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Futur incertain, passé brumeux

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Seigneur Suzerain de Iles de Fer
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Dagon Greyjoy
Seigneur Suzerain de Iles de Fer

Général


"Nous ne semons pas. "

Lord Ravage de Pyk,
et de ce qu'il en reste
Fils du Vent de la Mer
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♦ Missives Aventure : 89
♦ Age : 28
♦ Date de Naissance : 13/05/1989
♦ Arrivée à Westeros : 16/09/2012
♦ Célébrité : Mads Mikkelsen
♦ Copyright : Lakdahr (signature + vava)
♦ Doublons : Neassa Baratheon, Bayard
♦ Age du Personnage : 44 ans
♦ Mariage : Lady Aaricia Bonfrère
♦ Lieu : Iles de Fer, Pyk
♦ Liens Utiles : # le personnage
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Message Lun 12 Aoû 2013 - 19:30

Ce sujet se situe juste après la prise de Pyk, à Lordsport

 
Citation :
La bataille de Lordsport avait pris fin après des combats sanglants et violents. Les Fer-nés avaient fini par comprendre que la victoire ne pouvait que leur échapper et après une ultime bravade, ils s’étaient rendus et avaient déposés les armes […] Lordsport était tombée, la route de Pyk était bloquée, tout était pour ainsi dire terminé. […] Les forces de la Couronne établirent leur campement à Lordsport pour la durée de la nuit afin de se mettre en branle en direction de Pyk au petit matin. […] Alors que le soleil se levait à peine, l’armée se mit déjà en branle, prenant la route qui la conduirait à Pyk. Il lui faudrait tout au plus deux heures pour atteindre les remparts […] La cour principale fut ainsi bientôt sous contrôle […] Ce fut le trône de grès lui-même qui apparut sous les yeux des continentaux… Et avec lui le suzerain des îles de Fer qui n’eut d’autres choix que de ployer le genou devant les représentants de la Couronne.
 
Suzerain des îles de Fer… c’est ce à quoi Dagon se raccrocha, même lorsqu’on lui força la main à signer le traité afin de renouveler ses vœux de loyauté et de soumission à cette Couronne qu’il n’avait jamais convoité. Et il est faux de dire qu’il s’obstina jusqu’à la toute fin. En montant sur l’une des tours de Pyk, lors de cette aube sanglante, il avait découvert un spectacle des plus déstabilisants. Son peuple était avant tout constitué de guerriers et de soldats redoutables, qui ne craignaient pas la mort ni la souffrance. Un peuple fier et très efficace en mer. Mais rien ne pouvait décrire ce qui s’était produit là, à quelques kilomètres en contre bas, au port.
Dagon n’en avait rien su, arrivant tout droit de Cormartel – une île plus reculée – accompagné de Qalen le Pouce et Harlon le Rouge (les deux seuls marins qui étaient restés avec lui). Grâce à l’un des boutres à fond plat des Bonfrère, il avait pu accoster au plus près de sa Citadelle et en alarmer les gardes. La défense se voulait efficace mais elle n’avait rien de militaire. A peine gagna-t-il la salle principale qu’un brouhaha inhabituel le fit ressortir pour découvrir avec horreur que la cour était prise par l’ennemi. Obligeant ses gardes à se retrancher encore plus profondément, il n’eut pas le temps d’élaborer un semblant de tactique pour repousser l’ennemi que déjà, il était acculé dans la grande salle du trône en compagnie de son oncle Harlon – prêtre du Dieu Noyé – et de son meilleur marin, Qalen. La petite troupe de soldats de la maison Greyjoy qui le protégeait n’était nullement de taille face à la horde de chevaliers qui obstruait les portes. Oui, Dagon Greyjoy était fier, calculateur, puissant et cruel mais avant tout, il était au service de son peuple. Froid comme l’acier et complètement dénué de sentiment, il écouta la tête haute, un genou à terre, les réprimandes de la Couronne. Il sentait son sang se transformer en un liquide sombre et glacial. S’il y avait eu une part d’humanité en lui, elle venait de se consumer avec le peu qui lui restait d’honneur. Si aucun son ne sortit de sa bouche résolument clause, son esprit bouillonnait à force d’entendre les closes plus débiles les unes que les autres. Plus de razzias sur le Continent, une dette d’or à payer, soumission, loyauté, retour des prisonniers… toutes sans exception, mettrait la communauté à mal et risquait de détruire le peu d’équilibre qu’il y avait ici. Il avait envie de se rebeller de plus belle. C’était le Continent qui avait fait des Fer-nés ce qu’ils étaient devenus, des parias aux yeux des autres, des barbares sans valeur, des pirates assoiffés d’or et de femmes. Lequel d’entre eux pouvait se vanter de savoir à quoi ressemblait la vie sur les îles ? Aucun. Tous seraient devenus complètement fous après à peine une semaine. Et pourtant, l’homme qui parlait de soumission et de respect du Continent venait de largement piétiner tout ce qui permettait aux insulaires de survivre. Une seule chose, et pas des moindres, fut épargnée ; le culte du Dieu Noyé. A cela au moins, les insulaires pourraient se raccrocher.
 
