AccueilS'enregistrerConnexion



 

Partagez| .

Quand la détente et l'alcool ravivent la fraternité [Pv Alrik]

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas
Homme d'Armes
avatar

Aslak
Homme d'Armes

Général + Etre fier c'est bien, être en vie c'est mieux ! +
♦ Missives : 1035
♦ Missives Aventure : 116
♦ Age : 30
♦ Date de Naissance : 24/09/1986
♦ Arrivée à Westeros : 03/06/2012
♦ Célébrité : Nicolaj Coster-Waldau
♦ Copyright : moua
♦ Doublons : Arkha Kenning, Ethaniel Stone, Maëlle Beurpuits
♦ Age du Personnage : 40 ans
♦ Mariage : /
♦ Lieu : les Terres de la Couronne
♦ Liens Utiles : + Dites moi que je resterai en vie et je vous dirai qui je suis

+ On va se boire un verre ?

Feuille de Personnage
Feuille de personnage
Inventaire:
Jauge de réputation Jauge de réputation:
465/500  (465/500)


Message Mer 17 Juil 2013 - 0:41

Aslak se sentait particulièrement en forme. L’origine n’était nulle autre qu’une journée particulièrement mouvementée avec son frère. Fait bien rare d’ailleurs qu’une sortie les concernait, voulu par un consentement mutuel et surtout qui n’était guère biaisé par une occupation professionnelle de son cadet. Pour la peine, ils s’étaient rendus dans une taverne pour une représentation et le comble du comique et surtout typique de ses aventures personnelles souvent agrémentées de péripéties fortuites, ils avaient été en quelque sorte obligés de participer à la pièce en tant qu’acteurs de cette dernière, incarnant des rôles qui leur convenaient parfaitement puisque son frangin avait joué les justiciers tandis que lui-même avait incarné un traître. Bien que son frangin avait déprécié et surtout redouté l’idée, il avait fini par s’amuser et cela ne pouvait que réjouir Aslak qui voyait ce commandant des Dents de Freux bien trop épris de son travail et par conséquent, bien trop coincé. Parfois il avait tellement envie de le détendre qu’il pensait à lui quand quelque peu enivré par l’alcool il passait devant le Donjon Rouge. Cela lui était même arrivé une fois de faire un monologue affalé contre un mur en regardant l’immense bâtisse de loin. Plusieurs personnes tissant leur chemin aux alentours s’étaient demandées si la folie ne l’avait pas enveloppé. Après tout, il était rare de voir un homme parler avec autant de ferveur dans le vide, à quelqu’un qui semblait présent et pourtant qui ne l’était guère. Malgré les apparences, l’intérêt et l’amour portés à son frangin étaient bien plus ancrés et sincères que ce que tout le monde pourrait croire. Il avait disparu c’était certain, mais rares étaient les jours où ses pensées ne s’étaient pas tournées vers cet être familial pour qui l’affection était la plus poussée qu’il n’ait jamais donné à personne. Mais il était ce qu’il était et jamais n’avait-il parlé de cette évidence même, et son côté très libéré sans attaches physiques le poussaient à ne par s’encombrer de sombres pensées sur les torts éventuels que ses actes pourraient entrer. A ses yeux, le plaisir seul de retrouver un être cher avait suffit à guider ses pas sans se questionner davantage. A partir du moment où son frangin l’avait reconnu cela lui avait suffit à seller à nouveau leur fraternité comme si les années n’avaient jamais eu d’emprise sur cette dernière. Cependant, contrairement à lui, la maturité acquise par son cadet l’avait amené vers un chemin bien différent. Evidemment il se souvenait parfaitement de sa fascination pour ses Manteaux d’Or durant leur enfance. Il était maintenant bien plus haut gradé mais un certain bâton s’était inexorablement enfoncé en même temps dans son séant faisant de ce garçon facilement influençable et qui savait profiter dans la vie quand on l’y obligeait en un bourreau de travail. Mais en cette journée, il pouvait revoir cet enfant qui entraîné finissait par s’amuser en se détachant des obligations posées sur son épaule. Par ce fait, il ne pouvait donc s’empêcher de souhaiter à ce que cela ne finisse pas si aisément. Mais dans l’immédiat, alors que leurs pas les guidèrent en dehors de l’établissement où leur représentation avait eu lieu – ayant attendu patiemment de pouvoir sortir sans être mêlé à la foulée – il n’avait pas d’idée précise quant à une destination où son frère accepterait d’aller sans poser de questions. Peut-être l’idée viendrait-elle en chemin. Cela ne l’empêchait néanmoins pas de prendre la parole.

« Me voilà enrôlé pour Villeveille maintenant ! » il ne put s’empêcher de rire « J’ai pas pu refuser… Attends quand une femme telle que Lanthéïa vous fait une demande, vous succombez sous le poids de son charisme et acceptez tout ce qu’elle vous impose. » Un sourire entendu envers son frangin par rapport à leur acceptation, pour l’un un peu forcée certes, concernant leur participation à la pièce. « Jouer m’a plu de toute façon… Autant réitérer l’expérience. Sans compter qu’elle a besoin que je veille sur eux durant le voyage, ça devrait pouvoir se faire sans problème. Aah ! Me voilà parti dans une nouvelle aventure ! Dommage que t’aies du boulot tu serais venu avec nous ! Avoue qu’on s’est vachement bien éclatés ! »

Il ne put retenir un nouveau geste affectif en passant son bras autour du cou de son frangin pour l’attirer à lui et l’ennuyer un peu pour la cause en tentant une fausse prise de strangulation qui ne faisait point mal mais qui attirait des regards circonspects néanmoins. Aslak serait à jamais le gamin aventureux qui ne répondait qu’à ses désirs sans penser aux conséquences, s’adaptant à chaque situation qui se dressait sur sa route. Le relâchant, il continua à avancer  avant de reprendre la parole.

« Bon, frangin, on va pas s’arrêter là si ? Je sais que tu vas sûrement encore me sortir que t’as des occupations plus importantes que traîner avec moi mais on… »

« Aslak ? »

Il était difficile ne de pas s’arrêter en entendant son prénom formulé, ce qui ne fut pas le plus intéressant, par une voix d’un timbre typiquement féminin, voilà ce qui était vraiment intéressant. Se retournant alors pour faire face à la demoiselle – il pouvait le dire à la voix qu’elle n’était pas bien vieille – il fut surpris dans le sens agréable du terme d’apercevoir la charmante créature, vêtue d’une robe somme toute permettant néanmoins de laisser suggérer une poitrine attirante et des bras donnant un aperçu d’une impressionnante douceur de peau. Ses longs cheveux attachés en une coiffure à la fois sophistiquée mais guère cependant guindée puisque quelques mèches se trouvaient parsemer son faciès et qu’une longue queue arrivait encore à se dévoiler partiellement à l’arrière. Ses yeux verts posés sur les deux hommes avaient une étincelle d’amusement et le sourire dessiné sur le visage était à la fois taquin et frivole, contrairement à celui qui étira les lippes d’Aslak se teintant d’un charme certain comme il pouvait le faire naturellement mais de manière bien plus accentuée en présence d’une femme.

« Gwendy !  Par les Sept, que tu es belle… Resplendissante ! Un jour il faudrait que je pense à venir te voir quand la lumière du jour est encore présente, je suis sûr que je tomberais immédiatement sous ton charme ! »

« C’est pas déjà fait ? »

« Si mais que veux-tu… il faut bien que je trouve des excuses pour venir te voir plus souvent nan ?  » dit-il avec amusement et charme.

La jeune femme sourit avec espièglerie avant de tendre un regard vers Alrik et de sourire davantage.  « J’ai pas l’habitude de te voir avec un homme… Ah … mais… » elle se rapprocha alors d’Alrik et l’observa, les sourcils froncés, un instant avant de paraître surprise puis de sourire fortement « C’est ton frère ?! Vous vous ressemblez ! Enfin…. Il a quelque chose de différent … Plus sérieux effectivement, mais… t’avais pas dit que ça lui donnait un sacré charme… »

« Oh Gwendy… Me voilà vexé… » dit-il faussement sérieux. « Je pensais pas que…. Hé… Mais… ! »

Il se tourna vers son frangin avec un grand sourire qui, si on le connaissait assez comme un frère, on pouvait s’attendre à une illumination de sa part de bonne ou mauvaise augure, mais vu l’énergumène, forcément on pouvait s’attendre à une surprise de taille. En réalité, puisque la jeune femme venait de trouver que son frère ne manquait pas de charme et par conséquent était totalement à son goût, il avait pris conscience que voir son cadet entouré de femmes, de un était totalement inhabituel, et de deux l’intéressait fortement. Ainsi, une idée saugrenue auraient pensé certains venait de lui traverser l’esprit. Gwendy, alias Gwendeline, était en réalité une fille de joie qui se rendait actuellement au bordel attitré d’Aslak à Port-Réal. Un endroit où il était certes connu, mais où il serait fortement amusant d’y traîner son frangin. Il était très curieux de voir sa tête.

