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Si la nuit est noire, c'est pour que nous ne nous distrayions point de nos cauchemars.

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Commandant des Dents de Freux
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Alrik Mallery
Commandant des Dents de Freux

Général
- Noblesse d'Ame -

♦ Missives : 1209
♦ Missives Aventure : 117
♦ Arrivée à Westeros : 19/02/2012
♦ Célébrité : Josh Holloway
♦ Copyright : Luchadora
♦ Doublons : Lakdahr l'Edenteur - Séraphine - Jeyne Estremont
♦ Age du Personnage : 39 ans
♦ Mariage : Veuf - Fiancé à Velanna Vance
♦ Lieu : Les Terres de la Couronne
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Message Lun 24 Juin 2013 - 12:59

L'inéluctable se présentait à leurs huis... Ou plutôt, étaient-ce eux, qui s'en allaient fouler le pas de sa porte. Le Jeu des Trônes ne connaissait guère d'accalmie, la kyrielle des séditions ne s'enrayait que pour mieux faire déchoir quelques apostats et en amenaient d'autres à la consécration. L'iniquité et l'inimitié s'épousaient dans un lugubre mariage, des noces funèbres dont tous étaient les témoins, souvent impuissants, parfois même inconsciemment, ils en devenaient les acteurs. La subversion de la Laiterie était encore vive dans tous les esprits, que déjà, s'y substituait la prochaine scène : Acte II, après la rébellion Feunoyr, il était temps de pacifier celle Greyjoy une bonne fois pour toute. Même si les cors de guerre n'étaient jamais agréables à ouïr, la croisade était plus que nécessaire et n'avait déjà que trop tardé, Alrik le savait pertinemment. La milice mise en place en vue de forcir les rangs de leur ost avait été fructueuse, la Main du Roi en avait abandonné la bonne gestion à son fidèle bras droit et commandant qui avait vu, non sans plaisir, les enrôlements se succéder sans jamais de relâche. Etait-ce un subit élan de patriotisme ou simplement l'appât du gain que l'on promettait en guise de récompense ? Il aimait à croire qu'il s'agissait d'un subtil alliage des deux, il n'était point question de perdre trop foi en l'humanité. L'indigence était déjà de trop pour en plus gagner les mœurs, mais le plus important demeurait que les rangs s'étaient bâfrés de nouvelles et éphémères recrues toutes prêtes à prendre les armes contre les infâmes fer-nés. L'on contait nombre de légendes sur ces insulaires, quelques-uns les disaient fils de rocaille, d'autres encore enfants de l'écume, il y avait de quoi remettre en doute leur statut humain avec tout ce qui se susurrait d'une oreille à une autre. Cependant, lui, avait d'ores et déjà assisté, tout à fait fortuitement, à l'une de ces fameuses et redoutées rapines qui n'avaient cessé de marteler les littoraux depuis bien des lunes. Dans l'échauffourée, il avait lui-même pu constater que, comme tout à chacun, ces corsaires de sel saignaient, et étaient donc de potentielles proies au trépas. De véritables requins sur les flots, mais de simples sardines sur les terres, et il était plus que temps de faire un beau coup de filet auquel nul ne s'attendrait. La Seiche d'Or apprendrait que l'on enfreignait point les règles de la couronne sans en subir les conséquences, même une armée de pirates n'y pourrait guère rien.

Tout avait été pensé et organisé, le freux n'avait plus eu une seconde à lui depuis son retour du Conflans, mais ses coercitions hurlaient à la bonne cause. Demain, déjà... A l'aurore du jour suivant, il s'en irait, à la tête des Dents de Freux, brandissant les armoiries de Brynden Rivers, côte à côte avec son grand ennemi Maekar Targaryen. Il était bon d'estomper certains antagonismes au profit d'autres, et pour les semaines à venir, les deux représentants directs de l'autorité seraient contraints d'œuvrer main dans la main. A tous les désagréments qu'il s'apprêtait à embrasser en embarquant avec les troupes, le Mallery s'y était préparé, lui qui se devait de montrer l'exemple. L'avant-veille, il s'en était retourné à Empyrée pour étreindre et rassurer soeur et enfant, logis dans lequel il avait rencontré une Shaïra outrageusement en émoi. S'en était suivi une sorgue bien laborieuse, sans repos ni pour l'âme, ni pour le coeur, et encore moins pour le corps. Toutefois, et il le savait, toute sa concentration se devait de converger vers leur prochain objectif, en direction d'un innommable archipel qu'ils envahiraient bientôt. Les travers sentimentaux, il n'avait d'autre choix que les abandonner à la patience, même si ses pensées erraient fréquemment vers la souvenance d'une certaine Vance. Pour elle, peut-être plus que pour quiconque si ce n'était Yevana, il était fiévreusement résolu à faire un retour triomphant et sans meurtrissures. Le médaillon offert par Velanna ne quittait plus son poitrail et s'entremêlait dans une délicieuse ironie au pendentif de six molettes argentées – son blason personnel. Certains avaient cru déceler une toute nouvelle flamme en l'être du chevalier, bien que beaucoup prêtaient ce panache au conflit qui se profilait et se précisait. Lui, se contentait de distribuer ses injonctions, et de s'assurer que chacun connaissait parfaitement son rôle et s'y tiendrait, tant sur le champ de bataille qu'ici-même, au Donjon Rouge. Il avait par ailleurs délaissé l'austérité de son office pour arpenter ces corridors qui n'avaient aujourd'hui plus aucun secret, ou presque, pour leur cerbère attitré. Dans son vagabondage improvisé, il tâchait de ne pas se fier à la teinte purpurine des murs de cet auguste bastion qui abritait le roi Aerys et tous les hauts dignitaires de Westeros, il refusait d'y voir un quelconque augure sur ce qui les attendait outre-mer. Surtout pas de défaitisme, même si sa volonté se voyait clairsemées de quelques incertitudes somme toute légitimes en de telles circonstances – il fallait garder la tête froide et le moral des hommes aux plus hautes cimes. Ce fut par ailleurs dans l'aile des quartiers privés que le commandant croisa la route d'une cohorte de la compagnie qu'il dirigeait, parmi laquelle figurait une poignée de nouveaux membres qu'il avait préféré maintenir à leur poste plutôt que les emmener en expédition vindicative. Les bienheureux échappaient aux ignominies de la guerre, mais ils n'étaient point pour autant dispensés de leur lot d'instructions et de subordination.


« Le rachis ! Droit, le rachis ! » Dit-il en tapotant fermement l'échine d'un gentil jobard que l'on ne présentait plus : le jeune Leyan, qui faisait souvent office de bonne poire et qui venait tout droit des sordides venelles de Culpucier. « Ah ! Parfois, vous savez quoi commandant ? Vous me faites penser à une septa qui tente d'éduquer une paire d'enfants, c'est amusant ! Une... ?! Je ne plaisante pas Leyan ! Moi non plus messer, vous avez peut-être du poil au menton, mais vous feriez une excellente septa, avec votre regard paternel et votre propension à tout vouloir diriger avec une rectitude sans pareille ! Mais enfin... Je suis ton supérieur, et le Donjon Rouge ne se surveille pas tout seul que je sache, il est normal que je doive superviser ! Oh, ne vous fâchez pas rouge commandant, je disais seulement que vous étiez quelqu'un de gentil... Un peu comme les petits chiens, ça montre les crocs et ça grogne fort, mais sont gentils... Les petits chiens... … Raaaaah ! En rang, tous ! » Le benêt avait décidément un don pour exaspérer son monde, qui ne pouvait pas même lui en tenir rigueur tant l'imbécile était d'une gentillesse sans lisières, tout comme d'un impair sans précédent. Alrik était persuadé qu'il n'avait pas même conscience des propos qu'il tenait parfois, il était bien trop nigaud pour cela – fort heureusement, il était bon archer et d'une irrécusable loyauté, il avait même ses instants de clairvoyance et d'intelligence, lorsque l'on s'y attendait le moins. Le jeunot ne manqua d'ailleurs pas de remarquer l'agacement de son chef, et se hâta de s'aligner avec ses homologues, le dos parfaitement droit et le menton relevé pour ne pas se faire davantage tancer. « Je puis être un homme tolérant mais n'omettez ni votre rôle ni le mien ! Je compte sur vous pour être exemplaires et consciencieux en mon absence, même si la plus grande menace gronde dans les mers occidentales, cela ne signifie pas que tout péril a disparu de Port-Réal, bien au contraire ! Soyez tous au fait de la chance que vous avez d'occuper ce poste, et prouvez chaque jour durant que vous en êtes dignes. Le roi et sa Main ont besoin de votre vigilance, c'est la couronne que vous servez, sous le regard des Sept. Vaillance, mes amis ! »

Le Mallery aimait à croire qu'il était un commandant proche de ses hommes, autant qu'il pouvait l'être, car la confiance tant que l'estime devaient être mutuelles pour une bonne harmonie. Il ne pouvait décemment rencontrer et connaître chaque femme et quidam qui servait parmi les Dents de Freux, mais il faisait en sorte d'être inconnu pour le moins de monde possible, et il pouvait également compter sur ses capitaines et sergents pour être des figures d'autorité et des repères adéquats. Discourir pour entretenir l'opiniâtreté et la motivation des factionnaires en service était ne marotte à laquelle il s'adonnait dès que l'opportunité se présentait, et il lui semblait plus opportun que jamais de solliciter la bravoure et la prudence de ces gens qui en protégeaient d'autres. L'instant était solennel, nul n'ignorait que le sigisbée ne transigeait guère avec le devoir... Le moment parfait pour que le destin joue de facéties. Alors qu'il était sur le point de reprendre la parole pour poursuivre son monologue, un cri parvint soudainement d'une pièce qui se trouvait à deux coudées de là, et qui en laissa plus d'un pantois. Quelques-uns, dont le sieur lui-même, eurent le réflexe de saisir leurs armes, prompts à les dégainer hors des fourreaux si cela s'avérait nécessaire. La seconde suivante, l'huis s'ouvrit dans un énorme fracas et, sans qu'il n'ait eu le temps de comprendre quoi que ce soit, une tornade fit ruade sur lui et harpa sa jambe. La précipitation fut telle que le flavescent noble faillit choir sur le sol mais parvint à tenir sur ses guiboles dont l'une tremblait comme feuille au coeur de l'hiver.

« Aaah !... E... Ethaniel ?! Qu'est ce que... ! » La petite tête brune du bâtard était conglutinée à sa cuisse et visiblement, il était bien peu disposé à la libérer. « Ethan, cela suffit... ! Lâ... Lâche-moi nom d'un freux ! » Il tenta de desserrer l'étau formé par les bras du garçonnet, sous les regards dubitatifs des sentinelles qui échangèrent quelques lorgnades entre elles. « Un peu de tenue voyons... ! » Chuchota Alrik d'un timbre crispé, car ce n'était pas du tout le moment pour une telle scène. Toutefois, il comprit rapidement que toute tentative serait vaine tant que le jeune Stone ne serait pas calmé, ce qu'il ne parviendrait à faire s'il essayait de le repousser de la sorte. Alors, dans la plus fière posture que l'on aurait jamais vue, son page agriché à lui, le commandant se redressa et se racla la gorge pour reprendre le peu de vraisemblance qu'il lui était encore plausible d'obtenir. « Bien, retournez à votre ronde et ouvrez l'oeil ! Rompez messieurs. »

Bien plus embarrassé que les apparences le suggéraient, le chevalier patienta tant bien que mal que les individus se dispersent et disparaissent. Une fois seul avec sa gêne – et accessoirement, la boule de nerfs qui lui coupait la circulation du sang. - il daigna porter des prunelles plus attentives sur le jeune homme qui semblait dans un état de terreur absolue. Une furtive réflexion lui permit de conclure que s'il ne pouvait s'en détacher par la force, il fallait réitérer avec plus de douceur. Ainsi emprunt de toute la suavité paternaliste qui était sienne, le sieur étreignit gentiment Ethaniel, le couvrant d'une présence protectrice et rassurante – ce n'était encore qu'un enfant... Il tendait parfois à l'oublier. Sa main caressa l'échine de l'apeuré dans l'espoir de le rasséréner avant qu'il ne lui fasse un arrêt cardiaque, une situation qui lui remémora étrangement d'anciennes et vieilles situations jadis vécues avec Yevana, à l'époque où elle n'était encore qu'une fillette.

« Là, là... Je suis là, ça va aller. » L'image d'un futur écuyer accroché de frayeur à son pédagogue resterait assurément dans les annales pour ceux qui avaient eu l'occasion d'assister à la scène, Ethaniel risquait de perdre en crédibilité, mais il ne fallait pas être particulièrement observateur pour constater que ce dernier n'était pas des plus téméraires. Il avait encore beaucoup à apprendre, et Alrik s'était après tout engagé à être auprès de lui pour lui garantir le plus bel épanouissement possible. Un défi qui demanderaient de la patience et de la persévérance, à n'en point douter... « Est-ce toi que nous avons entendu hurler ? Que se passe t-il ? »


Vous allez balayer ma cendre ; L’homme ou l’insecte en renaîtra ! Mon nom brûlant de se répandre, dans le nom commun se perdra. Il fut! Voilà tout ! Bientôt même, l'oubli couvre ce mot suprême, un siècle ou deux l’auront vaincu. Mais vous ne pouvez, ô nature, effacer une créature... Je meurs. Qu’importe... J'ai vécu !


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Ethaniel Stone
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Message Dim 30 Juin 2013 - 22:14

Ces derniers jours avaient été ponctués d'informations particulièrement anxiogènes pour notre page propice à ce genre de penchant. Concrètement, il aurait aimé s'en passer mais ce n'était pas des choses du destin que l'on pouvait malheureusement décider et encore moins contrôler. La première information qui l'avait importuné était d'apprendre que son Commandant, son mentor, sa figure de référence, mais aussi même en si peu de temps, la personne dont il était le plus attaché, partait en guerre. Pas n'importe quelle guerre, une bataille monumentale qui s'annonçait envers les Iles de Fer avec ces barbares de Fer-nés. Il aimait juger de ses yeux et apprendre de l'expérience, mais de manière récurrente dans les rumeurs, les discussions mais aussi les livres, il était toujours dévoilé que ces habitants des îles n'étaient pas des enfants de cœur, ni des dociles guerriers. Loin de là d'ailleurs. Aimant guerroyer, piller, agresser, ils étaient les instigateurs de nombreux raids sur le continent ne respectant aucunes règles excepté les leurs qui étaient tout sauf compatibles avec les mœurs de Westeros. Bien sûr, comme tout curieux qu'il pouvait être, en rencontrer et pouvoir en apprendre davantage des concernés l'intéressait particulièrement. Mais de l'idée qu'il s'en faisait, il n'était pas certain d'arriver à gérer une entrevue avec ces personnes imposantes et dont la stature était réputée comme apte dès leur plus jeune âge au combat. Cela devait entraîner un stress qui aurait de quoi le pousser à manquer de sommeil les jours qui auraient précédés. Mais cela ne le concernait pas, contrairement à Alrik Mallery qui se devait de s'y rendre, étant la figure emblématique représentative du roi en cette guerre qui allait faire rage. Un choc rude qui s'était révélé difficile à encaisser, que son expression n'avait pas s'empêcher découvrir mais qu'il avait tu de tout propos. Ce n'était pas dans son droit mais aucun plaisir ne pouvait être ressenti d'une telle information. Par conséquent, la nuit qui suivit fut simplement ponctuée d'insomnie, observant les bougies se consumer longuement sans parvenir à y trouver en ce comportement une berceuse visuelle. La crainte de ne plus voir revenir cet homme dont la fierté et le respect dépassait tout ce qu'il avait ressenti jusqu'à présent l'avait envahit sans parvenir à s'en défaire et ce pendant les longues heures qu'en enfant était censé combler par le sommeil. Le lendemain s'était montré totalement infructueux, traduit par de l'inattention et par conséquent par des sursauts récurrents face à des événements anodins mais dont l'entente ou la vue ne lui étaient pas parvenues. Un lot de catastrophe et de travail supplémentaire pour réparer ses dégâts.

