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Missive pour Ser Regal Wylde

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Message Lun 25 Juil 2011 - 0:02

Cher Ser Wylde,

Le temps est bon à Port-Réal, le monde grouille et nombreux hommes seraient si parfaits aux yeux de mon père. Je les jauge bien, j’arrive à attirer leur regard, mais il me faut encore du temps et des contacts pour réussir à m’approcher d’eux. Le problème n’ait pas que je n’arrive pas à faire des rencontres. J’en ai faits, quelques unes, mais elles étaient aussi innocents que moi face à cette ville. J’ai écoutez vos conseils, et j’ai tenté de me faire quelques rencontres, amicale, d’intérêt pour mieux m’intégrer aux bruits qui peuvent courir et aussi pouvoir m’hisser dans les cercles fermés de très bon nobles. Je n’ai eu que des échecs. Un pauvre et adorable chasseur qui a été gentil de me guider, mais qui ne connaissait pas grand monde. Il y avait aussi ce chevalier que j’ai eu la chance de croiser auparavant sur nos si belles terres, mais il ne restait pas et Bryan ne m’a pas laissé le loisir de profiter un peu plus de sa présence. Il connait des nobles, cela se sentait, mais, je ne pouvais pas. C’est une bonne personne, j’avais beaucoup trop de remords à être plus vile et lui voler quelques faveurs vis-à-vis de ses amis.

Je me demandais donc, suis-je vraiment prête ? Y arriverais-je ? Cela vous est-il arrivé ? Je suis perdu. Je sens mon corps qui se bloque entièrement quand je me dois d’être celle qu’il faut que je sois. Je me transofme en mulot appeuré alors que je devrais être un serpent, je suis le lièvre qui fuis au loin, au lieu d’être cette louve qui n’a pas froid aux yeux. Je ne veux pas décevoir mon père et je ne veux surtout pas décevoir tout le savoir que vous m’avez inculquer. J’aimerai qu’on soit fier de moi. J’espère qu’il me faudra un peu d’adaptation, un peu de temps et que toutes ces peurs, jamais vous ne les reverrez inscrit sur ce papier.

Je suis désormais chez des amis de Bryan, dans une maison chaleureuse où beaucoup de monde vient et passe pour languir au soleil, buvant du vin sucré. Je reste cloitrer dans ma chambre, ou alors je suis là, muette telle une fresque qu’on admire qu’une seconde et savoir de qui elle provient. On l’oublie vite. Je ne suis pas de ce monde, vous le savez, j’ai peur. Je n’arrive pas à m’imposer. Dois-je delacer ma robe pour qu’on s’intéresse à moi, qu’on me parle seulement ? Cela m’agace au plus haut point. J’ai tenté d’approcher des hommes, étant dans un endroit sécurisé, pas en pleine rue. Les hommes sont bien plus durs à séduire et à attirer qu’aux terres de l’Orage. Ils sont bien plus fiers et méfiants. Ils mettent une distance atroce et vous dédaigne cruellement. Je ne comprend pas. Je me rappelle ce Torben, qui sûrement, en toute confidence, altère ma motivation à trouver un mari respectable. Il était à mes pieds, où alors on sentait qu’il ferait presque tout pour moi. Je n’avais aucun effort à faire à par être moi, la femme un peu rebelle qui se moque d’être bien habillée et savoir utiliser une plume. Il m’aimait, l’arc à la main. Dites moi sincèrement, qu’est-ce qui fait tomber les hommes à Port Réal. Je cherche tant bien que mal, je n’y arrive pas.

Il y en avait un, j’ai fais les femmes cultivée, non rien à faire, il l’a pris comme un affront. Ensuite, j’ai tenté d’être attentionné avec un simple homme de petite famille. Voilà qu’il me trouvait trop collante, trop curieuse. Ne parlons pas de l’horrible moment où j’ai joué les femmes de petite vertu, déguisée sous une robe de jouvencelle. Je n’étais plus qu’une de ces concubines, bonne à envoyer à la maison de passe. Aurais-je mal doser ? Dois-je faire un tout de ces trois visages où en trouver un énième ? Il est déjà dur de ne pas être moi, alors si je ne sais pas qui je dois être… J’aurais bien aimé que vous soyez là et que vous jugiez chaque geste que j’accompagne au regard d’un homme. Je suis isolée dans une ville qui ne cesse de vivre et qui est l’endroit où tout le royaume passe.

