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« Les plus belles découvertes cesseraient de me plaire si je devais les garder pour moi. »

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Ashara Voi
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Trois léopards noirs sur une pile jaune, sur champ orange

♦ Missives : 246
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Message Mer 17 Juil 2013 - 18:35

Il fait chaud comme toujours à Dorne, le soleil est déjà haut alors que le matin est à peine entamé. Ashara est déjà debout dans la chambre qu'elle partage avec sa sœur. Une partie de sa famille est de passage à Lancehélion, son père est venu ici afin de présenter ses respects au Prince de Dorne et lui faire savoir – une fois de plus – qu'il a toute sa fidélité. Si au départ l'idée n'a pas enchanté la jeune femme, elle a rapidement compris que c'était le moyen de voir un peu de paysage. Son frère aîné ainsi que le deuxième né de la fratrie sont restés à Voi avec leur mère pour veiller sur le domaine, mais cela ne suffit pas à gâcher le plaisir d'Ashara.

Celle-ci s'éclipse rapidement de la chambre, descendant dans la salle principale de l'auberge où son père a décidé de s'arrêter. C'est un bel endroit, une famille de Dorniens Salés tient les lieux et la Voi a eu l'occasion de converser alors l'une des filles du propriétaire, une demoiselle légèrement plus âgée qu'elle, beaucoup plus belle, mais surtout très agréable. Ashara espère la revoir, mais après l'avoir cherchée du regard elle est forcée de constater que la demoiselle n'est pas ici. Dommage. Elle ira visiter Lancehélion seule dans ce cas ! L'idée de prendre Karolei – sa petite sœur – avec elle lui effleure l'esprit, puis elle se souvient du fait que la jeune femme n'aime pas beaucoup marcher et qu'elle a tendance à trop attirer l'attention. Son but n'est pas de se faire arrêter par les gardes après s'être faite agressée par des voyous désireux de lui voler ses affaires, non, elle veut découvrir la ville. Tout simplement.

Bien décidée à mener ce désir à son terme, la jeune femme remonte rapidement dans sa chambre pour constater que sa cadette n'est plus là : elle doit certainement être occupée à s'apprêter dans la salle où se trouvent les baquets d'eau pour le bai. Tant mieux ! Au moins Ashara ne sera-t-elle pas gênée.
Sans perdre davantage de temps, la Dornienne se défait de sa robe avant d'enfiler une tenue plus adaptée au vagabondage : une tunique couleur sable faite dans un tissu solide et assez léger pour laisser passer le vent. Le plus important étant bien sûr qu'en chausses elle sera plus à l'aise qu'en robe. Histoire de parfaire sans tenue, Ashara tresse grossièrement sa chevelure revêche de manière à ce qu'aucune mèche ne vienne altérer sans vision, puis elle s'éclipse le plus discrètement possible. Bien entendu, la Dornienne n'a emporté aucune arme, contrairement à ce que tout le monde semble croire, ce n'est pas aisé de se déplacer avec une dague dissimulée sous ses vêtements. Ou du moins Ashara n'y arrive pas. De plus, il est inutile de préciser que si par malheur elle venait à être arrêtée, la Dornienne n'aimerait pas se faire ramener auprès de son père armée d'une dague.

C'est donc pleine de motivation que la jeune femme s'élance dans la rue déjà bondée. Avoir grandi à Voi l'handicape beaucoup, elle ne connaît que peu les grandes villes et risquera d'avoir du mal à s'y retrouver si elle venait à ses perdre. Alors que ses pieds foulent le sol sableux de Lancehélion, l'attention de la jeune femme est attirée par deux dames en train de glousser derrière leurs mains. Ce que certaines de ses semblables peuvent être risibles, heureusement que sa sœur n'est pas du même acabit ! Ashara lève les yeux au ciel d'un air lassé avant de tourner la tête pour suivre leur regard – après tout autant savoir ce qui transforme une Dornienne en dinde – puis pose les yeux sur une silhouette vêtue presque de la même manière que celles autour d'elle. Une masse de cheveux longs et foncés lui tourne le dos et Ashara l'observe en silence, plantée au milieu de la rue jusqu'à ce que quelqu'un lui rentre dedans.

« Hey ! Faites attention ! »

L'homme qui vient de la bousculer lui décroche un regard contrarié et Ashara juge préférable de décamper, elle se dirige donc vers la silhouette inconnue au moment où l'homme - puisqu'il semble que s'en est un, même de dos - se retourne pour prendre une autre direction et fendre la foule. La Dornienne a juste le temps d'apercevoir le visage de l'individu qui semble marqué d'une expression commune à celle des voyageurs qui passent par Voi. Quelque chose de spécial semble émaner d'eux, comme si le fait de ne pas avoir de foyer fixe les avait rendus uniques. Aussitôt, la curiosité de la jeune femme est piquée, elle s'imagine déjà toute une foule de choses, est-ce un homme qui offre sa lame – ou sa lance vu qu'il semble être Dornien – à qui veut l'embaucher ? A-t-il voyagé au-delà des frontières de la péninsule de Dorne ? Les questions se bousculent dans sa tête et sans trop réfléchir, la Dornienne emboîte le pas à l'inconnu en le suivant, quelques mètres en retrait pour qu'il ne remarque pas son intérêt. Pourquoi ? Aucune idée, elle veut essayer de voir cet homme de plus près sans pour autant l'aborder, Ashara a déjà tellement été rabrouée dès qu'elle a eu l'audace d'aborder des gens sans se présenter sous son titre de dame, elle ne tient pas à réitérer l'opération immédiatement. Persuadée d'être la discrétion faite femme, la noble piste donc l'homme qui marche dans les rues de Lancehélion, s'arrêtant de temps en temps pour faire mine d'observer une marchandise sur un étal lorsqu'elle voit que l'homme s'attarde à un endroit.

