AccueilS'enregistrerConnexion



 

Partagez| .

Quand le chasseur dédaigne les règles, la noblesse peut parfois le sauver

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas
Chasseur
avatar

Lyessa Reed
Chasseur

Général
Insaisissables
Représentante des Bouffes-Grenouilles

♦ Missives : 2044
♦ Missives Aventure : 73
♦ Age : 30
♦ Date de Naissance : 03/09/1987
♦ Arrivée à Westeros : 13/10/2012
♦ Célébrité : Keira Knightley
♦ Copyright : Randy / Moi
♦ Doublons : Tyana Veneur, Ororya Gargalen, Serenei
♦ Age du Personnage : 21 ans
♦ Lieu : Le Nord
♦ Liens Utiles : Fiche de Lyessa
Journal d'aventures
Aptitudes

Feuille de Personnage
Feuille de personnage
Inventaire:
Jauge de réputation Jauge de réputation:
512/1000  (512/1000)


Message Dim 16 Juin 2013 - 20:06

Si une pluie diluvienne s’abattait sur le Neck depuis des jours, Lyessa avait pu rencontrer les premières neiges en remontant vers Moat Cailin. Oh, la Bouffe-Grenouille n’était pas du genre à avoir froid aux yeux, et même si rares se faisaient ses visites en ville, la jeune femme profitait parfois de ses chasses pour se rendre à la cité portuaire et profiter d’un semblant de civilité. Il n’était pas question de descendre plus au sud, vers les Jumeaux – même si sa mère était originaire du Conflans, les relations que les Reed entretenaient avec ces gens étaient houleuses. La chasseresse préférait venir fouler les contrées gelées du Nord plutôt que de se perdre au milieu des hyènes moqueuses – en tant que représentante de la maison Reed, elle se devait d’éviter ce genre de débordements. La réputation qui précédait les Paludiers était à la hauteur de leur mode de vie, étonnant. Quant à Lyessa, elle préférait inspirer crainte et mépris plutôt que l’on se moque allègrement de son peuple. Il y avait des questions de fierté à ne pas soulever. Démons des marais, maculés de tourbe, décochant des flèches empoisonnées qui poussaient le corps à putréfaction. Balivernes ! Ils pouvaient bien croire ce qu’ils voulaient – les Paludiers étaient méfiants, discrets, et jamais leurs ennemis n’avaient pu leur mettre la main dessus. Insaisissables.

Lyessa évoluait dans une maigre couche de neige, fourrures de loups sur le dos. A sa taille, pendaient mollement la carcasse de deux lapins. La donzelle eut vite fait de grimper la petite colline qui la surplombait pour venir perdre son regard sombre en contrebas. Elle posa un genou au sol et se mit à guetter la moindre trace de vie, son souffle régulier laissant échapper un nuage de vapeur. Rejetant sa tête en arrière pour finalement guetter le ciel, la Paludière finit par porter deux doigts à sa bouche et émit un sifflement qui se perdit dans le paysage enneigé. Elle scrutait le ciel, comme si elle attendait quelque chose, puis un éclat de satisfaction vint animer ses prunelles alors qu’elle tendait le bras et qu’une sombre silhouette fondait dans sa direction. Le faucon blanc moucheté de noir se réceptionna sans mal sur son épais gant en cuir – il était grand et la force qu’il possédait surprenait toujours la Paludière.

« Où t’étais passé mon brave ? » – Chuchota-t-elle à Valor avant de plonger la main dans une bourse et d’en sortir un bout de chair blanche de grenouille. Le faucon apprivoisé la becqua avec vigueur, sous le sourire amusé de sa comparse. Ça lui avait pris un certain temps pour parvenir à l’apprivoiser – mais le faucon s’était heurté à bien plus buté que lui. Même si le rapace voyageait souvent en compagnie de sa maîtresse, il gardait cependant une indépendance toute particulière à sa nature. Il arrivait parfois que Lyessa ne le voit guère durant des jours, mais il finissait toujours par pointer le bout de son bec pour faire des lieues en sa compagnie. « On n’est plus bien loin de Blancport. T’vois là-bas ce petit ruisseau ? Si on l’suit on arrivera à Blanchedague et nous faudra juste la traverser. »

Valor lui répondit par un pépiement aigu et la Paludière lui donna une impulsion en levant le bras pour le regarder s’envoler dans un claquement d’ailes. Le faucon prit de l’altitude et se mit à tourner dans le ciel chargé de nuages aussi blanc que la neige miroitante sous ses pieds. Lyessa se remit en marche, dégringolant la petite bute d’un pied sûr, son arc en bois de chêne lui barrant le dos. Elle contourna quelques arbres, prenant soin de ne pas glisser sur les rochers gelés, et vint s’abaisser au niveau du cours d’eau. Elle retira l’un de ses gants et recueillit de l’eau dans le creux de sa main pour y tremper les lèvres et se désaltérer. L’eau était glaciale, ce qui lui arracha un frémissement de la tête aux pieds. Mieux ne valait pas en abuser ou elle aurait vite fait de se geler les entrailles ! Tandis qu’elle se désaltérait, la jeune femme perçut un bruissement et leva le nez sur un lièvre de grande taille au pelage blanc. Il furetait à la recherche de quelques brins d’herbe ayant résisté au gel, et ne semblait pas l’avoir remarqué. Lentement et en silence, la Paludière porta une main à son carquois pour en tirer une flèche qu’elle encocha souplement pour l’aiguiller vers sa proie. Cet herbivore pouvait détaler dans une vitesse fulgurante et il était un défi pour tout chasseur que d’en attraper un. Suspendue dans son geste, le souffle bloqué dans sa gorge, la jeune femme prenait tout son temps pour être sûre de faucher sa cible avant qu’elle ne la remarque. En quelques poignées de secondes, la flèche vola pour atteindre le lièvre en plein poitrail. La bête gigota quelques peu avant de tâcher la neige immaculée d’écarlate. Un sourire triomphal aux lèvres, Lyessa s’approcha, s’emparant à pleine main de sa flèche pour la retirer du corps de sa proie. Alors qu’elle était agenouillée dans la poudreuse, une colonne de cavaliers sembla se rapprocher. Elle redressa le chef, alertée par la fugace approche des inconnus. Elle se saisit du lièvre par les deux pattes arrière et se redressa, n’ayant que le choix d’être confrontée à eux. Lyessa se rendit compte en jetant des œillades autour d’elle qu’elle se trouvait sur un lieu de passage. Elle s’apprêta à se dégager quand quatre cavaliers émergèrent du détour d’un chemin enneigé pour faire halte devant elle sous le signe de l’un des leurs. La Paludière les scruta avec défiance, nouant du même geste le lièvre à sa hanche libre. L’homme qui se trouvait aux devants de ses comparses renifla bruyamment. Son surcot était marqué du triton blanc empoignant un trident noir – sûrement appartenaient-ils à la garde de Blancport ? Alors que la Bouffe-Grenouille restait désespérément mutique face à ces individus, le premier s’éclaircit la voix avant de guigner les prises qui pendaient à sa taille.

« Qui es-tu paysanne ? Tu es sur les terres de lord Manderly, et chasser sur son fief sans sa permission est passible de condamnation. Tu cherches à te faire raccourcir ? Ainsi prise en flagrant délit ? » – L’homme venait d’éructer tout son mépris. Deux des trois autres semblaient trouver la situation amusante, tandis que le dernier restait en retrait, la mine grave. « Qu’attends tu pour répondre ! »

Les sombres prunelles de la Paludière s’étrécirent dans un regard farouche. On la prenait souvent pour une roturière de par son allure, et la Nordienne adorait faire payer l’impudence à ceux dont la langue était affutée.

« Je fais route vers Blancport. J’ai juste chassé pour m’assurer l’voyage. Quelques maigres lapins… Un lièvre… Votre forêt regorge de proies bien plus méritantes au s’gneur Manderly. » – Lâcha-t-elle finalement sur un ton neutre.

Oh, Lyessa avait conscience des mœurs et restrictions des villes civilisées du Nord – même si elle n’avait jamais respecté leurs règles. La chasse était un passe-temps, et même si elle était en tord, on ne lui avait jamais reproché jusqu’à maintenant. La Paludière balaya une mèche de cheveux de devant ses yeux, haussant les épaules avec nonchalance avant de s’apprêter à tourner les talons. Le bruit étouffé des sabots dans la neige tandis que les cavaliers s’approchaient pour l’encercler lui arracha une moue réprobatrice. Ils n’étaient pas enclins à la laisser filer – et pourtant, elle ne considérait pas leur avoir tant manqué de respect que ça !

« On se contrefout de ce que tu chasses – tant que tu le chasses, tu es en tord. » – Grinça-t-il. « Et tu vas payer. »

A l’entente de cette menace, Lyessa se tendit d’appréhension, sentant le cavalier s’approcher dans son dos. Un violent coup de pied la projeta au sol et la Paludière se retrouva nez dans la poudreuse, étouffant un hoquet de surprise avant de se tourner, mâchoire serrée et l’œil hostile. La Paludière se rebiffa, se redressant dans le même geste pour saisir son petit trident à grenouilles et frapper l’homme au visage. Elle fut rejetée à terre une nouvelle fois par un autre de ses adversaires qui sauta de sa monture pour lui assener un violent coup de poing au visage. La donzelle fut quelque peu sonnée et se retourna face contre terre pour cracher le sang qui emplissait sa bouche. Elle essuya la commissure de ses lèvres du revers de main et s’inclina avant de percevoir un sifflement aigu. Un mouvement fugace attira son œil rond de surprise. Un hurlement, claquement d’ailes blanchâtres et le hennissement affolé des chevaux – Valor avait fondu sur l’un des hommes et lui avait lacéré le visage de ses griffes acérées. Oh, elle allait en devant de gros problèmes !

« Enlevez moi ça ! » – Se débattit-t-il alors que le puissant rapace semblait s’accrocher à son visage.

Sentant l’angoisse lui remuer les tripes, Lyessa décocha un coup de coude à l’homme qui tentait de vissait sa main à son cou, et elle se recula, creusant un épais sillon dans le neige retournée. Elle attrapa son gant entre ses dents et l’arracha de sa main pour pouvoir siffler à nouveau et attirer l’attention du faucon.

« Pars ! Valor ! Pars ! » – Lui ordonna-t-elle avant de se résigner à lui balancer un caillou pour le forcer à lâcher le Nordien.

Le faucon piailla puis s’envola sans demander son reste. Il allait à coup sûr lui en vouloir – c’est que le faucon était sacrément susceptible ! Mais elle se devait de le chasser avant qu’il ne lui arrive du mal. Surtout que la situation était assez épineuse pour que Lyessa se sente obligée de décliner son identité pour se tirer de là. La jeune femme leva les deux paumes de main en l’air, clamant haut et fort.

« Arrêtez ! J’suis Lyessa Reed, fille de Joren Reed, seigneur du Neck et des Paludiers. Vous n’avez pas le droit de lever la main sur moi ! » – Elle était à bout de souffle et une trace de sang maculait son visage blême aux yeux effarés. « Menez moi au seigneur Manderly, ou vous allez l’regretter. »

Sa menace sonnait amèrement. L’un des Nordiens lui saisit la tignasse pour la redresser, moquant manifestement ses volontés. L’homme qui s’était fait agresser par Valor se tenait le visage, étouffant des jurons entre ses mains ensanglantées.

« Maudite ! Qu’on la crève, elle et son foutu piaf ! »

Les protestations de Lyessa furent étouffées par un coup de poing dans son abdomen qui lui coupa tous ses moyens. Le quatrième leva alors la main pour interrompre les hostilités.

« Non, on va la mener jusqu’à Blancport. Qu’elle soit jugée par seigneur Manderly lui-même. Il est possible qu’elle dise vrai. » – Le ton de ce dernier était emprunt d’une certaine sagesse, voire compassion. Le regard qu’il lança à ses compères eut tôt fait de les convaincre de s’exécuter.