Une seule information suffisait déjà à le déprimer et l'angoisser, qu'en serait-il alors de deux en même temps ? Maintenant qu'il vivait au Donjon Rouge, l'opportunité de communiquer par Corbeaux messages lui étaient possible. Ainsi, sans attendre, entrer en relation avec sa tante-mère lui avait paru la première chose à faire. Elle n'avait que peu voire pas de nouvelles depuis qu'il avait quitté Pince-Isle pour Port-Réal. Bien sûr, il était censé être avec son père et elle n'était pas quelqu'un qui s'inquiétait rapidement, mais lui aussi voulait avoir de ses nouvelles. Et puis lui annoncer son nouveau statut qui le rendait aussi fier que stressé était encore plus important. Il espérait qu'elle aussi exprimerait ce sentiment vis-à-vis de lui. Ce fut bien sûr le cas lors de la réponse qu'il avait attendu avec tant d'impatience que ses allées et venues auprès du responsable du courrier semblait entraîner une certaine irritabilité pour ce dernier. La dévorant rapidement, il en fut par contre particulièrement bouleversé. Une famille de baleiniers très importante à ses yeux avait subi un drame sans pareil traduit par la disparition de quatre des enfants, dont Séraphine, jeune femme dont les sentiments à son égard de la part du jeune garçon s'approchait pratiquement d'une fascination amoureuse. Il n'avait que peu de détail, mais ce qu'il obtint fut que cette dernière se passa en mer lorsqu'ils étaient non loin des Terres de l'Ouest. Rapidement, il s'était renseigné, avait parcouru autant de livres que possible pour lui donner ne serait qu'un indice sur les responsables... Mais tout était possible. Bien sûr, suite à la guerre arrivant, les Fer-nés obnubilant déjà son esprit, il ne put que se demander si ces deux informations n'étaient pas destinées à être liées vu la proximité géographique entre les Terres de l'Ouest et les Iles de Fer. Le manque de détails le rendait pratiquement malade et il fut incapable de se sustenter durant la journée. Perdre Séraphine était un drame... Etait-il possible que ce soit un présage de la perte de son mentor également ? Le refus de le croire était puissant mais oublier cette conjonction du destin n'était pourtant pas possible. Heureusement que le travail appelait le Commandant l'empêchant de passer beaucoup de temps avec lui car il était aisé de remarquer que quelque chose tracassait à outrance le gamin. Ainsi, une fois ses missions effectuées, il s'était muré dans un silence et une solitude dont la lecture seule pouvait combler, cherchant désespérément des informations pour l'aider à avoir des réponses à ses questions.

Cela l'avait tellement dévoré qu'un oubli important allait ruiner totalement sa nuit. Accaparé par tout ceci, charger à nouveau ses réserves de bougies n'avait pas été réalisé. Le plus étonnant était qu'il ne le remarqua même pas quand il prépara deux bougies ou lieu de trois pour la nuit. Concrètement, avec un peu de chance cela lui aurait permis de ternir jusqu'à ce que la lumière du jour n'apparaisse ou au pire jusqu'à une heure précoce mais qui n'handicaperait pas sa journée. C'était sans compter la nuit blanche et toutes les autres mauvaises nuits qui avaient suivi, ainsi qu'un manque de denrées alimentaires pour fournir l'énergie nécessaire au corps pour tenir. Ainsi, lors de l'échange entre la première et la seconde bougie, son corps refusa d'obtempérer aux habitudes prises et d'indiquer au garçonnet qu'il était temps de se réveiller. Pourtant, le froncement de sourcil et l'agitation discrète mais présente traduisaient une nuit de nouveau ponctuée de désagréments cauchemardesques. Rapidement, le jeune page avait sombrer dans des idées noires de maltraitance envers Séraphine qui eurent tôt fait de finir en mort violente avant que ne se transpose ce concept à son Commandant qui pourtant bataillait fermement et avec des mouvements qu'il avait déjà pu observer et qu'il aurait été incapable de reproduire, annonçant un combat épique digne des livres historiques relatant les faits d'armes des plus grands guerriers. Mais à croire qu'une mort ne survenait jamais seule et lorsque le black out complet fut instauré par l'extinction de la bougie qui n'avait pas eu de jumelle pour conserver sa flamme, le sentiment de claustrophobie apporta cette même extinction dans l'esprit du jeune garçon dont le décodage interféra avec l'idée de survie du Dent de Freux pourtant si vaillant. Alors qu'habituellement une telle noirceur ne faisait que réveiller le page pris d'angoisses, cette nuit un cri s'échappa indiquant une peur bien plus saisissante et effrayante que tout ce qu'il avait encore pu subir comme nuisance nocturne jusqu'à présent. Jamais de morts encore n'avaient parsemé les chemins chimériques de son esprit. Tremblant, apeuré, absolument inconscient de la réalité qu'il ne parvenait pas à récupérer, l'empressement de lumière le poussa à sortir avec véhémence et impulsivité de la pièce. L'avait-il reconnu ou non, il aurait été incapable de le dire mais son subconscient devait sûrement avoir fait le travail à sa place car la jambe qu'il agrippa avec tellement de force que ses tremblements furent partagés par cette dernière n'était nulle autre que la propriété de celui qui était mort quelques instants auparavant dans les méandres perturbés de l'esprit du garnement. Rien d'autre que rester fermement accrocher n'était possible. Son visage n'était même pas visible car totalement enfouit contre cette partie corporelle. Ses doigts subissaient meurtrissures et courbatures à s'agripper de la sorte. La voix qui s'adressait à lui avec autorité ne lui parvenait pas. Seules des images de ces violences le submergeaient. Ce n'est que dans la douceur et la chaleur qui le parcoururent que les sentiments négatifs lentement s'apaisèrent pour laisser place au réconfort. Ce n'est qu'à ce moment qu'il accepta l'éloignement et que le Commandant put apercevoir enfin les prunelles du concerné qui se remettait à peine de son anxiété. Il était évident que des larmes avaient coulées, mais cela ne s'était pas réitéré depuis que ses pas l'avaient sorti de l'antre étouffante. Observant de ses prunelles le visage de l'homme qui se tenait devant lui, quelques mots formulés suffirent à comprendre l'étendue de son désarrois.

« Vous... Vous êtes vivant n'est ce pas... ? »

La voix ne portait aucune marque d'assurance, la question était encore sincère bien que partiellement rhétorique. Il le voyait mais se méfiait encore d'y croire.Ne rêvait-il plu ? La présence en face de lui était bien celui qu'il vénérait avec raison ? Les questions le taraudaient avec déplaisir. Cependant, les secondes s'écoulant lui ramèrent la conscience quand la surprise de voir le visage de son Commandant cerna ses traits. Lentement, ses yeux mirèrent les alentours avant de se tourner à nouveau avec effarement vers le concerné, le déroulement des minutes maintenant passées lui parvenant avec exactitude et surtout lui traduisant le comportement qu'il venait de réaliser. N'avait-il pas entendu des voix lorsqu'il était arrivé ? D'autres personnes étaient-elles réellement présentes ? Avait-il seulement osé faire le scénario catastrophe dont il se remémorait les faits ?

« Oh non... Je... Pardon... Je suis vraiment désolé.... Je ne voulais pas... Je suis tellement désolé... Pardon Ser Alrik... C'est....La bougie...Oh non... Qu'est ce que j'ai fait ... »


Ces derniers propos furent murmurés et adressés à lui-même alors que l'effarement n'avait pas quitté ses prunelles désormais dirigées vers ses pieds. Comment avait-il seulement pu engendrer une telle humiliation pour cet homme si respectueux et au titre imposant qui lui était propre. Relever la tête était totalement impossible, comment pourrait-il encore regarder en face le grand Alrik Mallery. Il avait toujours mis un point d'honneur à ne jamais relever à quel point il avait peur du noir, à quel point cela pouvait le rendre fou de terreur. Bien sûr, à force de consommer des bougies, une explication et surtout un besoin de s'en procurer avait entraîné l'obligation d'en référer à son supérieur, mais jamais de détails n'étaient entrés en ligne de compte. Comment allait-il expliquer cette réaction maintenant ? De plus avouer qu'apprendre que son départ en guerre l'angoissait était pour lui aussi particulièrement honteux. Il devait avoir foi en l'homme qui se dressait devant lui et lui accorder une victoire écrasante. Mais les plus grands héros n'étaient-ils pas morts au combat eux aussi ? Tous ces guerriers dont il avait lu l'histoire marquaient leur destin d'une fin tragique... Cela les faisait perdurer à travers les ans malgré leur absence corporelle, mais cela n'était pas moins un déchirement que de les voir disparaître. Tout comme Séraphine dont il n'avait aucune idée de l'état dans lequel elle se trouvait. Mais il se devait absolument d'abord d'exprimer à quel point il avait honte.

«  Je vous en prie, veuillez m'excuser Ser Alrik. Je … Je vous promets que ça ne se reproduira plus jamais. Plus jamais ! Je ne voulais tellement pas vous importuner.. Je vais retourner dans ma ch... »


A cette réflexion ses yeux se tournèrent vers la pièce pas bien loin dont la noirceur semblait presque s'étendre dans l'intention de le happer et l'avaler tout cru. Un léger relèvement d'épaules fut exprimé comme pour signifier une répugnance envers ce qu'il voyait tandis qu'un tremblement important irradia l'entièreté de son échine. Il tenta néanmoins de se reprendre et sans oser toujours regarder son mentor, il se permit cependant de formuler le fond de sa pensée.

« Je sais que je ne mérite pas de traitement privilégié... ni de faveur quelconque.. encore moins maintenant mais... Serait-il possible que je ne sois pas obligé de retourner dormir ? » Ses prunelles tentèrent une petite remontée avant d'ajouter « S'il vous plaît, Ser... »

Une tentative peut-être vaine mais la peur était bien plus forte que la honte, du moins pour cet enfant qui ne pouvait pas revivre de tels désagréments nocturnes.



" Chacun imite un courage qui n'a jamais existé "




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Alrik Mallery
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Message Dim 30 Juin 2013 - 22:29

Comment aurait-il pu être insensible à la détresse du garçonnet ? Il n'était pas sans lui rappeler quelqu'un qui avait naguère souffert de tracas similaires, de cette incoercible anxiété une fois le manteau de sorgue jeté sur la voûte céleste, de la frayeur de la pénombre et des craquements suspects qui n'étaient pourtant dus qu'au vent, de l'angoisse quant au devenir de quelques gens proches... C'était en réalité lui-même, qu'Alrik voyait à travers Ethaniel, à l'époque où il avait son âge, à l'époque, où il se serait effarouché de sa propre ombre. Une propension à la couardise qui l'avait diablement importuné jadis, mais qui le faisait bien rire aujourd'hui. Les années avaient été longues avant qu'une once de vaillance ne pointe en son essence, l'adolescence et l'iniquité de tous les jours lorsque l'on naissait dans les sordides venelles de Culpucier avaient fini par le façonner d'une tout autre trempe. Aslak avait bien essayé, à la sueur de son front et à celui de son cadet, de l'entrainer dans toutes sortes de situation toutes plus périlleuses les unes que les autres – et les Sept savait qu'il l'avait haï pour cela ! Il était particulièrement ardu de confronter ses démons, mais tous les quidams de grands noms n'avaient-ils pas emprunté ce sentier avant eux ? Le Mallery l'avait su dès le début, la pédagogie s'avérerait délicate avec son jeune page, qui se plaisait à rester clos telle une huître alors qu'en lui une précieuse perle ne demandait qu'à luire. La patience était d'or, disait-on, il allait donc falloir déployer des trésors dans de telles circonstances ! Qu'avait-il donc bien pu se passer dans l'existence de cet enfant pour qu'il en occulte toute confiance en lui ? Aux prunelles de son mentor, il était encore un mystère à élucider avec toute la douceur et la considération du monde, au risque qu'il ne le perde définitivement. Avait-on idée d'avoir l'aspect d'un chérubin et d'être déjà si troublé ? De légendes de marâtres et pochards, il n'en avait guère besoin pour alimenter ses phobies, celles-ci semblaient déjà parfaitement niellées, et à ce stade, leurs racines devaient être solides. Leur sève n'était qu'un fiel qui infiltrait toutes les voies sanguines, jusqu'au cœur, jusqu'à l'encéphale, et dont résultaient des conséquences comme celles de ce soir. S'était-il agriché à sa guibole de façon volontaire ou fortuite ? Il aurait été légitime de supputer que le pauvre avait harpé la première personne qui s'était trouvée sur son passage, mais les paroles qu'il prononça firent planer l'incertitude.

« Vivant... ? » Le chevalier courba un sourcil et d'une main, tâtonna son torse et sa ceinture abdominale comme pour vérifier qu'il était encore en un seul morceau – une manière burlesque de présenter la chose. « Il me semble que oui, l'on a point encore tenté de m'occire aujourd'hui, ce que je considère comme étant une bonne nouvelle. »

Il doutait être apte à faire ne serait-ce que sourire le bambin en pareille instance, mais au moins s'y serait-il essayé. Une telle interrogation signifiait donc que la source de son épouvante n'était autre que lui ? Etait-ce cette maudite guerre qui faisait encore des siennes ? Fichtre, qu'il était sot, d'avoir naturellement pensé que toutes ces ignominies et cette imminente croisade n'auraient aucune incidence sur le Stone, qui pourrait encore se complaire dans la chaleur et la sûreté du Donjon Rouge pendant que son pédagogue bourlinguerait jusqu'aux Iles-de-Fer. A croire qu'à force de traiter avec des individus qui avaient tous déjà atteint l'âge de raison, il en avait omis ses réflexes paternels. Il n'était certes point son père, mais était présentement ce qui s'en rapprochait le plus, il n'y avait au final qu'un maigre pas entre les deux statuts. Il le tenait dans ses bras à l'instar d'un fils venu se consoler dans la bienveillance du pater, puis l'avait laissé s'éloigner de son propre chef pour ne pas le brusquer comme il avait failli le faire quelques secondes auparavant. Il contempla ses orbes d'ébène encore affolées et rougies par l'émoi, avant que le tout ne se substitut à l'embarras d'un comportement dont il venait seulement de prendre conscience. L'inquiétude balbutiée fit doucettement ricaner le freux, non mécontent de recouvrir sa circulation sanguine à hauteur de sa jambe, qui n'avait pas l'intention de se faire rancunier et de l'admonester. La faute était vénielle, il n'avait été que pris de cours par la véhémence de la scène, tout comme le jeune homme l'avait été par son sombre songe. Les excuses ne tardèrent pas à choir des lèvres asséchées de frayeur de celui qui semblait désormais frémir d'opprobre, bien qu'il ne serait pas contraint à boire son verre jusqu'à la lie. La main du sieur s'engouffra dans sa crinière en une caresse à la fois rassurante et espiègle.