Consciente d'agir comme une enfant, Lyra se presse de chasser les pensées qui essayent de la rappeler à la réalité, ce n'est pas comme cela qu'une noble dame doit se comporter ! Mais sa mère pas là pour lui tirer les oreilles dès qu'elle regarde un étranger de manière trop insistante.

Après avoir pisté l'homme quelques instants, la Dornienne se lance finalement. Elle se hisse à sa hauteur, puis se plante à ses côtés avant de le scruter d'une manière particulièrement insistante. Il va bien finir par devoir la regarder, puis comme pour le convaincre de ne pas l'ignorer, la Sableuse lève la main pour la poser sur le bras de l'étrange personnage et lui lâcher quelques mots.

« Vous avez voyagé n'est-ce pas ? Je veux visiter cette ville, est-ce que vous pouvez m'accompagner ? »

Une demande singulière, surtout à un homme qu'elle ne connaît pas, mais peu lui importe : tout ce qui compte est d'obtenir ce qu'elle désire.


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Message Ven 19 Juil 2013 - 15:05

« La connaissance de la vie est comme le sable : elle ne salit pas. »
Le sable ne salit jamais. Mais il reste toujours des marques indélébiles sur les visages de ceux qui l'ont plusieurs fois affronté. Les traits sont burinés et modelés lentement par les grains portés par le vent, la peau, asséchée par les multiples assauts ardents du désert. Les lèvres, craquelées et les yeux, brûlés par la chaleur insoutenable qui y règne.  Un enfer sur terre, devant lequel plusieurs des plus grands guerriers ont dû déposer les armes.
Et pourtant, Ygon aimait le désert. Il était synonyme de liberté pour lui. Une pure liberté, que même le danger ne pouvait corrompre. Il aimait aller dans le désert. Il aimait y voyager. De son plein gré. Mais, étrangement, il n'aimait pas quand on l'y envoyait. Surtout quand c'était lui, qui l'y envoyait.
Son frère Ari ne se déplaçait que rarement en personne jusqu'à Lancehélion. Après tout, il ne s'agissait que d'aller retrouver quelques soldats disparus, autrement dit, des déserteurs. La famille ne pouvait se permettre de perdre des hommes en ces temps troublés. Craignant la ruine, la plupart se réfugiaient chez les Martell, plus riches et plus puissants : il fallait donc les retrouver et les convaincre de revenir. Et qui mieux que toi, Ygon, peut s'acquitter de cette tâche ? S'était amusé Ser Santagar, il y a quelques heures. La pique avait fait naître un sourire grimaçant sur le visage du concerné. Oui, qui mieux que lui pour savoir ce que pouvait bien ressentir les fuyards ? Son frère prenait un peu trop de plaisir à le lui rappeler de temps en temps. Ce n'était pas exactement comme s'il ne l'avait pas cherché, après tout. Mais, aujourd'hui, il se serait bien passé de suivre une fois de plus les ordres de son aîné.
Ygon n’avait rien, à proprement parler, contre la ville de Lancehélion. Il appréciait l’agitation constante qui y régnait, les gens souvent joviaux qui y vivaient, et même l’odeur lourde des vins d’étés qui donnaient des maux de têtes aux étrangers. Il aimait la chaleur étouffante des marchés, la sècheresse et l’ombre rare dans les ruelles. Aller à la forteresse, revenait à aller voir son amante – de longue date, désormais – la fière Sarya Sand, maîtresse d’armes des Martell. Il lui arrivait aussi de faire de belles rencontres, des retrouvailles houleuses ou joyeuses, ou même, de provoquer quelques petites batailles dans les tavernes... Oui, Lancehélion était un endroit où il lui semblait bon vivre. Mais s’y aventurer signifiait aussi, arpenter des terres où les souvenirs pouvaient s’avérer particulièrement douloureux. Ses yeux fuyaient la citadelle à chaque fois qu’il s’y rendait, la nostalgie suivait chacun de ses pas. L’espoir était mort. Et pourtant, il s’attendait toujours à la voir surgir à une fenêtre, ou sur un balcon. Torture de l’esprit qu’il ne pouvait que subir.

