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Les guerres s'achèvent, mais il y a toujours une raison de lutter.

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Danelle Lothston
Noble

Général

Dame régente d'Harrenhal

Dite "La Folle"


♦ Missives : 1002
♦ Missives Aventure : 25
♦ Age : 36
♦ Date de Naissance : 25/09/1980
♦ Arrivée à Westeros : 03/12/2012
♦ Célébrité : Michelle Pfeiffer dans 'Stardust' © Paramount Pictures
♦ Copyright : Avatar©Gritsou & Gif animé©Logan Grafton.
♦ Doublons : Alysanne Florent, Lantheïa, Vyrgil Vyrwel
♦ Age du Personnage : 39 ans
♦ Mariage : Qui aurait le courage de demander ma main ?
♦ Lieu : Harrenhal
♦ Liens Utiles : Les racines de la folie
Extravagances et confidences
Les mystères d'Harrenhal
Les dons de Danelle
Scandales notoires

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Message Lun 19 Aoû 2013 - 16:37

La guerre était finie. De mes yeux, j'avais vu la Seiche d'Or courber l'échine devant la puissance royale. Les dragons n'avaient pas encore épuisé leur feu, apparemment, et l'impudent avait payé, trop peu chèrement à mon goût, ses rapines et ses offenses. Le peuple du Conflans méritait plus belle vengeance, et s'il n'avait tenu qu'à moi de la lui accorder, le naufrageur balafré aurait souffert ailleurs que dans son orgueil. La Main avait sans doute jugé qu'un vaincu vieillissant, humilié et ramené dans le rang, valait mieux qu'un successeur fougueux et assoiffé de revanche. D'une manière ou d'une autre, les dés avaient roulé et je m'en revenais chez moi. Mon regard se fixait dorénavant sur la menace d'un hiver rigoureux et le spectre pas encore banni d'une disette qui causerait encore bien des deuils si je ne veillais pas au grain, au propre comme au figuré. A mon retour à Harrenhal, Devan me dressa l'inventaire des affaires qu'il avait traitées ou remisées en mon absence. Des réclamations de mes vassaux, des inquiétudes de paysans, des propositions commerciales, et tout le tremblement. Je ne pris pas le temps de dormir avant d'avoir examiné jusqu'au plus petit détail des transactions qui appelaient mon jugement. Pour le reste, je faisais confiance à mon intendant, dont la compétence était inversement proportionnelle à la taille. Tybalt, de son côté, n'avait pas chômé, et nous disposions d'une petite milice efficace affectée à la surveillance des greniers. Des gens du crû qui tenaient autant que nous à survivre une saison de plus.

Quelques jours après le retour de l'ost, alors que je méditais dans le septuaire, Septon Desmond me conseilla de rendre hommage aux soldats du pays tombés dans les rues de Lordsport, et de procéder en sus à un rite de remerciement aux Sept pour la victoire des forces royales et mon retour triomphal. L'on parlait de ma blessure en voie de guérison, disait-il, et du combat qui en était la cause. Il avait plu à mes soldats de voir céder le Harloi malgré son acier valyrien, et plus encore de s'apercevoir que j'avais gardé l'usage de mon bras après m'en être servi comme bouclier contre une lame aussi mordante. "J'ai fait ce que j'avais à faire. Ce que je n'aurais pas eu à faire s'il ne m'avait surpassé en force et obligée à lâcher mon bouclier. Mes soldats ne savent donc pas cela ? Que la victoire la plus remarquable est d'enchaîner sans anicroche ni perte de sang les triomphes rapides, et sans effort apparent, parce que la mécanique de votre corps est aussi impitoyable que la logique de ce monde ? Etre comme la foudre qui fend l'arbre, ou l'eau qui érode le rocher. Et non ahaner et suer et saigner dans la tentative. En venir à de telles extrémités est toujours un aveu de faiblesse. Un déraillement de l'engrenage. Je n'en ferai pas un motif de fierté."

"Tu parles comme si un champ de bataille pouvait être aussi ordonné qu'un plateau de cyvosse" commenta derrière moi une voix familière, rauque et rogue, dénuée de rondeurs.

"Il appartient aux hommes et aux femmes de grandeur d'imposer l'ordre au chaos, montrant ainsi le chemin à leurs suivants. Je ne suis vraisembablement pas de ceux-là" dis-je avec un certain cynisme.

Tybalt me dépassa et se rangea aux côtés de Desmond. "On ne peut pas te reprocher de ne pas essayer, en tout cas." rétorqua-t-il avec l'abrupte franchise qui le caractérisait. "Mais baste ! Remarquable ou pas, ton intervention dans les Iles fait jaser et tu devrais en tirer parti. Rien de tel que le souffle glorieux d'une victoire payée au prix du sang pour rendre sa combativité à une populace diminuée par les épreuves."

Cela, je l'entendais parfaitement. Même le laborieux bouvier aux sabots encroûtés de fumier était capable, au-delà de son effort quotidien, aussi patient et résigné qu'un caillou dans le lit d'un ruisseau, de ressentir la flamme de l'orgueil et la fougue du combattant, si l'on trouvait en lui les braises sur lesquelles souffler. C'était une chose que j'avais apprise avec le temps. Je hochai la tête en assentiment. "Il y aura donc une cérémonie de victoire à Ville-Harren. Nous rendrons hommage aux morts et fêterons la déroute de l'ennemi comme un signe de meilleurs temps à venir. Et un rite de gratitude plus intimiste ici à Harrenhal - ça, c'est entre moi et le Guerrier. Et... peut-être quelque chose d'autre. Un... banquet avec les seigneurs voisins ?" On ne donnait plus de réception à Harrenhal depuis des éons. Les invités trouvaient toujours de bonnes excuses pour se défiler. Mais j'avais besoin de consolider ma position et le moment n'avait jamais été aussi propice.

