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Une Mer de Liberté

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Seamus Ouestrelin
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Seigneur de Falaise, loup solitaire, ours mangeur d'homme et victime des langues de vipères

"If there are gods, they made sheep so wolves could eat mutton, and they made the weak for the strong to play with."

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Message Mar 16 Juil 2013 - 23:12


Une Mer de Liberté
6e Lune en l'an 212 – Suite à la bataille contre les Îles de Fer, les forces du continent font demi-tour pour se remettre de ce sanglant conflit. Lord Seamus retourne à Port-Lannis avec ce qui reste de la flotte de Falaise en attendant le moment opportun pour cueillir les otages. Et bien que ses blessures le torturent à longueur de journée, l’impatience du vieux seigneur grandit de jour en jour. Il espère retrouver sa bien-aimée fille au plus vite, tout en nourrissant un sombre désir de vengeance envers son ravisseur...

*
* *
La Mer était calme en ce début de matinée ; une paisible toile dont les formes se mouvaient de façon indolente le long de l’horizon. Une fine pellicule nuageuse couvrait le soleil, transformant les rayons matinaux en une agréable palette aux couleurs pastelles. Les quais de Port-Lannis ne reflétaient guère la sérénité de ce quiet paysage : les hommes s’agitaient déjà, fourmillant à travers la ville comme s’il s’agissait d’une véritable ruche. Tous affichaient de grises figures, des faces crispées par les horreurs de la guerre, où transparaissait l’indélébile souvenir de sauvages atrocités. La plupart étaient blessés, certains avaient même été amputés. Ils formaient une colonie d’invalides et d’estropiés, et porteront ces cicatrices jusqu’à la fin de leur existence alors qu’ils n’avaient – au fond – rien demandé. Cette affliction s’était abattue sur eux sans qu’ils ne le veuillent, et c’était là une des malédictions des hommes soumis à de plus grandes autorités, qu’elles soient terrestres ou divines.
Seamus connaissait la chanson sifflée lors d’une bataille. Il l’avait vécue à plusieurs reprises et avait miraculeusement survécu à chacune d’entre elles. L’expérience n’en devenait pas pour autant plus facile. Il avait beau se comporter de manière implacable au cœur du combat, les images que lui projetait par la suite sa cruelle mémoire continuaient tout de même à lui ronger l’esprit. Cela n’avait évidemment pas contribué à alléger son sommeil ; il ne dormait toujours pas. L’insomnie tirait inexorablement ses paupières épuisées, le contraignant à inutilement contempler le vide tout en cherchant une quelconque réponse à sa destinée incertaine.

Lord Ouestrelin se trouvait sur le pont du Talion et s’appuyait contre le bastingage du vaisseau de guerre tout en observant les combattants qui avaient survécu d’un œil rêveur. Il répétait quotidiennement cet étrange rituel, et les quelques survivants qui composaient à présent l’équipage du navire ne s’étonnaient même plus de le voir levé de si tôt, en train de contempler Port-Lannis dans une posture statuesque. La plupart n’osaient à peine lui adresser la parole, sachant qu’il n’était guère sage d’importuner le vieux Seigneur. Bien que l’on affirmait avoir remporté la guerre, Seamus percevait la bataille comme une terrible défaite. Après tout, il n’était pas parvenu à décrocher sa vengeance : Sargon Harloi était soit mort et enterré par quelqu’un d’autre, soit bel et bien vivant et toujours en possession de Miranda. Les deux possibilités ne lui convenaient point. Il aurait voulu tranché la gorge du pirate personnellement et voir son insupportable sourire mourir avec lui sur le champ de bataille. Toutefois, les Dieux s’étaient cruellement joués de lui. Au lieu d’obtenir ce qu’il voulait, les divins ne lui avaient accordé que douleurs et blessures. La coupure que lui avait entaillé la hache d’un fer-né sur le Talion lui cuisait encore l’épaule. La morsure qu’une femelle enragée lui avait infligée à la nuque avait menacé de s’infester, et il boitait à cause d’une taillade au niveau de sa cheville. Il aurait été perdu s’il n’avait pas été défendu par Artos ainsi qu’un autre homme à l’aspect robuste et l’esprit guerrier dont l’armure affichait l’emblème d’un anneau à Sept étoiles. Malheureusement, le zoman ne parvenait à se rappeler de la famille qui arborait ce symbole – bien que l’image lui paraissait extrêmement familière...

