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C'est toujours si froid, des mains d'or, et si chaud, celles d'une femme...

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Adalrik Hawthorne
Chevalier

Général ♦ Chevalier ♦

♦ "Si mon frère est la fleur de l'Aubépine j'en serai la mortelle
épine" ♦

♦ "L’Aubépine restera toujours blanche et rose sur mes couleurs,
j'en serai alors une noire pour rendre hommage à mon blason" ♦

♦ Missives : 109
♦ Missives Aventure : 5
♦ Arrivée à Westeros : 13/07/2013
♦ Célébrité : Elijah Wood
♦ Copyright : Moi-même
♦ Doublons : /
♦ Age du Personnage : 19 ans
♦ Mariage : En attente
♦ Lieu : Domaine Hawthorne
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♦ L'Aubépine

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Message Lun 29 Juil 2013 - 14:27

Adalrik se préparait au voyage.
Mestre Theon, de Hawthorne, voulait à tout prix offrir au grand Septon un exemplaire enluminé de L’Etoile à Sept Branches, qu’il avait lui-même mit quelques années à retranscrire. Adalrik, ser Robert et une dizaine d’hommes d’arme de la maisonnée allaient l’escorter. Pour le fils cadet de la maison Hawthorne, ce serait sa première visite à la capitale, et ser Robert entendait lui faire découvrir les « plaisirs » de Port-Réal. Après avoir réunit suffisamment de vivres, de fourrage et le reste nécessaire à un voyage digne de ce nom, la petite troupe se mit en marche.
Ainsi, le mestre et son escorte, bannière flottant au vent, prirent la route de l’Or.
Ils y arrivèrent sans encombre au bout d’une petite semaine.
La ville se dressait devant eux, criarde, sale. Le donjon rouge s’élevait, puissant, abritant des membres de la plus puissante des familles de Westeros. Adalrik et ses gens passèrent par la porte du Lion, au milieu de charrettes de paysans, marchands ou d’autres nobles venus à la capitale. La maison Hawthorne se fondait dans la masse des autres seigneurs. On accordait tout de même quelques regards discrets au chevalier monté sur étalon aussi noir que ses yeux, et dont l’expression froide ferait pâlir le soleil de Dorne. Sa cape verte, frappée des deux couronnes d’aubépine de sa maison, claquait derrière lui en cette chaude matinée. Le Guet, après un rapide coup d’œil, les laissèrent passer avec un rapide hochement de tête. Adalrik sourit sombrement : on le différenciait des autres seigneurs par ces regards en coin, ou ce respect non accordé aux autres nobles passant les portes. Qui sait ? Peut-être est-ce là le premier pas vers la richesse…
Ser Robert les guida dans une auberge d’une rue qu’Adalrik eu vite oublié le nom. Le vieux chevalier paya deux chambres pour ses gardes, une pour le mestre, et une autre pour lui-même et le cadet Hawthorne. Il voulait que les gardes restent toujours près de celui qui était, tant que son frère n’était pas marié, l’héritier de la maisonnée.
Après une rapide installation et la mise à écurie des destriers, les deux chevaliers ainsi que le mestre enlevèrent la poussière du voyage de leur corps, se débarbouillèrent et enfilèrent de  beaux atouts. Puis, accompagnés de sept gardes, ils s’en allèrent voir sa Sainteté Suprême.
Adalrik ne conserva que quelques souvenirs de cette brève entrevue : après une certaine attente, ils furent reçus, le Grand Septon exprima sa gratitude et en échange, les bénit.
Ils retournèrent à l’auberge. Mais mestre Theon avait attrapé un mal, et se trouvait dans l’incapacité de sortir de son lit.
Au bout d’une semaine, il fut en mesure de se lever, et les deux chevaliers le laissèrent aux mains des gardes.
Ser Robert mena Adalrik à travers la ville, lui faisant visiter la Rue de l’Acier, vantant les mérites d’un quelconque forgeron ou artisan. Un petit voleur essaya bien de lui trancher la bourse, mais l’héritier fut bien plus rapide : il attrapa la main du gamin, et avec un regard aussi glacial que le Mur, le laissa repartir. Puis, le crépuscule vînt. Ils se réfugièrent dans une auberge des plus simples.
Le vieux chevalier paya les consommations, et ils s’installèrent dans un recoin de la salle.
L’auberge était des plus animée : un roturier commençait à chanter des refrains paillards, que les clients déjà ivres s’empressaient de reprendre. Les rires fusaient, et une chaleur sans pareille régnait dans la pièce modeste. Ser Robert engloutissait coupe de vin sur coupe de vin, tandis qu’Adalrik le sirotait en scrutant le visage des habitués et gens de passage.
Il repéra un ou deux chevaliers à l’armure rouillée, des femmes gloussantes sur les genoux. Le jeune homme grimaça : cette devait être non loin d’un bordel, vu la présence de prostituée. Comme s’il lisait dans ses pensées, le chevalier commença :
- Bon, Adalrik, il est temps pour toi de devenir un homme.
- Un homme ? Ne vous préoccupez pas de moi, ser, mais de vous. Je doute que votre… artillerie fonctionne encore, répliqua l’interpellé.
Certes, l’héritier appréciait le vieux Robert, un homme jovial et aussi sec d’apparence qu’une branche d’arbre, mais ne supportait que l’on parle de le faire « devenir un homme ». Cela lui rappelait de trop douloureux souvenirs…
- Enfin bon… Ce sera mon cadeau pour ton adoubement, même si cela commence à remonter, continua le vieux chevalier d’une voix avinée.
- J’ai dit non. Vous n’allez tout de même pas me forcer ?
- Oh tu sais… Il faut que tu franchisses le pas, tu vas bientôt avoir vingt ans ! Il faut que tu te prépares pour ta future femme. Et tu ne peux pas vivre dans le fantôme de Mina…
Un éclair de rage pure passa dans les yeux noirs d’Adalrik. En face de lui, Robert, pâlissant, bredouilla des excuses.
- Allez, Adalrik, regarde-les au moins…
Avec un soupir agacé, ce dernier s’exécuta. A présent que les filles gloussantes étaient parties avec leurs prises, il n’en distinguait plus.
- Si tu veux, on peut aller dans un bordel, ils ne sont pas loin, commença le vieux chevalier. Cette auberge et juste à côté d’un d’ailleurs.
Adalrik leva la main pour le faire taire, continuant à détailler les clients. Son regard fut accroché par une catin à la peau blanche. Elle portait des soieries légères, cherchant visiblement du regard sa prochaine proie. Elle possédait des cheveux aussi noir que ceux du jeune homme, quoi que plus long, et des yeux d’un vert impressionnant. Une prostituée, en somme. Mais une chose avait attiré le regard d’Adalrik, une chose qu’il ne pouvait expliquer. Ce n’était qu’une jeune et belle catin, comme il en existe tant.
- Alors, c’est avec elle que tu vas enfin devenir grand ? le taquina Robert en suivant son regard.
- Je ne m’abaisserai pas à cela. Si tu veux vraiment dépenser ton argent pour moi, autant me l’offrir directement, ajouta Adalrik avec un léger sourire.
Néanmoins, la femme avait surpris le regard du jeune homme, un regard froid et mélancolique.