« Et bien… Gwendeline, je te présente Alrik. Cher Frère, voici la belle et sublime Gwendeline. Cela me fait penser que… cette demoiselle, seule, la nuit tombante, ne peut décemment pas se retrouver sans compagnie pour arpenter les ruelles jusqu’à son « domicile ». N’est ce pas ? »

« Oh… oh ! … oui c’est vrai… » dit-elle avec un petit air innocent qui ne semblait pas totalement convenir à son caractère se rapprochant d’Alrik, ayant parfaitement compris le manège d’Aslak.

Il était évident, et avec assurance, que quelque chose se tramait. En tant que Commandant des Dents de Freux, Alrik pouvait pertinemment, sans user de trop d’intelligence, comprendre que son frangin tentait de l’emmener quelque part d’une certaine façon contre son gré puisqu’il ne lui dévoilait pas vraiment le point de chute. La jeune femme passa directement un bras autour de celui d’Alrik en se rapprochant de lui tandis qu’Aslak passa dans son dos pour placer ses mains sur son échine et le pousser à se mouvoir en suivant la jeune femme.

« Allez allez allons-y ! Tu vas voir on va s’écl…. Je veux dire… On va ramener sagement cette demoiselle ! »

Seul, Alrik aurait encore pu tenter d’échapper à son frangin, mais vu la nymphette pulpeuse à ses côtés qui ne souhaitait guère voir s’envoler le bras qu’elle tenait fermement, le Commandant fut bien obligé de suivre le mouvement jusqu’à l’endroit nommé silencieusement par les deux comparses se trouvant à ses côtés. Aslak ne pouvait point connaître le passé de son frangin, ce qui s’était déroulé durant les nombreuses années ponctuées par son absence. Une première femme, un enfant, mais y avait-il eut autre chose dans cette vie si rangée ? Son frère devait décoincer cette attitude si stricte qui certes faisait de lui un homme remarquable, il n’en doutait jamais, mais qui l’empêchait de dérider ses traits si pompeux et emprunts de tant de travail qu’on pouvait presque lire les heures de sommeil qui manquaient à son palmarès. Après quelques longues minutes de marche que la jeune femme combla parfaitement en faisant la conversation avec Alrik, le questionnant sur divers sujets très variés, Aslak put regarder la bourse qu’il avait subtilisée tranquillement sans que son frère ne s’en aperçoive à la taverne où ils s’étaient produits plus tôt. Ne sachant guère comment la soirée allait se passer, il fallait assurer ses arrières financiers. Finalement, c’était plutôt bien pensé au vu de la tournure qu’allait prendre la soirée. Arrivés près de l’établissement, il reprit la parole.

« Vas y Gwendy, entre, on arrive. » La jeune femme sourit avant de les laisser en leur faisant un petit signe de la main. Il lui répondit d’un magnifique sourire avant de regarder son frère « Je t’interdis de me faire faux bond maintenant ! » dit-il avec un sourire amusé « Je te promets que tu vas te régaler… » Ce fut ses seuls mots avant d’ouvrir la porte en même temps qu’il imposait une pression sur l’épaule de son frangin dans le but de le faire s’engouffrer dans l’établissement.





You're kidding ?? This smell is mine ? holly crap... i stink!
" Qui dit porte dit monstre, qui dit monstre dit dragon et qui dit dragon dit courez, moralité: qui dit porte dit courez ! "

Spoiler:
 


Dernière édition par Aslak le Dim 4 Aoû 2013 - 12:58, édité 1 fois
Revenir en haut Aller en bas
Commandant des Dents de Freux
avatar

Alrik Mallery
Commandant des Dents de Freux

Général
- Noblesse d'Ame -

♦ Missives : 1209
♦ Missives Aventure : 117
♦ Arrivée à Westeros : 19/02/2012
♦ Célébrité : Josh Holloway
♦ Copyright : Luchadora
♦ Doublons : Lakdahr l'Edenteur - Séraphine - Jeyne Estremont
♦ Age du Personnage : 39 ans
♦ Mariage : Veuf - Fiancé à Velanna Vance
♦ Lieu : Les Terres de la Couronne
♦ Liens Utiles :
Feuille de Personnage
Feuille de personnage
Inventaire:
Jauge de réputation Jauge de réputation:
2127/2500  (2127/2500)


Message Mar 30 Juil 2013 - 8:05

Il y avait de ces soirées qui, sans que l'on y soit préparé, s'inscrivaient dans les mémoires en lettres d'or. Chaque instant passé en compagnie d'Aslak était à placer sous la constellation de la contingence, la prévoyance était une notion que quémandait trop d'efforts intellectuels pour un individu de son apanage, il préférait amplement laisser le temps au temps, et le hasard au hasard. C'était de ce fait avec une sempiternelle flammèche d'anxiété que son cadet le suivait, et il s'échinait à passer outre ses impairs parfois plus que désobligeants, par amour fraternel. Ce qui aurait dû être une flânerie des plus communes s'était transposée en une improvisation théâtrale sur les tréteaux, qui l'aurait cru ? Assurément pas Alrik, même si son plaisir d'avoir alors participé à cette fugace aventure en était devenu apparent. Ils avaient rendu service à Lantheïa et s'étaient amusés plus qu'ils ne l'auraient certainement jamais pensé, une pierre deux coups, et le plus plaisant était de voir que l'on était dans l'ensemble fort satisfait de leur prestation. Si ce n'étaient les congratulations de la saltimbanque, certains spectateurs s'en étaient venus les féliciter et échanger quelques boutades, avant que ne sonne l'achèvement des réjouissances pour le Commandant des Dents de Freux. Il était par ailleurs soulagé de n'avoir rencontré aucun de ses soldats, sa vraisemblance hiérarchique en aurait potentiellement souffert. L'heure était venue de regagner le Donjon Rouge et de se replonger dans la besogne pour la croisade des Iles-de-Fer – et sans doute, un brin de conversation tardive avec son jeune page qui ne dormirait sûrement pas encore à son retour. Le délassement avait été de bon ton, en témoignait la risette qui perdurait sur le faciès enchanté du chevalier – et mieux encore ! Son frère n'avait au final été l'instigateur d'aucune catastrophe, rien de fâcheux ne leur était arrivé, pour une fois, il n'aurait rien à lui reprocher. Ensemble, ils sortirent de l'auberge qui avait été le lieu de leurs premiers émois artistiques, les derniers pour Alrik, mais pas pour le reître, qui se retrouvait alors enrôlé en tant que comédien et amené à sillonner les routes jusque dans les verdoyantes terres du Bief. Une nouvelle odyssée qui se promettait palpitante, les prunelles du bienheureux en scintillaient déjà d'impatience, et le freux s'en trouvait particulièrement ravi pour lui. Respirant l'air frais à pleins poumons, il ne put retenir un ricanement de circonstance au discours exposé, puis haussa les épaules avec frivolité.

« Peut-être feras-tu moins le fier après quelques dizaines de coups de bâton sur le crâne, Lantheïa n'hésitera pas à te remettre en place si tu oses te disperser de trop. Méfiance... Mais je suis persuadé que ce sera une belle expérience. Je ne suis pas aussi sûr quant au fait que je vous aurais accompagnés si je n'avais pas de lourdes obligations, mais nous nous sommes effectivement bien amusés. »

Se disant, il fut subitement attaqué dans des allures de pancrace qui le fit rire aux éclats. Il lutta gentiment contre son aîné et parvint finalement à se dégager de sa prise, veillant à furtivement se recoiffer et à tendre une oreille attentive. La suite ? Elle était bien évidemment toute tracée le concernant, même si ses excuses étaient toujours les mêmes, elles n'en demeuraient pas moins véridiques et sans plausibilité de trop d'atermoiement. Toutefois, leur causette fut interrompue par l'arrivée impromptue d'une nymphe à l'irrécusable vénusté qui – ô surprise ! - semblait connaître le fieffé coquin qui marchait à ses abords. Pour l'occasion, Alrik se fit circonspect et laissa ces belles gens à leurs retrouvailles, bien qu'il ne put s'empêcher de s'interroger sur la nature de leur relation – son frère n'avait jamais eu son pareil pour s'entourer de somptueuses créatures, même enfant déjà, c'était dire ! Le charme intrinsèque du roturier revint au triple galop, une habitude pour le moins amusante lorsque l'on en était spectateur. Soudain, il sembla devenir le centre de l'attention de la sylphide à laquelle il adressa un sourire courtois, avant de courber un sourcil lorsqu'elle s'approcha pour mieux dévisager ses traits. Il guigna alternativement les deux locuteurs, pas moins flatté de savoir qu'il n'était pas un vilain personnage, et patienta... Jusqu'à apercevoir la mimique de son comparse, dont il ne connaissait que trop bien la matoiserie, et justement, sa présente expression en dégorgeaient par tous les pores. La tournure des événements lui tira un air sceptique, et même suspicieux, intimement convaincu qu'un guet-apens se préparait et qu'il y avait anguille sous roche. Dans quelle situation fantasque allait-on encore l'entraîner ? Son intuition lui hurla de refuser tout invitation, et ce, bien qu'elle lui fut suggérée par l'office d'une allégation bien ficelée. Quel gentilhomme aurait donc pu décliner l'appel du devoir et abandonner une femme seule sur le sentier de son logis ? Aucun, pas lui, qui savait pertinemment que les venelles de Port-Réal pouvaient être de véritables coupe-gorges. Cependant, elle n'avait guère besoin de deux chevaliers servants, son frère pourrait donc aisément s'acquitter de cette tâche sans lui, argument qu'il s'apprêta à dégainer avant qu'il ne se retrouve à la merci des complices qui déjà, l'emmenaient avec eux. Il aurait été vain d'ergoter, et ce fut donc avec plus ou moins de bonne volonté qu'il fut contraint de suivre le mouvement, attentif sur le chemin emprunté en dépit des marivaudages de sa curieuse escorte.