Je vous envoie donc un triste rapport, j’en suis navrée. J’aimerai, et quand je le dis je suis sincère, que vous soyez fier de moi. Ce n’est vraiment en bonne voie. Je ne vous ferai pas honte. J’y metterai du miens pour que vos efforts ne soient pas vains. Mais, dernièrement, j’ai besoin qu’on m’admoneste.

J’attends votre réponse avec hâte. Portez vous bien.
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Message Lun 25 Juil 2011 - 14:42

Le soleil me trouva ce matin là, comme cela était courant, dans mon étude. Plus le temps passait, et moins je m’accordais de repos. J’ignorais même à quand remontait mon dernier repas, tant j’étais concentré sur le travail que j’avais encore à accomplir.
Mon rôle de Lord était en soi très prenant, surtout lorsque Gladden n’était pas là pour m’appuyer, mais les rapports de mes espions auraient mérité que je m’attarde plusieurs heures sur chacun d’eux tant ils pouvaient receler des informations utiles.
Cette rencontre entre le jeune Baratheon et le Lord Redwyne par exemple. Il y aurait beaucoup à en tirer, et encore plus à en deviner. Mais je n’avais guère de temps à lui accorder. La revue des comptes liés aux impôts sur les boissons alcoolisées que j’avais instauré m’avait permis d’y déceler quelques erreurs, et j’avais dû traquer celles-ci jusqu’à leur source.
De longues heures de travail m’attendaient encore, mais j’avais besoin de faire une pause. Et de me restaurer.
Aussi, l’arrivée de ce corbeau me fut des plus plaisantes, malgré son contenu, qui ne prêtait que peu à sourire. Les yeux de mes propres corbeaux m'avaient déjà parlé de l'arrivée de Deidre à Port-Réal, et des rencontres qu'elle y avait fait, mais avoir sa propre version des faits me ravissait tout autant.
Deidre était quelqu’un de prometteur, mais elle possédait aussi une part d’elle qui était emplie de doutes et de gentillesse. Une partie un peu trop féminine, en somme.
Je me saisis donc de ma plume et apprêtait ma réponse, y mettant tous les conseils et toute la compréhension que j’arrivais à assembler en ce matin de grandes fatigue et lassitude.

« Dame Lonbec,

Avoir de vos nouvelles depuis votre arrivée à Port-Réal me ravit, même si vous me voyez navré de vous entendre parler de vous-même de façon si critique.
Sachez tout d’abord qu’il est normal de douter et de craindre. Ce n’est pas vous qui êtes à remettre en cause à ce propos, c’est la nature humaine elle-même. Tous nous avons un jour douté de nos capacités, de notre talent même. Mais c’est ce qui nous permet de nous perfectionner. Car en craignant d’échouer, on cherche à apprendre.
N’est-ce d’ailleurs pas ce que vous faites en m’envoyant cette lettre ? Chercher à vous améliorer ?
Chaque jour je doute de moi, de pouvoir accomplir tout ce que j’espère avant que la vie ne me quitte… Et cela ne fait que renforcer ma volonté et ma motivation.
Vos doutes doivent être le creuset dans lequel vous forgerez votre détermination, avant d’en faire une lame infaillible. Je sais que vous possédez ce potentiel en vous, et je ne vous laisserai pas le gâcher en vous posant des questions qui n’ont pas lieu d’être, soyez en assurée. »

