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Quand le passé rejoint le présent || Bryce

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Message Sam 24 Aoû 2013 - 16:02


Le ton ne montait jamais bien longtemps entre lord Vortymer Rowan et son frère, Nyles. Le Maître d'armes, comme on le nommait, finissait toujours par se rendre à l'évidence, à savoir que Vortymer ne pouvait qu'avoir raison. Celui qualifiait ça, sans aucune amenité ni complaisance, de faiblesse d'esprit. Lui savait s'imposer et faire valoir ce qu'il pensait. Mais de toute manière, Vortymer ne laissait jamais aucune chance à son frère. La pitié, il ne connaissait pas. Il ne faisait jamais rien pour épargner personne, car cela ne lui ressemblait pas. Dans la vie, les gens cognaient, le destin cognait, tout existait pour faire du mal. Vortymer Rowan n'attendait de clémence de personne et il lui semblait donc logique de n'en accorder à personne. Dans le fond, il n'aimait vraiment pas Nyles, qui lui par contre ne semblait pas faire de même. La gentillesse était une qualité que lord Rowan méprisait assez, au final, même s'il la pratiquait volontiers envers ceux qu'il aimait, sans vraiment s'en rendre compte, et il y en avait plus qu'il ne le croyait.  Mais malheureusement pour lui, ser Nyles Rowan n'en faisait pas exactement partie. En plus, Vortymer prenait en général un malin plaisir à faire croire des choses totalement irréelles, improbables, qu'il martelait du ton le plus sérieux du monde et qui ne faisait en général rire que lui, toujours aux dépens de la personne visé. Le lord solitaire était un homme intelligent et subtil, personne ne songeait à le contester, mais se moquer des autres était un travers qu'il semblait cultiver et qui le rendait souvent imbuvable.  Vortymer ne vivait pas ça comme un défaut : lui, cela l'amusait beaucoup, surtout que Nyles , en particulier, gobait absolument tout ce qu'il lui disait. La naiveté des gens était quelque chose qui amusait beaucoup lord Rowan.

Pourquoi ne pensaient-ils pas, d'abord ? Ce n'était pas si difficile que  ça, après tout, d'utiliser ses méninges. D'autant qu'il faisait depuis toujours, dans une infinie bonté qui lui semblait parfois ne servir à rien, en sorte que Nyles bénéficie d'une éducation correcte. Mestre Jaremy, puis mestre Tomard, lui enseignèrent, et continuait, pour le second, à penser et lui donnèrent ce que Vortymer nommait une « tête bien faite ». Le lord avait tout fait pour que son plus jeune frère réussisse, c'est à dire qu'il échappe aux travers de ses deux ainés, Daeron et Daemon.Peine perdue. La plupart des gens s'accordaient à dire que Nyles représentait un idéal intéressant de la chevalerie. Une imbécillité selon Vortymer. Tout d'abord parce qu'ils jugeaient sans savoir, ces crétins là, sans chercher à comprendre l'homme. Il fallait avouer, et il le reconnaissait lui même, pouvant difficilement le nier, que au moins physiquement, et en ce qui concernait les tournois, Nyles correspondait bien à l'idéal du Florian, où des héros que Falyse adoraient. Si on creusait un peu, et en tant que frère et lord, Vortymer eut maintes fois l'occasion de le faire, on s'apercevait vite que Nyles, sous des dehors agréables et une personnalité caractéristiques du Bief, était tout de même quelque peu un lourdaud. Et puis de toute façon, cette histoire de vrai chevalier, à quoi ça rimait. L'idéal noble, on repasserait, ça faisait doucement rigoler lord Rowan. Lui aussi avait été chevalier, et il n'avait rien d'un Ryam Redwyne ou d'un Aegon Chevalier-Dragon. Vortymer était fait pour être lord, disait-on, fait pour gouverner. On disait aussi que son duo avec le Maitre d'Armes fonctionnait bien. C'était vrai, parce que Vortymer prenait le pas sur Nyles. On en revenait à la discussion du jour.

« Mais pourquoi moi je ne pourrais pas venir si Oncle Manfred vient ? Ce n'est pas logique, tout de même ! » Manfred Rowan n'était qu'un cousin, mais aussi bien Nyles que Vortymer le connaissaient si bien qu'ils le nommaient oncle. Le vieux lord ignora royalement son frère et le laissa débiter son discours. Depuis qu'il lui avait annoncé son intention de partir à Corcolline rendre visite à lord Tarly, alors qu'ils se trouvaient tous deux dans la loggia, au second étage, et qu'il partit ensuite en descendant par l'escalier d'Hiver, Nyles n'avait pas cessé de le suivre. Lord Rowan quitta la salle des Pas Perdus, entrée immense du château réchauffée par trois cheminées, et sortit dans la cours : «  Tu m'as nommé Maître d'armes, alors qu'en plus j'aurais eu toute la légitimité pour devenir intendant en tant que ton frère. Si quelqu'un doit rester, c'est bien Manfred, pas moi ! »

