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Ce qu'il y a de plus beau dans la naviguation, c'est de débarquer. ▬ Corwin

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Message Mar 26 Juil 2011 - 20:23

Le roulis des vagues sous le navire l’apaisait. Le soleil se levait à l’horizon. Ils avaient quitté la demeure des Wyl, à l’embouchure de la rivière, il y a six jours. Six jours qu’ils voguaient, filaient, cinglaient les flots. Six jours de grand vent, et tous plus ensoleillé les uns que les autres. A cette allure, ils atteindraient leur destination à l’aube. Si la caraque avançait à train d’enfer, Nymeria était fatiguée de ne voir que des étendues d’eau à perte de vue. Lorsqu’ils avaient quitté Wyl, elle avait observé le château disparaître, et longtemps après qu’il eut disparu, elle avait regardé dans la même direction. Son père avait beau être venu en personne lui souhaiter bon voyage, elle n’avait guère apprécié le geste. Le fait qu’il l’envoie loin de Dorne lui restait au travers de la gorge, simplement pour qu’elle se trouve un mari…! Elle avait plus l’impression d’être un morceau de viande que sa fille. Mais elle aurait dû s’y attendre. Après tout n’avait-il pas agit de la même manière avec ses sœurs et son frère ?

D’un autre côté, ce voyage l’excitait. Elle qui n’avait jamais quitté Dorne. Oh, bien sûr, elle s’était rendue à Lancehélion, mais ses voyages s’arrêtaient là. Et sa soif de découvrir le monde, elle, ne faisait que grandir. Alors, elle préférait voir ce voyage ainsi, plutôt que de penser à son père. Il connaitrait, de toute façon, son point de vue bien assez tôt.
Selon le capitaine, ils seraient à Amberly dans l’après-midi. Elle se languissait déjà. L’eau, c’est bien, mais après six jours passés en mer, sans n’avoir autre chose que de l’eau à perte de vue, perdait bien des attraits aux yeux de Nymeria. En comparaison, Amberly serait … eh bien, elle savait peu de choses sur la ville en elle-même, mais elle avait déjà hâte d’accoster. Rien que pour poser un seul pas sur de la terre ferme. Elle n’en pouvait plus de ne voir que de l’eau. Toutefois, elle n’avait guère matière à se plaindre, ses appartements étant aussi spacieux qu’ils pouvaient l’être dans un navire de cette taille. Et elle avait à disposition ses domestiques, et au moindre problème, ils accouraient tous. Nymeria les soupçonnait de s’ennuyer autant qu’elle. Et si observer l’équipage s’occuper du bateau avait été un émerveillement les premiers jours, il devint bien vite lassant.

Et en début d’après-midi, comme prévu, la vigie cria à la terre. Nymeria fut la première sur le pont. Accoudée au bastingage, elle observa la côte se rapprocher. Au départ, ce n’était qu’une mince ligne sur l’horizon, puis, peu à peu, alors que la caraque se rapprochait, elle distingua une ville, un port, de nombreux autres bateaux. A en juger par ce qu’elle voyait, la terre ici était radicalement différente de celle désertique de Dorne. Partout ou se posaient ses yeux verts émeraude, elle voyait de grands arbres touffus. A n’en pas douter, les Terres de l’Orage était beaucoup plus verdoyantes que sa contrée natale. Et, si ses souvenirs étaient bons, sous la suzeraineté de la maison Baratheon, ces derniers basés à Accalmie.

L’impatience de la jeune femme fut à son comble lorsque la caraque approcha du port, et que les marins durent manœuvrer pour la faire entrer. Mais ses domestiques l’arrachèrent à la contemplation du port d’Amberly pour lui faire une toilette rapide, et ainsi vêtir d’autres habits. Ainsi, elle ressortit de sa cabine lorsque la caraque accosta finalement, vêtue d’une robe verte, assez simple, qui mettait ses yeux en valeur, de son pendentif en forme de lionne dont elle ne se séparait jamais, ses cheveux avaient étés nattés soigneusement, bien que des mèches de sa frange pendaient librement des deux côtés de son visage. Lorsqu’enfin, elle posa le pied sur la terre ferme, ce fut avec un soupir de soulagement. Ne plus sentir le rouli-bouli du navire sous ses pieds ne lui manquerait pas ! Elle n’avait pas été malade durant le voyage, mais elle n’avait pas pour autant le pied marin.
En tant que noble, elle aurait dû avoir des gardes, mais elle avait refusé fermement que son père ne lui envoie toute sa garde. Elle n’avait pu, cependant, obtenir de voyager totalement seule, aussi avait-elle un garde qui l’escorterait partout ou elle irait …

