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« Ton guérisseur est une femme ? »

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Ryman Frey
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~~ Seigneur des Jumeaux ~~

♦ Missives : 1490
♦ Missives Aventure : 45
♦ Age : 28
♦ Date de Naissance : 17/02/1989
♦ Arrivée à Westeros : 30/04/2012
♦ Célébrité : Nicholas Hoult
♦ Copyright : Seamus & Sargon & Randal
♦ Doublons : Gerold Lannister & Podrick Stone
♦ Age du Personnage : 21 ans
♦ Mariage : Lady Mera Vance
♦ Lieu : Les Jumeaux
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Message Jeu 13 Juin 2013 - 17:20


La veille

« Lord Ryman ! Lord Ryman ! »

L’accueil réservé au Seigneur du Pont eut de quoi le décontenancer. Lui qui venait de se lever, alors que le soleil peinant à pointer ses premiers rayons à l’horizon, aurait préféré pouvoir s’attabler devant son premier repas de la journée. Il s’arrêta soudainement au pied des escaliers, coupé dans son élan vers la grande salle par un domestique qui accourait dans sa direction. Le petit Walder, du haut de ses quatre ans, manqua de percuter les jambes de son père.

« Lord Ryman ! »
« Eh bien, qu’y a-t-il ? Parle ! »

L’homme, quelque peu essoufflé, commença ses explications. C’était mestre Eros qui l’envoyait, il était affairé depuis plusieurs heures auprès d’une poignée d’hommes malades. Visiblement, ce qu’ils avaient contracté l’avait été de manière brusque, soudaine, mais ce n’était pas contagieux. Ce dernier point était une bonne chose, mais il était encore impossible de déterminer l’origine du mal qui rongeait les pauvres domestiques. Ryman soupira. Une petite main tira sur sa tunique, et il se baissa pour prendre son fils dans ses bras, afin d’anticiper les cris qui n’allaient pas tarder à signifier que le petit avait faim.

« Et qu’est-ce que je peux y faire, moi ? »
« Mestre Eros m’a simplement demandé de vous trans… »
« Oui, donc en fait, tu n’en sais pas plus… Vanneliah ! »

La jeune sœur de Lord Frey, qui venait d’apparaître depuis la grande salle, s’approcha de son aîné. Ce dernier lui tendit Walder, sans lui laisser le choix.

« Tiens. Veille à ce qu’il ait son petit déjeuner. »
« Mais… Septon Alter m’att… »
« Il attendra un peu plus longtemps. »

La septa baissa la tête, prit l’enfant dans ses bras et tourna les talons pour retourner d’où elle venait. Ryman reporta toute son attention sur le domestique, qui avait détourné la tête, et qui se remit dans l’attitude respectueuse de celui qui attend un ordre.

« Conduis-moi. »

L’homme tourna les talons et fit en sorte de s’adapter à l’allure de son maître. Il ne s’agissait pas de le semer, ni de trop traîner. Il préférait subir les remontrances du mestre plutôt que celle du Seigneur. Un cri d'enfant, ressemblant vaguement à « papa », se fit entendre dans le vaste couloir, mais Ryman ne se retourna pas. Il avait l’habitude des caprices de Walder, et c’était au tour de Vanneliah d’en profiter un peu.

« Ah, Lord Ryman. Voyez comme ils sont mal en point… Ce sont des symptômes que je n’ai encore jamais vus jusqu’à aujourd’hui… »

Le mestre avait quitté la couchette sur laquelle il était penché pour s’approcher du jeune seigneur, et avait désigné, d’un geste large du bras, l’ensemble des malades alités. Il y en avait cinq. Ce qui était en fait assez peu… Mais à l’expression de l’homme de science, ce n’était pas le plus important. Un pli barrait son front, ce qui marquait sa contrariété : il ne trouvait pas la solution, et ne pas savoir le rongeait. Et ce qui dérangeait le mestre des Jumeaux devait déranger tous ceux qui y vivaient.

« Je suspecte qu’ils ont été empoisonnés par quelque chose qu’ils auraient ingurgité… mais je suis bien en peine de pouvoir le confirmer, ou d’orienter mes soupçons sur un aliment en particulier. »
« Un empoisonnement ? Vous voudriez dire que… »
« Non, non, mon jeune seigneur, non. Je ne pense pas que quelqu’un soit impliqué. La nature elle-même nous réserve parfois bien des surprises. »

Ryman réfléchissait. Les hommes étaient-ils en danger de mort ? En soi, s’ils perdaient la vie, ils pouvaient bien être remplacés. Aucun des domestiques touchés n’avait d’importance cruciale, aucun n’occupait un poste indispensable à la vie des forteresses. Mais tant qu’on ne savait pas d’où ce qui les touchait venait, il n’était pas exclu que d’autres hommes, peut-être des femmes, et qu’importe leur position ou situation, soient également atteints.

« Que faut-il faire ? »

Le mestre resta silencieux. Le voir ainsi impuissant avait quelque chose de déstabilisant. Ce fut une autre voix qui s’éleva, d’un angle de la pièce, où s’affairait un jeune homme au-dessus d’une table chargée de fioles et de plantes.

« Seigneur ? »

Lord Ryman pivota immédiatement vers lui. Il surprit le regard de celui qui avait parlé vers le mestre.

« Ne t’occupe pas de lui. Parle. »
« On raconte qu’il y aurait un guérisseur… dans la région… qui trouverait des remèdes à tous les maux… »
« Une simple rumeur ? Tu veux me faire croire à une simple rumeur ? »
« C’est plus qu’une rumeur… Le guérisseur existe… On dit beaucoup de choses sur lui. Je ne l’ai jamais rencontré, mais je sais où le trouver. »
« Alors va le chercher. »
« Lord Frey, je me dois de… »
« Protester ? Vous êtes confronté à un cas que vous ne connaissez pas. Je ne peux me permettre de vous laisser du temps pour le résoudre. Qui sait à quel point la situation peut s’aggraver. »

Ryman, qui s’était tourné vers son mestre, revint vers le garçon qui avait parlé du guérisseur. Il s’approcha de lui et posa une main sur son épaule.

« Va. Et fais vite. »

Le garçon, à la fois craintif et fier de se voir confier une mission, acquiesça et fila. Ryman fixa un instant la porte par laquelle il venait de sortir et, avant de le suivre, s’adressa une dernière fois au mestre.

« Maintenez-les en vie. »


*****


La journée s’était déroulée sans incident, et la nuit passa dans le calme. Mais lorsque Lord Ryman, dès son réveil, s’enquit de la santé des malades, il apprit que deux autres cas s’étaient déclarés. Ce qui portait à sept le nombre total de gens touchés. L’un des deux était Marton, le maîtres des volières. Ce qui devenait là bien plus problématique, car personne d’autre aux Jumeaux n’était en mesure d’assumer ce poste. Combien de temps passerait encore avant que le garçon revienne de sa quête ?

Ce fut seulement en début d’après-midi qu’un coup de cor fut donné, signalant une arrivée. On vint immédiatement prévenir le seigneur que le domestique revenait, et qu’il n’était pas seul. Il n’y eut pas plus de détails. Ryman donna l’ordre qu’on fasse venir le guérisseur directement dans la pièce où le mestre travaillait. Il s’y rendit d’ailleurs lui-même, afin de s’enquérir, surtout, de l’état de Marton. Ce dernier, qui avait succédé à son père seulement deux lunes plus tôt, n’avait encore formé personne pour le suppléer.

Le garçon envoyé fut le premier à franchir la porte. Ryman tournant le dos à l’ouverture, il ne vit pas qui suivait. Aussi, quand il se retourna, il chercha du regard le fameux guérisseur. Qui n’était pas là. N’avait-on pas annoncé que deux personnes allaient faire leur entrée aux Jumeaux ? Le mestre affichait un air interdit, comme s’il ne croyait pas ce qu’il voyait. Le jeune Lord, lui, ne comprenait pas. Il finit par prendre la parole :

« Alors ? Où est ce fameux guérisseur ? Ne l’as-tu pas trouvé ? »

Le domestique parut soudain extrêmement gêné. Son regard glissa sur la jeune femme qui se tenait à côté de lui. Pour la première fois, Ryman la remarqua. Jeune et belle, malgré sa condition. Il fronça les sourcils. Par son silence, le garçon était-il en train de lui annoncer que le fameux guérisseur qui trouvait des remèdes à tout était en fait… une femme ? Pour le coup, le seigneur des Jumeaux comprenait le mestre. Une femme ! Une femme qui surpasserait un homme formé à la Citadelle ?

« Ton guérisseur est une femme ? » demanda-t-il, sèchement.

Le domestique devint si rouge qu’il aurait pu prendre feu. Et le silence revint. Ryman croisa les bras. Si elle était vraiment ce que tout le monde prétendait qu’elle était, il fallait qu’elle le prouve.



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Message Ven 14 Juin 2013 - 0:31

Plusieurs jours... A rester ainsi sur la ruine de toute une vie... La moitié de la mansarde avait flambé... La visite de Lord Fenghé pour sauver sa soeur avait attiré des brigands de grands chemins du nord... La petite soeur avait été sauvée ... Mais... elle avait tout perdu... Elle savait que ce jour serait arrivé tôt ou tard. Une femme et un vieillard dans un trou perdu. On avait trop parlé d'elle... Crébon voulait vivre en autarcie et elle , aider le monde, et tout ça pour ça. Elle aurait du l'écouter.. Elle aurait du et là... Elle était assise sur cette énorme pierre pleine de suie... Elle avait eu une récompense du Lord... Mais n'avait pas voulu partir ... Elle avait du enterrer le vieux mestre déchu en disant au Lord que tout irait bien et que si elle avait besoin, des gens étaient prêts à l'accueillir mais c'était faux. Personne ne le ferait. Entre ceux qui la prenaient pour une sorcière et les autres qui ne comprenaient rien à ses desseins et ses priorités ou tout simplement sa vie et son langage, elle ne pouvait pas se mêler à ces gens... bien qu'elle en aimait certains. Par respect , c'était une raison de plus pour ne pas s'imposer. Elle fixait cette pierre tombale de fortune. Il avait été grand et était mort dans la folie et la pauvreté. Les hommes sont tellement cruels entre eux... Elle se demandait si cela valait le coup de se battre pour eux , mais se ravisait quelques secondes plus tard. Bien sûr que oui cela valait le coup! Pourquoi oser poser la question. Elle devait se changer de robe aussi...Celle ci était cramoisi et déchirée... L'autre avait flambé dans l'incendie... Elle n'avait pu sauver que les trois livres du mestre, sa sacoche et sa cape de fourrure de loup. Tout recommencer à zéro. Elle s'était dit qu'elle le ferait après la mort du vieux et c'était prématuré. Elle n'avait pas grand chose pour recommencer...Cela faisait à présent une semaine et demi qu'elle était seule ici et elle commençait à se résoudre de partir. Pour où , elle ne savait pas mais elle ne pouvait pas rester ici. Les cadavres des chèvres qu'elle avait planqué commencer à faisander sérieusement et d'ici quelques jours , elle verrait les loups arriver pour peut être aussi en découdre avec une cuisse de demoiselle en détresse. Hors de question.

Elle regarda le ciel. Il ne faisait pas trop mauvais, mais nuageux. Elle se redressa et dépassa calmement la tombe fraiche pour sortir du chemin et des sous bois. Un vent léger s'empara de ses mèches brunes aux odeurs de menthe sauvage, et elle leva les yeux sur l'horizon. Elle devait passer au village. Elle s'y traina lentement, pensive, la gorge serrée. Le pas qui allait tout changer. Peut être que dans un mois elle serait morte. Elle n'avait même pas un chien pour se défendre... Elle allait finir en pâture aux corbeaux après qu'une bande de gueux se soient bien défoulés sur elle, qui savait... Oh bonté divine non... Elle en eut un frisson jusque dans l'échine et secoua la tête peu rassurée. Elle était courageuse mais un tel virage avec si peu de moyen était risqué... Tellement risqué. En une bonne heure, elle arriva au village sur la place centrale et croisa le forgeron Gruam, qui la regarda ... avec le coeur serré. Sa femme était là et ses enfants aussi. Elle lui donna un petit coup de coude et il s'anima reprenant ses occupations. Tous savaient la tragédie qui venait de se passer. Mais personne ne savait qu'elle allait partir... Cette région était trop douloureuse pour elle, elle ne pouvait pas rester. La femme de Gruam le laissa d'ailleurs à son affaire pour traverser la petite place boueuse et passa sa main sur l'épaule de Wyna qui se retourna lentement.

- Tiens ma fille, c'est pour toi... Tu le mérites, tu as beaucoup fait pour nous. Et tu ne peux pas te trimballer dans ces guenilles , tu vas attraper le diable... La saison froide arrive , prends ce bien, fais moi plaisir...
Amarune... Wyna regarda le cadeau et les larmes lui vinrent. Une robe... Elle savait qu'il existait des gens bons en ce monde... Les larmes coulèrent alors naturellement et pendant une bonne heure, elle resta en retrait dans l'arrière boutique de la ferronnerie de Gruam, à se vider la conscience et se changer. Robe à la jupe rouge très foncé, un peu doublé en bas de noir, légèrement décolleté, les manches allant jusqu'aux coudes. C'était parfait. Elle passa par dessus son serre taille noir à sangles légères et des chausses montantes chaudes tout aussi sombres, montant à mi cuisses. Bottes et capuche lourde en fourrure de loup, et elle avait de nouveau chaud. Elle aimait cette sensation divine. Son humeur allait un peu mieux, quand le barbu passa la tête par l'ouverture.

- Hey Wyna, y'a un gamin qui te cherche dehors. Il braille, tu devrais aller le voir, avant qu'il ne se prenne un coup d'pelle.
- Appelle-le.

Chose faite, elle sortit et s'arrêta devant le jeune homme, lui montant une main gantée de cuir tanné noir sur la bouche.
- Tu es fou, tu veux te faire embrocher à couiner de la sorte? Tu es en terres pauvres ici et vu ton langage, ils ne vont pas mettre longtemps à comprendre que tu n'es pas d'ici... Qu'est-ce que tu veux .
- Je veux voir le guérisseur mais j'ai oublié la route.

Oh le pas aidé. Et gueuler comme ça , ça va l'arranger. Wyna le tira en arrière dans un ruelle et chuchota , commençant à discuter avec lui. Il en fut choqué aussi mais la crut quand elle lui apporta les preuve nécessaire. Elle revint dire au revoir à Gruam , embrassa chaudement sa femme pour ce merveilleux présent, prit sa sacoche et sortit en hâte dehors. Un cheval l'attendait , et le jeune homme dessus lui tendit une main qu'elle saisit. Elle avait bien compris le message. On l'avait envoyé quérir pour une maladie sans nom. Le seigneur des Jumeaux en personne. Par tous les dieux, elle n'en avait jamais rencontré de cette envergure, et chose qui l'inquiétait encore plus , c'était de mettre les pieds dans cet endroit. Jamais elle n'était entrée dans le maison d'un seigneur. Ils étaient toujours venu à elle, mais là , en l’occurrence, même s'il l'avait fait ... elle n'aurait même pas pu le recevoir... Et puis mince... le seigneur des Jumeaux , venir dans une baraque moisie... mais qui pourrait penser une telle chose. Elle ne savait pas d'ailleurs à quoi il ressemblait cet homme. Ce devait être vieux bougre avec une barbe pour occuper un tel poste. Oui un gros chevalier, avec un air très franc et sérieux qui la couperait en deux si elle faisait une erreur. Mais ! Mais pourquoi elle était monté sur ce cheval alors ! Et puis le gamin était parti à fond, la gros canasson bougeait sous eux comme une furie. Il avait peur de se faire couper la tête s'il n'allait pas assez vite ? Elle s'accrocha à lui d'un bras, mais heureusement habituée à monté de temps en temps, elle n’eut pas de mal à suivre le mouvement de l'animal. Le trajet fut long mais moins pénible qu'à pied, chose qu'elle avait toujours fait.   

Quelques temps plus tard , alors que le soleil s'élevait dans les cieux un peu dégageait et dieu merci, il n'avait accusé aucune pluie froide, ils arrivèrent aux abords du double-chateau. On les laissa passer, quand le jeune homme s'annonça. Elle garda la lourde capuche de fourrure et le cache visage noire bien ajusté sur elle, elle n'avait aucune envie qu'on la distingue pour le moment, comme à son accoutumée. Le pont fut parcourru en peu de temps. Ils finirent par sauter de cheval. Elle était impressionnée. C'était tout simplement... grandiose... Une architecture comme jamais elle en avait vu. Oh bien sûr, elle avait parfois frôler les lieux des yeux avant ça mais jamais pour y entrer. Alors c'était ça... la ville.. Et le château d'un seigneur. Et à l'évidence, pas n'importe quel seigneur. Une certaine anxiété naquit au creux du ventre de la jeune femme, mais elle garda son calme et suivit le jeune homme sans un bruit. On aurait pu la prendre pour une homme sous cet accoutrement et les soldats s'y trompèrent. Elle remarqua aussi la gène du jeune homme. Elle commençait à se demander ce que le fait de voir une femme là dessous allait produire comme réaction. Allait-on lui couper la tête? Cela aurait été un peu idiot sachant qu'on l'avait faite quérir pour soigner. Le serviteur ralentit et lui expliqua en murmurant qu'ils arrivaient. Elle ne répondit pas, trop concentrée sur la tempérance qu'elle devrait faire preuve face à un grand et vieux seigneur.

La lumière d'une fenêtre atteignit le serviteur et elle resta un peu en retrait, retirant doucement ses gants noirs grossiers,laissant apparaitre une main fine et délicate que le mestre eut tôt fait de repérer, mordu de curiosité et ce fut à cet instant que visiblement son teint changea. Quand Wyna releva les yeux , elle se figea. Il était où le vieux? Elle chercha mais le jeune homme qui se tenait devant elle, un peu plus grand et ô combien plein de prestance s'adressait au jeune serviteur comme si en était le seigneur. Elle était étonnée, incrédule. On pouvait parler d'elle ,mais savoir un si jeune seigneur à la tête de tout ça était tout aussi étonnant pour elle. Un silence lourd se fit alors, et elle comprit. Bon. Autant tomber les masques. La jeune guérisseuse poussa en arrière la capuche , après avoir déboutonner le cache visage servant habituellement pour la pluie et qu'elle avait elle même bidouiller. Son visage apparut. Ses mèches brunes et bouclées s'affalèrent lentement sur la fourrure.

- Monseigneur .

Elle inclina la tête, par respect , baissant les yeux. Espérant aussi que l'on faisait ainsi ici. Elle n'avait pas été éduqué pour répondre à chaque grade ou titre, juste pour le global, et c'était déjà une bonne chose.

- Vous m'avez fait quérir pour aider certains de vos hommes.

Elle n'avait pas donné son nom. Trois fois sur quatre, cela n’intéressait pas. Il lui demanderait probablement s'il était curieux. Cette fois-ci , il ne s'agissait plus de fuir le regard de cet homme, aussi... mince , c'est que oui c'était ça... séduisant soit-il , mais de lui parler avec droiture et sérieux. Elle jeta un regard sur les hommes allongés et le serviteur, puis quelques soldats autour. Et enfin le mestre. Diantre cela faisait beaucoup d'hommes d'un coup. Le mestre ne la quittait pas des yeux, et elle les baissa. Bon. Adaptation, quitte ou double, on improvise avec franchie et bienséance, autant que faire ce peu.

- Pardonnez-moi, je ne suis pas une habituée de ce genre d'entourage. S'il y a quelconques coutumes à respecter, je le ferais dès qu'on m'en aura informé. Il serait bien malappris de ma part de vous contrarier. J'espère que vous pardonnerez mes erreurs. Bien que mon maitre eut été un mestre autrefois connu , il n'a pas eu le temps de m'enseigner toutes les bienséances tenant à chaque lieu. Et.... j'espère aussi que... *regard vers le mestre qui semblait perturbé... et vers le serviteur qui allait explosé tant il rougissait et n'en finissait pas* le fait que je sois une femme ne vous pose pas de problème...

Et bien , s'il en posait un, nous verrons plus tard. Pour le moment , Wyna n'avait d'yeux que pour les patients. Elle sourit au serviteur et déficela la cape qui lui enfermait la poitrine et le décolleté, et la laissa glissa de ses épaules, avant de la donner au serviteur , lui passant une main sur la joue en remerciement , le regard allant avec, et ayant pour but aussi de le rassurer.

- Si vous permettez, j'ai à faire. Vos hommes ont besoin de soins.

Un dernier regard doux au seigneur, la jeune guérisseuse ayant repris le dessus, elle dévoila son entière silhouette de la cape de loup, pour s'avancer vers la première paillasse solide ou reposait un homme qui semblait être plus important que les autres au vu de sa tenue vestimentaire qui semblait plus avenante. D'un tour de bras, elle sortit une tige de métal de son serre taille, d'entre sangle, et s'entoura les cheveux dedans , dévoilant épaules et nuque sans aucun soucis. Il n'était pas question de manque de pudeur puisque non seulement la grâce allait avec bien qu'elle soit une "gueuse" comme les seigneurs se plaisaient si souvent à dire, mais qu'en plus elle ne connaissait rien à toutes ces choses qu'on appelait séduction. Crébon avait bien travaillé à l'éloigner des hommes. Pour elle, c'était un simple geste pour lui éviter de mettre ses cheveux en contact avec les malades. Seules quelques mèches tombaient le long de son visage. Elle s'assit à coté de l'homme et passa sa main sur sa joue lui demandant s'il l'entendait. Il lui répondit gravement et toussa comme si ses poumons étaient poussiéreux . Elle plissa les yeux... Pas encore... Elle inspira silencieux, regardant dans ses yeux... lui fit ouvrir la bouche. Elle sentit un peu le souffle , sec et amer ... vérifia son coeur , ses mains, ses bras, et déboutonna le haut pour regarder le torse...

- Qui est cet homme? Et où travaille-t-il ? Tous ces hommes ont-ils fréquenté un lieu en commun? Manger quelque chose en commun? Côtoyer des animaux précis ?

L'homme toussa violemment, et se gratta la gorge. Elle se leva , passa au second, s'agenouillant rapidement sur le lit et fit les mêmes gestes. Elle n'eut pas besoin de passer aux autres. Vu leur état, ils souffraient tous du même mal.

- On ne passera pas par la case des maladies que votre mestre auraient pu détecter. Il les a déjà éliminé si je suis là. Donc c'était autre chose, je pense savoir mais j'ai besoin d'informations supplémentaires. Il faudrait que je vois les lieux qu'ils ont en commun... Et ...

Ses mains étaient paumes vers le plafond... Les doigts légèrement repliés. Un peu embarrassée, elle cherchait des yeux quelque chose.

- Auriez-vous un peu d'eau propre et un linge pour mes mains? A qui puis-je me référer pour la suite? Vous ? *désignant le seigneur en personne de ses yeux pâles*

Elle se doutait bien que s'il y avait des directives à donner, il n'accepterait pas que quelqu'un d'autres les donne à sa place, donc c'était à lui de décider. Il ne fallait pas lui en vouloir. Elle était très naturelle et très spontanée. Son visage était serein et agréable. Sérieuse mais ô combien maternelle et altruiste de nature, il n'émanait d'elle aucune agressivité ou autorité quelconque. Elle connaissait juste son métier et elle savait aussi que sans ces réponses, elle ne pourrait pas dresser de conclusions. Elle croisa de nouveau le regard du jeune seigneur. Il était décidément plus impressionnant qu'un vieux bougre, mais elle n'en démordrait pas et garderait la tête haute. Du caractère? Assez pour ne pas se laisser soumettre comme ça oui. On lui passa un linge humide. Elle remercia gentiment le serviteur tout rouge avec un sourire puis adressa de nouveau un regard gentil et concerné à ce cher Maitre des lieux.

- Si je ne me trompe pas, vous aurez vous aussi tous besoin de vous traiter avant que cela ne s'aggrave ou ne vous touche. Ces hommes devaient ressentir certains légers maux avant de développer la chose plus sérieusement avec les dernières pluies.



Dernière édition par Wyna le Lun 17 Juin 2013 - 18:53, édité 1 fois
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Ryman Frey
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Message Lun 17 Juin 2013 - 15:18


La surprise était assez générale. Le mestre, en grand connaisseur de l’anatomie, avait immédiatement  décelé que la personne encapuchonnée qui se tenait près du jeune homme était une femme. Lord Ryman n’avait lui pas remarqué sur le champ, mais lorsqu’il s’était rendu compte que le domestique était entré avec une représentante sur beau sexe, il n’avait pas réalisé que c’était là le guérisseur. C’était la gêne soudaine et les suppositions qui lui avaient finalement confirmé ce qu’il craignait. Les rumeurs qui circulaient dans le Conflans, d’un guérisseur capable de trouver des remèdes à tous les maux, ne précisaient pas que ce n’était en fait pas un homme. Et puis qu’elle avait été « démasquée », la jeune femme décida de se dévoiler.

C’était une belle femme. Et visiblement, elle ne savait quelle attitude adopter. Son comportement trahissait un manque d’habitude à se trouver en de tels lieux. Après avoir salué, elle baissa les yeux, comme si elle considérait que c’était une marque de respect, mais sans en être trop certaine. Puis elle confirma qu’elle était bien la personne dont on vantait les talents.  Le regard du seigneur des Jumeaux glissa sur le jeune serviteur, qui conservait son teint pourpre et fixait sans ciller ses pieds. Puis il observa son mestre, qui semblait en proie à un conflit intérieur. Et il pouvait le comprendre : fallait-il laisser une femme, qui n’avait aucune légitimité en ces lieux à exercer la médecine, s’occuper des malades ? Beaucoup auraient été tenté de répondre que c’était impensable. Mais la situation exigeait que l’on agisse. Mestre Eros n’avait pas trouvé la solution, il fallait pourtant la trouver, il y avait urgence.

Ryman était particulièrement curieux, maintenant qu’il avait compris l’inédit de la situation pour la guérisseuse, de voir comment elle allait agir. Il garda donc le silence. Et tant que lui ne parlerait pas, personne d’autre ne le ferait. Le mestre semblait pourtant brûler de prendre la parole, mais il savait qu’il valait mieux ne rien dire. L’expérience courbait l’échine devant la noblesse. Surtout celle de Lord Frey, qui aimait garder le contrôle sur tout ce qui se passait sous son toit. La demoiselle reprit la parole. Une chose en particulier retint à l’attention du jeune seigneur : elle avait eu un maître, et ce maître avait été mestre. Celui des Jumeaux tiqua. Visiblement, apprendre qu’un représentant de la Citadelle avait fait part de ce qu’il savait à une femme n’était pas à son goût. C’était compréhensible, et en même temps, la transmission n’était-elle pas aussi un devoir pour les mestres ?