Cette entrée en matière me semblait judicieuse, et contrairement à mon habitude, je n’usai pas d’artifice, ni ne menti à Deidre. Elle était mon élève, ma protégée, et je n’aurais pas voulu que quoi que ce soit lui arrive de fâcheux, ou qu’elle finisse par douter d’elle à cause de quelques nobliaux ou, si je l’avais bien compris, d’un simple chasseur sans lignée.
Je notai intérieurement d’envoyer Gladden à la recherche de cet homme. Il fallait m’assurer qu’il ne poserait plus de problèmes. Bien entendu, j’utiliserais d’abord la manière douce, mais s’il ne me laissait pas le choix…
Je me concentrai à nouveau sur la tâche qui m’attendait. Deidre attendait mon conseil, et je n’allais pas la décevoir.

« Quant aux conseils que je puis vous donner… Ils sont nombreux, mais la plupart se révéleraient inutiles, aussi vais-je tenter d’aller à l’essentiel.
Comme vous l’avez si bien remarqué, les hommes de Port-Réal sont plus suspicieux qu’ils le sont ailleurs dans les Sept Couronnes. Sans doute est-ce la proximité du Trône de Fer qui les pousse tous à le convoiter, et à voir en chaque nouvel arrivant un autre prétendant qui aurait les mêmes prétentions qu’eux. Ainsi, tous craignent de faire le moindre pas en avant dans cette toile d’intrigues qu’ils tissent eux-mêmes, peu désireux de ressentir sur leur gorge la morsure de l’araignée qu’ils auront créé par leurs propres manipulations.
Ils sont sur leur garde, et prêts à mordre. Mais s’il est une chose qui fait oublier à un homme ses précautions, c’est sa propre personne.
Car oui, aussi paradoxal que cela puisse paraître, un homme puissant semble oublier qu’il l’est lorsque tout le monde le lui rappelle, et il n’est aucun moment où il est davantage sans défense. Hormis celui de la chambre à coucher, mais je pense que nous n’irons pas jusque là dans notre méthode de persuasion.
Pour acquérir la confiance d’un homme, flattez-le, mettez-le en confiance. Vantez ses idées, et parlez-lui de ses mérites. Demandez-lui de raconter qui il est, ou quelles glorieuses histoires ont fait sa réputation. Lorsque vous venez à avoir une idée, faites-lui croire qu’il s’agit avant tout de la sienne.
Devant un chevalier ? Flattez son honneur, et sa bravoure au combat. Regrettez qu’il n’ait point encore de fief, ou de noble lignée à offrir à ses descendants.
C’est un noble qui vous fait face ? Félicitez son lignage et la prospérité de sa demeure, son talent à la gestion des affaires.
Montrez votre compassion à leurs petits malheurs, soyez désolée pour leurs récoltes, ou leurs pertes lors du Fléau de Printemps. Proposez-vous de prier pour eux, s’ils sont pieux. C’est ainsi que la confiance se gagne, qu’elle soit méritée ou non.
Mais, je le conçois, nous ne sommes pas là pour parler uniquement de confiance. Même si celle-ci est nécessaire, elle ne fait pas tout. Ce que vous recherchez est la séduction. Et la clé de la séduction est l’observation.
Nier que vous êtes une belle femme serait stupide et mensonger, mais ce n’est pas parce que vous avez des charmes indéniables que vous devez tomber dans le travers de la vulgarité. Les hommes de Port-Réal, aussi friands soient-ils des maisons de joies et de leurs occupantes, ne recherchent pas cela chez leurs futures femmes.
Un petit sourire en coin, une remarque qu’ils peuvent saisir comme ils l’entendent… voilà ce qu’il leur faut : des réactions discrètes, qui leur donnent l’impression de saisir des signes inconscients de votre part. Ils tiennent à se croire intelligent, alors qu’ils ne seront que des pions entre vos mains.
Rien ne plait plus à un homme que de se croire séducteur. Aussi faut-il lui paraître innacessible. Avancez pas à pas, reculez lorsqu’il devient trop entreprenant ou sûr de lui. Forcez-le à se remettre en question. A croire qu’il n’est pas assez bien pour vous.
Mais jamais il ne doit se rendre compte que vous jouez avec lui, sinon vous le perdrez.

