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Le vent, la tempête et l'orage montrent du nocher le courage.

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Message Sam 15 Juin 2013 - 21:28

Une fine pluie d'automne s'abattait sur Vivesaigues depuis plusieurs jours, privant Arianne et son compagnon à quatre pattes de leurs petites escapades aux alentours du château. La jeune lady n'en pouvait plus de rester cloîtrée, ressassant toujours les mêmes idées noires. Aussi, lorsqu'une éclaircie se profila enfin, rien ne put la retenir. Après tout, elle était restée enfermée si longtemps, avait si bien profité du mauvais temps pour s'adonner à toutes ses tâches, même aux plus rébarbatives. Qui pourrait lui interdire un moment de répit ? Ainsi, après avoir promis à sa mère de rester sous le regard vigilants des gardes et de ne point s'éloigner des remparts, Arianne put enfin quitter les murs du château qui lui semblaient si oppressants ces derniers temps.

Elle aimait Vivesaigues, plus que tout autre lieu. Elle n'avait plus voyagé depuis des années, certes, mais elle en était sûre, jamais elle ne se sentirait chez elle dans un autre château. Aujourd'hui encore, lorsqu'elle se lève à l'heure du loup, arpentant les couloirs vides tel un spectre, il lui semble que les rires de sa petite sœur résonnent encore dans la salle des dame, qu'à tout moment, son père pourrait la surprendre et la renvoyer dans ses appartements. Jamais elle ne trouverait d'autre véritable foyer que Vivesaigues.

Après avoir enfilé la tenue la plus modeste de sa vaste garde-robe, Arianne put enfin filer vers la cour. Les couleurs sombres du ciel annonçaient que l'accalmie serait de courte durée. La jeune lady hâta le pas, un Orys surexcité sur les talons. Lorsqu'elle eut franchi la porte, la jeune fille s'arrêta un instant, humant les parfums d'herbe humide et de terre détrempée. Les rayons du soleil qui filtraient à travers les nuages couvraient le paysage d'une lumière presque surnaturelle. Arianne se dirigea vers la Ruffurque dont les eaux, comme celles de la Cubulte, étaient sublimées par les jeux de lumière du ciel.

Alors qu'Orys s'était jeté dans la rivière avec force d'éclaboussements et entreprenait  la traversée, Arianne était restée figée sur la berge, les yeux dans le vague. D'abord, ses pensées voguèrent vers Hautjardin, cette maison dont chacun louait le charme. La jeune fille ne doutait aucunement de la vérité de ces dires toutefois, un environnement enchanteur ne suffirait pas à l'apaiser, elle souffrirait toujours de l'absence des autres truites. Elle songea à Eleanor qui, après la guerre, devrait faire route vers Winterfell. Son cœur se serra à l'idée que sa sœur doive affronter l'hiver entre les murs glacés de la forteresse nordienne. Puis, elle pensa à Edwyn, ce petit frère qu'elles devraient laisseraient tout seul entouré d'adultes, acculé par les devoirs et les responsabilités quand bien même il était loin d'avoir atteint l'âge adulte. Leur mère veillerait sur lui, évidemment, comme l'avait toujours fait. Mais qui qui prendrait encore le temps de jouer avec lui, de le cajoler, de le voir encore comme l'enfant qu'il est ? Elle avait promis à son père de toujours le protéger mais comment continuer à tenir cette promesse quand on l'enverrait si loin dans le Sud ?

Les grosses gouttes de pluie qui s'abattirent soudain la tirèrent de ses pensées. Le ciel s'était couvert de gros nuages noirs desquels plus aucun rayon de soleil ne pouvait plus filtrer. Le vent s'était levé, faisant danser quelques mèches folles devant le visage d'Arianne. Elle devait vite regagner le château mais Orys avait disparu. A son appel, elle le vit débouler de la forêt mais soudain, un éclair déchira le ciel et l'animal se figea. Le rugissement du vent couvrait les cris de la jeune fille qui accourait quant le tonnerre éclata. Prit d'une folle terreur, le molosse s'en retourna sous les arbres dans une course effrénée. Arianne hésita un instant. Elle ne pouvait partir seul à sa poursuite. Sans doute l'aurait-elle fait avant l'enlèvement d'Eleanor mais à présent, tout avait changé.