Elle se laissa traîner, flanchant à moitié, l’esprit embrumé par maintes inquiétudes. Elle se sentit soulevée et promenée en dodelinant – signe qu’un cheval était en train de la porter. Ses paupières closes s’ouvrirent sur le ciel pâle – pourvu que Valor soit déjà loin…





Spoiler:
 

Thème
Revenir en haut Aller en bas
Noble
avatar

Randal Manderly
Noble

Général
▪️ Seigneur de Blancport ▪️
Gouverneur de la Blanchedague

'Portés par les Flots'

♦ Missives : 553
♦ Missives Aventure : 19
♦ Age : 25
♦ Date de Naissance : 17/04/1992
♦ Arrivée à Westeros : 28/05/2013
♦ Célébrité : Sergio Castellitto
♦ Copyright : aSoIaF & Randy
♦ Doublons : Rogho Gargalen
♦ Age du Personnage : 42
♦ Mariage : Sunniva Manderly
♦ Lieu : Blancport
♦ Liens Utiles :
Disponibilité 1/1
♦️ Qui est Randal ?
♦️ Voyages & aventures
♦️ Aptitudes & Succès

Feuille de Personnage
Feuille de personnage
Inventaire:
Jauge de réputation Jauge de réputation:
108/500  (108/500)


Message Mar 18 Juin 2013 - 16:31

Ce matin là, Randal semblait soucieux. Il s’était levé dans un silence de tombe, sans ne dire mot à personne, et s’était réfugié au sommet de son château, sur un balcon qu’il avait fait construire afin de pouvoir contempler les eaux de la Morsure, qui s’étendaient loin à l’horizon. Les deux bras posés sur la rambarde de la sa terrasse perchée dans le vide, Lord Manderly contemplait l’œuvre des générations qui l’avaient précédées. En contrebas, des centaines de petites ombres s’agitaient de partout, s’afférant à leur journée avec la discipline de la fourmi. L’homme se disait que tous ces gens étaient également mus par un certain instinct, plus que par l’intelligence. Leur condition ne leur laissait guère le choix ; pour la plupart ils devaient travailler et servir toute leur vie durant, parfois sans même en avoir pleinement conscience. Leur seul moteur était celui du lever de soleil, qui annonçait chaque jour leur nouveau labeur quotidien. Ils l’acceptaient, dans l’espoir que tôt ou tard, l’un des leurs s’illustre par son savoir-faire, son talent, ou par un coup de chance, et puisse élever leur famille vers un niveau de vie plus confortable. Au loin, quelques navires aux voiles blanches, le vent en poupe, s’approchaient du port de la cité. Blancport s’éveillait.
Randal était le Seigneur de cette ville, héritier de la forteresse maritime de la Blanchedague. Depuis quatorze longues années, il avait fait tout ce qui était en son possible pour apporter sa pierre à l’édifice. De son vivant, sous sa régence, le commerce croissait de jour en jour. Désormais, il pouvait affirmer sans vergogne être devenu Gouverneur de la Maison la plus riche des terres septentrionales, plus riche d’ailleurs que la famille suzeraine elle-même. Son havre blanc disposait de l’unique flotte constituée du Nord et, à ce titre, était une place forte incontournable dans la région, pendant que beaucoup de maisons vassales subsistaient gauchement. Malgré tout cela, l’homme était encore insatisfait. Il souhaitait que l’on se souvienne de lui, que les Manderly se rappellent qu’il exista un Randal qui, de ses mains, amena quelque chose d’illustre à ses armoiries. Or, il ne savait encore comment il accomplirait une telle réussite. D’autant que deux de ses frères et sœurs peinaient encore à vouloir se fiancer, ce qui commençait à causer de sérieux torts à sa maison. Qu’importe, le Lord s’occuperait de les reconduire dans le droit chemin du devoir, qu’ils le veuillent ou non.

Inspirant une grande bouffée d’air frais, Randal se laissa aller à quelques tranquillités rares et rouvrit les yeux après plusieurs secondes d’apaisement. Il commençait à faire froid. L’hiver venait, et il mordrait jusqu’à Blancport, sans aucun doute. Quoi qu’il en soit, le Gouverneur de la Blanchedague se ressourçait et savourait son moment de solitude. Il en avait besoin, de temps à autres. Il était de ceux qui éprouvaient l’impérieuse nécessité de s’isoler parfois, afin d’avoir l’illusion éphémère de se détacher de leurs obligations l’espace de quelques instants, ou de quelques jours. Et puis, une série de pas bruyants et balourds commencèrent à se faire entendre dans le long escalier en colimaçon qui menait jusqu’au balcon. L’homme qui montait, tant bien que mal, semblait avoir une certaine peine à la chose. Il proféra quelques insultes durant son ascension, manifestement après avoir trébuché plusieurs fois contre une marche. Gauche jusqu’au paroxysme, il marcha jusqu’à arriver dans le dos de Randal, s’essayant à une délicatesse que ni son armure ni son éducation n’avaient rendue possible.

[Josh] « Seigneur Manderly, le châtelain m’envoie vous faire quérir. La garde a capturé une personne et ils vous l’ont amenée.

[Randal] – Soldat Josh, mes journées ont-elles l’air si insignifiantes que vous ayez décidé de me présenter chaque interpelé de mon territoire ? Je me fiche de cette personne. Il me semble avoir mandaté certains chefs de ma garde pour accomplir la justice de basse besogne. Qu’ils s’en occupent.

[Josh] – Mais… C’est-à-dire que… Cher Lord, la Dame a été capturée sur vos terres, prises en train de chasser sans permission. Elle prétend être Lyessa, fille du Lord des Reed, de la Neck, Seigneur des Paludiers. »

A ces mots, Randal cessa soudain de songer à toutes sortes de rêveries plaisantes. Ses yeux fixèrent un instant le vide, et il fit volte-face. Ne prenant d’abord pas la peine de répondre, il entama sa descente des escaliers jusque dans sa salle du trône. Puis, tant qu’il fut audible, il acheva.

[Randal] « Par les Sept, j’espère que vous n’avez pas fait honte à ma Maison… »

Quelques minutes plus tard, solidement harnaché dans sa cuirasse aux tons bleutés, bardée de sangles, recouvert d’un long manteau caban entrouvert qui le protégeait jusqu’aux cuisses, Randal déboula dans la salle où il siégeait. Il passa devant sa garde, qui le salua d’une série de gestes militaires. Devant son trône, se tenait la troupe qui avait capturé cette jeune femme. Cette dernière portait les vêtements d’une chasseuse, mais ceux-ci semblaient de bonne facture, bien plus solides et fiables que des guenilles de basse classe. Ce premier détail convainquit Randal de s’arrêter devant elle, au lieu d’aller s’asseoir sur son trône pour rendre le jugement comme il le faisait souvent. Bien au contraire, le Lord s’agenouilla, et releva le menton de la demoiselle, afin de l’observer de plus près. Il la dévisagea quelques secondes, et sembla y reconnaître quelque chose. Puis, l’homme fronça les sourcils. Elle avait été blessée, et saignait encore sur son visage.
Comme l’eut fait une personne de grande simplicité, Randal passa le pouce sur le sang de la demoiselle, et essuya un peu sa blessure. Elle n’était pas profonde. Puis, il commença enfin à parler.

[Randal] « Lâchez-la. »

Ses hommes cessèrent de la maintenir de leurs bras rustres, la libérant de ses emprises au commandement du ton autoritaire du Seigneur.

[Randal] « Vous dîtes être l’une des Dames Reed, fille de Lord Joren. Si j’en crois mon expérience ainsi que votre visage, la nature ne vous a pas créée sans une certaine ressemblance. Il pourrait, cependant, être simple d’user de quelque ruse pour vous faire passer pour sa descendance. Il suffirait, pour cela, d’avoir la simple conscience de la proximité de vos traits… »

Randal se leva et, avant de poursuivre, observa ses quatre hommes, laissant du même coup quelques instants de réflexion à Lyessa. Il ne leur dit pas un mot, mais cherchait à lire dans leurs regards la culpabilité éventuelle qui aurait pu trahir la scène de la capture sans qu’il y ait besoin de la raconter. S’étant rendu compte qu’il avait peut-être commis une erreur grave, Borgal semblait un peu troublé. Après examen, Lord Manderly se rendit compte que son poing et son pied botté portait encore la trace d’un sang frais, celui-là même qui devait encore couler des lèvres de la demoiselle.
Debout, le Gouverneur de la Blanchedague poursuivit.

[Randal] « Lève-toi, je t’offre ce privilège au bénéfice d’un doute plus que gênant, pour nous deux. J’attends maintenant que tu m’apportes la preuve de ce que tu avances. Si tu es vraiment Lyessa, née de celui avec qui j’ai combattu lors de la guerre contre les Skiggs, tu as forcément un gage de ta noblesse. Je t’écoute, donc. Tu as liberté de parole. »

Tandis qu’il offrait la possibilité à la captive de s’exprimer, l’homme se dirigea lentement vers son trône. Sur la droite, un dispositif de soutien portait le Fléau d’arme de Randal de son armature métallique. Le Lord l’empoigna de tout son poids, avec sa main droite. Puis, dans un second temps, le reposa délicatement. Il commanda à ses serviteurs une de ses pairs de gants de cuir et, une fois que ce fut fait, arbora un visage particulier, qu’il était difficile d’interpréter. Son fils, Erik, était présent dans la salle et, tandis qu’il s’adressa calmement à lui, l’on put entendre ceci.

[Randal] « Aujourd’hui, mon fils, tu comprendras qu’il y est des situations qui exigent parfois que la justice soit accomplie inévitablement dans le sang. »

De quoi voulait-il parler ? Si cette dame était bel et bien de la Maison Reed, il ne pouvait se permettre de lui infliger la moindre peine, au risque d’entrer en guerre ouverte avec sa suzeraineté elle-même.




Nul vainqueur ne croit au hasard.


Dernière édition par Randal Manderly le Mar 25 Juin 2013 - 11:40, édité 1 fois
Revenir en haut Aller en bas
Chasseur
avatar

Lyessa Reed
Chasseur

Général
Insaisissables
Représentante des Bouffes-Grenouilles

♦ Missives : 2044
♦ Missives Aventure : 73
♦ Age : 30
♦ Date de Naissance : 03/09/1987
♦ Arrivée à Westeros : 13/10/2012
♦ Célébrité : Keira Knightley
♦ Copyright : Randy / Moi
♦ Doublons : Tyana Veneur, Ororya Gargalen, Serenei
♦ Age du Personnage : 21 ans
♦ Lieu : Le Nord
♦ Liens Utiles : Fiche de Lyessa
Journal d'aventures
Aptitudes

Feuille de Personnage
Feuille de personnage
Inventaire:
Jauge de réputation Jauge de réputation:
512/1000  (512/1000)


Message Sam 22 Juin 2013 - 19:42

Lyessa s’humecta douloureusement les lèvres, la sapidité cuivrée du sang étant tenace à son palais. Sa lippe inférieure était fendue en son charnu, ce qui lui arrachait de désagréables picotements. Elle releva la tête, clignant à plusieurs reprises des yeux, aveuglée par la vive lumière du jour. Le décor avait changé. Moins de neige et plus de boue sur le sentier emprunté par tous les badauds qui entraient dans la ville. Blancport, à en reconnaître les maisons aux murs blanchis à la chaux et leur toit pentu d’ardoise grise. La jeune femme se sentait vaseuse depuis qu’elle avait reçu ce coup sur la tête, et elle dut mettre quelques secondes avant de pouvoir se redresser sur la monture qui la trimballait. Lyessa se rendit compte qu’elle était dans le dos d’un homme qui guidait son cheval au pas aux côtés de ses comparses de la garde. La Paludière croisa les quelques regards chafouins qui venaient à croiser le sien. Que c’était humiliant pour elle, Paludière, de se faire traiter comme une prisonnière en sa propre contrée ! Elle renifla bruyamment, secouant sa tête pour retrouver ses esprits et lorgner ceux qui avaient levé la main sur elle. Lyessa n’avait jamais été un exemple de civilité, mais jamais ô grand jamais, on ne l’avait traîné ainsi devant des nobliaux du Nord. La jeune femme leva le nez en direction du ciel, plissant les yeux en scrutant les épais nuages gris. Pas de Valor à l’horizon – elle se sentait soulagée même si elle se tracassait bien souvent pour l’animal qu’elle avait recueilli. Et pourtant, un rapace ne s’apprivoisait jamais réellement. Elle ne pouvait expliquer ce qui les liait, mais c’était bien là – imprévisible, étonnant, source d’agréables surprises comme de déceptions. Lyessa s’évertua à rester mutine, les poings liés à la selle du cheval, résignée à se faire conduire jusqu’au seigneur Manderly. Elle ne l’avait jamais rencontré, mais son paternel n’était pas en mauvais termes avec lui. Ils avaient combattu ensemble, à l’époque où Joren avait encore un brin de civilité pour se mêler à ses seigneurs voisins. Elle espérait qu’on ne lui manque pas de respect de par son allure – elle avait du mal à plier l’échine, surtout lorsqu’elle devait essuyer des provocations intempestives.