Une fois le traité de paix signé, la Couronne laissa Lord Greyjoy cogiter en silence en compagnie de ses troupes. Croyaient-ils qu’il allait mieux digérer les informations reçues après quelques heures de solitude ? Il n’en était rien. Après une attente interminable, on libéra les insulaires. En un bref résumé, on lui expliqua que ses hommes étaient tous retenus prisonniers à Lordsport. Comble du déshonneur, on le força encore à descendre les ruelles - d’où s’échappaient encore une dense fumée – entouré par la garde continentale. Sévère et incroyablement nerveux, le Lord Ravage obéit et marcha bon train jusqu’à Lordsport. Où il manqua de s’effondrer.
 
Rien. Il n’y avait plus rien. Le chantier naval n’était que cendre et épaves brisées, un drapeau moqueur flottait au-dessus du fortin des Botley, la moitié des habitations n’était que sombres tas informes, l’autre moitié guère plus. En contre bas, le quai était encombré de navires gigantesques qui n’avaient rien des boutres traditionnels. La Couronne était partout. Des campements avaient été érigés de çà et là, comme si la vermine voulait définitivement s’y loger.  La ruelle empestait le sang et le brulé, la mort et la souffrance. Combien les siens en avaient-ils tués pour qu’il en grouille encore autant dans les petites ruelles ? Probablement trop peu. Pressé par un soldat ennemi, Qalen répliqua par un coup de poing qui n’atteignit pas sa cible. Dagon venait de l’aboyer comme un vulgaire manant. Ce qui fit hoqueter le marin. Pendant de longues années il avait servi le Lord et jamais, non jamais, il n’avait élevé la voix contre l’un des siens. Harlon manqua un pas et regarda son neveu d’un air dangereusement inquiet. Dagon émit un grognement bestial avant de continuer à marcher. On finit par le laisser libre de ses mouvements. Se retournant vers ses soldats, il les enjoignit de retrouver les leurs et de s’occuper des nombreux blessés qu’il devait y avoir. Il y avait de quoi parier que les Continentaux laisseraient les Fer-nés crever dans leur coin. D’un signe de tête, le Suzerain obligea Harlon et Qalen à en faire de même.
 
Seul face à ce qu’il avait déclenché, il contracta le poing à s’en faire saigner la chair. Il maudissait ce Continent et ses habitants, mais plus encore, c’était lui qu’il maudissait. Il avait été incapable de protéger son propre peuple et ne pouvait songer aux nombres de morts qu’on déplorerait dans les jours à venir. Une envie soudaine lui prit de se foutre à l’eau et de se noyer. Il ne pouvait supporter l’affront qu’il avait subi et pire encore, ce que ça engendrerait. Il avait l’impression de revoir son père, des années plutôt, démuni après une catastrophe. Un sentiment violent de profond dégoût s’empara de ses tripes. En trois pas, il fit le tour d’une ruine fumante et laissa son estomac se déverser sur les pavés. Tout son corps se révoltait contre l’image de cette ville en fumée, de ses hommes en sang, de sa fierté bafouée et de sa perte totale de contrôle. Il ne maîtrisait absolument rien et ne voulait plus rien avoir à faire avec la suzeraineté. Il avait assumé son poste sans flancher, jusqu’à ce jour. Il n’était plus rien. Un homme à qui incombait le devoir de sortir de la torpeur un peuple tout entier alors que lui-même, sombrait dans un mutisme des plus profonds.
 