Je pourrais résumer ce dernier conseil en quelques mots : Agissez avec prudence.

En espérant que mon modeste avis vous apporte toute l’aide dont vous aurez besoin.
J’ai grande hâte d’entendre l’évolution de votre situation. N’hésitez pas à me redemander conseil. Je serai toujours là pour vous soutenir et vous aider, dans la mesure de mes moyens.
Et, si le besoin s’en fait sentir, je n’hésiterai pas à venir à vous.

Profitez-bien de vos jours dans la capitale, j'ai entendu dire qu'il y faisait un temps plus que radieux.

Mes respectueuses salutations,

Lord Regal Wylde, Seigneur d’Âtre-la-Pluie. »

Après une relecture, la lettre me semblait satisfaisante. Je ne voyais quoi y rajouter sans entrer dans des détails trop précis, qui ne viendraient à servir que dans certaines situations, et qui forceraient Deidre à agir par automatisme plutôt que par naturel.
Aussi y apposais-je mon sceau avant de l’amener à la roukerie.
Alors que je voyais les ailes noires de l’animal s’envoler, portant avec lui ma missive, et les espoirs de ma disciple, un léger regret me saisit.

Dommage qu’elle soit si prompte à chercher un mari aussi loin, pensai-je. Elle aurait fait une épouse parfaite.

Un léger rire passant mes lèvres, je m’en retournais dans mon étude.
J'avais un voyage à Port-Réal à planifier, après tout...
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Message Jeu 28 Juil 2011 - 21:09

Deidre était à sa fenêtre. La maison de ces ami était très spacieuse et agréable. Le soleil passait par les grandes ouvertures et illuminait toute la pièce dans les tons crèmes et ocre. On sentait par ces douces et chaleureuse couleurs tout l’été qui arrivait et rongeait les terres petits à petits. Elle observait les rares passant qui traversait le petit chemin sous la fenêtre. Sa chambre donnait sur l’intérieur de la grande cour. Les domestique erraient, de-ci, de-là, sans même savoir qu’elle les jaugeait. Elle n’existait pas ou alors trop. Trop de respect pour oser la regarder, dure ironie…

Un corbeau arriva enfin. Un sourire se dessina sur ses lèvres. Elle attrapa doucement l’oiseau et pris le message. Elle jeta un œil à la missive et vit le sceau de Ser Wylde. Elle se précipita pour la lire. Une fait, elle se posa à une table pour lui écrire une réponse.

Cher Ser Wylde,

J’apprécie énormément la rapidité avec laquelle vous avez répondu à ma lettre. Je suis heureuse de l’attention que vous avez donc dû y porter.

Malgré ce que l’on peut penser, je prends toutes vos critiques et vos remontrances avec maturité et je tenterai vainement de m’améliorer. Je n’omettrai pas une seule seconde de vous envoyer un rapport dès que j’aurais, ne serai-ce qu’un regard intéressé et envouté d’un homme, quel qu’il soit. Je pensais sincèrement faire quelques travaux pratiques sur des personnes qui sauraient me rapprocher d’homme bien plus puissant qu’ils ne le sont. C’est que j’ai à dire après une lecture partielle de vos conseils. Mais, je suis étonné, je vous aurai pensé plus dur envers mes défaites. Dites moi, ne seriez vous pas trop oisif à votre bâtiment aux Terres de l’Orage ?

