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Le mariage est chose d'importance [Virginia Redwyne]

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Kealan du Rouvre
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Message Jeu 8 Aoû 2013 - 21:14

Kealan avait été envoyé par son neveu en mission diplomatique auprès de maisons nobles de Bief, frontalières de Dorne. Mais auparavant, il avait une affaire personnelle à régler, avec la bénédiction de lord Adam qui lui laissait les coudées franches. En effet, le chevalier ne rajeunissait pas, et il considérait de plus en plus sérieusement l'éventualité d'un remariage prochain. Il avait perdu son épouse six ans auparavant déjà, six années qui avaient été bien remplies et qui ne lui avaient pas réellement donné l'opportunité de songer à trouver une nouvelle femme. Bien qu'étant seulement troisième dans la liste des éventuels successeurs de son neveu, derrière le fils et le frère cadet de ce dernier, le jeune homme comptait bien avoir quelques fils pour consolider les lignées masculines de la maison de Vieux Rouvre.
Néanmoins, Kealan n'avait pas choisi de se lancer au hasard sur la piste d'une future épouse. Sa première femme avait été une Lowther, maison voisine de la leur, mais d'une importance moindre. En dépit de toutes les qualités de lady Alys, il avait été un peu déçu de recevoir du « second choix ». Cette fois, il comptait se lier à une famille de rang au moins égal à la sienne. Les Hightower et les Tyrell étaient d'office exclus, en raison des liens de famille trop étroits qu'ils entretenaient dans leurs généalogies, ou de l'absence d'une prétendante potentielle. Le meilleur choix du chevalier s'était alors porté sur les Redwyne. Le lord de cette maison avait une sœur cadette qui ferait probablement l'affaire. Par ailleurs, ils n'étaient gênés par aucun lien de sang. C'est donc sans hésitation que le jeune homme avait pris la direction de La Treille, via Vieilleville où il s'était embarqué avec ses hommes.

Durant la traversée, Kealan resta le plus clair de son temps accoudé au bastingage, à regarder les flots qui défilaient autour du navire. Il se serait presque attendu à voir une voile fer-née faire son apparition au loin. Mais c'était là une hypothèse plus qu'improbable : les pillards se tenaient à distance respectueuse de la flotte de l'amiral qui mouillait dans le chenal Redwyne. De plus, aux dernières nouvelles, les attaques avaient lieu bien loin d'ici, dans d'autres régions... Mais le chevalier aurait au besoin de bien plus que ces affirmations pour être totalement serein. Il avait trop souvent eu affaire à ces brutes des Iles de Fer pour ne pas rester sur ses gardes en permanence.
Ses pensées naviguaient entre ces obsédantes considérations, et ce qu'il allait trouver une fois à terre. Bien évidemment, il ne venait pas à l'improviste : il avait prévenu de son arrivée par corbeau un bon bout de temps auparavant. Comment commencer des négociations matrimoniales d'une pire façon qu'en s'imposant sans prévenir ? Le jeune homme était trop attentif à ce genre de détails pour les négliger. Le point intéressant dans l'affaire serait sans doute l'identité de la récente épouse de lord Redwyne. Il s'agissait de lady Virginia Hightower, qui n'était autre que la fille de la cousine de Kealan. Une parente, en somme, qu'il avait peut-être à peine aperçue de sa vie. Mais la famille était la famille, et cela pouvait toujours jouer. Des liens de ce type tenaient parfois beaucoup à cœur à certaines personnes, et cela pourrait jouer en sa faveur, qui sait...
En tous les cas, il n'était pas venu les mains vides. Il apportait avec lui des présents de courtoisie pour lord Redwyne, sa nouvelle épouse et sa potentielle promise. Pour le premier, il amenait un joli poignard ouvragé, à la fois élégant et de qualité, confectionné par le forgeron de Vieux Rouvre. A la seconde, il destinait une belle tapisserie de taille modeste, représentant une scène maritime, que l'épouse de son neveu avait tissée. Et enfin, pour la dernière, il avait avec lui un coffret de parfums délicats provenant d'au-delà des mers. Kealan était de ces hommes qui savaient plaire. Et sans doute cela ne serait-il pas de trop pour mener ces négociations à bien...