Il était arrivé en fin de nuitée, lorsque les premières lueurs du jour commençaient à arpenter les vallons de sable. Il avait chevauché toute la nuit, faisant corps avec son cheval noir - l’Ombre, comme il aimait l’appeler. Malgré ses quelques années de bons et loyaux services, sa monture n’avait en rien perdu de son endurance et de sa vélocité. Le maître et l’animal était tous les deux harassés, une fois arrivé à destination. Ygon avait laissé le vaillant destrier dans l’écurie habituelle, après l’avoir pansé et nourri avec soin. Il n’aurait laissé cette tâche à personne, ne faisant confiance qu’à lui-même lorsqu’il s’agissait du bien-être de ses compagnons.
Lui-même ne s’était pas préoccupé de son propre cas ; en cette heure avancée (pour lui), de la matinée, il était encore marqué par le sable, ses vêtements violet sombre avaient pâli sous les violentes bourrasques glaciales du soir. Autrement dit, il se démarquait donc particulièrement dans la foule bigarrée qui se bousculait dans les rues et il n’était pas pressé d’y remédier : éviter la citadelle était pour le moment, son principal objectif. Ce jour-là, tous les hommes avaient fait l’effort de laver leurs vêtements pleins de poussières, les femmes s’étaient parfumée et avaient huilé leur chevelure de soie noire. Et lui, plein de poussière, les cheveux emmêlés, le turban de travers, couvrant encore négligemment un pan de son menton, se baladait parmi tout ce beau monde, indifférent aux regards accusateurs qu’on lui lançait.
Aeron l’avait rejoint aux portes de la ville. Le beau rapace était juché sur son épaule, habitué aux mouvements harmonieux des muscles sous ses griffes. Il restait immobile, mais ses yeux, semblables à celui de son maître, suivait chacun des mouvements suspects qui agitaient la ville. Parfois, il agitait des ailes d’un air agacé, préférant sa solitude coutumière à cette soudaine affluence. L’index du cadet Santagar s’égarait parfois sur le bec de l’animal, comme pour le calmer. L’animal et lui formaient un tableau des plus intrigants et quelques regards curieux se posaient parfois sur eux.

L’homme passa devant un groupe de jeunes femmes curieuses, qui avaient remarqué l’étrange comportement du rapace et de son compagnon. Elles devaient être d’une famille noble quelconque, car elles portaient des bijoux et leur peau était trop pâle pour être celles de paysannes. Devant leur regard naïf, il ne put s’empêcher de sourire en coin, leur lançant un regard bienveillant. Lorsqu’il se détourna, il entendit quelques gloussements qui le firent presque rire. Il n’avait pas cherché à attirer leur attention : pour lui, ce sourire était un gage mineur de séduction, inoffensif. Ce genre de sourire ne coûtait rien, s’il ne s’accompagnait pas d’un regard un peu trop insistant… il l’avait appris à ses dépends autrefois. A cette pensée, il se rembrunit et un regard nostalgique dût accompagner ce brusque changement d’humeur. Plongé dans les réminiscences d’un passé trop lourd, il ne remarqua pas tout de suite qu’il était suivi. Les Sept comptent pourtant combien de fois on a voulu le suivre sans se faire repérer… sans y parvenir. L’homme avait une sorte de sixième sens pour sentir ce genre de choses : l’instinct, d’une certaine façon. Les animaux qu’il avait dressés avaient dû déteindre sur lui, à la longue. Mais l’instinct n’était pas son fort ce matin-là. Il ne remarqua donc la présence que quelques minutes plus tard. Surpris, il observa à son tour l’étrange limier qui était en train de le filer.

Une femme sans doute, au vu de la longue tresse qu’il voit voleter de temps en temps dans son champ de vision. Mais il ne remarque pas les plis d’une robe, alors il se mit à douter et à jeter des coups d’œil de plus en plus fréquents derrière lui. Son faucon fait un peu de même, sensible à l’agitation de son maître. Finalement, intrigué par cette étrange filature qui dure un peu trop longtemps, il s’arrête à un étal, faisant mine de s’intéresser à une petite dague rouillée à qui personne ne fait vraiment attention. Il ne sent plus qu’il ne voit l’Autre approcher et ne bouge pas, même lorsque le regard insistant de l’inconnu fait crier son faucon gerfaut. Finalement, il sent une main légère se poser sur son avant-bras. Surpris, Ygon frissonne un peu : ce contact amical est un peu familier à son goût, si semblable au Sien. Lentement, il tourne ses yeux d’onyx vers la jeune femme – car il ne peut plus vraiment se tromper désormais.