Essuyant le bas de son visage d’un revers de main, il se redressa, chancelant. Appuyé, dos contre la bâtisse, il inclina la tête sur le côté, pour y chercher un air plus frais. Son œil dévia sur l’un des campements de fortune. Sur le côté, flottait un étendard dans un état lamentable mais suffisamment conserver pour en reconnaître le dessin. Des coquillages blancs sur un champ de sable. La mémoire de Dagon lui imposa un souvenir bien lointain, une rixe entre deux jeunes gens en lutte contre leur propre monde. Ouestrelin . Il avait encore en tête l’image du jeune homme d’une vingtaine d’années qui lui avait fait face. Se redressant, Dagon se dégagea du mur et traversa la ruelle pour arriver jusqu’à la tente. On ne pouvait pas se tromper et le confondre avec un soldat du Continent. Pourtant, il se trouva être assez discret pour s’avancer à l’intérieur. Pour autant qu’il puisse en juger, il n’y avait aucune trace de cette vieille connaissance ici. Il se fit vite rattraper par deux soldats de la maison de Falaise qui l’envoyèrent sans ménagement dans la ruelle. Dagon sortit de ses gonds, lui qui pourtant, faisait toujours preuve d’un calme incroyable. Pour la première fois, il se cacha derrière son nom en argumentant que même remit en place, il restait un suzerain de Westeros et qu’il exigeait de voir le Seigneur de Falaise. Un peu mal à l’aise, l’un des gardes lui indiqua du bras la direction du port. Vu ce qui se racontait sur le Greyjoy, il avait dû s’attendre à voir un monstre doté de huit bras gigantesques et non le petit homme borgne qui lui faisait face. Se dégageant des deux soldats, Dagon repartit vers la mer. D’un pas résolu, il s’avança jusqu’aux navires parqués là et reconnut deux d’entre eux comme étant des bateaux de Falaise. Parcourant le pont avec assurance, il s’arrêta à une distance raisonnable de deux hommes, l’un assit sur l’une des pilles du ponton, l’autre debout visiblement entrain de panser les plaies du premier. Poussant un soupire de lassitude et persuadé de ne pas retrouver le change peau dans ce foin, Dagon se détourna, au moment où l’homme assit releva la tête. Ses cheveux mi- long tiraient salement sur le gris, sa maigreur faisait peur à voir en comparaison des colosses fer-nés. Une de ses épaules ainsi que sa cheville avaient l’air d’être bandée et tout le reste n’était que sang, écume, sel et poussière. Même habitué à voir des marins revenir en un état pitoyable, Dagon n’aurait su dire à quel point le vieil homme était blessé. Mais il ne s’en foutait pas bien mal en réalité. Ce n’était pas la profondeur des blessures qui avait arrêté le Suzerain dans son geste. Cette vieille chose assise reflétait une colère noire. Une colère et une attitude qu’il avait déjà croisées.
 
Il se mit à avancer en oubliant complètement le contexte dans lequel il se mouvait, sa concentration toute entière rivée sur le seul morceau de son passé encore en vie. Tout absorbé par le vieil homme, il ne remarqua même pas la réaction du second lors de son approche. Il ne s’arrêta qu’à un pas du blessé. La voix qui sortit de sa gorge trahissait un énervement certain, mais pas de haine. Étrangement, Dagon était même rassuré de voir ce visage familier dans tant de décombres. « Vous n’avez donc pas oublié qui vous étiez  Ouestrelin. » Fronçant le nez, Dagon releva la tête pour regarder les deux navires qui l’entouraient. « Ni votre promesse. Bien que votre état surpasse de loin le mien. » Il faisait référence à leur ancien échange, s’étant promis l’un l’autre la mort, et au fait que Dagon n’avait à aucun moment combattu physiquement lors de cette guerre. « Quoi que je l’échangerai bien. (Et il ajouta pour lui-même) ça serait probablement plus supportable. »  Il avait dangereusement envie de laisser éclater sa colère sur le premier venu. Mais même sujet à l’énervement, il ne pouvait se résoudre à battre à mort un homme qui ne pourrait que maladroitement se défendre. Etrangement, un éclair de lucidité dissipa un instant le brouillard de colère. Comment la flotte Lannister avait-elle réussi à persuader ce vieux coquillage de prendre part à la guerre ? Après tout, d’autant qu’il s’en souvienne, les boutres fer-nés n’avaient pas frappés sauvagement Falaise et la dernière fois qu’ils s’étaient croisés, Seamus ne semblait pas partager les principes de son peuple. « Oh… Lord Ouestrelin, n’est-il pas ? Sinon, quelle folie vous aurait-elle poussée à venir m’affronter sur mon propre terrain ? » Avec ce qu’il se souvenait du jeune homme d’antan, il ne comprenait pas la démarche. Soudainement reprit par la réalité, Dagon se retira d’un pas, froid comme il l’était devenu après l’an fatidique 187. « Evitez de crever sur le ponton ! Il y en a déjà bien assez des vôtres qui jonchent les rues pour que je n’aie pas envie de ramasser votre carcasse puante en revenant. » Maladroitement et glacialement dit, Greyjoy énonçait pourtant son souhait de ne pas voir mourir le combattant - si ce n’était pas lui qui l’avait embroché.


