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Un amour chaud comme le sable

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Message Jeu 27 Juin 2013 - 17:28

Comme habituellement sur les îles de Fer, le vent soufflait fort. Les côtes insulaires étaient taillées par le sel et les flots, long processus qui durait depuis des années et durerait encore sûrement jusqu'à la fin des temps. Ou du moins jusqu'à ce que le Dieu noyé ne se décide à arrêter de baigner de son violent ressac le territoire des Fer-Nés. Pour n'importe quel citoyen lambda, la vie sur ces îles tiendrait de l'épreuve quotidienne, mais pour les natifs, qui étaient plus constitués de fer que de chair, ce n'était qu'un petit défi. Comme partout, les faibles mouraient, et les forts restaient. Voilà les pensées qui tournaient et retournaient dans le crâne de Geralt Forgefer, alors qu'il naviguait sur un boutre, accompagné par un équipage composé d'habitants de Pelforth. Le cadet des Forgefer avait pris la mer le matin même, et l' Excentrique faisait route vers l'île d' Harloi. Il souhaitait voir ce que devenait Lord Karvech depuis le temps. Ce dernier était un très bon ami de feu le père de Geralt, et depuis la disparition du géniteur de notre héros, Lord Kenning rendait des visites assez régulières à Pelforth, pour tenter de réconforter la mère de notre guerrier, mais aussi pour offrir à Lagertha, la jeune sœur de Geralt, une nouvelle figure paternelle. Même si elle avait près de quinze ans, et que la personnalité de la jeune fille était bien construite, en particulier grâce aux récits de voyage de l'aîné des enfants Forgefer, avoir un père de substitution ne pouvait lui faire que du bien.

Et même s'il faisait peu de cas des convenances et agissait comme il lui plaisait, Geralt était un homme d'honneur, et donc, de temps à autres, il rendait visite à la petite famille de Lord Kenning, pour leur donner des nouvelles, discuter des dernières prises et raids de sa famille, échanger les souvenirs de Lord Arkel... Même si cela faisait déjà quelques années, notre Fer-né repensait souvent à son père avec nostalgie. Certes, il avait reçu des coups pour s'endurcir, mais il n'aurait pas pu souhaiter meilleur père. C'est grâce à son éducation éclairée, et aux hommes dont il avait su s'entourer, que le cadet Forgefer était aujourd'hui un guerrier et un navigateur de grand talent. Et le trajet jusqu'à l'île des Harloi ne lui posait donc aucun problème. Pendant le voyage, il s'était donc abîmé dans ses réflexions, laissant aux bons soins de ses marins le navire. Pour être respecté, un Fer-Né devait être fort et savoir naviguer, et il s'était assuré que l'équipage qui l'accompagnait possède ces deux qualités. Alors que les abords de l'île d' Harloi pouvaient être aperçus, il se demanda à quoi ressemblait désormais la petite Arkha. Elle devait avoir bien grandi depuis la dernière fois, puisqu'elle était dans l'âge où tout change. Chose rare pour une donzelle, elle ne s'offusquait pas du caractère particulier de Geralt. D'ailleurs, il lui prit l'envie de jongler, alors il fouilla son sac, en extirpa trois balles, et commença à jongler.

Quelques minutes plus tard, un homme vint lui signaler qu'il était arrivé à bon port, et que le vaisseau s'apprêtait à accoster. Le fief des Kenning se situait sur la pointe nord-est de l'île d' Harloi, non loin justement du fief des Harloi, les "tauliers" des îles. Ils s'en tiraient bien, mais patience, pensa notre héros en se frottant les mains: maintenant que son frère était le chef et qu'il était le deuxième homme le plus puissant de la famille, c'est les Forgefer qui s'en sortiraient le mieux! Tout guilleret de ses pensées de conquêtes, de batailles et de victoires, il se dirigea sur le pont, et observa son équipage manœuvrer le navire et procéder à l'accostage en bonne et due forme. Lorsque l'ancre fut jetée et toutes les voiles solidement fixées, Geralt observa son équipage, puis pointa du doigt trois hommes et les chargea de l'accompagner. Normalement, il ne devrait pas avoir de problèmes vu qu'il était en terrain ami, mais son frère prétendait qu'il fallait être accompagné pour le décorum. Les trois hommes échangèrent des regards sceptiques, ce qui n'échappa à notre héros, qui ricana simplement: le trio s'exécuta tout de même. Vérifiant que ses haches étaient bien glissées dans sa ceinture, il lissa son manteau en ricanant toujours, accentuant le malaise de ses hommes, tapota son bracelet de cuir, puis s'attacha à rejoindre la terre.