Tybalt et Desmond me regardaient d'un drôle d'air, comme deux coqs devant un couteau. "Tu te décides maintenant à entreprendre sérieusement une recherche d'alliance ?" bava Tybalt. "Quand tu reviens toute auréolée d'histoires sanglantes et du récit de tes exploits en armure noire ?" La logique de la chose semblait le défriser. Il était probable en effet que la rumeur de ma participation à la bataille des Iles de Fer n'exciterait guère les prétendants potentiels déjà échaudés par ma réputation de Folle. "Au point où j'en suis, quel serait le meilleur choix ? Attendre de vieillir encore jusqu'à trouver un jeune mari qui me poussera discrètement dans les escaliers quand je ne tiendrai plus debout ? Si un homme est assez malin et ambitieux pour demander ma main maintenant, sans redouter le sang qui la macule, c'est lui que je veux, et je n'aurai pas mieux."

Comme d'habitude, ma décision une fois prise ne souffrait guère de discussion et nous en vînmes promptement aux préparatifs.

Ma première attention, dès le lendemain, fut pour les Sept qui m'avaient permis de revenir en ma terre après avoir abreuvé la grève des Iles de Fer du sang des félons. Septon Desmond mit en scène le rite de remerciement et prononça une fort belle prière que j'eus été incapable de concevoir par moi-même, mais que je répétais fidèlement après lui dans notre immense septuaire illuminé de bougies. Les vitraux, jadis somptueux à ce que l'on raconte, étaient plutôt quelconques à mon époque. Des orages avaient brisé les précédents et les Lothston n'ayant jamais brillé par leur piété n'avaient jamais vu l'intérêt de gâcher de l'or en le jetant dans la bourse d'un maître verrier pour garder au lieu tout son lustre. Je m'en contentais, peu attachée aux détails esthétiques du sanctuaire tant que j'y trouvais la quiétude et les symboles nécessaires à la prière. Nous honorâmes chaque statue d'une offrande propre à lui complaire : des fleurs pour la Jouvencelle, des fruits pour la Mère, des figurines d'argile pour le Ferrant, une tablette gravée d'une prière spécifique pour le Père, un cierge odorant pour l'Aïieule, et un éclat d'os fer-né pour celui que l'on ne nomme pas. Sur l'autel du Guerrier, Desmond déposa un calice en murmurant des mots que je n'entendis pas mais qui transpiraient la ferveur. C'était à moi qu'il incombait de le remplir et ainsi d'honorer celui dont la bienveillance m'avait été la plus précieuse.

Certains chevaliers affirmaient que ma conduite offensait le Guerrier, qui ne pouvait selon eux approuver ma vocation martiale, comme si celle-ci était de nature à bouleverser l'ordre cosmique. Il faut croire que l'univers était plus stable qu'ils ne le craignaient et que mes excentricités ne le perturbaient pas assez pour m'attirer la vindicte divine, puisque je n'avais jamais été frappée par la foudre lorsque je sortais revêtue de mon armure noire, et que j'étais revenue de Lordsport en un seul morceau. Je ne voyais donc aucune raison de ne pas remercier, comme n'importe quel capitaine victorieux, la divinité qui m'avait permis d'accomplir mon devoir envers le Conflans. De ma ceinture je tirai un poignard dont je perçais la chair tendre de mon poignet. Le sang goutta de l'entaille fraîche dans le calice ouvragé, perle après perle du rouge le plus pur. Mestre Sydney s'était souvent étonné de la persistance de la foi insufflée en moi par Septon Desmond à une époque de ma vie où je n'étais guère plus qu'un animal enragé, arguant du peu d'appétence des esprits logiques pour les mystères spirituels et les croyances indémontrables. J'étais il est vrai un esprit taillé pour les sentes rectilignes des chiffres et de la stratégie plutôt que pour les méandres et les vagues de l'art ou de la foi. Comment lui expliquer, lui faire comprendre mes convictions ? Ce monde né d'un insondable chaos, avec son ciel et ses vallées, ses océans et ses étoiles, comment pouvait-il procéder du hasard ? Chaque brin d'herbe dans sa perfection semblait souffler le nom des dieux. Nulle fresque, nulle tapisserie n'égalerait jamais la beauté des couleurs de l'OeilDieu au couchant. Et tout notre artisanat, toutes nos techniques ne créeraient jamais rien d'aussi efficace et fascinant que la vie sous ses innombrables formes. Il me semblait que l'existence des Sept procédait de la logique la plus probable, incompréhensible à nos sens limités. La logique de ce monde. Et si de logique il n'y avait point, alors de sens il n'y avait pas non plus, et mieux valait miser sur une illusion qui rendait la vie et la mort acceptables. Dans tous les cas, le seul salut résidait dans la foi, et c'était aux Sept que j'avais appris à croire ; à eux appartenait mon âme, si noire et corrompue fût-elle, comme celle de tous les mortels.

Voilà bien une chose que ma réputation passait sous silence. Allons quoi, qui aurait pu gober que la Folle, l'ogresse dévoreuse d'enfants, la sorcière sanguinaire de Harrenhal, soit une lécheuse d'étoiles à sept branches ? Je ne l'étais point, d'ailleurs. Mes dévotions restaient ponctuelles, utilitaires plutôt que routinières. Certes, on m'avait seriné que les Lothston étaient maudits, comme tous les maîtres de ce haut château. J'avais été bercée enfant par les commérages de la valetaille, les contes terrifiants de ma nourrice Ambrosia, les élucubrations inquiètes de mon frère, et j'avais vu mourir ici presque toute ma famille. Ma Maison agonisait, et pourtant, il ne me serait pas venue à l'esprit d'en vouloir aux Sept. La grandeur ne se forge pas dans les petits pas quotidiens et les farandoles insouciantes le long d'un chemin de roses, mais dans le souffle des combats et les flammes de la douleur. Aurais-je été la même Danelle si j'avais vu le jour à Vieux-saule, Mielbois ou Hautjardin ? Harrenhal était le creuset dont j'avais émergé et je ne concevais guère cela comme une malédiction.