« Vous avez voyagé n'est-ce pas ? Je veux visiter cette ville, est-ce que vous pouvez m'accompagner ? »
Il en reste silencieux. Rare occasion. Il ne manque jamais de répartie, mais l’abord était trop surprenant pour qu’il trouve de quoi répondre tout de suite. Son regard sombre détaille en premier lieu la personne qui lui faisait face : un réflexe depuis l’enfance. Il ressemble vaguement à un oiseau de chasse quand il étrécit ses yeux, des prunelles brillantes à qui rien n’échappe. Il remarque donc la tenue passe-partout de l’inconnue, les cheveux abimés et l’aspect un peu sauvage de celle qui lui fait face. Mais il remarque également le noble port de tête, les yeux sombres, l’assurance et le culot dont elle fait preuve en l’abordant. Il hésite entre se trouver devant une roturière curieuse, ou une noble en quête d’aventure. Mais les roturières de Lancehélion connaissent la ville mieux que leur poche, et il sait reconnaître un noble quand il en voit un. Quant à lui, elle ne sait pas pour qui elle le prend, mais il ne s’en soucie guère, habitué à l’anonymat et à la discrétion. Ça ne changerait rien à sa réponse de toute façon. Pensif, sans la lâcher du regard, il tire un peu le turban violet qu’il porte autour de son cou, le desserrant et libérant totalement sa mâchoire. Sa tête se penche légèrement sur le côté quand la voix grave et posé du chasseur s’élève dans le brouhaha de fond.
« A votre place, je ne m’inquièterais pas trop d’être seule dans Lancehélion aujourd’hui, Mademoiselle. Mais je me ferais plus de souci pour les gens qui habitent ici, si vous avez pour habitude de prendre en chasse tous les dorniens qui y passent… »
Un sourire éclatant accompagne cette légère plaisanterie. Ygon dégage machinalement un pan de tissu tout en continuant de parler, gênant l’oiseau va se percher sur l’étal le plus proche avec un cri outragé.
« Mais si vous y tenez tant, je me ferai un plaisir de vous accompagner : je ne suis pas sûr que tous les étrangers réagiraient avec le même calme que moi en se sentant suivi par une jeune fille aussi… perspicace que vous. »
En effet, il est un peu désarçonné par le fait qu’elle l’ait identifié comme un voyageur aussi rapidement : l’état de ses vêtements et ses cernes y jouent sans doute un rôle important. Il ne peut s’empêcher de lâcher une sorte de rire de gorge en pensant à la tête qu’il doit avoir. Amusant, sans doute, c’est à se demander si le noble trentenaire a toujours l’air du célèbre cadet des chevaliers Santagar. Et c’est presque tant mieux, il n’a aucun intérêt à ce qu’on le reconnaisse, sa présence ici devrait rester secrète s’il veut retrouver les déserteurs.
« Je suis effectivement… une sorte de voyageur, oui. Maintenant que j’en suis à vous raconter ce que je fais de ma vie, autant me présenter : mon nom est Ygon. A vous de me donner le vôtre. »
Il n’a pas dû ciller une fois des yeux depuis le début de sa tirade. Sa curiosité a été piquée au vif et il est impatient de voir à qui il a affaire : les Histoires des autres sont toujours passionnantes. Sa mission attendra.
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Ashara Voi
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Message Sam 20 Juil 2013 - 16:29

Le regard de la jeune femme est centré sur l'étranger – tout homme n'étant pas natif de Voi en est un à ses yeux. Que va-t-il répondre ? Est-ce qu'il compte refuser sa requête ? Ashara sait parfaitement que son entrée en matière n'est pas des plus délicate, mais elle n'a jamais vraiment été capable de faire preuve de tendresse ou d'élégance, elle est trop rêche pour y parvenir. Son souffle s'interrompt brièvement alors que l'homme dégage légèrement son visage du turban coloré qui camouflait en partie ses traits et la Dornienne ne peut s'empêcher de sourire d'un air ravi. S'il comptait refuser sa demande, il n'aurait pas pris la peine de lui répondre. Quoique... La réponse qu'il lui fait alors laisse penser qu'il semble de bonne humeur. Une excellente chose, car Ashara ne compte pas lâcher l'affaire aussi aisément ! Tomber sur un personnage amical et avenant serait un bon début. Silencieuse et attendant le verdict, la Sableuse détourne brièvement son regard lorsque l'oiseau perché sur l'épaule du voyageur s'envole pour aller se poser plus loin. Est-ce une demoiselle jalouse de voir une humaine tenter de s'approprier son maître ? L'idée la fait sourire alors qu'Ashara regarde à nouveau vers l'étranger qui accepte sa requête sans même protester. Il faut avouer que la Voi ne s'y attendait pas et elle ne dissimule pas sa surprise en inclinant légèrement sa tête sur le côté comme si elle cherchait à comprendre quelque chose. En finalité, lorsque la discussion se termine sur des présentations en bonne et due forme, la noble se redresse comme pour se donner de l'importance – un tic idiot elle le sait bien – avant de relever le menton pour répondre d'un ton guilleret.

« Ashara ! Je viens de Voi, dans le désert. Mais vous aviez certainement deviné ce détail. » Elle sourit doucement, à ses yeux les individus qui voyagent sont capables de deviner d'un simple coup d’œil quelle est l'origine de leur interlocuteur ! Bon, chez les Dorniens la tâche était facilitée par la couleur de leur épiderme, mais c'était sans importance. « Et il semblerait que je ne sois pas aussi perspicace ou douée que je le pensais. M'aviez-vous repérée depuis le début, ou est-ce que j'ai au moins réussi à rester un minimum discrète ? » Ashara n'est pas de celles qui se vexent lorsqu'elles ne sont pas aussi fortes qu'elles le pensaient. En réalité la jeune femme est même très pragmatique avec ses compétences : elle sait qu'elle n'a jamais vraiment quitté le cocon familial et qu'elle est aussi inexpérimentée qu'un oisillon tombé du nid. « Quoi qu'il en soit je vous rassure, je ne prends pas n'importe qui en chasse, mais vous devez parfaitement savoir que vous n'avez rien d'un Dornien lambda. Pas pour moi en tous les cas. »

Elle ne cherche pas à le flatter ou le charme, ce n'est pas son genre. Non, Ashara dit simplement ce qu'elle pense. Elle est ainsi, ce comportement peut en déstabiliser ou en gêner certains, mais la Dornienne est une personne entière. La jeune femme ne comprend pas réellement toutes les subtilités de la politique, lorsqu'elle pense quelque chose, elle a besoin d'en informer son interlocuteur et le premier concerné. Ce n'est pas uniquement avec les points positifs bien entendu, lorsque la Sableuse n'aime pas quelque chose, elle insiste sur ce point et le dit clairement de manière à être certaine que l'autre comprenne bien qu'elle pensait de cette situation.

Puisque l'homme a accepté de l'accompagner et de lui faire part de ses connaissances, la demoiselle entre directement dans le vif du sujet. Écartant ses bras comme pour désigner l'ensemble de la ville, la noble promène son regard d'ébène sur les environs.

