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La noyade c'est bon pour le teint! - PV LOGAN R. -

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Message Mer 26 Juin 2013 - 21:16



Début An 212 - Flachback - Pv Logan Ryswell


Le vent, divine invention de la nature, cette chose qui fait se sentir vivant, tellement vivant, qui ravive l'épiderme, qui sèche les larmes, et apaise les cœurs. Ce vent qui amène l'odeur de la pluie, des prédateurs et des proies, l'odeur des villes qui brûlent ou celle de la moisson. L'odeur du sel de la mer... Et celui qui n'a pas d'odeur, celui de l'oubli... ou de la mort , le très chaud ou le très froid...La banalité d'une chose nous fait parfois oublier la puissance de cette dernière, de son essentialisme, de notre besoin d'elle... Wyna aimait ce vent. Il était la chose qu'elle vénérait le plus en ce monde. Une fille du vent. Aussi légère que la brume. Aussi belle que la tempête, insaisissable, douce et brutale à la fois, dissimulée et pourtant présente, aussi vive que la bourrasque et dont la caresse apaisait les maux. C'était peut être pour ça qu'elle ne mourrait jamais. Le vent ne meurt pas. Le vent s’essouffle et renait, il contourne et réapparait. Certains vents sont uniques ... certains vents sont vitaux...

En haut de cette petite colline, qui surpassaient une des rivières du Nord. Le souffle passa dans ses mèches brunes, ses iris bleus pâles rutilaient sous le soleil levant. Il était tôt mais Wyna détestait dormir à l'aube. Elle était généralement humide, et quand on dormait à ce moment là, c'était le meilleur moyen pour attraper du mal. Sa lourde cape de loup flottait grossièrement dans le rythme naturel. Le col de cuir remonté jusqu'au dessus du nez, le tissu collant sur ses joues pour se masquer, elle était là haut , à observer la région calme. La nature se réveillait. Dieu qu'elle aimait être témoin de cet étrange spectacle. Toujours nouveau à chaque fois...

Wyna retournait vers le Conflans, elle devait passer par là , et elle n'aimait pas les routes. Voyager seule par les routes étaient le meilleur moyen de se faire détrousser avec violence, abuser et tuer. Donc non. Logiquement à quelques pas de là, se trouvait un pont de bois et de cordes, une passerelle pour passer la rivière mais juste assez solide pour un ou deux hommes. Elle bailla un peu , logea deux trois feuilles de menthe dans sa bouche, les mâchant longuement pour se réveiller et chasser une potentielle haleine du matin, puis descendit tranquillement. Calmement ses pieds souples foulèrent les sous bois moelleux , la cape frôlant les souches et les petites pousses des arbres. Son pas était fluide et silencieux, on ne la voyait souvent pas passer. Et les animaux la percevaient comme un gros lourd à cause de son odeur. Elle arriva après de longues minutes de marche au fameux pont. Personne en vue, elle pouvait traverser. La période des neiges se terminaient et elles fondaient sur les hauts de montagnes de la Lune, s'écoulant en fins ruisseaux vers une autre rivière plus épaisse, qui s'en gorgeait lentement. Forcément... le cour d'eau avait grossi et le niveau avait monté , passant de peu sous le pont avec le poids d'un homme dessus. Elle s'y engagea quand même lentement, ses mains tenant les cordes, observant sur l'amont si des objets qui auraient pu être sa perte arrivaient dans les flots, mais rien, l'eau était claire. Tourmentée et violente mais claire et propre de tout déchet naturel. Elle avança , avança, quand elle entendit des rires. Au milieu du point, elle voyait les vagues passaient à Cinquante centimètres sous ses pieds. Bonté divine. Elle ne savait pas nager. Ce genre d'épreuves était toujours un démon pour elle. L'angoisse la prenait et elle commençait à trembler des mains et à avoir des sueurs froides. Mais elle devait traverser.

Oui mais comme tout ne se passe jamais comme prévu avec Wyna, il fallait que cette fois soit celle de trop. Trois gueux plutôt lourd apparurent en face. Ils riaient de bon cœur. Des marchands à pied, lourdement chargés. Ils virent la silhouette poilue sur le pont mais rien a faire, ils commencèrent à avancer, et le pont baissa sur l'eau. Trop vite. Bien trop vite. L'eau commença à passer par dessus les chausses de Wyna qui écarquilla les yeux et leur cria de ne pas venir ! La voix féminine surprit les hommes, et ils se stoppèrent mais ne reculèrent pas. Et comme pour ne rien arranger un tronc flottant se pointa à l'horizon, ricochant dans les rochets pour foncer droit sur le milieu du pont. Non. Non non non ! Elle se mit à avancer rapidement.

- Dépêche toi ! gueula le plus jeune devant en tendant la main dans l'optique de l'aider sur la course était trop courte.
- Elle n'y arrivera jamais, y'a cinquante mètres!!!

Les deux autres reculèrent , le pont se releva lentement mais ce fut trop tard et insuffisant. Le tronc énorme , brisé par un éboulement quelconque en amont, percuta le pont de corde et shlack shlack ... les cordes cédèrent , les planches volèrent comme lorsqu'on abat une lame sur la gorge d'un poulet et qu'elle se sectionne net dans des germes de liquides. L'écume des remouds vola, et le pont coupé en deux vit ses deux extrémités partir de biais dans le courant, se déformant sur les masses émergés des flots. Wyna s'enfonça dans les flots dans un cri long, paniquée et apeurée, et tenta d'attraper la main du type mais ce dernier fut aussi repêché par ses amis. Le courant était trop fort. Sa main dans son gant de cuir glissa le long de la corde pour finir par céder et elle disparut dans un cri aigu sous les flots excités de tant de masses sauvages du printemps. L'eau était glacée, les tourbillons l'envoyait contre pierres et fonds sablonneux , l'empêchant de voir où elle allait. Et comme elle évitait toujours les cours d'eau épais, elle ne savait absolument pas ouvrir les yeux sous l'eau et s'en défendait de peur de les perdre. C'était le noir. La peur. Le néant , l'inconnu. Les joues gonflées, et les bras tentant d'attraper au hasard tout ce qui passait , la pauvre petite brune se faisait entrainer par le courant. Les trois marchands se mirent à courir le long du flot comme de gros lourds, à la bedaine proéminente, dans un bruit de casseroles qui s'entrechoquent et de bouteilles pleines. La scène de ces trois gaillards lourdement charnus et aussi maladroits que des cochons en plein sprint était , sans le contexte actuel , assez drôle à voir.