Trempée jusqu'aux os, elle rejoignit la porte au pas de course et fonça vers le chenil. D'un ton affolé, elle expliqua la situation au maître des lieux.
- Orys est parti, Pat ! Il a eu peur du tonnerre et il est parti dans la forêt ! Il faut le retrouver, vite !

- Mais l'orage n'est pas passé, m'dame, il reviendra quand il s'ra fini, z'en faîtes pas.
- Et si il ne retrouvait pas le chemin ? ! Je vous en prie, Pat, il faut m'aider. Vous savez à quel point j'y suis attachée, s'il vous plaît.
Après un long soupir, le maître du chenil acquiesça.

- Qu'est-ce qu'on f'rait pas pour une si gentille p'tite dame...
C'est donc sous une pluie battante qu'Arianne, déjà maculée de boue des pieds à la tête, partit sur les traces d'Orys  suivie de Pat ainsi que de deux gardes, forts mécontents de se retrouver à la merci des éléments déchaînés pour retrouver un chien.
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Message Jeu 20 Juin 2013 - 12:49

Guettant et observant ce château aux allures imprenables, Duncan avait perdu la notion du temps. Cela devait maintenant faire plusieurs semaines qu’il rôdait aux abords de Vivesaigues, scrutant la moindre possibilité de s’approcher des serviteurs de la Maison Tully pour glaner des informations à leur sujet. Les paysans étaient assez bavards et ne tarissaient pas d’éloges sur les truites du Conflans mais bon, beaucoup semblaient s’inquiéter du jeune âge du Lord actuel, se demandant si ce dernier parviendrait à les protéger efficacement. Evidemment, ce genre de préoccupation n’était pas celle du chevalier assoiffé de vengeance, bien au contraire, tous ces pauvres gens pouvaient bien mourir égorgés dans leur lit que cela ne lui ferait ni chaud, ni froid, ne voyant en ces terres que le malheur que sa famille a connu. Prenant soin d’éviter tout contact prolongé avec les gens pour ne pas attirer l’attention sur lui, Duncan obtint de nombreuses informations sur la famille Tully, simplement en écoutant les quelques rumeurs circulant autour de lui.
 
Quoiqu’il en soit, l’homme au regard sombre ne manquait pas de rester de longues heures à l’orée de la forêt, non lui du château pour observer les allées et les venues de chacun. La pluie ne prêtait d’ailleurs pas énormément aux escapades champêtres et voyant le ciel gris et menaçant, le chevalier se prépara à retourner à son campement en se disant que personne ne se risquerait dehors par ce temps. Cependant, cette supposition semblait loin d’être fondée vu que la jeune Arianne Tulle sortit en trombe de la forteresse, suivie par son chien. Restant assez loin d’eux, le chevalier les suivit en toute discrétion, se demandant où la jeune femme pouvait bien aller. Il n’allait certainement pas tarder à pleuvoir et vu le ciel, un orage allait également pointer le bout de son nez dans pas longtemps.
 
Observant la scène avec attention, Duncan s’inquiéta un instant en voyant le molosse sauter à l’eau pour traverser la rivière. La première chose qui lui traversa l’esprit était de savoir si le chien avait senti sa présence et si il venait pour lui mais bon, cela ne semblait pas être le cas et d’ailleurs, la maîtresse de ce dernier semblait bien plus préoccupée par ses pensées que par ce que son compagnon pouvait bien trouver de l’autre côté du cours d’eau. Pour le plus grand malheur de Duncan, l’animal fonça directement sur lui, laissant la jeune fille à ses pensées. Restant bien hors de vue d’Arianne, le chevalier fit face au chien et tenta tant bien que mal de l’amadouer. Vu sa dentition et les grognements émis, il était clair que ce n’était pas un franc succès. Durant une ou deux longues minutes qui lui parurent des heures, il fixa la bête qui le fixait en retour, immobile et surveillant la moindre velléité d’attaque. Finalement, à l’appel de sa maîtresse, le chien laissa tranquille l’homme qu’il avait surpris et revint dans le champ de vision de la brunette distraite.
 