Dernière édition par Adalrik Hawthorne le Sam 24 Aoû 2013 - 18:08, édité 3 fois
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Maerie
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Général Agent / prostituée de Port-Réal.
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Message Mer 31 Juil 2013 - 10:24



    Maerie se réveilla difficilement. Le soleil filtrait déjà à travers la fenêtre à moitié fermée par de lourds battants en bois. La jeune femme se retourna dans son lit, ferma les yeux pour tenter de se rendormir. C’était si rare que la tenancière la laisse profiter de la matinée de la sorte, sans la réveiller à grands cris pour la sommer de se préparer à l’arrivée des clients. Pourtant, malgré ses efforts, Maerie ne parvint pas à retrouver le sommeil. Avec un soupir, elle roula sur le dos, repoussa les douces couvertures, révélant son corps nu, et s’assit sur le lit, les bras autour des genoux. Elle regarda un moment le peu de jour qu’elle voyait par la fenêtre, repensant à sa soirée. Elle avait été d’une routine désespérante. Un vieil homme aviné mais riche était entré dans le bordel, avait choisi Maerie parmi toutes les autres prostituées, et ils étaient montés ici, dans cette même chambre. Ils avaient fait l’amour, il avait payé, avait gratifié la prostituée d’un sourire plein de sous-entendus et était parti. Il n’était pas resté toute la nuit, peu de clients pouvaient se le permettre. Si bien que la plupart du temps, Maerie se réveillait seule, avec les caresses de la veille encore imprimés sur son corps, comme des marques indélébiles.
     
    La jeune femme finit par se lever. Elle se lava rapidement et passa sa robe blanche transparente. Puis, elle s’assit près du petit meuble où étaient entreposés ses quelques bijoux et un petit miroir. Levant ce dernier à hauteur de son visage, elle brossa scrupuleusement ses longs cheveux noirs. Ainsi démêlés et brossés, ils lui arrivaient à peu près à hauteur des seins. Elle choisi de ne pas les attacher.
    Puis, Maerie enfila ses nombreux bijoux ; sa bague en argent, son long collier en or, son bracelet. Elle était prête.
     
    Sa mère adoptive ne l’avait toujours pas appelé. Et Maerie compris rapidement pourquoi en descendant au rez-de-chaussée, à l’entrée du bordel ; il n’y avait personne. Pas un client. Plus personne n’avait donc quelques cerfs d’argent à dépenser ? La jeune prostituée haïssait ces moments creux, car elle savait ce qu’il lui restait à faire ; aller racoler les clients dans la rue, dans les auberges, à force de sourires mutins et de poses lascives. Elle, Maerie, une des prostituées les plus en vue de Port-Réal, qui comptait dans sa clientèle un prince, devait agir comme la plus désespérée des putains ? Cette idée l’insupportait. Mais elle n’avait guère le choix.
    Le souvenir du client saoul de la veille lui donna l’idée du lieu où aller rôder ; l’auberge située à quelques pas du bordel. La jeune femme sortie, apprécia le vent chaud qui soulevait légèrement ses cheveux, et se mit en marche. Il ne lui fallu guère plus d’une minute pour arriver à son lieu de chasse. Elle croisa cependant deux prostituées trainant leur client par la main dans cet intervalle, et su qu’elle trouverai également son occupation pour l’heure à venir. La jeune femme ouvrit la porte et entra.
     
    Le lieu était plutôt désert. Quelques hommes déjà ivres chantaient des chansons aux paroles douteuses, deux hommes au fond discutaient, et le tenancier essuyait le comptoir à l’aide d’un chiffon crasseux. L’homme lui fit un léger clin d’œil, auquel elle répondit. Il n’était pas riche, mais dépensait de temps en temps tout l’argent gagné de la journée pour passer une heure avec Maerie. Elle l’aimait bien. La jeune prostituée s’approcha du bar et y posa ses deux coudes, avant de poser son menton entre ses mains. Elle se pencha légèrement, de manière à ce que sa robe révèle ses seins à son interlocuteur. Celui-ci avait déjà l’air tout troublé, et rougit lorsque Maerie lui adressa un sourire aguicheur.
     
    - Tu viens passer une heure avec moi dis ?  Je suis sure que je te manque depuis la dernière fois.
     
    Le tenancier regarda la prostituée dans les yeux, puis baissa le regard, puis remonta sur le visage de la jeune femme. Il semblait qu’un combat terrible se jouait sa tête. Mais il fini par sourire tristement.
     
    - Je n’ai plus un seul cerf d’argent pour toi Maerie. J’aurais aimé pourtant, crois-moi.
     