- Tiens bon , on arrive !

- On arrive on arrive ... je perds mon froc oui !
- J't'avais dit de mettre une ceinture plus épaisse ! Cours, elle va se noyer!
- Si je cours plus vite, je vais perdre un organe , gueula le troisième à la traine qui en plus se prit les pieds dans une racine et s'éclata au sol comme une grosse masse molle.
- Gothr, t'es un boulet !!
- Attendez-moi !!
- Cours, t'occupe pas de lui , disait le premier , plus grand et moins gros.
- Mais on la voit plus!
- T'as de la merde de pigeon dans les yeux, grand couillon, regarde, elle est là !

En effet , on voyait une masse velue et trempée revenir à la surface de temps en temps pour prendre une respiration hasardeuse, et redis-paraitre avalée par les flots en colère, les mains disparaissant en dernier.Wyna commençait à manquer de souffle, elle était purement et simplement en train de se noyer. L'eau commençait à rentrer dans ses poumons, et bientôt , elle n'eut plus la force de se débattre, commençant à couler nettement.


[PS: joue les trois gentils gueux si tu veux ^^. ]

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Message Ven 28 Juin 2013 - 15:35

Le vent passa entre les branches et les feuilles des arbres qui dissimulaient légèrement le soleil s'élevant de l'est, créant un petit sifflement frais. A sa rencontre se portèrent les bruits des oiseaux les plus matinales, ainsi que des bruyants courants d'eaux qui rugissaient comme à leur habitude avec une force non dissimulée. Il devait être encore tôt, car la forêt ne s'éveillait encore que lentement, les premiers animaux sortant de leur torpeur et les bêtes nocturnes leur laissant la place. Et sur un petit sentier de terre humide, un cohorte d'une vingtaine de cavaliers environ avançaient lentement. Ces derniers se remettaient en effet du réveil non douillet auquel ils avaient eu droit. Ils avaient la carrure des nordiens, et portaient des cottes de maille ainsi que des brigandines rembourrées de fourrures. L'un d'eux portait un étendard orange claquant au vent, sur lequel reposait impassible la tête d'un cheval noir aux yeux rouges. L'emblème de la maison Ryswell, qui se reflétait sur l'armure de l'homme qui les menaient: Grand, puissant, longue chevelure brune, barbe rasée regard d'acier... Lord Logan Ryswell avait un portrait bien à lui. Ce dernier montait sa fidèle monture, Sabot-Froid, un destrier pur-sang des Rus, une bête puissante, endurante et rapide. Mais que faisait-il donc à traverser les bois sur de si petits sentiers, vers le sud qui plus est ? En fait lord Ryswell avait à faire dans la région du Neck, pour des raisons... qui étaient tout à fait justifiables. Mais cela n'excusait en rien le fait qu'il ne passe pas par la Route Royale... Eh bien un malheureux coup du sort a voulu qu'une averse particulièrement violente s'abatte dans la région, contraignant Logan et ses hommes à chercher un refuge dans les sous-bois. S'écartant de la Route Royale, ils s’enfoncèrent dans la nature pour trouver une cabane abandonnée, au toit heureusement intact. Bloquée ensuite par l'orage et par la nuit qui ne tarderait pas à tomber, la compagnie n'eut d'autres choix que de passer la nuit à l'intérieur de cette cabane humide. Une bien pitre résidence pour un seigneur direz vous... Mais lord Logan n'était pas du genre coquet. Passer la nuit en pleine nature, il avait déjà connu cela plusieurs fois. Durant la guerre contre les skaggs par exemple, où coupé de l'armée principale avec une cinquantaine d'hommes, il avait dut se résigner à trouver un refuge dans les collines rocailleuses, encerclés qu'ils étaient par les cannibales. Très peu d'entre eux sont revenus au matin... Quoi qu'il en fut, cela ne gêna nullement le seigneur des Rus de dormir au milieu de nul part, entouré par les loups des environs.
Aujourd'hui, donc, c'était après une nuit longue pénible que les cavaliers se remettaient en marche vers le sud, ou du moins le sud du nord, pas plus loin bien entendu ! Tentant donc ainsi de regagner la Route Royale, ils devraient passer par plusieurs sentiers sinueux accompagnés de rivières aux eaux pour le moins tumultueuses. La pluie avait cessée, mais l'air frais et humide laissait indiquer que la pluie avait été longue et rude la veille. Les chevaux avançaient en pataugeant dans la boue, tandis que les cavaliers affichait une mine sombre et fatigué, ces derniers n'ayant pas dus dormir très longtemps... Le voyage se passait en silence, quand tout à coup, des cris se firent percevoir à travers le boucan infernale que produisaient les eaux du Neck. Plusieurs cris, apparemment assez proche d'ici pour que l'on puisse les entendre. Lord Ryswell prêta une oreille, imité par ses hommes. Ces voies venaient de la rivière la plus proche, à leur droite. Après avoir prêté suffisamment longtemps l'oreille, le seigneur des Rus se retourna vers son écuyer, Jim, un jeune garçon de quatorze ans qui lui servait d'écuyer, qui ne fit que lancer un regard interrogateur et quelque peu en anxieux à son maître. Puis il pivota un peu plus la tête et regarda le cavalier derrière lui: De stature imposante, portant une cotte de maille et un veston en cuir accompagnés d'une hache de bataille accrochée dans le dos, cet homme se dénommait Podrick, et était un des gardes personnels du lord. Lui aussi semblait avoir prêté l'oreille.

" Tu as entendu toi aussi ? demanda le lord en se retournant vers le source des cris.

- Oui messire. répondit ce dernier en toussant dans sa barbe fournie, Ils viennent d'en contre-bas, pas très loin d'ici.

- Bon, allons voir d'où viennent ces cris."

Logan tira la bride de son destrier, qui pivota vers la droite en commença à emprunter un sentier plus étroit encore qui descendait vers la rivière. Un des cavaliers, un jeune homme à la moustache mal rasée nommé Jean, fit avancer sa monture vers son seigneur. Il leva la tête d'un air gêné vers son suzerain.