« Et par où me conseillez-vous de débuter cette visite ? » Elle glisse son regard sur le visage avenant de l'homme prénommé Ygon. « Je veux visiter ce que je ne vois pas tous les jours, je n'ai pas envie de voir le palais ou les choses de ce genre, mais plutôt ce qu'un habitant lambda de la ville connaît. » À ses yeux il est clair qu'elle est noble, Ashara est bien trop habituée à être considérée comme « la fille du seigneur » pour envisager que l'étranger ne se doute pas qu'elle soit de sang bleu. « Vous passez beaucoup de temps à Lancehélion ? » La capitale, là où la vie est la plus active d'après ce qu'elle a cru comprendre. C'est aussi par cette ville que sa tante avait quitté Dorne à l'époque où elle était allée vivre au Donjon Rouge auprès de son amant. Joignant ses mains, elle arbore un sourire ravi. Son regard se déporte une fois de plus sur les environs pour finir sa course sur l'oiseau perché sur l'étal. « Il est à vous ? Ou est-ce une femme ? J'ai cru l'avoir fait fuir, habituellement les dames n'aiment pas voir d'autres femmes s'approcher des leurs hommes. » C'est une vision des choses idiote il faut l'avouer. « Elle vient de Dorne ? Quel est son nom ? »

Beaucoup de questions en une seule fois, Ashara le sait bien, mais c'est plus fort qu'elle. La demoiselle éprouve sans arrêt le besoin d'interroger les gens avec qui elle converse, d'en apprendre le plus possible et de pouvoir emmagasiner des informations sur eux. Ce n'est aucunement le désir de pouvoir manipuler ou menacer l'autre, mais une simple curiosité sans limite. Est-ce le comportement d'une dame ? Assurément non, mais peu lui chaut, La sableuse ne se comporte pas souvent de la sorte : les visiteurs sont rares à Voi et ceux qui s'arrêtent ne conversent jamais en privé avec elle. C'est à ce moment qu'Ashara se rend compte que c'est l'une des rares fois où elle a l'occasion de pouvoir profiter d'un étranger sans avoir sa famille autour. Enfin profiter, elle ne compte pas le malmener bien entendu.

Un sourire se peint sur ses lèvres gercées, plus franc et plus amusé que précédemment. Pourtant, il n'y a aucune raison à ce soudain revirement, c'est tout simplement l'idée de savoir qu'elle va avoir l'occasion de profiter d'un moment à elle seule. Finalement, c'est une excellente chose que Karolei ne soit pas avec elle : elle aurait encore accaparé toute l'attention.


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Message Lun 22 Juil 2013 - 7:46

Le nombre de fois où un inconnu l’avait abordé de cette manière devait pouvoir se compter sur les doigts d’une main. Surtout quand l’inconnu était une inconnue. Il était plus courant que ce soit lui qui aille vers les autres et non le contraire. Aujourd’hui il s’était abstenu d'attarder ses yeux curieux, tout simplement parce qu’il était en mission et qu’il n’avait pas l’intention de s’attarder à Lancehélion trop longtemps. Il est vrai qu’auparavant, il aurait tout fait pour éviter le fief Santagar, mais maintenant que son fils et lui s’étaient enfin rapprochés, l’homme répugnait de le laisser seul trop longtemps. L’enfant l’avait littéralement transformé, faisant de lui homme meilleur, plus attentif aux autres, plus doux et plus posé que dans sa tendre jeunesse. Tout comme Elle… Enfin, l’homme était presque pressé, une fois n’étant pas coutume. Mais il était également interpellé par la témérité – ou le culot – de cette jeune femme, qui, même sans le connaître, lui demandait droit dans les yeux d’être son guide dans le nid grouillant de cette ville.

Il se demanda si elle voyageait seule et si c’était pour cette raison qu’elle n’avait personne pour l’accompagner. Pourtant, elle semblait avoir l’âge qu’il convient à une jeune épousée et si elle était noble, comme il s’en doutait, sa famille devait avoir à cœur de lui trouver un bon parti. Peut-être que les deux époux ne s’entendaient pas ? Ou avait-elle fui une alliance qui lui faisait horreur ? Il faillit lever les yeux en ciel en se rendant compte à quoi il pensait : c’en était presque drôle que, lui, le célibataire endurci et volage se mette à penser au mariage. Après tout, les mœurs de Dorne étaient bien plus libres que dans les Six autres Couronnes et les femmes célibataires, plus nombreuses. Aylinn, sa propre sœur, avait bien la trentaine et elle refusait obstinément toute alliance avec une maison noble, qu’elle quelle soit. Ygon la comprenait tout particulièrement : lui-même ne savait pas trop s’il aurait supporté qu’on lui « passe la corde au cou », alors qu’une femme aussi indépendante que sa cadette le refuse aussi n’aurait pas dû l’étonner.

