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Du regret, de l'amertume, de l'amour et beaucoup d'espoir...

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Message Dim 16 Juin 2013 - 12:48

Comme bon nombre de nobles, Lady Charissa prenait rarement la plume elle-même et dictait ses missives à un scribe à l'écriture aussi rapide que déliée, lequel prenait également soin d'améliorer les tournures choisies par la dame, ajoutant toutes les formules de politesses que celle-ci remplaçait, à l'oral, par un "bla-bla-bla" qui serait fort mal passé à l'écrit auprès de ses interlocuteurs d'encre et de parchemin. Mais ce soir, une fois les missives d'ordre politique rédigées, Lady Charissa congédia le scribe en lui demandant de laisser là un parchemin ou deux, une plume décente et son fond d'encrier.
"Ma Dame ?" s'étonna celui-ci, les yeux écarquillés au bout de sa révérence obséquieuse.
"Je souhaite rédiger cette lettre seule."
Le scribe s'inclina davantage puis quitta la pièce à petits pas, jetant des regards curieux en arrière, comme s'il pouvait lire les intentions exactes de Lady Charissa sur son front ou dans le tremblement de ses mains. Car elle était émue, au point de ne plus contrôler ses doigts à la fois gourds et frémissants d'impatience.
En effet, au prix de longues semaines d'hésitation et d'atermoiements intérieurs incessants, Charissa avait décidé de prendre son courage à deux mains pour affronter l'épreuve la plus difficile qui lui échoyait depuis qu'elle avait endossé le titre de Régente : écrire à sa chère mère pour tenter de remplir de mots le silence aberrant que la mort, la distance et les occupations politiques avaient creusé entre elles depuis le décès de Lord Medgar. Trop en deuil pour parvenir à se confier à quiconque, trop occupée pour songer à écrire, trop obsédée par les dangers qui rôdaient autour de sa famille comme des dragons faits d'ombres et de fumées, Lady Charissa n'avait plus écrit à sa mère depuis de trop longues années. Comment Lady Neassa réagirait-elle ? L'attente de sa réponse allait être encore plus insupportable et difficile à vivre que ces dernières semaines. Et si la mère rejetait la fille ? Et si elle ne répondait pas du tout ? Ou, pire, si elle répondait sur un ton froid et distant, de ceux qu'on utilise pour répondre poliment aux étrangers qui nous contactent pour des raisons triviales ?
Assise à l'écritoire de son scribe dans le bureau qui servait de salle de réunion pour les affaires internes à Vivesaigues et où la Régente passait la plupart de son temps à travailler pour le Conflans, Lady Charissa tremblait comme une pauvre feuille abandonnée par le vent dans le courant de la Ruffurque. Elle resta de longues minutes à réfléchir aux premières lignes de sa lettre, à la manière adéquate d'introduire ses regrets et ses remords, au ton qu'elle devait utiliser... soudain lasse, elle décida que la franchise à laquelle sa mère était habituée conviendrait. De plus, si Mère se trouvait en de bonnes dispositions, elle comprendrait que sa fille n'avait pas changé d'attitude à son égard ou, du moins, que cela s'était fait malgré elle. Lady Charissa trempa la plume dans l'encrier puis traça les premières lettres :

Lady Charissa a écrit:
Ma très chère mère,

Je devine ta surprise à la lecture des premières lignes de cette missive : cela fait des années, en effet, que nous ne nous sommes plus écrit. Enfin, à dire vrai, cela fait des années que j'ai cessé de répondre à tes lettres, que tu envoyais pourtant régulièrement, jusqu'à ce que tu cesses d'écrire, probablement lasse de mon silence, ce que je comprends tout à fait. A ta place, si l'une de mes filles avait osé m'ignorer de la sorte, je serais probablement vexée, en colère et amère. Et je comprendrais que toi, tu le sois.
Il y a de nombreuses raisons à mon silence, mais aucune ne constitue une excuse suffisante qui puisse pardonner ma conduite : la mort de Medgar, en plus de me mettre dans d'affreuses dispositions comme tu t'en doutes bien, a provoqué un chamboulement politique qui m'a propulsée au niveau de Régente. Et les responsabilités qui s'ensuivirent m'ont tant et tant pesées que les années sont passées sans que je m'en aperçoive. Ces responsabilités concernant autant le Conflans lui-même que mon cercle familial proche, mais c'est le cas d'Edwyn qui m'a le plus préoccupée – et qui continue de m'inquiéter.
Tu ne sais que trop bien quelles peuvent être les inquiétudes d'une mère... c'est également pour cela que je t'écris, car j'ai besoin de toi en tant que fille et non régente. Edwyn grandit chaque jour un peu plus et, un jour, il sera amené à régner sur le Conflans. Je devrais lui laisser davantage de libertés mais j'ai trop peur qu'il lui arrive quelque chose de fâcheux... les ennemis des Tully sont nombreux et tous n'ont pas un visage identifiable. Leurs ombres planent sur Vivesaigues, aussi menaçantes que les dragons qui unifièrent Westeros dans le sang et la douleur. D'un côté, la mère en moi éprouve le besoin de le protéger et, d'un autre, la Régente que je suis devenue sait qu'il serait mauvais de l'infantiliser plus longtemps.
Mais il est si jeune... que ferais-tu, à ma place ? J'ai demandé conseil aux gens qui m'entourent mais je ne leur fais pas confiance. Il n'y a que toi qui puisse comprendre à quel point les mères, dans notre famille, sont possessives et protectrices. J'ai beau être une Tully désormais, forte du sang Baratheon, j'avoue que l'instinct de la louve souffle encore sur mon esprit.