Un palefrenier s'approcha en tenant fermement par la bride Anthymos, le cheval préféré de lord Rowan. Celui-ci s'empara de la bride et flatta un instant l'encolure de la bête, qui le regarda d'un œil humide mais affectueux. Le lord solitaire adressa ensuite un sourire à son frère :

« Il est tout à fait remarquable, Nyles, de voir que tu énonces les événements les plus logiques qui soient, qui sont et resteront valables, et que par conséquent, tu ne te rendes pas compte que mes dires sont étranges... » Il leva les yeux au ciel devant l'air ahuri de son frère. « Allons, en selle, tu viens avec moi. Comme tu le dis si bien, le rôle de l'intendant est de rester ici et de gérer Bois-Doré en mon absence." Alors que Nyles bafouillait quelque chose d'incompréhensible, Vortymer se contenta d'un geste agaçé et balaya l'argument bégayant d'un revers de la main. « Tes bagages sont prêts et Oncle Manfred a ses consignes. En selle ! Podrick, un cheval pour ser Nyles, rapidement ! » Le palefrenier s'en alla au pas de course. Lord Rowan n'utilisait guère les formules de politesses,Il jeta de nouveau un regard amusé à Nyles et se jucha en selle : « Encore une fois tu as été passablement stupide. Tu te rends compte du temps que j'ai passé à te berner ? Quand cesseras-tu d'être si naif ? »

Comme il n'obtint pas de réponse, Vortymer poussa son cheval en tête et sortit par la Grand Porte, encadrée par la Tour Clarence et la Tour Hyle, du nom des deux lords qui les avaient faites bâtir, et traversa ensuite le jardin récemment aménagé ceinturé par la seconde enceinte, qui portait finalement fort mal son nom puisqu'il s'agissait moins d'un rempart que d'un mur de séparation. Si on allait vers le Nord, le Bois-Doré en lui même commençait à la lisière du mur. Vers le sud, le village s'étendait assez régulièrement. On était finalement tôt le matin, le monde se réveillait à peine. Vortymer embrassa du regard les chaumières aux cheminées fumantes au fur et à mesure qu'elles défilaient devant lui. Il faisait assez beau, même si les pluies commençaient à se faire plus régulières, malgré une petite bise fine. Nyles venait sur son coté gauche, et derrière eux suivaient une quinzaine de gardes. On ne pouvait pas enlever ça à son frère, il savait choisir ses hommes. C'était sa deuxième mission, car il commandait également la garde de Bois-Doré, et la dernière de ses responsabilités.

Le voyage serait assez long, tout de même, puisque Corcolline n'était pas exactement à proximité. Vortymer pensait déjà descendre dans le sud également, rendre visite à son petit cousin, Clarence Hightower. Le but avoué de lord Rowan, et nul dans le Bief ne pouvait l'ignorer, était de servir sa propre cause en trouvant une nouvelle épouse. Enfin, sa cause, non. La cause de Bois-Doré. Alors qu'ils chevauchaient dans le paysage matinal de ses domaines, lord Rowan observa les vagues ondulées et dorées du blé qui restait encore à ramasser. L'arrivée de l'automne précipitait un peu la moisson. Il en était de même pour les vergers, plus au sud, constata-t-il. Il ferait encore chaud aujourd'hui, Vortymer pouvait à peu près l'affirmer. Et encore demain. C'est pour cela qu'il donnait la consigne de travailler le matin, aux heures les plus fraîches de la journée. Mais les pluies commençaient à arriver en masse. On ne pouvait pas s'y tromper, l'hiver arrivait. Il faudrait abattre un chêne ou deux, nota-t-il, pour les débiter en prévision du mauvais temps.

Le mauvais temps, lord Rowan espérait bien s'en passer, car il remonterait sans doute chez lui par Hautjardin après son passage à Villevieille. Parcourir des routes boueuses sous la pluie lui semblait, avec raison, une activité dépourvue de tout intérêt, et qui plus est totalement inconvenante pour quelqu'un de son rang. Enfin, le temps semblait se maintenir, une bonne chose. Ils longèrent assez longtemps la Mander qui coulait de manière paresseuse vers son estuaire près des îles Boucliers, ce qui permit à lord Rowan de continuer à se parler à lui-même, ses propres réflexions et sa propre compagnie lui suffisaient généralement. Bien entendu, le but de son voyage restait sa principale préoccupation. Il lui fallait un héritier. Absolument. On ne pouvait pas, on n'avait jamais pu, reprocher à lord Vortymer Rowan de ne pas savoir ce qu'il voulait. En allant voir Leslyn Tarly, il espérait bien conclure une alliance fructueuse. Les Tarly étaient une bonne famille, une famille riche et de rang égale à celle des Rowan. Et ils possédaient des terres dans le sud, plus fertiles que dans le Nord, bien que Vortymer fut assez fier de la production de Bois-Doré. Une épouse de la famille Tarly serait une épouse admirable, réfléchit lord Rowan dans son lit, assez confortable pour une auberge, le premier soir. 
Le voyage s'écoula lentement, très tranquillement, dans une atmosphère assez calme finalement. Ce fut au quatrième jour, après avoir dépassé Middlebury dans la matinée et en arrivant pas très loin de Pic Etoilé que la pluie commença à leur tomber dessus.