Cette jeune femme semblait d’ailleurs de la même trempe que cette dernière. Ce n’était pas au niveau physique car Aylinn avait le visage fin et allongé, typique des Santagar, ainsi que leurs yeux brillants, alors que l’inconnue qui lui faisait face arborait un visage plus carré, et ses yeux avaient une profondeur étrangement captivante. Non, c’était plus cet éclat farouche au fond de la prunelle, cette fierté qui se lisait dans le port de tête et ce brin de sauvagerie dans la manière de se mouvoir qui lui rappelait sa benjamine. Il ne put empêcher un sourire en coin (qu’on disait un peu fourbe) fleurir sur un coin de ses lèvres, s’amusant à l’idée de les présenter l’une à l’autre, juste pour voir si elle s’entendrait bien ou si elle se jetterait l’une sur l’autre toutes griffes dehors. Le spectacle pourrait être divertissant. Mais sa bonne humeur subite, provoquée par des esquisses de plans machiavéliques, fut soudainement évaporée lorsque son interlocutrice se présenta à lui.

Au début, il crut avoir mal entendu et son cœur manqua plusieurs battements. Il lui sembla même qu’il vacillait légèrement sur ses jambes et il entendit plus qu’il ne comprit les quelques phrases suivant cette déclaration. A…sha…ra ? Était-ce une moquerie des dieux, pour l’avoir puni de se montrer si osé dans ses pensées ? Il ne pouvait en être autrement. La similitude entre ce nom et celui de son ancienne compagne était trop flagrante pour le laisser de marbre. Mais comme elle l’a effectivement deviné, il s’était douté qu’elle venait du désert à son teint de Sableuse… et non pas des magnifiques Montagnes Rouges dont Elle se disait originaire. Il finit par reprendre contenance, s’apprêtant à répondre quand les questions reprirent de plus belle. Il n’osa guère l’interrompre, après tout il était bien élevé et il avait toujours été mal vu d’interrompre une femme dans son discours. Ygon n’avait jamais été un grand bavard de toute façon ; il parlait avec verve seulement lorsque cela était nécessaire et quand il était sûr que cela ne dérangeait personne. Il prêta donc attention à chacune de ses questions, bien qu’encore troublé par le premier mot qui était sorti tout à l’heure. La phrase sur sa prétendue… originalité le fit presque sourire, surpris aussi par un compliment aussi ambigu que celui-là. Mais elle ne semblait pas avoir conscience de la portée que pouvait avoir cette phrase, alors il se contenta de la mettre de côté : elle ne semblait pas être une de ces femmes qui flattait pour séduire.

La rafale de questions faillit vraiment le déstabiliser tant le flot de mots sortant de cette jeune personne semblait intarissable. Un frisson de rire passa dans son dos et ses yeux se mirent à briller de larmes contenues devant une si rare spontanéité. Il réalisait de plus en plus qu’il se trouvait devant une jeune personne inexpérimentée qui semblait ignorer jusqu’au sens du mot méfiance et que l’enfance marquait encore de sa fraîcheur salvatrice. C’était un vrai bonheur de se trouver devant quelqu’un que la vie n’avait pas encore trop abimée. Au fond, Ygon n’était pas mécontent de cette rencontre : ses pensées noires s’envolèrent dans un coin de son esprit. Il était soulagé d’avoir trouvé une raison valable de ne pas se retourner vers le palais tout de suite, et d’échapper un peu à ses souvenirs pendant quelques heures.

Lorsque la dénommée Ashara s’interrompt, remplaçant un sourire étrangement sincère par ses questions tout aussi spontanées que précises, Ygon fait mine de prendre entre deux doigt le haut de son nez, comme s’il réfléchissait, gardant un sourire un peu tordu sur son visage. Un rire le secoue. 

« Par les Sept, mademoiselle, vous n’y allez pas de main morte pour un début de matinée. » L’homme redresse les yeux, essayant de garder son sérieux quelques minutes. « En premier lieu, non, vous n’êtes pas aussi maladroite que la plupart des gens qui me suivent d’habitude : j’ai même eu un peu de mal à me rendre compte de votre présence au début. J’étais… disons, pensif. Car je n’ai rien de très particulier pour un Dornien vous savez. » Il ment un peu, car rare était les dorniens capables de réagir grâce à un instinct aussi vif et animal. 

« Je ne passe que peu de temps à Lancehélion, c’est une ville agréable mais il y a beaucoup trop de monde pour moi… » Et beaucoup trop de souvenirs. « D’ailleurs si je devais vous conseiller un endroit calme ce serait le bord de mer, aussi banal que cela puisse paraître à certains... » Il connaît particulièrement bien cet endroit, c’était là où il se réfugiait quand les réunions politiques le lassaient bien trop à son goût.

Puis, Ygon se tourne vers le faucon gerfaut, resté immobile sur l’étal, les scrutant d’un regard suspicieux.  Il siffle en se mordant la lèvre inférieure, comme il en a l’habitude et tend la main vers l’oiseau sans le quitter des yeux. Après quelques secondes, ce dernier écarte ses ailes immaculées pour rejoindre le poignet recouvert de cuir. L’homme caresse le crâne de son compagnon, un peu distrait avant de répondre à nouveau.

« Son nom est Aeron. C’est un mâle, je l’ai rencontré dans les Montagnes Rouges il y a quelques années... Je crois qu’il a juste été gêné par un mouvement d’épaule, il n’aime pas beaucoup la foule quand elle se presse autour de nous. » Il ne peut s’empêcher de pouffer un peu en pensant à ce que disait la jeune fille il y a quelques minutes. « Mais vous aviez raison à propos des femmes : c’est le genre d’hommage empoisonné qu’elles offrent à l’occasion... mais c’est compréhensible au fond. Beaucoup d’hommes sont jaloux aussi et eux, ne se cantonnent que rarement aux soupçons. »

Il soupire : même lui a été parfois en proie à ce fruit amer qu’est la jalousie. Mais c’était il y a bien longtemps. Il se redresse un peu, laissant l’oiseau reprendre place sur ses épaules bien bâties. Un ange passe avant qu’il ne se décide à reprendre la parole.

