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Boue, Eau, Plante et Caillou.

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Sham
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♦ Missives : 69
♦ Missives Aventure : 9
♦ Arrivée à Westeros : 16/08/2013
♦ Célébrité : Naomie Harris
♦ Copyright : n/c
♦ Doublons : ø
♦ Age du Personnage : 29 ans
♦ Mariage : Aucun
♦ Liens Utiles :
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Message Ven 23 Aoû 2013 - 16:21

Contexte:
 


Voilà les portes de la ville, non, la Ville, avec un grand V car Sham n'en n'avait jamais vu d'aussi grande. Elle n'avait jamais eu l'occasion de visiter Lancehélion mais doutait de toute façon que quoique ce fût eût put rivaliser avec une telle architecture. Elle était bien loin de son petit voilier familial, de sa Rivière, de ses petites habitudes et pour cause : elle les avait fuit pour suivre ce marchand venu refaire ses stocks dans un long voyage jusqu'à Dorne. Sham ne lui avait pas dit qu'elle avait attendu sa venue depuis des Lunes, non, ces choses là les Nordiques ― comme elle s'entêtait à les appeler du moment qu'ils étaient blancs ― ne croyaient pas beaucoup aux pouvoirs de la Mère Rivière. La Dornienne revêtait ses habits traditionnels, des vêtements légers, trop léger pour qu'on la prît pour autre chose qu'une prostituée, son corps était en partie couvert par des peintures toutes aussi brutes que ses habits. De ses grands yeux noirs, elle scrutait un ciel où, étrangement, il y avait beaucoup de nuages, elle trouva ça drôle avant qu'une secousse ne les surprît. Sham se retint aux bords du convoi, son "mari" de marchand ne voyageait pas seul, une troupe entière de différents marchands s'étaient peu à peu agglutiner jusqu'à former une véritable caravane sur plusieurs mètres de long. On inspecta leurs marchandises avec autant de rigueur qu'on la regardât d'étonnement, finalement ils passèrent le Guet sans encombres et purent rejoindre les locaux qui servaient aussi bien d'entrepôt que de maison à son compagnon.
"C'est bientôt le tournoi, fit-il, on est revenu pile à temps." Sham resta silencieuse, il parlait souvent pour ne rien dire, d'autant plus qu'un tournoi ça restait vague. Y allait-il avoir de la lutte ? Des duels dansants ? Des concours d'artisanat ? Elle ne se doutait pas que cette naïveté curieuse allait la mettre dans l'embarras plusieurs heures plus tard. Sham'rama l'aida à décharger son attelage, puis monta toutes les marchandises dans un quartier marchand étroit qui ne permettait nullement aux chevaux de s'y glisser. Elle avait beau être chargée de bagages divers, elle passait plus de temps à regarder autour d'elle que de véritablement faire attention à ce qu'elle faisait. Tant d'odeurs, tant de couleurs, tant de gens différents, ce n'était pas comme sur la Sang-Vert. On la héla plusieurs fois pour lui dire de regarder devant elle, de la part de son compagnon comme de la part d'un vendeur de poterie qui avait bien faillit y perdre son gagne-pain. Un peu perdue mais heureuse, elle avait répondu avec un sourire niais et une mine excusée qui laissait perplexe au point qu'on ne pensât pas à lui demander de bannir ce rictus inadapté.

Les heures passèrent et cette idée de tournoi lui trottait dans la tête. Le marchand revint, elle voulu lui demander mais il la devança en sortant quelque chose d'un coffre : "Regarde comme elle est belle !", belle n'était peut-être pas le mot, quelles étaient toutes ces coutures inutiles ? Sham était sceptique : "Une bouchée de pain qu'il me l'a vendue." continua son compagnon, Il, c'était le gérant d'un bordel qu'ils avaient rencontré en chemin, pour trois fois rien le marchand avait eu droit à une "robe pour la d'moiselle" en espérant que le marchand y verrait là un bon moyen pour refourguer sa gueuse à un bordel lambda du Conflans. C'était faire erreur, le marchand ne donna que le prix demandé et ne laissa pas Sham au bordel, bien conscient qu'une robe suffirait à lui donner l'illusion d'en avoir un chez lui sans pour autant que ça se sache : "Met-la. il lui jeta, il vit l'air penaud de la Dornienne. Je vais t'aider." Autant dire que c'était l'occasion rêvée, et espérée, pour voir un peu plus de Sham que son sourire légèrement teintée de gris. Honteuse et ignorante, Sham se laissa déshabiller puis rhabiller, non sans quelques caresses osées de la part du marchand, elle mit ça sur le compte du culturel, tout en sachant bien que tout n'y était pas dû. Il la contempla, eut un long soupir de satisfaction, il lui s'en retourna terminer de décharger ses paquetages.

