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Pour survivre à la guerre, il faut devenir la guerre. - Lothar & Maekar

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Message Sam 6 Juil 2013 - 1:58

Flash-Back - 196

Obtenir le commandement de l'aile gauche pour la bataille du champ d'Herberouge avait été un grand honneur pour Maekar. Il était à peine âgé de 22 ans, mais il était un Targaryen et doué avec les armes. On le savait réfléchi et qu'il pourrait être diablement utile dans cette bataille. L'armée s'était établie au sud de Port-Réal, sur la route royale, et attendait de pied ferme Daemon Feunoyr et ses forces rebelles. Maekar n'avait toujours pas revêtu entièrement son armure. Pour le moment, rien ne pouvait l'identifier, il n'arborait pas encore les dragons Targaryen. Il en profita alors pour se faufiler entre les divers chevaliers présents. Certains le saluèrent, ceux qui connaissaient son visage, ils devaient donc souvent être présents au Donjon Rouge. Il n'était pas du genre à sortir dans les rues du peuple, il préférait garder ses distances et rester dans les jupes des dirigeants. À présent, il se trouvait directement sur le champ de bataille et il remarqua pour la première fois que son nom avait bien beau être connu, son visage ne l'était pas pour étant. Étrangement, il ne s'était jamais sentit aussi seul de toute sa vie. Il y avait des centaines de gens présent ici, si ce n'était pas plus. Il n'en connaissait qu'une poignée si minime qu'un sentiment de solitude incontrôlable vint le saisir. Ses pensées se dirigèrent alors vers Alanna. Seule sa pensée lui permit d'apposer un baume sur son cœur et son esprit inquiet. Au départ, son mariage avec la Arryn ne l'avait guère enchanté. Il était un Targaryen et dans leur famille, on se mariait avec son propre sang. Pourtant, il avait apprécié la jeune femme et lors de leur première union et de la naissance de Daeron, quelques années plus tôt, il avait comprit que ses sentiments avaient évolués et que le temps lui avait permis d'apprendre à l'aimer. À présent, ils s'aimaient bien plus que certains pouvaient le croire et même plus que Maekar ne l'avouerait jamais. Il n'exprimait point ses sentiments, au grand jamais. Il détestait cela, il avait donc bâti un mur entre lui et le monde extérieur. Alanna l'avait tout de suite compris et étant très douée à l'observation, elle avait apprit à le connaître et à l'aimer avant même qu'il lui rende la pareille. Elle avait toujours été brillante et elle avait aussi toujours été l'une des seules à le comprendre et à l'aimer comme il était. Dieu sait qu'il n'était point agréable et qu'il était homme complexe. Il était froid, distant, détestait exprimer ses sentiments. Il se révélait être aux prises avec de violents cauchemars le réveillant en sueurs et en cris la nuit, ce qui ne manquait pas de réveiller son épouse. Elle lui avait d'ailleurs révélé qu'il parlait dans son sommeil et il avait accepté ce fait, espérant qu'elle pourrait alors mieux le comprendre. S'il ne pouvait consciemment lui révéler ses états d'âmes, peut-être que son subconscient le pourrait, lui. Alors que ses pensées prenaient un train beaucoup plus personnel, tentant vainement d'oublier le monde qui l'entourait, le jeune homme s'isola à l'écart du camp pour s'asseoir sur un rocher et observer les environs. D'ici, il avait une vue d'ensemble prenante. Autant pouvait-il observer les gens se bousculer et préparer la bataille à venir, autant pouvait-il observer la route royale et le paysage. Il était un guerrier, mais aussi un penseur. Il avait toujours été enclin à se plonger au plus profond de ses pensées, s'isoler avec soi même et remuer tout ce qui passait au travers de son esprit sauvage. Sauvage, mais sage. C'est ainsi que l'avait décrit Alanna. Elle le comprenait mieux qu'il ne se comprenait lui-même. Il avait rapidement comprit que sans elle, il ne serait certainement pas le même aujourd'hui. Il lui devait tant, alors qu'au départ, il aurait été prêt à l'ignorer et à l'isoler pour ne jamais la voir. Il avait été un tel idiot. Enfin, tout cela n'était que passé remuer inutilement. Maekar avait toujours possédé un certain don pour remuer les vieilles histoires et se torturer avec celles-ci. Auto-destructeur? Peut-être bien. Par contre, il était loin d'être le seul Targaryen de sa lignée à s'être torturé avec ses propres idées de son propre esprit tordu. La lignée entière des Dragons possédaient des esprits qualifiés de tordus...