Le sang emplit lentement le calice et Desmond apposa bientôt un linge sur la ligne brûlante qui barrait mon poignet. Nulle apparition tonitruante, nul signe spectaculaire ne couronna ce rituel. Les dieux ne répondent pas aux prières ni aux offrandes, du moins pas avec des mots. Certains trouvent là un mystère d'une profondeur propre à susciter l'extase, d'autres une source de doute. Pour ma part, je trouve cela reposant. Les hommes passent leur temps à pérorer inutilement. Les dieux, comme les créatures sauvages, ont l'art et le sens du silence. Raison pour laquelle leur compagnie m'est plus tolérable que celle de mes congénères - dois- je les appeler mes semblables ? J'allais pourtant quitter bientôt le doux silence du septuaire pour le grouillement et la cacophonie de la foule. La deuxième partie des cérémonies était imminente et l'on commençait à l'annoncer aux environs.

Trois jours s'écoulèrent avant que la nouvelle n'inonde Ville-Harren et les alentours. Il y eut peu de réaction de prime abord, chacun préférant éviter de manifester son enthousiasme ou d'exprimer ses critiques envers une lubie de Danelle la Folle, encore que cette lubie-là parut pour une fois plutôt sensée, du moins l'aurait-elle été si j'avais été dotée des attributs anatomiques me conférant la légitimité du port de l'armure et du rôle de chef de guerre. Au moins étions-nous dans le droit prolongement d'une folie familière, ce qui était de nature, finalement, à rassurer la plèbe conservatrice par tradition. Je crois qu'ils auraient été plus perturbés, les pauvres, de me voir soudain en robe et carosse en train de jouer de l'éventail devant un fiancé convenable. J'étais peut-être un épouvantail, mais j'endossais le costume depuis un certain temps déjà, et j'étais, en somme, leur épouvantail. Tout voyageur blasé se réchauffant à la taverne locale, s'il avait mis en doute ma légendaire démence et ma férocité, se serait vite vu cerner de regards hostiles et marteler les esgourdes de récits tous dûment attestés par les amis de beaux-frères de cousins et autres vieilles tantes du voisin du petit-fils, témoins supposés de mes exactions maléfiques et de ma souveraine monstruosité.

Toujours est-il qu'à défaut de commenter trop fort l'initiative, on se poussait du coude, on murmurait sous les porches, on jasait autour de la chopine vespérale. Et le jour venu, la population des alentours s'était donnée rendez-vous en masse à ma petite célébration, ne serait-ce que pour voir la Folle dans son armure noire fraîchement réparée et astiquée. Assurément, je crois qu'ils auraient préféré voir le canon d'avant-bras en miettes et les éclaboussures de sang séché dressant la carte de mes faits d'armes, mais je n'allais tout de même pas donner dans la farce grotesque. Ce fut Tybalt qui me souffla, alors que je montais sur une estrade prévue à cet effet, d'exhiber ma blessure ou plutôt l'affreuse cicatrice rouge qui en restait. Je lui jetai un regard noir et n'en fis rien. Le bras, le bras, qu'est-ce qu'ils avaient tous à m'asticoter avec mon bras ! On aurait cru une bande de gogos en train de réclamer à une danseuse de bordel de tomber son corsage. J'avais mieux à leur offrir qu'une stupide éraflure pas plus impressionnante que la marque de coup de bêche sur le visage du vieux Jaq Un-Oeil, un paysan bagarreur du cru.

Je m’assis sur un tabouret et laissai Septon Desmond prononcer un discours de circonstance, exercice dans lequel il était bien plus à l’aise que moi. Les éloges funèbres et récits grandiloquents ne sont pas mon fort. Les gens l’écoutaient, mais plus encore me regardaient, et feignaient un soudain intérêt pour la pointe de leurs sabots quand je leur rendais la pareille. De temps en temps, Desmond m’interpellait, et je répondais laconiquement, sans doute de manière désastreuse à en juger par sa mine et les réactions de l’assistance. « Oui ». « Cela s’est passé ainsi ». « Des galets ». « En lui crevant la gorge ». « Devant le bordel. ». « Sans doute possible. ». « A coups de hache, je crois. ». Mes interventions sèches et froides ne suffisaient apparemment pas à leur bonheur. Faisant effort sur moi-même, je finis par me lever, mon épée à la main pour renforcer l’impact de la mise en scène, et déclarai : « Vos fils, vos pères et vos frères n’ont pas fui devant l’ennemi. » Je ne l’aurais pas permis. «Grâce à leurs efforts, nous avons pu couvrir les forces du prince qui s’emparaient du fortin de Lordsport, puis contribué à la victoire finale à Pyk. Beaucoup sont tombés, comme c’était prévisible, mais ils n'ont pas failli. »

Ces paroles ne remportèrent guère plus de succès auprès des endeuillés massés devant l’estrade, mais je ne voyais pas ce que j’aurais pu dire d’autre. Heureusement, Desmond trouva tout de même quelque chose à ajouter pour embellir les faits et glorifier le trépas des victimes, évoquant avec ferveur leur sacrifice, leur bravoure, et la fin du règne de terreur des pirates sur la côte. Tout ceci était un peu trop lyrique à mon goût mais l’effet produit sur la plèbe semblait positif. Après cette belle harangue gonflée de pieux sentiments propres à apaiser la peine des uns et à remplir les autres de fierté, les soldats survivants défilèrent en armure, puis il y eut un temps de prière, et enfin on fit monter sur scène une petite fille d’environ six ans qui devait procéder à un lâcher de colombes symbolisant la montée des âmes des défunts vers les cieux. La fillette, une blondinette joufflue aux yeux bleus comme un ciel d’été, couronnée de fleurs des champs, ouvrit la cage dans laquelle on avait emprisonné les oiseaux et les incita à s’envoler, ce qu’ils firent pour la plupart, mais dans le désordre et la confusion plutôt que dans un bel ensemble gracieux. Encore une touche idiote qui semblait ravir le public. D’ici à ce que les colombes rejoignent leur oiseleur, nous étions bon pour subir leurs roucoulements et manger des plumes ; j’aurais préféré un lâcher de chauve-souris, mais Desmond avait insisté pour les colombes. L’une d’elle se posa sur mon épaule et se soulagea dans la foulée sur mon armure noire. Il y eut un flottement et un léger frémissement dans la foule ; les regards se fixaient sur moi l’un après l’autre et les premiers rangs reculaient en murmurant d’un air inquiet pour s’éloigner de l’estrade, comme si celle-ci était sur le point de prendre feu. Le visage fermé, j’allais cueillir la bestiole quand elle battit des ailes et se réfugia dans les bras de la fillette. Le silence se fit et tout le monde parut retenir son souffle. Mon épée toujours à la main, je regardais la fillette haute comme trois pommes qui me regardait en retour, les yeux écarquillés et ses joues roses soudain toutes blanches, la colombe nichée entre ses bras menus. A croire que ma vue l’avait changée en statue de sel. Je fronçai les sourcils, et une inspiration effarée échappa à l’attroupement de roturiers qui assistait à la scène.