Elle était seule dans la maisonnée, elle regardait son reflet dans un miroir tâché comme ceux d'autrefois. Un objet inestimable pour l'époque qu'était un simple miroir, le marchand clamerait qu'il ne s'agissait que d'une bonne affaire, la vérité était qu'il l'avait subtilisé, rien de plus. Sham'rama fouilla dans ses anciennes affaires, en ressortit quelques bijoux et s'en para sans même se regarder de nouveau dans le minuscule miroir : sa tenue était le cadet de ses soucis, ces colliers étaient les siens et un collier ça se mettait autour du cou, rien de plus. Elle fouilla davantage et sortit de ses poches des grigris qu'elle fourra dans sa nouvelle robe. Puis, sans mot dire, elle quitta la maison en l'absence de son compagnon et se retrouva seule dans la rue, à regarder tout et n'importe quoi. Elle était partie sans rien de chez elle et, bien malgré elle, Sham était devenue entièrement dépendante du marchand qui avait accepté de l'emmener et, de ce fait, elle lui appartenait plus que de raison. Sans un sou en poche, elle remontait un marché où elle trouva quelques fruits qu'elle n'avait jamais vu auparavant. Elle le sentit, et s'en alla, son attitude était étrange, presque enfantine. A l'époque sa robe avait encore de l'éclat et n'avait pas les couleurs passées d'aujourd'hui, en cet été 205, sa peau noire, sa robe rouge, ses dreadlocks et ses manies bien loin de celles de la Capitale faisaient qu'elle ne passait pas inaperçue.
Elle voulait savoir ou se déroulerait le tournoi, elle posa la question, on lui répondit sommairement sans vraiment la considéré alors que, a l'évidence, le regard de ses interlocuteurs se faisait plus qu'insistants. Finalement Sham parvint à faire son chemin malgré son terrible accent et la complexité des lieux, remontant les docks, se dirigeant vers la Porte du Roi, elle fit la rencontre d'une curieuse petite créature : une petite fille. Sa peau était d'un blanc immaculé, elle avait l'air juvénile qu'ont tous les enfants et, sans qu'elle sache pourquoi, cette petite avait arrêté sa course pile en face d'elle. Elle l'a regardait avec de grands yeux ronds, Sham fit de même puis finit par lui sourire tant la situation était étrange. La petite fille esquissa les prémices d'une fuite mais au même moment Sham s'accroupit et capta son attention, repoussant alors l'échéance de cette rencontre. D'une main maladroit elle sortit d'un emplacement proche de ses seins des petites figures sculptées dans le bois, elle représentaient tantôt un poisson, tantôt une écrevisse ou d'autres choses comme une plante, un caillou se mêlait à tout ça et formait un assortiment hétéroclite d'objets qui ne dépassaient pas la taille d'une phalange. Elle eût un grand sourire grisâtre et jeta les grigris à même le sol, l'un s'égara dans la boue, l'autre dans une flaque d'eau limpide, la plante percuta le caillou et le caillou, qui avait fini sa course, se mit à rouler de plus belle. Il roula, roula, roula, jusqu'à percuter mollement la botte d'un grand homme. L'évidence lui apparu : la boue c'était elle, l'eau c'était eux, la plante c'était la fille, fille qui avait permis au caillou de rencontrer son être de chair. On ne choisit pas la voyance, on ne choisit pas les signes, ainsi, parfois, la voyance arrive au moment où il faut voir et ne nécessite aucune attente : c'était voir le présent avec trois secondes d'avance.