« Ce n'est rien, je ne vais pas te fustiger pour si peu. Au pire, tu en auras fait rire quelques-uns. » Il n'y avait de ce fait pas mort d'homme, contrairement à ce qui serait le cas dans les semaines à venir, commentaire dont il se garda bien de s'épancher. Son regard biaisa ensuite vers la chambre dont l'huis était resté entrouvert et dans laquelle toute nitescence avait disparu, engouffrée par le noir le plus opaque. Si lui n'y perçut égoïstement aucune menace, il conclut promptement qu'il n'en fut pas de même pour le garçonnet qui se sentit subitement d'humeur noctambule. « Ce n'est pas raisonnable de veiller Ethaniel, tu dors déjà difficilement de ce que j'ai pu constater, l'on ne peut pas dire que tu aies été au meilleur de ta forme ces derniers jours... Mh ? » Il lui avait par maintes fois demandé si tout allait bien, avait soupçonné une mauvaise qualité de sa pitance, et même conjecturé à propos d'une hypothétique mélancolie quant à Pince-Isle et ses braves Celtigar. Cette ultime hypothèse avait peut-être sa part de véracité, mais n'était vraisemblablement pas la ligne directrice de son tracas onirique... Qui ne se lénifierait pas pour les beaux yeux du commandant, il le savait. Un frêle rictus naquit à la commissure de ses lèvres, sceptique, puis happé par une commisération qui le fit finalement abdiquer en la faveur de la requête qui lui avait été adressée. « Bon.. .De toute façon, tu ne sommeilleras pas que tu sois avec moi ou dans ta chambre, alors à quoi bon... Fort bien, tu peux rester éveillé. Et si tu m'accompagnais à mon office ? Nous pourrons bavarder jusqu'à ce que tes paupières s'alourdissent, ce qui finira par arriver, tu verras. » Il lui adressa une risette frivole, puis s'en alla refermer la porte de la pièce à la fragrance de cauchemar avant de faire un signe de la tête pour qu'il le suive. « Je dois avoir des bougies dans l'un des tiroirs de mon bureau, les nuits sont parfois longues aussi de mon côté. »

L'ironie avait voulu que tous deux aient cette propension à allumer cierge après cierge jusqu'aux premiers faisceaux de l'aube s'il le fallait, et même si les raisons en étaient tout à fait différentes, l'analogie n'était pas moins cocasse. Contrairement à ce que l'on aurait pu subodoré au vue de la récente attitude du sigisbée envers ses factionnaires, celui-ci était plus folâtre qu'à l'accoutumée, certainement car il ne désirait pas quitter le bastion bâti de pourpre dans une mauvaise face sélénite. Il n'avait guère l'intention de faire du saumâtre archipel sa sépulture, nul forban ne le pourfendrait de son estoc ou de sa hache, c'était avec cette conviction et la ferveur du devoir à accomplir qu'il s'apprêtait à prendre les flots. Il avait fait le serment de sa survie à nombre de vénus qui auraient tôt fait de l'achever d'ire s'il s'en revenait n'était-ce qu'un tant soit peu meurtri, et à choisir entre les fer-nés et les femmes qui composaient son entourage... Mieux valait se méfier des femmes ! Une leçon de vie que le jeune bâtard apprendrait à ses dépends, comme tout les hommes ! Pour l'heure, ils arpentèrent ensemble le dédale de couloirs de la forteresse royale, rencontrant et saluant les diverses patrouilles de Dents de Freux qu'ils rencontrèrent – Leyan ne se fit d'ailleurs point prier pour se faire derechef remarquer, interrompant son guet pour gentiment tirer la joue d'Ethaniel et prendre de ses nouvelles après l'avoir vu s'accrocher à la jambe du commandant. Un commandant qui le renvoya promptement à sa besogne – c'est qu'il était incorrigible, ce quinaud ! Ils parvinrent ensuite à son office privée dans laquelle ils s'enfermèrent, entre chevalier et page. Un endroit que ce dernier connaissait parfaitement bien pour y passer beaucoup de temps, lorsqu'il n'était ni à l'entraînement ni à ses lectures d'opuscules, ou qu'il ne courrait pas le Donjon Rouge pour y délivrer des épîtres. Il eut donc aisément loisir de prendre ses aises dans une encoignure qui avait été aménagée à son attention, un siège et une table parsemée de ses affaires – son petit coin à lui, qu'il pouvait occuper à son bon vouloir lorsqu'il n'avait aucune tâche à accomplir mais qu'il désirait tout de même rester aux abords de son mentor. Un mentor qui prit place à son propre bureau dans un soupir qui lui échappa, preuve tacite d'un certain éreintement qu'il ne confesserait pas. Sur son meuble de travail, un monticule de documents et autres fioritures, dont des cartes du bastion sur lesquelles avaient été tracées et retracées les trajets des diverses cohortes de sentinelles, qu'il ne cessait de changer et d'interchanger pour garantir une sécurité optimale. Une vigilance qu'il abandonnerait bientôt à l'un de ses pairs, qui le remplacerait dans ses fonctions jusqu'à son retour.

« Voyons... »Il ouvrit un tiroir et y plongea la main pour en extirper plusieurs bougies, qu'il tendit au garçonnet. « Voilà pour toi, tu sauras désormais qu'il y a de quoi faire ici en cas d'urgence, n'hésite pas à venir te servir même durant mon absence. Mais dis-moi... » Il plissa les calots d'un air concerné. « Nous n'en avons jamais réellement conversé, de ces chandelles... J'ai bien sûr remarqué que tu en utilisais beaucoup, et j'ai bien compris que tu ne parvenais pas à fermer l'oeil dans le noir complet... En a t-il toujours été ainsi ou est-ce le Donjon Rouge qui t'épeure ? » C'était Aaliyah qui s'était occupée de lui lors de leur furtif passage à Empyrée, il ignorait donc si le Stone lui avait quémandé de quelconques cierges. Même si les jours avaient rapidement flué, tous deux étaient encore dans l'apprentissage de l'autre, une découverte qui se faisait lentement dû aux nombreuses obligations – Murs-Blancs, Atranta, le Conseil Restreint et maintenant la guerre ! - qui avaient accaparé le freux, mais au moins se faisait-elle sûrement. « Oh je faillis à ma bienséance, pardonne-moi ! Tu veux peut-être manger ? Boire ? Tu dois être assoiffé après avoir glapi comme tu l'as fait. »

Il devait en avoir le gosier irrité, à n'en point douter ! Et même si ce n'était pas le cas, l'on était jamais trop prudent, aussi le sigisbée se plut-il à lui servir un verre d'eau de la carafe qui ne quittait jamais son bureau, et qu'il lui tendit une fois encore. Qu'il était à la fois étrange et loufoque de penser que dans quelques heures seulement, ils seraient séparés pour une longue période. Par-delà la peur somme toute légitime d'aller affronter et réduire l'antagonisme des corsaires à néant, il y avait la fierté. Celle de protéger le royaume et ses sujets, celle, évidemment, d'être le premier représentant de la Main du Roi et donc de la royauté, car cela lui ployait le privilège d'être celui qui soumettrait Dagon Greyjoy lui-même. Après les Beurpuits, c'en était presque une formalité... Des symboles de réussite plutôt appréciable pour un quidam qui avait vu le jour sous l'astre de l'indigence et qui s'était élevé par ses propres moyens. Quelque peu pensif, il observa son page vers lequel il était tout tourné, hésita une seconde, puis se lança finalement.

« Désires-tu me parler de ton cauchemar ? »


Vous allez balayer ma cendre ; L’homme ou l’insecte en renaîtra ! Mon nom brûlant de se répandre, dans le nom commun se perdra. Il fut! Voilà tout ! Bientôt même, l'oubli couvre ce mot suprême, un siècle ou deux l’auront vaincu. Mais vous ne pouvez, ô nature, effacer une créature... Je meurs. Qu’importe... J'ai vécu !


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Ethaniel Stone
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Message Jeu 4 Juil 2013 - 14:51

Alrik n'avait jamais commis aucune faute pouvant juger d'un quelconque défaut aux yeux d'Ethaniel. Cet homme n'était pas parfait, personne ne l'était. Même à son jeune âge ce fait était établi. Mais l'entierté de ce qu'il était instaurait le respect aux yeux du jeune page. Que le commandant s'autorise un geste affectif et des paroles douces envers lui qui venait de réaliser un acte dont il n'était clairement pas fier signifiait sans difficulté à quel point son coeur était grand et sa capacité au pardon immense. Il n'était pas n'importe qui, il était un homme important dans l'histoire de Westeros, cette connaissance était évidente et avait sûrement joué sur sa demande de le prendre à son service. Mais qu'il ait accepté, qu'il soit là en cet instant à s'occuper de lui alors que sa charge de travail était bien trop grande pour qu'il puisse même penser à l'aider, il lui en serait à jamais reconnaissant et honteux de lui imposer du travail en plus. Jusqu'à présent il avait toujours su taire autant que possible ses nuits qui manquaient de consistance et qui n'était pas pour le servir dans un cadre actuel qui lui demandait bien plus d'efforts que ses errances à Pince-Isle et ses lectures abondantes. Après tout, suite à son condition de bâtard et sa tendance à l'anxiété massive, il n'avait jamais eu vraiment d'amis, ne s'était jamais battu, n'avait jamais fait de bêtises et couru dans tous les sens. Des lacunes, il en avait à l'appel et pour les combler, cela prendrait du temps, voire n'arriverait jamais selon comme il entrevoyait son futur. Mais il avait le Dent de Freux à ses côtés désormais, et l'ignorer était une souffrance plus qu'un plaisir. Il avait désormais besoin de lui dans sa vie, affectivement parlant, et ce avant même qu'il en prenne conscience. La relation s'était établie d'elle-même dans le coeur de l'enfant et s'en défaire apporterait un échos de détresse. Si une telle intimité ne s'était pas crée, un cauchemar d'une envergure si imposante pour son esprit n'aurait jamais eu lieu. Séraphine était quelqu'un de bien plus proche à ses yeux et pourtant en pensant à elle, la personne qui avait subi ses craintes avait directement été le Commandant. Il était devenu son pilier le plus imposant et son point d'ancrage le plus important. Lui qui avait commencé à croire que servir à quelque chose était possible, il allait se retrouver seul et peut-être perdre cette personne qui le jugeait capable de faire quelque chose de sa vie. Un désarrois évident ne pouvait que découler de cette pensée.

L'idée d'entrainer des rires auprès d'individus sous les ordres du Commandant ne faisait qu'en rajouter à sa honte mais la peur avait été bien plus forte pour qu'il sollicite un traitement de faveur. Il savait qu'il en demandait trop, mais concevoir d'être enfermé dans sa chambre à nouveau dans cet espace réduit et sombre, cela lui était totalement impensable. Autant faire une nouvelle crise d'angoisse directement devant Alrik car c'était obligatoirement la suite des événements s'il rentrait dans cette pièce. Cependant, les propos proférés par son mentor lui fit baisser les yeux à nouveau pour entrer en discussion silencieuse avec le sol. Espérer que ses déboires journaliers n'aient pas été aperçus aurait été parfaitement utopique, mais peut-être avait-il songé que les obligations intempestives du Commandant aurait oblitéré ces détails de ses pensées. Son intérêt avait été marqué par nombreuses questions auxquelles il avait rapidement répondu pour n'éveiller aucun soupçon. Mais cela n'avait pas été suffisant et d'ailleurs n'était-il pas naïf de jouer avec la clairvoyance d'un tel homme ? Que pouvait-il donc répondre à son reproche au vu de ses capacités réduites. Lui-même l'avait remarqué car combien de fois n'avait-il pas failli lors d'une lecture quand sa tête s'était affaissée seule sous le poids du sommeil ? Les heures de récupération  n'avait jamais été abondante depuis sa peur croissante des espaces nocturnes et donc assombris, mais le devoir se faisant et surtout les entraînements qui semaient la zizanie dans son anxiété à chaque fois mise à rude épreuve ne faisait qu'en rajouter. Et ces derniers jours il ne pouvait guère le nier, les cauchemars étaient venus s'en mêler.

"Je suis désolé..." fut les seuls mots qu'il se permit de murmurer, n'ayant aucune excuse et n'aimant pas en fournir quand il était en faute.

De manière générale d'ailleurs, il ne trouvait jamais d'excuses à ses actes quand on lui reprochait, acceptant de prendre les torts pour lui, même quand aucun mauvais acte n'avait été commis. Etre un bâtard était déjà une tare en soit, se considérer comme fautif avait été une habitude d'abord incomprise puis qu'avec l'âge il avait concédé comme faisant partie de sa vie sans chercher à s'en dissocier. Il n'avait pas choisi ses origines, il devait juste faire avec. Ses prunelles cependant s'écarquillèrent un peu avant qu'il ne les relève vers le faciès de son interlocuteur. La joie de tels propos était parfaitement visible sur son visage encore poupon qui venait de s'illuminer comme si on lui avait rapporté le plus beau des cadeaux. Après tout, ne venait-il pas de lui offrir l'occasion de passer plus de temps encore avec lui ? Accepter qu'il ne retourne pas dans sa chambre aurait été parfaitement suffisant, mais lui permettre de l'accompagner était sûrement ce qu'il avait préféré le plus dans les propos. Alrik Mallery était la personne avec qui il se sentait le plus à l'aise dans ce Donjon. Il aimait le voir travailler, cela l'apaisait sans qu'il comprenne réellement pourquoi. Le sérieux de cet homme, son implication et sa capacité à résoudre les divers problèmes sur son passage le fascinait. Un charisme certain encore jamais aperçu chez quiconque de la gente masculine. Il acquiesça lorsqu'il ferma la porte en ajoutant qu'il pourrait lui fournir des bougies salvatrices. Lorsqu'il se mit en route pour suivre le Commandant, un discret miaulement se fit entendre. Il regarda le dos de ce point d'ancrage avancer mais il se permit discrètement un petit retour en arrière avant d'aller ouvrir un peu la porte d'où sortit rapidement un chat avant qu'un mouvement rapide ne soit engendré par sa personne pour refermer ce lieu cauchemardesque et ne s'empresse de rejoindre son sauveur. Un nouveau miaulement l'interpella mais il fit juste signe de loin à ce félin qui avait pris l'habitude de squatter sa chambre depuis qu'un bol de lait venait souvent prendre place au pied de son lit pour cet énergumène à quatre pattes. Un lien amical était né entre eux depuis l'incident avec un autre Dent de Freux lors de sa première nuit quand sa quête de bougie l'avait poussé à errer. Mais il n'avait pas de temps à lui consacrer dans l'immédiat et l'emmener n'était pas permis.

Il suivit le Commandant dans son bureau privé, un endroit où il passait le plus clair de son temps et où il se sentait en confiance. Il fallait reconnaître qu'Alrik avait tout fait pour que cela soit possible puisque désormais il avait même son propre bureau, de bien moins grande stature, mais le simple fait d'avoir un endroit à lui suffisait à le combler et à lui apporter bien plus que ce qu'il n'aurait jamais cru avoir. Cet homme faisait tellement pour lui que l'entierté de sa vie ne suffirait pas pour lui rendre l'appareil et le dédommager. Il observa son mentor chercher ces fameuses bougies et les prit comme un trésor avant d'insuffler un discret "Merci Ser Alrik" tandis que ce dernier sembla vouloir aborder un sujet. La question le mit quelque peu mal à l'aise. En réalité, il détestait avouer à quel point son courage lui faisait défaut. C'était particulièrement évident et le cacher était impossible. Sa naïveté encore présente parfois n'était pas à ce tel point d'aberration. Cependant, avouer ouvertement que cela le prenait sous toutes les coutures et si régulièrement était embarrassant devant un homme qui semblait d'un rationnel si général que rien n'avait l'air de l'effrayer. Mais il se devait de répondre car ce n'était pas le Donjon rouge qui lui imposait cette frayeur, c'était le noir et peu importe le lieu dans lequel il se trouvait. Après tout, même sa chambre qu'il connaissait par coeur à Pince-Isle où huit ans de sa vie s'étaient écoulés ne pouvait être baignée dans le noir complet.

"Ce n'est pas le Donjon rouge, je... Je n'aime pas le noir partout. Ca entraîne des crises importantes, plus fortes encore la nuit."

Son regard s'était posé ailleurs. Malgré sa honte, mentir au commandant lui aurait paru encore plus embarrassant. Mentir n'était déjà pas dans ses cordes, il préférait se taire que de proférer des propos erronés. Il en était de toute manière incapable. Son faciès trahissait obligatoirement ses pensées. La sincérité dont il faisait preuve en toute circonstances l'empêchait de se camoufler. La suite le surpris néanmoins lorsque le commandant parla de se déshydrater et se sustenter. Le deuxième point n'était pas possible pour lui mais en pensant au premier, son gosier sembla effectivement se réveiller pour suggérer qu'il ne serait pas contre. S'approchant, les bougies coincées contre son poitrail barrées par un bras, il se permit de prendre de cette façon le verre offert et de s'en abreuver en le vidant à moitié. "Merci..." formula-t-il une nouvelle fois avant de se rendre compte qu'il était quelque peu chargé et de décider à se mouvoir vers son pupitre où il prit place en posant d'abord son verre, avant de se saisir délicatement des bâtons de cire dans ses deux mains de façon à les déposer délicatement pour ne pas les casser. Il n'aurait jamais vraiment pensé qu'Alrik prendrait la peine de s'enquérir de ce qui l'avait dérangé. Son travail était tellement conséquent qu'à ses yeux, le prendre à ses côtés pour la nuit lui suffisait amplement. Pourtant, prêt à se consacrer à un livre laissé sur le mobilier, la voix de son aîné refit surface et quémanda son attention.  Ses pupilles se posèrent sur le commandant qui sembla réellement sincère dans son questionnement - il n'en aurait jamais douté- mais qui le prit au dépourvu. Une seule personne dans son entourage s'était intéressée à ceux-ci et n'était nulle autre que sa tante qui agissait plus comme une mère d'ailleurs. N'était ce pas une tare néanmoins d'être effrayé de la sorte la nuit ? Pouvait-il vraiment en parler sans en rajouter sur sa personne déjà considérée comme parfaitement trouillarde ? Après tout l'homme à ses côtés était celui à qui il voulait le plus plaire et le plus satisfaire. Le silence s'imposa de lui-même durant les divers questionnements qui taraudèrent les méandres d'inquiétude de l'esprit juvénile du garçon. Il était presque possible d'observer les rouages au dessus de la tête de ce dernier qui tournaient sans cesse afin de trouver une réponse à fournir. Se lancer serait cependant la meilleure façon de commencer, ce qu'il fit.