Si le silence, pour certains, commençait à devenir pesant, dérangeant, Lord Ryman, lui, en jouait. Il croisa les bras, attendant de voir si elle prendrait l’initiative. Ce qu’elle fit. Car il avait remarqué que, depuis son arrivée, elle ne cessait de poser un regard inquiet sur les hommes étendus. Si elle avait été une charlatane, aurait-elle mis autant d’application à jouer son rôle ? Non, elle paraissait réellement sincère, et l’incongru de la situation, s’il la mettait mal à l’aise, semblait pourtant pouvoir être vite dépassé. Elle avait du travail, et sa conscience la poussait à s’y mettre sans tarder. Elle ôta sa cape, qu’elle tendit au jeune serviteur. Ryman sentit autour de lui le regain d’attention des hommes présents. Il eut un léger soupir, et alors que la jeune femme s’approchait de la première paillasse, il ne la quitta pas des yeux, tout en s’adressant à la cantonade.

« Laissez-nous. Tous. Sauf vous, mestre. »

Apparemment, la précision soulagea le mestre. Il aurait certainement protesté s’il avait dû laisser ses patients entre les mains d’une personne en qui il n’avait pas confiance, et ce pour deux raisons. Alors que la pièce se vidait, Ryman continuait d’observer le manège de la guérisseuse. De façon naturelle, elle avait sorti une sorte de tige et elle s’en servit pour relever ses cheveux, dévoilant sans gêne sa nuque et ses épaules. Le mestre émit un petit grognement. Le jeune serviteur, qui jusque-là n’avait pas bougé, et qui avait même pris un degré supplémentaire en température au moment où elle lui avait touché la joue, déposa en hâte la cape et sortit en courant. Désormais, ils n’étaient plus que trois dans la pièce, sans compter les malades.

Ryman s’approcha de la paillasse sur laquelle était étendu Marton, le maître des volières, et duquel la jeune femme s’occupait. Le mestre se plaça de l’autre côté, son regard perçant ne quittant pas les moindres faits et gestes de celle qui faisait son travail. Elle demanda plusieurs choses au malade, il toussa, elle observait, elle avait l’air de savoir exactement ce qu’elle faisait, ce qui était plutôt rassurant. Finalement, elle posa des questions, inquiète. L’état était donc plutôt grave.

« Il est maître des volières. » répondit le seigneur, qui préférait parler lui-même que de laisser son mestre répliquer.

Son ton était doux, et en même temps, une légère pointe d’inquiétude perçait.

« La seule pièce qu’ils doivent tous fréquenter est la salle qui leur est réservée pour les repas, attenante aux cuisines. »

Elle passa ensuite à un autre malade, fit les mêmes gestes, de façon plus rapide, certainement parce que le diagnostic était similaire. D’ailleurs, elle ne prit même pas la peine de s’agenouiller près des autres. Il était visiblement clair qu’ils étaient atteints du même mal. Ce fut avec spontanéité qu’elle enchaîna ensuite. Elle était surprenante, et en même temps, Ryman appréciait qu’elle ne s’embarrasse pas tant de manières. Il n’aurait pas accepté une telle attitude de la part de n’importe qui… Mais elle était une fille de la campagne, elle n’avait pas appris à se comporter en présence d’un seigneur. Et puis, un peu de nouveauté ne faisait de mal à personne.

« Appelez le garçon. Dîtes-lui d’aller chercher de l’eau et un linge propre. »

Le mestre grommela mais s’exécuta. Voir une femme empiéter ainsi sur son terrain et en plus l’amener à devoir simplement obéir aux ordres était au-dessus de ses forces. Mais il savait que la situation dépassait sa propre fierté. Il fallait penser au « bien commun ».

« Tu peux t’adresser directement à moi. Je suis Lord Ryman, seigneur de ces lieux. C’est la première fois que tu fréquentes un tel endroit, n’est-ce pas ? »

Il voulait profiter du fait qu’ils soient brièvement « seuls », occultant les malades qui n’étaient de toute manière pas en état de prêter attention à ce qui se passait autour d’eux, pour s’assurer qu’elle serait à l’aise, et donc dans les meilleures conditions pour travailler.

« Quel est ton nom ? »

C’était un élément qui manquait, et il était curieux de l’apprendre. Le mestre fit son retour, accompagné du garçon qui portait un petit récipient rempli d’eau et un linge propre, tout en fixant résolument le sol. Il redevint rouge lorsqu’elle le remercia et se plaça près de la porte, attendant qu’on lui dise quoi faire ensuite. La guérisseuse parla ensuite de la maladie, susceptible de toucher d’autres hommes dans les jours à venir. Et il semblait que la pluie n’allait pas aider à l’amélioration de la situation.

« Si tu sais ce qui leur arrive et comment y remédier, tu auras tout ce qu’il te faut. Mestre Eros va mettre à ta disposition tous ses moyens. Si tu veux visiter les lieux qu’ils ont en commun, tu auras ton propre guide. »

Il désigna le garçon, qui releva promptement la tête, affichant l’air de celui à qui l’on vient d’annoncer sa mort prochaine. La présence de la jeune femme ne le troublait pas. Pire, elle le terrifiait. Mais ça allait lui passer. Ryman n’avait pas l’intention de lui offrir du répit.

« Tu peux t’installer ici, si tu le souhaites, à moins que tu ne désires une pièce séparée, pour plus… d’intimité ».

Mestre Eros émit un toussotement. Un seul regard de son seigneur et maître le réduisit au silence. La cohabitation entre lui et la guérisseuse s’annonçait… difficile.



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Message Lun 17 Juin 2013 - 22:10


Ce fut Lord Frey qui lui répondit. Elle en fut surprise d'ailleurs, même si ceux qui étaient venu la voir, ou qu'elle avait rencontré, avaient été obligés de lui parler en personne, mais là , elle était dans la demeure d'un seigneur, il aurait pu ne pas se sentir concernée. Après tout, une dizaine d'hommes cela se remplace non? Elle sentit son regard sur ses mains, et une certaine pression sans qu'il ne s'en rende probablement compte. Cela l'angoissa un peu au fond, non par le seigneur en question, puisqu'elle connaissait son métier, mais de par le regard de l'homme en lui même. Les hommes. Toute une histoire. Et celui là était jeune et plutot séduisant. Pourvu que ses démons ne sortent pas. Après l'examen, elle remarqua que tous les hommes étaient sortis, chose qu'elle n'avait pas noté auparavant, trop concentrée. Cela lui ôta une pression. Bonté divine , ne voyaient-ils jamais de femmes dans cet endroit? Il est vrai que ce château semblait plus militaire que familial. Peut être était-ce du au fait que c'était un passage obligatoire dans le pays et que la rigueur y était de mise. Elle l'ignorait. Et cela ne la dérangeait pas plus que ça, elle preférait même cette ambiance à celle de nobles endimanchés et superficiels, qui l'auraient snobée tout au long sans chercher à lui laisser le bénéfice du doute sur la grandeur de ses compétences. Certes, elle était issue d'en bas, mais elle avait reçu un enseignement digne, et personne ne pourrait lui ôter. De même que sa façon de se tenir. Elle n'était aucunement vulgaire comme toutes ces femmes qu'on croisait dans les fermes. Elle avait de la tenue, sa condition lui rappelait juste d'où elle venait...Son langage aussi n'avait rien à voir avec les gueux. Et tout cela, il était impossible que cela échappe aux autres. Crébon, son mestre l'avait élevé dans la droiture, la sévérité et la sobriété. Elle y avait été habituée, ce n'était donc pas ce mestre un peu grincheux qui allait lui faire peur.

Elle était revenue à un mètre environ du jeune seigneur. Elle croisa son regard bleu et fier quand il se présenta. Alors c'était bien lui le maître des lieux. Elle ne s'était pas trompée. Un sourire  aimable et respectueux se forma sur ses lèvres claires, le regard naturellement bienveillant. Elle était chez lui, autant rester courtoise, c'était la moindre de choses, même si elle était en pleine explications formelles et travail. Ah il fallait qu'elle réponde. Il était donc curieux. C'était une bonne chose. Les gens non curieux étaient d'un rasoir parfois.

- Je m'apelle Wyna. Je suis ravie de vous rencontrer monseigneur. Et... *son regard alla rapidement sur les murs immenses de la pièce, en pierres brutes et lourdes, et elle reprit sur une voix calme * Oui... c'est une première pour moi. Mon Maitre ... un ancien mestre, a toujours voulu me garder éloigner des hommes. Il m'a tout appris. Il est mort il y a deux lunes. Je m'apprêtais à partir quand j'ai croisé le jeune homme qui m'a amené ici. Il criait pour savoir si on me connaissait. Je crains fort qu'il ait oublié que les routes des bois changent avec les saisons... *un sourire pensif et très naturel vint à ressurgir doucement en repensant à la situation. Elle jeta un regard rapide au mome. * Pauvre enfant, ne sait-il pas que les bas villages sont dangereux? Ils auraient pu le détrousser. *elle s'essuya un peu plus les mains par compulsion du travail * Si vous voulez qu'il vive, il faudrait le former à se fondre dans le paysage. Depuis cette histoire de guerre, même si nous n'avons pas été directement touché... Les campagnes sont devenues très instables... Mon maitre est mort sous la lame de ces brigands...Ils viennent du Nord. J'ignore si vous êtes au courant mais si vous le désirez, j'ai le descriptif de plusieurs d'entre eux... Ils sévissent toujours plus bas à chaque fois dans le pays et je crains fort que certains de vos sujets ou hommes soient tôt ou tard confrontés à eux. Je sais aussi où certains ont l'habitude d'aller. Les gens ont peur , ils ne parlent pas.

Dans ses dernières phrases , elle regardait ses mains, puis ses iris clairs fixèrent par l'ouverture qui donnait sur la rivière... Elle soupira , affectée par tout ceci. Elle reprit la voix claire et sérieuse, mais douce.

- Si les convois se font piller... Vous n'aurez plus grand monde qui viendra traverser ce pont... Les rumeurs vont vite... Ces hommes mettent en péril votre propre prospérité...

Wyna se tut, puis sourit vaguement. Une légère tristesse se dégagea de ses yeux pensifs rivés sur ses mains, puis elle inspira en se donnant un coup de fouet mental. Au diable ces images immondes qui animaient ses souvenirs.  Le jeune seigneur ferait ce qu'il voulait bien de cette information. Elle pourrait lui en dire plus s'il le désirait, elle qui avait habité dans les fonds du Conflans et voyageaient sans cesse sans qu'on l'est jamais notée, elle en avait vu des saloperies.. et croiser des criminels.

- Je m'excuse, je m'égare. Nos patients. Je m'y attèle de ce pas.

Ses yeux se ranimèrent, pétillants, montrant qu'elle était capable de tellement de naturel , de maturité et de vie à la fois. Imprévisible? Peut être bien, qui savait vraiment...Mais pas moins efficace. Oui, les patients. Elle dépassa lentement le seigneur pour rejoindre le jeune garçon, qu'il lui avait désigné. Le pauvre gamin allait finir par exploser à cette allure. Elle posa une main sur l'épaule du garçon qui était aussi grand qu'elle déjà. Hey ! Non , elle n'était pas petite en plus! Cesse de grandir veux-tu! Postée derrière lui.

- Je vais aller à cette fameuse pièce. Je fais aussi vitre que possible. *sa voix se baissa un peu et elle dit au jeune garçon* Hâte toi...ou je te retouche la joue. Il ne faut pas faire attendre ton Maitre.

Histoire de le taquiner un peu. Les deux hommes auraient pu à peine entendre, mais c'était finement penser de la part de Wyna, sinon, elle allait attendre là longtemps.

- Le lieu où je dormirais sera à votre bon vouloir Seigneur, mais je ne sais pas si ma présence directement en train de dormir devant d'éventuels gardes seraient une chose correcte. Je me plierai à vos souhaits.

Le gosse aurait pris racine pétrifiée. Elle le suivit sans attendre disparaissant dans un couloir sombre sans aucune lumière ou presque et se dit que se briser le cou dans un endroit inconnu plein d'hommes aurait été une chose franchement stupide. Elle posa donc ses mains le long des couloirs étroits et finit par déboucher , après un dédale, dans les cuisines, et une odeur lui sauta au nez. Ce n'était pas évident pour les gens qui passaient leur vie ici , mais elle, elle avait vécu dans la nature. Son odorat était pur et habitué aux odeurs naturelles, les bonnes. Une odeur de moisi et de renfermé, une odeur d'humidité qu'elle avait senti dans certaines mansardes où elle avait atterri pour certaines guérisons de familles entières. Par tous les saints... Depuis quand cet endroit n'avait pas subi de désinfection... Pourquoi ce mestre n'avait pas fait attention à cela... En même temps, ce n'était pas une priorité pour un mestre de se soucier de l'état de lieux. Mais là... malheureusement, il aurait du. Elle remercia le jeune homme et le fit ralentir, devant le pain qui sortait à peine du fourneau. Et d'autres qui attendaient proprement dans des panières couvertes d'un tissu. Elle s'excusa auprès d'un homme aux cuisines, prit une miche de pain chaud, manquant de se brûler d'ailleurs, et la fendit en deux dans un craquement délicieux. De légères traces pouvant faire penser à des copeaux habituels de blé aux saisons humides, où les grains avaient tendance à moisir un peu et donc à noircir, mais ce n'en était pas. La saison avait été sèche et le blé roux-blond. Elle ne s'était pas trompée.

- A qui servez-vous ce pain?
- A tous les gens du château m'dame.
- ...

Elle se retourna et prit une miche un peu séchée et l'ouvrit.

- Où est le grain.

On lui montra dans une pièce à l'écart derrière les cuisines. Elle ne vit rien sur le dessus....

- Vous pouvez m'en extraire du fond du sac ?

Un homme s’exécuta et en sortit des grains noircis. Wyna se passa une main sur la joue lentement, cherchant une explication, ses pupilles réactives. Elle se dirigea alors avec le jeune garçon vers la fameuse pièce commune. Il y avait deux trois hommes qui la regardèrent de haut en bas, mais elle n'y fit pas attention. Elle passa sa main sur les murs. Rien , pas de champignons ici . Le château n'y était donc pour rien. Les réserves en revanche étaient bien trop humides, et ce devait être dû à une faille proche de la rivière, où quelque chose de ce genre. Tout bâtiment travaillait dans des conditions climatiques anormales... Le temps faisait toujours son œuvre. L'humidité , et cela se sentait dans l'air... était rentrée, c'était forcément quelque part. Elle revint dans la réserve et s'attela alors à bouger quelques sacs et caisses avec l'aide de certains gens de cuisine et du jeune garçon. Un rat crevé. Charmant. Il avait dégueulé ses tripes, grisâtres... Il avait mangé du pain lui aussi ou les grains. Des traces noires se distinguaient dans la base des pierres de la réserve .... Et des espèces de mousses grises montaient sur quelques centimètres.

- Qu'il y a-t-il derrière ?
- Une berge et la rivière.
- Il y a eu une crue récemment? De fortes pluies?
- On a eu de gros orages à la fin de la saison mais rien de différents des autres années.
- Si . Une chose a changé.... Il a fait bien plus chaud...

Elle se redressa et sortit sans perdre de temps.
- Dehors. Allez. Il va falloir faire en sorte de bruler ces pierres à la torche et tout le grain. Je vais en parler à votre seigneur.

Elle éleva la voix dans la cuisine en levant les mains, arrachant une panière de pain qu'emmenait une servante.

- Vous ne touchez plus au pain, et à tout ce qui a été fait à partir des grains des sacs de cette réserve d'accord! Il y a des champignons dedans! Ils sont dangereux. Je vais voir avec Lord Ryman pour que tout le monde soit soigné mais en attendant, vous allez faire tout le château, vous devez tout enlever!

Elle se tourna ensuite vers le jeune homme qui était avec elle depuis le début et lui posa une corbeille dans les mains, où elle mit quatre ou cinq miches différentes, des galettes et aussi deux trois gâteaux secs. Les gens ne trainèrent pas. Le jeune garçon tenait la panière à bout de bras et remonta vers la pièce des malades ainsi. Heureusement que le ridicule ne tue pas. Elle ne riait plus. C'était grave mais pas irrémédiable. Il ne fallait juste pas trainer. Dame Nature, pourquoi ne fais-tu pas ça aux brigands ! Ses mains étaient sales. Elle en avait marre de ce foutu champignon! Elle entra sans trainer dans la pièce où étaient toujours le seigneur et son mestre, et plongea ses mains dans l'eau , avant de les frictionner avec de la lavande qu'elle avait sorti de son sac besace. Quelques secondes pour réfléchir, les yeux rivés sur la bassine d'eau, la respiration lente, concentrée. Le jeune garçon referma du pied la porte, avançant lentement avec les miches loin devant et les posa sur une table sur le coté près d'une ouverture. Wyna se retourna vers le seigneur. Elle était prête pour le verdict.

Elle s'avança vers la table et éventra les miches avec son propre couteau, lame de 20 cm , manche os et argent fuselé , un héritage de son maitre, et elle ne le quittait jamais. Cela pouvait appuyé les dires qu'elle avait fait plus tot sur l'origine de son savoir. Elle cassa les biscuits.

- Il y a une vingtaine d'années dans un petit village au nord des Terres de l'ouest, la sécheresse a tapé plus fort qu'ailleurs. Les rivières entouraient ce village... Un champignon qui ne se développe qu'au contact d'une grande chaleur et d'une grande humidité à envahi les cultures. Ils ont cru que la couleur du grain était normale... Le pain qui en a découlé était bourré de ces champignons minuscules que l'on remarque par des picots noirs plus ou moins collés selon le développement. Ils ne reviennent pas tous les ans. Ils restent sous terre et ne remontent que quand tous les critères sont propices. Mon maitre avait connu ce village. Cette année, j'ai vu ressortir ce champignon. Un Lord des contrées de l'ouest est même venue me quérir pour sauver sa petite sœur. Votre pain en est bourré. Le champignon a continué de se développer dans les sacs et aussi dans votre réserve aux cuisines. Votre château travaille avec le temps, et une légère faille sans torchis à laisser la pluie rentrer derrière les caisses. Nous avons tout poussé en bas, et le champignon grimpe sur les premières pierres. Le problème c'est que vous avez tous manger de ce pain... De ces gâteaux.... Ils sentent la poussière et le moisi des troncs pourris.

Elle tendit un morceau au seigneur. Elle était trés inquiète , et elle avait le devoir de le mettre au courant, même si ça n'allait pas lui plaire.

- Vous allez devoir passer à la torche tous les endroits humides de ce château. Ils ne se détruisent qu'au feu où à une forte température. C'est pour ça qu'il ne survit pas dans la nature sans se cacher dans le sol, et que les végétaux au soleil finissent par s'en débarrasser naturellement. Mais vous lui avez offert un terrain de développement idéal ici. Et l'humidité est constante avec la rivière. Il va falloir aussi interdire les gens de sortir, ils ne doivent pas aller contaminé leurs familles. Son fonctionnement est simple. Il s'introduit à l'intérieur du corps avec la nourriture ou se respire. En l’occurrence, on va faire un traitement digestif pour le moment. Et si ça ne suffit pas, respiratoire, mais c'est déjà assez violent. Le but est de faire monter la température du corps humain trés haut avec un alcool puissant , pour provoquer le décollements des champignons qui se fixent à l'intérieur. Puis ce sont des lavements et des vomissements, c'est un traitement violent mais c'est le seul qui existe. Y compris pour.....

Son regard se planta dans celui du seigneur plus fortement. Elle le savait, elle en avait entendu parler dans le Conflans, de la naissance d'un héritier des jumeaux. Tout se savait pour ce genre de choses.

- Les enfants.

Et là. Il allait devoir prendre une grande décision. Peut être préférait-il en parler seul avec elle pour savoir comment cela allait se passer. Et les détails, elle s'attendait à tout.

- Vous aussi vous allez devoir vous traiter... On ne sent pas ce qui se passe au début et puis ça se développe vite... Et cet endroit a besoin d'un seigneur. Je pense que la proposition d'une pièce séparée serait adéquate. Ne serait-ce que pour l'intimité des quelques femmes que je vais devoir soigner et aussi des enfants ou de vous même. Je ne tiens pas à vous donner en spectacle.

Ses mains étaient à plat sur la table et le seigneur se tenait à quelques pas. Elle ne le lâchait pas des yeux.
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Ryman Frey
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Message Mer 19 Juin 2013 - 16:00



Ainsi, elle s’appelait Wyna. Un nom sûrement assez commun, mais pour une fille qui ne semblait pas l’être. La question était simple, la réponse également. Mais lorsqu’elle enchaîna, elle se révéla en fait être plutôt bavarde. Lord Ryman la laissa donc parler d’elle-même : elle satisfaisait sa curiosité sans qu’il ait à pousser un peu plus ses interrogations. Elle avait donc reçu des enseignements de la part d’un mestre déchu. Peu importait ce qu’il avait fait pour perdre sa chaîne, au moins avait-il été formé à la Citadelle, ce qui était un gage de compétence. Le seigneur du Pont fut désolé d’apprendre que l’homme était mort deux lunes auparavant. Il était peut-être devenu pour elle comme un père, la pauvre fille n’ayant pas l’air d’avoir grand-chose. Elle était guérisseuse, avait une certaine renommée, et cependant aucune récompense digne de ce nom n’améliorait ses conditions de vie. Pensif, Lord Frey suivit le regard de Wyna vers le garçon. Voilà qu’elle s’inquiétait pour lui, maintenant… était-elle maternelle ?

Le domestique, lui, fixait de nouveau ses pieds. Le mestre, derrière, n’avait pas changé d’expression à l’évocation d’un confrère démis de ses attributions. Il devait considérer qu’il avait sans doute perdu sa dignité en même temps… Mais les compétences, elles, restaient. Dès que Wyna irait visiter les pièces fréquentées par les malades, il faudrait que le jeune seigneur ait une conversation avec mestre Eros. Si la guérisseuse devait rester aux Jumeaux le temps de trouver une solution, cela pouvait durer longtemps. Et Ryman ne tolérerait pas que son mestre fasse montre de mauvaise volonté : ce serait contreproductif, et pouvait même s’avérer dangereux s’il se refusait à apporter son aide. La fierté de l’homme, du haut de sa cinquantaine d’années, pouvait en chutant entraîner la forteresse. Un peu de fermeté ne lui ferait sans doute pas de mal.

Wyna avait légèrement dévié le sujet. Après avoir parlé du garçon, elle s’étonna qu’il soit allé la trouver seul, sans protection, sans connaissance : il aurait pu lui arriver malheur. Comment Ryman aurait-il pu savoir où il s’aventurerait pour la dénicher ? S’il alignait plus de trois mots, c’était un événement presque digne d’être célébré. Mais la suite fut plus intéressante. Bien que s’occuper des brigands ne faisait pas nécessairement partie des attributions du seigneur des Jumeaux, surtout au-delà de quelques heures de chevauchée, il lui était arrivé de donner la chasse à certains d’entre eux, qui se faisaient trop actifs dans la région. Au nord du fleuve, il n’y avait aucune grosse cité jusqu’aux frontières du Nord. En accord avec Lord Edwyn, les Frey se chargeaient donc, parfois, lorsque le besoin s’en faisait sentir, de nettoyer les campagnes. Peut-être une telle occasion se présentait-elle. Et puis, elle mit le doigt sur un point plutôt crucial : les voyageurs septentrionaux se feraient moins nombreux et moins chargés si aucune action n’était décidée…

« Wyna… Je te remercie pour ces informations. J’enverrai quelques éclaireurs dans les champs et les forêts pour vérifier tes dires. Les temps se font plus durs pour tout le monde, il serait dommage que les plus faibles en pâtissent davantage. »

Il éluda totalement la question du garçon. S’il voulait être formé à « se fondre dans le paysage », il n’avait qu’à s’adresser aux chasseurs. Lord Ryman avait bien d’autres choses à penser que les compétences individuelles de chacun des hommes et des femmes à son service. Hormis les quelques qui avaient des postes officiels, le reste relevait de l’initiative. Tous ces hommes aux positions importantes avaient eux-mêmes des responsabilités. Wyna réalisa alors qu’elle avait peut-être parlé un peu trop, délaissant du coup la tâche pour laquelle on l’avait faite venir aux Jumeaux. Elle passa devant le seigneur, qui laissa son regard glisser sur les épaules, pour rejoindre celui qui avait été officiellement désigné comme son guide. Une punition pour lui ? Non, le meilleur moyen de le décoincer.

Avant de s’éclipser, la guérisseuse annonça que peu lui importait l’endroit qu’on lui attribuerait, non sans faire référence à l’éventuelle gêne occasionnée pour les gardes… Ryman n’avait de toute manière pas l’intention de la mettre dans la même pièce que des hommes. Il avait bien remarqué l’effet qu’elle avait sur certains. Une femme aussi belle et pleine de vie pouvait animer la vie d’un château, mais il ne fallait pas en abuser. Elle n’était pas là pour divertir, elle était là pour soigner. Et même guérir. Lorsqu’ils ne furent plus que seul à seul, le seigneur du Pont se tourna vers son mestre.

« Je comprends que sa présence vous dérange, mais c’est un recours que vous m’avez forcé à emprunter. »
« Forcé ? Seigneur, je ne me serais… »
« Vous ne trouviez pas la solution. Je me refuse d’attendre que vous ayez ne serait-ce que le début d’une idée sur le mal qui les ronge. Cela peut prendre des lunes. »
« Et vous pensez qu’elle pourra trouver, là où j’ai échoué ? »
« Si elle est à la hauteur de la réputation qu’on semble lui prêter, alors oui, je pense qu’elle pourra trouver. »


Ces mots semblèrent avoir eu l’effet d’un coup de poing dans l’estomac pour le mestre. Il resta un moment sans rien dire, hésitant entre éviter le regard de Ryman ou bien le fixer dans les yeux.

« Je n’ai jamais eu à me plaindre de vos compétences, mestre. Mais vous êtes confronté à quelque chose de nouveau. Acceptez qu’elle ait sans doute déjà rencontré le cas par le passé. »
« Pourquoi aurait-elle rencontré le cas, et pas moi ? Son maître a sûrement… »
« Son maître était mestre, comme vous. Peu importe ses torts, il a fait d’elle quelqu’un de compétent en matière de médecine. Si elle la pratique depuis des années à travers le Conflans, et peut-être au-delà, il est plus que probable qu’elle ait été confrontée à une variété de maladies et de blessures que vous n’imaginez pas. »
« Seigneur… vous… »
« Mestre ? Acceptez qu’elle en sache plus que vous sur la question. Acceptez d’avoir encore à apprendre. Même de quelqu’un qui n’est pas mestre. Même d’une femme. Si vous vous fermez et vous montrez odieux avec elle, cela nous nuira à tous. »


Si cela semblait lui en coûter, le mestre devait bien peser le pour et le contre. Il se rendait compte qu’il avait de fortes chances, en continuant à agir ainsi, de mécontenter son seigneur. Cela faisait plus de vingt ans qu’il œuvrait au service des Frey, ce n’était pas un caprice qui allait y mettre fin. Un nouveau silence s’installa entre les deux hommes, Ryman laissant à son aîné l’initiative d’une fin de conversation toute en diplomatie.

