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A la découverte de la famille [Rogho, 206]

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Princessse de Dorne
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Daenerys Martell
Princessse de Dorne

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♦ Missives : 152
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♦ Arrivée à Westeros : 25/04/2013
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♦ Mariage : Maron Martell
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Message Dim 30 Juin 2013 - 8:55



    S'habituerait-elle un jour à sa vie à Dorne ? Cette question revenait inlassablement dans l'esprit de Daenerys Martell, née Targaryen, depuis son arrivée à la Cour de Lancehélion, en tant qu'épouse du Prince de Dorne, Maron Martell. Elle avait vécu toute sa vie durant au Donjon Rouge. Dans les Terres de la Couronne et à Port-Réal, la Princesse se sentait chez elle. Elle en connaissait les secrets comme les intrigues et rares étaient les familles dont elle ne connaissait pas l'existence, aidée en cela par une instruction des plus exigeantes dans ce domaine. Et puis il y avait eu cette alliance avec Dorne et sa venue pour le mariage, en 197. Seule face à ses démons, la jeune femme qu'elle était alors, avait repoussé l'inévitable pendant des années …

    Heureusement, il y avait eu ses enfants. Trystan, tout d'abord, puis Nyméria à qui Daenerys avait donné tout ce qu'elle avait d'amour et de tendresse. Peu à peu, la jeune femme au sang targaryen avait accepté sa vie ici-bas, auprès d'un époux, qui, si il était absent plus souvent qu'à son tour, était aussi un homme de grande valeur, qui avait honnêtement essayé d'aider Daenerys à s'adapter à cette vie si différente. Elle ne pouvait nier qu'elle avait été bénie des Dieux, dans cette union. Bien plus qu'elle ne l'aurait jamais cru, à la vérité. Et maintenant, dans le secret de son corps, elle savait désormais qu'un troisième enfant viendrait combler le couple princier que Maron et elle formaient depuis maintenant près de 10 années.

    Contrairement à bien des femmes, Daenerys appréciait la période de la grossesse. C'était pour elle une véritable nécessité que ces longs mois où elle apprenait qu'elle allait accueillir un membre de plus au cœur de la famille qu'elle chérissait. Et elle pensait qu'il en allait de même pour Maron. C'est pourquoi pendant les 9 mois de gestation, Daenerys s'épanouissait et acceptait avec plaisir le rythme plus lent que la vie lui commandait. Néanmoins, Nyméria ne lui laissait que peu de répit, cette fois-ci. Sa seconde enfant ressemblait autant à Maron que Trystan semblait un véritable duo de caractère avec Daenerys. Son époux s'en était très vite rendu compte … Daenerys était toujours très étonnée de la liberté de la petite Nyméria, qui semblait n'avoir jamais aucun complexe à faire du bruit, crier, courir. Et finalement, Daenerys reconnaissait qu'elle préférait voir sa petite fille rire et crier, plutôt que de jouer à la petite souris silencieuse dans ses jupes toute la journée. Enceinte, toutefois, elle ne parvenait pas forcément à suivre le rythme de cette jeune enfant.

    Ainsi, comme bien souvent, la famille princière avait trouvé refuge dans la Cour Intérieur. Là, les enfants pouvaient jouer à leur guise et il arrivait même que Trystan lâche ses jeux les plus sages pour s'amuser avec Nyméria. Posant une main sur son ventre, tandis qu'elle regardait ses enfants jouaient avec sa suivante, Daenerys ne put s'empêcher de se demander à qui de son père ou de sa mère ressemblerait le troisième enfant. Fille ou garçon ? Les questions étaient toujours multiples. De fait, la future mère se posait moins de questions pour ce troisième enfant, mais pour Trystan, elle avait été tout simplement rongée par les questionnements. On disait que les femmes gagnaient en sagesse avec le nombre d'enfants … Daenerys était toute prête à suivre ce raisonnement.

    D'ailleurs, le soleil commençait réellement à taper trop fort dans la Cour Intérieure du Palais et la Princesse décida qu'il était temps pour ses enfants de rentrer se reposer et jouer à des jeux moins agités. Trystan se plia docilement à la demande de sa mère et rejoint celui qui était chargé de son instruction à demeure. Daenerys y participait elle-même à raison d'une ou deux matinées par semaine, donnant notamment à son fils des leçons de généalogie et de géopolitique. L'enfant n'était pas en âge de tout comprendre, mais il retenait blason et anecdotes, ce qui convenait parfaitement à sa mère.

    Tandis que la jeune femme congédiait ses enfants, elle décida pour sa part de rester là. Un serviteur avait installé une petite tonnelle sous laquelle la Princesse était toute à son aise. Accompagnée de sa fidèle suivante, la jeune femme appréciait l'air qui se réchauffait désormais à toute vitesse. Lorsqu'elle était arrivée à Dorne, personne n'aurait pu soupçonner qu'elle apprécierait un jour cette chaleur. Oh, il fallait toutefois rester raisonnable, Daenerys n'appréciait cela qu'à petite dose et bien modestement. Cela ne l'empêchait nullement de se plaindre du climat régulièrement. Une targaryenne n'avait rien à faire sous la chaleur écrasante de Dorne. L'acclimatation était donc délicate. « -Je crois que je ne refuserais pas quelques fruits frais ! ». L'ordre avait été donné de manière détournée, certes, mais Daenerys n'en attendait pas moins être obéie. Elle s'éventa une minute. Elle avait beau avoir revêtue une tenue dans un tissu très fin d'une couleur blanche éclatante, mettant en valeur le léger hâle que sa venue à Dorne avait causé, elle était bien plus sensible à la chaleur que tout autre habitant de cette contrée.

    On entendait distinctement des bruits d'armes. Un entraînement devait avoir lieu non loin de là. Daenerys ne s'attendait cependant pas à voir son époux dans la journée. Il était assez rare que Maron ne lui consacre du temps en journée. Il était en permanence accaparé par une Principauté difficilement gouvernable. La Princesse savait donc se distraire seule et ses enfants lui donnaient déjà des occupations diverses et variées. C'est pourquoi il était finalement assez rare qu'elle prenne le temps de se prélasser de cette manière. « -Si tu me racontais une légende de Dorne, ma douce ? ». Daenerys tâchait d'apprendre la culture dornienne pour la transmettre à ses enfants à son tour et pour cela, rien ne valait les contes et légendes qui donnaient à voir la diversité d'une culture. Alors qu'elle était happée dans l'histoire de sa suivante, Daenerys aperçut une silhouette qui arrivait au loin. « -Qui est-ce ? ». La jeune suivante ne mit guère de temps à reconnaître l'individu. « Rogho Gargalen, Princesse ». Le frère d'Ororya ! Daenerys eut un grand sourire à cette idée. Elle appréciait fort la nièce de son époux mais n'avait pas eu l'occasion de discuter plus que cela avec ce neveu, qui venait, croyait-elle savoir, pour faire son apprentissage auprès du frère de Maron. Reprenant pour de bon son rôle de Princesse, Daenerys laissa flotter un léger sourire sur ses lèvres tandis que le jeune homme s'avançait.