"La bougie s'était éteinte..." premier fait avéré mais qui n'expliquait en rien son cauchemar pour dire vrai. Il garda un instant le silence avant de poser en réalité une autre question dont l'importance était massive à ses yeux "Ser Alrik... Est-ce... Est-ce que vous avez peur ? "

La question était somme toute générale, mais elle pouvait tout aussi bien se rapporter à la guerre. Cet homme qui avait tant combattu, qui avait affronté maintes batailles et maints tourments, pouvait-il se laisser aller à la crainte ou même la ressentir ? Se rendant compte de sa question, il ne voulait cependant pas sous-entendre une quelconque critique - crainte mainte fois réitérée lorsqu'il entrait dans des discussions lui qui parlait toujours peu - et reprit donc rapidement la parole.

"Je ne veux pas dire que vous devez ! Je veux dire... Vous êtes fort, vous avez beaucoup d'expérience, vous êtes le Commandant de nombreux hommes, vous avez bien sûr toutes les qualités pour réussir dans tout ce que vous faîtes ! Mais..." il garda un instant le silence avant d'ajouter "c'est... enfin c'est la guerre et il y a toujours des personnes qui meurent dans les guerres. Et puis, dans les livres ce sont toujours les meilleurs qui périssent avec bravoure certes... mais ils ... meurent quand même ... un jour, au combat...Et je... Enfin si vous..."

Le silence s'imposa de lui-même ne pouvant admettre que sa crainte de ne pas le voir revenir le submergeait depuis maintenant plusieurs jours. "Si vous ne revenez pas" n'avait pas pu quitter ses lèvres. Car pouvait-il imaginer le perdre. Dans son cauchemar, bien que cet événement s'était jumelé avec l'absence de lumière, la sensation avait été décuplée mais l'avait parfaitement réveillé et l'avait submergé d'une peur encore jamais ressentie car conjointe à une solitude avérée qui découlerait de ce fait. Que deviendrait-il s'il venait à mourir ? Pourrait-il supporter de le perdre ? Un frisson parcouru l'entierté de son échine alors que ses yeux fixèrent une des bougies présentes dans la pièce. La brillance de ses oeillades commençait à suggérer une expression de ses sentiments bien trop importantes pour être avouée en face du Commandant. Donc se reprenant se rendant compte de son état et de sa fixation, il tourna le regard ailleurs pour reprendre contenance.

"Vous ne serez pas tout seul bien sûr... Il y aura d'autres hommes avec vous qui sont forts aussi. Alors ils vous protégeront ! C'est obligé... Et puis vous êtes très très fort vous-même... Les Fer-nés sont coriaces mais ils ne tiendront pas. C'est évident."

Il croyait à ses propos mais encore plus qu'ils étaient censés le convaincre. Une sorte de bénédiction offerte pour conjurer un mauvais sort qui ne pouvait se produire. Ses mains s'étaient mises à chipoter aux affaires posées non loin de lui pour s'occuper et faire disparaître les pensées négatives et l'envie de pleurer qui l'avait à nouveau pris au dépourvu. La lettre de sa tante apparu alors devant ses yeux et la prenant délicatement entre ses mains, il se remémora l'information apprise qui n'avait en rien rassuré ses nuits.

"J'avais une amie à Pince-Isle... Je l'aimais beaucoup. Elle travaillait sur un baleinier !" dit-il avec fierté avant de garder un peu le silence... il tourna ses yeux ensuite vers Alrik avant de reprendre "elle a disparu avec sa fratrie en mer, il y a peu, près des Terres de l'Ouest." ses prunelles cherchèrent un autre point à fixer alors que cela ne l'aidait pas finalement à retrouver un peu de gaieté, cet événement l'ayant quelque peu dévasté lorsqu'il l'avait lu la première fois "J'ai appris, enfin je sais que les Fer-nés s'attaquent à des bateaux... et près des Terres de L'ouest, je sais qu'il y a les îles de Fer par delà la mer... Est-ce... Est-ce que vous pensez qu'elle aurait pu être emmenée par eux ? Elle est vraiment belle et elle a des yeux très très jolis, de deux couleurs. On l'a souvent critiquée mais vous la verriez, ce n'est pas possible que ça porte malheur ! "

Ethaniel n'avait jamais vu la plus belle femme de Westeros tant qu'à présent et ne pouvait dès lors pas savoir que son Commandant connaissait cette hétérochromie possible dans les prunelles de quelques personnes rares. Mais la reviviscence des propos rapportés par Séraphine pour lui indiquer que beaucoup trouvaient ce fait aussi inconvenant que la bâtardise dont il faisait preuve le faisait ressentir de la colère et de l'indignation. Une telle beauté ne pouvait être coupler à son ignominie de naissance. Il le réfutait sans s'en cacher.

"Enfin je ne veux pas vous déranger avec ça... Vous avez autre chose à faire..."


Après tout, malgré la question posée sur ses cauchemars, il avait beaucoup parlé et ce n'était pas pour lui plaire d'importuner son mentor qui avait tant de choses à s'occuper.



" Chacun imite un courage qui n'a jamais existé "




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Alrik Mallery
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Message Lun 8 Juil 2013 - 12:23

Une question taraudait l'esprit du chevalier non sans amusement : fut-ce avec ce même attendrissement que jadis, les gens l'avaient regardé ? Ils ne partageaient point les mêmes caractéristiques physiques, mais de ce que l'une de ses domestiques lui avait laissé entendre, lui aussi, à cet âge, avait fièrement arboré un air poupon qui faisait fondre les plus grands. Plus le temps fluait, plus il se trouvait des similitudes avec le jeune Stone auquel il augurait un grand avenir, bien malgré ce qu'Ethaniel jugeait lui-même être des tares. S'ils aimaient à se complaire en compagnie l'un de l'autre, voilà un moment qu'ils n'avaient pas conversé de sujets moins affiliés aux mœurs chevaleresques et à la bienséance seigneuriale. Prendre conscience qu'il ignorait encore une pléthore de choses concernant son page lui léguait une sapidité quelque peu amère, car c'était là un fait auquel il aurait eu le devoir de pallier bien plus tôt. Cependant, les vicissitudes de la vie se faisant, il n'en avait eu la plausibilité, mais jurait qu'un semblant de quiétude regagnerait le royaume et le Donjon Rouge une fois la sédition Greyjoy pacifiée. La vie en deviendrait une véritable sinécure, après tous les méchefs sont les fer-nés étaient responsables ! Il pourrait enfin songer un peu à lui, à sa famille, à ses – il l'espérait de tout son cœur. - futures fiançailles. Pour l'heure, il commençait à se changer les idées en faisant converger toute sa concentration sur l'adorable bâtard qui se confiait alors à lui. Ce ne fut par ailleurs guère plus rassurant d'apprendre que ce n'était nullement le Donjon Rouge qui lui inspirait de bien sombres chimères, et Alrik ne put s'empêcher de penser à cette sorgue passée à Empyrée... Son domaine avait-il lui aussi été un nid d'épouvante ? Et diantre ! Comment avait-il donc fait pour survivre aux nuits toutes plus obscures les unes que les autres depuis qu'il avait intégré le bastion royal ? Cette fois, ce ne fut point de l'amertume... Mais une certaine forme d'opprobre que le commandant ressentit : il avait été incapable de remarquer les tribulations du garçonnet avant que celui-ci ne lui en parle, et encore, uniquement par la contingence qui l'avait amené à s'agricher à sa jambe ! Au bon endroit au bon moment ? Il n'en était pas si sûr, car il aurait dû être présent bien avant que la déveine onirique ne le terrorise. Les sempiternelles objurgations de Yevana lui revint dûment en mémoire : zélé de travail, qu'il était, bien trop bourreau acharné, il en avait derechef la preuve ce soir.

Il n'eut alors qu'un léger sourire navré, sans savoir que répondre à sa touchante détresse, sans savoir qu'il serait bientôt témoin d'un émoi encore plus considérable. Silencieux, attentif, il espérait que l'angelot saisirait l'opportunité de s'épancher de ses angoisses, ce qu'il fit dans une tirade... Truculente. « La bougie... ? » Avait repris le sigisbée en sourcillant quelque peu, intrigué par cet aveu sibyllin. Il n'avait jamais pensé que ces cierges avaient autant d'importance, il s'était vraisemblablement fourvoyé en conjecturant que le Stone ne faisait que les allumer pour mieux s'assoupir... Cela signifiait donc qu'il tronquait son sommeil pour que jamais la pénombre ne l'engloutisse totalement ? Il comprenait désormais mieux cette fatigue qui lui semblait parfois chronique, et se fit la réflexion qu'une telle situation ne pouvait plus durer, mais il n'était décemment pas à même d'entamer une thérapie alors qu'il s'en allait en guerre le lendemain. Avec l'espoir d'en apprendre davantage, il tendit l'oreille lorsque son interlocuteur reprit parole pour l'interroger... Et le laissait, comme beaucoup trop souvent, fort pantois. La curiosité était une notion tout à fait légitime et son caractère imprévisible pouvait créer bien des surprises. Peut-être fut-ce justement l'irrésolution qui s'en était venue ornementer sa physionomie qui fit hâtivement réagir le jeune homme, usuellement anxieux à l'idée de pouvoir se confondre en impairs. Le freux l'écouta sans l'interrompre, incroyablement touché par tant de sollicitude, diablement attendri par l'innocuité enfantine et profondément flatté de constater qu'il était ainsi tenu en telle estime. Il ne put empêcher ses prunelles d'un azur maritime de se consteller d'une émotion conquise, une irrépressible risette étirant ses commissures labiales – si le rire avait été une manière d'exprimer sa gratitude, il se serait désopilé à n'en plus pouvoir respirer. La guerre, toujours la conflagration dans l'esprit de tous, la couronne avait malheureusement été lente à réagir à la menace de la Seiche d'Or, mais la riposte était imminente et providentielle pour beaucoup. Un ricanement eut l'audace de franchir ses barricades lorsqu'Ethaniel voulut, sûrement vainement, de conjurer le sort en tentant l'auto-persuasion – les écumeurs des Iles-de-Fer seraient dans l'incapacité de résister aux forces armées, c'était une certitude, mais dans leur déferlante même vouée à l'échec, ils emporteraient nombre d'âmes. Une véracité dont il était le premier à avoir conscience, et qu'il avait acceptée. Une vie, qu'était-ce, face à la pérennité d'un royaume tout entier ? Une poussière dans l'univers.

« Viens là... » Souffla le Mallery d'un timbre extraordinairement doux tout en tirant un siège pour l'installer juste à côté de lui, qu'il désigna ensuite au Stone pour qu'il y place sa croupe. Il avait bien entendu les propos sur cette amie portée disparue, mais avait jugé opportun d'y revenir plus tard, il était préférable de mettre la priorité sur les tourments du bambin. Son bras se plaça sur le dossier de la chaise de ce dernier et il s'orienta de trois quarts en sa direction, une position loin de toute solennité et qui, au contraire, suggérait une éloquente proximité. De sa main libre, le chevalier frotta sa barbe avec une mimique concernée, refermant sur son jeune page une chrysalide naturellement paternelle. « J'ai jadis connu un garçon de ton apanage, tu sais... » Il posa son regard dans les onyx de l'angelot avec un sourire au coin des lippes. « Il était même bien plus malingre que tu ne l'es, plus petit aussi, avec des yeux couards et une houppette rebelle. C'était l'enfant le plus pleutre qu'il m'ait jamais été donné de voir, pour te dire, il avait presque peur de son ombre. Lorsqu'il musardait dans les venelles de Port-Réal, il frémissait à chaque fois qu'il croisait la route d'un Manteau d'Or, par crainte d'être leur bouc émissaire du jour alors qu'il n'avait rien fait. Et justement, il n'osait rien faire ! Parfois, il marchait jusqu'aux huis du Donjon Rouge, et il pouvait passer une journée entière à les contempler s'ouvrir et se fermer sur un monde qu'il rêvait de connaître. Les parangons de vertu que l'on nomme chevaliers étaient ses modèles, il était prêt à tout pour leur ressembler, mais force était de constater qu'il n'en avait vertement pas le potentiel. C'était tout du moins ce que tous lui disaient... » Ses calots se perdirent dans la pièce. « Les années faisant, et prenant son mal en patience, il a fini par grandir, par s'épaissir, mû par la volonté de devenir quelqu'un. Il a affronté une pléiade de déboires, soutenu par quelques personnes sans lesquelles il n'aurait jamais pu avancer, et des erreurs, il en a faites encore plus ! Il a essayé de tirer les leçons de chaque culbute, il a servi, inlassablement, les principes auxquels il croyait... Aujourd'hui, il est très loin d'être devenu un homme parfait, mais lorsque lui prend une envie rétrospective, c'est non sans fierté qu'il mire par-dessus son épaule cette jeunesse dont il rit. » Un instant de mutisme, puis il ponctua en revenant sur Ethaniel. « Ce garçon... Tu devines qui c'est, n'est-ce pas ? C'est de moi dont il s'agit, évidemment. »

Alrik afficha une risette espiègle, ébaudi par l'évocation de ses souvenirs, de ces quelques péripéties qui constituaient son histoire. Il n'amplifiait en rien la couardise qui l'avait longtemps hanté, Aslak en avait été le premier témoin et il ne manquait jamais de le railler même vingt ans plus tard. Quant à ceux qui avait été présents pour lui dans cette période d'immuable lutte quotidienne, ses pensées convergeaient en choeur vers son lord, Brynden Rivers, et la muse de Westeros, Shaïra Seastar. Sans eux, il ne serait assurément point devenu le même quidam, il leur devait tant qu'une existence ne serait pas suffisante pour renflouer sa dette de bienveillance. S'il lui avait conté tout ceci, c'était dans un dessein précis : celui de ne pas s'en faire pour l'avenir. Des bâtards avaient réussi bien avant qu'il ne naisse, tout n'était qu'une question de temps, de résolution et de bonnes rencontres. Dans un élan purement affectif, le commandant glissa ses phalanges dans la crinière de son page et y déposa une caresse – s'il pouvait être un pédagogue exigeant, il n'en demeurait pas moins humain, et sensible. Loin de lui l'idée de faire du Stone un guerrier sanguinaire que rien ne pourrait émerveiller, son rôle était d'en faire un homme aussi probe que possible, un homme qui ne perdrait rien de sa quintessence à la kyrielle des années.

« Bien sûr qu'il m'arrive d'avoir peur Ethaniel. Tout le monde a peur de quelque chose, ne crois surtout pas ceux qui affirment le contraire. Tu dompteras tes angoisses au gré de tes expériences, ne te compare pas aux adultes alors que tu n'en es pas encore un. » Sa main échoua de la chevelure du garçonnet à son épaule. « Les fer-nés sont de redoutables adversaires, je le sais pour en avoir déjà combattus, et... » Lui dire qu'il n'était pas certain de revenir entier ? C'était un fait, mais il n'avait pas besoin de l'entendre de sa bouche. « C'est mon devoir de m'y rendre, pour représenter la Main du Roi. Beaucoup de suzerains se sont mobilisés, dont les Lannister et les Arryn qui revêtiront eux-mêmes l'armure. Nous sommes nombreux et organisés, les îliens ne s'attendent pas à notre assaut. N'aie donc crainte, tout se passera bien. »

Partir vainqueur ou ne pas partir du tout, il aurait le moral des Dents de Freux à entretenir tout au long de la pérégrination, aussi devait-il s'exprimer en des termes positifs à tout instant. Dagon Greyjoy n'aurait d'autre alternative que de courber l'échine face aux envahisseurs, qu'il ne parviendrait pas à bouter hors de son archipel. L'important était encore de rester en vie jusqu'à atteindre la forteresse de Pyk, mais il aurait tout loisir d'y songer une fois sur le navire qui les y mènerait. Pour l'heure, il repensa à la donzelle évoquée par le Stone – il était fort ardu de conclure que les forbans pouvaient être fautifs de son enlèvement sans preuve aucune, mais c'était malgré tout l'hypothèse la plus vraisemblable lorsqu'il était question de disparition au large des mers occidentales. Le garçonnet avait de la jugeote, c'était à se demander ce qu'une réponse positive ou non pourrait bien lui apporter dans un tel cas de figure. Le freux consentit toutefois à s'y intéresser, non sans sensiblement extrapoler sur une dite hétérochromie qu'il avait déjà pu contempler sur une toute autre personnalité.