« Pas de chance...» lança Nyles. Il se tourna vers son frère. « Tu veux qu'on continue ? Ou alors on demande l'hospitalité ? Il doit bien y avoir un château dans le coin... On n'est pas très loin de Pic Etoilé, non ? » Oui, en effet, le château des Peake ne se trouvait qu'à peu de lieux, quand on les parcourait à cheval. Vortymer examina le ciel attentivement. Il ne pleuvait pas à verse, pas encore. Il jaugea qu'on pouvait continuer. Pour autant il n'était pas mestre et ne pouvait pas le jurer avec précision, les affres du climats, il n'y comprenait réellement quelque chose que lorsque ça concernait les cultures et ses terres. Il secoua les rênes de son cheval : « Non. Voyons si on peut atteindre Corcolline dans la soirée. »

Nyles laissa tomber l'affaire, et pour une fois Vortymer lui en sut gré. Les Sept le gardent, aller dans château de partisans du Dragon Noir et y passer la nuit ? Jamais de la vie ! Lord Rowan méprisait au plus haut point ces gens là. Il ne s'était pas déplaçé lui même lorsque lady Ermeline avait dépossédé son frère de son château, une histoire surréaliste d'ailleurs. Bien qu'il eut aimé assisté lord Leo, les affaires de la rénovation du septuaire occupaient à ce moment là énormément Vortymer. Mais il n'appréciait pas plus que ça la compagnie de ces gens là et il s'en passait très bien. Le coin était peuplé de partisans des Feunoyr. Lord Gormon Peake en fut un avant d'avoir la tête tranchée à Murs-Blancs. Si les souvenirs de Vortymer étaient exacts, on trouvait aussi dans le coin Noirvallon, sous la coupe de Bryce Vyrwel. Des connaissances de Daeron Rowan, tous. Un rictus de mépris apparut un instant sur les lèvres de lord Rowan en pensant aux amis et alliés de son frère ; Une sale engeance, tous, qu'il jugeait aujourd'hui avoir toléré trop longtemps. Il avait été patient, très patient, trop patient même, avec Daeron. Son frère ramenait des pro-Feunoyr à tout bout de champs. Vortymer les méprisait, mais parfois on en trouvait des intéressants, avec qui on pouvait parler. Rares étaient ces derniers, Bryce Vyrwel, rencontré deux ou trois fois, en était un. Ils ne s'étaient même pas vu à Herberouge, pourtant Rowan savait qu'il y était. En fait, dès qu'il avait compris que Daeron ne reviendrait pas dans le camp des loyalistes, Vortymer avait flanqué tout ce beau monde à la porte et ne la rouvrit plus jamais.

Le mépris qu'il leur portait n'avait d'égal que son dépit, en ce moment. Ils continuèrent à avancer assez longtemps, mais la pluie s'accentua peu à peu, faisant jurer le lord solitaire entre ses dents à voix basse. Bientôt la route, qui à l'origine n'était pas énorme, se fit tenue, puis disparut complètement, remplacée par une boue fangieuse. On ne pourrait pas aller plus loin ce jour là, comme le constata judicieusement Nyles. Il ajouta : « Il y a un château, là. Ce n'est pas Corcolline ? » Vortymer leva les yeux pour découvrir la forteresse. Peut-être était-ce du à la pluie, à la boue, au chemin parcourut, mais l'ambiance était lugubre. De fort méchante humeur, il cracha :
« Non, ce n'est pas Corcolline. Cet endroit est le trou du cul du monde. Enfin on dirait. Je crois que c'est Noirvallon. La place est tenue par les Vyrwel. » Vrai que le château semblait sombre, l'endroit était sombre, on ne voyait pas une âme qui vive même si des villages devaient exister. Nyles s'informa en se dévissant le cou pour essayer de voir la route : « Le nom me dit quelque chose. Ce sont des amis à toi ? » Vortymer secoua la tête : « Non. C'était une connaissance du Contradictoire. » Il appelait toujours leur frère ainsi. Derrière eux, le vieux Lewyn, seul dont Vortymer se rappelait le nom et les quatorze autres soldats attendaient leurs ordres. Nyles se contenta d'un hochement de tête fort sobre et remarqua : « Nous ne serons probablement pas les bienvenus là-bas, mais on doit pouvoir trouver une auberge et un feu quelque part, qu'en dis-tu ? »

A vrai dire, Vortymer n'en savait rien, on disait les Vyrwel durement éprouvés matériellement et financièrement après la révolte de Murs-Blancs. Mais ça valait le coup d'essayer, aussi il prit la décision de tenter le coup et ils avancèrent encore un peu.
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Bryce Vyrwel
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Seigneur de Noirvallon

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Message Dim 25 Aoû 2013 - 9:06