Lord Ouestrelin s’était efforcé de retrouver son fils dès leur retour à Port-Lannis. Les deux hommes n’eurent toutefois pas le temps de converser abondamment, et Seamus n’avait toujours pas informé le jeune chevalier de l’enlèvement de Miranda. C’était comme si le vieux seigneur avait décidé de porter ce fardeau à lui seul. Il ne voulait point encombrer son enfant d’une nouvelle tragédie et préférait lui laisser le temps d’accumuler les violences qu’il avait vécu durant la bataille. Tendre attitude pour le seigneur de Falaise, certes, mais Artos était son premier fils et le seul qu’il aimait réellement. Peut-être était-il temps de lui annoncer la nouvelle... Je lui dirais s’il vient aujourd’hui.
Le jeune Snow savait où le trouver et était même venu à plusieurs reprises. Seamus aurait aimé qu’il réside à bord de son navire, mais s’était interdit de formuler une telle proposition : Artos faisait à présent partie des Gardes Rouges et sa place était encore auprès des soldats de Tybolt Lannister. Il ne doutait pas qu’il pourra quitter le service du suzerain de l’Ouest pour une affaire d’une telle gravité. Ils auront donc l’opportunité de voyager ensemble lorsqu’ils iront retrouver Miranda...  Bientôt Se promit Lord Ouestrelin. Ils partiront dès qu’assez de soldats seront en état de voyager.

L’arrivée d’un jeune soldat interrompit son flot de pensées. C’était l’homme qui l’avait tiré des profondeurs de l’océan alors que les folles vagues de la Mer du Crépuscule menaçaient de l’engloutir. Seamus lui devait la vie, et l’avait par conséquent promu au rang de chef de la garde de Falaise. C’était un individu qui vivait d’après un strict code d’Honneur, ce qui signifiait qu’il avait secouru le change-peau purement pas Devoir. C’était justement pour cela que Lord Ouestrelin l’avait choisi, puisqu’une telle discipline d’esprit le rendait invulnérable face aux griffes manipulatrices de Lady Amelia. Quoi qu’il en soit, le soldat n’était point là pour discuter avec Seamus : depuis plusieurs jours, il venait sur le pont pour hisser le drapeau de Falaise. Le vieux seigneur ne savait pas exactement ce qui le poussait à effectuer cette besogne, mais il suspectait le jeune homme de le faire en l’honneur des défunts. Quelques instants plus tard, l’on pouvait voir la bannière aux six coquillages flotter doucement dans les airs, portée par un vent délicat. Ce souffle maritime était accompagné par le parfum d’une ère de changement, encore trop indiscernable pour qu’il soit perçu par les rescapés de la bataille...



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Artos Snow
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Message Sam 17 Aoû 2013 - 19:26