La traversée ne fut au final pas bien longue, mais le chevalier avait eu l'impression que cela durait une éternité tant il avait rongé son frein. Avec une certaine impatience, il regarda les manœuvres des marins alors que le navire approchait du quai de Port-Ryam, le port principal de La Treille. Il put ensuite débarquer avec ses hommes sans attendre, même s'il dut patienter jusqu'à ce que leurs montures soient extraites des cales. Elles n'avaient pas l'air au mieux, les chevaux détestant les voyages en bateau car étant très sensibles au mal de mer, qu'ils ne pouvaient soulager en vomissant. Toutefois, il était inconcevable de se présenter au château à pied comme le dernier des roturiers. Comment se nommer chevalier après cela ?
Les armoiries des du Rouvre bien visibles, les cavaliers se mirent en selle et chevauchèrent jusqu'au château où ils étaient attendus. Se frayer un chemin au milieu des rues fourmillantes d'activité ne fut pas chose facile, mais ils y parvinrent tout de même, progressant à allure modérée. Les bannières qui flottaient ça ou là au vent arboraient le raisin Redwyne sur champ bleu, sans doute en hommage au récent mariage du seigneur des lieux. Un événement heureux au milieu de la désolation causée par les Fer-nés... On ne pouvait effacer en quelques jours, ni même en quelques semaines, les résultats de longs pillages répétés... Mais le jeune homme croyait distinguer des lueurs d'espoir dans les yeux des habitants qu'il croisait. Sans doute le fait d'avoir obtenu un répit dans les raids avait-il calmé les esprits. A quelque chose, malheur est bon, et s'il n'était pas courtois de se réjouir du malheur des autres, au moins celui des Ouestiens et des Nordiens servait-il celui des Bieffois...
Lorsqu'ils parvinrent en vue du château, Kealan devança quelque peu ses hommes afin de se présenter aux sentinelles. Il ne doutait pas qu'ils étaient attendus, et des instructions avaient sans doute été données aux hommes. Et les armoiries de la famille de Vieux Rouvre étaient éminemment reconnaissables... De fait, le chevalier n'eut guère besoin d'insister pour que le passage leur soit cédé. On l'introduisit, ainsi que ses hommes, dans la cour des lieux, où ils n'auraient plus qu'à attendre leur comité d'accueil. Des garçons d'écurie vinrent prendre en charge leurs chevaux alors qu'ils descendaient de selle. Le jeune homme, l'air serein et impénétrable, jaugeait en réalité de l'oeil tout ce qu'il voyait. Etre observateur était toujours un atout non négligeable...




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Virginia Redwyne
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Message Dim 11 Aoû 2013 - 19:13

          Les raisins flottaient encore sur les bannières, tremblant du souvenir heureux de l'arrivée des jeunes mariés. Lord et lady Redwyne, qu'un septon avait uni au Septuaire étoilé de Villevieille, avaient pris leurs quartiers à Port-Ryam, dans le château qui surplombe la ville. Depuis la petite cité côtière, qu'encerclaient de lourds remparts, de grands escaliers menaient jusqu'au plateau accueillant ce logis seigneurial, que gardaient plusieurs tours aux toitures étincelantes et d'ardoise. Les drapeaux flottaient sur les murs, mais tout le monde savait que les réjouissances ne dureraient guère. Les époux Redwyne n'étaient pas revenus depuis plus de trois jours que déjà le Grand Amiral avançait les préparatifs de son départ prochain pour la capitale. Un départ que d'aucuns regrettaient, car lord Jace ne reviendrait sur son île qu'à l'issue des batailles qu'il conduirait contre les Fer-nés. Lady Virginia le savait, et au matin de leur première nuit à demeure, elle avait retenu ses larmes. Il était inutile d'alourdir le cœur de cet homme que ce si prompt départ attristait déjà bien assez.   En le voyant partir, Virginia dut faire un effort considérable pour ne point perdre pied. Elle était lady Redwyne, et pourtant se sentait encore étrangère ici bas : il était trop tôt pour qu'elle se sente chez elle, en dépit des efforts déployés autour d'elle dans ce but. Jamais elle n'irait toutefois jusqu'à désespérer ou se laisser aller, d'autant plus qu'elle avait mille et une tâches à accomplir en l'absence de son époux avant d'elle-même quitter la Treille pour le retrouver à Port-Réal – si l'occasion lui était donnée de partir promptement, car le départ des troupes et de la flotte pour la guerre ne tarderaient plus à présent. L'esprit fourmillant de pensées et d'idées, Virginia s'apprêta donc pour la première œuvre d'importance qu'elle aurait à accomplir en tant qu'épouse de lord Redwyne : recevoir ser Kealan du Rouvre, qui venait à Port-Ryam pour discuter d'un sujet incontournable du moment, les noces.

          Virginia n'avait pas eu le temps de s'acclimater à la vie insulaire et aux caractères des membres de sa nouvelle famille, pourtant il lui fut très facile de se faire à la compagnie de lady Alessa, le poisson que le chevalier de Vieux Rouvre venait certainement ferrer ici. La jouvencelle représentait sans doute pour lui un excellent substitut à sa malheureusement défunte première épouse. Virginia, en personne volontaire mais subtile, avait d'ailleurs abordé le sujet avec la principale intéressée, et celle-ci l'avait étonnée par l'admirable dévouement qu'elle manifestait. Alessa se fierait à l'opinion de sa belle-sœur, car celle-ci avait reçu de lord Redwyne toute sa confiance. Autrement dit, lady Virginia avait manifestement carte blanche, ce qui l'inquiéta autant que cela l'enchanta. Elle aurait donc les coudées franches pour manœuvrer, mais devrait néanmoins se méfier et ne point condamner lady Alessa à un mauvais mariage. Ser Kealan était le cousin de lady Myrcella, et si Virginia n'était pas stupide au point d'imaginer tous les membres d'une même famille faits du même bois, elle éprouvait la crainte inénarrable de retrouver chez lui les défauts qui faisaient de sa mère la pire des harpies de ce côté-là du continent. Par ailleurs, ser Kealan était en lui-même une curiosité généalogique qui poussait loin la réflexion : quelle place occupait-il réellement dans sa famille ? Quel rôle avait-il à la cour de Vieux Rouvre ? Quel avantage la maison Redwyne tirerait-elle d'une union qui lierait devant les dieux et les hommes ser Kealan et lady Alessa ?