"L'histoire morte est écrite à l'Encre, la variété vive s'écrit dans le sang."  

 
©️ frangin
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Seamus Ouestrelin
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Seigneur de Falaise, loup solitaire, ours mangeur d'homme et victime des langues de vipères

"If there are gods, they made sheep so wolves could eat mutton, and they made the weak for the strong to play with."

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Message Lun 2 Sep 2013 - 13:12

C’était une impression étrange que d’entendre le calme s’installer suite au carnage qui avait envahi la terre comme les eaux ; un sentiment de paix bizarre, contrasté par le paysage alentour, mort et ruiné par la guerre. Les navires continentaux étaient spectateurs devant ce tableau cataclysmique, formant une longue et fière ligne le long du port de ceux qu’ils venaient de vaincre. Il y avait une once d’arrogance dans ce prétentieux cortège de bateaux dont les armoiries multicolores flottaient si noblement dans l’indomptable zef de la Mer du Crépuscule, comme s’ils cherchaient à exhiber encore davantage leur triomphe devant ce peuple battu. Les mats des vaisseaux s’élevaient plus haut que les restes de maisonnées fumant près de la rive, ressemblant à de drôles d’habitations desquelles s’échappaient des troupes de soldats envahissant le port de Pyk.
Seamus n’était guère familier avec la mentalité des Îles de Fer, mais il s’imaginait que ce devait être une humiliation infinie que d’avoir les forces du continent défiler sur leur terre, eux-mêmes contraints de baisser la tête et de les laisser faire. Il ne comprenait peut-être pas les fer-nés, mais il comprenait la fierté et l’amour-propre que nourrissent les hommes, et l’abaissement peut être pire douleur que n’importe quelle blessure...