La bataille avec les Fer-nés s'était achevée, bien trop de morts, inutiles sans doute, de toute façon à mon sens la mort est toujours inutile. Mais nos disparus se sont battus avec honneur et courage pour une noble cause, celle de libérer les côtes et les peuples des assauts répétitifs de ces chiens de Fer-nés. Un ramassis de pirates qui volent, pillent et violent sans le moindre scrupule, pourquoi devrais-je en avoir pour eux? Bien que nous ayons déjà suffisamment à faire avec nos décédés, je ne peux m'empêcher de prier aussi pour les leurs. La miséricorde et le pardon font aussi partis de la chevalerie. C'est ce que mon maître m'a appris, bien qu'il ne le respecte pas toujours cela dit. On me reproche bien des choses, ce n'est pas un souci, mais sa conscience est une chose à laquelle on ne peut échapper et je préfère être en paix avec elle pour mon salut.
Gérold Lannister avait été gravement blessé durant l'affrontement sur le Lion Gris, serrant entre mes doigts le rebord du bastingage, je formulais silencieusement une prière adressée au Père pour son rétablissement.  
Des doigts, j'effleurai la cicatrice qui ornait désormais ma pommette, un des souvenirs de cette guerre que nous avions remportée au prix du sang. Une grimace, plus que l'entaille, c'était l'hématome en-dessous qui était désagréable.
Jusqu'à ce que le plus jeune frère des Lannister soit en état de voyager de nouveau Tybolt avait ordonné de jeter l'ancre à Port-Lannis. Il fallait que je m'éloigne de mes comparses pour prendre l'air. Ici, sur cette coquille de noix, aussi grande soit-elle, j'étouffais. La mer et le tangage des vagues me donnaient la nausée, j'avais besoin de retrouver le plancher des vaches, de m'isoler, de me retrouver seul ne serait-ce que le temps d'une courte ballade.
Sous mon gilet de cuir, la blessure sur mon épaule se réveilla, me rappelant à son bon souvenir. Mais j'avais été chanceux, bon nombre de mes camarades avaient été tués ou pire, estropiés à vie. Plus jamais ils ne pourraient protéger leurs terres ou leur famille de cette manière. Certains se retrouveront seuls à notre retour, leur femme ne pouvant supporter de s'occuper en plus d'un infirme. La vie n'allait pas être rose pour eux, la moitié d'entre eux deviendront alcooliques et mendiants, la moitié de l’autre pourcentage allait s'en doute mourir de manière prématurée dans un coupe gorge, ou d'infection. C'était monnaie courante, j'avais déjà vu ça de nombreuses fois. J'en venais même à me dire qu'il était peut-être préférable d'être mort que de passer sa vie ainsi, souffrir d'une longue agonie aussi bien physique que morale et sociale. Non décidément, il fallait que quitte le pont, mes idées devenaient morbides.


*****


Debout depuis l'aurore je n’arrivais pas à fermer l'œil depuis que nous avions embarqué sur ce rafiot, un cercueil flottant oui. Même si ma famille, ou tout du moins deux d'entre eux, vivaient à Falaise où la mer était présente, je n'avais absolument pas le pied marin. La regarder, la boire et même tremper, dedans pas de problème, naviguer dessus c'était autre chose.
La matinée était claire, le soleil à peine voilé par quelques volutes cotonneux accrochés à la voute céleste. L'étendue liquide était pour le moment plus calme et le vol des mouettes donnait un rythme calme et reposant à ce début de journée.
Voilà comment avait commencé cette matinée et avec elle, ma prise de fonction depuis la fin de la bataille. Lord Tybolt Lannister m'avait promu au grade de Général des Manteaux rouges de manière officieusement. Moi le Snow, le bâtard, autant dire que ça avait fait du bruit, même si les hommes n'étaient pas assez fous pour montrer ouvertement leur mécontentement vis à vis d'un choix de leur suzerain. Quoi qu'il en soit je devais faire mon boulot et l'honorer, parce oui je suis honoré d'être devenu la première personne en charge de la protection de la famille des Lions, tout du moins durant un moment.

Dans l'atmosphère fraiche de ce matin clair, j'avais passé en revue mes congénères, passé voir comment se portaient les blessés, j'avais également donné des ordres précis vis à vis de la sécurité du bâtiment nautique, ainsi que de ses occupants. Personne ne devait monter à bord sans avoir décliné son identité, la raison de sa venue, ainsi que de remplir et signer le registre. Je voulais une trace de ce qu'il se passait lorsque je ne n'étais pas à bord. Nous allions être ici pour un petit moment, tout du moins le temps que les blessures de Gérold soient soignées et sa vie hors de danger pour pouvoir le transporter.
L'alcool était prohibé durant le service, je voulais des hommes sobres, mais surtout lucides lorsqu'ils étaient en service.
Parmi les hommes, je pris deux d'entre eux pour se joindre à moi, je devais me rendre au chevet du blessé et de son frère. La garde devait aussi être relevée.


