh, oui, si digne. Si digne ! Ce qu'on ne ferait pas pour sa famille !

Voici la petite histoire de Marlissa. Un brin de lady comme il y en a cent autres, et comme il en aura encore des tas, n'est-ce pas.


Dernière édition par Marlissa Sunderland le Dim 1 Sep 2013 - 17:31, édité 1 fois
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Maron Martell
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Message Dim 1 Sep 2013 - 10:34

Bienvenue sur le forum !

Alors après lecture de ta fiche, je ne vois strictement rien à redire, tu as parfaitement intégré les données du contexte et ça se voit que tu connais l'univers ! J'ai beaucoup aimé lire ta fiche, tu as un style très fluide et malgré la longueur de la fiche (qui m'a un peu effrayée au début je te l'avoue Fou) ça se lit très bien et très rapidement ! o/
Bref, je voulais vraiment te féliciter à ce niveau parce que c'est suffisamment rare de pouvoir valider du premier coup alors je tenais à le souligner ^^

Je voulais juste préciser un point avant de procéder à ta validation complète : je pense que tu en es consciente, mais le fief des Sunderland étant très éloigné des zones où les autres joueurs se trouvent actuellement, tu risques d'avoir des difficultés à trouver des RPs (du moins avant ton mariage). Du coup si jamais tu souhaites rajouter des détails pour atténuer ça (un voyage dans le Bief ou des choses de ce genre), tu peux parfaitement le faire ^^
Si jamais tu le sais et que ça te convient comme ça, il suffit de me le dire et je te valide dans la foulée (j'ai préféré préciser comme on nous avait reproché de ne pas avoir assez insisté à ce propos dans un cas similaire par le passé).



« Il faut endosser ses erreurs comme on endosse ses vertus... avec fierté ! Et transformer, en avantages, les conséquences d'une faute. »
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La vraie passion c'est une quête, pas une impulsion, un emportement, un instinct de chasseur. »
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Marlissa Sunderland
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TROIS TEMPS DE PATIENCE

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Message Dim 1 Sep 2013 - 14:45

Alors ça, c'est ce qui s'appelle savoir faire plaisir  

J'en suis consciente, oui. Le problème d'un voyage c'est qu'il ne cadre pas avec l'humeur du lord et jusqu'il y a très peu, elle n’était que la fille du second... Depuis Murs-Blancs, elle peut et devra davantage lier et peut-être voyager, mais pour ce qui est du passif, ça ne cadre pas trop ! Je m'armerai de patience. Merci d'avoir demandé en tous cas et surtout merci pour la rapidité et les compliments  


    « Et après les trois temps de patience, que fait-on?
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Prince de Dorne
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Message Dim 1 Sep 2013 - 15:13

Lorsque c'est mérité, il n'y a pas de raisons de se taire Very Happy

Oui je me disais bien pour le passé ! Au pire des cas l'un de mes personnages est un partisan Feunoyr qui a été à Murs-Blancs, si jamais tu veux voyager de manière justifiée, tu pourras m'envoyer un MP (sous Bryce Vyrwel) et on pourra voir pour trouver une idée :)

En tant que dame de la maison Sunderland, tu pourras évidemment compter sur les ressources que le seigneur de ta maison voudra bien mettre à ta disposition, ce qui risque de ne pas faire grand chose. Toutefois, d'un point de vue RP, tu ne disposes que de tes possessions de départ, sans oublier que tu débutes le jeu avec 30 dragons d'or. N'oublie pas de les ajouter à ton inventaire, dans ta fiche de personnage (accessible dans ton profil) !

Tu gagnes par ailleurs 25 points de réputation pour avoir choisi une région défavorisée ! Ils te sont ajoutés à ton profil.

Bref, si cela ne semblait pas encore clair, je te valide ! Tu vas donc pouvoir te lancer dans le jeu ! N'oublie pas de remplir ton profil, ta fiche de personnage et de poster les fiches relatives à ton personnage. Tu peux aussi aller signaler ta position sur le continent à cet endroit. N'oublie pas de consulter les autres sujets du bureau du Grand Mestre pour t'intégrer dans le contexte ! Tu pourras ensuite débuter le jeu en consultant les demandes, en postant la tienne ou en demandant directement à un joueur. En cas de questions, n'hésite pas à poster dans la Tour de la Main ou à m'envoyer un MP. Enfin, n'hésite pas à passer par le flood et la CB pour te faire connaitre et t'intégrer plus facilement sur le forum !

Puisses-tu trouver un époux qui soit digne de toi !



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