Le Talion et le Parangon étaient amarrés au port, un peu en retrait des autres navires, comme si Falaise cherchait à participer le moins possible aux activités du continent. Le premier navire ne portait guère de soldats, mais avant tout un amas de cadavres, alors que l’équipage du second bateau avait miraculeusement survécu à la folle bataille qui avait eu lieu sur la mer. Les hommes en voulaient encore à leur seigneur d’avoir abandonner leur troisième vaisseau : la malchance voulut que la Louange coule parmi les traitres récifs qui entouraient les îles de fer. Seamus aurait pu les sauver, au lieu de quoi il prit la décision de résumer sa poursuite des boutres Harloi dans le but d’accomplir sa vengeance. Là, les Dieux s’étaient de nouveau moqués de lui, puisque le détesté Sargon ne se trouvait sur aucun bateau ennemi. Non, le pirate était resté sur les îles où il demeura pourtant indétectable et peut-être même mort.
Le change-peau était comme absorbé par ses songes, ses yeux vitreux perdus dans l’inanité. Cette bataille n’avait été qu’une accumulation de cruelles déceptions, et même si la couronne criait victoire, Seamus ne voyait dans l’issue de ces évènements qu’un cuisant échec. Non seulement avait-il perdu de nombreux hommes, mais il n’était pas parvenu à accomplir la mission qu’il s’était imposée en s’engageant auprès des forces du jeune Lion. Ce n’était point une quête aussi honorable que celles qu’assuraient poursuivre les vaillants chevaliers et les illustres seigneurs, puisqu’il s’agissait de pure et simple vengeance ; une poursuite de rétribution destinée à égorger un seul fer-nés parmi des milliers. Lord Ouestrelin ne pouvait penser à rien d’autre. Son cœur ne battait plus que pour anéantir l’homme qui avait enlevé sa fille. Miranda était tout ce qu’il y avait de plus précieux pour le vieux seigneur ; la prunelle de ses yeux, toujours à ses côtés et prête à lui confier son amour. La savoir entre les mains de cet infâme pirate le répugnait au plus profond. Il aurait aimé anéantir la terre et démonter le ciel ; hurler sur la plus haute montagne tout en s’arrachant les cheveux. Ses sens bouillaient, plus sauvages que jamais, et pourtant, le vieux seigneur restait silencieux.
« Un homme arrive monseigneur. » Annonça le soldat qui pansait ses plaies.
Lord Ouestrelin leva brièvement les yeux vers la silhouette qui approchait, mais les rabaissa aussitôt, perdant d’emblée tout intérêt pour cet étranger. Ce devait être un autre bonhomme cherchant à rassasier sa curiosité ; peu importe s’il s’aventurait dans ces alentours.
Seamus fit soudainement la grimace lorsque le soldat tâta la morsure que lui avait infligée une sauvage fer-née lors de la bataille. Elle avait abimé le tendon ce qui rendait les mouvements du change-peau particulièrement douloureux. Ses autres blessures n’étaient pas moins pénibles. Au contraire, coupures et entailles brulaient inlassablement et transformaient chaque seconde en véritable supplice. Heureusement, les songes du vieillard le déviaient de cette insupportable peine. C’était presque comme s’il substituait sa douleur physique par une torture de l’esprit, se préoccupant à longueur de journée des plus horribles et inquiétantes idées qui puissent être.
« Vous n’avez donc pas oublié qui vous étiez Ouestrelin. »
La voix lui était étrangère et tout de même intensément familière... Lord Ouestrelin leva la tête, son regard rencontrant celui d’un petit homme, borgne et usés par les âges.
Seamus ne broncha pas, cligna des yeux, ne saisissant pas tout à fait ce que lui imposaient les Dieux. Quel tour me jouez-vous ? songea-t-il avec reproche, Et de quelle promesse parle donc cet impertinent ? Etait-ce une blague qu’on lui jouait là ? Une farce destinée à l’humilier davantage ? Il faillit se lever pour flanquer l’individu à l’eau, mais son état ne lui permettait guère de se séparer du support sur lequel il était assis. Il serra simplement les poings.
« Qu’est la signification de tout ceci ? sa voix rocailleuse avait adopté un ton réprobateur ; il était cruel de se moquer d’un homme persuadé d’avoir tout perdu... Courrez avant que je ne me fâche ! C’est votre carcasse qui souillera cette terre si vous ne disparaissez pas sur-le-champ ! » La sauvagerie s’était de nouveau emparée de lui en oyant les menaces du petit homme. Qui était-il donc pour lui parler de la sorte ? A peine s’était-il posé la question que les souvenirs affluèrent...
...Promesse... Mon propre terrain...
Les paroles de l’étranger ne tardèrent pas gagner toute leur ampleur et signification. Le visage du vieillard resta de marbre ; il était bouche bée.
« Lord Greyjoy... Cette ancienne connaissance était tout à fait méconnaissable. Le souvenir qui flottait dans son esprit était encore inchangé : un jeune garçon, aussi féroce que l’océan. Il avait été un adversaire de taille... et un ennemi estimable. Vous devriez vous présenter avant de me lancer un tel discours. »
Les quelques soldats éparpillés sur le ponton dévisageaient le suzerain avec incrédulité, peur ou ressentiment, mais aucun n’osait élever la voix. Contrairement à son équipage, Lord Ouestrelin n’avait rien à craindre ou à haïr : il respectait le fer-né et savait que sa colère était tout à fait justifiée... Cet homme venait de perdre la guerre. Lourd était son fardeau et Seamus n’osait guère imaginer ce qu’impliquait une telle charge. Cependant, le change-peau était tout de même effrayé, non pas par Lord Dagon, mais par les ravages que leur avait infligés le temps : c’était il y a plus de vingt ans qu’ils s’étaient rencontrés. Le redoutable suzerain n’était alors qu’un garçon, aussi farouche et sauvage que le jeune Ouestrelin. Ce dernier tenait alors tête à son père. C’était une autre époque... Lointaine, presque perdue.
« Je ne serais jamais venu si je n’y avais pas été contraint par l’un des vôtres. Son ton était cassant, Falaise n’a jamais été touché durant les années de guerre et pourtant, quelques semaines après l’appel du ban, un boutre s’arrête à mon fief et emporte ce que j’ai de plus cher. Ses sourcils se froncèrent, Ma fille s’est fait enlever par un Harloi, Lord Greyjoy. Aucune promesse n’égale la vie de ma fille ou mon désir de vengeance. Je ne m’excuserai point. Si l’affront que je vous ai causé est trop insupportable, je vous prierais d’en finir tout de suite. Il leva légèrement le menton, comme pour faciliter la tâche de Dagon, Ayant dit cela, sachez que je suis tout de même honoré de vous revoir. »
Le ton n’était nullement sarcastique, bien qu’on pourrait le prendre comme tel. Peu importe si Lord Greyjoy l’avait comparé à une “carcasse puante”... Même si les décennies avaient fait d’eux des hommes très différents de ce qu’ils étaient autrefois, Seamus nourrissait encore une bizarre et inexplicable fraternité pour ce singulier fer-né.