L’instant d’après, Selyse apparaissait derrière moi comme par magie et effaçait avec son étole toute trace de l’offense dégoulinante. Je patientai, puis me rassis d’un air renfrogné. Un soupir collectif souleva quelques dizaines de poitrines à l’unisson. Septon Desmond félicita la petite et la fit avancer sur le devant de la scène où on l’acclama. Tybalt, pour effacer sans doute une mauvaise impression, crut bon de tapoter paternellement la tête de la gamine qui le regarda puis se mit à pleurer toutes les larmes de son corps dans un concert plus intolérable encore pour les oreilles que le roucoulement des colombes. Sans doute était-ce trop d’émotion pour elle ? Desmond se hâta de la soulever et de la déposer entre les bras de sa mère qui accourait au pied de l’estrade. Il prononça quelques paroles de conclusion puis me laissa le mot de la fin. « Le dédommagement prévu sera versé rapidement aux familles des soldats tombés au combat. Mon intendant Devan se rendra à Ville-Harren après-demain pour régler les détails avec les concernés. Faîtes passer le mot aux alentours. »

Sur ces entrefaites, la cérémonie s’acheva enfin et je descendis de l'estrade tandis que des serviteurs couraient après les oiseaux pour les rassembler. Dernière Danse réintégra son fourreau, et je me dirigeai vers Éclipse qui encensait méchamment d'impatience, avec soulagement. Un banquet allait être donné au village mais je n'étais pas tenue d'y assister, ma présence risquant de jeter un froid sur l'ambiance - les Sept soient loués. Les apparitions publiques, quel ennui !




PS : Mes PNJ sont ouverts à l'incarnation par des joueurs, MP-moi si vous êtes intéressé !


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Ryman Frey
Noble

Général
~~ Seigneur des Jumeaux ~~

♦ Missives : 1490
♦ Missives Aventure : 45
♦ Age : 28
♦ Date de Naissance : 17/02/1989
♦ Arrivée à Westeros : 30/04/2012
♦ Célébrité : Nicholas Hoult
♦ Copyright : Seamus & Sargon & Randal
♦ Doublons : Gerold Lannister & Podrick Stone
♦ Age du Personnage : 21 ans
♦ Mariage : Lady Mera Vance
♦ Lieu : Les Jumeaux
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Message Mer 4 Sep 2013 - 17:26


Si les Jumeaux n’avaient participé à la guerre qu’en la soutenant financièrement et en fournissant des vivres, ça n’était pas pour autant que les deux forteresses avaient été épargnées. Car, alors que la Couronne, l’Ouest, le Nord, tous se liguaient contre les pirates venus des Îles de Fer, un fléau avait frappé le domaine de Lord Ryman Frey. Le mal, né à l’insu de tous, s’était rapidement répandu et avait touché nombres des habitants de la région. Le seigneur n’avait pas hésité à confier la santé de chacun entre les mains d’une guérisseuse, Wyna, et il n’avait pas eu à le regretter. Elle avait prodigué de nombreux soins, en avait beaucoup souffert, car en plus de ne pas dormir, elle avait été victime d’un soldat un peu trop entreprenant, elle avait lavé le jeune héritier, Walder, du mal qui le rongeait, et avait ensuite fait de même avec Lord Ryman lui-même. Pendant plusieurs semaines, le temps que disparaisse l’épidémie, les Jumeaux avaient été fermés. Il était devenu impossible de franchir son pont, les voyageurs trouvant portes closes.

C’est la venue d’un corbeau qui avait tiré les Riverains de la torpeur qui les avaient engloutis. Les armées alliées contre les Fer-nés l’avaient emporté. La surprise conjugué au nombre avait submergé la résistance des iliens, qui avaient dû ployer le genou, à l’image de leur seigneur borgne, Dagon Greyjoy. À présent chacun s’en retournait vers son foyer. Il allait falloir panser les blessures, enterrer les morts. Aux Jumeaux, seules trois personnes, les plus durement touchées, avaient péri suite à la maladie. Mais c’était fini. C’était comme si les Sept avaient choisi de punir les Jumeaux pour leur manque d’implication dans le conflit qui pourtant rongeait Westeros depuis des lunes. Avec l’achèvement du conflit, l’épidémie s’en était allée. Il était temps de reprendre le cours d’une existence normale.

Wyna avait été récompensée de quelques pièces, mais surtout, d’une monture solide, nécessaire à son périple vers Port-Réal. Ryman avait insisté pour qu’elle accepte ce cadeau, mais avait refusé d’être présent lorsqu’elle était partie. Malgré la chaleur des plaisirs de l’instant, il regrettait de s’être laissé ainsi aller auprès d’elle… D’ailleurs, et comme un aveu, il avait rapidement retrouvé son épouse, et appris par elle qu’elle attendait un second enfant. Mais elle avait choisi d’oublier Wyna. La vie reprenait comme si elle n’était jamais venue. Quelque peu soulagé, Ryman avait émis le désir de quitter les Jumeaux, de s’éloigner de son atmosphère étouffante, qui avait grand-besoin d’être rafraîchie. C’est ainsi qu’il avait ordonné l’envoi d’un corbeau vers Harrenhal. Car croiser lors des événements de Murs-Blancs Lady Danelle Lothston, sa grande-cousine, avait éveillé en lui l’envie de la rencontrer réellement, d’en apprendre plus sur elle, de vérifier par lui-même si les rumeurs qui couraient sur son compte étaient fondées.