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Rogho Gargalen
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Qui est Rhogo Gargalen ?
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Message Lun 1 Juil 2013 - 16:45

Le vent soufflait très fort aujourd’hui. La brise puissante en provenance de l’Ouest et qui, dans un périple volatile plusieurs centaines de kilomètres, était devenue aussi brûlante que les océans de sable dorniens, brossait les dunes alentours de Lancehélion, lesquelles semblaient s’évaporer dans un nuage de poussière continu. Il n’en était rien. L’immensité du désert ne réduisait jamais, la brûlure du soleil non plus. Les couloirs longs et sublimes de Palais Vieux résonnaient au rythme des bourrasques qui frappaient les parois du château de toute la force du troisième élément. Certaines cavités, creusées par l’usure et le temps, ronflaient à l’arrivée de grands courants d’air. Dehors, une entité spectrale, qui eut parue aussi imposante que l’atmosphère ambiante, semblait, invisible, inspirer puis expirer successivement des vents hurlants. Perché aux plus hauts sommets du ciel d’azur, Hélios culminait de toute sa brillance aveuglante, dominant de son impériosité tout ce qu’il éclairait de ses rayons cuisants. Le soleil n’était nulle part plus puissant qu’à Dorne. Il paraissait y avoir élu domicile, tant imprégné en ces terres arides que le moindre coin d’ombre restait tout de même plus chaud que l’ensemble des plages ensoleillées des sept contrées.
Rogho était spectateur l’horizon, accoudé à une fenêtre ouverte sur l’extérieur. Ses cheveux étaient balancés, ci et là par, l’air qui s’engouffrait par l’interstice. Nombre d’artistes et de poètes avaient pu, jadis, élire foyer à Lancehélion afin de puiser dans la beauté lunaire environnante quelques inspirations salvatrices. Pourtant, le jeune Héritier des Gargalen ne contemplait rien d’autre que ses propres songes, en cet instant. L’air et l’attitude pensifs, il regardait dans le vide toute la nature désertique qui s’ouvrait devant lui. Le sable se transforma peu à peu en une tapisserie onirique, qui le plongea dans ses souvenirs, lesquels n’étaient que peu anciens. Une semaine seulement qu’il était arrivé auprès de son oncle à la capitale et, déjà, il pouvait sentir la morsure du manque des siens lui affaiblir le ventre dans un cri qu’il n’avait encore jamais éprouvé auparavant. Rogho revoyait son père, lui donner ses conseils avisés et sa mère, derrière, lui faire un clin d’œil complice tandis qu’il l’écoutait. Il se remémorait Ororya, sa sœur qu’il chérissait tant. Il pouvait la sentir jouer, rire, et agir comme si elle était à côté de lui. Elle l’appelait, le défiait avec malice. Ororya avait toujours adoré jouer au combat, et le jeune homme lui avait bien rendu, lorsqu’ils étaient plus petits. Au creux de ses songes, enfin, la menue Arya courrait de sa taille enfantine, avec la démarche joviale mais peu assurée du bas âge. Le jeune homme était en face d’elle, et il se baissait, prêt à recevoir l’étreinte pleine d’amour de sa cadette, tandis qu’elle exprimait tout son bonheur dans un…

[Arya] « Roghooooooo !!! »

Peu à peu, tout sembla devenir flou et terne. Cependant, le garçon pouvait toujours entendre l’écho de son prénom sonner à ses oreilles. Tout ceci était parfaitement étrange.

[Inconnu] « sir Rogho… sir Rogho… Je vous demande pardon sir Rogho… »

Le doux rêve se dissipa. Sur la joue mâte du Gargalen semblaient avoir coulées quelques larmes, lesquelles il s’efforçait dorénavant de contenir au fond de ses prunelles noires déjà trop inondées. Sa bouche formait une légère grimace, qu’accompagnait l’ensemble des traits de son visage. Son expression devint rapidement celle de la colère. C’était le moyen qu’il avait trouvé pour ne jamais montrer ses sentiments. Lorsque la peine venait, il avait appris à la muter une rage intérieure qu’il parvenait à canaliser, contrairement à la tristesse. Lui suffisait-il alors de frapper, de donner des coups, ou de faire un exercice quelconque, afin que son corps recrache tout ce que son esprit avait pu enfermer à son insu. Dos à la personne qui lui parlait, Rogho dissimulait la situation qu’il n’aurait souhaitée sue pour rien au monde. Se redressant lentement de sa position avachie, il passa sa main musclée contre la pierre du soupirail avant de serrer le poing suffisamment fort pour que l’ensemble des veines de son bras droit devienne visible et saillant. Lentement, le malheur s’effaçait de son visage. Il se rendait compte que tout ceci n’avait été qu’une illusion ; une fantastique illusion. Désormais, il vivait ici, et il n’avait pas le droit de s’en plaindre. Il avait tout quitté pour devenir l’écuyer de Doran Martell, son oncle qu’il aimait tant, et l’avait fait en conscience, sans que personne ne lui impose. Il n’avait pas d’autre choix que celui d’être fort, comme d’habitude. Mais cette fois-ci, c’était une autre force qui s’imposait à lui : celle du caractère.

[Rogho] « Quoi ? »

Il lâcha se simple mot sans même se retourner.

[Inconnu] « Je… je voulais simplement savoir comment vous vous sentiez ici, ça n’a pas vraiment l’air d’aller, et les derniers jours vous semblèrent moroses. Souffrez-vous d’un quelconque malheur depuis votre venue ? »

L’homme qui l’avait rejoint et brisé dans ses rêveries n’était autre qu’un valet de Lancehélion qui lui avait été affecté depuis son arrivée ici. C’était une personne agréable, assez cultivée pour un roturier, et doté d’une grande capacité de compréhension ; un homme bienveillant, en somme. Par manque de chance, sa sollicitude ne fut que peu récompensée. Aujourd’hui n’était pas le jour où Rogho confesserait ses douleurs. A vrai dire, ‘ce ne serait pas le jour’ tous les jours.

[Rogho] « Le bonheur est fragile. Rien qui dure ne peut être construit dessus. Seul le devoir perdure. Maintenant laisse-moi s’il te plaît. »

Son serviteur parut hésiter un instant et, voyant bien que sa présence n’était pas désirée le moins du monde, il s’en alla aussitôt. Le jeune homme resta alors planté là pendant quelques minutes supplémentaires, le temps qui lui était nécessaire pour recouvrer ses esprits. Après quoi, il déambula au hasard dans les dédales de Palais Vieux.
Il surprit d’abord un entraînement à la lance, dans l’une des pièces qui débouchaient sur l’un des longs couloirs rectilignes. Il regarda le combat pendant un quart d’heure, se faisant silencieux, apprenant des erreurs des autres. Puis, lorsqu’il en eu marre, il félicita brièvement le duo, avant de repartir. Reprenant ses déambulations pérégrines, Rogho entreprit de s’amuser avec l’un des couteaux à lame courbe qui lui avait été donné il y a quelques années. Il jouait à le jeter en l’air, en le faisant virevolter, puis en le rattrapant avec dextérité et anticipation. Il se distrait tant et si bien qu’il ne se rendit même pas compte qu’il venait de déboucher sur la cour intérieure du château des Martell, dans laquelle une Dame aux cheveux blonds, rareté s’il en est une à Dorne, l’observait avec calme et douceur. Il rangea alors son arme et s’avança vers elle. Elle afficha un sourire, après qu’une servante lui chuchota un mot qu’il ne put entendre, et semblait maintenant des plus sympathiques, la joie aux lèvres. Il ne fallut pas longtemps pour que Rogho reconnaisse Daenerys Targaryen, Princesse de Dorne et épouse de son oncle Maron. Il l’avait vue il y a près de neuf ans, lorsqu’il en avait huit, lors de leur mariage. Malgré cette époque lointaine, il n’aurait su oublier le visage et les traits si singuliers de la Dame qui, d’une beauté targaryenne-  consensuelle par les sept couronnes – avait été somptueuse lors de ses noces.
Lorsqu’il fut près d’elle, il s’inclina avec tout le respect et la bienséance qu’on lui avait enseignés.

[Rogho] « Si je m’attendais à vous trouver ici, Princesse Daenerys… J’espère ne pas m’égarer là où il ne le faut pas. Je découvre à peine votre demeure, et c’est un peu un labyrinthe, pour moi. »

Il marqua un instant d’hésitation et poursuivit.

[Rogho] « Je ne sais pas si vous vous rappelez de moi. J’étais petit lors de votre mariage avec oncle Maron. Rogho Gargalen, héritier de Salrivage, écuyer de sir Doran Martell. Votre neveu, en fait… »

Il s’essaya à quelques dernières paroles. Ne sachant pas encore vraiment l’entièreté du ton et des manières qui convenaient à la conversation avec une Princesse, il opta pour sa simplicité habituelle. Advienne que pourrait ensuite.