La jeune femme n’ouvrit pas la bouche jusqu’à ce qu’on la conduise dans la salle du trône. L’endroit était vaste et même si la Paludière était rarement impressionnée par les châteaux, elle devait avouer que Blancport pouvait facilement rivaliser avec toutes les autres agglomérations majeures des Sept Couronnes. Ce n’était pas pour rien que l’on disait des Manderly qu’ils étaient les plus riches du Nord. Les deux hommes qui l’encadraient la jetèrent au sol et Lyessa étouffa un grognement réprobateur, jetant quelques œillades farouches autour d’elle. Tandis qu’elle comptait se remettre sur pieds, ils attrapèrent chacun un bras – ce qui la fit fulminer de plus belle.

« Bas les pattes raclures ! » – Protesta-t-elle avant de se mordre la langue pour se forcer au silence. Elle détestait être bridée, elle détestait qu’on lui pompe l’air, mais elle savait aussi qu’elle n’était pas en force d’exiger quoi que ce soit. Du moins, pas maintenant.

Des bruits de pas d’une allure rigoureuse et pressés résonnèrent dans leur direction. Alors que les membres de la garde de Blancport semblèrent instinctivement se raidir à l’approche de leur seigneur, Lyessa se contenta de baisser la tête, réfrénant toutes les répliques qui ne demandaient qu’à franchir ses lèvres. Si elle devait se forcer au calme et à la tempérance, mieux valait qu’elle travaille ça en son for-intérieur et qu’elle réfrène ses ardeurs. Lyessa dut lever la tête pour croiser le regard de Randal Manderly lorsque celui-ci s’arrêta à son niveau pour lui relever le menton. Il la scrutait avec un regard inquisiteur, comme s’il cherchait à découvrir quelque chose. La Paludière inclina instinctivement le visage de biais lorsqu’il fit promener son pouce sur ses plaies. Chasser le farouche du lézard lion et il revient au galop. L’homme avait un regard sévère, et il était impeccablement serré dans une tenue aux tons de son emblème. Oh, y avait pas à dire, les Nordiens savaient y faire avec la première impression. Ça avait de quoi faire sourire de penser que Lyessa, en tant que noble dame, aurait du se vêtir comme telle pour se plier à la norme. Rien que s’imaginer fagotée d’une robe venait à pincer ses lèvres d’un sourire. Lord Manderly, après un bref examen, ordonna à ses gardes de libérer la jeune femme de leur emprise. C’est dans un soulagement que la Paludière se retrouva libre de ses mouvements. Elle se massa les poignets dans une expression hostile avant de visser son regard sombre sur son interlocuteur. Randal disait lui reconnaître certaines similitudes avec le seigneur du Neck, mais il avançait que ça puisse être tromperie. En effet, elle avait l’allure d’une simple chasseresse mais Lyessa s’était attendue à ce genre de méfiance de la part du seigneur Manderly. Les lèvres indubitablement closes, la jeune femme ne cessait de fixer le seigneur de Blancport. Il exigeait maintenant qu’elle se lève et qu’elle prenne la parole pour lui donner un gage de son appartenance à la maison Reed. Une étincelle d’amertume passa furtivement dans le regard de la Bouffe-grenouille alors qu’elle se redressait en jetant un voile de mépris sur les gardes qui se tenaient derrière elle. La jeune femme était circonspecte – elle ne comprenait pas vraiment où voulait en venir son interlocuteur. Il lui demandait de s’exprimer et avait un comportement de conquérant, en pesant ainsi l’impressionnant fléau qui semblait être son arme de prédilection. Devait-elle se sentir en danger ? Si son argumentation n’était pas convaincante, elle risquait de tapisser le sol d’écarlate. Le seigneur Manderly s’adressa à un jeune garçon qui semblait être son fils et ses paroles arrachèrent un bref haussement de sourcils à la jeune femme. Elle redressa la tête, chassant toute l’appréhension qui pouvait la trahir pour planter ses yeux sur le concerné.

« J’suis Lyessa Reed de la maison Reed. Mon père s’appelle Joren Reed, seigneur de Griseaux. Ma mère, Elinor est née Hawick du Conflans – et elle a quitté les siens sans remord par amour pour le seigneur des Paludiers. Mon grand frère, Jokah, est l’héritier – mais il souffre de la même méfiance maladive que mon paternel. J’ai aussi deux jeunes frères, qui sont jumeaux. Branden et Yorgen rêvent de découvrir les Sept Couronnes, et j’attends qu’ils soient plus grands pour p’voir leur montrer. » – Déclara-t-elle sur un ton grave, guettant les réactions de Randal. « Je suis ce qu’on appelle une « Bouffe-grenouille », et vous pouvez bien me croire… Ou non. »

Léger tressaillement. La jeune femme marqua un silence, plissant les yeux avant de porter deux doigts à son annulaire. Elle en décrocha une bague qu’elle fit rouler sur le sol jusqu’aux pieds du seigneur de Blancport.

« Insaisissables. Croyez moi si j’vous dis qu’habituellement, je n’ai de comptes à rendre à personne. J’étais en route pour Blancport, et vos hommes m’ont vu chasser. Deux lapins et un lièvre – vu que ça les chiffonne, je m’en voudrais d’vous causer du tord. J’espère seulement qu’ils vous nourrissent mieux que ça seigneur Manderly. » – Elle avait du culot de plaisanter alors qu’elle n’était pas vraiment en situation de le faire. Cependant, Randal n’avait pas l’air d’être un impulsif chevronné. Un homme ayant mené sa maison à ainsi prospérer n’était pas dénué d’intelligence, et il ne prendrait assurément pas le risque inconsidéré d’entrer en guerre avec les Paludiers juste pour une histoire de chasse. Elle farfouilla dans sa sacoche de cuir et en sortie une trentaine de sous qu’elle jeta à même le sol. « Voilà de quoi rembourser ce que j’ai pris. »

Aux pieds de Randal, gisait la chevalière que Lyessa avait au doigt un peu plus tôt. Avec une bonne vue, l’on pouvait distinguer le lézard lion gravé dans l’argent abimé par l’humidité. La jeune femme inclina lentement la tête de droite à gauche, lorgnant les gardes avec agressivité, comme pour leur faire comprendre qu’elle n’avait pas besoin qu’on la surveille d’aussi prés. A voir si Randal Manderly témoignerait d’un certain sens de l’humour ou d’une sympathie à l’égard de sa condition.





Spoiler:
 

Thème
Revenir en haut Aller en bas
Noble
avatar

Randal Manderly
Noble

Général
▪️ Seigneur de Blancport ▪️
Gouverneur de la Blanchedague

'Portés par les Flots'

♦ Missives : 553
♦ Missives Aventure : 19
♦ Age : 25
♦ Date de Naissance : 17/04/1992
♦ Arrivée à Westeros : 28/05/2013
♦ Célébrité : Sergio Castellitto
♦ Copyright : aSoIaF & Randy
♦ Doublons : Rogho Gargalen
♦ Age du Personnage : 42
♦ Mariage : Sunniva Manderly
♦ Lieu : Blancport
♦ Liens Utiles :
Disponibilité 1/1
♦️ Qui est Randal ?
♦️ Voyages & aventures
♦️ Aptitudes & Succès

Feuille de Personnage
Feuille de personnage
Inventaire:
Jauge de réputation Jauge de réputation:
108/500  (108/500)


Message Mar 25 Juin 2013 - 12:22

Le petit anneau roula lentement au sol, en zigzaguant ci et là, jusqu’à venir heurter l’une des marches de l’estrade du trône dans un léger cliquetis métallique. L’objet termina sa course en tournoyant de plus en plus rapidement sur lui-même. Sa légère force cinétique suffit à le maintenir dans une rotation précaire alors que le bijou tendait à se reposer enfin contre la pierre froide de Châteauneuf. L’anneau tournoya, son écho se fit de plus en plus rapide, et, tout à coup, il toucha le sol.
Le silence régnait maintenant dans la salle du trône, silence qui fut rapidement rompu par les pas lourds et cinglants de Lord Manderly. Apprêté aujourd’hui à la manière qu’il convient à tout Amiral de Blancport, Randal trahissait nécessairement ses déambulations par une série de petites chaînettes qui maintenaient entre elles certaines pièces de ses chausses montantes et, sur sa grande veste, semblaient relier le vêtement à certains objets rangés dans l’une de ses grandes poches. L’homme laissa sa lourde main sur l’épaule de son fils tandis qu’il faisait volte-face, puis il entreprit de descendre le modeste escalier en bas duquel gisait l’objet de famille de cette Lyessa. Dans une réaction synchrone, deux gardes s’exécutaient pour venir chercher la chose à sa place, mais ils furent stoppés dans leur élan d’un regard significatif du Seigneur. Il n’aimait pas que l’on fasse quoi que ce soit à sa place lorsqu’il avait décidé le contraire. Il n’était pas homme à s’être assis sur un trône en fût de vin et en ripailles, se laissant servir jusqu’à ce qu’un ventre gras l’empêche inexorablement de percevoir jamais son phallus. Randal s’accroupit, et vint prendre l’anneau entre ses doigts forts, cornés par l’usage des armes. Il l’inspecta minutieusement et remarqua les symboles typiques des Reed. Cette preuve allait donc en la faveur de la demoiselle, autant que les paroles qu’elle venait de prononcer qui affirmaient, avec une précision peu douteuse, certains détails pointus sur la famille héritière de Griseaux.

Terminant son propos, Lyessa jeta le lièvre qu’elle avait attrapé sur les terres de Blancport. Sa carcasse vint s’écraser sur les dalles dans un bruit mou d’os et de chair. Cette demoiselle était particulière, et c’était peu de le dire.

[Randal] « Reprenez donc votre gibier, Lyessa Reed. Vous l’emporterez avec vous. »

L’homme s’avança petit à petit dans la direction de la jeune femme, ne la quittant pas des yeux. Il observait ce visage si singulier, dont les traits reflétaient une fierté effectivement nobiliaire autant qu’une âme farouche. Elle semblait bien la digne incarnation d’une Reed. L’homme posa sa main contre la hampe d’un petit poignard qu’il portait sur son flanc. Les muscles de sa poigne se gonflèrent, tandis qu’il la serrait. L’afflux de sang gonflait peu à peu les veines de son bras. Pour autant, son visage restait impassible.