« Concernant ton amie... Elle est vairon, c'est cela ? Tout comme l'est lady Shaïra de Lys. Oh mais... J'y pense, tu ne l'as peut-être point encore rencontrée depuis ton arrivée ? Je te la présenterai à mon retour si tu ne l'as pas croisée d'ici là, nous nous connaissons très bien. Depuis très longtemps, même. » Et presque deux décennies après, la dragonne parvenait encore à le stupéfier, elle aussi ! Leur dernier conciliabule n'avait pas brillé de par sa bonhomie, les faits étaient bien plus alambiqués que les apparences ne le suggéraient. Se disant, il frotta une nouvelle fois son menton tout en réfléchissant d'un air évasif. « Cela étant, il est vrai que les Iles-de-Fer se situant à proximité des Terres de l'Ouest, il est tout à fait plausible qu'elle ait été victime d'une rapine. Je dirais que cela dépend de quand était-ce, depuis l'attaque de Port-Lannis, la Flotte du Lion veille à l'orée des côtes et il est devenu bien compliqué pour un boutre de s'en approcher. Puis tu as parlé de baleinier ? Ce sont les ibbéniens qui en usent, si je ne m'abuse. Enfin, soit, je suis navré qu'il lui soit arrivé malheur, je ne souhaite à personne de tomber sous le joug des fer-nés. »

Ce n'était alors qu'une vie de servitude pour les femmes, et la besogne dans les mines de fer pour les quidams. Un bien funeste destin, auquel certains préféraient la mort.


Vous allez balayer ma cendre ; L’homme ou l’insecte en renaîtra ! Mon nom brûlant de se répandre, dans le nom commun se perdra. Il fut! Voilà tout ! Bientôt même, l'oubli couvre ce mot suprême, un siècle ou deux l’auront vaincu. Mais vous ne pouvez, ô nature, effacer une créature... Je meurs. Qu’importe... J'ai vécu !


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Ethaniel Stone
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Message Mer 10 Juil 2013 - 16:04

Ethaniel avait été particulièrement surpris par le timbre de voix si doux de la part de son mentor. En cet instant, et peut-être pour la première fois depuis qu’ils se connaissaient, il n’avait plus l’impression d’avoir le prestigieux chevalier qu’il admirait tant mais bien davantage un homme tout simplement pour qui son affection était importante. Il n’oubliait néanmoins pas sa place mais cette proximité installée en cet instant émoussait son attachement envers cet homme qui représentait un cap important dans sa vie et qui était également le second personnage de son existence à lui consacrer autant d’intérêt et de temps, la première personne étant sa tante-mère. La différence était que cette dernière n’avait en quelque sorte pas eu le choix, et même si le jeune garçon savait pertinemment qu’elle avait réellement beaucoup d’amour pour lui et que si l’idée lui avait parut infaisable, elle ne l’aurait jamais éduqué, elle l’avait premièrement fait à la demande de son père. Alrik Mallery, par contre, avait accepté de son plein gré de s’occuper de lui alors qu’il avait sa propre vie, sa propre famille et qu’aucune obligation d’aucune sorte ne pesait au dessus de sa tête si jamais le refus avait été son souhait. Cela changeait tout à ses yeux même si la reconnaissance qu’il avait envers les gens qui lui offraient un peu d’intérêt était tout simplement énorme pour un bâtard comme lui. Etre ingrat n’était pas dans ses capacités et encore moins dans sa façon de penser. Mais nier que l’individu à ses côtés étaient différent des autres n’était pas possible. Chaque jour il pouvait voir un nouveau faciès de ce Dent de Freux et chaque jour se signifiait-il qu’il avait de la chance de se trouver à ses côtés. Cela n’était pas donné à tout le monde et pourtant c’était lui qui profitait de cette chance. Ses prunelles posées sur le visage de cet homme lui permettaient de détailler ce dernier avec plus d’objectivité que jadis car à son souvenir, il n’avait jamais été aussi proche de lui qu’en cet instant, que ce soit en proximité physique qu’également émotionnelle. Oser se confier à lui n’était pas toujours aisé car il n’était pas fier de ce qui le caractérisait et l’avouer à chaque fois au Commandant restait douloureux et entraînait une crainte qu’il ne pouvait qu’apaiser une fois sûr que le renvoi n’était pas à la page du jour. L’observant, il dévora en réalité le moindre de ses traits marqués par l’âge ce qui donnait tout simplement un charisme certain et non un penchant vers la vieillesse, par le dur labeur et le manque de sommeil très certainement qui ne faisait que traduire l’investissement dont cet homme était capable, tout ce qu’il savait déjà mais qui pouvait être identifié à travers les diverses marques honorant ses traits. Il était homme contre lequel on voulait se réfugier quand on était transi de peur, derrière lequel on voulait se trouver pour être sûr de ne jamais subir de dégâts, avec l’impression que rien ne pouvait jamais arriver en sa compagnie. Une confiance à ce point aveugle était d’un apaisement sans limite mais d’une pression impressionnante car ne jamais le trahir ni lui faire de mal se jumelait à se sentiment, et dans sa tête, il en avait des raisons de lui causer du tort vu ses nombreux défauts ce qui diminuait l’impact de l’apaisement ressenti. Heureusement, les tâches qui lui étaient confiées étaient plus nombreuses et toujours d’un bonheur imposant à l’idée même de pouvoir l’aider.

En attendant, il se fit attentif et surtout écouta avec concentration les propos proférés par son mentor qui semblait vouloir lui narrer l’histoire d’une connaissance à lui. Du moins c’est ce qu’il crut jusqu’à ce que quelque chose dans la manière de formuler laisser suggérer quelque chose de personnel. Cependant, au vu des dires prononcés, il avait beaucoup de mal à se laisser aller à croire que l’enfant apeuré et loin de tout destin prestigieux se trouvait en réalité être l’homme à ses côtés. Il écouta alors sans poser de jugement comprenant parfaitement ce garçon bourré de rêves en tête qu’il n’atteindrait peut-être jamais. Il ne put donc qu’ouvrir grand ses yeux lorsque la vérité tomba sur l’identité de ce jeune garçon qui était bel et bien le chevalier fort, courageux et avec un poste sans concurrence qu’il pouvait voir en cet instant. Bien sûr, cela lui laissait de l’espoir et lui disait que c’était peut-être possible que lui aussi atteigne un certain courage. Mais dans sa tête encore endoctrinée dans sa situation de bâtard et de couard à toutes épreuves traversant sa route, ce fut pour lui impossible de croire qu’il arriverait aussi loin que son mentor. Par contre, en rajouter au respect et à l’admiration qu’il avait était certain. Se rendre compte qu’un homme d’un tel acabit venait au fond de rien était parfaitement admirable. Il comprenait maintenant le caractère humble, toute l’humilité dont il faisait preuve, le respect des gens même défavorisé, et ce penchant pour la justice tout à fait sincère et rempli de principes honorables. L’adulte put sûrement d’ailleurs constater l’émerveillement que les prunelles juvéniles posèrent sur lui à cette révélation. Cela le confortait dans l’idée qu’il avait choisi la meilleure personne au monde pour l’éduquer grâce à ses expériences mais également grâce à son passé. N’oubliant pas d’où il venait, il continuait à respecter ceux qui l’entouraient. Il espérait un jour pouvoir être digne de cet homme et des principes qu’il lui aurait inculqués. Il avait d’ailleurs sûrement du souffrir lui aussi, ce qui le rendit quelque part prit d’une tristesse… mais il devait se focaliser sur les jours actuels ou maintenant il était respecté et mit à la place qui devait être la sienne. Le geste à nouveau tendre dans ses cheveux le fit frissonner tellement la douceur était surprenante et agréable. Il ne savait pas vraiment s’il avait droit à autant d’égard après ce qui s’était déroulé cette nuit, mais il fut totalement incapable d’émettre le moindre mot pour suggérer une gentillesse trop poussée alors qu’il ne le méritait guère. Pour une fois il se contenta de profiter sans se poser de questions derrière.

Le Dent de Freux reprit la parole pour lui rappeler, comme il le savait, que tout le monde était sujet à la peur. Alors comment faisait-il surtout pour ne pas le montrer ? La suite par contre le surprit tandis qu’il posait à nouveau ses yeux sur l’individu à ses côtés : ne pas chercher à être un adulte avant l’heure. Mais pourtant il lui semblait parfois impossible d’être un enfant… Il savait pertinemment que ses expériences étaient encore réduites, mais l’amusement que certains enfants de son âge réalisaient lui paraissait dénué d’intérêt et ne parvenait pas à le solliciter. Evidemment, la solitude et le peu d’égard que les enfants cautionnaient à son attention n’était peut-être pas anodin dans le processus. Mais il se sentait bien plus attirer par les conversations sur le monde que les adultes seuls formulaient tandis que les enfants préféraient s’amuser en restant en dehors des préoccupations du genre. Cependant, son mentor avait peut-être raison que le temps seulement lui apporterait les solutions à ses difficultés anxiogènes. La main quittant son épaule fut accompagnée de propos lui rappelant à nouveau cette guerre pour laquelle il ne se réjouissait pas de voir partir le commandant. Néanmoins, peut-être grâce à l’assurance de la voix ou vu qui lui adressait cette dernière, il sentait un léger apaisement à se rendre compte qu’ils étaient organisés et que les Fer-nés ne s’attendaient pas à leur débarquement. Un effet de surprise avait toujours tendance à valoriser la victoire, il l’avait lu très souvent. Cependant, malgré tout, il savait parfaitement qu’une fois Arlik partit, l’anxiété l’assaillirait, que ses peurs reprendraient le dessus et que son absence allait engendrer diverses conséquences sur son sommeil, son appétit et sa sociabilité. Mais il ne pouvait pas se permettre de le formuler ouvertement car il avait bien spécifié que lui aussi subissait la peur, même si ce n’était pas visible. Alors peut-être que finalement, il ne faisait qu’en rajouter à un homme qui semblait déjà en proie à cet état de fait. La culpabilité se fit alors ressentir. C’était soutenir son mentor qu’il devait réaliser et non l’enfoncer en lui rappelant qu’il pouvait mourir à tout instant. Se reprenant autant que possible, il regarda l’adulte et lui sourit.

« Vous avez raison Ser Alrik. Je suis sûr que vos plans sont bien pensés et que votre intervention arrivera à dominer les Fer-nés comme vous le souhaitez. Vous reviendrez victorieux ! De toute façon, vous n’avez pas le choix parce que sinon ils vont mettre quelqu’un de moins compétent que vous. C’est vous qui devez représenter la Main du Roi et forcément, vous devez revenir pour montrer sa puissance ! »

De nouveau une tentative pour conjurer un sort, mais surtout un soutient qui se voulait sincère. Sa peur le faisait redouter l’absence de retour certes, au fond de lui, mais en réalité il croyait réellement aux capacités du Commandant des Dents de Freux et il ne devait pas en douter même si l’anxiété lui faisait voir le scénario le plus catastrophique qu’il pouvait y avoir. Par contre il prit conscience de ses paroles et de l’intonation davantage orientée vers des ordres. Aussi parut-il un peu gêné à la suite et formula quelques propos d’excuse.

« Pardonnez-moi… Je ne voulais pas vous donnez d’impératifs… C’était juste… enfin comme pour motiver… » décidément, dès qu’il se laissait aller oralement, il se sentait toujours dépourvu de droit et par conséquent dans l’erreur « Désolé… » ajouta-t-il pour conclure et tenter d’effacer ses propos.

Heureusement, la conversation repartit sur un autre sujet, pas forcément joyeux pour le coup puisqu’il concernait son amie disparue. Il acquiesça lorsqu’il signifia le mot pour pousser pour l’hétérochromie dont elle faisait preuve à un niveau oculaire. Il fut surpris d’apprendre que la plus belle femme de Westeros dont il avait entendu parler sans pour autant en connaître beaucoup de choses faisait partie de ses femmes rares qui possédaient cette perle de beauté bien rare. L’étonnement s’accentua quand il apprit qu’elle était très proche d’Alrik. La chance de pouvoir la rencontrer titillait sa curiosité mais il n’en fit pas part pour ne pas paraître déplacé. Il acquiesça de nouveau lorsqu’il parla des origines de Séraphine qui était effectivement adéquate. Il fut touché par la sollicitude mais… une question le taraudait en réalité depuis qu’il avait réalisé qu’elle était peut-être sur les îles.

« Est-ce… Enfin je sais que vous aurez autre chose à faire bien sûr… mais… mais si jamais vous la trouvez, vous croyez que vous pourriez la ramener ? Je… je ne sais pas du tout si elle est encore en vie… » fait particulièrement douloureux « Mais, si elle l’est, il ne faut pas la laisser là. Elle va souffrir toute seule parmi les Fer-nés ! C’est une femme forte parce qu’elle travaillait avec sa famille alors … elle sait se débrouiller… mais… on dit quand même que les personnes emmenées par les Fer-nés deviennent leurs esclaves…elle n’est pas faite pour mener cette vie là. Elle a déjà une vie ! Et puis son père voudra la revoir c’est certain ! » Lui aussi de toutes ses forces… Mais il ne voulait pas se montrer égoïste en rajoutant ce genre de propos, car avant tout il voulait surtout la sortir des griffes de personnes peut-être mal attentionnée à son encontre. Sa naïveté et son inexpérience dans le domaine le laissaient en dehors des préoccupations à caractère sexuels qu’elle pourrait subir. Il savait ce qu’était le viol mais de la à le comprendre vraiment, il était encore trop jeune. « Si vous pouvez faire quelque chose… s’il vous plaît… Je ne veux pas qu’elle souffre. »

L’idée même qu’elle subisse des sévisses actuellement le rendait aussi anxieux qu’à l’idée de voir partir son mentor à la guerre. Sans le savoir, ses yeux étaient remplis d’espoir envers le Dent de Feux qui était sûrement le seul espoir de la jeune femme. Aussi ne pouvait-il demander à quelqu’un d’autre que lui de l’aider. De toute façon, qui serait assez fou pour aller secourir une femme dont on ne savait pas où elle aurait potentiellement pu atterrir. Il était totalement conscient que si cela se faisait, elle n’était nullement sur les îles de fer et qu’elle était peut-être déjà morte quelque part dans la mer ou ailleurs dans le monde. Mais si un maigre espoir subsistait, il avait réellement envie d’y croire… Malgré l’espoir, la peur avait refait surface et il ne put s’empêcher de baisser les yeux face à celle-ci qui avait sûrement fait s’éteindre l’espoir ravivé durant un instant. En réalité, peut-être ne la reverrait-il jamais plus, cette jeune femme qui l’avait accepté à ses côtés et qui à chaque retrouvailles lui narrait ses expériences, ses découvertes, le rendant juste simplement heureux. Sans quitter ses pieds qui pendaient de la chaise et se balançaient légèrement, il reprit plus bas la parole.

« Comment vous faites pour ne pas vous laissez envahir par la peur, Ser Alrik ? Moi je… je n’arrive jamais à la contrôler. Vous dites que c’est l’expérience mais j’ai déjà huit ans, je devrais arriver à voir un changement non ? » Il garda le silence un instant avant d’ajouter « Je sais que vous m’avez raconté votre histoire pour que je crois que c’était possible de changer… Je pense que vous avez raison mais je n’arrive pas à y croire en ce qui me concerne. Alors que je suis sûr que vous avez du affronter des difficultés bien plus imposantes que moi ! Vous avez tellement été admirable que vous en êtes arrivé à être Commandant des Dents de Freux. Moi je ne sais pas très bien où je vais être capable d’arriver… Quand j’arrive à vous aider je suis super heureux mais je ne sais pas faire grand-chose.» il releva ses prunelles pour observer le Commandant « Je vous promets que c’est ce que je souhaite pourtant ! Je voudrais vraiment… devenir plus fort…Mais moi tout ce que je sais faire c’est lire des livres. »

Cela le travaillait beaucoup, mais il prit conscience que cela pouvait passer pour des plaintes une nouvelle fois. Il n’était pas du tout un enfant plaintif pourtant, il faisait bien davantage partie de ceux qui taisaient leurs tracas pour les conserver enfouis et tenter de les gérer autant que possible. La gentillesse adressée à son égard l’avait sûrement rendu plus bavard pour son désarroi actuel car il lui semblait qu’à part se plaindre et demander des services, la conversation ne tournait pas autour de grand-chose. Laissant son regard changer rapidement de direction, il formula de nouvelles excuses.