Quant à la description que vous me faîtes de hommes des Terres de la Couronne, je pense que vous avez tout bonnement bien décrit l’image même de leur mentalité. Cela est bien navrant. Enfin, je pense au fond de mon cœur, en toute confidence, que mon père est si ambitieux et navrant lui même de m’envoyer dans la cage aux lions pour trouver un mari. Il y a tellement de bon parti dans notre région. Je ne sais plus quoi penser. Je sais que je dois me faire une piètre idée du mariage, mais quand je vois mon frère Jon, avec sa femme à l’autre bout des Terres qu’il ne voit jamais, cela me désole. Je resterai bien aux Terres de la Couronne avec, éventuellement, mon futur époux et je serai loin du dédain de l’aîné, sereine. Mais d’un autre côté, je n’ai connu que nos Terres et je vous assure qu’elles me manquent énormément à ce jour. Pourquoi pas trouver un homme aux Terres de l’Orage, relativement loin de la maison familiale ? Je me le demande. Excusez mes caprices, mais j’ai quand même une éducation noble, vous le savez. Enfin, nous en avons déjà parlé et avec mon père aussi. Le choix, ce sont les hommes qui le font. De quoi ai-je le droit de me plaindre ? Je sais que cela ne tiens qu’à moi de m’enfuir avec un pauvre chasseur, au regard sauvage et à l’allure charmante, mais que m’offrira t-il ? Un bon repas les jours de fête ? Des lits de pailles ou d’herbe, les étoiles quand je ferme les yeux, un bain dans une rivière ? Certes, c’est excitant, les premiers jours, mais en faire une vie non. J’ai tout le confort et la richesse que je souhaite, comment quitter cela.

Elle se demandait si Regal la connaissait si bien, ou si son manège avait marché. Elle s’en voulait un peu de jouer ce jeu avec lui, mais jusqu’à maintenant, elle avait du mal à faire confiance à qui que ce soit. Elle tentait juste de le rassurer dans la crainte qu’il en glisse quelques mots à son père. Elle ne souhaitait pas inquiéter son paternel et ne surtout pas voir Jon débarquer à Port-Réal, une main échauffer pour venir la cogner.

Je vais devoir finir cette lettre mon lord. Je prendrais en compte vos conseils et garderai précieusement votre lettre si jamais encore une fois, ma détermination me quitte pour laisser place à la crainte. Je ne sais non plus quand je reviendrai de Port-Réal, mais mon frère en parle de plus en plus ces derniers jours. Mon père se fait vieux et on doit ramener pas mal de nos affaires pour s’installer bien plus familièrement chez les nobles où nous logeons. Quoi qu’il en soit, dès que je remettrai un pied sur nos Terres, je ne manquerai pas de venir vous voir. Sinon, si l’envie vous le dis, n’hésitez pas à venir sur Port-Réal, et peut-être pourriez-vous m’assister dans mes plans.

Je vous souhaite que du bien Ser, et j’espère vous revoir bientôt ou recevoir une nouvelle lettre de votre part. Je vous abandonne, je dois me préparer pour un énième repas emplis de gens suspicieux et ennuyeux. J’essaierai de mettre à l’œuvre quelques conseils.

Dame Deirdre Lonbec.


Dernière édition par Deirdre Lonbec le Ven 29 Juil 2011 - 20:30, édité 1 fois
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Message Ven 29 Juil 2011 - 9:06

Gladden entra dans la chambre alors que j’étais en train de m’occuper de mes plantes favorites. Celles qui permettaient qu’on les mélange à un repas sans que l’on se rende compte que la sauce n’était pas vraiment bonne pour la digestion, au final. Elles étaient devenues mon arme préférée, depuis des années, et je les chérissais comme un noble d’une autre maison aurait chéri une arme en acier valyrien.
Il s’inclina légèrement, et resta ensuite immobile. Il savait que je l’avais vu, et atteindrait mon bon vouloir pour dire ce qu’il avait à dire. Il était mon maître des espions, mais aussi un ami de longue date. Il commençait à connaître mes habitudes.
Je coupai une feuille morte à l’une des plantes, avant de me retourner.

« Que se passe-t-il, Corneille ? »

Lorsque je l’avais nommé ainsi la première fois, il n’avait pas aimé ce surnom. Il le trouvait insultant. Je lui avais ensuite appris à utiliser les mots comme arme et comme bouclier. S’approprier le nom qu’on nous donnait permettait de contribuer à l’image que l’on avait de nous. A entretenir une fausse réputation, et donc dans son cas, le mépris. Que les gens nous méprisent, ils ne nous en craindraient que moins. Et sans crainte, pas de méfiance. Cela ne pouvait que nous servir.