Alors que ses pensées se prolongeaient, le regard du Targaryen se posa sur Lord Arryn qui se faufilait entre les chevaliers. Ce dernier l'aperçu et lui lança un bref signe de tête. Quelques temps plus tôt, ils avaient discutés avec d'autres de la stratégie à adopter contre les forces rebelles. Il avait activement participé à cette rencontre et Maekar s'était révélé être plus qu'utile et reçu maintes félicitations pour ses idées qui furent adoptées dans la stratégie de la bataille à venir. Tout restait à voir. Voir si cela allait fonctionner, s'il allait échouer. Si ses idées fonctionnaient, cela ne serait que le début d'une longue et belle carrière dans les batailles à venir. Il se ferait un nom bien plus connu que Targaryen. Certes, sa famille était l'une des plus connues de Westeros, mais Maekar rêvait de pouvoir. Il était un ambitieux et avait le sang chaud, tout comme ses ancêtres. Cette bataille serait décisive sur bien des points autre que l'avenir de Maekar. Pourtant, seul cela semblait préoccuper l'esprit du jeune homme. Que penserait-on de lui s'il échouait? Il dirigeait l'aile gauche. Certes, ce n'était pas l'avant garde, mais on comptait sur lui. Il ne serait qu'un pathétique idiot s'il n'accomplissait pas ses ambitions pour ce qui était à venir. La fierté enflait pourtant son cœur. Il était confiant. Feunoyr n'arriverait pas à ses fins. Sa propre fin l'attendait ici, face à l'armée du Roi. C'est alors que son regard se posa sur lord Fengué, la nouvelle Main du Roi. Un vague sourire étira les lèvres de Maekar à ce moment-là. Ambitieux, il était persuadé un jour que lui aussi serait Main du Roi, avant d'être Roi, évidemment. Certes, il se devait d'être plus sage qu'ambitieux, mais la vue de la Main du Roi le ramena à ses désirs d'homme et à ses ambitions de Targaryen. Alors que le cour de ses pensées dérapait sur un avenir éventuel, il perçu le bruit de pas derrière lui. Se figeant, il pria quelques secondes que ce ne fut pas un ennemi qui se faufilait dans son dos. Puis, il remarqua que ce dernier marchait d'un pas nonchalant, aux vues de sa démarche lente. Il était près à parier qu'il était un homme du Roi. Lorsque Maekar se retourna, son regard croisa celui d'un jeune chevalier à quelques mètres de lui, l'observant. De nature peu bavarde, il conserva son silence, attendant de voir ce que pouvait bien lui vouloir ce jeune chevalier.
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Message Sam 6 Juil 2013 - 23:37

Ainsi, le moment était venu. Le moment tant attendu par certains, et tant redouté par d’autres. Le paroxysme de longues lunes de tensions et d’hostilité. La bataille rangée entre les forces loyales à la famille régnante, les Targaryen, et celles ayant jurées fidélité à Daemon Feunoyr, demi-frère bâtard du roi, qui avait remis en question la légitimité et la façon d’administrer de Daeron II Targaryen. Une bataille qui semblait en passe de devenir l’un des points clés de ce que les gens du peuple nommaient déjà « la rébellion Feunoyr ».

Lothar Celtigar, le regard brillant et la fossette au vent, observait la colonne de soldats du haut de sa monture qui piaffait doucement. Adoubé deux années auparavant, le frais chevalier de 24 ans regardait d’un air presque admiratif les milliers de soldats qui se pressaient dans la plaine au sud de Port-Réal, à quelques lieux seulement de la capitale. Jamais l’insulaire n’avait vu pareil rassemblement, et malgré la sordide situation, le chevalier ne pouvait s’empêcher de ressentir une certaine excitation et une fierté de participer à cet événement. Il savait pertinemment qu’il allait bien assez tôt déchanter, et tuer des frères d’armes l’angoissait déjà. Il allait combattre des pairs, tuer des chevaliers au cœur pur et tout ça pour quoi ? Pour de la politique. D’ailleurs, la politique ne serait-elle pas l’essence même des guerres ?