    Oh, elle le croyait. Mais elle était déçue. Il lui fallait trouver un autre client. Alors que le tenancier recommençait à nettoyer le comptoir – avec un geste moins assuré cependant -, Maerie pivota de façon à embrasser la salle du regard. Son attention fut attirée par les deux hommes qu’elle avait déjà aperçu en entrant. L’un semblait très mal à l’aise. L’autre le fusillait du regard. La prostituée continua à les observer, curieuse. Jusqu’à ce que l’un des deux, celui qui paraissait furieux, capte son regard. Leur échange silencieux ne dura qu’une ou deux secondes, mais c’était bien assez pour se détailler. Maerie nota en premier le regard froid et triste du jeune homme. Il avait de beaux yeux sombres, presque noirs, insondables. Il était plutôt beau, avec ses cheveux aussi noirs que ses yeux, ses habits élégants. Il semblait jeune.
     
    Maerie s’approcha doucement, avec un petit sourire, presque timide. Elle savait, à force d’expérience, adapter son attitude à ce que les clients laissaient percevoir. Lui semblait réservé, pour l’instant peu enclin à s’acheter les services d’une prostituée. Elle devait donc le séduire pour espérer l’emmener jusqu’à son lit. Il ne suffirait pas de s’installer sur ses genoux et de l’enlacer.
    Maerie était arrivée à hauteur des deux hommes. Le plus vieux lui lança un regard lubrique, qui signifiait qu’elle n’aurait guère de mal à se le mettre dans la poche si l’autre résistait trop longtemps. Mais pour l’instant, c’était lui, le jeune aux yeux si particuliers, qu’elle voulait.
     
    La prostituée s’adossa à la table, bras en arrière afin de se stabiliser. De ce fait, elle était face à face au jeune homme assis, le dominant. Sa posture excluait également l’autre homme, à qui elle tournait le dos. Maerie baissa un moment le regard vers ses pieds, laissant le jeune homme la regarder à sa guise, si il le désirait. C’est qu’elle était belle Maerie, avec sa robe qui ne cachait rien de son corps, de ses formes, de sa taille fine, de ses hanches, de ses fesses que ne couvrait aucun tissu superflu, de ses jambes fines, minces. La regarder, c’était s’enivrer de son parfum musqué qui flottait autour d’elle, c’était deviner la douceur de sa peau. C’était tomber dans la piège de ses lèvres fines, de sa bouche légèrement entrouverte. C’était se noyer dans ses yeux clairs, d’un vert si clair.
     
    Maerie laissa ainsi s’écouler quelques secondes, qui parurent durer une éternité dans le silence qui s’était fait à la table des deux hommes. Puis, enfin, elle leva son regard, doucement, vers le jeune homme. Vrilla ses yeux dans les siens. Lorsqu’elle ouvrit la bouche, une voix claire et douce prononça ;
     
    - Je m’appelle Maerie. Et toi ?  



     


   
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Adalrik Hawthorne
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Message Ven 2 Aoû 2013 - 23:34

L’agaçante discussion prit vite fin avec l’arrivée de la catin. Elle s’installa gracieusement sur la table, avec un sourire timide, innocent. La jeune femme n’était pas là pour boire un verre avec eux, comme l’indiquait sa posture, excluant totalement le vieux chevalier. Ce dernier se tortillait pour voir l’intruse de plus près, sans succès.
Elle fixait les yeux d’Adalrik, d’une expression indéchiffrable. Ses yeux vert, si vert semblaient sonder son âme. Oh oui, elle était belle.
Puis, d’une voix semblable à un doux carillon de clochettes d’argent, elle demanda :
- Je m’appelle Maerie. Et toi ?
Le jeune homme ne répondit pas tout de suite, cherchant Robert du regard, mais celui-ci était trop occupé à lorgner la prénommée Maerie en se penchant sur la table. Puis d’une voix incertaine, il articula :
- Adalrik.
Un rire retentit soudain. Ser Robert s’était appuyé contre le dossier de sa chaise, engloutissant une nouvelle coupe de vin.
- Ma belle, tu as devant toi ser Adalrik Hawthorne, de la maison Hawthorne, héritier de sa maisonnée pour le moment, fléau des… Ma foi, de qui ou quoi veux-tu être le fléau, mon cher ? Des catins ? J’en doute.
Il s’esclaffa de plus belle. Le sourire de la jeune femme s’étira un peu plus.
- Allez Adalrik, parle à cette femme, elle n’attend que ça ! continua le vieux chevalier. Que sais-je, présente toi un peu plus que je ne l’ai fait pour toi ! Dénoue-donc cette langue !
Le jeune homme remua nerveusement. Puis, prenant son courage à deux mains, il se lança :
- Je n’ai rien contre toi, mais je vais t’expliquer pourquoi je ne pourrai en aucun cas être ton futur client.
Sans attendre de réponse, il continua, son regard plongeait dans celui de Maerie. Nul n’aurait put dire ce que ses yeux, brillant d’un éclat aussi sombre que les capes battantes des hommes de la Garde de Nuit, n’exprimaient.
- En premier lieu, je ne suis pas venu à la capitale pour faire cela, bien que ce cher ser Robert veut me persuader du contraire. Je ne me prétends pas un homme pieux. Plaire au Guerrier, défendre la Jouvencelle… Ces noms sont juste des noms. S’il existe des divinités veillant d’un œil attentionné sur nous, mortels, elles n’ont jamais rien fait pour moi, et nul homme dans tout Westeros ne pourrait prouver le contraire. Certes, j’ai juré de protéger l’innocent et tous les autres enfants, mais ça ne m’intéresse pas. Un discours banal, je te l’accorde. Peut-être es-tu pieuse, peut-être aurait voulu être une septa. En tout cas, si un dieu m’a mené jusqu’ici, ce n’est pas pour louer tes services.
Il but une gorgée de vin avant de continuer, sans détourna le regard.
- Puis, une fois la chose accomplie, qui me dit que tu ne me voleras pas ma bourse, et courras à Hautjardin afin de poursuivre ton œuvre ? Je ne le permettrai pas. Mais même si ce n’est pas le cas, je ne dépenserai pas un cerf, liard, sol, ce qu’il faudra pour être avec toi. Je les aime trop, ces cerfs, liards ou sous. Oui, ce preux chevalier soiffard que dans ton dos serait prêt à, disons, payer pour moi, mais je préférerai empocher l’argent. Et puis, tu me parais bien riche pour une catin. Ce métier te plaît-il donc ?
Adalrik saisit la main de Maerie pour contempler sa bague en argent, si brillante à la lumière du soleil… Ne se souciant toujours de si la jeune femme s’ennuyait ou l’écoutait attentivement, il reprit :
- Et enfin, j’aime trop mon or. Serai-je avare ? Oui. J’aime les dragons d’or et cerfs d’argent, j’aime les jades et le magnifique vert de tes yeux, tes bijoux et toutes les choses brillantes. Mais connais-tu ma chanson ? Peut-être que dans un siècle, un barde la composera entièrement pour désigner les amours secrets, de disons, un Lannister ?
Il entonna d’une voix douce et juste, presque digne d’un vrai chanteur :