Sachant que la caraque repartirait dans deux jours, elle avait largement le temps de visiter Amberly avant d’embarquer à nouveau, pour Port-Réal, cette fois-ci. Mais avant, Amberly. Le port d’Amberly était pour le moins calme à cette heure avancée de la journée, aussi Nymeria se dirigea-t-elle vers la sortie de ce dernier. Le quartier commerçant ne devait pas être bien loin … L’odeur du pain sortant du four lui manquait déjà.
Et en effet, il ne lui fallut pas longtemps pour trouver l’ordinaire cohue commune à toutes les villes, des gens du petit peuple. Suivie par son garde du corps, elle se glissa parmi les badauds, s’émerveillant comme une gamine de ce que les étals proposaient, des gens si différents qu’elle y croisait. Mais ce qu’elle cherchait, elle finit finalement par le trouver. L’étal d’un boulanger. S’approchant, elle observa les différents mets, surprise de trouver bien des similitudes avec celles de Dorne. Toutefois, il n’y avait pas foule, sur cet étal, et lorsque le boulanger parut, il afficha la mine de quelqu’un qui a son premier client. Détaillant rapidement la jeune femme, il comprit qu’il n’avait en rien affaire à une villageoise d’Amberly.

« M’dame chercherait-elle une gâterie particulière? » demanda-t-il, soudain tous sourires, dévoilant une dentition ma foi un peu douteuse. Nymeria lui sourit gentiment.
« Non, je vous remercie » répondit-elle poliment, puis regardant alentours, un peu perdue, en profita pour se renseigner : « que pouvez-vous me dire sur Amberly, boulanger ? »
Fier d’avoir quelqu’un d’aussi important à qui parler, le boulanger contourna son étal. Il haussa les épaules, machinalement, et écarta les mains, pour montrer ce qu’il se trouvait autour de lui.
« qu’c’est une ville tranquille. La vie y z’est simple, voyez. Enfin, l’serait plus sans l’tyran de Rogers. » fit-il, baissant aussitôt le ton, cachotier. Nymeria haussa un sourcil. Le nom ne lui disait rien, à vrai dire, elle ne savait rien d’Amberly avant que son père ne lui dise qu’elle y ferait escale … et elle avait préféré partir en promenade à cheval plutôt que de se renseigner dans les archives sur cette ville. Elle acheta au boulanger un petit pain, histoire de ne pas lui paraître impolie, pour ne lui avoir demandé que des renseignements.
Néanmoins le boulanger continua son explication à voix basse, mais Nymeria ne l’écoutait plus. La main de son garde du corps s’était refermée sur son épaule et la serrait à l’en faire mal. Elle s’était retournée. Des gardes, qui jalonnaient toute la rue. Qui fonçaient droit sur eux. Elle se crispa, lâcha le petit pain qui roula dans la poussière. Ils étaient cernés. Partout ou portait son regard, des gardes de la ville. L’un d’eux sortit des rangs, et s’écria :
« Emparez-vous de ces mécréants ! »
Et avant qu’elle aie pu protester, elle se retrouva les poings attachés, au même titre que le boulanger et que son garde personnel, à qui elle avait défendu d’user de son épée. Trainés dans les rues comme de vulgaires prisonniers, Nymeria se mordait la lèvre de fureur. Son entrée à Amberly n’aurait pas pu être pire.