          Toutes ces questions traversèrent l'esprit de Virginia un nombre incalculable de fois, et ni le secours du mestre ni les conseils avisés de son frère aîné, qu'elle contacta par corbeau plusieurs fois par jour, ne surent la sauver des tourments qui bousculaient en elle les certitudes qu'elle pouvait encore avoir. Ser Kealan serait là bientôt. À mesure que les heures passaient et que les courtes nuits la rapprochait de cette rencontre, Virginia toutefois se rassurait. Elle n'aurait qu'à faire ce qui était attendu d'elle, et tout irait pour le mieux. N'était-elle pas une Hightower, et désormais une Redwyne ? Ces deux noms résonnaient d'un grand prestige dans le Bief. Tout comme celui du chevalier qui lui fut annoncé et qu'elle accepta de recevoir sans délai. Bienvenue à Port-Ryam, ser Kealan. Je suis ravie de vous accueillir et vous prie d'accepter les excuses de mon époux que ses obligations de Grand Amiral ont reconduit à Port-Réal si vite après notre mariage. C'est avec moi que vous vous entretiendrez de l'affaire qui vous a conduit jusqu'ici. Depuis les escaliers et la cour d'honneur du château, ser Kealan avait été conduit par deux hommes d'armes et un laquais jusqu'à Virginia, qui l'attendait sous une arche qui achevait le couloir et ouvrait sur un grand patio. Véritable hameau de paix et de sérénité, cet espace était couvert d'un plafond végétal, où s'embrassaient les vignes, les glycines et les bougainvilliers. Au centre, les eaux d'une fontaine endormie ronflaient sans bruit, à peine agitée par la danse immobile des carpes. Virginia invita ser Kealan à le suivre et à s'installer, comme elle, sur un fauteuil, tandis qu'un valet proposait diverses boissons à l'hôte comme à l'invité. Le vin doré, pour moi. Et qu'on apporte les prunes, il n'y a rien de tel pour accompagner les discussions d'intérêt, sauf peut-être les oursins grillés, mais nous n'avons guère le temps d'attendre qu'ils soient préparés. Avez-vous fait bon voyage, ser Kealan ? Les eaux du chenal sont plutôt calmes, dernièrement. Elle porta à sa bouche la coupe de vin qu'on venait de lui servir, et en but quelques traits. Ils ne pouvaient se passer des politesses d'usage et pourtant, lady Virginia avait l'impression inexorable qu'elles seraient bien vite mises de côté. Cela ne serait pas pour lui déplaire.Commençons, voulez-vous ? Un long chemin vous sépare de Vieux Rouvre, et je m'en voudrais de vous tenir loin des vôtres plus longtemps qu'il n'est nécessaire. Je ne doute pas que nous sachions parvenir à un accord quel qu'il soit, car vous n'êtes pas là sans raison, n'est-ce pas ? Le chemin le plus court est-il toujours le meilleur à prendre ? Virginia n'était pas du genre à généraliser, mais en l'occurrence, puisqu'il était question d'un entretien qui déboucherait sur des négociations, autant s'épargner les méandres d'un babillage insensé pour mieux circonvenir aux besoins de l'entretien. Virginia s'y était préparée et avait préparé lady Alessa, qui, dans sa chambre, attendait patiemment d'être, si la nécessité se manifestait, convoquée dans ce patio où, d'une certaine manière, son avenir se décidait.


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Message Mar 20 Aoû 2013 - 15:01