« Un corbeau, Lord Wylde. De Dame Lonbec. »

Il me tendit le parchemin. Il était encore scellé, et le sceau n’était pas celui de la maison Lonbec. Je haussai un sourcil interrogateur. Il sourit.

« Si je n’étais pas capable de savoir de qui provient un message, je ferais un piètre espion, n’est-ce-pas ? »

Je hochai la tête en souriant et lui fit signe de quitter la pièce. M’asseyant à côté d’une de mes plantes fétiches, je dépliai le parchemin et en découvrait le contenu. Il me fit sourire. Je m’attelai donc à la réponse, sans perdre un instant.

« Dame Lonbec,

Il est normal que j’ai répondu avec hâte. Vous connaissez bien l’affection que je vous porte et, reconnaissons-le, je ferais un piètre professeur si j’attendais que mon élève ne s’enfonce davantage dans ses problèmes avant de l’aider à en sortir.

L’idée de vous entraîner sur des nobles secondaires est ma foi très bonne. Mais faites bien attention lorsque vous jouez à ce jeu : il faudra vous assurer la protection du puissant, pour éviter la revanche du plus petit. Je ne connais qu’une chose plus dangereuse qu’un homme vexé par une femme, et cette chose est une femme blessée par un homme.

Pourquoi aurais-je été dur ? Être trop strict et fermé ne mène à rien. Une réprimande sévère ne vous aurait amenée qu’à vous refermer, et sans doute à prendre mes critiques d’une façon moins constructive que vous ne l’avez fait. Car elles étaient bien présentées.
Cela sera votre leçon du jour : Prodiguer douceur et calme en quantité aide toujours mieux un message à passer.
Et je vous jure sincèrement que l’oisiveté n’est pas exactement ce qui pourrait décrire cette situation. Certaines rumeurs parlent d’une future alliance entre Cerf et Lion. D’autres prétendent que notre suzerain aimerait construire sa propre flotte. Certaines voix me chuchotent même que le Kraken passera à l’attaque prochainement, et que cette attaque laissera sans voix les nobles du Bief et du Conflans. Vous comprendrez que dans cette situation, rester oisif ne me ressemblerait pas.
Notre ami commun devrait lui-même partir pour Salvemer d’ici demain, afin de m’informer de tout ce qu’il verrait et entendrait sur le trajet. »

Je préférais éviter de nommer Gladden dans un courrier écrit. Nommer son maitre des espions était risqué, car on ne savait jamais entre quelles mains le corbeau pouvait tomber. Et j’avais d’ailleurs décidé d’envoyer Gladden deux jours plus tard. Le lendemain j’enverrais un chevalier sans intérêt, afin de présenter aux seigneurs de Salvemer le soutien de ma famille, et en m’excusant de ne pouvoir me dépêcher en personne.
Je n’avais pas non plus donné toutes les informations que j’avais vraiment pû déceler. Prendre des risques inutiles ne me ressemblait pas.

« Quant à la volonté de votre père de trouver un homme aux Terres de la Couronne, je dois reconnaître que je la comprends, bien que je ne l’approuve pas. Le passé nous a appris que les terres les plus proches du Roi ne sont pas forcément les plus influentes. Parmi toutes les familles de cette région, lesquelles sont vraiment influentes, si l’on omet le Dragon ? Aucune. Car elles n’ont aucun intérêt, et sont trop proches de notre Roi pour agir avec liberté.
De leur côté, les Redwyne, Hightower, Mallister, Tarly, Ferboys et autres sont tous plus influents que les nobles que l’on trouve aux alentours de Port-Réal, et pourtant ils n’ont suzeraineté que sur eux-mêmes et quelques autres familles de leur propre région.
Même parmi nous, dans les Terres de l’Orage… le jeune Damian Baratheon n’a pas de femme à ce que je sache, et la personne qui l’épouserait deviendrait la prochaine suzeraine. Et il existe encore d’autres familles possédant une influence certaine.
Vous marier ici serait en effet un choix judicieux. D’autant plus que le petit peuple a toujours une préférence pour les nobles qu’il connaît, plutôt que pour une femme venue d’une terre éloignée.
Il me serait possible de glisser cette idée à votre père, en la présentant comme mienne. Après tout, il me fait confiance pour les affaires de votre mariage. Mais, si je venais à le faire, je m’assurerais de le faire dans quelques temps, quand aucune suspicion quant à la provenance de cette idée ne pourra être émise en votre direction. Même si je pense sincèrement qu’il s’agit d’une précaution inutile. »