  
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Message Dim 25 Aoû 2013 - 17:01

Les tournois plaisaient depuis toujours à lord Vortymer Rowan. Bien qu'il eut été chevalier, cependant, on ne pouvait pas dire qu'il soit un excellent jouteur. Néanmoins, il possédait la qualité d'être obstiné, à moins que ce ne soit le défaut d'être têtu, nul n'aurait su le dire. En tout cas, malgré le fait qu'il soit somme toute un piètre jouteur, jamais cité par personne pour ses joutes peu mémorables à des tournois qui le furent encore moins, Vortymer aimait assister aux tournois régulièrement donnés dans le Bief, en organisait lui même quelques uns, et ne rechignait pas non plus à y participer lorsqu'il en trouvait l'occasion, même si il lui arrivait parfois de devoir abandonner dès la première joute. Lady Beth, sa femme, se moquait parfois un peu de lui là dessus, mais jamais très méchamment. Il fallait dire aussi que si Vortymer avait pu être capable de démonter quelqu'un sans problème avant Herberouge, même sans être un grand chevalier, aujourd'hui cela devenait plus difficile. Il ne l'avouait guère, mais tenir une lance aussi lourde lui posait problème, même si les lances de tournois étaient plus légères que celles de combat. Sa blessure à la main, héritée d'Herberouge, ne l'handicapait pas réellement, sauf pour faire ce genre de choses. Ce qu'il ne disait pas. Vortymer était un homme exigeant, il était impitoyable avec tout le monde. Les hommes faibles, il les méprisait en bloc, et il méprisait la moindre petite faiblesse. Et cela chez tout le monde. Car considérer que lui, car il tenait sa propre personne en haute estime, pouvait échouer ou être, les Sept le protége, au même niveau que les autres, avec ses défauts et ses imperfection le rebutait parfaitement. Ainsi donc, à chaque fois qu'il croisait un petit tournoi sur sa route il récidivait et on l'on voyait, ni une ni deux, lord Rowan en armure, sur son cheval, briser des lances et perdre, il fallait bien l'avouer, très souvent. Mais perdre en ayant essayé lui donnait moins l'impression d'être mauvais, Vortymer pouvait ainsi dire qu'au moins il avait tenté. Car après tout, si on ne se lançait pas, on ne savait pas, n'est-ce pas ?

Cependant, en l’occurrence, il ne jouterait pas à ce tournoi-ci. On était en 205 et lord Vortymer Rowan venait d'arriver à Port-Réal pour le tournoi qui verrait la mort de lord Quentyn Nerbosc, tué par ser Otho Bracken, dit la Brute de Bracken. Accompagné de sa fille, Falyse, et de son frère, ser Nyles, lord Vortymer ne savait pas encore cela, sans quoi il n'eut peut-être pas autorisé sa fille, seulement âgée de dix ans, à assister au tournoi. Il était très protecteur envers cette petite enfant blonde et intelligente, qui grimpait sur ses genoux pour lire avec lui des traités de politique. Vortymer pensait au départ qu'elle n'y comprenait rien, mais elle étonna même mestre Tomard en lui expliquant point par point le déroulement la Danse des Dragons, que le mestre ne lui avait pas enseigné le moins du monde. Erudite elle l'était indubitablement, mais ça ne l'empêchait pas de babiller comme toutes les petites filles sur le fait qu'un beau chevalier viendrait un jour l'emmener pour faire d'elle sa dame dans son château entouré de nuages. Ni de faire de la broderie sous la férule de septa Aryane, avec application et en y mettant toute la dignité qu'elle pouvait pour imiter sa mère, constatait lord Vortymer avec amusement.

D'ailleurs Beth lui manquait, songea-t-il avec un brin de mélancolie. La santé de sa femme n'était pas très bonne. Quel gâchis, d'ailleurs, qu'une femme si belle et si intelligente, si forte d'esprit, soit trahie par son propre corps. Jamais Beth ne se plaignait mais Vortymer savait que sa femme souffrait. Et il détestait voir cela, car il l'aimait sincèrement. Il ne pouvait rien faire, cependant, et cela aussi, il le détestait, car être impuissant ne faisait pas du tout partie du caractère de lord Rowan. Bien au contraire. Il était du genre à forcer le destin, et ne croyait guère à une vie fixée d'avance par les Dieux. Dans tous les cas, cela expliquait le fait que Beth ne soit pas venue avec eux.