" Mon seigneur, peut être vaut-il mieux continuer notre route, non ? Qui que soit ces gens en bas, nous ne les connaissons pas, et n'avons pas de compte à leur rendre. Et s'il s'agissait de bandits voulant nous tendre un piège ?

- Allons Jean... répondit le lord sans se retourner, Tu ne vas pas me dire que des cris te font peur ? Et ne doit-on pas toujours aider son prochain ?

- Si, si messire bien sûr... l'homme d'armes avait l'air un peu honteux à présent, Pardonnez mes paroles désobligeantes, mais je voulais juste...

- Ne t'en fait pas mon gars. Logan se tourna vers lui avec un sourire chaleureux, Je sais bien que tu ne pensais pas à mal, et tu restes libre de t'exprimer comme tu le sens avec moi. Mais j'aimerais connaître la source de ces cris. Si se sont de pauvres innocents qui se noient ? Ne culpabiliseras-tu pas de savoir qu'ils sont morts parce que tu as préféré tourner les talons plutôt que de les aider ?"

Le jeune homme ne sût quoi répondre et se contenta de regarder ses pieds d'un air penaud. Logan étira son sourire comme pour rire, puis se remit en route. Il aimait bien perturber l'esprit de ses hommes parfois en les assommant d'histoires de reproches et de remords, tout en sachant que des centaines de personnes mourraient chaque jour, alors qu'un inconnu meurt aujourd'hui ou non, cela ne changerait pas grand chose à la vie de ses soldats, tout comme à la sienne. Néanmoins, l'envie de connaître la raison de ces cris éveillait un défaut majeur du lord: la curiosité, qui pouvait d'ailleurs s'avérer être parfois une qualité lorsqu'on l'utilisait à bon escient.

La colonne de cavaliers descendit donc prudemment le petit chemin sinueux qui descendait doucement jusqu'à la rivière qui ne tarda pas à se montrer entre les arbres, avec ses rochers et ses courants tempétueux. Quelle rivière c'était déjà ? Il ne s'en rappelait plus... Lord Ryswell n'avait jamais été très bon en géographie, ne sachant se repérer qu'à l'aide d'une carte, et là il n'avait pas trop envie de la sortir pour vérifier son emplacement. Après tout il avait été élevé parmi des soldats, pas parmi des sages et des érudits. Chez lui, il valait mieux connaître son lame que sa géographie... Alors qu'ils descendaient, les cavaliers aperçurent des formes indistinctes bouger entre les arbres. Lord Logan mit son cheval au trot pour se rapprocher. A présent, il vit trois formes, visiblement des hommes, qui couraient au bord de la puissante rivière. Plus nettement ensuite, il remarqua leurs bedaine bien rondes, et put entendre plus précisément ce qu'ils criaient:[/b][/font][/color][/justify]

- Tiens bon , on arrive ! 

- On arrive on arrive ... je perds mon froc oui ! 

- J'tavais dit de mettre une ceinture plus épaisse ! Cours, elle va se noyer ! "


Les nordiens virent ensuite le troisième plus gros de la bande se vautrer par terre en pleine course , ce qui provoqua quelque rires parmi les cavaliers. Mais ces rires furent coupés par la regard sombre et perçant du seigneur Logan qui fit encore accélérer son cheval pour se rapprocher de la rivière. Il suivit le courant étonnement rapide de la rivière, et remarqua alors quelque chose qui flotta à la surface de l'eau, une masse chevelue... Puis une main sortit faiblement des eaux déchaînées, avant de sombrer à nouveau. Logan eut l’impression d'être frappé par un éclair. Une femme, d'après les trois gros voyageurs et à en croire la masse velue qu'il avait vue, était entrain de se noyer sous ses yeux. Bien entendu, il pouvait remonter avec ses hommes et oublier cela que si de rien était... Mais Logan n'avait pas été élevé comme cela. Il aurait voulu le faire qu'il n'y serait pas arrivé, son cœur allait se porter systématiquement au secours des innocents, et là encore il n'y ferait pas exception. Après, cette femme était-elle innocente ? Était-elle une pauvre paysanne, ou bien était-elle une voleuse malchanceuse étant tombée après avoir fait les proches des trois gros voyageurs ? Il ne pouvait le deviner, mais ce qui est sûr, ce que cette femme mourra, en dépit des efforts fournis par ses trois sauveurs, elle se noierait dans peu de temps...
Tout se passa vite dans la tête du seigneur. D'un seul coup, il frappa les reins de son destrier qui partit au galop en suivant le courant. Il se retourna juste à temps pour interpeller ces hommes qui, non moins étonnés, se lançaient sur ses traces.

" Podrick ! Que la moitié des hommes aillent s'occuper des trois voyageurs là-bas ! Que les autres me suivent ! "

Il ne sut dire s'ils avaient entendus son ordre, mais cela ne l'empêcha pas de continuer sa galopée. Regardant vers la rivière, il put voir les cheveux de la malheureuse flotter encore un peu à la surface avant de replonger. Elle ne semblait plus bouger, elle devait avoir perdue conscience... Serrant les dents, le lord fit accélérer sa monture, dépassant la noyée et prenant de l'avance sur elle. Le courant était trop rapide, il fallait avoir le temps de se poster pour l'attraper, et installer la corde pour avoir de quoi se cramponner. Se retournant encore une fois, il vit que la moitié de ses hommes, dont Podrick et son jeune écuyer, le suivaient. Parfait, ils avaient entendus son ordre. A un moment, il fit ralentir peu à peu sa monture et sauta de selle pour atterrir souplement sur l’herbe humide. Aussitôt, il se précipita au bord de la rivière afin de voir si la jeune femme n'était pas encore passée. Il crut l'apercevoir derrière lui, quelque dizaines de mètre à peine. Il allait devoir faire vite. Enlevant son ceinturon pour laisser tomber ses armes, il enleva ensuite sa brigandine, car celle-ci risquait fort de le faire couler dans un courant pareil. Il enleva ensuite ses bottes, ainsi que ses gants. Au même moment, ses hommes arrivèrent et posèrent pieds à terre eux aussi. Sans même leur jeter un regard, le seigneur lança:

" Une corde.

- Messire ? Podrick et les autres parurent hésiter, Mais que voulez vous...