« Je respecte votre choix. J’emploierai donc toutes mes compétences et mes moyens pour l’aider, si jamais elle découvre quoi que ce soit… »

Il aurait très bien pu ajouter « mais j’en doute », mais il s’en abstint, le ton traînant se suffisant à lui-même pour traduire ce qu’il ressentait réellement. Ryman acquiesça donc, et se tourna vers la porte. Une poignée de secondes après, Wyna faisait son retour. Elle semblait préoccupée. Sans un mot, elle se dirigea vers le récipient d’eau qui lui avait été apporté plus tôt et se mit à se frictionner les mains. Le garçon la suivait, portant un panier rempli de miches de pains. Le seigneur et son mestre se regardèrent. Qu’est-ce qu’elle voulait donc faire de tout ce pain ?

Elle apporta assez vite la réponse. Saisissant l’une des miches, ainsi que quelques biscuits, elle posa le tout sur la table. A l’aide d’un couteau, elle éventra le pain, puis cassa les biscuits. Allait-elle donc préparer quelque chose à manger ? Non. Ryman voyait où elle voulait en venir. Le mestre, lui, avait déjà compris. Et son air dépité montra bien qu’il aurait dû y penser. Wyna se lança dans des explications, ce qui devait être les origines, ou du moins la première apparition, de la cause des maux qui frappait les hommes des Jumeaux. Un champignon. Lord Frey se rendit compte que la situation pouvait être bien plus grave qu’il le pensait. Et même si elle ne l’était pas tant, mieux valait ne pas prendre de risque.

Il saisit le morceau que lui tendait la guérisseuse. On y distinguait quelques petits points noirs, en effet. Il le sentit. Aucune odeur forte ne le dérangea, si ce n’est peut-être une note d’humidité… Comment n’avait-on pas pu s’en rendre compte avant ? Mestre Eros éprouva soudain le besoin de s’asseoir, comme si réaliser la vérité l’avait assommé. Soudain, il paraissait beaucoup plus vieux qu’il n’était. Mais il allait devoir se reprendre. On allait avoir besoin de lui ! Wyna continua. Cette fois, elle parlait directement des méthodes qu’elle connaissait pour mettre fin à l’expansion du champignon. Cela semblait à la fois violent et radical, mais c’était visiblement la chose qui fonctionnait. Sa détermination la faisait le regarder directement dans les yeux. Peu osaient, mais elle avait si peu l’habitude des châteaux et des seigneurs qu’elle agissait avec naturel.

Ryman sentait que, de toute manière, il ne pourrait pas refuser. Si lui n’avait pas encore développé les symptômes, ce n’était peut-être qu’une question de temps. Il y avait aussi sa famille, qui était prioritaire. Et en soi, la perspective d’avoir à renouveler la totalité des gens qui travaillaient pour lui n’était pas plus encourageante que ça. Et la conclusion n’arrangeait rien. Les enfants. Bien sûr qu’ils ne pouvaient être épargnés. D’autant que leur santé était plus fragile que celle des adultes. Le seigneur acquiesça. Tout ce qu’elle préconisait allait être mis en œuvre. Il laissa conclure, il parlerait ensuite.

Elle parla directement de lui. Elle avait besoin d’une pièce séparée, ce qui semblait en effet approprié. Et ces derniers mots furent… non, c’était en toute innocence. Quel tact ! Mais au moins Lord Frey devinait-il ce qui attendait tous ceux qui allaient passer entre les mains expertes de Wyna. Quand elle eut terminé, ce fut à son tour.

« Tu as bien compris tout ce qu’elle a dit ? Va vite transmettre les ordres à Rohgar. Et fais venir Gwendal le plus vite possible. » dit-il au garçon, qui acquiesça, avant d’être arrêté dans sa course. « Au fait, quel est ton nom ? »
« Leo, seigneur. »
« Allez, va, Leo. »


Ryman n’attendit pas qu’il ait disparu pour enchaîner, s’adressant cette fois au mestre.

« Montrez-lui votre office. »

Enfin, il se tourna vers Wyna :

« Il y a une grande pièce peu utilisée à proximité de l’office, et un petit cabinet y est attenant, de l’autre côté du couloir. Je vais faire installer tout ce qu’il te faut, n’hésite pas à demander à mestre Eros. Il y a ici encore de la place pour étendre les malades, nous trouverons une autre solution si cela devient trop juste. »

Mestre Eros se dirigea vers la porte et fit signe à Wyna de le suivre. Il semblait reprendre un peu ses esprits, mais allait sans doute s’accorder un petit tonique. Il la précéda une dizaine de mètres plus loin. Là, il ouvrit une porte.

« Voici la pièce où tu travailleras. »

L’endroit était utilisé, à l’occasion pour des petits comités. Il y avait des fauteuils, des petites tables, et au fond, une grande cheminée. Une porte sur la droite menait à une autre pièce, plus petite, et vide.

« Je travaille juste à côté. »

Mestre Eros poursuivit et ouvrit une nouvelle porte, sur un couloir étroit. De chaque côté, sur des étagères, s’étalaient des parchemins en quantité. Au bout du couloir, on débouchait sur une pièce plus vaste. Un escalier en colimaçon, dans un angle, menait aux appartements du mestre. L’office était bien rangé, mais complet. Parchemins et plumes, bocaux, plantes, cartes, instruments divers…

« C’est à ta disposition. »

Lord Ryman, de son côté, s’entretenait avec l’intendant, et lui faisait passer les consignes. Ce dernier mémorisait tout, et irait ensuite transmettre à son tour, à qui de droit, les directives. La première chose serait d’aller informer ser Maleck Frey de la décision de fermer les portes. Les Jumeaux s’apprêtaient à couper l’accès par le pont, ainsi que toute sortie… Il désigna au passage quatre domestiques supplémentaires, visiblement en forme, pour assister Wyna. Deux hommes, deux femmes. Enfin, il la retrouva, un peu après, dans la pièce qui lui avait été attribuée.

« Cela te convient-il ? » demanda-t-il, désignant l’endroit, ainsi que la cheminée dans laquelle brûlait à présent un grand feu.

Sa sœur, septa Vanneliah, fit alors son entrée, le petit Walder dans les bras. Ryman le lui prit.

« Mon seul fils, mon héritier, Walder. »

Du haut de ses quatre ans, l’enfant regarda Wyna de la tête aux pieds, avant de s’exclamer tout haut :

« J’veux pas ! »
« Ne l’écoute pas, il finira par t’apprécier. Comment veux-tu procéder, maintenant ? »


Là, il avouait bien volontiers son ignorance, et vu la situation, n’allait pas faire la fine bouche : il se plierait à ce qu’elle demanderait !



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Message Mer 19 Juin 2013 - 22:25


Wyna observait le seigneur , comme chaque personne qu'elle croisait, avec discrétion , retenant  chaque geste, chaque manière de faire ou de s'exprimer et se dispensait toujours d'en déduire quoi que ce soit. C'était une précaution, une compulsion, un besoin , pour comprendre à qui elle avait affaire. Oh bien sûr, elle avait le souvenir d'avoir pousser trop loin certaines choses pour voir le véritable faciès de certaines personnes. Le risque est primordial quand on aime vivre mais il est comme toute chose, à utiliser avec modération, elle savait quand s'arrêter.
Elle avait imposé un choix au Lord, il allait devoir en sentir le poids, et elle n'aurait pas voulu être à sa place. La sienne allait être bien plus lourde qui plus est. La moindre mort lui incombait directement à présent. Elle avait accepté d'en porter le fardeau. Jamais de son vécu elle n'avait envisagé si grande entreprise. On ne parlait plus de simple patient là mais de tout un château. D'enfants, de femmes... D'hommes agés aussi. Les hommes d'âge solide allaient s'en sortir, du moins pour la plupart. Elle ne le montrait pas pour le moment , mais Wyna n'avait pas la réserve d'un grand mestre, ni la maitrise sentimentale. Tôt ou tard, elle allait devoir se décharger pour faire sortir le stress, la colère d'échouer peut être, les larmes probablement , mais ce n'était pas pour le moment. Là , son regard montrait du professionnalisme. Elle était concernée et concentrée. On l'avait fait venir pour ça. Elle avait trouvé, à présent, elle allait faire son boulot. Elle regarda le mestre s'asseoir , ce devait être le coup de glaive de trop pour lui. Il fallait qu'elle lui parle à celui là , tôt ou tard, elle n'aimait pas les tensions. Et il semblerait en effet que le fait de se faire détrôner entre guillemets par un jeune et qui plus est une femme, n'ait pas été du meilleur effet sur lui. Elle pouvait le comprendre.

Elle laissa le Lord donner les ordres, baissa les yeux calmement , tripotant de deux doigts lents et fins la mie de pain pourrie, pour faire passer le temps, ne se mêlant pas de tout ça, apprenant d'une oreille en coin le nom du jeune garçon au passage. Elle avait beau mettre en veille un de ses sens, un autre prenait toujours le relai. Elle ne releva les yeux que quand il s'adressa de nouveau à elle, alors qu'elle rangeait les miches et ramassait les miettes avec les mains. Ses yeux suivirent vers le mestre qui ne semblait pas encore enclin à une bonne vigueur. Le pauvre... Elle était désolée d'empiéter sur son territoire...Surtout que ce n'était pas vraiment ça, puisqu'un mestre se devait d'exceller dans beaucoup de domaines, choses qu'elle n'avait pas la prétention d'être capable de faire.

- Je vous remercie Seigneur, ce sera un parfait endroit pour les examiner. Je propose de garder cette pièce aux convalescents, ceux qui seront en fin de traitement. Mais il faudra limiter les passages quand même. Je suis immunisée contre ce champignon. Cela fait plus de trois mois que j'ai ce genre de patients... J'ai pris régulièrement les traitements, je ne tomberai pas malade. Cela vous donnera une garantie que le travail sera fait jusqu'au bout, peu importe ce qu'il m'en coutera.

Et elle était sérieuse. S'il la surprenait en plein traitement à administrer, elle relevait parfois plus de la guérisseuse militaire que de la femme de campagne qui avait peur de la force masculine. Elle en avait vu des réticents et c'en était pris des baffes ou des expulsions à grand coup de bras, et son corps s'en souvenait mais quand on lui disait : Continue, peu importe comment je réagis, soigne moi. Elle le faisait. Elle savait pour quoi elle signait et elle était dans un château qui n'avait rien d'un nid douiller pour demoiselle de cour. Suite à cette discussion , elle quitta les lieux avec le mestre après un mouvement respectueux envers le maitre des lieux, principe minimum. Une de ses mains retoucha le mur de droit, alors que sa seconde main saisissait un pan de sa robe bordeau, pour ne pas tomber sous les pierres irrégulières d'un couloir anguleux. Elle monta quelques marches, en descendit , retenant les chemins autant que faire ce peu , mais il n'était pas aisé de ne pas se perdre dans ce dédale de pierres brutes. Ils débouchèrent rapidement sur un couloir plus large , pas très loin, même si la promiscuité des couloirs pouvaient porter à croire  le contraire et elle suivit le mestre dans l'ouverture des endroits. Curieuse et attentive, il ne s'agissait pas de demander les choses deux fois, ce ne devait pas être le genre d'erreurs qui passaient avec cet homme. L'endroit choisi était parfait. Elle regarda les meubles, les dispositions et réfléchit à comment les mettre pour plus tard , suivant le mestre encore une fois mais vers un endroit qui la laissa sans voix.

Elle déboucha dans un couloir large , chargé d'étagères et de parchemin, de plumes, de cachets de cires, d'odeurs qui lui rappelaient l'endroit où vivait Crébon. Elle sentit une vague de chaleur lui remontait le ventre dans son serre taille noir sous ses sangles serrées, et un sourire douloureux lui apparut sur le visage, ses iris clairs se mouillant un peu... Elle le sentait près d'elle, quelque part. Elle savait qu'il avait retrouvé la raison dans l'autre monde, qu'il la surveillait , la veillait. Elle voulait y croire. Ses doigts fins passèrent sur les fins papiers... Un trésor... de toute beauté pour Wyna. Elle était soufflée. Elle avança dans l'endroit, timidement, admirative, les yeux emplis de cette observation naturelle, cette envie de savoir mais que dans un domaine. La médecine et les plantes. Elle rebaissa les yeux sur le mestre après avoir tout parcouru des yeux, du moins le plus possible, et se dit qu'il était temps de faire fondre la glace. Elle s'avança vers lui, un peu indécise, pas spécialement sûre d'elle mais bon , qui ne tente rien n'a rien.

- Mestre Eros... Ecoutez..je ... je sais que je ne suis pas ce que vous espériez, et encore moins que de me voir ici , chez vous, trouver la raison de leurs maux, vous réjouisse..... Ce genre de choses ne peut se connaitre qu'en vivant parmi elles ... Parfois les livres ne suffisent pas... et c'est un amour que je voue aux plantes comme à la nature. Il ne s'est pas écoulé une seule journée sans que je n'en sois curieuse.  Je suis jeune, et en plus je suis une femme, mais ... ne pensez pas que je veuille vous nuir. J'ai bien vu votre visage quand j'ai parlé de mon maitre. C'était un grand homme vous savez, comme l'on en fait peu aujourd'hui. Il a été chassé des terres de l'ouest parce qu'il a eu le malheur de tomber amoureux et d'y céder... cela a été son seul tord, être humain. J'ai une profonde admiration pour le genre de personnes que vous êtes et représentez.  Et je ne pourrais jamais le devenir...Rien ne me le permettra...Je suis né femme et pauvre.  Alors je me contente de donner à autrui mon maximum... d'apprendre et de garder ma place, mais quand je travaille , je ne le fais pas à moitié. Quoi qu'il en soit, vous gardez et garderez toujours une place supérieure à la mienne dans mon esprit... Je voulais vous le dire. Je trouverais dommage que nous soyions en conflit alors que nous avons les mêmes bontés dans le sang. J'ai bien plus à apprendre de vous, que vous de moi, et ce serait même un honneur pour moi de recevoir ne serait-ce que quelques notions de votre savoir dans notre entraide. Cet endroit est le votre. Je ne peux décemment  pas me l'approprier, je me sentirais trop mal. Je sais que Lord Frey vous a probablement demandé de travailler avec moi , qu'il ne vous a pas laissé le choix, mais j'aimerais que cela vienne de vous... Vous croyez que vous pourriez accepter de votre plein gré de faire une exception?

Un sourire gentil et doux était né sur son visage. Elle ne parlait plus au mestre mais au vieillard un peu trop fier, seul, et qui avait probablement eu une vie de droiture, mais aussi pleine de poussières aléatoires qui n'avaient peut être pas fait son bonheur parfois. Comme tout homme, il avait probablement eu ses déboires et sa gloire, comme tout homme, il avait probablement appris à ne pas montrer quoi que ce soit... Mais avaient-ils vraiment besoin tous deux de se faire la guerre? N'y avait-il pas assez de guerre dans ce monde? Elle posa sa main sur un bocal refermant une fœtus d'une chose étrange, et cela ne lui provoqua aucun dégout . Elle le regarda juste. Mine de rien, elle en avait côtoyé des hommes âgés comme ce mestre, et elle savait que ne pas leur remonter de fierté avec franchise , ne pas leur montrer de caractère et se terrer dans le silence, au final , ne faisait que les conforter dans le fait qu'elle n'aurait été que simple femelle comme les autres. Sans caractère, soumise, ou prétentieuse, qui n'aime pas les hommes, les méprisent et veut juste les humilier, mais il n'en était rien. Wyna n'avait aucune méchanceté et ne demandait qu'à apprendre, ouverte et acceptant les critiques.

Un autre léger sourire, et elle lâche le bocal...
Quelques temps plus tard, après l'effervescence maitrisée de cette découverte sans nom, et elle essaierait d'y retourner autant que possible si le mestre l'y autorisait bien sûr, ils retournèrent à l'endroit qui lui avait gentiment été cédé pour ses soins à venir. Elle observa la pièce. Une grande inspiration , une grande expression conquérante sur le visage presque comique, et elle se mit les mains sur les hanches. Au boulot mes aïeux!

- Que les Sept nous soient cléments... , soupira-t-elle en avança vers un tissu noir qui trainait près de la cheminée.

Elle le tira doucement et l'écarta. Un petit drap, ou une nappe de même constitution. Cela ferait l'affaire. Elle rajusta ses cheveux avec un second pic, et posa ses affaires sur une petite table en coin. Jetant un regard rapide à la petite pièce, elle allait pouvoir s'y installer au final , ce ne serait pas si mal et mettre une partie pour les examens individuels. Bien. Elle posa la cape de loup épaisse et lourde, et ouvrit sa grande sacoche pour en sortir un gros livre qui avait travaillé avec les âges. Tout son savoir et son trésor était dedans. A l'intérieur deux écritures, celle du mestre et la sienne, plus ronde et courbée, plus jeune. Elle se retourna vers le mestre et sourit gentiment:

- Vous auriez de quoi écrire s'il vous plait Mestre? J'en aurais besoin pour recopier les remèdes à préparer. Je ne sais pas trop où je peux trouver ça.


Suivi d'une bouille de jeune femme penaude, qui en aurait fait sourire plus d'un. L'art de détendre l'atmosphère et de rendre les choses plus agréables, Wyna aimait et cultivait ces détails. La vie était tellement triste sans l'amour de cette dernière et la preuve qu'on pouvait l'aimer. Alors elle s'attelait à la faire aimer et à l'aimer et pourtant, elle en avait vécu des saletés. Même pas peur ! En avant! Elle revint dans la pièce principale, posa son livre épais sur une des tables, et prit le léger drap , pour se le serrer aux hanches. Il tomba sur le coté de sa robe en drapé lourd, il allait lui servit de tablier de coté. Elle rajusta correctement sa robe pour qu'elle ne bouge pas, dos aux entrées. Autour de ses avants bras, elle fixa des protections de cuir noir, remonta jusqu'au début de ses mains, rigides, lacés solidement. Elle rentra les lacets sous la matière, qui montait sur les deux tiers de ses avant bras et vit le mestre revenir. Elle prit alors le papier avec un remerciement sincère, et s'attela à écrire avec la plume , les proportions et quels alcools il faudrait pour constituer le mélange. Après un commun accord d'échange avec le mestre  sur ce qu'ils avaient ou non dans le château, tout du moins dans les abords de ce dernier au maximum, elle dressa une liste avec des quantités strictes. Le liquide constitué avec ces ingrédients en tout genre ainsi que du chou , du vin , de la sauge, de la menthe poivrée, du cresson en grande quantité. Puis il y eut la liste du matériel nécessaire qu'elle garda en tête. Alors qu'elle finissait d'écrire, elle leva les yeux sur Lord Ryman Frey qui revenait la voir, pour lui demander si cela lui convenait.

- C'est parfait mon seigneur , encore merci , dit-elle souriant doucement par gratitude, le regard suivant, et se décala pour pousser une table contre une autre, puis les deux contre une troisième sans faiblir.

Elle n'était pas grosse, mais sa force était nerveuse, et elle n'attendait pas qu'on lui propose pour organiser la chose. Elle fit aussi la connaissance des quatre individus qui allaient être à son service. Eh bien. Elle n'avait jamais fait ça avant . Mince, c'était un peu gênant. Elle leur sourit et leur demanda leur nom rapidement et leur donner une liste de choses à trouver, comme des draps, des tissus en tout genre, beaucoup d'eau etc... Puis revint rapidement sur le Lord, en voyant s'éloigner une jeune femme. Oh. Le petit bout de chou. Elle et les enfants c'était tout une histoire tellement forte et naturelle. Son regard changea instantanément , quand elle croisa les yeux du petit garçon caractériel. Il était aussi beau que son père... Les enfants disait toujours non. Il fallait savoir capter leur attention. Elle se recula un court instant, plongea sa main dans sa besace et en sortit un sol. Puis revint.

- Bonjour Walder...je m'appelle Wyna.

Un sourire, un regard doux, une mèche brune qui tombe sur le coté de sa joue creusée doucereusement, elle monta sa main entre leurs deux visages . La petite moue boudeuse du petit garçon en face de la sienne avec une distance d'environ 80 cm . Le sol sortit doucement de ses doigts fins et souples, aux ongles longs et entretenus. Les plantes faisaient des merveilles et elle le savait que de trop.



- Regarde *murmuré avec un sourire doux *

Elle bougea les doigts sensuellement , comme une danse de phalanges et la rouvrit d'un coup. Plus de pièce. Elle ne lâchait pas le visage du petit, aiguisant sa curiosité, et leva l'autre main, l'ouvrant doucement face aux yeux du petit chou et la pièce apparut.

 - Hop. J'en ai plein d'autres comme ça.

Elle n'oubliait pas le père , juste que le problème dans le cas présent était le  petit bout à convaincre qu'elle n'était pas méchante. La joie des enfants roi. Elle ignorait la place de la mère dans l'histoire, si elle le gâtait trop ou non , mais il était sûr qu'elle n'en tiendrait pas compte. Elle avait bien d'autres méthodes pour rentrer dans les bonnes grâces des enfants.

- Tu sais, Walder, tu es un grand garçon. Un futur guerrier je suppose? Comme ton papa. Pour devenir un grand guerrier, il faut être fort. Je ne suis pas aussi forte que toi mais je connais plein de choses qui pourraient te plaire. Comme... un endroit tout près du château où tout un tas d'animaux viennent boire...même les plus gros. On pourrait aller les voir, et au retour, on irait faire un énorme gâteau dans les cuisines. Mais avant ça, il va falloir être très courageux ... comme un guerrier. Je vais te raconter une histoire ...

Debout devant le petit démon et son père, elle plongea sa main dans ses cheveux et en sortit deux petites figurines plates représentant un petit renard de cuivre et un petit guerrier avec une épée. Elles provenaient de son avant bras de cuir cachant une ou deux entailles doubles.

- Un jour, les Sept créèrent un animal tout roux, le renard. Monsieur Renard passait son temps à faire des bêtises et voyant que les hommes comme ton papa, aimait bien le pain et le vin, il décida de leur faire une blague. Il souffla des champignons minuscules tout noir sur le blé et le raisin. Les bébés champignons se mirent partout et les hommes firent les moissons.

Elle faisait bouger les petites figurines en même temps, avec un petit bout de pain entre les deux.

- Le pain et le vin se retrouvèrent sur les tables et toi Walder le petit guerrier, tu les a mangé. Le vilain renard avait réussi. Ton papa a retrouvé le méchant renard et l'a occis, il ne fera plus de mal. Et ensuite vint la petite fée des bois au sol magique... *sourit doucement en montrant la pièce qu'elle lui donna dans sa petite main*Moi. Ton papa m'a appelé , parce que je sais comment enlever ces petits champignons de ton ventre. Je vais te soigner et après je te promets que je te montrerai d'autres tours, les animaux et qu'on fera ce gâteau. Tu veux bien ? Il va falloir être courageux mais je suis sûre que tu peux y arriver. Sinon ces petits champignons vont te manger... Tu comprends? Et puis franchement *fait une mour avec les sourcils froncés, presque comique, les mains sur les hanches* tu crois qu'une petite fée peut être méchante? Nous sommes les protectrices des petits guerriers comme toi.

Elle tendit les bras, pour voir s'il venait vers elle. Elle espérait de tout cœur que oui.

- Ton papa reste pour le moment , je te promets.

Elle dit calmement, voix basse vers le jeune seigneur , pour ne pas casser l'ambiance de confiance qui régnait envers le petit.

- Il n'aurait pas un doudou ou quelque chose de ce genre? Pour le reste , je vous expliquerai plus tard , il n'a pas besoin d'avoir les détails mon seigneur.

Demander un doudou à un Lord, c'était assez burlesque comme situation. Le pauvre seigneur ne devait rien en savoir de ces choses là. Ce devait être des trucs de bonnes femmes. Elle lui jeta un regard bienveillant pour lui signifier qu'il pouvait lui faire confiance, qu'elle ne le trahirait pas.

- Je vais d'abord l'examiner, puis nous allons préparer ce qu'il faut avec le mestre et vous le ramènerez ce soir avant le coucher du soleil si cela ne vous dérange pas.

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Ryman Frey
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~~ Seigneur des Jumeaux ~~

♦ Missives : 1490
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♦ Date de Naissance : 17/02/1989
♦ Arrivée à Westeros : 30/04/2012
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♦ Copyright : Seamus & Sargon & Randal
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♦ Age du Personnage : 21 ans
♦ Mariage : Lady Mera Vance
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Message Ven 21 Juin 2013 - 11:11


« ‘jour m’sire, c’pour passer, j’plein d’trucs, c’plutôt pas ben léger, c’t’important, faut qu’j’passe, j’m’ai attendu d’l’aut’côté. »
« On ferme les portes, plus personne passe, ordre de Lord Frey. »
« Crénom ! J’peux payer, r’gad ! J’ai des pièces, sonnantes et calbutantes, comme qu’on dit ! »
« J’ai ordre de ne laisser passer personne, alors n’insiste pas. »
« Mais faut qu’j’travaille moi ! Comment qu’j’gagne mes sous si t’m’laisses pas aller ? »
« C’est pas mon problème. »


Désormais, les portes demeureraient irrémédiablement closes, jusqu’à nouvel ordre, ordre qui découlerait des indications de la guérisseuse.  Les consignes étaient claires, mais chaque homme n’avait pas reçu les mêmes. Ser Maleck, le frère de Lord Frey, qui dirigeait les troupes des Jumeaux, avait choisi de garder pour lui les raisons de la quarantaine. La dévoiler aux hommes était un risque qu’il ne voulait pas prendre : la nouvelle se répandrait rapidement à travers les campagnes. Mieux valait confiner les informations au sein de la double forteresse. L’homme et sa charrette furent donc contraints de faire demi-tour. Peu importait la destination qu’il visait au départ, un choix simple s’offrait désormais à lui : rentrer chez lui, ou bien passer par la route royale, ce qui allongerait considérablement son trajet. Que ce soit au nord ou au sud, tous les voyageurs ou marchands qui souhaiteraient passer se trouveraient dans la même situation.