Embrasse mon très cher père pour moi, et mes frères si tu les vois. J'espère avoir l'occasion de vous revoir bientôt, même si mes responsabilités me retiennent malheureusement à Vivesaigues jusqu'à la majorité d'Edwyn – qui semble si proche et si lointaine à la fois...

Ta fille,
Charissa.

Elle relut plusieurs fois la missive, n'étant pas très satisfaite de certaines tournures ou de certains choix : ne s'abaissait-elle pas, à demander de l'aide ainsi de la sorte ? Non, sa mère verrait cela d'un bon œil. De plus, cela montrerait à Lady Neassa que, malgré ce silence long de plusieurs années, Lady Charissa ne pouvait toujours pas se passer de ses bons conseils.
Ni de sa présence. Lady Charissa se rendit compte, à cet instant, à quel point sa famille lui manquait, surtout sa mère. Elle retint les larmes qui manquèrent lui monter aux yeux puis souffla un peu de sable sur la lettre afin de fixer l'encre dans le parchemin. Une fois la missive scellée du sceau des Tully et le nom du destinataire ajouté, elle la déposa dans le panier du courrier avec le reste de ce qui avait été écrit. Dès demain, à la première heure, on enverrait les corbeaux.
Et le destin serait en route.
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Neassa Baratheon
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Dame D'Accalmie

♦ Missives : 35
♦ Missives Aventure : 18
♦ Age : 28
♦ Date de Naissance : 13/05/1989
♦ Arrivée à Westeros : 04/03/2013
♦ Célébrité : Cate Blanchett
♦ Copyright : Chémeuse/Moi/autres ça dépend
♦ Doublons : Dagon Greyjoy, Bayard
♦ Age du Personnage : 52 ans
♦ Mariage : Lyonel Baratheon
♦ Lieu : Accalmie, Terres de L'Orage
♦ Liens Utiles :
Scénarios disponibles
Charissa Tully
Harbert Baratheon

Feuille de Personnage
Feuille de personnage
Inventaire:
Jauge de réputation Jauge de réputation:
100/500  (100/500)


Message Jeu 4 Juil 2013 - 20:16

En cette journée, l’air était bon, agréable. Rien d’étonnant alors de voir Lady Neassa et sa suite profiter d’un peu de soleil. Elles n’avaient pas quitté l’enceinte de la citadelle d’Accalmie, geste qui d’ailleurs, aurait été bien inutile. Le vent faisait danser les vêtements, même la robe des plus simples de la Lady Baratheon. Yeux clos, elle profitait des rayons lumineux pour se remonter le moral. Rien de bien grave, mais certains jours étaient plus longs et plus désagréables que d’autres. Sa voisine déposa délicatement une main sur son bras, la sortant de sa rêverie salvatrice. Détournant la tête du soleil tout en ouvrant ses yeux clairs, elle reconnut la silhouette désormais familière, de Mestre Robert. A force, l’homme était devenu un membre à part entière de la famille.  Il s’adressa à la femme en face de lui avec un ton étrangement neutre. Il ponctua sa première parole d’une légère inclinaison de tête à laquelle Neassa répondit en miroir, lui souriant chaleureusement.

« Lady Neassa. Ceci vient d’arriver. En provenance du Conflans. »

Le front de la Lady se barra d’une ride verticale, bien souvent synonyme d’inquiétude. Elle récupéra la lettre que le mestre lui tendait et sans plus attendre, l’ouvrit. Sa suivante se recula, faisant signe au reste de la suite de laisser seuls le mestre et la lady. Depuis combien de temps la famille Baratheon  était sans nouvelle du Conflans ? Deux ans, ou peut-être trois ? Neassa avait arrêté de les compter après trois longs mois sans nouvelle de son unique fille.  Elle avait elle-même accentué le silence qui s’était petit à petit installé entre les deux familles, sans jamais trouver de solutions efficaces à ce néant dérisoire. Elle le savait très bien et c’était en partie ce qui l’empêchait d’espérer grand-chose de cette lettre. Probablement quelques routines, griffonnées rapidement par le scribe de Vivesaigues, juste de quoi s’assurer de la constante bien entente entre les deux maisons. Un rapport annuel en quelque sorte…

Sans grand intérêt, Neassa lut le premier paragraphe sans y porter la moindre attention. Elle ne cherchait même pas à comprendre ce qui y était inscrit sachant pertinemment que les mots sur ce papier restaient bien fades comparé à la réalité qui liait Charissa à sa mère. Mestre Robert dut se rendre compte de son détachement et imposa à la lady un raclement de gorge avant de prononcer volontairement :

« Il fut un temps où, ma Dame, vous témoigniez plus d’importance aux lettres de votre fille… surtout celles écrites de sa propre main. »

Neassa releva les yeux du bout de papier pour fixer son confrère. L’instant d’après, ils étaient à nouveau sur la mince feuille qu’elle tenait entre les mains et compris. Elle dévora la lettre en très peu de temps, et la froissa, nerveusement. Elle contenait le flot d’émotions qui se bousculait en elle sans savoir quoi faire.