Bientôt, ils furent aux devants d'une bâtisse qui ne ressemblait pas – et là, il était catégorique. - à une demeure comme les autres. Le sigisbée fronça les sourcils, flairant le piège à plein sens olfactif. Il observa avec une méfiance plus que manifeste la fameuse Gwendy y pénétrer, avant de se tourner vers son frère dont l'incohérence du phrasé ne faisait plus aucun doute. « Me régaler ?... Si c'est encore l'une de tes tavernes à la mords-moi le nœud, je te préviens, je prends un verre et je m'en vais ensuite, je n'ai pas l'intention de faire le pochard cette nuit. » Le ton avait été bienséant mais péremptoire, il ne tenait pas à retourner en son office à quatre pattes dans les corridors du bastion royal, son rang ne le lui permettait point. Cependant, le Mallery se fourvoyait encore sur ce que recelait vraiment ce bâtiment, et il ne le découvrit qu'une fois l'huis grand ouvert. Le déploiement libidineux qui apparut sous ses yeux le fit tomber des nues et contribua à le transir durant un bref instant, avant qu'il ne fasse volte-face et tente de faire demi-tour. « AH NON !! Non non non ! Aslak je te maudis, laisse-moi sortir ! » Mais ce fut compter sans l'opiniâtreté de ce dernier qui, pas moins épais qu'Alrik ne l'était, parvint à l'engouffrer dans le lupanar et à mettre en déroute toutes ses chances de fuite en fermant la porte après eux. Le sang du pieux chevalier ne fit qu'un tour, ce n'était guère la première fois qu'il passait le chambranle d'une maison close, mais il abhorrait ces places au moins autant que les fer-nés haïssaient les continentaux. Il ne remettait pas en doute leur utilité, les prostituées octroyaient leurs charmes à des bougres qui, sans cela, préféreraient peut-être indûment disposer du corps d'une malheureuse innocente. Des viols étaient ainsi évités, même si cette abjection persistait à exister partout dans le monde. Ce qu'il dépréciait davantage était le manque de pudicité dont l'on faisait preuve dans pareil endroit, surtout lors d'une soirée comme celle-ci où, étonnamment, les clients s'étaient rassemblés en nombre. L'on festoyait visiblement quelque chose, l'alcool et l'argent coulaient à flots, les aumônières comme les bourses plus intimes se videraient toutes ici bas ! Cette fragrance, cette atmosphère, cette désinvolture... Tant de désagréments qui lui mettaient le cœur au bord des lèvres.

Poussé par son frère qui se situait dans son échine, le commandant progressait de bien mauvais gré à travers la masse d'olibrius qui se mélangeaient aux donzelles de petite vertu. Il tentait tant bien que mal d'ignorer les anatomies partiellement dénudées et tout oeillade qui se serait voulue trop appuyée, l'ambiance était à la fête et à la dépravation, fort heureusement, personne n'avait encore eu l'idée d'avoir son coït directement sur le comptoir, bien que certains distribuaient quelques caresses osées qui auraient fait se pâmer une septa. Pourquoi s'était-il laissé mener par le bout du nez, lui qui connaissait pourtant si bien le reître et ses bien mauvaises habitudes ? Alrik en était profondément offensé, niellant une bonne fois pour toute la conclusion suivante dans sa chair et son esprit : il ne pouvait pas avoir confiance en Aslak. Tous deux parvinrent finalement à trouver des sièges et purent s'y installer, le sigisbée se sentait dans l'inconfort le plus criard et gardait une main en guise de visière, dans la crainte que quiconque le reconnaisse. S'il y avait bien une réputation dont il n'avait pas besoin, c'était celle qui lui ferait coudoyer les bordels, nul doute que Cliff Vance en serait fort assombri si cela remontait jusqu'à ses seigneuriales oreilles. Ainsi à demi caché au revers de sa flavescente crinière, il vérifia hâtivement qu'aucun faciès ne lui était familier, avant de feuler en direction de son aîné.

« As-tu perdu l'esprit ?! Je ne suis plus un anonyme à Port-Réal, sais-tu de quelle notoriété l'on m'affublera si quelqu'un venait à me reconnaître ?! » Les mâchoires contractées, sa voix s'était faite basse et crispée, lui qui se retenait de tordre le cou à l'idiot du hameau. Mais alors qu'il allait le vitupérer avec ferveur, un galbe tout en cambrures s'arrêta près d'eux et attira leur attention. Une somptueuse naïade au derme de cuivre et à peine vêtue, son ondoyante crinière d'ébène cascadait jusqu'à hauteur de son opulente poitrine dont l'on aurait presque pu apercevoir les auréoles intimes. Ses orbes obscures scrutèrent avec un peu trop d'intérêt ces deux messieurs qui n'auraient pu que rester bouche bée devant sa beauté exotique. « Bonsoir... Vous cherchez de la compagnie ? » Son timbre grave et sensuel s'essayait à l'envoûtement, mais c'était compter sans la probité du freux qui fit un geste de la tête pour illustrer ses propos. « Nooon... Non, nous sommes ensemble. » Il y eut comme un flottement, avant que la belle ne réponde. « Oh, vous préférez les hommes. Hein... ? » Les prunelles rondes, il lorgna son comparse d'un air nigaud, avant d'agiter les deux mains. « Aaah... Aaaah non ! Il y a méprise ! Nous sommes là, ensemble, ici, mais pas ensemble comme... homme et femme le seraient ! Je veux dire, ce n'est... Nous ne faisons rien, concrètement, ensemble... C'est juste que l'on passe parfois des moments d'intim... Enfin, des nuits – des soirées ! En tout bien... Tout honneur... ! » Quelque chose lui disait qu'ainsi brodé, son discours avait peu de vraisemblance, et après une courte pause, il les désigna alternativement Aslak et lui du pouce. « Nous sommes frères... Oui, bien sûr. »

Avec une risette entendue, la sylphide s'éloigna en oscillant de la croupe, laissant le binôme fraternel dans un certain malaise. Voilà qu'on le prenait désormais pour ce qu'il n'était pas, pourquoi diable les gens pensaient-ils que la vie et son intérêt gravitaient autour de la luxure ? Au plus haut point exaspéré, le commandant posa ses deux coudes sur le comptoir et se massa le visage en laissant échapper un petit cri de lamentation. La sottise du roturier finirait par le rendre fou, et si ce dernier pourrait encore trouver la situation amusante, ce n'était vertement pas son cas. D'un air noir et assassin, il se tourna vers lui, très loin de la badinerie.

« Pourquoi... Juste... Pourquoi ?! » Dans l'azur céleste de ses iris grondait la foudre, prête à s'abattre sur son vis-à-vis. « La soirée avait été excellente, je n'avais aucune matière à me plaindre, et voilà que tu me fais venir... Dans un lupanar ! Sans même me demander mon avis, tu me prends vraiment pour un imbécile. Tout cela... C'est me manquer de respect. » Cette fois, il en était indigné, son frère n'avait aucune conscience de ce que cette promenade des sens pourrait avoir comme conséquences pour lui, chevalier et seigneur titré. « T'est-il déjà arrivé de penser à autre chose qu'à ta petite personne ? J'aimerais qu'une fois, rien qu'une seule fois dans ta vie, tu daignes te soucier de mon opinion. » Le désappointement tout comme la rancoeur étaient perceptibles dans la phonation du Mallery, qui avait perdu tout engouement. Il s'aventurait en terrain miné, car il le savait, s'ils débutaient cette conversation maintenant, il risquait de lui expectorer toute son amertume à la figure. Et vingt deux ans de ressentiment, cela risquait de se transformer en estocade. « La coupe est pleine, reste donc ici si tu tiens tant que cela à te "régaler", moi, je retourne à mes pénates. »

La fuite, malheureusement, lui apparaissait comme la solution la plus adéquate, avant qu'il n'explose et n'inhume son frangin sur-le-champ. Sans plus le considérer du regard, Alrik se leva de sa place, prêt à prendre le chemin de la sortie.