Assombri par ses pensées, l’errant chevalier mena d’un geste résolu son destrier vers la multitude de tentes colorées qui commençaient à fleurir sur la verdoyante plaine. Lothar finit par descendre de sa monture et la conduire par la bride, tant les soldats et chevaliers se pressaient ici-et-là. L’ambiance était plutôt éclectique. Certains chevaliers n’hésitaient pas à rire à pleines voix, ne montrant pas le moindre signe d’anxiété, alors que maints hommes d’armes et chevaliers moins aguerris se réfugiaient dans le silence et la morosité. Oui, une guerre n’était jamais quelque chose de sympathique, mais la rébellion avait tant enflammé les Sept Couronnes que l’affrontement était inéluctable. Dans une poignée d’heures, le destin du royaume sera peut-être joué.

Lothar soupira et se força à positiver. Son optimisme si propre à sa personne – et propre aux Celtigar finalement – le ragaillardi suffisamment pour qu’il arrive le cœur léger au campement au semis de crabes écarlates. Les forces envoyées par son lord de père, environ deux centaines d’hommes, s’étaient installées sur la gauche de la plaine, et Lothar retrouva avec plaisir nombre de visages qu’il connaissait et qu’il n’avait pas revu depuis plusieurs années, depuis qu’il avait pris la route avec son ancien mentor, ser Uthor Swann. Le capitaine en charge du camp et ses sergents vinrent à sa rencontre, le sourire aux lèvres, et saluant le Celtigar avec la rudesse de Pince-Isle. Lothar leur rendit leur salut.


    « Ça fait plaisir de vous r’voir m'ssire Lothar ! Euh, m’sser Lothar maintenant ! » « Aha, moi aussi ça me fait plaisir mon bon Lester ! Et serait-ce toi Pod’ ? La dernière fois que je t’ai vu, tu devais avoir une douzaine d’années ! Tu as sacrément grandi dis-moi ! » L’intéressé sourit et bomba le torse, une façon de montrer qu’il avait grandi et qu’il était suffisamment fort pour mener des hommes au combat. « Lord Humphrey m’avait averti d’votre arrivée, et j’ai fait préparer vos quartiers m’sser Lothar. Si vous voulez bien m'suivre... » reprit le dénommé Lester, en prenant le chemin d’une tente à quelques pas du quartier des hommes d’armes. Le Chevalier-aux-Crabes le suivit, en adressant des signes de têtes aux hommes qu’il reconnaissait, tandis que Pod’ s’occupait de la monture du chevalier. « Merci capitaine, je vous fais confiance pour préparer vos hommes à la dure bataille qui s’annonce. Je vais pour ma part faire un tour du camp, et repérer un peu plus le futur champ de bataille. Je viendrais pour la revue des hommes dans environ deux heures. » « Bien m’sser, nous serons prêts à bouter hors d’la plaine ces fumiers de séparatistes ! » Lothar sourit légèrement devant l’enthousiasme du capitaine Lester, mais s’assombrit de nouveau en pensant que malgré ses convictions politiques, il affronterait des frères d’armes.

Le Celtigar balaya de nouveau ses funestes pensées, se rafraichit et sortit de sa tente. Le campement de l’armée des loyalistes – terme pompeux qui devait être également utilisé par les rebelles – s’étendait énormément, et l’errant crabe eut le désir d’avoir une vue d’ensemble, du moins partielle, de la plaine de la future bataille, ainsi que du campement en lui-même. Se faufilant à travers les tentes, les hommes d’armes et les chevaliers, Lothar observait d’un œil acéré les environs. Il remarqua les grandes tentes centrales, arborant le fier dragon tricéphale écarlate sur fond de sable, et resta un instant songeur devant elles. Les Targaryen. La lignée des grands rois guerriers de Westeros, mais pas seulement. Ils étaient aussi la lignée source de biens des mythes et légendes peuplant l’imaginaire des Sept Couronnes. Lothar en était friand depuis son plus jeune âge, notamment grâce à son père, lui-même grand amateur d’histoire. Les dragons avaient-ils réellement existés ? La puissance des membres Targaryen était-elle également une légende, ou était-ce la réalité ? Tant de questions que le jeune chevalier se posa avant de reprendre sa route.

Ici-et-là, Lothar reconnaissait les bannières de telle ou telle maison, et se récitait mentalement chaque devise et chaque origine. Le Celtigar n’avait pas la prétention de connaître toutes les maisons du continent, mais le livre sur les armoiries que lui avait offert le mestre de Fort-Tempête trainait toujours dans ses besaces, et il s’en faisait de temps à autre la lecture. Apprendre la diversité des maisons nobles et leurs hauts-faits était un véritable régal pour le jeune Crabe.