[Rogho] « Il souffle rage dehors… Et il fait particulièrement chaud sous ces pierres. Vivement que j’aille faire un tour sur la plage, profiter de l’air marin. Comment allez-vous, vous ? Enfin… pas que je veuille parler de la pluie et du beau temps mais… »

Il préféra ne rien ajouter d’autre. Sa gêne était lisible et des mots ne l’auraient qu’amplifiée. Il appréhendait un peu la réaction de cette tante par alliance, qui le déstabilisait un peu, comme tout d’ailleurs à Lancehélion.



Chaque jour notre histoire s'écrit,
On n'est pas seulement ce que l'on souhaite, on est surtout ce qu'on accomplit.
Vivant, on peut se mentir ou espérer,
Mais une fois mort, on aura été ce qu'on a été.
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Daenerys Martell
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Message Sam 6 Juil 2013 - 7:17



    La Princesse de Dorne mettait un point d'honneur à mettre ses préjugés de côté depuis qu'elle avait décidé de faire sienne la vie auprès de son époux, Maron Martell. Il lui fallait une attention constante pour ne pas interpréter -ou plutôt sur-interpréter- tout ce qui était dit et fait par les habitants de la principauté. En effet, ils n'avaient ni les mêmes rituels, ni les mêmes tics langagiers, ni les mêmes histoires à partager et la jeune mère avait souvent bien de la peine à ne pas se formaliser de certaines coutumes qui avaient court ici-bas. De fait, elle ne les acceptait pas toutes, mais par égard pour son époux, elle ne le révélait pas publiquement … Le couple princier avait eu l'occasion d'en discuter et Daenerys savait gré à son époux de s'adapter à son tour aux attentes de la Targaryenne.

    Elle connaissait désormais assez bien les us et coutumes de la région ainsi que la famille de son époux et elle avait toujours grand plaisir à rencontrer de nouveaux membres. Ou du moins, dans le cas de Rogho, elle avait grand plaisir à le re-découvrir. En effet, elle savait que les Gargalen avaient assisté à son mariage avec Maron, des années plus tôt. Néanmoins, si elle avait pu devenir plus proche d'Ororya, les années passant, il n'en était rien de cet enfant-là, que la Cour de Lancehélion n'avait pas eu la chance de voir plus souvent.

    « -Il fait bon vous avoir dans ces lieux, Rogho Gargalen. Il est vrai que j'avais de vous le souvenir d'un enfant, à mon mariage. Quoi qu'il en soit, je me réjouis toujours de voir la famille de mon mari autour de nous à Lancehélion. »

    La mention de Doran Martell ne lui avait pas échappé. Les liens qui existaient entre la Princesse et son beau-frère étaient tout sauf cordiaux. Le frère de Maron ne supportait pas que son frère ait fait alliance avec la Couronne et les Targaryen. Il en allait pour lui de la survie de Dorne, d'empêcher ce genre de pacte. Or, Daenerys était bien là, chaque jour que les Sept lui accordait de vivre et visiblement, c'était quelque chose qu'il avait du mal à avaler. Daenerys n'avait guère plus de sympathie pour un beau-frère qui l'accueillait si mal et ce depuis son mariage. Entre eux, les relations avaient pris un tournant délicat dès les premiers jours et cela n'avait jamais varié. De plus, il avait pris soin d'amener son bâtard à Lancehélion, ce qui était pour Daenerys une aberration. Certes, elle-même avait vécu un amour pour un bâtard de son père … Mais justement, c'était trop de souvenirs douloureux que de repenser à Daemon …

    La Princesse observait son neveu, visiblement gêné face à elle. C'était un des inconvénients de sa position. Les rapports naturels n'étaient pas possibles et il y avait toujours entre elle et ses familiers une distance qu'elle ne pouvait abolir, même si elle l'ordonnait de toute son autorité. « -Asseyez-vous donc, Rogho ! Ma suivante est partie nous chercher quelques fruits qui ne manqueront pas de nous rafraîchir ! ». Et effectivement, on voyait arriver la silhouette de la servante, portant un plateau de fruits. La jeune femme présenta le plateau à la Princesse qui s'empara d'une tranche de melon bien frais dans lequel elle croqua avidement, tandis que Rogho pouvait choisir à son tour.
    « -Vous êtes donc venu faire votre instruction auprès de Doran ? ». Le ton était léger, mais Daenerys ne lâchait jamais rien en ce qui concernait son beau-frère. Elle s'en méfiait suffisamment pour prendre le temps de questionner son neveu à ce sujet. Doran était un bon guerrier, il n'y avait rien de mal à dire cela et Daenerys le reconnaissait. Il était capable d'entraîner des hommes et d'initier des enfants. Mais il restait ce fameux beau-frère si désagréable et méprisant. Et cela, Daenerys ne l'oubliait jamais.

    « -Vous savez, Rogho, le temps ici, à Dorne, est une des choses les plus surprenantes pour quelqu'un qui vient des Terres de la Couronne … Il y règne une chaleur étouffante que je n'aurais jamais cru possible avant de la vivre moi-même en épousant votre oncle, il y a de cela, quelques années. Je me demande parfois si je m'y habituerais jamais. » Le ton était pensif, mais non pas mélancolique. La jeune femme avait dépassé ce stade depuis quelques années déjà.

    « -Prenez garde à vous … Les jeunes gens ont toujours l'impression d'être invincible, je le sais bien, mais vous feriez bien de ne pas vous déplacer seul. ». Il était après tout, et son neveu, et un Gargalen, Daenerys pensait donc qu'il était de son devoir de lui donner quelques injonctions prudentes. C'était dans sa nature de protéger ceux qui appartenaient à son clan. Auprès de son époux et de ses enfants, elle était ainsi. Et l'enfant à naître connaîtrait le même sort : une attention constante de la part de celle qui l'aurait mis au monde.

    « -Je vais bien, Rogho, je vous remercie. Et vous, comment trouvez-vous Lancehélion, après tant d'années sans venir la visiter ? ». Le vouvoiement n'était pas anodin, pour la jeune femme. Elle souhaitait montrer à cet homme en devenir qu'elle le considérait comme un adulte, responsable de ses actes et de ses pensées et qu'elle le traiterait donc en tant que tel. « -J'ai remarqué qu'avec le temps les bon souvenirs deviennent nos meilleurs jours et que les mauvais sont nos pires cauchemars... Le temps amplifie, bien souvent, au lieu de lisser les irrégularités. Quels sont les souvenirs que vous rattachez à cet endroit, Rogho ? ».

    Les souvenirs d'un mariage que Daenerys aurait voulu oublier, sans doute. En effet, on ne pouvait clairement pas dire que cela avait été pour elle un moment agréable que celui où elle était passée sous l'autorité de Maron Martell, contre son gré et avec dans le cœur des souvenirs encore assez brûlants d'un amour de jeunesse dont elle attribuait la mort à Brynden Rivers … Un autre souvenir désagréable pour Daenerys, que ce demi-frère, ce bâtard donc, qu'elle ne supportait plus. Et pourtant, lui, était toujours vivant. Le monde était d'une injustice sans nom.

    Le doux liquide du melon venait de couler sur le menton de la Princesse qui s'empressa de l'en nettoyer, évitant de justesse de tâcher sa jolie robe blanche. Les fruits exquis étaient aussi ceux les plus difficiles à manger. Lentement, elle termina sa part, appréciant les saveurs suaves. « -N'était-ce pas trop dur pour vous de quitter Salrivage Rogho ? ». Un héritier était toujours attaché à sa terre, n'est-ce-pas ? Du moins, c'est ce qu'une femme comme Daenerys pensait de toute bonne foi. La famille, la terre, c'était le terreau de toute une vie ...