Vous allez balayer ma cendre ; L’homme ou l’insecte en renaîtra ! Mon nom brûlant de se répandre, dans le nom commun se perdra. Il fut! Voilà tout ! Bientôt même, l'oubli couvre ce mot suprême, un siècle ou deux l’auront vaincu. Mais vous ne pouvez, ô nature, effacer une créature... Je meurs. Qu’importe... J'ai vécu !


Revenir en haut Aller en bas
Homme d'Armes
avatar

Aslak
Homme d'Armes

Général + Etre fier c'est bien, être en vie c'est mieux ! +
♦ Missives : 1035
♦ Missives Aventure : 116
♦ Age : 30
♦ Date de Naissance : 24/09/1986
♦ Arrivée à Westeros : 03/06/2012
♦ Célébrité : Nicolaj Coster-Waldau
♦ Copyright : moua
♦ Doublons : Arkha Kenning, Ethaniel Stone, Maëlle Beurpuits
♦ Age du Personnage : 40 ans
♦ Mariage : /
♦ Lieu : les Terres de la Couronne
♦ Liens Utiles : + Dites moi que je resterai en vie et je vous dirai qui je suis

+ On va se boire un verre ?

Feuille de Personnage
Feuille de personnage
Inventaire:
Jauge de réputation Jauge de réputation:
465/500  (465/500)


Message Dim 4 Aoû 2013 - 12:36

Aslak adorait ce genre d'idées si fameuses qu'elles auraient leur lot de surprises. Ce n'était pas étonnant au final puisque c'était bien rare d'avoir son frère avec lui dans ce genre de situation. Il savait parfaitement que son frangin n'avait pas la moindre idée d'où il l'emmenait ni même de ce qui l'attendait pour la cause. L'intention n'était nullement mauvaise quoi que pense son cadet. L'amusement seul était la motivation qui l'avait poussé à entraîner son acolyte dans ce type d'expérience. C'était bien évidemment sans compter la farouche capacité de ce Dent de Freux à toujours foirer les meilleurs moments à passer. Il était bien trop solennel et c'était vraiment un trait de caractère qui avait l'art d'exaspérer avec amusement Aslak. Alrik avait bien tenté de partir de l'établissement mais Aslak lui avait barré la route. Il était hors de question qu'il lui fasse faux bond, il l'avait prévenu. Il l'avait donc poussé à entrer et surtout à rester là. Dans ses pensées, c'était inimaginable que son frangin soit déjà venu dans ce genre d'endroit. C'était bien pour ça qu'il avait envie d'observer ses réactions. Les premières furent un régal. C'était particulièrement fascinant de le voir aussi mal à l'aise avec que les hommes ici se laissaient aller à des déboires les plus fous. Lui-même se sentait parfaitement à l'aise. C'était une seconde maison pour lui. Il avait l'habitude de la débauche et sa vie sans ces moments de luxure n'aurait à ses yeux aucun intérêt, non pas parce qu'il fallait absolument souiller une femme, c'était justement bien le contraire. En réalité, il aimait juste ces présences et qu'elles soient prostituées ou non ne l'empêchait pas de les traiter toutes comme des reines et des joyaux de ce monde. C'était bien pour ça qu'elles aimaient sa compagnie comparé à ce qu'elles pouvaient parfois avoir. Mais il ne pouvait nier que les moeurs étaient bien légères dans ce genre de lieu et qu'effectivement il ne fallait pas être vite gêné parce que sinon, ce n'était pas l'endroit où il serait possible de s'amuser. Alrik faisait sûrement partie de ces personnes qui avaient du mal à voir au delà des premières impressions dès que cela sortait du « droit » chemin – et encore lui n'avait pas la même notion du droit chemin que son frangin – et qui par conséquent restait braqué et mal à l'aise. C'était bien pour ça qu'il l'avait emmené. Bon il devait bien reconnaître que c'était difficile d'y faire autre chose que s'amuser avec de belles demoiselles, mais se détendre ne faisait de mal à personne et il voulait que son frère soit mêlé un instant à sa vie à lui. Mais il sentait bien que le dérider allait être particulièrement compliqué. Surtout en le voyant lorgner à droite à gauche, une fois installés, comme si quelqu'un pourrait l'épier. Il ne put s'empêcher d'ailleurs de rire en levant les yeux au ciel.

« Mais pour qui tu te prends, frangin ? Tu crois vraiment que quelqu'un en à quelque chose à faire ici de ton identité et de ce que tu viens y faire ? Crois moi, de manière générale, les gens préfèrent ignorer les autres et uniquement s'amuser. Ici, pas de tabous, pas de retenue, et surtout un anonymat complet ! Alors arrête de te prendre la tête ! »

Il eut à peine le temps de finir qu'une jolie damoiselle se risqua sans gêne apparente à les aborder prenant en compte également le Commandant des Dents de Freux qui n'était qu'un homme parmi tant d'autres ici. Directement, son sourire se fit charmeur alors qu'il observait le visage sans pouvoir ignorer ce si somptueux corps de la jeune demoiselle. Le ton si chaleureux et parfaitement envoûtant qui se déchaîna de ces lèvres pulpeuses en rajouta à son charme et il aurait fondu directement si son frère n'avait pas pris les devants. Du coup, la réponse donné le laissa bouche bée avant qu'il ne doive se retenir inexorablement d'éclater de rire. Sa main se tenait en poing devant ses lèvres pour tenter de se contenir alors que son frangin s'enfonçait tout seul dans les méandres houleux d'une conversation absolument pas maîtrisée. Pour sa part, il s'en foutait un peu que cela suggère qu'ils aient une relation entre homme car c'était trop marrant pour qu'il en soit outré. Et puis il lui fallait bien plus que ça pour laisser advenir un malaise en ce qui le concerne. Mais il garda le silence un instant le temps qu'elle s'éloigne avant de rire clairement. Mais à voir la tête que tira son frangin et son air ainsi si désespéré, il lui tapota le dos.

« Oh alleeez.... C'est pas grave ! Apparemment le discours envers les femmes c'est pas ton fort... Chacun son truc ! » dit-il en réalité pour rajouter un brin de moquerie sur un fait qui était tout à fait anodin pour être sincère.

Bien sûr, c'était sans compter le sérieux si ancré dans la personnalité de cet homme qui partageait le même sang que lui. Il fut tout d'abord surpris du regard et ensuite des propos qui suivirent qui eurent l'effet de faire disparaître ce sourire si souvent ancré sur les lippes habituellement amusées. En réalité, c'était parfaitement désespérant de voir à quel point son frangin ne pouvait pas s'amuser. Comme si venir dans un bordel était une honte telle qu'il était impensable qu'un homme tel que lui puisse y mettre les pieds. Ce caractère hautain eut tôt fait de lui rappeler cette différence si frappante entre ces deux êtres de la même famille. Mais il le laissa faire son petit speech de mec coincé, bien trop bon et trop bien pour ce genre d'endroits, incapable de voir dans cette escapade juste une expérience à tester. Il ne lui avait jamais demandé d'aller s'enfermer avec une femme dans une chambre – cela l'aurait bien sûr beaucoup amusé mais il n'était pas idéaliste – il suffisait juste de se détendre avec de magnifiques gazelles. Mais bien sûr, son frangin ne parvenait pas à comprendre ce fait et c'était lui qui passait pour l'égoïste alors que sa seule pensée avait été de dérider un peu ce faciès aussi aigri... Parfois, entre les deux, son cadet pouvait passer pour l'aîné uniquement à cause de sa personnalité. C'était bien malheureux à son avis. Mais, et cela il pouvait le concéder, il n'avait peut-être pas assez pensé au malaise qui découlerait d'un tel lieu. Il ne pouvait pas en vouloir à son frangin d'être différent de lui...Il devait s'y faire simplement sans chercher à le changer. Il le laissa donc se lever et entamer sa marche, et sans qu'il s'en doute, il le suivit. Lorsqu'ils furent dehors, il refit ce geste si souvent réitéré en cette soirée de passer son bras autour du cou d'Alrik. Il lui sourit plus doucement et décida qu'il devait faire le premier pas.