Les jours se suivaient et se ressemblaient tous au grand dam de Bryce qui n'attendait qu'une chose : que ce bâtard – même légitimé – qui dirigeait le royaume à la place d'un faux Roi, passe enfin de vie à trépas. Mais rien n'y faisait, même ces idiots de Sept qu'il avait pourtant prié durant des années pendant sa jeunesse, n'étaient bons à rien. Sa foi s'était envolée en même temps que ses illusions de jeune homme. Aujourd'hui il comprenait enfin que les choses n'évolueraient que s'il prenait les devants et poussait la chance dans sa direction. Mais bien évidemment, pour atteindre ses objectifs, Bryce allait avoir besoin de l'aide de quelques personnes bien placées. Qu'elle soit volontaire ou non. Manipuler des nobles qui lui étaient supérieurs ne gênait guère la Vouivre qui avait toujours considéré que sa maison avait été placée si bas dans l'échelle sociale, uniquement parce que le Dragon savait quel danger ils représentaient. Lorsque vous craigniez quelque chose, le mieux restait de l'empêcher de pouvoir vous atteindre, tous les moyens étaient bons pour y parvenir ! Une fois de plus, le seigneur de Noirvallon voyait sa colère muer en impuissance, il ne pouvait rien faire pour le moment, si ce n'est patienter. Mais attendre quoi ? Que le destin – puisque les Sept n'étaient bons à rien – daigne lui placer un pion sur la route qui menait à la victoire ? Il risquait d'attendre longtemps.
Ou pas.

Alors qu'il était installé dans le salon où il passait le plus clair de son temps, Bryce entendit les bruits de pas pressés d'un domestique. Un soupir, combien de fois leur avait-il dit de ne pas débarquer dans les pièces comme des taureaux en pleine charge ? À peine le domestique eut-il passé la porte, que son seigneur s'empressa de le rappeler à l'ordre de son ton peu amène.

« N'es-tu pas capable de marcher comme un humain et non un sanglier qui charge ? »

Le serviteurs de la maison Vyrwel étaient habitués au caractère peu affable du seigneur des lieux, aussi le nouvel arrivant retint-il sa respiration quelques instants avant d'annoncer la raison de sa venue ici. Apparemment un groupe de cavaliers se retrouvait aux bords de la forteresse, certainement des pauvres hères égarées en raison de la pluie qui tombait drue depuis quelques heures. La première réaction de Bryce fut d'ordonner que ces inopportuns soient chassés.

« Que les gardes les invitent à aller chercher l'hospitalité ailleurs ! »

Ce n'était pas vraiment très aimable, mais Bryce n'était pas idiot, il avait compris depuis bien longtemps que les gens ne venaient pas à Noirvallon par plaisir. Le fief portait bien son nom. Si le Bief était une région luxuriante et pleine de verdure, Noirvallon faisait exception. Ses terres étaient sombres, l'herbe rechignait à pousser et les récoltes étaient parfois aussi pitoyables que dans le Nord. Bien souvent, l'épouse de Bryce laissait entendre que c'était une punition divine pour le comportement passé de leur maison, ce à quoi la Vouivre rétorquait que ce serait plutôt les Dorniens qui avaient pourris le sol de leur fief en y posant le pied. Toujours est-il que Noirvallon avait un nom et une apparence peu engageante, elle correspondait parfaitement au seigneur qui la dirigeait en réalité.
Alors que le domestique s'éloignait déjà pou transmettre les ordres de son maître, celui-ci changea d'avis à la dernière seconde.

« Non, attends ! Faites-les entrer dans la cour, j'arrive. »

Bryce n'était pas homme à se déplacer de la sorte en temps normal, il préférait largement envoyer son fils pour s’acquitter de cette tâche. Ce n'était aucunement pas fainéantise, mais plus par désir de montrer à ses invités qu'il ne se déplaçait pas pour respecter le protocole. Une manière comme une autre de présager de la suite des événements. Quoi qu'il en soit, Lancel – son héritier – était en voyage pour « affaires » et il ne pouvait donc occuper cette place, ce qui signifiait que Bryce devait le remplacer. Sans se presser toutefois, il patienta quelques instants de manière à ce que ses « invités » doivent faire de même, mais sous la pluie et dans le vent. Quelques instants plus tard, lorsque la Vouivre décréta que c'était l'heure, il quitta enfin son salon où un léger feu commençait à réchauffer la pièce, puis se rendit dans la cour où les visiteurs devaient patienter. En passant dans les corridors dépossédés de leurs décorations en raison de l'amende qu'il avait dû verser à la royauté suite à l'incident de Murs-Blancs, le seigneur de Noirvallon constata que le temps s'était considérablement assombri depuis le début de la journée.