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Rogho Gargalen
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Message Dim 7 Juil 2013 - 22:57

Le jeune homme attrapa un fruit, sans demander une quelconque permission, tandis que servantes et serveurs s’afféraient dans la cour intérieur, les bras chargés de paniers aux baies savoureuses. Croquant dedans sans même attendre que sa tante ne se serve, Rogho l’écouta attentivement, le jus du fruit lui coulant allègrement sur le coin de la joue. Âgé de dix-sept ans encore, le Gargalen avait beaucoup à apprendre de la vie. Il était à cette époque charnière où le physique était adulte mais son esprit encore trop immature pour que le tout soit en symbiose. Il n’avait pas souhaité être impoli, bien qu’il le fut ; simplement avait-il répondu à son caractère avenant, qui s’était depuis bien longtemps affranchi des us et coutumes habituelles, au profit d’un tempérament simple. Fraîchement arrivé de Salrivage, le garçon était partagé entre son ébahissement et sa frayeur, à Palais Vieux. Il y avait à Lancehélion une foule telle qu’il lui semblait impossible de connaître tout un chacun, même à y avoir vécu depuis toujours ; pour autant, toute cette démesure qui dépassait à bien des égards le château des Gargalen, dont il était on ne peut plus fier, l’émerveillait. Ce fut d’ailleurs le cas de l’une des servantes, une sublime jeune fille aux cheveux noirs, à la peau mâte et aux yeux de jais. Rogho accompagna ostentatoirement du regard son arrivée dans la cour où il se trouvait, ne lâchant pas ses formes des yeux, la dévorant déjà par la pensée sans aucune retenue. La demoiselle ne tarda pas à se rendre compte de la chose et, croisant brièvement son regard, elle esquissa le même sourire que lui avant de fixer grossièrement ailleurs. Comme s’il ne l’avait pas remarquée…
La possédant déjà dans ses rêveries éveillées, le jeune homme fut tiré à son imagination par le mot de ‘Doran’. Cela ne faisait que quelques jours qu’il avait posé le pied ici, et il avait déjà appris plusieurs choses de la bouche et de la main de son oncle. Quotidiennement, tous deux s’entraînaient ; ou plutôt, Rogho était entraîné par Doran. Il lui montrait certaines bottes à la lance, lui enseignait parfois certaines connaissances théoriques, sur l’art de la bataille et de la guerre. Pour l’instant, toute sa formation d’écuyer ne faisait que débuter. On l’avait complimenté sur son maniement de la lance, assuré qu’il ferait un apprenti de premier choix et que s’il écoutait attentivement les conseils et les directives, il serait un jour l’un des javelots les plus émérites de Dorne. La simple évocation d’une telle renommée avait d’ailleurs suffi à provoquer chez lui une bouffée d’entrain sans précédent, et il n’était pas rare, pour qui s’aventurait à travers les couloirs, de le voir s’entraîner dans le vent, dans quelques salles de combat de Palais Vieux, affrontant un mannequin ou un ennemi fantomatique en faisant virevolter ses coups dans les airs.
Mais par-dessus tout, Rogho se rappelait en cet instant la première discussion qu’il avait eue avec Doran depuis qu’il était à Palais Vieux. Tous deux s’étaient assis en balcon, profitant d’une fin d’après-midi radieuse qu’avait rendue encore plus sublime un merveilleux crépuscule. Face à l’océan qui s’étendait à l’horizon, son oncle lui avait parlé un peu de l’Histoire de Dorne, sous un angle qu’on ne lui avait jamais présenté auparavant. Il lui avait compté d’abord le règne des Targaryen, puis la folie d’Aegon, le déchaînement de ses dragons. Il lui conta la résistance légendaire de Dorne, que le joug des flammes et du sang n’avait jamais su faire ployer. Or, selon toute évidence, le jeune homme avait en face de lui une descendante des Targaryen, contre qui son peuple s’était dressé, bien des années auparavant.
Sans chercher à blesser, mettant simplement en exergue ce qu’il venait tout simplement d’apprendre de Doran, Rogho ne tarda plus à répondre, avec un ton des plus ordinaires.

[Rogho] «  Oui, oncle Doran m’a pris comme écuyer, j’en suis très fier. C’est un précepteur et un maître d’armes de rêve. D’ailleurs, il m’a dit de me méfier de votre famille, les Targaryen. Paraît-il que les Martell épousent des Targaryen par pure tradition diplomatique, en plus. Apparemment, vous avez essayé de faire de Dorne une terre d’esclaves, dans le passé. Enfin, dans tous les cas vous m’avez pas l’air bien méchante, vu comme ça, ma tante. »

Bien qu’il ne releva pas davantage son propos sur le climat, qu’il partageait assez tout en y étant naturellement plus habitué depuis la naissance, le jeune homme sembla s’étonner qu’on puisse lui conseiller de se méfier des murs et des ombres de Palais Vieux. Mais plutôt que de lui donner froid dans le dos, cette remarque raviva l’orgueil solide de Rogho, qui s’exprima sans plus attendre.

[Rogho] « Je prendrai garde, oui. Je ne voudrais pas avoir à tuer un vil agresseur. On dit beaucoup que dans les cours des maisons suzeraines se trament d’horribles assassinats. Je ne sais pas trop qui pourrait vouloir ma peau mais j’attends de pied ferme la personne qui tentera de la prendre. Je n’ai été vaincu qu’une seule fois dans ma vie, une seule fois de trop, et j’avais treize ans. Mais je vous remercie de votre sollicitude. C’est toujours mieux de connaître les risques avant de mettre le pied en terrain piégé. Mais… Vous me dites ça parce que vous avez eu des ennuis de ce genre, vous ? »

La conversation dériva sur Lancehélion, Salrivage, et l’acclimatation du jeune homme dans cette nouvelle vie. Pour l’heure, il lui était compliqué d’évaluer véritablement cet endroit, tant il le connaissait encore peu. Tout juste avait-il eu la chance de faire quelques bonnes rencontres. Il ne pouvait aussi qu’avouer qu’il avait été très bien accueilli, très bien traité, et qu’il se sentait à Palais Vieux comme chez lui, surtout lorsqu’il était en compagnie de Doran. A la mention des souvenirs qu’il pouvait avoir des lieux, les pensées du Gargalen se tournèrent directement vers sa venue, à l’âge de huit ans, pour le mariage de Maron avec sa tante, ci présente. Il se rappelait avoir trouvé Daenerys très belle, dans sa robe d’une richesse rare et d’une jeunesse désormais révolue. Aujourd’hui, la Targaryen était toujours magnifique, mais brillait bien moins qu’aux heures fastes de ses vingt ans. Il se rappela ensuite l’épisode fâcheux durant les festivités, lorsqu’il avait envoyé valdinguer un camarade de son âge d’un coup de poing dans le nez. La foule présente au mariage avait été scandalisée par les agissements du petit Rogho. Seuls Doran était venu le soutenir et l’emmener jouer, afin qu’il ne soit pas corrigé par son père. Puis, il se souvint qu’un second homme était venu à lui ce soir là, un autre Targaryen, son cousin Maekar. Lui, l’avait carrément félicité de son coup, et avait passé quelques heures à jouer à la bagarre avec Rogho. Tout ceci était pour lui de très bons souvenirs, ceux qu’il n’oublierait jamais. Sans cet incident au mariage, il ne serait d’ailleurs pas ici aujourd’hui. Sa rencontre avec Doran datait de ce jour ; la décision de son père, Tomar, de l’envoyer auprès de lui en tant qu’écuyer, également.

[Rogho] « Oh, je dois dire que je m’y plais bien pour l’instant. Tout le monde est aux petits soins pour moi. Les femmes sont séduisantes, d’ailleurs si vous pouviez m’avoir le nom de votre servante, je lui ferais bien découvrir l’envers du décor. Vous feriez ça pour moi ? »

Sans aucune gêne, le jeune homme poursuivit.