« Je suis désolé… Je ne fais que me plaindre auprès de vous ce soir. Je vais tenter de faire des efforts pour être moins….moins dérangeant… » se reprenant il décida de changer de sujet pour éviter que l’on se rabatte à nouveau sur lui « Vous devez encore travailler beaucoup ce soir ? Il ne faudrait pas que vous manquiez de sommeil avant votre départ… » se permit-il de formuler.



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Alrik Mallery
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Message Dim 14 Juil 2013 - 9:49

Alrik était un homme auquel la fortune souriait de toute son opaline denture... Oui, il était chanceux, que des personnes se rongent les sangs pour lui, de ne pas être de ceux qui n'auraient le souvenir de quiconque auquel s'agricher une fois sur les flots, en route pour une bataille succincte mais pas moins virulente. Ceux qui n'avaient jamais participé à une guerre ne pouvaient imaginer ce qu'était la véritable signification du mot « horreur », ils étaient incapables d'illustrer l'abjection et la bêtise humaine mariées dans de funèbres noces dont les combattants étaient les convives, non, c'était inconcevable tant que l'on avait point goûté au buffet du conflit... Et c'était bien mieux ainsi. Une pléthore s'étaient enrôlés ou avaient été désignés sans réellement savoir dans quelle odyssée pourpre ils embarquaient, ils auraient le temps du trajet, à la rythmique des brimbalements causés par les flots, pour y songer. Tandis que certains prieraient leurs déités, lui, voueraient la moindre parcelle de ses pensées vers ceux qu'il aimait, vers les âmes qu'il considérait. Les êtres sincèrement précieux se dénombraient souvent sur les doigts d'une main, mais à eux seuls et sans qu'ils n'en soient peut-être conscients, ils étaient les perles de l'ondée venues hydrater et bénir les lands du guerrier, spirituelles et émotives, rendues arides par l'appréhension de la croisade. Dire que les fer-nés ignoraient encore que l'ire vengeresse du continent s'apprêtait à leur choir sur le crâne, à saborder leur flotte et à pacifier leur subversion... C'en était presque cocasse, alors qu'eux-mêmes avaient toujours basé leurs assauts sur la contingence. Les malandrins pris à leur propre piège, et comme beaucoup avant eux, ils s'étaient faits joueurs indisciplinés dans le jeu des trônes, et ils allaient perdre. Les conséquences de cette sédition ne seraient assurément pas à l'envergure de leurs ignominies, mais même le pire des châtiments ne serait enclin à ramener les malheureux qui étaient tombés sous leurs déferlantes. Au moins, les côtes redeviendraient sûres, les peuplades et les polacres n'auraient plus matière à s'inquiéter, et ils pourraient, éventuellement, faire leur deuil. Oui, c'était pour eux, la justice était la source de résolution du chevalier qui avait bel et bien l'intention de revenir entier, le coeur seulement estropié de ne pas avoir pu agir plus tôt. Les prières et la sollicitude de ses proches l'accompagneraient et lui offriraient la force nécessaire pour ce faire, par ailleurs, il gardait plus que précieusement le médaillon à l'emblème des Vance autour de son cou, celui-là même que Velanna lui avait subtilement glissé au creux de la main avant qu'ils ne se quittent. L'amour, qu'il vienne des épris, qu'il soit paternel ou fraternel... Telle était la vraie raison d'avancer.

Alors, oui, il reviendrait victorieux avec des troupes heureuses de retrouver leurs foyers, avec la résignation des Greyjoy estampée sur des documents officiels, il n'en attendait pas moins. Pour ce qui était de se faire remplacer par moins compétent qu'il ne l'était... Le Mallery émit un ricanement constellé d'une gratitude muette, toujours comblé d'être complimenté sur la qualité de sa besogne, même par un petit ange qui l'avait pris en admiration. Ce dernier était toutefois loin d'avoir tort en dépit de son jeune âge : il porterait la bannière de la Main du Roi bien avant d'arborer la sienne, l'échec ne lui était guère permis. Ethaniel était si lucide de la situation que son mentor ne comprit pas immédiatement la cause de son soudain élan contrit, constatant non sans un fond de perplexité que sa propension à se sentir dans le préjudice surpassait toutes les autres, aussi fit-il un petit geste de la main pour le rassurer.« Aucune offense. » Ses paroles n'avaient été que des impératifs affectueux qu'il ne pouvait prendre à mal, bien au contraire. Cependant, la suite de la conversation prit des atours qu'il avait redoutés... Le commandant n'était pas convaincu que le fait de savoir une amie chère à son coeur à jamais captive des Iles-de-Fer constitue une information salutaire, raison pour laquelle il n'avait rien proposé à ce sujet, candide qu'il eut été de croire que son page se contenterait des quelques mots déjà échangés à ce propos. En réalité, si cette créature dite vairon n'avait point été issue d'Ibben, il aurait lui-même suggéré de se mettre à sa recherche... Mais les faits étaient là ; cette donzelle et sa fratrie n'étaient pas originaires de Westeros, le royaume ne pouvait donc rien pour eux. Une véracité délicate à annoncer sans qu'elle ne passe pour une parfaite iniquité, sans qu'elle ne soit mal prise par le garçonnet qui risquait de se mortifier, ou tout simplement de ne pas comprendre. Les lois n'étaient pas faites pour être transgressées, pas même par un quidam de son acabit, alors qu'il s'en allait justement les rappeler au bon souvenir des corsaires et les faire respecter. Embarrassé, le freux se frotta la nuque en déviant son regard, voulant atermoyer ce moment où il devrait lui annoncer et lui faire accepter la dure réalité. Fort heureusement, le Stone poursuivit dans un autre registre qui lui octroierait encore un peu de temps avant l'inéluctable, et ce fut avec plaisir qu'il saisit l'opportunité. A nouveau attendri par tant d'innocence et de volonté, il reposa son regard azuré sur lui et l'écouta avec patience, heureux de voir que les aveux se succédaient sans crainte. Un nouveau rire résonna dans l'office qui se faisait antre de confidences et de confiance, et le plus vieux du binôme opina négativement du chef.

« Y a t-il une tirade que tu formules sans t'excuser ? » Il le raillait gentiment, sans prétention de l'offusquer, bien que cette marotte pouvait aisément devenir irritante puisque souvent injustifiée. « Tout est déjà fin prêt pour le départ et j'ai dispensé mes instructions aux Dents de Freux qui resteront ici, concrètement, je n'ai plus rien à faire. Mais à croire que je ne peux rester assis plus de quelques instants sans en être incommodé... J'aurai de toute façon tout le loisir de me reposer une fois sur le navire, la route se promet d'être longue jusqu'au littoral occidental. Mais dis donc... C'est que tu m'enverrais presque au lit toi ! As-tu bientôt l'intention de me faire arpenter les corridors du Donjon Rouge pour délivrer des épîtres ? » Inverser leurs rôles sonnait comme ubuesque, il tenta même d'imaginer le bâtard à admonester les factionnaires qui se reposeraient sur leurs lauriers, un peu comme il l'avait précédemment fait. Il en serait le plus jeune gradé de toute l'histoire de Westeros, à n'en point douter ! Et d'ailleurs, il sauta sur l'occasion pour enchainer. « Transporter des missives sans les égarer et en les remettant à la bonne personne, ce n'est pas à la portée de tout le monde... Tu vois donc bien, que tu sais faire quelque chose ! Qui plus est, tu es aussi apte à te forger une opinion basée sur tes connaissances plus que sur ce que d'autres pourront te dire, tu apprendras au gré des ans à ce qu'elle soit simplement plus solide. C'est également toi qui a réussi à me persuader de te prendre sous mon aile, nul n'aurait pu y parvenir à ta place, n'est-ce pas la preuve que tu peux, toi aussi, atteindre les objectifs que tu te fixes ? Et puis... Tu sais lire. A ton âge, j'aurais occis pour ne plus être analphabète. Moi, tout ce que je savais faire, c'était me cacher dans les jupons de ma défunte mère, observer de loin les facéties de mon frère et aider feu mon père dans ses poteries. Tu admettras que j'étais loin de pouvoir prétendre à quoi que ce put être. »

Le sigisbée haussa doucement les épaules, pas moins frivole nonobstant le peu de facultés qu'il présentait jadis. Partir de rien et se bâtir un empire, son ultime dessein auquel il avait accédé avec son anoblissement, même s'il restait encore un long chemin de croix à parcourir. Il était le fondateur de sa maison vielle de seulement une trinité d'années, bien peu reconnue parmi les autres, les Mallery avaient encore tout à prouver, et un remariage s'avérait inexorable s'il ne désirait pas que sa lignée s'éteigne avec lui. Une perspective amèrement ironique, lui qui avait toute sa vie oeuvré pour laisser une trace de son passage, et qui emporterait tous ses efforts et sacrifices dans sa sépulture s'il venait à périr demain, sans héritier pour faire perdurer l'oriflamme familiale. Il s'était évidemment refusé à cela, et ce qui était angoisse s'était transfiguré en espoir avec la demoiselle dont il s'était énamouré, encore plus depuis qu'il savait ces sentiments réciproques. Son patronyme était encore loin d'avoir atteint son apogée, il en était plus que certain, et tant pis s'il ne devait plus être de ce monde pour pouvoir en témoigner. Peut-être Ethaniel vivrait-il suffisamment vieux pour contempler cette ascension... Ethaniel... Alrik eut subitement un air navré, profondément embêté en repensant à sa requête, à laquelle il ne pourrait accéder qu'à demi. Il se mordit l'intérieur de la joue et fit errer ses prunelles dans cette pièce qu'il connaissait plus que parfaitement, avant de se servir un verre d'eau comme pour retarder, une dernière fois, l'inévitable. Après une gorgée d'eau fraîche et sans plus mirer son interlocuteur, son timbre davantage enroué tinta alors.

« Existent des sentiments bien pires que la peur, tu sais... » La colère et la déception en faisaient selon lui partie, mais le chevalier aimait à prendre ses responsabilités, et c'était désormais à lui d'assumer l'impuissance du royaume face à la probable détresse de ladite Séraphine. Westeros n'aurait d'autre choix que sciemment fermer les yeux sur son sort et celui de ses pairs... « Ecoute Ethaniel, écoute-moi bien... » Il humecta ses lippes et finalement, préféra pivoter dans sa direction et plongea dans ses sombres agates, même si l'exercice en devenait plus ardu. « Mes voeux exigent de moi une probité et un sens de l'éthique qui se voudraient à toute épreuve, mais nul chevalier ne peut se targuer d'être l'incarnation pure des préceptes qui régissent son existence, tout simplement parce que la perfection n'est pas dans la nature humaine. L'indigent et le souverain ont des comptes à rendre, au final, absolument personne ne peut agir comme bon lui semble sans en essuyer, un jour ou l'autre, les conséquences. » Il s'égarait en spiritualité, et son discours aurait tôt fait de faire croître l'appréhension chez l'angelot qui était suffisamment doué d'intellect pour comprendre que cet exorde n'était pas de bon augure. Mais il ne pouvait le lui proclamer de but en blanc, c'était le moment ou jamais d'user des bons termes. « Je peux tout à fait me renseigner pour savoir si ton amie se trouve sur les Iles-de-Fer, et si tel est le cas, peut-être en apprendre davantage sur sa situation là-bas, ainsi que les méchefs qui l'y ont amenée... Mais... » C'était maintenant qu'il fallait frémir, le premier car il était sur le point d'entendre une fort mauvaise nouvelle, le second parce qu'il la lui annonçait. « Le Pays d'Ib est un archipel en dehors de Westeros, ses habitants ne sont pas sous la juridiction de la couronne, peu importe qu'ils se trouvent présentement sur l'un de nos territoires. Seuls les prisonniers issus de nos terres pourront être libérés, les étrangers... Devront rester là-bas. » C'était cruel et le freux en avait bien conscience, il craignait déjà les oeillades et suppliques que les assujettis non affiliés à leur continent leur adresseraient pour qu'ils les soulagent de leurs chaînes. Même s'il avait l'ibbénienne sous les yeux, il n'aurait aucun droit de l'emmener, il ne pourrait que lui céder ses encouragements les plus scrupuleux. « Si cela ne tenait qu'à moi, je te l'aurais ramenée, ta chasseuse de baleines, en admettant qu'elle y soit... Mais j'ai des ordres stricts, que je dois suivre à la lettre. Tu comprends cela, n'est-ce pas ? » Il aurait mieux valu qu'ils n'aient pas cette conversation, Alrik se sentait comme un bourreau qui venait d'asséner une estocade inopinée et qui ne manquerait certainement pas sa cible. Il conjecturait sur la réaction du Stone, les larmes, le mutisme, l'objurgation... Il lui faudrait dans tous les cas s'assurer que la meurtrissure n'était pas incurable. Il empoigna doucement l'épaule de son page, dans un geste destiné à le soutenir dans cette tribulation. « Je suis désolé... »


Vous allez balayer ma cendre ; L’homme ou l’insecte en renaîtra ! Mon nom brûlant de se répandre, dans le nom commun se perdra. Il fut! Voilà tout ! Bientôt même, l'oubli couvre ce mot suprême, un siècle ou deux l’auront vaincu. Mais vous ne pouvez, ô nature, effacer une créature... Je meurs. Qu’importe... J'ai vécu !


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Message Mar 16 Juil 2013 - 13:23

L’idée même d’être un poids pour Alrik lui était insupportable. Prendre conscience alors qu’il venait d’émettre ses faiblesses durant les trois quart de la conversation en explicitant à quel point il n’y avait pas d’issues à ses yeux lui semblaient parfaitement inapproprié et traduisait sans difficultés qu’il aurait mieux valu ne jamais avoir un page comme lui si peu efficace. C’était bien pour cette raison que changer de sujet s’était imposé tout seul histoire de pouvoir faire oublier toutes ses anxiétés et ses terreurs habituellement taciturnes. De toute façon, au fond, que pouvait-être pire que s’accrocher à sa jambe devant tout le monde terrorisé après un cauchemar ? Il pensait avoir atteint le summum avec cet événement qu’il n’oublierait jamais mais qu’il tenterait par contre de faire oublier aussi rapidement que possible à son mentor. Ce dernier de toute manière ne serait plus très longtemps à ses côtés… Bientôt le départ, bientôt l’absence et bientôt la solitude. Mais il ne voulait guère le dire. Il avait déjà avoué le contenu de son cauchemar, la peur de ne pas le voir revenir, il ne voulait pas en plus engendrer une pression en indiquant que l’anxiété à l’idée même de se retrouver seul au Donjon Rouge commençait déjà à le ronger également. Il fut cependant de la raillerie lorsque son Commandant lui demanda s’il lui arrivait de parler sans s’excuser. Sans trop comprendre pourquoi, il ne put qu’en être gêné… En réalité, il s’excusait pratiquement à chaque fois qu’il parlait de lui ou qu’il lui semblait être trop intrusif dans la vie de quelqu’un. La hantise de ne pas déranger en venait à croire qu’en tant que bâtard, peu de chose lui était permise. Au fond, ce n’était pas tellement de sa faute, c’était ce qu’on avait eu cesse de lui éduquer à travers ses expériences. Un bâtard n’était rien, un bâtard ne pouvait avoir la même éducation qu’un enfant né par le mariage, un bâtard n’avait pas les mêmes droits, un bâtard ne pouvait bénéficier du temps des personnes intéressantes… un bâtard… un bâtard… Avait-il seulement déjà été Ethaniel dans sa famille ? A part pour sa tante et son père, il savait pertinemment qu’il n’était qu’un rejeton de plus que ce dernier avait eu avec une femme croisée dans sa vie. C’était aux yeux des autres une chance que son père l’ait recueilli et accepté… Mais combien de fois ne s’était-il pas demandé s’il aurait pu être plus heureux avec sa vraie mère, en tant qu’enfant non noble ? Aurait-on vraiment su qu’il était un bâtard ? S’en serait-on aussi soucié ? Aucune réponse ne lui parviendrait jamais et il avait appris que regretter ce qu’on avait vécu ne servait à rien, il fallait plutôt l’utiliser et avancer. Le seul problème était qu’il était difficile pour lui d’aller de l’avant. Les seuls moments où aucune crainte ne l’envahissait, c’était quand il était seul, dans une pièce remplie de livres et qu’il pouvait lire des heures durant sans se soucier de gêner, d’embarrasser par ses propos ou même tout simplement d’engendrer la honte simplement par sa présence. Il voyait bien le chemin parcouru puisque la décision de quitter ses terres rassurantes l’avait amené vers un destin totalement inattendu. Mais les points négatifs qui l’entouraient prenaient toujours le dessus sans qu’il puisse faire autrement. Ce n’était pas quelqu’un avec une position négative du monde, la curiosité exacerbée qui l’animait le poussait à en apprendre toujours plus, mais dès que ça le concernait, les choses étaient tout simplement différentes.