« C’est toujours si froid, des mains d’or,
Et si chaud, celles d’une femme… »



Adalrik se tut, le regard bas, mais ajouta au bout de quelques secondes, un léger sourire au bord des lèvres :
- J’ai toujours préféré la morsure du froid que la chaleur.
- Eh bien ! siffla le vieux chevalier. On peut dire que tu t’es dépassé aujourd’hui.
Le jeune homme ne répondit pas, son regard se baissa pour venir à ses genoux. Il se leva d’un bond, la catin le suivant du regard.
- Maerie, essaie de me raisonner, si tu le veux, si tu le peux.  Je suis tout ouïe. Mais fait vite, je n’en peu plus de ce lieu sordide. Dans le pire des cas, tente ta chance avec ce brave ser Robert.
Il leur tourna le dos, attendant peut-être au fond de lui une réponse.


Dernière édition par Adalrik Hawthorne le Sam 24 Aoû 2013 - 18:13, édité 1 fois
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Maerie
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Message Mer 7 Aoû 2013 - 11:38




    - Adalrik.

    Le jeune homme s’était exprimé d’une voix hésitante, qui arracha un sourire à Maerie. Elle aimait ce ton embarrassé des hommes qui côtoient les femmes, comme si ils craignaient leur compagnie. L’autre homme présent à la taverne éclata alors d’un rire bruyant avant de présenter en détail son compagnon. Ainsi était-il chevalier, et héritier de surcroit. Il devait être un homme important, et riche. Tout ce que recherchait Maerie chez ses clients. Pourtant, le chevalier anéanti rapidement les illusions de la prostituée. « Je ne serai pas ton futur client », dit-il en vrillant son regard des les yeux de la jeune femme. Ce regard sombre, où transparaissaient à la fois la colère et l’embarras de la situation, arracha un frisson à Maerie. Il lui parla de ses vœux, de la religion, provoqua son honneur, mais ne la laissant pas parler une seconde. La jeune femme l’écoutait attentivement, la bouche entrouverte sous l’effet de la surprise. Elle était assez peu habituée à se faire rejeter de la sorte.
    Le chevalier lui pris soudain la main, brusquement. Maerie rougit légèrement, malgré elle, mais ne bougea pas, ne tenta pas de s’arracher de son emprise. Du reste, son geste n’avait pas pour but de lui faire la cour. Il ne regardait que la bague qui brillait au doigt de la catin. Ne s’intéressait-il donc qu’à la richesse ? Etait-il trop avare pour débourser quelques cerfs d’argent ? Le chevalier entonna alors quelques strophes d’une chanson. Malgré sa belle voix, ladite chanson ne fit que confirmer les peurs de Maerie ; Adalrik ne s’intéressait pas aux femmes, n’avait que faire de ses vœux. Il aimait l’argent, rien que l’argent.
    Le jeune homme se leva d’un bond après avoir longuement parlé. Leur tournant le dos, il termina ;
     
    - Maerie, essaie de me raisonner, si tu le veux, si tu le peux.  Je suis tout ouïe. Mais fait vite, je n’en peu plus de ce lieu sordide. Dans le pire des cas, tente ta chance avec ce brave ser Robert.
     
    La jeune femme ne bougea pas tout de suite. Et puis, elle parla au jeune homme qui lui tournait encore le dos. Elle parla enfin, choisissant chacun de ses mots pour répondre à tout ce qu’Adalrik lui avait jeté à la figure.

    - Je ne suis pas pieuse. Comme toi. Ce sont les soldats qui se battent. Ce sont les soldats qui meurent. Et les Dieux, eux, ne s'impliquent jamais. Cependant, je ne suis pas pour autant une voleuse sans valeur ni honneur. Jamais je ne te volerais tes précieuses pièces. Mais je ne suis pas riche, non. D’autant plus que les affaires n’ont pas du tout marché ces derniers temps. Toutes les parures que tu vois, ce sont des hommes généreux qui me les ont offert. Quant à mon métier... – Maerie marqua une pause, se donnant le temps de la réflexion - ... Il est tout ce que j’ai, tout ce que je sais faire. Alors je m’en accommode. Je n’ai pas le choix.
     
    Bien sûr qu’elle n’avait pas le choix. Certes, elle aimait se sentir désirée, savoir que des hommes étaient prêts à payer pour passer du temps avec elle. Mais si ce jeune chevalier lui proposait de l’emmener chez lui, là, maintenant, elle n’hésiterait pas une seconde. Si elle le pouvait, elle partirait loin de Port-Réal, mener une vie paisible. Tomber amoureuse, avoir des enfants même, peut-être. Mais cela était impossible, bien sûr. Le chevalier ne semblait éprouver qu’un mépris profond pour la jeune fille et son sort. Jamais il ne l’aiderait. Alors, il ne restait à Maerie que l’espoir de l’amadouer pour le convaincre de passer une heure avec lui. Pas toute sa vie, juste une heure. Pour que la jeune femme ramène encore quelques cerfs d’argent à sa tenancière, pour que celle-ci ne l’expulse pas du bordel où elle avait toujours vécu.
    La catin s’approcha du chevalier, toujours de dos. Elle posa sa tête sur son épaule, enroula ses bras autour du torse du jeune homme et, approchant ses lèvres de son oreille, la jeune femme chantonna ;
     

    "De sa colline, tout là-haut là-haut,
    Il chevauchait par les rues de la ville,
    Ruelles, escaliers, pavés,
    Chevauchait vers un soupir d'elle.
    Car elle était son trésor secret,
    Sa honte et sa béatitude.
    Et rien ne valent donjon ni chaîne
    Auprès d'un baiser de belle."