"J'ai toujours détesté ces formules absurdes."
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Dagon Greyjoy
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Message Dim 8 Sep 2013 - 18:32

Si l’état physique de Seamus avait déjà grandement chamboulé le fer-né, ses réactions ne manquèrent pas de le déstabiliser. L’image que renvoyait son lointain confrère était alarmante à plus d’un titre. Si le change-peau possédait encore une répartie digne de ce nom et une fierté sans borne, la vieillesse qui trahissait le moindre de ses échanges rendait Dagon incroyablement mal à l’aise. Et pour cause. Ce qu’il détestait le plus chez cet homme, c’était ce qu’il ne pouvait supporter de voir en lui. Seamus était l’un des rares encore en vie à avoir connu un pirate moqueur et souriant, et il pouvait se vanter de pouvoir en profiter encore aujourd’hui. Le suzerain lâcha en effet un rire amusé, en réponse à l’une des répliques du coquillage. Pas décidé à soulager son voisin de quelque façon que ce soit, il répondit de but en blanc, faisant complètement abstraction du soldat aux côtés de Seamus. « Bien évidemment, je devrais peut-être crier mon nom haut et fort en traversant mes rues. Riche idée. Je serai curieux de voir lequel d’entre vous aurait assez de ventre pour vider mes tripes sur les roches des îles. » La remarque, bien qu’ayant commencé dans la pure plaisanterie, devenait cinglante et froide. La Couronne n’avait même pas engagé un combat contre sa propre personne, l’obligeant à se soumettre sur l’honneur. On venait l’attaquer dans la Citadelle et pourtant, au moment crucial, on n’avait pas essayé de lui trancher le coup. Et il en avait honte. Guerrier, il s’opposait à un combat uniquement si son ennemi n’en valait pas la peine. Était-il si inférieur aux Continentaux pour qu’une rixe soit à ce point évitée ? il ne pouvait croire que c’était uniquement une question d’honneur de la part des représentants de la famille régnante. Et cela semblait s’affirmer. Les hommes présents sur le pont ne sortirent pas leur arme pour venir le scalper alors qu’il avait lui-même tué, violé et pillé sans ménagement. Il venait également de manquer cruellement de respect envers le seigneur assis en face de lui et pourtant, rien de fracassant se produisit. Même si l’envie d’assassiner les soldats présents sur le pont était plus que palpable, l’humeur macabre du suzerain fit lentement place à un sentiment nouveau.