Ils furent conduits au château de la ville, là ou siégeait le dirigeant d’Amberly. Jetée négligemment, Nymeria tomba à genoux, et sous le coup de la douleur, elle retint un cri. La colère couvait dans son esprit. Qui osait ainsi la traiter d’une telle manière ? Était-ce ainsi que les nobles étaient traités dans cette ville ? Sachant qu’elle aurait tout le loisir de cracher son venin, elle attendit qu’on daigne lui accorder la parole. Car, pour l’instant, la salle ou ils se tenaient, n’avait pas encore accueilli le seigneur des lieux.

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Message Mar 26 Juil 2011 - 21:52

"Sire."

Corwin releva la tête du parchemin en entendant la voix sifflante de Caïne. L'homme ne payait pas de mine, petit, le dos voûté portant une armure trop grande pour lui, et une épée trop lourde pour qu'il puisse la brandir, mais qu'il s'entêtait malgré tout à porter au côté. Quelques cheveux noirs parsemaient son crâne chauve, et un nez long et crochu finissait d'enlaidir un visage de fouine. Caïne, capitaine de sa garde personnelle, surnommé la Corneille par le petit peuple, combattant sans talent, mais maître dans l'art des poisons, et l'on disait de lui qu'il avait des oreilles partout.

"Quoi ?"

"La garde a interpellé un agitateur, messire..."

Corwin répondit d'une voix d'où pointait l'irritation.

"Et bien, fais comme d'habitude. Pourquoi me déranges tu pour une telle broutille."

L'homme ne sembla pas s'offusquer de la rudesse du ton, et du reproche à peine voilé que Corwin lui adressait.

"Il parlait avec une étrangère messire."

Corwin resta silencieux un instant comme si son cerveau avait besoin de temps pour enregistrer ce dernier mot.

"Une Dornienne messire. Il n'est pas impossible qu'il s'agisse d'une espionne."

Corwin reposa lentement sa plume prêt du parchemin qu'il était en train d'écrire. Il répéta dans un souffle.

"... une espionne."

Il se leva de son siège.

"Conduis moi à elle."


Caïne s'inclina et précéda son seigneur dans le couloir...

********************************

Il pénétra dans la salle d'un pas vif et rapide. Il était tout de noir vêtu comme à son habitude et s'arrêta devant les trois personnes agenouillés devant lui sous bonne garde. Deux hommes et... une femme. Il évita le regard de la jeune femme. Son tour viendrait, et il se tourna vers le boulanger dont l'entrejambe venait soudainement de se mouiller.

Il se plaça devant lui, et l'observa de son regard bleu, un regard froid et dur que le pauvre hère ne put soutenir.

"Ainsi donc, voilà celui qui répand de fausses rumeurs sur les seigneurs d'Amberly."

Corwin s'accroupit devant l'homme attaché, prenant son menton dans sa main et le forçant à le regarder.

"Sais tu ce qu'il en coûte d'agir ainsi ?"

Le boulanger tenta de bafouiller quelques explications mais ses mots se perdirent dans un sanglot alors que la poigne de Corwin sur son visage se faisait plus forte.

"10 coups de fouet."


Il prononça la sentence d'une voix ferme, libéra l'homme et se redressa vivement, ordonnant du geste à ses gardes de l'emporter vers son châtiment. Avant de se tourner vers les autres prisonniers, il jeta un regard en direction de Caine et hocha imperceptiblement la tête. L'échoppe du boulanger serait bientôt pillée et mise à sac. Cet exemple marquerait les esprits et étoufferait dans l'œuf toute velléité de contestation.

Il se tourna ensuite vers la jeune Dornienne qu'il avait feint d'ignorer jusqu'à présent, espérant qu'elle ait perdu un peu de sa prestance après ce qui venait de se passer. Il ne sut pas s'il devait être déçu ou heureux de voir qu'il n'en était rien. Na disait on pas "fier comme un Dorien." ?

Blonde, teint mat, yeux d'un vert profond, elle était indéniablement belle et portait un simple robe verte qui mettait en valeur son regard. La qualité de l'étoffe et ses cheveux coiffés avec soin, bien que quelques mèches rebelles attestent d'une tentative de résistance, attestaient du fait qu'il s'agissait d'une personne de haut rang.

"Détachez là."