    La jeune femme desserra légèrement son étreinte après sa chanson, qui constituait le premier couplet de ce qu’avait précédemment chanté le chevalier. Mais ce répit fut de courte durée, et, tandis que les mains de la jeune femme descendait sur le corps du chevalier, celle-ci ajouta, murmurant à l’oreille du garçon ;
     
    - Tous les hommes meurent un jour... Mais peu parmi eux vivent vraiment. Je te ferai te sentir vivant, tu auras enfin l’impression d’exister avec moi, Adalrik Hawthome.



   
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Adalrik Hawthorne
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Message Sam 10 Aoû 2013 - 16:33

Adalrik resta de marbre. Il entendit les vaines paroles de la catin, se tenant droit et froid. Puis, les vers de la chanson le transpercèrent telles des lames de couteau, vrillant son cœur, vrillant le plus profond de son être. Comment cette prostituée osait dire qu’elle n’avait pas le choix ? Lui savait que, s’il était dans sa situation, prendrai la route après avoir vendu ses biens, s’embarquerait pour Volantis ou Braavos, et dans tous les cas il fuirait cette vie si… sordide.
Puis, vînt le fatal « Valar morghulis ».
- Tous les hommes meurent un jour... Mais peu parmi eux vivent vraiment. Je te ferai te sentir vivant, tu auras enfin l’impression d’exister avec moi, Adalrik Hawthome.
Exister ? Exister ! Il avait cessé d’exister le jour où Mina s’en était allée…
Mais pendant qu’elle prononçait ses mots, Maerie commença à promener ses mains sur son corps.
D’un geste violent il la repoussa. Elle recula, visiblement surprise. Adalrik dégaina sa dague.
- Adalrik ! Que t’arrives-tu, enfin ? s’écria ser Robert horrifié.
- Ce qu’il m’arrive ? Je vais montrer à cette catin une chose qu’elle n’est pas prête d’oublier, répondit-il froidement.
A présent, l’auberge elle-même s’était tut. Sous le regard de tous, du tenancier prêt à bondir pour défendre la jeune femme, à la jeune femme elle-même, il s’entailla la main, et son sang s’écoula sur le sol, en un petit flot régulier. Mais très vite, ce dernier se tarit.
- Ceci est la preuve indéniable que je suis vivant. Elle est la preuve indéniable que je me sens vivant : la douleur. Elle est là, nous habite, nous hante, possède nos cœurs, ronge notre âme, détruit tout ce qui nous est cher. Elle me prouve que je suis vivant.
Maerie le regardait fixement.
- Si je te faisais ressentir cette douleur, maintenant, y aurait-il un homme pour m’en empêcher ? Toi, une vulgaire roturière, aimée seulement de ceux qui achètent tes services ?
Sur ces paroles, Adalrik écarta les bras, et fit un cercle pour scruter la clientèle attroupée.
- Moi, j’le f’rai, ser.
- Moi aussi.
- Oui-da, on le f’rait tous !

Le jeune homme esquissa un pâle sourire, et se retourna vers la jeune femme.
- Maerie, ils ne t’aiment que pour ta beauté, ma pauvre. Toi qui ne fait pas ton métier par choix, toi qui ne te bats pas, toi qui ne vole pas, toi qui n’as pas foi en les dieux, ces bienveillants protecteurs. Et enfin, toi qui voudrais tellement passer du temps avec moi.
Il marqua une pause, rangea sa dague, et essuya sa main contre sa jambe.
- Le spectacle est terminé, braves gens, vous pouvez vous en aller.
Un à un, les badauds jetèrent un regard à Maerie, puis à Adalrik, et retournèrent finalement à leurs places, l’incident aussi vite fini qu’il avait commencé. La jeune femme le regardait toujours.
Il alla se rassoir en attrapant au passage la main de la prostituée. Elle se laissa faire, et il l’installa sur ces genoux, et l’entoura de ses bras d’un geste protecteur, comme un enfant serre sa mère. Si elle protesta ou tenta de se débattre, il ne s’en rendit pas compte. Ser Robert restait quant à lui bouche-bée, l’effet du vin ayant bien vite retombé. Puis, d’une voix incertaine, le vieux chevalier prit la parole.
- Adalrik… Plus je te côtoie, et plus je me dis que tu es tout simplement fou.
Il s’arrêta pour épier la salle. On leur lançait des regards hostiles, mais parfois curieux.
- Nous aurions pu avoir de gros ennuis ! Si le Guet serait passé par là… J’ai vraiment cru que tu allais lui faire du mal.
Adalrik secoua la tête, et continua d’ignorer Maerie, ne se rendant pas compte si elle tentait de saisir son poignard à son baudrier pour se défendre.
- Jamais je ne lui ferai mal. Mon cœur est trop noble pour cela, rit le jeune homme.
Il força Maerie à le regarder, et tînt son menton dans sa main encore quelque peu ensanglanté.
- Tu vas m’emmener avec toi, ma chère Maerie. Je te paierai, bien entendu, un dragon d’or, même. Et je vais te demander non pas d’accomplir ce pour quoi tu es faîtes, mais de me raconter ton histoire. Et peut-être nos deux cœurs battront comme un seul quand j’aurais écouté ton existence. Peut-être tes chaudes paroles feront fondre mon cœur… Comment disais-tu, Robert, de glace ?
Le vieux chevalier le regardé durement.
- Adalrik… Ton frère m’a chargé de prendre soin de toi. Je ne t’avais jamais vu comme ceci. Ne serais-tu pas rongé par une quelconque maladie ? Ou serais-tu simplement fou…
- Ni l’un ni l’autre, mon cher. Je vais juste profiter des plaisirs de la capitale, comme tu le dit si bien toi-même. Mais pas dans le sens où tu l’entendais. Rentre, sors-moi des ennuis si j’en ai. Je te laisse mes lames en gage de ma sainteté d’esprit.
Le jeune homme défit habilement sa ceinture alors qu’il était assis, et la tendis à son compagnon. Puis, il extirpa de sa bourse un dragon d’or, brillant, merveilleux. Adalrik se pencha, et murmura à son tout à l’oreille de Maerie.
- Maintenant, je vais entendre ton histoire. Amène-moi avec toi. Ou refuses-tu ?