Lord Ryman avait choisi son escorte. Avec lui viendrait Tiber seulement, à la tête d’une troupe de chevaliers et hommes d’armes. Ser Maleck resterait auprès des dames de la Maison, Lady Mera, épouse du seigneur, et Lady Petra, sa mère. Le jeune Leo, quatorze ans, serait également du voyage. Durant l’épidémie, il avait beaucoup appris auprès de Wyna et de mestre Eros. Ses quelques rudiments en matière de soins pouvaient être utiles durant la chevauchée vers le sud. Le mestre, lui, assurerait avec ser Maleck et Lady Petra la régence des Jumeaux pendant l’absence de Lord Ryman. Ainsi, ce dernier pris la tête d’un contingent de trente hommes. Avec eux irait un chariot chargé de provisions et un autre de tentes, qui seraient montées rapidement durant les étapes. Car plusieurs jours allaient être nécessaires pour parcourir la distance des Jumeaux à Harrenhal. Et même si certaines auberges méritaient qu’on y fasse étape, mieux valait prévoir ses propres moyens de repos pour la nuit.

Le jour du départ, Ryman embrassa son épouse et lui souhaita de conserver une bonne santé, dans l’attente de la venue au monde de leur second enfant. Walder, lui, avait déjà oublié la maladie. Il en voulait à son père de partir en le laissant derrière, mais il ne pouvait l’emmener. Le voyage n’était pas idéal pour un enfant aussi jeune. Sachant qu’il laissait les Jumeaux entre de bonnes mains, il partit donc sans se retourner, au petit matin, par la route royale. La première journée de voyage se déroula sans encombre, monotone, tout comme les suivantes, d’ailleurs. Les nuits étaient bien organisées, avec des tours de garde, et aucun incident ne fut à déplorer jusqu’à ce que la silhouette inquiétant d’Harrenhal se dessine enfin à l’horizon.

En tête du cortège, Lord Ryman leva une main pour interrompre la marche des cavaliers. Il fit signe à un soldat de s’approcher et lui ordonna d’aller annoncer leur arrivée. Après que ce dernier fut parti, la troupe se remit en mouvement.  Le seigneur laissa passer devant lui un homme qui portait les couleurs des Frey, une bannière arborant les deux tours jumelles bleues sur un champ gris argenté. Ainsi avancèrent-ils, jusqu’au retour de l’éclaireur, qui annonça avoir transmis le message. Sur le chemin, ils croisèrent des paysans, qui semblaient s’en revenir de Ville-Harren. Un événement particulier venait sans doute de s’y dérouler. Une célébration au retour de la guerre, peut-être ? Lord Frey n’interrogea personne, se contentant de les observer depuis sa monture, alors qu’ils s’écartaient pour laisser passer la délégation des Jumeaux.

La maladie avait-elle frappé ici ? Aucun ne semblait en porter les séquelles. Peut-être le mal n’était-il pas descendu aussi loin dans le sud, et s’était-il cantonné à proximité des fleuves. Pourtant, il y avait un lac. Le climat devait être différent, ou bien le champignon n’avait pas eu l’occasion de s’étendre jusqu’ici. Chassant ses interrogations, Ryman détailla ensuite le monument qui se dressait devant lui. Car Harrenhal était un monument, l’édifice comprenant cinq tours se dressant fièrement, au point d’être visible depuis une grande distance. Les lieux étaient à la fois fascinants et inquiétants, et c’était cette image que renvoyait la maîtresse des lieux. On la disait folle, mais peut-être n’était-ce qu’une forme d’originalité… On parlait d’elle comme une ogresse, on la décrivait comme une femme avide de sang… Tant de rumeurs circulaient.

Mais rien ne valait que de se faire son propre avis. Le jeune seigneur Frey suivit son porte-drapeau qui s’engouffra par l’entrée principale. Lady Lothston serait-elle là pour l’accueillir ? Ou bien aurait-elle envie d’entretenir le mystère, voire le mythe, en restant terrée entre ses murs, à attendre qu’il vienne à elle ? Ryman n’en avait cure. Elle était chez elle, elle pouvait faire comme bon lui semblait. Même s’il s’attendait tout de même à certains égards. Car après tout, ils étaient parents. Lady Danelle était la cousine de feu Lord Tiber. Et bien que la famille était bien plus une notion politique, une donnée importante dans les jeux d’alliances, elle demeurait autrement importante aux yeux de Ryman.



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Danelle Lothston
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Message Lun 9 Sep 2013 - 17:18

J’étais encore en armure, en train de démonter dans la cour du château, quand Devan se porta à ma rencontre aussi vite que le lui permettaient ses jambes courtaudes. Il m’apprit qu’un messager venait de lui annoncer l’arrivée imminente du Seigneur des Jumeaux. « Lord Frey, ici ? » dis-je avec un reniflement. Puis je me rappelai. Un corbeau nous avait annoncé sa venue, quelques jours auparavant. Ce détail m’était sorti de l’esprit, mais je savais pouvoir compter sur mon intendant pour s’en être souvenu, lui.

« Tout est-il prêt pour son séjour ? A-t-il dit combien de temps il avait l’intention de rester ? »

« Tout est prêt, ma Dame. Il n’a pas fait mention d’une durée de séjour spécifique, mais tout porte à croire qu’il ne s’attardera pas. Il y a trop à faire à l’approche de l’hiver pour qu’un seigneur reste bien longtemps absent de son fief. »

Songeuse, je flattai l’encolure d’Eclipse et laissai le jeune palefrenier Ked s’emparer de ses rênes pour l’emmener aux écuries. « En effet, il y a beaucoup à faire. N’a-t-on pas prétendu récemment que le passage des Jumeaux était fermé en raison d’un mal mystérieux ? »

« Cela semble un fait avéré, ma Dame. Un septon errant de passage à Ville-Harren me l’a confirmé. Il faut croire que les choses se sont arrangées entre-temps. Lord Frey n’en faisait pas mention dans sa lettre, mais la correspondance par corbeau ne laisse guère de place aux longues explications. Vous saurez bientôt le fin mot de l’histoire, je suppose. »