Sitôt que ses bottes foulèrent le sable, il respira, humant l'air un grand coup: il préférait celui de Pyk, mais bon, avec la mer et le Dieu Noyé à côté, c'était tout de même respirable. Commençant à chantonner un chant guerrier, il se mit à courir, faisant des tours sur la plage, se pressant sans raison, puis s'arrêtant avant d' accélérer de nouveau. On aurait cru voir un chien fou de retrouver la liberté si il ne s'était pas tenu sur deux pattes. Et c'est ce qu'il était, puisqu'il ne faisait que se dégourdir les jambes après le voyage. Certes, il y avait d'autres façons de le faire, mais le faire ainsi lui avait paru une bonne idée, alors il le faisait. Et puis, il avait le sentiment que s'il restait un peu sur cette plage, il allait lui arriver quelque chose de bénéfique...
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Séraphine
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Message Ven 28 Juin 2013 - 15:47

Les seuls flocons de ces îles étaient de poussière, l'aquilon soufflait dans le cœur des insulaires, l'indigence de leurs mœurs était aussi froide et cinglante que le gèle... Elle avait beau jouer d'analogie en tout genre, rien ne parvenait à lui rendre un tant soit peu de saveur d'Ibben. Son archipel à elle n'était pas de ce terne gris, mais d'un opale immaculé, les rocailles y régnaient également, mais elles aussi semblaient moins ingrates que celles que l'on trouvait ici bas. Ces saillies d'argentite étaient laides et rancunières, fouettées par un vent pas moins âpre et dont la fragrance était faite de relents de mer et de sang – elle l'aurait jugé, que chaque bélître et furie exhalaient l'inexorable pestilence d'une culpabilité dont ils n'avaient pas même honte. Elle en était couverte d'opprobre pour eux... Mais depuis son plus jeune âge, Séraphine bourlinguait sur les différentes houles de Westeros et d'Essos, et depuis toujours, elle s'accommodait aux marottes des plèbes qu'elle rencontrait. Elle n'y prendrait jamais goût, à cette barbarie intrinsèque, mais elle pouvait encore feindre d'y être insensible. Un voile d'indifférence jeté sur sa physionomie désenchantée, et elle se réfugierait dans le pennage de ses chimères, de ses fidèles et belles utopies qui lui ployaient encore un peu d'oxygène dans un monde où elle se sentait parfois étouffer. A l'étroit, elle s'y était aujourd'hui sentie dans cette chambre vide de quelque présence rassurante. Elle avait bien tenter de retrouver sa petite sœur, arpentant les corridors de la forteresse en long, en large et en travers sans parvenir à dénicher sa cache. Emalia devait certainement être affairée à une besogne spécifique qui l'aliénait à son statut de servante, du haut de sa pauvre décade d'existence, son avenir n'était plus qu'un alliage de monotonie et de redondance. Elle n'aurait guère jamais l'occasion de s'épanouir convenablement, ne dompterait plus les flots sur le pont d'un baleinier, elle ne ferait que lustrer les sols et récurer les casseroles. Mais elles étaient encore ensemble. N'est-ce pas le plus important ?... Leur osmose était substantielle, elle était en grande partie la sève de leur survie, à défaut de soleil, l'amour sororal luisait sur la voûte de leurs cieux. Toutes celles qui avaient été amenées sur ces étocs pour y être assujetties de corps et d'âme ne pouvaient point en dire autant. Il fallait se satisfaire du peu octroyé, de cette once de commisération accordée par une fatalité versatile et abjecte.

A défaut de cadette, la sylphide se sentit d'humeur à braver l'extérieur et à se confronter aux lorgnades des écumeurs – elle abhorrait être jaugée comme une truculente livre de chair. Serenei l'avait mise en garde. Tous des faquins aux airs de primate... Et lorsque ce n'était pas avec la nitescence du stupre qu'ils la miraient, c'était avec celle de la répulsion – ou parfois de cette simple inimitié qui encourageait les fer-nés à dépriser tout ce qui n'était pas inhérent au Dieu Noyé et à l'Antique Voie. Vils personnages, dont elle s'éloigna assidûment pour rejoindre les abords de la plage, davantage emprunte de calme, pour profiter des blandices de l'embrun et de la cantilène de la mer. A l'observation des vagues qui déposaient leur spume sur la rive, elle pouvait y passer une pléthore d'heures... Depuis combien de temps était-elle déjà là ? Immobile, le séant posé sur un rocher à l'instar d'une naïade sur son récif. Le regard évanoui dans l'horizon, elle était dans son microcosme secret, à songer à une pléiade de sujets, certains ourlés d'amertume, d'autres brodés d'espoir. Une propension à tout omettre autour d'elle, si bien qu'elle ne vit ni n'entendit la menace arriver. Ce ne fut qu'au vacarme des pierres qui s'effondre et roulent sur leurs pairs que l'ibbénienne fut extirpée de sa rêverie, et lorsqu'elle amarra enfin à la réalité, elle remarqua qu'un impudent avait osé faire des siennes.