A l’intérieur, on tâchait de s’organiser pour faire face à cette crise. Gwendal prit la direction des opérations : il fallait, après avoir nettoyé les zones humides, s’assurer qu’elles resteraient sèches. Il fallait jeter la nourriture contaminée par le champignon, ou qui risquait de le devenir. Il fallait faire un inventaire de ce qui restait et le protéger. Enfin, il allait falloir organiser l’examen de chacun des habitants des lieux, à commencer par les nobles et les enfants. Chacun fut rapidement au courant de la situation, et si la plupart s’efforçait de rester calme, certains commençaient à paniquer. Mais la panique n’avancerait à rien. Garder la tête froide était le meilleur moyen de s’en sortir.

Wyna remercia Lord Ryman, déclarant que la pièce lui conviendrait parfaitement. Elle souhaitait la réserver à ceux qui seraient en fin de traitement.  La première salle qu’elle avait vue serait donc, sans doute, celle où arriveraient les malades. Une bonne chose, qu’elle précisa : elle-même ne craignait pas le champignon. La révélation frappa cependant le seigneur : cela faisait donc, déjà, au moins trois mois que le champignon avait refait son apparition ? Était-ce normal que cela ait autant tardé à arriver jusqu’aux Jumeaux, ou devait-il se réjouir que son fief ait été aussi longtemps épargné ? Autant de questions qu’il aurait pu poser, mais qui n’avait finalement qu’une importance dérisoire, à présent qu’il venait d’être découvert.

Mestre Eros n’était pas présent avec eux. L’homme devait sans doute ruminer, seul dans son office, la situation. Et en effet, il ne cessait de se répéter le discours qui lui avait tenu la guérisseuse. Pour toute réponse, il avait grommelé quelque chose qui aurait pu s’apparenter à de l’approbation.  Lui-même n’était pas sûr de ce qu’il avait voulu signifier par-là. Mais même sans parole, n’avait-il pas démontré qu’il avait un minimum de bonne volonté ? Wyna pouvait utiliser ce qu’elle désirait. Bien que cela lui en coûtât de le penser, le mestre savait qu’il avait à apprendre d’elle. Parce qu’elle connaissait quelque chose qui lui ignorait. Et que cela lui servirait sans aucun doute à l’avenir. Décidant de poursuivre sur la voie de l’entraide, il saisit quelques parchemins vierges, une petite fiole d’encre et une plume, et quitta son office.

Dans la toute nouvelle salle de soin, en train d’être réaménagée, une scène assez incongrue s’apprêtait à se dérouler. Ryman savait comment s’y prendre avec son fils, et était parfaitement conscient qu’il avait beaucoup de mal avec les étrangers. Sans pour autant se refuser à faciliter la tâche à Wyna, il était curieux de découvrir comment elle allait agir avec l’enfant. Les seuls présences féminines que Walder toléraient étaient sa mère, sa grand-mère et seulement l’une de ses tantes, Vanneliah. Sienna n’avait jamais réussi à dompter le petit monstre. Ses efforts avaient d’ailleurs toujours beaucoup fait rire sa famille. Ryman le premier. Alors, voir le garçon confronté à une autre femme, une roturière de surcroît, c’était quelque chose qu’il ne fallait pas manquer.

Elle commença, après s’être présentée, par jouer avec une pièce. Lord Frey observait attentivement les réactions de son fils. Ce dernier fronça les sourcils, affichant l’air de celui qui vient de se faire duper et qui n’aime pas trop ça. Wyna enchaîna, parlant d’un endroit où les animaux allaient boire, d’un gâteau qu’ils pourraient faire… Mais ce qui avait surtout retenu l’attention de Walder, c’était la partie « tu seras un guerrier comme papa ». Ryman n’était pas particulièrement un guerrier, mais l’épée et l’armure suffisait, chez les enfants, à en donner l’impression. La jeune femme plongea les mains dans ses cheveux et en tira deux figurines. Un renard et un guerrier. Quel étrange endroit pour ranger des objets !

Mais elle avait réussi la performance de capter tout l’intérêt de Walder. Il regardait les figurines de mouvoir, écoutait, semblait adhérer à l’histoire qu’elle inventait probablement au fur et à mesure qu’elle l’a racontait. Lui qui n’était pourtant pas féru d’histoires, il n’en appréciait qu’une poignée sur toutes celles qu’il avait pu entendre, en découvrait là une nouvelle. Et une nouvelle histoire racontée par une femme qu’il ne connaissait pas avait quelque chose de doublement intrigant. Alors il écoutait. La petite fée des bois lui tendit alors son sol magique, et Walder le prit. Il l’observa sous toutes les coutures avant de regarder son père, qui acquiesça en souriant. Le plus étonnant était quand même que l’enfant était resté silencieux jusque-là…

A la fin de son histoire, elle tendit les bras vers lui, pour voir s’il acceptait de changer de porteur. D’instinct, il se colla contre Ryman, leva les yeux vers lui, puis les baissa. C’est à cet instant que le jeune seigneur remarqua qu’ils étaient observés. Dans l’encadrement de la porte venaient d’apparaître deux femmes. Sans laisser le choix à Walder, il le mit dans les bras de Wyna. Il ne protesta même pas. Ou du moins, il se contenta, sans grande conviction, d’un petit :

« J’veux pas… »

Lord Frey invita les deux femmes à entrer, d’un geste, tout en les présentant.

« Wyna, je te présente mon épouse, Lady Mera, et ma mère, Lady Petra. Et voici Wyna, guérisseuse de son état, qui a découvert le mal qui nous touche et va rester ici pour nous en débarrasser. »

Si Lady Mera affichait un air plutôt méfiant, comme très souvent lorsqu’elle se trouvait en présence d’une belle femme, et donc susceptible de plaire à son mari, Lady Petra se montra plus enthousiaste. A trente-six ans, c’était une femme avisée, qui savait être énergique, parfois un peu trop.

« Soyez la bienvenue, ma fille. Notre sort repose entre vos mains ! »

Était-ce une façon d’augmenter un peu la pression qui pesait déjà sur les épaules de la guérisseuse ? Lady Petra pouvait parfois parler en toute franchise sans réellement s’en rendre compte. Mestre Eros fit son entrée à cet instant et, sans un mot, déposa ce qu’il fallait pour écrire sur une table. Il affichait toujours un air sombre, bien qu’il semblât vouloir l’atténuer. Les mauvaises habitudes ne se perdent pas si facilement.

« Mère, Wyna s’apprêtait à examiner Walder. Sans doute préfère-t-elle travailler en comité plus réduit, si ce n’est seule. »

Le message, présenté de façon diplomatique, était pourtant tout à faire clair. Lady Petra parut vouloir s’offusquer des paroles de son fils, mais il était aussi seigneur des lieux. Elle pinça les lèvres, inclina la tête et se dirigea vers la porte. Au passage, elle prit le bras de sa belle-fille, qui en plus de n’avoir pas décroché un mot, avait conservé le même air méfiant. En voilà une que Wyna ne parviendrait pas à séduire, quoi qu’elle fasse. Lady Mera n’était pas une femme particulièrement jalouse, mais elle agissait ainsi par principe. Tant que son époux partageait toujours le lit conjugal, elle n’avait pas à se plaindre.

« Wyna va s’occuper de toi, maintenant. Je reste avec toi. D’accord ? » dit Ryman à son fils, qui avait observé la scène en silence depuis les bras de la guérisseuse.

Walder fit un petit oui timide de la tête. Le voir aussi peu loquace était vraiment inhabituel.

« Il n’a pas d’objet fétiche en particulier… Mais à y regarder de plus près, j’ai bien l’impression que la pièce que tu lui as offert fonctionne très bien. »

Et en effet, le sol dans sa petite main tournait et retournait, comme si l’œil de l’enfant pouvait soudain découvrir un nouveau détail qui serait apparu comme par enchantement. Lord Frey se tourna vers le mestre.

« Vous êtes disposé à apporter toute votre assistance ? »
« Oui, seigneur. »
« Parfait. Alors, commencez, je reste ici. »


Il ôta la cape blanche qu’il portait et la laissa sur un fauteuil. Dessous, il était vêtu de bleu sombre, une tenue simple, alternative à l’armure, et qui était portée lorsqu’il n’y avait aucune occasion particulière. Mestre Eros s’approcha, prêt à faire ce qu’il fallait. Sa fierté mise de côté risquait de rejaillir à tout instant, aussi fallait-il profiter de sa bonne composition passagère. C’était un événement suffisant rare pour qu’on le laisse passer, même s’il y avait derrière un enjeu bien plus important que la perte de la dignité d’un homme de connaissances.



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Message Ven 21 Juin 2013 - 21:47


Le refus du petit se fit mais léger, ce qui en soit était un peu légitime vu qu'il ne la connaissait pas. Wyna fut quand même intérieurement surprise de la proximité qu'il avait avec son père, et trouva ça adorable et rare. Elle en avait vu d'autres des pères de famille, et gueux ou homme aisé, peu avaient l'instinct paternel ou se laissait approcher de si près avec autant de besoin de contact. Cet enfant avait-il vraiment un repère féminin principal? C'était étrange. En général , un enfant réclamait sa mère ou du moins celle qui s'occupait de lui. Wyna n'en fit pas cas et d'ailleurs n'eut pas vraiment le temps de s'attarder sur cette maigre constatation, sans réel fondement qu'elle se retrouva avec l'enfant dans les bras, sans que Lord Ryman ne lui laisse le choix. Et la raison en était l'arrivée de deux femmes de la famille Frey, deux dames. Argh. Wyna n'avait aucun problème à se confronter à des hommes nobles , sans avoir de jugement aucun, mais les femmes nobles... tout au fond d'elle, elle était un peu réticente, quand bien même elle ne le montrait pas. Non pas qu'elle ne les aimait pas. Mais elle avait eu à s'occuper parfois de certaines d'entre elles, elles étaient très douillettes et maniéreuses. Quant à leur manière de traiter les subordonnés, c'était parfois réellement outrant. Elle se souvenait avoir entendu un jour dans une place de village lors d'une célébration, " Amour , les gueux sont alors de vraies personnes comme vous et moi?". Haussement de sourcil sur le moment de l'écoute et blasement total. Comment pouvait-on avoir cette réalité aussi prétentieuse des choses. Une autre scène lui rappelait à quel point les femmes pouvaient être plus cruelles et sournoises que les hommes. Wyna se souvenait avoir soigné une jeune servante d'une dame une fois, sous la demande de la mère de cette même dame. La pauvre enfant avait été frappé à l'en casser le bras, et elle avait été laissé dehors toute une nuit... et leur manière de parler à ces jeunes servantes aussi quand les choses ne leur allaient pas n'étaient guère réjouissantes... Elle avait vu l'autre coté du miroir de ces dames si parfaites, si bien sous tout rapport , si possessives et si exigeantes de par leur naissance, pensant que tout leur était dû... Elle avouait avoir été dégouté. Oh bien elle ne pensait pas que ces deux femmes en fassent partie. Elle ne jugeait jamais tant qu'elle n'en pâtissait pas ou ne voyait pas de souffrance dans leur entourage... mais elle restait trés méfiante.

Néanmoins la petit brune, l'enfant dans les bras, inclina respectueusement la tête, avec une voix calme et franche.

- Lady Mera . Lady Petra.

A sa grande surprise, la plus agée des deux mais néanmoins trés belle, la mère du Lord s'adressa à elle. Bim. Mange ta pression , la guérisseuse. En réalité, Wyna prit la chose de manière très respectable et apprécia même cette franchise. Elle savait déjà qu'elle avait une responsabilité trés lourde sur les épaules, alors un peu plus ou un peu moins.

- Soyez sûres que je ferai tout mon possible pour vous soigner , renvoya-t-elle doucement et respectueusement à la Dame des lieux.

Le jeune seigneur mit fin à ce court échange, et ce ne fut pas pour déplaire à Wyna, qui sentait le courroux de la femme de Lord Ryman flotter sur ses épaules légèrement nu, bien que des mèches en cachaient une partie. Elle comptait la guillotiner mentalement? C'était un critère à ne pas négliger. Un enfant à amadouer , c'est aisé, mais une femme... diantre, elle n'avait pas cette capacité. Il aurait fallu être comme elles, rentrer dans leur univers, et leurs principes, leur façon de penser, d'agir...Et ... Wyna était un peu particulière, un peu différente. Bon , oui trés différente. Et en plus, elle tenait l'enfant de cette femme dans les bras. Cette histoire prenait une tournure complexe que la guérisseuse alors devoir savoir appréhender et rapidement. Son cerveau dés lors n'allait cesser de réfléchir, s'adapter.

Elle vit revenir le mestre et diable qu'il était moins stressant que la présence de ces dames. Elle se sentait aussi un peu petite à coté d'elle. Il y avait un fossé énorme entre elles, elle le savait, le ressentait , et le voyait dans leurs yeux. Cette idée se chassa rapidement pour revenir sur l'enfant puis le vieillard, et aussi le père du petit Walder. Elle sourit au oui timide. Cet enfant était adorable. Un caractère fort grondait au fond de ce petit corps mais n'était-il pas un futur lord? Wyna trouvait les enfants mous ennuyeux en plus, alors elle n'allait pas se plaindre d'avoir un petit dragon timide dans les bras. De quelques pas, elle s'approcha d'un des fauteuils prêts du feu et un jeune homme, Ossiop, vint y poser un coussin. Wyna posa un genou à terre puis deux, déposant en douceur l'enfant sur l'assise. Elle avait l'habitude de les porter, les coucher et rendait aussi souvent service depuis qu'elles étaient jeunes à certaines parents de son ancien village à proximité... Elles les soignaient et les apportaient un endroit pour jouer et écouter des histoires. Le petit Walder n'était donc pas un petit être étranger à son savoir maternel.

- J'ai peut être quelque chose pour lui alors. Il va avoir besoin de réconfort pour la suite.

Elle plongea sa main à nouveau dans sa sacoche, voyant en coin que le Lord otait sa cape claire pour rester en tenue plus civil et soit dit en passant, il était indéniablement bel homme. Sa main ressortit sans plus attendre une petite masse tout douce en poil de loup tout propre appart dans la main de Wyna. Elle enfourna sa main fine dedans, et fit découvrir à Walder, une marionnette qui ressemblait à un genre de petit loup. Elle la fit bouger un petit peu.

- Je te présente Doudou Loup. Touche, il est tout doux. Tu peux le garder, je te le donne, j'en ferai un autre. Je vais regarder pour les petits champignons maintenant. Promis je ne te fais pas mal.

Un sourire après lui avoir donner la peluche marionnette, et elle monta doucement sa main sur la lisière des cheveux du petit. Elle vérifia le cuir chevelu pour voir si des champignons ne s'y était pas fixés. Rien. Puis le blanc des yeux en lui faisant regardé vers le haut , puis les mains, les plis du cou tout en douceur, passant finement ses doigts lisses sur cette petit peau de bébé.

- Ouvre la bouche petit guerrier.

Le constat était bien là. Il était malade. Depuis peu. probablement depuis un ou deux jours, mais pour un petit c'était suffisant. Elle regarda son père dans les yeux et un hochement de tête suffit pour lui faire comprendre que son fils était contaminé. Puis elle sourit à Walder et lui passa la main sur la joue.

- Tu es malade mon petit chou. Ce soir, tu viendras me voir. Je vais préparer un remède et tu le prendras. Il faudra attendre tout la nuit. Je te raconterai des histoires de dragons. Tu aimes les dragons?

Elle se releva , libérant l'enfant, prenant un linge humide tendu par une jeune femme prénommée Jiane. Avalant sa salive, pensive et préoccupé, elle regarda la table et les parchemins. Elle s'approcha près du mestre, en prenant la plume dans une main, et se pencha sur la table pour recopier une nouvelle fois le remède qu'elle avait fait pour les adultes, sa plume filant en lettres rondes sur la page. Elle modifiais le remède. Juste de tête. Réfléchissant et se tordant les méninges, rajoutant deux trois choses qui pourraient adoucir la version pour les femmes et les enfants. Puis elle se redressa, en relisant.

- Je pense que c'est bon.

Elle prit la première feuille de son livre, et la seconde de mestre Eros et lui tendit en s'approchant de lui.

- Lord Frey, si vous désirez connaitre les détails, nous serions honorés de vous expliquer.

Elle avait employé le nous. Ne formait-il pas momentanément une équipe? Elle échangea deux trois mots sur les quantités , la différence entre les deux fiches avec Mestre Eros, expliquant le pourquoi du comment, et il ne sembla pas y faire objection. Tout semblait en ordre et logique. Avant même que Lord Frey ne les ait rejoint, il s'excusait rapidement et prenait la direction des couloirs en hâte , réquisitionnant Ossiop et son acolyte, Adan. Wyna fut d'ailleurs surprise de sa rapidité et vit passer dans l'autre sens la deuxième demoiselle Gatéa, avec une pile de draps et de linge qui tanguait. Voyait-elle seulement où elle allait? Bonté divine, le jeune seigneur. Wyna ouvrit de grands yeux. Ni une ni deux, elle se précipita vers Lord Frey , en arrêtant de justesse la jeune femme, se mettant pile devant elle. Elle arrivait vite en plus et de trois quart arrière au lord. CHPPOM. Wyna se figea. Elle était sur le coté du lord à 50 cm , et leva les yeux vers lui. Faire comme si de rien n'était. Faire comme si de rien n'était. Impossible là. Deux serviettes épaisses en lin beige n'entendirent pas cet arrêt brutal de cette oreille et basculèrent en avant. La petite brune, déjà figée, les vit, les attrapa au vol et les cacha derrière elle, incognito ou presque , se raclant la gorge. D'une main en arrière, elle poussa gentiment la petite servante sur le coté, du genre: fais plus attention...je veux pas mourir.

- Excusez la mon seigneur.

Elle fronça les sourcils. Mince dans une autre situation, elle aurait ri , mais là, non , il ne valait mieux pas, enfin, elle ne savait pas trop et cela se voyait. Elle passa sa main sur sa nuque, et revit la plume dans sa main, et la montra au Lord:

- Oui donc... si vous voulez bien me suivre.

Elle retrouva son sérieux un peu plus, du moins essaya , surveillant la petite jeune du coin de l’œil. Quelques minutes s'écoulèrent puis lui expliquer vaguement chaque fonction de chaque ingrédients et leurs effets bon ou mauvais. Elle savait que ces mots n'étaient rien à coté du réel effet que produisait le fait d'être témoin en temps réel, mais il devait être averti, qu'on ne l'accuse pas ensuite d'avoir fait n'importe quoi. Elle expliqua également que dans la soirée, elle devrait voir tout le monde rapidement pour jauger qui était urgent ou non, et seulement à la nuit tombée, quand la température allait commencer à baisser, elle prendrait le petit Walder pour le traitement. Et elle avait une bonne raison. Le mestre revint ensuite et la conception du remède commença.

********
Plusieurs heures aprés. Au coucher du soleil.

Wyna s'appuya les deux bras tendus sur la table. Elle n'avait pas voulu s'absenter, ni manger. Elle devait finir ça. Une odeur d'alcool chauffée et d'autres herbes se répandait dans la pièce, en provenance de la cheminée, dans un marmiton assez imposant qu'un avait fait venir à deux hommes. Vu le nombre de personnes présentes dans les lieux, autant ne pas s'y reprendre à plusieurs fois. Sa respiration était lourde. Elle était fatiguée. Oui et bien la fatigue attendrait. Certains étaient soldats à la guerre, ils n'avaient pas le temps d'être fatigués, et bien sa guerre à elle était là. Elle ferma les yeux un court instant après s'être dirigés à la fenêtre pour prendre le vent et regarder sa lointaine nature. Sa peau était un peu humide et certaines parties luisaient. La vapeur d'alcool lui embrumait l'épiderme avec lenteur et subtilité et bien qu'elle s'en essuie le trop de gouttelettes, la chaleur qui faisait dans cette pièce était lourde. Elle détacha les manches de sa robes, la gardant comme la précédente. Elle qui ne supportait pas la chaleur, elle était servi. Se recoiffant, elle vit alors les premiers hommes arrivés précédés du mestre, qui régula les entrées. Il les fit s'aligner sur les bancs et le long des tables libres. Hommes de simples mains, serviteurs, soldats , femmes et adolescents. Seuls les nobles n'étaient pas présents. Wyna s'était mise d'accord avec le mestre en discutant calmement , vis à vis des dames de la famille. Le mestre dit qu'il préférait en effet s'en occuper. Elle n'y vit aucun inconvénient bien au contraire. Il allait les garder aux appartements privés,et cela éviterait quelconque débordement que ce soit avec Lord Frey ou envers le petit. Beaucoup de mère perdait la raison momentanément face aux traitements des enfants. Wyna n'attendit pas, logea entre ses lèvres pâles des feuilles de menthes poivrée, une grogée de vin de sauge et inspira profondément. Allez.

Elle commença par le premier, notant le prénom de chacun et la gravité des symptômes, les classant par là même par ordre de priorité. Il était étonnant de voir que certains n'étaient même pas atteints, car travaillant dans les fourneaux constamment, ils avaient tués les champignons eux mêmes. Ils auraient quand même le traitement mais en dernier par précaution. Certains en revanche et surtout certains soldats étaient bien atteints. Ceux qui avaient mangé le pain et fait les gardes sous la pluie étaient sérieusement contaminés, dont trois ou quatre ne pourraient pas attendre, et vu leur carrure, il semblerait que ce soit dur de les remplacer aisément. Elle les fit donc passer en priorité, ainsi que ceux alités, mais ça ce n'était même pas la question. Ils avaient d'ailleurs été trainés ici. Il devait bien fait trente degré dans la pièce , peut être plus. Le feu était au plus fort , les bougies n'aidaient pas à baisser la température et certains décoction avaient même était conçus pour qu'en s'évaporant sous la chaleur des bougies , elles déclenchent sous les respirations des personnes présentes des bouffées de chaleur similaire à ce que provoquaient les piments quand on les ingurgitent mais sans la sensation de brulûre. On avait vite envie soit de se découvrir, soit de s'asseoir pour pallier aux lacunes que présentait un corps face à une chaleur si inattendue. On proposait à tout homme restant dans la grande pièce autant d'eau fraiche qu'il désirait. Que ce fusse pour boire ou pour s'arroser un peu. Wyna en fit ressortir la plupart en leur expliquant quand revenir. Le seigneur allait aussi passé à l'examen. Pour le moment, elle devait s'occuper de ces quelques présents. Elle était sûre qu'il comprendrait. Elle les fit donc s'asseoir et leur expliqua ce qui leur arriver et ce qu'ils allaient devoir faire. Aucun ne s'y opposa. Sur les quinze hommes malades et les deux femmes qui avaient déjà vomis, cinq portaient des armures. Elle leur demanda de les ôter. D'enlever tout bijou. D'éloigner toute arme. Elle savait d'avance que la douleur qu'allait ressentir certains pendant le traitement allait être violente, au point de leur faire perdre la raison. Les cas étaient rares mais ils existaient. Et l'un d'eux étaient déjà grognons et ses mains tremblaient. Et il était balaise en plus...

Chacun devrait ingurgiter un litre du breuvage trés fort en alcool , un genre de gnaule décapant, l'équivalent de deux grosses choppes de métal. Ossip, Adan, Gatéa et Jiane déposèrent lentement les deux choppes aux pieds des adultes, qui les lognaient avec une certaine appréhension. L'odeur n'était pas dégueulasse, même attirante, et le goût était sucré mais il est vrai trés décapitant et ils allaient tous tousser après l'avoir ingurgité, même les plus soulards. S'en suivrait ensuite un état d'ivresse et ceux qui avaient l'alcool mauvais, ça risquait d'être sportif.

- Mestre, vous devriez y aller. Fermez la porte de l'extérieur s'il vous plait. Personne ne doit sortir. Ces dames vont seront d'une meilleure compagnie, vous risquez d'être en danger à partir de maintenant.

Il était vrai que ce traitement était diablement efficace mais provoquait ivresse, vomissements, crampes stomacales et autres effets désagréables. Les plus courageux, s'enfilèrent les deux choppes à la suite, et les deux femmes en firent partis. Wyna restait en face , à les observer. Ils étaient tous assis au sol , sur des passages épaisse. Les quatre serviteurs attendaient à coté et les deux gaillards n'allaient pas être de trop.

- Gatéa, Jiane, si vous avez peur à un moment éloignez vous. Il vaut mieux un homme en moins, qu'un de trop et handicapant.

C'était dur, mais réaliste. Le regard de Wyna s'était durci. Elle était appuyée à la table. Bras croisés sous la poitrine et les obervait à tour de rôle.

- Ossiop tiens.

Elle lui tendit une cordelette parmi tant d'autres. Un garde, apparemment prénommé Gordakh, la laissait perplexe. Ce type avait le profil de l'alcoolique typique. Et son odeur l'avait trahi. Il avait ingurgité la première choppe, mais avait refusé la seconde, en disant que c'était de la pisse de chameau pour démon, un décape couille. Ce n'était pas faux, mais sans la seconde, l'effet ne serait pas le même, sa température corporelle ne monterait pas. Ossiop avait pris la cordelette et Adan attendait en silence. Il était de bonne corpulence, ce ne serait pas de trop. Alors que sur les autres, l'alcool agissait à les assommer , et que certains étaient déjà en train de vomir un liquide âpre et noirci de genre de cendres qui n'étaient autre que les champignons, à moitié avachis de douleur, Gordakh lui devenait juste soul , et bien comme il faut et il se mit à regarder de travers Wyna.

- Buvez la seconde, s'il vous plait.
- Et si j'dis non, tu vas faire quoi. Hein? T'es bien inconsciente pour une femelle, j'suis sur que j'peux...
Il se leva en titubant et Wyna plissa les yeux, son visage se fermant.
- J'peux te chopper là devant tout l'monde... T'es une putain d'sorcière... ca s'voit à ta tronch'de catin des champs...
 Lui, elle allait lui dérouiller la tête, s'il osait lui mettre ne serait-ce qu'une main à un endroit irrespectueux. Comment osait-il lui parler de la sorte.

- Ossiop, Adan, contournez le... s'il dégénère, vous lui sautez dessus et vous l'attachez... , dit-elle à mi voix, sans lâcher le bougre barraqué du regard.
Intérieurement, elle commençait à avoir un peu peur, mais elle en avait vu d'autres. Elle ne le montrerait pas, du moins pas pour le moment.
-  Ouais... t'es bien mettable... tu devrais v'nir à la tavern'. J'suis sûr que t'as une voix bien jolie, pliée en quatre.
Mais quel porc...Ne pas perdre son calme. Les deux jeunes hommes se décalèrent feintant la peur, ce qui ne fit que prendre une assurance au grand garde complètement beurré.
- Vous devez boire cette deuxième pinte.
- Mais la ferm'viens plutot là, qu'j'te fasse un peu d'bien...