Quoi que Lord Frey puisse m’apprendre, il aurait pu le faire sans prendre la peine de se déplacer lui-même. Je m’étais vaguement demandée la raison de cette visite avant d’en chasser la pensée de mon esprit. A présent la question revenait à l’assaut : que pouvait bien me vouloir le Seigneur des Jumeaux ? La période n’étant guère propice aux visites de pure courtoisie, sans parler de ma réputation, il devait avoir une raison de voyager plus consistante que le désir subit de renouer les liens distendus entre nos deux familles. Peut-être avait-il un frère à marier ? Les Frey se pondaient par portée de douze, à ce qu’on disait ; il devait bien y avoir quelques célibataires en mal d’une situation dans son entourage. A moins qu’il n’eût besoin de soutien pour préparer l’hiver - après tout, mes terres comptaient parmi les plus fertiles du Conflans… et mes greniers parmi les mieux protégés. Je n'étais certes pas prête à concéder mon aide pour rien, mais toute proposition méritait examen. Seul le sujet de la main-d’œuvre restait véritablement épineux : la campagne des Îles de Fer m'avait ôté suffisamment d'hommes pour que je ne puisse me payer le luxe d'en prêter à mes voisins. Par ces temps de disette, il était hors de question de manquer de bras pour les récoltes.

Toujours est-il que le Lord en question était quasiment à ma porte, et que je me trouvais là en armure noire. Je pouvais courir me baigner, me coiffer et me changer, et le faire accueillir par Devan, ou bien rester telle quelle et l’accueillir en personne. Bien sûr, cette dernière option l’emporta haut la main. Devan était un excellent intendant, mais Ryman Frey était le Seigneur des Jumeaux et méritait quelques égards. Quant à mon apparence, elle était en phase avec ma réputation. Je doutais fort que mon hôte en soit étonné après m’avoir vue chevaucher aux côtés des troupes royales à Murs-Blancs. Peut-être même avait-il entendu le récit de mes faits d’armes dans les Îles de Fer, puisqu’à en croire mon entourage, la rumeur s’en était déjà répandue dans tout le Conflans et au-delà. On prétendait même qu’un ménestrel avait composé une chanson sur mes supposés exploits. Une chanson ! Quelle drôle d’idée. Si c’était vrai, je n’avais aucune envie de l’entendre.

« Que les serviteurs préparent une collation de pain et de sel dans le salon des dames. La pièce devrait suffire à un premier entretien. Je te laisse le soin de placer tout son monde, ce n’est pas l’espace qui nous fera défaut, à moins qu’il ait amené la moitié de son ost. »

« Je ne crois pas que l’espace ferait défaut même si Lord Frey venait avec tout son ost et toute sa famille, incluant ses cousins et petits-cousins » rétorqua Devan en souriant. Je lui rendis son sourire : les proportions de ma demeure étaient à la hauteur absurde de la légendaire fécondité des femmes Frey.

Selyse, qui avait démonté avec grâce de sa haquenée, glissa jusqu’à moi dans un froufroutement de soie émeraude. « En quoi puis-je vous aider à accueillir Lord Frey, ma Dame ? » s’enquit-elle avec une délicate inclinaison de tête.

« Veille à ce que le salon soit en ordre et un feu allumé dans la cheminée. Tu resteras ensuite avec nous pour pourvoir à nos besoins. » Je ne me voyais pas la garder près de moi là tout de suite : son attitude et sa vêture éminemment féminines contrastaient trop étrangement avec ma propre apparence. J’aurais eu l’air ridicule à m’encombrer d’une donzelle en pareil attirail ; Tybalt à la rigueur aurait davantage répondu à mon besoin, mais c’était un bâtard et on n’accueille pas un Lord avec un bâtard en guise de cortège.

A dire vrai, Harrenhal ne pourvoyait guère à mes besoins en la matière. Nains, boiteux, bâtards, fugitifs au passé sulfureux, ma demeure n’abritait que des moutons noirs, des créatures subversives et logiquement infréquentables. Septon Desmond ou Mestre Sydney, à la rigueur, auraient fait à peu près bonne figure, mais ils avaient mieux à faire que de jouer les plantes en pot. Seule mon escorte de soldats resta donc avec moi. Des vétérans, tous autant qu'ils étaient - des survivants de la bataille des Îles de Fer, qui avaient défilé en ville à l'instant sous les acclamations de la plèbe. Ils avaient l’air fier, pour une fois, de se tenir auprès de moi. En général, les employés subalternes des Lothston ne montraient pas un grand enthousiasme dans leur office, de peur sans doute que la moindre expression sortant d’une parfaite neutralité attire sur eux mon attention, avec des conséquences… imprévisibles. Ils faisaient leur travail mécaniquement, efficacement et sans bruit. Mais aujourd’hui… ces soldats semblaient presque joyeux. Au-delà de la discipline qui les faisait se tenir droits, je les voyais lever le menton, l’œil brillant, avec un air déterminé et une esquisse de sourire confit aux lèvres. Je ne savais trop qu’en penser. Cela allait-il m’obliger à changer mes habitudes ? Je ne me voyais pas endosser le rôle du leader charismatique, fort en discours, proche de ses hommes et grand dispensateur de tapes dans le dos. D’une certaine façon, j’appréhendais les attentes que ce regain de motivation risquait d’engendrer. Mais baste ! Nous verrions bien comment les choses évolueraient.

Je n’eus donc qu’à me placer devant les hommes parfaitement alignés en rang lorsque, quelques instants plus tard, mon cousin fit son entrée… Après de brèves salutations, énoncées dans un style plus martial que courtois et plus frais que chaleureux, selon mon indécrottable habitude, je le guidai à l'intérieur tandis que Devan réapparaissait pour veiller au confort de sa suite. Laissant mon invité au salon des dames devant une agréable flambée, je le priais de m'excuser le temps de remettre mon armure au râtelier et de passer une robe. Je le retrouvai quelques instants plus tard et m'enfonçai dans un fauteuil en face de lui, Selyse discrètement retranchée dans un coin se tenant à notre disposition. Des biscuits au citron accompagnaient la collation traditionnelle de pain et de sel, par la grâce de mes serviteurs zélés - mon goût immodéré pour les douceurs du palais n'étant un secret pour personne au château.

"Eh bien, que me vaut l'honneur de votre visite, Ryman ? Je gage que vous n'avez pas fait tout ce chemin pour vous assurer que ces vieilles tours tiennent toujours debout, et encore moins pour admirer mes blessures de guerre."