« Ok frangin, je suis désolé ! Sincèrement ! Je sais qu'on est pas pareil mais t'es teeeeeellement coincé que j'avais envie de te faire voir autre chose un peu. Tu sais, je t'ai peut-être manqué de respect, mais dans tes propos c'est toi qu'a le plus manqué de respects aux femmes de cet établissement. Beaucoup font ce qu'elles peuvent et d'avoir des hommes gentils comme nous ça les change. En plus, je pensais pas à moi en allant là, j'y vais quand je veux, j'ai pas besoin de toi, je voulais juste t'offrir un peu de chaleur et de plaisir – et me regarde pas comme ça j'allais jamais te pousser dans les bras d'une femme si t'avais pas envie – mais ça te ferait pas de mal d'oublier un peu toutes tes responsabilités qui t'empêchent même d'arriver encore naturellement à sourire et rire ! Franchement, t'as toujours du mal à te lancer... dès que ça concerne pas ton boulot t'as tout de suite peur de te dénaturer, mais t'as le droit de t'amuser tu sais ? Je suis pas forcément un exemple je te l'accorde, mais y a un juste milieu. Donc... Pour me rattraper, laisse moi te payer un verre. Dans une taverne, normale, et je te promets, plus d'embrouilles. Dès que t'en as marre, tu pourras retourner à tes priorités ! » il mit sa main sur sa poitrine en levant l'autre main comme s'il jurait solennellement quelque chose et il ajouta « Je jure d'être sage, très sage, et un frère exemplaire ! Alleeeez... donne moi une seconde chance ! J'ai fait une erreur, les femmes c'est pas ton truc – enfin je veux dire que tu dois sûrement trouver la bonne, quelque part, mais d'un autre statut j'imagine – et j'essayerai plus rien à ce sujet ! » Il lui fit une petite bouille attendrissante d'un homme qui se repend sincèrement.

Pour dire vrai, il était réellement sincère. Il trouvait tout ça totalement exagéré bien évidemment, mais il ne voulait pas se froisser en cette soirée avec cet homme qu'il avait si peu souvent à ses côtés et qu'il affectionnait le plus au monde. Ils avaient passé une bonne journée et un bon début de soirée, ils ne devaient pas rester sur cette note négative. Il attendit l'accord en l'emmenant déjà vers la meilleure taverne qu'il connaissait ! Un endroit où il allait un peu moins souvent parce que pas assez de fantaisies pour lui et de gens hilarants parce que totalement saoûls. Il voulait se rattraper et montrer qu'il pouvait détendre son frère en buvant un verre sagement qu'il payerait même de sa poche. Bien évidemment, il ne fallait pas dire d'où venait cet argent car avouer qu'il provenait d'une bourse dérobée plus tôt aurait vite fait d'entraîner une nouvelle colère de ce cadet. Il posa une main sur son échine pour l'emmener dans une taverne aussi respectueuse que pouvait l'être un tel endroit car l'accord finalement donné apporta un magnifique sourire réjouit sur ses lippes dont le contentement ne pouvait passer inaperçu et qui traduisait assez le plaisir d'une telle compagnie que ne pouvait ignorer le cadet. Ils prirent donc place à une table et commandèrent rapidement à boire puisqu'une jeune demoiselle vint prendre leur commande – à qui il adressa comme toujours un sourire particulièrement charmeur – et il ne put donc s'empêcher de prendre la parole.

« Bon... Faut quand même que je te le demande ! Ca te plaît réellement pas les endroits tel que celui d'où on vient ou c'est juste parce que tu crois que c'est « pas bien » ? Nan mais je veux pas que tu te fâches de nouveau mais j'ai besoin de savoir ! T'es un homme quand même.. t'as forcément des envies non ? »

Ce n'était réellement pas pour le mettre mal à l'aise. Mais ils étaient frères, ils avaient partagés beaucoup de choses à une époque lointaine, et dans la tête de l'aîné, ils étaient encore fort proches quoi qu'il se soit passé dans leur vie. Et au fond, c'était parce que son frère était devenu un homme respectable qui n'était pas prêt à écouter et surtout entendre tout – prêt à le mettre en geôle surtout s'il savait tout ce qu'il faisait – que par conséquent il ne connaissait pas de quoi était fait sa vie. Car à une époque, il ne cachait jamais rien de ses exploits à son cadet. Mais il était devenu bien trop sérieux pour accepter d'entendre de telles choses. Cela ne devait cependant pas les empêcher de discuter comme des frères de sang qu'ils étaient.





You're kidding ?? This smell is mine ? holly crap... i stink!
" Qui dit porte dit monstre, qui dit monstre dit dragon et qui dit dragon dit courez, moralité: qui dit porte dit courez ! "

Spoiler:
 
Revenir en haut Aller en bas
Commandant des Dents de Freux
avatar

Alrik Mallery
Commandant des Dents de Freux

Général
- Noblesse d'Ame -

♦ Missives : 1209
♦ Missives Aventure : 117
♦ Arrivée à Westeros : 19/02/2012
♦ Célébrité : Josh Holloway
♦ Copyright : Luchadora
♦ Doublons : Lakdahr l'Edenteur - Séraphine - Jeyne Estremont
♦ Age du Personnage : 39 ans
♦ Mariage : Veuf - Fiancé à Velanna Vance
♦ Lieu : Les Terres de la Couronne
♦ Liens Utiles :
Feuille de Personnage
Feuille de personnage
Inventaire:
Jauge de réputation Jauge de réputation:
2127/2500  (2127/2500)


Message Mar 6 Aoû 2013 - 9:27

La contrariété avait littéralement muté en ire, Aslak ne comprenait pas, il ne comprendrait jamais ses opinions et la façon dont il avait mené et menait présentement sa vie. Après quatre décades d'existence, comment pouvait-on encore être aussi puéril ? Des deux, qui méritait d'être ceint aîné ? Il remerciait les Sept que leurs défunts parents ne soient plus de ce monde pour être témoins de tout cela, nul doute que leur père aurait été outragé, profondément exaspéré et désappointé. En réalité, il y aurait eu fort à parier qu'il n'aurait pas même désiré revoir son premier enfant, qui les avait lâchement abandonnés sans dire mot, sans jamais se retourner... A en constater de la façon dont il avait agi avec ceux qui l'avaient mis au monde, le freux irait prier toutes les déités plausibles pour que sa propre fille n'ait rien hérité de ce trait-ci, et que son appétence pour les odyssées et les ennuis ne l'emmèneraient jamais loin de lui. Plus que tout, encore plus que pour l'honneur des Mallery, il craignait tout bonnement que le reître n'injecte quelque venin de folie dans les méandres d'esprit de Yevana, et que celle-ci ne prenne la saveur de l'aventure, à mille lieues du faste du Donjon Rouge et des perspectives de mariage. Si un tel malheur se réalisait par la faute de son frère, Alrik se le jurait, il arpenterait Westeros en long, en large et en travers pour le retrouver et le châtier avec la rage d'un père. Qu'il aille même trouver refuge dans les Cités Libres, cela ne changerait rien à sa vendetta ! Mais au revers de son immuable désinvolture, le bougre le savait pertinemment, qu'il n'avait guère intérêt à jouer avec cette flamme-là. Il semblait apprécier sa nièce, sentiment somme toute réciproque, mais cela serait-il suffisant pour qu'il ne l'entraîne pas face aux périls ? Une myriade de jurons aurait aimé passer outre les lippes et la bienséance du chevalier qui se frayait actuellement un chemin à travers la foule compactée, ses dents grincèrent même tandis qu'il luttait pour passer entre deux quidams ventripotents, il feula et parvint après moult efforts à se hisser jusqu'à l'huis de la sortie qu'il ouvrit presque à la volée. Il guigna avec peu de sympathie le faquin qu'il avait manqué d'assommer par la même opportunité, puis s'éloigna de plusieurs pas tout en prenant une grande inspiration d'air frais, qui contribua à le lénifier un tant soit peu. Il était plus que l'heure de regagner son office et ses Dents de Freux désormais, là où il se sentirait pleinement lui-même.

Cependant, un poids s'affaissa subitement sur ses épaules, le chevalier en soubresauta et porta intuitivement sa poigne au manche de Fraternité, qu'il ne sortit heureusement pas tout de go de son fourreau. Pantois et aussitôt assombri de constater qu'il ne s'agissait que de son homologue fraternel, il détourna le regard à l'instar d'un damoiseau offensé et résigné à faire sa mauvaise tête. Toutefois, le dornien d'âme n'avait pas son pareil pour le surprendre, ce qu'il fit derechef à travers un discours qui fut probablement le plus authentique qu'il ait daigné lui adresser depuis son retour. Précautionneusement, son cadet se mit à le lorgner non sans méfiance, lui prêtant attentivement l'oreille dans un mutisme impérial. Il n'était jamais plaisant de se faire peinturlurer son portrait de la sorte, par des termes loin de le mettre en valeur et soulignant bien plus ses défauts que ses qualités... Mais pouvait-on dire que le coquin avait pour autant tort ? A cela, il préféra ne rien répondre, scrutant simplement la venelle devant eux jusqu'à ce que son comparse de soirée lui suggère – voire ne l'implore. -  de l'emmener autre part pour poursuivre les réjouissances. Il se plut même à prêter serment comme sigisbée l'aurait fait, agrémentant le tout d'une mimique semblable à celle d'un chiot qui ne voulait point être abandonné à l'entour du sentier. Pouvait-il réellement lui faire confiance, alors qu'à chaque fois qu'il la lui octroyait même d'une bribe, il s'amusait à la piétiner pour mieux agir selon ses propres aspirations ? Le sujet mérita un instant d'intense réflexion et fit débat dans l'esprit du concerné, qui n'avait diantrement plus envie de se sentir tel le dindon de la farce. Peut-être était-il bien trop magnanime, mais après un long soupir, il se massa l'arrête nasale tout en répondant. « Je sens que je vais le regretter... Tu as tout intérêt à te tenir tranquille, sinon je m'en vais séance tenante et l'on ne se reverra qu'à mes venues à Empyrée ! » La menace n'en serait certainement pas une pour le gredin qui, il en était intimement persuadé, n'avait de toute façon pas besoin de lui pour vivre. Il n'avait besoin de personne si ce n'était, de temps à autre, un compagnon de pochardise et une catin à allonger dans les draps.