Ses pas le menèrent enfin à l'extérieur de sa forteresse. Son regard vert se promena sur les personnes présentes ici avant qu'il ne s'approche des nouveaux arrivants. Son attention se focalisa sur l'homme qui était le plus important. Ce n'était pas très difficile de le remarquer, avec le temps Bryce avait appris à reconnaître d'un simple coup d’œil les meneurs des suiveurs et pour le coup, la différence était claire dans le cas présent. Lorsque ses yeux détaillèrent le profil du nouvel arrivant, la Vouivre eut une sensation de déjà-vu. Il ne lui fallut pas bien longtemps avant de classer cet homme dans les relations cordiales et vu qu'elles étaient très rares, se rappeler de son nom ne prit pas beaucoup de temps. S'arrêtant depuis celui qu'il savait être lord Rowan, Bryce lui adressa un salut de la tête avant de prendre la parole.

« Lord Rowan, si je m'attendais à pareille visite. J'imagine que vous avez certainement dû vous perdre en cherchant à rallier l'Orage, à moins que vous ne rendiez visite à lord Hightower ? Bryce n'ignorait pas que les deux hommes possédaient un lien familial – même ténu – et imaginant bien lord Rowan pouvoir en profiter.
La pluie peut se révéler très désagréable j'en conviens, puis je dois avouer que Noirvallon n'est pas réputé pour sa clarté ! Pour quelqu'un qui vient d'un bois couleur or, j'imagine que ce doit être déstabilisant. Il faisait bien évidemment référence au nom de la forteresse de la maison Rowan.
Je vous offrirais bien un abri, mais comme vous le savez, la réputation de ma maison a été quelque peu ternie ces derniers temps, en mettant les pieds dans ma demeure je crains que vous n'en soyez entachés. Cela dit, peut-être que tout ceci vous importe ? Mieux vaut être au sec, mais un peu taché plutôt que de rester sous la pluie et attraper la mort pour rester immaculé, vous ne pensez pas ? »

Un discours un peu étrange il en était parfaitement conscient, mais c'était le but recherché. Bryce voulait simplement pousser son interlocuteur à affirmer qu'il se méfiait de lui ou, au contraire, à le démentir. Cela lui permettrait de connaître le degré d'honnêteté de son vis-à-vis. Tout au long de ses paroles, Bryce n'avait pas arboré le moindre sourire, il ne souriait jamais, ou alors ce n'était pas par amusement. Dans tous les cas, mieux valait le voir emprunter cette parfaite neutralité qui lui était propre, c'était le signe qu'il était d'humeur taquine.


               
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Message Dim 1 Sep 2013 - 15:33

La boue était une calamité. Si on écoutait Vortymer Rowan, on pavait toutes les routes, même les plus petites, ce que d'ailleurs il faisait chez lui, où tout du moins, avait commencé à faire. Ces chemins pleins de tourbes, humides et salissants, il détestait cela. Franchement, c'était un manque de pragmatisme stupide que de ne pas le faire. Pour commencer, c'était indigne de tous les nobles visiteurs qui passaient par là, de tous les admirables voyageurs, qui comme lui, ne marchaient pas, habituellement, dans la boue, car la boue était, il fallait bien l'admettre, et lord Rowan ne se privait pas de le faire du haut de son mépris et de son ego quelque peu démesuré. Mais après tout, il pouvait se le permettre, non ? Lui possédait le titre glorieux de seigneur de Bois-Doré, contrairement à tous les marauds du communs qui voyageaient sur ces routes. Routes, qui dont, auraient du aussi être pavées pour permettre aux marchands d'acheminer plus vite leurs produits, car on perdait un temps fou à débloquer des charriots coincés dans des ornières tourbeuses, et cela manquait de rentabilité. Vortymer Rowan était un seigneur pragmatique : si on perdait du temps, on perdait de l'argent. D'autant que les principales marchandises qu'il vendait et produisait sur ces terres, si on excluait les chênes, étaient des fruits, et qui disait fruit disait denrées périssables, donc nécessité de les acheminer à bon port à temps. Donc, du coup, il se devait de posséder les infrastructures nécessaires. Les travaux qu'il avait lancé depuis longtemps comprenaient aussi une partie des routes sur le domaine de Bois-Doré, et Vortymer eut apprécié que les seigneur du Bief aient des idées telles que les siennes. Mais manifestement ils étaient moins brillants que lui, ou bien ils pouvaient se permettre de perdre du temps, à moins encore, qu'ils n'eussent pas possédé les moyens de mener à bien ce genre d'ouvrage. Cela pouvait être le cas du seigneur de Noirvallon, car sa participation à deux révoltes, pour ne pas dire rébellion Feunoyr ne devait pas avoir épargné ses finances, la couronne restait très sévère là-dessus. Ou alors il faisait partie de ce genre de personne qui aimait la boue...Il devait bien y en avoir, sur le nombres de seigneurs qui laissaient leurs voies s'embourber ainsi.