Il était temps que Nyles et Falyse voient Port-Réal, jugea Vortymer en préparant le voyage. Cela ne pourrait que leur être bénéfique. Et cela leur plairait. Même s'ils avaient déjà vu Villevieille, il jugeait lui qu'il fallait au moins voir la capitale une fois dans sa vie. De son coté, il ambitionnait, comme toujours de faire des affaires fructueuses. De nombreux nobles seraient là, tout d'abord, et conclure des mariages ou des alliances commerciales n'en serait que plus aisé. Arriviste, Vortymer ? Lui voyait ça comme une preuve d'intelligence. Il saisissait les opportunités qui se présentaient pour apporter de l'aide à sa famille, et cela marchait en général bien car il avait un sens très sur des affaires. D'autre part, il voulait lui aussi revoir Port-Réal. Il avait eu l'occasion d'y venir après la bataille du champ d'Herberouge, mais ce n'était pas la même chose. Vortymer ferma les yeux pour oublier un instant la débandade des partisans Feunoyr. Le souvenir immonde de ces visages terrifiés, de gens qui fuyaient désespérement, pour sauver leur vie, oubliant par là même tous leurs idéaux, parce que plus rien ne comptait que la peur immonde, le fait d'échapper à tout cela, à la mort. Est-ce que lui avait peur ? Non...Si. Peut-être, il ne s'en souvenait pas. Il cherchait à voir Daeron et Daemon mais n'en vit aucun. Ses frères étaient morts à même pas cent pieds de lui, tous les deux, lorsqu'on les retrouva, mais il ne les avait pas aperçu. Ce souvenir là fut de trop et Vortymer Rowan retourna à sa contemplation de la ville. Port-Réal restait associé à Herberouge dans son esprit, mais en revoyant la ville il revint à des sentiments meilleurs. Le Donjon Rouge était réellement magnifique. Nyles et Falyse regardaient cela bouche bée, sous son regard amusé. Lui n'était pas si impressionné que ça.

« Ca alors, père ! C'est même plus grand que Villevieille ! »

La jeune fille n'en revenait pas, perchée sur sa petite jument. Nyles, plus  vieux pourtant, semblait redevenu un gosse lui aussi. Vortymer se prit à sourire et se mit à désigner les monuments qu'on apercevait. Ils entrèrent assez rapidement dans la ville, mais le flot des gens, piétons et à cheval, bloqua la circulation à partir de la porte du Roi. Lord Rowan, qui connaissait un peu l'endroit, savait qu'il y avait une bonne auberge près de cette entrée de la ville. Y accéder fut plus difficile que prévu, cependant. Des marchands du temple envahissaient les rues, des commerçants chargés comme des mules passaient par là, des mendiants faisaient la manche sur le pavés, exhibant moignons et yeux crevés pour attendrir les riches bourgeois et nobles qui viendraient à passer par là pour rejoindre les lices. Lord Rowan méprisait tout ce bas peuple, il poussait son cheval en ne tenant pas compte de ceux qui marchaient. Il finit par ordonner à Lewyn, l'un des soldats, de passer devant, et de dégager le chemin. La voix tonnante du soldat finit par avoir raison des badeaux et ils réussirent à atteindre l'auberge. Bien qu'elle fut réputée complète, le patron leur trouva assez facilement des chambres. Une fois installé, Vortymer se décida à aller faire un tour voir les lices et laissa sa fille en compagnie de son oncle. Mais à peine s'était-il éloigné de deux rues que Nyles le rejoignit en trombe, se tordant les mains :

« Est-ce que tu as vu Falyse, dis ? Je pensais...je ne sais pas, qu'elle voulait partir avec toi... Lewyn et Garryson disent qu'ils ne l'ont pas vu.... »