[Randal] « Insaisissables… Oui. Pourtant, il semble bien que vous ayez été saisie, très chère Dame. »

L’homme afficha un léger rictus, prononçant ces derniers mots avec ironie. Dans le même temps, il semblait totalement absent des mots qu’il prononçait presque machinalement, comme happé dans son esprit par quelque chose de plus important. Une fois qu’il fut à sa portée, suffisamment près d’elle pour qu’elle puisse entendre sa respiration lente et profonde dont le rythme accompagnait mal la scène devenant de plus en plus tendue, Randal fit demi-tour un instant. Il regarda son fils avec insistance.

[Randal] « Il va te falloir être fort, aujourd’hui. Observe, et ne détourne pas les yeux. Ce que je fais là, tu devras le faire aussi un jour. »

Le Seigneur marcha encore jusqu’à passer derrière Lyessa, toujours entourée des trois soldats qui l’avaient fait prisonnière.

[Randal] « Soldat Girvin, vous avez une minute pour me faire votre rapport. Je veux savoir qui a blessé cette femme au point qu’elle en souffre encore pendant plusieurs semaines. »

Le garde eut un moment d’hésitation. Il comprit rapidement que s’il souhaitait sauver sa propre vie, il lui était préférable de parler. Pour autant, il savait qu’après cela son autorité de petit gradé en pâtirait de façon indélébile. La délation était chose très peu prisée dans les milieux militaires. Il lui était donc soumis le choix de se taire et d’en subir les conséquences immédiates, ou d’obéir au commandement afin d’épargner sa vie.

[Girvin] – C… C’est Tybers, qui l’a frappée… Mon Seigneur. »

A ces mots, le soldat imposant qui cachait assez mal une mine inquiète et coupable, depuis le début de l’entrevue, fit volte-face, et sembla accès à un soudain entrain de violence. Il leva le poing, les yeux pleins de rage, et entama un juron.

[Tybers] « Espèce de fils de p… »

En moins de temps qu’il ne fallut pour le dire, Randal tira son poignard et vint le loger dans la gorge de Tybers, désormais paniqué comme une bête mourante. Lui attrapant la tête dans un mouvement de maîtrise, il le plaqua contre le sol, et acheva le travail. Puis, le Seigneur jeta le couteau un peu plus loin, fit signe à sa garde d’emporter le corps, qui se vidait encore de son sang au rythme décroissant de ses palpitations. L’audience entière retenait encore son souffle. Lord Manderly vint se positionner de nouveau à mi-chemin entre son trône et la Reed. Il balaya du regard l’ensemble des personnes présentes dans la salle.

[Randal] « Il n’y a pas de place chez nous pour les sauvages. Tybers a roué de coups une femme de haute naissance, et mon acte était délibéré. Cela fait plusieurs fois qu’il est colporté des actes de violence stupide, de sa part. Je rappelle au nom des Sept que notre Maison est héritière des valeurs de la chevalerie. Cet homme a eu le sort qu’il méritait. »

Lord Manderly entreprit de regagner son trône, avant d’achever son petit discours. Il prononça ces quelques mots à l’attention de son fils, lequel tremblait encore de la vision de cette scène d’horreur. Erik était un petit garçon fort et courageux. Il tentait de dissimuler l’instinct apeuré de son jeune être par un visage impassible qu’il avait volé à son père. Le spectacle était touchant, et criant. Tel était le destin d’un petit homme comme lui. Devenir rude et solide malgré lui, trop tôt, afin d’assurer un jour la régence d’un fief.

[Randal] « Et, il fallait que nous lavions l’affront du sang, par le sang. »

Le petit Erik sembla comprendre, bien qu'étant toujours sous le choc. Les serviteurs de Châteauneuf s’afféraient à nettoyer le liquide pourpre répandu sur tout un côté de la salle du trône, pendant que Randal prenait position sur son trône. Ce dernier posa les deux bras sur les accoudoirs, et afficha désormais une attitude bien plus sereine et calme, qui ne tarda pas à détendre l’ensemble de la salle qui fixait encore ses regards sur lui.

[Randal] « Bien. Laissez-nous maintenant, que tout le monde sorte. »

La petite audience de gardes et de notables s’exécuta dans l’instant. Lord Manderly se retrouvait dorénavant seul, avec Lyessa. Il lui épargnait la gêne de l’attroupement d’un château, mais faisait peser sur elle la gravité d’un face à face solennel. Certains serviteurs étaient toujours présents, muets comme des tombes, prêts à effectuer le moindre commandement du Seigneur de Blancport.

[Randal] « J’aimerais m’entretenir un peu avec vous, sauf à ce que vous y voyiez un inconvénient. J’ai plusieurs questions à vous poser, par curiosité. Je me demandais ce que vous faisiez sur ces terres, habillée d’une telle façon. J’aimerais savoir comment se portent les Reed et le Neck. Il y a trop longtemps que je n’ai eu de nouvelles de chez vous… »

Puis, changeant soudain de ton vers des paroles plus joyeuses et amicales, l’homme poursuivit.

[Randal] « Enfin, je me soustrais à toute bienséance. Souhaiteriez-vous vous laver un peu de cette blessure, avant de prendre avec moi un repas ? Mes gens s’occuperont de vous. Vous êtes l’invitée de ma Maison ce soir, en pardon de la faute commise par ma garde.»




Nul vainqueur ne croit au hasard.
Revenir en haut Aller en bas
Chasseur
avatar

Lyessa Reed
Chasseur

Général
Insaisissables
Représentante des Bouffes-Grenouilles

♦ Missives : 2044
♦ Missives Aventure : 73
♦ Age : 30
♦ Date de Naissance : 03/09/1987
♦ Arrivée à Westeros : 13/10/2012
♦ Célébrité : Keira Knightley
♦ Copyright : Randy / Moi
♦ Doublons : Tyana Veneur, Ororya Gargalen, Serenei
♦ Age du Personnage : 21 ans
♦ Lieu : Le Nord
♦ Liens Utiles : Fiche de Lyessa
Journal d'aventures
Aptitudes

Feuille de Personnage
Feuille de personnage
Inventaire:
Jauge de réputation Jauge de réputation:
512/1000  (512/1000)


Message Dim 30 Juin 2013 - 20:48

La tension était palpable dans l’immense salle du trône de Blancport. La Bouffe-Grenouille ressentait toujours une sorte de cynisme mordant lorsqu’elle pénétrait dans pareil lieu. Ils aimaient à dresser des murs de pierres pour se protéger. Ils appréciaient dominer leur gens, juché sur leur trône massif, ouvrage intriguant qui ne manquait pas d’en mettre plein la vue. Lyessa trouvait risible la plupart des manœuvres intimidantes des nobliaux qu’elle avait croisés. Elle n’avait clairement pas été élevée dans le luxe superficiel visant à distiller dans les esprits faibles la crainte de leur seigneur. Les Reed étaient aussi modestes et humbles que leur peuple. Ils partageaient tout – que ce soit prises de chasse, repas ou fruit d’artisanat. Lyessa était une Reed, fille de seigneur, chasseresse experte, et surtout proche des siens. Les siens, c’était sa famille, et tous ceux qui vivaient comme elle, confrontés à la terre foulée en permanence, aux larmes et à la colère d’un ciel tempétueux, et aux vies à ôter pour préserver la leur. Pour sûr que l’homme qui lui faisait face avait l’envergure de quelqu’un qui imposait le silence et la retenue. Lyessa était immobile, ses prunelles rivées sur sa silhouette. La Bouffre-Grenouille ne trahissait aucune crainte, dressée dans l’attente d’une éventuelle sanction. Cet homme là n’avait pas grande clémence, cela se lisait sur ses traits sévères et sa peau marquée par les affres du temps et les ennemis défaits. La donzelle ne parvenait pas à entrevoir une quelconque issue dans ces yeux insondables et ce visage effrayant d’austérité. Entremêlant ses doigts et reposant ses bras contre son corps, la jeune femme patientait, toute son attention offerte à son interlocuteur. Il sous-entendait qu’elle pouvait repartir avec son butin, mais son comportement laissait presque à croire le contraire. Le seigneur s’approchait d’elle à pas lents, faisant naître toujours plus de circonspection chez la Paludière. Lorsqu’il esquissa un geste à l’arme qui était sanglé à sa taille, Lyessa y décocha une œillade mutine. Elle redressa finalement la tête, dardant ses prunelles dans celles du seigneur de Blancport. La remarque moqueuse qu’il lui adressa au sujet de son caractère pas si insaisissable que ça lui fit froncer les sourcils. La Nordienne gardait contenance, malgré la proximité dangereuse de Manderly. Qu’allait-il faire ? Lui ouvrir la gorge ? Ce serait bête. Inconsidéré. Et pourtant, Lyessa déglutit, laissant échapper un fugace moment d’appréhension, alors qu’elle reprenait d’un murmure.

« Un moment d’inattention. Je tâcherai d’être plus discrète la prochaine fois que je foulerai vos terres, lord Manderly. » – Une étincelle d’impertinence éclaira son regard avant de se dissiper dans une profonde gravité, presque menaçante. Il se planta face à elle mais la Paludière ne bougea pas d’un centimètre, peu encline à baisser le regard devant son interlocuteur. Son souffle s’était pourtant bloqué dans sa gorge, et ils restèrent ainsi à se fixer durant quelques secondes, avant que Randal ne daigne la libérer de son insistance. La Bouffe-Grenouille serra la mâchoire, se glissant légèrement sur le côté pour lorgner du côté du jeune fils, à qui il expliquait ne point devoir détourner les yeux. « Tssss… »

Elle émit un léger sifflement réprobateur, les muscles de ses épaules noués comme si elle était prête à essuyer une agression de la part du triton. Mais au lieu de porter la main sur elle, ce dernier finit par la contourner pour se poster prés de ses hommes. A sa plus grande surprise, Lyessa entendit Randal interroger ses gardes, pour apprendre qui l’avait ainsi violenté. Il cherchait un coupable, et elle n’était manifestement concernée par de quelconques représailles. Comprenant assez vite la situation, la donzelle se retourna vers les trois hommes, juste à temps pour entendre la confession du dénommé Girvin. Randal Manderly n’échappait pas à la règle – la crainte latente de ses hommes était bien assez exhaustive. Le soldat qui l’avait frappé sans ménagement fut secoué par un soubresaut de colère viscérale en entendant son nom ainsi prononcé.

« Seign… » – A peine voulut-t-elle parler que Manderly avait déjà planté son poignard dans la gorge du concerné, mettant fin à sa vie à même le sol dans un gargouillis guttural.

Lyessa fixait le spectacle, effarée. Randal Manderly venait d’exécuter l’un de ses hommes car il l’avait battu. La Bouffe-Grenouille était rancunière, mais pas cruelle. Ses yeux posés sur l’homme étalé dans son sang remontèrent lentement vers le seigneur de Blancport qui daignait faire une petite annonce face à l’assemblée. Les valeurs de la chevalerie ? Cette notion arracha un bref soupir méprisant à la donzelle de Griseaux. Randal Manderly ne priait pas les Anciens Dieux, mais les Sept – un détail que la Nordienne avait oublié au cours de son éducation. Son honneur à elle était sauf, mais à quel prix ? La jeune femme détailla brièvement les visages des gens présents dans la salle du trône. Ils étaient interloqués, mais personne n’aurait protesté. Lyessa avait été victime de la violence de cet homme, mais jamais elle n’avait désiré voir que la vie lui serait ôtée pour ça. Après tout, n’avait-il pas respecté le protocole pour protéger les terres de son seigneur ? Distraitement, la Paludière se surprit à observer les servants genoux à terre en train de nettoyer cette écume écarlate, tandis que père et fils goûtaient à la complicité seigneuriale. Lord Manderly finit par congédier tout ce beau monde, et la salle se vida peu à peu pour les laisser dans ce face à face pesant. Le triton reprit la parole, piqué d’une curiosité au sujet d’elle et de sa famille. Il était courtois, et la Paludière ne savait guère comment réagir après tout ça. Il excusa l’affront des gardes, et l’invita même à passer la nuit dans sa demeure, ce qui lui arracha un bref haussement de sourcils. Lyessa se mordit la lèvre inférieure avec hésitation puis elle s’avança vers le trône du seigneur de Blancport pour réduire la distance entre eux.