Cependant, le courage de son ami canin semblait se limiter aux êtres humains car le tonnerre ne manqua pas de le faire détaler comme un lapin. Un peu surpris par la réaction de l’animal, Duncan resta un instant figé sur place en observant la réaction de la jeune Lady Tully. Visiblement, et heureusement, l’idée de sauter à l’eau ne lui vint pas à l’esprit pour retrouver son chien et c’est donc en courant qu’elle retourna vers le château, sans doute pour demander de l’aide. De son côté, le grand brun retourna vers son campement en vitesse, observant la direction qu’avait empruntée l’animal pour le retrouver le moment venu. Il prit quelques restes de lard qui lui restaient et partit à la rencontre du chien fuyant. Durant de longues minutes, il chercha le fuyard en l’appelant comme l’avait fait sa maîtresse peu de temps avant. Malheureusement, cela semblait avoir bien moins d’impact pour ses oreilles canines car il ne se montra pas le moins du monde.
 
C’est finalement après pas loin d’une demi-heure à s’enfoncer dans les bois qu’il aperçut l’animal apeuré dans un buisson. Le tonnerre grondant encore, cela semblait l’avoir rendu un peu moins téméraire que la dernière fois et c’est sans doute à cause de cette impression que le chevalier s’approcha davantage de lui. Bien qu’ayant peur de l’orage, le chien ne manqua pas de montrer son mécontentement à cette approche, bondissant sur Duncan pour le mordre. L’avant-bras emplissant la gueule de l’animal, il semblait assez mal parti pour sans sortir indemne. Heureusement, il se rappela des conseils de son père et frappa sur la truffe de son assaillant, le repoussant pour le moment. Essayant de convaincre l’animal qu’il n’était pas une menace, il déposa les tranches de lard à ses pieds et recula un peu pour gagner la confiance d’Orys. Ce ne fut pas des plus aisés et d’ailleurs, on pouvait même dire que c’était un échec car bien loin de sa confiance, le chevalier avait juste eu son estomac et l’avantage que le chien ne lui grogne plus dessus. Il tenta d’expliquer aussi simplement que possible qu’il comptait le ramener à sa maîtresse mais bon, il y avait peu de chance qu’un chien comprenne ce genre de chose.
 
Toutefois, l’animal le suivit à distance, comme si il avait compris en partie ce que Duncan lui avait dit. Après une autre demi-heure, il entendit la voix de la jeune Arianne Tully, cette dernière cherchant visiblement après son chien avec plusieurs autres personnes. A l’entente de sa voix, Orys devint surexcité et partit en trombe en direction de celle-ci. N’étant pas très loin, Duncan le suivit et finalement, fit son apparition devant la jeune femme et sa suite, peu de temps après que son chien lui soit revenu. Il faisait maintenant face à un membre de la famille qu’il détestait tant et bien que l’idée de plonger sa lame dans leurs ventres lui traversa l’esprit, Duncan afficha un visage strict et moralisateur en prononçant les quelques mots qui suivirent.
 
« Les bois sont dangereux jeune lady et votre suite ne m’a pas l’air bien alerte. Je constate que mon nouvel ami a rejoint son foyer, m’en voilà ravi. »
 
La pluie s’était arrêtée pour quelques minutes et vu la robe et le visage de la jeune femme, il ne s’était pas vraiment mise à l’abri. En parfait gentleman, ou en tout cas supposé gentleman, le chevalier ôta sa cape pour la tendre à Arianne. Bien qu’elle soit trempée elle-aussi, cela lui permettrait toujours de marquer quelques points supplémentaires auprès de la Maison Tully, jusqu’à ce qu’il puisse accomplir sa vengeance.
 
« Prenez donc ma cape, elle vous protégera du froid et un peu de la pluie. Ca ne changera plus grand chose pour votre tenue mais au moins, vous ne serez peut-être pas malade. »
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