- Pas le temps de discuter, préparez moi une corde pour m'attacher ! "

Ses hommes s’exécutèrent. Il n'avait pas le temps de leur expliquer son plan, car chaque seconde à présent était capital. Tandis qu'il enlevait sa tunique blanche, dévoilant son corps athlétiques et puissant, il scruta la rivière: Face à lui semblait s'immerger les restes d'une petite muraille de pierre. Des rochers dépassait, à des distances raisonnables, donc assez proches pour qu'il puisse sauter de rocher en rocher. Cherchant à nouveau la victime du regard, il vit se qui semblait être à nouveau une main qui réapparut un bref instant à la surface, à quelques mètres seulement de sa position. Il se retourna: ses hommes déroulait une corde, et tentait de former une boucle qui puisse servir de ceinture de survie à leur seigneur et maître. Alors que la noyée était presque à leur niveau, lord Logan se retourna, les yeux luisant d'une frustration étonnante.

" Mais qu'attendez-vous ?! explosa-t-il.      

- C'est... On n'aura jamais le temps de préparer la corde à temps monseigneur. " pleurnicha le jeune Jim.

Décidément, tout jouait contre eux. La corde ne serait jamais prête à temps, et la jeune femme périrait noyée. Et si il tentait de la sauver, il risquait de se faire emporter et périrait aussi. Nul ne sut ce qui traversa alors l'esprit du noble seigneur. Sans prévenir, il bondit hors de la rive, atterrissant pied nu sur un rocher immergé. Il crut entendre les cris de ses hommes: " Messire non ! " Mais trop tard, il ne pouvait plus reculer. Il entendit juste l'imposant Podrick brailler : " Et merde, allez les gars on se dépêche ! La vie de notre seigneur est en jeu ! " Rapidement il se plaça au milieu de la rivière entre deux rochers, juste au moment où le corps submergé de la jeune femme passa. Aussi vif qu'un faucon piquant vers sa proie, Logan plongea sa main dans le torrent déchaîné et... Miracle, parvint à attraper ce qui semblait être le bras de la pauvre femme. Ça y est, il l'avait attrapée. Mais à ce moment, il sentit son pied glisser et son bras s’enfoncer dans l'eau sombre. A peine eut-il le temps de comprendre ce qu'il lui arrivait qu'il dérapa... Et tomba à son tour.

Les ténèbres le submergèrent d'un seul coup. Gardant les yeux fermés par réflexe, il sentit la roche et le sable se frotter à lui. Si il avait pensé que le courant serait aussi fort ! Il avait l'impression d'être balayé par un tempête comme une feuille. Un moment, il crut tomber dans le un trou noir sans fin, mais il ne lâcha pas le bras de la jeune femme. A ce moment, sa tête remonta à la surface, lui arrachant une énorme bouffée d'air. Rapidement, il se mit en tête de se stabiliser. Attrapant une branche frêle, il eut juste le temps de se redresser un peu avant que celle-ci ne se brise. Emporté à nouveau, il sentit tous les muscles de son corps se raidirent pour résister au courant, mais en vain, il savait qu'il n'allait pas tarder à être à nouveau entraîné vers le fond avec la malheureuse. Il réfléchit très vite, et tira déjà fort sur le bras de la jeune femme pour la ramener vers lui. Il vit alors sa tête remonter pour la première fois à la surface. Elle avait les yeux fermés, sa bouche était entrouverte et nul conscience ne semblait émaner d'elle. Évanouie, se dit Logan, ou Morte...* Voilà qui lui ferait une belle paire, mourir noyé pour avoir tenté de sauver une morte ! Mais maintenant il fallait s'en sortir, coûte que coûte. Déjà, son cou avait replongé, et l'eau s’incrustait à nouveau dans ses oreilles. Il fallait qu'il s'agrippe à quelque chose, et vite ! La tête de la jeune femme se mit à boire la tasse encore une fois, et son menton à lui fut à nouveau mouillé. Si ils sombraient à nouveau, ils ne remonteraient peut être jamais à la surface... Il fallait attraper quelque chose n'importe quoi ! Alors que l'eau arrivait à son nez, le lord lança sa main sur ce qu'il prit pour un rocher. Sa main tapa contre la roche, et manqua de glisser. Mais Logan refusa, de tout son être il refusa que sa main n'atteigne pas sa prise. Contractant tous les muscles de ses doigts, il ancrait ces derniers fermement dans la roche, et sentit alors qu'il résistait au courant.
Quel adversaire impitoyable ce courant ! D'une telle force et d'une agressivité ! Il crut un instant qu'il allait lâcher, prise, ou qu'il allait lâcher la jeune femme. Mais cela, il ne pouvait le faire, il était allé trop loin pour y renoncer. Serrant de toute sa force, il plaqua la jeune femme contre lui, et en adressant une prière silencieuse aux dieux, tira sur son bras valide afin de se rapprocher de la pierre immergée. Une épreuve incroyablement éprouvante, surtout avec un courant aussi puissant et une femme comme poids supplémentaire. Logan remercia en même temps son père de l'avoir éduqué comme un guerrier. Il sentit ses muscles noueux se tendre et exercer une pression telle que son corps remonta lentement le courant jusqu'au rocher. Ah là c'est sûr, si son éducation ne lui avait pas apporté cette force de colosse, ni la géographie ni toutes les sciences que les mestres pouvaient apprendre dans leur citadelle ne lui aurait été d'une quelconque secours. Au prix d'un ultime effort, il sentit le contact râpeux de la roche contre son torse. Se collant contre la paroi rocailleuse, il parvint à créer un étau avec son bras valide autour du rocher pour se tenir. Il sentit à ce moment un picotement au niveau des doigts. Jetant un coup d’œil, il s'aperçut que son sang teintait la paroi du rocher, et que ses doigts donnaient l'impression d'avoir été rongés par des rats. Il ignora la douleur néanmoins, et s'efforça de redresser la tête de la jeune femme toujours inconsciente semble t-il.
Il jeta à ce moment un coup d’œil vers la berge, qui se trouvait à environ cinq mètre de son rocher, et vit Podrick jaillirent sur son cheval de derrière les arbres et sauter de sa monture pour s'écraser par terre. Mais ce dernier exécuta une roulade d'une grande souplesse en dépit de sa carrure, et se jeta à plat ventre au bord de la berge.