Nonobstant ses a priori, il le suivit docilement jusqu'à leur nouvelle place, une taverne tout à fait usuelle et qui convenait bien mieux aux exigences du commandant. Nulle nécessité de filles de joie pour siroter une pinte ou un verre de vin, il avait beau respecter ces créatures pour la besogne qu'elles accomplissaient, il trouvait leur compagnie de fort mauvais goût et leur coudoiement même innocent pouvait promptement entacher une réputation. Contrairement à ce que pouvait penser et proférer Aslak, tout le monde avait l'oeil sur tout le monde, et lui avait de trop sué pour gagner ses titres et son prestige. Le binôme prit paisiblement place à une table parmi celles déjà fréquentées, l'atmosphère semblait encline à la gaieté, l'on entendait les rires des uns et les boutades des autres, certains s'adonnaient à divers jeux, et la serveuse était au moins convenablement nippée. Pour le moment, la parole donnée avait été respectée, mais après tout, ils venaient seulement d'arriver... Puis, son frère se fit inopinément curieux, attaquant un sujet qui n'aurait normalement pas eu lieu d'être soulevé et qui fit légèrement tiquer l'interrogé.

« Ce ne sont pas des choses qui se demandent, Aslak... » Il sourcilla comme père l'aurait fait devant un fils irresponsable, endossant rapidement et une fois encore le rôle du guindé de service. Néanmoins... Il sembla reconsidérer la chose et se plut même à penser que son interlocuteur avait fourni un effort en quittant le lupanar, de plus, ne cherchait-il pas seulement à en apprendre davantage sur lui ? L'action était inoffensive, et il fallait parfois savoir abaisser son égide. Quelque peu embarrassé par sa réaction paternaliste, le Mallery se racla la gorge et pianota des phalanges sur le meuble, avant de reprendre plus posément. « Je n'ai jamais couru la gueuse, même lorsque nous étions jeunes... Avoir recours aux services d'une prostituée, je trouve cela immoral et dégradant, j'aime à penser que le sexe n'est pas une fin en elle-même... Je ne clame pas que je suis blanc comme neige, j'ai jadis connu une courtisane... » Les souvenirs de Messenda lui firent presque grimper le pourpre aux joues, la gêne fut palpable et il s'empressa de la chasser d'un revers de la main. « Mais il s'agissait de circonstances particulières, je... B...bref... Ne t'avise pas de le répéter à qui voudrait l'entendre. Les gens sont bien plus attentifs que tu ne le crois sur les autres, l'on ne médit pas toujours pour faire du tort, beaucoup médisent par simple plaisir de le faire. Je n'aimerais pas entendre chuchoter des choses à mon sujet aux angles des couloirs, tant pour moi, que pour Yevana et ma vie sentimentale. Je pense que même toi tu peux le comprendre... »

Peut-être espérait-il vainement, Alrik savait parfaitement qu'ils ne se trouvaient pas sur la même longueur d'onde et que, ce que l'un estimait comme blanc, l'autre le verrait noir, ou gris au meilleur des cas. Le reître n'avait jamais eu à s'encombrer d'une notoriété, peu importait ce que l'on pouvait cancaner le concernant, alors, que pouvait-il comprendre de cela ? Leurs univers étaient diamétralement opposés, un fait bien triste selon le chevalier, qui osait parfois se demander si le retour de son frère avait finalement été de bon augure. Ce dernier avait toujours été un amateur de donzelles, qui se pâmaient toutes devant son charme intrinsèque et sa rhétorique subtilement ficelée, alors que lui se préférait fleur bleue, davantage galvanisé par ses sentiments que par ses besoins primitifs. Fort heureusement, il ne vivait pas dans le souvenir de son épouse décédée, qu'il avait pourtant sincèrement aimée et qui lui avait fait l'offrande d'une merveilleuse pouponne avant de succomber. Depuis, le destin lui avait légué une nouvelle opportunité de connaître l'amour, et lorsque l'image de Velanna lui apparut, un sourire inconscient et épris s'ébaucha à ses lèvres. Il se prit à rêvasser sur sa chope, coupable d'une passion tout à fait fortuite et qui le dévorait pernicieusement. A son cou, sous son vêtement, trônait par ailleurs le pendentif qu'elle lui avait donné lors de leur première et dernière rencontre en date, un bijou qu'il portait toujours sur lui mais qu'il prenait également toujours soin à cacher. Malgré cela, happé dans la spirale de la confidence, le seigneur s'apprêta à reprendre la parole mais fut soudainement coupé dans son élan lorsqu'une paluche s'écrasa amicalement sur l'épaule de son aîné. Il préféra alors plonger le nez dans la spume de sa bière et s'en délecter de sages gorgeons tandis que l'individu en question échangeait quelques mots avec son frère, qu'il connaissait vraisemblablement bien. La conversation fut concise et vite atermoyée, ce qui permit aux attablés de reprendre la leur là où ils l'avaient laissée. Du moins, il fallut quelques secondes au freux, une risette pusillanime – irrécusable preuve qu'il allait aborder un aveu important. -, et il s'y essaya à nouveau.

« L'on ne peut pas dire que j'ai joué de chance en terme de romance depuis la mort de Kaithlin, j'étais bien trop affairé à mes responsabilités, à servir lord Brynden Rivers qui a parfaitement su me remercier. Mais... Il y a quelques temps de cela... » Il se frotta la nuque, un peu confus par ce qu'il s'apprêtait à confesser, chose qu'il n'avait jusqu'alors faite qu'avec la Main du Roi au détour d'une discussion sur Murs-Blancs. Il était assez irrésolu sur le fait que ce soit une excellente idée de se confier à un énergumène comme Aslak, mais il n'était après tout pas contraint de tout lui dire, c'était encore à lui de choisir les informations qu'il désirait partager. « Disons que j'ai rencontré quelqu'un... » Il observa son vis-à-vis avec un large sourire qui se voulut mystérieux, et étonnamment complice pour l'occasion. « C'est une femme... Absolument magnifique ! Elle respire la grâce et la bienveillance, chacun de ses gestes est toujours emprunt de noblesse et de douceur, elle est cultivée, et elle sait quels sont les devoirs d'une épouse. La dernière fois que nous nous sommes vus... » Chacun des traits physionomiques du commandant semblait sous le charme, il irradiait alors d'un bonheur comme il était rare de l'en voir drapé. « Elle m'a fait part de son envie de devenir dame Mallery... »

Difficile à croire, mais son sourire put encore s'évaser, la réciprocité des sentiments avait été une véritable bénédiction dont il s'exaltait encore aujourd'hui. Heureux et impatient que les choses se concrétisent, il avait dépeint le portrait d'une sylphide qui affleurait la perfection, mais quel défaut pouvait donc avoir la muse de l'amoureux transi ? L'amour aveuglait, peut-être Velanna ne serait-elle pas femme à plaire à Aslak, mais il n'en avait cure – et c'était là une conjecture des plus fantasques lorsque l'on connaissait ce coureur de jupons. Cela étant, il avait pris le soin de ne rien divulguer de trop précis de la belle Vance. Ni son âge, ni ses origines, il allait falloir quelques pintes de plus avant qu'il daigne livrer tous les secrets de cette idylle. Ce qui ne l'empêchait pas de sentir un certain contentement de partager cela avec son frère, sur lequel il posa ses prunelles qui scintillaient de ferveur.

« Je me languis de la revoir, après guerre... » Ponctua t-il dans un dernier élan, avant de reprendre un semblant de sérieux en pointant son interlocuteur de l'index. « Oh mais surtout, tu n'en touches mot à personne ! Seul mon lord est au fait, si ce n'est toi aussi dorénavant. Je te fais vraiment confiance, c'est très important, ne le dis surtout par à Yevana, elle... Elle ne sait encore rien... » Il se mordit la lippe inférieure, conscient que cette situation où sa fille n'était pas au courant ne durait que trop, et qu'il lui faudrait un jour ou l'autre sauter le pas. « Mais... Et toi, d'ailleurs... N'as-tu jamais rencontré l'amour à travers toutes tes pérégrinations ? Il me semble que tu avais évoqué une femme qui avait " attiré préférentiellement ton attention ", si je ne m'abuse. » Il ricana, les mots dont le reître avait usés pour désigner ladite femme s'étaient gravés dans sa mémoire tant il les avait trouvés originaux. « N'était-ce qu'une toquade passagère ? »


Vous allez balayer ma cendre ; L’homme ou l’insecte en renaîtra ! Mon nom brûlant de se répandre, dans le nom commun se perdra. Il fut! Voilà tout ! Bientôt même, l'oubli couvre ce mot suprême, un siècle ou deux l’auront vaincu. Mais vous ne pouvez, ô nature, effacer une créature... Je meurs. Qu’importe... J'ai vécu !