« Beaucoup de choses m’échappent dans la religion des Sept. Est-ce là votre justice seigneur Manderly ? » – Elle désigna la flaque de sang que les serviteurs s’échinaient à nettoyer. « Je n’aurais pas été d’haute naissance que vous auriez laissé quelconque chasseur ou roturier se faire rosser pour ces quelques lapins ? Entre nous, vous auriez jamais su que j’étais d’sang noble si je l’avais pas dit. Cet homme qu’vous venez de froidement tuer méritait-il vraiment ce châtiment ? Les valeurs chevaleresques, elles n’arrangent que les nobles non ? »

Son interrogation se perdit dans l’immense sale du trône. Le triton aurait de quoi se surprendre, à ce que quelqu’un remette en question son jugement, alors que celle qui aurait pu pâtir d’une sanction s’en tirait plutôt bien. Elle inspira profondément, comme résignée.

« J’étais en visite à Blancport. Il m’arrive souvent d’y passer, pas pour les affaires seigneuriales bien sûr, sinon on se serait déjà rencontrés. » – La curiosité que les Paludiers suscitaient n’était jamais une surprise. « Quant à votre question sur ma tenue vestimentaire, c’est comme ça que je m’habille, voilà tout. Vous imaginiez p’têtre me voir fagotée d’une robe ? Les prédateurs n'ont que faire du tissu à arracher pour dévorer vos entrailles. C'est comme ça qu'on s'habille quand on veut survivre là-dehors. »

Elle esquissa un petit sourire en coin, amusée par l’idée de devoir gambader dans des atours de femme.

« En tout cas, merci pour votre accueil… Mais j’voudrais pas causer plus de tords à vos gens. J’peux très bien aller dormir à l’auberge. » – Elle haussa les épaules avec nonchalance. Pour sûr que Manderly ne devait pas en voir souvent, des ladies qui se sentaient plus à l’aise en compagnie de la populace que des nobles. Ce genre d’endroit ne la mettait jamais bien à l’aise, et d’ailleurs, cela devait se voir. « Ma famille s’porte comme un charme. Qu’est ce que vous voulez savoir ? D’ailleurs, je suis la représentante des Reed – c’est pour ça que je suis souvent amenée à voyager du Nord au Sud. »

Le naturel de la jeune femme avait quelque chose de cocasse. Elle préservait une certaine pudeur qui allait de pair avec sa farouche différence, qu’elle ne tentait même pas de dissimuler. D’ailleurs, à y réfléchir, c’était assez drôle. Le trident du pouvoir croisait celui de la chasseuse de grenouilles.





Spoiler:
 

Thème
Revenir en haut Aller en bas
Noble
avatar

Randal Manderly
Noble

Général
▪️ Seigneur de Blancport ▪️
Gouverneur de la Blanchedague

'Portés par les Flots'

♦ Missives : 553
♦ Missives Aventure : 19
♦ Age : 25
♦ Date de Naissance : 17/04/1992
♦ Arrivée à Westeros : 28/05/2013
♦ Célébrité : Sergio Castellitto
♦ Copyright : aSoIaF & Randy
♦ Doublons : Rogho Gargalen
♦ Age du Personnage : 42
♦ Mariage : Sunniva Manderly
♦ Lieu : Blancport
♦ Liens Utiles :
Disponibilité 1/1
♦️ Qui est Randal ?
♦️ Voyages & aventures
♦️ Aptitudes & Succès

Feuille de Personnage
Feuille de personnage
Inventaire:
Jauge de réputation Jauge de réputation:
108/500  (108/500)


Message Dim 7 Juil 2013 - 17:03

Tandis qu’il avait pu apprécier la tendance prononcée de la jeune femme à l’impertinence, Randal avait aussi rapidement constaté qu’elle était perspicace et tout à fait opposée à la méthode qu’il venait d’employer. D’ailleurs, ce sont ses yeux sombres qu’il regarda d’emblée, alors qu’il tranchait encore la gorge de son soldat. Non, elle n’avait pas eu le temps d’achever sa phrase, l’homme gisait déjà au sol, ayant fait résonner la salle du trône caverneuse, lorsque sa tête vint cogner contre les dalles. Il faut dire que la foule était dès lors devenue muette et que l’on pouvait entendre aisément les afflux de sang gicler depuis sa carotide, dans le rythme décroissant de son cœur condamné à s’éteindre.
Le spectacle sembla choquer Lyessa, ce à quoi Randal pouvait bien évidemment s’attendre, en homme censé qu’il était. De toute évidence, un tel acte était objectivement horrifique et il n’avait pas compté là-dessus pour mettre la Reed en bonnes grâces. Homme devenu réfléchi par la force de l’âge et l’expérience du commandement, Randal n’était pas moins un individu à la nature sauvage et impulsive, laquelle ressortait de temps à autres, au plus grand déplaisir d’autrui. Tybers était un soldat qui, depuis trop longtemps, ne faisait plus honneur à sa bannière et il avait aujourd’hui, dans un énième accès de violence, commis une erreur qu’un Seigneur de maison ne pouvait épargner. Certes, la mort pouvait sembler totalement disproportionnée au regard de l’offense, mais la bouffe-grenouille n’avait pas connaissance des antécédents fâcheux de l’individu, dont le sang coulait encore entre les sillons des dalles.
Sa réaction ne se fit pas attendre et, à peine Lord Randal eut-il le temps de poser séant sur son trône, que la Reed l’interpela. Visiblement, elle n’avait que faire de toutes les commodités d’usage, bien davantage attachée à comprendre le pourquoi du comment. Ses premiers mots donnèrent le ton, et elle accusait le coup à l’aune de la foi des Sept, paraissant considérer que le Manderly venait de faire gage d’une bien mauvaise image de sa religion.

Il était vrai et certain que Blancport était, au moins tacitement, mal vue de beaucoup de maisons voisines pour ses croyances perçues comme inadéquates. Bien que le Roi des sept couronnes soit bel et bien celui de toutes les coutumes qui les habitent, persistaient et persisteraient toujours dans la réalité factuelle une foule de clivages qui auraient sans doute du mal à s’estomper. Les Nordiens croyaient en les anciens Dieux. Les Manderly avaient obtenus le droit, lors de leur exil datant d’un lointain millénaire, de conserver la foi des Sept lorsqu’ils avaient été rendus vassaux des Stark, en échange du fief de l’Antre du Loup. Depuis lors, il était parfois impossible de dialoguer vraiment au sujet de la religion. Parfois, était-il arrivé que la divergence des cultes empêche tout bonnement la moindre discussion, cordiale et diplomatique. Une telle chose restait cependant rare et, dans l’ensemble, Randal n’avait jamais eu à se plaindre d’un quelconque mépris à l’égard du dogme des siens. Adoptant un calme qui contrastait étrangement avec la situation qui venait de se produire, le Seigneur entama une réponse, avec le ton sentencieux qui lui était habituel. Les années d’expérience d’un trône avaient forgées une attitude maîtresse jusque dans sa voix.

[Randal] « Ne liez pas ce qui n’a pas lieu de l’être, Lady Reed. Tous les Hommes, moi compris, voient en leurs divinités un idéal qu’ils ne sauraient atteindre un jour. Et, dès lors que le Seigneur qui se tient devant vous est plus qu’imparfait à leur aune, vous m’accorderez le bénéfice d’une certaine bonne volonté, quant à respecter la parole des Sept. Parfois, la bienveillance du Père, que nous devons adopter, se heurte à l’inévitable devoir qui incombe à tout seigneur, celui de rendre la justice. »

Il marqua une courte pause, ne quittant pas Lyessa des yeux.

[Randal] « Cette justice est la mienne, elle n’est pas celle des Dieux. Pour croire que la justice répond toujours du juste, il faut être fou ou, à défaut, un aveugle. Si je n’avais jugé ainsi cet homme qui, par ailleurs, m’a causé d’autres soucis dans le passé, qui sait ce que vous auriez pu dire à votre Père, lors de votre retour à Fort Griseaux. Que les Manderly maltraitaient le sang de leurs alliés sans qu’une punition ne soit encourue ?!
La chevalerie, puisque ce sont vos mots, comme toute chose en ce monde, repose sur des idéaux qui sont toujours à nuancer. Si j’avais pu épargner l’existence de cet homme, s’il ne vous avait pas frappé vous, Lady de Griseaux, je l’aurais fait, et c’eut été souhaitable. Seulement, entre l’idéalisme et la nécessité du fait, il y a tout un monde. Le hasard de la naissance fait souvent qu’on est avantagés sous bien des points. Vous ne vous étonnerez pas que cela en ait été une preuve supplémentaire.
»

Il esquissa un rictus, afin de conclure avec un visage amical.

[Randal] « Allons, jeune fille. Retenez la rage rebelle qui coule abondamment en votre cœur, témoin de votre jeune âge. J’étais ainsi, tout comme vous, lorsque j’avais encore vingt ans. L’on observe  la vie selon les principes, et on déteste qu’ils soient enfreints. Mais voyez-vous, il est des obligations auxquelles un Seigneur doit répondre, quoi qu’il lui en coûte. Pour le bien de sa maison. J’ai combattu avec votre Père, jadis. Je respecte cet homme, et n’entends pas qu’il soit dit que sa fille a été battue impunément sous mon étendard. »

L’homme avait livré des explications claires sur son geste et espérait faire comprendre à la Reed qu’il eut été difficile pour un Lord de couvrir le passage à tabac de la fille d’un Seigneur voisin. Il ne revint pas davantage dessus, estimant que ce qu’il avait dit était amplement suffisant. La jeune femme était née de la noblesse, elle en connaissait les enjeux et le prix.
L’homme écouta ensuite attentivement les réponses de la bouffe-grenouille. La demoiselle était simple, et honnête. C’était ce que Randal appréciait le plus dans ces terres du Nord. Il n’y avait pas de place ici pour l’apparat et la bienséance hypocrite, choses qui étaient omniprésentes un peu plus au Sud. Ici, les langues les plus redoutées n’étaient pas celles de vipères, mais souvent celles des ours ou des loups. L’homme savait que les Reed perpétraient une tradition de chasse, tradition, d’ailleurs, légendaires. L’on disait qu’une centaine de leurs archers terrés dans les marais du Neck suffisaient à barrer le passage à une armée entière. Un tel mythe n’était sans doute pas totalement imaginaire et il ne faisait aucun doute que les paludiers faisaient les meilleurs chasseurs du Nord, peut-être au-delà.
Une fois qu’elle eut terminé, Lord Randal reprit. Ce qu’il souhaitait surtout, c’était détendre l’atmosphère encore pesante. La jeune femme avait été trainée ici comme une moins que rien, subissait surement sans le dire sa salle du trône et ce qui pouvait s’apparenter comme un interrogatoire. Aussi, il fallait au Seigneur qu’il parvienne à métamorphoser ceci en une discussion, et non plus un tribunal. Il commença donc par ne plus aborder la question vestimentaire, considérant que cela était davantage susceptible d’envenimer leur échange.

[Randal] « Je vois. Vous êtes donc familière avec ma Cité. Si j’ai bien cerné vos premiers dires, j’imagine que ma proposition ne vous intéressera que peu. Mais, lorsqu’à l’avenir vous repasserez par ma Maison, faites-vous savoir. Vous trouveriez à Châteauneuf un lit et une table qui vous contenteraient mieux que les tavernes, pourtant appréciées, de Blancport. Je vous dois au moins cela, Lyessa. »

Randal claqua des doigts, et accompagna le geste d’un commandement qui résonna contre les murs. Un homme tout penaud arriva en courant, la chaîne autour du cou, un Mestre. Lorsqu’il fut tout proche du trône où était assis Lord Manderly, il se plaça contre un pupitre en pierre qui avait été installé là pour lui, et observa son Seigneur d’un air interrogateur.