« Hé vous ! » Héla t-elle du haut de son juchoir, duquel elle se laissa glisser pour apparaître à hauteur de l'individu dont elle s'approcha. « Qu'avez-vous fait... ? »

Diantre, et qui était-il, d'abord ? Une question qui aurait pu résonner comme incongrue de la part d'une vulgaire femme-sel, il ne fallait pas être inepte pour comprendre que les forbans des Iles-de-Fer n'aimaient généralement pas être interrogés par une gougue venue d'ailleurs. L'on n'adressait point la parole à qui bon nous semblait, ici, Sargon Harloi le lui avait bien dit. Tu n'es rien, ma pauvre fille... Un innommable conciliabule qui la faisait encore frémir d'effroi, le bougre s'y était donné à cœur joie ! Est-ce que celui-ci, aux yeux étrangement noircis et à la nimbe ébaudie, s'en viendrait aussi la lyncher de goguenardises ? De ses mirettes hétérochromes où se querellaient l'azur et l'alezan en deux orbes inquisitrices, elle l'observa avec prudence, cherchant sur son faciès naturellement rongé par le sel le rictus qui le trahirait, mais elle ne décela, pour le moment, rien d'ombrageant. Mieux valait toutefois ne pas se fier aux apparences, maxime qui prit de l'envergure lorsque la donzelle aperçut la trinité de pirates qui escortait le premier – voilà qu'elle était cernée, ces gens étaient pire que du chiendent ! Et c'était précisément dans ces instants qu'elle préférait avoir Gabriel à portée de voix, jusqu'alors, il n'y avait eu qu'auprès de lui qu'elle s'était sentie en sûreté, une sphère de réconfort bâtie au gré des lunes qui s'étaient écoulées. Mais son maître était absent, assurément prisé par les préparatifs des projets qui avaient été déclamés lors du rassemblement festif sur Pyk. La Seiche d'Or avait déclaré vouloir lancer l'assaut sur le Nord, intention corroborée par nombre de capitaines prompts à joindre leurs boutres à la guerre qu'ils s'en iraient bientôt mener de front. Une perspective et une appétence au conflit que la jeune femme ne comprenait pas, à croire que les fer-nés adoraient l'idée de potentiellement mourir presque autant que celle d'occire.

« Pardonnez-moi mon seigneur... » Un titre qu'elle ignorait légitime ou non pour le quidam en question, dont elle flatterait au moins l'ego dans le pire des cas. « Mais vous devriez être plus attentif à où vous mettez les pieds. » Et sa tirade n'était pas anodine ! Car entre leurs chausses, larmoyait ce qu'il restait d'une construction, érigée des mains de Séraphine et que l'on nommait chez elle un inukshuk. De tailles variées et de formes diverses, ces élévations possédaient une forte symbolique que l'on expliquait pas toujours, mais n'en demeuraient pas moins des emblèmes. Celui involontairement renversé par Geralt atteignait à peine leurs genoux – d'où le fait qu'il ne l'eut certainement pas vu. - contrairement à un second qui se trouvait non loin et s'arrêtait à leur taille. La vénus s'était visiblement occupée comme elle l'avait pu, ce qui ne l'empêchait pas d'être attentive à ses enfants de pierre. « Ne faites pas de mal aux cailloux. » Un discours qui en aurait fait fuir plus d'un, il y avait là de quoi s'interroger sur la santé mentale de la pauvrette qui semblait s'énamourer de rocailles. Parfaitement sérieuse, ses prunelles dans celles de son vis-à-vis, elle retint sa flavescente crinière emportée par une légère bourrasque, puis reprit. « Chez moi, on dit qu'il faut écrire ses peines et blessures dans la neige, puis graver ses joies et espoirs dans la pierre. » Les brides de roche dont elle s'était servie dans son entreprise, peut-être les avait-elle imprégnées d'un émoi qu'un œil profane et une âme dénuée de sensibilité étaient inaptes à concevoir. Peu importe ce qu'il en était de son interlocuteur, elle ne lui demandait guère de comprendre – juste de respecter, de ne pas sciemment ou non piétiner son espérance. Et il pouvait bien l'injurier de folle ou de sorcière, elle ne le l'avait que trop entendu pour ne pas y croire elle-même. La demoiselle baissa les yeux et eut un frisson de précarité, tentant de lénifier son irrépressible envie de reconstruire... A laquelle elle finit par céder. « C'est de mauvais augure, ça, de défigurer un inukshuk... Il faut le remettre d'aplomb. »