Ses hommes furent prompts à réagir, et soulagèrent la Dornienne de ses liens. L'un d'eux voulut faire de même avec le garde du corps de la jeune femme, mais Corwin l'arrêta d'un geste. Il s'inclina légèrement avant de prendre la parole d'une voix étrangement douce.

"Veuillez me pardonner gente dame, je crains qu'il ne s'agisse d'une épouvantable méprise. Je suis Corwin Rogers, fils du seigneur d'Amberly. Je m'excuse dès à présent en son nom, car son état de santé ne lui permet pas de vous recevoir."

Une espionne... Si tel était le cas, il le saurait vite, car Caïne aurait vite fait de faire parler le boulanger. Car si l'homme a tête de fouine était un bien piètre combattant, il excellait dans l'art de faire parler les récalcitrants...
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Message Mar 26 Juil 2011 - 23:07

La patience n’était pas une vertu que Nymeria possédait, surtout lorsque cette dernière se retrouvait poings liés, entourée de gardes, dans une ville qu’elle ne connaissait pas. Peste soit de sa gentille habituelle envers les gens du peuple ! Jusqu’à présent, voilà ou un tel comportement l’avait menée. Elle scrutait le visage de chaque garde présent, songeant à parler de ce traitement à son père … Nul doute que celui-ci, aussitôt la chose apprise, se ferait fort d’envoyer sa garnison complète rien que pour venger l’affront fait à sa fille. Le seigneur Wyl n’était pas réputé pour sa patience et sa clémence, surtout lorsque l’on touchait à la chair de sa chair. Mais Nymeria ne comptait pas trop sur son père. Quant il apprendrait la nouvelle, elle ne serait peut être plus là… Qui sait ce qu’on lui réservait comme traitement. Le regard qu’elle échangea avec son garde du corps lui fit présager le pire. Mais elle n’était pas sans ressources, loin de là. Dornienne elle était, Dornienne elle mourrait si elle le devait.

La salle était dépourvue de décorations, et semblait bien trop lugubre au goût de la jeune Dornienne. Même la salle d’audiences à Wyl était décorée de nombreuses tapisseries … tandis que là, il n’y avait rien, juste les murs tels qu’ils étaient bruts. La lumière entrait toutefois à flots par les fenêtres, mais Nymeria estimait que l’absence de tout ornement rendait l’atmosphère peu amicale.
Une porte s’ouvrit, et enfin le seigneur des lieux fit son entrée. Ravalant la tirade cinglante qui menaçait de franchir ses lèvres, Nymeria se tint coite, préférant attendre qu’il ne daigne s’intéressé à elle. Ce qui, cependant, ne l’empêcha pas de détailler l’homme.

Tout de noir vêtu, il avait le regard froid, de ceux qui sont impitoyables. Nymeria, instantanément, n’aima pas son allure. Il s’adressa avant tout au boulanger, fuyant le regard de Nymeria, qui, elle, cherchait à croiser celui du maître des lieux. Directe, la jeune femme avait certes prit cette mauvaise habitude qui consistait, dès le premier abord, à fixer ou à croiser le regard des autres. Plusieurs fois, sa mère l’avait réprimée, mais on ne change pas sa nature, et Nymeria n’avait jamais pu contrôler cette manie. Ignorée, donc, la colère monta davantage. Si elle n’avait pas eu des liens, elle aurait très probablement giflé l’homme en noir, seigneur d’Amberly ou pas.

La façon dont il parla au boulanger, toutefois, lui donna des frissons. Lorsqu’il annonça la sentence, elle voulut intervenir, mais une pression sur son poignet de la part de son garde l’en empêcha. Elle lui jeta un regard noir, furieuse. Cet homme n’avait rien fait, hormis lancer des paroles. Et quand bien même il disait la vérité, qu’avait donc à craindre le seigneur de la part d’un vulgaire boulanger ? Savoir qu’il allait être puni par sa faute indignait Nymeria. Et plus encore, ne rien pouvoir faire, lui faisait serrer les dents. Il se tourna enfin vers elle, et elle soutint son regard sans ciller, même agenouillée. Non, elle ne lui ferait pas le plaisir de détourner les yeux. Qu’espérait-il ? Qu’elle aie peur de lui suite à la sentence qu’il venait de déclarer pour un pauvre homme ? Voilà qui est bien facile, de s’en prendre à plus faible que soi. Enfin, il ordonna à ce qu’on la détache, et c’est sous son regard noir que les gardes lui enlevèrent ses liens. Et le fait qu’on n’ai pas détaché son garde du corps ne lui échappa pas.