*****


Enfin je pouvais savourer une balade en solitaire, tout avait été réglé au mieux pour la sécurité de tous. Tout du moins, je ne pouvais pas faire mieux pour le moment. J'avais besoin de souffler, de me ressourcer.
Tout en marchant tranquillement le long du port en respirant l'air frais du large, une personne me vint en tête… mon père… Nous avions eu l'occasion de nous revoir mais pas de nous parler. J'avais envie de savoir s’il se portait toujours bien, et d'avoir des nouvelles de Miranda.  D'un pas plus soutenu je réduisis la distance entre le bâtiment naval du Seigneur de Falaise et moi.
"- Hey! Où tu crois aller comme ça?" La question rétorque m'était adressée alors que je venais tout juste de fouler du pied la passerelle qui menait à l'embarcation de mon géniteur. "- Artos Snow, je suis là pour voir Seamus Ouesterlin." Le garde me contempla un moment ne sachant sans doute pas s’il devait rire ou grincer des dents. Le nom Snow faisait souvent cet effet-là. Finalement, ce fut une mine peu avenante qu'il afficha dans un reniflement de mépris. "- Un Snow hein, et alors, tu crois que not' seigneur à que ça à foutre de toi. Aller dégage, retourne avec ton régiment." Un soupir de ma part. Pourquoi presque toutes les conversations se déroulaient comme ça. "- Je crois que vous ne m'avez pas bien compris, garde. Je suis Ser Artos Snow, général en chef des Manteaux Rouges de Lord Lannister et, certes illégitime, mais fils du Seigneur de Falaise, Seamus Ouesterlin. Alors si vous pouviez avoir l'extrême obligeance de me laisser passer ou alors de bouger votre gros cul terreux de pécore pour aller de prévenir, j'en serais positivement ravi." Un sourire étira mes lèvres et bien que toute mon attitude ne montrait aucun signe d'agressivité, ce n'était pas réellement le cas de ce que mes yeux pouvaient laisser lire. J'avais appris à composer avec ce genre d'hommes. Après une hésitation, il s'effaça et me laissa la voie libre.

Père se trouvait là, sur le pont, en train d'entretenir une discussion animée pour ne pas dire houleuse avec ce que j'imaginais être un subalterne, un des hommes de Falaise sans doute. Depuis le temps que je n'y ai pas mis les pieds, j'avais du mal à savoir qui restait, qui partait, qui mourrait et qui arrivait. Parfois Miranda me parlait de ce qui animait le château mais depuis un moment maintenant je n'avais pas eu de nouvelles. D'un pas lent, tranquille et affichant une mine tout à fait ravie, je terminai de rompre la distance entre mon père et moi. Lorsque je dis être heureux de le voir, c'était réel, j'avais pour lui une profonde affection, que rien ne pouvait changer, ni sa nature, ni la famille, si ses agissements. Il était lui, c'était tout ce que j'avais besoin de savoir.

"- Bonjour Père." Inclinant le buste dans une révérence respectueuse, mais un rictus mutin aux coins des lèvres je signalai ma présence. Il était vraiment bon de le revoir… vivant, surtout après ce que nous avions tous traversé avec la bataille contre les Fer-nés.


Dernière édition par Artos Snow le Jeu 12 Sep 2013 - 16:09, édité 1 fois
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Seamus Ouestrelin
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Message Mar 3 Sep 2013 - 14:32