[Rogho] « Je me rappelle de votre mariage, ma tante. Vous étiez vraiment belle ce jour là, j’étais petit et je croyais avoir en face de moi une déesse. D’ailleurs, je n’ai pas vu oncle Maron depuis avant-hier. Est-ce qu’il va bien ?
Sinon, je n’ai guère de souvenirs ici. C’est pas grave, j’en construirai durant mon séjour. Je suis auprès des Martell pour quelques années désormais…
»

Dans sa voix, se mêlait joie et mélancolie, celle d’être à Lancehélion, sous la coupe de l’illustre nom des Princes de Dorne, et celle d’avoir laissé derrière lui Salrivage et sa famille qu’il aimait tant. Ses sœurs lui manquaient, ses parents lui manquaient, son château et ses habitudes aussi. C’est d’ailleurs lorsque le dialogue vint au sujet de Salrivage que Rogho sembla émettre les signes douloureux d’une plaie ouverte, celle du manque. Le ton profond et le regard dans le vide, il poursuivit.

[Rogho] « Mais Salrivage n’est plus qu’un doux rêve aujourd’hui… Des fois, j’aimerais faire demi-tour, et serrer Ororya et Arya dans mes bras, être certain qu’elles vont bien et les protéger par ma présence. Mais… Je ne peux plus. J’imagine que vous avez vécu ça, vous aussi, quand le destin vous a conduit ici. Une Targaryen au milieu des dorniens. Ca n’a pas dû être simple. »

Il leva alors les yeux sur Daenerys, plongeant un regard bien moins infantile dans ceux de sa tante à la chevelure blonde.

[Rogho] « Mais vous aussi ? Est-ce que vous regrettez votre ‘chez vous’ ? »

Une amertume vivace pouvait se sentir dans les dernières paroles du jeune homme. Il ne savait pas vraiment s’il pouvait faire confiance à une Targaryen, mais il sentait que Daenerys n’était pas un danger pour lui. Alors, il tenta de faire comme il avait toujours fait : maquiller sa peine derrière un léger sourire. Il ne savait pas si sa tristesse aurait été perçue, mais il se mettait un point d’honneur à toujours rester fort, en toutes circonstances. Ce moment d’échange avec sa tante ne dérogerait pas à la règle. Ayant fini son fruit, il en attrapa un autre et, patientant pour la réponse de Daenerys, commença à donner de la tête à droite et à gauche, découvrant cette cour intérieure dans laquelle il n’avait encore jamais mis les pieds.



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Message Dim 14 Juil 2013 - 13:47



    Il était évident que la concupiscence de son neveu n'allait pas échapper à Daenerys. Elle avait vécu suffisamment longtemps pour savoir comment cela se passait entre hommes et femmes et tout particulièrement à Dorne où les moeurs étaient bien trop libérées, au goût de la jeune femme. Elle ne fit toutefois aucune remarque. Rogho n'avait pas importuné sa servante et elle ne pouvait donc rien dire si elle ne voulait pas elle-même se montrer impolie envers ce jeune homme, qui n'était pas encore tout à fait homme mais loin d'être un enfant. Parfois, Daenerys se demandait comment son époux l'aurait accueilli, si il avait été plus jeune lors de leurs épousailles. Bien différemment, sans nul doute. Les choses étaient donc bien telles qu'elles étaient.

    Toutefois, Daenerys fut soufflée par le ton et les paroles de son neveu. Il débitait des horreurs sur son compte et celui de sa famille et cela dans la plus grande des banalités. Tiens donc, Doran n'avait pas tardé à cracher son venin. Daenerys se ferait un plaisir de le lui dire dès qu'elle le verrait. Entraîner son neveu dans cette querelle était folie et elle se chargerait de le lui rappeler. Son regard vrilla tandis qu'elle regardait dans les yeux ce Gargalen si différent de sa nièce.

    « -Il me semble, mon neveu, que Doran devrait modérer ses propos et que vous seriez bien inspiré de faire de même. Je suis la Princesse de Dorne avant d'être votre Tante et par ce simple fait vous me devez le respect, que je sois née Targaryen ou Martell. Vous êtes bien sots si vous pensez que les mariages de la noblesse se font dans d'autres buts que les alliances diplomatiques. Que j'ai épousé votre oncle pour assurer le calme à Westeros ne fait pas de moi une épouse amoindrie, bien au contraire. Et si vous en doutez, faites part de vos doutes à votre oncle qui, je n'en doute pas, vous rafraîchira la mémoire immédiatement sur le respect qui m'est du. ».

    Le discours était moraliste, mais Daenerys n'en avait que faire. Elle avait trop souffert dans les premiers temps de son mariage pour accepter qu'un jeune homme lui parle ainsi. Comme son neveu, son ton était neutre et elle tâchait de ne pas s'agacer. Daenerys était une jeune femme qui gardait un ton toujours égal et un léger sourire. Ce qui ne l'empêchait en rien de dire leurs faits à ceux qui osaient l'importuner.

    « -J'ai grandi au Donjon Rouge, Rogho. Les intrigues n'avaient donc pas de secrets pour moi à mon arrivée à Dorne. Mais vous avez raison, les cours, quelles qu'elles soient, regorgent de traîtres et de potentielles victimes. Se méfier est une exigence de survie. Ne l'oubliez pas et vous pourrez progresser aisément ici, comme ailleurs. Néanmoins, il est bon aussi de savoir à qui on peut donner sa confiance. Choisissez avec attention ceux à qui vous feraient une pleine et entière confiance et tenez vous y. Il vaut mieux peu d'amis fidèles que nombreux infidèles ! ». Elle-même appliquait ces règles avec attention depuis sa plus jeune enfance.
    Daenerys sursauta. Que venait de dire son neveu ? Décidément, Daenerys ne se ferait jamais à ces habitudes dorniennes. Il osait lui parler de ses vues sur sa servante ? Cette fois-ci, la Princesse n'hésita pas à donner de son mécontentement, devant une telle attitude. « -Vous êtes priés de laisser les servantes de ma maisonnée tranquille, Rogho Gargalen ! Je ne souhaite pas voir des petits bâtards vous appartenant dans tout ce palais. » Là, elle s'était animée. Les bâtards la renvoyaient toujours à son passé au Donjon Rouge mais également à Oberyn, le bâtard de Doran, qu'elle n'appréciait pas outre mesure de voir vivre auprès d'eux. Elle pouvait paraître cruelle, mais il en allait plus pour la jeune femme de notions de décence. Comment aurait-elle, elle, réagi face à un bâtard de Maron ? « Faites en sorte que je n'ai pas à me plaindre de vous à Maron Martell, Rogho, c'est un conseil ! ». Son mari, qu'elle aimait tant, l'écouterait à ce sujet, elle n'en doutait pas. Et Doran ou pas Doran, il saurait dire à son neveu comment se comporter !

    « -Oui, votre oncle va bien, mais vous savez combien les charges de sa fonction sont lourdes et nous le voyons peu ». Malheureusement, avait-elle envie de rajouter, car il était vrai que bien souvent, son époux lui manquait. Mais elle avait ses enfants et une vie de Princesse … Maigre compensation diraient certains. Les remarques de son neveu ne cessaient de l'étonner et Daenerys prit son temps pour y répondre. « -J'ai fait mon devoir, Rogho et je recommencerais aujourd'hui si il le fallait. Votre oncle est un homme bon qui a beaucoup fait pour mon bien-être ici. Et une Targaryen n'a rien à craindre de qui que ce soit, je me suis donc rapidement faite à la vie ici. » Un pieu mensonge. Mais elle n'allait pas donner à son neveu des armes contre elle, alors qu'il était sous la coupe de Doran. En vérité, cela avait été extrêmement difficile pour la jeune femme que de vivre à Lancehélion, les premiers temps. « -Je n'ai pas de regrets à avoir. Le devoir est plus important que tout le reste. Mon époux me comble tout comme mes enfants. » Là, elle ne mentait pas, éprise de Maron, elle avait eu joie à lui donner une progéniture et à élever leurs enfants avec amour et patience. « -Le mariage a bien des avantages, Rogho, vous le découvrirez à votre tour. Savez-vous si votre père a parlé d'une alliance quelconque pour vous ? ». Daenerys se tenait toujours au courant de ce genre de choses. Elle considérait qu'il était de son devoir de vérifier les alliances matrimoniales à Dorne. La diplomatie en passait par là ...