" L'ondée qui sans cesse chut use la roche "


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Message Dim 30 Juin 2013 - 10:24

Toujours indifférent aux regards de ses trois hommes, ainsi qu'à ceux d'éventuels badauds (même s'ils auraient été remarqués sur cette plage, qu'il fallait avouer morne et tellement basique, au contraire de celles de l'île natal de notre héros), le cadet Forgefer continuait sa course, les embruns qui lui fouettaient le visage se mêlant à sa sueur, créant une seconde peau d'eau et de sel, rendant encore plus proche de la mer le Fer-Né. D'aucuns auraient pu penser qu'il perdait son temps à procéder ainsi, et qu'il aurait mieux fait de se rendre à la demeure des Kenning, c'est sans doute d'ailleurs ce que se disait le trio qui l'accompagnait. Mais bon, comme il l'avait maintes fois prouvé durant les vingt-sept années précédentes, Geralt n'était pas comme tout le monde, et il continuerait tant qu'il ne s'en lasserait pas. Et il n'était pas lassé visiblement! Lorsqu'il poussa l'exploration un peu plus loin, s'éloignant quelque peu des étendues sableuses pour s'approcher d'un sol plus rocheux, il remarqua que des constructions particulières y trônaient. Si certaines pouvaient presque tenir entre ses deux mains, d'autres étaient à taille humaine. Ce phénomène bien étrange n'était certainement pas sorti des mains du Dieu Noyé, mais bien de mains humaines. Il savait beaucoup de choses sur le culte de la divinité si aimée des îliens, et ces effigies de pierre ne semblaient pas faire partie d'un rituel pour l'honorer... Y'avait-il des hérétiques sur les îles? Ils allaient être châtiés, le cas échéant! Pas question de laisser passer ça!

Il s'approcha donc d'une de ces constructions, qui lui arrivait à peine sous les genoux, et donna un coup de pied dedans, faisant s'écrouler la pile de cailloux dans un fracas surprenant pour de si petites pierres. Comme en écho à la destruction, une voix féminine résonna. Alerte, le Fer-né leva aussitôt les yeux vers l'origine de la voix, et ce qu'il vit l'ébahit: il y avait là une jeune femme, qui glissait d'un point en hauteur pour venir vers lui, lui demandant ce qu'il venait de faire. Il détailla la jeune femme: le point le plus marquant, outre sa chevelure étrangement clair pour une îlienne, si tant est qu'elle en fut une, c'était ses yeux, chacun d'une couleur différente de l'autre, comme si à la naissance ils avaient eu une dispute irréconciliable. Geralt s'imagina d'ailleurs deux yeux sortir de leurs orbites et commencer à se rouler l'un sur l'autre, le premier essayant désespérément de prendre le dessus sur le second. Et s'il n'avait pas été laissé pantois par la beauté de cette femme, il aurait sans doute ricané de sa pensée, s'attirant le possible courroux de la femme. Sauf que c'est la dernière chose qu'il souhaitait. Avec sa silhouette gracile et ses traits fins, la femme venait de lui taper dans l’œil: c'était celle qu'il voulait comme épouse, et en tant que Fer-Né, il l'aurait! Il s'imaginait déjà, triomphant de ses éventuels parents et prétendants les uns après les autres... Une telle beauté, plus belle même que les plus belles des sirènes, avaient sans doute une armée d'hommes prêts à se battre pour elle... Mais le Forgefer les écarterait tous de son chemin! Et il aurait la demoiselle au prix du Fer!