*******

Plusieurs jours étaient passés. Neassa était désormais à l’intérieur. Mestre Robert était assis là, au petit bureau et retranscrivait à son rythme, les propos de la Lady. Elle se tenait à son côté, sans pour autant regarder ce qu’il notait, lui faisant parfaitement confiance. Elle semblait fixer un point dans la pièce, un horizon lointain.

Citation :

Ma fille,

La surprise n’est pas l’émotion qui définit le plus celle qui domine en moi. Si les motifs qui t’empêchaient de répondre à des lettres soutenues étaient tout à fait recevables et compréhensibles, je ne puis croire qu’il te soit devenu même impossible de transmettre une courte lettre au scribe de la maison Tully. Tu comprendras alors qu’aucune excuse ne saurait m’expliquer le silence qui s’est installé entre nos deux maisons. Fait que tu soulignes d’ailleurs toi-même. Et en cela, j’avoue te reconnaitre.
Tes frères ont toujours ressemblé à leur père et j’ai toujours pu me vanter de ta ressemblance avec vos ancêtres Stark. Et c’est peut-être cette ressemblance qui m’empêche de comprendre le choix de ton silence. Si j’ai pu trouver un soutien inestimable en la personne de ton père lors de périodes de doutes, c’est toujours vers ma mère, Lady Larra Stark,  que je me retournais. Et j’avais espéré que tu en ferais autant. Me savoir à ce point écartée de ton intimité est ce qui me blesse le plus profondément et ce que je ne peux en aucun cas te pardonner.
Mes propos peuvent te sembler égoïstes et bien étroits d’esprit, mais en arrêtant de m’écrire, c’est toute la branche Baratheon que tu as choisi de mettre de côté. Même si ton devoir s’est tourné depuis lors au Conflans, la famille qui t’a vue naître reste ton premier allié et ainsi la négliger signifie plus que de simplement se taire auprès d’une mère éloignée. Estime-toi heureuse de la générosité dont nous faisons preuve en passant outre ce fait. Mais sache que si cette erreur venait à se réitérer, je ne serai capable de témoigner en la faveur du Conflans.

Concernant ton fils, tu sais à quel point une éducation stricte et intransigeante a pu faire de toi la personne que tu es, mais également mener l’un de tes frères sur une pente plus que glissante. Je ne peux affirmer qu’en laissant plus de libertés à ton ainé, il en aurait été autrement. Mon éducation et mon sens des choses me viennent du Nord où rien n’est discuté. Un enfant du Conflans ne peut et devrait peut-être pas en suivre les lignes directrices. Mais il sera amené à diriger. Le seul exemple que j’ai me vient de ton oncle, Lord Cregan Stark. Depuis sa plus tendre enfance, rigueur et performance lui étaient demandées. Constamment. Et jusqu’à sa mort, il s’évertua à tenir. Ta cousine, Lady Cylia Stark te le décrira en homme froid et sans rire, mais je crois qu’il est des situations qui obligent les hommes à se montrer impartiaux.
Si tu fais preuve de trop de relâchement, ton fils ne saura diriger avec justesse, et si dans l’extrême contraire, tu le prives de tout, il deviendra brutal aux yeux de son peuple. C’est à toi de trouver le juste milieu en te rappelant une seule chose : faire de ton mieux ! Parfois, quand bien même la louve est exemplaire, le louveteau s’évertue à n’en faire qu’à sa tête. Alors il s’en brûlera les pattes. Mais les remords ne prendront pas possessions de ton âme car c’est bien de cela qu’il faut se garder.

Sois honnête envers lui, et envers toi, ma fille.

Je transmettrai tes sentiments à ton père ainsi qu’au reste de la maisonnée. Si j’aimerai pouvoir te dire que ces années de silence sont pour moi chose oubliée, mon cœur et mon allégeance me l’interdisent. Je ne peux refuser de te donner des conseils mais ne me demande pas d’être bienveillante à ton égard, j’en suis encore incapable. …

Avec sincérité,
Lady Neassa, de la maison Baratheon

Lorsque le mestre relut la lettre à haute voix pour demander confirmation à la Lady, cette dernière ne détourna pas un instant les yeux du point qu’elle fixait. Elle n’avait pas répondu précipitamment à la lettre de sa fille pour une seule raison ; elle la traitait comme toute autre lettre qui sollicitait sa réponse. Elle peinait à réagir entant que mère, alors elle avait laissé le côté Lady de maison prendre le dessus. En s’écartant de la situation, en prenant du recul, elle avait pu faire preuve de franchise auprès de son unique fille. Elle semblait encore croire que son honnêteté était ce dont ses enfants avaient le plus besoin.


OURS IS THE FURY
House Baratheon





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