Deux hommes d'armes et un serviteur étaient venus conduire Kealan jusqu'à lady Redwyne, qui allait le recevoir. Deux des hommes du chevalier avaient donc déchargé le cheval de bât qu'ils avaient amené, afin d'apporter les présents, et lui emboîtèrent le pas. Ils furent ainsi menés jusqu'à un splendide patio orné d'une fontaine et d'un toit végétal, où la dame attendait. Le Bieffois avait pris soin d'observer les couloirs qu'il avait traversés. N'étant jamais venu à Port-Ryam, il devait s'imprégner des lieux. C'était par ailleurs une vieille habitude. En cas de danger, mieux valait savoir où se rendre pour se replier... Mais il n'avait aucune raison de craindre quoi que ce soit en ces lieux, n'est-ce pas ? Il aurait toutefois été bien en peine de se forcer à ne pas agir de la sorte : cela était devenu pour lui une seconde nature.
Parvenu devant lady Virginia, le jeune homme effectua une révérence des plus élégantes, lui démontrant ainsi le respect qui lui était dû. Il l'écouta ensuite parler sans l'interrompre, notant que lord Redwyne ne participerait pas aux négociations. Etrange que de confier à sa femme les tractations qui décideraient de l'avenir de sa propre sœur... Mais soit. Il s'en accommoderait. Par la même occasion, il observait la femme qui lui faisait face. Il n'avait pas réellement eu l'occasion de la rencontrer jusqu'ici, et elle était malgré tout de sa famille. La curiosité avait en ce sens quelque chose de tout à fait légitime. Il lui trouva un certain air qui n'était pas sans lui rappeler les du Rouvre, dont elle avait le sang par sa mère.
Il la suivit tout naturellement lorsqu'elle l'invita à pénétrer dans le patio, et il s'installa dans un confortable fauteuil alors que des domestiques lui proposaient à boire. Comment aurait-il pu se rendre sur l'île de La Treille sans goûter à son vin si réputé ? Comme son hôte, il choisit le vin doré, ses papilles en quête de douceur plutôt que de saveurs plus marquées comme le sont celles d'un puissant cru rouge. Mais avant de pouvoir traiter de ce qui l'amenait, Kealan devait encore souscrire aux banalités d'usage. Avec un sourire, il leva légèrement sa coupe en l'honneur de la dame, puis il en but une petite gorgée avant de répondre.


« La mer était calme, et le voyage ne fut donc pas réellement désagréable, je vous remercie, ma dame. Toutefois, il m'a été difficile d'en tirer un quelconque plaisir, tant le sentiment qu'une voile fer-née va apparaître à l'horizon m'a taraudé. Ces pillards ont posé leur marque sur La Treille comme ailleurs, et même si leurs tentacules avides se sont tournés vers des régions plus septentrionales, il m'est difficile de chasser de mon esprit ces appréhensions. La vision des flots et la beauté des terres environnantes a cependant quelque chose d'apaisant, et je dois avouer que votre île possède quelque chose d'unique. Permettez-moi, ma dame, de vous transmettre mes plus sincères félicitations quant à votre récent mariage, ainsi que celles de mon seigneur et neveu.

Quand bien même un corbeau s'était-il déjà chargé de ces félicitations d'usage, dont tout bon seigneur n'aurait su se passer, le chevalier se sentait le devoir de les transmettre de vive voix. Cela faisait toujours meilleur effet, et renforçait encore la sincérité de ces paroles. Fort heureusement, lady Virginia ne s'attarda guère sur les politesses, et en vint directement au vif du sujet, ce dont il lui fut fort gré. Par les temps actuels, il était évident que les visites de courtoisie se faisaient rare, surtout avec la distance qui séparait Vieux Rouvre de La Treille. La laissant parler, le jeune homme but une petite gorgée de vin, avant de reposer sa coupe sur la table devant lui. Il acquiesça simplement aux dires de la dame avant de prendre la parole.

- En effet, ma dame. Je pense que le corbeau que je vous ai fait parvenir aura sans doute pu vous éclairer quant au but de ma visite, mais il va sans dire que je pourrais bien mieux m'exprimer de vive voix. J'ignore quelle est l'étendue de vos connaissances sur la composition actuelle de ma famille, mais peut-être savez-vous que je suis veuf depuis déjà six ans. Mon épouse est décédée en donnant le jour à un fils mort-né, et je n'ai malheureusement ni eu le cœur ni le temps de la remplacer par une dame digne de ce nom, les divers maux qui ont frappé le Bief depuis ce temps-là y ont veillé. Je cherche à renforcer les liens de ma famille avec les autres grandes familles du Bief, afin de pouvoir faire front commun face à d'éventuelles nouvelles menaces. Les Fer-nés ne sont pas encore pacifiés, et il ne faut pas non plus oublier les ravages matériels qu'ils ont pu causer. Lier nos deux maisons par un mariage serait une bonne façon, je le pense, de nouer une relation durable d'amitié et d'entraide. Nos fiefs sont éloignés l'un de l'autre, et cela peut constituer un avantage qui ne semble pas forcément évident au premier abord. Nos ressources comme nos climats diffèrent, ce qui pourrait avantager des échanges commerciaux. Par ailleurs, les ravages de la sécheresse et des Fer-nés ont causé des dommages qu'il sera bien plus facile de réparer en unissant nos forces. Vieux Rouvre possède des artisans qui seront honorés de venir se mettre à votre service pour aider à votre reconstruction... Sans compter que le fief de ma famille se trouve à la fois proche de Hautjardin et des Terres de l'Ouest. Je gage qu'il s'agira d'un intéressant trait d'union pour traiter avec les seigneurs Ouestiens à l'avenir... Sans oublier que ma propre mère était une Marpheux, ce qui tendrait peut-être à faciliter encore la chose, s'il y a lieu... Mais au-delà de ces avantages que pourraient prodiguer cette alliance, il y a également le côté humain de ma démarche. Je n'ai point eu encore l'honneur de rencontre lady Alessa, la sœur de votre époux, mais j'ai entendu grand bien d'elle, et j'avoue voir en elle une épouse potentielle qui dépasserait mes espérances. J'ai peut-être la faiblesse de désirer une femme qui soit plus qu'un simple ornement capable de me donner une descendance. A vrai dire, je conçois le mariage comme un partenariat, où les capacités de chacun servent un intérêt commun. Lady Alessa me semble convenir tout à fait à un tel profil...