Revenir en haut Aller en bas
Homme d'Armes
avatar

Aslak
Homme d'Armes

Général + Etre fier c'est bien, être en vie c'est mieux ! +
♦ Missives : 1035
♦ Missives Aventure : 116
♦ Age : 30
♦ Date de Naissance : 24/09/1986
♦ Arrivée à Westeros : 03/06/2012
♦ Célébrité : Nicolaj Coster-Waldau
♦ Copyright : moua
♦ Doublons : Arkha Kenning, Ethaniel Stone, Maëlle Beurpuits
♦ Age du Personnage : 40 ans
♦ Mariage : /
♦ Lieu : les Terres de la Couronne
♦ Liens Utiles : + Dites moi que je resterai en vie et je vous dirai qui je suis

+ On va se boire un verre ?

Feuille de Personnage
Feuille de personnage
Inventaire:
Jauge de réputation Jauge de réputation:
465/500  (465/500)


Message Lun 12 Aoû 2013 - 15:09

Aslak avait été plus que soulagé que son frangin ait accepté de le suivre pour clôturer la soirée autrement que sur une prise de tête entre deux personnalités divergentes. La sincérité était translucide concernant un repentir de choix d’atterrissage pour s’amuser. Il espérait réellement une atmosphère détendue pour un frérot bien trop coincé. Mais c’était sans compter que celui-ci prenait son rôle avec tellement de sérieux qu’il était difficile de l’en faire sortir assez pour qu’il puisse apprécier un lieu de débauche même si aux yeux du plus âgés, il ne comprenait pas qu’on fasse tout un foin de cet établissement. Il avait cependant bien compris que respecter les désirs de tout un chacun devait primer sur le fait d’imposer ce qui pour lui était de l’amusement. Ainsi, c’était pour cette raison qu’il n’avait pas fait de manière souhaitant que leur fin de soirée convienne aussi à son cadet dont il ne souhaitait guère se débarrasser dans l’immédiat, loin de là. Après toutes ces années, il devait bien accepter qu’ils soient si différents et que leur mode de vie ne pouvait plaire à l’autre. Un juste milieu était nécessaire s’il voulait rester en contact avec son frangin. S’il existait bien une personne avec laquelle il n’avait pas envie de se brouiller, c’était clairement son frère Alrik, même si beaucoup diraient que son départ et son absence de nouvelles prouvaient tout le contraire. Mais il s’en foutait clairement de ce que les autres pouvaient penser. Toujours est-il qu’ayant pris place à une table et les commandes formulées, il n’avait pu retenir des propos effectivement qu’on ne posait pas à tout le monde mais cela n’avait guère de rapport puisque son frère n’était pas tout le monde. Bon, il était vrai qu’au final il aurait pu poser cette question à n’importe qui… il avait très peu de retenus et surtout n’avait aucun sujet tabou. Enfin, cela dépendait qui il avait bien sûr en face de lui… Disons que c’était davantage une capacité d’adaptation qu’une retenue langagière et thématique. Au final, on pouvait toujours discuter de tout, il suffisait de savoir comment formuler. De plus, c’était une bonne façon de relancer la conversation et de détendre la tension existante par rapport au contexte précédent. Rien de tel qu’abolir un malentendu en revenant sur le malentendu.

Il ne put s’empêcher de rire en entendant les premiers propos formulés par son frère sur le sujet. Enfin ce fut surtout l’expression qui découla de la signification de ceux-ci. En un instant il vit leur père et cela faisait très longtemps pour la peine que ça ne lui était plus arrivé. Se retenir de le formuler d’ailleurs oralement n’était pas dans ses intentions et surtout dans ses habitudes.

« Alors là, j’aurais juré voir notre père ! Tu l’imites très bien maintenant ! » se moqua-t-il gentiment.

Tous les deux connaissaient parfaitement son penchant pour la figure emblématique qu’était censée représenter leur père à ses yeux. En somme, pas grand-chose. Il en avait toujours fait à sa tête et ce depuis leur plus tendre enfance. La raison ? Peut-être justement le manque d’humour flagrant dans la famille alors que depuis sa naissance, il n’était qu’un bout en train. Un enfant issu d’un sang différent que beaucoup dirait. Un bâtard… si seulement il n’avait pas un air de ressemblance totalement évident avec son frangin. Mais il était la légèreté, l’absence d’investissement dans une famille qui toujours avait été mue par l’obligation du devoir à accomplir. Peut-être cela avait-il laissé plus de marques que l’on ne croyait. Mais ce n’était certainement pas lui qui était capable de le dire. De telles pensées ne faisaient pas partie de son palmarès réflexifs. La suite fut par contre totalement surprenante. Oh bien sûr il entendit tout ce que son frangin clama et déclara autour de l’évènement qui l’intéressait vraiment et le seul à avoir attiré son attention. Un sourire clairement plus franc et plus soutenu vint tinter ses lèvres et ce fut à son tour de virer d’une geste de la main tout le superflu des propos qu’ils avaient entendu mais dont il n’avait cure.

« Ouais ouais j’ai que ça à faire de raconter au monde entier ce que mon frangin fait de son anatomie masculine…. Mais, dis moi coquin !! Une courtisane hein… Monsieur fait pas dans les prostituées parce que c’est dégradant mais une courtisane ça passe par contre ? T’as vraiment des goûts beaucoup trop luxueux… Mais je reste très fier de toi ! J’aurais jamais cru que tu t’étais déjà amusé de la sorte ! Je sais d’avance que si je te demande les détails – nan pas comment t’as fait des choses avec elle pervers, je m’en passe ! – mais plus ces fameuses raisons contextuelles tu vas pas me les dire… Tu dois traîner ça genre l’erreur à jamais raconter à personne sous peine de te faire lyncher. Mais t’as tort ! Tu devrais pas rabaisser ces femmes. Tu sais que le côté dégradant ne vient pas d’elles mais des mecs qui ne savent pas rester courtois et se tenir en leur présence simplement parce qu’ils les payent. Comment une femme pourrait-elle être dégradante ! Impensable… »


Le pire c’était bien sûr que tout ce petit discours n’était pas feint. Il pensait chaque mot formulé. Que cela concerne la fierté d’une frère qui avait su s’amuser une fois dans sa vie de façon moins officielle qu’une épouse, un mariage et des enfants, que la condition des femmes qui se vendaient pour vivre. Bien sûr qui ne comprenait jamais totalement ce besoin de vie guindée que souhaitait son frère, comme l’inverse concernant ce Dent de Freux qui subissait responsabilités sur responsabilités. Mais ce n’était pas pour ça que de temps en temps, un terrain d’entente ne pouvait pas découler justement d’une discussion entre eux. Et il avait l’impression que pour la première fois depuis longtemps, ils avaient enfin franchi cette barrière qui permettait à l’un et l’autre de pouvoir discuter plus librement de certaines choses. Enfin, bien davantage parce que son cadet acceptait de se dévoiler un peu. Après tout, lui n’avait jamais vraiment caché ses penchants – excepté ceux du vol à répétition et des boulots pas toujours parfaitement légaux de peur de se voir enfermer sans sommation – mais cela lui faisait plaisir d’en apprendre davantage sur celui qu’il n’avait plus vu depuis tant d’années. Le sourire qui se dessina sur les lèvres de son vis-à-vis eut tôt fait de l’interpeller mais avant qu’il eut le temps de formuler le moindre propos à ce sujet, une main attira son attention sur son épaule le faisait tourner la tête pour apercevoir un pote de bar avec qui il traînait très souvent !

« Karl ! »

« Ah ! J’savais qu’c’tait toi ! »

« C’est tellement surprenant de te voir ici…. » dit-il avec un sourire moqueur.

« Tu m’en diras tant ! Je veux pas te déranger mais je fête ma vieillesse demain et on va se boire un verre, tu seras des nôtres ? »


« Tu me poses vraiment la question ? »

« Haha ! Ca marche ! »


Une nouvelle tape dans le dos pour clore une conversation avec un homme dont les rapports se tenaient simplement entre des échanges de bières. Mais il avait l’habitude, comment ne pas connaître du monde quand les tavernes et les bordels étaient votre première et seconde maison, Empyrée n’était au fond que la troisième.