Mais Vortymer penchait plutôt pour le manque d'argent. En regardant ce paysage si sinistre, il ne pouvait que constater que Noirvallon portait fort bien son nom. Il mit pied à terre, et réussit à ne pas trop s'enfoncer dans la fange. La pluie lui coulait sur le visage, et il aurait tué pour un feu, où simplement un toit à l'abri du vent et de l'orage. Nyles l'imita, puis finalement tous les gardes. Lord Rowan ordonna que l'on continue à pied quelque temps, cela permettrait peut-être d'avancer jusqu'à un village. Il méditait sur le fait qu'il serait ou non mal reçu. Les blessures et la rancoeur entre partisans du Dragon Rouge et du Dragon Noir ne s'étaient guère apaisées au fil du temps. Au contraire, elles restaient bien présentes. Vortymer, quant à lui, jugeait l'entêtement des rebelles inutile. Et voué à l'échec. En fait, ce qu'il détestait le plus ce n'était pas le fait qu'ils soient partisans du mauvais prétendants. Le motif de la révolte, au fil des années, avait perdu de son importance pour lui. L'idée qu'il avait de qui aurait du être Daemon Feunoyr était bien précise. Il était peut-être plus brillant que Daeron II, et encore cela il le discutait, pouvait-on donner la couronne à un combattant alors qu'on était en paix ? Non, assurément non. Gouverner était une forme de combat, certes, mais ce n'était pas le même combat que ceux qu'on vantait dans les chansons. Oui, Daemon Feunoyr possédait la carrure d'un héros digne d'être chanté, voilà ce qui séduisit la moitié du royaume, mais les Sept l'emporte ! Un roi n'était pas fait pour être un héros, un roi était fait pour régner. C'était, pour Vortymer, la même chose que de placer Nyles comme lord : une catastrophe assurée. Eventuellement, commandant des armées royales, oui. Voilà quelle était la place qui aurait du revenir à Daemon. Mais pas celle de roi.

Jeune, il cherchait à en convaincre les partisans Feunoyr, parce qu'il aimait deviser, parce qu'il essayait d'user de sa propre influence pour flatter son ego et se dire qu'il était tellement bon orateur qu'il pouvait retourner comme des crêpes les gens sur leur avis politique. Aujourd'hui, le lord solitaire avait changé, et il ne cherchait plus à convaincre personne. Il était sur de ce que lui pensait, sur d'être dans son bon droit, les autres pouvaient aller se faire pendre ! Longtemps Vortymer crut qu'il pourrait convaincre son frère de renoncer à cela. Mais le Contradictoire faisait lui aussi preuve d'un entêtement complétement fou, et suicidaire, qui le mena définitivement à sa perte.
En fait, il ne reprochait pas tant que ça aux Feunoyr leur conviction. Bryce Vyrwel avait été un interlocuteur intéressant – mais des gens de valeur, il y en avait partout, cela Vortymer ne le niait absolument pas. Ce qu'il reprochait aux Feunoyr était d'y avoir laissé deux frères, que Daeron soit devenu ce qu'il était. Lord Rowan aimait ce frère là, et il l'avait trahi. Ce qu'il détestait dans la rebellion Feunoyr c'était ça : le camouflet qu'il s'était pris parce qu'il avait fait confiance à son frère. A partir de là, Vortymer se refusa à parler de nouveau aux partisans du Dragon Noir. On ne discutait pas avec les fous. Il ne parlerait pas à ceux qui avaient corrompu son frère et causé la chute de Daemon, qu'il s'en voulait toujours d'avoir méprisé ainsi.

Voilà pourquoi le fait de se trouver sur les terres de Noirvallon ne lui plaisait finalement que très moyennement. Il n'avait plus grand chose à dire à Bryce Vyrwel, d'autant que Vortymer ne risquait pas de le convaincre et que la vouivre ne le convaincrait pas, lui. Il continua donc à avancer en se disant qu'une auberge lui irait parfaitement, dans la mesure où il en trouverait, mais lorsqu'il trouva enfin un village, pas très loin du château aperçu plus tôt, des gardes étaient de sortie. Apparement, on les avait déjà reperé, et on invita le petit groupe venant de Bois-Doré à entrer dans la cour du château. Où on les fit patienter assez longtemps.

S'il n'avait pas eu aussi froid et n'avait pas été si trempé, Vortymer Rowan en aurait ri. C'était typique de Vyrwel, de s'imposer par tous les moyens, et surtout les plus bas, auprès des gens qu'il recevait, enfin daignait recevoir, car il ne possédait pas, dans le souvenir de Vortymer, un caractère des plus faciles. Mais là, c'était si mesquin que cela en devenait presque risible. Finalement, après avoir patienté pendant assez longtemps dans le froid humide, le maitre des lieux apparut. Vortymer se demanda si lui aussi vieillissait de cette manière, s'il faisait vraiment âgé. Il savait qu'il faisait largement plus vieux que Nyles, mais pouvait-il faire plus vieux que Bryce ? Si ses souvenirs étaient bons, Vyrwel avait quarante ans. Avec sept ans de plus, Vortymer songea d'un coup qu'il était vieux, maintenant, une pensée décourageante alors qu'il avait plus d'un projet, et qui n'arrangeait guère ses affaires de mariages. Enfin il fallait passer là dessus pour le moment, et essayer de découvrir pourquoi le seigneur de Noirvallon décidait soudainement de leur porter de l'intérêt. Vortymer descendit de nouveau de cheval pour saluer Vyrwel, d'un ton qui n'était pas chaleureux mais qui ne marquait pas trop de méfiance, en tout cas qui ne trahissait pas celle qu'il avait en réalité envers la vouivre.