Kealan avait évité d'énoncer le fait que sa famille était déjà liée aux plus importantes du Bief en dehors des Redwyne, car cela aurait pu donner à penser qu'il avait choisi de faire cette demande par dépit, ce qui était loin d'être le cas. Les du Rouvre étaient liés aux Hightower par le mariage de lady Myrcella, la cousine du chevalier, et aux Tyrell par le mariage de sa sœur, lady Rhaella. Avec une telles relations, cela en faisait une famille puissante. Le fait était que lady Virginia était en train de traiter non avec un simple chevalier, mais avec le seigneur de fait de Vieux Rouvre, puisque son seigneur et neveu lui obéissait au doigt et à l’œil. En dehors de ces avantages politiques, une alliance militaire serait toujours envisageable, surtout avec un avenir qui pouvait s'avérer aussi incertain que par les temps actuels, sans oublier les avantages commerciaux et les nombreux échanges qu'ils pourraient effectuer. Et puis, La Treille se trouvait proche de Dorne. La région était à présent annexée, mais qui pouvait dire si cela durerait ? Autant dire que les Redwyne auraient des avantages certains à conclure cette alliance, au moins autant que les du Rouvre.
Le Bieffois se retourna vers les deux hommes qui l'accompagnaient, et qui étaient encore debout à quelques pas derrière son fauteuil, les bras chargés de deux coffrets ouvragés, et d'une tapisserie roulée. Il leur fit signe d'approcher, avant de présenter les cadeaux à la jeune femme qui lui faisait face.


- Je vous prie par ailleurs d'accepter ces cadeaux, quelle que soit l'issue de notre entrevue. C'est un symbole de l'estime et de l'amitié que Vieux Rouvre porte à La Treille. Je destinais cette dague au seigneur votre époux, mais étant donnée son absence, je suis certain que vous vous chargerez de le lui transmettre. J'espère vous faire plaisir en vous faisant cadeau de cette tapisserie confectionnée par l'épouse de mon neveu avec l'aide de mes nièces. Et enfin, j'ai apporté avec moi un coffret de parfums pour la jeune lady Alessa. J'espérais peut-être pouvoir le lui remettre en mains propres, si cela vous agrée et que l'occasion se présente. »

Tandis qu'il parlait, ses hommes s'étaient avancés pour montrer à lady Virginia les présents qui étaient faits aux siens. On lui présenta tout d'abord le coffret contenant le poignard, une arme de toute beauté incrustée de gemmes, avant de le lui remettre. Puis, on déroula la tapisserie, qui était de dimensions moyennes afin de faciliter le transport et de permettre de l'accrocher où bon cela semblerait à la jeune femme. La scène représentée était pleine de couleurs et de détails : elle représentait des navires voguant sur une mer turquoise et indigo, à peine agitée de légères vagues, avec en arrière-plan le paysage verdoyant du Bief, représenté dans des couleurs chatoyantes. L’œuvre était indéniablement belle et raffinée, et Kealan espérait de tout cœur que cela plairait. En revanche, le coffret de parfums fut pour l'heure gardé fermé. Le chevalier espérait réellement pouvoir au moins rencontrer celle qui serait peut-être sa promise, et lui remettre en personne le présent. Comment mieux se présenter devant une femme qu'en lui faisant un cadeau ? Celui-ci était, de plus, à la fois raffiné et exotique, tel que l'on n'en trouvait pas tous les jours. Le jeune homme avait dû longuement traiter avec les bonnes personnes afin de l'obtenir.




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Message Sam 24 Aoû 2013 - 18:56