Elle se releva, épousseta dignement les pans de sa robe verte, daigna enfin fixer le seigneur des lieux dans ses yeux bleus.
« A l’avenir, messire Rogers, ayez l’obligeance de ne pas arrêter la première noble qui achète un pain à ce pauvre boulanger, vous pourriez tomber sur un seigneur ou une lady moins conciliante que moi. » rétorqua-t-elle vivement, manifestant ainsi son mécontentement - et encore, le mot était faible. « Ou apprenez à vos soldats à faire la différence entre une paysanne et une noble. » Car, on ne pouvait pas s’y tromper, Nymeria était loin d’avoir l’air d’une villageoise normale, ou d’une paysanne en manque d’argent. Surtout avec sa tenue, qui, avait-elle espérée, serait suffisamment riche pour qu’on ne la prenne pas justement pour autre chose qu’une noble.

Ainsi donc, il n’était que le fils du seigneur des lieux … Nymeria haussa un sourcil, mais ne fit aucun commentaire. Nul besoin de s’attirer les foudres du seigneur des lieux. Car en l’absence de son père, Corwin Rogers devait gérer Amberly.. Peut être pas aussi bien que son père, songea Nymeria. Mais de cela, elle ne lui en fit pas part, et garda ses pensées pour elle. S’avisant qu’un silence s’était installé malgré elle, Nymeria reprit la parole.

« Je suis Nymeria Wyl, originaire de Dorne, mais, ceci, vous l’avez, je pense deviné. » Elle se garda bien d’ajouter qu’elle repartait dans deux jours, mais, pour l’instant, il n’avait rien demandé, elle ne se contentait que de répondre poliment. Du moins, après lui avoir bien fait comprendre qu’elle n’avait pas du tout apprécié d’avoir été traînée dans les rues de sa ville comme une vulgaire prisonnière accusée de quelque méfait qu’elle n’avait pas accompli.
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Message Mer 27 Juil 2011 - 15:53

Il la dominait d'une bonne tête, mais cela ne semblait pas affecter la jeune femme qui n'hésita pas à soutenir son regard. Cela le changeait des regards fuyants qu'il avait l'habitude de croiser.

"Veuillez accepter de nouveau mes excuses, mais vous savez bien que nous vivons une période fort troublée. Les seiches sortent de leur île maudite et les blessures de l'épidémie qui nous a frappé sont encore ouvertes. Il est de notre devoir, à nous, seigneurs, de ne pas faiblir en ces instants d'adversité pour protéger le peuple des dangers qui rôdent. Mes hommes n'ont fait que leur devoir en arrêtant un dangereux agitateur."


Il s'arrêta un instant pour la dévisager et essayer de percevoir un quelconque changement dans l'expression de son visage.

"Nous devons malheureusement nous garder de tout, et les mauvaises intentions se dissimulent même derrière les plus beaux atours..."


La formule utilisée ne laissait aucun doute sur le fait qu'il la considérait encore comme une menace potentielle et que ses déclarations sur sa prétendue noblesse ne serait pas suffisant pour le convaincre de son innocence.

"... mais je suis sûr que nous allons rapidement prouver que cette rencontre était purement fortuite et qu'il s'agit d'un regrettable malentendu."


Il sourit légèrement, ce qui était tout sauf rassurant.

Il ne lui laissa pas le loisir de répondre.

"Si vous voulez bien me suivre dans mon bureau, nous y serons plus à l'aise pour discuter."

Il sentit la réticence qu'elle avait à laisser son garde du corps, toujours à genoux les poignets solidement entravés.