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Message Ven 19 Juil 2013 - 3:07

Suivant des deux yeux le magnifique fessier de la servante, bien trop troublée par l'affaire pour que sa gêne passe inaperçue, Rogho n'écoutait que d'une oreille se qui était en train de se dire. Il lui arrivait souvent d'être happé devant certains spectacles de la nature, d'interrompre toute activité au profit d'une contemplation aléatoire, mais qui lui était tellement instinctive et agréable. Le corps d'une belle femme était, sans doute, convoitise très triviale, mais il n'était pas individu à se soucier ni du jugement qu'autrui portait sur lui, ni à s'embarrasser des us conventionnelles. Lui plaisait-il de désirer cette fille, il ne voyait pas quel mal cela pouvait causer. C'est ainsi qu'il avait grandi, en jeune héritier, avec la floraison des femmes autour de lui, et un jeune orgueil qui leur avait toujours plu suffisamment pour ne pas avoir à user de son titre pour les posséder.
Lorsque le Gargalen cessa de nouveau d'observer le fruit de son désir, il se tourna naturellement vers sa tante, Daenerys, dont il croisa aussitôt le regard, bien moins doux qu'il aurait pu le souhaiter. Les prunelles sublimes de la Targaryen étaient véritablement celles d'une gorgone : aussi belles que l'aurore, aussi envoûtantes que l'azur, si bien qu'elles vous pétrifiaient sur place de leur aura hypnotique. Le jeune homme se sentit aspiré par la Princesse, sans parvenir à s'extirper de cette prison contemplative. Elle ne semblait pas, dès lors, animée ni par la joie, ni par la bonté. Les mots de Rogho l'avaient sûrement, si ce n'est gênée, blessée suffisamment pour qu'elle ne tarde plus à manifester les signes d'une autorité affirmée par les années de son règne à Lancehélion. Sa voix porta aux oreilles de l'héritier de Salrivage, qui se surprit pour la première fois à y prêter entière attention. Il n'était plus question en cet instant d'accorder une demi-importance à ses propos, elle parlait avec une intonation d'acier, en alliage de fermeté et de charisme. Alors, lorsqu'elle eut terminé de ne faire ni plus ni moins que le remettre à la place qui était la sienne, Rogho s'immobilisa un instant, le visage exempt de toute émotion, se contentant de cligner des yeux, un peu bêtement. Puis, aussitôt, il croqua de nouveau dans sa pomme, ne la quittant pas des yeux, avec une puérilité telle qu'elle frôlait la condescendance maladroite. Il sourit, sans manifester une quelconque gêne vis-à-vis du trouble qu'il avait instauré malgré lui, envoya voler le trognon de son fruit vers un bosquet, loin dehors, et répondit.

[Rogho] « Oh, y faut pas vous fâcher ma Tante. Je disais ça comme je ne disais rien. Si j'en parle à oncle Maron, il risque de me renvoyer à Salrivage, pour peu qu'il trouve que je vous ai trop manqué de respect. C'est vrai ce qu'on m'a dit sur les Targaryen, quand même. Vous m'avez l'air d'avoir le sang chaud, tout feu tout flamme ! Haha ! »

Il ne savait pas vraiment si sa blague ferait mouche, mais préféra achever le sujet.

[Rogho] « Enfin... Désolé si je vous ai heurtée, chère Daenerys. »

La suite de leur conversation se profila plus correctement, lorsque la Princesse de Dorne aborda sa réponse sur ses origines ainsi que son ressenti lors de son 'exil' jusqu'à Lancehélion. Une deuxième fois, elle releva la question des intrigues de la cour, des dangers de couloirs, autant de choses auxquelles Rogho était totalement étranger, et qu'il avait encore un certain mal à cerner. En tant qu'héritier, il n'avait jamais manifesté de ressemblance avec son père, Seigneur de Salrivage. Contrairement à ce dernier, le jeune homme avait toujours été d'un tempérament guerrier, aventurier et fougueux. Aussi, très tôt, on l'avait entraîné à ce qu'il affectionnait le plus, l'art du combat à la lance, en délaissant totalement son apprentissage des rouages d'un trône, qu'on espérait qu'il assimile plus tard. Bien évidemment il n'avait jamais eu plus envie de connaître ce genre de choses qu'il réservait volontiers aux femmes, aux eunuques et aux faibles de corps, et n'avait jamais, dès lors, lâché la priorité des armes au profit d'un quelconque autre enseignement. Cela lui avait d'ailleurs valu les compliments récents de Doran qui, quelques jours auparavant, à son arrivée à la capitale des terres du Sud, s'était étonné qu'il soit déjà si bon lancier. Il lui avait promis un avenir de première lance de Dorne, un jour.

[Rogho] « Oui... Et vous, est-ce que je peux vous faire confiance ? »

Dans cette question, se laissait clairement sentir un doute pesant, du à ce que lui avait raconté Doran au sujet de la famille au Dragon, et de prétendue leur velléité constante à dominer ce qui pouvait se dresser devant eux. Au moins, il serait fixé rapidement. S'il se méfiait des Targaryen, un peu crédule et influençable, il ne souhaitait pas pour autant que sa tante l'ait à la mauvaise.
Puis, Daenerys sembla s'agacer des tentatives de séduction du garçon, et souhaita y mettre un terme. Pour la seconde fois, elle afficha un énervement manifeste lequel, cette fois-ci, surprit vraiment Rogho. Il n'avait jamais eu à essuyer une remontrance concernant son appétit d'une femme, encore moins s'il s'agissait d'une servante, aussi il se rebiffa et revint sur la défensive. Il marcha vers un balcon qui jouxtait la cour intérieur dans laquelle il se trouvait, frustré d'une telle réaction de la part de sa tante, et l'écouta terminer ses derniers mots, qui lui vantaient les bénéfices du mariage, et autres nécessités pénibles qui lui incomberaient un jour obligatoirement.

[Rogho] « Je n'en sais rien. Quoi qu'il en soit, j'entends bien épouser qui je souhaite. Je ne compte pas m'embourber avec ce genre de femmes compliquées qu'on éduque dans les hautes cours, et qui passent plus de temps à jaser et à entretenir leurs cordes vocales qu'à daigner vous offrir un héritier. C'est p't'être avec celle-ci que j'aimerais me marier, tiens... Vous m'êtes bien dure, ma Tante. N'avez-vous, dieux, jamais eu de jeunesse ? Mais bon... S'il vous plaît, dites rien à mon oncle... Je ne vous importunerai plus avec ça. »

Lorsqu'il parlait de 'celle-ci', le Gargalen désigna la servante pour laquelle il avait été réprimandé. Une fois son propos terminé, il attrapa, de façon totalement inopinée, une fente dans le mur de pierre, et se hissa de ses doigts et de sa musculature, jusqu'à pouvoir progresser en escaladant jusqu'à une prochaine prise. Il crapahuta de la sorte jusqu'à ce qu'il n'y ait plus rien à grimper, puis se laissa tomber, en amortissant sa chute de quelques mètres par une posture accroupie. Se relevant, il se tapota les mains pour y retirer la poussière et les traces de sa courte aventure acrobatique, et revint vers sa tante.

[Rogho] « Vous savez ce qui me manque le plus ici ? Être libre comme l'air, faire ce que je veux, et quand j'en ai envie. Lancehélion est si grande, et pourtant je m'y sens déjà à moitié enfermé. Regardez, ne serait-ce que vous, qui m'interdisez d'apprécier ce qui peut l'être. Je suis un peu perdu ici. »

Il attrapa une corbeille de fruit, posée sur une table, la souleva, et posa séant à la place, commençant de nouveau à grignoter à même cette corbeille, s'étant un peu détendu de sa crispation précédente grâce à sa courte escalade. Il scruta la pièce de part et d'autre, observait son architecture et sa construction. Puis, il reprit.