Il se rua sur elle d'un pas décidé et lourd, presque trop irrégulier pour tenir debout et pourtant. Elle tenta de le retenir, des deux bras en gueulant le nom des deux jeunes hommes, qui se jetèrent sur lui, alors qu'il l'avait couché à moitié sur la table derrière elle. Wyna serra les dents sous l'effort pour les repousser, les mèches en vrac sur le visage, ne le lâchant pas du regard. Elle évita tant bien que mal ses tentatives de l'embrasser. Quelle haleine fétide. Il était pourri du dedans celui là. Elle se demanda même s'il ne vallait pas mieux le laisser crever. Il lui choppa les cheveux, elle cria de rage. Ossiop attrapa un bras de Gordakh et y attacha la cordelette solidement alors que Adan se voyait envoyé dans le décor. L'autre suivit peut de temps aprés. L'alcool puissant faisait perdre la raison à ce taré. Il voulait la mordre , elle lui colla son avant bras dans les dents et appuya vers lui . Il tenta de la mordre et se rendit compte dans un grincement de dents , que le cuir contenait des plaques de métal. Eh oui , chéri, pas de bol , mais ce genre de choses lui avait déjà couté de la peau. Maintenant, elle s'en servait comme atout. Il recula en se tenant les dents, et elle saisit le premier truc qui lui passait par la main , le manche d'un balai et dans un mouvement ample, elle lui fracassa sur le coté de la tête au niveau de la tempe. Ossiop eut tout juste le temps de se baisser pour ne pas le prendre à la place du dingue. Le souffle court, le visage sous ses mèches en vrac, elle fixait le type sonné.

- Maintenant !!

Ossiop et Adan se ruèrent sur lui pour le tirer en arrière. Adan lui éclata son pied dans l'arrière du genou pour le faire plier, il fut attaché solidement et ils le maintinrent. Wyna tendit la main sur le coté, essoufflée sans le lâcher du regard. N'importe quelle jeune femme aurait abandonné mais pas elle... Elle devait soigné cet homme, elle allait le faire. Gaéta lui donna une choppe plein de l'alcool. Elle s'avança sans attendre vers le grand gueuler et le gifla. Cela lui coupa le bagout. Il la fixa dans les yeux.

- Tu bois ou bien, je jure sur les Sept que jamais tu n'auras d'enfant, dit-elle en appuyant son pied sur les parties précieuses du type cloué assis au sol.

Le type grogna, montra les crocs. Wyna n'en démordit pas. Il céda enfin et avala tout. Elle se recula un peu , détournant les yeux vers Gaéta pour lui tendre la choppe vide. A cet instant , Ossiop, et Adan inexpérimentés, crurent bon de relâcher l’emprise. Le soldat poussa sur ses cuisses d'un coup les renversant et se jeta sur Wyna, enfilant le lien de ses poignets pour l'écraser au sol dans un cri de surprise féminin.
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Ryman Frey
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Message Dim 23 Juin 2013 - 14:48



L’esprit de Lord Ryman s’attarda brièvement sur son épouse qui venait de quitter la pièce. Il imaginait bien l’état dans lequel elle devait être : malgré les assurances de sa belle-mère que Wyna était bien trop commune, une roturière sans goût et vulgaire, elle devait tout de même fulminer d’avoir ainsi découvert que le guérisseur était une femme qui se dénudait les épaules. Mera n’était pas jalouse, elle était possessive. Dès l’instant où elle constatait que son mari pouvait poser les yeux sur une autre femme qu’elle, elle inventait des stratagèmes pour le récupérer. En revanche, si elle n’avait pas l’occasion de repérer le « danger », elle était une épouse tout à fait normale, avec un simple attachement. Son « amour » ne jaillissait en fait vraiment que si elle avait de la concurrence… Et Ryman, quelque part, aimait susciter ce sentiment chez elle. Il savait très bien qu’il arrivait à Lady Mera de séduire certains hommes aux Jumeaux, mais il s’en moquait. Le principal étant qu’elle lui donne des enfants. Pour le moment, il n’y en avait qu’un. Elle n’était pas une très bonne mère, et jouait plus la maternité qu’elle ne la vivait vraiment… Mais qu’importait, Walder était de toute façon bien entouré.

Lady Petra, elle, avait depuis longtemps compris le jeu entre son fils et sa belle-fille. Si elle avait au début tenté d’y mettre un frein, elle avait très vite abandonné, se contentant de passer, à l’occasion, derrière l’un et l’autre pour s’assurer qu’il ne restait aucune trace de leurs incartades. Elle avait eu de nombreuses discussions à ce sujet avec son fils, qui avait tantôt fait la sourde oreille, tantôt déclaré qu’il faisait ce qu’il voulait, et ce jusqu’à ce qu’il lui demande de ne plus en parler. Elle n’en parlait donc plus. Même s’il lui arrivait de lâcher, de temps en temps, un petit « ton père n’était pas comme ça ». Ce à quoi le jeune seigneur ne répondait rien, préférant se dire que c’était peut-être mieux qu’il ne soit pas comme Lord Tiber. Et avec Mera, elle était protectrice, tentant chaque fois de lui faire comprendre que cela n’avait pas d’importance, mais c’était en vain. Elle n’était pas particulièrement talentueuse en tant que conseillère maritale, elle qui avait eu une union parfaite et sept enfants.

Wyna venait de commencer le processus qui la conduirait à faire un diagnostic de l’enfant. D’abord, il fallait attirer son attention sur quelque chose, lui offrir un objet de réconfort. Elle tira de sa sacoche une sorte… de gant ? Qui s’avérait en fait être une marionnette figurant un loup. Pour Walder, les loups vivaient au Nord, très loin, où il neigeait, et n’en avait vus que sur des gravures. Ryman n’était pas certain qu’il reconnaîtrait l’animal, mais le garçon n’en fut pas moins intrigué, à voir ainsi cette petite bestiole toute en poil s’agiter sous ses yeux. « Doudou Loup » lui fut donc offert, et il saisit la peluche avec avidité, sentant la douceur sous ses petits doigts, le portant à son visage pour le sentir. A l’expression qu’il afficha, l’odeur ne devait pas lui déplaire. Ensuite, il se laissa faire. Soit elle savait y faire avec les enfants, soit il aimait vraiment la guérisseuse.

Malgré son espoir d’entendre une bonne nouvelle, Ryman s’était attendu au verdict. Son fils était malade. Il serra les dents. Il récupéra Walder, qui gardait contre lui le cadeau de Wyna, et resta pensif un instant. Puis il se dirigea vers la porte, avant de se raviser. Il allait demander à l’une des deux domestiques détachées au service de la guérisseuse. Il lui confia son fils, lui indiquant d’aller le porter aux bons soins de Vanneliah. Elle s’éclipsa rapidement, et le seigneur put rester. Qu’on lui explique, il ne savait pas si ça ferait vraiment la différence, mais il allait écouter. Il s’installa dans un des fauteuils et observa le manège des six personnes, Wyna, le mestre et les quatre jeunes gens. N’y tenant plus, il se leva et se rassit plusieurs fois. Au point qu’il manqua, à un moment, de se faire rentrer dedans par la fille qui portait une pile de linge. Mais il ne dit rien.

Finalement, il eut droit à toutes les explications sur la confection à venir du remède. Wyna et le mestre se relayèrent pour parler, chacun complétant l’autre. Le duo, finalement, fonctionnait à merveille, c’en était surprenant. La rancœur de l’homme de sciences semblait s’être évanouie. Au moins, ils allaient travailler dans la bonne entente et le résultat ne pâtirait pas d’une quelconque rivalité. Et puis vint le moment pour lui de se retirer. La préparation en elle-même allait prendre plusieurs heures.

Plusieurs heures plus tard

Lord Ryman avait annoncé la nouvelle à sa famille : Walder était malade. Mais il fallait aussi s’assurer qu’eux-mêmes n’étaient pas atteints. Tous avaient pris un repas en silence, sans pain, et le seigneur du Pont s’était surpris à ne faire que grignoter. Une sorte d’angoisse était montée en lui. Et s’il perdait son héritier ? Et si lui-même avait contracté ce champignon ? La succession deviendrait un cafouillage impossible, si la Maison Frey se trouvait décimée par cette menace, si minuscule, et pourtant si destructrice. Et puis, on était venu dire que le remède était prêt, mais que Wyna n’allait pas commencer par la noblesse : elle s’occuperait d’abord de certains cas, puis ce serait le tour de Walder. Peu importait la suite… Ryman n’était même pas sûr que le garçon, Leo, ait ajouté quelque chose. C’était comme si un brouillard s’était installé dans son esprit. Il allait pourtant falloir se reprendre, il allait devoir se montre fort, être un seigneur digne et fier face à l’adversité.

Il se réveilla en sursaut. Le jeune Lors s’était assoupi dans son fauteuil, dans la petite pièce attenante à la grande salle, où il se retirait parfois. La chaleur ambiante n’avait pas aidé. Il ôta le pourpoint qu’il portait, et dans lequel il étouffait. Dessous, il portait une chemise blanche, simple, qui lui collait à la peau tant il avait chaud. Il sortit et réclama de l’eau, qu’on lui apporta sur le champ. Il faisait moins chaud dans la grande salle. Lady Petra était là, sur le trône de bois, occupée à broder avec une dame de sa compagnie, à la lueur d’un chandelier. Elle se leva en voyant son fils.

« Oh ! Tu as une mine affreuse ! »
« J’en ai vu d’autres… »
« On dirait que tu es… »
« Ça va ! Laisse-moi ! »


Lady Petra ne se vexait plus depuis longtemps. Elle soupira et baissa le bras, sa main ayant filé vers le visage de son aîné pour en sentir la température, dans un geste maternel. Il n’était pas d’humeur, ce soir, elle le comprenait. Elle retourna donc s’asseoir, au moment où Leo entrait en courant.

« Lord Frey ! Un soldat a perdu la tête, il attaque Wyna ! »

Ryman ne s’en étonna même pas. Beaucoup des hommes qui composaient les troupes des Jumeaux étaient des rustres, sans aucune éducation, et pour la plupart, sans vrai respect de la femme. Ils en voyaient trop peu et ne savait pas se comporter avec les représentantes du sexe faible. Ou plutôt, si, ils le savaient : elles n’étaient là que pour satisfaire leurs besoins les plus primaires. Wyna était jeune et séduisante, elle était donc la proie idéale. Même si Lord Ryman doutait qu’elle se laisse faire… Leo le précéda donc, au pas de course, et il eut bien du mal à suivre, non pas qu’il n’ait pas la forme physique nécessaire, mais ce sommeil improvisé l’avait laissé plutôt patraque. Au passage, il prit à parti deux gardes.

« Vous deux, avec moi. »

Ils obéirent sans poser de question, même si Ryman surprit l’expression un peu inquiète de l’un deux. Etait-ce la situation, elle-même, son urgence ? Ou bien la tête que devait avoir son maître ? Quand le jeune garçon ouvrit la porte, ce fut pour découvrir une scène qui venait tout juste de dégénérer. Ryman, que la course n’avait pas aider à se sentir bien mieux, s’appuya contre le mur. Avant de parler, d’une voix ferme, en désignant le fameux soldat récalcitrant.

« Saisissez-le et agenouillez-le devant moi. »

Mestre Eros, qui avait depuis le début assisté, impuissant, à toute cette agitation, remarqua immédiatement que Lord Frey n’allait pas bien. Il prit l’un des garçons par le bras et lui indique de l’aider : ils allaient forcer le seigneur à s’asseoir. Ryman se laissa faire, presque s’en sans rendre compte. Et c’est donc devant son fauteuil que le soldat lui fut amené. Chacun des deux gardes lui tenait fermement une épaule.

« Ton nom ? »
« Gordakh… »
« Fais attention à qui tu t’adresses ! »
« Seigneur… »


Ryman eut un geste d’apaisement vers le garde qui avait parlé. Il reprit à l’attention de Gordakh :

« Tu t’es comporté comme une bête. Désormais peu m’importe ce qui peut t’arriver. » Il ordonna à ces hommes : « Collez-le dans un cachot. Sans rien. Qu’il y croupisse jusqu’à ce qu’il soit prêt à être un homme. Un vrai. »

Et il fut emmené. Mestre Eros prit un linge pour éponger la sueur qui perlait sur le front du seigneur du Pont.

« Ce n’est pas de moi, qu’il faut s’occuper ! Je ne suis pas malade ! » protesta Ryman, en repoussant la main du mestre. « Occupez-vous d’eux, occupez-vous de mon fils… »

L’heure de traiter Walder était-elle d’ailleurs arrivée ? Vanneliah avait reçu la consigne de le porter jusqu’ici au bon moment. Était-elle encore à ses prières, ou bien avait-elle déjà l’enfant dans les bras ? Ryman avait perdu toute notion du temps. Il tâcha de reprendre un minimum de contenance, et s’adressa à Wyna :

« Le remède fonctionne-t-il ? Combien de temps faut-il encore pour qu’ils se rétablissent ? »

En soi, les questions pouvaient ne pas recevoir de réponses, elles avaient été posées dans le seul but de montrer qu’il était présent, attentif, concerné. Alors qu’en réalité, il aurait bien pu s’étendre et s’endormir encore. Mestre Eros était loin d’être dupe, mais il préférait ne pas contrarier Lord Frey.

« Peux-tu déjà t’occuper de mon fils, ou est-ce trop tôt ? »

Le mestre vint parler directement à Wyna, à l’oreille, à voix basse :

« Il faudrait lui donner quelque chose, qui ferait l’effet d’un coup de fouet. Si tu n’es pas prête à t’occuper de lui, il est peut-être préférable de ne pas le laisser s’endormir. »

Lui-même avait ce qu’il fallait, bien sûr, mais au vu de la situation, que Wyna contrôlait mieux que lui, il préférait la consulter. Quel que soit sa réponse, il appliquerait la décision. Lord Ryman discutait rarement les préparations qu’on lui donnait. Cela faisait presque trente ans que Mestre Eros travaillait aux Jumeaux, il avait su gagner la confiance de chaque membre de la Maison et jamais personne n’avait eu à se plaindre de ses soins. C’est aussi pour cela qu’il s’était senti vulnérable, avec l’arrivée de la guérisseuse : comment garder la confiance de ceux que l’on sert quand on est confronté à l’inconnu ?

« Qu’est-ce que vous complotez, tous les deux ? » demanda le jeune seigneur, en se redressant dans le fauteuil.

Ce n’est qu’à ce moment-là qu’il se rendit compte qu’ils étaient loin d’être seuls dans la pièce. Il lui avait semblé n’avoir vu que deux ou trois malades, mais ils étaient en fait bien plus nombreux. Heureusement que tous n’avaient pas jugé bon de se comporter comme des animaux avec la guérisseuse : les cachots se seraient remplis à grande vitesse. Ryman gardait les yeux sur quelque chose concret, et il s’avérait qu’en cet instant, c’était une épaule dénudée. Après l’agression qu’elle avait subie, Wyna n’avait pas pris la peine de redresser sa robe. Mais personne ne pouvait lui en vouloir, à part peut-être le mestre… Qui pouvait tout aussi bien y être indifférent.



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Message Lun 24 Juin 2013 - 17:47


Ce bougre d'alcoolique était donc sur elle. Elle grogna de toute ses forces et lui colla une patate dont il se souviendrait le lendemain, sa main aussi aurait des bleus d'ailleurs. Cela ne suffit qu'à le mettre en colère un peu plus , jusqu'à ce que le Lord n'arrive avec des gardes et que Gordakh se fasse arracher de son arrogante tentative d'abus sexuel, pour répondre de ses actes devant le jeune seigneur. Wyna ne perdit pas de temps et se releva net avec l'aide de Ossiop qui la garda deux secondes contre lui par réflexe protecteur, puis elle s'en défit, observant la scène, le souffle court et l’œil vif. Elle ordonna un peu maladroitement ses mèches brunes en bataille et souffla, avalant sa salive. Wouh mes aïeux c'était sportif ma foi! Elle avait quand même envie de lui arracher la cervelle à ce mécréant de bas étage. Il était soigné et il ne voyait que par le sexe... Ksss... Les hommes étaient tellement brutaux parfois    ... et ils médisaient des loups, mais eux au moins avait une fierté noble que beaucoup n'avaient pas dans les hommes. En revanche, la petite guérisseuse se surprit quand même à observer captivée... le jeune seigneur. Elle reprenait son souffle entre deux boucles encore choquées d'avoir été autant brusquées, et ses yeux se dirigeaient sur le coté , droit sur Lord Frey. Le mestre l'avait fait asseoir. Il attira son attention de par ce qu'il montrait de lui , physiquement parlant mais aussi de par son charisme qui surprenait la petite brune. Les jeunes seigneurs étaient mûrs tellement tôt , bien plus vite qu'un homme de la campagne d'ailleurs... Les responsabilités, le statut , probablement toutes ces choses qui lui étaient vaguement connues mais sans plus. Elle l'avait vu s'appuyer contre le mur. Ses yeux se plissèrent. Il était attirant ... attirant mais malade. Elle le sentait et le voyait d'ici... Wyna expira doucement , le souffle calmé, sortie de cette épreuve, le détailla tourna de trois quart près de Ossiop. Adan aida le mestre à asseoir le seigneur et le garde fut mis à genoux devant lui. Tiens il n'était pas parti lui? Il n'était pas sensé aller soigné les Ladies? Ce château était-il le fief des têtes brulées, ou bien était-ce une coutume, la saison ? Personne n'écoutait rien dans cet endroit! Wyna allait criser si ça ne rentrait pas dans l'ordre, et ça commençait à l'agacer un temps soit peu. Les dires du jeune seigneur ne firent que confirmer que ce Lord Frey avait un bon fond, chaud et digne de régner sur un endroit comme celui ci , mais ... son état l'inquiétait. Sa punition fit quand même mal à Wyna. Au cachot sans rien... Elle en discuterait plus tard avec lui , mais pour le moment, elle observait juste. Elle n'avait pas répondu à ses questions, le fixant sans broncher. Préoccupée.

Autour d'eux c'était le chaos, des gens vomissaient, les quatre soigneurs s'attelaient aussi bien que possible à éponger ce qui dépassait des bassines et à les vider. L'odeur devenait nauséabonde... Le bruit qui s'en propager dans les oreilles des plus saints étaient juste immonde. Elle ne pouvait pas faire venir Walder dans ces conditions. Son regard se fit pensif ... reprenant contenance, et une sensation étrange lui traversa la nuque... Un frisson, la pression légère d'un regard. Elle fronça les sourcils, et chercha discrètement d'où cela venait jusqu'à se rende compte qu'il s'agissait du jeune lord qui fixait son épaule... dans le vague? Elle bloqua un instant sur lui aussi ... l'observant doucement... elle ne pouvait pas le laisser comme ça. Cela se voyait qu'il luttait mais ne bronchait pas.

Elle grogna fermement en dépassant le mestre après avoir écouter ce qu'il avait à dire pour le jeune seigneur et s'être excusé un instant. Contrôler, contrôler , elle ne contrôlait rien du tout là et il était temps de remettre de l'ordre. L'arrivée de Lord Frey en valeureux sauveteur avait été sublissime mais la suite n'était que chaos et bordel magistral de sonnorités affreuses et odeurs acides. Et la chaleur gonflait ces enivrances cadavériques à en donner les nausées. Elle ouvrit la porte d'un geste brusque vers le couloir ou attendait d'autres gardes qui devaient être soigné mais qui n'allaient pas trop mal et se posta droite et autoritaire.

- Vous tous, aidez moi à débarrasser les malades, pour la pièce première décidée par Lord Frey et le mestre, s'il vous plait ! Allez , on se dépêche.

Elle se retourna, contrariée, le regard sévère, le visage fermé .

- On me vide cette pièce! Tous les malades doivent être transportés dans la pièce de convalescence! Je veux pouvoir nettoyer cette pièce, et la ranger pour les suivants ! Ce désordre et ce vacarme est insupportable pour travailler correctement! Et Mestre Eros vous devriez aller vous occuper des Ladies de la maison... Elles ont grandement besoin de vous, cher maître. Je vais recevoir Lord Frey et son fils maintenant.

Elle s'approcha calmement du jeune seigneur. Ils ne complotez rien et ce monsieur Frey était de bien mauvais poil quand le mal le prenait, on dirait. Elle allait remédier à la chose. Elle était patiente, mais il ne fallait pas trop pousser mémé dans les orties avec la Wyna et là, elle saturait un temps soit peu de ce manque de rigueur et de calme dans un endroit qui se vallait médical à la base donc logiquement calme. Cela s'était transformer en fête à la saucisse , soupe de tripes et concours de qui a la plus grosse. Du gros n'importe quoi. Derrière elle, le monde s'affairait en hâte et chaque seconde, la porte voyait passer un corps mou entre deux gardes. Puis les bassines et le reste des soigneurs, qui allaient revenir sous peu pour rincer les sols à grande eau pour la suite. Autant les faire vomir par les fenêtres, quoi que s'il y avait du vent , ça finirait sur les casques des gardes sains et c'était... un peu...gras. Elle poussa Ossiop, prit la main du seigneur Frey en douceur, la serra pour l'incita à la suivre. Il était capable de marcher puisqu'il repoussait les autres. Wyna le ferait marcher.

- Vous, suivez moi s'il vous plait. J'ai à vous parler.

Elle rajusta d'une main les bretelles épaisses de robe rouge foncée, et appuya sur son serre taille noir pour le replacer correctement sans pour autant changer sa démarche légère, dans ses chausses noires et montantes. Elle ne lui laissait pas le choix. Elle croisa le regard du mestre et murmura comme un râle , en gonflant les joues:

- Les ladies ... Et faites venir Walder d'ici une heure, sil vous plait. je vous remercie beaucoup. Je m'occupe du seigneur.

A ses mots, elle l'emmena derechef, d'un air décidé, dans la petite pièce attenante où se tenait un lit basique une place, une table, deux fauteuils, et quelques étagères avec deux trois bidouilles sans importance. Elle l'attira dedans par la main sous le regard étonné d'Ossiop qui se dit qu'elle devait être folle, ou inconsciente et se retourna pour fermer la porte. A clef. Elle fit ensuite face au seigneur, agita la clef devant son nez et la mit direct dans son décolleté, haussant les sourcils avec un air qui voulait dire: "Bien mon gaillard, ose venir la chercher et tu vas voir!"

- Maintenant vous allez vous calmer. Je sais que vous êtes le seigneur de cet endroit mais vous m'avez engagé pour que je soigne. Je me fiche bien de savoir si vous vous pensez malade ou non , maintenant , JE dicte les règles. Asseyez-vous s'il vous plait.

Elle se retourna pour rajuster ses protections d'avant bras et en sortant un sachet contenant quelques graines. Du bonsomme. Elle n'avait pas le choix. Elle revint vers lui après s'être recoiffée, écartant ses genoux des siens, se tenant face à lui, debout, plus haute et passa sa main sur son front. Brûlant. Son regard perçant parcourut le visage du jeune seigneur. Elle regarda dans ses yeux . le globe avait jauni. Il était vraiment atteint... En avait-il aussi respiré...? depuis quand couvait-il ça.... Wyna appuya sur le front pour basculer son visage en arrière et le scruta lentement , laissant sa main chaude glisser le long de sa tempe, puis sa joue.

- Je vous demande de me faire confiance... je vais vous soigner... mais je dois d'abord m'occuper de votre fils. Vous êtes davantage malade que lui... Si vous mourrez, il doit être présent aussi petit soit-il...


La vérité faisait mal mais c'était pourtant vrai. Elle devait d'abord soigner l'enfant avant le père. Elle ouvrit sa deuxième main , et lui montra deux graines de bonsomme.
- Prenez... Vous assoupir sera la meilleure des choses. Votre domaine ne s'offusquera pas de votre absence durant une nuit. Je vais m'occuper de votre fils durant votre repos...et je reviendrai à vous ... Je ne vous laisse pas le choix.

Elle glissa les graines entre ses lèvres pâles et passa un torchon humide et propre sur son visage, lentement sans le lâcher des yeux ...

- Croquez ... et laissez vous aller...

L'effet allait être rapide, il allait probablement s'amollir contre elle , elle n'en savait rien vu son taux de fatigue avancée. Elle prit donc son cou dans ses mains pour le maintenir. Pourquoi était-elle autant touché par cet homme...? Elle n'arrivait pas à comprendre. Elle inspira le ventre noué, et appuya sur une de ses épaules, le forçant à s'allonger au bout de quelques minutes de silence à ne pas bouger, hormis lui caresser succintement là nuque de deux de ses doigts par reflexe affectueux... Elle posa un genou sur la couche propre , un peu penchée sur lui sans trop l'être non plus, et ota sa main de sa nuque une fois l'oreiller sous ses cheveux. Elle lui posa une chiffon froid sur le front; et attendit , assise contre son flanc, qu'il s'endorme. Elle se décala vers sa tête, posa le dos à mur et écoutant les bruits qui venaient vaguement de derrière la porte, sa main passa sur les cheveux du jeune seigneur...

- Et je ne veux pas vous entendre râler non plus... Si une fois dans votre vie vous devez écouter une femme... c'est aujourd'hui...

Ses doigts fins passaient entre les mèches de l'homme en caresse douce... Sa voix était à demi haute, voluptes pour les oreilles, tendre et rassurante. La vraie guérisseuse avait enfin dévoilé son visage... Elle attendit qu'il sombre lentement pour se pencher et l'embrasser sur le front et murmurer :

- Bonne nuit jeune Lord.

Puis se leva , le visage pensif, ouvrit la porte, remettant la clef à sa place et sortit , sans fermer à clef. La pièce était calme et propre et la nuit était tombée. Une odeur d'encens naturel avait empli la pièce où il faisait un peu moins chaud et on avait installé un énorme Pouf de peau brune et blanche tout douce pour la suite des choses comme Wyna avait demandé un peu plus tôt. Une couverture chaude et quelques gros oreillers. Elle se leva bien les mains et attendit près de la fenêtre et quand le petit Walder lui fut amené, elle le prit dans ses bras et l'emmena vers la petite pièce à coté , où dormait son père. Elle parla à voix basse.

- Tu vois , même ton papa se soigne. Il est très malade, mais je vais le sauver. C'est un guerrier comme toi, il va être fort... Tu veux lui faire un bisou pour lui donner du courage?