" Monseigneur ! sa voie mêlait des émotions très différentes comme la colère et la peur, Monseigneur tenez-bon ! Ne lâchez pas, on va vous remonter ! "

Au même moment, d'autres de ses hommes arrivèrent avec la corde, toute faite cette fois. Sans attendre, ils lancèrent le bout de corde qui par chance tomba juste à coté de la main du lord. Sans hésiter, Logan appuya encore une fois sur ces pauvres doigts meurtris, et attrapa au vol la corde juste avant que le courant ne profite de cet instant de faiblesse pour l'emporter. Serrant du mieux qu'il put la pauvre victime et la corde, il jeta encore un coup d’œil sur la berge: Ses hommes s'affairaient tous à le faire remonter, lui et la jeune femme. Arrivé au niveau de la berge, il agrippa le rebord de terre et de racines. A peine l'eut-il agripper qu'il se sentit soutenu par une force phénoménale, et il vit le visage grimaçant de Podrick qui souleva d'un bras son seigneur et maître pour l'aider à remonter. Puisant dans ses dernières forces, Logan extirpa alors la jeune fille des eaux et, toujours la taille serrée par son bras puissant, se vit soulever jusqu'à ce que les hommes des Rus ne l'attrapent à le remontent. Désormais libre de ses deux mains, Logan s'agrippa avec son autre main au rebord, et parut se soulever avec presque de la facilité. Néanmoins, il tomba à genoux une fois sur la terre ferme. Podrick vint le soutenir:

" Messire, quelle peur vous nous avait fait ! Vous n'avez rien ? Un instant nous avons vraiment cru que... "

D'un geste de la main, Logan lui intima de se taire. Puis il se tourna vers son compagnon, et lui adressa un sourire déconcertant.

" Ne t'en fait pas compagnon... il reprit son souffle, Je... je n’ai presque rien. il se tourna vers son écuyer, pâle comme un mort, Jim, apporte moi de quoi me sécher. "

Le garçon s'exécuta et lui apporta une sorte de couverture en cuir et en fourrure peu épaisse. Une fois dans ses mains, lord Logan prit à peine la temps de se passer un coup sur le haut de son corps qu'il s'approcha, toujours à genoux, de la jeune fille que ses hommes avaient étendus sur le sol. Lui soulevant délicatement la tête, il entreprit de lui essuyer le visage et approcha ensuite son oreille de sa bouche. Il sentit alors un très très léger souffle, accompagné de gargouillis lointains. Ses poumons ont dus commencer à se remplir d'eau avant qu'il ne lui sorte la tête de l'eau. Elle respirait donc, mais très faiblement. Faisant confiance à son instinct, Logan se redressa et se mit à appuyer légèrement sur la poitrine de la jeune femme avec ses mains. Bien entendu, il ignorait tout de l'efficacité de cette technique de sauvetage, là encore on ne lui avait pas apprit ça. Mais en revanche il avait déjà eut à pratiquer ce type de sauvetage malheureux par le passé. Il y a douze ans de cela, sur l'île de Skaggos, il a été mené à sauver la vie d'un jeune soldat, même pas de sa région d'ailleurs, un soldat de la maison Karstark d'après lui, portant le soleil d'argent comme emblème. Ce dernier avait failli périr noyé lorsque la barque dans laquelle il était avait été saboté par les skaggs. Mais lord Logan qui était au sol à ce moment, l'avait vu s'échouer sur le rivage. Il c'était jeté à ses pieds, et sous une pluie de flèches skaggs, c'était mis à lui appuyer sur la poitrine de la même manière. Au bout du compte, le jeune homme avait fini par recracher toute l'eau qu'il avait avalé, et c'était réveillé de sa torpeur mortelle. Lord Ryswell parvint à le mettre à l'abri et à le sauver à cette attaque. Il ne sut ce qu'il advint de ce jeune homme durant la guerre et même aujourd'hui si il est encore vivant, mais quoi qu'il en soit, le seigneur des Rus en a garder une certaine satisfaction d'avoir put sauver ce jeune étranger venu mourir sur cette île isolée, comme lui l'avait fait...
En repensant à cet événement, il continua de faire pression sur la poitrine de la jeune femme. Au bout d'un moment, sa bouche s'ouvrit peu à peu et recracha des gorgées d'eaux qui coulèrent le long de sa bouche. Un instant, Logan crut voir ses yeux s'ouvrirent très légèrement, et entendit sa respiration devenir plus forte qu'avant. Mais la jeune femme sembla encore à mi-chemin et la réalité et le sud-conscient, plongée dans un univers sombre où il était parfois difficile de sortir... D'un geste de la main, le lord ordonna que l'on lui apporte de l'eau. Alors qu'il attendait la cruche d'eau, il se permit d'examiner celle qu'il venait de sauver: Entre vingt-cinq et trente années il aurait dit, c'était une petite brune à la beauté saisissante, même inconsciente. Lord Ryswell dut reconnaître que, cela aurait été vraiment regrettable de voir périr une si jolie créature. Son écuyer lui apporta enfin la cruche. Il l'ouvrit, but une gorgée puis se contenta de verser un peu d'eau sur le visage de la jeune femme, pour tenter de la ranimer. Elle bougea, visiblement gênée par l'eau qui lui tombait sur la tête. Il lui tapa légèrement ensuite la joue, et tenta alors de lui parler:

" Madame ? il tapa sur l'autre joue, Mademoiselle, vous m’entendez ? Allez ça va aller,  réveillez vous. Revenez parmi nous. "

Même là il ne pouvait savoir si elle l'entendait ou pas, si elle était plus du coté des vivants ou de l'autre coté, si elle pourrait se réveiller ou pas... Tout reposait entre les mains des dieux et sur elle qui devait désormais, elle seule, trouver le moyen de revenir à la lumière.
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Message Sam 29 Juin 2013 - 11:08


Les flots la secouait , la tordait , elle aurait pu se briser en deux si elle avait percuté un rochet dans le dos, et ne plus jamais ressortir. Elle aurait pu autre se prendre la gorge dans des branche bloquées, ou s'empaler sur des souches dans les fonds tourbillonnants, mais le sort en décida autrement. Elle avait déjà failli mourir des dizaines de fois depuis enfant, à croire que sa vie était écrite autrement, et qu'à chaque fois, ce n'était point son heure. Cette fois-ci, elle pensa que c'était sa dernière vie, son dernier souffle. Les noirceurs houleuses l'enroulèrent et l’entourèrent , les tissus alourdis, les cheveux et la fourrure confondus, et elle arrêta peu à peu de se débattre.