Son commandant ayant reprit la parole, il put tenter d’apaiser la gêne suite à la raillerie et écouter les propos formulés. Que son mentor soit déjà fin prêt pour la guerre ne l’étonnait point. Ce dernier étant un homme investi et qui prenait soin de ses responsabilités, il ne pouvait décemment pas arranger les choses à la dernière minute, sauf si c’était une urgence qui demandait ce genre d’attitude. Malgré ça cependant, il lui était difficile d’être tranquille. Son poste était à d’un statut tellement élevé qu’il n’y avait aucune surprise à ce qu’il soit autant sollicité. C’était totalement normal mais il ne pouvait s’empêcher de se dire qu’il devrait quand même se reposer au vu de ce qui l’attendait. Quelque chose lui disait que l’histoire du bateau était sûrement annoncée pour décorer. Il ne doutait pas que son mentor dormirait, mais pourrait-il vraiment se reposer autant qu’il semblait le dire… après tout, il était persuadé que du travail l’attendrait également sur ce bâtiment. La suite le surprit assez pour le laisser pantois à l’idée même d’être celui qui donnerait des ordres à Alrik. Ce fut confus qu’il chassa l’idée même dans des balbutiements gênés.

« Non … non ! Je … Jamais ! Je ne voulais pas…. »

Il comprit cependant rapidement que c’était une forme d’humour et la gêne le reprit de plus belle lui faisant baisser les yeux. Même quand on disait ça pour rire, il démarrait toujours au quart de tour se croyant réellement fautif… Il est vrai que l’amusement et lui cela faisait deux. Depuis quand n’avait-il plus ri ? Il ne se souvenait même plus de la dernière fois. En fait, il n’avait jamais ri qu’avec sa tante… mais ça remontait à très longtemps maintenant… Il écouta la suite pour tenter de faire passer sa gêne et la surprise fut grande quand il comprit qu’il était en train de le complimenter et par conséquent de le valoriser. Pourtant il ne voyait pas en quoi c’était difficile et comment Alrik pouvait voir en ce maigre travail de coursier quelque chose d’incroyable. Il se permit de relever les yeux vers son mentor à la suite car ce n’était pas que son travail qui fut mis en avant mais aussi ce qu’il était. Il n’aurait jamais cru qu’il pensait de la sorte et il ne put retenir l’idée que cela lui faisait plaisir. CE qu’il manifesta par une légère gêne différente en baissant un peu les yeux tandis qu’il laissait ses jambes bouger un peu d’avant en arrière, un très léger sourire tracé sur ses lèvres, discret. Cela était étrange de recevoir des compliments… Mais cependant, comme toujours, l’idée d’être meilleur que quelqu’un d’aussi respectable et admirable qu’Alrik Mallery lui fut assez insupportable pour qu’il se permette de prendre la parole.

« Je n’ai aucun mérite à savoir lire … c’est ma tante qui m’a appris. Et puis je n’ai jamais eu à travailler comme vous pour aider … »

Bien sûr qu’il avait appris très tôt à lire en réalité car la solitude l’avait poussé à découvrir les ouvrages rapidement et à tenter de les décoder pour s’occuper, voulant comprendre ces différents signes couchés sur le papier. C’était à partir de là que l’apprentissage avait commencé et que sa tante n’avait eu cesse de lui dire qu’il était doué et qu’il apprenait vraiment rapidement. Cela le remplissait souvent de plaisir puisqu’il avait l’impression que cela la rendait heureuse de voir ses prouesses dans le domaine. Des heures seul qu’il avait comblées en tentant de peaufiner sa lecture encore et encore jusqu’à parvenir à déchiffrer des ouvrages bien trop difficiles pour son âge. La compréhension avait suivi petit à petit et au fil du temps, il s’était passionné de ce que ces signes juxtaposés lui apprenaient et parvenaient à combler par le manque d’expérience personnelle. Et concernant le travail, étant un bâtard dans une famille noble, on refusait qu’il aide et n’étant pas à la rue, il n’avait aucune responsabilité… Aucun mérite ne découlait donc de sa vie. C’était sa façon de voir les choses alors que son commandant ne venant de rien avait bâti une réputation, un rang, un nom et une famille à lui seul. C’était officiellement différent. Lorsque son mentor reprit la parole, le sérieux du timbre le surprit assez pour ses prunelles enfantines ne se plongent également dans celles de cet adulte. La première partie l’étonna, non pas par la formulation qu’il comprenait malgré les mots utilisés mais davantage par le sous-entendu qu’il pouvait discerner mais dont la raison lui échappait. Son regard ne décrochait pas attendant la suite qu’il redoutait engendrait une angoisse latente. Pourtant que pouvait-il bien dire qu’il ne pourrait accepter ? venant de cet homme, il ne pouvait qu’avoir confiance. Ainsi, le sujet concernait Séraphine et son attention déjà forte redoubla alors que ses mains s’accrochaient un peu l’une l’autre dans l’attente, cela commençait bien mais quelque chose le dérangeait – peut-être à cause de la première tirade – et cela se confirma à l’entente d’un « mais ». Ce petit mot avait toujours l’art d’être régulièrement négatif quand il avait cet emplacement dans une phrase. Ses sourcils se froncèrent sans même qu’il en prenne conscience dans un début d’incompréhension. « Les étrangers devront rester là-bas ». Cette phrase était-elle bien celle qu’il pensait ? La suite ne fit que confirmer sa crainte premièrement assimilée. Alors, Séraphine devrait rester seule, souffrante et en danger simplement parce qu’elle ne venait pas de Westeros ? Comprendre ça ? Comment pouvait-il le comprendre. Ses yeux s’étaient abaissés vers ses genoux qu’il fixait sans les voir en réalité. La main sur son épaule et les excuses formulées n’empêchaient nullement la kyrielle de sentiments qui l’envahissaient en cet instant. A l’incompréhension avait succédé, la tristesse, avait que n’intervienne la colère – sentiment tellement peu véhiculé et ressenti qu’il ne put retenir ses mains de serrer le tissu de son pantalon – puis la douleur s’était greffée pour conclure ce moment particulièrement déplaisant. Relevant ses prunelles remplies de douleur, de mécontentement et d’émotion exprimée par la brillance de ces dernières, il regarda son mentor avant de formuler ses pensées.

« Non… Je ne comprends pas. » dit-il d’une voix qui semblait éprise de reproches sans qu’il parvienne à le contrôler. « Pourquoi ? Si… si quelqu’un qu’on croise est en souffrance et en danger, on se doit de l’aider non ? Peu importe d’où elle vient… » il serra plus fortement ses mains alors que sa tête se baissa de nouveau « C’est… injuste… » dit-il avec douleur d’un timbre de voix plus bas. En réalité, et contrairement à ce que l’on pouvait éventuellement croire, aucune colère n’était tournée vers cet homme qui se tenait à ses côtés. Ce sentiment était désigné à ceux qui avaient instauré cette règle. Ces règles. Ces éléments qui rendaient la vie difficile et qui empêchaient les êtres humains d’être égaux. Séraphine… Elle allait devoir rester là bas, seule, maltraitée, simplement parce qu’on ne pouvait rien faire pour elle car ce n’était pas des Ibbéniens qui se rendaient sur les îles mais des habitants de Westeros. Tout ça parce qu’elle était une étrangère… Elle qui était si douce, si gentille, elle qu’il aimait tellement…Sans pouvoir le contrôler non plus, sa vue se troubla alors tandis que ses mains toujours regardées sans les voir cependant subissaient les agressions salées qui s’écrasaient en gouttes irrégulières. Aucun son pourtant ne sortit de ses lèvres et Alrik n’avait pas droit à une vision nette et précise de ce qui était en train de se dérouler, même si ce pas comprendre aurait été difficile même par le plus stupide des hommes. Ethan n’avait plus pleuré devant quelqu’un depuis très longtemps et il s’en sentait honteux mais le désespoir qui venait de l’acculer l’avait prit au dépourvu. Il passa son poing fermé aussi rapidement que possible sur ses yeux.

« Je ne pleure pas ! » Formula-t-il avec un timbre qui parut agressif, mais c’était une défense comme une autre pour signaler que ce moment n’avait pas lieu et qu’il n’était pas en train de paraître encore plus faible qu’habituellement.

Pourtant, s’arrêter fut difficile… La douleur était écrasante et l’idée même de ne plus jamais revoir son amie – bien plus qu’une amie à ses yeux – de toute sa vie était insupportable. Il ne devait même pas ce fait à sa mort mais à l’idée qu’on ne pourrait tout simplement par l’aider. L’impuissance le tiraillait du haut de ses huit ans. S’il avait été plus vieux, plus courageux, plus fort, aurait-il pu suivre Alrik et la sauver coute que coute ? Aurait-il pu être un chevalier comme dans les romans lus qui n’abandonnent jamais personne ? Non c’était stupide. Ces histoires n’étaient justement que des histoires, les vrais faits ne rapportaient jamais d’aller contre l’autorité qui régissait le monde, il le savait pertinemment. Il fallut quelques minutes pour qu’il parvienne à contenir ses larmes et les faire disparaître pour que son cœur seul se larmoie sans qu’il dût l’exprimer. Quand il fut sûr de pouvoir faire face à son mentor, il releva un peu les yeux avant de le regarder. Ses lèvres s’étirèrent légèrement, à peine.

« Je suis désolé… Je … Je comprends que vous ayez des ordres… » c’était sincère même si ces quelques mots meurtrissaient son gosier venant d’admettre qu’une part de lui comprenait qu’elle doive être abandonner.... « mais….je… j’ai beaucoup de mal à l’accepter… » car il ne pouvait être entièrement sincère en admettant qu’il comprenait. « Je sais que ce n’est pas votre faute, Ser Alrik, c’est juste que… C’est mon amie et… » sentant la douleur revenir plus forte il s’arrêta en baissant de nouveau les yeux pour se contenir. Après quelques déglutitions difficiles, il se leva « Je dois vous laisser travailler… Il est tard et vous avez parlé beaucoup avec moi… Je ne veux pas… Vous devez… je.. Je vais lire… » En réalité, il ne savait pas quoi faire… Il n’avait envie de rien et pleurer à nouveau aurait été aisé mais il ne voulait pas s’effondrer, il voulait être fort. Ses pas le ramenèrent à son bureau avant même qu’il n’en prenne vraiment conscience et son séant trônait à sa place sur sa chaise. Il prit l’ouvrage le plus proche et l’ouvrit devant lui tentant de se concentrer sur les lignes qui défilaient devant ses yeux. Il fut obligé de discrètement repasser la main sur ses yeux une dernière fois avant de pouvoir se concentrer sur les symboles qui l’emmenèrent accroître sa culture du monde. Pourtant il haïssait en cet instant Westeros… mais il était bien trop gentil pour que ce sentiment soit plus fort que la tristesse. Il avait tellement envie de s’enfouir quelque part et d’oublier juste un instant. Ce fut sûrement dans cette optique que le temps l’amena à poser sa tête sur ses bras alors qu’il fixait la bougie non loin de lui observant la flamme dansée. Cela eut tôt fait de l’envoûter tandis que son esprit se vidait totalement exténué par cette soirée haute en couleur et ses sentiments éreintants par le déplaisir qu’ils pouvaient entraîner. Sans cette fatigue émotionnelle, le sommeil ne serait certainement pas venu l’emmener, mais pourtant ce fut le cas, seules les marques sur ses joues trahissaient une souffrance car son visage semblait enfin libéré du poids de ses émotions… Ce sommeil ne serait pas salvateur ni réparateur, juste une déconnexion nécessaire que les bougies, la présence de son mentor et l’épuisement émotionnel permettaient d’obtenir. Se serait-il endormi s’il avait su quel serait son réveil ? Sûrement que non…



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Alrik Mallery
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Message Ven 19 Juil 2013 - 9:18

L'humilité suintait par tous les pores de l'épiderme du garçonnet, et peut-être, une certaine forme de confiance en soi cruellement lacunaire. Ne devait-il ses phobies qu'à son statut congénital, ce patronyme qu'il avait hérité de l'adultère de son paternel, ou avait-il subi un quelconque traumatisme lors de sa très jeune enfance ? Une myriade de questions traversait l'esprit du commandant lorsqu'il était témoin des émois de son page, même si, au fond, la réponse lui semblait presque toute trouvée... Bien peu de gens devaient le considérer pour l'individu qu'il était, l'ensemble de la plèbe ne le percevait comme le produit des péchés de l'illustre chevalier aux crabes, tout comme cela avait été jadis le cas avec l'indigence d'Alrik. L'analogie était caduque, la bâtardise ne trouvait point d'égale, mais si elle était une flétrissure de naissance, elle n'était pas pour autant synonyme de fardeau jusqu'au déclin de la vie. Preuve en était, n'était-ce guère l'un de ceux que l'on nommait dûment les Grands Bâtards qui installait, chaque jour durant, son séant sur le trône de fer ? Brynden Rivers pouvait être un exemple pour ceux qui étaient issus de la sybarite impiété de leurs parents, qu'importaient les tribulations qui jonchaient une existence, tout dessein pouvait être accompli avec de la volonté et un soupçon de bonne fortune. Il ignorait bien si le fait qu'Ethaniel s'épanouisse au sein même du Donjon Rouge, antre absolu dans lequel les dignitaires ourdissaient leurs conspirations, serait un avantage pour son avenir. Il apprendrait plus que certainement de ce qu'il pourrait mirer, spectateur, hypothétiquement acteur même involontaire, des séditions qui se tisseraient à l'angle d'un corridor. Toutefois, il priait les Sept et toutes les déités existantes pour qu'il ne soit pas amené à retenir les leçons d'erreurs qui l'estropieraient de corps et d'esprit, apprendre à ses dépends risquait de lui coûter bien plus qu'une calotte au revers du crâne. L'on aiguisait les estocs pour qu'elles tranchent sur le coup, qu'il s'agissait de la nuque d'un senior ou d'un bambin, les intrigues seigneuriales n'épargnaient personne, aucune âme pas même la plus nimbée d'innocuité. Pas même les jouvencelles qui ne faisaient que vendre un peu d'huile de baleine, ni sa fratrie née de l'écume du Pays d'Ib...

Le freux mesurait parfaitement toute l'iniquité de sa déclaration, qu'y avait-il de plus frustrant que de savoir le fruit de ses espoirs à portée de main... Sans plausibilité de s'en saisir ? Un supplice de Tantale, que lui-même n'aurait pu supporter s'il n'avait pas eu les poings liés par ses obligations. Sa loyauté envers son lord outrepassait tout autre souhait, même celui de respecter le voeu de porter secours aux opprimés... Il avait admiré la frustration se frayer un chemin dans les sombres agates de l'angelot, et altérer ses magnifiques gemmes que l'on contemplait usuellement pour leur limpidité infantile, pour leur attendrissante candeur... Qui n'était désormais plus. Le sigisbée emprisonna sa lippe inférieure entre sa denture, craintif des conséquences de cette conversation qui prenait un tournant des plus amers. Le jeune garçon allait-il perdre toute foi en son pédagogue ? La réalité n'avait rien de semblable aux utopies des opuscules, à ces joliettes chimères de récits uniquement destinées à lénifier l'abjection d'un quotidien qui se voulait rude. Cela, le Stone devrait en prendre conscience un jour ou l'autre, l'opportunité se présentait à lui aujourd'hui, mais était-il seulement prêt à subir la cruauté d'un univers où les adultes gouvernaient en despotes... L'affliction unifiée à l'ire était un nectar corrosif et pénible à observer, la main du Mallery se retira respectueusement comme s'il eut été un apostat qui n'avait déjà que trop souillé l'inoffensif écuyer à en devenir. Sa voix ouvragée par la souffrance de la perte d'un être cher tinta alors, les prunelles azurées du commandant biaisèrent sur le côté et il les fixa sur le sol de son office, plongé dans un mutisme à la fois navré et impuissant. Quelles que seraient les suppliques, les objurgations ou les lamentations qu'il lui adresserait, il ne pourrait rien y faire, son amie ibbénienne était définitivement condamnée à un sort qu'il ne lui enviait vertement pas. L'asservissement sous le joug de forbans qui ignoraient tout du mot commisération, vouée à errer sur des rocailles fades et nocives, où le gris avait même gagné le coeur de ses insulaires. Les fer-nés n'avaient de notoriété que leurs vices, et bientôt, il pourrait lui-même juger de la hideur de leur archipel qu'il s'en irait bientôt fouler d'un pas vengeur. Mais pour l'heure, son épreuve était d'un tout autre acabit, même si ce n'était guère à lui de surmonter le pire.