            Le sourire de Virginia s'étira quand elle vit le chevalier lever pour elle la coupe de ce vin délicieux qu'on venait tout juste de lui servir. Elle fut ravie d'apprendre que la traversée du chenal Redwyne fut tranquille et sans heurts, mais s'indigna un peu de l'excès de prudence de ser Kealan. En évoquant l'éventualité d'une intrusion fer-née dans des eaux quadrillées scrupuleusement par les meilleurs navires de la flotte Redwyne, ne venait-il pas de mettre en doute la prévoyance et les aptitudes du Grand Amiral ? Loin de s'en mécontenter, Virginia préféra y voir les stigmates d'un pessimisme agreste et pastoral. Les rivages de l'île frémirent de la chicane Fer-née, mais lord Tyrell et lord Redwyne eurent tôt fait d'étendre entre la Treille et les Îles Boucliers ce cordon de patrouilles afin de préserver les côtes australes du Bief de la cupidité des rebelles. La prudence serait toujours une vertu, mais la modération n'en est pas moins une. Veuillez recevoir et transmettre à lady Eldera comme à votre neveu mes remerciements. J'espère que vous garderez de votre séjour ici le meilleur souvenir, en dépit de ces inquiétudes qui tournent vos yeux et votre cœur vers la mer. Il est vrai que l'époque n'est guère favorable aux déplacements navals, car lord Greyjoy se croit le maître des océans, mais il me semble que cette vanité lui coûtera cher. Toujours l'orgueil conduira les hommes à leur perte, Virginia s'en persuadait depuis qu'elle avait vu, petite, l'ascension et la chute d'un maître chanteur particulièrement virulent. On porta les prunes et lady Virginia n'en fut que plus heureuse, si bien qu'elle ne tarda point à en prendre une entre ses doigts pour en croquer la chair acidulée. Elle écouta les propos de Kealan avec intérêt et ne le quitta point des yeux. La missive qui annonçait la venue du chevalier de Vieux Rouvre expliquait en son temps les motifs de sa visite, mais entendre l'homme les décliner avec ses propres mots permit à la demoiselle de mieux saisir la position de Kealan dans toute l'affaire. Ne sachant si la tristesse ou l'indifférence devait répondre au rappel du veuvage du chevalier, lady Virginia se contenta d'une moue légèrement affectée. La suite vint la figer pour longtemps sur son visage, car ser Kealan s'emporta dans un long descriptif des liens familiaux tissés autour des trois feuilles de chêne. Le projet du chevalier était donc un nouveau mariage de raison afin  d'associer sa maison à une autre pour cueillir dans le temps les fruits juteux d'une union profitable. Choix curieux. Choix d'une grande abnégation ? Sans doute. D'après les quelques souvenirs qu'elle gardait des discussions qu'elle tint avec sa mère sur le sujet, Virginia savait l'arbre du Rouvre porteurs de nombreuses pousses pour assurer la descendance de lord Adam du Rouvre. Il ne s'agissait donc pas pour lui de veiller à la postérité de sa famille. Famille qu'il décrivit comme lié à de nombreuses familles du Bief et à quelques familles de l'Ouest. Pour mieux comprendre les arguments de Kealan, Virginia les tourna en elle-même et les scruta avec la férocité d'une louve affamée, ce qu'elle était sans doute intérieurement dès lors qu'il s'agissait d’œuvrer au mieux dans le rôle de « lady Redwyne ». Quant aux compliments qu'il fit sur lady Alessa, Virginia les accueillit avec beaucoup de distance, car elle savait l'ingéniosité masculine très habile. Les plus doux mots cachent souvent les pensées les plus sombres, et sans prêter à ser Kealan d'odieuses machinations, elle se doutait bien qu'il exagérait un peu le portrait élogieux qu'il faisait de lady Alessa. D'autant plus que quelques jours avaient suffi pour convaincre Virginia que sa belle-sœur n'avait rien d'une lumière. Sa joliesse sans doute compenserait ce défaut d'intelligence qu'elle comblerait avec l'âge ou la déconvenue matrimoniale.

            Virginia s'immobilisa quand le chevalier fit venir devant elle des présents qu'il offrait à lord et lady Redwyne, ainsi qu'à lady Alessa. La dague était magnifique. Virginia ne se sentait aucune affinité particulière pour les armes et pourtant, elle reconnaissait volontiers le superbe brillant de ces gemmes incrustant ce pommeau magnifique. Elle s'intéressa bien davantage à la tapisserie, d'abord parce qu'elle lui était destinée, mais aussi parce que le point, la ligne et les couleurs se mariaient admirablement. Quant au coffret... Ces merveilles sont sublimes. Lord Redwyne appréciera le geste autant que j'apprécie la générosité de lady Eldera, je vous assure, et je suis certaine que lady Alessa partagera mon enthousiasme. Veuillez la faire venir, qu'elle puisse remercier ser Kealan. Le laquais qu'elle interpella s'empressa de disparaître pour aller quérir lady Alessa. Celle-ci ne tarderait point, mais avant sa venue, Virginia souhaitait ne perdre aucun instant de leur précieux temps et revint au sujet principal de leur conversation. Il lui semblait inutile de différer plus longtemps le creux de la discussion. Ser Kealan, j'apprécie votre générosité et plus encore votre franchise. Laissez-moi donc vous rendre la politesse. Je doute que le mariage que vous proposez serve utilement les intérêts commerciaux de la Treille. La toute jeune épouse que je suis sait peu de choses de ce monde, mais il ne m'a pas échappé que le vin de la Treille jouit à Westeros d'une situation de quasi monopole. La chute de la maison Beurpuits est d'ailleurs venue renforcer cette situation. Dès lors, s'il fallait marier Alessa à quelqu'un dans le but d'ouvrir pour notre vin de nouveaux marchés, je ne crois pas me tromper en supposant que mon cher époux tournerait son regard vers l'est, afin de trouver pour sa sœur un prince marchand qui saurait étendre la réputation du vin de la Treille qui atteint déjà les rives de la mer de Jade. Elle se tut. Il était inutile d'en dire davantage pour l'instant et même si la demoiselle ne demeura pas silencieuse bien longtemps, elle fixa quelques instants le chevalier avant de reprendre. Virginia n'avait guère pris part aux discussions ayant abouti à ses noces, mais elle se souvenait très bien des paroles de son frère Clarence qui lui avait confirmé que ce mariage n'était que l'accessoire d'un contrat commercial entre le second port du royaume et la puissance navale du Bief. Il en irait de même pour Alessa et malheureusement, Kealan ne pourrait convaincre lady Virginia en agitant sous son nez le seul drapeau des bienfaits commerciaux d'un rapprochement entre Vieux Rouvre et la Treille.