« En fait notre destination était Corcolline, mais je crois que nous n'atteindrons pas notre destination ce soir, lord Leslyn devra attendre... Puis-je vous présenter ser Nyles Rowan, mon frère, vous avez déjà du le rencontrer une fois ou deux, ou le voir jouter avec un succès mitigé il est vrai, à Cendregué ? »

Nyles ne démentit pas les dires de son frère et se contenta de saluer Vyrwel avant de reculer. Le meneur, dans la fratrie, avait toujours été Vortymer. Il aimait le pouvoir, il aimait diriger, et il savait très bien le faire, à un point qu'il en devenait presque tyrannique. Il continua donc sur sa lancée, sans trop se poser des questions, pour l'instant en tout cas. Il eut un vague sourire à l'évocation du climat que faisait Bryce :

« M'est avis que tout se ressemblera dans quelque temps, doré ou noir, la pluie a un don faramineux pour donner une tristesse certaine à tous les paysage, et à les rendre boueux quelque soit leur couleur d'origine. »

Que faire maintenant ? L'autre proposait l'hospitalité, il cherchait à juger si Vortymer se méfiait de lui ou non. Alors que faire ? Dire non et il passait pour impoli. Rester et les rumeurs iraient vite bon train, elles enfleraient et on dirait qu'il était ami d'un partisan Feunoyr, même si ça restait faux. Cela dit, passer du temps avec lui pourrait lui permettre de s'informer et de l'utiliser...à voir. Vortymer se contenta donc d'une réponse neutre – enfin que lui considérait comme telle.

« Ma foi, mon projet d'origine était de trouver une auberge, mais vos gardes ne semblaient pas du même avis. Je ne voudrais aucunement vous gêner, ou vous imposer notre présence. Si vous avez la bonté de m'indiquer un tel endroit, cela sera, je crois, plus que suffisant. » Il marqua une pause méditative et reprit : « J'avais eu oui-dire de rumeurs au sujet de votre disons, non pas déchéance, mais situation quelque peu difficile. Je pensais pourtant que vous ne soutiendrez pas deux fois la même cause perdue. »

Il ne mâchait pas ses mots en ce qui concernait la révolte de Murs-Blancs. Au moins l'autre serait-il fixé sur ce qu'il en pensait.
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Bryce Vyrwel
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Seigneur de Noirvallon

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♦ Age : 28
♦ Date de Naissance : 27/09/1988
♦ Arrivée à Westeros : 16/03/2013
♦ Célébrité : Tim Roth
♦ Copyright : © Moi
♦ Doublons : Maron Martell, Pryam Templeton, Alysane Mormont, Sargon Harloi
♦ Age du Personnage : 40 ans
♦ Mariage : Lyra Vyrwel (née Costayne)
♦ Lieu : Bief, Noirvallon
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Message Lun 2 Sep 2013 - 18:52

Les provocations et la franchise n'embarrassaient ou n'embêtaient guère Bryce. Il était homme à penser pouvoir se tirer de toutes les situations possibles, mais était-ce réellement le cas ? Certainement pas, il devait bien exister quelqu'un capable de le mettre dans une position délicate. Plusieurs même. Cependant, la Vouivre restait persuadée de ses qualifications et c'était exempte de tous les doutes possibles qu'il se présentait face à son invité. Cette assurance lui donnait bien souvent plus de courage qu'il n'aurait eu en temps normal et ce n'était pas sans raison qu'il trouvait toujours quelque chose à redire. S'il avait été habité par le doute depuis sa plus tendre enfance, le seigneur de Noirvallon ne serait certainement pas le même.

C'est pour cette raison que l’aveu de lord Rowan concernant sa véritable destination ne troubla guère le Bieffois. Corcolline ne se situait pas bien loin d'ici, mais Bryce n'avait jamais cherché à connaître davantage le seigneur des lieux. Ils partageaient la même position vis-à-vis des Dorniens, une haine ancestrale que tous les habitants des fiefs frontaliers devaient posséder, mais leurs similitudes s'arrêtaient là. Cependant, cette déclaration n'étonnait pas franchement Bryce qui se contenta de conserver une expression parfaitement neutre alors que le frère cadet de lord Vortymer lui fut présenté. La Vouivre ne lui accorda qu'un bref regard. Il l'avait aperçu à Cendregué où Lancel – son héritier – avait lui aussi jouté. Les performances du Rowan ne l'avaient pas particulièrement marquées, même s'il avait noté sa participation dans un coin de son esprit. En effet, il était toujours bon de connaître les noms des tournois auxquels les familles dites importantes prenaient la peine de participer.