Les trois gueux courraient sur le coté, comme des dératés obèses et on les vit passer dans les fourrés en contre haut d'ailleurs. Des cavaliers. Cavaliers qu'eux ne virent pas, trop concentré sur la fille qui se noyait , leur ceinture ou à distinguer l'humus du sous bois en détail après s'y être magistralement vautré comme une larve bipède. Ils n'entendirent même pas les gardes rire, et continuèrent leur chemin en passant par on ne sait quel endroit qui ne leur firent même rencontrer le seigneur ou ses hommes.

- Je la vois plus!
- On ne voit plus la rivière, attend qu'on y retourne abruti.


Le plus grand tourna d'un coup , et un cheval jaillit derrière eux. Poursuivis ? Diantre! A l'aide! A moi la peur ! Sus aux soldats pourris! Ils n'avaient rien fait !! Parano les frères ? Absolument ! Et les voila pas qui oublient de tourner et manque de plonger vers la rivière dans la panique.

- Ils nous veulennt quoiiiiiii!?
- J'en sais rien . Arrete ! Y'a l'eau là ! Demi tour ! Demi tour, bouge ton cul !


Les vla-t-ils pas qu'ils font demi tour et se fige. Un gros canasson énorme, se stoppe net devant eux.

- Oh...
- Trop tard...
- On est morts...
- Qu'est-ce que vous baragouiner tous les deux. Allez suivez-nous. Notre seigneur veut vous voir.
- Mais on a rien fait !! C'est pas nous.
-La ferme ... regarde la taille de son épée... tu veux t'le prendre où j'pense...?


Déglutition générale, sous le regard acéré de l'homme, puis deux autres surgirent et encore deux autres. Wouh c'était la guerre. Les deux abrutis crurent qu'ils leur étaient demandé de rentrer dans l'armée, parce que c'était la guerre et que tout gueux valide se devait de s'engager. Une main forte employé la capuche de l'un d'entre, sans même descendre du cheval, et fit échapper un petit cri aigu au ventru, alors que le plus grand des deux, avançait sans faire d'histoire avec tout son bric à brac sur le dos .

- Je suis pas bon pour l'armée! Je suis nul à l'épée et je sais pas courir!
- Pire qu'une femelle,
railla un des hommes qui poussait le plus grand de son cul de lance pour lui dire d'avancer plus vite.
- Et j'ai les pieds plats! Et je n'ai pas la mémoire immédiate, j'oublie tout ce qu'on me dit !
- Ca c'est bien vrai ...
confirma calmement le plus grand qui lui , ne semblait pas trop être perturbé et plus mature en éloquence.
- Tu vas la fermer ... grogna un soldat en bousculant le petit gros de l'épaule de son cheval.
- Messieurs au risque de vous déplaire, vous venez d'être responsables de la mort d'une femme, là , dans la rivière, sortit le grand sur une voix quelque peu sarcastique.
- T'occupe pas d'elle, notre seigneur est parti la chercher.
- Oh .


C'était pas mal tiens, il avait meilleure conscience le grand gueux.

De son coté, Wyna avait senti tout un tas de pression sur son corps, mais elle commençait à ne plus rien analyser. Inconsciente depuis quelques secondes, hormis les rares fois où son visage avait su capter l'air dans les écumes d'eau douce, elle n'avait plus repère, plus de notions de quoi que ce soit. Son corps fut ballotté par un homme, elle entendit des sons, puis le noir de tout ses sens. Plus rien. Alors cela allait se finir comme ça... Peut être pas. Au bout de quelques minutes, elle eut des frissons. Elle se sentit prises aux bras et aux jambes. La rivière avait de bien curieuses embrassades. Puis des pressions sur le buste à en penser que ses cotes allaient se brises , que ses seins n'auraient plus de formes, que son cœur finirait en bouillie. La détresse décuplent les sens, et le douleur n'est qu'une spectacle d'informations intérieures sans réaction possible. L'impuissance. Ce véritable sentiment qu'on est l'objet des divins. Encore un sale tour de la part des Sept. Elle devait avoir été une tueuse dans une autre vie pour en payer le prix dans celle ci. Une énième tentative du destin de la tuer et une énième réussite dans un sauvetage sur sa personne. Elle sentit un liquide remonta dans son corps et recracha lourdement par la bouche et le nez ... Ses yeux papillonnèrent sous la violence de la thérapie et elle retomba un peu sur le sol avant de se faire asperger le visage. Ah mais ! Elle n'avait pas reçu assez d'eau comme ça ???!!! Elle n'était pas vraiment consciente. Son errance dura plusieurs minutes, jusqu'à se prendre une petite claque, puis une autre et entendre une voix grave et d'autres autour. Un murmure sortit de ses lèvres pâles...

- Je... déteste...la flotte...

Le dernier mot soupiré, puis elle toussa et cracha d'autre eau... essayant de se tourner sur le coté pour finir de se vider les poumons. La cape de fourrure l'entourait et elle tremblait , de froid, de nerfs, d'un contre coup de peur terrible, de cet effort excessif qu'elle avait du fournir et aussi de la douleur que lui avait provoquer les sorties de l'eau via ses poumons. Ignoble mixture de flotte douce et de mucus organique... Plusieurs minutes s'écoulèrent.

- Merci , gémit-elle faiblement , en appui sur les coudes.

Sa main fragile et fébrile monta sur les sangles de sa cape lourde, et elle commença à les détacher. Elle devait ôter ça... C'était glacé et ça l'étouffait... Le vêtement glissa de ses épaules, laissant apparaitre des épaules dénudées , et une robe dans les tons rouge foncé, sans manches. Un serre taille noir en cuir lui enserrait le ventre et le dos. Le reste de sa robe lui collait à la peau, elle trembla comme une feuille, et posa son front dans les feuilles mortes. Elle avait froid... vraiment froid... Peut être était-elle entouré d'hommes, mais même si elle se dévoilait, elle refusa catégoriquement de mourir aussi de froid...

- S'il vous plait... vous pourriez me prêter quelque chose... ?