"N'ayez crainte pour votre garde du corps, il sera bien traité. Si vous coopérez..."

La menace n'était même pas voilée. Il fit volte face et franchit la porte par laquelle il était rentré montrant par la même qu'aucune discussion n'était permise et qu'elle n'avait d'autre choix que de lui emboîter le pas. Deux gardes se placèrent d'ailleurs derrière elle au cas où il aurait été nécessaire de l'inciter à suivre leur maître...

********************************

Le bureau particulier de Corwin était aussi austère que la salle qu'elle venait de quitter. Nul ornements, nul décorations ne venaient briser la monotonie des murs nus. Un bureau de bois noir trônait en son centre.

Corwin congédia ses gardes et désigna une chaise à l'apparence fort peu confortable digne du nord lointain. D'aucun aurait pu penser qu'il s'agissait d'un moyen de mettre les visiteurs mal à l'aise, mais il prit place lui aussi sur une chaise similaire placée de l'autre côté de son bureau. Le confort était bien loin de ses préoccupations, prouvant par la même une pingrerie et une cupidité si grandes qu'il se refusait lui-même à tout confort ou luxe.

Il attendit qu'elle ait pris place avant de reprendre la parole. La question était directe, assénée d'une voix ferme et dure.

"Quel est l'objet de votre séjour à Amberly ?"
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Message Mer 27 Juil 2011 - 21:17

Décidément, elle n’aimait pas beaucoup cet homme. Peut être était-ce dû à la façon dont ses hommes l’avaient traitée, ou à l’ambiance générale de la ville, mais, décidément, non, Nymeria n’aimait pas Amberly. Si elle l’avait trouvée avenante du pont de la caraque, elle avait bien vite changé d’avis. L’attitude de Rogers était exactement le genre de comportement qu’elle n’aimait pas chez les nobles. Prétendre se soucier du bien être du petit peuple, alors qu’en fait, seuls comptait ses propres intérêts. Nymeria était loin d’être dupe, et elle avait grandi dans pareil climat, à la différence près que son père n’arrêtait pas le premier mendiant disant des obscénités. Elle se garda bien donc de ne rien afficher sur son joli minois. Après tout, elle n’était là que pour deux jours, et sitôt Amberly derrière elle, elle aurait oublié ce malentendu, car c’est bien de cela qu’il s’agissait.

Fronçant légèrement les sourcils, elle ne cessait de le fixer. Il la considérait comme une menace, et en cela, la jeune femme manqua esquisser un sourire. Il se méfiait d’elle, ça ne faisait aucun doute, pourtant Nymeria n’avait d’autre intention que de visiter la ville. Il ne lui laissait jamais le temps de répondre, et de toute façon, ça n’aurait rien changé qu’elle parle. Il ne l’aurait pas crue, Nymeria en était persuadée. Rien que le fait que son garde du corps n’avait pas été détaché suffisait à lui prouver la véracité de sa théorie.

Le suivre ? Elle hésita, jeta un regard à son garde. Elle non plus, elle ne lui faisait pas confiance. Pas du tout. Cédant finalement, elle entreprit de suivre le seigneur des lieux. Et les paroles ou la menace ^était clair était loin de la rassurer, mais avait-elle seulement le choix ? Non. Si, par malheur, son garde du corps était tué … Eh bien, elle ne serait guère plus avancée. Oh, pourquoi n’avait-elle pas accepté gentiment que plus d’hommes viennent avec elle ? Parfois, son entêtement frôlait l’imbécilité.

Son bureau était aussi dénué de décorations que la salle, et cela en disait beaucoup, selon Nymeria, sur son propriétaire. La chaise qu’il lui proposa n’était pas rembourrée, mais, une fois de plus, elle s’abstint de tout commentaire, n’étant pas vraiment en position de force. Elle s’installa donc, lissa les pants de sa robe, et releva ses yeux verts.