Son front se barra d’une ride. Il n’eut pas besoin de chercher bien loin pour savoir de qui parlait Seamus. La venue du vieil homme était donc le fruit d’une vengeance personnelle. S’en était presque insultant, à dire vrai. Pourtant, désormais père d’une gamine à peine âgée de quelques semaines, Dagon savait quel sentiment d’impuissance devait habiter son confrère. Et il redoutait de devoir lui annoncer la suite. Mais si une chose était appréciable, c’était l’honnêteté. Seamus en avait toujours fait preuve à son égard et il décida que le mensonge n’arrangerait rien. Il lâcha sans crier gare. « Elle est morte. » Du moins en théorie, mais là, il était question du plus continental des fer-nés. Il avait pris la parole alors que Seamus n’avait même pas fini de parler, et quand ce dernier lui tendit son coup, Dagon le chassa de la main. Cependant, il ne balayait pas l’honneur de revoir ce vieil allié. « Votre fille… Vous découvrirez bien vite qu’aucun des nobles pris du Continent ne sera retrouvé vivant. Ils servent d’offrandes à notre Dieu. » Et il ne s’en excusait pas. Du moins, il n’avait pas dans l’idée d’assassiner moralement son confrère, et c’est pourquoi il ajouta du plus honnêtement du monde, avant que la réaction de Seamus ne dégénère. « Le Harloi, Sargon Harloi, n’accorde pas au Dieu Noyé autant de considération que moi. Si votre fille vous fut enlevée par mon cousin il est possible que ce dernier l’ait gardée en vie, justement pour vous provoquer. » Mais rien n’était jamais certain concernant le Capitaine de la Veuve Salée. Dagon releva le nez pour regarder plus attentivement les navires qui lui faisaient front. Il était insultant de les voir ainsi à quai mais il ne pouvait y faire grand-chose. Contrairement à ce que l’on aurait pu croire, le marin n’était nullement impressionné par ces géants venus de l’autre côté de la baie. Pour rien au monde il aurait échangé son boutre contre un navire de Falaise ou de la flotte du Lion, même si à l’évidence, celui qui restait à flot n’était pas le sien. « Je dois avouer que je suis surpris. La rumeur d’une attaque Continentale m’était parvenue mais jamais je n’aurais imaginé son ampleur. » Il avait prononcé ces mots en fixant la coque du navire. Oui, il se trouvait minable. Incompétent. Vieux. Inutile. Des hommes étaient morts. Morts pour quoi ? Pour défendre le peu qu’ils possédaient. Pour défendre une croyance pour laquelle Dagon s’était battue toute sa vie et qui venait de leur être en bonne partie retirée. Son poing se referma sur le vide. Il en voulait au Continent tout entier. En détournant le regard sur Seamus, il se sentit intimement tiraillé. Le jeune qu’il était lui criait de tendre une main à son confrère, pour l’aider à se lever et le traiter comme ami, sans conflit. Mais il ne pouvait s’empêcher de le considérer comme faisant partie du tout. Certes, Seamus avait été provoqué, mais de là à prendre largement part à la guerre, il y avait un pas. « Alors, Lord Ouestrelin. Quel discours devrais-je lancer ? » Il ricana en désignant le champ de bataille derrière lui. « Quel discours sied à un suzerain vaincu lorsqu’il rencontre un vainqueur ? » Ironique et amer, il ne put contenir la suite. « Devrais-je vous offrir une place dans ma demeure pour témoigner de mon hospitalité ? Vous tendre une main pour vous aider à vous lever ? (Il joignit le geste à la parole, avant de retirer rapidement sa main) Offrir mon épée en guise d’allégeance ? » Il savait pourtant que lors de leur dernière rencontre, un tel discours n’aurait pas eu lieu d’être. En réalité, Dagon aurait donné un bras pour pouvoir se retrouver à cette époque d’insouciance où responsabilité signifiait d’arriver à peu près sobre lors des départs pour les razzias.

Lui d’ordinaire assez perspicace et instinctif, il ne savait désormais plus comment se comporter. Sa tête lui ordonnait de rester actif jusqu’à en sombrer de sommeil, pour ne pas sombrer dans une mélancolie sans nom alors que son cœur lui criait de s’enfermer à double tours dans la salle principale et de fuir toutes responsabilités. Il savait que la vérité devait se situer entre les deux. Mais c’était frustrant de ne savoir précisément quoi faire. Il pouvait bien avoir de la prestance, s’il se montrait faible, ses ennemis le prendraient pour tel. De son œil unique, il dévisagea longuement l’Ouestrelin. La vie ne faisait pas de cadeau, peu importait de quel côté de la mer. « Que s’est-il passé, sur les flots ? » Il présuma que Seamus devait faire partie de la flotte du Nord qui avait attaqué les environs de Harloi, là où la plupart des boutres près pour le raid devaient se trouver. Car même Seigneur Suzerain des îles, il s'était trouvé à l'arrière, pour son plus grand malheur. Il n'avait pas idée de la violence des batailles qui avaient eu lieues avant son arrivée précipitée à la Citadelle.


"L'histoire morte est écrite à l'Encre, la variété vive s'écrit dans le sang."  

 
©️ frangin
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Futur incertain, passé brumeux

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