Elle était maintenant assise, recroquevillée, ses genoux contre sa poitrine, ses grands yeux bleus de biche, fixant de manière hésitante tous ces pieds qui l'entouraient. Peu rassurée, sa voix était douce et inquiète.

- Qui... qui êtes-vous?

Elle toussa encore. Elle n'était pas remise de ce choc. Elle qui ne savait pas nager... mais si elle avait été sauvé par des brigands, son sort serait pire à présent... Elle observa lentement ,certains d'entre eux. Bizarre, ils ressemblaient à des soldats... elle regarda Logan... avec un air interrogatif. Il était trempé aussi. Elle le dévisagea et son regard se stoppa sur sa main, blessée. Son regard s'écarquilla et elle se rua sur sa main , inquiète.

- C'est... c'est moi qui ... c'est ma faute si vous vous êtes blessé???


Ah Wyna... Décidément ... même dans un état pitoyable , tu ne te lasses pas de t'inquiéter pour les autres. Lâche cette main voyons... Non non. Wyna toucha du bout du doigt les chairs abimées et son visage prit alors une teinte inquiète et désolée...Elle était sincère. Sa main descendit sur sa sacoche trempée. Elle était rassurée, la sacoche avait tenu bon... même si le moitié de contenu devait être foutu ou devait être desséché. Elle avait mal sur tout le corps et même un bleu apparaissait sur sa gorge, un autre sur son épaule, et elle était blessée sur le front sans le savoir. La petite brune avait une capacité inconsciente à se faire passer après les autres, peu importait son état. Habituée à se débrouiller seule, toute aide était pour elle une chose inhabituelle et elle donnait généralement dix fois en retour que ce qu'elle avait reçu. N'importe qui se serait plaint , mais pas elle. Elle avait mal et se taisait. Cela prouvait juste qu'elle était vivante. Un léger sourire fatiguée se lut sur son visage.. Elle ôta les débris de la main du seigneur.

- Je.. Je suis désolée... Les eaux du pont avaient monté et quand j'ai traversé ... d'autres sont arrivés en face mais c'était trop tard. Ils n'ont pas eu le temps de se rendre compte que j'étais déjà dans l'eau... Et ... je ne sais pas nager... Je m'excuse de vous avoir entrainé là dedans... Vous êtes blessé ailleurs ? Je peux vous soigner... je suis... guérisseuse...

- Poussez pas! Je vais tomber , mon froc tient pas !
- Tais toi bons dieux...
- Monseigneur nous les avons trouvé,
annonça le soldat avec une voix protocolaire et sèche.

Wyna leva doucement les yeux sur eux, encore trempée. Le grand se passa une main sur le visage.
- Que les Sept soient loués, elle est sauve...
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Message Mer 17 Juil 2013 - 17:25

Peu à peu, les yeux de la jeune femme s'ouvrirent lentement, et ses lèvres bleutées se mirent à remuer faiblement. Ça y est, elle revenait à la lumière. Lord Ryswell s'écarta légèrement, car généralement, quelqu'un ayant échappé de peu à une noyade se vidait les poumons dès qu'il était conscient. La jeune noyée, papillotant des yeux, murmura quelque chose:

" Merci. " 

A peine eut-elle finit qu'elle toussa, puis se tourna sur le coté et se vida les poumons et les intestins. Logan ne bougea, détournant simplement le regard car cette vision n'avait rien de très agréable. Une fois soulagée, la jeune femme
se redressa doucement, puis alors enleva la cape qu'elle avait sur le dos.

" Euh... Jeune dame... commença le lord, Vous ne devriez pas vous... "

Mais la concernée ne parut pas entendre. Elle dévoila ainsi ses épaules nues et ses formes désormais visibles sous ses habits trempés et transparents. Logan jeta un coup d’œil à ses hommes autour: Tous ne pouvaient s'empêcher de lorgner sur le corps de la jeune femme, avec une certaine disons... attention. Lord Ryswell se renfrogna. En même temps, pouvait-il leur reprocher ? Lui-même, si il avait été plus jeune et moins raisonnable, aurait eu beaucoup de mal à ne pas être sensible au charme de cette jeune et belle dame. Mais il était marié, et trop sage à présent pour courir les jeunes damoiselles à travers les villages. Malgré tout, il lui suffit d'un regard pour que ses hommes fassent mine de regarder ailleurs. Mais cela ne suffirait pas, il fallait les éloigner, sinon la situation deviendrait vite gênante pour la jeune femme lorsqu'elle serait remit de ses émotions.  

" Messieurs, si vous alliez vous occuper des chevaux ? Je pense pouvoir m'occuper de madame sans... votre soutien. "

La remarque fit rire certains d'entre eux, mais tous vaquèrent à leurs occupations. Une fois les gênants partis, lord Logan reporta son attention sur la jeune femme, recroquevillée, les genoux contre sa poitrine, grelottant de froid. 

" S'il vous plait... vous pourriez me prêter quelque chose... ? " demanda t-elle.

Il attrapa sa tunique blanche en tissus et la posa délicatement sur les épaules de la jeune fille. 

" Tenez jeune dame. Ce n'est pas terrible, mais c'est tout ce que nous pouvons vous proposer. Mais ne vous en faîtes pas, nous allons allumer un feu pour vous réchauffer. "

A ce moment, il lui sembla que les yeux de la pauvre femme se levèrent dans sa direction, bien que ces derniers soient encore flous.

" Qui... qui êtes-vous? 

- Pour le moment cela n'a aucune importance. il sourit, Séchez vous et reprenez vos esprits, nous pourrons... "

Mais il ne put finir sa phrase, car la jeune femme attrapa soudainement sa main blessée et commença à les tripatouiller à la manière d'un apothicaire ou d'un médecin. Son regard c'était soudainement éclairé, et on pouvait y lire une certaine mine inquiète et désolée. 

" C'est... c'est moi qui... gémit-elle, C'est ma faute si vous vous êtes blessé ??? "

Lord Logan se sentit soudain entraîner dans une situation des plus dérangeantes: Cette jeune femme, dans un état pitoyable, trouvait le moyen de lui venir en aide, alors qu'elle avait faillie se noyer ! Une belle preuve de noblesse et de cœur, ça il ne pouvait le nier. Mais il ne pouvait se laisser soignée par une personne qui avait plus besoin de soins que lui. Que penserait-on de lui après ? La jeune femme sembla fouiller dans sa sacoche, avec un air presque affolé. 