[Randal] « Transmets mes amitiés sincères à Lord Reed, et convie-le, s’il le souhaite. Signe le tout de mes titres complets. Et fais-vite, je te prie. »

Le scribe s’exécuta et, tendit le mot à Randal. Ce dernier scella le tout avec cire et bougie, et se leva. Descendant tranquillement les marches, une fois de plus, il alla se place au niveau de sa convive, et lui tendit l’enveloppe.

[Randal] « Si vous pouviez le transmettre à votre Père, en souvenir de notre entente. Aujourd’hui, pour vous répondre, c’est bel et bien moi qui vous ai causé du tort, et non l’inverse. »

Le Seigneur entama une marche lente en direction d’une porte en bois, les domestiques y affluèrent en même temps. Tandis qu’il marchait, pensant être d’emblée suivi, il poursuivit.

[Randal] «  Je n’ai pas vu Lord Joren depuis l’an 200. A l’époque, je savais qu’il avait déjà eu deux enfants, Jokah et vous. Votre fratrie s’est-elle agrandie depuis ? Quelles nouvelles du Seigneur de Fort-Griseaux ? Sa santé est-elle toujours bonne ? Et vos chasseurs, toujours prêts à défendre le Neck à un contre cent ? »

Avant de la franchir, il continua ses questions multiples, dans la foulée. Randal aimait venir aux nouvelles et se donnait un point d’honneur à être au fait des actualités, non seulement dans sa région mais également dans les sept couronnes. Sa position au titre de régence du seul port du Nord aidait allègrement au colportage de telles informations.

[Randal] « Allons nous restaurer un peu ou, à défaut, boire une coupe. Vous me raconterez quelle a été votre vie de chasseuse jusqu’en ce jour. Je suis curieux d’en apprendre davantage sur les paludiers. Les vôtres ne sont pas connus pour leur attouts esthétiques, mais font des traqueurs renommés par-delà le Nord.»

Se laissant ouvrir l’entrée de la salle à manger, attenante à celle du trône, Randal passa la porte. Déjà, de partout, les gens s’afféraient à dresser la table, en y préparant vins et mets savoureux. Toutefois, le Seigneur fit volte-face, vérifiant  que la jeune femme avait bel et bien emboîté son pas.

[HRP] N'hésite pas à prendre l'initiative de décrire les repas, la table, l'attitude des serviteurs, et tout ce dont tu peux besoin. J'espère t'avoir laissé suffisamment de matière à répondre, si c'est pas le cas, MP-moi [/HRP]




Nul vainqueur ne croit au hasard.
Revenir en haut Aller en bas
Chasseur
avatar

Lyessa Reed
Chasseur

Général
Insaisissables
Représentante des Bouffes-Grenouilles

♦ Missives : 2044
♦ Missives Aventure : 73
♦ Age : 30
♦ Date de Naissance : 03/09/1987
♦ Arrivée à Westeros : 13/10/2012
♦ Célébrité : Keira Knightley
♦ Copyright : Randy / Moi
♦ Doublons : Tyana Veneur, Ororya Gargalen, Serenei
♦ Age du Personnage : 21 ans
♦ Lieu : Le Nord
♦ Liens Utiles : Fiche de Lyessa
Journal d'aventures
Aptitudes

Feuille de Personnage
Feuille de personnage
Inventaire:
Jauge de réputation Jauge de réputation:
512/1000  (512/1000)


Message Jeu 18 Juil 2013 - 21:01

L’on pouvait dire beaucoup de choses sur Lyessa Reed – qu’elle était entêtée, mesquine, emportée, méfiante, bornée dans ses idéaux, disgracieuse, impolie, folle, imprudente, candeur teintée de violence. La Paludière était aussi paradoxale que l’avait poussé à l’être sa vie de chasseresse errante, messagère des Reed et silhouette feutrée dans les auberges au franc-parler indéniable. Lyessa avait appris à se méfier des gens calmes, car ceux-là étaient pragmatiques et enclins aux jeux sournois. Elle se défiait plus encore des hommes paternalistes et des donneurs de leçons, car ils pensaient détenir influence et autorité naturelle sur les autres. La manière dont s’exprimait le seigneur de Blancport avait quelque chose d’insupportable pour la Paludière qui ne goûtait guère à l’austérité. Randal Manderly lui rappelait un peu dans son verbiage le seigneur Seamus Ouestrelin – à ça prés que ce dernier l’avait sauvé d’une mort en mer et s’était révélé être un change-peau. Et jamais ne l’avait-il prise de haut pour lui donner des leçons de vie. Tandis que le triton déblatérait son petit discours au sujet de la nécessité de rendre justice pour convenir aux dieux qui peuvent sembler parfois cruels, Lyessa plissa une œillade entre attention et moquerie. Elle se demanda brièvement si ce flegme et cette contenance seigneuriale était à toutes épreuves, comme si son interlocuteur était une rare espèce de son genre – puis toutes ses intimes réflexions furent chassées par l’attention qu’elle reporta sur ses dires. Il avait raison sur un point - elle ne pouvait résolument pas se plaindre d’avoir évité le pire. Si elle avait été battue à mort par la garde de Manderly, alors ça aurait eu de terribles répercussions pour les deux maisons. La justice, quant à elle, dispensée par un Homme n’était jamais juste. Car l’Homme était loin d’être omniscient, et impartial. Tout ceci était propre aux luttes intestines de l’espèce humaine, des jeux de trônes et de pouvoir. Jeux de guerre.

La Paludière se tenait immobile, ses yeux plantés sur l’homme de stature qui prenait soin de lui soumettre son point de vue. Quelle politesse, quel juste choix des mots. La jeune femme ne put qu’arquer un sourcil en signe d’amusement lorsque ce dernier prit un ton paternel en l’appelant « jeune fille » et en mettant le doigt sur son jeune âge. Elle le détailla d’un regard ostensiblement farouche avant de croiser les bras contre sa poitrine dans une posture nonchalante.

« Pour sûr que je préfère qu’il soit mort plutôt qu’moi lord Manderly. C’est juste l’issue qui m’taraude. Après tout, ne payez-vous pas ces hommes pour vous protéger, vous et vos terres ? Vos lois sanctionnent le braconnage, et même si ce type a eu la main lourde sur moi – fort cruelle d’ailleurs, pour seulement un lièvre et deux lapins – il n’a fait qu’obéir à vos ordres. » – Elle haussa les épaules au gré de son constat. Les Paludiers n’avaient jamais instauré de telles règles sur leurs terres. D’ailleurs, fallait-il être fou pour se risquer dans les marais en espérant gagner du temps. Les Reed ne payaient personne pour préserver Griseaux des ennemis. Tout n’était qu’une question de services et de biens – tout se partageait pour une vie en communauté plus saine. « Ils se complaisent à vous plaire et vous servir – voilà de quoi nourrir jalousie et perversité. C’est l’genre de choses qui me met mal à l’aise dans vos… châteaux. »

Elle darda son regard autour d’elle, jaugeant l’architecture de pierre et ce plafond si haut qui lui donnait tout de même l’impression d’être coincée dans un espace restreint. Elle parlait de manière générale en mentionnant les us-et-coutumes des autres. De ceux qui aimaient à se terrer derrière leur tas de pierres froides. Comment ne pas se sentir menacée dans un endroit aussi glacial ? Ça l’intimidait autant que ça l’inquiétait. Le triton avait l’air de la prendre pour une gamine, et cette condescendance ne cessait de l’exaspérer. L’âge n’était en rien preuve d’expérience, et elle était convaincue que la moitié des nobliaux avec autant d’âge que lui ne pouvaient survivre une fois hors de leur château et une fois leurs hommes arrachés.

« Vous auriez tord de voir en moi qu’une jeune rebelle qui fait beaucoup d’bruit pour rien, seigneur Manderly. Croyez-moi, lorsque vous tombez nez-à-nez avec un fer-né d’au moins deux mètres de haut, ça à vite fait d’vous faire réfléchir sur les principes d’la vie. » – La gravité fureta dans son regard dans un éclair, avant qu’elle n’esquisse un sourire en coin.
Comment pouvait-elle en vouloir aux frileux seigneurs ? Ils avaient tout le temps de se poser des questions et composer de savants discours pour obscurcir le jugement des plus crédules. Elle, avait bien d’autres chats à fouetter. Cela dit, le triton semblait vouloir mettre fin à cette confrontation verbale et peu banale. Leurs opinions convergeaient, et la Paludière ne désirait pas se battre pour le faire ployer. Elle s’éclaircit finalement la voix, accueillant la proposition de son interlocuteur d’une ébauche de sourire. Le protocole des nobles passait souvent par les politesses et les invitations. A vrai dire, tout cela se bâtissait là-dessus pour les alliances de fortune.  

« C’est trop aimable pour l’invitation. Je tâcherais de m’en rappeler, et de toute manière, si mon paternel veut vous transmettre un message, mon passage à Blancport sera inévitable. » – Et Blancport n’était pas une ville qu’il lui déplaisait d’arpenter, même si elle n’allait pas assaillir d’éloges son noble seigneur.

Lorsque le triton claqua sèchement des doigts, des bruits de pas se mirent à résonner avec empressement et Lyessa suivit du regard le mestre qui prenait place sur son pupitre pour composer un message à son paternel. La jeune femme ignorait quelle relation unissait les deux hommes qui avaient pu se battre sur le même champ de bataille – son père parlait très rarement de l’époque où il daignait encore sortir de ses terres. Sûrement s’était-il lassé de la barbarie et des jeux de pouvoir de ce monde. La Paludière se frotta la joue pour y enlever le sang qui y avait séché. Elle se dandina d’un pied sur l’autre en attendant que le scribouillard eut fini et se saisit de la lettre cachetée par Manderly avant d’opiner du chef.

« Je le ferai. » – Elle rangea la lettre dans les plis de ses vêtements et le fixa d'un air dubitatif. Qu’il estime être responsable du tort qui lui fut fait la laissait perplexe.   « Oh, j’suis pas en porcelaine, rassurez-vous. Oublions ça. »

Elle ne l’avait jamais considéré comme coupable. Lyessa était parfaitement consciente de ses particularités et de son comportement hors norme. Elle ne s’étonnait donc guère de devoir essuyer de telles réprimandes. Le triton n’attendit aucune approbation de la part de son invitée pour se mettre en marche. D’ailleurs, celle-ci jeta quelques coups d’œil hésitants autour d’elle avant de lui emboiter le pas. Il semblait attaché à ses souvenirs qu’il remémorait sur un ton calme. Décidément, il était très curieux de savoir ce que devenait les Reed – un vif intérêt envers sa maison qui lui faisait toujours drôle.

« Et ben, j’ai deux jeunes frères jumeaux. Branden et Yorgen. Ils rêvent de voir des châteaux – p’têtre que je les amènerai à Blancport un jour. » – Même si la Paludière n’aimait pas vraiment ça, elle pouvait concevoir que ses frères trépignaient d’impatience de découvrir Westeros. « Et nos chasseurs sont toujours prêts. Nous avons récemment bouté l’train de quelques fer-nés qui s’étaient aventurés un peu trop en dedans. »

Randal l’invita à manger et à se désaltérer, ce que Lyessa ne put refuser. Il semblait enthousiasmé par la perspective de discuter avec elle, renforçant ainsi son scepticisme. Le petit commentaire au sujet de son peuple lui arracha un sourcillement suivi d’un petit rire.

« J’pourrai me vexer d’entendre que moi et les miens ne sommes pas beaux, mais j’peux pas vous contredire. Nos croyances nous rapprochent de la nature, et ça n’concerne pas un physique engageant. Je sais même pas comment font les autres femmes pour porter des robes à longueur de journée. C’est tellement pas pratique. » – Lui glissa-t-elle, se déridant en lui offrant une grimace pour illustrer la parole.