Il guigna avec un profond malaise l'état du bibliophile qui se laissait aller au larmoiement, scène à la pesanteur insoutenable, mais telles étaient les larmes de l'apprentissage. Nonobstant l'étau qui s'étrécissait sadiquement autour du rumen du freux, presque honteux d'être l'instigateur de ses affres, il ne fit rien et ne prononça mot. Il le savait, aucun de ses propos ne parviendrait à pacifier ses maux, rien de ce qu'il dirait ne pourrait rattraper le blasphème qu'il avait sciemment prononcé en cette sorgue bien plus obscures que prévu. Il déglutit discrètement et se contenta de faire preuve de patience et de circonspection, tentant de résister à chaque flèche qui se fichait en sa chair à la kyrielle des réactions du garçonnet qui paraissait en plein naufrage dans les limbes de la frustration. Chaque seconde semblait plus longue qu'à l'accoutumée, et si Alrik avait été de ces couards qui fuyaient au moindre méchef, il serait déjà loin, à l'antipode de la forteresse. Alrik ne redressa les calots, non sans un air justement pusillanime, que lorsqu'Ethaniel se mit à mouvoir pour gagner son pupitre et s'isoler dans une sphère intangible. Il en respecta les lisières qui, même imaginaires, lui apparaissaient comme éminemment perceptibles. L'importuner avec davantage de justifications ou d'excuses serait chose vaine, à moins qu'il ne veuille s'attirer ses foudres ou son amertume, ce à quoi il ne tenait point – il lui avait fait suffisamment de tort comme cela. Il retraça les pourtours de son galbe d'une oeillade pleine de culpabilité, puis se tourna à son tour en direction de son bureau pour mieux s'y installer, un soupir vidant la pression accumulée dans ses organes pulmonaires. Sous la pulpe de ses doigts crissèrent s les vélins sur lesquels étaient couchés les divers rapports de ses subalternes, l'envie de s'en retourner faire une petite ronde dans les couloirs du bastion le taraudait, mais même si l'angelot préférait être seul dans son esprit, il aurait été inopportun de physiquement l'abandonner à sa mélancolie. Il s'agissait d'un soutien indirect, mais substantiel, un certain onguent sur une plaie fraîchement ouverte.

Finalement, chacun se concentra dans son activité, l'un à la lecture, l'autre à la rédaction d'une énième épître, et le temps flua dans une fallacieuse quiétude. Ce ne fut que lorsque le Mallery se rendit compte qu'il n'oyait plus depuis déjà un bon moment le bruissement des pages que l'on tournait, qu'il fit volte-face pour constater que toutes ces émotions l'avaient emmailloté dans une profonde narcose. L'épuisement amoncelé luisait alors de toute son incandescence, ce qui fut étrangement soulageant pour le sigisbée, qui priait de tout son soûl pour que le bambin ne soit pas derechef le martyr de mauvais rêves. L'ibbénienne... Des yeux vairons... Il mettrait un point d'honneur à savoir si cette demoiselle s'était un jour trouvée sur les Iles-de-Fer, ceci, bien qu'il choisirait de mentir s'il s'avérait qu'elle était victime d'une innommable maltraitance contre laquelle il ne pourrait rien faire. La vérité n'était pas toujours bonne à entendre, et il serait inutile de faire davantage souffrir le Stone qui s'en voudrait toute sa vie durant d'être impuissant, inapte à ramener cette amie à laquelle il semblait tant tenir. Le freux aviserait au moment adéquat et en fonction des renseignements qu'il serait à même de glaner, il chassa cette sombre histoire de ses pensées pour mieux se lever et approcher de l'assoupi. Il conjectura sur l'effet salutaire ou non de le porter jusqu'à sa couche, mais après l'épisode de ce soir qui l'avait amené à harper sa jambe telle une moule à son étoc, il craignait que cette chambre lui soit d'une néfaste inspiration onirique... Cependant, quoi de mieux que la moelle d'un lit douillet ? Sa décision oscillait, puis il fit une tentative en voulant déplacer son page qui se mit subitement et doucement gesticuler, effleurant l'éveil par la même occasion. Un rictus naquit aux lèvres du commandant qui ne pourrait vraisemblablement pas le faire bouger sans le tirer d'un sommeil qui restait léger malgré tout, et loin de lui cette intention. Après une succincte réflexion, il fut sage de conclure qu'à défaut de lit, nul ne viendrait l'incommoder dans cette pièce-ci, un office dans lequel il semblait se sentir à l'aise – protégé. Parfois, et en quelques attitudes qui n'étaient aujourd'hui plus que souvenirs, il lui rappelait sa fille... Yevana aussi, s'était par maintes fois endormie ainsi, tandis qu'il travaillait à ses abords.

Une risette appauvrie vint orner son faciès, il déposa une caresse dans la crinière du jeune bâtard puis traversa l'endroit pour s'emparer de ce qui ressemblait à une courtepointe d'ébène et d'ivoire, aux teintes de la Main du Roi. Il s'en revint ensuite pour la déposer sur les épaules d'Ethaniel et ainsi veiller à ce qu'il n'attrape aucun mal. Une lorgnade au cierge installé sur son pupitre suffit à lui faire comprendre qu'il serait bon d'en changer avant qu'il ne se meurt totalement, emportant la lueur avec lui. Prévoyant qu'il fut, Alrik s'échina à clairsemer son office de bougies, pour que jamais la pénombre n'engloutisse l'angelot et ne le mène au royaume des incubes, il y avait eu suffisamment de troubles pour ce soir. Se faisant, il retourna ensuite s'asseoir et s'affaira le plus discrètement possible jusqu'à ce que ne vienne l'heure des derniers préparatifs, et du départ des troupes de Dents de Freux et de la milice pour leur pérégrination maritime. Il fut bien pantois de constater que l'enfant dormait encore à poings fermés, inexorable preuve que son organisme avait cruellement besoin d'une accalmie. Cela lui parut tellement légitime qu'il n'osa le réveiller, même pour lui faire ses adieux. A défaut de pouvoir ce faire, il retira l'un des médaillons qui ballait à son cou, celui coloré d'améthyste et constellé de six molettes argentées – héraldique des Mallery. - pour mieux le glisser au creux de la main du Stone. Une promesse matérielle qu'ils se reverraient plus tôt qu'il ne le pensait, et surtout, qu'il lui reviendrait en un seul et même morceau. Ce pendentif, le chevalier y accordait beaucoup d'importance, car il était, d'une certaine façon, le symbole de sa réussite et l'âme de sa maison. Il n'aurait guère besoin de le préciser à son page pour que celui-ci en prenne grand soin, il avait toute confiance en lui. Il le contempla une ultime fois avec le souci d'un père délaissant un fils, mais il le savait, le garçonnet serait bien plus en sûreté que lui ne le serait jamais dans cette croisade. Puis, il rejoignit ensuite l'huis qu'il ouvrit et referma précautionneusement, avant de prendre la tête d'une petite cohorte de ses soldats qui avait patienté ici. Dès cet instant, son seul but s'illustrait sous le forme d'une Seiche d'Or à châtier, et d'une patrie à sauver.


Vous allez balayer ma cendre ; L’homme ou l’insecte en renaîtra ! Mon nom brûlant de se répandre, dans le nom commun se perdra. Il fut! Voilà tout ! Bientôt même, l'oubli couvre ce mot suprême, un siècle ou deux l’auront vaincu. Mais vous ne pouvez, ô nature, effacer une créature... Je meurs. Qu’importe... J'ai vécu !


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Message Jeu 25 Juil 2013 - 0:22

La contradiction avait opté pour un sommeil lourd malgré les émois passés pourtant bien lourds à porter. En réalité, le corps et l’esprit n’étant plus capables de supporter la situation actuelle avaient opté, une nouvelle fois, pour un repos qui se voudrait sans réveils. Ces moments étaient rares et généralement précédés de nuits difficiles apportant l’épuisement et, en conséquent, une crise d’angoisse imposante du au manque de vérification nocturne des bougies bienveillantes, comme il avait été le cas précédemment. Une sorte peut-être de protection et de déconnexion puissante à ces sentiments auxquels il voulait échapper. La réalité lui était connue, s’enfermer dans l’ignorance n’était pas dans ses procédures de vie, mais il n’était qu’un enfant et entre la connaissance et la concrétisation, un gouffre se tenait fièrement. Gouffre dont il avait entamé partiellement la pente en découvrant l’impuissance et ses conséquences. Un lourd fardeau que celle-ci pour un garçonnet incapable de tolérer sa propre existence. La perte d’un être cher à son cœur encore jamais expérimenté jusqu’à lors. Pourtant, les personnes qu’il affectionnait au-delà du raisonnable n’étaient pas nombreuses, se compter sur une seule main était largement suffisant. Mais déjà une venait de manquer à l’appel et peut-être définitivement. La crainte qu’une seconde disparaisse avait été le maux des derniers jours. Malgré la lourdeur de l’épuisement, les songes restaient remplis d’une noirceur craintive qui aurait tôt fait de l’éveiller si la douceur de son mentor ne lui était pas parvenue inconsciemment. Vaguement le mouvement de son corps l’avait appelé à la réalité que son esprit avait refusé, assimilant ce fait aux songes cauchemardesques en cours, mais la main lentement qui avait pris place dans sa chevelure le temps de quelque secondes rapides mais présentes néanmoins avait suffit à lui rappeler l’existence de cet homme qu’il respectait et admirait malgré ce qu’il venait de lui révéler plus tôt. Il comprenait parfaitement la différence  entre les règles et l’exécuteur de celles-ci, tout comme il comprenait l’importance des ces dernières malgré certaines absurdités et désaccords qu’elles pouvaient entraîner. Il devrait faire avec toute sa vie, n’avait-il pas commencé à respectant les règles jumelées au statut de bâtard ? Mais la main passée sur sa tête avait en même temps balayé les sombres pensées pour laisser place à l’abandon plus profond encore au besoin vital de déconnexion qui s’imposait à tout être humain. Aucune crise pour la cause n’allait se profiler  à l’horizon car un bienfaiteur avait veillé au grain concernant ces veilleuses de cire qui jamais n’allaient s’éteindre jusqu’au matin. Ainsi resta-t-il endormi jusqu’à ce moment où le jour appela l’activité dans les couloirs du Donjon Rouge qui jamais ne dormait vraiment. L’heure était encore précoce, mais ce réveil était habituel pour lui et ne lui parut guère anormal.

Des paroles au loin lui parvinrent quand ses prunelles s’ouvrirent pour faire face à la réalité à nouveau. Quelque chose de chaud l’entourait et il lui fallut quelques longues minutes avant d’accepter de bouger. Son corps était lourd, sa tête davantage encore mais l’idée que le matin était apparu sans le forcer à affronter le décompte de la nuit qu’il réalisait grâce aux bougies changées lui paraissait étrange. Le doute et l’incompréhension le forçaient à redresser lentement la tête et venir se frotter les yeux d’une main libre, observant avec étonnement l’encombrement de la seconde qui semblait s’accrocher fermement à ce qui se trouvait en son sein. Délaissant l’objet de son étreinte si forcenée que ses doigts en étaient marqués, il découvrit alors un pendentif qu’il connaissait très bien par son lien avec le possesseur originel de ce bijou. Il ne fallut pas longtemps pour se remémorer alors la veille et la raison de la présence de cet objet. Ses doigts reprirent instantanément leur accroche sur ce trésor alors que sa tête tournait vivement son regard pour observer le bureau qui se présentait non loin, son échine redressée et la chaleur tombée pour trôner en masse sur le siège. Parsemées étaient les bougies encore en vie mais l’absence de présence humaine lui avait sauté aux yeux bien plus lourdement. Bien que cela s’avérait totalement inutile, il parcourut vivement la pièce avec anxiété. Il ne pouvait pas avoir dormi si longtemps… Il ne pouvait pas avoir manqué ce moment crucial pour lui. Quittant son siège sans lâcher ce qui serait son seul lien direct avec son mentor jusqu’à son retour, il ne put s’empêcher de parcourir vivement la distance qui le maintenait en protection dans cette pièce apaisante avant d’ouvrir vivement cette lourde porte et de se ruer en dehors s’arrêtant de l’autre côté en parcourant l’espace extérieur des yeux comme si l’homme en question allait apparaître quelque part. Où aller ? Il n’en savait rien et déjà la peur l’empêchait de déglutir correctement. Il s’était mis à courir dans une direction de manière totalement irraisonnée cherchant un endroit connu où Alrik avait l’habitude d’être… Mais cet endroit était en réalité le bureau qu’il venait de quitter et ses actes actuels n’étaient mus que par l’anxiété qui ne trouverait apaisement que dans la trouvaille de cet homme normalement déjà loin de lui – ce qui n’était pas accepté. Les personnes qu’il croisait émettaient parfois des interpellations pour le pousser à remarquer qu’il courait et ne faisait pas attention à sa direction l’obligeant à entrer en collision certaines fois avec quelqu’un. Cela ne fut pas supporter longtemps, un homme qu’il ne connaissait pas lui saisit le bras pour l’empêcher de continuer.

« Ca ne va pas de courir de la sorte ?! »


« Je cherche Ser Alrik ! »

« Le Commandant ? Il est parti pour les Iles de Fer il y a plusieurs heures déjà. »

« Non ! Je dois le voir d’abord ! »

« Tu vas avoir du mal gamin… Ah mais attends… Tu es son page n’est ce pas ? Tu …. »

Mais la suite des mots n’était pas réellement entendue. Ethan fixait un point qui s’apparentait au visage de l’homme qu’il ne voyait plus tellement. Il se laissa guider vers le bureau qu’il venait en réalité de quitter sans chercher à s’enfuir. C’était parfaitement clair que son mentor était déjà parti, au fond, il le savait déjà, il avait simplement besoin qu’on lui dise en face pour l’assimiler. Il était parti… et la dernière interaction qu’il avait eue avec cet homme était un éloignement suite à un désir qui ne serait jamais assouvi. Il n’avait pas voulu que ce soit le dernier souvenir qu’il lui reste. Vouloir lui dire proprement au revoir avait été son souhait. Pouvoir le regarder partir, se convaincre qu’il allait revenir et contempler ce personnage majestueux au devant de ses hommes. Mais à la place, il avait ce comportement puéril qu’il avait eu, ses pleurs, son mutisme… Il ne l’avait même pas regardé travailler une dernière fois comme il prenait plaisir à le faire. Baissant son regard, il rouvrit sa main pour observer le médaillon encore en son sein. Alrik lui avait confié un bien précieux, un bien qu’il ne pouvait donner à personne… Le serrant contre sa poitrine il prit une longue inspiration. Son mentor allait forcément revenir le chercher. C’était obligatoire et il se devait d’y croire. C’était le message transmis, bien plus fort et concret que n’importe quelle parole, et il le savait pertinemment. La crainte, l’angoisse et les réactions somatiques qui allaient en découler allait devenir son quotidien jusqu’au retour du Dent de Freux, il en était conscient. Mais il se devait de le supporter car le Commandant lui était en guerre. Il devait le soutenir de loin et quand il rentrerait, il lui rendrait son bien dont il aurait pris soin de tout son cœur. Il lui souhaiterait un bon retour et il lui montrerait qu’il a été aussi courageux que possible pour honorer ce titre si prestigieux qu’il était le seul à lui avoir concéder. Ce serait très difficile, mais il devait y croire. Son mentor allait revenir, et lui l’attendrait sagement protégeant ce médaillon, preuve d’un travail acharné et de détermination, deux mots à relier à sa motivation.



" Chacun imite un courage qui n'a jamais existé "




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