Droit au but, sans ruban de satin pour emballer mes propos. Ni onctueuse ni protocolaire, je n'avais pas d'image à protéger, pas de façade dorée à entretenir. J'étais Danelle Lothston, la Folle d'Harrenhal, et je n'avais jamais beaucoup pris sur moi pour plaire à quiconque. Fraîchement descendue de cheval, les cheveux sommairement retenus en queue par un lien de cuir, et vêtue d'une robe ordinaire de velours noir et orange, je n'étais pas plus présentable que lui après sa longue route, et je n'en faisais visiblement aucun cas.




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Ryman Frey
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Message Mer 16 Oct 2013 - 10:58


Ryman s’était longtemps demandé qui l’accueillerait. Quelle femme, quelle escorte. Serait-ce la Dame des lieux, vêtue d’une robe qu’elle semblait avoir peu coutume de porter ? Ou bien la guerrière, qui s’était illustrée à maintes reprises dans son armure noire ? Et qui l’accompagnerait : un cortège de dames de compagnie, ou bien des soldats ? À dire vrai, le seigneur des Jumeaux avait déjà arrêté son sentiment : il l’imaginait telle que sa légende la décrivait, et c’est l’exacte vision qu’il eut lorsqu’il l’aperçut.  Telle qu’il l’avait déjà vue, quelques lunes plus tôt, à Murs-Blancs. Sa chevelure de feu contrastait avec le noir du métal qui l’enveloppait. Et elle se trouvait devant un détachement de ses hommes. C’était bien la guerrière qui accueillait les Frey. Lord Ryman et sa suite se regroupèrent dans la vaste cour et chacun démonta. Il fut le premier à s’approcher de la maîtresse d’Harrenhal et inclina légèrement la tête. Aucun baisemain, aucune salutation chaleureuse, ce fut simplement cordial. Des banalités furent échangées alors que l’ensemble des invités était conduit à l’intérieur. Puis, Lady Danelle pria Ryman de l’excuser. Allait-elle se changer ? Sans doute, ce serait plus confortable pour discuter ici, dans le salon. Lord Frey fut invité à s’asseoir, et son frère à ses côtés. La plupart des hommes de l’escorte avaient été laissés dans une salle voisine, où ils profiteraient de l’hospitalité d’Harrenhal avec les soldats locaux.

« Ne fais donc pas cette tête, Tiber. Lady Danelle ne doit pas être si terrible qu’on le dit. » souffla le seigneur des Jumeaux à son cadet, qui ne parvenait pas à se détendre.

C’était après tout la première fois qu’il accompagnait seul son aîné. D’ordinaire, c’était plutôt Maleck qui était choisi, ou même, les dames de la Maison. Peu de temps après, l’hôte des lieux refit son apparition, changée. Elle était vêtue désormais d’une robe de velours noire et orange, et ses cheveux étaient simplement retenus par un lien. Rien du faste dû à son rang. La simplicité incarnée, aucun artifice. Ryman avait devant lui une femme qui s’embarrassait peu des convenances de la noblesse. C’était une femme qui se battait, non qui se pavanait à la cour. Les propos qu’elle tint le confirmèrent d’ailleurs. La conversation qui allait suivre se ferait avec franchise, sans enrober les mots de douceur. Même si Lord Frey tâcherait de garder un minimum de retenue. Il commença par présenter celui qui était assis près de lui :

« Lady Danelle, je vous remercie pour votre accueil. Voici mon frère, messire Tiber. »

Il faisait dans la simplicité. Puis invita Tiber à honorer les traditions, avant de le faire lui-même, en consommant le pain et le sel. Ainsi, selon la coutume, les Frey étaient protégés en les murs de la forteresse noire. Non qu’il en aurait douté, bien sûr. Avec le pain et le sel, on avait servi des biscuits. Ryman n’y toucherait pas pour l’instant. Il répondit aux interrogations de son hôte :

« La rumeur est peut-être parvenue jusqu’à votre fief, ma Dame : une épidémie a frappé les Jumeaux et m’a forcé à condamner le passage par le Pont. La maladie éteinte, j’ai éprouvé le besoin de m’éloigner du fleuve. Et puisque j’attendais depuis quelques temps l’occasion de vous rendre visite, il m’a semblé tout indiqué de profiter de cette irrépressible envie de partir. »

Ryman pensa brièvement à Wyna, qui avait quitté les Jumeaux sitôt l’épidémie éliminée. Elle lui avait sauvé la vie, ainsi que celle de Walder et de nombreux sujets. L’atmosphère lourde qui avait suivi la réouverture des portes n’avait laissé qu’une seule solution à Lord Frey : s’éloigner. Il devait quitter son fief pour mieux y revenir.

« Depuis que je vous ai aperçue à Murs-Blancs, s’est éveillée en moi une interrogation : pourquoi n’exploitons-nous pas le lien familial qui nous unit ? Après tout, vous avez du sang Frey qui coule dans vos veines. Et à l’approche de l’hiver, il me semble important que nous puissions nous entraider. »

Lady Danelle avait choisi de parler sans ambages, aussi faisait-il de même, avec peut-être un peu plus de formes. Leurs personnalités étaient plutôt opposées : elle était une femme qui aurait pu naître homme. Elle menait sa Maison comme elle l’entendait, d’une main de fer dans un gant de fer. Elle se battait, prenait la tête de ses troupes, et s’était illustrée très récemment contre les Fer-nés. Et sur elle circulaient des ragots qu’elle ne prenait pas la peine de démentir. Au premier abord, elle n’était pas la « folle » que l’on décrivait. Lord Ryman, lui, était plus en retenue. Il avait refusé de s’engager dans les forces de la Couronne, se contentant d’offrir un soutien matériel. Il était parfaitement conscient des avantages que les Jumeaux offraient à sa Maison, et il en profitait au maximum. Tant que personne ne le lui faisait remarquer, il pouvait fièrement poursuivre l’enrichissement des siens.