Le regard de Vortymer n'eut pas le temps de se faire sévère,  même si l'idée de corriger sévèrement son frère, incapable de surveiller une simple enfant, sa nièce qui plus est, lui passa par l'esprit, et passa directement au stade de l'inquiétude. Falyse était sa petite fille, celle qui sautait sur ses genoux, qu'il voyait grandir, et qu'il aimait profondément. Et elle était sa seule héritière pour l'instant et il ne voulait pas la perdre. Il lança de manière très dure à son frère, entre ses dents, d'un ton plus que menaçant et sans équivoque :

« Tu ne perds rien pour attendre, je te jure, Nyles. Vas par là, je vais remonter cette rue là. Préviens Lewyn et les autres d'aller voir de tous les côtes, elle n'a pas pu aller bien loin. »

Sauf si on l'avait enlevée, ce qui n'était pas impossible. Vortymer imaginait le pire et tous les scenarios lui venaient à l'idée. Nyles s'en alla de son coté en appelant sa nièces à tue-têtes tandis que lord Rowan faisait de même dans sa rue...Si il ne la retrouvait pas, Beth le tuerait. Il marcha pendant un bon quart d'heure, regardant partout, interpellant les soldats du Guet qui passaient par là. Il s'arrêta finalement sur une place, hors d'haleine. Puis il vit sa fille, enfin, qui regardait une femme noire qui la regardait en retour avec un air sidéré qui rendait la situation vaguement cocasse. La femme noire, sans doute une dornienne, lança quelques grigris sur le sol sous le regard médusé de Vortymer. Lorsqu'un caillou heurta sa botte son regard croisa celui de la femme. Elle portait une robe fort légère, c'était donc une putain, déduisit lord Rowan. Falyse, qui avait suivi le petit manège, se jeta dans les bras de son père dans une tornade blonde avec un petit cri de joie. Celui ci la hissa sur son épaule et la réprimanda d'un air faussement dur :

« Eh bien, ma fille, on file entre les pattes de son oncle et on visite seule Port-Réal ? Tu sais que tu as fait très peur à ton père, petite Falyse ? » La gamine le regarda d'un air penaud, puis tourna la tête encore une fois vers la dornienne, avant de la pointer du doigt et de dire :
« Je voulais voir où vous étiez, père, et je me suis perdue ! Mais regardez, regardez, la dame ! Elle est étrange, non ? »

Vortymer jeta un vague coup d'oeil vers la femme, la détaillant d'un regard de la tête aux pieds. Dornienne, elle l'était indubitablement, sans doute marabouteuse, ou quelque chose comme ça. Lord Rowan ne méprisait pas trop les dorniens, sans eux ils n'auraient pas gagnés Herberouge, et puis on ne pouvait pas vivre éternellement dans la haine qu'entretenaient ses ancêtres contre leurs voisins. En revanche, homme d'une grande foi et d'une grande piété, il méprisait la superstition et les autres dieux, tout comme les rites qui ne rimaient à rien. Des grigris, pfff, la belle affaire. Et puis de manière plus générale, il se fichait des pauvres, ils n'étaient de toute façon pas digne de le fréquenter, lui, si noble et si bien vêtu, de l'approcher avec les frusques immondes et rapiécées, en ne s'étant pas lavés depuis l'hiver d'avant. Il baissa le doigt tendu de sa fille d'un air autoritaire, et commenta :

« C'est une pauvre femme, ma fille, une dornienne comme tu en verras plein à Villevieille, elle n'a rien d'intéressant. »

Falyse insista cependant :

« Mais, père... »

Vortymer n'écoutait déjà plus, il se demandait même s'ils n'allaient pas immédiatement partir d'ici.
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Sham
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Message Lun 26 Aoû 2013 - 11:34