Elle le posa par terre et le laisser faire ce qu'il voulait puis lui retendit la main et ils se dirigèrent vers le gros poufs près du feu. Il devait le connaitre. Elle prit une énorme choppe de mixture chaude, préparé exprès pour les enfants, et la posa dans les braises du feu , et un petit ramequin. Puis s'assit avec lui, pour le prendre contre elle. Il discutèrent un peu de tout et de rien. Du feu , des gens qui crachaient du feu comme les dragons, et ... des dragons... Ah les dragons. Elle lui expliqua que dans l'ancien temps, les dragons étaient courants dans les royaumes. Ils brillaient de par leur intelligence, leur puissance, leurs pouvoirs et que les hommes en étaient même souvent jaloux. Elle commença à raconter une histoire sur un bébé dragon prénommé Lhuwifghen, le seule bébé dragon noir de la portée...puis vint le moment de le faire boire une première fois. Le liquide avec un gout fort mais la noisette et le sucré prédominait. Après maintes obstinations délicates et la suite de l'histoire elle réussit. La proximité du feu et la couverture firent rapidement monter la température de l'enfant qui ne tarda pas à vomir , pleurer. Wyna prit des cris et des coups de petits poings et elle vit même Mestre Eros revenir inquiété par les cris mais lui fit comprendre qu'il devait partir et la laisser seule. Elle avait déjà les larmes aux yeux. Ses tripes la brulaient tant elle culpabilisait. Ses joues finirent par s’entacher de douleur à voir l'enfant si mal, soul et dont le corps était un supplice. Quatre ans. Saloperie de champignons. Elle haïssait cette partie du métier. Elle se haïssait tout court là. Elle savait qu'il fallait que quelqu'un le fasse, plutôt elle qu'un autre, parce qu'elle ne lui ferait pas mal. Il lui colla une patate en plein joue à un moment sous l'effet de la colère, la douleur des vomissements, se débattant. Demain, elle aurait un beau bleu sur l'os de la joue c'était certain. Elle encaissa et ne dit rien. Elle estimait le mériter. Le petit but presque un demi litre jusqu'à s'effondrer de fatigue. Ses vomissements étaient clairs. Il avait sué à en tremper les peaux et la robe de Wyna qui l'était déjà beaucoup. D'ailleurs, elle demanda à Gatéa si on pouvait lui en trouver une autre. Ce fut rapidement fait. Une robe blanche et crème, plutôt sympa qui venait des mains de mestre Eros. Où avait-il dégoté ça? Bref eu importait. Wyna se leva laissant le petit , envelopper dans un linge humide et chaud pour le moment et on tendit un drap pour qu'elle puisse se changer et donner sa robe à laver... elle puait la sueur, le vomis et autres substances bizarres. Elle se lava un peu le visage , le haut du bustes, les bras. Une robe sans manche, merci d'y avoir penser Mestre Eros, bien qu'il devait fulminer intérieurement de ce détail. On aurait dit une belle bohémienne. Elle remit son serre taille qui lui tenait aussi la poitrine, elle détestait l'avoir non tenue comme beaucoup de femmes. C'était gênant pour travailler.

Elle en ressortit propre et prête à reprendre la bataille et remercia le mestre en prenant une gorgée d'un mélange tonique qu'il lui tendait et dont elle connaissait l'odeur. Elle mâcha ensuite deux trois feuilles de menthe et se retourna vers l'enfant. Le mestre lui dit que le jeune seigneur dormait encore, et qu'elle ferait bien de manger un peu. Elle considéra ce conseil comme sage et ils s'attablèrent quelques minutes dans le vent de la fenêtre. Le repas fut court et ils se remirent à la tâche. Le mestre a la salle de convalescence et aux ladies et Wyna entreprit de changer l'enfant , après avoir envoyer Gatéa chercher des changes frais et secs. Elles le lavèrent dans son sommeil très lourd, l’éloignant du feu , le rhabillèrent et Wyna lui redonna la peluche avant de le couvrir de la cape de son père dont l'odeur lui ferait probablement du bien. Elle lui sêcha doucement ses cheveux qu'on venait de laver avec un lait de menthe et deux œufs et bien rincer. Il sentait tout bon le petiot... Sept heures s'étaient écoulé depuis que le seigneur s'était endormi. D'ici trois quatre heures , l'aube pointerait et le seigneur serait probablement en plein traitement. Wyna prit l'enfant dans ses bras, contre elle, et le transporta vers la petite pièce où se trouvait son père. Elle s'assit à coté de lui, bougea son bras loin d'être léger et coucha l'enfant contre lui. Puis elle se leva, prit un fauteuil, le déplaça vers la tête de lit où étaient les deux corps et s'y assise... La porte de la pièce restait entrouverte et elle vit la tête du mestre dépassé , curieux. Cela la fit grandement sourire. Ce petit vieux était attachant en fait. Elle posa sa main sous sa tête et ferma les yeux pour se reposer un peu , le genou contre le lit et l'autre main tendue... posée sur les cheveux du seigneur pour renouveler son attention délicate. C'était un soin comme un autre pour elle, tellement plus efficace que certains calmants...

Quand enfin il se réveilla, elle le garda un peu à l’œil et dit à voix basse:

- Il va bien... il est sauvé... et vous ne le contaminerez pas en quelques minutes ... le traitement agit encore sur son petit corps. Profitez de lui avant que je m'occupe de vous...

Elle ôta sa main de la tête du Lord, puis les laissa , sortant lentement , restant contre le mur à quelques pas,debout les bras croisés, les yeux dans le vide,  alors que le mestre lui, était entré pour le moment où Lord Frey voudrait qu'il prenne son fils et que Wyna revienne.

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Ryman Frey
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~~ Seigneur des Jumeaux ~~

♦ Missives : 1490
♦ Missives Aventure : 45
♦ Age : 28
♦ Date de Naissance : 17/02/1989
♦ Arrivée à Westeros : 30/04/2012
♦ Célébrité : Nicholas Hoult
♦ Copyright : Seamus & Sargon & Randal
♦ Doublons : Gerold Lannister & Podrick Stone
♦ Age du Personnage : 21 ans
♦ Mariage : Lady Mera Vance
♦ Lieu : Les Jumeaux
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Message Jeu 27 Juin 2013 - 1:10


La pièce avait beau être emplie d’agitation et d’odeurs insupportables, Ryman s’en rendait à peine compte. Wyna semblait donner des ordres, et ses consignes avaient l’air d’être appliquées, c’était le principal. De ce qu’il pouvait comprendre, la première pièce allait accueillir tout ce petit monde, désormais. Qu’allait-il se passer dans celle-ci ? Mystère. Quoi qu’il en soit, le seigneur perdit quelque peu la notion du temps, jusqu’à ce que la guérisseuse vienne lui prendre la main. Il aurait bien pu s’écouler quelques minutes ou quelques heures, il n’aurait pas fait la différence. Il ne réalisa pas immédiatement qu’il y avait une certaine autorité dans les paroles qu’elle venait de lui adresser, à lui. Un Lord. Mais quelque chose dans ce ton ne souffrait aucune contestation. Sans doute la douceur maternelle qui se dégageait d’elle. Si elle devait sévir, c’est parce qu’il le fallait. Elle était ici pour soigner, guérir, peu importait qu’elle ait à montrer les dents pour se faire obéir.

Ryman se leva, chancelant légèrement sur ses jambes, et jeta un œil au mestre, qui inclina la tête pour indiquer qu’il ferait ce que Wyna avait demandé. Les femmes… Walder… Le garçon allait donc bientôt passer entre les mains expertes de la femme. Tant mieux. Quelque peu rassuré par cette perspective, Lord Frey suivit donc docilement la guérisseuse, qui le conduisit dans la pièce, plus petite, voisine de la grande, qui allait être nettoyée. Il y avait là un lit, quelques étagères, deux fauteuils, rien de bien luxueux. On faisait plus dans le pratique qu’autre chose. Le jeune seigneur pivota en entendant, dans son dos, le son caractéristique d’une clé tournant dans une serrure. Elle venait de verrouiller la porte, les enfermant tous les deux dans cette petite salle ! Il vit la clé disparaître dans… le décolleté, avant qu’elle exprime clairement ce qu’allaient être les règles à partir de cet instant précis. Toujours silencieux, il obtempéra. Et s’assit sur le lit. Tout en étant conscient que dans un coin de sa tête, une petite voix lui criait de protester, de montrer qui était le véritable dirigeant des lieux…

Les mains de Wyna, au contact de son visage, lui parurent froides. Était-ce parce qu’elles étaient froides, ou bien lui-même était-il vraiment brûlant ? La fièvre était l’un des premiers symptômes de la maladie… Non, il ne pouvait croire qu’il était atteint. Elle termina son examen rapide, avant d’annoncer qu’elle allait d’abord s’occuper de Walder. Son fils était, apparemment, moins malade, mais elle en faisait une priorité. L’héritier devait survivre à tout prix… Ryman réalisa qu’elle évoquait la possibilité que le seigneur des Jumeaux s’éteigne… Cela ne pouvait être possible. Il allait vivre, comme chacun ici, et ce ne serait plus qu’un mauvais souvenir… Il parvint à articuler, cependant :

« Oui… Walder… Lui avant moi. »

Ensuite, elle lui présenta des graines, dont il ne connaissait pas l’origine, le nom, rien. Ainsi, c’était pour dormir… Non, il ne pouvait pas dormir ! Pas tant que la situation ne serait pas sous contrôle ! Il était suffisamment fort pour au moins superviser tout ce qui se passait. Elle lui glissa les graines entre les lèvres, et il s’apprêta à les cracher, mais elle ne le quittait pas des yeux. Elle lui passa un linge humide sur le visage, et il croqua. Quel goût étrange… Il voulut parler, mais fut assez rapidement saisi par les effets. Sa vue se troubla. Râler ? Il ne savait pas s’il était à présent capable d’émettre un son. Il ne se rendit même pas compte qu’il était à présent étendu, et qu’elle était assise près de lui, à attendre que le sommeil le prenne dans ses bras réparateurs.

Walder fut à peine tiré du sommeil par sa mère lorsque le mestre vint annoncer que la guérisseuse l’attendait. Mera hésita, voulut protester, pour le principe, mais s’abstint. De toute manière, en compagnie de Vanneliah, qui elle n’était pas atteinte du mal qui frappait les Jumeaux, mestre Eros allait procéder à l’examen de Lady Frey. Lady Petra et Sienna, les deux autres femmes de la Maison, y étaient déjà passées. Et, pour le moment, elles avaient échappé à la contamination. Ce fut la jeune septa qui prit l’enfant dans ses bras pour le conduire jusqu’à Wyna. Elle reviendrait sans attendre pour assister le mestre, mais non sans avoir pris des nouvelles de son frère.

Walder émergea tout à fait au moment où sa tante franchissait le pas de la porte. Elle confia le garçon à la guérisseuse avant de s’enquérir de l’état de Ryman. Puis elle repartit. Walder, lui, posa un regard intrigué sur son père, qui semblait dormir d’un sommeil paisible. Sans rêve ? Il s’approcha et posa ses mains sur le bord du lit, incertain quant à la marche à suivre. Finalement, il opta pour une solution simple : il déposa le loup qu’il avait gardé avec lui près de la tête de son père. Avant de se laisser guider vers un énorme coussin posé près de la cheminée. Là, il écouta des histoires, réagissant de temps en temps aux histoires de dragon. Il glissa même qu’il y avait eu un œuf de dragon au mariage de Sienna, mais qu’il ne savait pas ce qu’il était devenu. La première gorgée de ce que Wyna lui fit boire passa difficilement. Mais ce n’était rien comparé à ce qui allait suivre…

Ryman, en effet, ne rêvait pas. Son esprit flottait loin, loin au-dessus de tous les problèmes qui encombraient les Jumeaux.

Lady Mera non plus, n’était pas malade. Elle était trop peu au contact des serviteurs travaillant aux cuisines, et ne mangeait pas de pain.

Ser Maleck, premier frère de Lord Ryman et commandant de la garde, s’entretenait avec Gordakh, dans sa cellule, à propos du comportement inqualifiable que le soldat avait montré avec Wyna.

Le reste des nobles dormait. La maisonnée s’était tue. Les serviteurs qui n’étaient pas malades s’occupaient de ceux qui l’étaient.

Le brouillard se dissipa. Les yeux de Ryman s’ouvrirent sur une semi-obscurité. Puis se posèrent sur le visage de Wyna. Combien de temps avait-il dormi ? Elle ne devait pas être restée là tout le temps… Et Walder ? La réponse vint d’elle-même, quand le jeune seigneur se rendit compte que son fils était là, contre lui. Il se déplaça légèrement pour pouvoir le regarder. Il était paisible. Wyna sortit, et le mestre entra, restant cependant en retrait. Du bout de l’index, Ryman caressa la joue de son fils, sentit son souffle régulier. Il lui passa une main dans les cheveux, puis s’assit sur le lit. La tête lui tourna, et il se la prit à deux mains. Mestre Eros s’approcha, prêt à agir.

« Portez-le à son lit. »

Le mestre acquiesça et prit doucement le petit garçon, qui ne broncha pas. Le traitement l’avait plus qu’épuisé. Ryman les regarda sortir. Il avait toujours aussi chaud. La chemise qu’il portait n’était plus si humide que lorsqu’il était arrivé, mais elle lui collait encore à la peau par endroits. D’agacement, il la retira, la faisant passer par-dessus sa tête, pour la lancer dans un coin. A présent torse nu, il resta dans cette position assise, coudes sur les genoux, tête dans les mains. Pourquoi avait-il fallait qu’il tombe malade ? Pourquoi lui ? Il aurait dû y résister, tenir tête à l’adversité, et mener de front la bataille contre cette menace qui pesait sur son fief. Au lieu de ça, il était fiévreux et venait de passer, sûrement, plusieurs heures à dormir. Quelle heure pouvait-il bien être, d’ailleurs ?

Il se leva d’un coup. Et sortit de la petite pièce. Wyna était juste là. Il réalisa que la salle avait été métamorphosée : plus de malades, plus d’odeurs… Juste un étrange parfum, un peu envoûtant. Sa conscience, brièvement exacerbée, retomba dans les limbes. Il tituba, tel un ivrogne, et se retint de justesse au mur le plus proche. Au même moment, ser Maleck fit son entrée. Âgé de dix-neuf ans, il était chevalier et deuxième héritier, après son neveu, des Jumeaux. Il était vêtu assez simplement, ne portant que son épée au flanc. Il afficha un air consterné en découvrant l’état de son aîné. La première chose qu’il fit fut d’aller l’aider à s’étendre devant la cheminée, premier endroit auquel il pensa. Seulement après, il se présenta :

« Ser Maleck Frey. Mestre Eros m’a expliqué la situation. Je suis prêt à vous aider, de quelque manière que ce soit, pour le guérir. »

C’était loin d’être son rôle, ou même ce qu’il savait faire, mais envisager que Ryman meure était inconcevable. Il alla ôter son attirail, cape, ceinture, épée, et revint, sans aucune pièce de métal, pour être plus à l’aise pour apporter son aide. C’était un secours particulièrement inattendu pour Wyna, mais au moins aurait-elle avec elle un homme fort, intelligent, et qui connaissait parfaitement le jeune seigneur.

Ryman reconnut bien sûr celui qui était venu aider, mais il ne dit rien. S’il devait dire quelque chose, ce serait probablement des remerciements, mais une fois qu’il serait sur pieds. Il était encore trop tôt pour avancer qu’il allait recouvrer ses forces rapidement. Le mestre allait bien revenir, lui aussi, et pourrait participer aux soins, c’était après tout l’une de ses attributions. Si tout le monde se mettait à la tâche, pourquoi Lord Frey ne s’en sortirait-il pas ? Les Jumeaux n’étaient pas prêts à prendre un enfant de quatre ans à leur tête. Lady Petra ferait une bonne régente, bien sûr… mais il faudrait compter avec Lady Mera, qui voudrait avoir son mot à dire… Mais le temps d’envisager cette situation n’était pas près d’arriver.



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Message Jeu 27 Juin 2013 - 18:54

Wyna resta un moment adossé au mur de pierres tièdies par la chaleur des élixirs. Il y avait encore quantité de mixture pur traiter les moins touchés ou ceux qui allaient contracter les symptômes. Mais Wyna verrait ça plus tard. D'après les dires du mestre, les femmes n'étaient pas touchées pour le moment. C'était plutôt bon signe, l'enfant resterait avec des personnes saines. Du moins saines pour le moment. Elle vit d'ailleurs le petit corps de Walder passer dans les bras du mestre, sans un mot. Elle se contentait d'observer, d'écouter, d'analyser et retenir et ce, dans les moindres détails. Chose qui fut ébranlée par une vision des plus insolites pour Wyna. Alors qu'elle fixait, imperturbable, par la fenêtre la nuit qui allait bientôt se lever pour une journée pluvieuse, elle vit passer devant ses yeux un homme à moitié nu. Elle se figea en silence et suivit du regard le Lord, probablement plus jeune qu'elle, mais diablement bien fait.... elle fronça les sourcils, le détaillant lentement, surtout le dos. Elle sentit le chaud lui monter aux joues. Diantre, il faisait déjà si chaud, était-il obligé de faire ça? Elle savait qu'un homme n'est généralement pas pudique. Que pouvait-elle faire contre ça. Elle inspira sans un bruit , les bras croisait sous sa poitrine et descendit les yeux sur le reste du corps. Ok non. Ne pas faire ça. Elle ferma les yeux d'un coup en avalant sa salive. Pourtant elle en avait vu des corps. Elle avait détourné les yeux au moment où il la regarda. Intimidée mais s'abstint de dire quoi que ce soit , se reprenant au mieux. Elle le regarda de nouveau , le visage , entendons-nous bien. Il avait l'air à moitié alerte. Cela ne l'étonnait pas vu son taux de contamination.

Wyna se décolla enfin du mur, avança vers les fioles. Elle était toujours dans cette apparence de Bohémienne, aux mèches humides, épaules nues. Sérieuse et appliquée, elle s’attelait aux derniers mélanges pour le jeune seigneur quand elle vit un homme entrer. Et bien , c'était un nid à gueules d'anges ou quoi ici? Elle lui sourit naturellement et baissa les yeux timidement. Mince, ça se compliquait. Elle n'avait jamais vu autant d'hommes corrects de toute sa vie. Les gueux ne lui faisaient pas le même effet. Un crasseux n'est pas spécialement beau en général et parle comme un cochon ou en avalant la moitié des mots pour en faire des pseudo phrases que Wyna avait parfois du mal à comprendre.  Mais là deux lords. Sans compter les soldats qui passaient depuis le début. Elle qui n'avait pas l'habitude, elle sentait son ventre la travailler. Bref, le sujet n'était pas là.

- Bonjour Ser Maleck. Je vous remercie de m'apporter votre aide

Pour elle, il était un lord, mais autant ne pas en contrarier un deuxième, son frêre allait l'être bien assez dans les heures à suivre. Elle les regarda , attentive et les trouva adorable tous les deux. L'un aidant l'autre. Cette fraternité était aussi rare chez les gueux qui se balançaient des 't'peux crever. sois un homme, d'merde touè." Ryman était malade. Très malade. Elle allait devoir s'en occuper et de force, elle le savait. S'opposer à un lord était encore plus risquer que de soigner un héritier. Même si Ser Maleck était là, qu'il soit frêre ou cousin , plus baraqué ou non , un homme contre un homme, c'était toujours houleux. De quelques manières que ce soit mm? Et bien , elle soignerait les bleus de ce pauvre Maleck alors. Elle avait déjà pris un coup du petit Walder, pourquoi pas du père? Son visage bleuissait sur le joue d'ailleurs. Elle avait été mordu une fois par Gordakh et en gardait la marque sur l'épaule, rouge et bleuie. Elle ne dissimulait pas ses marques. C'était le risque. Au moins, on se rendait compte qu'elle avait pleinement conscience des risques qu'elle encourrait et qu'elle n'était pas une petite fille ou une de ses femmes de la haute qui se plaint de tout et de rien. Wyna rejoignit les deux hommes un instant et enfourna dans les braises jusqu'à mis hauteurs deux pintes plein de la mixture dont juste les vapeurs arrachaient les tripes et désinfectaient les poumons. Elle s'inclina alors devant les deux jeunes hommes.

- Veuillez m'excuser juste quelques minutes, je reviens immédiatement.

Elle prit ses jupes et se hâta dehors dans le couloir.

- Ossiop , trouve moi les sangles qu'on attache au poitrail des chevaux, ou bien quelque chose qui s'en approche. Minimum 7 cm de large s'il te plait. Hâte-toi.

Le jeune homme courut en bas dans les annexes artisanes du château pour trouver ce qu'il fallait. Pendant ce temps, Wyna s'aérait le visage à la fenêtre, inspirant profondément. Elle devait tenir. Ses nerfs étaient déjà lourdement touchés par tant d’émotions en à peine un jour et une nuit. Elle n'avait pas dormi, et peu mangé. Elle tira d'ailleurs le bouchon d'une gourde que Gatéa lui tendit de la part du mestre, et avala la mixture qu'elle connaissait au goùt: un remontant. En gros depuis environ douze heures, elle se droguait presque pour tenir. Ses mains qui tremblaient se calmèrent doucement et elle inspira et expira longuement. Ce n'était pas le moment de foirer. Ossiop revint en toute hâte, et lui donna trois sangles d'environ un mètre , propre et du tissu. Il avait compris à quoi elles allaient servir. Wyna l'embrassa gentiment sur la joue pour le remercier, on lisait la fatigue sur son visage et aussi l'endurance, la persévérance. Il rougit et ne dit rien. Elle revint dans la pièce après avoir pris une expression déterminée sur le visage. Puis s'avança vers les deux hommes, sangles en main. Ils allaient forcément remarquer d'où elle venait. La monte à cheval était une chose obligatoire pour des Lord. Elle les regarda à tour de rôle, et leur expliqua calmement mais sérieusement , droite près du feu.

- Lord Ryman, cela ne va pas vous plaire. Je vais vous soigner de manière radicale. Je n'ai pas le choix.  Vous êtes jusque là le plus atteint et visiblement celui qui a été le premier touché, ou alors vous avez été récemment malade et ça vous a affaibli. Ces sangles seront tenues par Ser Maleck. Nous n'utiliserons que deux d'entre elles. Mon seigneur , vous allez devoir boire ces deux chopes brûlantes et trés fortes. *les montre vaguement de l'index dans les braises. Ce n'est pas négociable. La première est pénible, la seconde est une torture et en plus vous serez soul. Vu votre stature, je ne peux pas lutter contre vous, nous allons donc placer ces deux angles sur votre torse, englobant les bras et Ser Maleck devra se tenir derrière le fauteuil, pour les maintenir si vous tentez de vous débattre ou si vous êtes violent soudainement. Si je dois vous faire boire la seconde pinte de force, je le ferai , quitte à me faire frapper, mais cet endroit gardera son seigneur.

Sa voix était claire, direct et sans appel. Son regard en disait long . Douleur, culpabilité, crainte et détermination à la fois. Elle inspira profondément.

- Si vous avez des questions?

Après une longue minute, elle prit donc la pinte, l'enroula dans un chiffon épais et la tendit à Ryman, le défiant du regard. Il n'était même plus question de refus. Elle le fixerait le temps qu'il faudrait, il lui fallait plus que ça pour baisser les yeux. Quand elle avait une idée dans la tête, elle ne l'avait pas ailleurs. Le message était clair: Bois. Elle recula un peu la seconde pinte du centre du feu, puis prit deux des sangles et s'approcha du Lord. Son visage n'avait pas changé. Elle les déroula , dans ses doigts fins et si cela n'avait pas été dans ce contexte, cela aurait pu donner des idées au plus tordu. Elle écarta un peu les genoux du seigneur comme précédemment , de ses genoux en douceur, pour se rapprocher de lui . Il avait de grandes guiboles le monsieur mine de rien. Puis ses mains contournèrent ses bras qui tenait le récipient. A l'aide de Maleck, qui saisit les sangles une fois positionnées, elle les plaça correctement, ses phalanges douces et chaudes frôlant la peau du seigneur sans aucun sous entendu. Elle le touchait , elle en avait conscience, mais c'était pour la bonne cause. Une en plein milieu des pectoraux , immobilisant plus tard les épaules avec si besoin, et une qui contournait le ventre du jeune Lord. Elles furent fermées au dernier cran derrière le fauteuil. Prêtes à être tirées en arrière.

Wyna contrôla, tout était bon. Elle se recula alors et resta spectatrice. Il devait boire. Même s'il râlait ou critiquait , elle ne changerait pas d'avis, et elle espérait que Ser Maleck allait l'aider à rendre docile le jeune Lord.  Elle s'assit sur le bord de la cheminée et attendit calmement que l'effet arrive. Il fallait à peu près dix minutes si la pinte était bu en totalité, soit un demi litre. Elle garda le lord à l’œil , observa tous ses changements, ses mimiques, trés attentive , et même s'il lui avait lancé des regards plus "expressifs" elle n'aurait pas répondu ou rougi, elle guetta le signe de l'ivresse, et donc le début où le corps allait commencer à s'échauffer. Ce serait justement à ce moment là que la seconde pinte devrait être bu. Elle le leva au bout de longues minutes et revint debout entre ses genoux. Sa main passa sous le menton du seigneur, et elle lui saisit la mâchoire sans lui faire mal , mais avec fermeté.

- Regardez-moi. Ne lâchez pas mes yeux.

Autoritaire, elle faisait assez dominatrice pour le coup mais elle devait voir ses yeux et ce n'était pas rare qu'en début d'ivresse ou sous le coup de la maladie, le concerné n'ait pas le regard stable. Elle devait donc solliciter son attention. les minutes s'écoulèrent sans qu'elle ne lui lâche la mâchoire, claquant des doigts devant son visage dés que ses yeux allaient ailleurs. Et tout ça sous les yeux de Ser Maleck et du mestre qui venait de revenir, observant en retrait. Elle vit alors une étrange lueur apparaitre et laissa un longue minute s'écouler, le scrutant du regard . C'était le moment. Elle se recula, prit la seconde pinte chaude et l'entoura d'un torchon blanc plus épais et revint à la même place. S'il devenait trop agité ou violent, elle irait jusqu'à s'asseoir sur ses cuisses pour lui bloquer toute tentative de coups avec les jambes. Là dessus, elle se foutait bien des bienséances, elle devait lui faire boire cette foutue choppe coute que coute. Et même s'il l'insultait , la trainer de tous les maux possibles, avait des gestes déplacés, lui vomissait dessus, peu lui importer, elle lui ferait boire et viendrait ensuite la pire parti, où il risquait de hurler, de frapper ce qui passait de douleur tant ses tripes allaient le faire souffrir.

Wyna reprit donc sa place initiale, entre ses genoux et lui présenta la seconde pinte , au bord des lèvres. S'il fallait lui faire ouvrir la bouche , elle le ferait de force en lui bouchant le nez s'il faudrait ou bien avec l'aide du mestre et du frêre, mais il allait la boire en totalité.

- S'il vous plait Lord... buvez.

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Ryman Frey
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Message Sam 29 Juin 2013 - 21:13


Ryman avait à peine remarqué les blessures de Wyna, au premier regard. Maleck lui avait saisi un bras pour le passer autour de son cou, et tenait solidement, de l’autre bras, son aîné par la taille. Lui bien sûr avait vu la plaie à l’épaule, et le coup qu’elle avait pris au visage, mais il ne dit rien. Quand le jeune lord, enfin, s’en rendit compte, il se demanda comment il avait fait pour ne pas les voir avant. Son état était-il si grave qu’il ne distinguait pas ce qui était pourtant évident ? La guérisseuse s’excusa et quitta la pièce, sans demander son reste. Maleck porta, plus qu’il n’aida, son frère jusqu’à un fauteuil. Là, en attendant le retour de Wyna, il s’accroupit devant lui.