Finalement, Lothar aperçu un affleurement rocheux un peu à l’écart des tentes et de l’agitation des préparatifs de guerre, qui semblait surplomber efficacement la plaine et la route royale. Voulant par la même occasion échapper au tumulte et à la frénésie croissante, le chevalier se hâta de rejoindre l’endroit en hauteur. Plus il s’éloignait de la foule, plus le Crabe se sentait plus léger, loin de l’ambiance anxieuse et stressante du campement. Nombre de soldats avaient compris que la bataille d’aujourd’hui allait être un tournant historique, et que nombre d’entre eux allez vers une mort certaine. Rien de bien joyeux en somme.

Lothar fut soulagé de sortir de ce carcan, et respira profondément. L’air doux environnant le fit sourire légèrement, à l’instar de la vue verdoyante qui s’offrait à ses prunelles délavées. Le calme entourait la plaine, et en dehors de l’agitation des hommes d’armes en contrebas, nul n’auraient pu se douter de l’affrontement imminent. Le chevalier observa le ciel bleu parsemé de nuages qui se mouvaient paresseusement. Une douce journée d’été, voilà ce que le Chevalier-aux-Crabes voyait.

Soudain, il remarqua qu’à quelques mètres de lui se tenait un homme, seul, tranquille. Lothar ne l’avait pas vu auparavant, trop occupé à observer la plaine et la route royale qui se dessinait à travers les teintes sinople. Au premier abord, et au vue de son équipement, il semblait que cet homme était un chevalier. Oui, un chevalier, et d’une maison relativement aisée si ses yeux ne l’abusaient pas sur la qualité de sa tenue. Il était paisiblement assis sur un rocher imposant et, à n’en point douter, s’était également éclipser du tumulte du campement pour s’isoler et se ressourcer avant la bataille. L’homme en question, sentant sûrement le poids du regard du Celtigar, leva le regard et croisa le regard avec ce dernier. Lothar remarqua ses traits jeunes, et se prit à penser qu’ils étaient tous deux de la même tranche d’âge, à quelques années prêt peut-être. Sentant le silence pesait, l’affable Chevalier-aux-Crabes s’avança vers l’inconnu.


    « Je suis désolé de vous avoir perturbé messer. J’ai tendance à oublier les gens qui m’entourent quand j’observe un paysage si paisible et reposant que celui-là. » Lothar lança de nouveau un regard sur le doux paysage, avant de fixer de nouveau son homologue chevalier. « C’est un véritable soulagement de s’éloigner un tant soit peu du campement, l’ambiance et la frénésie ambiante n’est pas pour me plaire, et pour tout dire, la morosité y plane. Ce n’est pas vraiment un cadre propice à la préparation mentale qu’exige toute bataille. » Lothar se surprit soudainement à penser qu’il venait d’offrir un spectacle des plus déplacés car il ne s’était pas présenté. « Je m’excuse, je manque à tous mes devoirs, je ne me suis même pas présenter ! Ser Lothar Celtigar, chevalier de Pince-Isle. »

L’errant chevalier présenta sa grande paluche à son jeune homologue – du moins, était-ce là l’hypothèse du Crabe.
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Message Dim 7 Juil 2013 - 20:15

C'est en balayant le camp d'un regard attentif qu'il ressentit enfin ce sentiment d'appréhension et d’excitation à l'approche d'une bataille importante. Observer tous ces hommes en amures, armés, les nombreuses tentes, les montures. Tout cela l'amenait à enfin réaliser où il se trouvait, ce qui était encore à venir. Ce que l'on surnommait déjà, par les gens du peuple notamment, « la rébellion Feunoyr », se profilait à l'horizon. Une bataille qui serait sanglante et décisive, sans aucun doute. La peur aurait du enfler son cœur tout autant que le courage, pourtant, ce sentiment semblait bien loin. Une bravoure naïve ou tout simplement une confiance solide en ses capacités et ceux des hommes qui se battraient à ses côtés? Il était surtout confiant de sa stratégie, de ses idées. Il portait une confiance profonde aux bras qui tiendraient les épées de l'armée du Roi. Ces hommes étaient tous courageux, des chevaliers pour la plupart, des hommes qui étaient prêts à donner leur vie pour leur devoir.