Ensuite, la dame s'excusa, l'affublant de son titre de seigneur... Et en plus, elle était devin et pouvait deviner la nature des gens! Cette femme ferait un excellent complément à la famille! C'est décidé, il allait la prendre pour épouse sur l'instant! Elle lui demanda ensuite de faire plus attention à son pas, sans doute par rapport à l'effigie qu'il venait de renverser... Forcément, quelque chose n'allait pas! Une femme si belle ne pouvait pas être parfaite, il fallait qu'elle soit hérétique! Mais non, elle lui demanda simplement de ne pas faire mal aux cailloux... Et c'est ce qui acheva de faire du cœur de Geralt son terrain de jeu: elle avait une telle sensibilité qu'elle comprenait même les voix de la nature! A coup sûr, elle était une incarnation du Dieu Noyé, censée nettoyer la terre des hérétiques! Et la destinée avait mis le cadet Forgefer sur son chemin pour qu'il l'aide dans sa tâche! Il s'en acquitterait avec ferveur et volonté! Comme en réponse affirmative à la pensée de notre héros, un coup de vent se leva, forçant l'envoyée divine à retenir sa chevelure. Elle enchaîna par un proverbe de chez elle, inconnu de Geralt. Toutefois, comme tout ce qui venait d'elle, il était beau! Elle trembla l'espace d'un instant, puis se pencha et commença à recréer son édifice, le nommant un "inukshuk". Mot inconnu de notre héros, mais peu importe.

Pas question de laisser l'amour de sa vie se débrouiller seule! Il s'agenouilla lui aussi, puis saisit un caillou, qu'il commença à triturer, l'examinant sous tous les angles. Il allait lui aussi se laisser emporter par l'inspiration du moment, et prit la parole d'un ton doux:


- Ce petit caillou, seul, abandonné par ses parents, ne vaut rien. Il doit se sentir inutile, balloté par les vents, éloigné de ses compatriotes. Je peux ressentir sa peine, et ça me donne envie de pleurer. Je suis un peu comme ça, moi aussi, je ballote au fil de la vie. Et puis un jour, la main de Dieu arrive, t'arrache du sol, et te fait participer à un édifice. Tu te sens utile, tu as l'impression d'être enfin quelqu'un. Tu es cette main de Dieu, je suis ce caillou. Et je crois que le destin s'est mis en branle et que quelque chose nous lie, à la manière des pierres dans cet inukshuk. Quel est ton nom, damoiselle? Je suis Geralt Forgefer de la Famille Forgefer de Pelforth.
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Message Mar 2 Juil 2013 - 9:34

Les fer-nés pouvaient être aussi sibyllins que les ibbéniens – ou du moins, aussi imprévisible que Séraphine. Celle-ci n'attendait rien de cette plèbe, les seuls êtres qu'elle chérissait se comptaient ici au nombre de trois : il y avait bien évidemment sa petite sœur, petite miraculée de leur abordage, puis il y avait la douce Serenei, qui était d'un soutien sans faille depuis que leurs maîtres les avaient présentées l'une à l'autre – leurs maîtres... Gabriel était en train de devenir la dernière pièce de la trinité adorée, lentement, mais sûrement. Elle doutait que l'infortune d'avoir été amenée sur les Iles-de-Fer aurait pu être brodée de plus de chance qu'être devenue la propriété d'un insulaire de cet acabit. Tendre et bienveillant, débonnaire lorsque ses algarades avec Sargon ne le mettaient pas d'humeur massacrante – et quand bien même, elle parvenait toujours à le rasséréner au bout de quelques instants de conversation. - un pirate et capitaine somme toute truculent. Mais de cela, elle ne se lamentait point, elle n'était ni rudoyée, ni injuriée, et encore moins blasphémée érotiquement parlant. Toujours aussi vierge que lorsqu'elle avait posé le pied sur ces argentites, la donzelle avait voué sa vie à bien autre chose que le péché de chair : elle l'avait avec ferveur dévouée à la prospérité commerciale et familiale. Et désormais ? Elle ne pouvait plus que patienter qu'une quelconque péripétie n'exalte son quotidien bordé de monotonie et de veillance sororale. Elle avait eu un fort mauvais avant-goût de ce que pouvait être une mauvaise rencontre sur cet archipel – le fils Harloi n'était jamais bien loin, et elle craignait le pire en sachant qu'il viendrait définitivement vivre à Dix-Tours une fois marié. Peut-être était-ce cela, le signe de mauvais augure ? Les inukshuks étaient décidément clairvoyants, la jeune femme se jurait silencieusement de tripler de prudence dans les lunaisons à venir, c'était une question de survie et de préservation.