Il n’y alla pas par quatre chemins, mais elle n’aima pas le ton qu’il avait employé. Ses sourcils, à nouveau, se froncèrent, lui donnant l’air de quelqu’un qui n’aime pas être parlé sur ce ton. Mais elle se contenta de répondre, elle, sur un ton froid, qui prouvait à son interlocuteur que ses excuses de tout à l‘heure, elle s’en fichait pas mal.
« Selon vous, messire, quel est-il ? » Cependant, elle ne lui laissa, à son tour, pas le temps d’en placer une. « Oh, j’ai bien ma petite idée. Mais je préfèrerais entendre la vôtre, si ce n’est trop vous demander, messire Rogers. »
Elle faisait preuve d’insolence, elle le savait, mais la colère qu’elle avait éprouvée était loin d’être apaisée. Les Dorniens rocheux n’étaient pas réputés pour être de tempérament calmes, et Nymeria ne faisait pas exception à la règle.
« Au risque, cependant de vous décevoir, - car il s’agit bien là d’un interrogatoire, n’es-ce pas ? - je ne suis pas venue ici pour provoquer de l’agitation dans votre cité que je ne connaissais même pas avant d’accoster. » reprit-elle finalement, sans toutefois changer de ton.

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Message Jeu 28 Juil 2011 - 20:18

Voila qui devenait fort intéressait. Cela était tellement rare que quelqu'un ose lui tenir tête, surtout ici à Amberly, sur les terres de sa famille. Tellement rare d'ailleurs, qu'il pourrait commencer à y prendre goût !

Il chercha dans sa mémoire pour se souvenir de la dernière personne qui n'avait pas baissé la tête devant lui. Mauvaise idée... très mauvaise idée... Il se remémora soudain de la manière dont Lyonel Barathéon, son suzerain, avait raillé la petitesse de sa famille lors d'une assemblée regroupant plusieurs de ses bannerets. Il avait été humilié en cette occasion, mais il n'avait rien fait, rien dit. Non, il avait encaissé, ravalé sa fierté malgré son amour propre blessé, ajoutant dans son esprit cet affront a la liste de ceux qu'il avait déjà reçu de ce même homme, une liste qui devenait longue, bien trop longue à son goût... Ses poings se crispèrent, avant qu'il ne se rende compte qu'il ignorait totalement la jeune femme qui se tenait devant lui avec un air hautain qui lui rappelait que trop celui de Lyonel...

Un court instant il s'imagina en train de la gifler pour qu'elle abandonne cet attitude de défi qu'il ne pouvait supporter, pour qu'elle comprenne bien qu'en ces lieux, il était le seul et l'unique maître. Sauf que...

Sauf qu'il était suffisamment intelligent et sensé pour savoir qu'un tel geste pourrait avoir des conséquences désastreuses pour lui et sa famille. Et malheureusement, sa famille était trop "petite" pour se permettre de s'attirer les foudres d'un seigneur Dornien même si cela l'irritait de devoir l'admettre.

Il se concentra donc sur Nymeria pour oublier ses funestes pensées qui ne faisaient qu'éveiller en lui une douloureuse amertume. Il reprit la parole une fois qu'elle eut fini sa diatribe.

"Appelez cela comme vous le souhaitez. Mais comme je vous l'ai dit auparavant, les temps sont troubles et le danger rôde partout. Il est de mon devoir de m'assurer que mon peuple ne craint rien. Vous avez été surprise avec un homme qui complotait ouvertement contre les seigneurs d'Amberly."


Il la regarda droit dans les yeux, de ce regard bleu et glacial qui le caractérisait.

"Vous comprendrez donc aisément qu'il faut que je m'assure que cette rencontre était purement fortuite et le simple fruit du hasard... ou qu'elle ne l'était pas..."

Il laissa le silence s'installer pour bien marquer la gravité de ces derniers mots.

"Aussi je vous prierai de bien vouloir me répondre avec la plus grande précision possible. Plus vite nous en aurons fini, et plus vite vous pourrez prendre congé, ce qui, j'en suis sûr, sera loin de vous déplaire au vue de l'aversion que semble provoquer ma compagnie. Pourquoi êtes vous à Amberly ?"


Il réitéra sa question, sur un ton plus mesuré toutefois, bien qu'une légère pointe d'agacement puisse être perceptible dans sa voix.
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