Maekar était un jeune homme brillant et très doué avec les armes. On ne lui avait pas confié le commandement de l'aile gauche simplement parce qu'il était un Targaryen. Certes, être né dans la famille régnante, la plus imposante et connue du royaume des Sept Couronnes, était certainement un avantage, mais l'on avait aussi confiance en les capacités du jeune homme. Il ne comptait décevoir aucun des hommes qui avaient placé leur confiance en lui. Il était homme de parole et de fierté, le sang du Dragon coulait dans ses veines. La déception ne pouvait se trouver dans son vocabulaire ni dans les résultats de ses actes et décisions. Du haut de ses 22 ans, la confiance n'était certainement pas chose qui manquait à Maekar. Il était fier de la position que l'on lui avait attribué, il était fier des compliments reçus après la réunion sur la stratégie de la bataille, fier de ce qu'il allait accomplir sur le champ de bataille. La défaite n'était pas une option, seule la victoire l'attendait. Certes, ses ennemis étaient des hommes possédant un cœur similaire au sien, un esprit tout aussi similaire. Des hommes qu'il avait peut-être déjà croisé. Des hommes qui étaient eux aussi des amoureux des armes et de la guerre. C'était le jeu de la politique et de la guerre. On ne pouvait choisir ses ennemis ni ses guerres. Le destin, peut-être? Non, la guerre était chose bien plus puissante que fantaisies romanesques qu'était le destin.

Plongé dans le flot de ses pensées qui ne cessait guère, toujours posé sur son rocher imposant, Maekar prit plaisir à se tenir là, à l'écart du camp. Pouvoir se situer en hauteur ainsi, observer l'intégralité de l'armée présente, tout en profitant d'un moment de repos. Le calme avant la tempête, c'est ainsi que l'on nommait cela. Son regard se perdit parmi les différentes couleurs défilant sous ses yeux. Les tentes, les chevaliers, les chevaux. Il n'y porta même plus attention, tant il était plongé profondément dans son propre esprit. Il était du type penseur. Certes doué avec les armes, mais il possédait son côté intellectuel. Encore une fois, tout le ramena à son nom. Il était un Targaryen. Dans sa famille, le cerveau ne comptait que guère. Même que bien souvent, l'esprit de ses ancêtres s'étaient révélés être tordus ou déments. Non, seuls les bras comptaient. Ceux qui tenaient les épées, ceux qui défendaient le nom Targaryen et le royaume depuis des siècles. La fierté des Dragons reposaient justement dans leur talent à la guerre. Feu et sang, telle était la devise de leur famille. Le feu du Dragon et le sang de leurs ennemis. Tout le ramenait toujours à cela : son nom. Il en était terriblement fier, évidemment, mais c'était souvent poids incontrôlable et dur à maintenir sur ses épaules. Peut-être était-ce pour cela que ses ancêtres s'étaient révélés aux prises de folies terribles. Ils avaient pris le temps de réfléchir, tout comme il le faisait. Ils avait réalisés l'importance de leur famille et la pression énorme. Tout cela les avaient destiné à être déments. Chez les Targaryen, soit l'on vous honorait et vous adulait jusqu'à la fin de vos jours... soit l'on vous critiquait et vous détruisait tout en piétinant jusqu'aux derniers espoirs que vous pourriez avoir de prouver votre valeur. Heureusement, Maekar était né de ceux que l'on honorait. Bien que jeune, on ne manquait pas de le respecter ou de le craindre. Il possédait déjà sa propre réputation, bien au-delà de celle de son nom.

Ses pensées l'ayant légèrement refroidi, refusant de s'avouer qu'il pourrait lui aussi, un jour, se révéler fou, Maekar fut heureux de se trouver ici, à l'écart de tous. À l'abri des regards indiscrets, des questions dérangeantes. Un moment de paix et de solitude ne manquait pas d'être bienvenue à l'approche de la bataille. Il était de nature distant et froid, préférant être seul que mal accompagné. Possédant un esprit critique avancé, rares étaient ceux qui méritaient son respect et son amitié. Il n'était pas friand des amitiés futiles. Seuls ceux ayant prouvé sa valeur aux yeux du Targaryen méritaient quelque sentiment de ce genre. En y réfléchissant, il devait avouer que malgré tous les regards que l'on posait sur lui, beaucoup appartenant à des femmes, il ne possédait pas un grand cercle d'amis. C'était peut-être bien mieux, après tout. Ainsi évitait-il la souffrance de la perte d'êtres précieux à ses yeux. S'il n'avait personne, il ne pouvait pleurer quiconque. Les pleurs étaient faiblesse qu'il ne voulait point côtoyer.