La douceur matinale était un luxe que Seamus ne pouvait jamais se permettre pour plus de quelques heures. De fait, sa paisible méditation fut bientôt interrompue lorsqu’un homme vint se poster dans son dos, puis se racla la gorge pour mieux attirer l’attention du seigneur. Lord Ouestrelin tourna la tête. Il s’agissait de ser Regan, un des rares chevaliers au service de la maison. Il approchait de la vingtaine et manquait terriblement d’humilité, comme si la jeunesse avait tendance à marcher main dans la main avec toutes les formes de fourberies. Par miracle, le jeune avait survécu au tumulte et malgré ses récurrentes hâbleries, il ne comptait guère retourner aux îles. Quand Seamus énonça la perspective de reprendre le chemin jusqu’à Pyk, il s’y était brutalement opposé et venait l’importuner de façon quotidienne dans l’espoir que le seigneur change d’avis. Seamus était trop fatigué pour se disputer avec le garçon et recevait ses paroles avec extrême indifférence. Evidemment, le jeune homme ne tarda pas à légèrement s’emporter, énonçant toutes les excuses possibles dans l’espoir d’éviter ce voyage. Et quand Lord Ouestrelin lui proposait de rentrer seul à Falaise, Ser Regan se renfrognait, secouant la tête.
La discussion devint très rapidement un exaspérant échange. Le change-peau ne faisait que lever les yeux au ciel tout en soupirant. C’est alors qu’une silhouette familière attira son attention. Plissant légèrement les paupières, il parvint à saisir les traits de son bien-aimé fils.
« Artos. Annonça-t-il avec chaleur. Le jeune Snow venait le libérer de cet insupportable chevalier, et Seamus ne pouvait être plus reconnaissant. Il avança vers son fils pour lui prendre le bras dans un geste presque fraternel, Heureux de te revoir. » Il esquissa un sourire.
Quand il se détacha de l’étreinte, il invita Artos à le rejoindre près de la rambarde. Si Lord Ouestrelin était heureux de l’arrivée du chevalier il n’en était pas de même pour Regan. Les traits de visage du jeune homme se contractèrent, assombrissant son regard.
« Laissez nous Regan. Dit Seamus, cherchant à se débarrasser de son interlocuteur comme l’on se débarrasse d’une mouche.
_Mais, messire, il est urgent que nous discutions de...
_Nous en reparlerons plus tard. » Seamus coupa l’homme d’un ton catégorique. Il ne souhaitait nullement poursuivre ce débat.
Regan était trop modéré pour contredire le seigneur. Il voua donc son mécontentement à Artos, jetant au bâtard un regard sévère avant de s’éloigner, le pas lourd et grondant sur le plancher du navire.
« Excuses mes hommes, La voix du zoman s’était soudainement faite plus douce, ils sont toujours proie aux préjugés. Il se passa une main sur le visage, manifestement épuisé, Et puis nous avons tous connu des jours meilleurs... »
Ce n’était guère niable. L’ambiance d’après-guerre n’était pas des plus joviales. Tous étaient encore touchés par la bataille et tout ce qui comptait était de rentrer chez soi afin de mettre un point à toute cette pagaille. Il était tout à fait normal que l’équipage de Falaise ne veuille pas retourner sur les îles alors que leurs plaies n’avaient même pas eu le temps de se refermer. Même les blessures du vieux seigneur brûlaient encore mais il préférait ignorer la douleur, se persuadant que c’était un petit prix à payer pour le saint et sauf retour de sa fille.
« Je suis si fier que tu aies été nommé chef des manteaux rouges. Il n’arrêtait pas de le répéter. C’était un compliment tout à fait sincère. Artos avait toujours été quelqu’un de responsable, loyal et respectueux. Chose qu’il ne pouvait pas dire d’Ormond, puisque ce dernier semblait être l’exact opposé de son demi-frère... Cette pensée ne manquait jamais de décevoir le change-peau, mais il gardait ses songes pour lui, préférant partager ses joies avec Artos que ses craintes. J’espère que les Lannister te traitent convenablement. N’hésites jamais de venir me voir si tu venais à manquer de quoi que ce soit. »
Le seigneur de Falaise savait qu’il était à présent de son devoir de partager de plus graves nouvelles avec son fils. Et même si c’était une évidence, les mots restèrent coincés au haut de sa gorge ; il devait trouver un moyen détourné pour annoncer la nouvelle à Artos...
« Il y a une raison pour laquelle j’ai participé à cette bataille, tu sais. Commença-t-il, son ton soudainement plus sérieux, Je ne souhaitais pas alourdir le poids qui pesait sur tes épaules. Tu avais assez de choses à gérer avec tes nombreuses tâches, ainsi que l’approche de la guerre... J’ai par conséquent préféré omettre des récents évènements. Lord Ouestrelin s’accouda au bastingage, préférant observer une foule d’inconnus que de cerner l’expression qu’allait afficher la figure de son fils, Avant de quitter Falaise pour rejoindre Port-Lannis, nous nous sommes faits attaquer par un boutre fer-né. Ils ont saccagé le port, et l’un d’eux est même parvenu à s’infiltrer dans le château. Il marqua une pause, prenant le temps d’inspirer deux fois, Il a enlevé Miranda. »
Les mots n’étaient formés qu’avec réticence, comme si ces paroles donnaient une deuxième réalité à ce malheur. Les doigts du change-peau se baladaient anxieusement sur la rambarde. Il ne s’était manifestement toujours pas remis de la disparition de sa fille. Comment le pouvait-il ?... Lui-même portait sa part de responsabilité dans son enlèvement : il avait été incapable de protéger son fief et sa famille, rendant possible la fuite du pirate qui s’était introduit chez eux. Et comme s’il cherchait à aggraver son erreur, il ajouta :
« Je ne partage pas ta loyauté envers les Lannister. En plus, la situation critique de Falaise me clouait là-bas. Si ce boutre n’était pas apparu au château, je ne serais jamais parti en guerre. Il n’y avait aucun indice de reproche dans sa voix ; son ton était neutre, peut-être même un peu défaitiste. Je suis désolé Artos. »