Lorsque Randal s’immobilisa devant une large porte en attendant qu’on la lui ouvre, Lyessa ne put réprimer un sourire moqueur.

« Vous devriez faire attention. Trop d’oisiveté rend inefficace au combat. » – Pourquoi diable les nobles ne faisaient plus d’effort pour ouvrir une porte ? Cela devait être éreintant de devoir attendre après les autres pour faire quoi que ce soit. Il était certain que la Nordienne ne craignait pas de vexer le triton – remarques frivoles qui s’échappaient de sa bouche pour laisser ensuite place à une nouvelle impulsivité.

Lyessa ne pouvait résolument pas adopter un tel rythme de vie. La salle à manger était vaste et finement décorée – un goût pour l’esthétisme que la Paludière aurait pu relever si elle n’avait pas été trop occupée à fixer les mets qui leur étaient présentés. Y avait pas à dire ! Les seigneurs avaient le sens des festivités, et tout semblait si appétissant que Lyessa en avait vite oublié son estomac malmené par les précédentes péripéties.

« Je connais peu les Manderly. Faut dire que je n’étais pas bien assidue quand ma mère essayait de m’faire les leçons. » – Glissa-t-elle à son interlocuteur d’un œil malicieux. « Et mon père s’est fait bien avare en histoire de champ d’guerre depuis qu’il reste au bercail. »

La Paludière en avait toujours plus appris en dehors du Neck sur son paternel que de sa bouche lui-même. Il trouvait toujours le moyen d’éluder tout ce qui concernait son passé. Et ce bougre résistait d’ailleurs pas trop mal aux tentatives téméraires de sa fille d’en apprendre plus. La gêne avait définitivement quitté Lyessa pour un sentiment d’aise presque étonnant dans un endroit pareil. Que le triton le prenne pour un compliment !





Spoiler:
 

Thème
Revenir en haut Aller en bas
Noble
avatar

Randal Manderly
Noble

Général
▪️ Seigneur de Blancport ▪️
Gouverneur de la Blanchedague

'Portés par les Flots'

♦ Missives : 553
♦ Missives Aventure : 19
♦ Age : 25
♦ Date de Naissance : 17/04/1992
♦ Arrivée à Westeros : 28/05/2013
♦ Célébrité : Sergio Castellitto
♦ Copyright : aSoIaF & Randy
♦ Doublons : Rogho Gargalen
♦ Age du Personnage : 42
♦ Mariage : Sunniva Manderly
♦ Lieu : Blancport
♦ Liens Utiles :
Disponibilité 1/1
♦️ Qui est Randal ?
♦️ Voyages & aventures
♦️ Aptitudes & Succès

Feuille de Personnage
Feuille de personnage
Inventaire:
Jauge de réputation Jauge de réputation:
108/500  (108/500)


Message Mer 24 Juil 2013 - 3:24

Lord Manderly commença à s'installer. Restait encore en suspens une série de choses auxquelles il devait apporter réponse, et il commença à les délivrer dès lors qu'il fut assis et que les serviteurs fourmillaient afin de garnir la table de mets en tous genres, affublés d'épices en provenance de contrées lointaines, aromatisés aux senteurs parfois peu typiques du Nord. Désormais en lieu de restauration et de convivialité, Randal espérait bien ainsi apaiser toute la tension et les crispations qui s'étaient accumulés dans la salle du trône. Il donna quelques directives sur ce qu'il souhaitait voir servi en particulier, remercia ses gens de quelques sourires ou de quelques signes de tête et, aussitôt qu'ils eurent débarqués en trombe pour faire le service, ils disparurent tous à l'exception d'un seul, sûrement le chef de rang, lequel s'était fait, cela dit, aussi transparent que quelques tapisseries alentours. Lorsque toute la fanfare de bruits de couverts et de bottes eurent cessés, Lord Manderly scruta de nouveau un long instant le visage de la Reed. Il la gratifia d'un sourire accueillant, et l'invita d'un signe de la main à se repaître à sa guise, avec tout ce qu'il y avait devant elle. Tourtes, fruits, boissons et vins de grandes maisons, viandes bien cuites et crudités appréciées, tout y était ; ceci reflétait à merveille la réalité d'une cité portuaire telle que le havre blanc du Nord, celle du contact avec des cultures et des marchandises lointaines, souvent méconnues dans les terres septentrionales.

[Randal] « Pour vous répondre, et je comprends que cela puisse vous choquer, l'homme que j'ai tué de mes mains a été pris il y a trois semaines en train de violer la femme d'un individu que nous l'avions chargé d'arrêter. Il était chevalier. A ce titre, si j'avais déjà pardonné un tel acte dans un élan de mansuétude, il était hors de question que ce qu'il vous a fait reste impuni. Il a battu la mauvaise personne. Les Dieux l'ont puni en l’affublant de cet incident, qui lui aura coûté la vie. Mais passons. »

Il sourit de nouveau, et poursuivit.

[Randal] « Et, j'allais oublier... Je ne vous méprise pas, chère Lyessa. Il n'y a pas de mal aux traits de la jeunesse. Il est seulement de mon devoir de vous expliquer la raison pour laquelle j'ai pu décider ainsi devant vous, et de vous dire qu'il y a à chaque âge des traits communs qu'il est difficile de gommer. Vous êtes sans doute une redoutable paludière, vous n'êtes pas moins deux fois moins âgées que moi, je présume. Je parle en expérience. »

Un petit rictus en coin, il s'affala dans le dossier de sa chaise et émit un léger rire, tandis qu'il semblait se souvenir de quelque chose, de quelques agréables et drôles réminiscences du passé.

[Randal] « Les fer-nés... Ah, oui. Ai-je donc perdu l'allure du guerrier respecté que j'ai toujours été ? Ce serait un fâcheux coup de vieillesse que de l'entendre dire... J'ai moi-même beaucoup combattu. Pour le suzerain, en mer, pour Blancport. Avec votre père, et bien des bannerets du Nord, lors de la révolte des îles Skagg. Mais vous n'avez pas tort. La valeur d'un homme se mesure souvent dans l'adversité. Celle d'une femme aussi, parfois. »

Lorsque la Reed commença ensuite à énoncer la situation de sa lignée familiale, Lord Manderly prêta une attention toute particulière à ses propos, et quitta tout visage jovial vers une expression plus sérieuse et plus noble. En réalité, il se faisait un point d'honneur à tenter de se tenir à jour sur les généalogies et les naissances des maisons voisines, non pas par un intérêt inattendu en la matière, mais bien parce qu'il était lui-même Seigneur d'une arme de renom, et qu'il était important d'entretenir de bonnes alliances avec les autres familles. Les paludiers du Neck étaient, disons-le clairement, bien souvent méprisés et très peu appréciés, y compris par les nordiens. Randal était, quant à lui, assez admiratif de la qualité de leurs archers et pisteurs, qu'il avait pu voir à l'oeuvre durant certaines guerres passées. Les terres des Reed n'étaient, en outre, pas si éloignées de celles des Manderly. Autant de raisons qui purent le pousser à s'interroger sur ce sujet.

[Randal] « Je recevrais avec plaisir vos frères. Ils jouiraient des bienfaits de Châteauneuf. Ils sont les bienvenus ici, comme l'ensemble des vôtres, Dame Reed. »

Il poursuivit de suite.

[Randal] « J'ai été tenu au courant de l'évolution de la guerre ouverte, portée par la rébellion de Greyjoy. Même si mes côtes n'ont pas été touchées, je me suis inquiété pour mes alliés. Je me réjouis alors de savoir que les Reed sont toujours insaisissables dans le Neck, d'autant que vous êtes les gardiens des portes du Nord. »

A son évocation ironique sur l'ivresse, Randal conta durant quelques minutes la manière dont lui et certains bannerets avaient allègrement abusés de la boisson la veille d'une bataille contre les Skagg, et la façon dont ils avaient pourtant été en mesure de combattre le lendemain. Il lui accorda que c'était tout de même une erreur à ne plus jamais refaire, mais jura à Lyessa qu'il y avait eu dans ce vin un miracle qui avait donné à ses coups de fléau de quoi exploser des crânes avec brio. En tout cas, il était revenu vivant et glorieux de ce champ de bataille. Puis, leur discussion dériva sur sa propre famille, que Lyessa semblait curieuse de connaître un peu mieux. Il arrivait souvent à Randal  de faire quelque topo historique sur l'arrivée des Manderly dans le Nord, aussi n'eut-il pas à réfléchir avant de reprendre là-dessus.

[Randal] « Et bien, les Manderly étaient, il y a un millénaire de cela, une maison du Sud, originaire du Bief. Notre nom fait référence au fleuve de la Mander, sur lequel nous étions établis à l'époque. Un différend naquit entre les anciens jardiniers et nos ancêtres, différend qui poussa notre famille à s'exiler du Bief. Nous remontâmes jusqu'au Nord, et le roi du Nord accepta jadis de nous recueillir sous sa bannière, en nous attribuant le fief situé sur l'ancienne forteresse maritime de l'antre du loup, celle sur laquelle vous vous tenez aujourd'hui, et qui n'est ni plus ni moins que l'actuelle Blancport. Depuis ces années bien reculées, nous sommes restés fidèles aux Stark et au Nord, et avons prospéré ici. Désormais, nous pouvons nous asseoir sur le seul port de la région, et sur une richesse appréciable. Par ailleurs, nous avons gardé de nos origines anciennes la foi en les sept, que vous connaissiez en arrivant, ainsi que la tradition de la chevalerie qui en découle. Vous trouverez les seuls authentiques chevaliers du Nord à Blancport. »

Lorsque la parenthèse historique fut achevée, Lord Manderly porta à sa bouche un vin de sa table qui lui semblait jusqu'alors inconnu. Il le goutta, et sembla le savourer, invitant du même coup Lyessa à le goutter à son tour. C'était un vin d'Esteros, qu'il avait pu acheter à un marchand itinérant qui était passé par Blancport il y a quelques semaines. Attrapant un morceau de tourte à la viande, il commença à la déguster, et entreprit de poursuivre la conversation. Il ne fixait plus la jeune femme, mais continua, tout en se restaurant.

[Randal] « Assez parlé de ma maison. Vous m'êtes curieuse, Lyessa Reed. Comment se fait-il qu'une Dame de votre rang ne soit pas devant mois vêtue d'une robe, sans armes, et sans gibier ? J'ai bien saisi que vous étiez vous-même l'une des paludiers, qui font la renommée de votre blason. Mais comment se fait-il que vous ayez choisi cette voie ? Votre père l'a-t-il accepté aisément ? J'aimerais entendre votre histoire, à vous. »

Continuant son plat avec joie et entrain, il leva de nouveau les yeux vers la demoiselle.

[Randal] « Et... êtes vous mariée ? Ou cherchez-vous encore un bras solide à placer autour du votre ? »

A vrai dire, le Seigneur de Blancport avait du mal à concevoir qu'un homme puisse la trouver mariable en l'état. En tout cas, il serait difficile de la voir appréciée d'un Manderly. En effet, les  mâles héritiers du triton étaient faits chevaliers et, en l'occurrence, étaient très à cheval sur l'image d'une épouse modèle, bien loin de la femme d'armes qu'incarnait la Reed. Pourtant, derrière cet accoutrement de chasseuse, Randal trouvait à la jeune femme un charme et des traits tout à fait appréciables, qu'un homme pourrait aimer découvrir, affranchis de toutes les guenilles de paludière.