            C'est pourquoi lady Virginia, qui craignait d'avoir froissé le chevalier pour avoir été sincère et réaliste, s'empressa de le questionner pour mieux déterminer le profit d'un tel mariage pour la maison Redwyne.[b][color=#660033]Quel était le sentiment de lord du Rouvre à l'égard de la seconde rébellion Feunoyr ?Quel est votre rôle auprès de lui ? Votre place, à Vieux Rouvre ? Quelle est la position de Vieux Rouvre dans le Bief ? Son attitude à l'égard de Hautjardin ? Villevieille ? Port-Réal ? [b][color=#660033] Les réponses de Kealan à ses questions seraient déterminantes dans le choix de Virginia, et ces sujets l'intéressaient bien plus qu'un hypothétique contrat commercial avec la maison du Rouvre qui serait nécessairement déséquilibré. Puisqu'il fallait livrer entre les mains d'un étranger une dame de la maison Redwyne et la dot juteuse qui l'accompagnerait, autant s'assurer de toutes les garanties dès à présents, au lieu de promettre un mariage malheureusement dans un élan d'enthousiasme primaire et stupide. Lord Redwyne n'aurait certainement point pardonné à sa jeune épouse de brader sa sœur au premier venu. Virginia n'était point désireuse de ruiner les premiers temps de son mariage, aussi peut-être se montrait-elle trop dure et trop prudente, mais c'était là une posture qu'elle était prête à assumer jusqu'au bout de la discussion. Et comme ser Kealan n'avait point l'air d'un niais congénital, n'était-il pas légitime de sa part qu'elle cherche à élever entre eux le débat afin qu'en bonne intelligence ils parviennent aux meilleurs résultats ?


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Message Mer 4 Sep 2013 - 18:15

Kealan écouta calmement lady Virginia lorsque celle-ci prit la parole. S'il ne montra rien des sentiments que la réponse de la dame suscitait en lui, il n'en fut pas moins agité par des sentiments contradictoires. L'irritation d'abord, car son interlocutrice se permettait de balayer d'une pichenette ce qu'il lui offrait sur un plateau, alors qu'elle n'était finalement qu'une femme. L'admiration, ensuite, car cela dénotait une grande capacité de jugement, pour ne pas s'être simplement laissée convaincre par ces aspects qui, il fallait le reconnaître, pouvaient être offert par d'autres familles encore en Westeros. La fierté, enfin, car elle avait malgré tout du sang du Rouvre en elle, et qu'elle était loin de déshonorer sa famille maternelle par ce qu'elle était. Il apprécia sa franchise, car pour tout dire, il n'aurait voulu s'attarder en ces lieux plus que de raison. Non qu'il les trouve désagréables, mais il lui restait tant à faire avant de pouvoir revenir chez lui... Il n'était pas parti l'esprit complètement tranquille, peu convaincu qu'il était que la menace des pillards soit totalement écartée. Et lorsque le chat n'est pas là, les souris dansent, comme le disait l'adage...
Afin sans doute de prendre la chose sous un angle plus politique, lady Virginia se mit à lui poser de nouvelles questions, plus centrées sur la toile politique que les du Rouvre avaient tissée. Il s'agissait à présent de répondre avec intelligence. Le chevalier pourrait sans doute lui donner satisfaction, car il savait sa famille bien placée, mais il ne serait peut-être pas pertinent de lui livrer le moindre secret qu'il tenait en lui... Notamment, concernant le projet jamais totalement abandonner de diriger un jour Vieux Rouvre en personne. Après tout, il avait déjà tué un lord du Rouvre de ses mains, et il pourrait bien recommencer... Son neveu n'était présentement pas gênant, mais si d'aventure il le devenait... Chassant ces pensées de son esprit, il se concentra sur le moment présent, avant de prendre une inspiration pour répondre.


« Mon seigneur et neveu n'aurait nullement accordé son soutien d'une quelconque façon à la rébellion Feunoyr. Il est un fidèle sujet du Trône de Fer et du Dragon rouge, et Vieux Rouvre se tient à cette ligne de conduite.