Dernière édition par Adalrik Hawthorne le Sam 24 Aoû 2013 - 18:17, édité 3 fois
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Message Lun 19 Aoû 2013 - 18:10


    Maerie s’y attendait, bien sûr, à ce que le jeune  homme la repousse. Mais pas à ce qu’il sorte si violement sa dague en ne cessant de fixer la prostituée. La façon dont le chevalier s’entailla la main la fit frissonner, tout autant que les mots qu’il ajouta.

    - Si je te faisais ressentir cette douleur, maintenant, y aurait-il un homme pour m’en empêcher ? Toi, une vulgaire roturière, aimée seulement de ceux qui achètent tes services ?

    La jeune femme restait immobile, terrorisée. Il lui était arrivé de se faire menacer de la sorte bien sûr, elle avait même manqué de se faire tuer étant gamine.  Cependant, les mots du chevalier qui la frappaient lui faisaient davantage de mal que si il avait planté son arme en plein cœur. Il avait raison. Elle n’était rien, elle n’avait rien. Elle n’avait rien accompli de sa vie. Et si les protestations de ses clients présents à la taverne l’emplirent de gratitude, elle savait qu’Adalrik avait dit vrai. Il pourrait la tuer, personne ne la regrettera. Il en existait des centaines, des milliers comme elle, à Port-Réal. L’espace d’un instant, Maerie se mit à souhaiter être une toute autre personne. Une femme aimée, au futur prometteur. Pas la prostituée de Port-Réal, qui vendait ses charmes rue de la Soie. Mais elle le savait, jamais elle serait cette autre femme.

    A la fois abasourdie et assommée par la scène qui venait de se produire, Maerie se laissa entrainer sans résistante par le jeune chevalier, qui l’assit sur ses genoux. Elle avait envie de crier, de se débattre, de fuir loin de cet homme qui lui avait fait réaliser qu’elle n’était qu’un objet auquel on ne pouvait que temporairement s’attacher. Pourtant, son étreinte avait quelque chose de rassurant, d’apaisant. Et elle restait là, muette, immobile.
    Lorsque le chevalier lui attrapa le visage, Maerie sentit le sang, poisseux, se coller à son cou. Mais elle ne se débattit pas pour autant, et regarda sans le voir le chevalier, entendant sans écouter sa requête. Elle discerna à peine la discussion animée entre le jeune chevalier et son ami, débattant de la sainteté d'esprit du plus jeune des deux. Ce n’est que lorsqu’il murmura à son oreille, que la prostituée s’anima enfin. Sans un mot, elle se leva des genoux d’Adalrik, et sorti de la taverne. Elle sentait le jeune homme la suivre le long de la rue qui menait au bordel, mais elle ne se retourna pas. La prostituée entra dans la maison close, le regard morne, le cou encore taché de sang. La tenancière accouru, les yeux écarquillés de colère, et se jeta sur Adalrik qui entrait à son tour.

    - Que lui avez-vous fait ? Vous l’avez agressée ? – elle se tourna vivement vers Maerie – Ma chérie, il t’a fait du mal ? – la tenancière reporta son attention sur le jeune homme et le secoua comme un prunier – Je vous tuerais si vous lui avez fait du mal, vous m’entendez ?

    - Il ne m’a fait aucun mal maman, je t’assure. – intervint Maerie d’une voix lasse. Et il ne m’en fera pas. Il n’a plus d’arme, regarde. Laisse-le monter avec moi.

    La tenancière parut hésiter, voulut discuter l’affirmation péremptoire selon laquelle un homme ne pouvait blesser qu’avec des armes, mais elle laissa faire, sans pour autant effacer son regard empli d'appréhensions. Maerie emprunta alors l’escalier qui menait au premier étage, et arriva sur le palier. Elle parcouru le couloir étroit en bois, aux nombreuses portes closes, sourde aux divers bruits suggestifs qui se faisaient entendre à travers les panneaux. Enfin, elle poussa une porte située à l’extrémité du couloir et disparue dans la pièce. La chambre était telle qu'elle l'avait laissé en partant à la recherche de clients, le matin même. Le lit était défait, la fenêtre laissait passer le soleil par un seul des battants ouverts. Maerie s’assit devant sa coiffeuse, la tête baissée, sans se retourner, laissant Adalrik pénétrer à son tour dans la chambre et s’asseoir là où il le désirait.
    Après un long silence, la prostituée se retourna enfin, et, fixant le chevalier pour la première fois depuis qu’elle y avait été contrainte à la taverne, prit la parole.

    - Je n’ai pas d’histoire, ser. Là est bien toute la tristesse de mon existence. Crois-tu que j’aurais choisi ce métier si j’avais des parents, une famille, des biens ? Je n’ai rien de tout cela. Ma mère m’a abandonnée, et je n’ai jamais connu mon père. La femme que tu as vu en bas, c’est celle qui m’a recueillie, et élevée. J’ai grandit ici oui. Alors, y rester, quoi de plus logique ? Et même si je souhaiterais de tout mon cœur être aimée pour ce que je suis, comment le pourrais-je, puisque comme tu l’as dit, les hommes que je fréquentent n’aiment que mes charmes ? Comment pourrais-je partir puisque je ne touche aucun des cerfs d’argent que je gagne ? – Maerie sourit, à travers son visage dévasté par les larmes -. Vraiment, Adalrik Hawthorne, tu croyais que je gardais le fruit de mon travail ? Que je pouvais partir quand je le souhaitais après m’être constituée un petit capital ? Que tu es naïf. Je suis prisonnière ici, condamnée à être aimée par des hommes durant une heure, ou une nuit.