Mais soudain, alors qu'elle s'échinait distraitement à reconstruire le petit édifice de rocaille, le quidam responsable des tribulations du symbole de pierre plia à son tour rotule pour se mettre à sa hauteur. Cette mouvance d'apparence anodine interloqua toutefois la nymphe qui s'arrêta dans son entreprise, levant ses prunelles bicolores sur l'individu qu'elle mira d'un air inquisiteur. Les forbans de ces plages ne s'abaissaient jamais au niveau de leurs esclaves – même s'ils ne leur attribuaient pas cet adjectif, se contentant du nom de domestiques. Durant un instant, elle le suspecta de vouloir gouailler d'elle, mais la façon qu'il eut de contempler l'un des cailloux à portée de main la laisse aussi pantoise que songeuse. Qui observait les éléments de la nature avec une telle sensibilité ne pouvait être un vulgaire cuistre – pas comme les trois bougres qui l'accompagnaient qui, eux, semblaient dignes de leurs racines. Son discours eut tôt fait de corroborer sa conjecture, même si elle n'en comprit point réellement ni les tenants ni les aboutissants. De ses longs cils brossés d'innocuité, elle papillonna comme les subtiles ailes d'un lépidoptère l'auraient fait, laissée un peu hagarde par de si joliettes proses que l'on osait lui adresser.

« Hum... » Interjeta t-elle avec irrésolution, elle que l'on désarçonnait rarement par l'étrangeté – c'était usuellement l'inverse. Le quidam s'était sorti des limbes de l'anonymat, dévoilant un patronyme qui soulignait inexorablement sa noblesse de rang, fait encore plus stupéfiant au vue de l'attitude qu'il avait envers elle. Toutefois, loin d'elle l'idée ou l'envie d'être incongrue, aussi se hâta d'elle de l'imiter dans les présentations, bien que la sienne fut bien plus concise. « Séraphine... Juste, Séraphine... » Un simple prénom que l'embrun et la neige avaient inspiré à ses parents, lui avait-on toujours dit. « Veuillez m'excuser mon seigneur Geralt... Mais j'ignore ce qu'est et où se situe Pelforth. Je ne suis pas non plus familière avec les maisons qui peuplent vos îles, je sors rarement de la forteresse de Dix-Tours. »

Son exotisme se marquait tant par son apparence, que par ses propos – après tout, n'y avait pas de la neige n'importe où, et elle avait évoqué ce terme comme un élément d'un apophtegme ethnique. Si le Forgefer tendait l'oreille, il remarquerait également la légère différence d'élocution, un accent très discret issu d'un agglomérat d'îlots implanté bien plus au nord. Avec tant de preuves, il était ardu de ne pas comprendre que la demoiselle n'était pas une fer-née, ce que son ultime tirade était venue confirmer. Cependant, elle ne lui dévoila pas ses origines séance tenante, emportée dans une réflexion sur ce qu'il lui avait dès l'abord confessé le concernant par l'office de son analogie avec le caillou. Etait-ce une âme en peine ? Une certaine forme de mélancolie se lisait dans les abysses de ses calots, et le rejet communautaire, Séraphine savait en grande partie ce que cela impliquait. Elle se mordit la lippe inférieure en se faisant violence pour ne pas s'offenser d'avoir été comparée à un dieu – tous les compliments que l'on pouvait lui adresser, elle se persuadait que ce n'était qu'une façon plus courtoise de la railler. Pour autant, et tout comme c'était également le cas avec Gabriel, elle avait la sensation que non, son interlocuteur ne désirait pas la rabaisser comme beaucoup s'étaient amusés à le faire.

« Les cailloux aussi, peuvent être tristes. Mais il ne tient qu'à la petite pierre au sol de ne pas envier celle au sommet des remparts. Elles ne sont pas à l'abri du vertige non plus... » Le dialogue était pour le moins ubuesque, à parler de roche comme si celle-ci était vivante et à même d'être comparée à l'homme. « Posez le ici. » Elle lui désigna un endroit adéquat, car ne bâtissait pas un inukshuk qui voulait ! Cela demandait de la technique, plus ou moins alambiquée en fonction de l'envergure de la construction. « Tout est une question d'équilibre, vous voyez...Comme ça... » Précautionneusement, ses délicates phalanges saisirent la main du fer-né pour qu'il place son caillou convenablement, avant qu'elle n'y superpose un autre. « Prêtez-vous foi aux légendes venues d'ailleurs ? Auquel cas, peut-être seriez-vous curieux d'entendre l'histoire du premier inukshuk... »


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