En cela, le jeune homme avait été parfaitement sincère : lord Adam n'envisageait aucunement de trahir d'une quelconque façon les Targaryen. Une attitude qu'il n'avait pas héritée de feu son père, qui avait au contraire choisi de garder un pied dans chaque camp lors de la première rébellion... Kealan, lui, n'oubliait pas. Virginia était une du Rouvre et une Hightower. Cette seconde maison, comme la première, n'avait pas embrassé de parti précis lorsque les Dragons rouge et noir s'affrontaient. Elle était l'héritière d'une lignée d'indécis et de gens prudents. Toutefois, il gardait à l'esprit qu'elle était une Redwyne, à présent. Son époux, en tant que grand amiral, ne pouvait qu'être farouchement fidèle à la Couronne... Cette vérité franche et non enjolivée lui conviendrait sans doute, garante qu'elle était de garder Vieux Rouvre dans les bonnes grâces de Port-Réal. Elle n'avait aucunement besoin de savoir que l'homme qui se tenait face à elle saurait se montrer opportuniste si le vent venait à tourner de façon avantageuse...
Le Bieffois se montra plus prudent sur la seconde question. Son rôle auprès de son neveu... A vrai dire, plus qu'un conseiller, il dirigeait officieusement le fief familial. Tout ce qui lui manquait, c'était le titre et la reconnaissance de tous. Mais c'était là une carte qu'il n'était pas bon de dévoiler : toute personne avisée se rendait finalement vite compte, à fréquenter assidûment les du Rouvre, qu'il était très intéressant de s'attirer les bonnes grâces du chevalier, encore plus que celles de son neveu. Posément, Kealan but une petite gorgée de vin avant de croquer dans une prune. Il en apprécia la saveur, et s'autorisa un souvenir avant de féliciter son hôte d'un mouvement de tête galant. Délicieux.


- Lord Adam m'honore de son entière confiance. Nous avons un âge proche, et bien que je sois son oncle, il aime à m'appeler son frère. J'ai le plaisir et l'honneur d'être son plus proche conseiller, à part égale avec notre mestre. Je suis extrêmement touché de cette place qu'il me donne, et je m'emploie à le servir de mon mieux, ainsi que les intérêts de notre famille.

En réalité, le chevalier était pleinement conscient que l'avis du mestre pèserait bien peu face au sien, s'ils étaient en désaccord l'un avec l'autre. Bien des seigneurs auraient considéré cet état de fait comme aberrant, un mestre étant un homme des plus sages et cultivés, à même de délivrer les meilleurs conseils. Mais le jeune homme avait su bien se placer... Et jouer la carte de la modeste dévotion, tout en montrant bien les capacités qui étaient les siennes, serait sans doute la meilleure attitude à avoir. Un homme vaniteux avait souvent le don de s'attirer l'antipathie de ses pairs...

- Je ne pense rien vous apprendre en vous disant que Vieux Rouvre fait partie des maisons les plus importantes du Bief. De par sa proximité avec Hautjardin, il est un soutien substantiel et inébranlable pour nos suzerains. Notre famille accorde une grande importance à la loyauté que nous vouons aux Tyrell, et il est de notre devoir le plus strict de répondre présent dès que la rose d'or nous appelle. Nos relations sont excellentes, tant d'un point de vue global que personnel. Je me rends à diverses occasions à Hautjardin, notamment pour rendre visite à ma sœur aînée qui a épousé le frère de lord Léo. Cela me permet d'être un émissaire entre les deux maisons, et d'assurer notre suzerain de ma plus entière loyauté. Nos relations avec Villevieille sont, somme toute, cordiales et franches. Je vous pour ma part, et ce sentiment est, je gage, partagé par lord Adam, une admiration sincère à votre frère. J'espère que notre estime et notre amitié sera toujours bien accueillie en ces lieux. Enfin, en ce qui concerne Port-Réal... ma foi, nous sommes de loyaux sujets de la Couronne, et en cela, nous entretenons de très bonnes relations. Nous nous tenons prêts à intervenir au cas où un ordre serait donné d'intervenir dans la région pour une quelconque raison. Entre les troubles causés par les Fer-nés, et ceux qui sont dus aux Feunoyr... Les raisons seraient multiples pour qu'un ordre nous soit donné à tous en ce sens. »

Ce disant, il ne visait pas spécialement Vieux Rouvre, mais toutes les maisons du Bief. Si la Couronne désirait voir intervenir les maisons nobles contre les pillards Fer-nés, tous devaient se tenir prêts. Et les du Rouvre l'étaient déjà depuis longtemps, Kealan y avait veillé. Somme toute, ses réponses avaient été franches et, il l'espérait, satisfaisantes. Il se tut finalement, attendant une réaction de la part de la dame, ainsi que l'arrivée de lady Alessa qu'un serviteur avait été quérir. Il était curieux de pouvoir juger lui-même son éventuelle promise, et surtout de la voir en personne.




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