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Message Mer 4 Sep 2013 - 18:45


    A la vue de la mine plus que réjouie de mon père j'en conclus que je tombais à pic dans cette conversation qui, de ce qui j'en avais vu, l'indisposait et le fatiguait eu plus haut point. Souriant comme un gamin, je vins à sa rencontre tout comme il le faisait pour moi. L'étreinte sur mon bras était chaude et bienveillante comme tous les gestes que Seamus avait eu à mon encontre depuis qu'il avait découvert mon existence. Ma main se referma autour du coude du vieux seigneur de Falaise. Dans d'autres circonstances, je lui aurais sans doute prodigué une accolade de père et fils comme lorsque j'étais encore gamin. Après tout, je ne pouvais nier le profond respect et l'amour que j'avais pour lui, encore à l’heure d'aujourd'hui où je ne suis plus un jeune garnement. "- Pareillement Père. C'est bon de vous revoir après tout ce temps." Le sourire qu'il pouvait lire sur mon visage était celui d'un homme franc et honnête, comme toujours lorsque j'étais devant lui.
    Tranquillement, je le suivis jusqu'au bastingage alors que je sentais peser sur moi un regard empli de colère. Lentement, je tournais la tête pour jeter un coup d'œil par-dessus mon épaule pour croiser les yeux foudroyants du jeune chevalier avec qui le Change-peau se prenait le bec… Chouette, je venais de me faire encore un nouveau copain. Quelle joie dites donc, que de charmantes rencontres en ce début de matinée et en l'espace de quelques minutes. Je dois avoir un don pour les relations sociales, oui ça doit être ça. Mes commissures s'étirèrent dans un sourire goguenard à l'attention de Ser Regan alors que Seamus essayait de congédier ce jeune godelureau à tête de fouine. Lorsqu'il me jeta un coup d’œil sévère, je m’armais de mon plus avenant sourire et lui adressais un signe de main unique en guise de salut ironique.

    "- Ce n'est rien père, ce genre de chose ne me touche pas." Ma main se posa sur l'épaule de mon géniteur dans un geste apaisant et rassurant. A le voir ainsi de plus près, il ne m'avait jamais paru aussi épuisé, comme rattrapé par son âge. Sa silhouette légèrement voutée était-elle due aux blessures et la fatigue de la bataille ou à une toute autre raison. De profondes cernes soulignaient son regard, signe flagrant d'un manque de sommeil plus qu’occasionnel.
    Posant les mains sur la rambarde, je haussais les épaules machinalement.
    " C'est vrai, mais vous savez père, ça plait à personne les guerres, c'est pour ça qu'on les partage si généreusement." Voilà que je me prenais à philosopher comme un septon ou même un mestre. Je devais moi-même être bien lasse pour le coup. Un sourire en coin étira mes lèvres alors que je m'appuyais sur mes avant-bras pour m'installer un peu plus confortablement et regarder à loisir le large.
    Mais c'était indéniable, tous les hommes de n'importe quelle flotte ne souhaitait qu'une seule chose, rentrer sur sa terre natale, retrouver son chez soi, sa femme, ou des femmes, et récupérer de ses blessures. C'était compréhensible, moi-même j'aurais eu un chez moi où rentrer, j'aurais aimé y aller. Parfois, l’idée d'entreprendre le voyage jusque dans le nord pour revoir ma mère m'effleurait l'esprit, mais maintenant avec ma prise de fonction cela devenait presque impossible.