Nul vainqueur ne croit au hasard.
Revenir en haut Aller en bas
Chasseur
avatar

Lyessa Reed
Chasseur

Général
Insaisissables
Représentante des Bouffes-Grenouilles

♦ Missives : 2044
♦ Missives Aventure : 73
♦ Age : 30
♦ Date de Naissance : 03/09/1987
♦ Arrivée à Westeros : 13/10/2012
♦ Célébrité : Keira Knightley
♦ Copyright : Randy / Moi
♦ Doublons : Tyana Veneur, Ororya Gargalen, Serenei
♦ Age du Personnage : 21 ans
♦ Lieu : Le Nord
♦ Liens Utiles : Fiche de Lyessa
Journal d'aventures
Aptitudes

Feuille de Personnage
Feuille de personnage
Inventaire:
Jauge de réputation Jauge de réputation:
512/1000  (512/1000)


Message Lun 2 Sep 2013 - 21:16

Lyessa ne savait pas encore bien comment réagir face au seigneur Manderly. Il semblait sincère et accueillant, nullement forcé par son statut à se montrer bien intentionné. Se pouvait-il même que ce soit une curiosité positive qui le pousse à se renseigner ainsi sur elle et sa famille ? La Reed avait l’habitude de croiser des individus qui se montraient mielleux pour mieux lui casser du sucre sur le dos – c’était d’ailleurs la raison pour laquelle la donzelle se montrait méfiante à l’égard de tout individu qu’elle rencontrait. Le seigneur de Blancport ne semblait pas faire partie de ceux qui les méprisaient – d’ailleurs, il fallait être tout bonnement stupides pour sous-estimer la force des Paludiers. Ce peuple vivait bel et bien caché dans le secret mais il ne restait pas moins nombreux, et particulièrement redoutable.
Lyessa était toujours aussi surprise de voir les serviteurs s’affairer avec autant d’empressement et de docilité. C’était un tout autre mode de vie que celui qu’elle avait adopté dans le Neck. Toute cette distance et cette condescendance lui donnaient à réfléchir et ne cessaient d’alimenter ce sentiment bizarre. Ce malaise omniprésent.

La Paludière devait concéder au triton qu’il était un hôte remarquable. Même si la jeune femme n’était pas bien épaisse, elle avait bon appétit et ne savait résister à l’intérêt que suscitaient tous ces mets exotiques. Ça lui changeait des grenouilles et du lézard-lion en sauce !
Lord Manderly l’invita à se servir, et la donzelle ne se fit pas attendre, saisissant une écuelle pour la remplir d’une part de tourte à la viande. Elle se laissa glisser sur le siège en bois qui lui avait été présenté et ne s’encombra guère de politesse pour attaquer son plat. Le goût en était fort relevé, chose surprenante sachant que les Paludiers ne mangeaient guère épicés – mais si l’agréable surprise aiguisait ses papilles, ça ne semblait pas être le cas de son interlocuteur qui semblait bien plus préoccupé par la Bouffe-Grenouille que par le contenu des assiettes. Lorsque le triton expliqua à la jeune effrontée que l’individu qu’il avait froidement assassiné avait commit bien plus d’une ignominie, évoquant ainsi le viol dont il était coupable, Lyessa releva la tête, heurtée dans son cycle de mastication. Elle avala sa bouchée et fit passer le tout en buvant une longue gorgée de vin. Ses prunelles se dardèrent dans celles du seigneur de Blancport dans une insistance presque glaciale.

« Moi, j’aurais commencé par lui découper les parties, et pourquoi pas lui en faire un joli collier pour qu’il sache c’qu’il a perdu. » – Prononça-t-elle, se callant plus confortablement contre son siège. Une risette cruelle vint à étirer ses lèvres avant qu’elle ne se les humecte et s’en retourne à sa dégustation.

La Bouffe-Grenouille ne faisait pas dans la dentelle, surtout lorsqu’il s’agissait d’injustice, de perversité ou de cruauté envers son sexe. Elle s’était abstenue d’en rajouter une couche sur ce qu’elle pensait des Chevaliers. Plus ils prononçaient des vœux, plus ils se prêtaient à les bafouer. Non, décidément, elle les exécrait. Ceux qui se battaient pour la foi des Sept devaient certainement se compter sur les doigts d’une main. Pour les autres, c’était un biais - pour atteindre pouvoir et influence. Alors qu’elle s’était de nouveau désintéressée de son interlocuteur pour mastiquer un tendre poulet baignant dans son jus, celui-ci reprenait la parole plus hardiment pour faire valoir son expérience. Lyessa lui coula une œillade malicieuse – c’est qu’il avait un sacré égo cet homme là ! La vieillesse pouvait être signe de sagesse, comme d’omnipotence mal placée – il était difficile pour la Paludière de voir ce qui drapait réellement son interlocuteur. La donzelle ne comptait pas étaler ses prouesses et se lancer dans un bras de fer contre le seigneur de Blancport – mais à son goût, si Randal Manderly avait certainement été bon combattant, il devait désormais mieux savoir manier la palabre et les entrechats que son fléau qu’il avait pris plaisir à exhiber. Les hommes avaient toujours tendance à croire que les femmes ne pouvaient les valoir au combat – un sentiment général à Westeros qui n’était pas coutume à Dorne. C’est d’ailleurs pour cela que la farouche Nordienne aurait aimé y mettre le pied pour vérifier par elle-même. Lyessa inclina poliment la tête lorsqu’il l’invita elle et les siens à venir dans sa demeure quand ils le désireraient. Le compliment en leur faveur qu’il glissa d’ailleurs lui arracha un franc sourire.

« Elle sert aussi à ça, notre réputation. Démons des marais. » – Elle secoua légèrement la tête, amusée. « Nul fer-né ne foulera les marais du Neck, que ce soit pour les contourner ou les traverser. » – Une promesse faite sur un ton déterminé, qui faisait écho à la témérité de la donzelle à la crinière emmêlée.

C’est sur le ton de la confidence teinté de jeunesse que Randal lui confia une anecdote d’une avant-guerre où lui et les autres eurent un peu trop abusé de la boisson. Lyessa détailla ce dernier d’un regard curieux, sourire aux lèvres. Elle ne pouvait s’empêcher d’essayer d’imaginer le triton avec quelques années de moins. Alors qu’elle se montrait plus inquisitrice concernant la famille Manderly et son arrivée dans les terres du Nord, le seigneur fut enclin à lui en conter les grandes lignes. Lorsqu’elle apprit que la famille du triton était originaire du Bief, Lyessa manqua de s’étouffer avec sa bouchée de viande en sauce. Elle se tamponna brièvement la poitrine avant de se racler la gorge.

« Du Bief ? Vraiment ? » – Répéta-t-elle, le dévisageant avec curiosité. La Paludière avait entendu parler de cette contrée verdoyante, mais elle n’avait jamais eu l’occasion d’y mettre les pieds. Tandis qu’il évoquait la chevalerie, la jeune femme sourcilla brièvement. « Le chevalerie, c’est vraiment une valeur noble ? Parce que bon, si vos chevaliers se mettent à violer et tuer… » La petite pique était partie d’elle-même, mais Lyessa ne désirait pas réanimer le conflit d’opinion. « Quoiqu’il en soit, la preuve que les Stark ont eu raison de vous faire confiance est là. Voilà de quoi faire fermer les museaux aux vilaines langues. »

Lyessa avait horreur des gens qui passaient leur temps à jaser – elle-même en avait été la victime avec les gens du Conflans et les Frey. Le regain d’intérêt qu’exprima finalement Randal à son sujet la fit se redresser sur sa chaise. Elle se tortilla vaguement avant de planter ses prunelles dans celles de son interlocuteur, secouée par un rire cristallin.

« C’est assez simple seigneur Manderly. On n’porte pas de robes dans le Neck, sous peine d’finir en loques déchiquetées. » – Lui glissa-t-elle. Ce genre de curiosité était coutume, mais très peu d’individus avaient osé la lui formuler très franchement. « Si un jour vous en avez l’occasion, passez nous voir dans le Neck. Du moins, errez-y jusqu’à ce qu’on vous y trouve. Notre mode de vie est bien différent du vôtre. Les frusques que l’on a sur le dos doivent être solides et nous protéger des énormes serpents-crânes, des lézards-lions, et des sangsues. On ne cultive pas mais on chasse. J’ai pas le temps, ni l’envie d’faire ce que les femmes font d’par chez vous croyez moi. »

Le triton semblait penser que son paternel aurait pu avoir du mal à supporter son comportement, ce qu’elle s’échina à démentir en affirmant avec fierté.

« Mon père vit encore moins dans les mœurs seigneuriales. Vous trouverez rarement parmi les Paludiers des envieux d’vos coutumes. Il se réjouit d’voir que sa fille peut se défendre seule et défaire ses ennemis. Et il n’y a rien d’pire pour moi que d’me trouver impuissante face à un ennemi, vous comprenez ? » – Alors que la jeune Paludière retrouvait contenance face aux questions de son interlocuteur, voilà qu’il la relançait avec plus d’ardeur. Elle, mariée ? Voulait-il lui donner des palpitations ? « Mariée ? Non. Et je ne cherche pas. »

Elle se pinça les lèvres dans une expression entre agacement et exaspération. Lyessa ne s’était jamais entichée de qui que ce soit. Elle avait bien trop à faire ! Entre découvrir Westeros, défendre le Nord, et préserver les Paludiers, l’on pouvait dire que la donzelle ne manquait pas de priorités.

« Nous autres, Paludiers, sommes très attachés aux choses simples. Et de toute manière, ça m’étonnerait que je puisse trouver un seigneur qui n’me forcerait pas à lui faire une pelotée de marmots joufflus et me laisse vivre selon mes envies. » – C’était un fait. « Mon père se contrefiche bien de devoir marier ses enfants pour resserrer les liens entre familles du Nord. Il ne nous forcera à rien. La seule qui puisse désirer que j’ai un époux qui s’occupe bien de moi, c’est ma mère, et je ne peux lui donner raison. Car c’est foutrement ennuyeux. »

Elle ne s’attendait pas à ce que Randal comprenne son point de vue. Jorah était le seul plutôt disposé à trouver épouse convenable. Si son frère aîné avait hérité de la méfiance paternelle, il avait aussi gagné la prévoyance de sa mère.
Lyessa plissa les yeux d’un air méfiant, dévisageant le triton sans aucune retenue.

« Mais pourquoi ça vous intéresse ? Votre fils est un peu trop jeune pour moi. » Le railla-t-elle avant de se redresser.

Elle s’écarta pour gagner la fenêtre et s’y pencher, humant l’air frais et enjoignant seigneur Manderly à la rejoindre. Accoudée avec nonchalance, la donzelle resta à guetter le ciel épais, laissant le silence s’installer entre eux avant de daigner glisser deux doigts entre ses lèvres pour émettre un sifflement aigu. Elle le fit à plusieurs reprises avant de voir une ombre familière se profiler entre la cime des arbres.

« Celui qui m’suit n’est pas un homme à vrai dire. » – Murmura-t-elle en fermant le poing, exhibant son avant bras bardé de cuir pour recueillir son faucon.

Celui-là arriva comme une bourrasque de vent et Lyessa dut faire signe à Randal de s’écarter pour lui permettre de le réceptionner. Des tâches écarlates lui maculaient le bec – l’on aurait pu croire qu’il venait de chasser, mais Lyessa savait très bien que ce sang là était celui de l’un des hommes de la garde de Blancport.

« J’vous présente Valor. Mon garde-vie. » – Lança-t-elle au seigneur triton alors que son faucon blanc moucheté de gris lui becquait affectueusement les phalanges.








Spoiler:
 

Thème
Revenir en haut Aller en bas

Contenu sponsorisé

Général
Feuille de Personnage


Message

Revenir en haut Aller en bas

Quand le chasseur dédaigne les règles, la noblesse peut parfois le sauver

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut
Page 1 sur 1


Sujets similaires

-
» Chère vie, quand je dis que ma journée " Ne peut pas être pire ", c'est une remarque, pas un défi
» Quand un électron libre et un recycleur vivant s'allient pour sauver un village.
» [Résolu] Pierre lune ou pas ?
» [ROSA] Comment avoir ... Deoxys ?
» La nuit du chasseur [Callum & Sokar Âqen]

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
A Song of Ice and Fire RPG :: ◄ Blancport-