" Je.. Je suis désolée... Les eaux du pont avaient monté et quand j'ai traversé ... d'autres sont arrivés en face mais c'était trop tard. Ils n'ont pas eu le temps de se rendre compte que j'étais déjà dans l'eau... Et ... je ne sais pas nager... Je m'excuse de vous avoir entraîné là dedans... Vous êtes blessé ailleurs ? Je peux vous soigner... je suis... guérisseuse... "

Sur ces mots, le seigneur des Rus retira doucement mais fermement sa main de l'emprise de la guérisseuse, mais si cette dernière avait déjà fait une bonne partie du travail, puis lui intima de se détendre:

" Jeune fille, je vous remercies sincèrement de votre bonté, mais ne vous en faites pas pour moi, ce n'est qu'une blessure légère, je vais m'en remettre. Tachez de vous détendre, il n'y a plus aucun danger. "

Peu après, le reste de ses hommes arriva, en compagnie des trois voyageurs bedonnants, traînant les pieds d'un air nerveux. Ils semblaient tous avoir la panse bien remplie, encore que l'un d'eux fut plus grand et moins gras que les autres. L'un d'eux manqua par ailleurs de perdre son bas, ce qui était assez comique aux yeux du lord. Un de ses cavaliers s'avança: Rom, un homme dans la force de l'âge, quelque peu sombre mais dont la loyauté est sans faille. Il adressa une brève salutation à son seigneur, puis déclara:

" Monseigneur nous les avons trouvé. "

Le seigneur des Rus se tourna alors vers le trois gueux. Le plus grand regarda la jeune femme assise par terre, puis se passa la main sur son front dégoulinant de sueur avec un air rassuré.

 " Que les Sept soient loués, elle est sauve... "

Logan ne put s'empêcher de grommeler. * Les sept soient loués... Ce ne sont pas les sept qui ont sauvés cette fille de la noyade. On est dans le nord, les nouveaux dieux n'y ont pas leur place. * Logan, bien que respectueux vis à vis des gens du sud, était conformément et entièrement voué aux Anciens Dieux, et pour lui, le culte des Sept restait un culte banal de faux dieux apportés par les Andals pour se donner la bonne conscience de croire en quelque chose. 
Il observa attentivement les trois voyageurs. Ils n'avaient pas l'air dangereux, bien au contraire, et semblaient être eux aussi déboussolés par ce qui venait de ce passer. Le lord se redressa puis s'avança en direction des trois arrêtés. Il était toujours torse nu et trempé, mais il supportait le froid pour le moment. Il se campa devant les trois bedonnants, les dépassant tous en taille et en carrure. En même temps, lord Logan était de grande taille, plus que la moyenne, et était taillé dans le roc, comme le grand guerrier qu'il était. Il affichait un air sobre et un regard glacé face aux voyageurs, qui étaient visiblement mal à l'aise. 

" Peut-on savoir qui vous êtes messieurs ? 

- Nous... commença le plus grand des trois, Je me nomme Orlon messire, et voici mes compagnons, Sam et Jean. Nous sommes d'humbles marchands du Conflans vendant leurs produits dans les villages et les bourgs. 

- Peut-on savoir ce que vous vendez ? 

- Des... des ustensiles de cuisine messire, ainsi que d'autres babioles. "

- Et peut-on savoir ce que vous faisiez au bord de cette rivière ? 

- La même chose que vous messire. il dégluti rapidement, comme si il avait trop parlé, Nous... nous tentions de secourir la jeune dame ici présente, que nous avons vu tomber avec le pont. "
 
Le seigneur des Rus examina tour à tour les trois gueux, toujours avec son air sombre et menaçant. Il refixa finalement Orlon, qui était sans doute le plus intelligent et le plus raisonné. 

" Savez vous dans quelle contrée nous sommes messieurs les marchands ? 

- Dans... dans le nord messire. répondit le dénommé Sam, tout penaud. 

- Et vous savez ce que nous les nordiens faisons à trois gros gaillards bien gras comme vous ? "

Les trois voyageurs ne répondirent pas. Des sueurs froides semblaient leur couler de la joue. Inconsciemment, ils se rapprochèrent les uns des autres, comme si ils étaient encerclés par une meute de loup. Ne changeant pas d'expressions, Logan fit un pas vers eux, jusqu'à n'être plus qu'à un pas d'Orlon.

" Nous manquons de nourriture ces derniers temps... Et à vous trois, vous allez nous permettre de tenir plusieurs semaines, si on laisse la moelle de vos os bien sûr. "

Le lord vit le dénommé Jean tourner de l’œil, tandis que Sam répétait à tût tête: 


" On est mort. On est mort. On est mort ! " 

Orlon, lui, cherchait du regard une possible échappatoire, mais ils étaient cernés, pris au piège. Tous avaient le même visage, le même regard: celui de la peur. Mais alors qu'ils s'apprêtait à surement tomber à genoux pour implorer leur pitié, Logan Ryswell poussa un grand éclat de rire, suivi alors par tous ses hommes. La stupeur gagna les trois voyageurs, qui ne semblait pas comprendre ce qui se passait. Les regardant à nouveau, Logan avait prit cette fois un air souriant et jovial.

" Vous auriez vus vos têtes messieurs ! Vous nous prenez vraiment pour des barbares dans le sud !

- C'est que... Orlon avait du mal à respirer, Nous n'avons aucune idée de qui vous êtes messire, mais jamais ne pensions pareil chose des gens du nord. 

- Je n'en doute pas. répondit Logan, Allez décontractez vous messieurs les marchands, si vous le souhaitez vous pouvez restez avec nous, le soir ne vas pas tarder, et nous allons allumer un feu dans un endroit à l'abri des intempéries. "

Sur ces mots, lord Ryswell s'en retourna auprès de la jeune femme, qui semblait avoir recouvert une partie de ses esprits. Il s'accroupit à ses cotés, puis posa sa main sur son épaule.

" Vous pouvez vous levez ? Nous allons trouvez un endroit sûr et sec pour ce soir. Je vais vous laisser mon cheval pour le trajet. "
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La noyade c'est bon pour le teint! - PV LOGAN R. -

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