« Excuse moi ! C’était Karl, un mec que j’ai déjà rencontré plusieurs fois ici ! » il sourit amusé en le regardant avant d’ajouter « Alors c’est quoi ce sourire ! qu’est c’que tu me caches ?? »

Il dut attendre un instant – moment que la serveuse choisit pour leur apporter enfin leur boisson – avant que son frangin ne décide de s’adresser enfin à lui pour révéler ce qu’il avait autant de mal à dire. Mais à son air, cela n’était en rien grave, c’était bien le contraire ! prenant une gorgée de sa pinte, il planta son regard dans celui de son interlocuteur tandis que ce dernier commençait sa tirade sur un évènement passé peu joyeux, mais il comprit très vite que c’était pour mieux rebondir et pouvoir arriver sur un sujet similaire mais néanmoins bien plus plaisant à entendre ! La gêne qui découlait du comportement de son cadet l’amusa. Il n’avait pas affaire le moins du monde à un Dent de Freux mais plus à un homme en proie à des sentiments forts et cela, bien qu’il n’était pas le genre à s’extasier sur tel phénomène, il ne pouvait qu’en être touché et surtout profondément satisfaite pour quelqu’un à qui il tenait. D’ailleurs il se pencha, une fois la pinte reposée et la gorgée avalée, vers son vis-à-vis comme pour accentuer le contexte de confession.

« Nan ! Tu déconnes ? Vas y dis moi tout ! »

La suite arriva rapidement et, bien qu’il l’avait déjà compris, il remarqua aisément déjà toute l’affection et l’attachement que son frangin avait pour cette belle demoiselle dont il ne connaissait à ce jour strictement rien. Il était persuadé vu la description qu’elle faisait partie de ces jeunes femmes à l’éducation dressée et qui sûrement était une femme de haut rang. Il ne pouvait en vouloir à son frère de désirer ce genre d’épouse et de toute manière, c’était ce qui pouvait lui convenir au mieux vu ce qu’il était devenu. Au fond, tant qu’il était heureux, il n’en avait cure de celle qui serait l’élue de son cœur, gueuse ou noble. Les jugements hâtifs du genre n’étaient pas dans son mode de fonctionnement et de plus, une femme restait un joyau inestimable peu importe d’où elle venait. Mais il fut surpris de se rendre compte que ce n’était pas du tout une amourette sans conséquence ! La demande sérieuse avait déjà été annoncée et l’acceptation proclamée !

« Wouaaaaaaaaaw !!! » ne put-il retenir peut-être un peu fort que quelques personnes alentours se tournèrent. Il vint tapoter avec énergie le bras de son frangin en riant d’une joie sincère et tout aussi teintée de complicité instaurée par son cadet. Reprenant un timbre de voix normal il se pencha à nouveau vers lui « Ah qu’est ce que tu me vois heureux pour toi ! Comment t’as fait pour me cacher ça aussi longtemps ?! T’es fort ! Attends un mariage ! Ca s’annonce directement ! Surtout à son frangin ! »

Il écouta la suite et sourit davantage à l’idée qu’il puisse la revoir après la guerre. Evénement qu’il avait quelque peu oublié mais dont pourtant ils avaient parlé puisque c’était en partie son rôle de veiller sur sa filleule durant son absence. Il comptait bien prendre ce rôle à cœur d’ailleurs car, même si jamais il n’en avait parlé ouvertement, l’idée de voir son frère guerroyer n’était pas pour lui plaire. Il trouvait même ça stupide simplement par crainte qu’il perde la vie durant ce combat. Mais comme il ne pouvait penser négativement, il préférait se dire qu’il allait veiller sur la progéniture de ce dernier. L’index pointé sur lui le surprit avant qu’un sourire amusé n’étende ses lèvres au propos formulés.

« Hein ?! Yevanna n’est pas au courant ! Tu déconnes frangin, elle aurait du être la première et non ton lord là… Mais tu peux avoir entièrement confiance en moi, je dirai rien ! » dit-il sincèrement en voyant le dérangement de son frère. La suite vint alors entraîner le sujet sur sa petite personne. Il ne put s’empêcher de rire de nouveau vu la façon dont il reprit ses mots et il sourit plus simplement avant de répondre. « Tu me connais… Je vais, je viens, les histoires d’amour c’est tellement pas pour moi. J’aime les femmes, je ne peux aimer qu’une femme ! Je reconnais qu’elle avait quelque chose d’envoûtant… Qu’elle me plaisait beaucoup et qu’au final j’ai passé pas mal d’années avec elle. Mais regarde ! Ne suis pas ici, seul, à côtoyer d’autres demoiselles ? Tu vois je peux pas leurs résister. L’aventure m’appelle, le besoin de voir d’autres choses aussi. Peut-être finirais-je à Dorne mais peut-être pas. J’en viens à me dire que je suis pas fait pour être stable. C’est trop triste… Trop dur de faire toujours la même chose, de voir toujours les mêmes gens. Je veux me laisser guider par la vie et le destin. Si je dois la revoir, je la reverrai… si c’est pas le cas, je peux rien y faire. » il sourit amusé avant d’ajouter « Je suis pas comme toi. Ca se voit à des lieux qu’une fois que t’as jeté ton dévolu, ta fidélité à toute épreuve l’emportera toujours ! Franchement j’admire ! Mais je sais pas le faire. Je m’en plains pas et j’en suis pas malheureux ! Toi t’as besoin de ces sentiments forts d’amour pour une seule âme sœur. Et franchement, j’suis super heureux que tu puisses trouver celle qui te conviendrait pour toute la vie ! T’as déjà connu ça et le destin a été cruel. Mais c’était pour te permettre de revivre ça encore une fois ! »…il sourit un peu en coin avant de reprendre « D’ailleurs tu m’en dirais bien plus nan ? C’est quoi son petit nom ? Elle est magnifique certes mais elle est comment ? Brune, blonde, noire ? Yeux verts, bleux, bruns ? Allez donne moi un peu plus d’infos quoi ! T’as jeté ton événement avant de passer à autre chose ! Mais je veux en savoir plus ! D’ailleurs… » Il se tourna et chercha la serveuse des yeux. Lorsqu’il put attirer son attention d’un geste mais également d’un somptueux sourire charmeur, il attendit qu’elle arrive pour demander deux alcools à boire cul sec avec ensuite leur meilleure bouteille de vin. La laissant partir, il se tourna amusé vers son frangin. « Tu sais, que je puisse le dire ou non – mais nan je le dirai à personne – ça se fête ! Ce soir on s’éclate, monsieur-je-vais-partir-en-guerre-entre-hommes-sans-aucune-joyeuseté-à-l’horizon ! Trouver la femme de sa vie c’est pas anodin ! Puis c’est moi qui régale ! »

Il ne savait d’ailleurs pas si c’était parce que finalement ils allaient débourser pas mal d’argent vu la bouteille qu’il avait demandée mais en tout cas, la jeune femme revint assez rapidement à leur côté pour leur apporter leur commande. Un sourire charmeur, puis il se tourna vers son frère, une fois seuls de nouveau. Il prit sa pinte qu’il finit également d’une traite car ça aurait été du gâchis de ne pas la boire et ils allaient passer à tout autre chose donc il ne pouvait mélanger sous peine de ne pas profiter pleinement des saveurs. Repoussant, après une sonorité de satisfaction d’un breuvage plaisant fini, sa pinte sur le côté, il amena les deux petits boissons fortes devant chaque protagoniste avant de sourire avec amusement.

« Alors t’es prêt ? Tu vas voir cette soirée tu l’oublieras pas de si tôt ! Et promis on la racontera pas à ta nouvelle future femme ! Rha… mon frère bientôt en mariage à nouveau ! Quel événement ! Trinquons ! » dit-il en soulevant son petit verre et le cognant contre celui de son frangin une fois qu’il l’eut pris également « Vas y montre moi que tu sais boire ! » se moqua-t-il pour le mettre dans l’ambiance avant de boire cul sec ce petit breuvage spécial qui avait l’art d’irriter sans lésiner le gosier. « Pfouaaaaaaah !! » dit-il en rigolant « Ca c’est de l’alcool ! Tu vis toujours frangin ? » lâcha-t-il en riant.





You're kidding ?? This smell is mine ? holly crap... i stink!
" Qui dit porte dit monstre, qui dit monstre dit dragon et qui dit dragon dit courez, moralité: qui dit porte dit courez ! "

Spoiler:
 
Revenir en haut Aller en bas

Contenu sponsorisé

Général
Feuille de Personnage


Message

Revenir en haut Aller en bas

Quand la détente et l'alcool ravivent la fraternité [Pv Alrik]

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut
Page 1 sur 1


Sujets similaires

-
» Attention, cerveau grillé ! [PV]
» On ne boit pas de vin quand on ne tient pas l'alcool, en particulier quand c'est un cadeau d'une elfe "légèrement" fâchée contre vous {PV Eliwyr Meraennon} [RP TERMINE]
» [Evènement, Festival de la Fraternité] - La machinerie blonde est en route
» Quand l'alcool coule a flot par une nuit sans Lune
» 04. Quand l'alcool fait des ravages. || Ashton Kinney

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
A Song of Ice and Fire RPG :: Citadelle de Maegor :: ◄ Salle des Archives Oubliées (RP)-