    La jeune prostituée se leva, marcha quelques instants en tenant de retenir ses larmes qui dévalaient ses joues. Elle se planta face à la fenêtre, dos au chevalier, regardant le ciel.

    - Mais toi tu n’es pas comme cela. Tu ne m’aimes même pas pour ce que je vends. Toi, tu cherches  à me connaître. Je ne sais pas pourquoi, par charité peut-être ? Te fais-je penser à une autre femme ? Cherches-tu à jouer le héros, à me sauver d’une triste destinée ? Moi je te suivrais, où que tu ailles. – Maerie esquissa un sourire – Mais tu ne le feras pas. Tu me laisseras là, hein ?

    La prostituée se retourna enfin, et, plantant son regard dans les yeux sombres du chevalier, murmura d’une voix tremblante.

    - Je n'ai pas peur de mourir. J'ai peur de demain. J'ai... j'ai peur de te regarder prendre la mer en sachant que tu ne reviendras jamais.




   
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Adalrik Hawthorne
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Message Sam 24 Aoû 2013 - 19:25

Lorsque Maerie se leva, un sombre sourire de triomphe passa sur le visage d’Adalrik. Sans se retourner, elle sortit de la sinistre taverne, et s’avança dans la rue.
Le jeune homme la suivait, simplement, et ne prêtait pas attention à ce qui l’entourait. La catin l’emmenait vers la Rue de la Soie. Il ne voyait ni les autres filles de son engeance s’agiter sur des balcons, ni les autres hommes venant louer leur service. Il ne faisait que marcher, la silhouette gracieuse devant, son monde derrière. Il flottait, légere, une délicate brise empli d’air marin et des odeurs nauséabondes de la ville. Au bout d’un certain temps – des secondes, minutes ou heures, qui pourrait le dire ? – ils arrivèrent au bordel.
La tenancière, une femme d’un certain âge, l’agressa, vociférant ses questions sans le moindre intérêt, le secouant plus que de raison. Lui se contentait de sourire, les yeux dans le vague. Enfin, lorsque Maerie prit la parole, elle sembla enfin se calmer.
La jeune femme l’entraîna dans les hauteurs du bordel. Ils marchèrent un instant, longeant les portes de ce sinistre endroit. Puis, finalement, elle entra dans la porte du fond couloir. Il n’étudia pas un seul instant la pièce. Un lit, du mobilier…
Adalrik s’installa dans un petit fauteuil, les doux rayons du soleil jouant dans ses cheveux. Après ce qui lui paru des heures, la jeune femme commença son discours.
Son magnifique visage, dans la taverne rayonnant, se crispait désormais de douleur sous le poids des larmes. Elles lui dévalaient les joues et noyaient ses yeux vert dans un scintillant torrent, accompagnant les mots qu’elle prononçait. Son discours était stupide. Empreint de vérité, certes, mais stupide. Il la laissa néanmoins continuer. Elle se leva, passa à une poignée de centimètres de lui, et perça le ciel de son regard. Maerie poursuivit, et ses paroles le firent rire intérieurement. Il ne serait pas un héro, mais son héro… Son héro, oui, elle avait raison, qui ne la sauverait jamais des Sept Enfers…
Enfin, elle se tourna vers lui, et finit sa plaidoirie, son discours, sa justification… Et c’est lui qu’elle appelait naïf ? Elle qui s’était, pour le moment, éprise de sa personne ? Après un instant, Adalrik répondit :
- Je ne viens pas de la mer, douce dame, mais de la route de l'Or.
Il détourna son regard de celui de la jeune femme, qui lui semblait être trop profondément ancré dans les tréfonds de son âme.
- Tu n’es pas à ta place dans ce sordide endroit, c’est une certitude. Ta beauté n’est pas à sa place, ton intelligence n’est pas à sa place… Et dans tous les êtres des Terres de la Couronne non plus, peu le sont. Personne n’a sa place ici. Les fermiers veulent devenir marchands. Les marchands rêvent d’être nobles, et les nobles deviennent guerriers. Personne n’est content d’être ce qu’il est. Mais oui, je cherche peut-être à te connaître, et peut-être me tu me fais penser à une gente dame de ma connaissance. Et finalement, oui, je te laisserai ici. Oui, je vais t’abandonner à ton sort ; oui, je ne verserai pas une seule larme pour toi ; mais oui, je penserai à toi lorsque tard le soir, avec la lune pour seul témoin, je rejoindrai ma couche solitaire.
Adalrik se leva, prit les mains de Maerie dans les siennes, et les contempla un long moment avant de reprendre.
- Et je vais te dire une chose : n’oublie pas de désespérer. Si tu oublies tes rêves ou tes aspirations, que tu te plies à ta dure routine, que tu chasses tes sentiments les plus profonds pour laisser ton esprit partir au loin lorsque des hommes loueront tes services, tu cesseras d’exister. C’est là que le désespoir entre en jeu. Il te fait souffrir, mais te ramène à la réalité. Alors que l’amour, lui, tisse de perpétuelles illusions devant tes yeux. L’amour, ça fait écrire des chansons et des poèmes. L’amour aveugle les héros, et les laisse tomber de leur Trône. Le désespoir, ça fait écrire des chansons et des poèmes. Le désespoir, c'est ce qui fait les héros.
Le jeune homme lui lâcha les mains, et n’ajouta pas un mot. Puis, lentement, il alla jusqu’à la coiffeuse, et déposa le dragon d’or d’un geste presque maternel, bienveillant. Il se tourna vers la catin.
- Garde ceci. Je parlerai à ta mère adoptive, sans mal, bien sûr.
Il retourna vers Maerie, et la serra dans ses bras.
- Je t’écrirai, je te le jure. Et si tu ne sais lire, tu trouveras quelqu’un qui le peut. Te t’appellerai « Ma Dame », te ferais oublier un instant ta condition lorsque tu découvriras mes mots. Mais jamais je ne pourrai t’emmener dans ma demeure.
Il la relâcha.
- Mon frère cherche désespérément à me marier, et il te chasserait dès qu’il aurait compris ton… métier. De plus, même si je t’ai dit le contraire, je suis certain que des personnes t’aiment réellement, des personnes plus dignes que moi. Alors sur ces belles paroles, je dois te laisser, ma chère. Je dois retourner à ma sombre et vide chambre de château, écouter mon valeureux frère vanter ses valeureux exploits, et puis plus tard, tenir de longs discours dénués de sens à la femme gloussante qui me servira d’épouse. Mais sache que dans mon cœur, tu trouveras toujours ta place.
Sans un mot de plus, il prit la porte, sans se soucier de savoir si Maerie tentait désespérément de le retenir. Il passa en trombe devant les autres portes et dévala l’escalier.
Il trouva la tenancière au rez-de-chaussée. Adalrik se dirigea vers elle, et lui glissa  doucement :
-  Ne cherchez pas à prendre à Maerie son argent, ou vous le regretterez, croyez-moi.
Il ne lui accorda pas un regard, et sortit du bordel.
De la ville, lui vînt les mêmes relents que lors de sa « traversée » avec la jeune catin, mais cette fois-ci, les larmes lui montèrent aux yeux, et il hoqueta de dégoût. Il se tourna une dernière fois vers la maison close, et fixa les fenêtres entrouvertes, et se dit qu’il avait commis l’une des plus grosses erreurs de sa vie en laissant Maerie derrière lui.