Lady Danelle n’était pas mariée et, si les rumeurs portaient une part de vérité, elle avait peu de chances de l’être un jour. Pourtant, il faudrait bien qu’elle ait un héritier pour Harrenhal. Ryman n’avait personne à offrir que ses frères, mais ils étaient bien trop jeunes pour faire des époux qui conviendraient à la Dame Lothston. À moins que l’union ne soit qu’une façade pour apporter un fruit qui grandirait pour devenir le futur seigneur des lieux. Mais Lord Frey ne connaissait pas encore assez Lady Danelle pour apporter ce genre de solution. Il ne pouvait se résoudre à se séparer de l’un de ses frères et le laisser entre les mains de la « folle ». Tiber, à ses côtés, avait simplement salué d’un signe de tête en étant présenté, puis avait détourné le regard, qu’il tenait résolument baissé, fixé sur un point juste devant lui. Le moment où il se détendrait allait venir, bien sûr, mais Ryman commençait à regretter de n’être pas venu avec quelqu’un d’autre. Sa mère, peut-être, qui aurait pu faire valoir son caractère face à sa cousine…



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Danelle Lothston
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Message Dim 20 Oct 2013 - 8:24

Ryman me présenta son frère, puis enchaîna sans transition inutile sur la raison de sa venue. Une épidémie ? La Mère nous préserve d’un nouveau Fléau ; c’était bien la dernière chose dont le royaume avait besoin à cet instant. Heureusement la maladie mystérieuse qui avait frappé les terres de Lord Frey semblait désormais endiguée, à en croire celui-ci. Je doutais qu’il eût couru le risque de rouvrir les Jumeaux sans en être sûr compte tenu des risques, mais je décidai de rester prudente quant aux achats de marchandises et au passage en voyageurs en provenance du nord pour quelque temps. Il faudrait que l’on me rapporte le moindre signe suspect ; Devan en serait promptement informé, ainsi que mon Maître Dresseur, Tybalt et septon Desmond, et tous ceux, parmi ma maisonnée, qui avaient des liens avec l’extérieur et faisaient des incursions dans les environs pour remplir leur office.

Je croquai un biscuit tout en l'écoutant développer son propos. Ah, la famille, oui, une chose dont il est bien commode de se souvenir lorsque l'hiver frappe à votre porte, juste après le passage de sa vieille amie disette. Mes divers cousins semblaient avoir disparu dans la nature, si je me fiais uniquement aux nouvelles qu'ils donnaient. Et voilà que le plus prestigieux d'entre eux se rappelait soudain de sa lointaine parente Dani et se mettait à parler alliance. Sans même parler de la famille, c’était bien la première fois depuis des années qu’un seigneur du Conflans cherchait à s’allier à la Folle d’Harrenhal. Sa maladie lui avait-elle rongé la cervelle, ou bien la perspective de la mort avait-elle avivé ses craintes pour l'avenir, au point de consentir à renouer avec celle que tous fuyaient comme la peste ? Ah, bah, peut-être était-il plus sensé que ses pairs, tout simplement. Harrenhal demeurait un fief riche en ressources et l’on pouvait être certain que Lady Lothston ne laissait personne braconner dans ses bois ou faucher dans ses greniers. Si l’on cherchait des réserves dans le Conflans, on avait de bonnes chances de les trouver ici. Mais à quel prix ?

Pour ma part, j’avais envisagé des alliances plus distantes. Le Val d’Arryn avait si bien traversé les épreuves auxquelles le royaume avait été confronté ces dernières années qu’une approche subtile des Maisons les mieux pourvues de cette région voisine me semblait actuellement opportune. Je n’avais pas encore eu le temps de me pencher sur la question et j’y rechignais à titre personnel, gardant un souvenir pénible de mes contacts avec ces montagnards hautains lors du voyage de Lord Edwyn, mais la question devrait être réglée sous peu. Peut-être devrais-je me rappeler au bon souvenir de ce chevalier Corbray qui était passé par mes terres récemment. Sa famille avait mauvaise réputation d’après Devan, mais cela ne signifiait pas pour autant qu’ils manquaient de ressources ; en revanche, sans doute manquaient-ils de propositions d’alliance parmi les Maison proches, du fait de leurs exactions.

Une nouvelle perspective s’offrait toutefois et je devais considérer toutes les options. Différentes sortes d’alliances pouvaient être nouées et une avec les Frey n’était pas à négliger. "Ne parlons pas d'entraide mais d'entente, voulez-vous. Je n'ai jamais reçu d'aide quelconque de mes voisins riverains et ne leur en ai pas davantage accordé en retour. Nous passons des accords, mais je crois que la notion de solidarité est un peu usurpée dans une région comme la nôtre. Ainsi va le Conflans ; notre culture a toujours reposé sur les rivalités ouvertes ou implicites et ce n'est pas la réputation de ma Maison qui inciterait à les dépasser. " Je ne disais pas cela sur le ton du regret, même s'il m'arrivait de penser que j'aurais peut-être été plus à ma place dans le Nord. Beron Stark m'avait laissé lors de son passage à Harrenhal une excellente impression et je savais les Nordiens plus en phase avec les réalités de la vie que les seigneurs du Conflans un peu trop habitués à leur confort et aux futilités mondaines. "Mais ne jouons pas sur les mots. Vous êtes ici, et la saison froide le sera bientôt aussi. Quels sont vos besoins ? Et que pouvez-vous offrir en retour ?"

Trop méfiante de nature pour dévoiler mes cartes en premier, je préférais lui laisser la main. Après tout, c'était lui qui était venu me chercher. Qu'il parle donc, ou se taise à jamais. Je jugerai alors si nous pouvions nous accomoder. Peut-être étais-je trop abrupte, mais je ne savais pas m'y prendre autrement. Un mari doué pour les ronds-de-jambe m'aurait sans doute été utile à cet instant. Lord Ryman me proposerait-il un parti ? Il devait savoir que mon neveu Lucas, toujours pupille d'une Maison des Terres de la Couronne, serait d'ici quelques années le seigneur en titre et qu'il me faudrait alors davantage d'appuis pour garder la mainmise sur Harrenhal. Avait-il parmi ses proches un homme assez ambitieux et plein de ressources pour m'apporter le soutien que je souhaitais ?




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