« Mon frère, reste avec moi. Ne laisse pas ce mal emporter la victoire. Tu dois être fort. »

Ryman expira. Il transpirait. Il faisait chaud, très chaud, dans cette pièce. Il s’avança légèrement sur le fauteuil, quittant l’appui du dossier.

« Ne t’en fais pas… Je suis un roc… »

Un roc que venait battre les vagues, sans relâche, et qui finiraient pas le décrocher de la falaise, si rien n’était fait rapidement… Maleck se releva et se plaça derrière Ryman, mains sur les épaules. Pour le moment, c’était un soutien, pour montrer qu’il était présent, qu’il ne le laisserait pas tomber. Viendrait ensuite l’instant où ces mains changeraient de rôle. Mais il fallait attendre que Wyna revienne. D’ailleurs, elle reparut, avec des sangles que l’on utilisait quand on chevauchait. Que voulait-elle donc faire de ces sangles ? Le seigneur du Pont avait une vague idée… Idée qu’il ne voulait pas voir se confirmer. Il voulut se redresser, mais son frère le maintenant contre le dossier. Il refusa de lutter, il allait vraiment devoir en passer par là…

Ryman revoyait ces gens qui criaient, se tordaient de douleur, vomissaient… C’est ce que Walder avait dû subir… Et si son fils avait enduré cet enfer, lui devait le faire aussi. Au bout du supplice, il y avait la guérison. Du moins, il l’espérait. Wyna commença alors ses explications sur ce qui allait se passer. Comme prévu, il allait donc devoir boire les deux pintes brûlantes de cette espèce de liquide infect et très alcoolisé. Et apparemment, s’il fallait employer la force, elle n’allait pas hésiter… Et puis qu’elle disposait en plus des bras de Maleck, qui était plus costaud que son aîné, il y avait de grandes chances pour que l’opération réussisse. Ryman prit la chope que lui tendait la femme, qui lui occupait du coup les deux mains. Ainsi, il ne put se défendre lorsque les sangles lui furent passées autour du corps.

« Je… Pas besoin… » protesta-t-il, à mi-voix.
« Précaution. C’est pour ton bien. » lui répondit Maleck, qui se tint bientôt prêt à tirer si jamais son frère décidait de soudainement, ou violemment, se lever.

Deux sangles l’entouraient désormais. L’une avait été placée au niveau de ses pectoraux, tenant les bras contre le siège, tout en laissant les avant-bras libres, pour qu’il puisse boire. L’autre était au niveau de son ventre. Il avait senti les contacts, légers, des doigts de la guérisseuse sur sa peau nue, mais son état n’en avait tiré aucune conclusion… Il n’avait pas l’esprit suffisamment clair pour le laisser vagabonder sur des terrains… glissants. Il porta le récipient à ses lèvres, et grimaça à la première gorgée. Mais en fait, ça passait plutôt  bien, il s’était attendu à bien pire. C’était la suite, qui serait plus… compliquée.

En quelques minutes, la chope fut vidée. Maleck la lui prit et la posa au sol, avant de se placer à côté de lui, pour guetter les effets. De là où il était, il voyait la silhouette de Wyna se dessiner contre les flammes. Il remarqua alors que Ryman également, avait posé le regard sur elle. Si les effets de l’alcool commençaient à se faire ressentir, ce n’était pas si étonnant… Le jeune seigneur avait senti comme un poids quitter son estomac, il se sentait plus léger. Et cette fois-ci, son esprit pouvait aller vers des sentiers, des chemins plus sauvages… Il aurait pu à cet instant, se poser des questions, du genre qu’on ne se posait que dans certaines conditions… Conditions qui étaient plus ou moins réunies, même s’il fallait compter avec la maladie…

Et puis, il sentit qu’il transpirait de nouveau… Sa température corporelle augmentait, doucement, mais sûrement. Une remontée brûlante lui embrasa la gorge, mais il retint un haut-le-cœur. Maleck se replaça derrière lui et remit les mains sur ses épaules. Le moment le plus dur à vivre approchait à grand pas, tout comme Wyna, qui affichait un air plus déterminé que jamais. D’ailleurs, elle n’hésita pas une seule seconde avant de saisir le visage de Lord Frey, délicatement mais fermement. Le chevalier restait vigilant, au cas où son frère se débattrait. Mais il n’en fit rien. La douleur montait doucement, avec la fièvre. Il allait encore devoir boire… Non, pas encore…

Il la fixait droit dans les yeux. Mais au bout d’un moment, son attention flancha, son regard descendit, mais elle réagit prestement, et le fit se concentrer de nouveau sur ses iris. Pendant plusieurs minutes, elle répéta le même geste, chaque fois que le contact visuel était brisé. Finalement, sans que l’on sache trop comment, elle décida qu’il était temps de passer à la seconde pinte. Maleck lâcha les épaules de son frère pour saisir les sangles. Mestre Eros fit alors son retour, et s’approcha du fauteuil, restant à deux ou trois mètres, prêt s’il le fallait à apporter son aide.

Ryman détourna la tête lorsque lui fut présenté le second récipient. Il sentait bien que cette fois, ça n’allait passer. S’il était forcé de vivre cette torture… Surtout, ce qu’il ressentait, c’était… de la faiblesse. Il était Lord, il ne devait pas être faible. Il était à moitié nu, attaché à un fauteuil, et une femme lui demandait de boire un énorme récipient d’alcool brûlant. Que pouvait-il faire ? Oui, c’était pour son bien, pour sa santé, pour sa famille, pour les Jumeaux, mais à présent, il y avait un petit quelque chose, comme de l’humiliation… Il posa les lèvres sur les bords de la chope.

« Bois, Ryman. Allez. »

Les encouragements de son frère furent le déclic. Il prit la pinte à deux mains et but. Une gorgée longue, longue, qui s’interrompit lorsqu’il atteignit le trop-plein. Il en cracha une partie, toussant, éclaboussant la robe de Wyna et ses chausses… Il eut un mouvement vers l’avant, mais fut retenu solidement. Mestre Eros se précipita pour saisir la chope avant qu’elle ne soit renversée. Ryman respirait fort, transpirait à grosses gouttes. Il restait trois bons quarts à ingurgiter. L’ivresse avait laissé place à autre chose, une forme de panique due à la soudaineté de l’inconnu : jamais encore il n’avait ressenti de telles douleurs.

Après quelques minutes, sa respiration redevint régulière. Maleck passa une main autour de la gorge de Ryman, lui saisissant la mâchoire, et fit signe au mestre de le faire boire. Ryman se laissa faire jusqu’à ce que le liquide ne recommence à lui brûler les entrailles. Mais Maleck le tenait solidement, son autre main tirant la sangle qui lui tenait les épaules. Lui aussi transpirait, à présent. Lorsqu’il ne resta plus que la moitié du liquide, on fit une nouvelle pause. Ryman fut pris d’un haut-le-cœur, puis un autre, mais ce fut tout. Pour le moment. Maleck, luisant de sueur, alla chercher quelqu’un, et ce quelqu’un fut Ossiop.

« Je vais avoir besoin de toi, il faudra que tu tires, fort. »

Le garçon acquiesça. Participer à la torture de Lord Frey ne l’enchantait guère, mais il savait qu’il valait mieux ça que de ne rien faire et courir le risque qu’il soit emporté par la maladie… Un nouveau quart de l’alcool y passa, mais cette fois, la quasi-totalité se retrouva au sol, sur le mestre, sur Wyna, sur Ryman… Mieux valait en finir. On força le jeune seigneur à boire le reste. Il cria, se débattit, manqua de frapper mestre Eros, puis fit basculer le siège. Maleck parvint à ralentir la chute, mais le laissa au sol. Une première sangle, un peu lâche, glissa, et le maître du pont put retirer la deuxième.

Il se retrouva à quatre pattes, et le contenu de son estomac, en très grande majorité liquide, recouvrit le sol devant lui. L’odeur était épouvantable. Au vomi se mêlaient la sueur et les larmes. Heureusement, il n’y avait pas de sang. Le regard de Maleck passait de Ryman à Wyna. Et maintenant, quelle était la suite ? Mestre Eros s’était écarté, et Ossiop était contre un mur, l’air terrorisé.

« Que faut-il faire, maintenant ? » demanda le chevalier, prêt à n’importe quoi pour sortir son frère de cette situation insupportable.



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Message Dim 30 Juin 2013 - 20:28


Wyna vit le jeune seigneur détourner la tête. Elle le savait. Ils lui faisaient tous le même coup. Et quand Ryman avait dit ce fameux "pas besoin" elle avait déjà considéré qu'il se débattrait tôt ou tard. Elle était désolé si cela pouvait être un peu humiliant mais c'était un passage obligé , il était trop touché. Elle avait corsé les pintes d'herbes vomitives en plus, les ôtant juste avant d'amener les pintes au feu. Le gout sucré de la boisson cachait ce coté traitre du traitement. Mais la quantité à ingurgiter était conséquente. Une dose qu'un estomac adulte aurait du mal à supporter et garder , surtout pour un dégré si fort d'alcool. Wyna fut agréablement surprise de voir que Maleck prenait les rênes et qu'il se chargeait de son frêre. Elle se contenta d'observer au début. Le surveiller de manière trés minutieuse. Leur regard , leurs échanges, les réactions du jeune seigneur et aussi celles du mestre. Ryman se plia et but mais Wyna se figea en prenant ... des substances indélicates sur la robe. Et mince. Très glamour. Son corps commençait à réagir. Il ne fallait pas trainer, et le frère de Ryman réagit parfaitement bien. La scène qui suivit fit se reculer un peu Wyna, qui réceptionna le mestre qui avait perdu l'équilibre. Mais c'est qu'il était vigoureux le Ryman ! Même malade. Elle plissa les yeux, serra les dents et fit s'asseoir le mestre, qui perdait pieds. Le siège bascula sur le coté et Maleck eut un instant de faiblesse. On ne pouvait pas lui reprocher, il avait fait ce qu'il fallait.

Wyna fut surprise de voir le seigneur se défaire des sangles, dont une avait été explosé dans la lutte assez violente. Voir les deux frères opposer leur force sur un sujet si éprouvant avait de quoi secouer plus d'une femme. Un charmant et terrifiant mélange de rivalité physique. La suite fut bien moins glorieuse. La jeune femme fit demi tour vigoureusement , attrapa une bassine de métal aux bords lisses et des linges en grosses quantités. Elle ne s'attendait pas à ce qu'il vomisse autant de matière noircie. Il en était bourré. Comment avait-il pu tenir autant , elle en restait subjuguée. Mais l'heure n'était pas aux questions, mais à l'action. La bataille avait mis en vrac les cheveux du jeune seigneur.

- Tirez-le hors de son vomis s'il vous plait. Elle posa une énorme couverture sur le sol devant la cheminée , en pleine chaleur , puis un drap épais, et un deuxième.

Elle revint sur ses pas et arrêta Maleck et le mestre qui soutenait le seigneur complètement soul et malade,  juste avant la couche improvisé. Elle tendit la bassine au mestre qui la plaça sous le visage de Ryman , puis elle passa derrière lui , et de deux gestes amples, elle ramena tous les longs cheveux du seigneur , les entoura d'un fil de cuir, un nœud et ça ferait l'affaire. Elle devait lui dégageait le visage, les vomissements allaient continuer. Puis elle sortit un chiffon d'une bassine d'eau chaude au sol , sur un bord de la couche , et posa un genou au sol pour nettoyer, la partie de son corps sous la bassine. L'allonger à l'aise était une chose, mais le nettoyer avant était mieux. Elle passa sans trainer le tissu tiède et humide sur le bas du torse et le ventre du jeune seigneur, puis les flancs et jeta sans ambages le linge dans l'eau plus loin qui éclaboussa un peu , puis recula sur la couche , pour les aider à l'allonger sans violence. Elle prit ensuite la bassine non vide , pour la remplacer par une autre pour aller la vider dans un coin des cendres chaudes. Elle les laissa le mettre à l'aise.

Le mieux était sur le ventre, en appui sur les coudes, le visage au dessus de la bassine. La pression naturel du corps sur l'estomac lui éviterait le trop de contraction des muscles, et du dos, il allait se vider. La vision du Lord lui faisait mal au cœur. Après le fil, le père... Elle respira et apporta tout ce qu'il fallait pour s'occuper de lui par la suite.

- Je vous remercie vraiment Ser Maleck et Mestre Eros. Je n'y serai pas arrivé sans vous... A présent , je vais m'en occuper. Ca va aller. Il va encore vomir mais je ne le ferai plus boire... Il faudra que je calme ses contractions stomacales. Seulement après je m'attèlerai aux effets secondaires. Il va s'en sortir mais il va souffrir. Autant que peu de personne en soit témoins. J'espère que vous comprendrais...

Un sourire fatigué apparut sur son visage , alors qu'elle poussait une mèche en arrière de son visage, ses propres mèches en bataille avec tout ça.

- Puis-je rester seule avec lui? Je préférerais si cela ne vous dérange pas. Il va me falloir la journée pour le soigner au mieux. Et vu mon état de fatigue, je vais devoir me concentrer. Je vous promets que si j'ai un problème, je crierai. Vous pouvez laisser un garde à la porte si vous voulez pour donner l'alerte.

Wyna regarda le seigneur mal en point qui, le pauvre, devait avoir d'autres préoccupations que d'écouter leurs dires. Elle attendit que la pièce soit vide , pour se diriger vers la porte et colla son oreille contre , pour savoir s'ils étaient toujours là puis ferma à clef. Le but de la suite des soins n'étaient pas non plus sa femme se pointe pour l'égorger sur place parce qu'elle touchait son mari. Aucun bruit. Elle bloqua la planche sur les deux éperons de métal et revint calmement , ôtant ses avants bras de métal et de cuir. Elle s'essuya le visage d'un autre linge propre , pour éponger la sueur et sur son décolleté, puis posa les genoux sur la paillasse, changeant de nouveau la bassine, la remplaçant en roulement par la seconde.

- Courage mon seigneur... dit-elle sincèrement en lui passant la main sur le dos comme dans l'espoir de lui faire sentir qu'il n'était pas seul dans ce combat.

Elle se décala pour vider à nouveau la bassine. Il pleuvait dehors, le jour allait être sombre, et la cheminée faisait même plus de lumière que le soleil lui même, étouffé. Elle rajouta des bûches dans le feu et s'approcha du seigneur de nouveau après avoir nettoyer sa jupe tachée en la frictionnant franchement avec un peu d'eau. Elle jeta un drap sur le vomis premier du seigneur pour atténuer les odeurs. Le linge allait absorber et elle le brulerait en ramassant le tout plus tard. Ses genoux touchèrent de nouveau la couche, voyant que le Lord commençait à se ruiner le ventre pour éjecter les restes de liquides. Elle passa sa main sur sa nuque doucement, puis descendit ses doigts sur les mèches qui tomber pour les relever et voir son visage. Son regard semblait montrer qu'elle était tout autant touchée. Elle s'assit contre le rebord de la cheminée, avec un coussin épais dans le dos pour un appui stable et le redressa en face d'elle.

- Essayez de vous asseoir Lord Frey... Montrez moi vos yeux...

Elle chercha son regard des yeux en lui tenant le visage doucement dans les mains , ses genoux contre les siens , ou du moins touchant une partie de ses jambes. Elle passa un chiffon frais sur les cotés de son visage ... et le rinça d'une main dans une bassine d'eau glacée, juste à coté. Elle recommença , le laissant vomir s'il en avait besoin , continuant ses soins. Elle lui posa un linge épais sur la nuque, froid, et lui nettoya toute la sueur et les éclaboussements de vomis qui avaient taché son torse et sa gorge. Réellement attentionnée, il était hors de question qu'il reste seul pour cette épreuve.
Elle ne parlerait plus. Les actes avaient plus valeurs que n'importe quelle parole dans ces moments là. Ses pupilles absorbaient les moindres détails, suivant les courbes du seigneur. Elle passa le linge frais sur ses épaules , et le laissa faire ce qu'il voulait quitte à se rapprocher de lui , peu importait du moment que son état était supportable. Elle rinçait régulièrement le linge. La bassine était changé plus rarement ... et les rejets étaient de plus en plus clairs... Environ trois quart après, elle lui tendit un verre de métal.

- C'est de l'eau...

Elle changea la bassine. Il allait revomir cette eau de toute façon mais elle devait voir si elle était assez clair pour lui donner les herbes anti vomitives, après ça... Quand ce fut fait, elle reprit le reste du verre et attendit en lui passant la main sur les cheveux , continuant de nettoyer et de lui apporter de l'attention. Elle ne jugez pas son état , ne faisait aucune remarque considérant que ce devait déjà être assez humiliant d'être si faible et vulnérable pour un seigneur. Il n'avait pas besoin de l'entendre dire ou quelconque autre manifestation. Elle le laissa finalement se vider les tripes une dernière fois, sachant que plus le ventre était vite plus la douleur était forte. Elle sortit quelques herbes d'un sachet.

- Je ne peux vous donner d'infusion vous allez la rendre... Prenez ça et mâchez lentement. Ca va vous calmer le ventre et l'estomac. Vous allez peu à peu arrêter d'avoir des contractions du ventre, et seulement après je vous donnerais une mixture un peu épaisse... pas grand chose en quantité pour vous endormir tout ça... et vous soulager...

Elle lui glissa doucement entre ses lèvres brûlantes et le laissa faire ... Elle le regarda calmement, n'osant pas lui proposer quoi que ce soit alors elle lui dit simplement , en lui montrer le coté de la paillasse propre .

- Allongez vous maintenant ...

Sa voix était douce et calme. Elle n'avait pas paniqué à un seul moment, habituée à bien pire parfois. Son visage avait bien bleui , et son épaule s'était caogulée, elle ne saignait plus. Le feu brulait fort derrière. Elle se décala le laissant faire ce qu'il pouvait à son allure, et s'assit de l'autre coté le dos à moitié contre les pierres du foyer assez haut de la cheminée...à coté de lui. Ses cuisses devaient être à hauteur du torse du seigneur, et son ventre creusé à hauteur du visage, à coté, à quelques trente centimètres. Elle passa un bras par dessus sa tête et laissa sa main douce te fraiche passer sur le coté de son visage, son oreille, ses mèches trempées par le linge et la sueur. Elle lui caressa la nuque doucement, l'observant, touchée par ce spectacle.

- J'ignore si ça se fait mais...*inspire doucement sans le lâcher du regard*  si vous voulez un peu de réconfort... vous pouvez vous rapprocher. Je pense que... ça ne vous fera pas de mal...

Bonté divine était-ce correct ce qu'elle faisait? Cet homme était marié. Oui mais il était aussi dans un état si douloureux qu'il aurait été inhumain de sa part de le laisser seul croupir dans son labeur vers la guérison. Cautionnable ou non comme proposition, elle assumerait les conséquences si besoin , mais dans l'instant présent , son instinct lui dictait de prendre soin de cet homme. Elle le laisserait s'approcher s'il le désirait , voir même se servir d'elle comme d'oreiller ou "doudou loup" s'il le voulait. Elle n'était plus dans une logique très louable à cette instant , elle voulait juste qu'il aille mieux, et qu'il se sente bien. Et puis il avait un petit quelque chose qui la poussait à le faire. Et même s'il se mettait à l'aise ou qu'il faisait un geste inhabituel sans pour autant que ce soit irrespectueux, elle n'en serait ni choquée ni outrée.

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Ryman Frey
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Message Jeu 4 Juil 2013 - 15:21


Jamais Ryman ne s’était senti aussi mal. Un orage grondait dans ses entrailles, qui protestaient avec violence. Il ne se rendait même pas compte de la position dans laquelle il était, à quatre pattes, noyé dans tout ce que son corps rejetait. Le tableau devait être absolument pathétique. Heureusement que personne n’était là pour le voir. Aucun des trois présents n’irait raconter quoi que ce soit. Si ceux qui étaient passés par là pourraient imaginer ce qu’il avait vécu, il était impensable qu’on leur confirme, et qu’on leur dise même que c’était sans doute encore pire… Il était un seigneur, il était à la tête des Jumeaux, il devait garder sa dignité aux yeux de ses gens. Et même si sa dignité baignait dans le vomi, la sueur, les larmes, elle sortirait flambant neuve de cette pièce.

Maleck et le mestre prirent chacun un bras de Ryman, qui venait de cesser de rendre le liquide alcoolisé. Ils le portèrent vers la cheminée, où Wyna avait installé une couche improvisée. Ils s’arrêtèrent brièvement, mestre Eros laissant le soin au chevalier de soutenir seul le jeune seigneur, le temps qu’il dépose un baquet, récipient prévu pour la suite des vomissements, qui étaient inévitables. Puis la guérisseuse, après lui avoir attaché les cheveux, entreprit, avant d’étendre son patient, de le nettoyer un peu. Le linge humide passa sur le torse, le ventre, les flancs nus. Ryman avait la tête qui tournait, il sentait que son estomac allait encore faire des siennes, et ça ne manqua pas.

Il ne prit vraiment conscience de sa situation que lorsqu’il fut étendu sur le ventre, appuyé sur ses avant-bras, le visage juste au-dessus d’une bassine métallique vide. Etat dans lequel elle ne demeura pas longtemps. La position facilitait l’évacuation de toute la saleté qu’il avait à l’intérieur. Wyna remercia alors Maleck et le mestre, avant de leur demander s’il était possible qu’elle reste seule avec le seigneur. Mestre Eros eut un instant d’hésitation, mais le frère du Lord lui posa une main sur l’épaule, avant de s’adresser directement à elle :

« Nous allons vous laisser. Le pire est passé pour lui, j’imagine. Merci pour tout ce que vous faîtes. Nous ne serons pas loin, si nécessaire. »

Le vieil homme acquiesça, avant de tourner les talons, non sans avoir jeté un dernier regard à son seigneur et maître. Maleck, lui, s’agenouilla près de son frère et lui posa une main sur l’épaule.

« Courage. Tu en vois la fin. »

Puis il alla récupérer les affaires qu’il avait posées à l’écart en arrivant, avant de sortir à son tour. Il allait placer un garde près de la porte, puis aller demander qu’on lui prépare un bain. Ce qui venait de se passer avec son aîné l’avait éreinté, il avait besoin de se détendre. Mestre Eros, lui, s’en retourna dans la salle de convalescence. À présent, Ryman était seul avec Wyna. Mais vu l’état dans lequel il était, il ne le réaliserait pas immédiatement. Il vomissait encore. Comment l’estomac d’un homme pouvait-il contenir autant ? Il avait absorbé deux litres de liquide en peu de temps, n’avait-il pas déjà tout rendu ? Combien de temps de souffrance lui faudrait-il encore endurer avant qu’il ne soit purgé de cette maladie ? Sa conscience était revenue. Il avait des crampes atroces, mais il sentait que la situation n’allait que s’arranger, à présent. Wyna était là. Etait-ce sa main, sur le dos du jeune seigneur ? Les gestes qu’elle avait envers lui étaient maternels. Voilà qu’il sentait ses doigts sur sa nuque…

Leurs regards se croisèrent, mais il la vit à peine. Il sentait sa présence plus qu’il ne la voyait. Et c’était un réconfort qu’il appréciait grandement. Il n’était pas seul… Le temps passa… L’estomac s’épuisait, espaçant les rejets, sans que la douleur ne s’atténue encore. Et qu’il faisait chaud ! Le feu crépitait dans la cheminée, maintenant dans la pièce une température assez élevée. Elle finit par lui tendre un verre d’eau, qu’il prit. Il se délecta de la fraîcheur qui glissa dans sa gorge, même si ça n’était que provisoire, même s’il n’allait pas longtemps la conserver… Et peu après, il se pencha de nouveau sur la bassine, restituant l’eau, ainsi que le peu qui restait dans son estomac. À aucun moment il n’avait vraiment prêté attention à ce que son corps refusait de garder. Wyna devait de toute manière elle-même tirer les conclusions qui s’imposaient.

Il sentit bientôt la tempête s’apaiser. La jeune femme lui glissa alors des feuilles entre les lèvres, destinées à enfin calmer les douleurs qui lui torturaient le ventre. Docilement, il commença à les mâcher. Ce n’était pas particulièrement bon, mais ça devait être efficace, alors il ne protesta pas. Il était trop fatigué pour protester. Mais il réussissait à garder les yeux ouverts. Il voulait que sa vue redevienne nette, claire. Elle lui demanda ensuite de s’allonger, indiquant le côté propre de la paillasse, où il ne s’était pas encore étendu, plus proche de la cheminée. Il acquiesça avant de s’y déplacer, à quatre pattes. Là il s’étendit, sur le dos, le regard fixé sur le plafond.

Wyna était à ses côtés, assise contre les pierres du foyer. Et elle continuait de prendre soin de lui, nettoyant la peau, le rafraîchissant, caressant son visage… Et il réalisa ce qu’elle venait de lui proposer. Quelques secondes passèrent avant qu’il se redresse et se décale, juste ce qu’il fallait pour pouvoir poser sa tête sur elle, sur ses cuisses. Ainsi, en levant les yeux, il pouvait voir son visage. Et à  la lueur des flammes, il put voir ce que le coup lui avait fait. Etait-ce lui qui l’avait frappée ? Il ne s’en rappelait pas… Il leva la main et passa le bout des doigts sur l’hématome.

« Tu as pris un coup… »

Les doigts glissèrent le long de la joue, puis de la gorge, jusqu’à effleurer la blessure qu’elle avait à l’épaule. Et là, que lui était-il donc arrivé ? Il lâcha, tentant de plaisanter, d’une voix faible :

« Tu collectionnes les blessures de guerre ? »

Sa main retomba. L’autre était posée sur son propre ventre, dont les contractions avaient cessé, et il se souvint alors qu’il était à moitié nu. À moitié nu en présence d’une femme qu’il connaissait à peine… mais qui pour le coup avait, elle, appris à le connaître, en très peu de temps, mieux que la grande majorité des résidents des Jumeaux. Et puis, qu’en avait-il à faire ? Tout cela allait rester entre eux, de toute manière. De façon incongrue, il se demanda si elle avait déjà eu des relations… plus poussées avec les malades qu’elle soignait. Restait-elle professionnelle jusqu’au bout ? Etait-elle aussi maternelle avec tous ?