[Rogho] « Je me demandais, qu'est-ce que ça fait de gouverner l'ensemble de Dorne, ma Tante ? J'imagine que depuis le temps, c'est devenu une habitude mais... Ce doit être sacrément impressionnant, et très prenant aussi. »

Il leva soudain les yeux. Dans son regard brillait une soif jaillissante qui allait s'annoncer sous peu, une envie enfantine de découverte qu'il ne pouvait retenir en lui. Il était à l'âge où l'on devenait un homme, en avait à bien des égards tous les attributs les mieux forgés, et pourtant, il avait toujours conservé une âme très jeune, encline au jeu, à la légèreté, à la dérision, autant qu'à la curiosité.

[Rogho] « J'imagine que vous avez la moitié de votre famille qui vit à Port-Réal ! Est-ce que, si vous y allez un jour, vous accepteriez de m'y emmener ?! »

Il afficha un très large sourire, qu'il ne pouvait contenir. La perspective de voyager un jour vers la capitale des sept couronnes l'enchantait réellement, bien qu'il ne sache ni si cela lui plairait, ni s'il serait en sûreté, dans le repaire des Dragons.



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Message Sam 3 Aoû 2013 - 11:27



    Membre de sa famille, Rogho Gargalen n'était cependant pas un intime de la princesse Daenerys pour la simple et bonne raison qu'elle n'avait encore jamais eu l'occasion de s'intéresser à ce jeune garçon. Si elle avait eu le bonheur de se lier d'amitié avec sa jeune nièce Ororya, il n'en allait pas de même pour le frère de celle-ci. Or, Daenerys avait beau être une femme affectueuse et aimante pour ses proches, elle n'en restait pas moins une Targaryenne et une Princesse de Dorne. Il était absolument impossible que n'importe qui rentre dans ses bonnes grâces juste à l'énonciation d'un lien de parenté et d'un titre quelconque. Méfiante, prudente, la Princesse l'était par la force des choses. Elle avait appris qu'il fallait prendre garde à soi autant qu'on prenait garde de ses proches.

    Pour cette raison, Daenerys ne s'était pas précipitée aux pieds de Rogho. Comme tous les autres, il devrait à l'avenir faire ses preuves pour que la jeune femme accepte de l'honorer de sa bienveillance. Et pour le moment, Daenerys était très partagée. L'attitude de Rogho Gargalen ne lui semblait pas digne d'un jeune homme de bonne famille, au sens où elle l'entendait. Il était bien trop brut, bien trop crû, pour plaire à la jeune femme, pourtant habituée à un époux qui pouvait sembler abrupt à l'occasion. Sans qu'elle ne sut exactement dire quoi, quelque chose la dérangeait dans ce jeune homme. Et les mots qu'il prononça ne plurent guère plus à la jeune femme qui redressa la tête, fière de ses origines, même si tout Dorne devait l'insulter chaque jour pour cette raison.

    « -Ecoutez-moi bien Rogho. Vous avez beau être mon neveu par alliance et un jeune homme, je ne tolérerais aucune insulte ni aucun sous-entendu » Du moins en ma présence, pensait-elle, tandis qu'elle regardait, les sourcils froncés, ce garçon qui d'ores et déjà lui donnait bien du souci. Il était tout simplement impensable qu'elle laisse son neveu lui manquer de respect, sous son propre toit. Elle s'était faite extrêmement sévère, mais elle était complètement convaincue qu'elle avait de très bonnes raisons d'agir ainsi. D'un geste de tête magnanime, elle indiqua qu'elle acceptait les excuses qui venaient d'être formulées. « -Je vous remercie, Rogho, de faire amende honorable ». Ces mots donnaient l'impression qu'elle se montrait extrêmement large dans sa manière d'être. Bien évidemment, il n'en était rien et la demoiselle le savait pertinemment mais elle devait marquer son territoire face à la fougue de la jeunesse.
    Daenerys se rendait compte qu'elle ne supportait pas l'attitude de son neveu. Très certainement car d'ores et déjà, elle lui rappelait celle de Doran Martell, ce beau-frère avec lequel elle éprouvait tant de difficultés. Certes, Daenerys pouvait comprendre l'appel de la chair, si torride à l'âge de son neveu. Mais elle ne comprenait pas qu'il ne garde pas ce genre d'aventures humaines pour des moments où il n'était pas en sa présence. Secouant la tête, elle le regarda remuer, visiblement insatisfait de la manière dont elle le traitait, depuis son arrivée. Eh bien qu'il rage donc ! Daenerys ne doutait pas une seconde qu'elle saurait trouver les mots pour décrire ce comportement déplorable à son époux. « -Je ne suis pas dure, Rogho, je suis juste. En tant que neveu de Maron Martell, vous avez des devoirs qui sont d'autant plus importants. Je compte sur vous pour lui faire honneur à chaque instant. Si vous me pensez dure envers vous, c'est sans doute qu'auparavant on vous a trop laissé la corde autour du cou, mon neveu ... ». La remarque était peut être insidieuse, mais Daenerys n'en avait cure, ce qu'elle voulait c'était bien faire comprendre à ce jeune homme qu'elle ne lui laisserait rien passer. Elle avait un rang à tenir et Maron une province à tenir. Ils n'avaient ni l'un ni l'autre le temps pour les idioties de leur neveu, fut-il le frère de Ororya.

    La tirade sur la liberté fit sourire Daenerys. Ce qu'il était jeune. Un léger sourire amusé vint se planter sur le visage de la Princesse. Si il savait la liberté qui était la sienne … Mais il ne pouvait pas comprendre. Toute sa vie, Daenerys avait été à la merci des jeux de pouvoir et elle n'avait finalement jamais connu une liberté telle qu'il la présentait. « -Vous rêvez mon cher, si vous pensez que quiconque est réellement libre. Vos privilèges de jeune nobliau s'accompagnent de devoirs. Vous ne devrez jamais l'oublier, Rogho. Vous n'êtes pas ici pour jouir d'une vie facile à la Cour de votre oncle. » Décidément, elle devrait passer la majorité de son temps à lui faire la morale.

    Daenerys ne bougeait pas, se contentait d'observer ce garçon qui lui semblait terriblement inconséquent. Daenerys était étonnée de sa manière de penser, de vivre. Mais après tout, on était à Dorne et pas dans les Terres de la Couronne. Il l'interrogeait sur le pouvoir et les sensations qui accompagnaient celui-ci. « - N'en doutez pas, Rogho, gouverner demande plus de sacrifices qu'il n'amène de plaisirs. Votre oncle est un si bon Prince parce qu'il a compris cette réalité difficile à appréhender. Alors oui, nous avons nos habitudes, mais c'est un effort de chaque jour ... ». Amère ? Oui, très certainement. Elle avait beaucoup sacrifié pour être une épouse et une Princesse à la hauteur. Et avant tout, elle avait accepté ce mariage …

    Le mot Port-Réal fit s'assombrir les yeux de la jeune femme. Elle n'était jamais retournée dans cette capitale. Malheureusement, Maron pensait que ce n'était pas une bonne chose. Cela montrait bien d'ailleurs qu'il n'avait pas confiance totalement dans son épouse. C'était pour Daenerys une épine plantée le cœur, que de ne pouvoir voir sa famille, et notamment sa nièce, Aelinor, qu'elle appréciait comme une sœur. « -Je ne retourne jamais à Port-Réal. Ma place est ici. Mais si votre oncle Doran s'y rend, je suis certaine qu'il pourrait avoir plaisir à vous emmener, Rogho. Le temps fera son œuvre ... ».