Puis, les pensées du jeune combattant furent coupées. Repérant le bruit familier de bas dans son dos, il se retourna vers l'origine du bruit. Son regard tomba sur un jeune chevalier, certainement dans la même tranche d'âge que lui, se tenant à quelques mètres de lui. Il remarqua que cet homme avait le regard perdu dans le paysage qui s'étendant à leurs pieds. Détournant lui aussi le regard pour observer les environs, il du s'avouer que le coup d'oeil en valait la chandelle. Il était reposant, calme. On n'aurait point juré qu'une bataille violente s'y préparait. Seule la présence de l'armée ici indiquait ce qui se profilait dans les prochaines heures. La vue de la plaine ne pouvait que lui donner une envie : enfourcher son cheval et fuir quelques instants pour galoper à une vitesse folle. Fuir? Non. Simplement profiter d'un moment pour chevaucher au gré du vent dans un paysage qui respirait la sérénité. Son devoir l'empêchait de profiter d'un tel plaisir. Bien qu'il prenait un moment de repos sur ce rocher, il devait se tenir prêt à enfiler sa propre armure. C'est uniquement à ce moment que Maekar remarqua qu'il ne portait rien qui pouvait l'identifier. Son armure portait le dragon tricéphale Targaryen. Peut-être l'inconnu se tenant derrière lui ne l'avait pas reconnu. Ses doutes furent confirmé par les paroles qui vinrent briser le silence quelques instants plus tard. Maekar hocha doucement la tête et tendit sa main pour serrer celle du chevalier nommé Lothar. Il n'hésita qu'une seule seconde avant de répondre... et de prendre une décision particulière.

« Ser Ethan Arryn, chevalier de la Maison Arryn. Vous ne m'avez pas perturbé, simplement surpris. J'ai cru que l'ennemi s'était peut-être faufilé dans mon dos. Cela aurait été chose bien ennuyeuse. » Maekar lui offrit un clin d'oeil discret. Certes, il ne pourrait pas se nommer tel un fils de lord Arryn, cela aurait été un évident mensonge. Mais se présenter tel un cousin éloigné était chose bien plus aisée. Bien qu'il n'ait pas revêtu son armure, il était conscient de posséder des vêtements d'excellente qualité, ce qui ne pouvait pas le laisser venir d'une famille peu connue et pauvre. Les Arryn n'étaient pas aussi réputés que les Targaryen, mais ils possédaient une réputation faite. « Oui la tranquillité est chose agréable avant la bataille. Le calme avant la tempête, comme on dit. »

Le Targaryen l'invita à s'asseoir près de lui d'un signe de la main. Un peu de compagnie ne pourrait être désagréable si cette compagnie ignorait sa véritable identité. Certes, la solitude pouvait être chose agréable, mais le jeu encore plus. Il ne possédait aucune mauvaise intention en se jouant du Celtigar. Simplement, il ne voulait pas se lancer dans les formalités désagréables et les courbettes stupides qu'on lui offrait lorsque son identité était révélée. Mentir à ce moment n'était que dans le but de partager un moment de repos avec un jeune homme qui semblait fort agréable et sympathique. Une amitié serait difficilement bâtissable par la suite, puisqu'il ne manquerait de comprendre son mensonge lorsqu'il le verrait plus tard, sur le champ de bataille, le dragon tricéphale ornant son torse alors qu'il hurlerait le nom Targaryen en se lançant contre ses ennemis. Peu importe, tout cela était bien loin pour le moment. Jetant un nouveau coup d'oeil à son homologue, il brisa à son tour le silence.

« Chevalier de Prince-Isle, avez-vous dit? Je n'y suis jamais allé, je dois l'admettre. Comment est-ce, là-bas? » Il avait toujours été doté d'une curiosité forte et en apprendre plus sur des lieux où il n'avait jamais posé pied était chose qui l'intéressait toujours. Il connaissait le nom du lieu, il n'était pas idiot, mais aucune image ne se rattachait à ce nom. C'était chose qui serait remédié dans quelques instants.  
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