Il n'y a pas de monstres. Les seuls qui existent sont ceux que nos nourrices nous inventent lorsque, enfant, nous réclamions des histoires. Plus tard, ces êtres grandissent dans les esprits, et c'est alors qu'ils prennent vie... A.C

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Message Lun 30 Sep 2013 - 20:53



    Maerie ne chercha pas à retenir le chevalier lorsque celui-ci lâcha ses mains, ni lorsque leur brève étreinte se termina – trop vite. Elle ne fit pas un geste quand Adalrik sorti de la pièce sans un regard pour elle. Elle le regarda simplement, du haut de sa fenêtre, retourner d’un pas assuré de là où il venait. De son monde, bien loin du bordel où il venait de mettre les pieds. Loin de la vie de Maerie.
    La jeune prostituée se détourna de la fenêtre rapidement, avant que le chevalier soit hors de vue, tant la vision de cet homme l’abandonnant était insoutenable. Maerie ne vit pas le regard triste que le jeune homme lança dans sa direction. Elle s’avança vers sa coiffeuse et saisi le dragon d’or que l’homme y avait laissé. Maerie tourna longtemps la pièce entre ses doigts fins. Cet argent, elle ne l’avait pas gagné en vendant ses charmes, et c’était une sensation étrange. Elle savait qu’Adalrik était différent, intègre. Maerie lui avait rapidement fait confiance, bêtement, parce qu’elle pensait qu’il pourrait réellement changer sa vie. Elle avait envie de croire que cette rencontre la sortirai de sa vie de catin. Elle ne s’autorisait pas à y penser, normalement. Mais elle avait eu la folie de se l’imaginer un instant, une seconde de trop. L’homme avait été clair, jamais elle ne serait sa dame, jamais elle ne serait sa femme, et jamais il ne l’emmènerait avec elle. Peut-être que le chevalier n’avait pas deviné à quel point ses mots étaient destructeurs. A quel point ce rejet était dur à encaisser pour la jeune femme. Une prostituée n’était non seulement pas respectable, mais il était impossible de l’imaginer respectable un jour. Elle était condamnée à rester dans la bassesse de sa condition, prisonnière d’un terrible cercle vicieux sans échappatoire.

    Dans les jours et les mois qui suivirent, Maerie passa de longues heures assise à sa coiffeuse, le dragon d’or emprisonné dans ses mains. Elle se demandait si Adalrik avait reprit la route, si il était rentré sain et sauf chez lui, dans son domaine, loin d’elle. Si il avait regretté la rencontre avec la jeune femme. Si il regrettait de l’avoir laissé. Si il pensait à elle. Si son frère avait trouvé une femme pour le chevalier. Si la prétendante était belle, intelligente, élégante. Si elles avaient des traits communs, la noble et la catin. Si Adalrik aimerait que sa femme ressemble à la prostituée qu’il avait jadis rencontré au détour d’une taverne.

    La vie de Maerie ne changea donc pas du tout au tout, comme elle s’était pris à le rêver le jour où elle avait rencontré le mystérieux et insondable Hawthorne. La prostituée reprit rapidement la routine qu’elle connaissait depuis qu’elle vendait ses charmes au bordel de Port-Réal. Bien vite, sa rencontre avec Adalrik ne devint qu’un souvenir brumeux, et c’était avec peine qu’elle se remémorait désormais son visage, ses mots, parfois doux, parfois blessants de vérité. Il ne lui restait de lui que le dragon d’or, qu’elle gardait précieusement dans sa coiffeuse. Étrangement, la tenancière ne le lui avait jamais réclamé l’argent du moment passé avec le chevalier. La prostituée ignorait si ce dernier y était pour quelque chose.
    Pendant un temps, certains clients lui rappelaient le chevalier, par des aspects aussi divers que leur voix, leurs yeux, leur visage, leur chaleur. Mais ces similitudes que la jeune femme notait disparurent au fur et à mesure qu’Adalrik devenait un souvenir. Bientôt, ces clients ne la troublèrent plus comme ils le faisaient avant.

    L’apprivoisement du chevalier par la catin s’arrêta aussi brutalement qu’il avait commencé, avec l’issue que l’on pouvait attendre ; perdu d’avance. L’affrontement de deux mondes, de deux Etres aux valeurs opposées, se traduisit par une expérience intense et douloureuse, pour ces deux jeunes gens persuadés que personne ne pouvait les ébranler.


{RP terminé}


   
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