« Alors comme ça, vous venez de Voi ? C’est assez loin d’ici, j’ai du y passer il y a une dizaine d’années… Et je suppose que vous êtes une des filles du Seigneur Voi… ou un membre de la famille proche en tout cas ; si le voyage ne m’a pas trop abruti, il me semble que vous n’êtes pas habituée à vous balader toute seule. »

Il passe une main pensive sur son bouc maculé de quelques grains de sables, les yeux plissés vers le ciel. Avant de rabaisser le regard vers elle, la dévisageant avec insistance. Même si son aspect reste un peu négligé, ses traits respirent la noblesse, le confortant dans son opinion. Encore une fois, cette volonté farouche alliée d’innocence le fait sourire. Elle n’est certes pas très délicate dans sa manière d’aborder les gens et n’est pas très réservée pour une dame de son rang. Mais il est mal placé pour juger ce genre de comportement. Il a fait bien pire. N’empêche, qu’il ne peut s’empêcher de demander d’une voix amusée, et légèrement moqueuse :

« Si c’est le cas, je me demande si c’est bien raisonnable d’aborder des inconnus… particuliers comme moi. Je pourrais très bien être un mercenaire ou un voleur de la pire espèce, et, ne soyez pas vexée, mais je doute que vous puissiez faire grand-chose pour vous défendre dans cette situation. » Il penche la tête de côté, gardant un sourire en coin. « Vous ne savez même pas mon nom. Remarque, je pourrais très bien ne pas en avoir. Ou en avoir honte. En fait. Ne le demandez donc pas. »

Il recule d’un pas, le mystère auréolant son visage joueur. Il aime bien taquiner les gens, les mettre dans le doute et attiser leur curiosité sans vraiment la satisfaire. Il ne ment presque jamais, mais aime parfois omettre la vérité à son profit. Il se détourne, assez doucement pour qu’Aeron n’en soit pas dérangé, gardant un œil sur Ashara.

« Si vous voulez encore me suivre, je vais vers l’endroit dont je vous ai parlé à l’instant. » Il tendit le bras bardé de cuir vers elle avec un sourire un peu plus rassurant. « Et je vous déconseille de me lâcher, on se perd facilement par ici. »
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Ashara Voi
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Message Mar 23 Juil 2013 - 12:57

Ashara est un peu surprise qu'il invoque les Sept pour exprimer sa surprise. Elle a toujours imaginé que beaucoup de Dorniens prêtent leur foi à la Mère Rivière, mais d'un autre côté c'est parfaitement logique. Si elle se souvient bien, son père lui avait dit que nombreux étaient les maisons qui prient leurs premiers dieux plutôt que ceux arrivés avec la Reine Nymeria. Peut-être que ce prénommé Ygon est issu d'une maison avec des chevaliers ? Un peu comme elle, les deux religions se côtoient de près et les chevaliers croisent le fer avec les simples hommes d'armes. Heureuse d'avoir pu grappiller une telle information, la Dornienne reprend du poil de la bête – elle n'en manque jamais cependant – et dirige toute son attention sur l'étrange personnage. Ashara ne dissimule d'ailleurs pas son rire lorsqu'il prétend ne pas se différencier des autres Dorniens. Quelle drôle d'idée ! Un simple regard sur sa personne suffit à montrer qu'il n'a rien de commun et elle le dit avec sincérité. De plus, il possède un visage agréable et attrayant, chose qui a le don d'attirer encore davantage l'attention des gens – surtout des femmes. Pour la Dornienne, la beauté est aussi superflue que les vêtements portés : elle se gâte avec le temps et un bel homme peut devenir le plus repoussant qui soit en récoltant une blessure au visage. Cependant, elle ne se gêne pas pour dévisager les personnes – hommes comme femmes – dont elle trouve les traits attirants. Ce n'est pas par désir, mais simplement par plaisir : certains se complaisent dans la contemplation d'une belle tapisserie, elle, c'est dans la beauté d'autrui.

Il lui explique alors ne pas passer beaucoup de temps ici, le trop-plein de monde étant particulièrement répulsif. C'est une chose qu'Ashara peut comprendre, même si la jeune femme se complaît dans la proximité d'autres individus. Elle aime le contact des autres, savoir qu'elle peut poser son regard où bon lui semble et qu'elle verra toujours une silhouette humaine. Dévisageant Ygon, la femme à la peau d'ébène ne perd pas une miette de ce que dit où fait l'homme. La mer ? Elle ne l'a presque jamais vue, même si l'eau ne lui est pas inconnue puisqu'elle vit à côté du fleuve qui porte le même nom qu'elle.