    Les mots de mon père firent écho et raisonnèrent dans tout mon cœur comme un baume salvateur pour les blessures du corps et de l'esprit. Il était "Fier de moi". Je ne cherchais pas spécialement la reconnaissance, mais dans les yeux de mon père et dans les lettres de ma sœur, j'avais l'impression d'exister en tant qu'homme et non en tant que Snow.
    Le reste de la phrase de Seamus lui arracha un sourire presque enfantin. Je donnais une gentille bourrade dans l'épaule de mon père en le poussant doucement.
    "- Ne serait-ce pas plutôt l'inverse père? A vous de venir me trouver lorsque vous avez des difficultés. Boutade mise à part, vous savez que je serai toujours là pour vous et ma sœur."

    Bien que j'essayais d'alléger l'atmosphère je sentais bien que père n'était pas à l’aise, il avait dû se passer quelque chose. Si j'avais su de quoi il s'agissait, je n'aurais jamais fait le pitre ainsi. Son ton soudainement grave ne me laissait rien présager de bon. Alourdir le poids sur mes épaules? Omettre de récents évènements? Mais bon sang, de quoi parlait-il ? Rongeant mon frein, je faisais preuve de patience jusqu'à la fin de son récit, mais lorsqu'il évoqua Falaise  j'avais déjà compris de quoi il s'agissait. Tant qu'il ne l'avait pas dit, mon subconscient refusait de l'admettre, mais je l'avais compris. Il n'y avait qu'une seule personne à Falaise capable de décider père à entrer en guerre, une seule personne qui comptait autant à ses yeux pour qu'il se précipite ainsi…
    Les mots eurent l'effet d'une gifle assommante et étourdissante. Mon corps se redressa, comme figé, droit comme un "i" et mes mains serrèrent tellement le bois que les phalanges en perdirent leur couleur et que quelques gouttes de sang carmin gouttèrent dans l'eau. Ma première réaction fut une envie incommensurable d'hurler ma colère et ma déception au visage de mon père. L'autre fut de prendre en considération, son rang, le mien et l'endroit où nous nous trouvions. Je ne pouvais pas et je ne voulais pas faire esclandre sur le pont du bâtiment du Seigneur de Falaise.
    En revanche, tout ce que je ressentais passa par ma voix et l'attitude de mon corps.

    "-Depuis combien de temps est-elle là-bas?" Ma voix était devenue blanche, sans saveur et sans cette chaleur habituelle qui me caractérisait. Maintenant, je faisais face à mon père et regardait son expression. Celui d'un homme brisé, malheureux et à bout de force. "- Vous avez beau être mon père Seamus, vous être un incroyable sot sur ce coup-là!" Ma voix tremblait tellement, il m'était difficile de contenir ma colère. J'avais envie de renverser, ou jeter des objets, de laisser exploser cette rage et cette injustice. Pourquoi m'avait-il mis à l'écart d'une chose aussi importante. M'écartant de lui, je fis les cents pas sur le pont durant quelques minutes, le temps de me calmer.

    Qu'importe la colère que je pouvais encore ressentir, il restait mon père, avec ses qualités et ses défauts. Il avait pensé à moi en décidant de porter ce fardeau seul, et bien que je trouve cela absurde, j'étais maintenant assez vieux pour pouvoir le comprendre. De plus, il avait l'air tellement blessé et anéanti par l'enlèvement de ma sœur que je ne pouvais pas le haïr. De toute façon j'en étais tout bonnement incapable. Soupirant et reprenant place à ses côtés, il me fallut quelques instants pour trouver mes mots.

    "- Je comprends votre choix père, et bien que je vous en veux de m'avoir caché cela, je peux comprendre votre choix. Vous n'aviez pas à porter ce fardeau tout seul."
    Je le pris par l'épaule et l'obligeais à me faire face et me regarder. "- Quoi que vous pensiez ou vous puissiez dire. Vous deux êtes ma famille et je me joindrais à vous pour la récupérer. Car vous allez la récupérer n'est-ce pas? "

    Il était hors de question de je la laisse à ces chiens. Si jusque- là je n'avais encore jamais haï personne, cela venait de changer. Les Fer-nés m'avaient pris ma sœur, ils en paieront le prix, surtout son ravisseur. "- Mon seigneur doit rester un moment ici. Je suis donc libre de mes mouvements. Bien que je sois loyal envers les Lannister, je le suis bien d'avantage avec les deux seuls personnes importantes pour moi. "

    Devant la mine de mon père je le pris dans mes bras en une étreinte filiale, brève mais pleine de soutien.
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