Je décidai de ne pas répondre clairement au passage dans lequel elle exprimait son amour pour sa position en tant que noble, et le fait qu’elle n’avait aucun désir de la quitter. Je connaissais suffisamment Deidre pour savoir qu’elle ne me glissait ces mots que dans le but que je ne parle pas de ce dénommé Torben à son père ou que, si je le fasse, cela soit de façon rassurante, afin de lui expliquer à quel point sa fille avait magnifiquement résisté à ses avances.
Le style d’écriture de Deidre avait changé, lorsqu’elle avait écrit ces mots. Trop d’interrogations d’un coup, trop de rhétorique. Cela faisait partie des détails qui m’avaient mis la puce à l’oreille.
Ma réponse fut donc voilée, de façon aussi peu subtile qu’elle l’avait fait de son côté.

« Je n’ai nul doute quant à votre manque d’intérêt envers ce chasseur, et je l’avais effacé de ma mémoire alors même que mon précédent corbeau ne s’envolait. Je vous connais suffisamment pour savoir que vous ne seriez pas le genre de personne à vous enfuir avec lui à Salvemer, comme il l’est à présent. »

Elle savait bien entendu que c’était faux. Que j’avais mémorisé son nom, et envoyé des hommes sur sa piste. Que je l’avais traqué et retrouvé.
Et que si par hasard elle était prise de l’idée de fuir avec lui, ou même seule de son côté, je la traquerais tout aussi facilement. C’était uniquement pour cela que j’avais ajouté la dernière ligne sur Salvemer.
Deidre me semblait parfois avoir tendance à oublier le genre d’homme que j’étais. Mon arme était les mots. Ma danse la subtilité. Je ne l’aurais jamais dénoncée auprès de son père, mais je ne l’aurais jamais non plus laissée partir de son côté. Pas plus que je ne l’aurais menacée de façon franche, bien entendu.

« Il n’y a donc nul besoin de m’attader sur ce sujet.
Si votre séjour se prolonge à Port-Réal, il se peut que je vous y rejoigne. J’aurais quelques affaires à faire avec la milice royale qui s’engage, et il est toujours intéressant de glaner des informations à leur source. »

Placer quelques espions, et récupérer les rapports des autres. Voilà ce qui m’attendait, à Port-Réal.

« Je pense venir lorsque mes affaires actuelles seront réglées. Peut-être ferais-je le trajet avec votre père, s’il doit le faire lui-même. Cela nous épargnera le besoin de prendre plusieurs calèches et trop de gardes.
Si mes pas m’amenaient à vos côtés, je vous le ferais savoir de la même façon que je vous envoie cette lettre aujourd’hui.

Bon courage pour vos avancées,

Lord Regal Wylde, Seigneur d’Âtre-la-Pluie »

Ne voyant quoi ajouter, je fis revenir Gladden, qui m’attendait derrière la porte.

« Envoie ce courrier à…
- Dame Lonbec.
- Elle n’est pas dans sa demeure.
- Je sais. »

Et sur ce, il partit, amenant le courrier au corbeau qui ferait le bon trajet.
La perspective de revoir Deidre ne me déplaisait pas, reconnaissons-le. Même si pour cela, j’allais devoir supporter son père pendant un long, long voyage…
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