    Le temps passait et la Princesse s'en faisait la réflexion. « -Avez-vous eu l'occasion de rencontrer mes enfants ? J'aimerais vous les présenter ! ». La jeune femme espérait que la présence de ses deux premiers enfants amènerait le jeune homme à dévoiler une facette de sa personnalité qu'elle pourrait enfin apprécier. Et comme de son côté, elle se lassait de devoir faire la morale sans cesse, ce serait une occasion parfaite de se retrouver auprès de ces petits êtres qu'elle chérissait plus que tout. « -Suivez-moi, nous allons aller les chercher ! ». La jeune femme allait donc mener son invité à l'intérieur du Palais, afin de se rendre dans la pièce occupée par Trystan et Nyméria pour leurs études. Ses enfants … Elle songeait à eux tandis qu'elle marchait dans les couloirs, accompagnée par son neveu. Ils mirent quelques minutes avant de se retrouver face à un Trystan appliqué et à une Nyméria qui semblait incapable de tenir en place. Dès qu'ils virent leur mère, ils se mirent tous deux en état d'attirer son attention, lui parlant en montrant des tas de choses. Daenerys mit un peu de calme dans toute cette agitation. « - Trystan, Nyméria, je vous présente Rogho Gargalen, le frère de Ororya ! ».
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Message Mar 1 Oct 2013 - 11:47

C'était donc ça, 'grandir'. Forger son caractère au contact de celui des autres, accepter et comprendre qu'une trop grande dose de libertés pouvait déplaire en société. En fait, la maturité devait sans doute résider en une forme de retenue que Rogho abhorrait du fond de l'âme. Faire semblant, cacher ses sentiments véritables, dissimuler ses réactions instinctives et honnêtes au profit d'un ensemble terne et morne qui convenait à la masse humaine des politiquement corrects. De toutes les facettes qu'il avait pu découvrir de Lancehélion, celle-ci était bien la pire. Depuis tout jeune, il avait toujours eu loisir de traiter quiconque comme bon lui semblait, ne prenant que peu de pincettes pour exprimer son point de vue, profitant, sans s'en rendre compte alors, d'un statut d'héritier de Salrivage qui n'avait que peu de sens ici. Entre ces murs et ces couloirs, les fils de renom circulaient en nombre. Il n'était plus le seul à être cousin ou neveu des têtes couronnées illustre du désert de Dorne. Alors, il devrait prendre sur lui, et se rendre à l'évidence : son tempérament à l'état brut n'était pas apprécié, ni même peut-être appréciable en la capitale.
Ses excuses acceptées, mais l'affront probablement toujours bien vif, Daenerys poursuivit ses réponses, toutes aussi brèves et incisives qu'elles l'avaient été jusqu'à présent. Cette fois-ci, Rogho sembla se calmer un instant, écouter attentivement, et ne plus chercher à provoquer quiconque. En fait, il commençait à se dire que derrière une colère retenue, c'était une plaie encore ouverte qui se terrait sous sa robe de haute facture. Certes, son sourire narquois, vestige d'une vie de défiance, ne quittait pas son visage bronzé et avenant. Pourtant, il se laissait désormais vaincre par la parole, comprenant maintenant qu'il ne gagnerait rien à piquer les nerfs à vif de sa tante. D'autant qu'il tendait à l'apprécier, et qu'il n'avait de réserve vis-à-vis d'elle qu'en raison d'un nom de famille, famille dont elle venait de dire qu'elle n'avait pas pu percevoir l'influence depuis des lustres.
Durant un instant, Rogho tenta de se mettre à la place de Daenerys, et crut même y parvenir. Il n'était sûrement pas le seul, ni encore moins le dernier, à manifester un manque de respect, ou du mépris envers un sang qu'elle n'avait pas choisi, et dont elle n'était désormais qu'une lointaine représentante, exilée dans les confins de sable. Être expatriée, embrasser une nouvelle culture à bras le corps, seule, face au peuple invaincu de Dorne, et se voir traitée avec la même différence, des années après. Tout ceci devait non seulement être difficile à vivre, mais surtout cruellement injuste.

Les réponses de sa tante s'orientèrent petit à petit vers cette notion de liberté, que Rogho avait dû évoquer sans en peser vraiment le sens. Ce qu'elle disait était vrai : nul n'était vraiment libre en ce bas monde. Le gueux était astreint à sa terre, le Roi aux obligations et aux bonnes décisions. Il n'y avait de liberté que dans le vagabondage, à bien y réfléchir, encore que les courre-la-route devaient eux-mêmes se sentir prisonniers de leurs propres nécessités, celle de se nourrir, de trouver un peu de vie à qui parler.
Une fois son quart d'heure de remontrance achevé, Rogho sourit, et se retint de rire. Il lui était pour l'instant impossible de faire mine basse, ni de faire marque de déférence. Mais il n'alla pas plus loin, préférant ne rien ajouter d'autre. Il avait compris.

Lorsque Daenerys lui proposa d'aller rencontrer ses petits cousin et cousine, Rogho eut du mal à cacher sa joie. Il appréciait le contact avec les enfants, pour la simple et bonne raison qu'il en était un lui-même. Il avait cette fibre paternelle protectrice et ludique qui lui permettait de passer des heures durant à jouer, rire et imaginer avec eux, sans jamais s'en lasser. Le chemin vers eux fut court. Daenerys connaissait manifestement bien mieux que lui le dédale de ses propres couloirs, ce qui, jusque là, semblait non seulement logique mais préférable. Lorsqu'ils arrivèrent devant la petite troupe de petite taille, s'agitant en tous sens dans un brouhaha de rires et de jovialité ambiante, Rogho changea de tempérament, du tout au tout. Il fut présenté à Nyméria et Trystan, lesquels n'avaient à leur âge sûrement que peu à faire des présentations en usage. Tous deux semblaient le fixer d'un air curieux et innocent.
Fouillant dans ses poches, le jeune homme sortit deux fruits juteux qu'il avait piqué dans la corbeille un peu plus tôt. Il les tendit à ses petits cousin et cousine en souriant, tout en s'accroupissant pour être à leur portée.

[Rogho] « Cadeau ! Alors, à quoi étiez-vous en train de jouer ? Je peux venir ? »

Il fit volte-face un instant, fixant sa tante d'un regard plus doux, plus mature, aussi.

[Rogho] « Il va me falloir un peu de temps avant de me faire aux us d'ici. Les gens sont un peu hautains, ils supportent mal quelqu'un comme moi. Mais je peux comprendre. Pardon de vous avoir offensée, ma tante. Mais je réitère, j'aimerais vous accompagner vous, et non mon oncle, à Port-Réal, si le destin nous y conduit un jour. Nyméria et Trystan sont de beaux petits héritiers, en tout cas. »

Attrapant les deux petits êtres par la taille, les soulevant avec aisance, il déclencha chez eux une tornade de rires tandis qu'il commençait à les faire tourner dans les airs, comme s'ils étaient ses propres frères et sœurs. Une fois le manège humain à l'arrêt, Rogho remarqua par une fenêtre que la plage attenant à la cour de Lancehélion n'était pas si loin d'ici.

[Rogho] « Je peux m'occuper d'eux un peu, si vous voulez. Je pense qu'ils m'apprécient déjà ! »

Sans même attendre de réponse de la part de Daenerys, il se pencha de nouveau au niveau des deux enfants.

[Rogho] « Bon, on va sur la plage un peu ? Le soleil se couche, et on peut s'y amuser ! Allez c'est parti ! »

Il s'élança dans les couloirs. Trystan et Nyméria emboîtèrent le pas en courant, se bousculant presque pour passer la porte.

[Rogho] « Doucement, doucement ! Ah il y a pas de doutes, vous avez le feu des dragons en vous hein ! »

La petite troupe s'éloigna, leur vacarme amusant faisant progressivement écho dans les couloirs du palais.



Chaque jour notre histoire s'écrit,
On n'est pas seulement ce que l'on souhaite, on est surtout ce qu'on accomplit.
Vivant, on peut se mentir ou espérer,
Mais une fois mort, on aura été ce qu'on a été.
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A la découverte de la famille [Rogho, 206]

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