Ce qui était étrange, c’est la situation était plutôt inédite. Ryman était marié, avait connu d’autres femmes en dehors de la sienne, savait faire preuve de tendresse, mais jamais encore il ne s’était trouvé entre les mains d’une jeune femme, à lui confier sa santé, sa vie. Même sa propre mère, bien que protectrice, n’était pas allée jusque-là, ou du moins, pas depuis qu’il avait sept ou huit ans. Lady Petra ne se faisait maternelle que rarement, parce qu’elle avait compris qu’elle ne pouvait plus se le permettre sans que son jeune seigneur de fils ne lui rappelle le rang qu’il avait désormais. Même dans le privé, il avait du mal à accepter certains gestes de sa part.

Là, avec Wyna, Ryman se sentait bien. Son corps, peu à peu, allait retrouver sa quiétude. Et malgré la fatigue, son esprit était en paix. Il tâchait en tout cas de rester serein. Il savait que le plus dur était passé, que le déchirement de ses tripes était terminé. Le temps de l’apaisement était arrivé, et il avait bien l’intention d’en profiter.



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Message Ven 5 Juil 2013 - 19:26


Un peu de temps s'écoula après la proposition un peu délicate de Wyna. Une proposition qui fut visiblement acceptée par le jeune seigneur, aussi étonnant que cela puisse paraitre. Tout comme elle avait senti que l'enfant manquait d'amour maternel, elle sentait aussi que cet homme manquait de quelque chose. Sa rigidité, son regard , son comportement... A quoi sa femme servait-elle en dehors de la descendance? Elle ne voulait pas s'avancer, ni médire..., mais si elle avait eu un mari et qu'elle l'avait aimé de tout son être, elle serait rester à ses cotés, peu importe les codes et la déontologie qu'auraient impliqué son statut et sa place dans la société. Un amour est un amour et s'il avait été au bord de l'agonie, elle n'aurait jamais pu le laisser seul. Là ... Lord Ryman était resté ici depuis bientôt vingt quatre heures... Et sa femme n'était pas venu le voir... même pas à la porte si tant est que ce soit la contagion qui aurait pu l'inquiéter...

Wyna passa sa main dans les mèches du jeune seigneur , le laissant s'installer comme il l'entendait et sourit un peu quand il posa sa tête sur ses cuisses. Pourquoi se sentait-elle touché par cet homme... Elle avait envie de le toucher...Une attirance? C'était bien la première fois. Un client en plus! Sauf que sur le moment, elle ne se posait pas vraiment la question , absorbée par ses gestes, sa manière de bouger. Sa main sur sa nuque continuait sa caresse, tentant de l’apaiser de cette douleur éprouvante qui l'avait tiraillé et qui le tenait peut être encore. Cela ne passerait pas dans l'immédiat. Elle passa le linge sur son front ramenant quelques mèches en arrière et vit ses yeux bleus la fixer. Oui un soucis ? Cette grande main monta à son visage, sans qu'elle ne bouge. Elle la suivit un court instant des yeux comme une curiosité et le laissa la toucher, plissa un œil sous le contact un peu douloureux. Ah elle avait un bleu, elle le sentait bien maintenant. Elle sourit en appuyant un peu sa joue dans sa main comme la caresse d'un chat sur la main du maitre, mais de manière légère.

- Non pas vous. Votre fils. J'en ai eu mal au cœur. J'ai mérité ce coup, ce petit bout a une force mentale dont vous pouvez être fier... même si jeune. Je crois que... c'était mieux que vous soyiez endormi à ce moment , vous m'auriez tué sinon...

Elle frissonna au contact sur son épaule. Étrange sensation. Son regard se perdit un peu dans celui du jeune Lord avant les baisser sur cette main qui retombait.

- Vous étiez bien dans les vapes tout à l'heure, je ne me trompais pas. *léger rire amusé entre ses lèvres closes, puis elle prit cette  main tombée, dans la sienne , caressant le dessus de son pouce, avec douceur. * C'est votre garde qui m'a mordu. Celui que je vous ai vu faire jeter au cachot. Ne lui en voulez pas, c'est mon breuvage qui l'a rendu fou.

Elle passa sa main sur son front et s'approcha sans réfléchir, se courbant vers lui. Elle avait beau approcher la trentaine, sa souplesse n'était plus à prouver avec tous les efforts physiques qu'elle faisait au quotidien. Ses lèvres chaudes touchèrent le front du jeune seigneur et ses yeux se fermèrent un peu . Elle déposa un baiser appuyé sur la peau fraichement essuyée et ne se rappuya pas en arrière. Elle regarda le lord quelques secondes, en lui caressant la joue, et avala sa salive. Peut être allait-elle regretter ce qu'elle allait faire mais tant pis.

- Redressez-vous un peu s'il vous plait ...on va faire autrement...

Elle le laissa faire avec difficultés et se décala vers le bas, restant plus haute que lui de quelques vingt centimètres, poussant un peu sa robe en arrière pour qu'elle ne gène pas. Sa main attrapa un drap frais et propre en arrière,pour le poser plié à coté. Puis elle remonta ses propres jambes, souleva sa robe sans montrer quoi que ce soit d'indécent , pas un bout de peau. Elle délaça ses bottes de cuir noir, une à une et les ota , les demi chausses de laine qui montaient à ses cuisses suivirent. Il faisait vraiment trop chaud. Elle avait beau être femme pudique et guérisseuse, elle ne voulait pas mourir d'un coup de chaleur. Au pire des cas , Ryman pourrait voir un court instant ses mollets , mais elle rebaissa la robe claire au style bohémien, ne laissant que ses pieds nus apparaitre. Puis elle se rattacha correctement les cheveux avec le pic de fer , pour ne pas avoir chaud plus que de raison. Ses mains saisirent le drap et elle le déplia d'un geste ample pour couvrir le jeune seigneur jusqu'aux hanches avec le tissu frais. Le regard sérieux, elle finit par s'allonger à coté de lui sur le coté, face à face . Elle était en effet plus haute que lui , mais c'était volontaire. Elle glissa sa main dans la sienne , et la tira vers son ventre serré de sangles sombres, avec une voix calme et douce.

- Approchez...

Elle lui lâcha la main , le laissant faire, l'incitant  à venir contre elle. Elle avala sa salive, se demandant ce qu'elle faisait mais elle ne pouvait se résoudre à ne pas lui apporter de l'attention. Pourquoi ? Aucune idée, ce genre de choses chez Wyna ne s'expliquait pas. Il l'attirait et c'était bien le premier. C'est pas trop tôt Wyna , à 29 ans ! Peu importait, elle était aller trop loin, autant continuer, même si elle y allait en total instinct. Elle n'y connaissait pas grand chose. Elle passa sa main sur le visage du jeune seigneur. Logiquement s'il s'approchait contre elle, son visage se logerait sans problème dans son cou fin. Ce cou avait des odeurs de menthe et verveine... Elle respira profondément et le serra un peu contre elle... ses ongles longs et ses doigts fins passant dans les mèches derrière sa tête. Sa voix se fit presque murmure du fait de la proximité mais Ryman pouvait parfaitement entendre.

- Au cas où vous vous posiez la question... je ne suis jamais si proche de mes malades... c'est la première fois... pardonnez mes maladresses... ça va votre ventre ? Vous avez mal où?

En même temps qu'elle demandait , elle passa sa seconde main sur le bras du jeune seigneur avec le linge humide, puis dériva sur le dos . Il était davantage accessible avec la proximité. Elle l'essuya de sa sueur en longs gestes du haut vers le bas, puis posa le linge derrière le grand brun. Sa mâchoire se reposa contre le front chaud de Ryman. Elle ferma un peu les yeux , continuant de lui caresser les cheveux. Elle était aussi épuisée, il fallait l'avouer. Plus de quarante huit heures sans se reposer....Elle ne sentait plus ses jambes tant elles étaient lourdes des efforts donnés et ses doigts se crampaient par moment. Mais elle ne disait rien, elle était là pour faire son devoir. Un peu plus en l’occurrence avec lui peut être, mais cela devrait être passer sous silence. Elle avait bien fait de bloquer la porte. Elle expira pour se calmer un peu intérieurement . La présence si proche de cet homme la rendait un peu nerveuse, mais elle aimait aussi le sentir... Étrange sensation, tout aussi nouvelle. A la place du linge, elle osa ses doigts sur le dos, qu'elle sentit sous ses phalanges, fin et musclé... Curieuse, elle entama des caresses légères le long des bosses harmonieuses... suivant la colonne du bout des doigts. De longues minutes... Peut être dix ... quinze, elle ne savait plus trop.  Elle eut un élan de lucidité, ah oui le traitement. Sans cesser de lui caresser les cheveux , son bras de toute façon coincé sous la tête du jeune seigneur, elle alla chercher de l'autre , au début de la pierre de la cheminée, de nouvelles feuilles de cresson , ajouté à de la menthe poivrée. Un murmure.

- Levez les yeux mon seigneur...

Elle lui présenta les feuilles aux lèvres.

- Juste du cresson et de la menthe ... ça vous endormira les crampes et soulagera la gorge... prenez...

Ses doigts glissèrent en douceur entre ses lèvres, sans le lâcher des yeux et elle l'embrassa de nouveau sur le front avant de reprendre sa position allongée d'il y avait peu. Elle expira de nouveau , le ventre peu tranquille. Elle n'était pas habituée, mais il en avait besoin. Elle aussi? Elle ne se posait même pas la question en fait, vu qu'elle n'avait jamais eu à se la poser. Quelle était cette étrange papillon qui lui gênait les entrailles alors...? Ses doigts retournèrent cajoler lentement les muscles de son dos pour le détendre... arpentant les creux doux et les bosses qui s'y ajoutaient ensuite par logique, sous cette peau chaude et masculine...Ses jambes touchaient les siennes. Ses yeux se refermèrent , se concentrant uniquement sur son toucher, qui allaient en aller-retours lents et légers des reins jusqu'aux omoplates... Elle avait arrêté de réfléchir.

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Ryman Frey
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Message Mar 9 Juil 2013 - 15:49



Ainsi, c’était Walder qui était l’auteur du coup qui avait presque défiguré Wyna. Malgré la couleur qui commençait à marquer l’endroit où le petit poing avait frappé, elle gardait sa beauté naturelle, et ce petit quelque chose qui avait capté l’intérêt de Ryman en était d’autant plus exacerbé. Il n’aurait su dire ce que c’était exactement. Il savait simplement qu’il était attiré par cette femme, et que cela avait commencé dès l’instant où il avait posé les yeux sur elle… La guérisseuse déclara qu’il l’aurait sans doute tuée s’il avait découvert à quel point son fils souffrait… Mais c’était faux, bien sûr. Ça l’était d’autant plus qu’il venait de subir lui-même le sort enduré par Walder. Une pointe de fierté s’alluma en lui. La maladie avait été purgée, et ce à un prix qu’un enfant n’aurait jamais dû avoir à payer. Ryman ne l’aurait jamais souhaité pour aucun homme.

Wyna rappela ensuite l’origine de la blessure qu’elle avait à l’épaule. Mais oui, le garde qui s’en était pris à elle, dans cette salle-même, quelques heures plus tôt… Combien d’heures, d’ailleurs ? Le jeune seigneur n’avait aucune idée du temps : à quel moment de la journée se situait-on ? Il en avait perdu toute notion. L’histoire du garde était le cadet de ses soucis… S’il était au cachot, c’est qu’il devait l’avoir mérité. Maleck se chargerait probablement de décider de son sort. Qu’il soit sévère ou non, cela était totalement égal au maître de ces lieux… Wyna saisit la main qui venait d’effleurer son épaule, et la caressa doucement.

Avant de se courber vers l’avant. Ryman ne la lâchait pas du regard. Que faisait-elle donc ? Les lèvres de la jeune femme vinrent se poser sur le front du seigneur, pour y laisser un baiser chaste. Ils demeurèrent ainsi, lui la tête posée sur ses genoux, elle penchée sur lui, pendant quelques secondes, à se regarder. L’envie de l’embrasser était forte… Elle venait de passer de longues heures à prendre soin de lui, et elle était toujours présente, malgré la fatigue qui devait la torturer. Elle lui caressait la joue, et il se demandait s’il pouvait faire de même, quand elle lui demanda de se redresser, sûrement pour contourner l’inconfort de la position.

Il obtempéra, constatant en même temps qu’il avait mal à peu près partout. Son corps était las de tous les efforts consentis depuis qu’il était tombé malade. Pourquoi ce champignon s’était-il manifesté aussi soudainement ? L’avait-il dans le corps depuis longtemps ? Il avait à peine mangé depuis l’arrivée de Wyna aux Jumeaux. Et certainement pas des aliments qui auraient pu être contaminés… Quelque chose avait-il accéléré son état ? La question, de toute manière, ne se posait plus. Les méthodes de la guérisseuse fonctionnaient, et on connaissait les causes du mal qui frappait les forteresses du pont.

Ryman s’était avec peine redressé, et était à présent en position assise, jambes tendues, et appuyé sur ses mains posées derrière lui. Et alors que Wyna se mettait à s’affairer, il se rallongea, la position lui permettant d’épargner les quelques courbatures qui tiraillaient ses muscles par endroit. Mais il ne cessa de l’observer. Elle avait saisi un drap, et ôtait à présent ses bottes, puis ses chausses. Le jeune seigneur eut juste le temps d’apercevoir la naissance des mollets. Elle était à présent pieds nus. Il comprenait qu’elle devait avoir chaud, depuis tout ce temps qu’elle s’activait dans cette pièce. La température ici n’avait pas dû redescendre depuis un moment…

Après s’être attaché les cheveux, la guérisseuse prit le drap pour en couvrir Ryman, jusqu’à la taille. Pourquoi faisait-elle ça ? Il faisait suffisamment chaud. Et puis, elle s’étendit à ses côtés, légèrement au-dessus. Puis, après lui avoir pris la main, elle l’incita à se rapprocher d’elle, ce qu’il fit. La main du seigneur vint se poser délicatement sur la taille. Lorsqu’il fut suffisamment près, il glissa sa tête dans le creux du cou de la jeune femme. Et inspira les parfums qu’elle dégageait. Sa main demeura en place, immobile, tandis que l’autre bras était recroquevillé entre eux.  Il ferma les yeux alors qu’elle lui passait la main dans les cheveux. Que ce contact était agréable… Sa position l’avait conduit si près que leurs jambes se touchaient.

Wyna prit ensuite la parole, comme pour donner une justification à ce qui se passait. Ryman se répéta les quelques mots dans sa tête, avant de réaliser ce qu’elle lui disait… N’était-elle jamais aussi proche des malades, ou des hommes en général ? Si elle parlait de maladresses, c’est bien que… Le jeune seigneur tâchait d’avoir les idées claires, ce qui n’était pas évident.  Était-elle mal à l’aise ? Peut-être, puisqu’elle changea de sujet, revenant à lui, sa santé. Et tout en parlant, elle avait pris un linge humide, de sa main libre, qu’elle commença à lui passer sur le bras, puis le dos. Le contact frais fit du bien à Ryman, qui répondit dans un murmure :

« Ça va mieux… Tu as fait tout ce qu’il fallait… »

Elle délaissa ensuite le linge, et lui se sentit s’assoupir. Puis vint la sensation agréable de ces doigts fins glissant le long de son dos. Elle franchissait un nouveau pas, elle osait entrer directement en contact avec sa peau nue. Et lui, entre les bras de cette femme qui prenait si bien soin de lui, il s’endormit. Sa main droite glissa un peu le long de la hanche de Wyna, et c’est dans cette position qu’il resta… Combien de temps s’était-il écoulé avant qu’elle ne le réveille ? Tout en douceur, juste quelques mots glissés dans le creux de son oreille, qui le firent émerger. Il ouvrit les yeux et leva un regard ensommeillé vers elle. Elle lui présentait des feuilles. Il entrouvrit la bouche pour la laisser les glisser entre ses lèvres. Il mâcha sans vraiment y faire attention. Elle l’embrassa de nouveau sur le front.

Et alors qu’elle reprenait ses caresses, il ferma de nouveau les yeux, tout en se collant un peu plus à elle. La main droite passa derrière elle, dans son dos. Et à nouveau, il s’endormit.

Plus tard…

Quand Ryman s’éveilla, il n’aurait su dire combien de temps il avait dormi. Une chose était sûre, c’est qu’il se sentait beaucoup mieux. Il écarta doucement le visage du coup de Wyna, pour voir qu’elle dormait, à poings fermés. Elle s’était épuisée, à travailler sans interruption, sans relâche, elle avait bien mérité ce repos. Elle paraissait paisible. Le jeune seigneur remarqua alors l’effet que leur proximité avait eu sur lui… Elle dormait, elle ne devait pas l’avoir, elle, noté. Même si il n’y avait pas grand-chose, deux ou trois couches de tissu, séparant leurs peaux… Il bougea légèrement, de façon à retirer le drap léger, puis se redressa pour s’appuyer sur un coude, étendu sur le côté.

Du bout des doigts, il lui effleura la joue, puis les lèvres, et son regard parcourut son corps jusqu’aux pieds nus. Il prit alors un des plis de la robe et la remonta lentement, révélant les mollets, jusqu’en-dessous des genoux. Il se sentait reposé, plus frais, plus dispos. Il se plaça ensuite au même niveau qu’elle, de façon à avoir son visage à peu près au-dessus de celui de la jeune femme. Il lui déposa alors un baiser sur le front, à son tour. Puis juste à côté de l’endroit bleui par le coup. Dès l’instant où il avait reconnu la femme dans le guérisseur, sa curiosité avait été éveillée. Dès l’instant où il avait découvert les traits, la silhouette de la femme, c’est son intérêt qui avait été titillé. Et voilà qu’il se trouvait près d’elle, à moitié nu, avec un désir manifeste qui montait en lui à chaque seconde.

Sa main glissa le long de menton, puis de la gorge, avant de glisser vers l’épaule qui n’était pas blessée. Et jusqu’à atteindre le rempart constitué par la robe. Là, il s’arrêta. Il se contentait d’explorer, de sentir cette peau douce de femme… Elle avait beau être roturière, avoir toujours vécu dans des conditions difficiles, elle avait appris à prendre soin d’elle. Elle avait un minimum d’hygiène, que sa connaissance des herbes et des plantes lui permettaient, entre autres. Et puis, il la vit ouvrir les yeux. Et lui adressa un sourire.

« Tu es si belle, Wyna. »

Et sans crier gare, il lui déposa un nouveau baiser… sur les lèvres. N’était-il pas temps de franchir le pas ? Si elle s’y refusait, elle lui dirait. Mais lui ne pouvait plus attendre. Elle l’avait soigné, longtemps, avec acharnement, et il y avait tant de moyens de la remercier… Ce n’était pas vraiment un remerciement. Cela pouvait le devenir si elle l’acceptait. Le baiser avait été court, simple, comme un aperçu. Ryman avait connu plusieurs femmes, depuis qu’il était en âge de s’y intéresser, mais jamais encore il ne s’était senti aussi redevable envers l’une d’elles. Même envers sa propre épouse, il le ressentait très rarement… S’il lui faisait l’amour, c’était plus par devoir, ou par envie soudaine. Là, c’était vraiment différent…

Sa main droite descendit, jusqu’à atteindre les sangles qui lui ceignaient le ventre. Il l’interrogea du regard, s’enquérant de savoir s’il pouvait continuer. Puis ses doigts s’affairèrent à les desserrer, puis les ôter, lentement. C'était une entrave de moins… La main remonta le long de la taille, dans le dos, jusqu’à revenir à l’épaule. Il avait oublié où il était, il avait oublié qui il était. Et de toute façon, qui aurait dit quoi que ce soit ? Elle était en train de le soigner, tout ce qui se passerait dans cette pièce resterait entre eux.



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Message Mar 9 Juil 2013 - 22:46



Dernière édition par Wyna le Dim 14 Juil 2013 - 8:27, édité 1 fois
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Message Sam 13 Juil 2013 - 15:12



Il n’avait fallu qu’un baiser pour déclencher ce qui allait suivre. Ryman savait depuis un moment qu’il avait envie de cette femme, dont le naturel l’avait charmé. Mais il ne savait pas ce qu’elle pensait, ce qu’elle ressentait, ce qu’elle désirait de lui. Elle aurait pu se défendre, s’indigner, ou simplement se laisser faire, mais elle n’avait attendu qu’un signe de sa part pour à son tour prendre la situation en main. Lorsque le baiser fut rompu, elle parut se poser des milliers de questions, laissant un doigt se poser sur les lèvres du jeune seigneur. Ces questions méritaient-elles des réponses ? Ou bien devait-elle laisser ses sens les dépasser ? Lui restait silencieux. Il ne voulait pas la brusquer. Il irait tout en douceur, tout en délicatesse. Il se sentait même prêt à renoncer à son envie si elle se crispait, finissait par lui faire comprendre que cela ne devait pas se faire. Lui qui avait connu d’autres femmes, en plus de la sienne, était pour la première fois confronté à une demoiselle pour qui il pouvait avoir autant d’égards… Si réellement il avait bien interprété ce qu’elle lui avait dit, si elle était encore vierge, il ne pouvait se permettre d’aller trop loin.

Il refusait de se poser des questions. Il ne savait depuis combien de temps Wyna était arrivée, depuis combien de temps elle s’affairait sans repos, sans relâche, ni depuis combien de temps elle prenait soin de lui. Il allait mieux, la fatigue étant encore présente, mais étant un moindre mal comparé à ce qu’il venait de subir, ces douleurs, ces vomissements. Il était le jeune seigneur des Jumeaux, il avait des devoirs, des obligations, un rang à tenir. Et pourtant, qui saurait ce qui pouvait se passer dans cette pièce ? La guérisseuse avait sans doute verrouillé la porte. Dehors, la vie devait s’être quelque peu éteinte, en raison de la maladie, et malgré le jour, terne, il n’y avait aucune agitation en les murs de la forteresse. Le vent s’engouffrait par intermittence, rafraîchissant les lieux, remplaçant les dernières chaleurs émises par le feu mourant. Mais d’autres chaleurs s’éveillaient…

Wyna prit la parole… Un remerciement ? Si ça ne devait pas être un remerciement, ça n’en serait pas un… Elle serait justement rémunérée pour son travail et ses efforts… Elle pouvait toujours refuser, mais tout son être semblait au contraire le vouloir. Elle lui retourna le baiser. L’interrompit. Et recommença. Lui s’appuyait sur un coude, elle aussi, puis elle abandonna son soutien pour s’accrocher à Ryman, et descendre lentement pour s’étendre sur le dos, l’entraînant avec elle dans son inexorable chute. Il était toujours étendu, sur le côté, contre elle, la position l’amenant à être légèrement sur elle, et à lui faire sentir par là même tout le désir qu’exprimait son corps…

Les mains de la jeune femme exploraient la peau nue de l’homme. Lui, en appui sur le bras gauche, usait de l’autre main, qui avait quitté l’épaule et redescendait le long du bras. Jusqu’à atteindre la taille, puis glisser sur la hanche… Du bout des ongles, elle poursuivait ses caresses, différemment, comme cherchant à procurer de nouvelles sensations. Il gardait les yeux ouverts, fixant directement les iris dans lesquels s’était allumée une petite flamme. Leurs regards bleus parfois se quittaient, lorsque l’échange de leurs lèvres les faisait s’abandonner à leurs autres sens. Wyna fut la première à pousser les langues à se délier, à se mêler au ballet. Elle ne rencontra aucune résistance, et bientôt, leurs souffles se saccadèrent, les respirations passant au second plan dans les projets qui se dessinaient…



Dehors, les premières gouttes de pluie commençaient à tomber. Il n’y avait pas âme qui vive à l’extérieur. Mestre Eros s’était enfin accordé du repos, après avoir poursuivi les soins de Wyna sur les malades, dans la salle de convalescence. Sur la totalité des habitants des Jumeaux, peu en définitive avaient été touchés. Et parmi eux, il y avait une grande majorité d’hommes. Ser Maleck était allé constater l’état du soldat enfermé au cachot. Ce dernier avait vomi ses tripes, et la cellule empestait. Le chevalier avait ordonné qu’on le sorte, qu’on le fasse se laver, et qu’il aille se mettre dans un coin, pour se faire oublier. Son comportement avait été puni, mais il n’avait pas intérêt à se faire remarquer de nouveau.

Lady Mera se tenait à côté du petit lit de Walder. Elle observait les traits paisibles de son fils. Sa main vint se poser sur son ventre. Elle attendait un deuxième enfant. D’après ses calculs, il avait été conçu à Murs-Blancs. C’était la dernière fois que son époux l’avait touchée. Elle n’avait jamais vraiment eu la fibre maternelle. Walder avait surtout été élevé par sa grand-mère, Lady Petra, et sa jeune tante, septa Vanneliah. Et voilà qu’elle allait devoir réitérer le processus. Pourquoi ne parvenait-elle pas à être aussi attachée qu’il le fallait à la chair de sa chair ? Son esprit s’arrêta un moment sur Wyna, qu’elle avait juste aperçu, et qui lui avait fait une drôle d’impression… Pourquoi ne pouvait-elle pas être comme cette femme ? Elle avait quelque chose de maternel…

Pour la première fois, Ryman remarqua le pendentif. Son attention avait été concentrée sur tout autre chose. Du bout des doigts de la main gauche, il le prit entre ses doigts, avant de le laisser pendre sur le côté. Ses lèvres reprirent brièvement leur promenade avant de revenir au point de départ. Lorsque son visage fut au-dessus de celui de Wyna, il la regarda dans les yeux. Oserait-il poser la question dont il pensait déjà connaître la réponse ? Non. Mais il pouvait bien s’exprimer tout de même…

« Je ne te force à rien… Je ne veux pas avoir l’impression d’abuser de toi… Tu dois être celle qui fait le premier pas. »

Du pouce, il effleura les lèvres, remonta le long de la pommette, et ses doigts retournèrent se perdre dans les cheveux de la guérisseuse. S’il avait parlé d’abuser, c’est bien parce qu’il sentait que son rang pouvait lui permettre beaucoup de choses, et il se refusait de croire qu’elle pouvait ne lui céder que parce qu’elle n’avait pas le choix, parce qu’elle craignait ce qui pouvait arriver si elle repoussait ses avances. Certes les avances avaient déjà franchi un cap, mais mieux valait ne pas continuer sans s’être assuré que la route était sûre, qu’aucun obstacle imprévu ne viendrait s’interposer…



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Message Sam 13 Juil 2013 - 23:35

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Ryman Frey
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♦ Missives Aventure : 45
♦ Age : 28
♦ Date de Naissance : 17/02/1989
♦ Arrivée à Westeros : 30/04/2012
♦ Célébrité : Nicholas Hoult
♦ Copyright : Seamus & Sargon & Randal
♦ Doublons : Gerold Lannister & Podrick Stone
♦ Age du Personnage : 21 ans
♦ Mariage : Lady Mera Vance
♦ Lieu : Les Jumeaux
♦ Liens Utiles :
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