La petite fille trépigne, les objets avaient retenu son attention. Le regard de Sham croisa le possesseur de la chausse, un homme aux cheveux brun et aux yeux bleus, elle ne savait même pas que la combinaison des deux était possible. Elle le fixa plus que de raison, elle resta accroupit, scrutant dans ce regard de ciel qui la regardait de haut comme le ciel clair regarde la terre sombre.  Il était à environ cinq mètres pas plus, la petite fille courut dans ses bras, l'homme la prit, ils parlèrent. De leur brève conversation elle n'entendit que la moitié, elle ? Etrange ? De ce qu'elle avait vu ses nouveaux vêtements la fondaient dans la masse, non ? Elle ne comprit pas, pas plus qu'elle ne comprit pourquoi son père la traitait de pauvre. Elle ne l'était pas, du moins pas à son sens, est-ce que quelqu'un de pauvre aurait pu se permettre de voyager comme elle l'avait fait ? Elle eut la sensation de s'être fourvoyée, peut-être que finalement ici, à Port-Réal, elle était pauvre. Cet homme aurait dû la voir dans ses habits, sur sa barque colorée à préparer les onguent pour sa mère, ou le rituel associé à la Rivière, oh oui, il aurait dû la voir et jamais il n'aurait dit ça, jamais. Sham fut vexée, au plus profond d'elle-même quelque chose venait de lui poinçonner le cœur : l'étiquette, un élément qui n'existait pas, ou peu, au sein des Orphelins de la Sang-Vert : "Je ne suis pas pauvre." sa voix fendit l'air et sembla résonner dans la place, elle était aérée d'un accent d'ailleurs et ponctuée d'une interrogation candide à peine audible : "Et je ne suis pas de ta vieille ville." continua-t-elle maladroitement, n'ayant pas réussi à comprendre le nom de la ville.
Sham se releva lentement, son petit mètre soixante ne rivalisait pas avec la taille de l'homme, il lui paru même plus grand une fois qu'elle était debout car elle avait gardé l'espoir qu'il eût été moins impressionnant que lorsqu'elle était assise. Elle ne pouvait s'empêcher de le fixer, de le dévisager même. Elle s'avança à petit pas, regarda le sol, ramassa un de ses grigris d'une main et ramena le plus proche de l'autre, puis elle se releva, se remis à fixer l'homme sans s'en rendre compte et recommença jusqu'à ce qu'il ne restât plus que le dé de bois taillé d'une sorte de caillou, juste à ses pieds. Sham n'osa pas approcher plus, il y avait quelque chose d'effrayant chez lui : "Pourquoi elle a des cheveux jaunes et toi des cheveux marrons ?", cette question était idiote pour plus d'un mais à Dorne, surtout sur la Sang-Vert, la mixité des couleurs ce n'était pas vraiment la spécialité de la région. Peau mâte, yeux et cheveux foncés voilà à quoi ressemblait la grande majorité des Dorniens. Sham était plus noire, ses cheveux un peu plus crépu, plus typée, sans doute. Mais cet homme était pour elle une énigme, de ce qu'elle avait vu des cheveux clairs donnaient des yeux clairs, des cheveux foncés donnaient des yeux foncés : alors pourquoi cet homme avait-il les deux ? Il brisait toute sa théorie et pour ainsi dire son existence la laissait dubitative. Peut-être était-il aveugle, elle avait entendu parler de ces gens à la pupille presque blanche, non, impossible, il la sondait tellement du regard qu'il était impossible qu'il fût aveugle. Sans s'en rendre compte Sham venait de briser elle aussi quelque chose d'important : l'étiquette, encore.

Elle avait beau ne pas en avoir conscience mais l'homme en face d'elle restait un noble, pire, un sir, elle ne savait même pas ce que c'était réellement. Etait-ce déterminé par l'argent ? Dans ce cas quelle était la différence entre un marchand et un noble ? D'ailleurs, son compagnon était-il riche ? A en croire par cette robe, pas vraiment, du moins pas envers elle car il était évident qu'il avait plus d'argent qu'il n'en avait besoin. Sham était pauvre, cet homme avait peut-être raison, mais elle était riche d'autre chose, si elle tombait malade elle se savait capable de se soigner, si quelqu'un se rompait l'échine elle pouvait le soigner pour que ses douleurs soient moindres lors de la guérison mais ce genre de richesses n'intéressaient que lorsqu'on était concerné par elles, aussi cette petite fille semblait en parfaite santé, tout comme son père. Sham'rama resta muette, elle n'osait toujours pas s'approcher de ce grand homme, pourtant il lui faudrait bien récupérer ce qui l'avait percuté.


  
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