« J'en garde un vague souvenir. »

Ni trop, ni trop peu, une manière de répondre sans apporter la moindre information intéressante que son interlocuteur pourrait se mettre sous la dent. Bryce n'ignorait pas que l'homme face à lui n'était pas un benêt à prendre à la légère, il devait veiller à ce que ses paroles ne soient pas trop explicites. Mais c'était une chose aisée, la Vouivre s'adonnait à ce type de discussion depuis toujours. Les mots étaient son arme favorite, il savait les manier sans se blesser – ou se plaisait à le croire aveuglément.

Le sourire de lord Rowan semblait présager une bonne entente, mais le Vyrwel était bien placé pour savoir que ce ris ne signifiait pas forcément que son interlocuteur s'amusait. Lui-même n'esquissait-il pas ce type de sourire lorsqu'il avait réussi à pousser quelqu'un dans la direction qu'il désirait ? L'attention du seigneur des lieux avait l'air assez posée, mais en réalité Bryce prêtait attention à ce qu'il entendait. Des paroles en apparence banales, mais qui pouvaient pourtant être à double-sens. D'un bref hochement de tête, le noble répondit.

« Oh, mais avant le beau temps il fait toujours très sombre, réjouissons-nous plutôt du retour du soleil que de nous lamenter sur la venue de la pluie. »

Une phrase qui exprimait bien son leitmotiv : Bryce était de ceux qui voyaient loin. Une défaite à Murs-Blancs ? Ce n'était pas bien grave, la prochaine action serait une réussite ! Toujours se relever lorsque vous tombiez à terre, plus vous mettiez de temps à vous remettre d'aplomb et plus vos ennemis avaient l'occasion de frapper. Oui, il n'y avait pas le moindre doute, le seigneur de Noirvallon était à l'image de son fief ! Ce dernier dissuadait les voyageurs égarés de venir chercher chaleur et réconfort auprès des Vyrwel, tout comme un simple regard de Bryce suffisait à convaincre ses interlocuteurs de ne pas abuser de sa « bonne volonté ».

Mais lord Rowan avait visiblement décidé de lancer directement l'offensive, en des termes plutôt francs – il fallait lui laisser ça – le Bieffois aborda le sujet de la récente disgrâce de la maison à la Vouivre. Loin de s'offenser, Bryce se contenta d'esquisser un très léger sourire. Ce n'était pas un signe d'amusement, ni de satisfaction, c'était simplement le fait de constater qu'ils entraient dans les discussions plus sérieuses que celle de la pluie et du beau temps. Sans se départir de sa superbe, le seigneur de Noirvallon rétorqua.

« Je pense que vous faites référence à la disgrâce dans laquelle les Targaryen ont plongé ma maison ? Ne vous inquiétez pas, je possède encore suffisamment de ressources pour offrir le gîte et le couvert à un compatriote. Son ton se faisait calme et posé, comme s'il parlait de choses et d'autres.
Vous savez, je n'ai pas soutenu deux fois une cause perdue, je soutiens depuis toujours une cause vouée à provoquer de grands changements. Tout est une question de point de vue, mais je suis persuadé que tous les puissants sont persuadés que leurs détracteurs se lancent dans des causes perdues jusqu'à ce qu'ils tombent de leur trône. Tout est une question de patience. Il inspira légèrement.
Ceux qui parlent de Murs-Blancs comme d'un échec ne voient les choses que d'un œil de spectateur. Croyez-moi, je suis loin de considérer ce qui s'est passé là-bas comme étant la fin de quoi que ce soit. Si ce n'est d'un acte. Des paroles bien intrigantes, son interlocuteur pouvait le prendre pour un fou, ou pour un homme qui parvenait à cacher habillement ses plans à venir.
Mais à parler ainsi sous la pluie, vous finirez par attraper la mort, je ne veux pas être accusé d'avoir tenté de vous tuer avec le climat de mon fief. Suivez-moi, vos gardes seront pris en charge par mes domestiques. »
En prenant ainsi les choses en main, Bryce obligeait son invité à le suivre sous peine d'apparaître comme quelqu'un de grossier ou qui se méfiait de lui. Que choisirait-il de faire ? Le seigneur des lieux se tourna vers le domestique qui attendait à ses côtés avant d'aboyer quelques mots pour lui donner l'ordre de s'occuper des accompagnateurs de lors Rowan, puis il reporta son attention vers ce dernier

« Vous savez lord Rowan, l'avantage à vivre sur un fief aussi rude que celui de Noirvallon, c'est que vous apprenez à vous débrouiller avec peu de choses. L'opulence n'apporte que la facilité, la rudesse apprend à survivre à beaucoup de choses. »

Il hocha la tête comme pour confirmer ce qu'il venait de dire, puis pivota d'un bloc pour se diriger vers la porte par laquelle il était arrivé. Libre à ses invités de le suivre où non. Sans se retourner, Bryce emprunta un long corridor beaucoup moins décoré qu'il y a quelques semaines, puis se dirigea vers la salle où il se trouvait avant que son domestique ne vienne l'importuner. Il y pénétra finalement et une fois arrivé sur place, se tourna vers l'huis pour voir si les Rowan avaient décidé de répondre positivement ou non à son invitation.


               
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Quand le passé rejoint le présent || Bryce

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