C'est à ce moment que le Dornien appelle son oiseau pour qu'il vienne se poser sur son poignet. Ashara ne peut retenir un soupir ravi : même si les animaux n'ont jamais vraiment été sa priorité, elle sait reconnaître la beauté et la prestance lorsqu'elle les voit et cet animal en possédait beaucoup. Un sourire amusé se dessine sur les lèvres gercées par le soleil de la Dornienne. Il ressemble beaucoup à son maître en réalité. Ravie de cette idée, la noble écoute avec une attention soutenue ce qu'Ygon daigne lui expliquer à propos de son compagnon à plumes avant qu'il ne dévie sur le sujet de la jalousie. Ah ! La jalousie, un sentiment bien curieux qu'Ashara a un peu de mal à s'expliquer. Concernant une personne du moins, un individu n'appartient à personne, comment peut-on jalouser le fait que quelqu'un d'autre s'approche de lui ? Peut-être pense-elle cela car elle n'a jamais eu l'occasion de tenir réellement à quelqu'un d'autre que les membres de sa famille.

S'en-suit quelques questions agrémentées de conseils qui ressembleraient grandement à ce que lord Lucion – le père d'Ashara – pourrait dire. Heureusement qu'il ignore que sa fille aînée est en train de vadrouiller seule dans les ruelles de la capitale de Dorne ! Mais l'heure n'est pas à ce type de réflexion, la main tendue invite Ashara à chasser les pensées qui parasitent son esprit et à attraper le bras qui lui est offert sans aucune gêne. Ce n'est pas le type de sentiments dont elle a l'habitude de s'embarrasser. Arborant un sourire, la Dornienne répond d'un ton franc.

« Je ne vous lâcherai pas, à moins que vous ne décidiez de vous débarrasser de moi par lassitude. » Elle est prompt à faire confiance, mais quoi de plus normal venant d'une femme qui n'a jamais connu le danger des ruelles ? « Et j'aime les personnes particulières. Vous n'aviez pas l'air d'être mauvais, sinon votre oiseau ne vous suivrait pas aussi volontairement. Ils sentent les personnes bonnes alors vous me sembliez être un bon guide. » Bravache, elle redresse la tête pour le regarder. « Ai-je eu tort ? Il ne semble pas ! Puis dans le pire des cas, mon père m'a appris à ma défendre. À ce qu'il paraît les hommes sont peureux et dès qu'une femme sait se défendre un minimum, ils prennent leurs jambes à leur cou. » Son ton a l'air plus que convaincu. « Puis dans le pire des cas, j'aurais hurlé et je suis certaine qu'un chevalier en armure aurait volé à mon secours. » Là il s'agit plutôt d'humour que de réels arguments. « Vous serez donc Ygon l'homme sans nom. J'aime beaucoup. Et moi je serai Ashara la femme de Voi, tout simplement ! Vous a-t-on déjà dit que vous ressembliez beaucoup à votre oiseau ? »

Un aveu spontané plutôt étrange il faut l'avouer. Son sourire ne la quitte pas alors qu'elle détourne son attention pour regarder autour d'elle. Ses yeux sombres scrutent avec attention chaque mouvement original, désireuse qu'elle est de mémoriser toute cette agitation pour se la remémorer plus tard. Elle n'a pas directement répondu au fait qu'elle soit la fille du seigneur de Voi, cette information lui semble bien secondaire tant elle est banale à ses yeux. Après quelques pas, sans perdre son engouement la Dornienne relance la discussion.

« Vous pensiez réellement ce que vous disiez en parlant de vous comme un Dornien banal ? » Son regard se glisse jusqu'au sien. « Si c'est le cas, vous avez peut-être moins voyagé que je ne le pensais. Moi je suis habituée aux hommes à la peau sombre, rien que pour cette raison vous sortez étrangement du lot pour moi. Et je n'ai encore jamais croisé qui que ce soit qui se promène avec un aussi bel oiseau sur l'épaule. Non Ygon, vous n'êtes pas commun et c'est une bonne chose ! » Elle hoche vigoureusement la tête. « Je suis certaine que tout le monde se souvient de vous avoir croisé lorsque c'est le cas, marquer les esprits c'est une bonne chose, sauf si vous aimez passer inaperçu j'en conviens. » Elle rigole légèrement. « Mais j'en conclus aussi que vous devez avoir une expérience de la jalousie. C'est compréhensible, les femmes aiment garder ce qui est unique, c'est un peu une fierté, considérez que vous étiez comme un beau bijou qui servait à rendre leurs amies vertes de jalousie. C'est un compliment, même si je n'approuve pas ce sentiment. » Elle parle beaucoup, plus pour elle-même que pour réellement meubler le silence. « Mon père me dit toujours que la jalousie est une bonne preuve d'amour, mais je crois surtout que c'est un manque de confiance. »

Thèses, hypothèses, sa langue ne cesse de fonctionner ! C'est bon signe cependant, habituellement Ashara reste silencieuse lorsqu'elle se méfie d'une personne, il n'y a qu'avec sa famille qu'elle parle autant. Son regard se promène toujours sur les environs tandis qu'elle dodeline légèrement de la tête avec de reprendre, serrant légèrement le bras d'Ygon.

« Parlez-moi un peu de vos voyages ! Sortez-vous souvent de Dorne ? Ce doit être grisant de pouvoir faire ce que bon vous semble, aller où vous voulez. Mais n'en aviez-vous pas assez à force ? Je parle peut-être sans savoir, mais j'ai du mal à croire que l'on ne puisse pas avoir le mal du pays à force. Dorne est unique. »

Un peu comme lui. Peut-être que deux entités uniques ne sont pas faites pour se côtoyer ? Elle n'en sait rien, son voyage le plus loin l'a menée dans les Montagnes Rouges, mais elle n' jamais mis le pied hors de sa région. Pour le moment du moins, elle ne dit jamais le mot « jamais » !


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